AccueilCalendrierFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 Un voyage pour apprendre à mieux se re-connaître ?

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : 1, 2, 3  Suivant
AuteurMessage
Cassidy Herediane
Directrice de l'Académie Hysandra
avatar

Messages : 851
Date d'inscription : 26/02/2012
Age : 29

Feuille de personnage
Race: Humain Ascadian
Royaume: Territoire Neutre
Vocation: Mage

MessageSujet: Un voyage pour apprendre à mieux se re-connaître ?   Sam 9 Nov - 14:47

Quelques jours avaient passé alors que Cassidy était assise au-dessus d’un rocher, surplombant la mer, perdue dans ses pensées et repensant à ce départ qui avait vraiment été très dur pour elle, sans qu’elle n’arrive à trouver une raison à cette peine.

Finalement, elle était rentrée peinée en se recouchant à côté d’Erwan. Pourquoi ? Parce que malgré tout elle avait l’impression d’abandonner Tristan ! Il avait beau l’avoir oublié, ne la considérait plus comme une amoureuse mais juste amicalement, et en plus il lui avait fait beaucoup de mal en partant et même si elle comprenait un peu la raison qui l’avait poussé à partir, elle n’en avait pas moins été déçue. Déçue oui… mais qui ne méritait pas une seconde chance ? Parce qu’elle devait être forte et puis tant qu’il l’acceptait à ses côtés, elle serait présente. Du moins elle l’avait été.

Le lendemain matin, elle était passée chez Maud, marmonnant d’un air sombre qu’ils devaient rentrer à l’Académie puisqu’on les réclamait là bas. Mais avant cela, la demoiselle avait invoqué le berceau dans la pièce de Maud et s’était penchée au-dessus, un air coupable sur le visage.

« C’est pour me faire pardonner… de ce que j’ai pu faire comme bêtises. Ah au fait… le motif n’est pas de moi… C’est Tristan qui la fait… parce qu’il ne voulait pas que je me blesse encore une fois… »

Elle se redressa et regarda Maud très sérieusement, puis se mit à soupirer, l’air embêtée.

« Y a des choses qu’il a pas oublié… j’ignore quoi… j’ignore comment ça fonctionne mais… si sa personnalité refait entièrement surface, on sait très bien toutes les deux que Tristan a toujours été très doué pour cacher des choses aux yeux du monde, quitte à tout prendre pour lui sans demander d’aide… »

Cassidy s’était tournée vers la fenêtre et regardait à l’extérieur des enfants qui jouaient dans les rues, des passants qui échangeaient et commentaient les dernières nouvelles. Son regard était perdu, lointain. Elle pensait notamment à cette pièce à l’écart, et plus elle y pensait, plus elle se disait que ce n’était pas uniquement un débarras, ce n’était pas possible. Ou peut être des vieux souvenirs qu’il cachait ? Impossible d’en savoir davantage.

« Continuez de prendre bien soin de lui et soyez vigilants… La magie, même draconique peut rapidement devenir instable. Et j’aimerais pouvoir compter sur toi pour m’avertir si il y a un problème et j’irais lui botter le derrière, ça lui fera du bien tiens ! »

A moitié amusée, à moitié sérieuse, cela laissait entendre qu’elle n’était pas si indifférente que ça et ce n’est pas parce qu’elle avait des responsabilités ailleurs qu’elle ne reviendrait pas en cas de problème. Et surtout, la demoiselle craignait qu’autre chose arrive et que tout, les sacrifices, les révélations n’aient servi à rien et cela… elle refusait de le voir arriver. En se remémorant ses pensées, Cassidy avait lentement serré les poings puis s’était retournée vers Maud.

« Merci de m’avoir accueilli en tout cas, c’est un très bel endroit et j’espère pouvoir y revenir »

Puis après un dernier sourire, teinté de tristesse, elle était descendu. Avant de partir, Cassidy n’avait pas réussi à voir Tristan et elle en était un peu peinée. Mais au fond, il valait mieux car la demoiselle n’était pas vraiment douée pour les départs.

Retour au présent, elle se mit à soupirer alors qu’elle semblait parler avec une personne tout en prenant un air amusé.

« Ah ça je sais bien que tu ne l’aimes pas ! Mais que veux-tu que je change après tout ? Je ne peux absolument rien faire… »

Elle soupira un instant, balançant ses pieds au-dessus de l’eau, pensive.

« Je ne sais pas quoi te dire… c’est vrai que je pourrais retourner là bas mais… enfin c’est vrai ! c’est pas mon genre de me plier quand j’ai une idée en tête. Mais entre foncer tête baissée et y réfléchir, y a une différence quand même… »

Nouvelle fois, elle regarda le ciel puis cligna des yeux, ses cheveux se balançant dans le vent.

« Un peu… je pense… »

Elle se redressa et tourna le dos, son interlocuteur mystère ayant apparemment disparu tout en s’étirant lentement et ramassant son bâton, l’air beaucoup plus sérieux.

« Il faut y retourner… »

La forêt était bien silencieuse mais soudain, l’air s’agita autour des buissons et dans les branches des arbres. Une silhouette avançait, ou plutôt courait d’une bonne démarche. Cassidy courait, évitant branches et buissons au passage. A voir son air, elle devait être en train de s’entraîner en pleine nature, certainement pour être plus rapide et agile dans ses déplacements. Une poussière violette entourait ses pieds, ce qui expliquait la vitesse infatigable de la demoiselle.

Bâton dans le dos et gants sur les mains, elle traça un signe et fit apparaître une chaîne de glace qu’elle enroula autour d’une grosse branche avant de se hisser dessus pour se balancer de l’autre côté de la rivière qu’elle traversait. Puis elle sauta au-dessus d’un gros rocher, atterrit au sol en anticipant l’impact et se remit à courir.

Un arbre beaucoup plus gros sur sa route faisait l’affaire et elle commença à grimper comme si elle volait avant de sauter sur la cime de l’arbre, disparaissant à travers les nuages. Puis réapparaître en plongeant au sol un peu plus loin, faisant apparaître un gros champignon sur le passage. Elle continua son chemin et se retrouva dans une pente. Prenant une position plus assurée, elle fléchit les genoux et glissait dans la pente comme si elle était en train de faire du surf, l’herbe devenant glissante à son passage avant de reprendre une forme normale.

Malheureusement, on ne change pas une maladroite et une pierre mal placée sur son trajet la déséquilibra alors que, perdant le fil du chemin, elle atterrit la tête en avant, roulant tout le long de la fin de la pente, s’enfonçant dans un buisson et percutant le tronc de l’arbre juste devant alors que des pommes tombèrent autour d’elle. Elle avait l’air maligne les fesses en l’air et la tête en bas, réprimant une grimace. Une fine protection transparente mais légèrement visible l’entourait, ayant apparemment empêché qu’elle ne se fasse mal et heurte de plein fouet le tronc de l’arbre. Elle se redressa, un peu courbaturée, et râla.

« Rhaaaa je me fais toujours avoir ici ! »

Des feuilles plein les cheveux et les vêtements plein de poussière, elle décida de rentrer pour régler quelques tâches à l’académie.

Alors qu’elle entrait dans son bureau, une lettre d’ordre officielle trainait sur la surface du meuble. Intriguée, elle reconnut la signature des Cheistams et l’ouvrit.

Damoiselle Herediane,
Nous espérons que vous vous portez bien et sommes très contents des résultats de votre académie, dont la réputation commence à porter sur Ascadian.
En ce jour, nous aimerions vous confier une mission. Ne vous inquiétez pas, cela ne remettra pas en cause votre neutralité puisque nous avons pris certaines dispositions afin que tout se passe dans de meilleures conditions.
Comme vous le savez très certainement, les Kaärs ont redoublé de violence pour tenter de conquérir les terres sous la responsabilité des Cheistams. Nos troupes sont toutes mobilisées au combat et ne pouvons pas assurer les vérifications nécessaires dans certaines villes d’Ascadian en terme de protection magique ainsi que répertorier les réserves.
Nous aimerions que vous vous occupiez de cette tâche, ce qui serait positif pour votre académie en allant au contact du peuple tout en nous aidant sans pour autant avoir à vous battre. Bien entendu, l’académie recevra une rémunération pour ce travail accompli. Si vous acceptez, vous devrez vous rendre seule à la ville de Gauldshaire dès demain, où vous attendra votre équipier. Le point de rendez vous se trouve sous les deux grands rochers au croisement du chemin nord de la ville. Il est très important cependant d’agir discrètement d’où le partenariat que nous essayons d’établir avec un groupe de résistants.
Veuillez accepter nos salutations les plus respectueuses.
Que les étoiles guident vos pas.


Elle avait lu avec beaucoup d’attention cette lettre et le seul mot qu’elle avait retenu était « récompense » ou « argent ». Ce n’était pas dans son style de se manifester mais là, on lui promettait une compensation alors c’était intéressant. Erwan ne viendrait pas avec elle, cela allait certainement l’agacer, mais en même temps il n’avait pas grand-chose à dire, préférant surtout rester en place plutôt que de bouger sur des routes dangereuses. Quant au groupe, elle s’en fichait, du moment que le fameux équipier ne soit pas un boulet qui traîne dans ses pattes et l’handicape.

Cassidy s’empressa alors de répondre pour accepter cette mission et s’occupa des dernières tâches de l’académie, déclarant qu’elle allait encore partir mais que c’était pour une bonne cause et qu’elle reviendrait.

La journée passa, et beaucoup plus tard, dans l’après midi, une lettre parvint à la cité de l’armée fantôme, signée des Cheistams.

Messires, Damoiselles,
Nous savons que vous désirez garder votre identité secrète et ne vous poseront pas de questions à ce sujet. Nous aimerions passer un accord avec vous pour une mission qui demande de la discrétion. Toutes nos troupes sont en ce moment même mobilisées contre les Kaärs, c’est pourquoi nous désirons faire appel à votre groupe, bien réputé bien que secret. C’est pour cette raison que nous vous faisons naturellement confiance.
La Dame Cassidy Herediane de l’Académie Hysandra doit accomplir une tâche pour le compte des Cheistams, effectuer une vérification des protections dans certaines villes afin d’assurer la sécurité des citoyens. La dame Herediane est neutre et ne souhaite en aucun cas se confronter à des Kaärs et malgré sa puissance, une mage seule peut très bien se retrouver en difficulté. Les routes ne sont pas sûres et elle nous est très précieuse.
Choisissez votre meilleur élément, un guerrier capable de se battre et d’anticiper tous les pièges de ce voyage, discret et courageux, capable de l’assister dans ses tâches ou sa sécurité. En contrepartie, nous nous engageons à vous fournir ce dont vous pourrez avoir besoin, tout cela sans chercher à connaître votre emplacement ni vos identités.
Une fois que vous aurez désigné une personne, il/elle devra se rendre à la ville Gauldshaire. Le point de rencontre est fixé aux deux rochers de l’intersection au nord de la ville pour demain.
Veuillez accepter nos salutations les plus respectueuses,
Que les étoiles vous guident.


Le lendemain, Cassidy était partie de très bonne heure, n’arrivant pas à trouver le sommeil. Elle ne savait pas si elle était excitée à l’idée de partir ou si elle appréhendait. Et si elle ne pouvait pas faire confiance à ce fameux équipier ? Après tout elle ne savait pas qui ça pouvait être. Plusieurs fois elle avait tourné et retourné des hypothèses dans sa tête, imaginant un gars très moche, une armoire à glace, une sorte de mercenaire comme elle en avait déjà croisé en tant qu’Eikä.

Mais elle se disait que le gars n’avait pas intérêt à faire le malin avec elle parce que sinon, elle le distancerait bien rapidement. Pas besoin de quelqu’un pour la surveiller, elle détestait ça !
Alors elle était partie aux aurores, prenant uniquement un sac de voyage bien rempli, son bâton et ses gants. Puis elle avait enfourché un cheval noir, celui que Tristan montait avant et se mit en route. Il ne lui fallut pas beaucoup de temps pour arriver là bas, surtout qu’elle avait magiquement accéléré la vitesse de son cheval.

Mais quand elle arriva dans la matinée, une route peu passante avec une pancarte indiquant les destinations ainsi que les rochers, elle ne vit personne. La petite mage commençait à devenir grincheuse.

*Ca commence mal… Encore un de ces fainéants qui a passé toute la nuit à boire et à coucher avec cinq filles à la fois, j’en suis sûuuuuuuuuuuuure !*
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ascadian.forumgratuit.org
Tristan Konogan
Professeur Initiation et Maniement des Armes
avatar

Messages : 600
Date d'inscription : 09/05/2012
Age : 25

Feuille de personnage
Race: Drakkari
Royaume:
Vocation: Guerrier

MessageSujet: Re: Un voyage pour apprendre à mieux se re-connaître ?   Sam 9 Nov - 21:49

Pourquoi était-elle si mal ? Oui pourquoi ? Il ne voulait pas !
Il devait lui dire qu’il était là… Il devait lui dire qu’elle avait le droit d’aller mal, qu’il n’attendait pas d’elle qu’elle soit au-dessus de tout, qu’elle soit plus forte que tout. Non, elle était humaine… tellement humaine. Pourquoi ne semblait-elle pas vouloir l’admettre ?
Tristan se surprit à apprécier la situation malgré tout. Oh il n’était pas heureux qu’elle soit mal bien sûr mais il était heureux et fier, malgré lui, qu’elle le lui montre, enfin même si pour le coup, là elle essayait de le cacher. Elle était venue le voir, à défaut de se livrer, elle passait du temps avec lui, en allant mal d’accord, mais du temps quand même. Et puis surtout, alors qu’il se tenait au-dessus d’elle ainsi, il ne pouvait ignorer le fait qu’il enlaçait sa main de la sienne, qu’il s’appuyait contre son front et qu’il n’avait pas besoin d’être aussi proche qu’il l’était actuellement. Mais c’était instinctif après tout… Quand il était près d’elle, il se sentait bien. Et c’était mal, il le savait…

Elle le retourna brusquement et il fut surpris par son geste, se retrouvant à loucher sur son visage puis sur sa poitrine, même si pour le coup, il ne voyait pas grand-chose à cause de sa tunique, assez interloqué de se retrouver dans cette position même si un début de sourire pervers avait éclairé son visage. Ah, elle voulait jouer à ça ?! Eh bien… Eh bien rien du tout en fait.
Elle venait de passer une main dans ses cheveux et il ferma automatiquement à demi les yeux, appréciant bien plus qu’un individu lambda ne l’aurait fait. Ah, ça c’était bien !
Mais ce n’était pas une très bonne idée parce qu’il avait vraiment du mal à l’écouter en fait !
Heureusement qu’il se reprit en comprenant qu’elle avait une idée pour aller mieux mais ce fut tout une lutte. Quoique… elle avait rapidement arrêté son geste, il n’y était donc pour rien. Parce que là… elle tenait une technique redoutable pour le mettre KO !!!

Mais finalement elle se redressait et il en fit de même, un peu sonné malgré tout.
Ils s’éloignèrent et elle lui tenait la main, il le remarqua très vite, posant son regard sur leurs doigts enlacés sans chercher un seul instant à faire cesser ce contact, une fois de plus.
Et puis ils arrivèrent à une falaise et elle fit un truc magique avant de l’enlacer. Surpris, il se laissa faire, les bras ballants alors qu’elle les transportait ailleurs. Ca lui donna singulièrement le tournis mais fort heureusement, son corps se remettait extrêmement vite de ce type de petit désagrément et le tournis cessa après une toute petite poignée de secondes.

Elle enfila alors un bracelet, lui expliquant à quoi ça servait et ce que c’était. Il fronça les sourcils, ne comprenant pas pourquoi elle cherchait à se priver de magie et voulant l’en empêcher, craignant que cela lui fasse de mal mais elle le devança, s’expliquant à ce propos… Enfin juste que cela ne lui ferait pas de mal, pas ce qu’elle comptait faire.
Ses intentions, elle ne les lui expliqua pas, elle les montra…
Quand elle lâcha ses mains d’un coup puis se précipita vers le bord, il écarquilla les yeux et eut un mouvement vers elle pour la rattraper mais il s’y était pris trop tard, totalement pris au dépourvu par son geste. Bon… Elle venait de faire le saut de l’ange là.

Horrifié, le jeune homme ne mit pas longtemps à se remettre de sa surprise et à sauter à son tour dans le vide. Jusqu’alors, dans la journée, il avait l’impression que sa transformation avait été bloquée par sa fatigue et là encore, il n’était même pas sûr qu’elle s’enclenche. Pourtant il n’avait pas hésité… Si elle n’était pas rattrapée, elle mourrait !
Même non dragon, il pourrait amortir le choc… Euh… pas sûr vu la hauteur là.

Mais fort heureusement, ses doutes se dissipèrent quand un fourmillement bien connu le parcourut de la tête au pied. L’instant suivant, il était un dragon et s’appliqua vraiment à suivre tous les conseils qu’elle avait pu lui donner dans la matinée… même s’il était vraiment en colère qu’elle lui fasse une fois de plus une telle frayeur. Bien malgré lui, il se sentait amusé par cette attitude, sans savoir pourquoi… Parce que ça lui ressemblait d’agir de manière aussi inconsidérée ? Peut-être… Mais elle allait l’entendre râler.
Enfin tant qu’ils étaient là, autant en profiter.

Alors oui, il s’appliquait… la récupérer avait été beaucoup moins violent que le matin même mais en même temps, il ne risquait pas de se prendre un mur de pierre là puisqu’elle s’en était tout de même pas mal éloignée et qu’il venait du même endroit.
Pourtant, quelque chose d’étrange se produisit. Alors qu’elle s’installait dans son dos, les jambes juste devant l’articulation de ses ailes, se calant ainsi contre celles-ci, ce qui ne semblait en rien le gêner, il sentit avec plus d’insistance, plus de précision son corps et celui de la jeune femme. Et celle-ci était moins perçue comme une intruse comme ça avait été le cas quelques heures plus tôt. Ses écailles laissèrent passer un éclat alors qu’il frémissait, certaines se teintant de noir comme en sont capables la majorité des dragons pour être en mesure de se camoufler dans la nuit.
L’instant d’après plusieurs d’entre elles semblaient s’adapter au corps de la demoiselle, se redressant sans la blesser, se regroupant pour ne pas exposer leur tranchant au corps de la jeune femme. En l’espace d’un battement de cils, elles formèrent comme une selle, s’hérissant et grandissant derrière son bassin pour lui faire une espèce de court dossier pour ne pas qu’elle glisse, de même sous ses cuisses pour lui assurer une prise solide sans ballotter des jambes ni avoir besoin de s’agripper outre mesure et de se cramponner à lui.

