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 Rentrons chez toi...

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Tristan Konogan
Professeur Initiation et Maniement des Armes
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Date d'inscription : 09/05/2012
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Feuille de personnage
Race: Drakkari
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MessageSujet: Rentrons chez toi...   Mer 3 Juil - 14:44

En fin d'année.
Quelque part entre "ras-le-bol" et "c'est foutu"
7 heures du matin



Quand ils s’étaient éveillés ce matin-là, c’était comme si toutes leurs souffrances, toute cette horrible histoire qui avait bien failli les briser à jamais n’avaient pas existé. Ou presque. Ils profitaient d’autant plus qu’ils avaient justement vécu ces traumatismes et parce qu’ils les avaient vécus, ils avaient changé. En bien ou en mal, l’avenir le leur révèlerait mais pour l’heure, ils étaient juste heureux et bien ensemble.

Des questions, des réponses… Nombres d’entre elles s’étaient enchainées alors qu’ils prenaient un bon petit déjeuner bien mérité. Au final, les plus importantes concernaient la fin de l’année. Pour les jeunes, pouvoir leur assurer les meilleures fêtes possibles semblait être leur priorité. Si c’était tout à fait naturel chez la jeune femme si altruiste, elle put pleinement constater que cela le devenait aussi chez son compagnon qui se considérait aujourd’hui réellement comme un guide pour ces jeunes et non plus comme un simple et définitif « mauvais exemple ».
Néanmoins, quand elle parla de sa famille, Cassidy fut catégorique malgré sa voix douce et calme. Elle ne voulait pas que ses parents viennent ici. Pourquoi ? Oh elle s’expliqua vite même si elle cherchait à cacher son trouble et une inquiétude certaine pour ses proches. Elle voulait qu’ils soient en sécurité et il remarqua qu’elle fuyait légèrement son regard. Ah oui… bien sûr… Elle se demandait encore et se demanderait probablement toujours tant elle se souciait de lui, comment il réagirait à cette évocation. Le souvenir de la perte de sa mère le hanterait à jamais, comme celui de ne pas avoir connu son père. Néanmoins, Tristan fit un sourire désarmant à sa compagne, posant une main sur la sienne, calmement.

- C’est bon tu sais… Je comprends parfaitement. Et je préfère qu’ils soient en sécurité moi aussi. Je tiens à eux également même si ce n’est pas de la même façon. Et ne sois donc pas si gênée ma princesse, bien sûr que je vais t’accompagner. Aliéna et moi… Enfin tu as bien remarqué que nous ne sommes pas tellement « proches ». Enfin… Disons que si tu veux vraiment que je t’accompagne, il va falloir me le dire clairement.

Son air taquin sur la fin de son discours, amusé, provocant, eux, n’avaient pas évolué. Mine de rien, ils le représentaient bien et quand elle prit une mine légèrement boudeuse avant de se résigner et rougissante, de commencer à formuler sa demande, il profita de son inattention pour se pencher vers elle et lui voler un très léger baiser, tout juste un effleurement. Pourtant il était resté très proche d’elle en la fixant de ses yeux orangés imperturbables, un sourire éclairant ses traits.


- Tu vois… Même alors que tu me connais… j’arrive encore à te jouer ce vilain tour.


Il s’était reculé en riant légèrement, lui faisant un clin d’œil.
Ils parlèrent encore un peu, elle s’éloigna et constata la chute de neige qui n’empêcherait pas le garçon de chasser. Mais la suite fit disparaitre le beau sourire du Drakkari et pour un bon moment.
Elle s’était rendu compte pour sa marque. Et dire qu’il avait eu l’espoir fou, insensé de lui cacher le plus longtemps possible cette éternelle marque de cet horrible complot.
Il ne lui en voulait pas d’avoir cherché ailleurs le réconfort qu’elle aurait dû trouver auprès de lui.
Il ne lui en voulait pas de ne pas avoir compris les signaux qu’il lui envoyait dans ses discours haineux si exagérés.
Il ne lui en voulait pas de ne pas avoir soupçonné cet homme et le hasard qui le plaçait sur sa route si tôt après leur rupture.
Il ne lui en voulait pas d’avoir cherché à l’oublier dans les bras de cet homme.
Il ne lui en voulait pas, parce qu’il considérait que tout était de sa faute et qu’il aurait dû la protéger. Bien sûr qu’il souffrait des souvenirs qui le hantaient de cet homme et de la femme qu’il aimait tant, amoureusement enlacés. Bien sûr qu’il tremblait de haine en songeant à ce que cet homme, si tant est qu’on puisse le qualifier d’homme, avait fait subir à une jeune femme si sentimentalement fragile et qui avait juste besoin d’amour, de confiance, de sécurité.

Rien ne pourrait effacer ce qui s’était passé. Seul le temps pourrait les aider à présent.
Mais même le temps à présent ne semblait pas être un bon remède.
Parce qu’elle avait gardé une marque, physique, éternellement présente de son erreur, de leur méprise, de ce sadique. Il n’avait pas besoin de la regarder pour ressentir sa souffrance alors qu’elle constatait avec horreur ceci. Son odeur changeait, son odeur si particulière qui elle aussi sentait la magie. La peur, la honte, la tristesse… encore de la honte. Tellement de honte. C’est à peine si elle semblait vouloir le regarder. Que croyait-elle ? Qu’il la dédaignerait à cause de cette blessure ???? elle était la victime dans cette histoire, la victime la plus brisée… Lui… Il n’avait eu que les coups, la douleur bien sûr de la voir au bras de ce sale type et la culpabilité de ne pas avoir pu empêcher ceci… Mais elle ? Elle, elle avait tout ça… Il l’avait vu dans ses yeux aveugles. Elle souffrait de toutes les blessures qu’il avait pu subir, elle se détestait pour chaque coup qu’il avait reçu… Elle se détestait de s’être laissé aller avec cet homme, d’avoir cru pouvoir remplacer celui qu’elle aimait plus que tout.
Qu’elle conserve une marque, réelle, de tout ça… c’était… inimaginable.

Il lui parla, mais c’était comme si elle ne l’entendait pas et lorsqu’enfin après un temps interminable, elle réagit, ce ne fut que pour s’agripper à lui, comme si… eh bien comme s’il était le seul repère dans son univers qui s’écroulait.
L’émotion brûla la gorge du jeune homme alors qu’il la pressait contre lui, sa peau frissonnant légèrement sans qu’il ne semblât souffrir des ongles qu’elle enfonçait dans son dos. Ses larmes contre sa gorge lui semblaient à la fois glacées et brûlantes. En tous les cas elles lui déchiraient le cœur. Combien de fois déjà avait-elle pleuré par sa faute ? Il ne les comptait plus… et chaque fois, il se voyait davantage voué à l’enfer… Parce que ce devait bien être le pire crime de la terre que de faire pleurer ce petit ange, non ?

Elle sanglotait et lui, désarmé, ne savait que dire, que faire. Il parvint à lui montrer les dessins qu’il avait commencés à faire. Oui, il s’était déjà penché sur la question. Bien sûr ! Que croyait-elle ? Que ses yeux étaient suffisamment aveuglément égoïstes pour ne pas voir la terrible marque qui tranchait sur sa peau si pâle ? Pensait-elle qu’il avait perdu le sens du toucher, pour ne pas en sentir les moindres contours, irrégularités au point de pouvoir dire que ce Cheistam avait davantage enfoncé ce sceau sur un bord plus que sur les autres même si c’était invisible à l’œil nu ?
Il l’aimait… Depuis si longtemps. Comment donc aurait-il pu en être autrement.

Mais malgré tout ce n’était pas assez et il sentait bien qu’elle était totalement distante de tout ce qu’il lui disait à cet instant. Action du tatouage ou de l’extraordinaire magie qui émanait littéralement de la jeune femme ? Difficile à dire. Mais tout à coup, comme un flash, il sut, pas par des mots, plutôt par des sensations, ce qu’elle pouvait ressentir.
Il sentait sa honte, sa peur, sa culpabilité… Et plus que tout, la terreur qu’il la repousse à cause de cette marque. Il devait lui prouver que ça ne changeait rien. Et la seule solution qui semblait vraiment pouvoir fonctionner était celle de s’emparer fougueusement de ses lèvres à lui couper le souffle et à se le couper par la même occasion.

Et pour des baisers passionnés, il n’y allait pas avec le dos de la cuillère à café ! Pourtant, le jeune homme se recula légèrement, honteux, lorsqu’il constata qu’il profitait bien malgré lui de la situation et surtout de sa vulnérabilité. Quel crétin !!! Elle avait besoin de réconfort ! Pas d’une réelle agression. Surtout que ça ne lui rappelait pas forcément de bons souvenirs par rapport à ladite marque. Néanmoins, elle avait compris ce qu’il faisait et pourquoi. Elle ne lui tint donc pas rigueur de ses actes, à son grand soulagement. Bien au contraire d’ailleurs…
Elle n’avait pas résisté sous ses baisers, heureusement sans doute puisqu’il en aurait été profondément blessé autrement. Mais ceux qu’elle lui rendit et auxquels il ne s’attendait pas alors que penaud il baissait la tête, ils le firent pratiquement tomber à la renverse. Ses bras lui semblèrent brusquement si faibles alors qu’ils avaient été forgés pour combattre contre une vraie petite armée. Son esprit s’égarait, il cessait de penser. Sa tête tournait, la pièce aussi, beaucoup, ça l’étourdissait autant que cela le ravissait. Son cœur frappait si fort dans son torse qu’il en avait mal. Ses muscles se tendaient sans même qu’il ne les ait sollicités alors qu’il se collait contre elle, incapable de maintenir plus longtemps cette respectable distance entre eux qui l’empêchait de craquer. Ses mains fourmillaient, tout son corps s’enflammait… et pourtant quand elle cessa de l’embrasser, il ne chercha à aucun moment à prolonger l’instant, la respectant et sortant de l’espèce de transe dans laquelle elle l’avait plongé l’espace d’un court moment si délectable.

Elle parla. Elle se méfiait. Elle avait peur, il le sentait. Il voulait lui dire qu’elle ne risquait rien, qu’il la protégerait de tous les regards quitte à être d’autant plus exhibitionniste pour être sûr qu’aucune cruauté ne soit manifestée, par cruels préjugés, envers la jeune femme.
Elle finit par sortir, le plantant là alors que sonné, il ne comprenait pas trop pourquoi il en était soulagé et en même temps aussi violemment frustré. Enfin si… la dernière partie, il savait très bien pourquoi. Sans son bracelet… Sans son bracelet, son peu de contenance n’aurait eu aucune emprise sur son corps, il le savait. Il perdait vraiment les pédales quand elle l’embrassait ainsi… Mais comme c’était agréable !
Ah la frustration de la voir s’éloigner alors que dans son esprit s’étaient dessinés des occupations bien plus crapuleuses ! Elle ne semblait même pas y songer et même, s’en désintéresser totalement. Pourtant elle avait bien dû sentir à quel point il répondait à ses baisers malgré le choc violent qui l’avait ébranlé… et à quel point il se trouvait vulnérable dans ces moments de faiblesse.


Elle était partie… Abandonnant le jeune homme là…
Sa colère suite à leurs baisers alors qu’elle pensait à cette marque, à cet homme… ne lui avaient pas échappé. Il la sentait, vibrante, qui ne demandait qu’à s’exprimer par la violence… et la vengeance. Il sentait cette mauvaise magie émaner d’elle-même alors qu’elle plaquait sa main sur sa marque. Son odorat ou son amour lui permettait de s’en rendre compte.
Dans les jours qui suivirent, il remarqua bien que c’était généralement suite à leurs baisers que cette même colère s’exprimait. Il savait qu’elle n’était pas en colère contre lui mais lorsqu’il l’embrassait… il s’apercevait qu’il la poussait, un peu, rien qu’un peu vers la culpabilité… et elle pensait à ce qui aurait pu se passer, à ce qui s’était passé. Malgré la grande générosité de son cœur, la petite mage était très égoïste et totalement aveugle quand il s’agissait de lui. Il comprit bien rapidement qu’il devait faire attention et éviter les effusions le temps qu’elle se calme un peu plus. Du moins c’était la seule solution qu’il avait trouvé pour l’heure même si cette solution était plus une punition qu’autre chose.

Les jours passaient…
Il avait amené les jeunes étudiants chasser et ceux qui l’avaient accompagné, si ce n’est quelques frayeurs, étaient revenus ravis et avides de partager leur « aventure » en la narrant à leurs camarades absents. L’engouement suscité, surtout pour les Terriens qui n’avaient pas l’habitude de tout ceci et apprenaient à découvrir ce monde, était bien au-dessus que tout ce que le jeune homme avait pu prévoir et imaginer.
Il se chargea aussi bien rapidement de se mettre au travail pour la peinture. Mais… Pas seul.
En effet, le Drakkari s’était bien rendu compte du talent de certains jeunes gens, essentiellement des jeunes femmes. Un talent qui ne demandait qu’à s’épanouir et c’était d’égal à égal et non de professeur à élève qu’il s’était adressé à eux pour leur proposer de peindre avec lui certaines salles du château. La majorité avait répondu à cet appel avec un enthousiasme d’autant plus grand et reconnaissant.
Il fallait bien qu’il s’occupe après tout… qu’il trouve un dérivatif… Parce que pour le jeune couple… ce n’était pas trop trop ça.

Cassidy, autrefois bourreau de travail, qui ne s’économisait pas lorsqu’il y avait une tâche à accomplir, mettait les bouchées double et même triple pour rattraper son retard. Et avec une exagération certaine. Son intendant était ravi de pouvoir lui repasser les rênes et surtout de la trouver en meilleure forme mais il y avait vraiment beaucoup à faire. Et elle ne s’octroyait pratiquement pas de pause tant elle semblait s’en vouloir du retard pris.
De nombreuses fois, il se contenta de déposer un plateau de déjeuner, en-cas, biscuits et autres devant la porte de son bureau, toquant puis s’éloignant d’un pas énergique.

Le besoin de la voir et de la serrer contre lui était grand mais il savait qu’il la retarderait et il ne le souhaitait pas. Alors il s’abstenait…
Mais le retard justement était énorme, bien plus grand que tout ce qu’elle avait pu imaginer jusqu’alors et elle travaillait en conséquence. Et puis il fallait prévoir beaucoup de choses pour la suite… Avec l’hiver, les stocks de bois devaient être recalculés, de même pour la nourriture etc. et ceux même et surtout s’ils avaient une forêt à disposition et des serres… et surtout les bras costauds du jeune homme pour les premiers besoins, le savoir et l’amour de la jolie elfe pour les suivants. Combien de fois regagna t-elle leur chambre pour trouver le jeune homme endormi sur le canapé, des croquis sur son ventre et sur la table basse sur laquelle se trouvait aussi généralement ce qui aurait dû être un diner en amoureux et qui s’était fini par un diner en solitaire ? Suffisamment pour qu’il finisse par s’endormir seul dans leur lit, lui tournant ostensiblement le dos jusqu’à ce qu’elle s’allonge à ses côtés, ce qui avait le don de le faire réagir, même et surtout dans son sommeil.

Oh c’était terriblement frustrant. Tout comme résister à cette envie impérieuse de baisers et de caresses. Comme elle l’attirait… Qu’il était dur de s’abstenir ainsi. Il lui laisserait le temps qu’il faudrait. Pour l’heure, il ne voulait pas la brusquer et qu’elle retrouve ses marques sereinement.Bien sûr, il n’aurait jamais eu ce comportement avec une autre, elle connaissait son caractère volage et peu fidèle face à tant d’abstinence et de frustration. Mais eux deux c’était différent.Néanmoins, le jeune homme ne semblait pas réaliser que ce qu’il prenait pour un geste d’un indéniable courage : se lever tôt alors qu’elle dormait encore puisque couchée très tard, la laissant seule pour ne pas risquer justement de céder à la tentation ; pouvait être interprété par la petite mage si torturée, comme un signe de rejet… Que ce soit pour son physique, pour sa marque, pour leur manque d’échange… Peu importait, elle pouvait mal l’interpréter et ce grand idiot ne s’en rendait même pas compte.
En tous les cas c’était tendu entre eux. Elle parce qu’elle ne devait pas savoir quoi lui dire. Lui parce que dès qu’il la croisait, du fait de cet éloignement, il n’en était que bien plus attiré par elle, et d’autant plus proche d’une nature sauvage qu’il ne se connaissait pas.

Finalement les fêtes de la fin de l’année arrivèrent vite. Les professeurs étaient plus nombreux, les élèves aussi depuis quelque temps. Une bonne cohésion et un franc esprit de camaraderie s’étaient installés. Bien sûr des conflits subsistaient mais peu dangereux pour les uns comme pour les autres.
Cassidy s’était occupée, une occupation de plus, de tenter d’appliquer l’idée de son cher et tendre. Toute l’organisation et le professionnalisme dont elle fit preuve pour y parvenir suscita un enthousiasme certain chez les jeunes comme chez leurs familles ou professionnels d’accueil.
Certains décidèrent de rester à l’Académie pour étudier un peu, d’autres rentrèrent dans leur famille mais beaucoup surtout, choisir de suivre cette idée et proposition.

Tristan accompagnait justement les derniers à partir de l’Académie jusqu’à la grille. Comme tous les professeurs chargés de le faire comme lui à cet instant, il avait une longue liste de recommandation à donner mais plaisanteries et distractions du jeune homme fonctionnèrent tout aussi bien.
La grille refermée, il remonta tranquillement, d’un bon pas, jusqu’à l’Académie, toute blanche recouverte de son manteau de neige. C’est vrai qu’il neigeait beaucoup ces derniers temps. Heureusement Cassidy avait appliqué un sort qui en avait impressionné beaucoup sur le chemin principal pour aller de la porte du bâtiment jusqu’aux grilles d’entrée et de celles-ci jusqu’au village. Ceux-ci n’étaient pas recouverts de neige et plus encore, il n’y avait ni boue, ni verglas !!!!
Après avoir admiré une des fresques récemment peinte représentant des lutines qu’une jeune étudiante avait trouvé superbes dans un livre et que le grand Drakkari s’était plu à aider à peindre, en clin d’œil aux multiples services rendus par les petits êtres.
Il ôta son manteau, le pliant sur son bras avant de remonter jusqu’à leur « chambre ».

Aux dernières nouvelles, le voyage chez les parents de la jeune femme était toujours à l’ordre du jour et ils devaient partir dans les prochains jours même s’il ne savait pas si elle comptait s’y rendre magiquement ou s’ils allaient mettre quelque jours pour parcourir la distance. Le prouvait, d’ailleurs, les multiples affaires que la jeune femme avait sorties sans parvenir à se décider.
Il entra en poussant un soupir, heureux d’être un peu seul et de laisser tomber son masque de bonne humeur. Les douches froides commençaient à lui peser, seul moyen pour l’heure, de ne pas penser à elle, du moins trop implicitement, pendant quelques heures… si brèves…
Il refermait la porte, pensant s’allonger un peu et réfléchir quand il remarqua que la si jolie jeune mage n’était pas dans son bureau mais bel et bien… devant lui. Il resta bouche bée, surpris de la trouver là alors qu’il ne la voyait généralement qu’endormie, le matin, lorsqu’il se levait, depuis quelques jours. Elle avait l’air un peu lasse mais tout de même reposée. Assise sur le canapé qu’il avait si souvent occupé, elle rayait une check liste décidément bien trop longue pour une si jeune femme. Le regard qu’elle leva vers lui, mélange d’un petit air penaud, ravi, frustré et inquiet en même temps, lui retourna l’estomac et avec lui le petit déjeuner qu’il avait avalé peu de temps auparavant. Il serra sa main libre sur le bracelet protecteur, automatisme de vérification de présence qui en devenait presque un tic nerveux. La gorge sèche, il finit par lui sourire, se gardant bien d’avancer mais se passant une main dans sa crinière rouge déjà bien assez ébouriffée.

- Oh euh… Salut… Désolé… Je t’ai réveillée en me levant tout à l’heure ? C’était pas voulu… je devais aider les gamins à vérifier leur packtage… et enfin… voilà… Je… je te laisse travailler, pardon.

Dernier marmonnement les dents serrées alors qu’il se retournait déjà. Il ne se demandait pas ce qu’était cette liste. S’il s’agissait de travail à abattre, d’une liste concernant les élèves… ou si c’était pour LEUR départ. En tous les cas, il ne voulait pas la gêner. Néanmoins, Tristan s’immobilisa, une jambe légèrement relevée lorsque la demoiselle, le surprenant par sa vivacité, se redressa, le rejoignit et profitant qu’il lui tourne le dos, l’enlaçât, ses bras menus se serrant autour de son torse, ses mains se plaquant sur ses abdominaux et pectoraux… Elle ne put ressentir son frémissement puisqu’il portait une tunique mais s’il resta immobile un instant, surpris, le jeune homme lui fit bien vite lâcher prise pour se retourner et l’enlacer, tendrement, à son tour. La nuque douloureuse tant il se penchait sur elle, il ne ressentait pas la douleur tant l’odeur qui se dégageait de la peau et des cheveux de la jeune femme était une flaveur apaisante.

- Cassy…
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Cassidy Herediane
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MessageSujet: Re: Rentrons chez toi...   Mer 3 Juil - 23:18

Rapidement elle était sortie de la pièce. Sa principale préoccupation était plutôt de ne pas lui faire de mal avec sa magie. Car en effet, ses émotions qui ressortaient d’un coup la rendaient instable. Et lui faire du mal était la dernière chose que la jeune femme voulait. Cassidy était sortie avec le sourire, comme toujours, apaisant, mais au fond de son cœur, elle avait peur. Il lui avait prouvé à de maintes reprises qu’il ne la repoussait pas, ne voulait pas se séparer d’elle et pourtant, elle avait bien du mal à lui imposer entièrement. Voir de la surprise sur son visage alors qu’il commençait à prendre confiance en la magie était tout simplement inenvisageable.

Alors oui la petite mage avait prétexté boulot des deux côtés même si son cœur s’était emballé lorsqu’ils avaient commencé de s’embrasser et pas qu’un peu. Elle aurait tellement voulu rester plus longtemps, lui dire à quel point elle l’aimait et qu’il ne devait pas prendre en compte son comportement actuel. Mais Cassidy préféra fuir plutôt que de s’étendre sur le sujet.

Mais lorsqu’elle arriva dans le bureau en refermant doucement la porte derrière elle, la jeune femme se laissa tomber au sol dans un soupir qui en disait long sur ses pensées actuelles. En effet, elle n’arrivait pas à être naturelle. Comme si quelque chose bloquait et l’empêchait de dire tout simplement ce qu’elle ressentait, ses émotions. Cassidy laissa tomber quelques larmes au sol et resta un petit moment, perdue, dans le silence.

Puis, elle s’essuya d’un revers de manche la joue et fixa la fenêtre en face d’elle. Oui travailler… elle devait travailler… pour oublier ce qui venait de se passer. Seule une occupation pourrait l’empêcher de se tracasser continuellement sur ses pensées douloureuses. Cassidy se redressa doucement puis se mit derrière son bureau d’un air très sérieux et commença à lire les premiers parchemins.

Et effectivement les jours suivants la jeune femme travailla d’arrache pied, sans se soucier de ce qui se passait autour d’elle. Elle était épuisée mais qu’importe, le travail l’empêchait de tourner son esprit vers ses tracas. Et pourtant, alors qu’elle pensait pouvoir parler un peu avec Tristan le soir même, celui-ci était déjà couché, couvert de croquis. Elle en était d’ailleurs déçue mais ne le montra pas. S’occupant de se changer, d’effleurer doucement l’épaule du jeune homme d’un revers de la main, ce qui eut pour effet de le faire sourire et après avoir mangé, se couchait à côté de lui. Mais une chose la perturbait, les contacts avec lui manquaient à la demoiselle. Aussi naturel que l’air que l’on respire, la sensation de toucher avec le Drakkari était quelque chose de très précieuse à ses yeux.

Elle ne dit cependant rien, n’osant pas le réveiller et s’endormit. Les matins elle se réveillait seule, à son grand dam. Malgré ses baisers d’il y a quelques jours pour lui prouver qu’elle ne le dégoutait pas, Cassidy ne pouvait pas s’empêcher de douter et ne trouvait pas de moment approprié pour lui en parler. Pourtant lorsqu’elle passait dans les couloirs, la jeune femme ne pouvait qu’admirer les merveilleuses fresques qui ornaient désormais les murs. Elle en était impressionnée.

Alors qu’elle passait dans un des couloirs, une grande fresque attira son attention. Des plaines verdoyantes, une petite forêt à l’arrière et un coucher de soleil. Cassidy se mit à sourire doucement. En plus de ce qu’elle avait compris, il avait réussi à intéresser plusieurs élèves qui l’avait rejoint dans sa tâche. Elle aurait voulu lui dire à quel point elle était fière de lui mais impossible d’avoir un seul moment d’intimité. Pourtant la directrice avait bien essayé de lui parler mais à chaque fois qu’elle le croisait, il était entouré d’élèves enthousiastes qui l’écoutait avec beaucoup d’attention.

Au moins elle avait réussi à faire quelque chose de bien, l’intéresser à son Académie et à l’apprentissage. Quelle différence avec le début, là où le jeune homme ne voulait rien faire de plus que s’échapper d’ici.

Quelques jours après, Cassidy avait du s’absenter pour la journée. En effet, elle avait reçu une lettre de demande d’aide. Un petit village de Kalendaar réclamait son aide pour assurer la sécurité de ses alentours. Tristan étant trop occupé, elle était partie toute seule. Et puis il n’allait pas sécher ses cours rien que pour l’accompagner, c’était juste une mission de routine. La mission en elle-même n’avait rien de compliquer, juste quelques sorts pour que la terre ne gèle pas et renforcer les clôtures pour éviter que les loups ou autres créatures viennent attaquer les bêtes.

La jeune femme avait beaucoup apprécié cette petite pause loin de la paperasse administrative. Elle en avait profité pour parler avec les villageois, se pliant avec plaisir à raconter des anecdotes sur son Académie, fascinant les plus jeunes. Une petite fille lui donna même un joli bracelet tressé avec des ornements dans une couleur dorée. Cassidy prit congé dans la soirée, avec les remerciements des villageois et un beau sourire sur le visage qui lui remontait le moral.

A vrai dire elle en avait bien besoin parce que depuis tout le temps qu’elle travaillait sans relâche, il n’était pas étonnant que les yeux de la demoiselle aient pris une teinte panda.

Elle rentra très tard et une fois encore Tristan dormait. Ce qu’elle espérait, c’était de ne pas l’avoir inquiéter. Mais elle avait demandé à l’intendant de l’avertir au cas où il se poserait des questions. La jeune femme le regarda dormir et s’installa à côté de lui, un peu triste quand même de ne pas réussir à parler avec lui, manger avec lui… Etre dans la même chambre n’avait au final que peu d’impact sur leur vie. Même si elle pouvait au moins le regarder dormir, encore et toujours. Sa respiration tranquille, son torse qui se soulevait doucement au rythme de ses soufflements, ses cheveux rouges toujours ébouriffés.

Cassidy resta encore un moment à le regarder. Elle n’allait quand même pas le réveiller comme ça. Maintenant… Il était peut-être fatigué… Ou bien même ne désirait pas parler avec elle. Cette pensée lui tordit l’estomac et elle secoua doucement la tête. Il fallait qu’elle arrête de se faire des idées, il y avait bien une bonne raison à tout cela. Mais si cela continuait ainsi, elle trouverait bien un moyen pour lui parler. Arrêter ce mutisme qui ne leur allait pas du tout. Quel intérêt d’être dans la même chambre si ils ne pouvaient rien faire ? Il lui manquait…. Terriblement.

La jeune femme caressa quelques mèches de ses cheveux rouges, les remettant un peu en ordre machinalement. La raison pour laquelle elle se levait si tard, c’était lui. Parce qu’elle passait une bonne partie de la nuit à le regarder, se posant des questions, se demandant ce qu’elle pouvait bien faire, bien dire, trop hésitante pour oser le déranger. Après tout, c’était elle qui avait rompu le contact. Mais malgré tout, elle voulait lui montrer qu’elle était toujours là malgré tout… qu’elle pensait à lui.

Elle se pencha au-dessus de lui et embrassa tendrement son front. Il remuait et souriait, semblait content de ce contact, tout comme les caresses dans ses cheveux. Cassidy se mit à sourire et lui prit sa main, restant là à le contempler. Ce soir là elle ne se sentit pas s’endormir mais elle resta collée contre lui, la main dans sa main et toujours toute habillée.

Ses tenues ? Depuis qu’elle avait apprit pour sa cicatrice, elle ne portait plus que ses robes d’avant, refusant que le moindre petit morceau de sa peau ne soit révélé, comme si elle craignait d’être dévoilée. Elle ne se plaignait pas de sa cicatrice, du moins pas en public et même si la douleur et l’humiliation étaient bien présentes, la jeune femme essayait d’y penser le moins possible. Mais il y a fort à parier qu’elle serait furieuse si on cherchait à la regarder.
Encore une fois Tristan se leva tôt et elle se retrouva seule dans le lit. Seul son petit chat, qu’elle avait surnommé Orion venait lui lécher le visage d’un air ravie. Elle avait rit tout en demandant à Tristan d’arrêter mais quelle surprise en ouvrant les yeux de ne pas trouver le beau Drakkari en face d’elle. La jeune femme avait caressé le petit chat mais semblait déçue un peu.

Les journées passèrent et il y avait beaucoup à faire pour les fêtes qui approchaient. Cassidy n’avait pas une minute à elle et faisait tout pour que les choses soient parfaites aussi bien pour ceux qui restaient que pour ceux qui partaient. Elle donnait ses dernières recommandations aux adultes qui restaient là et surtout à Kimye qui aurait beaucoup à faire. La jeune femme semblait un peu angoissée et stressée. Elle n’avait pas pu dire à Tristan aussi que sa marque sur son épaule la lançait beaucoup ces derniers temps mais qu’aurait-il pu y faire ? Et surtout c’était magique, ça allait plus l’effrayer que le rassurer.

La journée du départ approchait et tous les élèves devaient partir. Cassidy en avait profité pour se réveiller un peu plus tôt mais même là elle n’avait pas croisé Tristan. Tant pis il finirait bien par repasser ! Elle avait sortit de son bureau un long parchemin où toute une liste de tâches était notée et elle avait également sortie beaucoup d’affaires de ses armoires, cherchant ce qu’elle allait emporter. La seule chose qui l’agaçait c’est qu’elle ne pouvait même pas mettre de robe plus… attirante pendant les fêtes à cause de sa cicatrice dans le dos. Une plume dans la main, la femme poussa un profond soupir. Elle était vêtue d’une nuisette encore et n’avait pas prit la peine de se changer.

C’est alors que la porte s’ouvrit naturellement, laissant passer un Tristan plutôt… heu fatigué ? Elle n’arrivait pas à identifier l’expression de son visage. Mais quand il la vit, le jeune homme bredouilla un peu et lui déclara qu’il l’a laissait travailler. Ah non ! Il n’allait pas encore s’enfuir comme ça alors qu’elle n’avait même pas le temps de placer le moindre mot.

Mais cette fois elle ne le laisserait pas filer. La jeune femme laissa tomber sa liste et sa plume et se rapprocha telle une féline près de lui et l’avait rapidement enlacé fermement pour ne pas qu’il aille plus loin. Il avait murmuré son surnom ce qui avait donné des frissons à la jeune femme. Quel plaisir de retrouver le corps du jeune homme, même avec sa tunique et de pouvoir se coller doucement contre lui en appréciant à nouveau son parfum, la chaleur de sa peau. Elle resta silencieuse, son souffle se répercutant sur le tissu léger de sa tunique.

« Tris’… »

Sa voix tremblait d’émotion et elle le serra un peu plus longtemps contre elle, collant sa joue contre son dos, tout doucement. Elle en avait presque les larmes aux yeux. Dis donc elle était devenue bien sensible la demoiselle depuis qu’elle sortait avec le beau Drakkari. Puis d’un coup, elle le retourna vivement dans sa direction et se pendit à son cou, le regardant droit dans les yeux, un regard inquiet. Des yeux brillants encadraient son visage fin et légèrement pâle. Elle en profita pour prendre une de ses mèches rouges et de la replacer sans succès sur son front. Puis sans crier gare elle se pendit à son cou et le força à descendre en l’embrassant avec beaucoup d’ardeur. Sa peau lui avait manqué, son odeur aussi, le goût de ses lèvres également et quel plaisir de ressentir à nouveau cette sensation qui envahissait tout son corps. Mais peut-être qu’elle ne devrait pas. Elle écarta un peu son visage du sien et le regarda, la respiration haletante.

« Repousse moi si tu ne veux pas de moi… »

Tristan la regardait un peu étrangement et elle pensait qu’il allait partir mais au final il s’empara de ses lèvres avec les intérêts. Elle se laissait faire et tout son corps commençait à devenir chaud, elle le serrait dans ses bras, l’enlaçait, comme si cette séparation avait été très dure pour la demoiselle. Il fallait le dire, elle était accro. Et avoir résister aussi longtemps sans pour autant trouver un prétexte pour le voir. Elle aurait du y penser avant et se maudit de ne pas l’avoir fait plus tôt.

Le jeune homme la souleva et la plaqua doucement contre un mur tout en continuant de l’embrasser avec tendresse. Elle murmurait doucement son surnom tout en caressant sa nuque et ses cheveux, fermant les yeux pour mieux apprécier. Si ils continuaient comme ça son bracelet n’allait pas le retenir longtemps et elle elle allait… ah ben c’est fait. Elle s’était mise à briller sous sa nuisette. Sauf que c’était Tristan qui s’en était rendu compte et quand il lui fit remarquer, Cassidy devint rouge en baissant les yeux et bredouillant.

Avant qu’il l’entraîne sur le lit. Tristan savait comment la mettre à l’aise, bien que peut-être un peu craintif, c’est du moins ce qu’elle avait l’impression de voir. La jeune femme lui enleva doucement sa tunique et son pantalon et il fit de même avec sa nuisette. Mais elle semblait absolument heureuse de pouvoir enfin le retrouver, le toucher et cela se voyait dans ses gestes, ses contacts.

Ils disparurent sous les draps et une véritable partie de gymkhana se déroula alors qu’elle avait prit soin de lancer un sort d’insonorisation sur les murs. Lorsqu’ils eurent terminés, elle s’était blottie tout contre lui d’un air apaisé, enfouissant sa tête contre son torse et reprenant sa respiration.

« Tu m’as… manqué… »

Il n’avait pas l’air de comprendre et elle redressa la tête pour le regarder mi douloureusement, mi boudeuse.

« Je sais que j’avais beaucoup de boulot et toi aussi mais… le fait de ne pas pouvoir te parler le soir, de ne pas avoir de câlins… c’est comme si tu n’étais pas présent… Je ne te voyais que quand tu dormais… mais j’ai jamais osé te réveiller. J’ai cru… que tu m’en voulais… pour être partie aussi vite la dernière fois. Mais je voulais pas… que tu me vois triste. Je ne veux pas être un saule pleureur à tes yeux… Ca va mieux maintenant… Enfin… à peu près. Mais j’avais l’impression que tu t’éloignais de moi. Enfin… »

Elle baissa les yeux, honteuse. La demoiselle avait besoin d’être rassurée, Tristan la convainquit alors et s’expliqua avant de redresser son menton et l’embrasser une nouvelle fois. Cassidy poussa un petit grognement et se cala de nouveau contre lui en fermant les yeux, incapable de se détacher et préférant passer toute la journée à faire des câlins. Mais au bout d’un long moment, il fallait quand même bouger.

Ils se redressèrent et elle enfila une de ces longues robes mauves, toujours dans l’idée de se cacher. Puis elle attacha à son poignet le bracelet que Tristan lui avait offert et celui que la petite fille du village lui avait donné. Quand elle remarqua son air intrigué, Cassidy se mit à rire.

« Ca ne vient pas d’un homme mais d’une petite fille. Je suis partie aidée un village il y a quelques jours, je ne sais pas si mon intendant t’en as parlé. Tu étais si occupé que je ne pouvais pas te déranger et puis tu avais tes cours ! »

Elle retourna à sa liste et barra deux trois choses. Ils terminèrent de préparer leurs affaires et Tristan pu remarquer qu’elle avait pris que des longues et chaudes robes d’hiver, une cape, beaucoup de livres et de parchemin avant de descendre dans le parc pour s’occuper de leurs cheveux.

« On va faire comme la dernière fois, portail à Glindel et la fin en monture »

C’est alors qu’ils s’engagèrent sur la route, prenant le portail puis galopant en direction de leur village d’enfance. Ils s’arrêtèrent à une taverne pour se restaurer. Fait nouveau, Cassidy avait prit la main de son compagnon avant d’entrer dans la taverne. Une manière de dire qu’ils étaient ensemble car hors de l’Académie, elle n’avait pas vraiment l’intention de se cacher. La tête haute, elle défiait les femmes de la taverne de tourner rapidement les yeux, qu’elle ne laisserait pas son Drakkari se faire draguer.

