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 Un retour dans le village d'enfance

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Tristan Konogan
Professeur Initiation et Maniement des Armes
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Date d'inscription : 09/05/2012
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Feuille de personnage
Race: Drakkari
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Vocation: Guerrier

MessageSujet: Re: Un retour dans le village d'enfance   Dim 9 Déc - 22:37

Qui l’eût cru ? Que la demoiselle, qui apprenait si vite, qui rattrapait avec tant de précipitation, d’impatience, le retard relationnel accumulé pendant des années, apprendrait aussi vite le sens de la frustration ? Enfin celui-ci, elle n’avait eu aucun mal à le comprendre et surtout à en faire les frais. Si Tristan avait été un jeune homme somme toute très basique, juste éperdument épris de la jolie mage, prêt à se plier en quatre pour n’attirer qu’un regard satisfait de sa part tout aurait probablement été différent. Car même si son comportement avait évolué, il restait quand même fidèle à lui-même : imprévisible… et niveau frustration, il n’avait pas tardé à la gâter, en particulier quand ils n’étaient pas ensemble.

Qu’étaient-ce donc que ces manières de goujat de lui voler des baisers ?! C’était bien un idiot de guerrier prétentieux ! Oh pourtant elle y avait vite pris goût ! N’était-ce pas elle qui prétendait lui rendre la monnaie de sa pièce en répondant de même si peu de temps après leurs retrouvailles ? N’était-ce pas encore et surtout, une excuse pour goûter à cette sensation toute nouvelle, certes au départ forcée mais qui… avait son côté attrayant, qu’elle ressentait ?

Alors oui, frustrant le Drakkari ? Sans nul doute.
Il le lui avait prouvé en s’arrêtant de l’embrasser, en souriant innocemment alors qu’il savait parfaitement qu’elle attendait un baiser et puis bien involontairement, n’avait-il pas été frustrant au plus haut point en ne se déclarant pas lorsque Jordan était apparu avec ce bouquet de fleurs, en ne le repoussant pas sèchement en marquant son territoire ? N’avait-il pas poussé au summum la frustration en l’ignorant… en ramenant une autre femme aux grilles de l’Académie, sous son nez ?!
Alors… elle n’était pas à une frustration près ! Elle apprenait vite…

Mais il semblait temps de lui en apprendre une nouvelle, encore une fois très involontaire.
En l’embrassant aussi peu, Tristan cherchait encore et surtout à se punir et surtout à juger de son contrôle. Il avait remarqué à quel point il le perdait quand il s’agissait de Cassidy et était vraiment désarmé face à cette constatation. Cette alchimie entre eux… était-elle aussi forte ? Vraiment ?
Satisfait de constater qu’il pouvait se retenir à ce point, il n’en souffrait pas moins. Ses lèvres étaient un appel aux baisers et ce bien avant qu’ils ne sortent ensemble. Pensait-elle vraiment qu’il lui volait ces baisers uniquement pour l’embêter ?
Ce qu’il ignorait… c’est le cheminement de pensées qu’allait faire la jolie jeune femme tellement chamboulée par les derniers évènements.

S’il n’avait pas pris ce coup sur la tête… si… ce mécanisme qui allait le faire souffrir une bonne partie de la nuit, il le savait, ne s’était pas enclenché, il aurait probablement été plus à l’écoute et aurait remarqué son regard troublé, le tremblement léger de ses mains et de son menton, comme si elle tentait de retenir une trop vive émotion lorsqu’elle lui avait offert ce superbe baiser… auquel il n’avait pas daigné répondre. C’était difficile, mais il y parvenait… peut-être aussi parce qu’il n’était pas remis et que le monde tanguait encore un peu autour de lui, que la réalité lui semblait distante. Mais il la blessa, inexorablement.

Oui elle était stupide… Stupide de croire qu’elle ne lui plaisait plus, seulement parce qu’il ne répondait pas à cette tentation. Pourtant c’était… frustrant aussi pour lui. Il sentait ses lèvres sur les siennes, légères mais si tentantes, son corps tout près du sien, plus chaud pour la peine… avait-elle remarqué que sa peau était presque froide un peu plus tôt ? Il espérait que non. L’odeur de son sang lui parvenait, cette odeur salée et métallique chez les humains, d’autant plus riche chez les Drakkaris, boisée chez les elfes, mais elle ne couvrait pas l’odeur de la jeune femme, ce parfum qu’il n’arrivait toujours pas à qualifier et sur lequel il tentait de ne pas trop se concentrer tant il l’attirait. Pourquoi aurait-elle brusquement cessé de lui faire de l’effet ? Parce qu’une autre femme s’était pendue à son cou ? Parce qu’il s’était rappelé qu’il pouvait séduire presque n’importe quelle femme justement ? Tsss, ce n’était pas le genre de chose qui l’arrêterait. Quand avaient-ils abordé le sujet de la fidélité ? A aucun moment… elle lui laissait le champ libre pour l’heure, ne se rendant sans doute pas compte qu’il y avait des points à clarifier avec un Drakkari aussi volage, du moins anciennement aussi volage que lui. Il n’avait repoussé les avances de sa « prétendante » que pour des bonnes raisons, peu pour une histoire de fidélité… et la jeune mage ferait bien de s’en rendre compte et d’en discuter avec lui au plus tôt si elle ne voulait pas le voir papillonner autour d’autres demoiselles.

Elle était blessée… mais il ne le vit pas, plongé qu’il était dans des pensées pour le moins sombres. Ils retournèrent à l’intérieur et elle alla faire une toilette sacrément nécessaire tandis qu’il l’attendait. S’entama alors une étrange conversation entre le guerrier et le mage alors que celui-ci rendait sa chemise propre au jeune homme. C’était une chance… que le vieil homme n’utilise pas sa magie pour forcer Tristan à avouer le mal qui le rongeait… un mal qui risquait de faire de terribles dégâts autour de lui. Etait-ce bien prudent de laisser un plus que probable possédé en présence de sa disciple ? N’était-ce pas un espoir fou mais encore et surtout un pari des plus risqués que tentait le vieux mage ? Cassidy était amoureuse… et pour de multiples raisons, elle avait la fâcheuse habitude de s’accuser des faux pas de ses proches. Elle ne verrait pas le mal que pouvait faire Tristan… elle se croirait responsable à coup sûr et surtout ne verrait pas le danger lui tomber dessus. Il pourrait lui faire du mal… vraiment du mal. Ce qui s’était passé un peu plus tôt en était un exemple. Un vrai amoureux aurait-il eu ces gestes ? Certainement pas !!!

Le mage commenta son discours. Il parla des préjugés de ses pairs, de ceux des guerriers, de toutes ces raisons qui faisaient qu’au final les choses ne changeaient pas. Tristan ne l’interrompit pas, par politesse et parce qu’il était de nouveau plongé dans ses pensées bien qu’il écoute, pourtant, il n’était pas tout à fait d’accord. Bien sûr que les préjugés étaient responsables de cette situation mais ils étaient basés sur des faits, pleinement observables. Les guerriers… vivaient au jour le jour, surtout ceux participant à des sauvetages. Ils ignoraient de quoi leur avenir serait fait et les jeunes en particulier trouvaient dans la compagnie du sexe opposé un réconfort à cette vie certes aventureuse, certes glorifiante, certes pleine d’accomplissements, mais encore et surtout tellement hasardeuse. Ils n’étaient bien souvent que très peu patients parce qu’ils manquaient justement de temps et ignoraient où seraient envoyés leur faction pour ceux constamment en déplacement. Les mages… les mages vouaient leur vie à l’étude de la magie et son contrôle, ce flux invisible pour les non initiés, imperceptibles pour les novices. Ils lui vouaient une forme d’amour et les premières années étaient tant chargées d’étude, de respect, d’attention, que le cours du temps de l’adolescence s’arrêtait pour ces jeunes gens. Ils en étaient un exemple flagrant. Lui le guerrier célibataire tellement séduisant qui collectionnait les conquêtes de ville en village. Elle, une autre fiancée de la magie, innocente au point d’en être touchante, si prude qu’elle en était vulnérable, complètement ignorante dans un domaine qui malgré tout l’intriguait. Elle aurait été une autre… aurait-il agi de la sorte ? Bien sûr que non… Dans le meilleur des cas, il l’aurait séduite, aurait profité de sa vulnérabilité et l’aurait abandonnée, oubliée aussi vite. Dans un cas plus probable… ses yeux ne se seraient même pas posés sur elle. Enfin ses yeux peut-être, son intérêt… certainement pas.
C’était horrible à penser, horrible à constater et il en avait sincèrement honte… mais le temps, l’expérience, les évènements l’avaient façonné ainsi… c’était trop tard pour changer, non ?

Néanmoins, même si Tristan était quelque peu distant, il tilta sur la phrase du mage. Il avait commencé à parler de Cassidy comme si elle était différente… oui bon ça ce n’était pas vraiment nouveau mais… plus que différente. Seulement il s’était arrêté et le jeune homme sentit qu’il lui cachait quelque chose mais… pas par manque de confiance, plutôt par… intérêt de voir les choses évoluer. Quelles choses au juste ?! Il le pensait sincèrement… s’il l’aimait vraiment, il devrait être capable de renoncer à elle. Alors il ne devait pas l’aimer… non, il ne devait pas l’aimer…

Par la suite, le jeune homme avait parlé de ces choses inévitables et le mage répliqua par une nouvelle phrase énigmatique. Apparemment, c’était sa spécialité de parler par énigme. Pas un bon exemple ? Une réponse ? Mais de quoi parlait-il ? De nouveau ce sentiment qu’il savait… Tristan se détourna et serra les poings. Non… il ne savait pas. Quoi qu’il pense savoir, quoi qu’il ait senti et peu importe la raison pour laquelle il ne l’attaquait pas si c’était réellement le cas… jamais il ne pourrait imaginer cette réalité. Après tout… il était unique dans son genre non ?

Cassidy redescendit alors qu’ils n’avaient pas échangé un mot de plus et après avoir salué et remercié le vieil homme, ils se mirent en marche. Elle semblait en meilleure forme qu’un peu plus tôt et il se surprit encore une fois à s’en vouloir de lui avoir fait de la peine. Elle lui parla à un moment mais il fit comme s’il ne l’entendait pas… Pour deux excellentes raisons. La première ? Il craignait réellement qu’elle se doute de quelque chose… vraiment. Après tout, elle avait vu la hache s’abattre sur lui. Bien sûr elle savait que les Drakkaris étaient très forts mais chez Tristan… ça fluctuait constamment, comme une magie faible dans certaines zones, en particulier les hautes montagnes, sautant sans que rien ne le présage. Et là il n’était pas fort, il aurait dû mourir… mais il s’était relevé, l’avait protégée, s’était battu puis écroulé. Là sans doute, elle avait pu constater la gravité de sa blessure, bien que le sang fort heureusement, l’empêche de faire un réel constat. Il aurait dû mourir… mais chez le mage, il avait rapidement pris connaissance et semblait aller… bien à priori depuis. Alors non, il ne voulait pas l’entendre dire qu’elle voulait qu’ils parlent de ce qui s’était passé, qu’ils devaient… en discuter. Néanmoins, il était clair qu’elle ne se doutait de « rien ». Autrement… elle se tiendrait loin de lui, elle ne serait pas douce, ni proche, à serrer sa main doucement.
La deuxième raison ? Le vertige monstrueux qui le prenait. Ah… ça y est, ça commençait… le répit aura été de courte durée. Le ciel sembla se renverser et glisser sous ses pieds et s’il avançait droit, c’est parce qu’il avait fermé les yeux, ne regardant plus où il mettait les pieds. Bientôt la douleur allait venir… elle enflerait au cours de la nuit, jusqu’à devenir insupportable.
Il l’ignora donc… sans doute en fut-elle peinée, mais c’était bien mieux cette petite blessure que la découverte de la vérité.

Ils rentrèrent, rassurèrent les parents inquiets et ceux-ci purent offrir leurs présents à leur fille. Tristan, assis à sa place se tenait en retrait, évitant de toucher la jeune femme de nouveau, bien qu’il semblât attentif à ce qui se passait autour de lui. Il semblait…
Il y eut une histoire de robe de ce qu’il avait compris, les voix résonnant comme un lointain écho alors qu’il était pourtant terriblement proche… puis une histoire d’héritage. Il reprit à peu près conscience à cet instant là et fut attentif à l’histoire, ce qui n’était peut-être pas une bonne chose au final. Abandon hein ? Il détourna simplement la tête. C’était un moment familial, ça ne le concernait pas et c’était bien mieux ainsi.
Cassidy les remercia puis annonça qu’il était temps de dormir et la mère enchaina très vite. Tristan tourna ses yeux orangés vers elle et lui fit un sourire poli tout à fait d’accord, apparemment, lui n’envisageait pas de dormir avec la jolie mage. Il se levait déjà pour rejoindre ses « quartiers » quand la demoiselle intervint et « traina » sa mère dehors.

Elles revinrent rapidement avec une décision qui prit des allures de couperet pour le jeune homme. Ils allaient dormir ensemble ?! Oh non !!! Non !!! Ce n’était pas prévu du tout ! Il ne pourrait pas… pas près d’elle ! Elle allait… Il ne pourrait pas faire semblant indéfiniment !
Apparemment la décision maternelle était décisive et le mari n’avait rien à dire mais la menace comme quoi ils ne devaient pas faire de « bêtises » lui donna un nouveau haut le cœur. Ah oui… pas de bêtises… comment ça ? C’était un code pour dire « ne couchez pas ensemble ou faites au moins ça silencieusement » ?!!! Il avait déjà du mal à la regarder alors la toucher… Tss.

Cassidy entraîna son petit ami qui s’efforçait de faire bonne figure même s’il donnait l’air de quelqu’un d’extrêmement fatigué… et une fois qu’ils furent seuls, elle annonça qu’ils devaient discuter. Son estomac se tordit et s’il s’assit sagement sur le lit, une lueur d’inquiétude s’était allumée dans ses yeux étrangement sombres, sans doute en particulier à cause de l’agressivité dans sa voix. Elle devait lui parler… mais elle prenait des précautions avant. Il ne devait pas être triste, pas s’énerver… qu’est ce que… ? C’était en particulier le sous-entendu comme quoi ça ne l’intéressait pas qui risquait de faire des dommages. La machine était enclenchée. Il hocha néanmoins légèrement la tête, ses sourcils s’étant froncés, ce qui lui provoqua un élancement du côté de sa blessure.

Elle parlait de quelque chose qu’elle venait de remarquer, chez son maître… mais tout en parlant, elle commença à se déshabiller. Il écarquilla les yeux, très légèrement et ses mains se crispèrent sur le matelas alors qu’il… détournait les yeux. Déjà ça ce n’était pas habituel. Lui qui était un vicieux de première catégorie, qui ne se gênait pas pour se rincer l’œil à la première occasion, réagir ainsi, ce n’était tout simplement pas naturel. Il perçut un mouvement et fut bien obligé de tourner la tête, en sentant un appel d’air. Son bras… elle voulait lui montrer son bras. Il fixa celui-ci malgré que sa vue se soit légèrement brouillée, s’efforçant de ne pas la regarder, juste son bras… juste… son bras. Elle s’expliqua… nouveau froncement de sourcils.

Il posa doucement ses mains sur son bras, elles étaient plus chaudes à présent et il examina la marque en prenant grand soin malgré la situation de ne pas la toucher, ne serait-ce qu’en soufflant dessus. L’inquiétude ? Oh… il la ressentait ! Peut-être était-il un ignorant de première catégorie en magie mais il savait reconnaître un truc louche quand il en voyait un ! Elle parlait avec une telle nonchalance ! Ca non plus ce n’était pas normal ! Enfin dès qu’il s’agissait d’elle de toute façon, c’était de la nonchalance. Prendre soin des autres, bien sûr, prendre soin d’elle-même, c’était… une autre paire de manches !

Elle enfila sa nuisette et là où il aurait dû être encore une fois un vrai pervers et essayer de la tripoter, en profitant, le jeune homme demeura immobile, très… raide, le dos droit et le regard fixé à l’emplacement où elle se trouvait une seconde plus tôt. Cassidy vint s’asseoir près de lui, elle ne devait pas avoir très chaud dans cette tenue tout de même et son esprit tortueux aurait sorti cette excuse pour la prendre dans ses bras à cet instant… pourtant, il ne bougeait pas et s’il se laissa faire quand elle s’assit près de lui et prit sa main, ça ne dura pas. D’ailleurs quelles sensations ! Il n’avait aucune réaction ! Ses yeux se posèrent sur l’héritage familial qu’elle tournait et retournait dans sa main libre et tout à coup il se leva vivement, lui enlevant sa main avant de sortir de la pièce sans un mot.

S’il avait un but et ne sortait pas sans raison, il dut pourtant faire une halte dans le couloir, se tenant à un mur en haletant péniblement, la main crispée sur son torse. Ah… ça faisait mal. C’était vraiment… à cause de… de ce truc ou à cause de ce qu’elle venait de dire. Il secoua la tête, se forçant à reprendre ses esprits et en grimaçant, alla directement réaliser ce dont il avait l’intention. Une poignée de secondes plus tard, il était de retour dans la chambre et semblait s’être dépêché vu sa respiration un peu sifflante alors qu’il était si endurant d’ordinaire, il tenait une bande de tissu dans la main, recouverte d’une mixture… non identifiée ! S’agenouillant aux pieds de sa petite amie, il lui attrapa le bras avec précaution et posa ledit bandage, marmonnant des excuses par avance puisqu’il risquait ainsi d’appuyer un peu sur sa marque. Il termina ceci sans un mot, l’air très sérieux et garda sa main dans les siennes quelques minutes avant de relever les yeux vers elle, toujours à genoux par terre.

- Ca devrait apaiser la brûlure si elle vient pendant le nuit et c’est un anesthésiant léger, ça te calmera… tu as besoin de repos.

Inutile de demander de quoi s’était constitué… peut-être valait-il mieux l’ignorer. Bah après tout… il était allé dans la cuisine non ?
Son regard se fit beaucoup plus sombre en un quart de seconde et une sincère détresse commença à s’y lire avant qu’il ne rabaisse les yeux sans doute pour la cacher. Hésitation… mais finalement il parla.

- Je ne vais pas te mentir… il vaut mieux pas. Je suis sincèrement blessé que tu puisses penser ça… Que je m’en ficherais… Tu es…

Il serra les dents et crispa ses mains sur la sienne, la lâchant rapidement pour éviter de lui faire mal alors qu’il se relevait lentement.

- C’est méchant.

*Mais j’imagine que c’est tout ce que je mérite après ce que je t’ai fait… *

- Essaie de dormir…


En disant ceci, il passait négligemment les bras en bas de sa chemise, l’enlevant de manière vraiment peu orthodoxe ! Ca devrait être interdit de se déshabiller aussi lentement, non ? Il hésita puis ôta son pantalon avec au moins aussi peu de considération pour son entourage. Pourtant, ce n’était pas par provocation juste parce qu’avec ses vertiges, il craignait de se casser la figure en allant plus vite.
Finalement, il vint la rejoindre, grimpant sur le lit, un malaise certain au visage.

- Pardon… ce n’est pas ce que je voulais dire… je suis… désolé si j’ai pu te laisser croire que je ne me préoccupe pas de ton état de santé ou de ce que tu peux ressentir. Si c’est à cause de… ce que j’ai fait tout à l’heure chez ton maître.. je… je suis toujours désolé et… ne t’inquiète pas, je n’ai pas l’intention de te toucher donc… sois tranquille et ne pense plus ce genre de chose s’il te plait.

Il avança une main vers elle, s’arrêta dans son geste et la laissa retomber le long de son corps. Pourtant, l’instant d’après, profitant qu’elle se soit allongée un peu plus tôt, sans doute un peu boudeuse qu’il s’occupe aussi peu d’elle, et ne remarquant pas, pour une fois, qu’elle était tout de même très attentive à sa tentative chaotique pour se déshabiller, et qu’elle lui tourne le dos, il s’allongea à son tour, loin au début, puis vint se coller contre elle, les bras sagement le long du corps mais déposant un baiser dans sa nuque, bien plus appuyé que nécessaire alors qu’il enfouissait non nez dans ses cheveux.

*Je devrais lui dire pour son héritage ?... Oui sans doute… demain… Si je lui en parle maintenant, elle n’arrêta pas d’y penser et ne dormira pas. Demain princesse… demain.*

- Cassy ?... Si… j’ai de la fièvre cette nuit, ne t’en fais pas, c’est habituel après un coup sur la tête… dors bien et… je… dors bien.

Nouvelle hésitation… renoncement. Il savait un peu trop ce qui risquait d’advenir pendant la nuit. Il n’avait pas vraiment tort.
Pourtant la demoiselle n’était pas en reste et n’était pas tellement du genre à le laisser parler ainsi sans réagir. Au final… ça se passait mieux que ce qu’il espérait et il finit par s’endormir en la serrant doucement contre lui, menacé s’il renonçait à lui faire un câlin. Au moins s’endormit-il avec le sourire.
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Cassidy Herediane
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MessageSujet: Re: Un retour dans le village d'enfance   Dim 9 Déc - 23:08

Un peu de peur, un peu d’inquiétude. La surprise des parents ne s’éternisa pas et c’est rapidement qu’ils allèrent dans la chambre. Cassidy lui avait avoué la vérité mais sa phrase, le manque d’intérêt, était surtout peut être à cause de son attitude de tout à l'heure.

Pourtant, il semblait bizarre le garçon et partit rapidement de la chambre. Cassidy était abasourdie. Ah ben ça y est, il avait compris qu’elle n’était pas fréquentable ? Non rien de ça, il avait juste eu l’intention de s’occuper de son bras. La jeune femme le regarda avec reconnaissance. Heu… mais ça va pas brûler ? Apparemment non… Comment pouvait-il savoir ? Même le guérisseur n’avait rien fait. Elle ne savait pas si c’était une bonne idée. Mais elle le laissa faire.

A sa grande surprise, il semblait profondément blessé qu’elle lui ait balancé ce genre de phrase. La jeune femme baissa la tête. Quoi penser ? Elle ne savait pas là ! Elle l’écouta juste attentivement et acquiesça, juste un peu troublé qu’il fasse preuve d’une certaine retenue. Elle le préférait souriant et à l’aise ! Il l’inquiéta un peu aussi avec son histoire de fièvre.

Après avoir un peu discuté, Cassidy tenta de fermer les yeux. Arriverait-elle à s’endormir sans faire de cauchemars sur l’état de santé de Tristan ? C’est ce que craignait la jeune femme qui avait peur de le voir s’évanouir à nouveau ou peut être même une nouvelle hémorragie. Après tout, cela semblait sérieux au départ. Même si le seul qui avait fait un rapprochement était son maître, mais ça elle n’en savait rien.

D’autres pensées apparurent dans son esprit et il fallait dire qu’elle réfléchissait un peu trop pour beaucoup de choses. Tristan était un peu distant depuis qu’il s’était fait frapper et surtout, qu’il avait été surpris en train de tenter d’abuser d’elle dans un état de faiblesse. Ca ne plaisait pas vraiment à Cassidy de voir de nouvelles barrières apparaitre, alors qu’ils avaient eu tellement de mal à se rapprocher. Elle n’était peut être pas une fille normale après tout. Capable de renflouer ses sentiments négatifs, et aucune envie de s’éterniser sur le tragique.

A vrai dire, elle ne savait jamais vraiment comment réagir et se retrouvait bien embarrassée. Avait-elle raison d’agir ainsi ? Devait-elle le punir lorsqu’il faisait une bêtise ?

Tout était tellement différent… Peut être que si elle n’était pas tombée amoureuse de lui, la jeune femme aurait eu moins de scrupules. Peut être qu’elle n’aurait pas hésité à lui donner des ordres, se faire plus autoritaire, lui faire la moral, retombant un peu en enfance, les ordres en moins.

Et puis, elle avait toujours peur. Peur de le perdre, peur de ne plus être aimée, peur de faire des bêtises. Ca ne lui ressemblait pas vraiment, elle qui avait toujours caché sa sensibilité, ses émotions aux yeux de tous, pour éviter de s’attacher. Mais bon, au final, si Tristan montrait de la distance, il en avait parfaitement le droit. Elle ne devait pas le juger pour ça, ni chercher à s’inquiéter. Elle devrait commencer à s’inquiéter si cela s’éternisait.

Mais il lui avait promis qu’il ne l’abandonnerait jamais. Ce n’était pas à prendre à la légère et elle voulait y croire. A ses paroles, à ses actes. Croire qu’une vie était possible avec lui.

Ensuite, elle pensa à son retour à l’Académie qu’elle appréhendait. Cela n’allait pas être simple du tout. Même si elle avait à peu près expliquer son absence, cela était resté assez flou. Et personne ne devait s’attendre à voir partir Tristan avec elle. Mais ça personne ne le savait ce qui avait pu se passer pendant cette semaine d’absence. Et puis, Tristan n’avait pas pu donner son cours, ce qu’elle aurait fortement réprimandé quand même. Mais bon, à la place, ils avaient découverts autre chose.

Elle voyait déjà les adultes de l’Académie, leurs réactions. Certains avaient eu du mal avec Tristan, notamment Stieg avec qui il s’entendait comme chien et chat. Aie Aie Aie, même si elle savait que le plus vieux Drakkari était respectueux et correct, malgré son goût pour chercher les situations dangereuses, elle redoutait un peu sa réaction. Il était quand même très franc et n’hésiterait sûrement pas à donner son point de vue. Les autres seraient certainement un peu plus discrets.

Elle ne voulait pas trop que ça s’apprenne parmi les élèves, c’était des affaires qui ne les concernaient pas. Du moins, elle ne se voyait pas trop démonstrative en public dans les actions romantiques. Ca n’allait pas être simple… à part les sous sols et leurs chambres, difficile de trouver un endroit pour discuter et profiter pleinement de la situation, loin des indiscrets.

Il y avait autre chose qui la dérangeait. Jordan. Bien sûr, Tristan ne lui avait pas vraiment parlé de son « ancien » petit ami, si on pouvait le qualifier de tel mais Cassidy savait très bien qu’elle devait rapidement mettre les choses au clair, et cela dès le premier jour. Ca allait lui faire un choc, c’est certain ! Après une telle période d’absence… Et puis Cassidy ne savait même pas ce que le serveur avait encore fait passé comme rumeur. Elle espérait qu’il n’ait rien prévu de gentil ou quoi que ce soit, cela serait beaucoup plus dur pour lui annoncer la mauvaise nouvelle. Elle avait beau ne pas supporter son côté étouffant qu’il lui avait montré ces dernières semaines, son assurance alors qu’elle ne disait rien, sa victoire trop facile. Mais il n’y avait aucun doute là-dessus, cela ferait certainement mal à la jeune femme. Elle n’aimait pas la souffrance… Elle avait fait souffrir Tristan en cherchant à le rendre jaloux et là elle allait briser le cœur du serveur, lui ayant laissé une chance de lui faire oublier Tristan mais sans résultat.

Mais Cassidy ne pouvait pas s’empêcher de penser qu’elle était cruelle quand même. Elle avait l’impression de jouer avec les émotions et ça la mettait mal à l’aise. Pendant un instant, elle hésita à en parler à Tristan.
Finalement, la jeune femme s’endormit plus rapidement que ce qu’elle aurait cru, peut être épuisée par la soirée. Elle cligna des paupières avant de laisser tomber sa tête d’un côté, apparemment dormant à poings fermés. Pas à un seul moment elle ne se réveilla, sommeil beaucoup trop lourd pour la perturber.

Cependant, au milieu de la nuit, la jeune femme se redressa sur le lit, regardant autour d’elle. Tristan semblait s’être tourné sur le côté, elle n’était pas dans ses bras, et c’était peut être pas plus mal. Il feignait dormir, du moins c’est l’impression qu’il donna. Pourtant chose étonnante, Cassidy avait les yeux fermés. Son instinct lui soufflait quelque chose.

Lentement et discrètement, elle descendit du lit, ouvrit sa fenêtre et grimpa sur le rebord pour se laisser retomber de l’autre côté. Très étrange comportement de la jeune femme qui sortait sans bâton, sans prendre la peine de s’habiller, sans rien. Son attitude était étrange. A moins qu’elle ne fasse du somnambulisme, après tout, cela était déjà arrivé.

Que Tristan se réveille pour la suivre ou pas, à vrai dire, elle n’y fit pas attention. Un mauvais point pour elle, le Drakkari serait certainement furieux si il apprenait que sa compagne avait eu l’envie de faire une petite sortie nocturne sans le prévenir. Et pourtant, elle ne pouvait pas l’appeler, pas le réveiller, ce n’était pas vraiment elle qui le voulait.

La jeune femme se mit à courir en direction de la forêt, les yeux toujours fermés, ignorant qu’elle était pieds nus et que ce n’était sûrement pas très confortable, et sans se prendre aucun arbre sur le passage. Comme si elle savait ce qu’elle faisait, où elle allait, la direction qu’elle prenait.

Cassidy avança pendant un bon moment, s’éloignant complètement du village, et sortant de la forêt, sur une plaine découverte. Elle s’arrêta un instant avant de lever la tête et de courir dans une autre direction. Une silhouette se tenait debout sur une petite butte et la fixait avec un sourire appréciateur. Une femme aux longs cheveux noirs, le teint pâle, qui semblait l’attendre.

« Cassidy… que tu es naïve… tomber dans la gueule du loup ma pauvre fille. Enfin tu n’as pas trop eu le choix… le sommeil n’est pas toujours réparateur malheureusement. Allons viens ma fille… ensemble nous allons faire de grandes choses »

Pourtant la jeune femme blonde ne bougeait pas, n’avançait pas plus que ça, restant immobile, ses cheveux dorés flottant dans la brise qui soufflait sur la plaine, les yeux toujours fermés. Son ennemie avait pourtant tendu la main, s’attendant que la demoiselle obéisse sagement sans opposer la moindre résistance, apparemment elle se trompait lourdement.

Cette dernière fronça les sourcils, sans savoir comment le prendre.

« Je vois… tu essaie encore de résister ? Mais tu ne résisteras pas longtemps… personne ne viendra te sauver, et je t’emmène avec moi, de gré ou de force ! »

Elle leva la main et soudain, le sol se mit à trembler. Des cadavres en voie de décomposition sortirent de terre pour se mettre devant la dame aux cheveux noirs. Certains étaient à l’état de squelette, d’autres conservaient des tissus, mais tous tenaient des armes.

« Sais-tu ma chère enfant, que tu te trouves sur un terrain idéal pour ranimer les morts ? Une terrible bataille a eut lieu des années en arrière de cela ici… beaucoup de morts. »

Les cadavres et squelettes avancèrent lentement vers la jeune femme, apparemment décidé à l’empoigner de force pour la conduire à leur maîtresse.

« Ramenez la moi chers serviteurs. Qu’on en finisse. »

Cassidy avait toujours les yeux fermés et ne semblait pas comprendre le danger qui la guettait. En effet, comment se défendre dans ces conditions ? Elle semblait être complètement inconsciente, seul son corps se déplaçait même si pour l’instant il était complètement immobile. Les créatures avancèrent vers elle sans se poser plus de questions que ça, ils n’avaient plus d’esprit, juste des enveloppes décomposées et des restes.

Cependant, au moment où ils se retrouvèrent à quelques mètres de Cassidy, la mage fit un pas en arrière très vivement, comme si elle se mettait en appui, dans une sorte de position de combat. De la lumière apparut et une aura dorée envahit la jeune femme de la tête aux pieds. Ce n’était pas la même chose que lorsqu’elle avait des pensées perverses, sinon la situation était mal choisie.

Cette aura ne faisait qu’envelopper les contours de son corps mais n’était pas à prendre à la légère vu la puissance qui semblait se dégager, faisant hésiter les ennemis qui se trouvaient devant elle, apparemment incapables de se décider. Ils devaient avoir gardé quelques instincts de leur vie passée.

« Attrapez la crétins ! »

Ils avancèrent alors plus rapidement. Le groupe était composé de cinq cadavres. Sauf que lorsqu’ils arrivèrent au niveau de la jeune femme, levant les mains pour la bloquer, elle ouvrit les yeux tellement brutalement que cela fit même sursauter la femme malveillante qui observait la scène. D’un geste rapide, Cassidy leva la main et fendit l’air comme si elle tenait quelque chose.

Un trait de lumière apparut dans les airs au dessus de la tête de Cassidy, et fendit le premier cadavre en deux. Ce dernier poussa un râle et explosa en poussière qui s’éleva vers le ciel. La demoiselle tendit une nouvelle fois les deux mains sur les côtés, semblant manier quelques choses. De nouveaux rayons lumineux apparurent et transpercèrent les cadavres en face d’elle, ne laissant que de la poussière.

La lumière autour de Cassidy venait de s’intensifier, un pouvoir effrayant et spectaculaire qui pouvait faire trembler n’importe qui. Les yeux de la jeune femme avaient changé de couleur et étaient devenus plus clairs, dorés comme le soleil et à voir le regard de Cassidy, même si son visage allait en direction de son adversaire principale, c’était comme si elle était prise dans une sorte de transe, difficile à décrire. C’était elle, mais sans être elle. Comme si un instinct intérieur agissait à sa place.

La dame en noir fit un rictus méprisant, et la surprise passée, ne semblait pas plus impressionnée que ça, se frottant le menton d’un air satisfait.

