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 Rêve ou cauchemar ?

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Cassidy Herediane
Directrice de l'Académie Hysandra
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MessageSujet: Re: Rêve ou cauchemar ?   Mer 6 Nov - 13:38

Il y avait tellement de questions mais aucune réponse. Que ce soit l’un ou l’autre, ils ignoraient comment cette histoire allait finir et même si, parfois on sentait un petit rapprochement. C’était vrai, Cassidy avait un peu changé depuis qu’elle était arrivée, depuis qu’elle connaissait le secret à Tristan. Et surtout ces situations qui leur avaient permis de mieux se connaître leur faisait du bien inconsciemment. Si bien même qu’elle ne savait plus quelle attitude adopter, certains réflexes revenant à l’assaut. Alors jouait-elle ou était-elle sincère ? Elle ne le savait pas et cela l’effrayait au plus haut point.

Tristan avait raison. Elle le cachait plutôt bien, mais il n’y avait pas cette petite étincelle avec Erwan. Avec le temps elle avait revu quelques bribes de souvenirs avec lui, très flous mais elle ne voyait qu’un comportement amical. Pourtant il avait tout pour plaire, il était mignon, avait un bon caractère, aimait la nature et la soutenait quoiqu’il arrive. Mais une chose ne changeait pas, il y avait toujours cette impression de vide à chaque fois qu’elle l’embrassait, qu’elle couchait avec lui. Quelque chose qu’elle n’arrivait pas à identifier et que la jeune femme finissait par se dire qu’au final, elle était tellement habituée à lui qu’elle en devenait moins attentive à ses propres sentiments.

Avec Tristan, c’était différent. Cassidy se sentait apaisée, troublée avec lui. Leurs petits échanges l’impactait plus qu’elle ne cherchait à le montrer. Et ça l’effrayait autant que ça l’encourageait. Elle avait beau se répéter que le jour où il connaîtrait la vérité il la détestera, il ne voudra plus la voir et elle le comprendrait tout à fait mais plutôt que de le repousser pour ne pas souffrir, elle était complètement folle et se rapprochait de lui. Du moins elle n’en avait pas conscience mais les autres étaient bien là pour le voir. Et elle refusait de penser qu’au final, il y avait toujours quelque chose avec lui parce que… il ne pouvait pas avec elle ! Il n’accepterait jamais ! Lui mi-dragon… avec une humaine ? Avec cette humaine ? Impossible. Mais en attendant, elle apprenait beaucoup et retrouvait malgré elle une certaine joie de vivre même si elle le manifestait plus par une attitude râleuse et grincheuse.

Ce jour où elle l’avait observé, la demoiselle avait été bien amusée. Beaucoup de curiosité surtout. Et mine de rien, même si elle faisait moqueuse, qu’elle s’en fichait comme à son habitude, ses gestes eux étaient totalement contradictoires comme se pencher sur son problème de transformation. Très contradictoire, surtout qu’elle était bien la seule à l’aider à reconstituer ce puzzle, elle avait des connaissances qui pouvaient l’aider à compléter ce qu’il savait déjà. Même si tout ceci restait un mystère et heureusement qu’il ne posait pas la question de savoir comment elle pouvait en savoir autant et se contentait de l’explication sur les recherches poussées des études. Ou peut être commençait-il à se douter mais il ne disait rien.

Elle l’avait vu tout nu et il fallait le dire, malgré tout, il était toujours assez… whaaaa. Enfin il n’avait pas encore complètement récupéré mais cela suffisait largement pour que les pulsions de la demoiselle reprennent le dessus et la fasse briller d’une couleur lumineuse. Chose qu’elle n’arrivait pas à comprendre, qu’elle n’acceptait pas. Pourquoi lui ? Bon d’accord il était terriblement excitant mais… elle se morigéna de savoir qu’elle devait toujours avoir certaines pulsions à son égard, ce qu’elle ne devrait même pas penser ! Et si quand elle couchait avec Erwan maintenant elle pensait à Tristan ? Il le remarquerait tout de suite ! Et pourquoi donc avait-elle ses pensées ? Elle ne devrait même plus réfléchir à ça !

Pourtant, il avait dit un mot, un seul, qui avait fait naître sur le visage de Cassidy une drôle d’expression. Un souvenir, un trouble. Elle avait baissé lentement la tête, pressait sa main contre la deuxième.

*Si tu savais… mais pourquoiiiiiiii ça n’arrive qu’avec toi ce phénomène magique ? Même Erwan n’y a pas eu droit ! Pourtant je suis certaine d’avoir bien tout fait ! Pffff !*

Elle avait énormément hésité avec son présent pour Tristan. Peut être avait-elle évité de le voir par peur d’un refus ou peut être pensait-elle qu’il lui poserait des questions assez… importantes, suffisantes pour se demander pourquoi elle prenait la peine de faire tout ça, elle qui détestait tellement les dragons. Alors pourquoi faire l’effort pour celui là ? Ca, il pourrait ne jamais avoir de réponse et même elle n’arriverait pas à expliquer son but, son objectif. Sauf une petite chose… qui l’avait convaincu de s’intéresser à lui.

Alors le matin, un peu angoissée à l’idée qu’il n’accepte pas son présent et lui ramène, la jeune femme était partie méditer. C’était vraiment très beau ici et ça changeait de l’académie. Un endroit secret, connu par quelques privilégiés, magnifique et tellement apaisant. Un endroit sécurisé où on n’avait pas peur des Kaärs, des dangers de ce monde, où les enfants évoluaient librement sans craindre pour leur vie. Parce que des hommes et des femmes veillaient sur eux.

Elle avait aperçu Tristan, vague silhouette aux cheveux rouges, mais très concentrée sur ses exercices matinaux, la demoiselle préférait ne pas faire attention. Et pourtant, trop de questions s’agitaient dans sa tête et cela entraîna une belle chute, le saut de l’ange alors qu’elle poussa un cri, ne s’attendant certainement pas à chuter aussi rapidement. Alors qu’elle flottait dans les airs, la jeune femme n’était cependant pas inquiète. Des chutes, c’était pas la première qu’elle en faisait. Parce qu’elle avait toujours de quoi se rattraper. Mais il y avait plusieurs choses qui la freinaient. On risquait de la voir et surtout… sa magie ne voulait pas se déclencher. Si elle n’avait pas eu aussi peur, la demoiselle aurait très certainement râler, c’était évident.

Tout se passa très vite et elle heurta de plein fouet une forme solide, un impact suffisant pour lui couper la respiration sur le coup et qui avait manqué de la faire tomber dans les pommes. Elle avait instinctivement plaqué les mains sur le dos du dragon et quand elle s’était rendue compte de la situation, Cassidy avait poussé un petit cri aïgu mais avait rapidement fermé sa bouche en grommelant un « pardon », les dragons étaient très sensibles au bruit. Etonnant dans ce genre de situation, qui ne faisait pas rire mine de rien.

Elle tentait de reprendre son souffle et ses esprits, ses cheveux flottant dans les airs autour d’elle et sentit que… eh bien Tristan était assez bancal. Ce qui ne facilitait pas l’équilibre. Il avait l’air de le comprendre car il avait étendu ses ailes pour qu’elle ne glisse pas mais difficile de trouver une bonne position dans ces conditions ! Elle grimaça, complètement allongée sur son dos, sentant la chaleur de son corps, de ses écailles mais elle n’avait pas le temps pour se concentrer sur ces émotions. Bien sûr, elle toucha un endroit sensible et s’en rendit compte tout de suite, grimaçant une nouvelle fois.

*Mais oui mais oui ! Au cas où je connais pas l’anatomie des dragons ! Je fais de mon mieux ! Rhaaaaa fichu Drakkari !*

Cassidy l’entendit très vaguement dire de s’accrocher alors qu’il pivotait pour éviter de foncer droit dans le mur. Mais la jeune femme avait d’instinct levé la tête et s’était penchée sur le flanc droit, toujours en position couchée, pour éviter d’être envoyée dans le décor parce que là, pour le coup, elle avait vraiment été déséquilibrée ! Heureusement que ses réflexes étaient bons alors qu’elle avait pris une position, inconfortable certes, mais qui lui avait évité d’être éjectée en se collant plus fort contre lui comme si elle faisait partie intégrante du dragon.

Elle entendit alors une phrase plus claire. Il lui demandait de se calmer, c’était lui et de s’accrocher. La mage poussa un grognement en guise de réponse puis alors qu’il volait plus tranquillement, elle put se concentrer sur sa position pour avoir une meilleure tenue.

Etrangement, elle savait savoir comment se placer pour ne pas lui faire du mal tout en étant bien installée. D’abord elle avait un peu plus glissée en avant pour éviter de déranger le mouvement de ses ailes. Puis elle avait serré les jambes afin de stabiliser son bas du corps ainsi que son bassin qui suivait les mouvements du dragon, elle avait posé les mains un peu plus au dessus pour fixer le reste de son corps et surtout, elle avait pris une position un peu décalée mais qui lui permettait de rester en équilibre, surtout qui pouvait favoriser le vol de Tristan, comme si elle s’adaptait très rapidement à la situation, d’instinct.

La mage reprenait sa respiration et même si elle était plutôt bien installée, elle sentait que les mouvements du dragon étaient maladroits, hésitants. Une petite faiblesse certainement et elle dut jouer davantage sur les différentes variations et secousses pour ne pas finir dans le vide. Très concentrée, elle n’avait pas fait attention au dragon qui reprenait sa forme normale en plein vol, la laissant dans un courant d’air alors qu’elle chutait à nouveau tout en poussant un cri de stupeur.

Mais heureusement, Tristan avait rapidement réagi et la réceptionna doucement. Elle atterrit dans ses bras, un peu tremblante à cause des dernières émotions, son cœur battant à cent à l’heure alors qu’elle sentait le front du jeune homme contre ses cheveux. Il se décala et elle redressa la tête, alors qu’il faisait un beau sourire comme si de rien n’était. Elle ouvrit la bouche, certainement pour parler, mais il pâlit et tomba au sol, sans pour autant la lâcher. La réaction fut immédiate alors qu’une voix inquiète le ramena à la raison, se fichant complètement de ce qu’il penserait.

« Tristan ! Hey  Tristan ! Ca… ca va ? »

Elle déglutit difficilement, même si il était difficile de le regarder alors qu’il se mit à parler. Heu… que ça allait et qu’elle n’était pas lourde. Cassidy fronça les sourcils un instant. Et pourtant, lui était en train de sourire, comme d’habitude, malgré le fait qu’il ne soit pas bien, qu’il ne le montrait pas. Elle l’examina, ne se détachant pas de ses bras, restant contre lui. Il était torse nu et portait sa sacoche. Un étrange sentiment s’empara de la jeune femme comme si cela lui faisait plaisir et qu’elle ne se décalait pas pour autant.

En effet, on pourrait très bien pu associer son absence de se dégager de lui à sa peur, le choc de cette chute, sa fatigue. Alors jouait-elle ou bien… ne cherchait-elle pas à prolonger le contact malgré elle ? Tout se chamboulait dans sa tête alors qu’elle réfléchissait. Et était en train de se demander si c’était pas sa faute si il était aussi fatigué. Il la salua, elle grogna, le fixant mais sans bouger pour autant de sa position.

« Pffff drôle de façon de venir dire bonjour ! Enfin… salut »

Ce qui était étrange, c’est que contrairement à ce qu’elle avait toujours soutenu, elle n’était pas en train de lui faire des reproches par rapport à l’avoir porté en forme de dragon, ni ne montrait cette colère ou cette peur à son égard, se contentant d’un bien curieux commentaire.

« Faut croire que j’étais bien sur toi cette fois là… »

Elle devint cramoisie, se grondant d’avoir ce genre de pensées dans un moment pareil, secouant la tête rapidement, et décidant de le troubler encore une fois alors qu’elle se décalait un peu et changeait de position sur son torse pour avoir son visage en face du sien, l’air très sérieux.

« Dis donc… combien de fois je vais devoir te remercier pour me sauver à chaque fois ? Mais si ça peut te perturber je dis pas non ! »

Etrange phrase de la part de la demoiselle qui instinctivement, s’était approché encore plus près, très rapidement pour le regarder intensément dans les yeux avant d’effleurer très doucement ses lèvres avec les siennes avant de s’arrêter, commençant à comprendre ce qu’elle était en train de faire et ses pommettes devinrent rouges alors qu’elle finit par se relever pour chasser ce trouble.

*Mais qu’est-ce que tu es en train de faire ?! Aaaaah fichu corps qui réagit tout seul ! Je comprends plus riiiiiiiiien !*

Elle s’épousseta rapidement, mettant ça sur le compte du choc, de la fatigue, mais certainement pas de quelque chose de plus profond. Il était en train de se rasseoir comme pour vérifier qu’il allait bien et la demoiselle décida de changer de sujet, histoire de dissiper ce trouble, s’asseyant en face de lui, une expression taquine sur le visage.

« En tout cas, heureusement que tu ne m’as pas porté pour me ramener la dernière fois en dragon, on aurait mis une semaine pour rentrer sinon ! Quoique c’est peut être ce que tu avais prévu… »

Cassidy lui avait tiré la langue puis redevint plus sérieuse.

