AccueilCalendrierFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 Mage à la ramasse

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Cassidy Herediane
Directrice de l'Académie Hysandra
avatar

Messages : 846
Date d'inscription : 26/02/2012
Age : 29

Feuille de personnage
Race: Humain Ascadian
Royaume: Territoire Neutre
Vocation: Mage

MessageSujet: Mage à la ramasse   Lun 1 Avr - 22:21

Le XX/XX/285 à 6h

Les journées précédentes n'avaient été que des moments de torture sans fin. Cassidy était étendue sur son lit, inerte et ne bougeait pas d'un pouce. Elle n'était pas sortie depuis plusieurs jours, restant inerte et encaissant avec difficulté les mots de Tristan qui résonnaient dans sa tête.

Au départ elle pensait qu'il n'était pas sérieux, peut être qu'il s'était levé du pied gauche. Mais les mots qu'il avait balancé lui avait fait énormément de mal. Cassidy avait tenté de le raisonner, de le secouer. De lui demander ce qu'elle avait fait pour mériter ce genre de chose. Il n'avait rien dit, rien répondu et s'était détourné d'elle.

Elle avait insisté, tenter de le rattraper, ne comprenait pas. Mais il ne voulait absolument rien entendre. Alors la jeune femme avait décidé de s'enfermer dans le mutisme. Appeler un remplaçant pour qu'il prenne le relais dans ses tâches administratives et ne sortait plus qu'à trois heures du matin pour passer à la salle de bains. Cassidy avait pourtant essayer de se convaincre que ce n'était qu'un mauvais rêve, qu'elle finirait bien par se réveiller.

Mais Tristan ne revenait pas. Cassidy ne comprenait pas ce qu'elle avait fait pour mérité ce retournement de situation. La trouvait-il trop immature ? Trop bavarde ? Que finalement ça n'irait pas. Qu'il lui avait menti pour lui faire plaisir, lui permettre d'espérer. Doux rêve si lointain. Le retour à la réalité lui donne l'impression de se jeter en bas d'une falaise.

La jeune femme se retourna dans son lit, recroquevillée sur elle même, des larmes coulant le long de ses joues. Kimmy était aussi très mal à l'aise par rapport à son amie. Elle essayait de la consoler, de lui apporter à manger mais rien n'y faisait. Cassidy repensait à ces bons moments qu'ils avaient passé ensemble. Pourquoi ? Pourquoi ? Méritait-elle vraiment de vivre ça ? De souffrir en silence ? Pourquoi cela lui faisait si mal au coeur ? Jamais elle n'avait été aussi mal de sa vie.

Cela n'était pas bon pour elle. Mais par respect pour Tristan, elle s'efforçait de vivre au mieux, d'éviter de donner raison à la sorcière. En attendant c'était une larve incapable de bouger le petit doigt et qui ne bougeait que pour tourner en rond dans sa chambre. Pas la tête à s'occuper de l'Académie, surtout pas.

La jeune femme se redressa, des sillages creusant sa peau manquant de soleil et rougi par les nombreuses crises de pleurs qu'elle avait vécu. Elle ouvrit le rideau et cligna les yeux, éblouie par le soleil matinal. Cela faisait si longtemps qu'elle n'avait pas été à l'extérieur. Elle agita une main dans ses cheveux complètement emmêlés sans dire un mot puis tourna la tête vers son bureau. Plusieurs lettres y trainaient. Un seul destinataire, un homme qui souhaitait l'inviter à prendre un verre. A chaque fois elle avait répondu par la négative, prétextant une tonne de travail en ce moment.

Puis elle dirigea son regard vers la porte. Il serait peut-être temps de sortir. Mais elle avait peur. Peur de croiser le regard de Tristan, peur de craquer. Elle n'avait d'ailleurs pas sourit depuis un long moment. Mais elle devait bien s'y résoudre au final. Prendre sur elle et se façonner une armure. Ou feindre l'indifférence. Ce n'était pas si simple que ça.

La jeune femme se dirigea vers l'armoire, indécise quant au choix de sa tenue. Elle n'avait pas spécialement envie de plaire. Le moral n'y était pas. Elle hésitait. Enfin peut être qu'un peu, un tout petit peu, peut être que Tristan y réfléchirait, peut-être qu'il poserait le regard sur elle. Que ça finirait par s'arranger.

Elle sortit une robe bleue nuit, pas trop aguicheuse, pas trop couvrante non plus. Une robe qui lui permettait quand même de bouger à l'aise sans craindre les courants d'air. Elle avait l'intention de s'entrainer un peu. Mais pas au terrain d'entrainement. La jeune femme fit apparaître de l'eau dans un bol pour se nettoyer le visage et entreprit de se coiffer. Elle attacha ses cheveux en une queue de cheval et laissa dépasser quelques mèches pour encadrer son visage.

Cassidy s'examina dans le miroir. Elle était pâle et pas au top de sa forme. Aucun sourire ne se dessinait sur son visage, elle n'y arrivait tout simplement pas. Puis elle prit son bâton et sortit de sa chambre, essayant de paraître "normale".

Tout était encore silencieux à cette heure ci et elle n'avait croiser personne. Ouf tant mieux elle éviterait les questions gênantes. En revanche, alors qu'elle franchissait la lourde porte d'entrée, elle tomba nez à nez avec Tristan, qui apparemment avait eu la même intention. La jeune femme le regarda et déglutit rapidement. Depuis quand se sentait-elle aussi gênée à côté de lui ? Cela lui rappelait qu'elle n'avait plus eu l'occasion d'avoir un câlin depuis des jours qui lui semblait une éternité.

C'était horrible, elle était toujours attirée par lui mais ne pouvait rien faire. Son coeur battait un peu plus vite et elle était en train de faire la statue, complètement immobile, respirant à peine comme si elle avait peur de le faire fuir. Et pourtant elle ne devrait pas réagir comme ça. Elle avait l'impression de se faire dévisager mais plus de doute, il n'avait pas cette petite étincelle au fond des yeux quand il la regardait.

La jeune femme ouvrit la bouche pour dire un mot mais il fut plus rapide. Provoquant, cinglant et moqueur. Cassidy baissa rapidement la tête, honteuse, humiliée et acceptant la baffe mentale. Elle bougea ses doigts sur son bâton. Pour le coup elle aurait du le gifler, pour toute la rancoeur qu'elle avait cumulé ses derniers jours. Mais Cassidy s'en sentait simplement incapable.

Une idée lui traversa l'esprit. Elle tapa le sol avec son bâton, regrettant déjà son action et prononça le sort qui activait le tatouage dans le dos à Tristan. Puis elle dit d'une voix légèrement tremblante, avec regret, ces ordres.

"Va nager dans le lac pendant une bonne heure, ça te fera du bien"

Puis lorsque Tristan partit executer l'ordre, la jeune femme prononça un nouveau sort et transplana à la plage. Elle avait mal et respirait difficilement. C'était trop dur pour elle, impossible d'y arriver. La jeune femme se laissa tomber dans le sable, en pleurs et donna un coup dans le vide en rageant. Elle ne savait plus quoi faire, se sentait horriblement seule et se tint la tête entre les mains.

Puis elle prononça un nouveau sort et fit apparaître un élémentaire de sable. Sauf qu'au lieu d'incanter des sorts pour s'entrainer, elle lui fonça dessus et tapa à mains nues. L'élémentaire l'attrapa par la jambe et l'agita dans les airs comme un hochet. La jeune femme hurla de rage et une aura l'entoura avant de se répercuter aux alentours, brisant d'un coup l'élémentaire, retombant dans une montagne de sable. Même utiliser la magie correctement elle n'y arrivait pas.

Soudain, elle se tint le coeur et fit une horrible grimace de douleur. La petite mage se sentait brûler de l'intérieur et se tordit dans le sable avant de se mettre à haleter et se calmer. Une véritable crise qui l'agitait de spasmes incontrolables. Elle arriva cependant à murmurer dans un souffle.

"Je sais... que je ne devrais pas... Je sais... que je dois résister. Mais comment je peux faire... pour ne pas y penser ? J'ai besoin... de conseils"

Elle resta allongée dans le sable, se tournant vers le ciel, inquiète.

Puis après un long moment, la jeune femme se redressa et épousseta le sable dans ses cheveux et sur sa robe. Elle ramassa son bâton et reprit le chemin de l'Académie. Tristan devait être au terrain d'entraînement. Il avait du très mal supporter le fait de se faire contrôler. Mais elle ne savait pas quoi faire de plus. Au moins le fait de nager l'empêchait de réfléchir, c'est ce qu'elle pensait.

Cassidy remonta dans son bureau et ouvrit un tiroir. Elle en sortit un petit bracelet métallique et en soupirant, l'accrocha à son poignet. Au moins elle éviterait d'utiliser la magie comme ceci. Une note attira son attention sur le bureau. Un mot de son remplaçant lui indiquant de vérifier les runes de protection dissimulées dans la propriété. La jeune femme soupira et sortit du bureau.

Elle passa un moment à examiner chaque rune, évitant soigneusement celles qui étaient à proximité du terrain d'entraînement, retardant au maximum le moment où elle croiserait le regard de Tristan. Pourtant elle dut bien passer par cet endroit là et alors qu'elle se dirigeait vers la première rune, son attention fut captée par Tristan en train de faire des mouvements pour s'entraîner.

La jeune femme l'observa de loin, un pincement au coeur. Surtout que physiquement il l'attirait ! Défendu d'approcher pour ne pas se faire railler. Elle continua de l'observer un moment, repensant à leurs nuits, leurs moments passés ensemble et l'envie d'être près de lui. Cependant il avait du remarqué sa présence car il tourna la tête pour la regarder. La jeune femme paniqua et fit quelques pas en avant pour essayer de feindre l'indifférence. Sauf que la rune se trouvait précisément à cet endroit.

Ayant entravé sa propre magie, la reconnaissance était complètement confuse et une détonation la fit décoller du sol et tomber à la renverse. La jeune femme grimaça et sentit sa jambe devenue douloureuse d'un coup, presque paralysée. Cassidy s'ébroua et se força à se relever, essayant d'éviter le regard de Tristan sur elle.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ascadian.forumgratuit.org
Tristan Konogan
Professeur Initiation et Maniement des Armes
avatar

Messages : 594
Date d'inscription : 09/05/2012
Age : 24

Feuille de personnage
Race: Drakkari
Royaume:
Vocation: Guerrier

MessageSujet: Re: Mage à la ramasse   Mar 2 Avr - 20:13

Certains affirment qu’on ne peut aller contre sa nature. Dans le cas de Tristan Konogan, il semblait que la formule s’applique totalement. Le grand Drakkari, si séduisant, beau-parleur, séducteur, tellement volage, coureur de jupons, incapable de se fixer et considéré comme un merveilleux amant mais si cruel bourreau des cœurs ne semblait finalement pas avoir tant que ça changé.
Ouïe… le vilain garçon…
Apparemment, il n’avait pas oublié une certaine petite humiliation d’enfance, celle d’un enfermement dans cette Académie contre son gré et s’en était vengé de la plus séduisante mais aussi la plus cruelle des façons qui soit.
Oh oui, le vilain garçon… qui torturait si talentueusement une pauvre petite mage séduite par son image de prince charmant angélique… démoniaque plutôt. Attention petite mage, ton maître t’avait bien dit de prendre garde à l’amour… N’avais-tu donc pas assez entendu d’histoire sur les guerriers séducteurs qui se fichent de ces demoiselles, les séduisent, consomment et s’en vont ? Apparemment non…

Tout s’était précipité…
Le maître de Tristan était apparu, ils s’étaient battus, apparemment amicalement et celui-ci avait plus que de raison affirmé son opposition quant aux relations guerrier/ mage. Un brin trop traditionnel sans doute, pour ne pas dire archaïque. C’était apparemment le point de vue d’une petite demoiselle fort inquiète du peu de réaction de son compagnon.
Mais ça c’était avant qu’il l’entraîne dans un certain petit local pour un rappel en fous exercices de souplesse qu’il était un vilain garçon et n’écoutait pas toujours ce que lui disait les grands.
Puis la soirée… Bien au début, très vite devenue catastrophique. Cassidy la jalouse, Cassidy la bourée, Cassidy la vengeresse aussi… Tristan avait été bien surpris de la tournure des choses.

Il avait vite compris qu’on avait mis finalement quelque chose dans son verre, qui l’avait suffisamment étourdi pour l’empêcher d’intervenir dans les injonctions des jeunes femmes, puis dans leur bataille oh début plutôt… excitante et terriblement glorifiante puis rapidement… inquiétante. Il n’avait rien pu faire…
Heureusement, en fin de compte, il était intervenu même si ça n’avait pas été aussi rapide qu’il l’aurait souhaité. Elle s’était si vite calmée dans ses bras, comme apaisée par sa présence et sa chaleur.
Il l’avait portée jusqu’à l’Académie, ils étaient rentrés…

Le lendemain, Tristan avait paru distant, pensif… Quand elle l’avait interrogé, il avait vaguement répondu, un peu bourru qu’il n’y avait rien et était allé s’entraîner. Apparemment, la réaction de son maître lui pesait… Sa désapprobation, marquante, cinglante avait fait plus de dégâts que prévu.
Il s’était même absenté du château, sans même lui en parler, sans même lui proposer de venir avec lui.
Elle l’avait attendu. Ne le voyant pas rentrer, elle avait fait préparer une espèce de pique-nique dans sa chambre qu’elle comptait partager avec lui, laissant un mot dans sa chambre pour le prévenir.
Il était revenu bien après que les ténèbres se soient abattues sur le château. Il semblait de mauvaise humeur et quand elle lui avait ouvert puisqu’il avait toqué à sa porte au lieu d’emprunter le passage secret, il avait prétexté une migraine pour aller directement se coucher, refusant sans délicatesse sa proposition de potion et plus brusquement encore qu’il vienne dormir avec elle.

Et le lendemain, il avait rompu.
Elle s’était éveillée, belle comme le jour, bien plus belle que le jour même après avoir passé une nuit agitée à se demander ce qui se passait pour son d’ordinaire si adorable petit ami. Elle avait peu dormi, était fatiguée mais après avoir hésité à aller le voir dans sa chambre, elle s’était rendu à son bureau pour travailler.
Tristan l’y avait rejointe très peu de temps après, comme s’il guettait ses faits et gestes. Il portait une de ses chemises un brin trop moulante pour ne pas éveiller quelques idées chez sa douce qui le préférait tout de même probablement sans, il était… plus coiffé que d’habitude et avait une mine sombre. Il avait demandé à lui parler, repoussant ainsi vivement ses demandes pour savoir s’il allait mieux.
Elle était restée derrière son bureau, mais debout… Lui croisait ses bras sur son torse. Il avait poussé un profond soupir puis un sourire taquin mais franchement mauvais avait étiré ses lèvres.

- J’abandonne, je peux plus jouer… Tant pis, j’aurais quand même tenu un moment mais c’est vraiment plus faisable là… Je te quitte. Me regarde pas avec ces yeux ronds, tu as très bien entendu, je suis venu rompre avec toi.

Elle avait entrouvert la bouche, hébétée et quand elle avait commencé une phrase enfin en disant que si c’était à cause de son maître elle pouvait essayer de faire quelque chose, il avait éclaté de rire, sérieusement moqueur en se passant une main sur le menton.

- Ca n’a rien à voir avec mon maître ! Nan…mais attends… T’y croyais sérieusement on dirait ! La petite intello coincée et le guerrier plaisant tant aux femmes que je suis… tu y as vraiment cru. Je te savais naïve mais à ce point… Déjà qu’il y a sept ans tu m’as vite gonflé… faut dire que tu m’avais gentiment menacé de prévenir quelques Cheistams si je ne t’invitais pas à diner en t’expliquant un peu ce que j’étais devenu et pourquoi… Très brillant j’avoue, ça m’a surpris et séduit mais… tu t’es avérée terriblement ennuyeuse. Je me disais qu’après sept ans tu serais peut-être un peu moins coincée surtout… physiquement… Mais c’était du pareil au même. Enfin finalement j’ai eu ce que je voulais. J’avoue que je ne t’imaginais vraiment pas aussi… innocente… Ca a été une vraie… surprise pour moi d’apprendre que t’étais toujours vierge et un vrai plaisir de faire en sorte que ce ne soit plus le cas. J’avoue que je m’en suis pas mal vanté autour de moi et… apparemment ça vaut ce que ça vaut mais… ma réputation n’en est que plus… attractive pour ces dames. Tu as été une bonne distraction et surtout… j’ai pu remettre un peu les choses au clair… Toi qui croyais me résister, comment tu te sens maintenant ? Oui, tu as été une bonne distraction mais… c’est fini… Des tas de jolies filles m’attendent, bien plus délurée que toi et… qui n’essaieront pas de me contraindre à la fidélité. Je suis un mâle dominant que veux-tu, j’ai besoin de mes tigresses et je dois te dire que les deux filles sublimes avec qui j’étais hier après midi m’ont bien vite rappelé ce que je perdais avec toi. Et puis… t’es une vrai barjo ! Tu utilises de la magie, t’es dangereuse, inconstante, tu fais n’importe quoi avec, tu as une espèce de délire schizophrène avec une sorcière, tu te fourres dans des situations pas possible et puis physiquement… t’es pas si terrible quand même… Bon d’accord tu m’as plu et pas qu’un peu… mais t’es ennuyeuse, capricieuse, terriblement bavarde et j’en passe… Alors… c’est fini. Essaie de t’en remettre l’intello même si… je doute que ce soit si facile d’oublier un mec comme moi.

Elle le regardait… la bouche toujours entrouverte avec des yeux si ronds qu’elle devait se faire mal. Il souriait, ricanait, balançant des mots horribles avec tant de sincérité, d’amusement et de moquerie qu’il la blessait d’autant plus par son attitude. Elle tremblait et se cramponnait au bureau d’une de ses mains. Il lui avait fait un clin d’œil, un sourire magnifique, celui qui la faisait tant craquer… et il était sorti, refermant la porte du bureau de la jeune femme, et celle de leur relation.

Ca faisait déjà presque trois semaines.
Au début, elle n’avait pas réagi. Il était resté un bon moment devant la porte du bureau, n’entendant rien d’autre que le bruissement des arbres par la fenêtre ouverte dudit bureau. Elle devait réfléchir. Une demi-heure… puis une heure… et puis elle s’était mise à sangloter, juste avant de lancer un sort pour préserver un peu… les restes de son honneur. Il s’était éloigné, le visage fermé, la mâchoire serrée, un mince filet de sang glissant entre ses lèvres…
Trois semaines...
Ils se croisaient à peine.
Les rumeurs allaient bon train entre les professeurs. Cassidy avait brusquement remis ses fonctions à son « remplaçant » qui assurait la tâche avec autant de professionnalisme qu’il était bien plus ennuyeux et stricte que la jolie jeune femme. La jeune directrice elle ne sortait plus. Certains pensèrent même qu’elle s’était absentée de l’Académie, mais Tristan savait qu’il n’en était rien. Elle lançait parfois des sorts pour isoler sa chambre mais ils étaient de plus en plus faibles et… duraient de moins en moins longtemps.
Elle pleurait toutes les nuits, par intermittence. Elle s’endormait quand elle était trop épuisée d’avoir pleuré… puis elle se réveillait et ses sanglots étouffés résonnaient de nouveau.
Elle avait essayé de parler avec lui, ne comprenant rien à son attitude et son brusque revirement inexplicable.
Mais Tristan restait de marbre, au contraire même, il se moquait ouvertement de ses doutes, de sa tristesse, toujours plus blessant, toujours plus cruel.
Ainsi, le preux chevalier n’était-il qu’un vil profiteur abusif…



Ca faisait deux heures déjà qu’il fixait le plafond sans parvenir à se rendormir.
Elle avait beaucoup pleuré cette nuit, plus que la nuit d’avant… C’était un cycle, les soirs où elle pleurait tôt, la nuit suivante elle dormait mieux et vice-versa. Il avait passé comme chaque soir, un bon moment assis à côté du mur après avoir poussé juste un peu, un tout petit peu, le lourd bloc de leur passage secret… Comme chaque nuit quand le sommeil avait eu raison de sa terrible fatigue, elle avait fait des cauchemars, elle l’avait appelé… et même en dormant, elle avait pleuré.
Et comme chaque nuit, il avait écouté en silence, les muscles contractés, la mâchoire serrée les conséquences de ce qu’il était… un horrible monstre.
Inutile de penser se rendormir.
Il s’était finalement levé et était allé prendre une douche froide histoire de se secouer. La glace lui avait renvoyé son reflet, celui d’un garçon aux yeux cernés mais toujours terriblement beau, séduisant… jusqu’à ce que le masque tombe, l’espace d’une terrifiante seconde.
Il était ressortit, décidé à aller s’entraîner.
L’hiver en retard avait fini par tomber sur l’Académie et la température avait considérablement chuté. La neige n’avait pas encore tenu mais quelques chutes de flocons avaient ébloui petits et grands, sauf une certaine petite mage.
Il ne prit même pas la peine de mettre un manteau. De toute façon, il allait s’entraîner alors… il n’aurait pas froid… et puis… s’il tombait malade, ça l’arrangerait bien en fait, ça l’empêcherait l’espace d’un instant de penser…Le jour ne s’était pas encore levé, les journées devenaient vraiment courtes après tout. Il descendit tranquillement et flâna un instant dans les couloirs. Il n’allait plus aux cuisines depuis un moment déjà… Il savait comment il serait accueilli s’il osait y mettre les pieds après tout.

Alors qu’il allait franchir la porte, une petite silhouette apparut près de lui et il se figea. Cassidy…
Il posa les yeux sur elle… Elle n’était plus sortie de sa chambre ou à peine depuis des jours… Elle commençait à se reprendre en main… tant mieux…
Mais était-ce seulement possible ? Elle était si pâle qu’il avait cru voir un fantôme l’espace d’un instant, mais elle n’en était pas moins belle pour autant. Ses lèvres rosées n’en ressortaient que davantage. Quant à son regard, bien qu’éteint, il donnait toujours autant de charisme à ses traits délicats et pourtant si fatigués. Il se mordit la langue fermement, enfonçant les mains dans ses poches pour cacher le tremblement qui les agitait. Elle avait perdu du poids, il le voyait… rien qu’à son visage, même s’il n’avait pu s’empêcher de laisser ses yeux glisser sur la mince silhouette. Cette robe lui allait bien… mais elle n’était pas aussi ajustée qu’elle aurait dû l’être… preuve d’autant plus marquante de ladite perte de poids.

Et le regard qu’elle posait sur lui… plein d’incompréhension, de tristesse, presque de supplique, de peur… d’amour… Comment pouvait-elle encore l’aimer ? Elle n’en avait donc pas eu assez ?
Elle ouvrit la bouche, pour lui parler. Il ne savait que trop ce qui risquait de franchir ses lèvres… Des demandes d’explication, encore… une tentative de gentillesse, de banalité, d’intéressement à peine voilée… une tentative pour se rapprocher. Il ne devait pas lui laisser le moindre espoir.

- Bon tu bouges tes fesses, j’aimerai passer. Tu ferais mieux de retourner dans ta chambre, le froid c’est pas fait pour les ptites choses fragiles comme toi.

Il semblait fier de son coup vu son sourire moqueur. Elle tressaillit, il le vit bien… Sa tristesse se fit plus grande. Et enfin… enfin, geste inespéré, elle agit. Il croyait qu’elle allait le gifler et il le méritait amplement… mais au lieu de ça, elle activa le tatouage et l’envoya… nager dans le lac. Une heure… L’eau était glacée à cette époque, elle le savait parfaitement, c’était une bonne vengeance.
Il la fusilla du regard et lui lança quelques soliloques peu flatteurs… pourtant dès qu’il eut tourné le dos, un sourire étira ses lèvres. Enfin elle se défendait… enfin elle l’éloignait d’elle… plus elle l’éloignait, moins il pouvait agir ainsi… Tant mieux.
Il ne sut rien de ce qu’elle faisait mais passa un moment… glacial avec le lac. Elle n’avait pas dit comment il devait nager… Il fut lui-même surpris de la puissance du tatouage même s’il ne cherchait en rien à se défaire du sort quand il commença sans commander ses gestes à se déshabiller pour se mettre en sous-vêtement et plonger dans l’eau glacée.
Et pour être froide, elle était froide…Il dut d’autant plus bouger pour ne pas geler sur place malgré sa grande tolérance au froid. Mais autant l’exercice que la morsure de l’eau lui firent le plus grand bien. Pourtant ses yeux le piquaient encore beaucoup… Ah mais c’est parce qu’il avait bien souvent des poussières dans les yeux ces derniers temps.

Cassidy était partie… Elle ne revint que bien plus tard.
Tristan avait dû rentrer au château, filant directement dans les douches après sa petite séance de natation. Il avait laissé des petites flaques d’eau un peu partout et les lutines avaient dû le maudire mais c’était nécessaire pour rester en vie. Un quart d’heure sous l’eau brûlante avait tout juste suffi à lui faire perdre sa teinte bleutée… et il grelottait encore quand il s’était séché. C’est bien dans ces cas là que le corps doux et chaud d’une jeune femme est le plus apprécié non ? Dommage qu’il n’avait pas ledit corps à proximité à enlacer… dommage…

Passant par le réfectoire où s’agitaient à présent les élèves finissant leur petit déjeuner, il retourna sur le terrain d’entraînement, mâchonnant énergiquement une brioche qu’il avait pourtant tant de mal à avaler.
S’épuiser à l’entraînement était devenu son lot quotidien quand il ne donnait pas de cours et il s’entraînait sans prendre en compte fatigue, bleus, bosses ou même météo.
Au bout d’un moment, réchauffé par sa course et ses échauffements, il s’était mis torse nu maniant des poids censés l’aider à renforcer les muscles de son corps.
Il avait remarqué qu’une certaine petite blonde était de retour même s’il l’ignorait. Elle semblait faire quelque chose par rapport aux sorts autour de l’Académie, enfin il pensait que c’était par rapport à ça.
Le grand jeune homme finit par s’installer la tête en bas, les jambes croisées sur et entre des branches qui le retenaient dans cette position. Une fois bien placé, il mit un point d’honneur à faire des abdominaux, les yeux fermés, ne semblant pas avoir conscience qu’ainsi accroché, il pouvait donner bien des idées de vols de baisers à des demoiselles aventureuses. Les muscles roulaient sous sa peau alors qu’il s’acharnait ainsi, longtemps, grimaçant sous l’effort devenu douloureux.

Il finit par descendre de son perchoir et sentit ce regard qui ne l’avait pas quitté depuis quelques minutes, sur lui. Il savait que c’était elle, du moins… il préférait que ce soit elle. Si une autre femme le regardait ainsi… il risquait d’y avoir des accidents à l’Académie… Après un moment d’hésitation, il finit par se retourner.
C’était bien elle. Son visage reprenait un peu de couleur avec le soleil mais elle semblait si fragile… et avait l’air si triste…
Apparemment elle ne voulait pas être surprise à le regarder, encore moins après leur heurt quelques temps plus tôt… Elle fit comme si elle était occupée par autre chose avança.
Il pressentit le danger juste avant la détonation magique… mais bien trop tard de toute façon pour faire quoi que ce soit pour l’empêcher.

Cassidy décolla du sol. Pour quelqu’un comme lui, bien sûr, ça aurait été efficace, et un bon indicateur de tentative de fuite bien bruyant mais… elle ne pesait déjà pas bien lourd en tant normal, les récents événements n’avaient rien arrangé et… elle fit un sacré bond avant de retomber très mal, il le vit tout de suite, au sol.
Tristan s’était figé sur place. Tous ses muscles étaient tendus et bizarrement, il était comme en position… pour intervenir, pour se rapprocher, tourné vers elle, un pied davantage en avant même s’il s’était figé dans son geste. Sa mâchoire était d’autant plus serrée et le goût du sang envahit une fois de plus ses papilles gustatives.
Elle fuyait son regard…
Il ferma les yeux, respira profondément, s’écorchant les mains à force d’enfoncer ses ongles dans ses paumes. Puis lentement il vint vers elle, un rictus moqueur aux lèvres. Elle s’appuyait davantage sur une de ses jambes plutôt que sur l’autre… mauvais ça… S’était-elle blessée ? Encore ?

- Tu tiens plus sur tes pattes on dirait. Tu ferais mieux de retourner à l’intérieur petite, c’est dangereux dehors, c’est pour les adultes…

Sourire moqueur…
Mais son regard s’était de nouveau baissé sur sa cheville, ses sourcils se fronçant légèrement… Elle avait mal… il le sentait, même si elle se forçait à ne pas grimacer… il connaissait bien le léger frisson de ses pommettes… Si… S’il n’avait pas été là… elle aurait peut-être hurlé de douleur et… sacrément râlé aussi… mais elle agissait différemment, comme si elle voulait se montrer… sous un autre jour, plus adulte, plus… grande femme, comme Maud…
Son sourire moqueur s’élargit.

- T’as ptêt besoin d’aide… Je comprends que tu puisses pas te… débrouiller toute seule.

Il allongeait les syllabes, lui jetait des regards étranges, froids mais pervers… Bref… pas du tout plein d’amour, d’inquiétude et d’une pointe d’amusement dû au soulagement. Tristan… n’était plus Tristan.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Cassidy Herediane
Directrice de l'Académie Hysandra
avatar

Messages : 846
Date d'inscription : 26/02/2012
Age : 29

Feuille de personnage
Race: Humain Ascadian
Royaume: Territoire Neutre
Vocation: Mage

MessageSujet: Re: Mage à la ramasse   Mar 2 Avr - 22:41

Qui était le vrai Tristan ? Difficile de le dire... Il jouait tellement bien le jeu et avait abusé. Où se trouve la vérité ? Cassidy espère, Cassdiy espéra, Cassidy... désespérait. Elle ne comprenait pas ce qui le poussait à agir ainsi. Son maître ? Un pari ? Dans ce cas il avait bien réussi. Pourtant elle l'avait vu le regard qu'il affichait. Ce regard rempli de fierté quand il voyait ses efforts qu'elle faisait pour lui. Ce regard plein de jalousie quand un autre homme approchait d'elle. De l'illusion ?

Ce jour maudit où il lui avait annoncé en finir, il avait sorti les choses les plus cruelles qui étaient. Cassidy était-elle vraiment comme ça ? Comment pouvait-elle faire des efforts après une pareille chute. Elle essaya... encore et encore. Il ne voulait pas répondre, pas lui expliquer. D'ailleurs Tristan avait toujours détesté parler, ce n'était pas aujourd'hui que ça changera.

Si des filles tombaient dans le piège du chocolat, elle au contraire n'y touchait plus à ses biscuits favoris. Elle se remémorait les pires mots qu'il avait pu lui balancer. Elle ennuyeuse, barjot... Pourtant Cassidy avait essayé de lui dire qu'elle l'acceptait bien avec ses défauts lui. Non ça ne marchait pas. Vraiment pas.

Alors après avoir passer des jours et des jours qui se ressemblaient dans sa chambre, Cassidy s'était décidé à sortir. Elle ressemblait vraiment à une morte vivante et puis le temps lui paraissait si long, enfermé à l'intérieur de ses quatres murs. Elle pensait que seule la magie la guérirait de sa folie. C'était la seule solution... Faire comme avant. Méditer, s'entraîner, devenir plus forte et lutter contre le fragile équilibre qui agitait son corps. Difficile de croire qu'une mage aussi jeune avait autant de poids sur les épaules. Elle n'avait besoin que d'une personne pour l'épauler, l'aider à gérer cette situation. Heureusement que la petite mage ne lui avait pas tout révélé il aurait eu tout le loisir de se faire des films. Enfin c'était encore une couche qui aurait été rajoutée avec les autres.

La jeune femme avait décidé de faire un petit effort au moins pour ressembler à un cadavre ambulant. Et puis peut être qu'elle la croiserait à nouveau, cette petite lueur dans les yeux de Tristan. Quand elle serait prête alors les choses finiront bien par s'arranger.

Cassidy sortit de la chambre, trainant les pattes, l'air perdu et tenant son bâton auquel elle se raccrochait comme une bouée à la mer. Sauf qu'elle n'avait pas prévu de croiser celui qui hantait ses nuits et ses journées, vingt quatre heures sur ving quatre. La jeune femme déglutit. Elle l'imaginait en train de coucher avec d'autres femmes comme il l'avait sous entendu quand il avait rompu. Mais encore avec ça elle avait la force, de ne pas le détester.

Pourtant il se permit une nouvelle réplique. Comme si rien ne changeait. Il préférait qu'elle reste dans sa chambre, qu'elle était fragile. Cassidy serra lentement le poing. Elle n'était pas fragile ! Enfin si... Pour être dans cet état elle l'était. Mais comme la jeune femme ne pouvait se résoudre à le gifler, elle activa le tatouage pour lui refroidir ses paroles blessantes dans le lac. Il aurait très bien pu se noyer, geler dans le lac, mais elle se rassura un minimum en pensant qu'il serait bien résistant et que cela ne le mettrait pas vraiment en danger.

Il faisait froid et pourtant elle se trouvait sur la plage, se battant à mains nues, laissant sa magie prendre le dessus comme la rage qui consummait son coeur. Elle avait besoin de se défouler, de trouver une raison qui lui ferait oublier. Mais à part se consummer de l'intérieur, rien ne changea, elle se sentait toujours aussi minable et malheureuse.

Sa décision était prise. C'était risqué de son état et le revers n'en serait que plus dangereux mais elle ne pouvait pas laisser sa magie exploser n'importe quand. Ca commençait à devenir instable. Elle avait enfilé ce petit bracelet métallique autour de son poignet droit et devait alors s'occuper de la protection du domaine.

Mais voilà avec Tristan dans le coin, impossible de se concentrer sur autre chose. Surtout dans cette position là ! En temps normal elle se serait certainement approchée de lui avec un sourire taquin et lui aurait voler un baiser du bout des lèvres en effleurant son torse d'un air admiratif. Sauf que désormais, elle n'en voyait plus l'intérêt. Pourtant Tristan rouvrit les yeux et la regarda.

Cassidy qui ne voulait pas se faire surprendre dans cet élan d'attention fit mine de faire quelques pas en avant comme si de rien n'était. BAM ! Elle se fit éjectée dans les airs et sa jambe droite en prit un sacré coup. Elle grimaça et serra les dents. Hors de question de hurler et surtout pas devant lui. Elle n'avait pas vu l'arrêt qu'il avait fait et son comportement suspect.

Le jeune homme se rapprocha d'elle et la cingla une nouvelle fois. Cassidy s'était redressée et même si sa jambe la faisait souffrir, elle fit mine de rien et se redressa fièrement de sa hauteur. Il la traitait comme une enfant, elle répliqua comme si de rien n'était.

"Je vais très bien, merci de t'inquiéter pour moi mais tu sais contrairement à toi je n'ai pas peur de la magie et ce n'est pas quelque chose qui me blessera."

Il répliqua une nouvelle fois, touchant une corde sensible. Le regard de la jeune femme s'assombrit et elle fixa le sol un nouvel instant. Ca commençait sérieusement à mettre ses nerfs à rude épreuve. En plus son corps recommençait de brûler de l'intérieur mais la jeune femme ne bougea pas, ne dit pas un mot. Elle se contenta de fermer les yeux et soupira.

*Je ne dois pas le laisser m'atteindre... J'ai peut-être neutralisé ma magie mais ce n'est pas tout...*

Une dernière phrase qu'il lui balança à la figure donna une réaction immédiate et instinctive à la jeune femme. Elle avait redressé d'un coup la tête, le regard brûlant de rage. L'herbe autour de ses pieds se consumma et un bruit de quelque chose qui s'embrasait se fit entendre derrière lui. Un buisson venait de s'enflammer d'une flamme puissante et rougeoyante qui commençait à le dévorer.

Cassidy se rendit compte du danger et contourna Tristan du mieux qu'elle pouvait en grognant pour foncer sur le buisson et... jeter son bâton à côté d'elle sans l'utiliser. Elle mit bêtement ses mains dans les flammes comme si la petite mage cherchait à l'éteindre en tapant des mains. Drôle de façon de faire. Surtout qu'elle était en train de se brûler là ! Mais aucun son ne sortit de sa bouche, pas un cri comme quoi elle souffrait, trop occupée à éteindre les flammes du mieux qu'elle pouvait.

La jeune femme ferma les yeux et posa ses mains l'une en face de l'autre comme si elle canalysait quelque chose. Puis elle les rapprocha l'une contre l'autre et la flamme se rétrécit petit à petit dans le creux de ses mains avant de disparaître. La jeune femme soupira de soulagement avant de se tourner vers Tristan qui la regardait bizarrement. Elle haussa les épaules en se frottant les mains.

"QUoi ? C'est ma magie je t'ai dit que ça ne me ferait pas de mal..."

Elle détourna cependant les yeux comme si elle cachait quelque chose. Puis la jeune femme se pencha pour récupérer son bâton. Ses mains étaient devenues rouge vif même si elles n'avaient pas brûlées comme cela aurait pu être le cas pour un humain normal. Cassidy passa à côté de lui sans rien dire et sans donner l'impression d'avoir mal. Cela s'arrêta là.

Et pourtant le soir même, la demoiselle se mit à réfléchir. Elle savait que le feu ne faisait rien à Tristan et pourtant ça restait dangereux. Peut-être y avait-il une autre solution. Oui elle ferait mieux d'y réfléchir.

Cassidy ouvrit sa fenêtre et s'assit sur le rebord. Le vent frais s'agitait dans ses cheveux et son visage. Elle avait un air fermé et soupira une nouvelle fois en regardant le soleil qui se couchait peu à peu, ses pieds reposant dans le vide. La nuit portait conseil et se jeter dans le vide n'était pas recommander.

Le lendemain très tôt, elle prit sa douche. Ca l'aiderait à y voir plus clair. Sauf qu'au moment de sortir de la cabine, Tristan se trouvait dans la salle de bain aussi. La jeune femme se mit à rougir et détourna le regard. Il ne disait rien. Pourtant elle avait besoin de lui, d'un contact, même faux. La jeune femme murmura doucement le sort du tatouage. Avant de le regarder en le suppliant.

"Fais moi un câlin.... sil te plait..."

Bien sûr avec le tatouage il fut bien obligé d'obéir et s'approcha d'elle pour la prendre dans ses bras même si il n'était pas content du tout. La jeune femme l'enlaça tendrement. Cela lui avait manqué... Son odeur... Sa peau contre la sienne... Douce torture qu'elle s'infligeait en sachant pertinement qu'il n'était pas favorable. Et pourtant, elle en profita pour déposer un doux baiser sur ses lèvres. Puis elle s'éloigna, les yeux brillants et sortit de la salle de bain.


Elle avait tout tenté, tout essayer mais rien ne marchait. Ni la magie, ni les tentatives de rapprochement. Pourtant elle était sûre que les sels de bain l'aiderait à y voir plus clair. Ca avait bien marché puisqu'il s'était rapproché avant de grogner et sortir du bain. Alors qu'un jour était particulièrement maussade, et que le jeune homme s'entrainait dehors malgré le froid, Cassidy se renfrognait. Son coeur souffrait et elle devenait de plus en plus violente. Toute la nuit elle avait taper contre le mur de sa chambre, ses jointures devenant ensanglantées. La douleur l'aidait à ne pas penser, mais ce n'était pas suffisant pour la calmer.

La jeune femme était sortie aussi, vêtue d'une tenue plus masculine, un pantalon et une tunique, ayant attaché ses cheveux. Elle avait du serrer car avec toute la perte de poids, la petite mage flottait dedans. Cassidy avait vu Tristan sur le terrain d'entrainement et elle se rapprocha, se mettant en face de lui mais à bonne distance. Elle tenait toujours son bâton dans la main et le fixait en criant.

"Qu'est ce que je t'ai fais pour que tu t'acharnes comme ça ? Qu'est ce que j'ai loupé ? Pourquoi tu cherches tant à me faire du mal. J'ai tout fait pour que tu sois bien ! Je n'avais jamais cherché à utiliser le tatouage. Je n'ai jamais cherché à te retenir ! Je ne t'ai jamais emprisonner dans une cellule sans lumière. Alors pourquoi ? Pourquoi ?"

Elle soupira. Apparemment il l'ignorait et reprit ses exercices sans rien dire. S'en était trop pour la jeune femme. Cassidy ne supportait plus cette situation. Elle tendit la main et enleva le bracelet métallique autour de son poignet. Mauvais signe là. L'air se fit plus lourd alors que la magie semblait se concentrer autour de Cassidy, crépitant dans l'air comme un orage sur le point d'exploser.

Elle tapa le sol avec son bâton. Une sorte de fine couche transparente recouvrit le terrain d'entraînement comme pour les isoler et les faire disparaitre du reste du monde. Puis Cassidy traça toute une série de symboles à la suite et attaquer. De plusieurs attaques en même temps. Du feu, de la glace, des météores violettes qui percutèrent Tristan de plein fouet. Ce dernier ne broncha pas et encaissant l'attaque, la narguant.

Cassidy serra les dents et s'agenouilla sur le sol pour le taper de sa paume de main en prononçant des incantations. La terre trembla et se fissura avant de déséquilibrer Tristan qui tenait toujours. Elle secoua la tête avant de se téléporter plus près de lui. La jeune femme incanta une nouvelle fois pour faire apparaître des doubles qui l'encerclèrent. Elle s'agenouilla une nouvelle fois et tapa sur le sol de sa main. Tous ses doubles la suivirent et des traits se relièrent entre eux pour former un pentacle.

Elle prononça un mot, un seul. La zone devint électrique et des éclairs de foudre touchèrent Tristan de plein fouet. Sauf que la Cassidy réelle avait la tête baissée et des larmes coulaient le long de ses joues alors qu'elle murmurait quelques paroles.

"Je t'aimais vraiment Tristan... Pourquoi... tu me fais en arriver là ?"

Aie il l'insulta. Elle se fit plus sévère et se redressa en levant la main d'un geste sec. Une force supérieure explosa sous Tristan et le fit décoller au sol avant qu'il ne s'écrase lamentablement pour se relever en titubant. La jeune femme fit disparaître ses doubles puis resta un instant immobile, une aura doré l'entoura alors que ses yeux changeaient très légèrement de couleur pour prendre un éclat plus brillant.

Elle s'agenouilla un moment puis lâcha son bâton et chargea vers le Drakkari. La jeune femme courait et semblait plus rapide. Elle se rapprocha trop vite. Il ne vit qu'au dernier moment le poing tout menu de la petite mage qui s'enfonça dans son torse. Sauf qu'au lieu de recevoir une pichenette, il se prit la charge d'un rhinocéros furieux. Un coup puissant auquel on ne penserait pas qui le fit décoller de sol et traverser le terrain d'entrainement pour s'effondrer contre un arbre. Des pommes tombèrent autour de lui.

Cassidy haletait, et manqua de tomber après ce coup qui lui avait fait perdre des couleurs. Ses yeux redevinrent normaux et elle cligna plusieurs fois les paupières. Puis la jeune femme tourna le dos et marcha d'un pas hésitant, tâtant le sol pour récupérer son bâton et son bracelet qu'elle attacha à nouveau avant que la barrière d'invisibilité disparaisse.

Elle partait... sans dire un mot. Marchant un peu au hasard. Enfin surtout elle marchait droit sur un arbre ! BAF ! La jeune femme le heurta de plein fouet et sursauta. Elle eut un comportement très bizarre en le touchant avec ses mains comme si elle se demandait pourquoi il était là puis parti.

Le reste de la journée elle le passa à nouveau dans sa chambre.

Le jour d'après elle reçut un courrier urgent. On lui demandait de venir terrasser une créature magique qui terrorisait les marchands allant à Glindel.

La jeune femme se remit en chemin et sortit de l'Académie, prit des renseignements et se rendit au lieu indiqué. Un petit endroit reculé dans la forêt du côté Nord de Glindel. Et ce ne fut pas une mince affaire. Cassidy avait de nouveau utilisé sa magie mais n'était pas vraiment en état. Le pire arriva.

Sa jambe déjà affaibli à cause de ce qui s'était passé les autres jours fut attrapé par la créature qui la tira. Un craquement horrible se fit entendre et la jeune femme hurla avant de repousser la créature. Elle était terriblement affaiblie. Jusqu'à ce qu'un homme se mette en face d'elle et acheva le monstre.

Cassidy le regarda et le reconnut aussitôt. C'était l'homme de la dernière fois. Il se proposa pour la porter et la ramener à l'Académie. Elle se laissa faire. Surtout que la nuit tombait. Elle avait passé toute l'après midi là bas. Il y en a un qui se demanderait sûrement si elle ne s'était pas suicidé.

Lorsqu'ils arrivèrent à l'Académie, Tristan trainait toujours dehors malgré le froid. Cassidy était dans les bras du famex Cheistam, pas vraiment heureuse non plus même si il l'avait enveloppé dans une cape pour ne pas qu'elle attrape froid. Il lui proposa alors une nouvelle fois de l'inviter prendre un verre demain. Il disait qu'elle lui devait bien ça pour le sauvetage qu'il avait effectué.

Cassidy hésitait. Puis sentant le regard de Tristan sur elle, la jeune femme se tourna vers le blond qui la déposait à terre.

"Heu... oui je serais enchantée et je me réjouis d'avance de ce... repas avec vous"

Il s'inclina satisfait avant de repartir alors que Cassidy s'appuyait sur son bâton en boitillant, la douleur était insupportable mais elle tentait de passer devant Tristan sans faire de commentaire.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ascadian.forumgratuit.org
Tristan Konogan
Professeur Initiation et Maniement des Armes
avatar

Messages : 594
Date d'inscription : 09/05/2012
Age : 24

Feuille de personnage
Race: Drakkari
Royaume:
Vocation: Guerrier

MessageSujet: Re: Mage à la ramasse   Jeu 4 Avr - 15:28

Elle avait maigri…
N’importe qui peut l’affirmer, en étant au quotidien avec une personne, on ne peut la voir grandir, évoluer, changer. Ceci demeure parfaitement logique puisqu’un changement radical n’existe pas vraiment… sauf bien entendu le prodigieux contraste entre la joie euphorique de la douce jolie mage et son état… devenu dépressif en l’espace de quelques heures à peine. Pourtant… les changements, ils les avaient vus, chez l’un comme chez l’autre au cours des mois écoulés à l’Académie.

