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 Qu'a-t-elle de plus que moi ?

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Cassidy Herediane
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MessageSujet: Qu'a-t-elle de plus que moi ?   Dim 8 Juil - 22:31

06/09/285
16h

La veille au soir avait été assez agitée il y a un jour en arrière. En effet, Cassidy avait révélé un lourd secret à Tristan, un secret qui devait être caché, et c'était clair, elle avait pris de sacrés risques. Mais la jeune femme avait aussi pensé au coup du mouchoir. Elle savait pour lui, alors au moins, lui devait savoir quelque chose. C'était la moindre des choses. Et elle lui dévoila tout.

Parce qu'à cet instant il n'y avait plus d'ennemis ou de barrière mais juste deux personnes qui pouvaient peut être se comprendre. Elle n'avait pas vraiment besoin d'aide, trop fière pour l'admettre et surtout... elle s'était toujours débrouillée toute seule jusqu'à présent même si dans son coeur, la raison qui la poussait à se battre était d'éviter la moindre douleur à Tristan. Qu'il se prenne des coups par n'importe qui sauf par elle.

Alors c'est sûr, elle avait écarté toute sa méfiance, peut être par gratitude envers lui de ce qu'il avait fait. Parce qu'il l'avait freiné. Et elle avait envie de lui hurler dessus, "Pourquoi m'as-tu retenu alors ? Pourquoi ?". Elle ignorait ce qui s'était passé et ça la mettait affreusement mal à l'aise. Avait-elle cherché à détruire Tristan sur son passage ? Ou autre chose ? Elle ne savait plus ! Elle ne savait pas ! Et pendant un court instant elle aurait voulu se donner des gifles, se maudissant de cette impuissance et de cet homme qui l'affaiblissait petit à petit.

Tristan l'avait enlacé, offrant une sorte de protection alors qu'elle s'était retournée vers lui presque instinctivement et appréciant le contact qu'il lui offrait. Hey ! Mais attendez une minute ! C'était bien elle qui n'aimait pas les contacts physiques non ? Mais sa carapace était tombée, car elle se sentait incapable de lui faire le moindre mal et que son énergie ne ferait pas mal à Tristan. Au contraire... cela semblait s'introduire en lui pour le guérir d'une certaine manière... même si Cassidy l'ignorait totalement. Car à chaque fois qu'elle allait bien, le miracle qu'elle ignorait se produisait.

Oh combien elle tenait à ce fichu Drakkari qui la tourmentait ! Enfin pour l'instant, il ne faisait rien de mal, juste qu'il l'avait repoussé contre le mur et que pendant un instant, le visage de Cassidy parut tout à fait hésitant, entre un repoussement très brutal et le simple fait de le laisser... faire. Et elle hésitait ! Parce que même si il jouait, elle aimait sa façon de faire, d'être, qui était si particulière à lui.

Et alors qu'il plaisantait, la jeune femme semblait perdu. Sur ses embrassades, ce contact qu'elle n'avait jamais eu et jamais compris. Pourtant ses parents le faisaient. Et cela témoignait d'un amour. Mais non elle n'arrivait pas à comprendre tout simple. Et le regard de Tristan se fit... assez surpris avec une pointe moqueuse. Comment ? Elle ne savait pas comment ça marchait ? Ah oui elle était bien une adolescente, regardant avec curiosité et intrigue. Parce qu'elle ne savait pas à quoi ressembler cette sensation totalement inconnue pour elle.

Cassidy ne put s'empêcher de froncer les sourcils. Alors il expliqua, ce qu'on pouvait ressentir avec un baiser. Et elle avait du mal à comprendre, la petite naïve qu'elle était. Et ne put s'empêcher de réfléchir quand il parla du baiser d'amour, avec qu'une seule envie, lui cracher au visage des paroles assez méchantes, bien qu'elle ne fit que les pensées. Mais il fallait dire que l'attitude de Tristan lui donnait envie de réagir de cette manière.

*Et toi t'en as déjà eu un de baiser d'amour ? Avec la Maud ouiiiiii ! Je pense bien ! Peuh ! Espèce de...*

La suite lui plut encore moins à vrai dire comme si il montrait qui il était. De l'amusement ! Oh mais attendez qu'espérait Cassidy ? Je pense que tout le monde rirait, du moins les spectateurs silencieux. Jeune femme naïve attendant LE baiser qui ferait chavirer son coeur ? Nan mais attendez c'est bien DU Tristan qu'on parle ! Ce petit garçon qui l'embêtait, qui ne faisait que lui faire du mal et qu'il montrait encore avec cette légèreté et désinvolture comment il les prenait ces baisers. Et le poing de la jeune femme se serra. Pas très bien de jouer avec ses sentiments.

*Y a rien pour toi ! Pas d'intérêt ! Tu réagis pareil avec la Maud ? Tu prends et tu te tires ! Moi qui pensais que... aaaaah non sérieux ! Je vais me faire avoir ! Non Tristan, arrête de jouer avec moi, t'approches plus de moi ! Tu as assez jouer comme ça et si je n'étais pas un peu plus calme je t'aurais collé une bonne droite ! Non une gifle c'est trop léger pour toi ! Arrête de jouer avec les sentimeeeeeeents ! Tu vas vraiment me pourrir comme ça ! Je me demande ce qui me retiens ENCORE de te laisser ici ? Oui je vais t'éjecter dehors et rapidement ! Va te faire ! Sans coeur ! Monstre ! Crétiiiiiiiiiiin !*

Non, la jeune femme n'était pas contente ! Elle croyait quoi ? Qu'il était ce jeune homme romantique qu'elle attendait désespérément ? Ah non ! C'était Tristan après tout. Non mais c'est tout particulièrement dégoûtant maintenant qu'elle y pensait. Lui, faire preuve d'un peu d'amour ? Pfff ! Pipeau tout ça ! Alors la jeune femme s'enferma dans des sombres pensées bien qu'elle ne laissa rien paraître tout en serrant son petit poing. Pas tomber amoureuse de lui ! Trop tard... Ah mais non il n'est jamais trop tard pour reculer... Pas encore... Le pire avait été évité après tout.

Carrément dégoûtée par ce qu'elle avait entendu, la jeune femme releva la tête. Il avait réussi oui ? Bon et bien maintenant elle regrettait oui ! D'avoir été folle pour espérer qu'elle était capable d'avoir... avec lui... Et alors qu'il la complimentait sur son mode zombie, la jeune femme soupira et alla s'allonger sur le lit. Se posant des questions sur le pourquoi du comment.

*Pourquoi je commence à t'aimer toi ? Fichtre de Hibou Mal emplumé en croûte ! Pourquoiiiiiiii ? Drakkari de malheur va !*

Pourtant, elle restait tout à fait calme en apparence, serrant simplement un coussin contre elle. Et il répliqua encore une fois, taquinerie, plaisanterie mais bref, elle n'était plus trop d'humeur, ne comprenant pas trop ce sentiment bizarre qui l'animait. Ca fait mal hein. Quand la personne que l'on commence à apprécier, voire à aimer dans son cas, semble jouer l'indifférent et le joueur. Mais elle, elle ne voulait pas jouer ! Qu'il les garde pour lui ses paroles. Non elle n'allait pas se laisser contrôler, cela lui ferait bien trop plaisir de la voir faiblir encore une fois. Mais sinon elle était incapable de lui faire du mal.

*Rêve de moi ? Sexy ? Non mais espèce de coq ! Sexy par rapport à quoi ? Pffff !*

Et alors qu'il passait la porte, elle s'était brusquement mise debout sur son lit, montrant que non, elle n'avait pas apprécier ses paroles et sa façon de la dérouter tout en restant aussi calme. Sale Drakkari ! Alors elle attrapa le coussin, et tout en poussant un grognement, le lança à travers la porte. Bingo ! Bon Tristan était déjà sorti et il n'atteignit que le mur du couloir. Mais avec une telle puissance qu'on se demandait où la demoiselle allait chercher tout ça.

*C'est ça ! Loin de moi !*

Enfin, pour lui montrer son profond désaccord et son état du moment, elle traça une rune blanche dans les airs qui fit claquer la porte à la sortie du Drakkari, se refermant sur lui, d'une manière si violente que le mur trembla et qu'un chandelier à l'extérieur s'éteignit et tomba au sol. Non mais oh !

Et la demoiselle resta debout sur son lit, laissant tomber son masque de colère et se passant la main dans les cheveux, perdue.



*I think I might be a fortune teller
I read your face just like a letter
The funny thing about forever
Is it comes with a side of never never
I can't buy into what you're selling
And no it's not that I don't want it
Believe me I love to close my eyes, enjoy the ride
But you reek of indecision and I...
I know, I know, I know,
I know, I know, I know

Je pense que je pourrais bien être une diseuse de bonne aventure
Je lis ton visage juste comme une lettre
Ce qui est drôle à propos de toujours
C'est que ça vient avec un côté de jamais-jamais
Je ne peux pas acheter tous les mensonges que tu me vends
Et non, ce n'est pas que je ne le veux pas
Crois-moi, j'aimerais fermer mes yeux, profiter de la balade
Mais tu empestes l'indécision et je sais, je sais, je sais, je sais, je sais, je sais


You're only gonna let me down
When it counts, you countdown
You're only gonna turn me out
As I burn, you burn out
You're only gonna make me feel so crazy
Right when I think we could be something
You'll go and let me down, let me down, oh


Tu vas juste me laisser tomber
Quand ça compte, tu fais ton compte à rebours
Tu vas juste m'éviter et me rejeter
Alors que je brûle, tu devient trop «épuisé»
pour venir me secourir
Tu vas juste me faire sentir tellement folle
Juste quand je pense qu'on pourrait être quelque chose ensemble
Tu vas t'en aller et me laisser tomber, me laisser tomber, oh

I am too smart to let you in here
But I'm just dumb enough to linger
I wanna think that you'll be different
Smoke and mirrors are so clever clever
I'll pretend that things aren't so bad
That what you say will actually happen
I've been dying to open my eyes
See you try instead of always leaving me out to dry

Je suis trop brillante pour te laisser entrer ici
Mais je suis juste assez bête pour m'attarder
Je veux penser que tu seras différent
La fumée et les miroirs sont si intelligemment pensés
Je prétendrai que les choses ne sont pas aussi mal
Que ce que tu dis arrivera vraiment
J'ai tout fait pour ouvrir mes yeux
Pour te voir essayer au lieu de toujours m'oublier, me laissant sécher


You're only gonna let me down
When it counts, you countdown
You're only gonna turn me out
As I burn, you burn out
You're only gonna make me feel so crazy
But when I think we could be something
You go and let me down, let me down, oh

Tu vas juste me laisser tomber
Quand ça compte, tu fais ton compte à rebours
Tu vas juste m'éviter et me rejeter
Alors que je brûle, tu devient trop «épuisé»
pour venir me secourir
Tu vas juste me faire sentir tellement folle
Juste quand je pense qu'on pourrait être quelque chose ensemble
Tu vas t'en aller et me laisser tomber, me laisser tomber, oh

I need you to be there when you say you're gonna be
I care too much and you'll care enough to leave
I want some place to rest my head without worrying
It's not fair, It's not fair, It's not fair, It's not fair
It's not fair to me, cause I know by now

J'ai besoin que tu sois là quand tu dis que tu vas l'être
Je fais trop attention et tu «feras assez attention» pour partir
Je veux un endroit pour me reposer la tête sans m'inquiéter
Ce n'est pas juste, ce n'est pas juste pour moi, car je sais maintenant que

You're only gonna let me down
When it counts, you countdown
You're only gonna turn me out
As I burn, you burn out
You're only gonna make me feel so crazy
But when I think we could be something
You go and let me down, let me down

Tu vas juste me laisser tomber
Quand ça compte, tu fais ton compte à rebours
Tu vas juste m'éviter et me rejeter
Alors que je brûle, tu devient trop «épuisé»
pour venir me secourir
Tu vas juste me faire sentir tellement folle
Juste quand je pense qu'on pourrait être quelque chose ensemble
Tu vas t'en aller et me laisser tomber, me laisser tomber, oh

Elle le savait, elle le sentait. Qu'elle allait se faire avoir. Pourquoi cette mauvaise impression tout à coup ? Comptait-il volé son coeur comme il l'avait fait pour toutes les autres. La jeune femme soupira et alla voir son dessin. Pfff ! N'importe quoi ! Elle le fit glisser à un bout de la pièce, dans un coin poussiéreux. Non mais sérieux ! Se tenir la main eux ? Elle était trop jeune pour bien comprendre il y a quelques années.

Cassidy soupira et croisa les bras. Oui, dormir, juste dormir et on verra bien demain ce qui se passera. C'est donc sans un mot qu'elle enfila sa robe de nuit avant de se glisser dans les couvertures. En fait, c'était plutôt sa mémoire qu'elle devait sceller, pour l'oublier... pour ne plus flancher. Enfin, elle chassa de sa tête cette idée et s'endormit.

----

Le lendemain matin, la matinée avait été assez rapide. La jeune femme s'était réveillée en se disant qu'aujourd'hui était un autre jour et que... et bien elle ferait comme si rien de tout cela ne s'était passé ! Elle était en pleine forme et comptait bien en profiter. Pas parce que ses cauchemars étaient partis mais qu'elle n'avait pas envie de faiblir encore une fois pour se trouver pathétique.

Elle avait passé la matinée dans son bureau et à répondre aussi à quelques questions d'élèves, rien de très intéressant mais au moins, concentrer son activité mentale sur du travail administratif l'aidait à y voir plus clair. Ou du moins, ne plus voir Tristan.

La jeune femme était descendu rapidement à l'heure du repas et avait manger rapidement avant de remonter dans son bureau. Elle avait d'ailleurs travaillé pendant plusieurs heures avant de fixer d'un air absent le plafond. La fatigue se faisait sentir, elle travaillait trop, c'est sûr. Cependant, elle devait quand même penser à faire des pauses, pour éviter que certaines choses ne se reproduisent. Et une idée lui vint en tête.

*Je n'ai qu'à aller au terrain d'entraînement ! Je dois absolument apprendre l'invocation inversée.*

Cassidy se doutait bien que Tristan devait se trouver là bas. La jeune femme soupira. Non elle devait jouer l'indifférente, cette histoire de baiser, son attitude de coq, elle ne devait pas se laisser avoir encore une fois. Et elle avait une idée qui allait sûrement l'occuper. Bien que la jeune femme trouvait que c'était un peu risqué, surtout de ce qu'elle pourrait apprendre ou voir. Enfin tant pis ! Il fallait bien souffrir un peu pour détester un peu plus non ?

Elle rassembla quelques affaires dans une sacoche qu'elle attacha en bandoulière autour d'elle, son livre pour apprendre le sort en question, un parchemin avec un support en bois, une plume et de l'encre noire. Manquerait plus qu'il utilise sa précieuse encre violette ! Enfin, Cassidy empoigna son bâton et descendit.

Cependant, lorsqu'elle arriva au niveau du réfectoire, son estomac cria famine. Alors la jeune femme s'engouffra à l'intérieur pour en ressortir avec un petit panier qui contenait quelques victuailles, petits gâteaux, fruits et une gourde d'eau. Seulement... elle avait pris des rations pour deux. En effet, si elle voyait Tristan il aurait sûrement faim lui aussi.

*Pfff ! Je suis trop gentille ! Ma foi ! Je n'aurais qu'à dire que j'ai eu les yeux plus gros que le ventre voilà !*

Cassidy s'engagea sur le terrain d'entraînement. Sauf qu'au lieu d'aller saluer Tristan qui devait être sûrement en plein exercice et qu'au moins elle avait la politesse de ne pas le déranger dans sa concentration, surtout qu'elle détestait ça, elle se cala contre un arbre à proximité, posa son panier de miam miam dans l'herbe puis s'installa gracieusement adossée contre l'arbre.

Elle portait une tenue violette aujourd'hui, qui était sûrement encore plus couverte que les précédentes. Ses cheveux étaient attachés en une couette avec un ruban rose, ce qui montrait qu'elle allait sûrement étudier ou s'entraîner et qu'elle n'était pas là pour discuter spécialement. Cassidy avait l'intention d'autoriser Tristan à écrire sa lettre alors elle n'avait pas vraiment l'intention de baver au dessus de son épaule tout en le regardant faire.

Non, si il lui disait quoi que ce soit elle faisait une pause... enfin elle s'entraînait, c'était sa pause en quelque sorte.

Puis, sans dire un mot, le souvenir d'hier étant encore assez cuisant dans son esprit, elle sortit le livre de son petit sac et l'ouvrit d'un geste sec tout en commençant tranquillement sa lecture.
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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: Qu'a-t-elle de plus que moi ?   Lun 9 Juil - 11:41

Bien sûr qu’il jouait. Tristan était et resterait certainement à jamais un… joueur. Son jeu ne portait pas sur l’argent, les jeux d’adresses, même s’il s’y débrouillait plutôt bien par expérience, mais sur les sentiments.
Cassidy ne pouvait pas se douter d’à quel point elle avait raison. Il était… séducteur. Si avec elle, il mêlait taquineries et honnêteté, avec les autres il jouait autrement. Disons qu’elles, il n’avait pas besoin de les faire tourner en bourrique. Peut-être parce qu’elles l’intéressaient. Pour un temps seulement certes, mais elles l’intéressaient.

Cassidy ce n’était pas pareil. Et ce ne serait jamais pareil.
Mais lorsqu’il avait été dans sa chambre, quand il avait terminé de se convaincre qu’elle… n’avait rien en tête, rien avec lui, autre que discuter, malgré sa frustration et une pointe de déception qu’il trouvait totalement stupide étant donné qu’il se persuadait de n’avoir rien manqué d’extraordinaire, il avait été… gentil, présent, doux dans ses gestes. Comme toujours au bon moment. Comme si mu par un instinct dont il avait le secret et dont le fonctionnement était plus qu’incertain et imprévisible, il agissait toujours pour la surprendre… souvent en bien… avant de tout gâcher d’une façon ou d’une autre.

Il avait été gentil, doux… avant de se faire moqueur pour ses explications, très romantique…. Avant de devenir honnête, simplement… terriblement résigné. Il y avait quelque chose de triste dans ce qu’il disait, pourtant ses paroles feignaient le contraire.
Puis il était parti mais la demoiselle ne semblait pas enchantée par ce qu’il avait dit. En fait, Tristan ne comprit pas vraiment pourquoi un oreiller vola dans le couloir ni pourquoi la porte claqua violemment et du chef de la jeune femme apparemment.

Il se tourna vers la porte de la chambre de la jeune femme en haussant un sourcil surpris. Oulà… Elle était remontée, il ne comprenait juste pas pourquoi. Après tout, elle ne lui avait pas exprimé une réelle colère juste avant. Enfin il la taquinait bien évidemment mais il n’avait pas cru… que c’était sérieux, qu’elle lui en voudrait. Voyons, elle savait bien qu’il était comme ça, ainsi… sa façon d’être, jamais sérieux très longtemps. Alors pourquoi s’énerver ainsi ? Il n’était pas très… enfin ce n’était pas méchant !

Le jeune homme haussa ses épaules musclées, désintéressé et sachant bien qu’avec une femme, il ne fallait pas insister lorsqu’elles avaient décidé d’être… pénibles ou du moins fermées à la discussion. De toute manière, il était claqué et avait besoin de se reposer.
Pourtant, Tristan ramassa l’oreiller et le prit avec lui, le posant dans son lit après être entré dans sa chambre. Il se déshabilla et se coucha aussitôt.
Le sommeil ne tarda pas à lui tomber dessus et il ne se posa pas une question de plus, pas le moins du monde tourmenté.

Le lendemain matin, le Drakkari se leva tôt comme toujours. Il se sentait une forme olympique et ôta les bandages autour de son bras, bien décidé à se débarrasser des petites barres de bois taillé qui maintenaient ses os en place.
Son bras sous les larges bandes blanches était un peu plus pâle que le droit qui était resté au soleil toute la journée de la veille ou presque. Mais il était beaucoup moins gonflé que l’avant-veille, suite à l’accident. Oui, décidément, il allait beaucoup mieux !!!!

Le guerrier le bougea avec prudence et sourit. Un léger tiraillement et une faiblesse certaine qui prendrait du temps avant d’être palliée mais rien d’exceptionnelle et surtout la promesse qu’il irait mieux, le constat qu’il ALLAIT déjà mieux, qu’il ferait mentir ce guérisseur. Oui, il en était tout à fait capable.
Il s’entraîna toute la matinée, revigoré, oubliant totalement d’aller manger tant il était pris dans ses efforts. Ce ne fut que lorsqu’il aperçut la silhouette blonde s’approcher du terrain d’entraînement qu’il prit conscience de l’heure.

Il faisait de nombreuses pauses pour boire, se rafraîchir et reposer un peu ses muscles car il avait de nouveau bandé son bras gauche, même s’il n’avait pas remis les attelles et que son bras droit, malgré d’énormes progrès (rien de bien surprenant avec le rythme de malade qu’il s’imposait… efforts difficilement supportables parfois… souvent). Quand il la vit, les évènements de la veille lui revinrent en mémoire. S’il grimaça, ce n’était pas à cause des révélations qu’elle avait pu lui faire, mais bien à ce qui s’était passé dans l’après-midi, lorsqu’elle s’était endormie contre lui. Ce n’était pas vraiment… désagréable… malheureusement.

Tristan l’approcha, sans chercher à être discret, venant s’asseoir tout proche d’elle, son épaule frôlant celle de la jeune femme alors qu’il s’adossait contre le tronc d’arbre en soupirant. Torse nu, le corps luisant d’une fine pellicule de sueur, il avait l’air d’avoir fait de sacré efforts. Sans doute avait-il trouvé un couteau aux cuisines car ses mèches rouges étaient moins longues que la veille et encore plus de tailles inégales !
Il appuya sa tête contre le tronc en fermant les yeux, ayant noté avec une certaine curiosité pourtant bien dissimulée les différents… objets qu’elle avait apportés avec elle ce jour là.

- Salut princesse. T’as décidé d’installer ton bureau en pleine nature finalement ? Tu as raison, il fait bien trop beau pour ne pas en profiter.


Il s’étira nonchalamment, les yeux toujours clos, écoutant les quelques chants d’oiseaux qui s’entendaient par ci, par là.

- Qu’est ce que tu lis ?
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Cassidy Herediane
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MessageSujet: Re: Qu'a-t-elle de plus que moi ?   Lun 9 Juil - 16:00

Cassidy n’avait pas été très amicale. En effet, trop de confusion dans ces sentiments à l’heure actuelle. Son problème ? Elle se prenait trop la tête, réfléchissant au positif et négatif, se demandant comment elle pourrait réagir avec lui. Bon, c’est vrai, elle avait agit excessivement hier avec Tristan, juste parce qu’il prenait les sentiments affectifs comme un jeu. Mais dans un sens, elle avait été touchée.

Oh bien sûr, elle n’était pas particulièrement sentimentale et romantique à ce point, mais il y avait la part des choses à faire. Entre un baiser qui a une signification et embrasser pour… s’amuser, le fossé est quand même assez large. Et cela avait fait du mal à la jeune femme. Mais après tout, elle s’attendait à quoi avec lui ? Et dire qu’elle commençait à l’apprécier !

Cassidy en voulait aux Cheistams pour ce qu’ils avaient fait à Tristan mais en même temps… qu’elle était la bonne décision à prendre ? Lui soutirer ses souvenirs de force et l’embarquer chez les Cheistams ? Non, là elle en était sûre, peu importe ce qu’elle ressentait pour lui, négatif ou positif, cela ne faisait pas parti de ses décisions. Une petite façon de contester ce qui était arrivé dans le passé.

Mais alors, elle ne savait plus si c’était une bonne idée de le garder ici. Pas qu’il était particulièrement agressif et détruisait tout ce qu’il voyait, non là-dessus il était même très correct mais plutôt… pour sa santé mentale à elle. Car Cassidy le voyait venir. Finir par tomber définitivement amoureuse de lui… et sûrement en souffrir par la suite. Bon, la jeune femme n’a jamais eu réellement de chagrin d’amour, mais elle avait assez voyagé pour savoir comment ça marchait. Les demoiselles soupirant devant des hommes qui leur disait que tout était terminé.

Et de la déception se lisait sur leurs visages alors que certaines le prenait plus ou moins bien. Cassidy n’avait jamais vécu ça mais elle en avait peur. Pourtant, on ne peut pas dire que la première expérience est toujours la bonne. Mais peur d’être déçue, d’aller vers l'inconnu où aucune théorie n’existait. Alors, elle préféra manifester une attitude plutôt dynamique et indifférente aujourd’hui avec lui, comme si rien ne pourrait l’atteindre.

Attention, la demoiselle était toujours capable de mordre. Et elle n’hésiterait pas à se servir de ses crocs et ses griffes.

De toute manière, le terrain d’entraînement est à tout le monde, hors de question de se défiler parce qu’il était là, le jeune homme ne ferait que se moquer d’elle. Elle avançait d’une démarche assurée et énergique, alors qu'il l'avait vu l'arriver. Et la grimace qu'il faisait n'était pas spécialement... encourageante. Il s'était entraîné toute la journée sans se reposer ? Pourtant, Cassidy craignait que son bras soit dans un mauvais état et cela lui faisait peur à vrai dire. Surtout que Tristan était du genre à cacher tout ça.

*Ne t'emballe pas pour des sentiments qui ne seront pas accessibles… enfin reste correcte mais ne fais pas ta naïve comme hier. C’est fini les bêtises !*

Cependant, Cassidy avait bien remarqué que Tristan était absent lors du repas. Et cela l’avait un peu inquiété. Bien sûr, elle ne savait pas où il était et ne pouvait pas lui courir derrière car trop de choses à faire ce matin, mais il ne perdait rien pour attendre. En espérant qu’il ne soit pas tombé ou qu’il se soit blessé. Heu oui mais pourquoi elle pensait ça alors qu’elle voulait un peu mettre de distance ?

Elle avait posé son panier dans l’herbe à côté d’un arbre, le regardant très brièvement mais sans plus s’attarder. Alors, Cassidy s’était contentée de s’asseoir contre son arbre, ouvrant d’un geste un peu sec son livre, loin de sa douceur habituelle.

D’ailleurs comment avait-il réagi hier quand elle lui avait envoyé le coussin ? Il devait sûrement avoir ricaner d’avoir réussi son coup, de l’avoir déstabiliser à ce point mais non, malgré le fait qu’il était charmant, attentionné avec elle, jouant le rôle de confident et étant gentil avec elle et que les deux jeunes gens avaient vécu des moments sympathiques, non, elle ne comptait pas fléchir encore une fois.

C’est Tristan qui s’approcha d’elle pour la saluer alors que Cassidy leva les yeux de son livre très lentement. A première vue, il ne semblait pas… enfin voilà il n’était pas aussi moqueur qu’hier en tout cas même si c’était de la plaisanterie.

*Ca peut aller… tant qu’il ne rentre pas dans les sentiments, je peux quand même rester correcte. Ca serait méchant de ma part de l’envoyer balader maintenant.*

Il lui demandait si elle avait décidée d’installer son bureau à l’extérieur et cela la fit un peu sourire mais très légèrement. C’était vrai que le plein air est plus agréable que l’intérieur et elle ne disait pas le contraire. Cela lui manquait quand même ses aventures sans aucun repère ni structure.

« Salut… C’est vrai que travailler en plein air est plus agréable mais au moindre coup de vent je perds tous mes papiers. Mais je prends juste une pause, après tout, je dois bien me ménager aussi.»

Non elle faisait juste sa pause… d’une certaine façon. Cassidy attrapa un gâteau et mordit dedans avec indifférence, se replongeant dans sa lecture comme si de rien n’était.

« Hum… Au fait ! Je ne t’ai pas vu au réfectoire ce midi. Alors je t’apporte de quoi reprendre tes forces. »

*Et bam ! Ca y est, je suis encore allée droit au but… décidément le rôle de méchante ne me va vraiment pas*

Un petit geste attentionné déguisé bien que Tristan ne serait sûrement pas dupe. Mais bon après tout il faisait ce qu’il voulait, c’était un geste gratuit et pas pour réclamer une quelconque compensation, non chez elle il n’y avait pas de sous entendus. Du moins, ce n’était pas son genre.

En plus, Tristan s’était installé juste à côté d’elle, frôlant son épaule. Il aimait toujours être torse nu et elle fut fort surprise de voir son bras sans les cales en bois qui permettait de soutenir les os le temps que tout se resoude. D’ailleurs il semblerait que le guérisseur avait dit qu’il avait besoin de repos… A moins que son sang de Drakkari l’aidait à récupérer vite fait. Elle déglutit un peu et fit une grimace avant de prendre avec beaucoup de précaution sa main pour examiner son bras.

« T’as déjà enlevé les trucs pour caler ton bras ? C’est impressionnant comme tu guéris vite. »

Elle le toucha avec douceur, faisant parcourir ses doigts le long de son bras, comme pour s’assurer du bon rétablissement de son bras. Bah quoi ? Elle se tenait informée ! Elle devait un peu s’occuper de lui quand même et ça n’avait rien à voir avec le reste. Chassez le naturel, il revient au galop !

Cassidy regarda son livre quant à son interrogation sur sa lecture. Il s’intéressait à ce qu’elle lisait ? Enfin dans un sens, cela lui faisait plaisir, surtout quand c’était quelque chose qui lui plaisait, mais pas sûr que Tristan y comprenne grand-chose. Du moins, elle tenta de lui expliquer le mieux possible, un sourire un peu plus grand sur le visage.

« Ca ? C’est un livre de magie sur des sorts d’invocation. J’aimerais apprendre l’invocation inversé. Cela permet… de récupérer un objet sur une certaine distance. En gros, tu as un objet éloigné et en incantant le sort il se matérialise directement dans la main. Ca peut être utile »

C’était surtout pour pouvoir récupérer son bâton si il était trop loin d’elle, elle avait appris à ne plus se déplacer sans son arme, utiliser la magie sans focalisateur était épuisant à force.

« A part ça, j’ai aussi pris quelque chose pour toi… »

Elle aurait voulu lui balancé comme ça mais on sentait une pointe d’hésitation dans sa voix.

Puis, Cassidy sortit de sa sacoche le parchemin avec son support et de quoi écrire et elle les posa dans l’herbe puis le regarda d’un air un peu… inquiet ? désinvolte ? hésitant ?

« Tiens c’est pour ta lettre pour cette... femme que tu m’as demandé à ton arrivée. Comme tu ne peux plus travailler, ça ne tient plus ce que j’ai dis»

Elle lui avait laissé avant de détourner un peu la tête, laissant Tristan dans ses pensées.

*Et je veux pas savoir ce que tu écris ! Je sens que ça va m’écoeurer*

Qu’avait-il pour qu’il tienne informer cette femme de sa bonne santé ? Si elle était comme les autres, il s’en ficherait. Alors pourquoi voulait-il prendre un peu de temps pour lui écrire ? Cassidy en avait mal au cœur. Jalouse elle ? Non ! Enfin peut être un peu mais elle ne le reconnaitrait jamais. Et elle serra machinalement ses doigts avant de retourner dans son livre, principale source d’occupation pour le moment, le laissant s’occuper.

L’invocation inversée. La possibilité de convoquer des objets existants directement devant soi ou dans sa main. C’était le contraire du sort qui lui permettait de faire disparaître des objets pour les faire réapparaître à d’autres endroits. La structure était la même, sauf qu’au lieu de se concentrer sur une pièce, il fallait visualiser l’objet désiré en traçant un signe qui aurait la couleur violette.

*Ca ne m’a pas l’air pas très compliqué… mais plus l’objet est loin, précis, plus il faut libérer sa magie… On va commencer simple !*

Cassidy ferma doucement les yeux tout en fermant son livre qu’elle posa à côté d’elle. Elle faisait sa méditation pour activer sa magie et s’apaiser afin d’être dans les meilleures conditions possibles pour réussir. Quelques minutes passèrent et elle ne bougea pas d’un millimètre, insistant sur cette première étape.

Puis, elle ouvrit doucement les lèvres alors qu’elle était assise en tailleur et murmura quelques mots.

« Activation, Niveau 1 »

Un cercle recouvert de symboles d’une couleur violette apparut sous elle. C’était en quelque sorte quelque chose qui lui permettait d’accroître sa magie dans l’apprentissage de nouveaux sorts, qui permettait de la soutenir en cas de problème. Le niveau 1 consomme très peu de magie.

Elle rouvrit les yeux et regarda une pierre qui se trouvait non loin d’elle, de la taille d’une balle de tennis. Cassidy se concentra sur l’objet et dessina une rune qui apparut dans les airs tout en tendant la main. La pierre devint transparente, les sourcils de Cassidy étaient plissés sous le coup de la concentration et elle visualisa la forme et le toucher de l’objet.

