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 La curiosité est elle un vilain défaut ?

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Cassidy Herediane
Directrice de l'Académie Hysandra
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Race: Humain Ascadian
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MessageSujet: La curiosité est elle un vilain défaut ?   Ven 29 Juin - 11:12

Le 05/09/285
A 14h

Cassidy avait eu une matinée mouvementée. En effet entre les accueils, la gestion de Tristan et la gestion de l académie, difficile de trouver un petit moment pour souffler. Tristan avait raison elle avait bien besoin d une bonne sieste.

Mais la jeune femme était trop pertubée pour se détendre pour le moment. Tristan était en parti responsable de son état troublé après ce qui venait de se passer. Le Drakkari avait déposer sur ses lèvres un fin baiser rapide discret et même si cétait sacrément osé, la jeune femme ne sétait pas dérobée. Elle avait été surprise et malheureusement ce simple baiser était aussi le déclenchement d un sentiment bien profond.

Elle n arrivait pas à le comprendre le cerner alors quelle aurait envie en savoir plus. Mais à part des paroles très légères le Drakkari ne semblait pas en dire davantage et s ouvrir un peu plus. Cassidy savait qu elle était pareil mais au moins elle voulait savoir un peu plus de choses sur lui.

La jeune femme entra dans son bureau en soupirant doucement puis passa devant la fenêtre pour regarder les parchemins qui trainaient sur son bureau. Encore et toujours du travail. Elle voulait souffler un peu et penser à autre chose mais cette pensée la fit se sentir coupable.

S installant à son bureau elle ouvrit son tiroir pour chercher un dossier et tomba sur le fameux mouchoir rose. Ce simple bout de tissu avait pris tellement de valeur au cours des années jamais elle n aurait pensé que Tristan l avait gardé aussi longtemps mais cela la touchait malgré tout elle était émue. Cassidy se mit à sourire doucement en repensant aux souvenirs de son enfance. Un fragment du passé.

La mage se remémora ses paroles . Cela lui avait sauvé la vie. Mais comment ? Cela intriguait fortement Cassidy qui voulait mieux comprendre ce qui c était passé pour Tristan et elle voulait vraiment apprendre des choses .

Son regard s éclaira soudain. Elle voulait apprendre sa curiosité étant trop forte. La jeune femme poussa tous les papiers dans un coin de son bureau puis posa soigneusement le mouchoir sur la table. Elle devait comprendre.

Plaçant une main au dessus du mouchoir elle murmura quelques mots bizarres pour voir une vision du passé. Le mouchoir s illumina d une jolie lueur dorée.

"Ramène moi dans le passé et montre moi Tristan..."
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Tristan Konogan
Professeur Initiation et Maniement des Armes
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MessageSujet: Re: La curiosité est elle un vilain défaut ?   Ven 29 Juin - 12:18

C’était comme si un fin nuage de brume l’avait soudainement enveloppée, pour la plonger dans un monde qui était le sien, dans un lieu où elle avait vécu, à une époque révolue…
Le fin nuage tournoyait lentement, étourdissant, étrangement relaxant. Et enfin la brume se dissipa.
Devant la jeune femme s’étendait un lieu bien connu, la cour de l’école élémentaire où elle avait étudié.

Une petite fille blonde, l’air revêche et en colère incendiait du regard un petit garçon pas si petit qui la dépassait de plus d’une tête, aujourd’hui encore d’ailleurs…

Ses cheveux rouges flamboyant étaient ébouriffés sur sa tête et plus long qu’en 285, ses yeux semblaient plus grands aussi et ses pupilles moins ovales.
Il essayait de s’expliquer, reculant presque craintivement, les mains bien en évidence. Il y avait de la peur dans son regard, du regret, de l’inquiétude.

- Attends je vais…

Mais la fillette ne l’écoutait pas. Elle aussi semblait sortir d’un instant de peur et son air froid et calculateur n’avait rien de rassurant. Elle poussa sans ménagement le petit garçon qui tomba dans une flaque d’eau sous les hurlements de rire d’autres gamins qui s’étaient rapprochés et les observaient sans intervenir. Oh ils n’étaient pas fous. Il aurait été bien imprudent de s’en mêler et de toute façon, niveau courage ils étaient aussi pourvu qu’une pastèque famélique.

Le garçon releva la tête qu’il venait de secouer pour se débarrasser des particules d’eau qui l’avaient éclaboussé. Il fixait la fillette avec une pointe de tristesse, de résignation mais surtout de déception. Il se releva lestement pour un jeune, surtout un jeune garçon et s’éloigna sans rien tenter contre elle, pas la moindre tentative de vengeance, juste de la déception dans ses yeux. C’était peut-être bien pire.

Le paysage changeait.
Il marchait et avait atteint une petite forêt dans laquelle il passa sans crainte, se dirigeant habilement avant de s’arrêter devant une petite rivière dans laquelle il plongea pour se nettoyer un peu. Son visage imperturbable ne présentait pas de colère, il était juste pensif, absent, même si quelque chose qui reflétait un peu la consternation brillait dans ses yeux.
Le garçon démêla ses cheveux dans un geste habituel, simplement en passant ses doigts entre ses mèches flamboyantes, dont certaines se plaquaient sur la peau à l’époque plus claire de son front et de son cou.

Enfin il sortit et ses vêtements commencèrent à sécher alors qu’il marchait d’un bon pas se dirigeant vers un petit village qui n’était pas bien loin.
Ce jour là était particulier… Car c’était celui où Cassidy l’avait ridiculisé devant tout le monde, le dernier (ou presque dernier puisque le baiser avait été le vrai dernier) jour où elle l’avait vu, ce jour où il avait tué sa mère. Ce jour…Qui était le plus important de tous pour le jeune homme. A tel point, que c’était ce qu’il avait inconsciemment transmis à ce mouchoir, sans le savoir. Les flux magiques sont impénétrables…

Finalement il atteignit une petite maison de pierre et de bois et entra sans frapper, posant le sac qu’il portait nonchalamment sur l’épaule peu avant. Son regard se fixa sur la pièce principale. Une petite cuisine, un salon dont une table était très encombrée des différents bric-à-brac de sa mère. Un sourire doux éclaira les traits du jeune homme, son regard s’illumina et il avança d’un pas léger avant de tapoter sur la table encombrée.