Oui, le corps du dragon s’adaptait à elle, même si quand elle l’avait heurté, Tristan avait frémi comme le matin même, comme s’il allait se retransformer et là, ça ne pouvait vraiment pas être à cause de sa magie.
Très vite, l’un comme l’autre, ils se sentirent plus à l’aise. Il appliquait ses conseils à la lettre, suivait les pressions légères de ses jambes contre lui pour savoir vers où elle voulait aller même si pour l’instant c’était très simple : légèrement plus à gauche, légèrement plus à droite.

Et puis elle le taquina un peu en lui demandant de se bouger au lieu de trainasser et il émit un petit grognement réprobateur l’air de dire qu’elle allait le regretter, même s’il ne cherchait pas à le formuler justement autrement que sous forme d’un grognement. Elle fit quelque chose et il sentit effectivement son poitrail se faire légèrement comprimer par ce qui semblait être un grand lien auquel elle s’agrippa. Ah… Effectivement, elle semblait bien accrochée et elle le lui confirma, comme sous la forme d’un défi.
Un frisson de plaisir parcourut le dragon, se traduisant par un éclat d’écailles qui virèrent brusquement toutes de rouge à noir, un sacré noir qui renvoyait les reflets de la lune ! Ca par contre, elle ne connaissait peut-être pas. L’instant d’après, il donnait de puissants coups d’ailes pour s’élever beaucoup beaucoup plus haut. Il forçait un peu pour aller plus vite et puis brusquement s’arrêta…

Il se laissa alors basculer en arrière comme s’il avait perdu connaissance même s’il allait parfaitement bien, comme pour profiter d’un long plongeon, la faisant se retrouver tête en bas. Et pour un plongeon, ce fut un beau plongeon. Son amorce de descente était très lente puisque ses ailes étaient étendues et qu’ils profitaient tous deux de la vue sacrément inversée, lui tendant le cou pour essayer de la voir même s’il la ressentait par tous ses autres sens.
Si les dragons pouvaient sourire, c’est assurément ce qu’il fit alors qu’il rabattait brusquement ses ailes sur ses flancs mais sans lui faire mal… ses écailles, tout comme ses ailes, caressées dans le bon sens étaient aussi douces que sa peau lorsqu’il était Drakkari, et tout aussi chaudes.
Sa nouvelle posture lui donna néanmoins beaucoup plus d’aérodynamisme et ils chutèrent à une vitesse presque étourdissante dans un plongeon presque dangereux avant que le dragon ne fasse un brusque retournement, permettant à sa compagne de l’anticiper en liant un peu, juste un peu, inconsciemment, son esprit au sien.

Et s’il était possible pour un humain de chevaucher un dragon alors elle était assurément la meilleure cavalière qui soit. Il s’amusa ainsi un moment, prenant de la vitesse et il est clair qu’il se déplaçait plus vite que n’importe quoi d’autre sur terre n’aurait pu le faire… et même dans les airs d’ailleurs. Son aisance était certaine. Il avait totalement accepté son corps de dragon et était peut-être davantage à l’aise avec celui-ci au départ qu’avec celui de Drakkari qu’il peinait un peu plus à redécouvrir. Après tout, c’était une question d’instincts, non ?

En tous les cas, c’était exceptionnel et peu d’être vivants avaient dû faire cette expérience grisante. Ah pour de la vitesse, elle était servie…Et pour la vue, peut-être plus encore parce qu’il prenait grand soin de planer aussi, très haut ou très près du sol au contraire, pour lui montrer le monde qu’il voyait seul d’ordinaire, peut-être dans un sens pour lui faire partager son monde justement.
Mais c’est vrai, il fatiguait et ils finirent par atterrir.
L’atterrissage n’avait rien d’un atterrissage de dragon par contre. Comme le matin même il se retransformait, même si là, il était beaucoup plus près du sol justement. Apparemment, elle ne s’y attendait pas, mais elle n’était pas mécontente, il carra aussitôt fièrement les épaules avant de la reposer en douceur.

Elle parla un peu, lui expliquant pour la sacoche et il se contenta de sourire, ne parlant pas. Sa colère et son inquiétude étaient passées. Il ne lui en voulait plus de lui avoir fait peur. Il était même content de ce qu’ils avaient fait, ravi en fait et il avait énormément de choses à lui dire mais paradoxalement, il avait peur que les mots gâchent ses pensées. Peut-être un jour parviendrait-il à le lui faire comprendre rien qu’au toucher… Il l’avait senti quand elle était sur son dos, ce lien qui s’établissait avec sa cavalière, c’était possible après tout, non ? il essaierait plus demain. Parce qu’ils allaient recommencer demain pas vrai ?

Mais elle lui prit les mains et commença à s’exprimer. Oh il était content qu’elle s’exprime mais au final il n’aima pas… pas du tout…
Pas à cause de lui ? C’était vrai ? Mais de quoi parlait-elle ?
Et puis elle lui dit… Elle expliqua, un peu, beaucoup, pas assez ou trop peut-être. En fait, une seule de ses phrases lui parvint, les autres ne furent plus entendues qu’à travers un brouillard.
« Demain… Erwan et moi on va rentrer. »
Il se figea… totalement, ses muscles se crispant violemment, peu importe la partie de son corps, il n’était plus qu’une boule de crispation justement. « Erwan et moi »… Ca lui faisait mal d’entendre ces mots, pourtant il les acceptait, beaucoup moins le « rentrer ».

Il savait pour l’Académie. Maud lui en avait parlé en le voyant si curieux à propos de la jolie mage si… à part. Mais il n’avait pas envie d’entendre ces explications-là. D’ailleurs c’est peut-être pour cette raison qu’il ne les entendait qu’à travers une espèce de brouillard ou alors parce qu’il se sentait étonnamment triste… tellement triste. Sa main était totalement inerte dans celle de la jeune femme alors qu’il serrait son autre poing avec force, si fort qu’il en tremblait…
Il pencha légèrement la tête, son regard disparaissant totalement sous ses cheveux rouges en bataille qui avait décidément besoin d’une coupe.

Ainsi Erwan allait dévoiler son identité… C’était une menace. Il menaçait la femme qu’il aimait ? Cet homme était… bizarre, complètement fou oui ! Il allait lui remettre les idées en place !!!! Il serra les dents, fronçant le nez. Mais elle le prit dans ses bras.
Il ne réagit pas à cette espèce de câlin alors qu’elle au contraire, devait bien sentir à quel point il était crispé. Elle disait avoir été heureuse de le revoir, de savoir qu’il allait bien, de vouloir qu’il soit en sécurité, qu’il ne lui arrive rien, qu’elle reviendrait…
Ces mots ne lui tirèrent aucune réaction supplémentaire, du moins en apparence. Son baiser sur sa joue n’avait rencontré qu’une crispation de plus, sa main qu’elle tenait était toujours inerte, il ne réagissait pas. Etait-ce une bonne ou une mauvaise chose ?

Elle arrêta de parler et décida de chanter pour s’exprimer peut-être plus facilement. C’est vrai qu’elle avait une très jolie voix, il l’avait déjà remarqué mais cette fois-ci, ça ne lui causa pas la fascination, le vif émoi qu’il avait ressenti la dernière fois, non, loin de là. Pourtant, il attendit qu’elle ait fini, totalement fini… avant d’exploser. Elle souriait, timide, mais son sourire disparut vite alors que le poing gauche du jeune homme la frôlait, sur sa tempe droite, pour s’écraser dans le tronc d’arbre juste derrière elle… D’ailleurs il l’y accola du coup, très proche d’elle, la tête toujours baissée. Enfin il releva les yeux vers elle, visible sous l’éclat de la lune. Totalement fou, il avait un regard de fou furieux, ses canines semblèrent d’autant plus aiguisées qu’il se mit à gronder, agressif, quelques mots, très graves, le regard brillant de larmes :



- POURQUOI TU CHANTES ?! POURQUOI ?! Y A RIEN A CHANTER ! TU T’EN VAS ?! TU PARS ! TU…


Sa voix mourut dans sa gorge alors que ses pupilles tellement étroites malgré l’obscurité se dilataient d’un coup. Il battit un court instant des paupières, l’air perdu, puis fixa son poing qui avait enfoncé l’écorce de l’arbre derrière la jeune femme, le regard qu’elle avait, l’expression de surprise et de peur, autre chose aussi qu’il ne saisit pas, ne la regardant pas davantage… Il enleva son bras, la mine de nouveau sombre et fermée et fixa son poing et les minuscules écailles qui s’étaient hérissées sur ses phalanges pour le protéger de l’impact. Un sourire étira ses traits, mais ça n’avait rien à voir avec ses sourires joyeux, pleins de vie et de sincérité, ni ceux intimidés, pervers ou taquins, non c’était un sourire vraiment sombre, très amer.
Il semblait aussi calme qu’il avait été furieux quelques instants plus tôt, sa voix était justement d’un calme tel qu’il semblait lire un livre…

Spoiler:
 

- Ton petit ami a raison. Rentre chez toi. Rentre chez ceux qui te ressemblent. Il a raison. Va t’en. Loin. Il te protège. D’un monstre comme moi. C’est bien. Très bien. C’est mieux.

Il se détourna aussitôt d’elle dans un parfait demi-tour et s’éloigna d’un pas rapide mais sans précipitation… Du moins dans les premiers mètres… Dès qu’il atteignit l’autre bout de la clairière pourtant, il se mit à courir, le plus vite possible, le plus loin d’elle possible. Il avait faillit lui dire de ne pas revenir, qu’il ne voulait plus jamais la voir. Il n’avait pas réussi dommage… De toute façon, elle s’en allait, pourquoi reviendrait-elle ?
Il serrait les dents en courant, le vent lui glaçait les joues à cause de ses larmes mais comme il s’en fichait. Comme s’il avait besoin de ses yeux pour avancer. Comme s’il avait besoin de voir.
Il ne rentra pas chez lui, continuant de courir longtemps avant de trouver un espace suffisant pour se transformer, malgré la fatigue et s’élever dans la nuit en poussant un véritable rugissement impossible à identifier et qui de toute façon n’avait pas besoin de l’être…





Maud avait été surprise le lendemain lorsque Cassidy était venue la voir. Quand elle lui avait annoncé qu’elle partait pourtant une ombre de peine était passée sur le visage de la noble. C’est qu’elle l’aimait bien cette petite insouciante et puis… elle ne pouvait pas ignorer les progrès de Tristan depuis qu’elle était là. Il était redevenu physiquement apte à se battre, physiquement lui, son comportement lui revenait, elle s’était presque mise à espérer qu’au final, il irait totalement mieux, qu’il serait guéri, grâce à elle… Et peut-être aussi, sans l’avouer, attendait-elle de voir renaître des sentiments entre ces deux là. Parce qu’ils étaient faits l’un pour l’autre, elle le savait. Mais apparemment, elle se trompait… Elle avait cru que Cassidy était encore amoureuse de lui… mais ce n’était probablement que de l’affection, tout juste… un égard. Et puis… lui non plus ne montrait pas grand-chose.
En fait, quand elle sut qu’elle allait partir, le fait de ne pas avoir vu Tristan plus tôt, essayant de la convaincre de retenir la jeune mage, la convainquit qu’il n’en avait pas grand-chose à faire au final.
Bien sûr elle se trompait… Mais en même temps, elle n’était pas télépathe.

Mais au final, Cassidy semblait s’inquiéter puisque après avoir fait apparaitre le magnifique berceau qu’elle avait confectionné et qui ravit Maud, elle se mit à lui parler des progrès de Tristan, de sa personnalité qui revenait… puis du fait qu’il cachait peut-être des choses. Elle disait qu’il était très doué pour cacher les choses aux autres et souffrir dans son coin en gros. Un sourire triste étira les lèvres de la jeune dame.

- Il n’est pas le seul malheureusement…

Petite allusion comme quoi elle n’était pas dupe non plus… Elle avait bien vu la souffrance de la jeune femme quand elle avait su la vérité, quand elle avait vu tous ces souvenirs qui avaient sans doute tout changé, en partie seulement, mais changé quand même. Mais elle l’écouta et quand la jeune mage la remercia pour l’accueil, Maud secoua rapidement la tête en souriant.

- Non, merci à toi. Tu peux dire ce que tu veux, moi je sais ce qu’il en est… Tu seras toujours la bienvenue ici Cassidy et j’espère que nous pourrons nous revoir très vite…

Elle était sortie et le reste des personnes présentes avait été prévenu de son départ alors que certains semblaient plus peinés que d’autres. Les enfants d’ailleurs semblaient être les plus atteints, lui demandant pardon si c’était à cause de leur mauvais tour d’hier, s’excusant, certains pleurants un peu, la plupart lui demandant de revenir vite. Même si elle ne s’en rendait pas compte, elle plaisait à beaucoup de gens et en particulier à ces enfants justement et eux… étaient peinés de la voir partir. Mais comme elle disait qu’elle reviendrait vite, ils cessèrent et retournèrent jouer, c’était probablement mieux ainsi, même si ce n’était pas tout à fait vrai.

Perché en haut d’une cascade, dans un arbre, invisible pour autrui, Tristan fixait la scène, le visage fermé. La veille, il avait été si émotif quand elle lui avait dit qu’elle partait. Il ne comprenait pas pourquoi. Peut-être parce qu’il avait cru qu’elle tenait à lui, qu’elle l’appréciait pour lui apprendre tout cela, pour passer autant de temps avec lui. S’en aller aussi brutalement, c’était comme le trahir…Il raisonnait comme un enfant et c’était un peu ce qu’il était au fond, malgré son âge, comme il réapprenait le monde, en tout, ça, il ne connaissait pas. Alors peut-être qu’il agissait comme un enfant égoïste qui ne voulait pas voir sa nouvelle amie partir, mais elle lui avait fait mal… Et ça, il ne pouvait pas faire comme si de rien n’était. Malgré ses mots d’adulte, malgré sa réaction plus mâture, ou totalement troublée par la suite, il avait été moins égoïste, parce qu’il n’avait pas le droit de l’être sans doute et pourtant, il en avait tellement eu envie…




Les jours passaient.
Maud était venue le voir à plusieurs reprises, ayant bien remarqué son état boudeur et fermé depuis que Cassidy était partie avec lui mais peu importe l’interlocuteur, il répondait par monosyllabes, passant son temps à s’entraîner, à partir en randonnées dans la forêt pour se perfectionner, à explorer les souterrains de la cité, à faire des entraînements de vol, à manger et à dormir. Il ne discutait presque avec personne, se contentant d’écouter d’une oreille distraite même si pour les jeunes femmes du groupe il semblait être le jeune homme attentif et à l’écoute par excellence, ce qui lui tirait des grimaces ennuyées.

Au début, il était suffisamment furieux pour ne plus vouloir toucher la sacoche qu’elle lui avait offerte, mais dès le lendemain de son départ, il la reprit et l’utilisa dans la grande majorité de ses déplacements.
Par chance, ils n’avaient pas de missions de reconnaissance à effectuer ces jours-ci et le jeune homme pouvait donc s’entraîner tout son saoul. Et pour s’entraîner, il s’entraînait ! Il était devenu encore plus fort que lorsqu’elle était encore là. Son actuelle activité première semblait être de soulever des barres chargées de poids énormes pour renforcer ses muscles, toujours plus et être en mesure de pouvoir compter sur sa force, peu importe les circonstances. Son maitre était impressionnée et ravi mais pas dupe quant à la petite étincelle qui avait disparu du regard de son disciple. Il s’entraînait bien plus pour se fatiguer et passer le temps que par plaisir et défi comme c’était le cas avant. Néanmoins, les progrès étaient sidérants…

Mais il était devenu beaucoup plus orgueilleux, beaucoup plus fier et prenait beaucoup moins de pincettes avec ses camarades, n’hésitant plus à les jeter violemment à terre quand ils combattaient à mains nues, à leur faire mal, et à les effrayer bien plus qu’ils ne l’avoueraient quand il combattait armé. Il semblait tout le temps en colère et prêt à massacrer son adversaire et ledit adversaire, comme un animal l’aurait fait instinctivement devant le dragon qu’il était, comprenait qu’il ne faisait pas le poids et risquait de se faire bouffer !
Il souriait dédaigneusement en constatant sa victoire écrasante sur ses compagnons et lançait des regards plein de suffisance et d’intérêts pas du tout dissimulés sur les jeunes femmes qui les observaient s’entraîner. Il était un dragon… et il était en chasse.


Il ne jouait plus avec les enfants, les dédaignant alors qu’ils vinrent plusieurs fois le voir, espérant de moins en moins, tous très tristes de le voir devenu si méchant et adulte alors qu’ils s’entendaient autrefois si bien.
Maud n’aimait pas tellement ces changements. Ce Tristan là, elle se serait bien passée de le revoir. Elle savait à quoi il correspondait et malgré tout, elle ne pouvait s’empêcher de se poser des questions. Son démon avait-il réellement disparu ? Ou s’était-il réveillé ? Elle se le demandait… vraiment…
Et puis la lettre des Cheistams leur était parvenue. C’était une occasion à ne pas manquer car ils combattaient dans le même but et étaient alliés et l’aide qu’ils proposaient sans condition de connaitre leur identité serait plus que bienvenue.

Maud et son époux se consultèrent même si l’homme semblait tout à fait d’accord, peu importe la décision qu’elle prendrait, très occupé à parler à son ventre : complètement gâteux et bien trop tôt.
Elle s’empressa d’envoyer une réponse, mi agacée, mi amusée, en affirmant qu’ils enverraient leur meilleur élément et elle consulta son grand frère qui confirma que cette mission ferait le plus grand bien à Tristan, le sortirait un peu.

- J’ai beau le pousser dans la compétition, là, il en fait un peu trop… S’éloigner et voir d’autres horizons lui fera le plus grand bien. Et puis s’il est avec Cassidy, ça devrait bien se passer. La dernière fois, ils s’entendaient plutôt bien.
- Oui… tu as demandé à ce qu’on aille le chercher ?
- En effet, il ne devrait plus tarder.