Elle avait remarqué ses efforts, sa politesse et ses attentions savamment camouflés derrière des taquineries et du dédain. Elle s’était attaché à le voir s’ouvrir à elle, à se confier un peu, à se faire patient et parfois même romantique. Il l’avait vue évoluer, changer… accepter les contacts mais juste les siens, s’ouvrir au monde alors même qu’elle faisait tout pour en rester distante jusqu’alors. Pour lui, elle avait accepté d’être moins stricte et s’était tout simplement découverte à travers une joie de vivre simple pour chaque petit instant… Ils avaient changé tous les deux.
Malgré tout ce qu’il avait prétendu sur lui-même, sur son caractère de coureur de jupons, ses actes meurtriers et égoïstes, une seule femme avait pu obtenir ses faveurs à part Cassidy, pendant la période… Jordan. C’était bien maigre pour le grand séducteur non ? Fidèle, il l’était… et amoureux aussi… profondément amoureux… Du moins c’est l’impression qu’il donnait, discrète mais bien présente…

Mais tout ceci n’avait servi à rien, n’avait abouti à rien.
La preuve… elle pleurait encore… Alors il l’avait remarqué ce changement… même si lui… la voyait tous les jours.
Ah oui, c’est vrai, la jolie mage s’était enfermée dans sa chambre et n’en sortait presque jamais depuis que ses tentatives d’explications, de dialogues avec le beau Drakkari s’étaient soldés par des échecs cuisants. Alors elle ne l’avait pas vu pendant un moment… mais lui, il l’avait vue… Tous les jours… Ou plutôt… tous les soirs.

Tristan était de plus en plus fatigué… et pour cause, il dormait de moins en moins. La fatigue commençait à lui peser et il lui était même arrivé de s’endormir pendant une pause sur le terrain d’entraînement. D’ailleurs il avait pris un peu froid pendant quelques jours mais heureusement, son organisme était solide et il s’était remis en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire.
La cause de cette fatigue ? Eh bien le jeune homme se rattrapait de cet instant interminable de fidélité qui l’avait privé de toutes ces jolies femmes qui n’avaient vraiment pas envie de se prendre la tête et ne demandaient qu’à l’inviter dans leur lit…
Que nenni !!!!

Ses nuits, Tristan les passait bien davantage par terre que dans son lit.
Généralement, il écoutait, appuyé contre le mur les séparant Cassidy et lui, la jeune femme parler toute seule, s’enfermer dans le mutisme même en présence de son amie lutine… surtout en sa présence d’ailleurs… la lutine avait dû la prévenir des mois plus tôt du sale type qu’il était… elle aurait sans doute mieux fait de l’écouter.
Il l’écoutait pleurer… mais elle ne pleurait pas comme tant de femmes ont tendance à le faire… ses pleurs étaient pratiquement silencieux, et s’il lui venait l’envie d’hurler, seul un son étouffé s’échappait de l’oreiller dont elle se servait pour se bâillonner elle-même. Faibles gémissements de désespoir… qui lui permettaient d’imaginer avec une précision assassine les traits fins de la demoiselle conserver sa beauté, ne rendant sa tristesse que plus immense, plus visible… Il l’imaginait les yeux rougis d’avoir trop pleuré, la tête lourde à cause d’inlassables sanglots… et immanquablement ça ne parvenait pas à l’enlaidir à ses yeux… bien au contraire.
Elle s’était enfermée pendant des jours, elle ne sortait que très tôt le matin, aux alentours de trois heures. Il le savait, il l’avait entendue… mais n’avait pas cherché à la surprendre…
Alors comment faisait-il pour la voir tous les jours ?

Ce n’était pas si difficile au final mais… terriblement risqué à chaque fois.
Quand elle avait trop pleuré et lui serré les dents si forts que ses gencives saignaient, elle s’endormait… juste pour quelques heures, cédant à un sommeil terriblement agité qui ne l’empêchait pas de sangloter. Alors seulement il poussait discrètement, centimètre par centimètre pour ne pas faire de bruit, le lourd bloc de pierre. Puis il se glissait dans la chambre plongée dans l’obscurité, évitait les nombreux livres qui jonchaient le sol… les affaires qu’elle avait sorties des tiroirs avec colère et jetées un peu partout… et il venait s’agenouiller en silence au pied de son lit.
Le chat qu’il lui avait offert allait et venait au gré de ses envies et impossible de savoir par où il passait pour se retrouver à l’extérieur mais généralement, le soir, il était là, ferme gardien allongé à ses pieds qui surveillaient de ses yeux luisants, désapprobateurs, l’intrus qui s’invitait.

Mais il ne se manifestait pas pour autant, comprenant peut-être bien plus qu’un humain, la situation…
Tristan s’approchait ainsi et il la regardait. Elle était pâle et même dans le noir, il voyait bien les fines bandes rouges que ses larmes laissaient sur ses joues. Généralement il la recouvrait avec soin, remettait doucement quelques mèches rebelles en place. Souvent aussi, il lui caressait la joue. Il ne parlait pas, il n’avait pas le droit… Son sommeil était terriblement gêné et un seul mot pouvait le briser, il le savait. Pas les gestes… parce que pendant ces quelques instants, elle s’apaisait, certaine, dans le doux rêve qu’elle se mettait à faire, qu’ils étaient encore ensemble, que c’était lui…
Les cernes sous ses yeux ne lui échappaient pas… Une fois, il lui avait même caressé doucement la main, elle l’avait attrapée, s’emparant de son bras et l’avait serré longtemps, un léger sourire flottant à nouveau à son visage, pâle fantôme de ceux qu’elle lui faisait auparavant mais sourire tout de même. Il lui laissait souvent depuis, ou appuyait doucement son front contre le sien… Les mots auraient pu la réveiller mais pas les gestes en effet… même pas ses propres larmes qu’il ne pouvait plus retenir une fois ainsi devant elle et qui tombaient parfois sur son visage.

Mais le revers de la médaille était en conséquence… Il n’avait que quelques minutes de calme, de répit, de douceur à lui offrir et pourtant il luttait pour que ces minutes soient chaque jour un peu plus…longues.
Il venait la voir comme il dormait toujours, torse nu… Malheureusement aucun spectateur conscient n’était là pour assister à cette triste scène. Le tatouage qui s’activait et de la petite étoile s’agrandissait et se couvrait de runes plus compliquées les unes que les autres. Mais au lieu d’être doré comme chaque fois qu’elle l’activait, au lieu d’être doré comme chaque fois qu’elle était en danger, qu’elle avait besoin de lui… il était d’un noir d’encre et le jeune homme étouffait des grognements de douleur de sa main libre. Il se retenait au maximum… mais s’éloignait lorsqu’elle devenait réellement insoutenable. C’était seulement une fois éloigné d’elle, le contact rompu, qu’il pouvait se remettre à respirer calmement.
Il l’observait avec tristesse puis repartait dans sa chambre comme un voleur. Après tout c’est ce qu’il était… celui qui avait volé son cœur… et l’avait brisé en mille morceaux…


Spoiler:
 
Il se doutait que ce serait dur…Mais pourquoi à ce point ?
Ca ne se passait pas du tout comme il l’avait imaginé. Au lieu de lui hurler dessus, d’être en colère, elle s’était tellement enfermée dans son chagrin qu’elle mettait sa santé en danger et pas qu’un peu.
Toutes ces nuits qu’il passait à son chevet, le temps variant en fonction de sa tolérance, malgré tout le respect qu’il avait pour elle, malgré tout le chagrin qu’il ressentait et malgré tous ses remords, il ne pouvait s’empêcher de l’observer… plus que de raison… Elle s’endormait sans se couvrir souvent et… portait obstinément des nuisettes un peu trop charmeuses… comme si d’un instant à l’autre il pouvait venir la rejoindre et se repentir. Comment un cœur si fragile, si blessé pouvait-il encore contenir ce fol espoir ?
Alors oui, il la regardait et il en avait presque honte… pour une fois. Sa peau pâle, son corps mince, qui s’affinait et s’épuisait de plus en plus à cause de ses privations de nourriture, à cause de ses privations d’amour aussi… Et il avait peur pour elle…

Alors quand elle était sorti ce matin là, il avait été surpris et…heureux dans un sens malgré l’énorme peine qui hantait les traits délicats de la petite blonde. Pourquoi ? Pourquoi alors qu’il était celui qui lui faisait tant de mal, avait-elle encore eu cette lueur si particulière dans le regard en le voyant ? Pourquoi s’était-elle légèrement redressée, comme si elle cherchait son regard, son soutien… son amour ? Il avait été cruel… Chaque mot était un coup de poignard pour elle qui les entendait, comme pour lui qui les prononçait. Heureusement qu’elle baissait la tête car pendant une seconde bien brève son masque s’écroula et il sembla prêt à se jeter sur elle pour la prendre dans ses bras et la supplier à genoux de lui laisser une chance de s’expliquer… Alors qu’en fin de compte c’était exactement ce qu’elle attendait, des explications.

Heureusement, elle réagit… C’était la preuve dans un sens qu’elle n’allait plus se laisser faire, ou du moins qu’elle n’allait plus LE laisser faire sans se défendre un minimum. Bon, il fut gagnant pour une douche froide qui en soit n’était vraiment pas agréable mais pleinement méritée à ses yeux. Une heure dans ce froid ? C’était bien peu payer pour le mal qu’il lui avait fait… Mais elle avait encore des sentiments pour lui, il en était certain et elle espérait toujours… comme ça faisait mal…

Il ne savait rien de sa magie déficiente même s’il se doutait que les choses étaient devenues difficiles à gérer pour elle… après tout, elle lui avait prouvé et raconté à quel point sa magie était liée à ses sentiments et à quel point ceux-ci pouvaient être aussi bien salvateurs que destructeurs pour elle comme pour son entourage. L’avenir allait lui apprendre qu’il la détruisait… et pas que moralement…
Ce bracelet… elle n’aurait pas dû le mettre, c’était dangereux pour elle mais ça malheureusement, il n’en savait rien…

Elle était revenue d’il ne savait trop où, il s’entraînait. Avant… elle serait sans doute venue vers lui et après s’être assurée qu’ils étaient seuls, elle aurait profité de sa position pour lui voler un baiser sans qu’il n’y puisse quoi que ce soit… Même s’il y avait fort à parier que le jeune homme aurait apprécié… hum… au moins autant qu’elle !
Mais au lieu de ça… il la surprit à le regarder et elle dut en être gênée et vouloir protéger les restes de sa dignité car elle s’affaira à marcher plus loin et… son cœur se serra violemment.
Elle venait de se blesser… avec de la magie !!!

Ni une ni deux, pur réflexe, le jeune homme avait fait un pas vers elle et seule une volonté de fer avait pu l’arrêter dans son geste pour s’approcher d’elle. Crispé, inquiet, il l’avait regardée se lever sans lui proposer son aide, le visage sans expression alors même qu’il l’observait attentivement, cherchant à savoir comment elle allait. Bon, elle se tenait debout… ça ne devait pas être grave… mais elle semblait avoir mal à la cheville ! Elle devait rentrer et se soigner… mais comment lui dire ?! Seule la cruauté était autorisée… Encore des mots qui lui écorchèrent la bouche et encore plus le cœur.
Mais cette fois, elle n’attendait apparemment aucune pitié de sa part et répliqua sèchement. Il se crispa un peu, les muscles de sa mâchoire se contractant. Elle avait raison, il avait toujours eu peur de la magie… Que répliquer ? Que répliquer pour qu’elle s’éloigne ?

- Ah ? Elle ne te blesse pas ? Bah tu devrais peut-être apprendre à t’en servir avant de blesser, je sais pas moi,… un élève par exemple… Y a pas que toi dans le coin au cas où tu ne l’aies pas remarqué…

Il avait les mains dans les poches, parlant nonchalamment, un sourire cruel au visage… Ses ongles s’enfonçaient en réalité dans ses cuisses à travers le tissus de son pantalon… l’empêchant de craquer… Tenir, il devait tenir… Elle avait fermé les yeux au début, ne disait rien… mais il voyait à son visage que ça n’allait pas… de toute façon, il l’aurait su même en ayant les yeux fermés. Il y eut alors cet incident avec sa magie… son geste qui le fit écarquiller les yeux et faire une fois de plus quelques pas vers elle. L’inquiétude lui rongeait le cœur. Elle pouvait dire ce qu’elle voulait, il ne la croyait pas… Elle ne pouvait pas… ne pas avoir mal. Pourtant elle était partie très dignement, aussi vite que sa cheville blessait le lui permettait… L’admiration brilla un instant dans les yeux orangés de son ex compagnon, puis, quand elle fut suffisamment loin, il se détourna, s’enfonçant dans la forêt à côté du terrain d’entraînement et shoota rageusement dans les feuilles mortes qui jonchaient le sol, frappant du poing dans l’arbre le plus proche. Il ne réussit qu’à se faire mal, à sa propre surprise… Lui aussi devenait faible… très faible.



Cette nuit-là, il ne put pas la rejoindre…
Il passa beaucoup de temps dehors, à courir, pour penser à autre chose, à frapper, pour penser à autre chose, à s’entraîner… pour penser à autre chose. Et même s’il ne pouvait pas penser pendant tout ce temps, son nom le hantait, sa souffrance aussi. Si seulement elle savait… si seulement il pouvait lui expliquer…
Il s’était tant fatigué qu’il s’était endormi avant même que sa tête ne touche l’oreiller…

Le lendemain, seule une douche semblait pouvoir le sortir de son état larvaire et il était en train de l’envisager glacée pour se punir une énième fois… après tout, il savait qu’il ne vivait pas le centième de la souffrance de la jolie directrice… c’était injuste.
Il se rendait dans la salle de bains, maussade, baillant à s’en décrocher la mâchoire, une personne était déjà dans une cabine mais il pensait qu’il s’agissait de la jeune elfe. Il avait remarqué qu’elle se levait tôt, allant souvent s’occuper des serres dès le matin, amoureusement, toute dans sa passion de l’étude des plantes. Sans même la saluer donc, il s’enferma dans une cabine. L’avantage de la douche froide c’est qu’elle ne dure pas longtemps. Il ressortit donc rapidement, les cheveux légèrement humides, en désordre et qui lui tombaient négligemment sur les yeux. Apparemment, il ne savait toujours pas s’essuyer correctement tout seul parce que son torse et ses bras étaient encore mouillés… D’ailleurs, une étrange marque s’étalait sur son torse… une espèce de grand X qui ressemblait à une ancienne cicatrice… il avait dû se blesser pendant son entraînement et cicatrisant vite n’en gardait qu’un léger souvenir… C’est vrai que cette marque… persistait depuis un moment déjà…Sa serviette d’ailleurs ne semblait lui servir qu’à une chose, rester autour de sa taille histoire de ne choquer personne… mais en mettant bien trop crûment ses abdominaux en avant.

Pour le coup, il était réveillé… jusqu’à ce qu’il se fige brusquement. Cassidy était devant lui. Il jeta un rapide coup d’œil autour… Ils n’étaient que tous les deux, c’était donc elle dans la douche ? Elle reprenait des horaires à peu près… normaux… c’était bon signe. Mais elle rougissait et ne le regardait pas. Bizarrement, ça lui fit bien plus mal que son sort de la veille pour l’envoyer dans le lac. Pendant un instant, il douta même d’être agréable à regarder… oui, lui, le tombeur de ces dames… se posait ce genre de questions… Du moins pour elle.
Et elle activa le tatouage. Il ne comprit pas tout de suite. Malheureux, bien qu’impassible, il se disait que c’était un moyen comme un autre pour elle d’extérioriser sa colère et qu’elle pouvait se venger ainsi sur lui autant qu’elle le voudrait tant… qu’elle allait mieux. Mais elle demanda l’impossible… la pire des choses… Un câlin…

Non… Non… Surtout pas…
Il en mourrait d’envie… depuis des semaines… Mais il savait que ce serait terriblement dur. Comment pourrait-il encore jouer la comédie si elle était si proche de lui ?! Ca devenait injouable !!!
Il s’approcha en la fusillant du regard mais elle ne dit rien et lorsqu’il passa ses bras autour d’elle et qu’elle s’approcha, son peignoir entrouvert… un peu trop entrouvert d’ailleurs, la protégeant à peine il eut toutes les peines du monde à retenir le frisson de bonheur de son corps retrouvant le sien. L’avantage de cet échange, elle ne voyait pas son visage, par contre lui fit face à son reflet, au bonheur sur son visage… qui se disputait avec l’horreur, la tristesse, le désespoir… Il crispa un peu trop ses bras sur elle, ce qu’elle ne sembla prendre que comme une preuve supplémentaire de son dégoût pour elle alors qu’il se retenait juste de toutes ses forces pour ne pas craquer… Elle rompit le contact pour embrasser ses lèvres et ce fut encore pire. Son cœur battait si fort… Il allait exploser…
Il ne s’était pas senti aussi bien et entier depuis des semaines… mais elle s’éloigna… les larmes aux yeux, le charme se rompit et la douleur revint au galop. Tristan demeura seul… et ne quitta la salle de bain que bien plus tard… après être resté prostré par terre en suppliant les dieux de lui venir en aide… oh… et à tenter d’étouffer la douleur dans son dos…

Les heures passaient…
Les jours aussi…
Rien ne changeait… Ou presque.
Une autre journée d’entraînement. Il avait trop forcé et le manque de sommeil n’aidant pas, il avait mal partout. Tristan avait décidé de prendre un bain ce soir-là. Il avait à peine fait un tour au réfectoire, avalant rapidement de quoi tenir avant de remonter pour être seul dans la salle de bains. Le baiser de Cassidy le hantait encore. Si léger et si profond en même temps, tellement désespéré…
Il était dans le bain depuis quelques minutes déjà, une petite serviette sur les yeux quand il entendit la porte s’ouvrir puis se refermer. Soulevant légèrement ladite serviette, il observa l’intrus ou plutôt l’intruse. C’était Cassidy… encore plus pâle… Elle venait de le voir et ne semblait pas savoir quelle attitude adopter, figée sur place. Il se redressa légèrement et détourna bien vite les yeux.

- Tu peux rester si tu veux… le bassin est bien assez grand…

A sa grande surprise elle avait accepté. Il avait dégluti difficilement en l’observant à la dérobée. Malgré tous ses efforts, il ne pouvait s’empêcher de s’imaginer… eh bien la jeune femme sans son peignoir. Elle s’attarda près de l’étagère des sels de bains et en mit quelques uns de plusieurs parfums avant de se glisser dans l’eau, à bonne distance de lui, sans enlever son peignoir pour autant. Les sels pétillaient doucement et bientôt une douce odeur se répandit dans toute la pièce, une atmosphère plus lourde aussi, plus… intime en quelque sorte.
Il l’observait toujours à la dérobée et il s’en rendait compte avec d’autant plus d’insistance. Elle finit par se tourner vers lui et cette fois il ne détourna pas le regard… Elle l’observait, elle attendait… Sans même s’en rendre compte, Tristan se rapprocha lentement d’elle, petit pas par petit pas. Il commençait à se douter de ce qui se passait et sa ruse l’amusait autant qu’elle l’horrifiait. Il était dangereux de sous-estimer cette petite mage si intelligente… Les sels de bains alors hein ?

Bien vite ils furent beaucoup trop proches l’un de l’autre. Elle ne disait rien cette fois, elle était étonnamment silencieuse, comme si elle avait vraiment retenu ses critiques. Dieux que ses lèvres étaient tentantes ! Et bientôt y résister devint mission impossible. Il franchit rapidement l’espace entre eux, passant ses bras autour d’elle en l’embrassant comme… eh bien difficile de dire comment d’ailleurs… C’était presque… violent. Mais qu’elle lui avait manqué ! Malgré l’odeur entêtante des sels de bains, il sentait son odeur, se délectait de la douceur de sa peau… jusqu’à ce que le tatouage le rappelle à l’ordre. La douleur fut si vive et il ne s’y attendait tellement plus qu’il crut qu’on lacérait son dos à coups de pattes griffues géantes ! Mais il reprit ses esprits… et réussit à reprendre bien vite suffisamment d’aplomb pour sortir d’horribles paroles, une fois de plus… Enfin d’abord un sourire moqueur, puis :

- Ts… Dans tes rêves…

Et l’instant d’après il se hissait hors du bassin… euh… pas très habillé, pour ne pas dire nu comme un ver (mais quel ver !), attrapait une serviette, ses affaires et sortaient d’un pas rageur de la petite salle… pour aller directement s’enfermer dans sa chambre.
L’incident eut au moins un bon côté… il dessina encore ce soir là… longtemps…



Mais la suite fut terrible… pour l’un comme pour l’autre.
Ils ne s’étaient pas croisés pendant toute la journée qui avait suivi, puis la suivante… ou à peine… Puis elle était apparu brusquement sur le terrain d’entraînement, dans une tenue très loin de ses petites robes mais qui lui allait diablement bien aux yeux du garçon pourtant censé être indifférent.
Il l’avait entendue frapper contre le mur… une bonne partie de la nuit, elle n’était pas assez solide pour ce genre d’activité et bien malgré lui, il regarda ses mains… Elle ne semblait même pas s’en préoccuper.

Et là… elle avait décidé de parler… et de frapper… avant qu’il ne la frappe de nouveau, avant qu’il ne continue ses bêtises, leurs bêtises.
Elle lui cria des vérités qui l’ébranlèrent même s’il esquissait un sourire moqueur. Tout ceci était vrai… tellement vrai. Comment lui dire qu’il le savait, comment lui dire qu’elle comptait ? Oui comment ??? Il n’avait pas le droit, il ne pouvait pas ou plutôt, il ne pouvait plus… mais quelle souffrance !!!
Elle avait raison, tellement raison…
Cette fois-ci, il n’eut même pas la force de chercher, de trouver quelque chose à répliquer. Parce qu’il n’y avait rien à répliquer, il pouvait jouer la carte de la cruauté mais mentir là-dessus c’était impossible. Elle,..elle avait été parfaite… elle n’avait rien à se reprocher, absolument rien !!!
Il s’était retourné, reprenant ses exercices en serrant les dents pour chasser les larmes qui obscurcissaient sa vue… mais ça n’avait pas suffi. Elle avait suffisamment souffert… alors elle commença à utiliser la magie contre lui.

Malgré tout, Tristan ne pensait pas qu’elle puisse en venir à une telle extrémité et il fut surpris… autant en mal, déprimé de la voir s’abaisser ainsi contre lui, qu’en bien, heureux qu’elle réagisse enfin… qu’elle extériorise tout ce mal qui la rongeait. Et autant dire que si elle l’avait éperdument aimé, sa vengeance n’en était que davantage proche de la haine. Haine, amour, deux sentiments si proches… souvent confondus.
Et sa magie faisait des ravages, peut-être même ne se rendait-elle pas compte à quel point. Pourtant, il ne chercha nullement à répliquer. Qu’aurait-il pu faire de toute façon. Elle l’avait dit elle-même… la magie l’effrayait… et la force brute ne pouvait rien contre pareille magie… l’éviter ? A quoi bon ? Il méritait chacun de ces mots et surtout chacun de ces coups… jusqu’au tout dernier.
Malgré ça, il ne lui en voulut pas un seul instant, pas la moindre petite seconde et s’il l’avait pu… il lui aurait demandé de l’achever. De toute manière, aucune douleur n’était comparable à celle qu’il ressentait déjà.

Elle lui dit qu’elle l’aimait… dans un murmure… elle pleurait. Il s’en rendit compte alors qu’il se relevait. Son sourire narquois, moqueur ne le quittait plus mais il avait peine à le conserver à cet instant tant l’envie de la prendre dans ses bras était grande. Un vertige… un murmure. Il carra les épaules… serra les poings et lui lança la plus horrible de ses tirades.

- Comme si un gars comme moi pouvait aimer une fille comme toi…


C’en était trop, bien trop… Il était temps que Cassidy se relève et frappe. A mort l’horrible menteur ! A mort le salaud ! Et s’il n’avait pas eu aussi peur pour elle, pour sa santé à cet instant, il savait qu’il aurait été admiratif devant sa démonstration magique époustouflante et sa démonstration de force aussi… certes la magie était bel et bien dessous mais c’est son poing qui l’envoya au tapis avant tout… Le grand guerrier terrassé par la petite mage. Aie…
Il fut si puissant qu’il l’envoya heurter un arbre. Son dos frappa si fort contre qu’il crut entendre ses côtes craquer et en eut le souffle coupé alors qu’il se faisait à moitié assommer par une pluie de pommes.
Elle partit… digne…s’assomma à moitié contre un arbre ce qui lui fit prendre conscience d’à quel point elle était faible. Lui ne fit rien, ne dit rien, restant assis contre cet arbre. Elle partit…oui… loin de lui… sans doute dans sa chambre, personne n’avait rien vu, personne n’avait rien entendu. Il se releva finalement en grimaçant et se tenant les côtes et s’éloigna dans la forêt, le visage fermé, les dents serrées et les joues ruisselantes de larmes.
Il ne rentra pas ce soir là.



Le lendemain, elle partit pour une mission, mais lui n’en savait rien bien entendu… après tout, à moins de la guetter constamment il ne pouvait que l’ignorer… Et la croiser était déjà suffisamment un supplice pour qu’il ne passe pas tout son temps… à l’espionner. Tristan avait passé la nuit dehors, à errer, à s’interroger, à se maudire et même à prier pour un miracle, n’importe quoi. Il ne savait pas, il ne savait plus… Pourquoi au juste ? Oui… pourquoi ?
Il passa la journée sur le terrain d’entraînement, ne rentrant pas à l’Académie, croquant son stock de pommes qui l’avaient bien assez humilié la veille, quand il avait faim.

Ce ne fut que lorsque Cassidy apparut près du portail, bien plus tard, qu’il se rendit compte qu’elle était sorti… sans doute tôt du coup… oui… très tôt…
Et elle n’était pas seule. Un homme était avec elle ou plutôt la portait… Tristan le reconnut bien avant d’être suffisamment près pour voir son visage. Il vint à leur rencontre aux grilles de l’Académie. Ils discutaient… L’homme l’invitait à prendre un verre. Le Drakkari serra les dents… Cassidy tourna à peine la tête vers lui mais il eut l’impression de voir scintiller une courte seconde une lueur vengeresse dans ses yeux. Et elle accepta directement… un diner… Le goût du sang envahit sa bouche. L’homme ravi, se complaisait en politesse et lui souhaita une bonne nuit avant de s’éloigner.

Tristan demeurait immobile alors que Cassidy marchait trop lentement et trop boitillante pour que ce soit anodin devant lui. Aussi immobile qu’une statue oui, il ne disait mot et n’esquissait aucun geste. Comme elle ne le regardait pas le moins du monde, l’ignorant comme s’il était le dernier des insectes ou des abrutis, elle ne put pas voir l’inquiétude sur son visage et la peine. Pourquoi… Pourquoi ?
Des pas revenant vers les grilles lui firent relever la tête. Le blond était revenu, un magnifique sourire aux lèvres.

- Oh… conduisez-vous en gentleman je vous prie. On ne peut laisser une lady en détresse sans intervenir. Aidez-la donc… jeune homme.


Le ton était un brin condescendant et il lui avait fait un clin d’œil complice comme s’il lui demandait de comprendre sa position vis-à-vis de la demoiselle et de ne pas le ridiculiser devant elle. En réalité c’était beaucoup plus. Tristan se décrispa un peu, se contentant de souffler un « bien sûr » sur le même ton. Le blond s’éloigna, lui s’approcha de Cassidy et sans lui demander son avis la souleva du sol… Il la portait comme il l’avait tant fait, avec autant de prudence au moins que d’habitude, peut-être même plus… Seul son visage tendu faisait montre du manque de naturel de son geste alors qu’il marchait d’un bon pas vers l’Académie, les muscles contractés, sans dire un mot.

Il ne la ramena pas à sa chambre, même quand elle lui demanda de la lâcher et le frappa sans grande conviction sur le torse. Il alla directement à l’infirmerie et la déposa sur un lit un peu brusquement mais en prenant garde à ce que sa jambe blessée ne tape contre absolument rien. L’instant d’après, il disparaissait et c’est Tinuviel qui prit le relais… Il avait dû aller la chercher… finalement…
Il ne réapparut pas de la soirée et se terra dans sa chambre ou la salle de bain toute la nuit…


Le lendemain, il assura son cours avec les élèves comme chaque semaine et donna des conseils, s’entraînant encore avec ceux qui le souhaitaient mais la plupart remarquaient qu’il était un peu… ailleurs.
Le verdict était tombé, l’elfe lui avait dit… Cassidy avait la jambe cassée et elle ne savait même pas comment elle avait pu ne serait qu’un peu marcher devant lui la veille. Il ne dit rien, haussant les épaules. Apparemment, elle avait des potions contre la douleur à prendre et devait se ménager… Moui… les potions ce n’était pas tellement son truc.
Il était allé se doucher et la croisa en sortant de la salle de bain, boitillante et l’air d’être très agacée par les attelles qui lui immobilisaient le bas de la jambe… Apparemment les lutines devaient l’aider même pour se doucher. Il s’en aperçut en voyant Kimmy posée sur l’épaule de son amie, qui l’encourageait. Il détourna les yeux mais s’écarta en gardant la porte ouverte… ignorant le regard assassin que lui lançait le petit-être bleu. Mais il ne s’attarda pas et disparut bien vite, courant presque hors de la salle de bain dès que Cassidy fut entrée…
Sa vie était un enfer…
Pourquoi personne ne voulait-il l’achever ?



Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Cassidy Herediane
Directrice de l'Académie Hysandra
avatar

Messages : 846
Date d'inscription : 26/02/2012
Age : 29

Feuille de personnage
Race: Humain Ascadian
Royaume: Territoire Neutre
Vocation: Mage

MessageSujet: Re: Mage à la ramasse   Jeu 4 Avr - 22:11

Plus les jours passaient, plus Cassidy dépérissait. Et pourtant elle avait passé de nombreuses heures à chercher, à comprendre ce qui agitait son compagnon. Elle pensait que tout était de sa faute, ce soir à la taverne. Peut-être qu'elle avait dit des choses affreuses et qu'il ne souhaitait pas en parler. Le doute subsistait car la demoiselle ne se rappelait pas de grand chose de ce soir là.

Si seulement elle avait vu Tristan se faufiler dans sa chambre. Ce ne serait pas rester anodin. Elle aurait eu ce dernier petit espoir de croire qu'il y avait une chance. L'amour fait très mal. Surtout quand on ne connaît pas les circonstances de cet arrêt brutal. La jeune femme en finissait par douter de ses capacités, douter d'elle même et elle avait une confiance réduite. Elle n'osait plus sortir de sa chambre de peur de ne pas savoir prendre sur elle, continuer comme si de rien n'était.

Autant Tristan avait été quelqu'un de doux, prévenant et qu'il lui avait permis de prendre confiance en elle, autant maintenant, c'est comme si tous les efforts avaient été réduit à néant. Pire que ça ! Difficile de garder un masque, difficile d'avoir l'air sévère. Non elle n'en était plus capable et se faisait bien lointaine.

Le forcer à la prendre dans ses bras était une bien maigre consolation et lui permettait de tirer vers elle les dernières images de son beau rêve. Réduite à le forcer. Elle était tombée bien bas ! Ce qui le confortait dans ses pensées qu'il était irrésistible et qu'elle n'avait fait qu'entrer dans son jeu. Pourquoi s'attachait-elle autant ?

Et pourtant ce fut bien une lueur d'inquiétude énorme qui dansa un bref instant dans les yeux de la jeune femme à la vue d'une cicatrice sur son torse. Qu'avait-il fait ? Battu ? Non elle était persuadée que personne dans l'enceinte de l'Académie lui avait fait ce genre de chose. Alors à Glindel ! Par qui ? Pourquoi ? Elle avait beau avoir le coeur brisé, le simple fait de voir cette marque la choquait et lui donnait envie d'en savoir plus. Elle était très bizarre et malgré la rancoeur, l'envie de torturer l'adversaire à Tristan pour se défouler sur quelque chose l'aurait apaisé un petit peu.

Elle voulut lui demander mais la peur de se prendre des remarques désagréables l'emporta sur le reste.

Le passage dans le bain lui avait donné un nouvel espoir, une nouvelle lueur qui dansait dans les yeux de la jeune femme alors qu'il l'embrassait de manière vertigineuse. Elle s'était laissée faire. Par les Dieux que ses lèvres lui avait manquer ! Son goût légèrement sucré ennivrait Cassidy alors qu'elle se collait plus contre lui et le partageait avec les intérêts.Son coeur battait plus vite, elle se sentait mieux. Mais pas lui qui la planta là comme si de rien n'était.

Alors la jeune femme tenta une dernière chose. Lui demander en face à face pourquoi. Mais il resta silencieux. Elle frappa. Parce que sa magie l'épuisait, le fait de s'entraver depuis des jours et des jours la rendait beaucoup plus faible. Elle pouvait faire des dégâts... quel que soit la manière dont elle s'y prenait. Garder le bracelet plus longtemps sans utiliser la magie pouvait carrément la faire tomber dans l'inconscience et beaucoup de personnes se poseraient de questions. Mais enlever le bracelet dans son état la faisait devenir une véritable bombe vivante. Soit elle dirigeait sa magie sur un point pour frapper, soit elle devenait incontrôlable. Un couteau à deux tranchants. Un côté obscur qui la guettait à tout moment.

Elle l'avait frappé. Mais dans sa tête la demoiselle se confondait en excuses. Sado ? Certainement ! Parce qu'à chaque coup qu'elle lui envoyait elle avait l'impression de se faire du mal, de devenir mauvaise, de se taper en même temps. Elle pleurait et tapait de plus en plus fort avec sa magie. Pour l'achever avec un coup étonnant mêlant une grande force physique semblable à celle d'un Drakkari. Sans aucune limite.

Cassidy ne fut pas soulagée quand elle eut terminé. La seule chose qui la rassura c'est que sa magie s'était un peu calmée. Tout comme la douleur intérieure qu'elle ressentait.

Le lendemain elle partit en mission pour éliminer une créature. La jeune femme avait une occasion d'utiliser sa magie autrement qu'en tapant Tristan. Mais voilà le fait qu'elle soit déboussolée rendait sa magie instable et presque inefficace. Elle ne vit pas le coup venir et hurla de douleur, ce qui effraya les oiseauts aux alentours. La fatigue y était pour beaucoup là, autant que la douleur de son coeur. Heureusement un sauveur arriva et il se révéla être le jeune homme séduisant du gala.

La jeune femme se sentait humiliée et même si elle était reconnaissante, Cassidy dut reconnaitre qu'au final elle était quand même bien faible. Honte à elle la grande mage qui s'était fait une petite réputation. Honte à elle de ne pas arriver à consummer une horrible créature. Elle n'était plus que l'ombre d'elle même. Elle le remercia quand même mais refusa son aide pour rentrer. Il dut s'y prendre à plusieurs fois avant d'insister et de la porter. Heureusement que Cassidy avait remis son bracelet même si elle n'aurait pas fait autant de dégâts que par le passé.

Ils rentrèrent à l'Académie. Aïe Tristan était là ! Que faisait-il près du portail à l'attendre ? Voulait-il déverser quelques paroles méchantes ? Heureusement l'attention de l'autre homme lui empêcha de se concentrer sur lui qlors qu'elle l'évitait. Quoi de plus normal après tout ce qu'il avait raconté ?

Et pour la première fois depuis le début, Cassidy se mit à fuir. Accepter une invitation pour ne plus penser à Tristan, ne plus avoir ces choses malheureuses en tête, et peut-être avoir une autre distraction plus légère qui ne lui prendrait pas la tête.

Cependant alors qu'elle s'éloignait dignement malgré sa jambe qui la faisait souffrir. C'était horrible comme douleur. Mais elle tenait bon et n'avait pas besoin d'aide. Jusqu'à ce que le charmant jeune homme demande à Tristan de s'en occuper. Cassidy se retourna, figée. En temps normal elle aura vraiment attendu ce moment avec impatience, où ils se réconciliaient. Mais là, ça prenait une autre dimension.

"Heu... Non merci ça ira je peux très bien me débrouiller je n'ai pas besoin..."

Elle n'eut pas le temps d'en dire plus qu'elle se retrouva dans les bras de Tristan. Une chose l'étonna néanmoins. Il aurait très bien pu la porter comme un sac à patates. Mais malgré cela il avait l'air de ne pas chercher... à profiter de la situation. Peut-être avait-il peur de recevoir des menaces de la part de l'autre homme si il la traitait mal. Mais pour le moment, la demoiselle n'avait qu'une envie, retourner déprimer dans sa chambre.

Tristan ne dit pas un mot du voyage.

"C'est bon ! Tu n'es pas obligé de lui obéir ! Je n'ai pas besoin de ça. Tout ce que je veux c'est retourner dans ma chambre et aller dormir. Relâche moiiiiiii"

Elle lui donna des faibles coups sur le torse. Pourtant Ca se voyait qu'elle était fatiguée, poussiéreuse et quelques griffures se trouvaient sur son visage pâle. Tristan la jeta sur un lit avant de partir sans rien dire.

L'elfe vint prendre la suite et Cassidy ne souffla pas un mot, prétextant juste une mission qui avait mal tourner. Elle évitait carrément son regard et ne voulait pas à avoir à répondre à des questions sur sa maigreur ou sa pâleur. Cependant le verdict fut sans appel. Jambe cassée. Cassidy ne dit pas un mot et haussa les épaules. Ce n'était pas grave après tout.

Un jour passa et Cassidy ne sortait pas plus que ça de sa chambre. Sa jambe dans une attelle, posée sur le lit, elle n'avait vraiment pas la motivation de lire ni de manger. Un peu, juste un peu mais tout juste pour vivre. Elle soupirait en regardant sa jambe. Si elle ne s'était pas déconcentrée, cela ne serait pas arriver.

Kimmy arriva plus tard dans la journée en lui demandant d'aller se doucher. Cassidy se redressa tant bien que mal puis protesta. Elle marchait dans le couloir et on voyait bien que la jeune femme n'était pas du tout enchantée d'être suivie.

"C'est bon Kimmy je peux très bien y arriver seule"
- Tu plaisantes ? Avec ton bracelet tu ne peux même pas utiliser la magie !
"C'est gentil Kimmy mais il faudrait que j'apprenne à me débrouiller. C'est pas une petite jambe cassée qui va me ... OUTCH"

Elle grimaça et s'arrêta. Kimmy soupira et l'encouragea quand même et elles croisèrent Tristan qui sortait de la salle de bain. Cassidy se mit à déglutir gênée mais il ne resta pas.

Le soir même, la demoiselle sortit. Comme marcher était devenu dur et qu'elle s'appuyait sur un bâton, le jeune homme du gala lui avait fait amener une charrette qui l'amènerait jusqu'à Glindel.

Sauf qu'arrivée sur place, Cassidy fit une bien étonnante rencontre. Dans une rue passante, Tristan se trouvait contre un mur et il y avait une femme en face de lui qui le draguait vu les battements de cil et les attouchements qu'elle faisait d'un air très intéressé. La demoiselle demanda à Tristan de la suivre, pour des activités plus... discrètes. Cassidy jeta un regard furieux au Drakkari puis avança en boitant vers la taverne.

La soirée se passa bien et le jeune homme charmant la distraya un peu même si le coeur était ailleurs. Pourtant c'était pas si mal que ça. Elle revint d'ailleurs à l'Académie un peu plus calme. Mais Tristan n'était pas là. Certainement en train de consommer la nuit qu'elle pensa avec douleur.

Les jours suivants elle s'absenta, passant beaucoup plus de temps à Glindel avec le séduisant jeune homme.

Et encore une fois, un de ces jours, elle croisa Tristan avec une autre femme. Ils se rapprochaient, comme pour s'embrasser. Cassidy ne voulait pas en voir plus et retourna à l'Académie sans chercher à se dégouter.

Le soir, elle était furieuse et parlait à Kimmy qui l'écoutait, elle qui était assise sur le bureau.

"Mais qu'est ce que j'ai bien fait ? Qu'est ce que j'ai fait pour qu'il me repouse ? Je ne suis pas assez bien pour lui ?"

Kimmy n'était pas à l'aise et semblait un peu hésitante.

-Tu sais bien... tu connais son passé... il n'est pas capable... enfin

Cassidy se redressa du lit et se tenait debout en face de Kimmy. Apparemment elle était en train de se douter de quelque chose.

"Kimmy... Tu ne me caches pas quelque chose quand même ?"

La lutine baissa la tête. C'était trop dur de mentir.

- Je...
"Qu'est ce que tu lui as dit Kimmy ? Ne mens pas s'il te plait ! C'est pas possible qu'il agisse aussi rapidement sur un coup de tête"

Kimmy resta silencieuse et baissa la tête, muette et ne voulant pas en dire plus. A part un désolé et à voir la tête effondrée de Cassidy, la lutine ne préféra pas rester ici. Elle se volatilisa, laissant une Cassidy désespérée.

Il commençait à pleuvoir dehors. Le temps était orageux, un grondement résonna dans le ciel. Cassidy était adossée, par terre, contre le lit et fixait d'un air vitreux le sol. Pourquoi ? Pourquoi cela lui arrivait-il ? Etait-elle destinée à être malheureuse ? Elle n'avait pas envie d'être malheureuse et pas envie d'attendre un homme qui n'en avait carrément rien à faire d'elle. Il avait déjà refait sa vie en enchainant les femmes. Après tout il était libre de faire ce qu'il voulait.

La jeune femme fixa ensuite sa jambe. Elle ferma un instant les yeux et soupira. Avant de relever la tête vers une bouteille d'alcool. Une bouteille que le séduisant blond lui avait donné, en disant que cela l'aiderait peut-être à se détendre, à aller mieux. Que ca l'aiderait à devenir plus joyeuse et voir la vie autrement que dans la déprime. Après tout peut être que ça l'aiderait à oublier tout le reste. Tristan...

Cassidy se redressa péniblement et regarder la bouteille. Elle prit un air plus sévère et déterminé avant d'ouvrir la bouteille et de verser le liquide dans un verre à côté. Cul sec ! Mais elle ne s'arrêta pas en si bon chemin et remplit son verre une nouvelle fois, encore une fois. L'alcool agissait rapidement chez elle et bientôt elle n'avait plus des pensées claires.

Son corps s'était réchauffé, elle avait chaud. Un éclair traversa le ciel et le tonnerre gronda. La demoiselle cligna des yeux et un sourire tout sauf innocent s'étira sur son visage. Son esprit s'embrumait. C'était pas si mal, elle se sentait légère et en meilleure santé. Sa jambe ne l'a faisait pas souffrir, c'était comme si la douleur était partie. Tout comme la douleur de son coeur.

Et puis pourquoi rester ici alors qu'un bel homme certainement pas insensible à ses charmes était dans les parages ? Elle avait besoin de ça... D'amour, d'affection. Elle avait besoin de se sentir aimée et se détendre. Cassidy sortit une de ses robes les plus provocantes pour l'enfiler tout en chantant doucement. Puis elle ramassa sa cape et sortit en boitant mais à une vitesse plus rapide que d'ordinaire. Elle claqua la porte plus fort que d'habitude.

Dans le couloir on voyait les éclairs dehors et le déluge qui tombait. Mais elle avançait tranquillement sans que cela ne la dérange ni lui donne envie de rebrousser chemin.

Elle marcha tout le long de la route, arrivant jusqu'à Glindel, sans se soucier de la pluie, du vent, du froid et de l'eau dégoulinant sur son visage et dans ses cheveux. La jeune femme arriva à l'auberge où logeait un certain Cheistam et après avoir prévenu l'aubergiste, elle toqua à la porte de l'heureux élu.

Il sortit et l'accueillit surpris de la voir à cette heure ci.

- Cassidy ! Que faites vous ici ? Vous êtes trempée...

Le jeune homme voulait apparemment chercher un linge pour la couvrir mais la petite mage s'était engouffrée dans la chambre en refermant la porte derrière elle. Son regard vitreux témoignait de son état mais elle souriait et se jeta sur le blond en le plaquant au mur, l'embrassant avec fougue, se mettant sur la pointe des pieds. C'est comme si il n'attendait que ça et répondit avec ardeur à son baiser.

Cassidy avait enlevé sa cape et ils se livraient ainsi à des activités très intéressantes. Cela la réchauffait, elle ne s'était jamais sentie aussi bien depuis des semaines et ce manque qu'elle ressentait s'exprimait bien. Ils se cherchaient, s'embrassaient, se touchaient. Enlevant petit à petit leurs vêtements alors qu'il la traina vers le lit, un sourire conquis et presque victorieux sur le visage. La petite mage était vraiment bien quand on arrivait à la décoincer.

Le bruit du tonnerre dissimula leurs activités mais une chose était à remarquer. Même si elle prenait vraiment du plaisir, la demoiselle ne brillait pas. Pourtant elle avait enlevé son bracelet dans sa chambre sans s'en rendre compte. Sa magie pouvait intervenir à n'importe quel moment, lumière de luciole qui l'entourait quand elle avait certaines envies.

Une chose est sûre, Cassidy s'endormit paisiblement cette nuit.

Le lendemain matin, c'est la lumière du jour qui tira la jeune femme de ses beaux rêves... enfin elle n'avait pas vraiment rêvé de Tristan cette nuit. Pourtant elle avait un énorme mal de tête pas du tout identifiable et la bouche pâteuse. Cassidy grommela et se retourna dans le lit, cherchant une meilleure position. Sauf qu'elle toucha... un bras.

La jeune femme ouvrit d'un coup les yeux, complètement surprise, avant d'apercevoir le blond qui dormait paisiblement à côté d'elle. Un coup d'oeil pour se dévisager et elle se rendit compte qu'elle était complètement nue. Heuuuu oui ! La jeune femme poussa une exclamation surprise avant de tirer les draps vers elle, ce qui réveilla son compagnon d'un soir, étonné de l'entendre.

Cassidy sortit du lit en prenant la couverture pour se cacher et ferma les yeux, tirant une grosse grimace. La nuit lui revenait. Elle avait bu et... couché avec cet homme. Ses souvenirs lui revenaient peu à peu et elle se rendit compte que la nuit était appréciable pour elle. Ce qui la gêna encore plus. Pour l'instant elle ne pensait pas encore à Tristan mais ses principes lui empêchaient d'être euphorique.

-Gnè ? Qu'est ce qui a ?

"Je... je.."

Elle était embarassée et ne savait pas quoi dire. Le blond fronça légèrement les sourcils.

- Quoi ? La nuit n'était pas bonne ? Je suis si nul que ça ?

Il se mit à rire doucement. Cassidy secoua la tête.

"Non ce n'est pas ça... Je vais y aller... C'est une erreur, je n'aurais pas du "

Le blond poussa un faux soupir puis la regarda conquis et se leva nu lui aussi pour se rapprocher d'elle et tenter de l'embrasser. Cassidy se déroba, perturbée.

