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 Un retour dans le village d'enfance

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Cassidy Herediane
Directrice de l'Académie Hysandra
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Race: Humain Ascadian
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MessageSujet: Un retour dans le village d'enfance   Sam 3 Nov - 19:16

La jeune femme était en effet très surprise d’entendre Tristan avouer certaines choses. Et c’était surtout très encourageant. Au moins, il devait lui faire suffisamment confiance pour accepter le fait qu’elle soit au courant. Un grand pas en avant que Cassidy appréciait énormément. Peut être finirait-il par se confier petit à petit.

Et elle ne le trahirait jamais, c’était ses secrets, jamais elle n’en parlerait autour d’elle, respectueuse et voulant être à la hauteur. Cassidy n’avait qu’une envie, c’est d’être celle qui soulagerait Tristan de ses peines, de sa douleur. Elle voulait qu’il se confie pour pouvoir se sentir mieux et arrêter de porter tout ce poids sur lui. Chacun son tour après tout.

Cependant, il restait un terrible et énorme secret dont elle ne connaissait rien encore, mis à part quelques indices. Là aussi elle lui faisait confiance, si il ne lui en parlait pas, c’est que la situation n’était pas catastrophique, du moins pas en ce moment sinon elle verrait rapidement un changement chez lui. La demoiselle était restée fidèle, même si l’envie de se renseigner dans ses livres, de chercher des informations était grande, hors de question de l’apprendre d’une autre façon que par lui-même.

Cassidy n’était pas naïve, de ce qu’elle avait ressentit, entendu, c’était inquiétant, voire très inquiétant. Elle espérait juste que Tristan ne se fermerait pas jusqu’à la fin et qu’il pourrait quand même lui dévoiler la vérité afin qu’il s’y prépare. Qui sait… peut être qu’elle pourrait faire quelque chose pour lui. Même si elle n’y connaissait pas grand-chose en magie démoniaque. Une de ses anciennes connaissances en savait tout un rayon mais même là, elle ne préférait pas demander même si elle avait eu l’occasion de le faire. Tout simplement en envoyant un courrier.

Non, sage, respectueuse, elle attendait qu’il se confie par lui-même.

C’est justement dans l’idée d’avoir un petit quelque chose d’elle toujours avec lui, qu’il ne l’oublie pas ou dès qu’il se retrouverait seul, il pourrait au moins toujours penser à elle. Et puis, il fallait reconnaître que c’était plus sympa que le tatouage. Là encore elle avait des doutes quant à celui-ci.

La mage lui avait promis de l’en débarrasser définitivement. Mais ce n’était pas si simple que ça. Et puis si elle effaçait sa marque par sa volonté, qui ne lui disait pas qu’un mage malintentionné en profiterait pour le contrôler ? Même si Tristan ne se contrôle pas si facilement que ça… Cependant, toujours par mesure de précaution, de sécurité, elle se sentait plus rassurée, de voir le tatouage sous son contrôle. Même si au final elle ne s’en était jamais véritablement servie pour le contrôler. Repoussant l’autorité et les ordres. Fière pour agir par elle-même.

Après ces réflexions et profiter du début de matinée en jouant un peu comme des enfants, ils avaient fini par se préparer et fidèle à elle-même, la jeune femme avait remis une de ses robes, plutôt longue pour que ce soit plus discret mais elle se plaignait à dire qu’un mage, ça porte plus souvent des robes que des tuniques. Elle se mordit la langue et évita de sortir toute une explication théorique de l’utilité de la robe en magie. Tristan risquait de s’endormir… ou de ne rien y comprendre !

Et puis, elle n’était pas à l’aise pour pratiquer la magie dans une tenue plus cavalière, voilà tout ! Cependant, pas plus de commentaires furent portés sur cette affaire.

Tristan la porta et ils croisèrent le baron, s’engageant sur des banalités et même si il pensait à faire plus ample connaissance, ce n’était pas tout à fait ça qui s’était passé. Après avoir continuer leur chemin, Cassidy avait levé le nez et semblait chercher quelqu’un du regard.

Tristan semblait s’en rendre compte et la jeune femme le regarda en haussant les épaules naturellement, quelques regrets et remords sur le visage.

« Je regardais si mon heuu… enfin tu sais le jeune homme blond de la veille n’était pas dans le coin. Je l’ai quand même un peu envoyé sur les roses pendant le bal… alors je voulais juste au moins m’excuser… c’était pas terrible comme comportement. C’est sûr, j’avais plus important à penser à ce moment là… mais c’était vraiment pas une raison pour que je lui parle autant… en plus il n’était pas vraiment méchant… je lui ai quand même vraiment mené la vie dure… »

La jeune femme baissa doucement la tête. Non elle n’avait aucune pensée derrière la tête si ce n’était qu’un regret sincère de ne pas avoir aider son compagnon de la journée précédente. Ah… toujours aussi naïve la petite mage qui n’avait même pas tilter après le sauvetage dans l’étang et les allusions de Maud à ce sujet. Non elle aurait voulu au moins régler les choses. Là elle était tout simplement passée pour une mégère. Décidément c’était du gros n’importe quoi la journée d’avant.

Une autre chose qu’elle aurait voulu savoir, c’est si son partenaire d’un jour avait vu ou entendu quelque chose pendant la course en forêt. C’est vrai qu’elle avait toujours un énorme trou de mémoire à ce sujet et elle n’aimait pas ce vide. Malgré le fait qu’elle ne semblait pas blesser, à part une légère démangeaison à sa nuque mineure, rien de spécial. Encore une fois elle était bien naïve.

Ils croisèrent ensuite Maud sur le chemin et Cassidy ne fit pas attention au regard qu’elle leur portait, du moins elle ne faisait pas une analyse. La petite demoiselle paraissait vraiment très gênée et ne savait plus où se mettre. Pourtant Maud restait fidèle à elle-même, dynamique, vive. L’opposé totale de Cassidy quoi.

Elle semblait avoir rapidement compris la situation à cause de leurs marques et était quand même contente pour eux. Cassidy piquait un fard. Il faisait beaucoup plus chaud tout d’un coup non ? Et puis Maud la mit en garde sur la concurrence mais aussi elle-même. C’est vrai… que Cassidy n’était pas censé avoir entendu le discours de Maud la veille.

La jeune mage fit un sourire absolument gêné en la remerciant pour ses conseils tout en lui souhaitant un bon voyage. Elle hésita à rajouter qu’elle pouvait toujours venir voir Tristan malgré le fait que c’était une rivale mais… les mots ne sortirent pas de sa bouche.

Ils continuèrent leur chemin pour arriver devant la petite boutique et Cassidy insista pour s’y arrêter. Les femmes qui les accueillirent étaient enthousiasmées tout en parlant du Drakkari et ne semblaient pas avoir la langue dans leur poche. Mais c’était un petit peu normal, vu dans quel état se trouvait Cassidy la veille, les demoiselles étaient heureuses que tout se finisse bien.

D’ailleurs Tristan était impeccable dans son attitude, ce qui donna un sourire à la jeune femme, touchée et surtout sous le charme. Ah oui quel homme ! Elle en était quand même fière et heureuse, surtout qu’elle se montrait là en tant que petite amie et attention pas touche !

Enfin, ils sortirent de la ville, prirent le portail et entamèrent leur chemin. Cassidy avait effectivement grimacer en montant sur son cheval, elle n’avait pas l’habitude mais bon, il fallait bien qu’elle s’y habitue la petite demoiselle ! Après tout elle n’était pas en sucre !

Sauf que Tristan réclamait des pauses assez régulièrement, pour des raisons toujours différentes. Un coup il avait soif, un coup il avait une crampe… La jeune femme râlait un peu même si elle devait reconnaître que c’était pas plus mal, la chevauchée étant une véritable épreuve pour elle dans ces conditions.

Ils arrivèrent enfin au village et Cassidy le conduisit jusqu’à l’étable, évitant de croiser trop de monde pour l’instant. En revanche, elle hésita quant à l’attitude à adopter. Mal ? Pas mal ? Ca serait sûrement étonnant de la voir marcher de cette façon.

Tristan le comprit aussitôt et il s’empressa de lui faire un bandage à la cheville pour justifier son état. Très attentionné le garçon qui ne voulait sûrement pas que sa compagne se voit infliger des regards curieux et interrogateurs. Elle semblait reconnaissante et le regarda en souriant.

« Merci… »

Elle avait toujours son bâton en bandoulière, mis dans une position diagonale dans une sacoche qui lui permettait de se déplacer plus facilement. La jeune femme passa ses bras autour des épaules à Tristan puis lui indiqua la direction.

A sa réflexion, la jeune femme se mit à rougir, repensant à leur petite étape sous la douche et elle serra un peu plus ses bras autour de son cou.

« Heyy… me parle pas trop de ça. Je vais pas pouvoir m’empêcher d’y penser après et de rester rouge toute la journée… on risque de se poser des questions »

Elle se mit à rire doucement lorsque le couple dans le jardin les examina puis une grande exclamation féminine résonna alors que la dame s’approcha en courant du couple. Petite taille, blonde et les yeux verts, pas de doute quant à son identité. Elle avait un sourire radieux et Cassidy demanda à Tristan de la reposer.

- Cassyyyyyy ! Oh ma petite fille ! Tu as enfin décidé de venir rendre visite à tes parents… Je commençais à me faire du souci !

La maman attrapa Cassidy pour lui faire un gros câlin. Cassidy se mit à rougir, sans savoir où elle pouvait se mettre, apparemment très gênée. Elle n’avait jamais eu l’habitude des câlins et compagnie.

« Mamaaaaaan ! Ca va bien… Tu m’étouffes là… »

- Chut vilaine fille ! Je me suis inquiétée ! Aucune réponse ! Et puis tu as toujours trop de travail… Pas le temps… Et puis nous on s’inquiète aussi hein…

Cassidy émit un grognement alors que sa mère desserra son étreinte puis fronça les sourcils en levant la tête pour examiner Tristan.

- Qui c’est ce grand et beau jeune homme séduisant qui t’accompagne ?
- Huuuuuuuum…
- Oh Chéri voyons, j’ai bien le droit d’être honnête quand même, non ?


Cassidy se mit à rougir encore plus, apparemment très mal à l’aise, bredouillant et regardant ses pieds sans trop savoir quoi répondre. Enfin, elle prit son courage à deux mains et releva la tête, un peu plus assurée.

« C’est Tristan… mon petit ami »

Gros silence. Puis exclamation hautement aigue suivie d’une exclamation plus masculine par l’homme qui détaillait Tristan.

- Quoiiiiiiiiiiiiiiii ?!?!?

La mère de Cassidy se frotta la nuque tout en réfléchissant et en examinant Tristan sous tous les angles avant d’avoir les yeux remplis d’émotions. Elle sortit un mouchoir rose de sa poche tout en s’essuyant les yeux.

- Enfiiiiiiin ! Ma petite fille a enfin décidé de s’intéresser à un homme ! Il était temps ! En tout cas, bon choix ma fille ! Je pensais que tu nous ramènerais un intello gringalet et ennuyant, me voilà rassurée

« Maman… »

Un éclaircissement de la gorge se fit entendre alors que l’homme à côté de la mère à Cassidy regardait avec attention Tristan. Il possédait deux yeux de couleur noisettes, un visage anguleux et des cheveux châtains.

- Tristan… Drakkari… Ce n’était pas ce petit garçon qui t’embêtait à l’école élémentaire par hasard ?

« Heeeeeeeeeeeem… bah… heu… »

-Nooon ? C’est vrai Cassy ? C’est le petit Tristan ? Oh à voir ton air ça doit être lui. Tu l’as finalement retrouvé après tout ce temps. C’est mignooooooooon

La maman semblait être en admiration devant Tristan, sans plus se soucier de son passé ni des rumeurs qui avaient circulé sur lui. Le père lui semblait un peu plus protecteur à voir son air plus calme mais il ne semblait pas être méchant, juste plus calme pour tempérer son épouse. Cassidy avait vraiment du mal à parler, toujours aussi rougissante.

*Hum naaaaan en fait il a atterrit par hasard aux pieds de l’académie mais touuuut va bien !*

C’est alors que la maman s’avança devant Tristan et s’inclina devant lui.

- Je suis contente de te… heu… vous ? revoir… Cassy est une petite cachottière pour avoir oublier de nous parler de votre heu… relation ?

Fallait-il préciser que c’était récent ? Cassidy préféra s’abstenir. Après quelques échanges avec Tristan, la maman joignit ses mains d’un air ravi.

- Bien ! Si nous passions à table ? Cassy… on dirait que ça fait longtemps que tu n’as pas mangé… tu m’a l’air bien maigrelette ma fille… Mais ne t’inquiète pas, on va arranger ça… Suivez-moi…

Ils rentrèrent à l’intérieur, une petite maison agréable, qui était chaleureuse. La maman invita le jeune couple à s’installer à la table, ne s’inquiétant pas vraiment pour Cassidy au sujet de sa cheville. Après tout elle collectionnait les bleus et blessures la petite demoiselle.

Le papa vint se placer en face de Tristan et la maman apporta le plat principal, apparemment très heureuse d’avoir un homme en plus à la maison.

- Alors alors ? Quelles sont les nouvelles ?

Cassidy expliqua alors l’espèce de réception pour pouvoir présenter son académie, des festivités mondaines chez un baron. Elle resta très simple dans ses propos et n’aborda pas des moments plus… intimes même si elle rougissait parfois.

- Toujours autant occupée et sérieuse… Bien que tu as l’air d’avoir plus de couleurs que la dernière fois… à part ça…

Elle se tourna vers Tristan alors que Cassidy s’amusait à engloutir toute la nourriture dans son assiette.

- Elle n’est pas trop râleuse ma fille ? Comment vous vous êtes retrouvés au final ?

Aie aie ! La deuxième question était un peu délicate et Cassidy avala si vite son morceau de poulet en se crispant qu’elle ne pouvait pas être discrète.
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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: Un retour dans le village d'enfance   Dim 4 Nov - 12:59

Eyh oui, il réfléchissait pas mal quand même ce grand Drakkari. Le prouvait le fait qu’il venait de bander la cheville de sa compagne. Là, ça serait tout de suite beaucoup plus convainquant. C’est vrai qu’il voulait lui éviter des regards surpris et surtout des questions indiscrètes. Car à présent, si elle marchait bizarrement, les regards ne pourraient éviter la bande blanche sur l’une de ses chevilles sous les pans de sa robe et alors bien des rougissements devraient être évités à la demoiselle.

Tristan lui avait souri gentiment en se relevant, effleurant une de ses joues du bout des doigts. Elle avait quand même opté, bien raisonnablement pour mettre une légère écharpe autour de son cou. Même si ça allait encore, l’air commençait à se refroidir et cet accessoire semblait tout à fait normal, surtout sur une demoiselle aux airs si fragiles… Ceci éviterait encore plus de regards braqués sur sa gorge. Le jeune homme pour sa part, habillé n’est-ce pas, avait relevé le col de sa chemise, ce qui avec les mèches rebelles de ses cheveux suffisaient à camoufler ses propres marques. Surtout qu’avec sa peau plus bronzé ça se voyait quand même beaucoup moins qu’elle. D’ailleurs, il y avait fort à parier, grâce à ses gênes qu’au moins pour sa gorge, il semblerait presque indemne d’ici à l’après-midi.

Il la prit par la suite dans son dos pour la porter sans paraître gêné un instant de l’image qu’ils pouvaient renvoyer et encore moins gêné par le poids de la jeune femme. Il savait qu’il était redevenu plus fort, mais il lui semblait aussi qu’elle était plus légère et ça ce n’était certainement pas une interprétation de son imagination !
Mais il ne pouvait pas vraiment lui en vouloir ou lui dire quoi que ce soit d’ailleurs. Si elle n’avait pas très bien mangé pendant ce si long moment durant lequel ils avaient été en froid, il n’avait guère fait mieux. Alors juger ? Très peu pour lui !!!

D’ailleurs, il lui semblait qu’elle était quand même un peu tendue. Il sentait ses muscles fins un peu crispés autour de ses épaules et ceux de ses jambes qu’il soutenait d’une poigne qui se voulait légère. Peut-être était-elle un peu inquiète ou juste soucieuse. Ben oui, c’était son premier petit copain et elle allait le présenter à ses parents. Même si ça ne le mettait pas très à l’aise, il imaginait sans mal que ce devait être une étape importante pour une femme… et en particulier pour elle. Le présenter à sa famille, c’était vraiment mettre de côté, enfermer ces semaines passées à s’ignorer et à ignorer leurs sentiments. Sa façon peut-être aussi de se rendre compte que ces derniers jours n’étaient pas qu’un doux rêve plein de fantasmes plus ou moins poussés. C’était bien la réalité…

Il essaya de lui changer les idées en se faisant un brin plus pervers en évoquant la veille et leur tenue très peu… habillées sous la douche. Doux rappel évoquant tant de souvenirs agréables à son esprit, qui lui tiraient un sourire. Il ne s’attendait vraiment pas à ce que leurs câlins prennent ce tournant mais une chose était sûre, malgré un début difficile, il n’était pas mécontent, bien au contraire ! Elle resserra sa prise et il la sentit trembler légèrement alors qu’elle lui disait de ne pas trop lui en parler au risque qu’elle y pense trop souvent et finisse par être toute rouge.

- J’évoquerai un coup de soleil alors… Et puis… si tu y penses et rougis c’est que ça t’a plu… ce qui m’arrange même si ça m’inquiète un peu.

Il laissa planer un très court silence, la laissant paniquer légèrement en se posant mille et une questions sans doute sur ce qu’elle avait pu faire de mal et certainement s’interroger encore sur la normalité de ce qu’elle avait pu ressentir. Son fameux sourire taquin aux lèvres, qu’elle ne pouvait que peu voir, s’étira un peu plus alors qu’il continuait.

- Parce que ce n’était qu’un léger avant-goût… j’espère donc que tu survivras à la « prochaine fois ».


Façon très discrète et légère de dire qu’il n’avait pas l’intention d’en rester là, qu’il y pensait déjà (même s’il n’en donnait pas vraiment l’impression) et… aussi que ça lui avait pas mal plu, même s’il avait l’intention de faire « mieux ».

Ils arrivèrent finalement devant une petite maison devant laquelle s’affairait un couple. Tristan s’arrêta et laissa doucement Cassidy glisser le long de son dos pour descendre. La femme relevait déjà les yeux et posant ceux-ci sur sa fille, ils s’illuminèrent… alors qu’elle lui sautait à moitié (juste à moitié) dessus. Ah… c’était sa mère.
Tristan pencha légèrement la tête, il lui semblait en effet reconnaître ce visage qui avait pris quelques rides. Cependant à présent, il trouvait bien plus que Cassidy ressemblait à sa mère. Quand ils étaient enfants, c’est vrai, il ne se demandait pas ce genre de chose. En tous les cas, elle parlait vite et reprochait à sa fille de trop travailler, il ne put s’empêcher un très léger mouvement approbateur du menton. Il était un peu d’accord là en fait.

Le père s’était redressé aussi évidemment mais restait quand même un peu en retrait pour l’instant, même s’il couvait des yeux sa fille. La mère de Cassidy était… folle de joie de voir sa fille, c’était une certitude, ce qui tira tout de même un léger sourire au compagnon de la jeune femme.
Par contre, il ne put pas faire plus longtemps parti du paysage et la femme se tourna vers lui, le détaillant sans la moindre méfiance, plutôt avec un sourire qu’il n’arrivait pas vraiment à qualifier… comme un espoir fou mais totalement inaccessible. Il comprit pourquoi quelques minutes après.

Eyh ! Elle l’avait quand même qualifié de beau jeune homme… et qu’il était séduisant. Elle n’avait pas tort bien sûr mais il en était toujours ravi, un sourire lui échappa. Avec sa haute taille, ses épaules larges et son corps musclé pour une fois correctement caché sous des vêtements, bien que sa chemise blanche pût être plus opaque, ses cheveux en bataille, ses yeux orangés et son sourire en coin un brin timide curieusement, il était plutôt… craquant non ?
La première réaction de Cassidy, amusante, fut d’émettre un drôle de son qui pouvait signifier bien des choses, surtout vu la couleur que commençaient à prendre ses joues.

Ce à quoi sa mère répliqua qu’elle avait bien le droit d’être honnête. De nouveau la lueur étrange dans son regard. Oui, ça ressemblait vraiment à de l’espoir… mais un espoir auquel elle ne croyait pas elle-même. Etrange ça. La jeune mage sembla un peu perdue et très mal à l’aise, ne sachant apparemment où se mettre, mais il ne pouvait pas l’aider et finalement elle s’empressa de faire la lumière sur l’identité de son accompagnateur. Il s’appelait Tristan et était son petit ami.

S’ensuivit un long blanc juste dérangé par le son de quelques oiseaux qui gazouillaient dans des arbres proches. La jeune femme avait réussi à s’arracher à l’étreinte de sa mère mais… elle dut perdre quelques capacités acoustiques lorsque le cri suraigu de sa mère (au moins à présent il savait de qui elle tenait) et celui plus grave de son père, se firent entendre. « QUOI ?! » Ah oui, en effet, ça résumait parfaitement la situation.
Se tenant toujours très poliment (de plus en plus surprenant ça) en retrait, Tristan contint un sourire amusé face à leur réaction. Ah oui, en effet, ils avaient l’air particulièrement surpris tous les deux et c’est vrai qu’il y avait quand même de quoi.

Mais la vraie lueur dans le regard de la mère de la mage ne fut identifiée que lorsque celle-ci, reprenant sa fille dans ses bras (et se mettant limite à sautiller sur place), commença à s’exclamer qu’enfin son enfant s’intéressait à un homme et franchement, ça ressemblait vraiment à un remerciement envers les dieux. Bon bien sûr au début elle avait surtout eut l’air interloquée, de croire à une farce puis quand elle avait réalisé la nouvelle elle avait plutôt eut l’air de vouloir fondre en larmes. Eh bien dis donc, apparemment c’était inespéré comme évènement. Pauvre maman… elle avait dû souvent se demander ce qu’elle avait mal fait avec sa fille pour que celle-ci repousse autant la gent masculine !

Bon, elle avait quand même détaillé Tristan un moment, ce que faisait aussi le père de la jeune femme depuis plus longtemps par contre. Et là, elle affirmait qu’au moins il n’était pas un gringalet. Nouveau sourire léger de la part du Drakkari. Il s’était fait les mêmes réflexions à propos de Cassidy au début, croyant que celui qu’elle accepterait d’aimer ne pourrait qu’être un accro aux livres ennuyeux comme elle, ce qui malheureusement pour un homme se traduisait généralement par un physique assez peu impressionnant. Ah c’est clair, rien à voir avec le guerrier qu’elle s’était décoté !!!

Le père prit enfin la parole et eut l’attention de tout le monde. C’est de lui que Cassidy tenait ses étonnants yeux noisette, même si les paillettes d’or qui y scintillaient provenaient de ceux de sa mère. Il avait l’air plus grave pour ne pas dire plus sévère et par automatisme, Tristan se redressa un peu plus, carrant les épaules dans l’idée de faire plus… homme… même si c’était sans doute bien difficile de faire plus qu’il ne faisait déjà mais bon… l’ego masculin…
Ce fut lui qui fit le rapprochement entre le grand jeune homme qui se tenait sagement immobile et le turbulent petit garçon qui passait son temps à torturer leur fille… qui l’air de rien devait pas mal parler de lui pour que l’association se fasse si vite.

Cassidy parut encore plus gênée alors que Tristan s’était un peu raidi, conscient qu’il n’était peut-être pas très bien vu, à cause de son précédent comportement avec sa fille, par le père. La mère ne les laissa pas répondre et sembla plus survoltée qu’un peu plus tôt. Apparemment la mage n’avait pas hérité de son exubérance… dommage. Elle conclut sans qu’ils n’aient vraiment infirmé ou confirmé, ni l’un ni l’autre et partit dans un « c’est mignon » dont les décibels atteintes étaient des plus inattendues. Tristan se retint de se frotter les oreilles.

Mais heureusement, on ne semblait finalement pas lui en vouloir pour son passé. Et ils ne le regardaient pas avec méfiance par rapport à ce qu’il avait pu faire. Le père de Cassidy l’observait avec une réserve toute paternelle et protectrice, touchante. Quant à la mère, il lui semblait qu’elle se retenait de le prendre dans ses bras en le remerciant peut-être de sortir sa fille de son travail et surtout de son obstination à tenir les hommes éloignés d’elle. Et… apparemment les précisions quant à son identité ne le rendait pas moins beau que ce qu’elle avait affirmé quelques minutes plus tôt.

Cassidy était toujours… extrêmement rouge et passait d’un pied à l’autre, sans doute aussi et surtout gênée par la douleur qui la tenait encore sous sa coupe, gênée et perdue sans doute.
Sa mère ne tarda pas à s’approcher finalement de lui et Tristan dut… considérablement baisser la tête. Elle commença à le tutoyer, puis le vouvoyer, ne sachant sans doute quelle attitude adopter, affirmant qu’elle était heureuse de le revoir et que bien malheureusement Cassidy ne les avait pas prévenu de son « amourette ».
Apparemment, le beau Drakkari, même s’il n’en avait rien dit à sa compagne, avait l’intention de faire bonne impression…

En effet, suite à l’inclination de la femme et ses paroles, il mit un genou en terre, toujours avec des gestes décidément trop injustement gracieux, une main derrière le dos, prit une main de son interlocutrice et y déposa un baiser impeccable. A croire qu’il s’était en réalité entraîné sur les amies de Cassidy. Enlevant la main de derrière son dos, il tendit alors un bouquet de fleurs à la dame. Oui… là, il y avait franchement de quoi se poser… des questions. Ne serait-il pas un peu mage sur les bords le Tristan ? Ou au moins magicien ? Parce que d’où sortait-il donc ce bouquet hein ?!!!!!

Il se redressa lentement en faisant un sourire si angélique et sincère que c’était impossible de ne pas avoir de crampes à la mâchoire à force d’essayer d’y répondre. Puis très poliment, baissant un peu la tête, il répondit.

- C’est un honneur pour moi, dame Herediane. Je serais heureux que vous me tutoyiez si vous le voulez bien, je suis trop jeune pour mériter l’égard d’un vouvoiement. N’en veuillez pas à votre fille je vous prie. Elle ne pouvait pas vous dévoiler ce qui n’existait pas. J’ai mis beaucoup de temps à enfin lui déclarer mes sentiments car je croyais ne jamais la mériter. Mais vous savez aussi bien que moi qu’en tant que moralisatrice, elle a tôt fait de rétablir les… vérités disons. Je suis conscient de ma chance qu’elle ait attendu patiemment que je me décide.

Alors ça…
Non mais franchement !!! Où était donc passé le garçon trop cru qui parlait sans détour, parfois impoli tant il était direct. Tristan s’était transformé en un adorable jeune homme qui maniait le verbe avec une aisance surprenante et qui en plus de ça était d’une politesse, en particulier envers Cassidy, tout simplement… parfaite non ?
Non seulement il venait un peu de « protéger » sa petite amie du courroux d’une mère vexée d’avoir été tenue à l’écart d’une nouvelle de cette envergure. Mais il avouait aussi que c’était de sa faute et apprenait une nouvelle sans doute inattendue à sa belle… Il croyait ne pas la mériter… ça c’était vrai… Bon la suite un peu moins, il faisait un peu son éloge après tout. Car en vérité, elle n’avait pas du tout attendu qu’il se décide, elle l’avait plutôt poignardé dans le dos en sortant avec Jordan sous son nez mais… c’était certainement mérité.

En tous les cas, ses paroles semblèrent plaire à la matriarche, qui vraiment joyeuse, les invita très vite à passer à table, grondant un peu sa fille comme quoi elle n’avait pas l’air de se nourrir correctement.
Tristan, parfaitement conscient d’être encore sous l’évaluation du paternel, se tint bien droit à table en face de lui, baissant courtoisement et surtout en signe parfait de soumission, le regard devant lui.
Marilyn semblait ravie et servit très généreusement les assiettes… Le Drakkari la remercia d’un beau sourire chaleureux, donnant vraiment l’impression d’être très intéressé par le plat alors que ce n’était pas vrai du tout.

Ca avait l’air délicieux bien sûr, mais il avait le ventre noué à cause de tous les souvenirs qui lui sautaient au visage concernant le village. Et encore et surtout… le sourire tellement maternel que lui avait adressé la dame alors qu’elle lui tendait son assiette, lui évoquant tellement celui que sa propre mère avait quand elle pensait lui faire plaisir. La douleur sentimentale l’avait fait se crisper légèrement et sa mâchoire s’était faite un peu plus carrée du fait de la contraction de ses muscles faciaux mais son sourire avait fait passer le tout inaperçu…

Il demeura silencieux, se contentant de faire honneur au plat même si son estomac se crispait douloureusement, à renfort de grands sourires tandis que Cassidy expliquait les nouvelles pour répondre à l’interrogation de ses paroles.
Surtout qu’il s’avérait qu’elle parlait essentiellement de ce qui s’était passé ces derniers jours avec les festivités du baron. Il eut un sourire discret en remarquant qu’elle rougissait de temps en temps et évitait soigneusement de parler de sa découverte du corps et de ses sensations avec son très frais compagnon.
D’ailleurs il lui sembla qu’elle devait s’évoquer de bien doux moments passés ensemble vu comme elle sembla occupée à détourner l’attention de ses joues rouges en mangeant peut-être un peu vite. Un sourire attendri étira ses lèvres malgré lui alors qu’il revenait au centre de l’attention. Aie.

Sa jolie compagne faillit s’étouffer à cause de la question de sa mère et sans doute commençait à paniquer mais il se contenta d’un très beau sourire, paraissant très calme pour sa part alors qu’il portait doucement une main au dos de la jeune femme pour la tapoter légèrement.

- Eyh… ne t’étouffe pas princesse. Tu sais bien que mes compétences de guérisseur sont très… limitées... pour ne pas dire inexistantes.

Il lui sembla que les yeux de la mère de l’intéressée brillaient suite au surnom donné… Mais ça n’avait rien de vraiment surprenant en fait. Il se retourna vers elle après s’être assuré que sa petite amie allait survivre et croisa les mains sous son menton, l’air de réfléchir.

- Si je réponds sincèrement à votre première question, elle risque de me bouder toute la journée donc… je plaisante Cassy, je plaisante… Non, elle l’est un peu bien sûr, mais à juste titre, il faut dire que j’aime encore… l’embêter de temps en temps. Mais j’avoue que votre fille sait ce qu’elle veut et que c’est un trait de caractère vraiment admirable qui me plait beaucoup chez elle… même si elle travaille bien sûr beaucoup trop pour obtenir justement ce qu’elle veut. D’ailleurs mon objectif secret, mais ne lui dites pas surtout, c’est d’essayer de la sortir un peu plus de ses livres, ça reste entre nous.


Il avait dit ça comme un conspirateur, se penchant un peu en avant en faisant mine de chuchoter alors qu’il parlait presque comme pour le reste de son discours. Plaisantant mais en restant courtois et surtout montrant l’air de rien qu’il y tenait à sa petite mage. Il se passa une main dans la nuque, les yeux levés vers le plafond, de nouveau comme s’il réfléchissait.

- Comment on s’est revus déjà ? C’est une bonne question ça. Je ne me souviens plus vraiment. Je me souviens que Cassidy s’est occupée de moi suite à un combat pendant lequel j’avais été assez… blessé. Ah oui, c’est vrai, vous n’êtes pas au courant, je suis devenu un guerrier, épéiste. Enfin bref, grâce à elle j’ai pu me remettre de mes blessures. Mais c’est vrai qu’au début je ne l’avais pas reconnue du tout, ce n’est que lorsqu’elle a commencé à me faire la morale que j’ai fait le rapprochement en fait, elle aussi sans doute… Vous auriez vu nos têtes, je ne sais qui d’elle ou de moi-même était le plus horrifié.

Dis donc… il était étrangement à l’aise pour quelqu’un qui d’ordinaire parlait si peu, pas difficile de comprendre comment il pouvait charmer les demoiselles les plus.. résistantes à son charme. Il plaisantait sans mal et n’avait pas hésité une seconde quant au discours à donner, surtout que ce n’était pas totalement un mensonge, elle l’avait bien aidé à se remettre et il avait été blessé par des combattants même s’ils étaient plus bourreaux que guerriers.
Ainsi, il se montrait toujours poli, mais assez complice et surtout essayait de faire au minimum sourire les deux parents…

Néanmoins, il ne comptait pas omettre de leur montrer les formidables progrès que Cassidy avait faits en sa présence, pour et par lui. Il posa ainsi doucement une main sur l’une de celles de la jeune femme, tendrement, en la regardant avec une attention et surtout une émotion qu’il essayait d’ordinaire de camoufler, un sourire doux aux lèvres. Eyh ! Elle n’enlevait pas sa main hein !!!!

- Mais la vraie horreur c’est le temps que j’ai pris à accepter mes sentiments… ou plutôt les réaccepter.

Comment attendrir une maman qui s’inquiétait tant pour l’avenir amoureux de sa fille hein ?!
Ils discutèrent encore un moment et toujours dans son idée de plaire, Tristan demanda très poliment s’il pouvait se resservir car ça lui plaisait beaucoup. Plaire à la ménagère, montrer un bon appétit tout simplement viril dans son cas pour montrer au père qu’il était un homme, un vrai !
Finalement, après un bon moment à échanger les uns les autres, le Drakkari se tourna vers la figure paternelle.

- Messire Herediane… Je n’ai pas pu m’empêcher de voir que vous aviez un arbre coupé sur votre propriété. Si vous le permettez, j’aimerai beaucoup vous aider à le débiter en bûches. Enfin je préférerais bien sûr que vous me laissiez faire le tout mais je ne pense pas réussir à vous convaincre de rester inactif même si c’est pour me guider.


Il vit du coin de l’œil un sourire sur les lèvres de la mère de sa compagne. Elle devait le trouver aimable et bien élevé au final.
Le père accepta pourtant rapidement, à croire qu’une aide extérieure était la bienvenue. Et puis il devait vérifier que ce grand garçon beaucoup trop mignon et aux cils trop longs pour être innocent, savait se débrouiller.
Finalement ils se levèrent, laissant ces dames converser et mettre les affaires de Cassidy dans l’ancienne chambre de celle-ci tandis qu’ils allaient couper le bois en question… Même si le père rappela à sa fille qu’il voulait goûter ses biscuits pour le goûter… un goûter bien mérité après un travail physique certainement long.

D’ailleurs Tristan ôta sa chemise sans exubérance, pour être plus à l’aise, n’omettant surtout pas de le faire devant la mère de sa petite amie pour lui prouver à quel point elle avait bon goût, laissant le vêtement à Cassidy avec un sourire après lui avoir déposé un baiser sur le front et attrapant une hache, il sortit dans le jardin.
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Cassidy Herediane
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MessageSujet: Re: Un retour dans le village d'enfance   Dim 4 Nov - 16:22

La jeune femme se trouvait dans le dos de Tristan et lui fit remarquer qu’elle risquait bien d’être perturbée si il lui rappelait ce genre de choses. Ce à quoi le Drakkari répondu une phrase encourageante voire un peu mystérieuse comme quoi il sous entendait qu’il y avait bien mieux.

Cassidy rougit et se colla un peu plus contre lui, tout aussi rougissante mais elle ne put s’empêcher de sortir une petite phrase au creux de son oreille dans un murmure.

« J’ai hâte de voir ça alors… »

Elle devait aussi faire mieux. Hors de question qu’elle soit la seule à profiter même si elle manquait énormément d’expérience à ce niveau là. Mais qu’à cela ne tienne, la jeune femme voulait aussi prouver à son compagnon qu’elle était aussi capable de bien faire.

Cassidy était stressée, angoissée par ce qui l’attendait avec ses parents. C’était Tristan quand même et elle y tenait beaucoup. Et puis elle voulait surtout que ça se passe bien. Sa mère lui sauta au cou pour l’enlacer tendrement. Tiens elle le connaissait ce discours qu’elle travaillait trop… au moins ses parents et Tristan étaient sur la même longueur d’onde.

Une discussion s’ensuivit où Cassidy se montrait tout à fait très mal à l’aise même si il n’y avait pas de raison. Après tout, encore une fois elle avait rappelé à ses parents à son dernier passage qu’elle ne s’intéressait pas aux garçons. Par respect, ils évitaient de lui parler du petit garçon de son enfance, car elle était déjà suffisamment triste à sa simple évocation. Oh oui elle en avait traversé des choses…

Tout semblait enfin s’éclairer même si Cassidy restait un peu en retrait. Ses parents n’étaient pourtant pas des personnes compliquées, juste aimantes, simples et sans envie de se prendre la tête, contrairement à Cassidy.
Malgré les rumeurs qui avaient circulé dans le village, les parents de Cassidy ne semblaient pas tenir rigueur à Tristan pour ce qui s’était passé. Marilyn connaissait aussi plutôt bien la mère à Tristan à l’époque, il lui était évident pour elle que le petit garçon ne pouvait pas toucher à sa maman, pas après ce qu’elle entendait. Et puis Cassidy semblait penser la même chose malgré le fait qu’elle avait passé le plus de temps de son enfance à se battre avec le petit Drakkari. Enfin bataille verbale.

Tristan surprit la petite famille en se penchant en avant, ce qui attira des couleurs à la maman de Cassidy. Il sortit un bouquet de fleurs dont ne sait où, et Cassidy ouvrit la bouche tellement grand qu’elle aurait pu avaler un poisson entier. Marilyn semblait absolument ravie et enchantée, tout comme le discours que lui tenait peut être son futur gendre. Du moins, il n’en fallait pas beaucoup pour la satisfaire.

Tristan était tout à fait respectueux, irréprochable même si il arrangeait un peu leur histoire pour ne pas choquer. C’est vrai… Cassidy avait décidé de passer un peu de temps avec Tristan. Hem… pour la patience on repassera ! Qu’il ne la mérite pas ? La jeune femme émit un grognement discret, prête à lui faire une remarque et elle s’abstint.

La mère de Cassidy semblait satisfaite et heureuse de la réponse car elle les invita à rentrer tout en se dépêchant de poser les fleurs dans un beau vase. Quelle gentille attention !

Cassidy ignorait les pensées qui agitaient Tristan, ses souvenirs et si elle s’en était douté, peut être qu’elle aurait prit la peine de caresser doucement sa main pour le rassurer.

Ses parents lui posèrent des questions sur ses récentes activités. Si Cassidy leur envoyait régulièrement des lettres pour les tenir au courant de ce qui se passait, les récents évènements n’avaient pas encore été relayés.
Elle s’appliqua à parler de cette réception mondaine et à l’entendre parler, cela avait l’air d’être plutôt sympa. La ville dans laquelle ils se trouvaient était vraiment chaleureuse sauf le baron qui était un peu trop insistant à son goût. Elle en profita aussi pour dire que Tristan avait accepté le poste de professeur de maniement des armes à l’académie en plus de tout ça, ce qui tira des sifflements admiratifs de la part de la maman.

Cependant, alors que la demoiselle semblait vouloir s’occuper à manger, la maman s’occupa de Tristan. Et bien oui, il fallait bien qu’ils s’intéressent à lui aussi ! Cassidy manqua de s’étouffer avec son morceau de poulet mais son preux chevalier vint à sa rescousse en lui tapotant le dos. La jeune femme la gratifia d’un merci.

Elle écouta sa réponse en mangeant un peu plus lentement, même si ses yeux commençaient à se faire plus sévère mais d’une manière plus taquine que réellement méchante alors qu’il parlait. Ah il plaisantait. Attention à lui ! Elle le surveillait ! Grrrr ! Le reste de ses phrases étaient plus des éloges sur sa personne alors que la jeune femme devenait encore plus rouge. Ohlala… eh bien en tout cas ça marchait très bien. Ses parents, surtout Marilyn, était suspendu à ses lèvres.

- Ca c’est bien ma petite fille ! Mais je suis d’accord avec toi. J’espère que tu arriveras à la faire sortir de ses bouquins.

Cassidy sortit un grognement, marmonnant qu’elle n’était pas toujours le nez en train de regarder les livres.
Il répondit ensuite au sujet de la rencontre et c’était plutôt joliment dit. Elle se mit à sourire doucement, repensant au vrai sujet de leur rencontre et puis si il reconnaissait qu’elle avait soigné ses blessures, c’était déjà bien même si elle était une très mauvaise guérisseuse.

- Guerrier ? Au moins c’est rassurant, notre Cassy sera un peu plus en sécurité, elle qui a toujours l’habitude de se fourrer dans des situations surprenantes…

« Maman ! Ca va ! Je n’ai plus 10 ans »

- Je sais ma chérie mais reconnais aussi que tes maladresses ne t’aident pas… Et puis… ne cache pas tout… ton maître nous en a raconté de belles…

La jeune femme se mit à rougir.

Cela marchait plutôt bien, les deux parents semblaient conquis, surtout la mère. Le père devait attendre un peu même si il semblait intéressé par les paroles de Tristan, rassuré par son statut de guerrier. Bonne humeur, pas de prise de tête.

Sauf que Tristan ne s’arrêta pas là et décida de bien montrer que Cassidy avait fait des progrès fulgurants au niveau des contacts tout en posant sa main sur la sienne. Il put constater que la petite mage avait la main bien chaude, un peu moite en ce moment et elle se retint de sursauter, tellement le geste l’avait surpris quand même. A vrai dire elle ne s’y attendait pas, mais elle ne relâcha pas sa main, le regardant dans les yeux, émue par son regard et lui renvoyant.

La maman semblait enchantée et murmura une petite phrase.

- C’est mignon… Vous formez un beau couple tous les deux

Tristan continua sur sa lancée, ce qui rassura rapidement la mère. De ce qu’elle connaissait de Tristan, c’était un petit garçon très timide, un peu rebelle mais pas méchant du tout.

Ils échangèrent de sujets et banalités diverses, les parents de Cassidy donnant quelques nouvelles au sujet du village, de leur métier artisanal de poterie, bref des généralités.

Tristan demanda ensuite à Jordeth, le père de Cassidy de s’occuper d’un arbre. L’homme décroisa les bras et se caressa le menton.

- Très bonne idée ! Effectivement avec cette saison et ce froid qui approche, j’ai besoin de faire une grande réserve de bois. Ton aide est la bienvenue…

Là il voulait des actes, il allait en avoir. Les deux hommes sortirent, laissant les deux femmes seules. Cassidy se leva alors que Tristan enleva sa chemise pour lui tendre avant de déposer un baiser sur son front. La demoiselle se mit à sourire puis le poussa doucement du bout des doigts sur son dos.

- Il est devenu vraiment charmant ce petit garçon Cassy. Je suis heureuse que tu ai enfin pu le retrouver… Je pense que ce petit a quand même été épargné par les dieux pour avoir réussi à survivre seul dans les bois et se débrouiller par lui même

« Heureusement… »

- Dis donc… alors comme ça vous… enfin ça se passe bien ?

« Oh tu sais Maman, c’est Tristan mais… tu le sais bien il m’a toujours plu au final… Et puis je confirme, quand on apprend à le connaître c’est pas si mal que ça… »

Elles continuèrent à converser tout en préparant les gâteaux que Cassidy appréciait tout particulièrement.

- Au fait… je suppose que tu vas aller voir ton maître ?

« Oui bien sûr, Tristan est occupé, je vais en profiter pour y aller. Si il te demande où je suis, indique lui le chemin. Je le connais… il va s’inquiéter sinon »

La mère se mit à rire doucement en lui disant de ne pas rentrer trop tard puis Cassidy se dirigea vers la maison de son ancien maître.

Dans le jardin, Jordeth avait attrapé une de ses haches, après avoir examiné Tristan. C’est vrai que le Drakkari avait du muscle, du bois il allait en faire très facilement. Poliment, Jordeth montra les buches puis se tourna vers Tristan.

- A toi l’honneur

Tristan se mit au travail et le père posa sa hache sur le sol, le menton posé sur ses mains que la hache soutenait.

- Bien bien… Tu te débrouilles pas mal.

Il se mit ensuite à poser une buche pour ensuite la fendre en deux, avec précision.

- Ma fille semble vraiment beaucoup t’apprécier. C’est une bonne chose, je ne l’avais jamais vu aussi…

Jordeth grogna avant de fracasser une autre buche.

- Au moins elle fait moins sévère que d’habitude. A force de vouloir bien faire les choses elle en oubliait de rire ou d’apprécier les petits plaisirs de la vie. Je suis content de la voir comme ça, elle qui râlait dès qu’on lui parlait d’autre chose que ses études

Il s’essuya le front tout en regardant le travail que faisait Tristan.

- Est-ce que tu l’aimes sincèrement ?

Les hommes hein. Il en était un lui-même alors il pouvait tout aussi bien se douter qu’il n’était pas facile d’entretenir une relation sur le long terme. La réponse semblait le satisfaire.

- Par contre hein… faites pas de bêtises tous les deux ! Je vous ai à l’œil

Ils continuèrent de discuter tout en coupant leurs buches.

La maman de Cassidy était occupée à faire du rangement d’un air joyeux puis attrapa le sac de sa fille. Un livre en tomba. Curieuse, elle le prit et commença à lire, son expression devint étrange en lisant les dernières lignes et devenant… très rouge. Mais Cassidy était déjà loin.

Cassidy marchait à la suite de son maître tout en conversant tranquillement. De choses et d’autres, de son travail, de son évolution.

« Continues-tu de t’entraîner malgré tes responsabilités ? »

La demoiselle eut un sourire gêné et se gratta la tête, apparemment mal à l’aise.

« Oh et bien… je dois dire que c’est quand même moins intensif qu’avant… Je manque de temps »

Le vieux maître s’arrêta et Cassidy regarda son dos avec curiosité. Ah ben oui, elle devait sûrement se ramollir avec son travail de directrice. La demoiselle semblait gênée.

« Je vois… Donc ça signifie que tu ne peux plus me tenir tête ? »

Cassidy fronça les sourcils et avança d’un pas, piquée au vif. Ah non elle n’aimait pas du tout se sentir faible.

« Comment ça ? Je ne pense pas que mon niveau a diminué depuis la dernière fois ! »

Le vieil homme s’étira paresseusement, un mince sourire apparaissant sur son visage tout en penchant la tête.

« Dans ce cas, laisse moi juger par moi-même »

Il incanta tellement rapidement que Cassidy eut à peine le temps d’incanter un sort pour se téléporter plus loin en arrière, une explosion dorée se propageant juste à l’endroit où elle se trouvait une seconde avant. L’explosion fut tellement violente et puissante qu’elle résonna dans l’air, même si ils se trouvaient bien à l’écart du village.

Plus loin, le père de Cassidy était occupé avec Tristan à couper du bois. Il redressa la tête en écoutant l’explosion, apparemment pas vraiment inquiet, se contentant d’hausser un sourcil.

-Oh voilà qu’ils remettent ça… C’est pas croyable… dès qu’elle est là ce vieux fou ne peut pas s’empêcher de…

Il se gratta la tête et regarda Tristan qui devant se poser bien des questions. Avant de se taper le front de la paume de sa main, l’air de se rendre compte que lui ignorait bien ce qui pouvait se passer.

- Rassure-toi… Cassidy et le vieux ont toujours cette manie de se faire remarquer dès qu’elle est de passage au village. A s’envoyer des étincelles pour savoir qui tape le plus fort. Y en a pas un pour rattraper l’autre. Toujours en train de se provoquer… Je ne comprendrais jamais pourquoi ma fille est aussi bagarreuse ! Elle doit tenir ça de sa mère… Enfin…

Il soupira un grand coup avant de taper dans un bout de bois avec sa hache.

- Tu peux aller les voir mais te met pas en plein milieu surtout. Vaut mieux pas chercher à les arrêter quand ils sont lancés. Ah et surtout ! Ne te montre pas… Connaissant ma fille, je suis sûre qu’elle sera extrêmement troublée de voir que tu l’observe et risque de mettre le feu à sa robe

Le père entreprit de continuer à couper le bois de manière méthodique.

Retournons sur le champ de bataille. Cassidy observait l’énorme explosion d’un air tranquille, un large sourire apparaissant sur son visage.

« Si vous voulez jouer à ça maintenant, je suis partante ! Cette fois je gagnerais »

Le vieil homme incanta un autre sort d’un mouvement habile et fluide. Une vague de feu entoura Cassidy. La jeune femme souffla doucement puis tendit sa main en avant pour créer une rune qui transforma instantanément le feu en eau, tombant au sol autour d’elle.

Le reste fut une suite d’attaques du vieil homme, des éclairs lumineux, des javelots de glace. De la magie ciblée et précise se dirigeant vers la jeune femme. A chaque fois elle arrivait à contrer ou parer les attaques mais sans réussir à prendre le dessus. Les sourcils de la jeune femme se froncèrent, encore une fois elle ne trouvait pas la faille pour l’approcher.

Ce moment d’inattention ne l’aida pas car une pluie lumineuse se dirigea à toute vitesse dans sa direction. Elle eut à peine le temps de renforcer son bouclier de magie qui se prenait de sacrés coups au passage alors que la jeune femme tira la grimace. Toujours trop fort et elle si faible.

« Pour le moment je ne vois pas grand-chose… Jeune fille… tu as bien souvent tendance à oublier l’essence même de la magie. »

Cassidy ferma les yeux. Oh bien sûr qu’elle s’en souvenait, de ce principe qu’il lui répétait durant toutes ces années. La raison de se battre ? Protéger les siens, les préserver des malheurs du monde et se battre pour une cause juste… sans prendre parti, en ayant sa propre opinion, et agissant selon son cœur et ses convictions.

Tristan… un homme qui était entré dans sa vie et qui la chamboulait toujours autant. L’homme avec qui elle voulait partager ses jours et ses nuits. Qu’elle ne laisserait plus partir. Oh oui, elle ferait tout pour le rendre heureux. Elle ne se trompait pas, ses sentiments étaient sincères pour lui. Un homme pour qui repousser ses limites en valait la peine. Devenir plus forte pour lui.

Cassidy amplifia son bouclier de magie qui repoussa toutes les attaques lancées contre elle. Une sphère qui devenait de plus en plus puissante alors qu’elle libérait ses émotions. L’atmosphère magique devint si puissante que le vent se mit à souffler en direction de son maître, l’herbe se courber sous ses pieds et son corps se mit à briller d’une lumière surnaturelle.

*Il faut… que j’arrive à la maîtriser…*

Une rune qu’elle dessina dans les airs suffit à stopper toutes les attaques et à les immobiliser dans les airs. Le vent souffla dans les branches des arbres et une feuille vola en direction de Cassidy, elle aussi arrêtée par la force de son aura. Concentrée, la détermination se lisant dans son visage, la jeune femme fit disparaître les attaques dans sa direction avant d’incanter à son tour.

Une puissante vague d’énergie partit en direction de son maître qui incanta rapidement un contresort afin de l’arrêter à son tour. Il avait un fin sourire sur le visage qui indiquait que le temps était venu de passer aux choses sérieuses. Il traça une nouvelle rune et posa ses mains sur le sol. La terre trembla et se transforma en un golem de terre qui avança dans la direction de Cassidy.

Cette dernière incanta une nouvelle rune et l’envoya en direction du golem qui fut ralenti dans sa marche. Elle ferma une nouvelle fois les yeux et laissa sa vague de magie l’envahir sans chercher à la retenir, un sourire apparaissant sur son visage. La lumière autour d’elle changea de couleur et passa au rouge orangé.

Tranquillement, calmement, la jeune femme prononça quelques mots tout en traçant des symboles complexes dans les airs.

« J’en appelle à toi gardien du feu,
Réponds à mon appel et rejoins moi
Terrasse les ennemis sur mon chemin
Et aide moi à obtenir la victoire ! »


Une flamme se forma devant elle et se mit à grandir de plus en plus. Le fameux sort qu’elle utilisait de temps en temps dans de rares occasions. Un rugissement résonna dans les airs alors que la flamme prit une forme de dragon avant de foncer tout droit sur le golem de terre, le faisant tomber à la renverse.

Le sourire du vieux mage s’agrandit alors qu’il créa un arbre sous ses pieds pour se mettre en hauteur.

« Pas mal… » avait-il chuchoté pour lui-même.

La jeune femme avait aussi créer un arbre de son côté, pour ne pas être pris dans la secousse alors qu’elle était attentive à la flamme dragon. Celle-ci semblait être animée par une vie car elle redoubla d’intensité lorsque le golem tenta de se relever. La chaleur était tellement forte que la roche se brisa et cessa de bouger, retournant à l’état de poussière.

Le maître mage incanta un nouveau sort qui fit bouger une des branches de l’arbre à Cassidy, s’enroulant autour d’elle-même et la serrant. Sans qu’elle ait le temps de donner le moindre ordre, la flamme dragon se précipita sur elle et brûla la branche qui la retenait, sans lui laisser la moindre brûlure ou douleur. Non tout était normal.

L’arbre disparut en même temps que le dragon de feu et la jeune femme chuta dans le vide, là où l’attendait des pointes de terre, assez pointu et tranchant. Cassidy avait de gros réflexes quand même car elle incanta un sort qui la dissimula dans un nuage gris de sa chute. Lorsque le nuage avait disparu, la jeune femme ne se trouvait pas à l’intérieur.

Un sifflement se fit entendre dans les airs alors qu’une forme filait à toute vitesse en diagonale, traversant les nuages, lumière dorée visible. Au fur et à mesure, on apercevait deux grandes ailes légèrement grisées et une robe bleue. Ah ben… Cassidy avait fait fort pour se rapprocher vite sans avoir besoin de courir et elle ne semblait pas éprouver de fatigue.

Son maître fut tellement surpris qu’il fut incapable de bouger. Un grand sourire apparut sur le visage de Cassidy alors qu’elle tendit la main vers le bâton de son maître, ralentissant un peu le mouvement.

« J’ai gaaaaaaaaaaaa…aaaaah aaaaah ! »

La silhouette de son maître s’évanouit dans les airs. Avec la propulsion, ayant mal évalué son coup, la jeune femme fit une belle roulade sur le sol, tout droit dans une flaque de boue alors que ses ailes disparaissaient. Elle grogna et se retourna sur le sol, le visage et les cheveux boueux alors qu’elle grimaça.

Apparemment elle ne s’était pas blessée, sauf dans sa fierté. Son maître un peu plus loin, se mit à rire doucement en se rapprochant d’elle.

« C’était pas passé loin mais tu manques encore d’anticipation. Combien de fois je devrais te le répéter ? Toujours avoir un coup de plus que son adversaire, ne pas croire en une victoire facile. »

La jeune femme soupira, grincheuse.

« Oui oui… Mais j’étais pas loin là ! Un coup de moins et c’était bon… »

Elle se redressa et se remit sur ses jambes en grimaçant. Son maître eut un regard plus sévère et lui donna un coup de bâton sur sa tête blonde.

« Mauvais raisonnement ! Mets toi dans la tête qu’un adversaire n’attendra pas que tu sois prête pour te laisser gagner. Peu importe toute la réserve de magie que l’on peut avoir, il ne faut jamais que tu perdes de vue ta conviction. »

Cassidy grimaça en se touchant la tête puis se mit à bouder. Il avait raison mais elle était quand même une très mauvaise perdante. Son maître se détourna puis s’arrêta un moment.

« Je ne le dis pas souvent mais… tu as bien progressé »

Sur ces paroles, il s’éloigna pour rentrer chez lui, laissant une jeune femme complètement boudeuse et couverte de boue seule.
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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: Un retour dans le village d'enfance   Mar 6 Nov - 10:24

Un charmant jeune homme particulièrement bien élevé et respectueux. N’était-ce pas l’image qu’il renvoyait. Si bien sûr. Et c’était sincèrement voulu. Pourtant, Tristan n’en avait pas parlé un seul instant à Cassidy pendant leur voyage. Pourtant il semblait avoir vraiment envie de plaire à ses parents et de montrer que la jeune femme avait quand même bien choisi son compagnon. Là, elle en avait quand même une preuve plutôt criante qu’il tenait à elle. Après tout, adopter un tel comportement… Quoique, le petit plus dans tout ça, c’est que ça ne semblait pas vraiment… joué. Au contraire même, il semblait honnête, spontané et somme toute tout à fait… lui-même.

Il fut rassuré de constater que pour l’instant, ils ne lui posaient pas vraiment de question quant à ce qui avait pu se passer avec sa mère. Surtout que bien malheureusement, s’il ne souhaitait pas passer pour un fou furieux à chasser de chez soi, il serait bien obligé d’avouer la vérité. Et s’il était prêt à le faire avec Cassidy, ce n’était sans doute pas encore bon pour… le reste du monde.
Il se disait que ce serait inévitable dès que les parents l’associeraient au petit garçon qu’il avait été et qui embêtait tant leur fille. Mais il eut la bonne surprise d’être épargné.

Néanmoins, le Drakkari sortait le grand jeu, sourires éblouissants, révérences, politesses et tournures de phrases sélectionnées avec attention et soin, et ce bouquet de fleurs alors ? D’où le sortait-il ? Bon, il ne fallait pas oublier que c’était un grand charmeur et que face à une femme, se sentant bien plus dans son élément, il posait ses marques et séduisait, même si ce n’était pas du tout dans le même objectif qu’avant !!!!

La mère de la jolie mage semblait contente des réponses qu’il fournissait. Après tout, il excusait quand même bien poliment sa fille en se rejetant entièrement la faute dessus. C’était rare chez un homme, surtout aussi jeune vu leur égo surdimensionné.
Ils passèrent finalement à table et si le jeune homme proposa très naturellement son aide, il fut gentiment condamné à rester assis sagement.

Cassidy raconta les derniers évènements et il ne fut pas surpris de constater qu’elle aussi enjolivait la vérité. Quoique… Sans doute la ville, les activités lui étaient-elles apparues tout à fait plaisantes tant qu’ils étaient ensemble, juste tous les deux. D’ailleurs il constata avec un léger sourire qu’elle portait le bracelet qu’il lui avait offert ou plutôt… qu’il avait gagné pour elle. Mais les activités par couple qui leur avaient été imposées, il le savait, lui avaient beaucoup moins plu, cependant elle ne le montra pas. Et elle ne précisa pas non plus que son petit ami avait fait équipe avec son ancienne copine… ce qui l’avait sérieusement amochée moralement !!!
Bien qu’au final, il s’était avéré que contre toute attente, Maud pouvait être une dame très respectable et sacrément… gentille. N’était-ce pas étrange d’ailleurs ? Etait-ce réellement la réaction d’une femme… amoureuse ?

La mère de Cassidy sembla assez admirative quant à la précision comme quoi Tristan serait celui qui initierait les jeunes étudiants au maniement des armes et s’il ne rougit pas, il sembla un peu se… cacher derrière son verre. Tiens donc, le jeune homme serait-il gêné ? Non… non pas du tout voyons !!!

Par la suite, il fut sous les feux des projecteurs et mania habilement ses mots pour l’air de rien, passer sous silence la réelle raison de leurs retrouvailles… qui n’aurait probablement que très peu plu aux deux parents.
Surtout que même s’il avait un peu mal commencé, juste histoire de taquiner ouvertement la jeune femme, ce qui prouvait quand même qu’il ne jouait pas tant que ça un jeu… peut-être même qu’il ne jouait pas du tout, il ne tarit pas d’éloges sur la demoiselle par la suite et si elle se mit à rougir, mal à l’aise tout simplement, les parents semblaient conquis.
Quoi de plus normal ? Les parents aiment toujours entendre que leurs enfants plaisent, quelqu’un d’autres les complimenter… Du moins… il pensait que c’était ainsi. Observer en silence permettait d’apprendre beaucoup une fois encore…
On espérait qu’il parviendrait à la sortir de ses livres. Il sourit chaleureusement.

- Il n’y a rien à espérer Dame Herediane. Je suis peut-être moins têtu qu’elle mais en stratégies militaires j’en sais long. Je pense que changer la serrure de son bureau et cacher son bâton de mage qu’elle ne pourra retrouver qu’avec une carte au trésor, pourrait être un très bon début.

Il donnait l’air d’avoir tout parfaitement planifié alors qu’il venait de tout inventé. Mais c’est qu’il avait des ressources ce grand bellâtre et puis… il comptait réellement la sortir de ses livres. D’ailleurs, il tourna un regard si innocent vers la jolie mage, que même sa mère en rit. Comment le soupçonner de quoi que ce soit avec son air d’ange innocent, ses mèches rouges, rebelles, retombant négligemment devant ses yeux ?