Enfin, elle la fit disparaître puis réapparaître dans sa main. La jeune femme sourit, sans s’occuper plus que ça de Tristan, très concentrée dans sa tâche. Elle lança la pierre à nouveau devant elle et s’amusa à la faire réapparaître dans sa main, la lançant toujours plus loin jusqu’à s’être bien familiarisé.

Lorsque Cassidy sut maîtriser ce petit tour, la jeune femme se mit debout, son cercle toujours actif sous ses pieds. Elle prit une orange dans le panier puis la lança en l’air loin devant elle. Elle traça sa rune mais trop lente. Avant que l’orange atteigne le sol, la mage traça une autre rune pour la faire léviter.

*C’est pas encore ça !*

Elle insista plusieurs fois, toujours des échecs, jusqu’à enfin réussir à la faire réapparaître dans sa main. Cassidy sourit de nouveau et retenta l’expérience, sa maîtrise venant au fur et à mesure.

Après cela, elle prit un kiwi, lança les deux fruits et se retourna. Elle n’avait aucune visibilité sur les objets mais cela ne lui posa pas de problème car elle arriva à les faire revenir dans ses mains.

*Ok ! Quelque chose de plus sérieux maintenant !*

Son regard se porta sur le local et son visage s’éclaira alors qu’elle cherchait à invoquer une arme, en l’occurrence, une petite dague. Les yeux plissés, la concentration au maximum, elle cherchait à percer la porte. Mais elle se heurta à un blocage. Car elle n’arrivait pas à visualiser l’objet en détail et que faire passer un mur, une porte, rendait la tâche plus difficile.

Le regard de Cassidy se fit plus dur, mais uniquement parce qu’à l’intérieur, on pouvait voir la détermination de la mage à ne jamais lâcher l’affaire. Surtout pas sur un sort comme celui là. Et puis, elle fixait toujours une barre assez haute à chacun de ses entraînements. Et au moins, cela lui permettait de se défouler. Elle serra les dents.

*Calme toi… ok… pas devant lui en tout cas, je n’abandonne pas devant lui*

Non, elle ne voulait pas forcer l’admiration mais au moins, le fait qu’il soit là la faisait inconsciemment redoubler ses efforts pour arriver à la réussite. Mais comme elle n’y arrivait pas comme ça, il lui fallait autre chose.

« Niveau 2 »

La lumière du cercle s’intensifia et devint plus forte. Elle lâchait à chaque fois une dose de magie pour la soutenir, ce qui lui permettait d’être aider dans son apprentissage. Cassidy se concentra une nouvelle fois sur sa visualisation et tendit la main en avant en traçant sa rune. Cela lui prenait un peu plus d’énergie mais c’était nécessaire.

Un éclat doré se produisit au bout de sa main et la dague qu’elle avait invoqué du local se dessina et se posa dans sa main alors qu’elle l’empoigna vivement. Une petite lame courte, au bout émoussé, et la jeune mage sourit avant de faire disparaître son cercle, la respiration un peu sifflante mais contente de s’être encore dépassée. Ca c’est ce qu’on appelle une pause !

Elle se laissa doucement retombée à côté de Tristan et s’adossa à nouveau contre l’arbre, avant de prendre ses gâteaux au chocolat qu’elle affectionnait tant et commença à manger, restant silencieuse et évitant de faire la curieuse au sujet de la lettre de Tristan.
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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: Qu'a-t-elle de plus que moi ?   Mar 10 Juil - 10:06

Tristan s’était approché avec simplicité. Son regard brillait de malice mais il n’avait aucun mauvais coup en tête, bien au contraire. Calme, simple, juste honnête, il était venu vers elle plutôt que de l’ignorer. Il n’avait pas envie de la voir hein ?!!! Ou juste un petit peu ! Mais comme elle était dans le coin, il n’allait pas non plus… l’ignorer, ça aurait été très… impoli.
Surtout qu’avec sa chevelure blonde elle ne passait pas vraiment inaperçue, il aurait sacrément menti et aurait été très peu cohérent en prétendant ne pas l’avoir vue.

Et puis ce n’était pas son genre. Il n’allait pas l’éviter.
Pourtant il l’avait déjà fait. Après cette fameuse nuit étoilée, lorsqu’il l’avait rassurée sur son état à cause de ce qui s’était passé. Lorsqu’il l’avait bercée, aidée. Lorsqu’il avait agi comme un homme doux, terriblement responsable, mature et surtout qui se souciait d’elle, plus que de personne d’autre. Il avait été là et s’était senti bien près d’elle. A son grand malheur.
Tristan aurait vraiment souhaité se sentir moins bien en sa présence, moins important.

Peut-être que si elle l’avait repoussé violemment, même s’il avait été blessé, vexé, il se serait senti moins mal après. Moins mal maintenant. Parce qu’alors qu’il venait près d’elle, un magnifique sourire au visage, il souffrait… le martyr.

Elle semblait tendue… ou alors elle lui en voulait encore pour la veille, oui ce devait être ça.
Parce qu’elle eut un mouvement bien trop calculé pour être naturellement étourdi ou hésitant. Elle mettait du temps à relever les yeux parce qu’elle n’avait pas envie de le regarder. Il se crispa aussitôt. Allons bon ! Si sa présence lui déplaisait autant, elle n’avait qu’à aller faire sa lecture ailleurs ! Dans tout le parc, il y avait des tas d’endroits où elle pouvait se rendre sans le croiser.

*T’es vraiment gamine mademoiselle la mage surpuissante ! T’espérais quoi hier hein ? Que je me la jouerai romantique sexy ?! Ouais c’est vrai je pourrai, mais ce sont que des mensonges, les hommes passent leur temps à mentir pour s’envoyer des femmes naïves comme toi ! Faudrait savoir ce que tu veux ! Honnêteté ou mensonge aux lourdes conséquences !*

Ce n’était que des pensées. Pourtant il allait se détourner, se relever alors qu’il s’était assis près d’elle, simplement gentiment près d’elle juste avant.
Mais finalement elle lui répondit et s’il était toujours tendu, c’était déjà beaucoup moins. Il l’écouta attentivement, ses yeux orangés fixant l’horizon puis le livre qu’elle avait fermé sur un de ses doigts pour en garder la page, avec intérêt.

Elle répondit à sa précédente plaisanterie en confirmant que c’était agréable et il la regarda en silence pendant quelques secondes. Comprenait-elle son besoin d’être dehors, surtout après trois mois d’enfermement. Il en doutait…mais peut-être un peu, un tout petit peu.
Par contre elle lui parla du réfectoire et là le regard du jeune homme se fit sincèrement surpris. Elle lui avait apporté de quoi se restaurer ? Sérieusement ?
Elle mordillait dans un gâteau mais sans le regarder. Un sourire se dessina sur son visage.

Il aurait pu hausser les épaules d’un air indifférent, prétendre qu’il aurait trop peur de s’empoisonner ou quelque chose du genre mais son sourire s’élargit simplement, se faisant taquin. Non, non, il n’allait pas prétendre qu’elle agissait ainsi parce qu’elle avait un petit faible pour lui, même si ça aussi il aurait pu le faire. Au lieu de quoi, le grand jeune homme se mit à quatre pattes, les yeux brillants de gourmandise alors que justement il ne semblait pas spécialement… gourmand et il déposa un baiser sur une de ses joues, une expression de gamin comblé au visage…. Prenant une petite voix d’enfant d’ailleurs, forçant vers les aigus, joli effort vu sa voix grave.

- Wah… J’en ai de la chance ! J’ai même une petite hôtesse de maison à domicile. Tu vas me donner la becquée ? Non parce que ça peut être sympa hein !

Il sourit, gentiment moqueur mais ouvrit le panier avec curiosité, prenant un bout de pain dans lequel il mordit avec appétit.
Il porta la main à son ventre et fronça les sourcils.

- Ah… ça devait être ça alors… j’ai dû oublier de petit déjeuner ce matin…

Il disait ça très sérieusement mais avec une mine si piteuse qu’il était impossible de ne pas sourire. Il semblait carrément ennuyé par cette perte de mémoire potentielle. Il s’était assis et grignotait toujours son bout de pain, loin des manières rustres, agressives des hommes de combat. Il mangeait même d’un air pensif en fixant la jeune femme près de lui.
Elle se tourna alors vers lui, lui tirant un sourire un peu plus large. Ah ben finalement elle ne semblait pas lui en vouloir plus que ça.

Elle avait pris doucement son bras gauche et l’examinait avec une attention toute particulière, tout aussi surprise que lui par sa guérison. Il prit le temps de finir sa bouchée et d’avaler avant de répondre, trop habitué à une certaine politesse avec les femmes apparemment… ou peut-être simplement en général.

- Oui, je les ai enlevé tout à l’heure. Je guéris vite en effet, j’en suis le premier surpris d’ailleurs parce que ça prend vraiment peu de temps… mais je n’ai pas l’intention de me poser plus de questions que ça. Faut juste que je me ménage malgré tout, ce serait bête de tout gâcher.

Il lui fit un grand sourire et se servit une épaisse tranche de jambon cru sur du pain, mettant un peu de salade juste au-dessus et croquant dedans avec appétit.
Quand il mangeait et qu’il appréciait la nourriture, Tristan n’avait pas des manières d’ogre se bâfrant au plus vite pour ne pas qu’on lui enlève son assiette. Non, il savait apprécier et ses yeux se plissaient très légèrement alors que ses lèvres s’étiraient en un sourire appréciateur.
Et il ne cherchait pas à le cacher apparemment.

Néanmoins, même s’il avait simplement répondu à sa question, quand elle l’avait touché, il avait senti ses doigts à travers le tissu des bandages. Elle avait vraiment les doigts fins. Elle avait tout d’une jeune femme douce mais il avait beau essayer de l’imaginer en compagne… ça ne passait pas. Même si l’homme se tenant près d’elle, l’enlaçant et l’embrassant dans ses pensées n’avait pas de visage net, ça ne collait pas… Et il n’arrivait pas à savoir pourquoi.

Elle lui parla du livre qu’elle lisait et il plissa légèrement les yeux pour essayer de comprendre. Après tout, la magie n’était pas son truc, elle pouvait bien prétendre qu’elle allait faire apparaître une montagne sous ses pieds qu’il n’aurait su dire si elle se moquait de lui ou était honnête, ce n’était pas super facile à vivre et surtout à admettre.
Néanmoins, il hocha la tête d’un air compréhensif. Pourtant sa mine s’était… assombrie alors qu’un léger sourire amer planait sur son visage sans qu’il n’en donne la raison.

- Je vois… c’est pour faire venir ton bâton à toi quand tu ne l’as pas…

Ce n’était même pas une question.
Mais le jeune homme était perspicace il ne fallait pas l’oublier. Et mine de rien, il était quand même, malgré toutes ces années écoulées, la personne qui la connaissait le mieux au sein de cette Académie… Enfin Kymie en savait beaucoup sur la jeune femme. Mais au fond… lui la comprenait peut-être bien plus que les autres et puis… il savait quelque chose sur elle que tous les autres ignoraient. Cette idée lui donnait une fierté certaine, proche de l’arrogance. Cela arrive parfois… quand les choses comptent dans un sens que l’on refuse d’admettre.

Et lorsqu’il lui avait posé la question, il n’était ni moqueur, ni faussement intéressé. Plus encore quand elle lui avait répondu, lui qui avait largement de quoi être méchant, simplement détestable en se moquant d’elle ou en faisant comme s’il s’ennuyait en baillant ou en haussant les épaules d’un air indifférent, lui avait fait un sourire malgré tout. Il l’avait écoutée, comprise… un peu trop peut-être.

Elle annonça alors qu’elle avait quelque chose pour lui et une surprise honnête passa sur le visage du jeune homme. De quoi donc s’agissait-il ? Elle lui avait apporté à manger, c’était bien suffisant, non ? Pourquoi voulait-elle encore être gentille avec lui ? L’avait-il si mal jugée ? Il pensait sincèrement qu’elle allait… mal un peu plus tôt, qu’elle lui faisait la tête, apparemment pas.
Elle lui sortit de quoi écrire et il pencha la tête de manière adorable, n’ayant pas l’air de comprendre.

Elle lui expliqua. C’était pour qu’il puisse écrire à Maud. En le comprenant, le jeune homme se redressa et ses yeux brillèrent une seconde d’un intérêt qui n’avait absolument rien d’innocent. Pourtant il ne souriait pas spécialement même s’il prit les objets de ses mains, mais sans empressement, juste… poliment. Et ce même si une certaine impatience se lisait dans ses yeux.

- … Ah ? Merci.

Et il disait merci quand même !!!
Par contre… il ne fallait pas oublier que son bras gauche était toujours bandé, écrire avec sa main droite risquait d’être fastidieux. Sans doute s’attendait-elle un peu à ce qu’il requière son aide. Elle risquait d’être surprise… Du moins s’il n’avait pas trop perdu…
Alors qu’il s’installait contre l’arbre sans lui parler davantage, son regard se perdant dans le vague alors qu’il réfléchissait, les affaires pour la lettre à côté de lui prouvant qu’il n’avait pas prévu d’écrire de suite, elle commença ses exercices.

Très vite, Tristan sortit de ses pensées et l’observa, attentif, comme s’il s’attendait à tout moment à voir l’autre zombie débarquer et devoir intervenir. En réalité, il la regardait avec curiosité. Il la trouvait incroyable, plus encore avec la magie qu’elle faisait, elle n’avait rien des pompeux mages. Chez elle… c’était beau comme un tableau, comme une cascade lumineuse dont les myriades de gouttes d’eau prendraient des éclats différents rouges, jaunes, orange, bleus, verts, un arc-en-ciel de couleur extraordinaire.

Alors il la regardait. Ce n’était pas mal de regarder une prouesse magique, un apprentissage. Ce n’était pas mal de regarder un beau tableau. Il devait juste prendre garde à cause de cette boule dans son ventre, de cet amusement sur son visage mêlé à une concentration et une admiration à peine dissimulées, à ce truc qui parfois passait dans son regard. Un truc… tout simple, humain, mais terriblement dangereux.

Il la regarda faire sans feindre l’indifférence, sans seulement essayer de feindre l’indifférence. Il l’observa, l’écouta et resta immobile.
Ce qu’elle faisait tenait de l’irréel pour lui. Malgré son aversion pour la magie, il avait tout de même de faibles notions, mais des notions. Il savait que ce qu’elle faisait était loin d’être simple. Du moins s’en convainquait-il. Ce n’était que plus extraordinaire si cela sortait de la norme.

Il lui sourit en la regardant. Bon bien sûr, elle, elle ne le regardait pas, elle agissait juste, concentrée même s’il avait l’impression que sa présence la poussait à faire mieux… bien mieux.
Elle progressa à une vitesse tout à fait impressionnante.
Et lui, immobile, observait… sans s’inquiéter. Si quelqu’un était capable d’y parvenir, ça ne pouvait être qu’elle… Il le savait.

N’empêche pour une prétendue pause, elle s’en donnait à cœur joie au niveau des efforts et même s’il ne disait rien, il était peut-être un peu impressionné.
Enfin la jolie jeune femme s’arrêta et se laissa tomber près de lui, s’adossant contre l’arbre. Il sourit, leurs épaules se frôlant. Il n’avait toujours pas touché aux affaires qu’elle lui avait données pour qu’il écrive à Maud. Il ne dit rien, se contentant de tourner la tête vers elle, la regardant sans méchanceté, sans moquerie, avec une expression… plutôt difficile à comprendre, même pour lui-même.

Ce qu’elle avait fait avec le local pour les armes du terrain d’entraînement, c’était quand même pas mal. Il était assez impressionné. C’était quand même perturbant. En tous les cas, avoir une telle mage à ses côtés lorsqu’on est un guerrier, c’est assez pratique. Ca devait l’être. En cas de problème, elle pouvait invoquer une arme pour leur défense. Il ne savait pas vraiment comment ça fonctionnait… mais ça fonctionnait.

Tristan s’était habitué au léger sifflement à peine perceptible qui se faisait entendre lorsque l’objet visé arrivait près de Cassidy. Et là, il y eut un problème. Parce qu’il entendit le sifflement, mais bien plus… comme avec différentes sonorités. Ce dont la jeune femme fatiguée sans doute ne semblait pas s’apercevoir. Elle était assise près de lui, en train de se reposer… apparemment ça n’avait rien de normal.

Mais entre le temps où il perçut le bruit et le moment où il réagit, le Drakkari laissa à peine quelques secondes s’écouler.
Il agit par instinct… mais vivement et bien.
Pour lui, la jeune femme avait fait des efforts, surtout devant lui et il comprenait car il aurait agi de même à sa place. Sauf que voilà… elle avait peut-être fait un peu trop d’efforts. Il se redressa d’un coup et se jeta sur elle.

Il ne cherchait pas à lui faire du mal non… Juste à la sauver. Et en effet, le sifflement s’était intensifié et à peine la plaquait-il dans l’herbe, collé à elle que de secs craquements retentirent en même temps que des épées, des haches, des javelots et autres se plantaient profondément dans le tronc d’arbre contre lequel ils s’adossaient juste avant.

S’il désapprouvait sa robe du jour et vraiment beaucoup, Tristan fut tout de même content à cet instant qu’elle soit assez couverte, même s’il ne lui avait pas vraiment fait de mal. Certes cette robe bien plus couvrante qui lui rappelait davantage une nonne qu’une jolie jeune femme, surtout qu’après l’avoir vu avec un peignoir trempé et de ce fait collant, il pouvait affirmer qu’elle était plutôt… alléchante physiquement. Couvrir autant un corps aussi intéressant… était criminel.

Mais là il ne s’en préoccupait vraiment pas. Sans doute avait-elle fait appel à trop de magie et les objets qu’elle n’avait pas demandés avaient réagi bien après les autres, en tous les cas, il venait de lui éviter de terminer en passoire. Mais ça encore, ce n’était pas ce qui occupait ses pensées.

Parce qu’il l’avait plaquée au sol… se retrouvait au-dessus d’elle.
Leurs visages étaient très proches l’un de l’autre et malgré qu’il soit en équilibre sur la pointe de ses pieds et sur ses coudes, son corps était appuyé contre le sien et contre toute attente, il avait une mine d’abord surprise, puis un sourire très timide au visage.

- Pour ma défense, ce n’est pas une tentative d’approche minable. Dit-il avec douceur l’air un peu gêné mais très peu…

Surtout que lui gêné… quand même… c’était quelque chose !!!!
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Cassidy Herediane
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MessageSujet: Re: Qu'a-t-elle de plus que moi ?   Mar 10 Juil - 16:39

La jeune femme l’avait un peu ignorer c’est vrai. Parce qu’elle lui en voulait pour hier qu’il ne voyait qu’un amusement à des sentiments mais on le sait bien, ce n’est pas toujours le cas. Surtout depuis que Cassidy suspectait que sa magie était beaucoup plus stable quand elle éprouvait certains sentiments… à l’égard du Drakkari. Malheureusement ou heureusement ? Négatif car tout ceci ne serait jamais partagé et elle en était sûre. Quelqu’un qui n’était pas capable d’aimer ne le serait peut être jamais. Mais c’était impossible, on ne peut pas se passer d’amour éternellement.

Et positif car ils se comprenaient quand ils le voulaient bien. Même si c’était dur parfois. Et puis, la jeune femme repensa à ces petits moments ensemble. Quand il l’avait calmé sous les étoiles et qu’elle était couchée à côté de lui admirant la voie lactée. Quand il se préoccupait d’elle et la soignait. C’est vrai quoi ! Il pouvait tout aussi bien la laisser couverte de blessures sans bouger le moindre petit doigt. Alors soit c’était pour endormir sa méfiance, soit c’était… parce qu’il tenait un peu plus à elle qu’il ne voulait bien le laisser entendre.

Non sérieusement ! Lui tenir à elle ? De quelle façon ? De quelle manière ? Pourtant ses sourires sincères trahissaient son honnêteté dans certaines situations. C’était comme si elle n’avait jamais vu toutes ces expressions sur son visage. Elle le connaissait très bien quand il était petit et à part cet air taquin et provoquant, parfois teinté de moquerie, ses paroles cinglantes à son égard, jamais il n’avait montré la moindre gentillesse visible envers elle. Alors, c’était sûr, elle le voyait autrement.

Et puis, il l’avait bien laissé dormir contre lui alors qu’elle se réveillait de son état de zombie, comme si il ne voulait pas briser le contact. Et Cassidy devait avouer que ces choses qu’il faisait, lui retournait le cœur, faisait naître des émotions en elle qu’elle n’avait jamais chercher à connaître. Et pourtant la veille, en apprenant que tout n’était qu’un jeu pour elle, Cassidy avait… douté. Tout ce qu’il avait fait n’était qu’un jeu ? Pas d’émotions, pas de sentiments ? La colère est tellement facile à déclencher parfois. Et la jeune femme savait aussi qu’il était très facile de provoquer Tristan.

Il l’avait interpellé et bien malgré elle, la jeune femme avait levé très lentement les yeux, cherchant sûrement à garder une attitude correcte et convenable avec lui. Elle ne lui en voulait pas d’être pas romantique, au contraire au bout d’un moment cela pouvait être lassant et puis… elle était toujours crispée avec ce genre de choses mais son amusement, ses jeux… N’existait-il pas un homme qui était honnête, naturel et pas coureur de jupon ? Ca existait ? Elle commençait un peu à désespérer.

Aller dans un autre endroit ? Oui c’est vrai qu’elle aurait pu, évidemment, mais hors de question qu’elle le laisse s’entraîner sans rien dans le ventre. Cassidy tenait quand même suffisamment à lui pour se soucier de sa santé.

A sa réplique sur le besoin d’air et d’un environnement extérieur, Cassidy comprenait un petit peu Tristan. Elle se doutait que son emprisonnement ne lui avait pas permis de voir la lumière pendant des semaines entières. Et elle savait que pour un homme comme lui, pour le petit garçon qu’il était, elle l’avait toujours su, qu’il n’aimait pas être enfermé, séchant parfois les cours quand ça lui disait et qu'il ne voulait pas rester à l'intérieur, peu importe le temps, la température... si il avait décidé de rester dehors, personne ne pouvait le faire rentrer. Et il passait aussi beaucoup de temps dans la forêt voisine dans son enfance près de leur village. Et puis, le domaine de l’Académie n’était pas si désagréable. Ca manquait juste… de danger même si la mage était un danger à elle toute seule.

Pour sa part, elle aimait beaucoup être dehors, même si ses nouvelles fonctions l’obligeaient à devoir rester à l’intérieur pour le moment. Cela rappelait à la jeune femme à quel point les études de la magie pouvaient être longues. Des heures à lire des livres, méditer et même parfois… partir d’un lieu à l’autre, se cachant même parfois même si son maître ne lui a jamais rien expliqué sur cette raison.

Enfin, la jeune femme lui expliqua qu’elle lui avait apporté de quoi manger et son regard surpris ne lui échappa pas. C’est vrai qu’elle avait lourdement hésité avant de prendre quelque chose, à cause de ce qui s’était passé la veille. Cependant, Cassidy avait levé le bras d’un air agacé. Tant pis, elle n’allait pas se formaliser tant que ça. Tant qu’il ne chercherait pas… à faire en sorte qu’elle tombe amoureuse de lui. Et sa surprise à lui montrait qu’il ne s’y attendait vraiment pas.

A la grande surprise de Cassidy, il s’approcha d’elle tellement furtivement qu’il eut le temps de l’embrasser sur la joue alors que la jeune femme se crispa un petit peu, ne s’attendant pas du tout à ça mais vraiment pas. C’est comme ça qu’on remercie maintenant ? Pour quelques morceaux à manger ? Ses joues prirent cependant des couleurs. Et Tristan ne devait pas avoir tort dans son raisonnement. Si maintenant elle commençait déjà à rougir, qu’est ce que ça serait si ils attaquaient des choses beaucoup plus sérieuses ? Des chocapiiiiics !

Et il prit une voix d’enfant extrêmement aïgu, comme si il jouait mais c’était tellement bien imité que la jeune femme se retint de rire de bon cœur. Au moins ça elle l’appréciait chez lui, sa spontanéité. Mais elle se mit à sourire avec gentillesse, se détendant un peu au final, peut être inconsciemment. Une petite hôtesse pour lui ? Un peu oui ! Personne n’avait droit à de telles faveurs surtout venant de la directrice elle-même.

Après, elle s’était encore inquiétée pour son bras et l’examinait avec attention, vraiment pour vérifier que tout allait bien, surprise de cette guérison accélérée. En même temps, cela lui faisait penser à ses blessures magiques qui guérissaient vite pour ce que c’était ! Et là, elle se posa une question. N’y avait-il pas un lien entre les deux ? Non pourtant, elle n’était pas une guérisseuse et lui non plus, c’était sûrement un pur hasard que leurs blessures guérissent aussi vite. Cependant, elle se permit une petite remarque enjouée.

« Quand le guérisseur est venu, il m’a dit qu’on faisait un concours de blessures. On fait un concours de rapidité de guérison maintenant ? »

Si elle avait été comme lui, la jeune femme lui aurait plutôt sortit une phrase comme quoi elle lui faisait un certain effet pour qu’il guérisse aussi vite. Mais elle ne dévoila pas sa pensée, cela risquait fortement de surprendre Tristan et peut être pas en bien.

Elle se mit à sourire de bon cœur, lui ne se posait pas plus de questions que ça, appréciant juste guérir plus vite que d’ordinaire même si cela faisait plaisir à Cassidy de le voir se rétablir rapidement. Résistant le Drakkari !

Alors, il s’intéressa à son livre et elle en était contente dans un sens. Elle arrivait un peu à l’intéresser. La jeune femme en était fière et elle essaya de lui expliquer le mieux possible le sort qu’elle essayait d’apprendre. Et pourtant, la mine sombre de Tristan l’intrigua alors qu’il fit quand même un sourire, ne comprenant pas. Quoi c’était pas bien ? Il croyait que c’était dangereux ? Cependant, il comprit rapidement le principal objectif.

« Tu as raison, après tout je ne vais pas te le cacher. Tu as bien vu qu’un bâton c’est assez encombrant mais si on a pas cet objet près de soi, difficile de faire de la magie »

Après tout, c’était un guerrier, il analysait les faiblesses et les points forts. Mais aussi, il la connaissait mieux que quiconque. Son passé, ce qu’elle était. On garde quand même quelques fragments de l’enfance en grandissant. Et désormais, il était effectivement celui qui la connaissait le mieux à l’heure actuelle, à cause de ce qu’elle lui avait révélé pas plus tard qu’hier.

Pourtant, elle détourna un peu les choses en lui sortant de quoi écrire pour sa… enfin pour cette femme qu’il voulait prévenir quoi ! Peut être parce qu’elle voulait un peu voir sa réaction, voir c’était quoi pour lui, si elle comptait, si elle en saurait plus. Après tout, sous l’effet des sels dans la salle de bain, Tristan avait bien dit que c’était elle qui l’avait pervertit. Et cela faisait rugir Cassidy. Qui était-elle pour poser ses sales pattes de femme en chaleur sur lui ? Alors si les hommes étaient des menteurs, les femmes étaient des sorcières, envoûtant les beaux mâles pour prendre un peu de plaisir. C’était peut être pour cette raison que Tristan ne voyait les sentiments que comme un jeu. La dame était mariée, alors… l’intérêt d’en avoir un deuxième qui était libre, sans contrainte était une idée des plus plaisantes.

Instinctivement, son poing se serra un peu à l’évocation de ces pensées et Tristan la remercia pour ce petit geste même si ses yeux brillaient d’une lueur nouvelle. Bien sûr que Cassidy avait pensé à son bras, mais devoir écrire ce genre de… choses… cela ne l’intéressait pas. Ah non elle en était carrément écoeurée et imaginer Tristan avec cette… greluche pendue à son cou aaaah ! non elle ne s’y faisait pas !

Donc, elle lut rapidement son livre pour saisir les bases, puis commença son entraînement. D’abord assise, matérialisant juste un caillou dans sa main puis elle rendit l’exercice plus difficile, se surpassant devant lui, maniant plusieurs niveaux de difficultés, repoussant les limites d’un apprentissage basique. Elle pensait qu’il ne la regardait pas et puis d’ailleurs, elle ne s’en occupait pas plus que ça.

Aucune déconcentration, une volonté très grande et son spectateur silencieux lui donnait une raison de faire toujours mieux au prochain coup. Elle était vraiment exigeante envers elle-même, mais ce n’était pas pour impressionner la galerie, juste pour elle. Car chaque sort qu’elle apprend à une utilité.

Dans ses gestes, sa danse particulière, elle était très honnête, naturelle, ne cherchant pas à utiliser toute l’étendue de sa magie mais uniquement ce qu’il y avait besoin. Il fallait savoir doser les choses, surtout avec la magie qui pouvait rapidement devenir incontrôlable. Mais Cassidy ne se laissait pas perturbée, désireuse d’avancer rapidement. Enfin, elle pensa que si Tristan n’avait pas été là, elle aurait progressé un peu plus lentement. Là elle avait cette rage qui la faisait repousser les limites, même si ce n’était qu’un sort utile mais pas particulièrement offensif.

Enfin, elle termina par matérialiser une des dagues qui se trouvait dans le local et la jeune femme avait déversé un peu plus de magie pour arriver à ce résultat. C’était fatiguant, certes, mais la réussite au bout était la plus belle des récompenses alors qu’elle se relâchait complètement, se laissant presque tombée à côté de Tristan, frôlant de nouveau son épaule. Oui une drôle de pause, mais très bénéfique pour elle. Ca faisait du bien de se lâcher un peu de temps en temps, et apprendre de nouveaux sorts lui permettait de penser à autre chose que ses besognes quotidiennes.

Cependant, elle fut fort surprise de voir que Tristan n’avait touché à rien du matériel d’écriture et elle en était surprise. Cela voulait dire… qu’il la regardait ? Ou peut être tout simplement qu’il réfléchissait. C’était plutôt ça. Cassidy souffla un coup et regarda Tristan. L’expression de son visage était indescriptible et ne ressemblait à rien de ce qu’elle avait vu. Oh si peut être un tout petit peu… mais très vaguement et elle-même ne savait pas ce que cela signifiait et ce qu’il pensait.

Elle lui fit un sourire gêné, pas qu’elle était un peu mal à l’aise, mais parce qu’elle ne comprenait pas tout.

Un guerrier et un mage était un très beau duo. Car le guerrier pouvait s’occuper des attaques à proximité et donc des ennemis les plus puissants alors que le mage pouvait surveiller les arrières de son partenaire, le protégeant, amplifiant ses forces et pouvait même avoir un rôle de soutien. Car un duo comme celui-ci pouvait vraiment être difficile à défaire, tant que les deux resteraient ensemble.

Le sort qu’elle essayait de maîtriser lui permettait de faire venir une arme mais avait ses propres limites. Plus l’arme est éloignée, plus la puissance magique doit être élevée. Elle ne pouvait pas créer une arme par elle-même et devait donc visualiser une arme existante à proximité. Et puis, certaines choses pouvaient bloquer. Un mur, une emprise…

Cassidy se reposait à côté de Tristan. Après tout, elle était revenue directement à côté de lui. Et elle avait laissé tomber sa tête contre son épaule à lui, surtout par inconscience. Pourtant, Cassidy ne savait pas qu’elle avait un peu abusé et puis elle avait toujours été un peu… maladroite bien sûr.

Cependant, d’un geste très rapide, Tristan la plaqua rapidement au sol alors qu’elle étouffa un son sous le coup de la surprise, choquée et très surprise. Non mais il jouait à quoi là ? Ce n’est uniquement lorsque un bruit entailla le bois que la jeune femme écarquilla les yeux.

Elle sentait le corps de Tristan complètement collé à elle, sa chaleur, son torse musclé contre le corps de la jeune femme alors qu’elle avait les bras dans l’herbe. C’était… pas si désagréable que ça même si elle avait voulu… l’éviter et que son cœur battait un peu plus fort. Oui il devait entendre les battements de son cœur qui s’étaient accélérés alors qu’il l’avait mis au sol, il devait le sentir, sa poitrine se redressant doucement au rythme de ses respirations.

Un regard vers l’arbre lui apprit qu’elle n’avait pas fais venir qu’une dague. Oups… Bon, c’est sûr, Cassidy avait toujours été maladroite, mettant le feu à sa robe, inversait un sort sur elle, invoquait une demi panthère qui avait toujours un derrière de banc ou des choses comme ça. Et pendant un instant, ses yeux éprouvaient une sorte de remerciement mais pas que ça.

Elle était très proche de Tristan. Cassidy pouvait voir la profondeur de ses yeux orangés qui l’avait toujours fasciné, ce regard un peu gêné qui n’avait rien de très… quotidien chez lui et surtout, de la douceur dans sa voix. Il l’avait… protégé ? Lui qui semblait se fiche complètement d'elle à certains moments et d'autres où il était un peu plus... ouvert. Elle déglutit en le regardant. Ses mèches sur le devant qu’il avait coupé grossièrement mettaient en valeur ses beaux yeux. Non, elle devait l’avouer, Cassidy avait un peu d’attirance physique pour lui. Et elle respirait doucement alors qu’il se justifia sur son approche.