- Vous me fendez le coeur demoiselle... Ne dites pas que vous n'avez pas apprécié. Et vous n'irez nul part aujourd'hui. Vous n'êtes pas en état de vous déplacer pour le moment et puis...

Il s'agenouilla en face d'elle, chevaleresque.

- Mon coeur bat pour vous. Je suis tombé amoureux et je sais que je ne vous laisse pas indifférent non plus. Venez avec moi. Je vous comblerais, je vous rendrais heureuse. Vous deviendrez ma femme et nous vivrons ensemble0

Cassidy recula et grimaça. Sa jambe lui faisait encore plus mal. Parce qu'elle n'avait pris aucune précaution hier en marchant et elle ne paraissait pas vraiment prête à accepter.

"Messire je suis désolée mais je ne pense pas que c'est une bonne idée. C'était une erreur. Je ne veux pas... je n'aurais pas du. Et non je rentre à l'Académie"

Elle se détourna et il l'attrapa par la main, un peu plus menaçant cette fois.

- Je ne voulais pas avoir recours à ça mais vous ne me laissez pas le choix. Vous savez très bien... ce petit incident à la taverne l'autre soir avec l'alcool. En peu de temps votre réputation pourrait se ternir. Etes vous vraiment capable de gérer un tel établissement ? Vous n'avez pas vraiment le choix...

Cassidy se déroba de nouveau et le regarda plus fermement, sans appel.

"Je n'irais pas avec vous ! Vous n'oseriez quand même pas !"
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ascadian.forumgratuit.org
Tristan Konogan
Professeur Initiation et Maniement des Armes
avatar

Messages : 594
Date d'inscription : 09/05/2012
Age : 24

Feuille de personnage
Race: Drakkari
Royaume:
Vocation: Guerrier

MessageSujet: Re: Mage à la ramasse   Sam 6 Avr - 12:28

Elle finirait par oublier. Elle finirait par l’oublier.
Ils n’avaient plus le choix désormais.

Mais comme il était difficile de la voir dans cet état. Pourquoi… Pourquoi s’accrochait-elle de la sorte à ce qui s’était passé ? Ca s’était passé justement… Donc c’était du passé. Pourquoi se battait-elle encore pour une telle utopie sans lendemain ?
Elle s’accrochait à lui, elle s’accrochait à eux… Même si ça devait la faire souffrir… Si elle s’était contentée de s’écrouler, ça aurait peut-être été supportable même s’il se punissait en l’écoutant pleurer, même s’il détestait chaque fibre de son être le soir lorsqu’il voyait les sillons laissés par ses larmes, son corps fragile et amaigris par ses caprices amoureux. Mais il n’aurait eu qu’à se soucier d’elle… uniquement d’elle. Alors que là… Elle se battait… malgré tout, elle se battait.

Elle cherchait à le faire revenir, à lui rappeler et c’était une douleur sans précédent. Car il devait résister à lui-même. Tout son corps était attiré par le sien et même s’il crevait de désir pour elle, ce n’était pas que pour ça mais aussi… et surtout parce qu’il rêvait de pouvoir la serrer dans ses bras, embrasser ses cheveux, chatouiller son nez du sien, l’embrasser tout court.
Quand elle lui avait demandé ce fameux câlin en se servant du tatouage, il en était aussi heureux que désespéré. Parce que malgré tout, ça lui fit un bien fou mais feindre l’indifférence, feindre trouver ce contact répugnant, feindre son dégoût pour le corps mince, devenu trop mince d’ailleurs selon lui, de la jeune femme était la pire épreuve qu’il ait eu à affronter jusqu’alors. Elle ? Ne pas l’attirer ?

Pourtant, même s’il était coincé, même s’il ne pouvait rien changer, il avait tenté de lui envoyer des signaux quand il avait rompu et à chaque fois qu’elle le croisait. C’étaient des paroles horribles… mais des paroles qui avaient un sens malgré tout. Il se savait fou d’espérer qu’elle les décode, elle n’avait pas suffisamment confiance en elle pour comprendre… et il savait que dans le cas inverse, lui-même n’aurait pas saisi, mais malgré tout il avait espéré… en vain.
Ne lui avait-il pas suffisamment dit qu’elle était belle ? attirante ? Elle ? Coincée ? Par tous les dieux, au début oui c’est vrai, mais depuis qu’ils étaient ensemble, depuis qu’ils se voyaient, chaque jour à l’Académie, elle s’était épanouie et était tout sauf coincée… un peu traditionnelle des fois mais c’était dû à sa timidité…et elle n’était pas ennuyeuse. Tout ce qu’elle lui disait l’intéressait… C’était comme cette lettre avec cet homme. Quand elle lui en avait parlé… Il bouillait de jalousie, d’inquiétude… Il était mort de trouille à l’idée qu’un homme puisse s’approcher d’elle et qu’elle réalise l’erreur qu’elle faisait en s’intéressant à lui… Mais il s’était contenté de si peu réagir, voulant lui prouver sa loyauté et sa confiance. Si elle l’avait su… Peut-être aurait-ce été différent…
Une distraction… Oui, elle en était une… La plus belle, la plus douce, la plus extraordinaire des distractions qui soient. Elle l’empêchait de se concentrer et lui faisait tourner la tête d’un geste, d’un regard. Même s’il luttait de toutes ses forces pour en pas montrer sa dépendance, elle ne pouvait pas ne pas avoir remarqué l’attachement qu’il lui portait…

Eh bien si en fait… parce qu’elle ne l’avait vu avec une autre fille. Si… une fois, de loin… Sans l’écouter, sans le voir évoluer dans une autre relation amoureuse. Tout simplement parce qu’elle était la seule avec laquelle il souhaitait construire quelque chose. Les sept années écoulées avaient été une horrible période où seuls l’alcool, la drogue, les femmes et la violence le maintenaient en vie. Alors elle était bien plus qu’une distraction…
Et toutes ces choses horribles qu’il lui disait… qu’elle croyait… Quand il lui avait de retourner dans sa chambre, manière tellement détournée de signifier qu’elle n’était pas assez habillée pour sortir. Elle était fragile et frileuse, il trouvait ça tellement mignon et merveilleux puisqu’excuse parfaite pour la prendre dans ses bras… mais elle avait perdu du poids, sa santé déclinait, il ne voulait pas qu’elle tombe malade. Malheureusement ce jour-là avait le jour du début des répliques… quand elle se relevait, bravait ses paroles avec une force et une détermination hors du commun. Chaque mot la tuait et chaque fois elle renaissait de ses cendres, faible oisillon mais qui finirait par redevenir le phénix dans toute sa splendeur qu’elle incarnait.

Une seule fois… Une seule fois il avait été honnête. « Comme si un gars comme moi pouvait aimer une fille comme toi… » C’était vrai. C’était impossible, incompatible, inexplicable… Il ne l’aimait pas… Il avait cherché ce mot pour définir ses sentiments pour elle, bien plus fort que toutes ces fades définitions de l’amour. Il s’était souvenu de l’histoire de sa mère, de son explication, de ses mots. L’ancienne langue qu’on parlait dans leur zone d’Ascadian avant que la langue commune ne s’installe. Ce mot n’avait pas de conjugaison, ce n’était pas un verbe, ni un nom… plutôt une forme d’adjectif, mais quel adjectif. « Araira »… intraduisible aujourd’hui puisque oublié. Cette impression de voler, de flotter, de perdre la notion du temps, du lieu et même de l’être. A ses côtés il oubliait tout… toutes ses erreurs, toutes ses réussites. Il n’était que l’homme qui l’aimait, l’homme qu’elle aimait. Il n’était plus un guerrier, elle n’était plus une mage. Les muscles puissants qu’avaient forgés son entraînement n’existait à ses yeux que pour mieux la porter, l’enlacer, la protéger. Chaque parcelle de son corps lui appartenait pour la combler, chacun de ses mots était pour elle et uniquement pour elle. La magie qui entourait la jeune femme et le repoussait parfois n’était qu’un signe de l’inconditionnalité de leurs sentiments. Quand elle brillait, elle l’appelait juste à être l’homme performant qu’elle voulait qu’il soit… Quand elle le repoussait ou le blessait un peu, ce n’était que pour mieux prendre soin de lui. Ils étaient ensemble… Et quand elle lui souriait… quand elle lui souriait il en avait la chair de poule, son cœur explosait de joie et sa tête de mots complètement fous qu’il contrôlait à grand mal, s’empêchant de gâcher l’instant avec des paroles absurdes… Le silence suffisait, leur silence, leurs sourires…

Mais chacun de ces mots… elle les avait pris pour des accusations, pour des vérités… cruelles mais bien existantes et elle souffrait… oh elle souffrait tant. Il le voyait sur son visage, il le voyait dans ses tremblements, dans ses larmes. Qu’elle se rassure, elle n’était pas la seule à souffrir… Ne gagneraient-ils pas tous les deux s’il en finissait maintenant ? S’il disparaissait… ne serait-ce pas mieux ? Mais qui la protégerait ? N’importe qui… après tout… de protecteur, il était devenu chasseur et il traquait sa proie sans merci. Il n’avait pas le choix… Même s’il n’était plus du tout sûr de la protéger en agissant ainsi.

Elle s’inquiétait pour lui dans la salle de bain. Il ne le vit pas bien sûr. La regarder en face… était tellement dur. Cette souffrance, il ne la souhaitait pas à son pire ennemi… Oui même à ce salaud qui lui avait tout pris !
Elle réagissait… Oui… Mais ses réactions, étaient-elles vraiment une bonne chose. Quand elle lui avait demandé des explications, il lui tournait le dos. Comme il avait envie de se retourner vers elle, de la prendre dans ses bras, de tout lui expliquer… même quand elle l’avait frappé avec sa magie… Même lorsque toutes ces attaques magiques le plongèrent dans le chaos d’horribles souvenirs responsables de sa crainte maladive dont elle ignorait encore tout. Pauvre petite Cassidy. Elle pensait qu’il avait juste peur de la magie mais c’était bien plus profond que ça. Autrement, ça aurait été trop simple…
Oui, il était heureux qu’elle se défoule sur lui, alors pourquoi avait-il si mal ? Ce n’était pas physique… Enfin si… elle avait dû éclater ses côtes avec son coup de poing… il avait tellement au cœur qu’il était au bord de l’évanouissement. Ce n’était pas sa rune, ce n’était pas le tatouage… alors quoi ? Ses sentiments ?... Il n’avait pas le droit. C’était elle qui souffrait… Lui n’avait pas le droit de prétendre souffrir… pas dans ces conditions.

Quelle horreur quand elle s’était blessée, juste sous ses yeux, sans qu’il ne puisse rien faire ni pour la protéger, ni pour l’aider par la suite. Et ça n’était pas allé en s’arrangeant. Bien sûr, il savait qu’elle ne le préviendrait plus si elle devait partir en mission mais il avait espéré l’espace d’un instant. Ils avaient été partenaires… mais même ça, ça n’existait plus.
Elle rentra dans les bras d’un autre homme et la douleur qu’il avait ressentie se fit encore plus grande. Ah… oui… c’était ça… la jalousie… Savoir qu’il n’avait plus la moindre chance mais qu’un autre si. Aie… Aie… L’estomac se serre d’accord ? Mais le cœur aussi ? Le sien était dans un étau terriblement solide auquel il ne parvenait pas à échapper. Il se serrait, inexorablement…
Elle accepta.. juste devant lui… cette invitation et l’étau se resserra encore plus. Il ne disait rien, il n’avait rien à dire même s’il avait envie de bondir sur cet homme et de le frapper jusqu’à ce qu’il en crève. Mais ses forces l’abandonnaient, il ne savait même pas comment il faisait pour tenir debout. Pourquoi Cassidy ? Pourquoi ?

Le blond du gala avant enfoncé le clou… Il lui avait recommandé de la porter. Ordre qu’il avait magnifiquement dissimulé sous l’aspect d’un conseil éclairé en sachant très bien ce que le garçon allait endurer… douleur sentimentale… puis physique.
Tristan avait obéi pourtant… Et c’est vrai, il aurait pu la porter comme un sac à patates, la trimbalant plus que la portant… Mais au lieu de ça, il la portait comme un preux chevalier venu délivrer une jolie princesse d’horribles brigands, comme un jeune marié heureux de tenir enfin dans ses bras la femme de sa vie. Sauf que dans les deux cas… le jeune homme était censé sourire et Tristan… ne souriait pas beaucoup justement. Son visage était fermé, les muscles de sa mâchoire et de ses bras roulaient sous sa peau, il ne disait rien. En la tenant ainsi, il sentait parfaitement sa différence de poids, nouveau coup de poignard… Encore un… Elle avait refusé au début, avait tapoté son torse pour qu’il la lâche, elle n’avait plus de force, pâle comme une morte, elle était l’incarnation même de la faiblesse ou d’une bonne grippe… Sauf que sa maladie elle, ne se soignait pas justement… Il avait remis sa chemise, elle ne pouvait donc rien voir… mais son tatouage s’était déployé, sa couleur avait changé et la douleur l’avait terrassé. Pourtant, il n’avait pas trébuché, il avait continué d’avancer d’un bon pas, arborant le masque du garçon grognon, l’avait posée un peu brusquement sur un lit et était sorti… Il avait dû se retenir à un mur du couloir pour ne pas défaillir, grelottant de froid alors qu’il avait toujours si chaud, le front moite de sueur. Il était allé chercher l’elfe soigneuse… et n’était pas revenu voir Cassidy. Enfin… ça ne l’empêcha pas d’attendre dans le couloir… en silence, écoutant par la porte entrebâillée en observant la parcelle de la jeune mage qu’il pouvait voir depuis son point d’observation. Elle ne disait rien, ne faisait pas état de son état… pourtant il savait qu’elle avait maigri, il le voyait mieux que quiconque. Elle aurait dû être sermonnée à ce propos mais apparemment Tinuviel avait décidé de la laisser gérer cette affaire toute seule. Son cœur se serra un peu plus. Elle avait la jambe cassée… à cause d’un problème en mission. Il aurait dû être avec elle, la protéger… Rien de tout cela n’aurait dû arriver…

Ils s’étaient croisés à la salle de bain, Kimmy encourageant la petite mage. Il avait fui une fois de plus loin d’elle. La lutine l’avait foudroyé du regard. Elle avait raison…

Il y eut aussi… au combien difficile.
Il n’avait qu’à se trouver à cet endroit, vers cette heure-ci, avec une femme. C’est tout ce qu’il avait à faire. Il avait reçu le message dans la matinée et l’avait brûlé rapidement en sachant pertinemment ce qui allait se passer.
Il était parti plus tôt, il devait être ponctuel, sinon les retombées seraient… cruelles. Une jeune femme l’attendait à l’angle d’une rue, comme prévu. C’était une belle brune sulfureuse aux atouts euh… difficilement discutables. Non seulement elle était jolie… mais également audacieuse apparemment… Il ignorait ce qui lui avait été dit et demandé et douta pendant un instant qu’on lui ait donné réellement une mission. C’était une jeune femme séduisante qui devait avoir rendez-vous… eh bien avec un jeune homme séduisant, rien de plus. Ah oui, vraiment, rien de plus ?

Le plan était un peu gros mais bien assez efficace.
Tristan avait connu toutes sortes de femmes, des plus timides aux plus téméraires. Alors le rentre-dedans, il en avait eu un peu l’habitude, après tout, ce sont généralement ces demoiselles qui obtiennent gain de cause en cas de lutte sans merci et sans mots pour un demoiseau appétissant. Alors il ignorait vraiment si on lui avait demandé de le draguer ouvertement ou si elle était réellement intéressée. Sincèrement il l’ignorait. Il la trouvait belle, c’était incontestable, attirante, sans doute mais ça ne changeait rien… absolument rien…
Il s’adossa à un mur, écoutant la jeune femme et ses propositions plutôt… alléchantes pour n’importe quel homme digne de ce nom. Elle était très proche, bien plus que quelques minutes plus tôt et avait posé sans gêne ses mains sur son torse. Mine de rien, ce contact avait quelque chose de rassurant et d’apaisant. Cassidy lui manquait, beaucoup trop… et il en avait même l’envie simple mais interdite de prendre une autre femme dans ses bras, innocemment, juste pour ce geste, pour rien d’autre. Etait-ce mal ? Bien sûr… Il n’avait pas le droit… Tristan surprit un mouvement sur sa droite, l’éclat d’une chevelure blonde. Il jeta juste un léger coup d’œil trop rapide pour se faire voir. C’était bien Cassidy… elle jetait un regard plein de fureur au couple… et de tristesse… du moins il le crut. Elle s’éloigna aussi vite que sa jambe blessée le lui permettait. Quand elle eut disparu, il posa ses mains sur les épaules de la jolie brune, la repoussant doucement, la tête baissée, peinant à respirer calmement.

- Eyh ! Ca va pas ? Tu sais, pas besoin de te retenir avec moi, on peut aller tout de suite dans une chambre et…
- Non merci. Bonne soirée.


Il avait grogné ces mots, s’était redressé et éloigné à son tour en se frottant la nuque. S’attarder devant la taverne où dinait Cassidy n’était pas prévu à l’origine mais il le fit quand même. Il la vit esquisser un léger sourire et eut l’impression de se prendre un coup de poing dans le ventre bien plus fort que celui qu’elle lui avait donné sur le terrain d’entrainement. Il s’éloigna finalement de la taverne et marcha longtemps dans la forêt, essayant de penser à autre chose. Finalement seule une longue course parvint à lui vider la tête. Si longue… qu’il dut bien faire demi-tour pour essayer de retrouver son chemin quand le soleil se leva, bien des heures plus tard. Il ne savait pas trop où il était, il s’en fichait… il ne voulait pas retourner à l’Académie…

Les jours passèrent, elle se rapprochait du blond, il le voyait bien. Elle s’absentait pratiquement tous les jours, de plus en plus longtemps. Généralement, il était sur le terrain d’entrainement quand elle sortait alors difficile de manquer sa sortie. Pourquoi se sentait-il si nauséeux à chaque fois ?
Le coup de la fille dut se répéter. A plusieurs reprises mais au final elle ne fut témoin que de deux de ces échanges. Cette fois-là, son interlocuteur avait poussé le vice jusqu’à demander à ce qu’il embrasse cette autre femme.
Il apprécia… et se dégoûta d’apprécier… C’est sans doute pour cela que ce fut si bref… et qu’il passa encore de longues heures dehors…mais cette fois à l’Académie, à jeter rageusement de petits cailloux dans le lac.
Il finit par rentrer discrètement dans sa chambre et repoussa une fois de plus lentement, très légèrement le bloc de pierre pour savoir si elle était là. Oh oui, elle était là et il surprit une étrange conversation. Mais cette discussion ne menait à rien et ne servait à rien, inutile… Il fut surpris l’espace d’un instant tout de même. Ainsi donc, Kimmy pensait que c’était à cause de ses révélations… La pauvre se trompait… mais même à elle, il ne pouvait rien dire.

Il ne voulait pas en entendre davantage et ressortit rapidement de sa chambre après avoir attrapé une veste. Il ne voulait rien faire entre ces quatre murs, il avait bien trop peur d’entendre la petite mage confier à son amie ailée qu’elle appréciait son nouvel ami… qu’elle s’entendait bien avec lui. Il la voyait revivre un peu, juste un peu mais revivre quand même, c’était bien assez douloureux pour ne pas entendre réellement que ça avait de l’importance, de sa bouche.
Bien lui en prit ? Ou mal… ça restait à voir… Mal… oh oui… très très mal.
Il n’avait pas pris que sa veste, mais aussi son épée et ça… ce n’était sans doute pas en toute innocence.
Il n’avait que peu de chance de parvenir à ses fins, il le savait, mais il devait essayer… Ca ne pouvait pas continuer comme ça.
Mais il s’était tant entraîné pour ne pas penser à elle, pour ne pas penser à cette horrible histoire que ses muscles lui faisaient mal constamment ces dernières semaines. Il savait qu’il en serait d’autant plus désavantagé en cas d’effectif combat. Il devait tenter… quand même… Ca ne pouvait plus durer.

Le jeune homme partit rapidement vers Glindel, ignorant que la femme qu’il aimait était en train de se souler et de commencer à penser à un autre.
Tristan arriva rapidement à Glindel et se rendit à la taverne où séjournait le Cheistam quand il voulait voir Cassidy. Sans un bruit, il escalada la façade et grimaça de douleur, ses muscles lui faisaient vraiment mal et ses prises n’étaient que peu sûrs. Son maître l’aurait trouvé pitoyable. Une autre attaque psychologique qui n’était pas pour arranger son état.
La fenêtre était ouverte, il se glissa dans la chambre, leva la main vers le manche de son épée… et trois hommes l’encadrèrent brusquement alors que la lumière s’allumait.
Ils s’étaient littéralement jetés sur lui et la facilité avec laquelle ils parvinrent à l’immobiliser, le dégoûta.
Le blond se tenait en retrait, observant ses subordonnés agir, toisant Tristan avec mépris.

- Alors comme ça tu ne veux pas respecter notre contrat ? Ce n’est pas très correct ça…
- Ordure ! Je vais…
- Tu ne vas rien faire du tout… Mes hommes t’ont vu venir de loin… tu n’es vraiment pas discret… La jeune Herediane a également été repérée vers l’entrée du village donc… j’ai besoin que tout soit parfait… Mais on va s’assurer que tu retiennes quand même la leçon et restes sage…


Il porta la main à une petite sacoche à sa ceinture et enfila une bague en argent, toute simple qui se caractérisait par la lettre X d’environ deux centimètres de diamètre qui en était l’ornement. La peur brilla une seconde dans les yeux du Drakkari alors que le blond se rapprochait en murmurant avec un grand sourire que ça lui apprendrait un peu… la politesse.
Il le frappa directement sur le torse alors que ses compères avaient ôté la chemise de sa victime. Il ne frappait pas très fort… pourtant, on entendit comme un bruit sourd, très proche de celui d’une épée heurtant violemment un bouclier. Tristan partit directement en arrière et les autres l’ayant lâché, il heurta le mur en grimaçant. Sur son torse, une marque en forme de X s’était imprimée dans sa peau mais considérablement plus grande, prenant presque toute la largeur de son buste. Elle fumait légèrement alors qu’il était bien connu qu’un Drakkari ne pouvait se faire brûler… avec du feu tout du moins. Il toussait violemment et un filet de sang glissait sur son menton.

- Dégagez-le d’ici tout de suite ! Oh… et attendez… mettez-le à côté finalement… il a été sage jusque là… il mérite bien une petite récompense…

Nouveau sourire.
Tristan se sentait mal, sa tête tournait et il ne sentit qu’à peine ceux qui lui empoignèrent violemment les bras et le trainèrent à l’extérieur, le balançant dans la chambre juste à côté. Il ne remarqua qu’à peine les épais bracelets de fer qu’on lui passait aux poignets. Néanmoins, le mage présent, il le vit. Ce type n’était pas puissant, mais suffisamment pour faire ce que lui demandait l’autre ordure ! Il avait achevé la préparation du tatouage… et maintenant ? Que comptait-il faire ?
Il ne le sut que trop tôt malheureusement…

L’homme s’agita avec son bâton. Tristan reprenait lentement conscience et recommençait à entendre les sons… quand ils étaient faits et non avec du retard. Il réalisa alors que le mage jetait ce sort qu’il connaissait si bien… que Cassidy avait tant jeté, pour isoler la pièce des bruits. Allons bon, que comptaient-ils faire ? le torturer ? Mais c’était étrange, il y avait une variante à celui qu’elle jetait, il en était sûr…
L’instant suivant, il jetait une potion nauséabonde sur le mur auquel il faisait face en récitant des formules qui ne trouvaient aucun écho chez le Drakkari. Il fronça les sourcils…puis comprit.
Le mur devenait… transparent…vraiment transparent ! Comme du verre… Et il voyait parfaitement la chambre du séduisant blond. D’ailleurs celui-ci s’était installé nonchalamment sur son lit, se recoiffant des mains avec soin. Tristan fronça les sourcils ? Il voulait quoi ? Observer tranquillement ses sbires torturer le garçon.

- Il ne nous voit pas.

C’est le mage qui lui avait dit ça. Tristan releva lentement la tête sans comprendre. Pourquoi il s’expliquait celui-là ? Et à quoi ça servait au juste ?!
Il le comprit moins d’une minute plus tard. On frappa à la porte. Le Cheistam se composa un visage d’autant plus craquant… et… surpris… et…parla à Cassidy.
Que faisait-elle là ?!
Il voulut chercher une serviette apparemment mais la jeune femme entra et referma la porte. Tristan fronça les sourcils. Elle avait les yeux brillants… comme si elle avait bu. Et là… elle se jeta sur ce si charmant jeune homme qui lui offrait tant d’attentions ces derniers temps alors que le vilain Drakkari lui avait fait tant de mal, l’embrassant avec passion.
Tristan resta bouche bée, les yeux écarquillés alors que les hommes autour de lui sifflaient d’admiration. Apparemment… Eux ne l’entendaient pas. Non… lui il entendait… ce qui se passait dans cette chambre… mais Cassidy et ce… type n’entendaient et ne voyaient rien. Un frisson d’horreur le parcourut. Il avait compris… Enfin il n’avait pas besoin de comprendre de toute façon.
Quand il l’avait vue embrasser cet homme, son cœur s’était figé dans sa poitrine mais la suite fut bien pire… vraiment pire…

Alors c’était ça… juste ça…
Elle embrassait cet homme… Elle se laissait faire par cet homme… Ils se connaissaient à peine, elle ne le voyait que depuis quelques jours. Il hurla son nom pour les interrompre, hurla de toutes ses forces alors qu’il sentait à peine les larmes qui coulaient sur ses joues, mais rien n’y faisait. Elle n’entendait pas… elle continuait d’embrasser cet homme, de déshabiller cet homme, de le laisser l’embrasser, la toucher… Tous ses muscles se crispaient alors qu’il tirait sur les chaînes qui le retenaient mais il tremblait de la tête aux pieds, son torse l’élançait horriblement, il était tellement horrifié, tellement choqué que ses jambes parvenaient à peine à le soutenir.
Finalement il finit à genoux par terre, il voulut se cogner la tête contre le sol pour arrêter d’entendre, de voir ce que les éclairs cachaient peut-être au reste de l’auberge mais pas à lui, mais apparemment les sbires avaient pour ordre de faire en sorte qu’il ne rate pas une miette du spectacle. Et elle s’en donnait à cœur joie la petite mage… vraiment à cœur joie. Au grand plaisir du sale manipulateur ravi qui découvrait une jeune femme plus que délicieuse et terriblement douée pour embrasser, encore plus quand les choses devenaient… plus sérieuses.

- Regardez-moi ça… il pleure comme une gonzesse, t’oses te prétendre un guerrier gamin ?!
- …
- Chut, laisse le profiter ! C’est pas tous les jours qu’on voit sa copine se faire sauter par un autre homme sans pouvoir rien faire.
- Pas tort.


Ils ricanaient… mais il ne les entendait pas… Ils se moquaient de lui… Mais il ne les entendait pas. Les seuls bruits qu’il entendait fort malheureusement, c’était ceux du couple enlacé dans la chambre à côté, ceux de plaisir de la femme qu’il aimait dans les bras d’un autre homme. Il ne voyait qu’elle… embrassée, sourire, comblée… par quelqu’un d’autre. Enfin voyait… c’est vrai qu’il ne voyait pas grand-chose justement. C’est vrai, il pleurait tellement que voir était devenu très discutable. Ses autres sens se faisaient un plaisir de pallier le problème.
Si la jeune mage passa un agréable moment de détente et d’oubli, le guerrier passa la pire nuit de son existence et quand finalement les deux amants s’endormirent, il ne restait plus rien des lambeaux de son cœur…




Il s’était endormi par terre et se fit secouer par un des sbires sans ménagement. Il était tôt, le soleil n’était pas encore levé, le ciel s’éclaircissait à peine. Tristan se redressa. Il avait encore le goût du sang dans la bouche de s’être trop mordu la langue et sentait que sa voix était cassée par ses hurlements qui avaient… bien vite cessé finalement, montrant son abandon. Un élancement dans son torse le fit grimacer, la marque était encore là. Il la supportait tout de même mieux que la première fois mais elle lui faisait quand même mal. Ses poignets aussi lui faisaient mal. Les bracelets étaient serrés, un peu trop même et ils lui comprimaient les os. Mais quelle importance. ?Un coup d’œil au mur lui appris que les effets de la potion avaient cessé mais son esprit avait suffisamment emmagasiné d’images pour lui faire revivre maintes fois la scène sans demande et… aussi à la moindre allusion malheureusement… Comme celle que fit hilare un des hommes en disant simplement que certains avaient bien profité de la nuit.

Tristan s’était mis debout, visage fermé, regard vide. Il obéissait sans un mot, ni plainte, ni tentative. Il ne fit même pas un geste vers l’homme qui portait son épée chérie. Ils le firent sortir discrètement de l’auberge encore endormie et il monta dans une calèche avec deux des hommes. Il ne demanda pas où ils allaient, il s’en fichait, regardant d’un air absent, sans le voir, le paysage qui défilait sous ses yeux.
Finalement ils se rendaient dans une petite résidence très confortable en dehors de la ville. Mais quelle importance hein ? A quoi cela lui servait-il de le savoir ? Allait-il tenter de s’échapper ? Non. Allait-il tenter d’en savoir plus ? Non. Avait-il une chance de sortir de cet endroit vivant ? Non… Et il s’en fichait…

On le fit entrer. Ils passèrent par une espèce de salon impersonnel au possible puis dans un bureau élégant mais décoré sans le moindre goût, aucune décoration n’avait de sens avec les autres. De ce grand bureau élégant, on le fit entrer dans une petite pièce qui le jouxtait, très discrète et savamment dissimulée derrière une bibliothèque pivotante. La petite pièce en question était sombre et faire l’inventaire des objets de torture qui s’y trouvaient n’était franchement pas rassurant. Tristan ne tressaillit même pas, entrant alors même que l’ordre n’avait pas encore fusé. Les bracelets ferreux lui étreignaient toujours les avant-bras, on y fixa de lourdes chaines et lui tendit les bras au-dessus de la tête dans un claquement sec. Il leva lentement la tête. Les chaines étaient fixées elles-mêmes à un énorme anneau au plafond et tendues derrière lui par un ingénieux mécanisme proche de celui des pont-levis en miniature.

- On est en avance j’pense
- Ouais… ils vont pas arriver tout de suite…
- On a qu’à s’amuser un peu…

Ils avaient ricané en regardant Tristan. Il ne leur avait même pas adressé un regard et n’avait rien dit lorsqu’un coup de fouet avait mordu son dos. Il s’en fichait tellement…
Qu’on le tue… Ce ne serait même pas une punition, plutôt une libération…
S’il avait cru être malheureux pendant ces dernières semaines, il avait tort. S’il avait cru souffrir tout ce temps, il avait tort. S’il avait cru ne jamais tenir… Il avait tort. Il n’avait pas été malheureux, il n’avait pas souffert, il avait tenu… Rien n’était comparable à maintenant. En fait si… c’était même le contraire ! Il avait été malheureux et tout le reste… Plus maintenant… Ils pouvaient bien essayer de lui faire mal avec ces coups, ça ne lui faisait rien. Ils pouvaient bien essayer de le tuer, ça ne servait à rien : il était déjà mort…

Tristan ne savait pas ce qui se passait et il ne voulait pas le savoir. La douleur lui parvenait curieusement lointaine alors que son cerveau tournait au ralenti, baigné dans l’incompréhension et son refus de croire en la vérité, la réalité. Il entendait les coups avec un temps de retard, la douleur arrivait tout de suite et le renseignait : il était toujours vivant… mais comme elle était faible comparée au trou béant que son cœur avait laissé… Pourquoi respirer était-il si dur ? Il n’avait qu’à gonfler ses poumons, rien de plus… Pourquoi ses muscles ne réagissaient-ils pas ? Pourquoi dès qu’il fermait les yeux… il les revoyait ? Nus, l’un contre l’autre… Cet homme qui l’embrassait, qui la caressait, qui murmurait son nom… Et elle qui appréciait… qui en demandait plus. Il allait se couper la langue à force de la mordre… mais ses gencives étaient en sang et si les Drakkaris n’avaient pas eu une aussi solide dentition, il s’en serait déboité quelques dents !

Oui, il ignorait ce qui se passait à l’auberge. Cassidy s’était réveillée, surprise, désemparée. Elle avait compris ce qu’elle avait fait et avait tenté de faire machine arrière. Peut-être en aurait-il éprouvé un quelconque réconfort s’il en avait été témoin mais au final… peut-être que non. Peut-être qu’il n’y avait plus rien ni à dire, ni à faire…
Il s’était montré charmant tout d’abord, doux, plaisantin malgré tout, drôle… Elle voulait partir, il l’avait retenue, s’était déclaré, pas du tout gêné d’être nu devant elle. Elle était sans doute intimidée et pas mal chamboulée aussi. La demoiselle était allée bien vite en besogne pour une jeune femme si coincée. En tous les cas, il y en avait un qui appréciait et qui avait plus que de raison apprécié sa robe. Et elle se prétendait différente de toutes ces femmes aguicheuses ? Vraiment ?

En tous les cas il y en avait un qui appréciait… beaucoup. Qui avait énormément apprécié la nuit et sans doute d’autant plus qu’un certain Drakkari y assiste avec souffrance. Il s’était déclaré, jouant la carte du romantisme mais la demoiselle avait encore des réticences, sans doute à cause de ce fichu guerrier dont elle s’était entichée. Eh bien… Elle avait survécu à tous ces fichus coups ? Elle était bien solide l’air de rien. C’est vrai qu’il en avait peut-être un peu trop fait… en lui disant qu’il la rendrait heureuse, qu’elle pouvait devenir sa femme. Cassidy avait peut-être un jour, qui sait, comme toutes les petites filles, pensé au prince charmant mais le mariage en grande pompe, sans doute cette idée ne lui avait-elle jamais traversé l’esprit et en balançant tant de concepts d’un coup, mine de rien, il pouvait l’effrayer. Elle refusait, elle voulait rentrer… Il joua la carte de la menace. Elle avait raison cependant, il n’avait nullement l’intention de mettre sa menace à exécution… même s’il l’avait en partie utilisée pour convaincre le Drakkari. Mine de rien, il avait un sacré faible pour la jeune femme, il n’aimait pas qu’on lui résiste, du moins pas de trop et même s’il ne comptait pas utiliser cette carte là… rien ne l’empêchait de le faire croire. Oui sauf qu’il y avait peut-être… mieux à faire…
Il soupira profondément, l’air malheureux mais terriblement séduisant malgré tout.

- Bon d’accord… c’est vrai… Je ne le ferai pas, mais pas parce que je n’en suis pas capable, juste parce que je vous aime… Ensemble… nous pourrions être… extraordinaires, rien ne nous séparerait et… je ne vous ferai jamais de mal. Pourquoi vouloir rentrer si vite à l’Académie ? Mes hommes m’ont averti que ce… Drakkari avait ramené plusieurs femmes justement dans l’établissement… Vous ne souhaitez pas, je le pense, être confrontées à celles-ci… Je sais que cet homme vous a fait du mal… Je suis bien renseigné et… je le hais pour cela. Vous ne pouvez prétendre que sa présence est meilleure que la mienne. Restons encore ensemble un petit peu, j’aimerai vous montrer quelque chose.

Elle l’avait écouté mais apparemment ça ne suffisait pas… Et l’idée que Tristan se pavane avec quelques filles assez peu morales pour sortir à plusieurs avec le jeune homme la convainquait plutôt de rentrer lui botter les fesses vu son expression. Elle s’était crispée et il continua d’argumenter pour tenter de la détendre, même en parlant de leur nuit. A ces mots là pourtant, elle prit une étrange expression… qui pouvait être de honte mais qu’il prit comme rêveuse tout à sa gloire personnelle. Elle refusait, se braquait et commençait vraiment à s’énerver… Il n’eut pas le choix pour respecter ses plans. Et alors qu’il semblait céder, accepter dans un profond soupir, lui passant ses affaires alors qu’elle lui tournait le dos, tentant maladroitement de s’habiller avec le drap malgré sa jambe blessée, il l’assomma avec le manche de son épée d’un petit coup sec. Ses bras la rattrapèrent, l’empêchant de se faire mal. Il en profita pour l’allonger sur le lit pour l’habiller mais se rinça l’œil tout son saoul.

Quand Cassidy s’éveilla, ils étaient dans la calèche qui avait amené Tristan un peu plus tôt. Il était habillé, tiré à quatre épingles, à côté d’elle, elle portait sa robe enfilée la veille et sèche heureusement et… des menottes suffisamment larges et confortables pour ne pas lui faire de mal mais serties d’une pierre bien particulière qu’elle connaissait bien et qui la privait et de sa magie et de ses forces… mais petit-à-petit, juste petit-à-petit. Une chaine fine était attachée aux menottes. Son extrémité, le séduisant blond jouait avec, plongé dans ses pensées. Elle commença aussitôt à essayer de se libérer. Il tourna la tête vers elle et sourit tendrement avant de tirer la chaine un peu sèchement pour la forcer à se calmer puis se pencha sur elle pour lui voler un baiser bref mais un baiser tout de même. Alors qu’elle commençait à s’indigner il lui sourit et lui expliqua qu’elle ne lui avait pas laissé le choix, qu’il avait quelque chose à lui montrer et surtout voulait qu’elle reconsidère son offre… et qu’il l’amenait dans la demeure qu’elle habiterait si elle acceptait.
Il ne lui laissa pas vraiment l’occasion de discuter et finit par l’emmener à l’intérieur de la demeure quand ils y arrivèrent. Ils passèrent par le salon mais entrèrent assez vite dans l’élégant bureau. Il la fit asseoir sur le plus confortable des fauteuils… mais ne lui enleva pas ses menottes pour autant, au contraire même, il attacha solidement la chainette à un anneau de fer dans le sol jusqu’alors invisible. Il retenta sa demande, retenta de l’embrasser aussi. Il se montrait plus brusque et beaucoup moins patient, ne comprenant pas pourquoi elle s’acharnait à refuser.

- Notre nuit était pourtant sans équivoque. Je vous plais, vous me l’avez amplement prouvé et de la plus douce des manières qui soit… Vous êtes encore plus extraordinaire que ce que j’imaginais… A quoi bon lutter de la force ? Nous sommes faits l’un pour l’autre ? Qu’est-ce qui vous retient ?

En disant ces mots, il avait glissé doucement sa main de sa hanche jusqu’à sa poitrine, sans gêne, écartant doucement le délicat col en V de sa robe… Il rencontra son collier et fronça les sourcils, baissant les yeux vers ce qu’il avait dans la main… un pendentif qu’elle avait reçu de son maître et… une chevalière… Il la connaissait, on lui en avait fait état à propos du prisonnier qui quelques mois plus tôt avait posé tant de… problèmes… Il lui demanda sèchement ce qu’elle faisait avec cet objet et voulut le lui enlever.
De son côté, Tristan avait entendu des personnes arriver. De plus, on avait remis sur le mur face à lui la potion qui rendait transparent ou il ne savait trop quoi… Il avait vu le blond et Cassidy entrer, d’un regard vide, n’avait même pas haussé les épaules. On le forçait à regarder mais en définitive, ça ne servait pas à grand-chose… Même s’il tressaillit imperceptiblement suite à « l’affrontement » entre les deux amants. Son dos, ses bras le lançaient… Il avait cessé de compter les coups de fouet, avait à peine grimacé face aux fines entailles au couteau aiguisé que lui avaient fait ses bourreaux sur le ventre et même le visage en riant, disant qu’il serait beaucoup moins beau garçon après ça. Et alors ? Quelle importance hein ?
Il ne sortirait pas de cet endroit vivant… Sauf que Cassidy réagit… vivement… ce qui attira tout de même suffisamment son attention.

Mais cet homme était cruel et en colère et s’il gifla violemment Cassidy… Il décida de lui offrir tout de même son cadeau… son ancien amant apparemment. Ah… c’était lui le cadeau…
Les sbires avaient poussé la porte et il la vit directement. Elle était moins pâle mais quand elle le vit elle le devint tellement qu’il crut voir un fantôme. Le blond… était en colère, elle lui avait dit quelque chose comme quoi… elle voulait vraiment rentrer, qu’elle ne comptait pas rester… Alors il avait dévoilé le jeune homme et là… il était en train de lui dévoiler… la vérité… le complot… horrible, dans les grandes lignes qu’il avait tissé… Des menaces pour que Tristan la quitte, il n’avait pas eu le choix, il avait obéit à chacune de ses inflexions. Mais tout ceci était faux… Il lui soufflait à l’oreille qu’il n’avait jamais cessé de l’aimer… et fit pire que tout en demandant au mage de son groupe de s’avancer. Celui-ci vint, son bâton à la main et après un long moment de concentration jeta des sorts. Apparemment, il avait récupéré d’importantes images, scènes… qu’il présentait aux yeux de tous. Tristan qui écoutait Cassidy pleurer pendant des heures, Tristan qui allait la voir la nuit quand elle dormait, lui caressait le visage, démoli par le chagrin, Tristan qui souffrait de ses approches à cause du tatouage, Tristan qui souffrait de la distance entre eux, de chacun des mots qu’il lui jetait au visage, Tristan qui avait pleuré quand elle était parti après l’avoir attaqué, qui avait assisté à la pire des scènes de son existence… dans les moindres détails. Le jeune homme avait baissé la tête. Il ne voulait pas la voir. Il se fichait qu’elle sache la vérité à présent, son cœur n’en était pas plus léger, il ne s’en sentait pas mieux. En fait si mais il était au bord de l’évanouissement alors il ne s’en rendait que peu compte… A part qu’apparemment il était un sacré chouineur. Ca il se serait bien abstenu de lui montrer… De toute façon, c’était trop tard.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Cassidy Herediane
Directrice de l'Académie Hysandra
avatar

Messages : 846
Date d'inscription : 26/02/2012
Age : 29

Feuille de personnage
Race: Humain Ascadian
Royaume: Territoire Neutre
Vocation: Mage

MessageSujet: Re: Mage à la ramasse   Sam 6 Avr - 17:48

La jeune femme était choquée, scandalisée. Le cauchemar continuait ou plutôt elle ne comprenait pas pourquoi et comment tout ceci était arrivé. Au moment où elle avait pris la décision de boire, la seule pensée qui l'agitait était d'oublier Tristan. Juste ça. Pour ne plus souffrir, pour ne plus imaginer le jeune homme dans ses pensées. Son visage quand il souriait avec ce petit air craquant qui l'avait fait fondre. Ces scènes qui s'étaient enchainées, résultat d'un grand bonheur, de découverte et une passion partagée entre les deux.

La douleur avait été insupportable et même si l'alcool lui faisait oublier un tout petit peu cette douleur quotidienne, ce n'était qu'un passage. Pour se soulager, pour oublier ce qui peut faire du mal et surtout s'évader ailleurs, très loin d'ici. Elle n'avait plus la force de trouver une petite lueur d'espoir dans sa relation avec Tristan. Et la jeune femme était très loin de comprendre les messages codés qu'il lui donnait. Le manque de confiance est cruel.

Si seulement elle se doutait des évènements. Si elle avait attendu un peu. Mais cela faisait trop longtemps qu'elle attendait. Il voulait lui faire du mal ? Tant pis elle se montrerait indifférente, quitte à sauter dans les bras du premier venu. Un séduisant blond, Cheistam, qui n'attendait que ça. Ca ne ressemblait pas à Cassidy, ce n'était pas dans sa morale de se laisser tenter par ce genre de chose. Mais au final elle reste humaine et les écarts de conduite ça arrive.

Ce soir là, elle ne savait rien du tout et surtout pas que Tristan était seulement à quelques mètres d'elle, partageant cette vision cauchemardesque de son ancienne compagne en train de vivre des moments très intenses. Si Cassidy avait senti la présence de Tristan, malgré le fait qu'elle le détestait pour ces paroles, ces actes des derniers jours, elle n'aurait pas commis l'irréparable. Pas devant lui. Vengeance oui mais sans lui donner des images. Enfin il s'en ficherait complètement.

Mais elle ne brilla pas. Cela sonnait faux et comme un plan pour assouvir ses pulsions et sa frustration plutôt que de mêler des sentiments. Malheureusement le pauvre Tristan ne cherchait pas à réfléchir. Qui pourrait se relever après une telle chose ? Qui était cependant inévitable. Ils avaient échoués tous les deux, désespérés au possible. Il n'y avait plus de raison de vivre et si Cassidy s'était jetée dans les bras d'un autre, c'était également l'occasion de se laisser une chance de ne pas faire de bêtises.

Les sentiments humains sont trop complexes. Difficile de deviner à l'avance les réactions. Et pourtant malgré son regard vitreux, l'ambiance s'était réchauffée. Elle se laissait toucher par un autre, était totalement entreprenante, très loin de ce qu'était la petite mage si timide au final. Elle s'était endormie, un sourire niais et lointain sur le visage, comme si pour la première fois elle allait passer une bonne nuit. Sans pleurs, ni remords et sans voir ce visage qui la hantait et la faisait se sentir minable au fur et à mesure du temps qui passait.

Cependant le lendemain matin, c'est avec une bonne gueule de bois que Cassidy se réveilla. La bouche pâteuse, le corps endolori et sa jambe qui la lançait plus fort que d'habitude. Elle ne comprenait pas et cherchait à faire de la place dans son esprit. Et les images remontèrent dans sa tête. Le désespoir total après les paroles de Kimmy. L'envie d'en finir puis finalement se tourner vers l'alcool qui était un très bon remède. Elle se rappelait être plus entreprenante, sans se poser plus de questions que ça. Sans avoir envie de souffrir davantage par cette relation brisée.

Elle se surprit avoir apprécié chaque geste, chaque partie de la soirée. Pas de l'homme en lui même mais juste de cette affection qui lui manquait un peu plus chaque jour. D'ailleurs, un peu avant de se réveiller, elle avait doucement murmurer le surnom de Tristan, un air ravi sur le visage, comme si elle se trouvait avec lui. Pourtant Tristan était déjà parti.

Et là, la pauvre Cassidy était extrêmement choquée, se posant des tas de questions alors que l'autre était tout à fait tranquille, posé et accueillait bien la situation. Il lui fit une jolie déclaration et voulait prendre les devants. Sauf que Cassidy était rattrapée par sa morale et voulait s'arrêter. Une erreur, ce n'était qu'une horrible et grossière erreur que d'avoir coucher avec lui. De plus elle ne sentait plus à l'aise, cet homme lui apparaissait bien trop dangereux et l'instinct de la mage lui hurlait de fuir à toutes jambes.