« Intéressant… Quel plaisir je vais avoir à convertir cette magie au nom de Balthar… Pauvre chérie, heureusement que tu n’as pas conscience de cela, les choses deviendraient beaucoup plus difficiles. Mais j’ai tout mon temps, ce soir tu viendras avec moi ! »

Elle leva la main en l’air et plus d’une centaine de soldats du passé apparurent devant et derrière la jeune mage qui ne semblait pas avoir plus conscience que ça. D’ailleurs elle ne parlait pas, ne disait rien, se contentant d’examiner la situation d’un œil un peu trop vague pour que cela vienne pleinement d’elle.

« Apportez la moi ! Ne lui faites aucun cadeau ! N’hésitez pas à la blesser, elle ne mourra pas. »

Les troupes chargèrent en direction de la jeune femme qui se préparait, les jambes un peu fléchies, sur la défensive. Elle leva de nouveau les mains traçant des symboles compliqués dans les airs, alors que des rayons lumineux fonçaient en ligne droite sur les attaquants. Rapide, précise, rien ne semblait arrêter ces lumières que Cassidy dirigeait de loin, frappant de plein fouet les assaillants les plus près, telle une danse que la jeune femme effectuait.

Des archers plus loin dans son dos se mirent en joue, et tirèrent une bonne dizaine de flèches en direction de Cassidy, qui ne pouvait rien voir en effet. Cependant, alors que la mage était occupée avec ses assaillants devant, des symboles en cercle doré apparurent au sol sous elle. Un étonnant champ de force l’entoura, niveau supérieur à l’épreuve de la pomme il y a quelques jours et fit un cercle parfait autour d’elle. Les quelques flèches furent directement réduites à l’état de poussière.

La jeune femme se retourna, agissant sur deux fronts. Ca devenait compliqué mais elle semblait savoir ce qu’il fallait faire, agissant par instinct. Elle tourna les yeux vers le ciel et les étoiles attirèrent son attention, son halo de lumière montant encore d’un cran alors qu’elle traça des symboles compliqués et dorés dans les airs, à une vitesse tellement effrayante qui ne ressemblait pas à ce que l’on connaissait de Cassidy.

Les étoiles dans le ciel s’illuminèrent en écho et une multitude de sphères dorées apparurent dans les airs sur l’ancien champ de bataille. Puis d’un geste, Cassidy joignit les mains d’un mouvement vif. Des sphères apparurent, à une hauteur de cinquante centimètres tournoyèrent dans les airs et d’un seul ordre, fendirent tous les cadavres présents, recouvrant la surface de terrain d’une poussière qui s’élevait dans les airs, semblable à un brouillard de loin.

La dame aux longs cheveux noirs serra les dents, apparemment pas vraiment satisfaite de la tournure des choses. Elle avait peut être sous estimé la magie de la jeunette.

« Tu te débrouilles bien petite fille mais pourquoi luttes tu pour une cause que tu ne peux défendre ? Ton Drakkari n’est pas celui que tu crois… il ne changera jamais… même pour toi… regarde le »

Devant les yeux de Cassidy, qui ne semblait toujours pas dans un état normal, une scène apparut. Tristan, l’homme qu’elle aimait, dans les bras d’une autre, dans une scène très significative. Le même discours qu’avec Maud. Elle pouvait craindre la demoiselle, craindre de le perdre, avoir une douleur tellement grande qu’elle en perdrait tous ces moyens. La jeune femme semblait se crisper en observant, sans le voir, cette scène qui n’existait pas.

La femme aux cheveux noirs en profita pour faire sortir de terre de nouveaux cadavres à proximité de Cassidy, avec la ferme intention de l’assommer une bonne fois pour toute. Mais il semblerait que cette vision n’avait pas vraiment affecté Cassidy, qui contre attaqua aussitôt, balançant des traits de lumière sur les restants, au grand désarroi de son adversaire.

« Hum… tu lui fais confiance maintenant ? Mais comment te sentirais-tu si il lui arrivait un tragique accident ? »

Une nouvelle scène se métamorphosa sous les yeux de la jeune mage. On y voyait Tristan en train de souffrir, d’être torturer, sur le point de mourir. Il semblait à bout de force, du sang coulait de sa bouche, de son torse. Il murmurait quelque chose d’inaudible mais ne pouvait pas se défendre pour autant. Cassidy se mit à trembler, ses yeux dorés semblant remplis d’effrois.

« Laisse toi envahir par la haine, la douleur, la colère… tu les détestes… ceux qui osent s’en prendre à l’homme que tu aimes. Tu vas les détruire… Je ferais en sorte d’accomplir tous tes désirs »

Mauvaise réponse pour Cassidy. La lumière autour de son corps s’intensifia et devint tellement éblouissante qu’elle passait difficilement inaperçue. Elle chargea. Ses pieds nus martelaient le sol, les mains en rythme alors qu’elle courait en direction de son ennemi. De nouveaux cadavres apparurent. Elle les éjecta en quelques traits de lumières.

Arrivée devant la femme aux yeux noirs, Cassidy incanta de longs filaments dorés qui apparurent devant ses mains, se dirigeant à toute vitesse vers son ennemie. Cependant cela ne fit que la traverser et elle se mit à rire.

« Tu ne peux rien faire contre moi, je ne suis pas vraiment là… Pauvre chérie qui insiste. Tu vas finir par en perdre tes ailes dorées… »

Sauf que Cassidy insista encore une fois, invoquant des lumières qui se contentaient de traverser l’espace. Elle se recula pour prendre plus d’élan et semblait former quelque chose avec ses mains, quelque chose de complexe qui apparut au creux de sa main avec toute sa force qu’elle dirigea pour envoyer au visage de son adversaire.

« C’est inutile je t’ai dis… Tu ne peux… »

Elle poussa une exclamation de douleur et se tint la joue, reculant de quelques pas. La femme aux cheveux noirs avait les yeux écarquillés par la surprise puis très lentement, elle fit redescendre sa main, l’examinant. Une nette coupure était apparue sur sa joue, le sang coulait et elle le fixa d’un air absent sur ses doigts.

« Comment… C’est impossible »

Cassidy se préparait à envoyer un nouveau coup mais son adversaire ne voulait plus jouer apparemment.

« Je voulais le faire plus tard, mais là tu m’y obliges… »

Elle prononça quelques paroles et la marque verte sur le bras de Cassidy se mit à briller, déchirant le bandage de fortune de Tristan. La jeune femme ferma les yeux, étouffant un gémissement. La lumière dorée disparut ainsi que le sort qu’elle comptait envoyer. Sonnée et semblant revenir peu à peu à la réalité, la demoiselle tomba à genoux, puis roula le long de la pente, finissant son trajet contre une grosse pierre. Une nouvelle fois elle se mit à gémir.

De nouveaux cadavres apparurent autour d’elle.

« Ramenez la moi. Cette fois, il n’y aura pas de problème… »

Puis la vision disparut, laissant quand même ses cadavres derrière elle qui veillaient à récupérer la jeune blonde qui se tordait sur le sol, apparemment en train de bien souffrir.

Sa marque verte brillait d’une lueur malsaine et semblait se tordre. Du sang en coula le long de son bras, traçant des lignes sur sa peau blanche. Cassidy grimaça, semblant reprendre peu à peu ses esprits, les yeux toujours fermés.

Un cauchemar, c’était juste un cauchemar… En témoignait son front qui se couvrait de sueur. Oui elle devait être couchée dans le lit à côté de Tristan et il la réveillerait pour la rassurer sur son état. Que tout ça n’était que du vent et que la douleur venait d’ailleurs. Mais malheureusement, elle avait tort…

Ce fut le moment où le pendentif de Tristan décida de se réveiller, brillant d’une lumière orangée, indiquant un danger immédiat. Peut être que le jeune homme était déjà sur place et avait il décidé de la suivre. Dans le cas contraire, cela s’annonçait très mal.

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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: Un retour dans le village d'enfance   Mar 11 Déc - 21:18

Ah ben ça, pour se déshabiller là, il n’était franchement pas doué. Où était passé l’expert languissant ? Pour l’instant, il essayait de ne pas tomber bêtement en cas de déséquilibre, une jambe levée, l’autre empêtrée dans son pantalon… et aussi de ne pas piquer une crise de panique parce qu’il ne voyait plus grand-chose en enlevant sa chemise ! Pff, il était aussi maladroit qu’après une énorme cuite… et la bouche à peu près aussi pâteuse qu’après une énorme cuite. Vraiment pas drôle, les inconvénients, sans les avantages. Quoique… il avait une jolie fille à ses côtés, dormait dans le même lit qu’elle mais… n’avait pas pleinement profité de la soirée…
Ah… mais pauvre tête !

Finalement il l’avait rapidement rejointe, encore blessé par sa remarque. Comment pouvait-elle penser qu’il se ficherait de son état de santé, de cette marque ! Il se souvenait parfaitement de tout ce qu’elle lui en avait dit et pour lui ça comptait ! Pourquoi… Pourquoi pensait-elle ceci ?
Toutefois, une fois sur le lit, il s’excusa. C’est vrai qu’il n’était pas très à l’aise, un peu maladroit encore une fois, mais c’est qu’il affrontait une situation qu’il ne connaissait pas du tout… se soucier de ce que l’autre peut ressentir… c’était tout nouveau pour lui.

Il l’avait embrassée dans la nuque et n’avait pas tardé à s’endormir, espérant que la nuit de la demoiselle serait tranquille puisqu’il savait que la sienne serait très courte. Seulement les dieux ne devaient pas l’écouter à ce moment là.
Tristan s’endormit malgré tout rapidement, loin de se douter des sombres pensées qui habitaient sa compagne. Ses peurs, ses doutes, qu’elle aurait sans doute gagné à partager avec le grand guerrier… Mais s’il y avait de très bonnes raisons pour qu’elle se confie, malgré tout… ce n’était pas toujours possible.

Dans son sommeil, rapide, le jeune homme laissait tomber ses barrières… celles qu’il avait hérissées entre lui et sa compagne, parce qu’il s’en voulait de la manière dont il l’avait traitée, ne pouvait pas se pardonner si facilement les peurs et le mal qu’il lui avait causés.
S’il avait déposé un baiser dans sa nuque avant de se retourner pour éviter de la toucher, le Drakkari se retourna vite une fois endormi, attiré par ce corps chaud tout près du sien. Il dormait, c’était indéniable, la fatigue y était pour beaucoup, le choc de sa blessure aussi. Dans son sommeil il passait un bras autour d’elle et se collait contre la jeune mage en lâchant un léger grognement ensommeillé mais appréciateur, enfouissant son nez dans ses cheveux comme l’aurait fait un animal avec sa truffe dans la fourrure de sa compagne. Il murmura très bas son nom, se blottissant un peu plus contre elle avant de demeurer immobile. Avait-elle vraiment des soucis à se faire à propos de ses sentiments ?

Seulement des évènements tragiques allaient arriver pendant leur sommeil… Et s’il l’avait su, aucun doute que le garçon aurait lutté de toutes ses forces contre la fatigue pour les empêcher.
Tristan ouvrit un œil, puis l’autre. La nuit était bien avancée et il se sentait terriblement mal. Apparemment, dans son sommeil, il avait lâché Cassidy, réflexe tout ce qu’il y a de plus normal en cas de fièvre, comme c’était actuellement le cas. Il s’assit avec peine sur le bord du lit et se prit la tête dans les mains, malgré ses paupières closes, le monde tournait autour de lui.

Il se leva à tâtons et glissant les doigts d’une de ses mains sur le mur, atteignit la salle d’eau, simplement par mémoire, sans ouvrir les yeux. Enfin ça, c’était le but d’origine ! Sauf que s’il avait une excellente mémoire, il ne pouvait pas prévoir les objets qu’il n’avait pas vus. Or, Cassidy, en se levant et en « s’échappant », pour sortir par la fenêtre, avait bien été obligée de l’enjamber et vu sa taille… sans chaise, ce n’était même pas envisageable… La chaise du bureau de la jeune femme avait été déplacée et il buta sèchement de temps. L’effet fut automatique ! S’il était vaseux et clairement pas en état de réfléchir, la rencontre violente entre son orteil et un des pieds de la chaise suffit à lui faire reprendre conscience pleinement.
Waie !!!! Il serra les dents pour retenir le glapissement de douleur qui menaçait de lui échapper et foudroya la chaise du regard. Chose surprenante… elle n’était pas à la même place que celle à laquelle il l’avait vue avant de se coucher. Il le savait bien puisqu’il avait posé ses habits sur le dossier. Il fronça les sourcils. Cassidy s’était-elle levée pour regarder les étoiles et était-elle restée assise devant la fenêtre. Il espérait qu’elle pourrait se reposer.

Sauf qu’un regard vers le lit lui apprit que la demoiselle qu’il s’était efforcé de ne pas réveiller ne pouvait que guère l’être vu… qu’elle n’était plus dans ledit lit !!!!
Il fronça les sourcils, très surpris. Ce n’était pas tellement son genre de partir sans prévenir. Sauf qu’elle le savait patraque et puis… elle était bien assez étourdie pour oublier de prévenir justement. Peut-être était-elle allée dehors pour admirer les étoiles, c’était dans la continuité du déplacement de la chaise. Après tout c’était une mage, bien qu’il ignorât si elle s’était spécialisée dans l’étude de l’astronomie. Peut-être était-elle allée rendre visite à son maître. A cette heure-ci ? Bah les mages avaient des règles bien à eux !
Décidant de ne pas s’inquiéter outre mesure pour ne pas la gêner en interrompant une étude ou une réunion qui ne le concernait pas, le jeune homme reprit son chemin initial. Ca tournait toujours et en tâtant son front, il constata qu’il était brûlant de fièvre. Il essaya d’être discret et s’aspergea le visage d’eau. Bien sûr, il n’avait allumé ni bougie, ni cristal, ses yeux lui suffisant même s’ils ne valaient pas ceux des Nekos.

On se serait cru dans un film d’horreur par la suite. Il serrait ses mains sur le rebord du lavabo et fixait son reflet blafard dans le miroir. C’était comme si un miniflash d’appareil photo clignotait alors, il se voyait nettement, le beau Drakkari qui n’avait pas l’air très en forme certes mais toujours extraordinairement et injustement séduisant. La seconde suivante… tout son corps était couvert de cicatrices sanglantes qui le faisaient bien davantage ressembler à un mort-vivant qu’à un être réellement… en vie. Il ferma les yeux, les plissant le plus fort possible pour chasser cette vision en serrant les ses mains sur le rebord.
Ca risquait de commencer vraiment… La douleur montait… enflait…

Il retourna dans la chambre discrètement, craignant d’y trouver Cassidy. Elle n’était pas là et il en fut soulagé. Ce fut à son tour de passer par la fenêtre. Un but précis en tête, il se précipita vers la forêt la plus proche, en priant les dieux pour ne pas tomber sur la jeune mage. Par pitié… Par pitié… Elle ne devait pas le voir.
Pas de risque jeune Drakkari… Elle avait son propre lot de folie à mettre à jour.

Courir devint rapidement un calvaire même s’il se força à continuer pour s’éloigner le plus possible de la maison de sa petite amie. Tristan était parti sans se poser de question, sans s’habiller davantage, ni se chausser. Décidément, ils faisaient une belle paire très cohérente tous les deux.
Il s’agrippa à un arbre alors qu’un nouveau violent vertige lui faisait de risquer de glisser en bas d’une petite falaise. Il s’arrêta, tombant à genoux par terre, la respiration suffocante et se griffant le torse à force de presser ses mains dessus comme s’il cherchait à s’arracher la peau. Serrant les dents pour retenir un hurlement, il s’écroula sur un tapis de feuille, sur le dos et enfonça ses mains dans le sol.
La douleur prit un tel degré qu’hurler était inutile.
Elle brûlait… la marque.

Celle qui était apparue sur son torse, juste au-dessus de son cœur. Au début orangée, elle avait virée au rouge vif pour finir bordeaux, telle la couleur de celui qui coulait dans ses veines. Il serrait les dents, ouvrait la bouche, renversait la tête en arrière dans un cri muet. Tous les muscles de son corps se tendaient à l’extrême, il sentait quelques vaisseaux minuscules mais bel et bien existants se briser, comme à chaque fois. Ca faisait mal, très mal… Cassidy se demanderait d’où venaient tous ces bleus demain matin, mais peu importait, pour l’heure seul ne pas devenir fou de douleur comptait.
Il devait rester immobile, il le savait, bouger le moins possible… Quand la marque s’activait ainsi, il ne devait pas lui opposer la résistance de celui qui lutte contre sa malédiction. Tout son torse était lentement parcouru par des veines partant de la rune pour venir irriguer tout son corps, noirâtres, inquiétantes et pourtant salvatrices. Mais c’était comme s’injecter du métal en fusion dans les veines, horriblement douloureux, assez pour perdre la raison.
Allait-il le forcer à se transformer ? Le jeune homme, la vue floue, observait les feuilles persistantes de l’automne au-dessus de lui, qui lui cachaient le ciel étoilé. Des larmes coulèrent le long de ses tempes, tant de douleur que de peur.

Il s’était vu une fois… Dans un lac, son reflet alors que la haine et la douleur l’avaient submergés. Il avait eu peur… avait frappé l’eau pendant des heures pour qu’elle cesse de lui renvoyer cette image. Celle de cet être monstrueux aux énormes yeux orange effrayants, aux dents démesurés, au corps allongé pourvu de griffes, de cornes. Etait-ce donc ce qu’il était à l’intérieur ? c’était bien censé être ce qu’il était vraiment non ? Un monstre… rien de moins… rien de plus.
Le jeune homme ferma les yeux. Pourquoi essayait-il de se donner ces illusions, de croire à ces mensonges ? Lui ? Amoureux ? C’était quelque chose de nouveau, d’inconnu… mais pouvait-il réellement être amoureux comme quelqu’un de normal ? Non, bien sûr que non… il se lasserait, la blesserait, irrémédiablement, elle ne s’en remettrait jamais. Pourquoi était-ce elle ? Pourquoi était-ce elle qu’il avait choisi, encore, de faire souffrir de la sorte ?

Pensées sombres ? Tout à fait. La douleur l’étourdissait et amenait comme chaque fois, toutes ces images de noirceur et de cruauté dont il avait fait preuve dans sa courte existence, il ne savait vivre qu’à travers elles. Mais quand elles le rattrapaient… il était comme un petit garçon effrayé par le noir. Sauf que personne ne pouvait lui assurer que ce n’était que de vilains cauchemars qui cesseraient au matin. Non, personne.

C’est à ce moment là que le collier se manifesta. Il ne s’y attendait pas du tout. En fait, même si le cadeau était tout récent, Tristan ne semblait pas être prêt à s’en départir. D’ailleurs, lui et Cassidy avaient ri dans la grotte lorsqu’essayant de récupérer suite à leurs ébats amoureux très… intéressants, ils avaient voulu se séparer… Leurs colliers respectifs s’étaient enroulés l’un autour de l’autre, les forçant à rester accrochés ainsi. L’anneau familial du jeune homme avait teinté contre la pierre de dragon, une notre cristalline qui l’avait fait sourire. Il ne mentait pas… cet anneau, il voulait vraiment qu’elle le porte… C’était une promesse. Y avait-il vraiment droit ? Euh… c’était vraiment le moment de se poser des questions là ????

Tristan écarquilla les yeux en fixant la pierre aussi orangée que ses yeux qui s’était… ni plus ni moins élevée au dessus de son torse et flottait devant ses yeux. Non… ce… Ce n’était pas possible ! Cassidy avait dit qu’elle ne s’activerait que lorsqu’elle serait en danger et aurait besoin de lui ! Non… pas… pas maintenant !!!
Dans un réflexe qu’il ne s’expliquait pas, il l’agrippa dans sa main avant de la relâcher aussitôt. Elle brillait toujours mais avait cessé de flotter, seulement le regard du jeune homme s’était brièvement troublé avant de retrouver toute sa clarté. Il savait où aller… il ne savait pas pourquoi, il ne savait pas vers quoi mais il savait où aller !

Sauf qu’il n’était absolument pas en état. Il le savait ! Il devait rester immobile… sinon…
Ah oui… mais ça… ça aurait peut-être eu un impact si ça avait été une autre personne que la petite mage qui occupait toutes ses pensées. Il se releva rapidement, ignora le violent vertige qui faillit le faire tourner de l’œil et se mit à courir. Au début, chaque pas était une torture, la sensation que son cœur allait exploser, que ses poumons se déchiraient. Mais comme il ne s’arrêtait pas, même en persistant, la douleur… ne surmonta pas son besoin de retrouver Cassidy au plus tôt et de la protéger du danger qui la menaçait.Vite… Il devait la rejoindre vite avant qu’il ne soit trop tard.

Une violente quinte de toux le força à s’arrêter alors qu’il glissait au pied d’un arbre auquel il avait tenté de se retenir. Ahhh !!! Que celui qui tentait de lui faire cracher ses entrailles arrête ! Sa princesse… Sa princesse était en danger !!! Il devait la sauver ! Il était le chevalier ! C’était lui ! Sa mère le lui avait dit ! C’était lui qui devait sauver la princesse…
La toux reflua et il essuya rageusement, impatiemment le sang qui coulait sur son menton avant de se redresser prudemment et de se remettre à courir. Il était faible actuellement… il n’avait pas le droit d’être faible. Son instinct lui hurlait d’arrêter pourtant, il allait se tuer à ne pas respecter les normes ainsi, oui mais là il n’avait pas le choix… Et peu importait le goût du sang dans sa bouche et celui de la blessure de son front qui s’était rouverte… Peu importait.

Il courait… Il l’entendait ! Il la sentait ! Elle était là ! Juste derrière cette colline ! Ils les sentaient aussi… ceux qui la menaçaient. Une odeur de pourriture, de cadavre ! Il était là, il allait la sauver… Non… là… il ne pourrait que la rejoindre, il n’avait plus de force, vraiment plus de force… Il aurait eu besoin…
Et c’est juste à ce moment là, alors qu’il ne lui restait que quelques mètres à franchir que la douleur, terrible, caractéristique de son changement de forme se fit sentir. C’était comme si tous ses os se disloquaient dans un bel ensemble.
Oui sauf que cette fois c’était différent. Certes la rage l’animait mais pas seulement… et puis surtout une lueur plus vive s’échappa de la pierre qu’il portait autour du cou alors qu’il sautait par-dessus l’énorme rocher contre lequel avait roulée la demoiselle qui subissait le courroux de sa propre marque. Elle allait le voir ainsi… monstrueux… mais au moins il pourrait la sauver…

Sauf qu’assurément, en temps normal, il n’était pas capable de faire un bond pareil… et le nom qu’il cria… ne ressemblait plus du tout à un nom mais au grognement furieux d’un animal enragé.
Et en effet, bondissant au-dessus du gros rocher, ce fut… un dragon qui atterrit dans la plaine. Enfin atterrit… se vautra lamentablement plutôt. Bah non, cette forme là, il ne la connaissait pas du tout !!!
L’avantage, c’est qu’il atterrit sur un zombie qui finit à l’état d’osselet pouvant peut-être prédire l’avenir mais certainement plus embêter une jolie jeune femme. Vautra… parce qu’il roula dans un nuage de poussière pratiquement à l’autre bout de la clairière… il faut dire qu’avec l’impulsion que ses membres draconiens lui avaient donné… il avait de la chance de ne pas avoir atterri plus loin… de ne pas s’être vautré plus loin.

Totalement sous le choc, encore et surtout parce que la douleur qui avait bien failli lui faire tourner de l’œil avait totalement disparu, le jeune homme… ou plutôt l’animal, se redressa tant bien que mal, jetant un regard assassin à ceux qui s’en prenaient à Cassidy… Il aperçut la jeune femme, avec une netteté ahurissante malgré l’obscurité, qui se tordait de douleur au sol et des êtres… apparemment plus très frais qui voulaient s’en prendre à elle. Il chargea aussitôt… ah oui… mais courir sur deux jambes et à quatre pattes, ce n’est pas du tout la même chose et même s’il n’avait rien de la taille d’un dragon adulte de pure souche, il était suffisamment grand pour s’emmêler ses grosses pattes… et malgré l’effrayant début de charge, cela tourna au ridicule lorsque l’animal trébucha sur lui-même et roula direct contre un arbre… qui s’écroula sous l’impulsion.

Ah ben pas pratique du tout. Poussant un hurlement effrayant qui n’était en réalité qu’un juron proféré avec pas mal de ferveur de la part du Drakkari, celui-ci opta pour une nouvelle technique qui cette fois-ci paya. Se plaquant au sol, tel un chat, il se détendit brusquement sur ses « proies ». Il en crocheta deux… mais décidément, ce corps lui était totalement étranger parce qu’il alla trop loin. Seulement il semblait s’y habituer vite et se remit à charger comme un taureau furieux sur les autres zombies. Par contre sa queue déracina un arbre, faillit écraser Cassidy et finit par désosser les morts qui voulaient l’emporter. Ce fut une bien curieuse bataille, à coups de griffes, de crocs, d’une masse totalement nouvelle et de muscles utilisés par un néophyte, mais au final, sous peu, il ne resta plus rien des « méchants ».
Tristan était aussi dans un état second, il ne savait pas du tout ce qui lui arrivait, si ce n’est que ça ne lui était jamais arrivé justement…

Il tourna la tête vers Cassidy qui était au bord de l’inconscience et ne semblait que peu se rendre compte de ce qui l’entourait. Il approcha et vit le sang qui coulait d’une blessure au bras, poussant un gémissement inquiet qui cette fois ressemblait à celui d’un animal blessé ou extrêmement fidèle soucieux du sort de sa maîtresse. Paniqué, ne sachant que faire et réfléchissant… apparemment difficilement, il voulut la soulever dans sa gueule… mais il n’était quand même pas si grand et encore et surtout… aux vues de ses exploits avec son corps, il valait mieux éviter s’il ne voulait pas la couper en deux… le mettre sur une de ses pattes alors ? C’est ça… déjà qu’avec quatre il avait du mal, alors avec trois… Ne pas paniquer, ne pas paniquer !!! Mais pourquoi ça arrivait maintenant heinnnn ?!!! Bon d’accord, ça leur avait probablement sauvé la vie !!! Mais quand mêmeeeeuuuh !!!

Pris d’un éclair de lucidité, il commença à glisser son museau sous le corps de la jeune mage… non, il n’était pas si grand pour un dragon… il en avait aperçu des bien plus grands que ça. A cause de sa jeunesse sans doute… mais bien sûr… pas plutôt du fait qu’il n’était pas censé être… un dragon ???!!!
Mettant de côté ce type de pensée pour l’instant, le jeune homme faisait glisser la demoiselle sur son museau, la soulevant à peine du sol, glissant davantage sa tête sous elle en fait. Pendant un bref instant il craignit d’avoir des cornes et des piquants, comme dans son cette autre forme monstrueuse… mais il ne les sentait pas. Dans cette autre forme, il savait parfaitement où ils étaient et à quel point ils étaient aiguisés… là, il se sentait presque… désarmés… malgré la puissance des muscles qui roulaient sous sa peau.
Bref, à force d’efforts et de patience… il finit par la faire glisser en travers de son cou… mais en équilibre précaire… Et puis vu son adresse pour l’heure pour se déplacer… ce n’était pas gagné !!!

Mais ils devaient s’éloigner de là au cas où d’autres adversaires viendraient pour s’emparer de la jeune femme. Qui étaient-ils d’ailleurs ? Qui contrôlaient les morts ? Aaahhh !!! Ce n’était pas le moment de s’attarder là-dessus !!! Elle respirait faiblement ! Il l’entendait gémir ! En même temps même si ce n’était pas fort, elle lui perçait presque les tympans à cause de sa nouvelle ouie si développée !

Comment la déplacer ?
Nouvelle idée… Il devait faire honte à tout ce qui ressemblait de près ou de loin à un dragon mais… ça en valait la peine. Centimètre par centimètre, le dragon avançait… en effet… en rampant. Pas à la manière d’un humain bien sûr… plutôt celle d’une grosse chenille… Le sol râpait un peu mais ça ne faisait pas vraiment mal comparé à ce que sa forme humaine aurait ressenti.

Finalement, il arriva beaucoup plus rapidement qu’il ne l’aurait cru au lieu qu’il cherchait à atteindre… et qui en fait n’était pas si loin… la cascade et en particulier… la grotte qu’il avait dégagée ! La chance était avec lui car il n’avait pas fait tomber Cassidy… même si à un moment elle avait sérieusement basculé et que le mode rampant s’était fini sur le dos… ce qui lui avait valu de se taper la tête contre quelques arbres.
Essoufflé, le dragon parvint à l’intérieur. Au moins là, ils étaient en sécurité… Sauf qu’il voulut étirer ses muscles endoloris… ce qui donna comme réaction immédiate un « plouf » sonore parfaitement significatif !!!

Moment de blanc dû à la surprise avant que l’animal ne pousse un glapissement catastrophé et ne plonge maladroitement dans l’eau pour récupérer la demoiselle qui… heureusement flottait bien. Pour sa part, c’était une chance qu’il ait pied… ou patte… parce qu’il ne savait pas si les dragons flottaient très bien. Enfin pour l’heure, il ne savait rien de la forme qu’il avait revêtue et il ne s’en rendit compte qu’après avoir reposé doucement Cassidy hors de l’eau, quand celle-ci cessa de se troubler. Il cligna plusieurs fois des yeux, n’y comprenant rien et fixant l’étrange petit joyau orangé entre ses yeux de la même couleur. Etait-ce le collier de la jeune mage ?

Il sortit… avec beaucoup de difficulté du bassin, bien que la chaleur soit très agréable et s’ébroua vivement. Sauf que brusquement une odeur merveilleuse attira son attention. Mhhh… ça sentait bon, si bon… ça lui donnait tellement faim ! Il sentit ses crocs s’enfoncer légèrement dans sa langue qu’il se passait sur les « babines », alléché. En quête de l’odeur, il ferma les yeux, décidant pour l’heure d’écouter son instinct vu qu’il ne savait pas quoi faire d’autre pour redevenir « normal »… Sauf que ses sens l’attirèrent vers… le bras ensanglanté de la jeune femme dans les vapes (il fallait dire qu’il l’avait peut-être quand même un peu cognée à une branche ou deux). Malgré toutes ses tentatives… faibles, pour reculer, il sortit le bout de sa langue et commença à laper le sang de la jeune mage. Miaaam ! C’était tellement bon, il ferma les yeux, sa queue s’agitant derrière lui, comme celle d’un chien ravi. Il rouvrit les yeux et se retrouva nez-à-nez avec ladite jeune femme dont les yeux écarquillés étaient ancrés dans les siens… Apparemment elle s’était réveillée et apparemment elle était totalement lucide. Il s’immobilisa dans son geste, la langue toujours sur son bras avant de la rentrer dans un petit claquement sec, la fixant des yeux, parfaitement immobile comme s’il essayait de l’apprivoiser.

Le tout n’avait duré que quelques secondes à peine et il crut pendant ce laps de temps qu’elle l’avait reconnu, qu’il s’était retransformé ou quelque chose du genre… Mais elle ouvrit soudain la bouche et poussa un cri de frayeur et surtout d’étonnement… auquel il répondit, par un grognement tout aussi effrayé en faisant un bond en arrière… un peu trop grand le bond… il se fracassa la tête contre le plafond qui trembla légèrement l’espace d’un instant alors que groggy le dragon s’écroulait par terre avant de se relever, voyant un peu double en essayant de regarder la petite humaine devant lui.

Et celle-ci avait de quoi être effrayée, même s’il ne ressemblait pas à ses congénères du nord en particulier, les dragons aux cornes et pointes effilées et terriblement dangereuses sur lesquelles bien des chasseurs de dragons avaient fini empalés, même s’il était beaucoup plus petit qu’un dragon normal et ressemblait plus à une… bestiole non identifiée proche d’un gros félin croisé avec un reptile qui aurait des ailes, même s’il était… curieux avec ses grands yeux orange si expressifs et qu’il semblait plus maladroit qu’autre chose, c’était bel et bien un dragon d’un rouge profond qui se trouvait devant la Herediane…

- Grrrroooo ?

C’est ce qu’il « articula » doucement en la fixant, tapis au sol, essayant de ne pas bouger pour ne pas l’effrayer.

*Cassy ! C’est moi ! C’est Tristan !!! Je ne sais pas pourquoi je suis… comme ça mais je suis heureux d’avoir pu te protéger… et surtout que tu ne m’aies pas vu… sous… sous cette autre forme…N’aie pas peur princesse, je ne te ferais pas de mal !*

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Cassidy Herediane
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MessageSujet: Re: Un retour dans le village d'enfance   Mar 11 Déc - 22:50

Avant de s’endormir, Cassidy devait reconnaître qu’elle avait l’esprit un peu trop troublé. Et Tristan n’était pas pour arranger les choses malheureusement. Elle s’était abstenue de tout commentaire depuis le trajet de retour vers la maison de ses parents. Apparemment le jeune homme n’était pas trop enclin à discuter et cela avait un peu déçu Cassidy.