La jeune femme eut un sourire un peu d’excuse, ne sachant pas que faire.

« Mer…ci »

Elle sentait son souffle sur son visage, son parfum au thym qui était vraiment agréable. Cassidy ne bougeait pas, ne le repoussait pas. Elle aurait très bien pu faire ce petit tour pour échanger leur place mais là il n’y en avait pas besoin. Alors, la jeune femme décida de détendre un peu l’ambiance en lui souriant, un peu gênée elle aussi.

« J’ai du abusé de ma boisson énergétique ce matin… »

Puis, la jeune femme imprévisible releva un peu la tête comme si elle avait eu envie de se lever. Mais Tristan ne devait pas s’en douter car il ne bougea pas. Ce n’était pas sa faute en même temps. Leurs nez se touchèrent avec douceur et les joues de la jeune femme prirent une couleur rosée alors qu’elle se plaqua à nouveau un peu plus contre le sol.

*Finalement on est trèèèès bien dans l’herbe ! Aaaah ! Pitié ! Ne me dîtes pas que je… recommence ? Nan Cassidy ! Mauvais pour toi ! Et le regarde pas ! Je vais finir par… craquer*

Parce qu’il était comme ça au dessus d’elle, la jeune femme le voyait autrement. Parce que l’attitude qu’il avait sur son visage n’était pas provocante. D’où venait cette envie de l’entourer de ses bras et de relever délicatement la tête pour l’embrasser avec douceur ? D’où lui venait ce sentiment qui lui faisait accélérer son rythme cardiaque un peu plus fort à chaque fois ? Une certaine attirance… qui venait du fond de son cœur, bien cachée aux yeux de tous et surtout à ses yeux. Des choses qu’on ne comprend pas, qu’on ignore et que l’on cherche à éviter.

*Heeeem ! J'étais pas sensée ne plus me faire avoir par ce genre de chose ? Huuum on s'en fiche pour l'instant ! J'y réfléchirais plus tard ! Au final, je suis pas si mal que ça... même si... c'est pas trop dans mes habitudes*

Elle devint un peu plus rouge. C’est sûr que les demoiselles folles de Tristan la tueraient pour être à sa place. Sauf que ce n’était pas une approche voulue. Mais heureusement, qu’il était là. Elle se serait fait très mal sinon.

« Tu as d’excellents réflexes en tout cas. Une seconde de plus et je me faisais embrochée contre l’arbre. »

Cassidy était sincèrement impressionnée, ce n’était pas grand-chose mais pour elle, c’était beaucoup. Une manière pour essayer de détourner cet état qui la prenait et qui était vraiment dangereux pour elle, bien qu’elle n’arrive pas à détacher son regard du sien. Parce qu’elle était accrochée à lui mentalement.

Cependant, elle aurait aimé lui poser tout plein de questions. Parce qu'elle ne comprenait pas son attitude. Parce qu'il cherchait toujours à la surprendre en mal ou en bien. Et elle, elle était logique, elle voulait la vérité. Mais bien sûr, parfois on l'ignore ou on refuse de l'avouer.

On pouvait remarquer que le teint de Cassidy était quand même moins pâle et les cernes avaient presque disparues. Sûrement grâce à son repos d’hier et Tristan n’y était pas étranger, ça elle en était sûre et certaine.


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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: Qu'a-t-elle de plus que moi ?   Mer 11 Juil - 11:07

Il avait eu un léger sourire lorsqu’elle avait parlé du concours de blessures. Au final peut-être bien que oui. Au fond, il ne l’espérait pas, pas du tout même. Parce qu’autrement, elle chercherait à faire mieux que son bras en miettes qui récupérait tout de même très vite… et peut-être qu’elle n’y était pas tant que ça étrangère, et ça l’ennuierait de devoir recoller plus de morceaux de la jeune femme.

Son regard se perdit dans le vide. Non, niveau blessure pour l’heure c’était sans doute elle qui gagnait, non pas pour la quantité, étant donné les marques de fouet qui ressortaient encore, fines mais toujours visibles marques blanches sur sa peau plus bronzée en quantité il gagnait, en qualité peut-être aussi… il en avait vu des belles chez les Cheistams. Mais elle… elle avait ce truc.

Ce truc… parce qu’il n’avait pas encore trouvé de qualificatif approprié… Cet horrible truc qui la rongeait depuis sans doute des années… Dont elle n’avait jamais osé parler. Pourquoi ?
Pourquoi elle ? Pourquoi… Elle méritait une vie calme, sereine… belle mais simple. Déjà savoir qu’elle avait parcouru les chemins à la recherche de connaissances, d’aventures lui mettait une boule dans le ventre…savoir qu’elle vivait avec ce secret, ce fardeau, sans en parler à personne.

Lui c’était différent. Bien sûr il avait un fardeau mais… c’était particulier. Il était animé par la vengeance, la haine. Elle… elle n’avait jamais fait de mal à qui que ce soit, n’avait jamais CHERCHE à faire de mal à qui que ce soit. Peut-être que les autres avaient raison, peut-être que ces jeunes avaient raison. Il était destiné à être comme son père ? Si celui-ci était un tueur, n’était-il pas prédestiné à en devenir un ?

Et puis surtout, il avait décidé de porter ce fardeau seul. Parce qu’il refusait la pitié, parce qu’il avait peur d’avouer la vérité. Bien sûr qu’il avait tué sa mère, il n’avait pas pu la protéger, il était le seul criminel… du moins le pire de tous ceux présents cette nuit là.
Elle… Elle n’avait pas le choix. Elle craignait l’enfermement sans doute si elle avouait posséder une magie dont elle-même ne connaissait pas les limites et dont une barjo semblait vouloir « prendre le contrôle ».

Ca c’était horrible… Bien plus que de l’imaginer sur les chemins justement. Une jeune femme, si belle, à la merci de tant de criminels. Un frisson glacé lui parcourut l’échine. Il ne supportait vraiment pas cette idée. Au moins, dans cet état second, violent, elle savait se protéger de ce type de monstres avides de jolies filles. Il en était un peu, un tout petit peu rassuré.

Tristan ne l’avait pas quittée des yeux malgré ses paroles. Il avait juste légèrement hoché la tête lorsqu’elle avait confirmé s’entraîner pour faire venir à elle son bâton lorsqu’elle en ressentait le besoin. Ce qu’il ne disait pas, c’est qu’il croyait que c’était pour se protéger de lui. Elle avait bien raison. La douleur dans sa poitrine se raviva. Elle n’était pas encore assez violente pour l’étourdir, assez amère pour lui rappeler ce qu’il pouvait lui faire.

Quand elle avait parlé… rapidement de Maud, en lui proposant de quoi écrire sa lettre, il avait perçu de l’agacement, pour ne pas dire tout simplement du dégoût et pendant une seconde, il baissa la tête, blessé… Mais il y avait aussi autre chose. Elle semblait mal à l’aise mais aussi… assez haineuse. Envers lui ? Mais il n’avait rien fait à cet instant. Mais bon après tout, pour l’heure c’était surtout quand il n’avait rien fait qu’elle le « punissait ». Il ne comprenait pas encore trop pourquoi. C’était tout de même assez étrange.

Elle avait raison… Sans doute son absence de sentiments venait-elle de la façon dont une femme l’avait traité tout d’abord, lui montrant qu’aimer n’était pas nécessaire, qu’il valait mieux éviter ce sentiment justement. Au final, elle était certainement la plus sage d’eux trois. En théorie. En pratique, n’était-elle pas tombée amoureuse de son beau guerrier ? Tellement plus jeune qu’elle ?

Par la suite elle lut ses formules ou du moins les indications fournies par son livre puis se lança dans ses « incantations » ou plutôt ses bizarreries de mage.
Tristan l’observait toujours. En effet, il lui avait témoigné un intérêt certain en lui demandant ce qu’elle lisait. Ce n’était pas de la fausse curiosité, de la moquerie ou quelque chose du genre. Il avait réellement cherché à savoir ce qu’elle faisait.En quoi était-ce mal ? Il avait bien le droit de se préoccuper un peu d’elle tout de même. Non ?

En tous les cas, le jeune homme ne bougeait pas de sa place, observant avec une appréhension soigneusement dissimulée la jolie directrice concentrée. Elle ne lésinait pas sur les efforts. Il la reconnaissait bien là, comme le témoignait son petit sourire en quoi à la fois amusé et terriblement… mélancolique. Pas le moins dissimulé celui-ci. Mais elle ne pouvait pas vraiment le voir après tout.

La vérité, c’est qu’il ne savait pas du tout à quoi s’en tenir. Et si soudainement l’espèce de… mode zombie se remettait en route ? Elle ne lui avait pas précisé quels étaient les moments les plus propices à ces apparitions. Oui bien sûr, il savait que c’était lorsqu’elle n’était pas forcément très… bien psychologiquement et sentimentalement. Mais aux dernières nouvelles, elle n’avait pas préparé de jolies pancartes colorées pour l’avertir de ce type d’état et comme son visage malgré les expressions impressionnantes de détails qu’il pouvait refléter, ne lui était pas parchemin acquis, conquis et surtout terrain connu… assez bien du moins, il ne pouvait pas décemment s’éloigner maintenant.

Pas alors qu’elle tentait un sort compliqué. Qui demandait apparemment une certaine concentration, de la magie. N’était-ce pas propice pour ce… truc ?
Alors il restait là, il l’observait et c’est vrai qu’en fait c’était assez… enfin ce n’était pas désagréable de la regarder faire de la magie. Elle n’était pas pompeuse, elle était elle. La femme un peu maladroite mais belle. Vraiment belle.

Son front se plissait très légèrement sous l’effet de la concentration et ses sourcils blonds lui étrécissait légèrement les yeux, disparaissant sous la dorure de ses cheveux et de quelques mèches agitées par le vent venant masquer en partie son visage juste un peu penché sous toute cette remise en question d’elle-même, de ses capacités, tout cet investissement.

Quand il était près d’elle… la magie lui apparaissait moins hostile mais surtout moins étrangère, presque intéressante. En tous les cas éblouissante.
Mais ça… était-ce vraiment la magie ou juste elle ?
Ses tics nerveux disparaissaient lorsqu’elle était concentrée. Il espérait presque dans le fond qu’elle ne pourrait pas se contenter de son rôle de directrice, qu’elle enseignerait. Avec une professeure comme elle, peut-être aurait-il accepté, avec emphase, d’étudier la magie, d’étudier tout court. Enfin étudier n’avait jamais été un problème, il ne voulait juste pas donner l’impression qu’il s’y intéressait… Mais risquer de voir un trait soucieux, triste sur ce visage déçu d’un échec envers un enfant lui nouait le ventre. En tant que jeune, oui pour elle, sans doute aurait-il été un peu plus vrai, un peu plus honnête, un peu plus… lui tout simplement.

Elle était impressionnante. Il aimait bien l’observer en étant assis. Ainsi pouvait-il la percevoir encore plus telle qu’elle était, une mage puissante. Debout, en hauteur, il était toujours confronté à cette petite taille, ce corps mince et ces traits délicats qui lui donnaient des envies qu’il supportait plutôt difficilement. Vouloir la protéger… Elle n’avait pas besoin de lui, ni de personne d’autre d’ailleurs.
Elle se protégeait très bien toute seule. Alors à cet instant, comme elle le dominait, c’était plus facile à percevoir peut-être.

Il sourit légèrement, mais encore une fois, quelque chose de faux planait sur son visage ou juste de triste, difficile à dire.
Elle s’arrêta enfin et s’assit près de lui. Il la laissa faire sans bouger. Quand sa tête glissa très peu, mais tout de même, vers son épaule, il frémit mais ne chercha pas à la repousser, simplement là, immobile, légèrement crispé mais loin d’être hostile, fixant un point devant lui.

Tristan fut heureux de ne pas avoir réagi. Car ainsi, il put percevoir les sifflements et se jeter sur Cassidy juste à temps. C’était vraiment juste et certaines armes l’avaient frôlé de manière si… rapprochée, qu’il avait presque l’impression que quelques coupures lui zébraient le dos. Heureusement il n’en était rien, mais ce n’était pas passé bien loin.

Seulement ils se retrouvèrent les yeux dans les yeux, très proches et immobile, il l’observait sans chercher à esquisser un geste de plus, comme intimidé ou pas tout à fait, comme troublé, oui totalement.
Le cœur de la jeune femme battait fort, elle avait sans doute eu peur à cause de son geste brusque. Il avait envie de s’excuser, de la rassurer, de lui sourire et de la serrer contre lui en arguant qu’elle était un peu trouillarde sur les bords… sans la laisser s’échapper de son étreinte pour autant.

Le sien aussi battait fort. Il lui faisait d’ailleurs un peu mal, mais à dire vrai il n’était pas sûr de s’en rendre compte. Etait-ce vraiment son cœur qui battait. Il avait dû bouger trop vite et l’afflux sanguin lui jouait des tours, il était assez… étourdi.
Ses yeux orangés de félin, qui rappelaient singulièrement ceux des grands tigres d’Asie, sur Terre, étaient ancrés dans ce regard noisette si innocent, ce regard qu’il avait peut-être un peu, un tout petit peu envie de protéger du reste du monde.

Combien de temps restèrent-ils ainsi ? Difficile à dire. Il la regardait toujours, crispé et toujours immobile malgré cette tenue sur ses coudes et ses pieds pour ne pas l’écraser, plutôt inconfortable. Les armes s’étaient fichées dans l’arbre depuis un bon moment déjà. Elle le remercia, hésitante… c’était ça, son regard était hésitant. Comme si elle avait peur, honte de quelque chose. De lui ?

De quoi parlait-elle encore ? de sa boisson bizarre au goût horrible ? Malgré son inquiétude et le teint pâle qui en avait résulté, le jeune homme eut un léger sourire. Cassidy chercha à se lever, il ne le comprit pas et leurs visages se frôlèrent de nouveau. Il déglutit, détournant légèrement les yeux, comme elle était en train de le faire à cet instant, mais en rougissant pour sa part. Etait-il simplement capable de rougir ? difficile à dire…

Encore une fois, le temps s’éternisa même si juste une poignée de seconde s’écoula.
Le jeune homme se laissa alors glisser sur le côté. Mais au lieu d’agir simplement ainsi, il passa ses bras dans le dos de la jeune femme, la faisant basculer sur le côté tout comme lui… et la serrant dans ses bras alors qu’il était couché sur le flanc.
Le Drakkari repliait légèrement ses jambes. Sans doute avait-il l’habitude de dormir ainsi car il l’avait fait naturellement et de ce fait, les genoux de la demoiselle et les siens se touchaient, se croisaient.

Il mit du temps à relâcher la pression que ses bras exerçaient sur les épaules minces. Son cœur se calmait mais il mettait du temps.
Dans un automatisme qui n’avait rien d’habituel étant donné qu’il l’avait découvert… eh bien avec elle, il releva un de ses bras, lui caressant les cheveux d’un geste apaisant après avoir déposé un baiser léger comme l’aile d’un papillon sur son front.

Elle souligna ses réflexes et le guerrier fut agité de tremblements, retrouvant enfin apparemment l’usage de sa lucidité… ou sa lucidité tout court peut-être. Il riait… en silence. Du moins pour l’heure. Ses bras se relâchèrent. Il n’était plus du tout pâle et ses yeux un peu plus tôt, remplis de peur, de soulagement, de douceur n’étaient plus que brillant d’amusement.

- J’aurai peut-être dû te laisser te faire embrocher alors.


Il sourit, n’ayant pas besoin de baisser les yeux pour voir sa mine scandalisée.

- Ca aurait, je l’espère, épargné ton corps, mais fait de jolis trous dans cette horrible robe.


Nouveau sourire, d’autant plus doux alors qu’il ancrait ses yeux dans les siens avec le plus grand sérieux du monde. Pourtant, ils brillaient, ses yeux mais aussi ses sourires…

- Quand on est aussi jolie c’est un crime de s’habiller… enfin de se couvrir autant.

Il soupira enfin.

- Tu vas vraiment finir par me filer une crise cardiaque toi...

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Cassidy Herediane
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MessageSujet: Re: Qu'a-t-elle de plus que moi ?   Mer 11 Juil - 20:52

Cassidy plaisantait. Autant rire de leurs blessures plutôt que de se lamenter sur leur sort. On guérit toujours mieux quand on prend ça à la légère sans vraiment y faire plus attention mais en restant quand même prudent quand il y en a besoin. Cependant, la jeune femme aurait bien voulu comprendre ce qui déclenchait cette guérison accélérée pour Tristan. Pour elle c'était compréhensible mais pour lui... Avec un peu de réflexion, elle commençait à croire que sa magie n'agissait pas que pour elle mais pour lui aussi. Ce qui était totalement tiré par les cheveux !

La jeune mage était toujours comme ça. Pas du genre à se laisser démonter pour des petites choses, pas vraiment le type à se faire enfermer et protéger dans une prison en or. Non, elle acceptait les risques, les dangers, sûrement inconsciente par moments, mais elle avait ses raisons et était bien trop têtue pour se résigner à une petite vie tranquille et sans défauts. Après tout, même si elle était à l'Académie, Tristan en faisait parti de sa petite vie maintenant. Jusqu'à quand...

Cassidy partait toujours sur le principe que le destin n'est pas figé à l'avance. Ses parents étaient juste de simples artisans, et elle, n'avait pas suivi leur voie, s'engageant vers un chemin beaucoup plus difficile d'accès. Elle était la preuve vivante que l'on pouvait changer de vie si on le souhaitait et repousser tous les clichés et les rumeurs à son sujet. Cela faisait sa force. Et si Tristan lui avait parlé de ce destin de tueur, et bien encore une fois elle lui aurait dit qu'il était grand pour choisir tout seul, que c'était le seul à prendre des décisions et que personne ne pourrait l'empêcher pas même elle. Il fallait juste qu'il suive... son instinct... et pas ses pensées uniquement.

Elle pouvait juste l'orienter un petit peu, mais jamais elle n'aurait un tel pouvoir sur son esprit. Et cela elle le respectait énormément même si cela ne se voyait pas pour l'instant. Cassidy avait cette magie sombre en elle qui menaçait de prendre le contrôle à tout moment, mais elle continuait de lutter et ne se considérait pas en victime, du moins plus pour le moment, mais comme une battante, une guerrière dans son propre corps qui ne se laisserait pas dompter aussi facilement. Même si comme tout le monde elle avait des moments de faiblesse et de découragement. Mais là, Tristan était intervenu, devenant son bras sur lequel elle avait pu s'appuyer. Même si Cassidy lui cachait la raison de ce soudain déclenchement. Une sombre envie de meurtre sur les Cheistams...

Si Cassidy connaissait toute la vérité sur Tristan, elle l'aurait soutenu comme il la soutenait, il l'aurait aidé comme il l'avait fait, elle ne le laisserait jamais tomber. Car... elle tenait à lui. Même si elle avait toujours ses parents et quelle avait de l'amour pour eux, l'émotion qu'elle ressentait envers Tristan lui donnait envie de se dépasser. Même si elle se persuadait à chaque fois qu'il n'était qu'un voyou voulant s'amuser un peu. Mais elle était comme ça, elle l'avait toujours été et continuerait de l'aider silencieusement tant qu'elle le pouvait.

Se protéger de lui ? La raison du bâton ? Pas vraiment... bien sûr elle pourrait oui et c'était une des raisons mais plutôt, contre n'importe qui. Cassidy restait un peu débutante parfois et ne s'était jamais séparée de son bâton car elle maîtrisait plutôt bien la situation à chaque fois et se débrouillait pour ressortir indemne des situations dans lesquelles elle se retrouvait emmêlée jusqu'au cou. On ne sait jamais ce qui peut arriver.

C'est sûr que quand elle parlait de Maud, le ton de la jeune mage était tout sauf très gentil. Elle n'aimait pas cette femme, c'est tout ! Mais comment le dire à Tristan ? Elle ne savait pas ce qui s'était passé avec elle, la jeune femme ne pouvait pas juger mais c'était son Tristan quoi ! Alors voilà quoi, la perversion... Cassidy n'acceptait pas et si elle avait cette femme en face d'elle, seule à seule, avec ses pensées là, la mage l'aurait sûrement frappée à mains nues. Très loin de son calme et de sa patience. Parce que c'était Tristan. Parce qu'elle ne supportait pas l'idée qu'une femme jouait avec lui même si il était rentré dans son jeu.

La seule vision de cette femme s'accrochant sur lui comme une abeille sur un pot de miel, le couvrant de bisous, de caresses, faisant des choses peu conventionnelles, l'écoeurait au plus haut point. Et pourtant, Cassidy ne devrait pas penser comme cela, Tristan était libre de faire sa vie avec qui il voulait. Et pourtant... elle ne l'acceptait pas. Il aurait bien ri en l'apprenant !

Si l'esprit zombie comme il l'appelait cherchait à revenir, ça se manifesterait d'abord par une douleur dans son bras gauche, puis sûrement une crise de tremblement témoignant d'une lutte acharnée pour éviter de s'abandonner. C'est comme cela que Cassidy voyait les choses bien qu'elle répugnait à le montrer à Tristan, à se voir changer devant lui, à devenir autrement. Alors oui elle luttait, encore et toujours.

Tant qu'elle était dans un état normal, la jeune femme était assez entraînée pour résister et ce, même malgré l'injection de magie maléfique récemment. Parce qu'elle y était habituée à cette douleur et que sa magie était assez puissante ainsi que sa volonté pour repousser toute intrusion. Pas étonnant qu'elle arrive à contrôler son tatouage en plus de cela. Parce qu'elle savait ce que cela faisait. Ce n'était pas pareil mais juste un peu, un tout petit peu.

Cassidy avait beau être une mage, utiliser une magie résultat de nombreuses années d'entraînement, cependant un mage a toujours ses faiblesses. C'est une femme farouche, indomptable, mais qui pouvait se laisser surprendre, à cause de ce petit côté naïf qui ne l'avait jamais quitté. Parce qu'elle ne serait peut être pas capable de réagir correctement si un mage suffisamment puissant lui scellait sa magie avec un quelconque objet. Mais comme elle était très discrète, personne ne s'était vraiment intéressé à elle... enfin... à la défier. Quelle raison y avait-il ? On ne pouvait pas la contraindre à obéir et même si on le cherchait par la force, elle ne se laisserait pas faire. Même si on lui faisait du mal, jamais elle ne parlerait, n'ouvrirait la bouche, préférant garder ses secrets pour elle plutôt que de révéler.

Et même elle avait pensé. Peut être que les Cheistams finiraient par croire qu'elle détenait certaines informations sur Tristan. Et qu'ils chercheraient à la faire parler... si cela devait arriver... il n'y avait qu'une seule solution pour être convaincante et qu'ils la laissent tranquille. L'oubli... si il n'y avait plus rien d'autre à faire. Enfin, elle n'y pensait pas.

Lorsque la jeune femme eut terminé et que quelques gouttes de sueur étaient apparues sur son front, elle s'était laissé tombée à côté de Tristan sans trop se poser de questions, posant doucement sa tête contre son épaule, plus par réflexe que par volonté. N'est-ce pas étonnant quand même venant de sa part ? Mais elle était toujours... surprenante. Sa rancoeur était vite partie même si elle cachait dans un coin de son coeur ce risque qu'il s'amusait uniquement avec elle. Oui, elle en souffrirait...

Alors, il l'avait bousculé rapidement et s'était jeté sur elle et même si la surprise était présent sur la jeune femme, Cassidy comprit assez rapidement en entendant le bruit des armes. Même si elle était sous Tristan ce qui était... assez bizarre comme position. Oh bien sûr pas d'idées bizarres et légèrement tordues pour sa part, car elle n'avait jamais... vu ? su ? appris ? mais juste qu'elle était... bien collée à lui.

Son coeur de Drakkari battait la chamade, sûrement à cause du choc et de l'adrénaline. Ca devait être ça. Leurs coeurs qui battaient à l'unisson. Elle se sentait stupide, car en effet, ils avaient les mêmes pulsations, comme une sorte d'écho qui les reliaient. Et pourtant les battements de leurs coeurs n'étaient pour rien d'autre que de la peur ou un choc non ? Apparemment...

Cassidy chercha à détendre l'atmosphère, elle l'avait remercié parce qu'il l'avait protégé mais était hésitante, encore en état de choc par rapport à ce qui s'était passé. Et qu'elle aurait bien voulu lui demander ce qui le poussait à réagir ainsi ! Alors qu'il lui montrait parfois qu'il était tout à fait capable de se moquer d'elle, de s'intéresser que quand il le voulait bien. Alors pourquoi la sauver ? Ce n'est pas qu'elle n'appréciait pas au contraire, mais elle voulait comprendre un peu. On ne fait pas ça par hasard quand même.

Leurs visages se frolèrent et elle détourna la tête, rougissante. Parce qu'elle devait admettre qu'elle n'avait pas vraiment l'habitude d'avoir des contacts aussi proche ! Et puis, elle parla doucement, souriant, comme si ils étaient en train de prendre le thé et que rien ne s'était passé.

Alors, Tristan se laissa tomber sur le côté mais il ne s'arrêta pas là, la prenant dans ses bras et la faisant pivoter en même temps alors qu'elle écarquillait les yeux de surprise sans chercher à le repousser, se laissant faire, se retrouvant en face de lui alors qu'il la tenait dans ses bras, ses genoux touchant les siens. Et le coeur de Cassidy ne s'était pas calmer pour autant. Le temps semblait être une éternité mais bien trop court aussi alors qu'instinctivement, elle resta apaisée contre lui.

*C'est... agréable...*

Tristan eut alors un geste qu'il adoptait... à chaque fois qu'il l'avait sauvé, apaisé, qu'il la rassurait. Il passait sa main dans ses cheveux tout en lui laissant un baiser très léger sur le front. Et la jeune femme ne dit pas non, elle commençait bien malgré elle... à s'y faire... Serait-ce le début d'une drogue ? Serait-elle en train tout simplement d'éprouver plus qu'un lien d'enfance avec lui ?

Cassidy parla alors de ses réflexes et les différents regards qu'il avaient eu pour elle, changèrent très rapidement, prenant un certain amusement alors qu'il répliquait qu'il l'aurait bien laissé se faire transpercer alors qu'elle levait vers lui des yeux, pas vraiment scandalisés mais plutôt de l'incompréhension ? Elle allait répliquer que puisque c'était comme ça, il pouvait très bien la laisser ! Mais il se rattrapa... à sa façon. Parce que son regard et ses sourires semblaient exprimer tant de choses que ça n'avait rien à voir avec cette envie animale qu'avait les hommes.

Elle l'écouta parler sans dire un mot, cherchant à comprendre et posant sa main dans l'herbe à proximité de lui. Qu'il la complimentait même si il aimerait la voir... un peu moins habillée, voire nue ? En temps normal, elle aurait pesté et grommelé des choses représentant bien toute son horreur mais elle se contenta de sourire. Alors qu'il déclara qu'il allait avoir une crise cardiaque.

Alors Cassidy passa sa main dans l'herbe, souriant avec douceur pour lui répondre.

"J'ai déjà essayé de porter des tenues un peu plus... légères comme tu dis. Mais à voir le regard des hommes, j'ai vite abandonné. Parce que... ça me fait peur... leurs... regards. Et puis je ne sais pas pourquoi, j'ai toujours été mal à l'aise assez... dénudée en public"

Un petit écho de son passé oublié et scellé dans un coin de sa mémoire. Ce souvenir malheureux sur une scène des plus choquantes. Elle ne savait rien mais lui si. Puis elle se mit à rire, cherchant à changer l'ambiance.

"Et puis qui sais, si ça se trouve je suis moche en dessous. Enfin j'en sais rien pour moi c'est tout ce qu'il y a de plus normal"

Elle posa doucement une main sur son visage, essuyant sa sueur sur son front à lui et déplaçant quelques mèches devant les yeux du Drakkari tout en continuant de lui parler.

"Mais je ne dis pas que c'est impossible. Après tout, j'ai fais d'énormes progrès en matière de... contacts. Peut être que plus tard j'aurais moins peur de mettre des robes qui mettent plus en valeur mais... il faut laisser le temps aux choses de se faire. C'est de la magie aussi, on se dévoile petit à petit. Cependant, si ça devait arriver et bien je pense que ça ne sera que pour une seule personne au départ..."

Elle ne dit rien de plus à ce sujet même si... après tout ce qu'elle avait vécu ces derniers jours, ça ne soit pas improbable que ce soit Tristan.

*Vu en peignoir trempé, déshabillé pour mettre la robe de nuit, la blessure dans le dos... j'aurais pu le gifler ou m'enfuir... tu as vraiment un effet plus surprenant que je peux bien le penser*

Cassidy se redressa doucement puis se dirigea vers l'arbre. Il fallait ranger les armes maintenant. Elle prit une épée de ses deux mains puis commença à tirer. Mais avec sa force de cacahuète, impossible de la faire décoller de l'écorce. La jeune femme commença à grogner et pester contre sa puissance physique puis insista et insista.

Son visage devint rouge, elle ferma les yeux puis prit une profonde inspiration et... la lame se retira... sous le coup de l'élan, la jeune femme tomba au sol ce qui laissait un fragment de temps pour voir ses jambes, sa robe s'était un peu relevée en avant alors qu'elle étouffait un grognement, laissant tomber l'épée à côté d'elle, alors qu'elle venait de tomber sur le dos. Pas douée !

Elle se redressa, fière, comme si rien ne s'était passé, puis ramassa l'épée qui était beaucoup trop lourde sur le sol et commença à la traîner jusqu'au local.
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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: Qu'a-t-elle de plus que moi ?   Jeu 12 Juil - 7:46

Sauver…
Il avait bondi pour sauver, pour la sauver. C’était toujours ce qu’il avait voulu faire non ? Pour une fois il était vraiment là au bon moment.
Enfin il l’était depuis quelques temps maintenant. Oui… depuis qu’il était à l’Académie en fait.
Il arrivait à être là au bon moment, à la sauver… Il était là. Etait-ce mal de s’en réjouir ? Etait-il égoïste de penser ainsi ?

Tristan l’avait plaquée au sol sa petite mage, la protégeant de son corps alors que les armes se fichaient dans l’arbre près d’eux, auquel ils s’adossaient peu avant… contre lequel ils se trouvaient. Une minute plus tôt, sa tête sur son épaule était si légère, ses cheveux chatouillaient sa peau et elle dégageait comme toujours son parfum de lilas à cause de la brise fraîche.
A présent, même s’il essayait de ne pas trop l’écraser, il était en grande parti… eh bien collé à la jeune femme.

En effet, leurs cœurs battaient rapidement, la chamade pour ne pas dire… bien plus encore.
La peur y était pour beaucoup bien entendu, l’adrénaline nécessitée par leurs corps pour ce déplacement… Mais il n’y avait pas que ça. Il y avait bien plus et ce bien plus était effrayant.
Le Drakkari semblait effrayé, littéralement. Ses yeux ne quittaient pas ceux de la jeune mage et ce ne fut qu’ainsi, en se rendant compte qu’elle allait bien et donc n’avait pas été blessé qu’il s’apaisa.
Bien agir… pour une fois. Depuis qu’il était là malheureusement, il agissait beaucoup pour elle.

A force elle allait finir par se poser des questions et lui demander ouvertement s’il cherchait réellement à lui faire du mal… Ou si ce n’était pas un jeu de plus. Difficile à dire, même pour lui-même.
Ils étaient immobiles. Lui au-dessus d’elle, son regard ancré dans le sien. Ils étaient suffisamment éloignés pour ne pas avoir à loucher bêtement ce qui aurait quand même un peu gâché l’instant… assez près pour sentir le souffle voulu discret de l’autre, discerner les détails de son visage…

De là, en étant au-dessus d’elle, il remarquait qu’en effet, ses yeux n’avaient pas la même couleur, pas tout à fait, pas les mêmes nuances ou du moins pas aux mêmes endroits autour de ses pupilles pas si dilatées que cela et à cet instant pleines de paillettes d’or. Etait-ce le reflet orangé de ses yeux qui illuminait l’encre du centre de son regard ?
Peut-être était-ce juste cela au final. Un léger sourire illumina le visage du jeune homme… Un sourire qu’il n’avait pas commandé mais qu’il ne put pas retenir. Peut-être ne chercha t-il pas à le retenir au final. Etait-ce mal de lui sourire à cet instant ? Peut-être était-ce juste normal… mais aussi trop honnête pour rester, être innocent.