Effectivement, le jeune homme arrivait justement, les cheveux humides et la mine morose suggérant qu’il prenait un bain lorsqu’on était venu l’interrompre. Il semblait comme tous les jours, de mauvaise humeur ou plutôt… totalement redevenu comme avant.

- Quoi ?! Qu’est ce qui se passe ?
- Tristan, bonjour. Les Cheistams nous ont contacté et nous proposent une alliance et une aide non négligeable. Pour cela, ils nous demandent d’effectuer une petite mission de routine. Il suffira juste d’escorter un mage pour faire des vérifications magiques dans des zones spécifiques. Ce ne sera pas dangereux et puis ça te permettra de voyager un peu.
- …Mouais.
- Très bien. Alors tu rejoindras Cassidy dans ce village, attends, je vais te montrer, il y a un point de rendez-vous spéci…
- Non.
- Hein ?
- Non.
- Non ? Non quoi ?
- Non, j’irai pas. J’veux pas la voir. J’irai pas.

Maud écarquilla les yeux de surprise. Son frère par contre… Eh bien un sourire éclaira son visage et son poing partit brusquement en plein visage du jeune homme qui ne s’y attendait vraiment pas… Et il y était allé avec une sacrée force puisque le Drakkari traversa la pièce avant d’heurter un mur violemment, saignant du nez et l’air furieux, mais un sourire aux lèvres, de défi, prêt à en découdre.

- Ca le vieux, tu vas me le payer !
- Ta gueule sale mioche ! On t’a donné un ordre ! Tu obéis ! Tu es un soldat ! Tu n’as pas à discuter !

Tristan se figea à ces mots alors qu’apparemment, Maud, paniquée voulait se placer entre eux, malgré son état, pour les calmer. Tout ce stress n’était pas très bon pour le bébé. D’ailleurs elle se posa les mains sur le ventre en grimaçant, chancelante. Tristan fut aussitôt derrière elle pour la soutenir et la ramener s’asseoir, foudroyant du regard son maitre qui avait causé ce trouble, même s’il était lui-même en partie responsable.

- C’est bon Maud, calme toi, j’irai… Vas-y doucement… Le bébé s’inquiète.
- Ou… Oui, d’accord. Merci Tris…

Il grimaça puis haussa les épaules, foudroya son maitre du regard puis, récupérant tous les renseignements, sortit rapidement.

Le lendemain, une certaine petite mage l’attendait de pied ferme au point de ralliement. Lui-même avait dû partir la veille puisque la distance à couvrir était beaucoup plus vaste et le message des Cheistams ayant dû passer par plusieurs oiseaux et donc postes d’observations et de renseignements avant d’enfin leur parvenir. Il était parti bien plus tôt en réalité ce message et heureusement, sinon il ne serait jamais arrivé à temps.
Cassidy ne savait pas qu’il serait son partenaire, comment aurait-elle pu le savoir d’ailleurs. Tout ce qu’elle pouvait constater, c’était le retard dudit partenaire…
Mais des voix se firent très rapidement entendre… Un drôle d’échange qui semblait se rapprocher d’elle.

- Mais lâchez-moi le slip à la fin ! Bande de femelles en manque ! Je suis pas votre mâle reproducteur !
- Non, reste avec nous beau jeune homme ! Nous serons toutes à toi… Nous ferons ce que tu voudras. Ordonne et nous t’obéirons mon beau maitre !
- Mais ça va pas ! Lâche m… !

Le jeune homme se figea, un pied en l’air alors qu’il venait d’arriver sur le chemin ou du moins d’y être visible et voyant la jeune femme qui l’attendait de pied ferme. Et apparemment, il avait pour lui la situation la plus comique qui soit. Son cheval lui tournait le dos alors qu’il tirait férocement sur les rênes, les pieds au sol, marchant pour le forcer à avancer. L’animal était très intéressé par le panier de pommes et de carottes que lui agitait sous le nez une jeune femme. Ca fonctionnait très bien, elle lui en donnait probablement des morceaux de temps en temps car il enfonçait ses sabots dans le sol et que de longues trainées dans le chemin montraient que son maitre le tirait ainsi depuis un bon moment. Les yeux du jeune homme en question lançaient des éclairs alors qu’il semblait furieux et se débattait avec une autre jeune femme qui s’était perchée dans son dos et entreprenait plus ou moins de délasser sa tunique sans manche qu’il portait par-dessus une chemise à manches longues qu’il avait relevées jusqu’aux coudes. Une autre s’agrippait à une de ses jambes, enlaçant ladite jambe des siennes et de ses bras, ce qui n’empêchait pas le jeune homme d’avancer mais le faisait boiter et trainer le pas apparemment. Une autre enfin était allongée sur le dos du cheval, preuve que la petite troupe n’avançait vraiment pas vite, d’où le retard, passant une main dès qu’elle le pouvait dans les cheveux du « beau jeune homme », l’air de les trouver très doux.

Il se renfrogna en comprenant qu’elle voyait parfaitement la situation ridicule dans laquelle il se trouvait et il grogna quelques mots avant de lâcher les rênes de l’animal qui du fait du manque de résistance chuta dans le panier de pommes, à son grand bonheur. Il s’éloigna ainsi de la fille qui lui touchait les cheveux et agita férocement la jambe en scandant un paquet d’insultes à celle qui lui tenait la jambe et qui atterrit finalement par terre alors qu’il envoyait sa « sœur » la rejoindre en faisant une espèce de prise pour la faire passer par-dessus son dos.
Sauf que les jeunes femmes loin d’être outrée par cette attitude se mirent à minauder de plus belle.

- Roooh, il est trop craquant en colère
- Mmmhh jette moi encore à terre beau guerrier !
- Je dirai même sexy. Miam !


La fureur quitta le regard du jeune homme alors qu’il sembla plus effrayé qu’autre chose pendant une seconde, il se tenait encore à distance de Cassidy et heureusement. Elle allait vite comprendre pourquoi.

- Mais lâchez-moi ! Vous voyez la fille là bas ?
- Moui ? Tu veux qu’on l’invite mon chou ?
- Qu’on… Hein ?! Mais non bourricot de femme ! C’est… C’est ma copine ! Voilà ! Et c’est une mage ! Donc si vous débarrassez pas le plancher elle va vous griller comme de vulgaires insectes !
- Oh…

Curieusement toutes ses insultes, quolibets et autres n’avaient pas fonctionné mais cela… marcha plutôt bien. Elles foudroyèrent la jeune femme du regard puis se relevèrent et s’éloignèrent du jeune homme… avant de se figer, de sembler très surprise de se retrouver là et de repartir dans des attitudes beaucoup plus légères et moins dégénérées qu’un peu plus tôt. Le cheval avait l’air triste de voir les pommes partir mais il redevint aussitôt très obéissant vis-à-vis de son maitre qui lui lança un regard mauvais qui pouvait s’apparenter à un « toi, tu étais à « ça » de finir en steak », qui le poussa à se faire trèèèèès discret.

Tristan se retourna vers Cassidy et grimaça, s’avançant vers elle avant de s’arrêter à quelques mètres et de lever la main vers elle, lui faisant signe de ne pas avancer.
Il se mit à chercher quelque chose dans sa sacoche qu’il portait en bandoulière et qui avait sacrément dû aider une de ces femmes à s’accrocher à lui et en sortit une potion qu’il déboucha et but d’un trait, petite fiole à la couleur aussi rouge… que ses cheveux… qui n’étaient plus rouges du tout. Et oui, contre toute attente, le Drakkari avait les cheveux… noirs.
Il la reboucha et la rangea dans sa sacoche avant de soupirer et de s’avancer vers la jeune femme, l’air blasé et fatigué, il se mit à parler, comme s’il récitait une leçon.

- Bonjour. Oui, je suis ton partenaire. Oui, je suis désolé d’avoir dit que tu étais ma copine, je cherchais juste à les éloigner. Je regrette, navré. Non, je ne suis pas fou. Et si je ne me suis pas avancé davantage avant de prendre cette potion c’est que oui, j’avais une raison. Mes pulsions hormonales se sont activées tout à l’heure. Depuis mon accident, ça m’arrive, oui. Ce qui fait que toute femelle humaine se retrouvant suffisamment proche de moi quand je n’ai pas bu cette potion perd les pédales, me voit comme un mâle reproducteur irrésistible et veut aussitôt s’accoupler avec moi. D’où le clan de sœurs qui ne me lâchait pas. Satisfaite ? Et les cheveux c’est pour être plus discret. Des questions ?

Comme elle semblait ouvrir la bouche et ne pas être en mesure de répondre immédiatement, certainement sous le choc, il se détourna d’elle et foudroya son cheval du regard une nouvelle fois.

- Et toi ! La prochaine fois que tu me désobéis pour des pommes, je te bouffe, c’est clair ????!!!!!

Effectivement, il avait les cheveux noirs, ses yeux orangés ne ressortant que davantage alors qu'il semblait se calmer, s'apaiser un peu avant de se retourner vers elle, même s'il ne souriait pas. Il se passa la main dans les cheveux justement, se contentant de regarder ailleurs, attendant probablement qu'elle se plaigne de l'avoir pour coéquipier, une légère grimace au visage.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Cassidy Herediane
Directrice de l'Académie Hysandra
avatar

Messages : 851
Date d'inscription : 26/02/2012
Age : 29

Feuille de personnage
Race: Humain Ascadian
Royaume: Territoire Neutre
Vocation: Mage

MessageSujet: Re: Un voyage pour apprendre à mieux se re-connaître ?   Dim 10 Nov - 0:42

Tristan… Elle avait été très peinée d’entendre ses mots et cela avait rendu triste la jeune femme. Tout… Cassidy aurait tellement voulu s’excuser, lui demander de venir avec elle mais il était introuvable. Et pourtant… si un peu il tenait à elle, alors il pouvait tout aussi bien faire cet effort de la suivre. L’un comme l’autre avaient eu une douleur qui était partagée. Elle était si triste.

Et le lendemain matin, en allant voir Maud, la demoiselle était si pâle qu’on pouvait très bien se poser quelques questions. Non Maud n’était pas télépathe et Cassidy n’arrivait pas à lui dire qu’au final… peut être qu’elle aurait voulu rester un peu plus longtemps avec Tristan. Mais rien ne sortit de sa bouche alors que Maud lui montra qu’elle n’était pas dupe. Mais cela n’y changea rien.

Les jours passèrent et pourtant, Cassidy ne reçut aucune lettre de Maud. Elle était même un peu en froid avec Erwan et même si il avait raison, y avait peut être une autre façon de faire. Elle ne savait pas et si elle ne s’occupait pas de l’académie, on la retrouvait souvent à fixer l’horizon sur la plage, à tenter de s’entraîner ou encore dans des endroits inaccessibles aux simples mortels. Et elle ne comprenait pas pourquoi cette image la hantait, pourquoi ce regard plein de douleur, de Tristan lui faisait du mal. Elle ne touchait pas aux potions, par respect pour lui, même si elle avait failli se faire avoir et pas qu’une fois… enfin pour être exact, toutes les fois où elle avait voulu en prendre, sa magie refusait de la laisser faire. Elle prenait la fiole, le verre rougissait et explosait en mille morceaux.

Alors cette opportunité des Cheistams était très bonne pour changer d’air. Elle ignorait ce qui se passait là bas, que Tristan avait changé de comportement, et que c’était très certainement sa faute… encore une fois. Ne voulait-il pas comprendre ? Ne voulait-il pas la suivre plutôt que de s’enfuir comme un enfant à qui on vient de confisquer son jouet ? Pauvre demoiselle torturée. Et pourtant en face des autres, elle gardait ce masque de grincheuse qui lui allait si bien, faisant comme si de rien n’était.

Elle s’était mise en route, toujours vêtue de vêtements assez sombres, une tunique à grandes manches, son foulard autour de son cou, pantalon et bottes du même style. Rien d’original, une tenue masculine qui n’aidait pas à dégager sa féminité. Lorsqu’elle arriva, son futur partenaire n’était toujours pas là. Et elle s’imaginait toutes sortes de choses ! Un gars pas soigneux, un barbare, une brute, ou encore un gros lourd qui lui ferait de la drague, tout ! sauf… lui.

Cassidy était toujours hissée sur le dos de son cheval, ne prenant pas la peine de descendre lorsqu’elle entendit une voix tellement familière à ses oreilles qu’elle sursauta. Abasourdie, elle regarda la scène qui était pourtant très amusante et ne comprenait pas pourquoi des demoiselles s’amusaient à harceler… heu… Tristan n’avait pas les cheveux rouges plutôt ? Elle fronça les sourcils, croyant avoir affaire à un mirage et qu’elle devait être victime d’une hallucination. Mais non apparemment c’était bien lui !

Elle faillit dégringoler de son cheval quand il déclara qu’elle était sa femme et si lui ne voyait rien, elle, elle était en train de piquer un fard avant de secouer la tête en prenant un air plus agressif pour effectivement aller vérifier si il n’y avait pas besoin de passer au chalumeau ces dames en chaleur. Mais elles partirent sans insister, le stratagème ayant bien fonctionné.

Ce qui frappait beaucoup Cassidy, c’est qu’elle n’était pas sûre d’avoir abandonné le même Tristan. Où était passé le jeune homme si sensible, timide, qui était curieux, poli… Bah voilà elle ne savait pas ce qu’elle voulait au final ! Enfin ce Tristan là… n’était vraiment pas commode du tout et elle ne savait plus du tout quelle attitude adopter avec lui !

Il lui demanda d’attendre et s’approcha d’elle en lui expliquant tout d’une traite. Alors pour ça, la petite demoiselle avait eu un choc et vraiment un gros, le regardant avec des yeux ronds à cause de son comportement. Qu’est ce qu’il lui était arrivé ? Elle remarqua qu’il portait sa sacoche mais en même temps, il semblait si grincheux, blasé, qu’elle ne savait vraiment plus quoi penser.

*Heu… je rêve là ? Qu’est-ce qui t’arrive Tristan ? Tu étais pas comme ça avant que je parte.*

En fait, elle n’eut même pas le temps de lui poser de questions ni lui répondre car un hennissement joyeux venait de retentir provenant de la monture de Cassidy. D’ailleurs sa monture venait de faire un mouvement brusque en avant, que la pauvre femme se retrouva propulsée en arrière, atterrissant directement dans la poussière en poussant un juron. Le grand cheval noir lui était parti renifler Tristan tout en lui donnant des petits coups de tête affectueux.

Elle se redressa, grimaçant parce qu’elle aurait certainement des bleus puis s’approcha du cheval.

« Minuit, laisse le respirer voyons ! »

Cassidy attrapa le cheval par les rênes et se mit en face de Tristan, un air d’excuse sur le visage.

« Il est content de te revoir. C’était le cheval que tu utilisais quand tu… étais à l’académie. Enfin je le fais sortir de temps en temps, il a besoin de prendre l’air. Même si je t’avoue qu’il a un sacré caractère quand même ! »

Hennissement de protestation alors que le cheval noir attrapa les cheveux de Cassidy dans ses dents pour montrer qu’il n’était pas d’accord. Elle le repoussa en grognant.

« Aaaah c’est bon c’est bon ! Je sais ! »

Puis elle se tourna vers Tristan, vraiment surprise tout en l’examinant de haut en bas. Il avait encore repris des muscles mais son air… il ne souriait plus.

« Si je m’attendais à te voir ici Tristan… Bon au moins je suis soulagée, je préfère que ce soit toi en fait… »

Sans crier gare, elle s’était dangereusement approchée de lui, avait agrippé sa nuque pour le forcer à se pencher en avant et observa ses cheveux en passant sa main dedans, ce qui ressemblait plus à une caresse qu’autre chose.

« Jpréfère quand même tes cheveux rouges… »

Elle fit glisser ses mains sur ses joues, pour le regarder droit dans les yeux, une lueur d’inquiétude à l’intérieur, réfléchissant longuement.

« Pourquoi tu es devenu aussi grincheux et… enfin tu étais pas comme ça avant ! En plus tu me piques mon rôle c’est moi qui devrait râler ! Tu m’as même pas suivie quand je suis partie ! Ou au moins avoir des nouvelles de toi ! T’imagine même pas ce que je pouvais penser ! »

Heu non il ne le savait pas apparemment. Elle caressa doucement ses joues. Au contraire elle était très contente de le retrouver… bizarrement plus qu’Erwan qu’elle côtoyait tous les jours. Perdue dans ses pensées, un regard de regret traversa ses yeux noisettes alors qu’elle se mordilla la langue. Et si il n’était… plus comme avant ? Oh pitié elle n’allait quand même encore pas lui courir derrière pour… heu minute papillon ! Qu’est-ce qu’elle était encore en train d’imaginer ? Et pourtant… en fait c’était très bizarre parce qu’elle était encore en proie à un véritable conflit interne. Oui ? Non ? Oui ? Non ?
Elle s’était redressée puis se tenait la tête en grimaçant, un peu de sueur apparaissant sur son front qu’elle essuya rapidement d’un revers de manche avant de cligner des yeux et de le regarder. Comment arriver à lui expliquer ça ? Surtout qu’il n’avait rien à voir là dedans ?

« Youuuuuu ! Désolé la chevauchée était un longue, je devrais aller manger un coup et ça ira mieux »

La demoiselle avait sorti un biscuit de sa proche sacoche et mordilla dedans d’un air affamé. Puis elle en sortit un autre du sac et le tendit à Tristan en le mettant dans sa main.

« Tiens cadeau ! »

Elle se racla lentement la gorge puis regarda l’entrée de la ville, bredouillant un peu et sortant une liste de son sac.

« Bon beeeen heuuu… il faut que je vérifie certains points de magie autour de la ville et l’entrepôt. Ah en plus comme tu aimes bien la magie, je vais pouvoir te montrer, ça devrait t’intéresser ! »

La demoiselle ne réagit pas et avança en tenant les rênes de sa monture, suivie par Tristan.

Ils les confièrent à une écurie avant d’avancer plus loin. La petite ville était en fête aujourd’hui. Des fanions colorés claquaient dans les airs, une musique retentissait. Sur certains drapeaux et étendards, deux grands cercles étaient représentés de couleur argenté, les lunes d’Ascadian. La demoiselle fronça les sourcils et arrêta un homme qui passait par là.

