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 Réflexion au clair de lune

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Cassidy Herediane
Directrice de l'Académie Hysandra
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MessageSujet: Réflexion au clair de lune   Lun 18 Juin - 21:03

(Suite de Un besoin de libérer le surplus de magie)

2 Septembre 285
23h

Cassidy avait vu trop tard le regard de Tristan dans lequel parfois brillait de la tristesse, une colère, un pas en arrière. C'était comme si son masque était revenu. Elle avait voulu jouer certes avec lui et restait imperturbable en pensant que cela ne l'attendrait sûrement pas. Mais apparemment ce n'était pas le cas, il avait perdu son regard si paisible au moment où elle avait ouvert le coffre d'elle même.

Les fioles avaient leur importance, cela pouvait aussi être un poison et puis, certaines mixtures étaient capable de tourner et d'avoir des effets complètement différents de ceux de base quand cela été réalisé assez grossièrement. Si Tristan en avait bu une et qu'il s'avèrait que les effets étaient différents, alors elle s'en voudrait de ne pas avoir vérifié aussi. De plus, est ce que les Cheistams avaient joué un de leurs tours pour mettre une potion totalement inconnue parmi les connues ?

Cela bien sûr, Tristan l'ignorait car Cassidy ne lui avait pas dit le fond de sa pensée. Même si elle voulait aussi vérifier son honnêteté dans un but tout à fait neutre. Certaines choses valaient le détour et elle se devait de le protéger aussi des autres malgré les mauvais tours qu'il pouvait lui jouer le vilain garçon.

Elle ne s'était pas inquiétée plus que ça pour son incarcération bien que certaines pensées lui avaient traversé l'esprit bien que Cassidy ne lui avait rien montré, rien fait percevoir. Elle voyait sûrement le guerrier fier qui n'avait pas besoin de son aide et surtout pas que l'on s'apitoie sur son sort, c'est du moins comme cela qu'elle avait vu les choses. Pendant un instant, elle avait hésité à s'approcher de lui dans une tentative mais s'était rapidement résignée.

*Non il ne veut sûrement pas que je lui témoigne de quoi que ce soit... je pourrais... mais je ne pense pas qu'il réagirait très bien*

Alors elle était restée droite comme un i, s'intriguant juste pour ce petit bout de tissu qui avait attiré son attention. La demoiselle ne pensait pas mal faire même si elle avait eu quelques remords. Et pourtant, l'humeur taquine de Tristan et sa façon de la provoquer était une manière de l'inviter à rentrer dans le jeu, quelque chose de spontané, naturel. Il était rapidement parti, lui interdisant de toucher le mouchoir. Et pourtant, Cassidy était rentrée en plein dedans.

Car il avait touché à quelque chose qui la dépassait, la jalousie pour une femme dont elle ne connaissait rien. Ce sentiment qui pousse à faire des bêtises et devenir intrépide, ce qui ne lui ressemblait pas mais qui attisait sa curiosité plus que tout. Elle jalouse ? Non mais elle s'était regardée ? Jalouse d'un bout de tissu ? D'une conquête que Tristan avait abandonné comme toutes les autres. Non elle ne devait pas être jalouse.

Et pourtant, tout dans ces mouvements, dans son attitude, montrait clairement qu'elle n'était pas dans son élément normal, s'imposant une certaine autorité qui ne lui allait pas du tout. Une attitude un brin provocatrice, possessive et extrêmement maladroite. Et même si elle voyait l'attitude de Tristan changé, la jeune femme était tellement prise dans son jeu qu'elle ne pouvait plus reculer, le regardant par moment et était déçue d'elle même.

Alors qu'elle semblait finir sur une note finale sur la cuisine, le Drakkari n'avait plus l'air de plaisanter du tout, de la colère il en avait, mais sa simple réponse était la plus froide et la plus déstabilisante de tout ce qu'elle avait pu entendre jusqu'à présent. Elle n'avait qu'à le jeter son mouchoir. Le coeur de Cassidy se serra, comprenant trop tard qu'elle venait de faire une bêtise.

La jeune femme resta bêtement plantée dans l'herbe, debout, les remords sur son visage alors qu'elle voyait le Drakkari qui s'éloignait petit à petit. Alors, elle s'élança à sa poursuite dans un geste désespéré.

"Attends Tristan !"

Mais c'était trop tard car il était déjà loin. Cassidy se mit à courir dans l'herbe sans faire attention à quoi que ce soit. Mais la mage s'emmêla les pieds dans sa robe et trébucha, s'étalant de tout son long, la surprise s'affichant sur son visage pâle alors qu'elle ne fit même pas un geste pour arrêter sa chute, lâchant son bâton. Sa tête heurta le sol et elle eut de la chance de ne pas avoir croiser une pierre trop grosse. Juste du gravier qui lui laissa quand même une légère coupure au niveau du front.

Tristan était loin, il ne pouvait pas la voir et c'était tant mieux. La jeune femme se retourna sur le dos et soupira longuement en regardant le ciel.

*Pourquoi est ce que ça fait... si mal ?*

Non forcément il ne pouvait pas le savoir, le regard de tristesse dans ses yeux, cette attitude minable quand elle l'avait vu partir encore une fois. Quelle stupidité elle faisait preuve parfois. Alors la jeune femme déclara ne pas le recroiser. Elle ne pouvait pas le regarder dans les yeux après ce qu'elle avait fait. Et pourtant, une douleur s'envahit d'elle et Cassidy serra fort le poing, s'enfonçant les ongles dans sa peau.

*T'es vraiment rien qu'une nulle !*

Et elle déversa cette colère alors qu'un buisson plus loin s'enflamma. Cassidy tourna rapidement la tête. Sûrement un éclat de verre qui traînait. Oui c'est ce qu'elle se dit. Même si elle savait au fond d'elle que sa magie redevenait instable. Non c'est bon, elle n'allait pas se laisser perturber pour si peu.

La jeune femme se releva et éteignit le feu qui se propageait sur le buisson. Elle avait peur. Peur d'elle. Automatiquement, elle repris une gorgée de sa boisson qu'elle ressortit pour l'occasion, sa tête lui faisant à nouveau mal.

Puis elle se redressa, piteuse, et rentra au château. Parcourant les couloirs, seule, elle marchait telle un fantôme, le regard perdu dans le vide. Ses pas la dirigèrent vers sa chambre et elle regarda la porte fermée de Tristan tout en soupirant, rentrant dans la sienne.

Cassidy se regarda un instant dans le miroir pour s'examiner dans le miroir. De la terre, de la poussière et une nette coupure au dessus de son front. Elle grimaça puis sortir d'un de ses tiroirs un mini bandage qu'elle colla sur la blessure pour éviter de s'infecter. Mais le coeur n'y était pas. Elle n'avait pas faim, elle n'avait envie de rien faire.

La jeune femme se traîna lentement vers son bureau pour tenter de penser à autre chose. La première chose qu'elle vit fut ce mouchoir rosé. De rage, elle avait envie de le faire disparaître de son champ de vision, ce maudit bout de tissu. Elle s'installa derrière son bureau. Les minutes passèrent alors qu'elle fixait le bout de tissu.

Puis, après environ une heure de fixation intense, elle posa une main dessus et le déplia délicatement. Un C était brodé à l'intérieur. Peuh ! En plus même lettre qu'elle. Non mais c'est le comble ça ! On aurait dit que c'était le sien qu'elle lui avait donné il y avait très longtemps. Impossible, elle n'était pas de la description qu'il en faisait. Et pourtant... non ça suffit ! Il faut qu'elle lui rende ou qu'elle lui glisse dans un endroit de sa chambre.

*Qu'est ce qui m'a pris de fouiller dans ses affaires...*

La jeune femme soupira et laissa le mouchoir sur son bureau. Non elle n'avait décidément pas la tête à faire quoi que ce soit ce soir. Cassidy ne partit même pas manger, son appétit étant complètement coupé à cause de ce qui venait de se produire. Trouver autre chose... Elle jeta un coup d'oeil aux fioles et les emmena avec elle dans la salle du cours de potions.

*Pense pas que les Cheistams aient fait quoi que ce soit dessus mais bon autant vérifier*

Cassidy sortit des petits récipients au nombre égal des fioles de Tristan et sortit une sorte de mixture claire et argentée de l'armoire tout en fronçant les sourcils, l'air concentré tout en la versant dans chaque récipient transparent. Elle déboucha chacune des fioles et versa une goutte dans chaque récipient. La première moitié prit une couleur jaunâtre, la deuxième une couleur plus argentée avec quelques nuances.

Le contenu de sa mixture avait la capacité de détecter toute chose dangereuse et offensive en se colorant d'une couleur différente. Et pourtant, le dernier récipient se colora en rouge vif et sang, une couleur pourpre qui n'avait rien de rassurant alors que Cassidy haussa un sourcil tout en regardant attentivement la substance puis la fiole.

Et pourtant, elle avait la même couleur que les autres de base, ressemblant goutte pour goutte à la mixture qui donnait le résultat argenté, qu'elle déduisit être la potion pour se maintenir éveillé. Tiens donc...

*Du poison... mais quels effets... ça je ne sais pas encore. Je doute qu'il avait l'intention de s'empoisonner avec ce truc il me reste l'hypothèse des amis ou des Cheistams. Soit quelqu'un veut lui jouer une blague de très mauvais goût ou simplement avoir la capacité de le paralyser à un moment ou un autre... pourquoi ?*

La jeune femme s'essuya doucement le front. Et pourtant, elle pensa directement que Tristan allait penser que c'était elle qui avait fait ça... Qui essayait-on de piéger là ? Si c'était les Cheistams... cela rallongerait longuement la liste qu'elle était en train de se faire.

Fatiguée, Cassidy se dirigea vers sa chambre pour aller dormir, prenant la mauvaise fiole avec elle pour ne pas que Tristan y touche.

----

Plus loin, dans la chambre de Tristan, le calme régnait. Et pourtant, une certaine demoiselle de toute petite taille, encore plus petite que Cassidy, décida de pénétrer dans la pièce grâce à un de ses nombreux accès cachés mais de mauvaise grâce tout en grognant.

*Ah ces jeunes de nos jours ! Ca se permet de ne pas aller manger. Sérieusement, je vais encore aller la sermonner pour qu'elle se mette un truc dans l'estomac si elle ne veut pas finir à plat*

Kymie observa les alentours, se doutant bien que le Drakkari était dans le coin, où elle ne voulait pas le savoir, sûrement sur son lit. Elle vola vers la table et se posa tout en s'inclinant respectueusement. Après tout, elle n'allait pas le laisser mourir de faim.

"Bien le bonsoir Messire Tristan. Je suis Kymie, première lutine responsable de l'entretien du château. Excusez mon intrusion mais je ne vous ai pas vu à table... tout comme Cassidy d'ailleurs... celle là elle ne perds rien pour attendre ! Pour rien au monde elle n'aurait oublier un repas..."

Elle soupira lentement. Ainsi donc même Cassidy se faisait sermonner ? Kymie était quand même plus âgée qu'elle même si sa jeunesse était toujours présente, cette petite lutine aux pomettes brillantes et aux cheveux soyeux de couleur rousse et bouclée qui retombait en cascade au creux de ses reins.

Kymie fit apparaître une assiette remplie de nourriture, des couverts, une carafe ainsi qu'un morceau de pain.

"Vous devriez manger, ce n'est pas très bon de rester le ventre vide. On regagne moins facilement son énergie"

Elle s'assit sur le rebord de la table, balançant ses petites jambes apparemment un peu impressionnée.

"Pour écarter tout doute ou soupçon, Cassidy ne m'a rien demandé du tout. Je suis venue de mon plein gré vous apporter cette assiette."

La lutine eut un regard un peu perturbé et douloureux.

"Au fait, ne soyez pas trop dur avec elle si vous le pouvez... Elle a vécu des moments difficiles elle aussi et j'ai jamais rencontré quelqu'un d'aussi maladroite... surtout quand elle veut bien faire... ou ne pas se laisser marcher sur les pieds"

Elle grommela un instant pour elle même, vive et se redressant rapidement.

"C'est une fille un peu trop gentille qui a toujours été déboussolée avec les garçons. Je la connais depuis environ un an mais je ne supporterais pas... qu'on lui fasse du mal. Oh bien sûr, elle ne voudra jamais le reconnaître, trop têtue pour ça... mais... vous devriez tous les deux arrêter d'écouter avec votre tête mais avec votre coeur... simple conseil de lutine..."

La petite créature leva les yeux au ciel, bien sûr elle se doutait bien que le Drakkari ne mettrait jamais en application ses paroles. Après tout elle se méfiait toujours un peu et il allait sûrement la narguer. Mais avant qu'il n'ait le temps de riposter, elle se dirigea vers l'un des trous.

"Enfin, je ne sais pas pourquoi je vous raconte ça ! Bonne soirée Messire Tristan !"

Et elle disparut sans demander son reste, laissant le Drakkari seul.

------

Voilà plusieurs heures que Cassidy essayait de dormir dans son lit, mais tout comme la nuit dernière, il lui était difficile et impossible de trouver le sommeil. Le Drakkari la tourmentait, elle s'en voulait de la réaction avec son mouchoir et était terriblement mal à l'aise.

Un petit peu vers la droite, un petit peu vers la gauche. La jeune femme marmonnait dans son lit en serrant son coussin contre elle, regardant un coup la fenêtre, un coup le mur, se relevant parfois pour boire un verre d'eau, tournant en rond tout en étant au point mort. Elle voyait à chaque fois cette image de Tristan qui partait quand elle était petite et se relevait en sursaut.

Pourquoi est ce que cela la dérangeait autant ? Pourquoi est ce qu'elle n'arrivait pas à faire une croix sur le passé ? Rageuse, la jeune femme jeta un oreiller à l'autre bout de sa chambre, faisant tomber une pile de livres qui traînait sur la table. Elle n'avait effectivement rien manger.

Grommelant, la jeune femme décida de sortir. Il n'y avait personne, c'était le moment pour profiter de l'extérieur. Prenant son bâton avec elle, et on ne sait pourquoi, prit la fiole dont elle ne voulait pas se séparer pour ne pas que Tristan tombe dessus par hasard, la glissant dans sa poche, elle sortit pieds nus du château, marchant telle une dame blanche dans sa robe, s'illuminant avec sa petite sphère pour s'éclairer. Elle marchait dans le château silencieux, puis se dirigea vers la sortie, marchant en direction du lac.

Une damoiselle vêtue d'une robe blanche ne passait pas inaperçue et surtout pas un soir où la lune était brillante et éclairait bien les alentours. Alors que la fenêtre de Tristan donnait directement vers le passage qui menait au lac. Mais cela, Cassidy s'en fichait, car il devait dormir à cette heure ci et d'ailleurs elle ne tenait plus à le voir pour l'instant.

La nuit était belle, calme, les étoiles brillaient dans le ciel alors que ce "fantôme" marchait doucement en direction du lac, ses pieds nus frôlant l'herbe fraîche de la nuit, ses cheveux blonds éclairés par les rayons de lune et sa sphère, son bâton parfaitement visible.

Elle s'arrêta juste en face du lac, regardant la surface où le reflet de la lune brillait, donnant une ambiance un peu romantique et magique. Cassidy redressa les pans de sa robe de nuit et trempa les pieds dans l'eau, s'arrêtant à la cheville. Elle regarda son reflet, triste et perdu à la surface du lac. Une larme glissa le long de sa joue.

"Pourquoi ? Pourquoi est ce que je dois vivre ça ? Pourquoi ! Tu peux me le dire hein ? Toi qui m'a montré le passé, serait-tu capable de me montrer l'avenir ?"

Cassidy secoua lentement la tête de gauche à droite et de droite à gauche.

"Je suis une minable... ma magie est incontrôlable, je ne sais pas ce que je vais devenir, et je viens de prendre son souvenir pour des raisons... égoïstes..."

La surface de l'eau se mit à briller et contre toute attente, des images apparurent sous les yeux de Cassidy, reflétant une grande lumière à la surface de l'eau.

La première la représentait quand elle était plus jeune avec son maître, ce fameux soir où elle avait pleurer toutes les larmes de son corps, où elle pensait toujours à Tristan sans pouvoir se détacher de ce souvenir, où le vieux mage tentait de la consoler en lui donnant quelques aides. La force et la faiblesse... de l'amour...

La Cassidy actuelle sortit une pauvre grimace alors que quelques larmes coulèrent le long de ses joues qui retombèrent dans l'eau. Oh qu'elle était minable de se ronger pour un pauvre souvenir qu'elle pensait avoir éliminer depuis longtemps. Elle racla l'eau avec sa main.

"De la faiblesse ! Encore et toujours ! Tu vois que je suis toujours en train d'y penser, d'en souffrir !"

L'image tourbillonna et changea. Un village détruit... de la fumée qui s'échappait dans le ciel, l'aube était rouge, les bâtiments en ruine, une silhouette se tenait au milieu. Une petite silhouette qui n'avait rien d'agréable aux cheveux blonds mais couverte de sang. Cassidy en fut horrifiée se reconnaissant. Mais il était stupide ce lac ! Un frisson de crainte la parcourut et cette fois elle planta son bâton dans l'eau tout en commençant à tourner les talons.

Une dernière image apparut. Une petite fille qui tenait dans sa main un mouchoir rose avec quelques gâteaux à l'intérieur, le déposant dans le casier de Tristan. L'image zooma sur le mouchoir alors qu'elle écarquilla les yeux. Non... c'était impossible... c'était... le même que celui qu'elle avait examiné.

*Quoiiiiiiiiii ? Il y a une erreur ?!*

Elle recula alors que la dernière image apparut, emportant avec elle le rire de la fillette.

Cassidy avait de la sueur sur le front, ne comprenant rien, les jambes tremblantes, elle se laissa tombée dans l'herbe, les bras écartés, fermant les yeux, essayant de réfléchir.
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Tristan Konogan
Professeur Initiation et Maniement des Armes
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MessageSujet: Re: Réflexion au clair de lune   Mar 19 Juin - 10:03

Aimer c’est souffrir, aimer c’est mourir.
L’amour est l’arme la plus cruelle, la plus destructrice que l’homme ait pu forger. Elle permet à ceux qui savent la manier de détruire les victimes visées.
Et pour ceux qui ne savent pas l’utiliser, mais dont le destin et l’âme sont aussi sombres que les ténèbres, l’arme n’est que plus efficace, plus dommageable, mortelle.

Tristan fixait le plafond au-dessus de son lit, d’un regard vide. Il ne portait qu’un boxer.
Après avoir porté sa malle, sans se retourner un instant vers la jeune mage, il s’était enfermé dans sa chambre. Là, il avait glissé au bas de la porte, le visage déformé par la douleur, haletant, la main serrée sur son pectoral gauche, à l’emplacement de son cœur.
La respiration sifflante, le tatouage dans son dos s’y était mis, l’élançant plus que de raison, lui rappelant son mensonge comme quoi tout allait bien. Ce n’était pas vrai du tout, ça n’allait pas bien, il avait mal. S’il avait eu la force de se lever à cet instant, dans un mouvement de folie, il aurait certainement brisé le miroir pour s’emparer d’un éclat coupant et aurait découpé, tranché ce fichu tatouage, pour se débarrasser du feu dévorant qui lui brûlait les muscles dorsaux.

Mais se lever… n’était même pas envisageable, il le savait. Il baissa les yeux vers son torse.
Une rune d’un rouge vif qui ressemblait à une lune écarlate, non pas un simple disque, comme le sang était apparue là où il serrait juste avant de sa main droite. La mort était si douce comparée à cette torture.
Il balança la tête en arrière, son crâne heurtant durement la surface solide de la lourde porte en bois aux montures ferrailleuses élégantes. Il serra les dents, le soulagement viendrait, recommença. Finalement la douleur disparut au profit de l’évanouissement, soulagement, causé par ces coups répétés qui avaient fini par l’assommer.

Lorsqu’il avait rouvert les yeux, ça allait mieux. Mais il se sentait faible.
Tristan se leva avec précaution, chancelant légèrement et alla voir son reflet dans le miroir. Comme chaque fois, il fut frappé de stupeur par l’image qui lui était renvoyée.
Les traits tirés comme s’il n’avait pas dormi depuis des lustres, le regard hagard, vide, torturé, le visage et le cou tellement pâles comparés à ses épaules bronzées par les voyage, comme si cette partie de son corps avait été privée de sang.
Il ferma les yeux, appuya son visage contre les pierres froides des murs. Son rythme cardiaque redevint tranquillement, l’étourdissement passa et lorsqu’il releva les yeux, il avait repris des couleurs.

Enfoncé dans un silence morbide, même s’il n’avait personne à qui parler à cette heure, le jeune homme ouvrit sa malle et commença à ranger ses affaires dans les emplacements prévus.
Il s’était dépêché de partir. Sinon elle l’aurait vu comme ça. Elle se serait inquiétée… et comme elle était une mage douée, peut-être qu’elle aurait compris. Sans doute aurait-elle compris. Qu’aurait-il dit alors ? Aurait-il eu la force de faire bonne figure si la douleur l’avait pris devant elle ?

- Je ne suis plus assez fort pour ça.