Ils continuèrent leur route jusqu’à arriver à leur petit village. Les fumées qui s’échappaient dans les airs, témoignaient des cheminées allumées, très utiles pour se réchauffer. Comme à chaque fois que Cassidy retrouvait ses parents, elle était un petit peu, voire même un peu beaucoup nerveuse, ce qui n’échappa pas à Tristan.
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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: Rentrons chez toi...   Mer 10 Juil - 23:26

Renoncer à l’autre est parfois la plus belle preuve d’amour à donner. Il en avait fait l’expérience quelques années plus tôt et encore… à cette époque-là, il n’était pas encore prêt alors il ne regrettait pas. Oui… Ils étaient encore jeunes et naïfs, tous les deux, même si elle l’était bien plus que lui. Peut-être que ça n’aurait pas tenu, peut-être qu’ils se seraient ennuyés, et même détestés, qui sait ? Il préférait se dire cela. Plutôt qu’il avait tout raté. Cette séparation avait bien failli signer sa perdition et il se demandait encore aujourd’hui ce qui l’avait maintenu, même de manière infime, dans l’humanité. Point de non retour tellement de fois frôlé…
Bien sûr, là ce n’était pas du tout la même chose… Le vrai renoncement auquel il avait dû procéder récemment datait de ces dernières semaines. Ca avait été une des plus grandes épreuves de sa vie. Il le savait et il ne se le cachait pas… il le cachait déjà bien assez à sa compagne. Renoncer à elle pour la protéger… parce qu’il était trop faible pour la défendre efficacement contre ce sale type…

Ah non mais quelle connerie ! Renoncer à l’autre ? Une preuve d’amour ?
Bien sûr que non ! Ca n’entraînait que souffrance et désolation ! Et comme elle avait souffert la petite mage. Ses larmes, ses yeux pleins de détresse, l’absence de son sourire, sa perte de poids, ses gestes désespérés vers lui. Comme il aurait voulu, tout ce temps, pouvoir la prendre dans ses bras, la bercer doucement contre lui et lui dire que tout était fini, que ce n’était qu’un mauvais rêve, juste un mauvais rêve. Là, il n’aurait pas eu peur de lui dire qu’il l’aimait… Comme il avait dû enfin le faire pour la convaincre qu’il ne partirait plus, par la suite.

Elle était sortie comme si de rien n’était et il l’avait crue sans aucun mal. Sa force de caractère, son courage… il les respectait énormément et il pensait qu’elle en faisait encore preuve bien sûr, parce qu’elle était obstinée et que lorsqu’une idée hantait son esprit, c’était, a fortiori, pour un bon moment. Elle voulait reprendre son travail, sa mission, récupérer son retard, malgré sa détresse, malgré la marque dans son dos, malgré cette cicatrice qui les hanterait tous les deux pour toujours… du moins tant qu’ils ne trouveraient pas un moyen de l’en débarrasser.
S’il avait su, ne serait-ce que soupçonné, qu’elle allait mal en réalité, qu’elle avait besoin de lui, même si elle voulait se montrer forte à ses yeux en gérant seule, c’est à coups de pied qu’il aurait défoncé la porte de son bureau, faisant fi des regards des autres pour être près d’elle et attendre que ses larmes se tarissent sur son épaule.

Mais elle était partie seule, la tête haute, un léger sourire aux lèvres, réconfortante, cherchant une fois de plus à gérer seule une crise qui lui demandait pourtant d’avoir recours à un soutien. Si fière petite guerrière. Et puis surtout… elle craignait de le blesser de sa magie, ça aussi il l’ignorait. Comment aurait-il réagi s’il l’avait su ? Elle avait bien raison, il acceptait un peu plus la magie, il serait bête de tout gâcher, mais de là à lui cacher à quel point elle devenait capricieuse ? Sa magie vivait par ses émotions… Ne craignait-elle donc pas, en les lui cachant, d’alimenter en secret une puissance dévastatrice qui pourrait s’en prendre peut-être même à celui qu’elle cherchait ainsi à protéger ?

Les jours passaient, longs et monotones même s’il avait beaucoup pour s’occuper avec toutes les nouvelles taches qu’elle acceptait de lui confier. L’occupation lui permettait, quand elle demandait sa concentration, de ne pas trop penser à la demoiselle. Du moins au départ. Même s’il en avait perdu les gestes et habitudes pendant des années, Tristan avait la fibre artistique et une imagination débordante, qui palliait un peu trop bien ses derniers manques de contact avec la jeune femme. Et cela influait bien assez sur ses gestes. Ses petits camarades de décoration avaient été ravis et émerveillés devant cette peinture qui représentait si bien la jeune directrice, dans une tenue presque romaine, toge un peu trop légère sans doute, assise au bord d’une rivière qui jetait sur son visage aux traits innocents des reflets féériques, regard apaisant, si attirante, si vulnérable. Ils avaient cru à un nouveau jeu et s’étaient efforcés de faire de même, représentant certains professeurs loin de leurs habitudes. Ici l’acariâtre surveillante de bibliothèque tirant à l’arc, là un austère professeur de potions jouant avec des enfants en bas âge, un sourire doux aux lèvres… Tristan avait été rassuré et frustré en même temps que personne ne comprenne son inconscient message… mais rassuré mine de rien de ce qu’il avait peint… dans son esprit, après tout, la toge, enfin ce bout de tissu… ne la couvrait décidément pas autant.

Elle lui manquait ! Dieux qu’elle lui manquait ! Comme il était dur de résister à la tentation. Plus il s’efforçait de s’éloigner d’elle, de se contrôler, d’éviter les contacts pour ne pas la perturber, persuadé que c’était justement ce dont elle avait besoin pour aller mieux, et plus il était proche de craquer, plus il se sentait attiré par elle, aussi bien pour un baiser, une caresse dans les cheveux… que pour une folle nuit de passion. Ou une après-midi hein !!! Ca marche aussi !
Et comme il était loin de la vérité le jeune homme…
Il détestait s’endormir sans sentir son corps mince et frais tout contre lui, il y était devenu complètement accro ! Mais comment ne pas avoir envie de l’embrasser jusqu’à plus soif alors même que son esprit torturé lui faisait entrevoir toutes les caresses dont il souhaitait tant la couvrir et qu’il n’avait pas encore essayées ?
Quand il se réveillait le matin, elle était là, généralement proche de lui, lui tenant la main ou le dos blottie contre son ventre, s’emparant d’un de ses bras comme d’une couverture. Il souriait tendrement alors et la regardait longtemps, attendant que le soleil se lève. Quand enfin les premiers rayons accrochaient sa peau pâle, son ventre se tordait douloureusement d’un mélange d’amour désarmant et de désir affamé. C’était à ce moment-là qu’il se levait souvent… se connaissant suffisamment bien pour craindre de se voir verser plus d’un certain côté que de l’autre.

Un matin, il s’était réveillé avec sa main dans la sienne. Elle était toute habillée et ses cheveux sentaient un mélange de foin frais et de noix, senteur propre à un village un peu plus loin spécialiste dans tous les fruits à coques. L’intendant avait vaguement prévenu les professeurs au déjeuner de la veille que la jeune femme était absente. Il n’avait rien dit bien sûr mais s’était senti un brin malheureux et délaissé. Et ce même si ces derniers jours, ils ne faisaient que se croiser et ne s’étaient pas embrassés depuis décidément, bien trop longtemps !
Il était sorti plus tôt ce matin-là, un vague sentiment d’inquiétude et de jalousie hantant sa journée.

Voilà… il rentrait après avoir accompagné quelques derniers étudiants jusqu’aux portes avec les éternelles recommandations accompagnées d’une pointe (large la pointe) d’humour. Se reposer… quelle bonne idée, rêver un peu de sa belle quelques temps ne lui ferait pas de mal… Son oreiller devait encore avoir son odeur. Il grimaça légèrement. Il se connaissait et c’était bien souvent davantage vers désir qu’affection que penchait la balance de ses émotions.
Alors que résigné, il entrait dans leur grande chambre, il se figea sur place. Elle était là, juste devant lui, à seulement quelques pas. Si elle portait des robes couvrantes dès qu’elle passait le seuil de cette porte, elle lui réservait encore, même s’il ne les voyait que peu, ses tenues bien plus découvertes… comme cette très très très jolie nuisette dont le principal défaut était le plus beau des atout… le fait qu’à contre-jour elle soit très euh… juste légèrement un peu beaucoup transparente. Il déglutit difficilement et commençait déjà à partir après avoir laissé sortir quelques excuses et autres inepties de sa bouche lorsqu’elle le bloqua de la plus délicieuse des manières.

Enfin bloqua, elle l’arrêta et il fut métaphoriquement pieds et poings liés. Les bras autour de son torse, collée contre son dos, elle avait là le sort le plus puissant et le plus efficace qui soit. Il en oubliait presque de respirer. Pourtant ils étaient tous les deux habillés mais un long frisson parcourut l’échine du jeune homme qui sentait ses jambes prêtes à se dérober sous son poids. Depuis quand était-il si faible ? Il articula doucement son surnom dans ce qui ressemblait à un gémissement de supplice, totalement désarmé et désemparé. Ahhhh !!! Mais que quelqu’un lui dise ce qu’il devait faire par pitié !!! La voix de la jeune femme tremblait et son cœur se serra. Pourquoi ? Pourquoi sentait-il autant de détresse dans sa voix, une fois de plus. Il crut se retourner mais ne le fit qu’en pensées car c’est bien elle qu’il l’incita à lui faire face, puis encore elle qui se pendit de tout son poids à son cou pour qu’il se penche vers elle… et encore elle qui l’embrassa avec une telle passion, une telle ardeur, qu’il en oublia l’espace d’une curieuse seconde jusqu’à son nom. Elle lui ramollit bien vite les genoux de ce baiser et en même temps lui donna une force de titan alors qu’il se sentait plus grand et plus fort que jamais, prêt à lui rendre au centuple ses baisers auxquels il tardait temps à répondre.

Mais elle s’écarta… Il retint de justesse le gémissement d’incompréhension et de supplication qui menaçait de lui échapper, peinant à reprendre ses esprits, lui le si expérimenté Don Juan. Elle lui sortit alors la phrase la plus absurde du monde qu’il mit un temps fou à comprendre. De quoi ? La repousser ? Pourquoi ? Ahhh c’était un nouveau jeu ? Bah non… ça n’avait pas de sens comme jeu ça. Pourquoi il devrait la repousser ? Elle voulait qu’il lui fasse un strip tease en règles ? Non… elle venait de dire que c’était s’il ne voulait pas d’elle. Ne pas vouloir d’elle… S’il s’écoutait juste un peu, elle le supplierait en ce moment de le lâcher, certainement pas de l’embrasser. Perdu, incapable de réfléchir après ces merveilleux baisers, il mettait vraiment du temps à comprendre et la regardait bizarrement, totalement désemparé, penchant la tête, fronçant les sourcils et secouant doucement la tête parfois. Puis il cessa de penser, incapable alors qu’elle était si proche de lui et glissa ses mains dans son dos et derrière sa nuque. Il tremblait légèrement alors qu’il ne se contrôlait plus qu’à peine et l’embrassait avec plus de passion encore qu’elle une seconde plus tôt. Il voulait y aller avec douceur et émotion… mais trop impatient de retrouver cette sensation-là… il n’était même pas capable de contrôler ceci. Ah… tant pis, c’était juste magique !!!!

Au moins semblait-elle un peu satisfaite puisqu’elle ne le repoussait pas, bien au contraire ! Ils se faisaient mal au cou tous les deux du fait de leur différence de taille et de leur étroite étreinte. Ah forcément, là… ils pouvaient difficilement être plus proches.
La douleur dans sa nuque le fit se calmer un peu et il l’entraina doucement vers un mur pour la soulever sans la moindre gêne, la plaquant dos à celui-ci pour mieux reprendre ses baisers. Net avantage ? Une de ses mains s’était libérée et s’empressait de rattraper l’absence de caresses de ces derniers jours. Un peu moins impatient, beaucoup plus tendre, il avait repris ses baisers et semblait bien décidé à faire disparaitre la douleur dans le cou de la jeune femme… en couvrant celui-ci de multiples bisous magiques. La théorie était plutôt bonne non ? En pratique néanmoins, ça n’apaisait pas beaucoup, bien au contraire…

Pourtant dans sa tête… c’était le vide intersidéral… Il n’y avait qu’un nom qui tournait en boucle d’une telle manière qu’il ne savait pas si c’était sa petite voix intérieure qui le murmurait ou si c’était lui qui le gémissait, comme un être à l’agonie, entre chaque baiser. Comme elle lui avait manquée ! Il avait l’impression d’être devenu fou et de retrouver le chemin de la raison. A moins que ce ne soit totalement l’inverse.
Et puis elle n’était pas en reste elle. Plus affirmée que jamais, elle agrippait fermement ses cheveux pour lui tirer la tête en arrière parfois, quand il l’embrassait dans le cou, pour mieux lui donner un baiser à tomber par terre qui lui faisait remercier le ciel d’avoir ce mur comme support ! Et ses mains qui se serraient sur sa peau, ses ongles qui s’enfonçaient dans sa peau. Il allait devenir complètement dingue ! Les décharges dans son poignet parvenaient à peine à lui rappeler qu’il n’était pas en train de rêver alors pour le rappeler à l’ordre… Oh elle croyait qu’il était sur le point de craquer ? Elle se trompait… ce point-là, il l’avait déjà atteint depuis un bon moment !!!

Quand brusquement, elle se mit à briller comme un vrai phare en pleine tempête, un profond soulagement l’envahit. Ouf ! Les dieux soient loués, ce n’était pas à sens unique fort heureusement. Il l’avait cru l’espace d’une angoissante seconde. Ce n’en était que bien plus encourageant pour le jeune homme ravi qui l’embrassa de plus belle avant de lui mordiller l’oreille et de lui déclarer qu’elle brillait. Ah oui… c’est vrai qu’elle fermait les yeux pour mieux apprécier… mais en même temps elle devait bien les sentir… ces changements. Elle rougit et il sourit, s’emparant de ses lèvres. Pourquoi continuait-elle donc de réagir ainsi ? Comme si elle avait honte des réactions de son corps ? Ne sentait-elle donc pas qu’il était à sa merci depuis… bien plus longtemps qu’elle ? Ne se rendait-elle pas compte de la joie, du soulagement dans ses yeux lorsqu’elle se mettait à briller ? Elle lui donnait la plus belle preuve de son attirance pour lui qui soit et foi de Drakkari, il le lui rendait bien et s’efforcerait d’agir en conséquence.

D’ailleurs, c’est pris à son jeu, amusé, taquin, qu’il la pressa contre lui pour la porter jusqu’au lit, sans cesser de l’embrasser dans le cou. Voilà une forme de communication rassurante qu’elle ne pouvait que comprendre. Du moins l’avait-elle comprise vu comme elle l’embrassait à présent en délaçant les lacets de sa tunique pour mieux la lui enlever. Ah ça, elle s’était perfectionnée dans la technique du déshabillage, sans doute parce qu’elle ne réfléchissait pas beaucoup à l’heure actuelle… ni par la suite d’ailleurs. Partie de gymkhana hein ? C’est le moins qu’on puisse dire…

Tristan fixait le plafond, un air indéchiffrable au visage. Sa peau frissonnait encore, par intermittence, en sentant celle de la jeune femme. Son parfum l’aveuglait pratiquement et il se sentait à la fois plus fatigué que s’il avait subi une journée d’entraînement… et en même temps plus en forme que s’il avait dormi pendant des jours. Sa peau… son parfum… elle lui avait tellement manqué !!! Oh qu’il était heureux ! Il avait bien envie de lui dire… mais n’était-ce pas un brin machiste ? Peut-être assez déplacé ? Lui dire qu’elle avait été juste exceptionnelle… était-ce vulgaire ? Et comment arrivait-il à réfléchir à cela alors qu’un sourire débile étirait ses lèvres et qu’il se sentait aussi léger qu’un papillon. Ah et il avait mal partout mais qu’est ce que c’était agréable d’avoir mal partout ! était-ce sa magie ? Ou leur manque d’activité de ces dernières semaines ?
Il avait hésité à ôter son bracelet au début puis avait décidé de le conserver le temps de se réhabituer à elle… ensuite seulement… la prochaine fois peut-être… il tenterait sans, même si c’était un brin risqué.

Ah… et comme il avait adoré quand elle l’avait agrippé par la nuque et s’était laissé tomber en arrière en l’attirant sur elle quand il lui avait ôté sa nuisette. Ah… elle était quand même beaucoup mieux sans… et quand il l’embrassait et la couvrait de caresses et qu’elle étouffait ses gémissements d’une de ses mains alors qu’il se plaisait à insister, douce torture. Elle avait jeté un sort d’un gémissement étouffé alors qu’elle l’embrassait en même temps et comme toujours, pendant un court instant il avait eu l’impression que tout résonnait autour d’eux avant de redevenir normal. Elle devenait vraiment forte pour lancer ce sort… et elle avait sacrément bien fait de le lancer !!!!!
Son sourire s’élargit alors qu’il fermait paresseusement les yeux en se remémorant le long moment de pur bonheur auquel il venait d’avoir droit. Vraiment ? Il ne pouvait pas lui dire que c’était… wahou ? Pourtant ce n’était pas vulgaire ! Si ? Un peu ?

Ce fut la voix de la jeune femme qui l’interrompit dans ses pensées. Il entendait le soulagement et une pointe de fatigue dans sa voix, mais aussi l’apaisement et s’en félicita une courte seconde avant de froncer les sourcils. Que venait-elle de dire ? Elle s’expliqua et l’expression d’extase du jeune homme disparut totalement alors qu’il se redressait sur un coude, sur le côté, sans pour autant la lâcher. Enfin si… il la lâcha… quelques secondes après son discours qui se voulait explicatif. L’expression du jeune homme se fit fermée alors qu’il s’asseyait et se passait, sans un mot, une main sur le visage. Le drap avait glissé le long de son torse du coup mais heureusement le couvrait encore suffisamment pour ne pas réalimenter les fantasmes de sa compagne. Quoique… il n’aurait probablement pas été contre. Il soupira profondément puis se tourna vers elle mais comme inquiète, elle s’était également assise sur le lit, le regardant, il posa fermement ses mains sur ses épaules et la rallongea de force, appuyant juste après son front contre le sien en caressant du bout des doigts lesdites épaules.

- Oh ma princesse… je… je suis… tellement désolé…


Dis donc… sa voix semblait étonnamment tremblante. Il se reprit rapidement et rouvrit les yeux en éloignant son visage du sien pour la regarder.

- On ne s’est pas compris Cassy, c’est tout… Je… je t’évitais juste pour résister à la tentation parce que je savais que tu avais du travail… je… je ne t’en voulais pas du tout et tout ce que je voulais c’est… attends c’est le mot tentation qui te fait faire cette tête ? Princesse, ne me dis pas que tu doutes encore !

Il poussa un grognement exaspéré et lui maintint fermement le visage redressé vers lui, lui lançant un regard sévère.

- Tu me rends dingue, totalement… Si je m’écoutais, si je m’étais écouté… chaque fois qu’on se serrait croisé ces derniers jours, je t’aurais entraîné dans une salle vide pour te… euh… disons… faire notre petit jeu d’il y a quelques minutes… Enfin… merde Cassy ! Comment tu peux croire que… Mais si je m’écoutais je te violerai sur place dès que je te croise par tous les dieux !!!! Alors arr…


Sa voix mourut dans sa gorge alors qu’il se rendait compte de la sincérité de son aveu et prenait une rare fois de plus quelques couleurs en détournant un peu les yeux, mine de rien gêné par ses révélations. Il lui fallut quelques secondes avant de se retourner vers elle, sans colère, honnête, le regard plein de tendresse et de désir.

- Cassy… je te jure… Tu… Moi fâchée contre toi ? A ne plus VOULOIR te prendre dans mes bras, t’embrasser… et… enfin… tu vois bien à quel point tu me rends fou, non ? Ma pauvre princesse… tu t’es encore fait du souci pour rien. Soit, le vilain Drakkari va devoir se faire pardonner
.


Cette fois, son sourire était plus large, un brin pervers alors qu’il l’embrassait avant de lui faire un clin d’œil. Ce sujet réglé, ils parlèrent un peu, s’embrassèrent et se câlinèrent beaucoup, ravis de se retrouver et de ne plus craindre une séparation quelconque. Bref… ils n’étaient vraiment pas doués tous les deux.
Ils finirent par se lever et s’habiller à regret, même si ça leur prit très longtemps puisqu’apparemment Tristan était contre le fait qu’elle se rhabille tout de suite !
Elle lui montra le bracelet de remerciement d’une fillette et il en profita pour l’embrassa dans la nuque, la faisant frissonner.

- Dommage, si c’était celui d’un autre homme, je devrais me montrer plus… performant disons, la prochaine fois… Tant pis…


Moui, il aurait surtout été un brin jaloux mine de rien…
Finalement il fut décidé qu’ils partiraient aujourd’hui et ils finalisèrent les préparatifs. Quand la jeune femme enfila une robe très couvrante et lui jeta un regard inquiet, comme si elle craignait qu’il ne la délaisse à cause de cela, un sourire pervers illumina le visage du jeune homme qui s’empressa de se coller contre son dos et de souffler une nouvelle fois à son oreille.

- Finalement… c’est pas mal ces robes là… Ca laisse plus de place à l’imagination… mais moi je sais ce qu’il y a dessous… et ça ne va pas m’aider à être sage…


Petit compliment détourné alors qu’il s’éloignait en sifflotant, joyeux, pour préparer ses affaires. Fini son air ronchon et frustré de ces derniers jours, il était limite de chantonner… Ah ces hommes !
Une fois qu’ils furent prêts, ils suivirent le plan de la jeune femme et commencèrent leur petit voyage. Le geste de sa compagne dans une auberge n’échappa pas à Tristan même s’il lui enleva rapidement sa main… pour mieux passer son bras sur ses épaules dans un geste autant possessif que de défi. Que les fous s’amènent pour voir ! C’était sa copine ! Na ! Et il n’était pas plus près qu’elle de partager. Ils mangèrent tranquillement, parlant de tout et n’importe quoi et surtout de ce qu’ils avaient fait ces derniers jours puisqu’ils n’avaient pas eu l’occasion d’en parler.

La dernière partie de leur périple fut un peu plus compliquée avec toute la neige qui était tombée aux alentours du village mais ils progressaient bien et vite et puis… ils étaient ensemble.
Tristan remarqua néanmoins la nervosité de sa compagne au fur et à mesure qu’ils se rapprochaient et commença à se poser quelques questions. Ah oui, bien sûr, avec leur dernier… quiproquo elle n’avait peut-être pas précisé à ses parents qu’il venait aussi et devait se préparer mentalement à être assaillie de questions… Pauvre maman, elle devait aussi être inquiète de trouver sa fille dans un état déplorable si celle-ci et son beau Drakkari avaient rompu. Enfin la demoiselle semblait constamment se mettre à l’épreuve et vouloir faire mieux qu’avant… Aucun doute, elle devait être en train de cogiter sur ce qu’elle pouvait et devait faire pour que sa famille soit fière d’elle. Et comment être sûre de pouvoir cacher la marque entre ses omoplates ? ceci plus que tout devait l’inquiéter. Il sourit et se rapprocha d’elle. Ca faisait un moment qu’il était descendu de cheval pour les prendre tous les deux par la bride et les mener dans la neige haute, s’assurant qu’il n’y avait pas de terriers cachés et dangereux pour les pattes des grands animaux. Il prit les deux brides dans une seule main et effleura de l’autre une jambe de la jeune femme.

Elle sursauta légèrement, surprise, perdue dans ses pensées. Il lui fit un beau et tendre sourire et lui assura qu’elle ferait mieux d’arrêter de se torturer l’esprit comme elle le faisait. Son sourire se faisait taquin et elle ferait mieux de s’attendre au pire… et en effet, il ajouta quelques mots.

- Enfin moi ça me va si tu fais cette tête là parce que ça veut dire que je devrai te détendre… et ce qu’on a fait tout à l’heure me paraît très efficace pour te détendre justement.. Quoique je pourrais peut-être commencer des maintenant à t’embrasser…


Il sourit discrètement en la voyant rougir puis sourire, perdue dans ses pensées et tous récents souvenirs. Ce serait une distraction pendant quelques instants, courts mais tout de même…
Ils arrivèrent enfin au village et Tristan aperçut le père de Cassidy en train d’essayer de tirer un charriot dans la neige du jardin tandis que sa mère leur faisait de grands signes de la main, les guettant depuis le perron.
Ils attachèrent les chevaux et les déchargèrent… enfin il s’en occupa pendant qu’elle allait saluer ses parents. Quand Tristan la rejoignit, portant sans mal les affaires de sa compagne, il ne loupa pas le soulagement immense dans les yeux des parents. Ah ben non, elle ne revenait pas toute seule. Voulant mettre tout le monde à l’aise et bien décidé à leur montrer qu’il s’incrustait pour un moment dans leur vie, il alla donner une tape sur l’épaule du père et un gros câlin à la maman, lui plantant une bise sur chaque joue, plaisantant avec son sourire de brigand.

- Bonjour belle-maman ! Ca sent rudement bon dites donc… Vous avez encore prévu de nous faire grossir avouez !!!

Il sourit à Cassidy et lui prit sans hésiter la main, oui, même devant ses parents. Il voulait qu’elle comprenne qu’il se sentait bien, que ce n’était pas une corvée d’être ici, bien au contraire… Et que où elle irait… tant qu’il serait avec elle,il serait heureux… Et qu’il comptait mettre sa précédente menace à exécution !
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Cassidy Herediane
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MessageSujet: Re: Rentrons chez toi...   Lun 29 Juil - 18:10

Craignant de se faire repousser une nouvelle fois dans cette chambre, Cassidy avait alors entrepris une solution radicale. En effet elle était face à lui, le contact physique lui avait tellement manqué, et elle était entreprenante cette fois là. Appréciant elle-même ce qu’elle faisait, même si la peur de devenir accro la faisait un peu douter. Une drogue très puissante, oui… Elle avait besoin de lui. D’avoir ces contacts avec lui, ces moments câlins, taquins, coquins, qui rendaient les journées bien meilleures que d’ordinaire.

Et à son grand bonheur, il ne la repoussa pas. C’était même comme si il l’attendait, qu’il n’attendait que ça qu’elle fasse le premier pas vers lui, qu’elle lui montre que oui la demoiselle voulait rompre la glace de ces derniers jours, ces journées sans se croiser, sans se parler. Et quelles retrouvailles ! De la vraie magie et les petits papillons dansaient autour d’elle. Cassidy réprima un frisson alors que le Drakkari passait les mains sur son corps et qu’ils devenaient tous les deux un peu plus insistants.

Elle rougissait toujours quand elle remarquait le changement physique de son corps mais n’avait pas le loisir d’y réfléchir puisqu’à chaque fois, son cerveau fonctionnait au ralenti et qu’elle s’abandonnait uniquement à un plaisir appréciable. Doux moment entre les deux jeunes, qui se transformait en une véritable passion dévorante. Et chacun éprouvai t du plaisir à cette activité retrouvée.

Le jeu terminé, la jeune femme craqua et fit part de ses sentiments, se disant qu’elle avait certainement tort et en effet, cela fit réagir Tristan, d’abord comme à son habitude, il se fit un peu plus ferme, comme si ces révélations étaient capables de déclencher la mauvaise humeur du Drakkari. La demoiselle s’assit à côté de lui, timide et sans qu’elle ne s’y attende, il la fit basculer en arrière.

La jeune femme l’observa pendant ces aveux. Décidément elle était bien stupide que d’imaginer tout plein de choses. Elle ne devrait plus douter de lui, surtout qu’il était tellement sincère dans ces paroles que la mage n’en avait pas le choix. Elle passa les bras autour de son dos et le serra contre elle, simple marque d’affection, comme une preuve qu’elle l’écoutait, qu’elle était heureuse.

Elle changea ensuite de sujet et lui montra le bracelet mais contrairement à lui qui prenait un malin plaisir de la faire mijoter et dévoiler sa jalousie, Cassidy était bien trop honnête pour jouer avec ça. Elle ferma les yeux quand il l’embrassa dans le cou, appréciant ce moment, puis se redressa alors qu’il conclut par une petite phrase qui ne passa pas dans l’oreille d’une sourde. Le rendre un petit peu jaloux ? Elle devrait, avec toutes les femmes qui lui tournent autour… Enfin c’est quand même un peu dangereux.

« Vraiment ? Intéressant… »

Elle enfila une robe couvrante et il vint se coller à elle, ce qui la fit rougir jusqu’aux oreilles en entendant cette phrase. Au moins c’est sûr, il avait déjà vu sous les robes donc bon…
Leur voyage commença et tous les deux semblaient décidés à s’afficher en public, enfin ! Elle fut très surprise lorsqu’il passa un bras autour de ses épaules à la taverne.

Mais lorsqu’ils arrivèrent au village, Cassidy se retrouva en proie à de nouvelles réflexions et était beaucoup plus tracassée qu’avant. La pauvre elle ne savait plus du tout comment réagir et le stress était apparu sur son visage. Elle sentit une caresse au niveau de sa jambe et sursauta.
Tristan qui la rassurait une nouvelle fois en parlant de détente, ce qui valut un nouveau rougissement de la part de la demoiselle, repensant à des souvenirs récents beaucoup plus agréables. Ah ben oui pour une bonne détente elle était prête à le faire maintenant, tout de suite !

Ils arrivèrent enfin et Cassidy partit en direction de ses parents.

Malheureusement la demoiselle se sentait vraiment gênée face à ses parents et ne savait pas quoi leur dire à part un bonjour et comment ça va. En effet ces derniers temps, à cause du petit incident avec Tristan, les lettres qu’elle envoyait à ses parents étaient évasives. Pire encore, comment affronter leur regards alors qu’elle était encore et toujours convaincue d’avoir fait une grosse bêtise ? Heureusement, Tristan était là pour détendre l’atmosphère et ses petites phrases, complètement anodines, ne manquèrent pas de faire rougir la jeune femme. Il lui tenait la main et elle se sentait bien plus en confiance, se permettant même de la serrer un peu, comme si elle le remerciait discrètement.

Les parents semblaient enchantés et rassurés que tout allait bien. La mère se mit à rire doucement et s’approcha des deux jeunes d’un air complice.

- Voyons Tristan, c’est mon devoir de préparer de bons petits plats. Un grand gaillard comme toi a besoin de manger et ma fille, je suppose qu’elle devait tellement avoir la tête dans son… travail que manger est devenu optionnel. Je suis étonnée qu’elle ne soit pas plus maigrelette.

Cassidy se mit à grogner en baissant la tête, visiblement, elle avait encore du mal à être à l’aise. Après une petite réplique de Tristan, ils ne restèrent pas plus longtemps dehors et passèrent à table.

La jeune mage semblait quand même angoissée d’entendre les questions de ses parents. Surtout que piètre menteuse, ils ne tarderaient pas à comprendre qu’il s’était passé quelque chose. Mais connaissant leur fille, elle n’aurait jamais avoué quoi que ce soit. Les questions ne tardèrent pas à être posées, alors que Cassidy tentait de manger une patate.

- Alors Cassidy, comment ça se passe dans ton école ? Tu ne nous as pas donné beaucoup de nouvelles ces derniers temps. Rien de grave j’espère ? demanda la mère avec le sourire en servant Tristan une nouvelle fois.

Cassidy resta bête avec sa fourchette en l’air et commença à bredouiller, perdant ses moyens. Jordeth fronça les sourcils d’un air peu convaincu mais encore une fois, ce fut Tristan qui sauva la petite mage. Il s’expliqua à sa place et enchaîna sur d’autres sujets pour noyer le poisson en montrant que tout allait bien, allant même jusqu’à poser un bras autour des épaules de sa compagne.

La fin du repas se passa bien et quand vint l’heure d’aller dormir, Cassidy insista pour que Tristan l’accompagne sous les yeux d’un père protecteur. Marilyn se contenta de battre l’air avec sa main en riant.

-Allons allons ils sont jeunes, tu sais bien qu’à notre âge nous faisions la même chose. Et puis Tristan est un charmant garçon, notre Cassidy ne risque rien avec lui.

Ils s’éclipsèrent d’un côté et de l’autre alors que les deux jeunes s’installaient dans la chambre d’enfant de Cassidy. Cette dernière en était d’ailleurs bien déconfite et le regard insistant de Tristan la convainquit de s’expliquer. Elle attrapa une mèche de cheveux qu’elle entortilla autour de son doigt d’un air gêné.

« Merci… Je n’aurais pas été très crédible à table avec ces questions. Je suis désolée… je n’ai pas envie de t’encombrer non plus avec cette situation »

Elle s’assit sur le lit et attrapa doucement la main du jeune homme qu’elle fixa avant de la serrer tendrement. Une présence, un contact, elle en avait besoin. Elle avait besoin de lui encore un peu plus chaque jour. Cela devenait presque de la dépendance. Malgré les malheurs, la souffrance, elle s’attachait à lui encore plus et semblait déterminée à ne rien laisser gâcher cette fois ci. Il l’écouta, lui parla. La jeune femme se mit à sourire avec affection avant de le tirer sur le lit et de se lover tout contre lui, après avoir pris la peine de retirer ses bottes. Une attitude peut-être un brin possessive, un brin fragile. La petite mage qui avait besoin de se sentir soutenue par son grand guerrier.

Il lui parla une nouvelle fois et la fit rire, cherchant à l’amuser et la rassurant une nouvelle fois sur son état. Le jeune homme aurait bien voulu mettre sa menace à exécution de la détendre encore un peu mais il semblerait que Cassidy avait un peu de mal à être complètement détendue avec ses parents pas loin. Elle connaissait son père, il était capable de rentrer dans la chambre pour voir si tout allait bien. Lui expliquant la situation, avec une mine déçue, Tristan comprit la situation même si Cassidy aurait bien voulu… Bon ben avec les parents à côté, on verra ça à un autre moment. Puis ils finirent par se déshabiller et s’endormirent l’un contre l’autre.

Le lendemain matin, alors qu’ils sortaient proposer leur aide aux parents, ces derniers leur demandèrent plutôt de profiter de ces jours neigeux pour se détendre et s’amuser un peu plutôt que de s’occuper de tâches en tout genre, ils avaient bien assez de travail en temps normal !
D’ailleurs Marilyn tendit deux paires de bottes aux jeunes avec une fine barre de métal intégré sous la semelle. Cassidy parut étonnée jusqu’à ce que sa mère l’éclaire.

« Vous pouvez aller faire un tour sur le lac gelé pas loin d’ici, ça vous dégourdira les jambes »

Cassidy se mit à grommeler en baissant la tête en évoquant la présence d’eau. Marilyn donna une petite tape sur la tête de la jeune femme prenant un air sérieux et mi amusé.

« Rhoooo Cassy, le lac est gelé ! Tu ne vas pas tomber dedans quand même et puis même si tu tombes tu as un charmant garçon qui est là pour te rattraper »

La petite mage se mit à rougir violemment et tenta de regarder à droite, à gauche. Elle avait toujours cet air si touchant et si fragile parfois malgré le fait qu’elle pouvait avoir de grands pouvoirs. Marilyn se mit à sourire avant de s’adresser à Tristan.

« Je compte sur toi pour Tristan pour la fait rire un peu. Mademoiselle a toujours eu du mal à profiter des petits plaisirs simples et autres amusements ».

Oh bien sûr qu’il le savait tout ça ! Et il avait déjà certainement dans l’intention de le faire.
Ils arrivèrent au lac gelé alors que des enfants étaient déjà en train de glisser tout en rigolant sur la surface glacée. Cassidy enfila les bottes mais elle semblait toujours aussi réticente à vouloir se lancer. C’est Tristan qui l’attrapa par les mains et l’amena doucement sur la glace. Bonne occasion pour la demoiselle de se coller à lui et de fermer les yeux. Aaaah… il n’y a rien de mieux que de se faire rassurer dans les bras de son homme.

Mais au bout d’un moment, celui-ci insista avec douceur pour qu’elle apprenne aussi à patiner même si le contact était certainement très agréable. Ils évoluaient tous les deux par des petites glissades, Tristan lui donnait quelques conseils et elle tirait la langue d’un air appliqué. Tellement peu sûre d’elle la petite mage qui pourtant maîtrisait la magie !

Elle se mit à rire.

« Dis donc Messire le guerrier, où avez-vous appris à patiner ? »

Bah oui quand on passe son temps à s’entraîner on n’a pas forcément des occasions pour se divertir. Ca devait être naturel chez lui les apprentissages, enfin tout ce qui touchait aux mouvements du corps.