« Tu voulais me porter alors que tu n’as jamais transporté d’humain ? Ca se voit… dans tes mouvements c’était assez hésitant, des secousses qui peuvent déséquilibrer ton cavalier. J’ai failli me prendre le mur. Enfin… en même temps vu l’urgence de la situation, tu n’as pas vraiment eu le temps d’y réfléchir… »

Elle cueillit un brin d’herbe qu’elle examina attentivement avant de la mettre dans sa bouche, l’air songeur et regardant les nuages dans le ciel.

« En même temps c’est pas vraiment ta faute… si tu as, ne serait-ce qu’un petit instinct de dragon, tu devrais bien savoir que les dragons sont suffisamment orgueilleux pour ne pas vouloir voler avec un humain. »

Cassidy enleva le brin d’herbe de sa bouche et le reposa au sol, soupirant un instant, fermant les yeux alors qu’elle était en face de lui, croisa ses doigts les uns contre les autres, lancée dans une profonde réflexion, avant de rouvrir les yeux.

« Mais si tu veux pas être comme eux, tu peux toujours t’améliorer pour porter des humains et que ça soit plus… confortable pour toi et pour lui. Y a plusieurs choses que tu peux faire. »

Elle était vraiment sérieuse, pareil que si elle parlait de magie alors qu’elle rouvrit les yeux tout en agitant les mains, une devant lui et l’autre qui chutait.

« Déjà, pour amortir une chute, il faut que tu arrives à sentir la personne qui tombe. Pouvoir évaluer sa vitesse, sa position et tu dois juste arriver à faire en sorte de passer en dessous en étant synchro, à quelques centimètres à peine au moment de l’impact. Choc zéro et sécurité maximale. »

En même temps, elle faisait des gestes avec ses mains, comme pour l’aider à mieux visualiser ce qu’elle lui expliquait.

« Pour éviter les à coups et les secousses, il faut que tu restes naturel en volant, comme si tu étais seul. Trop t’inquiéter pour la sécurité de ton passager conduit à des erreurs, des hésitations. Il faut garder une certaine assurance mais attention, reste conscient que tu voles avec quelqu’un sinon tu risques de l’éjecter à la première branche un peu basse qui passe »

Elle se mit à rire doucement, pensant à cette situation qui pouvait être marrante, en imaginant un dragon tellement concentré dans sa tâche que son cavalier n’était plus sur son dos.

« Pour aider un humain à trouver une position plutôt… sécurisée pour lui, il faut que tu te penches un peu en avant, comme pour l’inviter à glisser. C’est instinctif, on va forcément finir par se pencher également en avant tout en s’accrochant un peu plus et alors quand tu reviens à l’horizontal, tu seras plus tranquille et lui aussi… »

Cassidy ouvrit une nouvelle fois la bouche tout en se levant. Elle semblait être enthousiaste, intéressée, et surtout, ne paraissait pas si effrayée que ça à l'idée de voler, ce qui était totalement contradictoire avec tout ce qu’elle racontait une fois qu’il y avait beaucoup de monde, surtout des inconnus. Puis, se rendant compte que peut être il n’appréciait pas, ou tout simplement qu’il ne voulait peut être pas porter d’humain, enfin surtout elle qui l’avait juste plus fatigué qu’autre chose, elle porta une main à son cœur, grimaça, une expression de peine passant sur son visage et tourna le dos, changeant radicalement de comportement.

« Heu… désolé… je pense que c’est ma faute si tu es fatigué… je vais te laisser tranquille »

Elle commençait à avancer le pied dans un mouvement comme pour partir.
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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: Rêve ou cauchemar ?   Jeu 7 Nov - 18:15

Situation catastrophe… Oui, c’était exactement ça, une situation catastrophe.
Mais au final, c’était très simple. Elle était tombée, il l’avait rattrapée.
Sauf qu’elle était perchée en haut d’une cascade et que pour la rattraper, il s’était transformé en dragon alors leur situation n’avait rien de simple ! Et elle n’était franchement pas banale !
Quand elle s’était rendu compte de la situation, elle avait hurlé et cela l’avait presque davantage sonné que le coup de genou dans son aile. Wah ! Il ignorait qu’il avait l’ouïe aussi sensible. C’était étrange, d’accord la proximité jouait mais pas que… Ce cri avait aussi résonné dans son esprit. Pourquoi ? Parce qu’elle le touchait ?

En fait si elle en avait peut-être eu l’occasion, de remarquer tous ces détails, lui non. Parce qu’il peinait vraiment, c’était beaucoup plus difficile que ce qu’il aurait cru et pourtant elle n’était pas lourde. Seulement il avait des réactions, comme si son corps se refusait à porter la petite mage, ce qui n’était pas du tout logique puisqu’il venait justement de se jeter dans le vide pour la secourir.
Fichue fatigue !
Mais il est vrai que ses mouvements étaient saccadés et l’éreintaient davantage encore. Pourtant, il fut soulagé quand elle se posta un peu mieux sur lui, facilitant grandement son vol chaotique et l’apaisant par la même occasion sans qu’il ne sache trop comment.

Il remarqua bel et bien qu’elle semblait s’y connaitre au final… Même s’il n’avait pas le temps de s’attacher à ces petits détails, cela l’interloqua beaucoup. Il chassa ces pensées, se rendant compte que s’il relâchait un tout petit peu sa concentration, son corps menaçait de le lâcher.
Et finalement, il n’avait pas pu faire autrement que de tout arrêter au plus vite et de la rattraper cette fois-ci sous une forme bien plus charismatique et humainement attirante.
En fait, c’était sacrément spectaculaire ! Un vrai album photo, un vrai roman d’aventures et de sentiments  lu par des préadolescentes hystériques ! Si ce n’est qu’il ne tint pas longtemps sur ses jambes et que cela gâchait tout… Bah oui, sourire comme ça, un air de conquérant au visage, un air fier et rassurant, un vrai chevalier en armure plus déshabillé qu’en armure (mais ça c’était une tenue qui avait aussi ses avantages) puisqu’il ne portait ni chemise ni bottes, c’était très bien…Se vautrer par manque de forces… c’était moins bien.

Il semblait épuisé et sacrément atteint sur le plan physique mais il lui sourit, la rassura, ne remarquant pas son air agacé du fait que justement, elle le reconnaissait parfaitement dans cette attitude. Mais rapidement, à son contact, parce que non, il ne la lâchait pas, le jeune homme sembla se rétablir et s’ensuivit le salut le plus improbable qui soit après une telle situation. Y avait-il seulement besoin de mots ?
Elle lui répondit, même si elle était bougonne et il sourit plus largement, comprenant qu’elle était juste… inquiète. Et ça lui faisait plaisir… oh oui, très plaisir !
Elle sortit une bien étrange phrase qu’il ne comprit pas mais en même temps, il n’était pas encore remis. Elle n’avait pas l’air de lui en vouloir ou d’être effrayée, c’était tout ce qui lui importait à l’heure actuelle.

Elle bougea sur lui et il redressa la tête, surpris alors qu’elle parlait de le remercier. Naturellement, il prenait un air un brin pervers, s’apprêtant probablement à sortir une phrase provocante qu’il ne pensait pas mais elle effleura ses lèvres et il perdit le fil de ses pensées en même temps que son souffle, écarquillant les yeux… une fois de plus. Sauf que cette fois, elle s’écarta très vite… vraiment très vite de lui et elle semblait gênée… contrairement aux autres fois.
Elle semblait s’insulter intérieurement vu ses grimaces, ou alors elle n’aimait pas son odeur peut-être… ou… ou rien, il n’arrivait pas à savoir en fait.
Tristan s’était redressé, l’instant de stupeur passé, restant assis puisque pris de vertiges et ne voulant pas le montrer même si à ses poings qui se crispaient de temps à autre il pouvait difficilement faire croire qu’il était au meilleur de sa forme.

Elle changea alors très rapidement de sujet et il se fit attentif à ce qu’elle disait, se fixant sur sa voix ce qui apaisa rapidement ses vertiges. Oui sauf que bon voilà… Elle le critiquait un peu là. Enfin, elle ne s’en rendait probablement pas compte mais elle était un peu en train de lui dire qu’il n’était qu’un gros maladroit bourrin qui l’avait à moitié torturée en la ballottant comme un sac à patates, qu’il n’avait pas grande forme et que ça se voyait bien qu’il n’avait jamais transporté d’être humain. Euh… il ne venait pas de lui sauver la vie là ?

Bon, c’est vrai qu’il avait été assez… mauvais. Même carrément très mauvais. Mais en même temps, c’était la première fois et instinctivement, son corps semblait contre l’idée, effectivement de porter un humain. Il était tout à fait d’accord pour dire que c’était inconfortable et dangereux pour eux deux également… Mais son égo venait d’en prendre un énorme… un monstrueux coup !
Ah ben au temps pour lui ! Il n’avait rien d’un chevalier là, vraiment !
Vexé, il se renfrogna mais très vite, cette expression disparut de son visage, remplacé par un sourire amusé puis charmé.

Elle ne semblait s’être rendu compte de rien et la demoiselle s’était lancé dans des explications simples mais excellentes et vraiment formatives sur ce qu’il pouvait faire, comment s’améliorer etc. Elle semblait vraiment vraiment informée et il n’en était qu’à peine surpris.
Oh bien sûr, il avait déjà remarqué qu’elle savait énormément de choses et qu’elle en savait même tant sur lui, sur les dragons que c’était étrange. Mais il ne se posait aucune question là-dessus. Pour lui, elle était la demoiselle intelligente et investie qui semblait tout savoir sur absolument tout, petite mage puissante pourtant si maladroite.

Au final, il n’avait plus du tout ressenti de rancœur par rapport à ce qui venait de se passer et ravi, l’écoutait avec une attention certaine.Des professeurs auraient probablement envié cette manière dont elle fascinait son auditoire et… jalousé ce jeune homme si attentif, si sage et intéressé.
Ah ça, il l’écoutait et comme chaque fois qu’elle parlait sur quelque chose qui l’intéressait, voire la passionnait, il écoutait plus que son discours, son corps.
Les informations qu’elle lui donnait oralement l’intéressaient bien sûr, mais les messages de son corps aussi. Elle souriait, elle était en même temps plus détendue et beaucoup plus énergiques, elle parlait avec ses mains aussi parfois, sollicitant beaucoup le geste dans ses explications, elle faisait des grimaces adorables pour ponctuer son discours et son regard sérieux, investi, mais si joyeux était vraiment quelque chose… d’à part.

Comme il était fatigué, il avait renoncé à se tenir droit, et, assis en tailleur, le menton dans la main, le coude en appui sur l’un de ses genoux, il l’observait et l’écoutait en silence, un large sourire aux lèvres. Elle se leva d’un bond d’ailleurs, sacrément agile et commença à vouloir lui mimer un certain comportement à adopter lorsqu’elle se figea, le regarda, semblant perdue dans ses pensées puis… son sourire disparut. Tristan, surpris, la vit alors se refermer sur elle-même, et c’était comme si la chaleur humaine qu’elle dégageait, enfin, sa joie de vivre pour faire plus clair, disparaissait ou gelait littéralement. Elle était figée oui, puis grimaça, portant la main à son cœur… enfin elle la porta surtout à sa poitrine et cela évoqua un bien intéressant écho chez son interlocuteur qui se faisait d’autant plus curieux pour le coup, se redressant légèrement, intéressé. Mais la peine sur son visage chassa toute pensée peu innocente de l’esprit du Drakkari qui ne comprit pas pourquoi elle lui tournait le dos et commençait déjà à s’éloigner, lui balançant juste une phrase… surprenante après tout ce qu’elle venait de dire.

Est-ce que… ce n’était pas bien ? Est-ce qu’ils faisaient quelque chose de mal en parlant ainsi, enfin… elle parlant et lui l’écoutant ? Est-ce qu’il avait y avait un but malsain à leur conversation, aux sourires de cette jeune femme pour que brusquement elle fasse tout cesser en évoquant juste sa fatigue dont elle semblait s’attribuer les méfaits ?
Il ne comprenait pas son brusque changement mais l’expression du jeune homme se durcit alors qu’elle s’éloignait de deux ou trois pas.
Lui-même s’était relevé rapidement alors qu’elle lui tournait le dos et le monde se mit singulièrement à danser autour de lui, ce qui n’avait absolument rien d’agréable. Il chancela un instant alors que la terre semblait osciller sous ses pieds… d’où les quelques pas de la demoiselle.

Mais elle ne partit pas plus loin…
Parce que brusquement, elle se retrouva enlacée par le jeune homme qui l’empêchait d’avancer ainsi. Bien sûr, comme elle lui tournait le dos, il avait passé ses bras autour d’elle et les pressaient autour de son corps mince et de ses bras, pour le coup, ça ressemblait à une étreinte forcée d’ailleurs parce qu’il ne lui laissait pas le loisir d’y déroger… Il ne lui faisait pas mal non plus mais elle aurait bien du mal à s’échapper disons.
Etrangement, il ne disait rien… Mais en réalité, ça n’avait rien d’étrange puisqu’il essayait de reprendre ses esprits, près de tourner de l’œil. Ouh… il s’était levé trop vite et n’avait apparemment pas compris qu’il n’était pas dans un aussi bon état qu’il voulait le faire croire. Seulement de la fatigue ? Bon d’accord, il était épuisé… mais quand même !