Non.. Et c’était aussi pour ça qu’il devait recouvrer rapidement ses forces.
Si elle avait vu… Si elle avait compris. Aurait-il eu la force de s’expliquer ? De dire la vérité ? Ou aurait-il fui encore une fois. Un grognement de mépris lui échappa. Il aurait fui… comme toujours.
Doucement, dans un geste absent, il caressait le coffret contenant le médaillon. En s’en apercevant son expression de colère changea, se transformant en une tristesse indicible et une profonde culpabilité. Il n’y avait personne pour le voir à cette heure. Avait-il le droit de s’abandonner au chagrin ?

Le Drakkari ne s’autorisa pas à rouvrir le coffret. De ce point de vue il était très strict. Il n’avait pas le droit de le contempler plus d’une fois par jour. Il ne le méritait pas.
La malle fut rapidement vidée et il observa les parchemins roulés et pliés au fond.
Il les frôla du bout des doigts, ces doigts de guerriers qui auraient tellement mieux dus rester des doigts d’artiste.
Elle se trompait lourdement. Il ne s’agissait pas de lettres de femmes comblées.

Pourtant il en avait comblé… beaucoup.
Encore à cause de ce besoin de reconnaissance. D’être à la hauteur… pour une toute petite chose dans sa vie, était-ce vraiment trop demander ? Pourquoi les femmes le trouvaient-elles doux, attentif, passionné ? Parce qu’il s’évertuait à les satisfaire, complexé, presque apeuré à l’idée que ce ne soit pas le cas.
Etait-il alors vraiment un macho cruel ne faisant que se servir auprès des femmes qui le trouvaient à leur goût ?

Sa phrase lui revint en mémoire, ce qu’elle avait dit, qui lui avait fait l’effet d’une gifle. Se servait-il des femmes ? Oui… et il en avait assez honte pour être marqué par ses mots.
Parce qu’il n’était qu’un fichu égoïste. Tout ce qu’il faisait c’était pour lui, uniquement pour lui. Ca avait toujours été ainsi. Ca le serait toujours.
Mais dans sa bouche… Ca faisait tellement mal.

Il ne déroula pas ces anciens dessins qui dataient de tellement d’années. Pourquoi les avait-il récupérés déjà ? Ah oui… comme pour se souvenir. Pour ne pas se perdre totalement.
Depuis combien d’années n’avait-il pas dessiné ou peint quelque chose ? Depuis treize ans non ?
Pourquoi garder le souvenir du petit garçon qu’il avait été, du petit garçon qu’il avait tué ?
Pas des lettres, des peintures, des dessins. Il avait du talent. Sa mère ne cessait de le lui répéter même s’il pensait, intelligent et pas du tout prétentieux en réalité, que son point de vue n’était pas très objectif.

Il pensa au mouchoir. Elle allait certainement le reconnaitre. Il se sentit nauséeux à cette idée. Il aurait dû le lui arracher des mains. Et pourtant il l’avait laissé faire. Aussi intimidé qu’il l’avait été si longtemps par la petite fille autoritaire, tellement vive, tellement vraie. Sauf qu’à cette époque il le faisait passer derrière ses bêtises, ses vengeances, ses sales coups. Alors elle ne savait pas… et lui non plus.
De toute façon c’était une bonne chose. Il n’aurait jamais dû le garder. Le brûler oui, le jeter oui… Le garder, non…

Tristan était allé prendre une douche. Sortant discrètement de sa chambre, comme un voleur pour ne pas croiser Cassidy, il s’était rendu dans les douches. L’eau sur son dos douloureux l’avait fait grimacer mais c’était sans délicatesse qu’il avait cherché à faire disparaître toute trace de ses entraînements, de poussière, de honte et de tristesse. La rune sur son torse s’effaçait progressivement pour devenir invisible finalement.

C’est pour cela qu’il était allongé sur son lit à présent, à fixer d’un air vide le plafond.
Ses cheveux étaient légèrement humides encore et sa peau se piquetait de temps à autres sous l’effet d’un frisson à cause de la fenêtre ouverte et de l’air frais qui entrait. Il avait regardé le tatouage à l’aide des miroirs dans la salle de bains. Il n’était pas si terrible au final. Les marques de coups sur son corps disparaissaient.
Un sourire faux passa sur son visage. Les Cheistams s’étonnaient de le voir résister à la torture ? Qu’il vive celle de cette rune sur son torse… et ils comprendraient.

C’est pour cela qu’il n’en voulait pas trop à Cassidy. La douleur de son dos, comparée à celle-ci… était faible, même si tout à l’heure, elle s’était faite lancinante.
Penser à elle lui tira une grimace. Fuir, encore… toujours.
Elle lui avait fait froid dans le dos avec cette attitude étrange qu’il ne lui connaissait pas. La petite fille pouvait être agressive, un brin cruelle, comme tous les enfants et leur manière très crue de parler, mais jamais elle ne lui avait donné cette impression.

L’impression qu’il n’était rien, rien de plus qu’un vermisseau. Qu’elle était toute puissante et faisait ce qui lui plaisait. Qu’il ne pouvait rien faire, rien dire. Que si elle le voulait, elle pouvait lui faire mal, bien plus que les Cheistams. Elle lui avait fait peur l’espace d’un instant. Parce qu’il avait compris que ce n’était pas qu’une impression, c’était vrai. L’air supérieur qu’elle avait eu, qui la replaçait comme tous les mages au rang de personne hautaine se croyant…se sachant au-dessus du reste du monde.

Ca ne lui allait tellement pas. Mais c’était peut-être plus simple ainsi. Plus honnête. Elle était donc devenue ainsi. Les années transformaient tellement les gens… en mal.
Et s’il lui avait dit ? Honnêtement… Ce qu’était ce mouchoir ? S’il lui avait dit pourquoi il l’avait gardé… Est-ce qu’elle aurait ri ? Oui sans doute, elle aurait appuyé sur cette bêtise, cette idiotie. Il s’était protégé en mentant, en inventant cette histoire pour ne pas qu’elle y touche. Mais elle avait compris qu’il y tenait. Alors elle l’avait pris. Comme les autres. Comme tous ces mages qui se croyaient si forts. N’avait-elle pas peur ? Pourquoi aurait-elle peur de lui ? Elle se savait certainement parfaitement capable de le plier à sa volonté comme un vulgaire toutou fou d’amour pour sa maitresse.

Il la haïssait tellement à cet instant. Et il s’en voulait tellement de la haïr. Il aurait préféré ne jamais revoir ses affaires… plutôt que d’être confronté à ce visage victorieux, moqueur.
Le jeune homme fut interrompu dans ses réflexions par une petite voix fluette loin d’être désagréable et fixa avec une lueur de surprise vraiment légère, la petite femme qui était apparue.

Pour quelqu’un qui n’avait jamais vu de lutine, il n’était ni bouche-bée, ni éberlué, ni terrorisé, ni admiratif, ni rien en fait. Son regard se fixait avec une curiosité polie… mais presque désintéressée.
Elle lui parla, et il hocha tout de même poliment la tête en signe de salut. Elle se présenta et il la trouva jolie.
Sa voix était agréable pour un petit être mystérieux. Elle disait ne pas l’avoir vu à table. Ni Cassidy.

A l’entente de ce nom, une lueur féroce s’alluma dans le regard du Drakkari qui détourna rapidement les yeux, les muscles de sa mâchoire se crispant.
Il voulait partir d’ici, le plus loin possible d’elle. Elle représentait à présent tout ce qu’il détestait. Comment pourrait-il en être autrement ?
Mais la petite lutine lui fit apparaître de quoi se restaurer, précisant que ça ne venait pas de la jeune mage. De toute façon il n’était pas en état d’avaler quoi que ce soit.

Il ne regardait pas la petite femme mais lorsqu’elle parla de Cassidy, qui aurait souffert, il déglutit difficilement, son regard toujours tourné vers un coin de la chambre, reflétant un peu de…désarroi.
Elle continua sur sa lancée, lui révélant que la jeune femme n’était pas… en terrain connu avec les garçons et aucun rire moqueur, aucun sourire amusé ou seulement attendri ne fut exprimé par le Drakkari. Elle était maladroite oui. Il l’avait connue ainsi…

Elle finit par partir. Il se doutait que sa compagnie ne devait pas lui être très agréable. Ce genre de petit être magique sentait la noirceur chez les gens comme lui.
Pourtant alors qu’elle partait, deux émotions différentes passèrent dans son regard alors qu’il tournait la tête vers elle.
De la tristesse percée par une petite pointe d’amusement taquin, comme s’il redevenait un peu lui-même.

- Je me disais bien que les écureuils.. étaient très éveillés ici.

Simple allusion pour signifier qu’il avait remarqué leurs nombreuses interventions. Souvent pour éloigner Cassidy de lui. Mais si cet amusement taquin était réapparu comme une petite flamme d’espoir, il s’éteignit au profit de cet air vide et d’une voix tout aussi vide, quoique… peut-être était-ce une forme de résignation qui s’entendait au fond.

- … Tout le monde sait que je n’ai pas de cœur.


Il ferma les yeux, les muscles de sa mâchoire se tendant de nouveau, ceux de ses bras aussi.

Il ne mangea rien, ne levant même pas les yeux pour juger la nourriture qui lui avait été apportée. Son estomac noué ne le lui permettait pas de toute manière.
Se reposer ne lui fut pas possible, tout comme dormir…. Enfin si il s’endormit, pour se réveiller en sursaut, le regard horrifié et tremblant de la tête aux pieds. Encore ce cauchemar, toujours ce cauchemar.

Tristan se leva, c’était la seule chose raisonnable à faire dans ce cas là. Ce repos n’avait rien d’apaisant. Au contre, ses muscles se tendaient tellement dans son sommeil qu’il se réveillait courbatu et plus épuisé que s’il n’avait pas dormi.
Le garçon se dirigea vers la cruche d’eau posée sur la table et en descendit le contenu sans même prendre un verre. Son regard fut attiré par la fenêtre.
Les étoiles brillaient cette nuit, fortement, illuminant le parc.

Il appuya son front contre le verre froid, essayant de calmer son cœur battant la chamade. Un mouvement sur sa droite lui fit tourner les yeux.
Qu’est ce que… ?
Une silhouette pâle marchait dehors, éclairée par une petite sphère lumineuse, dans une robe blanche qui lui donnait un air un peu… fantomatique.
Il fronça les sourcils, reconnaissant Cassidy et reposa la cruche avant de la serrer trop fort et de la briser.

Pourtant au lieu de se détourner, il la regarda avancer, comme un voyeur, comme un observateur secret. Comme il l’avait déjà fait par le passé.
Etait-elle somnambule ?
Il grimaça. Avec elle il fallait s’attendre à tout ! C’était fort possible ! Tordue comme elle l’était elle en était tout à fait capable non ? Sa grimace devint plus prononcée.

Si elle faisait des bêtises hein ? Ce n’était pas bien de réveiller un somnambule mais… si elle tombait dans le lac par inadvertance ? Elle se noierait non ?
Ce serait bien fait pour elle !!!!!!
Et pourtant avec un soupir résigné, il était déjà en train d’enfiler un pantalon et une tunique, ne prenant pas de ceinture cette fois-ci. Un coup d’œil au repas qui lui avait été préparé lui apprit qu’une petite assiette de biscuit avait été déposée. Il hésita, s’empara d’une poignée d’entre eux et sortit rapidement de sa chambre en maugréant.

De toute manière il était réveillé ! Et il n’arriverait certainement pas à se rendormir en sachant qu’il avait laissé cette maladroite finie se casser la figure dans le parc !!!!
Et puis il pouvait y avoir des rodeurs ! A quoi pensait cette inconsciente petite prétentieuse ???!!!!
Il la suivit en silence, mais de loin puisqu’elle avait de l’avance sur lui.
Elle eut son expérience avec le lac mais il n’en sut rien parce qu’il arriva un peu après alors qu’elle fixait d’un air hébété la surface. Peut-être celle-ci lui avait-elle montré quelque chose d’assez… perturbant. S’il avait eu la bonne idée de le montrer sous la douche, oui elle avait de quoi être perturbée !!! A part ça…

Donc elle était réveillée. Au lieu de fuir, faire rapidement demi-tour pourtant, il s’approcha d’elle en silence, comme le lui avait appris un ami voleur et s’accroupit juste à la hauteur de sa tête. Elle dut voir une ombre car elle redressa un peu la tête et ouvrit la bouche… où il lui enfonça aussitôt un biscuit.
Avant de se redresser pour s’asseoir à côté d’elle… mais pas trop proche non plus, les sourcils froncés dans une attitude assez désinvolte et… distante.

- Oh la ferme, mâche avant de t’étouffer idiote. Grommela t-il alors que ses lèvres se relevaient très très légèrement en un début de sourire.

Il ne la regardait pas. Il n'en avait plus envie. Elle était sans doute très jolie. Mais ça n'avait plus d'importance.
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Cassidy Herediane
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MessageSujet: Re: Réflexion au clair de lune   Mar 19 Juin - 14:59

L'amour... un sentiment totalement inconnu pour la jeune femme qui en avait bien peur à l'heure actuel. Cette chose inconnue capable du meilleur comme du pire. Même si son maître lui en avait parlé et cela à quelques reprises, elle avait mal, très mal. Non ce n'était sûrement pas de l'amour qu'elle ressentait pour lui. Enfin quoique... qu'il lui ait manqué, qu'elle ait de l'affection pour lui, qu'il était le seul à lui décrocher des sourires aussi décontractés. Il fallait le reconnaître, le Drakkari lui produisait un certain effet.

Cassidy était troublée par ce qui venait de se passer. Se voir comme ça dans le lac, et des moments très douloureux était une véritable épreuve, difficile à encaisser. Elle se sentait complètement minable, désarçonnée et encore plus, la jeune femme s’en voulait pour son attitude envers Tristan. Elle n’aurait jamais pensé voir une sorte de colère dans ses yeux, elle ne l’avait pas vu et il devait être très silencieux lui aussi.

Pour un peu, elle se mettait à regretter la présence du Drakkari. Au moins, quand il était là, les choses étaient différentes, pas la peine de se prendre la tête. Mais ne comprenait-il pas que sa conquête plus que toutes les autres lui avait fait vraiment mal au cœur aussi à ce moment là ? N’était ce pas ce qu’il cherchait ? A la faire souffrir ? Forcément la mage n’en savait absolument rien mais s’était défendue de la manière la plus maladroite qui soit, confisquer le précieux bien.

Et peut être que maintenant elle aurait bien aimé revenir en arrière. Oh et puis après tout, il comptait bien la faire souffrir à un moment ou un autre. Même si il était difficile de l’imaginer.

Alors la soirée avait été une véritable torture pour elle. Et c’est finalement que la jeune femme avait décidé de rager contre le lac, et ne s’attendait pas à avoir des réponses aussi tristes alors que quelques larmes coulaient le long de ses joues. Tristan serait heureux de la voir ainsi.

Et pourtant, elle ne comprenait pas pourquoi deux souvenirs et une chose… qui n’était pas encore arrivé. Deviendrait-elle forcément un monstre ? Peut être qu’un jour ça serait le cas, même pire que les Kaärs. Elle n’arrivait pas à croire que le lac lui avait montré la possibilité qu’elle serait peut être une destructrice, pour qui ? pour quoi ? Plus encore aujourd’hui, il lui manquait quelque chose.

Et la révélation sur le mouchoir était vraiment inattendue. Pourquoi avait-il menti ? Oh elle le savait pourquoi… tout comme elle avait forcément menti sur sa cuisine. Ils n’étaient pas mieux l’un que l’autre, cachant certains gestes ou actions qui les feraient devenir meilleurs. Car Cassidy avait toujours du mal à pardonner l’attitude de Tristan, elle avait réussi oui mais à quel prix ?

Ecouter plus son cœur que sa raison. Un cœur, elle en avait un gros mais si elle décidait de l’écouter, qui sait ce qui pourrait arriver au final. La demoiselle se mordilla la lèvre, troublée et gênée. Elle ne voulait plus revoir Tristan. Qu’elle l’évite, qu’elle l’ignore, tellement la honte d’être passé pour ce qu’elle n’était pas remontait dans ses yeux. Et pourtant, elle n’était pas comme ça. Ou du moins plus comme ça.

Avec son amante, il l’avait blessé et elle lui avait tout simplement rendu la pareille. Mais cela lui faisait affreusement mal de le savoir, de le sentir, ce n’était pas dans ses habitudes de faire. Elle était effrayée par ce qu’elle venait de voir, et se croyant encore seule, se mit à parler tout haut, alors que ses bras étaient posés dans l’herbe et qu’elle était allongé, sa cage thoracique se relevait doucement au rythme du silence.

Je suis complètement minable, stupide. Je n’aurais jamais du réagir ainsi avec lui. Je ne sais pas ce qui m’a pris mais je ne veux pas lui faire du mal… oh j’ai l’air bien maligne maintenant !

Elle leva son bras vers les étoiles, son petit ruban rose était accroché autour du poignet. Cela lui arrivait de le remettre de temps en temps, délicatement attaché autour de son poignet droit, pour se souvenir, ou pour se rassurer. C’était un geste quotidien quand elle était plus petite.

Pourquoi ces souvenirs ? Pourquoi cette scène si sombre ? Est-ce que je vais réellement devenir comme ça ? Finalement je ne vaux pas mieux qu’un Kaär et malheureusement, je ne sais pas comment je pourrais changer les choses… si je ne sais même pas ce qui me pousse à ces actes..

Cela n’avait peut être aucun sens mais tellement révélateur de son état d’esprit à l’heure actuel. La jeune femme ignorait qu’elle était observée, pensant tout simplement que Tristan n’était pas loin. Quelques larmes avaient encore coulé au coin de ses yeux, elle pensait être seule, loin, et pourquoi seulement elle se mettait à pleurer ?

Elle était triste, honteuse, sans imaginer quoi que ce soit qu’essayer de s’endormir sous les étoiles pour tenter d’oublier les choses, de partir et que tout cela ne serait qu’un mauvais rêve.

Et soudain, une silhouette apparut dans l’ombre. La jeune mage agrippa le bâton à côté d’elle, ne savant pas de qui il pouvait bien s’agir, la surprise se lisant sur son visage. Et alors qu’elle ouvrait la bouche, un biscuit atterrit directement à l'intérieur alors qu’elle ouvrit des yeux ronds, un peu stupide avec cette tête, lui coupant la parole.

La voix de Tristan s’éleva alors qu’elle devait se taire. Et une autre surprise, une. Cassidy secoua la tête sur le côté tout en se redressant dans l’herbe, son cœur battant rapidement au rythme de la peur qu’elle avait eu. C’était vrai que dans son état elle était une proie facile. Et pourtant, tant de questions parvinrent à son cerveau.

*Tristan ? Il fait quoi ici ? Je pensais qu’il dormait ! Ca m’étonnerait qu’il s’inquiète pour moi. Alors pourquoi il vient ici ?*

Elle croqua dans le gâteau et le prit dans sa main même si le cœur n’y était pas. Elle n’avait rien mangé depuis midi donc la jeune femme était assez faible même si elle essayait de ne pas le montrer. Après tout il devait bien ne rien avoir à en faire. Cassidy baissa la tête, ne cherchant pas à regarder Tristan. Mais lui-même n’avait-il pas fait la même chose ? Si différents mais avec quelques ressemblances.

Elle lâcha son bâton de sa main, le reposant dans l’herbe.

Devait-elle lui parler de sa découverte qu’elle savait pour le mouchoir ? Oh non il risquait de très mal le prendre. Mais comment lui faire reconnaître ? Comment lui montrer que cela la touchait dans un sens mais sans lui dire de quoi il s’agissait. Elle tournait la tête vers le lac, mangeant son bout de gâteau. Des questions elle aurait voulu lui en poser mais ça ne serait pas vraiment adroit.

Alors, la jeune femme commença à marmonner tout en détournant la tête et le regard.

Je… je suis désolée… tout à l’heure… je ne sais pas ce qui m’a pris, je n’aurais jamais du réagir comme ça avec toi…

Elle était honteuse, si humaine et fragile à ce moment là alors qu’elle arrachait des touffes d’herbe avec un malaise grandissant. Puis elle regarda le ciel et les étoiles. Cela lui rappelait ce fameux soir où elle avait tant pleuré. Non aujourd’hui ce n’est pas la même chose mais la nostalgie des années passées qui l’a rattrapait. Et puis, son maître n’était pas là cette fois pour la consoler.

Qu’aurait-il dit ? Peut être de la déception ? Ou de l’amusement ? Qu’en penserait-il lui qui avait toujours été la voix de la sagesse ? Au moins il aurait pu l’orienter au sujet de sa faiblesse, il aurait pu la conseiller et lui dire ce qu’elle devait faire. Mais il n’était pas là, et elle était perturbée.

Cassidy soupira en regardant le bout de gâteau. Son visage était triste, la honte et les remords se lisaient dessus mais elle ne regardait pas Tristan, se tordant les mains, variant entre le ciel étoilé, le lac. Comment pouvait-elle osé le regardé après ce qu’elle venait de faire ? Il devait lui en vouloir horriblement.

Peut être qu’en lui parlant de ce qu’elle avait découvert avec la fiole serait bien. Mais non car il ne ferait que se moquer d’elle peut être, pensant qu’elle était la responsable et qu’elle cherchait juste à attirer sa sympathie. Alors, elle décida de ne pas lui en parler.