Lorsque Cassidy commença à se débrouiller toute seule, il la laissa un instant, indiquant qu’il allait aider une petite fille qui n’arrêtait pas de tomber plus loin. Sous les yeux d’une adolescente qui passait son temps à regarder Tristan. Cassidy croisa un instant les bras. Grrrr Grrrr ! On ne réveille pas la lionne qui défend son homme comme une possession privée. Mais bon, si la jalousie était bien présente, brève lueur flamboyante dans les yeux noisette de la jeune femme, elle décida de se retourner, car forcément une adolescente n’était pas vraiment dangereuse.
Elle s’appliquait surtout à mettre en pratique les conseils que Tristan lui avait donnés. Un pas en avant et on glisse, un deuxième pas et on glisse. Parfois elle se sentait un peu ridicule et battait des bras pour garder un équilibre des plus précaires.

Finalement au bout d’un moment elle arriva à patiner plutôt correctement même si ça n’atteignait pas l’élégance du jeune homme. Toute fière et heureuse, elle voulut lui montrer et se tourna dans sa direction pour s’approcher de lui qui patinait en solitaire un peu plus loin, débarrassé des autres. Mais dans sa hâte de le rejoindre, Cassidy prit un peu trop d’élan et n’arrivait tout simplement plus à s’arrêter.

« Aaaaaaaaaah ! »

Faisant de grands moulinets avec ses bras, elle fonça droit sur Tristan qui bien sûr, se prit une tornade blonde dans le torse, plaquant ses mains autour d’elle pour ne pas qu’elle tombe au sol. Dans cet élan ils se retrouvèrent tous les deux à glisser le long du lac jusqu’à atteindre le sol enneigé. Tristan tomba sur le dos, une Cassidy bien sonnée calée sur son torse.

Le cœur de la jeune femme battait vite sur le coup de l’adrénaline alors qu’elle secouait ses cheveux d’un air vif avant de regarder Tristan. Et de se mettre à rire.

« Eh bien ! Moi qui voulais te montrer mes efforts, je vais te faire passer pour un mauvais professeur à ce rythme là ! »

Elle prit un air faussement sérieux avant de devenir beaucoup plus malicieuse, le regardant un nouveau.

« Quoique le rentre dedans, c’est une bonne tentative d’approche je trouve… Au moins j’ai toute ton attention »

Puis, dans un instinct que la jeune femme ne saurait pas expliquer, une pulsion nouvelle qu’elle n’aurait jamais eu jusqu’à présent, elle se pencha tout contre lui et déposa sur ses lèvres un magnifique baiser qui dura un moment. Oui il y avait du monde, oui on les regardait, mais si lui avait décidé de se faire reconnaître au sein de sa famille, elle, elle n’avait plus cette peur ni cette timidité de montrer leur amour au grand jour. Elle l’assumait totalement. Et cela ne devait pas déplaire à Tristan.

Elle s’écarta de ses lèvres et le magnifique sourire qu’elle lui offrit aurait pu réchauffer toute la glace, se contentant de caresser doucement sa joue avant de se relever. Après réaction du jeune homme, ils passèrent à une autre activité bien enfantine. Cela avait commencé par une boutade et les voilà qui se lançaient des boules de neige à présent !

Sauf que Tristan esquivait si bien qu’elle n’arrivait pas à le toucher et lui… elle le soupçonnait de viser mal pour ne pas qu’elle se prenne de la neige en pleine figure. La jeune femme râlait, témoignant qu’il était trop fort pour elle et admis sa défaite.

Alors que la journée passait rapidement, la jeune femme eut une autre idée. Surtout que la neige avait recommencé à tomber et qu’il faisait un peu plus froid.

« Ah je sais ce qu’on va faire ! Viens ! »

Elle le conduisit dans la forêt avant de prendre le chemin de leur petit coin secret, avant de bifurquer vers les grottes environnantes. Tristan devait comprendre où elle voulait en venir. Mine de rien elle mémorisait bien son environnement. Et lui qui avait compris la prit sur ses épaules pour éviter qu’elle trébuche, maladroite comme elle était sur ce sentier semé d’embûches.

Ils arrivèrent à l’entrée et elle alluma une sphère lumineuse pour les aider à s’éclairer dans cet endroit qu’elle considérait comme magique. Un sourire sur les lèvres, elle poussa un soupir nostalgique et bienheureux.

« Rien de tel qu’un bon bain chaud avec le froid dehors. Je me croirais presque à Frihold avec les sources chaudes »

Elle se déshabilla lentement sous les yeux de son compagnon, pas gênée pour un sou et surtout lui qui devait en profiter pour admirer la vue… des roches lumineuses bien sûr ! Ca aussi elle avait fait de sacrés progrès en la matière, même si au départ elle lui tournait le dos, peut-être par instinct ou simplement parce qu’elle était devant lui à ce moment là. Sa cicatrice était toujours présente dans son dos, même si ses cheveux aidaient à dissimuler. Apparemment elle n’avait rien pu faire pour l’enlever et lui la connaissait suffisamment pour se douter qu’elle avait très certainement retourné des livres entier à la recherche d’une formule pour effacer les énormes et moches cicatrices.

Lorsqu’elle se retourna, il était toujours habillé. Cassidy le dévisagea curieusement, il devait être bien perdu dans ses pensées le bel homme !

« Eh bien me dis pas que tu veux te baigner tout habiller quand même ? Hum… »

La petite mage s’était approchée de lui, et entreprenait de le déshabiller, passant par défaire la ceinture puis en enlevant la tunique alors qu’il se penchait en avant. Elle en profita pour caresser doucement son torse d’un air entendu, appréciant la chaleur de sa peau, passa les mains dans son dos puis dans sa nuque pour le forcer à se pencher alors qu’elle lui volait encore un baiser, beaucoup plus langoureux qu’au lac jusqu’à manquer d’air.

S’écartant un instant de lui, Cassidy tentait de reprendre ses esprits et s’ébrouait les cheveux tout en piquant un fard et s’adressa à lui en bredouillant, regardant ses pieds.

« Huuum… il faudrait que j’arrête de… heu on est venu pour prendre un bain et puis… heu… avec toute l’abstinence qu’on a eu ses derniers temps, je vais finir par perdre les pédales si je continue à t’embrasser comme ça… et puis après je… »

Elle n’eut pas le temps de terminer sa phrase que la teinte luciole envahit son corps et que la mage fit un petit bond en arrière, visiblement encore plus gênée de voir qu’elle était soit en manque, soit qu’il l’attirait terriblement et qu’elle avait du mal à se contrôler. Enfin ça revient au même au final !

« Heu… Heu… Bon un bain Tris’ ! Moi j’ai froid comme ça »

Hum l’occasion était trop belle pour lui de répliquer, ce qui fit encore plus rougir la petite mage avant qu’elle se tourne vers l’eau en prenant doucement sa main pour l’entraîner avec elle. Pourtant malgré toute la durée qu’ils restaient dans le bassin, elle continuait de briller comme si c’était quelque chose de naturelle.

Elle était dans les bras de son compagnon lorsque vint LA question.

« Dis… les autres femmes… elles brillaient aussi avec toi ? »

On reconnaissait bien le manque de connaissances de la demoiselle sur le sujet. En même temps elle n’avait cherché à se renseigner sur les autres. Pourtant Cassidy avait un regard des plus sérieux en attendant une réponse et visiblement non, elle n’avait pas l’air d’en savoir plus que ça.




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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: Rentrons chez toi...   Ven 2 Aoû - 1:42

Elle s’était mise à bredouiller. Pourtant il ne s’agissait que de banales questions de routine. Seulement, la jeune femme n’était décidément que peu douée pour mentir et pour cacher sa gêne. Dans un sens, c’était une bonne chose. Tristan n’était pas surpris qu’elle n’ait rien avoué de leur rupture à ses parents. Peut-être pensait-elle sincèrement, au fond de son cœur, que tant qu’elle n’annonçait pas la triste nouvelle, celle-ci ne resterait qu’une simple fiction, une fiction qui pouvait encore s’effacer pour que la réalité, celle dans laquelle ils étaient toujours ensemble, reprenne. Pour beaucoup, cette réaction serait passé pour une fierté égocentrique, le genre de fierté de filles qui aiment plaire et détestent demeurer insatisfaites dans leurs exigences auprès de leurs compagnons. Mais il la connaissait, bien moins que ce qu’il aurait souhaité certes, mais tout de même suffisamment pour savoir que ce n’était là que le comportement maladroit, inquiet, d’une jeune femme encore adolescente… Encore adolescente parce qu’elle n’avait pas vécu de vraie adolescence, encore adolescente parce qu’elle n’avait pas connu les frustrations des injustices des adultes, le grand frisson de l’amour secret, le désespoir de cet amour trop fugace si vite effacé. Et parce qu’elle n’avait jamais aimé un adolescent comme une adolescente, avec son lot de surprises, d’erreurs, de folie et de rire, cet amour enfantin, inconditionnel, c’est à lui qu’elle le dédiait.

Si les choses avaient été différentes, c’est ensemble qu’ils auraient été depuis le début. Il n’aurait pas connu toutes ces filles, il n’aurait pas eu cette réputation, ni ce passé, ni ces secrets, ni cette part d’ombre de laquelle elle le tirait progressivement. Mais en même temps, il ne se serait jamais révélé un amant aussi attentionné et un petit ami certes un peu maladroit mais tellement romantique par moment, non ?
Pour protéger ceux qu’elle aimait, Cassidy était prête à passer sous silence jusqu’à ses plus sombres moments, parce qu’elle ne voulait pas blesser sa famille, ni l’inquiéter. C’était très honorable, courageux mais aussi alarmant. Et lui… Etait-elle capable de lui cacher d’aussi graves éléments, par amour ? Ses sentiments, outre la force qu’ils lui donnaient n’étaient-ils pas aujourd’hui aussi, sa plus grande faiblesse ?

- Grave ? Non… Enfin sauf si une ruade de cheval paraît grave… Cassidy est tombée un jour. Ce n’était pas de sa faute, il y avait de l’orage, rien ne laissait prévoir que son cheval s’emballerait ainsi. Elle s’est blessée la jambe, mais rien de sérieux, seulement mademoiselle ne suivait pas très bien les instructions de son docteur. Je l’ai donc abandonnée quelques jours sous bonne surveillance loin de l’Académie pour qu’elle échappe un peu à tout ce stress. Mais bon… Seul le froid de l’hiver pouvait garantir qu’elle se repose un peu… Vous saviez qu’en cette période la neige est tout de même très différente d’ici à l’Académie ?

Tristan sourit, légèrement gêné comme un enfant avouant une petite faute, pour en cacher une plus grosse. C’est vrai qu’il n’allait pas clairement avouer qu’il n’était qu’un faiblard qui avait été incapable d’empêcher leur fille de coucher avec un autre mec. Enfin… ça n’avait pas eu non plus l’air de lui déplaire. S’il s’était agi d’un viol, là par contre… Il ne pourrait plus la regarder en face. Il enchainait sans mal, habile. Il avait l’habitude… et puis, il devait couvrir ses arrières.

Ils finirent par se lever de table, le jeune homme jurant en riant, qu’il était sur le point d’exploser. Quand Marilyn les avait taquinés à propos de nourriture, il avait gémi qu’il rêvait de ses petits plats en secret et à propos de sa fille, qu’il ajoutait volontairement des cuillères de beurre et de sucre dans son chocolat chaud pour qu’elle ait son lot de calories. Ce qui avait provoqué force gloussements et tapes amicales dans le dos.

Finalement, les deux jeunes gens se retrouvaient tous seuls dans la chambre de la jeune fille et Tristan jeta un regard lubrique vers le lit, ce qui sembla échapper à sa jolie compagne. Elle s’excusait pour son attitude et il cessa de fixer les coussins en se demandant à quelle vitesse, il pouvait les virer pour faire de la place. Le jeune homme sourit doucement et l’observa alors qu’elle s’asseyait. Il s’accroupit même pour mettre son visage à hauteur du sien, récupérant entre ses doigts la mèche blonde qu’elle malmenait.

- Chacun son domaine princesse. Je suis un grand charmeur, tu en as toi-même fait les frais, laisse-moi donc assurer nos arrières ainsi. Qui mettrait en doute la parole d’un si charmant jeune homme… et encore plus sexy que charmeur. Grogna t-il sur la fin en rapprochant son visage du sien pour lui voler un baiser.

Elle lui échappa d’une légère esquive qui le fit grogner d’amusement et de surprise alors qu’elle l’attirait à ses côtés. Quand elle se blottit contre lui, Tristan referma ses bras en souriant même s’il gardait en réserve une moue boudeuse histoire d’être sûr d’avoir quelques câlins et bisous pour sa « frustration ». Ils parlaient du voyage et il aborda même un type qui avait beaucoup trop lorgné la jeune femme. D’ailleurs, ceci lui servit d’excuse pour soit disant se venger parce qu’il n’était « pas jaloux du tout mais qu’il ne voulait pas qu’elle soit tentée de regarder un autre homme que lui alors il allait devoir lui rappeler en pratique quels étaient ses plus grands atouts ». Elle rougissait et riait en même temps ce qui avait le don de le rendre aussi fier qu’un paon. Il se serait presque pavané… Ah non, il y avait bien autre chose qui le rendait encore plus fier. Déposant des baisers dans son cou, baisers qui semblaient de plus en plus de mal à faire la différence entre ledit cou et la poitrine de la jeune femme qu’il tentait à multiples essais d’atteindre en glissant sa tête dans le col haut de sa robe, Tristan finit bien par s’apercevoir que la demoiselle n’avait pas la tête à des câlins ce soir.

Heureusement qu’elle s’expliqua parce qu’il était en plein début de déprime de voir que ledit charme était totalement inopérant. Bien qu’agacé, il l’embrassa tendrement et répliqua que puisque c’était comme ça il n’aurait qu’à se venger plus tard. Par contre, il prit un malin plaisir à se déshabiller de la manière la plus sexy qu’il ait en stock. Juste pour l’embêter… Ils allaient devoir s’entraîner un peu si elle voulait être un peu plus discrète… En même temps c’était compréhensible. Si elle verrouillait la porte et isolait la pièce et que le père venait les voir, il ne comprendrait pas, risquait de défoncer la porte et de trouver sa fille et son petit ami en pleine pratique de cours de biologie et… pas sûr qu’il apprécie autant le jeune homme après cela.

Tristan s’endormit très vite avec pour compensation des caresses dans les cheveux qui avaient le don d’annihiler toute pensée, quelle qu’elle soit.
Le lendemain, effectivement, chassés de la maison sous prétexte qu’ils devaient s’amuser et se détendre un peu, ils se rendirent au lac. Marilyn semblait vraiment décidée à les chasser ce qui laissa un instant penser au jeune homme qu’elle préparait peut-être quelque chose sans le leur avouer et donc que leur présence était tout sauf requise pour l’heure. Elle voulait que sa fille s’amuse. Tristan, charmeur comme toujours fit un sourire un peu trop craquant à « belle-maman », se penchant près d’elle avec un air complice.

- Ne vous en faites pas, je vais la faire bouger un peu et profiter de cette belle journée. Et si elle tombe dans le lac… je la réchaufferai…

Autant dire que son clin d’œil appuyé sur cette phrase eut l’effet escompté : un fort rougissement pour la demoiselle… et apparemment aussi pour sa maman.
Ils sortirent rapidement et se rendirent au lac. Tristan portait une veste qu’il gardait ouverte malgré le froid mais qu’il finit par refermer sans un mot à force de voir les petits coups d’œil inquiets que lui lançait sa compagne. C’est qu’elle avait probablement d’autres projets que de s’occuper d’un amoureux malade !

Décidément, la demoiselle n’était pas très douée. Elle glissait régulièrement et heureusement qu’il avait un solide équilibre pour pouvoir la rattraper. Au fur et à mesure, elle s’habituait et il rageait un peu de découvrir un nouveau domaine duquel elle ne savait rien pour la simple et bonne raison qu’elle n’avait jamais pris la peine de s’amuser. Pourquoi en était-il à la fois aussi frustré et ravi ?
Par contre, il remarquait sans mal sa façon de s’agripper à lui à chaque fois qu’elle chutait ou trébuchait. Soit elle avait vraiment peur, soit elle faisait exprès de se coller tout contre lui, ce qui n’était pas pour lui déplaire.
Une petite demande anodine tira une légère grimace au garçon.

- Maud m’a appris.


Ah ben oui, forcément, ce n’était pas toujours très sympathique à annoncer mais en même temps, c’était elle qui avait demandé, il ne comptait rien lui dire au départ. Il la vit se renfrogner un peu. Même si elle avait appris que Maud était quelqu’un de bien au final, il était difficile de chasser l’idée qu’elle avait été sa « première fois » et qu’il lui avait appartenu plus que de raison pendant longtemps.
Maud… La grande Maud, la sophistiquée Maud, dont chaque geste ressemblait à une danse destinée à rendre les hommes fous de désirs. Elle devait patiner comme une déesse… Le regard sombre de sa compagne fit un peu plus sourire Tristan alors qu’il patinait doucement à côté d’elle, s’approchant pour souffler à son oreille.

- Mais ta façon de tomber est beaucoup plus sexy…

Il s’éloigna en la laissant expérimenter toute seule ce qu’ils avaient appris.
Elle n’avait pas tout à fait tort, il était doué en règle général dès que quelque chose touchait au physique. Mais justement Maud avait été un excellent professeur dans tous ces domaines et se le remémorer n’était pas toujours très agréable pour une actuelle petite amie inexpérimentée et toujours inquiète de mal faire.

Il ne vit pas la lueur jalouse et presque meurtrière de la jeune femme vis-à-vis d’une adolescente qui observait un peu plus loin le jeune homme. Tout occupé à être le petit ami parfait que toutes les filles trouveraient attendrissant en s’occupant d’une fillette aussi débutante que sa compagne mais beaucoup moins douée, il s’était agenouillé sur la glace. Les genoux de son pantalon risquait d’être mouillés mais tant pis. La petite fille pleurnichait mais cessa vite grâce à l’aide et aux beaux sourires de son nouvel ami. Finalement elle se plaçait mal, voilà tout et avec son centre de gravité aussi bas, elle tomba bien rapidement beaucoup moins.

- Bravo, c’est tout à fait ça ! Tu es très forte ! Continue !

Encourageant, gentil comme tout, il avait même pris un ton de voix très calme, conscient qu’une voix masculine peut parfois être effrayante puisque beaucoup moins naturellement rassurante que celle d’une femme.
Il s’était redressé et la regardait évoluer en l’applaudissant gentiment, en l’encourageant. Ravie, elle rejoignit bien vite ses amies un peu plus âgées qui patinaient bien et l’accueillirent avec plaisir. Il posa les mains sur ses hanches, souriant bien que son regard soit voilé de tristesse.
Ce fut ce moment que sa jolie mage choisit pour se vautrer élégamment sur lui. En fait, il patinait, regardant pensivement le petit groupe et se disant qu’il allait rejoindre la compagne quand il entendit un léger cri. Tournant la tête, le Drakkari ne put éviter le véritable boulet de canon qui le percuta. Franchement, là, sa magie était à soupçonner ! si elle n’avait pas envie qu’il lui fasse un câlin là !

Serrer instinctivement les bras sur elle garantit un équilibre à la jeune femme et une chute en beauté dans la neige toute fraiche un peu plus loin. Un peu sonné puisqu’il venait de se taper la tête contre une souche, le jeune homme n’entendit que d’une oreille distraite ses commentaires. Par contre elle eut toute son attention dès qu’elle l’embrassa.
Wahou !!! Ca c’était du bisou ! Et en plus devant pleins de témoins !
Il voulut l’arrêter, ne voulant pas qu’elle se force à quoi que ce soit pour lui faire plaisir, y compris les déclarer ainsi ensemble devant tout le monde. Mais tout son être se rebella contre cette simple idée et finalement son corps était plutôt pour approfondir ce baiser et tirer un peu plus sa jolie petite mage sur lui, plaçant d’autorité ses mains dans son dos beaucoup trop couvert par des couches de vêtements. Gromph… même s’il savait bien ce qui se cachait dessous, il la préférait sans…

Quand elle se releva, lui ayant souri comme un micro soleil, le jeune homme mit un temps fou à réagir, la regardant, la bouche entrouverte et le regard plein d’affection et de désir mêlé. Ce ne fut que lorsqu’elle l’appela, se moquant gentiment en riant qu’il se redressa et que pour se venger, il engagea une bataille de boule de neige. Elle visait plutôt mal mais elle se donnait à fond et il fut surpris qu’elle n’utilise pas la magie pour s’assurer un minimum d’atteinte de la cible ! Ce n’était pas très équitable après tout… Sa force et sa maîtrise de guerrier étaient l’équivalent de la magie de la jeune femme. Lui ne pouvait que peu passer outre, elle devait vraiment se concentrer vu comme c’était d’ordinaire instinctif chez elle. Comprenant après un moment qu’elle faisait probablement simplement des efforts pour éviter de le confronter à quelque chose qui l’effrayait, d’ailleurs il ne lui avait toujours pas dit pourquoi, il ne fut que plus impressionné, fier et reconnaissant. Quel étrange petit bout de femme.

Ils finirent par cesser la bataille et construisirent un bonhomme de neige si grand qu’il dut la jucher assise sur ses épaules pour qu’ils puissent mettre la tête du dit bonhomme de neige. Le jeune homme avait le front brillant de sueur d’avoir poussé les deux énormes boules de neige principales alors qu’elle le regardait en criant des encouragements, assise sur une souche d’arbre.
Ils avaient également fait une espèce d’igloo… ou plutôt une grosse montagne de neige dans laquelle ils avaient creusé pour faire un abri mais quand ils l’avaient « visité », tout fier de leur ouvrage, il avait commencé à l’embrasser… puis à la chatouiller et ils avaient fini ensevelis !

Il se remit à gêner et il ouvrait la bouche pour lui dire qu’ils feraient mieux de rentrer quand elle lui prit la main, un sourire espiègle aux lèvres et l’entraîna à sa suite. Effectivement, il comprit vite où ils se rendaient et sourit à la perspective d’un bain chaud en amoureux… même si aussitôt la tendresse fut remplacée par une toute autre attitude dans son esprit… qu’il s’empressa de chasser.
Rien n’avait changé, personne ne semblait avoir trouvé leur petite entrée secrète et ce n’était pas plus mal.
Il repensa à ce fameux soir, surprise d’anniversaire pour la jeune femme et tous ses sens lui semblèrent s’embraser alors qu’il se remémorait leur manière très particulière de profiter des sources chaudes.

Il se tourna vers elle, la gorge sèche, reprenant ses esprits, voulant lui sourire et se figea en la voyant se déshabiller lentement. Elle ne faisait certainement pas exprès, ses gestes étaient probablement ralentis par le travail qu’avaient connu ses muscles avec le patinage et les batailles de boule de neige, mais la lenteur de ses mouvements alors qu’elle se déshabillait devant lui entrait dans la catégorie de « tu es trop cruelle, fuis avant que je ne te saute dessus ou que je me laisse tomber à genoux par terre parce que je ne sens plus mes jambes ! » Ne perdant pas une miette du spectacle, les pupilles curieusement très dilatées malgré la sphère de lumière, le Drakkari respirait par légers à coups. Ce ne fut que lorsqu’il aperçut sa cicatrice qu’il reprit un peu conscience. Une douleur familière lui étreignait le cœur à cette simple vue. Comme il s’en voulait… Le prouvait le fait qu’il baisse les yeux vers le sol alors qu’une superbe jeune femme complètement nue était juste devant lui !!!!

Elle se rapprocha de lui, lui faisant face, le taquinant. Il ouvrit la bouche et ne prononça pas un seul mot, louchant sur la poitrine de la jeune femme qui était tout contre lui. Il frémit lorsqu’elle défit sa ceinture et plus encore lorsqu’elle glissa les mains sur son torse alors qu’il ôtait sa tunique. Elle l’embrassa et il reperdit pieds. Ses mains se glissèrent dans son dos alors qu’il la soulevait du sol sans même s’en rendre compte, prolongeant leur baiser. Son parfum, la douceur de sa peau de pêche si pâle. Elle lui tira un gémissement tout à fait compréhensif face au baiser qu’elle venait de lui donner mais fait totalement nouveau chez le garçon qui avait d’ordinaire un peu plus de retenue histoire de la taquiner.
Elle s’éloignait, rougissait alors qu’il se sentait tout étourdi et merveilleusement bien en même temps. Sa peau le picotait, les mains comme toujours, mais aussi l’échine, les bras, le visage. Wahou… elle était…

Elle bredouillait alors qu’il la regardait avec cette étrange lueur indéchiffrable dans le regard. Elle parlait de bains, de perdre les pédales à cause de l’abstinence. Comment lui avouer que là, il était sur le point de se jeter sur elle, que ses instincts, ses pulsions les plus bestiales remontaient et lui donnaient des idées ou plutôt des fantasmes si impérieux qu’il tremblait légèrement, désireux de les satisfaire ? Il fit un pas en avant vers elle juste au moment où elle se mettait à briller et s’écartait donc, gênée par les réactions si significatives de son corps. Dans un sens c’était une manière de montrer qu’il lui plaisait… vraiment beaucoup et qu’elle n’était décidément pas sage du tout cette petite mage. Une justice en quelque sorte puisqu’elle ne pouvait pas prétendre ignorer les émotions de son compagnon quand son boxer devenait brusquement si étroit. S’il avait été un petit joueur, encore peut-être cela serait passé à peu près inaperçu. Mais petit cadeau de mère nature, les Drakkaris n’étaient pas de petits joueurs…  D’ailleurs c’était encore une maigre mais bien présente consolation qu’il trouvait là par rapport à ce Cheistam blond qui avait profité de la détresse de la femme qu’il aimait. Même s’il avait quand même reçu de… bons gènes.

Qu’elle brille comme ça devant lui signifiait beaucoup bien entendu mais il ne comprit pas pourquoi elle voulait faire comme si de rien n’était et se dirigeait directement vers le bain. Ah… Elle ne devait pas en avoir tant que ça envie au final. Elle disait qu’elle avait froid et il eut envie de répliquer qu’il comptait bien la réchauffer mais sa distance, sa gêne, le perturbait et il ne savait trop comment il devait le prendre. Il se contenta d’un « tout ce que tu voudras princesse ». Elle l’avait tout de suite entrainé à sa suite sans lui laisser le temps d’enlever son pantalon ni son boxer. Ils étaient mouillés mais tant pis, ils seraient secs quand ils les remettraient puisqu’il les avait mis à sécher par la suite sur une grosse pierre chaude.

Il se calma rapidement en se mordant violemment la langue, le goût du sang envahissant sa bouche. Il ne voulait pas qu’elle se sente forcée à faire quoi que ce soit mais en vérité alors qu’elle était calée tout contre lui, il lui était bien difficile de penser à autre chose que le corps superbe de la jeune femme et son attirance, presque violente, douloureuse, pour elle. Et il dut penser à bien des choses qui avaient le don de le calmer pour essayer de contrôler les réactions de son corps. Ananas semblait pour l’instant être très efficace.

Il était adossé contre le bord de pierre, la tête renversée en arrière, sa pomme d’adam bougeant de haut en bas, lorsqu’il déglutissait difficilement, encore à cause de la trop attirante jeune femme inconsciente de ce qu’elle provoquait chez lui et qui en continuant de briller comme ça, le rendait d’autant plus dingue.
Brusquement, elle lui posa une question, de but en blanc et il redressa lentement la tête, surpris. Elle était tout à fait sérieuse. Il écarquilla les yeux puis un sourire léger étira ses lèvres alors qu’il approchait son visage du sien, effleurant à peine ses lèvres, juste pour l’embêter.

- Par tous les dieux… J’ai vraiment tendance à oublier à quel point tu es inexpérimentée et naïve princesse… et j’oublie que je suis l’horrible garçon qui a défloré cet adorable petit ange… Vilain Tristan… Oui j’oublie, ça doit être à cause de ces moments torrides qui me portent à croire que tu es une experte tellement j’ai l’impression de perdre la raison entre tes bras…

Il souriait, ménageant son petit effet en la narguant volontairement avec des souvenirs de leurs ébats et encore et surtout en lui affirmant, de manière détournée, mais véridique, qu’elle le comblait, ce qui en soit était un très beau compliment venant de la part du Don Juan. Ses lèvres effleurèrent sa gorge cette fois alors que ses mains glissaient délicatement dans son dos.

- Tu es une mage… Je ne pense pas que briller soit très courant en règle générale, même chez les êtres de magie. Tu es vraiment… particulière. Tu es la seule à briller pour moi et… j’espère être le seul pour lequel tu brilles à jamais.

La fin, prononcée dans un murmure sonnait étrangement comme un souhait à peine avoué. Il murmura aussi qu’il adorait la voir réagir comme ça, qu’elle ne devait pas en avoir honte, qu’il la trouvait belle, qu’il était heureux de pouvoir croire qu’il l’attirait suffisamment pour que son corps et sa magie fusionnent… Il baissait la voix, caressant une de ses oreilles de ses lèvres, la voix plus grave dans ses murmures et curieusement hachée. Lancé dans ses aveux, le jeune homme pressait doucement ses mains dans le dos de sa compagne, chuchotant que lorsqu’il la voyait ainsi, briller, il avait l’impression d’être le plus beau et le plus chanceux des hommes… et qu’il avait envie d’elle encore plus qu’en temps normal… et que si elle ne s’échappait pas maintenant de ses bras, là tout de suite, il ne lui laisserait aucun répit jusqu’à ce qu’elle soit totalement comblée et plus encore et que si elle avait aimé avant… elle oublierait jusqu’à son nom après cette fois-là.

Il avait reculé le visage pour la contempler alors qu’elle dispensait une légère lueur rougeâtre autour d’elle tant elle rougissait malgré la lueur dorée qui émanait d’ordinaire d’elle. Il lui avait souri. Elle ne le repoussait pas. Au contraire, il sentait ses mains se crisper respectivement sur l’un de ses avant-bras et sur son torse. Il n’hésita pas plus longtemps, respira exagérément à plusieurs reprises puis tout en l’observant, ôta le bracelet autour de son poignet et l’envoyant rejoindre sa tunique bien plus loin, lui abandonna toutes ses inhibitions, se jetant littéralement sur les lèvres de sa compagne.

Il allait lui faire oublier cet homme. Cet homme qui l’avait blessée, meurtrie, humiliée, qui avait honteusement profité d’elle. Cet homme auquel elle ne pouvait s’empêcher de penser, il le savait, lorsqu’il l’embrassait. Parce qu’elle avait honte, parce qu’elle était malheureuse de ce qui s’était passé. Malgré ses mots, il ne parvenait pas à la réconforter là-dessus et la cicatrice qu’il lui avait laissée était bien plus profonde que cette marque indélébile sur sa peau diaphane. Comment lui dire qu’il l’aimait, comment lui dire qu’il ne lui en voulait pas, comment lui dire que tout était de SA faute, qu’il ne lui reprochait rien, si elle ne parvenait pas à entendre ses mots. Il avait trouvé la solution depuis un moment déjà mais craignait de l’appliquer. Et s’il perdait les pédales ? S’il ne pensait plus qu’à son propre plaisir au détriment du sien ? Il n’était pas sans savoir l’effet qu’elle lui faisait, il connaissait bien cette douleur qui lui enflammait les reins chaque fois qu’il posait les yeux sur elle. Toute sa tendresse ne pouvait venir à bout de son attirance si physique qu’elle en était parfaitement alchimique pour elle. Il n’était pas cet adolescent innocent qu’il aurait dû être… Mais si son corps pouvait avoir des réactions excessives, incontrôlables, ce n’était qu’avec elle.

Si elle n’entendait pas ses mots, il lui restait les gestes. La tendresse, l’amour… bien sûr, mais la passion parlait tout aussi bien, si ce n’est mieux. Cette réserve qu’il gardait de peur de lui faire mal, de peur d’aller trop loin… C’est vrai qu’ils y allaient encore doucement tous les deux, il ne voulait pas la brusquer surtout qu’elle avait eu l’air bien assez choquée par certaines images très explicites de son livre… Enfin d’ordinaire ils allaient doucement, sauf ce fameux soir quand elle avait bu sa potion… là ça avait été… wahou… Mais il n’avait pas pour autant ôté son bracelet. A peine s’en était-il débarrassé, là, qu’il avait l’impression d’être un animal fou furieux brisant enfin ses chaines. Chaque centimètre de sa peau le brûlait comme un feu sorcier seul aurait pu le faire. Ses pupilles se dilatèrent tant et si bien que ses yeux devinrent totalement noirs, à peine auréolés d’un léger cercle orangé. Qu’elle était… belle… Sa lueur dorée criait qu’elle avait bien envie d’autre chose qu’une petite séance de câlins tous simples dans un bassin d’eau chaude. Pourtant, l’eau chaude en question, quelles sensations supplémentaires. Dès qu’il s’approchait d’elle, l’eau coulait entre eux, petit courant brûlant semblable à une caresse inavouée.
Alors oui, il allait le lui faire oublier ce salopard ! Quand elle fermerait les yeux, elle ne verrait plus que lui, quand elle croiserait son regard, elle ne penserait plus qu’à lui et elle saurait à quel point son compagnon pouvait être performant, dépassant toutes les limites qu’il avait jusqu’ici gardées avec ses conquêtes… Il ne voulait être qu’à elle… Et cette partie là… ne serait à jamais réservé qu’à elle.



Elle ouvrait enfin les yeux. Il soupira, rassuré et se pencha au-dessus d’elle pour effleurer son nez du sien avec un sourire un peu penaud. Elle battit plusieurs fois des paupières, louchant légèrement sur son visage, ce qui lui donnait un air craquant à souhait, avant de le fixer en fronçant les sourcils. Ils étaient allongés au bord du bassin, là où la pierre était chaude grâce à la vapeur d’eau, dehors la neige tombait moins fort, flocons légers et disparates. Elle était sur le dos et lui sur le flanc, un bras sous sa tête, l’autre sur le corps mince et toujours totalement dénudé de la jeune femme. Une lueur interrogative et soudainement très inquiète passa dans le regard de la belle mage alors qu’elle semblait totalement perdue et horrifiée devant le teint blafard de son compagnon.
Il s’empressa de la rassurer, s’emparant de ses lèvres dans un baiser étonnamment faible. Ses lèvres étaient rougies par leurs baisers et le sang d’un baiser justement un peu trop taquin et… mordant. Le torse couvert de griffures et de marques qu’il fallait davantage attribuer à la magie, les cheveux dans un désordre apocalyptique, il avait même un début d’hématome sur un bras. Elle se mit à trembler, les yeux soudain pleins de larmes, il l’embrassa avec plus d’aplomb avant de se reculer alors que tremblante elle lui demandait ce qui s’était passé.
Un sourire conquis éclaira le regard éprouvé du jeune homme… qui devint rapidement rêveur, pour ne pas dire totalement béat.

- Ne t’en fais pas princesse… Tu n’as pas perdu le contrôle sur la sorcière qui essaie de te faire du mal… ou quoi que ce soit d’ailleurs… Tu t’es évanouie… un bon moment d’ailleurs.

Elle écarquillait les yeux, articulant des syllabes sans suite, l’air d’autant plus horrifiée et de ne pas pas tellement le croire à propos de la sorcière. La dernière fois qu’elle s’était évanouie, celle-ci s’était emparée de son corps et aurait pu faire du mal au jeune homme et ça, c’était avant qu’ils ne soient ensemble… Alors aujourd’hui qu’elle savait pour l’amour entre les deux jeunes gens… qu’elle voulait la détruire… les détruire… Il comprit aussitôt ses tourments et qu’elle ne le croyait que peu et il se mit à rire d’un ton léger, appuyant son front contre le sien tandis qu’il caressait doucement une de ses hanches d’une caresse pas très très sage d’ailleurs.

- Calme-toi princesse… Je te dis que tout va bien… J’étais inquiet pour toi… Je ne m’attendais pas à ce que tu t’évanouisses… Mais en même temps, je ne m’attendais vraiment pas à ce que ce soit… aussi intense. Je m’attendais à quelque chose d’exceptionnel, mais certainement pas… à ce point là.

Il avait gémi ses derniers mots le visage tout contre le sien avant de se reculer un peu. Apparemment, la lumière se faisait dans l’esprit de la jeune femme qui se remémorait les derniers évènements à voir la couleur de betterave qu’elle prenait. Il gémit une fois de plus en se collant contre elle.

