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 Encore en train de sermonner le vilain Drakkari ?

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Cassidy Herediane
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MessageSujet: Encore en train de sermonner le vilain Drakkari ?   Jeu 21 Juin - 14:10

(Suite de : Arrivée de Jace)

03/09/285
23h45


Il était tard, très tard.

Cassidy avait amené Jace à sa chambre et lui avait fait visiter brièvement les lieux. Et pourtant, Tristan avait été l'invité surprise de la nuit, se bagarrant avec les ouvriers du chantier. Toute la journée il avait été plutôt calme et d'ailleurs, ils ne s'étaient pas vraiment croisé après les derniers évènements.

Elle était restée enfermée dans son bureau, s'occupant des dernières notes mais trouvant le passage du temps très ennuyeux. C'était sûr que c'était beaucoup plus long que lorsque Tristan était à ses côtés pour la faire réagir d'une façon ou d'une autre, bien que l'attitude qu'il prenait parfois l'exaspérait un peu.

Dans le parc, la jeune femme n'avait pas osé montré une inquiétude pour le Drakkari, il fallait qu'elle reste forte malgré les sentiments qu'elle pouvait éprouver pour lui. Et montrer qu'elle le jugeait quand même avec respect, mais pas avec ce comportement qu'elle avait avec lui, se faisant moins maladroite, plus assurée et digne. Car une femme qui commence à montrer des signes de faiblesse pour un homme, cela pouvait être mal vu.

Il ne fallait pas qu'elle oublie que c'était la directrice de l'académie, avec une grosse charge, de grandes responsabilités. Montrer à Jace qu'elle avait une certaine attitude protectrice et attentionnée avec Tristan n'aurait pas été une très bonne idée. Tout comme les ouvriers qui n'auraient pas compris et se seraient peut être rebellés, ne comprenant pas pourquoi la dame préférait écouter un malfrat plutôt que d'honnêtes gens.

Mais elle n'était pas dupe et avait su écouter Tristan. Certaines de ses paroles étaient restées dans sa tête et elle avait bien l'intention de lui en parler. C'est donc après avoir conduit Jace à sa chambre et que Tristan déposait les malles qu'elle s'adressa au Drakkari avec fermeté, lui demandant de la suivre, qu'elle avait encore des choses à régler avec lui.

Cassidy ne lui laissait pas le choix car le tatouage était toujours actif et c'est donc éclairé par la présence de sa sphère qu'elle se dirigea vers le bureau accompagné par lui, grommelant toute seule au sujet de l'heure, de certaines choses sans intérêt. Elle ouvrit la porte du bureau et entra avec lui à sa suite.

Comme d'habitude c'était le bazar. La jeune femme tendit la main et écarta les choses qui traînaient dans le chemin qui se soulevèrent paresseusement et vinrent se poser contre les murs. Elle tira la chaise et invita Tristan à s'asseoir, ce qu'il dut faire bien malgré lui alors qu'elle rallumait son cristal Lumis pour éclairer la pièce tout en reposant son bâton près de la fenêtre.

Aucune parole ne sortit de la bouche de la jeune femme alors qu'elle soupira en regardant dehors par la fenêtre sans regarder le Drakkari. Elle sortit sa gourde et en but une gorgée. Les prises se faisaient plus rares mais il suffisait qu'elle utilise son tatouage pour que la douleur revienne. Maudits Cheistams ! Bon en même temps elle avait évité la catastrophe. Mais en faire un aussi mal était-ce une bonne idée.

Elle se retourna alors vers lui tout en tirant la deuxième chaise pour se mettre face à lui et le regarda droit dans les yeux. Toute trace de visage fermé, digne, sérieux avait disparu, laissant voir une expression ouverte et attentive, voulant comprendre ce qui s'était passé exactement.

"Si ça ne te dérange pas, j'aimerais entendre ta version au sujet de cette... bagarre"

Le Drakkari devait sûrement être surpris, après tout elle ne lui avait pas laissé le temps de s'expliquer dans le parc. Pouvait-il la comprendre ? Son attitude avait vraiment changé et lorsqu'elle se retrouvait seule avec lui, les choses étaient différentes, elle ne se forçait pas à montrer une image, elle restait comme elle était, au naturel.

"Je pense que tu dois m'en vouloir, mais je n'avais pas vraiment le choix... et j'avais l'intention de te demander ton avis à toi aussi"

Elle baissa la tête tout en soufflant doucement.

"Cela n'aurait pas été juste que je n'accorde que du crédit à leur version... mais te le demander ouvertement devant eux... je pense que ça n'aurait pas été une bonne idée..."

La jeune femme posa doucement la main sur son front à lui pour désactiver la rune dans son dos. Le maintenir encore plus longtemps que ça, elle ne le supportait pas. Mais il fallait bien qu'ils s'expliquent.
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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: Encore en train de sermonner le vilain Drakkari ?   Jeu 21 Juin - 15:52

Cette bagarre n’avait rien d’extraordinaire et pourtant…
Enfin Cassidy les avait finalement arrêtés. Quel dommage ! Il était bien parti pour leur refaire le portrait à ces petits ouvriers ! Ah ils voulaient se battre ?! Alors ils allaient se battre !
Peut-être pensaient-ils que savoir donner une droite dans une bataille de bar c’était se battre. Ils allaient avoir une sacré surprise.

Et ils avaient eu la surprise. Le grand Drakkari était un costaud. Il savait frapper et même s’il n’était pas encore remis de son séjour chez les Cheistams, il avait de quoi mettre du plomb dans la tête de certains petits prétentieux !
Sauf qu’elle les avait interrompus.

Il y avait eu un échange verbal sans intérêt mais qui l’avait fait rager puis elle l’avait entraîné à sa suite, utilisant le tatouage. Il pensait qu’elle ne voulait pas avoir recours à celui-ci !!!! Eh bien elles s’étaient vite envolées ses belles paroles.
Il avait rencontré Jace et l’avait fixé avec insistance, se demandant qui était ce gars venu d’il ne savait trop où et qui pouvait sans doute paraître effrayant pour la plupart des gens. Mais lui n’avait pas peur.

Il était ou très courageux ou complètement stupide, mais peu de choses lui faisaient réellement…peur.
En fait rien du tout, il n’avait peur de rien ! Ou presque.
Et il y avait eu l’histoire de malles. Alors ça… Il avait été complètement idiot sur ce coup là. Très susceptible, il s’était senti heurté dans sa « sensibilité » quand elle lui avait demandé de prendre UNE malle.

Et il avait joué à l’idiot, à l’abruti… fini…
D’ailleurs il était indigné par son propre comportement et se trouvait des airs de macho pompeux.
Enfin ça n’avait rien de pompeux, c’était même carrément très impressionnant. Il était en colère et la force lui était venue rapidement alors les soulever, c’était faisable, même si c’était quand même… lourd et encombrant.

Mais il ne fléchissait pas, il était hors de question de fléchir !Surtout après cette démonstration de force, il aurait l’air tellement ridicule autrement qu’il ne lui resterait plus qu’à creuser un trou pour s’enterrer de honte dedans !!!
Le jeune homme avait donc porté les malles.

Mais il avait l’impression que Cassidy le punissait parce qu’elle présentait les lieux à Jace et que lui trimait quand même pas mal avec sa lourde charge. Bon d’accord, il avait fait l’idiot ! Elle pouvait arrêter le massacre maintenant ?
Finalement, il put les déposer ce qui malgré le tiraillement douloureux dans ses muscles et la pointe de feu dans son coude gauche, se fit en douceur.

Il n’avait pas peur certes mais inutile de se mettre aussi stupidement un nécromancien à dos. Il n’était pas fou non plus !
Il salua l’homme qui semblait vraiment être très curieux quand même aux vues des nombreuses questions qu’il avait posé à la jeune femme et qui l’avait agacé. Pas parce qu’il était jaloux hein !!!Pas du tout non non !
C’est juste que c’était lourd voilà !

Mais alors qu’il allait se diriger vers sa chambre, Tristan fut appelé par Cassidy qui voulait lui parler. Et il dut la suivre de mauvaise grâce. Flûte ! Il avait cru pouvoir y échapper.
Ce fut en silence qu’il se dirigea à sa suite. Malgré son air impassible, la tension dans ses muscles prouvaient qu’il n’était pas si insensible… ou alors encore sous le choc d’avoir porté si lourde charge.

Par contre… Elle ne changeait pas. Et dire qu’elle avait rangé la veille ! C’était un véritable bazar sans nom qui régnait. Normalement un rangement même aussi… chaotique possède une forme de logique. Mais là, clairement, il n’y avait pas la moindre logique. C’était juste… le bazar.
Pourtant un petit sourire amusé, loin de sa grimace rancunière qu’il arborait depuis un moment, éclaira son visage. C’était bordellique, mais c’était elle en quelque sorte.

Il fut contraint de s’asseoir et son sourire disparut.
La sensation du tatouage dans son dos était vraiment étrange. Il savait qu’il était obligé d’obéir. D’ailleurs son corps faisait les choses tout seul, même s’il résistait mentalement. Et plus il résistait, plus c’était douloureux. Il avait l’impression de sentir comme des coups de fouet quand il essayait de se braquer. Donc pour l’instant, il suivait… docilement mais son regard n’en était pas moins rancunier.

Elle semblait lasse, fatiguée et il se détendit un peu. Mine de rien ils étaient seuls. Elle faisait au moins l’effort de ne pas l’engueuler devant son petit copain plutôt grand qui venait d’arriver ! C’était déjà ça oui !
Mais à sa grande surprise elle était d’un calme olympien… sauf qu’une fois qu’elle lui fit face elle semblait plus détendue mais… autre chose en même temps. Dans ses yeux il y avait quelque chose.

Et elle lui demanda sa version des faits. Tristan fut si surpris que sa bouche s’entrouvrit légèrement. Or même ce simple geste qui sur les gens « normaux » donnait un air un peu bêta (sauf qu’ils ouvraient bien davantage la bouche) chez lui, avait un charme certain, craquant.
Il n’en était pas moins surpris pour autant. D’ailleurs le jeune homme la fixait avec insistance, comme s’il se demandait à quoi elle jouait.

Elle expliqua même qu’elle avait prévu depuis le début de l’écouter et il ne répondit pas tout de suite, la dévisageant comme s’il observait une curiosité de la nature. Puis seulement un sourire narquois étira ses lèvres, craquant… mais narquois et il rit sur un ton moqueur avant de croiser ses mains derrière sa nuque, prenant inconsciemment une pose plutôt… avantageuse pour son torse nu.

- Les faits, les faits… Alala… Ma version alors. Eh bien c’est ce qu’ils ont dit en fait. Mais j’aime pas les rapporteurs. Il y a bien eu un déploiement de qualificatifs à ton propos et de ce… qui pourrait se passer entre… un homme avide et une aussi jolie et délicate petite fleur que toi, une tentative de remise en place puis la bagarre.


Il plissait les lèvres dans une moue séduisante mais encore une fois vraiment moqueuse, finissant par croiser les bras sur son torse en prenant un air pensif.

- Par contre, je ne sais plus exactement qui a frappe en premier. Etait-ce eux ou moi ? de toute façon peu importe, ils se seraient pris une bonne dérouillée si tu n’avais pas débarqué. Pppffff. Enfin bon, ça leur apprendra à se prendre pour des guerriers ces boules mouillées dégingandées.


Il ricana puis la fixa de ses yeux orangés, son petit sourire taquin revenant au galop, avec une attention toute particulière comme pour la défier de le punir. N’était-elle pas là pour faire régner l’ordre après tout ?

- Alors princesse ? Tu vas me punir ? Si ça implique toi en petite tenue, même avec un fouet à la main, ça me va. Murmura t-il sur un ton charmant mais lourd de sous-entendus sur la fin
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Cassidy Herediane
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MessageSujet: Re: Encore en train de sermonner le vilain Drakkari ?   Jeu 21 Juin - 20:35

Cassidy s'y attendait à un moment ou un autre que le Drakkari se rebelle, ou du moins que la sociabilité ne serait pas évidente du tout pour le jeune homme. Un rien pouvait déclencher une colère, une bagarre, il serait en confrontation avec d'autres hommes, ce qui voulait dire des risques de provocation, et beaucoup de tentation.

Cependant, elle lui avait dit utiliser uniquement le tatouage en cas de danger et là justement il y avait danger car même si ils étaient à plusieurs et bien le Drakkari avait quand même une certaine force. Elle l'avait vu à l'oeuvre sur le terrain d'entraînement, de quoi il était capable alors il pouvait très bien arriver des choses tragiques. Mais elle ne s'était pas contenté de maîtrisé le Drakkari alors que la jeune mage sentait très bien que les ouvriers auraient pu le taper encore pendant un bon moment. Cassidy ne le savait pas pourquoi mais elle le sentait.

Alors pour rétablir les choses, elle avait projeté les ouvriers plus loin pour qu'ils n'approchent plus de Tristan même si celui ci devait quand même être bien rageux de s'être fait piqué la vedette par la petite mage et son invité. Mais il ne semblait pas comprendre la situation dans laquelle elle était placée la petite directrice aux yeux noisettes et ce n'était pas évident du tout de gérer cette situation.

*J'aimerais que tu comprennes au moins ça... ne m'oblige pas à t'enfermer dans une petite salle étroite et sans lumière... c'est la seule condition que je te laisse comme ça... alors ne m'oblige pas...*

Cassidy était effectivement fatiguée en le faisant assoir sur sa chaise. Par sa journée qui avait été longue et pénible et surtout par tout ce qu'elle devait gérer. Mais bon c'était des responsabilités et devant Tristan, le masque tombait alors qu'elle arborait un air digne et calme devant les autres. Il devait bien l'avoir remarqué cela. C'était elle devant les autres.

Et pourtant lorsqu'elle regardait le Drakkari, il n'y avait aucune trace de colère ni quoi que ce soit, semblant juste examiner son visage et ses blessures. Sa lèvre saignait un peu et il allait sûrement avoir des traces de bleus le lendemain qui se mélangeait avec la poussière et la sueur de la journée. En gros, il n'était pas vraiment dans un bon état même si son attitude était juste assez agacée d'être ici avec elle. Mais elle ne dit rien là dessus, se contentant de lui demander sa version.

Et la petite figure qu'il donna à ce moment là était vraiment adorable quand il était surpris alors qu'elle lui demandait la raison de son geste et ce qui s'était passé. Effectivement il ne devait pas s'y attendre mais Cassidy avait toujours été assez forte dessus. Cependant, il avait l'air bien sûr de lui le Drakkari, lui confirmant la version des faits que les ouvriers avait donné, à sa façon.

Elle fronça doucement les sourcils. Il semblait si désinvolte, si moqueur, comme si il s'en fichait de la situation actuelle. Cassidy soupira lentement et baissa la tête, peut être un peu déçue de sa version des faits, s'attendant à autre chose. Mais elle ne le savait pas vraiment, et lui confirmait. Elle haussa les épaules.

"Bon si tu le dis... mais après, je peux très bien pensé qu'ils ont aussi dit quelque chose. Après tout, un certain Drakkari m'a dit de me méfier des hommes... qui ne me dit pas qu'ils le pensent aussi... enfin non quand même pas sinon ils n'y aurait pas eu de conflit. Bon bon..."

Lorsqu'il parla de punition, elle leva la tête, plissant doucement les yeux, un peu intrigué et ne s'imaginant pas du tout comme cela. Ah non le frapper, le fouetter, très peu pour elle, ce n'était pas son genre.

"Te punir ? Oh oui je vais te punir !"

Mais avant elle avait juste posé sa main près de son front pour désactiver le tatouage et se releva doucement pour aller chercher quelque chose dans son tiroir, fouillant frénétiquement. Cassidy en sortit une petite mallette en bois fin et le posa dans un bruit sourd sur les parchemins de son bureau.

"Bon, on va commencer..."

La jeune femme ouvrit la mallette, jetant quelques regards à Tristan au dessus puis sortit quelques éléments avant de s'approcher de lui, se rapprochant de lui s'asseyant sur sa chaise à elle poru être à sa hauteur. Elle tendit alors... un bout de coton ! et posa une mixture un peu froide dessus tout en commençant à nettoyer son visage.

"Au fait... j'aimerais bien... que tu n'essaie pas de dire ce genre de choses en public... c'est difficile de se maintenir une bonne image et j'ai énormément de mal à trouver des gens qui veulent bien aider à la rénovation de cet endroit..."

Elle était douce dans ses gestes, se mordant la lèvre inférieure et concentrée sur ses blessures. Pourquoi être aussi attentionnée ? Elle n'allait pas le laisser comme cela quand même !

"Je sais que je ne peux rien empêcher bien entendu... mais bon..."

Cassidy continua tranquillement de nettoyer son visage.
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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: Encore en train de sermonner le vilain Drakkari ?   Ven 22 Juin - 6:31

Tristan l’observait sous les mèches rebelles de sa frange en bataille. Certaines étaient un peu collées à son front à cause du sang mais il ne semblait pas troublé plus que cela par ses blessures.
Après tout, il était un guerrier, ces égratignures ne pouvaient pas le troubler plus que ça.
Suivant donc docilement, vexé d’être ainsi contraint d’obéir mais aussi dans un sens très curieux (ce qu’il n’allait certainement pas lui dire) et regrettant de ne pouvoir observer le phénomène que d’un point de vue interne, ses pas s’étaient adaptés à ceux de la jeune femme.

Il marchait moins vite même s’il feignait l’indifférence et l’agacement.
A présent qu’ils étaient seuls, le visage de la mage se transformait. Sous ses yeux.
C’était quelque chose d’assez curieux. Elle avait été impassible pendant l’interrogatoire des ouvriers alors que lui avait l’impression de flamber de rage.
Mais il n’avait pas la force de lutter contre le tatouage pour lui échapper et continuer de se battre. Du moins pas encore…

Il ne l’observait pas comme une bête curieuse, après tout, il respirait la nonchalance mais.. il était tout de même surpris.
Elle semblait tellement plus… moins… moins fermée, plus attentive et surtout elle le regardait. Quel étrange phénomène.

Enfin Tristan avait l’habitude que les femmes le regardent. N’était-il pas terriblement séduisant avec ses yeux orangés si irréels et ses petits sourires ? Avec ses traits d’ange qui poussait aux vices et la forme carrée de sa mâchoire ? Et ses lèvres alors ? n’avait-on pas envie de les embrasser lorsqu’il les pinçait en une petite moue qui semblait provocante ?

Oui mais elle ne le regardait pas vraiment de cette façon. Enfin il ne savait pas trop. Elle était si innocente dans sa façon d’être. Elle n’était pas comme les autres.

Cassidy lui demanda sa version et il répliqua avec son air narquois. Il semblait ne rien en avoir à faire de cette histoire et c’était comme s’il confirmait la version très… peu flatteuse que les ouvriers avait donnée. Ainsi, il avait voulu engager la conversation, parler d’elle, de ce qu’il avait l’intention de lui faire, s’annonçant certainement gagnant puisqu’aucune femme ne lui résistait éternellement.
Et elle… Pouvait-elle affirmer aujourd’hui qu’elle n’avait pas un petit faible pour lui ?

Elle avait l’air déçu…
Il réprima un ricanement méchant. A quoi s’attendait-elle ? Un quiproquo ? Qu’il ait en réalité déclaré haut et fort sa flamme pour elle, l’envie qu’il avait de la serrer dans ses bras et que ces hommes, se moquant de lui, aient engendré sa colère ?
Allons bon, elle rêvait la demoiselle !

Pourtant il cessa rapidement de la regarder, comme si elle n’en valait vraiment pas la peine, posant son menton dans une de ses mains dont le coude était appuyé contre un accoudoir de sa chaise.. qui tenait plus du fauteuil que de la chaise.
En réalité il préférait éviter son regard. Avec elle, il pourrait bêtement se trahir… d’un simple regard, il en était certain.