Mais encore à lui chercher l’excuse comme quoi il n’était pas encore remis de ses blessures bien que ça la frustrait un peu. Heureusement que le tatouage ne lui faisait pas partager sa douleur, ils auraient l’air bien fin tous les deux, enfin surtout elle qui se rendrait compte qu’il n’allait pas aussi bien qu’il le prétendait.

Et puis, la surprise des parents troubla aussi un peu Cassidy, pour d’autres raisons, et lorsqu’elle jetait un coup d’œil à Tristan pour avoir sa réaction, il semblait totalement ailleurs. Bon, après tout, cette histoire d’abandon, ça allait lui rappeler de mauvais souvenirs. Il avait connu ça directement et contrairement à elle qui avait ses deux parents, lui n’avait pas eu la même chance.

La jeune femme avait décidé d’accepter le présent mais ne pensait pas faire des recherches dessus. Cela ne lui ressemblait pas, elle qui était si curieuse de nature. Mais peut être avait-elle peur de découvrir une vérité qui lui ferait du mal. Alors mieux valait éviter s’engager là dedans. Ca pouvait être aussi positif et peut être qu’elle le regretterait, après tout, c’est du passé et le passé ne ressurgit jamais au détour du chemin mais quand même.

Au départ, les parents avaient décidé que Tristan ferait chambre à part. Ce qui inquiéta Cassidy, qui voulait quand même insister pour lui parler le plus rapidement possible. Cependant, le jeune homme ne semblait pas voir l’état de panique de la demoiselle, se contentant d’approuver la décision parentale. Voilà une autre chose qui fit mal au cœur de Cassidy. Ne pouvait-il pas penser qu’elle s’inquiéterait toute la nuit après ce qui venait d’arriver ? Voulait-il mettre un peu de distance ?

Oh peut être qu’elle devrait se méfier, à cause de la mauvaise magie que lui aussi avait, mais Cassidy avait quand même quelques cartes dans sa manche et elle n’allait pas se montrer plus distante et le repousser, magie maléfique ou pas ! D’accord, il pouvait devenir dangereux mais elle ne le laisserait pas faire. Et s’il fallait le maîtriser et l’envoyer au tapis dans le cas où son comportement deviendrait étrange, elle n’hésiterait pas. Pour son bien, pour ne pas qu’il fasse de bêtises. Et elle n’allait pas se laisser démolir par une bête créature qui semblait avoir une certaine emprise sur le jeune homme. Du moins, c’était les différentes hypothèses et déductions qu’elle avait fait.

Non, elle n’allait pas attendre plus longtemps ! Surtout qu’il y avait à discuter pour l’instant et elle entraina sa mère à l’écart pour lui donner une explication. Une mère peut sentir la gêne de sa fille et à voir Cassidy aussi embrouillée et dans tous ses états, il était certain que les deux jeunes ne feraient pas de choses follement romantiques ce soir. Pour que Cassidy insiste autant, ça devait être sérieux.

En revenant, elle prit Tristan avec elle dans sa chambre même si le jeune homme lui semblait à l’état de légume depuis tout à l’heure. A voir sa tête et toutes les précautions qu’elle prenait avant de lui dire, la jeune femme essayait d’anticiper les réactions de Tristan. Du moins qu’il évite de s’inquiéter pour elle ou de lui faire la morale. Elle craignait qu’il se sente responsable alors qu’elle-même n’en savait rien du tout.

Oui, elle lui avait dit que ça ne l’intéresserait pas. Parce qu’elle l’imaginait trop sonné pour comprendre ce qu’elle racontait et vu la distance qu’il mettait, peut être tout simplement n’avait il pas envie de se pencher sur ses problèmes. Encore un, dans la soirée. Ca faisait beaucoup ! Mais au moins elle avait fait la démarche de lui dire plutôt que de le cacher. Elle aurait pu l’éviter soigneusement et attendre qu’il le remarque. Mais finalement, que ce soit d’une manière ou d’une autre, si elle cherchait à minimiser les dégâts, c’était peine perdue car les réactions de Tristan étaient tout à fait aléatoires et imprévues.

Sauf que Tristan semblait la regarder le moins possible. Son comportement était étrange et pendant un instant, Cassidy se retint de péter un câble pour lui demander ce qui n’allait pas chez lui. Que ce n’était pas avec ces réactions qu’il pouvait se faire pardonner, loin de là ! Non, problème de communication là. Mais, mettant encore ça sur le compte du choc, elle se mordit la langue pour éviter de lui dire des paroles désagréables. On verra demain s’il continuerait sur cette lancée.

Il regarda son bras attentivement cependant, sans rien dire. La jeune femme s’était mordillé la lèvre à ce moment là, devant son absence de réaction totale et s’installa à côté de lui quand même, après avoir mis sa nuisette, examinant son étrange pièce, l’air pensif. Bon d’accord elle avait bien compris qu’il n’avait pas la tête à réfléchir ce soir, alors elle ne dirait plus rien !

D’ailleurs, le voilà qui s’était levé, sans dire un mot, partant on ne sait trop où. La jeune femme soupira un instant, baissa la tête, et tapa dans son oreiller avec force. Mince quoi ! De plus en plus frustrant !

Cependant, il revint rapidement pour lui faire un bandage, à sa grande surprise. Ah oui il avait toujours été un peu mystérieux quand même. Mais elle avait du mal à saisir son discours. Apaiser la brûlure ? Anesthésiant ? Heu minute… d’accord elle lui en était reconnaissante de ce geste, mais si même pas un guérisseur avait réussi à trouver une solution pour calmer sa marque, pourquoi lui, guerrier qui ne connaissait absolument rien à la magie, pourrait faire quelque chose de plus ? Louche ça… encore une pointe de frustration comme quoi elle était encore moins capable que lui de résoudre des problèmes qui dépendaient de son domaine…

Encore, une fois, la jeune femme voulait se faire cynique, vraiment pas très gentille, lui demandant si il était sûr de bien comprendre la nature de cette blessure pour mettre n’importe quoi dessus. Ce n’était pas quelque chose de physique après tout… Mais elle se retint encore une fois, les sourcils plissés, reconnaissante quand même de son geste. Il essayait de prendre soin d’elle après tout, elle n’avait pas à le prendre mal.

Une nouvelle fois le regard du jeune homme s’assombrit. Allons donc, qu’est ce qui le torturait ? Il s’expliqua lui aussi, au sujet de ces dernières paroles, comme quoi ça ne l’intéresserait pas. Et ces derniers mots eurent autant d’effet qu’une gifle en plein visage pour la pauvre Cassidy qui ne s’attendait pas à ça. Elle fronça les sourcils, baissant la tête, crispation maximum, la colère l’envahissant.

[color=indigo]*Méchante… Méchante ! Si tu n’étais pas aussi indifférent tout à l’heure je ne t’aurais pas dis ça…[color]

Elle aussi avait du être un peu sonné dans l’histoire pour penser de telles choses. Mais la patience de la jeune femme était en train de s’effriter petit à petit. Une bonne nuit de sommeil et on en parlerait plus.

Il lui conseilla de dormir et en profita pour se déshabiller avec beaucoup de lenteur. Malgré la tension du moment, Cassidy ne pouvait pas s’empêcher de regarder son bel homme, une pointe d’envie dans le regard.

Malheureusement il ne pouvait pas s’en rendre compte car il lui tournait le dos, et puis il n’avait pas l’air d’avoir l’envie de faire quoi que ce soit. Non mais vivement qu’il retrouve son comportement normal…
Sur le coup de la déception, elle s’allongea sur le lit, se tournant dos à lui pour ne pas qu’il voit la tête qu’elle était en train de tirer. Pour elle c’était dur aussi ! Aussi peu de considération, d’émotions de sa part… Elle se répétait en boucle que c’était à cause de sa blessure, que ça irait mieux et qu’elle devait éviter de le secouer, ça n’avancerait à rien.

Il vint s’allonger derrière elle. La jeune femme le sentit mais vraiment à une grande distance. Il semblait s’excuser de son comportement, qu’il ne la toucherait pas. Quoiiiiiiiiiiiiiiii ?!? Non mais il était sérieux là… Mettre des distances à cause de ce qui s’était passé ? Si il pensait la tripoter comme tout à l’heure elle l’enverrait à l’autre bout de la pièce. S’il la prenait sagement, comme elle le connaissait, elle ne dirait rien. Non pour lui l’abstention était la meilleure chose à faire. Mais quelle mouche l’avait donc piqué ? Les doigts de la jeune femme se serrèrent sur le drap et elle ferma les yeux.

Pourtant, au bout d’un moment, le jeune homme se rapprocha d’elle, très sage, l’embrassant dans la nuque, ce qui la rassura un peu sur son état. Ah ben de la fièvre maintenant… elle aurait pu s’inquiéter un peu plus que ça, mais trop épuisée et l’esprit en vrac, la jeune femme se contenta de s’endormir. Oui cette soirée ne serait qu’un lointain souvenir, elle ne devait plus y penser.

Mais malheureusement dans la nuit déjà bien avancée, Cassidy eut un étrange comportement. Comme si cela ne suffisait pas. Mais si la jeune femme était consciente, il était certain qu’elle n’aurait pas bougé d’un pouce. Ce qui peut s’apparenter à une crise de somnambulisme passagère semblait bien plus dangereux. Si seulement Tristan avait été moins distant, il aurait pu l’empêcher de sortir… il l’aurait senti bouger alors qu’elle se levait.

En effet, Cassidy s’était bien éloignée du village, en se faisant la plus discrète possible. Apparemment on avait du lui tendre un piège puisqu’elle se retrouva face à son ennemie. Une possession ? Un sort ? N’oublions pas qu’à l’extérieur de l’Académie, la demoiselle était bien plus vulnérable et malgré la présence de son maître qui avait quand même laissé des protections, cela n’était pas toujours suffisant.

Un œil averti aurait compris que Cassidy courait un gros risque. Et pourtant il semblerait que la jeune femme se soit mise en situation d’auto défense bien malgré elle, chose qu’elle ignorait totalement à ce jour. La personne qui cherchait à lui faire du mal avait des difficultés à mettre la main dessus, que la petite mage résistait avec ardeur, une puissance tombée dont ne sait où.

Elle tenta aussi de la faire fléchir avec les sentiments, ce qui tombait bien vu que la soirée avait été un peu morose avec le comportement distant de Tristan. Mais Cassidy ne semblait pas en tenir compte et redoublait d’intensité dans ces attaques jusqu’au point culminant. Elle avait réussi à toucher l’ennemi. On ne sait pas comment car l’image semblait être une illusion, ou immatériel alors il était fort étonnant qu’elle arrive à faire des dégâts. Peut être que sa force qu’elle avait provenait des sentiments qu’elle avait pour Tristan et que ça la rendait beaucoup plus puissante encore, se surpassant. Il y avait forcément une explication. Mais Cassidy n’était pas consciente, elle ne pouvait tout simplement pas réfléchir.

Malheureusement, sa démonstration incroyable fut de courte durée. En effet, un sort s’était retourné contre elle, activant cette marque étrange qu’elle avait sur le bras, qui annula tous ces effets magiques, la mettant dans une condition plus qu’inconfortable et dangereuse.

Ca la brûlait, sa peau se tordait dans tous les sens comme si on avait utilisé un objet tranchant pour tracer des lignes. Le sang coulait le long de son bras. Mais pour Cassidy, qui émergeait à peine, c’était tout simplement un effet de cauchemar ou un truc comme ça. Mais pourquoi avait-elle aussi froid ? Pourquoi son lit était-il aussi inconfortable. Elle avait mal au dos, aux pieds, à son bras.

Soudain, elle sentit une agitation au-dessus d’elle. Un rugissement, des mouvements, des coups. Non mais c’était quoi ce bazar ? Elle croyait entendre la voix de Tristan au loin. Elle divaguait, avait sûrement des hallucinations et se croyait toujours dans un rêve. La jeune femme se mit cependant à sourire doucement malgré la douleur aveuglante. Son cauchemar prenait fin. Elle ouvrit lentement les yeux qui avaient retrouvé une couleur normale. Sa vue était brouillée, floue. Eh ben… elle avait pris de la drogue ou pas ?

Pourtant, elle ne bougeait pas, ne faisait pas un geste, comme si elle avait épuisé une grande quantité de magie sans s’en rendre compte. Elle se sentit soulever assez rapidement par quelque chose. Alors là il y avait un problème ! Soit son rêve était ultra réaliste, soit elle avait vraiment été drogué.

« Je fais… un cauchemar… Bouuuh… ou c’est la faute au cidre… »

Ah ben pour être sonnée, elle était bien sonnée la pauvre ! Terrible contraste avec la Cassidy combative de tout à l’heure. Elle grinça des dents quand la douleur se fit plus violente sur sa peau, évitant de parler, le sang coulant toujours le long de son bras, ce qui la faisait se crisper par moments quand la douleur était trop forte.

« Dodo… »

Elle s’assoupit. Décidément cette fin de soirée avait été une catastrophe et Cassidy semblait ne se rappeler de rien sur ce qui venait d’arriver. La demoiselle ne sut rien de ce qui lui arrivait, qu’elle était traînée par une étrange créature de manière très originale. Sans savoir qu’elle se retrouvait dans la petite caverne d’eau chaude de tout à l’heure.

En fait elle avait été jetée dans l’eau. Arf ! Mais elle rêvait encore ! Enfin un bon coup d’eau et ça remet les idées en place. Elle avait encore très mal à son bras malgré tout mais évitait de l’examiner maintenant, tourner la tête lui donnait la nausée. Mais alors qu’elle reprenait ses esprits, elle sentit un truc gluant qui lapait son bras, et la faisait grimacer de douleur.

Il faisait noir, il faisait nuit. Pourquoi était-elle ici ? Où était Tristan ? Cassidy se frotta le front, voyant encore un peu flou.

Alors que sa vue s’habituait à l’obscurité, elle finit par tourner la tête en direction de cette chose qui « léchait » son bras et tomba nez à nez avec deux énormes yeux orangés. Heu… ça avait l’air gros… très gros. Surtout que « sa » langue était en train de laper son bras comme si c’était de l’eau. Heu… Ah… Ah…

Premier réflexe humain mais purement instinctif, elle cria. Très stupide aussi. Un aventurier aguerri gardera son calme pour analyser la situation. Mais il fallait croire qu’avec la situation, les nerfs de Cassidy pouvaient craquer très rapidement. La bestiole, qui ressemblait à un dragon, poussa aussi un cri et se cogna contre le plafond avant de regarder de nouveau avec attention la petite mage.

Pourquoi elle n’était pas dans sa chambre avec son compagnon ? Pourquoi se retrouvait-elle ici ? La jeune femme commença à paniquer, imaginant l’état du Drakkari quand il découvrirait qu’elle n’était plus dans le lit. Encore une fois, elle se blâma même si sa mémoire était bien défaillante et qu’elle ne se rappelait pas être sortie.

Cassidy se redressa un peu, il faisait toujours aussi sombre dans cet endroit mais elle ne détacha pas ses yeux de cette créature qui se trouvait en face d’elle. Sa forme était difficilement identifiable à cause du manque de lumière de l’endroit. Allumer une sphère serait une bonne première idée. Mais lorsqu’elle tendit la main pour tracer un signe, la jeune femme se sentit vidée de son énergie magique. Ah… pas normal ça ! Mauvais signe. A moins que ce soit les évènements de la soirée qui la rendait aussi faible.

La créature poussa un grondement, ce qui eut l’effet de donner mal à la tête de Cassidy. Elle entendait qu’on prononçait son surnom. Oulà… de plus en plus bizarre alors que la demoiselle se tenait la tête. Elle parvint enfin à allumer une sphère, après s’y être repris à plusieurs fois, surtout que ce n’était pas facile de tracer de la main gauche quand on est droitière, qui éclaira le lieu. La créature ne bougeait pas pour le moment.

*Eh bien… me voilà dans de beaux draps…*

Elle observa le drôle d’animal et effectivement ça ressemblait à un dragon. Sauf que la réaction de la jeune femme, au lieu de crier à nouveau, de se défendre, fut tout à fait différente d’une réaction normale. Ses yeux s’agrandirent d’inquiétude, et de son bras encore valide, elle porta sa main à son cœur. Et si…

Cassidy resta un instant silencieuse, la respiration haletante. Elle soupira, semblant rassurée pour le coup. Pas normal quand on est face à un dragon mais c’était la première chose à laquelle elle pensait. Elle jeta un coup d’œil de nouveau, essayant de réfléchir puis grimaça une nouvelle fois, son bras la faisait atrocement souffrir malgré tout.

Sur son bras, la marque avait encore évolué. Ce n’était plus une marque grossière sans signe distinct mais un symbole tracé dans sa chair, comme si on avait creusé dans sa peau. Mais à l’heure actuelle, le sang empêchait d’avoir une quelconque visibilité sur sa marque.

Ce symbole représentait de la magie noire, un signe qui était généralement apparenté à Balthar, et avait sa propre signification. Pourtant, Cassidy risquait encore d’être très mal à l’aise. Si jamais on apprenait l’existence de cette marque, tout pourrait bien changer pour elle. Les fines marques, une fois que le sang partirait, étaient d’une couleur verte foncée, couleur attribué à la nature mais aussi au poison dans son effet négatif. Mais avec cette visibilité réduite et l’effet groggy, ce n’était pas quelque chose qu’elle avait remarqué pour le moment.

Ce fut le moment que choisit la créature pour s’avancer un peu de la jeune mage qui se crispa. Mauvais ! Sa magie était vraiment très basse, elle n’avait rien pour se défendre. Cassidy retomba sur les fesses et recula, balbutiant, un crépitement doré se propageant autour d’elle. Elle voulait dire à la créature de rester en arrière, de ne pas s’approcher. Elle savait d’expérience que les dragons corrompus étaient dangereux, et les dragons normaux… mieux valait ne pas les embêter.

La demoiselle leva la main et fit un signe pour dire au dragon de reculer. Sauf un trait de lumière apparut dans les airs, et fondit sur la position qu’indiquait Cassidy. Une pierre qui se trouvait sur la droite du dragon. Un craquement se fit entendre et la pierre se fendit à l’endroit où le trait venait de percer, faisant glisser le bout le plus élevé sur le sol dans un grondement, ce qui souleva de la poussière.

« Heiiiiin ?! »

Alors là, elle n’y comprenait plus rien. On pouvait lui expliquer pourquoi la caverne était hantée ? Sauf qu’elle n’eut pas le temps de réfléchir, que le petit dragon prit de l’élan et « cracha ». Un nuage de fumée s’éleva.

« Aaaaaaaaaaaaah ! »

Cassidy agita les bras. Mauvaise idée car des crépitements dorés continuaient de l’encercler et un nouveau trait apparut dans les airs, tapant sur le sol cette fois. A en voir la tête de la pauvre fille, elle ne comprenait même pas ce qui lui arrivait. Sauf que la créature réagit rapidement et Cassidy aussi.

Le dragon partit se planquer dans l’eau, et Cassidy derrière un gros rocher. L’un faisant de joyeuses bulles mais avec un regard aussi effrayé que la jeune femme qui hallucinait et tremblait. Bien sûr, on veut tout de suite croire, que lorsqu’une grosse bête semble un peu dangereuse, on se dépêche de courir, ou d’attaquer, ou de se défendre. Pas Cassidy qui sortit la phrase la plus étonnante qui soit.

« Dé…désolé ! »

Pauvre fille…

La mage tenta de se relever, les jambes tremblantes. Elle devait à tout prix rentrer rapidement. D’accord Tristan était toujours un peu distant avec elle mais elle préférait largement ça, à ce qu’il s’inquiète pour elle. Et s’il était réveillé bien sûr qu’il s’inquiéterait ! Elle s’imaginait déjà en train de le voir fouiller les alentours, malgré sa blessure, malgré le fait qu’il avait besoin de repos pour la chercher.

Le dragon semblait se cacher dans l’eau, elle pourrait sortir, en espérant qu’il ne la gobe pas plus tard. Elle s’en voulait même si elle n’était pas responsable.

« Bouge pas hein… »

Se tenant aux parois, elle glissait d’une marche hésitante, tentant de faire son chemin et murmurant quelques paroles.

« Tris’… excuse moi… je sais pas ce qui s’est passé… s’il te plaît… m’en veux pas… j’espère… que ce n’est… qu’un rêve »

Sa marque en profita pour saigner à nouveau. C’est fou la quantité de sang qu’elle perdait en si peu de temps et pourtant ce n’était pas grand-chose. La jeune femme se mit à tétaniser, sa vue redevenant trouble, l’envie de vomir revenant. Elle tendit la main vers la sortie. Hors de question qu’elle reste ici ! Le dragon allait la manger ! S’en était fini d’elle…

Elle souffrait, ça c’était sûr ! Cependant, il lui fut impossible de lutter plus longtemps et elle s’étala par terre, sa sphère s’éteignant en même temps qu’elle sombra à nouveau dans l’inconscience.

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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: Un retour dans le village d'enfance   Sam 15 Déc - 12:20

C’était un rêve oui…ça ne pouvait être que ça ! Il s’était vu dans le reflet de ce lac… il était tellement effrayant quand la transformation avait eu lieu. Plus rien d’un être ayant des réactions associées aux humains, plus rien du beau garçon tellement craquant qui faisait tourner tellement de tête. Et s’il essayait de sourire… les trois rangées de ses crocs donnaient des crises cardiaques à ses adversaires. Heureusement qu’elle avait lieu peu souvent. C’était toujours aussi douloureux, aussi… mauvais pour son humanité, il le savait, mais parfois, il était obligé d’y avoir recours… enfin… il ne se rappelait pas vraiment l’avoir souhaité, demandé. Il se transformait, voilà tout.

Mais là, assurément, ça n’avait rien à voir ! Rien à voir du tout.
Tristan était particulièrement à l’aise avec son corps, un corps qu’il avait forgé au cours des années, renforcé avec le temps, perfectionné dans le maniement des épées en particulier, rendu endurant par de trop longues séances d’entraînements.
Son corps était totalement autre à présent. Pourtant, il ne s’était jamais autant senti lui-même qu’à cet instant. Certes il était terriblement gauche, mais il sentait la puissance de ses muscles, il ressentait tous les stimuli extérieurs. Il ne s’était jamais senti aussi vivant. C’était comme s’il était un enfant et tout à coup s’était retrouvé dans son corps de jeune adulte actuel, plein de muscles, plein d’expériences mais qui avait besoin d’être appris pour pouvoir être maitrisé.

Oui, c’était exactement ça. C’était lui… Ce corps, c’était lui… mais un nouveau lui. Un lui qu’il ne connaissait pas. Et il pouvait dire que ça n’avait rien à voir avec la précédente transformation. Pour commencer, ses ailes, qui pour l’heure restaient le long de son corps, comme si elles étaient un muscle qu’il ne savait pas encore activer… Oui, c’était ça.
Il n’y avait pas ces piques acérés sur son corps, si lourds et sur lesquels il se blessait lui-même parfois.
Non, il était différent… Il ne savait juste pas encore à quel point.

Sauter au-dessus de ce rocher… se battre pour protéger la petite mage qui était bel et bien présente, totalement groggy, c’était tellement naturel et en même temps certainement loufoque vu sa maladresse mais au final il avait réussi. Et heureusement, ce n’était pas ce soir que la sorcière s’emparerait de sa douce compagne ! Ca c’était une certitude !
Après, il ne savait plus trop quoi faire. Oui quoi faire ?
Il faisait froid et assurément il ne pouvait pas laisser Cassidy dans cet état, il fallait la mettre à l’abri de la température qui descendait encore et surtout de l’arrivée d’autres possibles morts-vivants ! Parce que c’était bien ce qu’étaient ces machins non ? En tous les cas, à l’odeur il en était pratiquement certain.

Le jeune homme bien que troublé par tout ce qui se passait et encore épuisé de sa blessure ne se posa pas davantage de question. Les questions étaient une affaire de mage. Dans cette situation, Cassidy aurait sans doute bien davantage cherché des explications. Ce n’était pas du tout une tare, c’était même une bonne chose, expliquer le pourquoi du comment pour éviter de se retrouver dans une situation pire encore. Mais lui était un homme d’action et là, ce n’était franchement pas plus mal. Il la fit glisser dans sa nuque. Bon bien sûr, ce n’était franchement pas confortable, elle était dans un équilibre précaire et il devait donc éviter tout geste brusque. Qui plus est, même s’il semblait avoir de l’énergie à revendre à présent, malgré son poids plume, la jeune femme pesait sur sa nuque et c’était quand même un brin… douloureux. Mais pas du tout insurmontable !!! Que les choses soient claires !

D’ailleurs il fit tout le chemin jusqu’à son objectif : la grotte qu’il avait dégagée en rampant. En fait ce n’était pas plus mal parce qu’il craignait vraiment de s’emmêler les pattes en essayant de marcher.
Au final, ils arrivèrent et bien maladroitement après lui avoir fait prendre un bain, il la renifla un moment, s’assurant qu’elle respirait. Car étrangement à son « odeur » il pouvait affirmer qu’elle était bel et bien vivante !!! Encore heureux, sinon, il ne serait pas dans cet état ! Déjà qu’il était inquiet. Elle se réveilla, le trouvant dans une position qu’il jugea franchement honteuse.

Il est vrai qu’il avait mal agi mais rien n’avait pu l’arrêter. Ses sens accrus lui envoyaient des dizaines de messages au sein de la grotte : des odeurs, des sons, des goûts presque, des sensations.
Et le sang de la jeune femme avait un parfum inqualifiable, terriblement attirant. Il n’avait pu s’empêcher d’y goûter ! Ben quoi ?! Comme ça il ne serait pas totalement perdu. Inutile de se chercher des excuses, c’était ignoble bien sûr !!!

Et qui plus est, c’est sur cette image qu’elle ouvrit les yeux, sur la gueule d’un animal en train de laper son bras. Aie aie aie…
Bon, fort heureusement, ses yeux, humains, avaient du mal à s’adapter, sinon elle aurait probablement était bien plus effrayée. Mais son cri le surprit tout de même et surtout… la puissance de celui-ci. Pour sa défense, elle avait un sacré organe pour commencer, ensuite la grotte résonnait quand même plutôt bien, les murs, naturels faisant écho. Enfin, il avait quand même une nouvelle apparence qui semblait s’être habituée aux sons très feutrés un peu plus tôt, les animaux présents aux alentours sentant le prédateur qu’il était pour l’heure, et qui ne fit pas « l’ajustement » quand elle hurla… c’était comme coller son oreille contre une chaine stéréo poussée au maximum… ça faisait mal mais surtout ça faisait peur !!!

C’est pour cette raison que faisant un sacré bond même si le plafond n’était pas si haut, il se cogna violemment la tête ! Une chance qu’il n’y ait pas eu de stalactite à cet endroit ! Quoique… il semblait tout de même avoir le cuir épais, même si pour l’instant il n’arrivait pas vraiment à analyser ce que pouvait bien être sa « peau ».
Le voilà en tous les cas qui, catastrophé, essayait de ne pas effrayer la jeune femme. Il avait en effet omis ce détail. Si lui arrivait à peu près à faire avec cette situation franchement difficile et étrange, Cassidy aurait d’autant plus de mal qu’il n’était pas vraiment… reconnaissable. La seule chose qui aurait pu l’aider était ses yeux orange mais ce n’était tout de même pas si extraordinaire chez un animal… réputé pour être rare. Ensuite la pierre qu’il portait autour du cou il y a peu, cadeau qu’elle lui avait fait, avait disparu… enfin disparu était un grand mot. En fait le cordon avait disparu, la pierre pour sa part, s’était « encastrée » dans le front du dragon… si on pouvait appeler ceci un front, mais auréolée de telle sorte de nuances d’orangé, que cela ressemblait à une tâche de naissance, telles celles que se transmettent génétiquement certaines grandes familles.

Cassidy semblait tout de même très surprise quand après plusieurs tentatives infructueuses, elle parvint à éclairer la grotte, de se trouver devant… un dragon. Bien sûr, elle avait compris qu’elle était près d’une grosse bestiole, mais un dragon… même si celui-ci était bien curieux. Il avait plutôt la taille d’un dragon adolescent, les différentes espèces pouvant atteindre des tailles impressionnantes… Enfin peu importait pour l’heure, ce n’était assurément pas le moment de s’appesantir là-dessus. Il savait en effet qu’elle avait eu une… espèce de combat avec un dragon et même si elle restait digne et modeste… surtout essayait-elle aussi de se montrer forte devant lui, il le savait, il se doutait qu’avec ce qu’elle avait vécu et le souvenir cuisant de la cicatrice sur sa jambe… qu’elle n’aimait pas tellement les dragons. En avoir peur était en réalité la seule attitude raisonnable qui soit. L’était-elle ? Raisonnable ? Difficile à dire…

Tristan remarqua sans mal par contre qu’elle semblait totalement… vidée. Oui, extrêmement fatiguée, ce qui confirmait l’impression qu’il avait eu lorsqu’il l’avait protégée dans la clairière… ça sentait la magie, partout autour de la jeune femme. Peu importe ce qui s’était passé, la crise de somnambulisme qu’elle avait pu faire et peu importait aussi qui étaient ceux qui lui en voulaient et avaient réussi à l’approcher de la sorte, elle était épuisée et avait besoin de se reposer.
Il lui faisait peur… il le voyait dans ses pupilles dilatées par l’obscurité et l’inquiétude. Oui elle avait peur, elle avait raison…

Pourtant, il s’était tapis au sol et avait poussé un léger grognement… certes un brin effrayant mais c’était en réalité presque une supplique ! Il l’appelait, il voulait qu’elle le reconnaisse et en même temps, cette simple idée le terrorisait. Comment réagirait-elle en le voyant ainsi ? En comprenant que c’était lui ? Penserait-elle à un maléfice ? Si elle faisait quelques analyses poussées, elle apprendrait vite la vérité sur ce qu’il avait fait et surtout sur…une chose qu’il comptait bien lui cacher éternellement. Comment réagirait-elle alors ? Le haïrait-elle ?

Malheureusement, alors qu’il se redressait à peine pour tenter de l’approcher et à défaut de lui faire comprendre qui il était, une idée bien précise en tête : lui faire comprendre qu’il n’était pas un danger, elle s’inquiéta. Son geste pour lui montrer qu’il ne devait pas avancer était pour ainsi dire… ridicule. C’est qu’elle n’avait pas grand-chose d’intimidant cette petite blonde sacrément échevelée et pâle de fatigue et de la blessure, la douleur infligée par sa marque.
Non son geste n’avait rien d’effrayant et ce n’était pas ainsi qu’elle pourrait convaincre un vrai dragon de lui obéir.

Sauf que sa magie s’enclencha et elle « découpa » une pierre qui était tout proche de lui… de sa queue en fait… qu’il essayait de bouger le moins possible depuis qu’il était entré tant il se cognait à tous les rochers. Et ça faisait mal !
Le dragon tourna lentement la tête vers le pan de grotte qui s’abattait dans un fracas, ses pupilles ovales devenant aussitôt rondes et énormes sous le coup de la frayeur. Et on s’étonnait qu’il n’aime pas la magie.
Le petit hic supplémentaire ? Si le pan de mur impressionnant, n’avait pas fait de dégât pour l’un ou l’autre en s’écroulant, il souleva un nuage de poussière et encore une fois, les sens trop aiguisés du Drakkari transformé, le desservir. Il éternua après un instant de pause pendant lequel, divers expressions passèrent sur sa face.

Ca ne loupa pas… un dragon, c’est censé cracher du feu… Une minuscule flamme lui échappa en effet mais à peine visible… il faut dire qu’il ne savait pas s’y prendre et l’éteignit en partie en sentant quelque chose de chaud remonter dans sa gorge, essayant de le contenir… Résultat un nuage de fumée s’échappa de sa gueule, fort heureusement sans incidence mais tout de même peu rassurant.

La petite mage en face, déjà sur ses gardes prit peur et malheureusement sembla sur le point de le découper en s’agitant dans tous les sens, son étrange mais fulgurant pouvoir découpeur de grotte se mettant en fonctionnement. Il n’eut droit qu’à un « éclair » découpeur faible, justement, une extrémité, comme le frôlement d’un fouet, mais une douleur cuisante traversa sa patte pourtant à peine blessée… et dans un état nettement enviable à celui du sol à quelques centimètres.
Une retraite stratégique était pour ainsi dire… souhaitable. C’est pour cela qu’il bondit dans l’eau, éclaboussant en partie les alentours alors qu’elle allait se réfugier derrière des roches pour sa part !

Ah ben à quoi elle jouait là ! Elle n’avait pas compris que c’était elle qui balançait ce genre de traits tueurs ???!!! Apparemment pas au début… Il restait dans son coin, inquiet et si enfoncé dans l’eau qu’il respirait à peine, faisant beaucoup de bulles, sans doute à cause du tremblement de peur qui l’agitait. Elle s’excusa pourtant, ce qui l’étonna davantage. Allons bon, Cassidy était étrange… mais à ce point ?!!!
Bon… au moins, elle ne pouvait pas dire grand-chose… il avait raison de ne guère aimer la magie quand on voyait la quasi bouchère qu’elle était devenue l’espace d’un instant.