- Je sais que tu es là… trouvée.
- Aaaaahhhh !!! Mais comment tu faaaaiiiiissss ????!!!!


De sous la pile de vêtements et de laine diverses que la jeune femme utilisaient pour son commerce apparut une tête brune qui avait l’air… passablement agacée et déçue.
Tristan rit et aida sa mère à se dégager. C’était une magnifique jeune femme… vraiment jeune aux vues de ses traits enfantins. Elle avait dû tomber enceinte de Tristan avant même d’être majeure tant elle semblait plus apte à être sa grande sœur que sa mère.
Sa cascade de cheveux noirs brillants lui descendaient jusqu’au creux des reins et ses grands yeux d’un bleu exceptionnel brillaient de malice et d’intelligence. Elle esquissa un sourire taquin. Le même que celui de Tristan… du moins le Tristan adulte.

Avant même qu’il n’ait pu dire quoi que ce soit elle l’avait attrapé et l’étreignait comme si sa vie en dépendait. Le jeune garçon n’avait pas du tout l’air surpris, plutôt amusé d’ailleurs. Malgré son jeune âge, il n’était dépassé par sa mère que d’une demi-tête. Elle n’était pas bien grande après tout et lui… si.
Elle se recula en grimaçant parce qu’il était encore un peu mouillé et ébouriffa les mèches rouges sur sa tête, qui avaient déjà séché.

- Tu es allé te baigner?
- Oui.
- Ooooh tu m’as manqué mon petit prince !!!!
- Maman… J’ai peut-être passé l’âge que tu m’appelles comme ça.
- Nan !!! T’es mon p’tit prince à moi et pis c’est tout ! Na !!!!


Il rit devant l’air gamin de la jeune femme qui l’étreignit de nouveau. Elle allait se pencher pour porter une lourde caisse au sol mais il l’arrêta, la repoussant avec beaucoup de douceur en lui disant de le laisser faire. Les muscles de ses bras se contractaient alors qu’il soulevait la caisse, les traits de son visage contractés sous l’effort. Elle le remercia alors qu’il la déplaçait et il lui servit un verre d’eau.

Son regard reflétait une admiration profonde pour sa mère et un amour inconditionnel. Le même regard qu’elle lui renvoyait d’ailleurs. Elle aimait son petit garçon plus que sa propre vie et lui tenait à sa mère plus qu’à tout au monde, il était conscient de tout ce qu’elle faisait pour lui et fier d’être son petit homme. C’était ce que disaient leurs yeux. Un regard d’amour ne ment jamais.

Elle lui demanda de passer chez la voisine déposer un vêtement qu’elle avait réparé par amitié et il s’en acquitta aussitôt, lui ordonnant en sortant de souffler un peu, sinon il serait obligé de « sévir ». Elle rit. Tristan lui rappelait terriblement l’homme qu’elle avait aimé. Si séduisant, si simple, si humain pour un Drakkari et si honnête.
Elle savait qu’il avait quelques ennuis à l’école de temps en temps… mais elle ne posait pas de questions. Tristan se protégeait comme il le pouvait, elle le savait. Les Drakkaris souffraient souvent de leurs différences mais à moins d’en être un ou d’être proche de l’un d’eux, on ne s’en rend jamais réellement compte.

Il partit donc d’un bon pas, sifflotant une jolie mélodie sur la route, chez une des voisines. La vieille dame qui lui ouvrit avaient vu passer bien des printemps. Tristan lui fit un sourire renversant en la saluant avec joie et maturité. Ici, il n’était pas le petit garçon turbulent. Ici il était le fils respectueux, droit, honnête, investi et protecteur. Le jeune garçon toujours prêt à aider, très éveillé, toujours volontaire. La petite Marie, arrière-petite-fille de la voisine lui fit un signe de main timide en le voyant. Tout le monde savait dans le petit village qu’elle en pinçait sérieusement pour lui.
D’ailleurs après avoir rempli sa mission, le garçon s’avança vers elle et s’inclina avec déjà beaucoup d’élégance pour son jeune âge, lui faisant.. ; carrément un baise-main, impeccable.

- Milady…
- B… Bonjour Tristan !
- Bonjour Marie.
- Je…euh.. ;tu… tu as passé une bonne journée ?
- Oui et toi ?
- Ben euh… tu… tu m’as un peu manqué en fait alors…


Il sourit, innocemment. A l’époque… ce sourire était vrai.
Elle lui proposa qu’ils se voient le lendemain matin avant qu’il n’aille en cours puisqu’elle allait dans une classe qui avait ouvert au village depuis peu et il accepta avec un beau sourire.
La vieille dame lui donna une tarte qu’elle avait confectionnée pour remercier la mère du jeune homme et il repartit après un signe de main et des remerciements.

Tranquillement il se dirigea vers la maison et rentra, déposant la tarte sur une table qui elle n’était pas encombrée avant de froncer les sourcils.
Bien sûr qu’elle ne l’avait pas écouté ! Quand sa mère avait une idée en tête, il pouvait très bien la supplier de prendre un peu de repos, elle n’en ferait rien. Il soupira mais eut une grimace amusée. Elle était tellement impressionnante.
Seulement alors qu’il allait se remettre aux travaux de bois qu’elle lui avait confiés, reprenant ses outils, il entendit des exclamations de voix et se figea.
Ca venait de la porte de derrière.

Le petit garçon se précipita aussitôt, sa main gauche serrée sur le manche d’un marteau et alors qu’il allait attraper la poignée de porte, celle-ci s’ouvrit à la volée. Il fit un bond en arrière pour éviter d’être heurté par celle-ci et vit un homme qui empoignait sa mère par le bras, le lui tordant dans un geste brusque. Sa mère essayait de se dégager. Une rage terrible flamboya dans les yeux du garçon qui voulut se jeter sur celui qui osait tenir ainsi celle qui était tout pour lui mais deux mains puissantes lui saisirent aussitôt les poignets et les lui plaquèrent dans le dos alors qu’il perdait l’équilibre. Son front heurta le sol et il grimaça de douleur mais ne perdit pas conscience alors que celui qui l’avait attrapé lui tordait douloureusement les bras.