Il s’était laissé tomber sur le côté, l’attirant doucement contre lui mais en se glissant dans l’herbe, il s’était légèrement déplacé, se retrouvant un peu au-dessus d’elle. Pas de beaucoup mais tout de même. Elle devait à présent légèrement relever le menton pour le regarder. Il déglutit. Sa tête le lançait et pas seulement sa tête d’ailleurs. L’incendie se réveillait du côté de son torse, il aurait bien hurlé mais il n’en avait ni l’envie, ni le courage, figé, un léger sourire aux lèvres, l’observant, incapable de la lâcher, pas tout de suite du moins.

Elle lui avoua avoir porté des tenues moins couvrantes mais s’être méfiée du regard des hommes. Ils la regardaient sans doute comme une magnifique petite proie, si convoitable. Son estomac se noua douloureusement. Comme il les comprenait… et comme il les détestait.
Il y avait aussi certainement le traumatisme qu’elle avait vécu et que son cerveau occultant, son corps le retenait… son corps l’avait retenu. Peut-être était-ce aussi pour ça qu’elle couvrait autant son corps.

En plus de son estomac, sa gorge s’était nouée. Il ne savait si c’était dû à la douleur de la rune pour l’heure invisible malgré tout, fort heureusement, ou si c’était la haine qu’il portait à ceux qui l’avaient tant blessée. S’ils les croisaient un jour… il le leur ferait payer… oh oui… le plus douloureusement possible !
Elle affirmait être juste mal à l’aise en public. Ca par contre, ça n’avait rien d’exceptionnel. Lui ne se déshabillait pas non plus n’importe où et n’importe comment. Devant elle ça l’amusait, il la taquinait et puis être torse nu pour un homme n’avait rien d’extraordinaire… devant d’autres, ça aurait été… différent.

Il ne répondit pas… encore moins lorsqu’elle prétendit qu’elle devait être moche en fait. Il se crispa pourtant violemment. Elle pensait pourtant être normale. Il fronça les sourcils. Avait-elle déjà vu une autre femme peu… habillée ? C’était plutôt normal entre filles non ? Comme c’était normal entre hommes. Dans les vestiaires par exemple à l’école, lorsqu’ils avaient sport. Mais en même temps à cet âge là… il y avait de l’innocence, et un désintérêt certain…

Il ne disait rien, rien du tout depuis quelques instants.
Elle prétendait qu’elle pourrait peut-être changer… pour une personne. Il n’était pas certain de comprendre. Sa tête lui faisait toujours mal bien qu’il la regarde toujours, caressant ses cheveux, gorge et estomacs noués, étourdi par la douleur, doux mais… différent, comme distant. Oui il l’était distant, mais pas parce que ses propos étaient inintéressants à ses yeux, juste parce qu’il les écoutait avec attention, mais sans pouvoir répondre, du moins pour l’heure.

C’est vrai que pour une demoiselle plus pudique c’était impossible, elle s’était quand même… pas mal dévoilée devant lui. Et ce même si à chaque fois, à son grand regret il n’avait pas pu en profiter. Une douleur dans le torse, qui descendait dans ses reins. Encore alors ? Ca se remettait en route, encore ? Comment cela allait-il évoluer cette fois ?
En effet, dans les douches, il avait détourné les yeux, quand elle s’était déshabillée devant lui qu’il l’avait aidé à se changer, il avait fermé les yeux… Tristan pouvait être gentleman quand il voulait.

Elle se redressa finalement. Ses beaux yeux marron brillaient alors qu’elle s’éloignait de lui. Il se redressa sur les coudes, l’observant, toujours silencieux.
La jeune femme tenta d’ôter une épée de l’arbre, se servit de sa magie puis commença à la trainer derrière elle pour aller la ranger. Il se releva lentement et arracha sans mal de son bras droit pourtant, une hache du tronc. Silencieux, il vint se placer derrière la demoiselle qui avançait… plutôt lentement et posa sa main gauche sur son épaule, l’arrêtant. Il prit également dans sa main droite le manche de l’épée qu’elle tenait, la lui enlevant. L’air nullement gêné de tenir deux armes en même temps d’une seule main et ce même s’il fronçait les sourcils sous la concentration.

Il les maniait avec bien plus de facilité, c’était clairement visible.
Sa main gauche se serra sur la fine main droite de la jeune femme. Il la pressa en douceur.
Il se remit à marcher, en silence, la tenant, l’accompagnant ou faisant en sorte qu’elle l’accompagne peut-être. En tous les cas, il ne la laissait pas s’éloigner de lui.
Sa façon d’agir montrait qu’il n’allait pas la laisser faire, prendre et ranger ces armes, au risque qu’elle se fasse mal, certainement pas.

Le beau jeune homme entra dans le local, la guidant derrière lui. Il la lâcha enfin et remit les armes dans leurs différents emplacements. Mais au lieu de ressortir aussitôt pour continuer, il se tourna vers elle, s’avança, très proche. Ses yeux brillaient dans la pénombre, comme ceux des chats, son visage n’exprimait rien de particulier… pas spécialement rassurant…
Il posa ses deux mains alors sur son visage. Quand elle lui avait caressé le front juste avant, il avait fermé les yeux, docilement. Là, ses doigts glissèrent sur les joues de la jeune femme, sur son cou, se détachèrent pour venir se poser sur sa taille et soudainement ses muscles se contractèrent et il la souleva du sol.

Appuyant la demoiselle contre un mur, il serra ses bras contre ses hanches et dut cette fois lever la tête pour l’observer dans les yeux. Encore une fois, pas de sourire. Mais après un court temps d’hésitation ou juste de latence, il s’approcha un peu plus et embrassa sa gorge. Pas comme un animal voulant déchiqueter la chair de sa victime pour se nourrir de son sang, non…
Ses lèvres caressaient doucement sa peau, l’effleurant. Il les déplaça légèrement.

Pourtant rien ne le présageait, lui-même semblait surpris de se retrouver en train d’agir ainsi. Il relâcha son étreinte, la reposant en douceur au sol mais sans la laisser partir pour autant, les mains de nouveau sur sa taille.
Son regard était plongé dans le sien et cette fois-ci un léger sourire éclaira son visage. Elle avait un goût de pomme… à la cannelle…

Pourquoi avait-il envie de goûter à sa peau, à son odeur, à elle tout simplement ? La douleur dans ses reins s’accentua mais ne fut pourtant que plus facile à contrôler. Son sourire se fit taquin alors qu’il montait une de ses mains vers sa joue, la lui caressant. Son bras bandé semblait encore douloureux… et pourtant…

- Tu as tort…


Il sourit un peu plus, mettant son visage à la hauteur du sien, de manière… complice, comme s’il allait lui dire un secret. Sans doute était-ce suspect de se retrouver ainsi dans ce local mais… peu importait, du moins à cet instant. Peut-être qu’au fond, c’était un peu vrai.

- Tu n’es pas moche du tout… Du peu que j’ai… vu accidentellement. Tu es même un peu trop jolie pour que ce soit… facile à supporter.


Nouveau pique de douleur dans les reins alors qu’il baissait la tête d’un air résigné, soupirant, coupable.

- Beaucoup d’hommes ne peuvent pas se contenter d’admirer… ils veulent posséder, en voir plus… mais à couvrir autant ta peau, tu risques de les provoquer davantage encore. Après tous, les secrets donnent toujours naissance à la curiosité, l’envie de les percer… Je n’ai pas envie qu’ils te fassent du mal.


La fin avait été dite avec honte… une honte certaine.
Il se mordait la langue d’ailleurs, fixant le sol, le front appuyé contre le sien, ses doigts passaient en douceur sur sa joue, le haut de son cou. Elle était si belle…
Il soupira de nouveau.

- Tsss, y a que moi qui ais le droit de te traumatiser… alors bon… les autres devront attendre. Ne dis plus que tu es moche… toi ou ton corps. Si tu essaies seulement de le supposer… je devrai te frapper et je ne frappe pas les femmes d’ordinaire mais… ça risque d’être la seule solution.


Cette fois, les yeux qu’il releva vers elle étaient amusés. Il semblait dire « si tu dis quoi que ce soit à qui que ce soit, je prétendrai le contraire et tu auras l’air ridicule alors gaffe à toi princesse. »
Tristan inclina son front. La douleur était toujours là. Lui céder serait tellement simple et il en avait tellement envie. Elle n’était rien comparée à celle qui lui avait fait flambé la poitrine plus tôt.
Il sourit… Il s’inclina très légèrement vers elle, juste un peu plus, sa main sur sa taille se serra légèrement dans une espèce de caresse. Il sembla sur le point de l’embrasser, se ravisa, recula et secoua la tête.

- Bon allez, laisse l’homme fort faire tu veux. Tu es peut-être douée pour taper les arbres mais je vais ranger les armes princesse, ça m’embêterait si tu te faisais encore mal. J’ai déjà dépassé toutes mes capacités en « médecine » donc… ménage toi tu veux ?


Sourire taquin d’autant plus qu’il lui tirait la langue avant de sortir rapidement, allant de ce pas, ôter les différentes armes heureusement émoussées mais tout de même profondément plantées dans le tronc du végétal. Sauf que juste après... il écrirait à Maud...
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Cassidy Herediane
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MessageSujet: Re: Qu'a-t-elle de plus que moi ?   Jeu 12 Juil - 15:12

Cassidy ne pouvait pas le cacher, ne pouvait pas le nier. L’instinct que Tristan avait eu à ce moment avait pour but de la sauver. D’empêcher que les lames s’enfoncent dans son corps et lui déchirent la peau, sectionnent ses muscles. Il était là pour elle, surveillant en quelque sorte ses arrières. Et elle était fort impressionnée car même elle n’aurait pas su sentir venir la matérialisation des autres armes.

Pourtant il était souriant, tout à fait normal, pas vraiment sur une attitude défensive. Mais malgré cela, le corps du Drakkari avait bien réagi et elle ne pouvait que lui en être reconnaissante après tout. Elle n’était pas en état de broncher, ou même de lui en vouloir après ce qu’il avait fait. Juste se laisser faire et même si la jeune femme trouvait cela assez étrange.

Parce qu’ils étaient tous les deux collés l’un contre l’autre, dans une attitude qui aurait pu paraître suspecte mais qui ne l’était en rien. Les deux jeunes gens avaient le cœur qui battait vite, fort mais Cassidy mit ça sur le compte de la peur. Même si elle sentait tout au fond d’elle qu’il n’y avait pas que ça. Elle respirait lentement, doucement, cherchant à se faire la plus discrète possible même si elle le frôla tout en essayant de détendre la situation un peu… troublante pour les deux.

Son regard noisette fut attiré par celui du Drakkari. Comme si c’était le seul regard qu’elle appréciait voir. Jamais la jeune femme n’avait regardé un homme de cette façon, avec autant d’attention, cette envie de se plonger à l’intérieur de cet océan orangé si particulier mais qui avait un charme unique en son genre. Parce que même si Cassidy luttait pour ne pas se laisser envahir par les sentiments, sentant qu’elle finirait par se faire avoir, écoutant sa raison, là elle n’écoutait rien du tout.

Elle agissait à l’instinct, elle laissait son cœur et son corps agirent. Et ceux là lui soufflait de ne pas rompre ce contact encore une fois, de rester encore un peu et d’admirer ce regard plein de mystères et de secrets. Que pensait Tristan à ce moment là ? Il souriait et cela lui retournait le ventre en le voyant. Elle avait l’impression que les yeux du Drakkari lui renvoyaient l’éclat de ses yeux noisette. Même si au départ une certaine peur se voyait, un apaisement se fit sentir quelques instants après.

Et Cassidy ne bougeait pas plus que ça, immobile, et semblant commencer à se résigner à ce sentiment qui l’agitait et dont elle savait qu’elle ne se débarrasserait pas si facilement. Parce que son cœur lui chuchotait quelque chose. C’était plus que de l’affection, c’était autre chose, de plus profond mais aussi de plus dangereux.

Tristan se laissa tomber sur le côté et la proximité qu’ils avaient pour l’instant pouvait donner des doutes à n’importe qui passant pas loin d’eux. Heureusement, Cassidy ne sentait aucune présence d’élève en tout cas. Et, elle devait admettre qu’elle était bien comme ça alors que le bras du Drakkari entourait ses fines épaules, qu’elle se laissait faire, qu’elle l’écoutait tout en relevant le menton pour le regarder encore une fois, l’observer.

C’est vrai qu’elle se posait de grosses questions. Mais Cassidy retenait sa nature de l’interroger, elle savait que Tristan n’aimait pas trop dévoiler certaines choses et pouvait avoir une attitude tout à fait opposée, voire même que cela le réveillerait, qu’il comprendrait qu’il ne devait pas agir comme ça avec elle, comme il l’avait répété plusieurs fois avec une certaine insistance. Alors oui, elle ne lui demandait rien, absolument rien, parce qu’elle ne voulait pas couper ce lien, même si elle était incapable d’avoir les réponses à ses questions tout en restant muette.

Si Tristan avait montré le moindre signe de souffrance, peut être que Cassidy se serait retirée rapidement et aurait cherché à l’aider. Parce qu’à ce moment là, elle aurait volontairement utiliser son énergie pour le soulager, en se serrant un peu plus contre lui, en le prenant dans ses bras. Elle aurait ordonné à son énergie de se transmettre à Tristan, même si elle ne savait pas comment ça fonctionnait, la jeune mage savait que ses sentiments à ce moment lui auraient permis de réussir, elle l’aurait aidé, soutenu et qu’il se sente mieux et à l’aise. Ca oui elle en était sûre et certaine. Parce qu’elle ne l’aurait pas laissé souffrir tout seul, parce que peut être que sa magie était destinée à ça. Peut être…

Cassidy lui expliqua alors la raison, lui disait qu’elle n’était vraiment pas à l’aise comme ça, tout simplement. Mais Tristan ne répondit pas, se contentant de lui caresser les cheveux et son regard se faisait plus lointain et distant. Avait-elle dit quelque chose de mal ? N’était-il pas satisfait qu’une demoiselle comme elle avait des réflexions de ce genre ? Sans comprendre, elle se sentait un peu mal à l’aise, comme si sa gêne était un handicap et qu’elle n’était pas comme les autres femmes. Ca devait être ça.

Enfin, elle se redressa, désirant ranger les armes qu’elle avait maladroitement invoquées. Cassidy n’avait pas demandé d’aide à Tristan car elle ne voulait pas le déranger. Surtout avec son bras gauche en cours de guérison, cela aurait été méchant de sa part de lui demander quoi que ce soit. Elle ne voulait pas lui donner d’ordres, elle ne s’en sentait pas vraiment capable et puis elle le respectait assez pour ne pas lui imposer des choses qui ne lui plairaient pas.

Et puis, elle s’était toujours débrouillé toute seule. C’était elle qui avait provoqué ça, c’était à elle de ranger. Alors, la jeune mage avait bien ruminé en essayant de déplacer la lourde arme. Non c’était évident, elle ne serait jamais une guerrière. Cela se voyait très bien alors qu’elle atterrit en arrière, propulsée par l’élan de sa force de cacahuète. Mais Cassidy ne disait rien, elle laissait Tristan se reposer pendant qu’elle rangeait, au moins cela lui occuperait l’esprit et elle se sentirait un peu moins troublée.

Cependant, Tristan ne l’entendait pas de cette oreille et alors qu’elle se dirigeait vers le local en traînant la lame en fer émoussé derrière elle, la jeune femme sentit une main se poser sur son épaule. Surprise, elle se retourna pour apercevoir Tristan, une hache à la main et qui, sans lui laisser le temps de protester, empoigna l’arme qu’elle tenait. C’est sûr qu’elle avait l’air vraiment ridicule, tirant un objet très lourd alors qu’elle se refusait d’utiliser toute sa magie, en ayant fait assez tout à l’heure.

Et ce que Cassidy remarqua, c’était que Tristan tenait sans problème les deux armes de sa main droite et semblait… à l’aise avec cette main dont il ne s’était jamais réellement servi. Elle écarquilla les yeux doucement et voulu protester mais resta sage, pourtant voulant récupérer d’autres armes si il voulait l’aider.

*Tu ferais mieux de te reposer…*

Elle ne dit rien mais commença à pivoter pour aller chercher autre chose, cependant, il pris avec douceur sa main dans la sienne, sans dire un mot, juste la serrant doucement comme si il désirait qu’elle l’accompagne. Cassidy ne protesta pas et se laisser guider même si elle se demandait ce qu’il y avait de si spécial pour qu’il l’invite à venir avec elle. Après tout… il ne lui disait pas grand-chose.

*Pourquoi tu veux que je vienne avec toi ? Vérifier l’état du local pour voir si je n’ai rien fait tombé d’autre ?*

Cassidy ne se doutait de rien, sage et se laissa entraînée avec une certaine curiosité à l’intérieur du local, avec un de ses réflexes qu’elle avait pris depuis que Tristan était là. Elle serra doucement la main dans la sienne, leurs doigts étaient entrecroisés, partageant une étreinte et une sorte de lien qui les maintenaient ensemble. C’était une façon de lui répondre, de lui dire qu’elle acceptait de le suivre même si elle se demandait pourquoi il ne lui parlait plus, sûrement concentré dans sa tâche.

Enfin arrivés dans le petit local, Tristan se contenta de ranger les armes à leur place initiale alors que Cassidy faisait l’était des lieux, un peu surprise et se grattant doucement la tête, un peu perdue dans ses réflexions.

« Heureusement, je n’ai pas fais d’autres dégâts… »

Cependant, Tristan la regardait. Cassidy fronça doucement les sourcils. Il avait été très silencieux depuis tout à l’heure et cela lui paraissait quand même un peu bizarre. Peut être que lui aussi était perdu dans ses réflexions, dans cette découverte qu’ils faisaient petit à petit. Et pourtant, son regard à cet instant n’avait rien de rassurant car il n’exprimait rien.

La jeune femme ouvrit la bouche, inquiète, puis recula de quelques pas contre le mur.

« Tristan ? Qu’est ce qui se passe ? »

Encore une fois, elle était incapable de deviner ses réactions. Parce qu’il ne souriait pas, il n’avait aucun sentiment sur le visage et c’était quand même inquiétant. Le beau Drakkari posa ses mains sur les joues de Cassidy et descendirent doucement, comme un filet d’eau qui la faisait frissonner.

Elle resta un peu tendue, le regardant avec incompréhension, puis ferma les yeux alors qu’il descendait ses mains au niveau de son cou. Et malheureusement pour elle, ce n’était vraiment pas désagréable du tout. Cette caresse. Ce n’est que quand il posa ses mains sur sa taille qu’elle rouvrit les yeux, assez intriguée par son comportement.

*Qu’est ce qui te prend d’un coup ? J’ai fais quoi ?*

Puis, d’un coup, il la souleva comme une plume, comme si elle ne pesait pas très lourd et la colla doucement contre le mur, tout en enserrant ses hanches de ses bras. Elle étouffa un cri de surprise, écarquillant les yeux, se retrouvant très haut d’un coup sans vraiment comprendre ce qui lui arrivait. En tout cas, elle était sûre d’une chose, ses pieds ne touchaient plus le sol.

Le corps de Cassidy se tendit immédiatement et chaque muscle de son corps se crispa. Surtout que quand Tristan avait relevé le regard vers elle, il ne souriait même pas. Comment interpréter les choses ? La jeune femme se troubla, le regardant toujours avec surprise et malaise, ne comprenant pas où il voulait en venir. Elle sentit sa magie, son corps dont la température commençait à s’élever. Cassidy voulut le mettre en garde, ne sachant pas ce qu’il avait l’intention de faire.

« Attends Tristan ! C’est peut être pas une bonne idée. Tu sais bien que je… »

Elle n’eut pas le temps de terminer sa phrase qu’il s’approcha de sa gorge et déposa ses lèvres dessus pour l’embrasser. Mais ce n’était pas sauvage, bestial. C’était… doux, agréable. Cassidy se figea, sentant une décharge électrique parcourir le long de son corps avec un frisson qui partait du bas de son dos et lui remontait vers les épaules. Sa magie s’apaisa et se calma, la température redescendit alors qu’il parcourait sa gorge ce qui lui donnait des petits frissons et une…certaine envie non identifiable.

*Tristan…*

Cassidy se détendit un peu et le regardait avec un certain étonnement alors qu’elle rougissait encore, restant interdite et complètement perturbée alors qu’il la laissait reposer au sol. La jeune femme aurait très bien pu se débattre, utiliser ses mains, mais le sourire que Tristan lui lançait la rassurait un peu, alors qu’il resta collé tout contre elle, sans faire de geste brusque, juste… en restant contre elle.

La jeune femme se retenait grandement alors qu’une chaleur mais cette fois pas désagréable l’avait envahi de nouveau, sans crier gare alors qu’elle était totalement sous le contrôle de Tristan et qu’il se rapprochait d’elle tout en la caressant doucement de sa main.

Elle l’écoutait et Tristan reconnaissait qu’elle était jolie. Venant de sa part, c’était un très beau compliment mais Cassidy voulut répliquer en ouvrant la bouche. Pourtant, elle ne dit rien, le regardant d’un regard nouveau, réceptif, qui montrait totalement qu’elle n’était pas indifférente du tout à ses paroles, ses contacts. Ah pour ça… il avait l’art et la manière d’y aller en douceur, cherchant toujours à aller plus loin. Il était le seul qui avait cette emprise sur elle.

Cassidy l’écouta avec beaucoup d’attention, et prit en compte ses remarques. Elle n’avait jamais vu ça de cette manière. Mais il semblait avoir honte de prononcer certaines paroles, comme quoi il n’apprécierait pas qu’on lui fasse du mal. Il tenait à elle ? Ou pas ? Que voulait-il dire ?

« Cela signifie que je sois couverte ou non c’est la même chose ? Le même refrain ? »

Elle ne savait pas quoi penser. Dans ce cas, elle devait alors faire des efforts.

*Oui mais si je le fais… j’ai peur… tu ne pourrais pas surveiller mes arrières ? Au cas où ?*

Il colla son front contre le sien, continuant de la caresser et Cassidy appréciait ça alors que des doutes s’emparèrent de son cœur. Elle le sentait, il lui faisait de l’effet et elle avait peur de la suite, peut être peur tout simplement d’aimer, de l’aimer lui.

Cassidy se revit quand elle était plus jeune avec lui. Jamais elle ne se serait doutée que le Drakkari l’attirait autant et qu’en plus d’attiser cette attirance, il lui donnait envie… de l’aimer peut être, un peu plus. Parce qu’après tout elle était humaine. Mais certaines paroles flottèrent dans sa tête.

*Alors le baiser là, c’est de l’amusement ou du sérieux ? Parce que si c’est pour t’amuser, dis le moi. Non bien sûr tu ne me diras rien, mais en même temps, tu n’as pas l’air d’être si… joueur pour l’instant. Aaah ! Je sais plus ! Tu me perturbes ! Et il fallait que j’ai aussi peu d’expérience dans ce domaine. Tu ne peux pas me dire la vérité ? Que je sache au moins comment je dois réagir ?*

Il continua de la toucher, de la caresser, de faire cette étreinte contre sa taille. Son torse devenait tellement tentant, agréable, même si elle était couverte. Tristan affirma qu’il était le seul à l’embêter et qu’elle n’avait pas le droit de se trouver moche. Surtout qu’il n’hésiterait pas à la frapper. Elle le regarda, les yeux brillants.

Cassidy leva les bras, et avec des gestes assez hachurés mais présents, elle glissa ses mains sur ses hanches à lui, déplaçant doucement ses doigts le long de ses hanches, s’arrêtant dans le bas de son dos, même si c’était assez saccadé. Mais la jeune femme ne pouvait pas l’expliquer. C’était quelque chose de naturel, instinctif. C’est qu’elle en avait envie de l’enlacer et qu’elle se sentait un peu plus à l’aise ici, caressant doucement le bas de son dos.

« Ce ne sera pas nécessaire… Le fait que ce soit toi qui me le dise… a énormément de valeur à mes yeux… »

Elle se détendit un peu. Elle était bien, tellement bien. Plus de doute à avoir, c’était malheureux mais c’est comme ça, c’était avec lui qu’elle voulait. Et personne d’autre. Encore une fois elle prenait des risques mais elle ne pouvait pas aller contre ça, même si lui jouait peut être. C’est triste si c’est le cas…

Tristan se rapprocha d’elle comme si il voulait l’embrasser. Mais même si Cassidy semblait un peu moins sauvage, elle n’était toujours pas prête, même si l’envie était là c’était peut être trop tôt. Alors il s’écarta et elle le remercia silencieusement.

Il termina par parler que c’était à lui de s’occuper des armes et qu’elle n’avait pas intérêt de faire quoi que ce soit. Il avait ce petit regard craquant qui la faisait fondre à chaque fois. La jeune femme le laissa sortir, le regard un perdu dans le vide alors qu’elle semblait réfléchir.

Pourtant, après quelques secondes de réflexion elle sortit à la suite de Tristan et au moment où il allait empoigner une autre arme, Cassidy le poussa gentiment dans le dos pour ensuite le coller contre l’arbre dans un coin qui n’était pas entaillé par les armes. Elle le regarda avec une certaine hésitation, mais pas vraiment négative.

Ses mains étaient posées sur le ventre et les abdos du beau jeune homme, elle semblait encore réfléchir et voulait lui dire quelque chose. Mais son regard hésitait à lui dévoiler ça, au risque de subir des moqueries. Oh et puis après tout ! Au moins comme ça il pouvait toujours la rabaisser, au moins elle serait quitte et fin du petit jeu.

« Tris’… je… »

Elle se mordit lentement la lèvre inférieure, son regard allant sur son visage puis en regardant derrière, puis en regardant de nouveau son visage. Ses mains étaient douces alors qu’elles caressaient doucement le ventre du Drakkari dans une attitude qui était quand même inexistante pour elle qui n’aimait pas les contacts. Sauf que là, elle ne pourrait pas l’expliquer.

Puis, très étrangement, du bout de ses mains, elle l’invita à se pencher en avant, comme si elle voulait lui dire quelque chose. Alors que le buste du Drakkari se penchait, Cassidy approcha le visage du sien, comme si elle aurait voulu… l’embrasser. Son sang remonta rapidement dans son cerveau, elle se sentit d’un coup assez mal à l’aise, reprenant assez de lucidité pour comprendre ce qu’elle était en train de faire.

Cassidy s’arrêta dans son mouvement, puis frôla du bout de ses lèvres sa joue droite, telle la caresse éphémère d’un morceau de soie. C’était quoi qui parlait là ? Son esprit ? Non sûrement pas ! Son cœur ? Un tout petit peu peut être… Ses pulsions ? Ah ! Mais elle n’en avait jamais eu !

Puis elle plongea son regard dans le sien et secoua la tête doucement.

« Non rien, j’allais sûrement dire une bêtise… excuse moi… »

Elle avait du mal à y croire. Elle, la jeune mage qui n’aimait pas les contacts, se laissait… tenter par ce Drakkari. Cassidy fit quelques pas en arrière, baissa la tête, croisant ses doigts puis admira le contenu du panier avant de s’asseoir en tailleur dans l’herbe, sortir un gâteau, et retourner dans la lecture de son livre qu’elle avait laissé sur le côté. Enfin… elle réfléchissait…

Car en effet, le livre était… à l’envers.

Cependant, elle ne lisait pas vraiment et peut être que Tristan avait remarqué, qu’elle faisait semblant de lire ou du moins, n’était pas plongée dans son livre. Qu’importe ! Elle penserait à autre chose, du moins elle essaierait. Cassidy avait l’intention d’utiliser à nouveau sa magie, au moins comme ça elle se concentrerait sur autre chose.

Elle ferma doucement les yeux, pensant à quelque chose de… très beau, d’agréable. Et en fait, son esprit la ramenait à chaque fois sur Tristan, sur son visage, sur ce qu’elle ressentait pour lui. Quelque chose de très fort… puissant. Même si c’était encore assez inconscient. Pourtant, une douce lueur l’envahit, une lumière blanche entoura son corps.

Bien sûr, Cassidy ne se doutait absolument pas de ce qui lui arrivait. Même assise en tailleur, son livre fermé sur ses genoux, elle souriait, elle semblait heureuse dans sa méditation, d’une certaine façon. Et une jolie image apparut dans la tête de Cassidy. Qui rendait sa magie vraiment plus puissante et étonnante. Elle savait juste, qu’elle était bien, c’est tout.

Enfin, d’une voix calme et douce, elle appela sa magie.

« Activation niveau 1 »

Sauf que… ce n’était pas le niveau 1. Son cercle de magie apparut mais il était si puissant qu’il en était presque aveuglant, parce que la lumière n’était pas violette mais que les fines traces au sol étaient dorées, éblouissantes et lumineuses comme le soleil. Cassidy ne comprit pas d’où venait cette chaleur mais elle sentait qu’elle était capable de réaliser n’importe quel sort et cela… la surprenait.

Elle rouvrit doucement les yeux pour chercher à comprendre, mais à peine son regard se posa sur l’arbre que la lumière envahit son tronc puis dans tout son ensemble. Cassidy ouvrit la bouche alors que l’arbre se… transforma sous ses yeux et ceux de Tristan. Les armes dans le tronc tombèrent au sol, l’écorce se para de couleurs chaudes, dans les tons orangés, jaunes et devint dans une matière cristalline mais solide.

Les feuilles vertes de l’arbre prirent des couleurs différentes, les couleurs de l’arc en ciel, illuminant les deux jeunes gens présents alors que Cassidy regardait bouche bée sans comprendre. Puis regarda son cercle qui n’avait jamais atteint un niveau aussi haut sans qu’elle ne soit épuisée.

Enfin, la lumière disparut, laissant l’arbre coloré et étrange qui était si spécial. Cassidy fit disparaître son cercle et commença à trembler. Pourtant, il n’y avait rien de mal. Et malgré cela, la transformation de l’arbre prouvait que Cassidy avait sorti quelque chose de puissant, sans avoir bougé le petit doigt ou incanter. Et elle commençait à comprendre…

Cet arbre n’avait rien d’ordinaire. En effet, on en entendait parler uniquement dans les légendes. Les mages s’arrachaient les doigts à en faire apparaître un. Car le sort était d’un niveau si complexe que les transformations restaient incomplètes. Pourtant, celui qui se tenait devant Cassidy et Tristan était parfait.

La légende racontait qu’un mage capable de créer une chose aussi belle avait plusieurs caractéristiques. Tout d’abord, une source de magie énorme mais aussi qu’un tel arbre ne pouvait être réalisé que si on y mettait son cœur et ses sentiments… positifs pour une personne en particulier. Et comme on le sait, les mages éprouvent du mal à ressentir quelque chose pour quelqu’un d’autre, à part pour la magie elle-même.

On raconte aussi que les feuilles de cet arbre sont éternelles et qu'elles ne meurent jamais. C'était un arbre divin... dans la légende on disait que c'était Klartos le dieu de l'amour lui même qui créa son origine, bien qu'il était très dur d'en reproduire un. Parce qu'il n'en existait plus un seul sur Ascadian.

Et cela… Cassidy le savait bien car elle avait lu la légende. Cependant, elle se demandait si Tristan était au courant… et là par contre, elle avait peur de sa réaction. Ce qui la fit réagir assez stupidement et encore plus suspecte que si elle n’avait rien dit, bafouillant, bredouillant, tentant de se relever mais tomba de nouveau au sol en regardant l’arbre avec surprise.

« Heeem ! Heu… comment j’ai pu ? j’ai jamais… je sais pas… hem ! Tristan… regarde pas… c’est… enfin je… tu… »

On voyait à son regard surpris alors qu’elle tremblait un peu, stupéfaite, ne comprenant pas vraiment pourquoi. Enfin malgré tout, c’était très encourageant car ce n’était pas donné au premier venu de faire un tel arbre sans aucune préparation, et témoignait du statut spécial de la jeune femme. Mais elle avait peur… de la réaction de Tristan. Trop grosse coïncidence avec ce qui s’était passé dans le local.
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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: Qu'a-t-elle de plus que moi ?   Ven 13 Juil - 4:47

Parler pouvait être salvateur… Se taire à cet instant, n’était-ce pas mentir ? S’empêcher d’agir ? N’était-ce pas un mensonge plus gros que tout le reste. Plus assassin que sa prétendue bonne santé lorsqu’il avait mal, que ses sourires malgré ses souffrances.
Comment avait-il pu se remettre à sourire après ce qu’il avait vécu, après ce qu’ils avaient fait à sa mère. Ce que lui avait fait, sa terrible trahison dans son incapacité à la défendre.
Il ne se souvenait plus vraiment. Mais Maud en était plus que certainement l’investigatrice.

Maud… La magnifique noble, de plus d’une dizaine d’années son aînée.
Quand elle était venue sur le marché, les jeunes avec lesquels il travaillait pour décharger les caisses ou servir différents clients s’étaient mis à s’agiter. Jeunes et moins jeunes. Tous les hommes se retournaient sur le passage de la dame au port de tête haut, presque arrogant, mais une arrogance qu’on lui pardonnait vite, terriblement séduisante.