« Y se passe quoi aujourd’hui ? »

- C’est la fête des deux lunes ma ptite dame ! Les légendes racontent que c’est un jour tout à fait spécial où les Dieux eux-mêmes se font plus attentifs et pour certains réalisent même leurs souhaits. Alors on les remercie, on prie, on s’amuse, espérant qu’ils nous accordent leur bénédiction. Les lunes sont en parfaites harmonies, c’est une ambiance très mystique. Profitez bien de la fête !

Il repartit. Cassidy avait complètement oublié mais c’est vrai que depuis quelques temps, elle était persuadée que les dieux l’avaient abandonné. Oh pourtant elle aurait tellement voulu qu’on lui réalise un vœu… heu… qu’elle ne devrait pas avoir ! Elle haussa lentement les épaules puis se tourna vers Tristan.

« Bon toute façon on est pas là pour s’amuser mais pour faire ce… travail… »

Elle passait devant différents stands quand quelque chose sembla attirer son attention. En fait ce quelque chose se passait dans une ruelle sombre et étroite, complètement invisible. La demoiselle pressa le pas, Tristan sur ses talons et elle s’arrêta net devant une scène qui lui hérissa les cheveux.
Une adolescente pleurnichait et était entourée de trois hommes pas commodes, qui apparemment voulaient faire des choses pas très gentilles. Les traits du visage de Cassidy se plièrent alors qu’elle avança en direction des hommes qui ne l’avaient pas vu, la mine sévère. Quand elle fut suffisamment près, elle parla d’une voix forte et provocante pour bien se faire entendre.

« Eh la grosse barrique ! Enlève tes sales pattes de cette fille avant que je m’énerve ! »

Les hommes arrêtèrent de ricaner et se tournèrent vers ce petit bout de femme qui n’avait peur de rien apparemment. Elle les fixait d’un air de défi. Le plus grand qui devait être le chef s’avança un peu.

- T’as dis quoi ?

« Grosse barrique ! Je te laisse 3 secondes pour déguerpir, après ça sera trop tard. 1… 2…3 ! »

D’un geste vif, elle avait levé sa jambe au niveau de l’entrejambe de la brute. Il ouvrit sa bouche mais aucun son n’en sortit alors qu’il tremblait et s’écroula au sol, complètement sonné. Les autres grimacèrent puis se tournèrent vers Cassidy en faisant craquer leurs jointures. Elle prit un air malicieux en tendant l’index de sa main droite comme pour les arrêter puis désigna Tristan.

« Je vous conseille pas d’essayer de me toucher ! Le gars là, c’est mon copain ! Il est de très mauvaise humeur aujourd’hui et si on me touche ne serait-ce qu’un cheveu, il se met à mordre. Si vous tenez encore à vous, je vous conseille de filer. Et si jamais vous osez vous approcher de n’importe quelle femme de cette ville, croyez moi… vous pouvez dire adieu à vos bijoux de familles ! »

Les gars n’allaient quand même pas se risquer à ce jeune homme qui devait être vraiment entraîné pour la bagarre et filèrent sans demander leur reste. Cassidy rassura l’adolescente, se mit à sourire alors que cette dernière les remercia, très reconnaissante et qu’elle fila aussi de son côté. Cassidy se tourna pour se retrouver nez à nez avec Tristan en prenant un air assez surpris.

« Quoi ? Ca fait toujours de l’effet quand on parle du copain… Déso… »

Ils continuèrent leur chemin et un autre homme, plus petit, les aborda.

- Bonjour Messire, Damoiselle ! Damoiselle vous tombez à pic ! J’ai besoin d’une femme pour animer un tournoi de combat. Vous savez… ça attire du monde une jolie dame comme vous ! On pourrait avoir du joli spectacle surtout que nous avons la chance d’avoir dans notre ville plusieurs guerriers aguerris. Ca ferait de la bonne pub ! Oh vous n’avez pas grand-chose à faire, juste vous tenir sur la tribune et distribuer une récompense au vainqueur.

Cassidy secoua la tête et les mains. Non mais elle n’était pas une attraction quand même !

« Heu désolé Messire mais ça ne m’intéresse pas… »

- Oh je vois dommage… Moi qui comptait vous verser une petite somme de pièces d’or pour vous remercier…

La jeune femme s’arrêta, l’air soudain très intéressé.

« Quand est-ce qu’on commence ? »

Elle avait dit à Tristan que c’était pour gagner un peu d’argent, que ça serait toujours ça pour financer l’académie et qu’il pouvait attendre ou regarder même si ça ne devait pas l’intéresser des masses.

Une foule s’était pressée autour d’une estrade. Le petit homme s’adressa à tout le monde d’un air ravi.

- Messires et Damoiselles, aujourd’hui pour votre plus grand plaisir, un tournoi de combat réunissant les plus courageux et téméraires pour obtenir une belle récompense ! Avec moi Cassidy, cette charmante demoiselle devra offrir un baiser au gagnant ! Alors qui est intéressé ?

Beaucoup d’hommes se présentèrent alors. Cassidy au début, souriait, levait la main pour regarder la foule et Tristan, lui disant du regard « Coucou regarde moi ! » puis quand elle avait entendu le mot baiser, son sourire s’était transformé en une grosse grimace, un air carrément blasé ! Heu… on lui avait pas précisé !
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ascadian.forumgratuit.org
Tristan Konogan
Professeur Initiation et Maniement des Armes
avatar

Messages : 600
Date d'inscription : 09/05/2012
Age : 25

Feuille de personnage
Race: Drakkari
Royaume:
Vocation: Guerrier

MessageSujet: Re: Un voyage pour apprendre à mieux se re-connaître ?   Dim 10 Nov - 22:34

Tristan savait soigner ses entrées, c’est le moins que l’on puisse dire. Enfin non, ça n’avait absolument rien de soigné mais par contre pour surprendre son public c’était plutôt réussi et le public en question était une petite mage qui s’attendait à voir débarquer à peu près n’importe qui… sauf lui.
Poursuivi par une horde de demoiselles. Décidément le jeune homme plaisait toujours autant et voire même plus vu ce qu’il expliqua à la jeune femme une fois que ses agresseurs féminins eurent décampés. Du fait de son nouveau statut de dragon pleinement accepté, il était en mesure de dégager suffisamment de phéromones pour devenir irrésistible aux yeux de la plus effarouchée et féministe des demoiselles, voilà de quoi lui garantir une chaleur et une présence constante dans son lit, non ? Sauf qu’apparemment il ne le contrôlait pas du tout et pour la peine n’avait pas cherché à en profiter. Quoique peut-être avait-il au final passé du temps avec des demoiselles avant qu’elles ne deviennent excessivement collantes. C’était difficile à dire mais en tous les cas, Cassidy semblait sacrément surprise de le voir. Cette surprise l’amusa. Aha ! Elle ne s’y attendait pas hein ?! Bah bien fait pour elle ! Elle allait devoir le supporter !

Ah mais au final, c’était plutôt le caractère du jeune homme qui semblait la frapper. Après tout, il ne souriait plus, il ne venait pas joyeusement vers elle avec cet air simple et serein et surtout cette manière d’être qui semblait si bien réussir à la distraire et à la faire sourire au final. Mais alors qu’il remarquait du coin de l’œil qu’elle semblait en forme bien que toujours vêtue d’une tenue masculine qui ne mettait décidément pas en valeur le corps sérieusement dénudé qu’il avait eu l’occasion de contempler, la jeune femme fut désarçonnée par son cheval… qui vint aussitôt vers le Drakkari… et se comporta avec lui comme s’il le reconnaissait comme son maître.

Oh bien sûr, elle ne s’en rendait pas compte mais dès qu’il l’avait vue se déséquilibrer, il avait fait un pas dans sa direction, comme pour la rejoindre, la route coupée par l’animal. Mais pour commencer il n’était pas assez rapide et ensuite, il ne semblait pas prêt à montrer la moindre inquiétude à son égard, se renfrognant en voyant qu’au final elle n’avait rien, même si elle se passait les mains sur les fesses en grimaçant légèrement. C’est qu’elle n’était pas bien épaisse, elle pouvait vite se faire mal. Tristan pour sa part, était assailli par ce cheval cette fois qui lui donnait d’affectueux coups de tête malgré sa haute taille imposante.
Elle les rejoignit et s’expliqua alors.
Tristan se crispa.

Ainsi donc, il était à l’Académie auparavant ? Il ne savait pas. Etait-ce là qu’ils s’étaient connus ? Ses paroles comme quoi la petite directrice d’une Académie avait été surprise et déçue par son départ prenaient sens. Elle, il savait bien qu’elle était la directrice en question, mais il comprenait à présent d’où il était parti. Mais pourquoi restait encore un mystère et il n’était pas sûr de vouloir l’élucider.
Il ne dit rien à ce propos, semblant curieusement lointain alors qu’il posait doucement une main sur le grand cheval noir.

- Minuit…


L’animal répondit aussitôt par un hennissement joyeux même si malheureusement pour lui, Tristan plissait les yeux, ne se rappelant apparemment rien mais caressant la tête du cheval du bout des doigts avec beaucoup de douceur pour un « inconnu ». En tous les cas, il n’appréciait pas que Cassidy cherche à l’éloigner et le montra bien vite, ce qui tourna un demi sourire à son « maitre ».
Elle se tourna vers lui, lui parlant, surprise donc, bel et bien, de le voir et PREFERANT que ce soit lui. Il tiqua sur ce mot, surpris de l’entendre au final. Etait-il content ou en colère au contraire qu’elle le prononce ?

Puis sans que rien ne le présageait, elle s’était approchée, vraiment très près et il ne s’y attendait tellement pas qu’il se mit à loucher légèrement sur son visage alors qu’elle agrippait sa nuque. Il se crispa mais se détendit en fermant à moitié les yeux dès qu’elle passa les mains dans ses cheveux. Oh il lui en voulait encore d’être partie si vite, d’avoir été si gentille avec lui avant de le laisser seul mais… c’était vraiment trop agréable !
C’est vrai que cette couleur changeait de celle naturelle et tellement étonnante qu’il arborait d’ordinaire mais ça lui allait bien quand même, très bien même. Pouvait-il seulement être réellement moins mignon ? Peut-être en faisant d’horribles grimaces… et encore !

Elle préférait ses cheveux rouges. C’était gentil. Mais quand elle toucha ses joues, il se crispa de nouveau, rouvrant les yeux alors qu’elle lui parlait. Il ne lui répondit pas, même si elle semblait vraiment s’inquiéter de son état et de l’absence de nouvelles. Pourtant, il était très près de lui balancer quelques paroles acerbes mais sans comprendre pourquoi, ni ce qui pouvait le calmer dans le regard plein de tristesse et de regrets de la jeune femme, il s’en abstint. Comme s’il sentait qu’il allait lui faire du mal autrement, vraiment, le genre de blessure dont on ne guérit pas facilement et comme si cette pensée, même s’il était toujours en colère, pouvait suffisamment le calmer pour qu’il ne s’aventure pas à dire n’importe quoi, se contentant juste d’hausser les épaules d’un air désinvolte bien connu.

L’instant d’après, elle semblait aller mal et il se félicita de n’avoir rien dit. Alors qu’elle reculait en se tenant la main, une ombre d’inquiétude passa sur le visage du jeune homme qui avançait déjà la main pour la retenir, la soutenir si elle devait s’évanouir. Mais au final il ne la toucha même pas. Après tout, elle n’avait besoin de rien… ni de personne.
Son excuse ne tenait pas la route et il le sentait mais il resta silencieux et se contenta d’accepter son biscuit avec un haussement de sourcil puis un « merci » prononcé très bas, le grignotant tranquillement en observant les alentours avec bien peu de gloutonnerie pour le gourmand qu’il était encore il y a peu. Moins gourmand ? Peut-être bien…

Enfin elle annonça ce qu’ils avaient à faire et il se contenta une fois de plus d’hocher la tête, sans un mot, se contentant de la suivre. Est-ce que la magie l’intéressait encore un peu ? C’était un véritable gamin boudeur et sacrément rancunier au final mais même ça, il ne le disait pas en face.
Ayant confiés leurs chevaux, ils se déplacèrent à pied dans la ville et apprirent qu’il y avait une fête. Tristan haussa un sourcil, sceptique alors que leur interlocuteur leur parlait de divinités, se crispant lorsque l’homme parla des lunes en harmonie, levant la tête vers le ciel avec une certaine anxiété, même si à cette heure, on ne pouvait pas voir les lunes en questions bien sûr, c’était tout juste le matin !

Cassidy avait coupé court à ses réflexions en arguant qu’ils avaient à faire et que l’amusement n’était pas à l’ordre du jour. Si le jeune homme semblait curieux de cette fête, il se contenta d’un léger hochement de tête une fois de plus et la suivit, marchant d’un pas tranquille à côté d’elle.
Mais elle bifurqua brusquement vers une ruelle et interrompit ou empêcha plutôt un drame.
Un groupe d’hommes peu avenants ennuyaient plus que de raison une jeune fille qui n’avait franchement pas l’air d’accord et la petite mage était totalement contre ce type d’injustice, comme elle le montra très vite.

C’était un peu humiliant de se faire couper l’herbe sous le pied de la sorte alors même qu’il semblait avoir un léger temps de retard sur elle pour jouer les preux chevaliers.
Mais Tristan ne s’en vexa pas au final. Pourquoi ? Parce qu’un sourire amusé venait d’éclairer son visage. Cette petite mage était décidément bien téméraire, à croire qu’elle attirait le danger ou appréciait se fourrer dans les ennuis. Oui, au final, il venait de sourire alors que bien sûr, elle était incapable de le voir puisqu’elle lui tournait le dos alors qu’il se tenait légèrement en retrait derrière elle. Elle insulta les hommes et frappa durement l’un d’eux à l’entrejambe. Tristan lui-même grimaça douloureusement, compatissant.

Elle avait quand même un culot certain parce qu’ils n’avaient pas l’air commodes et au final, elle s’en remit un peu à lui pour la suite, lui rendant un peu sa fierté au passage. Il fut très surpris qu’elle l’utilise à son tour comme argument de dissuasion en le présentant comme son petit ami mais contrairement à elle, il ne fut pas pris au dépourvu ayant probablement un temps de réaction plus rapide face à ce genre de situation. Il savait s’adapter voilà tout. Il s’était d’ailleurs rapproché d’un pas d’elle, la frôlant alors que les hommes s’avançaient menaçants. Et quand elle aborda sa mauvaise humeur, il se mit à montrer les dents en faisant exagérément et totalement exprès, un bruit un peu animal, comme un chien près à mordre. L’imitation n’était pas très bonne quand on savait à quel point il pouvait grogner et être menaçant tout à fait naturellement mais elle s’adaptait bien à la situation et elle dut aider les voyous à croire la jeune femme.

Pourtant, comme elle ne le regardait pas, elle n’avait pas vu la lueur de colère qui avait brillé dans le regard du jeune homme quand ils s’étaient montrés menaçants en s’approchant d’elle. Peut-être qu’au final, il serait intervenu, même si elle n’avait rien dit. L’adolescente semblait totalement impressionnée et sous le charme de cette petite mage si sûre d’elle, d’ailleurs, il y avait fort à parier que celle-ci venait de devenir un modèle pour la petite demoiselle. Il en fallait bien pour forger les caractères aujourd’hui.

Ils finirent par s’éloigner du lieu même si en se retrouvant nez-à-nez avec lui alors qu’il s’attardait, fixant pensivement la ruelle, une étrange lueur dans le regard, elle s’expliqua et s’excusa de l’avoir dénommé ainsi. Il baissa aussitôt les yeux sur elle. Il ne semblait pas aussi grognon et en colère qu’il l’était quand ils s’étaient revus quelques minutes plus tôt, au contraire, il semblait un peu se détendre. D’ailleurs, il lui fit un léger sourire avant d’hausser les épaules l’air de dire qu’elle pouvait faire ce qu’elle voulait et de tourner les talons.

Ils étaient très loin d’avoir atteint leur destination lorsqu’ils furent de nouveau arrêté.
Tristan se désintéressa très vite de la conversation, du moins en apparence, puisque seule Cassidy semblait concernée, alors qu’il fixait les stands de loin avec une certaine curiosité.
Mais quand elle accepta, il fronça les sourcils et se retourna. Apparemment elle comptait récupérer une certaine rémunération pour son Académie ou même simplement pour elle, elle avait bien le droit de se faire plaisir tout de même. Il le comprenait parfaitement et se contenta de maugréer quelque chose qui ressemblait à un « amuse-toi bien » alors qu’elle s’éloignait.

Oh il l’avait suivie tout de même jusqu’au lieu concerné. Il s’agissait de combats et cela éveilla aussitôt l’intérêt du grand jeune homme. L’organisateur surexcité commença alors à s’exprimer pour que tous puissent l’entendre et l’intérêt du Drakkari finit d’être… totalement éveillé. Cassidy s’était figée alors qu’on parlait du baiser qu’elle devrait donner au vainqueur et alors que bien des hommes se présentaient, charmés par le joli minois de la jeune femme. Apparemment, elle ne savait pas que c’était une des conditions. Tristan soupira. Pour sa part, même s’il ne connaissait pas vraiment ce jeu, il se doutait bien que ce serait ce type de récompense. Cette petite demoiselle était décidément bien naïve. Il avait croisé les bras sur son torse, l’observant devenir un peu gênée et embêtée pour le coup, amusé de la voir autant prise au dépourvu. Il entendit pourtant quelques échanges entre certains hommes.

- Moi je vous dis les gars ! Je vais gagner ! Cette petite biche va m’embrasser et après avoir goûté à ça… Elle en voudra beaucoup plus ! Je vous le dis, la journée va être… très intéressante je sens.
- Ahah ! Tu rêves, je vais te mettre une raclée ! Aucune chance qu’elle embrasse un crapaud comme toi.