Mais la solitude et la silence la rongeait alors que des traces de larmes étaient visibles sur son visage qu’elle essuyait d’un revers de main. C’est comme si elle avait toujours été faible, comme si elle était simplement inoffensive et sans aucune défense. D’ailleurs il l’aurait frappé à ce moment là, la jeune femme n’aurait même pas riposté.

Elle préférait tellement voir le sourire de Tristan plutôt que cette expression fermée. Car au fond d’elle, la jeune femme en avait vraiment besoin. D’être reconnu par lui.

Si je pouvais revenir en arrière, j’aurais changé les choses, je n’aurais pas réagi comme ça

La jeune femme ne savait même pas si il l’écoutait. Peut être qu’il s’en fichait tout simplement et qu’il était uniquement là car il n’avait pas à dormir lui aussi. Et pourtant, elle ne supportait pas cette distance qu’il y avait entre eux.

Un brin de folie et d’instinct, une action très osée. Oh peut être qu’elle était en train de rêver tout simplement et que demain elle se réveillerait comme si de rien n’était. Du moins, c’est ce qu’elle avait envie de croire. La jeune femme se releva et s’approcha de Tristan.

Qu’il était beau le Drakkari dévoilé ainsi au clair de lune, ses cheveux rouges brillants se reflétant comme un véritable rubis. Et elle appréciait sa compagnie, son visage, tout ce qui faisait qu’il était lui et pas un autre. Unique en son genre et même si c’était quelqu’un de non recyclable, alors peut être qu’il ne fallait pas avoir autant d’insistance et de laisser les choses se faire toute seules. Une certaine fierté apparut sur le visage de Cassidy. Il avait beau être membre des Kaärs, elle était quand même contente de savoir qu’il était toujours là. Et de savoir qu’il était devenu un homme plutôt particulier mais tellement attachant. C’est pourquoi les remords la démangeaient affreusement.

Elle s’accroupit devant lui, posant ses genoux dans l’herbe, et contre toute attente, sans lui laisser le temps de protester, elle enroula ses bras autour de son cou avec beaucoup de douceur mais avec une certaine crispation dans ses gestes mais Cassidy se mit à l’étreindre doucement, comme si elle cherchait à s’apaiser, elle et lui. Comme si ce simple contact était une manière de se faire pardonner à sa manière, montrant à quel point elle regrettait son geste passé et que c’est pour cette raison qu’elle n’arrivait pas à dormir.

La jeune femme ferma les yeux et posa la tête sur son épaule. Elle ne le faisait pas parce que le corps du Drakkari la tentait mais uniquement pour un sentiment inconnu pour elle, une envie d’oublier ce qu’elle avait vu dans le lac, comme si elle avait fait un affreux cauchemar. D’ailleurs elle en tremblait un peu, n’arrivant pas à détacher cette vision de sang qui coulait le long de sa robe, des éclaboussures sur son visage, de son regard haineux et indifférent à l’environnement autour d’elle.

Oui elle en avait peur. Elle ne comprenait pas les images, pourquoi lui avoir montré ça. Une unique larme coula le long de sa joue et vint s’écraser dans le cou du Drakkari. Cassidy ne s’en rendit pas spécialement compte. Mais son corps était tremblant, comme si elle avait vraiment eu peur de quelque chose. Peur du Drakkari ? Non pas vraiment. Peur d’elle-même ? Plutôt vrai.

Elle laissa le silence les envahir mais attendit au moins cinq bonnes minutes avant de rompre le contact. Il pouvait lui faire du mal si il le désirait, elle ne méritait rien que ça pour son comportement de tout à l’heure. Elle ne méritait même pas qu’il s’attarde sur elle.

Cassidy ne lui parla même pas du mouchoir, cela ne servirait à rien. Elle se détacha cependant de son épaule et colla son front contre le sien, son visage étant tout proche. Mais peut être était-elle suffisamment déstabilisée et déboussolée pour oser, elle qui n’aimait pas les contacts physiques. On pouvait bien sentir cet espèce de petit pansement improvisé qu’elle avait posé sur sa blessure que la jeune femme s’était fait en fin d’après midi.

*Tristan, si tu pouvais me pardonner cette fois là peut être que je me sentirais mieux… Je suis désolée… vraiment… je sais pour le mouchoir mais ce n’est pas grave, je pense que si ça avait été moi, je te l’aurais sûrement repris comme une sauvage pour ne pas que tu découvres la vérité…*

Elle soupira doucement. C'était peut être la première fois qu'elle enlaçait quelqu'un. Et avec des émotions aussi perturbées pour une utilisatrice de la magie, une chose étonnante pouvait se faire ressentir par le Drakkari. Une espèce d'énergie invisible semblait entourer le corps de Cassidy. Une source d'énergie sûrement difficile à maîtriser et encore plus à montrer. Il lui arrivait de ne rien contrôler parfois et pourtant là il ne se rendait même pas compte du magnifique cadeau qu'elle lui faisait. Sentir cet espèce d'énergie qui n'avait rien de normal, son fardeau à elle, un de ses secrets. Et qui expliquerait pourquoi elle évitait les contacts physiques aussi.

*Tout comme les gâteaux, la source de ma magie, ces émotions que je ressens pour toi et que je ne comprends même pas. Je suis perdue ! J’aimerais que l’on recommence et qu’au moins on apprenne à s’apprécier un peu… un tout petit peu… c’est mon souhait le plus cher pour le moment*

Bien sûr il ne pouvait pas entendre ses pensés et pourtant, elle n’osait pas tout lui avouer. Car elle avait peur de ses réactions, qu’il la rabaisse. Décidément les hommes étaient bien difficiles à comprendre, surtout quand on essaie de se faire remarquer par cet étrange Drakkari. Au lieu de faire connaissance d’un homme gentil, elle préférait se frotter au démon que lui était, mais qui lui procurait une certaine attirance malgré tout.

Son souffle chaud lui laissait une douce chaleur dans le cou alors qu’elle se laissait aller. Mais malgré tout, elle se sentait bien. Et cela ne devait être qu’un rêve pour qu’elle puisse oser faire cela.

Encore cette énergie qui enveloppait doucement Tristan alors que Cassidy ne se rendait compte de rien. Ce n'était pas voulu. Et très étrangement, cette énergie invisible semblait redonner à Tristan, d'une certaine manière son énergie alors que ses forces à lui lui revenaient. C'était comme si la faim, la faiblesse, l'emprisonnement disparaissaient et que Tristan récupérait son énergie. Cassidy l'ignorait, mais ce soir, elle se fichait de ce qui pouvait arriver pour avoir oser un contact. Elle ne faiblissait pas elle mais semblait toute innocente à ce tour de magie.

Puis, doucement, la jeune femme se décolla de lui, détournant le regard pour qu’il ne voit pas le visage de la honte et se releva.

Désolé…

Désolée de quoi au fait ? D’avoir oser le prendre dans ses bras ? De lui avoir pris son mouchoir et avoir jouer la fanfaronne et la triomphante ? Cassidy savait que ce n’était pas grand-chose ce qu’elle venait de faire pour Tristan. Elle ne cherchait pas à le copier mais c’est la seule chose qu’elle avait trouvé pour remplacer tous les mots qui s’envolaient, montrant qu’elle aussi était là.

Tu parles d’une directrice responsable et exemplaire ! Mais tout le monde possède ses défauts, ses faiblesses, de cette jeune femme qui avait grandi sans comprendre ce qui lui arrivait. Que tous ces moments où elle repoussait la compagnie des hommes et les discussions avec les filles étaient uniquement dû à sa formation de mage, remplaçant les jeux par le travail, le mérite et les efforts, des choses bien difficiles à comprendre.

Elle avança doucement vers le lac et se rapprocha de l’eau. Elle était jolie dans cette robe blanche mais fantômatique à l’heure actuelle, ses cheveux dorés éclairés par la lueur de la lune. Et lui était tellement impressionnant même si il était assis. Elle ne voulait plus jouer, il y avait des choses plus graves que cela.

Et pourtant, en le regardant poser comme cela, Cassidy savait parfaitement qu’il ne resterait pas ici, qu’il en avait rien à faire d’elle. Alors tant pis si elle se brûlait les ailes, c’était déjà le cas. Il faudrait juste qu’elle pense à sceller sa magie d’une façon ou d’une autre. Pour ne pas l’utiliser à de mauvaises fins. Mais non elle ne pouvait même pas, risquant de rendre le tatouage complètement incontrôlable.

Je vais t’enlever ce tatouage. Je ne sais pas encore comment mais je ne peux pas te laisser ça. C’est contre tout ce que je pense et je ne supporte pas le fait de pouvoir te contrôler… c’est pas équitable

Décision bien étonnante de sa part mais la jeune femme en souffrait aussi. Ce n’était pas si évident que ça en fait. Elle ne pouvait plus, et pourtant Cassidy ne comptait pas le laisser détruire son Académie même si elle savait qui il était. Le désespoir pouvait amener à de drôles de réactions.
Cassidy s’assit de nouveau dans l’herbe, ramenant ses genoux contre son visage, posant sa tête sur ses genoux et entourant ses jambes de ses bras, ses longs cheveux reposant piteusement autour d’elle. Elle était un peu plus loin devant lui, lui laissant un dos vulnérable, telle une poupée avec une petite étincelle de vie qui disparaissait, immobile et frissonnant un peu.

Elle était tellement vulnérable, chose que peut être jamais la jeune femme n’aurait osé lui montrer. Cassidy savait être drôle, timide, décontractée, si têtue mais ces moments de faiblesse qu’elle dévoilait la rendait encore plus piteuse à ce moment là.
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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: Réflexion au clair de lune   Mar 19 Juin - 20:04

Il était sorti rapidement et avait marché à sa suite, ayant en tête de la rattraper mais pas en courant. S’il faisait du bruit et qu’elle s’avérait capable d’utiliser sa magie comme lorsqu’elle était en méditation, il passerait plus que certainement un sale quart d’heure.
Il en avait déjà fait les frais, merci bien mais il n’avait pas l’intention de recommencer.
Donc, il avait marché, silencieusement, derrière elle, suivant son chemin, l’observant de loin.
Elle faisait bien fragile cette petite silhouette entourée d’ombres simples mais qui dans le noir paraissaient si menaçantes. Elle s’arrêta finalement près du lac.

Il la voyait de loin bien évidemment mais n’arrivait pas à déterminer ce qu’elle y voyait justement.
Après tout, la veille, ils avaient eu droit à une expérience impressionnante, celle d’une révélation magique effectuée par la surface miroitante qui avait un bien étrange humour.
Peut-être cherchait-elle aussi des réponses à ses questions. Mais ne lui avait-elle pas dit qu’il fallait se méfier des réponses ou images données ? N’était-ce pas imprudent, ou un peu fou de s’y fier ?

Il se rapprocha et l’entendit parler.
C’était vraiment quelque chose de bizarre. Il n’arrivait pas à s’y faire.
Elle parlait encore toute seule ! Pour sa part ne l’ayant jamais fait, il trouvait cela très curieux et pour s’y habituer, il lui faudrait certainement du temps, même s’il trouvait ça un peu drôle tout de même.
Enfin pas à cet instant. Non, là ce n’était pas drôle du tout. Parce que s’il ne comprenait pas tout de son discours, ni pourquoi elle se croyait pire que les Kaärs, il entendit des mots… prouvant sa culpabilité, ses remords…

Elle s’en voulait à cause de ce qui s’était passé. Alors qu’après avoir eu la preuve qu’elle n’était pas somnambule et pouvait très bien donc se débrouiller seule, il s’apprêtait à faire demi-tour, ces paroles là l’arrêtèrent.
Tristan s’immobilisa, les yeux fixés sur elle alors qu’allongée, elle fixait les étoiles en quête de réponses. Ce n’était pas là dedans qu’elle les trouverait. Il les avait longuement interrogées… elles n’avaient jamais répondu.

Il ne comprenait pas vraiment pourquoi et surtout de quoi elle parlait à propos d’une scène sombre. Le lac lui avait-il montré quelque chose de…. Difficile ? Il se crispa. Lui avait-il montré un de ses crimes ? Non sinon elle n’aurait pas été si calme. Horrifiée oui, dégoûtée oui…allongée simplement… non.
Il crut voir quelque chose briller sur son visage rendu plus pâle par le clair de lune. Quelque chose comme de l’eau, comme des larmes. Il secoua la tête. Elle n’était pas du genre à pleurer. Elle était trop forte et trop fière pour ça !

Finalement il parcourut les derniers mètres qui la séparaient d’elle. Il ignorait si c’était à cause des mots qu’elle avait utilisé pour se qualifier ou à cause de cette impression persistante qu’il avait à cet instant. Elle n’allait pas bien. Il en avait… la certitude. Et quelque part, peut-être que ça l’inquiétait un peu… un tout petit peu, assez… pour qu’il reste un peu à côté en attendant que ça passe.
Mais autant éviter de passer pour un voyeur si elle venait à remarquer sa présence alors qu’il était moins discret. Et puis faire dans la dentelle et la discrétion, avec elle, ce n’était pas trop son genre.

Il vint vers elle, s’accroupit et alors qu’elle écarquillait les yeux, attrapait son bâton et ouvrait la bouche, elle eut droit à un biscuit.
Bon il ne lui avait pas non plus enfoncé dans la bouche comme une brute, bien au contraire. Il l’avait juste coincé entre ses dents pour l’empêcher de parler ou de lancer quelque chose qui l’aurait peut-être freiné, fait reculer.

Elle avait l’air surprise de le voir, il en conclut qu’effectivement elle ne l’avait pas entendu, ni repéré. C’était un bon point, il était encore relativement discret et au moins avait encore quelques atouts dans sa manche.
Le jeune homme se détourna et alla s’asseoir un peu plus loin, fixant le lac d’un air vide. Au moins il n’était pas trop loin si vraiment ça n’allait pas.
Enfin il n’allait pas intervenir non plus.

Elle avait été horrible avec lui, une vraie garce !
Il n’avait pas envie de s’inquiéter pour elle ! Au contraire, il devrait se réjouir si elle n’allait pas bien, ricaner de la voir culpabiliser. Ce n’était pas le cas pourtant, pas du tout même.
Elle n’avait pas l’air en forme.
Eyh !!! C’était pas sa faute ! Il n’avait rien fait lui ! Elle n’avait qu’à s’en prendre à elle-même ! Si ça l’amusait de jouer les miss supérieures qu’elle assume !
Il n’allait pas s’apitoyer sur son sort !Ce n’était qu’une petite mage prétentieuse qui pensait qu’elle pouvait tout avoir et…

Il s’interrompit dans ses pensées. Parce qu’elle venait de lui parler. Il ne tourna pas les yeux vers elle, mais se fit attentif. Elle était en train de s’excuser ?
Il avait l’impression d’entendre de la honte, du regret dans sa voix. Mais c’était peut-être comme sa gentillesse, elle devait savoir… jouer la comédie voilà tout.

Non…La gentillesse c’était elle… Ca lui ressemblait. De la gentillesse qui passait parfois pour de la naïveté tant elle était excessive. Mais c’était elle. Ca ce n’était pas de la comédie. Après tout, même s’ils se chamaillaient lorsqu’ils étaient enfants, elle était quand même gentille avec lui… des fois. Comme celle où elle le lui avait offert ce petit mouchoir. Avec des gâteaux. Il avait été tellement surpris. Surtout lorsqu’il avait vu le petit « C » brodé dessus. Bien sûr elle n’était pas la seule personne ayant un C comme initiale, mais il savait que c’était elle. Parce que ça ne pouvait être personne d’autre pour le petit garçon peut-être.

Il ne se tournait pas vers elle, mais il était attentif, son ouïe fine l’informant de ses légers déplacements, comme si elle hésitait, cherchait une position confortable, ne se rallongeait pas vraiment, n’arrivait pas à se sentir bien en sa présence. C’était ça en fait. Elle n’avait pas envie qu’il soit là.
Il serra les dents. Tristan allait se relever et partir, de toute façon, il n’avait aucune envie d’être ici hein ! Il s’en fichait d’elle !!! Totalement !!! Mais encore une fois elle l’arrêta avec quelques mots. Qui eurent le même effet violent que plus tôt… mais pas en mal cette fois.

Il ne savait pas pour la potion, et de toute manière il s’en fichait. Mais elle venait de dire que si elle le pouvait, elle reviendrait en arrière… pour leur éviter ce qui s’était passé. Il tourna imperceptiblement les yeux vers elle. Trop peu pour qu’elle le remarque et de toute façon elle ne le regardait pas, mais assez pour l’observer à la dérobée.
Dans sa voix, il n’y avait que de l’honnêteté et un profond chagrin, qui le déstabilisait et l’ébranlait totalement.

Il ne dit rien. Pourtant il avait presque envie de lui répondre. Presque envie de la rassurer. Mais elle lui avait fait mal. Ce n’était pas parce qu’il était ici qu’il ne la méprisait pas ! C’est juste qu’il s’inquiétait peut-être un tout petit peu pour elle.
Pourtant, alors qu’il s’était remis à fixer le lac en respirant fort, essayant de calmer la tristesse qui même dans l’obscurité faisait légèrement briller ses yeux, elle agit, lui coupant encore une fois toute réaction mais aussi toute fuite possible.

Elle lui avait bien assez répété qu’elle n’aimait pas les contacts physiques. Pourtant ils en avaient eu pleins des contacts physiques. Il repoussait les limites petit-à-petit. Mais après le coup du mouchoir, il se fichait des limites, il ne voulait plus rien savoir d’elle. Non plus rien ! Elle pouvait tout aussi bien aller rôtir en enfer ! Il s’en fichait. Il grogna mentalement contre lui-même. Non il ne s’en fichait pas, c’était bien tout le problème !
Mais ces contacts ne comptaient plus, ne compteraient plus ! Il s’en fichait à présent.
Pourtant… ce n’était pas désagréable. C’était un peu… comme les adolescents, qui apprennent à se connaître, à se fixer des limites, à les dépasser un peu au fur et à mesure, ensemble, de manière consentante. Pas comme ce qui s’était passé avec Maud.

Il secoua légèrement la tête mais déjà elle avait bougé.
Tristan releva la tête avec surprise, il ne s’y attendait pas du tout. Enfin à ce qu’elle parte oui, à ce qu’elle lui fasse face…non.
Mais le jeune homme fut bien forcé de relever la tête, de la fixer avec curiosité et pour la fixer… oh il la fixa.
Elle était… vraiment belle.

La lune auréolait son visage d’une espèce de corolle lumineuse. Ses cheveux blonds semblaient argentés, irréels, sa peau pâle ressortait plus que de raison, faisant presque paraître sa robe fade, sans éclat. Pourtant c’était une jolie petite robe, fine, aux bretelles en dentelles sur des épaules minces, adorables. Elle tombait bien bas et couvrait beaucoup de son corps et pourtant, avec la légère brise, le tissu se collait légèrement à sa peau, révélant un peu les courbes féminines, vraiment agréables à regarder de la jeune femme. Bien plus que dans le bain, il se rendit compte de la femme qu’elle était devenue.

Parce qu’à cet instant, elle était impressionnante. Ses yeux semblaient noirs tant ses pupilles étaient dilatées et ses lèvres ressortaient comme une rose pleine de rosée, tout juste épanouie qui ne demandait qu’à être embrassée.
Il déglutit. De ses sourcils fins bien dessinés, à ses grands yeux sombres et emplis de tristesse et de honte qui ne croisaient pas les siens à cette heure, à son cou blanc délicat, à ces courbes féminines pas loin d’être exubérantes, à cette chevelure nacrée dans cette clarté aux allures surnaturelles… elle était vraiment belle.

Son corps s’était crispé. Elle pouvait le mettre sur le compte d’une crispation, refus de l’avoir proche de lui parce qu’elle… venait de s’agenouiller en face de lui et de passer ses bras autour de son cou. Mais ce n’était pas tout à fait pour ça. C’est juste qu’il l’avait trouvée… belle… attirante. Mais que son regard s’était pourtant attardé sur ses yeux… Ses yeux qui semblaient si tristes…

Elle aussi était crispée. Les contacts ce n’était pas son truc alors pourquoi agissait-elle ainsi.
Il serra les dents. Peu avant son geste, il s’était appuyé sur ses mains, légèrement dans son dos pour mieux offrir son visage à l’astre lunaire. Mais là, il serra les poings, arrachant des brins d’herbes au passage, s’interdisant de bouger.

Il n’avait rien vu venir, n’avait rien pu faire. Trop occupé à l’admirer, Tristan n’avait pas compris ce qu’elle avait en tête. Pas trop tard non, pas compris tout court. Et là alors qu’elle l’enlaçait, il se forçait à rester immobile parce qu’il ne savait que trop bien comment il pourrait réagir. Parce qu’il n’avait pas envie d’être gentil avec elle, pas après ce qui s’était passé ! Elle pouvait culpabiliser oui ! Elle allait culpabiliser !