Elle était grande, svelte et extrêmement bien formée pour une femme si jeune et aux membres fins. Son sourire était renversant, la cascade sombre qui coulait jusqu’à ses reins brillait de reflets bleutés au soleil, comme les cheveux de certaines sirènes. Elle n’avait pas d’air innocent malgré ses traits fins, délicats. Même si le regard des hommes ne s’attardaient que peu sur son visage aux lèvres couleur cerise. Plutôt sur hum… son décolleté plongeant jusqu’à l’étourdissement sur une poitrine totalement déraisonnable et qui donnait des airs bestiaux aux hommes présents.

Tristan avait été surpris du comportement de ses camarades. Il n’avait jamais été timide et donc ne s’était pas gêné pour dévisager la dame, s’arrêtant dans sa tâche, avant de détourner les yeux en haussant les épaules, indifféremment. Du moins le paraissait-il.
Si Maud était habituée à une chose, c’était bien plaire.Elle plaisait à tous les hommes et se servaient donc à sa guise parmi eux.

Son mari n’était pas très… satisfaisant. Pas du tout en fait. C’était un mariage de possession. Elle était un bel objet, il aimait les beaux objets. Elle servait comme trophée, mais il ne la touchait pas. Heureusement… Rien que d’y penser la demoiselle avait des frissons dégoûtés. Elle pouvait donc se contenter auprès de tous les hommes qui lui plaisaient, tant qu’elle restait discrète. Mais la jeune femme avait déjà été plutôt… déçue.

C’était fou le nombre d’hommes se croyant irrésistibles sous prétexte qu’une belle femme les choisit parmi tant d’autres. Fou le nombre croyant la chose acquise, s’en vantant à gorge déployée. Ceux de son âge étaient prétentieux, non intentionnées et surtout se souciaient d’eux avant tout. Ils n’avaient pas de conversation lorsqu’ils possédaient un physique passable ou charmant. Depuis un moment déjà elle savait qu’elle ferait mieux de se dégoter un jeune homme assez intimidé pour éviter de se vanter de ses précédentes conquêtes avec elle, assez téméraire pour la séduire ou la forcer en douceur à aller plus loin, assez jeune pour être humble…

Elle avait beau avoir « réussi » dans la vie, avoir eu de terribles déceptions amoureuses, elle continuait d’espérer des hommes. Après tout… rien n’était perdu tant qu’elle cherchait si ?
Alors que tous les regards se tournent vers elle… c’était normal. Qu’on baisse pudiquement les yeux oui… mais qu’on les détourne avec indifférence… non.

Ce mouvement sur sa droite l’avait surprise et elle tourna la tête, fixant le jeune impudent qui osait agir de la sorte. Il lui tournait le dos à présent, occupé à porter quelques charges qui semblaient peser. Il n’était pas noueux comme la plupart des jeunes gens dégingandés de ce village. Plutôt grand, ses muscles se tendaient sous sa tunique sombre alors qu’il portait ses caisses en silence. Ses cheveux rouges offraient un signalement distinctif sur sa possible espèce.

Il se retourna, souriant à son « patron » et elle le fixa avec d’autant plus d’intérêt. Beaucoup plus jeune que ce qu’elle avait estimé du fait de sa haute stature, il n’avait pas le visage enfantin mais déjà plus…anguleux. Un adolescent oui… mais qui ne devait pas être bien vieux. Ses cheveux étaient ébouriffés et de longues mèches désordonnées lui tombaient devant les yeux, des yeux extraordinairement orangés. Tiens donc… les Drakkaris n’avaient-ils pas les yeux rouges d’ordinaire ?

Il s’approcha d’elle. Même jeune, il la dépassait déjà. De quelques centimètres seulement, mais tout de même, son ventre se noua. Pour un garçon il avait les cils très longs et un sourire éblouissant aux dents parfaitement alignés, un air innocent malgré quelque chose de sombre et triste dans ses yeux. Quel beau garçon… Elle se rendit compte qu’il lui parlait et elle secoua la tête. Poliment, il réitéra sa question pour savoir si elle désirait quelque chose. Et elle en fut extrêmement surprise. Aucune moquerie, aucun sous-entendu comme quoi elle était ou bête ou totalement sous son charme. Il lui avait fait un sourire en coin, craquant à souhait et les lèvres de la jeune femme s’étaient étirées en un sourire de prédateur. Si elle désirait quelque chose ? Oh oui… elle venait d’arrêter son choix… sur une marchandise très particulière…
Ce jour là, le vendeur fit plus de vente qu’au cours de ces quatre derniers mois.



Cassidy était couchée contre lui, si proche, trop proche. Il se sentait mal à cause de ce contact et pourtant… l’envie de le faire se prolonger ou plus encore de le pousser un peu plus loin était terriblement… pressante.
Pourtant, outre la caresse de ses cheveux, il ne tentait rien… pour le moment du moins.
Pourquoi avait-il repensé à Maud alors qu’il était allongé près de la jeune mage ? Il n’y avait aucune idée de tromperie dans son esprit. Il avait conquis bien des demoiselles. Après tout, c’était le marché qu’ils avaient passé au départ non ? Chacun vivait sa vie… mais lorsqu’ils se voyaient… eh bien c’était plutôt… égoïste et explosif.

Si la demoiselle contre lui avait eu vent de ses pensées, sans doute se serait-elle mise à rougir plus que de raison, totalement déroutée et… n’y comprenant pas grand-chose. Lui-même ne savait pas trop après tout pourquoi il pensait à cette… maîtresse continue.
Là il ne faisait rien de mal… Mais pouvait-il affirmer qu’il n’en avait pas envie. Ne souhaitait-il pas… glisser ses mains sous sa robe et… des barrières mentales se dressèrent dans l’esprit du jeune homme, coupant court à cette formulation psychique de la douleur physique dans ses reins… qui avait réveillé celle dans son torse. Aie… heureusement que la rune n’apparaissait pas.

Mais IL n’était pas fou. Il ne la montrerait certainement pas aux yeux d’une mage spécialisée dans tous les signes runiques. Pas totalement barjo non plus !!!
Tristan bougea légèrement, ses genoux se pressant un peu plus contre ceux de la jeune femme. A travers le tissu de sa robe, ne donnaient-ils pas envie d’être découverts ? Si… alors il détestait ce qu’elle lui disait. Moche… elle ?


Elle était nue, lui tournant le dos, faisant face à un immense miroir mural, prenant des poses en s’admirant sans la moindre gêne, pas pudique pour un sou.
Il était plus âgé déjà. Les différents entraînements de sa formation poussée de guerrier avaient transformé son corps déjà bien formé. Ses muscles s’étaient développés, à cette époque, il portait les tatouages temporaires, de quelques mois qui se faisaient dans une ville du sud, très aborigène. Maud avait trouvé ça « terriblement sexy »… et s’était empressée de lui ôter ses vêtements pour admirer les fines arabesques qui recouvraient élégamment le corps de son amant.

Elle l’avait longuement admiré, se mordant les lèvres, ravie du soin tout particulier qu’il portait à son physique.
Par un effet de vengeance qu’il n’avait pas saisi, elle avait été d’autant plus exigeante cette nuit là… qu’il l’apprit plus tard, elle se réservait pour lui depuis déjà plusieurs semaines.
Là, elle s’admirait tranquillement devant le miroir et lui l’observait avec attention, ses yeux de chat ne la quittant pas. Un autre homme aurait déjà sauté sur la dame, confronté à ces poses aguicheuses, suggestives alors qu’elle tournait ostensiblement le dos à son prédateur… ou bien sa proie, tout était relatif.

Mais lui savait être patient. C’était un trait de sa personnalité qu’elle adorait… Terriblement patient, il n’avait jamais de gestes précipités et ce même lorsqu’il crevait littéralement de désir du fait de ses caprices. Elle en était d’ailleurs tout aussi admirative qu’agacée. Souvent c’était elle qui devait réclamer ses caresses. Il avait alors ce petit sourire amusé, victorieux, un brin vexant mais bien trop craquant et mérité pour qu’elle s’en formalise.

A peine couvert par le drap léger, il était allongé sur le lit, adossé contre une impressionnante pile de coussins. Les tatouages temporaires dorés luisaient sur sa peau bronzée, son regard était celui d’un tigre qui aurait repéré une fragile antilope dont il attendait les premiers pas maladroits loin du troupeau afin de lui sauter plus facilement à la gorge.
Elle s’affirmait moche parfois, critiquait son corps mortellement parfait, dont la simple vue lui enflammait les reins en un quart de seconde. Il riait, la convainquait qu’elle avait tort… quand elle boudait ou refusait de le croire, par jeu, il glissait ses mains sur elle pour le lui prouver et elle ne tardait pas à s’abandonner à lui, totalement convaincue.


Mais il y avait une différence entre Maud et Cassidy.
Maud se savait belle, terriblement belle, parfaite… Quand elle prétendait le contraire, c’était pour être mieux complimentée même si Tristan ne jouait pas toujours dans son jeu. Cassidy elle… ne savait pas. Honnêtement elle avait des doutes et c’était là le vrai crime. Parce qu’elle n’aurait jamais dû douter… pas une seule seconde. Bien sûr physiquement elle n’était pas comme Maud mais… du peu qu’il ait vu… elle n’avait franchement pas à rougir de son corps, bien au contraire !!!
Il avait envie de la frapper juste parce qu’elle disait ça… Il avait envie de l’embrasser aussi… de faire comme pour Maud, pour la convaincre qu’elle était belle et ce même s’il ne connaissait pas… vraiment son corps. Peut-être avait-il envie de le découvrir au final… oui peut-être… Mais elle n’était pas Maud. Ce type d’action était… à proscrire avec elle.

Quand elle s’était levée, il l’avait suivi des yeux. Tristan s’était crispé alors qu’elle glissait en arrière mais il s’était retenu de bondir, c’était bien trop suspect comme geste.
Mais au final, il s’était levé pour lui venir en aide, serrant sa petite main dans la sienne, prenant cette arme bien trop lourde pour elle. Non, il ne la lâchait pas. Il n’en avait pas envie. Etait-ce criminel ? Bien sûr que oui…

Et dans le local ce fut pire…
Alors qu’il avait rangé les armes, qu’elle observait les alentours en vérifiant qu’elle n’avait rien fait d’autre comme… action bizarre, sa gorge se noua. Il la regardait. Ses yeux glissaient de ses cheveux clairs… totalement opposés à ceux de Maud à sa silhouette qu’elle cachait beaucoup trop… contrairement à Maud. Nouvelle douleur dans les reins, plus violente, la rune s’y mit elle aussi… et il ne parvint pas à se retenir. Déjà il était près d’elle, lui faisant face, inquiétant dans ses gestes, dans son regard.

Le jeune homme la souleva du sol, la serrant contre lui en pressant le haut du dos de la jeune femme contre le mur. Il ne serrait pas trop. Assez pour la maintenir à la hauteur voulue, mais sans lui faire le moindre mal. La respiration saccadée même s’il ne s’en rendait pas compte, il évoluait dans un brouillard, n’étant même plus sûr de ses gestes… Etait-il réveillé ou non ?
Cela ne dura qu’une seconde, déjà, il appuya ses lèvres contre sa gorge. Elle avait dit quelque chose mais il ne savait pas vraiment quoi. Elle s’était crispée mais il n’y avait pas fait attention.

A présent, alors qu’il pressait doucement de petits baisers sur son cou bien plus blanc, plus doux que ce qu’il avait cru jusque là, elle frissonnait. Lui aussi. Même s’il la tenait toujours, un de ses bras se redressa légèrement, sa large paume se plaquant dans le milieu du dos de la jeune mage alors qu’il se faisait violence pour ne pas appuyer un peu plus ses baisers, pour les faire cesser.
Déjà il avait redressé un peu la tête et attaquait la ligne de sa mâchoire. Un peu plus et ce serait… vraiment devenu sérieux. Pourtant il parvint à s’arrêter, comme si de rien n’était, comme si c’était très simple au final. Ca ne l’était pas du tout.

Il était calme… parfaitement calme, la gardant contre lui, parlant, souriant avec douceur, amusement… alors qu’un peu plus tôt il semblait avoir perdu tout contrôle… toute volonté de lutter plutôt. Le jeune homme caressait doucement le visage de la demoiselle, sans brusquerie, sans autre tentative… Il lui parlait. Non, il n’était pas d’accord avec ce qu’elle avait dit lorsqu’ils étaient allongés par terre. Dans son esprit c’était tout clair, mais peut-être devait-il tout de même l’exprimer à voix haute.

C’est ce que disaient ses yeux à cet instant « ne dis pas ça, ne le pense pas, tu me fais mal et tu mens tu sais… fais attention, si tu recommences, je devrai te punir et je ne sais pas si tu aimeras ». Et c’était clairement ce qu’il pensait. La douleur dans ses reins ne s’était pas estompée malgré cette reprise de conscience totale. Et elle n’était pas prête de s’améliorer. Alors qu’il ignorait qu’elle avait bien failli devenir l’espèce de zombie justement sans doute parce qu’il avait un comportement menaçant, ce type de comportement qui réveillait… la Cassidy protectrice, la mage violente sans foi ni loi qui protégeait la jeune fille trop naïve et fragile…

- Que tu sois couverte ou non… Des hommes sans vergognes chercheront à te voler ta vertu… à profiter de toi ou de ton corps. C’est ainsi pour les jolies filles… Ca a toujours été le cas… j’espère que ça changera… qui sait…

Son regard était étonnamment triste et honteux quand il avait dit ça. Comme s’il regrettait réellement d’être un homme… si cela signifiait agir ainsi.
Malgré ses crimes, il n’était peut-être pas… si peu recommandable.
Il n’entendait pas ses pensées, mais pendant une seconde, un courant électrique sembla passer entre eux. Il se pencha un peu vers elle, comme s’il allait l’embrasser, sa respiration s’était calquée sur celle de la jeune femme et pendant une seconde, il sembla vraiment souffrir. C’était comme s’il lui parlait, comme s’il essayait… mais s’en empêchait.

*Chasser tous ceux qui te voudraient du mal… je le pourrai, tuer tous ceux qui s’en prendront à toi… je le ferai… j’aimerai. Mais ça ne se peut pas princesse. Ils ne sont rien comparés à la menace que je représente pour toi. Ne comprends-tu pas que c’est bien moi que tu dois repousser dans l’histoire ?*


Il pressa son visage contre le sien, fermant les yeux.
Tristan ne savait rien des doutes qui hantaient la jeune femme à présent. A cause de ses caresses, à cause de ce qu’il avait dit la veille. La pauvre ne pouvait qu’être troublée mais à cet instant il ne réalisait pas vraiment.. trop occupé à être perdu lui aussi.

Et soudainement c’est elle qui commença à agir, c’est pour cela que la douleur dans ses reins s’intensifia. Elle avait levé les bras vers lui et il se laissa faire, toujours appuyé en partie contre elle. Ses gestes n’avaient rien d’habituels, de répétitifs. Ce n’était certainement pas le genre d’action qu’elle faisait d’ordinaire, il n’avait aucun mal à le croire cette fois d’ailleurs. Pourtant il demeura immobile, un sourire encourageant bien que surpris aux lèvres.

Il frémit pourtant lorsqu’elle posa les mains dans son dos et ferma à demi les yeux, sans redresser la tête pour autant, toujours appuyé contre elle. C’était agréable, bien que terriblement maladroit. Il se mit à sourire, sans pouvoir contrôler son visage, appuyant un peu plus son front contre le sien.
Elle était en train de dire que ses mots comptaient. Le fait qu’il lui dise qu’elle était jolie… ça comptait. Nouvelle pointe d’orgueil même s’il ne disait rien.

Il s’approcha d’elle, comme pour répondre à son étreinte d’un baiser. Mais il s’arrêta, ce qui sembla soulager la demoiselle. Malgré la déception qu’il ressentit justement du fait de cet air soulagé, il détourna la tête et s’éloigna sans moquerie quelle qu’elle soit.
Il valait mieux s’occuper des armes avant qu’elles ne s’abîment. Sauf qu’elle le suivit et le poussa contre l’arbre… à son tour.

Il baissa les yeux avec surprise, sans comprendre son geste, elle avait les mains contre son torse et il réprima difficilement un nouveau frisson ne la quittant pas des yeux. La douleur s’intensifia. Elle l’embrassa sur la joue après qu’il se soit docilement baissé vers elle sans comprendre. A quoi jouait-elle ? Mais apparemment il ne s’attendait à rien de plus car il ne semblait ni surpris, ni déçu cette fois, se contentant d’hausser un sourcil légèrement moqueur. Elle était rougissante à cause d’un malheureux bisou sur la joue ? Eh bien…

Elle se sépara de lui et il la laissa faire sans rien tenter. La douleur s’apaisa un peu… un tout petit peu.
Par la suite, elle retourna dans son coin alors qu’il s’occupait de ranger consciencieusement les armes à leur place, en silence, ressassant ce qui venait de se passer… en s’en voulant bien plus qu’il n’aurait seulement pu le montrer s’il l’avait voulu. C’était mauvais… très mauvais.

Tristan s’occupait de ranger tranquillement donc. Il ne jetait que de brefs et furtifs regard à la demoiselle occupée avec son… livre. Un livre qui devait être dans une langue inconnue puisqu’elle ne le lisait pas vraiment… dans le bon sens. Etrange.
Un sourire plana sur le visage du garçon. Il avait dû sacrément la perturber pour qu’elle ne s’en rende même pas compte. Mais au lieu de le réjouir cette pensée lui fit honte…et mal.

Et tout à coup, elle se releva et fit quelque chose… qu’il ne comprit pas le moins du monde même s’il resta scotché sur place, la bouche entrouverte, admiratif… et ça il ne pouvait décemment pas le cacher.
Quoi qu’elle ait cherché à faire, à voir sa tête, ce n’était certainement pas ça. En tous les cas, devant eux, l’arbre témoin de leur… étrange comportement avait changé, s’était transformé. Tristan ne savait rien de cette magie dont elle avait usé… mais sa mère lui avait parlé dans ses nombreuses histoires…. D’un arbre magique, un arbre magnifique… la légende de l’arbre des dieux. Celui qui réconfortait les cœurs brisés, qui réconciliaient les couples séparés. Il ne savait rien de ce qu’il pouvait être, était censé représenter… mais c’était un spectacle inouï…

En fait Tristan réagit étrangement…
Ses yeux s’agrandirent et ses mains se mirent à trembler violemment. Il en lâcha même les armes qu’il avait empoignées et comptait aller ranger.
Elle était magnifique… Sous cet arbre divin… cet arbre de légende. Elle se tenait en dessous avec un air légèrement fautif tellement touchant, tellement mignon… comme si elle voulait s’excuser alors même que le spectacle qu’elle lui offrait était époustouflant.
Sa peau pâle semblait légèrement briller, refléter les éclats multicolores qu’elle avait offert au végétal.

Mais c’était bien plus que ça. La peur avait envahi le jeune homme…
Cet arbre il l’avait vu dans un rêve. Bien plus donc que les histoires racontées par sa mère… Et elle… elle se tenait dessous… cherchant des excuses, faisant comme si elle n’y comprenait rien. Non, elle n’y comprenait vraiment rien. Il ouvrit la bouche…, l’air totalement perdu, vraiment gêné et soudain très pâle…
Mais il la referma aussitôt et se détourna sans rien dire, s’éloignant rapidement après avoir ramassé les armes, vers le local… prenant la fuite… purement et simplement…

Spoiler:
 
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Cassidy Herediane
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MessageSujet: Re: Qu'a-t-elle de plus que moi ?   Mer 18 Juil - 11:59

Cassidy ignorait les pensées de Tristan, les fragments du passé, de ses souvenirs. Et pourtant, peut être parce qu’elle était bien avec lui, elle repoussait certaines pensées et souvenirs qui ne lui appartenaient pas. Parce qu’elle voyait des choses floues dans sa tête, alors que le tatouage à Tristan devait lui procurer une douce chaleur à ce moment. Parce qu’il pensait trop fort, le niveau 2 du tatouage s’activait. Parce qu’elle était trop bien avec lui, il était plus facile pour la jeune femme de voir certaines choses interdites.

Et pourtant, même si le mal était fait, elle ne s’en préoccupa pas. Car son cerveau avait décidé de plaquer dans un coin de sa tête ces souvenirs qui ne lui appartenaient pas. Parce que tout ce qui comptait pour l’instant c’était le moment présent, cette situation qui rend les choses tellement belles, magiques, qu’on ne désire pas les arrêter.

Cassidy n’aurait pas été dupe. Comme il le pensait, c’était une experte dans la magie runique, il était tout à fait normale qu’elle comprenne avec beaucoup de rapidité et de consternation cet étrange symbole qui frappait le haut de son torse. Alors, il faisait bien de le retenir, car la jeune femme aurait compris, mieux que quiconque. Et peut être que cela la pousserait à agir avec plus d’insistance et surtout, elle aurait tout fait pour lui faire partir cette marque dès qu’elle aurait eu suffisamment d’informations.

Mais elle s’était éloignée, avec la ferme intention de ranger les armes. Même si il ne la laissait pas faire. Effectivement, il l’avait surprise en la prenant par la main et la jeune femme s’était montrée docile en le suivant. Pourtant, lorsqu’ils arrivèrent dans le local, le comportement du beau jeune homme avait changé. Parce qu’il l’avait plaqué contre le mur mais avec beaucoup de douceur et qu’elle ne comprenait absolument rien et s’inquiétait à cause de ce qui pouvait se produire.

Oh non, on ne comptait pas la posséder, c’était trop simple et d’ailleurs, cela ne se serait pas activé. Mais dès que Cassidy ressentait un malaise, quel qu’il soit, sa magie devenait instable. Et elle ne voulait pas lui faire de mal. Ses émotions étaient normales, bien qu’un peu effrayée, mais pas au point d’être aussi forts comme la dernière fois. Non, elle voulait juste, le mettre en garde, qu’elle ne pourrait pas retenir sa force et qu’il risquait de se retrouver éjecter en arrière même si Cassidy luttait.

Contre quoi luttait-elle au fait ? La chaleur qui s’était emparée d’elle ? Ou l’attitude que Tristan lui montrait ? Ce contact qui allait encore plus loin que tous les autres. Cependant, sa façon de faire avait été très juste. Pas trop provocante et osée. Heureusement pour lui. Même si ses baisers très légers lui donnaient des frissons et qu’elle ne comprenait plus rien. Parce que c’était tellement agréable ce qu’il faisait. Parce que dans ses bras elle se sentait un peu différente, et parce que cette action avait arrêté la montée de température, peut être parce que Cassidy appréciait au final.

Même si elle se demandait toujours quel jeu bizarre il jouait. Et pourtant, il la relâcha, mais pour mieux l’étreindre, se mettant à sourire. La pauvre été complètement perdue ! Coup de foudre ? Envie ? Pulsions ? Elle était humaine après tout et personne ne pouvait échapper à la nature humaine si on lui ouvrait un peu la porte. Voilà pourquoi les mages aiment rester neutres pour éviter de perdre leurs pouvoirs. Mais Cassidy n’était pas comme les autres au contraire. Parce qu’elle n’avait jamais voulu connaître un contact qui ne s’arrêtait pas qu’à de l’amitié, elle était totalement ignorante, une adolescente qui se faisait rattraper par des émotions bien réelles. Après tout, les hormones ça travaille, ce n’est pas de la magie, c’est de la science.

Alors qu’il la regardait, la caressant, il lui expliqua que peu importe, elle serait toujours attirante aux yeux des hommes. Sauf qu’en étant couverte, cela se manifeste moins. Et peut être parce que son petit côté naïf, voir enfantin, n’intéresse pas tant que ça les hommes. Parce qu’elle n’a pas cette envie de plaire, d’être séduite, d’apprécier les hommes, le regard en était différent et même si la convoitise pouvait se lire dans les yeux des hommes, il y avait peut être un peu de prudence.

On dit toujours que les mages ne se livrent pas facilement. Personne n’a envie de se retrouver embrocher, électrifier, repousser ou subir le courroux d’un mage. Encore moins d’une mage à la réputation faite et à la puissance qui se murmure dans tout Ascadian. Alors les hommes normaux, regardent de loin mais n’osent pas, de peur de ce qu’on pourrait leur faire.

Mais Cassidy était différente. Elle cherchait à impressionner mais préférait les menaces aux actions, mettant le poids de sa magie pour décourager les plus téméraires. Mais Tristan, repoussait toutes les limites comme si elles n’existaient pas, comme si lui se voyait tenter les choses. Elle était minable mais après tout… elle l’avait toujours aimé son Drakkari d’une certaine façon non ? Elle s’en était rendu compte après son départ, à cause du vide qu’il avait causé. Elle comprenait mais… savait aussi que cette disparition avait montré au grand jour ses véritables émotions.

Alors oui, peut être que dans un sens, tout ce que Tristan faisait pour elle, sa manière de réagir, sa façon de faire, lui faisait baisser petit à petit ses barrières. Même si pour lui c’était le plus dangereux de tous, elle l’aimait… un peu plus chaque jour et c’était bien malheureux mais c’était comme ça. Parce qu’il faisait tout pour lui donner envie, pour réveiller ses sentiments, même si elle se demandait toujours si c’était partagé. Non sûrement pas… alors peut être devrait-elle lui ouvrir les yeux ? Qu’elle ressentait quelque chose pour lui ? Peut être… peut être pas… en fait elle avait surtout peur de la réponse.

Pourtant, la jeune femme avait un peu osé, lui avait dit de façon détournée qu’elle appréciait ses paroles, juste en plaçant ses mains dans le bas de son dos, même si ses gestes étaient vraiment pas habituels et qu’elle lui caressait doucement son bas du dos, de façon saccadée et hachée. Cassidy lui avait dit que ça comptait pour elle, son avis, ses paroles. Parce que c’était vrai. Parce qu’elle l’avait trop longtemps ignoré. Alors que lui aimait jouer et s’amuser, elle avait toujours été trop sérieuse, à son plus grand malheur.

Alors, qu’il la trouve belle, jolie, c’était le plus beau compliment qu’il pouvait lui faire, parce qu’il venait de lui, son petit Drakkari de l’enfance. Parce que peut être qu’elle espérait, qu’elle attendait, d’être reconnue uniquement par lui devant tous les autres.

Tristan avait cherché à l’embrasser et elle était inquiète. Parce que cela lui faisait peur et qu’elle voulait juste y aller progressivement mais sans brûler aucune étape. Parce qu’elle aimait apprécier chaque petit moment qui faisait d’une relation quelque chose d’unique et de particulier, la patience et l’attente étaient toujours récompensées et le résultat encore plus appréciable que tout faire dans la précipitation. Parce qu’elle était comme une fleur délicate, capable de se briser à n’importe quel moment si le geste était trop brusque. Et peut être que son soulagement était mal perçu alors que ce n’était pas le cas.

Alors, Cassidy se mit à réfléchir. Parce que ce qu’elle ressentait dans son cœur et chaque partie de son corps étaient trop visibles pour être seulement naturelle. Parce qu’elle en était quasiment sûre. Elle éprouvait quelque chose pour Tristan et voulait, lui dire la vérité tout simplement. Pour au moins en être débarrassé, de ces sentiments cachés. Pour voir s’il ressentait la même chose… ou pas. Enfin qu’il ne soit trop tard, avant qu’il soit impossible de retourner en arrière pour elle.

Donc, elle s’était approchée de lui, l’avait retourné contre l’arbre et ce qui se lisait dans ses yeux montrait ses hésitations, ses doutes et aussi cette envie de lui avouer quelque chose. Elle lui caressait le ventre, la ligne de ses abdos, mais sans aucune tentation, pas comme une femme l’aurait fait avec convoitise et envie. Elle le faisait tout naturellement, honnête et sans pensée déplacée. Comme elle ne savait pas s’y prendre, Cassidy se disait que peut être un baiser parlerait pour elle.

Oh non ce n’était pas un baiser pour s’amuser mais peut être qu’elle voulait juste lui donner… ce baiser qui fait tourner la tête, qui arrête le temps et active une magie. Peut être qu’elle voulait continuer le geste que Tristan n’avait pas eu. Alors elle l’avait invité à se pencher en avant, calmement, prenant le chemin de ses lèvres.

Mais… ça bloquait. Parce que sa conscience fit surface d’un coup, pensant à ce qu’elle était en train de faire. Etait-ce vraiment le bon moment ? Précipitation… elle était en plein dedans là. L’embrasser là maintenant, c’était lui montrer qu’il avait gagné d’une certaine façon. Et puis, il y avait peut être un meilleur moment. Elle n’était pas comme ça ! Là c’était trop simple. Alors Cassidy détourna le chemin de ses lèvres et lui déposa, de manière éphémère et légère, un baiser sur sa joue, doucement, alors qu’elle constata le regard un peu moqueur. C’était comme si il disait, quoi c’était tout ? C’est tout ce dont tu es capable ? Et même si ce n’était que ça, elle en était un peu blessée. D’avoir oser.

Alors, Cassidy déclara qu’il n’y avait rien, que c’était stupide. Oui après tout, c’est bien ce qu’elle était. Stupide pour s’accrocher à un homme comme lui qui n’attendait pas grand-chose. Elle soupira, secoua ses mèches dorées sur son front, puis s’installa en tailleur pour lire. Pour voir autre chose.

Mais elle ne pouvait s’empêcher de penser à quel point elle avait été bien avec lui, que c’est ce que son cœur réclamait… lui… juste lui… Son livre était à l’envers mais elle n’y fit pas attention, se contentant uniquement de réfléchir. Cela lui brouilla le cerveau. Alors, la il fallait qu’elle pense à autre chose. A sa magie, car c’était son seul échappatoire.

Mais là encore, elle échoua. Parce que les sentiments qu’elle éprouvait pour Tristan étaient beaucoup trop forts. Et qu’à ce moment là, des miracles pouvaient se produire. Jamais elle n’aurait pu imaginer que sa magie pouvait être aussi puissante, effrayante, elle ne la contrôlait pas vraiment mais ce n’était pas instable, un bon point pour elle. Et au moment où elle ouvrit les yeux, surprise par cette impression nouvelle qui l’animait.

Et l’arbre en face d’elle, se transforma, à cause de leurs sentiments mais elle y était pour quelque chose, c’était un exploit, quelque chose de magnifique et d’extrêmement glorifiant mais sa tête montrait qu’elle n’avait rien désiré du tout, que ce n’était pas elle qui avait agi, juste… ses sentiments et son cœur. Et ça l’inquiétait. Parce que Tristan n’aurait pas la même réaction qu’elle.

Alors Cassidy essaya de se défendre, de lui dire que ce n’était pas vraiment volontaire. Il avait lâché les armes qu’il tenait, surpris lui aussi même si Cassidy niait fortement le contraire, faisant des gestes très maladroits alors qu’elle ne contrôlait rien mais qu’elle était étonnamment plus stable que d’habitude. Pourtant, le jeune homme ne dit rien et se ferma, prit la fuite pour aller ranger les armes comme si rien ne s’était passé ou qu’il préférait ne pas réagir.

La jeune femme le regarda faire, un peu surprise. Au moins qu’il dise quelque chose mais ne pas s’enfermer dans ce silence, cela la mettait mal à l’aise. Elle se releva tant bien que mal pour lui courir derrière, pour s’excuser.

« Tris… »

C’est à ce moment là qu’une terrible migraine s’empara de sa tête. Le tatouage de Tristan devait avoir réagi aussi, lui brûlant un peu le dos alors qu’il rentrait dans les ombres du local. Cassidy se mit à gémir et porta la main à son front. Lentement, des images réapparurent sous ses yeux.

Tristan et elle étaient couchés dans l’herbe. Il lui caressait doucement les cheveux et elle se laissait faire. Cependant, une nouvelle image s’interposa. La jeune femme put voir un Tristan beaucoup plus jeune, adolescent alors qu’il portait des objets. Une belle femme était là aussi et tous les hommes se tournaient sur son passage. Le genre de femme qui plaît, qui donne envie, qui attire les regards et la convoitise, l’envie bestiale et les pulsions barbares. Tristan lui, ne semblait pas plus intéressé que ça, détournant le regard et lui répondant juste poliment et avec respect. Cela s’arrêtait là. Mais… Cassidy regretta de ne pas avoir été là à ce moment là. Parce que le regard que la femme lançait… était intéressé et ça… elle ne pouvait pas le supporter. Jalouse elle ? Un peu… Mais le pire restait à venir…

Toujours elle, beaucoup plus tard, la dame était nue dans sa chambre alors que Tristan se tenait à proximité, allongé sur un lit, un fin drap le recouvrant, laissant entrevoir des possibilités peu agréables pour Cassidy. Dans sa chambre… et elle… cette femme semblait vaniteuse, appréciant son corps et son regard qu’elle lançait à Tristan voulait dire qu’elle était peut être complètement amoureuse envers lui. Sans la connaître, Cassidy comprit qu’il s’agissait de la fameuse Maud. Et Tristan était patient, car ce n’est pas lui qui se jetait sur elle mais il la laissait juste venir, s’approcher. C’était carrément… dégoûtant et écoeurant pour Cassidy qui sentit son estomac se broyer, son cœur se déchirer rien qu’en voyant cette scène, juste en voyant la pintade qui le touchait comme si c’était son trophée, son amant… sa chose.