Ses prises au sol se firent plus sûres, se raffermissant en lui assurant un bon équilibre et il resserra très légèrement son étreinte. Encore une fois, il remarqua leur différence de taille et ne l’en trouva que plus craquante…. Pourtant, la voix du jeune homme était curieusement hachée quand il s’exprima enfin, décidé sans doute pour un long discours, mais comme s’il se retenait… de pleurer.

- Je suis désolé… J’ai oublié. J’ai perdu la mémoire… Tu le sais…  Mais j’ai conscience que toi tu me connaissais… d’avant et que j’ai dû être une sacrée ordure… J’ai compris dans le peu que tu m’as dit et ton attitude que je t’ai blessée et… et je ne comprends pas comment j’ai pu faire une chose pareille, même si j’ignore ce que c’est, à une si jolie jeune femme telle que toi. J’ai vu… comment tu me regardais… J’ai vu la colère et la haine que je t’inspirais… et j’ai vu… les efforts que tu as fournis pour… pour passer outre et m’accepter. Merci… Et pardon… Pardon… Pardon… Je suis tellement désolé… Quoi que je t’aie fait, crois-moi, je le regrette… J’aime nos conversations, j’aime passer du temps avec toi… mais… mais je sens toujours qu’il y a ce truc chez moi… qui te fait fuir… Comme là… Encore une fois… tu t’es éloignée, comme si j’allais être méchant avec toi. Comme si j’allais te faire du mal. Mais je ne veux pas… je… je ne peux pas te faire du mal…

Il s’était crispé, son étreinte se resserrant encore un peu tandis que ses muscles se contractaient et tremblaient légèrement… Mais ce fut son seul épanchement, l’instant d’après, il semblait redevenir insouciant et préférer la provocation, la taquinerie… C’était tellement plus facile après tout.

- Rêve pas trop, t’es pas assez imposante et impressionnante pour être responsable de mon état. Je dors mal et j’ai passé la nuit à faire mumuse avec le cadeau que tu m’as fait et que j’aime beaucoup dans le cas où tu n’aies pas remarqué qu’à défaut de chemise, j’ai cette sacoche. Ca aurait fait pareil avec n’importe qui, je suis sûr. Je suis juste fatigué et c’était la première fois que je prenais quelqu’un sur mon dos… Mais c’était bien et je veux que tu continues de m’expliquer tout ce que tu sais, je veux apprendre et mieux faire… Comme ça, la prochaine fois que je te rattraperai, tu n’auras pas peur et je pourrais te faire découvrir le monde du ciel sans craindre de me crasher comme un oisillon au saut du nid !

Il ricana puis la lâcha et l’incita à se retourner.
Le grand sourire plein d’insouciance qu’il affichait était renforcé par sa reprise de couleur. Oui, il était beaucoup moins pâle mais c’était peut-être aussi parce qu’il bougeait. Il lui assura, avec un clin d’œil, qu’il se reposerait une fois qu’ils seraient rentrés mais que pour l’instant, il profitait grandement de tout ce qu’elle lui disait pour s’instruire et surtout récupérer sans en donner l’impression, ce qui était très important pour son honneur mais chut, qu’il ne fallait pas le dire sinon elle allait le savoir.
Oui, il jouait… Et apparemment ça marchait plutôt bien…

Pourtant, alors qu’ils se rasseyaient l’un en face de l’autre et qu’elle semblait prête à reprendre ses explications, il remarqua la peine qui avait disparu de ses yeux, remplacée par de l’amusement, voire même de l’insouciance à son tour, mais il n’en était pas sûr. Il sourit et s’approcha très près d’elle, passant une main sur sa joue droite. D’ailleurs elle se crispa pas mal alors qu’il retirait simplement une feuille de ses cheveux. Il observa ladite feuille puis la jeune femme et sourit, haussant les épaules et une fois encore très attentif.

Du coup, ils attendirent ici qu’il ait suffisamment récupéré et cela leur permit à tous les deux d’en apprendre un peu plus, lui parce qu’il la découvrait dans sa manière d’être, dans toutes ses informations, elle parce qu’elle comprenait que ça l’intéressait, qu’elle avait dû saisir l’allusion qu’il avait bien envie d’essayer de voler encore avec elle et que mine de rien, cela devait la réjouir, au moins un peu, et puis parce qu’il donnait quelques impressions qu’il avait justement pendant le vol, échangeant avec elle là-dessus.
Oh il ne parlait pas beaucoup, mais qu’est ce qu’il l’écoutait attentivement par contre ! Et qu’est-ce qu’il souriait, pressé d’essayer tout ce qu’elle lui disait !

Ils finirent par rentrer, chacun de leur côté parce que la matinée à défaut d’être très entamée avait dû voir se lever la majorité des habitants de la cité… et qu’il l’avait averti justement de l’interrogatoire que lui avait fait subir Erwan… enfin, le tout en insistant bien sur le fait qu’il avait demandé à beaucoup d’autres personnes.
Tristan agit tel qu’il l’avait promis. Il mangea un peu puis rentra chez lui pour se reposer même s’il n’y resta pas longtemps et aidait beaucoup pour des menus travaux, il s’octroyait des pauses régulières et ne semblait pas vouloir s’entraîner aujourd’hui. Il voulait se fatiguer un peu plus, histoire de se garantir une bonne nuit sans doute mais une longue sieste l’aida déjà beaucoup. Une très longue sieste d’ailleurs puisqu’il dormit quasiment tout l’après-midi.

D’ailleurs, il savait que le diner n’allait pas tarder mais qu’il avait encore un peu de temps devant lui. Ravi, il repensa à ses rêves qui avaient parfaitement imagé tous les propos qu’avait pu lui tenir la petite mage. Ainsi, le jeune homme pouvait se vanter d’avoir expérimenté en images tout ce qu’elle lui avait dit. Instinctivement, il avait des réflexes face à ces pensées là. Eyh oui, ça coulait dans ses veines, il allait devoir s’y faire.
Il alla faire un tour sur le balcon et sourit en voyant que l’après midi touchait à sa fin et que justement, c’était tout à fait l’heure pour boire un petit coup. Mais comme son maitre et d’autres étaient déjà occupé à cette activité si saine bien plus bas, il décida de ne pas les rejoindre… Il n’avait pas tellement envie de se faire traiter de faiblard parce qu’il ne s’était pas entraîné aujourd’hui, et ce même si c’était vrai.

Les villageois qu’ils secouraient les remerciaient toujours, même s’ils leur affirmaient que c’était inutile, parfois c’était sous forme de récompense justement mais souvent, vraiment souvent, c’était avec des produits qu’ils cultivaient, travaillaient, bref, des produits de leurs régions.
Et plusieurs les avaient ainsi fournis en excellent vin… Enfin du moins certains d’entre eux avaient été récompensés ainsi… En réalité, ils avaient fait un partage équitable du « butin » rapporté mais il semblait qu’il savait mieux apprécier les bonnes choses que ses camarades qui ne faisaient apparemment que peu de différence et surtout buvaient comme des ivrognes quand ils étaient décidé à aller dans ce sens.

Il venait de déboucher une bouteille justement, s’assurant à l’odorat du plaisir gustatif que cela serait et il la laissait respirer, observant par la vaste porte vitrée du balcon le ciel se zébrer d’orange, conscient qu’il avait vraiment bien récupéré lorsqu’il sentit une odeur qu’il connaissait bien maintenant.
Celle de Cassidy… mêlée à une peur presque violente qui le fit se crisper alors qu’il se précipitait vers la porte au lieu du balcon, peu sûr d’être en état de se transformer à cet instant. Allons bon, que se passait-il au juste ?! Elle avait un prob…
Il arrivait justement devant ladite porte lorsque celle-ci s’ouvrit magiquement avec fracas… elle ne s’arracha pas de ses gonds mais s’ouvrit avec force… apparemment la demoiselle s’attendait à la trouver verrouillée. Le seul problème c’est qu’un jeune homme arrivait justement en face et qu’il la réceptionna… justement en pleine face !
Ce qui donna donc un retour immédiat de ladite porte alors qu’il poussait un grognement de douleur.

La demoiselle arriva alors, surprise, échevelée et l’air assez… interloquée de le voir se masser le front et le nez, comprenant apparemment l’incident… Mais elle avait l’air vraiment inquiète même si au fil des secondes qui passaient et de la surprise qui s’effilochait pour disparaitre, l’inquiétude fut remplacée par la colère.
Elle explosa alors ! Il écarquilla les yeux, comprenant qu’apparemment des enfants s’étaient amusés à lui jouer un sale tour en lui disant qu’il était très mal en point, qu’il se sentait mal, qu’il n’osait pas le dire aux autres, qu’il voulait qu’ils la préviennent mais que personne d’autre ne devait savoir… A ces mots là, pourtant, le jeune homme avait légèrement rougi mais elle ne semblait pas s’en rendre compte, trop furieuse du tour en question.

Pourtant elle aurait dû être plutôt rassurée de le voir en forme mais probablement était-elle gênée de s’être justement montrée si inquiète. Il se mit à sourire très vite, la trouvant radieuse même en colère ou peut-être surtout en colère, elle débordait de passion.
Il lui prit alors la main pour la calmer et la pressa doucement, l’attirant un peu plus à l’intérieur pour fermer la porte.

- Je suis navré qu’ils aient… fait ça. On dirait qu’ils aiment bien t’embêter. Ils doivent savoir que tu ne leur ferais jamais de mal. Allez, arrête, c’est fini… plus de peur que de mal. Je vais très bien, ma porte un peu moins vu sa rencontre fracassante avec toi d’un côté et mon front de l’autre…

Il lui sourit un peu plus largement et soudain son regard s’illumina comme s’il venait d’avoir une brillante idée alors qu’aussitôt son sourire se faisait plus taquin.

- Je viens de me rendre compte que tu ne connais pas du tout chez moi ! Attends ! Je vais te montrer ! Et puis… après toutes ces émotions, reste un peu ! Je viens d’ouvrir une bouteille de vin et il y a pleins de trucs à grignoter ! Allez ! S’il te plait !!!!

Apparemment, soit il était extrêmement craquant et convaincant, soit elle était très faible parce qu’elle finit par accepter même si elle semblait surprise de son comportement, en souriant légèrement. Il lui fit donc faire le tour du propriétaire avec un intérêt certain. Apparemment, c’était lui qui avait demandé à ce que l’endroit soit construit et aménagé ainsi. C’était bien assez et même trop grand pour une seule personne puisqu’il s’agissait d’un appartement en réalité, composé de plusieurs pièces qu’il aménageait probablement au fur et à mesure. Canapé et bibliothèque, cuisine (qu’il ne semblait pas beaucoup utiliser) et salle d’eau avec une vaste baignoire qui ressemblait presque à une petite piscine, une chambre pour des amis et la sienne qui semblait faire la même taille mais était davantage encombrée… D’ailleurs il parut gêné en remarquant ses quelques affaires qui trainaient mais il n’était pas vraiment désordonné. Effectivement, il avait fait la sieste puisque son grand lit couvert par des draps aussi rouges que ses cheveux –à se demander si on ne le perdait pas dedans- était défait.
Pourtant, quand elle se prêta au jeu de la découverte de cet environnement et qu’elle s’avança plus tard vers une pièce, il l’arrêta, enlaçant ses doigts des siens, la retenant.

- Euh non… là, il n’y a rien d’intéressant par contre, c’est un débarras… et je ne suis pas sûr qu’en l’ouvrant on ne se prenne pas tout sur la tête… Attends, tu n’as pas vu la meilleure pièce !!!!

Le balcon bien évidemment… qui s’étendait sur toute la longueur de l’appartement et qui donnait une vue imprenable sur la cité et le ciel, même si une partie était justement cachée par la voûte au-dessus de leur tête. Il sourit, la laissant à son admiration et s’éclipsa pour revenir bien vite avec un plateau chargé de la bouteille, de deux verres et d’un assortiment de tout ce qui devait pouvoir se manger de salé et se conserver dans les environs… ainsi qu’une assiette… disparaissant sous un monceaux de biscuits !

- Tadaaaa !!!!
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Cassidy Herediane
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MessageSujet: Re: Rêve ou cauchemar ?   Jeu 7 Nov - 21:39

Finalement, cela ne s’était pas passé si mal que ça pour un premier vol. Bien sûr, Cassidy était vraiment choquée, avait eu peur du déroulement mais pourtant, elle s’était rapidement rétablie. La chute avait été un peu périlleuse et quand elle avait vu Tristan pâle, l’air fatigué, la mage n’avait pas pu s’empêcher d’éprouver de l’inquiétude pour son ancien compagnon. Elle réagissait tellement instinctivement que c’était troublant. Oui elle avait un peu peur pour lui aussi, surtout qu’il y avait encore des choses qu’elle ignorait.

Elle avait juste frôlé ses lèvres, mais se reprenait assez rapidement, comme si elle n’avait pas le droit d’agir de la sorte avec lui. Comme si ses pulsions revenaient, mais au final… qu’espérait-elle en agissant de la sorte ? Cela l’inquiétait et alors, elle décida de changer très rapidement de conversation, le critiquant sur sa façon de voler. En même temps, elle ne voulait pas être méchante mais si il voulait recommencer l’expérience, autant qu’il apprenne à quoi s’en tenir pour éviter les mauvaises chutes. Oh maintenant qu’elle allait mieux, la jeune femme n’avait pas pu s’empêcher de lever les yeux au ciel en râlant intérieurement.