Il se mordit la langue. Ces yeux… si tristes lui avaient fait l’effet d’un électrochoc.
Elle posa sa tête sur son épaule, doucement, ses cheveux effleurant son cou, son bras nu du fait que sa tunique n’ait pas de manches, son menton.Ca chatouillait… ce n’était pas désagréable.
Il sentit un léger tremblement venant du corps de la jeune femme, tremblement qui le surprenait. Elle avait froid ? Ca n’avait rien de surprenant avec la brise fraîche. Pourtant, il avait la certitude que ce n’était pas ça.
Pas que ça du moins. Elle semblait si fragile à cet instant, si piteuse. Elle culpabilisait tellement. Il faillit passer ses bras autour d’elle, la presser contre lui pour la rassurer, chasser ses peurs. Il en avait tellement envie à cet instant. Etre son chevalier…

Mais il ne fit rien.
Il l’avait trouvé belle… Il avait senti cette sensation dans son ventre. S’il l’avait touchée à cet instant, il ne se serait pas contenté de la presser contre lui. Il serait allé beaucoup plus loin, par souci de vengeance, parce que l’ambiance s’y prêtait un peu. Il ne le pouvait pas. Pas avec elle… Pas maintenant. Elle était affaiblie par cette tristesse, elle ne se défendrait pas comme elle le devait.

Il sentit quelque chose d’humide couler dans son cou. Quelque chose de chaud, de mouillé… de salé. Il était sûr que c’était salé alors même que c’était de sa gorge dont il s’agissait. Peut-être parce qu’il savait ce que c’était. Des larmes ? A cause… de lui ? Il ne s’était donc pas trompé ? Elle pleurait un peu plus tôt. Il aurait dû jubiler, rire, se moquer d’elle. Il se sentait juste perdu et impuissant.

*Cassy…*


Non, il lui en voulait pour ce qu’elle avait fait… Il lui en voulait.
Il restait de marbre, immobile et pourtant mentalement… ça gigotait là dedans.
Soudainement ce fut comme s’il prenait un bon bain chaud. Après avoir eu froid. C’était comme si une douce chaleur l’enveloppait. Il se sentait mieux, apaisé, ses muscles ne le tiraillaient plus et sa nausée était passée. C’était elle… Il en avait la certitude. Même s’il ne disait rien, même s’il ne faisait rien, il savait que c’était elle.

Elle releva la tête, collant son front contre le sien et il se redressa un tout petit peu, comme pour appuyer un peu plus sur ce contact. Elle avait quelque chose sur le front, comme un pansement. S’était-elle blessée ? Aux vues de sa maladresse ça n’avait rien d’extraordinaire.
Mais Tristan se crispa encore plus. Ils n’étaient qu’à quelques centimètres l’un de l’autre. Leurs nez se frôlaient, il sentait sa respiration couler doucement sur son visage, respiration un peu difficile, comme si elle n’était pas… bien. C’était bien ça depuis tout à l’heure non ? Elle n’était pas… bien.

Il tendit ses muscles pour résister à la tentation. Elle s’éloigna enfin et tout redevint plus facile à gérer. Oh qu’il lui en voulait… d’être aussi malheureuse pour si peu. Ca faisait… tellement mal.
Elle s’éloigna… mais c’était dur !
Il l’observa à la dérobée. Son visage semblait si triste, comme son regard un peu plus tôt, comme si on lui avait annoncé une horrible nouvelle. Etait-ce lui l’horrible nouvelle ? Pourtant elle méritait de souffrir non ? Après ce qu’elle lui avait fait… non ?
Elle parla du tatouage mais il ne l’écouta pas.

Le jeune homme s’était levé et l’observait directement. Alors qu’elle semblait si faible, si petite, si… fragile, si vulnérable. Il aurait pu la frapper, la railler ou partir simplement.
Mais il s’avança doucement dans son dos alors qu’elle était prostrée sur elle-même dans cette position qui semblait si blessante, si blessée. Sans prévenir, comme elle pour son étreinte, il s’assit derrière elle, une jambe de chaque côté du corps de la jeune femme, frôlant ses jambes à elle justement.
Et sans un mot, il passa ses bras autour de son corps mince, l’attirant légèrement en arrière contre son torse.

Silence… Il la berçait tout doucement. Elle avait froid non ? Alors c’était de son devoir de la réchauffer… Sinon il s’en voudrait. Elle attraperait froid et serait malade et… il aurait laissé une demoiselle en détresse. N’avait-il pas prétendu qu’il les sauverait un jour… les demoiselles en détresse ?
Doucement, le grand jeune homme, adouci, appuyant ses lèvres contre les cheveux de la jeune femme, baissant le visage pour déposer un léger baiser tout simple dans sa nuque.

- Chut… allez c’est fini, calme toi.. Et arrête un peu avec tes bêtises idiote. Tu vas me faire culpabiliser…


Il frotta doucement une de ses joues contre ses cheveux. Une de ses mains s’était posé sur une de celle de la jeune mage et il la pressait en douceur. C’est vrai que comme il était grand, il la coupait un peu du vent et puis… il était chaud quand même, il ne pouvait que la réchauffer.
Doucement il enleva un bras de cette étreinte et pressa doucement une de ses épaules, si blanche sous la lune, comme on le fait lorsqu’on souhaite réconforter quelqu’un à qui…on tient, frottant en douceur sa peau pâle.

Cette fois il ne déposa pas de baiser, mais ses lèvres effleurèrent l’épaule en question avant qu’il ne l’enlace à nouveau étroitement.

- Oublie ça… j’ai été idiot moi aussi… Laisse tomber ce tatouage. Tu n’es clairement pas en état de faire quoi que ce soit. Remets toi d’abord, on verra ensuite.


Nouveau léger frottement de joue contre ses cheveux dorés.

- Je… Je sais que ce n’était pas toi tout à l’heure… ce n’est pas toi, ça ne peut pas être toi.


Sans même s’en rendre compte, il se fit soudainement plus engagé, plus sûr de lui.

- Tu es une fille charmante, intelligente, douce et respectueuse, humble, certainement pas une garce prétentieuse qui se croit tout acquis. Je le sais… Je suis le premier à agir comme un crétin… Te tenir rigueur d’un écart ce serait… immature non ? Je sais… je sais que j’ai pu être un parfait idiot avec toi quand on était gosses et que je le suis toujours mais… c’est comme ça. Je sais aussi que… ça ne sera jamais autrement, que je ne devrais même pas être en train de t’enlacer en ce moment.

Il eut un petit rire un peu amer mais quelque chose dans sa façon de serrer ses bras autour d’elle montrait, mieux que s’il l’avait clairement affiché devant elle, que la petite lumière s’était rallumée.

- Noooon. Je devrais être en train de te faire culpabiliser un maximum là. Te lancer un vilain regard de tueur vexé, rageur… Oh tu culpabiliserais, tu t’en voudrais à mort et tu serais super gentille avec moi, peut-être même que tu me laisserais t’espionner sous la douche, qui sait ?!!! Mais je crois que même moi, j’ai un peu passé l’âge non ? Il est peut-être temps d’être… adulte. Du moins si j’en suis capable.


Il reprit sa respiration, deux de ses doigts, l’index et le majeur, caressant le dos de la main proche de la sienne.

- Ne pleure pas s’il te plait… Je ne mérite certainement pas tes larmes et… tu es bien plus jolie quand tu souries alors… ne pleure pas s’il te plait. Sinon je vais être obligé de refaire l’idiot pour te faire rire et niveau improvisation je suis pas toujours très doué quand je suis un peu… perturbé et en train de culpabiliser aussi. Ne pleure pas pour moi princesse… ça n’en vaut vraiment pas la peine.


Il la lâcha soudainement et se détacha d’elle, se relevant… mais seulement pour la contourner et se mettre devant elle, comme elle l’avait fait avec lui un peu plus tôt. Bien sûr il était davantage séparé d’elle parce qu’elle avait encore les genoux un peu relevés alors que lui était assis en tailleur. Flûte alors il avait pourtant bien résisté tout à l’heure mais… là c’était au-dessus de ses forces.

- Eyh…

Il lui releva le menton et lui fit un sourire magnifique. Un de ces sourires qui figent les cœurs et fait s’illuminer une journée. Un de ces sourires qui font glousser les filles et se sentir fières les femmes. Un de ces sourires légèrement en coin, tellement sincère et tellement beau dans cette sincérité mais encore et surtout parce tout ce que le regard qui les accompagnaient pouvait exprimer donnait juste envie de répondre par un sourire.

Il avança doucement la tête vers elle, avec beaucoup de précaution, sa main glissant dans sa nuque et déposa un léger baiser, proche de la commissure de ses lèvres, vraiment proche. En fait, il s’était détourné juste à temps… une seconde de plus et…
Mais là encore c’était innocent. Il se recula un peu et la regarda, les yeux brillants, comme ceux des chats, dans l’obscurité. Son sourire au visage, plus doux encore alors qu’il avait lâché sa nuque et pressait doucement une de ses mains.

- Mais tu peux vraiment le jeter… ou le garder si tu veux… tu sais hein ? Non ne dis rien s’il te plait… je sais que tu as compris. Il m’a sans doute… sauvé la vie et… j’y tiens, c’est vrai. Oui c’est peut-être grâce à lui que je suis là aujourd’hui mais… je n’en ai plus besoin aujourd’hui. Après tout… je n’ai pas besoin d’un souvenir de toi, si tu es là, entière et vraie près de moi, non ?


Magnifique ? Follement romantique ? Où étaient les violons ? Et les feux d’artifice alors ?
Il s’approcha un peu plus d’elle, à la frôler, ses yeux ancrés dans les siens, comme s’il voulait lui faire comprendre qu’elle n’avait aucune honte à avoir, qu’il n’en voulait pas.

- Menteuse…

Ses lèvres s’étirèrent en son sourire taquin.

- Ils sont très bons tes gâteaux quand tu veux…

Il la fixait avec ce sourire, la lune projetant des ombres sur son beau visage, sa mâchoire ferme, à son regard brillant de malice. Elle sentait encore les fleurs... Petite princesse en détresse.
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Cassidy Herediane
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MessageSujet: Re: Réflexion au clair de lune   Mer 20 Juin - 10:02

Il était impossible de détecter les réactions de Tristan, ni le pourquoi du comment il était venu, se présentant à elle alors que vu ce qu'il s'était passé, le jeune homme n'aurait sûrement pas spécialement envie de la croiser à nouveau. Et pourtant elle était mal ce soir là. Deuxième jour qu'il était là et deuxième jour qu'elle n'arrivait pas à trouver le sommeil. Il devait y avoir une raison à tout cela, elle ne pas arriver à dormir alors que c'était une marmotte, ne pas manger alors qu'elle aimait la nourriture, cela ne lui ressemblait pas.

Kymie n'était pas passée dans la chambre de Cassidy après Tristan. Sûrement parce que la lutine pensait que la jeune femme ne serait pas réceptive, quand elle avait décidé de quelque chose, il n'était pas aisé de lui faire changer d'avis. Alors Cassidy était restée seule, ruminant, maugréant son sale comportement, des pensées négatives lui étaient apparus.

Et c'était sûrement cela qui avait eu raison d'elle dans la vision du lac. Sauf que deux visions étaient des choses qu'elle connaissait et la dernière n'était qu'une supposition. La jeune femme ne savait pas comment interpréter cela mais cette image ajoutait un peu de noirceur au tableau.

Elle contemplait les étoiles, espérant avoir des réponses, ou plutôt, se trouvait dans la même position que cette fois où son maître l'avait aidé à avoir un certain déclic mais elle n'avait envie de rien, le regard assez vide, Cassidy se trouvait dénuée de tout sens, sans aucune pensée mis à part cette douleur dans sa tête. Et pourtant, c'est encore le Drakkari qui la sauva d'une certaine façon.

Sa présence était surprenante et malgré cela, rien que le fait de le voir dans son champ de vision avait changé l'état d'esprit de la jeune femme. Même si les remords étaient toujours présents. Oh oui ce vilain Drakkari qui hantait ses nuits et se faufilait dans ses rêves sans qu'elle ne s'y attende. Et pourtant là, il était juste à côté d'elle mais sans rien faire. Alors que Cassidy avait envie de lui balancer un "pourquoi ?" pour comprendre la raison de sa venue.

Mais en y réfléchissant mieux, cela n'aurait pas été une bonne chose. Poser des questions embarrassantes à ce point l'aurait fait fuir c'est tout. Avec ses airs de Miss-je-veux-tout-savoir. Alors, la seule chose que Cassidy pouvait faire, c'était de l'aborder d'une autre manière. Et oh combien difficile pour la demoiselle qui avait tellement de mal avec ce genre de choses. Mais elle avait tellement envie de se faire pardonner, de recevoir un mot de la part du Drakkari.

Il ne la regardait même pas ! Mais attendez... elle faisait pareil parfois avec lui, c'était donc tout normal qu'il réagisse de la même manière. Et pourtant, le fait de ne pas croiser son regard était la pire des punitions pour elle. Cassidy sortit quelques mots pour s'excuser, sans voir si il y avait une quelconque réaction de la part de Tristan qui était immobile, le regard vide.

Deux adolescents. Du moins pour Cassidy c'était comme cela qu'elle se voyait. Tristan n'imaginait pas les progrès fulgurants qu'elle avait fait avec lui. Après tout, il ne savait pas comment elle était avec les autres. Et pourtant, la jeune femme osait. Peut être qu'inconsciemment c'était le bon moment pour faire quelque chose. Que si il ne l'écoutait pas avec de simples mots, un contact aurait plus d'effet. Parce qu'en se rapprochant de lui, la jeune femme lui montrait qu'elle ne repoussait pas sa compagnie. Au contraire. Et pourtant, elle savait tout ce qu'on pouvait dire de lui. Mais comment faire autrement dans cette situation.

Elle avait les yeux un peu en biais, le regardant très rapidement mais n'osant pas vraiment croiser le regard de celui qui la détestait pour toutes ces actions. Cassidy était triste certes mais tellement déterminée à au moins réveiller le Drakkari, le secouer. Doucement, la demoiselle se colla contre lui, le serrant dans une étreinte qui montrait l'attachement qu'elle avait pour lui. On vivait une histoire surprenante pour elle qui n'avait jamais osé avec personne.

Et puis, elle s'en fichait de recevoir des baffes, qu'il la repousse, au moins elle aurait essayé et c'était ça le plus important. Cassidy appréciait ce contact, la chaleur de leurs corps, le parfum du Drakkari qui lui donnait envie de se calmer. Mais surtout, la chose qu'elle n'aurait pas imaginé était en train de se passer. L'énergie magique de Cassidy était partagée sur Tristan. Et si elle l'avait su, cela l'aurait fortement surprise, ce genre de magie ou de sort, cela ne se fait pas facilement. C'est même quelque chose de très complexe. Les guérisseurs y arrivent mais elle n'aurait jamais pu le faire. Et pas sur n'importe qui.

Pourtant, grâce ou à cause de cette réserve de magie, ce petit truc si particulier qu'elle avait en elle, la jeune femme redonnait des forces au Drakkari. Sans le vouloir. Et si elle l'avait su, peut être qu'elle lui en aurait donné encore plus. Pour qu'il ne souffre plus de son tatouage et qu'il aille mieux. Tant pis pour les conséquences. Et seulement, elle ne savait pas mais se sentait bizarre d'un coup. Ce n'était pas de la fatigue magique, cela n'avait rien à voir.

Mais Tristan ne réagissait même pas à son contact et pourtant il aurait pu en profiter, réagir, à de nombreuses reprises. C'était comme si il était en train d'observer mais sans rien dire. Et elle en train de penser qu'il devait la détester, qu'il ne repoussait pas son contact car il devait l'ignorer comme elle l'avait fait avant et de nombreuses fois. Et pourtant...

Cassidy s'éloigna de lui pour se poser un peu plus loin, triste et déçue. Il allait sûrement rentrer au château, la laissant là en solitaire. Et pourtant, la jeune femme sentit un contact derrière elle, une présence. La mage redressa la tête, surprise, ayant du mal à croire ce qui se passait là. Essayant de prononcer un mot mais s'arrêtant rapidement alors que le Drakkari l'attirait à lui au niveau de son torse.

Complètement docile, elle se laissa faire, sentant son torse contre elle, sa respiration contre la sienne comme si pendant un instant la jeune femme et lui étaient très proches. Enfin, c'est ce qu'ils étaient sûrement, proches physiquement, encore plus loin que tout ce que Cassidy avait vu. Dans les bras de Tristan, pour ce soir, elle s'abandonnait à ses gestes, sa présence. C'était tellement rassurant et une douce chaleur l'envahit un peu partout dans le corps alors qu'il lui demandait de se calmer.

Elle était tellement bien... mieux que dans son lit toute seule à broyer du noir. Et pourtant, Cassidy semblait un peu plus détendue d'un coup, se laissant portée par Tristan. L'avait-il déjà vu comme cela ? Non pas vraiment. Elle sentit son souffle chaud contre sa tête, ses cheveux, qui se dirigeait doucement vers sa nuque pour lui déposer un simple baiser qui la fit frissonner doucement alors qu'une autre chose se réveillait en elle. Quelque chose qu'elle avait ressenti déjà sur le terrain. Les doutes commençaient à se dissiper.

Il avait des petits contacts avec elle, la protégeait du froid, l'envahissant d'une douce chaleur et montrant qu'il était là, présent. Et au fur et à mesure de ses paroles, la demoiselle se détendit, se décrispant lentement, appréciant ce contact qu'elle n'avait ressenti auparavant, même si il lui rappela qu'il ne devrait pas être comme ça avec elle. Raison de plus de profiter de l'instant au maximum.

*Quand même Tristan... pourquoi tu fais ça avec moi si tu dis que tu ne devrais pas ? Tu es bien mystérieux comme garçon...*

Tristan lui disait des jolies paroles, réconfortantes. Elle ne parlait pas, ne disait rien, mais écoutait beaucoup, fermant doucement ses yeux pour apprécier le contact. Oh oui, c'était bien étrange comme sensation mais elle aurait bien voulu que ce moment ne s'arrête jamais. Pour la petite princesse qui s'ouvrait un peu plus et repoussait ses simples limites. Peut être qu'elle n'allait pas bien, c'est certain, mais Tristan avait le don de la calmer... tout comme de la faire réagir. Elle qui était si posée et cachée derrière une montagne de respect et de dignité voyait ses barrières s'effondrer devant un simple Drakkari.

*Si toi tu ne dois pas être en train de m'enlacer, crois tu que moi je devrais accepter ton contact ? On fait des choses bien étranges tous les deux...*

Le contact, la proximité, une chose qu'elle avait toujours crains. A cause de plusieurs raisons. Tout d'abord de mauvaises expériences passées montrant que la jeune femme ne voulait plus faire aucun effort. Les hommes n'en valait pas la peine alors pourquoi ouvrir son coeur quand on marche dessus avec ses grosses bottes ? Tristan était même peut être le pire et lui l'affirmait et le disait haut et fort. Elle se mettait en danger, elle le savait mais en même temps, peut être qu'elle avait envie de ce simple danger. Peut être qu'ils avaient certaines limites tous les deux à dépasser.

Il était comme attentionné avec elle, pressant doucement son épaule, l'effleurant du bout de ses lèvres ce qui la faisait frissonner doucement même si le froid n'y était pas pour grand chose.

Elle se mit à sourire quand Tristan parlait de l'espionner dans la douche. Pour ça il en était tout à fait capable, c'est ce qu'elle pensait et bien sûr qu'elle n'aurait pas accepté le voyeurisme mais sa dernière phrase l'étonna. Se conduire en adulte si il le pouvait. Elle, se considérait-elle vraiment comme une adulte ? Parfois elle en était bien obligée mais à voir ses réactions parfois avec Tristan, on pouvait quand même émettre quelques doutes mais dans l'intonation de sa voix elle le sentait plus responsable, plus sûr de lui.

Bien sûr, cela n'allait pas être si simple que ça tous les jours et il y aurait encore beaucoup de moments de joie, de colère, de doute et de peine. Mais vivons au jour le jour sans se soucier du lendemain, et surtout, attraper au vol ces petits moments de bonheur et de joie qui sont tellement rares mais si agréable pour apaiser le coeur humain.

Cassidy l'écouta avec un certain étonnement. Oh à vrai dire elle n'avait pas caché ses larmes mais même si ses remords y étaient pour quelque chose, son état de perdue y faisait aussi un petit peu, ses visions, la crainte d'un futur dont elle ignorait tout. Elle se mit à sourire doucement. Combien de fois avait-elle vraiment pleurer dans sa vie ? Trois, quatre mais toutes ces fois étaient pour le Drakkari. Peut être que pleurer pour quelqu'un qui n'en valait pas la peine était mal mais d'après son maître, cela était plus subtil que ça. Montrer à quel point on peut être attaché et touché pour une simple personne, ayant de la peine pour lui, s'inquiétant, c'était ça.

La jeune femme était plus calme et ses larmes s'étaient arrêtées de couler alors qu'il s'écarta d'elle pour se placer devant alors qu'elle le regardait plus doucement, la tristesse ayant disparu de son visage, admirant le Drakkari qui faisait battre son coeur à un rythme fou. Son corps le réclamait, ses pensées les plus enfouies et les plus cachées ressortaient, des sentiments qu'elle aurait voulu éviter.

