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 Un petit accident pas si bénin.

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Tristan Konogan
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MessageSujet: Un petit accident pas si bénin.   Lun 25 Juin - 9:02

Suite de: http://ascadian.forumgratuit.org/t150-encore-en-train-de-sermonner-le-vilain-drakkari

Le 04/09/285 à 11H30


Il s’était levé tôt.
Tristan était passé par la salle de bains commune pour se passer un peu d’eau sur le visage et son reflet l’avait fait grimacer. Il avait le teint un peu plus pâle que d’ordinaire et des cernes couraient sous ses yeux, peu voyants tout de même. Il eut un sourire. Même ainsi il était encore terriblement séduisant. Et même ça donnait un peu l’impression qu’il avait passé une nuit… plutôt courte. Peut-être avec une jolie dame… qu’il s’était efforcée de… combler.

Alors qu’en fait ce n’était pas vraiment ça non.
La veille, il y avait eu ce petit accrochage avec les ouvriers.
Il n’avait pas dit tout à fait la vérité à la jeune mage qui avait alors interrompu la bagarre. Et cette vérité était qu’ils avaient été grossiers, vraiment impolis en parlant d’elle.
En fait, totalement écoeurants !
Bien sûr les hommes faisaient souvent étalage entre eux, avec quelques rires gras et victorieux, de leurs conquêtes ou de leurs envies de conquêtes.

Et tous semblaient plutôt intéressés par la silhouette mince, pudique et tellement désirable puisque difficile à atteindre de la jeune femme blonde au regard innocent.
Ils avaient mimé pour certains le fait de l’attraper, serrant les bras dans le vide, la jolie directrice avant d’arracher une robe invisible, imitant avec une tentative de voix fluette très peu à propos des gémissements de ravissements de la… « conquise ».

- J’suis sûr qu’au lit c’est une vraie petite cochonne !
- T’as même pas idée de tout c’que j’lui f’rai. Tu peux être sûre qu’elle gueulerait la ptite dame !


Tristan avait d’abord décidé de les ignorer. Mais sa mâchoire se serrait, ses poings aussi et il avait mal aux gencives à force de serrer les dents. Il continuait de travailler mais son cœur battait de plus en plus vite à cause de l’adrénaline, une mince pellicule de sueur perlait à son front sous la colère.
Alors il s’était retourné vers eux et poliment malgré tous les surnoms d’oiseaux qu’ils lui inspiraient, il leur avait demandé de cesser.

Ils l’avaient regardé de travers et s’étaient mis à rire, reprenant de plus belle en se fichant ouvertement de lui.

- Qu’est-c’t’as le ptit malfrat ?! Ca t’gène qu’on parle de ctte ptite femme comme ça ?
- Ptêt qu’il aimerait bien s’la faire.
- Ou il veut ptêt que ce soit sa copine.
- Tu peux toujours rêver pauv’ vieux.
- Mais si tu veux savoir, moi j’lui frai bien goûter à ma « cuisine » s’tu vois c’que j’veux dire. Elle chanterait d’autres ptites paroles que ses sorts ctte mage.


Il avait alors repris son imitation… en pire. Tristan avait serré les poings. Il avait réitéré sa demande, ils avaient ri encore plus. Et après c’était un peu le trou noir. Il s’était jeté sur celui qui mimait la scène de manière la plus dégradante qui soit, d’ailleurs rien que d’en parler il semblait déjà plutôt « émoustillé » ce qui provoquait l’hilarité générale mais aussi… la complicité.

Son poing s’était fermé en une arme terrible, efficace. Il avait déjà tué avec ces poings, plusieurs fois même. Tristan avait frappé et l’homme s’était écroulé au sol, sonné. Mais les autres avaient réagi. Malgré tout… il savait qu’il aurait fini par avoir le dessus et ce même s’ils étaient beaucoup plus nombreux. Parce qu’ils se battaient mal, parce que lui avait une bonne raison de gagner, les empêcher de recommencer leur horrible moquerie. Et son cœur battait si fort. Il se sentait ivre de joie de frapper… Non pas de frapper, juste qu’il voulait démolir cette mâchoire qui avait osé laisser échapper des mots si… crus, si durs pour cette jeune femme… qui comptait pour lui… Oh elle comptait tellement !

Mais finalement il avait été arrêté et elle ne s’était pas si énervée que ça. Se doutait-elle vraiment de ce qui s’était passé ? Non pas vu la lueur déçue dans ses yeux alors qu’il confirmait que c’était lui qui l’avait « insultée ».
Mais était-ce vraiment important de le lui dire. Elle se serait fait des idées. Elle ne devait pas.
La jeune femme avait doucement soigné son visage.

Ensuite elle l’avait forcé à aller se doucher, pourtant il en avait l’intention mais un quiproquo s’était installé. Et il y avait eu l’incident dans la douche. Enfin.. elle s’était blessée. Il ne savait pas comment, il ne savait pas d’où ça venait mais c’était grave et elle avait bien failli sortir sans qu’il ne voit quoi que ce soit… et sans qu’il puisse la soigner.
Mais au final elle l’avait laissé faire, puis l’aider à se changer alors qu’il se bandait les yeux. Le contact de sa main sur son bras, ses épaules était loin d’être désagréable, bien au contraire. Elle était douce dans ses gestes, pour quelqu’un qui souffrait…

Puis elle était partie se coucher, lui de même. Mais il avait très peu dormi.
C’est vrai… C’était regrettable mais il pensait à elle, il s’inquiétait.
Plusieurs fois dans la nuit, il se leva et passa devant sa chambre, s’arrêtant devant la porte, hésitant… Il aurait voulu toquer, s’assurer qu’elle allait bien mais il n’osait pas et elle devait se reposer.
A un moment, alors qu’il entrait dans sa chambre, il crut entendre des pas mais c’était certainement la fatigue.

Finalement il s’était levé vers cinq heures ayant tout juste dormi une heure ou deux.
Quelques cernes se dessinaient sous ses yeux mais il n’en avait pas moins l’air en forme, bien que soucieux. Le jeune homme était alors parti s’entraîner pendant deux heures et demie.
Puis il était remonté se doucher, se changer et déjeuner.

Après tout, il lui avait promis qu’il se comporterait bien avec les ouvriers aujourd’hui. Pourquoi déjà ? Quelque chose comme… lui rendre le sourire. Et surtout à cet instant, parce qu’il ne voulait pas la fatiguer inutilement. C’était totalement idiot et à l’opposé de ce qu’il avait prévu mais il avait vu l’état de son bras, c’était… enfin… il ne frappait pas quelqu’un à terre. Quand elle irait mieux, il se ferait un plaisir de l’embêter de nouveau mais pas pour l’instant.

Les ouvriers avaient dû être sermonnés aussi par le chef de chantier car ils se montrèrent très polis, tout le monde faisant comme si rien ne s’était passé. Pourtant contrairement à eux, lui ne portait aucun signe de leur altercation. Son visage était intact comme si une nuit suffisait à sa cicatrisation, même s’il avait quand même eu droit aux soins d’une jolie infirmière. Alors que certains avaient d’élégants… cocards.

S’ils lui lançaient de temps à autres tout de même, des regards noirs, le jeune homme ne s’en était pas formalisé. Il avait fait une promesse ou l’équivalent d’une promesse. Et quand il se remémorait la douleur qu’il avait discernée, pourtant bien dissimulée, dans ce regard noisette, sa résolution s’en trouvait renforcée. Cette fois, il serait sage.

D’ailleurs, il mettait le cœur à l’ouvrage.
Tristan était tout de même un sacré gaillard, costaud et efficace quand il le voulait bien. A lui seul, il abattait ce matin là plus de travail que trois ouvriers réunis et d’ailleurs il ne faisait pas de pause. Il ignora même les marmonnements des autres qui sous-entendaient qu’il avait soit l’ordre par son tatouage de travailler, soit qu’il essayait de faire le joli cœur etc.
Cette fois ça ne l’atteignait pas.

Mais il y eut finalement un problème.
Le bras gauche du Drakkari l’élançait de temps à autres mais il avait appris à faire avec. Seulement à peu près une heure avant leur pause déjeuner, une des plateformes sur laquelle se trouvait des pierres lâcha alors que l’un des jeunes ouvriers étaient justement en train de pousser une petite pierre du pied, qui gênait justement le transport.
C’était une espèce de chariot pourtant solide sur lequel ils entassaient les pierres pour le mur afin de les transporter du lieu où un amas justement, une réserve se trouvait, au mur en question afin d’éviter des voyages inutiles et peu rentables.

En fait ce ne fut pas la plateforme qui lâcha mais bien les attaches qui la maintenaient par des tiges métalliques sur les roues.
L’ouvrier eut l’excellent réflexe de survie de se laisser choir au sol, sinon il aurait certainement eu le genou totalement détruit. Mais il avait le pied dessous et pas qu’un peu et la plateforme tomba sur sa jambe. Fort heureusement, les roues maintenaient quand même un espace entre le sol et la plateforme chargée d’une bonne centaine de kilos. Mais pas assez pour que l’ouvrier puisse sortir sa jambe de dessous… elle commençait à être écrasée.

Il avait hurlé et tous les autres s’étaient précipités sur lui pour l’aider. Ils essayaient d’enlever les pierres mais ce n’était pas assez rapide et ils entendaient les roues craquer, prêtes à céder.
Tristan prit les choses en main avant même de s’en apercevoir. Il cria à l’un des jeunes d’attraper son ami sous les bras et de tirer de toutes ses forces, bouscula ceux qui essayaient en soufflant fort d’enlever les pierres, attrapa la plateforme qui heureusement n’était pas large, appuyant son front contre une des pierres, serra les dents et déplia les genoux pour se relever… et soulever le tout.

Sa force de Drakkari ne s’était pas enclenchée. Il regrettait une fois encore de ne pas être capable de la libérer sous commande. Ou sous des émotions suffisamment fortes comme celles que lui faisait ressentir l’adrénaline à ce moment là. Mais sa force d’homme, de guerrier pouvait suffire puisqu’il se plaçait bien. Il ne fallait tenir que quelques secondes, toutes petites secondes.
Comme la plateforme n’était pas si petite, elle penchait un peu vers lui et une pierre roula, glissa ou tomba jusqu’à son épaule gauche. C’était justement au moment où il commençait à lever et où son corps fut mit à l’épreuve, au moment où il sentit son coude le lâcher, la faiblesse dans ce fichu coude contre laquelle il n’arrivait pas à lutter.

Il eut l’impression que son bras et son épaule explosaient simultanément.
Le jeune ouvrier fut tiré en arrière par son collègue et Tristan lâcha la plateforme qui s’écrasa par terre dans un bruit puissant alors que tous s’écartaient.
Il était très pâle et avait plié les genoux, serrant son bras gauche contre son torse en retenant tant bien que mal un hurlement.
Les autres gars étaient sous le choc et fous de joie que leur ami n’ait pas eu la jambe broyée se félicitaient les uns les autres, donnant des tapes amicales à la victime et à son sauveur du jour.
Mais Tristan n’y faisait pas vraiment attention. Il avait le cœur au bord des lèvres, des points lumineux dansaient devant ses yeux. Pourtant il se redressa comme si… c’était supportable.

- Bon les gars, je vais aller souffler un peu, je vous retrouve tout à l’heure. Je me suis explosé le coude, c’est lourd ce machin.

Il l’avait dit sur un ton badin comme si ce n’était qu’une légère douleur et s’éloigna avec un sourire alors qu’ils le félicitaient encore. Au moins ça faisait taire les hostilités.
Le jeune homme remonta rapidement et s’enferma dans sa chambre avant de s’écrouler sur son lit en se tenant le bras.

*Nom de… ça fait mal bordel !!!!*

De leurs côtés, les ouvriers firent une petite pause puis se remirent au travail. Ce fut à ce moment là que Farner, le chef de chantier aperçut la jeune mage qui venait vers eux. Il s’empressa d’aller l’accueillir. Elle voulait certainement savoir si tout se passait bien et il lui sourit, rassurant.

- Tout va très bien ne vous en faites pas… mais euh… Tristan est monté se reposer. Il y a eu un petit incident et apparemment il se serait blessé en secourant un des jeunes. Sacrément rapide par contre et très impressionnant, il a sans doute sauvé sa jambe…


Dernière édition par Tristan Konogan le Lun 17 Aoû - 5:51, édité 1 fois
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Cassidy Herediane
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MessageSujet: Re: Un petit accident pas si bénin.   Lun 25 Juin - 15:49

Cassidy n’était pas de très bonne humeur cet après midi.

En effet, la matinée avait été difficile et elle avait du s’occuper d’une créature rôdant dans les sous sol qui faisait du grabuge. Avec son état fatigué et rapidement sur les nerfs, elle était incapable d’en venir à bout elle-même, ce qui la contrariait encore plus. Cependant, ne voulant pas se mettre en danger pour l’heure, et comme il y avait un nécromancien présent dans l’académie, la jeune femme décida de faire appel à ses services. Après tout, ce n’était que quelques tâches par ci par là.

Elle laissa la main à Jace puis elle avait accueilli deux nouveaux élèves. Cela lui faisait plaisir dans un sens et lui changeait les idées, même si Tristan l’avait vu et l’avait accompagné bien malgré lui pour accueillir Doan. Elle avait d’ailleurs été choquée par son comportement parce qu’il se conduisait différemment avec les autres qu’avec elle. La jeune femme en était presque jalouse mais chassait rapidement de ses pensées ce souvenir qui l’avait fort surprise quand même. Il faisait peut être une petite pause après le chantier.

Après la terrible nuit qu’elle avait passé, sa blessure de la veille, et les appréhensions qui la tenaillaient, difficile d’être dans un état normal. Elle avait donc les nerfs à vif et un rien la contrariait bien qu’elle essayait de rester calme et patiente. Mais Cassidy était comme ça, à la moindre chose qui la troublait, elle réagissait automatiquement mal et bien malgré elle. Surtout que ce matin, elle n’avait pas eu le temps de s’occuper d’elle et du principal problème qui la dérangeait tant que ça.