*Ouais ouais ouais ! Comme par hasard hein ! Vraiment fait exprès !*

Cependant, cette petite aventure l’avait aidé à aborder un nouveau sujet avec Tristan. Et qui apparemment la passionnait. Qui aurait pu croire que la mage qui détestait tellement les dragons avait des notions de vol ? Personne ! Mais, cette occasion avait fait que Cassidy était devenue beaucoup plus bavarde, comme si elle cherchait à l’aider. Maladroitement certes, mais elle avait pris le temps d’analyser la technique du vol sans se soucier du paysage. Mais voilà qui était intéressant pour lui.

Et elle se lança dans une explication très technique, poussée, de voler avec un humain. Et il avait raison, la mage était passionnée, investie, comme si c’était quelque chose qui lui plaisait énormément. Il ne le savait pas bien sûr, de ce qui l’avait poussé à apprendre tout ça, à connaître tous ces détails comme si elle avait déjà été dans cette situation. Mais alors qu’elle se levait, certainement pour mieux lui montrer visuellement, une ombre passa devant le visage de Cassidy.

Elle repensait… si il était si fatigué, si son corps de dragon n’avait pas tenu, alors c’était bien la faute de la mage ! Sa magie certainement, qui le bloquait. Elle se crispa et serra les dents. C’était un demi dragon bon sang ! Il ne voudrait certainement pas apprendre à voler avec une mage qui lui faisait du mal en plein vol ! Il pouvait le faire avec les autres mais pas avec elle. Alors elle fit demi-tour, marmonnant une petite phrase comme quoi elle était entièrement responsable de son état.

Cependant, elle ne réussit pas à aller plus loin. Parce que le jeune homme l’avait rapidement rattrapé et serré contre lui. Elle se crispa, ses yeux s’écarquillant de surprise. Même si elle était habillée, la demoiselle arrivait à sentir la chaleur qui se dégageait de Tristan. C’était doux, rassurant, apaisant. Depuis quand se sentait-elle aussi bien en étant à son contact ? Elle se détendait petit à petit alors qu’il prononça un discours. Dur retour à la réalité de ses souvenirs. Une ordure lui ? Mais elle savait bien qu’il était parti… heu oui bon d’accord, de base c’était vraiment une mauvaise chose puisqu’elle avait pleuré toutes les larmes de son corps, de quoi remplir tous les points d’eau d’Ascadian. Et même si la suite avait été tragique, il avait quand même fini par s’épanouir. Elle se le répétait, il était bien ici, il était bien, il y avait des gens qui l’aimait… et c’était mieux qu’il l’ait oublié. Même si son cœur se tordait douloureusement encore une fois à cette pensée.

Il parlait et elle se retint de lui expliquer, que ce n’était pas sa faute, qu’il n’y pouvait rien, qu’elle avait bien réussi à passer par-dessus et que ce qui la faisait partir n’était pas le comportement qu’il avait eu avec elle mais bien autre chose ! Une chose qu’il ne pouvait pas savoir, qu’il ne devait pas savoir et que ce serait suffisamment douloureux quand il l’apprendrait par lui-même.

Tristan continua sur sa lancée. Elle avait instinctivement posé ses mains sur les siennes, pas pour les enlever, non, juste pour tenter de l’apaiser, de lui faire comprendre que ce n’était pas si grave et qu’elle ne voulait pas qu’il soit aussi triste et désolé pour elle-même si ses paroles la touchait. C’était tellement dur aussi de savoir qu’il avait tout oublié et qu’elle ne pouvait même pas lui en parler.

Son discours d’après fut plus léger, plus insouciant alors qu’il montrait sa sacoche, qu’il disait qu’il voulait encore apprendre pour lui faire découvrir le monde du ciel. Un fin sourire mystérieux était apparut sur les lèvres de la jeune femme à cette évocation. Cette phrase ne passa pas dans l’oreille d’une sourde et ça restait quand même, un beau compliment. Il la fit se retourner et Cassidy l’observa lentement. Il souriait, avait l’air d’aller bien. La demoiselle ferma lentement les yeux et se fit pensive.

Une petite voix lui disait que c’était peut être une bonne occasion, qu’elle devrait simplement arrêter de craindre pour le moment ce qui pouvait arriver et que si il voulait apprendre à porter quelqu’un sur son dos, c’était pas une si mauvaise chose que ça, même si ça serait assez difficile pour lui. Mais après tout, il n’était que dragon à moitié non ? Elle acquiesça doucement d’un signe de tête et se rassit en face de lui.

Mais la demoiselle se renfrogna et le regarda droit dans les yeux très sérieusement.

« Promet moi juste une chose. Ne me mens pas… Je préfère apprendre la vérité plutôt qu’être dissimulée dans des mensonges… »

Elle n’attendait pas de réponse et se remit à parler. Il l’observait et à un moment, approcha sa main de sa joue. Cassidy se crispa, sans comprendre pourquoi il avait ce geste et vit la feuille qu’il retirait tout simplement de ses cheveux. Elle était devenue un peu rouge et avait perdu le fil de ses paroles, bégayant un peu avant de secouer rapidement la tête. Quand il avait juste passé sa main, elle avait éprouvé un frisson pas désagréable du tout, qui lui faisait du bien et encore une fois, elle se troublait.

Alors elle décida de se relever, cherchant quelque chose au sol, partant en direction d’arbres. Elle revint avec une branche morte, d’où deux autres branches partaient dans des sens opposés au milieu. La mage posa cette branche devant Tristan, marmonna un sort tout en traçant quelques runes dans les airs, poussière violette qui se répandait à son tracé. La branche se mit à grandir jusqu’à devenir énorme, de la taille d’un tronc, avec les deux branches qui partaient toujours dans les deux sens. Elle souriait.

« Voilà ! Imagine que c’est un dragon ! »

Il avait le sourire aux lèvres, un brin taquin, et elle regarda sa branche avant de le regarder, l’air boudeur et grincheux en croisant les bras puis en les décroisant et agitant très rapidement la main.

« Booh ! Ca va ! Ca va ! J’ai pas trouvé mieux hein ! Mais c’est important que tu visualise aussi la position que peut avoir un cavalier. Ca change pas trop d’un cheval… quoique… non je me trompe ! Y a de grosses différences quand même ! »

Elle venait de sauter dans les airs grâce à sa magie pour atterrir sur le dos de sa monture improvisée, prenant une position légèrement penchée en avant.

« Là comme tu le vois, il faut vraiment se tenir en avant pour accompagner plutôt que de subir. Position droite quand on avance en ligne et très important, si j’ai bien compris, ça freine pas mal les mouvements que d’avoir les jambes à proximité des ailes. Mieux vaut être bien posée à l’avant, pas trop haut non plus sinon on glisserait en avant si tu te mettais à plonger. »

La jeune femme ramena une mèche blonde derrière sa tête, apparemment très à l’aise dans cette position, puis se pencha légèrement sur un côté.

« Ca c’est quand on prend un virage, on se penche plus ou moins légèrement pour suivre les mouvements du dragon. Plus le virage est serré, plus on va se pencher. Enfin, le rôle d’un cavalier qui veut vraiment voler, et pas seulement se faire transporter comme un sac de patates, c’est aussi pouvoir anticiper chaque mouvement, chaque trajectoire, en étant attentif aux éléments comme la direction du vent, les lignes de mouvement et surtout, se faire le plus discret possible pour permettre au dragon d’accélérer quand il en a envie. Ne pas l’entraver dans ses mouvements, tu vois ? »

Elle souriait, était plus espiègle, une véritable mine d’informations.

« Enfin… toi ton rôle, c’est d’être le plus naturel possible. Comme si tu étais seul. Ca favorise l’équilibre et même si il y a toujours un risque de chute quand on ne s’y connaît pas, ça fait parti de l’entraînement. »

Cassidy se gratta lentement la tête, fit mine de réfléchir, apparemment un peu confuse et leva les yeux au ciel, comme si elle était en proie à un conflit interne.

« Heu… non ! En fait c’est être seul sans être seul. Une harmonie si tu préfères. C’est comme ceux qui arrivent à deviner les mouvements de l’autre sans avoir besoin de demander. Mais cette partie là reste très complexe. Pour un vol basique, les infos que je t’ai données suffisent. Pour aller faire les loopings, figures et prendre plus de risques, ça dépasse de loin tout ça. Mais de toute manière, y a pas de secret, il faut travailler et ça finit par se ressentir… »

Gros sourire d’excuse alors qu’elle faisait tourner une mèche de cheveux dorés entre ses doigts. Il participait aussi, donnant des informations aussi sur sa façon de voler, ce qui était également très précieux pour mieux le comprendre. Ils continuèrent de parler avant de prendre chacun le chemin du retour.

Si Tristan ne se montra pas de la journée, la petite mage elle, était allée voir Erwan pour le rassurer en déclarant qu’elle était partie un peu plus loin pour ses exercices matinaux avant qu’on l’appelle à nouveau pour s’occuper des chevaux. Elle ne fut pas en reste puisqu’on lui posa beaucoup de questions sur sa magie, alors qu’elle tentait d’expliquer du mieux qu’elle pouvait.
La soirée approcha vite, et elle était en train de nettoyer quelques pantalons à elle dans un petit bassin, seule. Trois enfants approchèrent d’elle, l’air intimidé et surtout un peu inquiets. Elle les regarda sans comprendre, un air de surprise sur le visage.

- Pardon de te déranger Madame la mage mais on vient te voir pour te prévenir. C’est Tristan…

La demoiselle fronça les sourcils, se demandant ce que le Drakkari avait encore fait.

« Il a quoi ? »

- Tu le répète à personne si on le dit ? Parce qu’on veut pas inquiéter tout le monde aussi… et lui non plus !

Cassidy grommela. Allons donc !

- Il avait l’air très malade, tout pâle et pas dans son assiette quand il rentrait chez lui. On l’a vu et voulait te prévenir… Que comme tu es une grande mage, tu pourrais certainement l’aider. Mais vraiment très très pâle… et puis…

L’enfant n’eut pas le loisir d’en dire davantage que la jeune femme avait tout lâché et s’était précipité vers la maison de Tristan. Elle était très pâle, son cœur battant vite et craignant que le pire était arrivé… encore par sa faute ! La demoiselle bouscula même plusieurs personnes au passage, s’attirant des grognements alors qu’elle disparaissait dans un nuage de poussière.

Arrivée à la porte, sur le coup de la panique, elle avait fait un large mouvement de la main pour l’ouvrir magiquement, craignant qu’il s’était enfermé en revenant sur sa décision. La porte s’était ouverte avec fracas et se heurta contre quelque chose de dire. Tristan était de l’autre côté, venant de se prendre un sacré coup.

Elle écarquilla les yeux, l’examinant, se rapprochant de lui comme pour l’observer attentivement. Il n’était pas pâle… il avait l’air en forme même. Elle le toucha même au bras, pour se rendre compte elle-même de la situation. Avant de se rendre compte qu’on l’avait bien eu ! L’expression d’inquiétude se transforma en colère alors qu’elle montra les dents.

« Petits monstres ! Ils vont m’entendre ! J’y crois pas ! Me dire que tu étais malade pour… pour… grrrrr ! désolé ! je vais aller m’occuper d’eux ! »

La jeune femme avait sa fierté et arriver aussi paniquée chez Tristan sans respecter la porte ni quoi que ce soit et surtout, montrer qu’elle s’inquiétait pour lui était vraiment… enfin elle ne voulait pas le montrer ! Elle se tournait déjà pour mettre à exécution sa menace quand il l’attrapa par la main en tentant de la calmer et insistant pour qu’elle reste.

Cassidy le regarda un instant, semblant réfléchir et finalement craqua pour le suivre. Il lui présenta alors sa maison qui était plutôt grande. Cependant, cela suscita de la nostalgie de la part de la demoiselle, se rappelant qu’elle avait abandonné sa chambre à l’académie… enfin leur chambre pour aller habiter chez Erwan. Au final… elle n’avait plus vraiment de chez elle et se sentait plus comme une locataire… parce qu’elle n’avait jamais mis une dose de sa personnalité chez Erwan, aucun élément de décoration… rien. Son regard se voila un instant et elle secoua la tête pour se faire plus insouciante, comme si elle ne voulait pas qu’il s’inquiète.

Il n’avait pas l’air d’habiter avec quelqu’un mais… quand même. Elle fit style de ne pas y penser et s’intéressa à une pièce fermée. Mais encore une fois, la jeune femme sentit la main de Tristan dans la sienne. C’est fou quand même comme un simple contact pouvait perturber. Il affirma qu’il n’y avait rien dedans. Un débarras de quoi ? Il était si encombré d’affaires que ça ? Elle en était curieuse mais sagement, décida de le suivre sans poser plus de questions.

Il la détourna vers le balcon et en effet, la vue était magnifique. On voyait toute la cité d’ici et alors qu’il s’éclipsait, elle s’approcha du rebord, s’appuyant contre le balcon et regarda en bas. On pouvait voir les cascades d’ici. Ainsi il avait bien refait sa vie. Le regard un peu vitreux, elle soupira lentement, laissant tomber ce masque d’insouciance pour être un peu plus triste, croisant les bras sur la rambarde et regardant le ciel qui se couvrait d’étoiles scintillantes.

Le jeune homme revint rapidement avec la bouteille et des biscuits. Elle le regarda avec des yeux ronds. Des biscuits… elle adorait les biscuits même si elle avait beaucoup freiné depuis que Tristan était parti. Cassidy se mit à sourire doucement.