Ca encore c’était plutôt normal et très attendu. D’ailleurs ce type de réaction était tellement attendu, tellement normal que Tristan s’en sentit profondément ennuyé. Mais il vit aussi, du coin de l’œil, d’autres hommes se présenter. Au final, ils étaient quand même nombreux… et il y avait celui qu’elle avait frappé à l’entrejambe un peu plus tôt, qui avait une sacrée tête de lâche et tricheur et… un air mauvais. Il se crispa. C’était le type de personne qui n’accepterait jamais une telle humiliation infligée par une femme, le type de personne qui s’en vengerait…

Au début tout à fait prêt à participer au combat quand il avait entendu qu’il s’agissait de se montrer fort et courageux, puisqu’au final, le gagnant serait incontestablement le plus fort des participants, aiguillé dans son honneur par ce petit défi, Tristan y avait plus ou moins renoncé en comprenant ce qu’était la récompense, préférant se tenir à distance de la petite mage… Et se tenir à distance comportait forcément l’idée qu’il ne devait pas la toucher et encore moins de cette manière. Mais voir ces hommes revenir à la charge le fit grimacer et finalement, alors que le petit homme demandait si plus personne ne voulait se présenter, une fois, deux fois, avant le troisième appel, il vint se placer dans la file des participants.

Tristan ne leva pas le regard de Cassidy. Il n’en avait pas besoin. Il se doutait parfaitement qu’elle était surprise. Mais elle aussi avait dû voir que la grosse brute qu’elle avait à moitié assommée du fait de son coup bas faisait partie de ses prétendants.
On leur conseilla de se changer pour certains, de se mettre à l’aise pour d’autres et on les fournit en grosses épées en bois et en bouclier. Les vraies armes n’étaient pas de mise puisqu’il s’agissait juste d’un jeu au final et qu’on ne voulait certainement pas risquer des accidents.

Tristan évalua la taille de la petite foule qui se pressait pour combattre. Au final, ils étaient sacrément nombreux. Même habillée ainsi, la demoiselle savait charmer ces messieurs après tout.
Pour sa part, il se mit torse nu alors qu’un petit attroupement de femmes profitait du déshabillage des hommes justement. Il prit tranquillement les accessoires qu’on lui tendait. Il y en avait pour tous les goûts et de toutes les tailles. Les premiers combats s’engagèrent, parfois serrés, parfois totalement inégaux. Tristan notait déjà des détails sur ses précédents adversaires. Le principe était simple. A chaque fois que quelqu’un gagnait un combat, il affrontait un adversaire ayant lui-même remporté une victoire. Les premiers hommes que Tristan affronta étaient des amateurs qui n’avaient probablement jamais tenus les armes et il ne prit même pas la peine de donner la moindre énergie dans ses batailles, se contentant d’attaques rapides et précises, les désarmant sans mal avant de pointer son épée sur la gorge des vaincus.

Ils levaient les mains, se rendant sans demander leur reste et souvent bien pâles face au regard du Drakkari.
Mais il n’était pas le seul à bien mener ses combats. Celui qui avait été humilié par Cassidy s’en sortait très bien aussi, même si c’était plus par lâcheté qu’autre chose. Il avait des attaques pour le moins très lâches et très louches, des attaques de traitre, des coups en douce mais tout de même, armé d’une sacrée force qu’il n’avait pas eu le temps de montrer précédemment à la jeune femme et d’une colère certaine, il s’en donnait à cœur joie pour montrer sa supériorité.

Tristan restait silencieux, prenant compte de sa progression phénoménale dans les classements et les encouragements que lui offrait la foule. Si elle savait…
Tristan affronta quelques adversaires qui valaient davantage le détour mais même si certains étaient de très bons escrimeurs, ils n’avaient ni sa maitrise, ni sa force. Pour sa part, l’autre homme était singulièrement chanceux car il ne tomba que sur des amateurs… jusqu’à se retrouver face à Tristan.

Le Drakkari était bien plus fatigué que lui et venait de mener un long combat pendant quelques intenses minutes contre un adversaire redoutable qui lui avait témoigné tout son respect avant de quitter le terrain. Le front perlé de sueur, le jeune homme fixait son adversaire.
Celui-ci était décidément bien plus frais que lui et il passa à l’attaque dans un cri rageur. Tristan para son coup de son bouclier mais fut surpris par sa force qui le déséquilibra alors qu’il faisait deux pas en arrière pour se rétablir sans chuter. Aie… ses douleurs osseuses choisissaient mal leur moment pour se manifester. Il grimaça en sentant son bras se raidir comme à chaque fois… Ce n’était pas bon en plein combat, cela mettait beaucoup trop d’ouvertures à portée d’épée de son adversaire et surtout, il ne pouvait plus se défendre correctement. Il se contenta d’esquives pendant un instant, serrant les dents alors que la foule mécontente demandait des contacts au lieu de cette espèce de fuite.

Apparemment l’homme en face de lui semblait penser avoir l’avantage parce qu’il s’échauffait, souriant d’un air de vainqueur déjà en redoublant d’effort. Mais même les dents serrés et l’air d’avoir mal, Tristan esquivait plutôt bien. Son bras tremblait encore lorsqu’il para une nouvelle attaque et se remit à attaquer. Il était lourd et vraiment peu libre de ses mouvements mais ça devrait suffire. Il devait finir rapidement ce combat. Se concentrant en se forçant à rester calme, il attaqua et glissa habilement la pointe de son épée sur la gorge de son adversaire alors que celui-ci lui avait laissé une bien faible ouverture pourtant, pressant légèrement sa pomme d’Adam.
Cela suffisait pour lui assurer la victoire.
Du moins le croyait-il.

L’homme sembla prêt à rendre ses armes, à se rendre tout court alors que Tristan rabaissait son épée quand il frappa durement le jeune homme, du pommeau en bois massif de celle-ci, directement dans sa mâchoire, comme un uppercut.
Le Drakkari ne s’y attendait pas, pas du tout même puisqu’il encaissa très mal et fut jeté à terre.
La foule avait été surprise par ce mouvement assez surprenant et coup de traitre en quelque sorte mais malheureusement, c’étaient les lois du combat et à présent elle semblait hystérique. Au final… ils réclamaient du sang…

Tristan releva la tête, le menton dégoulinant de sang justement. Ses dents et sa mâchoire avaient émis un craquement sourd au moment de l’impact. Son adversaire ne chercha même pas à juste le menacer, il attaqua directement. Mais le Drakkari était incontestablement plus rapide que lui. Il lâcha son bouclier et son épée de bois, se redressa sur un genou et attrapa la main qui tenait l’arme qui s’abattait sur lui, l’arrêtant dans son mouvement. Son autre main saisit la gorge de son adversaire alors qu’il se redressait vivement debout. Il lui arracha son épée des mains, le souleva du sol, tout cela dans le même mouvement et l’y plaqua avec une puissance telle que l’autre perdit le souffle. La haine, la fureur dansaient dans le regard du jeune homme. Il leva son poing libre loin au-dessus de sa tête et l’abattit violemment sur ce magouilleur de première.
Juste pendant son mouvement, le petit organisateur, perdu et comprenant que cela allait dégénérer scanda que c’était terminé. Sans doute espérait-il que cela ferait cesser le combat mais Tristan était énervé oui vraiment énervé.

Pourtant, son poing ne fit que frôler l’homme alors que la trajectoire était bien plus menaçante quelques secondes plus tôt et au lieu de s’arrêter, il frappa le sol si fort que la terre se craquela autour de l’impact, profondément par endroit, laissant de longues et fines lézardes à d’autres. L’homme était devenu si blanc en comprenant dans quel état serait son visage s’il s’était pris le coup qu’il semblait prêt à défaillir. Tristan se redressa, la mine sombre, murmurant juste quelques mots adressés uniquement à ce minable.

- Approche toi d’elle encore une fois… Juste un peu. Et je te tue.

Et ce n’était pas des paroles en l’air. L’autre le comprit tout de suite. La foule applaudissait quand même, malgré que certains soient franchement surpris par la force de ce jeune homme même s’il était musclé et apparemment un très bon guerrier. Le petit organisateur, rassuré, s’inquiéta pourtant pour le Drakkari et une jeune femme rejoignit celui-ci, lui demandant d’ouvrir la bouche, ce qu’il fit en marmonnant comme quoi il n’avait rien. Elle devait s’attendre à lui trouver des dents cassées car elle sembla très surprise de voir qu’au final, s’il saignait un peu, il allait bien. Par contre, Tristan accepta le mouchoir qu’elle lui tendait pour essuyer son menton dégoulinant de sang, rappel trop présent du coup qu’il n’avait pas vu venir. Il devait s’habituer à ce que des hommes ne respectent pas les lois de la chevalerie et de l’honneur. C’était difficile.

Le petit homme, joyeux et ravi du succès qu’avait son attraction vint le chercher, le tirant par la chemise qu’il était en train de réenfiler, le bloquant un peu justement. Tristan se débattit un instant avec son vêtement avant d’en sortir la tête, cessant d'essayer de l'enfiler, la tenant à la main, toujours torse nu donc avant de comprendre qu’on l’amenait vers l’estrade. Vers Cassidy.
Il se renfrogna aussitôt…

- Vous avez bien mérité votre récompense jeune homme ! C’était époustouflant ! Mademoiselle… si vous voulez bien…
- Inutile…
- Pardon ?
- J’ai fait ça pour montrer que je suis le plus fort. C’est tout. Je me fiche de cette histoire de récompense.

L’homme parut surpris et scandalisé. Surtout que la foule ne semblait pas contente, déçue même puisqu’elle attendait impatiemment ledit baiser. Il faut dire que certaines jeunes femmes auraient bien voulu être à la place de Cassidy et beaucoup d’hommes n’auraient pas rechigné à prendre la place du grand Drakkari aux cheveux actuellement noirs.
Mais le petit organisateur était malin et bon orateur ainsi que fin stratège. Il fit un immense sourire au Drakkari qui regardait ailleurs, essayant de ne pas croiser le regard de Cassidy.

- Oh je vois ! Monsieur est un grand timide ! Mais qu’à cela ne tienne jeune homme, vous méritez cette récompense !N’est ce pas vous autres ?
- LE BAISER ! LE BAISER ! LE BAISER !

- Je…
- Vous avez peur d’embrasser cette petite demoiselle devant tout le monde ? Qu’y a-t-il ? Etes-vous si piètre dans ce domaine monsieur le guerrier ? Apparemment oui, sinon vous n’hésiteriez pas…

Oh oui, ce petit homme était très malin et il avait comprit tout de suite que le jeune homme… était très susceptible. D’ailleurs Tristan vit aussitôt rouge, foudroyant l’homme du regard, comme s’il était prêt à lui cogner dessus et il sembla vraiment près de le faire pendant une seconde alors que la foule reprenait ses paroles, enfin l’idée principale qui se traduisait par un retentissant « trouillard ». Il serrait les dents, furieux…
Mais contre toute attente, il se retourna vers Cassidy si proche et en même temps si loin de lui et qui avait fixé la scène avec un tel panel de différentes expériences depuis le début de ses combats qu’un observateur extérieur aurait bien des choses à en dire. Il la rejoignit en deux enjambées, se retrouvant très proche d’elle. Il tourna la tête vers l’organisateur, le regardant avec une colère certaine mais aussi un défi… franchement impossible à manquer, ses pommettes s’étaient pourtant colorées de rouge comme s’il était gêné ou vraiment très en colère… très très en colère…
Pourtant c’est avec des gestes étonnamment doux qu’il posa une main sur sa taille, l’autre caressant l’une de ses joues avant de se perdre dans sa nuque et ses cheveux tandis qu’il se penchait sur elle et l’embrassait… ah ben à pleine bouche là… Et pas de problème, il mettait la langue le demoiseau !

Spoiler:
 

Apparemment, la foule voulait sa « fin heureuse », son petit baiser de victoire mais celui-ci… valait le détour et en fit rougir plus d’un. Le petit organisateur parut soulagé puisque inquiet pendant un instant que son plan tombe à l’eau tandis que nombreux étaient ceux qui estomaqués assistaient à un baiser qui était une vraie leçon de vie.

Et s’il y avait une chose que Tristan n’avait pas oublié… C’était comment embrasser une femme pour lui faire perdre la tête. Ah pour ça, le galopin était sacrément doué ! Plus que doué même… Un tel baiser n’était probablement pas nécessaire mais soit il était piqué au vif soit il embrassait un peu trop bien naturellement. Mais était-ce avec toutes les femmes ou… juste avec elle.

Jusqu’alors, c’était elle qui l’avait toujours embrassé, chastement ou avec passion au contraire, pendant ses phases de perdition par rapport à ses potions. Il avait toujours était abasourdi et n’avait jamais réagi mais là… c’était à son tour d’être trop surprise pour faire quoi que ce soit… D’ailleurs il dut raffermir légèrement la prise sur sa nuque quand il eut la légère impression qu’elle risquait de s’échapper avant qu’il n’en ait mis plein la vue à tout le monde…et à elle la première.
Oui… parce que même si c’était ce petit homme qui avait lancé cette pique, il avait eu l’impression fugace mais persistante qu’elle était de ceux qui croyaient le plus dans ces mots. Alors il avait voulu lui prouver le contraire, à elle plus qu’à tous les autres. Un peu comme si au final… c’était surtout l’avis de la jeune femme qui comptait.

Il se détacha enfin d’elle après un baiser qui avait duré bien peu de temps au final mais le temps en question semblait avoir si cruellement ralenti que c’était une véritable éternité qui s’était écoulée au final. Il relâcha sa nuque, puis sa taille et finit par se redresser, détournant le regard d’elle, mais les joues de nouveau légèrement rouges.
Le petit organisateur s’éclaircit la gorge, un peu gêné et encore sous le choc malgré tout avant de demander à une autre jeune femme de venir se présenter et de lancer un nouveau défi. Les personnes présentes, motivées et alertes, animées par un désir de mieux faire, se pressèrent aussitôt pour participer.

Tristan pour sa part, toujours sans regarder la jeune femme, saisit une main de celle-ci, l’entraînant à sa suite, s’empara d’un geste vif de la bourse que tendait l’homme à la jeune femme, sans lui laisser le temps donc de la prendre et s’éloigna très vite de l’attraction générale. Il ne s’arrêta que lorsqu’ils furent bien plus loin. Il tendit derrière lui la bourse pour qu’elle la récupère de sa main libre, tendant le bras plus que nécessaire, comme s’il voulait éviter tout contact visuel avec elle. Puis enfin il se retourna n’ayant pas encore lâché ses doigts au final. Mais une fois de plus, il ne la regardait pas, se contentant de fixer un point franchement loin d’elle. Il rougissait encore un peu puis dégagea sa main de la sienne avant de tousser, gêné et de se mettre à marmonner comme s’il voulait éviter soigneusement le sujet mais n’était franchement pas doué pour.

- Mouais bon… on va s’occuper de tes machins magiques maintenant ?

Il évitait vraiment de la regarder et c’est pourquoi probablement, ne pouvait-il pas voir les expressions de la jeune femme. Pourtant au bout de quelques minutes alors qu’ils étaient occupés justement par la mission qui leur avait été confiée, alors qu’elle lui avait dit bien plus tôt d’une voix curieusement timide qu’il s’était bien battu, il finit par prononcer quelques paroles… bas, mais tout de même adressées à elle.

- Je l’aurais pas laissé t’approcher de toute façon…

Probablement l’avait-il surprise en parlant tout simplement ou justement par ces quelques mots en particulier car elle se tourna vers lui, ses sourcils blonds légèrement haussés alors que ses grands yeux noisette le fixaient avec perplexité. Il prit un air distant encore deux trois secondes, comme s’il n’avait jamais prononcé ces paroles puis il lui fit enfin un magnifique sourire, assez taquin assez provocant même.

- Tssss. Tu fonces vraiment tête baissée dans les ennuis toi…
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Cassidy Herediane
Directrice de l'Académie Hysandra
avatar

Messages : 851
Date d'inscription : 26/02/2012
Age : 29

Feuille de personnage
Race: Humain Ascadian
Royaume: Territoire Neutre
Vocation: Mage

MessageSujet: Re: Un voyage pour apprendre à mieux se re-connaître ?   Lun 11 Nov - 13:05

Cassidy ne comprenait pas. Pourquoi était-il si distant d’un coup ? Bon d’accord il était énervé quand la demoiselle lui avait annoncé qu’elle partait mais au moins, elle n’était pas partie sans rien dire elle au moins ! Elle l’examinait attentivement alors qu’il ne souriait pas vraiment, était crispé, comme si il s’était forgé une carapace et lui en voulait de son départ. Mais alors qu’est-ce qui l’empêchait de venir la voir si il l’appréciait tant que ça ? Elle pensa que c’était peut être parce que justement, tout le monde était aux petits soins avec lui, ne le contrariant pas, tout ça à cause de cet accident qu’il avait eu. Et elle, elle le contrariait en partant, elle l’avait mis en colère et si elle ne prenait pas un peu sur elle, Cassidy aurait très bien pu penser qu’il n’avait qu’une attitude de gamin et c’était très loin de lui plaire. Enfin… si personne ne lui avait jamais dit non aussi… on ne pouvait pas lui en vouloir.

Finalement, elle s’arrêta là, décidant de se concentrer plus sur sa mission que ses états émotionnels sur le retour du Drakkari. Même si au final, ça l’apaisait que ce soit lui, parce qu’avec un autre, elle se serait conduite beaucoup plus indépendamment sans tenir compte de son partenaire.

Ils marchaient dans la petite ville et la demoiselle avait senti qu’un drame se préparait. Sans vraiment savoir pourquoi ni comment, elle avait foncé dans la ruelle et était rentrée dans le gros balourd qui s’en prenait à une jeune adolescente, bien décidée à ne pas se laisser faire. Cassidy était devenue comme ça, téméraire, provocante et ne se laissait plus marcher sur les pieds. Il suffisait qu’un gars la regarde avec un peu trop d’insistance ou un regard lubrique pour qu’elle l’intime à vite déguerpir, au risque de se battre.
Elle savait pertinemment et peut être un peu inconsciemment, que laisser le rôle de la potiche à Tristan n’était pas une bonne chose non plus, il détestait être mis en arrière et si elle aurait pu se débarrasser facilement de ces deux brutes en utilisant la magie, elle préféra s’appuyer sur Tristan, histoire de ne pas trop vexer son ego de mâle.

L’adolescente les remercia et ils continuèrent leur chemin. Alors qu’elle s’excusait, la demoiselle observa un fin sourire sur le visage du Drakkari, premier qu’elle voyait depuis qu’ils étaient ici. Elle loucha et cligna des yeux alors qu’il détournait la tête, se demandant ce qu’elle avait bien pu dire pour lui faire tirer un sourire. Peut être qu’en le déclarant comme son petit ami elle pourrait en avoir des sourires ! Oui mais bon ce n’était pas très malin en même temps et elle refusait de jouer trop longtemps avec ça, de peur de blesser Tristan plus que nécessaire quand il se rappellerait qu’elle était en couple.