Il se faisait menaçant, elle n'en avait rien à faire. Il parla alors de Tristan qui avait ramené des femmes à l'intérieur de l'Académie et cela crispa Cassidy. Son coeur se serra douloureusement. Et il parla alors de leur magnifique nuit. La jeune femme paraissait encore plus choquée et dégoûtée par son propre comportement en secouant nerveusement la tête, ramenant le drap pour protéger son frêle corps des regards de cet homme d'un soir.

"Ca suffit ! Je vous ai dit que c'était une erreur. Je vous aurais bien apprécié en tant qu'ami mais pas comme un amant. Et je n'ai pas envie qu'on me force la main. Maintenant rendez moi ma robe et écartez vous si vous le voulez bien. Je suis pressée et j'ai un Drakkari à réprimander. Laissez moi passer avant que je n'utilise ma magie pour sortir par la force"

Son corps crépitait d'électricité alors que son regard était noir, l'air était lourd autour d'elle et les paroles de la jeune femme étaient sans appel. Il ferait mieux d'obéir rapidement. Ce qu'il fit. Mais alors que Cassidy se tournait pour enfiler sa robe, un choc résonna sur sa tête. Non non ce n'était pas les restes de l'alcool. La petite mage cligna des paupières et sentit son corps s'engourdir, avant de fermer les yeux et tomer dans l'inconscience.

Lorsqu'elle se réveilla, la vision de la demoiselle était bien trouble. Un bruit de sabots sur le sentier et l'impression d'avancer. Cassidy rouvrit les yeux et regarda autour d'elle. Il était à côté et elle fronça les sourcils, comprenant que le blond n'avait pas pour intention de la laisser partir. Elle avait des menottes autour des poignets. Et à la vue des pierres enchâssées dedans, la petite mage comprit qu'on la privait de sa magie. Ce qui n'était pas bon du tout en raison de tout le temps où elle était privée de cette énergie vitale pour elle.

Elle se débattit et secoua les mains pour qu'on la libère.

"Qu'est ce que ça signifie ? Vous êtes malade ! Je vous ai demandé de me laisser partir ! Relâchez moi tout de suite !"

Cassidy était vraiment en colère, ce qui l'épuisait d'autant plus. Il se contenta de tirer la chaîne pour la rappeler à l'ordre, ce qu'elle apprécia encore moins. Alors qu'elle allait ouvrir la bouche pour lui dire, il se mit à l'embrasser. Cassidy garda ses lèvres fermées, écoeurée et dégoutée. Il lui expliqua alors qu'il voulait lui montrer quelque chose et à reconsidérer son offre. Une nouvelle fois Cassidy détourna la tête et ricana en montrant ses menottes.

"Vous pensez sincèrement que je changerais d'avis après ce que vous êtes en train de me faire ? Me ligoter, m'emmener je ne sais où contre ma volonté... je doute que cela ne m'aide dans mon choix... Messire"

Il ne dit rien de plus et la fit descendre de calèche pour la trainer dans la propriété. Cassidy avait du mal à avancer. Elle avait l'impression que la douleur de sa jambe était supérieure, voire même avait empiré. Il ne lui laissait pas l'occasion de trainer les pieds puisqu'il marchait plus énergiquement. Cassidy regarda un instant autour d'elle. La demeure était riche, luxueuse et digne d'un grand dirigeant. Elle pourrait tout aussi bien se sentir comme une princesse et ne manquer de rien ici.

Ils passèrent dans le salon, qui était encore une pièce spacieuse. Cela lui changeait de l'Académie où elle se contentait de sa chambre et son bureau. De la broderie, des rideaux en velours, du mobilier raffiné et un ton dominant bleu. Si elle n'avait pas été ici contre sa volonté, peut être que Cassidy aurait apprécié. Mouais ca ne valait pas sa chambre bordélique. Et puis elle ne trouvait pas les livres ! C'était une mage elle avait besoin de lire et surtout d'un atelier. Enfin elle ne manquait de rien à l'Académie.

Encore une fois, Cassidy ne se doutait pas que Tristan se trouvait pas très loin d'elle. La jeune femme aurait été encore plus choquée de l'apprendre. Cependant elle entra dans le bureau dignement même si sa robe très aguicheuse lui donnait envie de se cacher très loin d'ici ou de changer de tenue rapidement. Elle boitait toujours. De plus en plus difficilement. C'était évident, la jeune femme avait besoin de repos ! Surtout qu'elle n'avait rien mangé de consistant depuis hier...

Le blond la fit asseoir sur une chaise mais prit soin d'attacher la chaîne pour éviter qu'elle s'échappe. Et ça n'échappa pas à Cassidy qui était furieuse alors qu'il tentait de l'embrasser une nouvelle fois. Elle détourna la tête, refusant de lui présenter ses lèvres, catégorique et ferme.

"Je vous ai dit que je n'étais pas intéressée. Peu importe votre richesse, vos paroles. Je trouve cela écoeurant ce que vous faites."

Il insista, reparlant de la nuit qu'ils avaient passé ensemble. A cette évocation, Cassidy baissa la tête, se sentant honteuse et souillée. Elle n'aurait jamais du faire ça. Noyer son chagrin dans l'alcool et dans une compagnie plus que douteuse, voilà où ça la menait. Il glissa sa main dans son décolleté et la jeune femme cherchait à se tasser dans sa chaise, murmurant en tremblant.

"Ne me touchez pas..."

Le blond avait remarqué le pendentif ainsi que la chevalière qui y trainait, se faisant plus sévère.

- Pourquoi vous obstinez vous à porter ce truc là ? Ce Drakkari ne vous a jamais aimé. Toutes ses paroles ne sont que du vent. Un horrible menteur qui vous a fait présent d'une babiole sans intérêt pour vous donner un peu d'importance et de l'espoir.

Cassidy se crispa et trembla un peu. Malgré les chaines qui entravaient sa magie, c'était comme si la magie aux alentours cherchait à passer la barrière pour donner de la force à la petite mage anéantie. Il allait tirer la chaine pour lui enlever la chevalière mais la jeune femme réagit aussi tôt et très brusquement. Elle venait de se redresser pour se coller contre lui mais plutôt que demander un câlin elle leva le genou de sa jambe valide et envoya un grand coup dans l'entrejambe de son interlocuteur.

Une chose est sûre, Cassidy était furieuse. Un mélange de colère, de regrets et de tristesse s'empara de son regard. Mais sa voix elle ne souffrait d'aucune faiblesse.

"Ne touchez pas à ça ! Jamais ! C'est tout ce qui me reste de lui... Je dois le protéger. Personne ne remplacera jamais Tristan. Peut importe ce qu'il a pu faire. Je ne l'oublierais jamais. C'était une erreur de coucher avec vous pour tenter de l'oublier. C'est horrible ce que j'ai fais. Laissez moi le peu de dignité qui me reste ! Maintenant je veux partir donc vous allez gentiment me laisser prendre le chemin de la sortie."

Le blond monta dans les aigus en serrant son entrejambe. La garce elle n'avait pas fait semblant. Il se reprit cependant rapidement et la gifla violemment sur sa chaise. La jeune femme tourna la tête, une vive douleur lui brûlant le visage. Elle userait ses dernières forces pour lui tenir tête, pour le peu de fierté qu'elle avait encore. Que comptait-il faire d'elle à présent ? La laisser repartir ? La demoiselle lisait dans ses yeux qu'elle allait le regretter.

Alors il abattit sa dernière carte et fit un signe de la main. La demoiselle tourna la tête et aperçut un homme qu'on trainait derrière une porte. Un homme imposant mais qui semblait complètement faible en ce moment. Un homme aux cheveux rouges flamboyants. Cassidy le connaissait tellement bien qu'elle fit rapidement le rapprochement. Et son expression de visage était figée dans l'incompréhension la plus totale. Le peu de couleurs qui lui restaient disparurent. Envolée la colère, juste une très désagréable impression.

La demoiselle voulait murmurer un mot mais sa bouche refusait de lui obéir. Non ce n'était pas possible... C'était une illusion ! Tristan ? Que faisait-il là ? Il était dans un sale état, encore plus minable qu'elle et semblait éviter son regard. C'était un cauchemar pas vrai ? Elle allait se réveiller d'une minute à l'autre. Les marques sur son torse, surtout celle qui s'étalait en forme de croix. Son visage meurtri Où se dessinait des cicatrices. On l'avait maltraité, torturé !

Oui Cassidy était devenu un fantôme et l'énergie la quittait petit à petit alors qu'elle fixait Tristan sans dire un seul mot. Des images défilaient dans sa tête à une vitesse folle sur les explications triomphantes de l'amant d'un soir qui prenait un malin plaisir à expliquer toute la situation, toute cette mise en scène qui n'avait pour effet que pour l'attirer dans les bras d'un autre. Très brillant.

Elle revoyait les images de ces derniers jours, ce manque d'explications. Pourquoi Tristan ne lui avait rien dit ? Elle comprenait mieux à présent cette mascarade. La jeune femme s'enferma dans un mutisme profond, incapable de dire ou faire quoi que ce soit. Figée sur place, on se demandait même si elle était réveillée ou inconsciente pour l'occasion. Salie... elle avait été salie, manipulée et complètement naïve. Tristan... n'avait jamais rien fait. Il la protégeait de la manière la plus horrible qui était, en la jettant dans les bras d'un autre.

"Non... non..."

Cassidy se redressa d'un coup malgré sa jambe bancale et avait comme réflexe de rejoindre Tristan. Mais la chaine l'arrête et elle serra les dents. Elle était en panique totale et cherchait à forcer pour rejoindre son ancien compagnon, tendant les mains dans sa direction. Il avait besoin qu'on l'aide, il avait besoin de soins. Le blond ricanait en expliquant que c'était trop tard.

La mage se laissa tomba à genoux, tremblant de tout son corps, meurtrie. A quoi bon ? Elle ne méritait même pas qu'il fasse attention à elle. Elle ne le méritait plus. Tout s'embrouillait dans sa tête alors qu'une rage vive s'empara de son coeur. Elle était soulagée et tellement mal en même temps. Le mage lui montra les images qui l'achevèrent. Tristan cherchait à veiller sur elle, il avait toujours été... là. Elle était complètement malheureuse et des larmes commencèrent à couler le long de ses joues. Anéantie.

Elle était aussi pitoyable que Tristan dans la douleur. Le blond en profita pour lui montrer quelque chose. Il se rapprocha de Tristan et avait équipé un anneau. Il l'enfonça dans le torse à Tristan et la jeune femme resta immobile, encaissant l'image qui tirait sur son coeur douloureux. Elle serra les poings sur le sol en tremblant, des larmes se répandant sur le parquet. Il lui expliqua qu'il avait compris que Tristan était possédé et que cela entrainait une douleur inqualifiable.

Alors qu'il allait le frapper une nouvelle fois, Tristan ne luttant même pas comme si il avait perdu le goût de vivre, un livre atterit dans le torse du méchant Cheistam. Cassidy venait de se relever et son regard était rempli de colère et de haine. Elle tremblait toujours et l'air devenu plus lourd autour d'elle. Sa magie crépita et elle se retrouva auréolée de cette lumière dorée et qu'un halo se formait autour d'elle, malgré la présence des chaines. Cassidy serrait les poings et s'épuisait encore plus à vouloir se libérer de cette façon vu la faiblesse qu'elle éprouvait pour le moment.

"Laissez le tranquille"

Sa magie atteignit une fenêtre et l'impact la brisa en mille morceaux dans un horrible bruit. Elle devenait carrément instable là. Puis elle courut en direction du Cheistam lançant un cri de rage en se rapprochant de lui. Mais la chaine la maintenait fermement au sol. Elle tentait de lui asséner des coups en forçant.

"Enfoiré ! C'est vous le monstre !"

Il se fit plus froid et attrapa doucement le visage de Cassidy, la forçant à rester tranquille. Puis il voulut l'embrasser une nouvelle fois. Cassidy lui mordit les lèvres si violemment qu'il hurla avant de s'écarter, du sang coulant sur son menton et ses yeux lançant des éclairs.

-Trainée ! Tu veux jouer à ça ? Je déteste attendre. Très bien tu l'auras cherché

Il la gifla qu'elle tomba à nouveau au sol. La jeune femme se relevait déjà. Il fit un geste à son mage qui amplifia la puissance des bracelets. Cassidy se mit à gémir et luttait pour ne pas tomber au sol, sa lumière toujours présente autour d'elle qui ne demandait qu'à exploser. Il l'obligea à se relever et la traina dans le fauteuil. Puis d'un geste cruel, il lui arracha la robe, dévoilant son corps à ses sbires et lui même. Cassidy hurla, voulait le frapper et s'affaiblissait. Sa voix commençait à s'éteindre dans sa gorge. Il fit un signe à un de ses hommes qui lui tendit un morceau de métal. Le blond attrapa Cassidy par les cheveux et la força à se lever une nouvelle fois. Il la mit dos à lui et enfonça le morceau de métal dans le dos de la jeune femme. Une odeur de brûlé se répandit dans la pièce.

Cassidy sentit une vive douleur dans le dos. Pire que tout ce qu'elle avait pu enduré jusqu'à présent. Elle hurla une nouvelle fois et des larmes de douleur coulaient de ses yeux. Elle se débattait de plus en plus faiblement. Le morceau de métal avait marqué dans sa peau une marque qui était généralement attribuée aux filles de joie, celles qui couchaient et avaient perdu toute trace de dignité.

Il voulut aller plus loin et abuser mais le blond se fit arrêter au passage par un éclair rouge qui l'avait jeté bien loin de Cassidy. Tristan venait de sortir de ses gonds et menait un véritable carnage autour de lui. Cassidy était retombée sur le sol, le dos affreusement douloureux et observait d'un oeil la scène.

Cassidy entendait la voix de Tristan qui s'était enfin élevée au milieu de la pièce. Il s'était ensuite approché d'elle, très doucement. La jeune femme tremblait toujours et avait peur de sa réaction, regrettant tout ce qui s'était passé. Mais il était libre maintenant. Libre de pouvoir partir. Sauf qu'il la prit dans ses bras et lui murmura quelques mots. La jeune femme écarquilla les yeux, ne s'attendant certainement pas à ça.

Mais pendant un instant, elle trouva un réconfort dans ses bras. Un bruit la fit sursauter. Une longue lame venait de sortir du torse à Tristan et son sang se répandait en fines goutelettes sur le sol. Cassidy devint encore pâle et tremblante. Que le cauchemar s'arrête ! Tristan la libéra avant de lui demander de prendre le relais avant de s'effondrer.

Elle hurla une nouvelle fois de douleur en serrant Tristan contre elle, cherchant à éponger le sang qui se répandait. Le coeur de la jeune femme se figea et elle se tut, la voix brisée. La lumière s'amplifia autour d'elle. Ils allaient payer et surtout lui. La petite mage reposa son Drakkari sur le côté sans enlever la lame et inspira profondément. Ses yeux avaient changé de couleur, prenant une teinte dorée tout comme les contours de son corps.

Instinctivement elle savait ce qu'elle devait faire. Une magie qui ne nécessitait pas son bâton. La demoiselle incanta des sphères lumineuses qui firent un véritable massacre dans la pièce. D'autres soldats arrivaient au fur et à mesure. Cassidy fit apparaître des fils lumineux et les ligota avant de les assommer contre les murs.

Sa démonstration de magie était impressionnante et alors qu'elle tapait encore et encore, personne ne pouvait l'arrêter. Le silence retomba dans la pièce avant qu'elle ne se dirige vers le blond. Elle le fit décoller en l'air et lui infligea pas mal de dégâts. Puis du bout de ses fils lumineux, elle lui traça les mêmes symboles que ceux qu'il avait mis sur Tristan, le laissant hurler de douleur mais elle ne souffla pas un mot.

Elle finit par l'assommer et s'approcha de lui en posant une main sur sa tête, prenant soin d'effacer toute sa mémoire.

Lorsqu'elle eut terminé sa besogne, Cassidy se précipita vers Tristan et le secoua. Mais rien ne pouvait le réveiller. Alors elle se colla contre lui et ferma les yeux. La jeune femme avait envie de vomir mais pour une fois il fallait que la régénération marche. Elle se concentra et une douce chaleur envahit Tristan. Elle lui transmettait ses dernières forces, pour le guérir, pour l'aider à se régénérer.

Elle rouvrit les yeux et caressa doucement ses mèches de cheveux.

"Ne meurs pas... S'il te plait..."

Les marques sur le visage à Tristan disparurent, tout comme un bon nombre de blessures dans son dos, ce que les autres lui avaient fait enduré. C'était la seule chose qu'elle pouvait faire pour se rattraper de son erreur. Tristan se regénérait petit à petit mais un autre fait étonnant se produisit. Quelques mèches de cheveux de Cassidy devinrent plus pâle, puis blanches. Sa magie l'épuisait, elle ne tiendrait pas longtemps.

Cassidy termina par invoquer sa panthère et lui ordonna de prendre Tristan sur son dos. Puis elle se dirigea vers la sortie, errant un peu, Tristan toujours évanouit. La jeune femme mit le feu à la demeure avant de partir.

Ne sachant pas où aller, elle se dirigea vers la forêt. Haletante, le souffle court, sa vision se troublait alors qu'elle marchait à travers les arbres tout comme sa lumière qui s'éteignait. Enfin, après un long moment, elle s'effondra sur le sol et sa panthère disparut. Dans un ultime dernier mouvement, elle se rapprocha de Tristan et prit sa main.

"Pardonne moi..."

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ascadian.forumgratuit.org
Tristan Konogan
Professeur Initiation et Maniement des Armes
avatar

Messages : 594
Date d'inscription : 09/05/2012
Age : 24

Feuille de personnage
Race: Drakkari
Royaume:
Vocation: Guerrier

MessageSujet: Re: Mage à la ramasse   Dim 7 Avr - 20:02

C’était trop tard… Tout était trop tard. C’était terminé…
Dès qu’il fermait les yeux… il la revoyait. Avec cet homme. Son sourire alors qu’elle l’embrassait, son sourire alors qu’il lui rendait au centuple ses caresses, ses avances, son sourire alors qu’il était là lui… lui témoignant de l’attention et de l’affection, même si ce n’était que pour une nuit. Son cœur s’était figé, puis brisé ou déchiré, il ne savait pas vraiment. On ne lui avait épargné aucun détail… aucun instant… Cligner des yeux était encore son seul répit, mais des images s’étaient gravées derrière ses paupières alors même là… il n’était pas tranquille.

Il préférait encore la fois où elle l’avait attaqué. Il avait eu mal bien sûr, mais c’était plus physique qu’autre chose même si sa souffrance le blessait profondément. Là… Ca n’avait rien de physique… Alors pourquoi avait-il l’impression de mourir ? Ces instants qui lui avaient paru si courts quand c’étaient eux qui étaient enlacés ainsi, qui s’embrassaient passionnément lui paraissaient interminables. Mais l’horreur des premières minutes passées, il s’était perdu totalement. Il allait devenir fou… Oui… fou, peut-être était-ce la seule libération envisageable.

Combien de secondes s’était-il écoulées depuis que le couple avait terminé leur petite partie de jambes en l’air ? depuis combien de temps la calèche avançait-t-elle ? Depuis quand était-il enfermé dans cette pièce à sentir le fouet mordre la chair de son dos ? Il l’ignorait. Il alternait semi-conscience et absence. S’évanouissait-il ou était-il juste… ailleurs ? Il ne savait pas. Il s’en fichait…
Le temps passait… Ou il ne passait pas du tout. A voir. La douleur ne partait pas. Celle lointaine de son corps dont il se sentait curieusement détaché, celle omniprésente de son cœur qu’on lui avait arraché.

Et puis il l’entendit. Sa voix.
Elle était bien la seule chose, la seule personne à pouvoir à la fois la faire davantage souffrir… et reprendre conscience. Il ne comprenait pas vraiment. Son cerveau tournait vraiment au ralenti. La même mixture que la veille au soir fut appliquée sur le mur face à lui et il la vit entrer dans le bureau qu’il trouvait si mal décoré. Quelque part, il sentit un écho, un battement, un peu plus fort alors que son cœur battait si faiblement depuis la veille, son estomac aussi se serrait… un picotement dans les yeux. Etait-il en train de pleurer… Non… seule l’odeur de son sang lui parvenait. Il y avait le Cheistam aussi, son amant, cet homme vers lequel il avait été forcé de la pousser. Mais quelque chose n’allait pas. Elle était attachée. Pourquoi donc ? Il n’arrivait pas à réfléchir mais savait que ce n’était pas normal. Elle était censée retrouver la joie de vivre avec lui… pas… être sa prisonnière. Etait-ce un petit jeu entre eux ? Ah… oui… sans doute. Il l’avait attachée… Pitié… qu’ils ne recommencent pas ça ici, devant lui ! Tristan rabaissa la tête, il ne voulait pas en voir davantage.
Il l’entendit refuser son baiser… Ca sonnait étrangement alors il redressa un peu les yeux… Le blond souriait. Oui… c’était ça… un jeu. Et dire que même ça il n’avait pas pu le faire avec elle… Même ça…

Elle jouait à merveille le rôle de la demoiselle effarouchée après s’être montrée si dévergondée. Déception, tristesse, jalousie… Etait-ce donc les émotions qui se disputaient la primeur dans son cœur blessé ? Apparemment oui. Il parvenait encore à être jaloux… de cet homme… Est-ce que ça signifiait qu’il l’aimait encore ? Une légère esquisse de sourire douloureux et amusé en même temps, un brin honteux qui lui aurait tiré un gémissement s’il se souvenait comment gémir justement, à cause des coupures sur son visage. Bien sûr qu’il l’aimait encore, d’où l’intérêt d’en finir au plus tôt. Qu’on l’achève…
Le blond commençait à la tripoter…Nouvelle pique de jalousie et de peine… Quel jeu tordu quand même… Il ne savait pas qu’elle savait si bien faire semblant… Mais quelque chose n’allait pas. Cassidy savait se débrouiller pour jouer un rôle, il l’avait bien vu au gala… mais elle n’était qu’une débutante dans ce domaine alors ou elle était devenue une experte en une nuit ou… ce n’était pas un jeu. Léger froncement de sourcil qui lui tira une nouvelle grimace. Apparemment on l’avait battu, c’est pour ça que garder la tête droite lui faisait si mal, sa nuque était raidie de courbatures, pourtant il était un peu plus attentif. Elle tremblait, sa voix était pleine de peur…

Le blond balança des horreurs à propos de sa chevalière… Sa chevalière ?! Elle l’avait toujours ?! Pourquoi diable la portait-elle encore autour du cou ? Bon bien sûr, lui ne s’était pas séparé de son propre pendentif mais… c’est parce qu’il savait pour tout ça. Pourquoi avait-elle l’objet le plus précieux de son ex petit ami… alors même… qu’elle était avec un autre. Et là… la vérité… Dure, pure…
Elle s’était redressée, tout contre le garçon, ça l’avait blessé de la voir dans ses bras. Mais elle ne recherchait pas d’affection non. Lui voulait lui arracher son collier, elle… lui éclater les bijoux de famille. Et elle n’y allait pas avec le dos de la cuillère. Un sacré coup de genou, rien à redire dessus. D’ailleurs les hommes présents dans la pièce avec ou derrière lui eurent le réflexe de porter leurs mains à leur entrejambe en grimaçant eux-mêmes de douleur. Même lui frémit. Ca faisait mal ça… très mal. Mais un nouveau début de sourire étirait ses lèvres. Il en ressentait une immense satisfaction. Mais ça n’avait plus rien d’un jeu… ça c’était sûr.

Et son cœur cessa un peu de saigner, juste un peu…
Davantage quand il entendit ses mots. Elle parlait… la voix pleine de colère, pleine de menace. Ce n’était pas à cause du mur qu’il entendait mal sa voix, c’était autre chose. Il était affaibli, il avait mal partout, son corps le lâchait, son esprit aussi, c’est pour ça que tout lui parvenait comme à travers une épaisse vitre. Mais même s’il les entendait avec un temps de retard et les comprenait avec un temps de retard encore plus long, il entendait… et il comprenait, des mots dont il ne pouvait même plus rêver.
Elle était en colère oui… Elle ne voulait pas qu’on touche à sa chevalière. Elle considérait que c’était un souvenir et pas n’importe quel souvenir : la dernière chose qu’il lui restait de lui… Personne ne pouvait le remplacer. Avoir tenté de l’oublier avec un autre était une erreur. Il ne comprit ces mots qu’alors qu’elle avait déjà été violemment giflée. Ses muscles s’étaient instinctivement tendus face à ce geste que son cœur même meurtri ne pouvait supporter… mais il était faible, tellement faible, les chaines avaient à peine tintés contre le gros anneau de fer… Mais les mots eux lui arrivaient. Toutoum… toutoum… toutoum… son cœur battait plus fort, plus vite… Etait-il tombé dans son estomac ? Celui-ci se serrait encore mais différemment… étrange sentiment de plénitude alors qu’il était si… mal. Elle l’aimait… Elle l’aimait… C’était bien ce qu’elle disait non ? Elle l’aimait… Encore un peu… Peut-être juste un tout petit peu… Mais elle l’aimait encore… Il sourit… un peu, juste un peu et lâcha un faible gémissement de douleur en ouvrant un peu plus ainsi les entailles de son visage. Ces salauds ne l’avaient pas raté… elles étaient fines mais douloureuses… Sans doute la lame était-elle recouverte d’un quelconque poison ou piment histoire de le blesser davantage.

Mais ce type avait osé la gifler.
Tristan ne comprenait pas et les pièces du puzzle trainaient à se mettre en place dans son esprit pourtant si vif. Elle était en colère. Ils ne jouaient pas. Donc elle était sa prisonnière… La forçait-il à être ici ? elle ne voulait plus de lui ? Vraiment ?
Le Cheistam était vraiment mécontent et il l’avait frappée tellement fort. Même s’il réagissait un peu tard, Tristan se sentait malgré tout ce qui s’était passé, malgré tout ce qu’il avait pu voir, pris d’une violente crise de rage…qui ne s’exprimait pourtant pas. Il avait mal partout… Pourquoi était-il si faible ? Pourquoi ? Ah… Oui, il imaginait tout ça, transformait la réalité. C’était impossible… Elle ne l’aimait plus, elle avait choisi un autre homme et partagé sa nuit avec lui. Peut-être était-elle là pour assister à son exécution. Ah oui, c’était plus probable.

Mais non… ce n’était pas ça… vraiment pas ça.
Tout s’enchaina. Le signe du blond, les mains rugueuses de ses sbires sur ses reins alors qu’ils le poussaient hors de la pièce. Il se rendit compte que l’anneau pouvait avancer ou reculer, encastré dans le plafond avec un système de roulement à bille. Il sentit le regard de Cassidy sur lui, leva les yeux vers elle. Qu’elle était pâle. Elle ne comprenait pas ce qui se passait, ni pourquoi il était là. Les informations arrivaient en écho mais il ne les écoutait pas. Les gestes suffisaient… et il la voyait elle, désorientée, perdue, effrayée et terriblement inquiète… Elle s’était levée pour lui, elle s’était dirigée vers lui, elle tirait sur ses chaines pour le rejoindre, ne posait son regard que sur lui. Il n’arrivait plus du tout à sourire et pourtant son cœur s’était apaisé. Ah… Il se sentait mieux, tellement mieux. Mais ça ne dura pas… Il avait honte de tout ce qui s’était passé, honte de ne pas avoir pu tout arrêter… et avait peur depuis que son regard s’était posé sur les chaines qui privaient la jeune femme de sa magie. C’était mauvais pour elle, terriblement mauvais, il comprenait mieux maintenant pourquoi elle n’était pas vraiment près de lui, pourquoi ce sale type avait pu la gifler et s’en tirer si bien… L’ordure !!!

Et puis… le discours du sale type était ponctué de tant d’images histoire d’enfoncer le clou… Elle était pâle… Tellement pâle. Il baissa la tête, honteux de se montrer si faible devant elle, honteux de ne rien pouvoir faire et parce qu’il avait tellement mal au cou. Pourtant ses muscles s’étaient tendus, vraiment cette fois et les chaines s’étaient entrechoquées alors qu’il forçait un peu… puis davantage sur les liens qui le retenaient. Ca suffit ! Il n’était pas si faible ! Il allait se libérer ! Il allait la sauver… une dernière fois… Qu’on lui en donne la force, par pitié…

- Ca a été encore plus facile que je le croyais. Quelques menaces sur votre réputation si facile à ruiner avec les quelques informations que j’avais, l’anéantissement de votre rêve et il s’est fait doux et sage comme un agneau. A vrai dire il a tenté de m’éliminer tout de suite, mais j’avais de quoi l’en empêcher et il a appris à ses dépends qui était le chef ici ! Le reste ? Très simple, il devait vous faire souffrir avec les mots les plus cruels qu’il trouvait. J’entendais la plupart d’ailleurs. Mon mage a trafiqué son tatouage. S’il vous disait quoi que ce soit, je le saurais tout de suite, s’il tentait le moindre geste affectueux, il souffrait le martyre. Enfin vous voyez vous-même… il s’est quand même accroché un peu cet idiot.


Oh elle voyait… Avec toutes ces images. Comme il s’accrochait en effet. Il l’écoutait pleurer, la tête renversée en arrière, fixant le plafond en tripotant doucement le pendentif qu’elle lui avait offert. Il dessinait aussi… beaucoup. Elle toujours elle, entière ou juste son visage, sa silhouette ou ses traits dans les moindres détails, rendant vie à son regard éteint, éclat à son sourire disparu, tout de mémoire, la mémoire d’un amoureux qui aussi surprenant que ce soit, retrouvait dans la douleur son talent d’artiste et le montait au paroxysme… Pourquoi ? Parce qu’il avait besoin, désespérément de la voir sourire. A quel point ? Au point d’accrocher un portrait de son visage taille nature à l’un de ses murs et de poser ses lèvres contre le papier qui ne lui rendait vraiment pas son baiser, même timide. Il l’écoutait, il l’espionnait… Il venait la voir la nuit quand elle dormait, la regardait, lui caressait le visage et les épaules, lui laissait la main qu’elle agrippait avec la force du désespoir… jusqu’à ce que la douleur dans son dos soit trop insupportable. Le Cheistam était un vrai sadique car il s’attarda à montrer leurs baisers dans la salle de bain, celui qu’elle lui avait volé et dont il avait souffert sur place par la suite, ceux passionnés dans le bain qu’il avait fui avant de s’écrouler dans sa chambre en gémissant de douleur.

Et il en rajoutait une belle couche aussi… en lui montrant que le jeune homme avait assisté à la nuit merveilleuse que la jeune femme avait passée avec son nouvel amant. Il était dans la pièce à côté, les yeux écarquillés d’horreur, ébahi, puis refusant ce qu’il voyait… puis pleurant en comprenant que c’était la vérité… et ceux autour de lui qui se moquaient, ricanaient, échangeaient des propos salaces alors qu’on le forçait à assister à ces interminables échanges. Comme il devenait pâle le beau guerrier et comme son regard se vidait de tout… La seule expression qui persistait ? Le dégoût, un incommensurable dégoût. On fit un plaisir de montrer cette expression justement à la jeune femme… Histoire de la blesser elle aussi… profondément…

Tristan tira légèrement une fois de plus. Il avait envie de frapper cet homme… parce que Cassidy avait bien assez souffert à cause de lui, parce qu’il n’avait pas le DROIT de la blesser encore ainsi. Elle souffrait encore… à cause de lui. Il était donc la pire erreur de sa courte vie de petite mage ? Il allait trouver la force de se battre, il allait arrêter tout ça ! Il allait se libérer.
Le Cheistam avait surpris la lueur de haine qui animait de nouveau le regard du jeune homme et en semblait tout de même surpris. Ah tiens… Il pouvait encore s’énerver. Plus solide que prévu…
Il ricana.

- Vous avez de la chance, je vais vous pouvoir vous montrer une petite prouesse d’ancienne magie. Je sais que votre ancien petit ami est possédé par un démon. Et… ceci… a été au départ conçu pour les repérer et les marquer. Ma famille s’en sert davantage pour les… éliminer mais j’avoue que ce Drakkari est solide… Alors je l’aurais bien à l’usure.

Il s’était avancé et la lueur de haine s’était mue en peur alors qu’il frappait tellement plus fort que la veille. S’ils avaient été terriens, ils auraient pu croire à un coup de feu. Ca n’en était pas un. Un craquement d’os fit écho au coup du Cheistam, et le grognement de douleur étouffé du jeune homme. Aucun son de plus ne s’échappa de sa bouche. Les chaines tintèrent de nouveau alors qu’il tombait à genoux par terre, incapable de tenir debout. Il ne s’écroula pas par terre mais c’était juste parce que les chaines tendues au-dessus de sa tête le lui empêchaient. La marque était encore plus profonde et saignait légèrement.
Il allait encore le frapper mais Cassidy était intervenue en lui jetant un livre, en hurlant, ses joues ruisselaient de larmes mais il l’aurait probablement trouvée magnifique ainsi. Cependant elle avait tort, il n’avait pas perdu le goût de vivre… Il était mort.
Ou comme si.

Son corps ne réagissait plus. Il ne sentait plus rien. Ni son cœur qui battait curieusement à ses tempes et ralentissait dans sa poitrine, ni les coupures sur son corps, ni ses terminaisons nerveuses. Il se disait de bouger, de se relever, de tirer sur ses chaines. Mais son corps n’obéissait pas. Il ne savait plus faire. Il avait sommeil… tellement sommeil.
Les ténèbres l’entouraient, les voix s’étouffaient, toutes un peu plus à chaque instant.
Cassidy…
Il l’entendait… Encore un peu. Son cœur ralentissait… encore un peu, un tout petit peu… Elle lui semblait à des kilomètres de lui. Avait-il les yeux ouverts ou fermés ? Il l’ignorait. Tout était noir autour de lui.

Je suis mort…

Cette pensée était curieusement rassurante.
Il allait arrêter de souffrir, quelle douce pensée. Mourir…
Jusqu’à ce qu’il l’entende hurler. Il ne voyait rien, mais il entendait encore… Il ignorait ce qui se passait mais ce sale type l’avait frappée et lui avait arraché sa robe et elle en avait crié de peur, de douleur, d’horreur, de honte… La magie qu’on lui prenait… Mais surtout ce cri…. Ce cri…
Toutoummmm !
Son cœur venait de faire un brusque bond dans sa poitrine alors qu’il s’éteignait, son pouls disparaissant… Il venait de faire un bond comme s’il avait été stimulé aux électrochocs, violemment. Il en eut mal, une douleur de vivant. Il se remettait à battre… Les sons devenaient plus clairs, un peu plus clairs, toujours plus clairs. Ceux des autres étaient étouffés, ceux de la jeune mage comme s’il était juste à côté d’elle… Sa respiration hachée, effrayée. Il sentait sa peur comme s’il vivait la même. Il avait l’impression d’entendre son cœur d’où il était.

On l’avait mise debout de force, des échanges de paroles entre les hommes. Le chef de ces sales types qui enfonçait alors quelque chose dans la peau délicate de la jeune femme. L’odeur de la chair brulée… le rire des hommes proches de lui, des autres plus loin dans la pièce… le hurlement de douleur de Cassidy… déchirant…
Tristan rouvrit les yeux.

Le Cheistam avait repoussé brutalement la jeune femme affaiblie, épuisée, blessée et humiliée contre le large fauteuil. Sous les rires goguenards de ses compagnons, il venait de défaire sa ceinture et l’enlevant de son pantalon en donna un violent coup sur la jambe valide de la jeune femme, y laissant une marque rouge, en riant d’autant plus. Il baissait son pantalon en criant à la cantonade de bien regarder comment mâter une chienne de ce gabarit…
Il ne put rien faire du tout, roulant au sol.
Tristan avait rouvert les yeux sur le hurlement de la femme qu’il aimait. Il était dans un état second et laissa libre cours à ses pulsions, à ses instincts. Son regard était devenu entièrement orange comme celui du dragon dont il avait pris l’apparence devant Cassidy ce fameux soir sur la plage. Il avait gardé un genou au sol, avait relevé l’autre jambe, avait tendu ses muscles et tiré. L’homme à côté de lui avait ricané en disant que ces chaines étaient prévues pour annihiler sa force de Drakkari… Il s’était tu, se prenant le revers de l’une des chaines en pleine gorge, ce qui lui en arracha une partie, quand celles-ci explosèrent littéralement sous la pression de la force du jeune homme.

Elles n’avaient aucune chance de lui résister. La force qui animait son corps n’avait rien de celle des Drakkaris. Il n’avait jamais contrôlé la force de ceux de son espèce, jamais… parfois elle venait… mais il avait vite compris qu’il serait vulnérable s’il ne comptait que sur elle. D’où son corps de guerrier, d’athlète, taillé par des heures d’entraînements, inlassables !
Il écarta un homme qui se mettait sur sa route d’une manière radicale, il n’avait pas de temps à perdre. Son bras se serra autour de sa gorge et il lui brisa la nuque d’un seul et même geste. Tuer, c’était encore ce qu’il faisait de mieux. Non, il n’avait pas de temps pour ceux qui se reprenaient et voulait lui sauter dessus, il ne devait pas le laisser faire. Il lui avait pris sa dignité, sa fierté d’homme, lui avait arraché sa petite amie, volé son cœur, avait brisé celle-ci, l’avait torturée, avait profité de sa vulnérabilité… Il ne le laisserait pas en plus abuser d’elle.

- NE LA TOUCHE PAS !!!!!

Il lui fonça dessus, posant un pied sur un fauteuil pour avoir davantage d’élan, le crochetant à la gorge en roulant avec lu au sol. Le choc lui fit mal, il avait plein de blessures et s’était demandé peu avant si cette fichue croix ne lui avait pas brisé la colonne mais apparemment non… Alors…
Ils avaient roulé au sol… le blond se retrouvant bêtement et surpris, le pantalon aux chevilles. Tristan lui attrapa la tête sans ménagement et la frappa rageusement une, deux, puis trois fois contre le sol. Même s’il n’avait pas toute sa force disponible, c’était suffisant pour que l’autre s’immobilise. Il se redressa. Son torse le brûlait et ses muscles tiraient mais quelle merveilleuse ivresse de démolir ces sales types qui leur avaient fait tant de mal !!!

Le mage, même s’il tremblait comme une feuille, profita du combat du jeune homme pour incanter un sort puissant qu’il lui jeta dessus. Si Cassidy n’était pas trop aveuglée par la douleur, elle devait le connaître, sort dangereux qui peut gravement blesser son lanceur… Un sort de feu si violent qu’il brûle tout, y compris les Drakkaris immunisés contre le feu certes mais pas toujours magique et certainement pas celui-ci.
De grandes flammes bleues entourèrent Tristan, attaquant son pantalon mais il en sortit comme s’il ne ressentait rien et aucune brûlure n’apparaissait sur son corps… comme s’il était, comme les dragons, résistant même à ceci. Lui aussi se prit un sacré coup de poing et alla rouler contre un mur bien plus loin. Tristan grimaça… Décidément, il avait plus mal à cette fichue marque que ce qu’il croyait au départ. Il était vraiment vivant… Vivant.

Il se retourna et avança lentement vers Cassidy. Lentement parce qu’il ne voulait pas l’effrayer avec des gestes trop rapides et maladroits. Il avait raison, parce qu’elle tremblait. Doucement, il passa alors ses bras autour d’elle et la pressa contre lui, prenant garde de ne pas appuyer sur la brûlure dans son dos, murmurant doucement son surnom sur un ton si soulagé qu’il ne pouvait pas décemment mentir…
Il la pressa un peu plus contre lui, noyant son visage dans ses cheveux blonds.

- Cassy… Cassy… Tout… Tout ça…Tout ce que je t’ai dit… c’était faux, je le jure sur ma vie. Tu n’es pas ennuyeuse, tu n’es pas trop bavarde… tu n’es pas coincée… Je tiens à toi depuis toujours, mes sentiments n’ont cessé de grandir depuis notre enfance…je…

Il l’avait doucement lâché. Quand il s’était approché, en même temps qu’il la prenait dans ses bras, il avait posé sur ses minces épaules une couverture attrapée sur le canapé voisin et contre toute attente s’était forcé à ne pas regardé son corps en rougissant légèrement. A présent, il avait les mains sur son épaule pour l’une, sur sa joue en feu à cause des gifles pour l’autre. Douce caresse, il l’effleurait à peine, comme si elle était de porcelaine sa pauvre petite princesse. Il ne fuyait pas son regard, non, il la regardait dans les yeux, un léger sourire éclairant son visage tailladé. Il approcha son visage du sien, doucement, tout doucement… Une de ses lèvres saignait à cause d’une claque du blond. Ca lui faisait mal de la voir ainsi mais… c’était fini, c’était fini. Ils n’étaient qu’à cinq centimètres à peine l’un de l’autre, elle avait même fermé les yeux, les mains sur ses avant-bras comme pour l’empêcher de partir alors qu’il ne souhaitait justement aller nulle part sans elle.

- Cassy… Je t’a…

Il ne finit pas sa phrase. Un bruit de déchirure s’était fait entendre, de cisaille, d’éclatement… Une odeur de sang beaucoup plus forte monta.
Tristan appuyait son front contre celui de la jeune femme qui rouvrait les yeux… Du sang coulait de sa bouche, dégoulinait sur son menton et le long de son torse. Une lame émergeait de son torse, fine mais tranchante, meurtrière… du sang en couvrait la pointe alors qu’un long filet du même liquide vital glissait sur le buste du jeune homme, collant la ceinture de son pantalon à ses hanches. Le blond se tenait debout derrière lui, la main sur le sabre qui perçait la poitrine du Drakkari. Il avait un horrible sourire au visage même s’il semblait en colère et lançait un regard brûlant de convoitise sur la petite mage. Il retourna d’une vive torsion du poignet, la lame dans la blessure de sa victime. Tristan eut un léger hoquet de douleur alors que davantage de sang coulait entre ses lèvres serrées par la douleur.

- Enflure ! Je suis vraiment en colère maintenant ! Voilà qui va le finir ! Après ça, tu vas te souvenir de mes coups de reins petite salope ! Ca je peux te le jurer !

Tristan détachait son front de celui de Cassidy. Ses yeux étaient redevenus normaux depuis qu’il était tout près d’elle mais ses pupilles étaient bien plus dilatées à cet instant. Il lui fit un sourire doux malgré la douleur, effleurant son visage d’une de ses mains trempées de sang avant de la glisser, l’autre aussi, jusqu’aux poignets de la jeune femme.

- Je… te…laisse… la… suite… partenaire…

Ses muscles se tendirent alors qu’il tordait et explosait les menottes qui privaient la jeune femme de sa magie. Ca le fit un peu reculer et enfoncer davantage la lame du sabre dans son buste mais il n’avait pas hésité une seconde. Un simple clin d’œil avait ponctué son message avant le fracas de métal… Il s’écroula, perdant connaissance avant même de toucher le sol.
Il ne sut rien de tout ce qui se passa par la suite…



Tristan ouvrit lentement les yeux et fut aussitôt terrassé par la douleur, qui l’agita d’autant plus quand il se mit violemment à tousser. Il porta sa main à ses yeux…Elle portait des tâches de sang… Il devait être sacrément… amoché.
Il porta la main à son torse. La lame ne traversait plus son buste… et ses doigts tremblants ne rencontrèrent qu’un épais bandage qui lui couvrait quasiment tout le torse. Malgré cela, il sentait en dessous la marque profonde laissée par l’anneau anti-démon. De nouveau la main à son visage. Ca lui faisait mal quand il bougeait la mâchoire mais sa peau était toujours aussi lisse et douce sous ses doigts. Il se rendit compte qu’il n’utilisait qu’une de ses mains, que l’autre… était… serrée et serrait… une autre main. Il voulut tourner la tête et lâcha une exclamation de douleur. Tous ses muscles étaient en feu ! Se tourner tant bien que mal sur le côté fut sa seule solution. Difficilement il y parvint et se retrouva face à… Cassidy. C’était sa main qui serrait la sienne… Leurs doigts étaient raidis et blanchis d’avoir serré la main de l’autre pendant… si longtemps, des heures sans doute.

Elle était horriblement pâle et même ses cheveux étaient différents, ternis par le manque de nourriture, l’absence de vitalité de ces dernières semaines, ils semblaient sans vie, tout comme elle. Certaines de ses mèches étaient même devenues blanches. Horrifié, il crut un terrible instant qu’elle était morte mais même si sa peau était fraiche quand il toucha son visage (il n’avait plus de sensation dans la main qui serrait la sienne), elle n’était pas froide et ses muscles faciaux réagirent légèrement à sa caresse, comme si elle le reconnaissait. Mais qu’elle semblait faible par tous les dieux !!!! Il voulut l’appeler, murmurer son nom mais sa gorge était terriblement sèche. Il ne se rendit compte qu’à cet instant qu’il avait terriblement soif. Sa perte de poids le frappa d’autant plus qu’il était tout proche d’elle et se collait légèrement contre son corps frêle. Là aussi elle réagit légèrement. Un frémissement… ses paupières bougèrent très peu mais bougèrent…

- Eh bien… J’ai eu beau lui piquer les doigts et même le visage avec des aiguilles, elle ne réagissait pas. J’ai cru qu’elle était morte ou en coma. Et voilà que tu lui fais juste un petit effleurement et elle réagit. Si c’est pas être accro ça…

Tristan sursauta violemment et se retourna. Il n’avait pas vu la petite femme à l’épaisse tignasse blanche qui le regardait depuis qu’il avait ouvert les yeux et observait avec intérêt son manège. Son réflexe fut de se redresser en se mettant devant Cassidy. Mais c’était une grossière erreur. Il poussa un grognement douloureux et elle soupira avant de placer avec des gestes et une lenteur experte, une petite bassine sous son visage alors qu’il se mettait à cracher du sang.

- Tssss doucement petit ! Je ne veux aucun mal à ta chérubine ! C’est moi qui vous ai soigné alors tu serais gentil de ne pas massacrer mon travail en faisant n’importe quoi. J’ai passé des heures sur l’espèce de bouche d’aération que tu avais dans le torse ! D'ailleurs j'aimerai qu'on m'explique pourquoi ton coeur s'est déplacé... très peu certes mais déplacé... C'est un truc de dragon ça, pas d'humain, tout Drakkari que tu sois... Arrête de t'agiter ! Respecte un peu mon travail tu veux… Enfin tu étais bien plus blessé que ça je pense mais cette petite idiote qui n’a rien d’une guérisseuse s’est accrochée pour te sauver. Jolie tentative qui aurait été parfaitement inutile si tu ne t’étais pas autant accroché à la vie… Et elle aussi… C’est un vrai suicide ce qu’elle a essayé de faire ! Les jeunes aujourd’hui ! Rah c’est pour ça que je déteste les gens !!!! Aucun respect pour la vie ! Bande d’idiots !