« C’est vraiment… très bien chez toi. »

Il s’approcha d’elle en posant le reste sur une petite table à côté, débouchant la bouteille pour verser le vin alors qu’elle se remit à regarder les étoiles. Plus bas, une silhouette ne faisait que passer mais avait bien vu... le « petit duo » sur le balcon. Il en avait assez vu et disparut. Tristan donna un verre à Cassidy et malgré le fait que la jeune femme était très rapidement… soûl en buvant, elle ne fit aucun commentaire, et accepta le verre, ne pouvant refuser.
La demoiselle but tranquillement puis s’attaqua aux biscuits et apparemment, Tristan devait remarqué qu’elle aimait ça. Pour combler le silence, éviter d’en venir aux questions gênantes. Elle regardait le ciel, pensive, puis fit glisser un biscuit entre ses doigts.

« Je suis contente que ma sacoche te plaise… ça me fait… plaisir… »

L’alcool commençant à faire effet, elle s’était tournée pour prendre un nouveau biscuit, Tristan toujours accoudé au rebord de son balcon, fixant les étoiles. Mais quand elle revint, la petite mage fit une chose tout à fait imprévisible. Elle venait de se coller derrière Tristan et l’enlaçait avec une certaine tendresse tout en posant sa tête contre son dos, écoutant sans entendre les battements de son cœur. La demoiselle ferma lentement les yeux, se rappelant de certains souvenirs qui n’étaient plus qu’un rêve aujourd’hui. Douloureux… Elle le serra un peu plus contre elle, tout doucement, sans dire un mot, se passant bien de mots justement.

Puis après un moment, elle le lâcha et se plaça à côté de lui, regardant le ciel.

« Les étoiles sont très jolies ce soir… »

Elle manqua de tomber en avant puis se tourna avec un magnifique sourire en prétextant qu’elle avait certainement trop bu.

« En tout caaaaas tu saiiiiis ! Tu es quand même pas si mal en dragon ! Enfiiiiiin j’ai vu que des écailles maiiiiiiiiis ! Breeeeeeef je te préfère quand même en Drakkari ! Et puis les dragons c’est majestueuuuuuuux ! On a l’impression qu’ils dominent le mondeuuuuuuuh ! Si ils avaient pas un aussi fichu de sale caractèèèèère ! Heuuuu pas toi heiiiin ! Toi tu es adoraaaable ! Oui oui je t’assure c’est vrai ! Et puiiiiiiiis je dois pas te le dire normalement maaaaaaais… »

La demoiselle venait de tomber dans les bras de Tristan, victime d’un vertige alors qu’elle posa la tête contre son torse, apparemment assoupie. Il ne savait pas quoi faire sûrement mais après un petit moment, elle se réveilla et se frotta les yeux.

« Oups pardon… j’ai pas du dormir assez moi aussi… Je vais rentrer. Merci en tout cas… »

Elle tourna les talons, se mangea le mur au lieu de la porte d’entrée au passage, grommela puis rentra dans la petite maison qui lui avait été attribué avec Erwan qui avait moins de charme, il fallait le reconnaître. Cependant, Erwan l’attendait et il ne devait vraiment pas être content. Surtout qu’elle souriait bêtement en le regardant.

- Tu étais où Cassy ?

Il était à côté du bureau, l’air agacé, les bras croisés.

« Heuuuuu je me baladais pourquoi ? »

- Chez Tristan ?

Toute trace d’alcool disparut de chez Cassidy qui ouvrit les yeux de surprise. Comment savait-il ?

- Je t’ai vu chez lui…

« Ah ben c’est bien il voulait juste me faire visiter rien de… »

- Rien d’alarmant ? Non mais tu t’entends un peu quand même ? Je suis sûr que c’est pas la première fois que tu traines avec lui ! Enfin Cassy tu devrais le savoir quand même, après tout le mal qu’il t’a fait tu ne vas pas recommencer.

Elle soupira et se détourna de lui.

« Allons bon… je n’ai rien à dire, si tu veux pas me croire c’est pareil »

- Et qui te dis qu’il va pas essayer de te charmer à nouveau ? Il a toujours été…

Cassidy avait serré le poing en tremblant et s’était avancé vers Erwan, l’air menaçant, bien plus que nécessaire.

« Il ne m’aime plus d’accord ? Il m’a complètement oublié ! Je dois être pour lui une bonne amie mais certainement pas une proie à draguer ! Qu’est-ce que tu veux que je dise ? Bien sûr ! Y a absolument rien entre nous si ça t’inquiète tant que ça ! »

C’était douloureux… très douloureux ce rappel à l’ordre. Et elle ne savait pas pourquoi cela lui faisait autant de peine, pourquoi elle s’énervait autant. Erwan soupira et regarda sur le côté.

- Bon c’est décidé, demain je rentre à Glindel…

« Quoiiiiiiiiii ?! »

- Non mais tu t’entends ? Tu vas pas rester éternellement ici ! Ta place n’est pas là mais à ton école, c’est tout. Y a des gens qui comptent sur toi…

« Et si je refuse ? »

- Alors je dévoilerais ton identité Eikä…

« Mais t’es malade ! Pourquoi… »

- Pour te faire réagir ! Je suis content que tu ailles mieux mais… on doit partir ! Tu as des responsabilités…

Elle grommela mais il avait absolument raison… la jeune femme soupira et se massa le front. En déclarant qu’elle allait dormir et qu’elle viendrait avec lui mais étrangement, son cœur se serra alors qu’une image d’un certain Drakkari apparut dans sa tête. Elle l’ignora puis partit dormir.

Mais dans la nuit, il lui était impossible de fermer l’œil. Elle soupirait, semblait triste et n’arrivait pas à être bien. Finalement elle invoqua un clone d’elle-même qui prenait sa place, s’habilla simplement et sorti sans un bruit, se dirigeant chez Tristan et frappant à sa porte.

Arrivée, elle prononça la formule quand elle n’allait pas bien, d’un air un peu… bah elle n’était pas dans son assiette.

« J’espère que tu n’es pas trop fatigué… »

Elle remarqua qu’il avait pris la sacoche et la suivait jusqu’à l’extérieur. Enfin arrivés à une petite clairière, la jeune femme le regarda, prenant un air neutre.

« Bon… si j’ai bien compris je dois pas prendre de potions mais me défouler sur toi c’est bien ça ? »

Il avait acquiescé. Alors elle s’était jetée sur lui et tentait de lui donner des petits coups, bien trop faibles pour être réellement menaçants. Tristan reculait alors qu’elle semblait vraiment, triste, peinée. Quelque chose ne tournait pas rond et surtout, elle ne le regardait pas en face. Il trébucha sur une racine et elle se retrouva à trébucher sur lui, se retrouvant au-dessus de lui, son regard croisant le sien. Mais elle était complètement incapable de lui dire quoi que ce soit, se contentant d’étreindre la tunique du Drakkari avec beaucoup de force, comme si elle ne voulait pas se décrocher de lui. Pourquoi elle n’arrivait pas à le détester tout simplement ? Pourquoi à chaque fois qu’elle le regardait elle se refusait de lui faire de la peine ? Pourquoi ? Elle avait les larmes aux yeux et enfoui sa tête dans le cou du jeune homme, pour ne pas qu’il la voit pleurer.

Puis, lentement, elle se redressa et se mit debout, cherchant à avoir un regard neutre.

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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: Rêve ou cauchemar ?   Ven 8 Nov - 23:24

Dormir… Décidément il en avait sacrément besoin et cette fois-là, la fatigue l’emportant, le jeune homme s’était écroulée et n’avait eu aucun mal à trouver le sommeil, ne cauchemardant pas… Mais rêvant… Oh oui, rêvant tout son saoul !
Il était rapidement rentré au final et s’était installé sur son lit après avoir fait un tour aux douches. La fatigue l’harassait d’ailleurs tant qu’il n’avait même pas essayé d’aller se baigner, pensant ridiculement pouvoir couler s’il venait à s’assoupir. En tout et pour tout vêtu d’un boxer, il s’était glissé sous les couvertures et n’avait pas cherché à clore les volets, sa fatigue lui permettant de dormir malgré l’éclat du soleil de la journée, surtout qu’il faisait très beau, une fois de plus.
Une poignée de secondes après, il dormait. Au début, son visage exprima une gêne et il s’agita un peu mais très vite ses traits se détendirent tandis qu’un sourire éclairait son visage.

Ses rêves, il s’en souvenait très bien.
Il avait rêvé de Cassidy… Encore.
De ce qui s’était passé quelques heures plus tôt. Comment il l’avait sauvée d’une chute probablement mortelle, ne comprenant pas pourquoi elle n’utilisait pas sa magie, sentant inconsciemment qu’elle n’en était pas capable. Leur atterrissage mouvementé dans la forêt lui tira une grimace dans son sommeil ainsi que le souvenir de la manière dont le visage de la jolie jeune femme, si captivante, s’était fermé alors qu’elle cherchait à s’éloigner.
Heureusement qu’elle s’était exprimée… Et encore…
Si elle n’avait pas précisé qu’elle le laissait tranquille parce qu’elle pensait être responsable de son état, probablement… oui probablement aurait-il cru qu’elle ne l’aimait pas tout simplement. Qu’elle était dégoûtée d’avoir été secourue par un dragon ou… quelque chose comme ça. Pourtant, elle lui avait déjà prouvé, à maintes reprises que son discours initial sur les dragons n’était pas à prendre en compte, mais quand même. Persistait en lui, le sentiment qu’elle le voyait comme une menace, comme une mauvaise chose, qu’il lui avait fait beaucoup de mal, qu’il continuait… Et il ne voulait pas.

Mais il avait eu le courage de s’exprimer… Heureusement.
Si son discours suivant avait été plus léger, insouciant, un brin provocant mais tellement plein de petites déclarations : il aimait tout ce qu’elle lui racontait, elle était intéressante, il avait envie d’apprendre, il avait envie de savoir voler… avec elle ; le précédent était plutôt… sensible, carrément émotif même. S’il avait repris un comportement bien plus propre à l’ancien jeune homme plein de cran et de fougue qu’il était auparavant, il était également encore capable de cette sensibilité assez brusque et inattendue qui le qualifiait autrefois. Non rien ne laissait vraiment présager quand il allait se livrer, quand il allait se montrer plus doux, plus honnête aussi. Mais au final, n’avait-elle pas toujours aimé ces petites « surprises » ? Même si peut-être, que justement, sans s’en rendre compte, il lui faisait du mal justement en redevenant comme avant. Mais il y avait plus d’aveux dans ses paroles que ce qu’il souhaitait à l’origine. Non…il ne voulait pas lui faire du mal… C’était même tout le contraire, lui, il voulait la protéger. Ne l’avait-elle pas compris.

Dans son sommeil Tristan frémit, ses muscles faciaux s’agitant alors qu’un panel d’expressions repassait sur son visage. Expressions qu’elle n’avait pas pu voir puisqu’ils ne se faisaient pas face : ses dents qu’il serrait pour contrôler la boule douloureuse qui lui obstruait la gorge et ses yeux qui le piquaient, son frémissement et son réflexe de fermer les yeux lorsqu’elle avait posé ses mains sur les siennes, son sourire alors qu’il profitait de leur proximité pour respirer son odeur, en noter les nuances, écouter les battements rapides de son cœur… Mais ses mains sur les siennes restaient probablement sa sensation préférée, à part bien sûr celle de sentir ce corps menu contre le sien et d’avoir l’impression merveilleuse que si elle restait dans ses bras, il pourrait toujours la protéger. Il avait failli prononcer ces quelques mots, et seule la réalité l’avait rappelé à l’ordre. Comme ça avait été dur de la retrouver…

La douceur et la tendresse qui se lisaient clairement sur les traits du jeune homme endormi furent rapidement remplacés par l’amusement, la joie, le trouble, la curiosité alors qu’il revivait en rêve les explications de la jeune femme, son « dragon de bois », ses mimes, ses grimaces, ses sourires… Ah ses sourires…

Il s’était éveillé sur cette image, d’un coup, sans sursauter, mais en ouvrant brusquement les yeux et il avait fixé le plafond comme si la vision qu’il avait quittée était la réalité, celle qu’il avait en ce moment un rêve, souhait d’inversement des tendances. Pourquoi ?
Pourquoi maintenant ? Pourquoi encore ? Pourquoi comme ça ?
Il se crispa brusquement en fermant les yeux et serrant si fort les dents d’un coup qu’un claquement sec se fit entendre. Cette fois c’était la douleur qui passait sur ses traits alors que ses muscles se contractaient et qu’il pressait ses tempes de ses mains. Il arrêta aussi rapidement qu’il avait commencé et, allongé sur le côté, fixa l’oreiller à côté du sien, le prenant entre ses bras, perdu dans ses pensées. C’est en soupirant qu’il s’était levé, habillé, observant la vue du balcon, puis passant devant une des portes qu’il connaissait si bien, il s’était arrêté, avait sorti une clé d’un placard et l’avait déverrouillée avant d’entrer. En réalité, ce n’était pas si chaotique que ce qu’il affirma plus tard, mais il valait probablement mieux mentir à ce sujet. Ce secret était bien assez lourd à porter ainsi.
Un pâle sourire éclaira ses traits puis il ressortit de la pièce mais sans la reverrouiller malheureusement. Après tout… C’était probablement sa pénitence pour tout le mal qu’il semblait avoir causé autour de lui.