Pourtant, il lui avait jeté des regards furtifs alors qu’ils marchaient jusqu’à son bureau. Un sourire amusé avait éclairé son visage devant l’air ambiant. Quand elle avait abandonné son masque, il avait été frappé par la pâleur de ses traits et les légers cernes bleutés sous ses yeux.
Etait-ce lui ou bien chez elle, même des cernes pouvaient être… mignons ? Sans doute y avait-il de la magie là-dessous.

Il la provoqua avec ses histoires de punition et elle lui jeta un regard un peu de travers avant de confirmer. Tristan retourna les yeux vers elle, ne cachant pas sa surprise. Etait-elle donc aussi une adepte du châtiment corporel ? Pensait-elle pouvoir lui faire mal avec ce corps qui n’était fait que pour la magie ? Il fronça les sourcils. Il avait beau essayer, il ne parvenait pas à l’imaginer en bourreau. Ses lèvres s’étirèrent légèrement. Ou un bourreau en robe rose…

Mais finalement elle revint avec une boite. Il se raidit un peu sur sa chaise, essayant de ne rien laisser paraître mais… elle commença à nettoyer ses blessures et il lui lança un regard… Il n’était pas sûr qu’elle l’ait vu étant donné qu’elle était concentrée sur sa tâche. Mais c’était un regard plein de soulagement mais aussi de tristesse. Qui disparut très vite alors qu’il grimaçait lorsqu’elle commença à appliquer une lotion pour le désinfecter, qui piquait énormément.

Elle était tout près de lui, à nouveau.
Il pouvait d’ailleurs voir le moindre détail de son visage. Pourquoi avait-elle cette légère lueur de déception dans les yeux alors qu’elle s’occupait de lui avec une telle attention ? Et pourquoi ça lui donnait autant… mal au ventre ?
Elle lui parla et il l’écouta, figé, immobile, ses poings serrés reposant sur ses genoux.
Un nouveau sourire taquin apparut sur son visage.

- Est-ce bien prudent de me le demander ?

Il posa ses mains sur les siennes, l’arrêtant dans son geste et approcha dangereusement son visage du sien, si près qu’il pouvait presque entendre son cœur battre, son pouls se voyait de temps à autre sur une veine de son cou, ce joli petit cou dans lequel tant de monstres aimeraient planter leurs crocs. Lui aussi sans doute.

- Est-ce une requête ? Je n’agis pas pour rien tu sais… quelle… serait ma récompense si j’étais moins… explosif ?

Ses lèvres s’étirèrent un peu plus, dévoilant se dents parfaitement alignées. Comme son sourire était comme toujours légèrement en coin, il révélait une de ses canines au passage, mais pas l’autre, ce qui lui donnait avec sa façon d’incliner la tête vers elle un air de petit diablotin malicieux… à la haute stature.

Finalement il se recula, la libérant de son emprise et soupira en se passant négligemment la main dans les cheveux et comme s’il s’ennuyait aussi.

- Oh c’est bon arrête un peu avec tes airs de cocker, ce n’était qu’un malheureux accrochage sans intérêt. Je serai touuut mignon avec eux demain si tel est ton désir princesse mais…


Il revint à la charge, mais sans tenir ses poignets cette fois-ci, son visage était encore plus près du sien qu’un peu plus tôt, à tel point qu’ils ne pouvaient pas se fixer constamment dans les yeux au risque de loucher.

- On dirait que tu as du mal à croire à ce qui s’est passé. Ne me crois-tu pas capable d’agir ainsi princesse ?


Son sourire moqueur avait aussi une petite pointe de surprise et presque… d’admiration. Ils étaient très proches, mais encore une fois, il se recula sans donner l’air de souffrir de rompre ainsi ce « presque » contact.
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Cassidy Herediane
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MessageSujet: Re: Encore en train de sermonner le vilain Drakkari ?   Ven 22 Juin - 9:57

Cassidy ne pouvait pas savoir ce que pensait le mystérieux Drakkari dans sa petite tête. Peut être était il tout d'abord assez frustrée qu'elle l'ait interrompu en plein combat. Mais en même temps c'était normal, on ne se trouvait pas sur un champ de bataille ici, les bagarres étaient proscrites. Quelle image allait-il donner aux étudiants si lui même n'était pas capable de se tenir correctement ? Et surtout, comment pouvait-elle être assurée envers les autres si il n'était pas capable de se tenir ?

Après tout, elle ignorait la véritable version et le Drakkari semblait vouloir se contenter de l'histoire des ouvriers, même si il avait été hargneux lorsque le plus courageux avait osé raconté ce qui s'était passé. Cassidy n'en savait rien et Tristan s'énervant, il était vrai que cela n'arrangeait pas vraiment les choses. Tout ceci sous les yeux de Jace alors qu'elle lui disait un peu avant qu'elle contrôlait la situation. Tu parles ! Oh non le Drakkari préférait lui prouver le contraire. Il avait eu besoin d'une journée pour mettre ses nerfs à rude épreuve.

De plus, il semblait assez surpris lorsqu'il la regardait alors que la jeune femme lui posait une unique version. Sa version à lui. Tristan semblait la dévisageait comme si il se demandait à quel jeu la jeune femme pouvait bien jouer pour avoir besoin de sa parole à lui. Mais c'était plutôt correct pour elle qui était tournée vers la justice. Elle avait trop vu d'actions injustes et même si tout tendait à croire que le grand méchant était le coupable, ce n'était pas toujours le cas. Coupable idéal oui, mais véritable coupable, peut être pas.

Cependant, Tristan semblait vraiment éviter son regard, posant comme un boudeur son menton contre sa main, regardant par ci par là mais ne la regardant pas elle. Cela elle était assez curieuse, qu'il se détourne comme ça d'elle. Avait-il quelque chose à se reprocher pour qu'il fuit son regard de cette manière ? Ce n'était pas très correct de quelqu'un qui se voulait sûr de lui et franc. Ou du moins ne voulait-il pas voir ses foudres même si elle était très douce face à ce voyou de Drakkari. Allons donc qu'avait-elle fait encore ?

Elle était déçue un peu. Enfin on ne savait pas trop pourquoi. Mais peut être était-ce tout simplement qu'il confirmait qu'il venait de l'humilier en plein public. Qu'il lui dise devant elle cela ne lui poserait pas de problème, mais quelle réputation pouvait-elle avoir si il agissait ainsi d'après ce qu'il racontait ? Elle n'était pas une fille facile et il le savait bien malgré son regard naïf.

Cependant, la terrible punition n'en était pas une. En effet, Cassidy n'était pas du genre à punir, cela ne servait à rien à part détester encore plus fort la personne. Et puis il avait sûrement suffisamment souffert avant, pas besoin de remuer le couteau dans la plaie. Elle avait cependant envie de s'occuper de ses blessures. Oh bien sûr il devait complètement ignorer cela même si le sang lui collait sur le front, mais Cassidy semblait éprouver un sentiment de douleur pour lui.

*Mince quoi ! Ils l'ont vraiment roué de coups ! Le maîtriser était suffisant ! Pourquoi taper comme ça ? Ca leur apporte quoi ? Rien !*

De toute manière lorsqu'un conflit éclate, c'est celui qui tape le plus fort qui montre sa supériorité et gagne la bataille. Et pourtant, Cassidy n'aimait pas ce genre de chose qu'elle trouvait complètement inutile. De plus, Tristan n'était pas entièrement remis, cela se voyait. Même si il disait que tout allait bien, elle le ressentait un peu, dans sa façon de marcher, de faire, même si il ne disait absolument rien. Ce n'était pas un surhomme après tout.

Lorsqu'elle appliqua le liquide froid sur son visage,elle le vit grimacer et écarta rapidement le tissu imbibé sur son visage, le regardant avec un peu d'inquiétude.

"Désolé si ça fait mal... pourtant j'essaie de faire attention. Mais c'est toujours la même chose quand on essaie de soigner"

Quelle drôle de punition elle lui infligeait ! Le soigner lui. Mais Cassidy n'était pas du genre à le laisser dans cet état. Il était sous sa responsabilité, c'était tout à fait normal qu'elle joue la petite infirmière. Même si elle se cacha bien de lui dire que jamais elle n'aurait fait ce genre de chose pour une autre personne. Prenons Jace par exemple, elle se serait contenté de lui appeler un guérisseur ou de lui donner la mallette des premiers secours.

Un léger sourire apparut sur son visage. Ah si Tristan savait ce qu'elle pouvait bien penser dans sa tête, il en serait sûrement fort surpris. Et pourtant, elle pensa que c'était quelque chose de non partagé mais tant pis, autant ne pas se poser trop de questions pour le moment.

Alors qu'elle continuait de nettoyer ses blessures, il lui poser une uniquement question, toujours d'un air un peu malicieux tout en l'arrêtant, posant ses mains sur les siennes, se rapprochant doucement de son visage. Cassidy se crispa un moment, essayant de ne pas montrer une attitude surprise, même si les palpitations de son coeur s'étaient accélérés alors qu'il l'observait. La jeune femme détourna rapidement la tête, un peu gênée.

"Tu sais bien que j'ai toujours joué avec le feu et que je n'hésite pas à prendre des risques. Ca ne me coûte rien d'essayer"

Il s'écarta rapidement de son visage et elle se détendit, demandant une petite récompense dans le cas où il accepterait ses conditions. Une récompense ? Que pouvait-elle lui offrir ? Oh peut être qu'il s'attendait à ce qu'elle cède un peu à ses avances, qu'elle se fasse un peu plus docile avec lui. Cassidy semblait pensive. Ce genre de récompense là ne se méritait que dans certains cas mais pas dans celui là. Elle secoua la tête.

"Je ne sais pas ce que tu aimerais avoir de plus..."

Il lui demanda d'arrêter d'avoir ce genre de regard et qu'il se ferait plus sage avec eux demain. La jeune femme en fut un peu surprise et baissa un peu la tête sur le côté, regardant alternativement son tissu et le Drakkari alors qu'il se rapprochait encore d'elle et que la jeune demoiselle se mit à rosir doucement au niveau supérieur des pomettes. Il avait le don de la faire chavirer, bien qu'elle essayait de se contenir du mieux qu'il pouvait.

A sa dernière phrase, elle osa doucement les épaules. Oh et puis après tout elle pouvait bien lui dire !

"Pourquoi ? Parce que je connais ces ouvriers depuis trois mois et même si j'ai l'air inoffensive, voire naïve, il m'a semblé surprendre plusieurs fois des regards peu... adaptés à la situation bien que je ne disais rien. Cependant, je ne peux pas dire grand chose au risque qu'ils ne viennent plus travailler"

Elle écarta un peu sa tête et prit une autre mixture qu'elle posa sur ses coupures avec beaucoup de douceur.

"En plus, tu fais quand même un coupable parfait quand on connaît un peu ta réputation. Mais celui qui est considéré comme le grand méchant par ses confrères est-il toujours forcément le coupable ? Il n'y a pas de gentils et de méchants, juste des mélanges..."

Cassidy grimaça un peu dans une petite moue adorable alors qu'elle était très appliquée dans ce qu'elle faisait. Elle avait dit cela d'une façon naturelle, faisant partager son expérience et qu'elle n'était pas si idiote qu'elle en avait l'air. Elle lui parlait d'une voix douce, essayant de l'aider à se concentrer sur sa voix pour oublier la douleur.

Ayant terminé, elle sourit doucement en s'écartant un peu de lui mais tout en restant en face l'air satisfaite.

"Voilà Messire le Drakkari. Demain ça devrait aller mieux."

Elle passa distraitement une main dans ses cheveux rouges à lui, chassant la poussière et la terre qui avaient du s'accumuler tout au long de la longue journée qu'il avait eu.

"Une bonne nuit de sommeil et tout devrait rentrer dans l'ordre"

Cassidy s'étira doucement sur sa chaise. Quelle journée bien longue en effet. Demain deux nouveaux élèves arrivaient, il faudrait qu'elle soit en forme.
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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: Encore en train de sermonner le vilain Drakkari ?   Ven 22 Juin - 12:40

Des regards en coin, rapide mais peu de directs.
Et il avait une bien assez bonne raison à ses yeux.
Bon, c’était un peu agaçant de ne pas contempler ce regard noisette si pleins d’émotions et toujours de surprises mais c’était sans doute mieux. Etant donné ce qui s’était passé la veille… oui il valait mieux éviter de la regarder.

Mais c’était surtout qu’elle était douée et puis elle le connaissait tout de même un peu. Avait-elle l’impression qu’il était distant, secret avec elle ? Bien sûr… Elle ne pouvait pas savoir qu’il s’était plus dévoilé avec elle qu’avec personne d’autre. Enfin non, pas tout à fait. Maud savait beaucoup de choses sur lui, des choses qu’il jugeait sans importance. Ce qui comptait vraiment à ses yeux, il ne le disait pas, jamais.

Mais de temps à autre, il risquait un regard. Pas trop, parce qu’elle pouvait se douter qu’il ne disait pas toute la vérité, mais assez pour la surveiller ou simplement… la regarder.
Oui, il avait été surpris qu’elle veuille connaître sa version des faits alors normal qu’il évite son regard. Si elle était aussi intuitive seulement ainsi, inutile de l’aider.

Tristan se morigéna. Il réfléchissait.
Pourquoi s’obstiner à cacher la vérité ? C’était… mal ce qu’il avait fait d’accord mais est-ce qu’elle trouverait cela mal pour sa part ? Non… sans doute pas. Mais il hésitait. Et puis elle aurait l’impression qu’il se pliait à son règlement, à ses fichus règles !
Ce n’était pas une bonne idée. Et pourtant, ça le démangeait de tout avouer.

Là, il haussait juste un peu les sourcils.
S’il avait été surpris qu’elle lui demande son « avis », il l’était davantage alors qu’après avoir confirmé qu’il avait eu un comportement peu… poli, il capte toujours son attention. Assez pour que malgré la lueur de déception dans ses yeux, elle s’occupe de soigner son visage. Pourquoi ne criait-elle pas ?
Il aurait largement préféré ça à ce regard !

Ses mains étaient douces. Elle lui frôlait légèrement le menton de son poignet ou du bas de sa main alors qu’elle s’escrimait à être douce avec le produit et la compresse qu’elle appliquait sur son visage pour nettoyer le sang et désinfecter ses petites plaies.
Tristan aurait été surpris qu’elle pense qu’il était amoché. Ce n’était rien du tout. C’est vrai que d’ordinaire étant donné qu’il était très soigneux avec son visage il essayait d’être frappé ailleurs mais… ça n’avait rien de grave. A ses yeux si ?

Elle s’excusa, croyant lui avoir fait mal et un sourire amusé éclaira le visage du jeune homme, loin de celui moqueur qu’il arborait depuis un moment et cette fois-ci il la regarda dans les yeux.

- Bof, ça ne fait pas vraiment pas, mais qui sait, si je dramatise la situation, j’aurais peut-être droit à un traitement de faveur de la part de ma jolie infirmière.


Pour quelqu’un qui avait apparemment tenu un discours assez peu… courtois à son égard et qui la provoquait depuis qu’ils étaient dans son bureau, il était encore capable de belles paroles.
Après tout, le langage il savait manier avec les femmes, tout en douceur et en pirouettes. Même si souvent, cela sortait tout seul, ses pensées simplement traduites par la parole.
Son humour était parfois teinté de cynisme mais là, ce n’était pas le cas.

Elle répondit à sa phrase, une jolie petite répartie dont elle ne semblait même pas se rendre compte et il sourit de nouveau, amusé. Bien joué en effet. Mais jouer avec le feu, était-ce vraiment bien prudent ? N’avait-elle pas peur de se brûler ?
Mais il avait enchaîné, provocant de nouveau, en lui demandant une récompense. C’était juste histoire de parler, de dire des bêtises une fois encore. Néanmoins elle se demandait sérieusement, du moins il en avait l’impression, ce qu’il pouvait vouloir.

Il en fut surpris bien sûr mais ce ne fut pas la première chose qui se lut dans son regard.
Quand elle formula sa phrase justement, qu’est ce qu’il pourrait vouloir, il l’avait fixé sans ciller, son regard prenant un éclat totalement différent et difficile à déchiffrer. Mais ce n’était qu’elle, rien d’autre, qu’il regardait à cet instant. Néanmoins, il s’était reculé en secouant légèrement la tête comme si c’était juste une bonne plaisanterie, ne disant rien de plus.
Après tout, il était clair qu’il n’avait pas à recevoir de récompense pour son comportement.

Mais la suite le changea. Il lui avait demandé si elle ne le pensait pas d’agir comme il prétendait l’avoir fait et elle lui répondit en toute honnêteté. Ca s’entendait dans sa voix. De toute façon elle semblait comme les fées dans les contes, incapable de mentir. Du moins en avait-il l’impression.
Cassidy lui raconta que les ouvriers l’avaient un peu regardé. Si on ne connaissait pas l’innocence et surtout le côté humble de la jeune femme, il était possible de prendre cela pour de la prétention.

Mais Tristan avait détourné les yeux et le bois de l’accoudoir émit un léger craquement alors qu’il le serrait fortement. Les jointures de ses doigts étaient blanches, son regard furieux fixé sur un point de la pièce et les muscles de sa mâchoires étaient tellement tendus, ainsi que ceux de son cou qu’ils saillaient clairement, donnant un caractère plus anguleux au visage du jeune homme.
Une petite veine bleutée semblait battre sur sa tempe droite et s’il se maîtrisait ce n’était apparemment pas sans éprouver une profonde colère.

Elle avait enchainé sur le fait qu’il faisait un coupable parfait et il se détendit progressivement.
Retournant les yeux vers elle, le jeune homme la fixa, imperturbable. Quelque chose qui ressemblait à de la joie, mêlée à de la mélancolie brillait dans ses yeux.
Il la regardait en penchant un peu la tête, comme si elle venait de révéler un grand secret.
Enfin, elle termina avec ses soins mais il ne détourna pas les yeux pour autant cette fois plus sérieux.

Pourtant la même lueur étrange que lorsqu’elle se demandait ce qu’il pourrait bien vouloir, s’alluma dans ses yeux lorsqu’elle s’étira devant lui et il s’entendit parler… sans se souvenir d’avoir ouvert la bouche, fichu fatigue.

- Merci. Tsss, c’est ennuyeux… je pensais être déçu ou impressionné mais au final… je n’en attendais pas moins de toi je pense. Toujours aussi intelligente hein ?... Tant mieux, tu sauras te protéger au moment venu alors.

La dernière phrase avait été dite sur un ton un peu sinistre, en tous les cas beaucoup plus sombre.
Il se leva mais alors qu’elle semblait vouloir faire de même il appuya sur ses épaules pour qu’elle reste assise. Un bras de chaque côté de sa tête, posés sur le dossier il se rapprocha d’elle, encore une fois très près et examina son visage avec un de ses sourires taquin mais étrangement… gentil.

- Je suis peut-être un sale gosse princesse mais… leurs propos étaient un peu trop déplacés à mon goût. La politesse c'est comme les fraises, ça pousse pas n'importe où, faut savoir la cultiver.


Voilà il l’avait dit. Il lui fit un sourire superbe, sans doute égal à celui qu’elle lui avait fait la veille et qui lui avait donné si mal au ventre, mais qui avait quelque chose encore une fois d’amusé, de taquin et se redressa, allant directement vers la porte sans se retourner, levant juste la main pour la saluer alors qu’il lui tourner le dos.

- Allez bonne nuit princesse, prends des forces cette fois, j’ai pas fini de te mener la vie dure.