Après des excuses qu’il espérait qu’elle ne présenterait pas réellement si elle était coincée devant un dragon… sachant en particulier qu’un vrai dragon corrompu l’aurait dévorée et qu’un non corrompu… jouerait probablement avec elle comme un gros chaton curieux, elle tenta de sortir. Elle parlait de lui, il l’entendait prononcer son nom. Elle était inquiète du mouron qu’il pouvait se faire pour elle, lui qui allait se réveiller seul… elle voulait le rejoindre, le rassurer et probablement se recoucher et sa pâleur l’inquiéta. Non mais franchement !!! Elle était réellement en train de s’inquiéter pour lui ? Pour le Drakkari qu’il était, censé être bien au chaud et tranquillement en train de dormir ?!! Elle n’était pas sérieuse quand même ! La perte de sang la rendait encore plus incohérente que d’ordinaire.
Pourtant, il le savait, elle n’hallucinait pas le moins du monde, c’était tout à fait son style de s’inquiéter de la sorte pour quelqu’un d’autre alors qu’elle était… franchement la plus à plaindre. Il aurait dû en être touché, pourtant, cette attitude le révoltait. Qu’elle apprenne à être égoïste voyons ! Qu’il s’inquiète !!! Peu importait voyons, tant qu’elle lui revenait entière !!!

Comment lui faire comprendre que c’était lui ? Et avait-il vraiment envie de le lui faire comprendre tout simplement ? Il était encore trop maladroit même s’il se faisait à la puissance qu’il sentait dans les muscles de ses pattes. Cassidy… quand était-il vraiment tombé amoureux d’elle ? Quand le sort d’une autre personne que lui-même avait commencé à l’intéresser, à solliciter son attention ? Quand au juste avait-il commencé à se préoccuper bien davantage de sa santé que de sa propre vie ? Il ne savait plus… mais la voir ainsi, si pâle, tremblante et le bras couvert de sang lui arrachait le cœur.

Etait-ce à cause de ses sens accrus ? Est-ce que même son cœur pouvait davantage souffrir alors qu’il était… un « dragon » ? Il avait l’impression qu’on le torturait. Ne rien pouvoir faire pour l’aider, ne pas pouvoir la rassurer, ne tout simplement pas pouvoir lui dire qu’il ne lui voulait aucun mal et ne tenterait rien. Bien sûr il aurait pu partir, ce qui aurait rassuré la jeune femme… mais partir signifiait la laisser seule alors qu’elle était dans un piètre état et toujours assez maladroite pour tomber dans l’eau… et se noyer, surtout dans ledit état. Partir signifiait aussi laisser libre champ à ses agresseurs…Ceux qui lui voulaient du mal. Tant pis si elle avait peur de lui. Il était préférable qu’elle ait peur mais reste en sécurité et surtout en vie. Pourtant… même s’il s’était persuadé qu’il n’en aurait absolument rien à faire, c’était terriblement douloureux… de voir qu’elle avait peur de lui.

Néanmoins, il n’eut pas à se poser plus de question. Elle tentait de s’échapper et il ne comptait pas l’arrêter, pensant la suivre à distance raisonnable… en marchant le plus adroitement possible. Mais elle s’écroula, de fatigue, de perte de sang… Elle devait être vidée, magiquement, psychologiquement et son seuil de tolérance à la douleur devait avoir été largement dépassé avec la torture de sa marque. Pauvre petite princesse. Il poussa un glapissement et bondit hors de l’eau, voulant l’aider mais de toute façon, il n’était pas assez adroit pour ceci et en particulier, en se dépêchant, il aurait pu faire plus de mal qu’autre chose… Par exemple essayer d’attraper un de ses bras pour la retenir en douceur et la démembrer parce qu’il ne connaissait rien de sa force, ce n’était pas franchement ce qu’il y avait de plus agréable en ce tout début de journée encore sombre !!!!

Il grogna, gémit, poussant avec énormément de précaution, très légèrement, le corps de la jeune femme comme pour essayer de la réveiller, de sa tête. Mais elle ne réagissait pas, elle était juste très pâle et… semblait frigorifiée. Quoi de plus normal ? Il l’avait fait tomber dans l’eau et malgré les vapeurs chaudes, l’air extérieur était frisquet !
Après un moment d’inquiétude à ne savoir que faire, il se coucha à côté d’elle, essayant de faire en sorte qu’elle soit contre son flanc. A sentir la température du corps de la jolie mage, si différente de la sienne, il en déduisait que sa température corporelle devait être sacrément élevée, tant mieux, il pourrait ainsi la protéger au moins un peu du froid.

Que faire ? Que faire ? Il ne pouvait pas la laisser seule en allant chercher de l’aide. D’ailleurs comment aller chercher de l’aide hein ?
Il pouvait toujours grogner, hurler jusqu’à ce qu’un groupe de villageois armés viennent le débusquer… il parviendrait peut-être à s’échapper mais il n’en était même pas sûr et puis… s’ils lui jetaient quelque chose dessus, ils risquaient de toucher Cassidy.
Alors qu’il se torturait l’esprit depuis près d’une heure, la jeune femme s’étant inconsciemment rapprochée de lui en quête de chaleur sans doute, une douleur terrible lui fit lâcher un grondement plaintif alors qu’il s’affaissait sur le sol de la grotte.
L’instant d’après ? Il avait recouvré une forme… humaine et n’y croyait pas lui-même, haletant, tâtant avec un plaisir et une joie manifeste les muscles de ses bras, son visage et ses cheveux en bataille… et c’est à peu près à ce moment là, alors qu’il s’était mis à genoux par terre et jetait un regard au petit bout de femme près de lui toujours dans les vapes, qu’il se rendit compte qu’il était nu comme un ver… ah… AAAAHHH ?!!! Quand même…

Quelle importance après tout ?
Il se pencha sur Cassidy et vérifia son pouls qui demeurait régulier. Sa température semblait aussi être normale et même si elle tremblait encore légèrement, elle semblait apaisée dans son sommeil, ce qui le rassura en partie. Pas besoin de s’interroger davantage, il fallait agir. Il la prit donc dans ses bras et l’instant d’après, la soulevait et commençait à sortir prudemment pour rentrer à la maison des parents de la jeune fille. Petit hic… les courbatures dans ses muscles. Ah bien oui, il était si maladroit quand il avait été transformé en dragon qu’il était constamment sur le qui-vive et de ce fait, ses muscles contractés, pas étonnant qu’ils le rappellent à l’ordre de la sorte. Mais elle était suffisamment légère pour qu’il tienne sans trop de mal pendant tout le trajet.

Néanmoins celui-ci fut difficile. Il se sentait aussi étrangement fatigué et puis il était très inquiet pour la jeune femme. Et ce même si elle semblait plutôt « sereine » dans son sommeil.
Le retour prit plus de temps qu’il ne l’aurait cru. La lune commençait à se coucher… le soleil ne tarderait pas sans doute, d’ici une heure ou deux il serait levé, à vrai dire il avait bien du mal à estimer pour l’heure.
Bon… retourner dans la chambre de Cassidy en passant par la fenêtre fut bien moins aisé à deux, mais fort heureusement, ils n’alertèrent personne et le jeune homme l’allongea sur le lit, prenant soin de ne pas mettre son bras ensanglanté sur le lit. Il avait cessé de saigner heureusement et le sang avait séché pendant le trajet, mais tout de même, il fallait nettoyer ceci. Prenant soin de se rhabiller histoire de ne pas croiser par exemple le paternel et de se faire découper à coups de hache (ils avaient bien dit de ne pas faire de bêtise après tout…), il alla dans la salle d’eau et la cuisine, prenant un récipient qu’il remplit d’eau et se munissant d’une petite serviette. Il avait fait vite de peur qu’elle redevienne somnambule ou peu importe ce qu’elle était d’ailleurs. A son retour, il se chargea de nettoyer le sang et les restes de son escapade nocturne avant de recouvrir la jeune mage avec soin et de s’asseoir près d’elle, la regardant.

Etrangement, même s’il était épuisé, il savait qu’il ne dormirait pas. Pour commencer trop de questions lui trottaient dans la tête mais encore et surtout… il craignait bien trop qu’elle disparaisse de nouveau. S’il avait été moins… à cheval sur des principes qui ne lui appartenaient pas, des principes de rédemption en évitant de la toucher, il l’aurait sentie bouger et elle ne serait pas dans cet état aujourd’hui. C’était à cause de lui en fait… non ?

Il avait vu que la marque avait changé mais ne s’était pas attardé dessus et puis il n’y voyait pas assez clair, allumer une lumière risquerait de la réveiller… Il s’abstint et passa les heures suivantes à lui caresser les cheveux ou la main, veillant sur elle, insensible au vent frais mais léger qui entrait par la fenêtre. Elle semblait vraiment paisible et il priait pour que ce soit le cas.

Plusieurs heures passèrent. Cassidy ne se réveillait pas. Tristan entendit le monde s’éveiller autour de lui. Les oiseaux puis d’autres animaux, les parents de la jeune femme aussi. Il tira les volets afin qu’elle se repose encore un peu et prit grand soin de verrouiller la fenêtre mais à présent que le jour se levait, il craignait moins pour sa sécurité… Comme si seules les ténèbres pouvaient réellement la lui arracher.

Le jeune homme alla saluer les parents et la mère de la petite mage lui trouva une mine affreuse. Il n’en doutait pas mais faisait bonne figure, prétextant une insomnie en souriant. Chaque muscles de son corps lui faisait mal mais en tâtant son front un peu plus tôt, il avait constaté, ayant perdu son bandage, que sa blessure frontale avait totalement disparu. Au moins était-ce une bonne chose qui rassurerait sa compagne. Celle-ci d’ailleurs s’éternisait au lit. Les parents eurent beau lui assurer que cela arrivait lorsqu’elle s’entraînait le soir avec son maître et qu’il ne fallait pas s’inquiéter, il n’en démordait pas… Il l’avait connue très matinale, imaginer qu’elle dormait à cause de toute la fatigue accumulée le faisait culpabiliser.

Finalement, il se rendit utile, aida le père à faire quelques réparations pour l’hiver, se proposant pour toutes sortes de travaux. Plusieurs fois, il passa voir Cassidy. La première fois avec un plateau, une expression un peu gênée au visage mais il s’avéra qu’elle dormait, dormait et dormait… et qu’il n’était donc guère utile pour l’heure. La mère monta aussi et entrouvrit les volets histoire que sa fille sache qu’il faisait jour et ne se rendorme pas en pensant qu’il était encore tôt lorsqu’elle accepterait d’émerger. La matinée s’écoula vite pour la plupart des gens, terriblement lentement pour le Drakkari inquiet. Finalement, une énième visite au chevet de la belle au bois dormant fut récompensée. Elle poussa un léger gémissement et commença à cligner des paupières.

Tristan retint un soupir de soulagement et plaça sournoisement son visage à quelques centimètres à peine du sien. Quand elle ouvrit les yeux, elle se mit aussitôt à loucher sur son petit ami qui avait un sourire angélique au visage et qui… se jeta sur elle sans le moindre avertissement avant de lui mordiller doucement le cou. Comme ça… sans que rien ne le laisse présager.
En tous les cas, c’était clairement à l’opposé de son comportement de la veille au soir alors qu’il se flagellait encore mentalement pour ses actions déplacées. Il embrassa doucement son cou, lui chatouillant involontairement le menton de ses cheveux et en appui sur ses bras se redressa légèrement pour la regarder avant de lui faire un clin d’œil et de lui voler un long et très engagé baiser.

- Eh bien princesse ! Tu émerges enfin ! Ton ptit déj est froid depuis un moment.

Il tourna la tête vers le plateau placé sur la table de nuit et grimaça.

- Remarque, c’est pas plus mal… j’ai cramé tes crêpes…

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Cassidy Herediane
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MessageSujet: Re: Un retour dans le village d'enfance   Sam 15 Déc - 13:42

La jeune femme avait été complètement bouleversée, ou plutôt dans un état second pour cette soirée qui avait été trop riche en rebondissements. Finissant par « tomber » sur un drôle de dragon qui avait un comportement des plus bizarres. Pourtant, et très étrangement, elle n’avait pas l’attitude d’une personne totalement effrayée par l’animal qui se trouvait devant elle. Ce qui s’était passé avec le dragon corrompu était bien particulier, et Tristan la connaissant pour sa bonté, devait bien se douter que la demoiselle avait sûrement été intrépide… voire inconsciente pendant cette rencontre du passé.

En revanche, elle paniquait totalement, le manque de magie étant en grande majorité responsable ainsi que de se retrouver très loin de chez elle. C’est plutôt ça qui lui faisait peur. Pas le petit dragon qui ne semblait pas si dangereux que ça au final. Elle le voyait par sa façon de rester immobile, ses gestes parfois maladroits. Et elle n’arrangeait pas les choses, à balancer des rayons lumineux dans la caverne, sans comprendre si ça venait bien d’elle ou d’un autre effet magique. Noooooon elle n’avait jamais eu ce genre de magie. Mais elle ne devait pas être si étrangère que ça.

Quoi qu’il en soit, elle était un véritable danger public, et ce n’était pas dans ses intentions non plus de faire du mal à la créature en face, quelle que soit son attitude. C’est pour cette raison qu’elle s’était aussi planquée, s’excusant, même si elle ne savait pas si on la comprenait. Baaah ! Elle essayait bien de parler avec toute sorte de chose étant avec elle, une flamme, un dragon corrompu, une panthère magique, des créatures… Elle pensait que le ton de la voix pouvait quand même avoir un effet. La demoiselle semblait piteuse et se redressa. Hors de question de rester ici alors que Tristan s’inquiétait.

Elle divaguait sérieusement.

Malheureusement, Cassidy n’avait pas pu résister davantage aux capacités de son corps déjà qui réclamait sa dose de sommeil.

De la révélation de Tristan, à son transport jusqu’à chez elle, elle ne sut rien de plus.

La nuit avait été bien courte, et si Tristan n’avait pas énormément dormi, ce n’était pas le cas de la demoiselle, qui, une fois la douleur passée, semblait être enfin paisible et tranquille dans son sommeil. Même si sa marque devenait inquiétante, et que les méchants ne la lâcheraient pas de si tôt, pour l’instant c’est comme si il ne s’était rien passé.

D’ailleurs la jeune femme se tournait plusieurs fois sur le matelas, cherchant une position idéale, grognant par moments en prenant sa couverture qu’elle mettait en boule et serrait contre elle, à la manière d’une petite fille avec sa peluche. A sa respiration tranquille, ses joues qui reprenaient des couleurs, il semblerait que la demoiselle avait oublié l’évènement de la veille, du moins dans son sommeil.

Malheureusement, et même s’ils devaient rentrer à l’Académie dans la matinée, Cassidy ne daigna pas se lever. Non elle n’était pas plongée dans le coma. Elle n’était pas non plus en train d’être possédée. La demoiselle avait juste besoin de beaucoup de sommeil. D’ailleurs qu’elle profite, parce que dès qu’elle apprendrait pour l’évolution de sa marque, l’ambiance serait certainement moins détendue.

Tristan décida de saluer les parents, comme la jeune femme ne se réveillait toujours pas. Marilyn trouvait que le Drakkari avait une mine affreuse et s’en inquiéta un peu. Mais bon, quand on se fait taper sur la tête, le repos est toujours un peu douloureux.

Croyant comprendre que le jeune homme semblait s’inquiéter pour sa compagne et son lourd sommeil, telle la Belle au Bois Dormant, la bave en plus, la mère décida de parler un peu plus à ce sujet.

- Ne t’en fais pas pour Cassidy. Ce n’est pas la première fois qu’elle fait une grasse matinée. Y a des jours comme ça où elle dort pendant des heures. Y a pas de soucis à se faire. Tu devrais plutôt t’inquiéter pour son état quand elle se réveillera, c’est une vraie tornade !

Elle se mit à rire doucement. Bien sûr, elle n’avait pas vu ce que Tristan avait vécu cette nuit là et ne pouvait que le rassurer. Cependant, il est vrai que ce n’était pas la première fois que Cassidy faisait une sieste à rallonge. Il fallait comprendre qu’en utilisant une forte dose de magie, de plus de la magie non contrôlée, la demoiselle finirait bien par avoir une panne de carburant comme on dit. Et comme elle ne méditait pas beaucoup ces derniers temps, son corps avait décidé de prendre le commandement et de lui imposer un bon repos forcé pour ne pas qu’elle s’écroule dans les dix minutes suivant son réveil.

Jordeth décida d’occuper Tristan pendant ce temps là, même si le jeune homme semblait avoir eu la même idée.

- En attendant que la belle se réveille, ça te dirait de continuer à couper un peu de bois avec moi ? J’ai aussi quelques travaux à faire autour de la maison. J’en profite comme tu es là. C’est plus convivial à deux

Le père était chaleureux et voulait un peu occuper le jeune homme pour qu’il se change les idées. En espérant que cette fois, Cassidy ne l’inquiéterait pas. Evacuer son inquiétude par un travail physique était tout recommandé.

Pendant la matinée, les deux hommes manièrent la hache pour faire le stock de bois pour l’hiver. Le père de Cassidy était particulièrement content et reconnaissant, ils auraient ainsi une bonne réserve pour les froides nuits qui s’annonçaient. Ils ne s’arrêtèrent pas là et montèrent sur le toit pour quelques réparations mineures, vérifier l’état de la toiture. Pendant toutes les réparations, Jordeth fut assez exigeant avec le jeune homme, faisant en sorte qu’il n’ait pas le temps de penser. La maman de Cassidy appela les hommes et servit cette fois une bonne soupe chaude à midi car malgré le beau temps, il faisait quand même assez froid.

La chaise de Cassidy était désespérément vide, et les parents, soucieux pour le jeune homme, tentèrent de lui faire un brin de conversation.

- Alors j’imagine que vous avez beaucoup de choses à faire à l’Académie pour combler l’absence de ces derniers jours

Marilyn tendit une cuillère en bois en face du nez à Tristan, tout en sortant quelques mots en plaisantant mais cela avait quand même un fond sérieux.

- On compte sur toi pour surveiller Cassy. La connaissant elle va sans doute chercher à faire des heures supplémentaires pour rattraper le temps perdu. Il est hors de question qu’elle se tue à la tache. Alors même si elle râle, grogne, te fais les yeux doux, n’hésite pas à la faire sortir de son bureau.

Sourire malicieux de la part de la mère. Les conversations allaient bon train sur le temps, la situation économique, leur boutique de poterie et sculptures.

- A propos de Cassidy, quand je suis passée ouvrir ses volets, j’ai remarqué qu’elle avait une brûlure sur le bras. Enfin on aurait dit un dessin, je sais pas comment dire ça. Mais comme ça saignait un peu, je lui ai mis un bandage en attendant que ça guérisse

Le père leva les yeux au ciel.

- Par Hérode ! Toujours aussi maladroite notre Cassy… Elle aurait bien besoin d’un peu de chance ou de prudence pour arrêter de se faire mal

Puis l’après midi fut libre pour le jeune homme et si il passa vérifier que Cassidy allait bien, cette dernière était étalée comme un pacha dans le lit, un beau sourire sur le visage et une respiration digne d’un chaton qui appréciait les heures pour dormir en plus. Les parents avaient dit au jeune homme qu’ils devaient aller ouvrir leur boutique et s’en occuper. Un peu normal, il fallait bien qu’ils continuent à gagner leur vie.

Ce n’est que vers 15h30 que la demoiselle ouvrit les yeux et émergea de son lit. Clignant doucement les yeux, Cassidy commença à s’étirer longuement. Aaaaaaaaah ! Courbatures en vue ! Hum… Peut être était-ce à cause de ses folles galipettes avec Tristan dans la caverne la veille. Faut dire qu’elle n’était toujours pas habituée à cette nouvelle activité.

Elle bailla, une main devant la bouche. Mais alors qu’elle s’attendait à avoir une magnifique vue sur le plafond, ce fut bien une paire d’yeux orangés qui la fixait. Gné ? Sans rien voir venir, elle sentit un mordillement dans son cou qui la fit frissonner. Heu… trois secondes. C’était bien Tristan ? Alors qu’il était si distant la veille. Elle ne comprit pas tout et ne s’attendait pas non plus à un long baiser engagé qui la réchauffa en un clin d’œil. Whaa…. Au moins c’était plus rassurant que ce qu’elle avait vu hier. Elle y répondit un peu timidement, peut être toujours en train d’émerger.

Tristan lui parlait, comme quoi elle se réveillait enfin, et que son petit déjeuner avait eu le temps de refroidir.
La jeune femme se redressa lentement. Son bras était toujours bandé, elle sourit quand à la gentille attention de Tristan la veille. Bon, quand même, elle avait été de mauvaise humeur en soirée, mais la fatigue devait être responsable de sa sale humeur. Assurément.

Pourtant, Cassidy avait dans l’idée de ne pas faire la dépressive, la triste, du moins, elle voulait que cette journée se passe bien au moins. Et puis ils rentraient à l’Académie, elle avait besoin de toutes ses forces.

La jeune femme tourna la tête vers le plateau, un beau sourire sur le visage, les yeux brillants. Visiblement elle était affamée et reconnaissante, et pas du tout rebuté par les crêpes à l’aspect cramé.

« Ah mais non ça tombe bien ! J’ai vraiment faim là ! »

La demoiselle prit le plateau qu’elle posa sur ses genoux, murmura tout naturellement une formule pour réchauffer ce qui était dessus. En un instant, une douce fumée s’échappa des crêpes comme si elles venaient d’être faites. Cassidy mangeait vraiment avec appétit, reconnaissante par l’attention. Le visage de la jeune femme avait repris des belles couleurs, témoignant d'une bonne santé. Elle était en forme.

« Par contre t’as raison, niveau cuisson c’est pas encore ça ! Pour un Drakkari qui est censé être l’expert de la chaleur, y a des progrès à faire »

Elle lui fit la moue avant de lui tirer la langue d’un air malicieux.

Cassidy ne semblait pas se rappeler de ses derniers évènements de la veille, ni de ses agresseurs, ni de son somnambulisme. Elle semblait d’excellente humeur, comme si le tragique accident de la veille n’était qu’un très mauvais rêve. Il est plus agréable pour eux deux, que la jeune femme soit plus souriante que déprimée. C’est sûr, hier ils avaient frôlé le drame. Il y avait certainement une raison pas nette au rétablissement miraculeux de Tristan mais Cassidy préférait voir ça comme une chance d’être encore à ses côtés.

Profiter des personnes que l’on aime, vivre au jour le jour, garder le plus de bons moments ensemble. C’est comme ça qu’il fallait qu’elle voit les choses. Car un évènement tragique a vite fait d’arriver à nouveau. Elle tenterait de le protéger, dans la mesure du possible, espérant être assez forte pour pouvoir surveiller ses arrières et se surveiller elle-même par la même occasion. Veiller l’un sur l’autre et apprécier chaque petit moment, instant que la vie peut apporter.

« Comment va ta tête depuis hier ? J’espère que tu n’as pas eu trop mal… »

Non elle semblait totalement ignorer la douleur du jeune homme et heureusement qu’elle était inconsciemment occupée ailleurs, sinon le tatouage lui aurait sûrement fait sentir que quelque chose n’allait pas bien. Ce qui l’aurait forcément réveillée et elle serait partie à la recherche du jeune homme. Ses yeux se dirigèrent vers le front du jeune homme. Il n’y avait plus de bandage, ni de blessure, comme si celle-ci n’avait jamais eu lieu.

« Rapide la guérison… Mon maître m’avait caché qu’il avait des talents dans l’école des soins… M’enfin, tant que tu vas bien c’est l’essentiel »

Elle plaisantait au sujet de son maître, dans la tonalité de sa voix. Cependant, elle se doutait bien que ça n’avait rien de normal, bien qu’elle ne posa aucune question à ce sujet, préférant ne pas aborder un sujet aussi délicat que celui là.

La jeune mage engloutit très rapidement son petit déjeuner sans demander son reste, son appétit faisant plaisir à voir.

« J’ai pas passé une super nuit pour te dire la vérité… Non non ce n’est pas de ta faute. Enfin… oui quand même je me faisais du souci pour toi mais c’est plutôt mon sommeil qui était perturbé. Un rêve trèèèès bizarre. J’aurais largement préféré rêver de nos… enfin tu vois… quand on a… dans la caverne »

La jeune femme se mit à rougir violemment. Elle était toujours un peu timide quand elle parlait de ses récentes activités avec son Drakkari. La demoiselle semblait comprendre que Tristan la regardait avec curiosité et elle hésita à lui parler de ce qui s’était passé. Elle engloutit une crêpe avant de s’étendre une nouvelle fois.

« Si je te raconte tu te moques pas hein ? C’est super bizarre quand même. Je devais avoir de la fièvre ou un truc du style… C’est peut être le tatouage qui m’a fait partagé ta fièvre qui sait… »

Elle le regarda doucement et leva la main pour lui caresser la joue avec tendresse.

« Ou j’ai peut être attrapé froid à cause de nos sorties nocturnes. Ca m’apprendra à mettre des robes aussi peu couvertes ! »

Une nouvelle fois elle se mit à rire doucement.

« Bon ben en fait mon rêve… j’étais dans une caverne. Ca ressemblait à celle où on était hier soir. Je sais pas pourquoi ma marque me faisait mal et il y avait une sorte de heu ? créature ? Qui s’amusait à lécher ma blessure. Je sais pas pourquoi, j’aime pas trop me faire aspirer le bras, surtout par quelque chose d’identité inconnu alors bon… ça m’a surpris sur le coup. Et puis je sais pas pourquoi mais cette heu… créature, elle a du avoir peur aussi je pense puisqu’elle a reculé. J’ai réussi à allumer une sphère de lumière et en fait ça ressemblait à un petit dragon. J’ai jamais vraiment vu de dragon, donc je connais pas toutes les espèces. »

Elle fit une pause. Une vraie bavarde ! Surtout que elle croyait que ce n’était qu’un rêve.

« On aurait dit ton portrait en dragon ! Enfin surtout avec les yeux orangés comme toi. Je sais pas peut être que mon cerveau a voulu t’imaginer en dragon si ça se trouve. Et puis quand il a essayé d’approcher, heu… j’étais pas trop sûre de ce qu’il voulait alors j’ai essayé de lui dire de garder ses distances et puis la caverne faisait de la magie. Ou c’était peut être moi. J’ai fais peur au petit dragon je pense, même si il a craché une flamme pour riposter. M’enfiiiiiiin ! J’imaginais pas les dragons comme ça… quand j’y réfléchis bien, je pense pas qu’il voulait vraiment me faire du mal… »

La jeune femme se balança doucement sur le lit, un peu pensive.

« Mon esprit a vraiment de drôles d’idées parfois. J’ai du halluciné je pense bien »

Elle se fit ensuite un peu plus silencieuse, voulant mettre au clair autre chose.

« Tris’… au fait… je voulais m’excuser pour hier. Je pense que la fatigue et les évènements m’ont aussi rendu un peu irritable alors j’ai mal pris le fait que tu sois moins proche… tu sais, j’ai pas vraiment l’habitude d’avoir ce genre de heu… relation et puis je pensais que je n’étais plus capable de te faire de l’effet »

Elle émit un petit rire puis serra doucement sa main. Effectivement, avoir un pouvoir de séduction sur un homme, c’était tout nouveau pour Cassidy qui y avait pris gout avec Tristan et n’avait pas compris pourquoi il était aussi rigide quand elle avait tenté de l’embrasser. Elle avait besoin d’être un peu rassurer d’une certaine manière, même si elle ne laissa pas le temps au garçon de s’exprimer, espérant juste qu’il ne l’incendie pas au passage pour ses paroles, ou qu’elle se trompait totalement.

« Ne dis rien ! Je sais ce que tu peux me dire. Enfin je pense. Que ce n’est pas ma faute. C’est juste que tu t’en veux à cause de ce qui s’est passé. Faut que j’arrête de dramatiser, j’aurais des rides avant l’âge »

Elle invita Tristan à s’asseoir sur le lit, puis l’enlaça tendrement. Mais cela était assez spécial. C’est comme si elle tenait encore plus à lui, comme si elle ne voulait pas le laisser partir. Son cœur battait fort à ce moment là et la jeune femme se redressa un peu pour déposer sur ses lèvres un magnifique baiser, avant de s’écarter un peu, beaucoup plus sérieuse.

« Au fait ! Il y a autre chose qu’il me semble important de définir. Aujourd’hui, je vais aller voir Jordan pour mettre les choses au point. Mais ce que j’aimerais, parce que tout le monde va finir par l’apprendre qu’on sort ensemble, c’est que tu n’ailles pas… faire des choses… avec d’autres filles. Enfin tu vois de quoi je parle je pense. Coucher, embrasser, draguer… Quand ça te concerne je suis jalouse et pas du tout partageuse »

Aurait-elle gardé inconsciemment des traces de son combat nocturne ? Des visions qui avaient tenté de la destabiliser ? Peut être… Néanmoins, elle se détendit un peu.

« Et qu’une autre ne s’amuse pas à poser ses sales pattes sur toi, parce que si je le vois, elle passera un très mauvais quart d’heure… »

Puis la jeune femme grimaça et regarda le nouveau bandage, sans savoir que c’était sa mère qui l’avait fait ce matin.

« Tu crois que c’est une bonne idée ce bandage ? Ca me pique le bras… »

Elle fit un geste pour chercher à l’enlever tout naturellement.
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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: Un retour dans le village d'enfance   Dim 16 Déc - 19:47

La ramener… En tant que Drakkari bipède, c’était tout de même beaucoup plus facile. Tristan était rassuré tout de même. Personne ne les avait vus, ils étaient rapidement rentrés et Cassidy semblait beaucoup plus calme, sa blessure avait cessé de saigner et elle était apaisée dans son sommeil.
Que se serait-il passé s’il avait été incapable de redevenir normal ou… si elle avait continué de souffrir ? Il l’ignorait et préférait ne pas y penser à vrai dire.

Finalement, entendant les parents de la jeune femme se lever, il avait fait de même, malgré son hésitation à la laisser seule mais elle ne faisait que dormir et il ne pouvait pas passer son temps à son chevet. Autrement il ne ferait que s’inquiéter et ressasser les évènements de la veille. Là, clairement, il avait besoin de se vider l’esprit et pas qu’un peu d’ailleurs.
Il ne semblait pas avoir un très bon appétit pour l’heure par contre et Marilyn avait raison, il n’avait pas bonne mine mais peu importait de toute façon, il n’était pas malade, ce n’était que de la fatigue et de l’inquiétude, il irait mieux dès qu’il aurait des certitudes sur l’état de santé de sa petite amie.

En tous les cas, si les deux parents le rassurèrent, ils semblèrent se mettre d’accord d’un seul regard pour occuper le jeune homme afin qu’il ne se fasse pas plus de soucis que cela et surtout ne passe pas trop de temps sans activité, ce qui pourrait l’amener à s’inquiéter davantage justement. N’empêche, leur fille méritait de se faire taper sur les doigts à inquiéter un aussi beau garçon.
Pour un coureur de jupons, le Drakkari se préoccupait d’ailleurs bien plus que nécessaire de sa conquête du moment. Mais il y avait des raisons à cela…qu’il ne pouvait pas vraiment leur avouer. Outre bien sûr les évènements de la nuit qu’ils ne pouvaient CLAIREMENT pas leur avouer s’il ne voulait pas que devenus trop protecteurs et morts d’inquiétude, ils enferment leur fille dans un donjon pour la préserver des dangers qui la guettaient plus qu’à l’accoutumée.

D’ailleurs… étrangement, une certitude s’affirmait de plus en plus dans son esprit. Depuis qu’ils s’étaient retrouvés, elle faisait face à ces évènements, avant, ce n’était pas le cas. Elle le lui avait bien dit non ? C’était aussi nouveau pour elle.

En tous les cas, même s’il faisait clairement des efforts pour rester charmant, Tristan était inquiet. Ca se voyait à son regard soucieux alors qu’il coupait du bois. Apparemment, le travail physique, même s’il l’occupait, était devenue une chose tellement naturelle qu’il n’en était pas plus éprouvé que cela. C’était faux… Il pensait que c’était dû à sa transformation de la veille ou… que ça en résultait forcément mais la douleur dans ses muscles ne l’avait pas quitté et certaines charges lui pesaient bien plus que d’ordinaire. D’ailleurs… sa force de Drakkari ne se manifesta à aucun moment, le laissant avec sa force d’homme qui en tant « qu’athlète » le laissait tout de même suffisamment armé.

Pendant le repas du midi, il était peu bavard, s’était renfermé sur lui-même et même s’il faisait des sourires et remerciait la mère de Cassidy quand elle le servait, le regard qu’il tournait vers les escaliers à chaque fois qu’un léger bruit se faisait entendre était immanquable.
Mais ils l’occupaient, lui faisaient la conversation et ça fonctionnait un peu. Tristan eut d’ailleurs un pâle sourire quand ils parlèrent du travail et du fait que Cassidy allait vouloir faire des heures supplémentaires et qu’il devait l’en empêcher.

- Je ferai mon possible… mais elle est suffisamment butée pour verrouiller magiquement son bureau et s’interdire tout débordement autre que celui du travail si elle en décide ainsi.

Une lueur de tristesse passa dans ses yeux mais très rapidement remplacé par une espèce d’amusement conspirateur.

- Mais elle ne semble pas encore avoir compris qu’à ce jeu là… je gagne toujours.


Oh et il allait le prouver. Si la jeune femme parvenait à lui résister dans ces conditions, quand il s’y mettait et ce même si elle était débordée de travail, elle aurait droit à ses excuses et surtout ses félicitations, c’était certain.
Ils parlèrent un moment, de tout et rien.