C’est juste après qu’il avait décidé de boire un verre et c’est sur ces entrefaites qu’il avait senti la peur de Cassidy, s’était précipité vers la porte et… l’avait vu sous un tout nouvel angle lorsque celle-ci l’avait violemment heurté. Ouie !!!
Décidément la force magique de la jeune femme était sans équivoque ! Il ignorait que c’était si simple d’ouvrir une porte à distance !
Par contre, elle semblait vraiment inquiète, puis très vite en colère quand elle comprit qu’il allait très bien et que les enfants lui avaient joué un sale tour. Elle devait être plus gênée qu’autre chose et son caractère passionné le prit une fois de plus au dépourvu alors qu’un beau sourire éclairait le visage du jeune homme. Elle le faisait rire, vraiment !
De son côté, il ne pouvait pas en vouloir aux enfants, vraiment pas ! Ils étaient très observateurs après tout et ils avaient bien dû remonter l’intérêt que le garçon portait à la jeune femme. Cette simple perspective le mettait mal à l’aise mais après tout… pour le coup, il leur était reconnaissant.

Ils visitèrent puis s’installèrent sur le balcon. Alors qu’il apportait le plateau, il repensa à son mensonge, histoire de débarras encombré pour l’empêcher d’entrer dans la fameuse pièce qu’il s’était empressé de verrouiller en allant chercher à boire justement… Le matin même, elle lui avait demandé de ne pas lui mentir. Il n’avait pas compris pourquoi brusquement elle lui sortait cette phrase, il n’avait pas compris à quoi elle s’appliquait et pourquoi elle lui disait cela mais… il s’était senti mal dès qu’elle l’avait prononcée. Mentir ? Il mentait à tout le monde malheureusement… Pourquoi avec elle cela serait différent ? Les mensonges, il les collectionnait, constamment… faisant croire qu’il allait bien, faisant croire qu’il était remis, faisant croire que ces entrainements, ces missions ne mettaient pas son corps et son esprit à mal, faisant croire à Maud qu’il ne faisait plus de cauchemars, faisant croire à son maitre qu’il ne souffrait plus de ces douleurs osseuses brutales qui le prenaient sans prévenir depuis qu’il avait perdu la mémoire, depuis qu’il réapprenait tout.
Et elle… Il venait de lui mentir en disant que ce n’était pas à cause d’elle qu’il était fatigué, même s’il était aussi fatigué d’avant, pas à cause d’elle qu’il s’était retransformé… Non, ce n’était pas à cause d’elle, à cause faisait trop mal… disons plutôt « par elle ».
Et puis… Elle lui demandait de ne pas lui mentir… Mais elle, elle n’arrêtait pas de mentir. Il le sentait… Il le voyait. Les autres étaient peut-être dupes. Mais pas lui. Seulement, les mensonges existent bien trop souvent pour protéger, alors il ne la harcèlerait pas, il l’aiderait s’il le pouvait, qu’elle le sache ou pas. Mais il ne la forcerait pas à dire la vérité… Mentir était bien tristement parfois la seule chose qui protège le propriétaire du mensonge d’affronter en face une réalité trop difficile.

Il était revenu avec de quoi boire et manger, faisant disparaitre toute trace de son trouble. Elle aussi… Comme toujours. Il sourit à son compliment et lui servit un verre, buvant le sien pour se donner contenance et ne pas avoir besoin de parler. Il ne savait pas quoi lui dire. A part ce qui passait en boucle dans son esprit : il était heureux qu’elle soit venue le voir, inquiète, même s’il regrettait qu’elle se soit fait du mauvais sang pour rien. Peut-être qu’au final… Elle l’aimait bien. Un peu… un tout petit peu.
Il remarqua bien vite qu’elle aimait les biscuits et sourit, ravi et prenant note mentalement de ce petit détail. Elle parla de la sacoche et il sourit.

- Oui… Merci encore… Va falloir que je te trouve un cadeau moi aussi alors… Mais chut, faut que je réflechisse, ça ne risque pas d’être simple et tu peux dire ce que tu veux, je n’en démordrai pas !

Grand sourire innocent de la part du jeune homme. Il n’allait certainement pas la laisser lui offrir une chose pareille sans qu’elle ait un retour même piètre de son affection. Même si pour l’instant, il ne savait vraiment pas quoi faire, surtout qu’il ne voulait pas qu’elle se sente mal à l’aise… Eh bien, il pourrait toujours demander à Erwan ce qu’elle aimerait. Oui, le jeune homme était suffisamment insouciant pour croire qu’il pouvait impunément poser la question à son « ex rival » et s’en sortir indemne… Etrange Drakkari !

Il réfléchissait d’ailleurs alors qu’elle grignotait des biscuits, le jeune homme s’appuyant nonchalamment sur les coudes, la tête dans les mains, sur le bord du balcon, observant les étoiles qui commençaient déjà à piqueter le ciel lorsqu’il sentit un corps chaud frôler puis étreindre le sien.
Elle… Elle lui faisait un câlin là ou quoi ?
Le jeune homme ne se crispa pas violemment ou quoi que ce soit de ce type… bougeant très peu. Mais une de ses mains lâcha son menton et ses ongles crissèrent légèrement sur la pierre alors qu’il avait des mouvements propres à des tremblements compulsifs… mais juste des mains…Les yeux fermés lui aussi, il respirait lentement, ou du moins essayait, une nouvelle boule douloureuse lui étreignant la gorge. Il ouvrit la bouche pour lui parler, trouvant enfin le courage… mais elle s’écarta et commenta les étoiles. Allons bon !

Il la regardait alors qu’elle se plaçait à côté de lui, les yeux levés vers les étoiles, tellement belle dans cette semi-obscurité tandis que la lune se levait elle aussi et jetait de bien agréables éclats sur la peau de la jeune femme. Elle trouvait les étoiles belles. Il sourit et confirma… même si elle ne sembla pas remarquer qu’il ne regardait pas les étoiles justement. Tiens, ses cheveux devenaient presque argentés sous les rayons de la lune. Ca ne changeait rien, elle était toujours aussi belle.
Là encore, il ouvrit la bouche pour parler mais elle l’interrompit en parlant cette fois et elle semblait… assez expressive et à priori ne pas tenir l’alcool, ce qui lui tira un grand sourire amusé. C’était assez confus mais elle le complimentait et il se sentit tout de suit très bien, vraiment très bien, ravi, sans se l’expliquer. Vraiment ? Elle le trouvait adorable.
Il sourit, effleura une de ses mains en se penchant légèrement vers elle quand elle lui tomba littéralement dans les bras.

Non mais vraiment !!! Comme si elle venait de faire un malaise !
Tristan avait de nouveau frémi lorsqu’elle avait posé les mains et la tête contre son torse, même s’il portait une chemise cette fois mais ses bras se resserrèrent très vite sur elle alors qu’il sentait sa conscience l’abandonner. Mais… Mais qu’est ce qui se passait ? Qu’est ce qui lui arrivait ?!
Le jeune homme s’agenouilla très vite au sol, la soutenant en la maintenant contre lui, lui tapotant une main tandis que son autre bras était occupé à la presser contre son torse. Il l’appelait et sa voix semblait de plus en plus paniquée alors qu’il avait l’impression d’être terriblement maladroit, incapable de réfléchir et d’agir comme il le fallait. Il allait se relever et la porter jusqu’à chez Maud pour appeler la mage guérisseuse quand elle reprit connaissance et s’écarta de lui.

Elle affirma que ce n’était rien et partit très vite malgré ses faibles protestations comme quoi elle ne semblait pas bien, qu’elle avait l’air d’aller mal, qu’elle pouvait rester… Il se doutait que ce n’était pas que de la fatigue… Etre fatiguée ne fait pas tomber dans les pommes. Mais il n’avait aucune prise sur elle, aucun droit sur elle et… il ne savait pas comment la retenir. Elle était ainsi, il l’avait compris, forte et indépendante et leur amitié était encore trop jeune et fragile pour qu’il ait réellement son mot à dire. Elle pouvait mal le prendre, couper les ponts, ça l’effrayait, plus qu’il ne le croyait. Mais il s’inquiétait vraiment… Où était le problème qu’elle reste se reposer ici hein ? Lorsqu’il voulut la raccompagner, elle continua de lui dire que tout allait bien, qu’elle rentrait seule, pleine de confiance, malgré qu’elle vienne de se prendre un mur et il eut l’impression qu’il la gênait plus qu’autre chose, se figeant sur place, dans le couloir, la regardant partir sans un mot, la mine sombre. Elle ne se retourna pas et elle fit bien. Elle n’aurait pas aimé ce qu’elle aurait vu…

Elle ne vint pas au diner ce soir là. Il n’y vit qu’Erwan, passé rapidement pour manger quelque chose, qui ne s’attarda pas, emportant tout de même une assiette pour sa petite amie sans doute. Bien sûr Tristan ignorait qu’ils s’étaient disputés et encore plus que c’était à cause de lui et cela valait probablement mieux. Il s’en serait voulu. Pourtant, la mine sombre, fermé, le jeune homme n’avala rien au diner, se contentant de s’asseoir près du grand feu qui flambait dans un coin de la place, un verre à la main, perdu dans ses pensées.
La haine et la violence lui étreignaient encore bien assez le cœur, il faisait mieux de rester calme et seul.

Il rentra rapidement lui aussi, prétextant la fatigue alors que Maud l’observait partir, pensive et inquiète. Mais elle ne l’embêta pas. Il ne valait mieux pas… Pas s’il était dans une de ces phases qu’elle commençait à connaitre.
Il avait probablement trop dormi parce qu’il n’arrivait plus à se rendormir justement et il se jucha une fois de plus sur le bord de son balcon, en sous-vêtements, observant les étoiles, assis en tailleur.
En bas, comme chaque soir, c’était un repas convivial, joyeux, quelques animations même si personne ne se coucherait vraiment tard mais il n’arrivait pas à avoir le cœur à la fête vraiment pas.
Qu’est ce qui n’allait pas chez lui au juste ?
Quel message pourtant clair n’avait-il pas compris ?

Il ne sut combien de temps il resta là, interrogeant du regard les points lumineux bien au-dessus de sa tête en repensant à tout ceci, à ce secret, à sa douleur. Parler ? Pourquoi faire ? Ca ne ferait que du mal… Mais elle, pourquoi ne lui parlait-elle pas ? Il le sentait quand elle était mal, même si elle jouait bien la comédie et que les autres la croyaient… Il le sentait à son odeur, il le voyait à son regard, il le sentait… à la sensation de sa peau. Pourquoi ? Pourquoi elle ? Pourquoi comme ça ?

Soudain on toqua à la porte et il se dirigea machinalement vers celle-ci, ouvrant sans vraiment… chercher à savoir qui c’était. Il se crispa en découvrant Cassidy alors qu’il pensait justement à elle. Elle semblait… ne pas aller bien et le montrer pour une fois, le lui montrer. Diable ! Il s’en faisait justement la réflexion ! Elle n’avait pas besoin de prononcer la formule pour qu’il comprenne. Il murmura un « j’arrive » en laissant la porte ouverte et attrapa rapidement des vêtements, sa sacoche et son épée, ne sachant trop ce dont il pouvait avoir besoin. En fait, il s’habilla carrément en la rejoignant, sautillant sur place en enfilant ses bottes et la situation aurait pu être drôle si ça n’avait pas été aussi sérieux, s’il n’avait pas été persuadé que quelque chose n’allait…vraiment pas ce soir.
Sans un mot, il la suivit, pris de l’envie de lui tenir la main, de la serrer, invoquant l’innocent sentiment de vouloir la suivre, mais… il s’abstint. Non, quelque chose n’allait pas et il craignait à présent que chacun de ses gestes soit jugé.
Est-ce qu’elle avait compris ? Si oui… il était dans de beaux draps !

Ils s’étaient enfin arrêtés et elle avait en quelque sorte répété les termes de leur contrat : pas de potion. Il avait acquiescé mais ne savait pas quoi lui dire. Lui…ne savait pas comment parler, comment la rassurer, comment s’expliquer. Il comptait sur elle pour ça. Mais il était là. Si elle avait besoin d’un défouloir, d’un soutien… Il serait son punching ball ou le roc contre lequel elle pourrait s’appuyer, inébranlable… enfin presque !

Elle l’attaqua aussitôt mais ça n’allait pas. Une fois encore, ça n’allait pas du tout !
C’était ridicule ! C’était inqualifiable ! Elle était une mage, douée d’une puissance qu’il n’arrivait même pas à déterminer. Physiquement, elle serait toujours plus faible qu’une guerrière mais elle avait un corps entraîné, semblait être physiquement apte à se défendre, au moins un peu, alors qu’est ce que c’était que ces coups ridicules ?! Ou alors elle avait vraiment besoin de cours pour apprendre à frapper correctement. Il se crispa…
Il ne pouvait pas répondre à ça. Même en simplement se défendant il risquait de lui faire mal. Elle avait une garde pitoyable et des appuis totalement inutiles. Rien qu’en repoussant un de ses poings pour repousser donc un de ses coups, il risquait de la déstabiliser et de l’envoyer valser.