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Cassidy Herediane
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MessageSujet: Re: Encore en train de sermonner le vilain Drakkari ?   Ven 22 Juin - 14:48

La jeune femme le regardait avec surprise. Difficile de cerner le Drakkari. Peut être que les gestes qu'elle avait avec lui l'apaisait un tout petit peu quand même. Cependant, c'était toujours lui, le même et pendant un instant elle se mit à repenser à ce moment magique sous les étoiles. Il devait sûrement avoir tout oublié, c'était sûr. Kymie lui avait dit qu'il la détestait. Son coeur se tordit à ce moment là. A quel jeu jouait-il ? Pourquoi ne lui disait-il pas la vérité ?

Pourtant, elle restait calme parce qu'avec la sagesse, crier et hurler pour le moment ne servirait à rien du tout, à part l'épuiser et lui faire entendre que ses nerfs étaient en train de craquer. C'est tout. Donc Cassidy était restée douce, tranquille, voire un peu fatiguée tout en repensant aux derniers évènements. Lui crier dessus pour une bagarre ? Après tout c'était dans son sang, il avait toujours été comme ça et tant qu'il n'y avait pas de morts, pour elle cela lui suffisait pas. Ou d'une horrible et vilaine bêtise irréparable aussi.

Cependant, voir le visage du Drakkari meurtri la mettait mal à l'aise. Elle avait cru comprendre qu'il tenait beaucoup à son physique et le connaissant, il n'aurait peut être pas osé chercher quelque chose pour se soigner, à moins qu'il arrive à trouver l'infirmerie, ce qui n'était pas encore prévu apparemment. Il était sous sa responsabilité, la jeune femme répétait ses paroles en boucle. Malgré ce qui s'était passé la veille, elle ne semblait pas lui en tenir rigueur, s'occupant de lui. C'était une petite attention mais elle ne cherchait pas à en profiter.

Alors oui elle s'inquiétait un peu pour lui, cela avait de l'importance. Et même si il ne s'en rendait pas vraiment compte, elle cherchait à le protéger des autres. Son petit Drakkari si spécial. En effet, devant Jace qui avait proposé un traitement un peu plus rude, devant les Cheistams qui lui avaient recommandé de ne pas lui faire de cadeau, et maintenant devant les ouvriers contre qui il se battait. Elle le protégeait un peu... et surtout de lui même. Du moins peut être qu'elle ne s'en rendait pas compte de cette inconscience.

A son espèce de petit compliment charmant, la jeune femme se détendit un peu et lui rendit son sourire en levant son regard noisette vers lui. Toujours la bonne réplique, la bonne phrase à dire, c'est ce qui faisait son charme. Mais il avait raison, elle était là pour l'instant aux petits soins pour lui.

"Quelle geôlière indigne je ferais si je ne m'occupais même pas de mon invité"

Sa petite phrase suivante, un peu provocatrice, un peu consciente des risques encouru était toute simple mais l'avertissait bien qu'elle n'hésitait pas à oser. D'ailleurs si il lui avait dit qu'elle risquait de se brûler, la jeune femme lui aurait dit avec le plus grand et faux sérieux "Ne t'en fais pas, j'ai un sort qui m'immunise contre le feu". Oh mais comme il n'avait rien dit, elle ne pouvait pas se permettre cette petite réflexion. Mais cela la fit sourire, elle ne se connaissait pas avec un certain sens de l'humour.

Elle n'avait pas menti pour les ouvriers et n'était pas née de la dernière pluie. Cassidy le voyait ce regard dans les yeux des hommes qui ne la connaissaient pas, souvent suivi de paroles très crus pour ceux qui avaient osé s'en prendre à elle, tel des rustres sans aucune éducation. Alors à force, elle était assez observatrice pour faire quelques petites déductions.

Alors elle remarqua et entendit un bruit de bois alors qu'il serrait les accoudoirs tout en regardant furieusement ailleurs. Quoi ? Qu'est ce qu'elle avait dit ? Cassidy s'étonna de sa réaction, ne pensant pas que cela pouvait avoir autant d'impact sur lui. Après tout, c'était comme ça et pas autrement. Pendant un instant, la jeune femme fut tentée de prendre sa main dans la sienne, comme si elle voulait lui dire d'arrêter, de ranger ce regard furieux, que cela ne valait pas la peine de s'énerver pour ça.

Mais alors qu'elle faisait le geste tout en expliquant la suite, il se détendit de lui même. Mais la phrase qu'il sortit fut assez bizarre et elle fronça rapidement les yeux. Se protéger de quoi ?

*Arrête avec tes phrases étranges et dis moi les choses concrètement ! Tu veux que je devine comment ? Pourquoi tu retardes les choses à ce point ? Me protéger de quoi ? De toi ? D'une météorite qui va nous tomber dessus ? Mais parle Tristan !*

Il se rapprocha encore une fois tout doucement d'elle et sortant une importante révélation alors qu'elle ouvrit un peu les yeux. C'était subtil, il n'avait pas dis ouvertement que les ouvriers mentaient mais au moins, elle comprenait que ce n'était pas lui qui avait déclenché les hostilités. Terminant sur une jolie petite phrase au sujet des fraises, tellement vraie mais aussi très joli.

Le jeune Drakkari sortit alors de pièce en lui demandant de prendre des forces. Oh mais il allait où là ? Il pensait s'enfuir déjà comme ça ? Elle éteignit son cristal et le suivit, le voyant commencer à se planter devant la porte de sa chambre. Quoi comme ça ? Et alors il ne prenait même pas de douche ? La jeune femme grogna et avant qu'il ait le temps de répliquer, elle posa ses mains sur ses hanches à lui, évitant soigneusement le tatouage on ne sait jamais.

"Pas si vite Messire le Drakkari. Ou croyez vous aller comme ça ?"

Elle le poussa doucement jusqu'à la porte de la salle de bain et l'ouvrit. Puis, le prenant par la main, elle le fit rentrer et le planta près d'une cabine. La jeune femme croisa les bras, son petit regard pointé sur lui de toute la hauteur de sa petite taille. Un certain regard amusé sur le visage et faussement sérieux, les sourcils à demi-froncé en l'examinant.

"Tu comptais aller te coucher sans passer par la douche ? Après toute la poussière et les gravas que tu as retourné, ça te ferait pas de mal de passer sous l'eau"

Et sans lui laisser le temps de protester ni quoi que ce soit, elle s'avança vers lui et commença à tirer sa tunique avant de prendre une expression extrêmement gênée, la soulevant... mais pas très haut vu sa petite taille. Elle releva la tête et lui fit un de ses sourires craquants et un peu gênée mais montrant qu'elle savait aussi rire d'elle.

"Heeeem finalement tu as raison je devrais me balader avec un escabeau"

Elle regarda autour d'elle et prit un tabouret qui trainait un peu plus loin avant de se placer de nouveau face à lui et monta dessus tout en tirant la tunique par le haut. Il n'avait pas vraiment le choix et sûrement, ne comprit pas son geste. Mais c'était une manière pour elle de le coincer, qu'il ne couperait pas à la douche, hors de question qu'il se dérobe.

Le haut enlevé, elle l'envoya dans la panière à linge tout en le regardant en face, c'est vrai que comme ça c'était beaucoup plus agréable, elle n'était pas obligée de lever la tête et se mit à sourire doucement. Avant de marmonner un mot qui ouvrit la pression de l'eau d'une des cabines et qu'elle redescendit de son tabouret, se mettant à côté de lui jusqu'à ce qu'il y entre, les bras croisés.
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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: Encore en train de sermonner le vilain Drakkari ?   Ven 22 Juin - 20:02

Etait-elle encore surprise d’être surprise ?
Compliqué ? Prenons le temps de réfléchir.
Il lui avait montré déjà à bien des reprises en ces quelques jours qu’il pouvait la prendre au dépourvu. Oh elle ne se débrouillait pas mal de son côté elle aussi mais… ce n’était tout de même pas encore le même niveau. Elle avait des progrès à faire, mais elle était sur la bonne voie.
Eyh non, il n’était pas facile à comprendre, à cerner et ses réactions étaient totalement imprévisibles, lui-même ne savait pas toujours comment il allait réagir. Ca arrivait et il faisait avec.

Mais elle se débrouillait bien. A sa façon. De sourire et de le regarder.
Tristan resongea à la veille au soir. Etait-ce mal ? Oui, certainement, plus que certainement.
Et pourtant…
Il se mordit la langue pour ne plus y penser et y parvint sans mal. Après tout, pour cela il était fort. Il avait toujours été doué. Son regard se posa sur la jeune femme et il avait envie de la gifler, de la secouer.

*Ne t’attache pas à moi, jamais ! Cesse de vouloir t’occuper de moi ! Cesse tout de suite de vouloir croire en un bien en moi, il a cessé d’exister depuis longtemps ! Arrête !!!!*

Penser c’est bien, dire c’est mieux.
Et dire, il ne le faisait pas.
Jouait-il avec elle ? Peut-être… Lui révéler, lui dire clairement ces pensées. Maintenant ? Pourquoi les craignait-il tant ? Il n’avait jamais eu de mal à les prononcer. Peut-être parce qu’il n’avait jamais eu besoin de les prononcer avant. Mais elle c’était différent.
Et il ne pouvait pas les dire, non, ça ferait bien trop mal.

Il se reprit et sourit simplement à sa remarque sur sa courtoisie en tant qu’hôte. Son regard ne la quittait pas. Sans doute savait-il aussi bien qu’elle que cela n’avait rien à voir avec le fait qu’il soit son « invité ». Et c’était sans doute le pire.

Quelques échanges sans importance, quelques regards qui eux l’étaient. Importants.
Et ne pas réussir à le dire encore une fois. Pas cette phrase, il voulait tellement y renoncer face à ses prunelles mais une autre, pour dire que ça comptait, que c’était important.
Il était prêt à perdre un bras, la voix, le goût, l’ouïe mais pitié… pas le regard sinon ça il n’y aurait plus jamais droit.

Ses mains le démangeaient tellement, son ventre fourmillait et sa tête était si lourde de cette envie d’arrêter de réfléchir, de mettre ces barrières qu’il avait justement cherché à abattre, qu’il voulait encore abattre.

*Je t’en prie déteste moi… s’il te plait… frappe moi… dis moi quoi faire pour que tu le fasses. Ou non… je n’y arriverai probablement pas, je n’y arrive pas… mais déteste moi, ne me regarde pas comme ça. Tu ne vois donc pas ?*


Chacun sa pensée. Celle de Cassidy était de curiosité, de tristesse de ne pas comprendre, d’impatience, la sienne d’un désespoir qui aurait pu être palpable s’il avait tout dit à voix haute.
Pourtant rien ne passait sur son visage. Absolument rien. Enfin si, de l’amusement, de la taquinerie, de la joie, mais pas ce désespoir qui le détruisait petit-à-petit.

Et il avoua… En partie. De manière détournée.
Que tout ça n’était qu’un mensonge. Qu’en réalité, il l’avait défendue, que c’était les autres qui l’insultaient. C’était eux qui disaient des choses horribles sur elle et qu’il n’avait pas pu les supporter.
Mais il ne pouvait pas le dire aussi clairement. Elle ne devait pas savoir qu’il l’avait défendue de manière si virulente justement. Autrement… ce moment dans le parc pourrait se reproduire.

En avait-il envie ? Non c’était juste dégoûtant, juste un peu déroutant !
Il n’en voulait pas, il n’en voudrait jamais !
Mais il avait dit ça à sa manière, comment les jeunes, des adolescents, n’auraient pas pu le trouver « cool » dans sa façon d’être, si détachée, si amusée ? Heureusement qu’il n’y avait personne d’autre.

Il sortit mais elle le rattrapa alors qu’il allait ouvrir sa porte, posant ses mains sur ses hanches et il sursauta, frémissant en se retournant rapidement vers elle, le visage exprimant une surprise justifiée.
Elle lui lança une petite phrase, un peu sévère, mais pas en mal, pour l’inciter à aller se doucher. De toute façon, elle ne lui laissait pas le choix puisqu’elle avait pris sa main et l’attirait vers les douches.

Le jeune homme fut contraint de la suivre, n’ayant pas le temps de placer un mot.
Mais elle fit bien plus important. Alors qu’il avait juste l’intention de clarifier les choses en douceur, elle eut… un geste qui ne lui ressemblait pas : elle voulut lui ôter sa tunique.
Allons bon !!!!

N’était-ce pas elle qui lui demandait d’en mettre une ?
Il fallait savoir ! Maintenant elle préférait le voir torse nu ?!
Enfin c’était flatteur bien sûr mais euh… quand même, elle pouvait juste le lui dire, non ?
Il avait très bien compris que c’était pour la douche mais… pourquoi donc s’en occupait-elle ? Il n’était plus un gamin de quatre ans tentant d’échapper à un bain voyons. Il allait se doucher de toute manière.

En tous les cas, la jeune mage avait du mal et Tristan fronça les sourcils, comme embêté. Non, ce n’était pas normal. Ca n’avait rien de compliqué de déshabiller quelqu’un, il était même un expert en la matière mais elle… elle avait des gestes maladroits, hésitants… comme si elle n’avait pas l’habitude encore une fois. C’était comme ces étreintes la veille… elle ne semblait pas… avoir l’habitude.

Il se retrouva en partie empêtré dans sa tunique avant qu’elle ne se décide à prendre un peu de hauteur alors que lui-même, à sa propre surprise, se laissait faire docilement. Mais la surprise avait rapidement était remplacée par un sourire taquin et lorsqu’elle parla de l’escabeau, un petit rire narquois lui échappa alors qu’il se rapprochait un peu plus d’elle, surtout qu’à cet instant, son visage était bien plus proche du sien que d’ordinaire vu… qu’elle avait fait une « poussée de croissance ».

- Eh bien ça peut servir si tu as l’intention de me déshabiller souvent en effet… Ca n’a rien de facile et de pratique debout tu sais, normalement… ça se fait allongé ou au moins assis. Debout aussi remarque mais... pas comme ça


Le tout avait été dit d’un ton provocant, légèrement trainant pour rendre les sous-entendus plus… marqués.

- Tu vas devoir t’entraîner, c’était pas très sensuel de m’étouffer à moitié.


Un sourire éclaira son visage alors qu’il supprimait encore quelques centimètres entre eux, mais pas que de visage, de corps aussi, il avait presque l’impression de sentir la chaleur de sa peau sous le tissu de sa robe tant il était proche d’elle.

- Alors juste pour mettre les choses au point… je comptais me doucher mais prendre un boxer propre avant. Mais comme tu sembles préférer que je sorte nu de la salle de bains après ma douche…


Il glissa ses lèvres contre une de ses oreilles et se mit à murmurer.

- Tu aurais pu me le demander directement tu sais… j’aurais peut-être accepté de te montrer le spectacle en toute impunité…


Son sourire s’agrandit alors qu’il se reculait et faisait mine de vouloir enlever son pantalon.. et son boxer aussi, devant elle, les descendant légèrement sur ses hanches, les traits dessinant un V parfait sur son torse plus apparents que jamais.

- On peut tout aussi bien se doucher ensemble, ne crois-tu pas ?


En disant cela, il avait ouvert la porte d’une des douches et la prenant par le bras, l’attirait mais très légèrement vers lui pour l’inciter à le suivre, son sourire toujours taquin au visage. Oui voilà… ça c’était le genre de chose pour la faire fuir !!!!
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Cassidy Herediane
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MessageSujet: Re: Encore en train de sermonner le vilain Drakkari ?   Ven 22 Juin - 23:11

Trouver le bien chez lui ? Il devait mal comprendre les choses le Drakkari. Alors même qu'avant elle lui rappelait qu'il n'y avait ni bien ni mal juste un ensemble. Elle même n'était pas une image de la bonté incarné. Ou plutôt c'était plus compliqué que cela a expliqué. Elle l'avait toujours été bien évidemment, mais certaines choses étaient encore dissimulées. Son maître lui en avait parlé, et elle gardait un précieux livre dans sa chambre qui expliquait beaucoup de choses. La vision chaotique... n'était qu'une étape même si elle avait été surprise la veille de revoir cela, malgré tous les efforts qu'elle faisait.

Etait-ce comme Jace le disait, l'équilibre entrophique qui était perturbé dès qu'elle était à côté ? Pour le moment ce n'était pas grand chose et pourtant la jeune femme était songeuse. Ne disant rien, ne faisant rien, laissant aller les beaux efforts dont elle était capable. Mais rien ne pouvait indiquer ce qui se passerait par la suite, absolument rien. Alors qu'ils étaient en train de faire leur dialogue de sourd, se contentant de se regarder dans les yeux et la présence du Drakkari l'aidait malgré ses mauvais tours.

Elle ne pouvait pas détester Tristan. Ou sinon c'était s'abandonner à quelque chose de plus risqué. Même si parfois elle en avait sacrément envie tant son comportement l'agaçait mais elle ne pouvait pas avoir de telles pensées, la vision de la fille dans le lac lui faisant peur, elle ne savait pas ce qui avait provoqué cela, mais avait passé une bonne partie de cette journée à comprendre pourquoi. Bien sûr, elle avait quelques éléments de réponses, tous tirés par les cheveux mais la jeune femme refusait d'abandonner. Cela ne lui ressemblait pas du tout.

Et plus elle y réfléchissait, plus la jeune mage commençait à comprendre le seul salut qu'elle aurait pu avoir... était tout simplement impossible. Tristan n'avait rien vu de cette journée, ayant passé la moitié du temps à s'occuper de la rénovation mais elle était partie aussi dans la salle des duels pour tester certaines choses qu'il ne devait... pas voir. On ne pouvait pas apprendre tout en quelques jours et il lui était impossible de retrouver son maître pour l'instant ou toute autre personne qui pourrait la conseiller et la guider avec les nouveaux éléments qu'elle venait de repérer.

Bien sûr, elle aurait pu parler de cette situation dramatique à Tristan mais Cassidy se disait que ce n'était vraiment pas une bonne idée. Elle avait toujours réussi à se débrouiller toute seule, fuyant quand il le fallait, résistant au bon moment, non elle ne se ferait pas avoir. Et Tristan se moquerait royalement d'elle, c'est tout ce que la jeune femme voyait. Et que dans un geste désespéré, la situation pouvait devenir pire alors que pour l'instant, c'était plutôt calme.

Cassidy soupira et le regarda sortir. Elle semblait tout à fait normale et pourtant cachait bien son jeu. Et l'idée qu'il s'éloigne pour l'instant, enfin elle redoutait quelque chose. La jeune femme partit à sa suite, posant ses mains dans le creux de ses hanches pour l'ordonner de la suivre, avec un air faussement sérieux et enjoué, cachant la vérité à ses yeux. Après tout il ne voyait rien ! Et c'était juste des sales pensées qu'elle avait alors ça finirait bien par partir. D'ailleurs elle aussi devait passer à la salle de bains.

La bonne excuse en le prenant par la main pour le conduire dans la salle de bain. Elle était enjouée et le mit dans la pièce mais rien ne se fit visible sur son visage. Cassidy entreprit de le déshabiller mais était très maladroite dans ses gestes, vraiment pas douée. Mais sa petite taille y était pour quelque chose alors qu'elle dit tout en plaisantant que l'escabeau était nécessaire.

Peut être que le fait d'enlever la tunique lui permettait de s'occuper les mains et surtout, la jeune femme pensait peut être que Tristan allait protester, et ne pas accepter de prendre une douche. C'est du moins comme cela qu'elle voyait les choses. Alors torse nu, même si il résistait, elle pouvait très bien le pousser dans une des douches mais Cassidy ne savait pas vraiment ce que Tristan pensait.

Il semblait narquois et elle exprima un grognement en tournant la tête. Elle sensuelle comme ces pintades qui gloussaient et roulaient du derrière ? Hors de question de ressembler à un de ces trucs là. Elle grimaça en secouant la tête, en imaginant des choses pas vraiment très nettes.

"Dis pas de bêtises !"

Ah pour ça non, elle ne sera jamais comme les autres, c'était tout simplement impossible.