Néanmoins, les parents faisaient attention aux sujets abordés. Ils n’évoquaient pas le passé du jeune homme ou très peu et évitaient de poser des questions qui puissent le gêner. Et si jamais ces questions étaient problématiques, Tristan était encore suffisamment attentif pour donner une réponse éludée mais tout à fait correcte.

Finalement, ils partirent ouvrir leur boutique, laissant le jeune homme seul. Celui-ci ne tarda d’ailleurs pas à retourner dans la chambre de Cassidy et l’observa un moment dormir. En effet, elle portait de nouveau un bandage au bras.
Il se souvint avec un sourire du regard qu’elle lui avait lancé la veille au soir. Assurément, elle lui en voulait et préférait qu’il ne la touche pas. Elle semblait tellement en colère. Il savait qu’il n’aurait jamais dû agir comme il l’avait fait mais… comment s’expliquer ? Bien sûr, il s’égarait mais ça, il ne pouvait pas le savoir.
Oui, elle semblait en colère et quand il était revenu avec ce bandage de fortune qui l’avait pourtant aidée, elle semblait prête à le mordre et lui balancer quelques… répliques bien pensées au visage. Bien sûr, elle avait raison. Comment pouvait-il prétendre savoir quoi faire hein ? Le guérisseur lui-même n’avait rien fait.

Si elle lui avait posé la question, pourtant, il aurait répondu en toute franchise. Il ne l’avait pas fait au départ parce qu’il n’osait pas et puis… une trop grande attention de sa part aurait réellement laissé planer des doutes sur ses sentiments, déjà qu’elle se faisait toute sorte d’idées… Ensuite, il aurait continué en affirmant que les guérisseurs étaient confrontés à de tels maladies, troubles, blessures et autres qu’ils allaient au plus compliqué… parce qu’ils étaient justement constamment confrontés à la difficulté et que les remèdes bêtes et simples de grand-mères ne leur venaient plus à l’esprit.
Et en effet, il avait agi vite, à base d’aliments. La composition aurait probablement surpris la jeune femme d’ailleurs, mais peu importait.

Cassidy commença ENFIN à se réveiller et amusé, soulagé et un brin « fripon », il se glissa au-dessus d’elle, l’embrassant dans le cou après l’avoir mordillée gentiment dès qu’elle eut ouvert les yeux.
Par contre quand il l’embrassa, il ne fut que peu surpris de son manque de réponse : elle se réveillait tout juste, il fallait lui laisser le temps.
Il déplora le petit-déjeuner mais elle le réclama après s’être redressée et il installa le plateau sur ses genoux, surpris mais amusé par son appétit.

Etrangement, malgré les cernes sous ses yeux, Tristan retrouvait des couleurs à voir la jeune mage en pleine forme et l’air satisfaite. Elle s’était réveillée, elle allait bien. A présent il pouvait souffler et cesser de se torturer l’esprit. Il resta à côté d’elle, l’observant manger sans un mot alors qu’elle critiquait tout de même gentiment la cuisson. Ce à quoi, il répondit d’un regard et d’un sourire un peu trop charmeurs.

- Justement… j’ai tendance à faire s’échauffer très vite ce que je touche. Que ce soit une crêpe ou… une demoiselle.

Petite taquinerie légère qui se voulait un peu perturbante c’est vrai. Après tout, il avait parfaitement remarqué à quel point elle succombait vite sous ses baisers et caresses et le lui rappelait bien sadiquement, histoire de lui remettre de bien agréables souvenirs en tête. Bon bien sûr, ça sous-entendait aussi qu’il avait fait succomber bien des demoiselles mais ce n’était assurément pas ce qu’il visait premièrement comme sujet.

Elle aborda sa blessure et il souleva sagement sa frange inégale pour lui montrer son front parfaitement lisse qui ne portait plus la moindre blessure, guidant sa main dessus pour qu’elle s’assure que ce n’était pas une supercherie. Elle semblait rassurée même si elle parla de son maître. Il retint une grimace. Malheureusement le mage n’y était pas pour grand-chose. A vrai dire, même en étant doué, il ne pouvait probablement pas effacer une cicatrice si rapidement. Mais quelque chose dans sa voix le mettait mal à l’aise… Comme si elle se doutait que justement, le mage ne pouvait pas être entièrement responsable de cette guérison.

*Je sais que tu voudrais que j’en parle princesse… mais pas ça… je suis égoïste… je ne veux pas te perdre*


Elle finit rapidement de manger et il enleva le plateau pour le poser sur la table de nuit, la regardant avec curiosité quand elle annonça avoir mal dormi. Aie… Sauf qu’elle parla du rêve qu’elle aurait voulu faire, à savoir leurs activités dans la grotte et un sourire lubrique se dessina sur les lèvres du jeune homme. La suite le fit rapidement déchanter même s’il ne le montra que peu après avoir assuré sa compagne qu’il ne se moquerait pas.
Ainsi, elle se souvenait de ce qui s’était passé mais elle pensait que ce n’était qu’un rêve. Il en était au moins aussi inquiet que soulagé.

Pourtant le beau jeune homme ne se démonta pas et son regard s’alluma de cette petite pointe de fantaisie qui accompagnait toujours son sourire si dragueur et tellement charmant qu’il était naturel et même biologiquement humain d’être tenté de l’embrasser. Il pressa légèrement la main de sa compagne et approcha trèèès près son visage du sien. Trop pour que l’espace restant ne soit pas une torture d’ailleurs.

- Alors comme ça tu fantasmes sur moi en dragon ? Intéressant… S’il faut que je commence à te poursuivre en poussant des grognements… ça peut être intéressant en effet…

Il lui sourit et recula sagement, mais il semblait séduit par l’idée et vraiment amusé.

Cassidy continua sur sa lancée et il fut bien surpris de l’entendre s’excuser.
Qu’elle s’excuse… oh il aurait dû s’y attendre en fait. Effectivement elle était irritable mais il y avait des raisons à cela et elle ne pouvait pas aller contre sa nature, contre ses peurs et surtout contre ses sentiments. S’il sembla surpris, Tristan comptait l’écouter jusqu’au bout mais la fin de sa phrase, malheureuse, lui donna un tel regard… qu’elle fit bien de l’arrêter.

Une surprise d’autant plus grande, de l’incompréhension et même… de la colère.
Elle enchainait, l’empêchant de parler en disant qu’elle se doutait de ce qu’il dirait. Et il comptait secouer vivement la tête car si le début de ses prévisions était bon (effectivement, ce n’était pas de sa faute), il n’était pas totalement d’accord. Sauf qu’elle l’arrêta en l’enlaçant d’une bien étrange façon. Il était assis sur le côté du lit et écarquilla les yeux alors qu’elle nouait étroitement ses bras autour de lui. Là, ça lui faisait un peu mal à cause de ses douleurs musculaires mais c’était d’autant plus intense en fait et… pas désagréable.

Mais elle n’était pas comme d’habitude, elle semblait avoir peur. De quoi ? Que tout ceci ne soit qu’un rêve ?
De nouveau il ouvrit la bouche mais elle l’embrassa et annihila ainsi toute volonté chez le grand Drakkari pourtant résistant. Il glissa une main dans son dos, en appui sur l’autre pour se maintenir assis et la pressa contre son torse, lui rendant son baiser. Quand celui-ci cessa, il semblait… troublé.

Et assurément, la demoiselle était en meilleure forme que lui parce qu’elle se remit beaucoup plus vite et continua une fois de plus sur sa lancée. Bah, elle était bien bavarde dès le réveil dis donc. Enfin… il aimait bien aussi donc ce n’était pas un problème. Mais le sujet qu’elle abordait était de nouveau très sérieux. Dis donc !!! c’est qu’elle avait cogité dans sa nuit la petite demoiselle.

Et quel était donc ce sujet ?
Rien de moins que la fidélité. Tristan fronça d’autant plus les sourcils et il remarqua qu’à son geste, elle ne le regardait plus dans les yeux et que sa voix se faisait presque… suppliante. Mais… mais qu’est-ce qui se passait là au juste ?
C’était ça l’idée ? Elle avait l’exclusivité ?... Lui aussi du coup ?
Elle avait cessé de parler après avoir menacé une ennemie imaginaire de le toucher. Il sourit alors qu’elle triturait le drap qui recouvrait ses jambes et lui souleva doucement le menton d’une de ses mains pour qu’elle le regarde.

- Eyh princesse…

Il lui sourit et écarta de son autre main les mèches blondes qui lui barraient le visage, reste de sa nuit certes reposante mais tout de même mouvante ! Le tout avec une infinie douceur et une tendresse presque palpable dans le regard.

- Tu sais… Si c’était quelqu’un d’autre… Maud par exemple, j’aurais ri et je n’aurais même pas enregistré ces paroles comme une demande sérieuse. Mais toi c’est différent. Tu le sais non ? Je sais… Je sais que c’est peut-être difficile à croire parce que je n’ai jamais pensé qu’égoïstement et qu’aucune femme n’a réussi à susciter suffisamment mon intérêt pour que je lui reste fidèle. Avant, cette simple idée m’était inconcevable mais… nous deux c’est différent. Enfin… je sais que je ne supporterais pas de faire comme avec Maud justement… quartier libre… n’avoir aucune contrainte d’engagement. Enfin je ne dis pas que je veux m’engager mais… je ne supporterais pas de te savoir dans les bras d’un autre homme. Je pense qu’il est naturel que ce soit réciproque. Je comprends que tu veuilles mettre les choses au clair mais en réalité, honnêtement… je ne pensais pas… être avec une autre femme que toi… alors que nous sommes ensemble. Alors ne t’en fais pas d’accord ? Par contre m’empêcher de draguer est impossible princesse… il paraît que je drague simplement en souriant… tu ne vas pas priver ces pauvres demoiselles de ce sourire d’ange quand même !!!


Il lui faisait un des sourires en question, magnifique, innocent, caressant doucement sa joue. Ses paroles respiraient la sincérité même s’il semblait le premier surpris par son annonce calme, comme mûrement réfléchie et assurément sacrément bonne pour l’estime que lui portait la jolie mage. Et au moins autant pour l’amour qu’elle lui portait. Par contre, il avait avoué le « alors que nous sommes ensemble » assez précipitamment alors qu’il la fixait dans les yeux avec encore une fois trop de tendresse pour mentir, parce qu’il se rendait compte qu’il pouvait laisser entendre qu’il ne voudrait aimer qu’elle. Et assurément, s’il progressait, l’engagement, ce n’était pas son truc.

Elle semblait plutôt contente de sa réponse et il surprit une bien étrange lueur, un éclat dans ses yeux noisette qui lui broyait l’estomac quand elle le regardait ainsi. Oula !!! Elle n’allait pas pleurer quand même. Il sourit et tourna la tête, préférant lui laisser le temps de gérer ses émotions tranquillement, sans contrainte, histoire qu’elle ne se force d’aucune façon.
Par contre alors qu’il mettait finalement le plateau par terre, décidant que l’équilibre qu’il avait sur la table de chevet était trop précaire pour ce qu’il avait en tête, il la vit rougir du coin de l’œil et changer de sujet en se préoccupant du bandage autour de son bras.

Mais il se redressa avant qu’elle n’enlève celui-ci, nullement inquiet pour sa blessure, enfin un peu bien évidemment mais ne l’arrêtant pas pour cette raison, une lueur inquiétante dans les yeux. De nouveau il semblait très différent, sévère et même en colère. Il l’agrippa fermement par les épaules et la fit basculer le dos sur le lit avec néanmoins beaucoup de douceur. Un sourire se dessina sur ses lèvres alors qu’il écartait la couverture pour se glisser dessous, sur les genoux, au-dessus d’elle.

- Tss tss pas si vite. Ne crois pas que j’ai oublié l’énormité que tu as sortie tout à l’heure. Rien que d’y penser j’en ai des frissons de dégoût ! ts !

Il se colla contre elle et l’embrassa passionnément et un peu trop longtemps d’ailleurs, glissant la tête dans son cou, à bout de souffle plusieurs minutes après. Mais il se remit rapidement et l’air de rien, glissa une main sur une de ses jambes alors qu’il la regardait avec un air clairement pervers… son regard s’égarant sur son décolleté avec un peu trop d’insistance. Il arriva à s’en détacher finalement et en appui toujours sur un de ses coudes, caressa sa joue du bout des doigts.

- Comme si tu pouvais cesser de me faire de l’effet…

Nouveau sourire digne d’un arrêt cardiaque et nouveau baiser passionné avant qu’il ne se recule encore de quelques centimètres, cherchant son souffle, l’air concentré.

- Ca… ça ne pourra arriver… que quand je serais mort… et encore… Non mais sérieusement Cassy… tu es folle de penser ce genre de chose !... Je suis physiquement dingue de toi, s’il faut que je lève régulièrement un écriteau sur lequel c’est marqué pour te le signifier en cas de coup de blues je le ferais mais… tu n’as pas besoin de ça.

S’il tentait de l’affirmer par des baisers et des tentations depuis quelques minutes, une idée plus ou moins claire derrière la tête, le jeune homme se fit soudain beaucoup plus romantique, un comportement inédit par rapport à son ancienne personnalité. Il prit doucement la main de la jeune femme et la posa sur son torse, sur son cœur. Celui-ci battait fort, sans doute à cause de leur proximité ou de son envie de l’embrasser. Il sourit.

- Si jamais tu doutes… pose ta main là… Si mon cœur ne s’emballe pas à ton contact… à ta voix… à ton sourire… ou à la vue de ce corps sublime… là tu pourras te poser des questions mais jamais autrement, d’accord ? Pour moi aussi c’est nouveau princesse… mais c’est vrai, je te le promets.

Mais c'était quand même difficile pour lui de se montrer si faible. Son regard se fit un peu moins doux... ou du moins beaucoup plus... pervers et il sourit en semblant essayer de voir à travers la couverture avant de se pencher sur elle et de déposer des baisers dans son cou, murmurant tout bas :

- Tu sais... tes parents sont sortis... on peut faire encore quelques câlins quelques minutes... non ?

En tous les cas, une chose était sûre... la distance, c'était de l'histoire ancienne.
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Cassidy Herediane
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MessageSujet: Re: Un retour dans le village d'enfance   Dim 16 Déc - 23:17

Il avait raison, les choses avaient évoluées depuis que le jeune homme était réapparu dans la vie de la petite blonde. Seulement, même si sa marque la faisait souffrir, même si la vilaine sorcière tentait de convaincre Cassidy de se laisser dévorer par la haine et la souffrance, il y avait toujours un fond de résistance. Le fait d’avoir été touchée malgré sa transparence était une petite victoire. Qui avait encore plus précipité l’évolution de la marque. Mais aussi qui avait permis à Tristan d’intervenir grâce à un concours de circonstances.

Malheureusement, la jeune femme ne semblait en garder aucun souvenir. Faire de la magie sans son bâton, surtout à haut niveau, c’était tout simplement impossible. Mais peut être qu’il valait mieux qu’elle ne sache pas ce qui s’est passé. Il y avait fort à parier que Cassidy le prendrait très mal, s’inquièterait pour la suite des évènements, et décide de s’enfermer dans un cachot de l’académie pour se protéger, et protéger les autres du danger qu’elle puisse représenter.

Les parents de Cassidy avaient rapidement compris, en voyant l’air défait du beau jeune homme, que leur fille n’avait pas fini sa nuit. Mais bien sûr, elle s’était entraînée avec son maître la veille, la soirée avait été longue, surtout en rebondissements, et les cernes sous les yeux de la jeune fille avait été un premier avertissement. C’est vrai qu’elle devrait se faire taper sur les doigts pour inquiéter un si beau jeune homme.

Mais dans un autre sens, c’était une preuve à leurs yeux que Tristan était quand même sacrément attentif et n’avait pas l’air de jouer la comédie pour bien se faire voir. Au repas, ils n’avaient pas loupé les coups d’œil du jeune homme en direction de l’escalier qui menait à la chambre de Cassidy. Et eux, tentaient de faire la discussion mais parlaient plus de sujets évasifs, sans partir dans le drame et les mauvais souvenirs. Ils étaient très discrets en ce qui concernait le passé de Tristan. En même temps, ce ne sont pas des sujets à aborder, à moins d’avoir envie de gâcher le repas.

Ils annoncèrent à Tristan qu’il était temps pour eux de s’absenter, que de toute manière, le jeune homme était là pour veilleur sur leur fille et que rien ne pourrait arriver.

Si Cassidy avait une attitude beaucoup plus bougonne la veille, il semblerait que ce ne soit pas le cas pour cette nouvelle journée. Oui, c’est sûr, à bout de nerfs, elle aura pu lâcher des paroles très méchantes. Et puis, être considérée comme la méchante, ça ne lui faisait pas particulièrement plaisir non plus. Même si Tristan avait voulu bien faire. Elle devrait l’accepter comme il est mais elle n’arrivait pas encore à trouver la limite entre grogner et se taire.

En meilleure forme malgré les courbatures, Cassidy se sentait rassurée à propos de l’état de Tristan. Même si le beau jeune homme devait encore cacher des choses et des inquiétudes, pour l’instant, la petite mage ne préférait pas y penser. Elle était contente de le voir près d’elle, et ça c’était vraiment important. Et pourtant, elle avait de quoi se faire du souci ! Ses cernes sous les yeux, son air fatigué comme si il n’avait pas dormi de la nuit. Elle aurait tant voulu l’aider mais si elle osait utiliser sa magie, le jeune homme ne serait peut être pas très content. Elle partageait, utilisait ses connaissances pour les autres, sans se soucier de son état à elle. Pas assez égoïste.

Elle s’était contenté d’approuver le petit déjeuner, malgré son aspect, reconnaissante. Une Cassidy qui mange bien et qui parle bien, est une Cassidy en bonne santé. Y avait pas plus simple que ça. Rajoutons quand même une Cassidy qui peut admirer son bel homme sans que celui-ci ne tire la tête aussi est en bonne santé.

La demoiselle avait lancé une gentille remarque au sujet de la cuisson, et il répliqua au sujet de ses compétences, ou capacités, alors que Cassidy avait une cuillère dans la main, touillant le bol de lait. Une attitude qui rappelait fortement Marilyn quand elle brandit la cuillère d’un air faussement menaçant, une pointe d’amusement dans le regard.

« Vous me semblez bien sûr de vous Messire Konnogan. J’attends de voir la suite… »

Sourire malicieux qui en disait long sur le sujet. Une relation, ça s’entretient et elle ne comptait pas fondre à chacun de ses baisers même… si c’était de plus en plus dur de résister et Cassidy le savait très bien ça !

Ensuite, Cassidy demanda à son compagnon si il allait mieux. Lorsque le jeune homme lui montra son front, guidant sa main pour qu’elle puisse voir par elle-même que c’était guéri, la mage put constater effectivement que c’est comme si il ne s’était rien passé. Elle avait d’ailleurs légèrement plaisanté, parlant de son maître, bien qu’elle n’était absolument pas dupe. Elle n’avait pas rêvé pour ça, elle avait bien entendu le bruit, vu la marque, et la confirmation de son maître au sujet d’une entaille appuyait son raisonnement. Elle savait que pour sa part, elle avait un fort potentiel de régénération. Même si elle ne le confirmait pas tout de suite. Et puis ça agissait un peu aléatoirement.

Tristan semblait aussi avoir un truc de ce genre, mais parfois certaines choses sont trop belles pour être vraies. Soit c’était quelque chose de génétique ou de magique, une sorte de don. Soit ça pouvait tout aussi bien être un sacrifice contre un souhait. Aaah… les voyages avec son maître… les gens qui se laissaient berner quand on leur promettait de répondre à tous leurs désirs en échange de quelque chose d’important. Il lui en avait parler, soulignant le danger que cela pouvait représenter. Cependant, elle chassa rapidement de sa tête ces vilaines pensées.

Mais lorsque la demoiselle avait récupéré sa main, elle avait fixé assez étroitement Tristan. Son regard s’était fait plus sévère, comme si elle était beaucoup plus sérieuse d’un coup. Le genre de regard qui pourrait dire « Je sais que tu ne me dis pas tout mais attention à toi, si il t’arrive quelque chose, tu passerais un mauvais quart d’heure ». Elle l’avait regardé tout en prenant sa main et la pressant doucement, tendrement, ce qui contrastait beaucoup avec son regard qui était moins enfantin, moins enjoué. Cependant, la demoiselle passa rapidement à autre chose, changeant de sujet.

Ensuite, Cassidy avait abordé sa nuit, très innocemment sans qu’on ait l’impression qu’elle mentait puisqu’elle était totalement sincère. Elle avait hésité mais finalement, Cassidy raconta son rêve très étrange, accompagnant de quelques gestes, pour désigner la taille de la créature, désignant le bandage autour de son bras, s’agitant parfois. Le jeune homme n’avait rien laissé paraître, comme si il écoutait sa petite amie, amusé par son histoire. Rien qui pourrait mettre la puce à l’oreille de la demoiselle comme quoi il n’était pas si étranger que ça dans l’histoire.

D’ailleurs, il s’approcha très près de son visage, et la jeune femme se mordit la lèvre en le regardant. Aaaah ! Qu’il arrête de faire ça sinon elle allait finir par lui voler un baiser ! Elle se contenta de le regarder alors qu’il était amusé par la situation, et lui indiqua pouvoir la poursuivre en poussant des grognements. La demoiselle leva les yeux au ciel.

« Mouaiiiis j’ai du mal à t’imaginer convaincant quand même. Et puis, je pense pas que je me laisserais sagement poursuivre »

Elle lui donna une pichenette sur le nez, amusée, tout en déclarant ces paroles.

Finalement, elle changea encore de sujet, et voulait mettre les choses au clair en ce qui concernait la soirée d’hier. Que la demoiselle était un peu sur les nerfs, de mauvaise humeur, mais surtout, qu’elle n’avait pas compris pourquoi Tristan était aussi distant avec elle-même si elle savait que ce n’était pas bien ce qu’il avait fait. Elle semblait un peu maladroite, parlant avec plus d’hésitation, détournant le regard.

Puis, sans que le Drakkari s’y attende, elle le serra dans ses bras. Pourquoi est-ce qu’elle avait une pointe de peur ? Pourquoi elle avait autant d’appréhension quant à le perdre ? Son inconscience lui rappelait les horribles images de la veille, entre ce qu’elle avait vécu et son somnambulisme. Elle appréciait son parfum, la chaleur qui se dégageait de son corps. Oh elle aurait très bien pu s’endormir une nouvelle fois comme ça dans ses bras tellement elle se sentait bien, rassurée de l’avoir contre elle. Même si elle se trouvait un peu sangsue parfois.
D’ailleurs, elle se dégagea un peu, et avant qu’il ne parle, elle déposa sur ses lèvres un baiser passionné. Et tant pis si il allait encore faire son distant, Cassidy en avait besoin, de l’embrasser, de croire que tout ce qu’elle vivait avec lui, ce n’était pas du vent. A sa grande satisfaction, le jeune homme répondit à son baiser, la pressant contre lui, ce qui donnait à la demoiselle des frissons pas désagréables du tout. Elle était bien, vraiment bien. Même si Tristan était un peu troublé sur la fin.

Encore une fois, la jeune femme parut un peu mal à l’aise, abordant un autre sujet. Eh ben son inconscient lui en avait transmis des choses durant la nuit ! Oui, fidélité. Ne pas voir son beau Drakkari dans les bras d’une autre. Ah ça elle ne pourrait pas ! Non non non ! Impossible ! Même si elle était assez mal à l’aise. N’avait-il pas dit au départ qu’il ne s’attachait pas ? Que l’engagement ce n’était pas pour lui ? Qu’il était libre et toutes les femmes d’Ascadian à sa disposition ? Oui, et c’est ça qu’elle craignait sincèrement. Sa réputation le précédait. Même si elle l’aimait sincèrement, elle n’était sûrement pas la première à tomber sous son charme.

Elle triturait le drap d’un air gêné, silencieuse, même si elle s’était permise une petite pointe d’humour quant à de futurs prétendantes. Le jeune homme l’invita à lever la tête, regardant ses beaux yeux orangés, qui semblaient être remplis de tendresse et de sincérité. Très loin du Tristan grincheux, insouciant, celui qui se fiche des sentiments. Bien loin en effet.

Il commença à parler et on pouvait dire que les chevilles de Cassidy allaient gonfler. Pour elle, c’était différent. Il ne la considérait pas comme Maud… Il voulait vraiment au moins respecter ne pas aller voir ailleurs. Même si il ne parlait pas d’engagement. Mais c’est quoi au juste un engagement ? Du long terme ? Se fiancer ? Rendre officiel leur couple ? Elle ne savait pas plus. Mais elle semblait extrêmement émue par ses paroles. C’était toujours un petit pas en avant.

Et c’est vrai, elle avait les yeux brillants, d’émotion, alors qu’elle le fixait, voulant se jeter à son cou. Mais elle resta très calme alors qu’il tourna la tête pour qu’elle puisse gérer ça toute seule. La jeune femme inspira profondément et regarda par la fenêtre. Elle ne prenait pas ça à la légère. Pour lui… le seul homme qu’elle n’aurait jamais cru pouvoir aimer un jour. L’enfant turbulent et désagréable qui ne respectait rien ni personne, qui se laissait vivre de jour en jour. Qu’elle n’avait jamais compris. Et pourtant, elle se rendait compte que celui qui paraissait si loin d’elle, était en fait beaucoup plus proche que ce qu’elle pouvait penser au départ. Elle le savait, elle le sentait et Cassidy ne pourrait jamais aller contre cette nature. Elle voulait que ça dure.

La demoiselle se mit enfin à rougir, imaginant toutes sortes de choses agréables. Quant enfin elle semblait se réveiller au sujet de son bras, grommelant comme quoi ça la piquait, qu’elle voulait l’enlever. Sauf qu’heureusement pour elle, Tristan ne la laissa pas agir et il avait bien raison !

Il avait encore changé d’expression, plus sévère, moins tendre qu’avant et l’empêchant d’agir, la faisant basculer sur le dos sur le lit, alors que la jeune femme le regarda au départ, l’incompréhension la plus totale se lisant sur son visage. Il parlait des choses qu’elle avait dit tout à l’heure, tout en se plaçant au dessus d’elle sous la couverture. La jeune femme pouvait en profiter pour bien regarder mais il se penchait déjà vers elle pour déposer sur ses lèvres un baiser passionné.

Ah ! Comment résister à ça ? La demoiselle en avait du mal ! Alors qu’avant elle aurait sans doute envoyé le malheureux garçon à travers la pièce, là elle se contenta de répondre à son baiser tout aussi passionné, jusqu’à en perdre le souffle alors qu’il se glissait. Il avait raison sur un point, s’échauffer, il y parvenait très bien et elle se trouvait d’ailleurs bien faible parfois. Il la regarda ensuite avec ce regard qu’elle avait déjà vu, ce qui lui valait des coups de baton sur la tête.

La jeune femme le menaça d’une petite tape amicale sur le sommet du crâne. Un brin pervers le garçon ! Mais il ne fallait pas non plus en abuser. Il l’embrassa à nouveau et elle passa délicatement les mains sur ses hanches, le caressant doucement, alors qu’il s’exprima une nouvelle fois, la rassurant par de multiples baisers et paroles.
Cependant, à sa grande surprise, Tristan prit la main de Cassidy pour la poser au niveau de son cœur. En effet, elle pouvait le sentir battre fort, la sensation qu’il était vivant, qu’il s’emballait quand elle était près de lui, que ça ne le laissait pas indifférent. Oui il avait raison, peut être que ça le laissait un peu vulnérable mais c’était aussi une magnifique preuve de la confiance qu’il lui portait.

Elle se mit à sourire doucement, rassurée ça c’était sûr et certain. Sauf que Tristan se fit un peu plus pervers, cherchant à la déshabiller du regard, continuant à l’embrasser en faisant monter rapidement la température. Par tous les dieux, c’était difficile de se contenir ! Non elle n’y arrivait pas et chaque baiser, chaque caresse lui donnait des frissons pas désagréables. Il évoqua l’absence de ses parents, sous entendant qu’ils pourraient faire quelques câlins supplémentaires. Idée très intéressante.

Cependant, la jeune femme attendit que Tristan relève la tête pour plaquer un index sur la bouche du beau garçon, un sourire malicieux sur le visage, alors qu’elle prononça quelques paroles magiques. En un instant, ils échangèrent de place, le laissant allonger et elle au dessus de lui, toujours aussi malicieuse, lui promettant aussi une belle vue.

La demoiselle laissa ses doigts fins parcourir le torse du jeune homme, prodiguant quelques caresses à lui donner des frissons. Elle devait aussi le tenter un peu elle aussi, même si il n’en avait pas forcément besoin, mais Cassidy n’était pas du genre à rester inactive pour le coup. Elle fit une moue, regardant le plafond, semblant réfléchir.

« Huuuuum… des câlins hein… je sais pas… je vais y réfléchir »

Se faisant attendre, le laissant patienter jusqu’à prendre une décision, parcourant de ses longs doigts le torse du jeune homme, lui laissant quelques frissons aux passages, la demoiselle se laissait désirer. Si il avait autant de désir pour elle, il devrait se faire bien sage, car elle avait dans l’idée de tenter de le rendre dingue.

La première chose que fit la demoiselle, c’était d’incanter une autre formule. Cette fois, ce fut les bras du jeune homme qui furent immobilisés, laissant libre champ à la demoiselle de le faire mijoter un peu. Et d’ailleurs, elle ne se priva pas, mettant d’abord son visage à quelques centimètres du sien, un beau sourire sur le visage, frôlant, mais très légèrement ses lèvres, une minuscule caresse comparée aux baisers passionnés d’un peu plus tôt.

Elle descendit les mains sur son torse, puis baissa très délicatement la tête, déposant quelques baisers dans son cou, prenant un malin plaisir à le faire patienter un peu plus à chaque fois. Et Cassidy faisait monter la chaleur petit à petit pour le garçon, prenant un malin plaisir à le torturer, y allant petit à petit, prodiguant caresses et baisers un peu plus appuyés après un instant d’abstinence et lui donnant une petite tape sur la tête dès qu’elle voyait que son regard devenait trop lubrique.

La demoiselle savait parfaitement qu’elle avait mis un petit sort, qui durait un moment le temps qu’elle s’occupe de lui, et lâche une fois qu’elle en aurait fini. Et dès que Tristan sentit la pression dans ses bras se relâcher, il prit les devants.

Leurs caresses étaient plus passionnées, plus pressantes alors qu’il était dur de retrouver sa respiration. La jeune femme se surpassait et elle semblait avoir récupérer toute son énergie pendant son sommeil car elle était particulièrement active. D’ailleurs, elle commençait à gémir très légèrement, apparemment bien satisfaite.

Et son corps donna le feu vert, une douce lumière dorée s’emparant d’elle, ne cachant plus les envies de la jeune femme. Sous la couverture, les deux jeunes semblaient s’être livré à une activité des plus intéressantes, d’autant plus que Cassidy, tenant compte des conseils de Tristan, lui indiquait ce qui lui plaisait particulièrement. La jeune femme était aux anges et semblait aussi faire de son mieux pour satisfaire son compagnon.

Ce n’est que plus tard qu’ils avaient arrêté, haletants, souriant, leurs corps recouverts par la couverture alors qu’ils étaient face à face. La jeune femme posa tendrement sa main sur la joue de son compagnon, apparemment comblée et heureuse, malgré les courbatures de la veille.

« Mmm… c’était royal… même si je suis sûre qu’on peut faire mieux encore »

Elle déposa un nouveau baiser en toute simplicité sur les lèvres, avant de s’étirer et de sortir de lui, remettant sa nuisette au passage, qui avait vite été enlevée une fois la machine lancée. La jeune femme regardait son homme, d’un air sincèrement tendre. Puis elle fronça les sourcils, regardant à nouveau son bandage.

« Aaaah ! Mais ça brûle ce truc ! »

Elle n’avait pas l’air de souffrir mais ça la démangeait sérieusement de l’enlever. Cassidy se dirigea vers son bureau puis enleva délicatement le bandage, pensant se sentir mieux une fois que son bras serait à l’air libre. Et puis elle s’y habituait à sa… heu marque ?

Lorsqu’elle eut finit de retirer le bandage, la jeune femme resta un instant silencieuse, le dos tourné à Tristan. Un silence inquiétant s’engagea. Heu… y avait une petite erreur là ? Pourquoi ça avait ENCORE évolué ? Ca ressemblait plus à une marque et elle avait peur de savoir ce que cela signifiait.

Sa main lâcha le bandage qui tomba au sol, alors qu’elle ne prit pas la peine de répondre à Tristan, encore trop sonnée et choquée pour dire quoi que ce soit. Non ce n’était pas possible… Quand ? Pourquoi ? Elle n’avait rien fait là ! Les jambes de la jeune femme se firent tremblantes et elle se tint à la chaise, ne quittant pas des yeux son symbole, croyant à une hallucination. Comment passer du ciel au sous sol ? Eh bien c’était tout à fait possible.
Toutes les pensées de Cassidy s’emmêlèrent, elle ne savait plus distinguer la réalité du rêve, et se laissa tomber sur le sol, tournant délibéremment le dos à Tristan comme si elle avait honte, vraiment honte de ce qu’elle avait. Repliant ses genoux vers elle, sa tête reposant dessus dans une attitude de repli sur soi même.