Il continua et quand il eut fini, les parents de la jeune femme semblaient mieux comprendre pourquoi il avait accepté ce poste et même assez… rassurés. C’est vrai que pour l’instant il portait une chemise et même s’il était grand et large d’épaule, on ne pouvait que pleinement se faire une idée de sa carrure que lorsqu’il l’enlevait ou en portait une plus ajustée. Le risque pour les parents, surtout pour le père sans doute, était de voir leur petite fille chérie tomber amoureuse d’un fainéant ou d’un garçon de peu d’ambition. Or malgré que beaucoup de guerriers ne restent cantonnés qu’à des faits militaires très basiques, la simple appellation revêtait toujours une étiquette assez glorieuse qui avait tôt fait de renseigner sur la protection que pouvait proposer le « futur gendre ».

D’ailleurs, ils disaient en quelque sorte qu’au moins il pourrait la protéger et s’il continua de sourire, Tristan se crispa violemment alors que l’attention se focalisait sur sa jolie compagne qui marmonnait qu’elle n’était plus une enfant, ce qui entraîna une réponse sur ce qu’elle avait pu faire et cacher à ses parents… Pourquoi il se crispait ? Oh parce qu’il se souvenait parfaitement de ce qui s’était passé quelques jours plus tôt, juste avant qu’il ne se déclare… il était censé la protéger… il était arrivé juste à temps pour lui éviter de se faire violer par ces… ces… mais pas pour lui épargner tous les coups qu’elle avait reçus… comme il aurait aimé pouvoir les avoir à sa place… à cet instant, bouleversé, il n’avait pas songé à la pierre magique dans son sac. Stupide…

Tristan se reprit rapidement alors que Cassidy rougissait et il lui porta secours contre toute attente… même si c’était d’une étrange façon.

- Je confirme, elle est plutôt… souvent dans des situations assez improbables. Mais je pense qu’elle n’y est pour rien. Franchement, même le danger ne peut résister à un si charmant minois, c’est pour ça qu’il lui court après… Et comme vous le savez, en course à pied… on a vu meilleure, surtout quand il y a des racines d’arbres dans le coin… ou des pierres… d’ailleurs pour une demoiselle aussi peu engagée pour les contacts, elle m’est carrément tombée dessus quelques minutes tout juste après nos retrouvailles. Oh et j’imagine qu’elle ne vous a pas raconté la fois où elle a failli finir embrochée par tout un arsenal d’armes parce qu’elle essayait d’invoquer son bâton… à mon avis elle a un peu trop forcé sur la dose de magie à utiliser, je la soupçonne d’avoir voulu m’impressionner un peu. Ca a parfaitement fonctionné, il m’a fallu deux jours pour me remettre de cette frayeur !

Ben quoi ? N’était-il pas adorable quand même ? Il rendait la situation bien moins ridicule que ce qu’elle avait vraiment été. Et puis il était à la fois complice des parents et certainement… parfait aux yeux de sa petite amie qui craignait tant que ça se passe mal entre eux. Mais n’avait-il pas dit qu’il l’aimait ? Oh… en fait il y avait beaucoup de choses qu’il souhaitait lui dire… et il ne l’avait pas encore fait. Ca ne saurait tarder… sauf si une catastrophe leur tombait de nouveau dessus bien évidemment.

Il lui avait même pris la main à un moment et la pressa en douceur, essayant de la rassurer. Tout allait bien.

*Pour toi princesse… je ferais tout ce qu’il faudra pour que ça se passe bien alors détend-toi…*

C’est vrai qu’il lui lançait quand même un sacré regard là. Etrangement, de manière vraiment contradictoire, il semblait davantage se dévoiler là, alors qu’il y avait un « public » alors qu’il paraissait évident que c’était alors qu’ils étaient seuls qu’il aurait dû le faire. Mais peut-être en agissant ainsi se sentait-il rassuré. Après tout… elle ne pouvait pas le repousser trop vivement devant ses parents. Ce grand Drakkari respirait la confiance en lui, l’assurance, la force, le courage et le charisme… et pourtant… certaines choses restaient un mystère.

Par contre, quand Marilyn leur dit qu’ils formaient un beau couple, il sembla reprendre conscience d’où il se trouvait et s’ils tournèrent tous deux la tête dans un bel ensemble, il s’avéra qu’ils étaient assortis mais pas à la même intensité bien sûr. Lui les pommettes légèrement rouges, ce qui lui donnait juste des airs assez timides qui lorsqu’on le connaissait ne collaient vraiment pas avec son caractère… et elle qui aurait pu éclairer une petite ville… pendant plusieurs semaines…

Beaucoup de paroles, de rires, d’anecdotes… Il parla de ses voyages et des combats qu’il avait pu mener même s’il semblait beaucoup minimiser, essayant l’air de rien et sans doute inconsciemment, d’impressionner au moins un peu, le seul homme qu’il ait jamais voulu impressionner justement. Il en parlait enfin de ses voyages devant elle. Il ne savait pas qu’elle avait été frustrée et blessée qu’il en parle avec tant de facilités avec ces femmes à la taverne lors de leurs premiers baisers… hem… libérés… alors qu’avec elle, il n’en parlait jamais. Là, ça arrivait enfin… et il fut bien surpris de la voir au moins aussi concentrée que ses parents. Il se promit de lui parler de tout ce qu’elle voudrait sur ses voyages. Quand elle le souhaiterait.

Finalement, il proposa à Jordeth de l’aider pour le bois et si celui-ci n’avait pas l’exubérance de sa femme, il semblait tout de même surpris et assez content de la demande. Une demande d’homme. Et mine de rien, dans ses paroles, un léger défi se laissait entendre. Il voulait voir ce que le gamin avait dans le ventre sans doute. Tristan se releva rapidement, ravi apparemment et relevant aussitôt le défi. Par contre, il contourna rapidement Cassidy et se plaça derrière la mère de celle-ci en appuyant familièrement mais sans la moindre brutalité sur ses épaules.

- Ah non Dame ! Vous m’avez contraint de rester sagement assis pendant tout ce temps mais c’est moi qui débarrasse !

Il faisait de nouveau un grand sourire angélique et avec une aisance assez suspecte chez un guerrier, il attrapa rapidement les assiettes, les empilant… sur ses avant-bras avec un excellent équilibre… quand même assez proche de celui dont usait… Jordan, le serveur au visage de chérubin.
Néanmoins son sourire se fana un peu et il se pencha vers sa compagne.

- Euh… elle est où la cuisine ?

Ce qui provoqua un rire général qu’il salua d’un sourire, comme si c’était exactement ce qu’il attendait.
Il sortit rapidement par la suite avec le père de sa compagne après un dernier signe pour celle-ci. Une chance que les marques sur son cou se soient estompées, c’était moins le cas pour celles dans son dos.
Mère et fille parlaient entre elles… même s’il s’avéra que l’une et l’autre étaient assez maladroites pour s’exprimer au final au sujet des petits amis de Cassidy. Mais pour leur défense, c’était encore trop frais pour être parfaitement maîtrisé. Elle partit par la suite chez son maître, omettant malheureusement d’en informer son compagnon.

Tristan et Jordeth étaient sortis et quand le jeune homme s’était retourné vers son aîné, il avait remarqué que celui-ci le fixait en fronçant les sourcils. Flûte ! Il lui avait tourné le dos, oubliant complètement les marques sans doute à présent violacées (c’est qu’elle avait de la force avec sa magie) que sa jolie compagne lui avait infligées. Il sembla soudain très gêné et se passa une main dans les cheveux, même s’il se rattrapa sans mal avec naturel.

- Ca se voit encore c’est ça ?... Les marques… Pfff… c’est ridicule… je sais… On dirait que la magie de Cassy ne fonctionne pas dessus. J’aimerai beaucoup dire que c’est le résultat d’une folle nuit de passion avec une magnifique brunette de passage, ce qui serait de très mauvais goût étant donné que je suis avec votre fille mais sauverait au moins mon honneur… Ne riez pas hein..mais… j’ai été attaqué… par un raton laveur. Mais il était énorme !!!! Je n’en avais jamais vu un de cette taille !!! Il s’est accroché à mon dos et je n’ai même pas eu le temps de comprendre ce qui m’arrivait ! En plus Cassidy riait tellement qu’elle n’a même pas pu m’aider.

Jolie improvisation, non ? Si au départ le père avait froncé les sourcils encore plus sévèrement, son regard s’allumant d’une colère qu’il ne manifestait pas encore quant à la possible tromperie de son « gendre », ses yeux se mirent à briller légèrement d’amusement quand il comprit le pourquoi du comment. En tant qu’homme, il comprenait parfaitement… Pourtant, il y en avait une qui aurait bien moins apprécié… d’être traitée de raton laveur ! Mais c’était pour la bonne cause !

Ils passèrent finalement à ce pour quoi ils étaient sortis et Jordeth surveilla d’un regard étrangement bienveillant le jeune homme qui fendait une large bûche en deux.
Cela faisait bien longtemps qu’il n’avait pas fait ça et surtout, il n’avait pas encore l’habitude de cette hache mais il apprenait très vite et surtout ne ferait que passer de très bien à l’excellence. Pas têtu pour rien le Drakkari.
Pourtant, au compliment, il sourit et bomba fièrement le torse, surpris d’éprouver un tel plaisir face à un compliment si simple et surtout prononcé par un homme. Etait-ce donc ça… de vouloir impressionner une personne qu’on tenait en haute estime. Pas une figure paternelle bien sûr mais… presque ? Ca faisait bizarre, des petits fourmillements dans les doigts et les épaules et ça piquait la gorge d’émotion… mais c’était agréable au final.

Il se reprit rapidement et observa son aîné faire, prenant en note la position de ses pieds dans le sol. Ah… d’accord, meilleure torsion dans ces cas là. Il s’appliqua à faire de même, s’améliorant aussitôt. Ils continuèrent ainsi quelques minutes. Jordeth lui parlait et Tristan se fit attentif. Il parla de Cassidy et il se figea dans son mouvement, arrêtant la hache à quelques centimètres de la bûche qu’il allait frapper.

Il avait dit que Cassidy l’appréciait, qu’elle était moins sévère, qu’elle pensait à autre chose qu’à ses études, qu’elle souriait, riait, s’amusait pour un rien à table avec eux… c’est bien ce qu’elle avait fait non ? En était-il réellement responsable. Mais ce n’était pas ça qui l’avait figé dans son geste, crispant violemment ses muscles, c’est la question qu’il avait posé juste après. Est-ce qu’il l’aimait vraiment ?

- Non…

Et vlan… Euh… était-ce bien prudent de dire non au père de sa compagne alors que celui-ci avait une hache à la main. Celle de Tristan se planta mollement dans le sol à ses pieds alors qu’il relevait lentement la tête vers son interlocuteur. Et là… c’était sans doute assez exceptionnel. Il était pâle, ses mains tremblaient alors que ses joues s’empourpraient bien plus qu’à table, ses yeux brillaient tellement alors que ses pupilles s’étaient arrondis qu’on aurait dit deux morceau d’onyx entourés d’anneaux d’ambre

- Je ne l’aime pas sincèrement… ce mot… n’a aucun sens. Sincèrement…ça veut dire quoi… aimer… sincèrement ? On peut aimer en mentant ? Enfin ça oui, je le fais… je lui dis que je l’aime… c’est un mensonge. La vérité…la vérité c’est que l’amour que je lui porte n’est pas sincère, il est… universel, intemporel. Si je devais être honnête pour mes sentiments, je devrai inventer un nouveau mot pour qualifier ceux que je lui porte car aucun ne pourra jamais être suffisant pour exprimer le dixième de ce qu’elle est pour moi. Je détestais la magie, j’en avais une peur terreur et aujourd’hui j’affronterai tous les mages du monde, tous leurs sorts sans la moindre hésitation simplement pour pouvoir la contempler un peu plus heureuse, souriante et tellement… elle. Elle… Elle est… tout ce que je souhaite, tout ce que j’ai toujours voulu. J’ai envie de l’amener avec moi dans un endroit bondé de monde et m’éloigner rien que pour la voir se faire aborder par une assemblée de vautours pervers et pouvoir la rejoindre et écarter ces hommes en la prenant dans mes bras sous leur regard dépité. Ce que je ressens pour Cassy ? Oui c’est magique, ça n’a pas de nom et si j’en croyais mon instinct, je dirai que je suis bien un descendant des dragons et qu’elle a été, est et sera le seul amour de ma vie !!! et je…

Il semblait (enfin) se rendre compte à quel point il s’était emballé. En parlant, il s’était mis à faire de grands gestes, accentuant ses mots, parlant sans doute un peu trop fort même mais avec une sincérité et surtout quelque chose qui n’avait rien de prévu… il n’avait pas vu venir cette question et son corps et surtout son cœur avaient été les seuls guides de sa réponse. Il pâlit brusquement et se frotta vigoureusement les yeux du dos de la main, l’air affreusement gêné. Ah oui… ça il ne l’aurait jamais dit devant elle, même à l’agonie !!!!

- Euh.. ; je… pa… pardon…


Fort heureusement, le paternel le détendit avec une phrase toute simple comme quoi il les tenait à l’œil. Euh… il n’y avait plus qu’à espérer que ce n’était pas une allusion quant à la virginité de sa fille parce que pour ça c’était… un peu trop tard.
Il sourit, heureux qu’ils n’en parlent pas beaucoup plus même si Jordeth ne semblait pas mécontent de ce qu’il avait entendu et ils avancèrent pas mal en silence pendant quelques minutes.

Tout allait très bien… jusqu’à ce qu’une explosion ne retentisse. Tristan avait quand même voyagé et surtout beaucoup combattu. Or depuis qu’il avait retrouvé Cassidy, il avait vraiment appris à identifier une déflagration magique quand il en entendait une et celle-ci lui fit relever la tête en fronçant les sourcils, peu rassuré.
Que se passait-il ? Pourtant la jeune mage était à l’intérieur avec sa mère.

Jordeth commença à prononcer quelques paroles auxquelles le guerrier ne comprit tout simplement rien du tout. Le constatant, celui-ci s’expliqua et les couleurs qu’avait retrouvées le jeune homme commencèrent à disparaître. Quooooiiiii ???!!!! Non seulement Cassidy s’était éclipsée sans le prévenir, mais en plus elle était en train de se battre ?!!! Et on lui annonçait ça comme ça ?!!!! Il se cripsa. Le père de la jeune femme retourna sans trouble aucun à son travail, lui disant qu’il pouvait aller voir mais en restant caché mais Tristan se crispa davantage.

Il préférait éviter de troubler la jeune femme en plein combat ! Surtout que voyant ou pas, à tous les coups, le tatouage s’enclencherait et elle serait perturbée.
Et elle ferait des bêtises. Son estomac se noua alors que de nouvelles déflagrations retentissaient. Un picotement familier monta le long de sa colonne vertébrale et soudainement il entendit, vit, sentit, tout bien mieux qu’une seconde plus tôt. S’occuper… ne pas penser à ces sons, ne pas penser à ce qu’elle faisait. Elle se débrouillait très bien sans lui, il n’avait pas de quoi s’inquiéter.

- Il vous faut des copeaux aussi c’est ça ?


Il avait dit ces quelques mots d’une voix très blanche et plate comparée à un peu plus tôt et au lieu d’abattre sa hache sur la bûche prête à être découpée, ce fut sa main qu’il abattit sur celle-ci. Elle se fracassa totalement, des bouts volants et pour la plupart ricochant sans lui faire mal sur les jambes du jeune homme aux traits crispés. Il avait frappé si fort que la pierre plate sur laquelle il disposait ses bûches en avait tremblé.
Sa force de Drakkari se réveillait… bien sûr que oui !!!! Son corps percevait la femme qu’il aimait en danger !!!!

Rattrapant la hache il se remit à l’ouvrage, serrant toujours plus les dents et travaillant beaucoup plus vite, quitte à se blesser à mal tenir l’arme mais celle-ci ne semblait pas peser plus qu’un fétu de paille entre ses mains à présent. Il serrait si fort les dents que le sang se mélangea à sa salive alors qu’il déglutissait avec peine.
Les sons se mouvaient dans son esprit, se modifiaient. Ce n’était plus des déflagrations magiques, c’était des bruits de coups… des hurlements de femme. Sa mère. Il se mordit la langue et se mit à réciter des mots sans sens dans sa tête, pour les chasser.

Et puis soudainement plus rien… Il n’avait rien vu du combat et tant mieux, même s’il aurait été sérieusement impressionné. Surtout que les progrès que faisaient Cassidy étaient pour lui en quelque sorte. Pour l’impressionner justement. Le silence acheva le jeune homme qui redressa vivement la tête, de la terreur dans les yeux. Lâchant la hache, il s’élança en courant droit vers la petite forêt la plus proche en hurlant le nom de la jeune femme.
Il avait rarement couru aussi vite et devait vraiment être perturbé car il ne vit pas le petit précipice devant lui, tomba dedans et roula jusqu’au bas d’une descente en heurtant de pauvres arbres innocents qui s’apercevaient avec stupeur qu’il y avait plus durs qu’eux !!!

Néanmoins, il déboula dans la clairière dans laquelle sa compagne jouait les phacochères sur ses jambes, hors d’haleine et échevelé, des griffures partout sur le torse, le visage et les cheveux si pleins de feuilles qu’ils en semblaient verts !!!!

- Cassy !!!


Dès qu’il la vit, non seulement il fut près d’elle en un quart de seconde, mais qui plus est… il se calma et son mauvais rêve se dissipa, elle allait bien, elle n’avait rien… enfin elle n’avait pas l’air d’être blessée.
Il la prit aussitôt dans ses bras sans plus se préoccuper de la boue qui la recouvrait !!! Ah ben ils étaient tous les deux bons pour une bonne douche !!! Et pour rentrer plutôt vite s’ils ne voulaient pas que les parents de la jeune femme s’inquiètent.

- J’ai eu peur… pour toi. Murmura t-il comme une excuse qui ne souffrait d’aucune répartie.
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Cassidy Herediane
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MessageSujet: Re: Un retour dans le village d'enfance   Mar 6 Nov - 18:47

Tout se passa très bien à table. Cassidy était fière de son compagnon et se sentait d’autant plus rassurée de l’entendre aussi plaisant, naturel. Cela lui donnait vraiment l’impression d’un repas chaleureux, où il faisait bon vivre sans prise de tête ni souffrance.

La jeune femme était toujours aussi rouge mais semblait quand même plus vivante, et beaucoup moins sérieuse qu’à son habitude. Son sourire témoignait de sa bonne humeur et c’était suffisant pour les parents qui n’avaient plus vu sourire leur petite fille depuis le départ de Tristan. Bien qu’elle ne s’entendait pas du tout avec lui à cet âge là, ça ne l’empêchait pas d’être dynamique, vive et souriante. Jusqu’à ce malheureux évènement où elle avait perdu toute trace de joie, se renfermant encore plus dans le travail. Etudier la magie… loin d’ici… pour penser à autre chose. Pour peut être trouver des réponses à ses questions.

Ses parents l’aimaient et même si ils avaient remarqué son changement d’attitude à cette époque, ils ne lui en avaient pas tenu rigueur. Mais maintenant qu’elle semblait plus vivante, le contraste était quand même flagrant. Raison pour laquelle Tristan était rapidement monté dans leur estime même si certaines questions n’avaient pas encore de réponses.

Ils avaient ensuite discuter et Tristan racontait ses voyages. C’est vrai que Cassidy écoutait avec une attention toute particulière. La toute première fois qu’elle lui avait demandé des nouvelles, il lui avait tenu un discours très… dramatique. D’ailleurs une baffe avait volé et la jeune femme avait assuré qu’elle le convaincrait à changer de comportement. Qu’elle ne le laisserait jamais continuer sur cette voie. Un peu douloureux comme souvenir mais il en fallait bien aussi. Pour le moment il était plus qu’adorable et elle semblait fascinée par les paroles du jeune homme.

Puis, il insista pour débarrasser la table. La mère était conquise. Un homme simple, sans prise de tête et serviable. Elle reconnaissait bien là le petit garçon de la description de sa propre mère. Eh oui, parfois il y avait eu quelques conversations et la mère de Tristan avait quand même bien décrit son petit garçon comme quelqu’un de charmant et serviable, gentil… juste peut être trop différent des autres pour être accepté. Peut être que Cassidy aurait des remords énormes quand elle repensait à tout ce qu’elle lui avait fait quand ils étaient jeunes. C’est vrai qu’elle n’avait pas été très sympa elle non plus.

Lorsqu’il enleva sa chemise, les traces de griffures sautèrent aux yeux de la maman qui ne dit cependant rien. Pourtant, elle demanda très maladroitement à sa fille si il n’y avait pas eu de grand évènement marquant. Cassidy n’avait rien compris et pensait qu’elle lui demandait comment elle s’entendait avec Tristan et lui répondit très simplement. Sans vraiment savoir comment lui dire qu’elle aimait Tristan vraiment très fort mais qu’elle ne savait pas comment l’exprimer. Mais ça se voyait dans son regard, son sourire, elle semblait vraiment y tenir à son Drakkari.

Ensuite, la jeune femme demanda à sa mère de prévenir Tristan qu’elle partait voir son maître. Rien de très dangereux ni inquiétant mais elle ne voulait pas déranger les hommes dans leur activité. Et puis si elle tombait sur une discussion… enfin son père voulait s’entretenir avec le jeune homme, elle n’allait quand même pas s’incruster.

Marilyn semblait vouloir prévenir Tristan après avoir fait un peu de rangement mais elle tomba sur le journal et oublia complètement de parler au Drakkari de la localisation de sa fille… encore trop en état de choc.

Jordeth pour sa part, étant attentif pour se laisser convaincre par Tristan. Mais c’est vrai qu’il examinait les blessures du dos à Tristan qui n’avaient rien de normal. Qu’à cela ne tienne, le Drakkari avait une réplique toute fait, et même si le père fronça les sourcils au départ, un sourire complice vint illuminer son visage lorsqu’il donna la raison. Eh oui, Cassidy serait sûrement en train de râler si elle entendait son compagnon s’exprimer là-dessus.
Ils s’occupèrent de couper du bois et Jordeth pouvait ainsi évaluer l’attitude de Tristan. Dévoué, concentré dans sa tâche, il semblait être le genre d’homme à ne pas traîner dans un siège à attendre que le monde tourne. Une bonne chose.

Jordeth expliqua alors à Tristan que c’était une bonne chose qui arrivait à sa fille. Elle semblait plus heureuse, plus épanouie, c’était important quand même pour lui. Puis il lui posa une question assez cruciale. Un moment de silence avant que Tristan réponde par la négative. Le père fronça les sourcils. Quoi ?!

Sauf que Tristan semblait avoir changer de comportement et de couleur aussi. Le discours qu’il tint avait de quoi rassurer définitivement. Vouer un aussi grand amour était vraiment quelque chose de magnifique. C’est à ce moment là qu’il se rendit compte que sa fille avait vraiment trouvé un garçon qui l’aimerait à sa juste valeur. Cela se voyait dans ses gestes, ses yeux. Pas de mensonge. Il en était satisfait car le père donna une petite tape amicale sur l’épaule à Tristan.

Puis ils continuèrent à couper le bois. Jusqu’à ce qu’une explosion se fit entendre. Jordeth, toujours aussi habitué, savait très bien de quoi il s’agissait et s’empressa de répondre à Tristan, peut être d’un air las et ennuyé. Sa fille… une bagarreuse… eh ben les mages avaient quand même de curieuses attitudes. Il n’avait jamais personnellement parlé avec le maître de sa fille bien qu’il pensait que celui-ci parlait par énigmes et comme la plupart des mages, pas facile à cerner.

Cependant Tristan ne voulait pas bouger et avait complètement changer d’attitude, comme si il craignait pour la sécurité de Cassidy. Jordeth ouvrit la bouche pour tenter de rassurer le Drakkari mais celui-ci se mit à agir bizarrement en coupant la bûche avec sa main. Le père s’écarta un peu, impressionné. Ohlà… c’était sa fille qui lui faisait aussi peur ? Grmbbmmbl ! Il aurait deux mots à dire aux duellistes là ! Conscient qu’il ne pourrait pas vraiment aider Tristan à surmonter sa peur, il ne dit pas grand-chose car il semblait en transe.

Sauf que lorsqu’il aperçut de la terreur dans les yeux du jeune homme, Jordeth voulu intervenir, ou du moins le rassurer même si cela n’aiderait pas Tristan qui semblait vouloir voir par ses propres yeux la scène. Pour courir aussi vite à la poursuite de sa fille, nul doute à se faire sur ses sentiments.

Cassidy grommelait en s’époussetant les épaules, les pans de sa robe. Décidément elle n’arrivait jamais à prendre le dessus. Avec son maître c’était impossible. Oui peut être qu’elle était une mage prometteuse mais on ne bat pas un poids lourd avec une petite étincelle. Mais bon, elle y croyait, un jour elle y arriverait.

Son maître avait toujours été assez mystérieux, protecteur mais parfois elle ne comprenait pas ses actes ou ses décisions. Bien sûr, elle savait qu’il avait toujours agi pour son bien mais comme il se répétait à le dire, parfois c’était à elle de se montrer curieuse et de résoudre les énigmes.

Bref, en tout cas, malgré la tonne de magie qu’elle avait utilisé, elle ne se sentait pas fatiguée ni mal en point, au contraire, la demoiselle était en pleine forme ! D’ailleurs elle s’étira doucement. Son maître avait quand même lâché pas mal de puissance, si son bouclier n’avait pas tenu… Non elle ne devait pas y penser, les doutes peuvent entraîner un échec, c’est ce qu’il lui répétait souvent.

Ignorant complètement que cette petite démonstration magique avait vraiment fait peur à Tristan, la jeune femme pensait plutôt qu’ils avaient sûrement eu une petite discussion avec son père.

Elle tendit l’oreille et aperçut Tristan. Tiens ? Comment ça se fait qu’il était là ? Ah ben… un affrontement de mages ça ne passe pas inaperçu après tout. C’est vrai qu’ils pouvaient être bruyants. Pourtant c’est avec un grand sourire jusqu’aux oreilles que Cassidy se mit à regarder Tristan, sincère et nullement forcée. Elle était contente de le voir même si l’absence n’avait pas été très longue.

Sauf que… la tête que tirait Tristan n’était pas rassurante. La jeune femme pensa au pire. Pourquoi était-il dans cet état ? Elle pensait pourtant que sa mère l’avait tenu au courant. Bouche bée et abasourdie, elle n’eut pas le temps de réagir qu’il fonça sur elle pour la prendre dans ses bras, criant son surnom et exprimant qu’il avait vraiment eu peur.

Quoiiiiiiii ?!? Ah non elle n’avait pas eu l’intention de lui faire peur loin de là ! Sauf qu’elle avait omis un détail. Tristan lui ne pouvait pas imaginer la scène, ni voir ce qui se passe et connaissait encore moins les actions très étranges de son maître. Du style à l’attaquer à l’improviste. Ca faisait parti de son entraînement car en tant que mage, elle était très faible sur une attaque surprise, quand on pense au temps d’incantation, et même un ami peut devenir un ennemi. C’est louable… mais aux yeux de Tristan pas très compréhensible.

La jeune femme le serra dans ses bras et paraissait très gênée. Ohlala… elle devrait faire attention à l’avenir.

« Tris’… je vais bien… Je pensais que ma mère t’avais prévenu. Mon maître a la fâcheuse manie de me provoquer de temps en temps quand je viens ici… Enfin si j’avais su… j’aurais évité… »

Elle s’en voulait. Et puis le jeune homme était couvert de griffures, d’herbes. On dirait qu’il ne s’était pas ménagé. Le pauvre ! Après tous les évènements de ces derniers jours, il était normal qu’il soit aussi peu à l’aise lorsqu’elle était loin de lui. Touchant mais… elle ne voulait pas l’inquiéter. Il faudrait qu’elle se fasse très sage les prochains jours, du moins, tant qu’ils étaient à l’extérieur de l’académie.

Cassidy entreprit d’enlever les feuilles qui se trouvaient dans les cheveux de Tristan avec douceur, puis déposa un baiser sur ses lèvres avant de baisser les yeux.

« Excuse moi de t’avoir inquiéter… »

Elle attendit que la pression redescende et écouta attentivement les battements de cœur de son Drakkari, la tête collée sur son torse pour qu’il se calme petit à petit. Il n’avait encore pas l’habitude d’avoir un objet magique autour du cou en cas de danger mais elle ne lui en tint pas rigueur, se trouvant responsable.

Tristan prononça quelques mots pour clore l’histoire et Cassidy reprit un peu de contenance, se permettant un léger sourire.

« Ca y est tu as fini de couper le bois avec mon père ? Alors c’était comment ? Il est quand même beaucoup plus calme que ma mère quand même… »

La demoiselle se cala dans ses bras, fermant les yeux, appréciant être à son contact.

« Au fait… je suis touchée par ce que tu as dis tout à l’heure à table… ça m’a vraiment fait plaisir… j’aimerais… j’aimerais pouvoir être à la hauteur pour toi… je ne te le dis pas assez mais sache que je ferais tout pour continuer à te plaire… Tu comptes énormément pour moi… Je veux devenir la meilleure petite amie. »

Elle le serra dans ses bras, prenant une inspiration puis fit une grimace. C’est vrai qu’avec la boue sur son visage et sa robe, la demoiselle n’était pas très présentable.

« Arf désolé ! Je dois mettre de la boue partout ! Faudrait que je pense à me laver et toi aussi ! C’est dommage que l’eau de la rivière est froide sinon une petite baignade à deux ne m’aurait pas déranger… »

Elle lui fit un clin d’œil complice avant de passer une main sur ses lèvres.

« On ferait mieux de rentrer maintenant… je dois me changer de toute façon »

Puis elle se plaça dans le dos de Tristan pour qu’il puisse la porter. Le jeune homme ne la laisserait sans doute pas marcher sur une si longue marche même si il avait eu une course effrenée pour la rejoindre. Ils rentrèrent tous les deux chez les parents à Cassidy.

La mère était encore interdite, en train de lire les dernières lignes. Bon au moins elle pouvait se rassurer sur l’état de Tristan, sa fille n’allait certainement pas mentir et elle en était soulagée. C’est toujours mieux d’avoir une preuve sous les yeux.



Tiens justement, à entendre la porte qui s’ouvrait, le couple rentrait ensemble, tout comme le père qui avait fini de couper le bois. Oh non ça n’allait pas se passer comme ça !

- Cassyyyyyyyyy ! Tu peux venir ici s’il te plaît ?

La jeune femme écarquilla les yeux puis regarda Tristan, apparemment ne comprenant pas la situation et ce que sa mère voulait pour avoir une voix aussi insistante. Elle serra doucement la main du jeune homme avant de rejoindre sa mère dans sa chambre.

« Quoi ? »

-Dis donc jeune fille tu n’aurais pas oublié de me dire quelque chose ?

« Hein ? Non je pense pas… »

- Tu n’aurais pas… passé une nuit avec Tristan ?

« Ah si ! Même plusieurs ! C’est pas la première fois qu’on dort ensemble…”

- Hum ça ça m’étonne pas mais… et plus intimement ?

« Aaaah… heu…

La jeune femme se mit à rougir tout en fixant le sol.

- Non mais Cassy… tu as couché avec un homme… aussi rapidement ? Mais tu as une bonne raison au moins ? J’ai bien compris que tu l’aimais mais… ce n’est pas un peu tôt ?

Cassidy soupira longuement puis s’assit sur son lit, silencieuse.

- Au moins tu aurais pu m’en parler avant…

« Ce n’est pas une chose si facile à dire maman… »

Elle releva bravement la tête et regarda sa mère droit dans les yeux, ses yeux noisettes brillants.

« J’aime Tristan. Je n’ai pas couché avec lui uniquement pour assouvir ses envies ou ses pulsions. Moi aussi je voulais le faire. Le temps… as-t-on besoin de temps quand on se sent prêt ? Je sais que c’est précipité mais nullement contraint ni forcé. Le temps n’a pas de valeur, ce ne sont pas des semaines, des mois qui changeront quelques choses. Y-a-t-il vraiment un moment plus opportun qu’un autre ? Je ne pense pas. Tristan me plaît et compte énormément pour moi. Je n’ai pas couché avec lui parce que c’est une étape dans une vie de couple, aussi courte soit-elle mais je suis persuadée d’une chose. Pour moi il n’y a pas de doute, je veux vivre avec lui… Ca ne s’explique pas et je ne regretterais jamais cette nuit que j’ai passé avec lui »

La jeune femme s’arrêta alors que sa mère la regardait, l’examinant, puis baissa les yeux.

- Tu sais Cassy… J’ai toujours cru en toi et ça ne changera jamais. Pense juste qu’en tant que parents, on peut toujours un peu s’inquiéter surtout que hem… une première fois ce n’est jamais facile à vivre. Cependant, de ce que l’on voit, Tristan a l’air vraiment d’un homme idéal, du moins ça change de ce qu’on a pu croiser ces derniers temps… Juste… n’hésite pas à me parler de ce genre de choses. Je suis juste heureuse pour toi si tu te sens bien avec lui…

Elle prit sa petite fille dans ses bras et la serra contre elle.

- Je t’aime Cassy… Tant que tu seras heureuse nous le seront aussi…

Un moment fort entre les deux femmes alors que Cassidy laissa tomber quelques larmes. Elle devenait très sensible, mauvais ça… Si elle se montrait sous ce jour à l’académie ça allait vraiment jouer en sa défaveur.
Les deux hommes étaient restés entre eux mais Jordeth n’avait pas vraiment abordé l’attitude de Tristan. Après tout, ça le regardait même si il s’inquiétait un peu pour lui. Il lui avait sortit d’ailleurs un excellent cidre pour le requinquer après ces émotions fortes tout en présentant les cookies de sa fille.

- Elle a toujours aimer faire des biscuits au chocolat Cassy. Je pense que tu dois déjà le savoir mais elle est très gourmande

Les deux femmes revinrent, même si Marilyn avait de la boue sur sa robe maintenant et Cassidy semblait soulager.

- Il serait peut être temps d’aller faire un tour à la douche, vous la méritez bien.

Cassidy se mit à sourire et attrapa le bras à Tristan pour qu’il vienne avec elle. Ce à quoi le père parut tellement surpris et la mère aussi que cette dernière s’exclama, bredouillant à moitié.

« Heuuuu ! Chacun son tour ! La douche est trop petite pour deux… »

Une lueur de déception brilla dans les yeux de Cassidy.

- A ce propos si ça vous intéresse il y a une petite fête ce soir au village… Vous devriez y aller. Ca n’a rien à voir avec vos soirées mondaines mais je pense que ça sera moins… ennuyeux.

« Ah ? En l’honneur de quoi ?

- Ma chérie, tu as oublié qu’il n’y a pas forcément toujours une raison pour faire la fête ici. Il faut savoir profiter de la vie. Et puis ça te permettra de fêter ton anniversaire dignement. Nous irons aussi sûrement y faire un tour. Ton père m’a promis quelques danses, j’ai bien l’intention d’en profiter !

« Oh je vois ! »

Sourire complice de la part de Cassidy alors qu’elle pressa doucement le bras de son compagnon.

« Toi le premier alors ! Tu sais bien qu’une femme ça met toujours trois heures pour se préparer… »

Elle se pencha à son oreille.

« Pense à me rappeler de changer ton bandage aussi au bras »

Tristan passa donc sous la douche et dès qu’il en sortit et fut prêt et habillé, la jeune femme passa à son tour.
Cassidy apprécia prendre une bonne douche même si la prendre sans Tristan lui donnait comme un effet de vide. Mais bon… ses parents acceptaient bien l’idée qu’ils soient ensemble mais ça allait très vite pour eux aussi. Leur petite fille était quand même surprenante.

Après avoir terminé, elle enfila une jolie robe violette très jolie et arrangea ses cheveux tout en se regardant dans la glace. Oui elle voulait être la meilleure petite amie pour Tristan et comptait bien lui prouver au cours de cette soirée même si une horde de filles étaient intéressées par son Drakkari , la petite mage voulait vraiment être éblouissante aux yeux de son compagnon.

Elle sortit de la salle de bain sous les exclamations admiratives de ses parents.
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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: Un retour dans le village d'enfance   Mer 7 Nov - 18:28

Quel bon moment n’est ce pas ?
Les parents veulent toujours ce qu’il y a de mieux pour leurs enfants. Or, s’il avait déjà prévu de se montrer adorable, ça était devenu plus encore sa priorité lorsqu’il avait vu comment sa compagne réagissait à l’accueil de ses parents. Peu importe ce qui était responsable de son état. Elle n’était que peu démonstrative et les effusions la gênaient. Ca n’aurait pas dû être le cas. Il allait la guérir, il le montrerait…

Tant mieux si les parents voyaient la différence. Elle était censée être heureuse après tout avec celui qu’elle aimait. Alors si c’était réellement le cas, c’était formidable bien que tout à fait normal. Tristan souriait, plaisantait, s’amusait ou essayait au moins. Il renfermait tous les mauvais sentiments qui menaçaient de ternir sa bonne humeur et cherchait encore et surtout à rassurer. Ca fonctionnait.

C’était l’ordre des choses non ? elle avait cessé de sourire, elle avait cessé de « vivre » suite à son départ. Etre de nouveau près de lui et qui plus est, à présent, s’être enfin libérée de toutes ces mauvaises choses qui l’avaient poursuivie parce qu’elle n’assumait pas, ne voyait pas, ne croyait pas en ces sentiments qu’elle lui portait et qui s’avéraient réciproques, ne pouvait que la rendre heureuse, lui faire retrouver son sourire, non ?

Rapidement Cassidy partit même si Tristan ne s’en rendit pas compte, trop occupé à aider le père de la jeune femme. Il est vrai qu’il était dommage qu’il n’ait pas été prévenu, même si ce n’était pas grave. Au moins avaient-ils une petite conversation, lui et Jordeth. D’ailleurs une petite question pourtant tout à fait normale et qui aurait dû être attendue fit adopter un comportement très particulier au jeune homme qui s’emballa quand même beaucoup, loin de sa maîtrise habituelle. Mais au moins, cela devait rassurer le paternel. Ce grand gamin était amoureux, ça se voyait bien sûr… et pas qu’un peu.

La tape sur son épaule réconforta le garçon troublé de s’être emporté de la sorte. Ils continuèrent de travailler jusqu’à ce que la première détonation se fasse entendre. Jordeth précisa de quoi il s’agissait et Tristan pâlit. Bien sûr, Cassidy savait se débrouiller seule, et même très bien, il le savait, quoique… elle pouvait être très maladroite et attirait vraiment les bêtises et situations improbables. Oui, elle savait se débrouiller… mais ça faisait trop… Retrouver cet endroit, être confronté au stress, la peur de ne pas être accepté, la joie que ce soit finalement le cas, de nombreuses émotions, dont son amour à fleur de peau à cause de son précédent épanchement, les souvenirs de sa mère qui le hantaient. Oui… c’était trop et son esprit fit le mélange. Il se mit stupidement à paniquer et une détonation trop importante lui fit perdre les pédales. C’était la dernière qui plus est et son cœur se mit à tambouriner comme un fou. Non… non, elle ne pouvait pas… pas elle !!!!

Le pauvre père n’avait rien pu faire pour le retenir et il n’était décidément pas à blâmer. Par contre Cassidy méritait une bonne fessée. Il la rejoignit rapidement même si son état était assez… étrange pour le coup. Pourtant, elle l’accueillait avec un grand sourire alors qu’il se jetait littéralement sur elle.
Elle commença à s’expliquer mais elle n’en avait pas vraiment besoin. Elle allait bien, il l’avait vu, en la serrant ainsi contre lui, il achevait simplement de se rassurer… et profitait d’un contact quand même peu… montré devant les parents de la jeune femme.
Elle commença à enlever les feuilles dans ses cheveux et comme chaque fois qu’elle touchait les mèches rouges, il ferma les yeux et inclina légèrement la tête, docile, très sage, rassuré, même s’il gardait les mains sur la taille de sa compagne, au cas où, comme s’il craignait de la voir s’éloigner.

Elle se blottit contre lui, tendrement. Et il la serra dans ses bras alors qu’elle lui parlait de son père. Il enleva doucement, du bout des doigts, le plus gros de la boue dans ses cheveux blonds.

- Oui… oui… il m’a demandé si je t’aimais sincèrement… il s’inquiète pour toi… et veut ton bonheur. Mais j’aime bien ta mère. Elle me rappelle la petite fille que tu étais plus… qui se souciait bien peu des convenances.


Il lui fit un petit sourire qui avait quelque chose étrangement de timide.
Et détourna les yeux quand elle se mit à lui parler de ce qu’il avait dit à table. Ah ? Ca lui avait plu. C’était une bonne chose quand même non ? Enfin elle disait être touché et au lieu d’arborer un sourire victorieux, il sembla un peu gêné, même s’il se reprit vite, lui faisant son irrésistible sourire en coin qui disait clairement « ben oui, c’est parfaitement normal… je suis irrésistible, tu le sais !!! »
Elle disait vouloir continuer à lui plaire, à être la meilleure petite amie possible. Son regard se fit plus sévère et se radoucit dans la seconde alors qu’il déposait un léger baiser sur ses lèvres, à peine un effleurement… terriblement frustrant.

- Tu me plais… Mais remet-toi de la torture que je t’ai infligée hier… et ce sera parfait. Je suis désolé que tu aies encore mal… On aurait sans doute pas dû… enfin c’était bien hein… mais… pas au moins de mériter que tu souffres toujours.


Air coupable là. Mais bon, il fallait bien qu’il culpabilise un peu quand même. Il ne se souvenait que trop bien de sa grimace, de ses larmes et de la façon dont elle s’était agrippée à lui. Ca… il ne pourrait jamais l’oublier.
Elle eut tout de même le dernier mot… comme toujours et il se contenta d’hocher sagement la tête, vaincu. Elle finit par lui parler de douche et de baignade et il lui sourit d’un air… de conspirateur.

- Je dois t’apprendre à nager aussi.

Bah quoi ? Il n’avait pas oublié, voilà tout !!!!
Elle finit par grimper dans son dos, lui ne semblant plus du tout fatigué et ils rentrèrent tranquillement pendant qu’il la portait, faisant tout pour paraître indifférent quand elle glissait l’air de rien avec un peu trop de douceur et de provocation, ses mains sur son torse. Elle se laissait vraiment porter ou elle pensait à autre chose la demoiselle ?

Ils ne se doutaient pas qu’une surprise les attendait pour leur retour. En effet, Marilyn avait découvert le journal de Cassidy, plus par erreur qu’autre chose. Après tout, elle n’avait pas cherché à espionner sa fille. Non, non, le journal était tombé, ouvert, sur sa dernière page et en le ramassant, son regard avait été attiré par une phrase. Simple petite erreur de passage voilà tout. Seulement la phrase en question… demanda la lecture de la suite et là… eh bien c’était tomber de haut voilà tout.

Ils arrivèrent tranquillement et ce fut d’une voix étrangement aigue que la mère appela sa fille. Tristan resta avec le père. Eux deux ne pouvaient décidément rien savoir de la conversation pour le moins… particulière qu’avaient les deux femmes, et c’était peut-être mieux ainsi.

Du côté des hommes, Jordeth n’abordait pas la fuite précipitée de Tristan et lui avait sorti à boire, d’ailleurs, le jeune homme, ravi, qui savait apprécier les bonnes choses, trinqua avec lui. D’ailleurs, il prit aussi un gâteau qu’il examina avec un sourire rêveur pendant quelques secondes avant de le grignoter pensivement. Délicieux comme toujours. Le père de sa compagne lui parla et il se fit attentif, souriant.

- Gourmande ? C’est peu dire ! Enfin surtout pour les biscuits. D’ailleurs je suis à la fois jaloux de la façon dont elle regarde ses gâteaux… et en même temps rassuré… parce que confronté au même regard je craindrai bien trop qu’elle me morde !


Il se frotta la nuque, réprimant le sourire qui lui était venu alors qu’une pensée un peu… peu adaptée à la situation disons, s’installait tranquillement dans son esprit. Il regarda son aîné et lui expliqua qu’il s’était inquiété pour Cassidy et s’excusait pour son attitude un peu trop… explosive, avouant qu’il ne savait rien de son maître et qu’il ne supportait tout simplement pas la simple idée qu’elle puisse être en danger et ce même si elle savait très bien se débrouiller seule !
Les deux femmes revinrent et Tristan haussa légèrement un sourcil. Tiens donc, il y avait une étrange ambiance autour d’elles. De quoi avaient-elles bien pu parler. On leur parla de douche et c’est très naturellement et avec un enthousiasme suspect que Cassidy s’empara de sa main.

Tristan pour sa part, bien que le souhaitant au moins autant qu’elle, savait très bien qu’il valait mieux éviter et surpris par ce manque incroyable de… jugeote chez la jeune femme (il avait dû beaucoup lui manquer), se crispa, se figeant sur place. Mais ils avaient encore et surtout été arrêtés par les paroles de la mère qui rattrapait comme elle pouvait l’erreur de sa fille. Bah oui… le papa, il fallait au moins le préparer en douceur avant de lui annoncer la nouvelle !!!
Elle avait la voix suraigüe là !!!

Finalement, Tristan alla se doucher le premier et lorsqu’il revint… il était toujours aussi craquant que d’ordinaire avec ses airs savamment négligés, cheveux ébouriffés et gouttelettes scintillant encore sur son cou. Il portait un pantalon sombre et une chemise tout autant, ce qui contrastait avec ses cheveux rouges. Cassidy prit sa suite alors qu’il la taquinait doucement, lui demandant de ne prendre que deux heures et demie cette fois. D’ailleurs c’est en lui tirant la langue qu’elle prit la relève.

Pourtant son regard s’était étrangement fait lointain et il resta silencieux, passant dans le jardin après que les parents aient décliné son offre d’aide.
Il avait été attentif à l’idée de la fête. Apparemment c’est ce qui était prévu ce soir. Une fête. C’était une bonne chose. Après tout, là, ils pouvaient s’afficher ensemble sans la moindre honte, sans le moindre risque.
Alors pour quelle raison semblait-il si pensif ? Eh bien… la demoiselle le découvrirait à ses dépends !
Il revint dans la maison en entendant les cris admiratifs des parents de la jeune femme.

Ah ben oui, ça devait les changer… la dernière fois qu’elle était venue, la jeune femme ne devait toujours pas assumer son corps et le couvrir de manière exagérée sans chercher à se mettre en valeur. Aujourd’hui, c’était tout le contraire !!!! Elle portait une robe plus courte qui mettait ses jolies formes en valeur et même s’il l’avait vu bien des fois ainsi, son cœur s’accéléra dans sa poitrine quand il l’aperçut. Qu’elle était belle sa petite princesse. Il sourit tendrement alors que les parents parlaient. Enfin… la maman. Le père était silencieux et admiratif… la mère parlait à une vitesse folle. Il vint les rejoindre.

- Tu es superbe princesse… mais… si tu veux bien, je vais m’assurer qu’on puisse voir la perfection à présent.

Il lui prit doucement la main et lui demanda de s’asseoir sur une chaise sous le regard perplexe de la demoiselle comme des parents. Après avoir murmuré à sa compagne de fermer les yeux, il retourna dans la salle de bain chercher tout ce dont il avait besoin. S’ensuivit un long moment pendant lequel il demeura silencieux mais quand enfin il s’écarta, tendant un miroir à la jeune femme, elle put découvrir… un talent insoupçonné et surtout soigneusement camouflé de et par son petit ami.
En effet, il venait de passer tout ce temps à la coiffer et avait relevé ses cheveux en un chignon compliqué mais qui lui allait merveilleusement bien auquel il avait accroché des petites fleurs ressortant bien sur ses mèches dorées, laissant quelques mèches glisser devant ses oreilles.

Pourtant, il fit rapidement comme si ce n’était absolument rien d’extraordinaire et même quelque chose de très… normal et posa un nouveau baiser sur son front.
Bah oui… c’était tout à fait normal de transformer sa petite amie en image même de la perfection. Ses yeux noisette ressortaient tellement avec la couleur de sa robe. Elle était… sublime en fait. Il n’y avait pas à dire.

Les parents se préparèrent également. Finalement Tristan s’excusa, prétextant qu’il voulait aller faire un tour, que Cassidy ferait mieux de rester chez elle pour ne pas se salir. Il partit alors, certainement… pour retourner voir son ancienne maison… ou pour se rendre sur la tombe de sa mère. Pour ça, il avait besoin d’être seul… voilà tout.

Il rejoignit le trio à la fête du village au moment même où ils y arrivaient et prit doucement la main de Cassidy qu’il posa très galamment sur son bras. Elle semblait avoir moins mal, ce qui était normal au final et espéré parce qu’elle boitait à peine quand elle marchait. Ouf bon signe. Tant mieux, son plan n’en serait que plus facile à réaliser. Pourtant alors qu’il se tenait bien droit à ses côtés, marchant lentement, à son rythme, il se crispa au fur et à mesure, ne sachant trop comment il allait être accueilli. Mais il s’avéra… que toute l’attention se portait surtout… sur le couple qu’il formait avec la petite mage partie simple, encore un peu gauche et tellement… peu confiante, revenue fière, éblouissante, fascinante et suscitant bien des jalousies.

En tous les cas, là ils faisaient leur petit effet et une jeune femme sauta pratiquement sur Cassidy, ancienne amie apparemment, d’enfance qui était fascinée par la nouvelle, comme à peu près toutes les personnes présentes qui les observaient en essayant de faire comme si de rien n’était, buvant, mangeant, dansant ou conversant. Son visage évoqua quelque chose à Tristan qui se contenta d’un sourire poli. Il les laissa toutes les deux, allant chercher un verre de jus à sa compagne et lorsqu’il les rejoignit, il lui semblait que l’amie en question allait perdre ses yeux à force de les écarquiller de la sorte en les fixant. Tiens donc de quoi avaient-elles pu parler ? Bah… elle l’avait sans doute suppliée de lui annoncer que c’était un cousin venu lui rendre visite et la jeune femme avait avoué la vérité.

Des téméraires, jeunes hommes qui ne semblaient pas spécialement…évolués, s’avancèrent vers eux, enfin surtout vers la Cassidy la dévorant et surtout la déshabillant du regard. Ils étaient en train de lancer des phrases dragueuses et vraiment très peu développées comme quoi elle s’était sacrément améliorée depuis sa dernière visite, bref, pas délicats pour deux sous quand Tristan mit son verre dans les mains de Cassidy, passa devant elle, en attrapa un par le col de sa chemise et le soulevant avec une trop grande facilité pour que ce ne soit pas inquiétant, le plaqua contre un mur d’une maison.

- Bonsoir… Je m’appelle Tristan. Tristan Konogan, oui, le gamin qui s’est enfui d’ici il y a treize ans. Pour commencer, tu vas présenter tes excuses à la jeune dame Herediane car une femme a droit à des égards et certainement pas des paroles de bucherons mal baisés de ton acabit. Si je suis tout à fait pour qu’elle s’amuse et danse avec ses anciens camarades, je préfère préciser que je suis son petit ami et que je peux être très jaloux donc si tu ne la traites pas bien, je te démolis. Ensuite… je sais ce que toi et tes petits potes avaient osé lui faire pour ne pas avoir les mêmes idées que vous quand vous n’étiez que des pubères sans succès et pour cela, je t’avoue que l’envie de t’écorcher vif me titille pas mal. Je vais m’abstenir car c’est une fête et que tout le monde s’amuse bien mais pose tes sales pattes sur elle une fois, une seule fois encore… et je te tue, c’est clair ?

Sourire doucereux mais menace virulente. Il reposa lentement l’homme pourtant plus âgé que lui, lui tourna négligemment le dos et récupérant son verre des mains de sa petite amie, en but une traite avant de lui faire un sourire innocent.

- Une question princesse ?
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Cassidy Herediane
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MessageSujet: Re: Un retour dans le village d'enfance   Mer 7 Nov - 21:06

Cassidy ne se doutait pas une seule seconde que Tristan avait les souvenirs qui s’embrouillaient dans sa tête. Oh si elle avait été plus prudente, peut être aurait-elle éviter de répondre au défi de son maître ou qu’elle se serait fait plus sage. Mais elle ne pouvait pas tout savoir non plus.

La jeune femme avait au début montré un beau sourire à son compagnon, ne pensant pas une seule seconde qu’il pouvait encore s’inquiéter ou se faire du souci. Il fallait croire que si et son sourire se crispa, se demandant alors ce qui avait bien pu se produire. Eh oui elle méritait bien une fessée, même si pour sa défense, elle n’avait pas encore l’habitude de penser « en couple ».

En fait c’était même plutôt étonnant comme situation. Cassidy semblait être la plus ignorante, voire insouciante quant à l’inquiétude que pouvait ressentir l’autre. Il est vrai que dans le cas contraire, elle aurait pu aussi s’inquiéter pour Tristan mais comme il lui rappelait souvent qu’elle pouvait lui faire confiance, la demoiselle se montrait moins démonstrative et rejetait ces émotions négatives.

Elle agissait parfois comme quand elle était seule, décidant pour elle-même, sans penser que plus loin un Drakkari était tout chamboulé à l’idée de perdre sa compagne. Bon, elle faisait quand même des efforts, avait tenu à dire à sa mère qu’il fallait qu’elle prévienne Tristan. Mais ce n’était pas suffisant.

La demoiselle serra doucement son Drakkari dans ses bras, s’excusant tout en enlevant les feuilles de ses cheveux. Il aimait vraiment ces petites caresses et gestes sur la tête car le jeune homme ne bronchait pas. Elle en profita pour le rassurer davantage, parlant d’une voix douce, pouvant enfin être un peu plus démonstrative que devant ses parents. Ca ce n’était pas encore gagné.

La jeune femme parla de son père et Tristan lui avoua la question qu’il lui avait posé. La demoiselle était bien curieuse de connaître la réponse, après tout, même si elle savait que ça serait positif, peut être que Tristan avait profité pour s’étendre sur le sujet ou encore, il avait tout simplement répondu par l’affirmative, sans plus. A vrai dire elle n’en savait rien mais n’en avait pas besoin pour être sûr de ses sentiments.

Ah oui, elle était sacrément boueuse… elle ne ressemblait plus trop à une princesse comme ça. Il ajouta aussi que ça lui rappelait la petite fille qu’elle était. Cassidy lui fit un sourire mi-gêné mi-radieux. Hum c’est vrai elle avait beaucoup changé… mais lui aussi d’ailleurs. Bon lui plus en bien qu’en mal ! Enfin… maintenant qu’il lui avait avoué ses sentiments parce que ce n’était pas facile avant.

Puis lorsqu’elle lui avoua vouloir devenir parfaite pour lui, il se fit sévère puis plus doux avant de poser un léger baiser sur ses lèvres. Ah oui c’était frustrant ! D’ailleurs elle était même prête à lui rendre beaucoup plus appuyé mais comme il se mit à parler, la demoiselle n’en avait plus vraiment l’occasion.

A sa phrase, la jeune femme se redressa fièrement et bomba le torse… enfin la poitrine, pas vraiment l’air d’avoir mal ou de sentir mal à l’aise. Elle posa ses mains sur ses propres hanches et le fixa avec détermination. Apparemment il s’en voulait. Mais la demoiselle était plutôt robuste et elle ne voulait pas vraiment le faire culpabiliser.

« Oh je pense me remettre rapidement ! D’ailleurs ça commence à partir. »

Il parla alors de lui apprendre à nager et la jeune femme fit une grimace. Après tout… apprendre à nager par cette saison… brrrrr ! Elle avait froid rien que d’y penser.

« Ah je veux bien moi mais si on pouvait avoir une eau plus chaude ça serait génial ! Enfin… et pas un truc trop profond non plus »

Elle prononça quelques autres mots tout en bafouillant, essayant de se reprendre mais sans y arriver. Finalement, elle partit récupérer son bâton qu’elle avait négligemment laissé à sa place, dans la boue et la remis dans sa sacoche pour avoir les mains libres et se placer dans le dos à Tristan. Même si c’était hem… bon le duel avec son maître lui avait prouvé que ça commençait à diminuer la douleur et que là elle cherchait plus à en profiter pour être collée dans le dos à Tristan.

D’ailleurs, il n’avait pas d’hallucinations, elle était bien en train de passer doucement ses mains sur son torse pour le caresser avec tendresse, petite vengeance pour un baiser un peu trop rapide pour elle. Et puis elle ne pourrait plus le faire une fois de retour dans la maison de ses parents.

Cassidy ne semblait pas comprendre la réaction de sa mère qui attendait des explications. Une discussion entre femmes et la petite mage se dévoila un peu plus, montrant les sentiments sincères et réels qu’elle éprouvait pour Tristan.

Du côté des hommes, Jordeth avait servi à Tristan un verre de cidre, pour le remettre de ses émotions, bien qu’il ne posa aucune question au sujet de son changement d’attitude et son inquiétude grandissante. Il détendit l’atmosphère en parlant de la cuisine de sa fille. Pas vraiment dérangeant le père. Après avoir répliqué, ce qui fit rire le paternel d’un rire franc et chaleureux. D’ailleurs, lorsque Tristan s’excusa, Jordeth lui fit un sourire rassurant en posant une main sur son épaule.

- Je comprends ta réaction. Je pense que j’aurais réagi pareil avec la mère de Cassidy

Il prit un air de conspirateur.

- Elles ont beau être toutes mignonnes comme ça mais ce sont des femmes redoutables crois-moi. Toujours en train de provoquer les ennuis. Marilyn a du sang de Nordique même si elle n’en a pas la carrure, je pense que son esprit rebelle vient de là et malheureusement, Cassidy en a hérité

Clin d’œil complice de la part du père alors que les deux femmes revinrent dans la pièce. Ils ne savaient pas ce qui s’était dis mais peut être que le père sauterait au plafond si on lui annonçait la nouvelle trop brusquement. Une douche fut annoncée et c’est donc tout naturellement, peut être encore sous le choc de ses émotions, que Cassidy prit Tristan par la main pour le conduire à la douche.

Sauf que son compagnon se crispa et si au départ elle ne comprit pas, la demoiselle devint rapidement rouge après que sa mère ait remis les choses à plat d’une voix assez aigue. Cassidy se mordilla la lèvre avant de lâcher la main à Tristan en prenant un air gêné et un rire assez crispé. Au moins, c’était bon signe pour Tristan si elle devenait spontanée même si ce n’était pas le bon endroit et le bon moment pour se manifester. Et puis dans la douche… il pourrait y avoir quelques bêtises aussi si on ne fait pas attention.

Tristan revint rapidement et quand Cassidy le vit arriver dans la pièce, la demoiselle semblait rêveuse, ne se dérangeant pas pour l’examiner. Tenue sombre oui mais ça lui allait bien, il avait du style et de la classe son beau Drakkari.

Elle prit le relais et à sa réflexion, se permit un magnifique tirage de langue avant d’entrer dans la salle de bain en prenant une démarche plus gracieuse, comme si elle voulait parfaitement jouer son rôle de princesse.

La jeune femme ne prit pas énormément de temps, même si elle prit soin d’enlever la boue qui la recouvrait. Elle n’avait rien contre les bains de boues mais ce n’était pas vraiment le moment là. L’eau chaude lui fit du bien et elle se laissa bercer, encore toute rêveuse en repensant à la veille. Ca allait mieux, elle n’avait plus aussi mal que ce matin. Un sourire s’étira sur les lèvres de la jeune femme qui prit soin de se sécher avant de prendre une de ses plus belles tenues pour faire honneur à son compagnon. Comme toujours, elle voulait être éblouissante pour lui. Curieux quand on pense que la jeune femme n’était absolument pas comme ça avant.

Elle sortit de la salle de bain sous les regards admiratifs de ses parents, bien que ses marques dans le cou fussent toujours visibles. Le père se montra interrogateur, Cassidy répliqua en haussant les épaules qu’une sorte de larve s’était glissé dans sa robe il y a quelques jours et l’avait aspiré dans son sommeil. Mais bien sûr, elle l’avait sorti de manière beaucoup plus fine.

Marilyn s’exprima tellement rapidement qu’il était difficile de la suivre.