Alors qu'elle venait de jeter en un vol plané la fameuse tunique, le dévoilant torse nue face à elle mais sans aucune émotion complètement folle de ce corps complètement bien formé, le Drakkari se rapprocha doucement d'elle pour lui dire quelques mots, qui la laissèrent un peu sans voix. C'était donc ça ? Oh elle se sentait fort stupide à présent ! Et grogna une nouvelle fois en regardant au sol alors qu'il lui susurra des mots à l'oreille.

Le regard de Cassidy se fit un peu plus brusque, un air de défi et qui appelait à un non sans appel alors qu'elle croisa les bras devant elle, ses yeux noisettes s'étant allumés pendant un instant.

"J'ai pas besoin d'un tel spectacle pour moi mais c'est bon à retenir"

Elle redescendit du tabouret alors qu'il semblait vouloir enlever le tout devant elle. Quoiii ? Non mais il n'a aucune gêne ce Drakkari ! Cassidy n'avait pas envie de voir ce qui se passait au-dessous de la ceinture, cela l'horrifiait d'avance. Faut-il rappeler que la jeune femme n'a pas encore eu une vision sur la partie secrète des hommes ? Cela semblait pourtant fort évident.

Lorsqu'il énonça une dernière possibilité, les cheveux de Cassidy se dressèrent sur la tête, façon de parler, alors qu'elle prenait une attitude des plus farouches et sauvages, posant les mains sur ses hanches à elle et le regarda avec un air un peu agacé.

"Et puis quoi encore ? Tristan Konogan, le jour où je prendrais une douche avec un homme il pleuvra des noix de coco !"

Et sur ces belles paroles pleines de fougue et d'assurance, la jeune femme posa ses mains sur les hanches du Drakkari et le poussa dans la cabine. Avait-il remarqué qu'elle évitait de toucher son tatouage ? Ou du moins l'endroit où il était censé être ? Mais impitoyable, bien loin de la jeune femme effarouchée, elle montrait qu'elle avait quand même son petit caractère bien à elle.

Refermant la porte derrière lui, Cassidy l'informa quand même.

"Je vais chercher ton boxer, t'as qu'à envoyé le reste de tes affaires par en haut et les poser sur la facade"

Sur ce, elle trottina, entra dans sa chambre et sans se poser plus de questions, ouvrit un tiroir pour sortir un de ses boxers et revint avec. Elle remonta sur le tabouret pour poser le boxer au dessus ainsi qu'une serviette blanche avant de redescendre.

"J'ai rien fouillé et j'ai trouvé tout de suite au cas où ça t'intéresse"

Bon il n'était pas obligé de la croire, mais vu le temps qu'elle avait passé, c'était sûr qu'elle n'avait pas fait grand chose. Elle ne dit plus rien, laissant le Drakkari sous la douche, soupirant un coup pour faire redescendre la tension. Non mais et puis quoi, elle devait se laver un peu elle aussi ! Mais c'était mieux qu'il soit sous la douche pendant qu'elle utilisait le lavabo.

Cassidy se dirigea vers un des lavabos et se regarda dans le miroir. Ah oui quand même, les traits tirés, le teint pâle, tout à fait. A croire qu'un truc la rongeait. Elle fit couler l'eau dans le lavabo et passa ses mains au dessus du filet d'eau fraîche pour se débarbouiller un peu. Mais, la jeune femme semblait être pensive, songeuse. La fatigue était bien présente et elle sentait ses forces qui la quittait petit à petit.

Elle fit couler l'eau sur son visage, sentant une sorte de frisson froid l'envahir comme si elle était dans une sorte de transe. L'eau que faisait couler Tristan plus loin devint lointaine, comme si Cassidy entendait mal. Des bruits sourds, éloignés alors qu'elle fermait les yeux et se frottant vigoureusement le visage. Un cristal Lumis qui éclairait la pièce vibra plusieurs fois, s'amusant à atténuer la lumière puis la remettre un peu plus forte, avant de devenir très faible d'un coup.

Cassidy releva la tête lentement, voulant regarder sa tête dans le miroir. Et ce qu'elle y vit la crispa. Si elle n'avait pas déjà eu ce genre d'apparitions, elle serait tombé en arrière. Le portrait d'une femme aux traits sulfureux et aux cheveux noirs ébènes la fixait avec un petit sourire narquois. Sa peau était pâle et très blanche et ses yeux sombres comme les ténèbres.

La jeune mage se mordilla la lèvre, n'arrivant pas à détacher son regard de cette apparition. Et l'autre derrière avait un de ces airs triomphants, maléfique, qui aurait fait frémir le plus courageux des chevaliers. Cassidy plissa lentement les yeux puis prit un air de défi, montrant qu'elle n'avait pas peur.

"Tu croyais pouvoir te cacher ici..."

Bien évidemment, Tristan ne pouvait absolument rien entendre de ce qui se passait.

"Je n'ai pas peur de vous..." murmura Cassidy en croisant les bras dans une attitude de protection.

"Charmant le jeune homme d'ailleurs. C'est dommage... et en même temps si passionnant... je me demande combien de temps tu pourras tenir"

Cassidy secoua la tête et balança un bras en arrière. Son regard était hargneux, grinçant des dents et si différent de la jeune femme douce qu'on connaissait bien.

"Vous ne pouvez absolument rien me faire ! Et je sais me défendre !"

La femme du miroir en face ricana de ce rire glacial qui ferait froid dans le dos puis son regard se fit plus cruel.

"Oh tu crois ça ? Pauvre petite fille..."

Puis, sans crier gare, la femme du miroir leva une main et fit mine de jeter quelque chose à Cassidy. La chose sortit du miroir et traversa d'un côté et de l'autre le bras de Cassidy, au dessus du coude. Quelque chose de tranchant comme un morceau de verre qui transperça sa peau. La bouche de Cassidy s'ouvrit sur le coup de la douleur mais aucun son n'en sortit. Elle eut l'instant de se mordre furieusement la langue alors qu'un goût amer descendit dans sa bouche, le goût de son sang.

"Les dieux ne seront pas toujours là pour te protéger..."

Cassidy se tenait le bras, la douleur étant insupportable mais elle tenait bon, ne criant pas, pensant à Tristan quelques mètres plus loin. Elle souffla doucement, lançant un regard noir à la femme du miroir alors que celle ci éclata de rire, disparaissant, laissant une image d'une Cassidy comme dans sa vision, froide, hargneuse, tout le contraire de ce qu'elle était.

S'en était trop pour la jeune femme qui ne contrôla plus rien et plissa les yeux alors que le bruit d'un miroir qui explosait résonna dans la salle de bain, les morceaux tombant dans le lavabo alors que Cassidy tomba à genoux, luttant contre la douleur lancinante de son bras. Du sang tomba sur le carrelage et elle serra les dents. Si Tristan voyait ça... si jamais il le voyait.

*Non je n'ai pas besoin de lui !*

Ne voulant pas qu'il la voit dans cet état, elle traça une rune qui se posa sur la porte de douche, le gredin était bien capable de sortir tout nu et scella l'entrée magiquement pour qu'il ne puisse pas en sortir pour l'instant, le temps qu'elle répare les dégâts. Mais quelque chose s'introduisit en elle avec cette espèce de bout pointu et translucide qui libéra une sorte de petite sphère à l'intérieur de son bras. Et ça brûlait.

Encore une fois, elle donna des coups contre le mur pour ne pas hurler, respirant lentement et sentant qu'en plus de cela, avec cette espèce de sensation qui rentrait à l'intérieur d'elle, la volonté du tatouage en devenait instable. Tiens donc il ne manquait plus que les évènements se rejoignent.

Cassidy serra les dents, la situation était complexe alors qu'elle sentait que Tristan allait sûrement se poser des questions, son tatouage commençant à apparaître sur son dos alors qu'elle n'avait rien demandé. La situation était bien dangereuse.

*Je ne peux pas laisser ce truc... agir comme il veut... allez Cassidy, réfléchis ! Je ne veux pas que Tristan souffre !*

Elle regarda le sang par terre alors qu'elle même était au sol et grogna. De sa main gauche qui n'avait pas souffert Cassidy traça une rune avec son propre sang sur le sol, préparant une désactivation d'urgence qui stopperait net toute progression.

Inspirant et soufflant profondément, la jeune mage sortit d'une voix assurée et bien familière aux oreilles de Tristan pour être normale comme tout à l'heure, sans trahir ce qui se passait pour le rassurer au sujet du tatouage.

"Au cas où, je n'ai rien demandé. Le tatouage vient de s'activer tout seul. Mais reste tranquille, je vais le désactivé"

Elle appuya sa main dans la rune de sang tout en se concentrant sur la désactivation. Le processus se stoppa net alors que Cassidy luttait contre plusieurs choses à la fois, son bras, sa colère et le tatouage. Elle soupira lentement, ne sentant plus le tatouage à sa portée avant de se concentrée sur son bras. L'espèce de pic se transforma en haut, éclaboussant le sol et le sang, laissant une profonde entaille aie !

Cassidy se redressa et prit une sorte de bout de chiffon et avec quelques mots, elle réussit à le nouer autour de sa blessure même si elle avait extrêmement mal avant de constater les dégâts autour d'elle. Ce n'était pas le moment de se poser des questions, elle se contenta d'éponger le sang avec une serviette et la jeta dans une autre panière à linge. Il y avait encore du sang sur sa robe ainsi qu'un trou mais autant mettre ça sur le compte du miroir brisé.

*Tu n'es pas le seul à avoir tes secrets...*

La jeune femme se redressa, ramena ses cheveux en arrière puis désactiva la rune qui avait scellé la porte. Non il valait mieux pas que Tristan sache...

"Bon moi j'ai fini, je vais dormir..."

Elle n'allait pas dormir mais une autre tâche l'attendait... commençant à se diriger vers la porte d'un pas assuré.
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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: Encore en train de sermonner le vilain Drakkari ?   Sam 23 Juin - 10:27

Et comment savoir que ça n’allait pas ?
Elle était aussi secrète et fermée que lui. Elle lui en disant autant qu’il lui en disait !
A croire qu’un miroir se trouvait entre eux, rappelant à l’autre à quel point ils pouvaient se ressembler, aussi secrets, aussi cachotiers.
Enfin était-ce vraiment des cachotteries ?

Tristan avait plusieurs secrets, sombres, ténébreux, auxquels il avait tout simplement peur de penser. Bien sûr, il ne prétendait pas le moins du monde être le seul à avoir ses… démons. Non, bien sûr que non, il n’était pas le seul, il le savait. Ce monde pouvait être si noir, si cruel ! Rien de surprenant à ce que certaines personnes aient leur part de noirceur terrifiante.

Seulement il ne s’en doutait pas pour Cassidy. Du moins pas à ce point.
Bien sûr qu’il imaginait qu’elle ne lui disait pas tout, déjà parce qu’ils ne s’étaient pas dit grand-chose. Du moins pas grand-chose de sérieux.
Ils se regardaient, il la taquinait, elle répliquait, de plus en plus à l’aise, sortant des réparties souvent surprenantes mais ils ne parlaient jamais très sérieusement.

La veille pourtant, il y avait eu un moment particulier. Rien que d’y repenser il en frissonnait d’horreur. Il s’était senti si bien l’espace d’un instant. Pour une fois dans sa vie il était au bon endroit, au bon moment. Il était là pour la réconforter, pour lui remonter le moral, pour l’aider à se sentir mieux, vraiment mieux. Et ça le rendait fou. Parce qu’il s’était senti prêt à tout lui dire, à lui livrer le moindre de ses secrets. Et ça… ne devait jamais arriver, jamais !!!!
Sans doute était-ce le tatouage. Il l’avait considérablement affaibli et ses idées ne tournaient plus très ronds. Oui c’était le tatouage, ça ne pouvait être que ça.

Il pensa à la rune sur son torse. Il devait prier pour que ce ne soit que ça.
Alors non, il ne pensait pas qu’elle avait de sombres secrets. Pour lui Cassidy… c’était Cassidy. Une jeune femme pleine de lumière, pleine de bonté, un peu naïve mais tellement généreuse. Ca se voyait dans ses gestes, dans ses regards. Elle semblait vouloir se plier en quatre pour tout le monde. Et, ça lui fit un petit pincement au cœur qu’il ne savait juger agréable ou désagréable, avec lui aussi.

Elle avait toujours été différente, particulière. Elle donnait aux gens envie de se dépasser. Il était difficile de ne pas l’apprécier. Il le savait bien, il avait été le premier à en faire les frais.
Il l’imaginait jeune mage, toute jeune, apprentie, débutante, tellement douée, tellement rapidement capable d’utiliser la magie. Pourtant il n’en avait rien été mais ils ne s’étaient pas vus depuis tellement longtemps et peut-être avait-il fini par être comme beaucoup, certain de sa réussite, même s’il gardait une réserve.

Or elle n’avait pas eu cette facilité et elle avait eu droit à son lot de souffrance. De terribles souffrances. S’il l’avait su, Tristan aurait probablement été très différent. Oh la pitié ce n’était pas son truc et commencer à se montrer plein de compassion non plus mais, dans ses regards, dans ses gestes, il y aurait eu ce petit quelque chose en moins, cette petite jalousie disparue. Et à la place sans doute, oui sans doute, le soutien aurait été là. Entre victimes et en même temps bourreaux, on se comprend toujours.

Elle avait essayé de lui enlever sa tunique et la maladresse de ses gestes l’avait encore une fois surpris… et touché. Elle avait ce petit quelque chose d’innocent dans sa façon de faire, de l’observer. Ce petit quelque chose qui n’était pas désagréable à contempler.
Etait-elle juste ainsi avec lui ? L’intimidait-il pour qu’elle soit gênée à l’idée de le déshabiller ? D’ailleurs c’était très curieux. Ces gestes ne ressemblaient pas à ce côté pudique qu’elle affirmait. Mais… avait-elle cette maladresse avec tous les hommes auquel elle avait ôté un vêtement ?

Et non.
Il n’avait toujours pas compris. Il ne pouvait pas comprendre et peut-être qu’il ne le voulait pas au fond. Accepter l’idée que la demoiselle était encore plus innocente que ce que ses mots, ses regards évoquaient. Pour lui, ça tenait de l’irréel. Elle était beaucoup trop jolie et beaucoup trop gentille pour ne pas s’être laissée sérieusement berner par un homme, au moins un. Et puis… si vraiment elle n’avait jamais connu un vrai baiser, une vraie étreinte, un vrai contact, il devrait changer d’attitude et Tristan aimait agir à sa façon, s’adapter oui mais les précautions… il n’aimait pas en prendre.
La vérité c’est qu’il n’était pas doué du tout pour en prendre et comment faire pour que personne ne s’en aperçoive ? Eh bien ne jamais en prendre voilà tout.

Il avait parlé de sensualité avec son fameux air narquois mais elle ne l’avait pas pris comme il s’y attendait. Elle ne semblait pas gênée enfin pas vraiment, plutôt indignée. Et comme s’il lisait encore une fois ses pensées, comprenant sans même savoir comment, ce qu’elle pouvait imaginer, il lui sourit avec plus de douceur.

- Pas besoin d’être une aguicheuse ou une chasseuse d’hommes pour être sensuelle tu sais ?


Il allait se pencher sur elle pour lui en donner la preuve mais se ravisa rapidement, faisant passer son geste pour un étirement en se redressant et en tendant un de ses bras au-dessus de sa tête.
Aussi sa phrase resta t-elle en suspens, mais ce n’était sans doute pas plus mal aux vues de ce qu’il avait en tête.

Il avait continué en lui expliquant ce qu’il comptait faire dans sa chambre et qu’il pouvait se mettre nu devant elle si c’était ce qu’elle voulait mais encore une fois elle ne le prit… pas très bien. Il fronça les sourcils. D’ordinaire, même si c’était de la gêne, il déclenchait quelque chose chez les femmes en sortant ce type de paroles, pas une simple indignation, une certain colère et… comme du dégoût. Ca c’était vraiment vexant et il avait envie de répliquer sèchement mais une fois encore, se tut.
Quant à sa proposition de douche avec elle, qui n’était qu’une simple plaisanterie dont il ne pensait pas un seul mot, elle semblait vouloir le foudroyer sur place et lui lança une phrase… peu engageante.

Bon ! Elle avait les nerfs en pelote !D’accord ! Message reçu !!! Mais ce n’était pas une raison pour s’en prendre à lui ! Dire qu’il la trouvait gentille une seconde plus tôt ! Et comme toujours quand quelque chose l’atteignait, il se referma sur lui-même et ses lèvres s’étirèrent en un rictus écoeuré. Elle venait de le pousser dans la douche et il se retourna vers elle pour parler mais… elle ferma la porte et l’informa qu’elle allait chercher son boxer.

Il s’en fichait totalement ! Elle pouvait tout aussi bien aller danser nue sur le toit qu’il ne la suivrait pas et la dédaignerait proprement. D’ailleurs quand elle revint, l’informant qu’elle n’avait rien touché, pas fouillé, ce dont encore une fois, il se fichait, il ne s’était pas débarrassé de sa rancune et lui lança sèchement dans sa douche.

- Après les dindons pour le bain, voilà les noix de coco tsss ! T’inquiète pas mamzelle je sais tout, t’es la dernière fille avec laquelle je voudrai prendre une douche.

Et sur ce, maugréant contre elle et pleins d’autres choses qui formaient des mots peu compréhensibles, il alluma l’eau chaude et se mit sous le pommeau de douche suspendu bien plus haut.
Non mais oh ! Pour qui elle se prenait à la fin ! Il n’était pas son souffre douleur ! Si elle ne digérait pas bien quelque chose, et là il pensait bien à de la nourriture, elle n’avait pas à lui en tenir rigueur, il n’avait rien fait à sa bouffe !!!

Et il s’en fichait pas mal qu’elle touche son tatouage ! De toute façon elle n’avait pas à le toucher ! Voilà ! Et il allait être un vrai pourri avec elle puisque c’était ce qu’elle voulait.
Tristan avait beau penser ainsi, ses nerfs se détendaient, tout comme ses muscles, petit-à-petit et il abandonna les marmonnements pour un sifflotement d’une des nombreuses chansons qu’il avait entendues pendant ses différentes campagnes.

Il lui semblait qu’elle était toujours là. Qu’elle faisait couler de l’eau aussi. Mais bon, il s’en fichait un peu. De toute façon, même si elle était en train de se laver juste à côté en petite tenue il n’essaierait pas de jeter un coup d’œil. Son attitude un peu perverse avait pris un froid et même s’il se détendait, ce n’était pour autant que rien ne s’était passé.

L’eau piquait un peu sur les quelques égratignures de son visage. Néanmoins elle risquait d’être pas mal surprise le lendemain… Puisqu’il y avait de fortes chances pour qu’il n’ait pas de traces de sa petite bagarre. Il n’était pas le seul à prendre soin de son physique. Son physique prenait soin de lui-même. Surtout au niveau de son visage. Il cicatrisait très bien et vite qui plus est !

Tristan crut entendre des chuchotements rapides dont il ne pouvait absolument rien comprendre mais il se dit que ce devait être l’eau qui coulait… ou Cassidy qui se relançait dans un monologue en oubliant sa présence. L’un comme l’autre l’intéressaient très peu.

Et puis soudainement il entendit un bruit de tous les diables !
Le jeune homme qui était en train de se rincer avec beaucoup de soin après s’être lavé consciencieusement (on sait jamais, croiser une jolie fille, la séduire, c’est toujours plus facile quand on sent bon) sursauta tant, qu’il glissa et se cogna l’arrière de la tête contre un mur.
Il crut qu’elle explosait sous le choc, mais il n’en était rien, seulement c’était un point assez douloureux.

