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 Un besoin de libérer le surplus de magie

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Cassidy Herediane
Directrice de l'Académie Hysandra
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MessageSujet: Un besoin de libérer le surplus de magie   Sam 9 Juin - 23:10

(Suite de Une chambre, on peut s'y reposer ou bien...

Le 2 Septembre 285
14h


La jeune mage se réveilla doucement. Tristan était parti de la chambre alors qu'elle commençait à s'endormir et somnoler, la fatigue ayant eu raison d'elle. Cassidy s'étira doucement, finalement elle n'avait pas eu besoin de se servir de ses runes pour le dégager de là. Et pourtant, elle avait vu son regard pas très sympathique quand la jeune femme avec un air tout à fait innocent, avait assuré ne rien connaître à ce qu'on pouvait bien faire dans une chambre. Et pourtant elle ne pouvait rien y faire, rien y dire.

Il avait d'ailleurs répliquer avec mauvaise grâce alors que Cassidy montrait un étonnement tout sincère, puis lorsqu'il partit, la jeune femme se mit à réfléchir alors que son cerveau tilta. Ah mais bien sûr, on fait aussi des choses plus entreprenantes dans une chambre, bien évidemment. Cependant, ce n'était pas la première chose à laquelle la jeune femme aurait pensé en premier. Pour cela, elle était toujours une enfant, n'ayant rien appris à ce sujet là et ressentait un profond malaise. A quoi ça servait de faire des choses comme ça à part de vouloir un enfant ?

Elle avait entendu qu'on ressentait un certain plaisir presque physique, mais pour elle, difficile d'imaginer la scène, comment ça fonctionnait, enfin, la débutante totale en la matière. Difficile de le voir sur une si belle jeune fille. Incroyable mais vrai. Mais peut être que les fleurs les plus rares ne s'ouvraient pas à tout le monde non plus, attendant le bon moment pour ce genre de chose.

Lorsqu'il parlait de sa chambre, la jeune femme fit la moue. A quoi ça servait de faire des efforts alors ? Mais elle préféra ne rien dire tout, préférant rester calme pour le moment.

C'était vrai qu'elle avait fait un petit sous entendu mais vraiment très fin. Non elle ne pensait pas qu'au physique elle. C'était sûr, le physique faisait parti du charme pourtant comme une fleur rare, Cassidy était quand même plus tournée sur un tout. Bien sûr elle acceptait les défauts physiques, mais se maintenir qu'à des pulsions physiques, c'était inintéressant à souhait. Si il comptait la conquérir, il devrait rapidement s'en rendre compte avant de se heurter à un gros mur. Pour cela qu'il ne pouvait pas lui contenir car lui ne semblait que tourner vers le physique, encore et toujours la même chose.

Cependant, la jeune femme ne se rendait pas compte de son monologue intérieur. Elle réfléchissait beaucoup et sur le coup, c'était vrai, un peu inquiète par tout cela, la jeune femme avait un peu oublié Tristan. Enfin c'était pour la bonne cause quand même ! Et elle paraissait préoccupée par ce qu'elle n'arrivait rien à trouver. Au final, déçue, elle préféra s'allonger pour se reposer un peu alors que le Drakkari décida de fermer les rideaux pour sortir de sa chambre un livre sous le bras.

Quand Cassidy se réveilla, elle se sentait déjà mieux. Bien que les souvenirs lui remontaient dans la mémoire, elle s'en voulut de ne pas avoir partager avec Tristan ses réflexions, mais peut être aurait-il trouvé ça assez barbant. A vrai dire elle n'en savait rien. Difficile de dire si il l'aurait jeté en se demandant pourquoi elle lui parlait d'un truc qui lui faisait du mal ou si il aurait cherché à réagir de lui même pour lui faire part de ses pensées.

Cassidy soupira, elle avait encore un peu mal à la tête mais il ne lui restait pas beaucoup de solutions, se refusant tout bonnement d'utiliser le Drakkari encore une fois. Surtout que l'extraction de l'encre ne serait sûrement pas agréable pour lui et cela, la jeune femme voulait lui épargner à tout prix une nouvelle souffrance après ce qu'elle lui avait fait subir, c'était donc à elle de se débrouiller seule. Après tout, ce n'était pas une faible.

La jeune femme sortit un livre de potions d'une de ses malles et se dirigea vers la salle de cours de potions. Il lui fallait quelque chose qui lui permettrait d'atténuer les effets secondaires d'un sort de type manipulation. Ayant trouvé quelque chose qui ressemblait aux symptômes qui pourrait l'aider, Cassidy se mit en place avec les ingrédients nécessaires pour concocter une mixture qui bouillonna dans le petit chaudron.

Après un moment de préparation, coupant les ingrédients, faisant tourner la mixture, celle ci se révéla prête. Cassidy en versa une généreuse portion dans une grande flasque qu'elle referma. Trois gorgées étaient suffisantes pour faire disparaître les effets. Malheureusement, cela serait temporaire et il lui fallait renouveler cette opération à chaque fois que c'était nécessaire.

La jeune femme grimaça mais c'était pour son bien, et surtout, pour ne pas embêter Tristan avec ça. Elle se força donc un boire le liquide d'une couleur verte et cristalline tout en tirant la langue après avoir bu, afin de faire passer le goût.

*Beurk ! C'est tout simplement... pas bon !*

Elle mit la flasque dans une de ses poches et vida d'un sort le chaudron du liquide restant. Quelques minutes après, les effets se dissipèrent, le mal de tête était parti et la jeune femme retrouva le sourire. Dans un deuxième sens, elle savait qu'elle devrait utiliser ce truc pour s'habituer au tatouage les premiers temps, c'était toujours mieux que d'abuser de Tristan.

Elle sortit de sa pièce, décidant comme elle avait prévu tout à l'heure, de partir sur le terrain d'entraînement, fermement déterminée à se défouler pour faire passer tous les évènements de ces derniers jours.

Cassidy se dirigeait d’un pas assurée vers le terrain d’entraînement, son bâton fermement posé dans sa main droite. Oui, elle avait besoin de mettre les idées au clair, de voir autre chose. Elle le sentait, l’équilibre était instable pour elle à ce moment. Et comme lui avait dit son maître, il faut savoir libérer ses sentiments d’une manière ou d’une autre.

Elle ne savait pas où était Tristan pour l’instant et espérait qu’il soit bien loin, peut être en train de dormir ou de faire un tour.

La jeune femme arriva sur son terrain d’entraînement. Le mannequin explosé avait été déplacé par les lutines sûrement. Cassidy se place au centre, et très lentement, attacha ses cheveux en une couette avec un ruban violet. Il était temps de commencer le travail. Elle ferma doucement les yeux, sentant le flux de magie s’activer dangereusement en raison de ses émotions bien présentes pour le moment.


Elle n’était qu’une silhouette immobile. Une sorte de colère l’envahit et le vent flottait dans les mèches de ses cheveux qui n’avaient pas été attachés. Cassidy soupira, les yeux toujours fermés, puis donna un coup avec son bâton dans le sol, murmurant une sorte de rituel. Un cercle de couleur blanche se dessina sous ses pieds et elle pointa son bâton sur plusieurs endroits du sol, visant des mannequins et le sol.

La terre commença à trembler lentement. La terre à certains endroits se redressa et le sable prit la forme de plusieurs créatures dangereuses de différentes formes et différents aspects. Les mannequins d’entraînement se transformèrent en orcs et trolls. Tous l’encerclèrent et l’entourèrent, apparemment pas très amicaux même si il s’agissait de créatures créées par Cassidy elle-même.

La mage rouvrit les yeux, une lueur de détermination brillant à l’intérieur, ne bougeant pas, son cercle au sol étant brillant. Et soudain, des créatures foncèrent droit sur elle. Cassidy murmura des mots magiques alors que les runes sur son bâton prirent une couleur bleue glaciale et elle le tendit en face d’elle. Des pics de glace apparurent devant elle et vinrent se planter dans les malheureuses créatures qui furent projeté en arrière.

D’autres arrivèrent dans son dos et se jetèrent sur elle. Cassidy sentant le danger, murmura un mot qui déclencha sa barrière magique dans son dos. Les créatures furent aussi repoussées en arrière loin d’elle. Le cercle se rétrécissait alors qu’elle était encerclée de toutes parts. Mais son calme était présent, bien que la jeune femme serrait les dents, dans une attitude défensive, la concentration étant au maximum, se tournant dans tous les sens pour analyser les mouvements de ses ennemis.

Encore une fois, les petites créatures revinrent à la charge sur elle. Cassidy déclencha encore sa protection magique qui les repoussa en arrière. En regardant les choses, la jeune mage commença à se rendre compte qu’elle avait créé beaucoup de créatures. En effet, plus les créatures étaient nombreuses et puissantes, et plus sa masse de magie était élevée, résultat des derniers évènements. Mais Tristan n’étant pas là, elle pouvait se donner à fond, rageuse, libérant sa colère et sa hargne à ne pas pouvoir comprendre les nouvelles émotions qui étaient en elle.

La jeune femme se mit accroupit et toucha le sol qui se recouvrit de runes. Des pics se formèrent et sortirent de la terre, transperçant les petites créatures qui s’approchaient toujours d’elle en courant. Les pics en transpercèrent la plus grande partie des créatures qui retombèrent aussitôt en poussière.

Cassidy eut un petit sourire sur le visage. Mais l’image de Tristan lui revint à l’esprit, lui faisant perdre sa concentration pendant quelques secondes. Un orc derrière en profita pour lui donner un coup de massue dans le dos, que Cassidy sentit au dernier moment, ayant juste le temps d’endurcir tout son corps avec un sort, étant aussi dur que la pierre. Elle se retrouva cependant projetée dans les airs sous le choc de la force. Non ça ne rigolait pas.

La jeune femme incanta un autre sort qui lui permit de ralentir l’atterissage alors qu’elle se mordait la lèvre. Elle ne devait pas se laisser surprendre. Heureusement que les créatures n’attaquaient pas toutes ensemble sinon il y aurait eu bien du mal à contenir tout ça. Retombant en douceur sur le sol, la jeune femme incanta un autre sort qui fit apparaître des runes rouges et brillantes. Une énorme vague de feu apparut et brûla toutes les créatures sur un rayon de 5 mètres. Tout ce qui se trouvait dans le champ de la vague se mit à disparaître ou retomber en poussière instantanément.

Un orc et deux trolls chargèrent Cassidy, brandissant haches et massue. Elle les regarda un moment et tendit la main, ralentissant leur temps de course. Les créatures marchèrent au ralenti alors que Cassidy déclencha une explosion sur eux qui les fit disparaître et redevinrent mannequins.

Cependant, la jeune femme pensait à Tristan par moments et comme elle le redoutait, cela la perturbait au niveau de la concentration. A ce rythme là, la mage allait se faire avoir. Alors, c’était quelques secondes de trop puisqu’un autre orc arriva devant elle pendant que Cassidy avait un peu le regard vague et lui lança un grand coup dans le ventre qui lui coupa la respiration et la projeta en arrière. Cassidy eut à peine le temps de lancer un sort pour renforcer son corps avant d’atterrir lamentablement contre un arbre, les dents serrées. En plus, cela avait appuyé sur sa blessure qui cicatrisait difficilement, une véritable douleur à ce moment là.

Pourtant, la jeune femme se redressa lentement, vexée de s'être fait avoir pour un sentiment aussi stupide, prenant appui sur ses mains et transforma un autre banc qui prit la forme de sa panthère noire, agressive, qui fila droit sur l’orc pour le mordre à la gorge. Pendant que la créature se débattait, Cassidy fit quelques pas, incantant une lumière dorée qui se transforma en une jolie flèche de lumière que la mage dirigeait avec la pointe de sa main, sans viser sa panthère occupée à distraire l’orc. La flèche transperça l’air et vint se planter dans l’abdomen de l’orc qui tomba en arrière en redevenant un mannequin.

Voilà la détermination de la mage capable de se relever toujours et encore. Elle n'éprouvait aucune douleur physique, rien du tout pour l'instant, même si son regard était assez sombre alors qu'elle cherchait à se vider l'esprit. Comme elle était vexée de se faire avoir de manière aussi stupide. Et pourtant, rien dans son attitude ou sa façon de marcher ne montrait une éventuelle douleur, c'était comme si tout ceci était aveugle. Il en fallait pour affronter des créatures. Elle s'était fait avoir quelques fois mais avec l'expérience, il faut apprendre à ne jamais montrer le moindre signe de faiblesse devant son ennemi.

On était bien loin de la jeune mage douce et gentille, quelque peu naïve. Il s'agissait d'une mauvaise partie d'elle qui se développait petit à petit, surtout quand ses sentiments étaient amplifiés.

Encore une fois, elle s’avança vers le terrain, lançant des petits sorts élémentaires au hasard qui détruisirent les créatures une par une. On aurait dit que Cassidy n’avait pas mal malgré le coup qu’elle venait de se prendre, ses yeux flamboyants jetant un coup d’œil sur ce qui lui restait. Deux orcs et quelques petites créatures. Ces dernières hésitèrent à se lancer sur la mage qui n’était pas de bonne humeur, ayant une aura suffisamment imposante pour les faire hésiter.

Elle déversa alors un sort de froid qui les fit se transformer en glace et les cristallisèrent. Puis, sans hésitation, la jeune femme tira trois flèches de lumières qui atteignirent directement leurs cibles tout en cassant la glace qui s'éparpilla partout sur le terrain, avant de disparaître dans un scintillement.

Voilà elle en avait fini. Mais il semblerait qu'une certaine image de Drakkari ne voulait pas la laisser tranquille, elle repensa à ses moqueries, ses actes méchants, et tout ce qui lui avait fait du mal. C'était à ces moments là que Cassidy redoutait le plus sa magie, se rappelant des paroles du sage.

"Sais-tu comment les mages noirs se forment ? Au départ il s'agit de mages plein de bonne volonté, mais à force de ressentir des choses négatives, de se plonger dans la noirceur de leur âme, l'équilibre magique chancèle et la balance penche vers le côté obscur. La magie aidant, la personnalité peut changer rapidement et finir par prendre le dessus si quelqu'un ne cherche pas à inverser la tendance. C'est aussi dangereux que la perte de magie. Tu le sais, nous avons de grands pouvoirs mais un équilibre pouvant être instable à chaque instant..."

Oh que non Cassidy ne voulait pas devenir comme cela. Elle ferait tout pour s'en empêcher. Et pourtant malgré cette pensée qui arriva trop tard, une lueur sortit du corps de Cassidy avant de se faufiler dans la terre. Le sol trembla et une créature de plus de 4 mètres se forma avec la terre et le sable. Une grosse créature avec deux cornes sur la tête, des bras musclés capable de fendre n'importe quoi, des crocs énormes et posté sur ses deux pattes arrière debout se tenait plus loin sur le terrain en poussant un rugissement terrifiant.

Cassidy ouvrit grand les yeux. Non elle n'avait rien demandé là. En plus, la bestiole était quand même coriace. Qu'est ce qui lui avait pris de créer un truc pareil ? C'était impossible !

*Il se passe quoi là ? J'ai rien demandé !*

La créature commença à charger vers elle alors que Cassidy incanta un autre sort en sautant sur place ce qui la projeta dans les airs, se retournant et atterrissant sur le sol les jambes fléchies alors qu'elle observait les mouvements du monstre, pas vraiment content d'avoir chargé pour rien. Il poussa un autre rugissement, et accéléra sa vitesse de course, qui était trop rapide pour Cassidy. Voilà l'effet boomerang de sa propre magie sur elle. La jeune mage n'était pas fatiguée, mais il y avait une partie de sa magie qu'elle n'arrivait pas à contrôler. Sa faiblesse, sa confusion du moment. Elle était tout simplement minable.

La créature lui tapa en plein de l'abdomen et même si la mage avait sa protection, elle fut frappée de plein fouet, projetée en arrière, son derrière traînant sur le sol dans un nuage de poussière alors qu'elle atterrit plus loin, sur le dos. Cassidy serra les dents, voilà les résultats. Elle revoyait le visage de Tristan, triomphant, moqueur. Elle n'était qu'une petite mage après tout, incapable de venir à bout des plus grands.

Cassidy ferma les yeux et rappela sa panthère qui se plaça devant le monstre et commença à l'attaquer, l'éloignant de Cassidy. La jeune femme posa chaque main par terre et se releva doucement. Non elle n'avait pas mal, l'adrénaline étant là pour lui faire oublier le reste.

"Occupe toi de le distraire le temps que je prépare mon attaque" lança-t-elle en direction de sa panthère qui fonça droit sur la créature.

La jeune femme serra les dents tout en prononçant quelques mots tout en serrant le poing. C'était sa bêtise à elle qui avait provoqué ça, à elle de l'anéantir au passage, sans l'aide de personne. Après tout, elle était une grande mage et rien ne pouvait l'atteindre.

"Je.... ne suis... pas faible" lança-t-elle comme un cri de défi à la créature maléfique.

Cassidy ferma les yeux et tourna son bâton dans un sens, puis dans l’autre. C’était dangereux ce genre d’attaque car elle était vulnérable mais elle faisait confiance à sa panthère qui était capable de suffisamment distraire face à des créatures dotées d’une intelligence limitée. Le genre de chose qu’elle n’utiliserait pas contre un adversaire humain. Pas le temps de se poser des questions pour le moment, elle devait agir et vite. Sentant sa puissance magique s'activer à l'intérieur d'elle, la jeune femme recula lentement un pied pour prendre de l'appui.

Un cercle se forma sous ses pieds, grand, lumineux, de couleur rouge.

"Je suis sous la flamme ardente de la magie élémentaire
Que mon appel résonne dans le ciel
Ma colère consumera mes adversaires
Et anéantira le mal présent sur ces terres
Viens à moi esprit du feu !"


Elle enfonça son bâton sur le sol, les runes rouges brillantes étaient apparues sur toute la longueur du bois. De fines veines couleur rubis recouvrèrent le sol alors qu’une énorme silhouette se forma dans les airs, sous la puissance du sort, de l’air se créa tout autour de la zone, faisant voler le sable et bouger les mèches de Cassidy ainsi que sa robe qui faisait quelques vagues.

Le regard de Cassidy était déterminé, tout comme sa puissance. Les lignes se rassemblèrent et un dragon formé avec le feu se dessina, étendant ses grandes ailes et poussant un rugissement impressionnant. Magnifique et impressionnant, la lumière de feu que l'esprit du dragon dégageait devait être visible sur une bonne partie du domaine d'Hysandra. De plus, le bruit qu'il faisait ne passait pas inaperçu. Il fonça droit sur la créature présente, laissant une traînée de feu derrière lui. Sa vitesse était rapide et il enveloppa le monstre présent, amplifiant la force de ses flammes.

La panthère s’écarta rapidement pour ne pas se prendre l’esprit du feu et la créature tomba à la renverse, poussant un cri de douleur. Les flammes la dévorèrent et petit à petit, la créature retomba en poussière. L’esprit du feu disparut dans l’air, s’éparpillant en poussière scintillante alors que Cassidy eut un petit sourire satisfait en caressant doucement la panthère qui disparut dans une pluie d'étincelles.

Elle s’assit par terre en tailleur, se sentant apaisée et soulagée, ayant libérer la surcharge magique qui était en elle. Et en plus cela ne pouvait qu’être positif car elle apprenait à utiliser ses sorts au mieux. Cependant, le dernier monstre n'était pas vraiment prévu, ce qui la laissait songeuse.

*Je ne comprends pas comment ce gros tas a pu se matérialiser aussi rapidement et facilement. Sérieux travail à faire pour ne pas que ça se reproduise, sinon je peux dire adieu à mes séances d'entraînement*

Pourtant, elle en avait vraiment besoin, surtout en ce moment. C'était son petit truc à elle pour se libérer de cette charge de magie instable et en ce moment c'était pire. Cassidy soupira.

Cependant, elle n'avait pas remarqué le troll qui arrivait derrière elle assez discrètement, marteau levé dans sa direction.
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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: Un besoin de libérer le surplus de magie   Dim 10 Juin - 13:54

Il était sorti tranquillement sans plus se soucier d’elle.
Cassidy était dans sa chambre et pouvait se reposer, ça irait bien mieux après.
De toute façon il ne se souciait pas d’elle avant na !
Comme si sa santé lui importait. D’accord un peu, justement pour ne pas retourner chez les Cheistams mais c’était tout !!!

Y a rien de plus. C’est juste que cette idiote maladroite en fait trop. D’accord je suis le grand méchant loup à qui il ne faut pas montrer ses faiblesses, mais tout de même, c’est exagéré. Elle a pas encore compris que ça m’arrangerait pas qu’elle lâche déjà l’affaire ?

Il marmonnait tout seul dans le couloir, appuyant ses pensées de grommellements et se rendit compte qu’il ne faisait pas beaucoup mieux que la jeune femme qui parlait toute seule.
Bon heureusement, il n’en était pas encore là, parce que ça… c’était vraiment bizarre. Elle n’allait pas lui faire croire après ça que la solitude ne lui pesait pas alors qu’elle montrait des signes clairs prouvant le contraire !

Tristan s’éloigna rapidement, d’un bon pas. Inutile de traîner dans le coin. Sa présence n’était pas requise, il le savait, y compris qu’insister dans ces moments là était une perte de temps importante.
Et puis elle risquait de perdre patience, sauf si elle dormait déjà en fait.
Il haussa les épaules. Non, il se fichait de savoir à quoi elle ressemblait quand elle dormait.

Le jeune homme retourna dans sa chambre et feuilleta un moment l’épais ouvrage, allongé sur le ventre et par terre, comme il avait pris l’habitude de le faire… et le refaisait inconsciemment.
Ainsi, les tatouages de contrôle servaient le bien ?
Tsss, curieuse idée ! Le bien le mal… Bien sûr que ça servait le bien si ces messieurs du « bien » en avaient décidé ainsi.

Mais il ne lui semblait pas que c’était un acte respectueux ni vraiment correct, ni… qui ne devrait pas être humainement possible voilà tout. Contrôler l’autre, le forcer à aller contre sa volonté, plus encore l’empêcher d’agir comme il le souhaiterait… Tristan sentit un vif frisson de dégoût lui parcourir l’échine. Ne pas pouvoir se défendre d’une action qu’on ne souhaitait surtout pas réalisable. C’était le pire des supplices. Sans doute les Cheistams l’avaient-ils compris. C’était certainement pour ça qu’ils avaient cherché à l’utiliser contre lui.

Il se souvenait très bien de cette fois, où l’un des mages y était presque parvenu. Du moins c’est celui qui en était le plus proche.
Ils l’avaient drogué un peu plus tôt et s’il avait compris que c’était aussi pour endormir sa résistance, il avait rapidement compris que ce n’était pas la seule chose. L’ordre avait claqué alors qu’on le poussait dans une autre cellule. Et il avait senti qu’il se mettait à marcher, docilement, obéissant. La jeune fille qui le fixait avec terreur, recroquevillée sur elle-même.
Elle avait eu une lueur d’espoir en voyant un aussi beau garçon entrer, pensant sans doute qu’il venait la délivrer mais les coups sur son corps prouvaient que c’était un prisonnier.

Tristan serra les dents et referma l’épais grimoire dans un claquement en se passant une main sur le visage, s’asseyant, dos contre son lit.
Elle avait hurlé alors qu’il lui arrachait ses vêtements. Il se mordit la langue et un petit sourire victorieux apparut sur son visage. Et malgré ça, il avait réussi à lutter, à ne pas obéir. Ils l’avaient cru pourtant, satisfait de ces cris de douleurs qui étaient faux. Elle jouait le jeu, comme il le lui avait soufflé rapidement, la respiration saccadée, luttant de toutes ses forces.

Cette gamine était courageuse et intelligente, elle avait très vite compris ce qu’il était censé faire mais aussi qu’il ne le souhaitait pas… et voulait juste en donner l’image. Elle était jeune… Treize ans tout au plus.
Son regard s’obscurcit. Malheureusement ils avaient fini par comprendre, sans doute parce que le mage sentait son contrôle se détacher de plus en plus du garçon. Tristan avait souri à la jeune fille, pour la rassurer, puis un violent coup à l’arrière de son crâne lui avait fait perdre connaissance.

Que lui avaient-ils fait ?
Il l’ignorait. Il n’avait pas revu la jeune fille. Peut-être en était-elle sortie indemne… peut-être était-elle morte. Pourtant il ne pouvait pas oublier ses grands yeux sombres remplis de peur, puis de reconnaissance lorsqu’elle était entrée dans son jeu, comprenant qu’il ne lui ferait rien, qu’il n’essaierait même pas de la toucher alors que même ses voisins de seize ans s’y essayaient de temps à autres.
Ce garçon là était différent… Elle avait vu la peur, la honte dans ses yeux, comme s’il craignait de devoir obéir.

Pourquoi était-il là ? Il n’avait pas l’air d’un voleur aux vues de sa carrure imposante. Ce n’était pas un barbare étant donné ses traits fins malgré la crasse et le sang dus à des coups… et à l’état dans lequel on le mettait certainement pour l’humilier. Un visage pareil ça ne s’oubliait pas. Malgré cette peur dans ses yeux il lui avait offert un sourire calme, rassurant. Du haut de ses treize ans, Mélanie l’avait trouvé beau, courageux, humain… alors que c’était un Drakkari.
Le genre de garçon… dont, dans la vie normal, une jeune fille peut tomber amoureuse ou auquel elle pourrait vouer, une solide admiration.

Tristan s’était relevé et était sorti en courant.
Ne pas y penser, il ne devait pas y penser. Le contrôle… Ce fichu contrôle. Déjà se contrôler lui-même quand la colère montait devenait très difficile alors… se penser contrôlé par quelqu’un. Forcé d’obéir.
Il était déjà au bas des escaliers et sortait à l’extérieur, le soleil l’éblouissant aussitôt.
Mais elle ne le ferait pas ! Elle lui avait affirmé qu’elle ne l’utiliserait qu’en cas de force majeure !!!

Et pourquoi je la croirai plus que les autres hein ???!!!!!

Il frappa rageusement dans le vide.
Puis son rythme cardiaque se calma rapidement alors qu’il haletait sur place, les yeux baissés vers l’herbe, le regard un peu hagard.
Dans son esprit, le visage de la jeune directrice venait de s’afficher. Alors qu’elle tentait maladroitement de lui faire un clin d’œil. Ses sourires un peu enfantins, sa mine exagérément sévère qui lui donnait l’air d’une enfant voulant jouer la maîtresse. Sa façon d’être simple et honnête. Un soupir dédaigneux lui échappa alors qu’il relevait la tête, une de ses mains sur son visage, cachant un de ses yeux, le regard levé vers le ciel.

Parce qu’elle n’était pas comme les autres tout simplement.
Et il le savait. Ce soupir dédaigneux était pour lui-même. Elle était casse-pieds… mais c’était quand même une loyale casse-pieds. Elle avait ses principes et s’y tenait. Et puis, sa parole était d’or, il l’avait remarqué à l’école élémentaire. Et ça… il était presque certain que ça n’avait pas changé.

De toutes les jolies mages talentueuses d’Ascadian voulant ouvrir une école, il a fallu que je tombe sur la seule capable de me contrer et me cerner…C’est bien ma veine


Il se mit à rire tout seul, comme si ses nerfs lâchaient à cet instant. Un rire un peu nerveux qui avait des accents vraiment tristes… mais aussi d’autres plus joyeux.
Finalement, le jeune homme se remit en route en secouant légèrement la tête. Il devait retrouver rapidement la forme lui aussi et pour ça, l’entraînement devait s’intensifier.