- TRISTAN !!!!!!!
- La ferme !!!
- Je vous en prie ! Ne lui faites pas de mal ! Ce n’est qu’un petit garçon.


Tristan secoua légèrement la tête, sonné et réussit à voir ce qui se passait. Un homme le maintenait au sol. Celui qui avait attrapé sa mère, un grand barbu à l’air inquiétait portait une armure qu’il avait déjà vue. D’autres hommes entrèrent. Ils étaient douze. Et riaient gras. Ils attachèrent la mère du garçon à un poteau de la structure de la maison et se servirent dans les réserves, mangeant et buvant comme de vrais porcs. Celui qui tenait Tristan finit d’ailleurs par le lâcher et le garçon se précipita vers sa mère, blême d’inquiétude.

- Maman ! Maman !
- Chut Tristan, chut, ça va…


Il écarta maladroitement une mèche de ses cheveux noirs, elle avait une entaille au-dessus de l’œil droit qui saignait. Il ôta aussitôt sa tunique. Déjà à douze ans, son torse montrait qu’il serait un solide jeune homme plus tard. Avec beaucoup de précaution il essuya la plaie de sa mère avec sa tunique roulée en boule. Il était terrorisé… et fou de colère qu’on s’en prenne à elle. Pourquoi ?! Ils n’avaient jamais rien fait de mal…

- Maman… Qui sont ces hommes ?
- Ce sont des guerriers Cheistams mon chéri… Tiens toi tranquille.


Il serra les dents. Voilà donc pourquoi cette armure lui disait quelque chose. Il admirait tellement ces hommes. Il voulait être comme eux plus tard mais pourquoi agissaient-ils ainsi.
Il tremblait légèrement et avait envie de chasser la peur des yeux de sa mère.

- Pour… Qu’est-ce qu’ils font là ?
- J’ai… j’ai refusé de leur donner quelque chose alors… ils se sont énervés.
- Quoi ? Maman ! Dis moi quoi leur donner pour qu’ils partent ! Si ce sont les impôts il y a bien assez avec les derniers travaux que j’ai…
- Non Tristan… Non mon chéri… ça tu ne peux pas le leur donner…
- Mais… mais quoi ?


Elle avait l’air terrorisée… mais pas pour elle, pour lui. Il ne comprenait pas. Sa mère était la femme la plus douce, la plus gentille, la plus généreuse qu’il connaisse. Tout le monde l’adorait, personne ne lui voulait du mal. Pourquoi donc s’en prenait-on à elle ? Et que refusait-elle de donner ?

- A nous deux ma jolie…

C’était l’un des hommes. Il avait ôté son armure et portait un pantalon, une tunique et une large ceinture, comme ses compagnons. Il s’avança vers les deux habitants et Tristan se crispa. Il parlait de sa mère là non ? Dans ses yeux il y avait une lueur menaçante mais aussi… quelque chose d’horrible, de bestial qu’il ne connaissait pas, qu’il n’arrivait pas à comprendre.
Il comprit en une fraction de seconde que cet homme avait l’intention de faire du mal à sa mère et se releva. Il avait récupéré son marteau et le serra fortement.

- Restez où vous êtes messire ! Ne touchez pas ma mère !
- Tristan, je t’en prie non ! Tais toi !
- Mais c’est qu’il est virulent le p’tiot. Dégage morveux !


Tristan serra les dents et se jeta sur lui avec le marteau. Pour son âge il était déjà fort et s’était battu plus d’une fois… mais jamais avec un homme si grand et si fort. Néanmoins, il parvint à l’atteindre habilement à une tempe. L’homme s’écroula et ses compagnons se ruèrent, fous de colère, sur l’enfant qui se défendit comme un beau diable… mais sans le moindre succès de victoire. Deux le tinrent fermement et un autre commença à frapper.
Sa mère cria, les supplia de le laisser, mais le chef qui avait été blessé à la tempe les encouragea et y mit même du sien, prenant le marteau qui l’avait blessé pour casser quelques côtes du petit garçon un peu trop courageux à son goût.
Elle pleurait… Ils finirent par le lâcher et il s’écroula au sol, la respiration sifflante. Heureusement qu’ils avaient bu… ils frappaient moins bien.

- Tiens le bien surtout… je veux qu’il voit à quel point il est trop faible pour défendre sa mère.

Tristan sentit que quelqu’un lui agrippait les cheveux et lui donnait une gifle. Il ouvrit les yeux, sonné et comprit alors ce qu’était la lueur de bestialité dans les yeux du chef, dans les yeux de chacun de ces hommes.

- Ca va aller mon chéri, ne regarde pas…

Sa mère… elle pleurait… Ca lui faisait tellement mal, bien plus que ses côtes cassées. Mais quelqu’un riait, le forçait à regarder… à assister au viol de celle qui était tout ce qui importait dans son existence. Par cet homme… puis tous les autres.
Malgré tous ses efforts elle hurla plusieurs fois. Sa douleur le blessait plus que tout le reste et il pleurait sans même s’en rendre compte, gémissant, l’appelant doucement.
Le chef avait l’air ravi et s’avança vers le petit garçon, interrompant un de ses hommes qui « allait prendre son tour ».

- Attends… Elle a résisté, son gamin a essayé de me tuer, ils méritent une bonne leçon… Regarde bien petite maman, ton cher chérubin… quel mignon garçon. Dommage, il ne fera pas tomber les filles.