La seconde d’après, chancelant, attrapant à la va-vite sa serviette qu’il se noua autour de la tailledans un geste qu’il n’avait pas l’habitude de faire et qui l’aurait surpris justement s’il l’avait remarqué (après tout, c’était bien pour ne pas la gêner qu’il la mettait, non ?) il ouvrit la porte avec un bon élan.

Enfin il voulut ouvrir la porte. Elle, elle n’était pas du même avis et avec son élan et surtout le fait qu’il avait usé de son bras gauche… bras qui en souffrit d’autant plus, son coude se plia alors qu’il aurait dû davantage résister et… là ce fut son front qui se cogna contre une surface lisse et dure.
Nouveau « boum » donc alors qu’il grognait et insultait la porte, essayant de la forcer, appelant de l’autre côté.

- Cassy !!! Cassy qu’est ce qui se passe ?!!!!

Il ne savait même pas si elle l'entendait.
Et comment expliquer la sourde terreur qui semblait étirer le temps de manière si sadique ? Qui lui donnait la nausée et l’envie de briser cette porte, quitte à s’en briser l’épaule…
Il l’appela encore mais… pas de réponse.
En plus il avait senti son tatouage s’activer, dans une douleur vive qui firent se tendre les muscles de son dos, mais parfaitement supportable comparée aux fois précédentes.

- Cassidy !!!!

Mais qu’est ce qu’elle avait ?!!!Pourquoi activait-elle le tatouage ?! Que se passait-il ? Elle lui en voulait pour ses paroles ? Elle les lui faisait payer ! Ok d’accord il avait dépassé les bornes ! Il allait s’excuser mais qu’elle arrête de jouer avec sa peur !!!
Il repensa en l’espace d’une seconde à ce qu’elle avait dit. Ce tatouage serait aussi dangereux pour elle. Est-ce qu’elle n’allait pas bien ? Est-ce que sa magie était altérée à cause de ce truc ?!!!

N’hésitant plus, il se jeta sur la porte en prenant de l’élan, tenant de sa main droite sa serviette pour ne pas qu’elle s’échappe n’importe quand et surtout pas quand il aurait passé la porte, son épaule gauche heurtant le panneau de bois avec force. La douleur se répercuta de son omoplate aux bout de ses doigts mais s’il grogna douloureusement en se tenant l’épaule, il recommença juste après et avec le même bras !

- Cassidy !!!!!! J’arrive ! Tiens bon !


En disant ça, il avait arrêté de frapper et leva les yeux vers le haut de la porte. Il y avait un petit espace, suffisant pour lui au-dessus de la porte mais… c’était haut.

*Si je me vautre, là, ça va faire mal*

Mais habitué aux situations extrêmes et pris par l’adrénaline, le jeune homme partit de la porte, prenant son élan encore une fois, sauta, mettant un de ses pieds sur le système d’arrivée d’eau et y prit appui pour s’élancer vers le haut de la porte. Ses doigts se refermèrent tout juste sur la prise… qui lui offrit généreusement quelques échardes. Ce fut alors qu’il se hissait d’un mouvement fluide d’habitué, malgré sa tenue très peu conforme à l’acrobatie, que son tatouage cessa de pulser dans son dos. Comme la flamme tremblotante d’une bougie qu’on souffle. Il faillit même en perdre l’équilibre.

La voix de la jeune mage résonna alors qu’il était en équilibre au-dessus de la porte. Il ne prit pas la peine d’admirer l’état de la pièce, remarquant juste la jeune femme qui semblait encore plus petite vu d’ici. Décidément ces portes étaient immenses, elles étaient prévues pour des trolls trentenaires ou quoi ?!!! Elle avait l’air pâle et il voyait du sang sur sa robe. Ca lui suffit.
La mâchoire serrée à cause de l’effort, il n’avait rien dit… mais elle désactiva la rune et alors qu’il allait s’accrocher à la porte pour se laisser glisser de l’autre côté de la douche, près de la jeune femme, eh bien ladite porte retrouva son état…

En effet, avec la rune de scellement elle était devenue tel un mur de pierre de plusieurs pieds de largeur. C’est-à-dire qu’il lui était impossible de la faire bouger, du moins sans sa force titanesque et étant donné son état… pas très remis encore. Mais il pouvait aussi se tenir sans mal debout au sommet sans qu’elle ne bouge d’un pouce.
Là… eh bien, elle ne se brisa pas sous la prise de poids mais elle oscilla violemment pendant un court instant… Court instant suffisant pour que Tristan perde l’équilibre et chute.

Oh il atterrit sur ses pieds, dans un superbe rétablissement et comble du miracle il avait toujours sa serviette. Mais il n’avait pas pris le temps de se sécher quant il avait entendu le fracas, croyant Cassidy en danger, le sol était très légèrement glissant, mais surtout très lisse et quand on est mouillé… c’est ainsi qu’à peine atterri il bascula encore une fois en arrière et heurta du dos la porte de la douche qu’il venait de quitter qui cette fois-ci s’ouvrit… et il s’étala moitié hors, moitié dans la douche dans un troisième et dernière « boum » mais au moins celui-ci épargnait sa tête.

Un peu sonné tout de même, le jeune homme se redressa beaucoup moins vite, se tenant à la porte et écarquilla les yeux. Un miroir avait explosé. La robe de Cassidy portait bel et bien des traces de sang et… un de ses bras était entouré par un bout de tissu… qui se nimbait progressivement de sang.
Elle avait prononcé une phrase qu’il n’avait pas entendu… et avait dû se retourner en entendant le boum lorsqu’il avait glissé en la retrouvant enfin. Cette fois-ci, même si elle n’était plus juste devant lui, il se rapprocha rapidement d’elle.

Peu importait le ridicule de la situation, qu’il soit quasiment nu et qu’ils aient échangé des paroles pas très… enfin… pas très subtiles pour lui et pas tellement habituelles pour elle.
Il était déjà près d’elle d’ailleurs et ses yeux étaient agrandis par l’inquiétude. Ses pupilles plus dilatées qu’en temps normal accompagnaient ses prunelles orangées, allant du visage trop pâle, marqué par des traits, le reste d’expressions qu’il n’identifia pas, à son bras blessé.

- Cassidy ! Par tous les dieux !

Il était rare de l’entendre parler des dieux. Elle ne le savait pas bien sûr mais cela prouvait réellement son état de choc. Avec une douceur calculée, il approcha les mains de son bras et le souleva très lentement, le prenant le plus haut possible pour ne pas lui faire mal. C’était un bandage de fortune et il fallait d’abord stopper l’hémorragie avant quoi que ce soit. Les mains du jeune homme tremblaient légèrement alors que ses épaules s’affaissaient et qu’une immense tristesse et culpabilité prenaient place dans ses yeux qu’il releva vers elle.

- Mais qu’est ce qui s’est passé ? je… je suis désolé. Je ne savais pas que mes mots… enfin c’était juste des trucs idiots que je… enfin je ne… ce n’était pas… je t’assure…

Pas très cohérent et en plus il bégayait, il était vraiment perturbé. Après tout, il pensait que ses mots et ses actes étaient responsable d’une perte de contrôle de la jeune femme… et donc qu’elle s’était blessée à cause de lui. Bien sûr il était totalement à côté de la vérité et d’un terrible secret mais là… il avait l’air malheureux et de se sentir vraiment coupable. Et pourtant pour quelqu’un d’autre, il n’aurait certainement pas eu toute cette attention.

- Je… je… laisse moi regarder, je vais te soigner, je te promets. Je suis… Cassy… c’est… désolé…

Une lueur résolue s’alluma dans ses yeux et il prit son autre main, faisant encore une fois fi de sa tenue et l’attira à son tour, à sa suite vers un lavabo près duquel il y avait un tabouret la faisant s’asseoir.

- Tu ne bouges plus maintenant. Je vais chercher les trucs pour te soigner, tu t’appuies contre le mur si tu sens un vertige et tu n’hésites pas à m’appeler. Ce ne sera pas parce que tu as besoin de moi d’accord ? On s’en fiche de ça, ton bras d’abord, le reste après !

Et là, il était très sérieux, prenant plusieurs années de maturité d’un coup.
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Cassidy Herediane
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MessageSujet: Re: Encore en train de sermonner le vilain Drakkari ?   Sam 23 Juin - 14:32

Tellement différents mais tellement identiques. Dans leur façon de faire, dans leurs gestes, chacun adoptant sa propre attitude pour se repousser mutuellement. Attention aux étincelles car ce n'est pas un coup de foudre qui risquait de tomber sur les deux jeunes gens mais un véritable électrochoc.

L'impact serait terrible le jour où toute la vérité serait dévoilé. Pas besoin l'un de l'autre mais tellement besoin. Une malédiction ou une bénédiction ? De ce duo si étrange et particulier que tout rapproche et pourtant tout éloigne. Le jour et la nuit. La lumière et les ténèbres. Le feu et l'eau.

Un appel peut être qui résonnait au lointain. Mais tous les deux étaient aussi stupides l'un que l'autre pour ne rien dévoiler jusqu'à la fin, préférant jouer aux devinettes et à des sous entendus plutôt inquiétants. Bien que Cassidy avait un air des plus calmes, doux, enjoué, ce qu'elle était vraiment, sa véritable nature. Mais portant un gros fardeau sur ses épaules.

Et cela, elle était sûre et certaine qu'il ne pouvait pas la comprendre, étant lui même en train de souffrir d'une manière ou d'une autre et qu'il se servirait uniquement de tout ça pour la détruire à petit feu. Même si elle espérait que cela soit différent.

Alors, la jeune femme espérait au fond d'elle qu'il comprenne sans avoir besoin qu'elle lui explique quoi et c'était un peu tenté l'impossible. On dit toujours qu'au plus profond de la lumière se trouve une sombre part, cachée, dissimulée mais bien présente. Et Cassidy risquait de s'y perdre un jour. Elle avait juste besoin de trouver la bonne solution.

Cependant, malgré ses lourds secrets, Cassidy n'avait pas besoin de compassion ou de pitié. Elle s'était toujours débrouillée toute seule jusqu'à présent, comme une grande et sans demander quoi que ce soit. Son fardeau était fait pour être solitaire et c'est tout.

Y mêler une personne ou même un homme était la pire des choses qui pouvait arriver. Mettre en danger des personnes qu'elle aimait, non elle s'y refusait et c'était une autre raison de sa solitaire. Tristan n'avait pas entendu les rumeurs sur la jeune mage ?

Allons donc ! Les bardes et ménestrels narraient les récits et même les aubergistes faisaient de bonne sources d'informations. Parlant d'une jeune mage au futur grandiose et prometteur après avoir terrassé un de ces fichus dragons. Une femme désirant percer les mystères et les secrets d'Ascadian et à la puissance si jalousement demandée.

Qu'avait-elle donc fait ? Tout comme bon aventurier, elle avait tué des créatures menaçant des villages, repoussé des démons dans leurs plans. Bref on l'idéalisait. C'était une femme exemplaire qui jamais ne s'était détournée de son chemin et très difficile à convaincre.

De plus, on racontait qu'elle avait son charme et certains se demandaient si elle n'avait pas rencontrer déjà un homme qui l'avait conquise. Des hommes intéressés voulaient avoir plus d'informations pour tenter leur chance alors que d'autres disaient tout simplement que c'était une mage et qu'une mage ne s'intéressait qu'à sa magie et pas aux plaisirs de la chair.

Elle devait être tout simplement ennuyeuse, inintéressante et pas des plus agréable au lit. Pourtant, on la décrivait comme une fille solitaire, n'ayant pas vraiment d'attache, voyageant de ville en ville pour des missions, prenant son rôle de mage très au sérieux.

Il était évident que les Kaärs avaient sûrement envie de la séduire, la charmer. D'ailleurs il arrivait que des petits groupes d'entre eux tenaient des termes peu élogieux, se demandant ce que cela faisait de coucher avec une mage aussi pure. Se laisserait-elle tentée ou avait-elle déjà le coeur qui soupirait pour un autre ? Cependant, certains qui l'avaient croisé et avaient voulu abusé d'elles racontaient tout simplement que ce n'était pas une proie facile, repoussant avec facilité tout geste ou contact rapprochée, fidèle à ses engagements tenus.

On connaissait la mage pour sa réputation par rapport à sa magie et ses actions mais pas la partie sociale et de notoriété, la jeune Cassidy restant souvent très discrète.

Et pourtant, lorsqu'elle l'avait poussé avec beaucoup de douceur dans la salle de bain et qu'elle avait entrepris de lui enlever son haut, on se doutait bien à ses gestes peu habitués qu'elle était en train de faire une exception à sa règle, se demandant sérieusement comment on enlevait ce truc là. Pourtant elle l'avait vu le retiré de cette manière donc pourquoi ça ne fonctionnait pas ? Elle se sentait maladroite, gênée et partie chercher son escabeau.

Cependant, elle ne réagit pas très bien à sa phrase, alors qu'il répondit en se rapprochant un peu et s'étirant. Cassidy eut un regard un peu étonné en l'écoutant, se demandant bien ce qu'il voulait dire. C'était quoi cette bête là sensuelle ? Ca voulait dire quoi concrètement si ce n'était pas jouer un jeu de séduction ? Elle fronça les sourcils.

"Mais ça consiste en quoi d'être sensuelle ?"

Alors là Tristan devait sûrement avoir un grand air surpris. Comment ça elle ne savait pas ? Comme si il était en train de faire le professeur spécialisé dans la séduction et les charmes. Et pourtant, la sincérité de la jeune femme était visible, elle ne savait rien et ignorait de quoi il parlait après tout. Son ignorance dans ce domaine était fort flagrante.

*C'est vrai quoi ! Je comprends jamais rien à la séduction ! Non mais comment on peut séduire sans aimer ? Il faudrait que je me renseigne*

Et pourtant, elle se bloqua quand il sortit ses dernières phrases. Peut être était son attitude qui revenait au galop, peut être qu'elle l'imaginait alors qu'il l'entraînerait dans la douche et que la jeune femme imaginait ce moment des plus... bizarres. Corps contre corps qui se frôlaient, l'eau qui leur tombaient dessus alors qu'ils se nettoyaient au même endroit, regardant leurs propres formes.

Cela lui faisait bizarre rien que d'y penser et elle n'avait vraiment pas voulu être méchante dans ses propos mais c'était juste que plutôt que de s'enfuir en hurlant, ou d'avoir une attitude craintive, la jeune femme montra que cela ne l'intéressait pas vraiment, ripostant avec beaucoup de dynamisme qui fut sûrement mal perçu.

Après être revenu, il lui balança une simple phrase, cinglante, qu'il ne voulait pas prendre de douche avec elle et Cassidy grogna. Pourquoi cela la faisait-elle réagir ? Pourquoi cela lui faisait un tout petit peu mal ? Peut être parce qu'il montrait qu'il s'en fichait de son sale comportement, d'elle tout simplement. Mais Cassidy en avait un peu mal au coeur, elle qui voulait tellement être reconnu par lui. Elle ne se doutait pas une seconde qu'il le prendrait aussi mal et s'apprêtait à s'excuser mais les mots ne sortirent pas de sa bouche fine et délicate.

*Non... ça ne me touche pas après tout...*

Elle voulut alors donner un coup de poing dans la porte de Tristan ou de répliquer sèchement, montrant que ça ne la touchait pas plus que ça. Mais après tout, elle était bien fatiguée, pas la peine de s'user là dessus. Alors elle se dirigea vers un lavabo pour se laver le visage avant d'aller dormir, grognant et sans s'occuper plus que ça du Drakkari.

Mais l'atmosphère et l'ambiance changea alors que cette image détestée apparut dans le miroir. Un cauchemar oui ça ne devait être que ça. Comment se faisait-il qu'elle était là ? La magie du lieu diminuait-elle ? Elle pensait pouvoir y échapper ici. Et même avec Tristan à côté, elle était là. Cette image de femme froide et sombre qui ne lui ressemblait pas et qui n'était pas elle. Il allait la prendre pour une folle.

Et pourtant, Cassidy resta totalement impassible, calme, montrant qu'elle n'avait absolument pas peur. Mais quand l'image du miroir s'intéressa à Tristan, une lueur de panique passa dans les yeux de Cassidy. Non pas après lui ! Surtout pas ! Elle ne le permettrait jamais ! N'importe qui mais pas lui ! Le reflet semblait triomphant. Cet homme semblerait répondre à tous ces espoirs les plus fous. Quel étrange hasard effectivement.

*Je ne me laisserais pas faire ! Même si lui je commence à l'aim...*

L'éclat atteignit au bras et elle aurait hurlé si elle le pouvait, refusant tout simplement de paraître aussi désespérée face à Tristan qui ne se doutait de rien. Mais le regard de la jeune femme changea, un regard de haine qui ne lui ressemblait pas, froid, sombre, alors qu'elle maîtrisait avec beaucoup de mal les tremblements de son bras. Sa magie devenait instable et le miroir se brisa, voulant enlever cette image d'elle si froide et sombre. Mais elle ne put jamais imaginer ce qui se produirait par la suite.

Tout d'abord, le brisement du miroir fut suivi par un bruit sourd du côté de la douche et Cassidy réagit très rapidement pour sceller la porte, pour éviter de voir Tristan sortir alors qu'elle voyait la serviette disparaître sous ses yeux, son regard rempli d'effroi témoignant de son malaise alors qu'elle tentait de se concentrer sur la douleur lancinante de son bras, en se mordant la langue, la lèvre, tout pour ne pas crier tellement c'était insupportable.

La poignée se tourna et un nouveau boum. Apparemment, elle avait bien fait d'agir même si des frissons l'envahissaient, imaginant le pauvre Tristan en train de lutter contre la porte. Non il ne devait pas voir ce qui s'était passé ! Il ne la regarderait plus pareil après ! Pas avec ce gros morceau planté dans le bras qui n'avait rien à voir avec un morceau de glace. C'était un élément magique et à moins d'être sado, jamais elle ne se serait plantée elle même.

La voix de Tristan résonna dans la pièce et ce fut encore plus douloureux que sa blessure. Cassidy ouvrit des yeux ronds, interdite, choquée. Elle percevait l'inquiétude du Drakkari piégé qui était en train de tambouriner derrière la porte à la recherche d'une issue. Et cela lui faisait encore plus mal et son cerveau s'embrumait doucement.

*Pourquoi ? Pourquoi il s'intéresse d'un coup à ce qui se passe ? Après ce qu'il vient de dire... Tristan... je ne peux pas... je ne veux pas...*

Sa voix, qui l'appelait. Qui semblait s'inquiéter. Elle aurait voulu hurlé la vérité, hurlé ce qui lui arrivait et tout lui racontait mais non elle ne pouvait pas. Elle allait lui faire peur, elle avait le devoir de se débrouiller toute seule comme elle l'avait toujours fait. Pourquoi se sentait-elle aussi affaiblie ?

Elle sentait le tatouage qui s'activait chez Tristan et cela lui faisait très peur pour la suite. Non il ne fallait pas que cela devienne incontrolable, tant qu'elle était là, jamais elle ne laisserait ce truc s'emparer de lui. Elle lui avait promis et quitte à devoir ramper au sol, il fallait qu'elle agisse rapidement, l'horreur lui tordant le ventre alors que ses sentiments allaient droit vers le Drakkari.

Et Cassidy entendait Tristan répéter plusieurs fois son prénom avec une certaine insistance, comme si il savait qu'elle était en danger. Des questions tournaient dans sa tête. Pourquoi ? Elle ne laisserait pas les choses ainsi ! La jeune mage traça sa rune avec son propre sang et arrêta la progression du tatouage, usant dans ses forces les plus profondes. Il tapa encore et encore, cherchant à sortir de cette petite pièce. Le coeur de Cassidy tapait bruyamment dans sa poitrine mais elle n'avait pas le temps pour s'y pencher.