Il lui redressa doucement le menton et lui fit ce sourire qui la faisait chavirer et complètement craquer, immobile face à lui, regardait les moindres détails de son visage sous la lumière de la lune. Tristan prenait son temps, ne la pressait pas, et ne forçait rien. Peut être était-elle un peu plus prête à dépasser encore une fois ces limites. Et c'est là qu'elle le vit dans toute sa splendeur, il était vraiment beau. Qu'un homme comme lui s'intéresse à elle était tout simplement complètement fou et irréel. Sa peau légèrement bronzée, qui brillait sous la lune qui donnait envie de le caresser et se frotter contre lui.

Ses grands yeux aux pupilles félines mais qui lui donnait un de ces regards charmeurs et qui donnait envie de se perdre dans cet océan, impossible d'en détacher le regard dès qu'on le voyait. Sa chevelure flamboyante qui contrastait avec ses cheveux dorés à elle. Un bien étrange duo, la chaleur et la douceur. Ses lèvres étaient tentantes, bien dessinés et légèrement fines. Un Drakkari qui avait vraiment un physique parfait, elle ne pouvait le nier, il était charmant.

Et bien malgré elle, Cassidy devenait jalouse de toutes ces femmes qui avaient profité du Drakkari même si on savait très bien qu'il était le plus grand profiteur de tous. Que même si aimer était un jeu alors qu'il devrait choisir la bonne partenaire, capable de le combler éternellement et sans jamais se lasser. Mais que les choses devaient être partagées.

Ses yeux noisettes s'abandonnèrent au regard flamboyant du Drakkari, la jeune femme se mit à faire un beau sourire en réponse, touchée par tout ce qu'il venait de dire, émue même. Et son ventre se tordait dans tous les sens, cette étrange sensation qu'elle n'avait pas depuis tant de temps mais qu'elle apprenait à connaître avait un certain charme. Tout doucement, il s'approcha de son visage, passant une main dans sa nuque. C'était magique.

Les pommettes de Cassidy rosirent légèrement, mais elle était coincée, ne pouvant reculer la tête car il la bloquait dans un certain sens mais sans le vouloir. La jeune femme put ainsi observer tous les détails de son visage alors qu'il déposa un baiser encore plus proche que tous les autres, juste à la commissure de ses lèvres, ce qui la fit frissonner alors qu'elle même laissait aller les jambes et dans un instinct qu'elle n'aurait su expliquer, elle leva lentement la main vers son visage pour la poser sur sa joue, le caressant avec son pouce alors qu'il s'éloigner un peu.

Et quelque chose dans le corps de Cassidy sembla se rompre. Cette barrière de sécurité qu'elle avait toujours mise, ce sentiment qu'elle avait toujours repoussé était en train de se réveiller. Et cette étrange sensation avec sa magie se réveilla, comme si d'un coup elle avait plus de puissance, plus de pouvoir, comme si elle était capable d'utiliser une plus grande capacité d'un simple coup. D'ailleurs, la sphère lumineuse qui s'était presque éteinte à côté de son bâton plus loin reprit des couleurs, éclairant les deux jeunes d'une lumière pure sans pour autant les éblouir. Elle n'avait rien fait, rien commander et pourtant, cette simple sphère de lumière était devenue bien plus puissante sans le demander.

Le visage de Cassidy fut surpris. Elle posa sa main doucement en direction de son coeur tout en baissant sa tête. Pourquoi se sentait-elle si bien maintenant ? Les mots du mage lui revinrent à son esprit. Et pourtant... elle se sentait forte, puissante, capable d'utiliser les sorts les plus complexes avec facilité.

*Serait-ce cette magie dont il m'a parlé ? C'est ça Tristan ! C'est toi !*

Elle commençait à comprendre et se mit à le regarder de nouveau, souriant doucement, rassurée.

*Je pense que je suis en train de tomber amoureuse de toi...*

Elle resserra doucement la deuxième main qui la tenait, celle de Tristan, comme si elle ne voulait plus le lâcher alors que le Drakkari avait les yeux brillants. Il la surpris encore en lui parlant de mouchoir alors qu'elle allait ouvrir la bouche pour protester. Il le savait, il la connaissait mais le fait que ce soit lui qui en parle la soulagea vraiment, ayant eu peur de ses réactions.

*Il t'as sauvé la vie ? Comment ?*

Cassidy en était assez intriguée et ne savait pas quoi répondre de plus. Sa phrase était le plus beau compliment qui soit, car elle était avec lui, il ne lui en voulait pas mais elle était avec lui et le coeur de Cassidy battit un peu plus fort. Tristan la reconnaissait pour ce qu'elle était, il ne lui en voulait pas et cela, c'était la plus belle des déclarations. Elle l'écoutait en silence et sursauta un peu quand il lui avoua qu'il savait pour les gâteaux.

"Je ne vais pas jeter ce mouchoir. Il a une valeur assez... importante à mes yeux... Je pensais ne jamais le revoir..."

Elle se mit à sourire doucement, amusée et plus détendue que tout à l'heure, oubliant un peu le reste pour le moment, ayant l'impression d'être dans un rêve. Cassidy détendit les jambes doucement et observa le Drakkari. La nuit était leur alliée même dans l'obscurité et malgré le fait que la sphère les éclaira doucement.

"Merci..." fut le seul et simple mot qu'elle trouvait à dire après tout ce temps passé et sa jolie intervention.

La jeune femme se sentait mieux, et avec un sourire malicieux, se mit sur les genoux, s'approchant du Drakkari et posant deux mains sur ses épaules. Elle le regardait avec les yeux brillants, le regard qui n'était réservé à personne. Un regard qui témoignait de tout ce qu'elle pouvait penser et qui était touché, ému, uniquement pour Tristan et que personne n'avait jamais vu.

Cassidy mit un peu de force dans ses mains et fit glisser le Drakkari lentement en arrière, pour l'inviter à s'allonger. Pendant qu'on était dans le dépassement des limites, autant y aller. Elle se retrouva au-dessus de lui, ses cheveux dorés caressant doucement et chatouillant son visage, le visage de la demoiselle pas très loin de celui du Drakkari mais sans pour autant y faire quoi que ce soit. Ses mains étaient toujours posées sur ses épaules alors qu'elle le regardait avec admiration et fierté, son corps à quelques centimètres du sien dans une position mi relevée mi penchée.

Elle aimait le regarder. Il n'y avait aucun dégoût dans son visage, aucune colère, aucun sentiment négatif, juste un regard apaisé et simple, la brise faisant doucement flotter ses cheveux. Il lui avait fait un baiser c'était vrai. Mais un baiser, ça se partage. Et l'environnement et l'ambiance quelque peu romantique s'y jouant, la lune haute dans le ciel, les étoiles brillantes, Cassidy se pencha vers lui et embrassa avec douceur sa joue. Pour le remercier, pour approfondir ce sentiment qui se dégageait d'elle.

Elle passa ensuite une main dans ses cheveux à lui, le caressant doucement et distraitement, avant de s'écarter et se mettre à côté de lui, tout en prenant sa main avec le plus grand sérieux. Elle défit son petit ruban rose et l'attacha autour de son poignet à lui. C'était peut être un peu débile, pas très logique, et sans réelle explication mais elle avait envie de lui faire bien qu'elle savait pertinemment que le Drakkari ne traînerait pas avec ce genre de bracelet autour du poignet. Mais bon Cassidy avait toujours eu des réactions un peu bizarres.

Cassidy se mit à sourire doucement. Peut être qu'elle devait lui parler de la fiole ? Non mauvaise idée il risquait peut être de mal réagir par rapport à qui lui avait jouer ce tour. Chaque chose en son temps.

Puis, elle s'allongea juste à côté de lui, admirant le ciel étoilé. S'étalant bien dans l'herbe et éteignit sa sphère en un claquement de doigts.

"La nuit est belle ce soir... Bientôt on ne pourra plus voir grand chose à part les nuages"

Elle se mit à sourire même si il ne la voyait pas vraiment.

"Depuis que je suis ici, j'ai toujours aimé traîné dehors la nuit. Ca me rappelle ma vie de voyageuse où je dormais un peu n'importe où, toujours à la recherche de choses à découvrir. Mais bon, les choses ne se passent toujours comme on le souhaite"

La jeune femme attrapa la main de Tristan et la caressa doucement.

"Peut être que si j'étais toujours sur la route, je ne t'aurais jamais retrouvé... c'est quand même bien étrange comment les évènements sont tracés. Et ça, le lac ne me l'aurait jamais montré"

Elle regarda les étoiles en silence. Ils étaient tout minuscules vu d'ici.

"Tu sais, quand tu es arrivé ici, je me suis dit que ça me ferait un poids supplémentaire à gérer. Et pourtant, si je dois répondre avec honnêteté, je dois bien dire que ta présence pendant toutes ces années m'avait beaucoup manqué. Même si tu cherches toujours à m'embêter hein, je sais très bien que tu es capable de plein de choses et surtout que je n'ai jamais été autant surprise en deux jours. Pourtant des choses surprenantes j'en ai vu"

Cassidy soupira doucement, se laissant bercer, continuant de caresser sa main.

"Mais bon... de toute façon tout est si imprévisible et change tellement facilement. On verra bien la suite des évènements"
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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: Réflexion au clair de lune   Mer 20 Juin - 14:36

- Mais comment le chevalier il sait que c’est la bonne princesse ? Enfin, il en sauve pleins ! Pourquoi elle ?

Tristan avait ce regard curieux mais tellement sérieux qui pouvait être vraiment troublant sur ce visage si jeune. Là où les autres petits garçons se contentaient d’écouter les histoires, de s’imaginer en héros et de suivre le cours établi par leur mère, lui… allait dans la logique des choses. Il se posait des questions qui ne venaient même pas à l’esprit des enfants et même… souvent qui ne venaient pas non plus à l’esprit de leurs parents.
Mais sa mère avait de la répartie et elle s’émerveillait toujours de l’esprit vif, logique de son fils.
Elle lui avait souri de ce beau sourire qu’il avait fini par reproduire parce qu’il avait les mêmes pommettes qu’elle mais qui comble de frustration, sur lui, était vraiment touchant !
Doucement elle avait caressé les mèches rouges, ébouriffées sur sa petite tête, caresse qu’il aimait tant.

- Parce qu’entre la princesse et le chevalier il existe une magie très particulière.

- Une magie ?
- Oui… Loin des simples sorts que savent utiliser les mages, loin des incantations puissantes, cette magie là est encore plus forte, plus forte que tout, tout ce qui existe !!!!


Les yeux du petit garçon s’étaient mis à briller alors qu’il se faisait d’autant plus attentif, son regard exprimant tout de même une forme d’impatience, même s’il ne l’interrompait jamais pour lui dire de se presser.
Elle fit mine d’hésiter à lui révéler ce gggggraaand secret et son regard se fit suppliant alors qu’il plissait légèrement les lèvres dans cette petite moue boudeuse adorable.

- L’amour Tristan… L’amour est la plus belle des magies.]
- Mais tout le monde peut être amoureux. Un des garçons dans ma classe a dit qu’il était amoureux d’Estelle et puis maintenant c’est Claire. Il peut pas avoir plusieurs princesses c’est pas logique.

- Ce petit garçon est comme bien des hommes sur ce territoire. Il pense que l’amour est comme une boulangerie, qu’on peut faire bien des petits pains et donc… aimer bien des petites filles. Mais le vrai amour lui, n’arrive qu’une seule fois mon Tristan. Et quand il est là… La magie se ressent.
- Ah ?
- Oui, elle te donne l’impression de voler très haut dans les airs et en même temps de te reposer dans le plus merveilleux des bains enchantés. D’ailleurs il y a très longtemps, nous parlions une autre langue. Cette langue s’est perdue au profit d’une autre pour que les peuples se comprennent. Le mot qu’on utilisait dans cette langue pour qualifier l’amour magique entre deux personnes s’appelait « Araira ».
- Ca veut dire quoi ?
- On ne peut pas le traduire Tristan. C’est un mot si fort qu’il n’existe aucun équivalent dans notre langue. C’est aimer une personne…. En respirant pour elle, en sursautant même endormi lorsqu’elle fait des cauchemars, c’est vouloir se fondre dans son odeur et dans ses yeux comme s’il n’y avait rien d’autre de nécessaire à la vie. C’est se sentir vide quand elle n’est pas là, comme un navire à la dérive, soulagé quand sa main prend la nôtre sans qu’il n’y ait besoin d’un mot…
- … Tu étais…. Araira ?... Avec papa ?


Le regard de la jeune femme se fit extrêmement triste pendant un instant et le petit garçon eut peur. Peur d’avoir dit quelque chose de mal, des larmes brillaient dans les yeux de sa mère et elle semblait… pendant un court instant, comme ce bateau dont elle venait de parler.
Elle reprit d’une voix étrangement rauque mais ponctuée d’un sourire doux.

- Je n’étais pas… Nous étions…


Aimer c’est mourir un petit peu.
La renaissance ne vient-elle pas ?
Frôler la mort n’est ce pas ouvrir les yeux ?
N’est ce pas comprendre l’importance d’être deux ?
Aimer c’est mourir un peu
Pour mieux se réveiller
Pour mieux exister.
Cesser d’aimer… c’est périr dans le plus cruel des feux.

Ce tatouage finirait peut-être par le tuer qui sait…
Pas celui de son dos mais celui sur son torse.
Enfin ce n’était pas un tatouage, c’était bien pire, il le savait bien.
Après tout, il avait tout vu, tout entendu. Parfois les souvenirs un peu flous lui revenaient en mémoire à cause d’un rêve.
C’était un de ces rêves qualifié de cauchemar horrible, mais un cauchemar dont on ne peut pas se réveiller, qu’on ne peut que subir en voulant hurler pour alerter… mais durant lequel on ne peut rien faire d’autre que serrer les dents. Et prier…

Elle était là. Il l’avait suivie juste pour s’assurer qu’elle ne faisait pas de bêtises en étant somnambule. Mais voilà… elle n’était pas somnambule et brusquement il n’avait plus aucune excuse pour rester ni être dans le coin. S’il lui sortait sèchement qu’il était venu nourrir les canards étant donné qu’il avait des gâteaux à la main, il aurait l’air idiot parce qu’il n’y avait pas de canards.
Ce qui rendait vraiment son excuse peu crédible étrangement.
Pourtant il était resté à côté après lui avoir mis un gâteau dans la bouche histoire de la nourrir un peu puisque cette idiote n’avait certainement pas mangé, comme lui… Dommage qu’elle ne ressemble pas à un canard…. L’excuse aurait tenu.

Il aurait pu partir. Peut-être qu’il aurait dû. En fait il avait l’intention de partir. Pourquoi rester dans le coin ? Il n’y avait pas de problème, elle ne risquait pas de se noyer. Quoique, elle était encore capable de trébucher, se cogner la tête contre un caillou et tomber dans l’eau avant de se la jouer « sauvez willy »… mais elle ressemblait aussi peu à une orque qu’à un canard. Franchement…
Tristan trouvait ses pensées totalement… ridicules à cet instant. N’était-il pas étrange de penser ça ?

En fait, s’il était resté ici, c’est parce que mû par un sentiment qu’il ne connaissait pas, une certitude qui lui venait d’il ne savait trop où, il savait… qu’il devait rester. Que c’était important qu’il ne soit pas trop loin d’elle.
Pourtant elle n’avait pas besoin de lui cette fille. Elle était forte, indépendante. Elle lui donnait d’ailleurs l’image d’un guerrier sans peur plutôt que celle d’une délicate princesse. C’est peut-être à ce moment qu’il comprit.

Parce qu’il avait entendu ses paroles quand elle se croyait seule, maintenant parce qu’elle serrait ses bras autour de son cou, recherchant un contact qu’elle-même fuyait, comme pour s’excuser. Bien sûr qu’elle était forte. La petite fille aussi était forte, l’adulte, la femme qu’elle était devenue aussi devait l’être. Enfin pas forte dans le sens grosse hein ?! Pas du tout, bien au contraire elle était… un peu trop… justement mince,fragile… Oui c’était ça, elle lui apparaissait tellement fragile à cet instant.
Comme si elle n’était pas si forte. Comme si elle essayait juste de l’être. Pour combler les attentes, espoirs que beaucoup avaient dus placer en elle.

Parce qu’elle n’était pas si forte… Parce qu’elle avait besoin de lui à cet instant.
Il en avait la certitude. Oui… elle avait besoin qu’il soit dans les parages, pas trop loin, pour au moins l’écouter, même s’il lui en voulait pour ce qui s’était passé. Pourtant ce n’était pas elle qui lui disait qu’elle avait besoin qu’il soit là. C’était une petite voix dans sa tête, ou peut-être était-ce l’hypoglycémie qui le faisait divaguer mais en tous les cas… il n’avait plus envie de partir. Pour une fois il serait là. Enfin une fois de plus, mais l’autre, elle ne savait pas.

Et il n’avait pas l’intention de lui dire. Même s’il aurait bien voulu voir comment elle l’aurait pris. Comment elle l’aurait regardé après ça.
Il avait avalé son gâteau avec un air maussade. Etait-ce pareil pour elle ? Pour lui ce biscuit n’était pas très bon. Il avait un goût d’amertume.
A présent il n’était plus maussade. Sa colère, ses regrets, tout était en train de s’envoler. Il ne lui en voulait plus, enfin si ! Il lui en voulait… il ne savait plus vraiment.Elle avait vraiment l’air chamboulé et elle pleurait et elle… elle lui donnait vraiment l’impression d’être une petite princesse… dont le grand méchant dragon serait le chagrin qu’il lui causait… sans le vouloir.

Eyh !!! C’était pas sa faute ! C’est elle qui avait commencé !!!
Il n’avait pas à être gentil avec elle ! Il lui en voulait na ! Il la détestait voilà ! Ce n’était qu’une sale gamine prétentieuse ! Une fille comme tant d’autres qui se croient au-dessus du commun des mortels ! Une miss je sais tout qui ne sait rien faire d’autre que montrer qu’elle est la plus forte et d’essayer de faire le plus de mal possible ! Une hypocrite qui menait son monde à la baguette.

Il pouvait essayer de penser ce qu’il voulait, ça n’avait pas d’importance. Parce qu’il s’était levé, l’avait rejointe alors qu’elle semblait encore plus triste qu’un peu plus tôt. Et il l’enlaçait.
Tout doucement.
Ce n’était pas elle ça… Ca n’avait jamais été elle. La miss je sais tout forçait son admiration avec ses connaissances et sa curiosité insatiable. La fille un peu plus tôt dans l’après-midi n’était qu’une erreur de parcours. Chacun a ses hauts et ses bas. Seulement chez elle ça ne semblait pas concevable. Savoir qu’elle en était tout autant capable de lui, lui donnait une dimension humaine, accessible, une fragilité… qui donnait envie d’être protégée.

S’il avait su qu’elle le pensait capable de la frapper, de la repousser, il aurait sans doute ri. La frapper ? Elle ?... Elle n’avait toujours pas compris alors.
C’était mieux ainsi.
Il serrait doucement ses bras sur elle et se sentait tellement mieux qu’un peu plus tôt. Plus de doutes, plus de peurs, plus de ressentiments, plus la moindre colère. C’était elle bien sûr.
C’était grâce à elle.
Etait-ce mal de profiter de ce soulagement ?

Elle avait besoin d’être réconfortée, mais n’en profitait-il pas ?
Pour une fois, non, il n’en avait pas l’impression et sans doute dut-elle sentir qu’il ne lui en voulait pas, sincèrement parce qu’elle se détendit entre ses bras et cessa en partie de frissonner. En partie parce qu’elle le fit lorsqu’il posa ses lèvres sur sa nuque ou sur son épaule.
D’ailleurs il se déboitait à moitié le cou pour y parvenir. Après tout lorsqu’il restait « normal », sa tête était juste glissée dans le creux de sa gorge, juste au bon endroit. Alors pour atteindre plus bas, il devait forcément se baisser. Elle était petite… ou alors c’était peut-être lui qui était trop grand. Sans doute.

S’il se sentait mieux c’était aussi grâce à la magie qu’elle avait utilisée pour le « soigner ». Mais pour lui c’était elle tout court. Que ce soit sa magie ou non… c’était elle très simplement. Juste elle.
Ce n’était qu’une étreinte non ? Un simple petit truc tout bête qui n’avait rien d’important, rien d’extraordinaire. Et pourtant ça semblait si différent. Il n’avait jamais connu ça, il le savait. Tout était juste plus simple. Tellement qu’il n’y avait pas vraiment besoin de parler. Ah mais si… il devait lui dire ce qu’il en était, la rassurer. Ce petit sourire, il voulait le revoir. C’est vrai qu’elle était plus jolie quand elle souriait, même si… elle l’était tout le temps en fait.

Finalement il rompit le contact mais non sans avoir l’impression pour la première fois de sa vie, de faire exactement ce qu’il fallait et quand il le fallait et c’était un sentiment tellement saisissant, tellement agréable.
Il lui avait parlé de la douche pour la faire sourire, il pensait y parvenir, puis ses larmes pour lui faire comprendre qu’il n’était pas dupe mais aussi, vite fait, que ça le touchait qu’elle pleure, qu’il ne voulait pas la voir ainsi. En vérité pour ce point là, il avait bien plus envie de la secouer dans tous les sens comme un poids mort plutôt que d’être doux et gentil… En criant qu’elle ne devait plus pleurer… sur un ton désespéré. Mais c’était peut-être un peu excessif. Mais peut-être un peu plus vrai que ce qu’il faisait à cet instant.