Tristan secoua lentement la tête, essuyant ses lèvres d’un revers de main en essayant d’emmagasiner tout ce qu’on lui disait. Cassidy avait essayé de le soigner… Il se souvenait juste de s’être libéré, d’avoir frappé les sales types, de l’avoir prise dans ses bras, de lui avoir parlé, d’avoir voulu l’embrasser, la douleur dans son torse, la vie qui le quittait, il l’avait libérée puis… plus rien, le trou noir. Apparemment elle avait fait ce qu’il fallait et les avait sortis de la demeure avant que des autorités ne viennent. Où étaient-ils ?
La guérisseuse se présenta. Une certaine Adeyla. Elle disait les avoir trouvé dans la forêt. Lui saignant toujours malgré les soins de la jeune femme, elle à bout de forces et respirant à peine, la magie ayant quitté son corps. Tristan regardait Cassidy, l’inquiétude brillait dans ses yeux alors qu’il se rapprochait d’elle, grimaçant, en appui sur un de ses coudes. Ca tirait sur sa blessure mais… il avait besoin de… d’être près d’elle, de…

- Tu récupères très vite, je le conçois mais soit tu dors tout seul maintenant… soit je t’assomme…

Elle partit, l’abandonnant à son sort. Il ouvrit la bouche… Puis la referma, s’allongeant plus confortablement, tout contre la jeune femme qu’il sentit de nouveau frémir contre sa peau. Enfin le tout après avoir vu quelques verres d’eau que contenait une cruche posée sur la table de chevet du grand lit dans lequel ils se trouvaient. Apparemment, la femme avait renoncé à les séparer. Il sentit des larmes lui piquer les yeux, les retint et embrassa doucement le front de sa compagne.

- Ca va aller maintenant, je te le promets…

Il ne se réveilla que le lendemain matin… et était dans la salle de bains, indiquée par la guérisseuse, juste à côté de leur chambre quand Cassidy se réveilla. Il eu loisir un peu plus tôt d’observer la jeune femme. Son teint était un peu moins pâle mais elle avait aussi des bandages multiples, des écorchures, des coupures, sans doute à cause de son séjour dans le bois et du verre qu’elle avait fait éclater dans la résidence. Sa jambe cassée avait été davantage immobilisée et semblait avoir dégonflé depuis la veille, en bien meilleur état que celui dans lequel la guérisseuse l’avait trouvée après toutes leurs péripéties. Il l’entendit gémir et voulut aussitôt la rejoindre alors qu’il bataillait à remettre son pantalon… Il glissa et tomba, grognant de douleur alors que le soupir d’agacement de leur hôte lui répondait depuis la chambre avec un marmonnement ressemblant fort à un « idiot maladroit, gâche pas mon travail ».



Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Cassidy Herediane
Directrice de l'Académie Hysandra
avatar

Messages : 846
Date d'inscription : 26/02/2012
Age : 29

Feuille de personnage
Race: Humain Ascadian
Royaume: Territoire Neutre
Vocation: Mage

MessageSujet: Re: Mage à la ramasse   Lun 8 Avr - 10:35

Elle avait été totalement effondrée. Son monde s'écroulait alors qu'elle apprenait l'horrible vérité. Tristan... Son Tristan n'avait jamais cessé de l'aimer. Le Cheistam lui expliqua et l'entendre en fut bien plus douloureux que de le vivre. Pourquoi se sentait-elle si soulagée et désespérée en même temps ? On avait joué avec eux, un jeu dangereux. Pour quelques faveurs, quelques regards, qui n'étaient au final que des allusions. Cassidy aurait tant voulu le savoir, mais qu'auraient-ils pu bien y faire ? Il n'y avait rien à faire, juste à subir.

La jeune femme avait tremblé et son visage exprimait un profond regret. Elle se trouvait tellement honteuse à ce moment là et tout était devenu extrêmement confus. Dans un geste instinctif, elle avait cherché à s'approcher de Tristan. Il ne méritait pas ça ! Il n'avait rien fait ! Maintenant elle en était sûre ! Elle n'arrivait pas à hurler, à demander aux hommes de le laisser partir, qu'il devait vivre. Tout était de sa faute.

Elle les vit ces images. D'un Tristan qui souffrait en silence... Qui ne voulait pas se résoudre à se passer d'elle malgré tout. Il avait cherché à veiller sur elle, il avait autant besoin d'elle qu'elle avait besoin de lui. Mais la dernière scène la blessa tout particulièrement. Cassidy se sentie particulièrement meurtrie. Bien sûr cela aurait été plus simple de l'avouer à Tristan. Mais que ce soit un autre qui lui apprenne que son ancien compagnon avait été présent à cette scène la retourna totalement.

Tristan ne méritait pas ça ! Elle s'était conduite comme une incapable. C'était cruel... Très cruel... Comment pourrait-il lui pardonner après ces images ? Même lui n'avait jamais montré ses fricotages avec d'autres femmes. Gros hasard mais Cassidy ne se sentait que plus coupable. Le visage de dégoût du Drakkari la rendait tellement triste. Elle savait... que ce n'était pas sûr qu'il l'aime encore après ça.

Alors le Cheistam lui montra une petite démonstration qui l'horrifia. Une chevalière pour tuer une personne possédé. Cassidy avait murmuré des mots comme quoi il était un monstre, le fait qu'il mette Tristan dans cet état la rendait folle. Alors qu'il allait recommencer, la jeune femme attrapa un livre, maigre projectile à cause de son impuissance. Il fallait que Tristan se réveille, il n'allait pas se laisser mourir quand même ! Elle ne le supporterait pas, elle ne tiendrait pas si il ne faisait pas de mouvement.

Le blond s'énerva contre elle et se dirigea dans sa direction. Fini la courtoisie, fini les gestes doux. Il était devenu bien plus cruel et marqua sa peau au fer. La jeune femme avait hurlé, cherchait à paraître plus digne, mais cela était impossible. Elle était épuisée et réagissait à peine. Un coup sur sa jambe blessée la fit gémir à nouveau. Mais il m'eut pas le temps d'achever sa besogne que Tristan s'était redressé, libéré et venait pour la protéger.

Cassidy était à moitié sonné, son coeur battant difficilement. Elle n'avait pas vu, pas tout compris mais elle sentit que Tristan s'était rapproché d'elle pour la serrer dans ses bras. Il n'y avait pas à dire, ce contact lui avait beaucoup manquer. Par réflexe elle se colla contre lui comme si elle avait peur qu'il parte. Et elle comprit, il était sincère dans ses paroles et revint sur ses paroles. Une belle consolation. C'était terminé. Ils allaient rentrer ensemble. Ils allaient s'embrasser. Elle en rêvait depuis des semaines mais n'avait pas imaginé que ça se passerait comme ça.

Cependant le cauchemar continuait et c'est sous les yeux horrifiés de Cassidy qu'elle vit Tristan cracher du sang. La jeune femme tremblait de tout son corps, le fixait avec des grands yeux et cherchait à le retenir. Mais il lui brisa les chaines en lui confiant la suite. Il ne fut pas déçu car elle fit un véritable carnage malgré son manque de magie flagrant. Des choses qu'elle n'aurait jamais fait en temps normal. Et lorsque tout se calma, elle sortit avec lui. Il fallait qu'il s'en sorte. Elle ne pourrait pas vivre normalement si il venait à mourir. Mais où trouver de l'aide ?

Cassidy avait avancé vaillamment dans la forêt, la jambe complètement en vrac. Mais elle n'en pouvait plus et s'effondra. Dans un dernier soupir, elle rampa péniblement vers Tristan et prit sa main qu'elle serra. Avant de fermer les yeux et de vider ses dernières forces dans le corps du jeune homme pour tenter de le maintenir en vie. Elle plongea dans les ténèbres, murmurant un vague pardon.

Heureusement les Dieux devaient veiller sur eux car une personne vint leur porter assistance.

De ce qui se passa après, Cassidy n'en sut rien. Ses mèches blanches peinaient à retrouver une couleur normale. Elle ne s'était toujours pas alimentée car inconsciente. Ses jours n'étaient pas en danger. En effet son coeur battait paisiblement et elle ne faisait que récupérer. Par contre pour l'heure du réveil, ce n'était pas pour tout de suite.

Finalement elle se réveilla la journée d'après. La jeune femme avait commencé à bouger dans le lit, tout doucement, sans se froisser. Elle émergeait et ouvrit lentement les yeux. Une chose était sûre, la petite mage avait sacrément mal. Tout son corps la faisait souffrir alors qu'elle cherchait à remettre de l'ordre dans ses idées. Elle n'était pas à l'Académie non ? Cassidy ouvrit les yeux. Sauf qu'au lieu d'accueillir la lumière du jour, elle ne rencontra que les ténèbres. La couleur de ses yeux était un peu plus transparente, révélatrice d'un changement d'état.

C'est malin ça mais qui a éteins la lumière ? Elle n'arrivait pas à définir l'endroit où elle se trouvait et cligna plusieurs fois les yeux. Pourtant elle n'avait rien qui lui couvrait la vue. Ou peut-être qu'on lui avait jeté un sort. Les souvenirs lui revinrent en mémoire. Tristan... Où était Tristan ? Elle était dans un lit oui mais où ? La jeune femme agita les mains devant elle vaguement, puis sur le lit à côté d'elle, grimaçant de douleur. Elle le cherchait... et si il était mort ? Ses yeux se remplirent à nouveau de larmes. Elle ne comprenait pas ce qui lui arrivait.

Un bruit de pas se fit entendre et elle tourna les yeux dans sa direction, regardant dans la direction de l'inconnu, complètement perturbée par ce qui lui arrivait.

"Qui... est là ?"

Tristan ne mit pas longtemps à lui confirmer son autorité. La jeune femme était encore plus pâle et cherchait à le voir. Rhaaaaa ! Aucun moyen de se rassurer sur son état !

"Ca va ? Comment est-tu ? La dague... Tu..."

C'est malin ! Vu qu'elle ne voyait rien il pouvait tout à fait lui mentir en disant qu'il allait très bien, une dague toujours enfoncé dans le torse. Mais Tristan lui expliqua la situation, on les avait sauvé. La jeune femme en était soulagée et se laissa retomber dans le lit et passa une main devant son visage sans la voir. Puis elle soupira. C'était horrible ce qui lui arrivait, enfin c'était peut-être amplement mérité.

Elle était vraiment très embarrassée et tourna la tête dans l'autre sens.

"Tristan... J'ai fais quelque chose d'horrible... Je n'aurais jamais du... En fait je mérite ce qui m'arrive, je ne pense pas avoir le droit de te regarder après ce qui vient de se passer. Je me sens tellement mal... Je t'ai fais souffrir... j'aurais du comprendre. Non en fait je suis faible et naïve, je l'ai toujours été et je ne sais pas si ça changera un jour...si un jour tu as la force de me pardonner..."

Cassidy était confuse, perdue. Le regret se lisait dans ses yeux. Regret de l'avoir trompé, de l'avoir fait souffrir. Par sa faute il avait frôlé la mort. Elle n'en était que plus misérable et mal en point. Incapable de le serrer dans ses bras car elle se l'interdisait. C'était à lui de lui pardonner ou pas, de l'accepter après cet incident ou de l'oublier. Tristan ne parlait pas et c'était encore plus dur pour elle qui ne voyait rien. Elle ne pouvait même pas voir ce qu'il pensait, son visage. La jeune femme soupira à nouveau.

Les bruits de pas s'éloignèrent. Elle comprit qu'il la laissait seule. Anéantie, la jeune femme se tourna sur le côté et ferma les yeux, des larmes silencieuses coulant sur ses joues. Après tout, elle méritait ce qui lui arrivait.

La jeune femme était trop épuisée pour faire quoi que ce soit et se rendormit. Au moins ça l'évitait de penser. Beaucoup plus tard, de nouveaux bruits de pas résonnèrent. Elle venait tout juste de se réveiller et se redressa dans le lit. Tristan qui revenait ? Ou bien leur sauveuse ? Elle ne pouvait pas savoir et ses sens étaient complètement faussés. Elle regardait sans voir et devait paraître très stupide comme ça.

La visiteuse se présenta. Apparemment elle avait été prévenue pour l'handicap de Cassidy. Aliéna. Il ne manquait plus que ça... Cassidy détourna une nouvelle fois la tête, honteuse, se raclant la gorge et ne sachant pas quoi dire. Elle restait silencieuse puis agita nerveusement les mains en se redressant dans le lit. Puis après un moment, se demandant si la soeur de son ancien compagnon la regardait furieusement à cause de ce qui s'était passé ou parce qu'elle n'avait pas su rendre heureux Tristan.

"Comment être dans un état pire que celui ci ? Les mots ne changeront rien à la situation. Mais je suis désolée... Je n'ai pas su protéger Tristan. Et je pense qu'il ne veut plus de moi après ce qu'il a vu..."

Elle lui raconta tout ce qui s'était passé. Tant pis après tout, Cassidy n'avait plus rien à perdre. Ca la soulagerait un peu... un tout petit peu. De la distance de Tristan au départ, ses remarques blessantes et méchantes, le désespoir de la jeune femme qui ne comprenait pas pourquoi il agissait ainsi. Elle parla de sa perte de confiance et avait passé beaucoup de temps à regarder la chevalière. Pourquoi après de telles paroles il revenait sur ses mots ? Elle lui raconta l'arrivée de cet homme qu'elle avait rencontré au gala. Gentil, calme en apparence. Qu'elle avait craqué par vengeance et pour oublier Tristan. Qu'après plusieurs semaines elle avait sauté dans ses bras. Sa voix devenait plus tremblante et les remords étaient bien présents.

Puis elle expliqua que c'était une erreur mais qu'il la força quand même à venir avec elle. Lui promettant plein de belles choses. Mais elle n'en voulait pas, elle ne l'aimait pas. Et puis elle avait vu Tristan, découvert la supercherie et devenait plus blanche en parlant des derniers évènements. La jeune femme se tue une nouvelle fois... tellement honteuse. Avant d'enchainer.

"Je l'aime toujours... j'ai envie qu'on se remette ensemble. Mais je sens bien qu'il est dégouté de mon comportement. Je lui ai fais beaucoup de mal... Je ne sais pas si il l'acceptera. Enfin en fait je ne sais plus où j'en suis tout court..."

Aliéna répliqua aprés avoir eu la patience de l'écouter et Cassidy l'écouta attentivement. Puis elle s'arrêta d'un coup et Cassidy sentit qu'on lui balancait un drap dessus alors qu'Aliéna lui chuchotait de ne pas faire de bruit, de rester tranquille.

Cassidy se laissa faire, ne comprenant pas. Elle entendit la voix de Tristan. Aïe ! A entendre sa voix il avait l'air d'être bourré. La jeune femme écarquilla les yeux en écoutant leur conversation. Il était très bavard d'un coup. Après qu'il ait fini, Aliéna l'invita à prendre une douche froide pour dessouler. Les bruits de pas s'évanouirent. Cassidy était de nouveau seule.

Elle soupira, chamboulée. La jeune femme avait besoin de prendre l'air. Elle se leva et agita les bras. Heureusement elle était déjà habillée, d'une robe plus simple et moins aguicheuse. La jeune femme trouva enfin la porte, puis la sortie et se mit à marcher. Elle ne voyait pas le temps qu'il faisait, elle ne voyait pas l'endroit où elle était mais avec les bruits environnants, elle se trouvait très certainement dans une forêt. La jeune femme marcha un peu et fit quelques pas, l'esprit pensif.

Elle rencontra un arbre et grommela contre celui ci, agitant ses petits poings. Non ça ne marchait pas comme ça. Bon elle ferait peut être bien de rentrer. Dans cet état son sens de l'orientation est plus que limite. Heu c'était bien de là qu'elle venait ? La jeune femme agita les bras et avançait à l'aveugle en grognant. Mais plus elle marchait, plus elle s'éloignait.

Le danger était plus loin. Il y avait un petit lac. Et bien sûr comment le voir dans ces conditions ? Cassidy fit encore quelques pas. Le choc la fit crier quand elle sentit qu'elle tombait... dans l'eau. Et ça avait l'air profond ! La jeune femme agitait les pieds, battait des mains. L'eau été gelée et elle s'engourdissait au fur et à mesure. Mais quelle idiote franchement ! Ses forces la quittait petit à petit alors qu'elle ne luttait plus vraiment, se laissant emporter vers le fond.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ascadian.forumgratuit.org
Tristan Konogan
Professeur Initiation et Maniement des Armes
avatar

Messages : 594
Date d'inscription : 09/05/2012
Age : 24

Feuille de personnage
Race: Drakkari
Royaume:
Vocation: Guerrier

MessageSujet: Re: Mage à la ramasse   Lun 8 Avr - 16:32

Le dégoût sur son visage… Sur le visage de l’homme qu’elle aimait et n’avait pas un seul instant cessé d’aimer même si elle avait voulu l’oublier. Aie… Ca, ça faisait mal. C’est vrai… Il avait eu ce regard, cette grimace avant d’arborer un air parfaitement inexpressif par la suite, de dégoût. Ecœurement profond. Elle devait s’en mordre les doigts…

Tout s’était précipité et il ignorait si tout ceci avait duré des heures ou une poignée de seconde.
Il s’était libéré, battu… Quelle honte de s’écrouler même s’il lui avait ôté ses menottes. Quel pitoyable guerrier il faisait. Même mourant il aurait dû rester vaillant et combattre, jusqu’à la mort… Pour la protéger. Elle… Il n’y avait jamais eu qu’elle. Il n’y aurait jamais qu’elle.
Mais il s’était écroulé. Comme un faible… Comme un lâche.

Quand il s’était réveillé la première fois, il souffrait beaucoup malgré les soins que Cassidy lui avait prodigués. Elle lui avait sans nul doute possible, sauvé la vie. Autrement, il aurait continué de se vider de son sang et cette perte l’aurait peut-être achevé avant même que ses blessures si graves ne deviennent intraitables.
Mais il y avait un phénomène particulier dans lequel elle n’était pas impliquée et qu’avait soulevé la guérisseuse. Ce déplacement. Son cœur… s’était déplacé ? Elle affirmait qu’il s’agissait de millimètres… mais tout devenait beaucoup plus clair. Le Cheistam était un guerrier averti, il avait cherché à le tuer, pas à le faire souffrir… juste à le tuer, il visait son cœur.
Au lieu de cela, il avait tranché une artère probablement ce qui était presque aussi grave. Mais là où la magie parfois capricieuse, étrange de la jeune femme l’avait aussitôt soigné, même si ça prenait du temps et énormément d’énergie, elle n’aurait rien pu faire pour un cœur perforé.

Finalement il s’était rendormi, tout contre elle, même s’il se sentait horriblement mal. Il avait envie de la regarder et en même temps, il n’osait pas. Le dégoût lui nouait l’estomac et lui donnait la nausée. Pourquoi ? Pourquoi ?
Le lendemain, la matinée était bien avancée quand il s’était réveillé puis était allé dans la salle de bain. Une petite toilette n’était vraiment pas du luxe. La guérisseuse l’avait soigné et avait nettoyé ses plaies mais il gardait des taches de sang un peu partout. L’eau fraiche sur son visage lui fit du bien. Mais il resta plus que de raison devant le miroir à s’observer. Il était plus pâle que d’ordinaire et les cernes sous ses yeux n’en ressortaient que davantage, preuve flagrante de ses insomnies depuis leur « rupture ». Son visage ne portait plus que quelques fines cicatrices qui ressemblaient à des griffures légères de chat et disparaitraient sans laisser de traces. On ne les sentait même pas au toucher.
Il ne se rendit compte qu’à cet instant que ses cheveux avaient drôlement poussé. Ils étaient un peu trop long derrière, descendant sur le haut de sa nuque. Sa frange ébouriffée lui masquait presque entièrement les yeux. Bizarrement il se sentait mal face à ce reflet et avisant une paire de ciseaux près du lavabo en forme de losange, commença à tailler dans les mèches de sa crinière rouge.

Bien sûr, ça aurait probablement été mieux si une professionnelle s’en était occupé mais il trouvait un certain réconfort dans ce geste, comme s’il le libérait du poids des longues semaines écoulées. A combien en étaient-ils ? Plus de trois semaines avant qu’elle ne rencontre le blond… Ca devait faire un mois et demi… ou plus. Il n’avait pas envie d’y penser…
En tous les cas, le jeune homme se débrouillait bien.
Les cheveux sur sa nuque étaient beaucoup plus courts, il voyait un peu mieux aussi même si sa frange n’en devenait que plus ébouriffée et légère. Ca lui allait bien en fait. Il se souvenait de la fois où il les avait coupés comme ça, un brin plus long. Elle avait trouvé ça bien et avait passé des heures à passer ses mains dedans pour son plus grand bonheur. C’était un peu plus court, ça lui allait encore mieux… Mais là, son estomac s’était violemment noué, si fort qu’il dut s’adosser contre le mur, pris d’un malaise. Le miroir lui renvoya le regard perdu d’un jeune adulte incertain et malheureux.
Comme il aurait souhaité qu’elle fasse de même…

Un bruit attira son attention et il voulut bondir dans la chambre. Il se souvint à temps qu’il n’avait pas remis son pantalon et se précipita un peu trop, chutant aussitôt. Mais même s’il était blessé, il avait d’excellents réflexes et ne pouvait pas se faire mal ainsi. Cassidy s’était éveillée. C’étaient les bruits de pas de la guérisseuse qu’elle entendait. Tristan sortit enfin alors qu’elle demandait perdue qui était là. Elle fixait des coins de la pièce sans les voir. Il s’avançait, les sourcils froncés, ne comprenant pas. Ses yeux étaient bien plus clairs que d’ordinaire, c’était…différent, anormal.
Il sentit la main de la guérisseuse sur son épaule et sursauta ! Qu’elle était discrète cette bonne femme !!!! Elle resserra sa prise sur l’épaule musclée du jeune homme et murmura très bas.

- Doucement… Cette petite ne voit plus rien. Elle a perdu la vue…

Son cœur rata un battement, un autre. Qu…QUOIIII ????!!!!!
Il tourna un regard ébahi et anéanti vers la jeune femme. La pièce était grande. La femme parlait doucement, elle n’entendait probablement pas. Elle passait ses mains sur le lit à côté d’elle comme si elle cherchait quelque chose…ou quelqu’un…Lui ?... ou le blond ? En tous les cas, il ne pouvait ignorer sa cécité.
Le visage du grand Drakkari se ferma et il s’arracha à l’étreinte de la main de la femme, s’approchant rapidement, pas vraiment discrets du fait de ses blessures, d’une étagère. Il avait vu une boite qu’il connaissait trop bien. Il avait la même !
Déjà il l’attrapait, l’ouvrait, s’approchait de Cassidy.
La guérisseuse se plaça silencieusement entre le couple, le foudroyant du regard même si elle semblait surprise. Elle grogna très bas, l’éloignant de la jeune mage et il se rendit compte qu’il répondait… aussi bas qu’elle.

- Qu’est ce que tu fiches avec ça idiot !
- C’est une mage ! Elle a besoin de ses yeux ! Hors de question qu’elle reste comme ça ! Je… je ne la laisserai pas…
- Et tu veux prendre sa cécité c’est ça ?
- … je…o…oui. Et si vous cherchez à m’en empêcher, j’utiliserai la force s’il le faut !


Il semblait sûr de lui, sa voix au début tremblante s’était faite assurée et courageuse. La femme soupira en l’insultant copieusement à mi-voix. Elle lui reprit la boite des mains et alla la reposer.

- J’ai minimisé les dégâts… Elle n’en a que pour quelque jours… Ca dépend aussi de son état mental… Au lieu de te la jouer héros, occupe toi d’elle un peu… Elle est terrorisée alors… Gare à toi !

Elle lui fit un sourire aussi encourageant que déroutant tant il semblait empli de menaces puis sortit de la pièce sans faire le moindre bruit. A croire que ses pieds ne touchaient pas terre.
Cassidy tremblait un peu. Ses yeux étaient pleins de larmes et elle reposa sa question. Il se ressaisit aussitôt, secouant la tête et s’approcha d’elle en lui parlant.

- C’est moi Cassy, juste moi, c’est Tristan… Ne t’en fais pas… On est à l’abri, calme toi… Une guérisseuse nous a trouvé et soigné, tout va bien, tu dois te ménager…

Elle parlait de la dague, elle s’inquiétait pour lui, alors même qu’elle était aveugle. Cette fille avait un sérieux problème de priorité ! Elle cherchait à le toucher, un peu, comme pour s’assurer de son état… et évitait en même temps. Elle s’en considérait sans doute comme indigne mais le jeune homme ne le comprit pas ainsi. Il posa doucement une de ses mains sur la sienne pour la calmer… mais la retira rapidement au final.

- Je vais bien… J’ai l’impression d’avoir été renversé par un troupeau de rhinocéros mais ça va… Apparemment… tu m’as épargné la mort en te ruinant la santé… tu… n’aurais pas dû forcer autant, ce n’était pas… enfin je… je vais bien… je me remettrai vite alors… toi… repose toi…

Non, il ne pouvait pas la regarder en face, même alors qu’elle était aveugle ou surtout parce qu’elle était aveugle, il ne savait pas trop.
Il se leva pour s’éloigner mais elle se mit à parler, c’était un peu incohérent mais c’était honnête et une preuve de l’état dans lequel elle était, de sa difficulté à aligner deux pensées logiques. Elle se sentait mal. Il ouvrit la bouche pour lui dire que ce n’était pas grave, qu’elle ne devait pas y penser et se concentrer sur son rétablissement… mais ça ne venait pas. Si c’était grave… Il n’arrivait pas… il ne savait pas quoi lui dire. Une profonde colère envers lui-même s’installa dans son cœur et il serra les dents avant de sortir rapidement sans lui dire quoi que ce soit.
Pauvre petite princesse…

Des pas se firent entendre bien plus tard, alors que la petite mage était restée seule, en souffrance, avec ses regrets. C’était Aliéna. Comment savait-elle ? Difficile à dire. Apparemment elle ne savait pas. Elle s’inquiétait pour son frère, avait cherché à retrouvé sa chevalière au cou de la jeune femme et comme ils n’étaient jamais loin l’un de l’autre. Pour le coup elle se trompait mais elle tomba sur une Cassidy qui avait grand besoin de parler… et qui lui raconta tout depuis le début. Ca sentait la libération. Elle avait besoin d’échanger avec quelqu’un, quelqu’un d’extérieur à cette horrible histoire et Aliéna qui s’était assise sur le lit et lui avait donné un verre d’eau pour qu’elle boive un peu, l’écouta comme l’amie qu’elle avait été sept ans plus tôt.
Cassidy s’interrompit enfin, pâle et tremblante, des larmes dans ses yeux aveugles, les lèvres pincées pour s’efforcer sans doute de ne pas pleurer. Mais elle se trompait, la jeune élémentaliste ne la jugeait pas, bien au contraire. Elle prit doucement les siennes, les pressant. Il y avait tellement de déchirement dans sa voix. Elle aimait Tristan, elle voulait être avec lui… et seulement avec lui.

- Cassidy… Je ne suis pas mon frère et… je l’ai perdu de vue trop longtemps pour affirmer que je le connais bien mais… je sais qu’il tient beaucoup à toi. Je ne peux dire à quel point mais j’ai vu la façon dont il te regarde… ce n’est pas le regard de quelqu’un qui s’en fiche, qui peut passer à autre chose comme ça. Ce qui vous est arrivé est horrible, je n’ai pas d’autres mots mais… vous devez en parler, en discuter. Tristan est bien moins confiant que ce qu’il montre et il se peut qu’il ait juste peur… Oui…Parlez…De ce que tu m’as dit, il est parti quand tu t’es excusée. Laisse-lui un peu de temps… C’est vrai que tu as fait une erreur… mais… ça arrive… c’est humain… Et il a été beaucoup trop coureur de jupons pour te le reprocher, même s’il s’est assagi avec toi.


Elle lui sourit même si Cassidy ne pouvait malheureusement pas le voir. La jeune mage ne s’était même pas appesantie sur sa cécité passagère ou non (d’ailleurs savait-elle ce qu’il en était ?) faisant presque comme si c’était mérité alors même qu’Aliéna était horrifiée. Si ça lui était arrivé, elle aurait été en panique complète… Alors que là, Cassidy ne pensait qu’à Tristan, qu’à son jugement… Que cette fille était étrange !!!!
Des pas lourds près de la porte l’interrompirent alors qu’elle ouvrait la bouche pour essayer de dire autre chose, voyant que les larmes embrumaient de nouveau les yeux de la jeune femme qui ne voyait plus pour l’heure. Le vent était son élément, elle était pour ainsi dire née avec ce don particulier et elle reconnut malgré le changement radical dans l’intonation, dans les déplacements, son frère. Elle jeta aussitôt une couverture sur la jeune femme, plaçant des coussins autour d’elle pour la camoufler en lui disant de rester silencieuse.
La porte s’ouvrit et se referma. Aliéna se leva du lit.
Tristan fronça les sourcils en voyant sa sœur, ne comprenant pas ce qu’elle faisait là.

- Jcrois… que jme suis trompé de baraque là…
- Tristan… Dans quel état tu es… non c’est… enfin j’ai retrouvé cet endroit mais… tu as bu ou quoi ?!
- Moui… un peu…
- Un peu… combien ?


Il y eut un bruit de bouteille qu’on secoue, il ne devait plus rester grand-chose dans ladite bouteille.

- Jsais pas trop…

Des bruits de pas alors qu’elle s’approchait de lui et l’examinait apparemment.

- Où qu’elle est Cassy ?
- Elle est sortie prendre l’air… avec la guérisseuse.
- Ah… Mais euuuh ! Laisse-moi !!! Arrête de me tripoter !
- Tristan… qu’est ce que tu as pris… ?
- Un tord boyaux qui donne mal au bide, je t’le conseille pas.
- … Qu’est ce que tu as pris d’autre ?
- Ca t’regarde pas !!!!
- Tristan !!! Tu es convalescent ! Et à voir les bandages sous ta veste tu n’es clairement pas en état de… de jouer les rebelles là ! Qu’est ce qui te prend ?! Je croyais que c’était fini tout ça !
- Fallait que je pense à autre chose, lâche-moi !
- Quoi ?! Alors tu as abandonné Cassidy pour aller te mettre dans cet état, pour PENSER A AUTRE CHOSE ????!
- La ferme ! Tu sais pas ce qui s’est passé !!!! Tu sais pas ! Tu sais pas…


Sa voix au début très forte s’était affaiblie et il semblait avoir rapetissé… enfin plutôt s’être laissé glisser contre un mur. Ses derniers mots étaient empreints du chagrin que peut montrer quelqu’un de saoul, un chagrin non feint, teinté de regrets et au moins honnête… oui… honnête.
Aliéna ne disait plus rien et elle sembla s’accroupir devant lui, lui parlant avec plus de douceur.

- Tu pleures ?
- Gnon ! Jsuis pas une fille !
- C’est un peu cliché…
- M’en fous… J’pleure pas !
- Cassidy m’a… un peu raconté ce qui s’était passé… Elle est très malheureuse tu sais… Tu devrais parler avec elle… Elle pense… que tu es dégoûté…
- Bah elle a raison ! Enfin non ! C’est trop loin de la vérité ! T’as pas un autre mot pire ?
- Tristan…
- T’as pas vécu c’qui s’est passé ! T’as pas vu c’qui s’est passé !

- Tris…
- NON ! Ce type… Ce salopard… Elle… Elle l’aimait bien et lui… Il a…
- …
- Y a… des trucs que j’ai jamais osé faire avec elle… parce qu’elle… parce que je suis… j’étais… son premier copain, alors elle est timide… et effrayée… et… je me disais qu’avec le temps, on pourrait essayer… progressivement… Mais ce type… ce type il n’a même pas hésité ! Pas une seconde ! Tu l’aurais vu l’embrasser, la caresser, la tripoter !!!
- Tris…
- Et elle adorait ça ! Elle en redemandait ! Alors que moi j’ai jamais… j’ai…
- Tristan, ce n’est peut-être pas…
- Alors oui je suis en colère ! Et dégoûté ! Je veux pas la voir ! Je veux pas lui parler ! Qu’est ce que tu veux que jdise hein ?! Que j’m’en fous ?! C’est pas vrai ! J’m’en fous pas !
- Vous devez discuter…
- Mouais… ptêtre… mais y a pas grand-chose à dire…


Aliéna se mordit la lèvre inférieure, jetant un furtif regard vers le tas de coussin et la couverture qui recouvrait une pauvre petite mage qui devait se sentir bien mal. Ah non, ce n’était vraiment pas les aveux auxquels elle s’attendait. Mais il y avait quelque chose d’étrange. Elle sentait qu’il manquait une pièce du puzzle. Tristan ne s’était peut-être pas déclaré mais elle savait à quel point il aimait Cassidy… Etait-il assez égoïste et rancunier pour lui reprocher cette petite erreur ? Après ce que lui-même avait osé faire ? Ils devaient parler… Dans de meilleures conditions… Elle avait besoin d’eau… Avec de l’eau et son pouvoir d’élémentaliste elle pouvait aider son corps à se purifier et se libérer de l’alcool et de la drogue en un rien de temps. Après il pourrait discuter avec Cassidy…

Elle l’aida à se relever et apparemment il n’opposait aucune résistance, ayant sans doute besoin qu’on s’occupe un peu de lui. Elle l’entraîna dans la salle de bains et laissa Cassidy seule.
Mauvaise idée… La jeune femme était sans aucun doute chamboulée et pouvait très mal interpréter les paroles de son ancien petit ami. Après tout, n’était-il pas en train de dire clairement à sa sœur qu’il était écoeuré par la jeune femme, qu’il ne pouvait pas lui pardonner et encore moins oublier ce qui s’était passé ?
Elle disparut de la pièce…

Aliéna y pensa bien trop tard, trop occupée à aider Tristan à reprendre ses esprits. Il se passait de l’eau sur le visage, ayant quasiment totalement repris ses esprits quand elle le rejoignit, très pâle et lui avoua que Cassidy avait entendu leur conversation et… qu’elle avait disparu. Il devint très pâle face à elle et la poussa légèrement, sortant en trombe de la pièce avant d’en faire de même avec la petite maison sans plus d’explication. Il s’était mis à courir, laissant son instinct le guider vers la demoiselle… parce que c’était bien ledit instinct, le seul à pouvoir l’aider à la retrouver.

De son côté, la jeune femme avait erré un moment avant de tomber dans l’eau glacée. Elle se débattait… mais ne sachant pas nager et ayant la phobie de la noyade elle ne pouvait décemment pas être à l’aise. De plus, dans son état, elle n’était vraiment pas dans la meilleure forme pour s’improviser bonne nageuse et réussir à vaincre sa peur. Son corps était encore cruellement affaibli par sa privation de nourriture et sa perte de magie… elle ne voyait même pas le bord du lac qui aurait pu lui donner l’énergie du désespoir… Elle commença à couler… des bulles de moins en moins nombreuses se formant à la surface de l’eau.

Tristan courait toujours, l’appelant… Il tirait sur ses muscles endoloris et ses blessures mais comme il s’en fichait. Elle ne répondait pas… Pourquoi ?!!!
Comment avait-elle pris ses paroles ?!!! Non… Non… Elle ne lui avait pas laissé le temps… Ils devaient… Il arriva devant un lac et pila, tournant de côté pour le longer et continuer au plus vite sa route mais des empreintes dans la terre humide juste devant lui attirèrent son attention. Des empreintes de pieds nus. Il écarquilla les yeux d’horreur, vit quelques dernières bulles à la surface de l’eau assombri par le temps gris au-dessus de sa tête. Cassidy !!!!

Il plongea dans l’eau sans même se poser de question. Le froid mordant attaqua directement ses blessures sous les bandages mais il ne le ressentit pas. Les yeux ouverts, il descendait en brasse puissante toujours plus profond, ne sentant même pas les coutures de sa blessure se tendre sous ses efforts. Même s’il ne voyait presque rien dans l’eau glauque, il aperçut sa silhouette, enfin et attrapa une de ses mains pour la tirer contre lui, la pressant contre son torse, plia les genoux et donna un bon coup de talons pour remonter rapidement vers la surface.
Effectivement, l’eau était profonde.

Enfin ils émergèrent et il nagea rapidement vers la rive, prenant soin de lui tenir la tête hors de l’eau. Elle ne réagissait pas, mais son cœur battait encore, il le sentait battre faiblement mais il battait… Seulement elle était en hypothermie et avec tout ce qu’elle avait vécu depuis des heures, rien d’étonnant à ce qu’elle soit inconsciente ou peine à se remettre à bouger.
La rive était extrêmement glissante et même lui dut s’y reprendre à plusieurs reprises mais il finit par la sortir de l’eau puis par se hisser à ses côtés, à bout de souffle.

Ses lèvres étaient bleuies à cause du froid et elle était agitée de tremblement. Sans la moindre hésitation, il lui fit du bouche-à-bouche, pressant ses mains sur sa poitrine pour l’aider à recracher l’eau qu’elle avait avalée. Elle reprit connaissance et commença à tousser. Il l’aider à se tourner pour mieux respirer alors qu’elle essayait de se resituer et de comprendre ce qui se passait. Il pressait ses épaules et les frottaient doucement mais elle était frigorifiée.

- C’est moi Cassy… C’est Tristan… Je… Accroche-toi.

Il avait dit ça en l’attrapant et la soulevant du sol. Lui aussi tremblait un peu, mais beaucoup moins. Le lac était dans un endroit un peu dégagé et le vent soufflait, les glaçant davantage. Il s’avança donc sous le couvert des arbres et effectivement, le ressenti était meilleur. La reposant doucement au sol contre un arbre, il prit d’autant plus conscience de ses tremblements d’autant plus violents. Elle était encore plus pâle et peinait à respirer correctement. Il ôta sa veste et ses bandages, grimaçant un peu. En fait, ils n’étaient pas nécessaires, il ne saignait plus du tout mais c’était sans doute pour lui éviter de frotter ses blessures dans son sommeil. En tous les cas, les ôter était nécessaire, ils étaient trempés et lui tenait donc plus froid qu’autre chose.
Tristan attira Cassidy vers lui, dans ses bras pour la réchauffer, l’incitant à se coller contre son torse chaud et qui tendait de plus en plus à se réchauffer justement.
Elle avait beau être complètement gelée, il la sentit résister un peu et se rendit compte que ce n’était pas de l’eau qui coulait sur ses joues… mais des larmes. Il pâlit.

- Ca… Cassy… Je… Arrête… Tu as froid… Laisse moi faire, je ne te ferai rien… je veux juste te réchauffer… Tu n’as rien à craindre de moi… calme toi…

Elle serra les dents et secoua la tête, refusant, le repoussant en se mettant contre l’arbre, grelottant dans son coin. Elle murmura même finalement, la voix hachée, qu’elle l’avait entendu avec Aliéna, elle avait compris… Qu’il n’avait pas besoin de s’occuper d’elle, que c’était inutile. Il se crispa, ne comprenant pas et soudain fut tout contre elle… vraiment contre elle. Il l’avait bloquée contre l’arbre et se pressait contre elle allant même jusqu’à se placer entre ses jambes alors qu’il devait bien se douter que ce simple geste devait l’effrayer après tout ce qui s’était passé et d’autant plus alors qu’elle était aveugle. Le tissu de sa robe était trempé, elle était gelée mais il ne recula pas pour autant, se plaçant le plus possible contre elle pour la réchauffer. Elle tenta encore de le repousser même si c’était avec bien moins de force, de volonté que prévu sans doute. Il attrapa ses poignets, l’immobilisa et colla son visage dans son cou… toujours plus grand et plus fort qu’elle… Elle devait s’y faire…

- Qu… Qu’… Qu’est-ce que tu as… compris… de ce que j’ai dit Cassy ?...

Elle lui répondit après un temps de silence alors qu’il réitérait sa question… Il était très proche d’elle mais sentait ses larmes couler sur son torse. Comment le savait-il ? L’eau qui dégouttait de ses cheveux était glacée… ses larmes elles, brûlantes. Il s’était mis à trembler alors qu’elle s’expliquait… qu’elle lui disait qu’elle comprenait qu’il ne voulait plus d’elle, qu’il était dégoûté par ce qu’elle avait fait, dégoûté d’elle… Elle allait continuer de parler mais il l’interrompit, s’emparant de ses lèvres comme un fou furieux. Il eut du mal à s’en détacher, mais se fit violence pour lui expliquer… Sa voix était pleine d’émotion et il y avait fort à parier que le grand guerrier avait les larmes aux yeux.

- Idiote ! ce n’est pas du tout ce que je voulais dire !!! Je… Oui je suis dégoûté ! Mais… pas par toi ! Par moi ! Parce que je n’étais pas assez fort pour me battre contre cet homme, pour résister à cet anneau, parce que je n’étais pas assez fort pour te protéger ! Je suis dégoûté parce que c’est moi qui devrais te protéger, quoi qu’il arrive, parce que si j’ai voulu devenir un guerrier c’était pour ne plus jamais perdre une personne que j’aime. Et dans ce fichu bureau… je n’ai pas pu te protéger ! Quand il m’a poignardé, j’aurais dû me relever, me battre contre lui, le vaincre et nous faire sortir de là ! Au lieu de ça je t’ai abandonnée… je t’ai laissé te battre toute seule, me sauver la vie, nous sortir de là… Bien sûr que je suis dégoûté ! Je m’écoeure d’être aussi faible et de prétendre vouloir être ton sauveur ! Je n’ai rien d’un sauveur, rien du tout !!!! Je… Ce n’est pas… ce n’est pas parce que je ne t’aime plus par rapport à ce qui s’est passé que… je ne voulais pas te parler… Enfin bien sûr… c’est… c’était horrible de te voir… dans les bras d’un autre… mais… c’… C’est juste que j’avais peur… tellement peur que tu m’avoues, même accidentellement, l’avoir préféré à moi… Je ne t’en veux pas pour ce qui s’est passé… je sais que tout est de ma faute et je n’ai pas le droit de te le reprocher, je ne compte pas le faire… Mais… mais c’est juste que… J’ai… bien vu qu’il te comblait et… m… Moi je ne suis pas sûr d’être… à la hauteur…


Il avait baissé la tête en finissant sa phrase, sa voix mourant dans sa gorge. Ce grand dadais, pas fichu de parler correctement ? Vraiment ? Il y avait grave mésestime ! Ou alors un petit reste d’alcool dans le sang qui lui permettait d’être aussi franc, honnête et quand même un brin touchant, non ? Il n’osait même plus lever les yeux vers elle, même si elle était aveugle et ne pouvait donc pas le voir la regarder… Il reprenait son souffle, semblant déjà regretter de s’être autant livré… mais soulagé en même temps de la rassurer…
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Cassidy Herediane
Directrice de l'Académie Hysandra
avatar

Messages : 846
Date d'inscription : 26/02/2012
Age : 29

Feuille de personnage
Race: Humain Ascadian
Royaume: Territoire Neutre
Vocation: Mage

MessageSujet: Re: Mage à la ramasse   Mar 9 Avr - 17:09

Bien sûr que Cassidy était effrayée par sa cécité. Enfin il y avait déjà eu des signes avant coureur. Quand elle s’énervait, quand elle utilisait de la magie qui n’avait rien à voir avec celle de son bâton. C’était tellement étrange. A force ça devait bien arriver un jour. Mais apparemment elle n’avait pas l’air de le regretter. Elle avait utilisé le peu de magie qui lui restait pour s’occuper de Tristan. Prenant cela comme un geste pour apaiser sa peine. La petite mage lui avait fait tellement de mal, alors une perte de vision, même si c’était déboussolant, n’était qu’une juste punition.

Elle était bien étrange. Tristan lui n’avait pas eu de scrupules en l’oubliant avec d’autres femmes. Mais ce n’était pas pareil. Car il lui avait fait oublié et il y avait fort à parier que les choses auraient été différentes si elle n’avait pas subi une perte de mémoire. Là c’était tout simplement honteux et très douloureux.
La jeune femme cherchait à regarder autour d’elle. Elle était en effet effrayée car le lieu actuel lui était inconnu. Ami ou ennemi ? Au moins elle n’avait pas de chaines, était dans un lit. Pourtant il n’était pas facile pour la demoiselle d’avoir des pensées claires et logiques. Elle se sentait tellement faible à ce moment là. Plus de magie, plus de vision et un cœur qui peinait à redémarrer en raison des évènements malheureux qui s’étaient enchainés ces derniers temps.

Elle ignorait que Tristan était à peine à quelques mètres d’elle, choqué en apprenant que la demoiselle avait perdu la vue et avec la ferme intention de prendre son mal. Ca bien sûr elle ne pouvait pas le savoir. Et même si cela avait été le cas, il y a fort à parier que Cassidy n’aurait pas accepter cette décision. C’était elle qui devait subir. Elle n’avait pas utilisé sa magie pour que Tristan vienne lui reprendre son mal.

Cassidy agitait ses mains et comme personne ne lui répondait pour le moment, elle était très certainement en train de se demander si on avait l’intention de lui faire du mal. Le fait de ne pas attendre Tristan l’inquiétait également et si pour lui il était en partie rassuré car elle était bien vivante, pour elle l’attente était atroce. On ne voit rien, on entend du bruit sans savoir de qui ça vient et on se demande si l’homme qu’elle avait tenté de maintenir en vie était toujours présent. Alors oui Cassidy avait l’impression d’attendre une éternité qu’on lui réponde.

Alors qu’elle cherchait à améliorer sa vision, des larmes avaient coulé le long de ses joues, repensant aux scènes qui s’étaient déroulées sous ses yeux. La vue du sang, le sang de Tristan l’avait profondément marquer. Elle ne voulait pas que ça lui arrive, elle ne voulait pas qu’il aille mal. Et cette expérience était carrément traumatisante pour la jeune femme qui ne voulait pas que Tristan mérite ça.