Alors, elle se contenta de tout nettoyer, de faire son bandage de fortune, jetant la serviette blanche de sang dans la panière, prête à sortir de la pièce sans laisser le temps à Tristan de la voir dans cet état tellement elle était honteuse. Non il ne devait rien voir, se douter de rien, elle ne devait pas le laisser s'inquiéter pour cela et pourtant elle se sentait si misérable et perdue. Reprenant une attitude des plus calmes comme si de rien n'était et que la douleur de son bras était irréelle.

Cassidy se tourna en entendant le choc, Tristan venait encore de se cogner et la jeune femme eut une expression de panique qui passa dans ses yeux noisettes alors qu'elle hésita à faire un pas dans sa direction pour venir l'aider. C'était sa faute... plus jamais elle ne resterait en sa présence. La jeune mage avait trop peur qu'il se fasse mal à cause d'elle. Elle mordilla sa lèvre si brusquemment que du sang perla au coin de sa lèvre inférieure, montrant ainsi qu'elle avait plusieurs fois mordu pour cacher la douleur, le coin étant rouge vif.

Pendant un très bref instant, le regard que Cassidy lançait à Tristan semblait vouloir dire "Aide-moi" mais aucun son ne sortit de sa bouche. Et pourtant, ce fut très rapide car elle reprit une attitude un peu surprise, ne sachant pas quel comportement avoir avec lui. De la colère pour ce qu'il avait dit avant ? Un étonnement poli ? Un mélange d'une teinte embarrassée et d'une certaine honte.

Il s'inquiétait pour elle, relevant son bras et l'examinant alors qu'elle grimaçait. Aie ! Elle aurait voulu évité ce moment et pourtant il jouait encore le sauveur de cette manière bien que rien n'était exprès. Si il savait ce qui s'était passé, comment aurait-il réagi ? Oui comment ? Il s'excusait, de ses paroles qu'il avait eu avant, profondément pertubé.

Cassidy sentit cet espèce de truc qui rentrait en elle, cette magie qu'elle ne connaissait pas qui cherchait à la faire faiblir mais elle ne tiqua même pas, prenant une grande et profonde inspiration avant de regarder le Drakkari droit dans les yeux et de sa main gauche à elle, elle lui prit sa main à lui, comme pour lui dire qu'elle allait bien. Lui faisant un petit sourire timide et gêné. C'était comme si les paroles qu'il avait dit avant elle ne lui en tenait pas rigueur, comme si elle cherchait à calmer le Drakkari aussi, qu'il ne s'inquiète pas. Elle ne le voulait pas.

"Ne t'en fais pas je vais bien. J'ai vu pire... c'est moi qui suis un peu trop maladroite"

Oulà oulà. Une technique qui ressemblait tellement à celle de Tristan pour faire ignorer la douleur de son bras devant elle. Cachant ses faiblesses et ses blessures comme elle était exactement en train de le faire. Minimisant la situation au maximum même si cet espèce de poison la rongeait doucement de l'intérieur. La guérir physiquement ne permettrait pas tout. Elle devait savoir de quoi il s'agissait.

Elle caressa doucement le plat de sa main distraitement, n'étant pas trop bavarde, pensive et choquée par la situation qu'elle venait de vivre.

Alors, elle se fit contrairement à toute attente docile, n'ayant pas la force de résister mais cette stupide image revenait dans sa tête alors qu'elle secoua lentement la tête. Il voulait la soigner, elle ne dit pas non, même si elle craignait un peu qu'il en voit plus que nécessaire.

Il la fit s'asseoir sur un tabouret, s'excusant, lui demandant de l'attendre alors qu'il allait s'occuper d'elle et réparer les erreurs. La jeune femme le dévisagea. Il faisait plus sage d'un coup, oubliant tous leurs conflits et disputes, voulant juste s'occuper d'elle. Et pourtant, elle voulait lui crier dessus, que ce n'était pas ça, que c'était quelque chose de plus dangereux mais comme lui, elle n'aurait jamais osé.

Elle se contenta de hocher la tête, s'asseyant bien sur son tabouret, sachant qu'il serait impossible de négocier quoi que ce soit.

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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: Encore en train de sermonner le vilain Drakkari ?   Dim 24 Juin - 13:46

Que manque t-il généralement à deux personnes pour réellement se connaître ?
La confiance mais encore et surtout la communication.
Et point de vue communication, entre eux, Tristan et Cassidy étaient aussi déplorables l’un que l’autre.
Pareil pour la confiance.
Mais dans leur cas, faire confiance n’était pas un choix… Ils ne l’avaient pas.

Quand un lourd secret écrase de tout son poids, avec ce rire sadique seulement sorti de l’imagination, ses victimes, se confier, est-ce vraiment possible ?
Parfois c’est souhaité. Fort, vraiment très fort.
Un aveu… Se dire qu’un tout petit aveu même si ça peut faire paraître un peu… faible, libérera d’un grand poids.

Car il y a celui de la culpabilité mais aussi celui du secret.
Le poids d’un secret est la solitude. La certitude d’être seul au monde et de ne jamais pouvoir dire quoi que ce soit à qui que ce soit. De peur de perdre cette personne, de peur de lui faire du mal.
De peur de détruire quelqu’un en même temps que SE détruire. De peur d’être incompris et abandonné.

Mais se confier apparaît comme un rêve salvateur. Le genre de mirage comme si la victime affrontait un désert de solitude et de souffrances en voyant miroiter au loin ce qui apparait alors comme la délivrance. Une main tendue, un sourire, une promesse. De repos, de compréhension, de soutien quoi qu’il arrive. Et plus la victime s’approche, plus le mirage recule. Si par bonheur elle l’atteint alors il s’efface comme si un souffle d’air, une respiration suffisait à tout anéantir.

Alors se confier…
On y renonce vite.
Et c’était leur cas à tous les deux.
Ne pas vouloir avouer sa faiblesse. Ne pas vouloir… atteindre l’autre trop cruellement.
Avoir peur aussi de ce qu’il ferait s’il savait. Avoir la certitude que ce n’était surtout pas la chose à faire, jamais.

Alors niveau confiance, non ce n’était pas ça… Et niveau communication.
Eh bien peut-être finalement communiquaient-ils mieux enfants. Mais pendant l’enfance il y a l’innocence de la vérité ou de tous petits secrets. En grandissant, elle disparaît.

Tristan avait entendu des rumeurs sur Cassidy, cette jeune mage puissante, généreuse et apparemment plutôt… charmante mais pas si facile à approcher. Mais il avait toujours cru que c’était une autre Cassidy. Après tout… il essayait un peu de l’oublier cette fillette. Ou alors il se raccrochait à son souvenir ? Il ne savait plus vraiment.
Avec sa douceur, il l’imaginait finir institutrice. Après tout, elle aimait bien veiller sur les plus jeunes. Certes eux-mêmes étaient encore des enfants mais il croyait sincèrement qu’elle les aimait… assez pour se vouer à eux.

Mais ce n’était pas vraiment l’idée sur laquelle il fallait s’appesantir.
Ils jouaient un jeu. Et là, elle avait quand même essayé et réussi à le déshabiller. C’était quelque chose ! Il ne pouvait pas passer à côté ou faire comme si de rien n’était, c’était quand même énorme venant d’elle. Alors il la provoquait doucement, pas trop méchamment ni perversement bien sûr… mais pour elle c’était certainement beaucoup quand même.

Elle lui sortit alors une phrase qui le prit totalement au dépourvu. Pardon ? Elle lui demandait… en quoi constituait d’être sensuel ? Il lui jeta un regard de travers. Allons bon ! Elle ne savait pas ?! Elle avait vraiment dû côtoyer de sacré bourrin mal léché pour ne pas le savoir.
Pour sa part, le jeune homme était tellement surpris et étrangement intimidé qu’il n’était pas prêt à lui montrer… clairement. Il se contenta donc d’un clin d’œil et d’un beau sourire un brin dragueur.

- Ca ne s’explique pas… Ca se comprend. Faudra que je te montre un de ces jours…


Et qu’il trouve le bon moment aussi. Ca aurait été parfaitement adapté la veille… ce soir si… spécial et décalé qui les avait laissés perplexes et sans doute aussi surpris l’un que l’autre.
Mais là maintenant, ce n’était pas tout à fait le moment. Non, il ne le sentait pas.
Difficile de dire pourquoi. La vérité, c’est que la situation allait se dégrader. Mais ça, il ne pouvait pas le savoir.

Et il avait été agressif, cinglant même et il est vrai que ses paroles n’étaient pas tendres. Mais il était ainsi. Et il avait été blessé. Et dans ce cas, souvent un homme réagi n’importe comment, surtout un qui essaie de se faire passer pour un vrai dur, ce qui avec elle… il ne veut pas vraiment… pas intimement être.

Mais tout devint rapidement… pire.
Alors qu’il marmonnait sous l’eau et se disait tout de même qu’il avait peut-être un peu exagéré dans ses propos. D’autant plus… que ce n’était pas tout à fait vrai, ce qui achevait de lui miner le moral, il y eut l’espèce de catastrophe dans la salle de bain, de l’autre côté de cette fichue porte.

Il ne savait pas ce qui se passait… mais il savait qu’elle était en danger. Oui, il en était certain, même si elle ne hurlait pas.
Et il était devenu à moitié fou. Parce que son cœur se serrait, qu’il avait mal au crâne comme si celui-ci allait exploser et que la peur qui l’envahissait était bien pire que tout ce qu’il avait pu ressentir jusqu’ici. Peut-être même pire que ce fameux jour… et pourtant, il pensait que rien, rien au monde ne pouvait être pire que ce jour décisif qui avait fait basculer sa vie.

Alors il avait crié son nom, il avait paniqué, escaladé et s’était cogné à de nombreuses reprises qu’il avait cessé de compter, même si elles n’étaient qu’au nombre de trois.
Et au final, il l’avait vue.
Elle était très pâle et dans ses yeux il y avait quelque chose qu’il ne parvenait pas à identifier, ses cheveux étaient un peu en bataille comme si elle avait mis la tête dehors par un temps de vent peut-être pas violent mais au moins d’une certaine force.

Avec son teint, qui était d’ordinaire déjà peu bronzé, un peu cireux, ses cernes de fatigue ressortaient d’autant plus et il avait l’impression de se prendre un coup de poing dans l’estomac… Plus encore lorsqu’il vit le bandage vraiment de fortune ou plutôt d’infortune autour de son bras. Alors il n’avait rien pu faire pour lutter. Tout était devenu très simple et automatique malgré sa peur.

Il lui avait intimé de s’asseoir, de souffler, de se reposer.
Il allait l’aider, oui il devait l’aider. Et à cet instant, il culpabilisait énormément.

Le jeune homme sortit précipitamment.
Il revint très vite avec la petite mallette qu’elle avait prise pour le soigner quelques minutes plus tôt et dont il avait certainement retenu l’emplacement. Malgré le peu de temps qu’il avait mis, il avait été encore plus rapide que ce que laissait sous-entendre son retour car sa serviette était sous son bras et qu’il revenait portant un boxer. Rien d’autre bien évidemment, il n’avait pas le temps pour passer autre chose.

Mais de un c’était plus pratique, de deux ça éviterait de.. « mauvaises surprises » à la jeune femme, de trois… finalement la serviette couvrait peut-être davantage. D’ailleurs il avait été tellement pressé qu’il ne l’avait pas très bien enfilé et qu’il était plutôt… bas sur ses hanches mais apparemment ça ne le gênait pas plus que ça. Ou alors il ne s’en apercevait même pas.

Sa phrase résonnait encore dans sa tête. Elle lui avait dit de ne pas s’occuper d’elle. Qu’elle allait bien.
Il avait envie de la gifler… Il lui en voulait tellement de dire ces mots. Sans doute parce qu’il les avait tellement utilisé pour sa part qu’il savait parfaitement, quand on avait ce regard, ce qu’ils signifiaient.
Il s’était contenté de parler rapidement.

- Tais toi, ne bouge pas. Tu ne fais rien, je m’occupe de toi maintenant. Si tu bouges, je te jure que je t’arrache ta robe pour te forcer à rester immobile sous une serviette pour te cacher à ma vue !


Non ce n’était pas pervers du tout. C’est juste… qu’il avait dit la première chose à laquelle il pensait pour la forcer à rester immobile et c’était juste ça. Puisqu’elle était si pudique, elle serait bien forcée de rester… sans bouger. Mais son ton était un peu sec et il était pâle lui aussi. La vue du sang ne le gênait pas… mais peut-être que pour son sang, c’était autre chose.

Son regard… il avait cru voir quelque chose dans ses yeux de loin. Mais il n’en était pas sûr et de toute façon il s’en fichait ! Quoi qu’elle dise, c’était lui qui prenait les choses en main pour l’instant, elle allait devoir faire avec.

Tristan revint donc rapidement.
Il n’avait pas l’air plus que ça touché par ses différents chocs. Après tout, il était solide, il fallait plus que ça pour mettre à mal le Drakkari.
Il s’approcha d’elle et posa la mallette par terre, s’agenouillant face à elle.

Il l’ouvrit, examinant d’un œil expert le contenu avant de tendre doucement les mains vers le bras de la jeune femme et de défaire sa compresse de fortune. Son estomac se souleva et il fut bien heureux d’avoir mangé depuis suffisamment longtemps. Il pensait bien qu’elle devait beaucoup saigner ! Elle avait de la chance de ne pas être tombée dans les vapes déjà !

Le jeune homme posa la serviette dans un coin et en attrapa d’autres qu’il mouilla pour nettoyer les contours de la plaie et se faire une idée. Wow… c’était profond… pas qu’un peu.
Elle avait carrément le bras traversé de part en part. Comment osait-elle parler de maladresse ?!!!
Surtout avec lui ! Il avait connu des combats, tellement ! Il savait reconnaître des blessures graves. Et ça c’en était une ! Quoi qu’elle en dise !

Avec un soin méticuleux, il continua cette « toilette » avant de désinfecter la plaie, la regardant avec inquiétude, levant souvent les yeux vers elle comme pour s’assurer qu’elle tenait le coup. Pourtant il ne disait rien, il ne posait pas de question. Peut-être qu’il craignait un peu les réponses.

Ca devait lui faire mal… beaucoup la brûler mais elle ne se plaignait pas comme elle l’aurait pu. Quelqu’un d’autre aurait sûrement poussé un cri déchirant, mais ce n’était pas son style.
Le sang avait cessé de couler du fait de ses soins. Il appliqua deux baumes différents sur la blessure après avoir vérifié le contenu des petites fioles présentes et finalement il lui fit un bandage qui n’était ni gênant, ni trop serré, mais au moins correct et qui n’allait pas risquer d’aggraver sa blessure comme ce qu’elle avait fait elle-même peu avant.

- Voilà, c’est terminé… ça… ça va ?

Il avait relevé les yeux vers elle et soudain se redressa à moitié, un genou en terre, l’autre relevé, prenant son visage dans ses mains. Il examinait sa lèvre qu’elle avait mordue trop fort pour ne pas crier et l’humidifia légèrement avec la serviette mouillée pour enlever le sang qui avait un peu séché. Ses mains s’attardaient sur son visage. L’inquiétude brillait dans ses yeux, lui donnant un aspect… tout nouveau et certainement inattendu.

Le regard du jeune homme sembla se troubler pendant un instant, comme s’il avait une absence et l’instant d’après… eh bien il la serrait dans ses bras, prenant garde à sa blessure. Il marmonna d’une voix étouffée

- Tu m’as fais peur idiote… j’ai voulu… sortir, défoncer la porte mais… mais ça résistait alors… tu aurais dû m’appeler, me laisser venir… Que tu te sois vraiment fait ça toute seule ou qu’il y ait autre chose… ça ne mérite pas que tu n’appelles pas… pas à l’aide … mais… au moins quelqu’un… Même moi… je ne…


Il prouvait aussi par ces paroles qu’il avait des doutes… Sur son excuse. Une maladresse hein… Etait-ce réellement cela ? La blessure qu’elle portait était tout de même inquiétante. Elle semblait avoir été blessée… avec quelque chose de pointu et longiligne… mais qui l’avait aussi un peu brûlée au passage.

Tristan continuait de la serrer contre lui, toujours un genou contre le sol et en prenant garde de ne pas lui faire mal.
Il se détacha enfin d’elle et baissa les yeux vers la mallette qu’il referma sans un mot avant de montrer ce qu’il avait emporté avec et dont il n’avait pas fait étalage.
Qui se trouvait sous la mallette depuis tout à l’heure. La robe qu’elle mettait pour dormir.

Eh bien… Il était vraiment rapide le Drakkari quand il le voulait.
Il releva les yeux vers Cassidy et lui sourit avant d’attraper une serviette propre par terre et de s’en faire un… bandeau de fortune le nouant serré autour de sa tête, se cachant la vue.

- Tu ne peux pas rester dans cet état. Ta robe est pleine de sang. Je ne vois rien ne t’en fais pas… tu ne peux pas te changer seule dans ton état. Je n’en profiterai pas t’inquiète. Quand tu me tendras ton bras blessé préviens moi juste que je fasse très attention.

En disant ces mots, il s’était rapproché très près de son visage, à tel point qu’il sentait, sans pouvoir la voir son souffle sur le bras de son visage. D’ailleurs il était si près sans même s’en rendre compte et pouvoir en profiter, passant les mains lentement sur ses épaules puis dans son dos pour dénouer les petites cordelettes fermant son vêtement que ses lèvres n’étaient qu’à quelques centimètres, six à tout casser de celles de la jeune femme.

Eyh oui… Il pouvait être très sérieux quand la situation l’exigeait et accepter de renoncer, même si elle était très tentante…

- Pour ce que j'ai dis tout à l'heure.
Commença t-il en parlant bas. Oublie... c'était.. juste une bêtise de plus. Tu devrais avoir l'habitude avec moi. Commenta t-il avec un sourire un peu amer mais qui se voulait rassurant...

Même s'il n'y voyait pour ainsi dire... pas grand chose.
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Cassidy Herediane
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MessageSujet: Re: Encore en train de sermonner le vilain Drakkari ?   Dim 24 Juin - 16:09

Un secret a toujours été dur à porter tout seul. Et pourtant, lorsque ce secret est partagé, on peut devenir plus fort, se sentir soutenu et trouver une solution à deux. L'enfermement conduit à un destin tragique inévitable et malheureusement très triste. Mais connaître un secret à deux ne suffit pas toujours. Il faut savoir être prêt à accepter, se soutenir et s'entraider.

Cependant, Cassidy avait toujours été si seule que le simple fait de partager quelque chose avec Tristan n'avait pas vraiment de sens. Lui faire partager sa peine et sa douleur, le reconnaîtrait-il enfin ? Non c'était totalement impossible et pourtant les choses impossibles peuvent être les plus accessibles. Car c'est toujours ce petit duo capable de se comprendre mieux que personne. Car tous les deux sauraient exactement quoi faire quand le rideau tomberait... mais accepteraient-ils de le faire ? Ca c'est une autre histoire...

Enfin pour le moment ils se raccrochaient au présent de la meilleure manière qui était, elle s'occupant de lui et bravant toutes les difficultés qui se mettaient au travers de sa route, et lui observant, écoutant. Après tout, cela ne le dérangeait pas plus que ça que la jeune demoiselle cherche à le déshabiller, cette petite moue loin d'être tentée mais surtout très concentrée par son acte, avec un brin de naïveté et d'innocence comme si elle ne comprenait pas ce qui pouvait passer à travers la tête des hommes dès qu'on les déshabillait.

Non, cela elle l'ignorait. Et il lui lança un regard un peu de travers quand elle lui avoua que être sensuelle, elle ne savait pas faire. Qu'il lui montre ? Comment pouvait-il lui montrer une chose qui ne s'expliquait pas ? Elle le regarda avec interrogation tout en se grattant la tête. Bon après tout ça n'avait pas l'air d'être si terrible que ça.