Cassidy avait toujours aimé partager son savoir, ses connaissances, c’est pour ça qu’elle était apte à diriger une académie. Cependant, bien malgré elle, la jeune femme découvrit qu’il y avait une seule chose qu’elle voulait garder égoïstement pour elle. Un certain Drakkari… qui avait bien refait sa vie loin d’elle. La douleur s’amplifia dans sa tête… puis descendit dans son bras droit. La douleur, la souffrance, ces émotions qui la rongeait à petit feu. Elle ne pouvait pas l’avoir, elle ne pouvait pas espérer quoi que ce soit avec lui. Car pas si loin d’ici, une dame soupirait pour lui et devait sûrement être… très jalouse aussi, de chacune de ses proies, du fait de ne pas pouvoir le suivre.

La jeune femme tomba à genoux au sol et porta la main à son bras. Elle allait… la faire revenir. Et avec la magie qu’elle avait accumulée en peu de temps, cela pouvait encore devenir… très dangereux. Surtout que le tatouage à Tristan se mit à lui brûler le dos même si elle ne l’avait pas activé, à cause de cette douleur qu’elle éprouvait à ce moment, tout devenait incontrôlable, tout. La Cassidy protectrice ? Non la Cassidy destructrice. Ce n’était pas contre lui qu’elle en avait… ses proies étaient à l’origine de la souffrance qu’elle pouvait éprouver.

Et pendant un moment, la principale cible de cet état second qui tentait de sortir et de s’activer n’était autre que la fameuse Maud. Qu’elle aille brûler en enfer ! Elle ne le méritait pas ! Mais qui était-elle pour juger ? Non mais cette femme, elle la haïssait au plus haut point, d’avoir osé pervertir un adolescent. Son cœur brûlait, la température se réchauffa alors que Cassidy grinçait des dents, luttant et résistant contre cet état vers lequel il était si… facile de s’abandonner. Au moins, elle ne souffrirait plus. Mais voilà elle avait promis à Tristan. Alors, encore une fois, elle devait se battre… pour une cause perdue mais elle devait réussir.

Cependant, le tatouage avait atteint le niveau 2. Parce qu’il était difficilement contrôlable. Tristan avait du lire une petite ligne sur le livre de Cassidy, comme quoi certaines choses pouvaient être partagées. Cela pouvait être n’importe quoi, et ça pouvait aussi toucher aux souvenirs lorsqu’ils étaient suffisamment puissants. Mais malheureusement pour elle, qui éprouvait toutes les difficultés du monde à se contrôler, un souvenir peut aussi… s’inverser. Surtout… quand les évènements sont proches et rapprochés.

On cherche à fuir, se cacher, laisser les personnes que l’on aime derrière soi mais au final, il y a toujours des petits rapprochements, futiles, éphémères mais qui témoignaient d’un certain lien qui pouvait unir. Simple hasard ou signe du destin ?

Les souvenirs de Cassidy se répercutèrent en écho dans la tête de Tristan et même si elle l’ignorait totalement, la vision était en train de se produire.

Cassidy marchait dans un petit village pas loin de la frontière de Helehëne. Cela faisait peu de temps qu’elle était ici avec son maître. A force de voyager, mais tout en restant quand même à l’écart du reste du monde pour certaines raisons qui la dépassaient, les deux résidaient dans une cabane de rôdeur dans la forêt un peu plus loin au nord du village en question.

La jeune fille était encore un peu enfant, ses traits toujours aussi doux, son petit air naïf et ce regard noisette qui regardait le monde qui l’entourait. Sauf qu’elle en avait un peu assez de devoir toujours se cacher, de ne pas pouvoir parler avec les autres même si il y avait son maître. Cependant, à chaque nouveau lieu d’habitation, la demoiselle se rendait au village le plus proche pour obtenir des informations pour sa … quête.

Elle n’était pas bête, alors la jeune fille mettait toujours une cape de couleur sombre, capuche sur la tête, pour éviter d’être trop… visible et attirer l’attention des autres. C’était son maître qui lui rappelait en permanence qu’elle devait toujours sortir couverte, peu importe le temps, c’était important pour la jeune fille de rester cacher. Elle était si naïve… parce que le mage avait scellé déjà son souvenir traumatisant et choquant sur son excursion nocturne. Et à part le fait qu’elle repoussait tout contact physique, exprimant un dégoût, tout allait bien pour elle.

Enfin, elle marchait dans ce petit village alors que des hommes s’affairaient à transporter des meubles, caisses. Alors qu’elle avançait, une femme aux cheveux noirs la bouscula rapidement, sans s’excuser, sûrement plongée dans ses pensées ou plutôt par la bonne affaire qu’elle venait d’effectuer si on pouvait dire ça comme ça. Cassidy grogna mais se rappela des paroles de son maître, rester discrète.

La demoiselle s’approcha des hommes. Elle était toujours un peu intimidée et surtout, n’avait pas vu le Drakkari. En fait, elle avait le dos tourné à lui. Elle s’inclina respectueusement devant eux, et une petite voix sortit de sa bouche alors qu’elle les salua.

« Bonjour Messires. Pardonnez mon intrusion et le dérangement dans votre tâche mais j’aimerais avoir des informations pour… une recherche »

Les hommes s’arrêtèrent de travailler, se figèrent. La demoiselle était bien polie mais avait un peu de culot pour leur demander une telle chose. En fait, Cassidy pensait que comme ces hommes semblaient transporter des choses d’un endroit à un autre, peut être qu’ils connaissaient du monde.

« En fait… je recherche un Drakkari, des cheveux rouges, un air arrogant et dédaigneux, il doit avoir… à peu près mon âge et il est plutôt… pas mal physiquement »

Les ouvriers ricanèrent après s’être regardés entre eux. Bien sûr, il y avait le petit jeune qui travaillait avec eux mais bon, des Drakkaris il y en a partout quand même !

« Et pourquoi recherche-tu un Drakkari ? Tes informations sont bien maigres… Des Drakkaris il y en a partout. Que lui veut une mystérieuse voyageuse si jeune ? Et c’est plutôt rare qu’une demoiselle comme toi court après… un Drakkari. »

Cassidy secoua la tête, toujours dissimulée sous sa cape et sa capuche.

« Les raisons de sa recherche ne regardent que moi ! Mais c’est vrai que je n’ai pas beaucoup d’informations… »

« Dans ce cas nous ne pouvons rien faire »

Les hommes se mirent à nouveau à l’ouvrage. Cassidy avança d’un pas vers eux.

« Il a… les yeux orangés ! Et des pupilles comme les Nekos ! »

Un des hommes haussa un sourcil et son regard se tourna vers Tristan. Peut être que… Il ouvrit la bouche.

« Peut être alors que… »

Un de ses collègues lui donna un coup de pied pour qu’il se taise.

« Bien sûr damoiselle que nous en connaissons un. Mais toute information demande une petite… contribution financière ou… en nature. Nous ne sommes pas compliqués »

Cassidy toujours assez naïve, sourit sous sa cape, une trace d’espoir retrouvé.

« C’est vrai ? Je vous donnerais n’importe quoi si vous l’avez déjà vu… je… je souhaite vraiment le retrouver…mais… je n’ai pas d’argent sur moi… »

Quelques hommes se mirent à sourire et un s’approcha d’elle, un sourire assez… envieux sur le visage. La jeune fille commença à s’inquiéter et fit quelques pas en arrière, mettant sa main sur un vase qui se brisa au sol, elle-même trébucha et se retrouva le derrière dans la poussière, sa capuche s’étant retirée, laissant apercevoir une cascade de cheveux blonds.

Quand Tristan la connaissait, la fillette ne jurait que par les couettes. Elle avait changé avec l’âge.

Grimaçant, un des hommes ne semblait pas très content.

« Il faudrait déjà que tu rembourses ce que tu viens de casser… »

Ils s’approchèrent d’elle, lorsqu’un homme tenant un bâton se plaça entre eux et l’adolescente.

« Allons Messires, restez calmes s’il vous plaît… Ce n’est qu’un vase après tout… »

Il pointa son bâton sur le vase, une rune brilla et les morceaux se recollèrent d’eux même et il retourna à sa place sans que rien ne se soit passé.

« L’incident est terminé. Vous pouvez retourner à vos tâches. Je vous souhaite une bonne journée. Quant à toi jeune fille… je dois te parler »

Cassidy protesta, se tourna vers son maître mais il l’attrapa par l’épaule pour s’éloigner avec elle. Peut être qu’au final, les ouvriers se moquaient d’elle…


Cassidy respira lentement. En fait, elle ne savait pas pourquoi ce souvenir remontait à la surface maintenant. Peut être parce que sa tête allait exploser elle était en train de faiblir… Encore autre chose lui vint à l’esprit.

Où était Cassidy le soir où Tristan retrouvait son amante ? Le fameux soir où il l’avait retrouvé quelques années plus tard ? Et bien la réponse ne sera pas vraiment agréable à vrai dire… On se rappelle que ce fameux soir dans le village était passé cinq cavaliers qui venaient d’endroits… pas très net. Ils étaient redoutés par beaucoup et prêtaient allégeance aux Kaärs bien qu’ils ne rentraient pas dans leurs combines toujours, aimant ceux qui se laissaient corrompre, dès que l’on faisait miroiter un peu d’or sous le nez. C’était des hommes sans pitié, intelligents, traquant leurs proies sans la moindre relâche.

Les domestiques du domaine en parlaient entre eux. Il ne serait pas surprenant que Tristan l’entende au détour du chemin le lendemain matin ou s’il surprenait la conversation en allant chercher quelque chose. Que ces hommes n’étaient pas vraiment silencieux mais qu’ils avaient confiance en leurs capacités. Que dès qu’ils étaient lancé contre le ciblé, plus rien ni personne ne pouvait les arrêter.

Cassidy dormait paisiblement dans son lit. Au final, ils étaient revenus dans cette cabane de rôdeur ou de forestier après avoir fais une pause de plusieurs années. Parce que le vieux mage avait pressenti une mauvaise chose. Voilà donc quelques semaines qu’ils étaient revenus ici.

La jeune femme était déjà un peu plus âgée, ses longs cheveux blonds contre son visage, son petit air un peu naïf et innocent qui encadrait son beau visage fin. Cependant, son maître la secoua doucement pour la réveiller.

« Gnééé ? Huuum… pas encore ! Je viens à peine de m’endormir »

« Désolé demoiselle mais nous n’avons pas le temps de nous attarder. Une mauvaise chose arrive droit sur nous. Mes runes de sécurité viennent d’être activées. Il faut y aller maintenant avant qu’il ne soit trop tard »

Cassidy se redressa et bailla. Encore ils devaient bouger ! Encore et toujours ! Elle n’avait jamais vraiment compris pourquoi mais elle était obéissante envers son maître, grognant et grommelant. La jeune femme se dépêcha de se changer dans le coin salle de bains puis rassembla ses affaires. A peine eut-elle le temps de tout réunir que des flèches sifflèrent autour d’elle, visant le toit de la cabane.

Elles étaient enflammées et le feu commença à se propager dans la cabane alors que Cassidy cria. Le maître empoigna son bâton, traça rapidement une rune, puis ouvrit un passage à l’arrière. Il ordonna à Cassidy de courir et d’utiliser son sort pour amplifier sa vitesse.

Ils avancèrent vite et bien sauf qu’arrivés à un endroit de la forêt, Cassidy cassa une fine cordelette, et une montagne de buches, bois leur tombèrent devant eux. Encore une fois, le vieux mage la sauva en déviant les choses. Cependant, des flèches sortirent des buissons, visant le mage qui les détourna rapidement.

Un ricanement, un rire. Ils étaient coincés ! Le vieux mage regarda Cassidy avec beaucoup de sérieux.

« Il faut que tu partes… Je ne peux pas les laisser te prendre… Alors n’oublie pas ce que je t’ai dis, ce que je t’ai appris. Je te rejoindrais… plus tard »

« Hors de question que je parte sans vous ! » s’écria-t-elle indignée tout en sortant son bâton de son carquois, dans une attitude défensive, prête à se battre.

« Ce n’est plus le moment de se poser des questions. Je ne peux pas prendre le risque que tu sois blessée. Je pourrais m’en sortir tout seul. Maintenant va ! »

Le vieux mage frappa le sol de son bâton et un cercle doré apparut autour de Cassidy. Elle cria, tendit la main, mais le mage l’avait téléporté bien plus loin… en sécurité.

Quand elle se matérialisa dans une forêt plus éloignée, Cassidy semblait apeurée, perdue. Elle réfléchit un long moment se passa avant qu’elle reprenne ses esprits. Elle était désormais… complètement seule. La jeune femme qui sortait de l’adolescence avait des traits fins et devenait plus jolie de jour en jour, même si elle avait toujours voulu être considérée comme normale pour le commun des mortels.

Cependant, une expression de désespoir était apparue sur son visage. Elle se posait beaucoup de questions, pourquoi elle ? Qu’avait-elle fait ? Rien de spécial pourtant ! Elle n’était qu’une jeune apprentie, rien de plus, rien de moins. Parfois elle maudissait son maître de ne pas tout lui dire. Oh, elle savait qu’il s’en sortirait mais pour l’instant… elle était seule, juste avec le bruit du vent qui soufflait dans les branches et les bruits nocturnes qui l’entourait.

Elle serra le poing, puis tourna les talons et disparut dans la forêt.


Elle souffla lentement, faisant le vide, appelant ses forces pour faire le calme dans son esprit et au moins arrêter la douleur du tatouage de Tristan et surtout arrêter de se rappeler ces souvenirs douloureux qui la hantait. Pourquoi ça remontait maintenant ces trucs là ? Etait-ce à cause de ce tatouage si particulier qui n’avait pas été fait normalement ? Cela la rendait folle et surtout… elle ne voulait pas y penser.

*Maintenant, tu te calme tout de suite ! Tu as bien vu ! Non tu n’es pas aveugle. Mais tu ne peux pas espérer quoi que ce soit avec lui. Alors oui je l’aime bien mais je ne pourrais que souffrir. Au moins… apaiser les choses. Je suis stupide ! Réveille-toi et bats-toi ! Au moins pour les autres*

Mais avant cela, elle devait se débarrasser de ce surplus de magie qui commençait à devenir instable et qui pouvait être une arme terrible. Elle ne pouvait pas compter sur Tristan, pas après ce qu’elle venait de voir, cette Maud la rongerait et lui empêcherait de voir quoi que ce soit avec Tristan c’était évident. Alors, elle allait faire, ce qu’elle faisait de mieux, se défouler.


Encore une fois Cassidy allait tenir Tristan loin d’elle, au cas où les choses dégénèrent. Elle ne voulait pas le blesser ni qu’il soit prit entre deux sorts. Alors, comme il était dans le local, la jeune femme se redressa lentement malgré la douleur dans son bras et la chaleur dans son corps, elle ramassa son bâton et murmura une incantation tout en fixant la porte. Une couleur violette apparut dans sa main et la rune se fixa sur la porte alors qu’elle se referma d’elle-même dans un grondement, la scellant, rendant une sortie impossible.

*Ne cherche pas à intervenir… je n’en vaux pas la peine*

Il allait être furieux, taperait sûrement à la porte, mais elle avait aussi changé le matériel de la porte, le rendant moins dur, encaissant les impacts sans faire de mal. Comme ça si il tentait de pousser comme la dernière fois, tout ce qui lui arriverait, c’est de rebondir en arrière sans se faire spécialement mal. Mais après tout, ne provoquait-il pas ses actions ? Qu’il arrête de penser aussi fort !

Parce que Cassidy était blessée au fond d’elle-même, par cette femme qu’elle ne connaissait même pas ! Et pourtant, la haine, la souffrance, la brûlaient de l’intérieur, elle ne savait pas combien de temps elle tiendrait avant que cela ne se réveille encore une fois, telle une invitation à la folie et l’inconscience. La jeune femme soupira doucement, faisant le vide dans son esprit, quelques mèches de ses cheveux dorés flottant dans l’air ambiant qui régnait sur le terrain d’entraînement.

Enfin, Cassidy ferma les yeux et fit apparaître un cercle sous ses pieds. Marmonnant des formules, elle tendit la main en avant, couleur foncée pour ses runes, et alors, une multitude de créatures apparurent tout autour d’elle, sur le terrain d’entraînement.

Cassidy n’avait jamais été aussi sérieuse. Et des créatures, il y en avait de toutes sortes, tous les types, miroir de sa puissante magie à ce moment là. Raison de plus de lâcher tout ça. Elle voyait les choses en grand, non pas vraiment. Parce que c’était le seul moyen pour faire retomber la pression, jusqu’à garder un niveau de magie stable et contrôlable.

*C’est… nécessaire*

Son regard changea alors qu’elle devenait beaucoup plus sérieuse. Et enfin, elle attaqua. Mais il y avait quelque chose en plus. Sa haine, sa douleur, ses doutes. Tristan n’en était pas responsable non, elle était la seule à blâmer et la seule à pouvoir agir dans ce cas là. Après tout, ce n’était pas la première fois.

Cassidy chargea au centre. Elle incantait ses runes à une vitesse impressionnante. Tout d’abord, une rangée de pics de glace qui vinrent se planter dans toutes les créatures présentes autour d’elle. Puis elle s’arrêta, fixant les adversaires toujours plus puissants, plus nombreux et fit venir à elle une rangée de feu qui détruisit tout sur son passage.

Une créature tenta de la chopper par derrière. Son bouclier s’activa et il fut repoussé, faisant tomber d’autres créatures au passage. La puissante mage incanta alors des traits lumineux qui frappèrent un peu au hasard, recouvrant le terrain de poussière. C’était aveuglant et une sorte de molosse en profita pour lui sauter dessus et la faire tomber au sol, ses crocs voulant arracher sa chair.

Cassidy murmura et posa ses mains l’une contre l’autre, une rune jaune apparaissant dans ses mains. La créature reçut un éclair lumineux qui la transperça d’une part à l’autre, la faisant disparaître. Chaque créature vaincue disparaissait. Elle se redressa et ramassa son bâton, incantant un flot de sortilèges d’attaques élémentaires et de lumière.

Le nombre se réduisit. Cela devenait plus gérable. Mais certaines créatures restaient insensibles à sa magie. Un os… Elle en évitait un en sautant en arrière, activant un sort pour accroître temporairement sa souplesse alors qu’une lame coupa une mèche de ses cheveux dorés puis elle tenta de le repousser. Cependant il y avait bien cinq créatures qui évitaient la magie car cela ne leur faisait absolument rien.

Cassidy se contenta d’éviter tous les mouvements, accélérant sa vitesse, fuyant un peu, le temps de trouver une solution… qui lui vint assez rapidement à l’esprit. Tristan n’allait pas être content du tout. La jeune femme incanta rapidement, sa rune violette du sort qu’elle venait d’apprendre. Normalement c’était encore trop récent pour qu’elle le maîtrise complètement. Cependant, comme sa magie était supérieure pour le moment, cela lui ouvrait beaucoup de possibilités.

Elle traça le signe. En fait elle avait mémorisé toutes les armes et bien plus encore. Dans le local, ça s’agitait, les armes présentes brillèrent et tremblèrent sous les yeux de Tristan qui ne devait pas comprendre grand-chose. Enfin, elles disparurent et se matérialisèrent dans les airs au dessus de Cassidy qui tenait sa main haut placé. D’un geste, elle les lança en direction des créatures. Les lames fendirent l’air et vinrent se planter dans les cibles visées, les faisant disparaître.

Cassidy détruisit tout sur son passage, était particulièrement offensive et agressive, posant des runes explosives au sol qui éclataient. Jamais elle n’avait utilisé une aussi grande quantité de magie, parce que jamais ses sentiments n’avaient été aussi forts.

Aimer, un combat, un défi, qui pouvait rendre heureux ou faire souffrir, offrir sa vie ou bien mourir à petit feu. Mais le plus important, c’est de savoir s’en relever. La pauvre Cassidy ne s’y attendait pas vraiment à ce qui allait lui tomber dessus et comme c’était tout nouveau pour elle, la jeune femme pouvait toujours faire des bêtises, se perdre, si elle n’était pas soutenue. Mais elle ne le pouvait pas. Elle ne le méritait pas, elle n’y avait pas droit elle !

Alors qu’elle avait nettoyé toute la surface du terrain, il ne restait plus qu’une créature, et peut être même la plus dangereuse de tous…

Une ombre s’approcha alors de la jeune mage. Cassidy la repoussa avec son énergie comme si rien n’était. Mais cet ombre prit la forme de Maud, chose qui préoccupait son esprit pour l’instant. La demoiselle s’assombrit, s’obscurcit et serra le poing. Non elle ne devait pas faiblir ! Son hésitation lui valut quelques chocs.

L’ombre à la forme de Maud se mit à rire et pointa son doigt sur elle. Une douleur lancinante apparut dans le dos de Cassidy, c’était comme si de fines coupures la transperçaient de l’intérieur, comme si des lames invisibles s’étaient enfoncées dans sa chair et laissant des marques visibles, à des endroits où la douleur était amplifiée. Le sang coula lentement le long de son dos mais n’était pas assez important pour tâcher. Heureusement, le tissu de sa robe ne s’était pas déchiré, totalement invisible.


Est-ce que ça serait la douleur physique que l’on éprouvait quand on avait mal ? Quand on souffrait en silence et que cela se matérialisait en quelque chose de physique, lui mettant la honte de ce sentiment tout nouveau pour elle, qui la brûlait, la rongeait et l’étouffait. Et ça faisait encore plus mal qu’une gifle !

La jeune femme gémit et tomba au sol encore une fois. Elle tremblait, la sueur sur son front, le regard mitigé alors qu’elle était complètement indécise, portant de nouveau la main à son bras alors que l’ombre riait encore et encore, se moquant inévitablement d’elle. Elle entendait son rire qui se répandait comme un poison à l’intérieur de son corps, détestait la dame sans même l’avoir connu, à cause de ce qu’elle éprouvait, à cause de ce qu’elle avait vu.

Alors, aimer est-il considérer comme un poison ? Une chose dont elle n’avait pas droit ? Parce que la seule personne qu’elle aimait peut être était déjà là pour une autre ? Finalement, elle ne valait rien, elle était arrivée trop tard même la petite fille avait essayé de chercher Tristan. Et à chaque fois qu’elle le pouvait, l’adolescente faisait des recherches sur lui, interrogeait des gens, voulant le retrouver. Mais l’espoir s’était réduit au fil des années, l’espoir de le retrouver. Avait-il pensé à elle durant toutes ces années ? Avait-il essayé de la retrouver ? Non il avait trouvé quelqu’un d’autre… c’est tout, c’est injuste, la vie est faite d’injustices et de malchance et Cassidy était en train de l’expérimenter.

Il aurait été tellement facile de céder à la douleur mais la jeune femme s’y refusa. Courageusement, elle se redressa, cherchant à incanter un sort mais qui fut dévier encore une fois.

Cet esprit, les mages ne l’aimaient pas du tout. Parce qu’ils absorbaient la magie et les pensées des utilisateurs de sort, pour leur faire voir leurs pires faiblesses, se servaient de ça pour les rendre confus et perdre du temps précieux. Cassidy les avait toujours évités, car elle n’avait pas encore trouvé le moyen de battre ce genre de créature. Elle n’avait pas pensé que sa magie en créerait une et là, elle était vraiment dans de beaux draps. Le désespoir gagna la jeune femme, elle avait perdu.

Le souffle haletant, elle regardait le sol, à genoux, ses mèches de cheveux dorés étant mouillées à cause de la transpiration. Devait-elle se laisser aller ? Abandonner au premier échec ? La douleur... ne l'aidait pas à réfléchir dans cette voie. Cassidy ferma à nouveau les yeux. Elle ne devait pas laisser ce stupide esprit jouer avec elle. C'était encore plus humiliant pour la mage qui ressentait la douleur des marques dans le dos. Sa main caressa doucement la terre alors qu’elle se mettait à réfléchir. Elle ne pourrait pas battre cette créature, car tous ses sorts se reflétaient sur elle et glissaient comme si… une sorte de barrière invisible la protégeait.

Pourtant, il fallait essayer ! Se relever... et se battre. Première chose à faire que lui avait appris son maître. Analyser son adversaire.

Cassidy releva doucement la tête et plissa les yeux pour sentir le flux de magie. Là et là il y avait bien une protection qui lui empêchait d’envoyer ses sorts directs.

*Ok… je commence à comprendre*

En même temps, elle n’avait pas trop le choix à ce moment là ! Sa douleur au bras revint. Elle voyait le visage de Maud, l’envie de se laisser tenter et de la détruire d’un coup était grande. Pourtant, la jeune femme ferma les yeux et serra les dents. Elle ne valait pas grand-chose si elle se laissait aller.

*La magie ne marchera pas comme ça… Je ne me laisserais pas faire ! Alors… innovons !*

Cassidy se mit à sourire doucement et se redressa, prise d’une nouvelle source d’énergie alors que la Maud en face pencha la tête sur le côté sans comprendre ce qu’elle comptait faire.

« J’espère juste ne jamais me retrouver en face de vous en vrai, Madame la noble… »

Elle souffla doucement puis traça sa rune violette pour invoquer un autre objet du local. Cette fois ci ce fut une paire de gants sans matière aux extrémités qui bougea et trembla dans une sorte de cuir. Une fine lumière les envahit alors que Cassidy visualisait la forme des gants de l'autre côté du local, arrivant à les faire bouger malgré la magie qui scellait la porte.

Enfin, la paire atterrit dans les mains de Cassidy qui les enfila tranquillement avant de ramasser son bâton au sol.

La créature leva une main et lui lança un sort de feu. Cassidy esquiva en activant sa vitesse sur le côté puis se concentra pour augmenter la puissance de son bouclier d’énergie. De fines parties argentées apparurent et entourèrent la jeune mage qui ferma les yeux alors que l’autre en face invoquait des sorts différents, cherchant à détruire son bouclier.

Les mains de Cassidy devinrent brûlantes, toute sa concentration se faisait du lien entre la magie de Cassidy, le bâton et les gants. Une improvisation assez originale.

"Magie parcourant dans mes veines et mon sang
Transfère toi dans ce bâton de puissance
Qui de lui même transfère son pouvoir dans les gants
Pour que la force devienne unique
Donne moi la capacité d'utiliser cette magie de mes propres mains !"


En fait, elle transférait la magie de son bâton dans les gants, capable de conserver son énergie. Elle incanta, murmura des mots, la sueur visible sur son front, jusqu’à ce qu’une partie de la magie du bâton se retrouva dans les gants, lui procurant une sensation de chaleur qui fut apaisé par le cuir des gants. Son bouclier d’énergie commençait à disparaître.

La jeune femme lâcha le bâton et se mit à courir en zig zag, se servant de son sort de vitesse pour avancer plus vite et éviter plus facilement. Le contour des gants s’entoura d’une lumière orangée et rouge alors que Cassidy approchait dans la zone d’énergie de l’esprit Maud. Elle tendit la main en avant et se concentra sur toute sa force magique, serrant les dents.

Un impact invisible se créa, signe de la barrière magique de l’esprit et Cassidy amplifia avec sa volonté la puissance qui se trouvait dans le gant droit. La barrière était puissante. Cassidy s’appuya sur ses pieds au sol alors qu’elle commençait à glisser sur le sol. L’esprit repoussa d’un geste de main, amplifiant d’un coup sa barrière. La mage se retrouva projetée dans les airs en arrière, en direction du local.

Rapidement, elle traça sa rune pour amplifier son propre bouclier d’énergie, assez amoché pour le moment. Mais Cassidy réussit à atténuer les dégâts. Son dos atterrit contre le mur du local, ce qui provoqua un grand choc de l’autre côté. Cela faisait encore un peu mal mais la jeune femme était toujours dans un état de battante, puisant dans ses réserves pour se relever encore une fois. Tristan pouvait entendre ses paroles derrière les murs.

« C’est tout ce que t’as ? Ridicule ! »

Provocation directe qui ne plu pas vraiment à l’esprit. La Maud lança d’autres sorts dans sa direction et Cassidy se déplaça encore rapidement. Elle devait au moins casser sa barrière ! On verrait pour le reste après. Surtout que le visage de Maud l’insupportait au plus haut point alors qu’elle l’imaginait dans les bras de Tristan. Une raison de plus de se dépasser. Ce bref moment de pause valut à Cassidy une coupure supplémentaire qui apparut cette fois sur sa joue alors qu'elle grinça des dents, sentant la douleur magique de l'esprit qui essayait de l'atteindre. Mais même si un peu de sang coula, ce n'était rien comparé à tout à l'heure.

Elle ferma les yeux un instant faisant le vide dans son esprit, laissant sa partie combattive prendre le dessus qu'elle ne montrait pas vraiment aux yeux des autres puis laissa la magie envahir ses gants alors que son aura s'amplifia au fur et à mesure de sa volonté grandissante d'atteindre son objectif.

*Je dois l'atteindre ! Alors attention esprit des ténèbres parce que je ne vais pas me retenir*

Cassidy chargea l’esprit, lançant un cri combattif témoignant de sa rage et incanta un sort avec le bout de ses gants. Elle décolla dans les airs, calculant sa trajectoire pour arriver derrière l’esprit puis plaqua ses deux mains remplies d’énergie grâce aux gants contre la barrière invisible tout en inspirant un grand courant de magie qu’elle relâcha avec puissance.

« Essaie d’encaisser ça si tu peux ! »

La lumière devint aveuglante alors que Cassidy concentrait toutes ses forces dans cette ultime charge. Elle sentit alors un bruit de verre qui se brisait et des étincelles qui s’évaporèrent dans les airs. La barrière avait lâché ! La jeune mage sourit, haletante mais fière de son coup. Elle avait réussi à casser la barrière. Cependant, plus assez de force pour incanter un autre sort et la magie de ses gants diminua.

Cassidy recula de quelques pas, se retrouvant sous l’arbre qu’elle venait de créer. Ainsi c’était comme ça que ça devait se passer ? Après tout, elle le méritait. La jeune femme grimaça, sentant les forces qui la quittaient. Mais c’était mieux ça que de succomber au mal qui la rongeait, trop forte pour laisser la sorcière y mettre son grain de sel. Et même si elle n’avait pas vaincu l’esprit, la jeune femme avait quand même été très loin pour elle-même, brisant cette barrière que l’esprit gardait. Seulement, cela lui avait demandé beaucoup de puissance magique, un peu trop même.

Après tout, la jeune femme avait été toujours un peu comme ça, bien qu’en parcourant les routes et les chemins, elle avait fait preuve de beaucoup plus de prudence. Mais voilà, ils sont dans une académie, le danger est quand même un peu plus… lointain même si parfois il rôdait tout près. Et Cassidy était ce qu’on appelle, une inconsciente, croyant que la magie des lieux pourrait la protéger. Alors, cela ne la dérangeait pas d’utiliser toute la puissance possible qu’elle était en mesure d’obtenir.

Combattive, farouche et sauvage. Parfois on se demandait si ce n’était pas la présence du Drakkari qui la rendait comme ça, un peu plus forte peut être à juste raison. Sauf que là, ses pensées étaient concentrées sur Maud et Tristan, et cette vision là était complètement troublante à ses yeux de demoiselle très chaste.

Cependant, malgré le fait qu’elle était dans un état pitoyable pour le moment, la mage ne voulait pas qu’on la voit, c’est pourquoi elle incanta un dernier sort, puissant, créant une barrière d’illusions autour du terrain d’entraînement comme si rien ne se passait et qu’il n’y avait personne.

*Si jamais je m’en sors, je…*

Elle n’eut pas le temps d’achever la fin de sa phrase que son corps ne lui obéissait plus et que ses yeux se fermèrent bien malgré elle, l’épuisement magique étant tout proche. Cassidy sombra dans les ténèbres, tombant au sol telle une marionnette inanimée au pied de son arbre. Son corps se pencha en arrière et tomba sans ménagement alors qu’elle se retrouvait le dos contre le sol, les bras posés négligemment dans l’herbe, son visage venant de prendre une couleur cendre justifié par le manque évident de magie et des efforts qu’elle avait réalisé jusqu’à présent. Ce qui avait eu raison d’elle.

L’esprit se transforma en un homme fin et robuste vêtu d’une tenue noire et sombre. C’était l’un de ces hommes qui avait attaqué Cassidy et son maître dans le souvenir. Sa deuxième plus grande peur.