Que lui arrivait-il ?
Il savait qu’elle n’était certainement pas très… apte à se battre sur le plan physique ! Mais ça… ça ce n’était pas ce qu’elle valait sur ce front, non certainement pas. C’était faible, c’était inutile et désespéré. Qu’est ce qui se passait au juste ???
Alors il ne répondait pas, il se contentait d’encaisser ou d’esquiver, reculant lentement, essayant de lui parler. Il l’appelait doucement par son prénom et sans s’en rendre compte par son diminutif. Mais elle ne répondait pas… Il n’arrivait pas à distinguer ses yeux dans l’obscurité, il n’arrivait pas à voir son visage et pourtant sa vue nocturne était bien plus affutée que celle de la petite mage. Il n’arrivait pas à voir ou il ne voulait pas voir ? La tristesse, il la sentait, elle auréolait presque la petite mage… Et ça lui faisait mal, tellement mal. Pourquoi était-elle triste ? Pourquoi ? Pourquoi ?!!!!!
A force de reculer et de ne pas faire attention, il se prit le talon dans une racine. D’ailleurs il avait pris de l’élan, essayant de mettre de la distance entre eux pour l’arrêter… Ce fut la raison pour laquelle il tomba et elle justement essayait sans doute de l’empêcher de mettre cette distance parce qu’elle avait mal d’élan aussi et qu’elle lui tomba donc tout naturellement dessus.

Elle se retrouva juste au-dessus de lui alors qu’il grimaçait sous l’impact de son dos contre le sol mais il ne ferma pas les yeux malheureusement, ayant ainsi tout loisir de voir pendant un court instant les yeux plein de peine, plein de chagrin, plein d’une torture inqualifiable qui semblait ébranler la jeune femme. Il écarquilla les yeux de surprise, ouvrant la bouche, horrifié… mais elle évitait déjà de nouveau son regard, étreignant sa chemise qu’il avait laissé bien trop entrouverte pour le coup.
Elle glissa son visage contre sa gorge et le jeune homme se prit une monstrueuse claque. Son corps se crispa de nouveau alors qu’il écarquillait un peu plus les yeux, hébété, surpris, perturbé par tous les signaux que lui envoyait son corps.
Ses cheveux effleuraient sa gorge et son visage, ça chatouillait, c’était doux, agréable. Son odeur était tellement douce, tellement printanière, alors qu’elle la laissait, sans s’en rendre compte un peu, juste un peu sur sa chemise, ses mains fines, qu’il trouvait si petites et délicates par rapport aux siennes étreignaient avec force son vêtement et égratignaient légèrement sa peau au passage mais ça ne faisait pas mal, non, pas mal du tout même. Elle était si légère sur lui qu’il se demanda un instant si elle était réellement… eh bien sur lui justement… Mais la sensation de son corps contre le sien le renseignait bien assez à ce propos.

Tristan se rendit alors compte qu’il avait refermé ses bras sur elle depuis le début, dès qu’ils étaient tombés, comme pour la protéger, comme pour l’inciter à rester contre lui, comme pour la supplier de ne pas avoir peur, de ne pas être triste, de rester avec lui.
« Reste »… Pourquoi avait-il si envie de lui dire ce simple mot ? Elle n’allait nulle part pourtant, justement, elle était revenue le voir, avait besoin de lui, un peu, un tout petit peu parce qu’elle n’avait probablement besoin de personne au final.
Il ne serrait pas trop fort pourtant… Mais c’était tellement agréable…
« Reste s’il te plait »… Pourquoi ? Encore une fois… Elle n’allait nulle part, n’est ce pas ? Elle faisait partie de leur groupe non ?
Sans même le savoir, le jeune homme savait déjà ce qui risquait de bientôt se passer. Peut-être parce qu’inconsciemment, la demoiselle avait ouvert son esprit à sa conscience de dragon, conscience, instincts tellement plus puissants que ceux des humains…

Puis elle se releva, sans que rien ne laisse présager son changement de comportement et il enleva aussitôt ses bras, les reposant dans l’herbe de chaque côté de son corps comme s’il avait honte d’avoir agi ainsi.
Elle était neutre… C’était comme si rien ne s’était passé et pourtant il se sentait tellement bizarre pour sa part, tellement mal, tellement triste à son tour. Il chassa ces pensées. Elle avait besoin de lui ! Elle avait vraiment besoin de lui ! Pour se défouler, pas pour faire la chochotte. Il fit alors comme si de rien n’était, comme s’il n’avait pas vu sa faiblesse, comme s’il n’en avait pas eu lui non plus et se contenta de l’attaquer. Oh ce n’était rien de bien méchant bien sûr, il y allait très doucement mais elle réagissait, elle se défendait, feintait, reculait…

Mais au final… Il n’aimait pas ce qu’il faisait. Il préférait la sentir malheureuse et la voir adopter un comportement en rapport avec ses sentiments plutôt que… que ce visage, ce masque de pantin qu’elle s’était crée pour se protéger ou pour protéger les autres ! Pourquoi faisait-elle cela ? Que risquait-elle ? Qu’il se moque d’elle ?
Il rabaissa sa garde. Non, il ne pouvait pas jouer le jeu…

- Cassy ! Arrête, il faut qu’on pa…

Mais elle ne l’écoutait pas, ses gestes étaient plus précis, plus actifs même si elle ne semblait pas chercher à lui faire mal, comme si elle prenait conscience de sa force, sachant qu’il ne craignait rien et se défoulant un peu plus, mais tout de même incapable de le blesser. Qu’est ce qu’elle avait ? Non, elle ne l’écoutait pas… Elle ne voulait probablement pas parler, elle ne voulait probablement pas paraitre faible mais… elle n’était pas faible, elle ne l’avait jamais été.
Il essaya à plusieurs reprises mais chaque fois elle répondait par de nouveaux assauts, plus brusques, plus violents, plus efficaces aussi.
Jusqu’à ce qu’il craque… et démontre que si elle n’utilisait pas la magie, jamais elle ne pourrait se battre à armes égales contre lui sur ce terrain !

Sans mal il la bloqua, arrêta ses coups sans la blesser et au final, il la fit basculer dans l’herbe parce qu’elle se débattait avec une fougue tout à fait impressionnante. D’ailleurs c’est à ce moment là qu’elle fit probablement preuve de la plus grande efficacité à se battre contre lui. Mais il l’immobilisa bien vite, les bras de chaque côté du visage, à genoux, une des jambes de la demoiselle entre les siennes (d’ailleurs tant qu’elle ne relevait pas brutalement le genou, il resterait un homme !). Il rapprocha son visage du sien, bien plus inquiet et peiné qu’en colère… pas du tout en colère en fait.

- Cassy ! Arrête ! Arrête !!!!

Mais elle ne l’écoutait pas… Il relâcha ses mains et se mit en appui sur ses coudes, dans l’herbe, se blottissant contre elle pour l’empêcher de s’agiter autant et donc de se faire mal à se tortiller dans tous les sens pour échapper à sa prise.

- S’il te plait… Arrête…

Là par contre… Elle semblait un peu calmée, un tout petit peu… Ou alors c’était une bête illusion en attendant qu’il relâche sa prise, sa garde et qu’elle puisse lui échapper.
Tristan passa doucement une main dans les cheveux de la jeune femme. Décidément, il était sacrément proche, le visage contre le sien, le front appuyé dans l’herbe, sa tempe gauche frôlant celle de la mage.

- Je suis là… Je ne partirai pas. Je ne te laisserai pas. Calme-toi… Quoi qu’il y ait, je suis là, d’accord ? Tu as le droit d’être mal, tu as le droit d’en avoir assez, tu as le droit de pleurer, tu n’es pas faible pour autant, bien au contraire, tu es la personne la plus forte que je connaisse… Tu n’arrêtes pas d’encaisser et d’avoir mal, même si je ne sais pas en quoi et pourquoi, et tu tiens toujours debout… tu aides les autres… tu… tu… arrête s’il te plait, je ne veux pas que tu te fasses mal… Tu te faisais plus de mal à toi qu’à moi là… et je… je ne veux pas… non, je ne veux pas…

Finalement, il parlait très bas, le cœur battant la chamade et étreignant une de ses mains de sa main libre, chuchotant comme un secret alors qu’il était si sérieux en réalité… Pourtant, ses premiers mots pouvaient faire mal ou signer un renouveau, toujours est-il qu’ils étaient sincères… et qu’il était prêt à tout pour l’aider mais certainement pas à la voir se faire mal bêtement. Le silence revenait et il se rendit compte qu’il pressait toujours sa main dans la sienne mais il n’arrêta pas pour autant, il aimait bien… beaucoup même !
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Cassidy Herediane
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MessageSujet: Re: Rêve ou cauchemar ?   Sam 9 Nov - 11:34

Si seulement elle savait… Cassidy lui avait demandé de ne pas mentir, parce qu’elle savait qu’il était justement du genre à mentir, à fuir, et comme il redevenait un peu comme avant, il y avait certainement des choses qu’elle ne voyait pas. Qu’avait-il oublié justement ? Tout ? Mais elle le savait bien, on ne pouvait pas oublier entièrement sa personnalité, pas à ce point là. Cependant elle n’attendait pas de réponse et ne lui demanda pas de confirmer. Mais… pourquoi ne confirmait-il pas justement ? A moins qu’elle se faisait trop d’histoires.

La jeune femme expliqua avec plaisir ce qu’elle savait sur le vol, riant, souriant et surtout très sérieuse. Elle lui prenait parfois les mains, comme un geste tellement naturel, comme si c’était le contact qu’ils avaient besoin tous les deux pour se comprendre.

Il n’avait pas tort, elle mentait aussi, feignant aller bien, feignant se cacher derrière une attitude grincheuse. Enfin elle se mentait surtout à elle-même. Et avait prit tellement l’habitude de jouer qu’au final, la petite mage n’arrivait pas à distinguer la réalité de l’illusion. Mais verbalement elle ne mentait pas. Oui, elle l’affirmait encore une fois, elle détestait les dragons. Mais ça ne l’empêchait pas de faire une exception, pour une fois. Et elle avait de bonnes raisons qu’il découvrait bien assez tôt.

Si seulement elle avait su tout ce qui se passait dans la tête du Drakkari, il y aurait eu de fortes chances qu’elle le gronde, le réprimande et peut être surtout aurait-elle été plus investie avec lui, plus proche ou peut être ne l’aurait-elle plus lâché d’une semelle, déclarant que c’était pour son bien, même si elle devait en souffrir oui, mais plutôt ça que se bercer d’un monde d’illusions. Elle avait emprunté un chemin bien difficile quand il était parti et encore aujourd’hui, elle ne regrettait pas d’avoir débloqué certaines choses, qui au final, lui faisaient beaucoup de bien, encore plus qu’Erwan.

Elle se retrouva rapidement chez lui, paniquée et furieuse à la fois alors qu’il insistait pour qu’elle reste. Cassidy décida de rester justement, parce que son instinct insistait également énormément à ce sujet et que son cœur lui battait plus fort comme pour la conforter dans sa pensée.

*Ok ok soit ! Si t’insistes…*

Cassidy secoua rapidement la tête en le suivant, mais surtout, tout ce qui apparaissait sur son visage était une certaine nostalgie. Elle aurait du lui dire qu’ils avaient une chambre ensemble, qu’ils étaient tellement bien et heureux ensemble avant qu’il ne décide de partir et malgré la jalousie qu’il avait pour Erwan. Mais Tristan lui avait fait comprendre qu’il ne voulait pas savoir grand-chose à ce sujet et puis si il était heureux comme ça, elle ne savait pas quoi dire de plus. Cependant, sa pièce fermée attira la curiosité de la demoiselle et pendant un instant, elle faillit débouler à l’intérieur, espiègle, souriant en disant que le bazar ne la dérangeait pas puisqu’elle était une grande bordélique de base, et que ce serait si dommage de ne pas lui faire une visite complète.

Pourtant, elle se rappelait encore de l’histoire du mouchoir, où il s’était énormément renfermé sur lui-même à ce moment là. Un secret hein ? Un débarras ? Mais que pouvait-il mettre ? Il n’avait pas grand-chose ! Et qu’on ne lui raconte pas que c’était ses trophées de bataille, elle ne le croirait pas. Pourtant, elle préféra être sage, cela valait mieux et se pencha sur le balcon pour admirer la vue. Il est vrai qu’ils n’avaient pas grand-chose à se raconter et elle le remercia pour avoir accepté son cadeau. Le jeune homme répliqua qu’il devait lui offrir un truc et qu’elle ne devait pas protester. Et c’est bien ce qu’elle faillit faire en ouvrant la bouche avant de pousser une exclamation taquine, un demi-sourire sur les lèvres alors qu’elle posa instinctivement sa main à l’endroit où se trouvait le pendentif, le serrant plus fort que d’ordinaire.

Il est vrai que Cassidy ne tenait pas, mais alors vraiment pas l’alcool et c’était encore pire maintenant, comme si son corps refusait d’être sobre. Elle tenait un discours incohérent, voulait lui dire qu’au final elle était peut être toujours un peu amoureuse de lui mais heureusement, son évanouissement l’arrêta d’un coup alors qu’elle tomba dans ses bras. Tristan était en train de paniquer mais plus de peur que de mal puisque la demoiselle s’était simplement assoupie. Avant de le regarder, un peu déboussolée. Si Erwan apprenait ça, ça risquait d’aller mal. Mais elle était complètement troublée et ne savait pas comment lui annoncer, lui dire pourquoi il fallait absolument qu’elle rentre maintenant. Mais si seulement elle avait vu son regard, alors peut être… peut être aurait-elle réagi différemment.