Cassidy ne savait absolument rien du comportement de Tristan, n'était pas dans sa tête ni dans son esprit et ne pouvait donc pas deviner ce qui le prenait tout d'un coup. Elle était suffisamment occupée par ses démons pour se pencher un peu plus sur la question. Et le simple fait qu'il l'appelle, cette lueur de panique dans la voix, qu'il s'inquiétait pour elle, lui fit encore une fois tout remettre en cause. Elle ne comprenait pas, ou ne voulait pas comprendre. Il était tellement difficile à comprendre.

*Pourquoi tu réagis ? Dis le moi... je ne comprends absolument rien...*

Le souvenir du mouchoir lui revint en mémoire. Pendant un instant elle fut tentée d'aller fouiller dans ses pensées, ses souvenirs pour mieux le comprendre. Lui qui geignait toujours de feindre la terrible indifférence, qui lorsqu'il était petit faisait genre de la détester, de l'embêter encore et encore pour qu'elle s'acharne contre lui. Et alors là, la situation était complètement inversé. Comme le chevalier au secours de sa princesse. Quelle drôle de situation.

Elle restait sans voix, choquée et interloquée, de l'entendre tambouriner derrière la porte alors que c'était bien elle qui l'avait enfermé, ne voulant pas de son aide, pensant qu'elle n'avait pas besoin de lui. Que se serait-il passé si il avait vu ce morceau d'apparence magique ? Il n'aurait pas compris et lui aurait sûrement posé des questions peut être. Il se serait inquiété... ou pas. Peut être qu'au fond de lui le Drakkari voulait uniquement être la cause pour l'embêter elle. Et que personne d'autre en avait le droit. Il voulait en être le premier informé et aux premières loges.

Peut être que Cassidy hallucinait, à la vitesse à laquelle son sang se vidait. Mais même si elle se retenait de hurler, même si la douleur lui avait arraché quelques larmes de souffrance, à un moment, un mince sourire apparut sur son visage. Elle n'était pas sado, mais la jeune femme se disait que ce n'était pas le pire. Le pire ? Les paroles que Tristan pouvaient avoir. Elle le savait, elle commençait à l'aimer. Et lui était dans son petit jeu et chercherait sans doute à la pourrir et la blesser encore plus qu'une douleur physique et cela, elle le pressentait. Alors avoir mal pour un vulgaire morceau de magie ? Peuh ! Trouvez mieux !

La sphère entra dans son bras et se mélangea à son sang, à sa magie. Elle ne comprit pas sur le coup d'où cela pouvait venir et quelle utilité cela pouvait avoir. Mais cette sorcière semblait avoir bien calculé son coup. La reverrait-elle ? Sûrement ! Ce n'était que le début et même si elle s'était cru protégée dans ce château magique, avec une magie ancienne et ancestrale datant du temps des Gardiens. Elle savait que la partie serait vraiment très dur, et tout gérer serait difficile.

Cassidy se rappela des conseils et des paroles de son maître. Les véritables défis sont toujours les plus durs à surmonter, mais la récompense au bout n'a pas de prix. Et même si elle était à moitié vaseuse, la mage était plus robuste que cela. Parce que malgré le sang qui coulait elle avait une protection et que la sorcière voulait juste sûrement un peu la faire souffrir avant d'implanter un véritable poison à l'intérieur de son corps. Et pourtant Cassidy souriait bêtement.

*C'est tout ce qu'elle a trouvé ?*

Un choc, un tremblement. Mais non elle ne devait pas se laisser faire, ne pas la laisser victorieuse. Tristan comprendrait rapidement qu'il était aidé dans sa tâche et peut être changerait-il d'avis en sachant mais Cassidy était forte, à la volonté de fer.

Lorsqu'il s'approcha d'elle, Cassidy pu lire la peur et l'inquiétude qui s'étaient emparés de ses beaux yeux orangés. A l'heure actuelle, son coeur faisait des loopings à l'intérieur, bien qu'elle ne touchait pas son bras, même si la douleur était horrible et que le sang s'imbibait petit à petit. Elle n'avait que très peu de temps, et pensait se débrouiller seul, mais c'était mal connaître le Drakkari qui se sentait responsable de ça.

Alors elle lui fit ce petit sourire rassurant, comme si de rien n'était, lui disant simplement qu'elle allait bien même si son bras se vidait petit à petit de son sang. Non tout était normal, elle aurait même pu aller faire cuire des brochettes pour se faire un barbecue près du lac tellement ça allait bien. Et qu'elle était encore fière et têtue de ne pas vouloir montrer. Son regard... celui de Tristan, semblait trahir ses émotions actuelles. Un jeu ? Ou la vérité ? Et son coeur lui disait que là il ne jouait pas, comme si il avait des remords.

Il l'avait alors laissé dans la salle de bain, la mettant en garde et surtout de l'appeler si ça n'allait pas. Quoi encore ? Il ne l'a laissait pas baigner dans son sang ? Il la retenait ? Il était bien étrange ce Drakkari après tout. Mais elle ne riposta rien, ne dit rien, ne sachant pas sur quel pied danser même si ça lui faisait tout drôle et bizarre de voir... que quelqu'un s'occupait d'elle. Généralement elle se débrouillait seule ou allait voir des guérisseurs mais jamais elle n'avait laissé un non initié posé ses mains sur ses blessures.

Alors qu'il était parti, la jeune femme frissonna doucement, et serra les dents, sentant cette mauvaise magie en elle. Mais non elle était forte ! D'ailleurs son énergie dansait dangereusement autour d'elle alors qu'elle cherchait à chasser l'hôte magique de son corps.

*Sors de lààààààà !*

Ah mais bien sûr ça ne fonctionne pas comme ça et tout ce qu'elle réussit à faire, c'est claquer la porte de la salle de bain sous la poussée d'énergie qui était apparu sans qu'elle bouge le petit doigt mais qui témoignait de l'état... peu normal de la situation. Et cela, Tristan avait du le remarqué, alors qu'elle était sagement sur son tabouret, la porte qui claqua devant lui alors qu'il voulait rentrer dans la salle de bain. Elle espérait qu'il ne s'était pas cogné et avait un regard d'excuse.

Il fallait qu'elle se calme et qu'elle évite ce genre de choses tant qu'il était dans le coin. D'ailleurs il avait fait vite car le voilà qui revenait à la charge, son boxer enfilé et la mallette à côté. Ainsi il avait mémorisé ? D'ailleurs, le regard de Cassidy se porta sur le boxer qui était placé trèèès bas sur ses hanches et commença à rougir doucement. Bon ça va elle ne voyait rien ! Elle reporta son attention sur le Drakkari.

Et encore avant qu'il parte chercher les affaires, il avait été très sec comme si il ne voulait pas qu'elle ait de telles paroles. La jeune mage se contenta de grogner et grommeler tout en détournant la tête, montrant qu'elle avait pas l'air si mal que ça en fait. Même si bien sûr ce n'était qu'une jolie illusion. La déshabiller hein ? Ah c'est sûr que ça avait l'effet de la calmer ! Il commençait à la connaître un peu sur ces nouveaux points et là encore, se retrouver nu devant lui... pas possible elle ne pouvait pas s'y faire.

Il s'occupa ensuite de son bras avec beaucoup de douceur, alors que Cassidy fixait un point au loin. Elle faisait tout pour ne pas montrer aucun signe de souffrance ou de douleur. Et pourtant lors de la blessure dans le dos, n'avait-elle pas dit qu'elle était extrêmement douillette et qu'elle lui avait prouvé en plus ? Alors là.. c'était vraiment l'opposé ! Comme si elle n'avait pas le droit de le montrer dans ce cas là, comme si elle avait honte de ce qui s'était passé.

Tristan était loin d'être bête. Et il avait certainement remarqué qu'il ne s'agissait pas vraiment d'un morceau de verre du miroir. De plus la projection semblait venir de face, comme si c'était son bras à elle qui avait été visé... volontairement. Alors il devait le voir, il devait s'en douter. Et pour finir, aucune trace d'éclat de verre. Comment aurait-elle pu enlever un si gros morceau ? Ou était l'arme du crime ? A part une flaque d'eau qui traînait juste à côté du miroir, aucun morceau de verre ne portait son sang. Et elle n'aurait même pas pu le jeter. Pas dans son état.

Cependant Cassidy ne s'en inquiéta pas, ne se posa pas de question. Elle devait être trop perturbée pour dire quoi que ce soit. Et la brûlure témoignait d'une chose qu'il avait déjà vu... des traces de magie. Donc supposition d'un objet magique qui était entré en contact avec sa peau. Et pourtant, l'hypothèse qu'elle se le soit volontairement planté était impossible. Son secret à elle.

Il lui demandait pourtant si ça allait, montrant cette petite pointe d'inquiétude qui le rendait tout nouveau, différent d'avant. Cassidy n'arrivait pas à lire, n'arrivait pas à comprendre et dans son regard à elle, une sorte de surprise semblait danser alors qu'elle hocha vigoureusement la tête en signe de réponse, tout en lui faisant un petit sourire rassurant. Oui, surtout montrer que tout allait bien.

"Je suis solide tu sais... malgré mes maladresses"

Et contre toute attente, Tristan se pencha vers elle et prit son visage dans ses mains. D'un coup, c'était comme si tout ce qui venait de se passer s'était envolé, la douleur était secondaire, tout comme cette chose à l'intérieur d'elle même qui était si perturbée. Elle le laissa faire, n'ayant pas vraiment le choix, frissonnant doucement, comme si le contact du Drakkari avait un effet totalement bénéfique sur elle. Elle le laissa faire, toucher, et même si elle s'était un peu crispée au départ, le laissait faire, plongeant son regard dans le sien.

Elle pensa à tout ce qui lui était arrivé jusqu'à présent, toutes ses maladresses du passé, ses nombreux coups, ses échecs et ses victoires. Mais pour l'instant, elle restait immobile, lui faisant ce petit sourire timide qui avait le don de faire chavirer un homme et qui était surtout bien inconscient. Et alors, il la prit dans ses bras et elle se laissa enlacer par lui, l'écoutant, ses yeux s'agrandissant au fur et à mesure de son discours.

Oui, elle voulait lui dire... la vérité... parce que dans ses bras elle sentait qu'elle ne craignait rien. Que ce contact avait le don de la régénérer d'une certaine façon. Est ce qu'il s'en doutait ? Peut être qu'il s'en fichait. Un simple contact, une étreinte, alors qu'il faisait part de son inquiétude, faisant part de son doute sur ce qui s'était réellement passé. Elle lui avait fait peur. C'était une grande révélation pour la jeune femme qui ne se serait jamais douté de cela.

De son bras pas blessé, Cassidy le passa doucement autour du Drakkari, fermant un moment les yeux, appréciant le parfum qu'il avait mis après la douche. Elle le serrait un peu contre elle aussi, sans dire quoi que ce soit. Et puis, quand il s'écarta, elle le regarda en souriant, ce sourire qui montrait que tout allait bien.

"Merci..."

Elle étira son bras un instant puis sembla hésiter sur ses paroles.

"Je pense... que les dieux m'ont longtemps protégé... mais..."

Cassidy fit une grimace, ne sachant pas comment dire cela. Elle le regarda faire avec surprise alors qu'il se bandait les yeux et là, elle ouvrit grand la bouche, commençant à comprendre où il voulait en venir. Quoi ? Il avait trouvé sa robe de nuit ?

"Tu as réussi à t'y retrouver dans mon bazar ?" lança-t-elle en le taquinant pour détendre un peu l'atmosphère.

Il voulait qu'elle retire sa robe comme ça devant lui ? Après tout elle n'avait pas le choix mais le rouge avait profondément envahit ses joues, se sentant soudain horriblement gênée avec cette apparence même si il avait les yeux bandés. Et pourtant, il était encore sérieux là.

"Maiiiis.... heuuuuu...."

Son coeur battait très vite d'un coup alors que Tristan se rapprochait d'elle, étant très proche de son visage alors qu'elle respirait lentement. Encore un peu plus près et il se rendrait compte que son propre coeur tambourinait comme un fou alors qu'il était vraiment très proche. Et surtout proche de ses lèvres. Même si il ne tentait rien pour l'instant, se contentant d'enlever les fines cordelettes qui retenaient sa robe actuelle. La jeune femme déglutit, vraiment très rouge. Comment lui expliquer que ce n'était pas dans ses habitudes.

Si elle n'avait pas eu autant de retenue, elle aurait déjà filé ! Bras blessé ou pas ! Et pendant, il lui disait d'oublier ce qu'il venait de dire. Elle se mit à sourire tout en étant crispée.

"Ca va t'inquiète pas... Je dis aussi beaucoup de bêtises..."

Il était occupé à défaire ses cordons, ses pieds à elle dansaient un peu au dessus du tabouret alors qu'elle penchait son corps de droite à gauche visiblement mal à l'aise. Elle regardait le Drakkari, il fallait qu'elle s'occupe.

"Heeem... Tris... heuuuu... non rien !"

Sa voix sonnait comme un malaise alors qu'il faisait, elle devait se sentir totalement stupide face à lui comme ça. Mais il fallait qu'elle pense à autre chose. La jeune femme posa une main sur son épaule à lui et fit parcourir doucement ses longs doigts fins d'un bout à l'autre de son épaule, alors que ses doigts étaient un peu chauds. Elle rougissait toujours.

*Pense à autre chose ! Une poule sur un mur ! Qui picote du pain dur !*

Elle ferma doucement les yeux tout en continuant de caresser son épaule, se décrispant un peu. Elle savait que c'était pour son bien.
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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: Encore en train de sermonner le vilain Drakkari ?   Dim 24 Juin - 19:13

Mais qu’est ce qui s’était passé ?!!!
Même s’il ne posait pas ouvertement la question Tristan ne comprenait pas et s’inquiétait réellement. A cet instant, il n’avait pas la force de le camoufler alors son visage l’exprimait librement. Pour une fois qu’il ne refoulait pas tout.
Alors elle devait bien le voir… Tout ce que pouvait refléter un visage honnête, un visage vrai, qui ne se cachait pas derrière diverses façades.

Alors qu’il soignait avec énormément de précautions le bras de la jeune mage, Tristan se remémorait comme dans un souvenir lointain, car il était très concentré sur sa tâche, les émotions qui l’avaient traversé.
Il ne savait vraiment pas ce qui avait pu se passer. Mais en tous les cas, il y avait eu quelque chose.
Bien sûr, Cassidy était parfois maladroite dans des situations… incongrues.
Il lui arrivait brusquement de tomber ou de se blesser. Mais généralement c’était… superficiel.

Or là, outre le fait que rien ne s’y prêtait, ce qui encore restait un argument peu valable, elle s’était… sacrément blessé. Et il avait la certitude que ce n’était pas, comme ce qu’elle prétendait, une simple maladresse. Non c’était autre chose.
La brûlure lui rappelait la veille, ce qui s’était passé avec le bâton de la jeune femme quand il l’avait pris après… cette décharge électrique de la part de la rune mais encore et surtout la brûlure qu’elle avait eu dans le dos suite à son premier jour à l’académie, sur le terrain d’entraînement.

C’est à ce moment là qu’il avait prouvé, plus encore que les fois précédentes quand il l’avait portée, qu’il pouvait être attentif et prévenant. Il se mordilla la langue. Il ne devait pas l’être avec elle. Car malheureusement…plus il le serait et plus il aurait envie de l’être. Oui mais voilà, résister était bien compliqué. Elle n’était pas comme les autres et contrairement aux rumeurs et à l’image de gros dur si tendre et courtisan avec les femmes qu’il donnait… il était attentif tout de même.

Non… Ce qu’elle avait, ce n’était pas une simple maladresse physique. Magique à la rigueur mais… il lui semblait qu’elle était très prudente lorsqu’elle faisait appel à la magie. Elle était l’une de ces mages respectueux qui savent qu’ils peuvent être dangereux et qui savent surtout… rester humbles. Moui… mais en même temps elle n’était pas maladroite « physiquement » avec les autres, juste avec elle-même. Elle se blessait de temps à autres, bêtement, mais ça arrivait. Pourquoi magiquement ne pourrait-elle pas être imprudente envers elle-même ?

C’était une théorie fort plausible. Mais s’il se risquait à lui poser la question, il lui ferait certainement affront. Les mages étaient très sensibles pour tout ce qui touchait à leur magie. Et puis, il pensait encore que c’était un peu de sa faute si elle avait eu un quelconque petit accident… qui ne se révélait pas si petit que ça et donc provoquait sa culpabilité.

Il avait ignoré ses paroles comme quoi elle allait bien, ignoré ses tentatives même de sourire pour le rassurer. Pour l’instant, il s’occupait de son bras…Et celui-ci avait vraiment besoin de soin ! Elle ne comptait tout de même pas sérieusement sortir de la salle de bain et passer la nuit dans cet état cette inconsciente ! Vu comme elle pouvait être têtue, c’était pourtant fort probable.

Comment se douter réellement de ce qui s’était passé ? Comment se douter de son secret ?
Elle ne se doutait pas du sien après tout. Sans doute étaient-ils aussi bon cachotiers l’un que l’autre. Oui ce devait être ça. Mais il ignorait encore à quel point.

- Je me fiche que tu sois solides. Tu es idiote. Un peu plus et je ne te voyais même pas partir dans cet état.

Il grogna, luttant contre un morceau de coton qui lui collait aux doigts. D’ailleurs il ajouta quelques mots en marmonnant.

- M’en fiche d’façon. Je serai allé tambouriner à ta porte jusqu’à ce que tu m’ouvres. Tu parles d’un spectacle…

Alors qu’il avait fini avec son bras, il avait examiné son visage mais ce n’était rien de bien méchant en fait. Elle n’aurait peut-être même pas de marque au réveil le lendemain.
Par contre, il est vrai qu’il resta peut-être un peu trop longtemps ses mains sur son visage. Elle avait la peau douce, comme beaucoup de jeunes filles, bien plus qu’une femme ordinaire.
Il l’observa. Ses pupilles étaient un peu plus dilatées qu’elles auraient dû l’être. Il reconnaissait des traces de la douleur qu’elle cherchait à lui cacher.

Comme s’il pouvait croire qu’elle ne souffrait pas. Bien sûr qu’elle était trop fière pour le laisser entendre. Surtout avec lui qui se la jouait un peu fier à bras après sa bagarre qui lui avait valu quand même pas mal de coups. Mais à quoi jouait-elle ?!Elle était une femme, elle avait le droit d’avoir mal, le droit qu’on s’occupe d’elle. Lui, il était un guerrier. C’était différent. Il devait être comme ça, c’était la loi du plus fort dans le monde du combat. Mais elle n’appartenait pas à ce monde. Qu’essayait-elle donc de lui prouver en se fermant à toute protestation alors qu’il était clair qu’elle souffrait.

Bon d’accord… C’est vrai qu’il était un peu admiratif du coup.
Peut-être que c’était cela qu’elle recherchait. De la reconnaissance. Mais que croyait-elle ? Qu’il la prenait pour une femme faible ? Ca n’avait jamais été le cas. Pourquoi cela le serait aujourd’hui ?

Enfin… il l’enlaça, sans prévenir. Pour être honnête, il ne l’avait même pas prévu lui-même.
Soudainement il s’était dit que même si elle lui avait expliqué qu’elle n’était pas vraiment pour les contacts physiques, ce qu’il trouvait déplorable, celui-ci leur ferait le plus grand bien. A tous les deux.
C’était comme si par une étreinte, il essayait de chasser la peur qu’il avait eu pour elle, la douleur qu’il voyait dans ses yeux, qu’elle essayait de lui cacher. Comme s’il essayait de dire, sans même le savoir qu’il était là et qu’elle n’avait rien à craindre… pour l’instant.