- Ma petite fille est absolument radieuse ! Fais attention à toi ma chérie, tu sais comment sont les hommes et puis n’oublie pas…

Elle se colla contre sa fille avant de lui chuchoter quelques mots à l’oreille.

- Un bon coup dans l’entrejambe devrait calmer les plus téméraires

Cassidy devint rouge. Oh bien sûr sa mère lui avait déjà dit plusieurs fois comment toucher le point sensible d’un homme. C’est d’ailleurs une des techniques qu’elle utilisa contre les garçons qu’elle défia. Mais maintenant qu’elle savait ce qu’il y avait dessous… heeeeeeeeem ! Bref !

Tristan semblait aussi sous le charme mais il semblait vouloir aussi ajouter sa petite touche à lui. La jeune femme se laissa faire, curieuse, alors que ses parents regardaient avec attention. Elle sentait qu’il s’occupait de ses cheveux et les relevait mais Tristan ne parla pas. Avant de lui tendre un miroir.

A sa vision, un grand sourire illumina le visage de la jeune femme sous les regards ravis de ses parents. Il lui avait déjà coiffé les cheveux de temps en temps, mais pas au point de prendre autant de temps. Cependant, elle en était absolument plus radieuse et touché, le rouge revint rapidement sur ses joues.

Après cela, Tristan demanda à aller faire un tour. Même si Cassidy trouvait quand même ça un peu surprenant de sa part, car que pouvait-il bien aller faire maintenant, elle ne broncha pas et n’insista pas pour venir avec lui. Et il savait à quel point elle pouvait être têtue ! Et puis, elle pouvait tout à fait penser aussi qu’il irait voir une fille qu’il avait repérer ou une ancienne camarade de classe. Sauf que Cassidy avait confiance et ne répliqua pas, se contentant de rester assise, pensant à la chance qu’elle avait la petite demoiselle.

Puis, dès que les parents eurent terminé la préparation, Marilyn vraiment radieuse dans une robe bleue au bras de Jordeth, ils se dirigèrent vers la place du village. Cassidy ne se faisait pas de souci et puis Tristan revint rapidement, l’invitant à prendre son bras, ce que fit la demoiselle avec beaucoup de bonne volonté, les yeux brillants et tout simplement heureuse.

Elle ne se doutait pas des idées qui germaient dans la tête de son compagnon, pensant passer une soirée pour le moins ordinaire, des danses, manger, des danses, des conversations joyeuses. Beaucoup mieux que les festivités mondaines pour la jeune demoiselle même si ce n’était pas son genre d’être aussi enjouée.

Pourtant elle sentit la crispation dans le muscle de Tristan et pressa doucement son bras, comme pour le rassurer que tout irait bien. D’ailleurs, il est vrai que la dernière fois que Cassidy était passée, c’était vraiment très bref. Sa grosse cape de voyage sur le dos, le corps hermétiquement fermé sans mise en valeur, un regard sérieux presque sévère pour cacher ses maladresses.

Dans ce village, peu d’enfants de leur âge avaient eu autant d’ambition que Cassidy. Certains étaient partis mais beaucoup étaient restés pour reprendre les commerces ou métiers de leurs parents, préférant une petite vie tranquille plutôt que de devoir braver le danger tous les jours. Cassidy était admirée mais c’était plus poli car même si on trouvait que la jeune femme s’était embellie au fil des années, on ne pouvait pas l’apprécier autant que maintenant.

Beaucoup de regards s’étaient tournés dans leur direction, jalousie ou admiration, la petite mage avec un bel homme aux cheveux rouges, qui faisait penser au petit Tristan. Finalement qui aurait cru que la petite mage aurait décidé de se mettre en couple avec un Drakkari. Surtout qu’un des leurs lui avait mené la vie dure à leur enfance ?

Oh pourtant, c’est toute fière, éblouissante, que Cassidy se tenait à côté de son compagnon. Une fille lui sauta presque dessus, une brunette aux tâches de rousseur, joyeuse, entraînante et qui n’avait apparemment pas la langue dans sa poche.

- Cassyyyyyyyy ! Ca pour une surprise… Ohlala… Qu’est-ce qui t’es arrivé ? Tu es tombée sur la tête ? Non je plaisante tu sais bien mais je pensais que tu n’aimais pas les robes trop courtes

« Heuuuuuu…baaaaah…. »

L’amie à Cassidy jeta un coup d’oeil à Tristan qui s’éloignait pour leur laisser le temps de discuter avant que la demoiselle entraîna la petite mage à part, conspiratrice.

- Dis donc il est vraiment craquant ce beau jeune homme… S’il te plaît, dis moi qu’il est libre, j’ai bien envie d’aller faire connaissance. C’est un de tes cousins ? Une connaissance ?

Cassidy l’arrêta tout de suite d’un geste de main avant de lui sourire.

« C’est mon petit ami… Tristan… je sais qu’il fait toujours cet effet mais n’essaie pas de le draguer. Je tiens à rester avec lui »

- Naaaaaaan c’est vrai ?! Tristan ? LE Tristan ? Le Drakkari qui te cassait les pieds à l’école élémentaire et à qui tu ferais la morale ? Le Tristan qui est parti du village ? Tu es… avec lui ? Whaaaa ! Eh ben ça pour une nouvelle !

Elle fixa Tristan, peut être un peu déçue.

- Je suis jalouse de toi… Il est vraiment devenu très bel homme. Mmmm… il paraît que les Drakkaris ont des sacrés performances au lit

Il n’en fallait pas plus pour que Cassidy se transforme en coquelicot avant de bredouiller.

« Baaaah… beeeeh… heuuuuu… je regarde pas ça moi… »

-Rhooo arrête de faire la timide. N’empêche tu as toujours été comme ça. Bon d’accord d’accord ! J’arrête. Mais quand même… quel dommage… enfin venant de ta part c’est surprenant. Je pense que personne ici ne vous aurait imaginé ensemble. Vous êtiez tellement… différents ! C’est quoi qui vous a donné le déclic ?
Cassidy fit un beau sourire.

« La différence justement… »

Pas le temps d’en dire plus que des garçons abordèrent les deux jeunes filles, surtout Cassidy qui avait pris beaucoup plus de valeur à leurs yeux. La jeune femme fronça les sourcils.

-Bonsoir Cassidy… Wahouuu ! Tu nous avais caché tes atouts, c’est pas très gentil

- Jolie amélioration en effet, j’apprécie la vue

- Ca te dirait de danser avec moi ?

Cassidy se préparait à répliquer, pas envie de se laisser marcher sur les pieds. Mais Tristan semblait avoir entendu et après avoir donné son verre à la demoiselle, il attrapa un des gars pour le repousser très facilement contre un mur, sous le regard médusé de sa compagne qui ouvrit légèrement la bouche.

Son chevalier qui venait la défendre et surtout prêt à imposer son statut de couple. C’est mignon. Sauf qu’elle entendit quelque chose qui la rendit curieuse. De quoi il parlait ? Oser lui faire ? Les mêmes idées ? Ah non elle était pas au courant des visions qu’il avait eu alors… ça avait de quoi la surprendre. Elle ne lui en avait jamais parlé.

Cependant les garçons s’excusèrent, pas très envieux de se mettre un Drakkari à dos. Et qu’en plus celui-ci avait l’air de savoir pour un des incidents de l’enfance. Mais ils s’écartèrent et partirent plus loin sans demander leur reste.

Cassidy était bouche bée alors que Tristan reprenait son verre en lui demandant innocemment une question. Bien sûr qu’elle était énormément flattée par ses paroles et puis ça prouvait bien qu’il y tenait. D’ailleurs sa camarade, Katy, était sous le charme derrière elle.

« Heu… de quoi tu es au courant de ce qu’ils m’ont fait ? »

Elle semblait embarrassée. Avait-elle eu un trou de mémoire ? Quelque chose du même genre ? Ah non apparemment elle n’arrivait pas à se rappeler d’un moment où elle avait parlé de conflits dans son enfance.

Après une petite explication, les ménestrels commencèrent à jouer un morceau de danse et Tristan entraîna sa compagne sur la piste. Cassidy semblait un peu troublée de devoir danser devant des personnes qu’elle connaissait, encore pire que des inconnus et puis elle n’était pas encore au top… sauf avec un verre dans le nez.

Elle était un peu crispée mais Tristan l’aidait à retrouver ses marques. Sous les regards admiratifs et jaloux de ce beau couple qui brillait sous les feux allumés de la soirée. Il y avait plusieurs danses et Cassidy se détendait petit à petit, commençant à plus apprécier la soirée, heureuse.

Aux yeux de tous, ils formaient un beau couple, harmonieux et bien assorti malgré leurs différences de taille. La petite blonde moralisatrice et le beau Drakkari rebelle. Personne n’aurait pu se douter qu’un jour ces deux là finiraient ensemble.

Lorsque Tristan s’était présenté un peu plus tôt, certaines personnes l’avaient dévisagé, repensant au tragique accident il y a treize ans mais Cassidy devait avoir bien fait son boulot. En effet la demoiselle ne s’était pas arrêté à l’enfance pour défendre la cause du Drakkari. Elle l’avait fait continuellement, argumentant, sans savoir la vérité mais tentait de convaincre les gens. Elle semblait si sûre d’elle qu’on lui associa ses pouvoirs magiques qui lui permettaient de déceler la vérité.

Et puis, il ne semblait pas méchant ce grand Drakkari. Les regards qu’il jetait à sa compagne montraient un homme doux, tendre et certainement pas un tueur. Pour certains, le remontage de bretelles que le Drakkari avait administré aux garçons était bien vu. Il est vrai que cette petite bande avait causé quelques problèmes et puis, ils lorgnaient un peu trop sur les jolies filles des parents présents. Ca ne faisait pas de mal d’être remis à sa place.

Cassidy regardait Tristan même si parfois elle s’appliquait dans ses pas pour ne pas lui écraser les pieds. Pendant un instant, elle hésita même à l’embrasser mais ses parents étaient présents, elle devait bien se retenir. Ah oui il fallait que ça progresse petit à petit. Une vraie torture de le regarder et de ne pas pouvoir en profiter pleinement. Hum… ça commençait à lui donnait des envies. Qu’elle fit taire rapidement. En tout cas, une chose était sûre, elle n'avait plus mal du tout vu sa façon de danser. C'était toujours un peu maladroit mais pas de gêne comme beaucoup plus tôt dans la matinée.

Ils se posèrent un moment au buffet pour grignoter alors que des gens venaient les féliciter, ou les complimenter. Et à la grande surprise de Tristan, on le remercia d’avoir remis les autres garçons en place. Quelques discussions quant à l’académie de la demoiselle, si tout se portait bien.

Katy, la copine de Cassidy, s’avança vers Tristan pour lui demander une danse. Cassidy ne broncha pas, bien qu’elle gardait un œil attentif alors que sa copine entraînait le beau jeune homme à nouveau sur la piste de danse. Après tout, Cassidy avait hoché la tête, d’un air de dire à Tristan qu’elle ne serait pas jalouse et elle jeta un regard à Katy trèèèès significatif.

D’ailleurs Cassidy fut aussi invité par un des jeunes hommes de son village à danser. Elle accepta l’invitation, bien qu’elle dit avec le sourire qu’elle n’était pas une très bonne danseuse et que c’était à ses risques et périls.
Katy semblait en profité un peu même si elle garda ses distances.

- Tu as bien changé beau jeune homme. Ca fait plaisir de te revoir par ici…

Elle fit la moue tout en parlant d’une voix légère.

- Cassy en a bien de la chance ! J’aurais bien aimé faire plus ample connaissance avec toi et plus si affinités.

Katy se mit à faire une grimace avant d’avoir une mine résignée.

- Mais bon, je suis sûre qu’elle doit garder un œil sur moi pour s’assurer que je ne fais pas de bêtises donc je vais m’abstenir pour ne pas m’attirer ses foudres…

Elle continua de danser, même si son corps frôlait parfois Tristan. Voulu ou pas ? On ne sait pas vraiment.

- Je ne pense pas que tu te rappelles de moi mais moi je ne t’ai pas oublié. D’ailleurs je n’ai jamais osé venir te parler…. Il faut dire qu’avec Cassidy dans ton dos, ce n’était pas facile de venir t’aborder directement…

Elle se mit à rougir en baissant les yeux. Oh apparemment Katy devait en pincer aussi pour le petit Drakkari de l’époque, bien qu’elle devait se résigner maintenant et qu’elle éprouvait quand même une pointe de jalousie pour Cassidy. Mais bon, elle ne comptait quand même pas faire certaines choses perturbantes, par respect pour la petite mage.
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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: Un retour dans le village d'enfance   Ven 9 Nov - 15:00

Quel étrange couple tout de même. Cassidy s’était empressée de le rassurer et surtout de s’excuser à la suite de l’annonce de son compagnon. Il s’était inquiété pour elle. Sans doute était-ce anormal de paniquer pour si peu mais en réalité, s’il avait été prévenu, s’il avait su à quoi il devait s’attendre sans doute n’aurait-il pas réagi ainsi. La vérité ? Quelque chose d’étrange s’était fait dans sa tête. Une sorte d’association qui n’avait aucune raison d’être et qui l’avait glacé !
Des détonations qui devenaient des cris, bruits de coups, l’impression que ce qui était arrivé à sa mère se reproduisait… Ca n’arriverait jamais… JAMAIS !!!!!

Mais sa compagne l’avait finalement rassuré, la sentir contre lui étant en soi une preuve bien suffisante de son bon état de santé.
Ils étaient rentrés, lui la portant galamment, préférant se charger d’elle, même si elle soutenait qu’elle allait mieux. Ce qui ne l’empêchait pas de s’en vouloir pour leurs débuts un peu… douloureux pour la jolie mage. Un peu ? doux euphémisme… D’ailleurs, elle l’embêtait pas mal avec ses petites caresses là… Il tentait de maitriser ses frissons mais peine perdue ! Il suffisait qu’il pense qu’ils venaient d’elle pour en ressentir d’autres plus les moindres effleurements. Etrange ça… Pourquoi le simple fait de penser que c’était d’elle, de savoir que c’était elle… les rendait plus… intenses ?

Une fois rentrés chez les parents, Cassidy s’éclipsa pour parler à sa mère qui avait une bien étrange voix et pour le coup, Tristan aurait été fortement gêné en apprenant leur sujet de conversation. Ah ben oui… En fait, lui il adorait s’amuser et avait une attitude franchement volage mais avec des demoiselles expérimentées, au moins un peu, jamais des débutantes !!!! C’est pour cette raison que pendant un temps il n’avait fréquenté que des dames plus âgées que lui.
Cassidy était la première pucelle dans le lit de laquelle il se glissait. Enfin même si pour le coup, il s’était agi du lit du garçon. Enfin bref…

Le père et lui conversaient tranquillement pour l’heure, sirotant un verre de cidre que le jeune homme complimenta très vite d’ailleurs. Excellent choix et qui était tout simplement parfait. D’ailleurs, il lui raconta son passage dans une ville où la majeure partie des habitants produisaient justement du cidre, lui expliquant les petites astuces qu’on lui avait donné pour sélectionner une bonne bouteille et surtout pour la reconnaître !
Surtout que le père lui avoua que leur compagne respective avait du sang nordique, il n’en fallut pas plus au jeune homme pour prendre une mine catastrophée.

- Aie… c’est donc pour ça… Elle est si têtue… Je suis sûr que si elle se frappait la tête contre un arbre, l’arbre volerait en éclats !


Il sourit pourtant d’un air assez… content.

- Mais pour être honnête… j’adore ça chez elle. Cassidy tient de ses deux parents. Elle sait ce qu’elle veut et fait ce qui est nécessaire pour l’obtenir. Par contre elle déteste perdre on dirait… Elle semblait vraiment furieuse de son échec de son combat avec son maître. Enfin… j’imagine qu’elle va vouloir s’imposer un entraînement plus important et j’ai bien l’intention de la détourner au plus tôt de cette idée !


Manquerait plus qu’elle en oublie de vivre cette jolie demoiselle !

Finalement, les filles étaient revenues et Tristan était allé se doucher et se préparer malgré un temps assez confus avec sa jolie mage étourdie et qui lui semblait-il, devenait sacrément perverse. Où était passé la douce et innocente demoiselle. Ah oui… Il l’avait convertie à une religion très particulière !
Il revint rapidement et elle prit sa suite alors qu’il lui souriait tendrement. Quand elle revint… Quelle ne fut la surprise de ses parents !!!

Leur petite fille adorable, qui peinait tant à devenir une femme, ne s’acceptait pas et passait trop de temps dans ses livres et ses objectifs de travail était enfin sortie de sa chrysalide pour devenir un magnifique papillon. Et quel papillon !!! Elle était éblouissante ! Bien sûr, elle était très belle avant bien sûr mais le mettre enfin en valeur… était la meilleure des choses pour prouver qu’elle devenait adulte et surtout s’affirmait en tant que telle.

Les parents étaient sur les genoux là, c’est sûr, mais Tristan, faisant presque comme si de rien n’était, même s’il se permit un compliment, ils en déduisirent que c’était… normal. Et oui, ça l’était devenu. Néanmoins, quand il s’approcha pour apporter sa touche personnelle, Cassidy fut la seule à contempler le compliment le plus sincère qu’il puisse lui faire. Ses pupilles s’étaient dilatées et il avait la respiration légèrement hachée, la fixant avec une gourmandise qui ne laissait planer aucun doute sur la nature de ses pensées.

Sa touche personnelle ? Une coiffure et ça oui, c’était tout nouveau. Pourquoi ne l’avait-il pas fait avant ? Sans doute parce qu’il n’osait que peu le lui montrer mais là, c’était nécessaire… il le devait, même si ses cheveux ainsi relevés laissaient tout de même sacrément voir ses marques dans le cou, raison pour laquelle deux mèches s’échappaient de ses cheveux. Enfin… le temps se rafraîchissait, elle prendrait sans doute une veste. Surtout que l’air de rien, en la coiffant, il s’était vengé des précédentes caresses de la jolie mage, effleurant sa gorge du bout des doigts. Bien fait !!!

Puis il partit. Seul.
Pourtant, alors qu’il le lui annonçait, il semblait sombre et assez triste, perdu dans ses pensées. Malgré tout, sans doute n’était-il pas tout à fait prêt à mettre de côté sa carapace pour lui ouvrir pleinement son cœur. Comment la laisser le voir si vulnérable, ce qu’il allait forcément être aux vues de ce qu’il avait prévu. Non… il était son chevalier, son guerrier, celui qui devait la protéger. C’était son rôle.

La pauvre ne devait quand même pas tout comprendre, mais ce serait à charge de revanche car il avait bien prévu de se rattraper de la plus surprenante des façons… mais aussi la plus charmante sans doute. Quoique…

Il se matérialisa comme par magie près d’elle sur le chemin pour se rendre à la fête, sortant de l’ombre, peu repérable du fait de ses vêtements et il fut surpris bien qu’amusé de voir que Cassidy ne portait pas de veste. Bizarrement il avait une petite idée du pourquoi de cet oubli. Qu’elle soit étourdie était une chose bien sûr mais il n’y croyait que peu, la soupçonnant de compter se réchauffer entre ses bras au moindre frisson. Maligne la jolie mage.

Cassidy fut d’ailleurs rapidement abordée par une ravissante jeune femme aux taches de rousseur. Tristan en profita pour s’éloigner galamment chercher un verre, se doutant qu’elles allaient échanger… à propos de lui. Eh bien oui, il avait remarqué tous les regards éberlués que lançaient de très nombreuses personnes à la demoiselle. De un, elle était tout simplement sublime, divinement belle, séduisante, franchement attirante. Mais encore et surtout, elle était avec… un homme !!! Ah non, ce n’était pas possible, ce devait être un golem qu’elle avait crée par la magie et auquel elle avait donné une apparence humaine !!!

La fille en question harcelait déjà son ancienne camarade. Et bien sûr, à propos du soi-disant golem. Qu’il était beau, qu’elle voulait faire connaissance. Même si elle resta très calme et tout à fait cordiale, la jeune femme répliqua rapidement qu’il s’agissait de son petit ami. Ah oui, ces mots prononcés par elle… ça faisait un choc et pas petit il fallait bien l’admettre. Surtout alors qu’elle déclinait son identité. Oui, c’était Tristan, son Tristan, celui qui n’avait jamais complètement quitté ses pensées et qui était enfin devenu son compagnon !
Oui c’était une nouvelle encore plus choc ! Surtout que l’amie en rajoutait une couche qui n’était sans doute pas nécessaire.

Elle se demandait sans doute si les rumeurs sur les Drakkari étaient fondées. Fort heureusement, à la réaction de Cassidy, elle ne sembla comprendre qu’une chose : que la demoiselle était beaucoup trop timide et prude pour y penser et encore plus donc pour en parler. Ohoh !!! Lueur d’espoir ! Si elle ne faisait rien avec son si… appétissant compagnon, il faudrait bien que quelqu’un se soucie un peu de lui et… le satisfasse un minimum. Intéressant non ?

Mais elles n’eurent pas loisir de converser beaucoup plus car des hommes s’avancèrent. L’un d’eux, grand et assez bourru qui devait abuser de la bière un peu trop souvent malgré son jeune âge, étant le chef de la bande, se fit bien plus… trop familier. Bien sûr, alors qu’ils s’étaient approchés, ils ne semblaient avoir d’yeux que pour la jolie mage tellement hum… attirante ce soir là.
C’est vrai qu’elle n’était pas comme ça avant mais était-ce vraiment une raison pour se montrer aussi familier. Voilà qu’ils comptaient se faire pressants et l’inviter à danser…Manière détournée de pouvoir placer leurs grosses pattes sur ce joli corps qui ne demandait qu’à être déshabillé ! selon eux du moins.

Mais Tristan qui commençait à revenir, s’interposa rapidement. Il semblait calme mais dans ses yeux la colère était pesante ! Il se fit tout de même un brin… brutal, attrapant le chef par le collet en le maintenant d’une seule main et sans mal au-dessus du sol même si son autre main vint rapidement se serrer également sur le tissu de ses vêtements, c’était sans doute plus menaçant ainsi.
Très calme, mais ton lourd de menaces alors qu’il semblait réellement prêt à en découdre et surtout ne pas parler à la légère. Pourtant son discours restait courtois, en particulier du fait de la présence des jeunes femmes, autrement, il l’aurait été… beaucoup moins. Après tout, ces gars là n’entendaient rien à la courtoisie.

Il aborda même un sujet assez particulier… le fait qu’ils aient osé passer à tabac une jeune demoiselle, simplement parce qu’elle avait défendu celui qui deviendrait un jour l’homme qu’elle aimait. Enfin il ne le formula pas, se contentant de sous-entendus mais ils semblèrent comprendre et surtout ne pas vouloir se mesurer à pareil personnage et finirent par s’éloigner tout simplement, sans rien tenter… mais sans tarder !!!

Ils faisaient mieux ! Tristan se redressa, non sans fierté, bombant le torse. C’est qu’il n’allait pas laisser des rustres ennuyer sa petite amie !!! Non mais oh ! Et oui ! Il l’avait dit ! Elle était sa petite amie, il assumait parfaitement et en était même très fier ! Surtout qu’ils n’avaient aucune raison de le cacher là, si ?
Mais la petite amie en question, bien que sans doute ravie qu’il lui fasse ce témoignage semblait surprise. Ah oui, c’est vrai qu’il ne l’avait pas prévenue. Il lui sourit doucement en récupérant son verre, l’encourageant pour le sien en précisant que ce n’était que du jus de fruits.

- C’est juste que le tatouage… enfin je pense qu’il s’agit de ça, m’a montré à quel point tu croyais en mon innocence quand je me suis enfui… Une attitude très noble mais très bornée qui t’a valu… quelques problèmes avec ces types. D’ailleurs, c’est bien parce que tu es là et que je ne veux pas te causer d’ennui que je ne vais pas les démolir là… Parce qu’ils le mériteraient vraiment.


Il grommela quelque chose qui ressemblait fort à un « non mais c’est vrai, oser frapper une fille ! C’est vraiment n’importe quoi ! Moi si je voulais t’embêter à l’Académie, je t’embrassais, ça marchait bien mieux… et c’était mieux pour moi aussi… ».

Ils allèrent danser par la suite et s’il voyait qu’elle était un peu… crispée au début, Tristan se mit en tête de la dérider, dansant doucement avec la jolie mage, la guidant et ne grimaçant même pas les quelques fois où elle lui marcha sur les pieds. Il fallait dire qu’avec son poids plume, elle ne pouvait pas lui faire grand mal. Surtout, il essaya de l’attirer doucement contre lui, pour qu’elle cesse de penser aux autres autour d’eux. Ils n’étaient que tous les deux. Du moins pour lui c’était le cas.

A peine s’étaient-ils avancés sur la piste de danse qu’il avait cessé de voir le monde pour ne fixer son regard que sur elle et il était clair qu’elle occupait toutes ses pensées.
C’était agréable de danser avec elle et cela dura un petit moment avant qu’ils ne fassent une pause et qu’il ne soit invité par l’amie de sa compagne. Le jeune homme qui aimait danser et avait besoin de se défouler puisqu’il n’avait pas assez fait travailler son corps aujourd’hui, accepta avec plaisir.

Pourtant la jeune femme semblait d’humeur… à parler et le lui prouva rapidement, se rapprochant parfois de lui plus que ce que la danse nécessitait.
Il était encore un peu dans les nuages, pensant aux remerciements que lui avaient accordés certaines personnes suite à son intervention avec la bande discourtoise. Il ne s’y attendait pas, ça lui faisait plaisir.
Ah ? Elle disait qu’elle était contente de le revoir. Son visage lui disait vaguement quelque chose, tellement flou par rapport à celui de la petite mage blonde et ses tresses dorées.
Elle déclara même que Cassidy avait de la chance et qu’elle, elle aurait bien voulu faire connaissance et plus si affinités.
Il lui fit un beau sourire, oui, celui en coin tellement craquant qui voulait dire tant de choses.

- Celles avec qui j’ai fait connaissances n’ont jamais été déçues en effet.

Petit sous-entendu ? Euh… oui… et même gros sous-entendu quand on y réfléchissait ! Sérieusement, il avait dit ça ? Il fallait croire que oui !
En tous les cas, c’était loin de décourager la jeune femme même si celle-ci avait précisé ne pas vouloir s’attirer les foudres de la petite mage. Ben quoi ? Tout dans l’attitude des jeunes gens laissaient entendre qu’ils étaient bien ensemble. Mais en même temps Cassidy avait semblé terriblement gênée par sa question sur les performances des Drakkaris. Et si, comme elle s’en doutait ils n’avaient encore « rien fait »… sans doute avait-elle toutes ses chances.

Elle tenta finalement petit-à-petit le jeune homme, prétextant une danse assez langoureuse pour se coller ostensiblement à lui. De son côté Tristan, content que sa petite mage s’amuse, la regardait de temps en temps danser. Une main censée être dans son dos qui glissa un peu trop bas (ben quoi, on tate la marchandise ! C’est comme le melon !!!) et le fit sursauter. Il lança un regard surpris à la jeune femme qui rougissait sous son nez.
Elle lui avait avoué pas mal de choses, qu’elle n’avait jamais osé venir lui parler et qu’elle se souvenait de lui. En temps normal, elle n’aurait même pas eu besoin du quart de tout ça pour qu’ils s’enfuient rapidement de la fête et aillent jouer euh… à un autre jeu…

Par respect pour elle et pour éviter toute débandade et problème dans la soirée, il se contenta de s’excuser et retourna siroter un verre en attendant que Cassidy finisse sa danse. Après quoi, sans que rien ne le présage, il attrapa la main de la jolie mage et l’entraîna à l’écart.
Lui mettant un doigt sur les lèvres pour ne pas qu’elle parle, il se glissa dans son dos et noua avec douceur autour de ses yeux un bandeau sombre avant de l’encourager à passer les bras autour de son cou pour qu’il puisse la porter.

- C’est une surprise… ne triche pas.

Et sans plus d’explication, il se mit à marcher rapidement. Les bruits de la fête commencèrent à s’estomper pour totalement disparaître au final.
A leur place, un glougloutement commença à se faire entendre, agréable, calme, puis plus fort, ça ressemblait à un bruit de chute d’eau, d’une cascade. Enfin, il plia les genoux pour poser les pieds de la jeune femme par terre et l’aider à se redresser et l’enlaça. Avant de l’orienter doucement vers ce qu’elle était sûrement censée… voir.
Il lui enleva alors son bandeau.

Et là c’était la surprise.
Quand avait-il fait ça ? Bonne question. Sûrement lorsqu’il s’était éclipsé après sa douche. En tous les cas, il avait disposé une grande couverture sur le sol herbeux, sur les pierres proches de la cascade il avait posé des bougies qui étaient allumées et ça et là, se trouvaient des bocaux ou bouteilles dans lesquelles il avait mis… des lucioles qui donnaient au lieu un air assez… enchanteur… surtout qu’il avait fait de même très proche de l’eau et de petits poissons, fascinés s’en approchaient au plus près. Il y avait aussi un panier pour l’instant fermé et un peu plus loin, la fumée d’un feu qui se dégageait encore près d’une espèce de petit bassin plein d’eau. Il l’embrassa dans la nuque, profitant qu’elle lui tourne le dos.

- Joyeux anniversaire princesse…
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Cassidy Herediane
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MessageSujet: Re: Un retour dans le village d'enfance   Ven 9 Nov - 18:52

Oh Cassidy se sentait un peu honteuse à l’égard de son compagnon. Lui faire peur une nouvelle fois ou l’inquiéter n’était pas dans ses idées. Cependant, cela lui fit penser, et elle pria intérieurement les dieux pour ça, qu’il valait mieux que rien ne lui arrive. D’accord, le problème c’est qu’elle attirait constamment les ennuis.

Que ce soit sa magie défectueuse, ses états d’âme, ses mystérieux poursuivants quand elle était plus jeune, la pauvre Cassidy n’était pas gâtée. Et pourtant, elle n’avait rien fait pour mériter ça. Elle ne pensait pas qu’autant de choses se produiraient. Tant de mystères à résoudre, des évènements sans queue ni tête. Si elle avait su, elle n’aurait pas quitté son village natal et se serait convertie dans un autre métier.

Mais bon, on ne pouvait pas revenir en arrière, d’autant plus que peut-être d’autres évènements auraient pu se produire.

Alors que Tristan la portait, Cassidy ne pouvait s’empêcher de glisser le bout de ses doigts sur le torse de son compagnon, tout doucement même si ça lui donnait quand même des idées très étonnantes. Pourtant la jeune mage les chassa rapidement de sa tête.

Elle pensa ensuite à autre chose pendant que Tristan la portait et elle était restée bien silencieuse tout le long. En effet, elle avait souvent pensé à Tristan pendant toutes ces années même si l’espoir s’était réduit l’année avant qu’elle ne le retrouve. Et lui ? Avait-il pensé un peu à elle durant toutes ces années ?

Non, peut être qu’il serait revenu la voir, ou au moins passer à leur village. Peut être pas… Cela ne devait pas être facile pour lui et puis il avait bien dit qu’il avait fait une croix sur le passé. Enfin quand il était encore désagréable et qu’il voulait à tout prix se faire détester. Ou peut être qu’il avait changé un peu à son contact. Bref, beaucoup de suppositions mais de toute manière elle n’obtiendrait peut être jamais les réponses.

Elle s’était ensuite entretenue avec sa mère et avait bien oublié de dire que Tristan était avant un grand charmeur, séducteur et qu’il courtisait les dames comme on pouvait collectionner les chaussures. Mais ça c’était du passé, Tristan avait été suffisamment ferme à ce sujet après l’incident avec Maud. Ca n’allait pas être facile tous les jours, surtout que les prétendantes se bousculaient au portillon mais à elle de prouver qu’elle serait la meilleure.

Jordeth semblait apprécier la discussion avec Tristan. Il n’avait jamais vraiment voyager, sauf à l’âge adulte pour s’installer dans ce village alors écouter les aventures et informations du Drakkari, c’était vraiment intéressant. Cela prouvait qu’il était un homme ne pensant pas qu’à taper ou bourriner mais qu’il était assez attentif à ce qui l’entourait.

Il se mit à rire à la réflexion de Tristan. Spontané et pas du genre prise de tête. D’ailleurs le jeune homme expliqua qu’il aimait ce trait de caractère chez sa famille. Un bon point ça ! Une fille têtue c’est toujours dur à accepter. Quand on pense que chez les nobles les demoiselles doivent avoir une certaine tenue et ne doivent pas désobéir à leur compagnon. Beaucoup d’hommes aussi, chez les humains du moins, ne supportent pas qu’une femme réplique, s’attendant plutôt à des compagnes obéissantes et charmantes.

Cassidy était loin d’en faire parti. Et ce n’était pas parce qu’elle était en couple avec Tristan qu’elle allait se taire gentiment si elle avait envie de parler. Du moins, elle comptait toujours donner son avis, d’accord ou pas.
Il avait bien aussi remarqué que perdre était dur à avaler pour la petite mage et avant que le père ne put répliquer, les deux femmes revinrent.

En fait, quand ils parlèrent de douche, Cassidy avait attrapé le bras de son compagnon comme si c’était parfaitement naturel qu’ils prennent leur douche ensemble. Après tout, c’est ce qui s’était passé ces derniers jours, surtout provoqué par l’un et par l’autre, se cherchant des prétextes pour atterrir ensemble dans la salle de bain. Ou plutôt en se provoquant.

Serait-elle en train de devenir perverse ? A voir sa tête complètement innocente et naïve, on pouvait se poser bien des questions. Surtout qu’on pouvait lui rajouter des ailes dans le dos et l’auréole sur la tête et la demoiselle serait parfaite.

Ils avaient donc été sous la douche chacun leur tour puis Cassidy était sortie, éblouissante alors que les parents avaient du mal à en revenir qu’enfin leur petite fille se mettait à s’assumer. Eh bien ! Il s’en était passer des choses avec ce Drakkari. Plus têtue qu’elle, ce n’était pas possible. Enfin si, sa mère. Mais encore lorsqu’elle était allé les voir et que ses parents, s’inquiétant un peu pour elle, lui conseillait de faire un peu plus féminine, ou d’aller s’amuser un peu plutôt que de passer pour une ermite.

Ah à vrai dire… elle était une mage et à voir comment son maître se conduisait aussi, c’était tout à fait compréhensible qu’elle se conduise comme ça. En effet, ce dernier restait très en retrait. Bien sûr, il venait faire son marché une fois par semaine et descendait parfois au village mais il restait la plupart du temps dans sa petite chaumière sur une colline bien à l’écart, observant la vie qui défilait ou se baladant dans la forêt. Enfin, personne ne se posait de questions. Après tout c’était un mage très réputé sur Ascadian, il valait mieux ne pas le froisser.

Mais la petite Cassidy, qui avait passé toute son adolescence avec lui, avait quand même pris certaines habitudes. Travailler avec acharnement, toujours devenir plus forte, plus performante. Elle avait ses propres objectifs à atteindre et sûrement pas de temps pour batifoler à droite et à gauche à part dans une bibliothèque.

Non, la magie n’était pas vraiment un travail quand on la regardait de son point de vue. C’était une belle source de distraction. Pouvoir créer des choses magnifiques en partant de rien. Pouvoir aider et rendre le sourire aux gens. C’est bien sur ce type de conviction que la jeune femme agissait.

Elle ne voulait pas qu’on la voit en tant que femme dans un premier temps, mais comme une personne capable d’aider, de soutenir et pas un vulgaire morceau de viande attirant pour une bande de mâles frénétiques. Hem…
Bref, les parents étaient charmés. Cassidy apprécia le compliment de Tristan et tout semblait normal, si ce n’est qu’elle remarqua son regard lorsqu’il s’approcha d’elle. Ah oui effectivement, ça lui rappelait bien des choses… et des envies. Mais comme les parents étaient là, mieux valait rester sage.

Tristan s’approcha d’elle pour lui apporter une petite touche qu’elle n’aurait jamais pu faire elle-même. D’ailleurs, elle s’étonna de cette nouvelle compétence chez lui. Non seulement il avait du talent pour dessiner, une très bonne éloquence, un charisme certain et maintenant voilà qu’il s’improvisait en coiffeur.

Les parents apprécièrent, un homme qui prenait autant soin de leur fille ne pouvait être que bien. D’ailleurs, elle remarqua très bien le très léger effleurement sur sa gorge, ce qui lui donna quelques frissons. Ohlala ! Maîtrise… Maîtrise… Ce n’était pas évident pour elle de ne pas changer d’expression pour lui montrer que ça lui plaisait. Grrrr il ne perdait rien pour attendre le beau jeune homme !

Cependant celui-ci demanda à s’absenter. Cassidy se questionna un peu mais ne fit aucun commentaire. Elle se contentait de regarder par la fenêtre le temps que ses parents finissent de se préparer. Et lorsqu’ils étaient sortis, sa mère lui fit remarquer qu’elle risquait d’avoir froid comme ça. La jeune femme avait un sourire sur le visage. Ca ne risquait pas d’arriver, surtout avec un Drakkari dans les parages.

Tristan arriva rapidement et encore une fois, Cassidy ne lui posa aucune question au sujet de son absence, il avait ses raisons sûrement.

C’est vrai que pour une mage, elle aurait pu très bien invoquer une création pour se sentir moins seule. Mais rien du tout, le Drakkari était bien fait de chair et de sang, un bel homme qui semblait plaire aux femmes. Whaaa… eh ben Cassidy n’avait pas fait les choses à moitié ! Bon il fallait juste signaler qu’elle n’avait pas pensé à l’apparence en premier, même si elle devait avouer que c’était un sacré bonus. Elle l’aimait pour bien d’autres raisons, c’était ça le plus important.

Une fille, Katy de son prénom, s’approcha rapidement de Cassidy et pendant que Tristan partit chercher de quoi boire, la conversation s’entama. Ah ah… quelle nouvelle en effet ! Déjà un, que Cassidy sorte avec un homme c’était un bel évènement à inscrire dans le calendrier mais qu’en plus, il s’agissait de son petit rival de l’école primaire l’était encore plus !

Ils avaient toujours montré l’un et l’autre qu’ils ne pouvaient décidément pas se supporter très longtemps. Non, de par leur caractère trop différent, l’un chamailleur, l’autre trop droite dans les règles, il n’y avait aucune raison pour qu’ils finissent dans les bras l’un de l’autre. Les apparences sont parfois bien trompeuses.

Lorsque Katy aborda les performances des Drakkaris, après tout beaucoup de choses circulaient à leur sujet mais difficile de démêler le vrai du faux, Cassidy ne put s’empêcher de piquer un fard avant de paraître très mal à l’aise même si elle tentait de garder une certaine convenance. Ah ! Comment pouvait-elle le savoir tout ça ? Hem c’est vrai que c’était son premier homme mais bon. Et puis, elle n’était vraiment pas prête de dire qu’ils couchaient ensemble. Aaaaaah non ! Pas qu’elle en avait honte mais… elle qui était si innocente, si naïve, et si contre les idées d’un homme s’abandonnant aux plaisirs de la nuit, ça faisait bizarre tout simplement.

Pour Katy, cela ne l’étonnait pas de la part de Cassidy. Elle était tellement prude et réservée que faire des choses dans un lit avec un homme, il faudrait attendre bien des années. Et peut être même que Tristan serait frustré par ce manque d’activité. C’est un homme après tout !

Cependant une bande de jeunes débarqua pour complimenter Cassidy, de la manière la plus brusque qui soit. Cassidy qui n’aimait quand même pas certains comportements, se préparait à répliquer mais Tristan était plus rapide et était bien prêt à affirmer à qui le souhaitait qu’on embêtait pas impunément la dame Herediane tant qu’il était dans les parages.

Si Cassidy était touchée par cette déclaration, elle fit vite le rapprochement. Après tout c’était un de ces évènements marquants et que Tristan sache des choses sur son passé, ce n’était pas normal. A moins qu’il espionnait de loin. Elle lui demanda alors des explications. Tristan lui expliqua pour le tatouage. Aaah dans ce cas, il risquait d’en apprendre encore longtemps des choses et elle se mit à rougir !

Mais elle bu rapidement une gorgée de son jus de fruit pour cacher sa gêne, que Tristan lui avait rapporté au passage.

Il expliqua qu’il voulait quand même les démolir, pour un évènement passé. Cassidy était touchée de ce geste même si il n’y avait pas de quoi se réagir pour une bagarre mais après tout, c’était Tristan. Elle se retint bien de lui dire que ce n’était pas vraiment nécessaire, maintenant que c’était passé, elle ne s’en souciait plus vraiment et puis ce n’était pas si violent que ça au final. Il y avait bien pire.

Cependant, elle l’entendit grommeler des paroles dignes d’un parfait homme chevaleresque, et précisa qu’embrasser était mieux que taper. Ah oui c’est vrai qu’au départ… enfin ce n’est pas qu’elle appréciait pas mais elle trouvait ce comportement déplacé. L’embrasser alors qu’ils n’étaient pas ensemble ! Enfin… c’est son audace qui l’avait charmé aussi mais il avait beaucoup de chance… dans d’autres circonstances ça ne se serait pas passé comme ça.

Ils se mirent à danser et Tristan fit tout pour la mettre à l’aise, la rassurer et c’est vrai qu’après quelques pas de danses, ils étaient juste tous les deux en train d’évoluer près du feu. Cassidy souriait, se perdant dans les yeux du Drakkari, le feu à proximité donnant beaucoup plus d’intensité à ses beaux yeux orangés. La jeune femme ne fit même pas attention quand elle lui marcha sans faire exprès sur les pieds.

Puis ils retournèrent discuter autour du buffet avant que Katy ne propose à Tristan une danse. Le regard de Cassidy était suffisant pour rappeler à l’ordre mais malheureusement cela ne dura pas longtemps. De son côté, un autre jeune homme l’avait invité à danser et elle se laissait faire même si elle répliqua qu’elle lui marcherait sûrement sur les pieds.

Bon, c’était plus par courtoisie qu’elle se mêlait à ça, mais Tristan lui semblait bien s’y plier alors elle aussi. Et puis, ça permettait de diversifier un peu les choses.

Sauf que Katy avait dans l’idée de rappeler à Tristan ce qu’elle avait ressenti elle. Et Tristan la surpris fortement en sous entendant que d’autres n’avaient pas été déçues. Ce qui montrait… que le beau jeune homme devait avoir eu quelques conquêtes quand même… mais cela ne la découragea pas pour autant, alors qu’elle en profita pour se coller un peu plus contre le beau Drakkari.

Cassidy avait le dos tourné, fort heureusement, car sinon elle aurait certainement lancé des éclairs et à voir la main qui descendait plus que prévu dans le dos à Tristan, la petite mage aurait sûrement passé un savon à son ancienne camarade de classe. Nan mais oh ! Pas touche là !

Sauf qu’alors qu’elle venait d’achever sa danse, une main la tira à l’écart. Elle reconnut Tristan qui s’empressa de poser un doigt sur ses lèvres alors que la jeune femme avait bien l’intention de s’exprimer quant à la raison de cette mise à l’écart. Mais elle garda le silence, curieuse et surprise alors qu’il l’invita à monter sur son dos sans enlever le bandeau de ses yeux.

La jeune femme se laissa faire sans dire un mot mais encore une fois, et pour se venger de ses doigts baladeurs sur sa gorge tout à l’heure, elle glissa ses mains sous sa chemise, quelques petites caresses alors qu’elle se laissait porter.

Cassidy put se rendre compte grâce à son ouïe que les bruits de fête s’éloignaient. Elle pouvait entendre les pas de Tristan sur le sol jonché de feuilles puis un bruie d’eau se fit entendre. Première pensée stupide, il ne comptait pas lui apprendre à nager maintenant quand même ?

Elle se sentit reposée sur le sol alors qu’il l’enlaça, enleva le bandeau et la tourna, ce qui la laissait bouche bée devant ce spectacle. Oh bien sûr elle connaissait bien cet endroit, la cascade de son enfance vers laquelle elle flânait souvent pour être au calme. Mais cet endroit était encore plus magique, grâce à la disposition des bocaux à luciole qui rendait l’ambiance féérique. Whaaaa…

Les yeux de Cassidy brillèrent de joie alors qu’elle sentit un délicat baiser dans sa nuque. Pour lui souhaiter son anniversaire, ça c’est sûr elle allait s’en rappeler pendant très longtemps ! Même inoubliable sûrement ! Elle était totalement émue, des souvenirs plein la tête, en particulier celui de ce petit garçon qui lui avait volé un baiser un jour d’été.

Elle se retourna vers lui, complètement sous le charme, le regardant les yeux brillants et une expression magnifique sur le visage qui montrait tout le bonheur qu’elle éprouvait à ce moment, n’arrivant pas à trouver les mots pour s’exprimer.

« C’est… je… tu m’avais caché que tu avais des talents pour la magie ! »

Cassidy se mit à rire doucement avant de placer ses mains sur les hanches du garçon.

« Je rectifie… Je pense que c’est encore plus beau que de la magie »

Des pensées revinrent à elle, des souvenirs. Finalement ils ne s’en sortaient pas si mal. Ils avaient survécu tous les deux, pour mieux se retrouver. Tout ce qu’espérait maintenant Cassidy, c’était de vivre une petite vie tranquille avec son Drakkari, avec son académie et sans turbulences.

Elle se rapprocha de son visage et l’embrassa très tendrement, ses mains ayant glissé le long de son torse,charmée. Dans un sens, c’est comme si elle lui rendait ce baiser volé il y a treize ans en arrière. Elle s’écarta un peu, pour mieux lui parler. Si elle s’écoutait peut être qu’elle aurait été beaucoup plus insistante mais à voir le panier à côté de la couverture, il y avait peut être encore des choses à découvrir.

« Cet endroit est encore plus magnifique qu’avant. Je… merci… »

La demoiselle l’enlaça dans ses bras et posa sa tête contre son torse. Ca pour une surprise, c’était une belle surprise.
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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: Un retour dans le village d'enfance   Sam 10 Nov - 17:28

S’éloigner de cette fille et vite… Il n’avait pas du tout prévu qu’elle le colle ainsi. C’était une amie de Cassidy. Il pensait que l’amitié… était suffisamment importante pour éviter ce genre de désagrément. Apparemment il s’était trompé. De un, parce qu’elles ne se voyaient plus que très peu et étaient devenues amies plus par la force des choses que pour une sincère affinité. Bah oui, dans un petit village, tous les enfants se connaissent et les filles du même âge sont bien obligées de devenir amies. De deux… il était trop beau garçon sans doute pour que ce soit suffisant de toute façon. De trois… eh bien une demoiselle jalouse et têtue ne se décourage pas facilement et assurément, Katy ne devait pas comprendre qu’une demoiselle, même au grand cœur comme Cassidy, totalement coincée pour ne pas dire nonne de nature, finisse avec un homme aussi craquant, Drakkari qui plus est… ce qui semblait avoir décidé de réveiller ses hormones.

Surpris, il l’avait été ! Ah ça oui, Tristan ne s’y attendait pas à ces mains baladeuses et s’était rapidement écarté. Parce qu’il n’avait pas l’intention de faire de la peine à sa compagne et parce qu’elle avait été bien assez éprouvée par ce qui s’était passé la veille. Entre la mauvaise magie qui l’avait épuisée et leur euh… nuit pas des plus calmes qui l’avait encore plus épuisée, il allait la ramasser à la petite cuillère si ça continuait.
Il s’était donc éloigné et attendant que sa compagne finisse de danser, avait but le contenu de son verre avant de lui attraper la main et de l’amener à l’écart. Lui imposer un léger silence alors que son sourire s’élargissait dans la semi obscurité. L’instant d’après, elle était aveuglée par un bandeau et il la portait.

Aie… aie… aie…
Ca il ne l’avait pas prévu… Qu’elle profite qu’il la porte et ait donc les mains occupées à la soutenir dans son dos, pour glisser les mains sur son torse. Tristan ferma les yeux et se força à respirer calmement. C’était agréable, un peu trop sans doute et puis… c’est qu’elle devenait quand même assez douée pour glisser les mains sous sa chemise !!! Même si pour le coup c’était par le col cette fois. Plus du tout effrayée par ce genre de contacts la jolie demoiselle.

Elle devait être surprise qu’il l’entraîne à l’écart maintenant. Après tout, la fête battait son plein, les rires et chansons reprises en chœur résonnaient. Tout le monde s’amusait beaucoup et les cœurs devenaient de plus en plus joyeux à mesure que la fête avançait et que les verres se remplissaient. C’était parfait en vérité car on ne risquait que peu de remarquer leur absence. Et personne ne viendrait les déranger.

Il n’empêche, il ne lui imposait pas un énorme suspens puisqu’elle pouvait entendre plus ou moins les indices lui indiquant où ils se rendaient et quand il la débarrassa enfin de son bandeau après l’avoir reposée au sol, elle put avoir confirmation. Oui… ils étaient bien là… ce dernier endroit où ils s’étaient vus. Enfin plutôt où il l’avait vue puisqu’elle ne se doutait pas que c’était lui.
Cette cascade.

Quand ils étaient enfants, elle venait souvent ici. Peu de personne se rendaient dans ce lieu d’ailleurs. Sans doute était-ce fortement dommage mais bien mieux pour elle, enfin… pour eux. En effet, il y avait de nombreuses petites cascades ou points d’eau autour du village. D’ailleurs c’était quand même surprenant qu’elle n’ait pas appris à nager justement étant donné ces nombreux points d’eau. L’air de rien, le jeune homme soupçnonnait un malheureux souvenir d’en être responsable. Il suffisait qu’elle ait failli se noyer une fois pour que le souvenir terrible la hante et lui offre une certaine forme d’hantise de l’eau profonde.

Bref, cette cascade-ci, bien qu’enchanteresse était tout de même beaucoup plus éloignée et surtout difficilement accessible puisqu’abordable seulement par de hauts rochers qui n’étaient tout de même pas simple à escalader. Elle était dans une espèce de petite cuvette pourtant magnifique, un peu comme qui dirait… isolée du reste du monde. Il releva les yeux et jeta un regard mélancolique sur un arbre qui avait bien grandi en treize ans. C’est celui-ci qu’il escaladait pour l’observer quand elle venait là. Souvent elle s’installait sur une des grandes pierres plates recouvertes de mousse, adossée à une autre, lisant un livre, parfois elle écrivait dans un cahier… il s’était toujours demandé quoi d’ailleurs…

C’est vrai qu’il avait quand même fait quelque chose de très spéciale pour la peine. Peu importe comment il s’y était pris, il avait réussi à attraper suffisamment de lucioles pour en mettre dans de nombreux petits récipients transparents et l’ambiance que cela donnait au lieu déjà enchanteur avait quelque chose de mystique. Les bruits de la fête, pourtant fort étaient couverts par les grillons et la chute d’eau. Qui aurait cru que le grand guerrier était un romantique. Personne sans doute et lui encore moins !!!!

En tous les cas, Cassidy semblait aussi surprise qu’enchantée ! Il bomba fièrement le torse, ravi de son petit effet, après tout, il s’était appliqué pour que ce soit… parfait. Elle avait les larmes aux yeux et pendant un très court instant il craignit d’avoir fait une bêtise mais apparemment c’était juste de la joie… beaucoup de joie. Il lui sourit alors qu’elle parlait de magie et se baissa vers elle, effleurant ses lèvres du bout des doigts, une souffrance certaine dans le regard, comme si résister à l’envie de l’embrasser était le combat le plus difficile qu’il ait eu à mener. Un sourire mystérieux éclaira pourtant son visage.

- J’ai encore bien des choses à te faire découvrir princesse.


Elle avait parlé de magie, c’en était presque drôle. Après tout, c’est vrai que cela semblait assez… magique justement, effleurement de sa joue cette fois alors qu’il l’observait avec une tendresse certaine. Il se laissa faire quand elle s’approcha et l’embrassa et son estomac se noua. Oui… ça y ressemblait, comme une réponse à son baiser treize ans plus tôt.
Non pas tout à fait, c’était bien plus que ça en fait…

Il y a treize ans, il l’avait retrouvée ici et lui avait volé ce baiser dans cet endroit où il l’avait si souvent observée, pour lui dire adieu… Aujourd’hui elle le lui rendait en réponse à des sentiments qui étaient nés tant d’années plus tôt mais surtout, c’était une promesse. Une promesse qu’il n’y aurait plus d’adieux justement.
Elle fit cesser leur baiser pour se blottir contre lui et dut sentir les battements rapides de son cœur. Pour sa part il ne répondit pas, se contentant de la presser contre lui, le regard pourtant… paniqué.

Quel idiot !!! Il était tellement pressé de mettre son plan à exécution qu’il s’était dépêché dans la douche et… avait oublié de remettre son bracelet de force !!!! C’est vrai qu’il l’aurait gêné pour enfiler sa chemise puisque le tissu était relativement serré au niveau des poignets, mais il aurait pu le remettre après et ça lui était totalement sorti de la tête. Quel crétin !!! Il voulait pourtant que l’instant soit parfait et voilà qu’il n’était même pas en mesure de contrôler d’une quelconque façon que ce soit le flot d’hormones qui étaient en train de lui embrouiller le cerveau. Yarghhhh !!!! Voilà pourquoi il en avait tellement besoin !!! Il était encore bien loin d’être habitué à ses baisers et ses caresses, au frôlement de son corps contre le sien et en particulier après une journée d’abstinence de tout réel contact !!!

Il se mordit fortement la langue, fermant les yeux pour se forcer à retrouver son calme et par tous les dieux… c’était beaucoup plus difficile qu’il n’y paraissait !!!! Elle était en train de le remercier là ! Que diable ! Un peu de tenue !
Il la serra un peu plus, doucement puis la lâcha et lui souriant comme si de rien n’était alors qu’il s’insultait toujours mentalement d’avoir oublié son bracelet, il l’invita à le suivre, descendant des rochers en l’aidant galamment pour rejoindre le petit coin qu’il avait dégagé. Sans doute avait-il testé plusieurs endroits avant car c’était certainement le plus confortable.

Le jeune homme l’invita à s’asseoir avant de s’agenouiller à côté du panier et d’en sortir des espèces de petits sandwich, des légumes dans une espèce de bol et des verres. Se redressant, il s’approcha de la cascade et prenant garde de ne pas glisser, tira de l’eau une bouteille qu’il s’empressa d’ouvrir. Du cidre vu les bulles. Il lui sourit tendrement en remplissant son verre.

- C’est grâce à tes parents surtout tout ça… Je leur ai fait par de mon « plan » pour te surprendre pendant que tu étais sous la douche et ils m’ont aidé à tout préparer. Il y a aussi des biscuits de ta mère après… Ca ce n’est pas trop fort alors je me suis dit que tu pourrais en boire sans finir trop… pompette. Et puis, si tu me fais des avances, aujourd’hui c’est moins grave qu’avant.


Il lui fit un sourire complice, ne se rappelant que trop bien de ce fameux épisode à Glindel où sérieusement sous les effets de l’alcool, la jeune femme s’était faite beaucoup trop entreprenante pour son caractère si prude et l’avait tant tenté que c’était un miracle qu’il se soit retenu d’en profiter. Pendant leur période de froid polaire il l’avait sincèrement regretté. Mais plus à présent. Il l’invita à s’installer contre lui en voyant qu’elle frissonnait légèrement et s’amusa à lui faire goûter le contenu de son propre verre et ce même si c’était exactement la même chose, déposant des baisers dans ses cheveux alors qu’ils fixaient tous les deux la cascade rendue miroitante par l’éclat de la lune et de toutes ces petites lucioles.

Nouveau mordillement de langue. A l’avoir contre lui, il ne pouvait ignorer son parfum et le goût sucré de sa peau lui revenait en mémoire avec une netteté presque douloureuse. Nom d’un papillon mutant ! Il était sérieusement accro en fait ! Ce serait difficile d’apprendre à contenir cet état de manque total d’elle, de ses lèvres, sa peau, et ses caresses. Il secoua légèrement la tête, essayant de chasser les idées qui s’enchaînaient dans son esprit et qui n’étaient décidément pas en adéquation avec l’instant censé être romantique.
Il tenta de parler pour essayer de penser à autre chose même s’il resserrait un bras autour d’elle si fort qu’une mouche n’aurait pu se glisser entre eux deux.

Il acceptait sans broncher, avec un plaisir sincère, les petits sandwichs qu’elle lui tendait de temps à autres ou plutôt qu’elle levait vers lui, un peu à l’aveuglette vu qu’elle lui tournait le dos. D’ailleurs il prenait un malin plaisir à tenter de s’emparer de ses doigts davantage que du sandwich…

- Enfin… je n’ai pas fait que ça tout le temps que je me suis absenté en fait, tu t’en doutes. J’avais vraiment besoin d’être seul… mais c’était surtout pour ça. Je regrette de ne pas t’avoir souhaité ton anniversaire le jour même… J’aurais pu te traiter de vieille avant de te voler un baiser soi-disant parce que tu ne serais pas prête à en recevoir beaucoup d’autres… tout ça parce qu’on n’était pas encore… enfin bon, tu as compris.


Il lui donna doucement son verre et elle put remarquer que ses mains tremblaient alors qu’il passait doucement les doigts d’une de ses mains dans sa nuque.

- Tu as dis que l’eau était… froide hein ? Je peux t’assurer que par là bas, c’est loin d’être le cas. J’ai passé un moment à desceller un « coin » que j’ai découvert quand j’étais plus jeune et que j’aimerais te montrer. Tu sais que les archives du village parlent de sources chaudes sous-terraines… j’en ai trouvé une il y a environ quinze ans. Alors si tu veux on peut…

Il secoua la tête.

- Ce n’est pas spécialement pour ça qu’on est ici, ne t’en fais pas, c’est juste que… je ne savais pas vraiment… quoi faire pour te faire plaisir.

Sa main trembla un peu plus alors que le bras autour de sa taille se détachait d’elle et qu’il pianotait doucement de ses deux mains sur sa nuque, tripotant apparemment son collier.

- Au final… j’ai trouvé… Et… c’est… c’est sincère. Ca compte… énormément pour moi. Alors je veux que tu l’aies, d… d’accord ?

Oulà… Tristan ? hésitant ? Et balbutiant ?!!! Ca c’était un scoop. Il cessa de tripoter ses cheveux ou peu importe ce qu’il tripotait d’ailleurs. Il s’avéra que c’était bien le fermoir de son collier, celui que lui avait offert son maître et qu’elle ne quittait jamais (d’ailleurs il trouvait ça terriblement sexy quand elle était seulement en sous-vêtements… ou mieux, allez savoir pourquoi). Un tintement se fit entendre, objet qui tapait contre le petit pendentif magique. Elle dut porter la main à celui-ci pour prendre conscience de ce que c’était sans doute.

Et là, tout à coup, l’hésitation, le balbutiement, tout s’expliquait chez Tristan. Car c’était bien sa chevalière qu’il venait de glisser à sa chaîne, objet auquel il semblait tenir davantage qu’à sa santé. Il pressa d’ailleurs doucement ses épaules, sans doute un peu inquiet d’un refus même informulé.

Spoiler:
 
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Cassidy Herediane
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MessageSujet: Re: Un retour dans le village d'enfance   Sam 10 Nov - 21:23

Katy semblait déçue que Tristan ne réagisse pas plus que ça. Pourtant elle remarqua qu’il avait changé. Un peu normal après tout quand on pense que le Drakkari à l’enfance était turbulent, bagarreur et chahuteur. Là il était tout simplement beaucoup plus calme et semblait même avoir perdu sa langue ? Elle fronça les sourcils ? Cassidy ne l’aurait quand même pas converti à la sagesse et à l’obéissance quand même ? Ca en devenait beaucoup moins intéressant.

D’ailleurs l’intéressée dansait plus loin, sagement aussi mais elle respirait une plus grande assurance qu’avant. Bon d’accord Cassidy avait toujours cherché à montrer une certaine assurance mais elle avait toujours été fausse, pour tenter de camoufler son ignorance, sa naïveté sur certains sujets.

A vrai dire, les enfants se connaissaient tous dans ce village, et grandissant, des liens restaient. Enfin Cassidy avait toujours défendu les filles et les garçons de sa classe contre Tristan. Pour aussi se faire un peu accepter par les autres. Mais elle n’avait jamais vraiment trouver une vraie bonne amie, celle avec qui on fait des confidences, rêve de grandes choses. Finalement, la demoiselle s’était toujours sentie un peu seule. On l’appréciait pour ses actions mais elle n’avait jamais cherché à partager un peu plus.