On vint encore les aborder pour une attraction et si au départ Cassidy était fermement opposée à jouer la potiche sur une scène, l’appât du gain fit le reste. Ah ça oui aussi ça l’avait bien changé. Auparavant, elle se serait montrée intimidée mais aurait certainement acceptée, si naïve qu’elle ne penserait quand même pas qu’il s’agissait d’un baiser alors que là il fallait carrément insister. Elle avança avec le petit homme et Tristan suivait derrière mais elle ne le voyait vraiment pas.

C’est quand elle monta sur l’estrade qu’elle l’aperçut dans la foule et lui fit, malgré tout, un grand sourire en le regardant. Sourire qui se transforma en grimace quand on parla de récompense au vainqueur. Heu non elle ne s’y attendait pas ! Pas vraiment de naïveté de sa part, mais pour une fille qui s’intéresse très peu à ce genre de chose, impossible de deviner à quoi pouvait bien ressembler la récompense. Mais il était trop tard pour renoncer et elle espérait simplement que son vainqueur ne serait pas trop moche.
Les prétendants vinrent se placer dans la file et au dernier moment, Tristan se décida à les rejoindre. Elle avait également remarqué la grosse brute de tout à l’heure et les yeux de la demoiselle lançaient des éclairs. Au final, elle ne voulait pas le voir gagner car ce serait absolument de sa part, surtout que ce type avait l’air d’être un gros profiteur mais si il gagnait quand même elle serait ravie de taper au même endroit, estimant qu’elle n’y avait peut être pas été assez fort, et tant pis pour l’argent ! Non mais oh ! La fierté passe avant tout le reste et son honneur aussi !

Elle regardait cependant avec attention les combats de Tristan. Il se défendait bien pour quelqu’un qui avait tout oublié de son talent passé. Mais ce n’était pas encore ça puisqu’elle remarqua rapidement les gouttes de sueur sur son front, là où avant il était capable de tenir beaucoup plus longtemps. Mais pour quelqu’un qui avait perdu la mémoire, c’était déjà très bien.

Le combat suivant approchait et elle fut vraiment embarrassée de le retrouver face à ce type qu’elle avait humilié. Lui n’avait pas l’air très fairplay. Une expression d’inquiétude passa sur le visage de Cassidy quand elle vit Tristan lutter, comme si quelque chose le bloquait dans son bras. Elle fronça les sourcils, le connaissant trop bien au combat, ayant passé beaucoup de temps à l’observer sur le terrain d’entraînement pour comprendre que cela n’était pas normal. On ne lui avait pas quand même coupé un bras aussi dans son accident ? Très étrange. Dans tous les cas, elle s’inquiétait pour lui mais fut finalement rassurée de voir que le combat était terminé… ou pas.

Personne ne s’attendait à ce coup en traître, frappant directement la mâchoire du Drakkari. Les yeux de Cassidy s’écarquillèrent d’horreur alors qu’elle prononça un seul mot, couvert par les cris de la foule.

« Enfoiré ! »

Elle s’était mise malgré elle en position de combat, prête à utiliser la magie pour éjecter ce tricheur, pervers et abruti. Seulement, Tristan s’était déjà redressé, prêt à répliquer malgré le sang qui dégoulinait sur son menton et renversa son adversaire, enfonçant son poing qui frôla son adversaire en faisant trembler le sol. Ca aussi c’était bizarre ! C’était comme si sa force de Drakkari venait de se réveiller. Mais cette technique était suffisamment impressionnante pour effrayer son adversaire. La foule était contente et elle rassurée par le dénuement même si elle aurait du venir y mettre son grain de sel aussi.

On l’amena vers l’estrade et c’est une véritable baffe que se prit Cassidy dans le visage. Heu ça non plus elle ne s’y attendait pas. Vraiment… il ne voulait pas qu’elle l’embrasse ? Le regard de la demoiselle s’assombrit, perdu dans le vide, comme si à ce moment précis elle n’entendait plus rien. Elle manqua même de fuir mais paralysée sur place, il lui était impossible de bouger. Il ne voulait pas l’embrasser hein… il la détestait c’est ça ? De toute façon elle s’y attendait… elle l’avait prévenu… il avait peut être découvert son secret et refusait d’en parler, c’était certainement ça ! Après tout, que pouvaient-ils bien faire ensemble ?

Le petit présentateur était malin et joua dans la provocation. Effectivement il y avait des questions à se poser. Avait-il oublié comment embrasser ? Il n’avait jamais répondu à ses baisers volés, jamais. Et pourtant, lorsqu’il s’approcha d’elle, légèrement menaçant et un air de défi sur le visage, la jeune femme avait récupéré l’usage de son corps et commençait à mettre un pied en arrière, ouvrant la bouche comme si elle avait l’intention de lui dire qu’il n’était pas obligé de… heu en fait elle avait perdu la suite.

Parce que le baiser qu’il lui donna valait vraiment le détour. Elle frissonna quand ses mains se posèrent sur sa taille et autour de sa nuque, un peu crispée, ne s’attendant certainement pas à ça. Il l’embrassa alors mais ce n’était pas le petit baiser discret et furtif mais vraiment le genre de baiser rempli d’une passion qu’elle n’arrivait pas à identifier, qui faisait tourner la tête. Sur le coup de la surprise, elle était complètement paralysée bien que ses jambes tremblaient et que son cœur battait beaucoup trop vite pour la laisser indifférente. Elle n’avait pas déplacé les bras mais juste fermer les yeux, comme si au fur et à mesure que le temps, si long et si rapide à la fois, n’avait plus d’importance. Sa crispation passa et elle se détendit, manquant de perdre pied et de tomber par terre mais il marqua plus d’insistance dans sa nuque et sur sa taille, comme pour l’empêcher de se dérober.

Magnifique baiser en effet, qui sonnait comme un écho des souvenirs passés alors qu’il se détacha d’elle, la demoiselle complètement confuse, limite rêveuse, qui ne comprenait pas. Voulait-il vraiment montrer comment il embrassait à la foule ? Si le petit présentateur n’avait pas insisté il ne l’aurait pas fait, pas vrai ? Elle ne savait que penser et resta… eh bien un peu chamboulée, incapable de se déplacer pour l’instant. Elle s’était sentie tellement bien pendant un instant malgré sa peine.

Il réagit pour elle, lui attrapant la main, récupérant la récompense et s’éloigna avec elle. Encore une fois il ne la regardait pas, bien que ses pommettes étaient rouges tout en lui tendant la bourse qu’elle attrapa et mis dans son sac, sans pouvoir s’exprimer sur le sujet puisqu’il changea aussi de conversation en parlant de leur mission. Elle fronça les sourcils, comme si elle était en colère et sans lui laisser le temps de réagir, attrapa sa main qui s’était enfoncée dans le sol pendant son combat, et en examina le dos, les jointures, avec beaucoup de délicatesse. A sa question muette, elle répondit d’un ton sans réplique.

« Je sais que les dragons régénèrent rapidement mais je suis bien placée pour savoir qu’il faut quand même vérifier ces choses là… on sait jamais ! »

Puis, sans qu’elle ne lui demande son avis, la demoiselle se mit à léviter pour se mettre à sa hauteur, savant pertinemment qu’il devait être bien embarrassé de se faire observer de cette manière. Et pourtant elle ne le regardait pas comme un animal mais comme une personne soucieuse, qui voulait s’assurer que tout allait bien. Elle examina sa mâchoire en plaçant doucement ses deux mains sur ses joues, essuyant du bout du doigt une tache de sang sur son menton avant d’interrompre sa lévitation.

Son regard se tourna également vers son bras qui avait semblé si maladroit pendant les combats, mais elle s’abstint de tout commentaire envers celui-ci. Ce n’était peut être pas vraiment le moment. Puis elle l’emmena vers l’extérieur de la ville pour tester les protections, et pendant qu’elle marchait, la jeune femme ne pouvait s’empêcher de repenser à ce baiser qui l’avait vraiment marqué, sa douceur, sa passion tout en se passant la main sur ses lèvres d’un air discret.

Mine de rien, il y avait un petit truc qui était différent d’Erwan ! Un petit truc qu’elle ne retrouvait pas chez l’archer. Elle secoua la tête, se trouvant stupide de comparer les deux hommes même si au fond d’elle, une petite chose était convaincue d’une vérité qu’elle ignorait vraiment.

Alors qu’ils avançaient, elle voulait lui faire un compliment, lui déclarant d’une voix timide, qu’il s’était très bien battu… Il avait répliqué en indiquant qu’il ne l’aurait pas laissé s’approcher. La demoiselle écarquilla les yeux. Il voulait la protéger ? Son cœur tapa un peu plus fort dans sa poitrine alors qu’elle ne savait plus quoi dire mais se tourna vers lui, sourcils froncés en l’écoutant. Un sourire taquin apparut sur son visage alors qu’il sortait une petite réplique alors qu’elle lui répondit de la même manière sans paraître gênée.

« Il va falloir que tu t’y fasses ! »

Un petit air de défi, l’air de dire qu’elle se mettait vraiment dans des situations plus complexes les unes que les autres et qu’en étant avec elle, il risquait d’être servi, ce qui changerait très certainement de son quotidien. Elle lui donna d’ailleurs une petite tape affectueuse sur son torse tout en lui tirant la langue d’un air mystérieux.

Puis elle se concentra sur sa tâche en continuant à avancer. Elle donna un petit coup de bâton au sol alors qu’ils étaient derrière les murs de la ville. Aussitôt, des symboles apparurent dans les airs, comme entourant la ville, la protégeant. Elle s’approcha de la première et l’examina attentivement.

« Ce sont des runes de protection… elles n’ont pas le même usage. Regarde la forme de celle-ci, elle permet de former une barrière transparente pour éviter toute attaque magique et à distance sur la ville. C’est la première, il y en a trois autres aux trois points cardinaux. Mais au bout d’un moment, les runes perdent de leur efficacité, alors on doit les réécrire »

La mage se concentra et du bout de son index, suivit la courbe de la rune qui se mit à briller plus fort après son passage. Puis ils continuèrent leur chemin autour de la ville, alors qu’elle expliquait les différentes utilités, comme celle là qui invoquait des élémentaires de terre, cette autre qui avertissait du danger quand il y avait de la magie noire.

Une fois cette tâche accomplie, elle regarda sa liste et lui indiqua qu’ils devaient à l’entrepôt, pour vérifier armes, parchemins d’enchantements et toutes fournitures servant à la défense. Il y avait là dedans beaucoup de caisses différentes, entreposées par ci par là. A un moment, la demoiselle était montée sur une échelle pour vérifier une boîte en hauteur puis en la soulevant, surprise par la lourdeur de celle-ci, elle perdit l’équilibre et tomba en arrière. Heu… plutôt tomba sur Tristan qui était venu au même endroit, lui qui était en train de vérifier les armes.

Elle atterrit dans ses bras et lorsqu’elle s’en rendit compte, la demoiselle se mit à rougir, prenant une expression adorable d’excuse, tout à fait gênée en lâchant la caisse, grommelant, utilisa la magie pour la faire léviter et la reposa plus loin alors que Tristan la relâchait.

« Heu… ça aussi faudra t’y faire ! Je suis très maladroite mais ça tu t’en doutais je pense »

Sourire d’excuse alors qu’elle reprenait sa tâche, évitant de se troubler.

Lorsqu’ils sortirent, il commençait à faire nuit. Des feux étaient allumés, une musique entraînante résonnait dans les ruelles et une grande place avait été dégagée. On entendait des rires, des silhouettes dansaient autour des feux tandis que d’autres mangeaient ou buvaient au buffet improvisé. Cassidy regarda, fronça les sourcils.

« Bon je pense pas qu’on pourra partir ce soir, il fait nuit. On va prendre deux chambres à l’auberge maintenant que le travail est terminé »

Oui elle avait bien dit deux chambres, toute façon Tristan ne voudrait certainement pas se retrouver à côté d’elle et elle tenait à lui laisser son intimité quand même sans le forcer. Alors qu’elle commençait à avancer une voix féminine et espiègle résonna derrière eux.

- Vous ne participez pas à la soirée dansante ?

Cassidy se retourna et reconnut l’adolescente. La jeune fille était perchée sur une caisse, balançant ses pieds dans le vide, l’air amusé et intrigué. Cassidy se mit à lui sourire puis secoua la tête.

« Ah non désolé ça fait bien longtemps que je n’ai pas participé à ce genre de… truc ! Et puis toute façon j’ai pas de tenue. Nan désolée ça ne m’intéresse pas vraiment en fait. »

L’adolescente se mit à rire puis sauta à terre de sa caisse pour avancer vers eux. Elle était aussi grande que Cassidy, ce qui pouvait faire un peu étrange.

- Mais si mais si ! Il faut bien penser à s’amuser de temps en temps ! Vous en avez bien besoin ! Entre toi qui a l’air de penser que travail et ton copain le beau jeune homme qui fait complètement coincé, ça vous fera du bien ! Et puis on a beaucoup apprécié les duels. Et ce baiser… aaaah ! ça fait rêver !

Elle avait posé ses mains sur ses joues en regardant le ciel, un large sourire sur le visage, rêveuse.
Cassidy elle, faisait une grimace, le rouge lui montant aux joues, et commença à bégayer, voulant certainement dire que Tristan n’était pas son copain mais son partenaire de voyage mais impossible de le prononcer. L’adolescente était vraiment amusée et donna des petits coups dans le dos de Cassidy.

« Allez ! Considère que c’est une façon de te remercier pour m’avoir sauvé ! Tu vas pas rester dans cette tenue non plus ! Ah et Messire, tu peux aller voir dans la boutique de vêtements plus loin sur cette avenue, à droite, le numéro 12. C’est ma vieille tante qui le tient, dis lui que c’est Katherine qui t’envoie, elle pourra te donner une tenue un peu plus festive pour ce soir. »

Cassidy commençait à protester et à grommeler.

« Mais si je te dis que j’ai pas envie de… »

Elle se fit entraîner par l’adolescente dans une autre maison.

- Tatata ! On ne proteste pas ! Allez ça me fera plaisir !

Cassidy était entrée dans une maison où se trouvait une autre femme, qui se présenta comme la sœur de Katherine. En voyant Cassidy, son sourire s’illumina et elle la remercia d’être intervenue dans cette histoire, que ça manquait des femmes aussi fortes qui ne se laissaient pas marcher sur les pieds. Alors qu’elle disparaissait pour aller chercher plusieurs tenues sûrement, l’adolescente se mit à discuter avec Cassidy, certainement très curieuse.

« Heu au fait… Tristan c’est pas mon copain, c’était juste pour impressionner un peu ces brutes… »

- Ah bon ? Pourtant vous avez l’air de bien aller ensemble tous les deux ! Et puis ce baiser… on aurait dit que vous vous connaissiez depuis toujours

Cassidy était bien gênée, fit la grimace, ne sachant pas où se placer.

« Heu c’est certainement sa fierté qui l’a poussé à faire ça ! »

- Mais toi t’aimerais pas devenir sa petite amie alors si vous êtes pas ensemble ?

Là par contre c’était complètement flagrant puisque Cassidy était devenue toute rouge en détournant la tête, disant qu’il ne voudrait jamais d’elle et qu’il devait la détester et que de toute façon elle ne pouvait pas… mais ne mentionna même pas Erwan !

- Tsss c’est mignon ! En tout cas tu vas l’éblouir ce soir !

Cassidy n’en était pas si sûre. En fait elle ne savait pas quoi dire ni répondre à ces questions et affirmations très gênantes à ce sujet. La sœur revint avec plusieurs tenues.

Alors que Tristan avait certainement été plus rapide qu’elle, Cassidy avait pris plus de temps. Certainement parce qu’elle avait un peu de mal à s’habiller.

Lorsqu’elle arriva sur place, beaucoup d’hommes s’étaient tournés vers elle en sifflant, l’admirant. Après tout elle ne passait pas inaperçue là malgré son air boudeur et la petite phrase dite très discrètement du style « Ca gratte… Je suis serrée comme un saucisson… »Mais cela n’empêchait pas les hommes d’apprécier cette jolie apparition.

Elle était vêtue d’une robe de soie mauve et blanche, légèrement décolletée mais pas plongeant, d’un excellent tissu qui mettait en valeur ses hanches fines, sa taille. Son pendentif était visible sur le dessus de la robe. Une robe qui l’illuminait véritablement. Ses cheveux blonds étaient fins, soyeux, relevés élégamment en chignon avec des mèches qui redescendaient sur ses épaules, un peu de maquillage avait été appliqué sur sa bouche et le contour de ses yeux. On aurait dit une vraie princesse si elle n’était pas aussi bougonne.

Consciente d’être l’objet des attentions et pensées, elle ignora tout le monde, gardant la tête haute et fière, tout en commençant à avancer… assez maladroitement ! Et paf ! la voilà qui trébuchait une nouvelle fois, vraiment pas habituée à ce genre de tenue, ces chaussures qui la forçait à faire des petits pas alors qu’elle plongeait en avant.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ascadian.forumgratuit.org
Tristan Konogan
Professeur Initiation et Maniement des Armes
avatar

Messages : 600
Date d'inscription : 09/05/2012
Age : 25

Feuille de personnage
Race: Drakkari
Royaume:
Vocation: Guerrier

MessageSujet: Re: Un voyage pour apprendre à mieux se re-connaître ?   Lun 11 Nov - 18:19

Ah ils voulaient un baiser ?!
Ah ils pensaient qu’il ne savait pas s’y prendre ?!
Ah elle pensait qu’il n’avait pas le cran de l’embrasser ?!
Ah elle pensait qu’il ne SAVAIT pas embrasser ?!
Ouvrez grand les yeux tout le monde, le Drakkari passait à l’action !

Oui, pour un baiser, il n’avait pas lésiné sur les moyens, vraiment pas et celui-ci était si convaincant, si passionné et tellement visiblement passionné justement que cela intimida bien des personnes et coupa même le sifflet aux plus téméraires.
Après tout, ceci était physique, non ? Et ça, il ne semblait vraiment pas l’avoir oublié.
Mais au final, Tristan se souvenait-il donc comment embrasser une femme pour l’étourdir et la faire rougir de plaisir ? Ou bien juste cette petite demoiselle en particulier ?