Il empoigna une des épées émoussées plantée dans le sol et se dirigea vers la jeune femme. Alors qu’il avançait lentement, sans faire de geste brusque pour le moment, quelques feuilles couleur arc-en-ciel tombèrent sur le corps de la jeune alors qu’elle ne bougeait plus, sa respiration restait cependant normale, signe que malgré un épuisement en raison de ses actions mais à part ça, son cœur battait à un rythme régulier. Tout allait bien.

A ce moment là, la magie qui scellait la porte du local disparu, Cassidy étant inconsciente, certains de ses sorts cessaient d’être. La porte s’ouvrit de quelques centimètres.

L’homme en noir se tenait au dessus de sa proie, l’épée dans les deux mains, la levant au dessus de ce petit corps fragile et si faible. Même si la dague était émoussée, une force suffisamment grande pouvait faire suffisamment de dégâts.
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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: Qu'a-t-elle de plus que moi ?   Sam 21 Juil - 12:55

Fuir… pour pouvoir réfléchir sans qu’elle le voie. Il devait réfléchir…
Tristan entra rapidement dans le local après s’être soustrait à la vue de la jeune mage pas en courant… mais presque. Il avait pressé le pas, comme s’il avait le diable aux trousses et là s’appuyait, le dos contre un des murs du local. Ses yeux étaient clos, sa tête, légèrement renversée en arrière et il peinait à retrouver un rythme cardiaque normal.

Les mains du jeune guerrier étaient agitées de tels tremblements qu’il ne parvenait pas, malgré ses efforts à les contrôler, ne serait-ce qu’un peu.
Des gouttes de sueur commençaient à perler à son front, son visage était exceptionnellement pâle.
Malgré son emprisonnement de près de trois mois, Tristan avait passé beaucoup de temps à l’extérieur ces derniers jours et son teint un peu maladif avait rapidement était remplacé par celui bien plus frais d’un homme pas encore mais presque au sommet de sa forme, jeune, vigoureux, bourré d’énergie et prêt à le prouver.

Son corps faisait bon usage de toutes les vitamines qu’il pouvait synthétiser grâce au soleil et s’il n’avait pas eu cet air fatigué, sans doute… serait-il passé pour un garçon particulièrement fringant. Mais là… ce teint l’avait déserté en l’espace d’une seconde, juste le temps pour lui de réaliser ce qu’il avait sous les yeux, juste le temps pour lui… de revoir.

Lentement il tendit son bras gauche devant lui. Ses traits se figèrent alors qu’il se remémorait comme dans un brouillard ce rêve. Il avait dessiné un arbre une fois…multicolore… un arbre qui n’existait pas mais là il était enfant… les enfants font souvent des choses… étranges.
Lentement sa main gauche se porta à sa tête… tout aussi lentement justement qu’il avait levé le bras. Sa gorge se noua d’autant plus. Ce rêve là non plus ne finirait sans doute jamais de le hanter.

Ses sourcils se froncèrent un peu plus. Une immense peine s’inscrivit comme pyrogravée dans ses yeux… puis la douleur arriva et le cloua sur place.
Tristan suffoqua en portant la main, inutilement à son torse. La rune était apparue, si flamboyante qu’elle éclairait même le local plongé dans la semi-obscurité. Elle pulsait, brûlait… comme chaque fois qu’il essayait seulement de se le remémorer. C’était une erreur… il le savait.

Mais pourtant, cette douleur fut de courte durée.
Sans pouvoir expliquer pourquoi elle se calma aussitôt, le jeune homme la sentit refluer et un soupir de soulagement lui échappa… aussitôt suivi d’un air coupable qu’il pouvait se permettre du fait de sa solitude passagère.
… Elle l’avait appelé alors qu’il partait, l’air… effrayé par ce qu’elle venait de faire apparaître. Il était parti sans même lui accorder un regard, ni une explication. C’était tout à fait son style, ça ne sortait en rien de l’ordinaire ! Mieux, il ne l’avait ni agressée verbalement, ni taquinée plus que de raison ! Il ne l’avait même pas touché… enfin outre ses gestes dans le local… alors pourquoi se sentait-il aussi coupable de l’avoir laissée à cet instant ? Comme si quelque chose d’horrible allait arriver ?... Qu’il le sentait… et s’éloignait pourtant, la laissant livrée à elle-même.

Bref, la douleur de la rune avait disparue, sans qu’il ne puisse l’expliquer mais remplacée par une autre qui bien que moins douloureuse était tout aussi singulière.
Celle dans son dos. Le tatouage ? Que se passait-il donc pour que…
Ses souvenirs, ce qu’il se remémorait dehors, sans savoir au juste trop pourquoi furent transmis à la jeune mage dehors en l’espace de quelques secondes. Mais cela fonctionnait à double tranchant. Un tranchant mortellement aiguisé.

Il ne savait pas bien entendu qu’elle avait vu justement ces souvenirs qui étaient assez… personnels et particuliers. Non pas qu’il en soit gêné mais tout de même ce n’était pas à elle de les voir ainsi… pas à elle de les voir tout court. En fait si elle n’en entendait jamais parler c’était peut-être tout aussi bien non ?
D’ailleurs pourquoi y avait-il repensé alors qu’il était avec elle ? Pourquoi diable avait-il cherché à comparer, obstinément Maud et Cassidy ? Elles étaient aussi opposées que la lune et le soleil. Maud représentait tous les plaisirs nocturnes, la luxure, la nuit si attrayante de par ses ténèbres, ses promesses dissimulées… Cassidy… Cassidy était aussi vraie et émouvante que le soleil. Quand elle souriait c’était un peu ça oui… comme un soleil. Celui qui provoque les sourires parce qu’il apparaît, timidement entre deux nuages après de longs jours de pluie. Oui… c’était exactement ça.

Elles étaient terriblement opposées. Pourquoi chercher à les comparer ? Pour s’excuser, s’expliquer ce moment d’égarement avec elle ? Ce désir farouche de la serrer contre lui et de l’embrasser, bourré d’arrière-pensées mais sans vouloir en réaliser la moindre, juste la serrer dans ses bras… juste l’embrasser.
De quand datait la dernière fois qu’il avait eu cet élan de tendresse ? Il ne se souvenait plus vraiment. C’était tellement naïf, tellement humain… Il avait cessé de l’être depuis bien trop longtemps déjà.

Non, il ne savait décidément pas ce qui lui avait pris. En fait si peut-être.
Mais devait-il réellement s’en réjouir ou… au contraire ?
Il passait un bon moment avec elle… il avait tellement envie… d’arrêter de jouer, du moins de pousser le jeu vers un plateau plus simple, plus praticable… il fallait juste y mettre un terme au plus vite. Pour leur sécurité… à tous les deux.

Seulement presque en même temps que ces souvenirs fugaces et plutôt… intimes échappaient au jeune homme (encore heureux qu’il n’ait pas songé à ses ébats avec la jeune noble mais à un moment avant et un autre après), la mage lui transmit, bien malgré elle sans doute ses propres pensées.
De ce fait, il crut que c’était comme lors de leurs retrouvailles quelques jours plus tôt, un simple, malencontreux dérapage…
Il avait entendu ses pensées, sans qu’elle ne cherche à les lui montrer, faire entendre une seule seconde, juste perturbée magiquement par les évènements. Il crut que c’était pareil. Il y avait peut-être un peu de cela au final.

En tous les cas, il se cramponna d’une main au mur lorsque le monde autour de lui changea… radicalement. Tristan avait l’impression… de suivre une silhouette, menue, frêle, juste devant lui, tellement proche qu’il avait l’impression d’être juste contre elle. Il connaissait cet endroit. Il y avait travaillé quelques semaines avant de devenir l’amant de Maud. Il la vit d’ailleurs, tellement reconnaissable. Elle était plus jeune que lors de leur dernière rencontre trois mois plus tôt. En fait elle semblait tout juste avoir l’âge auquel il l’avait connu. Ses traits fins, sa peau qui semblait tellement douce… Avec une pointe d’orgueil, il songea que c’était lui qu’elle avait choisi lors de cette fameuse… visite du marché… visite qui semblait également être au cœur des souvenirs de la jeune directrice.

C’était elle… il en était tout à fait certain. Outre sa taille, un peu plus petite qu’à l’heure actuelle, même si sa voix avait légèrement changé, il l’aurait reconnu sans mal à cet instant et ce même s’il ne voyait pas son visage. Ses sourcils se froncèrent alors qu’il comprenait petit-à-petit ce qu’elle était venu faire là. Elle… le cherchait ?
Comble d’ironie, il aperçut sa propre tignasse, facilement identifiable quelques mètres plus loin… en conversation avec Maud.

Ils n’étaient qu’à quelques mètres l’un de l’autre ce jour là… juste quelques mètres ? Il en était si surpris, si chamboulé qu’il desserra inconsciemment sa main du mur, pris de quelques vertiges passagers. Pourquoi le cherchait-elle ?

Il aurait voulu affirmer que c’était parce qu’elle voulait punir le meurtre d’une femme, un matricide non mené à terme. Mais ça ne pouvait pas être ça. Dans la voix de la jeune fille, il y avait de la douceur, de la timidité, en aucun cas une envie de vengeance. Elle était en formation pour devenir mage… pas pour jouer les justicières. Malgré ses grands airs, il contempla la petite silhouette encapuchonnée. Il n’y avait qu’elle pour réussir à le surprendre ainsi… Il ne valait pas la peine qu’on le cherche mais… elle… c’est bien ce qu’elle faisait. Quelque part il en était touché et plus qu’il ne l’aurait voulu… ou simplement cru.

Sauf qu’elle posait des questions soi-disant imprécises. Il fronça les sourcils. Il avait travaillé avec ces hommes. Que chantaient-ils là ? Ne pouvaient-ils pas simplement lui indiquer un potentiel jeune homme capable de répondre à sa description ? Et il comprit… Ayant l’impression de se prendre un nouveau coup de poing dans l’estomac. Ils voulaient une récompense. Ils savaient parfaitement qu’elle était en train de parler de lui et pour des « indications » ils voulaient être payés… par monnaie trébuchante ou… nature.

Et Cassidy, toujours fidèle à elle-même, fidèle à l’image naïve qu’elle continuait de donner adulte était littéralement prête à tomber entre leurs sales pattes !!!!
Alors qu’ils avançaient vers elle, qu’il n’était qu’un spectateur impuissant, Tristan fit un pas en avant dans le local, comme pour se dresser entre ces vils profiteurs et la demoiselle. Il serrait les dents et la fureur brillait dans ses yeux rendus légèrement vitreux par la vision. Le goût de la cendre commençait à lui envahir la bouche… c’était toujours celui qui précédait ses accès de violence aveugle.

Sauf qu’il ne pouvait rien faire. Elle trébucha et il la dévisagea avec surprise et… inquiétude.
Elle avait changé oui. Détachant à présent ses cheveux apparemment, elle était sacrément jolie pour une toute jeune adolescente, ses yeux noisette brillaient d’incompréhension… Il ressentit à nouveau cette envie de la prendre dans ses bras. Sauf que dans ce souvenir elle avait quatorze ans… enfin treize bien tassés… lui… en avait vingt-cinq.
Heureusement un homme intervint et le Drakkari le dévisagea avec une attention tout aussi intéressée mais pas pour les mêmes raisons. C’était son maître, il en aurait mis sa main au feu… sachant que de toute manière il ne risquait pas grand-chose le cas échéant.

Cet homme avait l’air sage, conciliateur… mais également dangereux. Les hommes avec lesquels il travaillait étaient peut-être des idiots, des profiteurs et de sacrés pédophiles… mais pas le moins du monde suicidaires. Ils laissèrent couler… Et lui… qui n’était qu’à quelques mètres, ne vit pas la jeune fille de son village, de son passé, venue le hanter, mieux, le retrouver.

Le souvenir cessa, le laissant incrédule au milieu du local.
Mais il n’eut pas le temps de se poser davantage de questions car un autre souvenir l’assaillit.
Tristan avait légèrement reculé peu avant, histoire de se raccrocher au mur, perturbé par ce qu’il venait de voir. Son cœur battait la chamade et il n’aurait su dire si c’était du fait de la colère qui ne l’avait pas encore tout à fait quitté ou… de cette certitude qui avait quelque chose de tellement gratifiant, de tellement réjouissant… elle l’avait cherché… ELLE… elle l’avait cherché… LUI…

Ses ongles crissèrent sur la terre mêlée de pierres solides du petit local alors que l’autre souvenir lui brouillait la vue, lui ôtant justement la vision de l’endroit « réel » dans lequel il se trouvait.
Un autre lieu, une autre époque et cette fois, il n’en faisait pas partie, du moins… l’espérait-il.
Cassidy était seule avec son maître dans un endroit qu’il ne connaissait pour ainsi dire pas du tout. Celui-ci alla la réveiller et Tristan ne put retenir un petit sourire entre l’amusement et l’attendrissement à la vue de ses yeux encore embrumés par le sommeil et ses cheveux légèrement ébouriffés. Rien à voir avec lui bien entendu, mais c’était déjà pas mal. Il la trouvait vraiment mignonne. Elle était certainement plus jeune qu’à l’heure actuelle, la preuve en était justement la présence de son maître. Pourtant son visage avait très certainement cessé de changer dans ces eaux là car il était quasiment identique à celui actuel… Peut-être était-ce pour cela que quelques traits enfantins se montraient de temps à autres.

Il ne comprit pas ce qui se passait… seulement que ce n’était pas normal… aux paroles énoncées, qu’il y avait un problème, qu’ils étaient poursuivi, pour ne pas dire attaqués. Les courts cheveux rouges sur sa nuque se hérissèrent sous l’adrénaline de la fuite. Il avait l’impression de la vivre avec eux. Il entendait des voix, des cris, des rires… et il savait, d’une certitude tirée d’il ne savait trop où, qu’on allait leur faire du mal…qu’on allait… LUI faire du mal… Cassidy.
Tristan serra fortement les dents une fois de plus, figé sur place et s’arc-boutant bien malgré lui au mur du local, une petite pierre se fissura sous la pression de sa main, énorme à cet instant. Il avait peut pour elle… et il n’était qu’un spectateur impuissant. Mais le pire était encore à venir.

Fort heureusement le souvenir, la vision cessa sur le fait qu’elle s’en était apparemment tirée… mais s’était retrouvée seule, ce qui n’engageait tout de même à rien de vraiment… réconfortant au final. Il parvint à desserrer les dents et se rendit compte qu’il s’était meurtri les gencives au point d’en saigner. Déglutissant lentement pour chasser l’arrière-goût que son propre sang laissait sur sa langue, le jeune homme s’essuya le front d’un revers de main.

Ce qu’il venait de vivre était très étrange et à priori, ce n’était pas voulu. Cassidy n’était pas du tout le genre de personnes qui cherchait à ce qu’on la plaigne. Bien au contraire, elle n’avait pas cessé de lui montrer depuis qu’ils étaient enfants, qu’elle voulait être forte… indépendante. Qu’elle n’avait besoin de personne, n’avait-elle pas continué, envers et contre tout à l’affirmer ? et encore moins de la compassion hypocrite des autres… il n’était pourtant pas vraiment…. Hypocrite lui.
Mais la suite oui… la suite était pire…

Parce que tout à coup, il entendit un véritable remue-ménage dehors et se précipita vers la porte malgré les vertiges qui l’assaillaient de nouveau.
Sauf qu’à sa grande surprise, la porte se ferma violemment, juste devant lui, typiquement comme dans un film d’horreur lorsque le héros se retrouve bloqué dans la même pièce qu’un terrible tueur en série, celui-ci armé alors que le bel éphèbe blessé doit faire face à la mort.

Ca ne se passa pas du tout comme cela.
Tristan, bouche bée essaya de tourner la poignée de la porte mais celle-ci résistait. Il appela au-delà, pensant au vent, à une erreur toute simple. Après tout, le tatouage qui avait cessé de le brûler une seconde s’était ravivé et s’il ne pouvait pas réellement être… grièvement blessé par des flammes, la chaleur qu’il ressentait à cet instant n’avait absolument rien d’agréable.
Il commença à tambouriner, à l’appeler, à lui crier dessus en arguant que ça n’avait absolument rien de drôle. Son tatouage plus que son instinct encore lui criait que ce n’était en rien une plaisanterie… non… en rien…

Elle ne lui répondait pas… mais il entendit différents sons, plus inquiétants les uns que les autres car il ne voyait rien, mais il comprenait que ça n’allait pas… pas du tout…
Des chuintements, comme des créatures venues du fond de cauchemars, des bruits de magie… elle se battait. Malgré encore une fois l’impression qu’il pouvait donner, Tristan, instinctif, intelligent avait une excellente mémoire et il avait retenu, bien malgré lui, les sons de la bataille « magique » de la jeune femme. Lorsqu’elle s’était entraînée, quelques jours plus tôt, qu’il y avait assisté, avant d’intervenir malgré son bras souffrant… et pas encore… recassé à ce moment là. C’était presque les mêmes sons. Mais à quoi jouait-elle ?! Il avait compris qu’elle se défoulait, épuisait sa magie ainsi pour son bien-être mais aussi pour celui des autres. Mais que s’était-il passé ? C’était à cause de l’arbre ? En tous les cas, vu les bruits de lutte acharnée… elle était en colère. Il l’appela encore une fois, collant son oreille contre la porte pour mieux entendre.

Quand il sentit une violente douleur dans son dos, du fait du tatouage, qui ne venait pas de lui mais bel et bien de la demoiselle face à un danger bien plus grand que ceux qu’elle s’était créée jusqu’alors, Tristan plia les genoux, privé une seconde d’oxygène. Un éclair haineux passa dans son regard. Il recula et se rua sur la porte. Son épaule gauche heurta violemment la chambranle sans la faire bouger d’un centimètre, lui par contre s’écroula en étouffant un juron, se tenant le bras… mauvaise idée…

Il l’entendait… faiblement mais il l’entendait. Elle parlait à quelqu’un. Elle avait encore viré barjo ? Décidément c’était une habitude chez elle de faire des trucs complètement décalés comparés aux gens… normaux. Tristan s’impatienta. Il donnait de violents coups de pieds dans la porte, se meurtrissant les genoux, essayant de sortir. Quelque chose… le poussait à vouloir sortir, intervenir… Elle le tenait à l’écart. L’orgueil, la joie d’avoir été cherché… cherché par elle, avaient disparu. A quoi bon ? Elle le tenait encore à l’écart, elle n’avait pas confiance en lui. Pourquoi l’aurait-elle de toute manière ? Mais de sa part… c’était si blessant.
Il s’acharna encore plus parce qu’il ne comprenait pas ce qu’elle affrontait, qu’il ne comprit pas pourquoi des armes puis des gants disparurent alors qu’ils étaient juste à côté de lui et… inertes juste avant…

Jusqu’à ce que la porte brusquement cesse de lui opposer la moindre résistance. En serrant les dents, il se ruait une nouvelle fois dessus. Le timing était parfait. Il bondit littéralement à l’extérieur et… se rétablit avec une aisance insolente pour un jeune homme soi-disant blessé et convalescent. Réception parfaite malgré la surprise qui s’était peinte sur son visage… la porte s’était écartée d’un coup, le prenant au dépourvu mais apparemment on pouvait rester très classieux même dans l’imprévu.

Certainement n’importe qui dans cette situation aurait été perdu, regardant la bâtisse avec incompréhension puis cherchant des yeux la mage pour la réprimander… un air boudeur serait sans doute le bienvenue.Sauf que ce serait trop tard. Tristan ne perdait jamais de vue ses objectifs et surtout c’était un guerrier, il savait reconnaître des bruits de lutte lorsqu’il en entendait. Il en avait entendu et à peine réceptionné, il se jetait déjà sur l’assaillant de la jeune femme.

Il ne prit même pas la peine de savoir qui c’était, de le dévisager ou quoi que ce soit. La seule certitude à avoir en tête c’est qu’il était armé, qu’elle était à terre, qu’il allait la frapper… Alors il se jeta sur l’homme quel qu’il soit, de haute stature, avec lequel il roula dans l’herbe un peu plus loin. Beaucoup plus loin en fait, il avait un sacré élan en réserve. Un grognement sourd échappa au jeune Drakkari. Il détestait être enfermé, surtout par la force, surtout par traîtrise, surtout quand il pouvait participer à une bonne baston… et elle lui avait fait subir tout cela. En plus ce sale bonhomme… s’en prenait à elle et après l’inquiétude qu’il avait ressentie pour elle peu avant, la haine pour tous les hommes qui l’approchait qui hantait à cet instant son cœur, il se sentait une rage et une force de surhomme. D’ailleurs toujours pas le moins du monde armé, il bondit de nouveau sur l’assaillant, le heurtant d’une épaule en plein ventre en le faisant tomber dans l’herbe.

L’homme se débattit et parvint à le repousser, chacun attrapa une épée au sol et ils se défièrent du regard tandis que Tristan souriait d’un air sinistre.

- Comme c’est gentil d’avoir pensé à mon quatre heures. Dit-il d’une voix si suave qu’elle évoquait le ronronnement d’un animal puissant prêt à bondir.

Il jeta un bref regard à la jeune mage étendue au sol, il s’occuperait d’elle plus tard… d’abord… il allait faire sa fête à ce sale bonhomme !!!!!!!!
Il fit un sourire... taquin malgré la situation à l'homme en face de lui, ses yeux de chat prenant un éclat des plus... joueurs...

- Compte sur moi pour lui donner une bonne fessée après t'avoir envoyé en enfer mon vieux.. la ptite princesse l'aura bien méritée...
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MessageSujet: Re: Qu'a-t-elle de plus que moi ?   Sam 21 Juil - 16:17

Cassidy n'avait pas compris la raison de son éloignement certain. Pour elle, il n'y avait qu'une seule chose possible. Elle était repoussante ou bien il ne voulait pas rester à côté d'elle, c'était certain. Mais si elle n'avait pas vu les images de Maud, si cela ne lui avait pas provoqué un état de douleur général, alors la jeune femme serait certainement parti voir Tristan et aurait vu une chose à laquelle elle ne s'attendait sûrement pas.

Mais dans un autre temps, elle luttait contre ce qu'elle ressentait pour l'instant et c'était vraiment très dur car le visage de Maud, heurtait ses pensées, lui donnait même des envies de la gifler, de la haïr. Elle aurait pu oui, mais Cassidy savait rester très digne et jamais ne l'aurait montré à Tristan. La mage ignorait que le Drakkari avait partagé ses souvenirs encore une fois. Parce que sinon, elle ne sait même pas comment elle allait réagir.

Peut être se moquerait sans doute d'elle, trop folle pour suivre le tueur qu'il était. Mais ce n'était pas comme ça qu'elle avait ressenti les choses. Elle ne l'avait jamais cherché pour son meurtre ou ce qu'on lui avait assigné mais seulement pour le voir, pour lui parler. Les choses auraient été encore différentes. Elle ne l'aurait jamais forcé à revenir au village puisqu'elle même n'y était plus mais une chose était clair, la petite fille aurait tout fait pour l'aider, ça c'était évident. Loin d'elle l'idée de le dénoncer ou quoi que ce soit, non.

Tout ce qu'elle voulait faire, c'était lui tendre la main, une main réconfortante, sur laquelle on pouvait s'appuyer, sur laquelle les deux jeunes auraient appris à se connaître, peut être même à s'apprécier. Cassidy en était sûre à l'époque, elle l'appréciait. Et son maître ne la retenait pas. Car il savait que c'était impossible. Mais au fur et à mesure que les années passées, Cassidy perdait un peu espoir de le revoir un jour. Et puis, elle ne savait plus comment réagir face à lui, les années ayant forgé un caractère pour l'un et l'autre.

Et puis, il y avait des choses étranges. Elle avait été poursuivi dans le passé. Son pouvoir, sa magie, pouvait faire peur ou laisser admiratif. Dans tous les cas, même si son maître se montrait très prudent, certaines choses pouvaient lui échapper et donc attirer des personnes mal intentionnées même si il la protégeait du mieux qu'il pouvait.

Cassidy n'était pas du genre à se plaindre, elle aurait été en grand danger immédiat, la jeune femme aurait toujours nier le contraire, elle aurait beau avoir mal, c'était comme si elle cachait la douleur, la minimisant alors que ce n'était pas le cas. Alors qu'elle avait plus mal que ce qu'elle laissait entendre. Et encore avec Tristan la mage avait fait des progrès car elle lui avait révélé certaines choses, elle avait un peu ouvert son... coeur. Ca c'était avant de prendre conscience de l'existence de Maud...

Alors, après avoir eu cette vision oh combien désagréable, la mage avait pris une nouvelle décision, celle de tenir Tristan à l'écart. Ce n'était pas qu'elle n'avait pas confiance en lui ni quoi que ce soit, mais sa magie avait un pouvoir ravageur et la dernière chose que la jeune femme voulait, c'était le blesser. Non, alors elle le protégeait encore contre elle, juste contre elle. Et surtout, Cassidy craignait que des choses se manifestant à propos de Maud surgirait devant elle. La mage n'avait pas tort...

Car en effet, allez expliquer à Tristan que la petite mage si naïve et qui pouvait avoir l'air innocente pouvait s'en prendre à son amante de la nuit. Qu'elle montrait ici toute sa jalousie, sa douleur, que l'unique raison de cette montée de souffrance provenait de cette unique femme que Cassidy n'appréciait vraiment pas, avait l'impression qu'on lui avait volé quelque chose. Non, forcément, cela n'aurait pas été une bonne chose qu'il voit tout ça... ou même qu'il le devine.

Alors, elle l'entendit tambouriner derrière la porte mais la mage se fit sourde, trop occupée à calmer ses pulsions négatives sur les créatures qu'elle venait de créer, frappant de plus en plus fort, c'était sérieux.

Puis elle affronta l'esprit qui avait revêtit l'apparence de Maud afin de mieux l'atteindre. Et c'était sacrément bien jouer ! Parce que pour un peu, Cassidy aurait encore sombrer dans cette folie. Et qu'elle n'aurait été la surprise de Tristan si il l'avait aperçu en train de chercher à taper sur Maud. Ah oui peut être qu'il n'aurait pas apprécié ! Rien que ça prouvait à la jeune femme qu'elle avait fait le bon choix en le tenant à l'écart, encore une fois.

Cassidy chassa les pensées négatives et se jeta sur la Maud, elle en avait encore de la réserve après avoir combattu toutes les créatures en face d'elle. Mais là l'enjeu avait changé. Bien sûr, les marques dans son dos la faisait souffrir mais elle était animée d'une volonté nouvelle. Celle de ne pas se laisser atteindre. Et puis elle voulait absolument battre cet esprit.

Cependant, toute la puissance qu'elle lança en un coup pour casser sa barrière eut raison d'elle alors que la jeune mage venait de retomber lourdement au sol, inconsciente.

Moment pendant lequel Tristan pour apercevoir l'homme en noir se tenant au-dessus de Cassidy, prêt à l'achever. Il ne se posa pas de question et balança l'individu aussi loin que possible de la petite mage. L'homme se redressa, regarda froidement Tristan, puis sans chercher à s'en occuper plus que ça, se tourna de nouveau vers la jeune mage.

C'était sa magie, c'était elle sa cible, pas le Drakkari. Mais alors qu'il y pensait, il se prit un violent coup de coude dans le ventre puis s'écarta pour ramasser une arme, se mettant en position de défense alors que Tristan faisait de même. Le Drakkari n'avait pas l'intention de le laisser passer pour achever sa proie. C'est comme si il l'invitait à passer sur son corps pour oser toucher à la petite mage. Et ce que le guerrier dégageait était la plus puissante des motivations, qui poussait à aller plus loin, à se battre sans la moindre hésitation.

Tu veux jouer ? Ok ! L'esprit analysa Tristan mais comme c'était un guerrier, il était moins fort contre ça. Et puis sa barrière venait d'être brisée par la petite mage alors il ne lui restait plus beaucoup de possibilités. Il prit cependant quelques compétences de combat pour se battre convenablement puis chargea, lançant des coups d'épée pour essayer d'atteindre son ennemi, mais sans pour autant avoir l'intention de le tuer. Juste trouver la bonne parade qui lui permettrait de le déstabiliser ou de l'assommer.

Cependant, Tristan était très fort, car il déviait tous ses coups avec une grande habilité sans lui laisser une seconde de répit. L'esprit pourtant n'était pas spécialement très fort, on sentait que ce n'était pas un guerrier né. Alors que le Drakkari riposta et que l'homme sombre eu énormément de mal à parer avec autant d'adresse que lui même.

Ils passèrent un petit moment à se défier, s'affronter, même si l'esprit avait plus une attitude défensive qu'offensive pour l'instant. Il ne parlait pas, ne disait rien et plissa les yeux un instant avant d'accélérer la vitesse d'un de ses coups puis donna un coup de pied dans l'une des jambes de Tristan pour tenter de le déstabiliser.

Après quelques minutes passées à combattre, on voyait que l'esprit faiblissait et qu'il devenait un peu transparent parfois, soufflant lentement mais Tristan ne s'arrêterait pas tant qu'il n'en avait pas fini avec lui. L'homme sombre sauta en arrière puis jeta son arme au sol comme si Tristan avait gagné, levant les bras au ciel avant d'avoir un mince sourire sur le visage.

Il se transforma en ombre puis se matérialisa à côté de Cassidy, puis sortit une dague de sa ceinture, tirant les cheveux blonds de la femme et posant la fine lame sur son cou. Il regardait Tristan avec un air de défi qui ne présageait rien de bon.

Tristan devait avoir fait quelque chose pour dévier le coup et désarma l'esprit à distance car l'homme sombre laissa tomber la dague.

Il attrapa Cassidy comme un sac de patates et la hissa sur son épaule. L'esprit avait vu les craintes de la jeune femme et surtout, la condition du Drakkari ici. Pas sûr qu'il soit toujours là pour la sauver. L'homme sombre s'envola dans les airs pour atteindre une branche d'un arbre qui devait faire au moins 6 mètres de haut, alors que Tristan devait se trouver pas loin à proximité. Il était tout au bout de la branche, le vide se trouvant sous leurs pieds.

La jeune femme était toujours inconsciente, immobile puis soudain, elle grogna et rouvrit les yeux le court d'un instant. Sa position était loin d'être très confortable et surtout, Cassidy était sur le dos d'un homme qu'elle ne connaissait pas.

*Non mais je rêve làààààà !*

Une lueur de colère dansa dans ses yeux alors qu'elle agita les pieds et les bras pour descendre. Et elle gifla l'homme fortement plusieurs fois, lui griffa sauvagement le visage. Il approcha une main de son visage qu'elle mordit jusqu'au sang.

"Reposez moi à terre doucement ! Je vous ferais mordre la poussière sinon ! Attendez un peu que je récupère ma magie ! Sale pervers ! Goujat ! Malotru !"

Elle continua de le taper, de le griffer même si un esprit, ça ne ressent absolument rien.

Oulà... heureusement que ce n'était pas Tristan. Parce que là, le Drakkari pouvait se rendre compte... qu'elle n'avait pas vraiment la même attitude quand c'était lui qui l'avait porté de cette façon. Il ne pouvait que le constater qu'elle était un peu moins farouche avec lui et ne voulait pas vraiment lui faire de mal.

Alors, l'esprit se durcit et il lui cogna la tête pour l'assommer. La jeune femme replongea de nouveau dans le l'inconscience sa tête se baissant doucement. Il la fit alors basculer vers l'avant et la mage tomba droit dans le vide alors que l'esprit devint transparent et que des étincelles dorées s'échappèrent de lui, le faisant complètement disparaître.
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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: Qu'a-t-elle de plus que moi ?   Sam 21 Juil - 20:52

Des bruits de lutte de magie certes… mais pas seulement… tout le problème était là d’ailleurs. S’il n’y avait que lutte magique justement, même s’il se savait impuissant, Tristan aurait tenté de sortir mais peut-être moins avec… véhémence. Alors que là, il était furieux, pour ne pas dire hors de lui qu’elle le tienne à l’écart de cette manière.

Et c’était compréhensible. C’était lui le guerrier. Elle… elle était une mage, elle construisait, elle réparait… c’était lui , qui combattait et détruisait, pas le contraire.
Le jeune homme ne parvenait même pas à comprendre ce qui avait pu lui prendre. Juste avant ils avaient eu ce moment un peu spécial dans le local. Bon d’accord, il était peut-être allé un peu loin dans son « jeu » cette fois, mais elle n’avait pas l’air outrée, en colère.
Et puis, ne l’avait-elle pas plaqué contre l’arbre juste après ?
Ses yeux brillaient, elle lui avait donné l’impression qu’elle voulait l’embrasser et pendant un court instant, aucune moquerie n’était venue à son esprit… juste un sentiment légèrement victorieux, mais une victoire personnelle, toute de joie presque enfantine.