Bien sûr, à l’académie, ça commençait à changer. Il y avait certains professeurs qui avaient son âge alors peut être qu’un jour elle finirait par briser les barrières professionnelles pour devenir un peu plus humaine, moins secrète. Même si ce n’est pas facile chez un mage car ceux qui s’engagent dans la voie de la magie pure ne sont pas du genre à se dévoiler. Il suffit de voir Lisan pour comprendre rapidement que les mages qui vont loin ne sont pas les vantards qui veulent impressionner une quelconque galerie.

La jeune femme avait été attirée à l’écart après avoir danser, découvrant un monde qu’elle n’avait jamais soupçonner avant. Elle ouvrait tout simplement les yeux sur des divertissements qui n’attiraient pas son attention auparavant. Et ça c’était magique. Tristan devait y être pour quelque chose de son changement de comportement, il n’y avait aucun doute dessus. C’était vraiment rare et unique ce qui lui arrivait.

Tristan l’attira et réclama le silence. Elle se laissa faire un peu curieuse par ce que Tristan avait l’intention de faire. A voir le bandeau, il souhaitait la conduire dans un lieu dont il ne voulait pas lui révéler l’identité tout de suite. La jeune femme s’accrocha dans son dos mais ne put s’empêcher de passer ses mains dans son col pour avoir accès, un tout petit peu mais suffisant à son torse. Ah oui ça c’était pour lui rendre la pareil de ses légères caresses quand il la coiffait tout à l’heure ! Même si elle avait quand même commencé.

Pourtant, une inquiétude traversa l’esprit de la jeune femme. Et si ses parents se rendaient compte de leur absence ? Comment réagiraient-ils ? Elle se faisait quand même enlever par son beau compagnon là, pour aller dans un coin un peu plus tranquille et d’ailleurs, Cassidy ne savait toujours pas ce que trafiquait Tristan. Elle pouvait se faire plus ou moins une idée en utilisant ses autres sens mais rien ne la préparait à l’endroit qu’il lui montra.

Mais elle le reconnut en un clin d’œil. Depuis combien de temps n’était-elle pas revenue ici ? Depuis qu’on l’avait embrassé, croyant que son mystérieux « agresseur » reviendrait des années plus tard. Oh elle aurait pu pour lui coller une gifle mais maintenant qu’elle savait que c’était Tristan, ce n’était plus nécessaire.

Pourtant la jeune femme se rappelait, comme si c’était hier, de cet endroit qu’elle appréciait pour s’isoler, être au calme et puis elle était sûre que personne ne viendrait la déranger vu la difficulté pour s’y rendre. Bien sûr, jamais elle n’avait aperçu Tristan dans son arbre en train de l’observer. Comment aurait-elle réagi à cet âge là ? Peut être qu’elle aurait cru qu’il l’espionnait, qu’il cherchait une raison pour se moquer d’elle ou de l’embêter, ou encore qu’il attendait le bon moment pour la pousser dans l’eau.

Mais lorsqu’elle redécouvrit le lieu de son enfance, des larmes apparurent dans les yeux de la jeune femme alors qu’elle était émue et touchée par cette attention, prononçant quelques mots avant qu’il lui déclare qu’il y avait encore beaucoup de choses à voir. A vrai dire, Cassidy ne l’imaginait pas comme ça et ce n’était pas pour lui déplaire, au contraire ! Comment peut on résister à ce beau jeune homme qui se dévoile petit à petit ?

Elle l’embrassa tendrement, et il avait raison. Une réponse à son baiser donné il y a de nombreuses années en arrière mais cette fois là, elle ne le laisserait plus partir. Oh oui, une belle promesse, de son amour sincère qu’elle ressentait pour lui et qui faisait battre son cœur à un rythme fou. Elle se colla tout contre lui pour entendre les propres battements du cœur à Tristan qui s’agitait lui aussi. Ils étaient bien ici.

En revanche, elle ne savait toujours pas pour le bracelet. Il ne lui en avait tout simplement pas parler, alors la jeune femme agissait vraiment sans aucune retenue. Parce qu’elle se sentait bien. Tristan restait silencieux et sûrement pensif. Il se décolla d’elle avant de l’inviter à s’installer et d’ouvrir le panier pendant que Cassidy regardait tout autour d’elle, émerveillée et conquise. C’était encore plus beau que dans ses rêves ! Les petites lumières des lucioles se reflétaient sur la surface de l’eau, la lune était complice et brillait de milles feux tout là haut dans le ciel. Le bruit de l’eau était apaisant, agréable et la jeune femme ferma les yeux pour mieux apprécier l’instant.

Ah il parlait de complicité avec ses parents ! Ohlala ! Eh bien en tout cas il serait sûrement bien vu, ça c’était sûr, après tout ce qu’il faisait. Elle le regarda prendre le cidre avec curiosité puis fit une grimace. Ah elle se rappelait encore des effets de l’alcool, ce n’était pas très bon pour elle. Encore heureux que les effets ne se soient pas trop fait ressentir après ce qui s’était passé la veille.

« Je vois ! Eh bien dis donc, c’est une très jolie surprise en effet ! Mais tu es sûr que c’est une bonne idée pour l’alcool ? Je te préviens si je commence à faire des trucs bizarres, tu es responsable ! »

Elle lui tira la langue. Avant de venir se coller contre lui parce que la demoiselle avait un peu froid au final. Cassidy ignorait que Tristan avait des envies du coup et que d’être aussi près d’elle, après toute cette journée d’abstinence, ne l’aidait pas à se retenir même si il se débrouillait très bien et que la jeune femme ne remarquait même pas qu’il se torturait le pauvre.

Aidée par le jeune homme, elle buvait dans son verre. La jeune femme n’avait jamais eu l’occasion de boire du cidre mais c’était moins… fort que ce qu’elle avait bu la veille quand même, elle ne sentait pas grand-chose de l’alcool du moins.

Puis elle lui tendit quelques morceaux de sandwich sans vraiment le voir, mais pour s’amuser, sauf que le garçon avait aussi dans l’idée de croquer un peu ses doigts au passage, ce qui faisait rire la demoiselle. Les gâteaux de sa mère étaient toujours aussi bon, tout comme les sandwichs. Elle regardait d’un air rêveur l’étendue de l’eau tout en se laissant aller dans les bras de Tristan. Ils étaient sages, calmes, pas de raison de déchaîner ses ardeurs, d’autant plus que la situation ne s’y prêtait pas, enfin ils étaient surtout occupés à manger et fixer la cascade.

Puis, Tristan se mit à parler, regrettant de ne pas avoir souhaité son anniversaire le jour prévu mais la jeune femme ne pouvait pas lui en tenir rigueur. Ils avaient vraiment la tête à autre chose à ce moment là. D’ailleurs elle s’en voulait aussi d’avoir agit de cette façon avec lui et avait bien l’intention de répliquer mais le jeune homme continua sur sa lancée.

Il expliqua ensuite que quand le jeune homme n’était encore qu’un petit garçon, il avait trouvé des sources d’eau chaude souterraines non loin d’ici. Peut être pour aller faire une petite baignade. La jeune femme bougea dans ses bras tout en serrant le verre qu’il lui avait tendu en fermant les yeux. Oh ça pouvait être sympa une petite virée dans les sources d’eau chaude ! Tant que ce n’était pas trop profond et qu’elle avait pied, ça irait très bien !

Là aussi elle voulut répliquer mais elle garda le silence, car Tristan voulait apparemment parler jusqu’au bout avant de la relâcher et de passer doucement ses doigts sur sa chaîne tout en parlant, apparemment en train de trafiquer quelque chose dans son dos. Elle ne comprenait pas pourquoi sa voix était aussi lente et bredouillante, ce qui lui prenait pour avoir une telle tonalité jusqu’à entendre un tintement clair contre son pendentif.

Il voulait qu’il l’ait. Que ça comptait pour lui. La jeune femme porta sa main à son cou pour voir l’objet qu’il avait glissé autour de la chaîne et reconnu sa fameuse chevalière qui n’avait jamais quitté son doigt. Des souvenirs lui revinrent à l’esprit, elle se rappelait encore comment, lors de son arrivée à l’académie, les gardes lui avait confisqué cet objet et le regard qu’avait le jeune homme qu’il avait tenté de camoufler.

Cependant, Cassidy ne l’avait pas gardé très longtemps, elle lui avait même rendu la soirée même, le mettant dans sa main pendant le repas. D’ailleurs le jeune homme semblait si content qu’il l’avait enlacé pour la remercier… ça voulait dire beaucoup de choses.

Elle écarquilla les yeux, des larmes toujours présentes, les joues légèrement humides alors qu’elle tremblait un peu. C’était un cadeau de très grande valeur, elle ne savait pas tout quant à son histoire mais pour que Tristan soit dans cet état, ça devait être très important pour lui. Elle lui répondit d’une voix énormément émue, un peu tremblante.

« Tris’… »

Puis elle se tourna et l’enlaça tendrement, le serrant un peu fort contre elle, comme si la petite mage avait peur que son compagnon disparaisse à cet instant là. L’émotion la gagnait alors que quelques larmes coulèrent le long de ses joues, peut être à cause de ses émotions toutes récentes, même si ce n’était pas de la tristesse qui se reflétait dans les yeux mais plutôt un air très ému.

« Je… je… j’accepte bien sûr… mais j’espère juste… en être digne… je ne connais pas toute la valeur qu’à cette bague pour toi mais je pense que ça doit être inestimable à tes yeux… »

Elle caressa doucement ses cheveux rouges tout en le berçant.

« A ce propos, est-ce que maintenant tu voudrais bien m’en parler un peu plus ? De l’histoire de ta chevalière ? Enfin tu n’es pas obligé »

Elle attendit qu’il lui réponde, sans poser plus de questions puis le prit par les épaules et le fit basculer en arrière sur la couverture, la jeune femme se retrouvant au-dessus de lui, les yeux tout aussi brillants, où les reflets des lumières des lucioles réfléchissaient à l’intérieur.

« Merci… J’en prendrais soin en tout cas… Et sache quelque chose, même si tu ne m’as pas souhaité mon anniversaire, tu m’as fais un énorme cadeau. Tu m’as juste dit que tu m’aimais, c’est vraiment une des plus belles choses qui pouvait m’arriver… »

La jeune femme caressa du bout des doigts la chevalière. Oh oui elle en prendrait soin. C’était quelque chose qui appartenait à Tristan, un peu de lui sur elle. Lui avait un bout de sa magie dans une pierre de dragon, elle avait un objet de son passé, son présent et son futur.

Puis, elle caressa doucement son visage, s’approchant de ses lèvres et déposa un beau baiser passionné et intense qui dura un bon moment. Une sorte de remerciement. On pouvait quand même fort bien imaginer que Tristan ne resterait sûrement pas insensible et qu’il aurait toutes les peines du monde à se maîtriser pour repousser ses envies. Surtout que là, avec le décolleté, la vue était pas mal aussi. Mais ce que Tristan ne savait pas, c’est que ce simple baiser, d’apparence anodine, donnait des couleurs à sa petite mage. Ah ça alors ! Voilà que des idées bien particulières lui venaient à l’esprit. Elle n’avait quand même pas l’intention de…

Hem ! Cassidy chassa rapidement ces idées de sa tête. Ce n’était pas le moment après tout. La nuit était romantique, le cadre se prêtait plus à se câliner que faire des folies dans les bois.

Elle se mit à lui sourire puis se posa à côté de lui pour regarder les étoiles, lui prenant la main, restant un instant silencieuse et réfléchissant. La demoiselle était songeuse et serrait la main de Tristan de temps à autre, avant de lui demander d’une petite voix.

« Au fait… je suis curieuse d’aller voir les sources chaudes maintenant. Je pense que ça peut être une bonne occasion d’y aller. J’espère juste que ce n’est pas très profond… »

Tristan qui semblait aussi occupé à ne pas paraître trop… enfin sûrement de ne pas montrer ses pulsions, mais ça elle n’en savait rien, se redressa avec un sourire pour la guider. Il la reprit sur son dos, à cause du terrain un peu glissant, pour éviter qu’elle se fasse mal, maladroite comme elle était !

La jeune femme évita cette fois ci de glisser les mains dans son col, car elle sentait que si elle continuait à passer ses mains comme ça, l’envie de le mettre torse nu reviendrait rapidement. Oh voilà que des images apparaissaient à elle ! Aaaah ! Bon au moins si ils pouvaient se détendre et profiter d’un bon bain chaud, ça serait vraiment bien ! Surtout qu’il ne faisait pas très chaud.

La lune les aidait à se repérer, mais c’est surtout la vision nocturne de Tristan qui était utile. Car en effet, après avoir continuer leur chemin, ils n’y voyaient pas grand-chose.

Enfin, Tristan s’arrêta devant un passage souterrain qui semblait invisible à l’œil nu.

« Attends je vais faire un peu de lumière. Non ne t’inquiète pas, ça ne consomme pas beaucoup de magie »

Elle prononça quelques mots et une sphère lumineuse vint se placer à côté d’eux, pas trop éclairante, mais pas trop sombre non plus.

Ils arrivèrent sur ce qui semblait être les fameuses sources, d’ailleurs il y faisait beaucoup plus chaud ici, ce qui était agréable, contrairement à la température extérieure. Tristan fit descendre Cassidy et malgré le peu de lumière qu’ils avaient, elle semblait émerveillée de découvrir cet endroit. Un bain géant ! Whaaaaa !
Elle se dirigea vers le bord pour plonger un doigt dans l’eau et en apprécier la température. Aaah le bonheur ! Il manquait juste des sels de bains mais bon, en tant que lieu naturel, mieux valait éviter.

La jeune femme commença alors à se déshabiller. En fait l’absence de lumière était bien, elle qui était toujours un peu timide était moins exposée à une vision directe même si ça la dérangeait beaucoup moins qu’avant. C’est donc tout naturellement qu’elle enleva sa robe et ses sous vêtements avant de chercher un côté peu profond.

Des sortes de marches menaient vers l’eau et Cassidy les emprunta avant de marcher. Ah ça va… ici elle avait pied. Mais elle ne voulait pas s’aventurer plus loin pour autant. Juste prendre un bon bain. Ca manquait de bougies ou de lucioles ici ! Bon au moins, l’eau la recouvrait et elle se cala les bras contre un bord, fermant les yeux, attendant que Tristan la rejoigne.

D’ailleurs, celui-ci venait de se mettre à côté d’elle, lui aussi appuyé contre le bord et la jeune femme, souriante, rouvrit les yeux pour se caler dans ses bras. Aaah mais ce qu’elle avait oublié, c’était la sensation du contact direct sans vêtements ! Un frisson l’envahit qui n’était pas désagréable. L’eau était excellente, à la bonne température et pour un peu elle s’endormirait si des idées ne venaient pas la déranger.

Tristan passa les bras autour de sa taille, évitant de poser ses mains plus haut pour éviter certaines… sensations. Mais il restait plutôt sage malgré le fait qu’il déposait de temps à autre quelques baisers dans son cou. Il avait un peu plié les jambes pour se mettre plus proche d’elle.

*Huuuuuuuuum… je me demande si c’est une bonne idée, à ce rythme là je sais pas ce que ça peut prendre comme ampleur. Punaise Tris’ arrêteuuuh !*

Peut être cherchait-il à se venger des occasions qu’elle avait eu pour lui caresser le torse, pour l’embrasser alors que lui était sans défense. Elle ferma les yeux, se retenant très difficilement de ne pas être plus… enfin… ça lui manquait quand même de l’embrasser moins… sagement. Et puis ils n’avaient pas eu beaucoup de contacts cette journée. Autrement dit, ça n’aidait pas à se calmer !

La jeune femme se tournait vers lui alors que la petite sphère virevoltait autour d’eux, les éclairant faiblement, puis elle déposa sur les lèvres de son compagnon un baiser un peu moins… sage. Puis, ayant dans l’idée de se venger, elle descendit le long de sa ligne de mâchoire, déposant des baisers appuyés avant d’atteindre son cou, ses mains occupées à caresser ses bras. Oulà… c’était dangereux là… si ça continuait comme ça…

Et voilà ça devait arriver ! Non mais quelle idée aussi d’être aussi… Elle allait finir par croire que c’était une véritable perverse au final ! Non non, du tout… Enfin, ça se brouillait dans sa tête.

Finalement, rien de ça. Ce fut juste la sphère qui s’éteignit d’un coup, ce qui fit arrêter la jeune femme, un peu troublée. Avant qu’elle se mette à rire.

« Mince j’ai vraiment l’impression d’être ridicule sans mon bâton, pas capable de maintenir une lumière allumée ! »

Mais était-ce vraiment la faute de l’absence du bâton ? Ou d’une autre émotion qui troublait sa magie ?
Elle sentait la respiration de Tristan tout contre elle, alors que la demoiselle se faisait beaucoup plus sage, ne voulant pas le tenter non plus. Peut être que ce n’était pas une bonne idée maintenant. Ou bien, elle attendait de récupérer assez de magie pour relancer son sort… ou d’être un peu moins troublée !

Sauf que… sentir le corps de Tristan contre elle, et ne plus avoir de visibilité, avait un petit quelque chose d’excitant et de tentant. Sa vue n’étant plus utile, elle se concentrait plus sur la sensation de toucher contre elle, de la respiration de Tristan dans son cou… ce qui n’arrangeait pas les choses.

Elle le tatonna au départ pour être sûre que ce n’était pas la pierre et qu’il ne s’était pas glissé ailleurs. Et puis, ce n’était pas si désagréable que ça. D’ailleurs lui était en train de faire la même chose, peut être avec la même pensée, qu’elle ne parte pas n’importe où pour se cogner contre un bord ou un truc comme ça.

A force de se toucher et se caresser, ça réveille des envies. Du moins Cassidy avait de plus en plus de mal à se contenir, d’autant plus que Tristan avait dans l’idée de se venger des précédents baisers à Cassidy il y a quelques minutes. Au départ, il était sage, mais ne voyant pas ce qu’il faisait, elle ne se doutait de rien. Il approcha une main de son visage pour le caresser avant de poser un doigt sur ses lèvres, puis déposa un magnifique baiser sur celles-ci, ce qui amplifia les émotions de Cassidy qui ne s’y attendait pas du tout.

D’ailleurs elle se laissa faire en lui rendant son baiser, commençant à se coller un peu plus contre lui. L’alcool dans le cidre aidant bien, il ne lui en fallait pas plus pour se faire un peu plus tentée et les mains de la jeune femme se firent plus baladeuses.

A son tour, elle posa ses mains sur le visage à Tristan et lorsqu’elle trouva la bonne trajectoire, elle déposa sur ses lèvres un baiser qui lui fit tourner la tête. Et cela dura un petit moment alors qu’ils y allaient chacun leur tour, ne se freinant ou retenant presque plus.

Sauf qu’une chose étonnante se produisit. D’un coup, une lumière se répandit dans toute la caverne, éclairant les alentours. Les murs étaient d’ailleurs très jolis, on avait l’impression que des marques brillaient, répondant à cette nouvelle source de lumière. Etait-ce une nouvelle sphère invoquée ? Oh non…

Lorsque Cassidy s’habitua à cette nouvelle vision, la main posée sur le torse de Tristan, elle se rendit compte que sa main était entourée de lumière. Baissant la tête, elle regarda son corps. Quoiiiii ? Ce n’était quand même pas… ah ben il fallait croire que si. Elle se mit à rougir… Non ça ne pouvait pas arriver une seconde fois…

« Heuuuuu…. »
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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: Un retour dans le village d'enfance   Dim 11 Nov - 18:25

- N’essaie pas de faire retomber sur moi ton extraordinaire non-résistance à l’alcool veux-tu ? Il y a bien une raison pour que tu sois aussi mauvaise là-dedans… Comme des envies cachées.

Grand sourire innocent de la part de Tristan. Ben oui, c’est vrai ça ! Elle essayait de le nommer responsable du fait qu’elle ne tenait décidément pas du tout l’alcool mais lui n’y était pour rien après tout, il n’était que le spectateur impuissant d’une demoiselle décidément pas très douée… Ou qui dans un sens était vraiment bien aidée par l’alcool en question qui lui donnait de très bonnes excuses pour son comportement parfois plus… entreprenant. Il souriait, ne faisant que plaisanter après tout après lui avoir servi un verre. Ce n’était pas très fort et puis c’était bon quand même, il se disait que ça lui plairait. En tous les cas bien plus que ce qu’elle avait ingurgité la veille dans l’espoir d’obtenir une bonne cuite qui effacerait de sa mémoire les mauvais souvenirs de la journée.

Enfin… il ne pouvait pas non plus lui reproches ces paroles qui avaient quelque chose de touchant au final et ils passèrent un moment à simplement grignoter et converser comme si de rien n’était. Enfin… il l’écoutait essentiellement bien sûr, pressant doucement ses bras autour d’elle.
Par la suite, le jeune homme eut un étrange comportement. Lui qui était si à l’aise en temps normal semblait soudainement inquiet et assez perturbé pour en perdre ses moyens.

Et en quel honneur ?! Un cadeau et pas n’importe lequel. Car c’était bien sa chevalière qu’il venait de glisser à la chaine de Cassidy. Oui, elle avait bien raison, c’était un objet auquel il tenait énormément. Il l’avait prouvé, contrôlant mal sa rage, quand les Cheistams la lui avaient prise. Le fait que la jolie mage la lui ait si vite rendue l’avait quand même touché. Il tenait beaucoup à cet objet, pour une raison inconnue. L’offrir à quelqu’un était totalement proscrit. Simplement la déposer dans la main d’une autre personne ne lui était encore jamais arrivé alors demander à quelqu’un d’autre de la porter, d’en prendre soin. C’était quand même un sacré pas en avant.

Au début, il lui sembla qu’elle n’en voulait pas. Sa voix lui semblait faible, assez lointaine mais quand Cassidy se retourna vers lui, il sut aussitôt que ce n’était pas un refus, juste de l’émotion. Une chance qu’il soit un Drakkari parce que malgré sa force de chaton, quand la jeune femme était émue elle devenait sacrément costaud et son étreinte lui aurait froissé un muscle s’il n’était pas aussi solide. C’est qu’elle ne se rendait pas compte à quel point elle serrait fort. L’avantage ? Il avait l’impression de ressentir tous les bienfaits de son étreinte sans le moindre inconvénient…

Ce qui ramenait fort malheureusement un sujet qui lui déplaisait sur le premier plan de son esprit. Lui il en avait de la force, beaucoup et parfois elle se déclenchait sans prévenir. Comme tout à l’heure alors qu’il coupait du bois. Il craignait bien souvent de l’étreindre pour cette raison quand son cœur était chamboulé. S’il la blessait, il savait à quel point il s’en voudrait et tous ses efforts pour rester calme pendant leur précédente nuit assez… extatique lui prouvaient qu’il avait encore beaucoup de chemin à faire avant que ce ne soit totalement acquis.

Bref, elle était contente et il la pressa doucement contre lui d’un seul bras, se servant de l’autre pour essayer de rester assis alors qu’elle était à genoux devant lui. Il fallait bien ça pour qu’elle passe les bras autour de son cou. C’était quand même mignon ça. La sentir si petite, si fragile dans ses bras alors qu’elle était loin de l’être… vraiment mignon.
Soulagé qu’elle ne repousse pas son cadeau, il l’entendit demander… de lui en dire plus sur cette chevalière, s’il le voulait bien. Redressant légèrement la tête puisqu’à cet instant elle était plus grande que lui, il lui sourit gentiment et porta une main à son visage pour essuyer les larmes d’émotion qui perlaient à ses yeux.

- Mh… J’imagine qu’à toi je peux bien le dire. Me regarde pas comme ça, ce n’est pas un cadeau d’une ancienne maîtresse particulièrement chère à mon souvenir ! En fait… avant de s’enfuir, peu avant ma naissance… mon père a donné cette bague à ma mère pour qu’elle me la remette. Il lui aurait dit que c’était l’héritage pour son fils… ce qui l’avait beaucoup surprise à l’époque car les guérisseurs n’arrivaient pas à déterminer si je naîtrais garçon ou fille. Comme le fait que lorsque j’ai atteint ma taille adulte, elle m’allait parfaitement… J’ai beau savoir que c’est habituel chez les Drakkaris, je n’ai jamais compris cette obstination à fuir… En grandissant, j’ai compris que c’était sans doute à cause de la peur… Les Drakkaris vivent plus longtemps que les humains, sans doute craignent-ils de voir vieillir la personne qu’ils aiment. Mais c’est injuste et égoïste de ne pas laisser le choix aux humains. Enfin bon… c’est la seule chose que j’ai jamais eu de mon père, c’est pour ça que j’y tiens autant…


Il lui sourit comme si de rien n’était même si sa voix s’était faite légèrement plus hésitante à certains moments. Au moins était-il honnête et lui avouait-il réellement de quoi il s’agissait mais il y avait bien plus que ça. Malgré ses airs prétentieux, sacrément frimeurs et égoïstes, il réfléchissait quand même ce guerrier et avait un point de vue sur certains sujets tels que…les abandons des Drakkaris de leurs partenaires. Et pour quelqu’un qui avait été certes élevé dans un village d’humain mais encore et surtout mal traités par ceux-ci, ne pas affirmer sa supériorité raciale et prendre en compte les sentiments des autres était quelque chose d’assez surprenant tout de même…

Et une preuve de plus qu’il tenait énormément à sa mère humaine qui avait su lui inculquer les valeurs nécessaires pour faire de lui, en temps voulu, un homme suffisamment sage pour comprendre le monde qui l’entoure.
Cassidy sembla contente de ses explications et le repoussa en arrière, le déséquilibrant. Bien sûr, il ne se fit pas le moindre mal, se servant de ses abdominaux pour ralentir sa chute et qu’elle ne glisse pas sur lui… au risque d’aller se taper la tête contre la sienne. Et ça même si elle avait la tête dure ça ne ferait jamais de bien !!!

Que disait-elle ? Oh elle le remerciait et promettait de prendre soin de sa chevalière, il caressa doucement sa joue, n’en doutant pas. Sauf qu’elle continuait sur sa lancée et lui parlait… du plus beau cadeau qu’il lui ait fait… se déclarer… même si ce n’était quand même pas du tout prévu à l’origine. S’il était venu avec elle, c’était pour la protéger, pas pour abuser de sa faiblesse sentimentale du moment et de sa faiblesse magique persistante !!!
Mais bon, c’est vrai que c’était un beau cadeau… sauf qu’elle n’avait pas été la seule à en profiter. Une boule dans la gorge il effleurait la peau de son visage avec une telle retenue que c’était encore plus légers que des frôlements et il retenait sa respiration comme si le simple fait de respirer pouvait la blesser Quand avait-il pris conscience qu’il l’aimait ? Il ne savait plus… Quand était-il tombé amoureux ? Dès l’instant où il avait plongé ses yeux orangés dans son regard noisette. Quelque chose s’était réveillé, diffus, surprenant. Quelque chose qui avait cessé d’exister treize ans plus tôt et qui en réalité s’était simplement mis dans une sorte d’hibernation…

Ah… ahah… très mauvaise idée… Retenir sa respiration. Ah oui super pour donner un petit effet, surtout qu’il avait l’impression d’être devant un splendide tableau. Elle, la petite mage qui était aux trois quarts allongée sur lui pour avoir le visage à hauteur du sien, dont les cheveux sous la lune étaient argentés, renvoyant les légers reflets comme sa peau pâle des lueurs des lucioles. Ses grands yeux noisette dont les pupilles dilatées à cause de l’obscurité laissaient davantage voir les pupilles dorées qui les habitaient tels les étoiles d’un tout autre monde, celui du regard qu’il adorait et dans lequel il souhait bien secrètement se perdre. Très… très… très mauvaise idée.

Pour commencer, il ne put s’empêcher de baisser légèrement les yeux et de contempler avec une espèce de faim assez surprenante (après tout, il venait d’engloutir pas mal de petits sandwichs) le décolleté plongeant qu’elle lui offrait. Ah… ah… Que dirait sa mère déjà ? Ah oui… on touche avec les yeux ! Euh… lui il voulait bien aller toucher avec la bouche tiens ! Bah quoi ?! On avait pas le droit maintenant ? Mais encore et surtout, retenir sa respiration quand une somptueuse demoiselle cherche à offrir un sublime baiser à son compagnon… c’est prendre un risque d’asphyxie diablement élevé !!!

Défi relevé et réussi… mais à quel prix ?
Le sang battait à ses tempes, son cœur faisait du houlà hop dans sa cage thoracique et ses mains, promis, s’étaient levées toutes seules pour entourer la jeune femme de ses bras et de ses caresses. Pourquoi toutes seules ? Parce que si l’une était occupée à plaquer la demoiselle contre lui alors qu’il répondait à son baiser, l’autre était bien plus intéressée par l’idée de se glisser discrètement le long d’une de ses jambes sous sa robe. Chuuuut, je suis une simple petite fourmi, ne faites pas attention à moi.. moui…

Pour répondre à son baiser, il y répondait et se retenir était bien plus compliqué qu’il ne l’aurait cru. Bon, bien sûr qu’elle était attirante, c’était une certitude mais tout de même !!!! Il était un très bon amant, il le savait ! La patience était l’un de ses points forts, il savait attendre et surtout se faire désirer ! Or là, attendre… ne pas répondre à ses baisers pour la narguer un peu, il en était incapable. Le trop long temps depuis lequel il n’avait pu l’embrasser de la sorte était probablement à nommer comme responsable de ces réponses qui ne se faisaient décidément pas attendre.

Et pourtant il se le répétait en boucle !!!! Qu’ils étaient là parce qu’il voulait lui faire plaisir, une surprise pour son anniversaire, même si c’était en retard, pas pour qu’elle cède à ses pulsions quand même !!!! Raaahhhhhh ! Depuis quand son corps lui obéissait-il si peu ? Un moment à se câliner ? Ah… ça oui en effet et c’était tout à fait ce qu’il avait en tête jusqu’à ce qu’il s’aperçoive qu’il avait oublié son bracelet et qu’il se mette à douter de ses capacités à se contenter simplement de câlins.
Et elle avait précipité les choses en se mettant à l’embrasser. Dieux que c’était dur de résister à ses lèvres !!!!

Fort heureusement, ce fut elle qui les sauva tous les deux, s’allongeant à côté de lui pour contempler les étoiles alors qu’il cherchait discrètement mais sous le choc, son propre souffle. Aie aie aie ! ca commençait mal. Tristan se mordit la langue. Pas possible… Il ne pouvait quand même pas être aussi sensible à la jeune femme, pourtant la veille il se retenait bien mieux que ça ! Le bracelet ne pouvait pas en être l’entier responsable et… tout à coup quelque chose fit tilt dans sa tête. Bien sûr… la veille elle était vierge ! Il avait énormément de scrupules lorsqu’il agissait. Comment diable son corps avait-il fait pour se débarrasser aussi rapidement de cette idée ?! En tous les cas, il semblait considérer qu’à présent il n’y avait plus de raison de se retenir. Ah oui ?! Eh bien lui il n’était pas d’accord du tout, fichues hormones !!!

Avoir été si près d’elle toute la journée, y compris pendant leur trajet sans pouvoir ne serait-ce que tenter ses approches taquines et des caresses impromptues devait également y être pour beaucoup, mais quand même. Elle pressa sa main et il y répondit avec un temps de retard, trop occupé à se répéter inlassablement qu’il devait être calme, patient et surtout un GENTLEMAN !!!!

Elle l’interrompit de nouveau pour lui proposer d’aller aux sources et il écarquilla les yeux à ces mots. Qu… Quoi ?!!! M… Maintenant ?!!!! P… Pourquoi maintenant ?!!! Euh… ils pouvaient pas attendre… le lendemain ou… Il était là pour lui faire plaisir. Ah ben ça oui bien sûr mais là… déjà qu’il avait du mal à se ressaisir simplement après des baisers, qu’est ce que ce serait s’ils se retrouvaient collés l’un contre l’autre et avec le minimum syndical comme vêtements ?!!!

La raison voulait qu’il refuse. Ses envies voulaient tout autre chose. Et le jeune homme n’hésita pas plus d’une seconde avant de se relever, l’air ravi et de lui tendre la main pour l’aider avant de se baisser pour qu’elle s’accroche dans son dos. Ben quoi ? Il voulait juste lui montrer les sources qu’il avait découvertes et dont elle n’avait même pas soupçonné l’existence, voilà tout, rien de plus !!!... Hum… ah oui ???

Pas besoin d’aide pour se diriger, le jeune homme voyait très bien dans l’obscurité et ce même s’ils s’éloignaient des petites lucioles qu’il avait installé exprès pour. Dans un élan de lucidité, il avait pris avec lui la couverture, la pliant et la mettant mécaniquement sous son bras pour qu’ils puissent s’asseoir dessus plutôt que sur la pierre en trempant leurs pieds dans l’eau. C’est qu’il espérait peut-être, dans la partie raisonnable de son cerveau que ce serait la seule chose qu’ils feraient dans la grotte…

Cassidy pour l’aider et aussi pour voir quand même un peu elle aussi où ils allaient créa une petite sphère lumineuse qui les précédait et il la remercia d’un sourire en tournant la tête vers elle. Bon, c’est vrai qu’on voyait quand même mieux. Il avait dû passer un moment à déblayer l’entrée condamnée vu les rochers qui s’entassaient à l’entrée mais en tous les cas, le spectacle valait le détour. C’était un peu à l’écart de la cascade, difficile d’accès et clairement souterrain. Des stalactites et stalagmites se trouvaient un peu partout tombant du plafond ou montant du sol comme d’étranges constructions naturelles dont les formes variées aussi étranges qu’extraordinaires. Plusieurs petits bassins s’étendaient dans les profondeurs de la caverne qui semblait décidément immense. De la vapeur en montait, troublant un peu l’atmosphère.

Cassidy ne tarda pas à se déshabiller, à sa grande surprise et totalement qui plus est et à descendre dans l’un des bassins. Si Tristan la fixa, abasourdi pendant quelques secondes, il ne tarda pas à l’imiter et la rejoignit. En effet, l’eau était parfaite, si chaude qu’elle en donnait presque le tournis mais sans être désagréable pour autant. Il vint se placer à côté d’elle, au départ, dans l’optique d’être juste… près de sa petite amie. Elle était maligne tout de même et ne s’était pas aventurée plus loin, heureusement d’ailleurs car la profondeur changeait assez brutalement. Elle avait pieds, lui aussi. D’ailleurs s’il se tenait droit, l’eau devait lui arriver à la moitié du torse.
Malheureusement, la simple idée de savoir que la jeune femme était nue avec lui dans ce bassin, si éloigné du village lui mettait des idées peu conventionnelles en tête.

Idées qui ne s’arrangèrent pas alors qu’elle se calait dans ses bras sans même qu’il ne l’ait vu bouger. Ah… AHHHH !!!!!
Ah ben oui… y avait pas à dire, sans vêtements c’était quand même vachement plus agréable. Et c’est sans doute le seul moment où il put le remarquer « réellement » alors qu’elle était blottie contre lui et n’y faisait probablement pas attention. Ce truc entre eux, quand ils se frôlaient… tellement fort depuis l’aveu de leurs sentiments communs, cet étrange frisson électrique qu’il avait juste mis sur le compte d’une simple plénitude et une réaction corporelle de demande… ce n’était pas que ça. Jusqu’alors, s’en apercevoir, sous la douche, dans un lit n’était pas possible, mais dans un bassin alors qu’ils étaient entourés d’eau… l’eau en effet autour d’eux s’était mise à trembler, comme agitée du même frisson électrique que celui qui les habitait… Etrange.

Il l’oublia trèèèèès vite, bien trop occupé à déposer sagement, ou essayant de déposer sagement, des baisers dans son cou alors qu’il gardait les mains immobiles sur sa taille. Ben quoi ?!!! C’était encore l’endroit le moins… apte à lui faire perdre les pédales ! Il fallait quand même qu’il la touche un peu sinon elle allait se poser des questions s’il gardait les mains derrière son dos et évitait tout contact. Et puis surtout, comment éviter tout contact alors qu’il en avait besoin au moins autant qu’elle ?

Et puis euh… elle l’avait quand même beaucoup torturé pendant la journée avec ses effleurements et son baiser tout à l’heure, il n’y avait pas assez répondu !!! Après tout, elle ne s’était pas retrouvée haletante elle !!! de quoi aurait-il l’air ? Lui le fameux tombeur, arguant tant qu’il voulait lui faire découvrir des horizons dont elle ne soupçonnait même pas l’existence s’il n’était même pas fichu de répondre à un simple petit baiser.

Douce vengeance, bien que légère… mais qui à force commençait à prendre une ampleur croissante. Il commençait à l’embêter un peu plus avec ses baisers et si ses mains ne remontaient pas, il effleurait doucement son ventre de ses doigts. D’ailleurs apparemment elle avait la même idée de vengeance que lui parce qu’elle commença à lui rendre son baiser, se vengeant sur sa gorge et il cessa aussitôt de penser qu’il avait quelque chose à prouver, du moins pour l’instant, trop occupé à apprécier, fermant les yeux et renversant légèrement la tête en arrière en souriant, pressant ses mains sur sa taille.

Apparemment c’était partagé. Tout à coup la petite sphère lumineuse qui planait paresseusement autour d’eux et qui depuis quelques secondes planait un peu plus vite justement, disparut dans une petite explosion d’étincelle et un bruit proche d’une ampoule grillant sur la planète Terre.
Les ténèbres les entourèrent aussitôt, totales pour elle, partielles pour lui. Elle riait mais semblait gênée pour ne pas dire inquiète et furieuse envers elle-même de montrer une telle faiblesse magique devant son petit ami. Lui sourit, ravi, amusé par ce nouveau jeu.

Il se pressa un peu plus contre elle et pour être sur le même pied d’égalité, ferma les yeux. Bah… autant faire les choses de manière juste non ? Son cœur battait vite, il le sentait sur une veine de sa taille, même fine. En fait, il battait probablement aussi vite que le sien. Etait-elle aussi troublée bien qu’intéressée que lui par ce soudain silence provoqué par l’absence de lumière ? Comme si ne plus voir… faisait taire toute communication verbale entre eux alors même qu’ils ne communiquaient pas, si ce n’est par le regard, quelques instants plus tôt.

Elle avait raison. Le sens du toucher s’accroissait à la perte de la vue et le leur avait décidé de prendre les devants en leur rappelant qu’ils n’étaient pas ici pour contempler les anfractuosités de la caverne.
Cassidy semblait perdue au départ et en cherchant à s’assurer qu’elle était bien contre son compagnon, elle tâtonna les muscles de ses bras, de son torse. Il lui rendit la pareille, non par nécessité de s’assurer qu’elle était bien là, ça il le savait déjà, juste pour lui rendre la pareille des centaines de fourmillements qui lui parcouraient l’échine !!!

Cela donna lieu à un étrange jeu. Au départ, ce semblait juste se rendre la pareille mais très vite les simples tapotements du plat de la main se muèrent en effleurements du bout des doigts, en tentatives d’épouser la forme d’un morceau de peau de l’intérieur de la main, en recherche aussi. Il semblait s’amuser à monter et descendre une main le long de sa colonne vertébrale d’ailleurs, se rapprochant et s’éloignant très légèrement d’elle à intervalles réguliers pour déposer un baiser sur l’une de ses épaules dont il semblait réussir à déterminer aisément la position à chaque fois.

Petite vengeance !!! Ben oui quoi !!!
Moui, bonne idée ! Sauf que ses lèvres lui manquaient. Surtout qu’elles avaient pris le goût sucré et piquant du cidre et il ne pouvait plus se lasser de les embrasser, il le savait bien. Les trouver ne fut pas bien difficile bien qu’il les recherche de sa main libre au départ, effleurant l’une de ses joues. Il l’embrassa comme s’il ne l’avait pas fait depuis des semaines et allez savoir pourquoi, le cidre avait un goût bien plus piquant, presque effervescent à cet instant. Il la sentit frissonner et se coller contre lui, sentant sans doute que le frisson était réciproque.

D’ailleurs elle ne tarda pas à se venger, bien que ce soit d’une façon un peu plus radicale. Elle venait de le bloquer là ! Les deux mains sur ses joues. Oui bon, elle n’avait pas tort, pour l’embêter, il aurait peut-être essayé de l’embêter mais là… non pas question. D’ailleurs dès qu’elle avait commencé l’embrasser, ses mains avait glissé jusqu’à ses épaules qu’elle pressait alors que lui, étourdi par son baiser, la pressa fortement contre lui d’une main, se rapprochant à tâtons du bord de l’autre après l’avoir encouragé l’air de rien à glisser les jambes autour de sa taille.

Euh… non non… la situation ne prenait pas des enjeux euh… d’adultes, pas du tout ! Ils ne faisaient que jouer… jouer… à quoi d’ailleurs… Il venait de la plaquer contre la surface polie par l’érosion d’une pierre chauffée par la température de l’eau et se serra un peu plus contre elle, le visage enfoui dans son cou, occupé à se venger de son baiser avec les intérêts alors qu’il passait ses mains sur ses jambes.
D’ailleurs c’est avec une sévérité dont il était loin de la soupçonner qu’elle avait fermement empoigné quelques mèches rouges de ses cheveux pour l’éloigner de sa gorge, sans doute pour lui éviter de gagner aussi, et qu’elle avait repris leurs baisers auxquels il se pliait de très bonne grâce. La respiration de plus en plus sifflante tant ils semblaient chercher l’un et l’autre à prolonger un maximum ces baisers, ils furent interrompus par une brusque explosion de lumière.

Elle avait les yeux ouverts malgré l’obscurité et il la sentit se crisper et sans doute ferma t-elle brusquement les yeux alors que lui, au contraire, les ouvrait avec prudence. Et là… surprise !!!
Il pensait qu’elle avait crée sans faire exprès une nouvelle boule de lumière ou, bien moins drôle, qu’ils venaient d’être interrompus par un mage, ce qui étant donné le nombre d’entre eux dans les environs ne proposait comme solution que le maître de Cassidy… ce qui risquait d’anéantir totalement la demoiselle de gêne… Mais non, pas du tout !

Il ouvrit la bouche, surpris. Elle lui avait bien expliqué que c’était… eh bien, un des nombreux comportements possibles d’un/une mage pour une première fois mais… ce n’était plus sa première fois là alors… comment se faisait-il qu’elle se remette à briller ?!!! Et pas qu’un peu d’ailleurs. Elle irradiait littéralement, éclaboussant les murs, les parois du bassin, le fond de celui-ci et le corps de son compagnon, de lumière dans un périmètre certes restreint mais tout de même constatable.
Ah oui ben c’est sûr que pour le côté… peu voyant, elle repasserait hein !!!

Déjà la demoiselle, surprise, ayant constaté qu’il s’agissait d’elle, se mit à rougir ! Ce qui bien sûr avec sa lumière, lui donnait de francs airs de fée clochette en colère… le rouge de ses joues brillait ! Tristan se mit à sourire, amusé par cette trahison du corps de la jeune femme. Ben oui… c’était sa façon de dire qu’elle avait des envies voilà tout. Il l’avait très vite assimilé ça ! Et en fait, ça lui plaisait beaucoup. Pour la peine, le manque de contrôle dont il faisait preuve un peu plus tôt, trop occupé à répondre à ses propres envies, diminua un peu. Surtout que son ego était ravi !
Il ne lui laissa néanmoins pas davantage de temps pour rougir et attrapant ses mains, les passa autour de son cou pour se coller un peu plus qu’elle et l’embrasser.
Malgré le ton assuré de sa voix, sa respiration était déjà hachée.

- Dis donc demoiselle, je vais finir par croire que je vous fais de l’effet… et je risque bien de vous inviter dans mon lit.

Petite plaisanterie toute simple bien que très discutable pour la dérider et surtout l’aider à se détendre alors qu’il déposait un baiser plus calme mais qui semblait impatient, sur ses lèvres.

- N’aie pas honte s’il te plait…je te trouve magnifique comme ça.

Nouveau baiser, beaucoup moins sage, suivi de nombreux autres avant qu’il ne les fasse cesser avec une difficulté certaine, la soulevant un peu hors de l’eau alors qu’elle était toujours coincée contre le rebord, le visage appuyée contre le bas de sa gorge et le haut de sa poitrine. Il respirait vraiment avec peine à présent et ses mains se crispaient dans le dos et sur les jambes de la jeune femme.

- On ferait mieux… de… sortir avant que je ne me contrôle plus tu sais… Tu n’es pas encore assez remise pour qu’on pense à…

« recommencer » ? Oui c’était ce qu’il comptait dire mais même le formuler semblait difficile. Non pas qu’il soit gêné… Seulement la tête appuyée comme il l’avait fait, il avait recommencé oui… à déposer des baisers sur sa peau, la gorge sèche et la capacité de raisonnement frôlant le zéro absolu.
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Cassidy Herediane
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MessageSujet: Re: Un retour dans le village d'enfance   Dim 11 Nov - 21:21

La jeune femme répondit à sa réplique par un grand sourire puis lui tira la langue. Il avait un peu raison dans un sens, l’alcool ne faisait qu’accroître ses envies et pensées. Elle devenait plus affirmée, plus sûre d’elle, un peu différente quand on connaissait Cassidy d’habitude. Mais la demoiselle n’était pas du genre à apprécier ce type de boisson pour éviter tout débordement.

Cependant, elle fit bien l’effort de se laisser tenter, juste cette fois là, parce que ça faisait plaisir à Tristan et puis ça ne pouvait pas faire de mal. Ce n’était pas comme hier où elle avait délibérément fait exprès de chercher à boire le plus possible. Hem bon pas très glorieuse comme action !

Puis Tristan lui offrit un très beau cadeau. Ce n’était peut être pas un bijou acheté chez le plus riche des orfèvres, ni un livre de magie particulièrement puissant, ni quelque chose de très féminin mais pour la demoiselle, ce cadeau valait largement tout ce qui pouvait être acheté sur cette terre. Ah oui elle s’en rappelait de l’attachement que portait Tristan à cette chevalière, elle n’avait pas oublié. Même si quand elle était plus jeune, ce n’était pas quelque chose qu’elle regardait avec attention.

Elle semblait émue la petite demoiselle et si Tristan pensait qu’elle allait refuser, car elle mettait quand même beaucoup de temps à trouver ses mots, mine de rien. Ce n’était pas le cas. Elle avait les larmes aux yeux, qui devenaient brillantes sous la lune et ce n’était pas de la tristesse. En effet, Cassidy était très touchée par ce présent, jamais elle n’aurait pensé qu’il lui offre ce genre de choses.

C’est donc tout naturellement qu’elle lui posa la question au sujet de l’histoire de sa chevalière, s’attendant même à un refus. Ce n’était pas facile de parler du passé avec Tristan alors elle évitait d’être trop insistante. Mais voilà, elle ne le forçait pas et ne lui en voudrait pas le moins du monde si il décidait de garder ça sous silence.

Sauf qu’à sa grande surprise, après que le jeune homme finisse d’essuyer ses larmes de sa main, il expliqua d’où ça provenait. Son père apparemment l’avait donné à sa mère. Un héritage de famille. Elle écarquilla les yeux quand il déclara que son père devait savoir qu’il aurait un garçon. Un héritage de son père qui était parti… Ah il y avait de quoi avoir des émotions là ! Elle le serra doucement contre elle.

Puis Tristan expliqua d’une voix calme le raisonnement qu’il avait eu au sujet de la fuite des Drakkaris, délaissant leur moitié. C’est vrai que pour le moment, la raison était un mystère. Il y avait beaucoup d’hypothèses qui planaient. La plus mystique disait que les Drakkaris ressentaient l’appel des leurs à ce moment là, partir sur la trace de leurs origines. Mais bon ça pouvait tout aussi bien être archi faux, après tout elle n’était pas une Drakkari elle.

Tristan n’avait pas tort, cela devait être dur de voir sa moitié vieillir alors que les Drakkaris, à partir d’un certain âge, voyaient leur processus de vieillissement ralentir, voire s’arrêter. Ca ne devait pas être facile tous les jours. Et surtout ça demandait beaucoup de réflexion. La jeune femme baissa lentement les yeux. C’est vrai qu’elle commencerait à vieillir bien avant Tristan. Bon, elle avait quand même une petite lueur d’espoir, étant une utilisatrice de magie, elle avait remarqué que son maître, bien que vieux, et même si il ne le disait pas ouvertement, semblait avoir vu pas mal d’années défilées. Et comme il se battait toujours avec des bons réflexes, ce n’était pas encore un vieux croulant.

Elle caressa doucement la chevalière du bout de ses doigts. Raison de plus pour y tenir comme à la prunelle de ses yeux ! Oh oui elle en prendrait soin, et elle était même fière. Juste qu’elle semblait encore un peu hésitante, voulant prouver qu’elle était digne de porter ce cadeau inestimable.

La demoiselle ne se rendit même pas compte que son compagnon semblait retenir sa respiration alors qu’elle l’avait basculer en arrière pour mieux l’embrasser. Qu’elle aimait se perdre dans ses beaux yeux orangés ! Qu’elle aimait passer du temps avec lui. Ca changerait sûrement à l’académie, ils ne pourraient pas tout le temps être derrière des buissons… surtout que Nyal était redoutable pour les parties de cache cache ! Et puis il y avait aussi Stieg qui n’était jamais très loin.

Alors oui, elle en profitait plus que nécessaire, car comme elle se le disait souvent, on ne sait jamais de quoi l’avenir est fait. Et qu’il fallait apprécier les choses à leur juste valeur. Tristan d’ailleurs y répondit avec autant de passion alors qu’il la colla un peu plus contre lui tout en passant sa main sur sa jambe, ce qui tira des frissons à la jeune femme. Ohlà… si ils commençaient comme ça, la demoiselle aurait bien du mal à ne pas se montrer plus insistante et continuer à ce rythme là, prouvant au jeune homme qu’elle avait besoin de ces moments.

D’ailleurs, quand elle sentit que ça commençait à devenir un peu plus chaud dans l’atmosphère, malgré la température froide de cette saison, la jeune femme s’écarta à regret pour se poser contre lui et admirer les étoiles. Là ils étaient beaucoup plus tranquilles que la première fois et elle serrait la main de son compagnon, pour qu’il ne s’éloigne pas d’elle. Même si celui-ci semblait être perturbé car il y répondit oui, mais après un temps de retard.

C’est après réflexion que la jeune femme proposa à son compagnon d’aller voir les sources chaudes. Pour elle c’était logique, ils ne resteraient pas ici très longtemps, demain ils repartaient pour l’académie alors autant en profiter maintenant. Et puis c’était un beau cadeau aussi ça mine de rien ! Découvrir un endroit secret et inconnu des autres.

Tristan semblait hésiter et elle ne comprit pas trop pourquoi, avant qu’il ne se lève et l’invite à venir sur son dos très galamment, car l’accès n’était pas simple et puis, mieux valait qu’elle ne se blesse pas !

La jeune femme lança un sort pour les éclairer alors qu’ils avançaient dans le souterrain. L’ambiance était très particulière et la petite lumière qu’elle utilisait leur permettait de voir les reflets de l’eau sur les parois rocheuses. Cela donnait une impression brillante, très jolie à voir, bien que pas très identifiable car la sphère avait un champ d’action limité.

D’ailleurs lorsqu’ils arrivèrent à destination, la jeune femme se déshabilla rapidement et avec beaucoup de facilité contrairement à d’habitude. Elle semblait contente d’être ici et se permit quelques mots pour détendre l’ambiance.

« Ouah ! Jolie cachette en tout cas ! J’ai toujours rêvé d’aller dans des sources chaudes mais enfin… le simple fait de savoir qu’on peut être vu par tout le monde m’a rapidement rebuté… »

Elle parlait d’une voix entraînante tout en se glissant dans l’eau avec une exclamation de satisfaction, la trouvant à son goût. Eh ben ! Ca c’était une bonne découverte, elle ne pourrait pas dire le contraire. Tristan venait de la rejoindre, se plaçant à côté d’elle, peut être un peu pensif.

La demoiselle ne lui laissa pas le temps de réfléchir davantage qu’elle se retrouvait déjà dans ses bras et vraiment très proche de lui. Aaaah ! Ca par contre elle ne s’y attendait pas ! Non sérieusement, sans les vêtements le toucher est amplifié ? Ah ah la bonne blague. Elle était encore un peu étourdie la jeune femme pour avoir oublier l’effet que ça pouvait donner. Et pas désagréable vu les frissons qui lui tiraient l’échine.

Pourtant, Cassidy tentait tant bien que mal d’être plus calme. Peine perdue ce n’était pas possible avec Tristan dans le coin ! Ohlala… ça n’arrangeait pas les choses quand il entreprit de déposer quelques baisers dans son cou, très légers mais très tentants. D’ailleurs la jeune femme se sentait frissonner, remplie de décharges électriques et elle serrait les dents pour étouffer des gémissements qui pourraient bien la trahir !

Hum, il n’allait quand même pas s’en tirer à si bon compte ! Ce fut à son tour de prendre le dessus, en prenant un malin plaisir à rendre ses baisers plus insistants dans le cou, caressant ses épaules, et appréciant s’occuper de lui. Et puis elle devait quand même le rendre un peu fou sous ses caresses et ses baisers, y avait pas de raison qu’elle soit la seule à en profiter.

Sauf que, ne contrôlant plus vraiment sa magie, même à ce moment là, la petite sphère s’éteignit, ce qui surpris la jeune mage qui n’y avait vraiment mais alors vraiment pas fait attention, trop occupée à faire plaisir à son compagnon, du moins à lui faire apprécier le moment. Rire nerveux du fond de sa gorge alors qu’elle semblait un peu se rendre compte de la situation et phrase pour détendre un peu les choses.

Cependant, le fait de ne plus voir au départ, c’était un peu bizarre. Bon elle doutait que son compagnon prendrait la poudre d’escampette à cette occasion mais il fallait quand même vérifier non ? Il aurait pu très bien plonger pour se retrouver derrière elle. Mais ça ne risquait pas d’arriver, vu qu’ils étaient quand même pas mal collés l’un contre l’autre.

Tristan faisait la même chose de son côté, et c’était pas désagréable du tout. Déjà qu’ils commençaient à avoir une température qui augmentait petit à petit, là les simples effleurements qu’il faisait lui tirait des petites décharges dans le dos, son cœur battant plus vite. Ah non, elle n’allait pas le laisser en profiter tout seul. A son tour elle effleura son torse, traçant des arabesques sur sa surface, parcourant du bout de ses doigts son corps. Ah ça pour être agréable… comme il lui rendait la pareille, c’était difficile de cacher ses émotions.

Heureusement dans le noir, Tristan ne pouvait pas voir que la jeune femme avait changé d’expression, semblait apprécier tout pleinement ces petites caresses dans le dos et étouffant à grand peine quelques gémissements. Elle ne commençait pas déjà à avoir envie de lui maintenant quand même ? Ou c’était la faute du cidre ! Voilà ! Bon coupable n’est-ce pas ?

Elle sentait les lèvres de son compagnon sur ses épaules, visant avec précision. Puis sa main sur son visage qui la fit frissonner. Mais c’est surtout le baiser qu’il lui donna qui lui fit tourner la tête et lâcha toutes ses barrières et ses retenues. Emotions garanties ! Ils commencèrent à bouger un peu dans l’eau et elle passa ses jambes autour de son torse, haletante, alors que le jeune homme la coinça contre un rocher.

Seul leurs respirations de plus en plus haletante se faisait entendre et dès qu’il entreprit de l’embrasser encore une fois sur la gorge, la jeune femme dut se retenir de toutes ses forces pour ne pas gémir et qu’il commence à se douter qu’elle appréciait et pas qu’un peu. D’ailleurs c’est pour cette raison qu’elle tira ses cheveux pour qu’il se détache et qu’elle porta ses lèvres aux siennes, au moins comme ça, elle ne risquait pas de se faire entendre. Au moins un peu camoufler les envies ne ferait pas de mal. Mais vu l’ardeur et la passion que prenaient leurs baisers, ça voulait dire pas mal de chose.

Sauf que la jeune femme ne pouvait pas se retenir plus longtemps et si elle pouvait étouffer ses gémissements, ce n’était pas le cas de sa magie malicieuse qui prenait un malin plaisir à montrer ses émotions et pensées actuelles… sous les feux des projecteurs ! Si les parois du souterrain étaient magnifiques, ce n’était pas le souci actuel de la petite mage qui ne comprit pas tout de suite ce brusque excès de lumière.

Ah tiens… sa main était brillante… ohlaaaaa… mauvais signe ça ! Elle s’en rendit compte et parut absolument très gênée sur le coup. Quoi elle en avait tant envie que ça de son Drakkari ? Pourquoi ça revenait ? Elle n’était plus vierge après tout ! Pas normal ça… Magie capricieuse… D’ailleurs elle se permit juste une exclamation qui était tout sauf naturelle. Comment expliquer ça à Tristan ?

Elle rougissait, honteuse et ne savant plus où se mettre. Ah vraiment… quand elle aurait besoin d’utiliser sa magie, elle la sonnerait ! Pas s’amuser à jouer à la lumière. Eh ben dis donc… si c’était ça à chaque fois, ça n’allait pas être facile de rester discret. Elle se voyait bien derrière un buisson avec Tristan pendant une partie de cache cache collective. Eh eh ! Grillés là ! A moins de se cacher sous une couverture, pour la discrétion, on repassera !

Tristan lui, semblait être amusé par la situation et la détendit avec quelques mots. Mine de rien, il semblait bien avoir compris la signification de cet effet. La jeune femme fit un sourire en forme de grimace. Aaaah pour lui faire de l’effet oui ! Et pas qu’un peu ! Pourquoi ils étaient venus ici au final ? Pour se détendre oui… mais elle ne pensait pas à ce genre de détente, même si le jeune homme lui faisait très envie parfois.

Eh oui il avait raison, c’était un peu gênant d’un coup, de se retrouver auréoler de lumière, de la tête aux pieds et d’offrir une superbe vue à son compagnon. Dans un réflexe elle avait commencé à bouger les bras comme pour se cacher mais elle s’arrêta en entendant la phrase de Tristan. Il semblait vraiment vouloir faire en sorte qu’elle apprécie et se sente à l’aise car ses baisers devenaient plus insistants, ce qui acheva la jeune femme.

Sauf que Tristan s’arrêta pour la reposer contre le bord, voulant se montrer sage et éviter de recommencer après une première fois assez douloureuse. Du moins, il la prévenait, c’était déjà ça. Mais il avait rapidement déposer à nouveau des baisers sur sa peau, ce qui tirait des frissons de plus en plus insistants chez Cassidy.
La jeune femme tentait de réfléchir. Mal ? Elle n’avait plus mal là ! Et puis elle semblait assez désireuse de recommencer pour pouvoir profiter jusqu’au bout cette fois, sans douleur. Des années d’abstinence, ça donne de drôles d’effets quand même !

Alors, elle commença par lui relever doucement la tête, même si c’était difficile vu dans quoi il était parti mais elle le fixa avec douceur, avant de poser ses mains sur ses joues, l’obligeant à rester calme pour l’instant.

« Tris’… »

La demoiselle était encore un peu haletante après tout ce qu’ils avaient fait mais elle voulait quand même lui parler.

« Je vais te le dire sincèrement… J’ai vraiment envie qu’on recommence maintenant. Et je n’ai plus mal du tout »

Whaaa… fallait vraiment qu’elle éprouve un gros manque pour lui balancer ça de bout en blanc, pour le convaincre de continuer sur sa lancée. Il ne voulait pas la contraindre ni la forcer, elle appréciait la démarche mais si vraiment elle n’avait pas envie, elle lui dirait tout simplement.

La jeune femme se rapprocha de lui et se pendit à son cou alors qu’elle passa ses jambes autour de son torse, entreprenant de l’embrasser avec beaucoup plus d’ardeur, désirant lui faire perdre la tête. Elle variait, parfois c’était des baisers dans le cou, et là elle se faisait un malin plaisir de le mordiller du bout des dents pour lui laisser de belles marques et parfois elle redescendait un peu sur son torse, semblant apprécier.

