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 Le prince charmant oublié : l'amour de fer ou de cristal ?

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Tristan Konogan
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MessageSujet: Le prince charmant oublié : l'amour de fer ou de cristal ?    Dim 1 Sep - 18:43

Combien de temps s’était-il écoulé depuis leur dernière étreinte ? Il n’osait trop y penser… Toutes ces histoires les avaient pas mal chamboulés. A peine se retrouvaient-ils qu’ils étaient à nouveau séparés par une cousine s’avérant plus qu’intéressé par le petit ami d’un membre de sa famille. Il y avait dans cette affaire un cruel manque de respect qui, du moins c’était à souhaiter, ne resterait pas impuni.
Quel plaisir pour le jeune couple d’enfin se retrouver ! Au départ rien n’était prémédité mais l’absence des parents leur avait laissé tout loisir de se retrouver et d’oublier au moins un instant, cette triste histoire. Décidément, le monde cherchait à les séparer.
Les jours s’étaient succédé, pleins de bonheur et d’insouciance pour eux et finalement c’est dans cette ambiance qu’ils auraient dû passer toutes les fêtes, sans interruption. Entraînements et détentes au rendez-vous, au grand plaisir d’une demoiselle qui s’était jusqu’alors sentie délaissée et de son compagnon qui n’avait de la résistance à la tentation qu’une très faible prétention.
Ils étaient rentrés, profitant de petites étapes pour découvrir des plats locaux, une ambiance bon enfant un peu partout et quelques activités locales amusantes. Cassidy se débrouillait très bien sur une luge… beaucoup moins lorsqu’il fallait freiner, son vol plané resterait dans la tête de son compagnon et continuerait de lui provoquer des fous rires pour… longtemps.
Et puis il y avait eu ce passage dans une auberge… et ce journal…



Il ne lui avait rien dit…
Et ne savait trop que penser à ce sujet. Rapidement, il avait compris le principal dans cette histoire… A tout priori, elle était partie là-bas, à ce village qu’elle avait aidé, celui qu’elle avait protégé. Elle y avait découvert une de ces injustices qui lui donnaient honte d’avoir un jour été un Kaär lui-même… La ville probablement saccagée, des gens assassinés, innocents… alors sa colère, son sentiment d’impuissance l’avait fait sombrer dans cette part d’elle-même, sombre, des plus puissantes mais aussi des plus incontrôlables, telle une tempête, impossible à arrêter pour un simple mortelle, une tempête contre laquelle on ne pouvait rien. Cassidy était la douceur incarnée, la justice et la gentillesse même… Elle détestait faire du mal à autrui et elle était contre la violence, cela se voyait bien chez elle, cette partie d’elle lui avait toujours plu. Il la trouvait mignonne quoique naïve… Mais aucun être humain n’est exempt de pulsions meurtrières et les siennes, qu’elle avait tant enfouies devaient refaire surface sous le coup de sa mauvaise magie. Elle avait tué… Il en était presque certain… ou avait participé à cet ersatz de justice… elle avait éliminé ces meurtriers, d’une façon ou d’une autre.

C’est pour cette raison qu’il ne pouvait rien lui dire. D’une façon ou d’une autre, cette magie la protégeait en chassant de son esprit cette forme de violence personnelle qui l’aurait démolie. Il ne serait pas celui qui chamboulerait ses convictions… Surtout alors qu’il aurait agi sans doute de même à sa place, mais en toute connaissance des choses et il n’aurait pas oublié. Mais il était un guerrier, la mort le connaissait pour ceux qu’il lui avait apportés et il l’avait côtoyée, la frôlant parfois de bien trop près. Elle était une mage, sa vie, sa vocation, ne la poussait pas vers la violence… mais vers de grands desseins, qu’elle avait choisi altruistes, profondément philanthropes…

Ses cauchemars l’avaient surpris et alerté au départ et il s’était inquiété même s’il n’en avait rien laissé paraître, apprendre ces nouvelles des journaux lui avait apporté les révélations nécessaires pour comprendre. Heureusement oui, que la petite mage ne lisait pas les journaux, décidément… il préférait la voir sourire. Et ne serait-ce qu’imaginer sa détresse si elle ne faisait que se soupçonner de ce qui s’était passé, vu sa manière de dramatiser et d’exagérer… lui était bien trop difficile.

Tristan bailla et se frotta la mâchoire. Tout contre lui, le corps mince, frais, de sa compagne, s’agita à cause de son geste, recherchant la chaleur de son corps en se blottissant un peu plus contre lui. Un frisson lui parcourut l’échine. Décidément, sentir le corps nu de la belle mage contre le sien était une sensation à laquelle il ne s’habituait pas et qui continuait de le ravir et de l’émerveiller. Il se morigéna, s’efforçant de chasser la pointe de désir qui l’avait assailli… Ils avaient bien assez joué comme ça la nuit dernière, inutile d’en rajouter en lui sautant dessus dès le réveil, ils avaient bien assez peu dormi comme ça ! Il sourit, amusé. Décidément, l’appétit de la demoiselle sur ce point là était devenu presque insatiable, à son plus grand plaisir. Et… les recoins de l’Académie avaient pu s’en rendre compte ces deux derniers mois, longues et nombreuses semaines écoulées depuis leur retour du village parental.

Il baissa les yeux, l’observant dans la pénombre. L’hiver était là, vigoureux, le soleil peinait à se lever le matin et la chambre était encore plongée dans les ténèbres, l’aube naissante jetant de reflets pâles sur les cheveux d’or devenus presque argentés sous cette lueur. Les entraînements sur le terrain de sport décourageaient bien des jeunes et ils avaient dû se résoudre à emménager un peu de grandes salles de cours inoccupées.
Les cours se déroulaient bien, tout se passait pour le mieux en fait… Les élèves étaient pour la grande majorité très appliqués et de très bons retours étaient donnés des petites missions qu’ils accomplissaient.

Tristan avait confié à Cassidy se transformer en dragon tous le mois, ce à quoi bien entendu elle n’avait pu assister du fait de leur séparation. Il lui avait avoué s’enfermer dans les cachots le temps que ça passe, trop inquiet de faire du mal à quelqu’un. Il devait avoir beaucoup souffert vu les marques profondes de griffes dans les murs du cachot qu’il lui montra.
Il se transformait parfois sans raison quand ils étaient juste tous les deux mais cela semblait parfois bien douloureux mais heureusement, il s’était habitué à ce qu’elle le réduise pour qu’il se faufile partout et ne s’en offusquait plus. Il voletait même à présent, un peu maladroitement encore mais il progressait… et la jolie mage ne semblait plus aussi peinée et choquée de le voir sous cette forme, surtout vu l’expression d’apaisement qu’il arborait lorsqu’il reprenait forme humaine… constamment complètement nu… ce qui avait bien tôt fait d’entraîner d’autres manières de… voler.

En bref… Tout allait bien…
Mais parfois la demoiselle refaisait des cauchemars même si c’était devenu plus rare et même si avec ses très nombreuses méditations, elle contrôlait beaucoup mieux sa magie. D’ailleurs, il avait remarqué avec un certain amusement qu’elle réussissait beaucoup mieux ses méditations quand elle avait pratiqué quelques activités pouvant disons… la satisfaire auparavant.
Oh mais il était près à l’aider quand elle voulait lui !!!

Il est vrai qu’ils ne s’affichaient pas encore réellement ensemble mais les rumeurs allaient bon train à l’Académie. La plupart des professeurs se doutait de ce qui se passait entre eux et des paris circulaient entre les élèves pour les surprendre, parvenir à leur faire avouer maladroitement les faits… D’ailleurs pour cette deuxième partie, il semblerait que la cible de choix soit la jeune femme qu’ils torturaient un peu trop d’incessantes questions détournées ne manquant pas de la faire rougir. Pauvre petite demoiselle. Mais son chevalier n’était jamais bien loin, prêt à la défendre et à lui souffler des compliments quand il constatait ses efforts et progrès.

Ils s’aimaient et l’histoire avec le Cheistam semblait bien loin et oubliait même si la demoiselle n’avait toujours rien fait pour la marque dans son dos, qu’il ne manquait pas de caresser, du moins autour, dès qu’elle était un peu moins… habillée contre lui. Il sourit en repensant à la veille. Il s’était amusé à l’embêter pendant le déjeuner, proche d’elle, caressant une de ses jambes, allant même jusqu’à tenter d’aventurer sa main entre ses cuisses alors qu’il y avait bien des gens présents… Elle avait failli s’étouffer avec ce qu’elle venait de prendre de sa fourchette et l’avait foudroyé du regard même s’il avait bien remarqué la pointe d’agacement mêlée d’admiration qui y brillait.
A peine étaient-ils sortis de table et passait-il dans les couloirs, qu’il s’était senti brusquement poussé dans une salle de classe vide. La demoiselle furieuse, amusée ? difficile à dire avait eu tôt fait de se venger… ce qui ne lui donnait que peu l’impression que ce qu’il avait fait pouvait être mal mais un grand sentiment de plénitude. Apparemment, éviter l’activité physique juste après manger sous peine de douloureuses crampes n’était qu’une légende urbaine.

Elle gémit doucement contre lui et il remonta la couverture sur ses épaules minces, se remémorant avec bonheur les caresses dans ses cheveux, le soir même, qui avait eu tôt fait de l’endormir. Comme elle était belle cette petite demoiselle… Ses cheveux d’or avaient poussé et cachaient totalement sa cicatrice aujourd’hui, mais il ne se remettait que peu de cette vilaine marque sur un si beau corps.
Elle lui avait annoncé qu’un nouveau professeur devrait sous peu commencer, mais qu’elle voulait d’abord vérifier ses compétences, comme toujours, il est vrai que les professeurs se bousculaient aux portes aujourd’hui, l’Académie commençait à être connue. Il avait grogné qu’il n’avait que peu envie qu’elle se retrouve seule avec un vieux vicieux. Elle avait souri en le taquinant, lui demandant s’il était jaloux. Il avait détourné la tête en ronchonnant, marmonnant que de toute manière aucun homme ne pourrait jamais la satisfaire comme lui, après tout ils étaient connectés… mais c’est davantage lui-même qu’elle, qu’il cherchait à convaincre par ces mots. Elle l’avait embrassé en riant, lui disant qu’elle aurait alors peut-être besoin d’un garde du corps « au cas où ». Son sourire, le bonheur dans ses yeux, lui avait fait perdre jusqu’au souvenir de cette conversation et il lui avait souri à son tour, l’embrassant tendrement, longtemps en lui murmurant qu’il l’aimait…
Oh qu’il l’aimait !!!!

Elle bougea de nouveau, s’étira, bailla de manière adorable puis ouvrit les yeux avant de se jucher sur son torse, s’étalant sur lui. Qu’elle était belle sa petite princesse !!!!

- Salut toi… bien dormi ? A voir la trace de bave sur mon torse j’en déduis que oui…

Elle écarquilla les yeux d’horreur, il se mit à rire, elle comprit qu’il plaisantait une fois de plus, le tapa pour la forme et se blottit, la tête sous son menton en gémissant qu’elle n’avait pas envie d’aller travailler.

- T’inquiète… on a le temps avant de commencer… Quoi de prévu aujourd’hui princesse ?

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Cassidy Herediane
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MessageSujet: Re: Le prince charmant oublié : l'amour de fer ou de cristal ?    Mar 3 Sep - 8:45

En effet, heureusement que Cassidy ne lisait pas les journaux. Et Tristan n’avait apparemment tout simplement pas l’envie de lui dévoiler les faits. C’est vrai quoi… imaginer une adorable petite mage actrice d’un horrible massacre ? Certainement pas ! Mais les apparences peuvent être trompeuses, surtout sur Ascadian où il est très simple d’utiliser quelques illusions pour paraître sans défense. Mais ce n’était pas le cas de la jeune femme qui était tout simplement ignorante des faits et aurait certainement écarquillé les yeux en se demandant qui était capable d’un tel massacre.

Ils étaient rentrés, et la confiance qui se répandait de l’un à l’autre leur permit de se sentir apaisés. On est toujours plus fort quand on est ensemble. Mais ce n’était pas la fin des épreuves pour eux et Tristan le montra encore une fois lorsqu’il disparut pendant une bonne journée et nuit entière. Elle avait été choquée d’apprendre que sa transformation était toujours bien présente et même si elle ne lui disait rien, ça lui faisait plus penser à une malédiction.

A en voir la trace des griffes dans les cachots c’est comme si… il avait pris un instinct animal. Même si les dragons ont une certaine intelligence et seuls les corrompus attaquent réellement l’espèce humaine. Et cela inquiétait Cassidy. Mais il lui avait également expliqué que cela lui évitait de redevenir comme avant, quand le démon prenait possession de son corps et le forçait à commettre des actes horribles. C’était la seule solution pour le moment pour qu’il reste près d’elle et la jeune femme devait bien accepter ce changement malgré ses réticences et mauvais souvenirs sur sa rencontre avec un dragon.

Tristan ne le savait pas, mais lorsque la jeune femme se retrouvait seule dans son bureau, et elle faisait en sorte qu’il soit en cours à ce moment là pour ne pas qu’il pose des questions, il lui arrivait de se plonger dans des livres aux noms compliqués pour stopper toute transformation. Mais à moins de faire sortir le démon et le vaincre, elle n’avait pas trouvé grand-chose. Action qu’elle se refusait de faire, à cause des risques que cela pouvait entrainer.

Il se transformait également devant elle et elle le réduisait. D’ailleurs comment peut-on réduire un gros dragon ? La magie ne marche pas vraiment sur eux car leur peau est très résistante. Déjà qu’il fallait lancer un sort complexe rien que pour arriver à en toucher un, alors un sort mineur comme on réduirait le vase sur un meuble… Mais Cassidy avait ce petit quelque chose que les autres n’avaient pas. Il lui arrivait aussi dans ces moments là de sembler dans la lune, levant les yeux au ciel, comme si il lui arrivait de réfléchir. Avant de soupirer et de baisser la tête.

En plus de cela, on commençait à se douter de sa relation avec Tristan. En soi, cela n’a rien de grave mais qui avait lancé en premier que cette relation devait restée cachée à l’académie ? Elle ne savait plus. Et si au départ cela l’embarrassait et la faisait rougir ces questionnements, à partir d’un certain moment elle se renfermait dans un masque de fermeté, sûrement aidé par sa marque, lasse de remarquer qu’on cherchait à lui faire avouer une vérité dont elle n’avait pas honte.

Tristan bien sûr était là mais pas tout le temps et cela en devenait pesant. Elle était même presque sûre de sentir sa marque la brûler, comme une initiative à réagir avec violence à ces agressions. Dans ces moments là, elle prétextait avoir du travail, s’enfermait dans son bureau et se laissait tomber sur le sol, haletante, fermant les yeux et cherchant l’image de Tristan, son rayon de lumière dans les moments les plus sombres. Elle méditait également beaucoup pour trouver la paix et cela marchait plus ou moins bien.

Plus réactive sur ses sorts, plus vive et elle semblait moins fatiguée. Elle était également apaisée, malgré les cauchemars qui venaient la hanter la nuit. Des maisons qui brûlent, des cadavres… Heureusement quand elle se réveillait, Tristan était à ses côtés et cela lui permettait de se rendormir tranquillement.

Un mal pour un bien…

Il lui arrivait aussi de douter d’elle, de se considérer comme un danger à cause des paroles de son maître et elle était effrayée à l’idée de replonger, d’une manière ou d’une autre. Mais Tristan était là et il comprenait rapidement, grâce au tatouage, qu’elle ne se sentait pas bien parfois. Comme cette fois où elle était perdue dans son assiette et qu’il osa la toucher devant tout le monde. Elle faillit pousser un cri à ce moment là et le regard qu’elle jetait en biais à Tristan en disait long mais en même temps, elle trouva bien le moyen de se venger par la suite.

Le sourire qu’elle lui lançait après leur aventure dans une classe vide en disait long sur ses émotions et lui faisait oublier le poids de ses secrets. Elle en avait bien besoin.

Elle s’était réveillée, comme un de ces matins, comme deux enfants qui partageaient un grand lit et grognait quant à l’idée de se lever, n’ayant pas eu sa dose de sommeil journalière parce que d’autres jeux intéressants avaient attiré son attention dans la nuit. Elle en était même comblée et malgré le fait que Tristan se transformait parfois en gros dragon, son amour au final se renforçait et l’aidait à accepter cette condition pour l’instant. Ils se soutenaient tous les deux et c’était pas plus mal.

La jeune femme avait baillé avant de se poser sur le torse de Tristan, comme elle le faisait souvent chaque matin, heureuse de pouvoir sentir sa présence au réveil et ouvrait les yeux en grommelant qu’elle ne voulait pas penser au travail aujourd’hui. Il la rassura comme toujours en lui disant qu’ils avaient tout le temps. Elle fit la moue. Il lui sortit une petite réplique comme d’habitude et elle se redressa d’un coup en regardant son torse, rougissant avant qu’il ne lui avoue qu’il la taquinait.

Nouveau grognement de la part de la jeune femme qui prit la couverture et la fit passer au-dessus de leurs têtes pour se camoufler des regards. Et puis c’était bien appréciable par ce froid, un Drakkari qui réchauffe le corps donc aller se balader dehors, non merci ! Elle cligna lentement des yeux pour reprendre ses esprits, quand il parlait de programme et elle leva les yeux au ciel.

« Bouarf… Routine… Bureau, méditation, entraînement… et aussi entraînement sous la couette tiens pendant qu’on y est… Après tout, les journées se ressemblent… »

Elle referma les yeux et se reposa sur son torse. Non non elle n’était pas lasse de cette routine, tant qu’il n’y avait pas de complot qui lui retournait le cerveau, tout allait très bien. Mais c’est vrai que parfois elle aurait aimé passer plus de temps à visiter certaines parties du monde d’Ascadian. Juste comme ça pour découvrir les mystères. Une petite semaine de congés ne lui ferait pas de mal. Et prendre Tristan avec elle pour profiter du voyage bien évidemment !

La jeune femme s’étira une nouvelle fois et passa distraitement une main dans les cheveux de Tristan en l’écoutant parler. Elle se mit à sourire doucement avant de passer sa main sur son torse et s’amuser à la faire courir sur celui-ci. Avant de se pencher pour s’emparer de ses lèvres sans crier gare. C’était devenu naturel chez elle et ses yeux brillants témoignaient du bonheur de Cassidy.

Ils restèrent un moment à discuter lorsque la jeune femme hocha la tête.

« Peut-être faire un tour à Glindel, j’ai deux trois bricoles à aller chercher. Et un petit détour vers un endroit… tranquille avant de rentrer… parce que je sens que tu ne vas pas arrêter de me tenter au passage »

Elle lui tira affectueusement la langue avant de se lever et se diriger vers son armoire, visiblement embarrassée et cherchant une robe à se mettre. C’est vrai… Elle ne mettait plus que des robes couvrantes, le temps de se décider pour un tatouage. La jeune femme en choisit une bleue qu’elle enfila avant qu’Orion ne vienne se frotter à ses jambes.

Cassidy se mit à sourire en caressant l’animal. Elle n’avait toujours assisté à l’originalité de cette petite créature, mis à part qu’elle changeait de pelage de temps à autre.
Puis elle se dirigea vers le coffre, cherchant apparemment quelque chose et frustrée de ne pas le trouver.

« Rhoooo j’ai mis où ce truc là ? »

La jeune femme se tourna de nouveau vers Tristan qui s’était assis sur le lit, visiblement pas victorieuse par sa recherche. Avant de hausser les épaules.

« Rien de spécial, un truc magique que j’utilise pour m’avertir des tâches que je dois faire. Je devrais aussi trouver un moyen pour t’avertir de mes… sorties sans devoir donner l’impression de te déranger à chaque fois »

Elle s’assit sur ses genoux et se colla contre lui. Il sentait toujours bon. Cette odeur de pin frais qui lui rappelait les grandes forêts luxuriantes. Bien sûr elle pensait au tatouage mais n’était pas certaine d’arriver à l’utiliser correctement.

Ils se rallongèrent un moment. Tendres câlins, caresses, histoire de se réveiller complètement et de pouvoir bien commencer la journée. Puis ils prirent chacun leur porte avant de s’éloigner d’un endroit.

Cassidy passa rapidement au réfectoire et prit quelques croissants, un verre de jus d’orange et du lait avant de monter dans son bureau. Elle resta d’ailleurs toute la matinée, des affaires de commandes, des demandes à répondre. Bref beaucoup de choses.

Elle retrouva Tristan à table pour le midi et lui lança un regard complice. Pas besoin de communiquer pour savoir que ça allait bien d’un côté comme de l’autre, heureux comme ils l’étaient. Elle en profita d’ailleurs pour enrouler sa jambe autour de la sienne d’un air complètement innocent, histoire de bien se venger une nouvelle fois et de finir sagement de manger.

Cette fois ce fut lui qui la coinça. Prétextant l’envie de lui montrer ses nouvelles « créations », il l’entraîna dans son petit local à l’écart. Inutile de faire un dessin sur les fameuses créations… Ils y restèrent d’ailleurs un petit moment avant de sortir, comme si de rien n’était, elle lui disant qu’il avait fait du bon travail. Message détourné dont seul lui pouvait comprendre le véritable sens. Ils avaient aussi décidé de se donner rendez vous dans l’après midi après ses cours pour aller à Glindel.

Elle en attendant, avait profité du bosquet pour méditer et il ne se passa rien de spécial.
Puis à l’heure indiquée, la demoiselle attrapa une cape, un sac en bandoulière et commença à préparer son cheval à l’écurie. C’est à ce moment là que Tristan la rejoignit.
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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: Le prince charmant oublié : l'amour de fer ou de cristal ?    Mar 3 Sep - 20:27

Elle râlait… Comme toujours au réveil !
Décidément, la jolie demoiselle n’était pas du genre matinal… Quoi de plus normal après tout ? Elle s’endormait bien après lui, il savait parfaitement qu’elle l’observait quand il dormait et ne savait trop s’il devait s’en inquiéter, en être heureux ou bien en bouder un peu… Mais après tout, le matin il faisait de même donc ce serait plutôt hypocrite…
Oui mais elle était belle comme un cœur sous les rayons naissants du soleil, ses lèvres bougeant très légèrement, ses paupières frémissant du fait de ses rêves. Ses petites mains s’agrippaient souvent à son torse, à sa tunique légère quand il en mettait une… mais c’est vrai que ce cas là était rare… Autant la demoiselle acceptait le pantalon sans problème, autant… le préférait-elle torse nu. Il l’avait bien compris à son regard vexé, pour ne pas dire blessé quand il s’y était risqué une ou deux fois. Bah… il aimait bien qu’elle porte une nuisette très courte, chacun son truc après tout !

Elle les avait tous deux fait disparaitre sous la couverture comme si c’était un petit havre secret dont personne ne pouvait les tirer, ce qui lui arracha un sourire amusé alors qu’il caressait une de ses joues du bout des doigts. Elle lui répondit et semblait tout à fait d’accord avec cette « routine » qu’elle évoquait comme une banalité.

- Oh mais si tu veux, on peut mettre de côté l’entraînement sous la couette hein, c’est pas grave, je saurais m’occuper moi…

Quel regard furieux elle lui lançait. Il rit et lui tira la langue alors qu’elle s’efforçait d’exprimer son indignation en tapant pourtant fermement mais sans vraiment de force ni d’élan sur le torse de son petit ami. Ah ben non… ce n’était pas très efficace là si elle cherchait à lui faire mal. Elle grommela mais se rallongea sur lui, emprisonnant une de ses jambes des siennes l’air de dire qu’il pouvait toujours courir pour changer son programme, qu’il était très bien son programme, oui, que décidément c’était un très bon programme et puis na hein !

Il en profita pour caresser son dos d’une main légère, effleurant de temps à autre la cicatrice entre ses omoplates. Comme il détestait cette marque ! Elle lui rappelait constamment son échec dans la protection, la sauvegarde de celle qu’il aimait plus que tout et ce n’était que peu facile à vivre mais elle semblait toujours hésiter pour le tatouage et… il ne voulait pas la brusquer…
Il lui parla de ce qu’il avait prévu pour le jour-même, à savoir commencer à peindre une salle de glace d’astronomie… Au programme ? Toute la salle serait peinte d’étoiles, de planètes, d’astéroïdes et autres, du sol au plafond, comme pour propulser les élèves en plein espace. Un sacré projet mais il en parlait avec passion et animation. Il avait pu, grâce à l’aide de ses jeunes disciples et en particulier l’ingéniosité de certains d’entre eux, créer de nouvelles pâtes à mélanger à la peinture qui donnaient un reflet éclatant. D’ailleurs, il lui demandait s’il pourrait accorder des points à ceux-ci dans le cadre de ces activités parascolaires car ils étaient amplement mérités vu le temps et l’investissement qu’ils y consacraient. Elle souriait sous ses paroles, appréciant probablement de le voir aussi passionné pour autre chose que verser du sang… Qu’aurait-elle donc fait si la seule chose pouvant animer autant son compagnon s’avérait être la guerre ? L’aurait-elle moins aimé ?

Difficile à dire, après tout, elle acceptait l’étrange chose qu’il était.
Dragon… Il se transformait en dragon. Ce n’était décidément pas commun. D’ailleurs y avait-il un seul cas recensé ? Il en doutait, autrement elle lui en aurait parlé… Il se doutait qu’elle faisait des recherches là-dessus, il n’était pas dupe, elle était une mage, pour elle, il devait y avoir des explications à ce qui se passait et probablement y en avait-il une mais… était-ce une bonne chose de la chercher ? Et si cela avait une signification peu engageante ? Et il se doutait aussi qu’il lui déplaisait pour ça, quoi qu’elle en dise. Parce qu’elle avait cru mourir probablement face à ce dragon corrompu… et qu’elle en garderait à jamais une marque profonde.
Ce qu’il ne lui disait pas néanmoins, c’était son ressenti… Il se sentait tellement bien quand il était dragon…ou ce qui ressemblait à un jeune dragon. Il se sentait invincible, fort, capable de déplacer des montagnes… Il apprenait à voler et rien n’était plus grisant même si pour l’instant il n’était que très maladroit puisque sans aide pour le guider. Il se sentait bien… Il se sentait libre… Cette pression constante qu’il ne s’expliquait pas, qui pesait sur lui aussi loin qu’il s’en souvienne, disparaissait, il n’y avait que toute la liberté, toute la force, toute la puissance, tous les espoirs qui lui semblaient tout à fait présents, accessibles. Il se sentait bien oui… un sentiment qu’il ne ressentait que si brièvement même face à elle quand ils s’enlaçaient et s’embrassaient passionnément. Parce qu’il était incomplet… même avec elle. Et parce qu’il s’en voulait d’être incomplet, conscient qu’il pouvait être… mieux, meilleur… pour elle.

Elle se leva finalement après avoir plus ou moins insinué qu’il la tenterait pendant leur petite visite à Glindel, ce à quoi il répondit d’un regard innocent en haussant les épaules comme s’il ne voyait pas du tout de quoi elle voulait parler. Orion se précipita sur ses jambes en ronronnant alors que Tristan les fixait tous les deux, allongé sur le ventre, son corps musclé disparaissant sous les couvertures.
La demoiselle s’agitait, cherchant quelque chose, à la grande joie de son compagnon qui suivait chacun de ses mouvements en se rinçant l’œil sans même donner l’impression de vouloir s’en cacher. Elle cherchait toute seule et encore mieux s’en justifiait toute seule alors qu’il n’avait rien demandé, se contentant de l’observer. Il s’était néanmoins redressé, sans la quitter des yeux et souriait, silencieux. Quand elle revint vers lui, il l’accueillit avec joie dans ses bras pour une petite séance de câlins tout doux.

Se séparer n’était jamais facile mais ils maitrisaient mieux cette technique aujourd’hui, à force de la pratiquer. Et puis ils se reverraient vite malgré tout.
Tristan alla s’entraîner un peu histoire d’évacuer son énergie qui pouvait l’empêcher de se concentrer sur la peinture. Par la suite, il commença à travailler dans la salle de classe dont il avait parlé à la belle mage, ne lésinant pas sur les efforts, commençant par le plafond pour descendre tranquillement, sans se presser, sur les murs. Il terminerait par le plancher puisque pour l’heure il avait besoin de support et que pendant qu’il peindrait le plancher, le reste pourrait sécher, ce qui serait difficilement le cas s’il venait à inverser la tendance.
Il faillit même en oublier d’aller manger, heureusement que son estomac était là pour le rappeler à l’ordre.

L’ambiance était comme toujours joyeuse, tous les élève devisant des derniers cours et dernières expériences qu’ils avaient pu tenter et avoir dans la matinée. C’était un peu bruyant mais l’entrain général mettait de très bonne humeur ce qui chassait bien vite ledit côté bruyant.
Tristan vit bien sûr sa petite amie qui venait d’arriver et de s’installer puisqu’elle n’avait même pas encore rempli son assiette. Certains les suivirent du regard mais personne ne vint les embêter ce jour-là, c’est vrai que cela semblait un peu agacer la jolie jeune femme, pourtant c’était plus drôle qu’autre chose et il était sincèrement tenté, souvent, de la prendre par la taille et de l’embrasser tendrement devant tout le monde, histoire que ces interrogatoires cessent enfin…
Par contre la demoiselle, elle, s’amusa à le taquiner pendant qu’il mangeait ce qui était décidément une entreprise bien risquée quand on le connaissait un minimum.

Pas d’inquiétude, il trouva de quoi se venger… en l’entraînant voir ses dernières créations. En fait il n’y en avait pas de nouvelles puisqu’il se consacrait aujourd’hui à la peinture dans la salle de classe mais comme c’était tout de même un coin fréquenté, ça n’aurait décidément pas été très discret… Surtout vu le temps que la jeune directrice mit pour « admirer » les œuvres… Apparemment, il faisait du très bon travail… mais vu sa tunique légèrement de travers, il mettait peut-être un peu trop de cœur à l’ouvrage. Il lui envoya discrètement un baiser à la volée, suivi d’un clin d’œil, l’air de dire qu’elle n’avait encore rien vu et retourna à des occupations réellement centrées sur l’art.
Etrange comme ils étaient tous les deux très détendus pour leurs activités respectives par la suite… Ah oui… regarder des créations, ça avait du bon… Hem…

Quand ils se retrouvèrent dans l’après-midi, Tristan sortait de la douche, en témoignaient ses cheveux encore humides à l’arrière de son crâne… ceux du dessus, désordonnés comme toujours, retombaient de nouveau, un peu trop longs sur ses yeux. Ses cheveux poussaient drôlement vite quand même mais sans doute était-ce la une spécificité de l’espèce… En fait il ne s’était jamais posé la question, peut-être était-ce juste lui… Après tout, il n’avait pas de barbe contrairement à ses congénères (enfin qui pouvaient la laisser pousser du moins) et ne s’était jamais posé plus que cela de question à ce propos… ça plaisait aux demoiselles et en particulier à la petite blonde qui souriait en lui faisant un signe de la main, que demander de plus ?

Il entra dans l’écurie, la rejoignant, portant son manteau et fermé qui plus est pour une fois. Comme il n’y avait personne, il se pencha sur elle pour l’embrasser avant de s’occuper de son propre cheval et de grimper du même coup, agilement sur sa selle.
Le chemin se passa sans encombres alors qu’ils parlaient de ce qu’ils avaient jusque là et qu’il la taquinait un peu à propos de sa créativité accrue par la visite de la demoiselle…
Ainsi, elle avait médité. Il avait en effet remarqué les progrès qu’elle faisait depuis qu’elle s’y consacrait davantage, même si cela n’avait que peu altéré ses cauchemars. Parfois il regrettait de ne rien lui avoir dit, hésitait… Si elle l’apprenait, lui en voudrait-elle d’avoir gardé le secret ? Rien n’était sûr bien entendu, ils ignoraient ce qui avait bien pu se passer, mais le simple fait qu’il garde le secret pouvait laisser entendre qu’il la soupçonnait alors qu’il souhaitait juste la protéger… Il savait à présent qu’il s’agissait du village qu’elle avait aidé, qu’il n’y avait aucun survivant… Même si ce n’était qu’un minuscule village, l’affaire n’en était pas pour le moins dramatique et grave… Il voulait juste la protéger mais… lui cacher la vérité les avait tous les deux déjà blessés… beaucoup alors qu’elle croyait qu’il l’ignorait, le jeune homme luttant simplement contre des sentiments terribles qu’il craignait de voir ressortir, au risque de la blesser…

La chevauchée se faisait donc dans la bonne humeur et ils arrivèrent bien vite à Glindel. Tristan ne passait pas tout son temps à l’Académie. En fait c’était même très rare qu’il y reste toute la journée tant il avait à faire. Glindel commençait à bien connaitre le grand Drakkari qui aidait régulièrement les commerçants, grands ou petits, en échange de « prix » pour les étudiants, de provisions pour l’Académie et autres récompenses. Oui, l’Académie était un peu devenue sa maison…Du moins tant qu’une petite mage blonde l’habitait.
Ils furent d’ailleurs salués par de nombreux commerçants avec un certain enthousiasme. Le grand Drakkari, si charismatique mais parfois un peu inquiétant c’est bien vrai, n’inspirait plus que de l’amitié, de la confiance et de la gentillesse… C’était une bonne chose. Elle lui apprenait à s’intégrer et cette nouvelle vie, même si elle était loin des activités de batailles et d’aventures qui lui manquaient tant, l’apaisait, lui permettait de croire en lui, bref… lui réapprenait à vivre. C’est vrai… cette petite mage était capable de miracle, même, et peut-être surtout, sans l’aide de sa magie.

Ils allèrent chercher ce qui intéressait la jeune femme, lui portant ses emplettes avec le sourire et la poussant à aller dans différentes boutiques, même si ce n’était que pour voir, histoire qu’elle profite un peu. Elle ne sembla pas comprendre quand il l’incita à entrer dans une bijouterie mais le jeune homme fut très attentif à ses réactions à l’intérieur, même s’il n’en donnait absolument pas l’impression.
Enfin, ils firent une pause, hésitant à aller s’installer dans une taverne. Même si elle ne disait rien, la légère moue de la jeune femme convainquit son compagnon d’opter pour un petit restaurant où sa commande de deux énormes tasses fumantes de chocolat chaud lui valut un regard presque plus amoureux que lorsqu’il était torse nu. Il aurait pu s’en vexer s’il n’avait pas été persuadé qu’elle réagirait ainsi et se contenta de rire, lui donnant les marshmallows de sa propre tasse dont il ne raffolait pas et poussant entre eux la large assiette de biscuits qui les accompagnaient.
Il l’observa. Son expression ravie de petite fille avait tendance, même encore aujourd’hui, à faire s’emballer son cœur et il se rappela non sans une pointe d’appréhension et de panique, qu’il avait bien failli renoncer à tout ceci… Il s’en serait fallu de ci peu… Elle plaisait tant… Et encore plus aujourd’hui alors qu’elle rayonnait de bonheur, de joie de vivre et…s’acceptait, acceptait de croire en elle, en son charme et à l’attirance qu’elle suscitait chez les hommes. D’ailleurs même s’ils étaient loin de la clientèle d’une taverne, du moins basique, le grand jeune homme n’avait pas manqué les regards de convoitise qui s’étaient posés sur la mince silhouette pâle quand il lui avait galamment pris sa cape.
Il croisa les mains devant lui, y posant son menton, en pleine réflexion… d’où elle le tira en l’appelant doucement et en effleurant une de ses mains, ce qui réussissait sans mal à augmenter, juste un peu, mais parfaitement repérable, la température de son corps. Il enlaça aussitôt ses doigts des siens et lui sourit.

- Navré, j’étais dans la lune… On fera ce que tu souhaiteras après oui, bien entendu. Je suis ton dévoué petit ami, prêt à se plier au moindre de tes caprices… Mais si je te le dis tu risques d’en profiter donc chuuut, c’est un secret !
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Cassidy Herediane
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MessageSujet: Re: Le prince charmant oublié : l'amour de fer ou de cristal ?    Ven 13 Sep - 22:43

Elle l’écoutait parler avec animation de son nouveau projet, une salle d’astronomie un peu particulière. Les yeux de la demoiselle s’illuminèrent alors qu’elle hochait activement la tête. En effet c’était une très bonne idée qu’il avait là et elle ne pouvait que l’approuver. Donner à ce château un petit air de neuf n’était pas plus mal et puis cela montrait ainsi l’identité de ces occupants, des apprentis, des partageurs de connaissance. Tout un beau rêve construit tout autour de Cassidy même si au départ, elle n’avait pas eu l’intention de se lancer dans cette aventure. Il fallait croire que les conseils des dieux n’étaient pas si mauvais que ça… Heureux hasard que d’avoir retrouvé Tristan à cet endroit, même si sa mission ne se résume pas qu’à ces retrouvailles.

Si seulement Cassidy l’avait entendu au sujet de ses pensées de dragon… Elle aurait certainement été choquée, vexée, et même encore triste qu’il pense de cette manière. Bien sûr quand on est amoureuse on ne voit que le positif d’une relation, on pense se sentir bien… malgré le malaise que peut ressentir l’autre moitié. Ils étaient doués pour ça, leurs petits secrets. Et quand bien même, était-ce une bonne chose qu’il annonce à la jolie femme qu’il se sentait mieux en dragon ? Elle aurait vite pensé que finalement, un dragon n’à que faire des sentiments, qu’un humain et un dragon, c’est impossible ! Qu’un dragon est une créature majestueuse mais qui ne ressemble en rien du tout à un humanoïde. Etait-ce vraiment ce qu’il voulait ? Mais la jeune femme n’avait pas de quoi se torturer puisqu’il restait plus que discret à ce sujet, sachant très bien à quel point elle était touchée à chaque fois qu’il se transformait.

Il devait bien le voir, cette petite lueur d’inquiétude au fond de ses yeux noisette, et parfois ce très léger mouvement de sa main vers son cœur comme si elle avait ressenti une petite douleur, faisant la moue qui ressemblait à un grimace. Mais elle ne pouvait rien lui dire… Surtout pas ça ! Bon peut-être qu’il ne le prendrait pas si mal que ça… Elle commençait à le connaître, ce n’était pas son genre de partir à toutes jambes et elle le savait très bien. Mais… de toute manière, ce n’était pas un secret si dangereux que ça au final. Inoffensif oui ! Elle n’avait aucune raison de lui en parler puisque cela faisait parti du passé.

Finalement les deux jeunes gens étaient sortis chacun de leur côté, vacant à leurs occupations. Les habitudes s’installaient même si ils trouvaient toujours le moyen de rajouter un peu d’imprévu, pour ne pas paraître trop sage. Et surtout entretenir la flamme, ce qui est très important pour un couple ! Comme ils ne pouvaient pas vraiment manifester leur amour en public, cela passait par des petites actions, gestes, totalement à l’improviste. Un petit sourire en coin par ci, une isolation dans une salle par là et hop ! Comment ravir deux tourtereaux dans leur quotidien ?

L’après midi arriva rapidement et elle se mit à rosir quand il passa pour l’embrasser. Elle était plutôt contente d’aller se dégourdir les jambes pour faire quelques achats, surtout que là avec Tristan, elle pouvait se permettre d’être un peu plus complice avec lui, bien qu’on ne sait jamais avec tous ces élèves qui font des allers et retours. Mais bon elle était plutôt enthousiaste, très loin de se douter que Tristan savait des choses qu’elle ignorait. Mais la jeune femme, tant que ça ne touchait pas Tristan, n’avait aucune raison de vouloir connaître des souvenirs douloureux.

Si il lui disait… elle demanderait très certainement à se faire enfermer. De quoi devenir complètement folle et angoissée à l’idée de pouvoir faire du mal. Du style à entraver sa magie, mal dormir, tourner en rond et sursauter au moindre bruit. Non il valait mieux qu’il garde ce genre de chose pour lui… Tant que lui n’avait rien, c’est tout ce qu’elle désirait. Tant qu’il ne cachait pas un truc qui les concernait tous les deux…

C’est par cet après-midi froid qu’ils arrivèrent à Glindel. La demoiselle parlait de tout et de rien, nouveaux cours, organisation… Bref, beaucoup de travail comme à son habitude ! Elle comprit à la mine de Tristan, qui avait du mal à suivre son rythme, qu’elle devait mieux changer de sujet. Alors Cassidy se mit à parler de ses belles réalisations et le flattait en lui rapportant des paroles d’élèves, satisfaits par ses cours.

Ils arrivèrent en ville et firent le tour des boutiques. La jeune femme cherchait surtout des nouveaux parchemins, plumes et affaires pour gérer son organisation au mieux. Des petites choses comme ça qu’elle devait réapprovisionner. Tristan lui, cherchait plus à la pousser dans des boutiques plus…féminines. Elle le regardait en râlant gentiment, lui disant que le budget de l’académie ne lui permettait pas non plus de se faire plaisir, à part avec les yeux !

Il ne voulait rien entendre et l’emmena dans une boutique de vêtements où elle s’arrêta devant une robe légère et vaporeuse, de couleur violette et dont la fabrication rappelait beaucoup les elfes. Une autre tenue un peu plus cavalière, chemise rouge foncée et pantalon noir assez près du corps. Bien sûr, elle ne fit que regarder sans chercher à acheter.

Puis il l’entraîna dans une bijouterie de la ville et Cassidy prit une mine assez interloquée, se demandant ce qu’il avait derrière la tête. Tout était si cher pour elle, et avec toutes les affaires qu’elle avait besoin pour pouvoir pratiquer sa magie, elle n’avait pas vraiment les moyens de se faire plaisir. La demoiselle s’arrêta devant un beau bracelet un peu spécial. C’était une petite chaîne en argent au bout duquel pendait des petites gemmes dans les tons bleus/violets. Cette couleur était magnifique, le matériel spécial puisque cela rappelait un peu les étoiles qui scintillaient dans le ciel, tout en gardant un côté discret.

Ils arrivèrent alors à un petit restaurant et la tasse de chocolat chaud avec des guimauves était bien appréciable, surtout par ce temps froid. Elle s’amusait à lui piquer les siens et son sourire faisait plaisir à voir. Non c’est vrai, Cassidy ne faisait pas attention aux hommes qui se tournaient vers elle et surtout avec sa mauvaise expérience de la dernière fois, hors de question qu’elle se tourne vers un autre homme ! Enfin bien que se faire draguer ne la dérangeait pas, surtout si ça pouvait rendre un peu jaloux un certain Drakkari mais la petite mage était devenue bien méfiante, prête à crier au complot à la moindre occasion qui se présentait.

« J’ai encore besoin de faire un tour dans une boutique de magie. Tu sais on dirait pas comme ça mais j’utilise quelques trucs assez rapidement. Non un mage ne fait pas que lancer des sorts, parfois il utilise des composants aussi. J’aime beaucoup les cristaux… Y a pas mal de choses qu’on peut faire avec. Ah et passer vite fait à la banque aussi, j’aimerais faire une transaction et… »

Elle fronça les sourcils et le regarda. Il semblait être dans la lune. La jeune femme posa doucement une main sur la sienne.

« Tris’… Ca va ? »

Ah non cette fois c’était lui qui était dans la lune. Elle se mit à rougir en entendant sa réaction et redressa une mèche en baissant timidement la tête.

« Rhooo… t’es sûr que c’est un secret ? On va dire que tu es toujours mon garde du corps. Et puis en même temps… pour un professeur de combat cela te va très bien ce deuxième rôle »

Elle lui tira affectueusement la langue d’un air ravi.

Une fois la petite pause finie, les deux jeunes gens sortirent dans la rue, prenant le chemin des boutiques. Tristan tenait galamment les paquets et achats de Cassidy pendant que celle-ci se contentait de marcher avec lui. Ils passaient dans une petite ruelle qui permettait de déboucher vers les boutiques lorsqu’une voix interpella le petit couple.

- Cassidy ?

La jeune femme fronça les sourcils. Elle ne connaissait pas cette voix. S’arrêtant au milieu de la ruelle, se elle se retourna et dévisagea un homme, vêtu d’une cape qui l’avait appelé. Son visage était découvert et il la fixait, comme si il avait aperçu un fantôme, ou plutôt une revenante.

Tristan le connaissait… cet homme qui avait hébergé Cassidy. Qui lui avait porté secours alors qu’elle s’était foulé une cheville. Celui qu’elle avait apparemment tué alors qu’elle avait sombré dans l’inconscience. Mais il n’avait pas l’air si mort que ça au final. Parfaitement vivant même.
Plus fin que Tristan, ses muscles étaient secs. Pas aussi grand que le Drakkari ni aussi musclé, il avait un de ces airs doux et apaisant, le genre d’homme pas impressionnant et patibulaire. Pas un de ces brigands qui trainaient dans les rues à la recherche d’une victime à dépouiller. Il avait l’air vif, plutôt pas mal garçon et peut-être un petit peu timide. Une coupe assez désordonné de cheveux bruns, les yeux de la même couleur, un humain du centre d’Ascadian très certainement.

Cassidy l’examina sans comprendre, cherchant à se rappeler de cet individu qu’elle n’avait jamais croisé. Et ça la mettait mal à l’aise. Et puis c’était qui cet homme qui les suivait au juste ? Elle se rapprocha très légèrement de Tristan, comme si elle recherchait une sécurité, une protection. Plongeant son regard noisette dans celui rouge vif du Drakkari, seul l’incompréhension se lisait dans les yeux de la jolie jeune femme.

Elle se contenta d’un sourire un peu crispé en répondant à l’inconnu.

« Heu… Pardonnez moi Messire mais il me semble que l’on ne se connaît pas… »

Il avait remarqué ce rapprochement à côté du grand Drakkari. Celui là même qui était venu la secourir dans les bois. Cet homme qui l’accompagnait très régulièrement. Il avait entendu dans la ville qu’il s’agissait de son garde du corps, en plus d’être professeur. Un bel homme qui plaisait aux femmes. Que fichait donc Cassidy avec lui ? Elle qui n’avait jamais cherché d’aide, disposait d’un garde du corps ? Que diable cette demoiselle cachait-elle encore ?

Il resta sur place, ne faisant pas un geste, dans une attitude ouverte et pacifique.

« Mais enfin c’est moi.. Erwan… Erwan Huterive ! Je t’ai envoyé une lettre il y a quelques mois dans ton académie. On s’était rencontré il y avait des années auparavant… Mais je t’ai perdu de vue. Il faut… que je t’explique… Tu te rappelles ? »[/color]

Puis il se tourna vers Tristan et le salua respectueusement également, ne voulant pas offenser son garde du corps après tout qui aurait vite fait de l’éloigner de la petite mage.

[b]- Messire, je vous assure, mes intentions ne sont nullement menaçantes.


Mais Cassidy avait reculé de quelques pas, troublée. Oui elle se rappelait de cette lettre, cet homme qui lui demandait de la rejoindre. Mais il la tutoyait ! Elle ne le connaissait pas du tout ! Et après son aventure avec le Cheistam, la petite mage aux mauvaises expériences craignait qu’on cherche encore à abuser d’elle.

« Je… non désolé Messire mais déjà ne me tutoyez pas et puis… je ne sais pas si c’est une bonne idée. Je ne vous connais pas, vous devez confondre. Au revoir. »

Beaucoup de mauvais scénarios tournaient dans sa tête. La demoiselle était intriguée mais avait aussi très peur. Peur qu’on cherche encore à abuser d’elle, peur qu’on cherche à les séparer avec Tristan. Mais fait étrange son visage était devenu pâle et ses mains un peu tremblantes.

Pourtant elle n’avait pas l’air de connaître cet individu et malgré son air engageant, un brin timide, tout cela ne lui disait rien de bon. Elle jeta un coup d’œil à Tristan. Il avait l’air un peu fermé même si elle pensait qu’il était tout simplement jaloux de cet homme qui cherchait à se rapprocher. Mais était-ce la meilleure façon que d’inventer un passé incertain, jouant sur ses trous de mémoire ?

Cassidy se détourna, faisant signe à Tristan de la suivre. Mais alors qu’elle avançait, la jeune femme pila net, une douleur fulgurante lui assaillit la tête. Elle grimaça, posa une main sur son front et ferma les yeux. Son cœur battait dans sa tête, trop bruyant, trop fort. Une image d’une maisonnée en flammes apparut dans son esprit. Du sang par terre et une lame sur le plancher.

La demoiselle se mit à tituber et perdit connaissance, sans avoir le temps de sortir le moindre son de sa bouche. Elle fut rattrapée par Tristan et la suite, elle ne la connaissait pas.

Erwan les avait rattrapés et s’approcha d’elle, très inquiet, pour savoir si tout allait bien.

- Cassy ![b]

Le Drakkari n’avait pas l’air très commode et refusait qu’il s’approche plus. Erwan, étant très proche de toutes les créatures, reconnaissait ce genre de regard pouvant être interprété comme un animal protecteur qui défendait son petit. Il resta un peu en retrait et leva les mains très doucement, en signe de soumission.

[b]- Messire, sans vouloir m’imposer, je pense que Cassidy a besoin d’être allongée… Je ne sais pas si cela est bon pour elle de rester dans la rue passante dans cet état aux yeux de tous. J’ai loué une petite maisonnée pas loin d’ici et vous pourrez la surveiller loin des regards indiscrets. Non ne vous inquiétez pas, je n’ai pas l’intention de vous faire du mal à vous… et encore moins à elle…


Tristan avait une longueur d’avance puisqu’il savait déjà, grâce aux souvenirs de Cassidy, qui il était. Et le regard tout à fait sincère du jeune homme, dénué de scrupules, ne pouvait que l’encourager à accepter son aide. Il avait regardé la jeune femme comme quelqu’un qui venait de retrouver une personne très importante à ses yeux. Le poing légèrement serré et tremblant comme si il craignait que le Drakkari refuse son aide et emporte la jolie dame avec lui.

Cela le surprit également de ne pas voir de décharges électriques, lui qui était tellement habitué à voir une Cassidy électrique même quand elle dormait. Elle n’aurait quand même pas changé à ce point là ?
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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: Le prince charmant oublié : l'amour de fer ou de cristal ?    Sam 14 Sep - 19:14

Avait-elle peur de lui ? Ou trouvait-elle simplement ceci anormal ?
Parfois il se posait la question quand il se réveillait dans la nuit et l’observait endormie tout contre lui. Elle ne lui disait rien par rapport à cette transformation, mais il savait parfaitement qu’elle trouvait cela étrange, hors norme… et probablement dangereux. Son aventure avec ce dragon corrompu, qui aurait pu lui coûter la vie, l’avait sans doute profondément marquée, bien plus que ce que, rassurante, attentive, attentionnée, elle ne lui avouait. Il avait vu son fin visage pâlir quand elle avait aperçu les traces laissées par ses griffes acérées dans les sous-sols, lorsqu’il s’y était enfermé pendant leur séparation. Il ne lui avait pas plus que cela expliqué son geste, se contentant de dire que c’était par mesure de précaution, comme l’espace était suffisant puisqu’elle n’était pas là pour le réduire. Ce n’était malheureusement qu’une petite partie de la vérité.
Quand il s’était transformé, alors qu’ils n’étaient plus ensemble, il s’était senti si fort alors même qu’il était encore si faible, maladroit et incapable de voler, qu’il aurait probablement risqué le tout pour le tout, quitte à bouffer le sale type qui était derrière toute cette histoire. Il aurait immanquablement perdu et probablement, les évènements ne se seraient-ils pas aussi miraculeusement enchainés que ce qui avait suivi… Toutes ses émotions lui semblaient étonnamment amplifiées. Alors la colère, la jalousie, certes… mais pas que… Il y avait aussi le désir… Tellement… Et décidément, se jeter sur sa compagne sous cette forme-là risquait bien davantage de lui faire avoir une crise cardiaque que de la rassurer sur ses sentiments.

Tout était différent depuis qu’ils étaient de nouveau ensemble. Il était calme et plus encore même si elle ne disait rien, le tatouage qui les liait encore inexorablement l’un à l’autre le faisait rapetisser sans même qu’elle n’ait à formuler un sort. Il commençait à s’y habituer d’ailleurs, même s’il en était frustré et étourdi. Et puis c’est ainsi qu’il avait pu commencer à agiter ses ailes jusqu’alors inutiles et qu’il avait commencé à voleter dans la chambre de la demoiselle… se cognant à peu près à tout et n’importe quoi, mais ravi de la sensation qu’il éprouvait. Tout ce corps de dragon était fait pour cela : voler.

Mais elle ne l’aimait pas ainsi… Et elle avait raison. Cela s’apparentait tellement à une maladie, pour ne pas dire une malédiction qu’il y avait de quoi s’inquiéter.
Quelle serait la prochaine étape ? Il perdrait ses sentiments humains ? Deviendrait une bête assoiffée de liberté ? S’envolerait loin d’elle ? Dédaigneux de ce monde d’humanoïdes ? Cruelle fin en somme pour eux deux.
Aurait-elle dû lui dire qu’elle avait peur ? Qu’elle n’aimait pas le voir ainsi ? Qu’elle le craignait un peu ? Certainement pas…Du moins y avait-il les mêmes risques que s’il lui avouait ce qu’il avait appris sur ce village. Elle chercherait à briser sa magie et à s’enfermer ? Il s’éloignerait probablement pour ne plus l’effrayer. Au final, ils accordaient bien trop d’importance à leurs défauts et faiblesses, au risque de se faire détruire par ceux-ci. Inutile d’y songer…

La journée était passée très vite, l’après-midi semblait s’annoncer amusant. Un baiser et ils étaient dans tous leurs états, chacun de leur côté, persuadé de ne pas provoquer autant d’émois chez l’autre et chacun ayant tout à fait tort sur ce point.
Cassidy parla pendant le trajet. Comme toujours lorsqu’elle s’emballait sur un sujet, elle parlait à une vitesse tout à fait impressionnante et utilisait moult mimiques marquant ses sentiments par rapport à ce qu’elle disait et le plus improbable, sans perdre de son élocution. La demoiselle pouvait ainsi s’avérer bavarde, mais jamais ennuyeuse, d’ailleurs il l’écoutait mais grimaçait légèrement. Outre la vitesse de ses articulations, la jeune mage avait tendance à partir dans les aigus et comme souvent peu avant une transformation, ses sens s’aiguisaient, aussi en souffrait-il légèrement, mais ne pensait pas le montrer suffisamment pour qu’elle le remarque. Sauf qu’elle connaissait son visage par cœur, probablement mieux que lui-même et elle savait saisir la moindre différence dans ses traits. Aussi avait-elle rapidement changé de sujet et surtout de débit. Il fut surpris qu’elle parle de lui, un peu piqué qu’elle pense pouvoir lui faire changer de sentiment en le flattant, mais néanmoins, à sa propre surprise, il fut ravi de ses paroles. Ah… Il était vraiment faible. Etrange… Les flatteries ne l’avaient jamais plus que cela marqué jusqu’alors et pourtant il en avait reçu… avant.

Cassidy s’intéressait bien évidemment, et ça n’avait rien de surprenant, avant tout à du matériel pratique et nécessaire à sa fonction de directrice mais aussi et surtout de mage. De toute façon, entre une jolie robe et un grimoire, le choix de la demoiselle serait toujours très vite fait. Pourtant, Tristan insistait pour qu’elle aille aussi voir… autre chose… A savoir des boutiques qui ne traiteraient ni de matériel administratif, ni de magie… C’est qu’il avait une idée en tête, une idée qui avait dû être confirmé par une petite lettre reçue la veille qu’il s’était empressé de cacher à la demoiselle. Il prit note mentalement de tous ses intérêts, se contentant de la suivre.
L’excuse de la bijouterie fut parce qu’il voulait demander quelque chose par rapport à sa chevalière, qu’il récupéra d’ailleurs du collier de la jeune femme, ne manquant pas son petit tic nerveux de toucher sa chaine un peu dénudée du coup. Il alla s’adresser à l’orfèvre mais suivit du coin de l’œil les moindres déplacements de la jeune femme… Jeune femme qui ne sembla pas remarquer le discret échange entre son compagnon et l’orfèvre lorsqu’elle s’arrêta devant un bijou… particulier. Finalement ils ressortirent quand il remit sa chevalière à la chaine de la demoiselle.

- C’est bon… Je voulais juste lui demander s’il avait déjà vu ce sigle ou pas, comme un dessin n’avait pas suffi. Il pensait connaitre mais en fait non… Tant pis.  Allez viens, tu grelottes, on va aller prendre quelque chose pour te réchauffer…

Le restaurant était le bienvenue en effet et les tasses fumantes et improbables vu leur taille, de chocolat chaud, d’autant plus. Cassidy semblait se régaler, ce qui ravissait bien sûr son compagnon qui l’écoutait bien distraitement il est vrai. Il s’était excusé mais elle rougissait légèrement, parlant de son excuse… garde du corps. C’est vrai, il avait tendance à oublier ce rôle qu’il s’était attribué bien vite pour expliquer sa constante présence auprès de la jolie mage. Pour beaucoup, ce n’était que ça, pour d’autres, plus romantiques, ou pervers, il y avait ça… et la probable, voire certaine, aventure entre la belle mage et son séduisant garde du corps… Bah… ça mettait un peu de piment dans les conversations après tout !

Finalement, ils partaient vers une boutique de magie et il s’attendait parfaitement à y rester bien plus longtemps que ce qu’elle prétendait (surtout si elle trouvait des livres intéressants à feuilleter) lorsqu’une voix interpella la jeune femme. Ils s’arrêtèrent tous les deux du même mouvement, les paquets de la demoiselle venant légèrement taper les flancs de leur porteur lorsqu’il se raidit, prêt à intervenir. Après tout, qui, ici appellerait la jeune femme par son prénom ?
Ils se trouvaient dans une ruelle et en se retournant, ils virent un jeune homme qui devait avoir leur âge, charmant, plutôt beau garçon, à l’air doux, gentil malgré les muscles fins qui s’entrapercevaient sous sa cape et sa tunique. Brun, un peu timide sans doute, il posait un regard plein de surprise mais aussi d’un émerveillement à peine dissimulé sur la jeune femme.

Tristan le reconnut aussitôt. Il oubliait rarement un visage, n’en déplaise à ces demoiselles ! Et celui-ci l’avait bien assez marqué. Une fois, les souvenirs de sa douce compagne lui avaient montré un « crime » qu’elle avait intenté contre sa volonté, quand elle était… dévorée par quelque chose de sombre, d’inexplicable. On lui avait retiré tous ses souvenirs concernant ce garçon, donc elle ne savait probablement pas qui il était mais lui, n’était pas mort et ne l’avait certainement pas oubliée ! Elle n’était pas de ceux que l’on peut facilement oublier de toute manière.
Il s’était raidi, pris d’un sentiment fugace de danger, d’incertitudes. Néanmoins, il s’apaisa un peu quand elle se rapprocha de lui et échangea un regard d’incompréhension avec lui. Ouf… elle n’allait pas s’enfuir avec le bel inconnu !
La demoiselle s’expliquait, mais il ne sembla pas s’en contenter, parlant d’une lettre. Tristan se crispa de nouveau, ses muscles ne se relâchant pas, même lorsque le dénommé Erwan s’adressa à lui.

Elle avait reculé… Tristan aurait bien affirmé qu’il ressentait ses émotions grâce au tatouage, mais il n’y avait pas que ça. Son odeur avait changé, imperceptiblement et aujourd’hui, il pouvait en repérer la moindre variation. Instinctivement, il se déplaça d’un pas, se plaçant un peu plus devant elle, surveillant l’homme qui leur parlait, prêt à intervenir au moindre signe d’agressivité, et ce même s’il affirmait être bien intentionné !
Elle était bizarre. Elle n’avait pas que peur. Sa peau pâle, son corps légèrement tremblant… était-ce le froid ? Une vive tension dans ses muscles rappela Tristan à l’ordre. Le désarroi de sa compagne le mettait dans une vive colère et il avait une envie terrible de la laisser éclater et de s’en venger sur ce freluquet qui osait s’imposer ainsi devant la jeune femme !!!

Elle s’était détournée, il l’imita sans quitter tout de suite des yeux leur interlocuteur. S’il se retourna vivement vers elle, c’est parce qu’il perçut, de manière infime, sa migraine et il se retourna juste à temps pour la rattraper. Bien sûr, elle avait eu des visions, des visions du passé, brisant un sort pourtant exceptionnel, mais ça n’avait duré qu’une fraction de seconde et il la soutenait à présent, inconsciente, pâle, un genou au sol alors qu’elle était contre lui, la tête renversée en arrière.
Son cri, de surprise et de détresse, fut couvert par celui de l’inconnu pas si inconnu, fantôme du passé qui s’approchait déjà. Et il était trop proche.
Tristan se hérissa aussitôt, montrant les crocs. Enfin intérieurement… Hérissé ? Pourquoi hérissé ? Dans son esprit, il avait pressenti cette impression, comme si ses écailles se redressaient, tranchantes, dangereuses, efficace armure… Mais il n’avait pas d’écaille, il était un Drakkari, pas un dragon. Et il n’avait pas montré les crocs, heureusement…

Le jeune homme avait juste redressé brusquement la tête, fixant ses yeux orangés sur cet Erwan comme s’il allait l’attaquer si celui-ci s’avançait ne serait-ce qu’un tout petit peu plus. Heureusement le garçon était intelligent et attentif, il s’arrêta, montrant qu’il ne voulait aucun mal à la jeune femme, au contraire. Il s’expliquait bien et avait d’excellents arguments même s’il tremblait et semblait un peu trop inquiet. Tristan, même s’il n’avait jalousement, pas du tout envie qu’un autre s’approche de sa compagne, savait que ce garçon ne représentait aucun danger. Il avait vu le regard qu’il lançait à la jeune Cassidy et celui qu’il commençait déjà à retrouver en étant près d’elle. Il avait plus que probablement un gros faible pour la jeune femme et c’était d’autant plus compréhensible aujourd’hui, alors qu’elle était devenue si belle, si charismatique, si rayonnante et en ce moment-même si… dans les vapes ! Ce gars-là ne représentait pas le moindre danger pour la jeune femme, bien au contraire… Néanmoins, ses paroles lui avaient tiré un haussement de sourcil et sous l’inquiétude, ses émotions accrues, il avait failli lui répliquer sèchement qu’il ne pourrait pas lui faire grand-mal à lui… même s’il le voulait !
Apparemment, il craignait vraiment que le grand Drakkari rejette sa demande et Tristan donna peut-être cette impression de refus alors qu’il avait déjà arrêté son choix. Cassidy n’était pas transportable, elle avait besoin de se reposer, au chaud et loin des regards qui pourraient faire monter d’étranges rumeurs.

Toujours un genou au sol, il releva brusquement un bras, tendant les paquets de la jeune femme, qui n’étaient pas bien lourds, à ce fantôme revenu d’entre les morts, marmonnant de « prendre ceci, qu’il s’occupait de la jeune femme ». L’instant d’après, il se redressait, carrant ses épaules sous sa veste, nullement gêné par le poids plume de la jeune femme et c’est vrai, jouant un peu les gros bras pour le coup, comme s’il cherchait à dire qu’il était fort, protecteur, comme s’il cherchait à se justifier, impressionner… Il se trouva bête d’agir ainsi alors qu’il était si inquiet pour elle, même si ce genre de réaction de la part de la jeune femme ne le surprenait plus que très peu… Sa magie… faisait partie d’elle, totalement et elle pouvait énormément influer sur son corps en fonction de ses émotions. Même si elle avait oublié… il supposait que quelque chose, dans ces retrouvailles, avait provoqué chez elle une prise de conscience quelconque responsable de son évanouissement. Oui, Tristan pouvait être extrêmement logique et intelligent… sauf en ce qui concernait les sentiments que lui portait la jolie mage, là, il n’y avait guère pire aveugle !

Voilà…
Il avait emboité le pas du jeune homme, le suivant rapidement et ils avaient évité regards et questions indiscrètes. Déjà, ils étaient dans la maisonnée d’Erwan et Cassidy était allongée sur le lit. Tristan suréleva légèrement sa tête et ses jambes, observant son teint pâle en se convainquant que ce ne pouvait être une hypoglycémie puisqu’elle venait de manger. Sa précédente théorie tenait la route, même s’il ne l’aimait que peu. Et si elle se rappelait ? Qu’elle avait des sentiments pour ce garçon… Il se crispa, si peu sûr de plaire à la jeune femme malgré tout ce qu’ils avaient pu vivre et vivaient au jour le jour. Erwan était resté planté sur place à un moment, pendant que Tristan agissait rapidement, ôtant sa veste pour la poser sur le corps mince de sa compagne, effleurant ses joues, il les trouva fraiches mais pas froides, sans doute à cause de l’air frais, rien d’inquiétant donc.
Erwan était revenu… avec un bac d’eau et une compresse. Apparemment, il comptait prodiguer ce « soin » à la jeune femme, s’avançant mais Tristan le devança, lui enlevant le tout des mains sans un mot, sans le laisser donc s’approcher davantage, ou du moins donnant la très singulière impression de faire barrière de son corps.

Le Drakkari restait silencieux et leur hôte avait contourné le lit, observant la jeune femme. Il s’était rapproché progressivement, surveillant du coin de l’œil le « garde du corps » occupé à humidifier le front de la demoiselle, comme s’il s’attendait à tout moment à le voir lui sauter à la gorge. Il essayait de faire la conversation… essayer… Apparemment il assurait que ce n’était pas un stratagème quelconque pour séduire la jeune femme, qu’il la connaissait vraiment, qu’il savait ne pas se tromper, qu’elle avait dû oublier mais que ce n’était rien, qu’il l’avait connue il y a de cela plusieurs années après tout. Tristan donnait à peine l’impression de l’écouter.
Pour l’heure, il était en pleine lutte intérieure. Ses instincts s’exprimaient de nouveau, bestiaux, voyant cet Erwan comme un danger, une menace, pas directement tournée vers Drakkari… plutôt comme un mâle rival, convoitant la même femelle. Penser ainsi de la belle mage tira une grimace à son compagnon qui s’ébroua pour dissiper son malaise. Elle allait se réveiller, aller mieux… peu importe ce dont elle se souviendrait ! Il serait là pour elle !!!!

- Hum… bah euh… Sinon… euh… c’est quoi…votre nom messire ? Vous semblez proche d’elle et donc… je me demandais, parce qu’elle a… avait tendance à ne pas trop apprécier les contacts avec les hommes, donc…

Il rêvait… Il était en train d’essayer de faire ami-ami. Tristan sentit sa mâchoire se crisper mais il respira profondément et se redressa un peu, se doutant qu’à force de rester penché ainsi sur la jeune femme, il devait donner une drôle d’impression. Bah après tout, ce garçon pouvait bien penser qu’il était amoureux de la jolie directrice, ça ne serait en rien surprenant et puis… c’était vrai.

- Je m’appelle Tristan. Je suis son garde du corps, je la protège, voilà tout.


Encore cette excuse toute prête… Pourtant, il aurait bien eu envie d’attraper ce gars par le col de sa tunique, même s’il n’était en rien un gringalet vu sa carrure et de lui dire bien en face, en montrant les crocs (encore cette histoire de crocs, décidément…) qu’elle était sa petite amie alors il avait bien le droit d’être proche d’elle ! Lui ferait mieux de ne pas trop s’approcher s’il tenait à ses mains !!!

Mais bien sûr, il n’en avait rien dit. Néanmoins, ce qu’il disait semblait surprendre, interpeller et même sacrément intéresser son interlocuteur qui le prit comme une invitation à papoter. Ah… en fait, il comprenait pourquoi Cassy l’avait apprécié… Il était aussi bavard qu’elle et même probablement plus !
Pourtant, ce qu’il dit cette fois, intéressa le jeune homme. Apparemment elle avait fait un rêve, elle l’avait appelé… Lui ! Tristan ! Quand était-ce au juste ? Pris d’un léger espoir, sentiment assez égoïste, il se plut à croire que c’était après leur « aventure » si brève. Peut-être qu’au fond, elle se souvenait de lui… un peu… ou était-ce avant ? Avant de le revoir… Aurait-elle anticipé ? Avant… ou après… Elle pensait à lui. Ca lui faisait bizarre, ça le rendait heureux, encore plus de savoir qu’elle avait électrifié un autre qui aurait cherché à la toucher ! Même innocemment. Il baissa la tête, faisant un imperceptible sourire à la jeune femme en caressant doucement une de ses mains… Erwan le voyait probablement faire mais il se fichait pas mal de la manière dont il interpréterait ses gestes. Cassidy était avec lui à présent, A lui… il ne la laisserait à personne d’autre, pas même s’ils avaient un passé en commun !

L’autre parlait encore… Ca ne l’agaçait pas tant que ça, même si ses sens étaient sensibles mais il espérait voir sa compagne se réveiller sous peu quand même. Ses comas dus à la magie ne lui plaisaient jamais et puis… il n’aimait pas tellement la magie lui, pas après ce qui s’était passé quelques années plus tôt. Mais s’il lui confiait… que penserait-elle ?

- Je me suis toujours demandé qui était ce Tristan ! Elle semblait beaucoup tenir à lui en tous les cas !
- C’est un nom répandu…


C’était complètement faux par contre, ce n’était que peu répandu comme nom justement. D’ailleurs le jeune homme n’avait encore croisé personne qui portât le même nom que lui mais un petit mensonge valait mieux qu’une longue explication. Il ne savait pas ce que Cassidy voulait faire par rapport à cet homme. Si elle souhaitait lui confier leur relation, elle le ferait, mais ce n’était pas son passé, ce n’était donc pas à lui de choisir pour elle.
Ahhhh ! Il parlait encore ! Il se demandait pourquoi elle avait besoin d’un garde du corps alors qu’elle était si débrouillarde, Tristan choisit d’ignorer sa question. Par contre quand il commença à le conseiller, ses muscles se tendirent.

- Euh… Il faudrait peut-être demander de l’aide à quelqu’un non ? Un guérisseur peut-être ! Il y en a un pas très loin… Ca lui arrive souvent ? Ou alors lui donner quelque chose à manger ? Elle ne fait pas une hypoglycémie ou quelque chose comme ça ? Ou alors c’est dû à sa magie ?

Là Tristan se crispa carrément et pas qu’un peu même. Sa magie… Il était au courant pour sa magie… Ah mais non, il pensait au fait qu’elle en faisait même en dormant voilà tout. Il se rassura un peu, surpris de réagir si vite et si excessivement. Il devait cacher le secret de la jeune femme, cacher l’instabilité de sa magie, il ne savait pas comment une personne extérieure y réagirait et il ne voulait pas que la jeune femme risque quoi que ce soit.

- Ca va ! Enfin… je veux dire qu’elle va bien… C’est juste un malaise, ça va aller, elle doit juste être fatiguée… Elle va bien… Et puis pourquoi sa magie serait-elle responsable de ça ?!


Aie ! Il devenait agressif et maladroit… En même temps c’était son gros point faible la magie et il ne savait trop comment… faire, se débrouiller… S’il s’était agi d’accusation à son encontre il aurait réagi soit par la violence, soit par le dédain, mais dès que quelque chose concernait Cassidy, eh bien il faisait n’importe quoi, comme toujours, voilà tout. Apparemment, Erwan n’avait pas l’intention de se démonter et soutenait le regard du grand Drakkari. Heureusement consciemment ou non, la petite mage les interrompit par un gémissement et Tristan baissa aussitôt les yeux sur elle, l’appelant doucement, un peu trop d’inquiétude pour un simple garde du corps dans la voix, ne sachant si elle s’éveillait ou s’il s’agissait d’une réaction dans son semi-sommeil…

- Cassy...
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Cassidy Herediane
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MessageSujet: Re: Le prince charmant oublié : l'amour de fer ou de cristal ?    Dim 15 Sep - 17:35

C’est vrai, elle était surprise qu’il récupère sa chevalière dans la bijouterie. La jeune femme se rendit compte à quel point elle avait pris l’habitude de la prendre dans sa main, geste rassurant qui lui rappelait tant de souvenirs. Elle s’était arrêtée sur un joli bijou et avait suivi de loin l’échange entre les deux hommes. Tristan lui expliqua rapidement la raison de sa venue et elle se sentit un peu rassurée, allez savoir pourquoi.

Ils en avaient ensuite profiter pour aller manger dans un beau petit restaurant convivial et la jeune femme semblait s’amuser. Elle retrouvait un peu de vie quand elle était avec Tristan, loin de toute cette administration, paperasses et autres choses qui pouvaient la rendre folle.
Mais alors qu’ils étaient sur le chemin d’une autre boutique, un étrange évènement se produisit.

Cassidy elle, ne comprenait absolument rien et jetait des regards à Tristan, se demandant si il savait ce qu’elle avait oublié, si il pouvait un peu l’éclairer. Apparemment pas vraiment. Cet individu la mettait mal à l’aise et la seule chose qu’elle désirait, c’était de mettre de la distance. Elle l’avait compris, la jeune mage attirait toujours des gars louches, trop bien attentionnés pour être ce qu’ils prétendaient.

Cependant, elle fut bien vite arrêtée et tomba dans les pommes, des images ressurgissant dans sa tête et se sentit à peine fléchir les jambes avant d’être retenue par un bras. Mais le reste elle n’en savait rien.

Erwan cherchait à bien faire, et malgré l’attitude du Drakkari, qui donnait plus l’impression de l’attaquer au moindre mouvement, il chercha à expliquer que pour le moment, la jeune femme avait besoin d’être mise à l’abri et que seule sa santé comptait pour le moment et que même si il était un étranger, il ne voulait qu’aider. Mais avec les temps qui courent, difficile de faire confiance au premier venu et il le savait bien. D’autant plus que les Drakkaris sont réputés pour foncer dans le tas, et ne pas réfléchir mais alors vraiment pas. Etrangement lorsque cela considérait la petite mage, le Drakkari prenait le temps d’évaluer la situation.

Finalement il le suivit et ils arrivèrent rapidement à une petite maisonnée très simple, au bout d’une ruelle. Le strict minimum était entreposé dans les pièces, comme si le locataire n’avait pas l’intention de s’y installer définitivement. Sur une chaise reposait un arc et un carquois rempli de flèches. Il y avait également quelques affaires diverses, surtout des instruments utilisés par des chasseurs, quelques potions et parchemins qui trainaient.

La chambre se trouvait au bout du couloir et Tristan déposa la petite mage sur le lit. Erwan disparut, et revint avec de quoi s’occuper de la jeune femme mais Tristan avait tout pris, assez brusquement, comme si il refusait de le laisser approcher plus. Ok… le message était bien reçu. Drôle de comportement pour un garde du corps. C’est vrai il pouvait tout à fait penser qu’il en pinçait un peu pour la jeune femme et c’était tout à fait normal.

Erwan l’examinait, il y avait quelque chose qui avait changé chez elle, qu’il n’avait pas connu avant. Son visage paisible comme si elle s’était débarrassée de quelques démons, le soin qu’elle prenait pour se mettre un peu plus en valeur bien qu’elle était vêtue d’une cape. Sa gorge se serra. La jeune femme lui avait manqué bien plus que ce qu’il pouvait penser. Mais apprendre qu’elle ne se rappelait plus de lui, c’était assez bizarre. Enfin, il se doutait bien qu’il s’était passé quelque chose ce soir là où elle n’était pas normale du tout. Et que c’était très certainement un effet secondaire.

Ils étaient restés silencieux un moment jusqu’à ce qu’Erwan brise le silence.

- Je suis désolé…

Le jeune homme soupira un instant. Il sentait la tension dans l’air et si Tristan semblait apaisé en s’occupant de Cassidy, cela ne l’empêchait pas de jeter des coups d’œil pour bien vérifier qu’Erwan gardait une certaine distance. Bon… pas très bavard le Drakkari…

- Je vous assure que je ne vous veux aucun mal. Bon ce n’est pas facile à croire, surtout dans ce monde là mais c’est la vérité. J’ai rencontré Cassidy il y a des années en arrière, enfin quelques années pour être plus précis. Elle a toujours été très discrète donc… son départ m’a semblé normal et je pensais… que j’avais failli. Mais à ce qu’elle perde la mémoire… pas vraiment. Enfin… Ce n’est pas grave, je voulais juste m’assurer… qu’elle allait bien.[b]

Aucune réaction de la part du Drakkari, qui apparemment n’en avait rien à faire de lui. Erwan se racla discrètement la gorge. Il lui demanda son prénom, c’est vrai, parce que Cassidy, de ce qu’il connaissait d’elle, avait peur des hommes. Il l’avait assez bien remarqué quand il lui avait porté secours. Toujours en train de l’éviter, de chercher à fuir, même en étant malade elle était capable de s’enfuir comme un petit faon qu’on effraye. Le Drakkari déclina son identité et le visage d’Erwan s’éclaira un peu.

[b]- Tristan ? C’est…


Il plaça une main sous son menton, cherchant dans ses souvenirs où il avait entendu ce prénom. Et ça lui revint assez rapidement.

- Un soir, Cassidy avait appelé un Tristan… Elle pleurait beaucoup comme si on lui avait arraché quelqu’un de très cher. Comme si cette personne était morte… J’ai essayé de la consoler mais je pense que vous êtes bien placé pour le savoir, elle ne se laisse pas approcher aussi facilement. Et à peine je voulais la prendre contre moi pour qu’elle se calme, sa magie agissait et me repoussait un peu partout dans la pièce. Je pense que j’ai beaucoup insisté cette fois là. Et puis elle a fini par se calmer…

Erwan était un peu mal à l’aise et se demandait pourquoi il parlait de ça mais peut-être que c’était CE Tristan.

- Le lendemain, elle m’a demandé d’où venaient tous ces bleus que j’avais un peu partout. Je lui ai répondu qu’un ours malade m’avait donné des coups quand je le soignais. Je ne pense pas que c’était une bonne chose que je lui demande qui était cet homme pour lequel elle pleurait. Mais une chose est sûre, après ce soir là, j’ai tout fait pour l’occuper suffisamment afin qu’elle ne soit plus… triste.

Tristan avait un peu plus attentif, bien qu’il certifia que ce prénom était très répandu. Mais c’était un sacré hasard quand même que ce même Tristan soit aussi inquiet et proche de la petite mage. Erwan avait des doutes mais il préféra ne rien laisser paraître et enchaîna sur l’état de Cassidy, si c’était normal. Après tout, il savait que sa magie avait toujours été un peu bizarre, cela ne l’étonnait qu’à moitié.

Le Drakkari s’emballa et parlait brusquement. Sortant une excuse rapidement mais qui ne convainquit pas Erwan pour autant. Cependant la petite mage avait poussé un gémissement et tourna la tête, reprenant connaissance. Tristan ignora Erwan et se précipita sur Cassidy et celui-ci avait apparemment eu la même idée puisqu’il se rapprochait avec pour instinct de prendre son poignet et vérifier son pouls. Juste ça, rien de plus. Et puis il s’attendait quand même à recevoir une décharge. Enfin il avait fini par s’y habituer avec le temps.

Mais ce geste ne plut pas du tout à Tristan qui se redressa de toute sa hauteur pour contourner le lit, très rapidement, près à en découdre avec l’intrus. Une action des plus exagérées et imprévisible. Erwan écarquilla les yeux et recula rapidement avant que le poing de Tristan ne s’abatte sur lui.

-Bon sang, calmez…

Il l’avait reconnu ce regard, ce regard qui donnait l’impression de vouloir mettre son adversaire hors d’état de nuire, peut-être même chercher à l’assommer. Ni une, ni deux, le jeune homme avait plongé sa main sur sa ceinture et en retira une fine aiguille qu’il planta dans le poignet à Tristan avant que la main ne s’abatte de nouveau sur lui. Sur le coup il avait été très rapide, mais ayant l’habitude de plus « gros » animaux, Erwan avait acquis des réflexes qui lui avait sauvé la vie plus d’une fois. Il retira aussi rapidement l’aiguille du poignet qu’il l’avait planté et posa sa paume contre la plaie pour compresser le sang susceptible de couler.

- Désolé mais vous ne m’avez pas laissé le choix là…

Il avait injecté à Tristan une mixture pour le calmer, engourdir ses muscles et l’empêcher d’agir. Alors que Tristan commençait à fléchir, Erwan le contourna pour ramener la chaise la plus proche et l’installa dessus. Puis il partit chercher une compresse pour lui bander son poignet.

- C’est juste un truc qui va vous affaiblir pendant un petit moment… le temps que vous vous calmiez. Je l’utilise généralement sur les créatures qui ont des résistances à ce type de chose, la dose est suffisamment élevée pour vous contraindre à rester tranquille. Mais ce n’est pas un poison, d’ici une heure, vous pourrez bouger à nouveau…

Il fit une pause avant de rajouter.

- Vous êtes un peu nerveux pour être garde du corps quand même…

C’est ce moment que choisi Cassidy pour pousser un cri et sortir en trois secondes du lit, se précipitant vers Tristan. Bien sûr, elle avait vu toute la scène des yeux, le début de bagarre, mais elle continuait de s’inquiéter pour le Drakkari, oubliant Erwan à côté. La demoiselle lui prit la main.

« Tris’… Tris’… Tu vas bien ? Qu’est-ce qui… pourquoi… »

La jeune femme ne trouvait pas ses mots et se passa une main sur la tête.

- Si je ne l’avais pas arrêté, je ne sais pas ce qui se serait passé. Je ne suis pas du genre à attaquer mais il faut que je me défende un peu quand même.

Cassidy se retourna brusquement et apparemment, ses souvenirs n’étaient toujours pas revenus.

« Mais enfin vous êtes qui ? Et pourquoi… »

Elle était aussi gênée de voir Tristan prendre un comportement plus que déplacé quand même. Après tout, ils étaient dans une maison à l’écart et c’était plutôt sympa de sa part de les avoir aider.

- Juste Erwan… Il faudrait que je t’explique tout depuis le début mais je ne suis pas un psychopathe, je ne t’ai jamais fait de mal quand je t’hébergeais.

« Dans ce cas pourquoi je ne me rappelle pas ? »

- Je n’ai pas plus d’idée que toi Cassidy, je pensais que tu arriverais à m’expliquer ce qui s’est passé, pourquoi tu es partie sans… rien dire. Enfin… peut-être que c’est mieux pour toi que tu ne te rappelle pas de ça…

« Heiiiiiiiiiiiiin ? »

Elle se retourna vers Tristan, l’envie de partir tout de suite était grande. Mais celui-ci ne pouvait pas bouger, pour son grand malheur. La jeune femme garda la main du Drakkari dans la sienne et soupira en baissant la tête.

« On pourrait partir maintenant mais je n’ai pas vraiment envie de t’humilier en te transportant dans les airs devant tout le monde… Dès que tu pourras bouger on y va. »

Puis elle prit une chaise et s’assit à côté de Tristan les bras croisés, devenant muette. Erwan semblait mal à l’aise et s’assit un peu plus loin sur son lit. Quelques minutes passèrent quand Cassidy décida de prendre la parole.

« Que savez-vous sur moi ? »

- Quelques petits trucs par ci par là que j’ai eu l’occasion de voir quand tu étais chez moi… Tu adores les biscuits au chocolat… tu léchais toujours ta cuillère en tournant ton café ou ton chocolat le matin… tu aimais bien te laver avec un gel lilas… tu lisais souvent des livres d’un auteur… Gontran Fizgarld, ça parlait de théorie magique. Tu aimais t’installer près d’un arbre pour lire généralement et tu n’aimais pas quand je venais te déranger. Tu m’as toujours repoussé avec ta magie mais tu n’as jamais compris pourquoi. Tu as toujours eu très peur des hommes et n’accorde pas ta confiance à n’importe qui…

Les yeux de la jeune femme s’écarquillèrent en l’entendant parler de ces petites choses comme si c’était tout simplement naturel pour lui, comme si il les avait vécu.

« Un instant… on était ensemble ou… ? »

Pauvre Tristan à côté qui entendant tout ? Erwan jeta un regard au Drakkari. Il serait si simple de mentir rien que pour voir sa réaction. Mais ce n’était pas le genre du jeune homme qui avait toujours été droit et honnête. Il secoua légèrement la tête, un peu embarrassé.

- Heu… non… tu vivais chez moi parce que tu n’avais pas vraiment envie de bouger mais on savait bien qu’un jour ou l’autre tu serais repartie… tu parlais souvent d’aventures et de voyages alors que moi, j’aspire à une petite vie tranquille…

La jeune femme croisa les bras et semblait un peu soulagée.

« Ca ne vous a pas empêché de me chercher là ?

-Je… je voulais juste m’assurer que tu allais bien et surtout espérer avoir des réponses. Tu es partie un peu rapidement sans me donner de raison alors…

Cassidy était troublée. Elle ne comprenait pas. Mais alors vraiment pas. C’était comme si elle le connaissait mais sans le connaître. La demoiselle se mordit la lèvre. Il lui parla encore de quelques récits, de ce qu’ils avaient fait… et se trouvèrent quelques points communs comme le bavardage, l’amour pour les animaux et la lecture… jusqu’à ce que Tristan recommence à bouger. Cassidy lui jeta un regard du genre qu’il valait mieux que le Drakkari ne fasse pas de bêtises cette fois là.

« Bon bah… merci on va y aller et merci de vous avoir déranger… On a pas mal de travail alors… »

Erwan se leva aussi mais ne garda ses distances, faisant un timide sourire.

- Si tu veux encore discuter tu sais où me trouver…

Elle le remercia poliment puis sortit de la maison avec Tristan, reprenant le chemin de l’académie. Et Cassidy était pensive. Sentant le malaise avec Tristan, la jeune femme se plaça devant lui et lui prit les mains, le regardant dans les yeux.

[color=darkblue] « Tris’… Ecoute… Quoi qu’il raconte, ça reste le passé et je ne tiens pas en revenir en arrière. Y a peut-être une bonne raison pour ma perte de mémoire mais je n’ai absolument rien… pour lui »[color]

Elle semblait sincère et sérieuse à la fois.
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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: Le prince charmant oublié : l'amour de fer ou de cristal ?    Lun 16 Sep - 14:43

Cassidy…
Il avait peur.
En fait, il avait carrément la trouille. Et pas qu’un peu.
Que fichait donc ce gars ici ? Surgissant du passé tel un fantôme égaré, il ne semblait au contraire, pas égaré du tout. C’était comme s’il la cherchait… Comme s’il l’avait cherchée… et qu’il se décidait enfin à l’aborder. Ce calme malgré son air timide laissait clairement entendre qu’il avait dû hésiter plusieurs fois avant d’enfin se lancer. Depuis quand la suivait-il, la pistait-il ? Et pourquoi ? Juste pour la revoir ? Allons bon ! Elle n’avait pas donné suite à cette prétendue lettre, c’est qu’elle ne voyait pas qui il pouvait être ! Pourquoi diable avait-il persévéré ?

Bien des questions se bousculaient dans l’esprit du grand Drakkari. Bien sûr, il donnait l’impression d’être sûr de lui, en parfaite maitrise de ses moyens, de ses gestes, de la situation… Il donnait constamment cette impression, de maîtrise… Il savait que Cassidy aimait cette partie de lui, ce côté inébranlable, comme s’il pouvait faire face à tout, et la protéger si elle ne le pouvait pas, même si elle était en réalité bien plus forte et bien plus à même de faire face que lui.
Tout ceci n’était qu’une façade bien sûr, il se devait d’être fort pour elle, mais en réalité, il était tout aussi perdu d’ordinaire, voire davantage. Et aujourd’hui, ce n’était pas différent.

Ils s’étaient rendu chez le dénommé Erwan qui semblait réellement de passage tant son espace de vie était spartiate. La présence de l’arc et du carquois n’échappèrent cependant pas au jeune homme et il se rappela que sa compagne avait été plus ou moins sauvée par un archer… Or s’il maitrisait relativement bien cet art, sans se prétendre archer d’exception, ce n’était certainement pas son arme de prédilection. Il n’avait pas pu être là, comme elle croyait jusqu’alors, mais commençait à soupçonner Erwan de suivre la jeune femme depuis… bien longtemps, du moins si cette aide venait de lui.

En fait, il avait vraiment, mais alors vraiment la trouille !
Pourquoi au juste ? Il était plus grand, bien plus musclé et indéniablement plus fort que cet inconnu brun pas si inconnu ! Si celui-ci pouvait éventuellement avoir pour lui une certaine vitesse et une agilité acquises par le maniement de l’arc, Tristan était assuré de la victoire dans le cas d’un combat rapproché. Il savait se battre, bien mieux que la moyenne et les bagarres… il les connaissait depuis l’école élémentaire. Oui mais ce n’était pas vraiment sur le plan physique que ce garçon l’effrayait… mais bel et bien pour tout ce qu’il représentait.

Il représentait une phase, une partie de Cassidy, de sa mémoire, de sa conscience, de sa magie qu’on lui avait fait oublier. C’était une partie violente, instinctive et d’une puissance bien au-delà de ce dont on pourrait la soupçonner aujourd’hui, malgré sa réputation de grande mais si jeune mage. Une partie d’elle qui, lorsqu’elle s’exprimait, avait cette horrible tendance à occulter complètement la Cassidy juste, douce, honnête, si intègre et courageuse, prête à tous les sacrifices pour ceux qu’elle aimait, elle devenait cette autre femme, à l’encontre de tous ses principes, faites d’instincts, d’un certain égoïsme de survie.
Il n’avait pas tellement peur de cette partie d’elle. Au contraire, la savoir ainsi l’apaisait en grande partie, même si c’était extrêmement égoïste. Il se sentait moins monstrueux, plus à même de la mériter, parce qu’elle n’était pas si parfaite… Cette perfection à laquelle il n’aurait jamais droit autrement.

Mais Cassidy se craignait elle-même. Elle craignait ce qu’elle pouvait, pourrait faire, si elle ne se contrôlait pas. Elle savait qu’elle pouvait être dangereuse, les preuves de sa dangerosité ne feraient que la mettre davantage à mal. C’est pourquoi il lui avait tu cette histoire de village, c’est pourquoi il ne lui avait rien dit sur ces souvenirs qu’il avait vus, dont elle ignorait tout, des souvenirs dans lesquels son maitre, prévenant, faisait le choix difficile mais courageux de lui enlever ces souvenirs. Et c’est aussi pour cette raison que même s’il le voulait, il ne pourrait pas lui dire ce qui s’était passé… Avouer qu’il avait gardé un secret pour lui ne le gênait pas outre mesure même s’il craignait un peu sa réaction. Elle lui en voudrait bien sûr, peut-être même le dédaignerait-elle un moment mais elle était très intelligente et intuitive, elle comprendrait pourquoi il avait agi ainsi. Avouer n’était donc pas dangereux… Qu’elle sache ce qu’elle avait fait par contre…

Tout s’était précipité au final.
Cassidy était un peu moins pâle, elle se remettait de ce qu’il interprétait comme un choc émotionnel qui, lié à sa magie, l’avait étourdie. Elle connaissait cet homme, si sa mémoire l’avait oublié, sa magie, son corps, probablement pas.
Et c’était d’autant plus difficile, d’autant plus inquiétant pour lui, qu’il avait parfaitement saisi le lien qui se tissait, à cette époque, entre les deux jeunes gens. Ils se ressemblaient, même si elle pensait encore à lui, ils se comprenaient… Petit-à-petit, sa magie l’aurait probablement accepté, ils seraient tombés amoureux… Rectification… Elle serait tombée amoureuse, parce que lui, c’était clair qu’il avait pour elle déjà bien plus que de l’amitié !

Erwan avait cherché à s’approcher mais Tristan le tenait à distance, d’un regard, d’un roulement de muscles. Comme il avait déposé sa veste sur Cassidy, ses muscles étaient bien plus apparents malgré sa tunique et si sa manière de rouler des mécaniques, faisant un peu le gros bras était totalement primitive, voire insultante, elle était le résultat de milliers d’années d’évolution.
Et si elle se rappelait de lui ? Et si elle se mettait à l’aimer ? Comment lui, pourrait-il réagir, qu’est ce qu’il pourrait faire ?
Trop de questions, pas de réponse… Il avait peur… Il se sentait inutile, impuissant, il n’osait même pas montrer son inquiétude sincère pour la jeune femme tant il craignait que cela pousse Erwan à partir quérir un guérisseur et donc… à découvrir cette instabilité magique dangereuse !

En plus, comble de l’agacement, le dénommé Erwan avait décidé de taper la causette. Il semblait avoir le même défaut que Cassidy… Quand elle sentait un silence, la jeune femme semblait mal à l’aise, comme si elle pensait qu’on exigeait, attendait d’elle quelque chose, que ce silence était signe d’un manque d’estime ou autre. Bref, elle était mal à l’aise et donc le comblait en parlant… Ah et il y avait aussi le fait qu’elle avait un besoin surprenant de communiquer, d’exprimer ce qu’elle pensait, ressentait. Autant, malgré ce qu’il pouvait prétendre, adorait-il cette facette de sa personnalité, la trouvant attachante, terriblement craquante, sauf quand elle parlait un peu trop vite c’est vrai, autant trouva t-il cela VRAIMENT irritant chez leur hôte. Sans doute parce que… justement, ils se ressemblaient trop.

Bon c’est vrai qu’une petite information avait redonné fierté et moral au grand Drakkari parce qu’elle s’inquiétait pour lui dans le passé, elle avait pleuré pour lui… Mais ce n’était qu’une bien piètre compensation par rapport à tout le reste. Il avait voulu prendre soin d’elle, la faire rire, l’avait occupée, s’était acharné malgré sa magie. Tristan sentit une colère sourde faire vibrer ses muscles, s’insinuer dans ses veines… Il avait envie de le frapper, de le haïr… probablement le détestait-il déjà. Pourquoi ? Parce qu’il avait l’air d’être quelqu’un de vraiment bien… vraiment très bien… La plus pitoyable des raisons qui soit en clair…

Il se retenait, se trouvant idiot mais ne pouvant rien y changer… Il aurait dû le remercier, enfin au moins intérieurement d’avoir pris soin de la jeune femme quand lui était probablement en train de tromper la solitude avec d’autres demoiselles, mais il ne parvenait qu’à lui en vouloir. Lui en vouloir d’être quelqu’un de bien… parce que Cassidy n’avait justement aucune raison de ne pas tomber amoureuse de lui.
C’était trop… beaucoup trop d’un coup. Aussi quand elle bougea légèrement, qu’il se pencha sur elle tandis qu’Erwan cherchait juste à s’assurer de son bon état, et il savait parfaitement que ce n’était que ça, explosa t-il…

Une chance qu’il ait juste contourné le lit, il aurait très bien pu l’enjamber, enfin grimper dessus, au risque de secouer la jolie mage, mais non. Son poing s’était abattu… Effectivement Erwan était rapide et Tristan ne fit que le frôler, ayant à peine le temps de prendre conscience de ses propres gestes, de sa propre rage, de sa propre… impuissance. Heureusement que ce n’était qu’un frôlement…Autrement, il l’aurait vraiment senti passer. Son autre poing se leva, le droit, le moins fort donc et celui avec lequel il avait à ce moment-là le moins d’élan. Habile, Erwan l’intercepta et lui planta quelque chose dans le poignet.
Tristan se calma aussitôt, ressentant une fugace douleur, puis une brûlure irradier dans ses muscles qui cessèrent en quelques secondes de lui obéir.

Sonné, il comprit à peine que l’humain ne lui tenait pas rigueur de son comportement et l’aidait même à s’asseoir au lieu de le laisser s’écrouler pitoyablement par terre. Il le détesta encore plus.
Cassidy réagit et vint même prendre sa main mais il ne ressentait qu’un effleurement alors que pourtant elle pressait ses doigts des siens. Elle semblait inquiète. Il se sentit idiot. Elle lui lança un regard d’incompréhension, de gène même, se tournant vers l’agressé avec un air d’excuse. Il se sentit minable.
En plus, l’autre restait poli, essayant même de faire un petit peu d’humour. Il ne le détestait pas… il le haïssait.

Débuta alors le plus long et le plus pénible immobilisme qu’il ait connu.
Ah non… il y avait bien sûr eu la fois où il était enchaîné, face à une scène qui le hanterait toute sa vie, mais ça n’avait absolument rien à voir et le simple fait qu’il tente, un bref instant, de faire une comparaison le dégoûta de lui-même. Elle n’y était pour rien… S’il n’avait pas agi aussi bêtement, ils ne seraient pas en train de discuter tranquillement à côté de lui, révélation sur révélation. Qu’est ce qu’il pouvait être bête !!!! Il ne savait même plus pourquoi il l’avait attaqué ?! Etaient-ce ses hormones ? Il était particulièrement sensible aujourd’hui, c’est vrai, mais à ce point ? Un bref instant de réflexion, le tirant de cette situation vraiment humiliante, lui confirma que oui, il était très sensible aujourd’hui. Après tout, un simple regard timide de sa compagne, un peu plus tôt devant les chocolats chauds, un sourire tendre et une manière vraiment craquante de grignoter un biscuit avaient mis ses nerfs à bien rude épreuve et ses reins d’autant plus. Ah bon ? Se jeter sur elle et lui faire sauvagement l’amour en public là tout de suite, ça ne se faisait pas ? Flûte alors… Pourquoi une partie de lui avait-elle si frustrée qu’il soit si… attaché aux bonnes manières ? Ce n’étaient pas des bonnes manières mais des règles de conduite que diable !!!!

Il eut envie de secouer la tête pour s’éclaircir les idées mais bien sûr il ne le pouvait pas. Son regard se posa sur sa compagne. Encore heureux que la chaise ait un dossier aussi haut, autrement il n’était même pas certain que sa tête tiendrait… droite.
Elle lui avait reproché à sa manière son comportement, d’un regard qui l’aurait fait rougir de honte si tout son corps n’avait pas été au ralenti, d’une réflexion sur un transport magique humiliant, pourtant, elle faisait ça pour lui, ne voulant pas lui imposer justement une telle situation, c’était gentil, prévenant… Et pourtant, sans s’expliquer pourquoi, le seul fait qu’elle le dise alors qu’il savait parfaitement qu’ils étaient coincés ici par sa faute, le blessa… beaucoup. Bien plus que ce qu’il pensait en fait.

Ils parlaient… Elle se détendait… Il le sentait bien, la pression, même s’il ne ressentait pas grand-chose, de sa main se relâchait, comme si elle n’était pas inquiète, comme si elle se doutait qu’elle n’avait rien à craindre avec Erwan… Comme si elle n’avait pas besoin du grand Drakkari pour la protéger. De toute façon vu son état, il était si inutile qu’il pourrait très bien servir de porte-manteau, au moins là, il servirait à quelque chose !

Humilié, blessé, Tristan assistait à l’échange avec des envies de meurtre mais encore et surtout une profonde colère envers lui-même et son manque… de contrôle. Bon d’accord, même s’il faisait tout pour le cacher d’ordinaire, il était en réalité extrêmement jaloux. Il était persuadé qu’il pourrait toujours le lui cacher, mais la vérité c’est qu’il ne s’était jamais senti menacé. Là c’était différent, elle connaissait ce type, même si elle l’avait oublié, elle lui avait accordé sa confiance, avait partagé des choses avec lui, bien plus que tout ce qu’il avait pu voir de ce qu’il en entendait, elle avait même probablement commencé à lui confier son cœur, même un tout petit peu… c’était un rival, rien de moins !!! Et ce gars là était plus menaçant qu’une horde de prétendants armés jusqu’aux dents. Il avait pour lui une douceur certaine, une gentillesse saisissable jusque dans ses mouvements, une honnêteté inextinguible, un brin de timidité touchante… Il la connaissait.
Il était même si honnête qu’il ne prétendit pas qu’ils étaient ensemble. Comme Tristan aurait préféré qu’il le fasse… Même s’il ne pouvait rien dire et rien faire… Ca lui aurait donné l’impression qu’il n’était pas si… bien.

Et elle buvait ses paroles… littéralement.
Même si elle avait probablement des doutes, même si elle trouvait toute cette histoire bizarre… Il en savait tant sur elle, ils avaient tant en commun.
Immobile, silencieux, Tristan luttait pour reprendre le contrôle de son corps, pour chasser ce calmant de son corps et sans doute ne le ressentit-elle pas parce qu’elle ne tourna pas la tête vers lui, mais la température du corps du jeune homme s’éleva, comme pour l’y aider.
Au final, il récupéra plus vite que le temps estimé par Erwan, même s’il avait le tournis, une bonne migraine et l’impression d’avoir les jambes en coton. Tristan avait bougé un peu, s’ébrouant d’un coup, mettant fin à l’échange. Il tenta de se relever et cette fois elle le regarda. Et le regard qu’elle avait valait toutes les menaces du monde. Il écarquilla légèrement les yeux avec l’impression de s’être pris une gifle…
Si elle s’était relevée en même temps que lui, un peu inquiète, sans témoigner d’un geste particulièrement tendre mais en s’assurant de son état, son regard brillant, son léger sourire qui pouvaient tout lui faire accomplir présents, il se serait aussitôt excusé auprès d’Erwan. Il aurait même plaisanté, se serait trouvé une excuse un peu bidon mais avec une pointe d’humour. Il aurait fait l’effort… parce qu’un regard de sa part pouvait tout aussi bien le rassurer que lui flanquer le moral dans les chaussettes. Apparemment, pour ses actes, il ne méritait que le second cas. En fait, elle ne s’en rendait probablement même pas compte. Mais cette menace sourde comme quoi il avait intérêt à se tenir tranquille le blessa davantage encore que tout le reste.

Les muscles de la mâchoire du jeune homme se tendirent tandis qu’il déglutissait lentement, avec difficulté. Et contre toute attente, il baissa les yeux, obéissant, comme l’aurait fait un garde du corps face à son employeur probablement.
Elle s’excusa donc pour eux deux. Erwan lui proposa même de revenir lui parler si elle voulait. Tristan ne tressaillit même pas. Et finalement ils partirent.
Ses muscles lui faisaient mal à force de forcer pour leur faire reprendre vigueur alors qu’ils souhaitaient juste continuer leur petit roupillon mais il s’en fichait totalement, voulant mettre de la distance entre ce gars et Cassidy… Même si vu son air pensif, c’était déjà bien trop tard pour ça.
Ils marchaient mais il restait silencieux, les dents serrés, ruminant de sombres pensées qui le plongeaient d’autant plus dans l’abattement. Elle s’en rendit compte… Elle s’en rendait toujours compte, même si elle ne comprenait pas tout, enfin plutôt même si elle ne comprenait presque rien. Elle l’avait arrêté, lui prenant les mains, lui souriant légèrement en lui disant qu’en gros, elle ne ressentait rien pour ce type, même si ce qu’il racontait était vrai. Cette fois-ci, son sourire ne lui fit aucun effet. Enfin aucun effet bénéfique du moins, c’était plus douloureux qu’autre chose. Il savait pour sa perte de mémoire et il avait envie de lui dire, envie de tout lui dire, de s’expliquer, de s’excuser, mais ce n’était pas une bonne idée et puis… il n’arrivait pas à formuler une pensée calme et gentille.

Pourtant, le jeune homme poussa un profond soupir, qu’elle semblait prendre pour du soulagement vu son sourire un peu plus large, un brin taquin… ah… elle le copiait là. Ses yeux disparurent derrière les mèches rouges désordonnées de ses cheveux alors qu’il penchait la tête mais pas vers elle, en fait, il se détournait plus d’elle qu’autre chose à cet instant. Il ne répondit pas tout de suite et se contenta de relâcher ses mains, gêné par les paquets qu’il avait récupérés en partant.

- Tu voulais pas passer dans une boutique de magie avant de rentrer ?

Faire comme si de rien était restait encore la meilleure solution à cette heure. Il sentit à son odeur qu’elle se raidissait, surprise par sa réaction qui pouvait tout aussi bien dire qu’il était content de ses paroles et oubliait cette mésaventure que signifier qu’il boudait… Quoi que, s’il boudait il serait resté silencieux. Il fit l’effort de lui sourire, même si c’était clairement un effort vu son regard éteint.

- Enfin… c’est pour toi. Ah… là bas je crois…

Il se détourna aussitôt d’elle, choisissant de marcher jusqu’à la boutique où elle souhaitait passer, essayant tant bien que mal de faire comme si rien de tout ceci n’était arrivé. Elle le suivit et le rattrapa, allant chercher ce qu’elle voulait mais il comprit bien qu’elle n’était pas tout à fait dupe…
Finalement ils rentrèrent et Tristan resta silencieux aussi longtemps que possible durant le chemin du retour, se contentant de réponses extrêmement brèves et vagues lorsqu’elle lui demandait s’il avait prévu de continuer à peindre la salle d’astronomie dans les prochains jours, combien de temps ça lui prendrait. Bref, elle faisait l’effort de s’intéresser à ce qu’il aimait histoire de le faire sortir de sa léthargie mais lui ne faisait que peu d’effort pour en sortir de son côté.

Une fois arrivé à l’Académie, il lui porta ses affaires à l’intérieur, même s’ils empruntaient des portes différentes et les posa sur leur lit. Mais alors qu’elle se tournait vers lui, certainement pour parler ou… essayer de comprendre pourquoi il tirait cette mine sombre, il lui fit un léger sourire, attrapant ses affaires et lui lança qu’il allait prendre un bain… Sans préciser qu’il l’y attendait bien évidemment pour… euh… compter les bulles du bassin. D’ordinaire, il lui aurait au moins volé un long et terriblement tentant baiser, histoire de lui donner trèèèès envie de le rejoindre.

Il s’échappa donc aussitôt et n’eut pas un long chemin à faire avant de se retrouver dans le bassin qui se remplissait rapidement, en tout et pour tout vêtu de son boxer. La tête renversée en arrière, les bras en dehors du bassin le soutenant, dans une pose un peu trop sexy mais surtout tout à fait naturelle de sa part, le torse en partie hors de l’eau, même si celle-ci montait, il ferma les yeux et respira les parfums entêtants des sels de bain qu’il avait ajoutés. Ses muscles se détendirent un peu et il relâcha sa mâchoire, grimaçant de tout ce qui s’était passé. Comme il se sentait nul !
Relâchant un peu sa prise sur le bord du bassin, il porta sa main dégagée à son torse, effleurant la cicatrice qui le marbrait, marque que l’anneau du Cheistam avait laissé, marque de sa damnation en quelque sorte. Un sourire amer lui étira les lèvres. Il était persuadé qu’elle l’aimait beaucoup moins avec cette marque, pour ce qu’elle était, représentait, signifiait et probablement aussi parce que son physique était encore et surtout la seule chose qui devait plaire à sa compagne, plus il s’altérerait, plus il la perdrait, la preuve !... Ah ça oui, Il n’était qu’un idiot…
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Cassidy Herediane
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MessageSujet: Re: Le prince charmant oublié : l'amour de fer ou de cristal ?    Mar 17 Sep - 16:30

Un malheureux hasard ou pas ? Mais il fallait bien que Tristan se rende à l’évidence, il n’était pas tout seul et il l’avait bien compris, ce gars là était dangereux pour lui. Cassidy qui s’était réveillée était déjà suffisamment gênée de s’être évanouie dans la rue. Elle n’avait envie que d’une chose, vite partir, loin d’ici et avec Tristan.

Mais voilà celui-ci ne l’entendait pas de cette oreille et ses hormones le rattrapèrent. Qui aurait pu imaginer qu’Erwan choisirait de se défendre ? Et que la seule chose qu’il pouvait faire était de lui injecter un calmant ? Cela irrita un peu la jolie mage, qui se demandait pourquoi, pourquoi son compagnon réagissait ainsi ? Jalousie ? Mais il avait quoi à craindre cet homme qu’elle ne connaissait même pas ? Rien du tout !

Cela l’intriguait. Tristan n’avait jamais été violent, du moins pas depuis un moment. Il faisait toujours preuve de retenue, de dédain mais certainement pas de cette rage qui sortait de nulle part. Malheureusement, Cassidy n’eut pas l’occasion de comprendre le comportement de Tristan. Elle ne savait pas qu’il était blessé par l’attitude de la jeune femme. Et si elle l’avait su, la petite mage se serait bien excusée. Mais non même pas.

Elle avait attendu un moment avant de parler à Erwan, lui jetant des coups d’œil discret de temps en temps. En effet il lui semblait familier mais… impossible de savoir comment et pourquoi ? Cassidy le questionna alors. Il répondit alors avec une certaine animation dans la voix et elle parut fortement surprise. Comment ? Comment pouvait-il connaître ses habitudes ? C’était complètement surréaliste. Il n’avait pas l’air de mentir et elle le sentait sincère.

Mais plutôt que de vouloir profiter, en se disant que c’était une bonne occasion pour rendre jaloux Tristan, et lui rendre la monnaie de sa pièce alors qu’un homme à peu près potable se présentait à elle, Cassidy décida de couper court aux rumeurs, pensées du Drakkari, histoire de ne pas le faire trop réfléchir. Avaient-ils été ensemble ? La jeune femme poussa presque un soupir de soulagement en entendant une réponse négative. En même temps si cela avait été positif, la mage aurait été terriblement embêtée devant son compagnon par cette révélation.

Ils discutèrent pendant encore un moment avec animation, sous les yeux d’un Tristan qui pour l’occasion… tenait la chandelle ! Et encore c’était même pas sûr qu’il tienne avec ce calmant. Elle était surprise de voir qu’ils avaient quelques points communs et lui lui raconta qu’elle n’avait jamais trop aimé les hommes dans le passé. La demoiselle avait acquiescer et voulut lui parler de Tristan et sa relation avec lui, lorsque le regard qu’elle croisa chez le Drakkari la coupa net dans son élan.

Ce dernier avait fini par se redresser et c’est vrai, bien plus vite que la durée recommandée. Erwan, quand même inquiet pour son visiteur, se mit en face de lui, pour le questionner.

- Comment vous sentez vous ? Heu… je ne sais pas si c’est une très bonne idée de commencer à bouger alors que le calmant n’est pas encore dissipé. Je comprends que vous voulez partir mais vous risquez de…

Le regard que lançait Tristan le fit taire et il baissa la tête, marmonnant que si il tombait dans la rue, il aurait été prévenu. C’est vrai, avec une dose de cette importance, capable de terrasser un rhinocéros, il ne comprenait pas pourquoi le Drakkari s’obstinait à vouloir partir. Peut-être sa fierté qui sait… Il ne fit aucun commentaire, après tout, il n’était ni son tuteur, ni son père.

Cassidy avait lancé un regard à Tristan et même si elle était toujours aussi inquiète pour lui, elle se doutait qu’il ne tournait pas rond et qu’il était hors de question de recommencer les bêtises maintenant. Elle remercia leur hôte et partit rapidement.

Cependant, la jeune femme sentit rapidement le malaise de Tristan et chercha à le rassurer. Il lui retira les mains, et préféra changer de conversation en parlant de sa boutique de magie.

Cassidy fronça les sourcils, piquée au vif et ouvrit la bouche pour répliquer mais il était déjà parti. Elle comprit que ce n’était pas la peine d’insister pour le moment, il était certainement encore en train de ruminer même si il souriait. Mais son comportement laissait carrément penser que ça n’allait pas.

D’ailleurs sur le chemin du retour, il était bien silencieux, envolé la bonne humeur de tout à l’heure. Cassidy qui pensait en priorité à son Drakkari, oublia complètement Erwan. Celui qui avait besoin d’attention, c’était bien Tristan à l’heure actuelle et en tant que bonne petite amie, elle jugea plus juste de s’attarder sur lui.

Elle essaya de lui parler de peinture, vu que c’était un sujet qui lui tenait à cœur. Mais le Drakkari restait bref, comme si il ne voulait tout simplement pas parler. Ok… le message était bien reçu, ça n’allait pas et même si il disait le contraire, elle ne le croyait pas. La jeune femme, un peu frustrée par cette attitude, surtout qu’ils avaient appris qu’il valait mieux dire les choses plutôt que de les garder pour soi, détourna la tête pendant une bonne partie du trajet.

Ils arrivèrent à l’académie et, cette fois ils jouèrent magnifiquement bien leur rôle, puisqu’aucun des deux ne parlait. Cela ne s’arrangeait pas en entrant dans la chambre. Elle était perplexe. Elle qui attendait quelques explications n’arrivait pas à tirer le moindre mot de son compagnon qui se contenta de dire qu’il souhaitait prendre un bain… et sans aucune invitation s’il vous plaît. La jeune femme serra les poings et prit une mine plus sévère, outrée, lui tournant le dos.

Il était déjà sorti qu’elle s’était posée sur le lit, les bras croisés, sans savoir quoi faire. Orion avait émis un miaulement de sous le lit et venait de sauter sur les genoux de sa maîtresse. Lentement, la demoiselle baissa la tête, et observa le petit félin, ses traits sévères disparaissant sous de l’inquiétude.

« Je ne sais pas ce qu’il a… Il arrête pas de m’éviter j’ai l’impression… »

Elle soupira et s’allongea, Orion s’amusait à se frotter contre une joue en ronronnant. Cassidy réfléchissait. A chaque fois qu’ils avaient mis de la distance, s’étaient ignorés, cela n’avait jamais été une bonne chose et ils se faisaient beaucoup de mal, sans pouvoir vraiment comprendre les pensées de l’autre. Il fallait que cela s’arrête.

Cassidy se redressa, caressa doucement Orion, puis le reposa sur le lit. Elle se déshabilla, prit son peignoir et sortit de la chambre.

Tristan était toujours dans la salle de bain, et elle l’avait rapidement rejoint. Il était allongé dans le bassin, les yeux fermés, comme si l’eau et les sels l’aidaient à se détendre. Elle remarqua cette énorme marque qui couvrait son corps et Cassidy éprouva de la peine. Si seulement elle avait compris plus tôt… Elle ne lui en voulait pas. Qu’il ait fait un pacte avec un démon. Ce n’était qu’un enfant à l’époque. Pas un adulte conscient de ses actes. Elle restait persuadée qu’un jour elle trouverait une solution, même si ça devait lui prendre très longtemps.

La jeune femme referma la porte et lança quelques sorts, insonorisation et verrouillage pour être tranquilles. Tant pis si il râlait, la porte était bien dure et à moins de pouvoir briser du métal résistant, grâce à sa magie, impossible de sortir de là. Et il était trop grand pour s’évaporer par le trou d’évacuation.

« Tris’… »

Aucune réponse. Elle soupira puis enleva son peignoir, lui offrant une jolie vue et entra dans le bassin, ce mettant à côté de lui.

« Tris’… va falloir qu’on parle. Tu as un comportement bizarre depuis qu’on a rencontré ce gars. Je ne suis pas naïve à ce point et je déteste qu’on s’ignore. Tu le sais bien… à force de rester silencieux, on finit par croire à des choses qui ne sont pas vraies ! »

Elle posa ses mains sur les poignets à Tristan.

« Je ne ressens rien pour cet homme. Je suis heureuse avec toi… plus heureuse que je ne l’ai jamais été… Tu m’as toujours soutenu, donné le sourire. Tu as vraiment des talents incroyables et je serais vraiment bête de fréquenter un homme que je ne connais plus. On sait toujours ce que l’on perd mais pas ce que l’on gagne. Et je ne veux pas te perdre ! »
La demoiselle s’était doucement collée à lui, le serrant dans ses bras, un peu tremblante. Difficile d’avouer tout ça. Elle déglutit lentement, se mit à rougir et bredouilla un tout petit et timide « C’est vrai quoi… »

Puis, comme elle savait que ce qui le faisait réagir c’était surtout les actions, la jeune femme posa doucement ses mains sur les joues à Tristan pour le forcer à la regarder. Elle remit en ordre tendrement une mèche de cheveux rouges puis approcha ses lèvres des siennes et déposa un magnifique baiser. La demoiselle se colla un peu plus contre lui, faisant glisser ses mains sur son cou, dans son dos et était bien entreprenante dans ses actions. Histoire de lui montrer qu’il comptait énormément pour elle, que si elle ne pouvait pas lui dire avec des mots, elle lui dirait avec des gestes.
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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: Le prince charmant oublié : l'amour de fer ou de cristal ?    Mer 18 Sep - 11:37

Et en plus le gars s’était inquiété pour lui quand il s’était relevé contre toute attente, bien plus tôt que la durée prévue normalement ! Comme il avait eu envie de lui asséner son poing en pleine face à ce moment-là ! Tristan serra les dents et les poings, l’eau se troublant en petites vaguelettes autour de lui sous les tremblements de son corps. Il avait été idiot, il le savait parfaitement. Et ça ne l’aidait que peu à se remettre de cette histoire. Que penser et surtout que faire ? S’il allait voir seul ce gars et le menaçait pour qu’il ne s’approche plus de Cassidy, d’une façon ou d’une autre, à tous les coups, ça lui retomberait dessus. Et elle lui en voudrait, et pas qu’un peu, de faire ce genre de coup derrière son dos. La demoiselle n’aimait pas être prise pour une faible et de toute façon, elle ne l’était pas, quoi de plus normal donc ? Que lui restait-il ? Lui dire ce qui s’était passé ? La raison de sa réaction ? Elle en serait bien trop chamboulée, bien plus que cette simple histoire de mémoire défaillante ! Alors quoi ? Lui mentir ? Il n’aimait pas du tout cette idée mais avait-il seulement le choix ? Que pouvait-il faire d’autre ? Se rendre chez Erwan un soir et le tuer ?

Pendant un bref instant, cette idée lui parut tout à fait logique et terriblement séduisante et il se crispa aussitôt en secouant la tête. Dans ces moments-là, il avait la fâcheuse tendance de percevoir celle qu’il aimait comme sienne, presque sa propriété, ce qui était tout de même à ses yeux un certain manque de respect et il ne comprenait pas d’où cela venait. Son égoïsme était-il donc si grand ? N’avait-il rien appris aux côtés de la jeune, douce, si généreuse et altruiste demoiselle ? C’était tout de même assez désagréable et… ça ne le rassurait pas tellement sur lui-même en fait.

Il s’interrompit dans ses pensées en entendant la porte s’ouvrir et les légers murmures de la jeune femme qui occupait déjà bien assez son esprit, caractéristiques de ses sorts. Ah… Apparemment elle verrouillait la porte et insonorisait la pièce. Une pointe d’inquiétude mais surtout de lubricité remplacèrent bien vite ses tracas. Hum… Décidément il s’était bien trop habitué à ce qu’elle fasse ceci pour qu’ils s’assurent une certaine tranquillité, cette tranquillité qui devait protéger leur secret avait pourtant souvent, voire toujours, tendance à tendre vers d’autres activités bien moins tranquilles !
Il se mordilla la langue pour libérer son esprit de ces nouvelles pensées qui ne l’aidaient pas beaucoup plus que les autres à faire le point.
Gardant les yeux clos, du moins en apparence, il surveillait du coin de l’œil, paupières frémissantes, les déplacements de la blonde demoiselle qui venait d’entrer. Elle l’appela mais il choisit de ne pas répondre, songeant qu’elle allait probablement venir l’arroser un peu.

Oui… autant redevenir celui à qui elle tenait et se comporter normalement. Elle s’inquiétait pour lui, il l’avait bien vu et il n’aimait pas lui causer des soucis, peu importe ce qui se passait entre eux. Dans cette optique et non donc pour l’éviter, juste pour faire très hypocritement croire qu’il ne s’intéressait pas plus que ça à l’idée qu’une superbe jeune femme le rejoigne, il se troubla néanmoins lorsqu’elle ôta son peignoir.
L’eau avait monté et s’était arrêté de s’écouler quand elle avait atteint une certaine limite. Comme il avait paresseusement détendu ses bras, son torse était pratiquement immergé à cet instant et son visage proche de l’eau.
Et disons que voir la demoiselle ainsi, n’était pas pour l’aider à conserver sa prise sur le bord du bassin. Il détourna rapidement la tête d’elle après avoir rouvert les yeux en grand et déglutit difficilement, manquant s’étouffer avec sa propre salive. Ah ben ça…
Penser à du fromage fut encore la seule chose qui parvint à le calmer à ce moment-là. Wahou… Il n’y avait vraiment pas à discuter… Elle était superbe ! Et depuis qu’il l’entrainait un peu pour qu’elle sache se defender avec la dague qu’il lui avait offerte, même si ce n’était que très léger, les muscles de son corps s’étaient renforcés, ce qui n’était pas pour lui déplaire. Au moins aujourd’hui était-il un peu moins dangereux pour elle puisqu’elle était plus forte. Ah non alors ! Pourquoi repensait-il ainsi ! Fromage ! Fromage ! Fro…

Froiiiiiiideeeesss !!!!
Elle avait les mains glacées !!!!
Il réprima une grimace qui l’aurait probablement vexée, tournant lentement la tête vers elle.
Elle avait commencé à lui parler et même s’il pensait « fromage » il l’écoutait. D’une oreille distraite certes, mais il l’écoutait. Elle voulait qu’ils parlent parce qu’elle pensait qu’il y avait un problème et qu’ils ne devaient pas rester sans en communiquer les principaux aspects. C’était logique et encore plus venant d’elle. Son besoin de communiquer ne lui avait jamais vraiment posé problème même s’il n’était pas particulièrement bavard, il aimait échanger avec elle, beaucoup… Mais là, il ne savait toujours pas ce qu’il allait pouvoir lui dire et le fait qu’elle soit si proche rendait l’échéance immédiate, ne faisant que le stresser en réalité.

Bien sûr, il n’en donnait pas du tout l’impression. Curieux comme intérieurement et extérieurement il était différent. Extérieurement, il s’était détourné d’elle un peu plus tôt, comme s’il voulait continuer de profiter de son bain en paix alors qu’intérieurement, il était en plein émoi ! Alalala…
Ses mains étaient donc bien fraiches sur ses poignets et il frémit légèrement. Leur différence de température ne le gênait jamais bien sûr mais il y avait des fois où cela le surprenait et c’est vrai qu’il était un peu chaud : reste de ses tentatives pour dissiper le calmant ou effet du bain chaud, le résultat restait le même.  Il lui jeta un léger coup d’œil et le regretta aussitôt. Le bassin, là où ils se trouvaient n’était guère profond. Lui-même, debout, droit aurait probablement eu une grande partie du torse à l’extérieur de l’eau mais comme d’ordinaire, il fléchissait les genoux, se reposant voilà tout. Or, elle, elle ne fléchissait pas du tout puisqu’elle s’était placée face à lui à l’instant et même si elle était plus petite que lui, même s’il y avait de la mousse au dessus de l’eau, il n’y en avait décidément pas assez pour lui cacher la vue de sa poitrine. Il déglutit avec peine une fois de plus bascula de nouveau la tête en arrière, fuyant un peu la vue, c’est vrai, troublé.

Aie aie aie ! Elle lui faisait un de ces effets ! Encore plus aujourd’hui ! Pas sa faute tout de même s’il avait les hormones à l’envers et puis elle avait une petite moue timide au visage comme si elle était blessée par son attitude mais laissait ceci de côté à cause de son inquiétude. Il ne résistait jamais bien longtemps à cette tête là, qu’elle s’en soit déjà rendu compte ou non. Il aurait bien souhaité la regarder tout son saoul, encore surpris aujourd’hui d’avoir ces réactions d’adolescent, mais affronter son regard, c’était accepter la conversation et donc… il ne savait pas quoi lui dire, il avait peur de ses questions, peur de ce qu’elle pourrait lui dire. Et brusquement, il se rendit compte qu’il avait surtout peur qu’elle lui dise vouloir en savoir plus sur cet homme, vouloir retourner le voir. Il se crispa à cette pensée mais elle ne sembla pas le remarquer ou si elle le fit, elle n’en prit pas ombrage, se mettant juste à lui faire une bien touchante déclaration.
C’était bref, mais tellement sincère et mignon et puis sa voix timide, son rougissement qu’il aperçu d’un rapide coup d’œil en biais n’étaient que des petits ajouts accompagnant sa déclaration.

Le grand Drakkari demeura immobile alors que sa gorge s’était nouée et qu’il avait fermé les yeux. Il se sentait bizarre… rassuré par ses paroles comme si… ces simples mots et surtout le fait qu’elle les prononce pouvait totalement chasser ses gros doutes, ses plus sombres pensées. Mais il n’y avait pas que ça. Devant ses yeux, brusquement, s’étaient mises à défiler des images, d’eux deux, sept ans plus tôt. Elle n’avait pas dit ces mots-là mais son discours y ressemblait tout de même.

Ils surplombaient la mer, sur un promontoire de pierre, le soleil se couchait, elle tournait le dos au vide, auréolée de lumière, il l’avait suivie en grognant comme s’il était un ours à la poursuite d’une humaine. Elle s’était servie de sa magie pour monter, lui tirant la langue, il l’avait rejointe, elle s’était tournée vers lui et il avait pris une claque monstrueuse en la découvrant si belle, si innocente, si parfaite… alors qu’elle lui faisait le plus beau, le plus gentil sourire qui soit. Sans prévenir, alors qu’il était figé sur place, elle s’était avancée timidement vers lui, sa magie faisait encore parfois des siennes après tout. Elle lui avait pris la main, les yeux baissés, jouant un instant avec alors qu’il était muet de stupeur, puis elle avait relevé les yeux vers lui, lui avait souri davantage encore et s’était mise sur la pointe des pieds pour l’embrasser au coin des lèvres.

« Promets-moi que je ne te perdrai jamais… »
C’étaient ses mots. Elle n’avait pas attendu de réponse, elle s’était juste détournée de lui en rougissant, se dirigeant vers le bord du promontoire pour profiter de la vue. Il n’avait rien dit, rien fait puis enfin quand il avait pu bouger, il l’avait rejointe et enlacée.
Sans se contrôler, sans y avoir réfléchi ni rien, il l’avait embrassée dans la nuque et lui avait murmuré quelques mots.

- Je t’appartiendrai toujours…


Quel dommage qu’elle ne s’en souvienne pas. Ou peut-être heureusement au final. Il avait tellement changé. Combien l’aurait-il déçu si elle s’était souvenue du Tristan de cette époque. C’est avec nostalgie qu’il pensait à ces moments-là parfois tout de même… en ce temps-là, il était capable de lui dire des choses pareilles, sans réfléchir, sans prévoir. Il l’aimait comme un fou… ne craignant ni ses réactions, ni ses propres sentiments, réactions ou peu importe. Il était persuadé qu’il ne pourrait jamais lui faire de mal, que le monde leur appartenait, qu’il n’avait rien à craindre… qu’il passerait sa vie à ses côtés. Bien sûr, elle, elle ne raisonnait pas ainsi, pas encore ou pas tout court… Mais lui, il le savait déjà… Jamais il n’aimerait quiconque comme elle, jamais il n’aimerait quiconque qu’elle… C’était elle, ça avait toujours été elle, ce serait toujours elle… Il le savait, peu importe ce qui se passerait, il l’aimait bien plus qu’elle, elle ne l’aimait… Tout s’était cassé la figure pourtant peu après. Il l’avait perdue. Et s’était perdu par la même occasion.

Alors oui, il avait la gorge nouée, très sentimental au final même s’il s’obstinait à le cacher au monde entier, y compris à la belle jeune femme. Mais ses mots l’avaient touché, énormément et il la croyait… Et puis il avait besoin d’un instant pour se retrouver, ne pas laisser trop de choses passer sur son visage. Mais elle le connaissait ou pensait suffisamment le connaitre du moins, elle le devança de loin, ne lui laissa pas le temps de se remettre.
Ses mains réchauffées par la température de l’eau et de la pièce frôlèrent son visage avant de s’y poser avec douceur pour l’inciter à se diriger vers elle, pour qu’il la regarde. Il ouvrit les yeux surpris, frémit quand elle repoussa ses cheveux. Son regard était une fenêtre ouverte sur son âme… il avait vraiment l’impression de pouvoir totalement savoir qui elle était et comment elle allait rien qu’en la regardant dans les yeux mais à cet instant c’était une mauvaise idée car ce qu’il y vit l’ébranla un peu plus. L’instant se figea et il aurait pu décrire chaque mouvement, chaque bruit avec précision : celui du corps de la jeune femme provoquant quelques vaguelettes alors qu’elle se déplaçait, se servant de la nuque de son compagnon sur laquelle elle avait posé les mains pour se hisser tout contre lui, le bruissement de ses cheveux à cet instant secs contre son visage alors qu’elle s’était rapprochée si vite, la caresse de son souffle sur son menton et son cou, légèrement irrégulière, le contact de sa peau contre la sienne qui le mettait à mal, le contact de ses lèvres, si douces, contre les siennes.

Son baiser, doux, tendre lui scia les genoux et s’il n’était pas adossé contre le bord du bassin, ses bras le retenant, il serait probablement tombé. D’ailleurs, il tomba, enfin glissa, juste de quelques centimètres bien sûr mais tout de même, s’éraflant le dos contre la surface dure du bord granitique du bassin. Il ne se rendit qu’à peine compte qu’il répondait à son baiser par parfait automatisme et surtout par envie et besoin, même s’il n’avait pas bougé ou ne le pouvait pas, difficile à dire. Les mains de Cassidy s’étaient faites plus fermes sur sa nuque alors qu’elle les glissait doucement dans son dos, se collant un peu plus contre lui, ce qui n’aidait pas du tout le jeune homme, ses lèvres s’étaient étirées en un sourire alors qu’elle l’embrassait toujours, comme si elle était heureuse et rassurée de le voir réagir. Il gémit d’une voix étouffée mais réagit réellement quand elle glissa les mains sur son torse… enfin là où elle n’était pas collée contre lui du moins. Brusquement il lui attrapa les poignets et la repoussa fermement en la regardant avec une pointe d’horreur.

La seconde suivante, il s’était laissé coulé au fond du bassin sans prévenir, sans s’expliquer ni rien en fait. Ca c’était dur… et même carrément cruel et sans doute lui avait-il fait beaucoup de peine parce qu’elle chercha à s’éloigner.
Pourtant une main se serra sans douleur mais avec fermeté sur une de ses chevilles, celle qui ne portait pas la marque du dragon. Quelques secondes s’écoulèrent alors qu’il la maintenait ainsi sur place, du fond de l’eau avant qu’il ne remonte enfin. Il avait encore plus les cheveux dans les yeux qu’un peu plus tôt et il les repoussa maladroitement l’air d’être gêné. D’ailleurs ses pommettes étaient rouges et ce n’était certainement pas dû à la température de l’eau vu que le reste de son visage ne l’était pas. Il finit par tourner les yeux vers elle et la couleur s’intensifia un peu.

- Hum… ne… Ne colle pas ta poitrine contre moi comme ça sans prévenir… tu… tu sais que ça me met… enfin… je perds un peu la tête quand tu fais ça… quand je suis… enfin…tu…


Apparemment il avait du mal à s’exprimer. Il l’avait relâchée bien sûr mais se tenait devant elle comme un petit garçon en faute à présent, les épaules basses et un air contrit au visage. Il respira profondément pour trouver ses mots, décida de ne pas la regarder en fermant les yeux et se mit à parler rapidement, vraiment rapidement… Ca aurait même pu être comique.

- Je suis hyper sensible aujourd’hui donc là j’ai failli te sauter dessus et pas que là, tout à l’heure aussi quand on était dans ce restaurant ! Je me suis comporté comme un idiot tout à l’heure et je sais même pas pourquoi, j’étais juste vraiment pas content que ce mec t’approche et j’ai agi comme un crétin je sais ! J’ai vraiment honte de t’avoir imposé ça, mais je ne pouvais pas m’en empêcher, tu es à moi, seulement à moi, je ne te partage pas ! Il n’y a que moi qui avais le droit de m’occuper de toi alors que tu n’étais pas bien, que moi que tu pouvais regarder au réveil et qui pourrais te sortir une de mes bêtises pour essayer de te faire rire alors il n’avait pas le droit d’être si proche de toi ! Je me trouvais bête, je ne voulais pas te le montrer, j’ai entendu ce que tu viens de me dire, ça me rassure beaucoup et je me sens encore plus bête et je ne sais même pas pourquoi et je t’aime ! Vraiment vraiment fort et je vais retourner sous l’eau tout de suite parce que je t’ai encore regardée là et que je vais craquer, tu es trop belle et voilà !!!

Oui.. vraiment très rapide, mignon, troublant certainement de voir ce grand garçon si assuré, dragueur et doué d’ordinaire pour formuler au moins un peu sa pensée, être dans cet état… mais plutôt drôle au final et il serra les dents, lui jetant un regard d’excuse avant de se laisser de nouveau couler, désolé de réagir ainsi et se trouvant encore plus idiot de lui avoir servi un pareil discours…
Décidément, aujourd’hui, tout était plus… fort…
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Cassidy Herediane
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MessageSujet: Re: Le prince charmant oublié : l'amour de fer ou de cristal ?    Lun 23 Sep - 14:06

La jeune femme se faisait du souci pour son compagnon. L’arrivée d’un éventuel rival dans leur petite vie le chamboulait autant que ça ? Apparemment c’est ce qu’elle croyait mais alors qu’avant, Cassidy le taquinait vivement sur un homme qui pourrait s’intéresser à elle, c’est d’une mine tout à fait sérieuse qu’elle se pointa au bassin. Hors de question de s’amuser avec les sentiments, ça fait bien trop de mal et de ravages pour passer inaperçu.

Il l’ignorait un peu alors qu’elle lui parlait. Elle se troubla, les sens en alerte. Tout simplement il était certainement en train de chercher à se détendre. C’est pour cette raison qu’on prenait un bain au final. Et puis l’odeur des sels de bain apaisants la confortait dans cette idée. La jeune femme continua à s’expliquer, histoire qu’il n’y ait pas de malaise entre eux. Cela lui faisait de la peine de voir Tristan un peu ailleurs et tout de suite, quand l’amour est toujours un peu fragile, cela fait peur, et on cherche à rassurer l’autre.

La demoiselle avait posé ses mains fraiches sur le torse à Tristan qui grimaça. Elle répondit à sa grimace, gênée. Mais à quoi donc pensait ce Drakkari ? Si seulement il pouvait lui dire, elle ne se fâcherait pas. Elle voulait qu’il parle au contraire, qu’il lui dise que oui il était jaloux mais que ça allait. Et elle n’était pas du genre à lui sous entendre que elle avec Erwan il se pourrait que… non non et non ! Hors de question !

Elle s’était rapprochée, lui expliquait et avait doucement posé ses lèvres sur les siennes mais voilà que le jeune homme avait prit un air terrifié en coulant. Oui il fuyait là ? C’est bon elle avait un souci ? Il ne voulait pas en parler ? Même un baiser ne le faisait pas bien réagir ? Dans ce cas inutile de rester ici plus longtemps, il avait certainement envie de calme et elle ne pouvait rien y faire. Tête basse, la jeune femme avait tourné les pieds et s’apprêtait à sortir du bassin.

C’est alors qu’elle sentit qu’on la retenait par le pied. Surprise, elle tourna lentement la tête et baissa les yeux vers cette tâche rouge au fond du bassin qui faisait de l’apnée. Cassidy se sentit déboussolée par sa réaction qui n’avait rien de logique il fallait bien le reconnaître. Pourquoi donc la retenait-il si il cherchait tant à fuir de cette manière ? Pourquoi ne pas la laisser tranquille ? Ou peut-être qu’il s’était enfin décidé à lui parler. Il est vrai que Tristan réagissait presque instinctivement en parlant mais qu’il cherchait toujours à se contrôler un minimum.

Non c’est vrai, elle ne se rappelait plus de lui dans le passé, quand ils étaient ensemble. Elle ne l’avait pas connu spontané, et auteur de grandes déclarations, jolies phrases dites tout simplement, aussi facile que de respirer. Peut-être que si elle l’avait su, d’une manière ou d’une autre, serait-elle troublée, gênée, perturbée d’un brusque changement de comportement. Mais bon, elle n’en savait absolument rien.

Tristan avait émergé et c’est vrai, les cheveux devant les yeux, il cherchait à retrouver la vue. Elle pencha très légèrement la tête sur le côté, ouvrant un peu plus les yeux, comme si elle cherchait à comprendre, attentive à ses moindres gestes. Et enfin il s’expliqua, d’abord un peu péniblement sans arriver à trouver ses mots.

La demoiselle tendit légèrement la main vers le bras de son compagnon, comme pour l’encourager avec douceur à dire ce qu’il peinait à exprimer. Et la réponse ne se fit pas attendre. Très rapide, spontanée mais surtout timide. Cassidy ouvrit la bouche en cherchant à emmagasiner ses paroles. Ainsi donc il était réellement jaloux ? Cela ne l’étonnait pas et la rassurait même au contraire. Mais c’était bien la première fois qu’elle le voyait agir de la sorte.

La petite mage en était flattée et extrêmement touchée. Tant de déclarations, un Drakkari prêt à tout pour elle, il y avait de quoi être heureuse même si… quand même ça avait failli tourner au drame pour peu de choses. Après tout, Erwan n’avait rien fait. Mais la déclaration de Tristan était tellement mignonne que cela ne pouvait faire rougir que la jeune mage. D’autant plus qu’elle avait vu les yeux de son compagnon briller, comme à chaque fois qu’il était sur le point de dire quelque chose d’important.

Elle commença à connaître ses mimiques, ses moindres gestes, son caractère et si au départ, elle avait vu sa partie grincheuse, cela ne la dérangeait pas plus que ça. Cassidy avait passé plusieurs expressions faciales, des yeux qui s’ouvraient en grand, puis un léger sourire en coin timide, alors qu’elle tripotait ses mains à la surface de l’eau, s’amusant à faire glisser le bout de ses doigts sur le dessus et enfin, un réel sourire, presque taquin et malicieux quand il déclara ne dire que des bêtises et retourner sous l’eau.

Ahlala… un grand gamin ce Tristan. Mais enfin, la demoiselle était désormais soulagée, rassurée et n’avait plus rien d’autre à rajouter, cela lui suffisait amplement. Elle aurait bien voulu lui sauter dans les bras, en le traitant d’idiot, qu’il fallait qu’il arrête de croire qu’elle le laisserait comme ça et qu’elle l’aimait beaucoup trop pour se laisser tenter par un autre. Douce demoiselle… bien gentille… et dénuée de toute fourberie. Alors que d’autres auraient saisi l’occasion pour tester la jalousie de leur compagnon, Cassidy elle, était tout simplement heureuse et n’avait pas besoin de preuve supplémentaire même si il lui arrivait de râler.

Elle s’adossa alors contre le bassin, attendant qu’il revienne à la surface, puisque de toute manière, il n’avait pas une respiration illimitée comme les sirènes. Il avait toujours ce petit air timide et la regardait de temps en temps, sans savoir si il pouvait plus ou pas. Amusée, la jeune femme le rejoignit et lui prit doucement la main. Des envies… il avait des envies… Souriant, elle lui caressa le dos de la main.

« Eh bien… me voilà rassurée… Je m’y attendais un peu mais c’est bien que tu le dises, ça m’évite de me torturer le cerveau pour trouver la raison qui te rendait si distant aussi rapidement. Mais tu n’as pas à t’en faire… »

La jeune femme s’allongea un peu paresseusement contre le torse de son compagnon. Ils avaient suffisamment parlé, inutile de rajouter d’autres paroles.
Cependant, elle ne savait pas, si ils devaient se laisser tenter dans le bassin ou bien d’attendre de rentrer dans leur chambre. Pensant que ça faisait un moment qu’ils étaient enfermés là dedans, et pour éviter d’éveiller les soupçons, surtout que certains élèves enfreignaient le règlement pour espérer voir des professeurs en train de faire leur toilette, Cassidy estima que la meilleure solution était d’attendre sagement.

Ce fut donc des câlins tout doux, sages et ils finirent par sortir du bassin et se sécher avec des serviettes avant de reprendre le chemin de la chambre.

Cassidy s’était assise sur le lit, les cheveux mouillés, et profitait du moment pour se coiffer, avant de paraître songeuse. Cet Erwan, devait-elle le revoir ? Ou cela serait-il trop dur pour Tristan ? Elle ne voulait pas non plus brusquer le Drakkari. Il avait l’air si hésitant, avec une certaine fragilité, qu’elle avait peur qu’il réagisse très mal et en devienne maladroit.

En effet, maintenant que Tristan allait mieux, elle pouvait mieux réfléchir à ce fameux jeune homme qui déclarait la connaître alors qu’elle ne se rappelait de rien. La demoiselle se mordit doucement la lèvre. Qui ? Pourquoi ? Pourquoi lui avait-on fait oublier ? Serait-ce Tristan pour être sûr de ne pas avoir de concurrence ? Quelqu’un qui ne voulait pas qu’elle apprenne quelque chose ? Dans quelle histoire avait-elle été entraînée ? Seul Erwan pouvait lui apporter des réponses et même si le passé restait à sa place, Cassidy était de nature curieuse. Il suffisait la voir chercher des informations sur sa famille pour se rendre compte qu’elle ne restait décidément pas en place, quitte à découvrir de biens vilains secrets, capables de bouleverser une vie.

Tristan avait fini par se changer, préférant un boxer comme à son habitude, lorsqu’un plateau repas apparut sur la table basse. C’était vrai, ils n’avaient même pas pris la peine de manger ! Cassidy fit une petite moue gênée. Il est vrai que Kimmy faisait tout pour qu’ils se sentent bien et était parfois un peu trop attentionnée. Mais en même ces deux là étaient pire que des gamins, capables de rechigner devant une assiette de mets délicieux quand les émotions ne suivent pas.

Cassidy avait néanmoins pris une décision, elle décida de ne pas reprendre le sujet de ce petit malaise et de l’apparition d’Erwan. Quoi de pire pour un Drakkari trèèèèès sensible aujourd’hui que de revivre la scène par la parole ?

Elle mangea donc sagement, vêtue d’une nuisette en soie assez courte, allongée sur le canapé avec Tristan et lui donnait à manger alors qu’il se laissait faire.

« Alors tu ne m’as toujours pas dit pour la décoration de la salle d’astronomie ? Ca va te prendre combien de temps ? Tu as besoin d’outils en particulier ? »

Elle attendit sa réponse, un beau sourire sur le visage puis continua tout mangeant également des petites pommes de terre rôties, ressemblant un peu à un hamster puis prit un air pensif.

« Au fait… j’ai reçu aujourd’hui une invitation à un dîner à Glindel. Je voulais t’en parler tout à l’heure mais avec tous ces rebondissements, pas eu le temps de le faire… »

Cassidy sentit son Drakkari se crisper. Ah bah oui lui qui était à fleur de peau aujourd’hui en voilà une nouvelle ! Mais elle ne pouvait pas lui cacher non plus. Elle se racla doucement la gorge et caressa le bras du jeune homme.

« C’est bon c’est bon… Il y aura juste quelques représentants et leurs épouses sûrement du royaume voisin, les gérants de la ville… pas de quoi s’affoler. Et j’aimerais bien que tu viennes avec moi… Ca me… rassurerait. »

Elle se gratta lentement la joue d’un air gênée, se demandant comment Tristan allait prendre la chose. Et puis Erwan ne risquait pas d’y être, il n’était pas d’ici et pas de réputation non plus. Alors pourquoi s’inquiéter ?
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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: Le prince charmant oublié : l'amour de fer ou de cristal ?    Lun 23 Sep - 21:06

Elle ne se rappelait pas de ce qu’il était avant. De ce qu’il était quand ils s’étaient retrouvés, avant qu’il ne devienne un Kaär. Parce que malgré ce qu’avait enduré sa mère sous ses yeux, malgré sa colère, malgré sa haine, malgré ce « démon », il ne s’était pas dirigé vers ces arrivistes égoïstes aux mentalités dictatrices qui séduisaient tant de jeunes gens perdus à leur époque. S’approprier par la force ce qu’il désirait aurait pourtant dû le séduire, lui qui était déjà si fort et qui si jeune se bagarrait fréquemment, mais pas que pour de mauvaises raisons et quand on y repensait, rarement avec une réelle violence. Sa mère l’avait élevée seule et elle devait être une femme extraordinaire, d’une patience rare, d’une maternité certaine, d’une personnalité unique pour réussir à inculquer tant de valeurs à son fils. A cette époque là oui, il s’apparentait davantage à un mercenaire, un aventurier payé pour les missions qu’il réalisait et surtout réussissait.
Elle ne se rappelait pas.
Elle ne pouvait donc pas se rendre compte à quel point il avait changé, s’était mis à aimer la violence, à aimer aussi faire les mauvais choix, comme si c’était un moyen de se punir d’exister, comme son obstination, au tout début de leurs récentes retrouvailles, à cacher, délaisser, détester, refouler les sentiments que lui inspirait une certaine jeune mage fort jolie alors qu’elle ne se préoccupait que si peu d’elle à ce moment-là, si belle aujourd’hui…
Sans doute effectivement, aurait-elle été attristée par tous ces changements mais… pas seulement.
Si elle s’était souvenu, la différence l’aurait profondément blessée et probablement se serait-elle persuadée qu’il l’aimait moins ou une autre absurdité de ce genre puisqu’il était si… différent. Mais en même temps, elle aurait pu voir, au cours de ces derniers mois, cette progression, ce retour en arrière, un retour enrichissant pour une fois, comme s’il parvenait enfin, auprès d’elle, à guérir de cette si violente, déchirante et béante blessure que lui avait laissé leur séparation… et ses actes à l’encontre de celle qu’il aimait depuis toujours.
Alors il y avait de l’espoir… et même plus que ça. D’ailleurs, son discours le prouvait un peu.
Il guérissait…

Quand il s’était laissé couler, il avait serré les dents et croisé les bras, assis sur le sol carrelé du bassin, songeant avec une pointe d’agacement, de lassitude mais surtout de plaisir, qu’il ne pourrait jamais se faire à l’attirance qu’il éprouvait chaque fois qu’il baissait les yeux sur elle. Aujourd’hui, c’était particulièrement fort. A tel point qu’il le ressentait presque avec violence… Comme si le besoin le plus impérieux de son corps n’était ni de se nourrir, ni de dormir mais de satisfaire cette belle jeune femme. C’était probablement le plus étrange dans toute cette histoire. S’il s’était toujours attaché à combler ses conquêtes, Tristan n’avait jamais négligé pour autant son propre plaisir. Alors qu’aujourd’hui, c’était le sien qui avait de l’importance pour lui, uniquement le sien. Cette petite demoiselle était la seule qui comptait, pour lui, pour ses pulsions, ses moindres désirs. C’était curieux, mais tellement agréable, il était réellement heureux rien qu’en la rendant heureuse, même si pour cela la demoiselle n’avait pas forcément besoin de ses performances au lit. Un baiser de sa part semblait tellement la rendre heureuse que parfois, il se demandait s’il n’y avait pas quelque chose… d’étrange entre eux, de réellement étrange, d’anormal peut-être…

Il avait secoué la tête pour s’éclaircir les pensées sous l’eau et avait attrapé juste à temps une cheville de la demoiselle qui blessée, s’éloignait. Quand il était remonté, il semblait penaud et ne voyait plus grand-chose sous ses cheveux mouillés qu’il débarrassa en partie de l’eau en les secouant… ce qui les ébouriffa aussitôt… et beaucoup !
Même si c’était maladroit et encore peu engagé, Tristan se montra honnête, franc par rapport à ce qu’il ressentait, parce qu’il ne voulait pas qu’elle s’imagine n’importe quoi, parce qu’il ne voulait surtout pas qu’elle croit qu’il était insensible à sa présence et surtout à son corps superbe. Il lui disait qu’il l’aimait aussi… maladroitement, loin d’un poème plein de rimes et de mots tarabiscotés. Mais c’était vrai, sincère… Et la petite demoiselle sembla apprécier.

Elle était vraiment contente en fait mais il ne pouvait que peu s’en rendre compte vu qu’il était retourné sous l’eau. Elle avait de quoi rougir en effet, peut-être qu’un jour, il serait capable de parler en toute franchise à n’importe quel moment mais était-ce à espérer, ou ces petits moments de parfaite honnêteté, de tendresse, d’aveu, de timide déclaration n’étaient-ils pas à conserver ?
Quand il remonta, elle l’attendait de pied ferme mais avec le sourire. Ses quelques mots tirèrent un sourire penaud au jeune homme qui s’ébouriffait de nouveau les cheveux. Il marmonna quelques excuses à peine audible d’une voix de petit garçon mais il referma bien vite ses bras sur elle avec le sourire quand elle se blottit contre lui. Il était préparé au choc du contact mais cela ne lui évita pas un long frisson autant de bien-être que de ce même désir violent qui lui donnait l’impression de perdre un peu la tête.
Mais au final, il n’engagea rien. Après tout, la jeune femme avait quand même fait un malaise un peu plus tôt et il avait un peu la désagréable impression, si elle lui avait cédé, que c’était un moyen de « le pardonner de s’être mal comporté ». Non pas qu’il ait un problème avec son comportement, il avait mal agi, il le savait, même si elle n’avait pas toutes les cartes en main par rapport à sa méfiance vis-à-vis d’Erwan. Mais disons qu’il ne voulait jamais qu’entre eux, ce soit prémédité, que l’un le veuille davantage que l’autre. Il eut une légère grimace à cette pensée. Il l’aimait plus qu’elle l’aimait, du moins c’est ce qu’il croyait fermement, donc par extension, il la désirerait toujours bien plus qu’elle…

Shampoing, douche, baisers, légers effleurements, il s’était montré attentif pour cette fin de bain vis-à-vis d’elle, c’était un peu sa façon aussi de demander pardon. Et puis au moins à présent savait-il qu’elle ne lui en voulait pas. Ses paroles l’avaient réellement rassuré sans qu’il ne s’explique trop comment, pour un peu, il aurait pensé à de la magie, puisque serein, il en oubliait totalement cet Erwan et le danger qu’il pouvait représenter… et pas seulement dans une histoire de rivalité.

Il aurait pourtant dû se douter que la demoiselle désirait en savoir davantage sur son amnésie et reconstituer le puzzle de sa vie. S’il avait su qu’elle le soupçonnait, même si peu, d’avoir effacé ce « rival » de sa mémoire, probablement en aurait-il souffert, la télépathie, heureusement qu’il n’en avait ni le pouvoir, ni la simple conception… et que le tatouage ne faisait pas des siennes !

Elle s’était assise sur le lit, se coiffant tranquillement, enveloppée dans son peignoir pour le moment, un peu trop entrouvert d’ailleurs. De son côté, Tristan s’était changé, enfilant un boxer puis surprenant un regard peu amen de la jolie jeune femme vers lui, il s’était interrompu, dans une position assez comique, une jambe relevée, l’autre au sol, penché en avant, en train d’enfiler un pantalon, avait renoncé en comprenant ledit regard assez traduisible par « ceci est un pantalon, ceci n’est en rien nécessaire, tu es trop bien foutu pour couvrir davantage ton corps, tu es un Drakkari, tu n’as pas froid, donc tu n’en as pas besoin, en fait tu ne devrais plus du tout porter de pantalon, ni de tunique, jamais… brûle-les ». En fait, c’était l’impression qu’elle lui avait donné et il se surprit à sourire comme un idiot en l’imaginant parler ainsi. Bien sûr, elle ne le ferait jamais, mais ses yeux parlaient probablement bien mieux qu’elle n’en avait conscience. Il s’était approché alors qu’elle s’était perdue dans ses pensées et lui avait pris sa brosse des mains pour la coiffer… toujours aussi doux dans ses gestes et dans celui si surprenant venant d’un homme, de vouloir réaliser cette « tâche ».

Il semblait un peu différent tout de même, pas par rapport à ces derniers jours, par rapport à plusieurs mois plus tôt. Avant, il avait une assurance certaine par rapport à son corps, il se savait beau et en abusait plus que de raison. Maintenant c’était différent. Il semblait ne plus du tout y penser, voire même en avoir conscience, pourtant si ce n’est la cicatrice en X sur ses pectoraux, il n’avait que bien peu changé et si c’était le cas, ce n’était certainement pas en mal. Peut-être que le regard amoureux de sa compagne suffisait à lui donner l’impression qu’il valait le coup d’œil… ce qui lui enlevait ce besoin de l’affirmer, affirmation maladroite qui ressemblait à s’y méprendre à un profond manque de confiance et de mésestime, doublé d’un besoin de reconnaissance. Curieux… ou pas du tout.

Il avait fini de coiffer ses cheveux, il les aimait bien plus longs ainsi, ils lui semblaient encore plus beaux et il ne se lassait pas, semblait-il, d’y passer ses doigts des racines jusqu’aux pointes, tout en douceur, caresse légère, parfois un peu trop sensuelle, sans arrière-pensée. Pourtant, là, il se pencha un peu en avant pour déposer un long baiser sur sa nuque après avoir écarté ses cheveux. C’est le moment que prit un plateau repas pour apparaitre. Il sourit. Oui, Kimmy veillait sur eux, et c’était tant mieux d’ailleurs. Comment faisait-elle pour savoir qu’ils n’avaient pas diné en ville ça par contre, c’était un mystère.
Il alla leur préparer une assiette parmi tous les petits mets déposés sur le plateau pendant qu’elle enfilait sa nuisette et qu’elle le rejoignait. Il serra d’ailleurs fortement sa propre cuisse d’une de ses mains quand il leva les yeux sur la silhouette encore si peu décente de sa compagne et les détourna rapidement, rassuré par le bracelet qu’il portait au poignet.

Ils grignotaient tranquillement en discutant. Elle s’était allongée sur le canapé et il avait fait de même, posant sa tête sur son ventre en faisait quelques bruits avec sa bouche quand il voulait qu’elle lui donne la becquée. Oui, oui, rien que ça… Elle fit bien de ne pas aborder si tôt le sujet d’Erwan. Et puis après tout, si elle comptait mener l’enquête, elle n’était pas obligée pour autant de le lui dire, si ?

- Mh ? Oh… Je ne sais pas trop… ça dépendra surtout du temps qu’il faut aux murs pour sécher, il fait sec en hiver par ici donc ça devrait aller vite… Mais en même temps, je ne veux pas bâcler mon travail. Pour l’instant je n’ai abordé que la première partie, la plus rapide et brouillonne disons… il me faudra beaucoup d’heures pour réussir à faire à cette salle ce que j’ai fait au plafond de notre chambre tu sais… J’avoue que je ne peux pas donner de réelle estimation puisque ça dépend aussi de ma fatigue, je ne veux pas peindre si je suis trop fatigué, j’aurais trop peur de mal faire et de décevoir les attentes de tout le monde. Enfin surtout les tiennes tu t’en doutes. Par contre, j’ai tout ce qu’il me faut, ne t’en fais pas… et j’ai hâte que tu découvres cette salle une fois finie… Surtout que tu parlais de donner quelques cours dans ce domaine à un moment…

Petite manière TREEESSS détournée de signifier qu’en gros, cette salle, il la faisait bien plus pour elle que pour les autres résidents. Mais chuuuut, c’était un secret.
Quand elle commença à ressembler à un hamster tant elle avait mit de nourriture dans sa bouche et surtout parce qu’elle s’était arrêtée de mâcher, pensive, il appuya légèrement sur ses joues de son pouce et de son majeur pour la ramener sur terre, lui tirant la langue, un brin moqueur.
Elle parla d’invitation à diner et il se crispa brusquement, toute joie disparaissant sous un masque d’indifférence un peu trop pâle pour être totalement indifférent. Mais elle l’apaisa, d’un geste et de quelques mots. Sa caresse sur son bras lui avait pourtant tiré un frisson… loin d’être désagréable. Il sourit.

- Ah ? Oh… d’accord. Je comprends.

Elle avait dû se redresser un peu quand ils avaient commencé à manger et était plus en position semi-allongée, comme si elle était dans un transat, que réellement allongée, il put donc sans peine, levant les bras, entourer en douceur sa taille de ses bras, la regardant avec un sourire bien large pour une nouvelle si simple et inoffensive…

- Je serai ravi de t’accompagner bien évidemment.

D’ailleurs il la lâcha et se retourna, se redressant sur les bras, les mains à plat sur le canapé pour se hisser un peu plus haut et s’emparer tendrement de ses lèvres.
C’est qu’il était encore plus doux que d’ordinaire, même hésitant, voire très hésitant, comme s’il avait peur qu’elle le repousse… Comme si elle allait brusquement mettre les mains à plat sur son torse, y imprimer une vive tension pour le repousser et s’éloigner retrouver son Erwan surgi du passé… N’importe quoi.
En fait pas si n’importe quoi que ça… Parce qu’elle avait bien posé les mains sur son torse et elle le repoussa même vivement… mais pas pour s’enfuir à voir la manière dont elle se glissait contre lui, le dominant de si peu vu son gabarit alors qu’il rattrapait au mieux, si habile, l’assiette heureusement bien peu chargée. Il la posa aussitôt sur la table basse toute proche, enfin il en eut à peine le temps parce que vu la manière dont elle l’embrassa, son cerveau perdit énormément de neurones… Wahou… Quand elle l’embrassait comme ça… il se sentait tellement… insignifiant dans ce monde et en même temps tellement grand, beau et fort, c’était trop contradictoire ! Lui-même embrassait très bien, il le savait mais… il ignorait si ça lui faisait le même effet. Il détestait avouer sa faiblesse mais qu’elle l’embrasse ainsi ou l’enchaine à ses moindres désirs par le biais du tatouage… ça revenait au même, malgré le côté très agréable que revêtait justement l’une de ces méthodes.

Ils ne faisaient que s’embrasser et au départ, malgré cet élan et retournement de situation très intéressant, il n’y avait rien de plus. Ils se souriaient, s’effleurant à peine dans des caresses légères et innocentes. Un miaulement au sol les interrompit alors qu’ils se regardaient en se souriant d’un air un peu idiot. Orion les fixait d’un air franchement blasé, il miaula et si Cassidy n’avait pas vu beaucoup de manifestation magique de sa part, elle fut servie !!! Parce que brusquement, à leur deux esprits s’imposèrent des images, pas des mots, pas une voix, mais des images… de ce qui risquait bien d’être la suite de ce renversement sur canapé ! En gros, eux deux, peu habillés en train de jouer très sérieusement au gymkhana ! La vision disparut aussitôt, remplacée par celle d’Orion, se représentant lui-même en train de partir chasser pour ne pas les interrompre. En gros : « bon les loulous, on va arrêter les frais dès maintenant, on sait tous les trois très bien que vous allez vous regarder comme deux animaux respectivement en chaleur et en rut et copuler sous peu donc je m’en vais pour vous laisser le champ libre et la joie de pouvoir exprimer sans retenue vos activités sans crainte de perturber le petit animal innocent que je suis, je vais chasser et faire un tour dans le coin, vous avez la permission de une heure du matin, à plus tard… »

D’ailleurs, l’animal disparut aussitôt… en passant à travers le mur, comme un fantôme, leur laissant à tous deux cette impression d’un étrange discours. Ils se regardèrent, rougirent et se mirent à rire. Pourtant, elle avait les yeux pétillant, surprise et ravie de la manifestation magique de l’animal. Oui, elle comprenait probablement beaucoup mieux avec ceci, le choix de son compagnon pour un tel animal.
Elle avait un air pensif même si elle était toujours allongée sur lui et caressait distraitement son torse quand il l’interrompit d’une voix timide.

- Tu crois qu’il a… avait raison ?

- A propos de quoi ? Enfin de…

Elle rougissait légèrement, comme toujours, lui demandant si c’était ce qu’il avait en tête. La mine du jeune homme changea, se durcissant alors qu’il tournait la tête en soupirant.

- Ce n’est pas forcément… enfin je ne te l’aurais pas imposé… mais tu devrais savoir depuis le temps que poser les yeux sur toi me suffit pour « l’avoir en tête » donc oui j’y pensais… Comme toujours… En même temps, même si tu portais un déguisement ridicule, je ne serais pas sûr de ne pas…


Il s’était interrompu. Ou plutôt, ELLE l’avait interrompu, d’un baiser. Juste génial, qui le fit loucher, se crisper et se détendre en même temps, qui lui donna mal à la tête tant il se priva d’oxygène pour le faire durer. Ils avaient fermés les yeux et continuaient de s’embrasser quand un éclat le poussa à les rouvrir. Elle brillait. Il avait l’habitude et pourtant, une fois de plus, il en fut surpris tandis qu’un sourire se dessinait sur ses lèvres. Elle avait rouvert les yeux à son tour en comprenant que son corps devait encore être en train de se manifester. Il la regardait avec adoration alors qu’elle maugréait. C’était quelque chose à propos de justice comme quoi il y pensait tout le temps… puisqu’il avait l’avantage d’avoir pour elle un GROS panneau de signalisation disant clairement « là si tu ne me fais pas l’amour très bientôt, genre maintenant, y en a une qui va piquer une crise et crois-moi, tu ne veux pas être à côté quand ça arrivera ! ». Il l’arrêta dans ses récriminations envers son propre corps d’un baiser à son tour en murmurant que décidément, il adorait la voir briller, ce qui donna lieu à un étrange début de jeu de lutte, de compétition pour savoir lequel tenterait le plus l’autre, lequel gagnerait, le perdant étant celui qui bien sûr perdrait le plus rapidement les pédales. Elle fit mine de jouer selon les règles d’ailleurs au départ, puis les remit au même niveau en glissant une main sur son bras gauche et en lui optant son bracelet.
Et ceci fait bien sûr, elle gagna en l’espace de très courtes secondes… Du moins vu comment il se redressa brusquement en la serrant contre lui, se relevant pour se diriger tout en l’embrassant en se dévissant le cou, vers le lit, l’y déposant tout en douceur et faisant disparaitre sa nuisette comme par magie en un clin d’œil pour mieux la couvrir de baisers et avouer d’une voix suppliante qu’elle gagnait, qu’il ferait ce qu’elle voudrait et que promis, elle allait donner de la voix ce soir… Enfin un truc comme ça… Pourtant, en équilibre sur les bras, c’étaient des baisers plus passionnés qu’affamés qu’il déposait dans le creux de sa gorge entre deux murmures…
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MessageSujet: Re: Le prince charmant oublié : l'amour de fer ou de cristal ?    Jeu 3 Oct - 18:04

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