Non, elle ne semblait pas en colère. Certes, après il y avait eu l’incident avec sa magie. Elle avait transformé l’arbre et il avait fixé avec une horreur à peine dissimulée la jeune femme qui se tenait dessous. C’était elle ? Non… impossible. Ca n’avait aucun sens, ça ne pouvait pas être ça. Pourtant ce qu’elle avait crée était tout simplement magnifique. Ses yeux anciennement d’artiste voulait admirer ce spectacle, réel cette fois, pour le mémoriser, idéalement pour le reproduire, même s’il n’avait plus touché à la peinture depuis des années… mais il ne pouvait pas, plus encore il ne devait pas.

Alors il avait fui. Etait-ce pour cela qu’elle l’avait enfermé ? Elle lui en voulait d’être parti si soudainement sans fournir la moindre explication ? pourtant elle devait avoir l’habitude avec lui maintenant. Il n’avait rien fait de pire que ce que ses précédentes actions avaient pu… suggérer…
Mais elle l’avait mis à l’écart. Elle devait sacrément lui en vouloir pour cela. Car même si elle était un brin bizarre et barjo cette petite mage, son honneur était certain… et elle refusait clairement d’être injuste, y compris avec lui. Certes, c’était un sacré changement comparé aux Cheistams, un changement qui lui plaisait. De toute façon comment aurait-il pu ne pas apprécier, elle n’avait pas vraiment une figure d’autorité mais elle savait à défaut de se faire obéir pour lui, du moins… écouter.

La justice oui… Or ce qu’elle faisait là c’était particulièrement injuste.
Pourquoi l’enfermait-elle ? Ignorait-elle donc qu’il détestait cela au plus haut point ? Qu’il pouvait s’énerver et devenir réellement violent, une violence qu’elle ferait mieux de ne jamais voir… si elle ne voulait pas finir par avoir peur de lui ?
Il frappa contre la porte, à de nombreuses reprises et l’appela plus d’une fois, mais non seulement elle ne répondait pas, mais qui plus est, la lutte semblait devenir d’autant plus… violente à l’extérieur. Ne faire qu’entendre… pouvait être terrifiant.

Et enfin la porte le libéra. Enfin l’éjecta plutôt car avec son élan, c’était plus l’impression qu’il donnait. D’ailleurs sans doute était-ce injuste que malgré la surprise, il se réceptionne aussi bien, aisément. Mais chacun son tour avec l’injustice hein ?!!!
Ni une, ni deux, sans chercher à comprendre quoi que ce soit, Tristan se jeta sur l’homme qui allait frapper la jeune mage. Ah non !!! Hors de question ! Lui il avait le droit de la martyriser, personne d’autre !!!!
La rage flamboya dans les yeux du jeune homme alors qu’il se lançait dans un combat acharné avec le mec bizarre qui semblait pas totalement humain et qui en avait clairement après la demoiselle…

Bien sûr, il n’était pas encore remis mais… ça revenait… surtout avec la colère. Impossible de se servir de son bras gauche fraîchement remis, il s’était explosé l’épaule en cherchant à ouvrir la porte et elle le lançait assez pour lui signifier d’un ton moqueur qu’il n’avait pas intérêt à tenter de se battre avec ce bras-ci s’il tenait à la vie…
La main droite suffirait. Il était tellement en colère, glacé, rageux qu’il pouvait tout aussi bien se battre à mains nues, le résultat risquait fort d’être le même.

Ce machin avait essayé de lui faire du mal et elle l’avait enfermé dans une petite pièce exigüe !!! Ah non ça n’allait pas se passer comme ça, celui là ferait les frais pour les deux !!!
Mais même s’il se battait très bien malgré que ce soit avec le bras droit, Tristan ne parvenait jamais totalement à prendre le dessus et cela l’agaçait énormément. A croire que le gars en face savait ce qu’il allait tenter à l’avance. Etait-il donc devenu si lent ? seul un entraînement intensif pourrait pallier cette faiblesse !!!

Mais par un coup très habile son ennemi parvint à le déstabiliser l’espace d’un court instant, en profitant pour aller menacer Cassidy d’une dague. Le garçon leva les bras aussitôt en signe d’abandon, presque de soumission. Là, il avait vraiment échoué ! Voilà que celle qu’il avait cherché à protéger… eh bien était menacée de mort juste sous ses yeux. Mais à peine la lueur de défi se ternissait-elle sur le visage de l’agresseur que le Drakkari lui envoya son épée dessus. Bon ce n’était pas très malin et il l’avait lancée sans chercher à toucher l’homme, de peur, par son manque d’adresse, de toucher également la mage qui se la jouait chose molle et inerte… et vraiment pâlotte !!!!

Il lâcha sa dague mais s’empara d’elle et Tristan courut derrière lui. Il n’arrivait même plus à réfléchir. Son tatouage le brûlait certes mais la rune s’y était remise elle aussi et il avait du mal à respirer. Sa tête bourdonnait de nouveau mais ce n’était pas vraiment gênant. Pas pour le moment du moins. Comment ce… truc avait-il fait un tel bond ???!!! C’était impossible ? Même un Neko n’y parviendrait pas.
Serrant les dents il commençait à escalader l’arbre, ignorant la douleur dans son torse et dans son épaule gauche qu’il sollicitait constamment depuis le début du combat.

Bien plus haut Cassidy s’éveilla et se débattit comme un diable en boite… pas très content d’avoir été enfermé dans ladite boite.
Sacré vocabulaire, elle en connaissait des synonymes dis donc !!!
Tristan leva la tête avec espoir, si elle parvenait à utiliser sa magie ou au moins à le distraire le temps qu’il les rattrape et l’enlève des sales pattes de ce type… C’était sans compter sur la réactivité du type en question qui la fit retourner au pays des songes avant de la balancer dans le vide.

Tristan écarquilla les yeux de surprise et bien qu’il ne soit pas du tout à sa hauteur, il sauta dans le vide pour pouvoir la réceptionner en bas. Comme il était plus lourd, bien sûr il chuta rapidement, se réceptionnant sur les jambes… Même si le terrain inégale lui fit monter un courant électrique depuis les genoux jusqu’à la taille. Waie ! Ca faisait mal ça !
Pas le temps de se poser des questions.

Il leva la tête, les bras et attrapa au mieux la jeune femme qui lui tombait littéralement dessus alors qu’il s’était redressé après avoir chancelé une seconde. L’homme avait disparu mais il ne s’en rendit pas tout de suite compte, s’écroulant au sol avec Cassidy. Ce n’est pas que la demoiselle était lourde mais outre son épaule peu réactive, elle tombait d’une hauteur de six mètres, c’était énorme tout de même ! Il n’avait pas sa force de Drakkari activée là non plus !!!!
Tristan se retrouva dos au sol, le souffle coupé, la jeune mage serrée contre lui. Il haleta une seconde pour essayer de retrouver son souffle, la faisant pourtant immédiatement basculer à côté de lui… Le regard haineux qu’il jeta à l’arbre ne lui fut pas rendu… non, l’homme quel qu’il soit, n’était plus là.
Déjà à genoux près de la jeune femme, il lui tapota doucement les joues en l’appelant. Elle était pâle et un bleu était déjà en train de se former sur son front.

- Cassy !!!! Réveille-toi !!!


Bon d’accord, il y avait une pointe de peur dans sa voix alors qu’il se penchait beaucoup trop près pour que ce soit… sans conséquences sur elle pour essayer de savoir si elle respirait.

- Si tu crois que tu vas t’en tirer comme ça.
Marmonna t-il d’une voix blanche.

Il avait cessé de lui tapoter les joues et pressait ses mains dans les siennes, les sourcils froncés, un peu plus pâle lui aussi.
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Cassidy Herediane
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MessageSujet: Re: Qu'a-t-elle de plus que moi ?   Sam 21 Juil - 22:09

Cassidy avait fait exprès et même si elle lui en parlait, jamais la jeune femme ne lui dirait ouvertement que c'était à cause de sa vision sur Maud qui l'avait poussé à agir ainsi. Impulsive et indomptable à ces moments. Elle ne se comprenait pas elle même, c'était vraiment du gros n'importe quoi et la jeune femme en était assez perturbée. Pourtant, elle ne vit rien du tout de ce qui se passait sous leurs yeux, non elle piquait un somme. Enfin plutôt elle était évanouie, avait utilisé sa magie jusqu'à l'excès, le poids de sa jalousie était fortement ancré en elle.

Une mage c'est fait pour créer. Mais que serait un mage pacifique sur son chemin de pèlerinage si il ne savait même pas se défendre ? Pour protéger, en provoquant le moins de pertes humaines, les créatures ce n'était pas la même chose. Car ces choses là venaient de plans différents et n'avaient pas leur place dans ce monde, alors tant qu'on pouvait sauver des gens de ces choses, Cassidy ne dérogerait pas à la règle. Elle serait morte depuis longtemps aussi si elle ne savait pas lancer des sorts offensifs.

En fait, au départ cela n'a jamais été sa spécialité, d'utiliser des sorts pour détruire. Mais en voyant le danger des routes, elle fut bien contrainte de les utiliser pour sa propre survie à elle. C'est pourquoi elle y avait adhéré assez rapidement, entre une mort rapide et la vie, le choix était vite fait.

De la scène avec l'esprit, elle ne vit rien du tout. L'esprit semblait deviner les coups de Tristan mais c'était un peu normal pour ce type de créature capable d'analyser les styles et techniques de combat, même si ils avaient une petite préférence pour tout ce qui touchait à la magie. C'est pourquoi les mages les évitaient, et ceux qui utilisaient des attaques physiques n'aimait pas trop non plus car cela dépassait l'entendement.

L'esprit avait hésité. Il aurait pu très bien reprendre l'apparence de Maud car celle ci semblait produire un effet sur le Drakkari. Et il aurait été encore plus simple à berner. Mais voilà, la créature n'avait plus assez de puissance pour rester encore longtemps dans ce monde, un autre changement de forme l'aurait fait disparaître à coup sûr. Il avait donc joué un peu sur les nerfs du garçon en allant menacer Cassidy d'une dague.

Mais le Drakkari ne l'entendait pas de cette façon car en effet, il avait réussi à lui faire lâcher sa dague, un peu plus par hasard que par maîtrise. Puisqu'il comptait agir ainsi et bien il allait emporter la petite mage avec lui. Pour achever sa sale besogne plus tard. C'est donc d'une manière assez magique qu'il flotta en direction de l'arbre, Cassidy sur son épaule, voyant Tristan le suivre.

Mais la jeune mage ne l'entendait pas de cette oreille là. Elle n'était pas très heureuse de sa position et surtout avec un homme qu'elle ne connaissait pas ! Encore trop dans les songes pour réaliser de la réalité de la situation, elle avait crié des noms d'oiseaux tout en se débattant comme une tigresse, très loin de vouloir rester dans cet état. On pouvait repenser à quand Tristan l'avait porté de la même manière et qu'elle avait été moins... combattive. Voilà qui pouvait laisser quelques doutes quant à la nature de cela.

Pourtant, même si la mage était très virulente, l'esprit l'assomma en lui administrant un coup sur le front pour qu'elle arrête de gigoter dans tous les sens. Puis il la lança tout simplement dans le vide, la chute étant assez haute pour qu'elle se brise à cette hauteur. Et la jeune femme était trop plongée dans l'inconscience pour réagir. Encore une fois, ce fut Tristan qui la sauva, qui semblait toujours être là au bon moment.

Et le Drakkari fit quelque chose de très impressionnant. Car il était redescendu très rapidement pour mieux la réceptionner, ou du moins, il se retrouva au sol avec elle. Malgré cela, le poids de la chute et la douleur, Tristan tapota doucement le visage de la jeune mage pour qu'elle retrouve ses esprits. C'est sûr, elle venait de recevoir un sacré coup sur le front ! D'ailleurs une belle bosse se formait déjà. Elle portait aussi une coupure sur sa joue, de la confrontation avec Maud. Le sang avait un peu filé le long de sa joue. Décidément la demoiselle collectionnait ! Et même ce n'était pas nouveau pour elle, après toutes les blessures qu'elle s'était faite avant de rencontrer Tristan, une de plus une de moins.... n'avait pas d'importance. C'était une maladroite après tout.

Elle respirait tranquillement, tout semblait allait bien. Si ce n'était la voix de Tristan qui l'appelait au loin. Et ça elle l'entendit directement, comme un appel où elle était obligée d'obéir. Si c'est pas mignon ça ? Se réveiller pour son chevalier penché sur elle ? Bon le chevalier en question allait sûrement lui passer un sacré savon ! L'inquiétude ne serait que de courte durée sans doute.

La demoiselle gémit un instant puis cligna des yeux, sentant deux mains qui prenaient les siennes. Cassidy prit une profonde respiration et ouvrit ses yeux noisettes pour tomber... nez à nez avec les yeux du Drakkari et lui même était trèèèès proche de son visage. La mage ne put s'empêcher de rougir quant à la proximité de ce contact encore une fois. Bon d'accord, elle avait dit qu'il y avait Maud mais ce n'était pas sa faute si elle se sentait aussi... enfin que ça lui faisait quelque chose quand le Drakkari était tout proche d'elle !

Elle ouvrit doucement la bouche, sa vision redevint peu à peu normal et les traits du Drakkari étaient moins flous. Décidément c'était toujours lui qui était penché à son chevet, toujours lui qui était près d'elle. Serait-ce toujours comme ça ? Ou bien... les choses allaient-elles changées ? Cependant, Cassidy se remémora les évènements puis ferma de nouveau les yeux avant de refixer le Drakkari. Que devait-elle faire ? Que devait-elle dire ?

La jeune femme se contenta d'un sourire d'excuse, pas sûre d'être très bien accueilli mais bon elle devait assumer maintenant et puis, encore une fois elle ne regretta pas son choix. Son sourire semblait vouloir dire qu'elle allait bien et qu'elle récupérerait assez rapidement. Puis, une lueur d'inquiétude traversa ses yeux et pendant un instant, elle oublia la présence de Tristan, regardant de gauche à droite et semblait chercher quelque chose ou quelqu'un.

"Où est-elle ?"

Personne dans les alentours... Cassidy s'inquiéta légèrement puis regarda de nouveau Tristan. Là... elle l'aurait peut être embrassé. Enfin c'était légèrement tentant. Enfin... si il se montrait plus sévère pas sûr que cela lui plaise même si ce n'était qu'un baiser d'excuse. On n'achète pas avec ça voyons ! Elle s'étonna même de sa pensée puis rougit à nouveau.

Cassidy libéra une de ses mains pour ramener rapidement une des mèches rouge du Drakkari derrière son oreille. Avant d'hésiter un instant. Elle ne devait pas avoir de contact avec lui. Maud ! Maud ! Maud ! C'était elle qu'il voulait, pas cette mage qu'il voulait juste tourmenté. Elle se mordit un instant la lèvre inférieure avant de sourire à nouveau, décidant de ne pas l'alarmer plus.

"Je vais bien ne t'inquiète pas. Cet homme n'y a pas été de main morte ! Mais bon... je survivrais !"

Elle ramena ses bras le long de son corps puis plia ses coudes pour se redresser. Cassidy avait oublié les coupures dans son dos, qui n'étaient pas visible pour le Drakkari heureusement, mais grimaça en bougeant un peu. Il faudrait qu'elle s'en occupe plus tard. Le poids de la jalousie... avait permit à l'esprit de lui faire quelques dégâts physiques de l'intérieur même si cela ressortait en forme de coupures qui avaient un peu saigné mais cela s'était vite arrêté.

*Heureusement qu'il ne peut rien voir...*

Après tout, c'est ce qu'elle méritait pour avoir oser...

Cassidy se redressa et après un moment de silence alors qu'elle fixait l'horizon, elle porta de nouveau son regard sur le Drakkari.

"C'est ça la solution pour éliminer le surplus de magie et éviter tout débordement. Se battre, utiliser des sorts offensifs. J'ai du abusé sur la dose là..."

Elle enleva le ruban qui attachait ses cheveux puis secoua doucement ses mèches blondes.

"Si tu as envie de t'énerver contre moi, je ne riposterais pas... Je sais que ce n'est pas bien... Mais il y avait bien une chose qui ne t'aurait vraiment pas plu du tout si j'avais laissé cette porte ouverte... mais bon..."

Cassidy semblait lire dans ses pensées en expliquant très vaguement les raisons de cet emportement. Elle ne lui avait rien dit mais lui faisait comprendre que ce n'était pas un spectacle pour lui tellement la mage avait honte de s'être emportée pour une raison aussi stupide qu'était la jalousie. Et dans un autre temps, elle lui coupait l'herbe sous le pied. Car oui elle s'attendait à se faire réprimander, dès le moment où elle avait fermé la porte.

La jeune mage enleva les gants puis ramassa son bâton avant de retourner vers l'arbre arc en ciel où traînait encore le panier repas. Elle s'installa dessous, pas vraiment fâchée, triste ou indifférente. Juste pensive. Et Cassidy prit lentement un biscuit au chocolat dans lequel elle croqua tout en fixant un point au loin.
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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: Qu'a-t-elle de plus que moi ?   Dim 22 Juil - 22:22

Elle était vraiment totalement maboule !!!! Utiliser des sorts, autant, à ce point, avec tant de puissance pour donner… ce résultat. Non mais elle ne se rendait pas compte qu’elle s’était mise en danger en agissant ainsi. En gros elle s’était servie de sa propre magie pour combattre… sa propre magie !!! Mais c’était totalement tordu comme idée franchement. Y avait de quoi se poser de sérieuses questions quant à sa santé mentale !!!
Le jeune homme était vraiment inquiet. Et du fait de cette inquiétude, ses pensées se bousculaient et étaient assez agressives envers la demoiselle… même si c’était parfaitement justifié.

Enfin elle ouvrit les yeux et s’il retint un soupir de soulagement, ce ne fut que de justesse, s’il ne se mit pas à la bercer contre lui en lui gémissant qu’il avait vraiment craint pour sa vie il.. hein ? La bercer… contre lui ? En… gémissant ?!!! Beeeuuurk !!! Et puis quoi encore ! C’était pour les faibles ce genre d’épanchement !!! Et puis il ne gémissait pas lui et il n’avait pas envie de gémir, surtout pas pour une idiote sadomasochiste qui semblait prendre un malin plaisir à le mettre dans des situations impossibles qui réclamaient plus que régulièrement une intervention si ce n’est musclée au moins impliquée !

En plus elle posait des questions vraiment décalées !!! Elle demandait où elle était ? Elle parlait de quoi là ? Sa magie ? Ben sa magie elle devait être simplement en train de roupiller rien de plus normal après tous ces bruits de lutte et l’espèce de grand méchant monsieur pas du tout bien intentionné qu’elle avait créé !!!!
Non mais franchement !!! Elle se blessait elle-même dans l’histoire ! Si ce n’était pas tordu comme comportement, c’était quoi hein ?

En plus elle commença à essayer de le rassurer sur son état et il serra d’autant plus les dents, se fermant davantage. Il avait détesté qu’elle l’enferme… détesté ne pas pouvoir intervenir. Même s’il avait… mal tourné, Tristan avait un but quand il était enfant. Un but noble au départ. Il voulait protéger les faibles et ceux qui en avaient besoin. Et c’était une valeur tellement ancrée dans sa personnalité, que même après s’être en partie détruit et mal reconstruit avec cette formation, ces missions cruelles, il pensait encore… un peu comme ça. Ses réflexes le trahissaient… Il cherchait à protéger, quelque chose ou quelqu’un.

Avec des gestes beaucoup plus lents que d’ordinaire et en prenant soin de ne pas user de son bras gauche qui le lançait après ses rencontres répétées avec la porte qui ne bougeait que très peu malgré ses tentatives, il leva sa main droite et essuya le sang qui perlait à la joue de la jeune mage. Elle avait encore exagéré… Cherchait-elle à l’impressionner… pour se faire autant de mal ? Ou juste à dire quelque chose. Il savait pour elle, pour son secret, mais il ne comprenait pas du tout pourquoi elle avait agi comme cela.

Ce n’était sans doute pas la seule blessure qu’elle avait reçue, en témoignait d’ailleurs la bosse sur son front, qu’il n’essaya même pas de toucher, c’était toujours douloureux ces machins…
Elle prétendait que c’était la seule solution pour éliminer le surplus de magie et une fois de plus, il demeura silencieux même si le regard qu’il lui jetait était… noir et colérique. Elle disait qu’elle avait abusé… forcé la dose. Alors qu’il avait décidé de se taire pourtant, le garçon fit un rictus haineux, grognant très bas très sarcastiquement.

- Non… tu crois ?!!


Il l’aurai bien giflé pour ce qu’elle avait fait et ce n’était pas l’envie qui lui manquait mais elle avait pris soudainement une mine si sérieuse, si résignée qu’il ne se sentait que plus en colère et totalement incapable de la frapper. C’était ennuyeux ça. Enfin dans la mesure du possible… le plus souvent… tout le temps… il ne frappait pas les femmes.

Oui, beaucoup trop sérieuse. Elle avait pris cet air qui l’agaçait tant quand il était enfant, qui l’agaçait encore, comme si elle savait quelque chose mieux que personne… A cet instant c’était qu’il devait être énervé. Elle ne s’en rendait pas compte bien évidemment et ce n’était pas du tout de sa faute mais ça l’exaspérait et pas qu’un peu. Alors comme ça il pouvait s’énerver contre elle ? Et elle lui balançait qu’en gros elle n’avait cherché qu’à le protéger d’un… truc quelconque qu’il n’aurait pas souhaité voir. C’était totalement tordu, surfait comme déclaration. Tristan grinça des dents et son visage se ferma un peu plus. Elle prétendait le connaître, savoir ce qu’il pouvait penser ?!!! Alors oui il était en colère mais il n’allait pas lui faire le plaisir de coller à ce portrait tellement capricieux qu’elle semblait si facilement faire de lui.

Il émit un grognement, comme s’il était méprisant à cet instant, envers elle, se relevant en se détournant d’elle, quasiment en même temps qu’elle se relevait et s’éloignait pour aller manger… un biscuit. Il serra un peu plus les dents, ses gencives saignaient encore un peu… mais ce n’était quasiment rien. Le goût lui n’avait rien d’agréable. S’il était resté planté sur place en la suivant du regard, il s’approcha rapidement d’elle, les sourcils froncés et un air dur au visage. Mais il détourna les yeux comme si elle le désintéressait totalement, s’empara des affaires qu’elle lui avait apportées pour qu’il écrive à Maud et s’éloigna aussi sec, loin d’elle, s’asseyant en tailleur dans l’herbe avant de se mettre rapidement à écrire.

Enfin rapidement… façon de parler parce qu’il avait clairement du mal. D’ailleurs pendant un temps il sembla oublier la colère, entièrement concentré sur sa tâche. Concentré, il penchait légèrement la tête vers la droite et tirai un peu la langue, très légèrement, la coinçant entre ses dents, les sourcils froncés, tenant son support ou plutôt le maintenant contre lui de sa main gauche alors que sa main droite traçait lentement mais sûrement des lignes.
Au bout d’une dizaine de minutes, peut-être moins, il se releva, déposa sans un mot tout le matériel près de la jeune mage et lui tendit une lettre au nom de la jeune noble en attente de ses nouvelles. Son visage exprimait de nouveau de la colère.
Ne comprenait-elle pas… qu’il avait peur d’être enfermé… de nouveau ?

Toujours sans parler, il la fixa intensément pendant quelques secondes. Il ne semblait vraiment pas… aussi gentil qu’un peu avant. Quand ils étaient plutôt bien, juste proches l’un de l’autre, avant que les problèmes ne commencent ou plutôt… ne recommencent.

- Vas-y, te gêne pas… J’ai pas parlé de cet endroit.

C’était sans doute sa façon de dire qu’il n’était pas gêné par le fait qu’il lise la lettre. Haussant les épaules, le garçon serra les poings, sembla sur le point de dire quelque chose puis se ravisa en secouant légèrement la tête se détournant d’elle en grommelant, se dirigeant vers le château.
Elle l’énervait vraiment quand elle s’y mettait !!!


« Chère Maud,

Enfin, je suis autorisé à t’écrire, ne serait-ce que quelques mots. Pardonne donc la malformation de certaines de mes lettres, quelques douleurs musculaires me contraignent à écrire, je m’en doute, moins bien que d’ordinaire.

Je tiens à te rassurer avant tout. Je vais bien.
Je n’ose imaginer ta peine et tes peurs durant ces longues semaines pendant lesquelles tu es restée sans nouvelle de ma part.

Je me remémore comme dans un brouillard ma capture.
Je me souviens être fatigué, fourbu mais ravi…Après tout n’avais-je pas entre les bras la plus belle femme du pays, en quête de mes caresses ? Du moins en quête de nouvelles caresses ? Ton appétit insatiable ne cessera probablement jamais de me surprendre. J’avoue qu’y repenser maintenant me tord le ventre… et me met des idées peu conventionnelles en tête. Ca n’a été qu’une frêle mais bien douce consolation lorsque j’étais en prison. Penser à toi et tes demandes intempestives…
N’avez-vous donc pas honte belle dame d’avoir perverti, tant et si bien, un si jeune garçon ?
Quel âge avais-je déjà ? Quatorze ans… je venais de les avoir il me semble… oui c’était en août 274… Tsss, n’est-ce pas d’ordinaire puni par la loi damoiselle ? Pourtant je me remémore sans mal ces instants. Tu étais amusée de mon absence de timidité, de gêne malgré mon jeune âge et moi je ne comprenais pas très bien pourquoi quand tu t’approchais de moi, me frôlais, j’avais de plus en plus de mal à réfléchir et cette horrible tension dans les reins… Oh depuis j’ai bien appris sa signification tu sais… Oui tu le sais.

J’ignore comment ils m’ont trouvé mais rassure toi, ce n’est pas de ta faute et je ne t’en veux pas ma dame. J’espère qu’ils ne t’ont fait aucun mal… Je me souviens juste de tes baisers puis un bruit sourd lorsque la porte a volé en éclats, tes cris, quand j’ai commencé à me battre, puis plus rien… à part une terrible douleur à la tête. Crois-tu que j’ai été assommé par un troll ? Aux vues de l’odeur et de la bestialité, je n’en doute pas vraiment.

Pour l’heure, je ne suis plus prisonnier d’une cellule mais disons que je suis toujours… captif en quelque sorte. Si cet état me pèse, je peux au moins reprendre mes entraînements. Mais n’ayez crainte damoiselle, votre étalon ne s’est pas empâté, loin de là. Enfin tu me connais assez bien pour savoir qu’il n’en sera jamais rien. Par contre l’abstinence m’est difficilement supportable. Heureusement dans un sens que tu n’es pas près de moi… nous passerions des journées enfermés…à… disons… compter les rainures du plafond, pourquoi pas… pour que je puisse me rattraper de ces longues et pénibles semaines… pas même une demoiselle pour me câliner, je souffre !!!!!

Voilà chère Maud… j’espère que mes mots t’auront rassuré sur mon état et que tu dormiras mieux grâce à ça.
Je t’embrasse et mes pensées sont bien trop souvent tournées vers toi (et ton corps un peu trop parfait pour qu’y penser ne soit pas source de souffrance et d’impatience).

Tristan. »



Pour quelqu’un prétendant que ses écrits seraient certainement…mauvais étant donné qu’il écrivait de la man droite, le Drakkari avait énormément d’aisance. Il traçait de fines et magnifiques lettres, penchées sur la droite. Tristan avait une très belle écriture pour un guerrier, surtout justement avec sa main faible. Mais par le passé il était devenu droitier… et un très bon droitier. Etait-ce normal ? Peut-être pas. Lorsqu’on est enfant pourtant, cela s’avère bien plus… simple… Mais il n’en était pas fier apparemment. De toute façon… il y avait peu de chose dont il était réellement… fier.
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MessageSujet: Re: Qu'a-t-elle de plus que moi ?   Dim 22 Juil - 22:36

Cassidy avait fini par abdiquer. Elle n’avait rien dit de plus, continuant de manger son biscuit d’un air las, un peu perdu. C’est sûr, elle ne voulait pas mêler Tristan à tout et puis avec Maud ce ne serait pas aussi simple. Et puis, le Drakkari semblait aimer Maud, d’un certain point de vue, d’après ce qu’elle avait vu. Il n’y avait aucune chance avec elle, pas avec une reine de la nuit.

La jeune femme avait eu la pensée futile et inquiète de voir si l’esprit Maud était toujours là. Auquel cas Tristan aurait sûrement réagit bizarrement et cela lui faisait encore plus peur. De plus, si Maud esprit était toujours là, Cassidy se serait jetée dessus, fatiguée ou pas c’était la même chose.

Elle lui avait dit rapidement certaines choses, s’expliquant sur la raison de son isolement, ce n’était pas bien, elle le savait, mais elle était obligée en même temps. Tant pis si elle se faisait incendier, ce n’était pas grave, elle ne le méritait pas, elle ne méritait pas. Et qu’il arrête de se conduire comme si il avait envie de faire ressortir ses sentiments au grand jour à elle. Cassidy avait mal.

Tristan se contenta d'essuyer son sang mais était fermé, son visage ne disait rien qu'y aille. D'ailleurs il ne parlait pas vraiment, juste était sarcastique.

Cependant, qu’il la haïsse, la déteste, au moins cela serait plus supportable pour elle. Cassidy restait simple, un sourire sur le visage, comme si tout allait bien alors que ce n’était pas le cas. Elle avait mal au dos et se rappela des marques qui étaient apparus. Ce n’était rien, cela partirait avec le temps, de toute manière, elle ne voulait pas regarder maintenant, hors de question que Tristan s’en occupe, elle verrait ça plus tard.

Le Drakkari était concentré sur la lettre et la jeune femme avait une seule envie, c’était de jeter un coup d’œil pour voir ce qu’il écrirait. Autant se faire encore plus de mal. Cela insupportait de lui laisser la possibilité d’écrire à son amante mais en même temps, elle ne devait même essayer ou tenter de l’en empêcher, ce n’était pas très bon pour lui. Tout ce que Cassidy espérait, c’était de ne pas voir Maud débarquer ici, à moins de lui faire regretter d’être venue.

Tristan l’invita à lire la lettre et la jeune femme s’exécuta, s’efforçant de garder un visage impassible même si ce n’était pas le cas. Il faisait quoi en lui montrant ? Ah oui, lui montrer qu’en fait il n’y avait aucun code qui donnerait envie à Maud d’envoyer des renforts pour le faire sortir de là. Elle imaginait qu’elle lui enverrait une lettre enflammée, attendant de retrouver son amant. Rien que cette pensée donna une pointe de douleur dans le cœur de Cassidy.

Elle lisait, mais le cœur n’y était pas, se faisant de plus en plus de mal au fur et à mesure de sa lecture alors que sa main qui tenait le papier tremblait un peu. Cassidy se retenait, de montrer cette jalousie qui grandissait en même temps que ses sentiments naissants. Elle tremblait encore, nouvelle pointe de douleur dans le coeur, mais préféra jouer la carte de l'indifférence alors qu'il s'éloignait déjà vers le château.

*C’est bien beau tout ça mais je dis quoi moi ?*

Une sorte de douleur qui n’était pas naturelle était apparu dans ses beaux yeux couleur noisette, la jeune femme la fit disparaître très rapidement de son visage, recommençant à sourire pour rester digne et fier. Il ne comprendrait sûrement pas ce qu’elle ressentait, c’était impossible. Ou du moins, elle ne lui en parlerait pas vraiment. Elle ne devait pas et elle-même ne savait pas comment ça fonctionnait tout ça.

La jeune femme se redressa lentement et avala le dernier bout de biscuit pensive. Elle reprit ses affaires, la lettre qu'elle tenait sur quelques doigts seulement puis courut et se mit en face de lui, l'air soudain... très joyeux. Une apparence à la surface alors qu'elle avait si mal à l'intérieur. Elle lui mit la lettre dans sa main.

"Tu peux aller l'envoyer toi même, tu connais le chemin de la volière. Ah et au fait, ça va pas te plaire mais là je suis encore plus convaincue de ne pas t'avoir laisser voir"

Cassidy soupira lentement, faisant comme si rien du tout ne s'était passé puis regarda en direciton du château.

« Je vais aller me reposer un peu, ces émotions m’ont épuisées »

Elle s’étira lentement, et alors qu’elle le regardait, avec l’envie de faire quelque chose pour lui, levant la main dans sa direction, Cassidy se sentit stupide et bizarre alors qu’elle secoua lentement la tête.

« A tout à l’heure ! »

Dernier sourire avant de tourner les talons et de redescendre vers le château.
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MessageSujet: Re: Qu'a-t-elle de plus que moi ?   Dim 22 Juil - 22:39

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MessageSujet: Re: Qu'a-t-elle de plus que moi ?   

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