C’est qu’elle avait bien chaud la petite demoiselle et elle lui montrait là, qu’elle avait tout simplement bien envie de lui, peu importe l’endroit où ils se trouvaient et un confort des plus sommaires. Au moins, la température était agréable, voire très chaude, ce qui laissait la jeune femme haletante, commençant à gémir sous les caresses de son compagnon.
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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: Un retour dans le village d'enfance   Mar 13 Nov - 19:57

Une caverne… Des sources chaudes…
La bonne idée !
C’est vrai qu’à l’origine, il essayait juste de multiplier les idées et attentions.
Mine de rien, le jeune homme avait retenu une petite leçon. Cassidy… était sensible à ce genre de choses, les attentions. Le souvenir du bouquet de fleurs de Jordan lui laissait encore un goût amer sur la langue, en particulier le magnifique sourire qu’elle avait offert au serveur mais au final il y avait quand même du bon.

Ce n’était pas que pour les parents de la jeune femme qu’il s’était montré… enthousiaste, démonstratif même si c’était quand même discret, investi pour elle. Il pensait vraiment toutes ces choses qu’il avait pu dire et il tenait bien assez à elle pour que les idées ne lui manquent pas pour tenter de la surprendre. Seulement il le montrait pour l’heure et c’était vraiment ça la différence. Le montrer.

Dans ses idées, ça se présentait plutôt bien. Sauf qu’il n’avait pas pris en compte deux éléments pourtant d’une importance capitale. Un, il avait oublié son bracelet et ignorait à quel point il serait sensible à la jeune femme sans. Deux… elle avait commencé à l’embrasser pour la remercier de tout cela et… apparemment si déjà elle lui tournait la tête, libérant un flot d’hormones au moindre contact, quand il n’avait pas le bracelet pour le rappeler à l’ordre… eh bien c’était pire. Aie… aie… aie…

Etait-ce vraiment une bonne idée d’aller aux sources ?
Bon, bien sûr il ne ferait jamais rien contre sa volonté, du moins priait-il les dieux pour se contrôler et… qu’une fichue rune ne s’en mêle pas, mais… il ne pourrait certainement pas s’empêcher de vouloir la toucher, la presser contre lui, l’embrasser et aux vues des effets du baiser qu’elle venait de lui offrir… Aie aie aie… Il ne pourrait vraiment pas y rester indifférent.

Faisant pourtant comme si de rien n’était, il s’était relevé et l’avait conduite jusqu’à la grotte. A l’intérieur, il faisait déjà beaucoup plus chaud, la vapeur d’eau recouvrant les murs d’une mince pellicule brumeuse. Mais à peine prenait-il le temps d’étendre la couverture prévue pour JUSTE s’asseoir et discuter, peut-être se câliner oui, mais sagement, qu’un mouvement sur sa droite attira son attention. Bouche-bée, il vit que Cassidy était en train de se déshabiller, avec très peu de pudeur comparé à avant, même si elle faisait tout de même vite. Déjà, elle était dans l’eau et lui, qui avait emporté l’air de rien, la bouteille de cidre avec lui, se sentit soudainement totalement… désarmé.

L’idée lui plaisait beaucoup pourtant !
Eyh ! Qui ne serait pas ravi ?! Une superbe jeune femme, totalement nue, venait de se glisser dans un large bain naturel d’eau constamment chaude, bassin dont les bords offrant de nombreuses prises donnaient de bien curieuses idées au garçon troublé par une vue un peu trop appétissante. Ils étaient seuls et elle n’attendait que lui. Euh… que demander de plus hein ?

Pourtant, il fut lui-même surpris de constater… qu’il était déjà déshabillé… et déjà dans l’eau. Ah ben il fallait croire que son corps était plus doué que sa raison pour réagir.
Néanmoins, c’était très sagement qu’il était venu à côté d’elle, essayant de chasser toutes les pensées et surtout envies qui tournaient en boucle dans son esprit. C’était sans compter sur une redoutable petite mage qui lorsqu’elle avait une idée, ne l’avait certainement pas ailleurs et venait de se glisser agilement entre ses bras. Ahhhhh !!!!

Hummm…
Bon d’accord, rien n’était équivalent à la sensation de sa peau contre la sienne… Il y avait tout de même pire, la sensation de sa peau contre la sienne alors qu’ils étaient dans l’eau et dans l’eau chaude qui plus est. Le frôlement de cette eau, qui s’échappait alors que la jeune femme se collait contre lui. Arrrghhh !!!
Tristan se mordit la langue alors que son cœur s’emballait et qu’il était pris d’un violent quoiqu’extrêmement bref mal de crâne. Sûr ! Quelques uns de ses neurones devaient être morts en poussant des soupirs de bonheur !

Non, ce n’était pas comme ça avant. Avec les autres. Il se contrôlait bien pourtant d’ordinaire. Mais avec elle… Avec elle c’était redécouvrir chaque sensation comme s’il en avait été privé depuis des siècles. Et après une seule journée d’abstinence, il lui semblait que des mois, des décennies s’étaient écoulés depuis la dernière fois qu’il l’avait enlacée, depuis la dernière fois qu’il l’avait embrassée. Vraiment, sans retenue. Quelle curieuse sensation. Et l’eau qui frissonnait autant qu’eux au moindre de leur contact. Etrange tout de même. Mais ça il n’était décidément pas en état de le remarquer.

Il ne savait plus trop quand, ni comment, mais Tristan s’était mis à embrasser Cassidy. Ils se serraient l’un contre l’autre et il frissonnait quand elle bougeait légèrement entre ses bras. Résister à l’envie de l’embrasser, décidément, il n’était pas bon dans ce domaine et n’avait pu tenir plus de quelques secondes. Mais quoi de plus normal ? Par tous les dieux, il l’aimait comme un fou !
Au début ce n’était que des effleurements, des baisers dans le cou, sur le bas du visage. Mais elle s’était empressée de les lui rendre et s’il avait dans l’idée de l’arrêter au début, inquiet, voulant lui éviter toute mauvaise surprise, la priant d’être prudente et par là-même, l’informant pour le bracelet, l’idée s’était très vite évanouie de son esprit comme si elle n’avait jamais existé.

Mais encore ça… ça allait, ce n’était pas… insoutenable. Mais quand la lumière disparut, qu’il ferma les yeux pour se mettre à son niveau. Ca le devint. Pas au début bien évidemment. Ils avaient été surpris tous les deux, s’étaient mis à rire. Surtout elle alors qu’il la chatouillait légèrement de façon involontaire. Oui, des rires au départ… de sa part aussi, alors qu’il l’embêtait gentiment. Très vite pourtant, les chatouilles s’étaient transformées en décryptage, comme s’il essayait de tracer dans son esprit, au moyen d’un traçage dans la réalité, les courbes du corps de sa si jolie compagne. L’idée était très séduisante… mais était-il donc obligé d’être aussi perfectionniste ? Quelle idée ça !!! Parce qu’elle lui rendait la pareille, comme si la toucher ne le mettait déjà pas suffisamment dans un état second !!!!

Il cherchait à effleurer sa peau de ses mains mais aussi de ses lèvres et c’est vrai, quand il l’embrassa, repérant enfin son visage, rendu à moitié fou par ses caresses, il laissa totalement tomber ses précautions. Et pour un baiser, c’était un beau baiser. D’ailleurs elle ne pouvait mieux y répondre ! Parce qu’elle le lui rendait, avec les intérêts et il n’aurait su dire qui de lui ou d’elle lança l’idée qu’elle mette ses jambes autour de sa taille. C’est vrai qu’il avait peur de lui écraser bêtement les pieds sous l’eau, mais à vrai dire, difficile de savoir s’ils s’en seraient préoccupés si c’était arrivé.

En tous les cas, peu importait, l’initiative était formidable puisqu’ils se retrouvaient encore plus proches l’un de l’autre et comme si cela ne suffisait pas, il la plaquait doucement contre une paroi rocheuse mais heureusement polie, pas le moins du monde agressive. Et puis, même si elle avait une main dans sa nuque pour se maintenir contre lui, l’autre n’était pas en reste… il en profitait pour avoir un léger avantage c’est vrai mais… c’était amplement mérité après tout !!!

Le meilleur dans tout ça ? Perdre le souffle et sentir l’autre le perdre aussi, un peu plus dans chaque baiser. Prolonger chaque baiser pour qu’il, elle le perde davantage, se retrouver avec des vertiges à force de trop forcer dans ce sens. Ca et l’eau chaude bien évidemment. Il se vengeait sur sa gorge pour essayer de récupérer son souffle justement, y déposant des myriades de petits baisers calmes, doux, tendres, parfois un peu trop gourmands et annonciateurs de ses pensées tumultueuses.
Il ignorait bien évidemment que Cassidy se donnait tant de mal pour ne pas se faire entendre. Il en aurait été surpris quoiqu’amusé a priori. Puisque lui appréciait de savoir que ses caresses lui plaisaient, qu’elle s’efforce de le taire était étrange. Ah mais peut-être ne voulait-elle tout simplement être la première à admettre que ça lui plaisait justement. A juste titre sans doute !

Mais lorsqu’elle lui tira les cheveux, même si ça n’avait rien de méchant pour qu’il laisse son cou en paix et qu’elle l’embrassa avec autant de ferveur que si c’était la dernière fois, non, elle ne rêvait pas, il en trébucha ! Et pourtant, il n’y avait rien sur quoi trébucher à ses pieds, franchement. Surpris, mais ravi, il l’avait même un peu plus plaquée contre le rocher, lui rendant son baiser avec la même ferveur lorsque… eh bien la demoiselle recommença à jouer les lucioles.

Wow… Ca, décidément, ce n’était pas prévu du tout et ce n’était vraiment pas censé arriver !!!
N’était-ce pas juste censé être la première fois ? N’était-ce pas anormal que cela se reproduise ? Bah, avec elle, il avait très vite appris que la signification de « normal » n’avait pas vraiment de raison d’être. Néanmoins, la vive lueur était surprenante. Et Cassidy en était apparemment la première surprise. Ah mais non, lui il aimait bien ! Ca lui donnait clairement les pensées de la demoiselle. Tiens donc, serait-il en train de lui faire perdre la tête par hasard ?! Après tout, ce n’était que justice, elle le mettait bien assez au supplice de son côté.

Mais décidément, elle n’avait pas à rougir… et surtout pas si elle relevait les yeux et apercevait ainsi les pupilles dilatées à l’extrême de son compagnon. Non mais franchement elle était… wah ! Pas à dire, quand elle se mettait à briller… rien ne valait cet éclairage, pas même la lueur ombragée, tellement sexy du feu. Il se mordit de nouveau la langue, essayant d’arrêter de se rincer l’œil mais peine perdue ! Fort heureusement, elle était suffisamment proche de lui pour qu’il ne puisse pas non plus en profiter à l’excès !

Bah de toute façon, il recommençait déjà à l’embrasser, en essayant, en fermant les yeux, de chasser l’image, gravé sur sa rétine, du corps de la jeune femme, qui achevait d’abaisser les si minces barrières qu’il arrivait encore à maintenir, si faibles, tellement malléables. Baisers tendres puis plus passionnés et il ignorait lui-même comment il fit pour s’arrêter et se montrer raisonnable en paroles du moins. Le Drakkari prit d’ailleurs grand soin de ne pas regarder à sa compagne, autant pour ne pas céder à la tentation que pour lui montrer qu’il n’était qu’à un cheveu, si ce n’est moins, d’y céder !!!

Mais s’il était bien curieusement tombé amoureux de la plus timide et inexpérimentée des jeunes femmes de vingt-quatre, aujourd’hui vingt-cinq ans de la petite planète, celle-ci semblait vraiment vouloir se rattraper de trop longues années d’ignorance, d’abstinence et… de non intérêt pour les si beaux garçons qui méritent au moins qu’on tourne la tête… Parce que recommencer… ah ben oui, c’était un peu la seule chose qu’elle avait en tête là. Petite perverse…

Pour sa part, essayer de ne pas la regarder, de ne pas montrer ce qu’il pensait se traduisait par… un besoin irrépressible de l’embrasser, d’effleurer sa peau, même si ce n’était pas non plus exagéré. Sauf qu’elle l’arrêta. Oui, elle avait probablement raison. Autant éviter de trop… se toucher, c’est vrai que ça n’aidait pas ses pulsions qui jouaient la farandole dans chaque fibre de son corps, à se calmer. Ah oui ? Sauf que la demoiselle n’avait pas du tout en tête de mettre de la distance entre eux, c’était même tout le contraire et l’immobilisme auquel il fut contraint n’était bel et bien présent que pour l’inciter à bien écouter et comprendre ce qu’elle allait lui dire et… elle pouvait parler quand même très vite quand elle n’était pas très à l’aise la petite mage !

Et ce devait quand même être sacrément honnête vu l’extrême courtesse de son discours et son côté très… concis. « je le dis sincèrement. Je veux qu’on recommence maintenant. Je n’ai plus mal. ». On pouvait difficilement faire plus… clair ça c’était certain. Oh lui, il n’avait pas besoin d’en entendre plus. Néanmoins, et il devait vraiment l’adorer sa petite mage, il ouvrait la bouche pour lui demander quand même si elle était sûre (le petit côté lubrique en lui en était d’ailleurs très mécontent) mais elle l’interrompit avec un baiser qui méritait d’avoir un prix à son nom en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, reprenant place… hum… très proche entre ses bras, les jambes autour de sa taille et les mains dans son cou. Ah… ah… ben… pourquoi pas ?
De toute façon, lui était déjà en train de remercier les dieux dont ils parvenaient encore à se souvenir des noms dans son étourdissement. Il échappa à un baiser pour reculer la tête et lui faire un sourire renversant, les yeux… ah ben noirs pour le coup !

- J’t’adore !

C’est tout ! Ca et un grand rire qui se perdit très rapidement dans un manque de souffle explicable par le fait qu’il lui rendait son baiser et qu’ayant les mains libres… oh il se vengeait tout simplement de la précédente attaque de la jeune femme. Pourquoi se poser des questions après tout. Il la croyait et surtout… il n’avait pas envie de s’en poser, il n’était pas sa nounou mais son petit ami, c’était à elle, adulte, de se gérer. D’ailleurs, très occupé à mettre à exécution son plan énoncé en fin de matinée, à savoir lui montrer que leur précédente nuit n’était qu’un hors d’œuvre, il murmura, provocant, à son oreille que ses désirs étaient des ordres… et qu’elle ferait mieux de le retenir.

Hum… Hum…
Ils passaient déjà aux choses sérieuses ? Il avait peine à croire que la veille au matin encore elle était… ah ben non, ça allait décidément bien vite, même si ce n’était vraiment pas pour lui déplaire. Et un jeune homme ravi, voulant prouver ses performances, forcément ça s’investit beaucoup, et au diable ce fichu bracelet si pratique pour les convenances et si gênant pour se laisser aller.

Tristan essayait de reprendre ses esprits. Totalement sonné, il ne se rappelait plus quand au juste ils étaient sortis de l’eau, combien de temps ils y avaient passé et depuis combien de temps il pressait sa petite amie entre ses bras.
Il était allongé sur la surface dure du sol rocailleux, sans sembler s’en préoccuper et avait insisté pour qu’elle s’installe ou plutôt se vautre sur lui alors qu’il la recouvrait de la couverture pour ne pas qu’elle attrape froid et se recouvrait du coup par la même occasion.

Ah pitié, que son cœur arrête de battre si vite, il en avait mal aux côtes. Pitié que la grotte arrête de tanguer, il en avait mal au cœur. Et pourtant, impossible de le débarrasser de ce sourire béat et pas discret pour un sou qui éclairait son visage alors qu’il semblait totalement sur une autre planète. Ah bon… c’était bien hier ? Ah non… hier c’était… hier.
Rien à voir, absolument… rien à voir. Il s’était cogné la tête en s’allongeant, mais il ne l’avait même pas remarqué et même s’il continuait de serrer convulsivement la jeune femme contre lui, impossible de se débarrasser du tremblement qui les agitait !

Que s’était-il passé au juste ?
Il n’avait même pas remarqué, et pourtant c’était bien difficile de l’ignorer, le remous qui avait agité l’eau autour d’eux alors qu’il pressait sa compagne contre lui, remous tout sauf naturel alors qu’elle dispensait autour d’elle, une lumière presque aveuglante ! A chaque fois qu’ils s’embrassaient, il devenait plus intense, plus désordonné, formant des vaguelettes sous la pression d’un vent invisible. Si tant est qu’un vent puisse être visible.

Là ? Ah ben ça respectait au moins ses pensées premières : des câlins… juste des câlins. Bah après ce qu’ils venaient de faire, c’était un peu normal, déjà tenir debout ce n’était pas possible alors faire autre chose… Il souriait toujours et enfouit son nez dans les cheveux légèrement humides (la faute aux vaguelettes) de Cassidy, humant son parfum avec délice en caressant doucement son dos. Un rire finit par lui échapper, encore entrecoupé par sa respiration hachée. Par tous les dieux… était-ce vraiment une débutante ? Et depuis quand il était aussi… paumé lui hein ?!!!

- J’irai sans doute brûler chez les démons pour un demi-millénaire d’avoir perverti une si innocente petite mage mais… ça vaut le détour… vraiment. Ah princesse ! Sérieusement… Wah…

Bah quoi ? Elle savait qu’il avait de l’expérience… Alors qu’il lui dise ces quelques mots, même si ce n’était pas vraiment sophistiqués, ça avait de quoi faire plaisir… non ?
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Cassidy Herediane
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MessageSujet: Re: Un retour dans le village d'enfance   Mer 14 Nov - 19:09

Il fallait le dire tout de suite, le cadre était propre à la détente et au laisser aller pour les deux jeunes gens qui profitaient d’une intimité bien méritée. Cassidy elle, était loin de rester sagement installée sans pour autant en profiter davantage. Il fallait dire que la demoiselle pensait aussi beaucoup au retour à l’académie le lendemain, ce qui ne leur permettrait plus de prendre autant de temps que maintenant.

Se rendre à l’évidence. Lui devrait assurer ses cours, répondre aux questions de ses élèves, elle retournerait dans son bureau pour reprendre le navire en main tout en rattrapant l’énorme retard qu’elle avait accumulé. Bien sûr, elle avait chargé quelqu’un de prendre sa place et s’occuper de l’administratif ou de la vie scolaire en son absence, mais quand même, la charge de travail serait énorme.

Et dire que la directrice prenait du bon temps avec le Drakkari rebelle de l’Académie ! Enfin rebelle… Siiri est aussi parfaite dans son genre. Ca en ferait sourire plus d’un, voire choquer pour certains. Mais elle avait bien raison d’accepter les idées de Tristan, autant en profiter le plus possible.

Bien que la demoiselle n’avait aucune idée déplacée au départ à part prendre un bon bain, la force des évènements à fait tourner ce bain à un autre jeu. Eh ! Pas sa faute si un séduisant Drakkari partage son bain. En même temps… Elle avait bien dit il y a très longtemps qu’elle ne comptait rien partager sauf avec l’homme qui vivrait avec elle. Eh bien c’est comme ça qu’elle considérait Tristan et ça c’était une grande évolution.

Elle ne l’avait pas vu avec sa bouteille de cidre à la main, toute occupée à se déshabiller pour prendre un bain et sans vraiment prendre de pincettes cette fois. Il fallait dire que la petite sphère était idéale, pas trop lumineuse donc il restait une part d’obscurité qui rendait la jeune femme beaucoup plus à l’aise dans son déshabillage. Elle s’était d’ailleurs dépêchée de rentrer dans l’eau, mais prudemment pour éviter de glisser bêtement, ce qui aurait changé la donne.

Sauf que rester dans l’eau avec son compagnon, dans une tenue des plus déshabillées, ça n’avait rien de très innocent. Bon bien sûr, Cassidy voulait juste faire un petit câlin au départ, se câler dans ses bras pour être plus à l’aise et puis il fallait signaler que la demoiselle avait totalement changer d’attitude. A croire que se coller contre un homme ne la dérangeait pas plus que ça. Bien sûr, elle n’irait pas se coller à n’importe qui. Mais contrairement à ce qu’elle avait voulu au départ, c'est-à-dire garder des distances courtoises avec son futur compagnon, la situation avait changé.

Parce que Tristan la mettait à l’aise, lui donnait le sourire et elle se sentait en confiance avec lui. Elle l’aimait vraiment et n’avait donc aucune raison de se braquer ou se crisper.

Tout à fait ! Mais à force de se coller de cette façon, ça peut réveiller quelques envies. La jeune femme semblait juste s’amuser au départ, petite vengeance qui passait de l’un à l’autre car chacun cherchait à faire tourner à l’autre. Cela prenait des ampleurs de plus en plus grande et c’est à peine si Cassidy arrivait à se retenir de gémir.
Non non, ils ne sont pas là pour changer d’activité ! La seule chose qu’ils pouvaient faire est prendre un bain ! Alors hors de question de montrer ses pulsions au grand jour même si il était évident que ça plairait à Tristan de savoir que sa compagne frissonnait à la moindre de ses caresses.

Le jeu avait évolué avec la sphère éteinte, et tous les deux se mettaient à rire innocemment, sans vouloir aller plus loin que ça. Mais il fallait reconnaître que se toucher et s’embrasser dans le noir avait un petit quelque chose d’excitant et de palpitant, de quoi faire tourner la tête et de perdre sa respiration.

Que lui arrivait-elle à cette petite mage pour autant apprécier les caresses de son compagnon ? Jamais elle ne se serait laisser faire des mois en arrière. Et là pourtant, elle appréciait tellement ce petit jeu qui lui donnait de plus en plus envie de passer aux choses sérieuses, surtout qu’étant isolés et bien cachés, personne ne pourrait se douter de quoi que ce soit.

Hem… malgré le fait que la jeune femme avait sûrement laissé des marques bien rouges dans le cou de son compagnon, des marques qui ne partiraient peut être pas en quelques heures. Mais ne voyant rien ils ne pouvaient pas vraiment s’en soucier pour l’instant.

L’atmosphère devenait de plus en plus chaude, de plus en plus tentante. Difficile de résister pour Cassidy qui s’était laisser allée sur cette pierre polie sans montrer la moindre résistance, ses jambes solidement enroulées autour du torse du jeune homme, frissonnant au moindre contact, l’embrassant de plus belle jusqu’à être au bort de l’asphyxie, se détendre et n’avoir plus qu’une seule envie, passer aux choses sérieuses.

Sa magie semblait être un sacré bon indicateur car elle repassa directement en mode luciole, dès que ses idées se précisèrent. Ce qui étonna Tristan au départ et elle aussi, qui ne s’y attendait pas vraiment. Mais le jeune homme ne semblait pas être choqué par cette soudaine apparition qui éclairait la jeune femme et il commençait à comprendre ce que cela voulait dire. Sauf que Tristan préférait que Cassidy se remette complètement avant de passer aux choses sérieuses.

Ah mais Cassidy elle, allait tout à fait bien et n’était pas prête de rebrousser chemin, surtout pas après tout ça. Alors il lui fallut énormément de confiance pour prononcer ces quelques mots qui ne les ferait pas retourner en arrière. Sa voix était un peu hachée mais très rapide, elle n’y allait pas par quatre chemins et semblait parfaitement décidée à faire ce à quoi ils pensaient tous les deux.

Elle l’avait d’ailleurs attrapé avec insistance pour le forcer à se calmer et l’écouter. Et si Tristan avait eu un changement au niveau de ses yeux, qu’elle avait aussi remarqué la dernière fois, c’était plutôt encourageant. Sauf que le jeune homme demanda confirmation. Ce à quoi la demoiselle répondit par un baiser tellement passionné, qu’il était impossible de se douter sur sa réponse.

Ce à quoi Tristan répondit par une phrase très simple, le sourire aux lèvres. Ah oui il aurait pu tomber sur une femme beaucoup plus rigide que ça, pour une coincée au départ. Apparemment elle avait réservé de jolies surprises. Pour être pervertie elle avait été bien pervertie !

Les baisers se faisaient plus intenses et la jeune femme cette fois là ne retint pas ses gémissements, mettant en application leur première nuit même si le cadre là était bien différent. Mais le plaisir était là et elle faisait tout pour que son compagnon apprécie aussi, multipliant les caresses, les baisers, semblant apprécier pleinement l’instant.

Il n’y avait plus de repères dans le temps et l’un comme l’autre semblait être un peu déboussolé. Ils étaient enfin sortis de l’eau, sans chercher à aller très loin et c’était Tristan qui guidait Cassidy, car une fois le plaisir passé, la lumière qui s’agitait autour de son corps s’éteignait, montrant ainsi la satisfaction de la jeune femme du moment.
Les jambes un peu tremblantes, Cassidy tenait la main de son compagnon qui lui proposa de faire une pause sur le sol. Ils étaient d’ailleurs encore un peu trop sonnés pour retourner à l’extérieur. D’ailleurs c’est très galamment que le jeune homme prit sa compagne sur son torse, pour ne pas qu’elle se retrouve sur le sol dur. Une chose que Cassidy accueillit avec plaisir.

Elle se posa donc dans ses bras, sa petite tête reposant contre son torse alors qu’elle poussait un soupir de satisfaction mais encore trop essoufflée pour parler. C’est même tendrement que le jeune homme posa sur le dos de sa compagne la couverture, afin qu’elle n’attrape pas froid le temps qu’ils sèchent tous les deux.

Cassidy ferma un instant les yeux, d’ailleurs dans cette obscurité ça ne changeait rien, et après avoir déposé un doux baiser sur les lèvres de son compagnon, se reposa pendant un moment, apparemment heureuse.

Ce n’est que peu de temps après que le jeune homme manifesta sa présence, elle sentit qu’il était près de ses cheveux alors qu’il prononçait des mots comme quoi il l’avait perverti mais qu’il avait apprécié ce moment avec elle. La jeune femme redressa doucement la tête et même si elle ne le voyait pas, elle se sentait extrêmement fière et flattée par la fin de sa phrase, surtout par quelqu’un qui avait de l’expérience.

Sauf qu’elle tira aussi une grimace et lui donna une petite tape sur la tête.

« Hors de question que tu ailles brûler chez les démons sinon je viendrais te chercher et je leur botterais le derrière si ils osent te toucher. Et puis… pervertie… pervertie… baaaah… ça devait bien arriver un jour non ? »

Peut être qu’il était le beau guerrier qui devait le protéger mais c’est qu’elle avait aussi son mot à dire la demoiselle. Pourtant elle l’avait dit sur le ton de l’amusement, bien qu’utilisant un langage très familier. Et puis elle était une mage, elle était capable de surveiller ses arrières aussi.

« En tout cas… c’est sûr tu as du me jeter un sort pour que je sois aussi réceptive à tes… heu… enfin tu vois quoi ! »

Elle ne savait pas utiliser le bon vocabulaire mais c’était une manière de lui dire que ça lui plaisait beaucoup au final. Cassidy fit remonter sa main sur la joue à Tristan, épousant sa forme puis déposa un beau baiser sur ses lèvres.

La demoiselle s’étira longuement avant de grimacer une nouvelle fois en parlant de courbatures. C’est vrai que leurs aventures aquatiques ne les avaient pas vraiment aider. Mignonne petite râleuse quand elle s’y mettait !

Cassidy incanta sa sphère pour y voir plus clair puis posa la couverture sur le sol avant de remettre ses sous vêtements. Comme elle avait séché, c’était le bon moment. C’est alors que la bouteille de cidre attira son attention et elle la regarda attentivement avant de regarder autour. Ah ben ils n’allaient quand même pas boire à la bouteille quand même ? Elle incanta son sort d’invocation et fit apparaître les deux verres qui traînaient à côté de la fontaine avant de servir copieusement son compagnon qui venait de se redresser et elle-même.

« Faudrait quand même qu’on la finisse… J’aime pas gâcher. Ah mais si je commence à dire des choses bizarres en rentrant chez mes parents, je compte sur toi pour me baillonner. Il vaudrait peut être mieux qu’ils n’apprennent pas ce qui s’est passé… »

La jeune femme se mit à sourire, même si ça n’allait pas être facile d’expliquer la tignasse complètement désordonnée et en bataille de Tristan et la présence d’eau dans leurs cheveux.

Elle se mit à boire son verre sans rien dire de plus, mis à part quelques banalités.

« J’aime bien cet endroit… C’est joli comme ambiance quand on met un peu de lumière… Manquerait quand même des fleurs ou des bougies ! Ou les lucioles ! »

Elle but une autre gorgée tout en souriant, se laissant bercer par le bruit de l’eau.

« Tu sais… moi qui pensais au départ que j’allais m’ennuyer de pied ferme dans ce voyage… eh bien je suis surprise par la tournure des choses. Je pense que ça fait longtemps que je n’ai pas eu l’occasion de penser à autre chose que travail, livres, connaissances… enfin quand j’y réfléchis bien, je n’ai jamais rien partagé avec personne et surtout pas des moments comme ça… »

La jeune femme regarda le fond de son verre. A vrai dire elle n’avait jamais fais attention à ce qui l’entourait ni à la beauté des choses de ce monde, n’ouvrant qu’un œil d’analyse et de recherche. Après tout, elle avait passé un an à étudier une relique jalousement garder pour percer l’énigme tout en continuant à voyager, elle avait mis en place une académie. Rien de très amusant mais elle n’avait jamais trouvé l’occasion de se détendre.

Tristan était justement parfait pour elle. Car lui ne se prenait pas la tête pour un travail, il avait beau avoir un caractère bien trempé, cela ne l’empêchait pas de profiter de la vie même si encore beaucoup de mystères planaient à son sujet. Enfin pour l’instant il y en avait qu’un qui était suffisamment gros pour qu’elle y prête attention mais la jeune femme chassa de sa tête cette pensée.

Elle s’étira une nouvelle fois.

« On ferait bien de rentrer. Je ne sais pas quelle heure il est mais j’espère que la fête n’est pas terminée… histoire qu’on passe inaperçus »

Elle se rhabilla tout comme le jeune homme et ils sortirent ensemble du souterrain, passant rapidement à la fontaine pour récupérer le reste des affaires. Cassidy regardait avec nostalgie cet endroit, effleurant les pierres qui ornaient le contour de l’eau et aida le jeune homme en s’occupant du panier.

C’était l’une des plus belles soirées qu’elle ait pu vivre et elle n’était pas prête de l’oublier.

Sauf qu’avant que le jeune homme ne continue d’avancer dans la direction du village, Cassidy l’attrapa par le bras pour l’arrêter et attrapa sa nuque pour déposer sur ses lèvres un dernier beau baiser sur ses lèvres avant de s’écarter, les yeux brillants.

« Je profite encore un peu… Et puis avoir encore cette sensation avec moi… c’est magique ! »

Elle lui caressa doucement le visage, heureuse et souriante. C’est qu’elle l’aimait son beau Drakkari !
Tristan proposa de poser les affaires directement à la maison, demandant à Cassidy de retourner vite fait à la fête, pour ne pas inquiéter plus longtemps ses parents. D’ailleurs les musiques de la fête étaient toujours là, des rires, des conversations animées. Apparemment elle était faite pour durer.

Lorsque Tristan passa à la maison pour poser les affaires, il ne vit pas une personne qui marchait dans sa direction, qui devait sûrement se diriger vers une autre maison mais elle s’arrêta net en apercevant le grand Drakkari.

La forme avança vers le jeune homme en l’ayant repérer, apparemment assez satisfaite. Il s’agissait de Katy qui avait sûrement l’intention de rentrer chez elle. Ne retrouvant ni le beau Drakkari, ni Cassidy et après les avoir vu s’éclipser, elle était restée un moment pour continuer à s’amuser mais sans s’enlever de la tête le visage du beau jeune homme qu’était devenu Tristan. Il l’avait gentiment repoussé mais une femme sait parfois se montrer insistante, surtout quand le jeu en vaut la chandelle.

- Tristan ! Vous étiez passé où avec Cassidy ? Ca fait bien trois bonnes heures que vous aviez disparu de la circulation. Elle voulait te montrer sa collection de livres ?

Rire gentil et amusé, on connaissait plus Cassidy pour son envie de plonger sa tête dans un livre plutôt que d’embrasser un garçon. Ou à le voir sans elle, cela lui donnait un petit espoir comme quoi Cassidy avait sûrement du repousser le beau jeune homme quand il s’était fait trop… insistant. Ah mais elle savait pas ce qu’elle loupait la petite mage ! Si on ne pouvait même pas profiter de son beau compagnon, ça ne sert à rien de rester avec lui.

D’ailleurs sa démarche avait un peu changé, plus sensuelle, regard pétillant alors qu’elle coinça le beau Drakkari contre le mur d’une maison. Elle hésita un bref instant, avant de poser une main sur le bras du jeune homme, un sourire sur les lèvres, prête à lui faire tourner la tête.

Le jeune homme voulait sûrement répliqué en ouvrant la bouche mais la demoiselle ne lui en laissant même pas le temps, décidant de jouer sa meilleure carte, celle de la provocation, en l’attrapant par la nuque et en déposant un fougueux baiser sur ses lèvres alors qu’elle s’amusait à passer sa main sur sa chemise, prête à la laisser glisser dessous. C’est qu’elle n’avait pas froid aux yeux !

Du côté de Cassidy, qui ne se doutait de rien, et heureusement que le tatouage ne lui montrait pas la scène car sinon elle aurait rappliqué en moins d’une minute, la demoiselle se dirigeait vers la fête.

Les parents, en voyant leur fille revenir, se précipitèrent vers elle, mi-inquiets, mi-souriants.

-Cassy ! On s’inquiétait pour vous ! Vous avez mis du temps à revenir !
- Ta mère était dans tous ses états. D’ailleurs il est passé où Tristan ?


Cassidy fit un sourire gêné, dansant sur un pied et sur l’autre.

« Heuuuu… il est parti ramener les affaires. En tout cas merci pour cette belle surprise. »
- Ma chérie ! C’est quand même ton anniversaire. C’est très important et puis ce n’est pas terminé, nous avons aussi quelque chose pour toi

« Rhooo… Je vous ai déjà dis que ce n’était pas grave si je n’avais rien. Je ne veux pas que vous utilisiez votre argent pour moi… Que vous soyez là… et Tristan aussi maintenant, c’est un très beau cadeau pour moi ! »

-Tututu ! Pas de protestation ! Alors c’était comment ce petit repas en amoureux ?

Cassidy commença à rosir légèrement, repensant au bon moment qu’elle avait passé en compagnie de son homme.

« C’était génial ! L’ambiance… Et on a regardé les étoiles »

Sauf qu’elle avait d’autres pensées en tête, et à cette simple évocation, sa magie se réactiva, la baignant d’une douce lueur moins puissante que dans la caverne mais quand même présente.

-Heu Cassy... C'est normal la lumière là sur toi ?

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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: Un retour dans le village d'enfance   Mar 20 Nov - 22:48

- Cassy…

Ils étaient allongés sur le sol rocailleux et froid de la grotte. Enfin lui seulement. Parce qu’elle, elle était allongée sur lui donc niveau température, elle était tranquille surtout qu’après ce bain brûlant et la participation de leurs… activités à maintenir une température corporelle au-dessus de la moyenne… eh bien il n’avait pas vraiment… froid. De toute manière vu son étrange habitude d’exhibitionniste il ne devait pas avoir souvent froid.
Tristan était encore surpris par la tournure qu’avait prise leur voyage.

Il était venu avec elle parce qu’il s’inquiétait à cause de son cauchemar. Bien sûr, tous les deux souffraient de la distance réservée qui s’était installée suite à l’amourette faussée que vivait la jeune mage mais une situation pareille ? Envisageable ? Certainement pas !
Elle avait dit l’aimer mais… tout dans son attitude par la suite lui avait démontré le contraire, ce qui l’avait conforté dans la certitude qu’elle se trompait depuis le début sur les sentiments qu’elle lui portait. En vérité cette petite mise en scène qui avait quand même pris une certaine ampleur, après tout Jordan espérait de son côté finir certainement par avoir une vraie relation avec la jeune femme, comportait de bons côtés. Tristan avait réalisé que les sentiments qu’il portait à la jolie mage, présents depuis bien trop longtemps malheureusement… devenaient intenables.

Les taire était une torture, se mentir à lui-même et puis… comment rester muet alors qu’un autre se pavanait à ses côtés ?!
Les taire, c’est ce qu’il avait prévu, dès le début. Oui mais son plan n’était pas infaillible. Les sentiments ne se contrôlent pas… ils en étaient la preuve vivante. Tout s’était précipité… Il s’était montré singulièrement gentil avec elle malgré tout et n’avait pu s’empêcher des gestes étrangement tendres venant du si sexy mais si volage Drakkari. Il avait voulu les démentir suite à la tentative de viol qu’avait subie la demoiselle… Avant de ne plus pouvoir taire son amour pour elle.

Bien sûr, il l’avait exprimé dans des circonstances particulières et certainement en aurait-il été autrement si les actions, faits, gestes ne s’étaient pas enchainés ainsi. Il avait vécu les quelques secondes les plus angoissantes de son existence. Se rendre compte qu’il avouait ses sentiments, prendre conscience de sa propre vulnérabilité, vulnérabilité qu’il offrait à la jeune femme comme un si petit et fragile papillon dans les mains d’un enfant certes adorable mais si maladroit. Elle aurait pu le torturer. Sans doute l’aurait-elle dû… Il l’avait fait souffrir avec ses incertitudes, ses provocations teintées de regrets, ses pas en avant et ses fuites en arrière. Elle aurait sans doute dû se taire, sourire, garder sa confession et le laisser attendre, quelques heures, quelques jours avant de lui avouer ses propres sentiments, qu’elle n’avait pas cessé de l’aimer même si elle était la petite amie de Jordan. Oui, le faire languir, lui montrer à quel point attendre après s’être confessé de la sorte est douloureux. Il le méritait bien après tout. Mais elle ne l’avait pas fait. Parce que l’amour a ce petit quelque chose quand il est vrai et si innocent… d’un enfant encore une fois. Un enfant devant les manèges de ses rêves. Courir vers le premier, monter dans la nacelle, rire, vivre et se remplir le cœur, la tête de souvenirs.

Non, il ne s’attendait pas à ce tournant. Et à vrai dire il vivait au jour le jour, dans un état second, avec l’étrange impression d’être dans un monde parallèle, de vivre en décalé comparé au reste du monde. Il était amoureux… et elle l’aimait en retour au moins autant que lui. Non… ça sans doute ne le pourrait-elle jamais.
Tout était encore flou mais qu’est ce qu’il aimait cette nouvelle vie.
Et puis… malgré il s’attendait à une abstinence forcée élongée ! Y palier ? Quel bonheur ! C’est qu’elle apprenait bien vite la petite mage. Bien sûr il connaissait sa soif de découverte mais ne pensait pas qu’elle s’appliquait aussi dans ce domaine, apparemment si. Elle ouvrait enfin les yeux, elle acceptait de vivre et elle rattrapait les années perdues à protéger son entourage.

Il fronça les sourcils. Comment dire… Elle était totalement débutante bien évidemment et à dire vrai, il s’attendait à ce que ce soit assez… décevant pendant un moment alors qu’au contraire… Enfin… Même la première fois, pourtant au début chaotique avait vu s’exprimer une apothéose insoupçonnée. Mais là… c’était cent fois mieux ! Aux bas mots !!! Et il savait que son jugement n’était pas altéré, s’il faisait tout pour être l’amant rêvé des demoiselles il avait quand même un jugement impartial. Peut-être qu’elle était juste douée. Il sourit aussitôt. Il allait devoir s’en assurer, s’en réassurer, s’en réréassurer, s’en…

Elle se cala un peu mieux contre lui et il remonta légèrement la couverture qui avait glissé. Son corps mince contre lui était chaud aussi, peut-être un peu moins que le sien. Même atténuée, la sensation qu’il avait éprouvé dans l’eau, collé contre elle, se faisait toujours ressentir. C’était comme si leurs corps étaient tout proche mais aussi séparés, lointains, reliés par des millions de millions d’invisibles petits filaments électriques qui les faisaient exister sur la même « fréquence ». C’était vraiment « normal » ça ? Il ne se souvenait pas l’avoir déjà ressenti. Pas même avec Maud.

Il parla, plaisantant. Il irait brûler dans les limbes mais tant pis. Sauf qu’elle y répondit avec une véhémence qu’il ne soupçonnait pas. Ce n’était pourtant qu’une plaisanterie mais quelque chose dans sa voix était beaucoup plus… sérieux, beaucoup trop sérieux, même si elle aussi plaisantait un peu. Un gros doute s’installa dans son cœur. Et si elle savait ? si son instinct avait deviné mais que sa conscience l’ignorait encore. Il articula doucement son nom, se crispant, inquiet et prêt à parler, à lui avouer la vérité… avant de se raviser et de se contenter de caresser ses cheveux. Nouvelle hésitation, mais elle enchaîna en annonçant qu’il lui avait jeté un sort parce qu’elle était un peu trop sensible à… certaines choses. Un immense sourire éclaira le visage du jeune homme et il la fit basculer sur le côté, prenant grand soin qu’elle reste dans la couverture pour ne pas être en contact avec la pierre froide du sol alors qu’il se calait au-dessus d’elle, faisant expressément son si beau sourire avant d’utiliser celui taquin plus provocant que jamais.

- Oui ? Mes ?... finis donc ta phrase princesse…

Il lui sourit, effleurant une de ses joues du bout des doigts, en appui sur un coude. Il avait toujours cette manière de faire étrange. Ce n’était qu’un effleurement, léger, comme si le fait d’appuyer trop fort la blesserait mais encore et surtout dissiperait le beau rêve qu’il était en train de vivre. Il se pencha sur elle et effleura ses lèvres des siennes, nouveau baiser frustrant pour la jeune femme mais qui avait une étrange connotation cette fois, comme s’il se retenait, de parler, d’agir. Pourtant il se redressa l’instant d’après, pourtant à seulement quelques centimètres de son visage, comme si de rien n’était.

- Au fait, j’avoue ne pas avoir pensé à le formuler car pour moi c’était logique mais… si tu veux qu’on parle de tout ça on peut. Je sais que c’est tout nouveau pour toi et que ça doit être vraiment… particulier de découvrir son corps autrement et des sensations jusqu’alors inconnues. Mais tu n’as pas à hésiter avec moi. Tu sais bien que je suis un gros pervers, le tabou je ne connais pas. Oh et… je tiens à ce que tu me dises quand tu aimes particulièrement un des trucs que je fais… parce que je pourrais te rendre totalement dingue avec.

Nouveau sourire taquin trop pervers pour n’être qu’une plaisanterie. Il s’allongea sur le côté, tout contre elle, glissant son bras sous sa tête pour qu’elle soit plus à l’aise. Les battements de son cœur se calmaient avec le temps. Elle lui parla un peu mais ils restèrent silencieux aussi pendant un moment alors qu’il « s’amusait » à glisser doucement une de ses mains le long de son dos dans une caresse toute simple, preuve qu’il était bien là. Le Tristan pervers, charmeur qui semblait prêt à sauter sur tout ce comportait un article indéfini féminin ? tendre ? Vraiment ? Ben ça…

Ils commencèrent à bouger et Cassidy argua qu’il fallait finir la bouteille de cidre. Il se retint de justesse d’exprimer l’idée qu’il avait en tête. C’est bon, il l’avait bien assez torturée pour la soirée, inutile d’en rajouter une couche, il se contenta donc de boire dans son verre… cette idée serait pour une fois. Ils burent en parlant un peu puis elle lui parla de ses attentes pour le voyage et il sourit. Ils étaient sur la même longueur d’ondes. Elle non plus ne s’attendait vraiment pas à ça. C’est sans doute ce qui rendait l’instant encore plus magique. Ah ça, il voulait bien croire qu’elle ne pensait pas à s’amuser. Il se pencha d’ailleurs très près d’elle, semblant faire exprès de mettre son visage si craquant à quelques centimètres tout juste du sien, comme s’il allait l’embrasser mais sans le faire. D’ailleurs, sa façon de parler, murmure plein d’intonations et d’intentions était une provocation de plus.

- Mh… penser à moi devrait t’occuper alors et… te faire oublier un peu le travail. Quoique… je donnerais cher pour te voir donner un cours quelconque et te mettre soudainement à briller… Enfin peut-être que ça ne fonctionne que lorsqu’on s’embrasse avec un peu trop d’insistance.


Il ne savait pas encore à quel point pourtant, il était proche de la situation à laquelle elle allait être confrontée. Puis ils se rhabillèrent, rangèrent les affaires et commencèrent à rentrer alors qu’elle lui volait un baiser passionné de plus, prétextant que c’était le dernier. Il ne dit rien mais comptait bien lui en voler d’autres au cours de la soirée pour sa part.
Galamment, le jeune homme lui proposa de retourner à la fête pendant qu’il s’occupait de rapporter les affaires chez les parents de Cassidy.

Il s’était laissé faire quand elle avait réajusté sa chemise dont le col relevé témoignait de récentes activités mouvantes et lui sourit alors qu’ils se quittaient. Il ignorait ce que la jeune femme allait subir. A savoir un assaut de ses parents surpris et inquiets de sa longue absence même si bien sûr, ils étaient au courant pour la surprise de Tristan. Mais qu’elle se mette à briller devant eux… en repensant à ses agréables moments avec son Drakkari… hem… pas des plus discrètes la petite mage !!!
D’ailleurs ses parents posaient des questions et heureusement qu’un couple vint aborder les Herediane, voulant saluer leur si jolie fille. Ils furent surpris mais la dame qui avait apparemment l’alcool heureux se mit à rire en disant que la magie pouvait être capricieuse comme les jeunes filles et s’accordaient sûrement sur ses humeurs. Diversion quelconque alors qu’elle appelait un jeune homme que la demoiselle avait gardé quand il était enfant et qui avait sacrément grandi aujourd’hui.

De son côté, Tristan marchait d’un pas énergique bien qu’il fût perdu dans ses pensées. Son poing se crispa en même temps qu’un frisson lui parcourait l’échine et que la brûlure familière dans ses reins se faisait ressentir. Non, décidément, il ne pouvait ignorer le désir qu’il ressentait constamment pour Cassidy. L’embrasser suffisait à raviver ses pulsions. Il soupira, ravi mais surpris de s’être aussi bien contrôlé malgré l’absence du bracelet. C’était vraiment étrange. Avec elle, il perdait toute contenance, toute patience et n’agissait que par instincts primaires mais apparemment très efficaces… Et à l’opposé, il ne s’en montrait que davantage… perfectionniste. Jamais auparavant, il ne lui serait venu à l’idée de dire à une jeune femme qu’il attendrait le temps qu’il faudrait avant d’avoir des relations sexuelles avec elle, il se serait trouvé une autre fille rapidement. Ce n’était qu’un exemple parmi tant d’autres mais… tout à fait réel.

Il sourit, effleurant ses lèvres de son index. Le goût de celles de la jeune femme, pommelées par le cidre s’y trouvait toujours, raison pour laquelle il n’arrêtait pas de se passer la langue dessus. Ben quoi ?!
Il était rentré rapidement et déposant le panier s’apprêtait à repartir pour faire danser sa belle et la rendre fière autant qu’il le pourrait. Surtout que ravi, il avait constaté qu’elle disait vrai, n’avait plus mal et elle n’avait pas manifesté de nouvelle douleur pendant leur partie de… euh… gymkhana ! C’était plutôt autre chose qu’elle avait manifesté tiens…

Nouveau sourire ravi malgré la douleur dans ses reins qui lui retournait le ventre. Ah mais peu importe !!!! Il était heureux !!!
S’apprêtant à piquer un sprint pour une raison inconnue, sans doute son euphorie, il vit une silhouette se découper dans l’obscurité, silhouette qui ne semblait pas l’avoir vu au départ. C’était Katy et elle le rejoignit rapidement entre deux maisons quand elle le reconnut. Elle souriait et se mit à plaisanter. Fraîche et apparemment souvent joyeuse, son trait d’humour était quand même bien trouvé quand on connaissait la petite mage. Il fit un sourire en coin.

- C’est à peu près ça oui…

*Trois heures… enfin on a fait autre chose bien sûr mais… pas mal pour une deuxième fois princesse…*


Il ignorait ce que la jeune femme avait en tête. Elle se trompait totalement en tous les cas. Pourtant c’était quand même bien vu. Cassidy connue pour son côté froid, prude et des plus ignorantes dans le seul domaine que les livres ne sauront jamais bien expliqué ne donnait pas l’impression d’être une fille à s’éclipser avec son petit amie pour folâtrer dans les bois ! Ah ça non !
Le jeune homme sourit poliment cette fois.
Mais avant qu’il n’ait pu dire quoi que ce soit, il fut plaqué contre un mur. Enfin plaqué était un grand terme. Disons qu’il ne loupa pas du tout la démarche plus chaloupée de la jeune femme qui se rapprochait de lui, ce qui le fit légèrement reculer dans un réflexe qu’il ne se connaissait pas.

Elle semblait étrange et ses yeux brillaient beaucoup, sans doute avait-elle abusé un peu de l’alcool. Il ouvrit la bouche pour dire quelque chose. Mais elle le devança et il fut si surpris que ce ne fut que par miracle qu’il ne referma pas la mâchoire, lui mordant ainsi la langue. Ah oui, pour de la provocation c’était de la provocation là.

La jeune femme s’était littéralement collée contre lui, haussée sur la pointe des pieds, une main crochetant sa nuque, l’autre glissant, experte, sur sa chemise. Ah ben les hommes c’est comme les oranges, faut tâter la marchandise ! Bon… il fallait avouer qu’elle embrassait… vraiment bien. Mais la plus grand surprise de Katy fut sans doute de constater qu’elle n’avait pas besoin d’insister davantage… car déjà le Drakkari répondait à son baiser et avec un talent indéniable. Bah oui, lui aussi il s’y connaissait et pas qu’un peu ! Les mains posées sur ses hanches, il l’embrassa et elle s’attendait sans doute à ce que ce soit plus compliqué parce qu’il la sentit fléchir un peu les genoux comme par faiblesse… ou parce qu’elle connaissait le revers de sa médaille.

Pourtant, il la repoussa doucement peu après. Un sourire triste éclairait son visage alors qu’il prenait une de ses mains dans les siennes.

- Je suis navré Katy. Je t’ai rendu ton baiser parce qu’il n’y a pas pire que d’être repoussé au milieu de l’un d’eux et parce que je pense que tu te demandais un peu trop comment j’embrassais vu comment tu t’accrochais à mon cou mais… il n’y en aura pas d’autres. Je suis sincèrement flatté d’intéresser une aussi belle fille que toi et navré de décevoir tes attentes. En d’autres temps, crois-moi, j’aurais répondu autrement… mais j’aime Cassidy et aussi curieux que ça puisse paraître venant de moi, je ne compte pas lui être infidèle. Oui…je… je l’aime… vraiment.

Il lui sourit gentiment. Il n’y avait pas de phrase type pour ce genre de situation tellement gênante mais il se comportait gentiment et avec tact. Sans doute aurait-il pu la repousser sèchement, s’insurger ou autre, il avait choisi la diplomatie et une classe indéniable qui ne devait pas aider la demoiselle à renoncer. Mais ses paroles étaient sincères. Il lui dit qu’elle pouvait retourner à la fête, qu’il serait ravi de redanser avec elle et que si elle comptait rentrer, il lui souhaitait une bonne soirée.
Puis il partit, ne voulant pas rester trop près d’elle, silencieux, au cas où elle tente quelque chose d’autre qui le pousserait à se montrer plus… brusque. Etrange… Il avait senti de l’attirance pour la demoiselle… et en même temps comme un dégoût de son propre corps. Sa morale le rattrapait. Cassy avant tout ? Pourquoi pas après tout ?

Mais alors qu’il rentrait, il se retrouva face au groupe qu’il avait fait partir quelques heures plus tôt. C’étaient les gamins qui lui avaient cassé le bras, qui avait embêté et frappé Cassidy alors qu’elle était toute jeune et qui durant la fête avait tenté d’attirer ses faveurs avec plus que certainement, des idées sacrément déplacées derrière la tête.
Tristan se crispa. Même d’ici, son odorat l’avertissait de la quantité impressionnante d’alcool qu’ils avaient ingurgité ! Sans doute étaient-ils restés à la fête mais discrets, évitant de faire des vagues à cause de son intervention. Là, en le voyant, ils allaient sans doute vouloir se venger de leur humiliation publique et… chercher la bagarre. Il se prépara à les ignorer et les bousculer sans s’arrêter s’il fallait mais ils le virent, s’arrêtèrent… et leur chef lui fit de grands signes de la main.

- Eyyyyhhh !!! Machin !!! Viens !!!!

Il se crispa un peu plus mais la démarche très assurée et l’air de très bien tenir l’alcool, ils le rejoignirent et lui donnèrent chacun une tape dans l’épaule, forte mais pas agressive. Ils étaient cinq, les quatre autres imitant leur chef.

- Attaaaaa t’inquiète pas vieux ! On va pas t’bouffer ! J’voulais juste m’xcuser pour tout à l’heure. J’ai fait l’con une fois d’plus ! En même temps faut pas m’en vouloir ! T’as vu comment elle est gaulée la ptite Cassy ! J’me la f’rais bien et… ah pardon vieux, c’est ta meuf on sait, on sait, scuse. Enfin… j’ai été con, j’suis désolé. J’voulais te l’dire et… bienvenue au village aussi. Et… euh… pardon pour cqui s’est passé quand on était gamins. T’sais on est débiles à ctt’âge là… on comptait pas lui faire de mal au début et pis… enfin bon, c’est l’passé…

Ils sentaient vraiment l’alcool mais n’étaient vraiment pas méchants et leur chef semblait sincère. Surpris, Tristan, au lieu de se montrer intolérant, restait calmement immobile, écoutant. Après tout, lui aussi en avait fait des conneries dans sa vie. Cassidy avait bien accepté de passer outre. Loin de lui arriver ne serait-ce qu’à la cheville, il pouvait au moins écouter les excuses de ce pauvre type.
Mauvaise idée…

A la fête, les discussions allaient bon traine et l’attention s’était détournée de l’effet luciole de la jolie jeune mage, surtout qu’elle avait cessé de briller. Si elle participait ou se contentait de sourire, refusant poliment jusqu’alors les invitations à danser, Cassidy semblait chercher de plus en plus des yeux son petit ami qui tardait à revenir. Ce fut un homme d’une cinquantaine d’années qui venait de s’approcher de ses parents avec sa femme qui, remarquant son manège, lui sourit.

- Cassidy. Je suis allé chercher un autre tonneau, d’ailleurs il faut que tu goûtes mon vin ma petite, et j’ai vu ton « copain » en train de discuter avec nos énergumènes régionaux. Ne t’inquiète pas, ils avaient l’air de bien s’entendre mais s’ils se mettent à lui raconter leurs dernières aventures de bûcherons, il en a pour des heures, tu ferais mieux d’aller le chercher.

Il lui sourit, lui fit un clin d’œil, semblant avoir remarqué… quelque chose mais ne le formulant pas. Certaines personnes perçoivent mieux certains signes que d’autres. Tristan, qui avait observé Cassidy en train de se rhabiller avec une délectation certaine avait eu un pâle sourire en se demandant comment cela se faisait que les commérages n’avaient pas encore été lancés. Après tout, pour lui, ça se voyait sur le front de la jeune femme qu’elle n’était plus vierge. Dans sa façon de se tenir, de sourire, de se comporter, de regarder les garçons d’un œil critique différent, de regarder son petit ami. Cet homme –là semblait l’avoir vu aussi.

Elle se mit sans doute rapidement en route, pas fâchée d’échapper à des conversations ennuyeuses alors qu’elle pourrait être avec Tristan. L’homme n’avait pas menti, il discutait ou plutôt écoutait les discussions du groupe plus âgé que lui que formaient ces persécuteurs autrefois. Sauf qu’alors que le chef parlait, celui qui était le plus bâti comme une armoire à glace prit discrètement une hache totalement métallique posée contre le mur d’une maison… la leva… et l’abattit sur le Drakkari.

Tristan s’ennuyait mais essayait de ne pas le montrer. Pfff, ils le gonflaient à blablater alors qu’il aurait pu faire danser sa petite princesse. Soudainement il entendit une voix qu’il ne connaissait que trop bien, déchirante, hurler son nom. Il se retourna d’une torsion rapide, surpris, juste au moment où la hache s’abattait sur sa tête. Il s’écroula aussitôt.
Les hommes s’étaient tournés vers la jeune femme qui hurlait et blanche comme un linge se rapprochait rapidement alors que l’air semblait crépiter de magie autour d’elle. Mais sans doute était-elle trop obnubilée par l’image de son compagnon étendu immobile sur le sol pour exploser aussitôt de colère car alors qu’elle se rapprochait, un des hommes la bouscula et s’empressa de lui bloquer fermement les mains dans le dos.

- Assomme-la Gary… l’entendre crier je suis pour… mais que quand on se sera éloigné du village. Et avec moi les gars, je vous assure qu’elle va chanter la ptite !

L’homme leva de nouveau sa hache mais pour frapper du manche cette fois sauf que lorsqu’il l’abattit sèchement et avec bien trop de force pour qu’elle n’en soit pas blessée, ce n’est pas le front de la jeune femme que l’arme rencontra, mais une des omoplates de Tristan qui s’était relevé. Le métal cria et se tordit sous la pression. Il se tenait devant Cassidy et s’était relevé si rapidement, déplacé si vite que personne ne l’avait vu faire. Sans effort, il avait envoyé valser l’homme qui la tenait alors qu’elle était si sentimentalement vulnérable et l’avait prise dans ses bras, la pressant, rassurant, contre lui alors que le choc se faisait entendre. Sa force s’était réveillée…ça ne faisait aucun doute. Surtout vu comment l’homme repoussé sèchement se tenait le bras que le Drakkari avait serré d’une poigne de fer pour lui faire lâcher prise.

Derrière lui, les hommes s’agitaient, surpris sans doute qu’il soit encore en vie tout simplement. Il relâcha doucement Cassidy… malgré sa force, il ne lui avait pas fait le moindre mal. En vie ?... moui… Une longue et profonde balafre lui traversait le front et inondait son visage de sang à tel point que c’en était alarmant… mais la tête étant très irriguée ce n’était pas non plus surprenant, juste… choquant sans doute. Il posa un regard vide sur la jolie mage alors qu’il s’exprimait d’une voix rauque, où chaque mot était comme une centaine de menaces.

- Vous avez… voulu… lui faire… du mal…

Soit sa blessure ne l’handicapait en rien, soit il était trop en colère pour y penser… Car brusquement il se retourna, avec des airs de tueurs et envoya son poing directement dans la mâchoire de l’homme qui tenait la hache. Sa mâchoire émit un horrible craquement lorsqu’elle se brisa en plusieurs morceaux. L’homme s’écroula en crachant du sang, incapable de hurler. Les suivants n’eurent pas plus de chance. Il cassa les côtes de l’un d’eux, assomma net un autre et pour le chef… il lui retourna le bras d’une telle façon qu’en y mettant un peu plus de force mais si peu, il l’aurait sans doute démembré. Il ne disait rien, pas un mot, pas un son, il ne donnait même pas l’impression de respirer alors qu’il frappait avec une aisance toute meurtrière et surtout naturelle… Puis il attrapa la hache, la détordit et se dirigea vers les hommes… une idée bien précise derrière la tête… Eux, horrifiés, mortifiés, terrorisés, suppliaient pour ceux qui pouvaient parler. Mais ce ne furent pas eux qui l’arrêtèrent…

Ce fut Cassidy… qui s’était jetée dans son dos et entourait son torse de ses bras en lui murmurant d’arrêter. Sa voix était étrange, comme hachée par des sanglots… ou de la peur il n’aurait trop su dire… Mais le jeune homme s’arrêta immédiatement. La hache émit un tintement en tombant par terre. Les hommes déguerpirent comme ils purent. La respiration sifflante, il se rendit compte des tremblements de la jeune femme qui… l’avait retenu… et de la douleur qui pulsait sur son front et lui donnait envie de vomir. Lentement pourtant, les mains tremblantes, se haïssant de lui avoir fait peur de la sorte, il lui fit lâcher son torse et toujours à genoux par terre, se retourna vers elle.