Et c’était une attitude qu’il ne devait pas avoir avec elle. Il le savait. C’était tellement dangereux. Mais s’il ne pouvait pas l’avoir avec elle, pour qui d’autre cela aurait-il un sens ?
Il sentit son bras valide dans son dos et tressaillit légèrement. Pas parce que son tatouage était encore légèrement douloureux, juste parce qu’il ne s’y attendait pas et avait, pendant un instant, lui qui était si habitué aux femmes pourtant, attendu un coup… Ce n’en était pas un pourtant.

Il lui sourit alors qu’elle essayait justement de le rassurer avec un sourire. Elle était impossible. Mais soit, il allait au moins un peu jouer le jeu. Elle commença une phrase énigmatique sur les dieux, qui lui fit pencher la tête sur le côté, l’air curieux, mais elle s’interrompit, comme si elle en avait déjà trop dit ou que le reste n’appartenait qu’à elle.

Elle vit sa robe par contre et il sourit.
Oui il avait réussi à s’y retrouver et franchement ce n’était pas ce qu’il y avait de plus facile. Un peu avant elle avait eu ce geste étrange. Ce sourire tellement différent qu’il ne connaissait encore que peu. Qui n’était pas celui d’une petite fille. Se rendait-elle compte à quel point il pouvait être dangereux ? Pour elle, pour lui, pour eux ?
Non certainement pas. Mais même s’il y pensait à cet instant, il haussa plutôt les épaules de manière désinvolte en se bandant les yeux.

Il était très proche d’elle, il sentait sa respiration sur son visage, elle sentait la pomme… cette fille avait-elle jamais une odeur désagréable sur elle ?!
A chaque fois qu’il l’avait près de lui, assez pour respirer son odeur elle sentait bon et ce même après s’être entraînée et là après avoir perdu beaucoup de sang. C’était quand même étrange !

Il lu sourit de nouveau. Son bandeau improvisé lui cachait une bonne partie du visage, le front, les yeux et lui arrivait à la moitié du nez. Mais le bas de son visage était libre, ses lèvres qui s’étiraient en un sourire un peu taquin, comme s’il reprenait ses « bonnes » habitudes et son menton dont la fossette était plus prononcé justement quand il souriait.

Pour sa part, il avait encore les cheveux trempés puisqu’il n’avait pas eu le temps de ses sécher. D’ailleurs, elle avait dû sentir les gouttes d’eau sur son torse, dans ses cheveux dont sa frange se plaquait à certains endroits sur son front. Du coup, à la lumière de la salle, sa peau brillait légèrement de centaines et centaines de gouttelettes. Ca aurait pu être un très bon plan drague mais à vrai dire il n’y pensait pas. Il avait encore un peu de mousse dans les cheveux et sentait le savon au thym.

D’ailleurs si une terrienne avait senti le jeune homme, elle aurait l’eau à la bouche. Car outre le physique à tomber du Drakkari, sentir comme une appétissante pizza, eh bien ça peut attirer des « goûteuses ».
En tous les cas, malgré ses yeux bandés, les gestes du jeune homme bien que légèrement hésitants au départ étaient très rapidement devenus assurés. Après tout, il avait l’habitude de déshabiller les femmes non ?

Sans doute était-ce aussi une occasion en or pour lui illustrer l’idée de ce que pouvait être la sensualité mais il s’abstint bien que l’idée soit tentante. Ce n’était décidément pas le moment et elle n’était pas en état un d’apprécier, deux de l’envoyer paître !
Il sentit, comprit, à l’intonation de sa voix qu’elle était un peu perturbée et intimidée par ses actes et son sourire s’élargit alors qu’il s’approchait un peu plus d’elle sans s’en rendre compte.

- Ne t’inquiète pas… si j’avais une quelconque idée déplacée, crois moi tu le saurais.


Il n’expliqua pas qu’elle n’aurait qu’à baisser les yeux vers son boxer, pas besoin de le formuler ainsi non plus. Après tout, malgré la situation il était parfaitement calme. Son idée à cet instant était de l’aider à aller mieux, qu’elle soit dans un état un peu moins… alarmant. Alors il n’allait pas non plus faire n’importe quoi. Et s’il s’était bandé les yeux et s’évertuait à la toucher le moins possible, c’était aussi pour ne pas penser n’importe quoi… D’ailleurs, ce n’était pas contre elle, bien au contraire, mais il s’efforçait d’imaginer une autre femme à sa place. C’était nettement plus facile.

- Lève toi s’il te plait…

Il le lui avait demandé en lui proposant son bras pour prendre appui sur lui alors qu’il avait fini de délasser les cordelettes de sa robe. Il était également debout face à elle et effleura ses épaules du bout des doigts pour savoir à quelle distance elle se trouvait avant de se baisser avec précaution et d’attraper le tissu de sa robe au niveau de sa taille… Bon d’accord, il avait carrément posé les mains sur ses hanches et un frisson électrique lui engourdit les mains jusqu’aux coudes. Et ça, ce n’était pas de la magie… Plutôt… de l’alchimie peut-être.

- Lève les bras maintenant vers ta tête. Je vais y aller doucement, arrête moi si jamais je te fais mal au niveau de ton bras…

En disant cela, il commença à lever le tissu. Si on comparait avec sa façon, un peu plus tôt, de tenter de lui enlever sa tunique, c’était le jour et la nuit.
Bien sûr, cette fois la lenteur dont il faisait preuve était calculée pour ne pas lui faire mal, pas pour se faire désirer bien évidemment. Mais il avait des gestes très assurés, mesurés. Il fit glisser son vêtement ainsi avec beaucoup de douceur, s’arrêtant pour son bras blessé en le faisant passer en premier, le manipulant avec précaution en essayant de le bouger le moins possible.

Déposant sa robe tachée au sol, il chercha à tâtons l’autre après s’être accroupi, discerna sans mal, au simple toucher, l’avant de l’arrière et reprit avec les mêmes précautions qu’un peu plus tôt, l’opération précédente mais en sens inverse.
D’ailleurs pendant qu’il agissait, son sourire avait disparu au profit d’un air sérieux. Enfin… difficile de dire si c’était un air sérieux. Ses lèvres se serraient légèrement l’une contre l’autre ou il tirait très légèrement la langue qu’il coinçait entre ses dents sous la concentration, ses sourcils et ses yeux n’étant toujours pas visible.

Quand il eut terminé, le jeune homme recula. Un peu trop d’ailleurs, voulant enlever son bandeau et ses talons butèrent contre la mallette fermée. Il perdit légèrement l’équilibre mais le retrouva facilement comme si être plongé dans l’obscurité n’était vraiment pas un problème pour lui.
Enfin il porta les mains à son visage, enleva la serviette et cligna un instant des paupières pour s’habituer à la lumière avant de baisser les yeux vers la petite jeune femme qui lui faisait face, un sourire gentil éclairant son visage.

- Ca va ? Je n’ai pas fait n’importe quoi ?
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Cassidy Herediane
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MessageSujet: Re: Encore en train de sermonner le vilain Drakkari ?   Dim 24 Juin - 22:28

Cassidy l'avait vu. Entre mille elle avait remarqué le regard du Drakkari, rongé par l'inquiétude et la culpabilité, la peur se lisant sur son visage comme si son masque d'assurance et de faux semblants étaient tombés. Et c'est pour cela qu'elle n'avait pas riposté, pas bouger, qu'elle restait avec lui. Même si elle se sentait extrêmement mal. C'était sûr, la jeune femme allait finir par le détruire et elle en avait peur. Mais alors qu'il montrait une part de lui que jamais elle n'avait vu, elle était tout simplement restée surprise et paralysée.

Mais elle se cachait derrière ses sourires, pour dissimuler quelque chose de bien plus grave, de ne surtout pas l'alerter. D'ailleurs qu'aurait-il fait dans cette situation ? En profiter pour s'évader ? Avoir une issue de secours ? Toutes les possibilités étaient envisageables. Et pourtant, si il n'avait pas été là, présent et à côté d'elle, peut être que cela aurait été bien pire. Bon à vrai dire elle n'en savait pas grand chose ses réactions étaient tellement imprévues mais quand même. De la surprise, quelque chose qui se tortillait à l'intérieur d'elle comprenant que lui il s'inquiétait, lui il voulait savoir.

Alors qu'elle soit maladroite magiquement, cela était pas trop possible, surtout quand on utilise de gros sorts. Encore et toujours la même chose. Elle pouvait être maladroite à cause des sentiments et peut être que si elle expliquait à Tristan de manière détourné, peut être qu'effectivement il comprendrait mieux l'échec ou la réussite d'un sort mais elle n'agissait surtout pas par hasard, bien trop consciente qu'un talent si précieux demandait des précautions de manipulation.

Elle n'avait pas eu l'intention de se coucher dans cet état, car une autre idée dans cette urgence avait germé dans la tête de Cassidy. Après tout, Jace était juste à côté et pouvait très bien s'occuper du Drakkari en son absence. Mais cela Tristan ne le savait pas. Oh si il avait compris qu'elle avait l'intention d'aller voir le guérisseur le plus proche, il aurait peut être insisté pour l'accompagner jusqu'à la fin... ce qui l'aurait fait sortir de l'académie et peut être que même si il était super inquiet, on ne sait pas ce qui se serait passé.

Alors elle avait sûrement bien fait de ne pas partir tout de suite. Du moins tant que le Drakkari ne serait pas rassuré sur son état vital. Et il grommela, bien et fort, voulant se donner en spectacle et réveiller tout le château. Cassidy baissa la tête doucement. Il était prêt à faire ça pour elle ? Quel genre de Drakkari était-ce ? Elle se trouvait minable, beaucoup moins forte qu'enfant mais après tout, les armes du jeu avaient changés.

*Les armes dangereuses ont remplacées nos jouets d'enfants... Ce n'est plus pareil... et pour qui je passe moi maintenant ?*

Il ne le savait pas, mais même si il n'avait pas été là, les choses se seraient produites quand même. Ce n'était pas la première fois que cela lui arrivait et Cassidy avait agi comme elle le faisait d'habitude, seule, solitaire et se débrouillant par ses propres moyens et ne voulait surtout pas mêler Tristan à cette affaire bien dangereuse. C'était bien le seul qu'elle voulait protéger de cela et pourtant... comment le protéger ? Peut être qu'il fallait qu'il se tienne loin d'elle ? Qu'il s'enfuie d'ici...

Tristan avait pris son visage dans ses mains et elle s'était reposée dessus c'est vrai. Montrant que cela lui faisait quand même quelque chose. Ce n'était pas comme si il l'avait embrassé c'était différent. Et pourtant, elle ignorait que le jeune homme avait vu la douleur dans ses yeux même si c'était vraiment bien caché. A quoi jouait-il lui qui voulait tant lui faire de mal ? Pourquoi s'intéressait-il à ce simple regard ? Il allait lui tourner la tête de cette manière et c'était peut être le pire. L'ignorance. Vivre caché. A vouloir connaître sa douleur et la pourrir par derrière. Comment pouvait-elle lui faire confiance dans ces conditions ?

Et Tristan ne comprenait pas que la magie était aussi dangereuse qu'un champ de bataille. Sauf que chez un mage, cela se passait à l'intérieur. Et le combat était loin d'être terminé. Elle avait appris à être forte, luttant contre les démons les plus noirs, restant impassible, sérieuse, contrôlant la situation et sa douleur, sa souffrance, ne se passait qu'à l'intérieur de ses yeux. Il fallait lire plus loin que cela. Et pourtant... il pourrait le voir tellement facilement avec ce tatouage qui les reliait et les accrochaient à leurs émotions respectives. Mais pour l'instant, c'était encore trop fragile pour que cela soit possible.

Alors il lui avait fait cette étreinte. Et là encore la jeune femme ne protesta même pas, surprise par ce geste mais tellement bien dans ses bras. C'était bizarre... mais elle commençait à y prendre goût. A ses étreintes, à ses petits gestes plein d'attention et de douceur et pour la jeune femme, c'était tout ce dont elle avait besoin, bien qu'elle l'ignorait elle même. Que les gestes de Tristan comblaient le vide qu'elle avait eu et qui la rendait plus forte, plus puissante alors que son coeur battait rapidement. Et elle se laissait bercer.

Le jeu défendu, cette simple étreinte. Cassidy apprenait à la vivre alors que pour Tristan, cela lui était défendu. Un l'attirait l'autre le repoussait. Elle n'en savait rien bien évidemment, absolument. Parce qu'elle voulait apprendre à le découvrir et vaincre la terrible sorcière, tenir tête à ses paroles, qu'avec Tristan tout serait différent même si c'était celui avec qui elle craignait le plus les retours et les réactions. Et pourtant, elle posa cette simple main sur son dos, le rapprochant un peu plus d'elle, tout doucement, gentiment.

Alors il s'écarta et ils s'échangèrent des sourires. Cassidy lui faisait ce petit sourire qui n'était accessible pour aucun autre homme. Que même celui qui l'avait un peu charmé n'y avait même pas eu droit. Le privilège de Tristan qui la laissait s'ouvrir petit à petit face à lui, comme ils ne s'y attendaient pas tous les deux et elle encore moins. Elle n'était pas une séductrice ni une charmeuse mais son sourire témoignait de ses sentiments naissants.

Quand il était contre elle, la jeune femme avait senti cette agréable odeur de thym dans les cheveux qui lui était familière et tellement agréable. C'était vrai que l'occasion était bonne et qu'il était vraiment un homme tentant et elle devait sûrement faire bien des jalouses à l'heure qu'il était et une bande de troupe féminine l'aurait sûrement battu pour avoir osé toucher à Tristan et qu'il se montre ainsi envers elle. C'était évident, lui qui attirait les foules.

Il se banda les yeux et elle se crispa, le regardant s'approcher. Pourtant il était calme, sans geste hostile ou de profiteur mais c'était plus fort qu'elle, ce n'était pas trop des choses qu'elle avait du mal à accepter. Cassidy était tendue, droite, fixe et attendait bien qu'elle ne compris pas le sens de sa phrase. Même ça elle ne pouvait pas le savoir, ne se doutant rien du tout. Quoi sous le boxer ? Qu'est ce que cela pourrait lui dire ? Elle ne savait même pas ce qu'il y avait en dessous et comment ça fonctionnait !

Tristan était très doux avec elle, s'occupant d'elle avec précaution. Elle le voyait dans ses gestes, sa façon de faire, et sa politesse. Il lui demanda de se lever, ce qu'elle fit avec automatisme en posant sa main sur son bras et leva les mains au ciel. Heuuuu attendez il fait quoi là ? Il posa ses mains sur ses hanches et si le choc électrique parcourut Tristan, il en fut de même pour Cassidy qui avait eut un véritable électrochoc mais pas négatif. Plutôt, une sorte de douceur et de chaleur qui l'enveloppait. Mais il ne s'attarda pas dessus.

Lorsqu'elle se retrouve en sous vêtements devant lui, elle eut presque le réflexe de baisser ses mains pour se cacher. Par pure instinct et réflexe à l'heure actuelle, complètement cramoisie face à lui, le froid de la pièce parcourant sa peau douce et sensible. Si il l'avait vu en dessous, c'est sûr que la tentation aurait été bien forte pour lui. Ses formes qui n'avaient rien à voir avec celles de la petite fille, ses courbes pas vraiment généreuses mais féminines quand même qui n'étaient pas vraiment mises en valeurs par ses robes. Un corps plutôt bien fait qu'elle cachait aux yeux de tous. Bains publics ? Elle n'y pensait même pas !

Cassidy commença à balbutier bizarrement, bougeant un peu nerveusement mais pas trop, le fixant par son sourire. Puis elle se détendit quand il mit la robe de nuit. Tout doucement, gentiment, elle se détendit au fur et au mesure alors qu'il achevait son travail. Puis il recula un peu beaucoup et enleva le bandeau, souriant gentiment en lui demandant si ça allait bien.

La jeune femme se sentait mieux et lui sourit en retour. Elle se permit même une petite taquinerie tout en lui touchant la main avec une petite grimace qui la rendait craquant quand elle voulait.

"Il faudra que tu m'apprennes ta technique pour déshabiller, je me sens ridicule à côté de toi"

Son regard était cependant reconnaissant qu'il n'ait rien tenté et elle se sentait un peu plus légère à l'heure actuelle.

"Mais à part ça, c'était... enfin tu étais... très bien"

Se sentant pousser des ailes, la jeune femme avait attendu que Tristan se penche pour récupérer le matériel et elle s'accroupit à côté de lui, lui redressant doucement le menton et lui faisant un beau sourire en le regardant dans les yeux.



La seule façon qu'elle trouvait pour le remercier. Elle approcha ses lèvres de sa joue et l'embrassa doucement, comme ça, sans rien dire ni lui dire quoi que ce soit. La voilà qu'elle le remerciait en bisou maintenant. Cassidy recula rapidement, un sourire sur les lèvres.

"Merci pour tout je vais beaucoup mieux et... bonne nuit"

La jeune femme sortit de la pièce sur ses mots et entra dans sa chambre.

------------------

Plusieurs heures avaient passées depuis qu'elle s'était posée dans le lit et sa blessure magique la démangeait, avec cet espèce de truc qui était à l'intérieur d'elle. La douleur était tellement forte que même le bandage et les soins de Tristan ne pouvaient rien y faire. Non c'était magique, et puissant en plus. Normal qu'il ne puisse pas faire grand chose. La décision de la jeune femme était prise, elle ne devait plus attendre.

C'est donc sans un bruit qu'elle se leva et sortit sa cape de voyage et la posa sur elle. Cassidy prit son bâton qu'elle posa dans un étui lui même fixé à une sangle qu'elle passa en bandoulière autour d'elle. Magiquement, elle scella sa porte de l'intérieur et après quelques mots, se téléporta de l'autre côté. Sans un bruit, elle parcourut le couloir, frôlant le sol, telle une ombre qui prenait le chemin de la fuite.

Cassidy courut le long du sentier et s'arrêta à l'écurie avant d'aller caresser sa jument qui l'attendait et la fixait avec curiosité dans son box. La jeune femme ouvrit la porte tout en apportant son équipement et prépara sa monture tout en la caressant de temps en temps pour ne pas qu'elle face de bruit. Son bras la faisait souffrir alors qu'elle manipulait la lourde selle mais elle n'avait pas le choix.

La jument préparée, elle monta dessus et la dirigea vers le portail au pas. La bête était blanche et la beauté de sa robe se reflétait sous la lune alors qu'elles prenaient le chemin de la sortie. Les portes s'ouvrirent pour la laisser passer et se referma derrière elle. Cassidy la lança au galop, s'agrippant de toutes ses forces. Elle ignorait le temps qu'il lui restait mais il fallait faire vite, la douleur s'amplifiant par moments.

Sa jument était rapide et c'est facilement que Cassidy traversa la forêt qui la menait à Glindel. Parcourut la ville et s'arrêta devant la maison du guérisseur et tapa à la porte avec insistance. Avant que le vieil homme la laisse entrer à l'intérieur. De ce qui se passa on ne pouvait rien dire, bien qu'elle resta plus d'une bonne heure à l'intérieur. Elle en ressortit assez troublée et songeuse.

C'est comme si de rien n'était qu'elle rentra au château pour se replacer dans son lit, enlevant le sceau sur sa porte et se replongea dans son lit pour dormir, des questions plein la tête.

(HS : A toi de voir ce que tu fais, soit tu réagis après ce message, soit tu passes directement à l'accident. A savoir que pour l'accident tu dois commencer obligatoirement puisque c'est ton perso qui vit la scène, Cassidy ne fera qu'intervenir après pour le "réveiller" enfin c'est comme ça que j'avais compris les choses. Donc normalement, la scène suivante devrait se passer dans sa chambre. Enfin si tu as un doute ou pas compris, préviens moi et on verra ensuite ^^)
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