Pendant une bonne heure, il s’y remit sérieusement, hanté par cette idée de progrès. Le tatouage ne s’en irait pas. Il resterait toujours là comme la preuve de son échec, de sa faiblesse. Mais cela ne se reproduirait pas. Les Cheistams pouvaient toujours courir pour réussir à le capturer de nouveau. Dès qu’il serait sorti ici… Il leur mettrait une belle raclée dont ils se souviendraient très longtemps !!!!

Enfin le jeune homme s’arrêta pour se reposer et grimpa agilement dans un arbre, y trouvant une place confortable, se laissant bercer parle murmure du vent dans les feuilles.
Ce fut peu après qu’il entendit des bruits de pas dans l’herbe et rouvrit les yeux, curieux et toujours sur ses gardes comme il l’avait déjà rapporté.

C’était Cassidy. Il eut un petit sourire. Déjà debout ? Il n’en était pas vraiment surpris en fait. Elle était au moins aussi têtue que lui, peut-être même plus. Si elle avait une idée en tête, il ne pourrait rien y faire. Mais elle avait l’air plus reposée. Quoique… son visage était étonnement crispé, comme si elle était concentrée sur un objectif.

Alors qu’il avait eu l’intention tout d’abord de descendre la saluer, puis de rester caché un instant avant de lui faire un petit « bouh » gamin mais il l’espérait bien effrayant, le garçon se résigna.
Quelque chose n’allait pas. Pourquoi avait-elle cette expression ? Et pourquoi son instinct lui criait soudainement danger ?

Il n’avait aucun mal à croire que son espèce descendait des dragons… Car son instinct pour sa part était très développé, autant si ce n’est plus que certains animaux. Il lui disait qu’il y avait un danger et il identifia aussitôt que c’était… elle le danger. Curieux, surpris, le jeune homme fronçait les sourcils, penchant légèrement la tête comme à son habitude.

Et il eut de quoi être surpris par la suite.
Certes, il se doutait qu’elle était puissante. Après tout, une si jeune femme n’est pas autant… reconnue et « respectée » par une faction entière en ne sachant lancer que de petits sorts sans incidence majeure. Et puis elle avait terrassé un dragon ! Ca ne se faisait pas tout seul… sauf si éventuellement le dragon s’était emmêlé les pattes et lamentablement vautré sur des rochers pointus mettant fin à sa vie.Ce qui était tout de même une fin bien plus envisageable quand on voyait le gabarit de la jeune femme plus bas sur le terrain d’entraînement.

Mais Tristan avait très vite appris qu’il ne fallait pas se fier aux apparences et encore et surtout avec les mages. Les plus puissants étaient souvent ceux qui le paraissaient le moins.
Il en eut la preuve en direct. Devant lui, juste sous ses yeux, la jeune mage se livra à un exercice complexe mais extrêmement impressionnant.

Bien sûr, elle ne pouvait pas se battre comme lui le faisait ou comme une guerrière l’aurait fait, elle n’avait pas adapté son physique pour. Mais c’était extrêmement impressionnant quand même.
Immobile, la bouche ouverte et les sourcils légèrement arqués vers le haut, Tristan assistait à ce spectacle avec un intérêt et une excitation tout sauf feints.

Wah… elle était vraiment forte ! Tout à fait comme il l’imaginait ! Non… mieux encore ! Il en était… ravi. Oui tout à fait… ravi. Ce si petit bout de femme, aux airs si innocents, si fragiles… C’était… magnifique. Elle ne le savait pas bien entendu, ni qu’il était là, ni qu’il admirait en silence, ni même qu’il était très loin des machos et du coup n’avait aucun a priori sur le fait qu’une femme soit si puissante. Sans doute aurait-elle été surprise d’ailleurs…

Un sourire se dessina sur le visage de Tristan, de joie pure et simple.
Quel bonheur d’avoir vécu assez longtemps pour voir un tel spectacle… Ce n’était pas parce qu’il avait l’air fermé, ignorant à ce sujet et dédaigneux qu’il n’admirait pas la magie, fondement de cet Univers. Et là… ça valait sincèrement le déplacement, du moins à ses yeux.

Pourtant, il se crispa vivement à plusieurs reprises. Quand elle fut encerclée de trop près et frappée. A de multiples reprises, son corps se souleva imperceptiblement de la branche contre laquelle il s’était installé à plat ventre pour la regarder, les muscles tendus, quelques autres fois, il était prêt à sauter pour intervenir. Mais au final, le jeune homme ne descendit pas durant sa bataille.

Peut-être parce qu’il savait qu’un entraînement ne s’interrompait pas si facilement. Et puis que c’était important pour elle… qu’elle devait avoir sa fierté… et qu’il ne pouvait pas agir ainsi sans réfléchir… Surtout parce qu’elle avait des cartes à jouer encore. Et qu’il voulait voir ces cartes là justement.

Finalement le combat cessa et il posa son menton dans une de ses mains. Eh bien… Il n’était pas déçu. Quoi de plus normal que son tatouage tienne ? Non seulement elle n’essayait pas aussitôt de s’en servir contre lui, mais en plus de cela… elle était vraiment puissante. Pourtant, à certains moments, sa magie avait été très capricieuse, comme si elle perdait le contrôle.

Quand l’énorme monstre était apparu, Tristan avait même agrippé la branche, sautant dans le vide pour intervenir, avant de se retrouver à faire de manière ridicule un mouvement de balancier avec son corps pour remonter rapidement et ne pas se faire voir. En effet, elle avait repris ses esprits très vite et avait riposté… Le voir à cet instant aurait plutôt provoqué un manque de concentration et donc un échec qu’autre chose. Mais ça avait été très juste et il avait eu de la chance qu’elle ait le regard uniquement fixé sur la créature imposante qu’elle s’était mise comme adversaire. Cette fille était peut-être un peu sado maso.

Là il l’observait.
Vraiment impressionnant ce petit bout de femme. Il n’était pas fâché de la revoir et surtout de voir ce dont elle était capable aujourd’hui. Dommage qu’il ne soit pas au meilleur de sa forme. Il faisait bien pitoyable à côté.
Seulement, alors qu’elle faisait une pause, un nouvel élément entra en jeu.

Une des créatures qu’elle avait créée semblait avoir survécu et se dressa derrière elle, prête à frapper. Il sauta au sol avant même d’en avoir formulé la pensée, cassa net une branche épaisse d’un bon pouce et demi relativement droite et qui comportait encore ses feuilles. Elle dut l’apercevoir parce qu’elle releva les yeux, c’est vrai que ses cheveux n’étaient pas discrets. Mais Tristan ne s’en préoccupa pas, l’orc levait haut les bras et les abattait.
Il prit son élan, mettant son bras gauche largement en arrière puis lança de toutes ses forces.

Le javelot improvisé fendit l’air et malgré sa déformation le rendant bien moins efficace, à une sacré vitesse, passant juste une trentaine de centimètres au-dessus de la tête de la jeune femme avant d’aller traverser le poitrail de la créature qui retourna aussitôt à l’état de poussière.

C’était juste…

La massue était retournée à son état aussi… et Cassidy avait donc eu droit à une merveilleuse douche de sable et de terre.
Il courut rapidement vers elle, même s’il n’était pas si loin et se laissa tomber à genoux presque aussitôt.

- Cassidy ! Ca va ?

Il se crispa aussitôt.
Sa main droite se serrait sans mal sur l’épaule de la jeune femme… mais… pas la main gauche. La douleur lui apparut seulement et les muscles de sa mâchoire se tendirent.
Aie !!! Pourquoi il avait si mal ?!!!! Certes il avait lancé fort sans avoir échauffé son épaule pour avant, mais quand même !!!!!
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Cassidy Herediane
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MessageSujet: Re: Un besoin de libérer le surplus de magie   Dim 10 Juin - 16:27

C'était un véritable exercice complexe et dangereux auquel la jeune mage venait de se livrer, égal au niveau qu'elle avait et revendiquant ainsi sa puissance sur Ascadian. Et pourtant, Cassidy restait modeste, ne se livrant pas avec tous ces artifices devant qui que ce soit car elle préférait rester modeste plutôt que de frimer avec sa large gamme de sorts. En effet, ce n'était pas du tout son but et elle trouvait cela complètement stupide et orgueilleux.

Cependant, Tristan l'embêtait. Plutôt, la rendait confuse. Et pour une mage qui intériorise tout ce qu'elle ressent, c'était un véritable piège, car la magie et les sentiments sont étroitement liés. Mais est ce que le Drakkari le savait ? Oh si il le savait peut être qu'il en profiterait jusqu'à ce qu'elle devienne une véritable bombe incontrôlable. De plus, il y avait cette grande réserve de magie qui grandissait et qu'elle était incapable d'utiliser correctement car beaucoup trop instable pour Cassidy actuellement et ce n'était pas vraiment bon signe.

Alors, plutôt que de se laisser tenter, la jeune femme préférait se libérer de cette surcharge pas très agréable à ses yeux et le mieux était de le faire sur un terrain dégagé. Elle avait bien entendu suffisamment conscience en ses capacités pour y arriver même si parfois, l'ombre du Drakkari planait devant elle, ce qui la déconcentrait suffisamment pour se prendre quelques coups au passage, et ce qui rendait sa robe un peu poussiéreuse et râpée.

Mais Cassidy était trop fière pour se laisser abattre, même si elle sentait son flux magique devenir instable au fur et à mesure de ses pensées. Elle savait rester digne et se défendait vaillamment contre les choses que la jeune femme avait elle même créé. C'était un bon exercice pour être digne de défendre l'académie et malgré la démonstration qu'elle réalisait sur ses talents, son but était de devenir encore plus forte. Il y avait encore des progrès à faire car il est toujours difficile d'atteindre la perfection.

Elle se rappelait des entraînements avec son maître. Celui-ci sentant que la jeune fille avait quelques soucis avec ses émotions l'avait spécialement entraîné là dessus, en lui réservant quelques moments pour se vider de cette énergie supplémentaire en créant des petites créatures pour qu'elle puisse utiliser sa magie dessus. En même temps, cela lui faisait sortir la tête de ses livres et en plus la jeune femme pouvait se défouler. Difficile d'imaginer Cassidy aussi combattante que ça, elle qui avait toujours été assez fragile.

Mais il s'agissait d'un entraînement nécessaire. Le vieux mage lui avait rappeler de nombreuses fois que Cassidy avait une source de magie très importante, assez impressionnante. Elle n'en maîtrisait qu'une petite partie. L'autre partie était beaucoup plus difficile à atteindre et incontrôlable à vrai dire. Et pour la protéger, il valait mieux qu'elle sache quoi faire. Voyons, la dernière fois que sa magie était devenue incontrôlable, un certain dragon s'était mis devant elle. Elle l'ignore encore, mais sans cela, la jeune femme n'aurait plus été là pour en parler.

Pendant son entraînement, Cassidy ne se doutait pas qu'un spectateur se trouvait dans un arbre, admirant le spectacle avec une certaine curiosité. Si elle avait vu Tristan, bien entendu, cela l'aurait complètement perturbé et elle se serait bien pris des coups beaucoup plus dangereux que prévu. Car pour le moment, Cassidy n'arrivait pas à transformer la faiblesse qu'elle avait en force, c'était tout simplement impossible pour elle. Aimer Tristan ? Déjà si lui l'aimait cela serait un grand pas en avant. On ne peut pas aimer à sens unique.

Après avoir été surprise par la dernière créature qu'elle n'avait pas invoqué, Cassidy s'était laissée allée assise, se sentant mieux, libérée de cette véritable bombe. Elle laissa le vent caresser son visage doucement mais tout en étant préoccupée. En effet, la mage avait du utiliser un de ses sorts qu'elle ne réservait qu'aux grosses créatures et elle n'avait pas prévu de l'utiliser maintenant. Il faudrait qu'elle se concentre un peu plus à l'avenir.

Soudain, son regard fut attiré par une chevelure rouge vive qui sortait d'un arbre tout en cassant la branche. Cassidy n'avait pas senti le troll venir, étant sûrement trop plongée dans ses réflexions pour réagir ou s'en rendre compte. Son regard se figea sur le coup de la surprise. Que faisait-il ici ?

*Tristan ? Je ne l'ai même pas senti... ni remarqué... Il est là depuis longtemps ? Eeeeh ! Il fait quoi là ???*

En effet, le jeune homme venait de courir vers elle, son javelot improvisé dans la main. La bouche de Cassidy s'ouvrit doucement alors qu'elle écarquillait les yeux sur le coup de la surprise. Non, il n'allait quand même pas l'embrocher avec ce truc là ? C'était inimaginable ! Pourquoi ferait-il ça ? Des questions se posèrent dans sa tête et Cassidy hésita à rouler de quelques mètres pour éviter l'attaque mais elle était paralysée par la surprise, ne comprenant pas son geste.

Le moment sembla durer une éternité pour Cassidy, voulait-il vraiment en finir maintenant avec elle alors qu'elle était fragile et désarmée ? Le bruit se fit sourd, les mouvements ralentis comme si elle était dans une dimension parallèle.

Et c'est alors que le Drakkari lança de toutes ses forces le morceau de bois dans sa direction. Cassidy n'avait pas peur et commençait à activer une barrière invisible pour la protéger. La surprise était présente sur son beau visage, et pas un seul cri, pas un seul mot ne sortit de sa bouche silencieuse, toujours ouverte, perturbée par ce qu'il venait de faire.

Le javelot passa juste au dessus de sa tête et s'enfonça dans quelque chose derrière elle. Cassidy sursauta et se retourna, apercevant le troll qui retomba en poussière, choquée d'en avoir oublier un. Et là, elle ne pouvait exprimer que de la gratitude envers son sauveur. La massue se transforma en sable et en terre, ce qui donna à la jeune femme une petite douche juste au dessus de sa tête, pas vraiment très agréable. D'ailleurs elle cracha et toussa pour faire partir le sable qui glissait sur son visage et le long de ses cheveux.

*Aaaaah ! Il va falloir encore que je prenne une douche !*

Tristan courut vers elle pour se mettre à genoux, comme si il était inquiet et lui demandant si elle allait bien. Cassidy était encore sous le choc et releva la tête vers le beau Drakkari, une expression assez étrange sur le visage qui montrait sa surprise et le choc qu'elle venait d'avoir. Elle ne semblait pas fatiguée, juste étonnée par ce qui venait de se passer, se remettant les idées en place doucement.

*Je... non... il m'a... sauvé ?!*

C'était le dernier geste qu'elle attendait de la part du Drakkari venant de sa part, lui qui encore un peu avant, semblait complètement insensible à sa santé et son attitude. Cela lui paraissait étrange et uniquement pour cela, elle se refusa de penser du mal de lui, même si il était au centre de son esprit perturbé. Cela aurait été incorrect, ingrat et irrespectueux de l'ignorer après ce qu'il avait fait. Même si elle redoutait qu'il sorte encore une excuse pour exprimer son geste.

Cassidy se contenta de baisser la tête, honteuse. Tristan ne pouvait pas être mis en danger, mais il avait du réagir juste à temps pour la protéger elle. Et elle ne pouvait que lui en être reconnaissant.

"Je... ça va... enfin... grâce à toi... merci..."

Elle regardait le sable sur le sol quand la jeune femme sentit les mains du Drakkari qui se posaient sur ses épaules. Très étrangement, une des deux semblait plus faible que l'autre, ce qui provoqua un froncement de sourcils vers Cassidy. C'était bien étrange et la jeune femme releva doucement la tête vers lui alors qu'il avait un visage et une mâchoire crispé, qui pouvait faire penser qu'il n'avait pas aussi bien qu'il le laissait penser depuis le début.

"Tristan... il a quoi ton bras ? C'est la faute au tatouage ? Dis moi la vérité, je commence à me demander si il n'y a pas quelque chose..."

Une lueur d'inquiétude se lisait dans ses yeux. A moins qu'elle le devine, la jeune femme se doutait bien que Tristan était aussi fière qu'elle et chercherait à nier toute possibilité de douleur. Après tout il lui avait bien dit hier qu'il ne comptait pas s'étaler dessus. Et pourtant, Cassidy se sentit responsable de son malaise.

Elle se redressa lentement en grimaçant, c'est sûr qu'elle allait avoir des courbatures, à force de faire la folle. Mais bon, la jeune femme n'en était pas à ses premières, les courbatures ce n'est rien du tout, il suffit de marcher un peu pour se sentir mieux, même si la douleur y était, c'était toujours mieux que de rester coucher.

*On forme vraiment une drôle d'équipe tous les deux... Heureusement que personne ne peut voir ça... notre fierté en prendrait un bon coup*

Après avoir vu Tristan au plus mal de sa forme, et elle dans le même état, la jeune femme se disait qu'elle serait bien incapable de le juger pour ça et cela devait être la même chose de l'autre côté. Du moins c'est ce qu'elle pensait. Comment cela réagirait si on voyait Tristan le fier et redoutable guerrier réduit à un état secondaire ? Et elle même avec son épuisement qu'elle ressentait à cause du tatouage ? On ne les jugerait plus pareil et les deux étant suffisamment fiers, cela aurait été très mal pris.

Cassidy l'attrapa doucement par la main droite qui était capable de serrer. Elle ne voulait pas toucher à l'autre, ne sachant pas encore ce qu'il avait. L'aidant à se redresser, elle le conduisit encore à un banc. Tiens donc, il leur en arrivait des choses sur ce fameux terrain d'entraînement. Il n'était peut être pas fatigué lui non plus, mais la mage tenait quand même à l'examiner un peu, afin d'être sûr que tout va bien, et cela malgré ses protestations.

Elle le fit assoir de nouveau sur ce banc, en espérant qu'il ne voit pas encore une punition. Après tout c'était lui qui avait dit que ce n'était pas bon de faire le fier lorsque l'on se sentait pas bien !

La jeune femme lança un sort vers un autre banc qui se trouvait à côté du premier pour le mettre en face de Tristan et s'assit dessus pour être en face de lui. Cassidy commença à examiner et observer son torse avec les yeux et surtout sa main gauche qu'elle prit avec une infinie douceur, très délicatement, espérant qu'elle n'appuyait sur rien de sensible. Après tout, elle ne comptait pas appuyer là où ça faisait mal, elle n'était pas guérisseur après tout.

"C'est ma faute... je suis nulle... si je n'avais pas baissé ma garde, tu n'aurais pas été obligé d'intervenir... et je ne sais pas si tu as mal ou pas..." murmura-t-elle doucement en examinant sa main.

Elle ne savait que penser, après tout, ce n'était pas une guérisseuse donc elle ne pouvait pas savoir ce qu'il avait et si vraiment il avait quelque chose.
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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: Un besoin de libérer le surplus de magie   Dim 10 Juin - 19:33

Non, ce n’était pas un macho.
Tristan était réaliste, observateur, intelligent. Il n’avait jamais connu ce stade stupide. Enfin..si un peu. C’est vrai qu’à une époque, il avait eu besoin d’épater la galerie. Pour plaire aux filles, pour plaire à son maître. Pour avoir un peu de reconnaissance.
Mais c’était essentiellement dû à l’adolescence même si la sienne n’avait rien eu de… normal et surtout… surtout à un manque terrible d’affection.

N’ayant jamais connu son père et ayant… assassiné sa mère dans un éclat de folie, le jeune homme se retrouvait seul et sans famille. Pas d’attache réelle.
Cassidy se moquait du physique, elle disait que justement ce n’était pas suffisant et surtout elle pensait que ce n’était pas ce qui définissait un homme.

Elle avait raison… Au combien raison.
Et malgré ce qu’il pouvait dire ou sembler penser, Tristan était d’accord avec elle. Seulement… C’était son physique qui avait compté, seulement ça pendant toutes ces années.
Parce qu’il était un bel adolescent, devenant un somptueux jeune homme. Personne n’avait cherché à savoir ce qu’il y avait au-delà de l’apparence, au-delà de ce physique d’éphèbe.

Ce n’était qu’une enveloppe… Une coquille que personne ne cherchait à ouvrir. Il se plaisait même à penser qu’il était comme ses dessins et peintures à l’époque où il avait commencé, magnifiques esquisses… qui n’avaient aucune âme. Une coquille vide voilà ce qu’il était… Enfin il y avait bien quelque chose à l’intérieur. Mais ce n’était que de la haine, des regrets, de la violence. Il n’y avait pas de place pour autre chose.

En réalité, s’il était tout à fait honnête, Tristan devait avouer qu’il n’avait laissé personne taper doucement à la coquille pour essayer de l’ouvrir. Mais combien de mains s’étaient tendues ? Tellement peu. Son maître semblait savoir, mais il ne faisait jamais de commentaire sur le passé de son élève. C’était un homme fort, qui ne s’attachait pas à ce qui pouvait blesser. Il avait vite compris qu’en parler avec lui ne serait pas possible. Alors il n’avait tout simplement pas essayé. Peut-être l’aurait-il dû au final.

Alors oui, il était attaché à son physique… Après tout, c’était bien la seule chose qui lui restait non ? Ceci et sa haine…cette haine terrible mais tellement puissante qui le portait au milieu d’un combat, qui lui permettait de faire face à un adversaire bien plus fort que lui. C’était cette haine qui lui avait permis de vivre. Et c’était aussi probablement pour et par cette haine qu’il trouverait la mort.

Alors à part cette période où il avait eu désespérément envie de plaire et se pavanait un peu, jamais il n’avait été un macho. Certes, il se pavanait toujours et montrait son physique comme on montre ses meilleures armes pour une bataille, son tableau de chasse… n’avait pas besoin d’être évoqué. Rien qu’à son sourire, à ce fameux physique, pas difficile de deviner son importance.

Alors non… Il n’était pas contre le fait qu’une femme soit aussi puissante. Même que ce soit une femme aussi petite et à l’apparence fragile. Elle était bien mieux qu’un gros vieux barbu aux paroles ennuyeuses à mourir. Et puis… Elle se servirait de ses pouvoirs pour faire de bonnes choses, il en avait la certitude.

C’est tout toi Cassy… Tu ne pourrais pas être un animal…. Car ton cœur d’or te ferait périr par les pattes acérées des autres… Fais attention, les hommes aussi ont des pattes acérées… et ils n’hésiteront pas à s’en servir, même sur une aussi jolie fille que toi

Il l’avait observée avec une attention toute particulière et une fierté toute neuve.
Et dire qu’il avait côtoyé cette femme alors qu’elle n’était qu’une petite fille sans aucun pouvoir, munie de couettes dont elle entortillait parfois nerveusement une mèche autour de son doigt. Ce geste lui avait manqué. Personne ne le faisait avec cette petite moue réfléchie, pensive.
Elle était devenue si puissante en treize années…
Mais quelque part, elle était encore cette fillette entortillant sa mèche autour de son doigt.

Maladroite, excessivement défensive, à la rescousse pour les autres, généreuse, sérieuse, drôle aussi… Même si à l’époque il ne la trouvait pas drôle juste… extrêmement agaçante.
Tout était alors tellement différent. Si cette catastrophe n’avait pas eu lieu, auraient-ils continué de se chamailler ? Ou est-ce qu’avec le temps ils auraient changé, auraient appris à se connaître ?
S’il était revenu le lendemain matin après cet incident de la flaque… Que ce serait-il passé ? Lui aurait-il mené la vie dure pour le lui faire payer ? Ce serait-elle excusée ? Et est-ce qu’alors il aurait accepté ses excuses ?

Il aimait à croire que oui.
Que ce petit incident se serait arrêté là.
Peut-être même que pour la fête de l’école, il serait parti la chercher dans la clairière et lui aurait volé ce petit bisou innocent, sans incidence. Mais là… peut-être qu’il lui aurait pris la main et qu’il aurait ôté son masque, sans se moquer, juste en la regardant timidement sans lâcher sa main.
Peut-être auraient-ils discuté des heures, apprenant à connaître l’autre…
A l’adolescence, s’ils étaient restés dans le même coin, il l’aurait taquinée et elle aurait répliquée sauvagement. Mais ça aurait pu être très différent… oui infiniment différent de ce qu’ils avaient vécu…

Tristan avait secoué la tête, amusé par ses propres pensées totalement saugrenues. Contrecoup cruel de la fatigue le voilà qui se mettait à penser ce qu’aurait pu être sa vie si… ce fameux si… Si rien de tout ça n’était arrivé, s’il n’avait pas tué sa mère, s’il n’était pas passé du côté des Kaärs, s’il ne vouait pas une haine sans merci à cette prétendue justice. S’il n’avait pas sombré dans ce côté d’égoïsme et de solitude… même lorsqu’il était entouré de nombreuses personnes.

Elle s’était battue, seule…
Cassidy créait des monstres et lui observait, parfaitement silencieux. Normal donc qu’elle ne le repère pas. Il l’avait regardée alors qu’elle se créait ces adversaires puis les affrontait avec une énergie, une fougue qu’il ne lui connaissait pas. Et il était totalement… admiratif.
Et oui, le voyou Drakkari, appréciateur ne perdait pas une miette du combat.

Si à plusieurs reprises il avait bien failli jaillir de sa cachette pour lui prêter main-forte, la voyant ou plutôt la croyant en mauvaise posture, elle lui avait prouvé qu’elle n’avait besoin de personne. Et malgré lui, contre toute attente, cette pensée lui fit mal, comme une sorte de vide étrange, déroutant et désagréable.
Finalement il y avait eu l’énorme machin difforme immense et destructeur mais là encore elle s’en était sortie seule. Son calme face à une situation pourtant difficile, son ingéniosité… Il la reconnaissait dans ces gestes. C’était elle, ce serait toujours elle.

Puis elle s’était assise, certainement pour souffler un peu et elle le méritait bien.
Tristan s’était alors rendu compte d’une chose assez… grotesque. Qu’est ce qu’il faisait à présent ?
Il avait regardé l’entraînement super… mais maintenant ?
Il sautait au bas de l’arbre comme si de rien n’était ? Elle lui demanderait des explications et il ne pourrait pas répondre autre chose… qu’il était impressionné. Elle risquait de le prendre comme un compliment en plus. Flûte alors !
Et il n’allait pas rester ici pendant des heures, il commençait à avoir des fourmis dans les jambes.

L’occasion s’était alors présentée à lui, seulement il n’eut même pas l’occasion d’y penser.
En réalité, dès qu’il vit la jeune mage en danger, Tristan réagit tout à fait automatiquement. Ses yeux s’agrandirent d’effroi et ses gestes lui échappèrent.
Il sauta au sol, cassa cette fameuse branche rendue pointue à une extrémité par le bris justement.

C’est sûr qu’à le voir courir ainsi vers elle, elle avait dû se demander à quoi il jouait. Puis il avait jeté la branche avec force et heureusement avait atteint juste à temps sa cible.
L’orc s’écroula, sa massue aussi et Cassidy se retrouva sous une pluie de débris terreux.
Pourtant il était déjà près d’elle, à genoux, les mains sur ses épaules.
Ce fut à cet instant qu’il sentit la douleur dans son bras gauche.

Pour sa part, la jeune femme avait l’air un peu hagard. C’est vrai qu’elle ne devait pas y comprendre grand-chose mais à part son état un peu… moins propre dû à son entraînement, elle avait l’air d’aller bien et il en fut soulagé. A sa grande surprise.
Elle le lui confirma d’ailleurs et il soupira, baissant la tête.

Pendant un court instant, dont il n’avait pas eu le temps de prendre conscience dans le feu de l’action, il avait eu peur… vraiment peur. Ce qu’il avait pensé, sur la petite fille, celle qu’il aurait pu mieux connaître… Si tout ça n’était pas arrivé, était repassé dans sa tête en un éclair et il avait éprouvé le besoin irrépressible de la secourir, quoi qu’il arrive, d’empêcher ce monstre de seulement effleurer ses beaux cheveux dorés. Et c’était un sentiment dont il n’avait l’habitude. Besoin de protéger… pourquoi ?