- Cassy… pardon, je voulais pas te…


Il ne termina pas. Son regard se voila et il s’évanouit…
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Cassidy Herediane
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MessageSujet: Re: Un retour dans le village d'enfance   Dim 25 Nov - 14:12

Cassidy était heureuse et joyeuse. Bien plus que ces dernières années où elle s’était toujours repliée sur elle-même sans vraiment chercher à profiter de la vie. Elle était là, allongée sur le torse de son homme, sa respiration plus lente et paisible, de fines gouttelettes ruisselant sur ses pommettes rouges en raison de leur activité physique.

Elle était restée un moment allongée, les pensées défilant dans sa tête. C’est qu’elle l’aimait vraiment son Drakkari. Oh bien sûr, Cassidy aurait pu tout à fait le faire languir, mais cela n’avait jamais été dans sa nature de jouer avec les sentiments. Enfin du moins pas naturellement. Et puis, le fait de se forcer à jouer avec un rôle avec Jordan, cela ne lui avait pas vraiment plu. Trop gentille pour être cruelle. Dès qu’on brise sa carapace durcie par sa sévérité et son sérieux, on se retrouve devant une jeune femme un brin romantique, toujours aussi prise de tête mais beaucoup plus spontanée.

La demoiselle était bien, étalée ainsi sur lui, sentant les propres battements de son cœur battre en rythme avec le sien et cette sensation qu’elle n’éprouverait jamais autant de bien avec un autre homme. Enfin c’était quand même assez bizarre quand on y réfléchissait. Elle n’avait aucune matière à comparer. Bien sûr, peut être avait-elle essayé de se rapprocher d’hommes dans le passé, enfin juste une fois ou deux mais expérience désastreuse qui n’avait pas été très loin, juste des paroles, des regards. Ah non, elle était très loin d’avoir trouver un autre homme capable de lui faire oublier Tristan. Même si au départ, pour elle, il était hors de question qu’elle ait une relation avec le Drakkari. Non mais et puis quoi encore ? Ils n’étaient pas du même monde ! Même si elle aurait voulu s’entendre avec lui quand ils étaient enfants, la demoiselle ne s’imaginait pas du tout finir dans ses bras.

Bon d’accord, c’était un homme très séduisant, spontané et dynamique et quand on apprenait à bien le connaître, le mot ennui ne semblait pas avoir de sens. Il se débrouillait toujours pour l’occuper, que ce soit en mal dans le passé ou en bien.

Il avait alors fait une petite plaisanterie sur les démons, elle avait répondu avec beaucoup de conviction même si son sourire essayait de donner de la légèreté à ses paroles. Ah oui bien sûr qu’elle se doutait qu’il y avait un truc pas net là-dessous, qu’il y avait une histoire de démons, grâce au lien très spécial qu’elle partageait avec lui du tatouage. Et pourtant, elle n’utilisa aucun sort pour l’obliger à révéler cette magie, cette douleur. Elle connaissait la localisation, il lui aurait été possible de forcer les choses à se réveiller pour mieux comprendre.

Mais voilà, fidèle à ses paroles de ne pas faire sa curieuse, Cassidy avait décidé de ne pas en parler, ni de le forcer à divulguer ses informations. Et pourtant elle était loin de se douter qu’il voulait lui en parler, sinon elle se serait fait beaucoup plus attentive pour accueillir la nouvelle. Et si par malheur un de ces démons le possédait, effectivement, elle ferait tout pour l’en débarrasser. Il était hors de question qu’il continue de vivre avec ça sur les épaules avec un risque qui serait de plus en plus grand.

Il l’avait fait basculer sur le côté, et ne cherchant pas plus que ça à chipoter, la jeune femme se laissa faire, son teint prenant une jolie couleur rouge alors qu’elle tenta de s’exprimer, avec une pointe d’humour, sur ce qu’elle pouvait ressentir.

D’ailleurs le jeune homme semblait particulièrement intéressé et l’encourageait à terminer sa phrase mais la demoiselle devint encore plus rouge, ne trouvant pas d’adjectif ou de mot approprié pour s’exprimer là-dessus. Ils étaient beaucoup plus sages qu’un peu avant, même si Tristan la surprit encore en lui disant qu’elle pouvait tout à fait lui dire quand quelque chose lui plaisait particulièrement, ce qui fit rosir encore plus la jeune femme. Ah bon ? Elle pouvait vraiment. Aie Aie Aie ! C’est qu’elle lui donnait des armes pour la rendre complètement dingue de lui, enfin pas tout de suite mais elle ne pourrait qu’apprécier de plus en plus les contacts avec lui. Oui, dans un sens, elle apprenait avec lui ce qu’était un contact plus qu’intime, ce qui était un rêve pour elle.

Elle tenta de reprendre contenance, glissant un sourire un peu mystérieux sur ses lèvres avant de poser une main sur le front du Drakkari tout en acquiesçant d’un signe de tête. Oui c’était tout nouveau ces sensations pour elle et ce n’était pas si mal que ça.

« D’accord… à condition que tu me dises aussi ce qui te fais plaisir à toi aussi »

Eh oui, elle ne voulait absolument pas donner l’impression d’en profiter toute seule, si il fallait le faire, c’était que chacun y trouve son compte et c’était pour elle un moment de partage, et non d’égoïsme.
Elle appréciait ses très légères caresses, dans son dos et le regard qu’il lui lançait même si c’était teinté d’un air légèrement pervers.

Cassidy décida de finir la bouteille de cidre, le gaspillage ce n’était pas bien pour elle, se permettant une petite réplique toute simple alors qu’il s’approchait d’elle. Ah oui très frustrant de s’arrêter à quelques centimètres de son visage, sans lui donner l’impression d’en profiter. Etait-elle trop en manque de ses baisers et ses caresses ? Pourtant ils avaient tout leur temps, toutes les occasions seraient bonnes et se multiplieraient, alors pourquoi vouloir réclamer ?

Il expliqua qu’il était curieux de la voir donner un cours, surtout si elle se mettait à avoir des pensées… un peu particulières. La demoiselle grommela en baissant la tête, sans savoir quoi répondre exactement. Donner des cours ? Heeeeeeem ! Serait-elle seulement capable d’avoir l’expérience suffisante d’en donner ? Ah ben ça, si elle devait s’y mettre, ça serait quelque chose ! Trop perdue dans ses rêves, il lui serait très facile d’être une professeure très maladroite… Hum…

Après un moment, ils finirent par se relever pour rejoindre les autres à la fête, après que Tristan ait proposé de ramener les affaires. Si Cassidy s’était doutée de certaines intentions, elle ne l’aurait pas laissé partir aussi rapidement. Mais après tout ce qui s’était passé les derniers jours, il fallait bien qu’elle lui fasse confiance de temps en temps et évite de l’étouffer. Et puis connaissant ses parents, qui pouvaient s’inquiéter quand même, elle ne voulait pas qu’ils se posent trop de questions.

D’ailleurs les questions fusaient et la jeune demoiselle ne savait pas vraiment où se mettre. Elle n’allait quand même pas expliquer ce qui s’était passé ! Ah ben… c’était sans compter sa magie qui l’avertit de ses actes, comme si on pouvait lire sur son front le programme de la soirée. C’est sûr, jouer la luciole ne la mettait pas très à l’aise.

Cassidy n’avait pas remarqué la lumière brillante qui s’était emparée d’elle, éclairant son visage, ses mains et ses jambes à la pensée de sa folle aventure dans la caverne. Ah non, si ça commençait à briller à chaque fois qu’elle pensait à ça ou que l’envie lui prenait, ça n’allait pas le faire ! Elle ne pourrait plus passer discrète, surtout si quelqu’un se doutait de la raison qui la faisait changer de couleur.

Elle était extrêmement gênée, et ne savait plus où se mettre, commençant à balbutier pour trouver une raison. Si Tristan était là, il aurait déjà trouvé une excuse valable lui ! Mais ce n’était pas le cas. Après avoir gardé le silence, la jeune femme baissa la tête tout en fermant les yeux, puis la releva.

Désireuse d’ouvrir la bouche pour sortir une excuse bien placée, un gros mensonge mais quand même, ce qui s’était passé en soirée, ça restait intime, elle fut sauvée par un couple et une dame qui trouva une excuse pour elle, ce qui fit redescendre la lumière de Cassidy.

*Eh bien… Quand Tristan apprendra ça, il va être trèèèèès heureux ! Si il voulait faire des galipettes dans les buissons, c’est peine perdu. Avec cette lumière, impossible de ne pas trouver ça bizarre…*

D’ailleurs la dame appela son fils, qui regardait Cassidy, un sourire sur le visage et s’inclinant respectueusement devant elle, complimentant sa beauté, un air complice sur le visage. La jeune femme fit de même. C’est vrai qu’il avait bien grandi ce petit jeune, elle était d’ailleurs bien plus grande que lui au départ !

Elle s’inquiétait quand même. Il ne fallait quand même pas dix minutes pour que Tristan fasse l’aller retour ! La jeune femme commença à s’inventer des histoires mais elle était bien loin de la vérité. Si elle avait su que Katy avait accosté son Drakkari, peut être que Cassidy serait devenue plus violente. Ah nan mais qu’est ce qui lui prenait d’embrasser son Drakkari ? Bien sûr, elle savait à peu près la réputation qu’elle avait mais ne penserait quand même pas qu’on la prendrait pour une fille pas normale.

Katy avait de la répartie et ne semblait pas être du genre à s’arrêter, prête à montrer à son beau camarade d’enfance qu’elle avait bien grandi elle aussi. Ce n’était pas une débutante mais elle n’avait pas encore trouvé l’homme idéal, préférant tester un peu la marchandise avant de s’arrêter sur quelqu’un. Et puis, peut être espérait elle conduire ce bel homme dans son lit pour vivre une folle nuit des plus plaisantes. Rien que d’y penser, cela lui donna des frissons.

Oui, elle avait un peu abusé de l’alcool, les hommes de la soirée ne l’intéressaient pas, elle avait fait le tour et il était rare que des voyageurs séduisants s’arrêtaient dans leur petit village. Alors, croyant un peu connaître Tristan, l’idée de l’entraîner dans ses affaires lui semblait follement excitante.

Tristan ne put que comprendre les intentions de Katy mais un peu tard alors qu’elle ne lui laissa même pas le temps de s’exprimer sur les mauvaises idées qu’elle avait. En effet, la demoiselle l’avait empoigné avec fougue pour l’embrasser tout en tâtant le torse musclé du Drakkari. Oh… un homme de taille, il y avait de quoi rêver là. Elle s’imaginait déjà voir le reste mais s’attendait quand même à un peu plus de résistance.

En effet, le Drakkari avait répondu avec brio à son baiser, ce qui la laissait un peu tremblante alors que ses jambes risquaient de se dérober. Ah… c’était bien, vraiment bien. D’ailleurs la jeune femme s’apprêtait à continuer sur sa lancée, jusqu’à se faire gentiment repoussée, ne comprenant pas vraiment pourquoi il arrêtait alors qu’il semblait en avoir envie.

Et la décision ne tarda pas à tomber alors qu’elle ouvrit la bouche, en état de choc. Commeeeeeeeent ? Il embrassait divinement bien mais il voulait continuer à rester coincé avec Cassidy ? Ca ce n’était à rien comprendre. Comment pourrait-il éprouver du plaisir avec elle ? Elle était froide comme une glace, coincée et surtout, elle ne pensait à rien d’autre à part ses livres. Du gâchis oui… Et elle s’apprêtait à répliquer mais le jeune homme se dépêcha de prendre congé, la plantant sur place. La jeune femme semblait complètement ailleurs d’un coup.

Du côté de Cassidy, la jeune femme n’en menait pas large et même si les discussions se déroulaient bien, l’absence de Tristan la préoccupait. Que pouvait-il bien faire ? A moins qu’elle s’inquiétait pour rien et qu’il avait prévu une autre surprise pour plus tard. Mais rien à faire, impossible de rester tranquille dans ces conditions.

Un homme passa à côté d’eux et expliqua à la jeune femme, où l’inquiétude se voyait sur son visage, que Tristan était en train de discuter avec d’autres jeunes. Phénomènes régionaux hein ? Elle fronça les sourcils lentement.

Cependant, la jeune femme pensait être comme d’habitude et aurait bien du mal à comprendre qu’on pouvait avoir compris que quelque chose avait changé chez elle mais elle ne s’en inquiétait pas vraiment. Pour elle, tant qu’elle ne le disait pas ouvertement, il n’y avait aucune raison qu’on devine ses actes. Elle serait bien surprise de l’apprendre et démentirait fortement si on lui disait.

Bon apparemment il n’y avait pas de grabuge mais bien contente de trouver un moyen d’échapper à des conversations ennuyeuses et de retrouver son Drakkari, elle fila assez rapidement, s’excusant au passage sous les regards complices de ses parents, enchantés de voir leur fille si attachée à ce charmant jeune homme.
Mais pourquoi avait-elle un mauvais pressentiment ? Tristan n’avait rien fait de mal, il n’y avait aucune raison qu’on s’en prenne à lui à part discuter. Si seulement elle avait su et pouvait lire dans les pensées des gens…

Cassidy chassa ces pensées de sa tête, si elle commençait à devenir parano, ça ne serait pas bon du tout.

Elle le vit plus loin en compagnie des gaillards de tout à l’heure, mais contrairement à lui, la jeune femme ne savait pas qu’il s’agissait des enfants qui lui avait cassé le bras quand il essayait de peindre à un plus jeune âge. Sinon il y avait fort à parier qu’elle se serait rapidement emportée. Cassidy se mit à sourire et marcha d’un pas plus vif, après tout, de l’eau avait coulé sous les ponts, elle était quand même contente de voir que les choses finissaient par s’arranger. Quelle fille naïve.

Elle fronça de nouveau les sourcils, voyant dans la pénombre un des gars attraper discrètement une hache pour la brandir au-dessus de la tête du Drakkari. Cassidy se figea, interdite, ne comprenant pas au début. Heu… il fait quoi là ? C’est pas très… Non c’est pas possible… La jeune femme voulut avertir son compagnon, faute de lancer un sort pour séparer tout le monde mais c’est d’une voix déchirante qu’elle l’appela, pour qu’il réagisse.

« Triiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiis’ !!! »

Mais il était trop tard car le géant avait abattu la hache sur le crâne de son homme. Elle était interdite, semblant rêver ou plutôt cauchemarder. Non… ce n’était pas possible… pas lui… ça ne pouvait pas arriver ! Un brouillard commença à envahir la jeune femme qui vit le Drakkari tomber sans opposé la moindre dans un ralenti, comme si cela durait une éternité.

Elle avança rapidement dans sa direction en hurlant, le visage décomposé et sa magie autour d’elle commençant à devenir instable, et au lieu de l’utiliser pour contrôler tout le monde, la demoiselle fit la seule chose qui lui passait par la tête, vérifier l’état de son compagnon qui passait avant tout le reste.

Sauf qu’on la bloqua tout en attrapant ses mains pour l’empêcher de contre attaquer. La jeune femme regarda la silhouette étendue par terre, voulant se rassurer, qu’il allait bien et se débattait pour se dégager de la prise de la brute.

« Tris’ ! Tris’ ! Réveille toi s’il te plaît ! Lâche moi ou tu vas le regretter ! Vous êtes minables ! »

Le brouillard l’envahit alors que le corps de Tristan disparut de son champ de vision, ce qui la rendait folle de rage. Elle allait les détruire… Tristan ne pouvait pas être… Oh elle allait leur faire regretter leur action… Mais alors qu’elle entendait comme dans un lointain écho la voix d’une des brutes, le coup qui devait l’assommer n’arriva jamais, heurtant quelque chose de plus solide alors que Tristan se tenait devant elle, la prenant dans ses bras pour la rassurer. Ce qui lui fit reprendre ses esprits.

« Tris’… »

Sauf que la vue du sang qui s’écoulait sur le visage du jeune homme ne la rassura en rien du tout, la jeune femme tremblante de tout son corps. Il avait besoin de soins rapidement ! Elle était choquée, terrifiée par l’état de santé de son compagnon et si elle n’était pas paralysée sur place, la demoiselle serait déjà parti en l’entraînant tant qu’il pouvait marcher.

Pourtant, Tristan n’avait qu’une idée derrière la tête et il devint très violent avec les autres, ne se contentant que d’une seule phrase. Il ne s’inquiétait même pas pour lui-même, ce qui aurait été plus logique mais pour elle. Et ce qu’elle vit l’inquiéta encore plus. Il y allait fort quand même ! Soudain, elle se rappela. Les coups, les hurlements… Ca avait moins d’intensité que la dernière fois mais elle craignait ce qui pouvait arriver.

Pour l’instant, le lien du tatouage ne se faisait pas, elle ne savait pas si l’espèce de sensation maléfique de Tristan se déclencherait mais c’était tout comme. Elle sentit cependant un instinct meurtrier émanant de lui alors qu’il avait récupéré la hache, prêt à faire des ravages.

C’est à ce moment là que les jambes de Cassidy bougèrent et elle se jeta sur lui pour le freiner et l’empêcher de mettre ses idées à exécution. Elle l’enlaça de ses bras, des larmes coulant le long de ses joues et tremblaient de tout son corps alors qu’elle le tenait fermement, elle ne le laisserait pas continuer.

« Tris’… Arrête s’il te plaît… C’est bon… Arrête… »

Le jeune homme la repoussa tout en se retournant alors qu’elle le vit tombé à genoux, du sang sur le visage tout en murmurant quelques mots avant de sombrer dans l’inconscience. La jeune femme resta silencieuse quelques secondes, le touchant du bout de la main, la laissant filer dans ses cheveux, toujours tremblante.

« Tris’…. Réveille toi… Hein… c’est qu’un cauchemar… »

Mais le Drakkari ne lui répondit pas. Impossible pour elle de réfléchir dans ses conditions, la jeune femme se sentait perdue alors qu’elle hurla en entourant le corps de son compagnon de ses bras, sanglotant avant de tenter de se reprendre. La magie ! Elle avait bien une capacité qui lui permettait de se régénérer. Elle pouvait bien le soigner.

Lentement, Cassidy retourna le jeune homme et posa sa tête sur ses genoux alors qu’elle tentait d’arrêter le sang qui coulait avec ses mains, cherchant à activer cette capacité. Mais elle était tellement atteinte qu’il lui était impossible de l’utiliser. Du moins, ça avait toujours été spontané avant alors elle ne savait pas comment ça fonctionnait.

*C’est pas possible ! Pourquoi ça marche pas ? Tris’… reste là ! Je t’en prie… Ne me laisse pas…*

Soudain, des bruits de pas précipités se firent entendre. La jeune femme redressa la tête, un regard noir. Si c’était les autres qui revenaient, elle défendrait chèrement son compagnon même si elle n’était pas vraiment en état de faire quoi que ce soit pour l’instant.

Une silhouette familière se dessina sous la lune. Elle reconnut son maître mais ne semblait toujours pas décidée à bouger, continuant de serrer Tristan contre elle. Le vieil homme les dévisagea rapidement, puis, sans poser de questions, il s’agenouilla et posa une main sur la tête de Tristan.

-Cassidy… Ce jeune homme a besoin de soins tout de suite… On va l’amener chez moi, il vaut mieux éviter que ça s’ébruite

« Je… Il… J’ai… »

Le vieil homme se redressa et regarda sévèrement son ancienne apprentie qui semblait complètement perdue.

- Resaisis toi jeune fille ! Ce n’est pas en restant ici que tu vas arranger les choses. Alors relève toi et vient avec moi !

Le mage murmura quelques mots en traçant des symboles dans les airs, s’aidant de son bâton. Tristan se retrouva soulever du sol et se mit à disparaître, ou plutôt à se fondre dans le décor, ce qui le rendait difficile à voir. Au moins si ils croisaient du monde, on ne leur poserait pas de questions.

Cassidy se releva, tremblante, et suivit son maître jusqu’à sa demeure, une petite maison avec un étage, assez rustre, bien à l’extérieur du village. La jeune femme ouvrit la porte. Son maître avait raison, il fallait qu’elle reprenne ses esprits. Bizarrement, l’intérieur de la maisonnée était aussi bordélique que la chambre à Cassidy. A croire qu’ils avaient les mêmes habitudes.

Le vieil homme fit léviter Tristan jusqu’à l’étage et ouvrit une porte pour le déposer dans le lit qui se trouvait dans la pièce. Il se mit à grommeler avant de faire apparaître un seau d’eau et un chiffon alors que Cassidy restait immobile, culpabilisant et se trouvant inutile.

« Ne reste pas posée là… Il va falloir éponger tout ce sang. Je dois avoir en réserve un sort mineur pour refermer la blessure mais c’est une sacré marque qu’il a la… »

Cassidy se mit à trembler alors que le maître posa une main sur le front du jeune homme tout en marmonnant quelques formules, se rendant bien compte que son ancienne apprentie aurait bien du mal à réagir. D’ailleurs elle regardait le corps inanimé de Tristan et de nouvelles larmes apparurent dans ses yeux.

« Tout est de ma faute… Je… je n’étais pas assez rapide… Je n’ai pas pu empêcher… »

Elle serra doucement le poing, le regard toujours fixé sur Tristan alors que son maître se concentrait à refermer la lourde blessure. Bouarf ! La guérison ce n’était pas sa spécialité mais il avait quelques connaissances, ce qui pouvait être utile. Ce n’était pas dans ses habitudes de soigner les guerriers, loin de là.

Lorsqu’il eut finit son travail, il examina attentivement le jeune homme, alors que Cassidy commençait à partir dans un délire, complètement hors d’elle.

« Pourquoi ? Pourquoi ils ont fait ça ? Tristan n’avait rien fait… Ils voulaient le tuer ! Ils voulaient… Je ne peux pas… Je ne peux pas laisser passer ça… Non ! C’est moi qui vais les démolir ! Je ne les laisserais pas vivre… Je vais… »

Son regard s’obscurcit alors qu’elle se laissa aller à la haine qui la consumait, voir Tristan dans cet état et ne pas avoir su protéger ses arrières la rendait folle. Ce n’était pas bon du tout… Sauf que son maître se releva rapidement et lui asséna un coup brusque sur la tête du bout de son bâton.

« Aieuuuuuuuuh ! »

- Jeune fille, je t’interdis d’avoir ce genre de pensées ! N’oublie pas ce qui se passe quand on prend le chemin de la haine… N’oublie pas ce que je t’ai appris ! Alors maintenant tu vas te calmer, les jours du Drakkari ne sont pas en danger alors pense un peu à lui avant d’agir en égoïste… [/color]

La jeune femme grommela en se massant le front. Il avait réagi rapidement, encore un peu et elle serait devenue incontrôlable.

« Mais Maître ! Comment peut-on laisser vivre de telles ordures ? Pour qu’ils recommencent ? Je refuse qu’il arrive encore ce genre de choses ! Tristan… Je veux le venger… »

[b]- Cesse de divaguer. Tu crois qu’il le veut lui, que tu te transformes en assassin simplement par vengeance ? Sache le Cassidy, la vengeance ne mène nulle part. Ca changera quoi que tu les fasses disparaître ? Crois moi, seuls les Dieux sont les juges de nos actions. Tout va bien, il s’en remettra. De toute manière, les choses de ce genre, ça arrive souvent. Il y aura toujours des bonnes et des mauvaises personnes. Et faire toi-même la justice ne te conduira nulle part…


Cassidy se mit à soupirer et regarda le sol. Il avait absolument raison, elle ne devait pas se laisser aller à ce genre d’émotions, peu importe la colère qu’elle pouvait ressentir. Son maître essayait de la secouer et surtout, il connaissait que trop bien le danger d’un mage déstabilisé sentimentalement.

- Je sais que tu tiens à ce garçon… Mais crois moi, pour l’instant la meilleure chose à faire c’est de rester près de lui jusqu’à ce qu’il rouvre les yeux. Je pense qu’il préfère largement te voir toi qu’un vieux barbu penché au-dessus de sa tête… Alors chasse tes pensées négatives et ne laisse jamais cette haine t’envahir. Fais le pour lui…

« Maître, je… »

- Conversation terminée pour l’instant. Va t’occuper de lui, je vais descendre au village prévenir tes parents que vous êtes en sécurité chez moi.

De toute manière, personne ne pourrait venir les déranger, il fallait être fou pour entrer dans la demeure d’un mage, surtout celui à la réputation bien placée. Le maître laissa Cassidy en compagnie de Tristan et descendit tout en grommelant sur l’insouciance des jeunes.

La jeune femme se mit à soupire puis prit une chaise pour s’asseoir au chevet de son compagnon. Elle caressa de nouveau son visage alors que ses yeux s’emplirent à nouveau de larmes et qu’elle se laissa tomber contre son torse.

« Pardon… Pardon Tris’… Je ne suis qu’une incapable… Je n’ai même pas pu t’aider… Quelle honte… Moi qui voulait protéger tes arrières je ne peux même pas te défendre… Je me sens si nulle… »

Elle se redressa et prit le chiffon pour éponger son front et son visage.

« Tout est de ma faute… Je sais que tu fais des efforts… Je suis vraiment fière de toi… Tout ça c’est à cause de ma naïveté ! Je n’aurais jamais du… »

Sa voix se perdit dans un murmure alors qu’elle termina d’essuyer son front. Elle prit un autre bandage pour le nouer autour de sa tête, pour éviter une infection. La balafre était vraiment énorme et le simple fait de repenser à la scène donnait des envies de meurtre à la jeune femme.

Puis elle entreprit de défaire le bandage de son bras, celui qui avait cette blessure qu’elle s’était fait la veille et la nettoya aussi doucement en prenant les quelques onguents qui traînaient à côté du lit. Elle se sentait complètement piteuse, impossible à consoler alors qu’elle observait la respiration difficile du Drakkari.

« Je t’en prie… Ne me laisse pas… Je ne veux pas te perdre une nouvelle fois… »

Elle prit une nouvelle bande pour entourer son bras puis caressa doucement son visage qui était un peu plus blanc. Aaaah ces brutes ! Elle serait bien allée leur botter le derrière ! Mais son maître avait raison, vu les difficultés qu’elle avait pour retenir sa mauvaise magie, ce n’était pas une bonne idée de tenter ce genre de chose.
Cassidy caressa doucement le visage de son compagnon et déposa un baiser sur ses lèvres avant de se laisser tomber à genoux sur le plancher et de croiser ses bras sur le torse du jeune homme pour poser sa tête dessus, secouée par les sanglots à cause de cette émotion trop brutale qu’elle avait ressentie.

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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: Un retour dans le village d'enfance   Jeu 29 Nov - 22:36

Bon moment… Bien sûr qu’ils avaient passé un bon moment et encore le mot était faible. Tristan arrivait tout juste à éviter d’avoir un sourire débile accroché au visage. Pourquoi débile… On lui avait dit… enfin non, on ne lui avait jamais dit justement. Sa mère aurait adoré aborder le sujet avec lui, c’était une certitude et sans doute n’aurait-elle pas attendu bien longtemps, à peine quelques mois, pour avoir cette petite conversation avec lui, si elle n’était pas morte. Tristan… était son bébé. Un petit garçon vif, un peu chamailleur et un brin trop sentimental pour ne pas être touché par ce qui l’entourait et ceux qui l’entouraient. C’est pour cette raison qu’il était devenu brutal, sans jamais, pourtant, aller trop loin. D’ailleurs, ça aussi ça l’avait surprise. Jack le lui avait dit… Les Drakkaris peuvent devenir violent et leur force se déclencher, enfants, à n’importe quel moment. Un jeu de chat peut devenir risqué pour un simple humain. C’est sans doute pour cette raison que les mères se méfiaient de ce petit bout de chou aux cheveux rouges, hirsutes quand il n’était qu’un gamin babillant, ne comprenant pas pourquoi on ne le laissait pas jouer avec les enfants de son âge. Heureusement, le temps a un effet magique sur ces souvenirs-là, ils disparaissent rapidement, comme de doux rêves pour certains, des cauchemars s’effaçant pour d’autres… mais laissant un arrière-goût qui ne s’oublie jamais.

Jack… Le père de Tristan. Un homme mystérieux mais extrêmement doux. Leur rencontre avait été le fruit du hasard… Enfin hasard… Elle avait décidé de se baigner dans une rivière pendant un été brûlant alors qu’elle n’était qu’une adolescente. Il lui avait juré par la suite, longtemps, qu’il ne faisait que passer, perdu, cherchant son chemin mais cherchant réellement ledit chemin ou non, quelle n’avait pas été la surprise de la jeune femme, lorsqu’elle avait remarqué une tête rouge ébouriffée en train de la reluquer sans foi ni loi alors qu’elle était totalement nue dans sa rivière. Elle avait hurlé et au lieu de s’enfuir en courant comme n’importe quel garçon censé l’aurait fait, il s’était avancé l’air très gêné, bégayant des excuses, se retournant rapidement pour montrer sa bonne foi. Elle n’avait même pas pris le temps de s’habiller, elle était sortie en coup de vent, avait saisi le matériel de cuisine qu’elle avait utilisé un peu plus tôt chez une amie et avait asséné un coup violent sur la tête du jeune homme. Assommé d’un coup il s’était ouvert l’arcade sourcilière en tombant… et s’était réveillé entravé, menacé… par une poêle tenue par la plus splendide créature qu’il ait jamais vu.

Au final, il s’était excusé, faisant fi de l’énorme bosse à l’arrière de son crâne. Il était vraiment perdu et contre toute attente charmant. La jeune femme à l’époque avait quelques a priori envers les Drakkaris, réputés pour être des coureurs de femmes, bien qu’ils ne puissent pas rivaliser en charme avec les elfes. Ceux-ci avec leur corps élancés et leur visage fins presque efféminés semblaient capables de faire fondre la banquise. Mais c’était quelqu’un d’adorable et de doué. Un vrai artiste… Ils étaient tombés amoureux. Lui prétendument parce qu’aucune femme n’avait jamais eu le culot et la force nécessaire pour l’envoyer au tapis, elle, parce qu’il la faisait rire. Elle avait perdu ses parents quelques mois plus tôt pendant une attaque de Kaärs et leur absence, le manque d’affection, l’impression malgré la présence de ses proches au village d’être seule au monde, l’avaient aidé à aimer cet homme débarqué dont ne sait où, qui lui aussi, sans doute, avait besoin de combler sa solitude.
Ils n’auraient jamais dû se quitter. Ils s’aimaient et il lui avait juré de rester avec elle, peu importait ses racines, peu importait les mystères autour des Drakkaris, de leur départ dès leur descendance assurée, il resterait avec elle. Ils devaient se marier. Enfin, elle, elle s’en fichait mais ça semblait important pour lui. Elle avait seize ans. Et brusquement il était parti… elle avait oublié ses larmes, ses excuses, ses baisers d’adieu, elle s’était juste réveillée et avait constaté qu’il ne revenait pas, attendant pendant des jours, des semaines, des mois… Tristan était né, un bébé si beau qu’il en semblait irréel, le seul indice concret… tout ceci n’était pas un rêve. Jack avait existé… Jack l’avait aimé. Enfin Jack… Jackenserson de son nom complet plutôt. Ses yeux rieurs, ses grimaces, sa façon d’être si gamine alors qu’il était beaucoup plus vieux qu’elle, ne le paraissant pourtant pas le moins du monde.

Il n’avait pas laissé qu’un fils, il avait aussi laissé les rires, les sourires, l’espoir. En grandissant, Tristan lui avait très rapidement ressemblé à un point surprenant… Si ce n’était ses yeux… ses yeux orangés aux pupilles félines, seul signe du lourd secret qui entourait Jack et qu’il avait bien malheureusement transmis à son fils.

Alors oui, sa mère aurait abordé ce sujet un jour. Les filles, l’amour… C’est qu’elle se doutait bien que du haut de ses douze ans, son fils avait un sérieux faible pour la petite Herediane. C’est vrai qu’elle était mignonne pour son âge, mais encore extrêmement gamine comparée à ses camarades. Oui, les filles grandissent plus vite, se forment plus vite que les garçons, c’était une certitude, elle, elle était un peu en retard mais pas d’inquiétude, pour un œil expérimenté le doute n’est pas permis. Les fillettes autour d’elle étaient belles, elle mignonne… Parce que les autres étaient de jolies fleurs, de jolies marguerites… qui éclosent vite. Elle prenait plus de temps mais pour se transformer plus tard en une rose magnifique, si attendue et époustouflante. Elle avait raison… non ?
Sourire niais ? Non il ne connaissait pas. Certes, il en avait entendu parler. Mais ça ne le concernait pas. Lui il jouait avec les sentiments, il était dragueur, séducteur, en abusait… il n’était pas amoureux. L’amour ne fait que rendre faible après tout alors… à quoi bon ?

A quoi bon ? La raison était blottie contre lui.
Pour elle… oh oui, pour elle.

Cassidy essayait de respirer lentement comme lui, mais l’avoir encore si proche de lui ne l’aidait pas à oublier les sensations qu’ils vivaient quelques instants plus tôt. Ils souriaient tous les deux un peu bêtement et il avait envie, très étrangement, de lui dire des choses totalement aberrantes qu’il ne savait même pas penser. Allons bon… que lui arrivait-il ?

Elle sembla très embarrassée à un moment, parce qu’il lui demandait de s’expliquer, amusé. Mais après tout, elle s’était mise toute seule dans cette situation. Elle rougissait tant et si bien qu’il sentait la chaleur émaner de ses joues. Ah… elle était vraiment craquante comme ça ! D’ailleurs, elle ne pouvait pas dire un mot, il s’occupa de la déculpabiliser et de lui rendre ses moyens en déposant un tendre baiser sur son front, tout simple mais tellement salvateur.

Il enchaina et elle rétorqua… lui demandant que la réciproque s’applique. Comment ? Elle voulait savoir ce qui lui plaisait ? un sourire pervers éclaira le visage du garçon alors qu’il murmurait à son oreille qu’elle ferait mieux de surveiller ses paroles, au risque de se retrouver dans des situations vraiment… gênantes. Oui, il jouait un peu. Ca ne pouvait pas leur faire de mal après tout.
Pourtant, il prit quand même le temps de redevenir sérieux même si comme toujours il ne donnait pas tout à fait l’air de l’être, caressant son visage avec douceur.

- Mais tu sais… c’est ma mission… de te faire découvrir à quel point être une dévergondée peut être génial… si je me mets à être totalement dépendant de toi, ça risque d’être embêtant tu sais bien…comment pourrais-je satisfaire toutes ces demoiselles esseulées qui…

Il sourit à son froncement de sourcil et s’empressa de la rassurer en frottant son nez contre le sien et en riant. Ils finirent la bouteille de cidre et il remarqua le manège de la jeune femme. Elle était frustrée quand il ne faisait mine de l’embrasser sans aller au bout de ses gestes. C’était encore plus curieux pour lui. Bien sûr, il savait à quel point une demoiselle pouvait être impatiente, c’était devenu un art de cultiver cette impatience justement mais… elle, elle était assurément différente. Elle savait se retenir et elle savait un peu trop bien se priver aussi… de peur de mal faire, de peur de ce que l’autre pourrait lui faire… qu’elle ait autant envie de l’embrasser, de le toucher, c’était une preuve à laquelle, même sans l’exprimer, il demeurait sensible. Elle en avait besoin… Craignait-elle à ce point que chaque instant soit le dernier ? Plus encore… avait-elle tant attendu, s’était-elle tant fait de mal, y compris alors qu’ils s’étaient retrouvés à l’Académie pour devoir autant combler ce manque aujourd’hui ?

Il y pensait alors qu’il rapportait le panier à pique-nique. Un frisson lui parcourut l’échine et il s’appuya d’un bras sur le mur d’une maison pris d’un pressentiment aussi fugace qu’effrayant. Son attitude lui faisait penser à la sienne, même s’il se retenait assurément mieux qu’elle, entre autre par expérience… et justement, comme elle n’avait pas de comparaison, elle ne pouvait se rendre compte à quel point tout dans sa façon d’agir montrait que le jeune homme semblait… désespérer d’elle… oui à la sienne… Celle d’une personne qui peut disparaitre à tout instant.

La pauvre demoiselle était ainsi restée toute seule et s’il avait dans l’idée de se dépêcher, Tristan en fut malheureusement empêché. Surtout qu’il ratait un très bon fou rire à la voir briller de la sorte et oui, évidemment, il aurait déjà trouvé une excuse… LUI !
Enfin bon… Katy l’occupa un instant et même s’il répondit partiellement à ses attentes en lui rendant son baiser, il s’avéra qu’il devait la décevoir… Pauvre demoiselle, c’est vrai qu’elle ne devait pas y comprendre grand-chose. Peut-être que Cassidy aurait dû lui dire qu’avec Tristan elle avait dépassé le seuil de la contemplation dans le blanc des yeux… très vite d’ailleurs, peut-être trop… mais sans doute parce qu’entre eux il y avait…ce truc… cette chose qui les faisait agir de manière inconsidérée, tellement humaine, tellement irréfléchie, tellement vivante….

Oui mais voilà, Tristan ne revenait pas… Et la jolie mage s’inquiétait. C’est pourquoi elle partit à sa rencontre, en particulier après qu’un ami de ses parents lui ait annoncé avoir vu le jeune homme en train de discuter avec les brutes d’un peu plus tôt. Sans doute s’inquiétait-elle pour rien… Après tout, il était quand même très fort son Drakkari et il savait assurément se battre. Mais elle n’allait pas attendre que le déluge le lui rapporte !!!! Non mais oh !

Il avait entendu sa voix. Alors qu’il discutait avec le chef, sans vraiment faire attention à l’homme derrière lui, Tristan avait entendu la voix de Cassidy. Enfin sa voix… son hurlement plutôt, aigu, terrorisé. Il s’était retourné d’un coup. Pour lui de multiples raisons pouvaient expliquer ce cri… Elle avait un problème avec sa magie, avait besoin de lui, une bagarre avait éclaté à la fête et elle avait besoin de lui… Certainement pas, on allait tenter de le tuer… elle avait besoin de lui. Le coup fut porté avec une violence rare. L’homme, bien planté, était un bûcheron, il maniait la hache comme un peintre manie ses pinceaux mais il ne devait pas s’attendre à ce que Tristan se retourne. Le coup devait certainement viser sa nuque… l’arme s’abattit sur son front, coupant quelques mèches rebelles de cheveux rouges au passage, déchira la peau fine sans mal, éclata la boite crânienne comme s’il s’agissait d’une planche de bois fine. Même si ce n’était pas la nuque, l’homme était sûr de lui… Tristan était mort. La hache s’était fichée profondément dans sa tête, du moins lui avait-il semblé, son cerveau devait être en partie à l’état de bouillie à présent.

Cassidy se précipitait vers lui, si pâle qu’elle semblait elle-même avoir reçu le coup, se vider de son sang. Si la magie autour d’elle devenait inquiétante, c’était dans une sorte de catatonie qu’elle semblait plongée. Le monde tournait au ralenti ? Non… seulement elle… elle qui refusait la réalité qui s’offrait à elle. Les hommes avaient bu, ils ne mesuraient même pas leurs actes et ils comptaient continuer. Pourquoi pas après tout… La demoiselle semblait sur le point de s’évanouir alors qu’elle se défendait sans force de la poigne de fer qui la retenait. Tristan s’était écroulé d’un coup… le géant avait fait entendre un craquement sinistre quand il avait retiré la hache en partie plantée dans la tête du garçon. Personne ne pouvait survivre à ça.

Le froid… glaciale, une douleur terrible, lancinante, l’envie de dormir. Et en fond si faibles, presque inaudibles, les rires de ceux qui avaient voulu le tuer… qui tenaient Cassidy… qui allaient lui faire du mal. Ses yeux se rouvrirent aussitôt et il n’eut pas besoin de penser à se lever que déjà il était debout entre elle et l’homme qui allait la frapper. Cette fois, la hache n’eut pour effet sur son corps que de lui infliger un bleu peut-être. Il la tenait contre lui, debout, vivant, tout ce qu’il y a de plus vivant, le visage ruisselant de sang, essayant de la rassurer… avant de s’engager l’instant d’après dans la bagarre. Mais il était faible, extrêmement faible. Autrement, anciens camarades ou non, ces hommes auraient subi des souffrances dignes de celles qu’il avait infligées aux agresseurs de la jolie mage. Il avait envie de les tuer. Comment osaient-ils la toucher ?!!!
Non, il ne s’inquiétait pas pour lui, même si c’était irrationnel, mais en même temps, après le coup qu’il avait reçu, il avait droit à un peu d’irrationalité.

Elle l’arrêta alors qu’il apercevait la hache, s’en emparait avec la ferme idée de s’en servir pour détruire ces sales types vu que les forces lui manquaient pour le faire à mains nues. Mais contre toute attente Cassidy le retint… elle avait raison. Même inquiète, même sous le choc, même torturée par l’idée d’avoir cru le perdre, elle était encore suffisamment lucide pour savoir qu’il ne fallait pas le laisser tomber dans cette violence. Elle avait raison car à force, elle le perdrait vraiment. Elle l’avait arrêté… décision sage, humaine… preuve éternelle de sa bonté envers l’être humain.
Il se rendit compte, éclair de lucidité, qu’il lui faisait peur et se tourna lentement vers elle, heureux d’être stoppé, navré de l’avoir effrayée. Mais la douleur qu’il avait ignorée jusqu’alors, aveuglé qu’il était par la colère, revint au galop, plus virulente encore. Le cœur au bord des lèvres, il s’écroula… sans pouvoir répondre au regard de terreur de sa compagne… ni à ses appels.

Elle l’appelait et il ne l’entendait plus que très légèrement, de manière hachée, comme s’il y avait des interférences, sa respiration devenait de plus en plus difficile. La boule de feu dans sa poitrine se réveillait, ses poumons allaient exploser… les muscles de son corps se contractaient douloureusement comme dans les spasmes de fin de vie. Aie… aie… aie… ça faisait si mal ! Pitié que ça s’arrête ! Il ne pouvait même pas… lui dire…

Elle était paniquée… Elle passait les doigts sur son visage… il les sentait. Non… Elle allait avoir encore plus peur. Sa température baissait de manière hallucinante. Non… qu’elle arrête de le toucher, elle allait croire que c’était fini… Elle essayait sa magie, il en avait conscience, faiblement conscience, mais conscience quand même.

L’inconscience totale le rattrapa.
Ce fut le maître de la jeune femme qui vint la secourir alors qu’elle ne semblait tout simplement plus en état de raisonner. Elle l’aimait… vraiment. Parce qu’elle arrivait toujours à réfléchir, elle était toujours capable d’agir, de trouver quelque chose à faire. Pas là… Sans doute parce que son monde était en train de s’écrouler en même temps que son bonheur, son goût pour la vie.
Heureusement qu’il était apparu… veillant sur sa protégée et sentant plus que certainement sa détresse, la fluctuation de sa magie, accourant pour lui porter secours. Et le spectacle valait le détour. Des geignards en train de tenter de s’éloigner, elle, au bord de l’explosion, qui se balançait vaguement d’avant en arrière, la tête d’un beau garçon au front ensanglanté sur les genoux, plus pâle que jamais.

Sans doute le constata t-il d’un regard… l’acharnement était inutile. Et pourtant… il fallait essayer non ? Nouvel accès de conscience du garçon qu’il sentit qu’on le transportait… nouvelle chute dans l’inconscience… Il ne sut rien de l’échange entre le maître et sa disciple paniquée, qui commençait à céder à la colère, qui allait mal agir… elle qui était si dangereuse magiquement…. Heureusement que cet homme était là pour la remettre sur le droit chemin. Non, il ne sut rien…
Ni de ceci, ni du déplacement dudit maître parti prévenir les parents de la jeune femme…
Tristan redevint sensible quand ils furent seuls. Il sentait la main de Cassidy sur son torse, se crispant, l’autre qui nettoyait son front, c’était très léger mais il le sentait.
Pourtant le maître s’il était parti vite devait se poser des questions. Certes son sort ne pouvait qu’aider mais quand il avait vu la blessure du jeune homme étendu au sol, il aurait juré que ce sort était inutile, qu’il serait mort avant même qu’ils n’arrivent chez lui… mieux valait éloigner Cassidy… elle deviendrait une bombe à retardement quand elle le comprendrait. Mais au lieu de ça… elle lui avait semblé étonnamment moins grave après le trajet. Sans doute tout ce sang donnait-il une impression aggravée de la situation…

Tristan ouvrit les yeux. Il avait entendu, le lointain écho des paroles de la jeune femme seule avec lui mais n’en mesurait pas le sens, sa conscience elle, mettait du temps à revenir. Certaines mèches de ses cheveux étaient encore collées par le sang mais elle avait nettoyé son visage, il avait un bandage autour de la tête et un autre autour du bras.
Les sensations revenaient… Avec elles, quelque chose qu’il aurait souhaité ne pas ressentir.
Cassidy pleurait… comme on pleure sur la tombe d’un mort, accrochée à son torse malgré son agenouillement par terre, le tremblement de ses épaules, son visage blême.
Tristan avait bien ouvert les yeux… sur le plafond. Un plafond qu’il ne connaissait pas… lentement, il avait tourné la tête pour apercevoir une tête blonde blottie contre son torse… c’était ses larmes qu’il sentait sur sa peau, à travers sa chemise, ses ongles qui dans les crispations légères, faibles de ses mains sur son torse. Son cœur s’emballa. Elle dut le sentir parce qu’elle releva la tête alors qu’il n’avait encore rien dit.

Ses mains étaient couvertes de sang, sa robe aussi, ses larmes avaient rougi ses yeux qui en semblaient dorés et avaient tracé de fins sillons sur ses joues, comme des marques de coups. Elle avait dit des mots étranges… qu’elle ne pouvait pas le perdre, pas maintenant, entre deux sanglots, il ne comprenait pas… Ses cheveux blonds étaient en bataille et auraient bien eu besoin de rencontrer un peigne, elle était extrêmement pâle, presque maladive. Elle ouvrit la bouche, un fol espoir éclairant son regard d’âme égarée alors qu’elle allait prononcer son nom, qu’elle voyait qu’il était conscient. Mais il ne lui en laissa pas le temps.

D’une nouvelle vivacité surprenante, le visage fermé, il l’agrippa par les bras et la tira sans ménagement, loin de sa douceur habituelle vers lui, la faisant littéralement décoller du sol et elle ne put que prononcer son surnom d’une voix où surprise, soulagement et inquiétude se mêlaient. Elle était dans le lit sur lui mais déjà il l’avait retournée. Sans doute était-ce une mauvaise idée, il devait éviter tout mouvement, peut-être avait-il une hémorragie cérébrale, peut-être que bouger pouvait le tuer… Apparemment non. Tristan s’était glissé au dessus d’elle et la dévisageait… d’une étrange façon.

Il était encore pâle mais beaucoup moins qu’un peu plus tôt, mais surtout c’était ses yeux qui surprenaient. Les pupilles, dilatées, parfaitement rondes étaient si énormes que l’orange de ses yeux avait totalement disparu, elle pouvait se voir dans ce reflet sombre, il la fixait sans ciller une seule seconde. Elle était totalement défaite, se remettait à peine de ce qui pourrait s’apparenter au pire traumatisme de toute une vie, semblait avoir affronté la mort, traversé les épreuves les plus difficiles qu’on puisse vivre, beaucoup trop jeune… Elle avait souffert le pire des martyrs… dont elle s’attribuait qui plus est la pleine responsabilité. Il aurait dû la sermonner vivement, bouder… l’engueuler, quitte même à la frapper, légèrement pour la forme, pour lui mettre en tête qu’elle n’était qu’une bourrique culpabilisatrice, sadomasochiste dans ses auto-flagellations… Mais il en était incapable. Jamais il ne l’avait trouvée aussi désirable qu’à cet instant… et déjà qu’il avait pris un sacré coup sur la tête… là, ses capacités de réflexion étaient tombées dans le négatif…

Elle était surprise bien sûr, surtout qu’il avait agi vite, à peine se retrouvait-elle allongée sur le dos qu’il s’empara vivement, presque violemment de ses lèvres, comme s’il avait passé vingt ans en prison à fantasmer sur elle et qu’à peine sorti, il se jetait sur celle qui était… l’objet de ses moindres pensées. Et pour l’embrasser, il l’embrassait. Loin de sa réserve habituelle, il y mettait une telle passion qu’il en avait lui-même un tournis épuisant. Mais pas le temps de penser, pas le temps de réfléchir, pas le temps d’hésiter, de souffler, il mettait son visage dans son cou, il déposant de petits baisers passionnés alors qu’il glissait habilement ses mains sur elle… mains qui peu avant bloquaient autoritairement celles de la jeune mage.

- Cassy… Cassy… Cassy…

Au moins la reconnaissait-il… Oh ça pour la reconnaître… Oui… D’un mouvement ample, une fois de plus rapide, qui ne présageait vraiment pas qu’il avait été… quasiment mort quelques minutes plus tôt encore, il se débarrassa de sa chemise et se colla contre elle. Il étouffait ses protestations, dès le départ très légères, trop teintées de soulagement pour être réelles, de ses baisers, de ses caresses. Il remontait déjà sa robe pour passer ses mains de nouveau brûlantes sur son ventre… si brûlantes d’ailleurs que c’en était surprenant et presque douloureux, il en semblait fiévreux. Son nom… son surnom, en boucle alors gémissait contre sa peau quand il l’embrassait, était pris d’un violent frisson en sentant sa peau contre la sienne. S’il l’avait encouragée d’un geste à glisser une de ses jambes dans le bas de son dos, elle ne semblait pas avoir besoin de davantage d’aide… Soulagement d’une jeune femme éplorée… soulagement dont il profitait. Mais quelque chose était différent. Ses gestes bien que passionnés n’étaient pas doux, pas maladroits à cause de l’impatience… non ils étaient experts, impatients… égoïstes… trop pressants.

Un boum se fit entendre. Enfin ça ressemblait plus à une espèce de claquement et la tête du jeune homme s’abaissa considérablement vers Cassidy alors qu’il lâchait une exclamation de douleur avant de tourner vivement la tête, furieux mais loin de s’être départi de son désir pour sa compagne.
Ah… Sauf qu’un mage à l’air pas des plus contents se tenait juste à côté du lit, jetant un regard des plus sévères au jeune homme. Il venait de le frapper de son bâton, comme Cassidy y avait eu droit un peu plus tôt. Il recommença, si vite que Tristan ne vit rien venir… Mais ce n’était pas sans raison…

- Pas de cochonneries ici gamin.

C’est ce qu’il venait de dire d’un ton glacial… mais assurément c’était plutôt le comportement du garçon qu’il visait… pas réellement ses gestes. Déjà… quand était-il rentré hein ? Etait-il seulement parti ? Apparemment non vu le regard sévère qu’il lançait à sa disciple se laissant beaucoup trop aller au soulagement et cédant bien trop facilement à son goût, même si ce pitchoune semblait doué, aux demandes de son compagnon. Tristan fixait à présent le mage d’un œil vitreux, absent. Il tourna lentement la tête vers Cassidy et écarquilla les yeux, comme s’il se retrouvait dans cette position euh… assez… démonstrative de ses pensées sans même s’en être aperçu.
Le mage eut un micro sourire alors que le jeune homme ouvrait la bouche et se figeait sur place.

- Je vais prévenir tes parents Cassidy. Soyez sages pendant mon absence.


Il partit réellement cette fois… Laissant un Tristan, figé, interdit et de nouveau très pâle au-dessus d’une petite mage qui aurait rendu jalouses des betteraves… Il se colla contre elle, enfouissant son visage dans l’oreiller sur lequel la tête de la jeune femme reposait, sa peau effleurant son cou. C’était un peu douloureux car sa blessure appuyait ainsi contre quelque chose mais… mérité. Il se déplaça rapidement et se laissa glisser un peu plus bas, mettant sa joue contre sa poitrine, même ainsi, elle pouvait voir ses joues rouges… Oui, il rougissait… et il tremblait.

- Je… je suis… Je suis désolé… je… le coup a dû… je… je ne contrôlais plus rien… je… je… il n’y avait plus que moi… mes pulsions… je ne… tu étais si… je… je suis désolé Cassidy… je… je ne voulais pas…

Oui… il était très mal à l’aise, le prouvait son bégaiement, le fait qu’il ne relève pas la tête, lui qui était si courageux, se collant contre elle comme s’il avait peur d’être rejeté, ses joues si rouges, le tremblement de son corps… et le fait qu’il s’explique tout simplement… qu’il s’excuse ouvertement.
Il se redressa, à genoux sur le matelas du lit… sur lequel on l’avait installé sans qu’il n’en ait conscience, lit sur lequel il avait attiré la jeune mage… qu’il trouvait si désirable, qu’il comptait… Son bandage ne se teintait pas de sang donc il n’avait pas rouvert sa blessure malgré son agitation… mais le profond dégoût envers lui-même dans ses yeux valait toutes les plus grandes blessures. Avec ce coup il avait perdu le contrôle… il le savait, il le sentait, et ça lui avait plu… ses pupilles étaient moins dilatées… et ce n’était plus du désir, mais vraiment de la colère qui était responsable de leur taille. Il n’osait même plus la regarder, encore moins la toucher. Pourquoi ne l’avait-elle pas repoussé ? Tout était flou ? L’avait-il frappée ?

Non… il avait fait pire… Elle était en détresse, elle souffrait, elle pleurait…et lui il avait voulu abuser de sa faiblesse…
Et elle devait se demander tout simplement comment il avait pu agir ainsi alors qu’un peu plus tôt… la vie le quittait… Il serra les poings, se haïssant. Il aurait préféré réellement mourir au final. Pas d’inquiétude petit Drakkari, ton tatouage se charge de transmettre ce genre d’idioties profondes à ta compagne adorée…
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Cassidy Herediane
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MessageSujet: Re: Un retour dans le village d'enfance   Ven 30 Nov - 17:20

Cassidy n’avait jamais été celle qui pouvait penser à tomber amoureuse. Pour elle c’était tellement impensable. Etre naturelle sans chercher à jouer un rôle, avoir des réactions surprenantes sans avoir honte devant l’homme qu’on aime. Oh bien sûr, il lui était déjà arrivé d’y penser de temps en temps mais l’amour qu’elle ressentait pour Tristan, jamais elle n’aurait pensé que cela était possible.

Elle imaginait encore la surprise de ses parents, elle, enfant si secrète et sérieuse, oubliant de vivre pour se consacrer à toutes les connaissances de ce monde, refusant de s’encombrer d’un sentiment aussi inutile que celui-ci. Du moins pas aussi niaisement. Et ça ils le montraient bien, même si ni l’un ni l’autre n’était embarrassé par leur comportement respectif.

La jeune femme se sentait bien dans les bras de son compagnon et en profitait largement. Jusqu’au point de rougir en ayant des paroles qui la surprenaient elle-même. Lui d’ailleurs ne s’arrêta pas là et si elle se sentait mal à l’aise d’être prise pour une dévergondée (ah bon c’est comme ça qu’elle était vue ?), la suite de sa phrase lui fit froncer les sourcils si fortement que Tristan fut bien obligé d’arrêter même si il semblait tout à fait taquin.

Ah c’est qu’elle ne comptait pas du tout le partager son Drakkari ! Et elle ferait bien attention à ce qu’aucune autre femme ne lui tourne la tête. Jalouse, possessive ? Des adjectifs qui ne correspondaient pourtant pas à la petite mage et pourtant, force est de constater que c’est bien la première fois qu’elle éprouvait le besoin d’être égoïste.

Cassidy n’avait pas vraiment souffert ni ressenti aucun besoin de se rapprocher de Tristan à l’Académie. Bien sûr, la douleur d’avoir perdu trop tôt le petit garçon avait été ravivé avec cette venue mais pendant tout ce temps où elle grandissait et elle évoluait, il était très rare qu’elle manifeste ce manque, finissant par croire qu’il était tout simplement mort, ce qui lui faisait froid dans le dos.

Elle s’était renfermé dans un sérieux salvateur, un travail encore plus acharné pour combler cette perte. C’est un peu ce qui faisait sa force même si elle l’avait enfoui tout au fond d’elle. Lorsqu’elle se rendit compte qu’il s’agissait bien du petit garçon qu’elle connaissait, le premier jour à l’académie, la jeune femme avait été bouleversée même si elle avait très bien joué pour ne pas le montrer. Il ne manquerait plus qu’il se rende compte qu’elle avait vraiment été impactée par sa disparition.

Non au contraire, elle tentait de se comporter respectueusement avec lui, ce qu’elle aurait fait avec n’importe quel prisonnier aussi mais elle ne voulait pas non plus continuer à l’humilier, ou lui faire la morale. Apparemment ça ne lui plaisait pas vraiment, mieux valait ne pas le rappeler à l’ordre.

Et puis au fil des jours, Tristan s’était fait un peu plus provocant, mystérieux, parfois plus ouvert et d’autres fois se renfermant complètement. Et puis, il fallait dire qu’il la tentait un peu, pas gêné pour lui voler un baiser ou aussi terriblement attentionné même si il ne cherchait pas à le montrer au premier abord. La jeune femme s’était posé une multitude de questions. Pourquoi ? Pourquoi agissait-il ainsi ? Pourquoi être gentil puis après faire comme si de rien n’était ?

Ce comportement, elle ne le compris que bien plus tard, lorsqu’il décida d’avouer ses sentiments. Il devait être aussi perdu qu’elle en fait !

Voilà ce qu’elle pensait le temps que Tristan revienne, profitant de la diversion causée pour faire redescendre sa lumière sur des activités récentes très agréables. Il ne manquerait plus qu’on comprenne ce qui lui arrivait en fait.
Mais l’ami de ses parents lui donna une bonne raison pour retrouver Tristan. Et si elle se tortura l’esprit un bon moment, inquiète quant à savoir Tristan à côté de ces hommes. Mais bon après tout, il ne pouvait rien arriver. Oh, ce soulagement fut de très courte durée, au vu de la scène qui se déroula sous ses yeux.

Et Tristan qui ne se rendait compte de rien ! Mais pourquoi n’avait-elle pas utilisé sa magie pour les repousser, pour arrêter le tir ? Parce qu’elle était bien faible encore, trop euphorique pour penser à une quelconque attaque et le cri qu’elle poussa transperça les airs et les nuages, présage d’un tragique évènement.

Elle entendit l’horrible craquement provenant de la tête à son compagnon et hurla avant d’être paralysée sur place, son visage et sa peau se vidant peu à peu des couleurs qui l’animaient. C’était comme si le coup qu’il avait reçu agissait en écho et elle se sentait affreusement faible. Il lui était impossible de lutter dans ses conditions, surtout que la tête lui tournait et qu’un brouillard l’avait envahi, sombre et inquiétant. Elle ne pouvait pas lutter mais elle voulait leur faire payer et si ils s’attendaient à une fille assez docile, il y avait beaucoup de souci à se faire vu l’état qui s’emparait d’elle.

Sa marque sur le bras la faisait souffrir, lui brûlait la peau, tel un signe du destin tragique qui s’annonçait. Elle n’arrivait même pas à pleurer, sa respiration devenant lente, saccadée, son cerveau tournait au ralenti, conservant l’image de son Drakkari à terre. Elle ne pouvait pas hurler, elle ne pouvait plus bouger.

C’est ça ce qu’on ressent quand on perd un être cher ? Elle comprenait tout à fait sa répulsion de se faire des connaissances. Pour éviter de souffrir, pour éviter de se laisser emporter par la souffrance. Jusqu’à présent elle ne s’était jamais attaché à personne, à part ses parents, son maître. Elle ne voulait pas ressentir cette souffrance, elle avait trop souvent vu la misère, la douleur et la mort dans les yeux des gens. Oh oui, Cassidy s’était forgé une redoutable carapace pour lutter contre certains effets.

Tant d’années à parcourir le monde, avec ou sans son maître. Voir la désolation autour d’elle. Il lui avait toujours dit de garder un esprit lucide, peu importe ce qu’elle avait pu voir. Et comme son maître lui rappelait sans cesse, elle n’avait pas vu le quart de ce que lui avait vécu. Surtout quand on connaît la spécialité du vieil homme. La fourberie, la traîtrise, la soif du sang, l’avidité et l’envie de la vengeance… Et toujours cette conviction de sauver les meubles quand c’était possible. Même si tout le monde ne pouvait pas être sauver.

Et alors qu’elle attendait le coup sur sa tête, se débattant sans conviction profonde à cause de tous les effets qu’elle ressentait, celui-ci ne vint jamais.