Tristan ne réalisait pas ses paroles, il fixait sa mère en se fichant du reste du monde, à moitié aveuglé par des larmes qu’il ne pouvait pas essuyer. On le tira violemment par les cheveux, lui renversant la tête en arrière, il ne comprit pas. Mais soudain une douleur terrible lui traversa la gorge alors que la lame aiguisée entaillait profondément son cou. Il entendit un hurlement alors que sa tête bourdonnait horriblement. Sa mère qui criait son nom d’une manière si déchirante, elle hurlait… comme si on lui arrachait le cœur. Un liquide chaud coulait sur son torse, poisseux, on le lâcha mais il ne le remarqua même pas. Il cherchait de l’air, ça faisait mal, si mal… Alors tout s’éteignit, ses yeux se fermèrent et il demeura immobile au sol…

Les hommes terminèrent tranquillement leur sale besogne.
Elle pleurait en silence. Elle avait cessé de crier, d’hurler, peu importe ce qu’ils lui faisaient. Elle pleurait juste toutes les larmes de son corps et gémissait le nom de son fils. Finalement ils partirent mais juste avant… la poignardèrent.
Elle sut aussitôt qu’elle allait mourir. Son estomac était touché, elle le sentait à la brûlure des sucs gastriques se répandant dans ses entrailles. De toute façon, ça n’avait plus la moindre importance.

Ils l’avaient détachée et elle rampa faiblement jusqu’au corps inanimé de son petit garçon, le retournant doucement sur le dos en pleurant. Elle ne pensait pas avoir encore de larmes à verser… il fallait croire que si. Il était horriblement pâle et une plaie béante lui traversait le haut de la gorge. Des marques de coups sur son visage, sur son corps. Des bleus s’étaient formés au niveau de ses côtes cassées. Elle lui caressa la joue comme s’il était un rêve éphémère en train de s’effacer.

- Mon bébé… mon tout petit…

Et là elle se figea.
Un frémissement… Si léger qu’elle crut rêver. Il avait frémi ?
Elle plaqua avec beaucoup de précaution son oreille contre son cœur et entendit. Un faible battement, mais un battement… une preuve. Il était encore vivant. Elle aurait voulu hurler de joie… ou pour appeler quelqu’un à l’aide mais une violente quinte de toux la prit. Elle fixa sa main, trempée de sang, la douleur qui lui traversa le ventre la plia en deux alors qu’elle toussait de plus belle. Elle n’avait plus le temps.

Elle fouilla les poches de son fils et attrapa… un petit mouchoir qui s’y trouvait. Un petit mouchoir rose qui lui tira un sourire de fierté et de mélancolie. Le dépliant, elle le lui noua autour de la gorge pour empêcher son sang de continuer de couler, lui caressa les cheveux.

- Je t’aime mon petit ange… alors vis, quoi qu’il arrive, vis… je t’en supplie…


Et elle s’écroula. Elle mourut une dizaine de minutes plus tard aux côtés de son fils sans que personne ne vienne frapper à la porte. Et pendant la longue et terrible nuit qui s’écoula, de minces fils dorés tels des fils d’araignées se mirent à luire dans la pénombre, sur un petit mouchoir rose entourant une blessure dont on ne se relève jamais sans soins.


Tristan ouvrit faiblement les yeux et s’il avait pu grimacer, il l’aurait fait. Chaque centimètre de son corps lui faisait mal. Il cligna plusieurs fois des yeux, fixant le plafond au-dessus de lui. Les évènements de la veille, souvenirs horribles se jetèrent sur lui comme des monstres affamés et il se redressa en position assise, vivement en poussant un cri… avant de porter les mains à sa gorge avec une telle lueur de douleur dans les yeux que si on était plus ou moins en train de la lui arracher, ça n’aurait pas été différent. Sonné il regarda autour de lui, vit sa mère étendue à ses côtés, les yeux ouverts, immobile, pâle comme la mort.

Avant même de la toucher, il sut… dans ses yeux, ça se voyait qu’il avait comprit, qu’elle était partie pour toujours. Malgré sa voix rauque, malgré que parler soit une torture, il l’appela, la supplia de se réveiller, comme l’aurait fait un tout petit garçon. Et à ce moment là, ses douze ans le rendaient terriblement vulnérable et faible. Qu’était-il censé faire ?
Il pleura… Après avoir retiré doucement le poignard dans le corps de sa mère, fermé ses yeux, une autre crise de larme le secoua. Il voulait mourir, être avec elle. Il l’appelait toujours mais elle ne bougeait pas, ne répondait pas. Et soudainement il y eu un bruit…

Il tourna la tête vers la porte et la lueur aveuglante des yeux lui fit plisser les yeux. Un homme était là… Un qu’il avait cru voir la veille, qui n’avait rien d’un guerrier, qui était venu assister au spectacle et y participer à sa « manière ». Tristan le reconnut. C’était leur voisin. Le seul assez proche pour entendre les cris de sa mère… pour prévenir les secours. Il pâlit en voyant le petit garçon assis.

- T… Tu es vivant ?!!!...

Il avait l’air tellement surpris. Et soudainement il s’approcha. Il y avait participé. Il était de ceux qui avaient détruit sa vie, tué sa mère. Tristan se releva en chancelant. Dans ses yeux dansaient une haine qui le rendait méconnaissable et ce n’était pas à cause de tous ces bleus qui le recouvraient. Il avait attrapé le poignard qui avait servi à ôter la vie de sa mère et le serrait convulsivement, prêt à tuer, VOULANT tuer. L’homme comprit et s’enfuit aussitôt… en criant au meurtre.

En un instant intelligence, lucidité revinrent dans les yeux de l’enfant qui se tint à la table, pâle. Il allait l’accuser, il le savait. Il allait l’accuser d’avoir tué sa mère. Et on le croirait… Les Drakkaris sont connus pour leur violence… surtout envers leur parent non Drakkari. Il agit alors comme un automate, attrapa un sac qu’il bourra de vêtements, des couteaux que sa mère affectionnait, une lourde bourse qu’il tira d’une cache près de la cheminée à présent éteinte, quelques onguents qu’elle gardait toujours, ramassa sa bague qui gisait par terre. Avant elle pendait autour d’un cordon, mais en lui tranchant la gorge… l’homme l’avait détachée. Il attrapa un manteau dont il se couvrit les épaules, rabattant la capuche trop grande sur sa tête puis se laissa tomber à genoux par terre. Une de ses mains sur le mouchoir autour de sa gorge, dernier geste qu’elle avait eu pour le protéger, ce même mouchoir dont il ne se séparait jamais, il caressa le visage de sa mère.