- Rah… t’es trop sexy toi !
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Cassidy Herediane
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MessageSujet: Re: Rentrons chez toi...   Lun 5 Aoû - 15:47

Prête à annoncer qu’ils s’étaient séparés, qu’elle avait couchée avec un autre ? Ah non rien du tout ! Quel déshonneur ça aurait été pour la jeune femme que de dire qu’il y avait eu un sacré complot sur leurs épaules qui leur avait causé bien des malheurs. Non décidément elle n’était pas prête à étaler sa vie au grand jour et même si Tristan n’était pas venu avec elle, même si cette histoire n’était pas terminée, la jeune femme n’aurait pas ouvert la bouche. Toujours vouloir le protéger, malgré ses frasques, malgré ce qu’il pouvait lui faire. Ne pas mêler les autres à ça. Et puis, il y a autre chose qui était important. Si aimer une personne peut être une force, dans le cas d’un malheur cela tourne à la faiblesse. Et on se sent vulnérable, elle le savait, à ce moment là, n’importe qui aurait pu l’atteindre. Elle s’était brisée la jambe dans une mission pour la sécurité du village, elle aurait très bien pu se faire contrôler.

Mais malgré les risques, Cassidy ne pouvait pas empêcher d’aimer Tristan. Parce que ce qui ne tue pas rend plus fort. Pourrait-elle se trouver forte là ? Elle n’en savait rien. Mais elle était toujours en vie et lui aussi. Et puis maintenant, plus rien ne pourrait arriver de grave non ? Ils seraient tous les deux sur leurs gardes et ne se laisseraient plus berner par le premier venu.
Ils étaient à table et Tristan trouva une excuse des plus naturelles. Ah oui c’est vrai qu’en plus elle était maladroite, têtue. La jeune femme se rendit compte qu’il s’adaptait bien pour trouver une excuse valable. Elle se mit à sourire discrètement même si elle prit un air un peu gêné. Inutile d’éveiller un peu plus la curiosité de ses parents.

Finalement le reste du repas se passa bien et lorsqu’ils arrivèrent dans leur chambre, Cassidy s’expliqua une nouvelle fois, s’excusa. Une seule phrase suffit pour qu’il remette les choses à leur place. La jeune femme le vit s’approcher de lui pour l’embrasser et malgré le fait qu’elle était rouge, elle s’écarta d’un pas avant de s’asseoir sur le lit et se blottir contre lui, appréciant le contact et fermant paresseusement les yeux en se laissant bercer. Ils parlèrent voyage et Cassidy redressa doucement la tête, remarquant une lueur de jalousie dans les yeux de son petit ami. En effet, même si il gardait une attitude plutôt tranquille, il avait également ce petit air mi offensé, laissant supposer que si un autre homme venait s’interposer entre eux, si jamais elle appréciait plus coucher avec un autre, cela risquait de le rendre fou. Mais Cassidy n’était pas du genre à aller voir ailleurs. Même si elle plaisantait en disant que ça pouvait être intéressant que de se laisser tenter et apprécier les joies de la biologie avec un autre, jamais elle ne le ferait. Parce qu’elle se sentirait bien trop malheureuse par la suite. Tromper Tristan… Non elle ne voulait pas !

Le grand Drakkari avait bien des idées derrière la tête et elle frissonna doucement quand elle comprit ce qu’il voulait. Malheureusement, pensant que ses parents n’étaient pas loin bloquaient la jeune femme. Ils n’étaient pas en territoire inconnu où personne ne se souciait d’eux. Et si Tristan commençait à faire la tête, pensant certainement qu’elle ne voulait rien faire ce soir, Cassidy s’expliqua, prenant doucement sa main pour lui montrer que ce n’est pas qu’elle ne voulait pas mais surtout qu’elle n’osait pas faire face à un imprévu, ses parents étant à côté. Même si c’est une action des plus naturelles qui soit mais… que voulez vous, les parents ont toujours du mal à s’y faire.

Il se vengea en se déshabillant trèèèèèès lentement, ce qui ne manqua pas de faire réagir Cassidy. Ah quel homme cruel ! Elle l’observa pendant tout son déshabillage et grogna un instant, frustrée elle aussi de bloquer juste parce que ses parents étaient à côté et qu’elle lui aurait bien sauté dessus. Mais bon, mieux vaut rester sage.

La jeune femme tenta de se déshabiller un peu comme lui, même si elle n’avait pas sa grâce, mais il fallait bien qu’elle se venge un peu. Ils se couchèrent tous les deux, finissant par s’endormir l’un contre l’autre. D’ailleurs la demoiselle s’endormit assez rapidement, parce qu’elle savait qu’elle était en sécurité avec un grand et bel homme qui la protégeait même durant son sommeil.

Le lendemain matin, ils se réveillèrent de bonne humeur même si Cassidy n’avait pas trop d’idées sur ce qu’ils pourraient faire. Bah oui à part s’entraîner, lire, fricoter avec son amoureux, elle ne voyait vraiment mais alors vraiment pas d’autre activité. A part aider ses parents peut-être. Mais ils furent rapidement chassés de la maison pour aller s’occuper ailleurs.

La mage avait posé les yeux sur les patins en louchant un peu. Elle avait déjà vu ce genre de choses mais n’avait pas pris le temps de s’amuser avec. C’était plus intéressant de se vouer à sa vocation plutôt que de perdre du temps à des activités qui ne lui servait à rien. Pourtant lorsqu’elle entendit Tristan parler, même si le début de sa phrase la rendait plus… sérieuse qu’autre chose en s’imaginant faire des pitreries, la suite la laissa rouge et contrasta énormément avec la neige.

Ils arrivèrent à côté de lac et Tristan pris la jeune femme en main pour lui expliquer comment patiner. Effectivement elle n’y connaissait rien et tombait assez régulièrement sur le derrière. Elle risquait d’être couverte de bleus et huuum… penser qu’un certain Drakkari pourrait lui faire un petit massage après… ça la rendait un peu troublée. Elle se débrouillait de mieux en mieux et pour changer de sujet, lui demanda pour plaisanter comment il avait appris.

Cassiy ne s’attendait certainement pas à cette réponse. Elle avait pensé qu’il avait appris par lui-même, comme ça. A l’évocation de Maud, la demoiselle se sentit extrêmement gênée. Encore une chose qu’elle n’aura pas. Son cœur se pressa doucement. Maud oui… D’ailleurs elle n’arrivait pas à comprendre Tristan. Pourquoi elle ? Pourquoi pas Maud ? Elle avait tout ce que Cassidy n’avait jamais eu. Elle avait cette grâce en évoluant, cet air qui faisait tourner la tête de bien des hommes. La femme idéale qui domine, fait rêver. Tristan avait beau dire que c’était bien Cassidy qu’il préférait, pour sa façon d’être, parce qu’il était attirée, elle n’arrivait pas à comprendre. En effet, elle n’avait jamais été une de ces femmes qui voulait plaire.

C’était une mage, une aventurière ! Quelqu’un qui voyageait de ville en ville pour protéger, aider, mener des recherches sur l’histoire de ce monde. Elle avait toujours été rigide, sévère, ne cherchant aucune pause et pas une de ces femmes qui rêvait de l’homme idéal pour faire des enfants et vivre sereine jusqu’à la fin de ses jours. Elle n’avait rien de ça. Et penser qu’un jour Maud pourrait revenir pour séduire Tristan faisait perdre tous ses moyens à Cassidy. Qu’avait-elle pour se défendre ? Pour ne pas perdre Tristan ? Pas grand-chose.

Elle était mal à l’aise et cela se voyait dans ses yeux alors que la demoiselle était plongée dans ses pensées. Un grand manque de confiance. Et puis voilà, elle n’avait jamais connu d’homme non plus de son côté. Pourquoi les hommes qui s’intéressaient à elle étaient 1) des pervers 2) un sadique 3) un amoureux transi. Peut-être qu’elle n’avait jamais ouvert les yeux. Oui mais les hommes étaient soit des brutes, soit des penseurs à l’égo surdimensionné. Et puis elle n’avait pas mis l’amusement amoureux en dehors de ses missions.

Oh mais bien sûr qu’il y en avait un d’homme charmant, adorable, qui ne l’avait jamais forcé à faire quoi que ce soit, qui n’avait jamais cherché à la faire tomber dans ses bras. Un homme qui aurait pu devenir un sérieux concurrent pour Tristan si il était toujours de ce monde… Mais voilà la vie est cruelle, il est mort et elle, n’en a aucun souvenir. Le seul qui sait tout, c’est Tristan. Et il ne lui dirait jamais rien, parce qu’un mort, ça ne fait pas grand-chose, ce n’est pas une menace et puis vu les circonstances, cela aurait été très maladroit de sa part.

Elle évoluait seule sur la glace, se demandant ce qu’elle pouvait faire de plus pour que Tristan ne soit pas tenter par une autre femme mais aucune idée ne lui vint à l’esprit. L’adolescente qui regardait son Drakkari s’attira quelques foudres de sa part mais elle ne pouvait que constater, attendrie, que le gros dur du premier jour à l’Académie avait bien changé. Quoique il avait toujours joué un rôle. Mais là il était naturel, sincère et lui-même.

Dans un élan d’amour elle voulut le rejoindre mais glissa un peu trop en avant pour lui foncer droit dessus. Tristan bien entrainé la rattraper et ils finirent dans la neige, alors qu’elle riait, cherchant à dissiper cette sensation de malaise sur Maud et sa confiance en elle. Une idée lui vint à l’esprit et elle l’embrassa vraiment très agréablement, se fichant bien du reste du monde et même au contraire, les voir ainsi ne donnerait certainement pas de mauvaises idées à certaines. Elle sentit qu’il voulait la repousser un instant mais elle prolongea en fermant les yeux jusqu’à ce que lui-même répondit.

Rougit par le froid et leur chute, ils finirent par se relever et enchainèrent par une bataille de boules de neige. Oui elle n’utilisait pas la magie, parce que sinon ça ne serait pas juste. En revanche, elle se trouva un instant coupée dans la réalité quand un flash se pointa devant elle. Comme si cette scène avait déjà été jouée. Elle en était d’ailleurs forte surprise la demoiselle. S’était-elle cognée la tête en tombant ? Cet instant d’inattention lui valut une boule en plein sur la poitrine. Elle redressa la tête et secoua ses cheveux. Bizarre… mais pas la peine de cogiter là-dessus.

Ils changèrent d’activité et firent un gros bonhomme de neige alors qu’elle le regardait faire. La encore utiliser la magie aurait été utile mais elle ne le fit pas, encourageant Tristan et l’aidant à achever son œuvre. Il avait ensuite fait sa petite maison et lorsqu’il l’attira à l’intérieur, en profita pour l’embrasser une nouvelle fois avant que le toit leur tomba sur la tête, ce qui fit rire la jeune femme.

« Pas solide cette construction… Moi qui voulait en profiter un peu plus »

Elle lui donna un petit coup sur l’épaule tout en riant et le taquinant. Mais avant qu’il n’émette l’intention de rentrer à cause de la neige qui tombait, la jeune femme avait une toute autre idée en tête et l’entraînait dans les sources chaudes. En revoyant ce lieu, des souvenirs ressurgirent, très agréables pour la demoiselle alors qu’un sourire béat apparut sur son visage.

En arrivant à l’intérieur, la petite mage se tourna pour enlever ses vêtements même si elle savait pertinemment que cela ne laissera pas son compagnon indifférent. Oui elle avait toujours cette cicatrice dans le dos mais… elle ne lui cachait pas cette sensibilité, elle lui montrait bien et ne semblait pas vraiment gênée. Apparemment Cassidy avait réussi à s’y faire. Enfin uniquement avec lui. Mais elle devrait bien la camoufler et même si l’histoire du tatouage lui faisait encore peur, elle finirait bien par se lancer. La preuve, elle avait regardé de longues heures les dessins qu’il avait réalisé et un avait particulièrement attiré son attention au fur et à mesure qu’elle l’examinait. Mais c’était peut-être encore trop tôt pour elle de se faire à nouveau charcuter la peau.

Elle se retourna alors que lui ne s’était toujours pas déshabiller et elle en profita pour le faire tout en l’embrassant avec passion. Hum… ça réveillait quelques pulsions tout ça.
D’ailleurs son corps brillait à nouveau et la jeune femme, qui n’avait au départ que l’intention de prendre un bain, avait de nouvelles pensées et se maudit de ne pas savoir rester sage, surtout que le beau jeune homme à côté d’elle l’attirait plus que de raison. Elle finit par entrer dans l’eau et les courbatures qu’elle avait commencèrent à se dissiper. Ca faisait beaucoup de bien.

Elle était collée contre Tristan et cherchait à chasser ses pensées de sa tête mais… impossible. Elle finit par lui sortir une belle question qui le laissa surprit avant qu’il lui vole un baiser tout en la complimentant. Ah booooooon il aimait bien avec elle ? Peut-être que ça lui faisait un point de plus que Maud au final. Peut-être. Elle se sentit cependant un peu plus rassurée et cela devenait une manie chez elle, elle rougissait.

Il continua sur sa lancée en espérant qu’elle ne brillerait que pour lui. A ses mots, la petite mage se serra un peu plus contre lui alors qu’il lui fit comprendre que si elle ne s’échappait pas, il irait beaucoup plus loin. Ce à quoi elle répliqua en ne bougeant pas d’un pouce, caressant doucement son dos et les sens complètement amplifiés. Il l’attirait énormément et elle ne voulait qu’une chose, céder à cette tentation. La jeune femme frissonna doucement de plaisir et lui vola un nouveau baiser. Il était tendre, doux et elle avait très chaud, c’était même très agréable et en effet, plus aucune trace de courbature.

Elle gémit doucement en se laissant aller alors qu’il enlevait son bracelet. En effet, Cassidy l’avait toujours vu ce bracelet qu’il n’enlevait jamais. Mais cette fois, il l’avait fait. Elle le sentit beaucoup plus entreprenant, comme si ce simple effet avait décuplé ses forces et ses envies. La jeune femme ferma les yeux, prête et s’abandonna totalement à lui.

Le temps passa alors qu’une étrange sensation lui parvenait. Il faisait sombre, elle était couchée et ne comprit pas tout de suite ce qui lui arrivait. La demoiselle ouvrit lentement les yeux, encore dans le brouillard, le visage de Tristan posé sur elle. Heu minute là elle n’arrivait pas à tout saisir. Elle ralluma une petite sphère et le dévisagea. Il avait l’air fatigué. Est-ce que par hasard elle aurait… non…

Cassidy écarquilla les yeux et se redressa alors qu’il l’embrassait, en totale panique. Elle n’avait quand même pas… Lui faire du mal ça la rendait folle alors que ses yeux passaient sur ses griffures, le bleu, elle avait fait quoi ?! Il lui dit qu’elle s’était évanouie, ça la faisait encore plus paniquer. Il s’expliqua en l’aidant à se remémorer. A ce moment là, les souvenirs réapparurent et effectivement, c’était un moment extrêmement intense avant le voile noir.

La jeune femme se mit à rougir en se rappelant des sensations éprouvées et l’expression de son visage montrait à Tristan qu’il avait bien réussi son objectif à la faire totalement craquer. Mais elle ne comprenait pas pourquoi elle s’était évanouie, ça ne lui disait rien du tout, même si ils avaient terminés. Elle se maudit de ne pas avoir tenu aussi longtemps. Rassurée, elle se blottit contre lui.

« Avec un moment comme ça… il me tarde d’être au prochain… ça va être très dur de me retenir à la maison… mais je pense… qu’on refera plus souvent des visites ici parce que je ne tiendrais pas longtemps »

Il lui plaisait, elle l’aimait. Et le souvenir désastreux du Cheistam semblait avoir totalement disparu pour l’instant alors qu’elle caressait doucement son torse. Mais une inquiétude lui vint à l’esprit, cette chose encore. Même si l’évanouissement n’avait rien à voir avec ce qui venait de se passer, elle aurait mauvaise conscience que de ne pas le tenir au courant. C’est donc d’une voix un peu faible qu’elle se redressa, se mettant assise sur les genoux et le regardant.

« Tris’… Faut que je te parle d’un truc important… »

Il se redressa lui aussi, curieux et peut-être même un peu inquiet alors qu’elle se tortillait les doigts.

« C’est peut-être pas le moment mais si je ne t’en parle pas maintenant, je ne sais pas quand je pourrais le faire. Enfin je pense que tu t’en doute un peu »

Elle marqua une légère pause, inquiète.

« Tu sais… que je ne veux pas te faire de mal mais ça pourrait peut-être arriver… Même si je ne le veux pas. Je n’ai pas envie que tu te sentes mal par ma faute mais… »

Cassidy leva un instant les yeux, elle n’était pas très douée pour expliquer en mêlant ses sentiments. Elle soupira un instant, décidant de passer par des faits et de le prendre de manière plus explicative même si il risquait de se perdre en route.

« Tu te rappelles ma réaction après avoir vu la cicatrice dans le dos ? Je n’étais pas bien du tout et surtout, cette marque là… elle m’a brûlé alors que j’avais des envies de meurtre. Ma magie devient instable… les feuilles s’étaient envolées. Je suis un peu une bombe et si ça devient trop… négatif alors là je ne peux pas savoir si j’arriverais à me contrôler ou pas… je peux perdre conscience et là impossible de savoir ce qui va se passer »

Elle prit doucement la main dans la sienne, très sérieuse et la pressa doucement.

« Si j’ai toujours voulu pratiquer la magie, je voulais rester… normale mais ça c’est pas possible. De ce que j’ai entendu… la capacité magique que j’ai est… plus grande que la moyenne… monstrueuse même. Et en plus je n’exploite pas tout ce que j’ai alors imagine si je ne contrôle plus rien, ça pourrait faire énormément de dégâts… »

Cassidy baissa doucement la tête, c’était un énorme aveu ça.

« Quand on était en conflit, j’ai entravé ma magie pour ne pas… faire de mal ni à toi ni à ceux qui m’entouraient. Mais ça m’affaiblissait énormément en même temps. Ca me rapproche de cette mauvaise marque. Et elle, elle essaie de me faire sombrer dès qu’elle en a l’occasion. »

Elle serra encore plus fort sa main, tremblante avant de porter la main au pendentif qu’elle lui avait offert.

« Mais ça te protège un peu ce pendentif, contre moi. J’y ai veillé. Mais si jamais ça devait mal tourner, fait attention à toi car la dernière chose que je souhaite c’est bien de te faire du mal »

La jeune femme se tut, désemparée. Il avait écouté attentivement et répondit toujours positivement, comme quoi il n’abandonnerait pas, qu’il l’aiderait. Un faible sourire apparut sur les lèvres de Cassidy alors qu’ils finirent par regagner le chemin de la maison. La soirée se passa bien alors qu’ils racontaient leurs aventures, omettant le petit détail des sources chaudes même si Cassidy semblait bien rêveuse parfois repensant au moment pour le moins torride. Sa mère la rappela à l’esprit et elle tiqua sur le mot cousine.

« Hein ? Heu… Pardon ? Quoi ? »

Marilyn ne fit aucune remarque et rappela patiemment ce qu’elle venait de dire.

- Ta tante et ta cousine vont venir nous rejoindre pour la fin des fêtes. Je sais que tu ne la connait pas beaucoup mais…

Cassidy avait ouvert des yeux ronds, un peu inquiète mais bon si ça se trouve c’était une gamine. Visiblement elle restait effrayée à l’idée qu’une autre fille fasse de l’effet à Tristan même si celui-ci avait posé gentiment une main sur sa jambe pour la rassurer.

« Elle a quel âge ? »

Marilyn parut surprise à son tour.

- Heu… environ ton âge pourquoi ? Oh ne me dis pas que tu… Enfin Cassidy, détends toi il n’y a pas de raison que… enfin voilà…

Grosse gêne alors que Cassidy baissait la tête. Enfin c’était sa cousine, elle n’allait pas lui jouer un sale tour et puis si elle sait que Tristan et Cassidy était ensemble, comme elles sont de la même famille, elle la respecterait au moins pour pas faire de la drague en direct. Ce n’est qu’après le repas, posé dans la chambre, qu’elle laissa tomber son masque.

« Je sais que je devrais pas m’inquiéter mais… si jamais je la vois te draguer ouvertement je lui arrache les yeux et la langue »

Elle n’était pas sérieuse bien sûre mais cela ne l’empêchait pas de se montrer bien jalouse. D’ailleurs elle croisa les bras d’un air embêté.

« C’est pas juste… pourquoi il n’y a que des filles ? Pourquoi ce ne serait pas un cousin pour changer ? Ou même un ami de famille ? Histoire de voir comment tu réagirais toi ? »

Il se mit à sourire et apparemment il s’en rendait bien compte. Mais c’est vrai… Tristan n’avait presque pas besoin d’être jaloux ou ne s’alarmait pas plus que ça. Une partie de chatouilles dans le lit vint détendre l’atmosphère avant de s’endormir.

Le lendemain matin, journée de la fête des présents, encore une fois les parents avaient ordonné aux jeunes de prendre l’air. Cassidy avait prit son bâton cette fois là, souhaitant s’entraîner un peu parce que depuis qu’elle était rentrée à l’Académie, elle n’avait pas eu le temps d’y toucher et encore moins de s’entraîner, et la demoiselle ne souhaitait pas rouiller après tout.

Ils étaient dans une petite plaine gelée et elle lançait des sorts pour façonner la neige et lui donner une allure plus humanoïde en la faisant se diriger sur le sentier. Tristan lui, l’observait avant de faire quelques exercices de musculation également. Ils étaient gentils et Cassidy refusait de se battre en duel contre lui, peut-être parce qu’elle craignait de lui faire du mal sans le vouloir.

Après avoir terminé, elle s’était assise sur un rocher pour lire un livre de magie pendant que Tristan continuait son entraînement. Il la surprit d’ailleurs en arrivant derrière elle alors que la mage était totalement absorbée par sa lecture, grognant comme quoi elle ne s’intéressait pas à lui. Un sourire coquin était apparut sur les lèvres de la jeune femme alors qu’elle murmura une formule tout en agitant la main. La neige autour d’eux se solidifia et leur fit un toit, une petite hutte de fortune qui les recouvraient totalement avec une petite sphère qui donnait de la lumière.

Les yeux de la jeune femme brillaient malicieusement alors qu’elle se mordillait la peau tout en se plaçant devant le beau jeune homme tombé à la renverse.

« Tu as toute mon attention là… »

Elle s’était jetée dans son cou pour l’embrasser très tendrement avant de caresser doucement ses cheveux. Il avait préféré s’entraîner torse nu et donc une véritable torture pour elle qui fit glisser une de ses mains vers sa joue avant de se concentrer sur le torse. Le rythme de la petite mage devenait saccadé au rythme de leurs étreintes passionnées, si bien qu’elle se mit de nouveau à briller avant de rougir une nouvelle fois.

« Hum… je pense que le message est clair, on ne va pas l’ignorer non ? »

Ils se lancèrent donc dans de longues caresses de plus en plus passionnées, se déshabillant au passage et heureusement que la neige de la hutte était magique parce qu’avec la chaleur elle aurait rapidement fondue. La jeune femme reposait sur sa cape en étant allongée sur le sol alors qu’ils passaient d’une action à l’autre et elle avait aussi pris soin de rentrer l’habitat insonorisé pour éviter d’éveiller quelques soupçons même si le terrain était suffisamment loin pour intéresser un passant ou un villageois. Encore un de ces nouveaux jeux de cache cache on dira !
Lorsqu’ils eurent terminés, c’est une Cassidy comblée qui regardait Tristan. Elle avait été encore plus audacieuse, entreprenante, peut-être que le simple fait qu’une potentielle rivale allait se pointer lui donnait encore plus envie de se rassurer dans les bras de Tristan. Elle était sincèrement heureuse et après avoir lancé un sort pour vérifier si il n’y avait personne à proximité, elle annula le sort et la neige s’envola comme une poussière de diamants. Au moins leurs moments à eux étaient originaux !

La veillée arriva rapidement et chacun devait se préparer. Tristan était parti dans la chambre de ses parents pour se changer alors que Cassidy trainait dans la salle de bain. Elle mit d’ailleurs énormément de temps à sortir alors que Jordeth parlait avec Tristan de tout et rien.
Dans le salon un immense sapin avec des lumières magiques envoyait de jolies lueurs dans la pièce, des bougies étaient disposées un peu partout, la table était couverte par une grande nappe blanche ainsi que des plats très appétissants.

Cassidy sortit enfin, un peu timide. Elle n’avait pas ramené ses cheveux en arrière mais ils reposaient élégamment sur une magnifique robe prune loin d’être couvrante. Ses bretelles étaient beaucoup plus fines, elle avait des manches beaucoup plus courtes mais obligatoires à cause de cette horrible marque sur son bras et on avait l’impression que la robe était faite d’un tissu magique qui faisait des reflets. Elle portait un décolleté, pas trop profond, assez sage et sur le devant reposait sa chaine avec la bague de Tristan fièrement étalée sur le dessus. Elle portait également le bracelet qu’il lui avait offert ce jour là au marché, se battant pour l’obtenir.

-Cassidy tu es resplendissante ! Et Tristan aussi ! s’exclama Marilyn.

Cassidy se mit à rougir timidement en regardant Tristan qui avait porté beaucoup de soin à sa tenue, pendant un court instant, c’est comme si ils étaient seuls, en train de se regarder droit dans les yeux avec un élan d’amour et d’affection.

Finalement ils furent rappelés à l’ordre et se mirent à table. Tous les plats étaient délicieux, il y avait vraiment de tout et Cassidy ne se privait pas. Les conversations allaient sur un peu tout, des souvenirs de Cassidy quand elle était petite, des aventures, de la vie en famille.
Vint le moment de la distribution de cadeaux.

Cassidy avait eu de la part de ses parents un beau collier, des boucles d’oreille, une grosse écharpe en laine et ses biscuits préférés. Les parents avaient aussi offert à Tristan quelques présents, une jolie tenue rouge et noire, une nouvelle ceinture et des biscuits aussi.

Lorsque Cassidy s’était approchée de Tristan, elle lui tenait un paquet emballé qui ressemblait fortement à un livre. Elle ne voulait quand même pas l’initier à la lecture quand même ?!
Il le déballa et il s’agissait d’un carnet avec une couverture violette et brillante. Mais le plus impressionnant c’est quand il l’ouvrit, il y vit une multitude d’images les représentant eux dans beaucoup de moments comme si elle avait photographié les souvenirs. Il y avait ce moment où ils patinaient dans la neige et qu’ils tombaient, ce moment dans la baignoire de l’Académie, celui où il l’avait rattrapé la toute première fois avec ses menottes, cette fois encore où ils regardaient le ciel étoilé. Plein de petits souvenirs comme ça et en plus les images étaient animées.

Cassidy s’approcha de lui et lui dit dans un murmure.

« Ca ne remplace pas tes magnifiques peintures mais j’ai pensé que cette fois il est important que tu n’oublie rien… et moi non plus. Ah à ce propos, si ce livre venait à être endommagé ou perdu… il sait se reconstituer tout seul et retrouver son chemin »

Elle lui tira affectueusement la langue.

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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: Rentrons chez toi...   Jeu 8 Aoû - 0:13

Il était assez fort aujourd’hui. Assez fort pour contrer cette chose qui parfois s’emparait de son être, se nourrissant de ses plus obscurs secrets, fantasmes, désirs. Il ne la perdrait pas… Il abandonnerait ses inhibitions pour elle, la raison, peut-être bien, mais il ne lui ferait pas de mal, jamais… jamais plus du moins. Plus entreprenant que jamais, plus passionné, plus libre mais curieusement pas moins attentionné ni plus égoïste, c’était même tout le contraire. Si d’ordinaire il semblait suivre chaque réaction de son corps comme un langage parfaitement compréhensible, c’est sur la même longueur d’ondes qu’il évoluait à présent avec elle, comme s’il n’y avait rien à part eux sur cette planète, comme s’ils étaient seuls au monde, comme s’il n’y aurait à jamais qu’elle.
Devait-il lui dire à quel point elle était différente ? Comment le faire sans être maladroit et la blesser involontairement ? De toute manière il n’était plus en mesure de penser…

Rassuré de la voir s’éveiller, apparemment en forme, Tristan n’eut de cesse de la rassurer et de chasser la lueur de panique dans les yeux ambrés de sa belle. Elle s’étonnait de son état ? Elle s’en voulait pour celui-ci ? Eh bien c’est qu’elle n’avait pas encore vu certaines pierres autour d’eux. Entre celles qu’elle avait fait imploser par magie et celles sur lesquelles son poing s’était abattu, sa main s’était serrée plutôt que sur le corps mince, tellement fragile… ils en avaient fait de la poussière de caillou !
La petite phrase de la demoiselle tira un long frisson peu discret à son compagnon contre lequel elle s’était doucement blottie. Il lâcha même ce qui ressemblait à un curieux mélange entre un grognement et un gémissement avant de la repousser légèrement et de déposer des baisers dans sa gorge.

- Tu as vraiment le don de dire ce qu’il faut pour me mettre à tes pieds toi…

Sauf qu’elle se redressa et commença à lui parler. Il mit d’ailleurs du temps à se redresser lui aussi, il fallait dire qu’à se mettre à genoux ainsi face à lui, complètement nue, elle lui offrait une distraction des plus… exotiques. Détourner les yeux de sa poitrine ? Mission presque impossible mais il se fit attentif ayant remarqué la nouvelle inquiétude et la culpabilité sur les traits tant aimés.
La belle jeune femme se lança alors dans un discours peu commun narrant sa dangerosité, ses inquiétudes. Elle ne parvenait que peu à expliquer ce qu’elle ressentait vraiment mais lui comprenait parfaitement. Son regard était bien plus explicatif que tous ses mots.
Tristan la laissa parler, sans l’interrompre une seule fois, puis il prit son visage entre ses mains et l’embrassa plus tendrement que jamais, un peu comme s’il était un guerrier partant sur le champ de bataille avec la certitude de ne jamais revenir et qu’il voulait lui laisser le souvenir mémorable de l’homme de sa vie. Sourire doux de la part du Drakkari qui ébouriffa ses cheveux rouges avec une petite moue gênée avant de l’inviter à se rallonger tout contre lui, embrassant une de ses épaules.

- Je me doute bien de tout ça ma princesse… Et je me doutais que tu avais bloqué ta magie quand nous étions séparés ou que tu avais fait quelque chose. Je peine encore à me l’expliquer mais mon odorat est plus affûté que jamais et je sentais que ton odeur était… différente. Ca m’inquiétait… même si tu as admirablement géré le tout… quoi que tu en dises. Quant à ta puissance… Je me doutais également que tu étais bien plus puissante que ce que tu montres et ce dont tu as seulement conscience. Quand tu dors parfois, c’est comme si une barrière cédait en toi… je sens comme une formidable vague que tu réussis à contenir mais qui pourrait tout dévaster, à travers le tatouage je pense. Et aussi parfois, tu fais de la magie dans ton sommeil… c’est comme si tes rêves se matérialisaient en formes lumineuses… tu rêves même de moi… Je trouve ça… vraiment touchant. Enfin… sache que je suis là, et que je ne renoncerai jamais. Tu m’as donné foi en la magie, envie d’en apprendre plus, je ne t’abandonnerai jamais princesse… jamais… Et je suis solide, crois-moi… alors je resterai, quoi qu’il arrive. Hum… On devrait mettre au point un code pour quand tu te sens un peu mal, à la limite de céder pour que je puisse te calmer… Que dirais-tu de « Le premier seigneur du monde, dragon libre, est en chaque homme droit et valeureux » ? Ca te fera penser un peu à moi… vu qu’apparemment… je suis bien plus Drakkari que nous ne le croyions tous les deux.

Il lui sourit, ne la laissa pas parler, se lançant dans une longue série de baisers et de câlins.
Ils étaient rentrés, tranquillement, les joues rosies et le sourire ravi de la jeune femme trahissant peut-être un peu trop les bons moments passés ensemble mais cela n’attira pas de remarque. Les parents savent souvent rester discrets face au bonheur de leur enfant. Ils mangeaient tranquillement, discutaient. Cassidy semblait perdue dans ses pensées, Tristan lui caressant doucement un bras alors qu’elle était blottie contre lui alors qu’ils buvaient une tisane en grignotant des biscuits lorsqu’une phrase de sa mère attira de nouveau l’attention de la mage. Une histoire de cousine, qui aurait son âge… et qui devait venir les voir.
La demoiselle paniquait légèrement. Marilyn comprit bien vite sa gêne et parut tout aussi surprise et gênée, essayant de la rassurer sans vraiment finir ses phrases. D’accord, à présent il savait de qui sa jolie compagne tenait cette manie. Tristan se contenta d’un regard d’excuse et d’un haussement d’épaule innocent. Après tout, c’était sa présence qui incitait ce comportement. La demoiselle manquait vraiment de confiance en elle.

Elle fut plus directe une fois qu’ils furent seuls. Tristan était nonchalamment étendu sur le lit, portant juste un pantalon de pyjama puisque les nuits étaient tout de même plus fraiche, torse nu, encore légèrement luisant des gouttes d’eau de sa douche, décidément il ne savait pas se sécher tout seul ou il faisait exprès… Il jouait avec une petite balle qu’il avait dans ses bagages et qu’il s’amusait à lancer un peu au-dessus de lui et à rattraper habilement quand la demoiselle avoua ses tourments. Elle était vraiment inquiète, jalouse et d’autant plus craquante dans ce comportement. Il se redressa et enlaça la taille de la jeune femme qui s’était assise sur le lit, près de lui. Il la fit basculer sur le matelas et l’embrassa passionnément avant de se reculer.

- Tu sais bien que ça ne changerait rien… Je me sais bien trop sexy et charmant pour que tu t’intéresses à un autre mec… et puis… ce n’est quand même pas ma faute si les femmes ont d’aussi bons goûts que toi.

Il la taquinait une fois de plus, ne parlant pas sérieusement. Elle fit la moue mais il s’occupa bien vite de faire disparaitre celle-ci par des caresses, des baisers, puis des chatouilles qu’elle lui rendit bien en l’immobilisant par magie.
Une bonne nuit de sommeil, un réveil tranquille, ils récupéraient leurs forces surtout avec les solides repas d’une maman décidément trop attentionnée avec son « gendre ».
Ils allèrent s’entrainer cette fois-ci et si Tristan ne cessait de jeter des regards à la jolie dame de son cœur, il remarqua bien vite qu’elle ne lui prêtait ni l’attention, ni l’admiration qu’il escomptait voir dans ses beaux yeux innocents.

Sa démonstration de magie, la preuve de son petit manège étaient bien suffisantes mais l’instant des plus… magiques qu’elle lui offrit était une consolation inoubliable.
Il avait gémi en la voyant se mettre à briller et avait perdu la raison quand, plus entreprenante, elle lui avait d’elle-même ôté son bracelet. Elle avait bien compris à quoi cela rimait même si elle n’en saisissait peut-être pas le fonctionnement. Si elle était comblée par la suite, que dire de son compagnon à moitié ahuri qui la fixait avec de grands yeux surpris, admiratifs, fiers, coupables d’avoir perverti un si doux ange, et une respiration bien trop courte pour ne serait-ce que vouloir prétendre être resté insensible. Il fallait la rendre jalouse plus souvent… En même temps n’était-il pas semblable ? Fou de jalousie de cet homme qui avait connu le corps superbe de sa compagne il s’en vengeait en voulant être meilleur, bien meilleur… Ils étaient exactement pareils.
Que dire de ce petit tour de magie idyllique ? Elle lui faisait vraiment aimer la magie. Il lui avait même soufflé à l’oreille un petit « je t’aime » emprunt de timidité alors que penaud il posait ses doigts, délicatement, sur une marque de suçon qu’il avait laissée sur une de ses hanches pendant leur jeu.

Ils rentrèrent, se préparèrent après avoir lu, s’être distraits le reste de la journée.
La demoiselle passa bien du temps dans la salle de bain mais quand elle en ressortit, le spectacle valait l’attente. Comme chaque fois qu’il se montrait vulnérable devant elle, Tristan ne put contrôler ses muscles faciaux. Il avait cette étrange manière de réagir assez différente des autres hommes. Un homme ne se contrôlant pas aurait probablement écarquillé les yeux, louché, sifflé, fait un sourire pervers… Mais il était différent. Quand il l’entendit arriver et qu’il se tourna vers elle, le regard du jeune homme curieusement éteint s’illumina comme si elle était tout, absolument tout à ses yeux, sa lumière, sa raison de vivre. Ses pommettes se dessinaient un peu plus du fait de son sourire mi-taquin, mi-charmeur, les muscles de sa mâchoire se contractaient sous sa peau comme s’il voulait dire quelque chose, s’en empêchait, peinait à contenir un élan d’affection, de nouveau ses yeux dont les pupilles, simples fentes de chat s’arrondissaient et se dilataient comme sous l’effet du désir. Il ne bougeait pas d’un millimètre mais son visage parlait plus sincèrement que tous les discours.
Comme elle était belle.
Comme ils étaient beaux… tous les deux… Il avait envie de la dessiner là… tellement envie. Il la dessinerait… mais pas tout de suite.
Elle le rejoignit et il fit une élégante révérence digne d’un prince de conte de fées. L’amusement des parents étaient certains. Que dire des tourtereaux qui inconsciemment s’étaient habillés dans les mêmes tons ? Pantalon noir proche du corps mettant ses jambes d’athlète en valeur, le jeune homme avait opté pour une tunique courte à manche bouffante d’un profond rouge bordeaux qui semblait étonnamment très bien s’accorder à ses cheveux étonnamment plus foncés ce soir. Un gilet sans manche, cintré, très proche du style mousquetaire et qui avait par ailleurs donné une variante des gilets de costumes terriens moulait son torse, relevant la forme en V de son buste.
Ses yeux orangés se posaient avec une adoration à peine voilée sur la jeune femme superbe, si désirable face à lui. Il déglutit, difficilement.