Pourtant, il était lui-même là non ?
Quand il était gentil, doux, prévenant avec elle, essayant de la réconforter… et pas du tout comme un grand frère le fait avec une petite sœur… Non, pas du tout.
Bref, il rompit le contact, mais seulement pour mieux se placer devant elle, l’observant de ses yeux orangés qui ne se détournaient pas à un seul instant d’elle. Peut-être même que s’ils avaient été attaqués à ce moment là, il n’aurait pas détourné le regard. Oui sans doute.

Elle avait vraiment des yeux magnifiques, même si la pénombre n’aidait pas. Pourtant noisette, c’est banal non ? Pas avec les siens… Parce qu’il y avait plusieurs couleurs, plusieurs nuances quand ses yeux étaient éclairés par un rai de lumière. Parce que lorsqu’elle souriait, des paillettes d’or semblaient y briller, plus éclatantes encore que celles qui tapissaient sa chevelure à la lueur du jour. Parce qu’ils savaient dire tellement de choses ses yeux. Il espérait qu’ils ne trahiraient jamais de déception en se posant sur lui, parce qu’il n’était pas certain de pouvoir l’encaisser, pas seul.

Sa main s’était posé dans sa nuque et c’est presque dans un état second qu’il avait approché son visage du sien, comme si le temps était suspendu. Quelque chose frappait, hurlait dans chaque fibre de son corps, douloureux mais tellement agréable, alors qu’il approchait un peu plus, un tout petit peu plus. Leurs lèvres faillirent se frôler et résister à la tentation lui demanda un effort bien plus extraordinaire que celui de soulever un bloc de pierre de deux fois son poids.
Ce ne fut que sa joue qu’il embrassa… Enfin pas tout à fait. Il n’avait pas réussi à se détourner énormément, comme si un aimant tentait de l’attirer vers sa perte. Ou la leur…

Mais elle avait réagi aussi, levant la main en caressant son visage, il ferma en partie les yeux à ce contact, appuyant doucement du côté de sa main, comme pour l’encourager. Pourtant il recula peu après pour s’arracher à son emprise. Elle était bien plus efficace que les sirènes. C’était ses yeux… bien plus envoûtants que leur chant. Dangereux mais tellement attirants.
Par contre soudainement la sphère lumineuse près d’eux se remit à briller d’un éclat bien plus vif et il recula aussi pour ça, parce qu’il y jeta un regard surpris, un peu curieux, l’air de ne pas bien comprendre.

Elle se mit à lui sourire et il ne put s’empêcher de faire aussitôt de même, serrant sa main. Depuis quand ce contact si simple était aussi délectable ?
Il ne devait pas savoir le faire avant, avec les autres, parce qu’avec elle,c’était tout à coup, enfin depuis quelques minutes, quelques heures, quelques jours, très différents.
Le jeune homme parvint à se reprendre et parla du mouchoir.

Peut-être parce qu’il voulait éclaircir la situation dessus. Pour ne pas qu’elle pense qu’il avait oublié et que sa colère pouvait ressurgir. Enfin peut-être qu’elle pouvait mais pas avec elle. Du moins il ne pensait pas, pas cette fois.
Elle ouvrit la bouche et il sourit, ne lui laissant pas le temps de parler. Ces petits mots en avaient-ils réellement besoin. Apparemment oui. Ils sortaient tous seuls.
Avait-il eu tellement envie de les prononcer au cours de ces années ? De se justifier à voix haute, de l’avouer à quelqu’un, pour qu’ils sortent si facilement. Peut-être…

*Tu vois bien que même moi, je ne me connais pas…*


Par contre elle dit qu’il avait une valeur pour elle, ce petit bout de tissu et pendant une seconde il se sentit bête. N’aurait-il pas mieux fait de le lui rendre immédiatement ? Avait-il mal agi ?
L’avait-il privée d’un bien auquel elle tenait ou est-ce que cette valeur était… plus subtile que ça ? Après tout, après ce fameux sauvetage, il en avait pris grand soin et c’était devenu comme une espèce d’amulette qu’il promenait partout mais n’utilisait jamais, même si… il le lavait souvent surtout quand il était en déplacement, l’accrochait à une petite branche basse pour le laisser sécher et allongé sur le ventre, le menton dans les mains, le regardait pensivement.
Pourquoi ?

Pourquoi malgré tout ce qu’il lui évoquait, n’arrivait-il pas à vouloir s’en débarrasser, à le détester ? Pourquoi était-ce une des seules choses qui le calmait lorsque les remords l’assaillaient ?
Est-ce qu’ELLE saurait répondre ? Est-ce qu’il pouvait lui poser la question ?
Non, lui poser la question serait devoir lui avouer son plus grand secret, sa plus grande honte, son plus grand chagrin. Et après… ce ne serait plus jamais pareil. Elle ne le verrait plus jamais comme avant. Et il avait peur… Lui qui faisait si bien le courageux qui ne craignait rien. Le petit garçon encore présent quelque part avait vraiment peur. De ce que quelqu’un connaissant la vérité pourrait dire.

*Et toi qu’est ce que tu penserais ? Est-ce que tu me haïrais autant que je me hais ?*


Elle l’interrompit fort heureusement, arrêtant ses pensées sombres qui étaient en train de chasser la joie de son regard. Encore une fois.
Son petit « merci » sonnait autant comme ce qu’il était un simple remerciement que comme un carillon de victoire, comme s’il avait fait quelque chose d’exceptionnel alors que non, ce n’était pas exceptionnel. Les expressions négatives disparurent et son sourire se fit très doux, bien plus que ce qu’il se pensait seulement capable de faire.

Mais elle avait plus d’un tour dans son sac. Et si elle avait réussi à le surprendre en mal plus tôt dans la journée, elle le surprit en bien cette fois. Il la regarda, incrédule alors qu’elle posait ses mains sur ses épaules. Bon bien sûr, s’il ne s’était pas laissé faire à cet instant, elle aurait pu pousser aussi fort que possible, il n’aurait pas bougé d’un centimètre. Mais docilement, comme elle un peu plus tôt, il se laissa guider, glissant dans l’herbe, observant le visage de la jeune femme juste au-dessus du sien.

Ses cheveux dorés, avec le mouvement, vinrent chatouiller son front avant de revenir au niveau de sa gorge et du bas de son visage. Il resta immobile, déglutissant difficilement, impossible de détourner les yeux d’elle.
Ses cheveux semblaient encore plus argentés à cet instant et son visage était trop près du sien pour le laisser indifférent. D’ailleurs sa gorge s’asséchait et il avait des crampes dans l’estomac. La tentation… le pire des calvaires. Mais celui-ci était si doux dans un sens.
Elle souriait et il s’en voulut de le penser mais… elle n’était pas jolie. Il le savait, elle n’avait jamais été jolie. Jolie... c’était un mot beaucoup trop faible. Et il l’avait toujours su.

Il ouvrit légèrement la bouche pour dire quelque chose, se rendant à peine compte que c’était son nom qu’il allait prononcer, d’une voix faible. Mais elle ne lui en laissa pas l’occasion et l’embrassa sur la joue. Il ferma les yeux et si un de ses poings se contracta vivement, son autre main vint se poser dans le haut du dos de la jeune femme.
Elle touchait ses cheveux, ayant reculé la tête et il ferma les yeux, un sourire de souffrance étirant ses lèvres avant de se faire uniquement d’une joie sincère.

*Pour une petite fille pudique… tu repousses pas mal les limites princesses… Tu ne devrais pas… Ne comprends-tu pas que je suis ton plus grand ennemi, le pire des dangers pour toi ?... Pour nous deux.*


Non, elle ne pouvait pas savoir.
Et il ne pouvait pas lui dire. Pas directement.
Sa mâchoire se crispa alors qu’il réalisait ce qu’elle était en train de faire, de nouer ce petit ruban à son poignet. Il en était sincèrement touché. Etait-elle si heureuse, si… mieux après ses gestes, ses paroles ? Etait-ce sa façon de le remercier ?
Il lui sourit et la laissa faire, même si c’était un geste idiot, pas vraiment fait pour eux… la mage puissante, le guerrier bourreau des cœurs. Quand elle eut finit, il leva le bras où elle avait noué ce petit ruban et posa doucement une de ses mains sur une de ses joues, lui souriant toujours, avant de plaisanter, comme il le faisait toujours.

- Un mouchoir rose, maintenant un ruban rose… Bon, ton fantasme ce sont les hommes qui portent du rose avoue…

Son sourire taquin aux lèvres témoignait du fait que ce n’était qu’une plaisanterie mais lorsqu’elle s’allongea près de lui et prit sa main, il disparut au profit d’un visage apaisé, calme. Lui aussi fixait les étoiles. Etait-ce lui où elles brillaient un peu plus que tout à l’heure ? Et ce n’était pas parce qu’elle avait éteint cette sphère lumineuse. Non c’était autre chose. Mais quoi ?

Il l’écouta poliment, ne l’interrompant pas alors qu’elle parlait des étoiles, de ses voyages, du fait qu’ils auraient pu ne pas se recroiser. Lui savait que ça arriverait. C’était sa malédiction non ?
Il tourna doucement la tête vers elle, la regardant. Ses yeux reflétaient de tout petits points lumineux, les étoiles. Mais là, elles semblaient tellement plus faciles à atteindre. Ou était-ce plus difficile au final ?
Il lui enleva sa main droite et passa ce bras sous la tête de la jeune femme pour lui faire… un oreiller en quelque sorte, lui reprenant la main, mais de la sienne, la gauche cette fois, alors qu’il avait détourné presque… timidement les yeux.

- … j’ai un peu menti en fait…

Il tourna les yeux vers elle.

- Enfin pour le mouchoir oui, tu sais que j’ai menti bien sûr, pour ne pas que tu y touches mais… C’est pas vraiment lui qui m’a sauvé… je le sais bien.

Il regarda les étoiles, les yeux perdus dans le vide, comme s’il se remémorait quelque chose… de pas forcément facile. Il dit quelques mots de plus, mais beaucoup plus bas, comme si c’était un secret.

- C’est toi…
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Cassidy Herediane
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MessageSujet: Re: Réflexion au clair de lune   Mer 20 Juin - 19:42

Cassidy n'avait jamais cru à l'amour, le vrai, le puissant, le profond. Parce que pour elle, cela lui semblait tout simplement impossible de rencontrer une personne que l'on pouvait aimer à ce point, s'unissant à deux et bravant toutes les épreuves qui se dressaient devant eux.

Bon nombre de mages étaient très puissants, impressionnants, capable de faire les plus belles merveilles, mais rare étaient ceux qui s'unissaient à une personne. Car pour eux, l'unique amour est concentré dans la magie, et c'est en l'adorant et la vénérant que l'on devient plus fort. Pour le maître de Cassidy, c'était un peu différent. Lui qui a vraiment connu un amour sincère dans sa jeunesse s'est rendu compte des nombreuses vertus que cela pouvait déclencher. Utiliser sa magie pour protéger l'autre par tous les moyens.

Lorsque l'on cherche à protéger quelqu'un, on devient plus fort.

Elle était une mage, bercée depuis son adolescence par un apprentissage magique. Mais le travail n'est pas terminé car il faut apprendre à lier certains sentiments avec les autres. Certains mages y arrivent et d'autres non. Ce qui expliquerait pourquoi le lien si privilégié de leur tatouage fonctionne aussi bien et serait certainement bien puissant.

Car Cassidy et Tristan partageaient quelque chose de commun à tous les deux qui était incompréhensible pour tout le monde mais qu'eux seuls pouvaient savoir. Bien qu'ils n'en savaient rien.

Mais ce soir, complètement perturbée, elle avait besoin de lui. Bien plus que ce qu'il n'aurait pu imaginer. Elle avait besoin de Tristan, de le voir, d'être avec lui et qu'il lui fasse penser à autre chose. La jeune mage s'était sentie si faible et elle l'avait serré contre elle, tremblant un peu mais ce simple contact l'avait aidé effectivement. Tant qu'il était à côté d'elle, tout irait bien... ou mal mais cela on ne pouvait pas l'éviter.

Au même moment où elle avait décidé de le prendre dans ses bras, son choix était fait. Sa décision prise, c'était d'accepter Tristan comme il était, malgré tout le reste, malgré ce qu'il était capable, elle l'acceptait.

Et alors que tout s'accélérait et que les deux jeunes gens enchaînaient des étreintes assez timides et imprécises, loin de la fougue et de la passion qui réclamait le besoin d'un corps, Cassidy commença à comprendre. Que ce simple bisou avait un effet des plus étranges sur elle. Parce que tout son corps et son être semblaient réagir à ce geste, donné si simplement et innocemment. Elle le laissait faire, elle ne reculait pas, la curiosité étant passée au dessus de cette crainte des contacts physiques. Et la jeune femme ne regrettait pas.

C'est à ce moment qu'elle comprit. Que sa magie et les sentiments qu'elle éprouvait pour Tristan formaient un ensemble. Que sa sphère s'était amplifiée sans qu'elle ne le demande, prouvant encore une fois que les choses n'étaient pas si anodines que ça. Et si une armée de Cheistams s'était matéralisé à ce moment là, Cassidy les auraient tous repoussé les uns après les autres. Car elle sentait qu'à ce moment là sa magie lui permettait. Qu'à ce moment là, c'était la seule à pouvoir s'occuper de Tristan et qu'elle ne permettrait pas qu'un seul Cheistam n'ose lui faire du mal ou le remettre dans un endroit lugubre. Tristan ne semblait pas comprendre ce qui se passait. Après tout il n'était pas très branché sur la magie.

La jeune femme se mordilla doucement la lèvre. Et si il se moquait d'elle ? Et si il se servait de ça pour jouer avec ses sentiments ? Elle le craignait un peu car Cassidy commençait à tomber amoureuse de lui. Et si elle avait écouté l'histoire de la maman de Tristan, peut être qu'il était son chevalier parmi tous les autres, que c'était le bon, malgré son histoire et les préjugés que l'on pouvait avoir.

Elle était soulagée de l'entendre parler du mouchoir. Parce que la jeune femme l'espérait et en contre partie, peut être qu'elle pouvait se permettre de lui révéler quelque chose d'elle aussi, puisqu'ils en étaient à des révélations sur eux.

Lorsqu'elle avait dit pour le mouchoir, elle ne pensait pas à avant, elle pensait à maintenant. Que puisque Tristan avait gardé ce morceau qu'elle pensait qu'il jetterait, qu'il ne garderait pas, que c'était un élément qu'il avait gardé durant toutes ces années sans jamais sans séparer, alors la valeur en devenait plus importante. C'était comme si une petite partie d'elle était restée avec lui tout ce temps qu'il était bien loin. Mais elle ne voulait pas le garder, la jeune femme préférait lui rendre quand elle en aurait l'occasion.

Et pourtant, quelque chose semblait le gêner. Cassidy ne se serait jamais moqué de lui, elle était forte après tout, et jouant dangereusement, était prête à accepter tous les risques. Si seulement elle avait pu l'aider, elle le ferait. Elle le soutiendrait malgré les horreurs qu'il aurait pu commis. Ne dis-t-on pas que l'amour rend aveugle ? Mais il rend beaucoup plus fort aussi et elle l'aiderait tant qu'il le pouvait. Qu'il soit ici, librement avec elle en était une preuve. Aucune pièce trop petite pour le Drakkari. Il avait de quoi s'entraîner, se reposer, être bien. Il était en quelque sorte protégé des Cheistams car elle sentait qu'elle pourrait le couvrir et si il y avait des choses à faire, c'était entre eux deux que ça se passait et personne d'autre.

Cassidy l'avait fais basculé en arrière et savait que le Drakkari avait accepté car il lui était très facile de la repousser ou de se braquer. Et pourtant, il la laissa faire alors que la jeune femme était penchée au dessus de lui, le regardant avec beaucoup de douceur. Ils étaient dangereux, c'était risqué. Mais les risques on les prends à deux et on apprend à affronter le danger ensemble. Oh elle avait toujours été une solitaire mais elle était prête à accepter cette différence avec Tristan, quoi qu'on en dise même si elle resterait cachée dans l'ombre aux yeux d'un public.

*Je t'aiderais, je te soutiendrais, peu importe tes réactions... moi qui ne voulait pas tomber amoureuse... mais je pense avoir besoin de toi... plus que ce que tu ne peux croire... la magie ne se trompe pas*

Cassidy sentit un frisson dans son dos, la main du Drakkari qui passait délicatement sur sa robe, comme si il cherchait à prolonger les choses. Il la laissait faire, sans broncher, sans riposter, bien que son sourire un peu souffrant inquiéta un peu la demoiselle, se demandant ce qu'il pensait à ce moment là. Mais celui ci disparut pour un autre sourire plus sincère.

Elle lui noua alors avec beaucoup d'attention ce ruban autour de son poignet. Ce n'était peut être pas grand chose mais cela représentait beaucoup pour la demoiselle. Cassidy se mit à rire en l'écoutant.

"C'est vrai que j'aurais du prendre une couleur plus dans ton thème mais je n'ai que ça sous la main. Si tu veux demain je vais te chercher une tunique rose pour compléter le tout"

Cassidy continua de sourire tout en le regardant. Elle le taquinait et n'imaginait pas le Drakkari en rose, ah non cela ne lui irait pas du tout ! Il fallait qu'il garde de la virilité quand même. Mais autant qu'un mouchoir qui est le geste offert par la dame à son champion, le bracelet peut faire office de présent.

Elle se rappelait alors d'une histoire que sa mère lui racontait. D'un preux chevalier partant loin de sa dulcinée pour un moment. Et pour ne pas que le chevalier oublie sa dame, elle lui avait fait présent d'un objet intime et personnel, qu'il porterait toujours sur lui, qui serait sa force, son moyen de défense contre les forces du mal, et le moyen de se rappeler qu'il ne l'oublie pas pendant son absence. Qu'elle l'attendrait et qu'il reviendrait vers elle sans mourir au combat. Qu'avec cela il était invincible. Le présent de la dame montrait l'attachement qu'elle avait pour son héros, son affection et qu'elle le désignait lui parmi les autres. Ca c'était l'histoire.

Et elle regardait son petit ruban au poignet de Tristan en souriant. Elle aurait tant voulu que cela le protège de tout le reste. Mais bien sûr on ne pouvait pas le savoir.

Alors, elle s'allongea dans l'herbe juste à côté de lui, prenant doucement sa main pendant qu'il l'écoutait. Ils étaient tellement bien tous les deux comme cela et la jeune femme se laissait bercer par le ciel magique, qui lui donnait tout simplement envie de s'endormir. En plus, Tristan venait de poser son bras qui faisait office d'oreiller sous sa tête tout en prenant son autre main libre. Qu'ils étaient mignons comme cela... Heureusement que le château était vide sinon il y aurait de quoi alimenter les potins pendant plusieurs jours.

Cassidy l'écoutait. Il avait encore menti pour le mouchoir. Et c'est vraiment presque inaudible qu'elle entendit une phrase qui la surprit encore plus que tout le reste et lui fit ouvrir doucement la bouche sur le coup de la surprise. Elle, le sauver ? De quoi ? Qu'est ce qui lui était arrivé ? Oh bien sûr elle avait eu envie de venir le sauver, de venir le chercher alors qu'il s'était enfui du village, qu'elle voulait le revoir mais elle n'aurait pas imaginer que sa simple pensée pouvait le sauver.

*Peut être que dans tous les mystères qu'il cachait quand on allait à l'école il cachait des choses qu'il n'a jamais voulu me dire... peut être qu'au fond il ne me détestait pas entièrement...*

Elle avait envie de tout lui dire, qu'elle l'avait soutenu même quand il était parti, le vide qu'elle avait ressenti et surtout, qu'il l'avait un peu aidé lui aussi. Quel gros contraste. Une qui le sauve, l'autre qui l'aide. En fait, même si ils n'étaient plus à côté, leurs pensées allaient vers eux, se regroupaient. Etait-ce ça qu'il voulait dire au final ?

La jeune femme pressa doucement sa main. Elle voulait être là pour lui, pour le soutenir et ce simple geste montrait qu'elle avait entendu ses paroles. Mais bien sûr, Cassidy aurait bien voulu savoir quel était ce lourd secret, ce qu'elle avait fait elle.

"Est ce que... tu pourrais... me dire ce qui s'est passé ? Je ne te force pas... c'est à toi de décider si tu veux qu'on en discute ou pas. Je comprendrais tout à fait que tu refuses..."

Elle avait dit cela d'une voix douce, presque dans un murmure, hésitant un peu, ne voulant surtout pas qu'il réagisse mal.

"Au fait, moi aussi j'ai quelque chose à te dire. Mais bon ça n'a rien à voir... je crois... que quand j'ai commencé mon apprentissage tu m'as aidé... et pas qu'une fois..."

C'était tout à fait vrai, elle se livrait un peu au jeu des confidences, lui faisant comprendre que même si il n'était pas là, le Drakkari avait eu un certain impact sur sa vie. Même si elle ignorait ce qu'il était devenu, elle n'avait jamais cessé de penser à lui, d'espérer le revoir. Ce qu'elle était devenu, elle lui devait en parti.