Les larmes ne coulaient plus, ses yeux étaient secs.
Il se pencha doucement sur sa mère et déposa un baiser sur son front, murmurant malgré la douleur d’une voix pressante.

- Je t’aime maman… Je te vengerai je te le jure. Sur ma vie maman… je te vengerai. Repose en paix et ne me pardonne jamais… Je n’étais pas assez fort pour te protéger.


Sa voix s’était cassée sur la fin. Alors il se releva après avoir pris une des fleurs d’un vase près de la cuisine et l’avoir déposé entre les mains de sa mère qu’il avait repliées doucement sur sa poitrine. Elle était si belle, même dans la mort… Il ne la reverrait jamais. Alors il sortit, attrapant un bâton de marche et ne se retourna pas, marchant le plus vite possible malgré ses blessures, vers la forêt pour disparaître avant que lui, « l’assassin Drakkari » ne soit attrapé par les autorités…

L’image se flouta de nouveau, comme avec ce fameux nuage de brume mais il semblait beaucoup plus sombre à présent et le passé disparut, cessant derevivre aux yeux d’une jeune et curieuse mage qui voulait juste en savoir un peu plus… Sans imaginer une seconde qu’elle découvrirait le plus grand secret, le plus grand mensonge de Tristan Konogan.
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Cassidy Herediane
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MessageSujet: Re: La curiosité est elle un vilain défaut ?   Ven 29 Juin - 15:41

Ce qui se passa dans le souvenir, Cassidy ne s'y attendait pas vraiment. Elle ne maîtrisait pas le niveau 3 du souvenir et était censé voir juste une petite image. Mais le souvenir semblait si puissant, qu'elle se retrouva complètement plongée à l'intérieur de celui-ci. La jeune femme ferma doucement les yeux pour réapparaître dans cet endroit qu'elle connaissait si bien.

La petite Cassidy qui était là, alors qu'elle n'avait jamais vraiment cherché à vraiment voir ce qui se cachait dans ses yeux. Et ce que la Cassidy actuelle voyait pour l'instant, c'était surtout une expression qui n'avait rien d'agressive ni moqueuse chez Tristan. Elle en était surprise et avait toujours regretté ses gestes de petite fille. Mais après tout, elle avait bien eu peur elle aussi. Ce moment n'était pas des plus agréables. Et son regard devint inquiet et mal à l'aise.

Mais quel rapport y avait-il avec le mouchoir ? Pourtant, Cassidy ouvrit doucement la bouche, car elle voyait la suite des évènements et tout ce qui avait découlé de ses regrets, ses remords et ce qui faisait qu'elle était complètement déstabilisé. Mais peut être aurait-elle mieux fait de ne pas voir la suite...

Le paysage changea. Elle s'approcha de Tristan et aurait tant voulu lui dire des choses à ce moment là. Qu'elle était vraiment désolée de tout ça, qu'elle n'aurait pas voulu que ça arrive. Elle regrettait vraiment et même très amèrement. Pourtant, jamais elle n'osa lui dire vraiment en face tout ce qui s'était passé.

Le Tristan de son enfance rendit visite à une vieille dame et sa petite fille. Cassidy fronça les sourcils. Elle ne l'aimait pas vraiment celle là sans savoir pourquoi. Peut être était-ce parce qu'elle avait un faible pour Tristan et que tout le village était au courant. Et que Cassidy n'avait jamais compris pourquoi Marie avait un faible pour Tristan ou peut être parce qu'elle voulait tout simplement garder Tristan pour elle dans un certain sens. La jeune femme secoua doucement la tête.

Puis le passage suivant fut beaucoup plus... dramatique. Les actions se déroulèrent sous ses yeux horrifiés alors qu'elle ouvrait doucement la bouche, ayant du mal à comprendre ce qui se passait. Non ce n'était pas possible. Comment les Cheistams pouvaient être capable d'une telle chose ? Pourquoi ? La mère n'avait rien fait et tout le monde l'aimait beaucoup dans le village. Elle resta interdite, voulant intervenir dans la scène même si elle savait qu'elle n'était qu'un fantôme à cette époque.

Son coeur se tordit quand elle vit Tristan agir. Elle vit la douleur de la petite famille au moment où les Cheistams abusaient et abusaient sans s'arrêter. Cassidy serra doucement le poing et voulut hurler, faire quelque chose dans ce spectacle qui n'était pas du tout à son goût. Une larme commença à couleur le long de sa joue, très doucement, alors qu'elle se sentait complètement impuissante face au drame qui se déroulait devant elle.

Mais le pire restait à venir alors qu'un des Cheistams empoigna Tristan. Il lui tailla la gorge. Un électrochoc dans le corps de Cassidy, son coeur fit un mouvement plus fort que les autres. Elle hurla, cria et couru vers le Cheistam qui venait de commettre ce crime comme si elle avait voulu le frapper. Elle lançait ses poings dans le vide comme une folle, comme si elle aurait été capable de le repousser à ce moment là.

Et puis, les Cheistams partirent, laissant un Tristan et sa maman à moitié mort. Cassidy baissa la tête, les larmes coulant sur ses joues et mit sa main sur sa bouche, complètement choquée par ce qu'elle voyait. Et elle n'était pas si loin que ça, dormant dans une maison pas loin et sans se douter de quoi que ce soit. Que ce serait-il passé si elle avait su à ce moment là ? Elle n'aurait pu rien faire à cet âge là. C'était sûr et évident. Elle avait mal au coeur, de la peine, encore plus que ce qu'elle pouvait imaginer, ne disant rien du tout.

Pourtant, la maman de Tristan avait sorti un petit mouchoir rose que le Drakkari avait dans sa poche. Son mouchoir... Celui qu'elle lui avait donné. Il l'avait gardé ? Il le gardait sur lui ? Jamais elle ne s'en serait douter. La jeune fois se mordilla doucement la lèvre inférieure. Le mouchoir semblait briller d'une lueur dorée et cette lumière atteignit le cou de Tristan qui saignait. Quoi ? De la magie ? Mais elle n'avait aucune magie à l'époque ! Comment cela pouvait être possible ?