Car Tristan s’était mis devant elle, telle une marionnette, la rassurant sur son état alors qu’il lui avait bien semblé que la hache avait été enfoncé sans aucune hésitation. Oh pour ça elle aurait bien fait un massacre. Parce que ça la touchait ! Elle ne pouvait pas aller contre ses sentiments. Que ce soit n’importe qui d’autre, elle savait faire abstraction mais là ça la touchait !

Pourtant, elle se rendit compte, effet du tatouage et des évènements qu’elle avait vu avec Tristan, la jeune femme savait pertinemment que l’issue serait très tragique et non recommandée. Alors dans un effort de plus, elle se jeta dans le dos de Tristan, pour lui supplier d’arrêter. Elle aurait pu tout aussi bien se servir du tatouage, de sa magie. Mais sans bâton et choquée émotionnellement, elle n’aurait rien fait de bien.

Cassidy s’accrocha contre Tristan et la serra contre elle. Mais c’était quoi ce coup qu’il avait reçu ?! Il allait y rester ! Elle l’appela, le supplia de rester conscient, de se réveiller mais rien n’y fait. Elle avait beau poser ses mains sur son visage, le tapota, croire qu’il lui faisait une blague et qu’il allait se réveiller comme si de rien n’était, ce n’était pas le cas.

Elle sentit le froid qui l’envahissait et la jeune femme tremblait de plus en plus, refusant la fatalité et tentant d’utiliser sa magie. Elle s’éparpillait, perdait en assurance et sa magie était tellement faible qu’elle était elle aussi au bord de l’évanouissement.

Heureusement, ils n’étaient pas seuls. Le vieux mage, ancien maître de Cassidy, était tranquillement installé chez lui en train de lire un de ces livres de connaissance qu’il avait emprunté à la grande bibliothèque de Galaden, toujours soucieux de se renseigner le plus possible d’une manière neutre, qu’il ressentit des ondes de magie troublé. Oh, quand on connaît bien un mage, on arrive à peu près à ressentir sa signature magique et il connaissait parfaitement la magie de Cassidy.

Comprenant qu’il avait affaire à quelque chose de très grave, il s’était très rapidement levé, récupérer son bâton et sans prendre plus de précautions, se téléporta à quelques mètres de la scène, ce qui lui permit d’agir très rapidement.

D’un œil, il examina la situation mais le plus important était ce jeune Drakkari qui se vidait de son sang, d’après l’état alarmant qu’il pouvait ressentir. S’ensuivit une discussion très brève, au cours de laquelle peu de paroles furent échangées. Le vieil homme examinait Tristan et surtout la longue balafre. Le mage n’avait que très peu côtoyé les champs de bataille, mais il avait suffisamment d’expérience grâce à ses voyages pour reconnaître un coup fatal.

Peut être aurait-il été plus sage d’éloigner Cassidy ? Mais le visage du vieil homme était fermé, presque énigmatique et faisait preuve d’un sang froid impressionnant. Il ne dévoilait pas toutes ses capacités et passait plus pour un vieillard sans ressources à l’heure actuel. Pourtant, ce n’était pas un hasard si il était lui aussi reconnu dans tout Ascadian. Et ce qu’on connaissait surtout chez le vieil homme, c’était sa volonté à refuser d’abandonner tant que l’énergie vitale est toujours présente. Les mages sont bien fascinants sur de nombreux points, même si chacun a sa spécialité.

Il utilisa un sort pour faire léviter Tristan, alors que Cassidy suivait avec beaucoup de mal jusqu’à la demeure, une maison qui semblait assez bancale et pas vraiment très soigneuse, donnant l’impression de tenir uniquement grâce à la magie.

Le mage conduisit Tristan dans une petite chambre. Il s’agissait en fait de la chambre que Cassidy utilisait quand elle venait chez lui, même si elle pouvait loger chez ses parents, il lui arrivait de s’entraîner jusqu’à très tard dans la nuit dès qu’elle avait besoin d’éclaircir une chose. D’ailleurs elle passa un bon moment ici à déchiffrer sa relique trouvée.

C’était une chambre simple, sommaire, il n’y avait pas grand-chose mis à part le strict nécessaire. Le vieux mage déposa Tristan sur le lit et l’examina. Un net mouvement apparut dans ses yeux lorsqu’il constata que la blessure semblait moins impressionnante que plus tôt mais encore une fois, il ne souffla pas un mot, gardant ses pensées pour lui.

La seule chose qu’il put faire était d’arrêter l’hémorragie et d’aider la cicatrisation. Bien qu’en utilisant son sort, un nouveau mais vraiment très léger haussement du sourcil gauche se manifesta. Il n’était pas vraiment doué dans l’école guérison mais ça il le savait d’avance. Du moins dans les blessures physiques.

Cependant il dut arrêter son examen car Cassidy semblait être décidé à se morfondre dans son coin. Ce qui l’agaça tout particulièrement alors qu’elle commençait à avoir des idées noires. D’un coup, il la rappela à l’ordre. Et la jeune femme ne savait que trop bien qu’il avait raison. Il ne savait rien de son secret sur sa marque, sa mauvaise magie parce que Cassidy ne lui avait rien dit mais était-il aussi ignorant qu’il le montrait ? Encore des suppositions, pas d’affirmation.

Le discours semblait être normal, un rappel à l’ordre, faire la morale, et pourtant, beaucoup de choses semblaient circuler à travers les yeux et les souvenirs des deux mages. Ils savaient tous les deux que ce discours n’était pas si anodin que ça en apparence. Mais ils se comprenaient parfaitement.

Le mage prétexta prévenir les parents, même si il ne fit que descendre dans la pièce du bas. En effet, il y avait encore quelque chose qui le retenait ici et manifester son intention lui permettait de créer un effet de surprise.
Cassidy était encore complètement perdue, s’approchant de Tristan, regrettant ce qui venait de se passer et se maudissant de ne pas avoir été là assez tôt et surtout aussi stupide pour être restée fixe comme un arbre sans chercher à intervenir.

Elle se désolait et s’occupait du jeune homme. Elle lui avait promis qu’elle changerait le bandage de la blessure qu’il avait transféré la veille, pour éviter qu’elle ne souffre autant. Elle s’occupa ensuite de son front, ne sachant pas si il allait rester dans l’inconscience ou pas. Des larmes tombaient le long de ses joues, elle ne voulait pas le perdre, se demandant pourquoi ça devait arriver, pourquoi personne ne l’avait protégé. Elle se sentait terriblement minable.

Pleurer comme on pleure un mort ? Oui peut être ! Elle ne savait même pas dans quel état il était. Et elle était loin d’être indifférente à ce qui venait de se passer. Elle ne devait pas chercher à se venger, elle ne devait pas faire de bêtise et laisser ressortir toutes ses émotions négatives. Pour lui… uniquement pour lui. Sauf qu’alors que la demoiselle avait la ferme intention de veiller sur lui jusqu’à ce qu’il se réveille, elle n’attendit pas si longtemps que ça.

En effet, les battements de cœur de Tristan semblaient plus fort et elle redressa la tête pour le voir conscient. Elle rêvait encore ? Etait-elle assommée elle aussi pour penser qu’il pouvait se réveiller aussi rapidement ? Elle avait du mal à en croire ses yeux et restait interdite, son cerveau ayant apparemment du mal à assimiler les informations.

Elle y croyait à peine et se fichait bien de son état, du sang qu’elle avait sur ses mains, sa robe, la tête qu’elle faisait. Ca n’avait pas d’importance. Et si il avait cru apercevoir une étincelle légèrement doré dans ses yeux, la jeune femme ressentit une petite douleur alors que sa vision se troublait un peu et qu’elle ouvrit la bouche, sûrement pour prononcer le surnom de son compagnon.

D’un geste, il l’attrapa pour la mettre sur le lit, puis la retourna en dessous de lui. Mais d’où lui venait sa force après le coup qu’il venait de se prendre ? Encore trop barbouillée, la jeune femme était incapable de réfléchir. Mais c’était bien lui qui bougeait, qui la regardait comme si de rien n’était. Oh si il y avait un truc différent, il était fermé, pas comme à son habitude et beaucoup moins… bah pas comme elle l’avait vu ces derniers jours.

Il ne lui laissa pas le temps de parler, car la seule envie du jeune homme fut de l’embrasser à pleine bouche, comme si sa vie en dépendait et qu’il était totalement en manque. Heu d’accord oui… mais un « je vais bien » avant de se lancer là dedans aurait rassuré Cassidy, qui décidément ne comprenait pas. Ou alors peut être avait-il cru ne jamais pouvoir se réveiller pour la revoir. Elle le laissa faire, mais encore trop faible, elle n’avait pas la force d’y répondre.

Il continua, il se souvenait d’elle et se colla contre elle, les mains brûlantes, continuant son exploration. Ce simple changement de température donna un flash dans l’esprit de Cassidy qui ferma à nouveau les yeux tout en serrant les dents. Avant de les rouvrir sur les yeux complètement noirs du Drakkari. Elle le sentait, dans sa façon de faire, ce n’était pas comme d’habitude. C’était lui sans être lui. Elle le laissa faire mais tenta de lui parler, de le raisonner. Oh si il ne voulait pas comprendre elle pouvait toujours utiliser la magie mais il fallait reconnaître qu’elle était bien faible.

Heureusement, ce fut encore une fois son maître qui reprit les choses en main. Trop de doutes pour partir maintenant, et à voir le rétablissement soudain de Tristan, le vieil homme se rassura sur sa décision d’être resté dans le coin, en attendant un évènement, qui aurait peut être très mal tourné.

Il était tout ce qu’il y avait de plus froid, d’un ton qui ne souffrait d’aucune réplique, laissant planer une éventuelle menace sans montrer ses pensées. Ahlala… ces deux jeunes donnaient du fil à retordre ! Cassidy ne savait plus où se mettre et retrouvait peu à peu ses esprits ainsi qu’une meilleure réflexion même si elle ne dit rien. Elle aurait du l’arrêter.

Enfin, le vieux maître sortit et les laissa seuls. Ah oui, son intervention était très bien, car en effet, Tristan semblait avoir repris ses esprits, si ce n’est qu’il posa sa tête contre la poitrine de Cassidy. Elle constata qu’il rougissait, comme s’il était gêné, embarrassé alors qu’il tentait de s’excuser très maladroitement. La jeune femme resta silencieuse, pour le moment ne bougeant pas, respirant très lentement, les larmes ayant arrêté de couler.

Elle semblait fort pâle mais cela finirait par s’arranger. Elle était tellement soulagée de le savoir vivant et pourtant encore horriblement inquiète à cause de ce qui venait de se passer. D’ailleurs elle remarqua que Tristan se redressa, pas très content. Le tatouage décida de se manifester une fois encore, donnant les émotions de Tristan à Cassidy, qui écarquilla les yeux. Non, il pensait vraiment ça.

Très rapidement et contre toute attente, la jeune femme se redressa sur le lit, cherchant à se mettre à la hauteur de Tristan, le regardant dans les yeux très sévèrement. Puis, d’un geste rapide, elle lui attrapa la joue pour lui pincer assez fortement, afin de lui faire reprendre conscience.

« Ne pense jamais à ça… Jamais ! »

Elle secoua doucement la tête.

« Je t’interdis d’avoir ce genre de pensées morbides ! Tu veux me laisser toute seule ? »

Puis elle l’attrapa dans ses bras et le serra fort contre elle, même si la demoiselle ne pleurait plus ni ne sanglotait, car elle semblait avoir repris un peu de force.

« Je veux que tu pense, avoir d’avoir ces pensées, que je suis toujours là pour toi, tu n’es pas seul Tristan. Oui je suis triste de ce qui vient de se passer, je m’en veux énormément d’avoir eu la réactivité d’un légume et je ne sais pas par quel moyen tu es toujours en train de bouger mais peu importe, pour le moment ce n’est pas ça le plus important. Tu es vivant… tu es vivant… »

Elle le serra un peu plus contre elle, caressant doucement son dos, les yeux fermés et le berçant gentiment.

« J’aurais du te repousser là, j’avais l’intention de le faire, mais je suis aussi perdue que toi. Et puis je suis persuadée qu’il y a des trucs pas nets là-dessous, même si tu as du mal à m’en parler, je suis pas totalement naïve, mais peu importe ce que tu peux avoir, peut importe ce qui peut se passer, jamais je ne t’abandonnerais. C’est mon choix… Respecte-le. »

Elle baissa la tête et instinctivement, déplia sa jambe où se trouvait sa blessure laissée un jour par un dragon corrompue, la regardant avec curiosité, les yeux un peu perdu dans le vague, comme si elle se remémorait certains souvenirs. Avant de relever la tête, animée d’une énergie nouvelle.

Elle plaça ses mains sur le visage à Tristan pour le forcer à la regarder et les yeux de la jeune femme devinrent plus brillants, une petite étincelle dorée apparaissant près de la prunelle de ses yeux même si ce n’était pas très impressionnant.

« On forme un couple. On partage tout, les joies, les peines. Ce qui vient de se passer n’est qu’une leçon qui nous permettra d’avancer, de se renforcer et surtout de se soutenir. Et je continuerais de persévérer dans cette voie là. Parce que quoi qu’il arrive je t’aime et ça, peu importe ce que tu peux faire, ça ne changera pas.»

La demoiselle déposa un baiser sur la joue de son compagnon, ayant un peu peur de paraître confuse dans ses paroles, parce qu’elle avait toujours été dans maladroite dans les discours quand ça concernait les sentiments amoureux. Puis, elle le fit basculer en arrière pour qu’il s’allonge avant de caresser doucement son visage, déposant un très léger baiser sur ses lèvres. Elle avait eu tellement peur pour lui. Et elle était soulagée… pour l’instant le pire était passé. Ils auraient tout le loisir de réfléchir plus tard.

« Repose toi un peu, j’ai bien vu que tu avais l’air d’être en pleine forme mais… je ne veux pas que ça empire. Mon maître devrait bientôt revenir, il est aussi mauvais en magie de guérison que moi mais il vaut mieux attendre et voir ce qu’il a à dire »

Sur ce, la jeune femme borda Tristan, grommelant un peu puis approcha sa chaise du lit, sans se soucier plus que ça de son état à elle-même plus que lamentable, tenant à veiller au chevet de son homme le temps qu’il reprenne ses esprits. Puis elle lui prit la main, la caressant doucement alors qu’elle semblait réfléchir.
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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: Un retour dans le village d'enfance   Dim 2 Déc - 16:01

Le sommeil… Si difficile à trouver parfois, si salvateur pourtant. Dormir lui avait été impossible pendant plusieurs jours suite au meurtre de sa mère, l’horreur de ce qu’il avait vécu. Alors qu’il fuyait ce village, son esprit tournait à vide. Pendant quelques jours, il était devenu comme un de ces enfants sauvages. Jusqu’à ce fameux jour. Une rencontre… une seule peut changer une vie à jamais. Ca avait été son cas. En bien certes mais encore et surtout… en mal.
Peu après, il avait volé ce premier baiser à la petite Cassidy qui ne s’y attendait vraiment pas. Elle s’était isolée du reste du groupe de filles se « cachant », comme elle le faisait d’ordinaire, souvent bien inconsciemment, elle était plus pâle que d’habitude et elle semblait perdue dans ses pensées.
Peut-être aurait-il dû se montrer réellement. Tristan, même jeune, était un être direct qui ne se prenait pas la tête et agissait selon ses pensées, son bon vouloir.
La Cassidy adulte, ayant appris ce vol de baiser ne s’était pas posé la question malgré tout… sans doute parce qu’elle était sous le choc : il avait toujours tenu à elle, assez pour qu’elle soit la seule à qui il dise réellement adieu. Pourquoi se cacher ? Pourquoi ne pas dévoiler qu’il était bien là et que comme dernière torture il lui volerait ce baiser ?

Que risquait-il ? Elle crierait ? Ils étaient suffisamment loin pour que sa voix ne porte pas avec le bruit de la cascade. Elle irait prévenir les adultes ? Il était beaucoup plus rapide qu’elle et serait bien loin avant qu’elle n’ait pu rameuter qui que ce soit.
Alors quoi ? Que craignait-il au juste ?... L’indifférence et le dégoût. Un rejet pur et simple comme cette fameuse « dernière fois » présumée où ils s’étaient vus, lorsqu’elle l’avait repoussé alors qu’il allait expliquer ses actes, s’excuser. Et elle le rejetterait oui, bien évidemment, il le savait… Il le lui avait dit. Il lui parlait, surtout dans ses rêves avant… Et à la mort de sa mère, il avait commencé à lui parler en vrai… parce qu’il était tellement fatigué à force de lutter contre le sommeil, pour ne pas sombrer dans ses cauchemars, que la porte était restée grande ouverte. Il l’entendait dans sa tête… Il riait de ses actes cruels, le félicitait quand il humiliait un combattant plus âgé que lui en le battant, il motivait son bras, le défiait de défendre ces jeunes bien plus grands que lui, de séduire cette femme ou celle-ci, il se délectait en silence des gémissements de cette dernière cédant bien vite à un si beau garçon. Maud… il l’aimait autant qu’il la détestait. Elle était froide ou chaleureuse, excentrique, déprimée ou enjouée, impossible à saisir, un mystère total. Il avait cru qu’elle était comme les autres à cause de son intérêt, très tôt pour le garçon, constant malgré le temps qui passait, mais non… Quand Tristan s’endormait entre ses bras, si vulnérable, si jeune, ses traits devenus bien plus doux quand la dureté de la vie ne les crispait pas, elle le regardait… mais son expression était totalement différente. De la colère, de la tristesse, une hargne inconnue… Elle savait. Alors pourquoi elle lui parlait. La première fois, il n’avait pas compris, croyant qu’elle parlait au jeune éphèbe endormi. Mais… non.

- Tu ne gagneras pas… Je le sais. Un jour quelqu’un t’arrêtera et tu paieras pour tes crimes… pour ce que tu lui as fait. J’y veillerai…


Comment pouvait-elle savoir ? L’inquiétude avait montré le bout de son nez. Il lui avait fallu des années pour comprendre, de nombreux évènements pour saisir. Sous ses airs excentriques, totalement en dehors de la réalité, trop légers, pas adultes du tout, cette femme descendait d’extra lucides. Ceux qu’on nomme voyants ou autre sur Terre. Sans doute n’était-ce qu’en surface… mais elle cachait bien son jeu, un peu trop bien.

Peur d’être rejeté… Comme il avait peur le petit Tristan. Peur d’être rejeté par sa petite camarade, c’était tellement mignon… tellement facile à tourner en sa faveur. Bien sûr qu’elle le rejetterait, pourquoi en serait-il autrement ? Elle ne l’aimait pas, elle le détestait. Ne le disait-elle pas à son entourage, en boucle, entourage qui souriait, attendri, comme si de rien n’était. Il l’avait entendue une fois… Il s’approchait d’un groupe. C’était des filles qui entouraient Cassidy, la plupart plus âgées qu’elle, qui souriaient. Elles trouvaient Tristan singulier avec ses cheveux rouges et ses grands yeux orange plein de dureté malgré ses farces. Leur chef ne savait se faire valoir qu’en s’amusant des gênes des autres. Elle avait approché Cassidy et ses amies et avait demandé de but en blanc à la fillette si elle était amoureuse du Drakkari vu comme elle lui courait constamment après. La pauvre petite fille avait réagi comme l’aurait fait n’importe quelle autre dans ces conditions, elle avait nié en bloc, rougissant, sous les rires de l’aînée et de ses sbires, elle avait eu les paroles toutes simples, naturelles bien que souvent perçues comme cruelles qu’ont les enfants, maladroits, à cet âge : « jamais… je le déteste… c’est un idiot ». Le genre de paroles qu’on ne pense pas généralement… mais qui sortent quand même, pour se protéger du regard des autres, de leur méchanceté. Il s’était figé, invisible puisque passant derrière un arbre à ce moment là, s’était contenté de passer son chemin s’en s’approcher, mais les paroles avaient résonné dans son esprit et curieusement, il était resté étonnamment silencieux, amorphe pendant la journée. Le professeur s’attendait à un coup terrible justement du fait de cette attitude et n’avait cessé de l’épier mais au final… rien. Le lendemain, il était d’autant plus amer avec la petite Herediane. Quitte à être détesté… autant que ce soit jusqu’au bout.

Cette petite était source de colère mais aussi d’affection, trop d’instabilité… Quand il était parti, l’affection avait disparu, le champ était totalement libre à présent. Les années avaient passé mais… depuis quelques temps déjà, il était à l’Académie et petit à petit… l’emprise s’estompait. Tristan s’ouvrait, il souriait mais sincèrement à présent, semblait singulièrement amusé par ce qui l’entourait, par les gaffes, les maladresses de son ancienne camarade. Il s’amusait à ses dépends au début puis petit-à-petit avait montré un réel attachement pour elle, une attention toute particulière qui n’était pas innocente du tout. Il tombait amoureux… Et ça ce n’était pas bon du tout !!! Fort heureusement, la partie était loin d’être finie.

Le coup avait été terrible. L’homme était fort et étrangement, sûrement du fait de son environnement, de son éducation, Tristan éprouvait des difficultés avec ses dons de Drakkari. Ce genre de difficultés passait totalement inaperçu quand il tenait une épée tant il savait la manier avec force et adresse même sans que sa force ne se déclenche et se défaire de n’importe quel ennemi. Mais lorsqu’il était désarmé… son incapacité à se contrôler, à les contrôler était flagrante. Il s’était retourné d’un bond en entendant le cri de sa jolie mage. Il avait juste eu le temps de voir le miroitement de la lame sous la lune. Ca aurait dû suffire pour que son corps se prépare à parer le coup, minimise un maximum les dégâts, comme lorsqu’un dragon hérisse ses écailles pour se protéger. Il n’avait rien pu faire du tout et c’était tout simplement un miracle qu’il ne soit pas mort sur le coup… Vraiment ? Avait-il vraiment survécu ?

Bien évidemment sinon il ne se serait pas relevé pour parer le suivant destiné à sa compagne trop au goût du jour… sinon il n’aurait pas frappé avec l’intention certaine de tuer, sinon elle n’aurait pas pu l’arrêter… et il ne se serait pas évanoui par la suite à cause de la douleur… n’est ce pas ?
Le reste avait été très flou, un dédale de sensations, de douleurs, d’émotions. Mais lui l’avait senti… la puissance. Cette gamine était drôlement douée, elle ignorait certainement à quel point, d’une puissance effrayante… et habitée par quelque chose d’autant plus dangereux. Amusant oui… et effrayant…

Finalement elle était calme, plus ou moins, grâce à l’intervention de son maître qui s’était éloigné soi-disant. Elle était vraiment perturbée et inquiète… elle pleurait, s’accusait de ce qui s’était passé. Le garçon s’était réveillé à cet instant, dommage, ces confidences étaient tellement drôles par le chagrin qu’elles dégageaient. Ce serait pour une autre fois.
Ohoh… Mais c’est qu’il ne se réveillait qu’en pleine forme.

Bien sûr qu’il y avait de quoi surprendre. Après un tel coup, il avait besoin de repos et de graves lésions pouvaient apparaître. Peut-être ne parlerait-il plus jamais, peut-être l’aurait-il oubliée, peut-être serait-il totalement déconnecté de la réalité pour le reste de sa vie, peut-être ne pourrait-il plus jamais marcher, perdrait sa capacité à raisonner. Peu importait, il pouvait avoir énormément perdu à cause de cette blessure, peut-être ne serait-il plus jamais le même. Mais oui, assurément, se réveiller si vite et en forme n’était pas normal. Cassidy semblait tellement surprise alors qu’il l’agrippait et l’allongeait sur le lit avant de se glisser au-dessus d’elle. L’embrasser presque brusquement… non brusquement tout court, pas loin de la brutalité. Oui il la forçait là. Et ce n’était pas lui, elle avait raison. En fait non, elle avait tort… c’était exactement lui. Et il ne se contentait pas de baisers, ses mains glissaient sur sa peau, certes avec passion mais sans la moindre douceur, comme si elle lui appartenait, qu’il était normal qu’il agisse ainsi avec elle… qu’il prenne ce qu’il voulait.

Mais elle était belle… si belle. Et elle lui plaisait tellement. Il ne pouvait ignorer les appels de son corps. C’était… comme n’avoir rien avalé pendant des jours et des jours et d’être devant un gigantesque buffet composé de tous ses mets préférés sans avoir droit d’y toucher. C’était comme si l’embrasser était la seule manière d’étancher la soif terrible qui avait transformé sa gorge, ses poumons en pierre, la toucher, la seule façon de répondre au besoin de sensibilité, traduit par des milliards d’aiguilles douloureusement planté dans chaque centimètre de sa peau, que lui renvoyait son corps. L’embrasser était aussi merveilleux que source de douleur. Dès qu’il bougeait la tête, il avait mal mais la toucher… l’embrasser… valait un milliard de fois cette douleur. Elle était à lui, uniquement à lui, il ne laisserait personne la toucher.
En l’embrassant comme il le faisait, il était convaincu de parler avec elle, dans son esprit, elle n’avait pas cette expression surprise, presque terrifiée, réticente mais qui ne voulait pas le brusquer. Il lui disait qu’il ne supportait pas de voir d’autres simplement poser les yeux sur elle, mais qu’il se réjouissait de les voir si attirés par elle, qu’il ne supportait pas quand ils se tenaient la main tant il avait l’impression d’être vulnérable, et à quoi point il adorait cela rien que parce qu’il savait être en sécurité près d’elle et assurer la sienne, qu’elle était la chose la plus merveilleuse qui lui soit arrivée, qu’il ne pouvait plus vivre loin d’elle, que l’embrasser… lui était indispensable tant il devenait jaloux de cet oxygène qui s’octroyait une part d’elle, ses poumons, son corps, sa vie.

Des choses totalement insensées qui ne franchissaient pourtant pas le cadre de ses pensées… et surtout que son corps n’exprimait assurément pas. Il était brusque, aucune douceur dans ses gestes, il l’embrassait comme on embrasse une femme pour la faire céder à ses attentes. C’était cruel, c’était stupide, c’était… égoïste…

Fort heureusement un certain mage, pas bien loin, qui semblait veiller au grain intervint. Ce simple coup sur la tête, certes très sec vu le bruit qui s’entendit sembla suffire à rendre toute sa lucidité à un Tristan d’abord surpris puis horrifié, qui se trouvait de nouveau seul avec la jolie mage aux yeux de biche… qui avait décidément bien trop pleuré pour lui une fois de plus.
Et là… c’était le drame. Non… Non c’est pas vrai, il n’avait pas fait ça hein ! Ce n’était qu’un mauvais rêve, une blague, une simple blague ! Il allait se réveiller !!!
Il ne se réveillait pas. La joue appuyée contre sa poitrine, sans aucune pensée déplacée pourtant, seulement parce qu’il était bien, il s’excusa, troublé, profondément, bégayant… puis se redressa, se séparant d’elle. Il ne devait pas la toucher. La peur… La peur revenait. Elle allait le rejeter. Elle DEVAIT le rejeter.

Etrangement, il avait besoin de sa colère… qu’elle lui crie dessus, qu’elle lui dise réellement qu’elle était indignée par son attitude, qu’elle lui en voulait, qu’il méritait qu’elle le plante là, qu’il avait osé profiter de sa tristesse… Oui la colère, qu’elle le fasse culpabiliser, qu’elle lui montre qu’elle avait remarqué que son attitude était mauvaise, qu’elle lui en voulait pour ça. Oui qu’elle lui en veuille… qu’elle lui prouve qu’il était différent cette fois-ci, qu’elle l’avait bien vu… qu’elle lui en veuille pour qu’il puisse se racheter, qu’il redouble d’efforts pour s’excuser. C’était de ça dont il avait besoin, de sévérité, d’encadrement, peut-être même de cruauté… mais une cruauté juste.
Mais elle était trop gentille… sans savoir que cette gentillesse, pouvait être la plus belle des qualités pour le monde normal et l’arme la plus destructrice avec le Drakkari.

Il s’était éloigné parce qu’il avait peur de la toucher, peur de réveiller ces sensations enfouies pourtant tellement délectables qu’il refoulait autant que faire se peut. Elle avait entendu ses pensées, celles morbides qu’il avait… qu’il aurait dû mourir plutôt qu’agir de la sorte. Même là, elle aurait pu agir de sorte à le « secouer » réellement. Si elle l’avait giflé malgré sa blessure, si elle lui avait encore une fois hurlé son indignation et sa tristesse qu’il pense ainsi… certes elle n’aurait pas fait montre de cette considération, cette prise en compte des risques qui la caractérisaient… mais elle l’aurait aidé, réellement. Parce que la compassion lui faisait mal… oui, elle lui faisait mal à être gentille, à accepter qu’il ait agi de la sorte. Est-ce que c’était ainsi quand il l’embrassait d’ordinaire ? Avait-elle cette impression d’être sa chose, son objet avec lequel il jouait quand il avait envie ? était-ce l’impression constante qu’il lui donnait ? Etait-il donc réellement ce monstre ?

Et comme il était étrange d’être ainsi… Alors qu’elle était si douce justement, irréprochable. Elle lui disait qu’elle avait eu peur, qu’elle s’en voulait de ne pas avoir agi comme il fallait, de ne pas l’avoir secouru comme elle l’aurait dû.

Il passa doucement ses bras autour d’elle alors qu’elle se blottissait contre lui, essayant de la consoler parce qu’il sentait qu’elle était perdue, inquiète et sacrément chamboulée même si elle cherchait à le cacher pour s’occuper de son grand blessé. Quand elle l’embrassa sur la joue, il sourit piteusement, se contentant de baisser un peu la tête de honte lorsqu’elle aborda qu’elle comptait le repousser. Quand elle le fit s’allonger, il n’opposa pas la moindre résistance et lui sourit, sagement alors qu’elle l’incitait à se reposer. Pourtant c’est timidement qu’il lui demanda peu après qu’elle se soit assise sur sa chaise, le surveillant, de venir avec lui… insistant sur le fait qu’il n’avait aucune idée derrière la tête, qu’il ne la toucherait même pas si elle ne voulait pas, qu’il voulait juste être contre elle et qu’elle n’attrape pas froid dans cette tenue.

Il aurait dû agir ainsi… mais ce ne fut pas du tout le cas.
Il entendait à peine sa voix, comme un lointain écho à présent, enfermé dans ses certitudes et sa colère envers lui-même. Elle pouvait être la plus douce, la plus adorable, la plus gentille fille du monde, elle ne pouvait rien contre ce qu’il faisait à présent : se détester, s’en vouloir, regretter. Il ne réagit pas quand elle lui tira la joue, ni quand elle le sermonna avec beaucoup trop de douceur pour quelqu’un s’adressant à un guerrier. Dans sa tête, la petite voix lui avait confirmé ce qu’il craignait plus que tout… c’était lui qui avait agi ainsi… parce qu’il en avait envie. Oh oui, tellement envie.

La laisser toute seule ? Est-ce qu’il le pensait ? Là… oui.
Elle avait été inquiète, très inquiète, ça se voyait dans son soulagement, sa façon de lui parler, de se serrer contre lui comme si elle n’y croyait pas. Mais il ne répondait pas à son étreinte, ses bras demeurant le long de son corps, il ne se crispait même pas à son contact, totalement amorphe. Son regard s’était totalement vidé et il semblait fixer un point invisible. Pourtant elle continuait de parler comme si elle pensait que ce n’était qu’un moment de réflexion. Après tout, quand il réfléchissait, il avait parfois ce regard. Elle avait à la fois raison et tort. Surprenant hein ?
Elle aurait dû le repousser ? Oh ça oui. Des trucs pas nets ? Bien sûr… il était un sale type, ce n’est que maintenant qu’elle s’en rendait compte ? Parler… parler de quoi ? Des pensées horribles qu’il avait eues envers elle pendant quelques instants, aussi brefs soient-ils ?!!!
Elle l’aimait ?... Non elle ne l’aimait pas… elle était gentille… elle ne lui disait pas qu’elle lui en voulait de s’être comporté ainsi. Qu’elle lui en voulait de lui avoir fait si peur. Elle aurait pu, mais elle ne le faisait pas. Il se laissa faire quand elle l’embrassa sur la joue et quand elle l’incita à s’allonger. Pourtant il la regardait quand elle lui parlait mais avec un air aussi vide qu’une coquille de noix pourrie…

L’instant d’après, elle s’assurait qu’il était bien au chaud sous les couvertures, s’installait à son chevet et lui prenait la main, ne se souciant pas d’elle-même. C’était à cause de lui… bien sûr. Il lui enleva sa main d’un geste sec bien qu’incroyablement lent comparé à son attitude si rapide, habile habituelle. Se retournant aussitôt, il lui tourna le dos et se roula en boule le plus loin possible d’elle, serrant les dents jusqu’à ce que ses gencives en sang répandent ce goût acre, métallique qui lui retourna l’estomac, serrant d’autant plus fort ses mâchoires en se tenant la tête, pleurant en silence. Il avait.. il avait tellement eu envie de la serrer contre lui, mais il n’avait pas le droit. Il voulait le lui dire, même d’un simple regard, mais elle l’avait forcé à s’allonger et se tenait loin de lui. Elle avait raison… elle le détestait. Elle avait raison… ce coup ? Oh il avait fait bien plus de dégât que cette balafre, bien plus…
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Cassidy Herediane
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MessageSujet: Re: Un retour dans le village d'enfance   Dim 2 Déc - 20:09

Cassidy était totalement perdue, comme dans un autre monde. Tout semblait aller si bien et maintenant, cela tournait dans l’autre sens. Elle avait eu peur, extrêmement peur. Peur de le perdre encore une fois, peur de ce qu’il était capable de faire quand il ne contrôlait plus rien. Alors oui elle était perdue.

De petite fille fière sans trahir la moindre faiblesse, prête à cacher ses pensées, sa véritable nature, la demoiselle en avait fait du chemin pour apprendre à s’ouvrir. Dès son plus jeune âge, elle avait cherché à tout faire pour se faire accepter, être vu comme quelqu’un qu’on pouvait admirer, sur qui on pouvait compter mais il y avait bien deux partis à cet âge là. Devait-elle défendre Tristan contre les moqueries des autres ou chercher à se ranger gentiment ?

Elle était la déléguée, ne devait pas faire de différence ni de favoritisme et devait toujours se montrer juste en toute occasion. Mais il y a toujours des mensonges, des versions qui étaient faussées. Tout le monde était contre Tristan et comme lui ne niait pas les faits, alors on s’en contentait. Cassidy avait bien essayé de raisonner le jeune Drakkari, de comprendre mais celui-ci préférait rester silencieux, se rendant coupable.

Et ça, ça agaçait horriblement la petite fille. Qui ne comprenait pas pourquoi il ne voulait pas s’exprimer. Peut être cherchait-il à éviter qu’elle se retrouve isoler si elle apprenait la vérité, car il n’y avait aucun doute sur le fait qu’elle l’aurait défendu.

Et puis, un jour, on lui avait posé une question fatale. Si elle ne ressentait rien pour son petit camarade à force de lui courir derrière. Si elle n’avait pas des sentiments pour lui. A ce moment là, le cœur de Cassidy avait battu plus fort qu’à la normale, elle se sentait extrêmement gênée parce qu’elle-même ne comprenait pas pourquoi elle réagissait de cette façon. Pourquoi ça la troublait autant.

Ce qui se passait par la suite, c’est qu’on commençait à la charrier, se moquant un peu d’elle sur son trouble et une possibilité que la petite Cassidy n’était pas aussi insensible que ça à Tristan. Et il lui fallut beaucoup de force pour répondre par la négative mais avec un certain regret. Elle détestait parler de ça ! Elle voulait prendre son temps et même si tout était encore flou dans son esprit, peut être essayait-elle de s’imaginer autre chose.

Ses parents avaient bien compris la situation, bien plus tôt, parce que la jeune fille semblait mitigée dans ses sentiments mais ils préféraient la laisser tranquille à ce sujet. Oh oui, trop de choses avaient été cachées et c’est une des raisons qui la freina dans son apprentissage de la magie. Et si son vieux maître n’aurait pas été aussi perspicace, peut être n’aurait-elle jamais pu l’utiliser. Car c’est bien lui qui la poussa à transformer ce sentiment de peine en force. Que même si Tristan était parti, il fallait qu’elle lui pardonne même si il n’était plus là pour le voir.

Le vieux maître était resté bien pensif ce jour là. Lui pour donner des conseils sur les sentiments amoureux… alors que lui-même n’avait pas vraiment eu de chance… Mais il avait une mission à accomplir et devait bien se résigner à son tragique passé. Même si aucune fois il ne montra de tristesse ou ne fit allusion à son passé ou ses jeunes années. C’était évident, un jour Cassidy lui avait bien demandé si lui aussi avait déjà était amoureux.

Il l’avait regardé de ce regard émeraude si mystérieux, impossible de détecter les sentiments qu’il pouvait avoir à ce sujet mais il avait répondu par l’affirmative sans chercher à s’étaler davantage. Cassidy n’avait pas cherché à en demander plus, elle savait quand son maître n’était pas un grand bavard dans ce genre de sujet.

Et pourtant, aujourd’hui, ses émotions volaient en éclat. De très bien on passait à catastrophique. Mais qu’est ce qui lui avait pris ? Pourquoi maintenant encore une fois ? Ca elle ne le comprenait toujours pas mais voilà, les choses étaient arrivées et peu importe ce qu’elle penserait, jamais elle ne pourrait revenir en arrière.

Tristan avait réagi très bizarrement, ce qu’elle avait du mal à croire, encore trop chamboulée et faible pour comprendre ce qui lui arrivait. C’est la raison pour laquelle elle ne le repoussa même pas mais sa patience commençait doucement à se désintégrer, lasse et si son maître n’avait pas réagi, peut être y aurait-il eu beaucoup plus de dégâts.

Lorsqu’il repartit, Tristan commença à s’excuser, se trouvant minable et ridicule de lui avoir fait subir ça. Il avait de ces pensées très sombres et Cassidy pouvait les ressentir. Elle aurait pu bien sûr s’énerver durement, lui en vouloir mais il y avait plusieurs choses qui l’en empêchait. La première est son passé. Après avoir passé des années à faire la morale à Tristan, lui dire des choses pas vraiment gentilles, abuser pour s’éclairer aux yeux des autres, il lui était impossible d’utiliser la même méthode. Trop de gentillesse, oui. L’opposé à ce qu’elle était, aussi. Ne pas refaire les mêmes erreurs.

La deuxième chose était plus grave. Il y a pas plus de quelques minutes sa mauvaise magie avait failli reprendre le dessus. La vengeance, la colère, la haine. Si son maître ne l’avait pas raisonner, peut être serait-elle parti faire un massacre. En vouloir à Tristan pour ce qu’il avait fait alors qu’elle pouvait être pareil que lui, en écoutant les mauvaises pensées, la rendait mauvaise moralisatrice. Ils avaient un problème qui se ressemblait pas mal au final.

Alors elle adopta une attitude sévère mais tout en restant douce. Parce qu’elle ne se voyait pas le blâmer pour ce qui venait de se passer. Peut être aurait-elle du mais elle ne pouvait pas tout savoir la demoiselle. Jusqu’à présent elle s’était toujours montrée très patiente, surtout ne voulait pas le perdre, mal faire et ça agissait beaucoup.

Pourtant Tristan ne réagissait pas, ne bougeait pas et ne disait rien malgré son beau discours. Apparemment quoi qu’elle disait, ça n’arrangeait pas aux sentiments qu’éprouvait le garçon à ce moment là, des pensées noires, sombres et pas vraiment envie d’en changer. Ca n’avait aucun impact sur lui et le cœur de la jeune femme se serra doucement.

Elle insista pour qu’il s’allonge mais lui avait remit sa chemise au passage, histoire qu’il n’attrape pas froid comme ça, et lui prit la main tout en restant à côté de lui. Ce à quoi le jeune homme répondit par un silence des plus frustrants en se détournant d’elle. Bam ! Là ça faisait mal, en plus avec tout ce qu’elle ressentait en ce moment, c’était vraiment très mauvais. Le cœur de Cassidy se serra et elle se mit à trembler, restant silencieuse.

Puis, un râclement de chaise se fit entendre, tellement fort et soudain qu’il pouvait faire sursauter. La jeune femme se tenait debout et serrait les poings. Il n’y avait plus aucune trace de larme dans ses yeux, elle avait du sang partout mais c’était bien le dernier de ses soucis. Elle tremblait et ça ce n’était pas une bonne chose, tremblait jusqu’au poing de laisser de fines marques dans ses paumes de main.

Sa marque recommençait à lui faire mal, triomphante, victorieuse. Voilà où ça menait d’être trop gentil. Ca ne fonctionnait pas toujours. Elle serait parti se défouler, là au moins il y aurait eu un succès ! Elle inspira doucement, fermant les yeux mais un choc se fit entendre derrière elle, un choc cristalin.

Un des cristaux qui reposait sur le bureau venait d’exploser. Pas besoin de faire un dessin pour comprendre que les émotions de Cassidy étaient en train de se mélanger, ce qui rendait sa magie complètement instable. Elle ne dit rien, restant complètement silencieuse, avant de se prendre la tête dans les mains, apparemment perdue et soupirant.

« Mais qu’est ce que je dois faire, bon sang ?! Qu’est-ce que j’ai fais pour que tu me repousse comme ça ? Je sais que tu t’en veux…»

Sa marque lui faisait de plus en plus mal. La rancœur, la tristesse, ça ne l’aidait pas.

« Il faut que je me calme, parce que là je pense pas avoir les idées au clair, pas besoin de faire des bêtises supplémentaires, je pense qu’on en a assez eu pour ce soir »

Il était toujours recroqueviller dans son coin, ce qui agaçait la blonde encore plus que ce qu’elle ne pouvait imaginer. Elle soupira, c’était difficile parfois de faire comme si de rien n’était, comme si elle pouvait le laisser supporter tout ça. Oui elle aurait voulu lui faire peur sur le coup, comme il lui avait fait peur aussi.

*Je fais quoi ? Je le secoue ? Je le baffe ? Je me casse sans rien lui dire ? Est-ce qu’il s’inquiéterait si je partais et qu’il m’arrivait quelque chose ? Mais il ne peut rien m’arriver pas vrai ? Comment il faut réagir avec lui ? Rester gentille ? M’énerver ? Ils sont tous compliqués comme ça les hommes ?*

La jeune femme grommela et se tint la tête, prise de vertiges, fermant les yeux pour faire partir cette douleur puis inspira doucement tout en les rouvrant, regardant de nouveau Tristan. Mais ça bien sûr, elle ne pouvait pas le voir, ni se douter de quoi que ce soit.

Elle soupira lentement avant de se diriger vers la porte.

« J’espère que ça s’arrangera... Repose toi un peu, je vais sortir pour prendre l’air, il fait très chaud ici. T’inquiète pas, je reste dans le coin, je ne quitte pas le périmètre. »

Puis d’un geste, elle sortit rapidement de là, même si Tristan n’avait pas fait un seul mouvement. Elle aurait tellement voulu l’aider mais elle se sentait plus inutile qu’autre chose. Ce n’est pas qu’elle lui en voulait, enfin si quand même, il la délaissait et peut être qu’ils avaient besoin de réfléchir, chacun dans son coin, pour se changer les idées.

Oh qu’il l’agaçait ! Qu’il l’agaçait !

Aîe et voilà que ça recommençait ! Elle grimaça et se tint le bras. Elle se sentait faible et le mélange de magie n’était pas vraiment très bon, même si la jeune femme ne contrôlait absolument rien. Elle soupira et descendit à l’extérieur. De l’air ! Il lui fallait à tout prix de l’air ! Et qu’elle se défoule par la même occasion parce que là elle avait du mal à rester calme malgré les conditions.

Elle se posa dans l’herbe, un peu devant la maison, ayant oublié que la fenêtre de la chambre où se trouvait Tristan donnait pile sur l’endroit où elle se trouvait. Mais Cassidy n’arrivait pas à rester calme, elle se redressa et se mit à faire les cent pas, agitant ses bras dans le vide, cherchant une quelconque source de défoulement. Hein elle lui avait promis de ne pas utiliser sa magie comme ça, oui elle ne le ferait pas, même si la chaleur revenait bien malheureusement et qu’elle allait sûrement péter un beau boulon.

Sa marque la brûlait affreusement, elle s’arrêta de marcher pour comprimer cet endroit de sa main, tremblant un peu, cherchant à se calmer pour ne pas que ça reprenne le dessus.

Complètement perturbée par ce qui lui arrivait, quasiment anéanti, l’envie de faire des bêtises la démangeait. Cependant, un éclair vif apparut droit devant alors alors qu’une main empoigna vivement son bras.
Elle s’arrêta, son maître se trouvant devant elle, légèrement souriant.

« Maître… heu… »

- Dis donc Cassidy, tu as finis de te mettre dans tous tes états ?

« Non mais c’est vous qui m’avez bien appris que je devais me dépenser quand ma magie devenait trop instable ? »

- Oui, oui jeune fille mais je pense que tu en as assez fait pour la soirée…

Les yeux de la petite mage devinrent brillants, s’en était trop pour elle. C’était trop dur à retenir. Son vieux maître se pencha vers elle et posa sa main sur sa tête, dans une attitude protectrice.

-Arrête de pleurer je t’en prie. Garde tes larmes pour ta joie et ta force pour la tristesse… Pleurer pour une douleur ne changera jamais les choses, jamais… Tu le sais bien.

Cassidy ravala ses larmes et baissa la tête. Le vieil homme lui tendit sa cape pour qu’elle se couvre.

- Tu devrais aller te changer, tu n’es plus du tout présentable

« Bouarf, j’ai l’habitude après tout… »

Le maître haussa les épaules puis rentra dans sa maison, laissant la jeune femme seule avec ses pensées. Cette dernière se laissa tomber dans l’herbe, se couvrant de sa cape et regarda un instant les étoiles, songeuse. Puis elle se mit en tailleur, fixant droit devant elle, puis tendit la main en avant, fermant un instant les yeux, et fit apparaître une flamme dans sa main qui ne brûlait pas. Une étrange flamme, fière, orangée et dorée, pas très impressionnante mais magnifique.

La jeune femme rouvrit les yeux et regarda la flamme qui dansait devant elle, un faible sourire sur le visage.

« J’ai bien changé tu ne trouves pas depuis tout ce temps ? »

Elle soupira longuement et ramena ses jambes à sa poitrine, la flamme voletant paresseusement devant elle.

« Eh ben, je ne pense pas te faire autant d’effet qu’à notre rencontre. Qui aurait peur d’une mage minable pas capable de maîtriser ses sentiments, hein ? »

A cette évocation, la flamme s’orienta vers la joue de Cassidy et lui donna un coup, ce qui la fit grogner en portant sa main pour frotter sa peau.

« Je pensais que tu n’intervenais pas. M’enfin, t’as pas tort, je le mérite bien »

Elle se mit à rire lentement.

« Je dois être vraiment atteinte pour parler à une flamme mais bon, soit je perds la tête, soit j’ai besoin de parler sans être juger… »

La demoiselle se coucha dans l’herbe, regardant la flamme qui virevoltait joyeusement dans les airs, esquissant un très léger sourire. Peut être qu’en se reposant un peu, tout lui serait plus clair. Elle s’assoupit, et la flamme disparut dans les airs, en jolies étincelles qui se répandirent autour de la mage sans la brûler.

Du côté de chez Tristan, qu’il se soit levé ou pas, il reçut la visite du vieux mage qui ouvrit la porte de la chambre. Soit il s’était recouché très rapidement en entendant des bruits de pas, soit il n’avait même pas daigner bouger de sa place.

Le vieil homme ouvrit la porte et se mit à grogner en entrant dans la pièce, bâton en main, qu’il déposa contre le bureau avant de s’étirer.

-Quelle soirée ! Ce n’était pas de tout repos.

Il regarda Tristan, restant silencieux, puis s’adossa contre le bureau, l’examinant doucement, hésitant à parler ou pas. Etait-ce une bonne idée ? Après tout, les réactions étaient toujours très inattendues et la soirée ayant été assez dramatique, ce n’était pas le moment d’en rajouter une couche.

- Ca va aller ? C’est quand même un sacré coup que tu as reçu… M’enfin… Si tu as besoin de quoi que ce soit, je suis en bas. Les parents à Cassidy sont prévenus, dès que vous vous sentirez mieux, vous pourrez y aller

Il lui fit un léger sourire avant de sortir de la pièce.

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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: Un retour dans le village d'enfance   Mar 4 Déc - 15:19

*Cassy… Cassy… Je suis désolé, tellement désolé, je ne voulais pas ma princesse, je te jure… je… je… Si je voulais justement, je voulais, c’est horrible, je ne voulais pas ça et en même temps, je le désirais tellement… Hurle, dis quelque chose, je t’en prie, ne sois pas gentille avec moi. Arrête d’être gentille ! Tu ne comprends pas ?!!!*

Pensées sombres… ah ça oui. Il s’était retourné, lui enlevant sa main, mais ce n’était pas du tout contre elle, c’était plutôt une punition envers lui-même. Après tout, il n’avait pas le droit d’accepter sa gentillesse, qu’elle lui pardonne de la sorte. Non, il n’avait pas le droit. Pourtant Cassidy était gentille justement, adorable… Il le savait, il en était tout à fait conscient et aussi admiratif qu’indigné. Il connaissait la richesse de son cœur d’or… mais à ce point ? Pourquoi lui pardonnait-elle ? Pourquoi ne lui en voulait-elle pas ? Surtout après ce qu’elle avait subi… Il y a quelque jours encore, elle avait failli se faire violer et lui… bien sûr, inconsciemment, jamais il n’aurait agi de la sorte, jamais !!! C’était contre tous ses principes. Il était un séducteur, un beau jeune homme qui faisait tourner les têtes, savait se montrer à la hauteur de ces dames… certainement pas un violeur !

Cassidy… Il était amoureux. Alors que toujours il s’était persuadé que ça n’arriverait pas, que ça n’arriverait plus, il était tombé amoureux d’elle, sans pouvoir expliquer ni pourquoi, ni quand, ni comment. La revoir pour la première fois avait suscité sa colère, ses regrets, des sentiments négatifs liés à son passé douloureux. Mais malgré ce qu’il laissait paraître, une insistance toute particulière pour la torturer, elle l’intriguait, l’intéressait. Très vite il avait voulu décrypter ce regard, démonter ses principes de privation de vie qu’elle s’imposait… C’était sa manière de témoigner son intérêt.

Pourquoi… Pourquoi alors qu’il l’aimait tant ? Pourquoi avait-il agi ainsi ? Même aux portes de la mort, il n’aurait jamais dû avoir ces gestes, cette impatience, cet égoïsme. Ca ne lui ressemblait pas et en même temps, ça lui ressemblait tellement. Il s’en voulait, terriblement…
Et là il boudait, enfin c’était un peu sa façon de réagir. Se renfermer sur lui-même pour souffrir un peu moins de ce qu’il avait fait, à celle qu’il aimait tant.
Elle était si gentille… si gentille. Il savait qu’il la blessait en réagissant de la sorte mais il n’avait pas le droit d’accepter sa gentillesse, son pardon. Peut-être qu’elle aurait mieux fait d’utiliser sa magie, quitte à le blesser grièvement. Il le méritait bien non ?

Elle sortit… après lui avoir parlé, sans savoir sans doute qu’il pleurait seul dans son coin. Depuis combien de temps n’avait-il pas pleuré ? Elle semblait être la seule personne pour laquelle il oubliait ses limites et pouvait s’adonner à des réelles démonstrations sentimentales. Les larmes… en était une. Les siennes lui piquaient les yeux et lui nouaient la gorge d’émotion, de haine envers lui-même mais paradoxalement, elles l’apaisaient.

La petite mage était sortie, sans doute furieuse et peinée en même temps. Il se mordit la langue. A tous les coups, elle prenait son rejet pour elle-même. A tous les coups, elle pensait que c’était sa faute. C’était tout à fait elle, réussir à se reprocher les fautes des autres. Etrangement le fait qu’elle sorte l’apaisa également, il se sentait tellement vulnérable face à ses grands yeux innocents…
Elle croyait sans doute qu’il se désintéressait d’elle ou qu’il ne bougerait pas d’un pouce, trop occupé à bouder dans son coin.
Pourtant, à peine était-elle sortie que ses larmes cessèrent. Il se leva en se frottant les yeux, rageur d’être aussi faible et se dirigea vers la fenêtre, y appuyant une de ses mains puis son front.

Une vive douleur, aigue, lui traversa le crâne. Sa blessure, même bandée était encore très sensible. Pourtant, avec un sourire triste, il appuya davantage son front contre la surface froide. Ca faisait mal mais la douleur avait quelque chose de rassurant. Il était vivant et s’il était vivant alors… il pouvait rattraper ses bêtises.
Il s’écarta légèrement. La vitre lui renvoyait le reflet d’un jeune homme qui restait somme toute très beau malgré son front bandé, ses cheveux en désordre et en partie collé par le sang qui avait coulé de sa blessure, encore pâle mais moins fantomatique qu’un peu plus tôt, il se fit un bref sourire avant de crisper sa main sur la surface de plus en plus froide à mesure que la nuit se rafraîchissait. Cassidy venait d’apparaître en bas de sa fenêtre, elle semblait soucieuse, même très inquiète en fait et particulièrement chamboulée… A cause de lui bien sûr…

Il avait entendu la chaise, il avait entendu le bris du cristal et il n’avait pas besoin de se retourner pour savoir qu’elle n’allait pas bien. Peut-être allait-elle l’attaquer avec sa magie, peut-être qu’elle allait totalement pêter les plombs et il ne l’arrêterait que s’il jugeait que ça devenait trop dangereux pour elle mais pour l’instant se retourner lui était impossible. Comment se montrer si vulnérable devant elle ? Alors qu’il était censé être son super héros sans peur, invincible… elle avait déjà cru le voir mourir… pas besoin de le voir faible en plus.

Mais la culpabilité l’assaillit aussitôt. Elle était mal… et lui, il n’était pas fichu de ravaler sa rancœur envers lui-même et son chagrin pour se lever et la prendre dans ses bras, la réconforter. Enfin si, il en était capable mais avant, il devait se morigéner, mettre les choses au clair avec lui-même… par rapport à ses actes, par rapport à ce qu’il avait tenté de faire à son réveil… Quelque chose qu’il n’aurait jusqu’alors même pas imaginé. Enfin si… il l’avait imaginé… quand elle était avec Jordan, quand il lui en voulait tellement de le faire souffrir de la sorte… quand ils se croisaient à la douche, lui sortant et elle entrant dans la salle réservée aux bains et vice versa… cette pointe de désir accompagnée de cruauté égoïste. Mais ce n’étaient que des pensées, jamais il ne les aurais mises à exécutions… la preuve du contraire venait d’être expérimentée.

Il le sentait… Qu’elle était mal… Et il avait encore plus mal, encore plus peur et était encore plus triste d’être incapable de réagir comme il l’aurait fallu. Où était le Drakkari si brigand qui s’amusait de tout et savait voir les bons côtés des choses, ne pas se prendre la tête… oui mais pour elle il était prêt à se la prendre justement… et pas qu’un peu. Elle finit par lui annoncer qu’elle sortait mais son ton était presque cassant, témoin de son agacement. Oui, il la décevait sans doute en étant ainsi. Elle ne s’attendait pas à ça et ce n’était pas d’une loque distante dont elle avait besoin mais du garçon donc elle était tombée amoureuse, celui qui la faisait rire, qui l’agaçait, la surprenait par sa façon d’être et qui semblait tellement tenir à elle, même sans le formuler.

Il pensait que le cristal avait éclaté parce qu’elle était en colère, même si elle ne voulait pas le lui dire, parce qu’elle lui en voulait même si elle comptait lui pardonner comme si de rien n’était… Il ne se doutait pas vraiment que sa magie, la mauvaise, celle qui lui faisait tant de mal, qui obscurcissait son jugement et ce cœur d’or incommensurable… Autrement, il aurait davantage pris sur lui et aurait accepté de se montrer vulnérable… pour elle, rien que pour elle.
Elle partit rapidement et il n’attendit pas longtemps pour sortir du lit et se diriger vers la fenêtre, attiré par celle-ci alors qu’à l’origine il voulait juste se lever pour se changer les idées et ne pas se laisser aller à l’engourdissement qui lui tendait les bras.

Etrangement elle s’était placée sous sa fenêtre. S’il avait cru au destin, il aurait cru en ce lien entre eux, celui qui l’avait incité à se rapprocher de la fenêtre, celui qui avait influencé le chemin de la jeune femme pour qu’elle reste à portée de son regard. Oui, bien sûr qu’il ne pouvait être que rassuré là… elle ne risquait rien, il pouvait la surveiller. Son maître approcha et s’il ne put entendre leur conversation, son ouie encore paresseuse puisque ses sens mettaient du temps à se remettre de.. cette sensation si désagréable qu’il connaissait pourtant… malheureusement depuis quelques années. Il n’entendait pas non, mais il voyait que le mage essayait de raisonner sa disciple, de la calmer… parce qu’elle semblait vraiment énervée.

Tristan n’aimait pas beaucoup les mages, ce n’était pas nouveau et d’instinct… il savait que celui-ci était puissant… très puissant. Cassidy fit apparaître une flamme au départ de son maître, commençant à jouer avec, il la regarda tristement puis se figea en entendant des bruits de pas proches de la petite chambre. Il se jeta littéralement sous les couvertures, si vite qu’un vif élancement lui embrasa le crâne, faisant apparaître des points lumineux devant ses yeux alors qu’il essayait de faire comme si de rien n’était. Ah non… il n’était pas resté sagement à sa place à bouder. Pourquoi il agissait ainsi hein ?! Il n’avait plus cinq ans ! Il avait bien le droit d’agir comme bon lui semblait… ah… mais il se rappelait un peu trop bien du sévère guérisseur qui n’aimait pas qu’on désobéisse à ses conseils… et lui était plus ou moins censé se reposer donnnnc… un vieux mage… peut-être qu’il ne fallait pas l’énerver. Comme s’il avait peur !!!! Non, il n’avait pas peur du tout, il faisait ce qu’il voulait na !!!!

Le mage devait l’avoir entendu mais il ne dit rien et fit juste quelques commentaires avant de lui demander si ça allait. Tristan se redressa, s’asseyant sur le lit, puis se levant sans paraître gêné par sa blessure outre mesure. Bah quoi, s’il lui parlait c’est que le vieux avait très bien compris qu’il faisait semblant de dormir, autant arrêter au plus tôt la comédie. Il s’efforça de prendre un air désinvolte… loin de l’inquiétude qui lui tiraillait le cœur pour sa petite princesse esseulée et fit un léger sourire.

- Les Drakkaris ont la tête dure, je ne déroge pas à la règle.

Mais le mage avait une façon de le regarder… qui laissait entendre qu’il en savait beaucoup plus que ce qu’il ne disait… ou ne disait pas.
Cet homme se doutait de quelque chose, il en savait sans doute beaucoup trop d’ailleurs. La prudence aurait voulu qu’il l’incite à garder le silence, qu’il cherche à lui nuire d’une façon ou d’une autre. C’est ce que la petite voix soufflait dans sa tête. La petite voix connaissait ce mage, il lui disait quelque chose et surtout son instinct lui soufflait le danger qu’il représentait. Il était si facile de mélanger ses instincts à ceux, primaires du Drakkari. Sauf qu’il ne réagissait pas comme prévu, comme il aurait fallu. Le jeune homme esquissa un sourire vers le mage puis se retourna, fixant de nouveau l’extérieur, la petite silhouette blonde, solitaire sous la lune.

- Si je l’aimais vraiment… je devrais être capable de renoncer à elle…

Ca ressemblait à une question et pourtant il ne semblait pas attendre de réponse. Nouveau sourire triste destiné à la jeune femme qui ne le voyait pas. Il se retourna et se dirigea vers la porte, semblant parti dans ses objectifs, ne faisant plus attention au vieux mage. Non, il avait quelque chose de trop important à faire avant tout.