Cassidy ferma les yeux, le sommeil n'était pas loin. Il était quand même tard, et posée comme cela dans cette position, avec le Drakkari à côté, lui donnait envie de s'endormir à ses côtés. Cela serait la seule et unique occasion. Alors, elle n'avait pas envie de remonter dans sa chambre, trouvant que c'était beaucoup mieux ici qu'en haut tous les deux. Et puis, elle ne s'inquiétait pas pour une intrusion, sa magie était au sommet, elle avait senti toutes les protections qui entourait la demeure et il était impossible qu'un intrus pénètre à l'intérieur au risque d'avoir une sacré surprise.
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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: Réflexion au clair de lune   Jeu 21 Juin - 9:26

Si proche de lui…
Il avait mis son bras sous sa tête dans un geste prévenant, gentil, un brin romantique, totalement attentionné.
Maintenant, avec la légère brise environnante, les mèches dorées aux allures fantomatiques de ses cheveux caressaient son épaule, son bras et la base de son cou.
Il essayait de ne pas bouger. Sans savoir si c’était parce qu’il ne voulait pas rompre la magie de l’instant ou si c’était parce qu’il craignait ce qu’il pourrait faire s’il bougeait. Les deux se recoupaient sans doute, mais la deuxième lui faisait peur.

Elle avait tellement changé. Comme dans un rêve, alors qu’il fixait les étoiles, il vit le visage de la petite fille, à la mine sévère, tellement trop adulte pour son jeune âge. Comme il lui en voulait à l’époque. D’être si différente. Il n’était pas non plus un cas banal mais elle… elle c’était particulier. Elle était déjà si mûre pour son âge, beaucoup trop. Il trouvait ça triste, il avait envie de lui mettre des baffes pour qu’elle arrête. Il aurait voulu la voir jouer, rire, s’amuser pour des choses simples. Ne pas être aussi.. autant sérieuse constamment.

Elle riait parfois… Mais jamais avec lui bien sûr. Mais souvent il n’était pas très loin. Il l’écoutait et même s’il faisait mine d’être occupé à autre chose, il y était attentif à ce petit rire angélique.
Et il haïssait tellement celui qui la faisait rire.

A l’image de la petite fille se superposait l’image de la jeune femme. Son visage avait changé. Ses yeux semblaient s’être un peu éclaircis, ses cheveux n’avaient pas changé alors que d’ordinaire, ils foncent à l’adolescence quand ils sont de ce blond doré.
Elle avait toujours quelques mèches plus claires dont une presque blanche qui glissait jusqu’à ses épaules minces. Ces cheveux qui accrochaient le soleil comme pour dire « regarde, je suis le miroir de la lumière ». Si les cheveux représentaient la couleur d’une âme alors elle avait la bonne couleur…aussi radieuse que le soleil. Et lui… aurait dû les avoir aussi noirs que les ailes d’un corbeau.

Ses pommettes étaient plus saillantes, tout comme les siennes d’ailleurs, son visage avait perdu ses allures enfantines et pourtant… avec ses grands yeux noisette ambrée, sa façon de sourire innocemment alors même qu’elle ne semblait pas s’en rendre compte, d’arquer très légèrement les sourcils dans un signe d’ignorance touchant, tout ça était tellement enfantin. Tellement… touchant et inatteignable.
Avait-il seulement le droit de remarquer tout cela ?

De voir à quel point son corps avait changé…
Il s’était tellement convaincu qu’elle n’était qu’une petite fille agaçante à l’école qu’il ne s’était pas imaginé qu’elle pourrait devenir une si belle jeune femme.
Elle n’avait pas la démarche élégante de ses consoeurs, celle qui fait grogner les hommes d’intérêt et se donner des coups de coudes pour montrer la donzelle ainsi remarquée. Elle était maladroite et chacun de ses pas pouvait paraître plein d’une étrange précaution. Mais dès qu’elle pensait à autre chose, dès qu’elle était engagée pour quelque chose, confiante… alors sa démarche changeait.
Elle se faisait fière inconsciemment, assurée, pas du tout hésitante. Elle ne le savait sans doute même pas.

Elle avait aussi cette petite moue quand elle était agacée.
Lorsqu’elle était enfant, elle semblait prétentieuse, à présent, elle lui retournait le ventre.
Etait-ce du dégoût, une vraie nausée ? Il aurait préféré oui.
Ca n’en était pas, c’était bien là tout le problème. Il avait envie de l’embêter, rien que pour la voir, même si ça faisait quand même un peu mal au ventre. Etait-il en train de virer sadomasochiste.

Tristan pensa à Maud.
Il était bien incapable de s’imaginer le visage de la jeune femme comme celui de la mage à ses côtés. Ca devait être dû à son enfermement chez les Cheistams ou au fait… qu’il ne s’était jamais vraiment attaché à ces détails chez elle. Il ne voyait pas quand elle changeait de coupe de cheveux, n’avait pas remarqué les légères rides aux coins de ses yeux quand elle riait à présent. C’était la servante qui les lui avait évoquées, lui ne les avait pas vues…

Elle bougea légèrement sur son épaule et il arrêta de respirer.
Tristan ne tournait même pas la tête vers Cassidy. Il tenait sa main dans un geste réalisé dans un automatisme… qu’il ne connaissait pas.
Ce n’était pas qu’il n’appréciait pas. Non c’était tout le contraire et encore une fois… c’était là le problème. Son cœur battait vite alors que pourtant c’était un moment calme, il n’y avait rien d’exceptionnel à cet instant si ?

Pourtant, il avait l’impression de courir un marathon. Il respira profondément, ayant recours à un peu de mémorisation pour se calmer. Ca fonctionna bien et vite.
Il ne savait rien des pensées qui traversaient la jeune femme. Pourtant il avait eu quelques certitudes. Qu’il devait l’aider, la réconforter un peu plus tôt, qu’il devait lui parler du mouchoir… juste avant, qu’il ne devait pas résister à ses mains posées sur ses épaules qui le poussaient doucement en arrière.

Mais à cet instant de toutes manières, il n’avait pas la force de résister. Oui ça devait être… ça.
A un moment, elle avait répliqué par rapport à sa plaisanterie sur le ruban rose et il avait souri, ses yeux se plissant un peu dans l’obscurité alors qu’il l’observait.

- Oulalala… je vais vraiment être sexy alors…

Il n’avait pas pu s’en empêcher, mais c’était dit sur le ton de la plaisanterie, avec une certaine taquinerie, mais aussi une certaine douceur alors qu’il la regardait toujours. Même s’il ne se voyait VRAIMENT pas porter du rose.
Mais ce n’était qu’une conversation simple, sans importance, juste pour détendre l’atmosphère après tout.

Elle s’était allongée contre lui et il lui avait sorti sans être capable de s’en empêcher une petite vérité. Que lui arrivait-il au juste ? Il se sentait si faible mais en même temps si bien. Il avait l’impression que son corps, son cœur peut-être disait des mots qu’il essayait pourtant de retenir, des choses qu’il ne devrait pas lui dire, même si elles étaient vraies.
Il pensait sincèrement que c’était elle qui l’avait sauvé.

Pendant un instant ses yeux brillèrent d’un étrange éclat mais heureusement elle ne pouvait pas le voir car il ne la fixait pas. Elle était bien plus incroyable que ce qu’elle pouvait croire. Du moins à ses yeux. Il était vivant, grâce à elle. Il le sentait au plus profond de son être. Non… il avait terriblement envie, besoin d’y croire voilà tout.

Elle pressa un peu plus sa main et son cœur battit un peu plus vite, presque douloureusement. Et elle lui demanda une toute petite chose, en douceur. En prenant de telles pincettes, que s’il ne s’était pas crispé d’un bloc, semblable soudain à une statue de marbre, qu’il aurait pu en rire avec un réel amusement. Elle était mignonne à tenter tout doucement d’essayer de le connaître, de le comprendre, mais sans le brusquer.Mais le simple fait d’évoquer ce sujet le brusquait de toute manière.

Lentement les muscles de son épaule sur laquelle sa tête reposait… et qui avait dû partiellement lui donner l’impression qu’elle s’appuyait contre une pierre, se relâchèrent et il reprit une respiration plus calme… Enfin pas vraiment. Tristan se tourna sur le côté ses yeux semblant devenir beaucoup plus sombres. Ses pupilles étaient dilatées à l’extrême comme sous l’effet de la colère ou de la peur. Pourtant son visage n’exprimait aucune expression particulière… si ce n’est qu’il ne souriait plus du tout.

Enfin un petit sourire lui échappa. Un sourire difficile à qualifier. Il était douloureux, vraiment douloureux, comme s’il venait d’être grièvement blessé et cherchait à plaisanter en retenant un hurlement, se contentant d’un « ne t’inquiète pas… je vais bien » très romantique avant de s’emparer de ses lèvres comme dans les contes. Oui mais ce n’était pas un conte. Malheureusement…
Ce sourire avait quelque chose de sinistre. Il n’était pas menaçant et pourtant il semblait exprimer quelque chose de profond, d’enfoui et d’horrible.

Pourtant ce fut dans un geste très doux qu’il leva sa main qu’il venait de lui enlever et écarta une mèche dorée de son visage, effleurant une de ses joues du bout des doigts, comme s’il avait peur de lui faire mal, en retenant en partie sa respiration, comme si souffler trop fort, la ferait disparaître comme une illusion un peu trop belle, trop éphémère.

- Je ne peux pas….

Quelques mots tout simples mais qu’il prononçait d’une voix étrangement calme, résignée, sur des notes tristes, désespérées. Il essaya de lui sourire, mais c’était toujours cette esquisse douloureuse.

- Ce que j’ai fais… je ne peux pas le partager. Je ne mérite pas de le partager. C’est mon fardeau. Personne… personne ne doit le connaître. Et surtout pas toi.


Ca pouvait être blessant… Après tout, il l’excluait purement et simplement, comme s’il pensait qu’elle ne méritait vraiment pas de savoir ce qui se cachait sous sa carapace. Pourtant quand il avait dit ces derniers mots, son regard s’était fait encore plus triste mais aussi un peu fier… Comme s’il était fier de réussir à dire ces mots, de réussir à l’exclure, à se taire.
C’était le cas… Et puis ce n'était vraiment pas dit méchamment...

Comprenant qu’elle n’avait en aucun cas voulu le blesser, le braquer ou quoi que ce soit, il se détendit doucement, se remettant sur le dos, sans la toucher et laissant sa main loin de la sienne, fixant le ciel. L’étrange expression qui habitait ses yeux mélange de tristesse, mépris, culpabilité, disparut et il secoua légèrement la tête, comme s’il sortait d’un mauvais rêve.

Elle sembla vouloir l’aider, le détendre et c’était vraiment gentil de sa part. Elle lui disait qu’il l’avait aidé aussi d’une certaine manière lorsqu’elle apprenait la magie. Lentement il retourna la tête vers elle. Cette fois, ses yeux exprimaient une curiosité sincère et ses pupilles avaient rétrécies, même si elles étaient encore rondes, comme toutes celles des chats dans l’obscurité.
Vraiment ? Lui l’avait aidé ? Comment ?

Pour Tristan, malgré ce que la lutine avait dit, Cassidy n’avait pas dû avoir de réelles difficultés pour s’orienter dans sa voie. Elle était si douée, si intelligente. Elle était de celle qui rassemblait les gens sans même en avoir conscience. Son sourire sincère et innocent plaisait, sa gentillesse attendrissait. Pour lui… Elle était ainsi… douée. Il l’imaginait débutant son apprentissage de la magie, sidérant son maître, peut-être même en avait-elle eu plusieurs tant ils étaient dépassés, par sa maîtrise, sa vivacité d’esprit et la pertinence de ses propos.

Là il l’idéalisait un peu peut-être. Non, pour elle, ça n’avait pas pu être difficile. Car quoi qu’elle fasse lorsqu’ils étaient enfants, elle le faisait avec une telle impression de facilité, un tel détachement. Non elle n’avait jamais été prétentieuse, même si parfois elle cherchait une forme de reconnaissance, d’encouragement.
Alors là, il ne comprenait pas vraiment et il voulait en savoir davantage. Elle n’allait tout de même pas le laisser sur sa faim à présent !!! Bon d’accord, c’est ce que lui avait fait, mais il lui avait donné une… raison.

Mais alors qu’elle lui répondait quelque chose se passa. Il s’était retenu un peu plus tôt de se tourner vers elle, de la regarder, puis l’avait fait dans un geste qui était… distant, blessé. Même si ce n’était pas de sa faute. Là il ne l’avait pas fait pour cette raison. Mais malheureusement ça ne se passait pas bien. Son cœur recommença à battre plus vite alors qu’il fixait obstinément ses lèvres. Il avait envie de l’embrasser… fiévreusement. Jusqu’à la faire défaillir. Faire s’écrouler ses certitudes, la voir le fixer avec un mélange de surprise. Elle était vulnérable, tellement vulnérable à cet instant. Une petite voix lui criait qu’il pouvait l’embrasser, oui maintenant il pouvait.

Puis il refermerait ses mains sur sa gorge et serrerait… Avec force, ses doigts imprimant une marque rouge sur son cou si blanc, si fragile. Il maintiendrait cette pression, sentant une joie délectable envahir son corps rien qu’à cette idée. Elle sursauterait, se débattrait, chercherait de l’air. Il la détendrait sous des baisers. On lui avait tellement dit qu’il embrassait bien… Pour elle il s’appliquerait plus que jamais. Son regard s’emplirait alors de désarroi et de peur lorsqu’elle comprendrait qu’il ne jouait pas, il appuierait plus fort, rirait en la voyant se débattre, essayer faiblement de l’atteindre, son visage pâlir sous le clair de lune, elle articulerait en silence son nom, puis…

Tristan se leva d’un bond. Un bond rapide, parfait, agile et extrêmement bien maîtrisé
Alors qu’une seconde plus tôt, il était tout proche d’elle, innocent, lui faisant un de ses petits sourires en attendant qu’elle lui raconte, alors qu’elle ne savait pas… Des pensées l’avaient envahi, tellement saisissantes, tellement attrayantes. Il avait failli y céder tant elles lui paraissaient merveilleuses. Mais il s’était relevé, brusquement. S’éloignant d’elle pour rompre le charme.

Il lui avait sans doute d’ailleurs fait un peu mal en retirant aussi vivement son bras, sur lequel elle s’appuyait, si légère, si doucement. A présent il la fixait sans la voir, son torse se soulevant très vite au rythme de sa respiration, trop vite d’ailleurs.
Le jeune homme était extrêmement pâle même si avec l’obscurité ambiante ça ne se voyait pas. La douleur était revenue, violente, il la sentait, sans avoir besoin de regarder dans le col ouvert de sa tunique pour constater la réapparition de la rune écarlate.

Il l’avait vu… Il s’était vu. Faire chacun de ces gestes, il s’était vu avec un sourire goguenard, ravi au visage alors qu’il la privait d’oxygène, alors qu’elle le fixait avec angoisse. Un tremblement agitait les mains du garçon, qui se laissa tomber, assis dans l’herbe en s’en apercevant à peine. L’engourdissement du sommeil, de la présence douce, attirante contre lui, avaient disparu.
Il se mordit la langue, serrant les poings en s’enfonçant les ongles dans la peau et ses épaules se détendirent.

Sans s’expliquer, sans essayer de lui faire comprendre quoi que ce soit, il lui tendit alors la main. La jeune mage avait l’air inquiète, incrédule. Cette incrédulité… comme lorsqu’il l’étranglait. Il réprima un frisson et l’aida à se lever, voulant ramasser son bâton.

Cette fois-ci, ce ne fut pas comme les précédentes. Car à peine effleurait-il le bois qu’une douleur vive lui fit reculer la main. Il s’était brûlé… En le touchant, il s’était brûlé. Sa mâchoire se contracta sous l’effet de la colère… ou bien de la peur… Il ne regarda pas Cassidy, marmonnant très vite.

- Retourne dans ta chambre… tu tombes de sommeil. Je vais… je vais me promener.


Et sans lui laisser ne serait-ce que le temps de lui proposer de l’accompagner, il partit en courant, droit dans la direction opposée à celle qu’il lui indiquait.
Il se mit à marmonner des mots en boucle, courant le plus rapidement possible, des mots alors qu'il avait du mal à respirer, comme s'il devait absolument les dire à cet instant... Elle elle ne pouvait pas les entendre mais... celles qui les surveillaient en silence, au cas où, si.

- Je la déteste ! Je la déteste ! Je la déteste !
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MessageSujet: Re: Réflexion au clair de lune   Jeu 21 Juin - 12:56

Elle ne pensait plus à toutes ces choses qui pouvaient se dire et se faire. Personne n'était pas pour voir ce couple assez bizarre qui semblait se retrouver d'une bien curieuse façon. Car leurs gestes étaient tellement doux, attentionnés, que même le temps semblait s'arrêter au vol pour mieux profiter des retrouvailles du duo d'enfance de l'époque. Mais au lieu de se taper dessus, de se chamailler, ils semblaient avoir trouver un terrain d'entente le temps d'un instant.

Cassidy regrettait aussi son enfance, de vouloir jouer la petite fille modèle et trop sérieuse, pas assez légère et enjouée. Mais c'est comme cela que les autres l'appréciait, la reconnaissait, alors elle gardait cette image sur elle. Mais la Cassidy de maintenant se rendait compte que si elle avait été un peu plus joueuse, peut être qu'elle aurait été comme les autres mais un peu plus épanouie. Au lieu de vouloir jouer la grande et la fière demoiselle.

Elle avait toujours vu Tristan comme un grand crétin qui aimait embêter les autres. Qui pensait que seul taper et être cruel était le meilleur jeu qui pouvait être. Et pourtant, elle l'avait toujours vu seul ce Drakkari. Ses petits tours répétés pour se faire remarquer la faisait directement réagir, dans un sens, il arrivait à attirer son attention bien qu'à cause de sa réputation elle ne pouvait pas réagir gentiment avec lui. Et pourtant, il était si seul et si isolé des autres. Différent, préférant agir en solitaire plutôt que de se mélanger dans la masse.

Les deux extrêmes. Ils étaient pareils, différents, voulant se faire remarquer à leur manière, tout cela pour s'attirer l'un et l'autre. Et pourtant aujourd'hui, le Drakkari avait bien changé. Il semblait être torturé, encore plus qu'à l'époque, comme si à chaque fois qu'il se mettait en colère il sortait sa carapace pour ne pas montrer que de simples mots ou gestes pouvaient le blesser. Que cachait-il ? Qu'avait-il vécu pour que des émotions aussi sombres atteignent ses yeux orangés et ambrés si magnifiques à regarder ? Qu'est-ce qui le poussait à être ainsi ?

Difficile de le dire. Et pourtant, jamais Cassidy n'avait posé ses yeux sur un homme pour le détailler autant. Jamais elle n'avait lancer ce petit regard si étrange qui n'était réservé qu'à Tristan. Elle s'était jusqu'à présent désintéressée des hommes pour des raisons physiques, dénués d'esprit et surtout, que cela l'ennuyait fortement. Que ses expériences passées avaient eu raison d'elle et la poussait à ne plus jamais tenter de comprendre un homme. Cela ne l'intéressait pas. Alors elle s'était perdue dans sa magie, dans ses objectifs qu'elle se fixait. N'étant pas attirée plus que ça.

Mais Tristan dégageait autre chose, un sentiment inconnu, une attirance qu'il lui était impossible d'éviter. Et elle se rendait compte que si la jeune femme ne faisait pas plus d'efforts, elle risquait de passer à côté de quelque chose qui pouvait vraiment avoir de l'importance.

Et pourtant, ils étaient là tous les deux, à observer les étoiles, chacun plongé dans ses pensées, leurs doigts qui s'entrecroisaient par instinct comme si cela les aidait à être proche, à se rassurer qu'ils étaient bien à côté l'un de l'autre. Encore un geste étrange pour Cassidy qui n'avait jamais tenu la main d'un homme naturellement. Sauf lorsqu'elle aidait ou qu'elle devait tirer quelque chose. Mais ce simple geste n'avait rien à voir avec tout le reste. Ils n'étaient pas vraiment obligés après tout. Mais le contact était le plus apaisant alors que le flux magique de Cassidy se détendait. Jamais elle n'aurait cru cela possible.

A sa réflexion sur le rose, Cassidy rit avec douceur. C'était vrai que ce qu'ils disaient était uniquement pour faire la conversation mais sa façon de parler, de dire les choses, il avait de l'humour c'était sûr. Et pourtant, elle ne l'avait jamais remarqué. Elle avait toujours été sérieuse mais depuis qu'il était là, Tristan arrivait à la faire rire, ce qui lui changeait des responsabilités et de la charge qu'elle avait au dessus de son académie. Est ce qu'il le voyait qu'elle riait pour lui ? Pas en se moquant, juste parce qu'elle le trouvait drôle. Et un homme drôle vaut mieux que tous ces pompeux qui ne pensent qu'à une seule chose, cette bande de machos sans scrupules prêts à regarder des femmes comme des potiches et des vases.