Enfin elle entendit une réponse. Une voix apaisante qui lui répondait. Son surnom… cela faisait tellement longtemps qu’elle ne l’avait pas entendu. La jeune femme tourna la tête dans la direction de Tristan, avant de baisser rapidement la tête, s’imaginant tirer une drôle de tête justement avec cet handicap. Il lui avait pris la main avant de la relâcher. Aie… il hésitait apparemment. La jeune femme se mordilla la lèvre gênée. Au moins elle savait où ils étaient maintenant. Sauvés par une guérisseuse. Ca c’était une chance.

Sauf que la première chose sur laquelle se concentrait Cassidy était l’état de santé de Tristan. En effet la demoiselle se préoccupait beaucoup plus de lui que de son propre état. Elle ne pouvait pas voir ses blessures, savoir si il allait bien. Cela avait été suffisament traumatisant pour la jeune femme alors elle était en droit de savoir si toutes les forces qu’elle avait utilisé pour le maintenir en vie avaient servi à quelque chose. Si il était bien rétabli. Au moins il parlait c’était une bonne chose, il disait qu’elle n’aurait pas du forcer mais la jeune femme s’était fièrement redressé sur son lit comme si au contraire c’était très important pour elle et qu’elle ne regrettait absolument pas son geste.

L’ambiance était cependant un peu tendue et Cassidy toujours autant perturbée par les évènements. Elle ne savait pas ce qu’elle voulait. Bien sûr se remettre en couple avec Tristan, elle en rêvait depuis des jours et si elle n’avait pas eu de scrupules, peut-être que la demoiselle ne se serait pas poser autant de questions. Mais là ça se voyait clairement qu’elle hésitait. Pour ne pas le faire souffrir à nouveau, pour être sûre de son choix et elle ne tenait pas à renier aussi ce qu’elle avait fait. Cela avait impacté leur relation et c’était plutôt grave.

Tristan n’avait pas dit un mot et cela inquiéta Cassidy. Encore il aurait pu très bien s’énerver contre elle. Difficile pour elle de ne pas voir ce qui se passait après une perte de vision. Juste des bruits de pas. Tristan la délaissait. Au moins ça avait le mérite d’être clair, il ne voulait plus d’elle. Rejettée, blessée, la jeune femme se disait qu’elle méritait tout ce qui lui arrivait. Aucune excuse rien.

Alors que Cassidy tentait de se reposer, de nouveaux bruits de pas se firent entendre un peu plus tard. La sœur de Tristan. La petite mage se sentait encore plus honteuse et mal à l’aise, consciente qu’elle avait fait beaucoup de mal au Drakkari. Pourquoi parlait-elle ? Pourquoi se livrait-elle ? Jamais elle n’en avait ressenti le besoin pour ses problèmes de magie. Et là pourtant ça concernait Tristan. Faute avouée à moitié pardonnée ? Inconsciemment Cassidy avait besoin d’y croire. Et elle ne cacha absolument rien, même si Aliéna se mettait à l’incendier, Cassidy s’en fichait.

Elle sentit des mains qui se posaient sur les siennes, rassurantes. Il n’y avait aucune menace dans le ton de sa voix alors qu’elle incitait la petite mage à discuter avec le Drakkari. Juste ça. Cela redonna un peu d’espoir à Cassidy qui hocha tristement la tête. Mais elle n’eut pas le temps d’ouvrir la bouche une nouvelle fois qu’Aliéna la cacha en lui recommandant de ne pas faire de bruit.

Et en effet, Tristan revenait. Il parlait d’une voix différente, trainante, comme si il n’était pas dans un état normal. Cassidy parut choquée. En effet quand elle avait cherché à boire elle, c’était pour oublier tous les évènements des derniers jours et de ne plus penser à Tristan. Il avaitvidé une bouteille de ce qu’elle entendait. La suite n’était pas du tout élogieuse et si Aliéna cherchait à expliquer à Tristan la douleur de Cassidy, le jeune homme paraissait rancunier. Dans le ton de sa voix, la colère, Cassidy comprenait qu’il n’avait pas l’intention de lui pardonner. C’était impardonnable et la déclaration était sans appel.

Cassidy passa ses mains sur sa bouche pour étouffer un sanglot alors que de nouvelles larmes coulaient le long de ses joues. Elle l’avait perdu… Il ne voulait plus d’elle. Jetée et abandonnée, que lui restait-il à présent ? La demoiselle se sentait encore plus misérable pour le coup. Si seulement elle avait fait preuve de plus de jugeotte, si seulement elle avait réussi à lire entre les lignes. Mage brillante et prodige ? Peuh ! Très loin de là !

Elle en avait perdu sa dignité et même l’homme qui comptait le plus à ses yeux. Un juste châtiment pour tout ce qu’elle lui avait fait. Il n’était pas responsable. Cassidy pleurait… L’alcool libérait la vérité et elle ne s’attendait pas à un jugement aussi sévère. Et même si elle s’attendait, l’apprendre lui faisait encore plus de mal. Elle entendit que ça s’agitait avant que le calme ne revienne dans la pièce.

Lentement, Cassidy enleva la couverture de sa tête. Son visage était encore rougi à cause des larmes. Elle était déjà très traumatisée par les évènements et voilà qu’il l’achevait avec des mots durs, cruels pour la demoiselle qui ne demandait qu’à se faire pardonner, un petit espoir qu’ils pourraient reprendre. Non elle n’en était pas digne et se sentait coupable.

Il fallait qu’elle prenne l’air. Rester ici alors que Tristan était à côté, elle ne pourrait pas se trouver en face de lui, même si elle ne pouvait plus le voir. La jeune femme avança doucement et tâta les murs de la pièce en cherchant à faire le moins de bruit possible, pour ne pas signaler sa présence.

Elle arriva enfin dehors. L’air été froid et la jeune femme n’était vêtue que d’une robe très sommaire. N’ayant pas trouver de chaussures, elle avait décidé de sortir pieds nus même si le froid lui glaçait les pieds. Même ça ce n’était rien comparé à la douleur qu’elle ressentait. Il ne l’aimait plus, il ne voulait pas lui pardonner, pas leur laisser une nouvelle chance. Cassidy se disait qu’elle le méritait bien au final.

Se mordillant une nouvelle fois la lèvre en marchant, la jeune femme était en colère contre elle-même. Puis elle se cogna contre un arbre en gromelant. Elle tapa dedans de la force de son petit poing en se faisant mal et continua son chemin sans dire un mot, les larmes continuant à ruisseler sur son visage. Le souffle glacial lui brûlait les joues, elle tremblait à cause du froid. C’était mérité. Elle était qu’un fantôme, une épave qui errait sans but, sans savoir ce qui lui restait à faire. Rentrer à l’Académie ? Elle ne s’en sentait absolument pas capable.

Elle continua à avancer. Peut-être serait-il judicieux de faire demi tour et rentrer. Mais un petit problème se posa. A force de marcher sans but et avec sa cécité, impossible de retrouver son chemin. Cassidy continua à marcher alors, plongée dans ses pensées. Elle ne vit pas le danger devant elle, ce petit lac d’une profondeur risquée et avant même qu’elle ne comprenne ce qui lui arrive, la jeune femme se retrouva dans l’eau.

L’eau glacée lui brûla le corps alors qu’elle s’enfonçait. Lorsque la jeune femme comprit où elle se trouvait, c’était déjà trop tard. Elle battit des mains et des pieds d’un geste désespéré. Elle ouvrait plusieurs fois la bouche en cherchant à repousser l’eau qui s’infiltrait dans ses poumons. Sa robe devenait de plus en plus lourde et cela l’épuisait dans ses forces. Elle se retrouva engourdie, luttant de plus en plus difficilement jusqu’à complètement abandonner. Que pouvait-elle y faire après tout ? C’était mérité et si le destin voulait qu’elle sombre dans ce lac, personne ne la regretterait.

La jeune femme ferma les yeux et perdit connaissance, son corps entraîné vers le bas.

*Pardonne moi… Tristan*

Son heure n’était pas venue en fait.

Sa conscience ne revint qu’avec un bouche à bouche qui fit sortir l’eau de ses poumons alors qu’elle se redressa en prenant une inspiration et crachant. Que se passait-il ? Elle était tellement épuisée, gelée. Pourquoi la sortait-on de là ? Qui l’avait repêché ? Elle entendit la voix de Tristan, très inquiet. Même ici il venait pour la torturer après ce qu’il avait dit ? La sauver alors qu’il ne voulait pas l’accepter ?

Elle sentit qu’il la prenait dans ses bras pour la conduire un peu plus à l’écart. La jeune femme avait froid et tremblait mais même là elle s’agitait. Qu’il arrête son cinéma par pitié ! A quoi ça servait ce qu’il faisait ? A rien ! Elle se remit à pleurer, pitoyable et sa respiration était de plus en plus difficile. Il cherchait à la réchauffer, la jeune femme le repoussa en parlant d’une voix faible.

« Laisse moi… »

Il essaya de se montrer rassurant, calme et patient. Elle n’apprécia pas vraiment et le repoussa une nouvelle fois en se plaçant plus loin, dans une position défensive, enroulée sur elle-même et refusant tout contact.

« C’est bon arrête de me porter secours. C’est fini… Tu n’es pas obligé de faire semblant. Je sais que tu ne veux pas de moi… Je t’ai entendu parler avec Aliéna… Tu as dit beaucoup de choses… Laisse moi et va-t-en… Je ne veux plus… Je sais que je t’ai fais du mal… »

Au lieu de ça Tristan se rapprocha, elle le sentit contre elle alors qu’il cherchait à se coller, à la réchauffer. La jeune femme se débattait, résistait mais il fallait avouer qu’elle était bien trop faible à ce moment là et ne pouvait pas repousser Tristan qui la forçait à rester là. Il lui posa la question, de savoir ce qu’elle avait compris. Cassidy secoua tristement la tête tout en continuant à pleurer, ne comprenant pas pourquoi il s’aggripait autant si ce n’était que pour la faire souffrir. Il insista. Après un temps d’hésitation elle répondit, sanglotant toujours.

« Je te dégoutes, tu me déteste… Ce que tu as vu… Tu ne veux pas me pardonner, tu ne veux plus de moi… J’ai mal fait je sais et tu ne… »

Elle ne s’attendait pas vraiment à ça. Il l’embrassa fougueusement. Ses lèvres se posant sur les siennes délicatement. Un baiser qui lui avait tant manqué, qu’elle avait tant espéré. Au moins elle ne disait plus rien comme ça. Mais cela ne la calmait pas pour autant car la jeune femme ne comprenait pas pourquoi il insistait autant. Mais il prit la parole, s’expliquant. Il s’en voulait à lui, pas à elle, de ne pas être assez fort et de ne pas avoir fait ce qu’il faut. Il avait peur qu’elle apprécie un autre homme que lui.

La jeune femme écarquilla les yeux, surprise d’entendre ce discours. Peut être qu’au final c’était un malentendu… Elle ne parla pas et s’écarta un peu de lui comme si elle cherchait à le voir à travers sa cécité, comme si elle cherchait à mesurer ses paroles. Un petit espoir. Après un moment elle se décida à parler.

« Tu n’étais pas en état… après ce que j’ai fait… après ce que tu as vu… comment peux tu t’en vouloir ? Je ne suis pas mieux… Je me suis laissée faire… Quand à cette aventure de nuit… je n’étais pas dans un état normal »

Elle baissa la tête honteuse.

« J’avais bu oui… mais pas que ça. Tu sais la mixture pour éviter les accidents au lit ? Ca faisait un moment que… je n’avais rien fait et… alcool ou pas j’ai été assez lucide pour en prendre pour éviter… les ennuis. Tu sais comment ça me fait réagir ce truc… »

Elle soupira une nouvelle fois, repensant à cette scène douloureuse. Ca ne se voyait pas qu’elle avait pris son pied, au contraire elle était beaucoup plus grave.

« Je ne peux pas te dire ce que j’ai ressenti… peut –être que j’ai donné l’illusion d’avoir apprécier mais je me suis rendue compte le matin que ce n’était pas le cas. J’avais mal partout, surtout à la jambe. Il était… brutal. Toi tu… tu ne m’as jamais traité… comme ça. Tu as toujours cherché à faire en sorte que je me sente bien… tu étais à l’écoute. Lui j’avais l’impression qu’il ne le faisait que pour son plaisir et si je donnais autant l’impression d’apprécier c’était pour oublier tout ce qui s’était passé. »

La jeune femme baissa une nouvelle fois la tête. Puis lentement elle releva la tête. Il ne réagissait pas. Alors elle posa sa main là où se trouvait le cœur à Tristan pour l’écouter. Il lui avait dit que si elle doutait, il fallait qu’elle écoute son cœur… qui battait un peu plus vite. Elle grimaça en sentant la grosse blessure. Ca mettait du temps à guérir. Puis elle fit parcourir ses mains sur le torse de Tristan, timidement, juste pour voir son état. Elle remonta ses mains à son visage et là les cicatrices commençaient à disparaitre.

Enfin la jeune femme passa ses mains autour de son cou et s’attarda dans ses cheveux, toujours aussi timidement, instinctivement. Elle toucha ses mèches puis ouvrit la bouche pour dire quelque chose.

« Tu t’es… coupé les cheveux un peu »

Pour meubler la conversation en toute simplicité mais en même temps un bon indicateur comme quoi elle était bien observatrice. Un malheureux sourire apparut sur son visage alors qu’elle se rendit compte que peut être qu’elle ne le verrait plus jamais. Puis, timidement une nouvelle fois, la jeune femme s’approcha de lui en mettant les mains sur ses joues et l’embrassa, s’emparant de ses lèvres avec beaucoup de douceur. Elle ne devrait pas mais… au moins un dernier, un tout dernier. Elle le fit durer d’ailleurs, l’appréciant et le savourant.

Tristan s’écarta cependant et lui déclara une chose qu’elle ne croyait pas entendre. Il ne voulait plus la toucher. La jeune femme resta silencieuse et déboussolée. Elle ne comprenait pas… il ne voulait vraiment pas d’elle, malgré tout.

« Désolé… »

Elle se redressa en s’appuyant contre l’arbre, visiblement encore en état de choc, ses jambes toujours faibles et elle marcha dans une direction aléatoire d’un pas décidé. Ca suffit il n’allait pas continuer comme ça. La jeune femme marcha avec rage. Ooooh la vilaine racine qui trainait devant… BAM ! Elle se déséquilibra et tomba en avant.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ascadian.forumgratuit.org
Tristan Konogan
Professeur Initiation et Maniement des Armes
avatar

Messages : 594
Date d'inscription : 09/05/2012
Age : 24

Feuille de personnage
Race: Drakkari
Royaume:
Vocation: Guerrier

MessageSujet: Re: Mage à la ramasse   Dim 14 Avr - 15:59

Elle s’était fièrement redressée dans le lit. Quand il lui avait dit qu’elle n’aurait pas dû forcer autant du moins. Son cœur lui faisait mal alors qu’il la regardait. Comme il regrettait. C’était à cause de lui, de sa faiblesse si elle était dans cet état. Aveugle. Quand il avait entendu ce mot, il avait eu l’impression de s’enfoncer dans un gouffre. C’était sans doute la pire des malédictions qui soit selon lui. Perdre la vue. Leur monde était souvent déchiré par les conspirations, la haine, la violence… ne pas voir l’amour, les paysages extraordinaires que proposait leur planète… ce serait invivable.
Alors il lui avait dit qu’elle n’aurait pas dû forcer autant parce qu’il ne se sentait pas du tout méritant de tant d’égard, de tant de sacrifices. Même si elle n’en avait que pour quelques jours… quelques jours de ténèbres… Il aurait voulu qu’elle ne souffre pas, elle en avait bien assez pris pour eux deux.

Et oui, encore une fois, ils ne se comprenaient pas. C’était bien leur faiblesse ça. Ils s’aimaient tellement qu’ils culpabilisaient pour des fautes pourtant partagées, se persuadaient de la rancune de l’autre et s’en voulaient suffisamment pour se priver de ce dont ils avaient le plus intimement besoin : l’amour qu’ils se portaient, un réconfort et une confiance mutuelle.
Mais il est vrai que Cassidy ne recevait pas le réconfort qu’elle aurait dû de la part de Tristan.
Vu comment se présentaient les choses, il était tout à fait normal qu’elle s’en veuille et culpabilise… Comme elle devait souffrir… et surtout imaginer le pire alors qu’elle ne voyait rien.

Heureusement, il s’était approché d’elle et lui avait parlé mais n’avait pas pu lui laisser sa main, croyant dur comme fer qu’il ne méritait même pas ce contact. En fait, il ne se rendait pas compte qu’il lui faisait plus de mal qu’autre chose. Dommage qu’elle soit aveugle à cet instant pourtant, elle aurait pu voir ce petit quelque chose de tellement particulier chez lui à cet instant : une timidité certaine, des hésitations… mais le regard qu’il posait sur elle était plein d’admiration et de respect. Elle était incroyable, vraiment… et même s’il ne pensait jamais oublier à quel point, elle repoussait toujours son estime encore plus haut, elle le surprenait chaque fois davantage. Son petit menton tellement mignon qu’elle relevait fièrement… Elle était heureuse d’avoir risqué sa vie pour le sauver. Son cœur s’était serré… les regrets, il en sentait le goût amer et ne trouvait que dire.
Elle lui avait parlé d’une étrange façon, plus ou moins de ce qu’elle ressentait. Il n’avait pas trouvé quoi répondre et finalement était sorti.

Dans quel état l’avait-elle vu ou plutôt entendu quand il était revenu… heureusement qu’Aliéna était là. Enfin heureusement et malheureusement en même temps. Heureusement parce qu’elle l’aida à se débarrasser de l’alcool dans ses veines, malheureusement parce qu’il se confia un peu trop auprès d’elle et fort mal.
Cassidy avait tout à fait de quoi être malheureuse, complètement écroulée de douleur d’ailleurs, il était plus ou moins en train de dire qu’il… était dégoûté… par elle ? Qu’il ne pouvait pas oublier. Aie… Pauvre petite princesse, son cœur se faisait d’abord savamment briser puis piétiner sauvagement ;
Elle était partie mais au final avait voulu revenir… Où trouvait-elle ce courage ? Difficile à dire ? Avait-elle décidé d’accepter ce dur châtiment comme une juste punition ?

En tous les cas, elle se perdit… et manqua se noyer.
Heureusement que son chevalier servant n’était guère loin et déjà lancé à ses trousses. Il fut juste assez rapide, quelques minutes de plus et… Il n’osait même pas y penser alors qu’il l’aidait à évacuer l’eau de ses poumons, tapotant doucement son dos. Il la porta à l’écart mais elle se débattait faiblement, essayant de le repousser. Elle pleurait… Son cœur se déchira. Elle lui en voulait tant que ça ? Aie… Non… p.. Qu’elle lui laisse une toute petite chance… toute petite… Il ne s’attendait pas à ce qu’elle lui en veuille autant…

D’accord… Pour être honnête, il comptait vraiment sur ce charme qu’elle lui accordait. Il avait bien vu comment elle le regardait depuis qu’ils étaient ensemble. Parfois ses adorables yeux noisette étaient emplis de tendresse, elle peinait d’ailleurs beaucoup à le cacher devant d’autres et essayait donc… de se désintéresser totalement de lui ; d’autre fois, ils brillaient de convoitise et il avait l’impression d’être un de ses biscuits adorés… en ressentait une grande fierté et une pointe de désir peu contrôlable. Il pensait… pouvoir rattraper les choses, à force de temps, de douceur, de patience…Mais elle le repoussait. Il l’avait sauvée et elle le repoussait… Aie. Ca lui faisait beaucoup plus mal que ce à quoi il s’attendait. Qu’elle le repousse un peu d’accord… Mais il sentait qu’elle souffrait de sa présence, c’était horriblement difficile. Comment lui expliquer, comment s’excuser. Elle n’avait que peu de force. Ses yeux pleins de larmes étaient autant de coups pour son pauvre cœur.

Il devait la réchauffer malgré tout. Qu’elle le frappe si elle le souhaitait mais il ne la laisserait pas être encore plus mal que ce dont elle souffrait déjà. Sauf qu’elle se mit à parler. Ses premiers mots faillirent avoir raison de lui. Mais il était sans doute trop abasourdi de l’entendre les prononcer pour prendre la fuite. Franchement… Elle venait de dire que c’était fini eux deux. Or Cassidy était un ange de douceur, ce n’était vraiment pas son style de faire volontairement du mal à quelqu’un alors il resta incapable de réagir, incapable de se relever et de s’éloigner la mort dans l’âme tant que ses jambes le lu permettaient encore. Il en fut justement HEUREUSEMENT incapable. Parce qu’il entendit la suite et vit pointer le bout du nez d’un beau malentendu.

C’est vrai, il l’immobilisa d’autorité, peut-être avec moins de douceur que celle dont il aurait dû faire preuve mais son cœur battait d’un fol espoir. Ils étaient peut-être en train de s’embrouiller tous les deux, pour rien. Il lui demanda de s’expliquer. Au début, elle ne répondait pas, ses larmes coulaient, mouillant son torse musclé débarrassé des bandes qui ceignaient peu avant ses muscles. Elle s’expliqua et il ne put s’empêcher de se mettre à sourire, même si elle pleurait encore. Tout ça n’était qu’un malentendu, un simple malentendu… Oh joie !!!!
Pour la faire taire, faire taire ses larmes qui n’avaient pas lieu d’être, il l’embrassa d’un bien étrange baiser au final. A la fois extrêmement doux et impatient. Il s’était emparé doucement de ses lèvres mais avait rapidement prolongé l’effleurement débuté en long baiser passionné. Il la sentit sursauter légèrement à ce contact parce qu’elle n’y voyait toujours rien et n’avait donc pas pu le voir venir mais sourit contre ses lèvres en sentant qu’elle répondait, même malgré elle, à son baiser.

Néanmoins, il s’empressa de le rompre pour s’expliquer et si la demoiselle pleurait encore un peu, elle fut extrêmement attentive et même aveugles, ses yeux s’éclairèrent un peu au fur et à mesure qu’il s’expliquait et annonçait ne pas lui en vouloir, ne pas lui reprocher ce qui s’était passé… Il était même plus ou moins en train de dire qu’il ne se sentait pas humilié qu’elle ait si vite cédé à un autre.
Mais c’est vrai, il avait progressivement rabaissé les yeux. Il avait honte d’avouer cette faiblesse, d’avouer ses peur ainsi mais il ne devait pas se voiler la face et si en les lui avouant il lui permettait de se sentir mieux. Ses larmes avaient cessé et au final, ce fut à elle de parler, de sa voix d’ange que les hurlements qu’elle avait pu pousser la veille, voulant le protéger, n’avait en rien altéré.

Elle fit… exactement ce qu’il fallait. La perfection si ce n’est plus encore.
Elle commençait vraiment à le connaitre ou alors se laissait-elle à ce point guider par son cœur ?
Elle accorda peu d’importance à cette histoire de faiblesse, lui trouvant la meilleure des excuses, s’étonna qu’il ne lui en veuille pas… Et consacra toutes ses autres paroles à lui expliquer ce qui s’était passé, pourquoi…
Elle avait mis du temps à répondre et il s’était senti très gauche pendant tout ce temps, puis sa voix, douce, un vrai guide. Son cœur avait battu plus vite. La jalousie lui étreignait le ventre, la peur d’apprendre quelque chose qu’il ne voulait pas savoir… mais il n’avait rien à craindre au final, vraiment rien.

Ainsi donc, elle avait tout de même pensé à se prémunir contre une grossesse indésirée, malgré tout… Ah cette potion… Oui, il ne se souvenait que trop bien de ses effets sur la jeune mage, faisant monter en flèche sa libido déjà plutôt… pleine de promesses, elle annihilait complètement toute pensée rationnelle et ne la poussait que vers une seule chose : un besoin de satisfaction à assouvir.
Et là, elle lui avouait que ce type n’avait pas été à la hauteur, au contraire même. Elle ne le voyait pas, mais il s’était crispé quand elle l’avait dit brutal. Non par jalousie, mais par colère, colère qu’un homme ait pu faire souffrir celle qu’il aimait. Ainsi, il s’était fort mal comporté ce vilain prétentieux. Peut-être n’était-ce pas tout à fait voulu, mais elle lui faisait pleins de compliments détournés et il en sentait son cœur gonfler d’orgueil. Lui il faisait en sorte qu’elle se sente bien ? Enfin bien sûr, c’était son objectif mais… elle s’en était rendu compte ? Wahou ! Et elle avait remarqué qu’il ne se préoccupait pas que de lui ? Vraiment ???

Il porta une main à son visage. Oui, les petites cicatrices disparaissaient déjà. Mais ce n’était pas pour les toucher qu’il faisait ce geste. Un sourire éclairait son visage et il frotta énergiquement ses yeux devenus brusquement humides. Quel soulagement !!! Ce gars n’était pas mieux que lui ! Il avait envie de sautiller sur place de joie mais ne le fit pas, restant tout proche d’elle pour la réchauffer toujours, même s’il l’avait lâchée pour s’expliquer peu avant. Son cœur battait diablement plus fort et les nuages de leur rupture se dissipaient enfin.
Il devait mettre du temps à réagir car elle posa la main sur son torse, juste au-dessus de son cœur. Un frisson le saisit et lui électrisa le dos. Elle grimaçait un peu en touchant sa blessure mais malgré les apparences, il n’avait plus grand-chose à craindre heureusement et se remettrait sans doute bien plus vite qu’elle. Il allait lever la main pour caresser sa joue et lui demander cette fois s’il pouvait l’embrasser, ne sachant que dire d’autre mais elle fit courir ses doigts sur son torse ce qui l’exhorta au silence alors qu’il fermait doucement les yeux.

Comme ces contacts lui avaient manqué, la douceur de ses doigts, leur fraîcheur sur sa peau plus chaude, l’éternel contraste de température entre eux, doux et en même temps étourdissant. Il rouvrit les yeux, surpris en sentant ses mains quitter son torse pour se poser sur son visage. Il en avait la chair de poule et se laissait faire, la laisser le reconnaître au toucher sans prononcer un mot, regardant la jolie jeune femme un peu détrempée et pourtant toujours si belle. Il n’aimait pas voir ses yeux si pâles, les paillettes d’or avaient disparu de son regard… mais il les rallumerait par son amour, il s’y efforcerait oui ! Elle se mit alors à caresser ses cheveux et il referma les yeux, instinctivement. Ah ! Ca c’était extatique !!! Son visage se fendit d’un léger sourire alors qu’il appréciait ses contacts à leur juste valeur, comme autant de précieux trésors indispensables qui lui avaient cruellement manqué pendant tout ce temps. Sa voix, de nouveau, si douce, pas le moins du monde hésitante, juste un murmure plein de douceur. Elle avait remarqué ! Qu’il s’était coupé les cheveux ! Il n’en était même pas surpris… Lui-même savait que les siens avaient poussé et en passant ses doigts dans l’or liquide qu’ils étaient, il en aurait apprécié la longueur comme il se doit, le lui faisant remarquer ou non. Là, il ne bougeait pas, se contentant de profiter mais était fou de joie qu’elle s’en rende compte, vraiment.

Puis de nouveau ses mains se glissèrent sur ses joues. Elle avait encore la peau bien froide à cause de son séjour dans l’eau. Le laisserait-elle la réchauffer à présent ? Que ses mains étaient douces, il s’en sentait tout engourdi, son cœur était redevenu sage dans sa poitrine, apaisé par le contact de la jeune femme. Mais il s’enhardit quand le jeune homme se fit soudainement embrasser. Il s’y attendait si peu que tout à genoux qu’il soit, il faillit en tomber à la renverse.
Son cœur bondit alors qu’un frisson bien plus fort que le précédent le secouait légèrement. Elle gardait ses mains sur son visage, douces, fraîches, légèrement davantage dans ses cheveux qu’une seconde plus tôt. Elles s’étaient mordu les lèvres quand elle l’avait vu souffrir, il l’avait remarqué et elles portaient encore très légèrement, presque invisibles à l’œil nu, la marque de ses dents. Mais il ne les en trouvait pas moins douces et merveilleuses pour autant. Les yeux clos, profitant de la douceur de son baiser qui durait et faisait battre chaque seconde de plus son cœur plus vite, il ne tint pas très longtemps et passa bien vite ses bras autour de la jeune femme, enfin juste ses mains autour de sa taille pour l’heure, mais comme il souhaitait tout retrouver, leurs longues étreintes, petits câlins tout simple et tellement agréables tout d’abord, ils lui avaient mortellement manqué !

C’était un merveilleux baiser, très doux, preuve supplémentaire qu’elle n’avait vraiment pas perdu la main… enfin là c’était plutôt la langue, mais bon… on n’allait pas faire dans le détail.
Il était loin de se douter qu’elle y voyait un dernier baiser, qu’elle n’avait pas compris son message qui était clairement qu’il voulait qu’ils se remettent ensemble. C’est sans doute pour ça qu’il s’exprima aussi simplement lorsque ses mains se serrant un peu plus sur ses hanches devenues bien trop fines, il la repoussa avec douceur. Il lui jetait un regard très sérieux, qu’elle ne pouvait malheureusement pas voir, mais vraiment investi et un brin fier aussi.

- Je ne te toucherai plus Cassy… Ne t’inquiète pas.

Ouie… Pauvre petite princesse qui y vit une fois de plus la preuve d’une imminente rupture ! C’est vrai qu’il y avait bien de quoi pleurer après tout. Sa phrase portait fortement à confusion. Il ne voulait plus la touchait. Ca reprenait ce qu’il avait dit, elle le dégoûtait ou alors il ne pouvait pas lui pardonner, pas oublier, il ne voulait plus d’elle.
Pourtant, au lieu de se plaindre, de l’accuser d’incohérence, elle s’était dignement relevée, s’appuyant contre l’arbre et s’était éloignée même si une fois de plus ses yeux étaient embués de larmes. Elle s’était excusée et s’éloignait rapidement sans rien y voir évidemment. Enfin… pas rapidement du tout en fait, elle se donnait peut-être l’illusion d’aller vite mais elle était très lente et peinait à tenir debout, grimaçant dès que sa jambe cassée s’appuyait même à peine par terre…Tout à fait normal en soi…
Tristan surpris, écarquillait les yeux et avait murmuré son nom, ne comprenant pas son manège.
Il n’eut pas le temps de lui en demander davantage, se redressant déjà, qu’il la vit basculer en avant après s’être pris le pied dans une racine.

Ni une ni deux, il fut en deux pas derrière elle, passa un bras autour de sa taille et fit un bond en arrière pour l’aider à se redresser. Il avait sous-estimé sa propre force et sous-estimé aussi et surtout, la perte de poids de la jeune femme car il se retrouva vautré dans la mousse, sur le dos, le bras toujours autour de la taille de la jeune femme et elle… eh bien sur lui. Il était un peu sonné et secoua la tête pour se remettre les idées en place avant de s’asseoir, la pressant contre lui en l’empêchant de s’éloigner même si elle avait recommencé à se débattre un peu.

- Mais qu’est ce qui te prend ! Arrête ! Tu es trempée et tu trembles, laisse moi te réchauffer ! Et puis tu n’es vraiment pas en état de marcher ! Cassy ! Arrête !

Elle tourna vers lui son regard aveugle, ses yeux pleins de larmes et il eut l’éclair de génie de comprendre le nouveau malentendu qui ébranlait le délicat cœur de la demoiselle. Pâlissant énormément avant de se mettre d’autant plus à rougir, Tristan ouvrit et referma la bouche, sous le choc. Comme elle cherchait à lui cacher ses larmes, se dégageant de son bras en essayant de nouveau de se relever, il réagit, l’attrapa et la plaqua au sol, dos contre terre… enfin contre la mousse, lui au-dessus d’elle toujours rougissant, ce qui était assez rare quand même, la maintenant fermement au sol.
Elle ouvrit la bouche pour sans doute lui crier de la laisser mais il l’embrassa, en appui sur ses genoux et ses mains serrées sur ses poignets. Un baiser moins doucereux qu’elle lui avait offert, davantage à leur ancienne image de petit couple passionné et secret. Ses mains relâchèrent bien vite ses poignets alors qu’il posait doucement une main dans ses cheveux, caressant une de ses tempes du bout des doigts. Il s’immobilisa sur les coudes et glissa son visage dans son cou en murmurant.

- Je… Je… Ce n’est pas… je suis désolé, ce n’est pas ce que je voulais dire. Je t’assure que tu m’as mal compris… Je…je suis désolé… je…

Il s’arrêta, respirant profondément pour se calmer et se donner un peu d’inspiration. Doucement, il effleura son visage du dos de sa main. Il tremblait un peu.

- Je ne voulais pas dire… que je ne voulais plus de toi, je te jure, c’est même… tout le contraire ! Je... je parlais de tout ce qui s'est passé pour... toi... enfin tu as la santé fragile et puis tu as perdu beaucoup de poids ! Tu... tu m'as horriblement manqué et je sais... je me connais... tu m'as juste embrassé là et… et moi-même je t’ai embrassé à l’instant…et pourtant... je... j'étais déjà en train d'imaginer que...j’ai eu un mal fou à me contenter juste de ces baisers alors crois-moi, je ne ressens aucun dégoût vis-à-vis de toi. Tu es superbe, tu m’attires toujours autant, probablement même plus tant tu m’as manqué… j'ai envie d'être avec toi et aussi énormément envie de toi, je te jure que ça n'a pas changé... ce que tu m'as dit... par rapport à ce... sale type me rassure au moins autant que ça me rend fou de ne pas avoir pu t'éviter tout ça... enfin ce que je veux dire... c'est que... tu es fragile.. Et… j'ai trop peur de te faire mal...en étant trop pressé… alors que tu es si affaiblie et… que tu as perdu tellement de poids, ne crois-pas que je ne l’ai pas remarqué ! Je voulais juste te dire que je ne te toucherai plus tant que tu n'auras pas repris du poids... Si… je te tiens juste dans mes bras, je me contrôlerai, si je t'embrasse sans te serrer trop fort aussi... Je tiens à toi Cassy... plus qu'à n'importe qui ou quoi dans ce monde... je sais qu'on surmontera tout ça, mais tu as besoin de temps et de soins pour te remettre, et je ne précipiterai pas les choses. Il m'a fallu treize ans pour être avec toi... je peux attendre un peu que ma petite princesse récupère... je suis incapable de renoncer à toi et si vraiment tu crois que je pourrais réellement ne pas être attiré par la magnifique femme que tu es devenue alors c'est que je ne t'ai pas assez dit à quel point tu es horriblement sexy ! Je ne voulais vraiment pas dire… ça… Ton baiser m(z fait tourner la tête tout à l’heure, vraiment, alors que ce n’était que l’expression de moins d’un centième de ce dont tu es capable ! Enfin... t... tout ça pour te dire... que... ben... je... je t'aime... Et heureusement que tu es aveugle pour l'instant parce que je dois avoir à peu près la couleur d'une betterave et je... en fait il se peut même que le grand guerrier viril que j'ai toujours voulu être soit en train de pleurer alors c’est bien que tu ne me voies pas en fait…du moins pour ces quelques jours. Je ne sais pas si la guérisseuse pourra nous dire plus précisément pour combien de temps tu en as mais… tu seras vite remise et lorsque tu verras à nouveau, je te devrai un super strip tease ultra sexy pour me faire pardonner de la peine que je t’ai faite avec mes mots... Et je vais arrêter de parler tout de suite parce que ça devient vraiment bizarre et que je ne suis pas doué du tout et... ah oui, je vais t'embrasser là tout de suite alors... si tu n'es pas d'accord, repousse moi maintenant, sinon je continuerai jusqu'à rattraper toutes ces interminables semaines…

Pour un grand dadais maladroit, c’était un grand dadais maladroit. Mais il faisait de considérables efforts pour s’exprimer avec moult grimaces que bien sûr elle ne pouvait pas voir. Il doux alors qu’il caressait son visage, sa voix parfois chuchotant alors qu’il s’exprimait, vibrante de passion et de sincérité alors qu’il avouait l’aimer.
D’ailleurs, elle pouvait être rassurée sur son état, elle reverrait. Quand elle lui en demanda davantage bien plus tard, il lui assura que c’était vrai et qu’elle devait juste se remettre de sa perte de magie. Mais elle lui avait demandé beaucoup plus tard parce qu’ils s’étaient d’abord longuement embrassé sous le couvert des arbres. Enfin pas si longuement que ça au final. Parce que même si c’était magique, si le jeune homme se contrôlait, il la sentait grelotter, bien malgré elle et il s’était finalement relevé, lui avait posé sa veste trempée certes mais épaisse sur les épaules, avait passé les longues bandes autour de son cou pour les rapporter à leur propriétaire puis avait soulevé la jeune mage du sol pour la porter jusque chez la guérisseuse. C’est sur le chemin du retour qu’ils avaient un peu discuté. Il lui avait aussi murmuré qu’elle était dingue de faire autant parler un maladroit comme lui… mais il avait ajouté à son oreille, tout bas, qu’il lui ferait une vraie déclaration plus tard, ajoutant un « je te le promets ma princesse » vibrant de tendresse.

Ils étaient donc rentrés chez la guérisseuse. Elle était dans son salon, un gros livre sur les genoux, en train de lire. Elle avait haussé un sourcil réprobateur en les voyant rentrer mais n’avait rien dit et souriant légèrement avait indiqué la chambre d’un mouvement du menton au jeune homme. Elle parlerait plus tard à la mage, ils semblaient aller beaucoup mieux tous les deux, la jeune femme récupérait ses couleurs et un sourire en prime, inutile d’interrompre ce moment.
Tristan porta Cassidy, refusant de la déposer en arguant qu’elle aurait besoin d’un porteur pendant quelques temps et qu’il l’aiderait à rééduquer en douceur sa jambe blessée quand le temps serait venu. Une fois dans la salle de bain, il avait fait couler rapidement un bain brûlant tandis qu’il s’asseyait sur le rebord de la baignoire, la jeune femme qu’il enlaçait doucement, sur ses genoux.
Il l’aida à se délasser de sa robe alourdie par l’eau et de la veste du jeune homme qu’elle avait elle-même ôtée, lui enleva son attelle avec des gestes très précautionneux, jetant un regard critique à sa cheville gonflée.

Tout en douceur, il l’avait déposée dans l’eau à la température qu’elle aimait tant et s’était agenouillé à côté de la baignoire. Il lui souriait, ils se parlaient, échangeaient beaucoup sur tout ce qui s’était passé ou parlaient de tout et de rien tout simplement, comme avant… même si une discussion plus sérieuse serait probablement inévitable.
Elle l’avait même invité gentiment à venir avec elle dans l’eau mais il avait refusé en douceur, déposant un baiser sur son front en disant qu’il n’était pas sûr de très bien se contrôler dans ces conditions. Elle lui avait souri, tellement belle lorsqu’elle souriait, tout simplement, humainement… Belle… tellement belle. Elle se réchauffait dans l’eau, en témoignait sa petite main qu’il tenait dans la sienne dans l’eau. Elle ne tremblait plus. Elle irait mieux. Une fois qu’elle aurait repris du poids du moins…
Ils parlaient de tout autre chose depuis un moment lorsqu’ils avaient évoqué plus sérieusement le complot tordu de cet homme alors qu’il lui frottait doucement le dos, s’étant retourné pour la laisser se laver un minimum en paix, même si elle ne pouvait pas le vérifier peu avant. Elle avait marqué une hésitation puis lui avait demandé s’il était sorti avec ces autres filles parce que c’était souhaité ou parce que… il lui en voulait d’avoir accepté l’invitation à diner du Cheistam.
Il la rassura aussitôt, c’était bien l’idée de ce détraqué, pas une vengeance.
Tristan était peut-être débutant dans le domaine d’une relation amoureuse sérieuse mais il la connaissait, chaque jour un peu plus. Il remarqua aussitôt la légère tension dans sa mâchoire. Ce n’était pas du tout comme pour lui qui déjà tout en muscle semblait être un véritable animal aux aguets. Chez elle, c’était une tension plus légère et différente. Même aveugle, elle plissait légèrement les yeux, un frémissement agitant son menton et ses lèvres roses qu’il avait tant envie d’embrasser jusqu’à plus soif.

Il comprit soudain et s’en félicita mentalement. Il devenait suffisamment fort pour la comprendre, comme elle pouvait percevoir les tensions de son corps sans même le voir, et même sans le toucher. Il sourit avec douceur et lui permit de s’en rendre compte en l’embrassant tendrement, se penchant au-dessus de la baignoire avant de caresser doucement sa joue… même si son regard partit, malgré tous ses efforts, se poser sur la jolie poitrine de sa compagne. Bon en même temps c’était une distraction franchement alléchante. Il se remit plus confortablement à genoux mais caressa cette fois sa main.

- Ne t’en fais pas… Il n’y a rien eu avec ces filles… Moi je savais pour le complot… Il était hors de question que je fasse quoi que ce soit avec une autre que toi… Le baiser que tu as vu… est le seul qui ait eu lieu… je te le jure princesse… Je suis à toi, rien qu’à toi.

Il lui avait souri tendrement, l’avait laissé se préparer tranquillement puis l’avait portée, une fois séchée jusqu’au lit qu’ils avaient partagé. Dans la chambre, les attendait un très copieux repas et une fois qu’elle fut confortablement installée, il l’aida à manger, se prenant au jeu de lui donner la becquée. Elle mangeait de bon appétit heureusement et il s’en sentait fier, heureux et surtout rassuré. Ils riaient beaucoup, mangeaient, s’embrassaient… Finalement, elle s’endormit blottie dans ses bras, la nuit étant tombée depuis bien longtemps alors qu’il la fixait avec tendresse, heureux que leur mésaventure soit finie…
Oui mais le lendemain… Il n’était pas là à son réveil… Et quand la guérisseuse entra pour parler à la jeune femme qui semblait en bien meilleure forme, elle assura que le jeune homme avait à faire et qu’il reviendrait sous peu… et qu’elle… elle devait manger et récupérer ses forces.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Cassidy Herediane
Directrice de l'Académie Hysandra
avatar

Messages : 846
Date d'inscription : 26/02/2012
Age : 29

Feuille de personnage
Race: Humain Ascadian
Royaume: Territoire Neutre
Vocation: Mage

MessageSujet: Re: Mage à la ramasse   Mar 16 Avr - 19:45

Au final personne n’avait tort, personne n’avait raison et les seuls qui étaient les dindons de la farce, c’était bien Tristan et Cassidy. Ils peinaient à retrouver leurs marques, à se réconcilier et cela ne s’annonçait pas très bien. Parce que Tristan avait dit certaines paroles qui peinaient Cassidy et que cela faisait souffrir son pauvre petit cœur déjà brisé. Avec tous les remords qu’elle avait, c’était trop pour elle.

Et puis au final il était venu la sauver. Elle le repoussait, ne voulait plus souffrir et surtout la jeune femme pensait savoir que Tristan la rejetait. Alors pourquoi ? Pourquoi la sauvait-il encore une fois de la noyade ?

Ah ben au final ils commençaient à dénouer les nœuds. Tout ceci était un horrible malentendu. Tristan montrait qu’il avait vraiment peur des évènements, peur de ce qui était arrivé. Cela eut pour effet de radoucir un peu la jeune femme qui avait repris un rythme cardiaque un peu plus normal. Elle restait cependant hésitante dans ses gestes, et puis il fallait dire qu’elle ne voyait rien donc c’était toujours un peu maladroit.

Mais elle avait voulu aussi l’apaiser un peu, lui expliquer comme elle le faisait toujours, sans savoir si il était vraiment attentif ou pas. La jeune femme avait pris l’initiative de faire glisser ses petites mains sur son torse, pour évaluer l’état des blessures mais aussi se rendre compte que ce genre de contact lui avait énormément manqué et plus qu’elle ne pouvait imaginer.

Cassidy lui avait fait une petite remarque, elle essayait de le deviner à travers son sens du toucher, ses caresses. C’était une drôle sensation que de ne pas voir. Alors qu’avant ils s’en servaient comme un jeu pour mieux apprécier les autres sens, là ce n’était pas vraiment un jeu. Elle apprenait à le redécouvrir d’une autre façon, sa peau chaude malgré le fait qu’il soit trempé, son odeur qui sentait la forêt et les pins.

Alors qu’elle faisait cette découverte, la jeune femme hésitante fut poussée par un instinct de l’embrasser une nouvelle fois et voir comment il réagirait. Elle se trouvait un peu honteuse d’en avoir tant besoin mais c’était tellement agréable au final. Et puis elle constata qu’il l’avait doucement enlacé et ne la repoussa pas pour autant. Un faible espoir ? Qui ne dura pas longtemps alors que Tristan fit une déclaration solennelle comme quoi il ne la toucherait plus. Quoi ça voulait dire que c’était simplement un adieu ?

Les yeux de la jeune femme s’embuèrent alors qu’elle s’excusait d’avoir eu cette réaction déplacée de lui voler un baiser. Elle se releva et commença à marcher un peu au hasard, ignorant la douleur de sa jambe, blessée physiquement et mentalement. C’était beaucoup trop pour elle. Pourtant elle entendit Tristan qui la rappelait une nouvelle fois, sa voix semblait mélangée d’incompréhension alors qu’il la rattrapa une nouvelle fois.

Alors que Cassidy tentait de le repousser une nouvelle fois, elle se sentit allongée dans l’herbe, lui au dessus qui n’avait pas l’air de comprendre et l’embrassa une nouvelle fois alors que la jeune femme ne s’y attendait absolument pas. Non mais il fallait qu’il s’explique là parce que ce n’était pas correct du tout que de jouer à la girouette.

Et les paroles du jeune homme valaient le détour. Il lui expliqua alors, il l’aimait toujours mais que c’était juste un problème physique et que dans son état il préférait attendre qu’elle se rétablisse. La demoiselle écarquilla doucement les yeux. Ah ben ça pour une déclaration elle appréciait beaucoup. Elle ouvrit doucement la bouche, n’ayant pas l’air de croire que le Drakkari si renfermé, pas bavard pour un sou était en train de se livrer. Tiens il rougissait et pleurait ? La demoiselle se mordilla doucement la lèvre et se mit à rougir à son tour, esquissant un faible souvenir. Le cauchemar était donc terminé ? Elle se sentait tellement heureuse d’entendre ses paroles et passa encore avec hésitation les bras autour du dos du jeune homme, appréciant le câlin sans dire un mot.
Ils se retrouvaient. Elle avait retrouvé une raison pour se battre et ne plus se laisser dépérir tel un bateau à la dérive. Ils allaient pouvoir se reconstruire tous les deux.

« Tris’… »

Elle ne savait pas quoi dire d’autre même si son sourire parlait pour elle-même. Il l’aimait… vraiment il l’aimait… Le cœur de la jeune femme s’accéléra. Ses mots, elle en avait rêvé, elle avait espéré les entendre un jour. Cassidy serra un peu plus ses bras autour de Tristan.