Elle repensa alors à la veille, alors qu’elle avait sévèrement réprimandé le Drakkari face à Jace puis que Cassidy s’était montrée plus douce avec lui, le nettoyant de ses petites blessures du à ses travaux physiques. Mine de rien, elle se sentait responsable de son incarcération ici et si elle pouvait lui rendre le séjour un peu plus agréable, alors elle n’hésiterait pas. Malgré le fait que lui, lui répétait sans arrêt qu’il allait lui mener la vie dure. Aurait-il fait la même chose si le Drakkari ne l’avait pas connu ? Peut être qu’il aurait tout simplement tenté de la charmer mais pas de l’embêter.

En parlant de cette dispute avec les ouvriers, difficile de croire qui disait la vérité et qui mentait. Cassidy était tentée de croire que Tristan disait la vérité mais même si cela avait été le cas, que pouvait-elle donc faire à l’heure actuelle ? Réprimander les ouvriers ? Non elle ne pouvait pas car ils agissaient un peu sur du bénévolat et leur faire des remarques, peut être qu’ils cesseraient de venir et qu’elle finirait par se débrouiller seule. Bien sûr, si elle avait entendu toute la scène, elle aurait été choquée mais tellement impressionnée et admirative envers Tristan. Elle l’aurait considéré autrement sûrement, malgré son sale comportement.

Et pourtant, Cassidy était lasse. Elle ne savait pas ce qu’elle avait fait pour mériter la colère et les foudres de Tristan quand il lui parlait de lui pourrir la vie malgré tout. En quoi était-elle responsable ? Certes elle avait approuvé le fait de l’accueillir ici pour rendre service aux Cheistams, mais voyant qu’il s’agissait de son rival d’enfance, les choses devenaient différentes.

Et elle ne comprenait pas pourquoi après toute son attention, il insistait à la narguer et à se moquer d’elle-même si parfois, il fallait bien le reconnaître, son attitude n’était pas vraiment normale. En effet, lorsqu’elle se blessait, il accourait, quand elle avait peur, il n’était jamais très loin.

C’est pourquoi, suite à sa blessure qui ne voulait pas s’arranger, elle était partie pendant la nuit pour consulter rapidement un guérisseur d’urgence, la douleur de son bras ne passant malheureusement pas malgré les soins rapides de Tristan. D’ailleurs cela lui faisait bizarre rien qu’en y pensant qu’il s’était occupé aussi bien d’elle, sans rien demander en échange, en retour. Elle lui avait juste fait ce tendre petit bisou avant d’aller dormir comme on le ferait à une personne qui comptait beaucoup.

Enfin c’était aussi un remerciement. A voir comment Tristan allait le prendre mais c’était une évidence, elle s’attachait plus qu’elle ne pouvait le penser à lui. Et cette simple pensée la faisait souffrir. Car ce n’était sûrement pas partagé. Enfin rien n’était sûr, il s’inquiétait quand même pour elle. Mais elle ne savait plus ce qu’elle devait croire !

Heureusement que Tristan n’avait pas eu pour idée de toquer à sa porte, il aurait été fort surpris de tomber sur une porte fermée, scellée et pas de signe de l’intérieur. Il pourrait aussi bien croire qu’elle venait de s’endormir tout comme un silence qui n’était guère rassurant.

Bref, pour l’instant, la tempête s’annonçait alors que la jeune femme, passablement contrariée avait ouïe dire par les ouvriers que Tristan était parti se reposer dans sa chambre, se plaignant d’une certaine fatigue. Allons donc ! Voilà que le fier Drakkari repoussant la douleur physique montrait une faiblesse à ce moment là.

En effet, elle était passée au parcours équestre, là où ils agissaient pour le moment, pour voir si tout allait bien et avait même apporté quelques gâteaux pour Tristan qu’elle lui aurait discrètement glissé dans son panier repas. Parce que malgré tout, elle voulait s’en occuper un peu de son petit invité si spécial. Même si encore une fois elle était de sale humeur quand il était là et qu’ils accueillaient Doan. Et pourtant, le Drakkari à la fière chevelure rouge n’était pas présent et elle en fut surprise. Un accident ? Ici ? Elle haussa les sourcils, ne comprenant pas.

Alors que rien ne semblait l’atteindre. Il semblerait que cette fois c’était sérieux… ou pas. Cassidy mit alors cela sur le coup de la fainéantise, qu’il préférait sûrement aller s’entraîner plutôt que de travailler. C’est du moins ce qu’elle avait envie de croire. Si elle avait su… peut être aurait-elle préféré revenir en arrière.

Ah bon ? Il a fait ça ? Je hem… vais voir comment il va.

Perturbée par ce qu’elle venait d’entendre et ce qu’elle devait croire ou pas, la jeune femme courut jusqu’à la chambre du Drakkari pour avoir plus d’informations, et voir si effectivement il avait vraiment mal. Car jusqu’à présent il n’avait jamais montré le moindre signe de faiblesse.

Elle frappa doucement à la porte de Tristan et entra. Ses cernes creusés témoignaient de son manque de sommeil évident de ces derniers jours. Elle semblait vraiment épuisée et passablement contrariée par les évènements qui la dépassaient. Elle regarda le Drakkari qui traînait sur le lit et se mordilla la lèvre. Peut être qu’effectivement il avait besoin d’un peu de repos.

A vrai dire, il ne s’était pas vraiment ménager ses derniers temps. Alors Cassidy commença à marmonner, dansant sur un pied et l’autre, ne sachant pas quelle attitude adopté. Cependant, sa blessure au bras semblait la rappeler à l’ordre et c’est dans une grimace qu’elle porta la main à son bras tout en se faisant un peu plus sérieuse. Puis ferma les yeux et secoua doucement la tête avec inquiétude.

Tris… Ca va ?

Sa voix était douce et elle ne faisait rien d’autre que s’interroger sur sa santé, ce qui était normal. Pourquoi ne disait-il rien quand il avait réellement mal ?

Cassidy était un peu évasive, pensive. Elle devait penser à cette mystérieuse magie en elle et donc faire de nombreux tests pour tenter de trouver une réponse à ses questions. Et rien que cela amplifiait son malaise et son inquiétude alors qu’elle ne montrait pas un comportement des plus agréables pour l’instant.

Mais elle remarqua que quelque chose ne semblait pas aller. En effet le Drakkari était posé sur le lit avec une attitude très désinvolte comme si tout allait pour le mieux du monde et qu’il n’y avait absolument rien. A quoi il jouait ? Le simple fait d’avoir sauvé quelqu’un servait de prétexte pour arrêter le travail ? Il se prenait pour qui le Drakkari ? Décidément elle ne le comprenait pas alors qu’il avait cette attitude fermée. Après tout, il ne s’était jamais plaint et avait toujours montré qu’il n’avait jamais mal alors pourquoi maintenant montrait-il cette paresse ?

Cassidy soupira lentement tout en le regardant et se tenant la tête, comme si sa patience était en train de s’effriter petit à petit. Elle ne le comprenait pas. Qu’il reste posé comme cela, de cette manière. Et cette fichue magie qu’elle n’arrivait pas à faire partir. Cela l’agaçait, la rendait impuissante et comme lui lorsqu’il avait mal, elle n’était pas des plus agréables non plus.

Je veux bien être gentille mais tu ne m’a pas l’air en si mauvaise forme que ça. Je ne vois pas quel prétexte tu as trouvé pour quitter le chantier… Tu devrais y retourner…

Les bras croisés, dans une attitude fermée, elle attendait que Tristan lui apporte des explications, et son air disait qu’elle avait besoin rapidement de réponses avant de partir se consacrer à autre chose. Mais elle restait évasive, concentrée.

*C’est vrai quoi ! Après tout moi je continue bien de travailler malgré la fatigue et la douleur ! Il n’y a pas de raison que je sois la seule !*
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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: Un petit accident pas si bénin.   Lun 25 Juin - 16:52

La veille avait encore été étrange.
Plus il y repensait, plus Tristan s’inquiétait du comportement dont il faisait preuve avec Cassidy.
Tout était tellement plus simple quand ils étaient enfants. Les blessures n’étaient pas si terribles, qu’elles soient physiques ou morales. Il n’y avait pas énormément de quoi culpabiliser, peu importe ce qu’ils faisaient.

Aujourd’hui c’était différent. Et elle était étrange. Bon bien sûr, il ne déplorait pas le fait qu’elle ait grandi. Si enfant il était quand même assez surpris et même dégoûté des étreintes et baisers des amoureux, rapidement son corps changeant et les hormones y étant pour beaucoup, il avait grandi et réalisé, se traitant d’ailleurs d’idiot pour avoir cru si longtemps que ce n’était pas « bien ». Quoique si quelqu’un avait vraiment fait quelque chose de « pas bien » c’était sans doute Maud. Après tout, il était jeune, il ne comprenait pas vraiment vers quoi il allait. Et qu’il n’y avait plus de retour possible en arrière.

Bref, elle était devenue une belle jeune femme et c’est vrai qu’il la trouvait attirante tout de même. Pour cette raison il arrivait à minimiser un tout petit peu l’attitude des ouvriers… Un tooout petit peu.
Mais leur attitude l’un vis-à-vis de l’autre avait changé. Il était prévenant, elle s’avérait inquiète. Elle culpabilisait quand quelque chose le touchait, le blessait et lui… même s’il essayait de le cacher était attentif, comme s’il guettait la moindre maladresse, le moindre trébuchement pour la rattraper.

C’était quand même bizarre. Bon, c’est vrai qu’enfant aussi il s’inquiétait un peu pour elle de temps à autre, mais ce n’était pas la même chose. Et même sans ça, il y avait elle !
Oui elle ! Qui s’affirmait contre les contacts, contre la proximité physique et qui ne cessait de se rapprocher de lui. Enfin il y était pour beaucoup c’est vrai. Mais la veille, lorsqu’il l’avait soignée c’était elle qui recherchait un contact et caressait ses épaules tendues sous la concentration.
Et puis elle l’avait embrassé…

D’ailleurs n’était-ce pas totalement ridicule ? On aurait dit une adolescente timide. Une jeune adolescente qui aurait un faible pour un de ses « amis » et qui le ferait passer en douceur, pas encore sûre elle-même de ses sentiments. Qui hésiterait sur l’attitude à adopter, qui serait un peu gauche et hésitante, inexpérimentée tout simplement. Il fronça les sourcils et se mit à rire malgré la douleur dans son bras. Cassidy ? Et puis quoi encore ?! Autant imaginer un canard en train de se préparer un feu pour faire cuire une brochette de limaces !

Tristan était allongé sur son lit, son bras gauche reposant sur son torse parce qu’il n’avait pas réussi à le… déplier sans que ce soit douloureux. Au moins comme ça, ce n’était pas trop douloureux. Quoique… Quand il respirait, son torse se soulevait alors forcément son bras bougeait un peu. Mais c’était supportable. L’élancement terrible avait cessé au profit d’une sourde douleur qui lui coupait les jambes. Mais au moins il n’avait plus la nausée. Non difficile de penser à autre chose que la soirée passée.

Et les autres.
Celle où ils étaient encore « seuls » au château lui paraissait terriblement lointaine alors qu’au final elle ne l’était pas tant que ça.
Le jeune homme songea au lac où il l’avait rejointe, à son visage qui criait la détresse à ce moment là. Elle était tellement mal à cause de ce qui s’était passé entre eux.
Et elle avait repoussé ses propres limites pour être gentille avec lui. Pour essayer de se faire pardonner.

Il avait envie de lui en vouloir et pourtant il s’était vraiment bien comporté avec elle.
Pour un peu… en fait il aurait paru totalement charmant. Digne de ces histoires de preux chevalier que lui racontait sa mère. Celle où le beau garçon surprend mais émerveille avec des actions dignes de courage mais encore et surtout d’un grand cœur. Et c’était exactement cela.
Mais il avait une excuse ! Ca…lui faisait quand même quelque chose de la voir si mal. Assez pour qu’il réagisse.

Il sourit au mur qui était toujours aussi peu expressif et ne l’avait pas vraiment aidé à cesser de s’inquiéter pour elle la nuit d’avant. Une grimace tordit ses traits alors qu’il portait la main droite à son coude gauche. Voilà que ça revenait. Alors qu’il avait l’intention de passer ses nerfs sur son oreiller pour ne pas y penser, on toqua et Cassidy entra.
Tristan déglutit et se composa un visage impassible, serrant discrètement son poing gauche pour museler l’espèce de marteau-piqueur en train de lui marteler le bras.

Ah non ! Il n’allait pas paraître faible devant elle une fois encore ! Les précédentes avaient été bien assez piteuses comme cela !
D’ailleurs il se composa un petit sourire narquois. Il fallait bien que ses traits expriment quelque chose sinon il allait hurler. Parce que lorsqu’elle était entrée il avait légèrement bougé et du coup le bras avait du mal à suivre.

Elle lui demanda si ça allait et il fit comme si tout allait bien effectivement, lui faisant nonchalamment un signe de main en lui lançant un regard étrangement… un peu lubrique.

- Salut princesse. Tout va très bien oui, impec ! D’ailleurs, je te le prouve quand tu veux, tu n’as qu’à me laisser enlever ta robe mais cette fois sans que j’aie les yeux bandés et… tu auras droit à un petit hors d’œuvre sur… la forme de messire Konogan.

Petit point important à préciser ?
Il était lui-même surpris de ses paroles.
Il cherchait juste à dire quelque chose. Et c’est vrai qu’à ce moment là, il avait repensé à la veille quand… eh bien quand il l’avait déshabillée. C’est vrai que pour quelqu’un qui avait les yeux bandés il avait des gestes vraiment sûrs… expérimentés en un sens. Et c’est vrai qu’en y repensant il s’était remémoré les étranges sensations que transmettait le corps quand il était privé d’un sens… et… c’est vrai que l’odeur de sa peau, sa douceur l’avaient plutôt… conquis à ce moment là. Si elle n’avait pas été blessée il aurait probablement poussé sa chance.