« Tris’… T’approche pas ! Je… je suis dangereuse ! S’il te plaît garde tes distances… j’ai peur… je veux pas te faire de mal ! »

Elle semblait chamboulée, complètement perdue, voire anéantie.

« La marque… Pourquoi ?! Pourquoi elle a évolué ! J’ai fais quoi encore ? Je me rappelle pas avoir… heu… j’ai rêvé alors ou bien ? »

Cassidy ne pouvait oublier la douleur qu’elle avait ressenti dans cette caverne. Alors c’était vrai ? Ou pas ?

« Je ne me rappelle de rien… Je… Dragon ?! Mais qu’est-ce que j’ai fais bon sang ?!? »

Ca la faisait paniquer, complètement et la demoiselle tremblait de tout son corps, sentant la présence de Tristan derrière elle. Il insistait ? Elle n’allait pas lui cacher ! Il ne fallait pas qu’il s’approche d’elle comme ça. Elle pourrait bien lui faire du mal sans le vouloir, ignorant comment ça fonctionnait ce truc là !

« Tris’… Je t’en prie, reste en arrière. Ce truc a encore évolué… ce symbole… dans mon livre… appartient à Balthar… je veux pas que… si je commence à avoir des trous de mémoire maintenant, qu’est ce que ça sera dans quelques mois ?! »

Elle se radoucit, même si sa voix était un déchirement.

« Je suis un monstre… Je mérite pas de vivre. Je ne peux pas rentrer comme si de rien n’était… mettre en danger des innocents… te faire prendre des risques… Faut qu’on m’enferme… »

La demoiselle tremblait de tout son corps, honteuse et sacrément atteinte.
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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: Un retour dans le village d'enfance   Lun 17 Déc - 21:23

Comment ça lui sauter dessus dès le réveil était une manière d’agir très cavalière ? D’abord, il ne lui sautait pas dessus ! Il se trouvait juste légèrement… carrément le visage au-dessus d’elle, guettant sans même s’autoriser un clignement de paupières le moment où elle ouvrirait les yeux et surprise, prendrait une de ces moues si particulières qui la caractérisaient !
Bon d’accord, il guettait quand même son réveil. Mais ce n’était pas sa faute non plus si la jolie demoiselle semblait s’être fait un malin plaisir de l’inquiéter tout au long de la journée en restant désespérément en mode « hibernation » !

Mais au final, la jolie mage ne semblait vraiment pas mécontente de cet accueil tellement loin du comportement du jeune homme la veille. Ah c’est sûr qu’elle le préférait ainsi et quoi de plus normal ? Au moins là, il ne ressemblait pas à un martyr qui voulait souffrir seul sans se rendre compte que le châtiment qu’il s’infligeait faisait aussi souffrir celle qu’il cherchait à protéger.

Ils se taquinaient gentiment. A propos des crêpes brûlées, à propos du rêve de la demoiselle et de l’éventualité que le Drakkari joue le rôle d’un affamé dragon la poursuivant. Tout semblait parfaitement normal, clair et ils auraient pu passer pour n’importe quel jeune couple charmant parfaitement bien assorti certes, mais n’importe quel couple charmant tout de même.
Oui, ça allait parfaitement bien. Fini le vilain cauchemar de la jeune femme qui croyait ne plus plaire à son compagnon. Pourtant c’était parfaitement compréhensible qu’elle pense ainsi. Elle connaissait sa réputation. Il avait eu d’elle ce qu’il souhaitait… A quel point aurait-elle souffert s’il lui avait menti ? Si ses sentiments étaient faux, s’il n’avait fait qu’abuser de sa crédulité de « débutante » farouche… débutante tout court surtout.

Il fut surpris par ses aveux justement. Qu’elle s’excuse était une chose. A vrai dire il ne s’y attendait pas vraiment et de toute façon ne lui reprochait rien, il était le seul responsable des mauvais moments de cette soirée. Mais qu’elle lui avoue penser ne plus lui plaire…
Ca par contre, il en fut sincèrement chamboulé et à un point qu’il ne pouvait même pas expliquer.
Oui, il avait tendance à oublier qu’elle ne savait rien des relations entre un homme et une femme.
S’il l’oubliait c’est parce qu’il était resté en partie ignorant lui aussi, n’entendant rien à l’amour et refusant de rencontrer celui-ci tant la peur de la faiblesse le révulsait.
Mais encore et surtout, s’il l’oubliait c’est parce qu’il avait peine à y croire lui-même. Sans doute avec quelqu’un d’autre ça aurait été totalement différent.
Mais avec lui… de biche effarouchée, jeune fille timide, excessivement prude, allergique aux contacts… elle était devenue en si peu de temps cette femme épanouie, souriante, qui avait tout de même des regards très lubriques quand elle s’y mettait, des pensées pas sages pour un sou, des envies, des besoins, une femme qui savait ce qu’elle voulait et qui ne laissait pas ceci lui filer entre les doigts. Et il y avait un besoin des plus importants… qu’il ne connaissait pas bien sûr mais qu’il enregistra dans l’instant et se promit de respecter coûte que coûte : elle avait besoin de se sentir aimer, belle, désirable. Bien sûr… c’était lui avouer qu’il était faible face à elle. Mais étrangement quand il était près d’elle, ce qu’il avait toujours pris pour de la faiblesse lui semblait une force… ou du moins quelque chose qu’il ne fallait pas réprimer.

Petite princesse… qui avait tant évolué en si peu de temps. Comme si ce n’était qu’avec lui qu’elle pouvait changer ainsi. Comme si ce n’était qu’avec lui qu’elle pouvait enfin s’ouvrir au monde. Et la réciproque alors ? N’était-ce pas la première dont il tombait amoureux ? Non bien sûr que non… Elle avait toujours été la seule… Pourquoi au juste ? Il avait croisé des femmes admirables pendant ses voyages. Pourquoi à ses yeux les surpassait-elle toutes ? Pourquoi quand elle le regardait de cette façon si gamine et adulte en même temps, avait-il l’impression que ses jambes se dérobaient sous lui. Pourquoi quand elle lui souriait, sentait-il un soleil naître dans son cœur et irradier tout son corps à la fois de tendresse, de douceur… et d’impatience ?

Elle le serra dans ses bras, ne lui laissant pas le temps de répliquer à ces mots qui l’avaient tant surpris et son étreinte avait un goût, une odeur… de désespoir. Un quelque chose qui lui donnait l’impression, non… conscience de la détresse qu’elle avait ressenti la veille en croyant le perdre. Une étreinte qui confirma toutes ses précédentes pensées. Alors qu’aurait-il pu faire d’autre que de répondre passionnément à son baiser qui lui retournait l’estomac, le cœur et la raison ? Il avait tort… il le savait, il ne devrait pas… Il n’aurait jamais dû… et il en paierait le prix. Mais peu importe, cet instant lui faisait oublier tout le reste.

C’était quoi cette émotion vive qui lui nouait la gorge ? Il aurait pu dire des bêtises là… Des choses aberrantes, qu’il pensait sincèrement mais n’aurait jamais pensé exprimer, seulement parce qu’elle semblait avoir peur, seulement parce qu’il avait envie de lui dire qu’il chasserait toutes ces peurs à coup de pied aux fesses s’il le fallait !... tout pour la protéger.

Mais elle avait à parler la petite demoiselle. Décidément, son sommeil lui avait permis de bien se remettre et elle en avait des choses à dire. Il l’écouta avec beaucoup d’attention et fut bien surpris du sujet mais au final il s’avéra que le charmeur de ces dames, celui qui faisait tourner les têtes et ne se souciait de ses conquêtes que pour une idée de consommation avait aussi bien changé. Eh bien oui… Il était adorable, tendre et apparemment vraiment sincère. Bien sûr, ce n’était peut-être que des mots en l’air mais avec toute l’attention dont il faisait preuve, son inquiétude sincère pour elle, ses gestes, il y avait de quoi se douter que le Drakkari avait trouvé à qui parler… quelqu’un dont il était réellement tombé amoureux.

Il caressait sa joue tout en lui parlant, essayant de s’exprimer mais assurément ce n’était pas encore naturel la sincérité et il avait du mal à trouver ses mots ce beau-parleur. Pourtant le principal était là, même s’il était triste de ne pas réussir à mieux le formuler. En réalité ? Il l’aimait… refusait de voir un autre la toucher, l’embrasser, avoir droit à ses sourires alors il apprenait à penser autrement qu’en égoïste et il comprenait… qu’elle ait envie que ce soit réciproque… qu’elle ne supporte pas non cette idée. Oh qu’il la comprenait… Et comme il souhaitait qu’elle soit heureuse ! Non… ne pas la faire pleurer… plus jamais !!!

Au final, elle semblait heureuse qu’il lui parle ainsi, même si c’était maladroit et surtout, il s’en doutait un peu, heureuse qu’il ait déjà pris cette décision bien avant qu’elle lui en parle. Ca prouvait qu’il avait grandi… et qu’il tenait vraiment à elle. Mais elle semblait un peu troublée et il la laissa gérer ses émotions en détournant pudiquement les yeux, ne sachant que trop bien comme on peut être vulnérable dans ces instants. Qu’elle prenne son temps, il n’était pas pressé.

Mais elle se remit vite et voulut enlever son bandage.
Seulement… Tristan avait d’autres projets en tête, bien plus intéressants d’ailleurs !
Oh non, il n’avait pas oublié les aberrations de la jeune femme. Il allait commencer dès maintenant à appliquer son plan… Ne plus jamais la laisser douter… Non… Il ferait en sorte qu’elle se sente la femme la plus belle, la plus désirée, la plus merveilleuse de tout Ascadian. Chaque jour que les dieux leur donneraient… Elle serait cette femme qu’il voyait en elle mais qu’elle, elle ne voyait pas encore. Il la regarda avec un éclair de tendresse de nouveau, une seconde. Oui… il en faisait la promesse. L’instant d’après, il était beaucoup plus lubrique, l’embrassait et la tentait.

Elle répondait, merveilleusement trop bien à son goût et quand elle glissa ses mains sur ses hanches, histoire de ne pas être en reste sans doute, il eut un tel frisson qu’il en trembla des pieds à la tête et se repencha un peu trop vite sur elle pour l’embrasser. Ah mais elle ne l’aidait pas vraiment là en fait !
Il se fit romantique après le moralisateur et la main de la jeune femme fut pressée plus que de raison sur le torse musculeux du guerrier qui la regardait de nouveau d’une bien étrange façon… comme si elle était un magnifique mais si fragile trésor.

Ils s’embrassaient, mais c’était encore relativement sage même s’il se pressait un peu plus contre elle et qu’il sentait les mains de la demoiselle glisser dans son dos. Pourtant même s’il avait ce regard pervers qui lui avait valu la petite tape pas du tout douloureuse, quand il évoqua l’absence des parents de la mage, il ne pensait pas à mal. En réalité, même s’il ne pouvait nier le désir violent, qui se faisait pressant, qu’il ressentait vis-à-vis de sa compagne, il n’avait en tête que des baisers, de longues caresses et des câlins relativement sages ! Promis !!!
Eyh !!! Il était peut-être un pervers mais avec elle, justement c’était différent ! Il se découvrait un besoin de tendresse qui surpassait presque ses désirs physiques primaires !

Mais son sous-entendu n’était pas tombé dans l’oreille d’une sourde et brusquement, il se retrouva à la place de Cassidy sur le lit, fixant avec une surprise teintée d’amusement, la demoiselle qui se trouvait à présent au-dessus de lui. Ah…il n’y avait rien à redire ! La vue sur son décolleté était tout simplement S.U.B.L.I.M.E !
Elle glissa les doigts le long de son torse et s’il redressa un peu la tête au début, la regardant faire, il la laissa vite retomber sur l’oreiller, fermant les yeux, un sourire en coin adorable aux lèvres, un brin dragueur alors qu’il posait ses mains sur la taille de la jeune femme.
Elle s’amusait là, non ? Elle le faisait languir. Il rouvrit les yeux…. C’était bien joué et mieux… ça lui plaisait !

Elle laissait planer une phrase qui la faisait croire hésitante alors que ses doigts couraient sur sa peau. Il évitait de bouger et se contentait de la regarder, appréciant tout simplement. Soudainement, il se retrouva les mains plaquées au-dessus de la tête et incapable de bouger. Passé le léger temps de surprise, un sourire conquis aux lèvres, il la regarda se baisser vers lui, mais plus occupé, étrangement, à fixer son visage, que son décolleté. Elle s’était tant rapproché qu’il ne pouvait plus la voir, seulement la sentir, d’ailleurs, il avait fermé les yeux. Seuls quelques millimètres séparaient leurs visages, à tel point qu’il sentit ses lèvres s’étirer légèrement alors qu’elle devait se complaire dans son jeu, il sourit lui aussi mais demeura calmement à sa place, n’essayant pas de lui voler un baiser, même si l’envie était là. Eh bien.. si elle devait le faire languir, si elle voulait jouer ainsi… il voulait voir de quoi elle était capable en se pliant au jeu.

Et c’est qu’elle s’y prenait diablement bien la demoiselle.
Son baiser fut aussi délicieux que sujet direct de sa souffrance. Wah… ce baiser promettait d’être exceptionnel, pourquoi ne lui en donner qu’un si léger avant-goût ? Cruelle demoiselle. Là, il essaya de relever un peu la tête pour le prolonger, mais elle s’était déjà reculée.
Et elle continuait la diablesse ! Baisers, caresses, tentations… Il ne pensait pas être un si bon professeur. Apparemment si. Et il devenait dingue. Elle avait tort de le tenter de la sorte, il allait craquer. La fatigue l’avait totalement quitté pour le coup !!!

- C… Cassy…


Et soudainement, les liens invisibles qui retenaient ses bras cédèrent. Il rouvrit aussitôt les yeux et se jeta sur la jeune femme, mais bien moins brusquement que ce qu’il aurait lui-même cru. En fait, il se redressa assis d’un coup, la fixa et passa avec douceur une main sur sa joue, dans son cou, un léger baiser, tendre alors qu’il l’invitait à passer les jambes autour de sa taille, juste pour pouvoir bouger, lentement, et la retourner à sa place. On aurait dit qu’il évoluait sur une musique, son regard n’était plus pervers du tout à cet instant, il ne semblait plus capable de la quitter des yeux, des yeux qui semblaient vouloir hurler ses sentiments.

La contemplant un instant, il l’embrassa, murmurant qu’il l’aimait, comme ça, juste comme ça.
Juste après, il redevint plus pervers, mais la tendresse restait là. Et il semblait vouloir se surpasser en caresses et baisers, lui rendant la monnaie de sa pièce en lui rappelant gentiment qu’il menait toujours la barque… même si elle le rattrapait.

Tendresse, douceur, mais aussi folie et passion, sans aucun doute. Bientôt les jeux de tentations n’eurent plus lieu d’être tant ils étaient tous les deux dans un état second. Pourtant, il aurait encore très bien pu s’en contenter, heureux d’y avoir eu droit et n’en demandant pas plus mais sa jolie compagne était d’un autre avis, du moins ses hormones et au final, il semblerait que le mode luciole devienne une nouvelle nature.
Qu’elle était belle quand elle était comme ça, qu’elle faisait femme ! Et comme il se sentait bien ! Faire briller une femme de désir, non mais sérieusement, ce n’était pas donné à tout le monde ça !!!

Disons que le temps suivant… sembla filer à une vitesse folle et heureusement que les parents de la jeune femme étaient trèèès loin parce que la chambre devenait singulièrement trop bruyante. Mais ça c’est parce qu’ils faisaient une partie de gymkhana non ?
Haletants ? C’était le mot. Ils se regardaient et se souriaient comme des adolescents, d’un air un peu débile et comme s’ils étaient eux-mêmes surpris par les sensations ressenties. Sans doute parce que c’était justement le cas. Ils cherchaient leur souffle et si elle était comblée, c’était parfaitement réciproque. Tristan semblait enfin rassuré et apaisé. D’ailleurs, il s’approcha d’elle et posa son visage contre son cou, fermant les yeux, comme enfin capable de se reposer.
Il laissa échapper un léger gémissement quand elle caressa ses cheveux, appréciateur alors qu’il se pelotonnait contre elle, difficile à imaginer d’un si grand jeune homme mais apparemment, il en était tout à fait capable.

Sauf qu’elle décida de se lever et s’il chercha, mollement à la retenir au départ, poussant un grognement frustré, il se contenta de grogner un peu plus et de disparaitre sous la couverture après l’avoir lorgnée tout son saoul avant qu’elle ne se rhabille… même s’il en profita quand même pour remettre son boxer.
Elle avait dit que sa marque la brûlait et il pensait qu’elle allait juste passer un peu d’eau fraiche dessus mais elle tardait et il grogna depuis le lit.

- Cassy… reviens avec moi. Pas drôle. Jveux un câlin. C’était bien là les caresses dans les cheveux… mais euhhh…

Sauf qu’elle ne répondait pas et que même si elle aimait le faire languir, il y avait des limites qu’elle ne franchissait tout de même pas.
Il sortit sa tête de sous le drap et se tourna vers la demoiselle ou plutôt le dos de la demoiselle. Le bandage était par terre et elle semblait fixer son bras, terriblement silencieuse. Il se frotta les yeux en baillant, malheureux de repousser enfin le sommeil réparateur qui lui tendait les bras.

- Cassy ? Qu’est-ce qu’il y a ?


Elle se mit soudain à trembler et tomba par terre, se repliant sur elle-même, agitée de violents tremblements qui n’avaient rien d’un fou-rire ! Tristan écarquilla les yeux et se leva à une vitesse qui pulvérisait tous les records. D’ailleurs il faillit se prendre les pieds dans le drap mais apparemment ce qui était un acte totalement normal et naturel pour le commun des mortels ne touchait pas Tristan Konogan.
Il fut près de la jeune femme en moins d’une seconde, s’agenouillant près d’elle.

- Cassy ! Cassy ! Qu’est-ce qui se passe ?!


Elle essayait de le repousser avec des paroles, lui disant de ne pas l’approcher, qu’elle était dangereuse. Ses yeux s’écarquillèrent un peu plus alors qu’il la contournait, essayant de lui relever le visage. Mais elle gardait le visage obstinément baissée et tremblait de la tête aux pieds. Il repassa derrière elle, ne sachant que faire, ne comprenant rien à ses paroles. Il aperçut enfin la marque sur son bras qui lui semblait… différente d’avant mais il n’en voyait que très peu et ne pouvait donc pas dire à quel point. Et puis surtout pourquoi disait-elle ça ? Pourquoi paniquait-elle autant ? Ce n’était qu’une marque.

Elle lui expliqua enfin qu’effectivement sa marque avait évolué, et en disant ceci, elle avait légèrement bouger, de telle sorte qu’il la vit et se figea, sa main pourtant posée, rassurante, dans le dos de sa compagne. Elle disait que c’était de Balthar. En effet, son désarmement, sa peur s’expliquaient. Il cherchait ses mots et ouvrait déjà la bouche pour lui dire que tout irait bien, qu’ils allaient trouver une solution, qu’il était là, qu’elle n’avait pas à s’en faire…
Mais elle était anéantie, tremblait tellement et il percevait à présent ses sanglots.
Alors elle continua et sortit des paroles… qu’elle n’aurait jamais dû prononcer. Elle se traitait de monstre… un monstre à enfermer.

Tristan enleva aussitôt sa main de son dos et se releva.
Etait-ce une tentative de fuite ? est-ce qu’il la prenait pour un monstre ? Réellement ?
Que nenni… Le jeune homme revint quelques instants plus tard, après avoir tripatouillé quelque chose près du plateau repas, vraiment très proche d’elle et en si peu de temps qu’elle n’avait pas moyen de tenter de s’échapper… de toute façon elle semblait juste abattue.

Quand il se ragenouilla face à elle, il ne lui laissa pas l’occasion de fuir, l’attrapa fermement par les épaules et la secoua fermement. Assez pour qu’elle soit obligée de relever la tête… Il en profita aussitôt pour l’enlacer étroitement, même si les genoux de la jeune femme lui rentraient douloureusement dans le ventre.
Il ne la relâcha que pour s’emparer furieusement de ses lèvres, avec une passion encore plus grande, si c’était possible, que celle qui les avait animés peu avant.

- Ca suffit ! Tu te tais, tu arrêtes, tu m’écoutes !!!

Il lui avait attrapé les poignets et serraient d’autant plus fort celui qui portait sa marque. D’ailleurs, le bras droit du jeune homme dégoulinait de sang. Et pour une excellente raison vu le couteau ensanglanté qu’il avait reposé vivement dans un tintement, sur le plateau.

- Tu dis que tu es un monstre à cause de cette marque ?! Alors moi aussi ! Je n’ai donc aucune raison de partir tu m’entends !

Et en effet, il venait bien de se taillader le poignet. Et il ne fallait pas oublier que même si c’était rapide, le jeune homme aurait pu être un artiste, la marque de la demoiselle ayant donc été parfaitement imitée… même s’il n’était peut-être pas obligé de se blesser aussi profondément. Mais assurément la douleur physique n’était rien comparée à celle, sentimentale, qu’il ressentait à travers la sienne.
Il lâcha ses poignets et prit son visage dans ses mains.

- Cassidy, regarde-moi… Calme toi je t’en prie… Je vais essayer de t’expliquer d’accord ? Reste calme… Regarde-moi, c’est moi.. C’est Tristan. Tu sais, le Drakkari qui a un béguin monstrueux pour toi et se sent tellement triste de te voir baisser les bras ainsi… Où est ma guerrière ? Où est la femme si combative que j’aime hein ?


Il caressa ses joues, essayant de l’apaiser et la reprit dans ses bras doucement avant de la porter, la soulevant sans mal pour qu’elle s’asseye sur le lit. Il s’agenouilla devant elle et prit doucement ses mains, la regardant dans les yeux, leurs deux visages quasiment au même niveau.

- Je n’osais pas t’en parler, j’avais peur de ta réaction mais là c’est inévitable. Ecoute-moi… Ce truc, peu importe ce que c’est… ce n’est pas de ta faute, crois-moi.

Il prit une profonde inspiration.

- Hier… je suis sorti parce que je me sentais trop mal. Mais tu n’étais plus là. J’ai cru que tu étais allée voir les étoiles ou ton maitre… à cause de moi entre autre, donc je n’ai pas cherché à te retrouver… Mais alors que je marchais pour me vider la tête… mon pendentif s’est manifesté. Il m’a dit que tu étais en danger… en grand danger. J’étais terrorisé et je l’ai laissé me guider mais assurément je n’étais pas en état de te protéger… Et je pense qu’il l’a senti, ta magie aussi. Tu n’as pas rêvé Cassidy. Quand je t’ai rejointe, brusquement, j’ai été transformé en quelque chose… J’étais à quatre pattes, maladroit et incapable de comprendre ce qui m’arrivait… mais je te sentais toi… tu souffrais en tenant ton bras contre toi, tu étais… si pâle. Et on t’attaquait… Je sais que ça peut paraître fou mais on aurait dit des morts-vivants. Si mon état auparavant ne me l’aurait pas permis, quoi que j’aie été à ce moment là, j’ai pu te protéger ainsi… Et je t’ai ensuite amené ailleurs. Ce que tu as pris pour un dragon, c’était moi… Enfin je crois. Tu étais mal Cassy ! Tu étais blessée et à tes paroles, à ton état, j’ai compris que tu étais somnambule et que quelqu’un… t’avait attaqué, envoyé ces choses… Je pense que tu t’es défendue… et que c’est pour cette raison que tu étais si fatiguée aujourd’hui et pour cette raison que ta marque a changé.

Il serra les dents, perturbé, inquiet et au bord des larmes malgré sa vocation de guerrier.

- Cassy, je suis désolé, je n’avais pas dans l’intention de te le cacher, je comptais te le dire, plus tard… Mais je suis persuadé… que ce truc là, ce n’est pas de ta faute. Je te promets que je ne laisserais personne faire de toi sa marionnette… Tu n’es pas une adepte de Balthar. Tu ne le seras jamais. On le sait tous les deux pertinemment, tu es trop juste, trop généreuse, trop humaine pour cela. Alors ce n’est pas toi, je te le jure, ça… ce n’est pas toi. On va trouver une solution tu verras… On va trouver ceux qui te font ça et je leur ferai payer !

Il la regarda, désarmé. Il semblait tellement désolé en effet de lui avoir caché la vérité et tellement triste aussi de ne pas pouvoir l’aider davantage. Il hésita une seconde puis approcha son visage du sien, l’embrassant doucement.

- Cassy… je t’aime… je… je t’aime tellement. Ca ne change absolument rien, crois-moi.

En disant cela, il avait pris sa main et l’avait posée sur son cœur, comme une promesse mais surtout comme une supplique.

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Cassidy Herediane
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MessageSujet: Re: Un retour dans le village d'enfance   Mar 18 Déc - 15:50

Il est vrai que Cassidy avait évolué à grande vitesse pendant ces derniers mois et semaines. Elle était tellement sévère et sérieuse avant. Le genre de femme qui ne vit que pour sa vocation, son métier. Qui ne voulait pas se laisser aller à des choses aussi inutiles que l’amour éprouvé pour un autre. Ah non ! Même si c’était un de ces objectifs, se mettre en couple, pour faire comme tout le monde, elle ne l’imaginait pas aussi tôt.

Mais encore une fois, c’était très loin de ce qu’elle avait imaginé. Avec Tristan, elle n’avait jamais été aussi vulnérable. Jamais elle ne s’était confiée aussi souvent. Jamais elle n’avait pleuré devant qui que ce soit. Jamais elle n’avait cherché à rire, s’amuser, se sentir plus vivante et enthousiaste. En effet, la petite mage imaginait que ça ne pouvait pas être possible.

Contrairement à Tristan, elle n’avait croisé que très peu d’hommes qui attirèrent son attention, avec qui elle s’entendait plutôt bien, mais cela ressemblait plus à des déclarations polies qu’à un emballement, celui qui fait accélérer le rythme cardiaque, fait trembler les jambes et briller les yeux. Et puis, soit elle s’était rendue compte que l’éventuel prétendant avait pour unique objectif de la mettre dans son lit, soit son maître était intervenue, déclarant une magie instable. Hum… magie instable il y avait bien, mais ça ne l’aurait pas empêché de faire. Son vieux maître n’aurait-il pas fais exprès afin qu’elle ne fasse pas d’erreur ? Il ne semblait pas s’intéresser aux relations de Cassidy, du moins, en apparence.

Là actuellement, avec Tristan, la jeune femme se sentait bien. Elle se trouvait un peu ridicule, surtout que c’était son camarade d’enfance, et que jamais elle n’aurait pu croire à un amour avec lui, à force de se taper dessus et de s’envoyer des piques ou s’agacer l’un l’autre. Bien sûr, il y avait une histoire de physique mais pas que. Puisqu’elle s’était rendu compte de l’attachement qu’elle lui portait au moment de sa disparition du village. Et la volonté farouche de le défendre jusqu’au bout.

Cependant, elle était bien obligée d’admettre que leur relation, même avec ces hauts et ces bas, était plus intense que tout ce qu’elle avait pu vivre jusqu’à présent. Comme si elle n’était destinée qu’à lui, que pour lui, et pour personne d’autre. Oui, ça fait très fleur bleu, d’imaginer son chevalier, sa deuxième moitié, mais c’est comme ça que la jeune femme voyait les choses.

La jeune femme avait beaucoup à dire, et la caresse sur sa joue alors que Tristan lui expliquait, très maladroitement, mais ça restait compréhensible, le sentiment qu’il éprouvait pour elle, lui fit beaucoup de bien. Elle avait encore un peu de mal à l’imaginer comme ça, après tout ce qui s’était passé, les erreurs, son caractère difficile dans les semaines précédentes. Parfois, elle se demandait toujours si ce n’était qu’un rêve.

En effet, elle fut satisfaite et extrêmement touchée. Oui elle était toujours aussi vulnérable. Il était sa force. Mais attention le revers du couteau peut aussi s’avérer très tranchant quand il se retourne.

Enfin, elle grogna à propos de son bandage, ce qui n’était pas au goût du jeune homme, ayant d’autres idées plus intéressantes en tête. Et il lui en fallait peu pour oublier cette sensation de picotement, de brûlure dans le bras, et avoir toute son attention portée sur le beau jeune homme qui se trouvait au dessus d’elle.

Oh oh… qu’il arrête de faire ça avant que ses besoins primaires la rattrape. Aaaah ! mais pourquoi elle pensait d’un coup à ça ? Ce n’était pas non plus dans ses activités de prédilection au départ ! Non de toute façon, juste des petits câlins, gentils, profiter de rester encore un peu au lit. D’ailleurs les grosses cernes sous les yeux de Tristan lui indiquait qu’une bonne sieste ne lui ferait pas de mal pour le remettre d’aplomb. Et qu’elle veillerait personnellement à ce qu’il s’endorme.

Cependant, l’idée de se faire des câlins, l’idée de pouvoir plaire au jeune homme, de le rendre dingue, était toujours au programme et une idée malicieuse lui vint à l’esprit. Peut être qu’elle en avait besoin, mais aussi envie. Elle voulait jouer naturellement, laisser guider son instinct pour voir où ça la mènerait.

Et en tant que petite mage, elle avait de quoi le surprendre assurément. Comme ce petit sort très sympa, même si c’était plus souvent utilisé en combat, qui permettait de changer la place de l’un et de l’autre. Elle en trouvait une autre utilité, malicieuse, et s’amusait de voir la surprise dans les yeux de Tristan et aussi l’envie lorsqu’elle était au dessus de lui. Elle n’était pas en reste et préféra l’immobiliser pour être sûre qu’il soit attentif et apprécie ce qu’elle faisait.

Et puis, la demoiselle le faisait languir. Du moins, elle s’efforçait à le faire. Même si elle restait quand même vigilante et avait un sort en réserve dans le cas où les pulsions du jeune homme devenaient plus bestiales comme la veille où ça n’avait rien à voir avec cette tendresse, cette émotion. Mais comme tout se passait bien, elle n’avait pas de raison de l’utiliser. Et elle voyait, dans le regard de Tristan, que ça lui plaisait.

Juste assez de temps pour que le sort s’arrête et qu’il reprenne les devants. Et d’ailleurs le jeune homme semblait s’appliquer tout particulièrement et dès qu’il s’occupait d’elle, c’était des frissons qui s’emparaient de la jeune femme, des vertiges dans le cœur, une respiration beaucoup plus haletante alors que la chaleur montait petit à petit. Ah oui c’était vraiment bien. Et ils auraient pu en rester là mais qui aurait pu croire que la lumière reviendrait encore une fois.

D’ailleurs Cassidy se retint de sortir une phrase teintée d’humour, comme quoi ce n’était pas juste, qu’il n’y avait pas de surprise avec ça. Mais dans un autre sens, elle était en train de penser qu’elle n’y louperait pas… Ce qui rendrait les activités nocturnes plus difficiles. Ah ben on imagine déjà la lumière surnaturelle s’émanant de la fenêtre dans la chambre de la jeune femme à l’Académie hem…

Cependant, ils allèrent plus loin. Ce qui n’était peut être pas si prévu que ça au départ. C’était bien, c’était intense et la jeune femme semblait y prendre autant de plaisir que son compagnon, n’en perdant pas une miette. Il lui disait qu’il l’aimait, elle lui répondait par l’affirmative, caressant doucement son dos, puis s’accrochant à son cou. Jamais elle n’avait eu de telles sensations, jamais elle n’aurait pensé autant apprécier ce genre de chose inconnue, jamais elle n’avait eu un cœur qui s’emballait autant alors qu’elle se pressait contre son Drakkari amoureux, plus déterminée que jamais.

Cela se voyait dans ses regards ravis, sa façon de sourire. Ah oui elle était bien et lui aussi.
Finalement, lorsqu’ils se calmèrent et que sa lumière disparut, les deux jeunes gens semblaient pour le moment beaucoup plus détendus, voire un peu idiots à se regarder dans les yeux de cette manière, reprenant chacun leur respiration comme si ils avaient couverts un marathon. Cela fit légèrement rire Cassidy mais ça n’avait rien de moqueur. Elle était au contraire très heureuse et caressait doucement les cheveux du jeune homme, ce qu’il apprécia particulièrement. C’est des moments comme ça qu’il faut retenir. Ces moments où l’insouciance prend le dessus, où on se sent invincible dans les bras de l’autre, où on sait que rien ne peut arriver pour gâcher cet instant de bonheur.

D’ailleurs, en reprenant sa respiration, elle caressa doucement son visage, encore une pointe d’amusement dans la voix.

« Je n’aurais jamais cru qu’un jour je partagerais ma chambre avec le turbulent petit Drakkari du village… Si j’avais pu lire dans l’avenir à ce moment là, je me serais trouvée folle. Mais finalement… je suis contente »

Une petite phrase comme ça alors qu’elle examinait sa chambre, vestige du passé, mais aussi toujours dans le présent, tout le temps qu’elle avait passé ici à faire ses devoirs, travailler mais ramener un homme dans son lit, non jamais !