- Milady…

Discussions, plaisanteries, repas délicieux comme toujours. Ils s’amusaient et une personne extérieure aurait pu considérer Tristan comme un membre à part entière de la famille en tant que compagnon très officiel d’une très jolie demoiselle.
Quand vint le moment des cadeaux… ce fut très particulier et le jeune homme sembla soudain très vulnérable en comprenant qu’il était réellement considéré comme un membre de la famille. Il serait de bons goûts de ne rien gâcher !
Chaleureux, beau-parleur, il savait cacher son trouble mais n’en était pas moins profondément touché. Il révéla enfin ce qu’était le paquet qu’il avait transporté et dont il n’avait rien voulu dire à sa compagne quand ils avaient quitté l’Académie. C’était justement l’Académie… Enfin un tableau de l’Académie… dans les moindres détails, si précis qu’une petite silhouette blonde, portant une jolie robe bleu ciel s’apercevait à la fenêtre ouverte d’une pièce dans les étages.
Il fallait bien que les parents de la jeune femme puissent voir où elle travaillait et ce qu’elle avait réalisé tout de même. Tristan était un manuel, c’était une certitude. Il était bien dommage qu’il l’ait caché, qu’il se le soit caché si longtemps.
Pour Marylin, le jeune homme avait finalement décidé de sculpter quelques ustensiles de cuisine qu’il avait décorés de portraits et autres. Le travail qu’il avait également régulièrement à la forge du village, où il excellait soi-disant, valu à son « beau-papa » une hache faite sur mesure à la lame plus légère mais très résistante.

Cassidy lui offrit juste après son cadeau. Il se figea en découvrant de quoi il s’agissait et son regard se voila un instant… encore plus lorsqu’elle lui expliqua la raison de son cadeau. Il n’y connaissait peut-être pas grand-chose mais le jeune homme savait reconnaitre une grande démonstration de magie quand il en voyait une. Il sourit, la gorge nouée et se contenta de poser l’ouvrage et de la prendre contre lui. Un léger rire l’agita.

- On se ressemble plus que je ne le croyais… Tiens…

Il lui tendit également ce qui s’apparentait à un livre et qui s’avérait être… la somme des recherches qu’il avait faites sur la médaille de son ancêtre.
Elle semblait sincèrement intéressée par son cadeau et surtout les possibles éclaircissements que celui-ci renfermait. Ses recherches avaient été des plus sérieuses et s’étalaient sur un bon petit moment déjà. Malgré leur séparation, il n’avait pas détruit ces preuves et ses efforts, pour la simple et bonne raison qu’il comptait bien la récupérer un jour.
Les parents de la jeune femme semblaient également assez curieux mais Tristan n’arrivait pas à s’expliquer la lueur d’inquiétude qu’il avait surprise dans le regard de Jordeth. Que craignait-il qu’elle découvre au juste ?

Néanmoins, le jeune homme interrompit toute question ou observation attentive en s’éclaircissant la gorge. D’une sacoche du fourreau de son épée qui trônait dans la pièce, rassurante, il tira ce qui ressemblait fort à une lettre qu’il déplia lentement. Observant Cassidy de son regard de chat à cet instant curieusement vulnérable et apeuré, il finit par parler.

- Hier… J’ai vu ton inquiétude. Je l’ai sentie. Alors je t’ai écrit ça…

En effet, il s’était mis à écrire tranquillement la veille, tardivement même s’il donnait plus l’impression de griffonner quelques éléments sans réel intérêt que d’écrire.
De nouveau il s’éclaircit la gorge et son hésitation, curieuse face à son comportement si spontané et téméraire, laissait entendre que quels que soient les mots couchés sur ce parchemin, ils étaient d’une grande sincérité. Finalement, il se mit à lire, sans regarder ni l’une, ni l’autre des membres Herediane face à lui, lentement, la voix légèrement plus grave que d’ordinaire, comme s’il cherchait à retenir des émotions si savamment contrôlées d’ordinaire.

- J’ai été honnête quand tu m’as posé cette question. Je n’ai pas cherché à mentir, à tricher, parce qu’il n’y a aucune raison que je te cache la vérité. Je ne veux pas te mentir sur qui je suis, qui j’ai été…je ne peux que spéculer sur celui que je pourrai être un jour, grâce à toi et à ta manière si particulière de croire en moi malgré mes erreurs. Tu n’as rien dit, tu ne t’es pas énervée, ni offusquée. Tu t’es contentée de cette réaction d’abandon, comme si de toute façon tu estimais ce que tu es insuffisant pour lutter. Je sais pourquoi tu n’as rien dit et c’est parce que je le sais que j’ai décidé de t’écrire ceci. Je n’ai pas cherché à te cacher mes conquêtes. Et je ne pourrais tromper personne dans cette pièce quant à mon expérience des femmes. Si ton père ne m’a pas encore chassé à coup de hache, c’est certainement parce que la confiance que tu accordes à ceux que tu aimes, tu l’as héritée de lui et parce qu’il sait, probablement bien mieux que toi, que je suis incapable de te blesser sans me détruire.

Il marqua une pause. Cette phrase-ci sonnait tellement vrai face à ce qu’ils avaient vécu mais il ne releva pas pour autant les yeux, reprenant sa respiration, les muscles de sa mâchoire se contractant comme toujours sous le coup de l’émotion.

- Maud… Ce nom me hante et te hante également. Tu ne t’en es probablement pas aperçue mais suite à notre sortie de patinage, quand nous étions tranquillement ici, que je griffonnais ces mots, que tu répondais à un courrier pour l’Académie, je t’ai vu écrire distraitement son nom et ton regard se remplir de détresse alors que tu croyais que je ne t’observais pas. Elle a marqué ma vie plus sûrement que l’aurait fait une cicatrice et c’est face à cette cicatrice-là que tu t’inquiètes. J’ignore pourquoi tu te tortures de la sorte ou alors je le sais trop bien justement et ça m’effraie, l’incertitude de ne pas réussir à te convaincre de ma bonne foi. Je ne veux pas le cacher à tes parents… Ils ont droit de connaitre le nom de cette femme qui te fait suffisamment peur pour que tu ne desserres pas les dents, que tu ne me dises rien par crainte de ma réaction. Si j’écris ces mots c’est parce que je veux que tu saches qu’elle a été unique pour moi. J’imagine déjà ta peine en entendant ce mot alors je te demande d’attendre et d’écouter avant de paniquer ou de perdre cette confiance en toi qui s’étiole pour un oui ou un non. Elle a été unique… parce qu’elle m’a aimé quand j’étais seul, perdu, abandonné de tous, quand je songeais au pire. Elle m’a aimé comme l’aurait fait une mère, une amie et une amante. Grâce à elle, je n’étais plus seul et le monde a cessé, enfin, de n’être entouré que de ténèbres. Elle m’a aimé avec sa franchise, ses sourires, sa manière d’enrouler une mèche de cheveux autour de son doigt dès qu’elle était gênée, sa façon de rouspéter quand je l’embêtais, sa manière de savoir se réjouir d’un rien, elle dont l’avenir avait été tout tracé par une ambition qu’elle s’était accordée et qui l’avait en grande partie détruite. Elle aurait pu être ma mère par son âge. Et pourtant, combien de temps me suis-je trompé en refusant d’admettre que c’était toi que je voyais à travers elle ? Que c’était toi que j’embrassais… la petite fille maladroite que je ne cessais de torturer parce que je refusais de tomber amoureux d’elle…Parce que je ne savais que trop bien vers quel refus moqueur ça me menait. Je me suis trompé moi-même, mais elle… combien de temps l’ai-je trompée ? Tu as bien vu comme elle est perspicace… Je sais quelles pensées te taraudent, quelles images négatives tu projettes de toi, incomparables à la vérité, et quelle magnifique portrait tu dois dresser d’elle. Une jeune femme fière, un brin délurée, qui attire tant les regards des hommes. N’est-ce pas toi ? Physiquement plus grande, plus expérimentée, croqueuse d’hommes, gérant toutes ses activités avec brio, éblouissante dans la moindre entreprise… Ne vois-tu pas à quel point j’aime notre différence de taille qui me donne l’impression de pouvoir te protéger du monde entier, ta naïveté, ton innocence, ta manière de croire en la beauté de ce monde, de voir le meilleur côté de tous et de tout, ta manière de voir du bon en moi là où je ne pensais qu’il n’y avait plus rien de bon justement, ta manière de me donner envie de croire en ce monde, d’espérer, tes hésitations, tes rougissements, tes peurs et tes espoirs ? Là où tu désespères devant une dame si douée, tu devrais apercevoir la fragilité de l’armure d’une femme délaissée, privée d’amour puisque condamnée à n’attirer que désirs et convoitises fugaces, qui excelle dans tant d’activités puisque c’est sa seule manière de s’occuper sans ressentir le poids de cette solitude. J’apprécie Maud… Mais je ne l’ai jamais aimée. C’est ton image que j’ai toujours aimée à travers elle, pâle reflet, fantôme de mon passé qui me hantait jusque dans mes rêves avec ce sentiment vivace, insistant que je t’avais abandonnée et que j’y avais perdu mon âme. Aujourd’hui, je sais que peut-être, déjà quelque chose en toi, de magique, puisque intimement tu es un être de magie, me parlait et me convainquait qu’au fond jamais je ne pourrais t’oublier. Quand… nous sommes sortis ensemble, il y a sept ans… j’ai cru que finalement, le bonheur m’était permis, la rédemption accordée…

Nouvelle pause alors que les sourcils des parents se fronçaient avec incompréhension. Eh bien voilà une chose dont il ne savait rien.

- Mais il y avait quelque chose de mauvais en moi… quelque chose de perverti par tous ces malheurs et toute cette colère que j’estimais légitime. Etait-ce trop tôt ? Est-ce que je ne te méritais pas ou étais-je trop faible pour te protéger de moi-même ? J’aurais pu te faire du mal… J’ai fait pire en te forçant à oublier même si la douleur que j’ai ressentie par cet oubli est à l’échelle de ta colère récente face à ma trahison. Aujourd’hui, je sais que je n’étais pas prêt… contrairement à maintenant. Et je ne laisserai plus jamais, ni les hommes, ni les dieux se mettre entre nous. Tous ces mots pour te dire que je ne sais pas te dire, justement, je t’aime comme je souhaiterais le faire et que je profite de chaque instant pour tenter, par petites attentions, de te le montrer. Ca ne sera jamais suffisant mais je continuerai, jusqu’à ce que je sois sûr, certain, que ton inquiétude pour les autres femmes à défaut de disparaître, ne soit plus qu’un jeu entre nous. Tu t’inquiétais pour ta cousine alors… à moins qu’elle soit plus belle, plus attendrissante, plus douce, gentille, généreuse, têtue, investie, irrécupérable, gourmande, incontrôlable, merveilleuse que toi… il n’y a pas la moindre raison pour que je pose les yeux sur elle en pensant « ah finalement je préfère celle-ci ». Et c’est valable pour chaque femme de chaque ville de chaque pays de cette fichue planète. Mon apparente maturité face au regard de mes confrères sur toi n’est qu’une façade de calme refoulant avec peine la violence et la jalousie qui m’étreignent à chaque fois, que je contrôle pour que tu sois fière de moi, pour que je sois un minimum sortable et surtout pour t’embêter. Mon discours va donc sans doute beaucoup amenuiser mes petits effets d’absence d’intérêt pour ces demoiseaux te tournant allégrement autour mais il était nécessaire pour que tu saches que si le prince charmant existe… alors je ferais tout pour que tu penses que c’est moi parce que je n’ai vraiment mais alors vraiment pas l’intention de te laisser à un autre…

Le jeune homme respira profondément et replia les quelques feuilles de parchemins comme si de rien n’était. Parfaite maitrise ? Discours d’orateur très classe et parfaitement nonchalant ? Ca aurait pu fonctionner s’il l’avait regardée dans les yeux au lieu de fuir son regard, les joues rouges pour une fois et les mains légèrement tremblantes. Du romantisme pour les fêtes ? Pourquoi pas ? Voilà une sainte résolution…

- Je t'ai aussi forgé une dague pour que tu puisses te défendre en cas de panne de magie, à ta taille, légère, maniable et très affutée... mais je vais attendre d'être sûr que tu saches t'en servir pour te la donner si tu veux bien...
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Cassidy Herediane
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MessageSujet: Re: Rentrons chez toi...   Sam 10 Aoû - 21:57

Cassidy avait été surprise de se réveiller alors qu’elle ne se rappelait pas de tout. Moment très intense ça c’est sûr ! Et puis elle ne voyait pas les amas de pierres brisées, puisque sa petite sphère n’éclairait pas toute la zone. D’ailleurs c’était étonnant qu’elle ne se soit pas éteinte. Dès que la jeune femme perdait connaissance, sa magie s’arrêtait en même temps. Enfin elle n’en savait rien. A moins qu’elle venait de se rallumer.

La demoiselle osa une nouvelle phrase qui lui tira quelques rougeurs. Un beau compliment presque direct même si elle ne savait pas trop comment s’exprimer pour lui dire que c’était bien. Si lui avait été un beau parleur, menteur, jouant sur les mots pour satisfaire les demoiselles, Cassidy elle, n’avait jamais eu l’occasion de dire ce qu’elle ressentait, ce qui la rendait un peu maladroite dans sa façon de parler. Elle aurait pu parler de théorie et de magie pendant des heures mais dire tout simplement qu’elle avait apprécié un bon moment avec son compagnon, c’était déjà plus difficile.

D’ailleurs l’inquiétude revint rapidement lorsque la peur de devoir lui faire du mal ressurgit dans la tête de la petite mage maladroite. Pas consciente du tout qu’elle attirait plus son attention au mauvais endroit en se mettant dans cette position mais plus préoccupée par ses réactions. Elle était même presque carrément de l’inciter à fuir si ça tournait mal ! Comme si un guerrier allait fuir devant un danger aussi grand soit-il. Même si la situation ne s’y prêtait pas, on pouvait reconnaître que contrairement à avant, elle se tenait devant lui, complètement nue et ne se souciait pas du fait qu’il la dévorait du regard. Non avant elle se serait cachée ou aurait remis directement ses vêtements, ce qui n’était pas le cas.

Lorsqu’elle eut terminé son discours maladroit, le jeune homme s’approcha d’elle, alors que Cassidy agitait ses mains l’une contre l’autre assez nerveusement et déposa sur ses lèvres un magnifique baiser. Le genre de baiser qui sonne comme une promesse, un réconfort énorme. Le genre de baiser qui donne envie de déplacer des montagnes et de ne jamais renoncer à la lutte ni à ses envies. Elle s’appuya doucement en avant contre lui alors qu’il lui caressait l’épaule tout en l’écoutant.

Bien sûr qu’il était conscient de tout ça. Le Drakkari la surprit énormément dans ses paroles. Il le savait, il le sentait. Comment pouvait-il sentir les variations de sa magie ? Ce n’était pas un exercice aisé. Ah oui forcément le tatouage donne un coup de pouce et elle ne cherche pas vraiment à cacher ses émotions ou sensations. Pauvre Tristan qui reçoit tout. Certains diraient que c’est mignon de pouvoir ressentir les sensations de l’autre mais en même temps, on ne peut pas cacher grand-chose. A qui ce tatouage sert le plus ? Si au départ c’était un moyen de contrôle, son utilisation première a été oubliée.

Il disait qu’elle faisait de la magie dans son sommeil, qu’elle rêvait de lui. A ces mots, la jeune femme se mit à rougir en nouveau en baissant un peu la tête intimidée. Bah oui, ça elle ne pouvait pas le savoir et comme avant jamais elle n’avait dormi avec quelqu’un, impossible de voir les changements inconscients qui s’opéraient au dessus de son corps. Il proposa une phrase, un code tout innocent pour lui faire comprendre que ça n’allait pas. Cassidy redressa doucement la tête. Il parlait de sa condition de Drakkari. En même temps c’est vrai que sa transformation en gros dragon montrait bien qu’il y avait peut être du sang de dragon chez les Drakkaris.

Cassidy avait doucement hoché la tête d’un air entendu mais elle n’eut pas le temps d’ouvrir la bouche que déjà, la demoiselle était couverte de baisers et câlins, ce qui l’empêcha de s’étendre davantage sur le sujet. Oui l’essentiel c’était de lui faire confiance, de pouvoir se reposer sur lui si jamais cela tournait mal.

Ils rentrèrent et elle ne se posa pas plus de questions, toute heureuse par cette journée et soirée complètement magnifique. Il neigeait, ils étaient ensemble tous les deux, profitant de chaque instant passé ensemble, regardant les flocons qui tombaient tout en riant et se taquinant. C’était magique et si les évènements avaient été douloureux par le passé, il ne restait qu’un bonheur très agréable, idyllique.

Cependant une autre inquiétude s’empara de la demoiselle lorsqu’elle appris qu’une cousine éloignée devait venir. Ca ne l’enchantait pas plus que ça et si Cassidy avait été vraiment naïve sur certains sujets, elle ne connaissait que trop bien le pouvoir magnétiseur de son beau Drakkari, pas vraiment du style à passer inaperçu, encore moins dans la neige. Des cheveux rouges dans un décor blanc, ça se voit de loin !

Elle bredouilla un peu mais resta silencieuse, pourtant bien consciente des risques et du tracas que ça représentait pour elle, ce qui pouvait lui donner de vilaines rides avant l’âge ! Malgré tout la jeune femme ne laissa pas passer l’histoire et si devant ses parents elle affichait un sourire poli, afin de ne pas passer pour une jalouse aigrie, en privé avec Tristan elle se montra un peu plus sérieuse et inquiète. En effet, elle regrettait le fait que ça se passe toujours dans le même sens et qu’une autre femme cherche encore à s’intéresser à lui. Il répondit en la taquinant mais une chose était sûre, la jalousie lui il ne l’avait pas. Oui c’est vrai elle ne s’était jamais intéressée à un autre homme après tout ce temps passé à étudier et il serait bien étonnant que la demoiselle change d’avis.

Encore une fois il prit la peine de la distraire et l’affaire été close.

Le lendemain c’était des activités pour le moins ordinaire qui les attendait. Et quand Cassidy fit apparaître une petite cabane par magie grâce à de la neige, elle put lire dans le regard de Tristan de l’admiration. Cassidy se mit à briller et avant même qu’il ne se mette à protester, elle lui avait enlevé naturellement son bracelet de force, chuchotant comme quoi il n’en aurait pas besoin. Prête à passer une nouvelle étape ? Il fallait croire que oui. Et effectivement elle s’en rendu compte, leur petit jeu était encore plus intense que d’habitude. Comme si enlever cette « protection » libérait toutes les barrières que Tristan avait pu s’imposer avec elle jusqu’à présent. Elle comprit mieux l’évanouissement de la dernière fois mais c’était… whaaaa il n’y avait pas d’autre mot pour décrire cela. A part peut-être que ça accentuait les courbatures du patin à glace !

La soirée était consacrée à la fête et l’un comme l’autre faisait des efforts pour se mettre en valeur. Cassidy était toujours un peu hésitante, pas vraiment de confiance en elle puisqu’elle n’avait jamais pris la peine de s’habiller pour plaire et séduire. Tristan était comme à son habitude magnifique comme à chaque fois mais cette nouvelle tenue le mettait bien en valeur. Plus rien n’avait d’importance autour d’eux si ce n’était que des parents amusés, regardant évoluer ce petit couple qui malgré la différence de taille et d’origine, donnait l’impression qu’ils étaient tous les deux en harmonie, destinés l’un pour l’autre. A sa petite appellation, la demoiselle s’inclina gracieusement devant lui.

Cela se passa bien et la soirée était festive. Les parents avaient bien entendu prévu des présents pour Tristan. En effet, ils savaient pour lui, son absence de famille et c’était de leur devoir de lui témoigner de l’affection, de le considérer comme membre de la famille et lui faire comprendre qu’il n’était pas tout seul. Si leur fille éprouvait de l’importance pour lui, les parents suivraient le pas.

Marilyn était ravie de son cadeau et complimenta Tristan en lui déclarant que c’était vraiment magnifique et qu’il avait apparemment un don avec la création. Beau compliment venant d’une artisane qui faisait de la poterie avec son mari. Jordeth était également conquis et jaugea la hache d’une main, la soupesant et faisant quelques mouvements pour vérifier sa maniabilité.

Enfin Cassidy offrit son cadeau à Tristan et celui-ci parut s’assombrir. Elle insistait vraiment dessus et voulait lui faire comprendre que cette fois il était hors de question qu’il cherche à l’oublier une nouvelle fois car elle faisait partie de sa vie. Une promesse encore une fois, si il était seul, il pourrait regarder ce livre pour se rappeler qu’à un endroit, une petite mage pensait à lui.

Il la prit simplement contre lui puis lui offrit un cadeau, un livre également contenant des recherches sur sa médaille, qu’elle n’avait jamais eu le temps de faire. Son regard s’illumina et elle semblait tout à fait heureuse et touchée de voir que lui aussi pensait à elle et cherchait à l’aider dans ses projets et recherches. Cassidy se demandait d’ailleurs comment il avait pu faire, sachant qu’elle serait partie à Galaden pour consulter des archives à la bibliothèque centrale. Il devait sacrément bien passer inaperçu alors. Mais ce n’était pas le moment de plonger le nez dans ses recherches alors que la soirée battait son plein. Elle ne remarqua pas le regard d’inquiétude de Jordeth qui avait vraiment l’air de craindre quelque chose même si il reprit une expression plus neutre par la suite.

Tristan continua en sortant une liasse de parchemins et semblait même un peu hésitant, chose qui ne lui ressemblait pas vraiment. Il commença à parler et Cassidy l’écouta sans l’interrompre, son visage abordant des expressions différentes en fonction de ses passages.

D’abord de la gêne qu’il indique à ses parents qu’il courtisait beaucoup les filles avant de la rencontrer. Elle avait baissé la tête et s’était mordillée la lèvre inférieure, elle qui cherchait tant à le protéger et atténuer ses défauts en temps normal. Mais c’était également très courageux de sa part d’avouer la vérité devant tout le monde, ce qui lui donnerait plus de mérite aux yeux de ses parents. Il avait achevé par l’impossibilité de lui faire du mal sans se détruire, encore un bon point pour ses parents qui ne pourraient qu’être rassurés par la sincérité de ses parents.

Elle ressentit alors un frisson désagréable de jalousie quand il parla de Maud, son visage passant du blanc au rouge, quelques petits tremblements qu’elle cherchait à faire passer pour quelque chose de discret. Il enchaina et n’avait pas tort, apprendre que Maud était unique lui faisait uniquement de peine. Pourquoi remuer le couteau dans la plaie ? Pourquoi devant ses parents alors qu’elle n’était assurément pas à l’aise et déglutissait difficilement. Mais finalement il expliqua que Maud n’était qu’une image, un écho à la petite mage et que la seule chose à laquelle il pensait c’était elle. Ce qui était un énorme compliment et elle se mit à rougir, ne se sentant pas aussi unique mais là elle devait bien le reconnaître puisqu’il avait pris le soin d’énumérer toutes ses qualités et même défauts.

Il finit par parler de leur première rencontre, d’un oubli, ce qui laissa les parents incrédules. Il termina alors sur le fait que maintenant il était prêt à assumer le fait qu’ils soient en couple, prêt à l’aimer, lui montrer, la rendre heureuse, tout ce qu’il lui fallait pour la combler et lui prouver que oui il serait toujours avec elle et ferait ce qu’il faut pour que la demoiselle soit convaincue qu’il est toujours aussi amoureux comme au premier jour. Et pour la conclusion le cœur de la jeune femme battit plus fort alors qu’une agréable chaleur envahit son corps. Elle baissait la tête, peut être un peu intimidée de montrer devant tout le monde qu’elle était extrêmement touchée par ce petit discours puis s’approcha de Tristan au moment où il disait qu’il lui avait aussi créer une dague pour se défendre. Elle l’enlaça doucement dans ses bras puis redressa la tête en le regardant, ses yeux brillants et émus par le discours, incapable de sortir le moindre mot mais l’enlaçant un peu plus fort comme si elle craignait que ce rêve s’arrête d’un coup.

Marilyn avait battu des mains d’un air ravi alors que Jordeth hochait la tête d’un air convaincu. Ses paroles avec marqué la famille Herediane et décidément cet homme était vraiment très bien, Cassidy ne pouvait pas espérer mieux.

La soirée se finit agréablement alors que Marilyn insistait pour donner des gâteaux puis ils se souhaitèrent une bonne nuit et chacun alla dans sa chambre.

Cassidy s’était adossée contre la fenêtre de sa chambre et fixait le ciel d’un air pensif, sans avoir eu le temps d’enlever sa robe. Elle triturait sa chaine avec son pendentif et la chevalière à Tristan. Celui-ci s’était approché d’elle et l’enlaça tendrement, son souffle chaud se perdant dans le cou de la demoiselle. Il lui demanda ce à quoi elle pensa. Cassidy continua de regarder le ciel.

« Si tout cela n’est qu’un rêve alors ne me réveille pas, si c’est la réalité alors je veux qu’elle reste comme ça éternellement. Tris’… tu es vraiment… enfin ça me touche énormément tout ce que tu as dis. J’ai l’impression que tu arrives à lire dans mes pensées et deviner toutes mes craintes…»

Elle se mit à sourire doucement et caressa sa main, avant de se retourner vers lui.

« Sinon cette dague… je peux la voir ? »

Tristan obéit et lui montra une magnifique arme que Cassidy prit dans sa main… eh bien d’une manière bien étrange. Enfin en tout cas elle ne la tenait pas correctement, comme un enfant qui découvrait un nouveau jouet ou hochet. La demoiselle avait commencé à approcher la main de la lame, certainement pour vérifier si ça coupait vraiment quand Tristan l’arrêta d’un geste. Cassidy fit une moue gênée.

« Vraiment pas l’habitude de me servir de ce genre d’armes. Au moins on peut éviter de tuer avec ça ? »

C’est vrai que Cassidy répugnait d’ôter la vie d’un humain, même si ça lui était déjà arrivé comme cette colère énorme avec le capitaine Cheistam. Elle avait détruit nombre de vie, pour se défendre elle et Tristan et parce qu’elle n’avait pas le choix. A ce moment là, elle était plus inquiète pour la sécurité à Tristan et quiconque approchait en payait le prix fort. Mais la jeune femme n’avait pas vraiment réfléchi à cela, à cause des rebondissements d’après.

Elle fit une moue alors qu’il répondit et ils finirent par se coucher tendrement lovés dans les bras l’un de l’autre.

Le lendemain matin, alors qu’ils émergeaient, la cousine et la tante étaient arrivées. Poliment Tristan et Cassidy s’étaient levés pour dire bonjour et faire les présentations. Il remarqua que Cassidy avait instinctivement prit sa main, histoire de ne pas laisser le temps à la cousine de se faire des idées. Il s’agissait de deux blondes, beaucoup plus grandes que Marilyn et Cassidy, le corps un peu plus robuste, certainement en raison des conditions difficiles de Frihold. Bien jolie effectivement, elle avait un très lointain air de famille.

La cousine ne manqua pas de jeter un bon gros coup d’œil à Tristan bien intéressé mais discret, ce à quoi Cassidy ignora totalement. Marilyn demanda à Cassidy et Tristan de faire découvrir le village à la cousine, même si il n’y avait pas grand-chose à voir au final et puis la pauvre, il fallait bien qu’elle trouve à s’occuper aussi.

C’est donc à trois qu’ils lui firent visiter les alentours, la place du marché, la fontaine, le lac gelé. Malheureusement impossible pour Tristan et Cassidy d’être seuls un moment, à la grande frustration de Cassidy. Impossible d’aller faire une virée dans leurs sources chaudes, d’avoir des moments complices et c’était bien une cousine qui tenait la chandelle. Cassidy se demandait d’ailleurs si la demoiselle n’aurait pas pu venir avec son petit ami, histoire de pouvoir avoir un peu plus de liberté.

Rien de spécial les prochains jours si ce n’était que les trois jeunes aidaient à la maison les parents et passaient leur temps à patiner ou encore Cassidy et Tristan racontaient leurs aventures. La cousine était particulièrement réceptive aux histoires de Tristan, riant et le complimentant gentiment. Bien sûr ça fait toujours plaisir.

Parfois Tristan trouvait des stratagèmes pour éloigner la cousine un petit moment tandis qu’eux exploraient les buissons pour étudier le changement climatique et son impact sur la nature.
Le soir du changement d’année, tout le monde s’était mis sur son 31 pour aller profiter de la fête du village qui se déroulait dans une grande bâtisse, afin d’éviter d’attraper froid par cette nuit. Cassidy était magnifique, habillée d’une robe bleue nuit scintillante et brillante, très légère comme un morceau de soie, comparable aux habits des elfes et portait un foulard dans les mêmes tons qu’elle avait attaché autour de son cou.

Ils avaient dansé toute la soirée, changeant de partenaire et bien sûr c’est la cousine qui en profita pour danser avec Tristan. Mais celui-ci restait aimable, changeant de partenaire sans faire de favoritisme. Cassidy se pliait également à cet exercice, même si il lui arrivait d’écraser les pieds de ses partenaires, pas vraiment à l’aise. Elle passa beaucoup plus de temps à manger au banquet. Puis finalement, après un regard vers Tristan, elle s’éclipsa dehors.

La demoiselle s’était assise dans la neige un peu plus loin, à l’écart du village, sur une petite colline lorsque Tristan la rejoignit. Elle lui fit un sourire et se releva pour courir vers lui, s’agripper à son cou et l’embrasser fougueusement.

« J’aime bien les festivités mais j’aime bien aussi avoir une intimité avec toi. Ca fait pas de mal de souffler un peu surtout qu’avec toutes ces filles qui te tournent autour, j’ai du mal d’en profiter moi aussi ! »

Elle s’était collée contre lui pour se réchauffer, lui assis derrière et elle calée contre son torse. Normalement le feu d’artifice ne devrait pas mettre beaucoup de temps avant de démarrer.

« Je sais pas pourquoi je trouve qu’elle est plutôt collante… Enfin c’est peut-être ma jalousie qui parle mais elle a l’air de beaucoup t’apprécier. »

Elle émit un petit rire tout en se callant un peu plus dans les bras de Tristan.

« De toute façon il ne reste que quelques jours… Il faudra penser à prendre le chemin du retour après. Mais c’était agréable ces petites vacances »

Il répondit et le feu d’artifice débuta, offrant sous leurs yeux de magnifiques couleurs qui se répandirent dans le ciel. Cassidy manifesta des exclamations de joie et d’émerveillement à la vue de ce magnifique spectacle qui se déroulait sous leurs yeux.


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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: Rentrons chez toi...   Mar 20 Aoû - 11:01

Des recherches… Il en avait fait, afin de l’aider, puisqu’elle ne pouvait pas les faire elle-même, faute de temps. Or lui, il en avait, du temps. La jeune femme était débordée. Entre le travail qu’elle devait rattraper, ses quotidiennes obligations qui suffisaient déjà à lui remplir ses journées plus que de raison, les courriers, les demandes, la paix, lieu de non influence des clans qu’il fallait exiger, maintenir, prouver… Lui, avait de quoi faire. Un seul vrai cours à dispenser dans la semaine, Tristan assurait plusieurs autres, facultatifs. Quotidiennement en entraînement, il accueillait volontiers les élèves sérieux désireux d’apprendre. Mais il lui restait bien à s’occuper le reste du temps. Il y avait l’art bien sûr, qu’il reprenait progressivement, motivé mais surtout inspiré par le petit soleil qui s’était immiscé dans sa vie et illuminait son monde depuis, mais il travaillait également au village… La forge parfois, ou bien de l’aide de ci, de là… Il avait pu se permettre quelques courtes excursions après avoir fait plusieurs dégrossis via des contacts qu’il avait gardé ici et là. Bien sûr, cela avait inclus revoir quelques conquêtes et leur accorder un moment, des sourires, un verre, de l’attention, mais pas plus… Il était direct dès le départ, il fréquentait quelqu’un et escomptait lui offrir une exclusivité certes surprenante de sa part mais bel et bien adoptée.

Le jeune homme avait souri quand sa petite amie, ravie, avait soupesé l’épais ouvrage. Il était très incomplet mais il avait choisi un épais livre relié de cuir qui pourrait conserver leurs prochaines découvertes sur le sujet. Pour l’heure, il ne s’agissait que d’informations grappillées ici-et-là et quelques traductions approximatives de ce qu’il avait récolté dans cette grotte dont il ne lui avait rien dit, à partir de notes sur un possible alphabet ancien et quelques autres… Mais ça restait tout de même une preuve d’intérêt et d’investissement. Pour elle… A quel point avait-il changé ? Avait-il seulement changé réellement ? Ou n’était-ce pas tout simplement le VRAI Tristan qu’il aurait dû être qui se débarrassait un peu, petit à petit, de sa carapace de cynisme, de violence et d’intolérance ? Magique cette petite mage…

Mais ce fut réellement la suite qui interpella la belle jeune femme. Il s’était donné du mal mais avait décidé, cette fois, de ne pas passer outre ses impressions. Peut-être se trompait-il, peut-être n’était-elle pas vraiment inquiète de tout cela, peut-être avait-elle finalement accepté l’idée qu’il était avec elle… tout simplement, mais il avait préparé tout cela quand même, au cas où… tant pis si au final c’était inutile. Les parents de la demoiselle ne pourraient que se rendre compte de sa sincérité et de son engagement à défaut de son changement en gentil garçon. Et elle… eh bien elle manquait trop de confiance en elle pour qu’il se trompe et que ces paroles soient vaines. Curieuse demoiselle qui semblait aveugle à la lueur d’adoration dans les yeux du grand Drakkari. Etait-elle donc trop petite pour l’apercevoir ? Ou devait-il la guider pour qu’elle en prenne conscience ?

Oui, Tristan avait remarqué, écouté, compris l’inquiétude dans le cœur de la jolie jeune femme et il avait pris la décision, intimidante, de se déclarer plus que jamais. Ils étaient ensemble après tout et après ce qu’ils avaient traversé, il lui devait cela, cette sincérité. Il parla longuement même si ses mains tremblaient un peu et même s’il craignait bien plus que de raison le jugement à venir. Serait-il considéré différemment ?
Au final ses paroles furent très bien accueillies par les personnes présentes.
Les parents, rassurés, touchés, voyaient un peu plus qui était le garçon qui avait séduit leur fille et ils comprenaient probablement aussi pourquoi ledit garçon n’était pas, aux vues de son comportement, casé depuis bien longtemps. Ce comportement adorable… n’attendait que la princesse méritante pour montrer le bout de son nez…

Mais ce qui marqua le plus le jeune homme, c’était l’étreinte de sa compagne, il ne lui soupçonnait pas cette force décidément et ses yeux remplis de reconnaissance et d’admiration le persuadèrent qu’il avait bien, très bien fait… Et c’était tout ce dont il avait besoin. Savoir qu’il ne faisait pas fausse route…

Ils dinèrent, plaisantèrent, bref, s’amusèrent une bonne partie de la soirée, retrouvant même, pour le jeune couple ce qui devenait leur place préférée. Dans un des larges canapés, Tristan confortablement installé, accueillait entre ses bras la blonde mage qui grignotait de temps à autre un biscuit, passant le reste du temps, doucement, une de ses mains sur le haut de son torse malgré le tissu de ses vêtements. Légère caresse rassurante.
Ils finirent par aller se coucher. Tristan discutant encore un instant avec les parents de la jeune femme, ne monta qu’un peu plus tard pour la trouver à la fenêtre, plongée dans ses pensées. La rejoindre, l’enlacer et l’embrasser dans le cou n’étaient que parfaitement  naturels, lui demander la nature de ses pensées s’apparentait davantage à une formalité. Elle ne prononça que quelques mots qui gonflèrent davantage son cœur de fierté alors qu’il fermait les yeux et posait doucement ses lèvres sur la peau de sa nuque, écartant les quelques mèches dorées, rebelles, qui lui barraient le passage.