En effet, elle avait eu une grosse dispute avec Erwan, se blessant elle-même et surtout, ça ressemblait plus à du chantage même si au fond, il avait entièrement raison. Elle avait grommelé, avait envie de se coucher et ne mangea même pas le soir malgré le fait qu’Erwan avait apporté quelque chose. Il soupirait et ça lui faisait du mal de la voir comme ça, mais une fois qu’ils seraient partis d’ici, ça ira mieux.

Ce n’est pas ce que pensait Cassidy qui se tournait et retournait dans le lit sans arriver à trouver le sommeil. Comment parler à Tristan ? Comment lui dire qu’elle devait partir ? Alors elle sortit, s’habilla et se dirigea d’un pas incertain chez Tristan. Pourquoi réagissait-elle ainsi ? Pourquoi ça lui faisait autant de mal de partir ? Parce qu’elle ne pourrait plus veiller sur lui ? Parce qu’elle avait l’impression de l’abandonner cette fois là ? Mais elle était avec Erwan et ne comprit pas pourquoi de telles pensées apparaissaient dans sa tête. Elle craignait la réaction de Tristan, même si il faisait tout pour être gentil, il était devenu un gros mystère pour elle et elle n’était plus sûre de le connaître aussi bien qu’avant.

Il avait l’air de comprendre et la suivit. Alors qu’ils arrivaient devant une petite clairière et elle lui rappela les conditions du contrat. Mais lorsque la mage se mit à taper, ce n’était pas avec sa magie, c’était physique et même très incertain. Oh de toute façon, la magie n’était pas vraiment avec elle ce soir alors que ses sentiments se mélangeaient, tapant sans réel but, sans véritable envie, n’arrivant pas à lui dire ce qu’elle avait sur le cœur. Elle ne remarquait pas que Tristan était aussi terriblement mal à l’aise, l’appelait par son petit surnom et elle tomba sur lui, se collant contre le jeune homme, recherchant une étreinte, un contact, bien étrange façon de faire au final.

Elle se redressa, cherchant à montrer que ce n’était rien au final et il attaqua. La demoiselle contre attaqua avec un peu plus de hargne mais n’était pas vraiment sérieuse. Elle n’entendait même pas ses mots, pas même ses paroles. Alors Tristan la bloqua et elle se retrouva de nouveau au sol, se débattant furieusement comme pour se dégager de lui. Mais alors qu’il était au-dessus d’elle, parlant doucement, la jeune femme finit par arrêter de se débattre, sentant la chaleur du front contre le sien. Il lui demandait d’arrêter, et au final, elle l’écouta, relevant doucement les yeux vers lui alors qu’il s’exprimait. Ses paroles avaient eu un impact et un gros alors qu’elle écarquillait les yeux de surprise même si au final, elle savait pertinemment qu’elle devrait le quitter, et rien que d’y penser, surtout après l’avoir retrouver, ça lui faisait très mal au cœur.

Il avait la main dans la sienne et elle ne le lâcha pas, la serrant très doucement dans la sienne, son visage toujours aussi triste et les yeux brillants alors qu’elle murmurait doucement son prénom. Il avait raison, elle se faisait du mal et lui il était là, cherchant un moyen de la faire aller mieux. Elle secoua la tête en fermant les yeux puis les rouvrit en fixant les étoiles dans le ciel. Si seulement elle… bah voilà ! Ce truc là pourrait peut être un peu arranger les choses même si demain elle serait bien obligée de partir.

Son regard s’illumina, soudain prise d’une idée assez folle. Elle attrapa doucement le jeune homme par la taille et d’un mouvement, bascula dans l’autre sens pour qu’il se retrouve allongé dans l’herbe alors qu’elle le fixait de haut, cherchant apparemment ses mots. Instinctivement, elle passa sa main dans les cheveux rouges du jeune homme, les caressant doucement.

« J’aurais peut être quelque chose de mieux en effet que ça… et qui ne fera de mal à personne. Enfin… j’espère »

Elle se redressa, clignant des yeux alors qu’il se mettait à côté d’elle. Cassidy observa les alentours puis prit la main du jeune homme et l’invita à la suivre dans une direction.

« J’espère que tu as bien retenu tes leçons… »

La mage n’en dit pas plus et l’entraîna à sa suite, marchant un moment jusqu’à arriver à une falaise, cette même falaise où elle était passée quand ça n’allait pas et qu’elle se torturait l’esprit. Elle invoqua une petite sphère qui partit explorer les hauteurs, du moins, cette petite sphère bleue se posa tout en haut du plateau. Cassidy se serra alors à Tristan, l’enlaçant puis prononça un mot et ils se retrouvèrent au sommet du plateau. C’était haut, très haut, et les arbres faisaient tout petits quand même.

Elle avança lentement sur la plateforme, réfléchissant un instant, puis sortit un petit bracelet argenté de sa poche qu’elle fixa autour de son poignet en le montrant à Tristan.

« Ceci est un bracelet anti magie. Ca veut dire que je ne peux pas utiliser de magie tant que je le porte. T’inquiète pas, ça ne me fatigue rien, ça ne me fait pas de mal, y a absolument aucun danger. Et ça n’agit que sur moi puisqu’il est raccordé à ma magie. »

Il n’avait pas l’air de comprendre alors qu’elle lui prit les mains et avait un air plus malicieux.

« Bon, je pense qu’il est temps de mettre en application la leçon n°1… »

Elle lui lâcha les mains, pivota puis courut vers le bord sans aucune hésitation. Cassidy se jeta dans le vide en un beau saut de l’ange, sans laisser le temps à Tristan de réagir pour la rattraper. D’ailleurs elle avait l’air assez contente puisqu’elle poussa une exclamation joyeuse tout en flottant dans les airs. Un petit moment s’écoula mais ce fut très rapide.

Le grand dragon apparut dans les airs, piqua une tête puis se redressa pour faciliter l’atterrissage de la demoiselle sur son dos. Par contre, elle elle était encore un peu incertaine, évaluant difficilement la distance et surtout, sentir le moment de l’impact. Elle n’avait pas l’habitude après tout. Puis, d’instinct, elle se cala correctement sur son dos, prenant une position confortable alors qu’il volait en ligne droite.

« Bien ! Garde le même rythme, faut que tu apprennes à me sentir sur ton dos sans perdre la cadence »

Elle avait tiré la langue tout en posant les mains sur l’encolure du dragon, regardant le paysage qui défilait sous ses pieds. Cette sensation de liberté était vraiment la plus belle qui pouvait exister et permettait d’oublier tous les soucis, les problèmes. Tristan avait retenu les leçons qu’il mettait en application mais restait prudent néanmoins et elle attendit qu’il se soit bien familiarisé à elle pour passer à la vitesse supérieure.

« Ok ! C’est pas si mal ! Mais que dirais-tu de passer à la vitesse supérieure ? Je me doute que tu voles aussi lentement… Attends ! Et te fais pas distraire surtout ! Je contrôle la situation. »

La mage donna une petite tape sur les écailles à Tristan et une lumière envahit le grand dragon, émanant de son torse, faisant apparaître une sorte de grand ruban doré qui se plaqua dessus sans le comprimer et partant des deux côtés, jusqu’à arriver aux mains de la demoiselle, qui attrapa sans hésiter ces rennes improvisés, qui n’en avaient que le nom puisque ça lui servait plus à tenir justement pour un vol beaucoup plus technique.

« C’est bon tu peux y aller ! Et te gêne pas hein, même si tu le voulais t’arriverais pas à me faire tomber de ton dos »

D’où lui venait cette assurance soudaine ? Tristan enchaîna alors et elle semblait vraiment s’amuser, appréciant se sentir aussi libre qu’un dragon, libre comme le vent et inspirant doucement tout en changeant parfois sa position pour faciliter la coordination. Elle sentait cependant qu’il fatiguait également puisque ça devait lui prendre pas mal d’énergie que de se maintenir comme ça. Elle tapota doucement son dos.

« On va atterrir maintenant, je pense que c’est suffisant pour l’instant »

Il fit de grands cercles dans le ciel puis estima une petite clairière et se posa mais en se posant, il avait également forme humaine et elle se retrouvait… dans ses bras. La demoiselle le regarda et se mit à rougir.

« Hey l’atterrissage c’était pas ça qui était prévu mais… c’est plutôt bien aussi ! »

Il la reposa au sol alors qu’elle le regardait, animée d’un désir nouveau. Comme quoi il en fallait peu pour la calmer au final.

« Ca va, c’était très bien ! Je ne t’avais pas dis pour la sacoche mais c’est la dernière fonction que j’avais… ajouté. Ca me permet de ne pas être un poids. Enfin… un simple conseil mais si je veux vraiment voir comment toi tu voles, c’est obligatoire »

Elle fit ensuite une grimace. Ah ça elle avait du le surprendre en se jetant dans le vide sans le prévenir. Cassidy en profita pour dégrafer son bracelet et le remettre dans la poche.

« Ah… Considère que je te fais confiance pour me rattraper peu importe la situation. On apprend plus vite dans ces conditions. »

Cassidy lui fit un clin d’œil avant de regarder le ciel d’un air songeur, se mordillant la langue puis attrapa la main du jeune homme et se plaçant face à lui.

« Ecoute… faut que je te dise… si j’ai pu être aussi triste et ça ne change pas, ça me fait mal au cœur. Mais sache que… c’est pas à cause de toi ! Enfin… je sais que je raconte un peu n’importe quoi mais ça… c’est vrai »

Elle déglutit et ne lâcha pas sa main, tremblant un peu.

« Demain… Erwan et moi on va rentrer. Tu ne le sais plus mais je suis sensée tenir une école, un lieu d’apprentissage. Bien que je confis beaucoup les tâches ces derniers temps pour aller taper sur les Kaärs anonymement. Et même si je me sens bien ici… je pense que j’ai été suffisamment égoïste et qu’il vaut mieux rentrer. Sinon on va se poser des questions… »

La jeune femme avait lentement baissé la tête mais elle ne savait pas pourquoi, cette réponse ne conviendrait pas à Tristan, alors craquant, elle lâcha un argument qui la forçait à revenir.

« Si je restais ici… Erwan aurait dévoilé ma double identité… et ça ne serait vraiment pas une bonne chose… mais je… »

Elle tremblait un peu puis, le prit dans ses bras, le serrant contre elle et murmurant quelques mots.

« Ca m’a vraiment fait plaisir de te revoir… Je suis soulagée de voir que tu vas bien… c’est tout ce dont j’ai besoin… »

Puis, elle se mit sur la pointe des pieds et déposa un baiser léger sur la joue, retenant une larme qui voulait couler le long de son visage.

« Mais si je pars… je veux juste une chose… qu’il ne t’arrive rien… Je m’en suis remis une fois mais je n’y arriverais pas une deuxième fois. Et dès que je pourrais revenir, je le ferais. »

Elle soupira, décidant d’arrêter de parler, n’étant décidément pas douée pour les au revoir. Alors, au lieu de ça, elle se mit à chanter, ne lâchant pas sa main pour autant.


« It started out as a feeling
C'est parti comme un sentiment
Which then grew into a hope
Qui s'est alors développé en espoir
Which then turned into a quiet thought
Qui s'est alors métamorphosé en pensée calme
Which then turned into a quiet word
Qui s'est alors métamorphosée en mot calme

And then that word grew louder and louder
Et puis le mot a grandit de plus en plus fort
'Til it was a battle cry
Jusqu'à ce que ce soit un cri de bataille

Chorus :
Refrain :
I'll come back
Je reviendrais
When you call me
Quand tu m'appelleras
No need to say goodbye
Aucun besoin de dire au revoir

Just because everything's changing
Juste parce que tout change
Doesn't mean it's never
Ne signifie pas que ce n'a jamais
Been this way before
Été ce chemin auparavant

All you can do is try to know
Tout que tu peux faire est essayer de savoir
Who your friends are
Qui sont tes amis
As you head off to the war
Comme vous vous détournez de la guerre

Pick a star on the dark horizon
Choisissez une étoile sur le sombre horizon
And follow the light
Et suivez la lumière

Chorus :
Refrain :
You'll come back
Tu reviendras
When it's over
Quand ce sera fini
No need to say good bye
Aucun besoin de dire au revoir

You'll come back
Tu reviendras
When it's over
Quand ce sera fini
No need to say good bye
Aucun besoin de dire au revoir

Now we're back to the beginning
Maintenant nous sommes revenu au départ
It's just a feeling and no one knows yet
C'est juste un sentiment et personne d'autre ne le connait encore
But just because they can't feel it too
Mais juste parce qu'ils ne peuvent pas le ressentir également
Doesn't mean that you have to forget
Cela ne signifie pas que tu dois oublier

Let your memories grow stronger and stronger
Laisse tes souvenirs se développer encore et encore
'Til they're before your eyes
Jusqu'à ce qu'ils soient devant tes yeux

Chorus :
Refrain :
You'll come back
Tu reviendras
When they call you
Quand ils t’appelleront
No need to say good bye
Aucun besoin de dire au revoir

You'll come back
Tu reviendras
When they call you
Quand ils t’appelleront
No need to say good bye
Aucun besoin de dire au revoir... »


Elle se mit à sourire timidement, ne sachant pas quoi dire de plus.
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