Pourtant, après s’être étirée, la jeune femme se releva, décidant d’enlever le bandage qui frottait trop contre sa marque. Elle s’avança un peu vers son bureau et retira bouche bée, ce qui lui semblait être une marque différente d’hier. Ca formait plus un symbole maintenant. Ce n’était plus quelque chose de flou, grotesque. Plusieurs lignes tracées dans sa peau, s’entremêlant, un arc inversé sur le dessus. Ca représentait quelque chose et pour avoir vu ce symbole dans son livre noir, elle avait de quoi s’emballer.

Ce fut à peine si elle entendit la voix de son homme, tellement elle était occupée à réaliser l’horreur qui lui arrivait. De la honte oui. Elle était en train de réaliser ce qu’elle pourrait devenir. Que tout était fatal et qu’elle n’arriverait jamais à reculer. Elle entendit Tristan qui s’inquiétait et s’approchait d’elle.

La jeune femme paniqua. Lui demanda de partir, de reculer, de ne pas rester à côté d’elle pour ce qu’elle était. Après tout, elle ne voulait pas lui faire de mal ! Pas lui ! Hors de question qu’il subisse cette étrange magie qui la rattrapait. Elle sentit une main dans son dos. Non mais il ne comprenait pas le danger qu’elle pouvait représenter ! Elle allait lui dire ! Elle ne le laisserait pas proche d’elle dans ces conditions.

Oui un monstre, elle ne pourrait plus savoir ce qui se passerait, blesserait celui qu’elle aime. Non elle ne pouvait pas. Et ces dernières paroles firent reculer Tristan alors qu’il retourna en direction du lit. Elle ne bougeait pas, tremblante, réalisant ce qui lui arrivait et voulait juste être au calme. Ne plus bouger, ne plus rien faire, ne plus se montrer.

Il revint pourtant rapidement et la secoua. La jeune femme se sentit obligée de lever la tête pour le regarder. Ce qu’elle y vit ? Un jeune homme sérieux, grave, mais nullement choqué ou anéanti par ses propos. Pourtant il y avait de la magie noire ! Il n’aimait pas la magie ! Pourquoi se tenait-il contre elle ? La jeune femme ouvrit la bouche pour parler mais elle se retrouver étroitement enlaçant dans ses bras, ses yeux s’écarquillant.

Mais elle voulait être raisonnable, peut être chercha à le repousser sans grande conviction mais elle ne dit rien. Cependant, quand il s’écarta, elle voulut lui dire une nouvelle fois de partir. Malheureusement Cassidy n’en eut pas le temps. Tristan s’empara de ses lèvres avec tellement de passion que la tête lui tourna. Ca… ça c’était un baiser qui voulait tout dire. Peut être en avait elle besoin pour se calmer un peu.

Il lui prit les poignets, pour l’obliger à l’écouter. La jeune femme baissa les yeux sur ses mains et les écarquilla. Du sang… du poignet droit à Tristan… Elle put voir la marque rougie, le symbole qu’il avait retracé pour correspondre au sien. Cassidy gémit. Ca lui faisait mal ! Il n’était pas obligé d’endurer ça lui aussi ! Déjà un tatouage de contrôle dans le dos pour lui c’était humiliant alors ça… Il voulait aussi être un monstre ? Mais lui était plus souvent déshabillé qu’elle. Un connaisseur comprendrait la marque qu’il s’était infligé. Il avait déjà tellement souffert par le passé ! Non ! Pourquoi en rajouter une couche ?

Sauf qu’elle ne quitta pas des yeux la blessure qu’il s’était infligé et ce fut lui encore qui lui releva la tête, l’obligeant à croiser son regard orangé. Elle semblait abattu et Tristan la raisonna. Il avait raison, il lui confirma que malgré tout ça, il l’aimait toujours. Et si elle lui faisait du mal un jour ? Ca serait impardonnable ! Une guerrière hein ? Venant de sa part c’était un magnifique compliment pour elle qui cachait très bien son manque de confiance en elle, ne croyant pas ses propres pensées, ses propres convictions.

Elle reprit des couleurs et le regarda avec attention, même si la culpabilité et la honte n’avaient toujours pas quittés son beau visage. Tristan semblait ne pas vouloir la laisser comme ça par terre et la souleva comme une plume pour la poser sur le lit et se placer en face d’elle. La jeune femme avait encore un peu un air déprimé, anéanti mais elle restait attentive à ce qu’il disait.

Et la suite l’étonna et la surprit encore plus que ce qui pouvait être possible. Elle l’écouta, sans le couper une seule fois, ses yeux s’agrandissant à certains mots, certaines révélations, ayant du mal à croire que ce qu’elle avait vu, ce qu’elle avait vécu, était au final vrai et ça c’était dur à accepter. Quoi ? C’était lui ? Il valait mieux qu’il lui dise car sinon elle se serait longtemps demandé comment elle était revenue jusque chez elle en étant inconsciente.

Certains passages la faisait frissonner, c’était dur pour la jeune femme. Elle ne se crispa pas quand il annonça être le fameux dragon, se sentant encore plus honteuse de ce qui était arrivé. Cela la chamboulait profondément et parfois elle regardait Tristan, parfois elle baissait les yeux, essayant de réfléchir à tout ce qu’elle enregistrait difficilement.

Le Drakkari semblait convaincu que sa compagne n’était pas si mauvaise que ça. Qu’elle ne serait jamais comme on la forcerait à être. Il croyait en elle et ces paroles résonnèrent dans la tête de la demoiselle. Elle se sentait mal d’un coup oui, mais elle avait quelqu’un sur qui compter, qui la soutenait, qui la portait et lui relevait la tête quand elle baissait les bras.

Elle resta encore un moment silencieuse, réfléchissant, se remémorant les évènements passés, cherchant à prendre une décision. Tristan ne lui laissa pas l’occasion d’en penser plus, car une nouvelle fois il l’embrassa tendrement, lui promettant, posant sa petite main sur son cœur, que ça ne changerait rien aux sentiments qu’il pouvait éprouver pour elle.

La jeune femme était mal à l’aise et ferma un instant les yeux, silencieuse. Elle bougea lentement la main sur le torse de Tristan. Que devait-elle faire ? Qu’elle était la bonne solution ? Quoi ? Difficile. Soit elle affrontait cette épreuve avec Tristan, au risque de le blesser, soit elle le laissait repartir, même si elle aurait sûrement très mal. Mais lui, il croyait en elle, elle croyait en lui. Elle était prête à le soutenir même si elle savait qu’il avait encore un terrible secret dont il ne voulait pas expliquer la portée et malgré cette menace, elle s’était jurée de toujours rester à ses côtés.

Il faisait la même chose, juste la même chose. Elle pouvait comprendre.

La demoiselle s’avança un peu, et passa sa main dans les cheveux rouges du garçon, le caressant juste pour se rassurer, mais le regardant droit dans les yeux.

« Est-ce que tu te sens capable de supporter le poids de ce symbole ? Je peux te mettre en danger à n’importe quel moment… »

Sa voix devint un murmure.

« Il faut que personne ne l’apprenne… et surtout pas à Hysandra. Ca pourrait devenir… un gros scandale »

Elle fit glisser sa main sur la joue du jeune homme, se permettant un timide sourire, même si elle avait toujours un peu honte.

« Mais merci d’être là pour me rappeler tout ça, j’ai bien besoin d’être secouée de temps en temps »

Cassidy approcha son visage sur celui de Tristan avant de déposer un baiser sur ses lèvres, puis d’un geste, l’enlaça une nouvelle fois.

« Si tu m’acceptes comme je suis, alors ne me laisse pas… si je me bats c’est aussi pour toi… pour nous… »

Façon de dire qu’elle encaisserait difficilement un drame si ça devait se produire.

Elle l’embrassa une nouvelle fois un peu plus fougueusement avant de caler sa tête dans le cou du jeune homme, respirant doucement, collant ses mains contre son dos, écoutant les battements de son cœur. Puis elle se leva et sortit de la chambre.

La jeune femme revint très rapidement avec une bassine d’eau, une serviette et un bandage puis elle incita Tristan à s’asseoir sur le lit, posant la bassine devant elle. On aurait dit qu’elle était calmée, encaissant le choc, mais se permettant de sourire. Tant que Tristan allait bien, elle pouvait continuer à en faire de même. Tant qu’il la soutiendrait, alors elle ferait tout pour lutter.

Elle trempa la serviette dans l’eau puis prit le poignet à Tristan pour le nettoyer doucement. Il y était allé vraiment fort ! Alors qu’elle s’occupait de la blessure, la jeune femme parlait d’une voix douce.

« Alors c’était toi le petit dragon ? Je suis désolée… je ne savais pas ce qui m’arrivait et c’est encore flou mais merci pour ce que tu as fais… Ca a du te faire bizarre à toi aussi. J’ignorais que cette pierre pouvait avoir de telles propriétés. Enfin, j’espère que tu n’as pas trop souffert toi non plus »

Elle se mit ensuite à rire doucement.

« Par contre hein, tu aurais pu te retenir plutôt que de m’aspirer le bras, je préfère quand c’est le Tristan humain qui utilise ses mains pour me soigner. M’enfin… c’est pas grave »

Elle préférait ne pas penser à un éventuel risque que ça se reproduise. Peut être que ça avait fait ça parce qu’elle était en danger. Mais comme elle avait prévu de faire attention, cela ne devrait plus se passer.

« Ca doit faire bizarre aussi de marcher à quatre pattes »

Puis après avoir nettoyé le sang, elle posa sa main sur la blessure et murmura une formule. Sa main devint plus chaude et semblait agir sur la circulation du sang et d’un geste, stoppa l’hémorragie, laissant une plaie, une blessure ouverte mais qui ne saignait plus. C’était un geste touchant et courageux de sa part, même si elle n’était pas trop d’accord pour qu’il souffre aussi.

Cassidy prit le bandage et l’enroula doucement autour de son poignet, s’appliquant pour le recouvrir complètement. Avant de lui donner une pichenette sur le nez, un sourire un peu plus grand que tout à l’heure.

« Voilà ! C’est un beau geste que tu as fais pour moi et je suis touchée, mais il vaut mieux que personne ne voit ça. Du moins, tout le monde ne pourra pas interpréter ce symbole mais c’est juste au cas où. Moi c’est sur mon bras, mes vêtements permettent de bien camoufler ça après tout et comme je ne me déshabille pas devant le premier venu, devrait pas y avoir de risques »

Elle avança vers lui pour déposer un nouveau baiser sur ses lèvres.

Puis la demoiselle prit un air plus faussement sérieux, plaçant l’index sur sa bouche.

« Maintenant c’est à mon tour de parler ! Et comme tu dois répondre à mes besoins et ordres pendant une semaine, je ne vais pas te laisser le choix »

Nouveau sourire malicieux alors qu’elle le poussa sur le lit doucement pour qu’il s’allonge.

« Hors de question qu’on parte avec ces énormes cernes que tu as sous les yeux. Et ne proteste pas ! Tu en as bien besoin après avoir couru derrière moi toute la nuit. J’ai largement récupéré mais tu as besoin d’un peu de repos quand même… »

Elle caressa ses cheveux.

« Et si mon état t’inquiète, je resterais dans tes bras le temps que tu récupères, je te promets que je ne bougerais pas, alors je veux que tu te détendes et que tu te réveilles en forme. Me sors pas l’excuse du guerrier qui est capable de tout faire, il faut bien que je sois là pour te rappeler un peu à l’ordre de temps en temps »

Nouveau sourire de la part de la jeune femme.

« Mets toi sur le ventre »

Drôle de position pour dormir ! Cependant lorsqu’il finit par obéir, elle se plaça au dessus de lui et commença un bon massage. Il en avait bien besoin après tout ce qui était arrivé ! Et la jeune femme s’appliqua, patiente, consciencieuse, massant ses muscles endoloris pour chasser ses courbatures. Elle le fit pendant un bon moment, jusqu’à ce que Tristan se sente suffisamment détendu et moins crispé. Sa respiration semblait avoir ralenti, il était plus paisible.

Elle glissa sur le côté et se colla un peu plus contre lui alors qu’il changea naturellement de position pour la prendre dans ses bras, le temps de se reposer.
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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: Un retour dans le village d'enfance   Sam 22 Déc - 13:41

Wah… WAH quoi !!!
Promis ! Quand il avait commencé à l’embrasser, à la taquiner gentiment, il n’avait en tête que d’innocents câlins certes très tentants mais aucune arrière-pensée ! C’est qu’ils allaient devoir s’y faire et une pointe d’inquiétude se manifesta dans son cœur. Eh bien… si dès qu’ils s’embrassaient et se touchaient ça finissait comme ça… Enfin lui il trouvait ceci formidable bien sûr, c’était une certitude de pouvoir satisfaire tous ses besoins, d’ordinaire insatiables et qu’il avait dû mettre en sommeil depuis son entrée à l’Académie (et aussi avant pendant son incarcération bien sûr) les rendant d’autant plus insatiables justement. Il peinait d’autant plus à se montrer attentif à sa compagne, c’était d’autant plus frustrant… mais aussi tellement plus satisfaisant. Mais assurément ce n’était pas normal.
Comment l’expliquer… Il allait chercher…

Ils cherchaient leur souffle, se regardant, se souriant et il n’avait jamais connu plus beau spectacle que celui qu’il avait à présent sous les yeux. Une jeune femme, SA petite amie, magnifique, les cheveux un peu ébouriffés par leurs « activités », les yeux brillants de plaisir et de tendresse… pour lui… qui lui souriait comme s’il était le plus extraordinaire, le plus fort de tous les hommes. Aie… Rien qu’à la regarder ainsi, à savoir que tous ces cadeaux étaient pour lui et rien que pour lui, une douleur diffuse dans le ventre et la poitrine lui faisait prendre conscience de son émotion. Elle l’aimait… Elle l’aimait… Elle… Elle l’aimait. Il était heureux, tellement heureux et dut se mordre la langue pour éviter de sortir toutes les choses aberrantes qui lui venaient à l’esprit. C’est qu’il pouvait être romantique et sacrément poète quand il voulait…mais c’était une partie de lui qui le rendait fragile et il craignait de se montrer aussi vulnérable, même s’il l’avait déjà été devant elle, uniquement devant elle…

Elle caressait ses cheveux et son sourire s’agrandit, plein de gratitude alors qu’il fermait les yeux et s’approchait un peu d’elle, humant le parfum de son cou. Mh… il adorait son odeur.
Rester contre elle, juste comme ça, c’est tout ce qu’il souhaitait pour l’heure. Sauf qu’elle bougea, lui tirant des protestations bien lointaines de celles de l’indifférent et blasé Drakkari arrivé plus d’un mois plus tôt à l’Académie. D’ailleurs, avant ça, il l’avait regardée, rouvrant un œil à ses paroles et avait collé ses lèvres contre sa gorge, y déposant de petits baisers.

- J’espère bien que ça te va… Si tu oses dire le contraire, je serais obligé de rappeler à ta mémoire tes manifestations orales d’il y a un peu plus tôt.

Il releva la tête vers elle, lui tirant légèrement la langue mais les yeux brillants de satisfaction. Ah… Il pouvait bien dire ce qu’il voulait le demoiseau, il semblait vraiment beaucoup apprécier les « manifestations » en question. Il caressa doucement une de ses joues, faillit parler de destin, s’abstint… Encore une de ces choses bizarres, aberrantes. Mais qu’est ce qui lui arrivait hein ? Il devenait tout… flagada dès qu’il était près d’elle !

Après ceci, elle s’était échappée dans ses grognements même s’il ne s’était pas gêné pour la contempler, la gorge nouée et à sa propre surprise, une grosse pointe de désir refaisant surface. Raaahhh !!! Que quelqu’un le frappe avec un oreiller !
Il s’était caché sous la couverture, râlant encore un peu pour la forme, se frottant le ventre avec un sourire. Eh bien… pour lui faire de l’effet, elle lui faisait de l’effet, comment pouvait-elle seulement penser le contraire ?!

Et tout se précipita…
Le drame.

Elle portait une marque, une marque bien spécifique. Il aurait pu la reconnaitre s’il l’avait vue à la lumière. Après tout, il était un Kaär, il avait vu cette marque de très nombreuses fois !
Cassidy était anéantie et sans doute y avait-il de quoi. Elle était à l’opposé de ce dieu. Elle…Elle était la lumière, SA lumière, celle qui construisait, qui sauvait, qui guérissait, certainement pas une égoïste qui s’emparait de ce qu’elle voulait et détruisait ceux qui s’y opposaient. Non, ce n’était pas elle.

Mais encore et surtout, elle devait se douter que ça ne partirait pas au lavage ! Et que… si magiquement cette chose s’était inscrite dans sa chair, c’est sans doute qu’elle y était… vouée d’une certaine façon. Elle était mal, très mal, totalement amorphe.
Alors il devait intervenir.
C’était normal non ? Elle avait raison pourtant, il n’aimait pas la magie, il ne serait probablement jamais à l’aise avec et ce n’était clairement pas sa vocation. Pourtant, s’il s’était éloigné suite à ses « explications », le jeune homme revint rapidement et il était déterminé !

Non, elle ne plongerait pas ! Il ne la laisserait pas faire, jamais ! Bien sûr qu’il était inquiet et pour être honnête, son instinct lui hurlait de s’éloigner le plus possible d’elle, d’être égoïste, de sauver sa peau. Il l’avait toujours écouté. Mais pas cette fois. Sans doute pour une autre personne aurait-il fui mais pas pour Cassidy… Jamais pour elle. Non, pour elle, il se battrait et il combattrait ses peurs, ses inquiétudes, tout ce qui pesait sur ses frêles épaules de princesse, il la protégerait… il rendrait ses quotidiens moins effrayants et à chaque fois qu’elle sombrerait, tiendrait ce discours, il redoublerait d’efforts.

Il ne savait pas quand il avait pris ces résolutions. Elles s’étaient inscrites dans son cœur, dans son esprit comme des réactions tellement normales qu’elles lui semblaient essentielles, naturelles et innées. Oui.. pour elle.

Il l’enlaça, puis l’embrassa, décidé à abaisser totalement ses barrières à cet instant. Dans un baiser, il voulait lui dire à quel point il l’aimait. Il n’était pas sûr du résultat, d’ailleurs il savait que celui-ci ne serait jamais que le pâle reflet brouillé de la réalité, mais il devait le lui dire, elle devait comprendre. Que quoi qu’elle dise, quoi qu’elle fasse, il ne fuirait pas. Ne comprenait-elle pas ? Il avait passé son temps à fuir, mais maintenant c’était fini… Fini… Une légère douleur dans son torse de la part de sa propre marque lui rappela qu’il se trompait et que sa mission, elle, n’était pas encore accomplie.
La petite mage sembla se calmer un peu, du moins, elle était moins dans ce mélange étrange d’hystérie calmée par l’abattement.

Elle vit le sang sur son poignet, la marque… celle qu’il avait tracé rapidement de la pointe du couteau sur le plateau. Heureusement que celui-ci était bien aiguisé, au moins la coupure était-elle nette et propre. Peut-être qu’elle ne comprendrait pas son geste, pourtant celui-ci lui semblait plein de sens. Il avait été un monstre. N’avait-il pas l’âme ténébreuse et les mains tachées du sang de ses victimes ? C’est à lui que cette marque revenait… En la portant, il lui ôtait toute idée de le repousser. Si elle était un monstre à cause de cette marque alors lui aussi et elle n’avait aucune raison de lui dire de s’éloigner !

Il lui parlait, s’expliquait et c’est vrai, la considérait comme sa guerrière. Bien sûr que c’était un compliment, mais un brin involontaire puisqu’il ne faisait qu’exprimer ce qu’il pensait à ce moment là. Si elle n’avait pas confiance en elle… Alors il la forcerait à changer en lui montrant la confiance qu’il lui accordait.

Il la porta sur le lit et lui raconta ce qui s’était passé la veille, omettant bien sûr de préciser qu’il était sorti parce qu’il souffrait le martyr et craignait qu’elle le surprenne ainsi. Oui, son rêve n’en était finalement pas un, elle avait bien vécu tout ça et c’était lui le dragon. Il ignorait encore pourquoi il s’était transformé de la sorte et imaginait que c’était parce que la magie de la jeune femme le « renforçait » pour qu’il puisse combattre dans son état. De toute façon, il ne le disait pas pour qu’elle culpabilise. Bien sûr que c’était difficile et qu’il était carrément maladroit sous cette forme là mais c’était une très bonne chose ce qui s’était passé parce qu’il avait pu veiller sur elle… même s’il lui avait fait peur ainsi et prendre un bain tardif !

Il demeura inquiet pendant quelques minutes. En effet, la jolie jeune femme, même si elle était moins pâle, semblait plongée dans ses pensées, des pensées probablement sombres. Elle le regardait ou fuyait au contraire son regard et même si elle l’avait écoutée, il savait à quel point elle pouvait être têtue… Nouvelle inquiétude violente. Et si… et si bêtement, encore trop gentille, trop… généreuse, elle voulait le protéger d’elle en rompant. Jamais, la perspective de perdre une compagne ne l’avait ému. Là, son cœur se serra si violemment que sa vue s’obscurcit pendant quelques secondes, des points rouges dansant devant ses yeux. Sa respiration, qu’il tentait de maîtriser, se faisait saccadée et ses mains étaient agitées de tremblement. Il avait peur… Il était mort de peur à l’idée de la perdre. Si elle le repoussait, si elle ne voulait plus de lui, même pour une raison aussi courageuse, preuve de l’amour qu’elle lui porterait, il ne s’en remettrait jamais et fuirait les sentiments comme la peste… de nouveau.

Pourtant, il n’en donnait peut-être pas l’impression, avec son regard déterminé, sa façon de la regarder, qui reflétait sa confiance, ses certitudes et sa tendresse aussi. Mais il l’était… apeuré.
Il pressait la main de la jeune femme contre son torse. Il n’avait pas remis sa chemise, sa peau était chaude comparée à celle beaucoup plus fraîche de la jeune mage, ses doigts fins semblaient aussi léger qu’un tissu sur ses muscles et pourtant cette petite main… quand il la serrait, il se sentait si fort !

Enfin elle sembla comprendre le fond des choses et qu’elle avait le droit de le laisser agir ainsi, de le laisser vouloir la protéger, parce que c’était parfaitement réciproque. Quand elle parla enfin, il la regarda avec plus d’attention que si ses paroles pouvaient coûter une vie…
Il se retint même de fermer les yeux quand elle caressa ses cheveux. Ah… il avait envie de faire pareil…
Elle lui parla, l’embrassa, l’enlaça. Il ne l’avait pas interrompue mais alors qu’elle le serrait contre elle, il mit fin à cette étreinte et se redressa, la regardant avec énormément de sérieux avant d’agir de manière étrange. Le petit Tristan voulait devenir un chevalier Cheistam. Il y avait renoncé, leur vouant sa haine, qui l’empêchait d’y accéder, à cause du meurtre de sa mère. Mais à 12 ans… il devait déjà connaître les mœurs plus que de raison, car son attitude à cet instant ressemblait singulièrement à l’un des rites de passage.

Il invita Cassidy à se lever, doucement, serrant ses mains. Puis avec une lenteur calculée, sans même jeter un regard à son décolleté pourtant diablement attirant, il mit un genou en terre, s’inclinant profondément avec un respect indéniable.

- Mes épaules sont assez larges et fortes pour supporter cette charge et surtout te supporter dès que tu auras l’impression de flancher. Si tu penses commencer à sombrer dans les ténèbres, je ferais tout pour te ramener dans la lumière qui te caractérise et surtout pour te rappeler cette humanité qui fait de toi cette femme unique sur laquelle notre monde devrait prendre exemple. Je ne crains pas un quelconque emportement de ta part, ni les coups, ni la magie. Rien ne peut m’atteindre tant que je sais que tu m’aimes et je souhaite que rien de ce que tu feras contre moi ne t’atteigne car je t’aime et je sais que ce ne sera pas toi… je protégerai ce secret jusque dans ma tombe, je ne laisserai rien ni personne comprendre et t’atteindre à travers celui-ci. Je ne t’accepte pas Cassidy. Parce qu’il n’y a rien à accepter. Tu es celle que j’aime. Le simple combat que tu vas mener contre cette chose ne te rend que plus belle, plus forte, plus admirable et plus désirable à mes yeux. Si quelqu’un doit être remercié pour une quelconque acceptation, c’est toi. Alors je te remercie de m’écouter, de me laisser t’aider, de me laisser t’épauler quand tu en auras besoin. Je t’aime… Je n’ai jamais aimé personne et si ça m’était arrivé, je n’aurais jamais aimé comme je t’aime. J’ai fui toute ma vie les sentiments qu’on peut éprouver. Aujourd’hui ils m’effraient tout autant mais je veux les protéger et je me battrais, je gagnerais je te le promets contre tous ceux qui voudront faire cesser de battre mon cœur pour toi. Je vais t’avouer un secret… il a un gros faible pour toi. Ce n’était jamais arrivé mais je crois qu’il t’apprécie de plus en plus, il n’arrête pas de me dire des choses totalement folles… mais tellement vraies sur toi que je pense qu’il ne peut plus se passer de la vue de ce charmant minois.

Il lui fit un sourire timide en se relevant lentement et cette fois passa ses bras autour de sa taille, baissant son visage pour appuyer son front contre le sien. Son cœur battait vite et il semblait au moins aussi enflammé que son discours le laissait entendre à voir le regard qu’il posait sur elle. La sincérité lui allait bien, la passion aussi. Même s’il en était tout intimidé et rougissait de nouveau, avec toujours ce sourire timide. Ce n’était clairement pas dans ses habitudes, mais il était vrai… tellement vrai dans ses paroles.

La demoiselle semblait un peu surprise mais apparemment contente de cette réponse. Après tout elle gagnait non ? Elle réussissait à le faire s’ouvrir son grand guerrier au cœur tendre !
Et le baiser qu’elle lui offrit lui fit sacrément tourner la tête alors qu’il la regardait s’éloigner en semblant souffrir de cette pourtant courte distance entre eux.

Heureusement, elle revint vite et s’improvisa infirmière. Il se laissa donc docilement faire, la trouvant particulièrement craquante alors qu’elle fronçait les sourcils, concentrée dans sa tâche. Ca piquait un peu bien sûr, mais cette blessure ne lui faisait rien comparé à la chamade qu’avait repris son cœur. Wah… c’était bizarre quand même, ça faisait presque mal !
Elle se remit à parler et un magnifique sourire éclaira le visage du jeune homme. Elle était redevenue elle-même !
Ah oui… le dragon, c’est vrai.

- J’avoue que j’étais très surpris aussi… Mais je pense que c’est davantage ta magie qui m’a transformé et heureusement… Dans mon état, et même si ça m’arrache la gorge de le dire, je ne pense pas que j’aurais pu te protéger de ces trucs…


Il lui sourit, nouvel aveu sincère. Etrange la sensation que ça laissait, de bien-être, d’apaisement. Par contre elle aborda le réveil… humide de la bestiole qu’il était devenu. Il détourna un instant les yeux mais décidé à être honnête, répondit quand même après un temps de latence.

- … Je ne te soignais pas. Je suis désolé de le dire comme ça mais… ton sang m’attirait, me donnait faim et soif. J’ai essayé de résister, mais je me suis retrouvé en train de « lécher » ton bras sans même comprendre ce qui m’arrivait. Quoi qu’il se soit passé, je suis devenu un dragon… leur caractère carnivore n’est pas nouveau tu sais… enfin, heureusement qu’il n’y a pas eu d’accident. Par contre je confirme, ça fait bizarre de marcher à quatre pattes, je propose donc un entrainement au cas où ça se reproduise, que dirais-tu de toi, cherchant à m’échapper à quatre pattes hein ? Avec cette robe courte, je suis sûr que…

Elle lui donna une tape sur la tête en comprenant très vite ce qu’il imaginait. C’est qu’il l’avait pervertie dirait-on. Il sourit, ravi, elle était vraiment redevenue elle-même et il était heureux d’y avoir participé.

Elle s’occupa de sa blessure et il sourit en voyant que la mage expérimentée reprenait place devant lui. Oui, il la préférait ainsi. Rapidement, il eut un beau bandage et… Une pichenette sur le nez aussi. Il tenta d’happer ses doigts mais elle les avait déjà reculés. Il pencha la tête en l’écoutant.

- Ne t’en fais pas, je cacherais cette marque sous un bracelet de force sans problème. Et je vous écoute maîtresse, parlez, exigez…

Elle lui rappela alors qu’il devait lui obéir ce qui fit briller les yeux du jeune homme. Pas de tristesse non, plutôt d’intérêt, de jeu même. Après tout… elle pouvait exiger TOUT ce qu’elle voulait. Et là c’était le repos. Il sourit en l’observant enchainer avec certitude, cette façon de bouger ses muscles faciaux, le frémissement de ses lèvres, ses froncements de sourcils, ce langage non-verbal qui était si riche en signification. Elle voulait vraiment qu’il se repose et comptait bien l’y pousser. Elle avait bien raison. Elle l’émouvait à être ainsi. Il était bien forcé d’acquiescer non ? Ca tombait bien, elle avait raison, il tombait de sommeil. Il se contenta donc d’hocher la tête et s’allongea… même si elle l’incita immédiatement à se mettre sur le ventre avant de commencer un massage diabolique.

C’était juste génial et si elle crut qu’il s’endormait au fur et à mesure, elle se trompait parce qu’il avait cédé au sommeil beaucoup plus vite que cela, même si rapidement que c’était une preuve sérieuse de son épuisement… et de son état à présent rassuré. Dommage, il ne profita pas consciemment des douces mains de sa compagne, mais il se rattraperait en temps et en heure.

Quand elle eut terminé pourtant, elle s’allongea près de lui et en sentant le corps mince de la demoiselle tout proche du sien, il se retourna aussitôt pour la prendre dans ses bras, marmonnant son nom dans son sommeil avec un sourire qui en disait long.

Au final, il ne dormit que peu. Il n’avait pas besoin de beaucoup en effet puisque la magie de la jeune mage, sacrément investie et plus que certainement plus amoureuse que la veille, s’occupait de lui donner en un minimum de temps, le maximum de sommeil possible. Il rouvrit donc les yeux au bout d’une heure avec l’impression d’avoir récupéré sa nuit, sur le visage magnifique de sa compagne. Ses cernes avaient disparu et ses yeux brillaient de son énergie naturelle un brin gamine. Moui… sauf que se réveiller sur cette jolie demoiselle… c’était un peu trop pour lui. Il s’était éveillé d’ailleurs avec une sensation, une caresse. Elle l’avait déjà fait… Elle passait doucement un doigt sur la cicatrice de sa gorge, une longue ligne qui était un peu plus pâle que sa peau, presque invisible et qui courait sur son cou, plus du tout douloureuse mais vestige du passé. Il happa aussitôt la petite main si proche de lui, entre ses lèvres, puis la lâcha et les yeux d’autant plus brillant, se jeta littéralement sur la jeune femme pour l’embrasser longuement comme s’ils ne s’étaient pas vus depuis des semaines.
Il finit par arrêter, à bout de souffle et les cheveux un peu plus désordonné que d’ordinaire.

- J’ai rêvé de toi.

Comme ça, de but en blanc, mais prononcé avec une fierté presque palpable.
A voir le regard qu’il posait sur elle d’ailleurs, la nature de son rêve n’était pas difficile à définir… il cherchait encore à voir à travers sa nuisette.
Enlaçant tendrement sa main de la sienne, il l’embrassa, sagement et frotta son nez contre le sien avant de soupirer peiné.

- J’imagine qu’on doit se lever pour se préparer et rentrer à l’Académie… Bon… rentrons, rentrons… De toute façon, je me vengerais en baisers plus tard.

Il se leva, étira les muscles de son dos et de ses bras en prenant expressément la pose devant sa petite amie, puis, entendant les parents de la jeune femme revenir, se dépêcha de se préparer. Alors qu’ils descendaient les escaliers, et que les parents de la demoiselle étaient tout proche, souriant, il prit quand même le risque de se faire entendre, de la mettre mal à l’aise mais surtout sur son petit nuage en glissant discrètement quelques mots à son oreille.

- Au fait… j’adore faire l’amour avec toi princesse.

Bah oui… il ne l’avait pas précisé jusqu’alors… C’est susceptible une demoiselle… surtout ladite demoiselle et comme elle était capable de se faire des tas d’idées totalement fausses, il allait la rassurer plus souvent. Ah oui… par contre si elle se mettait à briller, ce serait beaucoup moins discret mais elle ne pouvait pas nier que ça lui faisait plaisir tout de même. Il lui fit un grand sourire innocent, allant saluer les parents, beaucoup plus joyeux, comme revigoré du fait du réveil de la jolie mage… et de leur discussion aussi.
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Cassidy Herediane
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MessageSujet: Re: Un retour dans le village d'enfance   Sam 22 Déc - 21:50

Cassidy était tellement heureuse d’avoir pu un peu briser la glace, du moins, que la distance de la veille était juste un très mauvais souvenir. Elle était satisfaite, comblée, et se demandait toujours comment ce genre de chose avait pu arriver. Comment était-elle arrivée à se rapprocher de l’insaisissable Tristan Konnogan, ce gamin qui n’en avait toujours fait qu’à sa tête, et qu’elle avait toujours pensé, étant petite, qu’il lui faudrait bien du courage pour avoir une compagne, vu son sale caractère.