A sa demande sur son souvenir qui l'avait fortement surprise, se demandant ce qu'elle avait bien pu faire pour le sauver alors qu'il l'avait toujours traité comme une garce tout juste capable de l'embêter et de l'énerver, le corps de Tristan se crispa. Elle venait de toucher une corde sensible. Et cela l'intriguait encore plus de savoir, cela l'inquiétait de voir le Drakkari comme cela. Il tourna la tête vers elle et là, plus aucun sourire, rien. Comme si le fardeau qu'il portait pesait des tonnes et que le fait d'en parler était une horrible torture pour lui.

*Tristan... qu'est ce qui s'est passé ? Qu'as tu fait ? Ca me fait mal de te voir comme ça...*

C'était vrai, son visage et la douleur qu'il semblait éprouver faisait mal à la jeune mage qui restait simplement là, le visage un peu surpris mais calme, apaisant, ne montrant aucune touche de colère. Elle était là pour lui si il en avait besoin. Le jeune homme écarta une de ses mèches tout en effleurant sa joue et même si l'impression qu'elle avait était agréable, elle souffrait pour lui. Bien sûr, il ne voulait rien lui dire. Mais au lieu de s'énerver, de lui en vouloir, la jeune femme garda une attitude calme.

Hochant doucement la tête, elle ne semblait pas lui en vouloir. Après tout, ils avaient tous les deux beaucoup de secrets. Et pourtant, il y avait une seule façon de connaître la vérité. Un simple sort comme elle l'avait fait sur sa chevalière qui lui montrerait ce qui le rongeait. Peut être l'utiliserait-elle pour mieux le comprendre. Et pouvoir réagir sans qu'il se doute de quoi que ce soit, dans l'ombre, même si il ne voulait sûrement pas d'aide.

"Je comprends, il n'y a pas de problème"

Un fardeau est si dur à porter tout seul. Et chacun avait le sien. Elle aurait tant aimé le soutenir et l'aider à le porter.

Alors, Cassidy était quand même prête à lui expliquer de quelle façon il l'avait aidé. Oh oui elle n'était pas aussi parfaite que cela la demoiselle. Et si il savait bien évidemment il serait certainement très surpris. Mais elle avait le devoir de lui dire, de lui montrer qu'il était beaucoup plus important à ses yeux que ce qu'il ne pouvait imaginer et penser.

"En fait je..."

Elle n'eut même pas le temps d'expliquer qu'il se redressa rapidement, si rapidement qu'elle ne vit rien venir, grimaçant car son bras s'était vite glissé et que sa tête retombait dans l'herbe toute surprise. Non, elle ne savait pas ce qui avait bien pu tourné dans la tête à Tristan, ce qui lui avait provoqué cette réaction. Elle n'avait rien dit, rien fait ! Alors pourquoi ?

Bien sûr, elle ignorait totalement ses pensées et si il avait été capable de tels actes, la jeune femme était préparée, sachant que lorsque l'on prend la décision de se rapprocher d'un homme embrassant la cause des Kaärs, qui avait commis de nombreux crimes, on pouvait s'attendre à tout et n'importe quoi. Un amour dangereux, difficile mais peut être que le jeu en valait la chandelle.

Et bien sûr, même si ses pensées à lui étaient tragiques et dramatiques, cela ne se serait pas passé comme prévu. Car elle n'était pas une de ces femmes sans défense. Elle était une mage, et chargée à bloc de magie en plus, capable de lancer de puissants sorts et de le maîtriser très rapidement, ayant l'habitude de réagir dans des situations extrêmes et très subtiles. Elle n'était pas celle qui se ferait atteindre. Pas physiquement. Et elle l'aurait maîtrisé, car c'était son devoir à elle de calmer le jeu comme si de rien n'était. Elle commençait à éprouver des sentiments pour lui mais même cela n'était pas suffisant pour la priver totalement de ses moyens.

Il lui tendit la main pour l'aider à se relever alors que Cassidy le fixait d'un regard inquiet, incrédule, n'arrivant pas à comprendre la situation. Et pourtant, lorsqu'elle se retrouva en face de lui, une étrange chose se produisit et elle se passa la main sur le front. Elle sentait quelque chose, une magie... qui n'était pas la sienne. Sombre, noire, quelque chose qui ne devrait pas être là. L'inquiétude se transforma en un froncement de sourcil, l'instinct de la mage se mit automatiquement en marche alors qu'elle reculait la jambe, regardant tout autour d'elle.

*C'est quoi ce truc ? Il y a quelque chose qui perturbe...*

Elle ne comprenait pas mais n'allait pas rester comme cela sans bouger le petit doigt. C'était dangereux et elle ne savait pas ce qui était visé ni qui. La jeune mage n'avait pas son bâton mais d'instinct elle tendit les mains en l'air avant de les croiser sur sa poitrine. Un courant d'air se créa alors qu'elle activait une protection magique autour d'elle. Si cette chose en avait contre elle, elle devait être très prudente. Cassidy ne regardait pas Tristan, cherchant la source de la cause de magie.

"Fais attention... je viens de détecter un truc pas net... et je n'arrive pas à le localiser..."

Une simple mise en garde. Bien sûr, elle ne savait pas que la cible était Tristan lui même, et elle ne savait pas que cela se trouvait sur lui. Cela avait l'air d'être quelque chose de puissant et malsain, inquiétant même. Et cela la frustrait de ne pas trouver la source de magie. Peut être que au moment où la rune était apparu sur le torse de Tristan, la perception magique de Cassidy s'était mise en marche. De plus elle était beaucoup plus réceptive à cause de ce qui s'était passé.

C'était une mage maniant les arcanes et les runes, il aurait été honteux qu'elle ne sente pas la présence d'une magie autre que la sienne, surtout quand celle ci est maléfique. Autant cela aurait été un pacte d'invocation, une magie druidique ou encore un sort direct, elle aurait plus de mal, mais sur son propre terrain, elle n'aurait pas été digne si elle n'avait rien senti.

Elle remarqua que Tristan cherchait à ramasser son bâton, mais il le lâcha rapidement, comme si cela avait eu l'effet d'un électro-choc. Cassidy ouvrit la bouche pour commencer à protester mais il marmonna qu'elle devait aller se coucher avant de partir... dans la direction opposée en courant. La jeune femme regarda le Drakkari puis son bâton. Qu'est ce qu'il lui prenait d'un coup ?

*Tu crois que je vais aller sagement me coucher alors que tu n'as pas l'air dans un état normal ? C'est mal me connaître !*

En effet, elle était inquiète pour lui. Mais savait très bien que si elle s'amusait à le suivre il l'enverrait peut être brouter très loin, ou la repousserait, ou lui ferait du mal verbalement. Alors, il ne lui restait qu'une solution. Cassidy ramassa son bâton et murmura quelques mots. Sa peau devint transparente et une rune se colla sur son poignet alors qu'elle disparaissait dans le décor, elle et son bâton.

Elle fit claquer dans l'air un autre sort, la rune magie violette qui vint se coller dans ses pieds et courut à la suite de Tristan tout en prenant de la vitesse car elle lui avait laissé un bon temps d'avance. Cassidy remarqua à quel point c'était agréable d'être plein de magie et surtout cette magie liée aux sentiments qu'elle avait pour Tristan, cela lui donnait des ailes même si l'inquiétude était bien présente pour le moment.

Ses yeux se plissèrent pour apercevoir le Drakkari qui tournait autour du lac. Bien évidemment, elle n'avait rien entendu de ce qu'il avait dit un peu plus tôt. La lune aidait un peu pour le repérer et apercevant Kimmie dans un arbre pas loin du Drakkari, Cassidy s'envola doucement pour aller s'asseoir sans un bruit sur une branche solide, le camouflage qu'elle venait de se mettre empêchant toute détection physique.

Hors de question qu'elle aille se coucher sans observer le Drakkari et comprendre ce qui le faisait agir ainsi. Mais elle ne pouvait pas l'approcher pour l'instant, restant silencieuse alors que Kimmie a côté d'elle levait la main dans un signe pour lui ordonner de rester tranquille.

*Tristan...*
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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: Réflexion au clair de lune   Jeu 21 Juin - 15:15

Il s’était vu lui faire du mal et c’était tellement grisant. Sentir le pouvoir, cette force impressionnante dans ses muscles.
Quand sa force de Drakkari s’activait tout était différent.

Tristan ne la contrôlait pas du tout. Elle allait et venait comme elle le souhaitait. Des émotions négatives la faisaient apparaître souvent. En particulier la colère.
Certains souvenirs aussi. Et elle enflait comme une énorme bulle. Mais une bulle puissante, résistante. Il se sentait alors ivre de force, de possibilités et qu’aucune limite ne pouvait l’arrêter, aucune barrière n’était infranchissable.

Son maître lui en avait parlé un jour. Il en avait connu des Drakkaris et avait pu admirer leur puissance sans limite. Pour lui, Tristan pouvait devenir encore plus fort. Parce qu’il ne se fixait pas de limites. Il était intrépide et très pointilleux. Ses entraînements, il les poussait souvent à l’extrême, oubliant parfois de manger.
Mais ce dernier point c’était encore et surtout à cause du chagrin.

Il pouvait devenir vraiment très fort. Mais voilà… Ca ne se passait pas vraiment comme prévu. Chez certains Drakkaris, cette force ne se manifestait jamais. Tristan pensait que pour lui elle était… aléatoire parce qu’il essayait de l’obtenir, mais qu’au départ, il n’était pas fait pour être un guerrier.
Un chevalier tactique, menant des batailles et des hommes, mettant au point des plans infaillibles à la rigueur oui. Un artiste qui n’aurait bien sûr pas consacré sa vie à la peinture puisque le sang trop vif pour cela mais gardant tout de même des moments pour son art.

Et là, il l’avait sentie pendant un instant. Cette force qui se manifestait de manière si particulière. C’était comme si un vrai tonnerre grondant se faisait entendre, comme si un feu qui ne brûlait pas emplissait ses veines, il se sentait fort, il se sentait comme un lion majestueux et tout puissant. Les limites n’existaient plus. Il aurait écarté sa magie d’un revers de main, d’un bon coup de poing. C’était un brin prétentieux oui, et plus qu’un brin en fait.

Mais quelle importance. Pendant une seconde des images avaient défilé dans sa tête, se heurtant, se frappant. Elles étaient fortes et violentes mais au combien merveilleuses. Le goût sucré de la victoire. Non, le goût sucré de sa peau.

Il s’était fait violence, avait réagi uniquement pour elle, grâce à elle.
Quand il l’avait embrassé dans la nuque un peu plus tôt, il avait un drôle de goût sur les lèvres, très diffus, vraiment diffus, pratiquement rien et s’il n’avait pas été certain que son biscuit était au chocolat, il se serait convaincu que le goût fruité provenait de leur frugal et inconscient diner.

Et là, alors qu’il jubilait presque devant ces images, il s’était passé discrètement la langue sur les lèvres. Non pas la victoire. Ce sucré c’était sa peau. Et il avait retrouvé ses repères, bondissant aussitôt loin d’elle.
Pauvre Cassidy, elle ne devait pas y comprendre grand-chose. L’instant d’avant, il était doux, proche d’elle, calme, l’instant d’après il devenait… une espèce de feu follet.

Il y avait eu autre chose aussi. Quand elle lui avait posé sa question… quand elle le priait, de manière polie, de lui en dire plus. Il avait l’impression d’entendre une petite voix, sa petite voix timide qui lui disait « s’il te plait, raconte moi, j’ai tellement envie d’en savoir plus sur toi ». C’était complètement absurde comme pensée. Pourquoi voudrait-elle en savoir davantage sur lui. Il lui avait pardonné son geste donc c’était bon, non ? Elle n’avait plus à culpabiliser, plus à s’en faire.

Mais… il lui avait répondu par la négative et il le savait : il n’avait pas réussi à cacher le poids, ou du moins une partie du poids qui pesait sur ses épaules et sa conscience. Non personne ne devait savoir. Ce qu’il avait fait, ce qui s’était passé, ce secret terrible enfoui dans ses pires cauchemars aussi vif, impressionnant, terrifiant qu’au premier jour. Il le revivait à chaque fois et c’était horrible.
Le partager, c’était hors de question.

Pourtant le Drakkari avait été doux dans son geste, il avait refusé poliment et elle avait semblé comprendre mais quelque chose brillait dans ses yeux noisette. Quelque chose qui lui disait qu’elle ne se contenterait pas de cette réponse. Pour l’instant oui mais pas pour toujours.
Mais il n’avait pas pu y faire plus attention.

Tristan était sincèrement curieux quand il s’était retourné vers elle, voulant savoir en quoi il avait pu l’aider et là tout s’était renversé. Les images, les sons, tout devenait si violent.
Il avait failli céder, mais il s’était repris et à présent, il était d’une pâleur de mort.

Mais il y avait pire. Alors qu’il l’aidait à se relever, perturbé et distant, il avait vu son regard, ses sourcils froncés, l’air sur son visage. Elle se doutait de quelque chose et il se crispa. Bien sûr ! Elle était mage et douée qui plus est !!! Elle pouvait certainement le sentir, au moins un peu !!!
Elle fit un pas en arrière comme pour se protéger et il déglutit mal à l’aise. Elle l’avertit et une espèce de soulagement l’envahit du fait qu’elle ne déterminait pas l’origine de cette… magie. Ouf… heureusement.

Il s’était blessé en prenant le bâton. Donc la marque devait se voir… heureusement qu’il portait une tunique cette fois, il n’aurait pas pu la cacher autrement.
Mais le jeune homme ne s’appesantit pas dessus et prit purement et simplement… la fuite. Sans savoir qu’une petite mage têtue à l’excès le suivait !!!

En fait il ne se doutait de rien à cet instant et il était difficile de savoir s’il pensait seulement à quelque chose. Tristan courait à en perdre haleine et il ne s’arrêta qu’après avoir atteint des arbres. Là, il s’arrêta, haletant, serrant et desserrant les poings. Il faisait des gestes avec ses bras comme pour chasser quelque chose, mais assez faiblement.

Le jeune homme s’appuya contre un arbre, le front sur la surface liste. Ses ongles crissèrent légèrement alors qu’il forçait contre l’écorce, les muscles de son dos devenant apparents sous sa tunique en se contractant. Il avait l’air de souffrir et il souffrait vraiment en fait.
Il se retourna, calant son dos contre l’arbre, ne pensant pas qu’il pouvait être observé et glissa au bas du végétal, les yeux clos, les dents tellement serrées qu’il devait avoir mal à la mâchoire.

Brusquement il ouvrit la bouche et se mordit le bras avant de pousser un hurlement fortement étouffé par cette… prise. Sa respiration était toujours haletante et il se mit à parler très vite, d’une voix rauque, comme s’il s’adressait à quelqu’un, comme si quelqu’un pouvait ou plutôt DEVAIT l’entendre. Il se frappa vivement le torse du poing, comme s’il avait avalé de travers.

- … Je me fiche de ce qu’elle ressent… Ce n’est qu’une petite fille… Non non non… tout va bien, ce n’est pas ça… Non ce n’est pas elle… Non. Rien, rien du tout.


Il fut pris d’un rire qui ressemblait un peu à un sanglot bien que ses yeux, lorsqu’il les rouvrit ne comportait aucune trace de larme.
Sa respiration s’était faite plus calme et son visage s’apaisa, toute trace de douleur disparaissant. Ca allait mieux à présent… oui, mieux…

Alors il leva une de ses mains à la hauteur de ses yeux et grimaça.
Lorsqu’il avait pris le bâton, il avait senti une brûlure. Or techniquement… il est bien difficile de brûler un Drakkari puisqu’il résiste aux flammes. Oui mais ça ce n’était pas des flammes, c’était de la magie et avec ce truc activé, c’était… inévitable.

A l’endroit où sa paume avait rencontré le bâton de mage, une boursouflure rouge s’était formée, semblant porter chaque marque, chaque rainure du bois précieux.
Il marmonna très bas et se passa la main sur le front puis sur la nuque. Ils étaient moites de sueur, d’angoisse. Il avait vraiment eu peur pendant un instant.

- Qu’est ce qui s’est passé au juste ?... Ce n’est pas censé.. pourquoi ?


Il grimaça, appuyant l’arrière de son crâne contre l’arbre derrière lui. Il semblait surpris, perplexe, ne pas comprendre ce qui avait pu lui arriver et en même temps…
Une lueur d’inquiétude commença à briller dans ses yeux.

- Non ce n’est pas ça… ce n’est pas possible.


Pourtant il avait prononcé si vite ces mots, ceux qui prenaient la suite de cette répétition de haine qu’il porterait à une seule et même personne. Cassidy… Oui c’était elle qu’il détestait. Il se le répétait en boucle dans son esprit.

- Ca doit être une de ces fichus potions dégueu qu’ils m’ont donné… berk… vu le goût que j’ai dans la bouche ça peut être que ça.

Il en semblait convaincu.
Ou plutôt il essayait de s’en convaincre.
Tristan se releva lentement.
Soudainement il semblait très fatigué, vraiment las et son regard fut attiré par la chevalière qu’il portait à la main. Il la leva vers l’éclat de lune qui perçait l’obscurité du feuillage et un sourire mélancolique se plaqua sur son visage.

- Bientôt…


Alors seulement il se remit à marcher, sortant des bois et se dirigeant vers le château, bien décidé à aller dormir et à oublier tout ça… Tant qu’il le pourrait.
Ca avait été extrêmement bref, tellement qu’il n’était même pas sûr que ce n’était pas un effet de son imagination. Peut-être allait-il ouvrir les yeux et se rendre compte qu’il s’était assoupi dans l’herbe avec Cassidy. Mais apparemment… non.
Il passa à côté de l’endroit qu’ils avaient occupé peu avant et détourna rapidement les yeux, comme s’il avait honte.

Oui, il avait honte.
Et il avait peur.
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Cassidy Herediane
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MessageSujet: Re: Réflexion au clair de lune   Jeu 21 Juin - 16:27

Cassidy ne comprenait plus rien. C'était comme si le Drakkari avait une double personnalité ou tout simplement qu'il refusait certaines choses, comme si tout le comportement qu'il avait eu avec elle, il voulait le mettre le plus loin possible. La jeune femme en était complètement perturbée, alors qu'elle commençait à se rendre compte de certaines choses, il fuyait. Mais elle ne pouvait pas vraiment lui en vouloir.

Elle ne savait absolument rien et se demandait quoi dans son attitude avait pu faire changer le comportement du Drakkari. Après tout là, elle n'avait absolument rien fait avec lui. Elle n'avait pas été orgueilleuse ni méchante. Elle ne l'avait pas provoqué. Alors pourquoi ? Les hommes semblaient bien difficiles à comprendre et encore plus ce Drakkari, qui lui rongeait doucement le coeur.

Les hommes, c'était encore plus difficile de que lire un bon livre d'apprentissage. Comme si on ne pouvait rien apprendre à l'intérieur et que seul l'expérience comptait. C'était un peu ça avec lui. Un livre écrit dans de drôles de symboles qu'il n'était pas vraiment évident de comprendre à première vue. Un gros mystère qu'il était. Et pourtant Cassidy était prête à le comprendre, à l'aider, mais il n'en voulait pas vraiment, préférant faire son solitaire. Mais cette fois, elle continuerait, essayant d'y aller doucement, car elle sentait qu'il y en avait besoin.

Alors elle avait couru pour le suivre et se cacha dans un arbre jusqu'à côté de Kymie. Ecoutant et observant le Drakkari qui n'avait pas l'air dans son assiette. Il parlait d'elle, il s'en fichait... non mais qu'est ce qui lui prenait ? Il ne s'en fichait pas tout à l'heure pourtant ! Difficile de le comprendre à ce moment, c'était à en perdre la tête. Son visage exprimait une profonde surprise alors qu'il le regardait faire.

*Quoiiii ? Des trucs que les Cheistams lui ont donné ? Ils l'ont drogué ? Ah mais ça ne va pas se passer comme ça !*

Elle avait envie de sauter à côté de lui pour aller l'apaiser mais Kymie l'en empêchait, sentant qu'il valait mieux qu'elle reste à sa place pour ce moment. Ses paroles et ses mots étaient mystérieux et la jeune femme le craignait un peu, que lui cachait-il encore qu'elle ne pouvait pas détecter ? Devait-elle le faire parler ? Pour son propre bien ?

Elle ne loupa pas le moment où il examina sa main. La main qui avait prit le bâton. C'était bizarre ça aussi, première fois que ça arrivait. Pourtant même si le bâton était chargé de sa magie, il n'aurait pas du le blesser, elle n'y comprenait plus rien du tout mais la jeune femme garda cette pensée dans un coin de sa tête.

Lorsqu'il partit, elle croisa le regard de Kymie, la regardant avec une certaine interrogation. Mais la lutine n'en savait pas plus qu'elle, et aimerait bien en savoir davantage. Tout n'était pas clair pour le Drakkari et elle espérait bien en apprendre davantage au fil des jours pour mieux comprendre pourquoi il agissait comme cela.

Cassidy descendit de son arbre et au lieu de partir vers le château, se confectionna un lit près du lac avec l'environnement, préférant garder avec elle le souvenir de cette jolie nuit étoilée passée avec le Drakkari.
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