Malgré tout, Cassidy tremblait de froid. Il fallait dire que la tenue n’était pas adaptée et c’est avec regrets qu’ils avaient pris le chemin du retour. Elle ne savait pas où il la conduisait mais elle lui faisait confiance. Alors que Tristan lui rappela gentiment qu’elle était folle de le faire parler autant. Ce à quoi elle répondit qu’ils en avaient bien besoin pour éviter les catastrophes.

Il la conduisit à la salle de bain et s’occupait d’elle avec beaucoup de précaution et de douceur. Et à vrai dire, Cassidy avait bien besoin qu’il devienne ses yeux pour l’instant parce que pour le moment elle était fortement handicapée. Sauf qu’elle restait très digne malgré tout et ne semblait pas dérangée par son état. Si il y avait une chose qu’elle savait bien faire c’était s’adapter lorsqu’il s’agissait de magie. Et il lui avait dit plus ou moins que la magie était responsable de sa cécité passagère. Cassidy avait hoché la tête, nullement perturbée par cette annonce mais reconnaissante qu’il soit à côté.

L’eau chaude lui fit le plus grand bien alors qu’elle se détendait peu à peu en prenant la main de Tristan. Ils parlèrent de tout et rien comme avant. Mais une question restait à l’esprit de Cassidy. Qu’avait vraiment fait Tristan avec les autres femmes en son absence ? Et ça se voyait sur son visage cette petite pointe de jalousie, de douleur. Elle ne se doutait pas qu’il l’observait et l’analysait en même temps. Elle fut rassurée d’apprendre qu’il n’y avait rien eu et la jeune femme le gratifia d’un beau sourire en lui proposant de se joindre à elle. Il déclina et la laissa un instant tranquille.

Puis vint l’heure de souper et de dormir. Cassidy riait en cherchant à gober la nourriture que Tristan lui présentait. Elle semblait beaucoup s’amuser et voulut faire de même, agitant une fourchette sous son nez, tirant légèrement la langue comme si elle visait sa bouche. L’ambiance était bon enfant jusque dans le lit où ils s’endormirent sagement.

Le lendemain matin, la jeune femme se réveilla seule, toujours dans le noir. Sa vue n’était pas revenue. Elle posa une main à côté d’elle puis fronça les sourcils, ne trouvant pas Tristan à ses côtés.

« Tris’ ? »

Personne ne lui répondit. Elle entendit des bruits de pas. La guérisseuse se manifesta en lui expliquant que Tristan était parti pour des affaires. Cassidy parut effarée et ne comprenait pas pourquoi il partait aussi rapidement sans prendre la peine de lui dire, au risque de l’inquiéter. Cassidy resta silencieuse puis porta la main à son pendentif où se trouvait la chevalière de Tristan. Elle semblait perplexe, ne comprenait pas et avait une grande envie, se lancer à sa poursuite. La guérisseuse savait parfaitement à quoi s’attendre et lui ordonna de rester ici pour se reposer et reprendre des forces.

Cassidy fut bien obligée d’accepter mais une petite pointe de frustration apparut dans son cœur. Le temps allait passer très lentement pour elle. Elle n’avait aucune mesure pour les heures qui passaient. Peut-être s’imaginait-elle passer ses journées avec lui à rattraper le temps perdu même si ils ne se touchaient pas. Elle en vint même à se demander si elle était un fardeau et cela la toucha droit au cœur. Trop faible pour l’accompagner. Mouais… elle n’était pas une mage pour rien. C’était dur et les doutes assaillirent son cœur alors qu’elle soupira en cherchant maladroitement à poser une main sur le repas que la guérisseuse lui apportait.

Elle fit même tomber un verre sans s’en rendre compte alors que la guérisseuse grommelait contre les maladresses de la jeune mage. Cassidy baissa doucement la tête puis fit une étrange demande. Elle demanda à la guérisseuse un bandeau pour mettre devant ses yeux, la vue aveugle la gênait énormément.

La dame lui apporta un morceau de tissu que Cassidy noua autour de sa tête pour dérober ses yeux au monde extérieur avant d’être de nouveau seule. Elle soupira en se laissant retomber sur le lit. Ca allait être long, très long et elle détestait être inactive. Le temps s’écoula lentement mais Tristan ne revenait toujours pas. Cassidy soupira d’exaspération, il ne l’avait même pas prévenu !

La jeune femme se releva sur le lit et tâta les murs pour sortir de la pièce. La guérisseuse arriva en catastrophe en lui ordonnant de rester tranquille, ce à quoi Cassidy répondit simplement.

« Je vais juste m’asseoir à l’extérieur et méditer. Ca me fera récupérer plus rapidement et au moins j’aurais l’impression de faire quelque chose »

Cassidy récupéra une cape pour ne pas attraper froid et sortit de la maisonnée. Elle posa ses mains au sol pour tenter d’analyser le terrain et de trouver un endroit pas trop inconfortable pour s’asseoir dans l’herbe malgré le froid. Lorsqu’elle trouva un petit coin à l’herbe tendre, la jeune femme se baissa et s’installa, prenant quand même la peine d’étendre sa jambe blessée.

Elle n’avait pas besoin de fermer les yeux et se mit dans une phase de détente, les mains posées sur ses genoux, respirant doucement pour faire revenir la magie et se familiariser avec elle. Ce qui était le plus dur, c’était d’éviter de se faire perturber par les sons. Le bruit du vent qui soufflait dans ses oreilles, le chant des oiseaux et le bruit des feuilles quand ceux-ci s’envolaient. Il y avait aussi le bruit du linge qui claquait dans le vent, étendu non loin de là. Pour Cassidy tous ces sons étaient un peu amplifiés et la gênait. Mais la jeune femme était déterminée à méditer et se reposer ainsi.

La mage ne bougea pas et resta un long moment immobile, patiente, concentrée. Puis la guérisseuse l’appela pour aller manger. Cassidy se mit à sourire, elle avait entendu le bruit de la porte et savait dans quelle direction il fallait aller pour rentrer même si en se redressant il lui fallait encore tâter le vide pour retrouver son chemin.
Elle fut surprise que Tristan ne revienne pas et même si il lui avait fait une belle déclaration, la demoiselle était toujours sur le qui vive. Après le repas elle se dirigea vers la chambre et dormit tout l’après midi, récupérant gentiment. Ce ne fut que dans la soirée que Tristan revint et à entendre la petite voix qui l’accompagnait, Cassidy se redressa, comprenant qui il amenait. Et la jeune femme n’était pas particulièrement ravie, fronçant les sourcils. Elle n’aimait pas qu’on regarde son état de faiblesse.

Et bien sûr Kimmy réagit aussitôt. Surtout qu’avec le bandeau sur les yeux, l’état de Cassidy était beaucoup plus flagrant.

- Cassidy ! Qu’est ce qui se passe ? Il n’a rien voulu me dire ! Tu vas bien ? Qu’est ce que tu as fais encore ?

Cassidy marmonna en détournant la tête. Tristan se contenta de l’embrasser avant de commencer à s’écarter mais la jeune femme avait fermement et rapidement attrapé le poignet du Drakkari, un air légèrement sévère et peiné sur son visage.

« Attends ! Tu vas où comme ça ? »

Il rétorqua qu’il avait du travail et qu’il ne pouvait pas lui en parler maintenant avant de repartir. La jeune femme soupira, déçue. Il la laissait seule… Enfin non il avait ramené Kimmy et ça lui ferait une compagnie. Cassidy en profita pour lui expliquer la situation tranquillement même si la jeune femme était perturbée par les cachotteries de Tristan.

« Il t’as dit ce qu’il faisait ? »

- Non…

Cassidy passa la nuit seule. Tristan ne revint que le lendemain voir si ça allait bien avant de repartir. La mage ne comprenait pas son manège. Au lieu de se reposer au lit, comme hier elle décida de sortir. Apparemment elle avait déjà pas mal récupéré, grâce à sa magie qui l’aidait à se régénérer.

Sauf qu’au lieu de s’asseoir pour méditer, la jeune femme traça maladroitement un symbole dans les airs en lançant une invocation et tendant la main. Une forme vive apparut et vint lui taper sur la tête ce qui fit grommeler Cassidy. Elle venait d’invoquer son bâton mais celui-ci avait atterrit sur sa tête. Cassidy grimaça sous le regard inquisiteur de Kimmy mais elle s’assit au même endroit qu’hier pour méditer. Puis manger. Puis dormir.
Les jours qui suivirent, la jeune femme varia dans ses activités. Elle avait repris du poids, sa jambe ne la lançait presque plus et elle évoluait seule dans la maison et les alentours, Kimmy lui servant de guide de temps en temps quand Cassidy avait une hésitation même si cette dernière insistait pour se débrouiller seule et se repérer sans aide.

Elle lançait désormais un sort, qui ne produisait aucun effet à première vue. Kimmy faisait léviter une balle qu’elle envoyait sur Cassidy. Cette dernière devinait la direction, l’attrapait et la renvoyait à Kimmy qui changeait de position à chaque fois pour la perturber. Ca se passait plutôt bien. Les premiers jours Cassidy recevait plutôt la balle sur la tête ou dans le ventre. Lorsque Kimmy lui avait demandé d’arrêter, la jeune femme s’était offusquée en insistant qu’elle ne s’arrêterait pas.

Tristan ne voyait pas les progrès de Cassidy. Ou du moins cela devait être en cachette. Mais il ne se faisait pas plus présent. La jeune femme avait beaucoup réfléchi et au final c’était pas si mal de mettre un peu de distance pour mieux reprendre même si elle était frustrée de ne pas être au courant.

Cassidy avait encore varié dans ses activités, elle allait ramasser du bois et utilisait sa magie pour des petits jeux d’adresses consistant à lancer des objets dans des cibles. Le plus impressionnant fut quand elle arriva à toucher des cibles mouvantes sans visibilité. Kimmy avait compris que c’était essentiel pour la jeune femme de continuer à s’entrainer régulièrement pour ne pas sombrer dans la morosité du temps d’attente et désormais elle l’encourageait.

La jeune femme était en effet exigeante et s’améliorait en précision dans ses jeux d’adresses, ce qui ne manqua pas d’étonner la guérisseuse. La jeunesse… toujours en train de vouloir se surpasser pour atteindre des objectifs. Elle était étonnée que Cassidy ne soit pas si inquiète que ça de ne pas retrouver la vue.

Un soir alors que la petite mage s’était bien entraînée, elle avait décidé de prendre un bain tranquillement alors que Kimmy disait qu’elle devait rentrer à l’Académie pour s’occuper de quelques affaires avant de revenir.
Elle entendit la porte s’ouvrir alors qu’elle se frottait vigoureusement après s’être débarrassé de son bandeau. La jeune femme tendit l’oreille. Elle reconnaissait bien cette démarche même si elle ne l’avait pas entendu des nombreuses fois. C’était Tristan qui était là. Et avant même qu’il n’ouvre la bouche, la demoiselle répondit.

« Je sais que c’est toi Tris’… »

Sans se retourner alors qu’il était dos à elle. C’était peut être impressionnant et la guérisseuse avait du tenir au courant le jeune homme de l’amélioration de la jeune femme. Et en effet ça se voyait clairement. On ne voyait plus ses os, ses joues étaient moins creuses, sa peau avait repris une couleur plus rouge, pas aussi pâle qu’avant.

« Bon cette fois tu restes et tu viens dans le bain avec moi, tu me dois bien ça avec toutes les absences que tu as »

Le ton de sa voix ne souffrait d’aucune réplique alors qu’elle fit de la place. Elle l’entendit rester à côté et enlever ses vêtements, déboucler sa ceinture et le bruit de l’eau quand il entra pour se mettre en face d’elle. Bien sûr, il n’était pas très bavard sur ses activités et quand il demanda à Cassidy elle lui répondit que c’était la routine, juste qu’un certain Drakkari lui manquait beaucoup ces derniers temps.

Elle se mit ensuite à rougir, l’imaginant dans le bain en face d’elle et resta silencieuse. La jeune femme s’avança alors doucement vers lui pour lui voler un baiser. Un baiser bien long et prolongé, témoin du manque d’affection de ses derniers temps. Et la jeune femme en avait des idées… qu’elle avait même honte d’avouer. Elle en rêvait la nuit. Et heureusement qu’il n’avait pas la possibilité de lire dans sa tête.

Oui mais attention petite mage, ton corps peut te trahir à n’importe quel moment. Elle s’était rassise dans la baignoire rougissante. C’est alors que sa lumière de luciole prit le dessus alors que Cassidy se lavait et à voir son air, elle ne se doutait pas de la nouvelle couleur de son corps.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ascadian.forumgratuit.org
Tristan Konogan
Professeur Initiation et Maniement des Armes
avatar

Messages : 594
Date d'inscription : 09/05/2012
Age : 24

Feuille de personnage
Race: Drakkari
Royaume:
Vocation: Guerrier

MessageSujet: Re: Mage à la ramasse   Jeu 18 Avr - 13:17

Heureux dénouement… Enfin !!!
Ils l’avaient mérité après autant de souffrance. Il avait dû lui mentir, lui faire croire qu’il ne l’aimait pas, qu’il jouait depuis tout ce temps, qu’il n’avait fait que profiter d’elle et de sa touchante naïveté, la voir souffrir… Il aurait pu s’éloigner réellement d’elle puisqu’eux deux c’était terminé de toute façon… mais ça lui était bien entendu impossible, parce qu’il l’aimait, comme un fou. Et elle… comme elle avait souffert… tellement fort. Elle avait vu l’homme qu’elle aimait plus que tout, le premier amour de sa vie, se détourner d’elle, comme un horrible menteur et manipulateur. Comme elle avait eu mal, comme elle avait pleuré. Réussir à s’en relever était utopique mais elle se donnait l’illusion d’y croire en sortant avec cet autre homme. A l’origine, n’était-ce pas pour rendre Tristan jaloux ? Pour le forcer à revenir vers elle puisque ses suppliques et la séduction n’avaient pas fonctionné. Après tout… Il lui avait bien avoué qu’il avait été très jaloux de Jordan quand elle était sortie avec lui, justement pour le rendre jaloux alors qu’il niait toute attirance pour elle.
Alors… heureusement, ça se finissait bien entre eux… Enfin.

Au final, ils pensaient tous deux que l’autre avait de cruelles réprimandes et serait intransigeant… Mais ils avaient plutôt peur dudit jugement de l’autre et si Cassidy craignait et se persuadait du dégoût de son petit ami, lui en vérité avait peur qu’elle refuse sa présence, lui qui n’avait pas été en mesure de la protéger. Un long discours eut raison des doutes de la jeune femme et Tristan se sentit plutôt fier d’avoir oublié l’espace d’un instant sa peur et sa maladresse pour réussir à lui tenir un discours digne de ce nom, enfin à peu près digne de ce nom.

Ils étaient finalement rentrés, le jeune homme portant avec douceur, précaution et fierté la belle jeune femme dont il sentait plus que cruellement la perte de poids. Il prenait soin d’elle et le bain chaud fit le plus grand bien à la jeune femme.
C’est pendant qu’elle se séchait tranquillement que Tristan se lava à son tour rapidement, se débarrassant de la boue due à sa remontée difficile avec la jeune femme sur le bord glissant de ce trou d’eau dangereux.
Ils s’installèrent dans le lit par la suite, dinèrent en riant et il était bien difficile d’imaginer qu’ils avaient vécu de telles horreurs ces dernières semaines tant ils semblaient heureux et… juste eux-mêmes. D’ailleurs, ils se comportaient presque comme si cette rupture n’avait jamais eu lieu. Presque… parce que si ça avait été réellement le cas, Tristan n’aurait pas hésité à la rejoindre dans le bain un peu plus tôt, il ne la couvrait pas autant du regard avec cet air si honteux et ils seraient probablement en train de s’embrasser plus que passionnément à l’heure actuelle.

Mais il valait mieux être prudent… il savait quelle était son attirance pour la jolie blonde et à quel point elle lui avait manqué… et aussi cette envie, si égoïste, de lui faire oublier cet autre homme sous ses caresses. Un égoïsme qui le dégoûtait d’ailleurs… suffisamment pour qu’il s’en veuille et se convainque dont de la nécessité d’attendre. C’était comme s’il ne s’était rien passé et en même temps comme si c’était bien plus grave que ça ne l’était réellement… du moins bien plus grave que la gravité qu’ils voulaient accorder à cet évènement. C’était comme s’il voulait tout recommencer depuis le début. Voilà, ils étaient un jeune couple, ne consommerait pas tout de suite une nuit de folie… C’était presque comme s’il voulait revivre la première fois de la jeune femme, moult douceurs et moments de patience. Sauf qu’au rappel desdits évènements, la demoiselle, elle, n’avait pas été très longtemps patiente justement !

Mais ils s’amusaient, se retrouvaient, c’était le principal. Par contre, la demoiselle aveugle n’était guère adroite avec une fourchette et après avoir manqué de se faire éborgner à deux reprises, il décida de surveiller tout objet piquant s’approchant de son visage, même dans la meilleure intention du monde. Elle mangeait bien, ce qui lui réchauffait le cœur et son sourire était le plus beau des trésors. Comme il lui avait manqué durant toutes ces longues semaines.
Oui, un dodo sage au final mais c’était sans doute la meilleure des choses à faire, le jeune homme avait raison. Après tout, elle avait maigri, était affaiblie par sa perte de magie, aveugle et en plus sa jambe était toujours sacrément blessée. Elle avait besoin de temps, de repos et puis, il n’avait vraiment pas envie de lui faire mal comme la grosse brute qui les avait tous les deux bernés… même s’il se doutait que dans ce cas, elle ne lui dirait rien, trop gentille demoiselle.

Il la veilla longuement et au final dormi bien peu, tout à son bonheur de pouvoir la contempler, être à nouveau dans le même lit qu’elle et sans que ce soit en cachette, sans en souffrir. Sa cécité passait inaperçue dans son sommeil et elle semblait apaisée, se blottissant d’autant plus contre lui en souriant dans ses rêves.
Le lendemain, il partit tôt. Se libérant en douceur et mettant son oreiller contre la jeune femme pour lui donner encore un peu l’illusion de sa présence, il embrassa son front et attrapant son pantalon et sa veste, sortit en silence. Il s’habilla sur le palier et sursauta en voyant la guérisseuse l’observer en haussant un sourcil. Etait-ce une petite lueur appréciative ou une… de reproche ? Il referma rapidement sa veste, se passant une main dans les cheveux pour se recoiffer… ce qui le décoiffa plus qu’autre chose puis demanda à la femme de transmettre un message à sa compagne.
Il avait des choses à faire mais il reviendrait au plus vite, elle ne devait pas s’inquiéter.

La guérisseuse avait levé les yeux au ciel, agacée de servir de répondeur sans doute mais avait accepté. Avant qu’il ne sorte, elle lui avait alors rappelé de faire un peu attention et de se ménager. Il lui avait accordé un sourire d’ange malgré son regard fuyant alors qu’il ajoutait qu’il ferait ce qu’il pourrait. Elle avait marmonné toute seule alors qu’il sortait rapidement.

Il ne mentait pas, il avait réellement des choses à faire et pas qu’un peu !!! Rentrer à l’Académie était sa première mission et nullement pour rejoindre une autre demoiselle près de Glindel, bien sûr que non, simplement pour essayer d’arranger au mieux le retour de la jeune femme et de rassurer ceux qui se posaient des questions sur son absence. Le responsable auquel elle avait délégué son rôle de directrice quand elle était tombée en dépression reçut une visite du jeune homme lui expliquant qu’elle était en déplacement pour affaires… Mais Tristan était malgré tout très bien élevé et ne passa le voir que suffisamment tard dans la matinée pour ne pas le réveiller. Il voulait lui faire plaisir, qu’elle soit heureuse, un peu… après tout ce qui s’était passé et pour cela… Il avait du pain sur la planche. Mais avant tout, il devait récupérer des affaires de la jeune femme. Passant par leur passage secret de peur d’être surpris dans le couloir, il avait apporté avec lui un grand sac et prit quelques robes de la jeune femme, des affaires dont elle pourrait avoir besoin ces prochains jours ainsi que son journal intime si elle souhaitait écrire que le nuage sombre s’était enfin levé, mettant fin aux tourments dont elle s’était en très légère partie délaissée en les écrivant alors qu’il l’écoutait, en secret depuis sa chambre. Le petit chat de la jeune femme était dans la chambre du Drakkari et l’observait avec curiosité, miaulant… Tristan le caressa un peu ce qui le fit ronronner de bonheur puis l’animal s’éclipsa passant… à travers le mur. Ah oui, c’est vrai que Cassidy n’avait pas encore assisté à ces manifestations magiques.

Elle ne lui avait probablement pas trouvé de nom d’ailleurs. Elle avait de la chance que le petit animal ne soit pas parti. Non nommé, ceux-ci avaient tendance à peu considérer leur maître et à leur désobéir plus que de raison. Ils allaient devoir rapidement lui en trouver un.
Tristan s’affaira ainsi un bon moment avant de finalement retourner dans sa propre chambre, il laissant le sac. Elle aurait quelques tenues de rechange comme ça et serait sans doute bien plus à l’aise dans ses propres vêtements. Il prit ensuite soin de ranger la chambre de la jeune femme dans un bazar peu qualifiable. C’était par rage et peine qu’elle avait mis sa chambre sens dessus dessous, et un peu de rangement ne pouvait vraiment pas faire de mal. Il y passa pratiquement toute la matinée, allant ensuite prévenir le responsable du « voyage » de la jeune femme.

Enfin, Tristan passa aux cuisines. Il ne fut pas très bien accueilli. Apparemment, les petites lutines étaient très inquiètes pour la jeune mage et ne comprenaient pas le comportement récent de leur bienfaitrice. Kimmy avait donc dû leur expliquer dans les grandes lignes qu’elle était amoureuse du Drakkari, qu’ils étaient plus ou moins ensemble et qu’il avait cruellement rompu avec elle. Autant dire qu’elles n’étaient pas du tout dans l’optique de l’accueillir gentiment, bien au contraire. Le jeune homme dut même se jeter au sol pour éviter les ustensiles de cuisine qu’on lui jeta dessus dès son entrée et surtout dès qu’il eut refermé la porte. Les plus haineuses avaient même envoyé des couteaux et malgré leur petite taille, leur magie était puissante, le prouvait le gros couteau de cuisine profondément enfoncé dans la porte de bois. Tristan dut déployer des trésors de patience et d’innocence pour les convaincre qu’il y avait une explication derrière tout ceci et que justement il voulait emmener Kimmy avec lui, qu’elle expliquerait de ses mots à ses sœurs ce qu’il en était.
En fait, ça ne suffisait même pas et il dut jurer aux petits êtres bleus ses sentiments pour la jolie mage. Apparemment, sa voix vibrait suffisamment de sincérité pour qu’elles lui accordent le bénéfice du doute mais ce ne fut pas sans mal.

Kimmy le suivit mais elle avait la mine sombre et semblait lui en vouloir énormément. Il ne pouvait rien lui expliquer soi-disant, prétextant qu’il préférait que la jeune femme lui explique elle-même. Après tout il ignorait ce qu’elle était prête à avouer à son amie lutine. Elle avait tout de même contre toute attente fréquenté un autre homme par vengeance et… lui avait même cédé bien plus qu’un baiser. Ce n’était pas à lui de juger ce qui était bon d’avouer ou de cacher. Néanmoins, il demanda à la lutine de se calmer, lui promit qu’il l’amènerait à Cassidy mais que pour l’instant il avait beaucoup de choses à faire. Il lui demanda de préparer quelques plats à emporter pour la jeune femme qu’elle aimerait bien manger, lui assura qu’elle allait beaucoup mieux même si elle avait une faiblesse magique dont elle lui parlerait elle-même. Il s’empressa également de la rassurer.

- Je sais que tu m’en veux beaucoup et moi aussi je m’en veux, crois-moi… mais… elle t’expliquera. Je peux te jurer cependant que tes révélations sur son passé n’ont en rien changé mes sentiments pour elle et j’aurais souhaité te le dire mais malheureusement… tu m’en aurais demandé plus et ça aurait mettre Cassy en danger. Prépare ces quelques plats avec tes amies, s’il te plait. Je dois… faire quelques trucs mais on partira tout à l’heure et je t’emmènerai à elle.

Il lui avait souri, d’un air triste mais sincère. Elle semblait encore en colère mais les cernes sous les yeux du jeune homme montraient bien sa fatigue et puis… il semblait sincère. Sans doute son charme y était-il pour beaucoup…
Il la laissa donc près des cuisines et sortit de l’Académie, se rendant à Glindel et dans les environs où il passa l’après-midi.
Il rentra dans sa chambre de nombreux outils et affaires mais comme il ne croisait que peu de monde, il n’avait pas.. peu à se justifier.
Mais en fin d’après-midi, il avait installé ce qu’il voulait dans sa chambre.

Prenant un cheval, les affaires de Cassidy et les quelques plats qu’elle aimait, il monta à cheval et alla lentement pour ne rien renverser. Néanmoins, il revint rapidement. Ah bien sûr… La première chose qu’il aurait à faire le lendemain serait de se rendre dans la villa de l’horrible manipulateur pour tenter de récupérer son épée… Mais il savait qu’il en aurait des heures pour déblayer les chutes de pierres dues à l’incendie provoqué par la petite mage. Pour l’instant, on en parlait beaucoup à Glindel… mais il ne semblait y avoir aucun témoin.
Ils arrivèrent rapidement heureusement parce que Kimmy le bombardait de questions. Laissant la nourriture dans la cuisine, il alla voir Cassidy dans sa chambre sous les indications de la guérisseuse. La petite lutine le précédait et commença aussitôt à questionner son amie. Tristan sentit son cœur se serrer en voyant le bandeau sur les yeux de sa belle. Oh non… non… C’en était trop ! Le dur rappel de sa cécité, due au fait qu’il ait été incapable de la protéger était bien difficile à supporter. Il s’était crispé à l’entrée de la porte, la poignée de celle-ci crissa légèrement sous la force de sa poigne. Il était vraiment tendu là.

Déjà la lutine bombardait son amie de question. De son côté, il baissa la tête, pris de culpabilité, remarqua tout de même qu’elle semblait chercher quelque chose ou plutôt quelqu’un, marmonnant à son amie qu’elle lui expliquerait. Il s’avança doucement et s’assit sur le bord du lit un court instant. Elle se guidait aux bruits apparemment car elle s’approcha aussitôt, un peu maladroitement de lui, enfin autant qu’avancer à quatre pattes sur un matelas le permet. Il passa doucement une main dans ses cheveux en souriant et déposa un baiser rapide sur ses lèvres mais avec beaucoup de douceur encore une fois, comme s’il craignait de la blesser davantage. Sauf qu’elle s’accrocha à lui.

- J’ai des choses à faire Cassidy. Je dois y aller pour l’instant. Je t’expliquerai. Tu es en sécurité ici, repose-toi.

Il ne lui avait pas laissé le loisir de rétorquer, se libérant sans brusquerie mais fermement de sa main sur son bras. Pauvre petite mage… Elle avait bien de quoi devenir folle… et d’imaginer le pire.
Il retourna à l’Académie après avoir demandé à la guérisseuse de simplement réchauffer les plats de la jeune femme, ne voulant pas en plus lui imposer de cuisiner pour sa patiente. Elle lui barra néanmoins le passage avant qu’il ne sorte, lui répétant de se ménager, ce à quoi il répondit en haussant les épaules… Il avait à faire.
Cassidy n’avait rien de mieux à faire pour l’instant que de se reposer et de se ménager… Tant qu’il était près d’elle, la tentation était si forte qu’il savait plus raisonnable de s’éloigner, simplement.
Elle ne se rendait pas compte… Lui n’était pas aveugle et même s’il déplorait sa perte de poids, il la trouvait toujours aussi attirante et… rester près d’elle… sans la toucher… sans l’embrasser… le pouvait-il seulement ?
Au moins Cassidy avait-elle de la compagnie et pouvait-elle discuter avec son amie et la rassurer.

Tristan c’est vrai, ne revint que le lendemain et c’était une chance qu’elle soit aveugle. Il avait les traits tirés, les cheveux encore plus en désordre et semblait avoir avalé des litres de café pour se tenir éveillé. Il sourit néanmoins en la voyant et resta un long moment à son chevet même si elle ne s’en rendit que peu compte puisqu’elle dormait. Quand elle s’éveilla et qu’il la salua, elle réclama un baiser à sa façon en cherchant à l’embrasser. Il y répondit tendrement mais repartit également presque aussitôt. Les jours suivants se ressemblèrent énormément. Cassidy progressait vraiment, elle s’habituait à sa cécité, elle devenait plus sûre d’elle et détestant l’inactivité, elle avait trouvé le moyen de s’entraîner avec son amie lutine sous le regard agacé de la guérisseuse qui faisait bien des compte-rendu à Tristan.
Le jeune homme l’observait parfois quand il faisait des haltes par là, son cœur se gonflant de fierté alors qu’il constatait ses progrès. Mais il ne pouvait pas passer son temps près d’elle. Tout d’abord parce qu’il avait effectivement beaucoup de choses à faire. Et ensuite parce qu’elle était… de plus en plus tentante. Et même son bracelet magique autour de son poignet ne suffisait pas à calmer ses pensées.

Finalement, un soir, Kimmy rentra à l’Académie et lui écourta son « travail ». La nuit tombait tôt à cette époque de l’année et comme il rentra alors qu’elle était tombée depuis peu, il ne rentrait pas trop tard ce jour-là justement. Il entendait des bruits d’eau et c’est donc très naturellement qu’il s’avança jusqu’à la salle de bains adjacente. La porte était ouverte et il passa donc naturellement la tête à l’intérieur. Cassidy lui parla alors même qu’elle ne pouvait vraiment pas savoir que c’était lui. Il haussa un sourcil surpris puis esquissa un léger sourire… Elle était vraiment impressionnante.
Il entra un peu plus dans la pièce, observant son dos et la masse de cheveux dorés. La tentation de la rejoindre était grande mais il devait éviter… sauf que la demoiselle ne lui en laissa pas l’occasion.
Elle exigeait qu’il la rejoigne. Il en ressentit un certain soulagement même s’il hésita une seconde. S’assurant que son bracelet tenait bien en place, il se déshabilla rapidement et marqua un nouveau temps d’hésitation, les mains sur son boxer. L’enlever, le garder ? L’enlever… le garder…
Finalement il l’ôta et la rejoignit sans un mot dans la baignoire, s’asseyant en face d’elle.

Ca faisait un moment déjà qu’il n’avait pas pris le temps de souffler et de la regarder. Bien en face d’elle, il constata effectivement ses énormes progrès. Son visage avait retrouvé des couleurs même si elle restait pâle mais elle l’avait toujours été après tout. Ses épaules minces émergeaient de l’eau savonneuse, elles étaient juste fines, minces, terriblement tentantes, pas maigres. Un sourire éclaira son visage. Il ne voyait pas vraiment son corps, mais ses joues étaient lumineuses, ses cheveux brillaient, ses lèvres attiraient diablement son regard et il crevait d’envie de l’embrasser mais il resta immobile, se contentant de l’observer.

Ils commencèrent à parler un peu et il lui expliqua qu’il s’occupait. Elle était un peu curieuse et il remarqua la peine sur son visage. Dans l’eau, il effleura une de ses chevilles du bout des doigts puis lui parla, juste un peu. Il lui assura qu’il n’y avait pas de problème, qu’il avait juste beaucoup de choses à faire et… que lorsqu’elle retrouverait la vue, elle comprendrait. Il ne lui donnait pas plus d’indices ce vilain garçon mais apparemment sa caresse ou ses quelques mots la rassuraient suffisamment pour qu’elle lui réponde sans plus lui poser de question.
Apparemment il lui manquait. Son cœur se serra un peu alors qu’il se sentait en même temps très heureux et flatté. Pourtant, il avait baissé les yeux, regrettant de lui faire vivre ceci. Mais comment lui dire qu’il se donnait l’impression de ne pas la mériter et que ce ne serait à nouveau le cas que lorsque… elle recevrait « son cadeau ». Il avait posé son épée contre un des meubles de la chambre en entrant quelques minutes plus tôt. Il l’avait retrouvée, avec un soulagement certain…

Il se souvenait sans mal de la pointe de reconnaissance de sa compagne quand il lui avait rapporté ses affaires mais ça n’avait pas vraiment compensé ses absences. Il était en train de se remémorer ceci lorsqu’elle s’avança dans la baignoire pour l’embrasser. Il sentit chaque parcelle de son corps frissonner sous ce long et tendre baiser. Il s’efforça de demeurer calme, le bracelet l’aidant bien en lui envoyant de petites décharges mais il passa quand même une main dans le dos de sa compagne, une autre sur sa joue si douce, lui rendant son baiser… Long et court en même temps mais si doux…
Son cœur s’emballait. Qu’elle lui manquait !!!! A quoi bon tout ceci ? A quoi bon cette distance ???

Elle s’était rassise, le laissant sans voix, se lavant innocemment et il se sentit très bête l’espace d’un instant de craquer à ce point. Sauf… qu’elle avait un air bien innocent… comparé à la jolie lueur qui émanait à présent de son corps. Il écarquilla d’abord légèrement les yeux puis se mit à rire, d’un ton léger et ne la laissa pas finir, lui attrapant un bras pour la tirer doucement à lui, pour qu’elle s’assoit dos à lui, entre ses bras… qu’il referma aussitôt sur elle, déposant ses lèvres sur sa nuque et ses épaules.

- Princesse… tu brilles.

Il rit doucement en appuyant son visage contre sa tempe quand elle tourna la tête vers lui. Elle rougissait mais il en profita pour s’emparer de ses lèvres aussitôt, lui rendant son baiser avec les intérêts. Le problème, c’est qu’il ne pouvait pas non plus ignorer les réactions de son corps. Il frissonnait à son contact, vraiment, beaucoup même. Il se sentait extraordinairement bien à présent et se rendait compte qu’elle le délassait de sa fatigue d’un contact, d’un baiser alors qu’il faisait doucement courir ses doigts sur sa peau.

- Tu m’as manqué…

Il rit, l’embrassa encore, caressant doucement ses épaules et sa taille mais évita quand même d’exagérer. Il fallait faire attention… Mais elle allait mieux non ? Et puis à voir la lueur autour de son corps mince mais bien rétabli… elle allait même plus que mieux.
Il s’excusa doucement, alors qu’elle était bien calée contre son ventre, lui disant qu’il était désolé pour toutes ces absences mais qu’il n’en pensait pas moins à elle et que pour se faire pardonner, il lui promettait de passer la soirée, la nuit et la matinée avec elle.

- Je suis désolé si je t’ai donné l’impression de ne pas m’intéresser à toi ces derniers jours… Il n’en est rien… Et… comme je me souviens très bien de ton sourire d’ange après ta noyade, je vais me répéter… tel quel… Je t’aime ma princesse. Je t’aime vraiment… Alors… remets-toi, c’est tout ce que je souhaite…

Apparemment, ses paroles lui plaisaient et donnèrent lieu à d’autres nombreux baisers… Dieux que sa peau était douce !!! Tout chez elle lui avait manqué, même s’il regrettait encore bien fort qu’elle soit toujours aveugle. Ca durait tellement longtemps. Chaque jour il espérait et chaque jour il était déçu, ça devenait difficile à vivre mais elle allait mieux, un peu plus chaque jour et puis elle s’entraînait de nouveau, à sa façon.
Comme la baignoire était plutôt étroite et peu confortable, ils en sortirent rapidement une fois lavés et il alla chercher ses propres affaires qu’il avait apportées et qui étaient placées en pile sur une table. Comme avant, il resta torse nu, et s’allongea sur le lit en l’attendant. Il se sentait un peu plus fatigué mais savait qu’une fois qu’elle serait près de lui, il serait juste apaisé et pourrait au moins passer une bonne nuit. Elle mettait du temps et il se demanda à quoi elle pensait dans la salle de bains. Il prenait quand même grand soin de ne pas trop l’assister, elle était très fière comme jeune femme et voulait se débrouiller seule. Sa force de caractère forçait le respect alors il ne disait rien, se contentant d’attendre. Elle finit par le rejoindre et il remarqua aussitôt… oh eh bien qu’elle brillait encore. Ce simple constat lui enflamma les reins. Outch !!!! Ce n’est pas l’envie qui lui manquait mais… était-ce bien prudent hein ? Sans doute pas.

Elle se glissa dans le lit et il se rapprocha aussitôt d’elle pour la reprendre entre ses bras, déposant de nombreux petits baisers sur son visage. Il prit une de ses mains et la porta à son torse. La vilaine blessure due à la lame qui avait bien failli le tuer n’était plus qu’une petite cicatrice… Mais il lui indiqua qu’il gardait une cicatrice de la marque de l’anneau, lui faisant découvrir du bout des doigts ladite cicatrice. Elle était beaucoup plus fine et très peu profonde mais elle restait bien présente… et devait se voir également mine de rien. Apparemment, il voulait juste le lui signaler puisque l’instant d’après, riant comme un gamin, il la chatouillait… en profitant un peu, c’est vrai, pour caresser son corps mince. Mais juste un peu hein ?!!!!
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Cassidy Herediane
Directrice de l'Académie Hysandra
avatar

Messages : 846
Date d'inscription : 26/02/2012
Age : 29

Feuille de personnage
Race: Humain Ascadian
Royaume: Territoire Neutre
Vocation: Mage

MessageSujet: Re: Mage à la ramasse   Mar 7 Mai - 23:27

Cassidy se sentait rassurée mais en même temps tellement mal à l’aise. Rassurée que cet horrible cauchemar soit enfin terminé mais un peu déboussolée par la tournure des évènements. En effet, comment pouvait-elle regarder Tristan en face après ses bêtises ? Bien évidemment, tous les deux avaient été forcés d’agir ainsi. L’un pour lui éviter une réputation salie, l’autre parce qu’elle ne savait plus vers qui se tourner.

Mais une chose était sûre, la petite mage n’était pas prête de se remettre de ses émotions. Un choc, un traumatisme dont il était dur de se remettre pour elle. Voir la souffrance sur le visage de Tristan quand il assistait à ses… activités peu recommandables, jamais elle ne pourrait l’oublier, jamais. Prendre confiance en soi demande beaucoup de temps et de patience, surtout dans ce domaine totalement inconnu pour elle. Ce n’est pas comme avec la magie où elle se sent beaucoup plus à l’aise, c’était quelque chose de naturel, instinctif. Des bases solides, un peu de théorie sur laquelle elle s’appuyait et des consignes à respecter.

En revanche, en amour, c’était bien autre chose. Un terrain inconnu et difficile d’accès. De grosses embûches sur le chemin où tous les doutes sont permis. Alors non, on ne pouvait pas dire que Cassidy avait une grande confiance en elle en ce moment, contrairement à Tristan qui lui faisait tout pour être à l’aise. Bien que là ils avaient besoin de communiquer.

Le fait de ne plus voir, ne dérangeait pas la demoiselle. Au contraire, elle était parfaitement calme, acceptant cette punition de ne pas voir l’homme qui comptait le plus à ses yeux et qu’elle avait, de son point de vue, trahi. Heureusement que l’ambiance se réchauffait même si ils restèrent sages le reste de la soirée. Elle avait bien besoin d’un bain après cette baignade à l’improviste dans les eaux glacées du lac. En hiver ce n’est pas très recommandé et Cassidy aurait de la chance d’éviter un bon rhume. Surtout qu’elle et les potions, ça fait deux.

Oui en effet, ils se retrouvaient et pour le moment, la jeune femme avait décidé de chasser de sa mémoire les derniers évènements. Dans un sens, cela la soulageait de parler avec désinvolture. Au moins elle arrivait à reconnaître qu’avec Tristan elle se sentait bien, en sécurité. Le fait d’avoir fréquenté un autre homme en se forçant, mais fréquenté quand même, lui avait fait conclure qu’il n’y avait pas eu cette petite étincelle, ce contact naturel qu’elle éprouvait pour le Drakkari.

Ils mangeaient tranquillement et bien sûr, le fait de ne pas voir était terriblement handicapant. Mais son handicap ne lui donnait pas un air de désespoir, se poser toutes sortes de questions comme le fait de savoir si elle retrouverait la vue un jour, si elle avait perdu de sa magie. Non elle n’y pensait pas vraiment et le fait de se réconcilier avec Tristan était le plus beau des cadeaux. La demoiselle se permettait même de sourire, d’un sourire au départ un peu crispé. Il faut dire que ses muscles faciaux n’étaient plus habitués à cet exercice depuis de longues semaines déjà.

Elle s’endormit rapidement, épuisée par la journée, et son organisme réclamait beaucoup de sommeil ainsi qu’un repos forcé. Mais elle était bien et enfin depuis plusieurs semaines son sommeil était un peu plus paisible, bien que l’image d’un Tristan traversé par une dague sanglante lui retourna l’estomac et elle s’agita un peu plus, agrippant d’une main le torse à Tristan, enfonçant légèrement ses ongles dans la peau du Drakkari, preuve de son sommeil quelque peu agité au passage.

Le lendemain matin, elle se réveilla seule et dans le noir. Enfin elle ne s’en rendit pas compte tout de suite mais il était impossible que Tristan lui joue une mauvaise blague en se cachant et profitant de sa cécité pour lui faire peur après toutes ces mésaventures. La guérisseuse vint la voir rapidement pour lui expliquer et Cassidy était un peu déçue d’être si vite abandonnée alors qu’elle avait besoin de lui à ses côtés.

D’ailleurs beaucoup de questions envahirent sa petite tête. On ne peut pas changer du jour au lendemain et une Cassidy qui ne cogite pas n’est pas une Cassidy. Et elle était bien loin de se douter des activités de Tristan. Au contraire elle avait tout faux, croyant qu’il l’a délaissait car elle était bien handicapée et incapable de se déplacer, faible. Enfin elle se dénigrait énormément comme à son habitude, croyant qu’elle était un poids, un fardeau, qui ne pouvait pas le suivre. Ou bien peut-être qu’il avait besoin d’être seul.

Seulement, le fait de se torturer de questions pendant un bon moment de la journée n’était pas bénéfique à son rétablissement. C’est pourquoi malgré la guérisseuse qui lui conseillait d’éviter de bouger, la jeune femme décida de sortir pour méditer. A vrai dire, elle avait une idée derrière la tête. Même si c’était quelque chose de pas évident du tout que de se concentrer sur autre chose, Cassidy refusait de rester inactive. Elle avait quelque chose à prouver, qu’il soit fier d’elle-même si au final elle n’était pas sûre de s’en rendre compte. Il n’allait certainement pas lui dire à voix haute, après tout les compliments il fallait aller les chercher.

Tristan revint bien plus tard en compagnie de Kimmy mais Cassidy se sentait encore plus gênée que de devoir expliquer ce qui s’était passé. Elle aimait se faire discrète, et amie ou pas, n’avait pas eu l’habitude de compter sur grand monde. La peur d’être jugée est toujours présente, le stress à avoir que de devoir se justifier. Et elle ne savait pas vraiment par où commencer. Tristan était là, elle attendait des explications sur son absence mais il ne lui laissa pas le temps. Ce qui inquiéta encore plus la petite mage même si pour le moment elle devait répondre à Kimmy, passage obligatoire qu’elle redoutait.

Kimmy n’était pas née de la dernière pluie, et se doutait bien que Cassidy ne disait pas tout. En effet, cette dernière avait parlé de cet autre homme mais avait volontairement négligé de rapporter qu’elle avait cédé à ses avances dans le lit, qu’elle avait bu. Non ce passage là, il lui était impossible de le révéler pour l’instant tellement la honte était grande. Kimmy parla un peu, semblait soulagée et inquiète de la cécité de son amie. Elle sentait qu’une énorme dose de magie avait été utilisée, bien plus que ce que Cassidy faisait en temps normal.

Décidément la petite mage n’avait pas cherché à se ménager bien que Kimmy savait pertinemment qu’elle n’en saurait pas plus. Elle connaissait bien le caractère discret de Cassidy qui ne s’étalait pas des masses.

La jeune femme semblait troublée et elle demanda à Kimmy si elle avait vu des choses, ou si elle savait ce que mijotait Tristan. Apparemment pas à part qu’il avait demandé à ce qu’elle prépare des bons petits plats et elle précisa également qu’il lui avait apporté quelques affaires. La bouche de la jeune femme prit une moue surprise et pencha légèrement la tête sur le côté. Elle avait attrapé sur le lit ce qui semblait être son journal intime. Il avait pensé à ça ? Gentille intention de sa part quand même.

Les jours d’après, Cassidy avait décidé de ne pas rester inactive et même si Kimmy désapprouvait ses actions, elle ne pouvait pas empêcher la jeune femme de bouger, à moins de la ligoter dans le lit et ça Cassidy n’approuverait certainement pas. Heureusement les jours passaient, et malgré une cécité toujours présente, la jeune femme persistait dans ses efforts, dans l’espoir d’impressionner Tristan. Oui mais voilà il était tellement peu présent qu’il était impossible pour la jeune femme de lui montrer de quoi elle était capable. Et cela l’attristait un peu, bien qu’elle ne le montrait pas.

D’ailleurs, un jour, en fin d’après midi, Cassidy était assise sur une pierre, une balle dans ses mains. Son visage était tourné vers la forêt, Kimmy sur son épaule et la mage ne disait pas un mot, plongée dans ses pensées. La lutine décida de rompre le silence, abordant un sujet peut-être un peu épineux.

- Ca ne te dérange pas de ne plus voir ?

Cassidy avait tressaillit à cette évocation mais s’était radoucie en esquissant un très léger sourire au passage en baissant la tête vers la balle.

« Je pourrais bien dire que oui c’est un peu dérangeant et c’est là où on se rend compte que la vue est un merveilleux présent mais… »

Elle avait prit une expression un peu plus déterminée malgré son bandeau sur les yeux.

« Pour éviter de déprimer, le mieux c’est d’apprivoiser son handicap. Je me rappelle que mon maître me disait qu’une faiblesse est une épreuve à subir. Il faut décider entre être passif ou vouloir changer cette faiblesse en force. Pour ne pas… devenir dépendant »

Kimmy semblait impressionné par cet état d’esprit. Ainsi Cassidy se battait contre sa condition actuelle et cherchait à l’améliorer. C’est tout à son honneur après tout. La lutine ne rajouta rien car il n’y avait rien de plus à dire. Mais cela témoignait d’une grande force d’esprit et surtout, le fait que Cassidy ne se laissait pas atteindre prouvait que la zone orageuse était passée. Peut-être même que Tristan y était pour quelque chose, bien que ce malotru ne restait pas longtemps ici et qu’elle irait bien lui tirer les oreilles pour le coup.