- Alors j’attendrai un peu pour en prononcer d’autres et te rappeler autant qu’il faudra que tout ceci est réel et restera ainsi… tant que j’aurai mon mot à dire.

Il approcha son visage du sien pour l’embrasser lorsqu’elle se retourna mais la demoiselle avait autre chose en tête et c’est amusé et non frustré qu’il se détacha d’elle pour aller sortir de ses affaires la dague promise.
C’était un magnifique objet, adapté aux muscles fins de la demoiselle, elle était légère mais néanmoins solide et acérées. Le manche, plus fin que la moyenne lui garantissait une très bonne prise et il avait fait en sorte que la garde empêche sa main de glisser, peu importe l’attaque, sur la lame, histoire de lui éviter de se blesser. Affûtée, de forme élégante, la lame en elle-même avait dû être faite d’un métal peu connu puisqu’elle semblait bleutée. Il sourit, fier de lui mais déchanta bien vite en voyant comment elle se débrouillait. Au moins avait-elle compris que cela s’attrapait par le manche et non la lame mais lorsqu’elle fit mine de vouloir en tester le tranchant, il arrêta son bras. Elle grimaçait, mignonne comme tout alors qu’il lui assurait que c’était bien assez tranchant et qu’elle s’entraînerait d’abord avec une dague en bois.
Sa question le fit sourire.

- Une arme est avant tout dissuasive… Mais c’est essentiellement le cas lorsqu’elle est tenue par un guerrier… expérimenté. Or, n’en sois pas vexée mais tu n’as rien d’un guerrier… ce qui n’est pas pour me déplaire. Une arme de cette taille garantit une grande maniabilité mais elle n’est pas très impressionnante. Néanmoins, je vais t’apprendre à t’en servir et une fois que tu sauras te débrouiller, elle sera redoutable. Tuer est parfois nécessaire ma douce… mais ce n’est pas ce que je vais t’enseigner… je vais t’apprendre avant tout comment blesser suffisamment pour te garantir la sécurité… sans avoir à voler une vie… mais tu ne dois pas hésiter en cas d’agression… ça pourrait te coûter la vie… et qui sait dans quoi je replongerais si je te perdais ma princesse…

Il lui promit qu’ils commenceraient au plus tôt à s’entraîner et qu’elle ne devait pas s’inquiéter, qu’elle ne lui ferait pas de mal, même si elle le voulait avec une arme en bois. Ils discutèrent un moment des fêtes et des réjouissances que devaient vivre les jeunes élèves qui passaient les fêtes chez des habitants autres que leur famille. Elle se blottit un peu plus contre lui, lui tournant le dos, entourée de ses bras musclés comme si c’était la meilleure protection et surtout couverture qui soit. Il caressa d’ailleurs longuement ses mains et ses bras, jusqu’à ce que la respiration plus lente et mesurée de la demoiselle lui assure un sommeil certain et bien mérité.

Ils s’éveillèrent plus tard que de raison le lendemain… pour une singulière bonne raison. En plein milieu de la nuit, la demoiselle l’avait réveillé, marmonnant et s’accrochant à lui. Au début inquiet, il s’était détendu, puis crispé en la sentant se frotter un peu trop contre lui dans une attitude féline certes très attachante mais guère apaisante. Il l’avait réveillée d’un baiser et ils s’étaient longuement embrassés à défaut de pouvoir la convaincre d’aller plus loin. La maison silencieuse le resta donc, mais ils ne se rendormirent que bien plus tard…
Elle fut réveillée avant lui, essayant de bouger le moins possible, l’observant juste en caressant du bout des doigts, la ligne de sa mâchoire. Il ouvrit un œil puis l’autre, les refermant en baillant paresseusement puis fit basculer la jeune femme, se retrouvant au-dessus d’elle en enfouissant son visage dans son cou, marmonnant vaguement qu’il avait bien envie de se venger… en faisant entendre à qui le voulait sa jolie voix… Menace à peine voilée alors qu’il relevait un regard de brigand sur sa dulcinée. Mais des voix plus bas les convainquirent de se lever rapidement. Et c’est un Tristan peu coiffé, mais frais et disponible qui descendit au côté de la jolie mage bien plus réveillée et bien mieux coiffée !

La tante et la cousine de la demoiselle étaient arrivées et Tristan les salua poliment, ne manquant pas au passage le geste de sa compagne. Elle lui avait attrapé la main et la serrait à présent comme elle l’aurait fait sur une laisse pour un chien un peu trop vagabond. L’idée l’amusa beaucoup et il la gratifia d’un désarmant sourire.
Le reste du temps se passa en visite, en histoires racontées et autres. Ils s’occupaient comme ils pouvaient mais c’est vrai que la cousine de Cassidy était présente plus que de raison. Tristan avait aussitôt fait le rapprochement entre leurs traits communs et ceux qui divergeaient. Il avait noté les cheveux plus foncés de la cousine, sa taille bien moins fine et sa maladresse inexistante contrairement à sa gente dame. Aucun intérêt charnel pour la demoiselle ne semblait pourtant se faire ressentir de la part du jeune homme même si ça n’empêchait pas sa compagne de lui jeter, en biais, des regards qu’elle pensait discrets, quand l’autre demoiselle le collait un tout petit peu trop.

Flatté d’avoir un aussi bon auditoire, le jeune homme ne semblait penser qu’il ne s’agissait que d’un intérêt poli et s’il savait pourtant à quel point il plaisait, il semblait pour le coup, l’avoir au moins partiellement oublié. Pourtant comment rester indifférente devant le beau jeune homme, si séduisant qui entretenait son corps et était loin d’être stupide. Il évitait d’avoir trop d’élans amoureux envers sa compagne pour ne pas gêner la cousine mais c’était tellement difficile et mine de rien une invitation, une impression de plus à donner à une personne de plus, comme quoi ils n’allaient pas du tout ensemble.

Prétextant des parties de cache-cache, certes enfantines mais également drôles pour de jeunes adultes ou mieux encore un jogging pendant que la jeune mage allait s’entraîner à des sorts dangereux en retrait, Tristan s’éloignait, laissant cette autre blondinette s’occuper par elle-même. Il était néanmoins curieux de voir à quel point son « parcours de course » passait près du « lieu dangereux d’entraînement magique » de la demoiselle.
Pas assez de temps pour se consacrer à des jeux certains et tellement amusants d’adultes, assez pour s’embrasser longuement et pour que la demoiselle apprenne par son compagnon qu’il existe bien des moyens de combler une femme… et qu’il en connaissait de très efficaces.

Curieux encore une fois de voir à quel point la demoiselle en question était rayonnante quand elle allait retrouver sa cousine, trop honnête, trop innocente pour parvenir à cacher, aussi bien que le Drakkari son intérêt pour « les bonnes choses ». Etrange oui, ce grand sourire après ses prétendus entraînements… même s’ils ne duraient guère longtemps.
Bien moins intelligente que Cassidy, la cousine n’était apparemment pas dupe pour autant même si elle le traduisait par un air renfrogné criant dans son silence qu’elle aurait préféré que ce membre de sa famille soit un peu plus… partageur.

Néanmoins il est vrai qu’ils n’avaient que peu de temps à eux. Qui plus est, la cousine pouvant être carrément envahissante, elle avait apparemment choisi leur rencontre, alors qu’elles ne s’étaient jamais vues, pour rattraper le temps perdu. Ca se traduisait essentiellement par le fait que les deux jeunes femmes dormaient ensemble dans la chambre de Cassidy, tandis que Tristan occupait un des grands canapés confortables du salon. Bien sûr la jeune mage avait fait de grands yeux quand elle avait compris quel partage on lui demandait et quelles étaient les conséquences de ce partage. Mais étant donné qu’elle se levait systématiquement dans la nuit pour boire un verre d’eau et allait s’asseoir ou s’allonger à côté de son petit ami endormi (voire sur lui s’il s’étalait trop), la nuit, elle la passait bien davantage à ses côtés que dans sa chambre.
Il est vrai que Tristan avait fait un effort, se montrant très galant, ne protestant pas quand la jeune cousine avait argué, ravie, à Cassidy qu’elles allaient pouvoir parler de leurs secrets jusque très tard… C’était surtout la cousine qui parlait…Apparemment du moins.

Mais il n’y avait rien de vraiment surprenant là-dedans puisque Cassidy ne se confiait que très peu déjà avec sa famille proche alors une cousine jusqu’alors inconnue… Il ne fallait pas trop rêver.

La fête était rapidement arrivée et fut, comme toujours, organisée comme l’apothéose de l’année. C’est vrai qu’il n’y avait que peu besoin de raison dans les environs pour faire la fête alors lorsqu’une vraie fête était censée se dérouler, elle était réalisée dans les règles de l’art !
Même s’il n’en disait rien, Tristan était un brin mélancolique. Combien d’années s’étaient écoulées depuis la dernière fois qu’il avait assisté à une fête pareille dans son village d’enfance ?

Cassidy était magnifique comme toujours et s’il resta plutôt discret, le jeune homme ne manqua pas de le lui préciser, ce qui, à voir son sourire ravi, devait lui plaire.
Ils dansèrent beaucoup mais bien peu ensemble au final et lorsqu’il la rejoignit à l’écart de la fête, elle le lui manifesta d’une délicieuse manière.
Calme, silencieux, il s’était contenté d’un haussement d’épaules, et un de plus lorsqu’elle parla de sa cousine. Il est vrai qu’il n’avait pas tellement fait attention. Après tout, il n’avait d’yeux que pour une petite mage qui occupait un peu trop ses pensées.

Le feu d’artifice, magnifique fut salué par l’enthousiasme de la jeune femme, ce qui amusa son compagnon. Décidément, ses manières simples, un peu enfantines de réagir, lui plaisait énormément. Il resserra un peu plus ses bras sur elle, comme s’il craignait qu’elle ne s’éloigne, ou qu’on la lui enlève. Après tout, n’était-ce pas ce qui le guettait ? Qu’elle le quitte… Que quelqu’un la lui prenne ? Quelle solution était donc la plus probable ?

Tristan se crispa légèrement et leva les yeux vers le ciel remplis des explosions de lumière. Un peu plus loin les pleines lunes semblaient leur sourire, presque pleines plutôt… A l’œil nu elles le paraissaient, mais cela serait dans quelques jours, tout au plus. Sa crispation s’intensifia. Il ne lui avait pas encore dit. Sa petite phrase pour qu’ils se reconnaissent, qu’ils ne doutent pas, à propos de dragon, n’était pas le fruit du hasard, elle le savait bien mais… à quel point ?

Elle sentit sa crispation et se retourna légèrement vers lui, inquiète sans doute. Il embrassa le bout de son nez en s’excusant et lui dit que ce n’était rien, de profiter du spectacle. Ils restèrent un moment ainsi, bien après que les derniers feux d’artifice les aient émerveillés. Puis ils se levèrent, rejoignirent la fête, les danses et le bruit mais en se souriant tendrement. Il avait abordé avec elle la question de son maître. En effet, il ne lui semblait pas qu’elle était allée le consulter. Elle était débordée certes mais il pensait que c’était bien davantage à cause de sa mauvaise magie et de la marque dans son dos. Cet homme était son mentor, il était normal qu’elle craigne la réaction de l’être qu’elle respectait probablement le plus en ce monde. Néanmoins, il l’avait rassurée, d’un ton léger, par des propos détournés. Elle devait aller le voir, pour parler de sa magie, pour évaluer son niveau etc. Et puis… peut-être le mage, expérimenté, trouverait-il l’étrange lien qui les unissait et qui, bien plus que des émotions, rendait à ce point la magie de la jeune femme influençable par leur relation. Il y avait quelque chose d’étrange chez la demoiselle et le guerrier avait la ferme intention d’adresser ses propres questions au mage. Mais seul… et plus tard.

En tous les cas, il était prévu que le lendemain elle y aille même si elle rechignait en douceur, marmonnant que de toute façon, il aurait à faire, ne s’ennuyant pas avec sa cousine. Sa tentative pour faire taire la légère appréhension dans sa voix échoua, mais il salua l’effort d’un magnifique sourire. En fait, il doutait qu’elle y aille, elle trouverait probablement une excuse pour y échapper… mais une demande dudit maitre le lendemain matin allait justement pousser la jeune femme à tenir sa parole.

Ils rentrèrent plus tôt que la majeure partie des villageois mais cette fête était faite pour durer jusqu’au petit matin et décidément, le canapé était bien assez confortable pour deux, non ? Finalement… une bonne nuit de sommeil et un peu de tranquillité, n’était-ce pas la meilleure partie de cette fête justement ?


HS : panne d’inspi, mauvais post. Rien à faire... Je me rattraperai sur le suivant. Tu peux avancer autant que tu veux et écrire ce que tu veux…
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Cassidy Herediane
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MessageSujet: Re: Rentrons chez toi...   Ven 23 Aoû - 11:45

Tristan avait montré la dague et Cassidy était réticente à cette idée mais il la convainquit, même si elle espérait secrètement ne jamais en faire usage pour tuer, préférant utiliser sa magie pour handicaper ou fuir à toutes jambes. Ils s’endormirent aussi tranquillement.

Mais le lendemain matin et les jours qui suivirent ne plurent pas vraiment à la jolie demoiselle. Autant Cassidy pouvait être adorable mais là il fallait reconnaître que cette insistance chez sa cousine commençait à lui peser sérieusement sur les épaules. Le prétexte d’entraînements était excellent, déclarant qu’elle avait besoin de calme. Et Tristan la rejoignait de temps en temps, trouvant toujours un moyen de passer un peu de temps avec elle. Mais futile, trop peu. Excitant car interdit mais la jeune femme n’avait pas son compte.

Qu’elle ne fut sa déception quand elle constata que sa cousine dormirait avec elle, sur un lit de camp à côté. Cela lui déplaisait fortement et elle espérait ardemment que lorsque la cousine serait partie, elle se vengerait sur son compagnon, parce que mine de rien, certaines activités commençaient à lui manquer.

D’ailleurs pendant un de ses entraînements, elle ne manqua pas de devenir luciole, ce qui fit bien rire Tristan qui passait par là. La demoiselle se faisait boudeuse et était quand même bien obligée d’apprendre à maîtriser ses pulsions ce qui n’était pas si évident que ça.

Enfin, le soir de la fête, la demoiselle trouva un moment pour s’éloigner avec Tristan, profitant d’un moment intime bien mérité.

Cassidy souriait en resserrant un peu plus la main de son compagnon. La neige était froide sous ses fesses mais guère dérangeante. Les feux d’artifice avaient explosé dans le ciel sombre mais dégagé de tout nuage ce soir. Un instant de répit sans sa cousine et pouvoir profiter du Drakkari comme il se devait. Elle se cala un peu plus contre son torse en souriant et en lui montrant parfois d’un geste de la main, certaines lancées qu’elle jugeait réussi.

Tout allait bien, ils commençaient une nouvelle année, ils étaient ensemble et rien ne pourrait les arrêter tant qu’on ne les embêterait pas. La jeune femme soupira de bonheur. Puis elle se tourna légèrement vers Tristan, suffisamment pour être face à lui, posée sur les genoux et de lui faire un grand sourire. Avant de suffisamment se rapprocher pour l’embrasser tendrement.

« Bonne Année Tris’… »

Il répondit également en la serrant un peu plus fort contre lui, comme si il craignait que ce rêve ne s’arrête brusquement et le laisse tout seul. Mais la jeune mage était bien là, souriante, tout contre lui, la chaleur de sa cape et de sa peau contre celle du Drakkari comme une belle promesse éternelle.

Elle s’installa de nouveau en face de lui et grimaça un instant, se portant la main au ventre, une petite douleur se faisant sentir. Aurait-on cherché à l’empoisonner ? Ca devait certainement être sa cousine, ses regards insistants sur Tristan ne lui avait pas échappé ! Mais la douleur se calma rapidement et Cassidy pu reprendre son souffle. Tristan semblait s’inquiéter car ce petit mouvement tressaillement du dos de la jeune femme pendant qu’elle se tenait le ventre n’était pas passé inaperçu. Elle se contenta de s’adosser à nouveau contre son compagnon.

« Ne t’inquiète pas, j’ai certainement abusé des biscuits au chocolat »

Elle se mit à rire doucement sans avoir l’air plus gênée ou dérangée que ça.

« Au fait, tu as des résolutions pour cette année ? Je pense que je devrais manger moins de gâteaux ce n’est pas bon pour le ventre ah et peut-être ralentir sur le travail quoique ces derniers temps, un certain Drakkari m’a bien détourné de cette voie… »

Il semblait offusqué et la taquinait en lui demandant qui était donc ce Drakkari qui l’importunait. Cassidy se mit à rire une nouvelle fois avant de se tourner une nouvelle fois et de l’embrasser à nouveau, en profitant pour ramener une de ses mèches rouges en arrière et de caresser doucement ses cheveux. Au-dessus d’eux, le feu d’artifice éclatait dans de magnifiques couleurs, formant ici un dragon impressionnant, puis un groupe de fées et diverses créatures enchantées, des symboles, une rose, mais en tout cas c’était très réussi.

Cependant une petite mage semblait vouloir rattraper le temps perdu, frustrée par cette cousine qui les empêchait de pouvoir tenir des activités très distrayantes et une Cassidy loin de son homme et sans contact réel pendant un moment ne pouvait être que très frustrée. Peut-être se faisait-elle plus passionnée dans ses baisers, peut-être que Tristan y répondait un peu trop mais quoiqu’il en soit, tous les deux, surtout elle, semblaient avoir un peu plus chaud malgré le froid, en témoignait les pommettes rouges de la demoiselle.

C’est après un énième baiser, ponctué d’une caresse sur le bras du jeune homme, que la jeune femme déclara le plus naturellement du monde.

« Hum, tu ne crois pas qu’on devrait aller dans notre petite cachette ? Personne ne fait attention à nous pour le moment et on pourrait continuer nos… activités…sans pouvoir être dérangé par une cousine un peu trop heu… collante ? »

Tristan n’avait pas l’air contre et c’est donc tout naturellement et très discrètement qu’ils prirent le chemin de leur petit passage souterrain. Mais avant qu’ils n’aient le temps d’emprunter le chemin de la forêt, une ombre se dessina, les mains sur les hanches, dans le passage.

- Et bien vous voilà, je commençais à m’inquiéter de ne plus vous voir. Surtout que je m’ennuie là-bas toute seule…

La tête que tirait Cassidy donnait l’impression qu’on la privait d’un énorme gâteau au chocolat mais vraiment immense celui-là ! Elle marmonna un instant sans savoir quoi répondre et heureusement que l’obscurité empêchait de voir sa tête déçue et même un peu lassée, en colère, un peu tout ça à la fois. Oui effectivement elle l’avait complètement oublié celle-là !

*Rhaaaaaaaa pas moyen d’être tranquille ici ! Si j’avais su qu’elle serait autant pot de colle, j’aurais lancé un sort pour nous camoufler. C’est pas croyable, même pas la délicatesse de nous laisser avoir un moment… intime grrrrrrrrrrr ! Je vais l’étrangler !*

Oula c’était pas très beau de parler de sa famille comme ça, cousine éloignée ou non mais il fallait reconnaître que c’était carrément de l’incrust’ là pour le grand malheur de Cassidy qui avait juste espérer passer un moment tranquille avec son copain. Fallait croire qu’ils devraient attendre qu’elle parte pour retrouver un peu d’intimité.

Tristan s’en sortit avec une petite phrase tout simplement placée et un sourire discret à Cassidy, comme une promesse qu’une fois que les choses seront terminées, ils auront touuuuuut le temps pour en profiter.

La fin de soirée fut ennuyeuse pour Cassidy. Elle qui était pourtant d’un naturel avenant, avait croisé les bras d’un air renfrogné en écoutant d’une oreille distraite sa cousine qui parlait à Tristan de sa passion pour broder des tapisseries. Même que s’improvisant couturière, elle lui proposait même de lui créer une tunique sur mesure, glissant qu’elle pourrait prendre ses mesures demain. Bah voyons ! Cassidy leva les yeux au ciel et détourna la tête. Elle aurait bien besoin de méditer là…

Tristan, qui avait remarqué l’état de sa compagne, décida de changer de sujet et parla du maître de Cassidy qu’elle n’avait pas encore vu. Elle fit la moue, ne voulant pas laisser son beau Drakkari en compagnie de cette cousine mais il est vrai qu’elle devrait bien parler à son maître même si elle n’était pas du genre à parler à cœur ouvert de ses problèmes de magie.

Ils trouvèrent finalement un moment pour rentrer seuls ensemble et s’installèrent sur le canapé, Cassidy ayant la ferme intention de dormir avec son compagnon ce soir. Petites caresses, baisers passionnés même si ils restaient sages, au cas où quelqu’un ne les surprennent.

Le lendemain matin, la demoiselle se réveilla dans les bras de son homme et c’était la plus belle nuit qu’elle avait passé depuis que sa cousine était là. Mais l’abstinence d’un point de vue… intime de la jeune femme la rendait frustrée de ne pouvoir rien faire et elle décida de partager avec Tristan ses pensées. D’un geste elle lança un sort pour insonoriser la pièce et se tourna rapidement vers le Drakkari, collée dans ses bras.

« J’en peux pluuuuuuuuuus ! Vivement qu’elle parte parce que je suis désolée, même si tu es… magnifique ? Craquant ? Chevalier ? Elle n’arrête pas de nous coller et de me poser des questions sur toi, sur nous… Et la seule chose que j’ai envie de lui faire là, c’est la transformer en crapaud, famille ou pas ! »

Tristan se mit à sourire, la rassura et l’embrassa, surtout qu’il avait affaire à une petite mage vraiment boudeuse pour le coup !

Ils n’eurent pas beaucoup de temps pour discuter que déjà le reste de la maison était en train de se lever. Cassidy cassa son sort et fit comme de rien n’était, se consolant que bientôt ils auraient la paix. Aujourd’hui elle devait rendre visite à son maître et Tristan, pour éviter de se retrouver seul avec sa cousine, avait proposé son aide aux parents, pour n’importe quel travail manuel. Cela rassura un peu la jeune femme car sinon, elle n’aurait pas été tranquille de la matinée !

C’est donc un peu réticente qu’elle se rendit chez son maître, parlant d’un peu de tout et rien, surtout magie en fait et il était toujours un peu en train de la sermonner au sujet de son entraînement et qu’elle devrait penser à méditer un peu plus si elle ne voulait pas finir rouillée. Rien de bien méchant. Elle ne lui avait rien dit au sujet des évènements récents bien qu’il la mis en garde au sujet de l’intensité de sa magie. Cassidy ne resta pas si longtemps que ça, enfin disons une heure ou deux et on était encore au début de la matinée.

Elle finit par prendre congé, bien décidée à retrouver Tristan. Mine de rien le laisser en compagnie de sa cousine la tracassait beaucoup, peut-être qu’elle se faisait des idées mais on ne sait jamais.

Soudain sur le chemin du retour, elle sentit une perturbation magique qui la fit s’arrêter net et écarquiller les yeux, surprise. Tiens bizarre… voilà que sa magie lui jouait des tours. Elle fouilla dans sa mémoire ce qui aurait pu causer cet impact et ferma les yeux pour mieux ressentir cette perturbation. C’était faible mais parfois s’intensifiait, vraiment pas terrible du tout et un mauvais pressentiment envahi la jeune femme.

La signature lui faisait penser à ces quelques sorts, un peu complexes, qu’elle avait lancé sur le village qu’elle avait aidé dernièrement. Ses yeux se portèrent sur le bracelet que la petite fille lui avait offert. Attaque de loups ? Sort affaibli ou brisé ? Cassidy se mordit la langue. Elle s’inquiétait pour rien mais ce mauvais pressentiment ne la quittait pas. Restant un moment immobile, la jeune mage se décida à bouger en courant droit vers le village. Elle arriva rapidement chez ses parents, son père s’occupant de dégivrer quelques outils. Tristan n’était pas là.

Passant vite fait dans sa chambre elle empoigna son bâton de mage ainsi que la sacoche pour le fixer dans son dos. Elle s’arrêta devant sa mère un peu essoufflée.

« Maman, où est Tristan ? »

Marilyn, en train de faire la vaisselle, semblait surprise de voir sa fille aussi pressée et parut surprise.

« Il est parti faire quelques courses pourquoi ? Tu vas où comme ça ? »

« Vérifier vite faire un truc. J’espère pouvoir le retrouver rapidement mais si ce n’est pas le cas, tu veux bien lui dire que je suis partie vers le sud, vers un petit village ? Dis lui que c’est celui en rapport avec le bracelet, il devrait pouvoir me retrouver si il me cherche »

Sans laisser le temps à sa mère de répondre, elle se précipita dehors et partit vers le cœur de la ville, là où se trouvent les boutiques. Personne n’avait vu Tristan. Doublement inquiète, Cassidy hésitait à retrouver son Drakkari ou de suivre son pressentiment et de filer en direction du village qui était à bien plus de 3 heures d’ici.

Se mordant la lèvre, elle finit par partir à l’écurie, bâton sur son dos, sella son cheval et se mit en route. Les variations magiques étaient de plus en plus intenses. Si bien que, inquiète, Cassidy utilisa un sort pour accélérer la vitesse de son cheval et gagner du temps sur le trajet.
Après une bonne heure de chevauchée, les impulsions magiques se calmèrent. Finalement peut-être qu’elle se trompait. Mais ce qu’elle vit au loin après encore un bon moment passé à galoper glaça son sang encore plus froid que la neige.

De ce petit village s’élevait d’épaisses fumées noires dans le ciel. Cassidy talonna un peu plus son cheval. Une attaque ? Comment ? Pourquoi ? Et surtout… elle était seule et Tristan n’était pas là. La sagesse lui aurait conseillé de faire demi tour, surtout si les individus étaient nombreux. Et même avec le pendentif, Tristan n’arriverait pas aussi rapidement. Mais Cassidy, lorsque la panique la gagnait, prenait des décisions irréfléchies et elle fonça en direction du village.

Au fur et à mesure qu’elle distinguait les contours des maisons, elle remarqua le feu qui gagnait certains bâtiments. Personne dehors ? Elle n’arrivait pas à tout voir.

Finalement elle arriva et descendit de cheval, bâton en avant. Et ce qu’elle vit… était digne d’un cauchemar des plus noirs qu’elle aurait pu faire. Des gens, étendus sur le sol, la vie leur ayant été ôtée, dans des positions inconfortables. Certains avaient carrément été massacrés et du sang encore chaud était répandu sur la neige blanche. Des femmes nues, qui avaient été violées avant d’être égorgées. Les enfants non plus n’avaient pas été épargnés.

Tout avait été pillé, détruit, tué. Le village était silencieux, vide.

Cassidy était sans voix et son visage était devenu très pâle, incapable de prononcer le moindre mot. Mais elle chercha à se ressaisir, cherchant des blessés, quelqu’un encore en vie.

« Il y a quelqu’uuuuuuuuuuuuuuuuuuun ????? »

Elle avait hurlé, espérant qu’on l’entende, de minuscules larmes commençant à couler et gelant son visage meurtri par le froid. Un gémissement se fit entendre un peu plus loin. Cassidy releva la tête et courut dans la direction du bruit. Son cœur se serra quand elle reconnut la petite fille qui lui avait offert son bracelet qui bougeait faiblement, du sang recouvrant son petit corps pâle sur ses vêtements, un sang encore chaud, indiquant que cette horreur venait de se passer il y a peu de temps.

Le corps avait été transpercé par une dague mais Cassidy voulait au moins sauver quelqu’un. La gamine ouvrit lentement les yeux et regarda Cassidy faiblement.

« Je vais te…te…soigner… tu…tu… vas guérir… »

La fillette ne prononça qu’un mot, maman, avait que la vie ne s’échappe aussi de son corps. Cassidy fut prise de convulsions et serra le petit corps contre elle, se fichant du sang qui salissait sa belle robe bleue claire comme le ciel, alors qu’elle posait la tête contre le corps de la petite fille, répandant son sang sur son visage et ses mains.

Pour couronner le tout, sa magie devenue instable lui retourna le couteau dans la plaie et des flashs apparurent sous ses yeux. Une troupe de cavaliers, des Kaärs, qui réclamaient à manger, les villageois qui refusaient, puis le début du massacre et enfin dans quelle direction les Kaärs étaient partis. Elle revit des morceaux de scène comme si elle y était, le cœur affreusement meurtri et douloureux.

Elle resta immobile et se mit à pleurer avant de poser délicatement le petit corps à côté d’elle.
« Non… »

Des remords envahirent la jeune femme. Elle n’avait pas pu les sauver, elle n’avait pas pu empêcher ça et l’image de ce massacre la hantait autant qu’elle était traumatisée. Cassidy se mit à hurler dans le silence, un hurlement de douleur, de rage, de colère, martelant la neige de ses mains, incapable de se calmer, son corps commençant à devenir chaud et brûlant. Tristan au loin, pouvait sentir la puissance de sa haine, de sa colère, à travers le tatouage. Jamais encore elle n’en était arrivée à ce point là, peut-être même qu’elle avait fini par lui brûler le dos tellement le choc était violent.

Les images dansaient dans sa tête, le sang devant ses yeux, elle était de plus sombre, de plus en plus blessée. Jusqu’à ce qu’elle s’arrête de crier, enfonçant ses mains dans la neige, son regard se voilant. Tristan… Tristan devait être là, il lui dirait que tout ceci n’était pas vrai. Il trouverait bien une solution lui ? Elle prononça une seule phrase, très nettement et froidement.

« Le premier seigneur du monde, dragon libre, est en chaque homme droit et valeureux »

Comme une formule qui aurait pu faire apparaître Tristan. Mais il n’était pas là. Elle ferma les yeux et l’instant d’après, au milieu des cendres et de la neige, une gigantesque masse d’énergie se répandit autour d’elle, faisant fondre la neige, brûler le sol et les corps pris dans cette onde de magie s’évanouirent en poussière aux alentours. Le bracelet de la petite fille autour de son poignet brûla également, laissant une trainée noircie sur la peau de Cassidy.

Elle rouvrit les yeux et son regard était vide, même si une lueur de haine dansait dans son regard, vraiment effrayant. Le tissu autour de sa marque avait disparu alors qu’elle avait pris de l’ampleur, s’était étendue et brillait d’une lueur malveillante.

La jeune femme ramassa son bâton et se remit en selle. Elle savait où elle devait se rendre et ne tarda pas à retrouver le petit groupe de cavaliers qui chevauchaient en direction de la frontière. Elle n’avait pas besoin de son bâton pour invoquer une énorme barrière devant eux, les empêchant d’avancer plus. Ils se retournèrent et dégainèrent leurs armes.

Cassidy arriva devant eux et descendit de selle, le visage dénué d’expression. Avant même que l’un d’autre eux ouvre la bouche, sa tête roula au sol, décapité alors qu’elle avait fait un geste de la main. Les autres commencèrent à se regarder, inquiets, puis foncèrent sur la jeune mage. Elle les repoussa avec des ondes de magie d’une force impressionnante, puis fit voler leurs armes avant de les massacrer jusqu’à être satisfaite, immobile, sans ressentir la moindre souffrance, chaque cri d’agonie sonnait comme une délivrance. Le spectacle dura un moment avant que tous les Kaärs furent anéantis. Une larme coula sur le visage de la mage, avant qu’elle s’effondre au sol, au milieu du massacre.

Combien de temps s’était écoulé ? Long et rapide à la fois. Cassidy se mit à gémir et cligna des yeux. Elle avait froid et ne se sentait pas très bien.

Secouant la tête, la jeune femme se redressa et ouvrit ses yeux. Elle voyait encore un peu flou mais des silhouettes allongées à côté d’elle. Lorsque sa vision fut mieux, Cassidy se mit à crier de nouveau, tombant le derrière dans la neige, paralysée.

Des Kaärs… Des Kaärs morts devant elle. Petit problème, elle ne se rappelait pas ce qui s’était passé… La jeune femme s’éloigna sans comprendre, cherchant un signe de ce carnage et regarda ses mains pleines de sang. Elle cria une nouvelle fois. Tristan, où était Tristan ?
Une silhouette apparut devant elle. L’imposant Drakkari aux cheveux flamboyants se trouvait à côté. Cassidy se redressa et le regarda, effrayée.

« Tris’… je… »

- Il est trop tard pour s’excuser…

Puis, l’apparition se mit à brûler sous ses yeux. Quoiiiiiii ? C’était quoi ça ? Tristan pas Tristan ? Il fallait vite qu’elle rentre au village !

Heureusement son cheval était à côté et elle se mit en selle. Il lui fallut un moment pour arriver à destination, le soleil donnait comme indication que l’après midi venait de se passer. Mais avec ce sang partout, la jeune femme ne pouvait pas se pointer comme ça devant tout le monde. Elle décida donc d’arrêter son cheval un peu plus loin avant de grimper en direction de leur petite cachette.

Elle arriva et s’assis entre les pierres. Mais quelle sotte elle était ! Comment Tristan pouvait savoir qu’elle se trouvait ici ? C’est alors qu’une idée lui vint à l’esprit. Elle n’avait jamais fait ça jusqu’à présent mais elle n’allait pas rester ici toute la nuit quand même !
La mage prononça la formule de contrôle de tatouage et se concentra pour que ça fonctionne tout en murmurant.

« Tris’ rejoins moi tout de suite, trouve une excuse, je sais pas quoi… Tu sais où je suis… J’ai… besoin de toi… »

Puis elle attendit, posant ses mains sur le sol en jouant avec des cailloux, en proie aux doutes et à l’inquiétude. De nombreuses questions l’assaillaient et elle n’avait aucune réponse. Cassidy n’avait même pas pris la peine d’allumer une sphère, n’ayant pas la tête à ça et puis les réflexes qu’elle avait prit lorsqu’elle était aveugle revenaient.

Enfin, elle tendit l’oreille en entendant des bruits de pas qui approchaient. Elle ne savait pas comment elle pouvait le savoir mais une chose était sûre, c’était bien Tristan qui arrivait. Sur le coup, sa magie encore un peu défaillante la fit allumer une sphère, très petite mais qui permettait quand même d’y voir plus clair. C’était bien lui ! Elle le reconnaissait !

Son cœur fit un bond dans sa poitrine tellement elle était rassurée à l’idée que cette fichue illusion était fausse. Même couverte de sang, qui avait séché depuis le temps, elle prit Tristan dans ses bras et le serra fort contre elle.

« J’ai cru que… que tu étais… »

Elle se recula un peu, le sang l’avait certainement alarmé et il fallait qu’elle s’explique.

« Je vais bien… je ne suis pas blessée… mais… heu… Tris’ ? »

La jeune femme le dévisageait.
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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: Rentrons chez toi...   Lun 26 Aoû - 4:25

Ils s’entraînaient, plutôt proches l’un de l’autre, suffisamment éloignés pour que la magie de la demoiselle ne vienne pas à toucher son compagnon. Suffisamment proches pour qu’ils relèvent régulièrement les yeux l’un vers l’autre. Enfin, elle semblait penser être la seule à le regarder mais le jeune homme était plutôt doué pour les coups d’œil discrets, furtifs. Lui donnant presque l’impression de se désintéresser d’elle, il savait parfaitement qu’il n’en était rien, la preuve en était son peu de concentration et d’efficacité dans son entraînement. Mais quelle importance ?
Si la cousine de la jeune femme n’avait pas insisté pour les voir s’entraîner un peu, ils auraient été seuls et sans doute aurait-ce pu être un peu autrement, ne serait-ce qu’un peu.

Il est vrai que ces derniers jours, leurs contacts lui manquaient. Ils ne passaient que bien peu de temps ensemble et beaucoup trop peu encore une fois pour qu’ils réitèrent leurs amusements d’adultes. C’est que la demoiselle adorait apprendre et semblait vraiment s’intéresser au sujet et y consacrer une attention et un investissement certain !
Oui mais ce temps leur manquait. Ce qui ne plaisait que peu au garçon même s’il parvenait bien plus facilement qu’elle à cacher ce qu’il ressentait. Après tout, il avait bien appris la frustration à ses côtés. Ce n’était guère de la faute de la demoiselle mais c’était bien grâce à elle qu’il savait aujourd’hui davantage museler ses pulsions, du moins tant qu’il avait son bracelet. Curieux tout de même, surtout lorsqu’il songeait qu’il n’avait jamais connu telle attirance pour une autre demoiselle.