Il avait eu tant de compliments pour elle dans le passé. Il lui avait exprimé plusieurs fois le fait qu’avec elle c’était différent et il savait qu’elle avait besoin de l’entendre, qu’elle avait besoin de savoir qu’elle n’avait pas une autre jeune femme parmi tant d’autres. Elle était spéciale… Il embrassait bien, bien sûr, déjà dès le départ, un de ses atouts qui n’était peut-être pas du tout Drakkari au final mais dû à lui et uniquement à lui, mais très vite, il avait fait preuve de très légers changements qui n’étaient destinés qu’à elle. Cette pression quand il enlaçait sa taille ou son visage de ses mains, cette pression sur sa peau, comme pour lui signifier qu’elle ne lui échapperait pas, qu’il n’avait pas fini de la torturer ou pour dire aussi qu’elle était à lui et seulement à lui, était franchement particulière et unique.

Et il l’avait instantanément eue quand il avait enfin donné un baiser à la jeune femme. Juste retour des choses après tous ceux qu’elle lui avait volés. Mais s’il savait si bien embrasser, pourquoi ne l’avait-il jamais fait auparavant justement pendant ces baisers volés ? Et pourquoi le démontrait-il maintenant. Bien sûr, on s’en était pris à sa fierté, à son honneur… mais était-ce réellement sa seule motivation.

Quand enfin il avait détaché ses lèvres des siennes, il avait remarqué les couleurs qui s’emparaient des joues de la demoiselle pourtant si effarouchée, indépendante et ronchon. Il semblait s’attendre à une rebuffade, peut-être même à une claque, même elle était si muette de stupeur que cela ne semblait pas à l’ordre du jour et son léger mouvement de recul quand il s’était approché d’elle ne lui avait décidément pas permis d’échapper à cette bien étrange… sanction.

Au final, il l’éloigna bien vite, à sa suite de la foule, laissant la foule continuer le spectacle avec un autre « couple » à applaudir dans le futur. Lui aussi rougissait légèrement, elle s’en rendit bien compte quand il lui tendit sa bourse qu’il avait récupérée pour elle et même s’il essayait d’éviter son regard et à priori, également le sujet houleux de cet étrange baiser.
Ils allaient être occupés par leur mission après tout, c’était pour cela qu’ils étaient ici, il valait mieux éviter de se laisser de nouveau distraire. Du coin de l’œil, il la vit froncer les sourcils et sembler en colère et il crut que c’était à cause de sa mention de « machins magiques »… Ah oui, c’est vrai, elle était une mage, elle pouvait croire qu’il s’agissait d’un manque de respect envers son travail et sa passion surtout. Pourtant il n’en était rien… Mais il avait besoin de dire quelque chose pour simplement essayer de chasser de son esprit ce qui venait de se passer et c’était juste… très maladroit. Mais elle ne lui en tint par rigueur, se mettant à l’examiner.

S’il haussa un sourcil, au final, il n’était pas si surpris que ça. Cela lui ressemblait beaucoup d’agir ainsi, enfin depuis le peu de temps qu’il la connaissait, il s’était bien rendu compte qu’elle se souciait beaucoup d’autrui. Pour lui montrer que tout allait bien, il décida pourtant, au lieu de se rebiffer, de rester calme et de la laisser faire. Et puis, en fait, c’était agréable quand elle passait ses doigts comme ça sur sa main. D’ailleurs un léger éclat passa sur celle du jeune dragon. Apparemment, ses petites écailles s’étaient manifestées et l’avaient protégé de l’impact, si étrange phénomène alors qu’elles étaient invisibles à l’œil nu et encore non répertorié chez les Drakkaris. Peut-être que c’était spécifique des descendants directs de dragon vu comme le sang avait perdu en concentration au fil des générations. Enfin peut-être était-ce une hypothèse à laquelle elle pensait et elle aurait tout à fait raison. En tous les cas, lui avait remarqué que cela le protégeait grandement et qu’il était extrêmement résistant grâce à cela. Elles absorbaient beaucoup de chocs, lui permettant de se relever sans mal d’une chute là où un humain serait resté à terre, quand il se retransformait en hauteur, il pouvait chuter de très haut justement sans se faire mal en atterrissant, enfin surtout s’il atterrissait sur ses pieds par contre.

Au final, qu’elle l’examine ainsi ne le gênait pas vraiment. Il était même plutôt content qu’elle lui témoigne un tel intérêt même s’il ne voulait pas qu’elle s’inquiète. Il l’observait justement et le panel d’expressions qu’elle présentait l’amusait. Décidément, elle ne s’en rendait pas compte, mais près de lui, elle avait tendance à être… beaucoup plus expressive.
Mais il fut davantage surpris lorsqu’elle porta les mains à sa mâchoire, tâtant avec beaucoup de douceur les muscles et os de son visage. Il ferma les yeux, repensant malgré lui à l’impact violent. Le pommeau de l’épée avait littéralement éclaté lorsqu’il l’avait heurté, preuve de la violence et de la grande force de son adversaire malgré sa lâcheté. Elle dut trouver quelques légers éclats de bois justement sous son menton car il sentit ses doigts passer plus de temps à cet endroit et un léger sentiment de « mieux » quand elle eut terminé. Il aurait dut avoir la mâchoire dans un sale état, il le savait, probablement déboitée ou encore plusieurs dents cassées… Mais encore une fois, ses écailles l’avaient protégé même s’il avait eu très mal sur le coup et même s’il n’avait en rien pu éviter sa chute. Ce coup en traitre lui déplaisait… Il était dégoûté de voir que cela arrivait malheureusement, et bien plus souvent encore qu’il ne le croyait.

Il rouvrit les yeux. Elle fixait son bras gauche, pensive mais ne disait rien. Avait-elle remarqué ça aussi ? Décidément, elle était un peu trop bonne observatrice.
Ils se mirent finalement en marche en silence jusqu’au compliment. Il entendit un son brusque, étouffé qui lui fit tourner la tête alors qu’elle semblait surprise. Tiens ? Il ne se doutait pas que c’était son brusque bond cardiaque qu’il venait d’entendre bien sûr mais remarqua sa surprise. Eh bien oui, il voulait la protéger. Il le lui avait déjà dit ! elle avait déjà oublié ?! En quelques jours ?! Pfff, les mages n’avaient pas très bonne mémoire alors.

Alors il s’était contenté de sourire, de nouveau provocant, de nouveau taquin et surtout de nouveau… détendu près d’elle enfin un peu du moins alors qu’il évoquait le danger. Il devait s’y faire hein ? Le jeune homme lui tira la langue et se mit à rire en se frappant le torse du poing dans une attitude très masculine qui comme tous les hommes le pensaient devait soi-disant faire viril… et qui semblait surtout douloureuse ! Quelle idée aussi ?! Il se prenait pour Tarzan maintenant ?

- Bah ! Le danger je peux lui faire la frousse de sa vie si besoin !

Petite improvisation comme quoi ça ne le gênait pas…
Après tout, Tristan avait toujours été assez téméraire, voire fou pour certains. Et puis.. il relevait peut-être un peu son défi aussi.

Ils commencèrent enfin à s’occuper de leur mission. Enfin elle surtout, du moins pour tout ce qui touchait aux barrières magiques. Néanmoins, il était très attentif à ses explications et à ses démonstrations magiques. A croire que l’incident par rapport au départ de la jeune femme n’avait jamais eu lieu, à croire qu’il ne s’était pas énervé, ni n’avait pas paru si peiné, ni.. si distant et torturé, comme s’il savait quelque chose qu’elle ignorait. Pourquoi ne s’était-il pas énervé contre Erwan ce jour-là ? Après tout, c’était le coupable idéal, non ? C’est lui qui forçait la jeune femme à repartir, c’est lui qui la lui enlevait ! Et pourtant… le Drakkari avait semblé profondément reconnaissant, malheureux, distant, mais reconnaissant en accordant raison à l’archer. Etrange comportement… dont il ne semblait même plus faire preuve au final.
Son air bougon et terriblement grognon du matin disparaissait à mesure que la journée s’écoulait. Il était encore un peu distant et très silencieux certes… mais son sourire était revenu et il paraissait complice, provocant, taquin… Bref, il ressemblait plus que jamais au Tristan qu’elle avait perdu. Et ça… ce n’était pas facile à vivre non plus sans doute.

Ils parcoururent la ville qui s’animait de plus en plus à mesure que les heures passées et qu’ils enchainaient les différentes tâches qui leur avaient été confiées. D’ailleurs ils étaient tellement investis dans ce travail, très proches constamment, qu’ils en oublièrent totalement… de manger. Et ce n’était certainement pas fait exprès mais pour le coup, aucun besoin de se sustenter ne semblait se manifester… Comme s’ils étaient trop concentrés, ou trop occupés physiquement et mentalement pour y penser. Et il y avait de quoi faire avec leurs attitudes respectives et cet étrange baiser.

Une autre importante et longue tâche qui les concernait tous les deux, fut de faire des vérifications d’armes, de nourritures etc. Tous les territoires Cheistams devaient en effet être en mesure de fournir ce type de fournitures à des troupes alliées si besoin était lors d’une bataille, d’un raid ou d’une simple surveillance. Ce grand entrepôt était bien entendu fermé et les clés confiées comme partout aux responsables de la petite ville, comme le maire par exemple. Les vivres néanmoins, médicaments confectionnés par les mages guérisseurs et autres denrées périssables sur le long terme devaient être régulièrement distribués aux villageois et les stocks refaits pour éviter toute perte… C’était justement une de leur mission.

Cassidy avait gravi une petite échelle mise contre une grande étagère et s’occupait de vérifier les contenus des caisses qui s’y trouvaient.
Tristan pour sa part examinait des armes entreposées dans une vaste caisse en déplorant le véritable bric à brac désorganisé qu’elles formaient. Passant ses doigts sur les lames, il vérifiait l’affûtage lorsqu’un enchainement de bruits sourds lui fit lever la tête.
Il ignorait ce qu’elle avait fait, mais elle chutait.

Tristan réagit très vite, parce qu’il avait d’excellents réflexes, parce qu’il s’entrainait pour réagir vite, et parce qu’il ne se permettrait pas qu’elle se fasse mal. D’une manière très surprenante, elle s’était agrippée à la caisse qu’elle avait tirée de son rangement et celle-ci semblait lourde. Il ouvrit les bras pour réceptionner la jeune femme mais en l’accompagnant dans sa chute.
Pourquoi ? Pour se retrouver un genou au sol, l’autre relevé. Son genou relevé soutenait les jambes de la jeune femme comme l’aurait fait son bras droit s’il l’avait rattrapée de ses deux bras justement. Mais un seul de ses membres supérieurs justement était passé sous elle, l’autre enserrait la caisse pour éviter qu’elle n’écrase le ventre de la jolie mage dans la chute. Et heureusement, vu le poids, elle se serait fait sacrément mal sinon.

Quelques secondes de blanc s’écoulèrent alors qu’elle rougissait et qu’il était penché sur elle dans une attitude mi-protectrice, mi-unpeutropbienréussiedeposestylesuperhérosréussissantsonsauvetage. Il lui fit un sourire alors qu’elle semblait totalement décontenancée et rougissait de plus belle avant de se débattre magiquement avec la caisse. Il la trouvait adorable alors qu’il l’aidait doucement à se redresser en même temps qu’il le faisait lui-même, un sourire franchement amusé aux lèvres, un brin moqueur même. Elle lui parla de sa maladresse, toujours aussi gênée et il la regarda toujours avec cet air là justement avant de faire un sourire d’autant plus craquant.

- Tu devrais faire attention alors, sinon je vais te prendre très souvent dans mes bras.

Juste ces quelques mots, sans ambiguité ou au contraire BOURRE d’ambiguité ? Il rit tout seul et se détourna comme si de rien n’était, retournant à son inventaire des armes en la laissant sur place. Bah oui… Elle avait de quoi être surprise cette petite demoiselle.
Bien plus tard, la nuit tomba alors qu’ils finissaient tout juste, le jeune homme s’étirant alors qu’ils marchaient tranquillement dans les rues qui s’animaient, feux et lanternes s’allumant un peu partout. Il hocha la tête, d’accord avec elle, quand elle parla de passer la nuit ici avant… qu’une voix ne les arrête.

C’était l’adolescente d’un peu plus tôt, curieuse et certainement encore très admirative pour sa « petite héroïne ». Elle voulait qu’ils viennent à la fête. Les premiers arguments ne trouvèrent qu’une réponse assez négative chez Cassidy même si Tristan écoutait avec une certaine curiosité. Ah bon ? Elle allait à ce type de fête avant ? Pourtant, elle s’habillait toujours comme un homme ! Enfin… du peu de temps qu’il avait passé avec elle, c’est ce qu’il en avait déduit.
Mais la petite demoiselle avait de la surenchère au rendez-vous. Elle voulait qu’ils s’amusent… Elle parla de Cassidy qui ne pensait qu’à travailler et Tristan la soutint aussitôt d’un hochement de tête grave. Puis elle l’aborda, lui, son petit ami, coincé. QUOOOOOOOOOOIIIIIII ?????!!!!!!!!!!!
Lui ?! COINCE ????

Tristan s’était figé sur place, ouvrant la bouche, hébété et profondément… vexé et blessé ! Lui ? Coincé ?!!! Mais c’était trop méchant ça !!!! Apparemment, il avait été si surpris du qualificatif qu’il n’avait pas buté sur le bon mot et lorsqu’il vit Cassidy rougir, il se remémora la phrase, comprit et écarquilla un peu plus les yeux, pas plus bavard qu’elle.
Bon… Quelque chose clochait chez eux.
Le matin, il avait fait croire qu’elle était sa petite amie. Ses agresseurs féminins l’avaient cru sans mal.
Un peu plus tard, elle avait fait croire qu’il était son petit ami. Les sales types l’avaient immédiatement crue.
Et maintenant… on les associait à un couple !!! Ils allaient si bien que ça ensemble ?????!!!!! Euh… Euh… Euh…

En fait, il ne put rien dire qu’elles s’éloignaient déjà… L’adolescente entrainant littéralement Cassidy à sa suite pendant qu’il était lui-même envoyé à une autre adresse. Il se renfrogna, grommela puis haussa les épaules. Bah après tout, il avait bien envie d’aller à la fête lui. Il grimaça… Et il commençait à avoir faim, ne se rendant compte qu’à cet instant qu’ils avaient sauté le déjeuner.
L’interrogatoire que subi sa partenaire, il n’en sut rien mais apparemment, tout le monde était au courant de leur petite intervention tant bien dans cette ruelle… que dans l’arène improvisée.

Car à peine précisait-il à la dame d’âge mûr qui tenait le magasin qui allait fermer qu’il était envoyé par sa nièce qu’elle poussa un véritable… cri/ hurlement d’euphorie.
L’instant d’après, elle fermait la porte de son magasin magiquement éclairé comme en plein jour et le déclarait fermé avant d’attraper la main du jeune homme avec enthousiasme et de l’attirer dans l’arrière boutique.

- Ohhhh ! Toi et ton amie, vous avez fait parler de vous ! Merci pour ma nièce, vraiment ! Elle ne mentait pas, quel beau jeune homme ! Parfait, c’est parfait !!!!!
- Euh…
- Tu es le cobaye idéal !
- Qu..Quoi ? au… au secours…
- Ne t'en fais pas… tu vas être… magnifique !

Tristan pâlissait…
Cette femme avait l’air d’une passionnée assez intimidante et elle avait dressé autour de lui, après l’avoir fait s’asseoir sur un tabouret, toute une panoplie d’instruments de couture plus étranges les uns que les autres, sans doute pour des retouches.
Elle sortait des vêtements d’un long coffret exposé bien plus loin quand elle s’arrêta et le déposa sur une vaste table sans l’ouvrir.

- Hum… Occupons-nous d’abord de tes cheveux…

- M… Mes cheveux ?
- Oui ! c’est une fête très spéciale tu sais… Aujourd’hui, on peut arborer à peu près n’importe quelle couleur de cheveux dans la rue ! Des plus extravagantes aux plus sobres. Tes cheveux sont très beaux bien sûr mais… une couleur leur irait bien. Tu as la carrure d’un Drakkari. Tu ne voudrais pas essayer ?
- Euh…
- Passe dans cette cabine et essaie un sort mineur de la couleur de ton choix et reviens pendant que je commence les retouches… Attends, laisse moi prendre tes mensurations.

Pauvre Tristan, il n’avait rien le temps de dire qu’il se faisait relever, déshabillé justement pour qu’elle prenne avec un ruban les mesures de ses épaules, de la longueur de ses bras, de la largeur de ses biceps, de sa taille, de ses cuisses et de la longueur de ses jambes alors qu’intimidé et en boxer, le jeune homme subissait. Puis elle le poussa dans une cabine…
Il n’hésita pas un instant et n’essaya aucun sort, se contentant de se concentrer en respirant calmement. Comme pour ses écailles quand il était dragon, il pouvait faire varier la couleur de ses cheveux. Les mages l’avaient aidé à la cité en renforçant cette faculté pour quelques jours ce qui l’avait beaucoup fatigué la veille puisque son corps acceptait mal l’attention magique qu’on lui portait mais au moins, une fois sa couleur installée elle ne changeait que lorsqu’il le décidait.

En fait… Ce qui le décida à changer c’était pour commencer le fait qu’apparemment, beaucoup de personnes auraient les cheveux colorées ce qui lui permettait donc d’être naturel… et ensuite… Elle avait dit qu’elle préférait leur couleur naturel. Son reflet lui renvoya son sourire alors que ses cheveux redevenaient rouges. Elle serait contente… Du moins l’espérait-il… Un peu.

Mais quand il sortit de la cabine, s’il eut droit à une grande approbation, il souffrit de bien étranges tortures avant d’enfin être prêt de son côté…

La fête commençait réellement sur la grande place et il y en avait pour tous les goûts : une vaste place pour danser, des attractions et activités pour glorifier les dieux et amuser les visiteurs, de grands buffets pour boire et manger autant que faire se peut, des points de vue sans lumière pour admirer le ciel, d’autres pour prier les dieux, des décorations extraordinaires et multicolores. Bref… les habitants ne lésinaient pas quand il s’agissait de faire la fête.
Il attendait tranquillement, ayant laissé ses affaires, comme convenu, chez la tante de l’adolescente.
Cassidy arriva alors dans un concert de sifflements et de compliments admiratifs. Comme il s’appuyait contre le tronc d’un arbre, un peu à l’écart, il se redressa et s’approcha légèrement.