Seulement elle sembla remarquer pour son bras et il ne comprit pas immédiatement, penchant la tête de côté avant de baisser les yeux vers sa main gauche. Aie… Elle avait remarqué. Bon, ce n’était pas grand-chose mais…
Mais avant qu’il n’ait pu dire quoi que ce soit, croisant juste une lueur d’inquiétude touchante dans ses yeux, elle se relevait et lui prenait l’autre main pour la mener à sa suite.

Ce geste musela le jeune homme qui se mit à fixer d’un air un peu ahuri leurs deux mains. Celle de la jeune femme, aux doigts fins et pâles serrant ses doigts, la sienne docile dont les doigts se refermèrent légèrement sur ceux de cette… meneuse.
Elle le fit asseoir et il se retrouva en face d’elle. Il déglutit et elle se mit à s’accuser de ce qui venait de se passer. Mais avant ça, elle avait pris doucement sa main gauche et l’observait. Ca redonna au moins la parole au Drakkari.

Un sourire apparut sur son visage et il lui enleva sa main. Mais au lieu de sortir une phrase blessante confirmant qu’elle n’était qu’une idiote, au lieu de dénigrer ce qui s’était passé, il ne dit rien sur le coup. Seulement avec sa main, il fit comme un petit personnage montant, comme on le fait aux enfants, sur le bras droit de la jeune mage, celui qui était en face de son bras gauche… La petite bête qui monte qui monte… et toujours sans parler, il monta doucement sans geste brusque mais tout de même assez vite le long de son bras, sans rien tenter de grossier, jusqu’à son épaule. Il poussa une mèche rebelle de cheveux qui lui barrait le chemin, décolla sa main de son bras et lui donna une toute petite pichenette sur le nez.

La seconde suivante, son visage n’était qu’à quelques centimètres du sien et il souriait mais ni perversement, ni méchamment, juste d’un air amusé, un peu taquin, mais sincèrement joyeux.

- Arrête un peu princesse. Celui-là était bien vicieux de s’avancer ainsi derrière toi. Il fallait bien que je fasse quelque chose après ce magnifique spectacle que tu m’as offert quand même.

Il lui sourit un peu plus, avouant donc qu’il l’avait observée alors qu’elle s’entraînait, ancrant son regard orangé dans le sien noisette ambrée.

- Et ne t’en fais pas pour mon bras. J’y suis allé un peu fort voilà tout, je ne l’avais pas échauffé pour et puis… j’ai peut-être eu un peu peur pour toi qui sait…

Sa voix était très calme, douce. Il ne parlait pas bien fort d’ailleurs, finalement il recula le visage, mais très légèrement, levant les yeux vers ses cheveux dont il ôta un peu de sable et de terre qui se voyaient plutôt bien sur cette couleur de champ de blé…

- Et puis... si tu ne faisais pas d'erreur de temps en temps... pour moi, tu ne serais pas intéressante...
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MessageSujet: Re: Un besoin de libérer le surplus de magie   Dim 10 Juin - 22:55

Cassidy était tout le contraire de Tristan. Le physique elle avait du mal à l'accepter. Tout d'abord pour elle. En effet, la jeune femme était partie tôt de chez elle, à l'âge de 12 ans et son adolescence, elle l'avait vécu loin du reste, loin des autres, avec pour seule compagnie quotidienne son propre maître. Alors que les autres enfants grandissaient ensemble, dans la même ville, reprenant sûrement le travail familial, Cassidy avait décidé de suivre sa propre voie.

Elle était cependant respectueuse, polie, et côtoyait à son âge des personnes d'un certain âge alors qu'elle n'était qu'une petite apprentie. Les discussions étaient bien différentes et parfois la demoiselle regrettait le comportement de Tristan qui avait tellement animé sa vie. Ici, avec les autres gens, elle n'avait fait que discuter, débattre mais plus souvent écouter, parfois des conversations qui n'en finissaient plus et qui manquaient de fantaisie. Elle était dans un autre jeu ou même plus un jeu d'ailleurs. A la table des grands, sans personne à embêter, rappeler à l'ordre, parler.

Car il fallait le dire, son maître ainsi que toutes les personnes qu'elle rencontrait étaient des adultes, parlant beaucoup mais s'amusant très peu. Et c'est peut être à ce moment là, du moins dans les premiers mois, que la jeune fille eut des difficultés. Elle aimait bien sûr écouter, apprendre, mais une enfant ne pouvait pas rester éternellement sérieuse. Et c'était vrai, Tristan lui manquait beaucoup d'où son découragement au départ, cette sensation de vide qui la hantait en permanence. Difficile de supporter et de jouer à la grande.

Etrangement, même si l'avenir des deux jeunes était totalement différent, Tristan s'enfonçant dans la haine et la colère et Cassidy vers la bonté et la justice, ils avaient sûrement souffert l'un comme l'autre de cette étape qui avait complètement sauté de leur vie. En effet pour Cassidy, pas de réel contact avec d'autres adolescents, travailler, réviser, apprendre, manipuler, c'était son quotidien.

Elle n'a jamais ressenti de sentiments comme de l'amitié, de l'amour et contrairement à Tristan qui était tombé sur Maud, elle n'avait jamais eu d'occasion. Peut être aussi qu'elle n'en cherchait pas vraiment, s'enfermant dans une coquille pour ne avoir à éprouver des choses qui la détournerait de sa voie. Oui elle avait été bien seule et même si il lui arrivait de voyager avec son maître, elle avait toujours été protégée, encadrée, pour ne pas perturber son apprentissage.

Car en effet l'adolescence est la partie la plus délicate pour un mage, d'où un isolement des jeunes de la société de leur âge. Les sentiments atteignant leur paroxysme, il faut à tout prix éviter que cette nouvelle source d'énergie neuve ne devienne instable trop rapidement en favorisant les contacts et les sentiments. Paradoxal, lorsque l'on sait que magie et émotions sont très liés. Mais un jeune adolescent ne cherchera pas à comprendre et libérera ses émotions, déséquilibrant l'énergie nouvelle. C'est très délicat.

Mais en même temps, il y avait cette solitude, ce manque de contact. Cassidy étant quand même assez sage n'était pas restée longtemps à regretter cette vie, se concentrant uniquement sur sa magie pour suivre son chemin et sa voie.

Cependant, lorsqu'elle était sorti de l'apprentissage, c'était un univers inconnu qui s'offrait à elle. Cassidy avait toujours été bien élevée, polie, respectueuse, et n'avait jamais eu de soucis avec les gens et autres habitants. Mais elle était parfois un peu naïve, ce qui lui avait valu quelques mésaventures à cause de son physique. Heureusement qu'elle n'hésitait pas à repousser avec la magie.

Pour elle c'était inconnu, tous ces sentiments, les émotions des autres, pouvoir démêler le vrai du faux. Avec le temps, elle avait appris à faire plus attention mais ses premières expériences avaient été des échecs. Cassidy avait du faire un immense travail pour être reconnue à sa juste valeur, car être une femme ne se pardonne pas pour certains hommes qui la voyait incapable de réaliser la moindre prouesse. Son maître avait confiance en elle, mais sur le continent c'était autre chose.

Mais petit à petit, elle avait réussi à se faire reconnaître et on acceptait le fait qu'elle était effectivement une grande mage. Et pourtant, Cassidy continuait de travailler dur, de rester modeste. Elle détestait les hommes qui ne voyaient que son physique alors qu'il y avait tellement de choses derrière. Cette attirance qui n'avait rien de réfléchi, voire complètement animale.

Et pourtant face aux monstres, elle prouvait toute sa valeur sur le terrain d'entraînement, les repoussant avec fougue, sentant son énergie se libérer d'elle même si il y a eut quelques petits écarts. Elle était appliquée, concentrée et en même temps, c'est ce que l'on attendait d'elle. Toujours vouloir prouver les choses, mais en gardant une part de modestie.

La jeune femme repensa alors à ce qui se serait passé si elle était resté avec Tristan. Après tout elle lui avait déjà pardonné pendant son apprentissage magique mais si la jeune fille était restée avec lui, ou du moins qu'il serait revenu, l'attitude de Cassidy aurait peut être changé envers lui, se faisant plus douce, plus attentionnée. Bon sans perdre son caractère non plus. Peut être que oui, elle aurait sûrement appris à l'aimer à l'adolescence car il avait ce petit quelque chose.

Avec le recul, on peut mieux le savoir. Quand le mage lui avait dit qu'elle appréciait le Drakkari, la petite ne l'avait pas cru. Et puis maintenant, Cassidy savait que oui, c'était vrai, elle l'appréciait, quoi qu'il en dise, malgré son fichu caractère et son changement de personnalité. Et cela, il était difficile de le nier. Car c'était le seul à arriver à la toucher aussi profondément, à lui donner des réactions qu'elle n'aurait jamais eu avec un inconnu.

C'était comme si le temps avait repris son cours normal et qu'ils étaient retournés dans le passé l'espace d'un instant. En effet, Cassidy s'étonnait de ces petites gestes qu'elle avait avec le Drakkari, le tenir par la main, chercher à le soigner, se montrer plus calme et gentille avec lui et surtout, se laisser faire. En même pas deux jours, il avait réussi à aller plus loin que tous les autres. Avec une certaine douceur certes, et puis lui il osait mais elle ne cherchait même pas à le repousser, ni à le gifler. Bien qu'elle conservait son caractère et n'hésiterait pas à dire stop si il le fallait.

Et pourtant, c'était une jolie victoire du Drakkari. Elle gardait un petit coin de méfiance au cas où, car un rêve peut s'arrêter à n'importe quel moment et que Tristan décide de changer directement de comportement, cela pouvait arriver aussi, elle n'oubliait pas que le tatouage avait vraiment été un coup dur pour lui. Mais la jeune femme devait reconnaître qu'elle se laisser un peu bercer par lui de temps en temps.

Lorsque l'orc était derrière et que Cassidy ne comprit pas tout de suite la situation, elle n'avait pas pu voir cette expression de peur qui était apparut au fond de ses yeux, trop choquée pour analyser quoi que ce soit. Il était arrivé vite et heureusement d'ailleurs, sinon la jeune femme se serait pris un sérieux choc sur la tête. Et rien qu'en imaginant cela et le geste du Drakkari avait effacé toute trace de colère, de sentiment négatif à l'intérieur d'elle, c'était même encore mieux que ce qu'elle avait.

En un temps trois mouvements il était déjà vers elle, comme si il s'inquiétait de son état. Et à vrai dire, même si la jeune femme avait le coeur qui battait à cent à l'heure et qu'elle semblait en état de choc, Cassidy était honteuse, un peu fatiguée et rassura Tristan alors qu'elle allait bien. Le simple contact sur ses épaules ralentit son rythme cardiaque, c'était comme si le Drakkari avait un certain pouvoir sur elle, ou avait la possibilité de la calmer... tout comme la contrarier.

Et pourtant, Cassidy s'inquiétait pour le bras gauche de Tristan qui semblait faible, il ne fallait pas être stupide, le contact qu'il avait sur elle était beaucoup plus prononcé d'un côté que de l'autre, et vu son visage crispé, quelque chose n'allait pas. Alors, s'inquiétant pour lui, elle s'était relevée tout en le prenant par la main, un petit geste tout simple mais tellement étranger chez elle.

Mais cela avait été instinctif, sans se poser aucune question sur ce contact, juste vouloir l'amener dans un coin pour l'examiner plus facilement. Et puis, si il s'était montré réfractaire à cette idée et qu'il s'était bloqué, Cassidy l'aurait quand même examiné sur place, elle était têtue. Fidèle à ses paroles, le tatouage et son contrôle restaient dans sa tête et non pas pour le forcer à faire quelque chose, il était libre de décidé tout seul si il voulait la suivre ou pas.

Elle l'avait assise tranquillement sur son banc, mais ressentant quand même un petit pincement lorsqu'elle tenait sa main pour le diriger, ce n'était pas méchant du tout.

Alors qu'elle tenait sa main pour l'examiner curieusement, cherchant une quelconque douleur, Tristan la retira de lui même et eut un comportement bien étrange. Il remonta le long de son bras avec sa main alors que Cassidy le regardait faire avec curiosité jusqu'à lui donner une petite tape sur le nez.

La jeune mage grommela un peu, plus pour rire que pour râler tout en agitant la tête et se frottant le nez par instinct. Et il lui avait tout vu en plus, toute sa prestation de magie. Cassidy regarda le sol gêné tout en rapprochant sa main l'une de l'autre en faisant des petits mouvements, témoignant sa gêne.

"Et bien... heu... c'était pas grand chose... mon petit spectacle... en tout cas je te remercie d'avoir intervenu, ça prouve bien que je suis encore trop confiante..."

Un peu de modestie et encore un petit remerciement. La jeune femme pensa à une fameuse histoire de princesse qui embrassait son prince pour l'avoir sauver d'un terrible monstre et Cassidy se mit à rougir rapidement en imaginant cette scène là. Ah mais non de toute manière Tristan n'était pas fleur bleu et elle, ne se voyait tout simplement pas faire ça. Mais elle semblait bien rouge tout d'un coup, regardant ailleurs et tortillant une mèche de ses cheveux distraitement.

En plus il était tout près donc cela ne devait pas passer inaperçu. Il expliqua rapidement une raison pour son bras et Cassidy décida de lui faire confiance tout en hochant la tête.

"D'accords, si tu le dis, je te crois"

*Il était inquiet... pour moi ? Enfin il avait peur ? Enfin c'est pas sûr...*

Elle redressa la tête, le rouge de ses joues s'étant calmé tout en le regardant et en souriant assez timidement.

"Oh de toute façon comme je suis maladroite, il y en a des choses à voir"

Cassidy grimaça en s'étirant tout en sentant la douleur dans son dos. Oui elle avait de sérieuses courbatures et la cicatrice mettait du temps à guérir. Elle posa son pied sur le banc en face pour l'étirer doucement afin de ne pas avoir trop mal le lendemain.

"Huuum alors... c'était bien cet après midi ?"

Pour relancer un petit peu la conversation et faire partir sa gêne, elle avait lancer discrètement cette phrase, bien qu'elle était toujours curieuse de savoir que ce Tristan avait pu faire.
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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: Un besoin de libérer le surplus de magie   Lun 11 Juin - 20:08

Intervenir avant même de penser le faire… n’était-ce pas un peu étrange tout de même ?
La sauver… Avoir besoin de la sauver après avoir ressenti un froid morbide dans son ventre, chaque fibre de son corps. Bien plus glacial que le dernier.
Si Tristan s’en était rendu compte sur le coup, il aurait eu peur, encore plus, infiniment plus que la peur ou plutôt l’inquiétude qu’il ressentait à cet instant, agissant instinctivement.

La lourde branche n’était pas tout à fait droite et la lancer sur une trajectoire correcte était d’autant plus difficile. Mais Tristan y avait mis tant de force et d’énergie que calculer sa vitesse aurait sans doute fait peur. Elle avait fendu l’air si rapidement que l’orc n’avait même pas eu le temps de comprendre ce qui lui arrivait et pourtant il avait vite redressé la tête en voyant que sa victime fixait un endroit plus loin.

Finalement donc, le jeune homme avait agi juste à temps.
Se précipiter vers elle pour s’assurer qu’elle allait bien était un autre réflexe idiot, apeurant, un de ces trucs qui donnaient froid. Qui lui rappelait de mauvais souvenirs qu’il aurait tellement souhaité oublier. En même temps ce n’était pas plus mal qu’il se rappelle… Au moins il ne referait pas la même erreur, jamais.

A présent c’était au tour de Cassidy de s’inquiéter. Malgré tout c’était gentil et mignon non ?
Tristan s’était retrouvé pourtant incapable de parler alors qu’elle tenait sa main dans la sienne et le guider. Il avait suivi avec une telle facilité que si elle avait su que justement ce n’était pas tout à fait un « fait exprès », elle en aurait été certainement très…surprise.

Finalement ils se retrouvaient assis, l’un en face de l’autre et il se calmait un peu. La douleur refluait, comme il s’y attendait dans son bras. C’était tout de même étrange. Enfin bien sûr, ce bras avait été davantage malmené que l’autre vu qu’il était gaucher, mais tout de même !
Il était en train de songer à ce qui s’était passé chez les Cheistams et se reprit à temps.
Ouf… Il n’aurait pas pu cacher des grimaces de douleur rien qu’en « revoyant » ce qui lui était arrivé. Et si elle cherchait à avoir des explications et en venait à utiliser pour cela son tatouage de contrôle, il aurait l’air fin !

S’il passait pour une espèce de faiblard incapable d’encaisser les coups, il serait tombé prodigieusement bas. Mais peut-être que c’était déjà le cas.Après tout, ce froid signifiait bien quelque chose non ?
Il s’exprima, lui expliquant plus ou moins qu’il avait vu ce qui s’était passé et elle répondit très modestement qu’elle avait encore beaucoup à faire. Qu’elle avait trop confiance en elle. Il fronça aussitôt les sourcils, indigné par de telles paroles et lui donna une nouvelle pichenette mais cette fois sur la main qui n’était pas trop loin de lui.

- Tsss !!!! Arrête un peu ! Je sais bien que la modestie entre dans tes traits de caractère mais inutile d’en faire autant avec moi. Si même moi je te dis que tu te débrouilles quand même pas mal, ça veut dire ce que ça veut dire. Arrête de te la jouer aussi perfectionniste et apprends à savourer tes progrès sinon tu finiras vieille et aigrie avant l’heure.

Il avait lâché le tout avec beaucoup de foi, d’amusement dans la voix et… d’honnêteté en fait. Il n’inventait rien du tout, il disait réellement ce qu’il pensait. Et dire ça signifiait très clairement qu’il avait été impressionné et qu’elle n’avait pas intérêt à se la jouer modeste avec lui.
Bien sûr elle était ainsi, c’était certainement plus fort qu’elle. Mais comment lui dire justement qu’il n’était pas comme les autres, qu’elle n’avait pas à être ainsi avec lui. Non pas parce qu’il s’en fichait mais plutôt parce qu’il ne comptait pas juger de petites erreurs comme une catastrophe.

Après tout, s’il n’était pas un éternel optimiste, il n’aurait certainement pas survécu si longtemps, elle devait bien le comprendre ça, non ?
Il sourit à sa réflexion suivante.

- Encore heureux que tu ne le nies pas. Tu es une catastrophe ambulante pour toi-même… mais ça je le savais déjà. Réfléchis donc un peu moins et fais plus attention à toi. Si tu t’abîmes sans arrêt, les garçons risquent de te trouver moins jolie ou trop… potiche. Alors que tu ne l’es pas.


Et voilà que maintenant il utilisait la carte des autres, de possibles prétendants. Pourquoi pas après tout ! Qui ne tente rien n’a rien.
Sa question suivante, bien moins apte à lui permettre de telles répliques le fit tout de même sourire et il lui lança un regard amusé, bien qu’un court instant une lueur sombre y ait brillé.

- Eh bien j’ai lu un peu et puis je me suis entraîné et alors que je me détendais tranquillement une espèce de petite chose blonde d’apparence fragile est venue squatter le terrain pour nous faire une démonstration à la mage surpuissante très intimidante. Mon après-midi a du moins été… mouvementée.

Innocent, pas de sous-entendus… Oh vraiment ?
Alors même qu’il semblait parfaitement tranquille et à sa place, Tristan se redressa, sans prévenir, sans que rien ne laisse présager qu’il souhaitait partir d’ailleurs. En fait il ne partit pas le moins du monde.
S’étant mis debout, il posa ses mains sur les épaules de la Cassidy et la fit rapidement basculer sur le banc pour l’allonger dos contre celui-ci.

Le Drakkari se pencha, un sourire victorieux au visage.
Ses yeux n’exprimaient aucune violence, aucune méchanceté pourtant… Peut-être juste, une espèce… d’avidité.
Il la fixa avec insistance, baissant les yeux vers son décolleté… toujours aussi peu plongeant et son sourire s’élargit alors qu’il remontait la tête pour ancrer son regard dans le sien.

Pour un peu c’était exactement comme s’il avait lu ses pensées.
En effet, quand elle avait rougi, pour une raison qu’elle était la seule à connaître, à savoir sa comparaison d’eux deux l’un comme un prince, l’autre comme une demoiselle en détresse, il n’avait rien dit, ne semblant pas le remarquer.
En fait il l’avait très bien vu et se demanda ce qui provoquait ces rougeurs.
Peut-être avait-elle eu près de lui une pensée… hum… peu adaptée à la situation mais le genre d’adaptation dont il était parfaitement capable tant qu’elle incluait de pouvoir serrer le corps d’une femme contre le sien. Si c’était le cas, il serait ravi.

Après tout, elle lui résistait ! C’était quand même un peu frustrant, il fallait l’avouer.
Si facilement… C’était comme si elle se fichait du physique. Peut-être n’était-elle attirée que par les hommes prodigieusement négligés et intelligents. Des hommes ennuyeux qui lorsqu’ils parlaient pouvaient endormir miraculeusement tout une assistance. Le genre d’homme qui l’exaspérait…

Certes il n’était pas capable de lire les pensées, mais son geste suggérait le contraire, juste légèrement. Oh pas le fait de la plaquer pourtant très doucement contre le banc, ni celle de se glisser au-dessus d’elle avec des idées dans la tête qui… làààà n’étaient pas du tout adaptées à la situation… quoique maintenant qu’elle était à sa merci, peut-être.

Mais brusquement, Tristan ferma les yeux et tendit obstinément sa joue vers la jeune femme allongée, ses mèches rouges désordonnées pendant légèrement dans le vide, proche de lui chatouiller le visage. Et il restait parfaitement immobile, avant de dire, ses lèvres articulant lentement.

- Et alors ? Mon bisou de la victoire ? Je vais pas te laisser partir si je ne l’ai pas hein !
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Cassidy Herediane
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MessageSujet: Re: Un besoin de libérer le surplus de magie   Lun 11 Juin - 22:35

Cassidy ne savait pas, ne savait plus. Ce qui la poussait à agir ainsi avec le Drakkari. Mais elle était quand même sûre de certaines choses même si pour l'instant la jeune mage réagissait beaucoup à l'instinct avec Tristan. Repoussant elle même ses propres limites plus loin qu'elle ne l'aurait jamais cru mais à chaque fois, Cassidy trouvait des explications logiques à tout cela, censés et justes. C'était la seule chose qu'elle avait trouvé pour ne pas avoir trop l'impression de rentrer trop profondément dans son jeu.

Alors elle avait eu un petit contact avec sa main, naturel, sans aucune arrière pensée et sans se douter une seule seconde des réflexions que Tristan pouvait se faire à ce moment là. Non pour elle c'était normal... et pas normal dans un même temps. Mais Cassidy savait très bien qu'elle réagissait différemment avec lui qu'avec d'autres hommes. Car même si Tristan était un charmeur, il semblait aussi accepter les autres facettes de sa personnalité qu'elle voulait lui montrer.

Et ça, c'était le bien le plus précieux de la jeune mage. Elle était comme un coffre difficilement fermé où il fallait trouver la bonne clé, la bonne combinaison pour parvenir à ouvrir la partie sécurisée et qu'à l'intérieur se trouvait une surprise, une partie cachée qui n'était pas visible à tout le monde. C'était un secret, une partie enfouie en elle que Cassidy ne révélait pas à tout le monde. Pour dire vrai, à personne. Et Tristan, même si c'était peut être inconscient, était sur la bonne voie. Même si le jeu était plutôt dangereux pour elle.

Elle avait regardé sa main ensuite, mais n'étant pas guérisseuse, Cassidy ne connaissait pas et ne maîtrisait pas les sorts qui permettaient de voir si vraiment il y avait quelque chose qui n'allait. Si la jeune mage avait su pour son bras, elle se serait peut être énervée si il lui avait menti, elle lui en voudrait ça c'est certain ! Elle se contentait alors d'examiner avec beaucoup de précaution car si effectivement il s'était cassé le poignet ou autre chose, le mieux était de faire extrêmement attention pour ne pas augmenter la douleur.

Et pourtant il avait l'air d'aller bien. C'était sûrement une fausse alerte alors. De plus, le Drakkari lui faisait un compliment directement et ça c'était aussi une belle attention qui semblait sincère. Surtout venant de lui. Qu'il la remarque un peu et reconnaisse qu'elle faisait des choses biens. Si il savait d'où lui venait sa force et sa magie, et bien Tristan en serait le premier surpris. La première fois qu'elle avait réussit à utiliser son pouvoir était loin d'être anodin. Et cela lui donna un tout petit sourire rien qu'à l'évocation de ce souvenir.

Malgré cela, elle faisait preuve de modestie comme à son habitude et Tristan la gratifia d'une pichenette sur l'autre main tout en lui lançant des paroles vives comme à son habitude mais tellement vraies. Alors Cassidy redressa la tête, le regardant droit dans les yeux, semblant le remercier dans son regard pour ses paroles qui lui allaient droit au coeur tout en lui souriant doucement.

"De ta part c'est vraiment quelque chose que j'aime, alors j'accepte ton compliment"

Elle haussa les épaules à sa phrase suivante. Le Drakkari reconnaissait qu'elle pouvait avoir des prétendants autour d'elle et que le fait d'être maladroite la rendrait moins agréable. Cassidy haussa rapidement les sourcils tout en se rappelant des nombreuses mésaventures qui lui étaient arrivées. Et pourtant elle n'avait pas été aussi maladroite depuis tout ce temps, faisant même attention. La jeune femme le gratifia d'une grimace tout en regardant négligemment derrière lui.

"Si ce n'est pas eux qui m'abîme déjà... et puis je préfère être comme ça plutôt que de jouer la graaaaande mage invincible et hautaine. Non, je préfère rester à mon niveau..."

Une lueur d'inquiétude était passé rapidement dans ses yeux. Si elle n'avait pas eu sa magie, que ce serait-il passé contre tous les hommes qu'elle avait réussi à repousser ? Une femme est toujours faible, sauf celles qui s'engagent dans les armes ou la magie. Alors elle s'imaginait violée, maîtrisée, dominée. Si cela était arrivée elle ne serait plus jamais sorti de chez elle. Le monde est cruel avec les femmes, tout comme le témoigne les pulsions des hommes. Mais passons, ce n'est qu'un mauvais souvenir.

"Mais toi tu le vois que je ne suis comme ça ?"

Une phrase qui voulait dire n'importe quoi et pouvait laisser libre cours à de nombreuses interprétations. Elle avait en même temps balancer ses petites jambes sur le sol d'un air distrait, comme elle le faisait parfois quand Cassidy éprouvait un peu de gêne et même qu'elle voulait savoir ce qu'aurait penser Tristan à ce sujet. Peut être pas grand chose d'ailleurs. Enfin, Cassidy avait appris qu'il valait mieux ne pas juger au premier abord, on pouvait bien avoir des surprises.

Et puis elle aussi avait frôler la mort parfois à cause de son inexpérience. Dur d'être un mage de nos jours. Cassidy n'avait pas les yeux partout et encore heureusement qu'elle avait arrêté de voyager, peut être qu'un jour au final les choses auraient mal tournées pour elle.

*Il a raison, je devrais faire attention*

Cassidy eut alors une pensée des plus saugrenues qui lui traversa les pensées. Elle revoyait un des contes de son enfance que sa maman lui racontait quand elle allait dormir. Le fier chevalier qui venait secourir sa princesse, l'arrachant des griffes de l'impitoyable monstre, la sauvant d'une mort certaine. Et que fait la princesse à la fin du conte ? Elle dépose sur les lèvres de son sauveur un tendre et romantique baiser en gage de sa reconnaissance. Dans un sens, Cassidy avait bien été secourue même si c'était elle même qui avait provoqué cela.

Et penser à devoir faire un bisou à Tristan la rendit toute rouge alors que ses joues s'étaient teintées d'une jolie couleur écarlate dû à la chaleur, ce qui n'était pas le cas, ou à une autre chose qui pouvait être assez étrange aux yeux de la jeune femme. Cependant, quand elle était plus jeune, Cassidy en avait rêvé d'un de ses moments et ce qu'elle avait vu, c'était un beau jeune homme, digne d'une petite fille.

Mais là c'était différent, Tristan n'était pas de ce genre là alors elle tourna sa tête gênée sans chercher à étaler plus que cela ses pensées. Elle avait tout fait pour chasser cette image de ses pensées en se concentrant sur la journée du Drakkari, ou plutôt l'après midi.

Alors qu'il parlait de son après midi, Cassidy avait enlevé le ruban dans ses cheveux pour le glisser rapidement autour de son poignet en faisant un petit noeud. C'était plus pratique pour le transporter. Elle ébouriffa rapidement ses cheveux pour enlever aussi le sable qui traînait encore. Et encore une douche à prendre une. Cassidy ne fit aucun commentaire au sujet de son planning bien qu'elle voulait le questionner sur le livre.

Dès qu'elle commença à ouvrir la bouche pour parler, le Drakkari se releva, souriant et avant même qu'elle n'ait le temps de faire un seul geste, il la fit basculer sur le banc alors qu'elle se retrouvait encore à sa merci. Mais il avait quoi dans sa tête ce Drakkari encore. En effet, il la regardait avec une insistance non dissimulée et une certaine... avidité.

*C'est quoi que tu penses encore dans ta tête hein ? Ah oui le décolleté... loupé ! Quoi ?*

Il la regardait non sans gêne alors que la jeune femme ouvrit très légèrement la bouche. Elle n'avait pas peur et ne se débattait pas, bien que l'expression sur son visage pouvait exprimer plusieurs choses. Et pourtant Tristan aurait encore pu faire beaucoup de choses alors qu'il se tenait sagement comme cela.

C'était bizarre mais il réclamait exactement ce à quoi elle pensait un peu plus tôt. L'aurait-il vu dans son regard ? Cassidy en était d'ailleurs très surprise et là c'était évident, elle ne pouvait rien faire, il ne la laisserait pas partir tant qu'il n'aurait pas son petit bisou. Quoique...

La jeune femme eut un petit sourire malicieux. Mais il était tellement proche d'elle à ce moment là que Cassidy en rougissait encore. Heureusement qu'il avait les yeux fermés le Drakkari. Les mèches de ses cheveux rouges lui frôlaient le visage ce qui la fit frissonner doucement alors qu'elle remuait les mains. Après tout, Tristan l'avait peut être oublié mais contre les hommes elle avait plusieurs tours dans son sac. Cependant, elle devait bien avoué qu'il avait gagné cette fois. Mais pas comme il souhaitait l'espérait.

Alors Cassidy entra dans son jeu et se rapprocha de son oreille tout en lui murmurant quelques mots.

"Tu m'en demandes beaucoup..."

Elle se mit à sourire et prononça quelques paroles magiques. Tristan fut irrésistiblement attiré vers le banc alors qu'une lumière blanche apparut autour d'eux. L'action dura à peine quelques secondes alors que Cassidy se retrouva à sa place et lui à la sienne, allongé sur le banc. Un petit changement de position tout à fait naturel et simple alors que la jeune femme avait ses mains de chaque côté de la tête de Tristan tout en le regardant avec ce petit air mi mystérieux, mi malicieux.

Cassidy était plus petite que lui donc elle était aussi plus rapprochée de son corps à lui, ses mèches de cheveux lui caressant le visage.

*Huuum... dépêche toi de te redresser avant qu'il riposte*

Là c'était elle qui avait du le surprendre, le prenant à son propre jeu. Et en le voyant comme cela, de haut, la jeune femme devait bien avouer qu'il était à son goût le Drakkari malgré son sale caractère. Oui il n'y avait pas à dire, c'était un bel homme qui lui plaisait beaucoup. Mais si elle lui disait, cela marquerait la fin du petit jeu. Car en effet Cassidy voulait en savoir plus, il n'était pas qu'une enveloppe charnelle après tout... mais bien plus que ça.

Elle ne fit cependant aucun commentaire à ce sujet et commença par écarter une de ses mèches rebelles et approcha doucement le visage du sien tout en frôlant sa joue du bout de ses lèvres, comme si elle hésitait à faire ce petit geste. Et puis, alors que Tristan aurait pu croire qu'elle se reculait pour le laisser sur sa faim, Cassidy s'approcha sur sa joue et déposa un bisou qui avait une certaine douceur alors qu'il semblerait que la maladresse avait disparut le court d'un instant.

Cassidy le regarda avec une expression malicieuse, ne lui laissant aucune information, aucun indice sur ce qu'elle pouvait ressentir puis s'éloigna de lui tout en prenant son bâton. Elle ne l'avait pas laissé dominé mais la jeune femme lui avait offert ce simple petit bisou. C'était déjà une légère victoire pour lui peut être.

Elle marmonna quelques mots en faisant un peu de rangement sur le terrain, faisant bouger les mannequins avec sa magie pour les remettre debout et en place. Ces trucs là pesaient des tonnes, heureusement qu'elle avait d'autres ressources. Cela lui permettait aussi de laisser le temps à Tristan de souffler un peu le temps qu'elle regarde ailleurs.

Sa besogne terminée, Cassidy entra dans le local et fouilla un peu avant de ressortir avec quelques armes, un arc et deux épées qu'elle faisait flotter derrière elle car trop lourdes pour ses petits bras. Elle se contenta de s'asseoir sur le banc à côté de Tristan puis déposa les deux épées au sol avant de se concentrer sur l'arc tout en tirant la langue.

En effet, la jeune femme avait décidé de s'occuper de l'entretien du matériel pour se changer les idées tout en s'adressant à Tristan.

"Au fait... je suis désolée pour tout à l'heure... j'ai trop l'habitude de penser haut toute seule... j'aurais du t'inclure... c'est vraiment... pas sympa de ma part..."

Elle examina l'arc puis le tendit pour vérifier la solidité de la corde.
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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: Un besoin de libérer le surplus de magie   Mar 12 Juin - 13:50

Tristan était fidèle à lui-même, très cru dans ses paroles mais tellement honnête aussi.
Il ne se perdait pas en vaines paroles, politesses et disait tout franchement, comme il le pensait. Enfin non, pas tout à fait tout et heureusement parce que certaines de ses pensées devaient rester tues, c’était une certitude.
Bien sûr, Cassidy savait qu’il souhaitait s’échapper d’ici et connaissait donc un de ses objectifs.

Mais tout come il ne l’exprimait pas directement, le jeune homme avait d’autres intentions. Et puis d’autres pensées aussi, des souvenirs durs qu’il préférait refouler de peur de se perdre dans l’abîme de leur cruelle contemplation.
Alors oui, sa façon de s’exprimer était loin des chichis que faisaient beaucoup de personnes, pour ne pas répondre honnêtement à des questions, pour ne pas répondre tout court en fait.

Mais même s’il n’en donnait pas forcément l’impression. Avec elle il était tout de même un peu plus… vrai. Il ne pesait pas ses mots certes mais tout de même… évitait certains termes, certaines expressions. Une autre femme n’aurait pas eu droit à cette attention et puis, ses compliments étaient vrais tout de même. Peut-être que finalement il s’ouvrait un peu… un tout petit peu.

D’ailleurs elle l’avait un peu remarqué parce qu’elle commenta justement ce… compliment et s’il haussa un sourcil surpris, le sourire qu’il lui offrit avait un petit quelque chose de reconnaissant, bien qu’au fond, très loin… une blessure qu’il cachait comme il pouvait apparaissait.
Elle était loin des filles dociles, presque soumises qu’il avait pu croiser au cours de ses voyages.
Bien sûr il savait qu’elle était forte, fière et avait un caractère bien trempé. Mais c’était plus que ça en fait. C’était cette façon dont son regard brillait… Cette brillance qui semblait lui dire « essaie encore, je ne suis pas une de tes proies si facile à attraper ». Ce qu’elle ne disait pas vraiment bien entendu. Mais pour un peu…c’était une impression assez… persistante qui provoqua une sensation loin d’être désagréable dans son ventre. Inaccessible pour l’heure mais désirable hein… Le genre de défi qui lui plaisait.

Après sa réflexion sur sa maladresse, elle répliqua et même si sa phrase aux syllabes accentuées sur la graaannde maaaage qu’elle pouvait être, prêtait à sourire, celui du garçon avait disparu de son visage. En fait c’était totalement différent. Pendant une seconde la fureur, une fureur bestiale flamboya dans son regard, ses traits se durcissant. Mais ce n’était pas à cause de sa phrase amusée avec cette petite mimique mignonne. Plutôt à cause du début… Sur les garçons… Les prétendants… qui l’abîmeraient.

Sans même avoir le temps d’y comprendre quoi que ce soit, il s’était empli d’une envie de les frapper, de les rouer de coups, peu importe qui ils étaient pour leur apprendre à agir correctement avec cette jeune dame !
Elle avait raison. Les hommes faisaient bien des bêtises, étaient bien cruels et faisaient beaucoup de mal aux femmes, surtout aux jolies femmes qui comme elles avaient encore de l’espérance pour la gent masculine. Heureusement, Cassidy était puissante… elle savait se défendre. Quelque part, c’était rassurant.

Mais surtout, elle ne devait pas comparer ses faibles tentatives d’approches aux autres hommes. Lui n’était qu’un doux agneau pour l’heure avec elle, comparé aux loups qui rodaient dehors. Il ne tentait pas grand-chose pour ne pas dire rien du tout. Ce n’était pas si simple avec les hommes réellement intéressés. Oui c’était ça en fait. Il la taquinait, l’approchait… mais il n’était pas sincèrement intéressé. C’est pourquoi ses gestes n’étaient pas insistants, cette conclusion lui tira un sourire. Il n’était pas amadoué. C’était son ancienne camarade de classe… voilà tout, rien de plus.

Il releva lentement les yeux vers elle alors qu’elle lui parlait et lui fit un sourire avant d’hausser les épaules dans un geste désinvolte, sans pour autant la lâcher des yeux.

- Bien sûr que non. Je sais que tu n’as rien d’invincible. Hautaine, je dis pas, mais invincible c’est clair que non.

Il lui tira gentiment la langue pour montrer son ironie, même s’il était vrai justement qu’il ne la considérait pas comme invincible. D’ailleurs si jamais elle pensait l’être, il lui mettrait une assiette de cookies aux pépites de chocolat sous le nez et on verrait bien si la jeune femme résisterait. Invincible signifiait bien sans aucune faiblesse non ?
Et si elle était encore comme dans leur enfance, et comme elle l’avait un peu suggéré la veille, elle aimait encore beaucoup les gâteaux. Heureusement qu’elle était raisonnable à l’époque d’ailleurs, parce que la seule petite fille qui les appréciait autant qu’elle devait bien faire dix kilos de plus qu’elle à l’école !!!

Et puis après, il eut son action, cette action toute simple et pas le moins du monde violente.
Tristan avait fait basculer la jeune mage en arrière mais sans violence, pressant doucement ses épaules, d’ailleurs il la poussait à peine plus qu’il ne la retenait. Comme pour l’empêcher de glisser trop vite et de se faire mal.
Penché au-dessus d’elle, assis près d’une de ses jambes qu’il avait un peu repoussée, il souriait l’air fier de son coup.

Il était comme ça après tout, un rien l’amusait, un rien le faisait sourire.
Pendant une seconde le jeune homme demeura immobile, plongeant simplement son regard orangé dans celui qui à présent semblait contenir quelques nuances de vert mordoré, de sa victime. Il avait approché son visage, repoussant encore une fois, un peu plus loin les limites.
Semblant se détacher de sa vision sans mal, il lui tendit négligemment sa joue, réclamant son dû, sans aménités. Bien sûr il ne remarqua pas son rougissement et ce n’était pas plus mal.

Mais alors qu’il s’attendait à de vives protestations, à ce qu’elle enclenche une véritable tempêtes d’insultes ou de grognements agacés, il sentit son souffle glisser sur son oreille et le long de son cou, tel un filet d’eau épousant les contours carrés de sa mâchoire puis les lignes musclées de sa gorge.
Elle avait dû relever un peu la tête. Surpris, il ne s’attendait plus alors qu’à sentir un léger frôlement sur sa joue, signe qu’elle lui donnerait ce baiser peu souhaité mais résigné.

Mais elle le prit totalement au dépourvu. Sa phrase n’avait rien d’exceptionnel mais elle n’était certainement pas habituée à un tel geste ou alors il s’était totalement mépris sur sa personne et elle était loin de la fille un peu maladroite, timide, innocente qu’il croyait voir. Son chuchotement avait une certaine intonation provocante qui ne lui détonnait avec le regard surpris et un peu « naïf » qu’elle avait juste avant.

Il lui en demandait beaucoup. Pourtant ce n’était pas grand-chose…
La surprise même si elle fut présente n’atteignit son apogée que lorsqu’elle usa de sa magie pour… renverser littéralement les rôles.

Tristan se retrouva, éberlué, allongé sur le banc, ses larges épaules dépassant d’ailleurs un peu d’un côté, fixant, la bouche entrouverte la jeune femme amusée, souriante et victorieuse qui le gratifiait d’un regard tranquille, positionnée à la place qu’il tenait un peu plus tôt.
Bien sûr comme elle était plus petite que lui, elle était plus… appuyée sur lui que sur le banc en fait.

Il referma la bouche et une lueur d’admiration brilla dans ses yeux.
Joli…Là elle l’avait eu… et en beauté, il devait bien l’avouer. Il sourit, un large et franc sourire alors qu’il hochait la tête, l’air approbateur. Oui, vraiment bien joué.
Et puis, il n’était pas contre la position. Ainsi donc la demoiselle était une dominatrice. Intéressant à savoir. Pourtant il retint cette réflexion qui aurait certainement tiré un beau rougissement en question à la demoiselle. Sans doute parce qu’elle s’était penchée vers lui, lui ôtant toute parole, même si il n’avait pas pour autant de meilleure vue sur son décolleté.

En fait il fixait ses lèvres à cet instant, rosées, la supérieure parfaitement dessinée, étonnant pour une jeune femme qui avait parfois, du moins dans son enfance, la mauvaise habitude de se la mordiller de temps à autres.
Déglutir était bien plus difficile dans cette position pour sa défense ! C’était uniquement pour cela qu’il avait du mal !!!

Elle se pencha davantage vers lui et il demeura immobile, la gorge soudainement nouée. Ses cheveux dorés lui chatouillaient le cou et il avait l’impression de sentir la fraîcheur de sa peau lutter contre la chaleur de la sienne. Il ne respirait d’ailleurs plus aussi profondément, comme s’il craignait que trop gonfler sa cage thoracique l’éloigne de lui.
Elle fit durer l’instant. Pourtant sa joue frôlait presque la sienne. Ce n’était qu’un simple bisou de rien du tout, une pacotille à côté des baisers pleins de passion que lui avaient donné bon nombre de fille.

Et pourtant il restait immobile, en attente.
Quand elle déposa finalement son baiser, une vraie caresse, sur sa joue, c’est presque inconsciemment qu’il releva une de ses mains, la droite, pour la glisser le long de l’avant-bras de la jeune femme, à la recherche de sa main gauche proche de sa tête.
Geste inconscient, comme s’il cherchait à prolonger le moment, ou à l’intensifier peut-être. Elle se redressa comme si de rien n’était et il la fixa en silence, comme troublé. Son regard s’était obscurci mais il ne reflétait pas la moindre violence, juste une forme d’incompréhension, de surprise et très loin derrière, de peur.

Finalement lui aussi se releva et l’observa alors qu’elle rangeait le terrain par magie et commençait à s’occuper d’armes. Il restait silencieux comme s’il était vexé. C’était peut-être l’impression qu’il lui donnait d’ailleurs, vexé de s’être fait ainsi avoir. Ce n’était pas tout à fait ça.
Finalement il vint s’asseoir à côté d’elle. Elle s’était excusée pour son monologue un peu plus tôt mais il n’y avait pas davantage répondu. Là, il posa doucement une de ses mains sur la sienne et desserra ses doigts comme il l’avait fait plus tôt avec le bâton.

Prenant l’arc il le tendit sans mal et lâcha la corde, écoutant le claquement de la corde comme s’il s’agissait d’un instrument qu’il fallait accorder.
Il tendit d’ailleurs la corde un peu plus, dans un mouvement qui sentait l’habitude du quasi réflexe.
Finalement il tourna le visage vers elle et haussa les épaules, soupirant, comme résigné, lui faisant un sourire.

- Tu peux monologuer autant que tu veux. Ca ne me regarde pas. Manquerait plus que j’essaie de te changer maintenant. Tssss !!!!


Et puis quoi encore ?!
Qui était-il pour penser avoir le droit de changer sa façon d’être ? Il n’était pas un de ces pompeux intellectuels qui voulaient que les femmes soient telles l’image qu’ils s’en faisaient et ne surtout jamais dépasser de cette image !!!
Il avait beaucoup de défauts, mais certainement pas celui-là !!!

- … Bien joué tout à l’heure. Tu m’as eu…


Et bien sûr elle ne le savait pas mais ce « tu m’as eu » n’était pas aussi simple et innocent que sa phrase le suggérait.
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Cassidy Herediane
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MessageSujet: Re: Un besoin de libérer le surplus de magie   Mar 12 Juin - 15:37

Cassidy n'ignorait pas les intentions de Tristan. Elle savait qu'être enfermé dans un domaine, aussi beau soit-il, ne pouvait pas convenir à la vie qu'il menait. Car contrairement à elle, il ne l'avait pas choisi. Il était libre et fier et elle aurait toutes les peines du monde à le retenir ici, lui qui n'avait rien demandé du tout. Et pourtant, Cassidy gardait un petit espoir du contraire. Qu'il pouvait éventuellement revoir son jugement sur elle.

Oh bien sûr si il parvenait véritablement à s'échapper, elle ne pourrait pas lui courir derrière. Les choses pouvaient toujours se répétés. Elle ferma les yeux se rappelant d'un de ses jours à la ville peu de temps après que Tristan soit parti. La petite n'avait pas supporté de ne plus le revoir encore une fois mais ça il ne le savait pas. Alors elle avait montré un peu de folie a osé partir à sa recherche.

Pourtant, tout le monde lui disait que ce n'était qu'un meurtrier, que c'était dangereux pour elle. Mais Cassidy avait insisté, préparant quelques affaires pour le retrouver ou au moins s'expliquer avec lui avant de le laisser partir. Car elle était assez intelligente pour savoir que le ramener dans leur ville aurait été une mauvaise idée après ce qu'il avait fait. Mais Cassidy était bornée au moins de le revoir une dernière fois, pour s'excuser. Mais loin de chez elle, une petite fille ne tient pas longtemps. Heureusement qu'un rôdeur se trouvait dans les parages pour se rendre compte de la situation et ainsi la ramener chez elle.

Non Tristan ne le savait pas tout ça. Même si il se plairait à dire que tout cela c'est du passé et qu'il n'était plus pareil. Que répéter ce qu'elle aurait fait ou dit dans ce cas là ne l'aurait pas vraiment fait réagir car il voulait absolument oublier toutes les choses terminées.

Mais la jeune femme avait un petit quelque chose dans son regard, et à chaque fois qu'elle semblait le défier ou qu'elle le regardait, c'était sûr qu'on pouvait interpréter les choses d'une certaine manière, la voyant comme une fille indomptable et loin des autres qui se laissaient piégées par l'apparence physique ou qui ne recherchaient qu'un peu de distraction. Elle n'était pas faible à ce petit jeu et même plutôt forte, assurée, variant dans ses attitudes et comportements, tantôt sensible et fragile, tantôt redoutable et tigresse. Ce n'était pas spécialement des mensonges ou une attitude faussé mais sa vraie nature, qui, lorsque l'on brisait les chaînes de la bonne attitude, se révélait au grand jour.

Elle n'avait jamais été fausse avec Tristan mais là plus encore, il le constaterait lorsque du monde arriverait enfin au château. Il verrait alors qu'elle avait une attitude différente de celle que la jeune femme aimait employé avec lui, bien que cela montrait une certaine retenue générale.

Pourtant, lorsqu'elle avait parlé des mauvais hommes, une lueur assez sombre avait dansé dans les yeux de Tristan. Cassidy ne comprit pas vraiment ce qui déclenchait ce soudain changement d'expression, elle en était d'ailleurs même forte surprise. Pour toutes les femmes c'était la même chose, alors que l'on tente d'abuser d'elles en se montrant charmeur pour refermer l'étreinte ou en utilisant la force c'était identique. Sauf qu'une méthode touchait au physique et l'autre au mental. Voir même les deux parfois.

Heureusement que Tristan ne s'approchait pas vraiment d'elle avec insistance sinon il aurait compris la signification du mot volé. Il suffisait qu'il lui rentre dedans pour que la pacifique mage se transforme en une tigresse redoutable, capable du meilleur comme du pire et surtout à la gâchette facile sur des sorts qu'elle avait spécialement appris afin de se défaire des situations les plus humiliantes. Alors pour elle, le fait qu'il reste un peu en retrait témoignait d'une certaine sagesse, surtout que maintenant il avait vu de quoi elle était capable.

Cassidy fut d'ailleurs assez surprise qu'il la juge hautaine. Pourtant elle ne l'avait pas spécialement montrer et elle se mettait toujours à son niveau pour lui parler. Après tout ils avaient tous les deux le même âge. Elle ouvrit un peu les yeux avec surprise, et bien après tout si c'est ce que le Drakkari pensait, c'est qu'elle devait le montrer d'une façon ou d'une autre. La jeune femme se contenta de hausser les épaules.

Lorsqu'il l'avait poussé en arrière, la jeune femme ne s'était pas débattue, se laissant faire, bien que cela était tout à fait étranger à ses habitudes de se laisser contrôler par un garçon. Elle n'avait même pas rechignée, un peu curieuse pour voir jusqu'à quel point il pousserait l'histoire, si il allait se contenter de la dévisager et de l'observer ou d'aller plus loin. Là c'est sûr, il se serait pris un sacré coup, ou du moins elle n'aurait pas accepter sa requête.

Et pourtant, il la regardait en souriant, un simple sourire qui avait le don de lui donner une étrange sensation à l'intérieur de son corps. C'était tellement étrange de le voir comme ça, pas vraiment agressif, la regarder de cette manière même si l'avidité, Cassidy n'arrivait pas à le comprendre. Elle aurait pu se débattre, protester mais c'était une mage quand même, lorsque l'on possède une gamme de sorts, on fait preuve de finesse, bien qu'elle pouvait aussi jouer la femme qui se rebelle en se tortillant dans tous les sens.

Il y avait la limite à ne pas dépasser et tant qu'il ne franchirait pas cette limite, elle serait aussi calme et douce qu'un agneau. D'où le fait qu'elle restait parfaitement tranquille malgré la position actuelle, sachant qu'une situation pouvait rapidement s'inverser pour un peu que l'on ait les bonnes pensées au bon moment. Ce n'était pas vraiment une dominatrice, non mais quand on est de petite taille, ne cherche-t-on pas à avoir un léger petit sentiment supérieur de temps en temps ? Mais c'est vrai qu'elle aurait rougit si il le lui avait fait remarqué.

Alors Cassidy se contenta d'inverser la position afin de se retrouver au dessus de lui. Elle aurait très bien pu s'éloigner sans rien lui offrir, car c'était un peu difficile pour elle. Mais finalement après avoir bien réfléchi, Cassidy se disait qu'on pouvait se laisser tenter de temps à autre, du moment que cela restait assez léger. Elle avait un peu jouer avec lui c'est vrai, mais n'était pas une de ces fougueuses jeunes femmes qui auraient profité de la situation, à lui sauter dessus et jouant à son propre jeu. C'était bien plus subtil que ça. Alors elle approcha ses lèvres de sa joue et se contenta d'un baiser. Le contact avec sa peau était vraiment agréable. Ce n'était peut être pas grand chose mais pour elle, des frissons l'avaient envahi.

Si Tristan le savait... Heureusement que les lutines n'étaient pas dans le coin ou ne décidaient pas d'agir pour l'instant. Cassidy n'avait pas vraiment vu la main du jeune homme, se rapprochant d'elle comme pour lui demander de rester un peu plus longtemps. Et puis d'ailleurs là, elle faisait un énorme effort. Mais dans un sens, cela témoignait qu'elle approuvait un peu le Drakkari, elle qui n'aurait jamais tenté cela sur personne d'autre. Ce n'est pas parce qu'il était beau ou séduisant qu'elle le faisait, bien que cela pouvait jouer un rôle, mais aussi pour ce qu'il représentait pour elle. Ah ça le ferait bien rire de l'apprendre !

Le regard au Drakkari, quand elle s'était redressée, montrait une certaine incompréhension face à son geste. Cassidy le regarda en souriant puis rapprocha un doigt de ses lèvres à elle, avec ce petit regard malicieux, comme si elle mimait qu'elle ne disait rien. Certains moments étaient fait pour être savourer. Les deux avaient gagnés à cet instant, il n'y avait pas eu de perdant car Tristan avait eu ce qu'il voulait et elle avait retourné la situation en sa faveur.

Cassidy calmée, se dirigea d'un pas vers les mannequins pour les remettre en place. Oui il valait mieux laisser le Drakkari respirer, être trop souvent à côté de lui pouvait être lourd et pas très appréciable à la longue. Elle ne pensait pas trop, à part à ce petit geste qu'elle venait de lui offrir comme on offrait un mouchoir ou une fleur. Pour elle, cela signifiait beaucoup plus de choses que ce qui pourrait être pensé. Après tout, ces gestes ne faisaient pas parti de ses habitudes.

La jeune femme était quand même désireuse de se changer les idées et c'est pour cette raison qu'elle avait pris quelques armes pour s'en occuper, en restant à côté de Tristan. Il pouvait faire ce qu'il voulait lui, s'entraîner, ou partir, à vrai dire elle lui permettait une grande liberté ici.

Mais alors qu'elle s'était assise, Tristan s'était mise à côté d'elle et la regarder faire, peut être par curiosité. Il posa une main sur la sienne et se contenta de récupérer l'arc qu'elle examinait. Cassidy le regardait avec un regard interrogateur alors qu'il réajustait l'arme. Il devait quand même bien s'y connaître. Elle se mit à sourire. Tout en faisant cela, il lui fit la réflexion qu'il essaie de la changer.

Cassidy haussa les épaules avant de regarder une des épées qui était en face d'elle, pour en prendre une à la gemme rouge anti-magie tout en laissant reposer la pointe de la lame sur le sable.

"A deux on progresse plus rapidement aussi. Il y a certaines choses auxquelles on ne peut pas penser. C'est un partage de connaissance et je pense que c'est pas tant correct que ça. Après tout... on peut apprendre beaucoup de choses... comme toi qui pourra m'instruire et vice versa..."

Tout en disant cela, elle posa sa main sur la sienne qui tenait l'arc, lui faisant comprendre qu'elle n'aurait pas été capable de l'accorder toute seule et en le regardant un instant. C'était un fait, chacun avait sa spécialité, ses domaines de prédilection, il fallait l'accepter.

Cassidy se concentra sur l'épée en l'examinant doucement. C'était une arme émoussée, peu intéressante mais au moins, cela lui occupait l'esprit. Elle se mit à rire doucement lorsqu'il admit qu'elle avait bien joué et la mage se contenta de lui donner une petite tape affectueuse sur le dos de Tristan en le regardant avec complicité.

"Il faut bien que je te surprenne un peu moi aussi..."

*Oh je pense que pour ça on pourrait bien avoir tous les deux des surprises...*

Elle grimaça alors que sa tête recommença à lui faire mal. Aie déjà ? Fichu tatouage quoi ! Cassidy reposa l'épée à côté d'elle, adossée contre le banc et sorti sa flasque pour prendre une gorgée afin de faire disparaître la douleur tout en tournant la tête pour masquer la grimace de dégoût qu'elle venait de faire. Ah elle était comme les plus vieux, en train de boire diverses potions contre des maux divers et variés. Heureusement que Tristan ne pouvait pas se douter de quoi il s'agissait.

Cassidy remit la flasque dans sa poche et reprit l'épée dans sa main. Elle essaya de la dresser devant elle alors qu'elle était assise tout en tirant la langue d'une drôle de façon. La gemme rouge se mit à briller, montrant l'activation de l'anti-magie, mais c'était lourd ce truc là !

"Au fait... tu as appris des choses dans le livre que je t'ai laissé ?"

La jeune mage était curieuse de voir si Tristan avait tiré d'autres conclusions à ce sujet.
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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: Un besoin de libérer le surplus de magie   Sam 16 Juin - 13:27

Surprenante… Elle l’avait été pour le coup.
Enfin bien sûr elle pouvait certainement être étonnante et pleine de surprise, comme cette puissance dont il la soupçonnait mais qui l’avait tout de même impressionné quand il avait pu la voir à l’œuvre.
Il avait remarqué qu’elle semblait effectivement, comme elle l’avait annoncé, assez peu… attirée par les contacts physiques.

Pour lui c’était quelque chose d’incompréhensible voilà tout. On ne pouvait pas détester et constamment repousser les contacts humains. Bien sûr elle pouvait ne pas accepter certains ou ne pas apprécier des personnes en particulier mais de là à refuser tout simplement le moindre contact, surtout avec le sexe opposé… Comment pouvait-elle se sentir bien ? Tranquille ?
Lui-même, même s’il était relativement calme, ressentait cruellement cette faiblesse à cause de ce manque de contact avec la gent féminine.

Le contact de la peau d’une femme lui avait beaucoup manqué. Bien plus encore que ce qu’il n’aurait été seulement prêt à avouer !
Alors même qu’elle s’opposait à ces contacts, elle lui en offrait ou du moins ne le repoussait pas énormément. N’était-elle pas un peu contradictoire ?
En même temps Tristan n’exagérait pas, il le savait.
Il savait être très subtil et n’avait rien du guerrier bourrin qui se sert puis demande leur avis aux autres après.

Il interrompait ses gestes, faisant comme s’il n’avait pas l’intention et n’avait JAMAIS eu l’intention de leur donner la moindre suite. Il ne tentait ni de la tripoter, ni de l’embrasser. Non c’était ça… plus subtil et bien plus efficace.
Il s’était penché sur elle avec ce petit sourire en coin qu’elle attribuait sans doute à toutes les femmes, du moins qu’elle pensait certainement qu’il faisait à toutes, pour les séduire, les faire craquer… Pourtant il ne l’utilisait pas tant que ça. Enfin si, mais pas de la même manière, mais ça bien entendu, elle l’ignorait.

Le jeune homme était surpris.
Bien sûr il avait eu l’habitude de plaire et avec Cassidy il savait que c’était différent. Peut-être que c’était ça qui l’amusait en fait. De savoir qu’il n’était pas du tout son genre, qu’elle ne céderait pas devant lui. Même s’il en était vexé, il se disait que c’était normal qu’elle ne soit pas attirée par son physique ou tout simplement lui trouve le moindre air qui pourrait plaire à une femme telle qu’elle.
Car elle était une femme oui… Une femme difficile, exigeante, totalement inatteignable.

Mais dont il repoussait les barrières dressées petit-à-petit. Et le petit bisou de rien du tout sur la joue qu’elle lui offrit en était une preuve non ?
Elle cédait un peu de terrain à cet envahisseur et conquérant qu’il était devenu. Mais ce jeu lui plaisait-il vraiment ? L’intéressait-il vraiment ?

Bien sûr… Apprendre à connaître la jeune femme qu’elle était devenue. Sourire, séduire cette jeune mage si difficile qu’il était si complexe de charmer.
Il tourna les yeux vers elle alors qu’elle s’était éloignée comme pour le laisser respirer. Tsss !!! Que croyait-elle ? Qu’il était chamboulé par ce petit bisou ? Pourquoi le serait-il ? Ca n’avait rien d’exceptionnel ? Si elle l’était pour si peu, qu’elle attende un peu de partager une folle nuit de passion avec lui ! Elle prendrait des semaines, peut-être des mois à s’en remettre dans ce cas !
Il la fixa alors qu’elle s’occupait.

Comment la trouvait-il ?... Surprenante sans doute, puissante, moins coincée qu’avant, jolie fille, perfectionniste qui voulait trop donner. Avait-il des sentiments ou quoi que ce soit s’en approchant pour elle ? Un sourire peu rassurant fendit son visage. Pas le moins du monde.
C’était pour cela que le jeu valait tellement le détour. La voir sourire, la voir abaisser ses barrières, peut-être même qu’elle l’apprécierait, puis lui faire comprendre en s’échappant de ces murs qu’il ne ressentait rien et ne ressentirait jamais rien pour elle… ça ce serait amusant. Tellement réjouissant.

Une lueur d’amusement brilla dans son regard, une lueur de folie aussi.
Qu’il est bon de se rassurer, même en se mentant. Même en sachant que ces actions… seront exactement celles qu’on choisira, quoi qu’il arrive…
Qu’il est bon de se dire qu’on tient devant soi une vengeance extraordinaire pour un acte remontant à des années qui a eu bien assez de temps pour être digéré, pardonné. Que l’autre ne s’en relèvera pas si facilement.

… Mais il était vraiment surpris. Par son geste, par son audace. Cherchait-elle tant que ça son pardon ou au moins son approbation ? Avait-elle tant souffert d’être loin d’autres personnes, de mener une existence solitaire à cause de ses études de mage ?
Voulait-elle tant se rattraper ?
Il s’inquiétait un peu car de ce qu’il croyait comprendre, elle n’avait que peu connu d’hommes. Pensait-elle qu’il serait différent parce qu’ils se connaissaient ? Parce que malgré tout, il avait des gestes prévenants envers elle ? Ne comprenait-elle pas que justement sa chute n’en serait que plus violente ?

Tristan l’avait rejointe puis lui prit l’arc des mains, en silence. Il semblait perdu dans ses réflexions alors même que son beau visage n’exprimait aucune nervosité, aucune émotion particulière.
S’occuper d’armes était une telle habitude, seconde nature à présent, qu’il agissait s’en même en avoir conscience. Son corps répétait seul des gestes qu’il avait faits des centaines et des centaines de fois.
L’habitude empêchait la nervosité, l’inquiétude ou quoi que ce soit de passer sur son visage.

Quand elle lui parla, il en sortit sans mal puisque lui ayant adressé la parole peu après. En peu de temps son visage et ses expressions un peu joyeuses, du moins complices, surprises, approbatrices s’étaient refermées, disparaissant derrière une espèce de masque distant. Pas froid, il ne l’était jamais réellement. Avec ses cheveux ardents, son regard digne de flammes dansantes et l’énergie qui se dégageait de son corps musclé même lorsqu’il ne bougeait pas, la froideur non… décidément ne pouvait pas vraiment le caractériser. Mais distant oui…pensif.

Il en sortit donc et sourit d’un air entendu en fixant non pas la jeune femme, mais l’arc entre ses mains. Pourtant son sourire avait quelque chose de triste, de résigné.
Partage de connaissance… tsss ! Elle parlait bien de lui là ? Le cancre qu’elle n’arrêtait pas de réprimander ? Celui qu’elle pensait stupide et juste bon à embêter les autres ?!
Tristan serra sa main droite sur sa cuisse, s’enfonçant les ongles dans la peau.

Ca recommençait. Cette vague de violence, de colère refoulée, de hargne et de rancune.
Il l’avait déjà eu plus tôt mais il était seul à ce moment là. Il se souvint de ce qu’il avait lu et ferma les yeux pour se détendre, se contentant d’essayer de parler avec détachement. Elle ne dut pas percevoir la tension dans la ligne de sa mâchoire car elle parlait toujours avec cette petite pointe de joie, de naturel qu’il n’avait plus si facilement depuis longtemps. Et pourtant avec elle…
Elle lui donna une tape sur le dos, évitant son tatouage et pourtant il grimaça.

La douleur s’était étendue bien au-delà des simples lignes tracées à l’encre et à la magie, surtout là… Alors qu’il luttait. Il détourna la tête en haussant les épaules, refusant de laisser paraître quoi que ce soit. Il s’était montré déjà bien assez faible comme ça devant elle. Ca ne pouvait plus durer.
Elle voulait le surprendre ? Elle y arrivait… un peu… un tout petit peu.
Finalement le Drakkari lui refit face et haussa de nouveau les épaules. Inutile de nier avoir parcouru le livre… Alors autant dire ce qui le travaillait un peu… Ce qui avait vu sa colère enfler. Mais pas trop sincèrement non plus.

- J’ai appris pas mal de choses oui. Comme que ce tatouage était un autre atout des forts mages pour assurer davantage leur mainmise sur le peuple et sur les êtres dépourvus de magie. Rien de bien surprenant… Comme le fait que c’était plutôt mal vu en règle générale ce qui est parfaitement compréhensible il me semble étant donné qu’être privé de sa volonté est pire que l’esclavage.

La colère remontait… Il la sentait.
Sa voix grave était devenue plus sèche, cassante, presque agressive alors que le mépris flamboyait dans son regard. C’était elle qu’il regardait… enfin un point légèrement à sa droite plutôt. Pourtant ce n’était pas elle qu’il méprisait.

- Que c’était une mauvaise chose qui pouvait aller jusqu’à transformer l’âme d’une personne lorsque le contrôleur est peu doué, dépourvu de volonté ou de capacités mentales suffisantes. Que certains mages peuvent tout imposer à leur victime… Jusqu’à les changer… Que leurs émotions peuvent s’échanger dans certaines conditions permettant souvent au contrôleur de savourer toute la haine que lui porte sa victime.

Elle enflait, davantage encore. Il avait envie de lui bondir dessus, de serrer ses mains sur sa gorge, très fort, voir l’incompréhension, la surprise, la peur sur son visage, ses yeux se révulser alors qu’il serrerait toujours plus fort.
Ca cessa enfin. Il s’était mordu violemment la langue.

La douleur et le goût du sang qui emplit sa bouche le calmèrent et ce fut dans un état second qu’il se rendit compte que cette vague de violence dont il était capable était revenue à la charge sans raison. Le tatouage le perturbait… Il le savait, il le sentait. Il l’avait senti un peu plus tôt, accordant foi au grimoire. Respirant profondément, il la fixa dans les yeux. Sa voix s’adoucit. Lui faire du mal maintenant serait bien trop simple.

- Mais ce n’est pas ton cas bien entendu…

Il prit doucement l’épée qu’elle soulevait, mettant sa main sur la longue garde, frôlant juste légèrement ses doigts, les sourcils froncés, l’air de se souvenir… de tout ce qu’il avait pu faire avec une telle arme à la main.
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Cassidy Herediane
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MessageSujet: Re: Un besoin de libérer le surplus de magie   Sam 16 Juin - 16:00

Cassidy était particulière à sa façon. Peut être qu'elle faisait des efforts avec Tristan car il était un peu différent des autres. C'est ce qu'elle pensait bien que pour le moment on ne pouvait faire que des suppositions. En effet, elle le trouvait attentionné envers elle bien qu'il ne laissait pas paraître de sentiments si ce n'était qu'une première surface. Tout le monde a une partie cachée et secrète.

Alors Cassidy était sûrement folle d'imaginer qu'elle apprendrait certaines choses avec Tristan. Oui elle espérait et cet espoir la faisait vivre. Il n'était pas ici par simple hasard et elle voulait y croire. Peut être d'ailleurs se rendait-il compte que la mage n'était pas si agressive que cela avec lui, lui pardonnant ses faux pas et sa façon d'être. Et c'est ce qui était dangereux pour elle, si subtil et délicat qu'il était difficile de décider de la suite du chemin à suivre.

C'était vrai que Tristan n'avait jamais cherché pour l'instant à aller plus loin que de simples contacts. Pensant peut être qu'elle ferait preuve de plus de résistance, ce qui l'aurait sûrement fait insisté voyant que cela ne lui plaisait pas. Mais au contraire, elle agissait de manière calme, sans montrer de contrariété ou d'énervement pour le moment. Le fait de s'être défoulé devait y être pour quelque chose.

*Fais attention Tristan, je suis bien plus dangereuse que tu peux l'imaginer... Une bombe... tant que je n'arriverais pas à maîtriser cette partie, je peux te faire du mal sans le vouloir*

Sa magie était son arme, sa barrière, encore plus qu'un mur de distance. Tant qu'elle avait ce pouvoir, peu de choses pouvaient l'impressionner à part peut être un certain Drakkari qui était beaucoup plus tentant que n'importe quoi d'autre. Alors qu'il essaie de jouer avec elle, manipulant ses sentiments, ne serait pas une très bonne chose. Pour l'instant elle savait se contenir.

Elle ne savait pas du tout ce qui était vrai ou faux chez lui car toutes ses actions et ses paroles se contredisaient et cela elle le voyait bien, tout comme elle le faisait. Mais il lui était impossible de lire quoi que ce soit en lui comme cela pouvait être le contraire à moins que tous les deux jouent la carte de la sincérité, ce qui n'était pas prévu pour l'instant

Cassidy avait décidé de s'éloigner, non pas uniquement pour le laisser reprendre ses pensées mais pour qu'elle puisse voir autre chose, détourne son regard du Drakkari et s'occupe d'une tâche qui lui faisait penser à autre chose, sa magie. Elle bougeait machinalement les mannequins de bois, sans aucune attitude belliqueuse ni agressive, bien que son visage semblait pensif, songeur. Oui elle avait osé lui donner un petit bisou de rien du tout. Mais ce n'était rien après ce qu'il avait eu de la part d'autres femmes.

En y repensant bien, Cassidy se trouvait minable et aurait ri du ridicule de la situation si elle n'était pas aussi renfermée sur elle même. Un bisou hein ? Que signifie une telle marque ? Un geste de ce genre ? Donner un peu d'affection ? Se plier de mauvaise volonté face à une demande ? Ou encore chercher à se faire pardonner. Que Cassidy se maudissait à ce moment là.

*Il en a absolument rien à faire de tes bisous ! Et puis qu'est ce qui te prend de lui faire ça hein ? Encore ça serait un homme qui était sur la même longueur d'onde... Tu vas te faire manger toute crue à vouloir jouer au jeu des sentiments*

Cela ne lui ressemblait pas à elle qui s'était imaginer de ne pas fléchir devant un homme. Mais c'était Tristan ! Ce n'était pas n'importe quel homme. Il ne pouvait le voir mais elle donna un grand coup dans le sol alors que deux mannequins se remirent très brusquement au garde à vous. Oui, une attitude bien étrange. Cassidy soupira longuement. Non bien sûr, il ne devait pas se douter de ce qu'elle pourrait ressentir à ce moment.

Alors Cassidy se mordit la langue comme pour tenter de se réveiller, de se resaisir. Non elle ne devait pas lui montrer que son attitude avait changé, rester la même, il n'avait rien fait pour qu'elle se mette dans un tel état. Alors autant continuer à jouer le jeu comme si tout allait bien et qu'elle se rattrapa assez rapidement pour coller une image plutôt joyeuse sur son visage.

Oui, elle devait se changer les idées et c'est pour cette raison que la jeune femme sortit quelques armes. Pour arrêter de penser à lui, de penser à autre chose que cette image de Drakkari qui lui parvenait dans la tête tel un choc, des flashs, des bribes de souvenir qui lui firent serrer les dents alors qu'elle se trouvait dans la réserve et qu'il ne pouvait pas voir. Car elle en souffrait, sûrement et simplement et même si Tristan n'avait pas fait grand chose pour l'instant, on sentait que la partie serait dure.

Alors qu'elle se trouvait dans le petit local, la jeune femme regarda les différentes armes entreposées et dans un geste brusque, elle tapa sur la table en face d'elle, ce qui fit un bruit sourd. Comme si la douleur physique pourrait faire partir la mentale. Cassidy secoua la tête dans un geste d'impatience. Quelle idiote faisait-elle si il la voyait dans cet état ! Elle devait être cette directrice et peu importe les attaches qu'elle avait pour lui, il ne devait pas la destabiliser à ce point ce vilain Drakkari.

Cassidy incanta un sort et fit sortir les armes du local tout en s'asseyant sur un banc pas loin de Tristan qui vint se placer à côté d'elle pour prendre l'arc sans montrer les sentiments qui l'avait animé un peu avant.

Pourtant, lorsqu'elle lui donna cette petite tape amicale dans le dos, il grimaça et cela Cassidy pouvait le voir, remettant directement en cause cette saleté de sort qui le marquait. La jeune femme eut un air un peu craintif et retira rapidement sa main ne souhaitant pas lui faire du mal. Alors, il parla de ce qu'il avait appris sur le tatouage et pendant qu'il parlait, Cassidy pu lire une sorte de colère dans les yeux de Tristan.

Le visage de la mage se décomposa alors qu'elle l'écoutait parler, il avait tout à fait raison. Et pourtant malgré ce que Cassidy lui avait dit, c'était comme si la colère revenait.. sur elle sûrement. La jeune femme ferma les yeux et secoua la tête, l'écoutant déverser son flot de rancoeur et de paroles négatives. Oui elle ne pouvait rien nier et c'était peut être ça le pire. Alors que lui se radoucissait en lui disant qu'elle n'était pas comme ça. Et là il marquait encore un point car elle ne l'était pas.

*Mais ne me cherche pas trop... car ce que tu pourrais découvrir te fera regretter tout le reste...*

Il lui prit l'épée des mains pour la soulever et la soupeser. Cassidy baissa la tête, toute trace de joie avait disparu. Ah c'était ainsi qu'il prenait les choses ? Alors qu'il la regardait avec mépris et lui parlant froidement avec tous les efforts qu'elle cherchait à faire pour lui ? Soit !

"Je vois..."

Elle ne cherchait même plus à le regarder, la tête négligemment penchée vers le côté, soudain fort intéressée par la terre sous ses pieds.

"Tu as raison, je ne suis et ne serais jamais comme ça. Le niveau concernant les sentiments et émotions est la seconde étape. C'est vrai qu'on peut s'en servir à de mauvaises fins, mais moi je vois uniquement une façon de sentir ou pressentir un danger quand il peut se pointer. Cela demande une maîtrise supérieure à maintenant"

Cassidy releva une mèche de ses cheveux et regarda loin derrière lui, soufflant très lentement.

"Il ne fait aucun doute que d'ici quelques jours je pourrais pressentir ces sentiments négatifs sans être à côté de toi. Mais sans pour autant en abuser. En fait, le tatouage fonctionne comme une liaison entre toi et moi. Drôle de situation tu ne trouves pas ?"

Comme sa tête lui faisait mal, la jeune mage avait sorti sa flasque de potion pour en faire disparaître les effets. C'était comme si le comportement de Tristan résonnait comme un impact dans sa tête. Et loin d'elle l'idée de lui montrer la seule faiblesse qui la mettrait complètement à sa merci, c'était tout simplement humiliant. Elle but l'affreuse mixture comme si il s'agissait de quelque chose de normal, lui tournant la tête pour qu'il ne voit rien.

Elle grimaça tout en prenant la poignée de l'épée à la gemme bleue et murmura un sort pour amplifier sa propre force à elle. Cassidy souleva tranquillement l'arme sans éprouver la moindre douleur ou de tremblement dans le bras.

Décidément il en apprenait bien des choses au fur et à mesure. Et pourtant la situation n'avait rien de drôle. Elle était même contrariée à l'idée de devoir encore plus contrôler ses sentiments et ses pensées face à lui pour ne pas qu'il détecte quoi que ce soit.

Cassidy se leva, l'épée en main, et se mit de profil devant lui mais en prenant quelques distances. Son regard était soudain plus sombre.

"Sais-tu comment sont contrôlés les esclaves ? Par des tatouages de ce style ou bien encore quelques objets magiques. Les Kaärs dirigent un grand marché aux esclaves du côté de Helehëne"

Quelle ironie pour lui de se retrouver dans une position de faiblesse et d'infériorité et là Cassidy pointait où ça faisait mal, remettant en cause la faction qu'il avait choisi. L'ignorait-il que les Kaärs étaient maîtres de la manipulation ? Ce n'était que le retour du bâton. Et pourtant, Cassidy montrait toute son aversion à une telle pratique.

"Les esclaves ne devraient pas exister. Tout comme la manipulation des pensées pour changer l'esprit et le comportement. Rester juste et accepter sa position, faire preuve de respect envers son adversaire. Mais cela n'engage que moi..."

Elle brandit la lame en avant devant elle alors que son visage s'assombrit encore un peu et qu'une étrange lueur apparut autour de l'arme. Encore quelque chose qui touchait Cassidy. Tristan était-il bête à ce point pour ne voir le mal que du côté des Cheistams ? Stupide sûrement... Une pensée qui la rongea et la lame au bout explosa. Des morceaux de fer partirent dans tous les sens alors que la jeune femme, se rendant compte encore d'une action qu'elle ne maîtrisait pas, arrêta le temps sur les pièces d'un mot de pouvoir tout en tendant sa main libre.

Cassidy soupira en voyant les morceaux s'arrêter dans les airs puis fit style de les chasser en secouant sa main en arrière. Les morceaux vinrent se planter dans quelques cibles un peu plus loin.

"Mauvais contrôle..." murmura-t-elle lentement en mettant devant ses yeux l'épée cassée.

Encore une fois elle avait laisser les émotions l'envahir. Stupide tatouage qui n'arrangeait en rien les choses. Mais la mage resta digne, rejetant ses cheveux en arrière et sans jeter un regard à Tristan, reposa la lame brisée sur le banc et s'installa plus loin dans la terre pour aller méditer.

La jeune femme ferma doucement les yeux, cherchant à contrôler sa respiration, oubliant le reste et faisant appel aux éléments pour se sentir plus calme. Il fallait le dire, la réaction de Tristan l'avait énervé même si ce n'était pas après elle. Et puis qu'il continue comme ça et il finirait dans les cachots et elle remplirait l'accord des Cheistams en moins d'un mois. Si c'est comme ça qu'il voulait être traité il allait être servi.

Soudain, un bruit d'ailes attira son attention et Cassidy ouvrit un oeil en regardant au dessus d'elle.

Quatre aigles volaient dans sa direction et semblaient transporter une petite malle. Cassidy se redressa vivement alors que les aigles déposèrent leur colis sur le sol. A en voir le symbole sur le dessus de la malle, on aurait dit que les Cheistams venaient de lui faire parvenir les affaires personnelles de Tristan.

La jeune femme coupa les cordes pour dégager la malle et les aigles reprirent aussitôt leur envol dans le ciel.

*Déjà ? Rapide...*
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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: Un besoin de libérer le surplus de magie   Sam 16 Juin - 20:26

Cette haine vibrante qui venait de nulle part. Cette haine vibrante qui lui faisait mal et lui donnait envie d’accomplir des actes qui ne lui ressemblaient pas.
Enfin si… Ils lui ressemblaient, c’était bien là tout le problème.
Envie de lui faire du mal. Pourtant elle n’avait rien fait pour mériter cette colère. Enfin presque rien. Bien sûr, elle l’avait marqué avec ce fichu tatouage. Il se sentait mal, privé de sa liberté plus sûrement que si elle l’avait enchaîné. Mais qu’avait-elle fait réellement à part cela pour s’attirer ses foudres ?

Rien… N’était-il pas intervenu rapidement, sans même réfléchir en la voyant menacée par cet être qu’elle avait créé ? S’il avait voulu lui faire du mal, n’aurait-ce pas été logique de la regarder se faire blesser en souriant d’un air sadique, ravi de la voir souffrir ?
Alors même que cette idée lui avait semblé insupportable… alors qu’il agissait comme dans un rêve, arrachant cette branche pour la jeter avec force sur son agresseur.

Oui c’était ça… Pas si loin d’elle il avait eu l’impression pendant un très bref instant de redevenir le petit garçon turbulent, elle la fillette moraliste, qu’il avait beau l’embêter constamment…il ne laisserait personne s’en prendre à elle. Elle était son jouet, sa camarade d’entreprise. Pas celle des autres. Il pouvait être très égoïste et très jaloux. Il se rendait compte avec le recul qu’il n’aurait pas supporté qu’elle soit blessée et que son corps le savait avant même que son esprit le comprenne.

Cette rage qu’il pouvait avoir à cause de certains souvenirs, qui lui donnait une force phénoménale dans les pires situations mais qui le faisait aussi involontairement se blesser… n’était pas causée par elle, il le sentait. C’était autre chose.
Elle avait dit que le tatouage n’avait pas été réalisé comme il l’aurait dû et de ce qu’il avait pu en lire il ne pouvait que confirmer, même s’il ne lui raconterait certainement jamais comment ils avaient procédé. Peut-être des émotions négatives en ressortaient-elles.

C’était sans doute cela. N’avait-elle pas affirmé que c’était dangereux pour eux deux ?
En se mordant la langue avec force, il s’était calmé. Cette fois, il n’y avait pas d’ennemi la menaçant si ce n’était lui. Mais il ne voulait pas pour autant la blesser… pas directement. Tristan serra une de ses mains sur le banc, se faisant un peu mal aux doigts. Etait-ce donc cela ? Etait-il incapable de lever la main sur elle ? Il s’en doutait déjà mais la réalité lui apparaissait effrayante. Si jamais elle s’en apercevait, elle le raillerait… comme les autres.

Quel Kaär sanguinaire faisait-il s’il n’était même pas capable de se battre correctement contre elle, de la frapper ?
Son air sombre atteignit la jeune femme avant même qu’il n’ait le temps de s’en apercevoir.
Il s’était exprimé avec cette colère parfaitement perceptible. Le problème c’est qu’elle la sentit et la prit pour elle, se croyant certainement visée par ces accusations, même si par une phrase il avait justement prétendu qu’elle n’était pas concernée.

Oui… Ils ne se connaissaient plus. Et pour l’un comme pour l’autre, c’était dangereux.
S’il l’avait mieux cernée d’avance il aurait su que sa petite phrase ne suffisait pas. Il se serait efforcé de sourire, de se calmer, il lui aurait assuré avec un de ses petits sourires en coin totalement craquant qu’effectivement il parlait très généralement et ne s’adressait pas à elle. Il aurait affirmé avec une certitude touchante qu’il savait qu’elle n’y était pour rien parce qu’il l’avait senti dans ses gestes, vu dans ses yeux quand elle avait compris l’avoir blessé avec son marquage.

Il aurait pu être tellement engagé dans ces paroles, comme il avait été doux et rassurant avec elle un peu plus tôt, qu’elle ne se serait pas sentie responsable, ni simplement accusée.
Mais ils ne se connaissaient pas. Même s’ils s’étaient connus. Ils ne se connaissaient plus.
Il aurait été si surpris de savoir que de simples paroles pouvaient autant la toucher, la blesser. Il s’en serait peut-être servi comme arme ou alors se serait-il obstiné à la rassurer.
Tristan serra les dents. Il savait bien qu’au fond la deuxième option restait la plus envisageable. Mais pas du tout parce que la tristesse dans ses grands yeux noisette semblait digne d’une catastrophe de fin du monde… juste parce que mieux l’attendrir… pour mieux la blesser, était un plan tellement plus amusant !

Il l’avait vu partir vers le local bien sûr, avant de parler justement de ce qu’il avait appris des livres. Elle lui semblait perturbée. Il ne savait juste pas à quel point. Non, ce n’était qu’un bisou, un simple effleurement de rien du tout, il s’en fichait voilà tout. Totalement. Ca n’avait pas la moindre importance, pas la moindre répercussion. Et pourtant il avait eu ce geste involontaire, comme pour la retenir alors qu’elle était penchée sur lui, pas du tout gêné d’être pour le coup en position de faiblesse, à sa merci. Ses cheveux dégageaient encore cette odeur délicate de lilas et de violette. Et pourtant elle venait de s’entraîner, avait eu droit à quelques roulés boulés au sol. Comment pouvait-elle encore sentir si bon ?

Elle revint, il parla, elle se crispa et il ne le remarqua pas immédiatement. Puis ses paroles lui semblèrent un peu sèches, comme si elle cherchait une excuse mais lui en voulait un peu sans le dire de parler ainsi. Pourquoi ne le regardait-elle plus ?
Il écouta sans rien dire et la vit boire à l’espèce de petite gourde qu’elle avait sortie d’une de ses poches.
Elle s’était détournée, comme pour lui cacher quelque chose et il en fut un peu vexé, bêtement. Après tout, elle avait droit de boire ce qu’elle voulait hein ?! Serait-elle une adepte de l’alcool ?
Il avait beau se forcer, il ne pouvait pas l’imaginer ainsi… rien à faire.

Elle se leva et commença à parler, son profil se détachant parfaitement grâce aux rayons de soleil qui perçaient les quelques nuages. Ses cheveux dorés brillaient d’un éclat vif et sa silhouette mince, brandissant une si lourde épée lui apparaissait à la fois si fragile… et si forte. Comme invincible… et humaine… Le type de femme qu’il aurait pu protéger, sans faiblir, si tout avait été… différent.
Il la fixa avec attention. Elle s’était un peu éloignée et ne le regardait toujours pas mais parlait avec un ton qui n’était que peu détaché. Ce qu’elle évoquait la touchait…
L’esclavage.

Un sourire amusé passa sur le visage du garçon, bref, lorsqu’elle évoqua justement l’esclavage imposé par les Kaärs. Il voulut se lever et répliquer mais elle continua sur sa lancée donnant le fond de sa pensée. Oui elle était contre cet emprisonnement terrible, asservissement. Etait-ce mal de dire qu’il pensait de la même façon ? Etait-ce une faiblesse de lui donner raison ?
Brusquement la pointe de son épée vola en éclat et il se redressa aussitôt, s’avançant d’un pas vers elle alors qu’elle figeait aussitôt par magie les éclats puis les envoyait plus loin.

Encore ?
Il avait encore réagi avec ces gestes préventifs ? Ce n’était pas très… bien. Elle allait finir par croire que c’était naturel. Tant mieux ! La berner serait d’autant plus facile. Elle marmonna mais il ne comprit pas.
Et puis il comprit… Que c’était à cause de ce qu’il avait dit. Qu’elle prenait quand même ses paroles précédentes pour elle et il haussa les sourcils avec surprise.
Non il n’y avait pas pensé automatiquement.

Parce qu’ils ne se connaissaient plus…
Parce qu’il ne savait pas à quel point il pouvait lui faire mal avec juste quelques mots. A présent il commençait à entrevoir un panel de possibilités plus blessantes les unes que les autres.
Pourtant cette fois, il s’approcha, vu qu’il était déjà levé, et vint lentement vers elle, sans gestes brusques.

Tristan s’assit dans l’herbe, très proche d’elle et se mit à jouer avec des brins d’herbes à sa portée. Il ne disait rien, conservant le silence, sans la regarder, juste en étant près d’elle puis doucement, très doucement, posa une main sur une des siennes. Il ne tenta pas de la serrer, la laissant juste reposer sur ses doigts fins.
Il resta encore silencieux quelques secondes puis serra très doucement ses doigts et tourna la tête vers elle. Il n’était plus en colère et là lui faisait un magnifique sourire, prenant un air taquin.

- Eyh princesse ! T’es en train de faire une montagne d’un tout petit tas de terre tu sais ? Je t’ai dis que je ne parlais pas de toi tout à l’heure. Il se peut que tu l’aies très bien compris, mais au cas où je vais quand même formuler mes pensées à voix haute.


Il prit un air vague, justement comme s’il était plongé dans ses pensées et qu’il parlait à voix haute sans s’en apercevoir.

- Je constate juste que c’est une méthode assez difficile. Certes elle doit avoir une certaine utilité, surtout en politique afin d’éviter des affrontements inutiles et d’un point de vue stratégique je ne peux qu’approuver. Mais niveau comportemental et du point de vue du respect d’autrui, c’est une atteinte grave aux droits des êtres intelligents. Après la princesse croit peut-être que je parle d’elle mais il n’en est rien.


Il se laissa basculer légèrement en arrière, se tenant en appui sur son coude droit, dans l’herbe, sa main gauche toujours sur celle de la jeune femme.

- Tsss tsss tsss, je sais bien que j’ignore beaucoup de choses sur elle. Mais je sais très bien qu’elle est foncièrement généreuse et bien trop idéaliste et un brin naïve pour faire volontairement du mal à quelqu’un. Et si elle avait su que ce tatouage n’avait pas été réalisé de manière… conventionnelle, sans doute aurait-elle refusé de l’utiliser.

Il sourit. Il avait basculé la tête en arrière, exposant sa gorge ainsi, offrant surtout son visage au soleil, les yeux clos alors qu’il parlait, très doucement, capable d’humour puisqu’il l’imitait. Après tout, n’avait-elle pas fait pareil dans sa chambre un peu plus tôt ? Ne se l’était-elle pas justement reproché ?

- Oh je ne suis pas surpris qu’elle interprète mal mes paroles et il semble inévitable que je sois obligé de justifier ou expliquer chaque tirade. Tsss, c’est ça les ptites princesses qui en savent un peu trop et jouent les solitaires. Elles ont beau être un peu trop jolies pour ne pas être une atteinte aux nerfs et à la patience des pauvres hères, la plaisanterie n’est pas toujours comprise. Donc au cas où, je vais me remémorer notre précédente conversation comme quoi je la taquinais « hautaine » alors qu’elle ne l’est pas du tout… elle le pourrait bien évidemment mais elle ne l’est pas.

Ses lèvres s’étirèrent en un sourire que Maud aurait jalousé au plus haut point à Cassidy si elle l’avait vu. Ce sourire là sincère, amusé, doux, n’était pas si innocent, même si aucune arrière-pensée n’effleurait à cet instant l’esprit étrangement calmé du jeune homme. Ce jeu était amusant, ce faux-semblant aussi. Il se sentait mieux à éclaircir ces quelques points.

- Et je suis contre l’esclavage. Sans doute suis-je bien mal placé pour en juger… Je sais bien que les Kaärs ont des défauts… Et je n’approuve pas du tout cette attitude. Mais ce n’est sans doute pas en désapprouvant simplement et en attaquant de front que les choses changeront réellement.


Il releva la tête et lui sourit directement, ancrant ses yeux orangés aux pupilles félines dans ces nuances de marron pleines d’innocence.
Ce n’était que des mots. Et pourtant il se sentait tellement mieux. Mieux l’attendrir pour mieux la blesser, la détruire… Qui au juste attendrissait qui hein ?

Tristan se redressa lentement. Elle méditait au départ mais elle avait commencé à l’écouter et avait fini par le regarder même s’il avait fait comme s’il ne s’en rendait pas compte. Il se pencha vers elle et à son tour, repoussant une mèche blonde rebelle, déposa un léger baiser sur une de ses pommettes, comme pour lui rendre la pareille ou faire comme s’il se vengeait peut-être. Quand il recula le visage pourtant, il avait déposé une petite fleur violette dans ses cheveux, se laissant retomber dans l’herbe, allongé cette fois, tout près d’elle et encore une fois… sans rien tenter de plus.

Le jeune homme rouvrit pourtant rapidement les yeux et tourna la tête vers les faibles battements d’aile qui s’entendaient et s’approchaient d’eux, les sonorités enflant en intensité.
Se redressant encore, le Drakkari fronça les sourcils, jetant un regard interrogatif à Cassidy, sans comprendre ce qui se passait.
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Cassidy Herediane
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MessageSujet: Re: Un besoin de libérer le surplus de magie   Sam 16 Juin - 23:31

Tout était confus dans l'esprit de Cassidy. Cette haine qu'elle avait vu sur le visage de Tristan, ses mots dits d'une manière sèche et brusque avaient eu plus d'impact que si il les avaient dis avec douceur. Elle avait sûrement du mal à admettre de changer d'un comportement à un autre lui faisait tourner la tête. La jeune mage avait du mal à l'acceptait et elle devait tout réapprendre de lui.

Et pourtant, elle n'avait pas été méchante, négative, elle ne lui avait rien fait de mal, alors pourquoi Tristan lui parlait-il de cette manière ? Si elle avait été un peu plus audacieuse, peut être l'aurait-elle pris simplement dans ses bras comme si elle avait voulu faire partir la haine de son beau visage. Enfin après tout, qui était-elle pour accomplir une telle chose ? Pas sûre que le geste aurait été bien perçu par le Drakkari. Cassidy aurait pu mais cela allait trop loin, alors, elle se contenta de souffrir en silence, se sentant encore une fois responsable.

C'était quand même étrange que Tristan vienne la protéger alors qu'il aurait pu la laissé prendre les coups en silence. Tout aurait pu être différent. Peut être que dans une autre vie, elle aurait été la demoiselle qu'il aurait du protéger contre le monde. Peut être qu'avec lui à ses côtés la vie aurait été plus simple et ils se seraient complétés pour garder un certain équilibre entre leur bonté et leur côté sombre. Un humain ne peut pas être entièrement blanc ou entièrement noir. Ce sont les choix qui font pencher la balance d'un côté ou d'un autre.

Mais la vie en avait décidé autrement. Et si tout était à refaire ? Non, on ne peut pas refaire le monde avec des si, il fallait s'adapter à la situation présente et s'accrocher à ce qui était possible de réaliser. Des petites choses futiles mais tellement agréables pour l'humain. Non elle était bien contente de ne plus être seule car Tristan pouvait être parfois d'une compagnie appréciable malgré son sale comportement de temps en temps.

Et c'était vrai, ils ne se connaissaient plus ou du moins, ils apprenaient à connaître cette nouvelle partie d'eux même qu'ils n'avaient jamais connu. Que certains actes, certains gestes, avaient entraîné des attitudes, des changements de comportement et comme tous les deux n'avaient rien vu venir, ne pouvaient pas voir leur propre passé, et donc comprendre pourquoi ils avaient de telles réactions.

Si Cassidy se rendait compte que Tristan était incapable de la frapper ou de lui faire du mal physiquement, jamais elle n'aurait osé se moquer de lui, car il le savait, elle n'était pas comme les autres et ne l'avait jamais été. C'était peut être une moralisatrice qui semblait rentrer dans le troupeau pour se faire reconnaître, apprécier, mais dès que Tristan était parti de la ville, il aurait été bien surpris d'apprendre que cette carapace était tombée en morceaux, n'ayant plus rien à faire. Elle avait toujours été différente des autres et avait ce petit quelque chose qui faisait son charme.

Elle n'avait pas vraiment apprécier son ton et comme une jeune femme fougueuse qu'elle était l'aurait jeté directement dans les cachots pour éviter de subir encore une fois tout cela. Décidément on ne pouvait rien dire sans que cela ne tourne au drame. Malheureux d'en venir à des sujets sensibles pour le voir paraître aussi sec et brusque, cela semblait le toucher aussi mais pas devant elle.

Alors Cassidy avait bu sa mixture pour faire partir son mal de tête. Il rirait bien si il savait qu'elle avait encore mal et que la seule et minable solution que la jeune mage venait de trouver était de boire une potion pour atténuer les effets et ne rien lui montrer. Non surtout pas lui dire qu'en prélevant un peu d'encre il était possible de faire quelque chose de plus efficace.

*Pour Messire je dois me forcer à boire ce truc là pour ne pas être malade. Magnifique ! Vraiment ! Il ne pense qu'à lui ou quoi ? Sa douleur physique... non mais il pense à ce que je suis en vivre, de subir moi aussi ? Pas vraiment... Enfin il s'est bien inquiété tout à l'heure... mais est ce du théâtre ou de la sincérité ?*

Elle n'en savait rien, restait méfiante et ne lui montra rien bien que Tristan avait du remarqué rapidement qu'elle était troublée par ses paroles. Elle n'était pas spécialement en colère contre lui mais la confusion lui faisait perdre la tête. Mettons ça sur le compte du tatouage.

*On fait quoi dans ce genre de situation ? On se soutient et on trouve une solution ! Non ça serait trop facile pour lui... me le dire avec un regard haineux est beaucoup plus facile*

Alors que sa magie redevint incontrôlable et que sur le coup de la colère et de sentiments plus que négatifs Cassidy explosa la lame de son épée, elle reprit rapidement le contrôle de la situation, ne voulant ni blesser Tristan, ni se blesser elle même. Ca suffit, il ne lui ferait plus de cadeau il lui avait bien dit ! Et alors qu'elle était concentrée et marmonnait la raison de ce geste, Cassidy aperçut le Drakkari qui se relevait déjà... pour faire quoi ?

Elle haussa les épaules, trop contrariée pour dire quoi que ce soit. Oui il fallait qu'elle se calme, avant qu'elle fasse exploser tout ce qui se trouvait autour d'elle. Alors la jeune mage s'installa dans l'herbe en tailleur pour commencer une méditation, calmer ses nerfs. Après tout ce n'était pas grand chose. Mais n'y avait-il pas une frustration de sentir qu'elle commençait à avoir un faible pour le Drakkari ce qui n'était pas vraiment prévu au départ ? Oui il y avait de cela. Et le voir brandir ce regard de haine face à elle démolissait une construction plus rapidement que de poser quelques pierres les unes sur les autres.

Oh non jamais il n'existerait de sentiments entre eux. Et même si c'était le cas, la jeune femme était persuadée que cela serait certainement à sens unique. Quelle folie que de croire ce genre de choses, lui qui n'a aucune valeur pour de petits gestes et attentions qu'elle était capable de lui donner en faisant quelques efforts. Enfin, on peut parler d'amis, pas d'amoureux. Un amour d'amis. Non rien de tout cela n'était possible, le Drakkari n'était pas du genre à déballer des sentiments pour son simple plaisir.

Alors elle sentit la présence du Drakkari approcher de son espace personnel, doucement, lentement, sans faire de gestes brusques. Cassidy fronça les sourcils un instant, sentant sa présence et activa bien malgré elle ce bouclier, cette protection qu'elle utilisait pour la méditation. Il allait encore se retrouver projeter en arrière si le Drakkari tentait quoi que ce soit. Et pourtant, la protection était bien visible, traçant dans les airs une sorte de courant d'air un peu plus argenté montrant les emplacements de magie autour d'elle. Il risquait de se faire vraiment mal si il osait encore la toucher.

*Ne fais rien Tristan, j'arrive pas à contrôler l'amplitude du sort, alors s'il te plaît, ne t'approche pas...*

Bien sûr dans les pensées, ce n'était pas possible de lui parler et elle le savait très bien. Mais il fallait au moins qu'elle se concentre pour tenter de réduire la portée, ce qui n'était pas évident du tout. Et contre toute attente, il posa juste sa main contre la sienne qu'elle avait posé négligemment contre son genou. Cassidy se crispa sentant ce contact.

Contrairement à Tristan lors de la pose de son tatouage, sa main à elle était brûlante, comme si on pouvait sentir la magie et l'énergie se dégageait d'une simple petite main, témoignant d'un pouvoir difficilement contrôlable. Et si il était assez intelligent, il pouvait être capable de comprendre la raison qui l'avait poussé à s'isoler de lui, pour se calmer, retrouver un air paisible. Cette force invisible qui se dégageait de sa main pouvait être effrayante.

Et pourtant, Tristan ne se fit pas éjecter en arrière, comme si ce simple contact avait le don de l'apaiser alors que la jeune femme prit un air légèrement étonné tout en rouvrant les yeux, sentant l'énergie qui brûlait en elle diminuer petit à petit et redevenir plus gérable. Elle en fut la première étonnée.

Tristan confirma qu'il ne parlait pas d'elle et même si elle semblait l'avoir plus ou moins compris, son simple regard et le ton de sa voix avaient fait penchés la balance. Il lui sourit plus chaleureusement alors qu'il resserrait sa prise sur ses longs doigts fins, ce qui apaisa Cassidy. Les traînées argentées disparurent et s'évanouirent dans le ciel alors que la main de Cassidy devint moins chaude au fur et à mesure de ce contact.

Elle était surprise en effet. La jeune femme resta bouche bée alors qu'il se contenta de parler à haute voix de ce qu'il pensait d'elle en fait, détaillant avec précisions ses paroles alors que Cassidy regardait alternativement la main de Tristan puis son visage alors qu'il était couché dans l'herbe. Et pourtant, cette main sur la sienne était une sensation agréable, comme si c'était lui qui avait chercher à la rassurer, à la calmer.

Cassidy ne disait rien, le laissait parler et à vrai dire, elle appréciait même si la jeune femme pensa tout de suite qu'il s'agissait d'un énorme effort qu'il faisait envers elle. La demoiselle se mit à lui sourire timidement en se rendant compte qu'il la copiait avec un certain talent tout à l'heure quand elle même avait parlé toute seule.

*Une jolie princesse ? Il sait s'y prendre avec les compliments... et il n'a pas tort du tout...*

Soudain, Tristan se redressa et se planta devant elle. La jeune femme le regarda droit dans les yeux, un peu de crainte mais aussi de l'apaisement dans son petit regard noisette alors qu'il écartait une mèche de ses cheveux blonds avant de lui déposer un petit bisou sur la joue à son tour. Cassidy écarquilla les yeux, complètement surprise. Ca elle ne s'y attendait vraiment pas, si ce n'est qu'une douce chaleur l'envahit sentant le contact sur sa joue de ses lèvres.

Elle s'était crispée un peu au départ mais avait arrêté de respirer le temps d'un instant, sentant sa chaleur à lui tout contre son visage à elle, ne souhaitant pas interrompre ce moment. Que lui arrivait-il ? La voilà maintenant qui se retrouvait confuse face à un petit bisou de rien du tout. Encore une fois, il avait repoussé les limites mais ce simple bisou était comme le contact de sa main, rassurant, apaisant et la sensation de sentir un poids qui se dissipait à l'intérieur d'elle alors que le flux de magie reprenait un rythme plus normal, voire même elle décelait quelque chose de plus profond, comme si sa simple magie et l'émotion qu'elle ressentait en ce moment était différente de tout ce qu'elle avait connu jusqu'à présent.

*Quoi ? Ma magie... Pourquoi ? Je n'ai jamais ressenti ça...*

Il se contenta de lui laisser une fleur dans ses cheveux bien que Cassidy n'en voyait pas la couleur. Pourquoi faire tout cela pour elle ? Il était bien énigmatique ce drakkari.

Tristan se laissa retomber dans l'herbe mais sans agir plus que ça. Oh vraiment ? Alors Cassidy ne sut pas ce qui lui passa par la tête à ce moment là, mais se rendant compte qu'il y avait quelque chose de bénéfique pour sa magie, elle s'allongea à côté de lui et lui prit la main, regardant le ciel, serrant doucement ses longs doigts fins contre sa main plus robuste à lui. Pas de doute là dessus. Et en même temps si confuse pour l'instant.

"Tu as raison, je me suis emportée pour rien. En même temps, je n'ai plus vraiment l'habitude de m'emporter pour des broutilles. Enfin... je resterais plus calme, ça ne me va pas du tout la colère comme ça"

Elle était même un peu gênée. Et pourtant, Cassidy fut ramenée à la réalité par le vol des aigles amenant une malle signée du symbole des Cheistams. La jeune femme rompit doucement le contact avec Tristan puis se redressa pour libérer les majestueux oiseaux de leur fardeau avant d'examiner les contours de la malle.

Tristan à côté, semblait interrogateur et bien curieux de savoir ce que contenait la malle. Et Cassidy se mit à lui sourire doucement, la colère et les émotions négatives ayant disparues de son visage. La jeune femme lui fit une grimace avec un air malicieux.

"C'est ma commande de lingerie fine..."

Elle n'en dit pas plus, guettant sa réaction. Peut être que sa blague était de mauvais goût alors la jeune femme décida de ne pas faire attendre trop longtemps tout en rejetant ses longs cheveux blonds en arrière.

"Non je plaisante. En fait, il s'agit de tes affaires personnelles... tu vas pouvoir vérifier"

Cassidy prononça un mot de pouvoir car le coffre était scellé. Dans un sens, cela valait mieux, si le colis avait été réceptionné par quelqu'un d'autre, ou intercepté, les affaires de Tristan étaient disposées à la vue de tout le monde. Elle s'agenouilla et fit basculer le haut vers l'arrière puis s'écarta et resta à genoux tout en jetant un regard vers Tristan.

"Dis moi si tout y est et que tes affaires sont en bon état. Si ce n'est pas le cas, ça va chauffer chez les Cheistams, crois moi !"

On aurait dit que ce qui s'était passé avant, du moins sa colère n'était jamais arrivé.
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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: Un besoin de libérer le surplus de magie   Dim 17 Juin - 17:12

« Et c’est là que le beau et valeureux jeune chevalier, se relevant et résistant à cette attaque terrible, terrassa la cruelle armée de trolls qui maintenaient la jolie princesse cloitrée dans sa tour.
Il gravit les marches, sentant l’épuisement le gagner mais emplit d’une énergie nouvelle et d’une fierté certaine grâce à sa magnifique victoire.
Pourtant, ce fut presque timidement qu’après avoir frappé à la porte de la princesse, il ouvrit poussa doucement le battant.

- Princesse ? Dit-il avec une certaine hésitation.

Il entra et la découvrit, assise sur le magnifique lit baldaquin qui avait bercé tant de nuits d’enfermement. Elle était immobile et le fixait avec une admiration certaine. »


- Mais je croyais que la princesse dormait et qu’il la réveillait d’un baiser.
- Chut… Ca c’est ce que tout le monde croit, la vérité est différente…

« Elle se redressa et il s’avança vers elle.
Il était grand, musclé, portait des marques de coups, sentait la sueur et le sang.
Elle était petite, délicate. La robe qu’elle portait cachait chastement son corps mince alors que ses traits qui la faisaient croire tout juste sortie de l’enfance s’étiraient en un petit sourire. Elle était incroyablement belle et de ses yeux à la couleur du miel et cheveux d’orge grillé et de blé d’été à ses petits pieds disparaissant sous le tissu de sa robe, tout était magnifique.
Le courageux chevalier qui avait affronté bien des dangers au cours de ses combats se retrouvait aussi désarmé et perdu que s’il avait été seul contre une armée entière, ayant en tout et pour tout pour se défendre qu’un simple cure-dent et une tunique de laine.
La petite princesse l’intimidait et il baissa les yeux vers le sol avant de mettre un genou en terre.

Il défit la sangle de son casque et le posa par terre, libérant au passage les mèches rebelles de sa chevelure aussi flamboyante que le plus furieux des brasiers. »


- Des cheveux comme les miens ????

- Oui Tristan, comme les tiens.
- Et alors et alors ?!!!!

« Dans son signe poli de soumission, la tête inclinée vers le sol, le chevalier « Tristan » ne vit pas le sourire se dessiner sur le visage si doux de la princesse. Elle avança vers lui alors que seul le silence les entourait, à peine rompu par le claquement léger des pas de la jeune fille.
Elle s’agenouilla alors devant son sauveur et releva son visage après l’avoir pris dans ses mains.
Leurs regards se croisèrent pour ne plus jamais se quitter. Elle ne semblait pas gênée par le sang sur son visage et lui, perdu et sans moyens, sentait avec un mélange d’amertume et de ravissement l’odeur de fleurs qui se dégageait de son cou pâle.
Elle ne serait jamais à lui… Il n’avait fait que réussir sa mission, son seigneur serait heureux de voir celle qu’il considérait comme sa promise enfin libérée de sa cruelle escouade maléfique.

Pourtant il sentit son souffle sur son visage et son regard se troubla alors que la jeune fille posait délicatement ses lèvres sur les siennes.
Si leur baiser fut timide et chaste comme tout premier baiser se doit de l’être, il finit par sortir de sa torpeur et la passion remplaça très vite la timidité.
C’était lui son champion… Alors elle serait sa promise. Elle l’avait compris dès que leurs regards s’étaient croisés alors qu’elle tombait profondément amoureuse de ce téméraire guerrier. Et ce fut alors qu’elle se serrait contre lui après ce baiser qui les avait laissé faibles tous les deux qu’il murmura un tendre « je t’aime » qui acheva de la convaincre qu’il était celui auquel elle était destinée depuis toujours. »



- Berk !!!
- Comment ça berk ?!!!!
- Ben ils se sont embrassés ! C’est…berk !
- Messire Konogan ! Ceci n’a rien de berk !!! Il s’agit de la preuve de leur amour !
- Ah bon ?
- Un baiser est une promesse mon Tristan. Quand il est donné avec le cœur… c’est le plus beau des cadeaux qui soit.
- Ah ?... Les filles aiment qu’on les embrasse ?


La jeune femme pouffa, ébouriffant les mèches rouges désordonnées sur la tête de son petit garçon qui avait pris soudainement un air très sérieux.

- Les filles aiment toutes que le garçon qu’elles aiment les embrasse… Mais il faut attendre le bon moment pour la première fois.
- Je vois…


Elle rit un peu plus.
Tristan avait sept ans.
C’était à ses yeux le plus beau des petits garçons qui soit.
Elle avait beau l’avoir eu jeune et ne pas encore voir son propre visage couvert de la moindre ride, il lui était difficile de réaliser que son petit garçon avait déjà sept ans.
Il était un peu plus grand que les autres et semblait bien parti pour avoir la haute stature de son père. Son regard vif et intelligent démontrait la curiosité dont il semblait faire preuve pour tout et n’importe quoi. Son visage avait encore les rondeurs de l’enfance, mais déjà on pouvait discerner la forme qu’il prendrait avec le temps, une mâchoire carrée, musclée, certainement terriblement séduisante.

Son corps n’était pas celui d’un gringalet sans doute parce qu’il était malgré son jeune âge, constamment en train de l’aider et ne rechignait jamais pour la moindre tâche. Les muscles fins mais déjà forts de ses bras se renforceraient en grandissant.
Il avait récemment perdu une de ses canines de lait et celle de l’autre côté de sa mâchoire montrait quelle taille sa voisine aurait, pointue mais bien proportionnée.
Il était à l’âge où les petits garçons commencent à embêter les petites filles plus que de raison. Où ils trouvent que les baisers sont dégoûtants et… qu’une fille n’a absolument rien d’intéressant.

Pourtant, il avait l’air, comme toujours, fasciné par son histoire. Son regard s’allumant de peur et d’énergie quand elle parlait de bataille, de curiosité, un peu de dégoût mais aussi d’un intérêt difficilement dissimulé lorsqu’elle avait parlé de l’amour entre le chevalier et sa princesse.
Quand il lui avait posé sa question sur les filles, son regard s’était fait lointain et c’est avec un sourire qu’elle songea que son fils était peut-être déjà en train de vivre le curieux mais si doux sentiment du premier amour.



Ce souvenir lui était apparu tel un flash, vif. Les mots de sa mère résonnaient à ses oreilles, son beau visage, éternellement jeune à ses yeux, sa bouche rose toujours en train de lui raconter de belles histoires qui cachaient souvent de petites morales.
Tristan y avait songé alors qu’il était allongé dans l’herbe, qu’elle s’était allongée près de lui, sans lâcher sa main.

Elle, c’était Cassidy.
Il ne savait pas trop pourquoi mais il avait eu envie et même besoin de lui dire ces quelques mots, de s’expliquer. Il avait vu son regard étrange et troublé et avait compris que quelque part, il avait pu la blesser avec ses paroles. Pourtant, il n’en avait pas eu l’intention, à aucun moment, pas cette fois.
Etait-ce vraiment raisonnable de se montrer gentil maintenant ?
Pourquoi en avait-il tellement envie ? Pourquoi préférait-il la voir sourire, timidement, son visage si pâle et délicat s’empourprer légèrement pour une raison ou une autre, plutôt que de la voir blessée par ses mots ?

Elle était tellement plus belle lorsqu’elle souriait.
Tristan ne savait rien de sa magie. En fait il ne savait pas grand-chose de la magie car les mages se croyant généralement supérieurs à la norme ne veulent pas discuter de leurs pouvoirs ni des secrets les plus basiques de leur histoire avec un simple guerrier. Surtout si ce guerrier est un Drakkari. Surtout si ce Drakkari a un si beau visage et tant de facilité à plaire. La jalousie est parfois si cruelle…
Il ne pouvait donc pas savoir que son manque de contrôle avec l’épée n’était pas normal.

Enfin il hésitait… Peut-être effectivement n’était-ce pas réellement fait exprès et lui en voulait-elle un peu, le montrant de cette manière, mais il ne savait pas que les sentiments pouvaient avoir un effet si néfaste sur le contrôle d’un mage. Comment aurait-il pu le savoir de toute façon ?
En tous les cas, il était venu vers elle. Il avait vu sa barrière mais ne s’en était pas préoccupé.
Bizarrement, à cet instant, alors qu’il étai tout proche d’elle, il se disait que son cœur était pur, ses intentions bonnes et dénuées de méchanceté, et que pour ses raisons…il n’avait absolument rien à craindre. Qu’elle le saurait d’une façon ou d’une autre et qu’il ne serait pas repoussé cette fois.

Pourquoi se persuadait-il ainsi qu’elle saurait sentir ça ? Comme si elle était la seule à pouvoir comprendre son regard alors même qu’il voyait qu’elle était surprise par chacun de ses actes ? Peu importait en réalité.
Il lui avait pris la main, elle s’était calmée.
Anormalement brûlante, la douceur de sa peau l’avait fait déglutir avec difficulté. Pourquoi avoir envie de l’apaiser ?

Alors il avait parlé, simplement avec sa façon si personnelle mais si directe aussi, de s’exprimer et il lui avait semblé qu’elle en était heureuse. Après tout, ne lui avait-elle pas fait un beau sourire comme si de rien n’était.
Puis il s’était allongé et elle avait fait de même. Elle n’avait pas repoussé sa main alors… il ne l’avait pas lâché. Etrangement, ce petit geste n’avait rien de si… extraordinaire. Etait-il faible de l’accomplir ? Ou idiot de le prolonger ?

La tête de la jeune femme frôla son épaule quand elle s’allongea près de lui. Elle sentait toujours les fleurs… Peut-être était-ce à cause de cela qu’il avait pensé à l’histoire de sa mère. Elle avait tout de la petite princesse. Et lui absolument rien du preux chevalier. Il s’en sentit triste. N’avait-il pas argué à sa mère qu’il serait un jour ce fort chevalier battant les vilains monstres et délivrant les belles princesses ? Tombant amoureux de la jolie princesse blonde de l’histoire… bien qu’il avait émis un bémol pour l’histoire du baiser, comme quoi elle devrait se contenter d’un baiser sur la joue.

Cette idée lui noua le ventre.
A quel point l’avait-il déçue ? A quel point l’avait-il fait souffrir ? Lui le meurtrier d’une femme si belle et si douce que tout le monde adorait.

Cet étrange moment pendant lequel ils étaient immobiles et silencieux, l’un proche de l’autre, si proches. N’était-elle pas une belle princesse ? N’avait-il pas l’âge pour pouvoir l’embrasser comme dans l’histoire ? Pouvait-il prétendre ne pas en avoir envie ? Lui tenir la main n’avait pas qu’apaisé la jeune femme… Ca l’avait aussi apaisé lui. Il se sentait bien mieux, calme, aucune émotion négative si ce n’est la tristesse et la culpabilité ne dansait dans son regard. Il s’était senti si bien en l’embrassant sur la joue comme pour chasser un mauvais rêve qu’elle aurait fait, comme pour lui dire qu’il était là et ne la laisserait pas être triste. Ce n’était qu’un effleurement, une bise toute simple.
Et pourtant, s’il ne s’était pas fait violence, peut-être aurait-il attardé sa main dans ses cheveux avant de réitérer cette caresse, s’approchant juste un peu, un tout petit peu de ses lèvres…

Il y eut le battement d’ailes et elle se redressa. Il en fit autant et le contact entre eux fut rompu. Aussitôt il eut l’impression de se sentir un tout petit peu moins bien. Sans doute s’était-il relevé trop vite voilà tout !
Il s’approcha d’elle alors qu’elle libérait les volatiles qui repartirent aussitôt vers leurs propriétaires.
Tristan fronça les sourcils curieux et étrangement lorsque la jolie jeune femme évoqua avec une joie retrouvée, le contenu de la petite malle, le Drakkari sembla soudainement… mal à l’aise.
Son regard avait coulé sur elle avec une certaine nervosité et si une flamme un peu.. perverse s’était allumée dans ses yeux alors qu’ils passaient de la malle à la jeune femme, il semblait aussi un peu gêné… Et était d’ailleurs prêt à se détourner.

Sauf qu’elle annonça qu’il s’agissait de ses affaires et il en fut surpris. Ainsi les Cheistams avaient aussi repris ses possessions lorsqu’il était chez Maud et les avaient gardé tout ce temps. Il songea amèrement qu’ils cherchaient sans doute un objet plein de magie noire. Mais c’était bien mal connaître le grand jeune homme. La phrase de Cassidy lui tira un sourire et il hocha la tête.

- Je vais vérifier alors…

Il s’agenouilla dans l’herbe et sortit tranquillement ses affaires, nullement gêné apparemment par la présence de la jeune mage près de lui. Peut-être l’avait-il oublié l’espace d’un instant. Bien sûr ce n’était qu’une partie de ses affaires, ce qu’il emportait avec lui quand il se déplaçait pour un moment.
Le jeune homme sortit ainsi plusieurs tenues de rechange qui se ressemblaient toutes plus ou moins, si ce n’est que les couleurs variaient et la longueur des manches de ses tuniques aussi… qu’il semblait apprécier relativement euh… ajustées.

Contrairement à l’idée reçue sur les guerriers, il était très soigné et comme il apportait une certaine attention à son physique ne supportait apparemment pas comme certains de ses congénères de ne pas avoir assez de boxer de rechange. C’était apparemment les seuls sous-vêtements qu’il appréciait alors qu’il les posait tranquillement dans l’herbe à côté de lui.
Plusieurs ceintures se trouvaient également dans la malle, généralement chargée de bourses ou petites sacoches permettant de garder sur lui une petite panoplie de dagues et couteaux ainsi qu’autres objets essentiels pour un voyageur.

Deux paires de bottes se trouvaient également présentes, dont une qui semblait neuve n’ayant apparemment jamais servie ou très peu. Quelques vieux livres de petites tailles se trouvaient au fond, quelques mouchoirs, dont un d’une étrange couleur… rose pour un garçon… assez surprenante.
Des parchemins étaient roulés dans un coin, un arc qui ne semblait pas très grand mais très solide et difficile à tendre car à double courbure comme ceux utilisés dans le nord d’Ascadian. Il était affublé d’un carquois aux flèches fines dont les pointes étaient soit très simples soit métalliques aux formes variées pour causer différents dommages plus ou moins graves à la victime.
Quelques flacons et boites semblaient renfermer liquides ou secrets et il caressa machinalement le couvercle de l’une d’elle en bois travaillé, l’ouvrant en prenant dans ses mains un médaillon qu’il caressa du pouce avant de le remettre précautionneusement à sa place.

Il finit par se redresser après avoir tout remis à l’intérieur et afficha un petit sourire à la jeune mage, l’air tout de même un peu… plus sérieux que d’ordinaire.

- J’ai l’impression que tout y est.. J’imagine que tu dois vérifier qu’il n’y a pas de magie noire là-dessous… très bien. Fais juste attention quand tu manipules certains… souvenirs s’il te plait.


Attention mesdames et messieurs… oui, il venait bien de dire… « s’il te plait » !!!!!
Comme quoi. Ca aussi il en était capable.
Il lui sourit un peu plus sincèrement, la fixant dans les yeux.
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Cassidy Herediane
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MessageSujet: Re: Un besoin de libérer le surplus de magie   Dim 17 Juin - 19:49

Très bizarre cette impression que Cassidy était en train de vivre, la main de Tristan posée sur la sienne. Avant qu'il ne fasse son geste, elle avait hésité de lui crier de s'éloigner, qu'elle ne voulait pas le blesser. Mais sortir de sa méditation sans prendre de précaution aurait peut être été pire que de ne rien faire. Qui sait, avec une magie aussi incontrôlable l'impossible devenait possible. Alors même si elle gardait un visage tout à fait neutre, son esprit était angoissé à l'idée de repousser le Drakkari. Mais pourquoi avançait-il vers elle ? Ignorait-il la décharge qu'il s'était prise ce matin ?

Oh non, le Drakkari était aussi têtu qu'elle et peut être même qu'il avait une bonne raison de venir se poser à côté d'elle. Il aurait pu en profiter cela était vrai aussi mais ce n'était pas le cas. Tout ce que le Drakkari fit, et ce que Cassidy n'avait pas prévu, c'était de poser sa main sur la sienne et ce contact eu un effet imprévu sur Cassidy. De l'étonnement, de la surprise qu'il n'ait pas été repousser. Qu'elle se le répète, jamais aucun homme n'avait réussi à la toucher pendant sa méditation, sa protection était trop puissante et même là, avec une énergie instable, c'était pire.

Rouvrant ses yeux noisettes et rompant son exercice de magie, la jeune mage regardait Tristan puis leurs doigts posés les uns sur les autres. Comme si ce simple contact avait le pouvoir de calmer la bombe vivante qu'elle était. Alors si Tristan avait énoncé la pensée de la protéger, comme il l'avait fait physiquement tout à l'heure, il marquait encore un point, la protégeant d'elle même à ce moment là même si il ne pouvait sûrement pas le penser que son action avait eu plus de conséquences. Elle n'était pas une femme normale, une habitante d'Ascadian à la vie tranquille mais une mage. Et contrairement à tous ces mages très fiers de leurs pouvoirs, la demoiselle savait rester humble et comprenait très bien tous les risques qu'elle encourait.

Son maître l'avait mis en garde, l'instabilité chez un mage n'était jamais très bonne, et encore moins pour une mage qui avait une quantité de magie conséquente. Il le sentait, il le savait, un jour Cassidy aurait un choix crucial à faire, qui entraînerait sa perte ou sa victoire. Et même si elle ne le savait pas et l'ignorait à l'heure actuelle, Tristan aurait sûrement un rôle à jouer dedans. Après tout leurs retrouvailles ne sont-elles pas un drôle de hasard ? Un signe du destin ? Il y avait quelque chose à découvrir.

Et pourtant, ce simple contact, cette simple petite main contre la sienne était une victoire alors qu'elle en appréciait le contact qui avait un effet des plus réparateurs sur la jeune femme. Elle se mit à sourire, doucement, même si son petit bisou sur la joue l'avait beaucoup troublé, sentant un contact tout mignon sur sa pommette qu'elle ne laissait pas approcher si facilement que ça.

Mais bon pour Tristan ce simple bisou devait être anodin, sans réel intérêt ni sens, c'était sûrement ça. Et pourtant pour elle c'était bien plus que ça. La solitude devait jouer dans l'affaire pour qu'elle réagisse comme ça, c'était la seule chose envisageable. Et plus dur en serait la chute.

Alors dans un élan d'instinct, la jeune femme avait décidé de s'allonger dans l'herbe à côté de Tristan, restant tout proche de lui, gardant le contact jusqu'au bout près de lui, sa tête reposant pas loin de lui, regardant le ciel et les nuages qui défilaient alors que la jeune femme avait un sourire satisfait sur son visage, serrant doucement sa main.

*Pourquoi ma magie change-t-elle à ce point au contact de Tristan ? Est ce que cela aurait un rapport avec ce que je ressens pour lui ? Enfin je ressens pas grand chose ! Mais je sais plus ! Non c'est juste ses petits gestes qui me font perdre la tête*

Lorsqu'elle s'était relevée pour aller vérifier le colis, c'est un peu avec regret qu'elle avait lâché sa main bien qu'elle avait prolongé le contact le plus longtemps possible, presque inconsciemment. Et pourtant, quand Cassidy avait prononcé le contenu, elle ne s'attendait pas du tout à la réaction de Tristan, comme si il était un peu gêné.

Bon une mauvaise blague sûrement. C'est pourquoi elle avait rapidement dévoiler le véritable contenu du coffre pour que Tristan aille vérifier. C'était peut être un peu indiscret mais elle restait à côté de lui tout le temps qu'il déballait ses affaires. On pouvait mettre ça sur le compte de la sécurité, bien que Cassidy était quand même assez curieuse de savoir ce que Tristan avait comme affaires personnelles.

*Des lettres de demoiselles satisfaites ? Des bibelots ? Je pense pas qu'un guerrier traîne beaucoup de choses dans sa valise...*

Elle regarda avec un certain amusement et surprise les différentes choses qu'il en sortait. Des éléments assez classiques. D'ailleurs elle aimait bien les différentes tenues qu'il avait même si elles semblaient être ajustés et bien serrées, sûrement pour mettre plus en valeur ses formes à lui. Cela contrastait fortement avec les robes de Cassidy, beaucoup plus fermées et inaccessibles.

Il y avait des choses plus étranges comme des livres, des parchemins et des fioles mais ce qui attira son regard était un étrange petit mouchoir de soie rose où Cassidy fronça les sourcils, visiblement un peu jalouse par la dame qui avait du lui avoir offert ce présent. Ce n'était pas très masculin en effet.

*Peuh ! Encore une de ces dames qui lui a confié un mouchoir en gage de gratitude ou je ne sais pas trop quoi. Celle là il doit quand même beaucoup l'apprécié pour se trimballer avec ce truc dans ses affaires !*

Elle haussa les épaules levant la tête vers le ciel et se concentrant sur autre chose. Oui après tout il faisait ce qu'il voulait et avec qui il voulait. Cela ne la concernait et la regardait pas, il faisait sa vie avec qui il voulait même si Cassidy ressentait une sorte de frustration et un pincement au coeur. Elle n'avait rien pu lui offrir avant qu'il ne parte et même si cela avait été le cas, pas sûr qu'il ne le garde. Tout comme son petit mouchoir qu'elle n'avait jamais revu...

Tristan déballa d'autres affaires et Cassidy le vit poser une main sur un médaillon qui se trouvait dans une boîte. La jeune femme ne fit aucun commentaire, ce genre d'objet devait avoir une certaine valeur affective pour lui, inutile qu'elle lui pose des questions là dessus, c'était encore plus personnel que tout le reste.

Cassidy le regarda faire avec le reste de ses affaires. Elle ne le perturba à aucun moment, le laissant analyser, vérifier et rendre compte par lui même. Puis quand il eut terminé, le discours qu'il tint la laissa encore surprise. Apparemment il approuvait le fait qu'elle devait vérifier par elle même le contenu du coffre. Et encore plus important, il lui avait dit "S'il te plaît" à l'évocation de certains objets qui rappelait des souvenirs pour lui et montrait leur importance.

La jeune femme se contenta de lui faire un sourire rassurant, elle était maladroite mais savait aussi faire preuve de tact quand la situation l'exigeait.

"Ne t'inquiètes pas pour ça, je n'ai pas l'intention de vérifier quoi que ce soit. Je suis juste rassurée que tout soit en bon état"

De plus les Cheistams avaient suffisamment manipulé les objets, il ne devait pas y avoir de magie à l'intérieur. Et puis, pourquoi planquer une magie dans un vêtement ? C'était insensé ! Elle pointa cependant les petites fioles sur un côté avec un regard interrogateur.

"Il y a quoi dedans ?"

Puis son regard se porta sur les différents vêtements qui traînaient par terre, mais dans tout cet attirail, elle fut bien fort surprise, voire même un peu inquiète de ne pas voir un élément de tenue qu'elle jugeait essentiel à tout bon voyageur.

"Tu n'as pas... de cape... ou de manteau ?"

Pour elle, il était difficile d'imaginer de se balader dans les terres hostiles d'Ascadian sans rien pour se tenir chaud ou se protéger de la poussière et des caprices du temps. Cassidy savait que Tristan était résistant mais à quel point, enfin c'était juste une petite attention.

Ensuite, elle pointa doucement son arc et ses flèches. Peut être qu'il s'y attendait après tout.

"Ca par contre... je pense que je vais les garder avec moi... enfin j'y ferais très attention ! mais c'est toujours un principe de précaution..."

Bien qu'elle doutait qu'il s'amuse pour son plaisir à tirer sur tout ce qui bouge et jouer au sniper du haut de sa chambre pour faire passer le temps. Elle avait une expression assez gênée sur le visage quand même et son regard se reporta de nouveau sur le mouchoir tout en se mordillant la lèvre inférieure.

*Je me demande quand même si... enfin non... je risque de le regretter.... maais.... tant pis !*

Cassidy tendit la main en direction du petit mouchoir rose, le regard assez intrigué, sans vraiment voir la réaction de Tristan.

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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: Un besoin de libérer le surplus de magie   Lun 18 Juin - 8:53

Il avait été un peu gêné quand elle avait parlé de cette « livraison de lingerie fine ». Et il en était le premier surpris.
Tristan savait qu’il n’avait aucun mal d’ordinaire avec les femmes. Que même si certaines résistaient ou décidaient de rester fidèles à leur compagnon, elle le trouvait beau, attirant. Le genre de friandises à laquelle on avait plus qu’envie de goûter.
Non il n’avait pas de mal avec les femmes. Pourtant Cassidy résistait mieux que les autres. Résistait tout court, comme s’il ne l’intéressait pas du tout.

C’était vexant et il se disait que ce serait encore plus réjouissant de la séduire pour lui montrer que non, elle ne pouvait pas lui résister, jamais ! Mais petit-à-petit au cours des heures et différents événements qui s’étaient succédé, il avait renoncé à cette idée.
Pourquoi s’obstiner sur une femme un peu difficile, têtue, au mauvais caractère et qui n’était pas si extraordinaire. Il avait fréquenté des elfes, des sirènes, au corps splendide, à la poitrine plantureuse et à la voix enchanteresse !

Alors pourquoi serait-il attiré par cette jeune femme qui semblait à peine sortie de l’adolescence, timide, coincée et apparemment pas du tout portée sur les contacts physiques ?! Non, elle ne lui plaisait pas, elle ne l’attirait pas.
Peut-être lui appartiendrait-elle un jour, parce qu’il avait envie quelque part de lui faire du mal et il ignorait si c’était une rancune très ancienne ou l’effet du tatouage. Mais il ne la poursuivrait pas de ses ardeurs… Quoique.

En tous les cas, son regard avait été attiré vers sa silhouette comme s’il essayait de voir à travers le tissu de sa robe alors qu’elle évoquait sa commande de sous-vêtements. Et à sa grande surprise, il s’était senti honteux de l’imaginer ainsi. Comme si c’était mal alors qu’il ne se gênait jamais d’ordinaire avec n’importe quelle femme qu’il trouvait « potable ». Comme si avec elle, ce n’était pas quelque chose qu’il avait le droit de faire, de penser. Comme si se faire curieux et ouvrir vivement la malle avec un regard ravi et taquin n’était même pas envisageable. Ce fut très bref… mais il était surpris. C’était comme s’il ne voulait pas savoir. Pas ainsi du moins.

Et ça ne lui ressemblait pas vraiment.
Comme ça ne lui ressemblait pas de se sentir si… apaisé étrangement à son contact alors que leurs mains, l’une contre l’autre ne se serraient ni trop fort, ni pas assez fort.
Il avait songé à sa mère et ses histoires, sans doute parce qu’elle était cette petite princesse du conte, du moins la voyait-il ainsi. C’était peut-être pour cette raison qu’il lui donnait ce surnom. Surnom qu’il n’avait utilisé avec aucune autre.

Ce tatouage avait vraiment un drôle d’effet sur lui.
N’était-il pas un guerrier sans peurs ?...Enfin presque, il avait bien une peur, mais elle était si ridicule qu’il n’en avait jamais parlé à qui que ce soit et se maîtrisait du mieux qu’il pouvait lorsque la peur en question se présentait devant lui.
N’était-il pas un grand séducteur qui se fichait du mal qu’il faisait au cœur des femmes ? N’était-il pas le bel homme au cœur glacé qui n’éprouvait jamais le moindre sentiment pour ses conquêtes si ce n’est la joie triomphale lorsque sa proie lui était acquise ?

Tristan se sentait anormalement… bizarre.
La fatigue y était certainement pour beaucoup.
Finalement elle lui avoua le réel contenu de la malle et il se détendit. Cassidy avait voulu plaisanter certainement et sa blague n’était pas mauvaise, c’est juste que pour le coup, de manière totalement ridicule, il n’avait pas rétorqué.
Pourtant, il avait remarqué qu’elle était différente, plus joyeuse, souriante…de ce beau petit sourire franc et simple sans arrière-pensée. Etait-elle seulement capable d’avoir des arrière-pensées ?

Il s’agenouilla au sol et commença à faire l’inventaire de ses affaires en se faisant une réflexion presque douloureuse et pourtant si flagrante. Avec ses cheveux dorés et sa gentillesse, elle lui évoquait un ange, un petit ange délicat qui allait se brûler les ailes à fréquenter d’aussi près le démon qu’il était.

Pour un jeune homme, il semblait plutôt soigneux avec ses affaires et fronçait pensivement les sourcils. Oui, ses tuniques étaient ajustées.
Peut-être était-ce mal… Peut-être était-il fou ou complètement anormal d’avoir tant besoin de reconnaissance, d’être remarqué. C’était bien pour cette raison qu’il mettait autant son physique en avant non ?

Quand il eut terminé il l’indiqua à la jeune mage et lui demanda, poliment, même si ces mots semblaient lui coûter, de faire attention à ses affaires. Sa réponse le surprit. Comment ça elle n’avait pas l’intention de les examiner ? Eyh ! Elle avait déjà oublié à qui elle avait affaire ? Avait-elle déjà succombé à ses regards qui bien que pervers et ses manières très discutables parfois lui donnaient un petit air innocent ou charmant ? Il la croyait plus résistante !

Non ce n’était pas ça, c’était pire encore. Elle essayait encore d’être gentille, de l’attirer vers le « bien ». Elle pensait toujours qu’il y avait quelque chose à recycler chez lui. Pourquoi était-elle si aveugle, si obstinée ?!!!
Il eut envie, sincèrement, de lui répondre sèchement, méchamment même ! D’ailleurs il ouvrait déjà la bouche.
Il n’en eut pas le temps. Elle lui posa des questions, et il répondit par automatisme, s’en apercevant avec un temps de retard.

- Ce sont quelques potions offertes par des… amies pour tenir plus facilement es gardes quand le sommeil me guette, ou quelques aides pour cicatriser des blessures.


Pourquoi il le lui disait tiens ?
Le tatouage semblait s’être réactivé, il le sentait presque pulser dans son dos. Comme si opposer une résistance, essayer d’être sec et méchant le réveillait.
Il n’eut pas le temps de s’appesantir sur la question qu’elle évoquait la présence d’un manteau ou d’une cape et il baissa les yeux vers la malle avec une lueur de surprise, comme s’il avait justement oublié cela avant d’avoir un petit sourire difficile à déchiffrer.

- Mh… Effectivement. Sans doute les Cheistams ne l’ont-ils pas récupéré lorsque j’étais chez Maud. J’avais prévu d’en prendre un nouveau de toute manière… Il faut dire qu’à ce moment là, le temps ne le rendait pas… nécessaire.


Il la regarda avec intensité. Son regard orangé pouvait certainement être déstabilisant parfois, ses yeux de chat qui à cet instant ne cillait pas ne serait qu’un tout petit peu. Il lui fit un sourire qui semblait cette fois très amer, triste, empli de rancune et de souffrance. Mais il détourna la tête comme si de rien n’était, comme s’il s’en fichait, que ça n’avait pas la moindre importance.

- J’imagine qu’ils ne t’ont pas dit depuis combien de temps j’étais dans leurs cellules… Nous sommes en Septembre… Disons qu’en Juin, je n’avais pas vraiment besoin de manteau réellement.


Il avait dit ça sur un ton très détaché, comme si effectivement,il n’était pas touché par cette remémoration alors qu’un léger frisson d’angoisse et de haine lui parcourait l’échine.
Près de trois mois… dont les deux dernières semaines avaient été gardées pour le rendre un peu plus… présentable.
Il comprenait à présent.
Cassidy se serait certainement montré bien moins approbatrice si elle l’avait vu… dans un des états dans lequel ils l’avaient mis au cours de ses si longues semaines de tortures morales et physiques.

Si elle avait vu son corps couvert de bleus, de coupures, de traces de fouet et autres instruments de torture… Qui aurait-elle soutenu ? Aurait-elle été aussi méfiante avec lui dans ces conditions ?
Il n’avait pas envie de le savoir de toute manière. Il ne voulait pas de sa pitié. La pitié donnée par un entourage montrait de manière flagrante la faiblesse qu’ils voyaient en une personne. Il n’avait pas craqué pourtant… Il pouvait être fier non ? Enfin pas si sûr…

Elle lui désigna l’arc et les flèches qu’elle lui confisquait et il hocha docilement la tête, pouvant parfaitement comprendre. Mais s’il prit l’arc, il ne le lui tendit pas tout de suite.
Remettant la corde sur les deux extrémités en bandant les muscles puissants de ses bras, il admira une seconde le magnifique instrument et fit mine de tirer, sans user de flèches, vers la forêt. La corde émit un claquement lorsqu’il la lâcha mais ni sec, ni désagréable, presque une note de musique, très rapidement.

Pour ceux capable de tendre un tel arc, la flèche devait filer rapidement et surtout très loin.
Il le détendit puis le posa tranquillement hors de la malle avec le carquois, l’air d’accord pour qu’elle le prenne, du moins ne bronchant pas. D’ailleurs elle récupérerait sans doute ses différents couteaux.
C’était certainement plus prudent.
Sauf qu’en tournant la tête vers elle alors qu’il était debout, il se cripsa.
Elle avait remarqué le petit mouchoir rose dans la malle et se penchait pour le prendre, sans doute surprise qu’il ait un objet d’une couleur si… féminine.

Sa main se referma avec une poigne de fer sur le poignet de la jeune femme alors qu’elle frôlait le mouchoir du bout des doigts.
Pourtant il ne semblait ni gêné, ni en colère et lui lança un de ses sourires taquin en biais dont il avait le secret… si jalousement gardé.

- On ne t’a jamais dit que la curiosité était un vilain défaut princesse ?


Il la regardait dans les yeux, l’air parfaitement calme, son regard allumé d’un certain… amusement qu’il ne cherchait pas à dissimuler.
Son sourire s’agrandit.

- Rassure toi, je n’ai pas des tendances féminines cachées, même si je sais que ça plairait énormément à certains hommes que j’ai croisé au cours de mes voyages.