Le jeune homme avait secoué la tête, se remettant à ses tractions pour ne pas laisser son esprit vagabonder jusqu’à leur petite cachette sous les chutes, autrement… Il commençait à avoir chaud et avait ôté sa tunique, l’envoyant rejoindre sa veste déjà suspendue à une branche. Il avait perçu avec une certaine fierté, qui lui rappelait à quel point la nature masculine était faible, le sifflement admiratif de la cousine de sa compagne. D’ailleurs cette dernière avait aussitôt tourné la tête vers lui. C’est avec un sourire et une fierté d’autant plus grande qu’il l’avait vue entrouvrir la bouche, rougir puis se mettre à briller. La pointe de désir qui se planta dans ses reins et les lui embrasa aussitôt avait de quoi lui faire perdre pieds mais il se contenta d’adresser un clin d’œil à sa belle. Apparemment la cousine croyait qu’il y avait eu une erreur temporaire dans un sort. Ce n’était pas plus mal mais pendant un court instant, la trop jolie mage la fixa comme si elle rêvait juste de la faire… disparaitre.

Trop de temps sans se blottir l’un contre l’autre. L’abstinence aurait probablement été supportable s’ils avaient pu dormir ensemble mais malheureusement, ce n’était pas le cas. Au grand dam de la jeune femme.
La fête de fin d’année arriva bien vite, évènement important dans le village et qui suscitait souvent beaucoup d’admiration même si justement ce n’était qu’un village, il n’avait rien à envier aux spectacles des capitales. Les feux d’artifice, partagés à deux, c’était tout de même bien plus agréable. Etrange comme aujourd’hui il fuyait le monde pour passer du temps avec sa compagne… Son monde c’était elle à présent. Il répondit tendrement à son baiser, avec une douceur adorable mais une chasteté peu commune chez lui.

- Bonne année princesse…

Elle grimaça en portant la main à son ventre et il fronça les sourcils.


- Princesse ? Tu ne te sens pas bien ?


Sa mine soucieuse mit du temps à disparaitre, même si elle lui assurait que ce n’était rien. Il se contenta de marmonner qu’elle devait faire attention, qu’il ne voulait pas qu’elle soit malade, ce serait bien assez difficile à supporter, surtout avec ses talents en médecine.
Elle parvint à détourner son inquiétude tout de même en lui parlant de résolution et il sourit avant de se caler un peu plus contre elle, glissant sa bouche à son oreille en douceur, histoire de l’embêter, sachant pertinemment qu’à laisser son souffle couler sur son cou ainsi, il allait la perturber. Quelle cruauté ! Il avait d’abord semblé ne pas comprendre de qui elle parlait. Juste pour l’embêter.

- Eh bien… je pense à continuer me maintenir en forme pour qu’une très très très belle jeune femme continue de craquer pour moi… et je compte faire en sorte que cette même jeune femme soit comblée jusqu’à être incapable de ne pas rougir et penser à moi dès qu’elle discutera avec un autre homme. J’ai l’intention de la traiter avec tout le respect, la tendresse, la douceur qu’elle mérite… Ah et m’occuper un peu de toi aussi.

Elle se retourna si vite vers lui qu’elle lui cogna le menton mais elle ne lui fit pas mal. Il lui fit un beau sourire, lui déposant un baiser sur le bout du nez.

- Tu ne peux pas gagner à ce petit jeu avec moi ma princesse… ne l’oublie pas.


Bien sûr, il ne parlait que d’elle. Il fallait bien l’embêter un peu.
Il l’embrassa pour se faire pardonner et ils continuèrent un moment sous l’éclatement des feux d’artifice mais il en oubliait presque justement les grondements au-dessus d’eux, tant la douceur de ses lèvres lui avaient manqué. Il grogna légèrement quand elle se décolla un peu, juste un peu de lui mais avec ce qu’elle lui disait, il ne fut pas mécontent du tout finalement. Un sourire étira ses lèvres alors qu’il se remettait à l’embrasser et glissait ses bras autour d’elle en se relevant, la portant, avec une facilité déconcertante, se jetant littéralement sur sa gorge qu’il couvrait de baisers et de légères morsures.

- Je suis pas sûr de voir de quoi tu parles, tu vas devoir me montrer ça…

Il la serra un peu plus contre lui mais elle le repoussa, posant ses mains à plat sur son torse en lui disant qu’ils seraient mieux là… où personne ne risquait de les trouver… et de voir la lueur de la jeune femme entre autre. Il lui murmura qu’il pouvait bien marcher, la porter et l’embrasser en même temps mais elle répliqua que c’était justement le meilleur moyen de se faire remarquer… Proche de briller la demoiselle ? Il lâcha un grognement de frustration et de ravissement, la relâcha et prit sa main, marchant avec elle dans la direction de leur petite cachette… Mais l’interruption fut en conséquence de leur impatience.

La cousine venait d’apparaître devant eux, leur coupant le passage et surtout se raccrochant à eux et donc… leur privant de leur petit moment avant même que celui-ci ne commence. Ah non… CA c’était cruel !!!!! Tristan ferma les yeux, comptant lentement dans sa tête pour se calmer et surtout calmer sa colère… il était vraiment frustré là… et son corps d’autant plus. Il pressa doucement la main de Cassidy et lui sourit alors qu’il haussait les épaules d’un air coupable vers la cousine.

- Ah… navré, ma faute ! Je m’étais dit que nous verrions mieux les feux d’artifice de là haut, le temps de revenir te chercher, ils étaient terminés.

Le regard de Cassidy pourtant, que ne semblait pas remarquer la cousine qui s’était emparée du bras libre du grand Drakkari, disait clairement qu’un incident au sein de sa propre famille était à envisager. Mais heureusement, la magie de la demoiselle était sous contrôle. C’est qu’elle en avait fait des progrès quand même !!!!

Retour à la maison, petits câlins… étrangement peu satisfaisants, quoi de plus normal après ce qu’ils avaient eu tous les deux en tête ?
Mais la demoiselle s’endormit rapidement à l’amusement de son compagnon qui caressait tendrement son dos de sa main libre, l’autre enlaçant l’une de celle de la jolie mage.

Le lendemain main, ce furent des caresses légères sur son torse nu qui le réveillèrent. Cassidy semblait pensive et il lui signala son réveil d’un baiser sur une paupière en lui faisant un sourire, toujours aussi diablement craquant au saut du lit. Quelle injustice !
Elle lui confia alors ses pensées et il ne put s’empêcher de frissonner, plus que d’accord avec elle.

- Moi ? Je suis magnifique, craquant et chevalier ?

Il l’embrassa en voyant qu’elle allait répliquer et caressa ses longs cheveux blonds avec un plaisir à peine contenu.


- Ne t’en fais pas princesse… De toute façon, nous repartons bientôt, même si elle décide de s’éterniser un peu… nous nous partirons et… j’ai bien l’intention de prendre beaaauuucoup de temps pour rentrer à l’Académie parce qu’on a… un ou deux ptits trucs à rattraper tous les deux. Si tu vois ce que je veux dire.


Vu son rougissement, elle voyait parfaitement. Il rit en resserrant son étreinte.
Finalement, elle partit pour se rendre chez son maitre et il lui fit un long baiser d’adieu en lui promettant d’éviter sa cousine au mieux, histoire qu’elle n’ait rien, absolument rien à lui reprocher quand il se vengerait de son abstinence de ces longggs derniers jours. Nouveau rougissement mais elle semblait de bien meilleure humeur.

Il la laissa partir sans inquiétude et se dépêcha de commencer à réaliser quelques travaux. Couper un peu plus de bois en plus petites bûches fut l’une de ses occupations, ainsi qu’aller réparer une fuite dans le toit d’une petite cabane attenante qui servait entre autre à ranger quelques outils.
Ce n’était que peu fatigant pour lui qui s’était ces derniers mois habitué à des travaux bien plus éreintants à l’Académie. Et puis, l’effort ne semblait pas si difficile dès qu’il commençait à penser à sa compagne. Il fallait dire les choses telles qu’elles étaient. Leur récente abstinence le laissait débordant d’énergie à revendre et il devait bien la dépenser quelque part.
Finalement, après d’autres menus travaux, il se rendit faire quelques courses pour Marilyn, avec un entrain qui fit sourire la dame.

C’est le moment que choisit Cassidy pour rentrer, inquiète, perturbée par les signaux que lui envoyait sa magie et les conséquences que cela impliquait. Elle le chercha mais ne le trouva pas et pour cause… Entre temps, la cousine de la demoiselle était venue le trouver pour lui demander de lui apprendre à monter à cheval et il était clair qu’elle n’y connaissait que peu de chose contrairement à la mage. Après l’avoir rattrapée une dizaine de fois, il commença à se douter qu’elle faisait exprès de chuter pour se retrouver entre ses bras, surtout vu sa façon de se coller très près de lui. Elle était un peu plus grande que Cassidy mais plus lourde aussi. Sa taille lui permettait juste de se retrouver plus proche de ses lèvres que ne le pouvait naturellement sa belle promise.
Au bout d’un moment, il fut clair à la manière dont la jeune femme se collait contre lui, pour Tristan, qu’elle lui faisait du rentre-dedans… Mais comment la repousser sans être impoli ? Il se contentait de sourire, de faire comme s’il ne se rendait compte de rien, de la remettre sur ses pieds et de s’éloigner un peu… Elle fronçait d’ailleurs de plus en plus les sourcils, comme vexée. C’est qu’elle ne devait que peu avoir l’habitude qu’on lui résiste.

Il connaissait ce type de regard, ce type d’attitude. Quoi qu’il arrive, la demoiselle ne devait être que peu repoussée par les hommes quand elle en choisissait un à qui offrir ses charmes. Apparemment, la petite Cassidy était la seule innocente de la famille… enfin, celle qui l’était restée le plus longtemps et qui s’en rattrapait bien aujourd’hui. Il savait aussi que s’il se montrait trop brusque et catégorique en la repoussant, la demoiselle pourrait se vexer et pas qu’un peu et elle serait capable de raconter bien des choses à sa famille… Comme quoi il l’avait coincée derrière un buisson et l’avait forcée à faire quelques petites galipettes pas très « familiales ». Et qui croire dans ces conditions ? La demoiselle gentille ou l’ancien voyou en manque ?

Tristan se montra patient et parvint finalement à lui échapper pour aller faire quelques courses. Comme on n’avait que peu besoin de lui à la maison, il décida alors de se promener.
Pourtant, pendant sa petite excursion, il ressentit d’étranges sentiments. L’inquiétude, la colère… quelque chose lui disait que sa compagne utilisait sa magie et pas qu’un peu d’ailleurs mais il se contint, pensant simplement qu’elle se battait une fois de plus avec son maitre. Il s’était trouvé bien assez ridicule comme ça la dernière fois en débarquant et en la faisant culpabiliser de se battre ainsi. Il ne recommencerait pas. Elle ne l’avait pas jugé quand il s’était battu avec son maitre, même si celui-ci donnait l’étrange impression de vouloir tuer son ancien élève et de ne pas du tout aimer la petite mage. Il la laisserait tranquille.

Pourtant, le jeune homme aurait gagné à écouter davantage son instinct au lieu d’avoir si peu confiance en lui et ses capacités, restes douloureux de ce qui s’était passé avec le Cheistam dont il n’avait pu la protéger. Ca prendrait du temps… Mais s’il avait su à quel spectacle se trouvait confrontée sa compagne, ce qu’elle vivait, seule… puis la magie qui s’emparait d’elle, la privant de sa volonté ou justement n’exploitant que sa volonté en faisant disparaitre sa raison… il aurait tout fait pour se rapprocher au plus vite d’elle. Car plus que jamais elle aurait eu besoin de lui à ses côtés.

Pourtant, pendant un instant… c’était comme s’il y était… Une étrange impression d’injustice s’était emparée du cœur du jeune homme et il avait eu… envie de se battre, une envie furieuse, un sentiment qu’il éprouvait bien souvent petit garçon lorsqu’il souhaitait encore devenir un chevalier et protéger les demoiselles en détresse et les plus faibles… Naïf petit garçon.
Pourtant… Pourtant…

Mais il n’était pas là. Il était à des lieues d’elle, trop loin… Son tatouage n’était pas aussi efficace que d’ordinaire étrangement, comme si quelque chose cherchait à bloquer le contact. Comme il aurait été surpris s’il n’avait pas eu sa tunique et sa veste, de voir cette étrange marque pulser sur son torse… cette marque qui n’apparaissait que dans la douleur d’ordinaire et dont l’absence justement de douleur à cet instant lui cachait l’apparition.
Il avait levé la tête, perdu, un instant, flairant l’air autour de lui, plus comme un animal que comme un humain. Juste un court instant, celui précis pendant lequel elle prononçait leur code, cette fameuse phrase. Comme s’il avait pu l’entendre…ou plutôt la sentir dans sa détresse.
Mais une voix derrière lui l’interrompit et il se retourna, ne pouvant échapper à un destin bien moins cruel que celui qui se chargeait de sa belle compagne mais d’autant plus agaçant.

La cousine… encore et toujours… Qui lui demandait ce qu’il faisait et lui qui machinalement lui répondait qu’il se promenait, ne cachant pas cette fois-ci, sa déception de la voir plutôt que l’apparition de sa petite mage adorée. Elle prit une mine boudeuse et eut tôt fait de l’apprivoiser par son apitoiement.
Il se retrouva à devoir se promener avec elle… La demoiselle avait un petit sac avec elle. Elle avança l’idée d’un pique-nique alors que le jeune homme fronçait les sourcils, arguant qu’il fallait attendre Cassidy.
La cousine avait aperçu celle-ci rentrer et avait questionné sa tante. En apprenant que la demoiselle était repartie à cheval, considérant la voie comme libre, elle avait décidé de faire preuve d’un peu plus d’initiatives pour ce charmant garçon tout en muscles et totalement délaissé !

- Elle n’est pas encore rentrée tu sais… Ma tante m’a dit qu’elle pouvait passer la journée à s’entraîner et méditer avec son maitre… c’est un peu long et elle te laisse tout seul mon pauvre… mais je suis là moi… Tu n’as pas faim ou soif ?
- Euh… si… un peu… mais…
- Pas de mais ! Quelle femme serais-je si je laissais un aussi adorable garçon mourir de faim et de soif hein ?


Elle l’attira à sa suite et après une hésitation, il céda. Prétextant le froid, elle lui demanda à ce qu’ils se réfugient dans une petite grange à l’écart du village et il haussa les épaules, ne craignant pas le froid mais pouvant parfaitement comprendre. C’est vrai qu’il faisait bien meilleur à l’intérieur.
Elle lui fit de grands sourires, de nombreux compliments et vint même se coller à lui en prétextant une fois de plus la température. Il ôta donc galamment sa veste pour la poser sur ses épaules, en profitant pour s’éloigner. Elle fit la moue.
Elle avait prévu un petit pique-nique en effet et avoua lui avoir préparé une boisson exprès pour lui… pour qu’il reprenne des forces après tout ce qu’il avait fait, même si elle était certaine qu’il soit bien assez fort pour faire bien plus.

Flatté, le jeune homme sourit, faible, comme tous les hommes à ses compliments.
Et il fit la bêtise de boire, sans se poser de question, pour lui faire plaisir… Grossière erreur…



Cassidy…
Sa voix s’était imposée dans son esprit, l’empêchant de penser même s’il n’en était plus que peu capable de toute façon. Elle était inquiète, pour ne pas dire paniquée ! Il avait l’impression de sentir sa peur… Juste avant, son tatouage s’était étendu dans son dos, douloureusement, ce qui lui avait arraché un gémissement. Il cligna plusieurs fois des paupières, essayant de reprendre ses esprits en se sentant monstrueusement faible et engourdi… Mais réveillé… réveillé oui… Parce qu’elle l’avait appelé, parce qu’elle avait besoin de lui. Il n’en fallait pas plus après tout. Les chutes… C’était là-bas qu’elle était. Il le savait, sans trop savoir comment ni pourquoi mais il le savait.

Tristan secoua la tête et remit enfin de l’ordre dans ses idées… et ses souvenirs. Enfin il essaya juste avant que des lèvres se plaquent d’autorité sur les siennes. Il écarquilla les yeux, louchant sur le visage de la cousine de sa compagne, complètement nue, à califourchon sur lui et en train de l’embrasser langoureusement… enfin plutôt comme une affamée à vrai dire… lui martyrisant la lèvre inférieure de ses dents.
Mais qu’est ce que… Il était… ils étaient en train de discuter… elle l’avait dragué encore et toujours plus… Il était resté sourd à ses avances… Ils avaient bu un peu et mangé… elle avait continué, il avait gardé ses distances et puis… et puis il s’était senti horriblement faible, perdu. Elle lui avait demandé s’il la trouvait jolie, il avait répondu oui… Elle lui avait demandé s’il la trouvait mieux que sa cousine… Il avait répondu oui… Elle lui avait demandé s’il avait envie d’elle…Et il avait répondu… OUI ?????!!!!! Comment ça oui ?! Il n’était pas du tout attiré par elle !!! Et la trouvait bien moins bien que Cassidy ! C’était quoi cette histoire ?!!!!!

Il poussa un cri de stupeur et se dégagea rapidement, ce qui lui valut une sacrée morsure. Se relever lui fut bien plus difficile et bien moins naturel que d’ordinaire, il tangua même l’espace d’un instant. Bégayant, incapable d’aligner une pensée logique, il remarqua enfin la nudité de la jeune femme et baissa les yeux vers son propre corps en implorant dieux et déesses… Ouf… Il était torse nu mais il avait son pantalon… Merci !

- Mais… Mais… Mais qu’est-ce que…
- Arrête, reviens… tu en as envie aussi… tu te rappelles ?
- Mais t’es complètement malade ! Me touche pas !


Il avait crié ces mots en reculant, éberlué et d’autant plus perdu. D’ailleurs, il chancela une fois de plus, secoua la tête, attrapa en vitesse sa veste, n’osant pas approcher pour reprendre sa tunique. Elle s’était levée en fronçant les sourcils, lui disant d’arrêter et un truc comme quoi elle attendait qu’il lui donne la fessée et la punisse comme il le lui avait promis. Ce qui perturba d’autant plus le grand Drakkari qui prit les jambes à son cou et sortit en trombe de leur abri…
Dehors, le froid l’obligea à enfila sa veste mais pas à la fermer. Il ne sentait qu’à présent les griffures sur son torse… profondes. Mais cette fille était une malade masochiste ou quoi ?!
Au moins ses pensées devenaient-elles plus claires. Enfin un peu… Le jeune homme avait beau se creuser les méninges, il ne comprenait pas du tout ce qui avait pu lui prendre. Il n’était pas attiré par cette femme, pas du tout même… certainement pas alors que Cassidy hantait toutes ses pensées et surtout en ce moment avec cette abstinence forcée et frustrante ! Le pire, c’est que s’il n’avait pas encore été habillé, il aurait probablement été incapable de dire ce qui s’était ;.. passé… après tout, il n’en avait pas la moindre idée.

Et plus il réfléchissait, plus sa tête lui faisait mal.
Pour l’heure, il courrait, sans avoir besoin de réfléchir où puisque le lien renforcé par le tatouage, qu’il partageait avec la jeune mage le menait directement à elle… Mais il avait vraiment mal à la tête…. Et il s’essoufflait… ce qui n’était que peu commun chez lui. Elle avait dû lui donner à boire… Enfin ça oui, mais ce n’était que du vin et… il tenait pourtant bien l’alcool. Une vive douleur dans ses muscles l’obligea à ralentir le rythme alors qu’il s’en inquiétait un peu mais il était tout proche et rejoignit donc bien vite à partir de là, sa VRAIE compagne.

- Cassidy !!!!!

Il n’avait pas oublié la détresse dans sa voix ! Et c’est tout naturellement qu’il s’était précipité dans leur cachette avant d’écarquiller les yeux en la voyant recouverte de sang séché… La vue et l’odeur du sang lui firent un bien étrange effet. Il n’en avait jamais été choqué… mais cette fois-ci, il eut extrêmement peur… et étrangement… faim. Elle ne le laissa pas parler et se jeta dans ses bras, se serrant contre lui alors que son cœur tambourinait à un rythme irrégulier lorsqu’il répondit à son étreinte. Pourquoi… pourquoi saignait-elle ?!!!! Qu’une femme saigne… bon d’accord… ils avaient quand même étudié cela en classe, il se souvenait bien des mines dégoûtées des garçons alors qu’il en avait été sincèrement intéressé… mais euh… là, c’était quand même sacrément exagéré… et puis elle en avait partout.. pourquoi ?!!!

- Cassy, qu’est ce que…

Elle ne le laissa pas finir, s’expliquant… enfin plus ou moins… plutôt moins que plus d’ailleurs, se contentant de dire que ce n’était pas le sien… Formidable. Déjà dans son esprit quelques explications se formaient…
Elle avait été attaquée, avait dû se défendre, elle n’était pas blessée mais avait dû sacrément amocher quelqu’un. Bon d’accord… Pas de problème… Si elle ne s’en était pas occupée, il irait brûler les corps, tant qu’elle allait bien… Ils n’auraient qu’à dire quand elle rentrerait qu’elle avait trouvé un jeune faon blessé, qu’elle avait voulu l’aider et qu’il était mort, lui laissant de son sang… C’était tout à fait plausible comme explication ! Il formulait d’ailleurs déjà le tout à voix haute alors qu’une nouvelle vague de douleur lui donnait l’impression qu’un étau se serrait sur son crâne.

- On ne pourra pas tout enlever ici donc c’est la meilleure…

Elle l’avait interrompu… Des mots qu’elle avait déjà prononcés un peu plus tôt mais auxquels il était resté sourd… Il baissa les yeux sans comprendre. Elle n’était plus entre ses bras certes mais là, elle avait écarté les pans de sa veste ouverte et contemplait, blême, son torse maculé de griffures. A sa façon de poser sa main dessus pour en mesurer l’écart, elle comprenait très bien que c’était une femme qui lui avait fait ça… et que ce n’était pas elle… Elle fixa également son regard sur son cou et même s’il ne pouvait pas le voir il en déduisit qu’un beau suçon devait confirmer ses soupçons… ça et sa lèvre en sang… Elle devint encore plus pâle, reculant d’un pas comme s’il l’avait giflée, ses yeux se remplissaient de larmes.

Il écarquilla les yeux et se rapprocha aussitôt d’elle, lui attrapant plus fermement qu’il ne le souhaitait en réalité, ses poignets. Il avait compris… il ne voulait pas qu’elle pense ainsi… Non… Non !!! Elle se trompait… Elle…

- C… Cassy, non attends ! Ce n’est pas du tout ce que tu crois, je te jure ! Ce n’est pas… Je… j’avoue que je ne peux pas l’expliquer moi-même ! J’étais avec ta cousine. Je… on a bu mais… c’était un pique-nique ! C’était pas fort du tout ! Je… je ne sais pas ce qui s’est passé… Je l’ai repoussé, je te jure… elle n’arrêtait pas de me draguer, d’essayer de me tripoter mais je la repoussais je te promets ! Et… et après je me suis senti bizarre et… et je me suis réveillé à ton appel. Elle était au-dessus de moi, complètement nue et… mais… mais pas moi hein… et elle… elle m’embrassait et… j’étais… je suis… je suis parti tout de suite ! Je te jure Cassy… je… je ne sais pas ce qui s’est…Aie…

Il parlait vite, suppliant, cherchant son regard, quémandant son écoute et son attention. Il bégayait et tremblait, malheureux à l’idée qu’elle ne le croit pas même s’il ne savait lui-même trop que croire. Mais il s’était interrompu en poussant ce grognement douloureux. Ses mains se desserrèrent des poignets de la jeune femme alors qu’il les portait à sa tête puis son torse… Un gémissement étouffé lui échappa l’instant d’après, plus fort parce que plus étouffé. Il chancela une seconde puis tomba à genoux devant elle, ayant du mal à respirer et ce n’était en rien une feinte quelconque pour l’attendrit. Peinant à déglutir et à emplir ses poumons, le jeune homme gémit de nouveau, son visage exprimant clairement une vague de souffrance… avant qu’il ne s’écroule en arrière sans un mot de plus, agité de convulsions.

Le reste, il le vécut comme à travers un brouillard même si c’était toujours plus clair que ce qui s’était passé dans la grange. Cassidy qui avait repris des couleurs mais semblait furieuse hurla son nom alors qu’il tombait, enfin il avait l’impression mais en même temps tous les sons étaient amplifiés à cet instant. Elle l’appela, lui parla, essaya d’utiliser sa magie à ce qui lui semblait mais il demeura allongé, les yeux clos, les dents serrés, des tremblements violents l’agitant de temps à autres. Finalement, elle utilisa sa magie pour les faire rentrer chez elle, sans doute parce que sa tante était guérisseuse et se promenait avec le nécessaire pour soigner à peu près tous les mots. Il entendit des exclamations de surprise, d’inquiétude lorsque tous virent la petite demoiselle couverte de sang apparaître… La mère de la jeune femme s’était d’ailleurs précipitée vers elle alors qu’il entendait vaguement sa compagne, troublée, ébranlée, trouver la force de donner en bredouillant son explication à propos d’un animal blessé.. Dieux qu’elle était intelligente et qu’elle était capable de se maitriser…
Elle parlait de lui, paniquée… Pourquoi paniquait-elle ? Il n’avait plus mal… juste terriblement froid et sommeil…
Des mains tâtaient son corps. Ce n’étaient pas celles de Cassidy… Elles étaient plus grandes, beaucoup moins douces. Sans doute la tante.

Sa voix paraissait lointaine… si lointaine… Elle parla de quelque chose… des symptômes qui n’étaient pas possibles… La porte s’ouvrit et se referma et il entendit des insultes fuser de la jolie mage vers sa cousine… Marilyn qui semblait retenir Cassidy de se jeter sur elle… La cousine qui avouait en marmonnant vexée avoir voulu forcer le destin mais juste parce qu’il crevait de désir pour elle. Ca ce n’était pas vrai du tout, mais comment le dire… même prononcer un mot lui semblait impossible. La tante parla d’une plante qu’elle n’avait pas dans ses affaires, ce qui empêchait un certain philtre de fonctionner. La cousine arguait être suffisamment intelligente pour avoir pensé à l’échanger avec… un truc dont il ne connaissait pas du tout le nom. Exclamation de surprise…

- Petite sotte ! Tu es folle !!! Un mélange avec cette plante est un poison pour les Drakkaris ! Combien lui en as-tu donné ?!!!
- Quoi ???! Mais… Mais je ne savais pas… c’était juste pour… je voulais juste….
- Combien lui en as-tu donné ?!!!
- Euh… je… je sais pas, je l’ai mélangé à son vin…un… un demi-verre peut-être…


Ah… c’était pour ça que son verre de vin avait ce goût. Il l’avait trouvé étrange aussi. Eh bien finalement c’était un peu plus clair là. Le silence de la tante était équivoque et la baffe qui résonna n’avait clairement pas été donnée par Cassidy vu qu’il sentait qu’elle s’était rapprochée de lui et avait posé sa tête sur ses genoux, pressant ses épaules en murmurant son nom. Ah… apparemment il n’était pas dans une très bonne situation.

Il perdit connaissance.
On lui fit rapidement, ou est-ce que ça prit du temps au juste, il n’en savait trop rien, prendre un contrepoison et son corps réagit tout aussi violemment par de nouveaux tremblements avant qu’il ne se fige avec l’impression que chaque partie de son corps était en plomb. Cassidy ne le quittait pas, il sentait même encore le sang sur sa robe. Il avait envie de savoir ce qui lui était arrivé, il sentait sa détresse… ce n’était pas que ce qu’il avait conclu, trop brièvement. Il savait qu’il y avait plus… pire… Qu’avait-elle vécu ?! Et il avait envie de lui dire qu’il allait bien, même si ce n’était pas vrai, même s’il avait mal et froid… D’ailleurs sa peau était certainement, avec son teint pâle, la plus marquante preuve de son empoisonnement pourtant involontaire. Son corps d’ordinaire si chaud était littéralement glacé et même être à quelques centimètres de l’âtre et recouvert de couvertures n’y changeait rien.

Cassidy veillait sur lui comme un chien de garde sur son maitre, même si ce n’était guère flatteur comme comparaison. Et il se doutait de la menace qui devait fuser dans son simple regard. Elle lui parlait aussi… Elle avait peur pour lui. Son maitre était venu mais apparemment, il n’y avait rien de mieux à faire que ce qu’ils faisaient déjà. La tante lui avait prodigué d’autres soins, jurant à sa nièce que malgré sa surprise qu’il soit toujours vivant, c’était une très bonne nouvelle, qu’il allait aller mieux, se réveiller d’ici peu…
Et elle avait raison… Car en milieu de soirée, Tristan ouvrit les yeux.

HS : woilàààà… Alors tu peux faire ce que tu veux ^^ mais tu lui racontes ce qui t’es arrivé et tout et ils se retrouvent tous les deux dans la chambre de cassy pour le coup, bien mérité ^^ et puis de toute façon, si la cousine approche elle risque bien trop de se faire étriper… :p 8 pages, ça valait le coup d'attendre non ?
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Cassidy Herediane
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MessageSujet: Re: Rentrons chez toi...   Mar 27 Aoû - 10:42

C’est vrai, ce soir là, la jeune femme avait été déçue. Déçue par une cousine qui elle avait apparemment pour résolution de leur casser les pieds toute la soirée, sans avoir un seul moment de tranquillité et d‘intimité. Si Tristan était frustré, Cassidy pensait exactement la même chose et il lui fallut des trésors de patience pour arriver à se calmer, prendre un air moins boudeur et tenter de profiter de la fin de soirée. Ils y parvinrent tant bien que mal en se faufilant hors de la fête une nouvelle fois, pour rentrer se coucher et passer un moment agréable dans les bras l’un de l’autre. Au moins comme ça personne n’oserait les réveiller !

Le lendemain matin, c’est une Cassidy pensive qui se réveilla. Elle avait regardé un instant Tristan qui dormait paisiblement, serré contre elle. Il était vraiment adorable et cette image était le plus beau des cadeaux qu’elle avait pu avoir. Elle l’aimait vraiment et ne pouvait qu’être frustrée par l’abstinence et l’absence de contacts avec lui. Loin de l’académie, ils pouvaient se permettre mais avec une cousine collante à côté, ce n’était pas si simple que ça.

D’ailleurs Cassidy réveilla tendrement Tristan, pour lui parler de ses impressions avant que tout le monde se lève. Elle le flattait mais c’était tellement sincère et puis là au moins il ne pouvait pas avoir de doutes quant aux sentiments de la jeune femme. Il répliqua à sa mauvaise humeur et le sourire de Cassidy s’élargit, entièrement d’accord avec lui. Ils pouvaient tout à fait prétexter de rentrer plus tôt, surtout que l’ambiance avec sa cousine devenait lourde. Elle la soupçonnait même de trop chercher à se rapprocher de Tristan mais bon, la famille n’oserait jamais faire ça non ? On se respecte suffisamment pour ne pas jeter son dévolu sur le petit ami d’un membre de sa famille ? Malgré le besoin de se rassurer, Cassidy ne pouvait s’empêcher de penser que sa cousine en profiterait pour avoir un baiser. Enfin ce n’était pas si grave que ça non ?

Ils se levèrent et elle partit chez son maître, se promettant de ne pas faire trop long pour vite retrouver Tristan. Mais elle ne revint jamais assez tôt. En effet, un mauvais pressentiment agitait la jeune femme et elle se sentait perdue pour le coup. Et puis partir comme ça, sans Tristan, cela ne lui plaisait pas non plu. Elle le connaissait, il allait s’inquiéter, la réprimander d’être partie seule sans lui et puis dans ces moments là, mieux vaut être accompagnée. Malheureusement elle ne le trouva nulle part et cela inquiéta encore plus la petite mage.

Bon tant pis, il est assez grand pour se balader tout seul, si il y avait eu du grabuge, elle aurait certainement entendu du bruit, ou les gens parleraient entre eux. Très loin de se douter qu’une autre femme était en train de profiter de la situation. Si seulement Cassidy avait su, elle aurait rappliqué dans la minute qui suit et serait rentrée dans sa cousine, sortant de sa gentillesse habituelle pour éloigner Tristan d’elle. Parce qu’elle commençait à se douter, que certaines femmes ne reculaient devant rien pour arriver à leurs fins.

Mais elle était très loin de là et pas vraiment dans une bonne position. De la colère, de la haine et une horrible envie de tuer l’agita. Elle se laissa aller à ses pulsions, faisant justice elle-même mais de la pire façon qui pouvait être. Encore elle avait eu de la chance, peut-être que sa magie aurait eu une panne. Pourtant là, elle n’était plus en état de réfléchir, se laissant aller à un esprit plus meurtrier qui occupa son corps et prit un énorme plaisir à achever ses proies en les faisant agoniser lentement.

Cassidy s’effondra une fois sa besogne accomplie mais lorsqu’elle se réveilla, la jeune femme n’avait gardé aucun souvenir et était réellement perdue. Impossible de se rappeler pourquoi elle se trouvait là et surtout pourquoi Tristan n’était pas à côté. Et tous ces cadavres… Difficile de trouver une issue. Quelqu’un l’avait sauvé et été reparti ? On l’avait drogué ? Une illusion de Tristan la fit paniquer. Peut-être qu’elle lui avait fait du mal ! Il fallait se dépêcher de rentrer.

Mais dans cet accoutrement, impossible de traverser la ville sans que les gens ne se posent des questions. Elle décida donc de se réfugier dans leurs souterrains, la petite cachette, puis, dans une tentative désespérée, la peur au ventre, appela Tristan grâce au tatouage. Si il était… en mauvais état ça ne fonctionnerait pas non ? Elle risquait de rester un moment dans cette caverne, agitant les pierres autour d’elle, fermant les yeux et espérant que Tristan aille bien, qu’il allait surgir comme le sauveur qu’il était pour l’aider à trouver une solution à son problème.
Une fois qu’elle reconnut la silhouette musclée de son compagnie, Cassidy se jeta dans ses bras, soulagée, tellement soulagée qu’il aille bien. Elle essayait de lui expliquer, de ne pas trop l’inquiéter, de chercher à comprendre pourquoi et comment mais elle s’arrêta net en remarquant quelque chose de pas vraiment normal. A la lueur de sa sphère, le corps de Tristan se dessinait, une veste mise à la va vite.

Elle l’écarta doucement, interdite, cherchant à comprendre ce qui avait bien pu se passer en son absence. Des griffes, profondes, s’étaient enfoncées dans le torse du Drakkari. Un suçon ici et même ses lèvres… Le cœur de la jeune femme se serra alors qu’elle reculait, commençant à comprendre. C’était quoi ce bazar ? Tristan ne ferait jamais… Qui l’avait éloigné ? Sa cousine ? Tristan ? Non… Ca ne pouvait pas être Tristan… Pas après le beau discours qu’il avait prononcé très sincèrement, un peu gêné mais tellement touchant, pas après toutes ces petites attentions, ces moments où il lui avait prouvé qu’il ne replongerait pas, pas après ce qu’ils avaient vécu !

Mais comment diable s’y était-elle prise ? Si vraiment Tristan n’était pas consentant, il l’aurait repoussé non ? Il est assez grand et fort pour se défendre. Non une femme ça reste assez vicieux, soit vraiment il s’est laissé faire, soit il n’avait pas eu le choix. Cassidy était capable de tirer une conclusion, un raisonnement, mais là, à cause de ce qui s’était passé, sa perte de mémoire, tous ses sentiments s’agitaient dans son cœur et sa tête, incapable de trouver une attitude à adopter, des larmes de colère apparaissant dans ses yeux alors que la température de son corps montait dangereusement, ce qui était difficile à voir à cause de la chaleur de la caverne.

Tristan commença à s’expliquer en lui attrapant les mains, en panique, donnant de nouveaux éléments. Un repas ? Il a bu ? Et après… Pour quelqu’un qui s’intéresse de très près à tout ce qui permet de modifier un état, qui s’instruit énormément dans les livres et même en parlant à l’académie, une seule chose lui vint naturellement à l’esprit. Filtre d’amour… Cassidy ouvrit lentement la bouche. Une haine sans merci s’empara d’elle, une envie de meurtre que Tristan pu ressentir très distinctement, la température monta encore d’un cran alors qu’elle serrait les poings. Jusqu’à ce que Tristan tituba et tomba à la renverse sous ses yeux.

D’un mouvement elle se précipita vers lui en hurlant, oubliant le reste.

« Tris’ ! Tris’ ! Réveilles toi ! Ne me laisse pas… Non pas toi…. »

Elle tapota son visage alors qu’il était agité par les spasmes, de plus en plus fort. Sa vision se matérialisait sous ses yeux. Il put ressentir une chaleur provenant de ses mains qui cherchaient à le réveiller. Puis la mage prononça quelques sorts pour tenter de le guérir, ayant toujours son bâton avec elle-même si elle ignorait comment il était arrivé là. Mais rien à faire, il ne bougeait pas. La jeune femme pencha la tête sur le torse du jeune homme, serra les dents, incapable de réfléchir correctement et redressa la tête en apercevant les griffures rouges sur son torse. Elle serra les poings, agitée de tremblements.