Une journée passa encore. Cette fois Cassidy avait décidé de prendre un bain. Alors qu’elle barbotait dans l’eau, la demoiselle qui s’habituait à son état avait entendu Tristan qui arrivait. Comment pouvait-elle le savoir ? La mémorisation de ses pas, sa cadence et peut-être un soupçon de magie dans l’air.

Cette fois il ne partirait pas comme un fugitif, elle ne lui en laisserait pas l’occasion et si il n’obéissait pas, Cassidy serait bien obligée de sortir de la baignoire pour courir derrière lui et le forcer à se jeter à l’eau. Ou activer le tatouage tient, ce n’était pas une mauvaise idée. Après réflexion, elle repensa que le tatouage du Drakkari avait été malmené et qu’elle devrait vérifier ça le plus tôt possible. Mais la voix qu’elle avait ne souffrait d’aucune réplique.

Elle s’apaisa quand elle l’entendit enlever ses affaires, le tintement caractéristique d’une boucle de ceinture qu’on enlève et le bruit léger du tissu que l’on pose sur un meuble. Les pas se rapprochèrent et elle le sentit alors qu’il la rejoignait dans l’eau et que le niveau augmenta. La jeune femme en profita pour lui poser des questions au sujet de son absence. Ca se voyait qu’elle était inquiète et pas qu’un peu.

Il lui répondit évasivement sans en dire trop et la jeune femme fronça les sourcils. Cependant elle décida de lui faire confiance, il n’avait pas l’air d’être gêné, embêté ou honteux de quelque chose. Non si ça avait été quelque chose de délicat il n’aurait pas pris la peine de parler sur ce ton là.

Ils parlèrent un peu bien que Cassidy n’aborda pas avec lui ses progrès. A vrai dire, elle ne savait pas comment aborder ce sujet et ne voulait absolument pas passer pour une prétentieuse ou une imprudente qui utilise un peu de magie pour éviter l’inactivité. Elle semblait aussi un peu jalouse mais ne disait rien et était un peu rassurée de voir Tristan à ses côtés. Enfin voir… tout est relatif.

Elle sentit qu’il avait mis sa main sur sa cheville, comme pour montrer qu’il était bien présent. Ce bain chaud donnait des idées à la jeune femme et c’est alors qu’elle décida de l’embrasser… comme ça… tout simplement parce qu’il lui manquait. La demoiselle était plutôt hésitante au départ comme si elle doutait de mériter et surtout qu’elle avait peur de se prendre un refus. Bah oui après tout elle ne voit toujours pas l’état de son corps et comme il disait qu’il ne la toucherait pas. De l’hésitation…

Au final, la jeune femme se laissa aller, surtout que Tristan avait passé un bras dans son dos comme pour l’empêcher de se dégager. Et ce baiser elle l’apprécia encore plus que les autres jours, savourant toute la valeur de celui-ci. Un peu trop d’ailleurs et des pulsions qu’elle n’avait pas eu depuis un long moment remontèrent à la surface. Surtout qu’elle avait bien toucher le corps de son compagnon et que cela lui donnait des frissons. A ce moment là, Cassidy regrettait de ne pas voir, même si elle savait pertinemment que cela aurait été encore plus dur que de résister à la tentation.

Elle lui décrocha un beau sourire avant de se caler de l’autre côté de la baignoire, se lavant tranquillement et chassant de son esprit les idées qui l’assaillaient ainsi que les battements de son cœur qui s’accéléraient.

*Reste tranquille Cassy… Ce n’est pas le moment de penser à ça*

Sauf que sa brillance ne passa pas inaperçue. Elle redressa la tête en entendant Tristan rire, penchant la tête vers le côté droit, prenant un air surpris car elle ne comprenait pas la raison de ce rire. Elle avait de la mousse partout ? Ou du chocolat sur les joues ? Heuuu…

La jeune femme resta le bras statique, ouvrant la bouche pour lui demander la raison de son amusement mais avant même qu’elle ne comprenne ce qui lui arrive, la petite mage se retrouva contre le torse de son compagnon alors qu’il la serrait contre lui. Heu oui pourquoi pas mais ce n’était pas une bonne idée à cause de ses pensées du moment et puis elle allait finir par se laisser aller et peut-être que maintenant hum… difficile de réfléchir !

Il lui expliqua tout simplement. Cassidy tourna la tête vers lui et devint bien rouge avant de bredouiller. Tristan l’embrassa et elle se sentit encore plus légère que d’habitude. Une décharge s’empara de son corps et elle se sentit planer sur un petit nuage avec les oiseaux qui chantent et le soleil qui sourit. Mais était-ce vraiment une bonne idée ? Parce qu’il était sacrément tentant et le toucher était trèèèèèès sensible chez elle en ce moment.

Elle était posée contre lui, cherchant un peu à se calmer et il lui sortit de très jolies paroles qui émurent la demoiselle. Cassidy se redressa un peu et prit le visage de Tristan dans ses mains avant de se rapprocher et de l’embrasser une nouvelle fois, le couvrant de baisers. Il lui avait dit qu’il l’aimait. C’était vraiment… elle avait l’impression de rêver. De planer. Oui la jeune femme semblait vraiment heureuse et touchée par ses jolies paroles. Et puis le désir de son corps ne la laissait pas indifférente pour autant. Mais nom d’un pamplemousse que la baignoire était étroite ! Et puis à chaque nouveau baiser l’envie de la jeune femme s’enflammait d’une ardeur nouvelle, et il fallait bien s’arrêter avant le point de non retour.

Ils sortirent finalement et Tristan laissa Cassidy se débrouiller seule. Heureusement parce que là elle était un peu chamboulée, se demandant si elle pouvait oser mais toujours avec ce petit défaut que d’avoir couché avec un autre homme qui l’empêchait de se lâcher complètement. Elle avait longuement tourné dans la salle de bains en soufflant, inspirant, tentant de calmer les pulsions de son corps, sans voir si sa lumière était partie et était en proie à un conflit intérieur plus qu’intense.

La demoiselle avait enfilé une des nuisettes que Tristan avait ramenées de l’Académie et tentait de mettre de l’ordre dans ses cheveux. Elle ouvrit le jet d’eau pour recevoir un peu d’eau froide sur le visage et se remettre les idées en place avant de le rejoindre. Etre toute gentille… pas de tentation. Oui c’était peut-être un peu trop tôt.
La jeune femme se calma petit à petit mais son corps n’était pas d’accord et lui rappela malgré elle alors qu’elle sortait de la salle de bains, un air plus calme et innocent avant de se glisser dans le lit automatiquement. Savoir que Tristan resterait avec elle la rendait ravie et puis il n’y aurait pas de soucis ou de dérapage non ? Il prit sa main et lui fit sentir cette cicatrice en forme de croix qu’il gardait sur le torse. La demoiselle grimaça et prit un air fautif puis sourit timidement. Il la caressait et cela décuplait ses sens, s’en rendait-il compte ? Cruel jeune homme.

Puisqu’il voulait jouer à ça elle n’en serait pas en reste. La jeune femme le fit basculer sur le côté et se retrouva au-dessus de lui. Il la tentait, elle ne serait pas la seule à en profiter. Cassidy commença par faire de très légères caresses sur le torse du jeune homme puis avança sa tête pour caresser son nez contre le sien.

Elle déposa sur ses lèvres un baiser plein de passion. Qu’est ce qu’il lui avait manqué… Au moins là elle n’était pas soul, ni se sentait contrainte. Ses mains se firent plus baladeuses alors qu’elle inspectait en détail le corps de son cher et tendre. Sauf qu’à jouer à ce petit jeu, l’envie était beaucoup plus présente et le retour en arrière difficile. Elle en perdait le souffle, haletante. Heureusement que la guérisseuse n’était pas dans les parages…
Tristan enchaina ensuite et chacun tentait de se surpasser en démonstrations de caresses et baisers enflammés. Cassidy se retrouva rapidement en dessous de lui, souriant timidement, et passa les mains dans son dos pour déposer un nouveau baiser sur ses lèvres. Hum peut-être qu’elle n’arriverait pas à s’arrêter à temps au final. Et puis… elle se sentait encore un peu fautive.

Tristan devait le remarquer car il reprit les commandes en douceur, et puis finalement il faudrait bien la faire taire cette lumière sinon Cassidy ne réussirait certainement pas à dormir dans cet état.

Alors timidement, ils se lancèrent dans un de leurs jeux favoris, après s’être tourné autour pendant un bon moment. Une chose était sûre, cela était plus évident que ca en avait l’air et l’alchimie fonctionna très bien entre eux. Le manque des deux, le plaisir de la redécouverte. Elle murmura à la fin qu’elle n’avait jamais été aussi bien depuis bien longtemps. Cela se voyait à son visage apaisé. Pour cette nuit oui, elle était totalement comblée et s’endormit sereinement.

Le lendemain matin, Cassidy s’était réveillée la première. Pas d’amélioration au niveau de sa vision mais elle tata sur le côté et sentit Tristan à côté d’elle. Il ne parlait pas et ne bougeait pas, certainement en train de dormir. La demoiselle se mit à sourire, chercha de sa main la tête du Drakkari et caressa doucement ses cheveux avant de se lever discrètement et de sortir de la chambre.

Elle revint un peu plus tard avec un plateau de croissants et brioches, du jus de fruit, café et autres boissons. La jeune femme tirait la langue alors que Tristan commençait à émerger et qu’elle s’appliquait à ne rien faire tomber. Victorieuse, elle fit un beau sourire avant de se tourner vers Tristan qui bougeait dans le lit. Elle se reposa à côté de lui pour un câlin matinal et se blottit contre lui.

« Tu as bien dormi ? »

Apparemment oui il avait l’air bien. Ils mangèrent tranquillement tout en discutant alors que Cassidy fit la moue.

« Tu en as encore pour longtemps de ce que tu as à faire ? »

Sa réponse la rassura et Tristan partit avant le midi, en laissant un dernier baiser pour sa compagne. Kimmy était revenu et se garda bien d’interroger la petite mage qui avait un air des plus rêveurs. D’ailleurs Cassidy continua de s’entraîner dans l’après midi et semblait redoubler d’efforts pour bien faire. Et cela se voyait bien.

L’après midi elles décidèrent de faire une balade en forêt, comme à leur habitude. Cassidy se rappelait que les premières fois elle se prenait les arbres et interdisait à Kimmy de l’aider ou lui donner des indications. Elle se servait uniquement de son bâton pour s’appuyer et puis on est jamais trop prudent. Le sujet tournait autour de Tristan car la petite lutine se posait toujours et encore des questions quant à la sincérité de ses actions.

« Je t’assure que tout va bien… Nous avons juste été bernés et je n’ai plus de doutes envers lui… Pas après… »

Elle se mit à rougir et détourna la tête, repensant à l’agréable nuit qu’ils avaient passée ensemble. La jeune femme changea rapidement de sujet et parla de l’Académie et du travail qui l’attendait. Sauf qu’elles ne se doutaient pas du danger qui les guettaient. Kimmy n’avait rien vu venir mais Cassidy avait à peine ouvert la bouche qu’elle se décala sur le côté d’un mouvement rapide et attrapa une flèche au vol qui visait son dos.

L’action en elle-même était impressionnante. En effet Cassidy avait entendu le sifflement de la flèche et avait réagit en même pas une seconde pour l’intercepter. Elle montra la pointe à Kimmy qui devint pâle.

- Un poison paralysant…

La jeune femme se retourna et incanta un sort. Aussitôt son champ visuel s’améliora d’une certaine manière. En effet elle arrivait à percevoir les présences aux alentours grâce aux flux de magie. L’archer fut tout de suite localisé et elle incanta un éclair violet qui lui fonça dessus et le fit tomber de son arbre. Mais elle se rendit compte qu’il n’était pas seul. Ca ne s’annonçait pas très bon tout ça…

« Kimmy… Pars d’ici et va prévenir Tristan… Ne discutes pas et fonce »

La lutine peureuse commença à s’envoler, prête à se téléporter mais un filet lui arriva en plein dessus. Elle cria et retomba au sol. Cassidy s’en rendit compte et se précipita au point de chute mais des hommes l’encerclèrent. Ils étaient cinq et même si elle ne pouvait pas les voir, ce n’était pas normal du tout. Cassidy se mit dans une position défensive.

« Laissez nous partir avant que je ne me fâche ! »

Ils se mirent à ricaner.

- Je pense que tu n’es pas en mesure de négocier un départ. Une lutine qui vaut un bon prix et une jolie humaine…

« Fichez nous la paix… »

Ils se rapprochaient. Elle le sentait. Et ne leur laisserait pas l’occasion d’aller plus loin, cécité ou pas. La jeune femme incanta un nouveau sort. Aussitôt un brouillard envahit la zone. Les hommes râlèrent et se plaignaient de ne rien voir, insultant la petite mage au passage. Dans l’obscurité elle était beaucoup plus efficace grâce à son entraînement. Elle mena la vie dure aux agresseurs, lançant des sorts pour les bousculer, les faire tomber à la renverse et les mettre hors service. Elle en envoya deux qu’elle assomma contre des arbres avant de reculer et chercher Kimmy. Sauf qu’un des hommes encore en état avait réussi à sortir de la zone et attrapa Cassidy par derrière en l’empoignant fermement par les épaules.

Elle lâcha son bâton, commençant à se débattre et rager. Sauf qu’elle se figea net entendant un autre bruit caractéristique dans sa direction. Une nouvelle flèche se planta dans le bras de l’agresseur qui hurla avant de devenir pâle et de tomber en arrière, endormi. Cassidy n’avait pas le temps de se reposer qu’un autre homme arriva sur sa droite. Elle envoya un nouveau sort pour le neutraliser avant de se tourner.

- Arrête de te défendre ou j’envoie la lutine dans l’autre monde

Cassidy grinça des dents mais se fit plus docile.

« Espèce de lâche ! »

Un homme venait de reprendre ses esprits et immobilisa la jeune femme qui ne savait plus quoi faire. Impossible de prévenir Tristan c’était vraiment mauvais tout ça…

Sauf que beaucoup plus loin, une ombre dissimulée dans les arbres tenait un arc en joue. Silencieux, calme, il attendait la meilleure opportunité pour lancer sa flèche et dégager une nouvelle ouverture pour aller secourir la petite mage en détresse. Il allait tirer sa flèche quand quelque chose l’arrêta. Un autre individu approchait de la scène à toute allure sans prendre de précaution. L’individu encapuchonné décida de ne pas intervenir. Car en effet Tristan arrivait grâce au pendentif qui lui donnait l’alarme quand Cassidy était en danger.

Et en effet, l’homme qui tenait Cassidy lui avait asséné un coup à la tête du plat de son arme. La jeune femme ferma les yeux inconsciente sous les yeux d’une Kimmy horrifiée et impuissante.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ascadian.forumgratuit.org
Tristan Konogan
Professeur Initiation et Maniement des Armes
avatar

Messages : 594
Date d'inscription : 09/05/2012
Age : 24

Feuille de personnage
Race: Drakkari
Royaume:
Vocation: Guerrier

MessageSujet: Re: Mage à la ramasse   Jeu 9 Mai - 21:55

Déception… Profonde, terrible, incommensurable.
Ca faisait des jours que tous ces évènements s’étaient enchainés, graves pour eux deux, déterminants pour leur couple, marquant peut-être la fin de celui-ci.
Apparemment, ils s’accrochaient même s’il y avait eu de gros doutes et des quiproquos qui auraient pu ôter la vie à la jeune mage affaiblie magiquement et tellement chamboulée sentimentalement. Ils s’accrochaient parce qu’ils s’aimaient, c’était une certitude. Mais serait-ce seulement suffisant ?

Il la laissait se reposer, la laissait entre les mains de la guérisseuse puis avait eu la gentille attention de lui ramener son amie lutine même si Cassidy bien sûr détestait paraître diminuée. Mais c’est vrai, il semblait fuir et même s’il prétendait le contraire, il y avait quand même un peu de fuite.
Elle l’avait rassuré sur cet homme, c’est vrai. Elle lui avait appris que c’était plus une échappatoire qu’un intérêt pour le grand blond qui lui faisait tant de charme et qui malgré tout devait avoir des sentiments pour elle, même si en enfant pourri gâté certainement, il refusait qu’on lui dise non.
Elle avait affirmé que ce n’était qu’une façade…

Peut-être aurait-elle dû lui préciser que dès le départ elle cherchait à le faire réagir, à le rendre jaloux, il ne s’en serait senti qu’un peu mieux même si rien ne pouvait amenuiser la profonde culpabilité qu’il ressentait de ne pas avoir pu la protéger de ce vil manipulateur.
Ainsi, elle n’avait pas tellement apprécié sa nuit avec cet homme.
C’était gentil de le préciser et ça l’apaisa un peu… juste un peu… Pas par la suite.

En effet, Tristan avait énormément à faire et s’occupait beaucoup mais même si souvent c’était très physique, il ne pouvait s’empêcher de réfléchir, d’analyser la situation et de comprendre qu’elle n’avait probablement pas été totalement honnête avec lui.
Elle lui disait que le lendemain elle s’était rendu compte qu’elle avait très mal à la jambe, que ce n’était pas si bien, qu’il était brutal et égoïste. C’était sans doute vrai. Mais justement, elle avait bu, elle ne se rappelait probablement pas de tout… Lui si…Il n’avait rien bu, il souffrait certes suite au coup avec l’anneau mais ça ne lui avait en rien embrouillé l’esprit. Tout voir ou presque parce que ses larmes lui avaient permis de s’évader un peu au moins… ça avait été probablement le pire moment de cet horrible complot.

Certes il avait souffert de la faire souffrir, de lui dire ces horribles mots, de s’attaquer ainsi à elle, de ne pas la ménager, de lui mentir, de se comporter comme l’horrible salaud qu’il avait toujours prétendu être et dont il s’était révélé si loin en réalité. Mais ce moment-là… Ce moment-là était bien le pire. La voir se jeter à cœur perdu dans les bras d’un autre homme même si c’était parce qu’elle avait terriblement besoin d’être aimée, de se sentir appréciée, et même si ça lui avait probablement évité de faire une horrible bêtise… quelle horreur !
Cassidy n’était pas très douée pour faire semblant. Elle était trop douce, honnête et altruiste pour cela. Elle n’avait pas fait semblant, il le savait. Peut-être avait-elle joué un rôle à un moment… Mais l’alcool et la potion contraceptive qu’elle affirmait avoir prise (à son grand soulagement) n’avait fait qu’accroître ce qui était déjà là. Elle était attiré par cet autre homme, même si ce n’était qu’un peu et ne serait-ce que parce qu’il prenait soin d’elle alors que le Drakkari de son cœur l’avait si sauvagement maltraitée sentimentalement.

Elle n’avait pas fait semblant. C’est vrai qu’elle n’avait pas brillé et ça ne lui avait pas échappé… Peut-être que c’était justement parce qu’elle avait bu, mais elle avait aimé… Ses gémissements, ses demandes, ses exigences, ses propres actions d’ailleurs… C’était elle, pas quelqu’un qui faisait semblant, pas entièrement du moins. Alors… Peut-être essayait-elle de se convaincre que ça n’avait pas été… bien pour qu’il ne souffre pas trop, pour ne pas trop culpabiliser en plus d’essayer de le convaincre. Mais elle oubliait qu’il avait tout vu… et que même s’il lui vouait une confiance aveugle, justement, lui ne l’avait pas été ce soir là. Aveugle…
Que c’était douloureux…
Les images revenaient souvent dans son esprit, s’imprimant en boucle derrière ses paupières closes, interrompant son sommeil déjà bien écourté et lui faisant serrer si fort les dents quand il était tout à son « travail » que ses gencives saignaient. Le goût de son sang le soulageait à peine, lui prouvant pourtant qu’il était vivant et qu’ils étaient sortis de cette horrible galère.

Il n’empêche, il était heureux qu’elle sache pour tout ceci. Qu’il n’avait jamais cessé d’avoir des sentiments pour elle et n’avait cherché qu’à la protéger, de la plus difficile des façons qui soient. Oh ça, oui il avait souffert et elle aussi devait beaucoup en souffrir. Avec un soulagement très égoïste, il s’en rendait compte, il savait qu’elle aussi souffrait beaucoup de ne pas avoir compris, elle s’en voulait certainement plus que de raison de ne pas avoir saisi ses messages cachés. Après tout, il avait tenté d’en faire passer malgré tout, pour la prévenir. Lui dire qu’il ne l’avait jamais aimé alors qu’il lui avait avoué bien plus tôt qu’il avait des sentiments déjà pour la Cassidy enfant. Ca aurait dû l’interloquer mais il savait bien qu’au fond c’était beaucoup trop lui demander. Cassidy était une jeune femme vive, intelligente, courageuse et très forte… mais essentiellement pour les autres, pas pour elle. Elle manquait terriblement de confiance en elle et en particulier en amour où elle débutait complètement puisque tous ses souvenirs de leur courte « relation » sept ans plus tôt lui avaient été totalement arrachés.

Oui elle aurait dû se douter qu’il y avait un problème mais il ne lui reprochait pas de ne pas avoir compris parce qu’il avait quand même fait beaucoup pour ne pas éveiller ses soupçons. Un rien aurait pu la mettre dans une tragique situation. Le tatouage informait le mage du blond de tout ce qu’il faisait, de tout ce qu’il disait, tenter de communiquer avec elle pour qu’ils lient leurs forces contre ce sale type se serait très sinistrement soldé à coup sûr.

Alors oui… Il fuyait…
Il ne supportait que difficilement de voir sa cécité qui malmenait son cœur déjà en morceaux. Parce qu’il savait que tout était de sa faute et que s’il avait été ne serait-ce qu’un peu plus fort, ça ne serait pas arrivé. Et s’ils n’avaient pas été ensemble… elle n’aurait jamais non plus été dans une telle situation. Il n’y avait pas de progrès et ça l’inquiétait… Etait-il prêt à prendre son mal ? Oui… sans doute… Pourrait-il vivre avec… Certainement pas. Priver un guerrier de ses yeux est une chose, priver l’artiste qu’il aurait dû devenir de la seule chose qui l’avait toujours réconforté, la beauté du monde dans lequel ils vivaient… c’était pire que tout.

Oui, elle avait beaucoup de cran, beaucoup de force de supporter sa cécité et de vivre avec et Kimmy avait tout à fait raison d’être émerveillée et admirative devant tant de courage. Mais elle ne savait probablement pas que son amie y voyait aussi une sorte de punition pour ce qu’elle avait osé faire et pensait que ce handicap était en quelque sorte… sa rédemption.

Enfin… Ils allaient mieux tous les deux. Physiquement Tristan était en meilleure forme, enfin plus ou moins, il récupérait ses forces et se remettait de ses blessures mais en même temps il ne se ménageait pas avec toutes ces choses qu’il prétendait avoir à faire et qui l’éloignaient constamment de sa compagne. Néanmoins, quand il revenait, il allait toujours la voir et généralement il revenait avec des cookies pour elle, des fleurs piquées dans la serres d’une certaine jeune elfe qui ne devait guère apprécier. Il ne restait pas bien longtemps en général. Mais il revenait et parfois assistait à ses progrès. En tous les cas il se tenait très au courant là-dessus via la guérisseuse qui malgré tout se faisait très discrète et n’était pas du tout pénible avec la petite mage même si elle avait son caractère.
Bah…il s’intéressait quand même beaucoup à tout ce qu’elle faisait, surtout qu’il n’était pas suffisamment présent pour y assister en direct alors c’était sa façon de se… rattraper un peu. Et puis il savait qu’elle, elle n’en parlerait pas, elle était bien trop modeste pour ça.

Les choses avançaient bien à l’Académie. Il avait presque fini et ses muscles étaient douloureux mais… ça avançait. Il espérait que tout serait prêt… En quelque sorte la durée de sa cécité l’avait aidé à tout mettre au point donc… dans un sens, c’était une bonne chose qu’elle n’ait pas encore récupéré la vue même si c’était assez égoïste comme pensée. Mais… elle devrait comprendre ses absences quand elle découvrirait sur quoi il avait travaillé tout ce temps et quelques explications suffiraient sans doute à tout lui faire oublier dans une belle idylle.

Il était rentré donc… Plus tôt. Oui, il avait mal partout quand même et aurait presque tué pour un massage. Cassidy était dans son bain et il passa simplement la tête par l’ouverture de la porte. Mais la demoiselle avait l’ouïe fine, s’était bien vite adaptée à sa cécité et refusait que son demoiseau lui échappe encore. Non mais quel vilain garçon aussi, il ne cessait de la laisser seule !!!!
Elle exigeait qu’il la rejoigne et s’il marqua un temps d’arrêt, un sourire amusé s’empara de ses lèvres. Pourquoi pas. Il avait bien besoin d’une douche supplémentaire pour se détendre et puis… ça faisait bien longtemps qu’ils n’avaient pas eu droit à une telle proximité même si celle-ci n’était pas pour le rassurer car un seul regard sur la demoiselle lui enflammait les sens. Pas certain de pouvoir rester très innocemment près d’elle.

Il s’était débarrassé de ses vêtements et avait jeté un coup d’œil à son reflet de profil dans le miroir avant de se faire une légère grimace… Il avait un peu pâli… mais c’était sans doute dû au temps grisâtre de ces dernières semaines. Toujours aussi musclé, bien bâti, il n’avait pas à avoir honte de son corps loin de là même si ses sourcils se froncèrent légèrement alors qu’il observait sa cicatrice en forme de x. Elle persistait, elle resterait probablement à vie. Il allait devoir le dire à Cassidy. Pas sûr que cela lui plaise beaucoup. Ca leur rappellerait sans doute longtemps ces mauvais moments.

Il s’était glissé dans le bain avec elle. L’eau était montée c’est vrai, pas qu’un peu d’ailleurs, ce qui n’était pas un mal parce que cela lui masquait fort heureusement parfaitement la poitrine de sa jolie compagne. Qu’elle se rassure, elle était splendide, son corps semblait bien remis, presque parfaitement. D’ailleurs la guérisseuse lui avait dit que bientôt, on pourrait lui enlever son attelle et que s’il l’aidait beaucoup en quelques jours, elle aurait récupéré toutes ses facultés physiques. C’était une excellente nouvelle.
Qu’elle était jolie… Il ne l’oubliait jamais bien entendu mais il s’émerveillait toujours autant. Enfin… même s’il ne la regardait que très peu ces derniers temps.

Non, non, elle lui plaisait toujours beaucoup mais soutenir son regard mort était beaucoup plus difficile qu’il ne l’aurait cru. Elle fixait le vide même lorsqu’elle avait la tête tournée dans sa direction, c’était étrange et souvent assez perturbant.
Ils avaient discuté un peu mais… peu au final justement. Après tout, il ne voulait pas lui donner d’indice quant à ce qu’il faisait, la surprise risquait fort d’en être gâchée. C’était peut-être égoïste, mais il espérait vraiment pouvoir rattraper toutes ses erreurs et faiblesses avec cette fameuse surprise enfin qu’il traduisait comme… un nombre important de choses à faire. Bien sûr, il n’aimait pas lui mentir mais il y était bien obligé pour l’instant, se contentant de parler peu au final pour éviter d’éveiller ses soupçons. Il lui avait caressé la cheville, elle s’était redressée pour venir l’embrasser. Pour être honnête, qu’elle vienne si proche de lui, lui offrant une vue des plus alléchantes et le tout pour réclamer un baiser faillit avoir raison de toutes ses bonnes résolutions mais il demeura calme, sans doute grâce à son bracelet, tandis qu’elle se rasseyait tranquillement.

Sauf que la demoiselle… avait été franchement négligée ces derniers temps.
Tristan était souvent absent et n’était pas vraiment clair à ce sujet. Cassidy n’était que peu confiante en elle-même et se montait rapidement et facilement la tête, imaginant bien des choses qui n’avaient pas lieu d’être : qu’il ne la trouvait plus attirante, qu’il ne voulait plus d’elle. Ce genre de choses totalement fausses qui n’avaient aucune raison d’arriver, surtout pas après tout ce qu’ils avaient traversé en restant aussi fermement amoureux l’un de l’autre. Mais bon… Elle était ainsi et c’était très touchant et mignon comme attitude. Combien de compliments et de déclarations devrait-il trouver et inventer chaque jour pour la rassurer ? Ceci était un beau défi… un vrai.
En tous les cas, même s’il répondit plutôt sagement à son baiser, la demoiselle semblait avoir terriblement besoin de démonstrations d’affection venant de sa part et encore plus sans doute après tout ce qu’elle avait traversé, il aurait dû s’en douter. Ce simple baiser et aussi sans doute le fait qu’elle cherchait à pallier sa cécité en imaginant son beau compagnon complètement nu devant elle, ce qui n’aidait vraiment pas, suffirent à lui redonner cette lueur magique si caractéristique de ses envies et surtout de ses besoins.

Eh bien oui, elle avait besoin d’être aimée, besoin qu’il le lui prouve… Entre eux… Il y avait ce petit quelque chose, cette alchimie, cette explosion de feu d’artifices. Ils se frôlaient seulement et c’était déjà tout un bonheur et en même temps toute une torture. Ils s’embrassaient et autant pouvaient-ils en être apaisés que totalement assoiffés. Entre eux oui, c’était vraiment spécial et le simple souvenir n’en était que plus attirant et déroutant. Bien sûr qu’il avait besoin de ses contacts, tout comme elle, mais il savait aussi très bien se punir de ses erreurs et y était parfaitement parvenu jusque là.
Bref… Elle brillait, de cette lueur douce, apaisante et qui lui rappelait en même temps tant de… merveilleux souvenirs étourdissants.

Il avait ri et l’avait attirée tout contre lui alors qu’elle penchait la tête ne comprenant sans doute pas et pensant peut-être même qu’il se moquait d’elle. Il lui avait expliqué, elle avait rougi, belle comme un cœur, tellement touchante. Et dès qu’elle avait tourné la tête vers lui, il n’avait pu s’empêcher de s’emparer de ses lèvres. C’était un vrai choc… électrique, qui n’avait rien à voir avec son bracelet.
Douces retrouvailles amplement méritées, caresses, baisers… C’était tout simple et même s’il crevait de désir pour elle, il tentait de ne pas mettre trop d’impulsions dans ses baisers, histoire de l’apaiser un peu. Non… Il n’était pas encore sûr d’être prêt à franchir le cap… pas encore, pas cette fois.

Mais la baignoire était étroite, même juste pour s’embrasser et se chatouiller en riant. Et après les jolies bosses que Tristan se fit en particulier à la tête dans leur simulacre de lutte amoureuse, ils décidèrent de sortir. Il s’était rapidement séché et était sorti de la salle de bains, enfilant un boxer et un pantalon lâche dans la chambre, l’attendant, allongé sur le lit.
Il faillit bien s’endormir tant elle mit de temps à le rejoindre et tant la fatigue l’harassait.
Elle se posait bien des questions la petite mage. Franchir le pas, ne pas le franchir. Ils en avaient envie tous les deux… Enfin elle, elle savait qu’elle en avait envie, et son compagnon ne pouvait pas malgré tout, cacher ses réactions morphologiques donc elle devait être relativement rassurée de ce côté-là. De toute manière, ils en avaient tous les deux cruellement besoin pour se retrouver pour de bon et pas qu’à moitié comme c’était le cas jusqu’alors. Ils étaient un couple et assurément c’était bien un des aspects de l’appellation « couple » qu’ils préféraient. Ce devait être difficile pour elle, surtout avec son sens du toucher tellement accru !

Finalement elle l’avait rejoint et il n’avait pu ignorer la lueur plus légère mais toujours brillante qui émanait de son corps. Elle était encore plus… attirante à ses yeux lorsqu’elle brillait ainsi, il se sentait rassuré et avait tellement envie de satisfaire la moindre de ses attentes, comment l’expliquer ?
Mais il valait mieux être sage pour l’instant. Devait-il lui avouer qu’il n’arrivait pas à oublier ? Devaient-ils en parler ? Sans doute pas, elle en souffrait déjà bien assez ainsi.
Il la prit tendrement entre ses bras et ils s’embrassèrent sagement…

Mais il y avait ce fameux « truc » entre eux qui faisait qu’un simple baiser, même innocent ne pouvait jamais rester bien longtemps sans conséquence. Très vite l’innocence disparut de leurs caresses et surtout de leurs intentions. Ils s’embrassaient de plus en plus passionnément et ne cessaient de se tenter, de se sourire, fermant les yeux, riant et jouant comme des adolescents insouciants.
Elle ne pouvait pas attendre, il le sentait bien et ne résista pas bien longtemps de son côté. Mais malheureusement il avait toujours des réserves… qui étaient mauvaises, très mauvaises pour eux deux.
Il adorait la regarder quand ils faisaient l’amour tous les deux et surtout quand elle le regardait. Ses yeux étaient un abime d’expressions et le renseignaient presque plus sur ce qu’elle pouvait ressentir que ses gémissements ne le lui affirmaient. Mais ils étaient vides ses yeux… ils ne se posaient pas sur lui, elle ne louchait pas légèrement quand il s’approchait de ses lèvres pour l’embrasser comme elle le faisait toujours pour ne le quitter des yeux qu’à la dernière seconde, comme s’il était la plus belle chose en ce monde. Elle ne les fermait pas en haussant les sourcils et en se mordant fermement la lèvre inférieure, étouffant un gémissement quand il l’embrassait de cette horrible façon irrésistible dans le cou. Elle ne rouvrait pas timidement un œil, comme pour l’espionner discrètement quand il s’arrêtait, juste pour la taquiner et que capricieuse mais amusée, elle n’était pas du tout d’accord….

Ses yeux ne s’écarquillaient pas légèrement alors qu’elle tentait de se contrôler quand il se mettait à genoux sur le lit pour ôter sa chemise, dévoilant son torse musclé digne des plus beaux fantasmes féminins et qu’il s’amusait à contracter et relâcher ses muscles et lui improvisait un petit spectacle pour la taquiner alors qu’elle rougissait beaucoup.
Là il n’avait pas de chemise certes, mais elle ne voyait rien tout simplement. Sens du toucher accru ou pas.

Alors certes, c’était plutôt bien parti même si c’était exceptionnellement timide, bien plus que leur première fois puisqu’il avait toujours été expérimenté et rassurant avec elle. Mais très vite tout bascula…
Parce que cet adorable regard n’était pas là, que celui-ci, vide, aveugle le blessait cruellement… Que fort malheureusement d’horribles souvenirs s’imposèrent à son esprit, lui faisant serrer les dents et fermer ses yeux embués de larmes. Heureusement qu’elle ne voyait rien, elle pouvait interpréter le baiser furieux dans sa gorge comme un plaisir atteint, pas comme la souffrance d’un garçon blessé, malheureux de ne pas parvenir à oublier. C’était… un début…C’est vrai que les gestes revenaient, le naturel, l’instinct, mais ça ne faisait pas tout.
Elle n’avait jamais été aussi bien depuis longtemps. C’est ce qu’elle lui avait dit alors qu’il s’était rallongé à côté d’elle, sur le dos, mimant une respiration haletante alors qu’il jetait juste un regard horrifié au plafond. Elle était en train de lui mentir ? Ou était-elle à ce point désespérée ? A ce point pour avoir oublié comment c’était eux deux ? Un vrai nirvana qu’il n’avait jamais connu avec quiconque et qui lui était donc impossible à oublier !!!

Une vraie catastrophe. Le plus beau foirage de la galaxie !!!! Jamais, jamais, oh grand jamais, même saoul et drogué à en être au bord de l’évanouissement il n’avait été aussi… nul… peu satisfaisant et peu satisfait en même temps.
Son ego en prit la plus monumentale claque qui soit. Lui l’étalon ??? Aussi… aussi… Il n’y avait même pas de mots à ses yeux tant il était dégoûté et il ne se cherchait même plus d’excuse même s’il savait parfaitement ce qui l’avait déstabilisé.

Où étaient leurs longues étreintes passionnées, interminables pour le reste du monde, si brèves pour eux deux ? Où était cette satisfaction profonde de sentir la femme qu’il aimait plus que tout l’encourager dans ses gestes de quelques mots ou simplement d’une respiration hachée ? Où était cette extraordinaire alchimie entre eux qui défiait toutes les lois de la nature et du possible, rendant chaque geste, chaque baiser comme un torrent de plaisir, une cascade de sensations inépuisable ? Où était ce plaisir indicible ? Ce truc qu’il n’avait jamais ressenti avec quiconque…

Ca avait juste été… déstabilisant, déroutant tant c’était… mauvais et décevant. Fade… Comme s’il n’y avait plus rien. Il en eut peur pendant une seconde… Mais Cassidy ne semblait pas jouer la comédie. Elle semblait vraiment apaisée et heureuse… tellement, ça se voyait à son sourire, sa façon de se blottir contre lui… Elle avait juste besoin de réconfort, de tendresse, d’amour, de démonstrations comme quoi il tenait à elle. Elle en avait tellement besoin que même cette profonde déception pour elle était satisfaisante. Avait-elle tellement peur qu’il s’en aille, avait-elle tant perdu confiance en elle pour se satisfaire de ceci, pour penser que c’était bien ? Juste parce que… il la touchait ? Il en fut profondément attristé.
Pourtant, Tristan s’efforça de ne rien laisser transparaître, l’embrassant tendrement sur le front en lui souhaitant une bonne nuit, un bras autour d’elle. Elle s’endormit vite et il la fixa longtemps, elle et le plafond comme si ce dernier pouvait lui apporter une réponse. Il avait tellement honte. C’était bien la seule chose dans laquelle il avait une sincère assurance et… il avait gâché ça… il savait bien qu’ils auraient dû attendre… C’était trop tôt, il ne s’était pas encore rattrapé… Des larmes de frustration lui piquaient les yeux et il les essuya rageusement en grognant…
Puis il la regarda, une nouvelle fois et un sourire éclaira lentement son visage… comme un conspirateur. Il n’avait plus le choix à présent… leur prochaine fois serait… épique et devrait dépasser toutes leurs plus folles passions précédentes…. Il en faisait le serment !

Le lendemain matin, ce fut un parfum de pâtisserie et celui plus doux de la jeune mage qui le tirèrent de son sommeil. Il gigotait comme toujours, s’étirant comme un animal, beaucoup alors qu’elle venait le rejoindre et se blottissait contre lui. Il l’enlaça en souriant, déposant un baiser sur ses lèvres comme si de rien n’était alors qu’elle se montrait tout simplement adorable. La présence du plateau et de la cécité persistante de sa compagne ne lui échappèrent pas… Elle était vraiment incroyable et commençait à lui voler la vedette en imprévisibilité.

Ils mangèrent, discutèrent et elle tenta une fois de plus d’en savoir un peu plus sur ce qu’il faisait et au moins le temps que ça lui prendrait encore. Il s’approcha doucement d’elle en souriant et mangea le morceau de croissant qu’elle portait justement à sa bouche, en profitant pour laisser de légers baisers sur sa main, son bras, remontant à son épaule puis son cou.

- J’ai pratiquement terminé princesse, ce n’est que l’affaire de quelques heures, je finalise tout juste… et ce sera prêt pour... enfin prêt… Tu comprendras beaucoup mieux… après.

Toujours aussi évasif oui… cruel garçon.
Il partit, laissant sa petite amie tranquille et Kimmy vint rapidement tenir compagnie à son amie mage qui semblait… eh bien… très différente aujourd’hui, pour ne pas dire rayonnante même si elle ne pouvait assurément pas se douter du drôle de serment que son amoureux transi s’était fait à lui-même quelques heures plus tôt. Elle risquait d’avoir de sacrés surprises. En tous les cas, elle allait mieux, c’était le principal.

Tristan ne sut rien de ce qui se passait. Il était rentré et avait travaillé vite et bien tout à son idée de serment et prêt à regonfler son estime en étourdissant sa compagne une bonne fois pour toute… Ah ça… Plus de bracelet, plus d’inhibiteur, il ne se retiendrait plus, il se laisserait aller et… elle comprendrait qu’il avait toujours été, même ne serait-ce qu’un peu, dans la retenue. Attention petite princesse, ton cher et tendre veut faire ses preuves.
Il avait terminé très vite en fait. Ca avait été encore plus bref que prévu mais après tout, aujourd’hui c’était plus du perfectionnisme qu’autre chose. Il n’était franchement pas mécontent de lui mais est-ce que ça plairait à la jeune directrice ? Ca, c’était autre chose, mais il ne pensait pas qu’elle puisse… ne pas apprécier.

Il retournait tranquillement chez la guérisseuse en réfléchissant à un moyen d’accélérer la rémission de la jeune femme lorsqu’une brusque brûlure très localisée sur son torse le fit sursauter. Il baissa aussitôt les yeux. Sous sa chemise, une lueur orangée puissante se dégageait. Il attrapa sa chaine… Le médaillon qu’elle lui avait offert brillait d’une lueur irréelle et se brusquement à léviter juste devant lui. Il ne sut pas pourquoi mais le fixa intensément et c’était comme s’il voyait une scène à travers un brouillard épais, une fenêtre opaque orange. Cassidy qui se promenait avec son amie lutine, des gens qui les attaquaient… qui allaient leur faire du mal. Le médaillon cessa de léviter brusquement tandis que le regard du jeune homme s’emplissait d’une folie meurtrière. Il lança son cheval au galop… Mais quelque chose n’allait pas, une vive douleur dans sa mâchoire, dans ses muscles…comme s’il avait passé de très longues heures à s’entraîner… ce qui n’était pas le cas. Il débarqua dans la petite clairière dans laquelle se trouvait sa petite amie en très peu de temps, ne prit pas la peine d’arrêter son cheval et se jeta littéralement de celui-ci sur un des assaillants qui allait saisir Cassidy.
Il ignorait comment ils avaient trouvé la jeune femme, ce qu’ils comptaient lui faire même s’il en avait une singulière idée, qu’ils avaient utilisé Kimmy pour la forcer à se rendre et qu’un mystérieux individu était caché plus loin, avait déjà commencé à secourir la jeune femme…

Tristan s’en fichait de toute manière, il n’était pas en état de penser.
Il s’était jeté sur l’homme et ils avaient roulé plus loin tous les deux. Malheureusement le Drakkari avait beaucoup trop d’élan et avait fait preuve d’imprudence dans sa précipitation et sa colère et son dos avait durement heurté une grosse pierre ce qui l’avait sonné une seconde alors que l’homme se relevait et essayait de le frapper. Mais il n’en eut pas l’occasion car c’est avec un grognement d’animal furieux que le jeune homme l’avait fait basculer et frapper jusqu’à ce que plus un seul de ses membres ne bouge. Ceux qui s’étaient approchés pour l’éliminer ou prendre la fuite n’avait guère fini dans un meilleur état même s’il n’avait tué personne… les os brisés, fractures ouvertes, plaies et autres attestaient de la violence du répondant du Drakkari et… ils ne s’en relèveraient probablement jamais totalement… mais il le méritait.

Kimmy avait pu voir en effet tout de la scène, y compris des yeux devenus totalement orange du jeune homme. Mais dès qu’ils s’étaient posés sur Cassidy inconsciente, ils étaient redevenus parfaitement normaux. Il fut près d’elle en une seconde et déglutit difficilement, inquiet. Elle avait une sacrée entaille au front même si elle avait été frappée avec le plat d’une arme. Il libéra la petite lutine et lui dit de le suivre alors qu’il prenait délicatement la jeune femme dans ses bras pour la porter rapidement jusqu’à la maison de la guérisseuse… qui était absente, suivi du cheval très docile qui n’avait pas tout compris.
Il alla aussitôt dans la chambre qu’ils occupaient ou plutôt qu’elle occupait et la déposa sur le lit alors que Kimmy, paniquée, lui affirmait, au bord de l’hystérie que justement la guérisseuse était absente et que c’était… horrible.

Le jeune homme ne lui répondit pas, ne perdant pas son sang froid et s’empara d’une pierre bien connue qu’il avait vu sur une étagère dès son premier réveil ici. Kimmy devait connaitre ce type de caillou car elle sembla surprise et encore plus lorsqu’il l’appuya contre la blessure au front de la jeune mage. Après tout, Tristan n’avait rien d’un connaisseur niveau magie, il la fuyait même et pas qu’un peu. Il serra les dents alors qu’une entaille apparaissait sur son propre front et qu’une filet de sang commençait à en couler mais disparaissait de celui de Cassidy.

Il se releva, reposa la pierre qui ne portait pas… une goutte de sang et se confectionna dans la salle de bains en bandage de fortune très rapidement et revint aussi sec avec une serviette humide, près de Cassidy. Il nettoya avec mille précautions le sang sur son visage et s’allongea doucement près d’elle, se permettant enfin de souffler alors qu’il caressait doucement ses cheveux et une de ses joues du bout des doigts. Son visage fermé, crispé, se décontracta enfin et il sembla avoir été… profondément inquiet pour être à présent à ce point soulagé. La lutine n’avait plus rien dit, l’observant faire… c’est qu’il devait sacrément y tenir à sa petite mage pour agir ainsi.
Elle respirait calmement et ne semblait pas souffrir donc… ça allait… Mais elle resta un moment inconsciente et quand enfin elle rouvrit les yeux, à leur grand soulagement, Tristan vit aussitôt qu’il y avait quelque chose de… différent… Elle plissait les yeux comme si… elle distinguait quelque chose. Il pressa aussitôt une de ses mains avec douceur.

- Cassy, c’est moi… Tout va bien, tu es en sécurité. Comment tu te sens ? Kimmy aussi est là…
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Cassidy Herediane
Directrice de l'Académie Hysandra
avatar

Messages : 846
Date d'inscription : 26/02/2012
Age : 29

Feuille de personnage
Race: Humain Ascadian
Royaume: Territoire Neutre
Vocation: Mage

MessageSujet: Re: Mage à la ramasse   Dim 12 Mai - 18:38

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ascadian.forumgratuit.org
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Mage à la ramasse   

Revenir en haut Aller en bas
 
Mage à la ramasse
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Maelle Till [assassine, mage du vent]
» Elvira Heian [Mage du vent & Danseuse]
» Mysteria, Mage Elementaire Aquatique.
» Erian [Mage]
» Alteor Seveach [ Mage Vagabond ]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Ascadian, Monde de Magie et d'Aventures :: [Territoire Neutre] Académie Hysandra :: Extérieur :: Terrain d'Entraînement-
Sauter vers: