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 Quel heureux ou malheureux hasard ?

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Cassidy Herediane
Directrice de l'Académie Hysandra
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Date d'inscription : 26/02/2012
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Race: Humain Ascadian
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MessageSujet: Quel heureux ou malheureux hasard ?   Jeu 3 Oct - 18:01

(Suite de Le prince charmant oublié : l'amour de fer ou de cristal)

Tout était bien qui finissait bien au final. Ils avaient bien discuté et le malaise avait été rapidement dissipé. La suite de la soirée était plus qu’agréable et la jeune femme se félicita d’avoir insisté dans la salle de bains. Au moins maintenant tout était plus clair et lorsqu’elle serra la main de son compagnon, le regardant droit dans les yeux de manière insistante tout en brillant de plus belle, le début de la fin avait déjà commencé.

Le lendemain matin, ils s’étaient réveillés souriants. Apparemment Cassidy n’avait pas eu de rêves bizarres. C’est peut-être grâce à un certain Drakkari qui avait occupé toutes ses pensées la veille et leurs activités ne laissaient pas de place à la réflexion. Elle en rougissait encore en se disant à quel point Tristan avait un impact sur elle. Il suffisait qu’il aille bien pour qu’elle se sente bien. Qu’il soit triste ou préoccupé et elle était incapable de se concentrer sur autre chose. Ce n’était pas évident à gérer quand même. Mais quand on commence à rentrer dans ce jeu de l’amour, eh bien difficile de pouvoir s’arrêter.

Elle avait baillé, déclaré que la journée était magnifique aujourd’hui avec ce petit soleil timide qui pointait le bout de son nez. Et la jeune femme le regardait en souriant comme si il s’agissait du plus beau jour de sa vie. La démonstration d’Orion hier l’avait fortement surprise. C’était comme si cette petite créature était doté d’intelligence, capable de les comprendre. Magique oui. Surprenant même qu’elle n’en ait pas croisé un lors de ses voyages. Ou qu’on ne retrouve pas la trace dans des manuscrits.

Cependant, Cassidy allait bien ce matin. Elle se collait contre le torse de son compagnon, passant doucement ses doigts sur la blessure et ne pouvait qu’éprouver un pincement au cœur. Bien sûr que ça lui faisait mal aussi. Mais la jeune femme voulait lui prouver que ce n’était pas ce genre de petit changement qui la ferait se détourner de lui. Elle le prouvait suffisamment dans leurs petits jeux qu’il comptait beaucoup pour elle et redoublait d’efforts à chaque fois.

Parfois il lui arrivait d’avoir des pensées malsaines, se disant qu’elle aurait du tuer et faire souffrir ce capitaine par ses propres moyens et pas de le laisser en vie. Elle se trouva stupide et chassa rapidement de son esprit cette pensée morbide.

La demoiselle taquinait son compagnon, était souriante et après une gentille lutte où chacun voulait prendre le dessus, Cassidy proposa de sortir du lit. Mais c’était sans compter Tristan qui lui, cherchait plus à la retenir qu’autre chose. Et c’est reparti pour un autre tour ! Moments de tendresse, regards pétillants et rires, de grands gamins oui. Après avoir un peu traîné, elle insista quand même en lui disant qu’à force de rester ici, lui allait finir par rouiller si il n’allait pas s’entraîner de temps en temps et qu’elle se ferait réprimander sur son oisiveté.

Ils finirent donc par se lever et s’habillèrent, lui la découvrant du regard et elle, amusée, lui demandant ce qu’elle pouvait bien mettre aujourd’hui en lui montrant bien quelques robes mais toujours bien couvrantes dans le dos à cause de sa cicatrice. Il la conseilla et après un long moment, chacun sorti de son côté. Elle avait vraiment l’air bien la petite directrice, sifflotant un air de musique assez entraînant en se dirigeant vers son bureau. Rien à voir avec la veille.

Toute la journée se déroula tranquillement, elle restait dans son bureau à rattraper son retard, et c’est fou comme elle pouvait en prendre ses derniers temps. Tristan n’arrangeait en rien les choses, puisqu’il trouvait toujours un prétexte pour passer dans son bureau et il fallait le dire, ce n’était certainement pas pour se regarder dans le blanc des yeux. Elle veillait à tout insonoriser, verrouiller, afin qu’on ne puisse pas les déranger.

Rien de notable au cours de cette journée, si ce n’est que l’aventure Erwan, la petite mage l’avait chassé de son esprit et ne semblait pas plus que ça encline à sortir en ville. Le travail l’occupait suffisamment. Et elle devait donner quelques instructions aux professeurs, faisait des recherches à la bibliothèque, une journée ordinaire mais extrêmement riche en activités.

Le soir arriva bien vite et un rappel dans son agenda lui fit penser à cette invitation à cette petite soirée à Glindel. Ah… une grimace apparut sur son visage. Alors qu’elle rêvassait la journée de passer une parfaite petite soirée en amoureux avec Tristan, un petit dîner aux chandelles, une discrète sortie vers la mer avec lui, voilà que ses obligations professionnelles reprenaient le dessus. La jeune femme grogna en regardant l’heure. Tout juste le temps de se changer, se préparer et de partir. Voilà un Drakkari qui serait très certainement frustré par ce manque d’attention !

Elle partit prendre une douche puis revint dans sa chambre pour s’habiller convenablement. La jeune femme finissait de se coiffer à peine quand Tristan ouvrit la porte de la chambre, peut-être un air un peu fatigué sur le visage. Doucement, la jeune femme se tourna vers lui, un sourire éclatant sur le visage. Elle avait relevé ses cheveux blonds sur la tête avec une pince argentée et quelques mèches retombaient et encadraient joliment son visage. Il y avait aussi quelque chose de différent chez elle. La présence d’une très légère couche de maquillage, qui soulignait l’intensité de son regard noisette, et un peu de rose sur les lèvres.

Bon elle avait passé un bon moment à bidouiller cette palette de couleurs complètement inconnu et un manuel de maquillage pour débutantes traînait sur son bureau mais ces petits changements la mettaient encore plus en valeur. Elle avait décidé de le faire sur un coup de tête, après avoir entendu des élèves parler entre eux de maquillage qui pouvait embellir un visage.

Cassidy était vêtue d’une magnifique robe violette et vaporeuse, encore une de celles qui couvrent suffisamment mais qui laisse rêver sur le corps de sa propriétaire, mettant en évidence ses jolies formes. Et là ça se voyait qu’elle avait repris un peu de poids puisque la robe lui allait comme un gant. Elle était vêtue de chaussures assorties et portait autour du poignet le bracelet que Tristan lui avait offert, des mois en arrière, bien décidée de s’afficher à ses côtés.

Elle se tourna et vint se planter devant lui en tournant sur elle-même, voulant avoir son approbation.

« Alors comment tu me trouves ? »

Il avait l’air un peu muet, c’était certainement pour cacher sa surprise. Mais en même temps, le jeune homme pouvait devenir jaloux, si d’autres hommes cherchaient à courtiser sa belle pendant cette soirée. Elle se plaça devant lui, adorable et faisant une mimique de petite fille tout en se hissant sur ses pointes pour lui donner une pichenette sur le nez.

« Ne t’inquiète pas, tous les hommes de cette soirée ont un certain âge ou sont en couple… Et puis le premier qui m’approche de trop près apprendra à voler ! »

Elle caressa doucement son menton d’un air songeur puis s’approcha dangereusement de lui, enroulant ses bras autour de ses épaules, le forçant à se pencher en avant, pour se coller juste près de son oreille.

« Si tu es bien sage et patient, une fois que la soirée sera terminée… Prépare toi à passer une nuit assez… excitante »

Parlant d’une voix pleine de mystères, comme si elle lui faisait une grande confidence, la jeune femme cherchait surtout à montrer à son compagnon que rien ne l’empêcherait de se pardonner en le comblant encore cette nuit. Car c’est vrai, elle cherchait toujours à s’améliorer. Elle avait terminé sa phrase en déposant un baiser au creux de son oreille tout en glissant sa main dans son dos sous sa chemise, d’un air assez entendu.

Cela suffit à rassurer le garçon et Tristan s’habilla à son tour. Lorsqu’elle le regarda, le regard que jetait Cassidy exprimait une grande fierté et une expression pleine d’amour.

« Tu es vraiment… whaaa… comme toujours »

Bon c’était maladroit en effet, mais c’était si Cassydien !

Ils sortirent de l’académie et elle manqua de tomber en heurtant un petit caillou au sol. Heureusement son preux chevalier était là pour la rattraper ! Si des élèves surveillaient ça allait encore très certainement faire l’objet de rumeurs les plus folles.

Finalement, ils enfourchèrent un seul cheval. Tristan refusant qu’elle se salisse et que la demoiselle serait très certainement mieux sur son destrier devant lui sur le côté. C’est donc ainsi qu’ils prirent le chemin de la ville.

La demeure qui les attendait était un peu luxueuse mais avec un certain charme, un peu à l’écart de la ville avec un petit parc qui faisait le tour de la propriété. Des carrosses passaient et déposaient des convives, des garçons d’écurie conduisaient les montures des propriétaires à une étable.

Tristan et Cassidy descendirent  de monture et se dirigèrent vers la demeure, elle tenant galamment le bras de son « garde du corps ». Elle était souriante, joyeuse et surtout resplendissante. On connaissait bien Cassidy en ville et certaines personnes se permirent de lui faire des compliments sur sa tenue, regrettant de ne pas la voir aussi souvent vêtue de cette façon. La jeune femme se contenta de rire et plaisantait en disant qu’il fallait bien entretenir la part de mystère.

Même son de cloche dans la salle à manger où les convives, une petite vingtaine, discutaient entre eux.  Cassidy était d’humeur festive ce soir et beaucoup moins réservée que d’habitude. Tristan veillait à ses côtés, elle n’avait pas de raison de faire la tête. On leur posait des questions sur l’académie, si tout allait bien, que les rumeurs allaient bon train et qu’on était satisfait de leurs services. Elle recevait les compliments avec plaisir.

« Oh mais je suis tout à fait satisfaite de mes membres du personnel. Voyez-vous Tristan n’est pas que mon garde du corps, il s’occupe également de former les jeunes au maniement des armes. La plupart des élèves sont très contents de sa pédagogie. Je peux dire, en toute confiance, qu’ils sont entre de bonnes mains. »

Elle souriait en lançant un regard complice à Tristan. La jeune femme savait qu’il était aussi connu à Glindel pour ses bons services mais donner un deuxième témoignage au sujet de ses activités à l’académie, ne pouvait qu’encourager les habitants à l’apprécier… et faire fuir cette image de Käar qui lui collait à la peau, il y a quelques temps de ça.

Les autres semblaient vraiment intéressés et satisfaits, posant également des questions à Tristan jusqu’à ce que le maître de maison arrive avec un invité pour le moins… sortant de l’ordinaire. Cassidy se tourna lentement et resta figée net, son regard témoignant une profonde surprise et s’agrippant au bras à Tristan.

Vêtu d’une simple tunique en cuir, une chemise verte et un pantalon dans les tons beige, une tenue pour le moins heu… très loin d’une tenue habillée, un jeune homme timide discutait et semblait pour le moins, un peu embarrassé même si il tentait de faire bonne impression et de rester poli. Erwan…

- Je vous assure que ce n’était pas nécessaire de me convier. Vous savez je ne fais que mon devoir d’Ascadien et je ne pense pas être d’une conversation très riche pendant cette soirée. Un simple remerciement me suffit amplement

- Voyons Messire Huterive, voilà plusieurs mois que vous êtes installé dans notre petite ville et que vous nous avez beaucoup aidé à la gestion de la faune ainsi qu’à l’amélioration des chemins. Depuis que vous êtes arrivé, le trafic des commerçants a bien augmenté. Ca serait irrespectueux de ma part de ne pas vous présenter après ce que vous faites pour nous…

Erwan se mit à râler tout bas en regardant le sol, préférant rester chez lui ou dans la forêt. Les soirées de ce genre où il y a plein de monde, ça le met mal à l’aise. Il redressa cependant vivement la tête quand une petite silhouette attira son attention et fut comme figé sur place, tout comme Cassidy, qui n’en revenait pas de retrouver ce mystérieux sauveur aussi tôt. Il la dévisagea puis détourna rapidement les yeux, par peur de manquer de respect et surtout pour calmer le rougissement de ses joues, qui était devenu bien visible. Si bien qu’il n’osa pas l’interpeller, ni approcher d’elle, Tristan était solidement ancré à côté d’elle. Il se rappelait si bien que le Drakkari avait été assez brusque.

Erwan ne voulait pas que ce genre de chose se reproduise, ça ne serait vraiment pas bon pour le jeune homme si il venait à lui sauter dessus parce qu’il approchait de la dame Herediane.
Cassidy était restée perplexe et jeta un air à Tristan, histoire de dire qu’elle ne s’attendait certainement pas à ça. Elle serra discrètement le bras du jeune homme, comme pour tenter de le rassurer sur ses sentiments même si c’est vrai… pendant un moment, l’ombre de cette familiarité avec Erwan avait refait surface.

Mais le destin n’était pas avec eux ce soir. Le maître de maison avait attribué des placements à chaque convive, les couples étaient séparés. Il trouvait que cela faisait plus convivial pour apprendre à connaître les autres, car ce qu’il voulait, c’était une table animée. Lorsque Cassidy apprit qu’elle était assise loin de Tristan et surtout, à côté d’Erwan, la jeune femme prit son courage à deux mains pour interpeler leur hôte.

« Hum Messire, excusez-moi mais je préférerais rester à côté de mon garde du corps. Vous savez, le protocole… tout ça. »

Il fronça les sourcils d’un air surpris.

- Mais enfin Dame Herediane, inutile de respecter le protocole entre nous ! Il n’y aura pas d’agression à cette table, je ne comprends pas…

Erwan s’était alors interposé et demanda poliment.

- Ca ne me dérange pas d’échanger ma place avec celle de Messire Konogan si cela peut arranger les choses.

Cassidy jeta un bref coup d’œil à Erwan et semblait soulager de voir que quelqu’un était de son côté mais le maître des lieux secoua la tête.

- Enfin voyons, il n’y a aucune raison de faire autant de manières. Je sais que vous êtes très attachée à tout ce qui touche votre académie Dame Herediane mais vous pouvez bien faire un petit effort ce soir ?

La jeune femme soupira puis hocha lentement la tête, Tristan se contentant d’un sourire rassurant même si il ne disait rien. Elle espérait juste qu’il ne s’imagine pas des choses. Et si Erwan avait vraiment tout manigancé pour se retrouver à côté d’elle pour mieux lui parler, il jouait très bien la comédie ! Et le maître de maison aussi.

Tout le monde prit place à la table et chacun s’agitait de son côté. Cassidy évitait soigneusement Erwan. Elle avait l’impression que Tristan pouvait s’imaginer toutes sortes de choses et qu’il était hors de question de se fâcher pour une méprise, aussi petite soit-elle. Lui-même n’avait pas l’air dans son assiette et plutôt que de chercher la conversation avec Cassidy, voyant que celle-ci était très intéressée par le contenu de son assiette, semblait rêvassé. Ils faisaient un beau duo tous les deux. Aussi blasé l’un que l’autre.

On questionna ensuite Cassidy et elle répondit du mieux qu’elle pouvait mais espérant que tout cela se finisse rapidement. A un moment, la demoiselle fit tomber sa fourchette et s’excusa en se penchant pour la ramasser. Mais ce qu’elle n’avait pas prévu, c’était Erwan qui avait machinalement eu la même idée. La collision fut inévitable et elle grimaça en relevant la tête et se frottant le front.

« Aie ! Que… »

Erwan tenait la fourchette dans la main et bredouillait. Pas mieux qu’elle. Il lui rendit vite fait et s retourna vers son assiette.

« Ah euh… merci… »

Elle semblait vraiment maladroite. Ce fut Erwan qui rompit le silence en lui parlant assez discrètement.

- Ta tenue là… Elle te va bien…

Cassidy manqua de s’étrangler avec un morceau de pomme de terre et se mit à rougir, ne sachant pas quoi dire apparemment à part un petit merci. Erwan hésita, puis se mit à son tour à la questionner sur son nouveau rythme de vie, son académie. Comme à chaque fois qu’elle en parlait, la jeune femme en était passionnée et cela suffit pour détendre l’atmosphère. Il l’écoutait attentivement, vraiment intéressé puis se mit à sourire.

-C’est quand même fou… Une fille comme toi refusant tout contact avec la société… Décide de former les jeunes comme ça.

Elle se frotta doucement la tête en souriant à son tour.

« C’est assez particulier, je pense que j’avais reçu à ce moment là un signe »

Ils continuèrent de manger tout en parlant de tout et rien lorsque les desserts arrivèrent. Cassidy choisit une mousse au chocolat et Erwan se mit à rire doucement.

« Quoi ? »

- Tu es toujours aussi gourmande avec le chocolat je vois, ça, ça n’a pas changé…

Il la fixa très sérieusement un moment puis lui montra le coin de sa lèvre, en le mimant sur son propre visage, essayant de lui faire comprendre qu’elle avait une tache là. Cassidy devint rouge et chercha sa serviette pour bien s’essuyer mais Erwan secoua la tête, se retenant de rire.

- C’est toujours pas parti ! Là…

Comme la demoiselle ne savait vraiment pas s’y prendre, il prit sa propre serviette et lui essuya délicatement la tache qui persistait mais également très rapidement. Ils restèrent un peu bêtes alors qu’un ange semblait passer au-dessus de leur tête.

Cassidy s’ébroua la tête pour cacher son malaise et retourna aussitôt à la dégustation INTENSIVE de sa mousse au chocolat pour penser à autre chose. Erwan faisait la grimace en regardant sa serviette et la remit à côté de lui, un peu perturbé et semblant trouver un très grand intérêt au verre à pied qui se trouvait devant lui. Non sérieusement, il y a un Drakkari pas si loin d’ici qui va tirer une tête de 3 km…[/b]
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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: Quel heureux ou malheureux hasard ?   Sam 5 Oct - 12:33

Tout s’était bien terminé oui…
Tristan repensait, rêveur, à ce qui s’était passé, occupé à peindre dans cette salle de classe, son paysage d’astronomie. Il avait totalement oublié ce qui s’était passé avec Erwan, complètement oublié la peine, l’humiliation, l’inquiétude, la peur même de ce qui pouvait se passer, la jalousie furieuse qu’il avait pu éprouver, la crainte qu’elle se souvienne de cet homme et qu’elle l’oublie lui… Pour un peu, il aurait cru qu’elle l’avait envoûté mais il savait bien qu’elle était capable, d’un baiser, d’être plus efficace qu’un sort pour l’apaiser. Comme c’était étrange tout de même… Peut-être au final, avec lui, faisait-elle de la magie sans s’en apercevoir… Ca expliquerait pourquoi ses blessures guérissaient plus vite, pourquoi il oubliait ses douleurs et ses peurs. Et étrangement, cela ne l’inquiétait pas. Parce qu’elle était différente, il le savait, elle ne lui ferait jamais de mal…

Un profond soupir lui échappa alors qu’il secouait vivement la tête pour chasser de son esprit leur nuit agitée… Quelle merveilleuse manière de s’occuper tout de même ! Mais y repenser était une réelle torture. Le matin même, il s’était senti un peu idiot de la fixer et de lui sourire à en avoir des crampes. Mais jouer comme des gamins et surtout voir le sourire superbe de la demoiselle avait chassé toute hésitation. Ce sourire… il ne s’en lasserait jamais. Comment le lui dire ? Comment lui expliquer la force de ce qu’il ressentait pour elle ? Jusqu’ici, il en avait été incapable et se sentait maladroit de ne pas y parvenir. Peut-être avait-elle besoin d’entendre ces mots-là. Alors peut-être devait-il trouver le moyen de les dire, quoi qu’il en coûte… même s’il se sentait ridicule !

Elle l’avait presque chassé pour réussir à se lever et il la soupçonnait d’être proche de céder à la tentation pour réagir de la sorte, même si elle n’avait pas du tout été brusque, plutôt un brin râleuse. Le temps de choisir la robe qu’elle porterait fut totalement mis à profit par le jeune homme qui se rinçait l’œil sans même essayer de faire semblant d’autre chose. Et en plus, elle se prêtait au jeu… Tssss… Pour un peu, il aurait pu croire qu’ils étaient ensemble depuis toujours, que le monde entier le savait et que personne, jamais ne tenterait de les séparer. Mais bien sûr ce n’était pas le cas… Malheureusement.
Il haussa les épaules. Il s’était entraîné le matin même, avait constaté qu’il devenait plus rapide, plus fort, plus… instinctif aussi. Il avait bien récupéré et reprenait une progression qu’il pensait jusqu’alors inaccessible. Si on souhaitait les séparer… il se battrait contre cette menace ! Et il gagnerait !

Il était allé prendre une douche rapide en début de soirée, détachant parfois à grand peine, les traces de peinture qui maculaient ses mains et même son visage (bah oui, tenir un pinceau entre les dents, ce n’est pas toujours une bonne idée). Les cheveux en bataille à peine secs, il avait grimacé en remarquant qu’il avait oublié de prendre un peignoir et s’était contenté de remettre la tunique qu’il portait par-dessus sa chemise et… son boxer. Bien sûr, ce n’était pas une tenue orthodoxe et il ne traina pas dans le couloir, ne voulant pas se faire sermonner. Néanmoins, à peine entrait-il dans leur chambre qu’il se mit aux arrêts.
Ses affaires sous un bras, le jeune homme s’était immobilisé alors qu’une Cassidy très joyeuse l’accueillait… Joyeuse et… à tomber par terre.
Elle semblait heureuse de le voir, de le rendre muet et rassurée du résultat du temps qu’elle avait passé à se faire belle.

Elle prit son manque de réponse quant à sa question pour une inquiétude ou une espèce de jalousie et s’empressa de le rassurer. Il haussa lentement un sourcil et son petit sourire taquin revint aussitôt à l’assaut. Mais il n’eut rien le temps de dire qu’elle se glissait contre lui, murmurant contre son oreille. Son souffle chaud autant que ses paroles, lui tirèrent un frisson qu’elle sembla parfaitement remarquer vu son sourire ravi. Elle posa ses lèvres contre sa peau, comme pour voir à quel point elle lui faisait de l’effet et il tressaillit de plus belle, même s’il ne resserrait pas ses bras sur elle puisque portant ses affaires et ne voulant pas risquer de froisser sa robe ou de défaire sa coiffure.
Quand elle remit ses pieds à plat au sol, fière sans doute de son petit effet totalement réussi, les pupilles de Tristan étaient si dilatées que la couleur rouge orangé de ses yeux avait presque disparu. Plus certain comme preuve qu’elle lui faisait de l’effet ? Se coller un peu plus à lui éventuellement… une autre forme de réaction morphologique la rassurerait probablement plus que de raison.
Pourtant c’est parfaitement calme, maitrisé qu’il répondit avec un sourire taquin puis pervers.

- Oh… Je ne m’inquiétais pas… Avec ce que tu m’as dit hier, je sais que je n’ai pas de souci à me faire alors je n’ai aucune raison de mal me comporter, ce qui nous arrange, avouons le, tous les deux. Je me disais juste que tu étais… tout simplement magnifique, que j’ai beau te préférer très peu vêtue, tu me scies les jambes tellement tu es belle là, que ce maquillage te va très bien, oui, j’ai remarqué, qu’avec les quelques annonces de projets annoncées, je risque d’être très très sage et très très patient et que j’adore ce décolleté… moui… superbe… très appétissant… et que je vais aller me changer tout de suite mademoiselle, sinon je risque de continuer à parler longtemps audit décolleté…

En effet, ce n’est qu’à la fin de ces quelques mots qu’il avait enfin relevé les yeux vers les siens, très occupé à se rincer l’œil peu avant.
Mais il n’y avait pas que ça. Il avait fait l’effort d’essayer de la complimenter, de lui dire qu’il remarquait ses efforts, qui étaient très bien perçus et réussis au passage, mais ce n’était pas non plus tout à fait au point… La preuve, il peinait à la regarder dans les yeux et l’excuse de s’intéresser à sa poitrine l’aidait plus que de raison.

Il s’éloigna en riant alors qu’elle lui donnait une tape sur le bras, tout sauf méchamment et se prépara rapidement, choisissant d’enfiler un pantalon sombre et une chemise blanche à manches bouffantes, cintrée près du torse, de hautes bottes sombres chaussant ses pieds et ses mollets. Autant rester dans le classique, il savait qu’elle appréciait et puis… au moins ne détonnaient-ils pas trop. Elle toute en couleur, lui plus sobre… en même temps, avec ses cheveux rouges, on le repérait toujours de loin !
Son compliment était au moins aussi maladroit que le sien, mais il l’accepta avec le sourire, s’emparant aussitôt de ses lèvres et elle s’empressa de faire disparaitre les traces de ce baiser, rose à lèvres léger, du visage de son compagnon, le sermonnant avec bien peu de conviction et avec des yeux bien trop brillants pour être autre chose que ravis !

Il enfila son manteau, aida la jolie demoiselle à enfiler sa cape, très galamment et ils partirent rapidement, à un seul cheval, au lieu de rendez-vous. Vu les quelques visages qui s’étaient pressés aux fenêtres… ça allait jaser dans les prochains jours…au moins un peu.
Un jeune garçon s’occupa de réceptionner leur cheval quand ils arrivèrent, le tenant par la bride tandis que Tristan sautait agilement au bas de sa monture et, attrapant SA mage par la taille, la descendit délicatement de son perchoir. Ils furent rapidement à l’intérieur et donnèrent leur manteau à d’autres jeunes gens l’ayant pour charge.

Il est vrai que la jeune femme était plus qu’à son avantage. Elle semblait si heureuse que sa beauté naturelle n’en ressortait que davantage et d’autant plus avec sa nouvelle manière de prendre soin d’elle. Les invités la trouvaient plus que jolie d’ordinaire, resplendissante aujourd’hui, elle débordait d’énergie et de joie de vivre et le travail ne semblait plus être sa priorité étouffante. A ses côtés, bien droit, très correct, poli, gentleman, son compagnon Drakkari se montrait comme un parfait cavalier même s’il était peu bavard et se contentait de magnifiques sourires en général.
Comme Tristan s’y attendait, les compliments allaient bon train sur sa tenue, mais quoi de plus naturel ? Elle était si belle…

Certains lui parlaient de son Académie et elle rayonnait littéralement de plaisir en apprenant à quel point son travail était apprécié, ce qui était tout à fait naturel, et que les meilleurs retours étaient donnés de ses élèves et pensionnaires. Au moins, n’apprenait-elle pas de mauvaises nouvelles à leur propos mais il est vrai que la plupart étaient vraiment très investis. Quand elle parla de ses professeurs et eut le malheur de parler de Tristan, celui-ci, en train de sourire à une plaisanterie d’un convive, écoutant d’une oreille distraite ce qu’elle disait, manqua de s’étouffer avec la gorgée de vin qu’il venait de prendre ! Il portait une petite assiette avec quelques amuse-gueule pris pour la jeune femme et lui-même un peu plus tôt et la brusque couleur que prit le haut de ses joues le trahirent pour une fois…
Elle lui avait souri et trop de personnes d’un coup s’étaient tournées vers lui et pour la première fois sans doute, elle put voir qu’il n’était pas aussi à l’aise qu’il se plaisait à le faire croire. Il se reprit très vite pourtant et haussa les épaules en faisant un sourire charmeur.

- Bah… de toute façon, ils sont gentils, ils ont trop peur d’entraînement de torture que je pourrais leur donner si ce n’était pas le cas.


Bien sûr c’était une plaisanterie, il poussait ses élèves, mais parce qu’il voyait en chacun des capacités à atteindre. Pour les moins doués, il ne cherchait pas à faire plus compliqué, plus difficile que le minimum nécessaire…Il fallait bien s’adapter après tout. Comme pour se venger, il dévia aussitôt la conversation, parlant des dernières idées de la jeune directrices, ses réformes, les adaptations qu’elle avait permises, brillantes, pour que chacun puisse faire au mieux selon ses spécificités dans l’école. Ce fut à son tour de rougir et vu le sourire espiègle que lui lançait son compagnon, c’était le but de ce petit jeu. Un jeu bien peu méchant au final…

Tristan était musclé et même avec sa chemise aux manches bouffantes, cela se voyait, enfin son torse bien sûr puisque ladite chemise était cintrée à ce niveau, mais pas pour ses bras. Pourtant, quand Cassidy agrippa brusquement son biceps et le coin l’intérieur de son coude, il en eut presque mal et l’assiette qu’il tenait de cette main faillit valdinguer. Surpris de cette attitude, elle qui était si à l’aise juste, il crut un court instant, pris d’un sourire et d’une très agréable chaleur dans le bas-ventre, qu’elle voulait lui faire passer un petit message, un brin coquin et très risqué au milieu de tous ces gens. Il s’apprêtait d’ailleurs à répliquer, cherchant le meilleur moyen, une caresse dans le bas de son dos ? Effleurer ses jambes dès qu’ils seraient assis ? Faire mine d’avoir fait tomber quelque chose pour se redresser et frôler sa poitrine ? L’idée lui plaisait et le côté risqué encore plus. Mais il se tourna… et envie et friponnerie disparurent d’un coup !

Erwan…
Erwan était là. Dans un élan involontaire, ses muscles se contractèrent d’un bloc alors qu’il se figeait sur place même s’il se força à se calmer aussitôt en voyant le regard surpris et désolé que lui lançait la jolie mage qui se tournait vers lui. Apparemment, elle devait craindre une scène. Il se contenta donc comme promis d’un beau sourire tout ce qu’il y a de plus gentil et aimable, comme si de rien n’était. Pourtant, il n’aimait pas ce qu’il venait d’entendre. Ainsi cet homme était là depuis plusieurs mois. Il y avait fort à parier que c’était donc lui qui avait secouru Cassidy chez la vieille dame qui les avait soignés. Il n’aimait pas ça… Mais alors pas du tout ! Et il ne manqua pas non plus le fort rougissement du jeune homme quand il vit Cassidy ni son regard plein d’admiration. Pas de doute, il était encore amoureux d’elle et pas qu’un peu !

Mais il était calme…
Elle lui avait dit qu’il n’avait pas de souci à se faire. Qu’elle était heureuse avec lui. Le souvenir de ces mots lui donna la chair de poule et c’est un regard peut-être un peu trop tendre qu’il posa sur elle alors que le maitre de maison leur parlait. Non, il ne ferait pas l’idiot, il le lui avait promis, il serait sage. Il l’aimait comme un fou… si elle l’aimait, alors… il n’avait pas à s’en faire, même si cet homme faisait partie de son passé, un passé qu’elle ferait mieux de ne pas retrouver, et même s’ils avaient AVANT des sentiments l’un pour l’autre.
Mais la suite lui déplut… Il pensait que la présence d’Erwan ne le dérangerait pas et il avait raison. Rien ne devait vraiment le déranger tant que lui-même était près de sa chère et tendre mais voilà qu’on les séparait.

Cassidy chercha à s’y opposer alors que pour sa part il s’était crispé et était aussi bavard qu’une pierre tombale. Le but était bien sûr de faire connaissance avec d’autres personnes, c’était une bonne idée mais le destin était très joueur. Le maitre des lieux assurait qu’elle n’avait rien à craindre ici et c’était vrai et même Erwan intervint en leur faveur. De nouveau, Tristan ne l’en trouva que plus antipathique. Il ne pouvait donc pas se comporter comme un sale type ? Ca l’aiderait quand même davantage !!!! Pffff !
Un bref instant, il pensa à une mise en scène mais voir l’air un peu trop naïf d’Erwan, qui collait tellement bien à celui de Cassidy le persuada qu’il se trompait. Ce gars-là n’était probablement même pas capable d’avoir de telles idées. Déprimant.

Tristan relâcha le bras de la jeune directrice en la gratifiant d’un beau sourire et d’un léger clin d’œil, comme si tout allait bien dans le meilleur des mondes et comme s’il voulait qu’elle se souvienne de leur récente conversation. Il se forçait lui-même à y penser. Elle l’aimait, elle était heureuse avec lui… il n’avait pas à s’en faire. Mais Erwan ne représentait malheureusement pas qu’un rival… et il voulait encore et surtout la protéger d’elle-même. Or, sans explication, un tel comportement ne serait pointé que comme de la jalousie. Décidément, il n’avait pas de chance !

S’ensuivit le plus laborieux diner auquel le jeune Drakkari ait assisté. Bien sûr, Cassidy au début semblait vraiment ignorer Erwan et il se comportait plus que correctement en n’insistant pas. Mais il y eut l’incident de la fourchette (quelle maladroite ! T_T), d’ailleurs on entendit le choc de leur deux têtes et quelques conversations s’interrompirent brièvement par un rire.
Finalement, Erwan avait lancé la conversation. Tristan ne savait pas de quoi ils parlaient mais il se douta que c’était un compliment puisqu’elle s’était mise à rougir. Il baissa aussitôt les yeux vers son assiette, dépité. Par chance, il était assis à côté d’une dame d’un certain âge qui semblait le trouver charmant et plutôt beau garçon et surtout était intarissable. En fait, elle faisait la conversation seule alors qu’il se contentait de réponses plus que brèves et de sourires polis. Elle ne semblait qu’à peine se rendre compte qu’elle parlait toute seule. Tristan ne risquait dont que très peu de se trahir…
Un nouveau regard vers le couple un peu plus loin lui apprit que sa compagne semblait totalement avoir oublié qui était son interlocuteur et lui parlait joyeusement avec un sourire magnifique et un entrain certain… A tous les coups ils parlaient magie, Académie ou livres… Cet Erwan était doué sans même s’en rendre compte ! Tristan serra fortement le poing sur son couteau. Tant et si bien qu’il sentit une vive douleur irradier dans sa main et en reposant le couvert, se rendit compte que les fines torsades, rainures de celui-ci s’était imprimées dans sa paumes, si bien, qu’il en avait de nombreuses et fines coupures. Il étouffa un grognement furieux, se recentrant sur sa voisine de table.

Et ça parlait et ça parlait !!!
Tout le monde semblait bien s’amuser, sauf lui apparemment… Il était pris de frissons et de sueurs froides depuis quelques temps déjà, d’autant plus forts quand il posait les yeux sur Erwan et Cassidy et chaque fois, son poing sous la table se serrait. Sa mâchoire aussi l’élançait douloureusement mais il mit ça sur le compte de la fourchette qu’il avait mordu avec un peu trop d’enthousiasme (enfin c’est ce que croyait la vieille dame) un peu plus tôt, en mangeant et qui avait fait saigner ses gencives.

- Oulàààà, doucement grand gourmand ! On ne va pas vous l’enlever cette assiette…

C’est ce qu’elle lui avait dit en riant et en tapotant sa main alors qu’il avait porté l’autre à sa bouche en grimaçant. Il lui avait fait un beau sourire malgré tout, penaud et avait but une bonne rasade de vin pour chasser le goût du sang, la piqûre de l’alcool sur ces blessures invisibles, ne sembla que bien peu attirer son attention.
Boire… c’est encore ce qui l’aidait le mieux pour l’instant. Quand il portait son verre à ses lèvres, il pouvait les observer plus longuement sans attirer l’attention, triste sans s’expliquer pourquoi de voir sa compagne sourire avec tant de facilité à un Erwan totalement aux anges, et puis le vin était délicieux, choisi avec soin et goût, ce petit plaisir écartait un bref instant de ses pensées la tension et la colère sourde qu’il ressentait vis-à-vis de cet étrange garçon trop correct, trop bien, trop… comme elle. A combien de verres était-il ? Il n’en savait rien. Plusieurs jeunes hommes se tenaient en retrait autour de la table et dès qu’un verre se vidait, ils venaient aussitôt le remplir sans qu’il ne leur soit rien demandé. Petit-à-petit, son esprit se détendait, il se sentait un peu mieux, pris pourtant d’une profonde lassitude et d’un grand désintérêt pour le couple parfait formé un peu plus loin.
L’appellation « couple parfait » il la devait à d’autres convives discutant allégrement et complimentant l’idée du maitre de maison de placer ces deux jeunes et éternels célibataires ensemble.

Ah… Ce n’était donc pas une coïncidence… Il aurait dû s’en douter… Comme celui qu’on l’ait placé aux côtés d’une riche veuve qui avait un goût prononcé pour les jeunes hommes plein de vigueur, si bavarde. Si cette information et l’appellation l’avaient mis en colère au départ, depuis, elles semblaient le désintéresser au plus haut point. En plus c’était vrai qu’ils formaient un couple parfait… Tiens, d’ordinaire, il n’avait pas l’alcool triste, étrange…
Les desserts durent autant mettre en joie Cassidy, que son actuelle conjointe de table qui s’efforçait d’ailleurs de lui faire goûter son dessert, insistant sur le fait qu’ils n’avaient pas pris le même, ce qui tira des œillades et sourires discrets de la part des convives trop informés et calculateurs !
Malgré tout, Tristan était tout à fait… parfait. Il était d’une politesse à toute épreuve, servait cette dame de vin quand il voyait son verre vide en prenant la bouteille, avec un sourire, des mains des jeunes serveurs, complimentait ses idées et semblait vraiment s’intéresser à ce qu’elle lui disait.
Il ne voulait pas faire honte à Cassidy. Il savait que même s’il se comportait mal, ce serait à elle qu’on le reprocherait et seulement à elle. Elle en serait profondément blessée, il ne lui ferait pas cet outrage.

Mais quand Erwan se montra tout simplement serviable en sauvant Cassidy de sa gourmandise à l’aide de sa serviette, le comportement si correct du Drakkari faillit voler en éclats !
Pendant un court instant, le couple, plus loin, s’était retrouvé figé dans ses gestes, se regardant avec tension et timidité, comme s’il y avait quelque chose de mal dans leurs gestes et en même temps comme si au final, ils ne le trouvaient pas si bizarres que ça. Puis ils s’étaient détournés l’un de l’autre gênés et tout s’était passé si vite que la plupart des convives n’avaient rien remarqué… Dont Eléanor, la voisine de table de Tristan. Elle lui parlait justement d’un ingénieux système d’aqueducs pour des plantations qui retenait jusqu’alors toute son attention, mais elle remarqua la brusque tension chez le jeune homme même si elle ne savait pas d’où elle venait.
Ceux proches d’eux purent la voir poser une main sur une des siennes alors qu’il délaissait une fois de plus le contenu de son assiette, n’ayant au final que peu d’aliments dans l’estomac comparé à la quantité de vin qui devait s’y trouver, lui demandant si ça allait. Elle retira aussitôt sa main en écarquillant les yeux alors qu’il reposait son verre, de nouveau vide, en lui jetant un regard surpris, en chassant sa rancune.

- Mais tu as de la fièvre ! Il me semblait bien que ton front était couvert de sueur ! Mon pauvre petit ! Décidément, tu as bien assez bu comme ça.

Au début inquiète, elle lui fit un magnifique sourire comme si elle pensait qu’il avait tout simplement abusé du vin, et c’était bien vrai. Elle se leva et rassura leur hôte, annonçant juste qu’elle allait prendre l’air avec le grand nigaud que voici qui avait un peu trop apprécié le vin et lui faire se passer un peu d’eau sur le visage, que c’était sa « mission » de voisine de table, que personne n’avait à s’en faire, qu’ils revenaient vite.
Etrangement, Tristan s’était levé docilement sans la moindre hésitation et sans le moindre regard pour les autres, se contentant d’un sourire penaud. Plus il s’éloigna de la table et plus la tension s’amenuisa, jusqu’à complètement disparaitre.

Ce ne fut qu’à cet instant qu’il prit conscience du malaise qui l’habitait depuis tout ce temps et qu’il s’en débarrassa. Un peu embrumé par l’alcool, il se rendait compte avec amusement de la lenteur et de la maladresse de ses gestes. Il alla prendre l’air, tenant malgré tout galamment le bras de sa « sauveuse » et ne titubant pas un seul instant. L’air frais lui fit effectivement le plus grand bien. Peut-être qu’il avait en effet, tout simplement un peu trop abusé du vin… Pourtant, sous la table, quand il avait crispé ses mains sur ses jambes, il avait senti quelque chose de bizarre dans le bout de ses doigts, sur le dessus de ses mains et de ses poignets non couverts par sa chemise. Une sensation étrange qu’il ne pensait pas avoir connu avant.
Se passer de l’eau sur le visage lui éclaircit les idées et lui permit de se rendre compte des gestes pleins de sollicitude certes mais si consentis d’Eléanor, une main qui glissait dans son dos, une autre qui pressait son épaule ou son bras parfois, celle qui s’était posée au creux de ses reins quand il avait la tête au-dessus du lavabo.
Auparavant, il avait vraiment l’habitude de ces contacts et en aurait été flatté, persuadé de passer une très bonne nuit avec une femme d’expérience, mais cette fois-ci, il n’en ressentit que du dégoût et s’efforça d’y soustraire, revenant très vite à la table des convives alors même qu’il savait qu’il serait bien mieux loin de celle-ci. La pensée de tenter de rendre jalouse Cassidy pour se venger ? Elle ne l'effleura même pas...

A peine assis d’ailleurs, son malaise reprit, peut-être accentué par le vin mais décidément pas crée par lui ! De nouveau, il sentit ces étranges picotements dans le bout de ses doigts, ces frissons qui n’en étaient pas sur chaque parcelle de son corps, la douleur dans sa mâchoire. La veille, il avait été très sensible, comme avant chaque transformation obligée, mais normalement, elle ne devrait survenir que le lendemain… Toutes ces émotions étaient-elles en train d’accélérer le processus ? C’était bien différent par rapport à d’habitude… D’ordinaire, il aurait vraiment eu très mal ! Là il se sentait juste bizarre, différent, mal par rapport à sa jalousie bien active malgré tout, mais en même temps bien… enfin très proche d’être bien. Comment être bien au juste ? Qui en avait la réponse ?

Aucun incident ne survint après cela, il se désintéressa totalement d’Erwan et de Cassidy, préférant ne pas les regarder, trop songeur par rapport à son propre état. Il ne savait même pas si sa petite amie s’était inquiétée de son départ précipité et ne s’en souciait que très peu. Peut-être même Erwan tenta t-il d’autres conversations et compliments pour la jeune femme, il ne s’en occupait pas le moins du monde… ce qui devait d’ailleurs un brin rassurer le jeune homme. Cet homme n’était pas qu’une brute malapprise et il s’était probablement fait sermonner pour être aussi correct actuellement même si terriblement distant en même temps.

D’autres mets et digestifs, nombreuses conversations, plaisanteries et preuves d’abus de vins plus tard, alors que chacun semblait en avoir tant appris sur les autres, la soirée arriva à son terme. Eléanor fit tout à fait comprendre au Drakkari qu’il pouvait venir la voir quand il voulait, à toute heure, surtout du soir, s’il le souhaitait, ce à quoi il répondit avec politesse, taquinerie et flatterie en même temps. Bref, il allait mieux.
Finalement, lui et Cassidy partirent. Il se doutait bien qu’elle avait dû en apprendre bien plus sur le jeune homme qu’elle avait oublié et qu’elle se doutait qu’il était honnête, gentil, droit et tout le tralala et ces simples idées auraient dû le mettre en colère mais il n’en laissa rien paraitre.
Ils étaient très silencieux au début tous les deux alors qu’ils reprenaient la route. La lune se levait, grand disque argenté, ainsi que ses compagnes dorées beaucoup plus petites un peu plus loin, pas encore totalement pleines. Quand elles le seraient toutes, il se transformerait, il l’avait bien remarqué, et elle le regarderait encore avec ce mélange de peur, de tristesse, de recul… qu’il détestait tellement voir. Quand il l’avait aidé à monter sur leur cheval, il n’avait pas cherché à prolonger le contact, bien au contraire et à présent qu’il tenait était derrière elle et qu’ils avançaient vers l’Académie, il semblait veiller à ne pas presser ses bras sur elle, la frôlant à peine, totalement contraire à son attitude à l’aller. Pourtant c’est d’un ton calme, pas du tout agressif, juste curieux qu’il s’adressa à elle, à moitié dans ses pensées.

- Ca va ? Tu as passé une bonne soirée ?

Il se contenta d'ailleurs d'une bien brève réponse quand elle lui posa à son tour la question. Elle semblait tendue, comme si elle s'attendait à tout instant à le voir exploser de colère mais il resta silencieux et calme jusqu'à leur retour à l'Académie et lorsqu'ils furent dans leur chambre, il ne s'énerva pas davantage, se contentant d'un baillement et de s'éloigner d'elle, un peu plus, ôtant tranquillement sa chemise en lui tournant le dos.
Probablement se sentait-elle coupable ou était-elle gênée par ces silences et son attitude qu'elle pensait peut-être accusatrice alors que ce n'était pas le cas, car elle s'approcha de lui, enlaçant sa taille de ses bras alors qu'il lui tournait toujours le dos. Il tressaillit aussitôt et détacha bien vite la jeune femme de lui, mais sans brusquerie, juste les yeux pleins d'inquiétude alors qu'il lui refaisait face, attrapant ses mains en examinant ses poignets.
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Cassidy Herediane
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MessageSujet: Re: Quel heureux ou malheureux hasard ?   Dim 6 Oct - 14:44

Cassidy était tout à fait charmeuse ce soir. Une attitude qu’elle n’avait pas l’habitude d’avoir alors qu’elle promettait, le sourire en coin, bien des choses à son grand Drakkari pour se rattraper de cette soirée qui serait certainement très ennuyante. Si seulement elle savait à quel point elle se trompait…

Mais le regard de Tristan la satisfaisait amplement alors que ses yeux orangés suivaient la ligne des courbes de la jeune femme. Elle se mordilla affectueusement la lèvre, toute contente et heureuse qu’elle produisait un certain effet à son Drakkari. La fin de soirée s’annonçait tout particulièrement tentante et passionnante. Elle se retint de briller de justesse. En effet, ils seraient arrivés en retard puisque la jeune femme aurait très certainement voulu commencer les festivités maintenant, ce qui aurait contrarié leur hôte.

Ils arrivèrent à la petite réception et Cassidy semblait un peu plus dans son élément. Comme si au final, depuis qu’elle était avec Tristan, la jeune femme acceptait ces festivités un peu mieux. Comme si elle était plus forte, plus confiante en elle, sachant qu’un Drakkari était derrière elle, prêt à la soutenir au moindre problème.

Elle complimenta Tristan, histoire de l’habituer à ce qu’il était devenu. Un excellent guerrier, un professeur satisfaisant, et un extraordinaire petit ami, même si ce point là, elle ne le cita pas.  Le jeune homme arrivait et elle se servit, tout en remarquant que les beaux compliments qu’elle lui lançait le faisait rougir et il semblait un peu surpris, mal à l’aise et certainement pas habitué à ce qu’on parle de lui en disant quelque chose de bien. Mais Cassidy avait toujours cru en lui et encore aujourd’hui elle voulait qu’on l’accepte tel qu’il était. Elle savait que tant qu’ils étaient ensemble, rien n’était impossible.

Cependant, un imprévu perturba le joli sourire de la demoiselle. Elle venait d’apercevoir ce mystérieux jeune homme qui semblait la connaître et elle s’accrocha par réflexe à Tristan. Quand il remarqua également, elle sentit les muscles de son compagnon se tendre, comme si il était beaucoup plus crispé et encore moins à l’aise. Pourquoi réagissait-il comme ça ? Il devait bien savoir qu’elle s’en fichait de cet homme et qu’elle ne risquait pas de finir avec lui. Mais ce qui l’inquiéta beaucoup plus, c’est que le Drakkari pense qu’elle avait fait exprès, qu’il n’y avait aucun hasard. Dans ce cas, pourquoi l’aurait-elle fait venir si elle avait voulu être discrète ? Au moins plutôt que de faire cette tête, il devrait être rassuré de pouvoir la surveiller et se rendre compte qu’elle n’était pas du genre à craquer sur un autre.

Elle jeta cependant un regard un peu inquiet à Tristan, espérant qu’il ne fasse rien de bizarre. L’ignorance était bien la meilleure des armes non ? La jeune femme caressa doucement son bras, comme pour tenter de lui dire que tout allait bien se passer, ils n’avaient qu’à ne pas l’aborder. Erwan avait également compris puisqu’il ne tenta rien et ne s’approcha pas non plus, comprenant que l’impulsif Drakkari pouvait très bien être piqué au vif et avoir des réactions instinctives.

Cassidy n’avait pas fait le rapprochement, ou peut-être qu’elle tentait d’oublier cette malheureuse histoire, ou encore que ça ne lui venait pas à l’esprit.

Malheureusement pour Tristan, Erwan était droit et honnête, cherchant surtout à arranger tout le monde et dissiper le malaise plutôt que de profiter de cette belle occasion pour parler avec Cassidy. Et puis, il le sentait un peu, ça se voyait dans les réactions de Cassidy et de Tristan.

Que garde du corps il n’en avait que le nom mais que ces deux là semblaient quand même beaucoup plus intimes. C’était un fin observateur et il se doutait de bien des choses, il n’en donnait pas l’impression mais analysait les mimiques des deux jeunes, qui avaient l’air aussi embarrassé l’un que l’autre. Alors quand il proposa d’échanger la place, Cassidy se tourna vers lui avec reconnaissance, heureuse de se savoir comprise et qu’il n’était pas si mal que ça ce garçon au final. Pas dérangeant, conciliant et surtout pas un de ces hommes qui cherchait à profiter de l’occasion. Voilà de quoi rassurer Tristan.

Mais la jeune femme n’était pas si à l’aise que ça à table. Il lui manquait son Drakkari à côté d’elle. A son grand soulagement, Erwan mangeait silencieusement sans chercher à lui parler et elle lui en était reconnaissante. Polie, répondant aux questions des invités autour d’elle, cette maladroite fit tomber sa fourchette par inattention. Elle n’avait pas prévu qu’Erwan cherche automatiquement à la récupérer et finalement, cela suffit pour déclencher une conversation.

Ils apprenaient à se connaître, enfin surtout lui qui lui posait des questions sur ce qu’elle était devenue. Il lui proposa même de venir s’occuper des créatures de son Académie, soigner les maladies, en attendant qu’elle trouve quelqu’un en charge de le faire. La jeune femme apprécia la proposition mais peut-être que ce n’était pas le bon moment avec Tristan à côté.

- Tu as beaucoup changé Cassidy

« Eh ? Comment ça changé ? »

Erwan se mit à sourire.

- Tu étais toujours discrète, très renfermée sur toi-même. Les sourires étaient rares. Et surtout, ta magie était beaucoup plus instable qu’aujourd’hui. Je me demande bien ce qui a pu se passer mais au moins, je suis content de voir que tu vas bien.

Elle se mit à lui sourire et passa une main dans ses cheveux, gênée.

« Je ne m’en suis pas vraiment rendue compte en fait. Peut-être… Enfin je ne sais pas trop quoi dire puisque je ne me rappelle plus de vous »

A ce moment là, la jeune femme avait jeté un coup d’œil à Tristan, qui faisait une drôle de tête. Cassidy fronça les sourcils, surprise et se rappela qu’il ne devait pas être très bien à devoir attendre que ça se finisse. De plus, cela l’étonnait de le voir boire autant.

Mais lorsque Erwan essuya sa bouche, la jeune demoiselle en devint troublée. Jusqu’à apercevoir Tristan se leva avec une autre dame. Il n’avait vraiment pas l’air dans son assiette et elle ouvrit des yeux ronds, se levant instinctivement à son tour alors qu’il venait de disparaître dans un couloir. Mais qu’est-ce qui lui prenait d’un coup ? On la dévisagea du regard et le maître de maison l’interpella.

- Oui Dame Herediane ?

« Veuillez m’excuser mais je vais m’entretenir de l’état de mon garde du corps… »

Il fronça les sourcils et les convives chuchotèrent entre eux, ce qui rendit la pauvre Cassidy bien mal à l’aise. Pourquoi la jugeait-on ? Etait-ce mal que de s’inquiéter de la santé de son… compagnon ?

- Voyons, Eléanore l’accompagne, il a juste bu un peu trop

« Un peu trop bu vous dîtes ? »

Elle semblait choquée, surprise. Depuis quand Tristan ne tenait pas l’alcool ? Lui qui était si attentif après tout. Cassidy fit quelques pas, avec la ferme attention de voir ce qui n’allait pas. On l’avait drogué encore une fois ? Normal de s’inquiéter ! Mais cela n’avait pas l’air de plaire.

Erwan resta un instant assis, sans rien dire. Il ne voulait pas la forcer à rester en place, surtout qu’il savait pertinemment que Cassidy pouvait se montrer très têtue quand elle avait une idée en tête. Cependant, il sentit, intuition, que le maître de maison n’apprécierait pas le comportement de la petite mage et il se leva à son tour.

- Messire je vous demande un instant s’il vous plaît

Il se tourna vers Cassidy, lui chuchotant pour que seul elle puisse l’entendre.

- Je déteste ce genre de réception mais je pense qu’il vaut mieux que tu joues la carte de la discrétion. N’oublie pas qu’avec ton rang et tes responsabilités, toutes tes actions peuvent être mal vues. Je ne t’empêche pas d’aller le voir mais je pense que tu devrais attendre un peu si il ne revient pas, là tu auras une bonne raison de t’inquiéter.

Elle se figea sur place, réfléchissant puis regardant les autres personnes. Erwan avait raison, on la fixait étrangement et son comportement laissait penser qu’il y avait quelque chose de louche là-dessous. La jeune femme finit par se rasseoir calmement mais n’ouvrit plus la bouche du repas, beaucoup trop inquiète. Erwan marmonna par contre qu’il devait passer aux toilettes également.

Il y vit Tristan avec la dame qui s’occupait de lui. Visiblement il avait l’air mal en point mais pas si malade que ça. Le jeune homme passa dans une cabine puis sortit et retourna vers Cassidy.

- Ca va il n’y a rien de bizarre, il est juste un peu sonné…

Cassidy se mordilla la lèvre, cela ne la rassura pas pour autant même si elle appréciait la démarche d’Erwan. Quand Tristan revint, la jeune femme était tellement mal à l’aise qu’il lui semblait impossible d’avaler le moindre truc. Elle resta silencieuse jusqu’à la fin et se promit d’avoir une discussion avec le Drakkari une fois qu’ils auraient un peu d’intimité.

La soirée se termina et Cassidy retourna aux côtés de Tristan, après avoir salué Erwan. Elle ne savait pas quelle attitude adopter avec le Drakkari qui semblait vraiment très loin maintenant et surtout, distant. Elle le remarqua encore plus sur le trajet alors qu’il prenait un grand soin à éviter de la toucher, alors qu’il aurait du l’étreindre, la taquiner. Il lui posa une question évasivement, ce à quoi elle répondit sur le même air.

« Et toi ? »

C’est comme si il était dans la lune. Ils arrivèrent au château puis dans leur chambre et la jeune femme s’approcha de son compagnon, d’abord tendrement, comme elle le faisait d’habitude, pour le rassurer, pour comprendre. Il s’écarta rapidement et examina ses poignets.

« Qu’est-ce que tu fais ? »

Il marmonna une histoire de ceinture et la jeune femme fronça les sourcils, pas du tout dupe. Depuis quand les ceintures étaient-elles dangereuses ? Elle soupira et lui tourna le dos.

« Non, je suis très loin d’avoir passer une bonne soirée si ce n’est que j’étais très inquiète pour ton état, alors si tu me disais ce qui n’allait pas plutôt qu’être réduit à cet état ? »

Sa voix restait douce même si elle était un peu tremblante, les yeux fermés, se demandant si Tristan pouvait la comprendre parfois quand elle s’inquiétait de lui. Elle n’aimait pas qu’il réagisse de cette façon.

« Je ne suis pas bête… Cet Erwan, je ne sais pas ce qu’il a, mais à chaque fois qu’on se retrouve au même endroit que lui, tu changes de comportement. Et ne mets pas sous le compte de l’alcool, je t’ai connu meilleur acteur que ça quand tu veux passer une bonne soirée sans éveiller les soupçons »

Elle était un peu piquée au vif, se demandant ce qu’elle devait lui dire, faire, pour qu’il entende raison. Elle aurait bien voulu lui crier dessus, qu’il lui faisait du mal à douter autant d’elle et de ses sentiments juste parce qu’un autre la connaissait. Elle aurait bien voulu lui dire qu’elle avait toujours été franche avec lui, qu’elle ne comptait pas se jeter dans les bras d’un autre et qu’ils avaient bien assez soufferts comme ça pour avoir une nouvelle dose. Bien sûr, Erwan était sympathique mais elle était complètement amoureuse de Tristan et cela, même si ils n’avaient pas des tas de points communs. Elle lui en avait assez parlé après tout. Mais de tout ce qu’elle pensait, la jeune femme ne dit pas grand-chose.

Elle se tourna de nouveau vers lui et le poussa sur le lit, se forçant à s’asseoir et se mettant à sa hauteur, le regardant très sérieusement dans les yeux.

« Qu’est-ce que je dois faire pour que tu ailles bien ? Pour que tu ne noies pas tes pensées dans l’alcool ? Arrêtes de douter de moi je t’en prie… Et fais-moi un peu confiance… »

La demoiselle avait doucement glissé un bras dans la nuque du jeune homme, puis s’était assise sur ses genoux. Elle avait juste frôlé son nez avec le sien, même si l’odeur du Drakkari était plus proche de l’alcool qu’autre chose. Elle glissait doucement son bras dans son dos et déposa un baiser passionné sur ses lèvres, avec beaucoup de douceur, qui se transforma en passion. Elle l’aimait son Drakkari et surtout elle avait un peu mal de penser qu’il se mettait dans des états pour rien.

Continuant doucement à faire monter la température, la demoiselle se mit à briller, preuve la plus flagrante de son amour pour lui, même si elle était déboussolée, même si elle savait que ce n’était peut-être pas le bon moment, mais elle lui rappellerait autant de fois qu’il le faudrait… jusqu’à ce qu’il ne doute plus d’elle.[/b][/b]
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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: Quel heureux ou malheureux hasard ?   Dim 6 Oct - 21:12

- Ca va mieux à présent…

C’était une manière comme une autre d’éviter de répondre non ? Lui dire qu’il avait passé une bien mauvaise soirée ne plairait pas à la demoiselle. Surtout que de son côté, elle avait eu l’air d’avoir, de la part d’Erwan, une conversation intéressante, pour ne pas dire amusante à voir ces nombreux sourires. Etrangement il n’en éprouvait nulle rancœur envers ce potentiel rival. Parce qu’il se souvenait de ce qu’elle lui avait dit la veille et quelques heures plus tôt et aussi parce qu’il était heureux dans un sens qu’elle ait passé au moins une partie de la soirée à s’amuser, même si ce n’était pas avec lui.
Alors qu’il se faisait cette réflexion, chevauchant derrière sa jolie compagne, Tristan retint un soupir de soulagement. Apparemment, ça allait mieux, tout était plus clair, plus calme. Il allait vraiment bien à présent. Sa colère avait disparu. Pourquoi diable était-il en colère peu avant d’ailleurs ? Il ne se souvenait plus vraiment.

Ils rentrèrent discrètement et il lui tourna le dos pour se délasser de sa chemise. Comme toujours, il avait cette manière très particulière de se déshabiller qui avec une cadence plus lente pouvait être une véritable torture sans doute pour une spectatrice énamourée. Après tout, passer ses bras dans son dos pour faire glisser son vêtement sans se pencher en avant une seconde, le relevant lentement sur ses abdominaux superbes et son dos musclé, son visage et ses cheveux en bataille disparaissant sous le tissu à mesure que son torse se dévoilait, était-ce vraiment… licite ?
Pourtant, alors qu’il ôtait ses bras des manches, Cassidy s’était approchée et avait enlacé sa taille. Outre le frisson procuré par leur différence de température, celui indéniable, électrice, chimique de leur peau l’une contre l’autre, lui provoqua une brusque tension dans les muscles dorsaux.
Pourtant, il s’était empressé de détacher ses mains, très vite, peut-être même trop et il lui faisait face à présent, le visage crispé par une inquiétude non contrôlée, examinant ses poignets, d’abord du regard, puis du bout des doigts dans un geste très doux… qu’elle ne sembla pas remarquer.
En même temps… elle lui demandait une explication et il lui mentait… et mal en plus ! Vraiment mal…

Son niveau d’improvisation devait frôler le zéro absolu à cet instant. Il lui parla de ceinture… pourquoi elle s’écorcherait sur sa ceinture… En même temps quoi d’autre, si près de sa taille aurait pu la blesser ? A part la vérité ? A part cette intuition qui l’effrayait ?
Il se sentit bête aussitôt et s’en voulut de ne pas avoir trouvé mieux parce qu’elle comprit aussitôt qu’il lui mentait et que bien entendu, ça ne pouvait que la blesser.
Elle venait de lui tourner le dos et il déglutit difficilement, mal à l’aise alors qu’elle exprimait son ressenti.
Il fut surpris d’apprendre qu’elle n’avait pas passé une bonne soirée. Pourtant il l’avait cru et il regrettait que ça n’ait pas été le cas, sincèrement. Elle s’inquiétait pour lui ? Allons bon !
Même si elle lui tournait le dos et qu’il était figé sur place, bien plus pâle d’un coup, il remarqua chaque petit détail qui suivait : le léger tremblement de ses épaules qui n’était pas dû qu’à sa respiration mais à sa manière courageuse mais inutile de contenir ses émotions, les vibrations de sa voix qui montait dans les aigus dès qu’elle était très contente et surexcitée (plus pour des découvertes sur la magie que pour lui à son grand dam) ou au contraire malheureuse (ce qui le figea un peu plus), sa manière de passer son poids d’un pied à l’autre qui lui prouvait qu’elle avait un peu mal aux chevilles à cause de ses chaussures probablement et de sa gêne aussi, sa manière de faire des coupures dans son discours, ce qu’elle faisait généralement quand elle baissait les yeux ou les fermait… mais d’ordinaire c’était davantage quand ils étaient si proches l’un de l’autre et certainement pas dans une telle situation pour échanger pareil discours, et ses mots si justes aussi…

Elle pensait qu’il lui faisait encore une crise de jalousie en quelque sorte et il comprenait parfaitement ses soupçons. Elle l’accusait même de n’avoir pas joué le jeu, lui qui en était pourtant si capable. Sans savoir pourquoi, alors que cela n’avait rien à voir, il le prit pour son jeu d’acteur par rapport à eux deux… comme s’il n’y avait rien, comme s’il ne ressentait rien, comme s’il ne s’était rien passé, cette comédie qu’il avait jouée pour la protéger. Il n’en fut pas blessé pour autant, juste pensif, comprenant que c’était vrai, il savait jouer son rôle d’ordinaire, quand le jeu en valait la chandelle !
Elle ne dit rien d’autre, du moins pas tout de suite… Et pourtant il perçu ses accusations muettes, ses souffrances, ce qu’elle ne voulait pas lui dire pour l’épargner peut-être. Il ne s’expliquait pas comment. Le tatouage ne s’était pas activé… mais tout comme de plus en plus, il avait l’impression de pouvoir sentir sa peur, sa joie, son sourire même s’il avait les yeux fermés, il ressentit sa déception, sa tristesse et la peine qu’il lui causait.

Il ouvrit la bouche pour parler mais elle s’était retournée et le poussa en arrière jusqu’au lit sur lequel il fut contraint de s’asseoir même s’il obéissait docilement. Son regard noisette était si sérieux qu’il s’en sentit intimidé et eut presque l’impression d’être un enfant fautif sermonné par son aînée. Quelque chose dans l’attitude de la jeune femme l’intimida autant que cela lui plut. Quand était-elle devenue aussi sûre d’elle ? Etait-elle ainsi quand ça le concernait ?
Elle voulait qu’il aille bien, qu’il ne s’oublie pas dans l’alcool, qu’il ait confiance en elle. Il fut si surpris qu’il ne répondit pas et resta bêtement parfaitement immobile incapable de dire quoi que ce soit.
Elle ne lui laissa pas le temps de chercher de toute façon et s’enhardit même ! Il avait oublié à quel point elle était forte dès qu’il s’agissait des autres, il se surprenait à la savoir l’être d’autant plus avec ou pour lui. Pourquoi ?

Il était juste assis mais sans qu’il ne comprenne trop comment, elle se retrouva à califourchon sur ses genoux ce qui déjà était bien assez perturbant sans qu’elle ne se mette à l’effleurer de la sorte puis à l’embrasser de plus en plus passionnément. Automatiquement, toute pression ou inquiétude l’avait quitté dès qu’elle avait commencé ses baisers mais il n’était même pas certain qu’elle s’en rendait compte. Ce ne fut que lorsqu’elle se mit à briller – et comme il adorait cela chez elle- qu’il réussit à percevoir, encore, cette odeur de tristesse, d’amertume chez elle, malgré tout et qu’il trouva, malgré son état proche de l’abandon total, la force de mettre un terme à tout ceci.

Presque aussi vivement que lorsqu’elle l’avait enlacé un peu plus tôt, il ôta ses mains passées autour de son cou qui caressait sa nuque et ses cheveux et les plaqua cette fois-ci contre la poitrine de la jeune femme en lâchant un « non, arrête !» plutôt brusque.
Malgré tout, ses mains étaient restées sur ses poignets et il la tenait avec probablement plus de fermeté que nécessaire, l’empêchant peut-être de s’éloigner, blessée par des mots aussi… vifs… D’ailleurs la lumière légère, diffuse de sa peau pâle s’était presque aussitôt éteinte et quand il finit par relever les yeux vers elle, il crut percevoir des larmes perler à ses cils.
Tristan avait la respiration difficile et sa voix était plutôt rauque quand il s’était exprimé. Son visage exprima pourtant une sincère détresse quand il surprit la peine de la jeune mage et il détourna aussitôt les yeux, balbutiant.

- Ah… Ah ! Non ! Je… ce n’est pas… pour ça… enfin si… mais euh… Je… J’en ai très envie ! Crois-moi !!! Vraiment très très envie !

Il s’interrompit en se mordant la lèvre inférieure puis releva le visage, lâchant ses poignets pour poser ses mains sur son visage tout en douceur cette fois, l’air calmé et davantage maitre de lui-même qu’une seconde plus tôt… et désolé aussi.

- Je veux juste m’excuser… et t’expliquer si je t’ai fait de la peine et…tu sais… je sens quand tu es triste, même si tu ne me le dis pas. Tu n’as pas à te forcer à faire ça… pour moi, d’accord ?

Il soupira, et monta un peu plus sur le lit en la gardant sur ses genoux même si le décolleté de cette robe ne l’aidait pas tellement. Pourtant, il s’en détourna sans mal. Il avait une mission. Et il comptait bien la réussir haut la main.
Son air distant, son côté de martyr probablement agaçant pour la jeune femme, tout disparut alors qu’il lui faisait un adorable sourire, caressant ses joues du bout des doigts, écartant quelques mèches échappées de sa coiffure et parlant d’une voix aussi douce que possible.

- Princesse… Je suis désolé. Vraiment. Je suis désolé que tu n’aies pas passé une bonne soirée parce que tu t’inquiétais pour moi. Je suis désolé que tu aies pu croire que je te faisais une crise de jalousie tout à l’heure et… en fait je suis désolé pour tout et je te jure que je vais tout t’expliquer, sincèrement mais tu dois m’écouter, ne pas t’inquiéter… et ne pas… enfin tu vas comprendre. Tais-toi et écoute moi jusqu’au bout s’il te plait… je te jure que tu ne le regretteras pas…

Il effleura juste ses lèvres des siennes, tout en douceur encore une fois, ne cherchant pas à profiter ou à reprendre là où il l’avait arrêtée. Les explications d’abord… elle les méritait !

- Je… t’ai dit hier que je me sentais bizarre à cause de ma transformation qui approche. Et tu ne m’as pas plus interrogé et je sais très bien pourquoi. Voilà… tu fais encore cette tête. Je ne t’en veux pas mais… comprends que j’hésite à t’en parler ma princesse. Je sais que tu détestes ce que je deviens, que ça te fait peur, que ça t’inquiète, que tu as l’impression que je deviens différent, comme un monstre, tu ne le dis pas, tu ne le montres pas, mais je le sens malgré tout. Je sais que les dragons t’effrayent depuis ce que tu as vécu et je ne t’en veux pas mais… je ne peux pas te parler de ce que je ressens, ce que j’ai par rapport à ça quand je sais qu’aborder le sujet te fera du mal… Je t’aime trop pour ne pas tout tenter plutôt que de te blesser… J’ai menti tout à l’heure, tu l’as tout de suite su, c’était un bien piètre mensonge en même temps. Mais c’était aussi parce que je ne savais pas comment tu réagirais si… je te disais la vérité. Oui, je t’ai dit qu’hier, je me sentais bizarre, comme souvent avant cette fameuse transformation imposée, tout était amplifié… j’ai paniqué parce que j’étais inquiet et jaloux de voir qu’un homme séduisant et plutôt… bien tenait autant à toi. Et tout à l’heure, pendant le diner, ça a repris. Tu sais que normalement c’est demain que je me transformerai, rien de surprenant à ce que mes sens soient aussi sensibles donc. Mais c’était différent. Je ne t’en voulais pas du tout de parler avec Erwan, j’étais même content pour toi parce qu’il était probablement d’une bien meilleure compagnie que moi mais… pendant le diner, c’était comme si je pouvais à tout moment me transformer, comme si ça arrivait plus tôt cette fois et je devais lutter contre ce truc, tu t’en doutes bien. Ma mâchoire me faisait mal comme lorsqu’elle va bientôt se disloquer pour devenir celle d’un dragon, ma peau me renvoyait une sensation étrange… mais pas désagréable cette fois-ci, comme une espèce de frisson un peu… râpeux, comme si elle se couvrait d’écailles. Je me sentais en colère aussi, cette colère que je ressens à chaque fois, amplifiée bien malgré moi par le fait qu’un autre homme te donne un si beau sourire. Mais j’ai tout fait pour ne pas te mettre mal à l’aise, crois-moi… Le vin m’a aidé à donner une raison à mon comportement impoli en plus de me donner l’échappatoire d’être délicieux…

Il fit une pause en la regardant droit dans les yeux et pendant une seconde il sembla hésiter à lui avouer quelque chose, puis sourit tristement avant de reprendre :

- Crois-moi, si j’avais voulu noyer mes pensées dans l’alcool… c’est par magie que tu aurais dû me faire rentrer à l’Académie. Je sais très bien me punir tout seul et me faire du mal et ce n’est pas avec du vin que j’aurais procédé. Tout ça pour te dire que je suis désolé de t’avoir donné l’impression de t’en vouloir et surtout l’impression de ne pas te faire confiance. Ma princesse… Je t’aime. J’ai bien plus confiance en toi qu’en moi-même. Si tu me dis que je n’ai rien à craindre, que tu es heureuse avec moi, outre le fait que j’en éprouve une joie égoïste, je n’ai aucune raison d’en douter. Pardonne-moi de t’en avoir donné l’impression… vraiment oui… c’était mal de ma part. Tu es la plus belle chose qui me soit arrivé et pourtant je ne cesse de malmener cette si belle chose, j’en suis navré… Si tu aimes la conversation d’Erwan, si tu l’apprécies, je le respecte et j’en suis heureux, vraiment… Ce n’est pas de toi que je doute mais de lui. Tu es quelqu’un de si gentil et en même temps de si naïf… ce sont deux des traits de ton caractère que j’admire probablement le plus chez toi et qui je le sais me ramèneront toujours vers le simple bonheur d’exister dans mes pires moments de doutes, mais ils sont aussi tes faiblesses et j’ai si peur du mal qu’on pourrait te faire. Ce gars a l’air très bien je te l’accorde… Mais il doit tout de même y avoir une raison pour que tu l’aies oublié et j’ai peur que cette raison finisse par ressurgir et qu’elle te cause du tort.

Ses doigts s’attardèrent sur une de ses joues alors qu’il semblait si triste et lointain en même temps, comme s’il pensait à un horrible drame qu’il craignait de voir survenir.

- Je suis aussi désolé de ne pas avoir été meilleur acteur ce soir. J’ai essayé pourtant.

Un sourire taquin, léger, éclaira son visage.

- Je sais que tu penses que je te faisais juste une crise de jalousie juste avant et maintenant tu dois t’en vouloir ce qui ne doit surtout pas arriver parce que tu n’y es pour rien du tout. Si j’avais été jaloux, pourtant, tu devrais t’en douter, je t’aurais rendu la pareille et vu comme ma conjointe de table me tripotait, j’avais une excellente cavalière pour ce jeu-là.

Le regard furieux de la demoiselle, l’inquiétude passagère qui y régna, le firent rire mais il ne la laissa pas davantage parler et l’embrassa une nouvelle fois brièvement mais avec tendresse.

- Ne t’inquiète pas… tu es la seule ma princesse. C’est en ça que toi tu devrais avoir le plus confiance. C’est toi que j’aime, que j’ai aimé si fort et que… malgré tout j’aime encore un peu trop je pense parce que ça me donne de belles migraines ! Pour que j’aille bien… tu n’as qu’à être là, pas trop loin de moi, toi-même, avec ton sourire, ta personnalité, tout ce qui fait de toi la fille et la femme dont je suis tombé si amoureux. Mon mensonge stupide de ceinture tout à l’heure… en clair, j’avais peur d’avoir VRAIMENT une poussée d’écailles et j’étais habité par la certitude que si c’était le cas, je t’entaillerai la peau… je ne sais pas pourquoi je pensais ça mais c’était vraiment ancré… et c’est aussi pour ça que je cherchais à éviter les contacts avec toi… alors que dès que nous avons été seuls, dès que j’ai pu être un peu plus près de toi, toute cette tension, ce truc qui me donnait l’impression que j’allais brusquement me séparer a diminué jusqu’à ce que je me rende compte que c’était certainement ta présence qui me calmait tout simplement, assez pour que je le contrôle… très bien.

Il appuya son front contre le sien, respirant lentement mais avec un sourire.

- Je t’aime Cassidy… Je suis désolé pour tout ça et je t’en veux d’avoir voulu… nous rabibocher par le sexe alors que tu en avais tellement sur le cœur et que tu avais juste besoin de parler. Ne fais plus jamais ça s’il te plait, je m’en voudrais trop si je m’en apercevais, surtout… après. Et je ne suis pas du tout en train de me livrer à cœur perdu à ma petite princesse adorée, je ne suis pas du tout en train de me montrer hyper vulnérable face à celle devant laquelle je devrais juste être un super guerrier sans peur invincible, je vais mettre ça sur le compte du vin dont j’ai abusé et que nous savons tous les deux que peu responsable de mon actuel comportement si ce n’est qu’il me donne le courage de l’assumer et là tout de suite, je vais te repousser, te demander de t’allonger, aller me laver les dents pour me débarrasser de ce que je sais que tu considères comme un horrible arrière-goût d’alcool… et prendre une douche pour débarrasser mes cheveux de l’odeur des cigares que ces messieurs ont fumé près de moi et qui te fait froncer le nez depuis tout à l’heure, et quand je reviendrai, je m’occuperai de tes pauvres petits pieds endoloris et après, seulement après, tu pourras me sauter au cou en te félicitant d’avoir trouvé un mec aussi sexy, charmant, merveilleux et gentleman que moi. A tout à l’heure !!!

Il lui fit un clin d’œil, lui vola un rapide baiser, la fit basculer tout en douceur sur le lit puis se leva avec une sacrée énergie, sortant rapidement pour mettre à bien son plan diabolique. Et s’il fut de retour très vite, les cheveux encore plus désordonnés qu’un peu plus tôt et dont certaines mèches étaient encore trempées, il s’était débarrassé des odeurs d’alcool et de cigare et s’empressa de cajoler un peu les pauvres petits pieds de sa chère et tendre qui méritaient décidément bien un massage… même si avant cela il prit une lenteur torturante pour lui ôter sa robe, embrassant sa gorge sans chercher à aller plus loin avant de se préoccuper de sa mission apaisante.
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Cassidy Herediane
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MessageSujet: Re: Quel heureux ou malheureux hasard ?   Lun 7 Oct - 18:22

Cassidy ne comprenait pas et ça la déboussolait. Bon bien sûr Tristan avait toujours eu beaucoup de mal à se confier mais depuis le temps qu’ils se connaissaient maintenant, il devrait bien savoir qu’elle ne le repousserait jamais, peu importe ce qui arrivait non ? Elle était patiente, très patiente et lui expliqua encore une fois le fond de sa pensée même si elle ne parla pas des petits détails au sujet de la frustration qu’elle pouvait éprouver.

Et puis, sachant que ce qui rassurait le plus le garçon, c’était les actions, les gestes tendres, la demoiselle ne se fit pas prier. Très douce, elle cherchait à lui communiquer tout ce qu’elle ressentait pour lui à travers de tendres baisers, des petites caresses du bout de ses doigts dans son dos, sa chaleur contre la sienne et bien sûr cette lueur si significative de son désir pour lui. Mais malgré cela, elle se fit repousser.

Fronçant les sourcils et prête à lui dire qu’elle le laissait tranquille si c’était ce qu’il voulait, mais le cœur serré, elle ne s’attendait pas vraiment à ce que la réaction soit si différente de ce qu’elle pensait. Il lui serrait les poignets pour ne pas qu’elle s’éloigne, il la regardait d’un air triste mais inspira et prit un sourire. A ces révélations, la jeune femme ouvrit de grands yeux. Comme si elle était en train de se faire bercer, rassurer. Au final, elle en avait vraiment besoin.

Il lui expliqua que c’était au sujet de sa transformation et la demoiselle se crispa, baissant un instant les yeux et se mordillant la lèvre inférieure. Tristan le savait qu’elle avait énormément de mal avec ça. Mais pas que ça ! Comment réagirait-il si elle se transformait en papillon et qu’on ne trouve aucune explication ? Si elle se transformait pour toujours, alors il serait certainement très triste ! Et elle avait comme l’impression de ne rien faire pour l’aider à se sortir de là. Il disait qu’il se sentait mieux mais était-ce plus rassurant pour autant ? Le cœur de la jeune femme battit très fort dans sa poitrine à ce moment là, d’angoisse, de la peur de le perdre. Une humaine et un dragon ? Impossible de faire quoi que ce soit ensemble ! Elle avait très peur et instinctivement, serrait les mains du jeune homme en tremblant.

Le jeune homme parlait de la soirée, il était heureux que Cassidy soit autant attaché à lui et au moins, cela la réconfortait, il n’était pas contre le fait qu’elle discute avec un autre homme. La jeune femme parut soulagée sur le coup même si Tristan pointa du doigt ses grandes faiblesses. Il est vrai qu’elle avait toujours fais confiance beaucoup trop rapidement et que ça lui jouait des tours. Très mauvaise penseuse et incapable de distinguer le faux du vrai. Et c’est vrai, pourquoi l’avait-elle oublié au final ? A vrai dire, la jeune femme n’en savait rien. Un bien gros mystère que voilà.

Tristan continua son discours, et elle apprécia justement les paroles, qu’il se sentait beaucoup plus détendu et calme à ses côtés. Voilà une bonne chose au moins, aussi petite soit-elle, Cassidy avait au moins un impact sur Tristan. Elle haussa doucement les épaules l’air de rien quand il parla de lui faire du mal avec ses écailles. La jeune femme commençait à se découvrir, et se rendait compte que la plupart de ses blessures guérissaient très rapidement, pour un peu qu’elle soit entourée et qu’elle sente Tristan à ses côtés pour la soutenir. Cela ne restait jamais bien longtemps et elle avait la certitude d’avoir encore un étrange pouvoir. Son don ? Non… trop capricieux pour être appelé ainsi.

Il termina et elle se mit à rougir assez fortement en entendant ses paroles. Cet homme était vraiment parfait à ses yeux. Du moins, il n’y avait pas plus attentionné que lui, serviable et elle ne pouvait qu’apprécier. Le jeune homme lui parla de se faire pardonner avec un bon massage et elle n’eut même pas le temps de faire quoi que ce soit qu’il était déjà de retour. Mais pendant son absence, elle avait fait un sourire discret, touchant du bout des doigts ses lèvres. Oui… Tristan était très bien pour elle. Elle en était sûre et certaine.

Il revint ensuite en prenant tout son temps pour enlever sa robe et la jeune femme sentit un frisson courir le long de sa colonne vertébrale. Tentateur en plus. Tristan s’appliquait beaucoup dans son massage et elle ferma les yeux paresseusement, entièrement conquise, il manquait juste le filet de bave au coin des lèvres pour que ce soit parfait.

Une fois terminé, la demoiselle s’étira comme un chat et regarda Tristan les yeux brillants. Elle se sentait mieux et surtout revigorée. Elle se pencha vers lui, passant les bras autour de son cou, appréciant l’odeur de sa douche rapide et murmura un très discret « Merci » à ses oreilles. Puis elle entreprit de lui faire un massage à son tour et comme il était déjà torse nu, c’était assez rapide. Elle s’appliqua vraiment pour chercher à faire disparaître toute tension de la journée avec beaucoup de professionnalisme. En espérant que le contact de ses mains sur le corps du jeune homme le détende suffisamment pour éviter toute poussée d’écailles. Et quand il fit mine de s’écarter elle lui dit simplement :

« Ne t’inquiète pas, tout se passe bien… Tu n’as rien à craindre »

Il se calma et elle continua. Sauf que voilà, la jeune femme avait quand même son plan en tête et avec l’euphorie de cette déclaration, son corps se remit à briller rapidement. Parce que c’est vrai qu’un homme comme ça, c’est très tentant et difficile de résister. La demoiselle commença par faire des baisers très sensuels dans le dos de Tristan tout en le caressant. Puis il se retourna et suivi un véritable petit jeu, plein de fougue et de passion. Encore une nuit qui s’annonçait bien.

C’est donc très heureux qu’ils s’endormirent l’un contre l’autre.

Le lendemain matin, Cassidy avait décidé de retourner voir Erwan, profitant de certaines démarches à régler en ville puisque lui-même avait demandé à être prévenu sur l’état de Tristan. Brave garçon… Ils passèrent un long moment à discuter et au fur et à mesure, Cassidy commençait à apprécier ce jeune homme, un brin timide, un brin passionné mais également blagueur. Elle ne l’interrogea pas sur la dernière fois qu’ils s’étaient vu, son instinct lui soufflait que ce n’était pas une bonne idée.

La conversation dériva sur les animaux et Erwan proposa de s’occuper du poste pour soigner les petites créatures de l’académie et les chevaux temporairement. Au départ hésitante, la demoiselle se mit à réfléchir, se demandant si Tristan n’allait pas mal le prendre. Mais comme celui-ci disait qu’il avait du respect, et qu’en plus une main charitable n’était pas de refus, elle accepta. Mais décida de le présenter à Tristan histoire d’éviter toute confusion.

C’est donc en compagnie d’Erwan que Cassidy revint à l’Académie. Ils amenèrent leurs chevaux à l’écurie et la demoiselle commença à présenter au nouveau membre du personnel les environs, le parc, assez brièvement en prenant le temps d’énumérer les espèces qui y vivaient même si elle ne s’était pas énormément penchée sur le sujet. Il sourit et acquiesça.
Cassidy le conduisit ensuite à l’intérieur, où elle pensait trouver Tristan en train de peindre la nouvelle salle. Elle ne se trompa pas et lui fit signe de venir alors qu’il était penché sur une échelle.

« Tris’, j’ai fais venir Erwan. En fait il m’a proposé de s’occuper du parc et des chevaux alors je me suis dis que ça serait pas mal d’avoir une personne supplémentaire et… »

Heu… c’est qu’il avait l’air grognon le Drakkari là. Oulà on se calme les hormones. Il tirait un peu la tête et ne semblait pas prêt à discuter. Se contentant de réponses très brèves. La jeune femme ouvrit des yeux ronds, il lui semblait qu’il n’était pas si jaloux que ça. Elle mit ce comportement sur l’effet de la transformation et qu’il fallait peut-être mieux le laisser tranquille les prochains temps.

Elle sortit de la salle avec Erwan, un peu interloquée, et salua Tristan avant de refermer la porte.

« Je ne sais pas ce qui le prend d’un coup. Il allait bien hier et puis… Enfin ça lui passera certainement »

Après cette scène, les jours passèrent et Tristan semblait toujours aussi grincheux, ce qui inquiéta un peu Cassidy. Elle ne savait pas où il en était dans sa transformation et ne le voyait que très peu, si ce n’est que juste le soir. Elle évita bien de lui parler d’Erwan, par délicatesse.
L’autre jeune homme quant à lui, venait s’enquérir des dernières informations au bureau de la directrice. Il avait décidé de continuer de loger à Glindel, pour éviter de s’attirer les foudres du Drakkari. Mais il fallait reconnaître que quand ça parlait pas travail, ils s’entendaient bien. Elle lui montrait des livres intéressants, lui demandait des idées pour aménager le parc, si les chevaux allaient bien. Une fois il l’emmena voir même une licorne à l’extérieur de l’académie bien plus loin.

Un jour, la conversation porta sur les relations amoureuses. Et Cassidy avoua à Erwan qu’elle était en couple avec Tristan. Le jeune homme resta correct même si il était déçu mais après tout, il la taquina en lui disant qu’elle avait toujours été une très mauvaise menteuse et qu’il s’en doutait après tout ce temps, même si il lui dit, que Tristan n’avait pas l’air très bien en ce moment et assez distant. Elle avait haussé les épaules en expliquant qu’ils ne se montraient pas en public. Erwan insista quand même pour qu’elle parle avec lui un peu, puisqu’il avait une mauvaise impression sur l’état de Tristan.

Pourtant, une fois la porte de la chambre passée, Tristan était beaucoup plus doux avec Cassidy. Ils avaient même leurs petits jeux amoureux les soirs et s’en satisfaisaient très bien. Mais le lendemain, Cassidy décida de parler un peu avec Tristan, ayant du mal à accepter le fait qu’il soit un peu trop grognon ces derniers temps.

« Je m’absente toute la journée aujourd’hui pour une mission un peu plus loin que Glindel. Alors ne t’étonne pas si je mets du temps à rentrer »

Elle avait enfilé des chaussures de voyage, mettait des objets dans sa sacoche tout en lui parlant.

« Par contre… C’est normal que tu sois autant… ailleurs ? un peu sur les nerfs en ce moment quand on sort de la chambre ? Je sais que tu as ta transformation mais… enfin j’ai un élève qui est venu me voir parce qu’apparemment tu avais essayé de le mordre parce qu’il n’arrivait pas à faire un exercice… enfin je sais que tu es un guerrier mais… dis le moi si tu as besoin de prendre quelques jours de repos le temps que ça passe »

Elle s’était retournée tout en lui souriant. Non elle ne lui en voulait pas mais juste pour les autres, ça serait plus agréable.
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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: Quel heureux ou malheureux hasard ?   Jeu 10 Oct - 8:00

La jalousie…
Quel bien étrange sentiment !

Tristan était dehors, en train de s’entraîner, évitant les quelques plaques de verglas qui s’étaient formées dans la nuit. Dans quelques heures, elles seraient dégelées et dans l’après-midi, les élèves qui voulaient s’entraîner plus que ce que leurs heures de cours les obligeaient à subir, le trouverait totalement disponible et prêt à les aider et les motiver au mieux. Le climat devenait plus clément mais la nuit, les gelées nocturnes étaient encore courantes.
Cassidy avait lâché un léger gémissement alors qu’il s’écartait doucement d’elle le matin même en essayant de ne pas la réveiller. Elle avait paresseusement ouvert un œil, lui demandant d’une voix endormie, enfantine et totalement craquante où il allait.
D’un baiser sur son front et en la recouvrant, il l’avait rassurée. Il était encore tôt, elle pouvait dormir, il était réveillé depuis un moment et voulait donc profiter de son actuelle énergie pour s’entraîner un peu. Elle avait marmonné quelque chose vaguement en se retournant et en se blottissant sous la couverture, attrapant au passage l’oreiller de son compagnon en le pressant contre elle.
Un vif pincement au cœur l’avait fait hésiter mais finalement, il était sorti discrètement et s’entraînait à présent depuis une bonne heure. Le soleil commençait à se lever, tardivement comme toujours en cette période de l’année et la plupart des élèves devaient déjà être debout et en train de se préparer avant de descendre déjeuner.

Tristan soupira, s’octroyant une pause en buvant à une gourde qu’il avait déposée au pied des installations qui lui servaient actuellement.
Il n’était pas dupe. Il savait bien pourquoi il n’avait pas réussi à se rendormir le matin même.

La veille, après une nuit très particulière qui lui avait appris que se livrer, ce n’était pas si mal que ça en fait, Cassidy s’était absenté pour différentes affaires alors qu’il restait sagement à l’Académie. Quelle n’avait pas été sa surprise quand elle était revenue… avec Erwan.
D’accord, il lui avait dit que ça ne le dérangeait pas qu’elle parle avec lui et en gros qu’elle ait un ami masculin, même s’il aurait apprécié que ledit ami masculin soit un peu moins séduisant, mais il ne s’attendait pas à ce qu’elle le prenne comme une invitation à ce qu’ils deviennent tous amis dans le meilleur des mondes !
Apparemment son avertissement camouflé comme quoi il devait y avoir une raison à son amnésie n’avait fait qu’effleurer la jolie jeune femme et n’avait en rien ébranlé ni sa curiosité, ni son envie de bien faire. Et apparemment, ils avaient besoin de quelqu’un pour s’occuper des animaux à l’Académie et d’autres choses probablement aussi.

Quand elle était rentrée et qu’il avait entendu sa jolie voix alors qu’elle entrait dans la pièce qu’il peignait, un grand sourire avait illuminé le visage du jeune homme. Malgré le mal de dos que lui donnait depuis plusieurs heures sa position plus ou moins oblique et douloureuse sur son échelle, il était descendu rapidement, s’essuyant les mains sur un chiffon, le cœur en fête et prêt à échanger un long baiser passionné avec cette vilaine demoiselle partie trop longtemps !
Son élan d’affection avait été aussitôt stoppé néanmoins par la présence d’un hôte qu’il ne s’attendait vraiment pas à voir. Elle avait beau expliquer le plus innocemment du monde la raison de la présence du jeune aventurier, Tristan se sentit pendant un bref instant très mal et pris de certitudes : il y avait un intrus sur son territoire, il devait éliminer l’intrus ou le forcer à se soumettre sinon il lui volerait son territoire et sa femelle !
Ces simples pensées le prirent totalement au dépourvu et suffirent à le choquer quant à sa façon de penser de sa jolie compagne. Il se renfrogna aussitôt, ne sachant si c’était pour montrer audit intrus qu’il n’était pas le bienvenue, ou pour s’efforcer de chasser ces pensées.

Il serra la main d’Erwan d’une manière très officielle et certainement pas nécessaire et trop fort qui plus est. Le jeune homme ne dit rien mais la très légère grimace qu’il exprima remplit Tristan de joie. Mais il se rendait compte qu’il était prêt à mettre une raclée à ce garçon s’il faisait le moindre geste pour l’y inciter. D’autant plus surpris, il s’était contenté de souhaiter la bienvenue à Erwan dans un grognement peu joyeux et de déclarer qu’il était occupé, qu’il avait du travail.
Il sentait bien à l’expression de Cassidy qu’il l’avait surprise en mal et probablement un peu déçue mais qu’elle ne se méprenne pas, pour l’heure, il avait fait au mieux et ça aurait pu être bien pire !

Oui c’était probablement sa transformation… Il sentait la tension qui l’accompagnait toujours peser sur ses épaules et lui provoquer les légères crampes agaçantes devenues familières et pourtant, alors qu’il était censé se transformer ce fameux soir, cela n’arriva pas.
Cassidy avait refusé qu’il aille dans les cachots, passant la soirée avec lui et prête à le réduire dès qu’il ferait mine de changer mais ce ne fut pas nécessaire et finalement, le Drakkari s’était contenté de fixer avec surprise et incompréhension le ciel magnifique illuminé par les lunes de leur monde qui ne le poussaient pas cette fois-ci à changer. Etait-ce pour une raison particulière ? Se contrôlait-il mieux ? Il en doutait, son comportement le lui prouvant bien assez pour qu’il en doute totalement !!!
Pourtant, il était très fatigué et ses muscles lui faisaient mal. Il lui en avait vaguement parlé mais elle lui avait rappelé avec un adorable sourire qu’il ne s’était pas ménagé pendant la journée et que cela devait être la raison de ses douleurs musculaires, qu’il n’avait probablement pas à s’en faire.
Qu’elle ne lui tienne pas rigueur de sa conduite le surprit et l’aida à s’apaiser.

Mais ses sens aiguisés avaient perçu l’odeur sur elle d’Erwan, cette odeur masculine qui couvrait un peu la sienne, délicate, printanière. Décidément, elle avait dû passer beaucoup de temps avec le nouvel arrivant. Etait-ce une vengeance ? Ou une espèce de manière de se rassurer que de se montrer d’autant plus passionné et de remarquer avec tout d’abord une pointe d’appréhension, puis un fort soulagement, la vitesse à laquelle sa jolie compagne répondait à ses caresses. Pourtant il n’avait pas très bien dormi et s’était réveillé en sursaut après un cauchemar équivoque durant lequel Erwan obtenait sans mal, la préférence de la jeune mage.

Tristan soupira, reprenant des tractions qui commençaient à sérieusement ébranler ses muscles dorsaux et ceux de ses bras. Il s’en voulait pour se cauchemar, vraiment. Il se trouvait stupide et très irrespectueux envers sa petite amie qui lui avait pourtant fait une belle déclaration et en quelque sorte une promesse aussi. Mais s’il pouvait lutter, éveillé, contre ses pulsions et des instincts qu’il ne s’expliquait pas, son subconscient le rattrapait dans son sommeil. Il avait détesté sentir l’odeur d’Erwan sur elle… Il avait réagi par la passion mais il craignait d’être tout aussi bien capable de réagir par… la violence.
Il rentra et partit se doucher avant de vaquer à différentes occupations.

Les journées s’enchaînaient, terriblement semblables. Souvent, le matin, il avait besoin de se dépenser parce qu’il finissait mal ses nuits, ce qui l’épuisait et le rendait déjà un peu ronchon. Ensuite, il sentait, sans s’expliquer comment, de plus en plus souvent et de plus en plus facilement quand Cassidy était avec Erwan et comme par égard, elle ne lui racontait rien de leurs entrevues, il lui faisait aveuglément confiance la majeure partie du temps et devenait détestablement soupçonneux et donc renfermé à d’autres instants. L’odeur d’Erwan la suivait constamment. Il se demandait si ses sens n’étaient pas trop aiguisés ces derniers temps. Ils le rendaient encore plus agressifs. Du moins c’était l’excuse qu’il se donnait. Mais il n’aimait pas sentir son odeur sur elle. C’était comme savoir qu’il était trop proche d’elle et donc… susceptible de lui faire du mal ou de lui prouver qu’au final elle se trompait sur toute la ligne avec son Drakkari.

C’est vrai après tout. Elle était amoureuse de quoi ? De lui bien sûr, mais de quoi chez lui ? Est-ce que ça s’expliquait et se dénombrait ? Est-ce qu’elle aimait le voir gentil, jaloux et donc épris d’elle, totalement sous son charme tant il s’oubliait vite dès qu’il l’embrassait ou la couvait du regard, tendre et doux parce qu’il craignait constamment de la blesser, fort puisqu’il savait tant se battre et se querellerait avec toute injustice surtout si elle concernait sa jolie compagne, romantique quand ça lui prenait ? Est-ce que c’était ce qu’elle aimait chez lui ? Parce que bien d’autres hommes étaient ainsi et apparemment Erwan en faisait partie… Sauf que lui n’avait pas le défaut de se transformer en sa peur, il n’était pas sous le joug d’un démon, il n’était pas devenu un Kaär, il ne pouvait pas devenir violent ou agressif sans raison, et il n’était pas un Drakkari. Il était humain… comme elle.
Par le passé, elle n’avait pas connu beaucoup d’hommes qui vaillent vraiment le détour et elle avait oublié celui-ci. Mais à présent… que pensait-elle ?

Il avait détesté surprendre une conversation entre quelques élèves féminines de l’école parlant du « nouveau bel homme » dans les murs et leur précision rêveuse comme quoi il se promenait souvent avec la directrice dans les jardins, qu’il semblait toujours de bonne humeur et en train de sourire quoiqu’un peu timide, qu’ils formaient un bien joli couple.
Le jour où il avait entendu ces mots il avait dû renoncer à peindre tant il était furieux et sur le point de détruire tout le travail précédemment réalisé. Sa mâchoire l’avait élancé tout l’après-midi et il savait que le sang dans sa bouche n’était pas dû au serrement de ses mâchoires mais plutôt à la mutation de celles-ci, qui commençait, s’interrompait, revenant à la normale, puis recommençait.

Pourtant, il essayait, il essayait vraiment d’être aimable et poli.
Mais c’était plus fort que lui. Avant, il n’avait jamais eu de vrai rival. Ce Cheistam n’aurait eu aucune chance face à lui s’il n’avait pas « rompu » avec Cassidy. Il savait qu’elle ne se serait pas intéressée à lui une minute. Il s’en voulait tellement d’en arriver à la croire capable aujourd’hui de le trahir mais c’était tellement… logique à présent. Si elle n’avait pas oublié, si ce drame n’avait pas eu lieu, c’est avec Erwan qu’elle serait aujourd’hui, il le savait parfaitement. Il n’y a pas de hasards, juste un destin parfois très joueur. Erwan ne lui avait jamais fait de mal, alors que lui…

Parfois, d’une fenêtre dans les étages ou depuis le terrain d’entraînement, il voyait effectivement ces promenades. Elles avaient toujours une bonne raison d’être : voir un animal sur le point de mettre bas, un autre malade, parler et montrer une espèce de plante qui pouvait se cultiver un peu à l’écart, sous les bois et qui permettrait de soigner de nombreux maux. Il mettait au courant la jeune directrice voilà tout, il la tenait informée. Mais peut-être Tristan lui en voulait-il autant justement parce que tout ceci était intéressant et donc elle n’avait aucune raison de refuser.

Alors c’est vrai, il était de mauvaise humeur souvent et généralement distant, voire agressif avec le jeune nouveau et ce n’était que peu gentil, c’est vrai, mais qu’y pouvait-il ? Pour l’heure rien… Ce n’était tellement rien comparé à ce qu’il avait envie de faire, ce que la tension dans ses muscles lui proposait comme solution.
Cet air ronchon, mal luné, disparaissait pourtant totalement dès qu’il se retrouvait seul avec elle et ce malgré l’odeur d’Erwan.
Il se sentait un peu idiot d’être aussi ravi dès qu’elle ne faisait que rentrer dans leur chambre et qu’il levait la tête, l’accueillant avec un grand sourire. Il était beaucoup plus câlin, il s’en rendait bien compte, comme s’il cherchait à se rassurer dans des contacts mais en même temps, à part le soir, ils ne passaient plus du tout de temps ensemble depuis l’arrivée d’Erwan. Eh bien voilà encore une chose qu’il pouvait reprocher au gentil sauveur des animaux, il accaparait toute l’attention de sa petite amie et leurs parties de cache-cache dans l’Académie ou plutôt de « cachons-nous des élèves pour pouvoir nous embrasser dans la plus sobre des situations, bien plus si on devient moins sobres ce qui risque fort d’arriver ».
Heureusement, elle ne le repoussait pas et semblait même totalement en accord avec ses pensées ce qui repoussait bien sûr tous les soupçons du jeune homme.

Il ne savait pas, bien évidemment, qu’elle avait avoué à Erwan qu’ils étaient ensemble. Peut-être en aurait-il été soulagé, au moins, n’aurait-il plus besoin de faire semblant de ne pas dévorer du regard la jeune femme quand le « nouveau » était dans le coin. C’est que c’était dur !!!! En plus, elle le surveillait moins depuis la fenêtre de son bureau quand il s’entrainait. D’habitude, il  la surprenait toujours, au moins une fois. Il savait que s’il l’interrogeait, elle dirait juste vouloir vérifier que tout allait bien alors qu’il se doutait que ses entraînements peu vêtus même en cette saison devaient peut-être un peu faire montrer sa côte de popularité. Depuis quelques temps pourtant, il ne la voyait plus à sa fenêtre…

Oui, les jours s’étaient écoulés et cette fameuse nuit, peu avant le départ de la jeune femme, il réussit enfin à très bien dormir. La fatigue devait lui peser sans doute. D’ailleurs, son besoin d’affection tout récent devait bien se voir à sa manière de se blottir contre elle des fois, réclamant des câlins alors qu’il était bien plus grand que la jeune femme (mais en même temps quand il faisait ceci, il se retrouvait le nez dans son décolleté et çaaaaaa c’était vraiment très intéressant !!!!).
Elle s’était levé tôt, plus tôt que d’habitude et il avait grogné quand elle était sortie du lit, lui la surveillant depuis sa position allongée avec un air de supplicié grandement amoindri par le désir tout neuf qui brillait dans ses yeux alors qu’elle se préparait.

Apparemment elle devait s’absenter toute la journée pour une mission. Si elle ne lui demandait pas de l’accompagner, c’était qu’il s’agissait probablement d’une intervention de routine nécessitant de la magie, bref, là où il serait totalement inutile en clair. Il s’étira en baillant. Il avait bien envie de lui dire qu’il ne voulait pas la laisser partir toute seule, mais elle était trop indépendante et déterminé, et lui trop fier de la savoir ainsi, pour tenter quoi que ce soit. Même s’il était navré de ne pas avoir eu plus de câlins. D’ailleurs il grogna légèrement, repoussant la couverture, s’asseyant sur le lit en se frottant les yeux. Une de ses mèches rouges partait carrément à la verticale au-dessus de sa tête.

- Humph ! C’est pas pressé si ? J’ai pas fini de me rincer l’œil sur ma charmante petite amie, elle s’est habillée trop vite ? Tu ne pourrais pas lui dire de revenir un peu près de moi, j’ai envie de la câliner…

Elle avait levé les yeux au ciel mais son petit sourire ravi alors qu’elle se détournait pour ranger ses affaires dans son sac démentait son agacement. Il sourit, heureux sans s’expliquer au juste pourquoi. Mais son expression changea dès qu’elle commença, prudemment, à aborder son comportement.
Il la laissa parler bien sûr mais se crispa et baissa les yeux, fixant son bracelet qu’il faisait tourner autour de son poignet avec un air coupable. D’accord elle lui souriait comme si ce n’était pas grave et tout mais… il savait bien que si elle lui en parlait c’était que ce n’était pas si anodin que ça.

Il se rappelait parfaitement de ce moment oui…
Ce n’était pas que le garçon ne réussisse pas son exercice qui l’avait mis en colère… C’était parce qu’il ne fichait rien, n’essayait même pas et surtout draguait lourdement une jeune et jolie élève blonde qui lui avait l’espace d’un instant rappelé sa propre jolie blonde. La jeune fille ne semblait pas apprécier, être gênée et même agacée des approches intempestives de son camarade. De manière très peu professionnelle, il le savait bien, Tristan avait fait un transfert et avait aussitôt voulu la défendre. Il avait montré les dents mais ça c’était involontaire et pourtant, il avait l’étrange sentiment de pouvoir saisir l’impudent entre ses mâchoires et, sans le sectionner en deux, l’envoyer valser plus loin, ce qui l’empêcherait de recommencer par trouille. Il s’était senti dans la peau d’un dragon… il s’était senti fort… et merveilleusement bien.
Bien sûr, il n’avait fait que le saisir par le bras et se mettre à seulement quelques centimètres de lui, menaçant en exigeant sèchement qu’il se bouge les fesses pour faire ce qu’il exigeait mais il ignorait ce que le gamin était allé raconter derrière son dos… et à la rigueur, il s’en fichait complètement.

Que sa petite amie croie aussi facilement à ces rumeurs le blessa un peu mais il préférait encore ça plutôt qu’elle sache ce qui s’était réellement passé. Il baissa la tête et évita de la regarder, toute bonne humeur totalement disparue.

- Désolé… Tu as raison… Je vais aller m’enfermer pendant quelques jours le temps que ça passe. Je ne me sens pas bien, ça va passer je pense. D’ailleurs, si tu n’es pas là autant que je descende dans les sous-sols pour éviter les dégâts, ça vaut mieux.

Le voilà qui se levait rapidement, lui qui avait tellement envie de rester un peu au lit aujourd’hui et s’habillait rapidement en l’évitant soigneusement, se coiffant rapidement des mains, même si ce n’était en rien nécessaire. Le regard qu’il lui lança par la suite était désolé et franchement triste.

- Je suis désolé de t’avoir causé ce problème… Reviens vite s’il te plait, je suis bien plus calme quand tu es près de moi…

Vague murmure gêné avant qu’il ne s’avance pour déposer un rapide baiser sur son front et ne lui souhaite un timide « bonne journée » avant de se fendre d’un sourire penaud.
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Cassidy Herediane
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MessageSujet: Re: Quel heureux ou malheureux hasard ?   Dim 13 Oct - 13:49

Cassidy ne savait pas ce qui arrivait à Tristan. Bien sûr, elle continuait à mettre son comportement sur le dos de sa transformation mais ça en devenait bien pénible. De le voir se conduire de manière maussade et bien sûr, elle ne savait, ou ne se doutait pas que le Drakkari était jaloux d’Erwan. Elle lui faisait confiance et son discours comme quoi elle tenait beaucoup à Tristan avait été catégorique et devait servir pour la suite. Qu’il ne doute plus d’elle. Sinon la jeune femme risquait de le prendre très, mais alors vraiment très mal. Sa patience parfois se réduisait, elle ne comprenait pas pourquoi mais c’était comme si au final, il s’était passé des choses qui ne lui donnait plus envie d’être aussi patiente qu’avant. Mais cela, elle se cachait bien d’en parler.

C’est vrai, Erwan la tenait au courant de pas mal de choses, qui, aux yeux de la demoiselle, était très instructif. Toujours d’un point de vue professionnel bien entendu. C’était intéressant qu’il prenne du temps pour lui en parler et surtout, Erwan savait que Cassidy affectionnait beaucoup son cheval. Il ne manquait pas de lui dire que le respect de l’animal envers elle était grand. Comment savait-il tout ça ? Parfois elle le questionnait. Il était toujours un peu flou mais elle avait compris que le jeune homme avait passé une période de sa vie chez des elfes et que ceux-ci lui avaient beaucoup appris sur la nature. Qu’il s’était toujours passionné pour ça et qu’il en préférait la compagnie plutôt que des humains. La foule le mettait mal à l’aise. Il n’aimait pas être dans la lumière, malgré un passé qui le destinait plus aux opérations militaires.

Tout cela elle l’avait appris. Il lui disait tirer à l’arc mais avec une spécialité. Si la plupart de ses attaques étaient physiques, il était également capable d’insérer une dose de magie dans ses flèches et son habileté pour surprendre ses adversaires. Mais tout cela, il ne s’en servait que très rarement, sa vie était suffisamment tranquille pour ne pas utiliser ce genre de techniques. A part avec certaines créatures magiques très virulentes, qu’une simple flèche ne pourrait pas percer une carapace. Il lui avait également raconté qu’on l’avait formé pour se battre contre des dragons corrompus.

A ces mots, la jeune femme s’était véritablement crispée. Il crut comprendre que c’était à cause de cet exploit qu’on racontait sur la jeune femme au sujet d’un dragon. Même jeune, elle avait du être terrifiée par ce combat et elle restait après tout, une femme. Bien fragile et incapable de faire du mal à une mouche.

C’est vrai qu’ils passaient du temps à se balader, parlant de choses diverses et variées. Mais cela ne signifiait pas qu’elle abandonnait Tristan pour autant ! Parfois le regard de la jeune femme se perdait dans le vide, repensant à la folle nuit de la veille, à sa frustration de ne pas pouvoir un peu plus voir le jeune homme ces derniers temps. Erwan était amusé et même si il ne disait rien, après avoir appris que Cassidy était amoureuse d’un homme lui faisait mal au cœur.

Mais après tout, comme il se plaisait à le penser, les décisions de sa vie amoureuse n’appartenaient qu’à elle. Il n’allait certainement pas piquer une crise, produire un complot, pour casser le bonheur de la jeune femme. Erwan savait pertinemment que la faire tomber dans ses bras en les détruisant n’était pas un acte noble et il s’y refusait. Alors peut être s’appliquait-il à mieux se faire connaître, à parler avec elle mais jamais il n’avait porté la main sur elle pour la tenter, jamais il n’avait cherché à l’embrasser par hasard.

En revanche, il trouvait Tristan un peu bizarre. Toujours cet air pour attirer une galerie et il le voyait bien dans les yeux des gamines, le Drakkari plaisait. Faisait-il exprès ou pas ? Cassidy ne se trompait-elle pas de personne ? Un homme qui roule des biceps pour séduire, se faire bien voir et provoquer le fantasme… très peu pour lui ! Bien sûr, des gamines étaient déjà venues le voir lui, pour lui poser des questions. Il avait toujours été gentil mais sans en faire des tonnes.

Parfois même, quand certaines devenaient trop insistantes, il répondait sur un ton un peu grognon en les chassant, expliquant que oui, il était célibataire, mais que ça ne l’intéressait pas, qu’on ne lui pose plus de questions sur sa vie sentimentale et qu’il était surtout scandalisé qu’on cherche à lui faire du rentre dedans alors qu’il y avait bien d’autres jeunes hommes de leur âge.
Cela n’avait pas du échapper à Tristan ce genre de réflexions de la part des jeunes. Un beau jeune homme certes, mais un peu grincheux quand on cherchait à le cuisiner.

Cassidy, pour sa part, lorsqu’elle entendait des petites choses sur Tristan, par ci par là, et contrairement à ce qu’il pensait, regardait parfois par la fenêtre pour voir si tout allait bien. Et si il faisait une transformation devant tout le monde ? La jeune femme s’était mordu la lèvre. Et puis, il fallait dire ce qui était, elle aimait toujours autant le regarder à travers la vitre, d’un air rêveur, pensant à la prochaine soirée avec lui-même si en ce moment, la demoiselle était beaucoup plus inquiète.

Elle était également très câline au lit, et cherchait toujours à le rassurer, heureuse de le retrouver le soir mais vraiment. Cela se voyait sur son visage, l’expression de joie et de bonheur qui illuminait sa peau, sa couleur luciole lorsqu’elle marmonnait que la journée avait été biiiiiiiien trop longue et qu’elle comptait bien se rattraper à présent. Oui elle agissait naturellement et sans la moindre arrière pensée, passant des nuits mémorables avec Tristan. Parfois elle sous-entendait avoir l’envie de faire une petite balade avec lui hors de l’académie pour lui montrer des choses très intéressantes. Mais à chaque fois, ils n’en trouvaient pas le temps. Malgré le fait qu’Erwan n’était pas vraiment un pot de colle non plus. Mais entre l’administration et leurs cours, difficile de trouver un arrangement.

L’odeur d’Erwan sur sa peau, elle l’ignorait. Et pourtant ils avaient toujours eu une distance des plus correctes et appréciables. Quoique… une fois il était en train de lui montrer comment soigner une petite créature quand une sorte de sanglier était arrivé par derrière alors qu’il se redressait et se tenait devant Cassidy tout en lui parlant et avait chargé dans ses jambes. Ne pouvant pas se retenir, il était tombé sur la pauvre demoiselle qui ne comprit rien du tout, au-dessus d’elle. Un flash s’était produit et il s’était retrouvé propulsé en hauteur dans un arbre, en grimaçant. Cassidy semblait gênée et comprenait qu’il n’avait pas fait exprès et surtout, elle ne savait toujours pas pourquoi sa magie était capricieuse de temps en temps alors que lui riait en disant que finalement, il y avait des choses qui n’avaient pas changé chez elle. Même pour des actions accidentelles.

Un matin, la jeune femme s’était habillée tôt. Elle n’avait pas compris pourquoi dans cette mission on lui avait demandé de venir seule et pas accompagnée. Comme quoi c’était suffisamment délicat pour ne faire venir qu’une seule personne. La jeune femme avait froncé les sourcils mais s’exécutait comme si de rien n’était même si elle aurait préféré que Tristan l’accompagne, ils auraient pu passer un bon moment ensemble et cela aurait rattrapé le temps perdu. Il avait sa petite mine si adorable du matin alors qu’il commentait la situation, préférant continuer à se faire des câlins. Elle eut un sourire d’excuse et aborda un peu maladroitement le souci de l’élève. Mais c’était uniquement pour savoir si Tristan allait bien, enfin il fallait bien qu’elle justifie son comportement quand même !

Elle remarqua la mine du Drakkari qui avait changé d’expression alors qu’il parla de s’enfermer dans un cachot le temps que ça aille mieux. Il s’habilla rapidement et s’excusa en l’embrassant sur le front. La jeune femme se renfrogna puis le poussa avec ses deux mains sur le torse pour le forcer à s’asseoir sur le lit. Puis elle le fixa d’un air dominant, poussant un profond soupir tout en redressant une mèche de ses cheveux blonds et le fixant dans les yeux.

« Tu n’es vraiment pas possible parfois… »

Il allait sûrement se braquer alors elle lui attrapa rapidement les poignets et les serra dans ses mains, suffisamment fort pour qu’il comprenne que la jolie demoiselle n’avait pas l’intention qu’il prenne encore la fuite. Elle posa doucement son front contre le sien.

« Les élèves ont toujours tendance à dramatiser une situation pour essayer de bien se faire voir. D’ailleurs je me suis retenue de rire en imaginant que ça se soit réellement passé comme ça… Surtout ce petit galopin… Hum… »

Elle déposa un baiser sur sa joue.

« Tris’… peu importe comment tu es, ce que tu fais, je serais toujours derrière toi… Je t’aime, tu le sais… Savoir que tu dois t’enfermer pour éviter de faire du mal me fait mal au cœur et je préférerais vraiment te faire venir avec moi… Quitte à te rapetisser et que tu profites de la vue »

Sourire amusé et clin d’œil alors qu’elle le regardait intensément.

« Je sais que ce n’est pas facile tout ça… mais je te fais confiance pour me le dire, le jour où ça n’irait vraiment plus… Alors je te protégerais ! Quitte à me mettre le monde entier contre moi, je chercherais toujours un moyen de t’aider. Et rhoooo voilà je vais encore finir par rougir à force de te dire tout ça ! Donc ne va pas encore t’enfermer, en plus il fait beau aujourd’hui. Je te fais confiance pour bien gérer l’organisation de l’académie en mon absence. Et si jamais j’ai un souci… tu sais comment me trouver »

Elle avait doucement posé sa main sur la chaîne de Tristan, avec cette pierre si particulière. Sa magie et les caractéristiques d’un dragon. Heureusement qu’il n’aimait pas la magie et qu’il ne la questionnait pas pour savoir comment c’était possible d’insérer une magie humaine dans une pierre draconique, elle deviendrait certainement très gênée et très floue. Mais la jeune femme venait de se pencher légèrement, lui souriant, replaçant ses cheveux rouges en ordre en les arrangeant, attrapant affectueusement le col de sa tunique pour la petite touche personnelle. Puis s’était blottie contre lui en l’embrassant très passionnément.

Quand elle l’embrassait, plus rien ne comptait, juste elle et lui. Des petits papillons dans le ventre, une chaleur douce mais pas étouffante, parfois elle avait l’impression d’apprécier encore plus son contact. Mais ça c’est sûrement parce qu’elle avait chaud. Elle était si bien et se serra contre lui, encore un long moment, retardant le passage de la sortie, restant autant de temps qu’il le faudrait pour montrer à Tristan qu’elle voulait lui laisser une empreinte avant de partir, comme une promesse qu’elle voulait vite revenir.

Puis, la jeune femme se redressa, enfila sa cape de voyage, déposa un dernier baiser sur les lèvres de son compagnon.

« Je vais me dépêcher. Quand je suis loin de toi, tu me manques… »

Elle se mit à sourire puis sortit de la pièce.

Au départ, elle croisa Erwan qui avait pris le temps d’harnacher son cheval. Elle le remercia puis se mit en route.

C’était long le trajet mais la jeune femme était toute souriante, se rappelant encore du goût des lèvres de son homme qui la laissait rêveuse. Il faisait encore froid, la neige fondait à certains endroits mais le soleil pointait timidement ses premiers rayons. Perverse, la jeune femme regretta le Drakkari, si utile pour se réchauffer dans ce genre de situation.

Elle chevaucha toute la matinée. Dépassant Glindel, plusieurs autres petits villages puis arriva à la zone du rendez-vous. Une petite plaine dégagée, et la particularité, les grosses pierres ressemblant à des dolmens qui se dégageaient de la zone. Au milieu, une silhouette attendait, son cheval à côté, assise sur un des gros rochers, une jambe sur l’autre et les bras croisés. Cassidy s’arrêta devant et descendit de cheval, souriante.

« Mylenna Hauften ? Je suis Cassidy Herediane. Vous m’avez appelé pour une mission c’est bien ça ? »

La dénommée Mylenna décroisa ses jambes et bras tout en faisant un petit sourire et se levant.

- C’est exact, je suis heureuse de voir que vous avez pu venir Dame Herediane… Si vous voulez bien me suivre c’est par ici

Cassidy se mit à sourire et lui emboita le pas. Une jeune femme qui avait l’air sûre d’elle, les cheveux noirs lui descendant jusqu’au creux des hanches, une démarche chaloupée et un teint assez pâle qui contrastait avec la couleur de ses cheveux.

Arrivée dans une zone assez à l’écart, une petite colline, Mylenna tapa dans ses mains et une petite crevasse se forma, libérant un véritable passage souterrain ainsi qu’un escalier qui menait dans un endroit obscur et peu encourageant. Cassidy regarda avec curiosité. Une crypte ?

- Comme vous le verrez, ce passage mène à une salle couverte de symboles à déchiffrer et sûrement autre chose, je ne voulais pas m’y aventurer seule, à cause du risque de pièges et comme je sais que vous avez explorer pas mal de ruines, je pense que vous pourrez détecter si il y a un danger

Cassidy acquiesça d’un signe de tête et passa la première. Elle entendit Mylenna murmura une incantation derrière elle mais il était trop tard. La jeune femme grimaça, fléchit les jambes et se retrouva dans le noir le plus complet.

Lorsqu’elle se réveilla, sa tête lui faisait très mal. La jeune femme grommela en se frottant la tête sans comprendre ce qui lui arrivait. Elle se trouvait derrière des barreaux, sur le sol froid et humide de ce qui semblait être un cachot, une torche était allumée de l’autre côté. Mylenna se trouvait devant elle, triomphante. La petite blonde se releva, sans comprendre de quoi il s’agissait.

« Enfin qu’est ce que ça signifie ? Faites moi sortir de là !"

Elle n’avait plus son bâton, Mylenna jouait avec d’un air satisfait, tranquille sans le moindre mot.

- Voilà un moment que j’attendais cette occasion… Prendre la place de la grande dame Herediane. Finalement elle est plutôt bête… Ne pas surveiller ses arrières et faire confiance au premier étranger… Ce n’est pas bien…

Cassidy grogna et tapa sur les barreaux.

« Ca suffit ! Faites moi sortir ou je… »

Elle grimaça et se tint la tête, des vertiges la prenant. Sa force la quittait petit à petit, elle le sentait. Sa magie, elle n’arrivait pas à l’utiliser. Et en plus, la garce lui avait volé son pendentif ! Mylenna replaça une mèche de ses cheveux et laissa apparaître une marque sur son poignet… un symbole qu’utilisait certains fanatiques des Käars pour montrer leur adoration à ce parti, le genre de personne qui ne craignait rien.

- Je ne pense pas… Passe un bon séjour ici… Oh et bien sûr, je ne manquerais pas de te raconter tout ce qui se passe…

Cassidy était choquée ! Elle n’avait rien fait ! Voilà encore une fois elle était beaucoup trop naïve…

« Tristan ne te laissera pas faire ! Il saura que ce n’est pas moi ! Et il viendra me chercher ! »

- Vraiment ? J’ai hâte de tester ça…

Elle prit l’apparence de Cassidy puis la laissa là. La petite blonde se sentit horriblement mal. Elle avait froid, elle était mal. Se laissant tomber contre le mur, la seule chose que la demoiselle pouvait se dire, c’est que Tristan ne tarderait pas à venir la récupérer.

Mylenna enfourcha la monture de Cassidy, mais cette dernière eut du mal à coopérer. Il lui fallut user de magie pour que la monture daigne avancer. Elle rentra rapidement à l’Académie et arriva à l’écurie où se trouvait Erwan. Ce dernier leva la tête, regardant le destrier qui n’avait pas l’air comme d’habitude. Mylenna descendit de cheval tout en parlant gentiment.

« Tu pourras vérifier qu’il n’est pas malade ? Il était bizarre sur tout le trajet le pauvre… »

Erwan resta un instant en arrêt puis fit un grand sourire. Quelque chose n’allait pas. Et une seule chose lui vint à l’esprit.

- D’accord j’y veillerais…

Puis sans crier gare, il s’approcha d’elle, posa ses mains sur ses épaules et déposa un baiser sur son front.

- Tout va bien Cassidy ? Tu es un peu pâle…

Peut-être que Tristan n’était pas loin mais Erwan avait eu ce qu’il voulait. La confirmation qu’il y avait un truc de louche. En effet, même en étant à l’académie, toutes les fois où il avait eu un contact maladroit avec la jeune femme, il s’était toujours fais éjecté, ou il sentait une sorte de décharge électrique. Là ce n’était pas le cas. Elle fit mine d’être surprise.

« Heu non tout va bien… Je vais aller m’occuper de… mes affaires »

-Très bien très bien fais donc…

Le jeune homme tourna le dos tout en fronçant les sourcils. Ce n’était pas normal… Et il comptait bien découvrir ce qui se passait.

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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: Quel heureux ou malheureux hasard ?   Jeu 17 Oct - 16:39

Epater la galerie…
Il est vrai que Tristan donnait souvent cette impression. Probablement parce qu’il était ainsi, un homme à épater. Ou qui voulait épater, ou s’en donner l’impression ou alors en avait-il simplement besoin. Pourtant, il n’était pas tout le temps comme ça. Il ne l’avait pas toujours été et en fonction des situations, il s’était montré très embrouillé comme garçon et totalement inverse même de son idée de charmeur aux mœurs légères, peu soucieux des autres.
Quelle importance après tout ?

Il est vrai qu’il aimait plaire, il avait toujours aimé ça et ce n’était en rien un scoop. Mais depuis qu’il était de nouveau avec Cassidy, le jeune homme avait considérablement changé même si ces changements étaient généralement si profonds, qu’ils passaient inaperçus ou presque.
Cette manière qu’il avait de s’appuyer nonchalamment sur son dossier quand il mangeait, le regard perdu dans le vague n’était pas (et n’avait jamais été d’ailleurs) pour se donner des faux airs mystérieux. Son agaçante tendance à se mettre torse nu au moindre effort était aujourd’hui uniquement due à son bien-être et sa liberté de mouvements dans cette tenue, plus du tout une idée de séduction. Ses sourires charmants étaient polis et n’avaient plus pour but de draguer une demoiselle ou une autre. Quant à sa manière de remarquer les détails et les progressions de ces élèves et surtout de ces petites élèves, acte tout à fait professionnel, il est vrai que cela le rendait encore plus charmant mais encore une fois, séduire n’était plus à l’ordre du jour. Enfin si bien sûr… mais une seule demoiselle…

Et malheureusement pour Erwan, si Cassidy avait des goûts étranges en matière d’hommes et qu’elle se trompait peut-être, il est vrai, par rapport à un certain Drakkari, celui-ci n’était pas prêt à la voir s’éloigner. Oh ça non.
Il est vrai que ces derniers temps, il n’était pas au meilleur de sa forme. Et lui-même ne savait plus trop qu’en penser. Etait-ce une nouvelle étape dans les changements étranges de son corps ? Ou sa jalousie était-elle bien plus profonde que ce qu’il pensait.
Bien sûr qu’il faisait confiance à la jeune mage. Elle lui avait assuré qu’il n’avait pas à craindre de trahison de sa part et il la croyait parce qu’elle était trop gentille et honnête pour lui mentir et lui faire un coup pareil. Mais il connaissait justement sa gentillesse, sa naïveté et il ne pouvait s’empêcher de craindre que cela lui porte encore préjudice, parce qu’elle en avait déjà été victime.
Et que se passerait-il si elle se souvenait de ce qui s’était passé entre elle et le gentil jeune homme qui venait d’entrer dans sa vie ? Bien sûr, il était inquiet par rapport aux sentiments qu’ils se portaient mais ce n’était pas encore ce qui le taraudait le plus. Si elle se rendait compte de la folie dans laquelle sa magie pouvait la plonger, à savoir tenter de tuer une personne innocente, que penserait-elle ? Est-ce qu’elle n’aurait pas peur pour son actuel amoureux ? Est-ce qu’elle n’essaierait pas de l’éloigner d’elle pour le protéger ?

Il avait beau la connaitre, la manière de penser de la jeune femme restait encore un mystère. Parfois il avait l’impression de pouvoir lire en elle comme dans un livre ouvert et d’autres fois qu’il ne la comprendrait jamais totalement. C’était frustrant et en même temps très stimulant de toujours avoir des choses à découvrir chez elle. Il ne se lassait pas… Ni de sa personnalité, ni de son corps. Et ça, il semblait prêt à le lui prouver chaque soir dès qu’ils se retrouvaient. Et pourtant, ce n’était que le centième de ce qu’elle lui inspirait.

Car malgré tout, ignorant si elle l’avait remarqué ou pas puisque la demoiselle semblait tout aussi à même que lui à perdre les pédales et donc le fil de ses pensées pendant ces « retrouvailles », il conservait de plus en plus souvent son bracelet, par précaution.
Parce qu’il y avait quelque chose de plus ces derniers temps, de plus que ces impressions de pouvoir se transformer à n’importe quel moment, de se sentir jaloux dès qu’il voyait ne serait-ce qu’un sourire entre elle et Erwan, il y avait cette force, cette impression de puissance qui irradiait dans ses muscles, ses sens décuplés qui lui montraient le monde sous un jour nouveau et le rendait un peu trop sensible parfois (c’est fou comme une simple caresse sur le bras l’avait transformé en bête affamée et la vitesse à laquelle il s’était littéralement jeté sur elle un jour en fin d’après-midi, elle avait cru à un nouveau jeu… heureusement). Il avait la certitude de pouvoir totalement l’oublier pour être si égoïste qu’il la blesserait dans le meilleur des cas… Cette impression effrayante, disparaissait un peu grâce aux beaux sourires de la jeune femme, à ses câlins et à sa manière si fraiche d’être mais il restait prudent… au cas où…

Il est vrai que dès qu’il se sentait mal vis-à-vis de ce qu’il identifiait parfois clairement comme de la jalousie vis-à-vis d’Erwan, il s’entraînait davantage pour penser à autre chose mais encore une fois, ce n’était en rien pour faire étalage de ses muscles, même s’il en était fier, quand même un peu.
Heureusement aussi qu’elle le rassurait souvent. Pas en parlant non, simplement en l’embrassant, en lui souriant et en centrant toute son attention sur lui dès qu’il était dans les parages. Mais cette dernière manière d’être était probablement bien involontaire et due aux sentiments qu’elle lui portait. Ahhh l’amour !
Oui, elle était là… rassurante, bien plus qu’elle ne pouvait d’ailleurs l’imaginer. Il remarquait ses efforts quand elle s’inquiétait pour lui et s’il n’en disait rien, ils lui tiraient des sourires alors qu’il la trouvait d’autant plus craquante.
Comme cette fameuse fois où, un soir, elle avait demandé à son amie lutine de leur monter de quoi faire un chocolat chaud alors qu’ils parlaient, installés sur le canapé sous une couverture. Elle lui avait dit que c’était une surprise et il avait dû fermer les yeux même si avec ses sens accrus, il savait déjà ce qu’elle manigançait. Mais quand la demoiselle maladroite, s’était renversée son chocolat dessus, la vitesse à laquelle il avait réagi tenait plus de l’anticipation que de la réaction réelle.
S’il avait eu droit à ses excuses malheureuses alors qu’elle lui reprochait un peu d’avoir cherché à la protéger et de s’être à moitié fait ébouillanter à sa place, il avait juste ri, reposé le bol brûlant qui lui détrempait le poignet sur la table basse et l’avait embrassée en lui murmurant que c’était son rôle de la protéger. S’en était ensuivi un drôle de jeu avec une histoire de garde du corps qui craquait pour sa jolie employeuse et qui cherchait à la séduire en exhibant fièrement son corps. Apparemment, la séduction fonctionnait…

Ce jour-là, elle s’était levée bien tôt comparé à ces derniers temps et c’est vrai qu’il n’était pas des plus d’accord, ronchonnant qu’elle serait aussi bien avec lui, sous les couvertures bien au chaud et que si elle voulait vraiment faire des activités de si bon matin, il en avait en tête des plus intéressantes et qui pouvaient très bien se faire au lit. Vu les joues rouges de la jolie jeune femme, elle avait parfaitement compris son allusion. D’ailleurs elle comprenait de plus en plus vite ce qui l’amusait au moins autant qu’il s’en voulait de l’avoir ainsi pervertie.
C’est vrai que finalement, il était à son tour, rapidement sorti du lit à cause de l’allusion de ces problèmes de comportement et s’était habillé mais ses explications suffisaient pour une certaine petite mage… qui ne comptait certainement pas le laisser partir comme ça.

Comme il aimait sentir la pression de ses mains sur son torse. Là, c’était la pression qui voulait dire « on va avoir une discussion tous les deux ». Une autre, très différente signifiait « arrête de m’embrasser comme ça et de me toucher ainsi ou je vais perdre les pédales ». Pourtant, il aimait les deux et se fit attentif à ce qu’elle disait même si au début il était fermé, puis penaud. Au final, elle le croyait et il s’en sentait profondément soulagé et reconnaissant. Un léger sourire en coin apparut sur son visage quand elle parla de « galopin », pourtant, ils n’avaient que peu de différence d’âge avec ces jeunes gens. Ses paroles étaient rassurantes et pendant un instant, il douta les mériter, elles et l’attention de leur propriétaire. Un court instant, il s’imagina aussi que tout pourrait être différent, qu’elle pourrait ne pas l’aimer, qu’ils auraient pu ne jamais se revoir, qu’il aurait pu mourir il y a de cela des années. Cette simple idée lui tordait l’estomac et il se surprenait à vouloir mémoriser chaque petit détail de la demoiselle comme si tout pouvait changer d’un instant à l’autre.

Il ne parla pas, la laissant s’exprimer mais pourtant, même s’il fut touché, il se crispa légèrement quand elle parla de se mettre le monde à dos pour le protéger. Elle était adorable bien sûr mais elle ne pensait certainement pas au fait qu’il ne voudrait JAMAIS lui imposer cela. Elle était trop importante pour le monde, avec ses projets d’école, avec ses idées innovantes, avec sa manière d’être tout simplement. Jamais il ne pourrait priver le « monde » d’elle et certainement pas pour un dessein aussi égoïste que celui de la voir se ranger de son côté. Bien sûr, il ne le lui dit pas, ne voulant pas qu’une longue discussion commence à ce propos et qu’ils se quittent ce matin là, pensifs et un peu blessés peut-être par leur échange, surtout qu’elle devait se concentrer pour sa mission.
Tristan se contenta donc de son sourire en coin qu’elle aimait tant, un brin pervers, un brin taquin comme s’il s’apprêtait à faire quelque mauvais coup. Elle avait posé la main sur son collier ; il posa donc sa main par-dessus la sienne et la pressa doucement, obligé de lever un peu la tête pour la regarder dans les yeux.
Il ne fit qu’articuler silencieusement un petit « merci » avec un clin d’œil aguicheur mais elle s’en contenta très bien et vu les baisers qu’ils échangèrent par la suite, il fut bien plus difficile encore de se séparer.

Quand elle finit par partir avec une petite phrase comme quoi il lui manquait dès qu’elle était loin de lui, il poussa un grognement moqueur qui fit se retourner la jolie demoiselle mais c’était un beau sourire de son compagnon qui l’attendait et une petite phrase exprimée bien peu fort alors qu’il faisait mine d’être occupé à autre chose.

- Certainement pas autant qu’à moi…

Il crut la voir sourire mais n’en était pas certain.
Elle partit et finalement il décida de ne pas se recoucher maintenant qu’il était réveillé et plein d’énergie grâce à elle. Il décida de ne pas s’entraîner ce jour-là, cherchant à conserver le plus longtemps possible sur sa peau, l’odeur de sa compagne absente. Ce n’était peut-être pas grand-chose mais pour lui, cela comptait beaucoup.
La matinée se déroulait sans encombre alors qu’il vaquait à ses occupations, continuant en majeure partie de peindre la salle d’astronomie. D’ailleurs il avait énormément avancé, passant les deuxièmes couches, les plus importantes, sur les murs et le plafond quand brusquement il se sentit mal.
Ca n’avait rien à voir avec ses actuels malaises dus à sa transformation. C’était bien autre chose. Brusquement, il avait senti un danger, un danger important mais qui ne le menaçait pas directement… Juste après, une violente douleur lui traversa le dos comme si le tatouage s’activait et le prévenait de quelque chose. Aussitôt, la pierre autour de son cou se mit à briller en défiant les lois de la gravité. La douleur et la surprise de voir cette pierre se manifester et le message qu’elle lui envoyait, à savoir que sa compagne était en danger, le firent sursauter.
Le tout s’enchaina très rapidement et contre toute attente, en état de choc, le jeune homme ne se rendit pas compte qu’il était tombé de son échelle, seulement qu’il venait de se cogner la tête par terre suffisamment fort pour s’évanouir…

Ce fut très bref, vraiment très bref, le genre de micro-inconscience qui n’est d’ailleurs pas forcément due à un choc. Quand Tristan rouvrit les yeux d’ailleurs, la douleur dudit choc était toujours là, électrisant ses muscles. Il était déjà debout, les yeux écarquillés d’horreur, terrorisé à l’idée de ce qui avait pu se passer et il se rua à l’extérieur comme un fou… avant de se rendre compte que son collier… ne brillait plus du tout. La surprise le fit piler net alors qu’il n’était plus qu’à une centaine de mètres de l’écurie et il se mit à le triturer, à tapoter dessus.
La première pensée comme quoi ce n’était qu’une fausse alerte, qu’elle s’était débrouillée seule face à un danger le traversa. Cassidy était débrouillarde et elle était une grande mage mine de rien… sous son apparente fragilité. Puis une autre vint… une beaucoup moins rassurante. Il lui était arrivé quelque chose de suffisamment grave pour que le collier ne réagisse plus à son danger… une blessure suffisamment importante pour que sa magie soit rompue. Ce n’était qu’un cheminement de pensées et Tristan réfléchissait très vite, parfois un peu trop, même s’il ne l’exprimait pas plus que ça. Sans mal, ce cheminement l’amena à penser au pire et il se mit tellement à trembler qu’il dut se tenir à un muret pour ne pas tomber au sol. Il ne savait trop si c’était dû à la terreur que lui inspirait cette idée… ou si le débordement d’émotions qu’il ressentait justement à cette idée n’était pas en train de faire tomber ses défenses qui l’empêchaient de se transformer.

Pourtant, le Drakkari se calma rapidement et se mit à respirer calmement. Cassidy était vivante, il le savait, il le sentait. Il ne pouvait en rien expliquer comment ni pourquoi mais il était persuadé qu’elle était vivante. Son cœur lui avait fait atrocement mal un peu plus tôt mais la douleur avait disparu. Il soupira… Elle était peut-être blessée mais ce ne devait pas être très important si le collier ne se manifestait pas.
Comment savoir alors qu’une Kaär suffisamment douée en magie, puisque la magie noire était autrement bien plus accessible que les autres formes de magie avait pu rompre le contact entre cette pierre et celle qu’il l’avait enchantée ? Comment savoir que cette même femme était en train de voler l’apparence de celle qu’il aimait plus que tout ? Comment savoir que la confiance qu’il lui portait, qu’il lui accordait, qu’il avait en sa force et ses capacités allait le pousser à rester là, à attendre patiemment, bien qu’anxieux, son retour au lieu de partir à sa recherche prêt à déplacer des montagnes ?
Personne ne pouvait le savoir…


Cassidy ou plutôt son usurpatrice était rentrée à l’Académie et elle avait croisé Erwan. Ses difficultés avec son cheval trouvant un sens avec ses explications et son inquiétude, il était surprenant que le gentil jeune homme ne s’en contente pas. En tous les cas, il devait avoir une forte intuition ou être suffisamment fou amoureux de la jeune femme pour remarquer qu’elle était différente. Ce qui se traduisait entre autre par le manque de répulsion de sa magie quand il la toucha mais ça… Tristan n’en savait rien.
Elle était rentrée et avait trouvé après plusieurs essais infructueux son bureau à défaut de trouver sa chambre. Elle en ressortait, pensive en se demandant ou pouvait se trouver ladite chambre, quand Tristan, morose, apparut.
Aussitôt qu’il la vît, le regard du jeune homme s’éclaira. Comme des pas approchaient, il lui attrapa brusquement la main et la tira à l’intérieur de la chambre dont il venait d’ouvrir la porte.
Aussitôt celle-ci refermée, il entoura la jeune femme de ses bras, légèrement tremblant, la pressant contre lui.

- Cassy !... J’étais tellement inquiet !!!
- Euh…

Elle le connaissait… Elle l’avait déjà vu chez les Kaärs. Il était des leurs auparavant. Elle le connaissait même bien pour avoir tenté comme tant de filles, de le séduire. Un beau jeune homme comme ça, ça se remarque tout de même. Il s’écarta d’elle, penaud et baissa la tête.

- Je… Désolé… Je sais que je dois te faire confiance et tout mais… tout à l’heure mon collier s’est activé, me disant que tu étais en danger et… et même si je sais que tu es très forte, j’ai… bah… j’étais à Glindel… je… je suis vraiment content que tu sois rentrée entière ! Pardon hein mais… j’ai eu peur.

Décidément il avait l’air vraiment penaud et le baiser qu’il lui vola juste après témoignait d’une étrange manière de s’excuser. Bon il est vrai qu’elle avait des informations très précises sur les lieux, les personnes et relations entre ces personnes de cette Académie. Elle avait cru comprendre qu’il y avait quelque chose entre ces deux là, mais à quel point ? Elle venait d’en trouver la réponse. Parfaite comédienne, la jeune femme repoussa doucement son « petit ami ».

- Tristan… tu as raison, j’ai eu un problème là bas, il faut que je te parle. Non non ! Ne t’en fais pas, je vais bien hein… mais… voilà, j’ai dû affronter de la magie et je n’ai pas pu esquiver tous les sorts, l’un d’eux m’a touché et… je sais qui tu es… que… je t’aime beaucoup et tout… mais tout est horriblement flou, comme si on avait joué à secouer ma mémoire dans tous les sens.

Le beau jeune homme en face d’elle écarquilla les yeux d’horreur et dut s’asseoir dans un fauteuil. A son teint pâle, la seule allusion de « sort » l’avait ébranlé, qu’elle ait été touchée par cela, encore plus. Il se mit à marmonner qu’il aurait dut l’accompagner, se relevant en faisant les cent pas. Il était inquiet, cela se voyait, vraiment inquiet et troublé et il semblait mieux comprendre aussi pourquoi elle ne lui avait pas fait un de ces adorables sourires qu’elle lui dédiait dès qu’elle le voyait. Il avait peur, c’était aussi visible que le nez au milieu de la figure. Il affirmait vouloir l’aider même s’il ne savait pas comment.
Elle baissa les yeux en se mordillant la lèvre inférieure et il tiqua aussitôt.

- Cassidy ? Tu sais comment faire pour annuler ce sort ?
- Euh… j’ai… enfin je connais quelque chose oui mais je ne l’utiliserai pas.
- Quoi ?! Mais… mais pourquoi !
- Parce que ça me forcerait à t’utiliser et à te faire du mal…

De nouveau il semblait sous le choc et il se mit à insister lourdement, lui demandant plus d’informations. Elle lui expliqua que ses pensées, ses souvenirs étaient embrouillés, comme une chambre saccagée… Qu’elle devait faire un « raccord » entre ce qu’elle avait comme souvenirs et ceux d’une personne qui les avait vécus avec elle puisqu’il s’agissait de souvenirs plutôt récents, touchant aux derniers mois. Qu’en gros ça obligeait son esprit à copier l’organisation de cette autre personne pour que tout se remette en place dans son propre esprit. Mais que cela pouvait être douloureux pour la personne en question.
Comme elle s’y attendait, le jeune homme repoussa toutes ses précautions et ses inquiétudes comme si de rien était et insista pour qu’elle le fasse avec lui, toujours sous le choc probablement qu’elle n’ait que si peu répondu à son baiser.
Ne connaissant que peu de choses à la magie, il la croyait sur parole et il prit le sourire ravi et manipulateur de la belle jeune femme devant lui pour un simple signe de reconnaissance et de tendresse.

Par la suite, il ne savait pas trop ce qui s’était passé. Juste qu’elle lui avait dit de s’allonger et de fermer les yeux. Elle avait isolé la pièce puis avait prononcé pleins de mots très vite, des mots qu’il n’avait pas compris. Une douleur lancinante lui avait déchiré le crâne et il s’était mordu la langue jusqu’à en saigner. Mais quand une main douce lui avait effleuré l’épaule et qu’il avait rouvert les yeux, le sourire qu’il aimait tant était sur le visage de sa compagne et elle l’embrassa tendrement en se blottissant contre lui, le remerciant timidement.
Ayant eu un parfait accès aux souvenirs du couple, à leur manière d’être et à un véritable catalogue sur la façon de fonctionner de Cassidy vu la manière dont son petit ami semblait s’attacher à tous les détails qui la caractérisaient, l’usurpatrice pouvait à présent sans mal copier bien nombre des comportements de la jeune femme et lever tout soupçon…

Le sort avait épuisé Tristan et il ne tarda pas à s’endormir sous les caresses dans ses cheveux, marmonnant qu’il était heureux et rassuré et qu’il l’aimait jusqu’à ce que ses mots ne soient plus du tout compréhensibles.
Comment aurait-il pu se douter que celle qu’il aimait était en réalité enfermée, que celle qu’il embrassait et qui l’avait si facilement grugé avait attaqué sa petite amie et lui volait à présent son identité ? Il n’était pas idiot pourtant… mais suffisamment inquiet, amoureux et ignorant en magie pour ne pas voir le piège se refermer…


Que de longues journées douloureuses la VRAIE Cassidy devait vivre… Avec les rapports que s’amusait à lui faire son usurpatrice. Bien sûr, elle omettait certains détails comme ceux des sourcils froncés de son compagnon quand il la trouvait différente mais mettait ceci sur le compte du sort qu’elle avait reçu. Quand comprendrait-il enfin ?

Oui elle était différente et cela ne lui avait en rien échappé.
La première fois qu’il l’avait revue, il aurait dû se douter que quelque chose n’allait pas. Mais il était si inquiet et avait reconnu si vite sa mine de biche apeurée comme lorsqu’elle avait un problème, qu’il ne s’était pas méfié.
La douleur de sa tête s’était estompée petit à petit et il n’avait déjà plus rien le lendemain. Il avait insisté pour de longs câlins auxquels elle s’était pliée sans mal mais avait décliné tout rapport sexuel, marmonnant qu’il préférait attendre qu’elle se remette, même lorsqu’elle prit une mine ronchonne suite à son refus. De toute façon, il embrassait bien assez bien pour qu’elle fasse fuir bien vite cette mine ronchonne.

Mais elle était différente… indubitablement.
C’était totalement elle, physiquement, dans ses mimiques, dans les souvenirs qu’ils évoquaient mais elle était différente. Toujours aussi maladroite, elle copiait tous les comportements de la jeune femme… En fait ce n’était pas de la simple copie comme en cas de conscience d’un comportement à adopter… Probablement avait-elle utilisé un sort remplaçant ses propres expressions par celles de la jeune femme. Elle se ressemblait donc tant que Tristan qui la connaissait si bien, s’y trompait totalement, persuadé que c’était elle, juste un peu perdue, perturbée…

Mais il y avait des choses qu’on ne pouvait pas totalement copier. Sa manière d’embrasser entre autre. Cela l’avait surpris. Il avait toujours été un peu sceptique par rapport à la vitesse à laquelle sa jolie compagne était passée du baiser timide qui faisait amical, à celui passionné qui pouvait le rendre fou. Là… elle semblait avoir un peu régressé… C’était bien aussi mais différent… Il n’avait pas cette impression que la terre pouvait s’écrouler sous ses pieds, qu’il ne s’en rendrait même pas compte, pas cette impression d’être prêt à la supplier pour un baiser de plus lui qui aimait la taquiner et faire le fier pas du tout accro !

Les jours s’étaient écoulés oui…Et bien vite il avait dû accepter l’idée qu’elle était parfaitement remise… mais différente et peut-être pour toujours. Puis il comprit… Il devait se tromper…Ce n’était pas elle qui était différente, mais lui qui avait changé. Tout le monde la reconnaissait, elle parlait comme d’habitude, elle jouait avec lui comme d’ordinaire et même plus et quand il avait commencé, un soir, pris d’une brusque inspiration, la fameuse phrase qui devait les rassurer sur l’identité de l’autre et sa manière de se comporter, elle l’avait terminée avec un petit sourire, lui tirant la langue. Normal… Elle avait tous ses souvenirs… Dans les moindres détails, y compris ceux dont la vraie Cassidy ne savait rien. Ce n’étaient que les souvenirs de ces derniers mois mais elle savait pour sa transformation, elle savait pour sa peur pour elle, elle savait pour l’amour qu’il lui portait, elle savait pour la jalousie qu’il ressentait, elle savait aussi… à quel point s’il n’était plus avec elle… il perdrait le goût de la justice et de l’honneur qu’elle lui inculquait et ceci n’était pas tombé dans les souvenirs d’une idiote… bien au contraire.

Elle savait à quel point il la désirait à chaque fois qu’il posait les yeux sur elle… Et elle en joua sans le moindre scrupule. Sa magie faisait le reste de ce que son corps naturellement ne pouvait pas faire même si elle ressemblait trait pour trait à la jolie mage et la brillance rassurante de sa peau rassurait autant son compagnon que tous les mots d’amour qu’elle pouvait lui dire.
Et ça elle l’avait parfaitement saisi. Pourtant, même si cette brillance était là, même si cette femme avait ses souvenirs, rien n’était plus pareil. Ses baisers ne provoquaient pas chez Tristan cette vive émotion, sentir sa peau contre la sien ne l’électrisait pas et quand ils faisaient l’amour, ce n’était tout simplement pas comparable. Et le jeune homme en était le premier surpris et ébranlé. Il ne comprenait pas ce qu’il faisait de mal dans cette histoire. Tout allait bien pourtant, c’était très bien même mais rien à voir avec l’extase de la Cassidy d’avant l’accident.
Il se lassait de ses caresses dans ses cheveux, s’ennuyait quand elle l’embrassait et malgré ses TRES nombreux essais, ne retrouvait pas les sensations que leur fournissaient leurs… jeux d’adultes.

Et il avait peur.
En fait il était même terrorisé.
Au début, il pensa qu’elle était un peu mal par rapport à ce qui s’était passé et s’en voulut d’être autant sur son dos. Puis il commença à se dire que ce que ses transformations lui avaient brusquement apporté avait disparu et même régressait. Son sens du toucher lui semblait bien moins bon qu’avant, son ouie de même et bien d’autres. Bien sûr, il ne s’inquiétait plus de se transformer brusquement en dragon et cela l’apaisait un peu mais en même temps… pourquoi ce brusque changement ?
Et puis il pensa au pire… Qu’il avait changé… Qu’il se lassait d’elle… Que ses sentiments s’estompaient et cela le plongea très vite dans une profonde déprime.
Tout s’enchainait à une vitesse hallucinante quand on y réfléchissait bien. Entre son retour et ces constats, il ignorait combien de jours s’étaient écoulés, mais ce n’était rien comparé au temps qu’ils avaient passé ensemble. Comment pouvait-il changer si vite ? Et comment faire s’il ne pouvait pas lui parler de ses inquiétudes, au risque de la blesser profondément ?

Erwan passait toujours du temps avec Cassidy, mais ça le mettait moins en colère et elle se montrait gentille avec lui, adorable bien sûr mais bien moins, contre toute attente que la vraie Cassidy. Sans doute parce qu’elle n’avait pas la naïveté de cette jeune femme et qu’elle voyait parfaitement les sentiments qu’Erwan lui portait… et que ce n’était peut-être pas très gentil vis-à-vis de Tristan. Après tout, la vraie jeune mage et l’usurpatrice n’avaient rien à voir niveau manière d’être l’une avec l’autre.
Toujours est-il qu’Erwan semblait persuadé qu’il avait un problème, de plus en plus persuadé. Il aborda plusieurs fois le sujet avec Tristan qui éluda les questions au départ, se contentant de dire qu’elle avait eu quelques ennuis pendant sa mission, qu’elle n’était pas au mieux de sa forme, prenant donc tout de même le temps de répondre à celui pour lequel il n’avait précédemment qu’une sourde colère à montrer… Quand Erwan avait insisté et avait un jour décidé de dire que Cassidy n’était pas elle-même, qu’il y avait un problème, Tristan s’était énervé, en plein débat intérieur avec ses propres sentiments pour la jeune femme, trop étranges… Il l’avait frappé, visant bien plus mal que d’habitude et n’atteignant que son épaule avec peu d’élan au final mais il dut tout de même lui faire mal.

Il osa finalement parler à la jeune femme qui sembla peinée mais elle le rassura, lui promit de faire des efforts, refoulant ses larmes comme elle le pouvait avant de s’isoler. Il la retrouva dans ses gestes et la supplia de lui pardonner ses paroles, à genoux au sol. Quand elle vint se blottir contre lui alors qu’il se relevait en la serrant entre ses bras, il ne put pas voir le sourire de victoire sur son visage.
Après tout, il devait l’aimer pour la perdre non ?

Et puis il y eut la rupture…
Avant, elle commença à sourire à d’autres hommes, à se laisser approcher et cela raviva les sentiments que lui portait son compagnon incrédule. Enfin cela raviva du moins sa jalousie car il faisait beaucoup d’efforts pour faire taire son impression qu’elle était différente, s’attachant à chaque détail de la jeune femme qu’il aimait tant.
Et alors qu’elle était si souvent absente, quand il lui demanda des explications, contrôlant difficilement sa rancœur, cette jalousie qui semblait l’amuser depuis quelques temps, elle lui brisa le cœur juste comme il fallait, lui avouant préférer la compagnie d’autres hommes, lui avouant sa lassitude et s’assurant de l’atteindre jusque dans les tréfonds de sa fierté en déclarant qu’au final il était un amant pitoyable et qu’elle ne supportait plus de simuler, pas alors qu’avec les autres, elle n’en avait pas besoin.

Erwan la surveillait avec un peu d’intensité depuis quelque temps et il s’était absenté depuis deux jours déjà quand elle s’assura ainsi que Tristan retrouverait ses anciens amis. Il partit sans dire un mot d’ailleurs, se contentant d’un visage de froideur mais elle sut sans mal, à voir le tremblement qui agitait ses mains, qu’elle avait parfaitement réussi à ce petit jeu-là.


Tristan s’était réveillé le lendemain avec un horrible mal de crâne, à moitié nu dans une charrette pleine de foin et le corps suffisamment douloureux pour savoir qu’il s’était battu et s’était probablement surestimé. Il avait jeté un regard aux coupures sur ses bras, traces de coups laissés par des bouteilles probablement puis avait levé les yeux vers le ciel qui s’éclaircissait et enfin, après avoir résisté toute la précédente soirée, il avait senti des larmes couler le long de ses joues et s’était recroquevillé sur lui-même en sanglotant en silence.
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Cassidy Herediane
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MessageSujet: Re: Quel heureux ou malheureux hasard ?   Jeu 17 Oct - 19:32

Cassidy n’était pas vraiment inquiète. Du moins si, le fait d’être enfermée rendait la situation assez inconfortable. Elle s’était repliée dans le fond de son cachot, les bras enroulés autour de ses genoux et la tête reposant sur ceux-ci, attendant que Tristan vienne la chercher.

La journée passa mais aucune trace du Drakkari. Elle s’endormit finalement, sans avoir rien mangé. Le lendemain matin, elle se redressa avec espoir en entendant le bruit du glissement de pierre du souterrain. Appelant timidement au loin le surnom de Tristan, s’attendant à le voir surgir, espérant qu’il ait collé une bonne raclée à son usurpatrice et une bonne séance de baisers pour se rassurer de ce terrible moment. Mais la petite mage devint blanche quand elle tomba sur son double, le sourire triomphant.

Celle-ci lui raconta sans oublier aucun détail, comme Tristan l’avait bien accepté. Cassidy se redressa et courra vers la grille en tapant contre les barreaux, quitte à se faire mal aux mains, le regard haineux.

« Tu mens ! Il ne ferait jamais ça ! Il me connaît mieux que quiconque ! »

- En es-tu sûre ? Je te comprends… Il est vraiment très fidèle. La preuve…

Elle utilisa sa magie pour lui montrer des images, ce que Tristan avait fait, les séances d’embrassades, les câlins, c’était eux. Tous les deux. Cassidy ouvrit lentement la bouche, tremblante. C’était un mauvais rêve, jamais Tristan ne ferait ce genre de chose. Et pourtant il était bien là, comme si de rien n’était, comme si c’était elle. Elle qui était si confiante en Tristan. Son monde s’écroulait lentement alors que l’autre s’exclama d’un rire diabolique, la narguant qu’elle comptait bien profiter de cet homme si séduisant.

Puis elle repartit comme si de rien n’était, en lui indiquant qu’elle lui partagerait ses aventures.
Cassidy avait commencé par se laisser tomber sur le sol, interdite, la tête lui tournant. Elle avait hurlé le prénom à Tristan, comme si elle espérait se faire entendre, avant de se coucher, se demandant ce qui allait bien pouvoir lui arriver. Elle ne pouvait pas utiliser sa magie, ni rien d’autre.

De l’autre côté, Erwan était très suspicieux et même si le grand Drakkari semblait accepter la nouvelle Cassidy, ce n’était pas son cas. Bien sûr, il continuait de se balader avec elle pour tenter de lui faire cracher le morceau. Mais son interlocutrice était bien trop prudente, se contentant de sourires simples, de réponses évasives.

Il avait tiré Tristan à part plusieurs fois, insistant que ce n’était pas Cassidy et qu’il fallait partir à sa recherche. Que lui ne savait rien de cette mission mais peut être que Tristan pouvait lui donner des informations. Il ne voulait pas en parler, il refusait d’y croire. Un jour, Erwan craqua.

- Mais bon sang, tu es bien un Drakkari ! Je sais que tu ne m’apprécie que bien peu mais pense qu’en ce moment, Cassidy est en danger ! Allons la chercher, c’est mieux que de rester ici à attendre que la vérité se dévoile !

Il se prit un coup dans l’épaule, sur l’émotion, n’avait pas pensé à bouger et grimaça. Il secoua la tête en soupirant.

- Je me demande ce que Cassidy te trouve… Têtu comme un Drakkari et ne communique qu’avec ses poings…

Erwan se retourna et se promit de retrouver Cassidy coûte que coûte. Il était certain que ce n’était pas elle. Le jeune homme avait enfourché sa monture et partit toute la journée.
Pendant ce temps, Cassidy ruminait et avait passé plusieurs phases. Son cœur se déchirait alors qu’elle voyait les images de son petit ami en train de coucher avec une autre alors que l’autre ricanait. Elle avait tenté d’enfoncer la grille en chargeant dessus avec son épaule, préférant éprouver une douleur physique que mentale. Ses yeux étaient rougis, elle avait hurlé plusieurs fois et sentait son épaule dans un piteux état mais elle avait longuement insisté.

Bizarrement, la faim ne la dérangeait pas plus que ça. Elle était faible oui mais c’était comme si quelque chose l’aidait à tenir le coup. Les jours d’après, elle avait prit le temps de tourner le dos à la grille et avait allumé une petite flamme qui dansait autour d’elle. Capable de faire de la magie même privée de la plus grande quantité de magie. Elle la regardait tournoyait et parlait souvent toute seule.

La naïveté… l’avait entraîné vers un gouffre. Elle avait échoué… et certainement elle risquait de mourir ici sans que personne ne se soucie d’elle. Parfois la jeune femme semblait plus hargneuse et maudissait la terre entière, parfois elle chuchotait qu’une fois sortie d’ici elle anéantirait tous les Kaärs existants. Quand elle arrivait à ce genre de pensée, la petite flamme rentrait en collision sur sa tête et s’ensuivit un long monologue ou plutôt, c’était comme si Cassidy répondait qu’elle ne savait pas quoi faire de plus et qu’on était en train de lui ruiner sa vie.

Une nouvelle fois Mylenna vint lui montrer des images et la força à regarder. Cassidy ne pleurait plus comme les premiers jours, elle était furieuse, une furie sanguinaire alors que son poing tremblait. Elle poussa un rugissement de rage alors que la magie entoura sa main et qu’elle lança le poing en direction de l’usurpatrice. Une boule de feu s’élança du bout de son poing en projectile et Mylenna l’évita juste à temps, sauvant quelques cheveux roussis.

-C’est étonnant que tu arrives encore à utiliser la magie dans ces conditions mais tu es bien stupide…

En effet Cassidy venait de tomber à terre, au bord de l’évanouissement. Elle perdait ses forces. Une nouvelle fois, elle se retrouva plongée dans le noir.

Mais le plus dur à la fin l’anéantit totalement. Mylenna était revenue une nouvelle fois, d’un rire de très mauvais augure. D’une voix doucereuse, elle avait annoncé avoir rompu avec Tristan et que le pauvre était parti sûrement noyé son chagrin dans l’alcool. Cassidy n’arrivait même plus à bouger mais son cœur ne suivait plus, elle fermait les yeux respirant difficilement. On lui avait tout volé, tout enlevé. Elle n’était plus rien… Sans Tristan elle ne valait plus rien.

Encore une fois, elle se retrouva dans le noir.

« C’est la fin… »

Elle marqua une pause, sa petite flamme toujours allumée.

« Une promesse ? Regarde-moi… je ne suis plus en état de la tenir… je ne peux… l’espoir… qui viendrait me sauver maintenant… Tristan… je ne peux pas… l’aider… pas le protéger… »

Un sourire triste était apparut sur son visage. Apparemment la jeune femme avait perdu la tête.

« Je ne suis plus qu’une ombre… quoi ? survivre ? pourquoi ? »

Elle resta un long moment silencieuse, ouvrant les yeux, regardant faiblement le plafond plongé dans les ténèbres. Et si elle se trompait ? Y avait bien une petite flamme qui continuait à briller à côté d’elle sans faiblir. Cassidy la regarda un instant puis ferma les yeux. Elle sentait sa rancœur, elle sentait sa haine envers la Kaär, elle sentait la détresse de Tristan. Tenter le tout pour le tout hein ? Un pari fou entre la vie et la mort ? Peut-être…

Cassidy prononça un mot magique, très doucement, à peine audible. Aussitôt une source de lumière énorme l’envahit, l’entourant comme un halo lumineux, rendant la vision impossible. Elle enfonça ses ongles dans la terre, le sol tremblait, les murs aussi. Là haut dans le ciel s’éleva un puissant grondement qui percuta les airs, le temps, l’espace. A Glindel, les habitants s’arrêtèrent un instant, stupéfaits et ce fut la même chose à l’Académie.

Une seule personne était en chemin. Il s’était aussi arrêté en entendant ce bruit puis un seul mot avait effleuré ses lèvres.

-Cassidy…

Erwan talonna vers sa monture. Il connaissait ce genre de rugissement, proche d’un animal. Un appel à l’aide, il en était certain. C’était Cassidy, ça DEVAIT être Cassidy ! Il ignorait pourquoi il faisait ce rapprochement mais il fallait bien se raccrocher à quelque chose non ?

La prison de Cassidy s’était écroulée sur elle lorsque Erwan arriva. Etrangement il semblerait que la tête et un bras de la jeune femme avaient été plus ou moins épargnés. Le jeune homme cria quand il la reconnut dans les décombres après avoir arrêté sa monture. Cassidy était couverte de plusieurs brûlures sur le visage et le long de son bras.

Fébrile, le jeune homme essaya de l’appeler mais elle ne répondait pas et ne se réveillait pas. Il chercha dans sa sacoche et en tira un sifflet. Il souffla dedans. Quelques minutes après, une sorte de grande créature, aux muscles puissants, arriva par la plaine. Il s’arrêta à côté d’Erwan. La créature possédait de grandes cornes, très pratiques pour soulever de gros rochers. Erwan lui fit comprendre ce qu’il attendait et l’animal commença à déblayer le passage. Lorsqu’ils arrivèrent au niveau de Cassidy, Erwan enleva les derniers rochers et agrippa lentement la jeune femme.

Elle était couverture de déchirures, brûlures, un bout de pierre traversait un de ses poumons, un filet de sang s’échappait de ses lèvres. Erwan était en panique totale. En plus elle devait avoir les os cassés ! Il remercia la créature et en appela une autre. Puis partit vite fait en forêt pour couper du bois et confectionner un brancard de fortune puis harnacha la nouvelle créature en rajoutant du feuillage. Il déposa Cassidy dessus puis déposa sa cape dessus pour ne pas qu’on la voit. Le trajet vers Glindel paraissait bien trop long et plusieurs fois Tristan eut peur que Cassidy ne rende son dernier souffle. Il était terrible inquiet.

- Tiens le coup Cassidy… Tu peux le faire… Ne meurs pas je t’en prie…

Enfin, il arriva, tentant de se faire le moins remarqué possible. Il porta délicatement le corps de la jeune femme après avoir taper à la porte. Dès que le guérisseur ouvrit, il s’engouffra dedans sans demander son reste.

-Aidez moi ! Je vous en prie ! Elle va… Elle va…
- Allons mon garçon un peu de sang froid voyons ! Dépose là sur la table là bas et met là de côté


Erwan obéit en tremblant toujours. La jeune femme était très pâle. Le guérisseur se lava les mains puis l’examina. Elle respirait difficilement. Il donna un petit coup sur la tête puis marmonna quelques mots de magie pour « analyser » la situation. Puis il fit une grimace.

- Je peux faire quelque chose contre les effets physiques mais sa magie est devenue très… instable. Si je tente de la soigner, je crains que ça n’empire les choses. Je ne sais pas ce qui s’est passé mais c’est comme si elle avait tenté de faire hum… exploser sa magie… et c’est très dangereux…

Erwan s’en voulut énormément, il aurait du la trouver plus tôt, il aurait du la sortir de là. Mais il resta la tête basse, se demandant ce qu’ils pouvaient faire.

- Pas d’autre solution, il va falloir qu’on l’amène à un centre de guérison. Les guérisseurs là bas sont capables de soigner les cas de magie les plus graves… Je vais lui administrer un truc qui stabilisera son état mais il va falloir faire vite

Le jeune homme expliqua qu’il devait absolument prévenir Tristan. Après tout c’était lui le petit ami et elle le réclamerait très certainement ! Le guérisseur acquiesça et Erwan partit en direction de l’Académie. Mais des traces de Tristan, il n’en trouva pas. Personne ne l’avait vu. Il décida donc d’appeler une chouette et écrivit à la va-vite un message en espérant que celle-ci trouve son destinataire. Puis il retourna chez le guérisseur.

La chouette trouva assez rapidement Tristan et lui transmit le message suivant :

Tristan, j’ai fini par retrouver la VRAIE Cassidy qui était bien retenue prisonnière. Celle qui traîne à l’Académie est une usurpatrice. Je sais que tu ne me portes pas dans ton cœur mais je pense que Cassidy te réclamera dès qu’elle se réveillera alors j’aimerais que tu nous rejoignes au centre de guérison Hashirea plus au nord de Glindel. Je n’ai pas beaucoup de temps, j’espère que tu comprendras… Erwan.

Pendant ce temps, Erwan et le guérisseur étaient arrivés au centre de guérison. Une troupe de guérisseurs en robe blanche s’étaient approchés de Cassidy alors que le guérisseur expliquait la situation. En très peu de temps, elle lévita jusqu’au bâtiment et fut conduite dans une chambre.

Erwan attendait à l’extérieur, très fébrile. Cette saleté de fausse mage ! Une fois qu’il serait rentré, il allait la débusqué et la livrerait aux autorités ! Elle pourrirait en prison. Pauvre Cassidy.
Beaucoup de temps se passa avant qu’enfin, un des guérisseurs en robe blanche sortit de la pièce. Il expliqua à Erwan que Cassidy était en état stationnaire mais encore un peu instable, qu’elle souffrait de nombreuses fractures, os brisés, brûlures ainsi qu’un poumon perforé. Que son état était très critique mais qu’il semblerait que la petite mage se battait pour survivre même si elle était toujours plongée dans le coma. Puis il le laissa et l’autorisa à la voir.

Erwan entra dans la pièce. Cassidy était entourée d’appareils magiques un peu bizarres, couverts de symboles et de lumières brillantes qui indiquaient son état. Elle portait de multiples bandages, une pommade avait été administrée sur ses brûlures et on l’avait vêtue d’une robe blanche très simple en coton, ses cheveux reposant sagement de chaque côté de la tête.
Il resta sagement à côté d’elle et semblait avoir beaucoup de peine. Si seulement il était arrivé plus tôt.

- Cassidy, c’est fini maintenant… tu vas guérir et tout ira mieux…

A l’extérieur, les guérisseurs parlaient entre eux et avec leur confrère de l’état de la jeune mage Cassidy. Donnant leur diagnostic et expliquant à nouveau son état. Qu’il lui faudrait un bon moment avant de pouvoir se rétablir.

Erwan regardait dans le vide quand il sentit qu’on lui prenait la main pour la serrer. Il se pencha en avant, Cassidy était déjà réveillée ?! Elle se redressa sur son lit et Erwan tenta de la repousser.

-Heu attends ! C’est pas bon pour ton poumon ça ! Heu Cassidy tu m’entends ?! Eyh ! Ecoute quand je te…

Il écarquilla les yeux. La jeune femme l’avait attrapé par le col et l’avait tendrement embrassé tout en passant ses bras autour de son cou. Elle pleurait en même temps… comme si elle se réveillait d’un énorme cauchemar. Puis elle le lâcha et se laissa retomber sur le matelas en faisant des bruits bizarres et refermant les yeux comme si de rien n’était.

« Ziouuuuuuuuuuu ziouuuuuuuuuu »[/b][/b]
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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: Quel heureux ou malheureux hasard ?   Ven 18 Oct - 21:05

Elle avait rompu…
Une grimace étira les lèvres du jeune homme qui se redressait tant bien que mal et son regard se perdit dans le vide. C’est ainsi que ça devait se passer, depuis le début. Il n’avait pas été capable de lui parler des sentiments qu’il avait pour elle, de cette certitude comme quoi elle se lasserait bien avant lui. Il ne pouvait pas dire pourquoi au juste. Après tout, c’était lui le Drakkari, lui qui était censé vivre plusieurs centenaires, lui qui était censé être un coureur de jupons incapable de se fixer avec une femme. Mais il l’aimait depuis si longtemps et il lui en avait tellement voulu d’être comme elle était, responsable de ses sentiments que c’était inexorable. Et puis… eux deux ? Finir ensemble ? Pour toujours ? Et puis quoi encore ? Personne n’était pour… Que ce soit la société, que ce soit le destin, que ce soit la nature, leurs goûts, leurs passe-temps, tout les opposait, tout les séparait et les déchirait. Ce moment devait bien finir par arriver, il le savait.
Alors pourquoi est-ce qu’il avait si mal ?

Il ne se souvenait même plus au juste, pas précisément du moins, de la manière dont elle avait rompu. Mais elle n’avait pas été tendre, ça c’était une certitude. Et elle l’avait humilié autant que faire se peut. Son visage se crispa un peu plus au souvenir de la déclaration de la jeune femme, comme quoi il était un amant pitoyable. Le pire dans tout ça, c’est qu’il la croyait. Parce qu’il l’avait toujours crue tout simplement. Et il ne lui en voulait pas, il s’en voulait… énormément.
Cassidy n’était pas comme ça ! Elle n’avait jamais eu cette cruauté, sauf quand sa mauvaise magie lui brouillait l’esprit. Elle était douce, tendre, bien trop prête à se sacrifier. Mais ses yeux, son odorat ne le trompaient pas. Bien sûr, ils étaient curieusement amoindris ces derniers temps, mais il reconnaissait tout de même son odeur… enfin… c’est ce qu’il lui semblait tout du moins.

Tristan enlevait distraitement des petits bouts de verre qui s’étaient profondément enfoncés dans sa peau, remarquant à peine qu’il avait les doigts engourdis et douloureux mais certainement pas autant que sa mâchoire. Il avait vraiment du mal à réfléchir. A part une grosse migraine qui lui laissait entendre qu’il n’avait pas abusé que de l’alcool le soir précédent, il ne lui restait que peu de signe de ses beuveries et si quelqu’un l’avait surpris, même en train de faire disparaitre ces traces de lutte, on n’aurait que bien peu pu croire qu’il était tout simplement debout.
Oui, à part l’hématome sur sa mâchoire, énorme, qui se formait, ses cheveux plus ordonnés que d’ordinaire curieusement, les coupures sur ses bras et son air un peu perdu, il était presque aussi fringant que d’habitude. De quoi faire grincer des dents !

Il tâtait maladroitement sa mâchoire, s’assurant qu’il n’avait rien de cassé lorsqu’un oiseau se posa brusquement à côté de lui, lançant un petit cri en tendant docilement la patte. Tristan haussa un sourcil, surpris mais détacha la missive qui y était accroché et l’animal repartit aussitôt. Le mot se froissa violemment entre les mains du jeune homme alors qu’il parcourait rapidement des yeux les quelques mots qui y étaient écrits. Son regard s’éclaira d’un incertain espoir, de honte, d’horreur, de chagrin, d’incompréhension… Mais pourquoi donc le monde cherchait-il à blesser cette jeune femme si merveilleuse ?! Alors qu’elle ne demandait qu’à aider son prochain ?!

Se ruant chez le forgeron proche qui fut bien surpris de le voir dans cet état, il lui emprunta son cheval et partit au triple galop jusqu’au lieu indiqué par Erwan.
Et même si le trajet ne fut pas très long, il eut tout le temps de réfléchir.

Erwan avait donc raison depuis le début… Et lui, il avait eu tort. Il s’était laissé berner par la magie, une fois de plus, n’avait pas compris. Il se mordit si fort la lèvre qu’un soubresaut du cheval faillit lui en sectionner un bout. Quelque chose lui piquait les yeux. Il les essuya rapidement, faisant disparaitre ses larmes de rage, de soulagement et de honte mêlés. Comment avait-il pu être si stupide ? Si aveugle ?
Pourtant il avait vu des différences chez la jeune femme, des différences qui lui avaient fait peur. Il avait cru l’aimer moins et cela l’avait terrifié. En fait il ne l’aimait pas moins, il ne l’aimait pas du tout car cette femme, même si elle avait l’apparence, la voix, les comportements de Cassidy, ce n’était pas elle, ce n’était qu’une usurpatrice, une sale peste qui méritait les pires des châtiments pour avoir osé s’en prendre à celle qu’il aimait.
C’est vrai qu’il ne connaissait presque rien à la magie, parce qu’il en avait toujours eu peur. Pendant un nouveau moment de vif regret, il se dit que s’il en savait un peu plus, il aurait compris, sans doute, que quelque chose n’allait pas et aurait trouvé donc une potentielle raison à ces différences. Comment savoir que quelqu’un pouvait copier totalement une autre personne ? Personne ne le lui avait appris. Mais il avait beau essayer de se convaincre lui-même que ce n’était pas totalement sa faute, cherchant vainement des arguments à fournir à sa petite amie, Tristan n’en était pas moins effondré par l’erreur qu’il avait commise.
Ca… Ca ne se pardonnait pas. Enfin si, elle le ferait comme toujours mais comment pourrait-il seulement la regarder en face après ça.

Mais ce n’était pas ce qui occupait le plus ses pensées. Il ne connaissait peut-être pas grand-chose à la magie mais aux blessures si…Et pour que l’état de la jeune femme nécessite qu’un seul guérisseur ne suffise pas, c’est que ce devait être grave.
Il ne fut pas déçu.
Il arriva rapidement et laissa son cheval en plan, lui ordonnant si autoritairement de ne pas bouger, que l’animal, pris d’une peur instinctive obéit sans rechigner. L’instant d’après il était à l’intérieur et courrait dans les grands couloirs du centre de guérison. Il faillit déraper à un tournant et renverser quelqu’un mais esquiva, ne se prenant que quelques jurons au passage. Ses muscles lui faisaient un peu mal mais ce devait être dû à sa précédente nuit, rien de surprenant donc…

Finalement, il arriva à la chambre de Cassidy après avoir demandé à plusieurs reprises son chemin. La porte était entrebaillée. Il s’avança, vit qu’Erwan était à l’intérieur sans avoir eu le temps d’apercevoir Cassidy et se figea en entendant les voix des guérisseurs, dans la salle annexe qui discutaient. Il s’approcha d’eux pour écouter leur conversation et son cœur se serra. Apparemment, Cassidy était dans un état… critique. Ils faisaient un beau déballage de son état, de ses multiples blessures, fractures, brûlures et autres et le jeune homme pâlit, devant s’adosser à un mur, pris d’un brusque malaise. Son cœur battait très vite et il redouta d’entendre les mots « rien à faire » ou « trop faible » ou encore « ne s’en remettra jamais » et « graves séquelles ».

Fort heureusement, ils étaient optimistes. Mais ça ne le soulagea pas pour autant au final. Le jeune homme se redressa en silence et retourna près de la chambre de Cassidy qu’il entrouvrit un peu plus, sans se faire voir. La voir, allongée, pâle comme la mort, entourée de machines magiques lui fit un choc terrible. En fait, Tristan se figea sur place alors qu’une terreur sans nom se peignait sur son visage, comme si son pire cauchemar se matérialisait sous ses yeux. Il avait envie de s’enfuir à toutes jambes et pourtant il se força à rester immobile, à la regarder dans cet état, cet horrible état… Tout était sa faute. Il n’aurait jamais dû accepter qu’elle parte seule et même s’il avait accepté. Il aurait dû comprendre… Comme l’avait fait l’homme qui se tenait actuellement à ses côtés.

La réalité le frappa avec d’autant plus de vivacité.
L’air inquiet mais un peu soulagé qu’arborait Erwan tout comme la tristesse qui brillait dans ses yeux étaient autant de signes des sentiments qu’il portait à la jolie jeune mage. Ca n’avait jamais été un secret, enfin sauf pour elle qui ne semblait se rendre compte de rien bien sûr mais là… c’était bien plus une évidence, une vérité absolue qui marquait l’actuel petit ami de la jeune femme.
Les paroles d’Erwan lui revinrent en tête. Quand il l’avait accusé d’être idiot, de ne pas comprendre, que ce n’était pas elle… Quand il lui avait dit qu’il ne savait pas ce que Cassidy lui trouvait. Ce n’était que des paroles prononcées sous le coup de la colère, sous le coup de l’inquiétude, mais aujourd’hui elles prenaient tout leur sens. Qu’avait-il de plus que cet homme ? Absolument rien. Qu’avait-il de moins ? Absolument tout.

Ce gars-là ne se transformait pas en un dragon qui effrayait cette jolie demoiselle, ce gars-là n’avait pas besoin de se forcer, de faire semblant pour comprendre ses goûts et les partager, il n’avait pas besoin de s’excuser pour aller s’entrainer parce qu’il n’en avait pas besoin tout simplement et préférait passer du temps avec elle, il n’avait pas ce besoin de plaire presque maladif, il ne se retrouvait pas au centre de l’attention tout simplement parce qu’il appartenait à une minorité à laquelle on portait toutes sortes de légendes urbaines, il n’avait pas fait d’horribles choses dans sa vie, il n’avait pas pactisé avec un démon, il n’avait pas collectionné les erreurs qui avait mis cette demoiselle dans cette situation. Non… il avait juste été là, à plusieurs reprises, pour la secourir, pour la sauver…

Cassidy se mit à bouger, tirant un Tristan toujours invisible et silencieux de ses pensées. Erwan encore une fois chercha à la ménager, à la protéger. Mais la demoiselle ne l’entendait pas de cette oreille et même si elle était de splus groggy et complètement dans un autre monde peuplé d’irréalités intemporelles, elle avait des idées en tête et ne s’en départirait pas facilement et le baiser qu’elle donna à son pauvre sauveur sembla couper les jambes de celui-ci qui malgré tout le respect qu’il devait avoir pour elle… ne put s’empêcher d’arborer un grand sourire et des joues sacrément rouges !!!

Il ne se prit pas de décharges de magie, ni de claques.
Après tout, elle était totalement ailleurs et si elle pleurait en l’embrassant, maintenant, elle poussait de petits cris comme un oiseau.
Tristan aurait été tout aussi surpris qu’Erwan mais il se serait remis bien plus vite que le pauvre jeune homme. Il aurait probablement éclaté de rire avant de se glisser à ses côtés dans le lit pour la prendre dans ses bras, ou de l’embrasser tendrement. Parce qu’il aurait été soulagé par un tel comportement provoqué par une masse peut-être trop important de calmants auxquels elle ne réagissait peut-être pas de la manière la plus… traditionnelle. Parce qu’il l’aurait trouvée adorable ainsi et se serait plu à le lui raconter et à la voir par la suite se cacher sous ses couvertures, rouge de gêne. Mais Erwan n’était pas Tristan et vice-versa…

Mais Tristan se sentit étrangement amusé par le comportement de la jeune femme, un sourire douloureux éclairant son visage. Ce baiser l’avait au moins autant blessé qu’il l’avait apaisé. Si elle n’avait pas de sentiments pour cet homme, elle en aurait probablement été incapable. Probablement en était-elle encore inconsciente, mais ça viendrait, tout prenait son sens à présent. Il sourit plus sincèrement, se mordant la langue pour arrêter les larmes qui menaçaient de lui brouiller la vue. Erwan s’était repris, essayait de border la jeune femme en lui parlant avec douceur. Apparemment, il lui parlait de lui, lui disant que son petit ami n’allait pas tarder… Décidément, ce gars était beaucoup trop bien, beaucoup mieux que lui.
Il adressa des paroles en murmures aux deux jeunes gens, d’une voix inaudible.

- Prends soin d’elle… Adieu Cassy.

Et prenant une profonde inspiration bien plus douloureuse que ce qu’il croyait, il tourna les talons et s’éloigna vivement, sentant un poids s’alourdir sur ses épaules à chaque pas supplémentaires et en même temps un sentiment de bonne action le rassurer et le pousser à avancer un peu plus, encore un peu. Une jeune femme l’interpella.

- Monsieur ? Attendez vous avez perdu quelque chose.

Il se figea et se retourna vers elle, ne manquant pas de constater qu’elle lui jetait un regard surpris puis plutôt intéressé. C’était sans doute une jeune guérisseuse ou une assistante. Elle tenait un objet, un objet qu’il connaissait bien, très bien même. Il posa ses yeux dessus puis lui fit un sourire renversant.

- Navré, ça ne m’appartient pas… Bonne journée.

Et si elle ouvrit la bouche pour rétorquer quelque chose, il ne lui en laissa pas le temps. L’instant d’après, il enfourchait son cheval et rentrait à Glindel. Il rendit l’animal à son propriétaire et se rendit à pied à l’Académie. Cassidy et Erwan seraient absents quelque temps encore et quand ils rentreraient, l’état de la jeune femme serait probablement mis sur le compte d’un accident survenu lors d’une mission. Elle se ménagerait un peu, elle serait peut-être triste de son départ, mais elle se remettrait vite et serait probablement plus soulagé qu’elle n’oserait l’avouer de ne pas avoir à le pardonner son inqualifiable traitrise.

Il ne cherchait pas à se faire pardonner. Après tout, il savait ce qu’il lui restait à faire dès l’instant où il avait décrété qu’Erwan serait mieux pour elle que lui ne le serait jamais. Non, il ne cherchait pas à se faire pardonner, il avait juste quelque chose à régler avant de disparaitre de son existence, comme sept ans plus tôt… mais cette fois-ci, sans la priver de ses souvenirs. Ainsi, elle se rappelait quelle erreur ils avaient commis tous les deux en défiant le monde, en prétendant que rien ne les séparerait jamais.
Il toqua doucement à la porte de la chambre de la jeune femme et l’usurpatrice lui ouvrit, surprise. Il entra sans qu’elle ne l’ait invité mais se tint à distance et se mit à lui tenir un discours incohérent, comme s’il avait bu. Il voulait qu’elle lui pardonne, il s’était mal conduit, il voulait qu’elle lui laisse juste une chance, une toute petite chance de la reconquérir, il avait un cadeau pour elle. L’idée du cadeau marcha mieux que le reste et elle accepta de le suivre alors qu’il lui avouait que c’était énorme ce qu’il avait prévu pour elle, qu’il n’aurait jamais cru en arriver là, que c’était indescriptible. Le visage de la manipulatrice s’éclaira bien malgré elle, ravie probablement de tant d’attentions. Bien vite, ils se retrouvèrent loin de l’Académie. La forêt était épaisse et semblait étouffer tous les sons, la journée était sacrément avancée… Il s’arrêta et se retourna enfin vers elle, la mine sombre.

- Je sais qui tu es… Erwan a retrouvé Cassidy. Elle est blessée mais elle s’en sortira… et elle deviendra plus forte.

La jeune femme s’était figée et comprit bien vite qu’il l’avait piégée. Elle tenta donc de le blesser, de le déstabiliser, de lui faire du mal tout simplement.

- Elle ne te pardonnera jamais ta trahison ! Son Erwan l’a bien plus aidé que toi alors que tu dis l’aimer, pourtant ça ne t’a pas du tout gêné de t’envoyer en l’air avec moi !

- …
- Jamais elle ne pourra l’oublier ! Quoi qu’elle dise, jamais elle ne pourra plus te faire confiance, t’aimer de la même façon ! Peut-être même par pitié pour toi, restera t-elle à tes côtés histoire que tu te remettes du sentiment de minable que tu dois t’inspirer mais elle te quittera ! On ne pardonne pas ce genre d’erreur !
- Je sais…

Le jeune homme semblait très calme, la fixant de toute sa hauteur, le visage caché par la pénombre et ses cheveux en désordre.

- C’est pour ça que je m’en vais…
- Tu… t’en vas ?!
- Oui… et toi aussi..
- Tsss ! Tu ne peux pas me forcer. Je te rappelle que je suis une mage moi-même et puis surtout je sais que tu ne ferais jamais de mal à une femme, c’est ta faiblesse Tristan Konogan.


Un sourire éclaira le visage du Drakkari alors qu’il relevait un regard perçant vers son interlocutrice.

- C’est vrai oui… Je n’ai pas menti, je vais te faire un cadeau… un magnifique cadeau. Que je ne pourrais pas refaire.

- Hein ?
- Je t’offre mon honneur et le peu d’humanité qu’il pouvait me rester… profites-en bien…

- Qu’est ce que tu…

Brusquement, le jeune homme changea. Tout son corps se troubla comme s’il était visible à travers une cascade, des craquements se firent entendre, puis un grognement sourd. A sa place, se trouva un dragon rouge sombre qui n’avait en rien l’air commode et l’usurpatrice comprit aussitôt le sens de ses paroles. C’est vrai, auparavant, il n’aurait jamais levé la main sur une femme… Plus maintenant.
De ses crocs, de ses griffes, il massacra la jeune femme qui sous le coup de l’émotion avait rompu son sort, faisant disparaitre l’image de Cassidy qui la protégeait si peu déjà. Ses cris de douleurs furent rapidement étouffés et le cadavre, ou plutôt ce qui en restait, qui fut découvert par des animaux bien plus tard, et dévoré, n’avait plus rien d’humain…

Tristan rentra à l’Académie et s’affaira à cette tâche qu’il devait absolument réaliser, comme si de rien n’était, n’éveillant pas les soupçons ni des élèves, ni du personnel, se contentant de dire qu’il faisait du tri… Personne ne lui posa de question.
Le soir même, il ne ressentait même pas la fatigue qui lui meurtrissait les muscles. Il était tard. Il contempla par la fenêtre de la chambre de la jeune femme, les dernières volutes de fumée du feu qui avait dévoré ses tableaux et ses affaires. Se retournant lentement, il s’éloigna puis posa sur le lit de la jeune femme, le collier qu’elle aimait tant, auquel était toujours attachée sa chevalière, collier maculé de sang. Se redressant en carrant les épaules sous son manteau, le jeune homme réajusta le fourreau de sa lourde épée passée dans son dos puis contempla une dernière fois cette pièce qui ne portait plus de traces de lui et sortit en silence, offrant un dernier sourire satisfait bien que triste à tous ces murs, sol, plafond, totalement repeint… en violet et mauve… et sur lesquels, il avait pris grand soin d’effacer toutes les fresques peintes pour la demoiselle.

Un miaulement l’arrêta alors qu’il s’apprêtait à franchir le seuil de la porte. Orion venait de sortir de l’ombre et le fixait d’un air désapprobateur, comme s’il savait exactement ce qui se passait. Tristan sourit, vint vers lui, s’accroupit et le caressa doucement.

- Adieu mon vieux. Prends soin de ta petite maitresse pour moi… Elle risque d’en avoir besoin.


Il miaula, échappa à la main du jeune homme en le griffant sans ménagement et se mit à cracher furieusement, lui reprochant clairement sa fuite.
Tristan se contenta de se relever et de sortir, refermant en douceur la porte derrière lui.
Il ne prit pas de cheval, pas même celui que Cassidy lui attribuait constamment, partant à pied, chargé en tout et pour tout des affaires qu’il avait sur le dos, de son épée et d’un sac contenant quelques vivres, des affaires de rechange et autres armes et nécessaires pour voyager. Le reste avait été brûlé. De toute manière, il ne reviendrait pas le chercher…
Il sortit sans mal de l’Académie… et disparut sans laisser de traces.



Tristan se doutait que cette trahison supplémentaire blesserait celle qu’il aimait mais il savait aussi que c’était nécessaire, du moins s’en persuadait-il, et que c’était la meilleure chose à faire. Quand il l’avait perdue, à ce moment où lisant la lettre d’Erwan, il avait compris qu’il n’était qu’un sombre idiot incapable de la protéger, quelque chose s’était brisé en lui. Il n’aurait su dire quoi… Mais tout devint d’une extraordinaire simplicité à partir de ce moment là. Il n’avait plus peur de lui-même. Il savait ce qu’il était, même s’il ne savait pas comment il le savait justement.
Il vadrouilla un moment, reprenant ses activités de mercenaires selon certains, rejoignant des Kaärs selon d’autres puisque surpris avec des membres de cette coalition à plusieurs reprises.
Puis un jour, des Cheistams adressèrent une lettre à la jeune directrice de l’Académie Hysandra.

« Mademoiselle Herediane.
Nous vous remercions pour le travail que vous avez accompli pour nous en acceptant d’accueillir au sein de votre établissement le jeune criminel Tristan Konogan afin d’obtenir des informations sur ses contacts et supérieurs Kaärs. Cela a finalement porté ces fruits quand ce jeune homme s’est échappé en profitant de cette mésaventure dont nous avons été informés lors d’une de vos missions. Nous sommes navrés que ces animaux rendus fous par un poison vous aient blessée et nous vous souhaitons sincèrement un prompt rétablissement.
Nous vous sommes très reconnaissants pour l’aide que vous nous avez apportée et nous vous assurons qu’elle a été payante puisque nous avons pu, en suivant les traces laissées par ce criminel, capturer trois gradés Kaärs réputés dangereux qui seront sous peu exécutés.
Nous vous informons également que vous n’avez pas à craindre un quelconque règlement de compte de la part dudit criminel. Il semble que la bataille menée par nos troupes et celles de Kaärs pendant laquelle nous avons pu éliminer nombre d’entre eux malgré d’importantes pertes de notre côté, ait eu raison de ses talents de combattant. Je vous informe par la présente, officiellement que Tristan Konogan a été identifié post mortem par un proche malgré l’état peu reconnaissable de son corps.
Nous nous réjouissons de l’extinction d’un tel voyou et nous vous prions d’agréer, très sincèrement, nos plus sincères salutations et nous vous souhaitons un prompt rétablissement.
Eternellement redevables.

La garde supérieure Cheistam »



Ainsi, Tristan Konogan fut déclaré mort sans autre préambule et son corps retrouva celui de camarades Kaärs dans une vaste fosse commune que l’on s’empressa de reboucher…



Sept mois plus tard…

Tant de choses avaient changé ces derniers mois.
La frappe préventive des Cheistams avait entraîné une vague de violence de la part de Kaärs furieux et les défenses s’étaient renforcées, les altercations se faisant de plus en plus nombreuses et les tensions palpables. Tout était tendu d’un camp à l’autre.
Les Kaärs semblaient s’être plus que jamais investis dans la magie noire et avaient développés des aspects jusqu’alors inconnus de celle-ci. Les jeunes gens perdus succombaient de plus en plus facilement à la tentation de la facilité et d’autant plus ceux qui avaient été opprimés par une classe supérieure ou une autre. De failles s’étaient révélées dans les systèmes des Cheistams et les Kaärs semblaient avoir de nouveaux chefs plus tactiques et ingénieux que jamais !

De plus, ils étaient parvenus à créer par magie de vraies monstruosités de la nature… des croisements d’animaux puissants et extrêmement sanguinaires. La plupart des plus puissants ressemblaient à s’y méprendre à des dragons totalement corrompus, rendus fous et se pliant sans dignité aux ordres de leurs maitres humains… même s’ils restaient instables et capables de s’effondrer quand les forces magiques de leurs propriétaires déclinaient.
De nombreux villages avaient été en partie décimés… Les Kaärs devenus très virulents faisaient des exemples en détruisant des familles par hasard, juste pour que les autres soient plus obéissantes, en tuant toutes les mères ou les grands-parents, bref, faisant preuve d’une cruauté encore jamais atteinte. Quelque chose avait changé, quelque chose d’énorme était en marche, d’inexorable, de terriblement dangereux pour leur monde, un tournant… contre lequel ils ne pouvaient rien.

Bien sûr, il y avait eu des réactions. Les Cheistams intervenaient mais les armées n’étaient en rien discrètes et avec ces nouveaux monstres sortis tous droit de cauchemars, la force organisée d’une armée n’était pas suffisante, les mages, plus que nécessaires, essentiels, étaient réquisitionnés partout… pour protéger autrui… du moins pour ceux qui avaient dès le début cette optique en tête en choisissant cette voie.


En parallèle s’était formé un groupe de résistants dont les Cheistams ne savaient que bien peu de choses. Leur nombre était inconnu et ils ne rendaient de compte à personne, se contentant d’aider et de sauver des vies, de plus en plus nombreuses, intervenant vite et bien là où de petits groupes de Kaärs sévissaient, des groupes qui ne nécessitaient donc pas l’intervention d’une grande troupe armée.
Les membres de ce groupe agissaient avec suffisamment de discrétion pour qu’on ne leur pose pas de questions et ceux qui connaissaient leur identité au sein des non-actifs gardaient précieusement ce secret. Tout ce qu’on savait c’est qu’ils agissaient vite et bien, par frappes rapides et précises et qu’ils ne laissaient pas de prisonniers derrière eux, juste des cadavres. Les habitants sauvés par ces jeunes héros  avaient commencé à les surnommer « l’armée fantôme » et ce nom s’était rapidement répandu que ce soit une bonne ou une mauvaise chose. On savait juste qu’ils défendaient tous les faibles et qu’ils constituaient un nouvel espoir pour la population effrayée de voir ses chevaliers si débordés…


C’était un jour comme les autres. Ils approchaient de l’automne. Les feuilles commençaient déjà à jaunir mais le temps ne se refroidirait pas avant un bon moment encore. C’était une des saisons les plus douces qui soient. Moins entêtantes que le printemps, moins ensoleillée et chaude que l’été.
Cassidy, comme tous les puissants mages, avait été sollicitée à de bien nombreuses reprises par les Cheistams, jusqu’à rejoindre leurs rangs… enfin plus ou moins. Officiellement elle ne le pouvait pas puisqu’ayant fait de son Académie un terrain neutre… mais officieusement, bien trop désireuse de la justice, elle n’avait pas pu faire autrement que de protéger son monde…
Si on lui demandait souvent d’accompagner un petit groupe, elle semblait préférer agir à sa manière, suivie de près par un jeune homme qui ne la quittait plus un instant et qui sous ses airs adorables était probablement le meilleur archer connu à ce jour, du moins de cet âge.
Ils étaient intervenus de nombreuses fois et avaient régulièrement participé à une décousue chez les Kaärs ou au moins à leur mise en fuite garantissant paix et sécurité aux habitants martyrisés.

La garde supérieure Cheistam avait néanmoins demandé une nouvelle fois à la jeune femme d’intervenir puisque débordée par des suspicions d’attaques bien trop importantes. Il s’agissait d’un petit groupe isolé que l’on avait repéré dans le sud-ouest, pas très loin d’où elle se trouvait actuellement, en voyage pour des manuscrits pour les élèves de son Académie.
Comme toujours, elle avait rapidement accepté, revêtant une apparence fictive si bien fixée qu’elle était une preuve indéniable de son extraordinaire niveau magique atteint qui lui donnait vraiment des airs de combinaison de superhéroïne cachant son identité secrète.

Elle s’était déplacée avec Erwan et ils s’étaient séparés alors que tout semblait bien calme dans le petit village dans lequel ils étaient censés intervenir. Chacun prenant un point cardinal, ils devaient se retrouver plus tard, amplement capables de se débrouiller seule pour l’une et d’être discret pour l’autre ou d’utiliser ses flèches et son don… Les habitations semblaient vides… et pour cause… tous les villageois étaient rassemblés sous le couvert des arbres d’une petit forêt, bien plus loin. Ce fut Erwan qui les trouva alors qu’ils l’invitaient joyeusement à se joindre à eux. Apparemment, il s’agissait d’une fête comme on en fait si souvent dans les petits villages…

Mais à l’autre bout de celui-ci, dans un champ dont on avait récemment fait la moisson, un tout autre spectacle attendait la jeune mage déguisée.
En effet, quand elle arriva sur une petite colline, elle put voir en contrebas deux jeunes filles d’une quinzaine d’années qui courraient à en perdre haleine en poussant des cris d’épouvante. Et juste derrière elle, ne prenant même pas la peine de voler, se trouvait un dragon pas des plus imposants, probablement jeune création ou jeune asservi, mais tout de même effrayant et à l’air affamé, qui leur courait après, faisant claquer des mâchoires dont des crocs impressionnants et peu rassurants émergeaient.

Il poussait des grognements effrayants oui, en poursuivant les jeunes filles. Un petit garçon qui ne devait pas avoir sept ans se mit à courir en direction des jeunes filles, probablement les connaissait-il et totalement immature ne se rendait-il pas compte qu’en courant vers le grand animal pour protéger ses amis, il n’était qu’un amuse-gueule pour le dragon et que son long bâton ne lui servirait probablement qu’à se curer les crocs après l’avoir gobé.
De toute façon, la jeune mage n’en attendait pas davantage, n’attendait rien tout court, elle intervenait déjà… et un mur miroitant se forma brusquement devant le dragon… qui fonça dedans tête baissée, ne semblant même pas l’apercevoir.
Il le heurta si violemment que la construction magique d’une grande solidité en trembla… Le reptile pour sa part fut projeté en arrière comme une boule de billard une dizaine de mètres plus loin comme s’il ne pesait rien et s’écrasa par terre dans un grand fracas. Tout le monde se figea… Les jeunes filles qui couraient, le petit garçon qui venait les secourir… Et Cassidy les rejoignit, apaisante, surveillant d’un œil pas le moins du monde effrayé la grande créature sonnée. Quand celle-ci grogna de douleur en jetant un regard furieux autour d’elle et s’avança, menaçante vers les jeunes gens, la jeune femme rétorqua par des espèces de racines sorties du sol qui retournèrent aussitôt l’animal sur le dos… animal qui poussa un nouveau grognement de douleur et de fureur.
Sauf qu’un autre cri interrompit la jeune femme glaciale et fermée qui défendait ses petits protégés.

- Mais arrête ! Méchante ! Arrête !!!!

C’était le petit garçon. Il avait lâché son bâton et s’était rué sur elle, essayant de la pousser de ses petites mains alors qu’il ne lui arrivait même pas à la taille. Les jeunes filles le rejoignirent rapidement et la plus âgée attrapa le petit garçon l’éloignant.

- Calme-toi Davis !
- Mademoiselle ! Arrêtez, je vous en prie ! Nous ne sommes pas en danger, je vous assure ! C’est un ami, il…


C’était la plus jeune, qui suppliait littéralement du regard la jeune mage. Soudain la peur se mit à briller dans ses yeux alors que le doute semblait l’habiter…

- Oh… oh non… vous… vous n’êtes pas une Kaär, j’espère ?!!!
- C’est une Kaär ?!!!!!!! C’est QUE je dis ! Elle est méchante ! Mange la Jack ! Mange la !!!!


Un rugissement furieux les interrompit tous et résonna alors dans l’esprit de la « prétendue méchante » sous une tout autre forme. Un « ça suffit ! » puissant qui laissa clairement entendre que les grognements proférés jusqu’alors n’étaient que purement fictifs et donc pas le fruit d’un vrai dragon furieux. Ils se retournèrent tous d’un même mouvement vers l’animal qui s’était immobilisé en voyant des racines entourer ses pattes un peu plus tôt et celui-ci se mit à changer…
A la place de la grande créature bordeaux, noire et argent, se retrouva alors un jeune homme un peu essoufflé, habillé d’un pantalon, d’une tunique, de bottes et de gants… et dont les habits semblaient curieusement bien trop grands.

Le jeune homme releva lentement la tête alors que les racines semblaient d’elles-mêmes disparaitre… ou alors c’était le fruit des agissements de leur invocatrice. Il se passa aussitôt la main dans ses cheveux pour se débarrasser des mèches rouges qui lui tombaient sous les yeux. Des yeux rouge-orangé, une crinière rouge en bataille, un visage beaucoup trop séduisant et un beau sourire timide aux lèvres, Tristan Konogan était parfaitement reconnaissable…
Si ce n’est que ses canines semblaient plus longues, ses oreilles plus pointues, son regard plus profond, son corps beaucoup plus mince… oh… et le fait qu’il avait clairement perdu dix années, ayant l’apparence d’un adolescent d’environ quinze/seize ans… et un autre petit détail…

- Jaccccckkkkkk !!!!!


Le petit garçon qui s’était figé, n’essayant plus de pousser Cassidy, s’échappa des bras de sa « sœur » et se rua sur le jeune Drakkari ou ce qui y ressemblait fortement et se jeta dans ses bras. Le garçon ne sembla pas le voir venir, tout occupé à bredouiller et à tenter d’expliquer à « l’intervenante » qui n’avait rien d’une Kaär que ce n’était qu’un jeu, qu’il ne voulait pas leur faire de mal, que tout allait bien… Le petit Davis le percuta de plein fouet et le fit rouler dans l’herbe, se juchant entre ses bras en lui faisant un gros câlin, pleurnichant aussitôt. Les deux jeunes filles les rejoignirent sans céder à ces effusions, se contentant de sourires et de plaisanteries.

- Jack ! Jack ! Elle t’a pas fait mal la méchante madame hein ?! Dis elle t’a pas fait mal hein ?!
- Mais non Davis, je suis fort, tu sais bien… Pardon c’est ma faute, je ne savais pas qu’il y avait quelqu’un… je te promet qu’on rejouera bientôt au méchant dragon et au preux chevalier… et tu terrasseras le méchant dragon, d’accord ?
- Bah voui, je suis le plus fort moi, comme toi !
- Ca je le sais oui…


Finalement ils s’étaient relevés et le dénommé Jack s’était rapproché de Cassidy s’excusant, détaillant avec surprise cette jeune femme qu’il n’avait pas vu parmi les habitants, séduisante, aux cheveux presque aussi ardents que les siens et aux incroyables yeux verts brillants d’intelligence et d’une espèce d’horreur qu’il ne parvenait pas à cerner… probablement était-ce dû à la transformation qu’elle venait de voir…Ils risquaient d’avoir des ennuis… Il se mordilla la lèvre inférieure, ressemblant encore plus si c’était possible à un certain jeune homme disparut.
Il allait dire quelque chose lorsque son regard se fixa sur la dague qu’elle portait à la ceinture et dont elle serrait la garde convulsivement depuis quelques minutes. Il connaissait cet objet…mais d’où ?

- Damoiselle… je suis désolé, nous allons vous expliquer, ce n’est pas…
- JACKKKKKK !!!!


Jack se figea sur place et écarquilla les yeux d’horreur. Derrière Cassidy venait de se dresser un colosse qui abattit son poing sur le jeune homme alors que Davis et les deux jeunes filles s’écartaient, terriblement penauds. Le garçon chancela sous le coup et s’écroula directement sur les fesses, sonné.
L’homme qui venait d’apparaître se mit à vociférer, l’insultant copieusement en faisant décamper les trois autres jeunes gens. Il ne se calma que parce qu’apparemment la jeune femme qu’il venait de dépasser et qui devait fixer la scène avec incompréhension et perplexité était des leurs, ce que son « compagnon » venait de leur confirmer avant que le colosse ne parte à leur recherche, se doutant que Jack allait encore leur attirer des ennuis.
Le jeune homme penaud, restait assis par terre, la tête rentrée dans les épaules, un filet de sang coulant entre ses lèvres sur son menton, se contentant de vagues acquiescements et d’excuses.
Enfin le colosse se retourna et même si cela datait de plusieurs mois, il n’avait pas un visage qu’on oubliait facilement même si lui ne reconnut pas du tout la petite mage. C’était l’ancien maitre de Tristan. Il lui fit un beau sourire charmeur avant de se retourner pour vociférer de nouveau sur Jack.

- Et regarde toi crétin fini ! Tu as trop consommé ! Tu as rajeuni ! tu es content ? adolescent cette fois, tu perds ton pantalon ! Un peu de dignité que diable ! Tu es en patrouille ce soir ! File te reposer et manger espèce de fainéant incapable !!!! Je te préviens, tu vas avoir droit à une correction dont tu te souviendras ! Je me fiche que ce soit l’anniversaire de Davis ! Tu avais interdiction de te transformer ! File !

Le garçon se releva d’un bond, resserrant sa ceinture pour ne pas perdre ses vêtements devenus trop grands et partit sans demander son reste, jetant juste un regard d’excuser à la jeune femme qui se retrouvait confrontée à cet échange. Le colosse poussa un profond soupir puis se retourna vers elle avec un sourire.

- Navré que vous ayez assisté à cet échange. Ce gamin est vraiment impossible. Bien le bonjour dame ! Nous avons entendu parler de vos interventions… admirables. Venez, joignez-vous à nous, nous fêtons la déroutée que nous avons mis à quelques Kaärs un peu plus tôt, pour une fois, nous sommes arrivés avant vous dirait-on… Entre alliés, il faut bien se féliciter… Bienvenue donc… vous méritez bien de rencontrer l’armée fantôme camarade !

Il lui tendit élégamment son bras et lui montra le champ, un peu plus loin qui jouxtait les maisons des villageois. Apparemment tout le monde s’était dirigé vers là quand ils avaient vu Erwan et avaient eu quelques informations… Mais aucun n’était intervenu, laissant le colosse régler l’histoire de la désobéissance d’un certain jeune homme un peu… différent des autres…

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MessageSujet: Re: Quel heureux ou malheureux hasard ?   Sam 19 Oct - 1:57

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