Cassidy regarda Tristan. Ce n'était pas lui le meurtrier et elle l'avait toujours su au fond d'elle ! Disant aux autres qu'ils avaient tort, que ce n'était pas vrai. Elle avait toujours cru au Drakkari même quand il était parti. Les éléments se remirent en place et elle vit l'adieu de Tristan. La curiosité était vraiment un vilain défaut et la jeune femme se laissa tomba au sol, les mains à terre et les larmes continuaient de couleur.

Comment avait-ils pu osé ? C'était inadmissible ! Inhumain ! C'était donc ça les Cheistams ? Entre ceux qui avaient cassé le bras de Tristan et l'avait maltraité maintenant et avant quand ils avaient torturé sa mère et lui même, c'était beaucoup trop pour elle. Ainsi c'était donc ça la grande justice des Cheistams ? Ils ne valaient pas mieux que les Kaärs et Cassidy compris comment le comportement de Tristan avait pu changé. Les larmes coulaient sur le sol. Elle n'avait rien pu faire.

La jeune femme prit le mouchoir dans sa main et le serra doucement. Elle avait tellement de peine pour Tristan. Pas de pitié mais juste un sentiment de colère envers les coupables. Tout ne serait pas arrivé ! Si ils n'étaient pas venu Tristan serait resté ! Et Cassidy se serait excusée, c'était sûr et certain. La jeune femme secoua doucement la tête de gauche à droite et de droite à gauche.

Ses nerfs étaient en train de craquer. Elle ne pensait pas voir une scène aussi horrible. Et elle se mit à trembler doucement alors que la douleur la relança dans le bras et qu'elle se mit à gémir doucement. C'était la faute aux Cheistams... ils avaient brisés une famille. Un sentiment noir l'envahit alors que la colère et la haine étaient bien présentes. Son corps commença à devenir chaud, brûlant et que l'énergie de sa magie devenait un peu plus forte, s'amplifiant à cause de ses sentiments actuels.

Tristan devait aussi avoir un effet au niveau de son tatouage qui devait s'agiter et pulser bizarrement mais ne témoignant pas d'une activation, juste... peut être d'un niveau de magie trop élevé pour être normal.

Soudain, la jeune femme releva la tête. Les cernes creusaient son visage, elle semblait un peu pâle mais son regard devint haineux, à la limite de la froideur. Elle se releva lentement, essuya les larmes qui coulaient dans un geste automatique puis reposa le mouchoir sur la table. Le regard fermé, elle semblait être dans une sorte de transe, lointaine, beaucoup trop lointaine pour être atteinte.

Lentement, la jeune femme empoigna fermement son bâton dans sa main et son étui. Puis elle ouvrit la porte de son bureau et parcourut le couloir pour entrer dans sa chambre. Ouvrant son armoire, elle sortit sa cape de voyage bleue nuit et se drapa dedans. Puis elle installa le bâton dans son étui et l'accrocha à son dos en bandoulière.

Son regard était étrangement vide alors qu'elle semblait vérifier quelque chose puis la jeune femme se dirigea lentement mais sûrement vers l'extérieur. Son corps était très chaud, pas de doute que la magie devait jouer son rôle à ce moment là. Cassidy ne laissait passer aucun sentiment, juste une expression froide et tellement peu habituelle chez la jeune femme.

Drôle de tenue pour se promener dans le domaine ! Elle ne regarda rien de ce qui se passait autour d'elle, se contentant de marcher vers les écuries pour aller préparer son cheval. Aucun mot, aucun son ne sortit de sa bouche, elle était parfaitement calme et c'était cela le plus inquiétant.

Il serait bien imprudent et dangereux de s'approcher d'elle à ce moment là...
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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: La curiosité est elle un vilain défaut ?   Sam 30 Juin - 19:48

Encore en train de s’entraîner. Que les choses soient claires, il avait fait des pauses ! Il était bien obligé d’ailleurs puisque sa résistance n’était plus la même, qu’il n’était pas encore totalement remis de sa fatigue et de son séjour chez les Cheistams et que décidément, ce n’était pas en quelques heures qu’on devenait droitier. Pourtant il y mettait du sien.

Tristan savait être très patient et surtout il était réaliste, il ne s’attendait pas à des résultats exceptionnels. Mais il avait été lui-même surpris lorsqu’il avait montré tout de même une certaine souplesse dans le poignet et une dextérité certes limitée mais tout de même bien supérieure à la normale. Rien d’étonnant à cela. Quand il était encore enfant, il avait dû devenir droitier pendant un mois et demi. A l’époque ça avait été bien plus complexe. Mais il se souvenait de l’avoir pris comme un jeu. Et puis sa mère l’encourageait toujours.

Et il fallait croire que certaines choses ne s’oubliaient pas. Le fait qu’il soit un habile amant constamment en train de jouer à la course, parfois sur les toits avec des maris jaloux lui avait appris à savoir utiliser ses deux mains pour se rattraper. Et il ne se rendait compte qu’aujourd’hui de ce que ses petits « amusements » avaient apporté à son corps. Enormément… Surtout pour aujourd’hui !
Il s’était donc formé à l’avance ? Comme si quelque chose le poussait à se préparer à ce jour fatidique.

Un sourire éclaira son visage. Il adorait les défis oui et se sentait bien assez d’attaque pour relever celui-ci et faire mentir le guérisseur. Son bras gauche redeviendrait aussi fort qu’il l’avait été, aussi habile. Mais il serait droitier pour l’heure. Il n’avait pas l’intention de précipiter sa rééducation au risque d’effectivement diminuer son bras fort et de réduire son habileté. Non, il était bien plus réfléchi que cela, même si ce serait d’autant plus complexe. Oui, les défis avaient du bon.

Il avait donc enchaîné pendant une bonne partie de la journée divers entraînements et de longues pauses. Il évitait de solliciter son autre bras y compris son autre épaule, les maintenant au maximum au repos. Après tout, tout juste une journée s’était écoulée depuis que la blessure était devenue « grave ».
Mais il continuait, inlassable poursuiveur de quête.