L’instant d’après il était dehors, se déplaçant avec une aisance surprenante malgré la blessure qu’il avait subie quelque temps plus tôt. En silence, il se dirigea vers la jolie mage allongée sur le sol qui devait encore être en train de réfléchir et de s’imaginer beaucoup de choses complètement fausses bien évidemment… Qu’il la rejetait parce qu’elle n’avait pas pu le protéger par exemple, une autre de ces absurdités, de celles qu’elle prononçait avant qu’il ne se réveille et… n’agisse. C’est vrai qu’il ne l’avait pas démentie, il devrait le faire au plus tôt.

Au lieu de s’annoncer, le jeune homme se laissa glisser souplement au sol et s’approcha d’elle, profitant de l’obscurité pour qu’elle ne le voie pas. Il glissa son visage à côté du sien, retenant sa respiration et croqua doucement son oreille gauche. Pas fort mais suffisamment pour l’embêter, ayant enfin un de ces gestes incompréhensibles qui le qualifiaient tant.
Il la sentit sursauter et rit légèrement mais pas fort, lâchant son oreille qu’il tenait encore jusque là délicatement entre ses dents pour poser ses lèvres sur une de ses tempes qu’il embrassa tendrement.

- Salut princesse… désolé de t’avoir fait attendre.


Il sourit alors qu’elle se tournait vers lui et resta allongé par terre, caressant doucement une de ses joues. C’était étrange d’être ainsi à l’envers mais pas vraiment désagréable. Sa caresse était encore plus douce et précautionneuse que d’ordinaire. Il lui sourit d’un air gamin et lui tira la langue avant de prendre une de ses mains pour la poser sur sa tête, fermant les yeux sous le simple effleurement, s’apaisant aussitôt. Pourtant son regard orangé s’occupa très vite de la fixer de nouveau. Il fit une légère galipette pour se retrouver dans le même sens qu’elle-même s’il ne faisait que la frôler, la regardant avec adoration et tristesse en même temps.

- Avant que tu ne dises quoi que ce soit… je te demande de ne pas me pardonner ce que j’ai fait… J’imagine que tu as déjà en tête une liste d’excuse pour que je me pardonne moi-même, pour m’expliquer pourquoi tu me pardonnes mais oublie la… Ainsi… je vais devoir me faire pardonner et je ferais tout ce que tu voudras pendant… disons une semaine ! Ca prend en compte tous les travaux à l’Académie que tu dois faire effectuer, je les ferais tous… c’est promis. Et… tu dois exiger que je sois beaucoup plus attentif à toi que d’ordinaire et… que je le prouve… C’est ma punition, là, je devrais moins culpabiliser, d’accord ? Par contre… si je dois me promener dans les couloirs en scandant en sous-vêtements « vive la directrice »… oublie…

Un sourire tendre étira ses lèvres, il semblait avoir récupéré sa bonne humeur et son humour pas… très conventionnel. Il effleura de nouveau son visage avec beaucoup de douceur une fois encore et un émerveillement qui pouvait en surprendre plus d’un.

- Je ne te demande pas de comprendre pourquoi je m’en veux autant… sache juste que ça n’aurait jamais dû arriver. Il n’y a rien de louche là-dessous pourtant malheureusement. Je suis un homme comme les autres et… tu… tu me plais énormément. En temps normal, j’arrive à museler ces sentiments aussi violents que merveilleux que j’ai pour toi, je crois que sonné comme je l’étais, je ne faisais plus la différence entre rêve et réalité. Mais… je les ai ces pensées… je les ai eu en particulier quand tu sortais avec Jordan… je le détestais tant d’avoir droit à tes sourires, à tes regards… pourtant assurément il les méritait bien plus que moi…


Nouveau sourire un brin trop triste cette fois, rapidement suivi d’un tout nouveau vraiment moqueur alors qu’il comblait rapidement l’espace entre eux pour lui voler un baiser très bref, mais un baiser tout de même.

- Tu baisses ta gardes princesse, prudence ou j’en profiterai pour te voler des tas de baisers ! Oh… au fait.


Il lui donna une pichenette sur le nez en souriant avant de s’allonger sur le dos, fixant le ciel au-dessus d’eux, les bras croisés derrière sa tête.

- Si tu penses qu’un simple coup de hache pourra m’arracher à toi c’est que tu me connais bien mal princesse. Je suis un fils du feu, j’ai découvert un petit coin bien au chaud pour dormir… m’en déloger est quasi mission au possible. Si t’as pas saisi la métaphore, je parle de tes bras hein, c’est pas une allusion pervers pour une fois !.. Plus sérieusement…

Se retournant, en appui sur un coude, il la regarda avec une drôle d’expression, mélange de tendance au secret et de nouveau de cette admiration inconditionnelle, ses pupilles s’étirant de nouveau beaucoup.

- Je ne t’abandonnerai pas… Pas ainsi princesse… pour m’arracher à toi… il faudrait me transformer en steak tartare et me manger au barbecue avec une sauce au thym et là encore… je donnerais de telles indigestions à mon assassin qu’il serait bien obligé d’obéir à ma toute puissance lui exigeant d’être près de toi.

Nouvelle surprise ? Il rougit et pas qu’un peu d’ailleurs et poussa un grognement de dépit.

- Tsss, ça doit être ce coup sur la tête, je dis vraiment n’importe quoi… fais pas attention… désolé… de t’avoir fait de la peine et inquiétée surtout… je vais bien, je te le promets.
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Cassidy Herediane
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MessageSujet: Re: Un retour dans le village d'enfance   Mar 4 Déc - 20:04

Des remords, de la culpabilité, il en fallait peu pour que Cassidy se mette à cogiter, comme à son habitude, dès que ça n’allait pas. Elle avait tellement peur de mal faire. Et puis que Tristan la repousse comme ça alors qu’elle essayait de se rendre présente, ça lui faisait vraiment mal. Bah quoi ? Il aurait été comme ça avec un autre guérisseur ? Elle essayait de le soutenir, d’être près de lui, malgré la trouille qu’elle avait vu.

Parfois, elle se demandait si il ne se fichait pas d’elle. Après tout, c’est sous ses yeux qu’il était tombé, sous ses yeux qu’elle avait cru qu’il était dans un état catastrophique. Une scène vraiment traumatisante pour la jeune femme. Comment pouvait-on rester aussi insensible à ce genre de choses ?

Elle avait serré les mains, et même si Cassidy était plutôt patiente, il fallait croire que ses nerfs avaient du mal à rester tranquille pour la soirée. La preuve, un cristal explosa et ça elle ne pouvait rien y faire. Eh oui, elle ne pouvait pas totalement caché ses émotions, contrairement à un humain normal et sans pouvoir. Elle au contraire, faisait exploser des choses dès qu’elle était triste ou en colère, brillait quand certaines pensées lui venait à l’esprit. Et pourtant, jamais elle n’avait eu ce genre de symptômes auparavant.

Cassidy n’était pas le genre de femme à s’attacher. Et bien lui en prenait vu les évènements qui se produisaient autour d’elle. Jamais elle n’avait senti sa magie aussi instable lorsque les émotions prenaient le dessus. Et son maître lui avait pourtant bien dit que ça finirait par lui arriver un jour ou l’autre, ce qu’elle ne croyait pas vraiment.

Elle soupira longuement. Hésitant à lui hurler dessus pour qu’il se bouge au lieu de faire sa larve, ou qu’au moins il lui réponde. La pauvre était tellement chamboulée qu’elle avait complètement oublié que Tristan avait pris un véritable coup de massue sur la tête et qu’il n’avait plus toutes ses pensées. Mais elle l’imaginait encore quand il avait essayé de se faire plus pressant. Etait-ce une attitude à avoir ? Elle l’aurait bien retenu mais dans son état, difficile de le repousser avec douceur.

Mais elle était quand même un peu frustrée, blessée par son attitude. Elle avait pensé que ses paroles le rassurait. N’importe quoi ! Alors, plutôt que de se laisser tenter par vraiment devenir méchante, surtout que sa marque la démangeait furieusement, elle préféra fuir encore une fois. Ah et pourtant, il n’avait pas dit qu’elle devait le prévenir en cas de problème ? Bien sûr ! Mais ils n’avaient pas vraiment la tête à y songer. Et puis elle n’allait pas loin, juste en bas. Après tout la maison de son maître était suffisamment protégée ainsi que ses alentours. Elle le connaissait pour sa prudence.

Sauf qu’arrivée en bas, la demoiselle éclata. De se sentir impuissante, d’avoir peur de perdre Tristan, qu’il ne l’aime plus. Et pourtant… Mais Cassidy était vraiment du genre à se torturer l’esprit et à se trouver mauvaise, nulle. Non jamais elle ne dirait que c’est la faute à Tristan. Peut être qu’il faudrait l’encadrer, qu’il avait besoin de repères mais elle ne savait pas comment s’y prendre. Et ça la rendait complètement dingue. A tel point que l’envie de céder à la mauvaise magie était grande.

Encore heureux que son maître était rapidement revenu, sentant sûrement que son ancienne apprentie ne serait pas dans un état très flatteur, malgré les conseils, le raisonnement dont il essayé de la persuader pour l’aider. Encore une fois il vint à son secours, l’empêchant de faire des bêtises. Et cela suffit à la calmer même si tout était confus et douloureux dans sa tête.

Même pas elle ne daigna se changer, se laver, tout simplement parce qu’elle n’avait pas la tête à ça. A croire qu’elle était devenue folle, à regarder sa petite flamme et lui parler comme si elle avait vraiment besoin de se confier à quelqu’un ou quelque chose de neutre. Qui ne la jugerait pas. Mais qui ne lui apporterait pas plus de réponses à part un soufflet sur la joue droite, pas vraiment violent non plus mais qui la fit reprendre ses esprits quant à sa lamentation actuelle.

Cassidy ne savait pas qu’elle était observée par son Drakkari. Oh non elle l’imaginait au fond de son lit, en train de ruminer on ne sait trop quoi. Et si il remettait en cause leur relation ? Et si elle ne lui apportait que des ennuis ? C’est vrai il n’avait pas choisi la femme la plus paisible. Et bien sûr, elle s’en voulait encore plus. De n’être qu’une source de problèmes. Si elle ne l’avait pas amené ici, jamais il ne lui aurait été fais le moindre mal. Dans l’Académie, il était en sécurité et puis, il n’était pas tout seul. Les autres professeurs comprendraient sûrement la situation. Et dire qu’elle avait voulu le faire passer pour un délinquant au départ ! Eh bien… y avait quand même de gros progrès.

Elle se coucha dans l’herbe, s’enroulant dans la cape que son maître lui avait laissé, parce qu’il fallait quand même le dire, elle avait froid et le temps n’était plus aussi clément qu’au mois de juillet. Elle grelottait un peu mais restait songeuse, fixant un instant les étoiles, puis s’assoupit un moment, visiblement bien fatiguée pour tenter autre chose.

Du côté à Tristan, le vieux maître était rentré dans la chambre et il se doutait que le jeune homme n’était pas en train de dormir. Intuition ? Observation ? Peu importe et il avança dans la chambre, marquant une hésitation quant à ses paroles. C’était délicat, très délicat.

Première chose, pour éviter tout problème, il demanda en toute simplicité si la tête du jeune homme allait mieux. Et voir comment il se relevait aussi rapidement, plein d’assurance, le confortait dans ses pensées. Tristan se permit de dire une simple phrase, comme quoi il était solide.

C’est ça, gamin, à un autre. Tu ne peux pas être mourant puis te relever comme si de rien n’était. Voilà les pensées du vieux maître qui était très loin d’être dupe même si il ne laissa rien paraître, sûrement, pour éviter d’attirer l’attention d’une petite voix. Soupçonner un être humain d’une bêtise, le lui dire ouvertement, aurait fait beaucoup de dégâts. Est-ce que la petite voix pouvait le reconnaître ? Après tout, la puissance du vieux mage était palpable. Il était calme et même si cela ne se voyait pas, était prêt à réagir en cas d’action bizarre ou agressive.

Cependant, il se contenta de hocher la tête, continuant la comédie comme si ça le rassurait qu’il s’en soit tiré à si bon compte. Il ne se permit aucune réflexion sur sa chance, les dieux qui veillaient. Non… peut être qu’encore une fois le jeune homme se serait crispé. Et le vieil homme avait encore une de ces capacités qui n’était pas donné à tout le monde. Ressentir les variations, les changements des courants qui pouvaient entourer une personne. Agité, triste, en colère, ou encore au bord de la mort. Cela lui avait beaucoup servi par le passé mais il était désormais à la retraite et ne pouvait être qu’un spectateur.

Tristan lança une nouvelle phrase, et pendant une micro seconde, les yeux du vieux mage se remplirent de regrets. Apparemment, cette simple phrase en apparence semblait raviver chez lui des souvenirs pas très joyeux. Mais cela ne dura pas, car il reprit un air calme et paisible, se contentant de murmurer une unique phrase, même si Tristan se préparait à sortir.

- Renoncer à la personne que l’on aime, c’est se détruire à petit feu…

Puis Tristan quitta la pièce, sans faire plus de commentaire.

Cassidy était toujours allongée, assoupie, sa respiration lente mais tout à fait normale, les yeux fermés. Que Tristan arrive en fanfare ou discrètement n’auraient rien changé, puisque la petite mage ne semblait pas avoir à l’esprit une visite nocturne.

Elle sentit alors quelque chose qui lui mordillait l’oreille, ce qui la réveilla en sursaut alors qu’elle poussa une petite exclamation. Qu’est ce que c’était ? Un ver mordeur ? Une limace ? A vrai dire elle ne s’y attendait pas. Jusqu’à recevoir un léger baiser sur la tempe. Tiens ? Ce n’était certainement pas son maître ça !

La jeune femme rouvrit les yeux pour apercevoir le visage de Tristan au dessus d’elle, ce qui la fit écarquiller les yeux de surprise. Elle était même prête à lui dire d’aller se recoucher pour la peine tiens ! Il ne devait pas bouger en étant dans cet état, à vrai dire elle s’inquiétait encore pour lui.

D’abord, il la caressa avec extrêmement de précaution, ce qui détendit un peu la jeune femme. Lui avait du sûrement remarqué sa joue droite un peu rougie, même si ce n’était pas vraiment une brûlure, ni un coup, elle avait plus de couleur que l’autre, ce qui était assez étonnant. Bah oui quand on joue avec le feu…

Cependant, le jeune homme prit une de ses mains pour la poser sur sa tête, ce qui semblait l’apaiser. Pourtant Cassidy se sentait encore un peu intimidée et sûrement nulle de ne rien pouvoir faire de plus pour pouvoir l’aider.
Il commença à sortir beaucoup de choses, comme quoi elle ne devrait pas le pardonner. Et il avait absolument raison, elle avait déjà prévu la liste, toutes les choses qui pourraient alléger sa peine. Apparemment le Drakkari n’en voulait pas et cela n’aurait pas été très sage d’insister. La jeune femme se mit à sourire puis à rire doucement en l’imaginant bien se balader en sous vêtements dans tout le château. Hem voilà qui ferait plaisir à Stieg… ou pas.

« Tu veux dire, je peux tout te demander ? Aloooooooors… je veux le petit déjeuner le matin au lit, que tu me prépare mon bain, je veux aussi des massages ! Hum… et si tu veux vraiment te rendre utile tu pourrais aussi m’aider à ranger mon bazar… depuis le temps que je veux le faire et que je n’ai pas le temps… »

Elle lui tira aussi la langue, l’air malicieux. Ma foi ça serait sûrement une bonne idée si il comblerait le moindre de ses désirs, ce qui la fit rire. En effet, quand il était arrivé à l’Académie, le jeune homme n’était que très peu disposé à satisfaire les demandes de la directrice. Ou du moins, faire que ce qui l’arrangeait.

Il expliqua alors un peu la raison de son comportement. Ses envies, ses pulsions. Qu’il avait du mal à se retenir et que le coup sur la tête ne l’avait pas aidé. Il sortit un truc au sujet de Jordan et la jeune femme fronça les sourcils, se préparant à ouvrir la bouche pour lui dire que ce n’était pas aussi merveilleux qu’il semblait le penser. Mais il la cloua en déposant un léger mais très frustrant baiser du bout des lèvres. Comme quoi il faudrait qu’elle se méfie un peu plus. Hum…

Le jeune homme lui donna une pichenette et elle semblait encore une fois vouloir ouvrir la bouche. Elle le regarda alors qu’il était à côté d’elle, fixant les étoiles et apparemment en train de la rassurer sur ce qui venait d’arriver. La jeune femme fit comme lui, regardant les étoiles mais elle était étrangement émue par ses paroles, ses yeux devenant brillants alors qu’il semblerait que malgré le froid, un petit coin de chaleur s’était rallumé dans son cœur.
Elle le laissa parler jusqu’au bout, alors qu’il se pencha pour la regarder, beaucoup plus sérieux même si la suite de son discours était plus drôle qu’autre chose. Sa façon de s’exprimer à lui alors qu’il semblait rougir dans l’obscurité, tentant de la rassurer en lui disant que ça allait.

La jeune femme se mit à sourire. Elle le préférait quand même comme ça, et surtout quand il ne la repoussait pas. C’était déjà mieux. Cassidy se mit à souffler doucement, s’étirant légèrement tout en regardant une nouvelle fois les étoiles.

« Merci… »

Elle se redressa un peu et le dévisagea, l’air malicieux.

« Si tu dois vraiment te faire pardonner il va quand même falloir en faire des choses, je suis très exigeante quand je m’y met et tu le sais bien. N’empêche te balader en sous vêtements à l’académie, ça m’aurait pas déranger »

Regard légèrement rêveur alors qu’elle s’approcha un peu plus de son visage. Il ne savait pas à quel point elle pouvait jouer quand elle s’y mettait. Puis, elle s’approcha très furtivement de ses lèvres, les effleurant à peine, comme si elle voulait un peu le frustré et le faire languir, passant une main très légère sur son torse pour le faire frissonner et lui donner un avant goût.

« On devrait peut être rentrer maintenant, se changer, se reposer, demain on rentre à l’académie alors il vaut mieux qu’on soit en forme »

Elle se releva, le prit par la main, et l’emmena à l’intérieur de la maison à son maître. Ce dernier était penché sur une illustration dans un cadre qui représentait une personne, de loin, on pouvait deviner qu’il s’agissait d’une femme vu la longueur des cheveux et il était penché avec attention dessus. Puis, lorsqu’il vit les jeunes qui approchaient, il fit disparaître le cadre, sûrement déplacé à un autre endroit.

« Maître, je vais finalement me débarbouiller un peu… je pense que si je rentre dans cet état, mes parents se poseront un peu trop de questions. »

Puis elle partit à l’étage, pour récupérer une robe dans la chambre d’à côté avant de passer à la salle de bain pour enlever le sang de son Drakkari qui recouvrait sa peau et ses vêtements. La jeune femme se trouvait effectivement très sale et faisait disparaître très consciencieusement tout ce qui pouvait donner des soupçons. Bien sûr, elle allait changer de robe mais elle trouverait bien une excuse pour se justifier.

Cependant, alors qu’elle se frottait le bras, celui qui portait sa marque verte qu’elle aimerait bien faire disparaître, la demoiselle se rendit compte de quelque chose de bizarre. La marque avait légèrement changé de forme, elle était un peu plus courbée, et du sang encore frais avait coulé dans les contours. Elle fronça les sourcils. Allons donc ! Une évolution maintenant ? C’était ça la sensation de brûlure qu’elle avait ressenti ? Bizarre quand même… elle aurait bien hurlé sinon… Pourtant avec son état second de tout à l’heure, il lui était impossible de se remettre les idées en place.

Quant à Tristan, le maître de Cassidy s’était redressé et avait fait apparaître une bassine d’eau devant lui.

- Donne ta chemise, je vais la laver. Je n’ai pas de vêtement de rechange assez grand qui pourrait être à ta taille

Difficile d’imaginer le vieux mage en train de faire la lessive, pourtant Tristan obéit et sa chemise se retrouva dans la bassine d’eau. Le maître de Cassidy fit apparaître une sorte de galet dans sa main qu’il jeta dans l’eau. Ca faisait un petit pshiiit alors que la surface se recouvra d’une surface mousseuse.

Après un moment, le vieux maître marmonna une formule en fixant la bassine et l’eau disparut avec toute la mousse qui va avec, laissant une chemise complètement propre et sèche. Ah oui être mage, ça avait quelques avantages quand même, même si c’était un luxe de passer au séchage rapide. Il récupéra la chemise pour la rendre à Tristan.

- Voilà jeune homme, comme si de rien n’était

Il était plutôt simple et toujours pas tenté de révéler certaines informations.

- Comment va Cassidy ?

Il se gratta lentement la tête puis attira un peu le jeune homme à l’écart, semblant lui faire part d’une recommandation.

- Je sais que des choses bizarres, tu en as vu, et je ne sais pas tout ce qu’elle a pu te dire ou pas mais… sois vigilant avec elle, cette petite à la fâcheuse tendance à se mettre dans des situations incroyables. Même si ce n’est pas vraiment sa faute

Il ferma les yeux, puis les rouvrit, fixant Tristan avec attention. Malgré ce que la petite voix pouvait dire de cette source de puissance incroyable, le vieil homme se tenait quand même très près de Tristan, comme si il ne craignait pas… ou qu’il ne se doutait de rien.

- Ce monde est rempli de dangers aussi… Si un phénomène magique devait se produire, et que tu remarque quelque chose d’anormal, essaie d’en parler à Cassidy si tu le peux. Les phénomènes surnaturelles interviennent quand on s’y attend le moins, ou qu’on pense pouvoir les maîtriser tout seul. Simple expérience de mes voyages

C’était dur d’en dire, sans trop en dire. De mettre en garde, sans trop en dévoiler. Tristan ne pouvait pas le prendre pour lui-même, après tout, le mage parlait de manière générale mais quand on se sent quand même concerné, ça devient plus délicat, même si il n’en avait pas parlé ouvertement. Il se tenait quand même pas loin de lui, pas ce qu’aurait fait une personne méfiante.
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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: Un retour dans le village d'enfance   Ven 7 Déc - 21:20

Le mage avait dit une chose étrange qui n’avait pas manqué d’attirer l’attention du grand Drakkari, même s’il ne donnait pas plus que ça l’impression d’écouter. Il avait dit… que renoncer à la personne qu’on aime, c’était se détruire à petit feu. Parlait-il par expérience ? Pendant un bref instant, le jeune homme qui n’était pourtant pas réputé pour se mêler des choses ne le regardant pas, fut tenté de l’interroger. Peut-être était-ce encore et surtout pour se rassurer… pour se conforter dans l’idée qu’il agissait pour le bien de Cassidy et le sien… alors qu’il savait qu’il n’en était rien.
Non… les mages ne s’attachaient pas vraiment. D’ailleurs c’était bien surprenant… A force ne tendait-on pas vers une extinction des contrôleurs de flux magiques ? Quels jeunes seraient attirés par une vie sans amour, avec si peu d’amusements ?
Enfin… il y avait toujours de nouveaux frères, prêtresse pour les temples etc. Mais tout de même !

Il ne s’était pas plus attardé pourtant parce que le courage lui était enfin venu de descendre et de discuter yeux dans les yeux avec la jolie mage qui devait être si attristée du comportement qu’il venait d’adopter. Oh il fallait d’abord avouer qu’il s’en voulait beaucoup et surtout… même en descendant, déterminé, il ne savait pas encore ce qu’il allait dire.

De la fenêtre, il l’avait observée. Elle parlait à son maître et celui-ci la réprimandait gentiment, presque avec affection, à priori ils tenaient beaucoup l’un à l’autre… Mais c’est surtout dans sa façon de se tenir, sa façon de répondre… peut-être qu’elle était toujours ainsi avec le mage, mais selon lui, elle n’allait pas bien. Il s’en doutait déjà à cause de l’explosion du cristal mais plus le temps passait, plus il s’en persuadait. Il aurait dû être à ses côtés… en fait, il n’aurait pas dû la laisser sortir dans son état. Mais… il avait peur à vrai dire, tellement peur. Peur avant tout qu’elle pose des questions ! Il n’était pas encore prêt à lui avouer la vérité… Son regard était devenu tellement important pour lui, même s’il ne l’avouerait probablement jamais, ce qu’elle pensait de lui avait toujours beaucoup compté… bien plus depuis… ces dernières semaines, encore davantage depuis quelques jours.

Mais finalement, il était descendu. Elle était en effet assoupie, toute seule dehors, mince silhouette qui paraissait d’autant plus petite dans l’obscurité, emmitouflée dans un manteau trop grand pour elle. Sa façon d’agir pouvait paraître étrange, il en avait conscience, c’était comme s’il ne s’était rien passé juste avant. Comme si… rien de tout ceci n’avait existé. L’horreur, la terreur, le désarroi, la culpabilité… et la mort qui avait plané l’espace d’un instant critique au-dessus du guerrier.
Croquer l’oreille de sa petite amie… ça se faisait vraiment ? Surtout qu’ils n’étaient pas aussi seuls qu’il l’aurait cru. Après tout… le maître de Cassidy, même sans interférer, s’assurait quand même que le jeune homme ne commettait pas de nouvel impair… et ne mettait ni sa vie, ni celle de la jeune Herediane, en danger. Quoi que de plus normal ? Elle était comme… une nièce pour lui, à tous les coups.

Cassidy poussa un cri de surprise mais il s’efforça de la rassurer et enchaina très rapidement, ne la laissant que très peu parler. Oui… il avait conscience, il la connaissait bien plus que ce qu’il laissait entendre, qu’elle allait lui chercher des excuses. Parce qu’elle était trop gentille et que cette part d’humanité, si grande, si généreuse en elle l’émerveillait au moins autant qu’elle l’effrayait. Il l’aimait aussi pour cette part mais il craignait pour elle… à cause de cette force/ faiblesse qui susciterait toujours chez son prochain, il en était certain, surprise, incompréhension, ravissement mais encore et surtout… abus.
Et lui il n’en abuserait pas… parce qu’il savait qu’il ne méritait pas cette attention, parce qu’il ne voulait pas se voiler la face, parce qu’il voulait la protéger aussi… qu’elle sache qu’avec lui… ce genre de chose n’arriverait pas. N’aurait-ce pas été une trahison que d’accepter les excuses toutes prêtes qu’elle comptait lui servir sur un plateau. Il se persuadait que si…

Il ne lui laissa donc pas le temps de s’exprimer et enchaina. Sa bonne vision nocturne, du moins meilleure que celle de la jeune femme, lui permit de voir la surprise sur le visage de celle-ci, sincère, d’abord inquiète, puis amusée. Il allait vraiment faire tout ce qu’elle voulait pour se faire pardonner ? Quelle étrange punition… Mais elle avait tort de prononcer ces quelques paroles sur le ton de la plaisanterie en pensant que le jeune homme ne les enregistrerait pas… Elle oubliait le malin plaisir qu’il avait à la surprendre. Evitant d’esquisser un sourire taquin, Tristan nota ses « exigences » dans un coin de sa tête, prêt à se faire réellement pardonné des actes qu’il jugeait vraiment déplacés.

En effet, avant… quand il était entré à l’Académie, il était plutôt… contre tout ce qui pouvait arranger la directrice et donc… pour tout ce qui pouvait l’agacer. Le changement n’était pourtant pas dû qu’à leur relation encore toute jeune. Après tout, elle avait bien dû remarquer qu’en temps voulu, mais aussi et surtout selon son humeur, le jeune homme pouvait se montrer extrêmement… attentif et même courtois, serviable.

Bref… Ils se réconciliaient… si tant est qu’ils aient réellement été fâchés. Il l’avait très légèrement embrassée, plus frustrant au final qu’autre chose mais c’était un peu une façon de s’exprimer aussi. Peut-être qu’il n’avait pas encore le droit de prolonger ce baiser. Il était tour à tour sérieux, tour à tour drôle et tellement détaché qu’il ne semblait pas le moins du monde inquiet. Pourtant il rougissait dans l’obscurité, chose rare chez lui… mais il la rassurait avant tout et c’était bien ceci le principal, ce qu’il voulait depuis le début en réalité.
Ca fonctionnait ! La preuve, elle venait de le remercier, chose à laquelle il ne s’attendait pas vraiment mais voyant l’émotion dans ses grands yeux noisette, il s’abstint de tout commentaire. Aie… lui avait-il fait si peur ? A tous les coups… elle s’était mis en tête d’autres bêtises… que tout était de sa faute, qu’il regrettait d’être avec elle. Il ne savait même pas à quel point il avait raison. Mais ça l’aurait assurément peiné qu’elle se torture ainsi.

Elle enchaina, parlant de ses futures exigences par rapport à sa « punition »… Elle prétendait même qu’elle n’aurait pas été dérangée le moins du monde par sa nudité partielle. Il eut un léger sourire, ne répliquant pas mais pensant en son for intérieur que malgré sa bravache… elle n’apprécierait pas que quelqu’un d’autre le lorgne sans vergogne… surtout que pour l’heure ils ne pouvaient pas prétendre officialiser quoi que ce soit. Pour tout le monde, elle sortait avec Jordan, assurément, il n’était pas vraiment voulu qu’elle donne une mauvaise image d’elle-même en trompant son officiel compagnon avec un volage guerrier qui plus est Drakkari.
Mais il n’avait rien dit, ne bougeant pas d’un millimètre lorsqu’elle l’embrassa, ni pour la retenir, ni pour intensifier ce léger baiser, juste retour de la frustration qu’il lui avait imposée.

Mais si elle espérait vraiment le taquiner de la sorte, elle ne pouvait pas savoir que même en l’embrassant à pleine bouche, elle n’aurait eu que très peu de réaction de la part du grand jeune homme qui, se morigénant, voulait se faire pardonner avant de mériter un seul de ses baisers. Mais un frisson lui parcourut tout de même l’échine. Ce n’est pas parce qu’il ne comptait pas y répondre qu’il y était insensible, loin de là, c’était même… pire.

Elle parla enfin avec sagesse d’un sujet qu’il comptait aborder. Le repos… parce qu’en croyant perdre son compagnon, la demoiselle en avait été si éprouvée que de lourds cernes se dessinaient sous ses yeux, sans doute aussi à cause de la fatigue occasionnée par sa mauvaise magie. Il accepta gentiment, se pliant à sa volonté et se leva à son tour, serrant sa petite main dans la sienne en se laissant guider, occupé à la surveiller d’un regard étrange.

Le mage regardait un portrait quand ils rentrèrent mais une fois encore Tristan décida de ne pas s’en mêler alors que Cassidy partait se changer et arranger un peu son pauvre corps sacrément marqué par l’accident de son compagnon. Il ne lâcha sa main qu’au dernier moment, comme s’il souhaitait prolonger ce contact, lui lançant un regard doux en murmurant qu’il ne bougeait pas de là. Dans un brusque sursaut, il avait eu envie de l’arrêter, de la faire se retourner et de prendre son visage entre ses mains pour la regarder, à la lumière… Mais il s’était retenu. D’abord parce que c’était… ce n’était pas habituel… parce qu’il… faiblissait. Ensuite parce qu’il craignait d’être ridicule… Enfin, parce qu’il craignait qu’elle ne voit la détresse dans ses yeux orangés de chat.

Il ignorait malheureusement que la demoiselle, en faisant un brin de toilette décidément nécessaire pour éviter une crise cardiaque à ses parents, allait découvrir que sa marque… évoluait.
Resté seul avec le maître, Tristan s’efforça de rester calme. Il n’avait jamais été très à l’aise avec les mages pour des raisons… qu’il n’avait pas encore pris le temps d’expliquer à sa chère et tendre, mais il avait énormément progressé et à part une légère gêne souvent repérable entre guerriers et mages, il ne semblait pas plus… mal à l’aise que ça. D’ailleurs, le mage lui adressa rapidement la parole, lui demandant de lui passer sa chemise. Tristan obéit d’ailleurs sans discuter. Une chance que celle-ci ait absorbé très majoritairement, de façon à ce qu’il n’en ait pas sur son pantalon, le sang de sa blessure à la tête.

Il s’était sans malaise mis torse nu. Peut-être n’était-ce pas la meilleure des idées… Après tout, la rune devait être visible pour un être de magie aussi expérimenté… mais aussi le tatouage dans son dos qui à présent dans sa forme minimale, portait tout de même la marque fine et élégante, de la jeune Herediane. Mais que le mage ne s’y trompe pas… si la demoiselle était en mesure de le contrôler ainsi, et si c’était certainement en grande partie grâce à ce tatouage qu’elle lui avait empêché plus tôt, de commettre des meurtres, elle ne s’en servait pas, bien qu’elle aurait pu, pour contrôler les sentiments du guerrier.

Curieux, bien que se tenant assez en retrait pour ne pas gêner, Tristan observait le vieil homme faire. Non décidément, c’était difficile de l’imaginer faire la lessive et s’il avait été tenté de refuser au début, c’était la fatigue et une pointe de méfiance naturelle qui l’avaient poussé à obéir.
En tous les cas, l’homme était efficace car rapidement, la chemise fut propre et sèche, il la réenfila rapidement. Non qu’il ait froid mais… histoire de ne pas gêner. Les coutumes des humains après tout… n’étaient pas autant pour… l’exhibitionnisme…
Cassidy avait bien fait son travail de son côté car il ne portait pratiquement plus de trace de sang… pourtant, elle avait eu à en enlever.

- Merci…

Il se recula après avoir enfilé le vêtement, se tenant en retrait, pensivement plongé dans ses réflexions et ses inquiétudes.
Puis soudainement, le mage commença à lui parler… du seul sujet sur lequel ils pouvaient être parfaitement d’accord… qui pouvait faire oublier toute méfiance au jeune homme. La jeune directrice. Comment allait-elle ? Bien à présent il l’espérait… Mais il l’avait senti… à cause de lui tout à l’heure, elle était mal… et pas que sentimentalement, magiquement encore une fois. Ses sentiments et sa magie étaient si étroitement liés… sans doute parce que la magie l’habitait bien avant les sentiments qu’il avait fait naître en elle. Impossible donc de les dissocier l’un de l’autre. Impossible donc qu’elle ne soit pas affectée lorsque psychologiquement elle allait mal. Etait-ce un reproche ? Avait-il compris le danger qu’il représentait pour elle ? Lui… le guerrier ? Ils n’étaient pas fait pour être ensemble. Les guerriers se liaient avec de nombreuses vocations… mais assurément les mages n’en faisaient pas partie. Quant aux mages… l’irresponsabilité, l’impulsivité, la brutalité des guerriers en faisaient des êtres rustres et antipathiques à leur art.
Mais contre toute attente… il parlait d’autre chose, de choses bizarres. Tristan remarqua une inclination de voix à laquelle il ne s’attendait pas. Le mage ne faisait qu’énoncer des faits, pourtant c’était une pointe de crainte qu’il avait entendue. Aimait-il autant sa jolie disciple ? Craignait-il tant qu’un guerrier, agacé, surpris, incompréhensif face à des évènements qui le dépassaient, la quitte violemment ? Elle attirait les ennuis, mais ce n’était pas sa faute ?... Pourquoi malgré la conversation sans tonalité particulière, cette impression comme une supplication résonnait à ses oreilles. Ca devait être le coup sur sa tête. Pourtant, il s’entendit répondre.

- Si je voulais de la normalité, je ne serais pas devenu un guerrier… faire face à l’imprévisible c’est la définition même de ma vocation alors quoi qui se présente devant elle… Quelle que soit la situation… ça ne me fera pas oublier ce que je ressens pour votre disciple. Je sais qui sont les guerriers… et je sais… quelle est leur réputation. La mienne n’est pas à refaire mais… elle… pour… pour elle c’est différent. Mages et guerriers… moi aussi je croyais que c’était impossible mais tant qu’elle n’aura pas réalisé son erreur… alors je profiterai de chaque instant près d’elle.

Elle ne saurait probablement jamais la tendresse qu’il avait pour elle parce qu’il semblait tout à fait incapable de tenir sérieusement ce genre de discours devant elle. Sans doute était-ce bien mieux ainsi… car autrement, elle aurait dû trouver les mots pour lui répondre… le genre de mots qui ne doivent pas être demandés, juste dits dans l’instant, parce que pensés… et ayant besoin d’être exprimés tout simplement.
Mais le mage n’en avait pas fini avec le Drakkari. Contre toute attente, il semblait vraiment se soucier de lui, d’eux, assez pour le mettre en garde, sans en avoir l’air.

Tristan avait eu l’impression que cet homme en savait bien plus que ce qu’il ne voulait montrer, laisser entendre, il en eut alors la certitude. Parce qu’il parlait de dangers… des dangers dont il ferait mieux de parler à Cassidy… car ce genre de dangers peuvent échapper à tout contrôle, en particulier lorsqu’aveuglément certains pensent pouvoir les maîtriser seuls.
La petite voix ? Oh… elle n’était pas inquiète.
Tristan lui, se permit un regard, à peine voilé de surprise, obscurcit par une tristesse à peine dissimulée qui le vieillissait étrangement… beaucoup.
Il ouvrit la bouche, puis la referma. Des pas se faisaient entendre dans l’escalier… Cassidy redescendait. Pourtant, le jeune homme, tournant le dos au mage, se permit quelques mots avant qu’elle n’arrive.

- Merci pour votre sollicitude messire. Je m’en souviendrais…


Ca c’était clairement exprimé… mais plus bas, sans doute était-ce la raison de sa tristesse.

- Il y a des dangers… qui ne viennent que de nous-mêmes… et contre lesquels les dieux même ne peuvent plus rien.


Pourtant, quand Cassidy apparut, le visage du jeune homme était doux, juste fatigué, pas le moins du monde troublé et il prit doucement sa main dans la sienne en la regardant. Elle s’était débarbouillée et recoiffée et la robe qu’elle portait, beaucoup plus sobre que celles qu’elle avait appris à mettre pour lui quand elle s’était ouverte au monde, lui rappelait les efforts qu’elle avait fourni… pour lui.

Ils remercièrent le mage puis sortirent pour retourner chez les parents de la jeune femme, la nuit étant bien avancée. Le front de Tristan était toujours ceint du bandage qu’elle lui avait fait mais il disparaissait majoritairement sous les mèches désordonnées de ses cheveux qui avaient décidément besoin d’une coupe.
Il avait passé un bras autour de ses épaules alors qu’il marchait, même si ça le forçait à courber un peu le dos et à avancer doucement –ce qui n’était pas un mal vu les vertiges qui le prenaient de temps à autres- pour ne pas qu’elle ait trop froid.

La maison du vieil homme était isolée mais ils rejoignirent vite celle des parents de Cassidy. La fête continuait bien plus loin mais plus discrète et de plus en plus de couples rentraient… Les fêtes étaient régulières… de ce fait, elles n’avaient pas besoin de durer jusqu’à l’aube. Apparemment, même s’il avait rassuré les deux parents, le mage n’avait pas été aussi convaincant que voulu car le père se tenait sur le perron, clairement inquiet. Il se leva d’un bond en les voyant arriver et sa femme le rejoignit à son appel. Ils firent rentrer rapidement les deux jeunes qui semblaient aussi surpris l’un que l’autre.

- Nous étions inquiets. Cassy, ton maître nous a dit que Tristan avait été pris dans une bagarre. Nous…

C’était la mère, elle se tordait les mains d’une étrange façon et il n’en fallut pas davantage au jeune homme pour comprendre le fond du problème. Leur petite fille s’ouvrait enfin au monde, aux autres, laissait un peu de côté son obsession du sérieux… s’il était arrivé quelque chose au garçon responsable de ces petits miracles… elle aurait sombré. Quoi de plus normal pour des parents que de s’inquiéter du bonheur de leur fille ? Il ne laissa pas Cassidy s’exprimer… Il ne la laissa pas commencer ni finir, ni ne serait-ce que sous-entendre que c’était à cause d’elle que Tristan avait été blessé, enfin aussi grièvement… même s’il n’en donnait décidément pas du tout l’impression.

- Toutes mes excuses.. Vraiment… C’est de ma faute. J’ai recroisé nos anciens… hem… camarades et… ils avaient bu. Ils ne voulaient que discuter mais Cassidy… leur plaisait… J’avais déjà beaucoup de peine à ne pas répliquer violemment à leurs propos… quand elle est venue me chercher, ils n’ont pas pu cacher plus longtemps leur attirance pour votre ravissante fille. Les hommes sont stupides quand il s’agit de femme et davantage encore lorsqu’ils ont bu. Je craignais leurs actes et j’ai donc voulu intervenir… ce n’était qu’une petite bagarre sans grande ampleur mais je conçois m’être emporté. Je suis… assez jaloux et… guère partageur…


Tiens donc… il l’avouait finalement ?

- Ceci n’est rien. Une bonne nuit de sommeil et il n’y paraîtra plus.


Il avait dit ça en désignant le bandage sur son front. Bien sûr il se doutait que Cassidy, au courant de la vérité risquait de se réveiller bien des fois dans la nuit pour vérifier qu’il était toujours en vie et ne lui faisait pas une de ces brutales et irrémédiables hémorragies cérébrales… mais pour l’instant, il rassurait son entourage, c’était le principal.

Après quelques banalités et il lui sembla que le père de la jeune femme était plutôt… content de la réaction, certes emportée mais tout à fait légitime de son « gendre », il fut décidé que la soirée, bien assez riche en émotion, s’achèverait bien vite… Oh mais… la surprise des parents de la jeune femme n’était-elle pas prévue ? Et puis… où allait donc dormir le Drakkari hein ?
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Cassidy Herediane
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MessageSujet: Re: Un retour dans le village d'enfance   Sam 8 Déc - 13:25

Effectivement Tristan ne se trompait pas. Le vieux mage avait bien parlé par expérience et beaucoup de choses auraient été différentes si les choix et les décisions n’avaient pas été les mêmes. Certes, être mage signifiait se consacrer entièrement à la connaissance et la recherche mais l’un n’empêche pas l’autre. Au contraire, c’était le genre de mage qui croyait sincèrement qu’un amour pouvait renforcer une magie, surtout quand c’était assez puissant. Et ça il y croyait bien dur comme fer.

Certains utilisateurs de la magie ne préfèrent pas s’engager dans une relation amoureuse, à cause de cette crainte de perdre leur magie du jour au lendemain à cause des nombreuses variations que cela peut entraîner. Et ceux qui se décident à quand même partager une vie sincère avec un autre ont beaucoup de volonté.

Cassidy à l’extérieur était bien assoupie. Et si il y a bien une chose à laquelle elle s’attendait pas, c’était de voir surgir Tristan à côté d’elle. Enfin surgir… elle avait plutôt senti un mordillement qui l’avait réveillé et avait découvert son compagnon qui venait s’expliquer. A vrai dire, elle ne s’y attendait pas mais trouvait ça tout à fait normal. Tristan avait toujours été du genre à varier dans ses attitudes, laissant présager une émotion alors qu’il passait quelques minutes après à la suivante.

C’est vrai, elle ne comprit pas, mais se permit une pointe d’humour quand il parla d’exaucer ses vœux pendant une semaine pour se faire réellement pardonner de son comportement. Elle avait du mal à l’imaginer obéir mais bon, si elle ne lui répondait pas, il allait finir par croire qu’elle n’était pas assez exigeante avec lui.

Elle était en train de s’imaginer des choses, qu’il s’occupe bien d’elle et cela lui donnait les yeux brillants, même si elle se voyait bien incapable de lui commander quoi que ce soit. Ce ne serait pas évident du tout pour elle. Ah si en y réfléchissant bien, il y avait une chose qu’elle aimerait que Tristan fasse et ça, ça ne serait pas simple du tout, quand on connaît la fierté dont fait preuve le garçon. Et pourtant, si il y avait quelque chose que Cassidy voulait bien voir arriver, c’était bien ça. M’enfin, elle lui en parlerait plus tard, demain peut être avant de rentrer à l’Académie.

Il n’avait pas tort, elle avait beau faire la fière, la jeune femme semblait oublier qu’elle ne serait pas seule dans son Académie, et qu’il y avait toujours d’autres adultes et plus jeunes, prêts à regarder comme il se doit. Bien que cela ne ferait sûrement ni chaud ni froid à Stieg, qui lui se baladait toujours de la manière la plus découverte qui soit.

Elle l’écouta parler, décidant d’accepter ses paroles, même si elle avait été en colère un peu plus tôt. Après tout faire la tête ne lui plaisait pas plus que ça. En effet, un bon mois avait suffi et si c’était pour se torturer encore l’esprit et d’avoir la crainte de le perdre, qu’il aille voir ailleurs, mieux valait qu’elle soit positive. Surtout que, mine de rien, Tristan était quand même assez fragile. Pas en apparence mais à l’intérieur. Et ça elle l’avait compris. Il avait beau essayé de faire comme si tout allait bien, comme si il se fichait des évènements, certaines choses avaient persuadé la jeune femme du contraire.

Le dédain, l’ironie, un côté totalement assuré qui montrait pourtant toute une sensibilité qu’il ne voulait pas laisser voir au grand jour par tout le monde. Seulement, quand elle l’embrassa, très brièvement, il ne répondit même pas, comme si cela ne lui faisait pas grand-chose au final. Du moins, c’est comme ça qu’elle l’interprétait. Et l’interprétation entre deux personnes pouvait être bien différente au final. La jeune femme se braqua un peu. Quoi, elle ne lui donnait pas une petite pointe de désir ? Pas de réflexion sur le fait qu’il tacherait de tout faire pour pouvoir profiter, ne serait-ce que pleinement de ses baisers ?

Frustrant, vexant. Pas de réaction, même pas de parole. Quand on sait que Cassidy avait toujours hésitante, ne s’était jamais aventuré sur le terrain des sentiments, c’était comme faire un pas en arrière pour elle. Peut être était-elle stupide de vouloir confirmer qu’elle lui faisait toujours de l’effet. Pourtant la jeune femme ravala sa frustration, trouvant encore une excuse comme quoi c’était le choc, la fatigue ou n’importe quoi et que ça s’arrangerait au final.

Cependant, la jeune femme se releva pour demander d’aller enfin dormir car ils en avaient bien besoin. Elle le prit par la main pour le conduire chez son maitre, parce qu’il était hors de question qu’elle rentre dans cet état chez ses parents.

La jeune femme ne se posa pas de question quant à l’occupation de son maitre, après tout ça le regardait et elle n’avait jamais été curieuse de nature quand il s’agissait de lui, connaissant trop bien le vieil homme pour ses mystères. Tristan n’avait lâché sa main qu’au dernier moment, et cela la rassurait un peu, comme quoi peut être que sa petite distance de tout à l’heure ne devait être qu’en raison de ce coup sur la tête.

Elle se hâta dans la salle de bain, pendant que le vieux maitre proposa aimablement à Tristan de laver sa chemise. Faire la lessive, il y était bien obligé ! Après tout il habitait seul alors si il ne se prenait pas en main, sa maison ne serait pas en bon état. Même si le désordre qui y régnait rappelait fortement Cassidy. Il remarqua bien sûr, la sensation d’une marque, bien plus présente que lorsqu’il avait gardé son vêtement. Cependant, le vieux mage ne fit rien.

Encore une fois, il aurait très bien pu agir, utilisant des sorts connus de lui seul pour faire cracher la partie maléfique, la forcer à sortir irrésistiblement, après tout, face à un expert qui avait des années de connaissances derrière lui, peu importe l’esprit que cela était, au moins son illusion serait percé à jour mais il n’en fit rien. Par respect pour son apprentie, pour éviter les ennuis encore dans cette soirée qui se prolongeait, mieux valait rester calme. Et puis Cassidy, bien qu’elle avait moins d’expérience, se doutait certainement du phénomène. Si elle n’avait pas agi, c’est qu’elle attendait sûrement qu’il lui en parle. Raison pour laquelle il tint le discours suivant.

Tristan répondit alors, bien que cela ressemblait à une pointe de résignation dans son amour pour la jeune demoiselle. Le mage l’écouta attentivement, le fixant, puis se mit à rire avec sincérité. Il leva la main pour montrer son intention comme quoi il ne se moquait pas mais fixait le jeune homme tout en étant amusé.

- Mon garçon, tu tiens le même discours que tes aînés. Rien de plus normal après tout, vous croyez dur comme fer aux clichés. Le guerrier, la brute, l’impulsion, se mettre en danger à chaque instant. Le mage, le recul, la connaissance et certains ont même la grosse tête si tu veux mon avis. C’est pour cette raison que, s’appuyant sur une incompatibilité qui crève les yeux, les uns refusent de s’allier avec les autres. C’est bien pour cette raison que la plupart se contentent de cette explication… et que j’ai du mal à m’entendre avec mes propres confrères. Et c’est pour cette raison aussi que je suis toujours resté un peu à l’écart du monde, décidant de me faire ma propre opinion. Cassidy a le même état d’esprit. Et puis en parlant de compatibilité, ça n’aurait jamais fonctionner avec un autre mage…

Il soupira puis regarda le plafond avant de se concentrer à nouveau sur le jeune homme.

- Les guerriers sont faibles contre les utilisateurs de magie, les utilisateurs de magie sont faibles contre les guerrier bien que Cassidy a…

Le vieux mage grogna puis regarda une nouvelle fois ailleurs. Même si Tristan semblait être un bon gamin, bien qu’encouragé par une force maléfique, il n’allait quand même pas lui faire part de tout ses raisonnements, ça c’était à eux de le découvrir. Le silence retomba et il enchaina sur autre chose. Le vieux mage haussa un sourcil, l’air soudain beaucoup plus grave, pliant sous le poids de ces années passées.

-Tu as raison, il y a bien des choses qui sont inévitables… Cependant, faut-il se résoudre pour autant à accepter une mort la tête basse ou chercher à la défier ? Je ne suis pas un bon exemple mon garçon… mais tu finiras bien par trouver une réponse à tes questions…

Cassidy était en effet dans la salle de bain et se nettoyait méthodiquement. Eh ben ! Sa flamme magique ne l’avait pas loupé sur la joue… bon au moins le message était clair et si c’était pas Tristan qui l’avait frappé, il fallait bien que quelqu’un lui remette les idées en place.

Cependant, lorsqu’elle frottait son bras, faisant attention aux contours de sa marque, elle constata que la marque, au lieu d’être horizontale, formait désormais un arc. Ce qui la fit écarquiller les yeux. Etrange ça, elle n’en avait pas conscience. Bien sûr, ça l’avait brûlé à de nombreuses reprises, mais penser que ça finirait par changer… Elle avait pensé que c’était la marque de l’espèce de plante, du moins quand c’était arrivé, elle était à moitié inconsciente. Pourquoi ça évoluait maintenant ? Cela ne présageait rien de bon, elle avait tout intérêt à museler sa colère et tous ses sentiments négatifs.

Elle se rhabilla rapidement, et redescendit, portant une de ces robes qui la camouflait bien, vu qu’elle n’avait rien d’autre à se mettre. Tristan semblait fatigué, mieux valait aller se coucher rapidement, bien qu’elle devait quand même lui parler de cette découverte avant qu’il ne commence à s’inquiéter, même si cela n’arrangerait certainement pas les choses. Elle remercia son maître et ils reprirent le chemin de la maison.

Tristan semblait pensif, pas vraiment enclin à discuter mais il était hors de question que la jeune femme attende. Déjà avec l’histoire de Maud elle avait patienté toute la journée, ça ne serait pas le cas avec ça. Ce n’était peut être pas grand-chose mais il valait mieux qu’il ne le découvre pas par lui-même.

« Attends Tris’, il faut absolument que je te parle de quelque chose avant de rentrer »

Sa voix était un peu hésitante, un peu inquiète mais étrangement, le Drakkari ne réagit même pas. Heuuu… d’accord il lui arrivait quoi là ? La jeune femme fronça doucement les sourcils, mais peut être qu’il avait ses raisons, ou qu’il était encore sonné. Elle baissa la tête alors qu’ils arrivèrent chez ses parents, visiblement très inquiets.

Effectivement, la mère demandait des explications, très inquiète. Cassidy s’apprêtait à dire que ce n’était rien de grave, sans pour autant dire que c’était sa faute non plus mais Tristan fut plus rapide, tournant le scénario en sa faveur. Après tout, il faisait bien car la jeune femme était une très mauvaise menteuse.

Les deux parents semblaient rassurer que rien de grave ne soit arriver. Bien évidemment, la nouvelle robe ne manqua pas de laisser planer quelques doutes, mais ils ne firent aucun commentaire, décidant de terminer cette soirée de la meilleure façon qui soit.

Tous s’installèrent à table, alors que le père de Cassidy partit chercher une toute petite boîte carré, pas vraiment énorme, ainsi qu’un autre paquet, rectangulaire cette fois là.

- Tiens, voilà tes présents, joyeux anniversaire ma fille

Cassidy se releva et embrassa ses parents, avant d’ouvrir le premier paquet. Une magnifique robe bleue nuit, d’un tissu de très bonne qualité, se trouvait à l’intérieur. Bien sûr, ses parents ne savaient pas qu’elle avait fait quelques emplettes les jours d’avant.

- Ton père est directement allé dans une des meilleurs boutiques de Galaden pour la choisir cette robe.

« Merci mais il ne fallait pas…

- Pas de ça ma fille ! Tu t’ouvres en tant qu’adulte et jeune femme, ce n’est pas parce que tu es une mage que tu vas toujours porter ces robes couvrantes

« Heeeeeeem !

Elle ouvrit le deuxième paquet, qui contenait une pièce ronde, assez simple, de couleur cuivrée, portant des symboles sur la surface et percée d’un trou de petit diamètre au milieu. Intriguée, la jeune femme leva la pièce vers la lumière ne comprenant pas de quoi il s’agissait. Ce fut son père qui l’éclaira.

- Cette pièce appartenait à ton arrière grand père. C’est un peu l’héritage de la famille qui est transmis à chaque génération, à l’ainé. Ca n’a pas vraiment de valeur en richesse mais ça l’est pour notre famille. La vérité c’est que ton arrière grand père a été adopté. La seule chose qu’il avait avec lui était cette pièce quand on la retrouvé devant la porte d’un couple qui décida de s’en occuper

La jeune femme semblait un peu triste sur le coup.

« Mais il n’a jamais retrouvé ces vrais parents ?

- Non, jamais. Il y a quand même pas mal d’abandons quand on a pas les moyens de s’occuper d’un enfant. Ou peut être qu’ils étaient morts. Quoi qu’il en soit, notre ancêtre a fait sa vie, c’est juste son héritage, pour ne pas qu’on oublie. La seule piste qui pourrait témoigner d’une quelconque appartenance aux générations passées que nous ne connaîtrons jamais

Cassidy semblait bien pensive mais elle acquiesça d’un signe de tête, visiblement un peu mal à l’aise. Après tout, Tristan n’avait jamais connu son père aussi, bien que l’ancêtre à Cassidy semblait avoir eu une vie de famille normale malgré son abandon.

« Merci en tout cas… On va aller se coucher, je suis épuisée

Ce fut la mère qui se racla la gorge.

- Heu… il pourra dormir dans le salon… je ne sais pas si c’est une bonne idée… aussi tôt

Cassidy semblait fortement surprise et secoua la tête. Oh non non non ! Elle devait parler à son compagnon ! Et rapidement ! Et puis elle ne pourrait pas dormir si il n’était pas à côté d’elle.

« Hem, Maman, on peut sortir trois minutes, j’ai deux trois trucs à éclairer »

Les deux femmes sortirent, laissant les hommes seuls. Le père de Cassidy semblait aussi pensif bien qu’il ne disait rien. Il savait pour Tristan, pour son abandon partiel, mieux valait ne pas en parler.

« Je veux dormir avec lui ce soir, j’ai mes raisons

Voilà ce qu’avait dit Cassidy à sa mère dans le jardin. Une petite discussion eut lieu et la mère comprit que ça devait vraiment être important, vu son attitude très sérieuse et sa gêne. On ne sait pas les arguments qui furent données mais Cassidy les donna avant de rentrer en compagnie de sa mère.

- Chéri, les deux jeunes vont dormir ensemble ce soir finalement. Je vais t’expliquer. Quant à vous deux, pas de bêtises.

Elle entraina son mari qui semblait lui aussi un peu surpris, surtout que leur fille, même si elle avait quand même insisté, pouvait toujours bien les faire ces bêtises, mais il devait y avoir une bonne raison. Il ne fit donc aucun commentaire et se contentèrent de souhaiter une bonne nuit.

Cassidy entraîna alors Tristan dans sa chambre. Il s’agissait d’une pièce assez simple en apparence. Nul doute que la petite fille n’avait pas gardé beaucoup de traces de ses occupations de l’époque, autrement dit, inexistantes. Il y avait juste des livres dans une étagère, un bureau, quelques illustrations avec ses parents encadrés sur le bureau, une armoire contenant ses vêtements. Bien plus rangé que sa chambre à l’académie. Il faut dire aussi que la plupart de ses babioles sont magiques, ce qu’elle ne peut pas laisser ici.

Elle le fit asseoir sur le lit, avant de marmonner quelques paroles d’un air assez féroce et sérieux.

« Je dois te parler de quelque chose. Peut être que ça ne t’intéresse pas, mais je préfère que tu sois au courant, juste par prévention. Mais avant de te le dire, promets moi de ne pas t’énerver, de ne pas être triste, ou de penser à je ne sais pas quoi de pas valorisant. »

Lorsqu’elle fut convaincue que Tristan ne réagirait pas mal, la jeune femme se frotta la tête en acquiesçant. Après tout, elle n’avait pas l’air inquiète, ni de tête grave mais plutôt normale, comme si ce qu’elle avait ne lui faisait ni chaud ni froid. Peut être une lassitude, et surtout une grande fatigue. Mais elle ne voulait pas attendre demain. Surtout qu’elle avait bien retenu quand elle avait mis du temps à lui parler et que ça avait empiré les choses.

« Je viens de le remarquer en me changeant chez mon maître, mais je serais bien incapable de dire, quand, comment, pourquoi, s’est arrivé et ce que ça signifie. »

Elle disait ça tout en tendant les mains pour enlever sa robe, la dévoilant en sous vêtement devant lui. Lui tendant le bras où sa marque avait évolué même si elle ne témoignait d’aucune souffrance ni douleur pour l’instant.

« Elle a changé de forme… Je ne sais pas si c’est négatif ou positif pour l’instant, c’est qu’un constat, mais bon, connaissant les surprises de la magie on peut s’attendre à tout. C’est juste pour que tu sois au courant. Bien sûr on ne peut rien y faire pour changer ça pour l’instant, du moins tant que je ne sais pas comment ça fonctionne, de quoi s’est composé, je ne peux rien faire. Et je pense que je n’y arriverais pas toute seule »

Elle se tourna vers la fenêtre, se remémorant le moment où cette marque était apparue. Elle n’était peut être pas vraiment en froid avec Tristan à ce moment là, du moins, si elle avait commencé à avouer ses sentiments, était chamboulée, mais ignorait si c’était vraiment l’élément déclencheur qui avait fait apparaître cette marque. Des suppositions, elle en avait énormément. Mais des réponses, pas trop. Et elle n’aimait pas ce mystère.

« Je vais bien, je n’ai pas mal pour l’instant. Sauf si on a la bonne idée d’appuyer dessus mais sinon, c’est pas plus dérangeant que ça »

Manière de le rassurer et de se rassurer elle-même que quoi que cela pouvait être, elle n’allait pas se laisser faire et montrer une quelconque faiblesse à ce sujet là. C’est vrai, elle ne devait pas être faible, ne jamais renoncer.
Elle se tourna à nouveau vers Tristan, tout naturellement, et sorti la nuisette lie de vin achetée sur le marché qu’elle enfila, après avoir enlever ces sous vêtements.

« Je tombe de fatigue… J’espère qu’on pourra un peu se reposer cette nuit, avec tout ce qui nous attend demain… la reprise. Rien qu’à penser à la pile de parchemins j’en ai mal à la tête… »

Elle sourit doucement à Tristan avant de s’asseoir à côté de lui sur le lit tout en s’étirant. Elle avait pris son étrange pièce, héritage de ses ancêtres dans sa main et l’examinait avec attention. De l'autre main, elle tenait celle de Tristan, peut être pour se rassurer, peut être pour se réconforter.

Après tout, ça aurait changé quoi de connaître les premiers de sa famille ? Peut être que les dieux préféraient le cacher. Si ça se trouve c’était quelque chose qu’il valait mieux éviter de déterrer et rester sage sans se poser de question. De plus, il n’y avait pas de magie dedans. Mouais… mais c’était quand même un cadeau inestimable.

La jeune femme semblait cependant pensive.
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