Cette cousine… Elle allait payer pour ce qu’elle avait fait. Elle allait la tuer, la faire souffrir, la découper en petits morceaux jusqu’à son dernier soupir et qu’elle supplie qu’on la laisse en vie. Oui elle allait le regretter et pas qu’un peu.

Cassidy se redressa lentement, son visage était devenu froid, haineux et une importante dose de magie envahit la caverne. Sa marque verte brillait dans le noir, annonciateur d’une terrible décision, qui ferait peur aux plus courageux. Tristan venait de disparaître de sa vue et l’esprit de vengeance s’était emparé d’elle. C’est tout ce qu’elle pouvait faire. Elle sortit sans son bâton mais n’alla pas bien loin. En effet un impact avait retenti et un projectile avait traversé un bout du souterrain pour venir se cogner contre le mur dans un bruit sourd qui avait ébranlé la surface et fit trembler les parois. De la poussière s’était échappé et c’est une petite mage qui glissa sur le sol, un peu sonné.

Une nouvelle silhouette apparut dans le pénombre et utilisa une orbe pour illuminer les alentours comme si on se trouvait en plein jour. Le maître de Cassidy, les sourcils plissés, avançait dans sa direction d’un pas décidé. Cassidy n’avait pas réagi, ne semblait pas avoir mal, apparemment sa source de magie malveillante la protégeait et son maître le savait très bien. Il traça des signes complexes alors qu’elle tentait de se relever pour se mettre en chemin et des symboles apparurent sous les pieds de Cassidy, formant un cercle. Elle n’arrivait plus à bouger. Le vieux maître semblait furieux même si sa voix restait très calme.

De la sueur perlait sur son front, comme si il peinait à retenir la petite mage qui voulait se dérober et n’écoutait absolument rien.

- Cassidy, reprends toi un peu bon sang !

Elle ne réagit pas, le regarda d’un regard froid uniquement.

- Rappelle toi ce que je t’ai appris ! Si tu te laisses déborder par la haine, le mal s’emparera de ta magie, tu ne veux quand même pas devenir comme les autres ?

Pas plus de réaction. Il soupira.

- Ce Drakkari… Il compte pour toi non ? Tristan… Que dirait-il si tu finissais par succomber ? Je t’ai appris quelque chose Cassidy, autant les sentiments peuvent être destructeurs… mais ils peuvent aussi être salvateurs et t’aider à retrouver ton chemin quand tu es perdue. La haine et la mort… ne changeront jamais les choses… et il a besoin de toi. Si tu n’agis pas tout de suite, son état va empirer

A l’évocation de Tristan, la jeune femme semblait se calmer et reprendre ses esprits. Elle secoua doucement la tête puis la tourna vers le Drakkari, étendu par terre, qui souffrait. Elle l’avait complètement oublié avec sa haine… elle l’aurait laissé… seul. A cette évocation, la jeune femme se laissa de nouveau tomber au sol, tremblante. Son maître fit disparaître son cercle d’entrave et s’approcher d’elle, posant une main sur son épaule.

- Ne dis rien. Occupes toi de lui et dépêches toi d’aller chercher de l’aide. C’est à toi de prendre ta décision maintenant

Puis il repartit, laissant le jeune couple seul.

Cassidy se tourna vers Tristan, triste, s’en voulant de se laisser aller à ses pulsions. Elle déposa un baiser sur son front.

« Pardonne moi Tris’… »

Puis elle invoqua un sort pour le transporter et se dirigea avec lui vers la sortie. Elle se dirigea jusqu à son cheval et l avait déposé dessus tout en avançant vers le village, après avoir pris le temps de cacher sa marque au bras avec un morceau déchiré de sa robe.

Finalement ils arrivèrent et tout le monde se fit silencieux. Les parents de Cassidy très inquiets, demandaient des explications, la tante cherchait une explication à l’état mais quand la cousine entra dans la pièce, Cassidy se mit à grogner et fit quelques pas en avant, du moins pour lui coller une bonne gifle ! Sa mère la retint.

« C’est de sa faute ! Qu’est ce qu’elle a à vouloir se jeter sur un gars déjà en couple ? Je pensais qu’on était de la même famille ! J’en doute ! »

Puis les conclusions furent tirées, empoisonnement. Cassidy en était plus qu’inquiète mais heureusement il y avait un antidote. On installa Tristan sur le lit de Cassidy et la jeune femme prit une chaise pour rester à ses côtés et veiller sur lui, ayant demander à ce que sa cousine reste très loin d’eux.

Elle lui tenait la main et regardait dans le vide au moment où elle se réveilla. Le mouvement venant du lit attira son attention. Cassidy tourna la tête, elle était triste et terriblement inquiète.

« Tris’ ! Ca… ca va… ? Tu te sens mieux ? »

Elle resserra sa prise sur sa main avant d’attendre une réponse et secoua la tête.

« Je suis tellement désolée… je n’aurais pas du… je… je… »

Il était toujours inquiet à cause de son état et vu qu’il était bien chamboulé, elle décida de lui expliquer ce qu’elle savait.

« Je ne sais pas pourquoi je suis couverte de sang et ce qui s’est passé. Mon dernier souvenir remonte à mon départ de chez mon maître. Et puis… je me suis réveillée au milieu d’une plaine… Il y avait… des cadavres de Kaärs… Une dizaine… Je ne sais pas pourquoi… J’ai peut-être été droguée et quelqu’un m’a sauvé ? J’en sais rien… Mais… j’ai peur… »

Elle était encore traumatisée par cette scène et baissa lentement la tête, ne sachant pas quoi dire de plus. Il lui montra son poignet brûlé.

« Ca non plus je ne sais pas d’où ça vient… Mais je n’ai rien, je ne suis pas blessée… »

A aucun moment elle ne parla du bracelet de la fillette, comme si cela n’avait jamais existé et malgré le fait qu’elle le portait le matin.

Pour le moment, Cassidy était terrifiée à ce que Tristan la repousse, à cause de ce qui s’était passé.

« Peu importe ce qui s’est passé avec ma cousine, je ne veux pas que tu t’éloigne de moi pour ça. Je ne t’en veux pas… J’ai simplement eu très peur… et je n’ai pas compris… Mais je ne veux pas… te perdre… »

Elle tremblait un peu et des larmes apparurent au coin de ses yeux.
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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: Rentrons chez toi...   Ven 30 Aoû - 14:50

Combien de temps s’était-il donc écoulé ? Une minute ? Une heure ?
Tristan s’était écroulé brusquement et le reste n’avait été qu’une succession de conscience suffisante pour comprendre des bribes de paroles et d’inquiétude de ses proches et une lente agonie des plus douloureuses le plaçant en plein cauchemars… Ces cauchemars qui ne cesseraient donc jamais de le hanter… Fantômes du passé et d’un avenir incertain, sans doute finiraient-ils par le rendre fou… Sans doute…

La faiblesse dans ses jambes, dans tous ses muscles l’avait pris au dépourvu, comme la crampe dans sa poitrine. Comment aurait-il pu savoir qu’à s’être autant agité à chercher à rejoindre sa jolie compagne, il n’avait fait qu’accélérer le processus de diffusion dans son système sanguin de ce qui pouvait s’apparenter pour les Drakkaris à une drogue et dès une certaine dose… à un poison ? Ce poison qui cherchait à arrêter son cœur parce qu’il y avait bien assez dans son corps pour y réussir.
Comment expliquer qu’il n’ait pas succombé ? Son solide organisme ? Même les plus naïfs n’y croiraient pas. Il n’y avait aucun secret là-dedans, tous savaient parfaitement à quel point un guerrier même extraordinaire est vulnérable face à la magie. Celle d’un sort complexe et puissant, ou celle des plantes, secrets anciens.

Il lui avait vaguement semblé que Cassidy s’était souciée de son état. Elle avait posé ses mains fraiches sur lui, l’odeur du sang qui la recouvrait lui avait irrité la gorge même. Puis elle s’était éloignée, il ne savait pas pourquoi. Il peinait tellement à réfléchir.
L’échange de la jeune femme devenue à moitié folle, dévorée par la haine et de son maitre, leur sauveur à tous deux, lui échappa totalement tant il s’enfonça dans les limbes de l’inconscience.
Elle le ramena jusqu’à chez ses parents mais il ne s’en rendit compte qu’alors qu’il était allongé et qu’on s’agitait près de lui. Comme il avait envie de les rassurer, surtout elle, de lui dire que ça allait, qu’il n’avait qu’un peu mal, un peu froid, même si c’était uniquement pour qu’elle cesse de s’inquiéter, même si c’était un mensonge. Mais chaque centimètre de son corps lui semblait fait de plomb et ses muscles en coton ne pouvaient en rien l’aider. Respirer le brûlait mais ce n’était rien en comparaison du froid qui lui tétanisait le corps.

La chute de sa température corporelle était justement probablement la preuve la plus flagrante de son état.
Mais heureusement, il n’était en rien condamné et puisque les premiers états « inquiétants » étaient passés, il était tiré d’affaire. Le traitement, enfin l’antidote, n’avait rien de très compliqué. Il se constituait d’un mélange de plantes aux noms plus tarabiscotés les uns que les autres et de graines censées l’aider à purger son sang en « englobant » chaque fibre du poison d’une gangue protectrice évitant au corps de s’y retrouver en contact direct. La prise de l’antidote par contre était plus complexe.
Pour pallier tout risque, la tante de Cassidy avait entaillé profondément les deux poignets du jeune homme avant d’y plonger de fins tubes métallique qui avaient pourtant bien l’épaisseur d’aiguilles à tricoter, creux, ils permettaient que l’antidote lui soit directement injecté dans les veines. S’il saigna un peu au départ, tout naturellement vu la situation, elle comprima rapidement les blessures dès l’injection et lui banda étroitement les poignets avec des plantes puis des bandes de tissus.

Il ne ressentit pas la douleur des coupures mais l’efficacité du traitement si… son corps se réchauffait rapidement et ses tremblements, devenus faibles avec sa lente descente aux enfers, disparurent, ses muscles finissant un peu plus tard par se relâcher, en douceur.
Quand Tristan ouvrit les yeux, Cassidy était assise à côté de lui, le regard dans le vague, des cernes violacés sous les yeux comme chaque fois qu’elle était très fatiguée… ce qui indiquait généralement une importante dépense de magie. Elle avait l’air totalement épuisée, oui et inquiète aussi. Il pressa doucement sa main dans la sienne, ce qui lui tira une légère grimace de douleur, ouhhh ses muscles étaient tout engourdis !

Elle se retourna aussitôt vers lui et s’il était encore groggy, le jeune homme fut fasciné par le nombre d’expressions, de sentiments qui traversèrent sa compagne, pleinement observable sur son doux minois si vulnérable. Soulagement, inquiétude encore, peur, terreur même, honte, jalousie, injustice, tristesse, désarroi, culpabilité… De quoi donc pouvait-elle encore se sentir coupable ?
Elle lui demandait s’il allait bien et il lui fit un sourire timide parce qu’il avait mal à la mâchoire mais sincère. Il ne savait trop ce qui était vrai entre ce qu’il avait entendu et ce qu’il avait déliré mais aux dernières nouvelles, elle tirait une sacrée tête à voir les marques sur son corps, faites par la cousine. Il avait pu s’expliquer, un peu, mais était tout à fait conscient de l’absurdité de son discours et du peu de fiabilité que cela représentait. En même temps, s’il avait cherché à avoir une liaison avec la cousine de la jeune femme, il l’aurait gardée cachée, pas en l’étalant par de si nombreuses preuves d’agressivité. Il la fixa dans les yeux, cherchant ses mots, voulant s’expliquer encore, lui assurer son honnêteté mais pour l’heure, il y avait plus urgent.

Son regard s’était baissé sur la robe de la jeune femme, toujours pleine de sang séché, il voyait bien aussi le bandage sur sa marque et n’était pas dupe, se doutant bien de ce que cela pouvait signifier. Heureusement qu’il n’avait pas assisté à sa petite démonstration de puissance dans la caverne, autrement, il aurait été beaucoup moins tranquille !
Il pressa un peu plus sa main. Sa gorge était sèche et lui faisait un peu mal, mais quelle importance ?

- Cassy… Qu’est ce qui s’est passé ?

Il parlait sur un ton calme, ne voulant pas la brusquer. Le désarroi dans ses grands yeux noisette l’ébranla alors qu’elle lui expliquait. La sincérité de ses mots, il en était tout à fait convaincu. Jamais elle n’aurait pu mentir et le regarder ainsi… elle fuyait son regard parce qu’elle avait peur de ce qu’il pourrait penser sûrement, mais en même temps elle croisait souvent ses yeux, comme si elle y recherchait un fol espoir. Il n’y avait aucun espoir à chercher pourtant… Il la croyait, il lui faisait confiance, il n’avait pas peur de tout ceci.

Pourtant, la mâchoire du jeune homme s’était brusquement serrée alors qu’il restait mutique face à ses aveux. Il tourna la main qu’il tenait, observant la trace de brûlure qui lui ceignait le poignet. Une profonde colère lui tordit le ventre et il eut pendant un très bref instant, l’impression qu’une bête furieuse se déchainait pour sortir, échapper à son contrôle. Selon elle, ce n’était rien… Il n’en dit pas davantage. A ce poignet il y avait un peu plus tôt un bracelet, le cadeau d’une enfant qui l’avait touchée. Il y avait une raison à ce qu’elle ne s’en souvienne pas. Une raison dont il ignorait tout mais qui l’inquiétait beaucoup. Avec quels types de démons se battait donc cette étrange jeune femme ?

Elle dut prendre son mutisme pour un rejet car elle commença à lui déballer ce qu’elle avait sur le cœur et qui mine de rien le rassura énormément. Lui qui pensait qu’elle lui en voulait, qu’elle avait des doutes sur ce qui s’était vraiment passé, sur son innocence dans cette affaire d’empoisonnement. C’était bien elle de réagir ainsi… Il n’avait même pas compris pourquoi elle s’était excusée un peu plus tôt. Elle n’avait rien à se reprocher elle !
Apparemment, elle ne lui en voulait pas, elle ne voulait pas qu’il s’éloigne. Les larmes qui brillaient dans ses yeux lui firent curieusement plus de mal qu’autre chose. Décidément, il était doué pour la faire pleurer.

Navré d’avoir pu lui faire croire par son silence qu’il n’approuvait pas sa présence, le Drakkari lâcha sa main pour se redresser en grimaçant, s’adossant contre le sommier et les gros oreillers du lit. Il secoua la tête d’un air fâché et se redressa lentement. Bon, son corps était opérationnel, il était juste un peu engourdi. Et voilà que la demoiselle baissait tristement la tête. Il grogna, passa un bras sous ses genoux alors qu’elle s’était avachie sur sa chaise, l’autre dans son dos, la bousculant un peu et la souleva sans mal. Elle protesta bien pendant une ou deux secondes mais étant donné qu’il l’avait suffisamment soulevée pour pouvoir l’embrasser, bientôt ses syllabes devinrent singulièrement inintelligibles.
C’était un sacrément long baiser et quand il recula la tête, Tristan admira avec un sourire la reprise de couleur de sa compagne, ses joues rosées et ses yeux brillants, là, ce n’était certainement pas à cause de la tristesse.

- Chut… tais-toi maintenant, s’il te plait…


Elle ne protesta pas et il sourit, admiratif, rassuré de voir qu’elle pouvait à ce point croire en lui, même s’il était complètement patraque juste avant et puis là elle avait bien la preuve qu’il allait mieux. La portant toujours, il ouvrit la porte de sa chambre, entrebaillée, d’un léger coup de pied et se dirigea aussitôt vers la salle de bains. Apparemment, on guettait son rétablissement en bas car une tête blonde bien connue passa sa tête pour voir ce qui se passait. Tristan fit un beau sourire rassurant à Marilyn, montrant d’un léger mouvement du menton la jeune demoiselle qui s’était accrochée fermement à sa nuque.

- Je vais bien… mais une petite demoiselle ici a bien besoin d’une douche. A tout à l’heure.


Bah… Il n’était pas difficile de croire pour tous, en bas, que Cassidy, toute chamboulée qu’elle avait dû être par les récents évènements, pouvait effectivement avoir besoin d’un peu d’aide.
Le jeune homme l’aida à s’asseoir sur le rebord de la baignoire et lui souleva légèrement le menton.

- Désolé, je ne voulais pas t’inquiéter tout à l’heure… Je m’inquiète juste de ce que tu m’as dit… Il s’est passé quelque chose là-bas, quelque chose de grave, je vais essayer de savoir ce que c’est mais pas tout de suite… Tu dois en parler avec ton maitre. Ta magie te joue parfois des tours, c’est clair… elle te protège… peut-être… peut-être que quelqu’un cherchait à te faire du mal là-bas…

Il caressa doucement une de ses mains, accroupi devant elle, parlant bas, doucement, un peu comme si leur rôle de « guérisseur » et de « malade » s’étaient inversés mais après tout… n’était-ce pas constamment ceci, être en couple ?

Ce fut avec bien des précautions qu’il détacha le morceau de sa robe de sur sa marque. Elle semblait plus grande et étrangement brillante ce qui ne lui plaisait que bien peu. Il ne dit rien, se contentant de désinfecter ladite marque, au cas où. Par contre, la demoiselle eut droit à un examen complet pour s’assurer qu’elle n’avait aucune blessure. Quelques écorchures sans gravité confirmèrent les soupçons du garçon, il s’était passé quelque chose. Et ses mains rougies, pleines de petites blessures, comme si elle avait tapé sur quelque chose…
Peut-être exagérait-il avec cet examen justement, mais au moins pouvait-elle être sûre qu’il allait mieux et même carrément bien. Et puis, fait non négligeable, un examen pour s’assurer de l’état de santé de sa patiente et de l’absence de blessures, ça demande bien évidemment un déshabillage en règle, non ?

Etrange comme le jeune homme avait eu bien du mal à se concentrer pendant quelques instants tout de même.
La baignoire finissait de se remplir quand il déclara qu’elle semblait être en un seul morceau et que cela méritait bien un petit bisou. Pourtant quand il se redressa et s’éloigna d’elle, il sentit qu’elle voulait lui dire quelque chose, qu’elle ne le faisait pas, pour une raison quelconque. Pourtant, s’arrêtant face au miroir devant lequel il scruta les marques qui s’étalaient sur son torse, il sourit et dit d’un ton des plus nonchalants :


- Hum… Va pas t’imaginer des trucs, je sors pas… J’ai fait couler ce bain parce que j’en ai besoin… mais comme tu es dans le coin, bah je peux bien partager…un peu…


Quel sourire ravageur lorsqu’il se retourna vers elle avec un clin d’œil. Il cherchait toujours les moyens de la faire rire et de lui faire oublier les petits désagréments que leur réservait la vie. Elle semblait contente à voir son sourire et la façon dont elle l’enlaça, se retrouvant si vite près de lui.
Il lui embrassa les cheveux, caressant son dos, la pinçant légèrement.

- Dis moi comment voudrais-tu que je m’éloigne de toi ?... Je respire à peine quand tu t’en vas, je n’existe plus si je ne suis pas avec toi… Alors tu vas m’avoir sur le dos lonnnngtemps. Enfin sur le dos… ou ailleurs hein…


Cette réflexion là par contre lui valut une tape sur le torse et de jolies couleurs à la jeune mage alors qu’il riait, sans se moquer néanmoins… Comment se moquer alors qu’il adorait la voir réagir ainsi ?
Bien sûr, la famille proche, le manque de temps ne leur garantissait pas des retrouvailles dignes de ce nom et puis Tristan était encore un peu faible, même s’il jouait les gros durs devant elle, mais un long bain chaud, juste à pouvoir la tenir dans ses bras comme s’ils étaient seuls au monde comblait déjà bien assez le Drakkari.


Quand finalement ils allèrent rejoindre la famille à l’étage en dessous, ils étaient changés, propres et Cassidy avait été totalement débarrassée des traces de sang et donc de cet étrange mystère qui planait autour d’elle et de cadavres ensanglantés. Ah pour ça, son compagnon avait dû lui en faire des shampoings mais qu’elle était ravissante, réchauffée, coiffée, descendant les escaliers en lui tenant la main.
La cousine était là et en sentant Cassidy se crisper, son petit ami eut le bon réflexe de passer un bras autour de ses épaules. Pourtant, la jeune femme ne souhaitait apparemment que s’excuser même si ce n’était peut-être pas de très bonne guerre et même si ces excuses étaient dues à un honorable sermon de sa mère.
Mine de rien, l’incident avait particulièrement déplu à la tante et propriétaire de toutes ces plantes et le savon qu’elle avait passé à sa fille et les menaces consécutives avait rendu l’atmosphère des plus tendues. Elle annonça qu’elles partaient à l’instant et rentreraient en plusieurs étapes chez elles, que ça avait été un plaisir même s’il avait été en grande partie gâché, même si cela ne resterait pas impuni.

Elles ne s’éternisèrent pas mais les excuses semblaient sincères. Même si celles adressées au jeune homme avait un arrière-gout de « je regrette surtout qu’on ait été interrompus » qui ne lui plaisait que peu mais encore une fois, il fit taire la colère de sa compagne par un baiser dans le cou et en resserrant son étreinte. Finalement, ils n’étaient plus que quatre.
Ils discutèrent un peu de ce qui s’était passé et les deux jeunes gens durent improviser un mensonge plus détaillé pour expliquer le sang sur la robe de la jeune femme.

- Hum… Très bien… Nous étions invités, Jordeth et moi chez des amis et voisins mais… avec l’état de Tristan, nous ne voudrions pas vous laisser seuls et que…
- Ne vous inquiétez pas pour moi, je vais mieux… franchement, allez à votre diner tous les deux, nous… nous allons nous reposer un peu, grignoter et essayer de nous remettre de toutes ces émotions.
- Ah euh… bon très bien mais comme nous ne sommes pas les seuls invités, nous risquons de rentrer tard… vous êtes sûrs que ça vous va ?
- J’empêcherai Cassy de trop s’abimer les yeux sur ses parchemins, promis !


La maman avait souri et finalement, elle et son époux s’étaient préparés avant de laisser les deux amoureux seuls. Il y avait comme toujours de quoi nourrir un régiment dans les plats qu’avait pu faire la mère de famille mais ce n’était pas l’affamé Drakkari qui allait le lui reprocher. Quand ils étaient partis, Tristan était allongé sur un canapé, la tête dans le vide, rêvassant un peu tandis que sa compagne, allongé tout près de lui, la tête sur son torse, lisait le livre qu’il lui avait offert avec ses recherches. Un léger soupir échappa au jeune homme, suivi d’un sourire presque innocent.

- Eh bien… nous voilà seuls et abandonnés… pas inquiète de te retrouver dans la même pièce qu’un Drakkari fou demoiselle ?


Son sourire se fit à peine plus innocent alors qu’il redressait la tête pour l’embrasser. Tss… Comme si elle avait quelque chose à craindre. Pas tant qu’il porterait son bracelet…euh… OU ETAIT CE FOUTU BRACELET ????!!!!!!!!!!!!!!!! C’était quoi ce sourire espiègle sur le visage de sa petite amie au juste, hein ?!
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Cassidy Herediane
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MessageSujet: Re: Rentrons chez toi...   Dim 1 Sep - 11:58

De la panique… Enorme. Quand Cassidy avait repris ses esprits grâce à son maître, elle s’était sentie horriblement honteuse. Chacune de ses paroles avaient résonné dans sa tête. Tristan… Elle avait cherché à abandonner Tristan, tout ça pour étriper cette petite idiote qui avait osé profiter de lui ? Elle avait failli succomber aux ténèbres et contrairement au Drakkari qui était froid et pâle, elle… elle avait plutôt horriblement chaud.

Pourtant elle était consciente que ce n’était pas bon, qu’elle ne devait pas se laisser aller. Mais avec son homme dans les vapes, incapable de la contenir et de l’empêcher de devenir folle, la jeune femme était tombée. Heureusement que son maître était intervenu… Sinon il y aurait eu un carnage et on pense bien que ce n’était pas dans les intentions premières de Cassidy. Trop de violence, de vouloir une vengeance.

Elle finit par se calmer et s’occupa de Tristan, encore plus honteuse de comprendre qu’il pouvait ne pas s’en remettre. La jeune femme l’avait déplacé et heureusement face à la cousine, elle garda son sang froid même si elle bouillait à l’intérieur, se rappelant des paroles de son maître, se focalisant sur Tristan, uniquement sur lui pour éviter de faire des bêtises.

Du poison hein… Pa rassurée la petite mage. Et puis elle et les antidotes ça fait deux. Elle n’aurait pu rien faire après tout.

La jeune femme était restée au chevet de Tristan. Pendant toute son inconscience, Cassidy pensait beaucoup à ce qui s’était passé. Se demandait comment elle en était arrivée là. Et pourquoi… pourquoi elle ne se rappelait de rien ? Ca commençait à l’agacer sérieusement ces pertes de mémoire et elle se doutait quand même… que la marque n’y était pas étrangère. Elle la brûlait un peu. Et Cassidy ne voulait pas entendre la vérité, elle savait au fond d’elle que quelque chose l’avait fait craqué… et le fait qu’elle ne soit pas avec Tristan à ce moment là avait aidé à la faire plonger.

Elle n’était pas si bête que ça et avait mis du temps à réfléchir. Quant à connaître la raison… C’était impossible à deviner. Ses parents allaient bien… A moins qu’on a tenté de lui lancer une illusion pour la déboussoler. Mais elle était plus forte que ça quand même !

Une pression dans sa main la fit sortir de sa rêverie. Ou plutôt de ses interrogations. Tristan avait ouvert les yeux et la regardait. La jeune femme, c’est vrai, était passé par toute une variété d’expressions, montrant sa sensibilité et l’émotion sur le moment. Elle voulait savoir si ça allait mieux, apparemment c’était le cas. Il était toujours aussi solide mais elle se doutait que même si ça n’allait pas, le Drakkari ne voudrait pas l’inquiéter davantage.

Il lui demanda tout de suite ce qui lui était arrivé. Là Cassidy resta un instant silencieuse puis lui raconta, du mieux qu’elle pouvait, ce qu’elle savait. Mais cela n’avança personne de savoir que la destination de la petite mage était inconnue. Encore Marilyn savait mais… elle devait certainement penser que Cassidy était rentrée sans danger et qu’elle était passée à autre chose. Et puis elle préférait ne pas déranger sa fille alors qu’elle était horriblement inquiète pour Tristan à l’heure actuelle.

Elle s’était arrêtée, et hésitée à lui dire pour ce qui s’était passé dans la caverne. Elle avait tellement honte d’avoir penser à servir ses propres intérêts avant de s’assurer de la sécurité à Tristan. Mais lorsqu’elle remarqua qu’il restait neutre, peut-être un brin pensif et pas vraiment causant ni démonstratif, la jeune femme baissa lentement les yeux. C’est alors qu’elle lui parla de cette histoire avec sa cousine, elle ne voulait pas que Tristan la délaisse pour une histoire à laquelle il n’y était pour rien.

Il se redressa, apparemment pas très content par ce qu’il apprenait. Cassidy commença à soupirer mais avant qu’elle n’ait le temps de protester, il la prit dans ses bras en déposant un beau et long baiser sur ses lèvres. Le corps de la demoiselle se réchauffa et elle reprit des couleurs, appréciant le contact, ces derniers temps si rare, et lui rendit son baiser avec timidité, s’agrippant doucement à son cou avant de serrer un peu plus fort, comme si elle craignait qu’il ne s’échappe.

Il la souleva du sol et sortit avec elle, rassurant sa mère qui venait aux nouvelles. Arrivant à la salle de bains, Tristan déposa la jeune femme près de la baignoire puis la rassura… dans un sens avant de la conseiller d’aller en parler à son maître. A cette évocation, la jeune femme détourna un instant la tête. Peut-être qu’il ne savait pas puisqu’il était inconscient. Que son maître était intervenu. Elle lui répondit à voix basse comme si elle craignait qu’il s’énerve.

« Il le sait… Il m’a vu… et on en a discuter avant que je ne parte de chez lui. Je ne médite pas assez… Mais tu sais… quoi qu’il s’est passé là bas, j’ai pas vraiment envie de le savoir. Je sais que cela m’aiderait à trouver une solution mais… ça me fait peur… »

Elle repensait aux cadavres. Cassidy secoua la tête.

Tristan s’occupa de son bras et lorsqu’il nettoya sa marque, Cassidy se mit à grimacer. Ca la brûlait… Mais curieusement ça la brûlait moins que la dernière fois quand le guérisseur avait cherché à examiner. Il l’avait déshabillé et elle se retrouvait nue devant lui. La jeune femme se mit à rougir et s’examina également mais il n’y avait aucune blessure.

Il termina son inspection et fit couler un bain avant de s’éloigner d’elle et lui tourner le dos. Elle l’inspecta et frémit en découvrant les marques rouges étalées sur son dos. Sa cousine était une vraie vorace ! Aucun respect ! Elle serra la main sur le rebord de la baignoire avant que Tristan ne prenne la parole, pour la rassurer une nouvelle fois.

Cassidy se sentit soulagée, quand il expliqua qu’il ne comptait pas sortir puis grogna en rougissant quand il déclara qu’elle l’aurait sur le dos ou ailleurs. Cela fit naître un timide sourire sur ses lèvres. C’est ainsi qu’elle le rejoignit dans la baignoire, appréciant le contact de Tristan et de l’eau chaude, fermant les yeux paresseusement. Elle avait bien besoin de se détendre et s’assoupit un instant. Pas besoin de penser aux évènements, c’était terminé. Comme la pluie qui laisse la place au beau temps.

Elle se réveilla un peu plus tard et profita de quelques shampoings, se retournant par moments pour le taquiner et l’embrasser tendrement. Ils sortirent enfin, elle avec une nouvelle robe et lui également habillé. Les autres membres de la famille attendaient en bas, ainsi que la cousine qui semblait un peu… déçue ? Cassidy serra les dents et resserra sa main sur celle de Tristan. Celui ci comprit et passa carrément un bras autour de ses épaules.

La cousine s’excusa même si Cassidy avait du mal à les accepter ses excuses. Elle se contenta de rester silencieuse et d’hocher brièvement la tête en signe d’appréciation. Puis enfin elles partirent et Cassidy ne put s’empêcher de penser : Bon débarras !

S’en suivi une petite discussion avec le reste de la famille que Cassidy n’écoutait que d’une oreille. Elle n’eut même pas le temps de réagir que Tristan avait insisté pour que les parents prennent congé, que tout irait bien. La jeune femme se retint de sourire. Un moment ensemble en amoureux et profiter de la soirée ? Oui elle était pour !

La demoiselle grogna quand il déclara qu’il l’empêcherait de trop regarder ses parchemins et fit mine de regarder ailleurs. Ils se retrouvèrent enfin tous les deux, lui posé sur le canapé, elle lisant les notes qu’elle lui avait laissé.

D’ailleurs elle fronçait tellement les sourcils en lisant que ça lui faisait des rides. En même temps, elle piochait des amuses bouche d’un air distrait et entendit Tristan, qui se redressa pour l’embrasser avant de lui faire une déclaration… qui laissait la place à des idées… intéressantes.

Elle referma le livre et le posa sur la table basse avant de se tourner vers lui les yeux brillants.
Tiiiiens c’est vrai que… ils étaient ENFIN seuls ! Et que personne ne viendrait les déranger là. Elle se pencha au-dessus de lui pour l’embrasser fougueusement tout en caressant son torse. Qu’est ce que ça lui avait manqué ! La demoiselle déboutonna lentement sa chemise tout en se redressant.

« Fou ? Si il est fou de moi, je peux rester dans la même pièce que lui trèèèèèès longtemps ! »

Elle s’était rabattue sur ses lèvres tout en lui offrant une vue des plus plaisantes. Ce qu’il lui avait manqué ! Elle avait bien remarqué qu’il n’avait pas son bracelet mais… après tout ça lui était égal. La nuit s’annonçait agitée… et pas qu’un peu.

La demoiselle avait lancé un sort de sourdine sur la maison parce que voyons, les activités n’avaient pas besoin d’être entendues par les voisins ! Mais cela rassura certainement Tristan quand elle se mit à briller, telle une lumière d’un phare, toujours aussi réactive sur ses envies. Elle passa lentement une main dans ses cheveux rouges d’un air taquin. La température continuait de monter doucement.

« Hum… Je pense qu’on a du temps à rattraper tous les deux… »

Il l’avait porté et s’était dirigé vers la chambre de Cassidy. On ne sait jamais après tout, si les parents venaient vérifier… mieux valait que les tourtereaux restent à l’abri des regards.
Les deux amoureux en profitèrent et pas qu’un peu. Mélangeant les phases de tendresse et les activités plus sportives. Cela dura une bonne partie de la nuit, et pour finir, ils s’endormirent dans les bras l’un de l’autre, Cassidy avait un sourire sur les lèvres et cela lui avait également enlevé les quelques cernes qui restaient.

Ils restèrent encore quelques jours, le temps que Tristan se rétablisse. Cassidy, pour sa part, avait décidé de passer plus de temps à méditer, pour éviter de devoir revivre une telle chose. Tristan bougeait encore un peu doucement mais il allait de mieux en mieux et passait son temps à aider les parents, prouvant qu’il était de nouveau sur pied.

Il passait de temps à autre voir Cassidy, qui faisait beaucoup d’efforts pour tenter de méditer. Cela se voyait à son léger halo qui l’entourait, témoin de sa magie. Mais décidés pour rattraper le temps perdu, cela ne les empêchaient pas de se retrouver à leur petite cachette pour quelques baignades et plus si affinités, ce qui plaisait beaucoup à la jeune femme.

Au final, elle était repassée voir son maître, qui avait été assez sévère avec elle, martelant le fait qu’à ce stade, la méditation était devenue essentielle et que son apprentie n’avait pas intérêt à se ramollir en cours de chemin. Il joua également sur les sentiments en lui parlant de Tristan, ce qui conforta la demoiselle à faire le maximum.

Finalement, ils prirent le chemin du retour après quelques recommandations. Et comme Tristan l’avait spécifié, ils firent des petites haltes dans des villes prenant leur temps. En ce début d’année, il n’y avait pas grand-chose à faire à cause de toute cette neige mis à part quelques activités marrantes comme la luge, aider quelques habitants en proposant leurs services pour gagner un peu d’argent et surtout les longues séances de massage… et un peu plus le soir. Car l’un comme l’autre se plaignait de terribles courbatures, que seul un massage magique pouvait guérir.

Ce ne fut que quelques jours plus tard, dans une petite auberge, que Cassidy commença à faire un cauchemar bien étrange. Elle se réveilla en sursaut, complètement en sueur et tomba du lit devant un Tristan également surpris qui venait de se réveiller en croyant à une attaque. La jeune femme avait tendu la main sur la couverture et s’était péniblement redressée en haletant et secouant la tête.

« J’ai juste fait un cauchemar… Rien de grave. Enfin c’était pas vraiment sympa… Des maisons qui brûlaient, des cadavres un peu partout… »

Elle frissonna lentement avant que Tristan la prenne dans ses bras pour la rassurer et la bercer, lui précisant qu’il était là pour veiller sur elle.

Un autre jour ils s’étaient arrêtés à une taverne pour se restaurer. Cassidy était partie aux toilettes, une envie pressante. Elle avait d’ailleurs mis du temps parce que cette maligne s’était débrouillée pour démonter la porte de sa cabine. Hum… Comment se prendre la honte, version 2. Et refusant de partir comme une voleuse, elle cherchait à la remettre en place au moyen de sorts.

Pendant ce temps, Tristan avait vu un journal et prenait le temps de le lire en l’attendant. Une chose avait pu attirer son attention. Il y avait une image qui représentait une sorte de zone desséchée, sans la moindre herbe, neige et qui avait pris une bonne ampleur. Autour, des maisons détruites. L’article racontait qu’un petit village avait subi une attaque de Kaärs visiblement et par une créature fantastique qui avait laissé une marque de son passage. Cela disait aussi qu’il y avait beaucoup d’hypothèses et que les enquêteurs étaient sur l’affaire, cherchant la source de ce tragique incident. Il avait été aussi spécifié que des pisteurs avaient retrouvé la trace des Kaärs, à plus de 2 heures de ce village et que pour une raison inconnue, ils avaient été tués.

Cassidy était revenue et Tristan avait pris le temps de reposer le journal un peu plus loin. Heureusement qu’elle n’était pas du genre à lire les nouvelles. Elle trouvait toujours ça triste et déprimant, toujours annonciateur de mauvaises nouvelles.

« Désolé pour l’attente j’ai fais une bêtise… Heu… sans rentrer dans les détails, j’ai démonté la porte des toilettes… »

Elle se mit à rougir, se retenant de rire, même si la situation était gênante, elle avait plus envie de rire quand elle se rappelait des yeux exorbités des autres dames en voyant ce phénomène sortir.
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