Un nouveau sourire en coin éclaira le visage du jeune homme, ses yeux orangés se perdant dans le vague. Il avait tout de même fait fort. Rassurer Cassidy qui était sérieusement ébranlée. Pour le coup, il l’avait joué cœur noble de chevalier non ? Ca méritait bien des applaudissements… non ?
Et puis il l’avait aussi embrassé. Certes c’était un baiser ridicule, un effleurement de pacotille mais tout de même !!!!

Au début elle n’avait vraiment pas été surprise et il en avait été un peu vexé, un tout petit peu, car il était plus amusé qu’autre chose. Oh la demoiselle était plus résistante que ce qu’il pensait. Et puis elle l’avait pas mal pris au dépourvu avec sa caresse, sa fausse menace.
Il se remémorait sans mal la certaine fierté qu’il avait éprouvée en sachant qu’elle se souvenait de ce voleur de baiser. Le plaisir de lui apprendre qu’il s’agissait de lui, mais pas de manière sèche, brutale et barbare, non de façon douce, légère et même sacrément romantique pour la peine, n’en avait été que plus grand.

Mais une autre surprise l’attendait au détour du chemin.
Ressentir cette même peur que lorsqu’il était enfant. Lui qui n’avait peur de rien, le tombeur, le dragueur, connu pour sa patience et ses performances au lit, pour ses baisers à tomber, même si celui-ci n’était encore une fois… qu’un simple effleurement. Il y avait la peur ou plutôt l’appréhension, de ce qu’il allait découvrir. Le frémissement de plaisir de l’inconnu, de l’aventure, même si là c’était déjà connu mais avec elle c’était différent… Il le sentait.

Et même si ça n’avait été qu’un tout petit baiser de rien du tout, il avait ce petit quelque chose qui fait tourner les têtes, retourne les estomacs et les cœurs. Ce petit quelque chose qui s’il était resté plus longtemps appuyé contre elle, s’il avait cherché à approfondir ce baiser comme il le souhaitait, les aurait laissés haletants, perdus, mais souriants, sans même s’expliquer pourquoi.
Eh bien.. Il était sérieusement en manque de femmes pour commencer à avoir ce genre d’idée avec Cassidy. C’était Cassidy quoi !!!!!

Il était allé se laver une fois encore dans la salle de bains. Enfin précédemment il se rafraîchissait plus qu’il ne se lavait mais là il commençait à fatiguer et voulait faire une bonne et longue pause digne de ce nom. Son corps fatiguait, la douleur revenait et il avait une envie irrépressible de jus d’orange.
Alors qu’il sortait, son soigneusement emballé dans une serviette pour ne pas être mouillé, les cheveux et le visage ainsi que le torse encore légèrement luisant d’eau, même s’il portait pour la peine une chemise.

Ben oui, c’était vraiment pas simple d’enfiler une tunique seul avec un bras dans cet état, mais il en avait qui étaient ouverte sur le devant, comme les chemises des terriens. Il portait la sienne pour éviter de perturber les élèves, petite attention tout de même, même si elle était ouverte. Alors qu’il se dirigeait vers sa chambre, il vit Cassidy sortir de son bureau et eut envie d’aller la taquiner un peu, déposant juste quelques affaires dans sa chambre avant de sortir à son tour.
Elle s’était rendue dans la sienne d’ailleurs et alors qu’elle se dirigeait comme un automate, de manière très raide vers l’escalier, ce qui ne lui ressemblait pas, il lui emboita discrètement le pas pour ne pas qu’elle remarque qu’il la suivait.

Il marcha ainsi derrière elle en silence pendant quelques courtes minutes. Son dos lui semblait bien raide. Bon elle était souvent crispée mais quelque chose dans sa façon de marcher était différente. Déjà, elle ne trébuchait pas, pas une fois, ensuite… eh bien non, ce n’était pas ce pas joyeux, engagé qu’il lui connaissait voilà tout !!!!
Elle se dirigea vers l’écurie et cette fois-ci, vexé de ne pas savoir où elle allait, ennuyé des cachoteries même s’il était un roi dans ce domaine, il accéléra l’allure, la rattrapa et posa une de ses mains sur son épaule, l’arrêtant, un de ses fameux sourire au visage.

Bien sûr il ne savait pas que la demoiselle, trop curieuse avait appris le pire secret qui hantait ses jours et ses nuits. Celui qui parvenait encore à lui donner des cauchemars et à le faire se haïr, même s’il respirait la confiance en lui et parfois… la fierté.
Il se contentait de lui sourire. Et heureusement qu’il ne savait rien… qu’il ignorait que des mages étaient capables d’une telle chose, qu’ELLE était capable d’une telle chose, sinon il aurait tout fait pour l’arrêter…

- Eh bien princesse ?! Tu renonces déjà à me supporter ? Tu cherches à t’échapper ? Je ne suis pas sûr d’être d’accord, je n’ai pas fini de te torturer moi.
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Cassidy Herediane
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MessageSujet: Re: La curiosité est elle un vilain défaut ?   Sam 30 Juin - 20:41

La jeune femme n'aurait peut être pas du porter son regard sur le mouchoir, chercher à connaître le passé. En même temps, elle aurait été moins fatiguée, la suite des évènements aurait été différente. Alors Cassidy avait encore pleuré, d'une douleur qui n'était pas la sienne mais qui ne s'expliquait pas lorsque l'on ressent quelque chose de très fort pour la personne ciblée.

Elle avait vu les images sous ses yeux horrifiés, revivant cette scène et imaginait bien les réactions et le comportement de Tristan. Il ne serait jamais recyclable à cause de ça. Il n'aurait jamais été comme ça. La jeune femme n'était même pas sûre que sa vengeance à lui lui apporterait le moindre apaisement, le repos. Sa mère ne reviendrait jamais et il avait été impuissant, faible, un petit garçon un peu rebelle mais pas vraiment méchant. Et cette simple pensée, cette famille détruite, avait animer en elle un profond et puissant sentiment de rage et de haine pour les responsables de cet acte.