Et du coup là, comme il voulait justement affirmer que tout allait bien, les mauvaises habitudes revenant au galop, il s’était montré plutôt euh… direct et… assez cru en fait. Surtout que son regard était vraiment loin d’être innocent. Est-ce qu’il pensait vraiment ce qu’il venait de dire ? Il secoua légèrement la tête. Oui il le pensait.

Pourtant il voyait bien qu’elle n’était pas en forme et que quelque chose la tracassait. D’ailleurs, il l’avait vu aussi lorsqu’il l’avait accompagnée pour accueillir Doan. Mais finalement elle était en forme donc ça allait non ?
Même si là elle n’avait pas énormément l’air d’apprécier. Il se contenta d’un sourire appuyé plein d’un mélange de sous-entendus et de fausse innocence.

Finalement elle avait l’air plutôt agacée et lui demanda enfin… exigea plutôt, qu’il retourne au chantier pour travailler. Aie… Ca ce n’était pas bon. Il avait encore un peu les jambes tremblantes. Le cacher aux ouvriers n’avait déjà pas été simple alors à elle…
Et puis il ne pouvait pas avouer maintenant qu’il avait mal quelque part tout de même. D’ailleurs pourquoi le croirait-elle ? Bon, elle le croirait peut-être, après tout elle était quand même très à l’écoute même si à cet instant son visage fermé suggérait le contraire.

Mais non, il ne pouvait pas admettre une faiblesse ! Voyons ! Il était censé être un homme ! fort fier courageux !!! Pas un gars qui rechigne parce qu’il s’est juste un peu blessé le coude et ce même si la douleur est quasiment insoutenable.
Facilité donc, c’est ce qu’il choisit. Il lui tira la langue à la manière d’un gamin.

- Nan ! Je suis très bien ici ! J’ai pas envie de travailler ! Alors non, non et encore non ! Tu n’as qu’à faire bosser les autres larbins ! De toute façon, j’en ai bien fait plus à moi tout seul ce matin qu’eux en toute une journée. Et puis c’est pas mon boulot ! Et j’ai faim de toute façon, ça va être l’heure de manger. Et puis de toute façon je m’en fiche de ce que tu dis. Je fais ce que je veux.

Il lui lança un regard moqueur comme s’il se moquait ouvertement d’elle alors que les paroles avaient été ajoutées un peu plus rapidement parce que la douleur revenait, refluait, revenait, refluait, comme la mer sur une plage dont les vaguelettes s’en iraient avant de se réavancer.
Pitié qu’elle sorte à présent, qu’il puisse frapper dans ce fichu oreiller !!!
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Cassidy Herediane
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MessageSujet: Re: Un petit accident pas si bénin.   Lun 25 Juin - 17:47

La jeune femme était encore un peu perdue et tous les évènements se bousculaient dans sa tête sans qu'elle n'arrive à placer un début et une fin. Très difficile pour elle de comprendre Tristan à l'heure actuelle entre son sale caractère et ses petites attentions tellement vraies et opposées à son caractère.

Ils avaient en effet grandi tous les deux et les jeux avaient bien changés. Et contrairement à Tristan, elle avait toujours gardé ce dégoût au fond d'elle et n'osait pas aventurer ses pieds là dessus.

Elle se trouvait totalement stupide, de ses faits, de ses gestes de la veille. Se trouvant comme une parfaite nunuche qui apprenait à connaître Tristan comme si elle le redécouvrait petit à petit mais sous une nouvelle forme, d'une autre façon et ce n'était vraiment pas évident. Elle qui avait toujours été forte pour éviter ces contacts, les recherchaient chez Tristan.

Comme si d'une certaine façon elle en avait besoin, envie. Comme si c'était quelque chose qu'elle se devait de faire avec lui et que son corps le réclamait. Que c'était lui. N'avait-il pas un effet bénéfique sur sa magie ? Oui effectivement elle ne pouvait pas le nier.

Alors elle jouait à ce petit jeu d'adolescente car au jeu des connaissances, elle n'avait pas dépassé le stade de l'adolescence. Cassidy n'était pas une sulfureuse femme prête à tomber dans ses bras, à le charmer pour lui montrer qu'au final, cet homme lui plaisait.

Non elle ne comprenait pas elle même si il lui plaisait vraiment ou pas et avait un peu ce plaisir de la découverte qui lui faisait franchir petit à petit chaque étape de son "initiation". Mais c'était complètement stupide ! Futile ! Il n'y a pas de place pour les sentiments ! Car cela finira par la détruire.

Parfois elle pensait qu'elle en avait besoin et d'autres fois non. Une vraie girouette complètement perdue.

Cassidy avait arrêté de se torturer l'esprit pour l'instant. Elle avait d'ailleurs tenu à se montrer assez distante avec Tristan pour l'instant, pour éviter à penser à tout ce qui lui arrivait. Et c'est donc un peu essoufflée qu'elle était arrivée devant la porte de sa chambre, son visage un peu rougie par la course et toqua doucement avant de rentrer.

Elle le vit affalé sur son lit comme si il semblait apprécier le repos, le visage complètement impassible en la regardant rentrer. La première chose que la jeune femme pensa, se fut de l'inquiétude pour lui. Il s'était peut être blessé alors le Drakkari ne devait pas aller très bien. Mais au contraire, tout semblait aller pour le mieux, pas de trace de douleur sur son visage, rien, il était tout simplement en train de paresser.

Et d'ailleurs, quand il lui répondit à son inquiétude, il fit tout de suite allusion à la scène du déshabillage. Cassidy eut une allure un peu vexée et pas franchement très joyeuse à cette simple évocation. Là cela ne lui plaisait pas et comme la jeune mage était sur les nerfs, la discussion n'allait sûrement pas être tendre.

*Non mais il se prend pour qui ? Parce qu'il m'a déshabiller une fois il peut le reproduire ?*

Elle sera doucement le poing et secoua la tête dans un geste d'impatience. Ah oui, ce bras l'énervait, sa magie l'énervait et puis pourquoi lui restait tranquillement comme ça ?

"Non merci ça ne m'intéresse pas."

Tout était si différent de la veille et pourtant...

Tristan jouait avec elle, lui faisant ce grand sourire pas vraiment innocent, ce regard qui en disait long et pourtant, cela avait le don d'agacer Cassidy encore plus. Le poing de sa main droite tremblait doucement alors que son visage se ferma entièrement à la suite de ses phrases, toutes plus gamines les unes que les autres. Ce n'était rien qu'un gamin ! Qui ne voulait pas travailler ! Qui préférait faire le fainéant ! Non mais pourquoi il faisait ça maintenant ?

Sa décision semblait être sans appel et Cassidy jeta l'éponge, passablement énervée et sans qu'elle ne s'apercoive de son propre comportement à elle qui était des plus honteux et désagréable, elle s'approcha de la table et donna un grand coup avec son bras droit. Oui, ce même bras qui avait été blessé pourtant.

"Tu vas arrêter de te conduire comme un gamin ? Pourquoi tu fais le paresseux ? Moi qui pensait que tu étais réellement blessé ! Alors pourquoi tu fais ça ? Non Tristan je ne peux pas te laisser faire, tu ne veux rien savoir et je n'ai pas la patience d'attendre aujourd'hui"

Ouille... son comportement n'était pas des plus agréables et des plus normales. Elle énervée ? C'était tellement rare... Le sang bouillonnait à ses tempes alors que son coeur battait vite et que la tête lui tournait un peu. Mais elle était fière la jeune femme et ne pouvait plus voir ce sale sourire moqueur sur le visage. Ah il voulait jouer avec elle ? Tout n'était que mensonge ? Très bien ! Mais il en paierait les conséquences !

"Tu retournes travailler..."

Un ordre, encore quelque chose que le Drakkari n'apprécierait sûrement pas. Et pourtant, il devait le voir dans le fond des yeux de Cassidy que son comportement était bien trop amplifié pour être naturel. Ou alors il ne le remarquait et ne le voyait pas. Pourtant, la jeune femme ne voulait pas utiliser son tatouage, elle lui avait bien dit.

C'est d'un pas vif et énergique qu'elle se dirigea vers le lit, attrapa son bras gauche alors que lui ne semblait pas vouloir bouger et tira d'un grand coup sec pour lui remuer un peu la pastèque au Drakkari. Elle avait utilisé sa main droite qui était endommagée et pourtant elle ne semblait pas éprouver la moindre douleur. Miracle du guérisseur ?

Quoi qu'il en soit, elle était déterminée à le voir bouger si il n'avait rien.
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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: Un petit accident pas si bénin.   Lun 25 Juin - 19:28

Ses paroles étaient un peu gamines et c’est vrai, les premières étaient provocantes. La vérité, c’est que même étourdi par la douleur et figé dans sa composition faciale Tristan trouvait que la jeune femme devant lui était quand même sacrément jolie.
Et sacrément jolie malgré ses cernes, malgré son air fatigué et agacé.
Et il était vrai que si elle avait été quelqu’un d’autre, oui une autre jeune femme dont il n’avait pas partagé l’enfance, il l’aurait ouvertement draguée… et pas qu’un peu attiré.

Ben quoi ? Elle avait quand même de la conversation, elle savait rire, enfin de temps en temps et elle était gentille aussi parfois. Ce n’était pas que physique ! Enfin d’accord, beaucoup physique c’est vrai !
Il secoua très légèrement la tête, la regardant. Elle avait l’air agacée par ses paroles et il trouvait cela étrangement… jubilatoire.

Par contre elle répondit rapidement que ça ne l’intéressait pas et il eut l’impression de se prendre une douche froide. C’était dit avec tellement d’honnêteté qu’il ne pouvait pas la provoquer en la traitant de menteuse, ce n’était même pas crédible. Eh puis c’était vexant là franchement ! Quoi elle estimait peut-être qu’il était mauvais au lit ?!!!!
Déjà qu’en temps ordinaire un homme est très susceptible sur cette suspicion d’incompétence, même si ce n’était pas non plus ce qu’elle avait dit, mais il avait mal et donc raisonnait un peu n’importe comment, mais lui c’était pire encore.

La preuve en était, s’il n’avait pas eu si mal au bras il lui aurait prouvé sur le champ qu’elle se trompait ! Qu’elle arrive seulement à résister à ses baisers pour voir !
D’ailleurs il fronçait les sourcils et heurté dans son amour propre lui jetait un regard noir avant de se mettre à faire le gamin rien que pour l’embêter. Oh qu’est ce qu’il avait envie de l’embêter ! Comment pouvait-elle dire ça ?!!!! Maud serait prête à tout pour être à sa place et… raaah ! Décidément Maud était bien mieux ! Elle tenait à lui elle au moins ! Et elle n’aurait jamais sous-entendu qu’il était nul !!!

Il s’embrouillait totalement. Il aurait certainement été très amusant d’entendre ses pensées. Une bonne petite hilarité pour le coup sans doute d’ailleurs !
Il avait l’air idiot et dans sa tête, c’était bien pire encore.
En tous les cas le jeune homme commença à se comporter comme un enfant boudeur, refusant d’obéir et tirant la langue. D’ailleurs il aurait pu être très convaincant dans ce rôle s’il n’avait pas été aussi… grand !

Cassidy frappa alors sur le bureau de sa chambre et le foudroya du regard et elle commença à l’engueuler littéralement. D’ailleurs elle lui posait des questions en même temps, comme si elle s’attendait à ce qu’il prenne conscience de ses actes, de son idiotie et qu’il se fasse correct et obéissant, se pliant à sa volonté.
Sauf qu’il avait décidé qu’il en serait autrement et que lancé dans son jeu, comme elle disait qu’elle n’avait pas la patience aujourd’hui, il voulait davantage encore insister. Pourtant il avait vu qu’elle frappait avec son bras blessé. Nom d’un troll en tutu ! Cette fille devenait-elle carrément robocop et insensible à la douleur quand elle était énervée ?! Mais la seule chose que fit le jeune homme c’est de la singer en faisant comme s’il élevait la voix alors qu’il ne disait rien avant de lui retirer la langue.

- Gnagnagnaaaaa !!!!!!!

Complètement… débile, gamin ! Et il aurait pu continuer jusqu’à ce qu’elle sorte !
Sauf qu’apparemment effectivement la jeune femme n’était pas très patiente aujourd’hui et elle souhaitait que tout soit conforme à ce qu’elle avait prévu. Aussi lui attrapa t-elle le bras gauche, celui-là même dont il souffrait et elle tira d’un coup sec.

En temps normal ça aurait été totalement nécessaire puisqu’il n’en aurait pas fallu moins pour espérer le faire bouger de quelques centimètres, c’est qu’il pesait son poids le Drakkari et son obstination aussi.
Mais là ce fut terrible. Parce que son bras était dans un pire état que ce qu’il acceptait seulement d’imaginer… alors de montrer, c’était bien pire encore.

Elle tira d’un coup sec et s’il trouvait qu’elle avait autant de force qu’un chaton nouveau-né d’ordinaire, cette fois ce ne fut pas le cas.
Il y eu un craquement sinistre. En fait pas un… mais trois…
Qui se suivaient de manière si rapprochée que cela ressemblait à un seul et même craquement. Comme si brusquement le bois du lit du jeune homme avait lâché sous son poids. Il aurait préféré, quitte à mal dormir après ça !

Un très très bref silence s’installa pendant lequel le visage du jeune homme se décomposa. Il devint extrêmement pâle puis il hurla à s’en déchirer les poumons. Sa main droite s’était enfoncée dans le matelas et il fixait le plafond sans le voir. Son cri mourut sur ses lèvres et il fut parcouru de tremblements alors qu’il peinait à respirer. Déjà il avait arraché son bras de la main de Cassidy… ou non en fait, il n’avait rien fait, c’est elle qui l’avait lâché et il le tenait contre son torse, en s’appuyant obstinément dessus comme si l’écraser pouvait couper la douleur qui faisait déjà apparaître des perles de sueur sur son front… incapable qu’il était à l’instant d’articuler un son de plus si ce n’est un gémissement très faible.
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Cassidy Herediane
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MessageSujet: Re: Un petit accident pas si bénin.   Lun 25 Juin - 22:22

Cassidy avait été sèche avec Tristan c'est vrai. Parce qu'elle ne regardait pas les performances masculines, comme elle le disait, cela ne l'intéressait pas et elle était dans un état las qui ne présageait rien de bon. Et surtout, qui ne donnait pas envie de faire le moindre effort pour prendre des pincettes. Avec du recul, elle lui aurait sorti avec un petit sourire qu'il était complètement incorrigible mais sans s'étendre plus sur le sujet. Qu'elle n'aurait pas était aussi brusque avec lui à ce moment là.

Mais il fallait qu'il le sache, elle n'était pas une simple femme comme une poupée, prête à s'affaler dans ses bras à ses premiers soupirs. La confiance ça se mérite tout comme une femme qu'on arrive à comprendre et à connaître, écartant doucement chaque rideau pour atteindre la délicate fleur si fragile qui se cache si furtivement pour éviter d'être détruite. Et pourtant, c'était Cassidy, la jeune mage qui ne se laissait pas séduire si facilement et son coeur n'était pas réservé à n'importe qui. Quel contraste avec Tristan qui était tout l'opposé.

Il se serait jeté sur elle là ? Elle aurait été capable de le repousser. Surtout à ce moment où elle était d'une humeur massacrante ! Tristan aurait appris à voler, se serait retrouvé cloué au lit et elle complètement indignée et choquée par ce brusque accès de confiance, l'aurait repoussé comme il se doit. Non elle ne se trouvait pas supérieure, confiance en sa beauté, c'était même tout le contraire. Mais qu'il la pousse, qu'il cherche à la séduire physiquement avec ses baisers, il n'aurait même pas le temps de toucher ses lèvres qu'il aurait déjà été à l'opposé de la pièce.

Et alors, Tristan continuait son petit jeu, se faisant boudeur, gamin et elle agissait en adulte.. ou plutôt comme une femme assez énervée de le voir adopter ce genre de comportement. Alors qu'il était si agréable et charmant la veille ! Bon elle devait avouer quand même que ce petit côté rebelle, elle l'aimait bien et aurait plus agi avec de la plaisanterie mais la jeune femme n'avait pas la tête à plaisanter. Et pourtant Tristan aurait beaucoup plus apprécié de la voir autrement.

Mais elle ne semblait pas dévouée pour se montrer sous son meilleur jour et la situation allait de pire en pire. Elle parlant d'une voix forte et autoritaire, ne montrant aucun répit, aucune déviation de trajectoire et lui insistant, jouant son grand gamin. Et là encore elle se serait contenter de rire et de rester à côté de lui sans rien dire mais tout en l'observant alors que pour l'instant, c'était une véritable tempête. Elle tapa fortement du poing sur la table, montrant vraiment qu'elle n'était pas, mais vraiment pas dans un état normal.

La vérité c'est qu'elle était passée chez le guérisseur pendant la nuit et que le vieil homme avait reformé les tissus déchirés grâce à sa magie, ce qui avait été long, pénible et très douloureux. En revanche pour la magie coincée à l'intérieur d'elle, c'était une autre histoire et la jeune femme n'avait pour le moment, aucune réponse à ses questions. Elle avait encore un peu mal mais le plus dur était passé.

Ses grimaces l'insupportaient. Non c'est fini maintenant ! Ce n'est plus le moment de jouer ! Qu'il se lève et qu'il réagisse en homme ! Pas comme un enfant qui n'en faisait qu'à sa tête. Alors, elle se dirigea vers lui, avec la ferme intention de le traîner derrière elle si il le fallait vraiment. Et là, le pire se produisit. C'est quand même malheureux qu'en étant plein de bons sentiments cela finisse par se retourner contre soi-même...

Le craquement qui se produisit lui fit ouvrir les yeux un peu par surprise au départ, un bruit énorme, épouvantable, alors qu'elle tenait son bras fermement et n'ayant même pas confiance de sa force à elle. Inquiète, elle regarda Tristan. Et ce qu'elle y vit la remplit de terreur. Il n'était... pas dans son état normal. Et là, un hurlement, digne d'un dragon qui résonna dans toute l'Académie et qui devait avoir perturbé la concentration de Jace en plus.

Cassidy lâcha rapidement le bras de Tristan alors qu'il le prenait contre lui pour le cogner contre lui. Elle se décomposa aussi rapidement que lui et fit quelques pas en arrière, tremblant de tout son coeur, regardant sa propre main droite, horrifiée par ce qui venait de se passer. Une simple question... Pourquoi ? Elle le regarda et aurait tant voulu le calmer là. Jamais elle ne l'avait vu dans cet état et inconsciemment elle avait participé à quelque chose de très grave.

"Quoi ?! Par tous les Dieux de la sainte Trinité ! Tristan ! Je... Je..."

*Qu'est ce qui se passe... je n'ai pas une force surhumaine quand même... ne me dîtes pas que...*

Elle voulut s'approcher de lui mais la jeune femme trouva plus sage de rester en arrière, paralysée, ne sachant pas quoi faire pour le calmer. Les remords l'envahirent et elle ferma les yeux. Elle se sentait faible, extrêmement faible et vraiment une douleur énorme l'envahit aussi par la suite alors qu'elle réfléchissait lentement à ce qu'elle devait faire. Elle ne pouvait pas le laisser dans son état !

"Kymiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiie !"

Cassidy lança un appel à la petite lutine qui accourut rapidement car elle n'avait jamais été loin. Cassidy la regarda avec un regard suppliant, qui n'avait rien à voir avec cette rage qu'elle avait avant. Elle balbutiait, bredouillait, ne trouvant pas ses mots, comme si elle manquait d'air, se refusant à toucher le Drakkari.

"Sil... s'il te plaît... Tristan... a... mal... il est...enfin... je voulais... pas... s'il te plaît... utilises ta magie... pour.. l'aider... apaiser sa douleur... ne le laisse... pas... comme... ça"

"Allons ma grande ! Arrêtes de paniquer, ce n'est pas comme ça que tu arrangeras la situation. Va chercher ton guérisseur... Je vais tenter de m'occuper de lui... enfin essayer je dis bien !"

La jeune femme courut vers la sortie, les jambes tremblantes, se prenant maladroitement les bras dans sa robe et courut à perdre haleine.

Pendant ce temps, Kymie se contentait de faire apparaître une douce lueur dans ses mains, et tout en se tenant à une distance de sécurité du Drakkari, la lutine concentra sa magie dans ses mains et la fit apparaître dans le bras de Tristan, ce qui avait la capacité de rendre la douleur supportable alors qu'elle avait les yeux fermés, concentrée par sa tâche.

Cassidy arriva à l'écurie et sella sa jument en trombe comme la veille et galopa en trombe jusqu'à Glindel, complètement affolée, paniquée. C'était peut être la première fois que les habitants la voyait dans cet état et murmuraient sur son passage. Et pourtant, elle s'arrêta devant la résidence du guérisseur et descendit rapidement.

"Venez vite s'il vous plaît ! Le Drakkari... Il y a quelque chose qui ne va pas ! Il a besoin de soins maintenant !"

De l'agitation de l'autre côté de la porte, le vieux guérisseur sortit précipitamment sans dire un mot et ils se dirigèrent vers l'écurie de la ville pour qu'il puisse prendre une monture. L'attente fut longue et Cassidy espérait que Kymie avait fait le nécessaire, du moins un peu.

Ils arrivèrent à l'Académie et Cassidy le conduisit à la chambre de Tristan mais n'osa pas rentrer à l'intérieur, préférant veiller dans le couloir. Le vieux guérisseur ouvrit la porte et se posa à côté de Tristan, tenant sa mallette et commençant à examiner sa blessure. Kymie arrêta sa magie et vint rejoindre Cassidy.

La jeune femme était complètement horrifiée, tremblante, alors que la porte s'était refermée derrière elle alors que le guérisseur s'occupait de l'infirme.

(HS : Voilà donc tu peux faire l'intervention du guérisseur eeeeet c'est le même que celui de Cassidy qui s'est occupé de ses blessures magiques à elle)
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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: Un petit accident pas si bénin.   Mar 26 Juin - 13:34

Qu’est ce qu’il pouvait avoir envie de la provoquer et de l’embêter à ce moment là. C’en était totalement irrationnel. Oui, l’envie irrépressible de lui pourrir son après-midi. Non en fait ce n’était même pas ça. La dégoûter pour qu’elle sorte le plus rapidement possible même si son image de lui s’en trouvait altérée (en fait ce serait même un atout) et qu’elle le laisse souffrir en paix… et se remettre si possible.

Tristan était idiot et gamin dès qu’il s’agissait de paraître faible. Et paraître faible devant Cassidy, pour lui, c’était encore bien plus difficile à accepter.
Bon d’accord, elle avait eu quelques faiblesses devant lui et n’avait pas cherché à les cacher. Du moins certaines. Parce qu’elle avait tout de même évité de lui en révéler quelques unes… pour ne pas dire beaucoup en fait.

Mais cela rattrapait tout juste la fois où il s’était si stupidement endormi avec les sels de bain. Ah non, rien à faire, c’était vraiment… pitoyable. Plus que pitoyable, dégradant même !
S’évanouir pas s’endormir se rappela t-il d’ailleurs alors qu’il la fixait, elle qui commençait à s’énerver, c’était encore plus agaçant d’ailleurs.

Pourtant il aurait pu être calme, gentil, lui dire simplement qu’il ne se sentait pas très bien. A tous les coups ça aurait même suffi. Mais non, il jouait à l’idiot macho. Bon ce n’était pas tout à fait ça puisqu’il ne se considérait pas supérieur à elle, juste… qu’il ne voulait pas être faible à ses yeux. Comment protéger quelqu’un aux yeux de qui il paraîtrait faible. Il secoua légèrement la tête.

*Non non ! Je n’ai pas du tout envie de la protéger ! Je ne vois pas du tout pourquoi j’aurai envie de la protéger ! C’est vrai ça ! Pourquoi donc j’en aurai envie hein ?!*


Parce que malgré sa puissance impressionnante, sa magie incroyable elle lui renvoyait l’image d’une jeune femme douce qui avait besoin de confiance, de douceur et de contacts, même si elle ne disait pas, même si elle formulait le contraire justement. Parce qu’elle avait besoin qu’un homme la regarde autrement que comme s’il ne pensait qu’au corps se cachant sous sa robe.Elle était une princesse. Et une princesse a besoin d’un chevalier.

Il faillit éclater de rire. Ce qui n’aurait rien arrangé à la situation. Elle une princesse ? Et puis quoi encore ? Plutôt une bibliothécaire râleuse oui !!!
La douleur lui faisait penser n’importe quoi. Mais ce n’importe quoi n’était pas le fait de la considérer comme une princesse… plutôt celui de ne pas VOULOIR la considérer comme une princesse.

Oui la douleur dans son bras, qui semblait enfler avec la colère de la jeune femme et ses singeries de gamin, qu’il refoulait au maximum mais qui le faisait paraître tellement idiot, tellement immature, lui qui la veille justement se montrait si adulte, si calme et si posé.
C’était le jour et la nuit, le docteur Jekyll et Mister Hyde !
Et là, il était clairement Hyde. Enfin dans la mesure où le docteur Jekyll était un splendide médecin de 25 ans terriblement séduisant, aux sourires ravageurs et dotés d’un caractère assez… boudeur et mauvais perdant.

Mais finalement il l’avait poussée à bout.
A l’origine c’était plus ou moins prévu mais dans le sens où il l’agacerait tant et si bien qu’elle penserait ne rien pouvoir tirer de lui et donc s’en irait tout simplement. Il avait oublié, grossière erreur, que la demoiselle était incroyablement têtue, obstinée… bornée. Oui c’était des adjectifs mais avec elle ce genre d’adjectifs peuvent être mis bout à bout comme s’il s’agissait d’une énumération de qualités… ou bien peut-être de défauts, c’était encore à voir.

C’est vrai qu’elle pensait fermement qu’il était « recyclable ». Elle le lui avait dit après tout et apparemment elle n’avait pas dans l’idée de le laisser fainéanter plus que de raison et surtout alors que d’autres travaillaient. Pourtant il avait raison. Le travail qu’il avait abattu en une matinée était quand même important. Et puis il venait de sauver une jambe, elle le remerciait en lui criant dessus. Même si à sa décharge il donnait le bâton pour se faire battre et le tout avec un sourire de masochiste. Ceci n’étant bien entendu qu’une image.

Il la vit venir rapidement vers lui, attraper son bras gauche blessé et tirer d’un coup sec.
En toute honnêteté, le jeune homme crut qu’elle le lui avait arraché. Il y eut cet horrible craquement et il eut l’impression que ses os explosaient au sein de sa chair et… à dire vrai ce n’était pas très loin de la réalité ce qui était d’autant plus impressionnant et douloureux.
Le temps se suspendit. C’était comme si tout le sang dans son organisme était aspiré par son bras blessé. Il sentait son pouls à celui-ci battre si rapidement comme si le fait qu’il y ait plus de sang de ce côté allait l’aider. Sa tête tournait et tout dansait autour de lui. Tristan n’était pas mécontent d’être allongé, autrement il se serait écroulé par terre avant même de pousser un cri.

Le hurlement pourtant qu’il s’échappa de sa gorge avait en effet quelque chose d’effrayant. Parce qu’il était aussi honnête que son propriétaire avait été malhonnête juste avant. Un dragon ? Oui peut-être. Peut-être en descendait-il bel et bien en fin de compte mais à cet instant il s’en fichait tellement. D’ailleurs il enfonçait profondément ses ongles de sa main droite dans son bras gauche comme s’il essayait de s’enlever la douleur, comme si ce n’était qu’une vilaine sangsue s’accrochant à sa victime.

Cassidy l’avait lâché mais il ne le remarqua pas. Ou peut-être que si. Au final il ne savait plus. Son bras ne réagissait plus du tout si ce n’était le violent tremblement qui l’agitait.
Il entendit sa voix… Ou peut-être délirait-il déjà. En tous les cas il ne releva pas les yeux vers elle, continuant de gémir faiblement en serrant son bras. Il serrait tellement les dents que du sang glissait entre ses lèvres et il avait vraiment du mal à prendre sa respiration. Celle-ci se faisait par à coups rajoutant à son mal déjà présent, une terrible migraine.

Un cri très aigu lui déchira les tympans mais il ne releva pas les yeux une fois encore. Même si le prénom lui disait vaguement quelque chose. Ce n’était pas qu’il avait oublié le « petit écureuil », seulement la douleur l’engourdissait tellement qu’il n’arrivait plus à penser. En fait c’était, il ne pensait plus, plus du tout même. Si ce n’était qu’il avait envie de se lever pour se jeter du haut de sa fenêtre afin que la douleur cesse… mais il était bien incapable de se lever.

Il crut voir quelque chose voleter derrière ses paupières qu’il ne savait plus closes ou ouvertes tant un voile sombre mais scintillant de points rouges s’était abattu sur ses yeux.
Le jeune homme resta immobile, n’entendant pas ou n’écoutant pas. Pourtant il comprit vaguement que Cassidy avait appelé de l’aide, qu’elle allait chercher plus compétent d’ailleurs. Mais à vrai dire il s’en fichait totalement, tant qu’elle était loin de lui, c’était tout ce qu’il demandait.

Peu après, il sombra dans les ténèbres.
Ce fut une odeur forte et désagréable qui le réveilla et il se mit à tousser violemment, pris de nausées. D’ailleurs il se redressa un peu avant que la douleur dans son bras ne le rappelle à l’ordre, il gémit faiblement alors que des mains soutenaient son bras blessé et l’aidaient à se rallonger.

Tristan battit des paupières et vit un homme d’un certain âge à l’imposante mais courte barbe blanche et l’air profondément gentil penché au-dessus de lui. Il venait de poser un flacon sur la table de nuit, un flacon qui dégageait une horrible odeur. Beuh ! Pas étonnant qu’il s’en soit servi pour le réanimer, ce truc aurait réveillé un mort !!!!
Le guérisseur ou la lutine avaient dû faire quelque chose car la douleur pourtant diffuse ne lui paraissait plus si terrible.

- D’habitude c’est pas un homme que je trouve penché sur moi en train de m’observer dormir. Commenta t-il avec un trait d’humour et un sourire douloureux.

Sa propre voix le surprit. Elle était faible, rauque, comme s’il avait crié pendant tout une journée ou qu’il sortait tout juste d’un rêve dans lequel il venait de se plonger. L’homme en face de lui sourit et posa une main sur son front. Tristan se laissa faire sans opposer la moindre résistance. Outre le fait qu’il avait eu l’habitude de passer entre les mains de divers guérisseurs, il n’était clairement pas en état de se soustraire à ces soins.
L’homme posa une main sur son bras et le Drakkari grimaça.

- Je vais devoir remettre tes os en place. Ils sont brisés à de multiples endroits… Ca ne va pas être une partie de plaisir mon garçon et le sédatif pourtant puissant que je t’ai donné ne t’aidera pas beaucoup… Surtout que tu l’élimines vite. Il se peut que pendant… cette remise en place certains de tes noirs soient dans le meilleur des cas frôlés par tes os cassés… Ce sera difficilement supportable.
- Vous y aller pas avec le dos de la petite cuillère vous. Vous me connaissez ou quoi ?! j’adore la franchise.


Il avait dit ça avec une autre tentative d’humour un peu sarcastique, il essayait de dédramatiser. La vérité c’est qu’il avait peur… même s’il ne l’avouerait jamais.

- … Le…meilleur des cas ? Y a pire ?
- Si je sectionne un nerf ? Oui…
- Joli programme…


Le jeune homme essaya de se détendre et de décrisper ses épaules. Il lui sembla que le guérisseur le fixait, mais il n’en était pas sûr car il avait fermé les yeux. En les baissant un peu plus tôt il avait vu son bras… qui lui donnait l’impression d’être un horrible croisement entre une aubergine géante et une vieille courgette pourrie. Franchement pas appétissant.
L’homme avait des gestes très doux malgré sa carrure bedonnante.. rassurante dans un sens.
Mais il commença réellement à se mettre au travail peu après, donnant à son jeune patient une espèce de tige en bois dur d’un demi-pouce de large. Au début il ne comprit pas.

- On va essayer de ne pas trop inquiéter la petite dame à côté qui est déjà dans tous ses états.

Tristan l’observa avec méfiance, sans comprendre. Le guérisseur le lui prit et le cala dans sa bouche, lui faisant refermer la mâchoire. Et là il comprit avant de sentir une douleur terrible lui électriser chaque parcelle du corps, de mordre furieusement dans la tige en bois… et d’hurler le plus honnêtement du monde… mais avec moins de force, c’était certain que s’il ne l’avait pas eu… cette fameuse tige, ou baillon… Ce fut un long et douloureux moment.


Le guérisseur ressortit enfin au bout de deux longues heures, trouvant la jeune mage en train de faire le pied de guerre devant la porte, certainement les cent pas aussi d’ailleurs.
Cet homme qui avait symboliquement l’allure d’un vrai père noël se sentit vraiment désolé de la voir dans cet état. Elle avait les yeux étrangement rouges et s’était sans doute ébouriffé les cheveux à force de gigoter et culpabiliser car il formait une sacré… crinière désordonnée sur sa tête. Presque autant que celle du jeune homme dont il venait de quitter le chevet.
Elle avait l’air extrêmement fatiguée et pas plus tard que ce matin, très tôt, elle était venue le trouver pour son propre cas, une blessure étrange qui n’avait rien de physiquement possible. Quelque chose qui sentait la magie et pas de la gentille magie.

Elle lui avait toujours donné l’impression d’être une chic jeune femme, très à l’écoute, extrêmement généreuse, douce et serviable. Et aujourd’hui elle paraissait totalement chamboulée, désorientée et même… vraiment très mal. Bien plus comme lorsqu’elle était venue le voir ce matin.
Il jeta un coup d’œil à la porte close. La santé de ce jeune homme qui malgré son état pitoyable était encore capable de sortir des plaisanteries, des sourires et d’avoir une gueule d’ange à rendre jaloux un Apollon, la préoccupait apparemment beaucoup. Il avait des mains de guerrier pourtant… Il s’attendait plutôt à la voir attachée à un mage puissant.
Déjà elle venait vers lui, l’air défaite. Il lui fit un sourire encourageant.

- Tout va bien, il est tiré d’affaire. J’ai remis les os de son bras en place et ça n’a pas été une mince affaire. Le pauvre gamin en a bavé. C’est impressionnant. On dirait qu’il a été maltraité ce petit… Comme s’il avait déjà eu les os cassés ou presque et que ça n’avait pas bien cicatriser. Il a dû faire des efforts violents ces derniers jours mais tout de même. Il a dû tomber d’une falaise il y a deux, trois mois grand maximum, je ne vois que ça… et il y aura survécu oui mais… mal se soigner c’est mauvais.

Il soupira… Il ne savait pas que trois mois plutôt, Tristan tombait aux mains des Cheistams.

- Ne vous en faites pas, je lui ai donné une infusion puissante qui va l’aider à se détendre et qu’il devra boire toutes les heures aujourd’hui. Il a besoin de repos mais n’hésitez pas à le réveiller pour qu’il la boive autrement ce sera pire. Je lui ai posé des attelles pour maintenir son bras immobile. Encore une chance qu’il ne soit pas gaucher le gamin, parce que là, son bras il ne pourra certainement plus jamais s’en servir correctement. Ah ces jeunes qui ne se soignent pas bien ! Voyez où ça vous mène !

Il sourit d’un air rassurant en prenant une des mains de la jeune femme et en la tapotant.

- Vous êtes très pâle Cassidy, vous devriez aller te reposer toi aussi. Appelez-moi si jamais son état ne s’améliore pas, y compris pour vous si jamais votre bras… vous fait souffrir. N’est-ce pas étrange ? Hier vous vous blessez au bras droit, aujourd’hui il a failli perdre son bras gauche. Vous faites un concours tous les deux ?

Il tapota un peu plus sa main.

- Je pense qu’il tient aussi beaucoup à vous. Il marmonnait votre nom quand je suis arrivé dans sa chambre. Ce n’est certainement pas sans raison. Oh par contre il n'a pas l'air de très bien prendre la nouvelle, normal pour un guerrier. Outre la tête de mort vivant qu'il faisait, il m'a juste salué d'un hochement de tête donc soyez... diplomate dans vos paroles.


Il lui fit un clin d’œil puis s’éloigna rapidement.

- Inutile de me raccompagner je connais le chemin.

Et il voulait surtout la laisser seule avec son petit blessé. Monsieur le père noël se faisait de bien fausses idées.
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Cassidy Herediane
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MessageSujet: Re: Un petit accident pas si bénin.   Mar 26 Juin - 16:03

Des actions qui s’étaient bousculées tellement rapidement. Une femme énervée et agacée, un Drakkari qui n’en faisait qu’à sa tête, assemblez le tout et vous avez un duo explosif capable des pires bêtises entre eux.

Cassidy n’avait pas le temps de se pencher sur le cas de Tristan. Elle ne voulait pas que lui arrête son travail alors qu’elle-même travaillait d’arrache pieds à côté. Chacun sa peine et puis, elle lui avait promis qu’il aurait l’autorisation d’envoyer une lettre à cette… Maud, dès que la rénovation du mur ouest serait achevé. Il avait déjà oublié ses paroles ? Alors elle voulait le remuer, ne comprenant pas vraiment, malgré le récit du maître de chantier.

Et de plus, elle était suffisamment prise entre la gestion de l’académie, les lettres à envoyer et toutes ces choses qu’il fallait faire pour le bon fonctionnement de la structure. Deux jeunes étudiants avaient été accueillis le matin même et elle devait se montrer à la hauteur, faire preuve de professionnalisme et d’une rigueur à toute épreuve pour satisfaire les attentes demandées. Elle s’était occupée de prendre contact avec la banque de Glindel pour les ouvertures de compte et autres choses comme la préparation d’une soirée de bienvenue à l’attention des nouveaux.

Alors non, aujourd’hui elle n’avait pas le temps pour écouter les caprices du Drakkari. De plus, elle était fort concentrée pour faire des recherches au sujet de son secret et cela la tracassait tellement qu’elle en devenait une véritable pelote de nerfs. En effet, cela pouvait se reproduire à n’importe quel moment, avec si peu d’informations, n’importe quoi pouvait lui arriver et c’était quelque chose d’indigne par rapport à son statut de directrice.

Non, elle ne devait pas passer pour la faible, la jeune femme qui s’est vu confiée une tâche beaucoup trop lourde pour elle lorsque l’on connaît un minimum son passé. Mais qu’avait donc la déesse dans la tête pour lui donner une telle responsabilité ? C’était complètement fou, insensé ! Une épreuve très difficile à vivre. Pendant un instant, Cassidy hésita à désigner un successeur et tout laisser tomber. Mais elle ne devait pas et honorer son engagement. Telle était la force de sa volonté.

Cependant, ne se doutant de rien et passablement agacée par le comportement puéril de Tristan avait déclenché une action qu’elle regretta par la suite. Sentant son bras et ses os se briser, elle trembla de tout son corps tout en reculant, regardant alternativement le bras et Tristan horrifié. Et maintenant un petit câlin ? La situation ne prêtait pas vraiment à ce genre de chose et elle se trouvait complètement affreuse, bafouillant et bredouillant des mots dans lesquels elle n’arrivait pas à exprimer tous ses regrets et son malaise.

Et Tristan était allongé sur son lit alors qu’un frisson d’horreur parcourut la jeune femme. Elle ne voulait pas le voir comme ça ! Après tout c’était peut être une blague ! Une très mauvaise blague ! Et il la faisait marcher comme il avait l’habitude de le faire. Comment peut-on réagir normalement et intelligemment dans ce cas là ? Ce n’était que le retour du bâton alors qu’il n’avait jamais cherché à l’avertir, lui parler.

Cependant, la seule chose et qui contrastait tellement avec la femme assurée était la décomposition de son visage si pâle en appelant la petite lutine. Elle savait ce qu’elle devait faire et rester à côté de Tristan bêtement n’arrangerait en rien les choses. Il avait besoin de soins en urgence. Là ça avait l’air vraiment grave et elle avait du mal à partir, hésitant à laisser Tristan seul mais avec la lutine.

La magie des lutins est un vrai petit miracle parfois, ils possèdent certaines capacités pour agir dans des situations un peu tendues. C’est un peu pour cette raison que les personnes malveillantes cherchent à s’en emparer et que ces petites créatures si fragiles sont craintives.

Et pourtant, Kymie restait à proximité du Drakkari, sur la table de chevet pas loin de lui mais suffisamment pour s’écarter par mesure de sécurité, on ne sait jamais, la douleur fait faire des choses bizarres et se concentra sur la douleur de son bras, diminuant la douleur même si elle était toujours bien présente. Son visage était impassible et aucune émotion ne passait dessus pour le moment. Elle comprenait que la situation était suffisamment grave pour éviter de parler et d’envenimer les choses.

Une demi heure s’était écoulée après le départ de Cassidy alors que Tristan devait continuer à lutter contre la douleur et la lutine attentive, fatiguant un peu mais n’abandonnant pas pour Cassidy c’était la moindre des choses qu’elle pouvait faire.

Enfin, des bruits de pas précipités se firent entendre dans le couloir et le guérisseur entra dans la pièce partant s’affairer autour de Tristan alors que Kymie sortit par politesse.

Cassidy s’adossa contre le mur en attendant, la respiration haletante, le visage rougit par la vitesse et la course. Elle était interdite, choquée, complètement en transe par ce qui venait de se passer. Les yeux dans le vide, elle se revoyait tirer sur le bras de Tristan d’un geste brusque alors que d’habitude elle ne l’aurait même pas touché. Pourquoi cela était arrivé ? Comment ? Comment avait-elle pu laisser les choses en arriver là ?

Alors qu’elle attendait avec une certaine angoisse derrière la porte, sa lèvre inférieure tremblotante, Kymie qui ne bougeait pas plus que ça voletant doucement à côté d’elle, Cassidy se prit la tête entre les mains. Tout était de sa faute à elle. Elle avait blessé le Drakkari alors qu’elle ne s’y attendait même pas.

Mais aussi, de la colère s’empara de son cœur. Elle ne comprenait pas. Si il avait si mal que ça, pourquoi n’avait-il rien dit ? Pourquoi ? Ce n’était pas elle avec sa force de cacahuète qu’elle aurait pu lui briser le bras aussi facilement. A quand cela remontait-il ? Il était si stupide ! Ce n’est pas parce que c’est un homme qu’il peut se permettre de jouer au gros dur. Que se serait-il passé si il était à l’extérieur ?

L’ennemi n’aurait jamais eu de pitié pour lui, se serait servi de cette faiblesse pour l’achever. Il devait se rendre compte de la chance qu’il avait. Elle était là, à sa disposition, prête à l’aider au moindre problème et il préférait passer pour le guerrier incassable ? Non mais ça veut dire quoi ? Il ne lui fait pas confiance ! Il ne veut pas admettre la vérité quand elle se montre. Alors pourquoi cela ? Pourquoi ? Qu’il lui explique !

Ce n’est pas parce que c’est un guerrier qu’il peut rester comme cela sans rien dire. Il en aurait parlé tout de suite, même sans le dire à elle, alors peut être que les choses auraient été plus simples, que son bras n’aurait pas été cassé ou broyé de cette manière. Mais elle s’en voulait horriblement d’être entrée dans sa chambre pour le bouger. Encore une fois, elle n’avait pas vu ce qui s’était passé sur le chantier et était très loin de se douter de tous les efforts qu’il avait pu faire.

Si elle l’avait vu, elle aurait un peu compris. Et même la veille il avait porté les lourdes malles de Jace, ce qui n’était pas rien. A quel moment exactement avait-il ressenti cette douleur ? Il semblait tellement sûr de lui, impassible et pas du genre à étaler sa souffrance. Alors, un flash lui revint en mémoire. Lorsque sa main au terrain d’entraînement ne s’était pas fermée sur elle comme l’autre et qu’il avait grimacé. Et pourtant, il lui avait assuré qu’il n’avait rien !

Tristan était-il un menteur pour balancer ce genre de chose ? Pourquoi ? A quel moment jouait-il la comédie et à quel moment est-il vraiment franc ? Comme distinguer le faux du vrai ? Il lui faisait perdre la tête, perdre tous ses repères. Après tout il avait toujours éta comme cela, déstabilisant.

Cassidy se trouvait aussi stupide. Elle qui au départ voulait juste lui apporter de quoi manger pour sa pause ! Rien ne se passe vraiment comme on l’imagine avec Tristan. C’est toujours différent de ce que l’on peut prévoir et cela la rendait impuissante de ne pas pouvoir contrôler les évènements comme la jeune femme le souhaitait. Elle se serait flagellée sur place si ça pouvait faire partir la douleur, si elle pouvait retourner dans le temps. Elle aurait voulu être à sa place.

Même si lui, lui dirait sûrement que c’était lui le guerrier qui prenait les coups. Mais ce qu’elle venait de faire représentait quelque chose de tellement douloureux. Qu’il n’était pas prêt d’oublier et de lui pardonner. Comment réparer les choses ? Laisser le temps agir ? Non il la détesterait toujours, d’avoir voulu le forcer et surtout lui montrer un état de faiblesse qui ne lui ressemblait vraiment pas. C’était comme si elle se sentait à la place des Cheistams, elle ne valait pas mieux.

Que faire ? Que dire ? La jeune femme sautilla d’un pied à l’autre, son regard fixé sur les pierres dallées du sol. Comment devait-elle réagir ? Elle était tentée de hurler, de calmer ses nerfs, de faire n’importe quoi pour être à la hauteur de ce qu’elle venait de lui infliger. Elle se sentait très mal, totalement stupide et honteuse par son comportement. Une vraie adolescente, incapable de contrôler la situation, montrant aux yeux de tous ses sentiments, ses expressions.

Elle n’était pas du genre à faire un déballage de sentiments aussi visibles. Mais le cas de Tristan qui comptait énormément pour elle. Le blesser lui c’était se blesser elle. Malgré son comportement, son caractère d’enfant désagréable. Mais elle savait très bien que lui n’aurait pas la même réaction. Elle s’en doutait car ils étaient vraiment différents sur tous les points. Mais elle voulait faire quelque chose. Quoi ? Pour le moment, elle n’avait pas vraiment d’idée sur ce qui pourrait le soulager.

Les minutes semblaient interminables mais elle ne bougea pas, s’auto-flagellant mentalement, croisant ses doigts de ses mains les uns contre les autres dans une attitude gênée.

Par moments, elle se passait la main dans ses cheveux, s’ébouriffant sauvagement tout en étant bouleversée. Ne pensa même pas à aller manger, pas même à s’occuper d’autre chose. Elle priait les dieux que le Drakkari irait mieux. Même si ça consistait à voir son sale air insupportable, tant qu’il allait mieux. Elle avait un peu pleuré aussi, ce qui avait rendu ses yeux rouges, s’en voulant et tapant parfois sur le mur avec rage de sa main droite.

Kymie s’était excusée et était partie, les tâches du château la réclamait.

Enfin, après une attente bien trop longue, le guérisseur sortit de la pièce.

Cassidy se prit une décharge quand il lui annonça que son bras allait mal. Que les os s’étaient déboités et que le bras était complètement cassé. La jeune femme devint complètement livide à ce diagnostic. Jamais elle n’aurait cru ça. Jamais.

Mais il y avait beaucoup plus inquiétant que ça. En effet, le guérisseur racontait qu’il s’était surmené et que le choc était dû aux nombreuses répétitions et insistances de mouvement. Elle se figea sur place, bouleversée. Non mais pourquoi il ne lui avait rien dit ? Ce n’est pas une honte ! Il lui avait menti c’est tout ! Et en même temps, elle se trouvait stupide de ne pas avoir fait plus attention à lui, d’au moins avoir eu une certaine sécurité. Mais de toute manière son bras n’aurait jamais guéri tout seul !

Elle aurait du insisté, faire venir le guérisseur plus tôt. Et pourtant, le vieil homme lui parla d’une chute qui datait de trois mois. Elle ouvrit doucement la bouche, commençant à comprendre la situation.

*Quoiiiii ? Non… ce n’est pas vrai…*

Tristan… les Cheistams… c’était eux les responsables de cette horrible tragédie ! Elle serra si violemment le poing que ses ongles s’enfoncèrent dans sa peau et qu’elle se mettait à tremblement. C’était eux ! Ils avaient traité… très mal Tristan ! Mais qu’est-ce qui leur a pris ? On traite un prisonnier avec respect ! Ils ne valaient pas mieux que les Kaärs pour réagir ainsi.

Elle resta cependant normale devant le guérisseur et le laissa partir en hochant doucement la tête.

Les Cheistams… ils avaient osé… à Tristan en plus… Et là, la douleur, sa mauvaise magie pris le dessus et Cassidy brûla de l’intérieur, tombant à genoux sur le sol et soufflant doucement, fermant les yeux pour faire disparaître. Oh mais après tout elle le méritait bien ! Alors elle resta tremblante au sol, attendant que la souffrance passe. Elle souffla doucement, serrant les dents et se redressa.

Elle repensa aux paroles du guérisseur. Son bras gauche… il est gaucher, elle l’avait vu quand il avait saisi son arme de cette main. Cassidy était complètement effondrée. Il ne retrouverait plus l’usage normal de son bras. C’était sa faute… et la sienne aussi !

Il l’avait appelé ? Prononcer son prénom en se réveillant ?

Pour me dire sûrement qu’il me haï de toute son âme et son corps… je suis responsable de ses souffrances…

La jeune femme soupira et effaça toute trace de douleur sur son visage. Seule une inquiétude grandissante et un bouleversement restaient sur son visage alors qu’elle avait peur de découvrir Tristan dans cet état.

Cassidy entra doucement dans la chambre. Elle aperçut Tristan sur le lit avec un gros bandage autour du bras et cela la rendait pâle, blanche, complètement choquée et ne sachant plus où se mettre. On peut dire que ce n’était pas la fierté qui animait le visage de Cassidy à l’heure actuelle. Elle aurait pris le bâton pour se faire battre mais c’est juste les bras ballants, regardant le sol et évitant le regard du Drakkari qu’elle cherchait ses mots.

Enfin, elle releva la tête et les regrets se lisaient au fond de ses yeux noisette.

Tristan… je… je n’aurais pas du. Je ne sais pas ce qui m’a pris mais j’aurais mieux fait de te laisser tranquille. Je suis désolée ! Je ne savais pas que ton bras était dans un tel état sinon jamais je ne l’aurais touché !

Elle regarda le sol, fermant et rouvrant les yeux, complètement rongée par les remords, même prête à subir le moindre de ses caprices pour que tout redevienne comme avant, pour remonter le temps.

Si j’avais su… Tu peux me croire ! Je n’avais pas l’intention de te faire le moindre mal ! Je ne suis pas ici pour te faire souffrir !

*Pourquoi tu m’as menti et tu m’as caché des choses ? J’ai fais quoi pour mériter ça ? Tu attendais vraiment le moment pour que tu sois entièrement hors de service ? Pourquoiiiii ?*

Elle était piteuse, honteuse et releva les yeux vers lui tout en tendant la main dans sa direction, hésitant à approcher et faisant un pas en avant comme pour tenter de se rapprocher de lui mais tout en étant très prudente. Oh et puis après tout quoi ! Elle ne voulait pas lui faire du mal, cela faisait plusieurs fois qu’elle lui répétait.

Si je peux faire quelque chose pour que tu ailles mieux… pour que tout s’arrange, je suis prête à faire n’importe quoi…

Elle s’arrêta soudain et son regard se fit plus vague mais qui ne présageait rien de bon. La jeune femme serra son poing, laissant les émotions négatives l’envahir. Elle était bouleversée et toutes ces idées là n’auraient pu être que mauvaises.

Il va y avoir des meurtres… chez les Cheistams… je vais les faire souffrir et leur briser le même bras, je broierais leurs os un par un jusqu’à ce qu’ils implorent une pitié qui ne viendra pas…

Elle devait être en train de délirer, complètement. Cassidy grogna et posa sa main sur son front. Qu’est ce qui lui prenait de dire de telles paroles ! Elle secoua la tête, ses longs cheveux reposant de chaque côté de ses épaules, interdite et semblait revenir à un état un peu plus normal. Enfin même si ce n’est pas normal de la voir aussi bouleversée et inquiète. A nouveau, elle fit un pas vers lui. Se sentant encore plus minable.

Et pourtant, le guérisseur lui avait dit quelque chose qu’elle devait absolument dire au Drakkari.

Au fait… le guérisseur m’a dit que je devais te donner une infusion toutes les heures aujourd’hui… je sais que tu vas pas aimer mais c’est tout ce que je peux faire.

Il n’allait sûrement pas accepter les choses comme ça. Mais elle était prête à tout faire pour au moins le calmer, l’apaiser.
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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: Un petit accident pas si bénin.   Mar 26 Juin - 20:15

La douleur… Elle était là.
Pourtant il connaissait son parfum, son goût. Il avait appris à le connaître, à le reconnaître.
Pourquoi était-il si faible aujourd’hui face à elle ? Etait-il en si mauvais état ? Etait-il si affaibli, si ramolli ? Ou était-ce tout simplement la cumulation d’une gros grande dépense d’énergie pour lutter contre toutes ces douleurs différentes qui avait eu raison de sa résistance ?
Après tout, son bras l’élançait déjà certes mais c’était tout à fait gérable.
Puis il y avait eu le tatouage… Ca c’était la faute de Cassidy. C’était bien elle qui avait insisté pour le marquer alors qu’il n’avait fait qu’être gentil avec elle.

Il n’avait rien dit mais il en avait tellement souffert. Pas que physiquement en fait. Le plus gros s’était joué en dessous de la surface, tellement efficace, tellement destructeur. Elle non plus n’avait pas confiance en lui et surtout… elle ne voyait pas ses efforts, elle ne voyait pas ses tentatives pour être gentil avec elle, prévenant. Elle ne voyait que le monstre. Il n’y avait que cela à voir de toute manière non ? N’était pas uniquement cela ? Un horrible mais si séduisant monstre ?
Il y avait eu la réactivation de sa rune aussi. C’était encore plus douloureux que le marquage pour le tatouage, plus dur de savoir qu’elle… elle qui se disait son alliée, son amie, l’avait marqué comme du bétail. Eh bien oui c’était un tatouage barbare et non il ne partait pas comme ça. Bien sûr comme il était magique, il disparaissait quasiment totalement quand elle ne sollicitait pas le jeune homme. Mais lui le sentait toujours, comme si des petits traits, invisibles à l’œil nu, pulsaient, battaient comme animés de leur propre vie.

Oui la rune avait été encore pire. Et c’était encore à cause d’elle. Ou bien de lui-même. A dire vrai, il ne savait plus vraiment et il était inutile de chercher un coupable à cela. La seule chose qui le préoccupait pour l’instant, c’était la douleur terrible qui irradiait de son bras gauche. Lui qui était gaucher…
Ce qui s’était passé chez les Cheistams avait été horrible. Pour le faire parler ils avaient essayé bien des choses. Oh s’ils avaient su qu’il y avait bien plus simple que ces dégradations morales, que ces coups, ces violences sans fin.

Ils lui avaient cassé le bras. En plusieurs morceaux, lentement.
Le serrant dans un étau de fer du style de ceux qu’utilisent les forgerons pour préparer certaines pièces de métal spécifiques, ils avaient serré son bras à différents endroits, faisant petit tour supplémentaire par petit tour supplémentaire. Histoire de faire durer le plaisir…. La souffrance. L’os commençait par être comprimé alors que la peau rougissait et s’écorchait avec ce contact ferreux rugueux. Puis il commençait à émettre une résistance, laissait entendre un très léger craquement, comme pour les articulations. C’était à ce moment là qu’au choix ils desserraient l’étau et lui cassaient le bras sur une barre métallique ou continuaient de serrer… jusqu’à ce que l’os se brise. La dernière option durait plus longtemps. La victime avait le temps d’avoir peur, de sentir ses fibres osseuses se briser une à une.

C’était cruel, terriblement cruel et d’ordinaire efficace. Mais ça n’avait pas marché.
Les Cheistams s’étaient acharnés pour connaître les plans des Kaärs. Mais s’ils avaient su. La vérité c’est que Tristan n’avait connaissance d’aucun plan. Pas étonnant qu’il n’ait rien dit, il n’avait rien à dire. Mais même s’il était peut-être totalement stupide et pas vraiment du bon côté, après tout c’étaient les Cheistams les « gentils », il était loyal envers sa faction. Aussi n’avait-il rien inventé d’autres que des bêtises qui sonnaient fausses pour les rendre dingues.
En fait il connaissait certains secrets. Des secrets qu’ils auraient voulu, dont un… qui les aurait terriblement surpris. Pour les éloigner de ceux-ci, il donnait de faux indices ou résistaient aux questions qui s’éloignaient du vif du sujet, des vraies confidences. Comme ça, il ne pouvait pas se résoudre à parler.

Même s’ils le torturaient, ils ne sauraient pas grand-chose.
Pourquoi s’acharner au lieu de choisir la solution de facilité, quitte à passer par le mensonge. Parce qu’une fois il avait choisi cette solution de facilité, choisi de ne pas lutter. Non, c’est juste qu’il n’avait pas réussi réellement à lutter. Il s’en voudrait certainement pour le restant de ses jours. Qui seraient courts sans doute aux vues de ses envies de suicide tant la douleur était insoutenable !!!!

Pourtant le guérisseur faisait ce qu’il pouvait pour le ménager mais c’était vrai. Il n’avait pas été soigné correctement, à la va-vite pour ne pas dire très mal. Peu avant qu’il ne rejoigne l’Académie, une quinzaine de jours auparavant en fait, un guérisseur s’était occupé de son cas et avait réparé le plus gros. Mais il ne pouvait pas remplacer par des potions ce que seul le repos et des soins réguliers auraient fait.
Son bras était plutôt mal en point même si le jeune homme semblait avoir bien récupéré. Il n’avait pas jugé bon de le prévenir de se ménager. Il l’aurait certainement senti et se serait arrêté. Oui mais voilà, Tristan était obstiné.

Il s’était blessé en accomplissant une bonne action, bien plus qu’en soulevant les malles de Jace car alors sa force de Drakkari était à l’ouvrage. Mais c’était bien elle qui l’avait achevé.
Tristan était dans un état second, sentant que le guérisseur père noël lui bandait étroitement le bras, le regard dans le vague. Cassidy…Elle était capable de lui faire tellement de mal. Et malgré cela. N’était-elle pas la plus en danger ?

Alors le verdict tomba et il ne put s’empêcher de lui en vouloir, de la détester. Quooooiii ?!!! Son bras gauche était… si mal que ça ? Il ne pourrait plus jamais s’en servir comme avant ?!
Il n’avait rien laissé paraître quand le guérisseur avait tenté une plaisanterie justement sur le fait qu’heureusement il n’était pas gaucher. Même en colère, même le visage ayant exprimé tellement d’émotions, tellement épuisé qu’il n’arrivait plus à contracter ses muscles faciaux, il n’avait pas répliqué sèchement au vieil homme. Il avait de la considération pour ce type, honnête, un peu maladroit mais qui l’avait soigné, qui ne l’avait pas jugé. C’était tellement rare qu’on ne le juge pas. Il avait presque envie de lui balancer au visage son identité, pour lui faire peur, comme aux autres, mais parfois, on cesse d’aimer la peur. Quand avait-il cessé pour sa part ?

Le guérisseur sortit après lui avoir fait boire une tisane qui le fit violemment tousser. Il se sentait extrêmement faible, comme vidé de toute substance, d’ailleurs son cœur battait presque trop faiblement tant son corps se concentrait sur l’oubli de la douleur et le rafistolage de sa blessure.
Tristan tourna la tête vers la fenêtre. De là il voyait un bout de ciel bleu, de la verdure, il entendait des oiseaux. Il aimait beaucoup les oiseaux. Il se sentait si inutile soudainement.

Si son bras de frappeur était altéré tant que ça alors… alors comment allait-il faire ? Comment pourrait-il continuer ? Il n’était plus qu’un guerrier infirme ! A tout juste vingt-cinq ans. Les cheistams avaient peut être réussi au final, ils l’avaient détruit, et elle y avait participé plus que de raison.
Tristan entendit la jeune femme rentrer dans sa chambre. Oui Cassidy, oui bien sûr, ce ne pouvait être qu’elle, il ne pouvait y avoir personne et pourtant qu’est ce qu’il pouvait lui en vouloir à cet instant.

Même s’il l’avait entendue entrer d’ailleurs, il ne tourna pas la tête pour la regarder, comme si sa simple vue le dégoûtait. Ou plutôt… comme s’il avait peur de ce qu’il pourrait lire dans ses yeux. De la fierté ? Du dégoût ? De la pitié ? Tant d’émotions qu’il détestait !
Surtout sur son visage… oui, chez elle, elles lui causeraient encore plus de tort. Pourtant il y avait plus de la tristesse, de la culpabilité, des regrets qu’autre chose. En fait c’était un peu tout ce qu’elle reflétait. Pas que ses yeux… tout son être.

Elle commença à s’excuser. Il percevait l’honnêteté dans sa voix, la tristesse, profonde qui l’ébranlait. Elle s’en voulait vraiment de ce qu’elle avait fait, elle aurait voulu revenir en arrière. De un, elle avait bien raison de s’en vouloir, de deux on ne pouvait pas revenir en arrière, elle allait devoir assumer sa cruauté, son geste et ses conséquences ! Voilà ! Elle avait bien réussi ! Après l’avoir privé de liberté avec le tatouage, elle le privait de la seule chose qu’il savait faire correctement : se battre. Il était un très bon guerrier ! Après tout, il ne vivait quasiment que pour ça ! Si elle lui enlevait ça. Que restait-il de lui ? Rien… rien qu’une coquille vide, sans intérêt qui allait voguer un très court instant sur ce sombre ruisseau qu’est la vie, puis sombrer… inexorablement…car une coquille vide n’a aucune raison de flotter bien longtemps.

Il ne s’était toujours pas tourné vers elle. Peut-être avait-il l’air d’un boudeur.Là, il ne souhaitait que qu’elle prenne conscience de ses actes, elle semblait l’avoir fait, mais juste en partie.Il avait tellement envie qu’elle souffre comme lui. Il la détestait ! Pourquoi ne lui avait-elle pas juste fichu la paix ! Il avait bien le droit de souffler ! Il venait de sauver un gars ! Ca ne lui suffisait pas ?! Bien sûr que non, mademoiselle la mage si parfaite ne pouvait pas accepter que ce petit acte de bravoure et de prévenance rattrape un peu tous ses crimes ! Il n’était donc que ça à ses yeux ?! Un criminel ?! qu’il fallait torturer, blesser ?! Un chien qu’il fallait punir constamment, jusqu’à ce qu’il craigne tellement son maître qu’il rampe à ses pieds dès qu’il le verrait, dès qu’il la verrait ?! Il ne serait JAMAIS son chien !!!!

Elle lui demandait si elle pouvait faire quelque chose pour qu’il aille mieux, qu’elle ferait n’importe quoi dans ces conditions. Il avait envie de la frapper, de lui dire qu’elle ne pouvait rien faire pour lui puisqu’elle avait tout détruit. A la place de quoi, il étouffa efficacement un gémissement et tourna la tête vers elle, la foudroyant du regard. Sauf qu’elle n’avait pas remarqué, du moins pas immédiatement et qu’elle lançait une phrase étrange pour elle qui était d’ordinaire si douce, si peu belliqueuse.

Elle savait donc que les Cheistams y étaient pour beaucoup ? Et elle ? Où plaçait-elle sa responsabilité dans cette affaire. Le mode furieux et terriblement cruel ne lui allait pas. Malgré son ton cassant, sa voix était bien trop douce pour prononcer ce genre de phrases.
Non décidément ça ne lui allait pas et sans doute était-ce l’effet de la tisane mais il n’avait pas envie de l’envoyer sèchement bouler, pas après ce genre de mots qui n’étaient pas si effrayants dans sa bouche. Sans doute du moins parce qu’il était sacrément étourdi, mal et que la pièce tanguait un peu quand même. Il préférait la fenêtre finalement. Il émit un son méprisant malgré sa voix un peu faible.

- Tsss. Oui bien sûr, toi voyons…


Son regard se fit haineux au possible.

- Ca c’était mon rôle avant que tu ne décides à tout détruire. Joli coup, le vilain Drakkari est sous contrôle à présent. Va le dire à tes ptits copains !


Il avait tout de même pris beaucoup plus longtemps que prévu avant de se lancer, de parler. Tellement qu’elle avait eu le temps de lui parler de tisane. Hola… Etait-il si mal que ça… que même parler, rétorquer, ce qu’il faisait avec tant d’aisance lui devenait difficile ?!
Pourtant il ne la laissa pas répondre à ses précédentes phrases et lui lança maladroitement de son bras droit un oreiller dessus… Qui tomba à un bon mètre d’elle… ce qui le frustra encore plus.

- Dégage…


Il l’avait dit faiblement mais son regard lança des éclairs et la conviction revint.

- Dégage !!!! SORS D’ICI !!!! Je ne veux pas te voir ! Je ne veux pas t’entendre ! SORS !!!!!! Même ça tu me l’as pris !!!!


Il hurlait avec beaucoup de force pour un convalescent, serrant de son bras droit, son bras gauche contre son torse. La haine s’entendait dans chaque intonation, chaque souffle qu’il lui adressait et si des yeux avaient pu tuer elle aurait péri en un quart de seconde à peine.
Et il pouvait être effrayant, même pâle comme un mort et incapable de se lever. Sans doute parce qu’il pouvait faire beaucoup de mal avec ses mots.

- Et dis à tes écureuils de me l’apporter cette infusion ! Tout ce que tu toucheras, je le prendrai pas !!!! Ragea t-il d’autant plus fort avant de s’arrêter, pris d’une violente quinte de toux.

Même s’il l’avait probablement choquée, il la vit tenter de s’approcher un peu, sans doute inquiète pour lui mais malgré la pièce fortement oscillante il releva la tête, dévoilant ses canines de Drakkari.

- T’es sourde ?!!! DEGAGE !!!!!
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Cassidy Herediane
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MessageSujet: Re: Un petit accident pas si bénin.   Mar 26 Juin - 22:35

Les deux jeunes gens allaient dans un mauvais sens et se mentaient à eux même, à leur entourage et c'est ce qui rendait la situation encore plus difficile et délicate à leurs yeux. Car l'un comme l'autre ne comprenait pas la façon d'agir, se penchaient sur une mauvaise route et avaient des sous entendus. Qui pouvait être assez malin pour se vanter de lire dans les pensées ? Aucun des deux et c'était évident, le dialogue était un dialogue de sourds.

Plusieurs fois elle lui avait proposé de faire disparaître son tatouage, plusieurs fois elle s'inquiétait pour lui. Ce qu'il n'arrivait pas à comprendre encore une fois c'est qu'elle le... protégeait. En effet, un tatouage sans signature magique est une porte ouverte pour n'importe quel mage. Il suffirait qu'un assez puissant et robuste appose sa marque sur Tristan pour faire de lui une simple marionnette. De cette manière, Cassidy pouvait être la seule à se servir à bon escient de cette marque sans le faire souffrir mais c'était elle qui prenait tout. Qui supportait pour sa pauvre petite nature sensible et trop gentille pour se soustraire à ce genre de chose.

Cassidy ne savait pas tout ce que les Cheistams avaient fait sur Tristan, sinon elle n'aurait plus vraiment jouer et aurait tout simplement refuser beaucoup de choses. Après tout elle attendant sagement dans son académie, elle n'avait pas prévu d'avoir un résidant supplémentaire qui représenterait une charge de plus. Et pourtant elle l'avait accueilli, plutôt bien, lui retirant ses chaines, tout ce qui pouvait l'entraver. Il avait accès à toute la propriété, si ce n'était pas un paradis pour lui.

La jeune femme attendit, dans un état pas très normal. Et en plus elle tentait de contrôler sa mauvaise magie qui essayait de s'emparer d'elle et se remémorait des positifs et bénéfiques avec Tristan. La nuit sous les étoiles qui avait été magique, lorsqu'il l'avait soigné son bras, ses petits sourires en coin qui la faisait fondre et craquer, le rire et sa douce voix, quand il la touchait doucement. Et surtout, ce petit baiser qui l'avait fait frissonner de plaisir. Et cela l'aidait beaucoup à se sentir mieux alors que son bras lui faisait mal, là où la mauvaise magie était entrée.

Une petite discussion avec le guérisseur, elle n'avait pas vraiment parler, interdite, trop bouleversée et ressembler vraiment... à rien avec sa tignasse en pagaille, quelques gouttes de sueur lui collant le front et quelques mèches alors qu'elle avait les yeux rougis par les pleurs.

Cassidy avait donc décidé d'approcher Tristan, pour s'excuser encore une fois. Pour lui dire qu'elle ne savait pas, qu'elle ne l'avait jamais su et même si il était en parti responsable de ce qui s'était passé la jeune mage ne lui en avait pas parlé. Et en même temps, elle avait apprécié tout ce qu'il avait fait jusqu'à présent. Il avait quand même sauvé un ouvrier ! C'était vraiment quelque chose qu'elle appréciait et si elle l'avait su avant, alors son comportement aurait changé. Mais ce qu'elle avait été loin d'être inoffensif.

Elle n'était pas dans son état normal ! Et pourtant elle se forçait à rester simple, comme elle était, les remords visibles sur son visage. Jamais la jeune femme ne l'avait traité avec irrespect, toujours cette petite note de plaisanterie et de taquinerie mais là... il fallait dire que rien ne s'était passé comme il fallait. Elle le considérait tellement bien... elle essayait de le soigner quand ça n'allait pas, elle s'occupait de lui, elle croyait en lui ! Pas qu'il fasse un recyclage mais elle croyait en ce que lui était ! Et elle était beaucoup moins méfiante contrairement au début.

Bien sûr, il y aurait toujours un petit brin de soupçon mais moins qu'avant.

Tristan ne daignait même pas la regarder et elle aurait voulu le secouer comme un prunier.

*Réponds moi ! Pourquoi tu ne me regardes pas ? Tu me détestes ? C'est ça ?!*

Elle lui disait des mots gentils, s'excusait du mieux possible pour faire passer les choses bien comme elle avait envie de hurler.

La jeune mage avait été ensuite très mauvaise à propos des Cheistams. Elle n'avait rien fait elle ! Juste récupérer les morceaux et n'avait jouer aucun rôle là dedans !

Alors, Tristan lui balança quelques phrases, méprisantes, sans pour autant la regarder ce qui la faisait énormément souffrir. Quelque chose se cassa à l'intérieur d'elle et la jeune femme porta sa main sur son coeur avant de lui jeter un regard complètement désespéré et en rejetant sa main en arrière, parlant brusquement.

Elle n'eut pas le temps de parler et de répliquer qu'il lui balança un oreiller dans sa direction. Le coeur de la jeune femme se serra encore plus alors qu'elle sentait que le contrôle lui échappait. Elle n'avait pas eu de baffes mais c'est comme si ça avait été le cas. Et c'était beaucoup plus douloureux !

"Je n'ai rien à voir avec eux ! Tu entends ! Je ne leur ai rien demandé du tout ! Tu crois que ça m'amusais ? Ce n'est pas mon genre, ça ne l'a jamais été ! Je ne dépends pas d'eux et ça ne sera jamais le cas ! Et là je les déteste ! Vraiment !"

Elle détruire ? Non elle voulait construire ! Pas détruire ! Il avait le cerveau à l'envers ou quoi ? Elle ne l'avait pas fais exprès !

Et il continua de lui hurler dessus. Elle le savait. Tout comme elle s'en voulait extrêmement et que la douleur était encore plus forte que tout le reste. Le monde se dérobait autour d'elle, elle restait interdite, figée telle une statue en le regardant bêtement, le regard fuyant. Elle le savait pour son bras et elle aurait voulu lui crier qu'elle lui rendrait ! qu'elle ne le laisserait pas comme ça, dans cet état.

Cassidy entendit à peine la phrase suivante mais la dernière la percuta comme une flèche en plein coeur alors qu'elle fermait les yeux et que toute trace de gentillesse avait disparu. Cette phrase cinglante, violente, résonna dans ses oreilles. Elle n'était plus, elle ne voulait plus.

La jeune femme rouvrit d'un coup les yeux dans un impact et son regard était extrêmement vide et lointain. Le dernier mot, avait été de trop. Une drôle de sensation l'envahit et elle tendit la main en avant et la ramena rapidement sur la droite. Tristan se retrouva dans les airs et collé contre le mur. Une force invisible le maintenait à quelques pieds au dessus du sol.

Il y avait un petit souci. Cassidy n'avait pas son bâton et n'avait pas l'air... très normale. Elle ne le regardait même pas, le regard perdu puis fit quelques pas vers lui, alors qu'une aura sombre se dégagea à l'arrière de son dos. Elle aurait pu si facilement en finir ici et maintenant. Après ce qu'il lui disait, après la gentillesse qu'elle faisait preuve envers lui. Ce n'était pas elle, pas vraiment.

Et Cassidy leva la main, alors qu'une énergie entoura le cou du Drakkari, elle commença à serrer les doigts lentement. Après tout pourquoi le garder, il ne voulait rien, elle l'avait détruit alors il n'était plus utile du tout. Pourquoi s'embarrasser ? L'énergie autour de Tristan se réduisit, ce n'était pas les doigts de Cassidy mais une espèce d'énergie qui lui enlevait son air.

Une petite voix résonna au loin dans la tête de Cassidy, la réveillant et la sortant de son étrange transe. Elle laissa retomber sa main alors que Tristan glissait sur le sol et la jeune femme rouvrit les yeux. Elle n'avait pas oublié les paroles et le seul regard qu'elle lui lança, c'était un regard de remords, elle en souffrait mais ignorait ce qui c'était passé il y a peu de temps avant, ne comprenant pas pourquoi il était au sol. Cassidy se toucha le front en gromelant.

*Aie ! Ma tête !*

La jeune femme ouvrit une bouche de surprise, alors là ! Elle ne l'avait quand même pas jeté par terre. Bizarrement, elle se coucha dans son lit puis prononça quelques mots tout en fixant rapidement Tristan. Son sort fonctionna et elle inversa encore une fois les places, ne sachant pas vraiment comment le déplacer alors qu'elle se retrouva au sol.

"Je..."

Cassidy se redressa rapidement et se laissa guider par son instinct... heurtant d'abord de plein fouet le mur à côté de la porte de sortie tout en grognant puis sortit de la pièce tout en refermant la porte.

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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: Un petit accident pas si bénin.   Mer 27 Juin - 9:49

Oui, ses paroles étaient violentes et il avait des envies de meurtre mais malgré ce qu’il disait, Tristan savait au fond, même s’il ne voulait pas l’admettre, que la jeune femme près de lui n’y était pas pour grand-chose. Elle devait faire régner l’autorité. Et puis ça arrivait de ne pas être dans un bon rouge, mal luné et d’avoir un comportement dépassant ses pensées. Oui ça arrivait. Lui en tenir rigueur… Peut-être qu’il ne l’aurait pas fait en temps normal.

Oui, s’il avait vraiment été là par fainéantise, peut-être l’aurait-il un peu singée pour la forme et parce qu’en lui donnant des ordres secs elle n’obtiendrait pas grand-chose de lui. Puis sans doute, se serait-il levé, avec un de ses sourires charmants, s’approchant d’elle jusqu’à la faire reculer, l’acculer contre un mur. Alors d’un ton doucereux il aurait pu dire qu’il acceptait de reprendre le travail si elle lui faisait un bisou ou encore qu’elle était vraiment craquante en colère.

Le genre de phrases déstabilisante et dans les deux cas pas vraiment désagréables pour l’un comme pour l’autre. Oui ça aurait pu être intéressant. Mais ça ne s’était pas passé comme ça malheureusement. Elle avait tiré sur son bras déjà sérieusement endommagé et il avait hurlé sous la douleur terrible qui s’était emparée de lui.

Ah non, ça n’avait absolument rien d’agréable. Heureusement que la lutine l’avait aidé à tenir le coup, au moins un peu, sinon il serait devenu fou.
Puis le guérisseur avait pris la relève et avait fait un excellent travail même si cela avait été terriblement douloureux.
Il était groggy à présent. Tristan fixait la fenêtre d’un air vague, perdu.

Il était plus que blessé physiquement, mentalement c’était très dur.Perdre son bras de guerrier… Savoir qu’il ne pourrait peut-être plus jamais retrouver sa dextérité. Comment l’accepter avec le sourire ? Mais il y avait peut-être quelqu’un qui souffrait encore plus que lui. Cassidy. A dire vrai il ne voulait pas la voir à l’heure actuelle.
Pas alors qu’il était si diminué. Ah il est beau le chevalier servant, obligé de garder le lit, incapable de faire quoi que ce soit, complètement hors d’état !

Au début il ne la regardait pas effectivement, parce qu’il savait qu’il ne pourrait pas supporter la pitié dans ses yeux. En fait s’il avait été un peu moins groggy par les différents calmants qui le faisaient prendre les choses bien plus légèrement qu’il n’aurait dû, sans doute aurait-il réfléchi plus facilement.Il aurait compris ses regrets, sa tristesse.Et même si ça lui avait coûté, il aurait essayé de la rassurer un peu, au moins accepter ses excuses, au moins… ne pas lui parler aussi méchamment.

Parce qu’elle n’avait pas fait exprès et s’il avait été plus lucide, il l’aurait vu tout de suite et alors sa fureur aurait été moins grande. Il aurait été bien plus difficile d’en vouloir à ce joli minois en train de culpabiliser, bien difficile !
Mais voilà, l’un comme l’autre n’était plus dans un état normal. C’est fou ce que la peur, la honte, la douleur peuvent faire comme catastrophe.

Il lui parla vraiment sèchement, méchamment et elle le prit mal. Elle avait sans doute raison mais là il n’était pas en état de le comprendre. Ni de voir ses erreurs, ni même l’occasion en or qu’elle lui offrait. Voyons, il était clair que le jeune homme en étant lui-même aurait effectivement tenté d’obtenir quelque chose de son fameux « prête à faire n’importe quoi ». Et avec un sourire un peu pervers s’il vous plait ! Non mais oh ! Il ne fallait pas que les bonnes habitudes se perdent quand même !

Il la blessa et même si elle répliqua qu’elle n’était pas comme les Cheistams alors qu’il avait envie de lui hurler que si ! Qu’elle était même pire. Ce qu’au fond, il pensait du fond du cœur mais pour une raison bien plus… particulière. Qui n’avait rien à voir avec l’instant présent.
Mais le pire se manifesta peu après.
Il continuait de lui hurler de sortir. Qu’il ne voulait plus la voir, plus qu’elle s’approche de lui. Des larmes de rage brillaient dans ses yeux et il ne la regardait que le moins possible.

Son état d’esprit était chaotique. Il avait tour- à-tour juste envie de se taire et de déprimer, et de lui hurler dessus, comme si hurler ferait cesser la douleur, cesser ce moment, effacerait sa douleur. C’était totalement fou et impossible. Mais qu’elle ait droit à la même dose de sédatif que lui et elle verrait comme il était possible de planer ! Trèsss trèèèss hauuut dans le cieeeelll !!!

Mais il lui faisait mal avec ses paroles.
Si Tristan avait été conscient de ce qu’il faisait ça aurait été très différent. Oh il l’aurait probablement énormément fait culpabiliser mais pour cela il y avait bien mieux qu’hurler. Le silence était bien plus… sadique après tout. Mais la douleur donnée n’était pas la même, elle était persistante mais plus légère. Là, c’était comme s’il la frappait. Et elle était une mage, elle savait se défendre.

Il releva les yeux vers elle alors qu’elle semblait changer tout à coup et ce qu’il vit lui aurait fait avoir un mouvement de recul s’il en était encore capable. Elle avait l’air… tellement différent… Pendant une seconde, sa colère se calma, se musela même alors qu’il penchait un peu la tête. Puis sa magie explosa, le plaquant violemment contre un mur. Il en eut le souffle coupé et son coude qui heurta ledit mur lui insuffla une telle douleur qu’il faillit bien perdre connaissance.

Cela sembla le ramener un peu à la réalité. Pas vraiment assez pour qu’il soit totalement lui-même mais bien assez pour savoir qu’elle, elle ne l’était pas du tout. Elle commença même à l’étrangler et le jeune homme qui était à moitié étourdi par la douleur déjà ne put articuler un seul son, se sentant privé d’air.
La seule pensée qui le traversa à ce moment là était triste, sombre, mais tellement honnête.

*C’est mieux comme ça*

Il semblait vraiment l’aimer cette phrase. Cette horrible phrase si défaitiste qu’il sortait quand on lui faisait du mal, quand il était blessé. C’était étrange tout de même de se résigner autant. Là, il ne cherchait même pas à se débattre, de toute manière même s’il l’avait voulu, il aurait eu bien du mal à simplement bouger un peu pour tenter de s’arracher à son étreinte mortelle !

Et brusquement tout s’arrêta. Pas sa vie heureusement, mais ce qu’elle lui faisait. Il n’avait pas vraiment compris pourquoi elle s’en prenait aussi sauvagement à lui et de toute manière réfléchir n’était pas chose simple pour lui à cet instant mais il glissa au sol alors qu’elle relâchait son pouvoir.Il ignorait qu’elle avait autant de magie même sans son bâton, c’était effrayant.

Le jeune homme haletait et était pâle, d’ailleurs il pressait de nouveau son bras blessé contre son torse mais en douceur. Il ne la regardait pas, les yeux fermés, il tentait de reprendre sa respiration. Cette fille était une vraie malade !!!!Elle voulait vraiment le tuer alors au final ! Eh bien à ce rythme, elle allait parfaitement réussir ! Elle pouvait en être certaine et…

Il s’interrompit dans le cours de ses pensées alors qu’il se retrouvait sur son lit par un échange spatial magique qu’elle venait d’enclencher.
Le Drakkari rouvrit les yeux, la fixa avec une pointe de surprise, de consternation, de peur et énormément de douleur. Eh bien maintenant elle le traitait gentiment.

Ce fut très bref mais pendant quelques secondes il redevint parfaitement lucide. Tristan comprit que quelque chose de parfaitement anormal s’était passé ! Parce qu’elle n’agirait jamais comme cela, pas elle et pas avec un blessé, même si le blessé en question avait des mots durs, cruels envers elle. Non elle n’était pas ainsi, il le savait, il le sentait comme une certitude inébranlable.
Elle se redressait déjà. Elle avait l’air totalement défaite, vraiment mal en fait. Le regard du jeune homme s’était fait plus doux même si ça ne se voyait pas forcément très bien parmi toute cette douleur.

Déjà elle commençait à s’éloigner, n’ayant plus l’air d’avoir vraiment des repères. Elle heurta même un mur et il grimaça pour elle avant que la lucidité commence à lui échapper. Il tendit légèrement une main vers elle.

- Cassy at…

Mais elle était déjà sortie et avait refermé la porte. Il avait parlé trop faiblement et même sans ça de toute manière, pourquoi l’aurait-elle écouté ?
Il lui sembla que son bras indemne retombait sur le matelas sans qu’il ne l’ait commandé à son corps et pendant une seconde le jeune homme crut se voir immobile sur ce lit, comme s’il se voyait en dehors de son corps. Puis il sombra dans les ténèbres…
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