Là par contre, il ne chercha même pas à réprimer le frisson et la grimace de dégoût qu’il ressentait et montrait en évoquant ce… souvenir.
Il écarta sa main et prit le mouchoir, le mettant sous une pile de vêtements qu’il venait de soigneusement ranger.

- Mais disons que ceci… me rappelle une de mes conquêtes préférées et que personne d’autre n’a le droit d’y toucher.


Son sourire devint cette fois-ci assez.. lubrique, son regard s’allumant d’une étincelle.

- Elle était très belle d’ailleurs. Difficile pour les autres de rivaliser. Vraiment charmante et tellement… amusante. Enfin…toutes les bonnes choses ont une fin.


Il s’était exprimé sur la fin avec un ton faussement dramatique qui laissait planer l’idée que ce n’était pas elle qui avait rompu mais bien lui qui l’avait abandonnée… Comme tant d’autres.
Il ressortit du même mouvement, lâchant finalement le poignet de la jeune mage, les différentes armes qui se trouvaient dans sa malle et les fourra dans ses bras sans plus de délicatesse.

- Tiens ! Voilà mes joujoux. Prends-en soin hein, sinon mes manières de sales gosses ressurgiront.

Il était d’un calme tranquille. Et il l’avait été malgré la panique très fugace qui avait brillé dans son regard quand elle avait voulu prendre le mouchoir. Comme s’il ne voulait pas faire étalage de ses conquêtes alors même qu’il le faisait de vive voix. De manière si peu charmante…
Il referma la malle d’un claquement sec et la souleva, la juchant sur une de ses épaules, se penchant du côté opposé pour assurer un bon contrepoids.

- Bon eh bien je vais mettre ceci dans ma chambre alors. Ca tombe plutôt bien, je pourrais me changer tout à l’heure.


Et sans lui laisser le temps de répliquer face à cette phrase, il tourna les talons et se mit à marcher en direction du château, d’un pas vif et assuré. Pourtant il s’arrêta au bout de quelques pas et se tourna vers elle, une lueur amusée dans le regard.

- Au fait quand j’y pense… Je commence à avoir faim, on aura qu’à se retrouver pour manger tout à l’heure. T’as qu’à cuisiner pour t’occuper en attendant, si je te manque trop. Mais évite les gâteaux… t’es vraiment pas douée. Quoique qui sait, tu t’es peut-être améliorée.

Son sourire s’élargit comme s’il évoquait simplement le temps qu’il faisait au ton certes un peu moqueur mais aussi très innocent de ses mots. Il fit demi-tour et repartit vers le château. Son tatouage se détachant un peu moins sur la peau bronzée de son dos.
C'était ces mots qu'il avait donné après l'incident de la fête de l'école quand ils avaient presque dix ans.
Il lui avait fait un sale coup quelques temps plus tôt et elle avait décidé de se venger en douceur cette fois-ci... Elle avait fait des gâteaux, comme la plupart des filles et lui en avait tendu un avec un sourire très innocent. Il avait failli s'étouffer tant le goût était horrible, d'un fait... exprès.

Il lui en avait voulu et avait rongé son frein mais au lieu de s'emporter violemment, il était resté relativement calme durant la fête mais n'avait cessé de la poursuivre pendant les mois suivants avec des critiques sur sa cuisine, qu'elle ne serait jamais une épouse décente pour n'importe quel homme, même un qui n'aurait plus de langue (puis qu'employer le terme "papilles gustatives" aurait fait montre de son intelligence, pas vraiment le vocabulaire qu'on emploie à cet âge là... enfin elle si, mais le commun des mortels, non...). Mais là, il avait sorti cela, sans que rien ne le laisse présager, pour une seule et bonne raison... qu'elle ne pouvait pas connaître et qu'elle devait juste prendre pour de la raillerie.
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Cassidy Herediane
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MessageSujet: Re: Un besoin de libérer le surplus de magie   Lun 18 Juin - 15:15

Cassidy regardait avec une certaine curiosité toutes les affaires de Tristan. C’était quand même étrange de voir ce qu’il pouvait avoir dans ses affaires. Beaucoup de choses utiles pour les voyages. Pendant ce temps là, elle se mettait à réfléchir, le regard un peu dans le flou, se demandant si elle réagissait bien. En tout cas, sa bonne humeur était revenu et c’est donc tout naturellement et simplement qu’elle adoptait une attitude plus tranquille.

Cependant, elle ne loupa pas le regard de Tristan, qui semblait étonné qu’elle ne vérifie pas ses affaires plus que ça. La jeune femme haussa les épaules tout en lui expliquant davantage la raison de son refus.

"Les Cheistams ont déjà fouillé, vérifié et contrôlé tout le contenu de tes affaires. Je ne vais pas m’amuser à répéter la même tâche. De plus, à première vue, cela me paraîtrait fort étonnant que tu planques un sort ou plutôt un mini poignard sous tes boxers. Quant au reste des choses, si les boîtes sont des souvenirs, je ne pense pas que tu prendras la peine de les abimer avec un enchantement pour te sortir d’une situation dangereuse."

La jeune femme faisait tout simplement preuve de logique et pour elle, les seules choses qui pouvaient être dangereuses dans ses affaires, c’était l’arc et les flèches, les dagues, et éventuellement les différentes potions. Cassidy voulait juste s’assurer de son honnêteté et sa sincérité, un petit test pour mesurer jusqu’à quel point il était capable de mentir. Toujours avoir un coup d’avance, cela semblait être un jeu mais c'était la meilleure manière de s’assurer de certaines paroles. Demander et après vérifier ce qui était vérifiable.

Lorsqu’elle lui posa une question au sujet d’un vêtement plus chaud, la réponse de Tristan la surpris fortement. Plutôt que de lui dire qu’effectivement il se déplaçait sans cape il lui fit une petite allusion à son séjour chez les Cheistams. Cassidy semblait rester impassible tout en l’écoutant, ne montrant aucune compassion même si elle fut fort surprise que la faction l’ait retenu aussi longtemps. Mais Tristan était un guerrier et il n’avait sûrement pas besoin qu’on le plaigne ou que l’on fasse preuve de pitié. Pourtant, Cassidy aurait réagi pareil et ne voulait pas que quelqu’un s’apitoie sur son sort uniquement pour certaines blessures ou accidents qui lui étaient arrivés.

*Trois mois ??? Mais ils lui ont fait quoi pendant ces trois mois ? C'est pas possible quand même... à moins que les coups et cicatrices là en feraient partis... il ne doit pas y avoir que ça. Enfin je pense que ça doit sûrement être très humiliant pour lui*

Il lui tendit l’arc et les flèches docilement, comprenant parfaitement la situation. D’ailleurs elle en fut assez surprise alors qu’il tendit la corde pour faire mine de tester la sonorité de l’arc. Cassidy n’était pas une spécialiste mais au bruit de l’arc, elle semblait penser qu’il était possible de tirer sur une longue distance et avec puissance avec cet arc.

Cependant, une arme était dangereuse lorsqu’elle était dans les mains d’un guerrier. C’est pour cette raison qu’elle préférait le garder avec elle le temps de son séjour.

Cependant, lorsque dans une tentative un peu curieuse, elle tenta de récupérer le fameux mouchoir rose, Tristan s’opposa fortement à cela, lui prenant le poignet pour arrêter son geste, faisant preuve de malice, le remettant soigneusement entre deux couches de vêtements. La suite de ses paroles ne cessa de toucher Cassidy, bien que son regard était plutôt sévère pour essayer de cacher la jalousie qui la rongeait contre cette femme qu’elle ne connaissait même pas et que Tristan semblait bien apprécié pour garder un tel souvenir.

Plusieurs fois elle voulait répliquer mais il se contentait de réagir encore plus rapidement, comme si il se hâtait de faire disparaître de la vue de la jeune femme le mouchoir qui semblait le faire réagir. Oh voyez vous ça, un élément qu'il lui interdit de toucher ? Mais les interdictions ne sont pas faites pour être bravées ? Il suffit de dire un simple non pour que l'on cherche à faire l'effet contraire, bravant la prudence et toute répercussion. C'était plutôt Tristan qui agissait ainsi mais il ignorait que la jeune mage avait aussi appris à se servir seule quand les circonstances le réclamait.

La jeune directrice se contenta de croiser les bras, un léger sourire apparaissant à la commissure de ses lèvres, préparant la prochaine riposte. Oh pour ça il lui laissait le champ libre et lui offrait sur un beau plateau la contre attaque.

Cassidy le regarda ranger ses affaires sans broncher, sans lever le petit doigt alors qu’il se contentait de lui rappeler quelques malheureux souvenirs qu’elle aurait préférer oublier. Et pourtant, il montrait encore qu’il était capable de faire ce qu’il voulait.

*Tiens tiens… il l’a remballé rapidement son mouchoir… cela cache quelque chose*

Oh bien surprenant de la part de Tristan de cacher ce simple bout de tissu alors qu’il lui avait bien fait comprendre que de toute manière elle allait vérifier ses affaires. Mais ce qu’il ne savait pas, c’est qu’elle ne comptait pas s’attarder sur tout, uniquement sur les choses suspectes et là le prétexte était vraiment excellent.

Il rangea ses affaires et avant même qu'elle n'ait eu le temps de réagir, le jeune homme s'éloigna déjà, avant de lui adresser une dernière petite pique sur sa manière de cuisiner. Ainsi il n'avait pas oublier à quel point elle s'était vengée à cette fameuse fête de l'école, lui préparant des gateaux fait avec la douleur qu'elle avait ressenti. Oh il devait payer ! A l'époque elle était jeune et n'avait pas beaucoup de moyens de se défendre. De plus, elle se rappelait aussi lui avait donné des gâteaux d'excellente qualité une fois, mais ne voulant pas qu'il l'apprenne, la petite Cassidy avait trouvé plus intéressant de passer pour la mauvaise cuisinière pour ne pas qu'il la reconnaisse.

Elle ne bougeait pas, immobile, plutôt que de courir dans ses jambes pour riposter. Elle n'avait pas l'air de mauvaise humeur et Tristan par ses gestes hâtifs et sa démarche qui semblait vouloir dire qu'il souhaitait mettre le plus de distance possible lui faisait penser à un fuyard même si son air ne le disait en rien. Ah il croyait qu'elle resterait comme cela les bras ballants ? Il se trompait...

"La curiosité est certes un vilain défaut dans certaines conditions mais cela peut être également positif, sinon je ne serais pas là pour en parler" dit-elle d'une voix suffisamment puissante et assurée tout en marchant à grands pas pour le rattraper, son bâton dans la main.

Un mince sourire apparut au coin de son visage. Combien de fois avait-elle subtiliser des livres de la bibliothèque pour s’entraîner seule et même, la curiosité et la connaissance étaient des signes distinctifs d’un mage, capable de rechercher le plus d’informations possibles pour parvenir à leurs fins.

"En revanche, jouer avec les sentiments de ces dames est un vrai vilain défaut Messire Konnogan"

Sa voix était amusée mais sonnait comme un terrible avertissement alors que Cassidy ne se démontait pas pour un sou. Une petite pointe pour le piquer sur ce qu’il était capable de faire et sa réputation qui n’était plus à démontrer. La jeune femme se planta devant lui, les bras croisés, faisant barrage avec son corps et l’empêchant d’avancer plus à moins de lui rouler dessus ou plutôt de lui marcher dessus.

Mais elle se tenait fièrement devant lui, comme elle l’avait toujours été, têtue, bornée. N’avait-il pas compris que sa petite réaction était une porte ouverte pour la jeune femme qui retrouvait ses instincts de fillette prête à tout pour contrecarrer ses plans. De plus, elle avait énormément envie d’en savoir plus sur cette mystérieuse femme, c'est tout naturellement qu'il lui en donnait l'occasion. Enfin, enlever à Tristan un présent de demoiselle était une chose excellente pour tester sa réaction. Si cela ne le gênait ni ne le mettait en colère, il n'y avait aucune raison qu'il réagisse maintenant.

Si il avait été un peu plus hésitant et aurait sorti une meilleure excuse, peut être aurait-elle laissé tomber. Ne comprenait-il pas qu’en se montrant franc et sincère, sans ce sale comportement qui le caractérisait elle aurait peut être hésiter à prendre ce précieux mouchoir. Et là, il avait entièrement tort et venait de mettre les pieds en plein dans le plat.

La jeune femme avança vers lui et avant qu’il n’ait le temps de protester ne serait-ce qu’un instant, elle prononça encore un de ses sorts pour le faire disparaître de ses mains et le reposer doucement à terre devant elle. De toute manière, il ne contenait pas grand chose de très lourd. L’ouvrant à nouveau, Cassidy en sortit les fioles et le fameux mouchoir assez délicatement.

"Tu ne croyais quand même pas que j’allais te laisser faire sans rien dire. N'oublie pas que tu es ici chez moi et si j'ai besoin de prendre pour vérifier, je le fais. Surtout que ta réaction hâtive est tout à fait... suspecte"

Cassidy ne paraissait pas énervée, pas stressée, pas inquiétée, quelque chose qui contrastait beaucoup avec la jeune femme naïve qu'elle représentait parfois. Elle ne se serait pas cru aussi combattante pour un simple mouchoir. Mais ce que Tristan voulait caché, elle avait le devoir de riposter.

Elle se doutait que Tristan ne comprendrait pas la raison de ce soudain changement de comportement. La jeune femme décida donc de l’éclairer pour lui faire comprendre ce qu’elle en avait déduit, son petit prétexte.

"Tu n’aurais pas bronché, je n’aurais peut être pas pris cette chose mais ton attitude me semble bien suspecte pour que tu refuses que je pose mes doigts dessus. Cependant, je vais te dire à quoi je pense"

Cassidy fit d’abord disparaître les fioles sous ses yeux, se redressant lentement.

"Je sais parfaitement que tu ne comptes pas sur l’aide de ces demoiselles pour sortir d’ici, cependant, bon nombre d’entre elles seraient à tuer pour t’avoir à leurs côtés, c'est ce que tu m'as répété plusieurs fois. Imaginons qu’une de ces demoiselles, et surtout une femme jolie, séduisante, a vent de ton rapatriement ici. Que ferais-t-elle ? Peut être qu’éventuellement, la dame chercherait à séduire un Cheistam pour déposer un innocent mouchoir dans un colis, mouchoir pouvant contenir un message se révélant par magie pour te donner un moyen de t’enfuir, espérant que tu la remercierais en nature pour l’acte commis"

Elle sortit de sa poche un mouchoir violet, traça une rune sur le dessus alors que le tissu se colora d’une couleur brillante. Ensuite, la jeune mage passa son doigt sur le bout carré en marmonnant un mot et des lettres se formèrent au fur et à mesure sur le mouchoir. Cassidy se mit à sourire, un sourire de défi.

"Bien entendu, je pense que tu aurais refusé d’en venir à une telle méthode mais si effectivement il y a un message, je serais bien intéressée pour le lire, je pense qu’en parlant de précaution tu peux bien le comprendre…"

Cassidy rangea son propre mouchoir puis prit avec précaution le rose qu’elle avait posé dans l’herbe et le fit disparaître d’un mouvement. Elle fixa intensément le Drakkari ensuite, une lueur de défi flambant dans son regard. Oh il ne s'attendait sûrement pas à ce petit coup là de sa part, c'était évident mais elle se sentait bien intrépide à ce moment là.

"Tu peux bien me dire ce que tu veux, je ne suis pas forcée de te croire. Tu comprendras rapidement la raison de mon geste... et aussi pour les fioles..."

Elle le regarda de tout en bas, un sourire malicieux sur le visage. La jeune femme savait jouer aussi et lui fit une petite grimace maligne tout en prononçant un seul mot.

"Confisqué"

Elle referma le coffre et le reposa dans ses bras comme si de rien n’était.

Cassidy le défiait et cela, peut être que le Drakkari ne l'avait jamais vraiment vécu au cours de sa vie à part avec elle, toutes les femmes lui tombant dans ses bras et prêtes à tout pour lui et lui plaire. Elle était celle qui se dressait devant lui, remettant en cause toutes ces stratégies en matière de drague ou de rapprochement, lui faisant comprendre que seul le physique ne suffirait pas avec elle. C'était très dangereux pour lui qui ne comptait que sur ça et elle qui pensait à autre chose. Car au final, si il voulait vraiment briser le morceau dur comme la pierre, il devrait repousser tous ses principes. Mais si il voulait continuer à jouer la carte du physique sans adapter son jeu, il risquait d'arriver sur un chemin sans issue.

Au fait, je suis fermée hermétiquement à toute forme de protestation ou de plainte, ça ne sert à rien d’essayer. Et le bureau des réclamations sera ouvert dans quelques jours si tu as envie de le récupérer

Encore une fois, elle venait de retourner la situation à son avantage, qui ne serait pas du goût du Drakkari sûrement mais après tout, elle ne faisait que répliquer et riposter à ses actes. Il était tout à fait responsable de ce qui venait de se passer.

*C'est pas comme ça que j'aurais des remords*

Cassidy regarda ensuite en l'air tout en ayant un air songeur.

"Ah oui la cuisine... je ne pense pas être devenue douée et je ne le serais probablement jamais."

Alors là elle venait de sortir une belle phrase négative, niant tout sur son travail en cuisine. Mais après tout, ce n'était qu'une phrase personnelle, à lui d'en juger car les avis d'une personne à l'autre changent très vite. Ce n'était pas un mensonge car elle même appréciait ses propres gâteaux mais ce n'était pas le cas de tout le monde.

Sur ce, elle décroisa les bras, et jeta un regard vers l'allée qui menait au château. Elle avait eu le dernier mot. Cassidy n'était pas la femme à qui il fallait tenir tête.

Pourtant elle appréciait les petites attentions qu'il avait eu pour elle mais après tout, si ces petites attentions ne se montraient plus, plus d'inquiétude à avoir. Plus il insisterait dans le mauvais sens et plus elle résisterait. Alors faîtes vos jeux...
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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: Un besoin de libérer le surplus de magie   Lun 18 Juin - 18:38

Petite cachotteries de la part de Tristan ?
Il fallait croire que oui.
En tous les cas, il avait bel et bien réagi lorsque Cassidy avait voulu prendre le mouchoir.
Plus tôt, il ne semblait pas gêné qu’elle observe le contenu de la malle. En fait, il agissait presque comme si elle n’était pas là.
Il avait même sorti et compté ses boxers sans la moindre gêne justement. Mais il était vrai que le jeune homme n’était pas très pudique. Sans doute à force de mettre son corps en avant avait-il perdu l’habitude de craindre le regard des autres.
Pourquoi l’aurait-il craint de toute façon ?

S’il était un gros balourd en mode relâche, cela se serait compris. Mais c’était un bel homme qui prenait soin de son physique, le travaillait, évitait comme la peste les kilos superflus (du moins avant son enfermement chez les Cheistams, il avait quand même maigri là bas… l’inactivité au moins ne l’avait pas trop fait fondre. En mangeant si peu et pratiquant ses entraînements, il aurait fini dans un sale état). Tout était fait pour plaire chez lui, comme un paon est beau pour plaire aux femelles, comme un lion agite sa crinière pour s’assurer de son succès, jusqu’à ses cheveux aux mèches ébouriffées négligemment.

Bref, il n’était pas gêné. Mais lorsqu’elle avait voulu prendre le mouchoir, il avait tout de même réagi rapidement. Pas violemment.
Non, ce n’était pas comme si elle violait son intimité ou quoi que ce soit de ce genre et il ne semblait pas lui en vouloir pour ce geste. D’ailleurs une petite lueur d’amusement dansait dans ses yeux. Ainsi elle était toujours aussi curieuse que lorsqu’elle était enfant ? C’était touchant dans un sens non ?
Mais elle devait savoir que c’était ses affaires et que s’il acceptait de les montrer, ce n’était pas forcément le cas pour qu’on les touche. Déjà savoir que les Cheistams avaient tout tripatouillé l’embêtait…

Pourtant c’était très bien parti au départ. Elle avait été gentille, lui annonçant qu’elle ne toucherait pas ses affaires, que ça avait été déjà bien assez fouillé.
Elle n’avait pas été touchée apparemment par son annonce sur les Cheistams, la durée de son emprisonnement. En même temps, il l’avait dit sur un ton léger, presque indifférent, mais c’était tout de même un peu vexant de provoquer si peu de réaction. Elle qui s’indignait si facilement contre l’injustice semblait n’en avoir rien à faire. Mouais… l’injustice quand ça l’arrangeait hein !

S’il avait su qu’elle était juste un peu jalouse, sans doute aurait-il été plus… conciliant et n’aurait-il pas eu un tel discours.
Mais en la voyant si proche de cet objet, il s’était senti obligé de se défendre. Or elle était timide, un peu coincée, très pudique. Il pensait que ça suffirait à la décourager. Ca aurait dû la décourager mais au contraire, il éveilla son intérêt et la suite lui échappa un peu.

Elle l’avait d’abord interpellé avec une phrase bien pesée alors qu’il s’éloignait, puis l’avait rattrapé vivement et de toute manière, il s’était arrêté en l’entendant, se tournant vers elle, sincèrement surpris. Pourtant un léger sourire éclairait son visage. Il allait dire quelque chose… quelque chose de gentil, quelque chose de mignon qu’il n’arrivait pas à retenir et qui semblait inévitablement arriver, prêt à être prononcé devant cette petite tête blonde un peu ébouriffée. Ca aurait pu être un « Mais avec toi en effet, ça ne ressemble pas à un défaut » ou « ai-je prétendu ne pas trouver cette curiosité adorable ? » « Parfois la curiosité peut faire beaucoup de mal princesse… m’empêcherais-tu de te protéger si c’était le cas ? » Mais heureusement ou malheureusement, elle le coupa, continuant sur sa lancée, tuant ses paroles alors qu’il ouvrait la bouche.

Elle parlait de lui… Que ce qu’il faisait avec les femmes était mal. Un vilain défaut. Au lieu de s’esclaffer, ricaner, se moquer d’elle, le jeune homme referma la bouche sans rien dire. Après tout, elle avait un peu raison et il le savait. Même si ça n’avait rien d’agréable dans sa bouche. C’était comme avant quand elle lui faisait la morale et bien inconsciemment, il mit un pied en arrière, s’ancrant un peu mieux dans le sol, comme pour se protéger.

Elle se planta devant lui. Elle n’avait rien de menaçant, absolument rien… même après qu’il ait vu sa magie à l’œuvre. Et pourtant il sentit l’inquiétude, comme un courant d’air le laisser un peu… stoïque, comme en attente.
Elle utilisa sa magie, lui enleva la malle, l’ouvrit et récupéra et le mouchoir et les fioles. Ce fut à peine s’il haussa un sourcil surpris, restant simplement immobile sans se défendre. Comme s’il savait que c’était inutile. Ou comme s’il n’avait pas envie de se disputer avec elle.

Pourtant, cela aurait pu être très comique. Lui se jetant sur elle comme un gamin qui ne veut pas qu’on lui pique un de ses jouets, tentatives de l’un et l’autre pour s’en emparer, roulez boulez dans l’herbe… et là ça aurait pu devenir beaucoup plus calme lorsqu’haletants ils se seraient retrouvés à se fixer droit dans les yeux, oubliant totalement le mouchoir.
Sauf que ça, ça arrivait dans les contes, pas dans la vraie vie.

Elle se cherchait des excuses. Elle se fichait des fioles, il en était sûr, c’était le mouchoir qui l’intéressait. N’avait-elle pas compris qu’il était juste un peu… gêné et le trahissait à sa manière ? Qu’il n’avait pas envie qu’elle s’attarde là-dessus, que personne ne s’y attarde en fait ? Etait-ce mal de vouloir garder une part de secret alors même qu’il avait tout déballé sous ses yeux ? Que les Cheistams tripotent le tout, c’était une chose, qu’elle le fasse, c’était autre chose. Surtout qu’il y tenait à ce petit mouchoir… Qui lui faisait tant de mal. Mais la douleur ne rend-elle pas vivant ?

Elle s’affirmait maitresse des lieux. Pour quelqu’un qui l’avait convaincu ou essayé de le convaincre qu’il pouvait être bien ici s’il était calme et non agressif, elle ne faisait rien pour l’aider à se sentir… bien.
De plus elle lui sortit une histoire si surprenante et abracadabrante qu’il ne trouva rien sur le coup à répliquer, la fixant juste avec une certaine hostilité, presque du mépris. N’avait-elle pas compris qu’il ne connaissait rien à la magie ? Qu’il ne savait pas s’en servir ? Comment donc aurait-il pu lire le message de cette jeune admiratrice s’il était incapable de le faire apparaître hein ? C’était complètement stupide ! Elle était totalement paranoïaque !

Elle lui montra le tour auquel elle pensait et même s’il sentait une sourde colère cogner à ses tempes, il était surpris, curieux et admiratif. La magie pouvait être si incroyable, si surprenante.
Ce sourire qu’elle avait au visage… était pour lui sadique, blessant, mordant. Il eut même un mouvement de recul, frappé de plein fouet par un sourire douloureux. Elle était comme les autres. Elle était pire que les autres. Elle réussissait à l’atteindre. Et elle faisait mal.
Ce fut une lueur blessée qui passa dans ses yeux, mais si brève qu’il n’était même pas sûr de l’avoir ressenti. Son « confisqué » claquait comme un coup de fouet. Oui même elle… N’était-ce pas triste ?
Peut-être que c’était mieux… Au moins n’aurait-il plus besoin d’être calme et doux près d’elle. A quoi bon si à chaque fois qu’il l’était il se prenait des claques ? D’abord le tatouage alors qu’il s’était montré si doux, soignant ses mains, d’autres petits détails… maintenant ça ? Il s’était quand même un peu révélé devant elle et elle ne cessait pas de le gifler. Etait-ce pour ça qu’il la détestait tant ? Parce qu’elle lui rappelait la petite fille qu’elle était, tellement apte à faire du mal à son cœur de petit garçon maladroit ?

Un pas en avant, un pas en arrière ? Là ce n’était pas un pas en arrière qu’il faisait… mais carrément un kilomètre.
Son visage s’était fermé, sa mâchoire crispée et son regard semblait étrangement éteint, comme plus tôt à cause du tatouage. Pourtant ça n’avait rien à voir. Du moins essayait-il de s’en convaincre.
Lentement le jeune homme hocha la tête, récupérant la malle qu’elle avait redéposé à ses pieds. Il la souleva, pas du tout gêné par son poids sans répondre.

Pourtant il en avait eu l’occasion au cours de toutes ses tirades mais c’était exactement comme si elle n’en valait même pas la peine. D’ailleurs il commençait à s’éloigner quand il s’interrompit, un pied encore en l’air et tourna la tête vers elle.

- Fais moi plaisir, quand tu auras fini de faire joujou, balance ce truc, de toute manière c’est ce que je comptais faire. Les souvenirs comme celui-là ne servent à rien. Je ne vois pas pourquoi je l’ai gardé si longtemps.


Il referma la bouche, les muscles de sa mâchoire se contractant, montrant clairement la colère qu’il éprouvait. Colère sourde qu’il semblait pourtant facilement retenir. Sans doute parce que déception et mépris se disputait la place sur son visage. Haussant les épaules d’un geste désinvolte comme on le fait pour chasser une conversation ennuyeuse, il repartit vers le château, allant directement, sans se retourner une seule fois, s’enfermer dans sa chambre.
Pourtant sa dernière phrase était vraiment amère… mais seulement envers lui-même.
Le silence n'était pas une arme dont il usait contre elle à cet instant. C'était plutôt une manière d'encaisser, de comprendre et de fuir. Ca valait mieux après tout, non ?
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Cassidy Herediane
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MessageSujet: Re: Un besoin de libérer le surplus de magie   Lun 18 Juin - 21:06

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