D'abord, c'était de la peine qui avait animé son visage. Se demandant comment de telles choses pouvaient être possible. Elle ne pourrait plus jamais être pareil avec Tristan ou du moins elle devrait essayer pour qu'il ne se doute de rien. C'est ce qu'elle pensait. Que lui dire pour l'instant n'aurait pas été très adroit. En effet, il réagirait peut être très mal si il savait qu'elle était au courant alors que personne d'autre ne le savait. C'était son secret et pas sûr qu'il aurait voulu le partager avec elle. A quoi devait-il penser ? Que ça ne regardait que lui, que c'était une affaire qui le concernait.

Elle était qui elle après tout dans l'histoire ? Rien ! Absolument rien ! Son mouchoir l'avait peut être sauvé mais ce n'était pas ça le plus grave à l'heure actuel. Et Cassidy se mit à réfléchir, Tristan était bien capable de traquer ses proies jusqu'à les trouver et les tuer. Et sûrement que ça serait quelque chose de désespéré. Il n'avait plus sa mère, c'était ce qui comptait le plus au monde pour lui. Alors, se sentirait-il capable de trouver un nouveau but après avoir achever cette mission qu'il s'était fixé ?

Ca, Cassidy n'en était pas vraiment sûr et cela lui faisait peur.

Et pourtant, de mauvaises pensées l'envahir. La faute aux Cheistams. Le tatouage, la douleur de Tristan. Ils cherchaient à faire quoi ? C'était quoi leur pathétique sens de la justice de l'équilibre ? Ils n'étaient pas digne de la mission des gardiens ! Ils se cachaient derrière des principes mais ne les respectaient pas. C'était honteux ! Combien de familles avaient subi ces crimes masqués ? Combien ?! Et ils se cachaient derrière des paroles, des principes, des choses qui n'avaient plus aucune valeur.

Alors peut être qu'à ce moment, cette magie noire qu'elle avait en elle semblait trouver une faille dans la volonté de Cassidy. Une faille exploitable au delà de toutes les espérances. Et cela amplifia ses sentiments, amplifia sa magie qui devenait à nouveau instable alors que son corps était brûlant et auréolé d'une aura difficilement identifiable mais qui n'était pas très bonne à analyser.

Et son visage se ferma, devint sombre et noire mais aussi lointain, comme si elle n'était pas maîtresse elle même de ses futurs mouvements. Et une mage avec une magie non contrôlable pouvait devenir vraiment dangereuse, pour elle même et pour les autres. Cassidy rassembla ses affaires sans dire un mot. Elle ne prit rien de plus que son bâton puis sa cape de voyage qui se trouvait dans sa chambre.

A cela on pouvait bien se douter qu'elle ne partait pas faire un petit tour dans les jardins mais qu'elle se préparait à partir quelque part. Hors de l'Académie. Et pour des raisons non identifiables pour l'instant. Du moins, la jeune femme n'en savait absolument rien et serait bien incapable de deviner les choses. Juste que sa source de magie pouvait se libérer à n'importe quel moment et sur n'importe qui. Une chose tellement dangereuse que n'importe quel mage aurait un peu tremblé et l'aurait pris pour une folle.

Elle avançait lentement, ne se détournant pas de sa trajectoire. Absolument rien ne pouvait la perturber alors qu'elle avançait d'un pas assuré, d'une démarche qui ne lui ressemblait pas, toujours spontanée et quelque peu maladroite. Là c'était tout à fait différent, bien loin de ce qu'on lui connaissait. Bien sûr, elle n'avait pas vu Tristan qui la suivait discrètement et même si il avait été aussi bruyant qu'un troupeau de mammouth, cela ne l'aurait même pas perturbée.

Cassidy se dirigeait vers les écuries quand une main se posa sur son épaule. Vivement, rapidement, sa source de magie augmenta d'un cran supplémentaire, prête à chasser l'individu qui venait de la freiner sur sa trajectoire. Bien qu'elle ne semblait pas vraiment consciente de ses propres actions. Mais Tristan devait ressentir une chaleur anormale qui se dégageait de la mage, la même que sur le terrain d'entraînement quand elle avait brisé la lame de l'épée. Cette magie explosive qui n'était pas vraiment très bonne.

Heureusement qu'il se mit à parler car cette sorte de force était prête à l'éjecter bien loin et sans se demander qui était derrière. A ses paroles, la chaleur resta toujours assez forte mais Cassidy ne se retourna pas pour autant. C'était bizarre. En temps normal, elle ne l'aurait jamais ignoré comme cela. Et pourtant, Cassidy restait droite comme une statue, elle s'était juste arrêtée, et les paroles de Tristan ne lui parvenaient que de très loin. Ce n'était même pas sûr qu'elle arrive à les comprendre vraiment.

Au final, qui torturait qui ? A son niveau, un simple geste de la main et elle l'envoyait valser contre un arbre, elle l'aurait piégé et fait souffrir mais c'était Tristan et peu importe l'état dans lequel elle se trouvait, pour l'instant ce n'était pas après lui qu'elle en avait. Bien qu'il allait devoir éviter de la chercher là. Pour sa propre sécurité. Il devait le ressentir qu'elle n'était pas dans son état normal.

La jeune femme resta immobile, ne se retournant même pas. En temps normal, elle l'aurait sûrement regardé, sourit, entrer dans son jeu et l'aurait sûrement repoussé gentiment. Mais là c'était différent. Elle ne répondit même pas, laissant planer une minute de silence qui semblait interminable et de mauvaise augure.

"Laisse...moi..."

Sa voix était glaciale, intimidante et même effrayante. Jamais elle n'aurait réagit comme cela avec lui, il n'avait rien fait après tout. C'était comme si elle aurait réagi de la même manière, qu'elle que soit la personne qui se trouvait derrière. Non nuance. Si ça n'avait pas été Tristan, la personne aurait été éjectée bien loin.

Et sans dire un seul mot de plus, sans se retourner, elle continua son chemin d'un pas lent et mesuré.
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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: La curiosité est elle un vilain défaut ?   Dim 1 Juil - 18:56

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