Mais là, elle se sentait d’autant plus stupide d’avoir penser que c’était impossible. Impossible d’aimer ce garçon, de comprendre ce garçon, de partager des choses avec lui. Oh non jamais elle n’aurait pu imaginer que cela était faisable ! Des bisous, des câlins, voire beaucoup plus… Non ce n’était pas concevable… Et pourtant… elle y prenait goût !

La jeune femme se contenta de dire qu’elle avait apprécié, maladroite, même si c’est vrai qu’elle avait ressenti des choses vraiment merveilleuses qui la faisaient planer mais elle ne pouvait pas exprimer tout le fond de sa pensée, du moins, difficile de le justifier.

Mais Tristan la rappela bien trop rapidement à l’ordre, lui remémorant leurs dernières actions, ce qui eut pour effet de teinter les pommettes de la demoiselle. Ah ben oui elle n’était pas vraiment discrète. En même temps, il l’avait quelque peu guidé la première fois, refusant qu’elle retienne ses instincts primaires. Hum… oui c’était vraiment bien. Elle laissa s’échapper un beau sourire rêveur, soupirant un instant de plaisir, avant de se dégager de ses bras, sa blessure lui faisant un peu trop mal.

Cependant, une certaine vision bouscula toutes les merveilleuses pensées et sensations qu’elle avait pu éprouver jusque là. Qui l’avait ébranlé au plus profond de son être. Bien sûr, des symboles, des marques de Balthar, il y en avait plusieurs et chacune avait sa propre signification. Douleur, Pouvoir, Obscurité… Mais à vrai dire, Cassidy n’avait que peu à faire. Elle avait une marque qui la répugnait, qui la choquait. Elle savait que tous ceux qui se liaient à la cause des Kaärs n’étaient pas tous mauvais, du moins c’est comme ça qu’elle voyait les choses. Mais avoir le symbole d’un Dieu des conflits, ça c’était autre chose.

Cassidy n’était pas du genre de femme à se laisser abattre en public. A public entendre que son petit ami se trouvait dans la même pièce qu’elle. Si vraiment elle n’avait eu aucun sentiment pour lui, peut être qu’elle n’aurait pas été autant affecté, peut être qu’elle aurait paniqué, mais dans son coin, gardant sa dignité et la tête haute jusqu’à la fin. Cherchant la moindre solution, même si c’était d’offrir sa vie pour éviter de propager une lourde menace.

Mais alors qu’elle prenait conscience du mal qu’elle pouvait faire autour d’elle, le premier qui était dans son viseur était bien Tristan. Et ça la faisait paniquer ! Déjà que lui avait aussi une mauvaise magie, quel meilleur ménage que celui là ? Elle ne savait pas ce qu’il avait ! Elle se doutait qu’il y avait une histoire de démon mais à quel point ça pourrait résonner avec son problème ? De la peur, de la crainte…

Sauf qu’elle n’aurait pas pensé que Tristan tente de la raisonner, de lui expliquer, qu’elle reprenne conscience et se ressaissise. Elle l’entendait. Ses paroles douloureuses mais tellement sincères. L’amour qu’il ressentait pour elle. Le baiser qu’il lui fit alors qu’elle sombrait petit à petit. Il n’avait peut être jamais été dans la lumière, mais c’est bien lui qui rompit ses barrières alors qu’elle se sentait menacée.

Et peut être parce qu’elle l’aimait elle aurait du le repousser mais elle s’en sentait incapable. Il voulait l’aider ? Alors ils marcheraient dans la lumière tous les deux. Part discrète de l’ombre mais déterminés à ne pas se laisser déborder. Elle l’avait empêché de commettre des meurtres hier, il l’empêchait de sombrer dans la folie. A deux on se sent plus forts, plus vivants. Ils en faisaient l’expérience.

Elle se rappelait encore à quel point elle avait insisté pour lui dire qu’il n’était pas voué aux ténèbres. Qu’il suffisait qu’on lui tende la main. Qu’elle l’aiderait quoi qu’il arrive. Et là elle se sentait honteuse de se laisser envahir autant par les sentiments négatifs. Il devait rester avec elle. Au moins elle l’aiderait tant qu’elle pouvait, l’empêcherait de se transformer en tueur, en meurtrier, et lui il éviterait qu’elle plonge dans cette destinée qui lui était réservée.

Il l’avait posé sur le lit, expliquer, raisonner. Le jeune homme avait fait beaucoup de choses pour tenter de la calmer. Pourtant la demoiselle réfléchissait toujours. Aux conséquences, à la difficulté de leur entreprise. Elle implorait silencieusement les dieux de lui venir en aide, pourtant ce n’était pas une fervente de l’ordre religieux. Si Cassidy faisait un mauvais choix, alors elle le regretterait lourdement.

Et puis le tatouage jouait bien son rôle, émotions cachées ou non, elle ressentait une légère peur, peut être pas très amplifiée car Tristan savait très bien la dissimuler, mais tout de même présente. Il avait peur de ses réactions, de sa réponse. Elle ne voulait pas le décevoir et n’avait pas non plus l’intention de se séparer de lui.

C’est bête mais quand on croit en une personne pendant de nombreuses années, qu’on regrette son attitude, son absence de réaction, alors on ne veut plus la perdre. Perdre Tristan… autant le perdre quand il est à ses côtés plutôt que loin d’elle ! C’est comme ça qu’on se soutient ! Pas en le renvoyant à l’autre bout d’Ascadian sous prétexte de le protéger.

La jeune femme s’exprima alors, le regardant droit dans les yeux. La décision était difficile à prendre mais jamais elle ne le laissera partir loin d’elle. Elle était peut être un danger mais il voulait sa chance de l’affronter. Et à l’heure actuelle, c’était bien le seul qui pouvait la raisonner contre ses doutes, ses peurs, ses craintes.

Elle l’enlaça, l’embrassa et lui expliqua la situation et Tristan l’écouta sans l’interrompre. Puis elle se leva puisqu’il l’avait invité et se mit à terre devant elle, s’inclinant tel un homme respectueux, offrant sa vie, promesse d’affronter les dangers pour elle, de la protéger, d’être entièrement dévoué à sa cause. Heu… il avait été un Kaär lui ? Eh beeeeen ! Ca il lui avait caché d’être aussi chevaleresque ! La plupart des Kaärs combattants ne se battent côte à côte par obligation, la mort des uns et des autres ne les perturberaient pas plus que ça.

Le discours qu’il tint tira des larmes d’émotions à la jeune femme, l’ébranlant au plus haut point. Il était tellement sincère, vrai, qu’elle se félicita d’avoir fait le bon choix, bien que tout ne serait pas un long fleuve tranquille. Elle était tellement touchée, par son discours, ses paroles, les expressions de son visage qui le rendait magnifique. Elle était émue d’entendre de telles choses, de le voir rougir et trouvait que c’était très mignon, le voir un peu gêné parfois et timide. Ce discours, elle le garderait pour elle, les jours où ça ne serait pas la forme. Ils allaient se battre… ensemble.

Elle fit silence puis l’embrassa avec beaucoup de passion, manière pour elle de le remercier même si elle ne pouvait pas faire grand-chose. Il avait raison, la sincérité lui allait très bien.

Puis la demoiselle entreprit de prendre de quoi le soigner, tout en lui parlant naturellement, de cette histoire de dragon, qui l’amusait beaucoup quand même. Quelle histoire !

Cassidy était penchée sur sa marque, tirant la langue en s’appliquant dans son nettoyage, puis redressa les yeux et la tête quand il expliqua la protéger de ces trucs. Elle haussa doucement les épaules.

« Des morts vivants hein ? Ce sont les nécromanciens qui les invoquent en général… Je me demande qu’est ce que j’ai bien pu faire pour éveiller la colère de l’un d’entre eux. Enfin je pense que je ne le saurais jamais… »

Elle ignorait que c’était un des grands dangers qu’elle courait. Si elle était consciente, ça l’aurait sûrement aussi fait paniqué, si elle s’était rendue compte que c’était la sorcière en question qui profitait d’un endroit non sécurisé pour tenter de l’approcher. Mais Cassidy était redevenue normale même si elle était sacrément troublée de ne pas se rappeler de l’ordre des choses.

Il répondit alors pour la blessure, et la nouvelle forme. Alors qu’elle s’occupait de lui, la demoiselle regarda le pendentif du jeune homme, l’air pensif. Sa magie hein ? En même temps maintenant qu’il en parlait, ça lui paraissait très clair et réalisable. Bien qu’elle ne pensait pas que ça se mélangerait. Il devint plus taquin lui parlant de lui courir derrière et là elle sut tout de suite où il venait en venir !

Tututu ! Une petite tape sur la tête pour le rappeler à l’ordre gentiment, sur ses idées sacrément perverses parfois. La jeune femme se mit cependant à rire. Oui ça allait beaucoup mieux.

« Mouaaaais ! Fais gaffe avec ça ! Tu serais capable de me machouiller pendant ton sommeil pour savoir si j’ai bon goût. Mais bon, à part certains types de dragons, les autres se nourrissent de viande animale, pas humaine, si j’ai bien compris. M’enfin… j’y connais pas grand-chose même si je me renseigne pas mal »

Elle lui parla alors de sa blessure et il la rassura sur le fait qu’il la cacherait. Elle acquiesça d’un signe de tête avant d’avoir l’air songeur.

« Je t’aurais bien enlevé le tatouage si je le pouvais d’un claquement de doigts… Ca commence à faire beaucoup. Et je n’ai pas envie que tu ai des ennuis toi aussi. Fait très attention avec ça hein… »

Elle lui ordonna alors de se coucher et se reposer, quoi de plus normal en voyant l’air du jeune homme. Cassidy allait bien, n’avait pas besoin d’autre chose et elle se consacra à détendre ses muscles endoloris le temps qu’il s’endorme. Mais l’air trop paisible et détendu qu’il prenait sur ses traits pourtant carrés, montraient qu’il avait déjà plongé dans un bon sommeil réparateur.

La demoiselle se mit à sourire, attendrie, puis caressa un instant ses cheveux avant de se laisser glisser contre lui. D’ailleurs dans un automatisme, il serra doucement la demoiselle contre elle, murmurant quelques paroles. Ce spectacle était magnifique pour elle, voir son homme enfin apaisé. Oh oui, pour ça elle affronterait tous les dangers du monde et se battrait pour lui.

Elle le regarda se blottir dans ses bras, un regard attendri alors qu’elle caressait ses cheveux flamboyants puis la demoiselle ferma les yeux pour se reposer un peu. Contrairement à hier où elle avait tenté d’utiliser sa magie de régénération pour le soigner, sous le coup de pression, cherchant à l’utiliser volontairement, et que cela n’avait pas fonctionner, cette fois ci, cela se produisit.

Sans se rendre compte, elle lui transmit sa magie de régénération, blotti l’un contre l’autre, chaleur contre chaleur. Au lieu de passer une journée à dormir jusqu’à récupérer, Tristan ne mit pas longtemps avant de se réveiller. Elle avait rouvert les yeux un peu avant, examinant la longue blessure qui s’étalait sur sa gorge.

Cela lui fit faire une grimace et un frisson, elle revécut avec frayeur cette scène, ce souvenir qu’elle avait vécu par curiosité et qu’il avait révélé. Les doutes l’envahirent, de lui expliquer qu’elle avait déjà vu. Etait-ce une bonne idée ? Ils n’étaient pas en bons termes à ce moment là. Mais elle avait aussi fourré son nez dans des affaires qui ne la concernait pas. Ca la mettait mal à l’aise.

Pourtant, c’est avec un magnifique sourire et un baiser digne d’un conte de fée que le jeune homme se manifesta. La demoiselle frissonna, plaça les mains dans le dos de son compagnon et lui caressant doucement. Hum oui… plus tard les révélations. Ils en avaient assez vécu.

Tristan lui déclara avec fierté qu’il avait rêvé d’elle, ce qui ne manqua pas de faire rougir la petite mage, intimidée et touchée. Au moins vu son air, il avait bien dormi et semblait en pleine forme. Eh ben ! Il lui fallait peu de temps pour se remettre d’aplomb ! Bien qu’elle ne pensait pas qu’elle était en partie responsable de ce rétablissement plus que rapide.

Un large sourire éclaira le visage de la demoiselle alors qu’elle se rapprocha un peu de lui, pour la forme.

« Vraiment ? Ca devait être un beau rêve alors… j’imagine que je ne devais pas être très habillée dans celui-ci »

Petite tape sur la tête de son compagnon alors qu’il lui prit la main, se résignant à retourner à Hysandra maintenant, lui promettant de nouveaux baisers. Et cela faisait angoisser la jeune femme. Quand ? Où allaient-ils pouvoir vivre leur amour sans être déranger ? Sans être pointer du doigt ? C’était dans l’ordre des choses mais la jeune femme commençait à douter de pouvoir combiner les deux. A cause des autres. Affirmer sa relation oui elle en était capable, les pensées et réflexions elle s’en fichait mais elle ne voulait pas que ça finisse par les blesser.

De sa main libre, elle tortilla une mèche de cheveux dorés, un peu distraite, troublée le cours d’un instant, comme si elle était en train de réaliser ce qui allait se passer. Cassidy chassa de sa tête les quelques pensées qui lui vinrent à l’esprit et se remit à sourire.

La demoiselle se changea ensuite, prenant une de ces robes plus courtes, mais où les manches étaient suffisamment longues pour camoufler ses bras. Elle prit sa cape et s’enroula dedans avant de suivre Tristan et de se faire arrêter avant qu’il lui chuchote quelques mots. Cassidy se mit à rougir. Aaaah ! Il lui rappelait des choses là !

Elle fit plus que rougir, car une fois en face de ses parents, le mode luciole s’enclencha alors qu’elle avait des idées des plus intéressantes ainsi que des pensées pour le moins pas très innocentes. Elle bredouilla, jeta un regard à Tristan, puis fixa ses pieds, incapable de s’expliquer.

Mais le preux chevalier vint à son secours, une excuse toute faite pour elle, sûrement plus qu’amusé par la situation. Ce fut Marilyn qui répondit, couvrant sa fille de recommandations.

- N’oubliez pas de nous donner des nouvelles. Et toi Cassy tu ralentis ! N’en fais pas trop, pense à t’amuser un peu aussi et puis tout se passera bien tu verras

Angoissée la jeune Herediane ? Un peu un peu… Cassidy se mit à déglutir, remerciant ses parents et s’éloigna avec Tristan, peut être un peu trop songeuse encore, même si elle n’était pas au fond du gouffre. C’était plus de la réflexion.

Ils sellèrent leurs chevaux et se lancèrent sur la route.

« A environ 1 heure d’ici, il y a une ville avec portail. On va se rendre là bas… »

Les deux jeunes gens galopèrent l’un à côté de l’autre, la demoiselle toujours aussi songeuse puis décida de faire une halte près d’une rivière pour se restaurer et remplir les gourdes. Un prétexte… mais elle en avait besoin.

Cassidy s’installa dans l’herbe et regarda son reflet dans l’eau paisible qui coulait devant elle, Tristan lui, en faisait sûrement de même. La demoiselle sortit alors l’étrange pièce, héritage de sa famille, qu’elle avait mis dans son sac, l’examinant une nouvelle fois… l’air bien songeur. Visiblement cet objet semblait plus l’attirer que ce qu’elle voulait montrer, ou croire. Des symboles anciens oui. Mais bon, peut être que ce n’était rien.

Il faisait froid, gris, et l’herbe était encore un peu mouillée pourtant bien enroulée dans sa cape de voyage, la petite mage se laissa tomber dans l’herbe, regardant le ciel, puis prit la main à Tristan qu’elle pressa doucement.

« Dis… je viens de penser à quelque chose… »

Elle prit une profonde inspiration, fermant les yeux.

« Tu veux pas qu’on s’installe quelque part dans Ascadian ? Une maison… Une petite vie tranquille. C’est pas que je n’aime pas faire ce travail à l’Académie mais… enfin… je sais plus trop en fait. J’ai envie de vivre avec toi et de profiter de chaque instant heureux, chaque moment. »

Elle pressa une nouvelle fois sa main. Incroyable ! Cassidy, celle qui travaille comme une forcenée, qui prend très au sérieux tout ce qu’elle entreprend, arrêter son Académie ? Huuum… fallait vraiment qu’elle ait changé pour dire ça. En fait elle hésitait, tiraillée par l’idée de faire ses recherches tranquillement, ne se sentait pas à la hauteur de cette tache, de vivre avec Tristan…

La demoiselle était troublée. Souriante mais troublée. Elle était encore bien jeune et à cet âge là, on est encore du style à vouloir tout abandonner pour se laisser vivre. Elle avait toujours travaillé pour les autres et là elle était tout simplement égoïste, à vouloir profiter du temps avec Tristan. C’était quoi le mieux à faire au final ? Elle se mordilla la lèvre, incertaine. Décidément cette demoiselle était bien décidée à ne pas mener la vie facile à Tristan !
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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: Un retour dans le village d'enfance   Lun 24 Déc - 20:49

Temps de peurs, d’inquiétudes, de regrets dans la voix de la petite mage paniquée, qui menaçait de sombrer dans la déprime. Et c’est vrai qu’il y avait de quoi. Elle était marquée, magiquement d’un symbole de Balthar… Elle craignait ce qu’elle pourrait faire subir à son entourage et son entourage direct c’était Tristan. Pourtant, c’était sans compter sur le jeune homme qui décidément se livrait de plus en plus ou du moins se dévoilait de plus en plus.

Sans doute n’avait-il jamais vraiment été le guerrier froid qu’il se plaisait à dépeindre, le Casanova de ces dames qui ne s’attache jamais, mais il avait joué si longtemps ce rôle qu’il avait fini par s’en convaincre. Aujourd’hui, pour une certaine demoiselle aux chavirants yeux noisette, il changeait d’attitude, radicalement et c’était tant mieux.  Car entre eux, rien n’aurait été possible sans ça, c’était certain. Tout ce qu’il disait était honnête. Il croyait en elle plus qu’en n’importe qui, plus qu’en n’importe quoi et probablement plus qu’en lui-même.
Elle devait le savoir, c’était important.

Et la demoiselle, même si elle ne disait rien au début, semblait être petit-à-petit rassurée. Bien sûr que ce serait dur… plus que certainement d’ailleurs, il y aurait probablement de bons et de très mauvais moments mais pour l’heure, il semblait vouloir la soutenir quoi qu’il arrive.
D’ailleurs suite à la demande de confirmation de la demoiselle, ses informations sur le danger, Tristan se montra, c’est vrai, très loin de cette attitude qu’il avait eu au début à l’Académie.

A présent il était passionné, engagé et motivé à un point tel et pour de si bonnes raisons que rien ne semblait pouvoir ébranler sa foi et encore moins la tendresse qu’il avait pour elle. Elle allait devoir s’y faire la demoiselle. Le Drakkari était un guerrier et il combattait aussi bien sur un champ de bataille qu’en amour. S’il devait apprendre la fidélité alors toutes ses inspirations devraient être recentrées sur une seule et même personne. Euh… Elle était sûre de pouvoir survivre au choc la petite demoiselle ?

Pourtant, lui-même était intimidé par les mots qui sortaient de sa bouche, par ses gestes, il agissait plus que par instinct, par raison d’être tout simplement, c’était comme parfaitement naturel alors qu’il n’avait jamais agi ainsi. Etait-ce donc ça aimer ? Ca lui plaisait…
Et la jeune femme n’était pas la seule à être particulièrement émue. Quand elle l’embrassa, son estomac se noua et il se dit que décidément… être ainsi, ça avait du bon, même s’il se montrait vulnérable et engagé justement. Parce qu’un seul de ces baisers valait tous les sacrifices.

Elle le soigna, il la taquina, ils discutaient exactement comme si quelques minutes plus tôt la demoiselle n’était pas au bord du gouffre, exactement comme si cette marque n’était jamais apparue. Il devint sacrément pervers alors, juste naturel, lui tirant gentiment la langue et elle le remit très vite sur le droit chemin ce qui sembla lui plaire. Aie…il allait probablement en faire un nouveau jeu.

Cassidy semblait désolée de ne pas pouvoir lui enlever le tatouage et assurait que c’était beaucoup. Il la regarda sans broncher, penchant la tête, puis lui sourit et prit son visage entre ses mains avant de déposer un léger baiser sur ses lèvres, appuyant son front contre le sien par la suite.

- Je sais que c’est bizarre mais… ça va. Tu sais, j’ai beaucoup de chance que ce soit toi qui le contrôles parce que je sais que tu n’en useras pas à mauvais escient, d’autant plus maintenant que tu sais que j’ai un gros faible pour ce corps de sirène et que je fais mes bêtises pour attirer ton attention. Et puis, mine de rien, il nous a aidé tous les deux et pas qu’un peu… en nous montrant ce que l’autre avait vécu et le danger qu’on pouvait respectivement courir. Tu sais, peut-être que si je ne l’avais pas eu… on ne serait pas ensemble… Je pense que mes cauchemars et surtout la télépathie passagère dans l’abri qui m’a poussé à te dire que je t’aimais sont étroitement liés à ce tatouage et même si c’est un peu vexant pour moi d’être emprisonné ainsi, je trouve que ce n’est pas très… grave. D’accord ?

Elle le poussa ensuite à s’allonger et le massa pour l’aider à se détendre ce qui fonctionna un peu trop bien vu sa rapidité à s’endormir.
Après un temps à prendre soin de lui et à caresser ses cheveux ce qui était diaboliquement agréable, la jolie mage se cala au mieux dans ses bras et se reposa un peu. Sa magie semblait décidément étroitement liée à ses sentiments. L’euphorie sans doute de l’amour que lui portait son compagnon et les espoirs et regain de vigueur qu’elle devait à sa volonté l’aidèrent à soigner et aider le jeune homme à rattraper un très peu de temps l’équivalent de la nuit qu’il avait passé à lui courir après, à la protéger et à craindre de rester transformé en une espèce de dragon tout le reste de son existence !

Il ignorait qu’elle comptait lui faire des révélations. Pour lui, elle caressait de temps à autre sa cicatrice quand elle avait la main contre son cou, ce n’était pas désagréable vu qu’il n’avait plus mal et il trouvait ce geste mignon. Difficile de croire qu’elle connaissait déjà le fin mot de l’histoire avant qu’il ne lui avoue la vérité sur la mort de sa mère. Elle garda néanmoins le secret encore un peu alors qu’il l’embrassait et quand elle plaça ses mains dans son dos, le faisant frissonner puisqu’il était toujours torse nu, il dut se mordre la langue pour ne pas lui donner un nouveau baiser plus… passionné !
Eyh oh !!! Doucement avec la demoiselle ! Fallait pas la casser non plus !
Il sourit à sa réflexion.

- Mh… Bien sûr que si… si on considère une feuille de vigne comme un vêtement…

Sourire taquin du jeune homme alors qu’il caressait l’un de ses bras et détournait avec peine les yeux d’elle. Aie ! C’est que son rêve ne l’aidait pas à avoir des idées sages ! De l’aplomb Tristan que diable, de la classe, un gentleman, un gentleman !!!
Loin d’imaginer les idées noires qui traversaient l’esprit de la jolie mage à propos de leur relation beaucoup plus secrète et difficile à l’Académie, son compagnon s’étirait nonchalamment et s’habillait, la regardant faire de même avec un sourire qui se voulait sage malgré ses yeux brillants d’intérêt.

Par contre quand ils eurent rassemblés leurs affaires et qu’ils descendirent rejoindre les parents de la jeune femme, il s’amusa à lui glisser quelques mots à l’oreille. Ce n’était pas grand-chose, une simple petite précision honnête pour l’embêter. Après tout… le nouveau jeu était lancé et la faire rougir semblait être le défi qu’il se fixait. Ca fonctionnait… merveilleusement bien. Oh qu’il aimait leurs jeux amoureux et activités extrascolaires ! Il le lui dit… elle rougit et sembla toute perturbée par cette révélation certes flatteuse mais peut-être pas avouée au meilleur des moments !!!

Elle rougit et… se remit à briller juste quand les parents, souriants, les saluaient. Et elle le constata très vite, sans doute en particulier du fait de la lueur victorieuse et amusée dans les prunelles de son amoureux. Comme c’était déjà arrivé la veille, les parents s’approchèrent, un peu inquiet mais Tristan pouvait être un irrésistible comédien particulièrement doué quand il le voulait bien. Il prit une mine ennuyée, se mordit expressément la lèvre inférieure en se passant la main dans les cheveux.

- Aie… désolé… c’est ma faute. Je viens juste de dire à Cassy qu’il ne fallait pas que nous tardions à rentrer à l’Académie à cause entre autre de tout le travail qui risque de l’attendre et… immanquablement elle a eu cette réaction magique. C’est assez récent et lié à sa nouvelle fonction de directrice. Vous la connaissez, elle se fixe la barre trop haut et se fait un souci incroyable pour un rien…voilà la réaction ! C’est ça d’être une mage princesse, va falloir t’y faire.

Cesserait-il un jour d’être un aussi beau-parleur à l’aise avec les faux-semblants et les inventions de dernière minute ? Probablement pas. D’ailleurs, ne devrait-elle pas s’en méfier ? Peut-être que toutes ces déclarations n’étaient que des mensonges, des beaux discours pour lui plaire… Qui sait ?

- Ne vous en faites pas messire, dame… Je veillerai sur le bien-être de votre fille et je vous promets de la pousser à vous rendre visite prochainement.

Ils échangèrent quelques banalités, des recommandations puis les jeunes gens partirent et commencèrent à chevaucher côte à côte après la précision de Cassidy comme quoi un portail n’était pas très loin. Tant mieux… Entre le sommeil à rallonge de la jeune femme, leurs discussions, leurs ébats et la légère sieste de son compagnon, le soleil se couchait. Heureusement, la lune éclairait suffisamment la route et en cas d’agression une mage douée et un épéiste né pourrait très bien se défendre.

Mais contre toute attente, alors qu’ils avançaient depuis un moment, Cassidy voulut faire une pause. Surpris, il s’y plia sans mal, content de descendre de cheval. Pour sa part, le jeune homme ne tarda pas à s’allonger sur le dos, le buste en partie relevé puisqu’en appui sur ses coudes, la tête nonchalamment renversée en arrière, les yeux clos, un long brin d’herbe entre les lèvres. Il réfléchissait tranquillement, écoutant les bruits alentours et ceux des déplacements de sa compagne qui après s’être assise dans l’herbe, s’allongea elle aussi, posant sa main sur l’une des siennes. Il ne rouvrit pas les yeux, restant paresseusement dans la même position… Du moins avant qu’elle ne se mette à parler et lui donne un discours… inattendu.

La baffe, le couperet… monumental… Aller s’installer quelque part dans Ascadian… ensemble, une maison… une vie tranquille…elle ne savait plus ce qu’elle voulait, si elle aimait vraiment son travail à l’Académie… Elle voulait être avec lui… vivre avec lui.

Pour le coup, le jeune homme rouvrit aussitôt les yeux… Des yeux ronds comme des soucoupes alors qu’il tournait la tête vers elle et ouvrait légèrement la bouche, son brin d’herbe lui échappant alors qu’il se mettait à rougir vivement avant de détourner rapidement les yeux. Baboum baboum ! Son cœur battait vite, fort, presque douloureusement et il ne comprenait pas. Pourquoi ? Pourquoi sortait-elle ça maintenant ?

Il se redressa, s’asseyant et choisit… une forme de fuite, le prenant comme une preuve qu’elle n’était pas aussi confiante que ce qu’elle cherchait à montrer. Il rit légèrement, gentiment avant de se rallonger sur le côté, en appui sur un bras, le visage proche du sien alors que ses cheveux blonds étaient baignés par la lumière de la lune, rendus argentés, il caressa sa joue doucement, ses yeux brillaient.

Spoiler:
 

- Tu t’entends princesse ? Qu’est ce qui t’arrive dis moi ? Tu as déjà oublié ce que je t’ai dit ? Je suis tombé amoureux de la petite mage revêche au sale caractère accro au travail, pas d’une demoiselle éternellement dans des rêves d’engagement et de prince charmant… Je ne veux pas que tu sois l’une d’elle. J’ai croisé des filles ainsi… Elles sont effrayantes. Pour les mecs comme moi. Tu sais… j’apprends à devenir fidèle… gentil… ça me plait hein mais… les progrès je peux les faire petit-à-petit parce que c’est pour toi… Néanmoins, je reste un Drakkari et je pense que tu sais à quel point ils sont… peu doués pour l’engagement. Ne me fais pas fuir trop tôt princesse… parce qu’on le regretterait au moins autant tous les deux.

Il lui fit un sourire triste, caressant doucement sa joue. Ah non, décidément, l’engagement et les Drakkaris ça faisait deux. Quelle était d’ailleurs cette curieuse tendance à prendre la fuite dès que leur bébé pointait le bout de son nez ?
Il aurait pu en rester là mais semblait assez impliqué et attentif à elle et ses besoins pour comprendre qu’elle avait besoin de plus.

- Enfin… ce que je veux surtout dire c’est que ça ne te ressemble pas. Cassidy… tu as mis tant de temps et d’énergie à construire cette école, ce n’est certainement pas sans raison. Toi seule peux en être la directrice, du moins pour l’instant, pour faire évoluer ce concept et aider de nombreux adolescents à trouver leur voie. Je sais que ça demande beaucoup de sacrifices et que tu en as déjà beaucoup faits mais… tu ne peux pas abandonner maintenant. Mes sentiments ne sont en rien dans ce que je vais te dire. Je le pensais déjà avant…qu’on se rapproche. Tu es la femme la plus qualifiée qui soit pour ce travail, malgré ton âge… tu es quelqu’un qui a des rêves, de générosité, des rêves qui peuvent changer notre monde en le rendant meilleur. Tu es de ces femmes qui inconsciemment transmettent leurs rêves aux autres, une meneuse, même si tu n’arrives pas à t’en rendre compte. Moi je suis là pour te le dire… Tu n’as pas le droit d’abandonner… parce que personne n’est aussi capable que toi… et parce que personne n’arriverait au quart de tout ce que tu fais… Cassy, tu n’as que vingt-cinq ans ! Qui aujourd’hui peut prétendre avoir tant fait à cet âge ?


Il lui fit cette fois un sourire si tendre et maladroit en même temps qu’il l’assurait de son honnêteté. D’ailleurs elle le forçait à s’exprimer dis donc ! Il n’arrêtait plus les longs discours depuis quelque temps ! Pas mal la demoiselle, elle lui apprenait à s’ouvrir !

Finalement, il l’invita à se relever pour qu’ils ne rentrent pas trop tard à l’Académie et ils se remirent en route.
Peu de temps après, ils arrivèrent à la ville où se trouvait le portail. N’empêche, c’était un moyen de transport auquel il était difficile de se faire, qui retournait l’estomac et il se félicitait de n’avoir rien avalé !
Par la suite, une nouvelle chevauchée les attendait mais il ne manqua pas de lui prendre la main et d’évoquer tous ses futurs entraînements auquel il espérait qu’elle assisterait au moins depuis sa fenêtre pour voir ce « corps parfait » à l’œuvre. Non mais oh, fallait bien la tenter un peu la demoiselle. Et puis mine de rien, son mode luciole, dans l’obscurité, ça pourrait être bien pratique en cas de ténèbres !!!

Alors qu’ils arrivaient aux environs de l’Académie, il serra sa main et l’invita à stopper son cheval. Fouillant la sacoche attachée à sa selle, il lui tendit alors un parchemin soigneusement plié, qui ne semblait pourtant pas bien grand.

- Tiens… Je sais que tu vas aller voir Jordan pour avoir une discussion avec lui… J’aimerais que tu lui donnes ceci… sans regarder s’il te plait. Je t’expliquerai plus tard, ne t’en fais pas… Et princesse… bon courage… je sens que tu vas être assaillie dès notre arrivée !

Et il avait raison, à peine avaient-ils laissé les chevaux à l’écurie qu’une lutine ravie et sans doute particulièrement affectueuse apparut pour venir se poser sur l’épaule de la jeune femme, apparemment contente de la voir revenir entière même si un seul regard sur la demoiselle lui suffit pour s’apercevoir que quelque chose avait « changé »… Ce qui valut un regard sacrément noir à Tristan qui tentait de sourire d’un air innocent et sincère.

Le diner allait justement commencer et ce furent les professeurs tout d’abord qui accueillirent les arrivants ou plutôt la jeune femme. Tristan la délaissa d’ailleurs de ses affaires et s’éclipsa pour aller les poser dans sa chambre alors qu’elle était assaillie de questions et de nouvelles sur l’Académie.
Ils allèrent diner, élèves et professeurs étant présents, séparés les uns des autres, en fonction des maisons ou affinités. Tristan s’installa à un bout de table, relativement loin de la jolie mage qui était pour le coup très entourée et avait bien du mal à manger. Il eut un léger sourire pour son assiette et n’interrompit pas les conversations, se contentant de reprendre son masque bougon et de monter assez rapidement dans sa chambre, de laquelle il ne sortit que pour aller prendre une douche avant de s’y renfermer pour le reste de la soirée. Bah quoi… Elle devait retrouver son rôle de directrice. Pour apprendre à compiler les deux, il lui faudrait du temps, il attendrait…

HS: Suite http://ascadian.forumgratuit.org/t223-retour-a-la-realite
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