Comme beaucoup d’autres, il remarqua à quel point elle était magnifique… Mais lui ne fit aucun commentaire, se contentant de la fixer et de s’approcher. Pour être belle… elle était… vraiment belle et il se rendait compte à quel point elle ne se mettait pas en valeur d’ordinaire même s’il la trouvait quand même très jolie… Ca… C’était une tenue qui la montrait plus femme que jamais et franchement, ce n’était pas pour déplaire aux hommes présents… ni à lui. Elle les ignorait… puis trébucha.

Mais comme annoncé, il était là pour la rattraper et la retint doucement, arrivant derrière elle, les mains sur sa taille pour l’empêcher de chuter puis l’aider à se redresser. Elle se tourna assez vite vers lui, ne l’ayant pas vu arriver et donc doutant de l’identité de son « sauveur ». Elle ouvrit la bouche mais alors qu’il la fixait avec une expression… fermée, il s’éloigna d’elle rapidement, sans rien dire. Ca c’était blessant. Sauf qu’il n’alla vraiment pas loin, juste à côté en fait et qu’il revint très vite, tenant quelque chose avant de porter la main aux cheveux de la jeune femme… pour y fixer une rose dans un geste et des mots qu’il avait déjà prononcés accompagné d’un magnifique sourire conquis.

- Voilà… Maintenant tu es parfaite.

Spoiler:
 

Il devait être un peu gêné parce qu’il détourna les yeux, malgré son sourire. Et si elle était aussi belle qu’une princesse, il était assurément son prince. C’était apparemment le costume que lui avait dédié sa débitrice. Bottes sombres, pantalon bordeaux qui rappelait ses cheveux redevenus rouges et une chemise ou plutôt veste de cérémonie pleine de galons et de tresses dorées de cérémonie justement qu’il portait apparemment… directement sur son torse et qui avait été ajustée pour le mettre plus que de raison en valeur. La saison était encore suffisamment chaude pour qu’il n’ait pas besoin de porter une chemise en dessous et celle-ci l’aurait plus gêné qu’autre chose… Le haut col lui enserrait la gorge, changeant de ses tuniques constamment trop ouvertes mais lui allant plutôt bien… Après tout, il devait être assorti à sa princesse non ? Et si elle était parfaite, alors il devait l’être aussi.

Spoiler:
 

Il se tourna enfin vers elle après ce moment de gêne et lui fit un beau sourire qui était assez… gamin au final avant de lui prendre la main avec enthousiasme.

- Viens ! Viens ! Il y a pleins de choses à voir et à faire !

Sans lui laisser le temps de répliquer d’ailleurs, il l’entraîna à sa suite en riant.
Et il voulait apparemment tout essayer, sa joie étant plus que de raison communicative alors qu’il ne semblait jamais lâcher la main de la petite mage. Finalement, il l’entraîna vers un buffet, l’air affamé et alla jouer des coudes pour leur rapporter une assiette et deux verres. Il était si souriant, si plein de joie de vivre qu’il était difficile de le comparer au boudeur du matin même. Pourtant, quand il toucha par inadvertance sa main en piochant dans l’assiette de nourriture, il la regarda, rougit et détourna rapidement les yeux, se contentant de déglutir… avec beaucoup de mal ce qu’il avait commencé à manger…

Alors qu’une longue promenade dans la forêt proche, éclairée par des fanions et lanternes avait lieu et qu’il l’y entraînait justement, il se rendit compte avec une pointe de gêne que tous les participants qui la faisaient tranquillement en marchant… étaient des couples !!!
Quoi de plus normal puisque des « acteurs » se cachaient ici et là et surgissaient, effrayants, vêtus comme les dieux, du moins tels qu’ils se les représentaient, pouvant abattre surprise et colère sur les humains avec tant de facilité… D’où des cris de surprise et des rapprochements conséquents entre les membres des couples. Ingénieux…

Tristan ne le savait pas quand il l’y avait entraînée… Enfin surtout que Katherine lui avait conseillé ceci, le prenant à part un peu plus tôt en lui disant que ça plairait à Cassidy… Maligne la gamine, il l’avait crue tout de suite. Ils marchaient tranquillement et personne ne les avait encore attaqués… C’était même très silencieux et agréable, un brin romantique. Ils marchaient juste côte à côté à ce moment là, leurs mains se frôlant bien trop régulièrement par inadvertance. Soudainement quelqu’un avait jailli menaçant et le jeune homme s’était instinctivement placé devant sa compagne, prêt à en découdre, avant de comprendre et… de se sentir très ridicule. Une grande partie du chemin se passa d’autant plus dans le silence même s’il prit très vite sa main, la rassurant dès qu’elle semblait sursauter quand quelqu’un apparaissait justement. Tiens… elle n’utilisait pas sa magie… S’en remettait-elle à lui ? Peut-être…

Finalement, ils terminaient la promenade, arrivant de nouveau près de la lisière de la forêt après un grand tour sans se presser et plus personne n’était là pour les « effrayer ». Elle continuait de marcher mais lui s’était arrêté et comme ils se tenaient par la main… encore… eh bien il la stoppa net avant de lâcher sa main, de s’approcher d’elle et… de l’enlacer.

- … Pa… Pardon. Tu… Tu me manquais je crois… Du coup… j’étais tout le temps de mauvaise humeur. Mais c’est fini… je suis content de te revoir Cassidy…

Il la lâcha aussitôt, reprenant sa main et se dirigeant d’un bon pas vers la fête. Peut-être qu’elle ne voyait pas dans le noir comme lui mais il y avait bien assez de lumière pour qu’elle puisse voir qu’il rougissait… et souriait en même temps. Mais cette petite révélation lui avait un peu coûté et quand bien des hommes vinrent la solliciter, il parut intimidé et les laissa inviter la jeune femme à danser, demandant très bas s’il pourrait essayer de danser avec elle plus tard. Il ne savait pas si elle avait entendu mais comme elle lui avait sourit, il conclut que oui…
Dès qu’ils furent séparés, même un peu, chacun se fit plus que sérieusement aborder et solliciter et pourtant… ils avaient tendance à se chercher de temps à autre du regard, au cas où…jusqu’à ce qu’il lève les yeux… et ne la trouve plus…

Aussitôt, le jeune homme fronça les sourcils, s’excusa auprès du groupe d’interlocutrices avec lesquelles il avait bu un peu trop de verres et s’éloigna… Quand en marchant un peu vite il commença à avoir le tournis, il comprit que justement, il avait un peu trop bu et grimaça, ça allait vite passer…
Cherchant Cassidy, il posa des questions à plusieurs passants et certains lui indiquèrent par où ils l’avaient vu partir… et pas seule.
Il pressa le pas et la trouva… en effet bien entourée… par des jeunes hommes qui devaient certainement se croire irrésistibles et la draguaient de manière assez insistante… Enfin draguaient… Ils ne la complimentaient pas vraiment vu que leurs propos n’avaient absolument rien de délicat !!! Non mais oh !
Tristan serra les dents et les poings, n’attendant même pas qu’elle réagisse ou quoi que ce soit et en bouscula un brusquement pour se retrouver au centre du cercle de ces dragueurs où se trouvait justement la jeune femme.

Il l’attira aussitôt contre lui, l’invitant à appuyer son visage contre son torse et montra une expression des plus… agressives et des plus intimidantes à ces hommes, l’air prêt à sortir de ses gonds malgré son étreinte douce. Ses mains tremblaient légèrement dans le dos et les cheveux de la jolie demoiselle alors qu’il s’adressait à eux.

- Comment osez-vous parler ainsi à une lady ?! Vous n’avez aucune manière ! Fichez le camp !
- T’es qui toi ?!
- Celui qui va te botter les fesses si tu ne dégages pas vite fait…
- Eyh, attends, c’est le gars de tout à l’heure… je l’avais pas reconnu avec ses cheveux… Ouais bah laisse, Drakkari ou pas, je vais pas me frotter à ce type.
- Pareil…


Les autres répondirent de même et s’éloignaient alors que Tristan poussant un soupir, ne comprenant pas pourquoi elle s’était éloigné avec eux, repoussait doucement la jeune femme, l’observait pour voir si elle n’avait rien.

- Non… mais c’est vrai. Il n’y a que moi qui puisse t’embêter… D’ailleurs malheureusement pour toi… Je crois que j’ai trouvé un bon moyen…

Voulait-il la faire réagir ? Ou vraiment l’embêter ? En tous les cas, il lui vola un baiser l’instant d’après, beaucoup moins passionné et déroutant que celui qu’il s’était empressé de lui donner sur l’estrade, mais tout aussi montre… de lui-même. Bah oui, le vol de baisers… ça aussi c’était Tristan… elle ne l’avait pas oublié tout de même ?!
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Cassidy Herediane
Directrice de l'Académie Hysandra
avatar

Messages : 851
Date d'inscription : 26/02/2012
Age : 29

Feuille de personnage
Race: Humain Ascadian
Royaume: Territoire Neutre
Vocation: Mage

MessageSujet: Re: Un voyage pour apprendre à mieux se re-connaître ?   Mar 12 Nov - 0:44

Cassidy avait encore du mal à croire que tout ceci était réel, qu’il ne s’agissait pas d’un rêve. Mais au fur et à mesure que le temps passait, qu’ils s’occupaient de cette tâche qu’on leur avait confiée, chacun semblait s’apaiser de son côté. Non elle n’avait pas vraiment faim, sans savoir pourquoi d’ailleurs. Trop impliquée dans sa mission ? Très certainement !

Elle ne fit pas attention avec la caisse et tomba directement dans les bras de Tristan. La demoiselle leva la tête en le voyant, très surprise, pas vraiment en colère de se retrouver là. Juste surprise et prétextant qu’elle était très maladroite. Et pour ça au moins on était d’accord, elle l’était. Sa petite phrase à la suite la fit rougir à nouveau, encore plus, alors qu’elle tentait de râler mais de manière très taquine, lui donnant une petite tape sur le torse mais ne sachant pas quoi répondre. Mais… ce n’était pas si mal que ça d’être dans ses bras !

Ils étaient un peu forcés de travailler ensemble mais au final ce n’était pas plus mal. Parce qu’ils apprenaient à se redécouvrir, petit à petit, naturellement. Cassidy n’arrivait pas à comprendre pourquoi elle s’apaisait au contact de Tristan, pourquoi malgré tout le mauvais caractère qu’il avait elle arrivait encore à être bien à ses côtés ? C’était un vrai mystère qu’il lui était difficile d’élucider. Est-ce que la petite flamme de son cœur était réellement éteinte pour le beau Drakkari ? La petite flamme dirait que non ! Mais elle, préférait ne pas y penser, sans doute parce qu’elle avait l’impression d’être normale alors que ce n’était pas le cas.

Avec Tristan, elle était différente oui. Plus du tout comme ces derniers mois où elle avait toujours tenté d’agir seule, ignorant les autres, trop fière pour se faire aider, protéger. Erwan la protégeait bien sûr, mais même si elle le reconnaissait, elle n’était pas aussi démonstrative qu’ici. Tristan… tout était plus naturel quand elle se trouvait en sa compagnie et elle était bien la seule à ne pas le remarquer.

Alors qu’ils sortaient et qu’elle avait décidé de dormir ici, l’adolescente les stoppa et insista bien pour qu’ils participent à la fête. Tristan avait raison, comment se faisait-il qu’on les voyait comme un couple ici ? Comme si c’était ce qu’ils étaient… un couple ! Et pourtant elle était avec Erwan mais… il n’y avait pas tout ça. Oh bien sûr, il y avait une certaine tendresse avec Erwan, de l’affection certaine, qu’elle avait toujours eu du mal à manifester à cause de ce blocage psychologique. Mais avec Tristan, c’était comme si leur couple était inné, naturel et malgré leur différence de taille, de nature, eh bien c’était comme si ils étaient normaux aux yeux des autres.

Ce baiser avait aussi quelque chose de magique quand il avait été fait devant la foule. Puisqu’en plus certains avaient du voir le Drakkari partir avec la petite mage alors… il était évident que les gens pensent naturellement que c’était un couple assez timide oui mais un couple.

Katherine insista et ne laissa pas à Cassidy le loisir de protester, la poussant et la secouant pour qu’elle la suive. Alors que la jeune femme ne savait rien du tout de ce qui était fait de Tristan, elle était elle, en conversation avec l’adolescente qui était tellement rêveuse. Sa petite héroïne qui tapait sur les méchants et son beau petit ami qui était là pour veiller sur elle, il y avait de quoi se raconter de jolies histoires. Si Cassidy ne disait rien à propos de Tristan, comme quoi elle aimerait bien être avec lui, ce n’était pas ce qu’avait compris Katherine, qui comprit rapidement, en voyant le rougissement de la demoiselle, qu’elle était très timide mains néanmoins bien attirée par le Drakkari et cela, elle décida de s’en servir pour rapprocher un peu ces deux là pendant cette soirée.

Il est vrai que Cassidy attira tous les regards en arrivant mais trébucha aussitôt. Alors elle sentit qu’on la rattrapait et alors que la mage se tournait vivement, pour savoir qui osait faire ça, elle croisa le regard de Tristan pas vraiment content et qui s’éloignait déjà. Elle commençait déjà à être frustré qu’il se dérobe aussi vite. Encore de mauvaise humeur ? Hum… elle croyait très mal alors qu’il revenait avec une rose pour la mettre dans ses cheveux.

Oh oui elle se rappelait très bien de ce moment, de ces gestes, qu’il avait déjà eu. Comme quand il était amoureux d’elle. C’est vrai, elle avait les yeux brillants, souvenir bien douloureux. Oh qu’elle aimerait qu’il se souvienne… Qu’il lui dise. Mais ce n’était pas le cas. La demoiselle l’examina, il était vraiment magnifique, une vraie tenue de prince alors qu’elle le regardait droit dans les yeux, complètement conquise. On chuchotait autour d’eux qu’ils formaient un très beau petit couple mais Cassidy était tellement perdue dans son observation qu’elle n’entendit rien.

Les cheveux à Tristan aussi. Quand elle les remarqua, son sourire s’élargit. Elle adorait ses cheveux rouges et était très contente de voir qu’il avait changé la couleur. Elle ouvrait déjà la bouche pour lui dire quelque chose à ce propos mais il lui avait pris la main et l’invita à le suivre. Heu… mais elle n’aimait pas tout ça ! Enfin… sa joie était tellement communicative qu’elle se mit à le suivre sans ronchonner, râler, souriant aussi. Il riait… c’était tellement rare quand il riait, même avant alors qu’elle l’avait toujours connu plus torturé, discret. Il souriait oui mais riait très rarement.

Peut être était-ce le plus beau cadeau de la soirée pour Cassidy et c’est pour cette raison qu’elle semblait aussi euphorique. Quand elle voyait qu’il allait bien alors elle allait bien aussi. C’était vrai ils n’avaient pas mangé et elle le remercia quand il ramena une assiette, gourmande, se servant de nombreuses fois. Leurs mains s’effleurèrent et elle se mit également à rougir en baissant la tête. C’était très mignon.

Puis il y eut cette promenade. Magnifique et vraiment, on avait l’impression que les lumières étaient magiques, chaleureuses. Une ambiance très romantique alors que la demoiselle marchait à côté de lui. Quand un acteur apparut pour leur faire peur, elle avait fait un bond en arrière pour se cacher derrière Tristan, réflexe comme si elle avait besoin de se faire protéger. Lui s’était mis en avant pour la défendre. Ils en rire tous les deux alors qu’elle se toucha les cheveux d’un air gêné.

A chaque fois qu’un acteur apparaissait, Cassidy avait juste pris la main de Tristan et la serrait un peu plus fort, comme si sa présence la rassurait. Oui elle avait l’air heureuse, ravie de partager un si beau moment avec lui et il était bon observateur pour se rendre compte qu’à aucun moment elle n’utilisait sa magie. Comme si elle comptait sur lui pour être l’homme et elle la petite demoiselle qui se faisait protéger.

Elle marchait toujours, sans rien dire alors qu’il s’arrêta et Cassidy se retourna, surprise. Enfin elle n’eut pas vraiment le temps de se retourner entièrement qu’elle se retrouva enlacée. Interdite la jeune femme écouta les paroles de Tristan. Ainsi c’était juste parce qu’elle lui manquait. C’était touchant et sur le coup elle manqua de se retourner pour l’enlacer à son tour et ce n’était pas l’envie qui lui manquait après tout ! Mais il lui reprit la main et continua le chemin alors que la demoiselle se sentait mieux, plus légère. Oui… elle préférait le voir joyeux plutôt que grincheux. Elle aimait le voir tout simplement. Elle aimait… être à ses côtés. Il rougissait et elle le remarqua. Mais ne dit rien, ne voulant pas le taquiner à ce sujet puisqu’elle était également un peu rougissante.

Peu après, on insista pour qu’elle rejoigne d’autres personnes et finalement elle accepta pour danser, faisant un sourire à Tristan pour une danse après avec lui. Et en effet, elle jetait des regards vers lui de temps à autre, conquise, radieuse.

Malheureusement, on vint lui proposer un verre, et tellement euphorique, Cassidy ne refusa pas. Elle n’avait pas remarqué qu’on avait mis une petite drogue, pas très méchante mais suffisante pour la rendre plus docile. Et effectivement, quelques hommes s’approchèrent d’elle, l’air intéressé.

- Alors Damoiselle tu es seule ce soir ? Ca te dirait de venir faire un tour avec nous ? On pourra te montrer quelques petites choses…

Elle souriait, riait, ne se rendant compte de rien et deux hommes lui prirent la main avant de la conduire dans une petite ruelle à l’écart. Ils l’avaient encerclé et semblaient vraiment décidé à faire des choses pas terribles.

- Alors par quoi on commence ? Moi j’aimerais bien voir ce qu’il y a sous sa robe…
- J’ai bien envie de lui coller ma main à cette petite minette, je suis sûre qu’elle adorerait !


Et ça continuait comme ça. Cassidy écoutait… sans écouter et semblait un peu perdue dans les nuages parce que sinon, elle répondrait. Ce fut Tristan qui intervint et la prit contre elle, dans une attitude protectrice tout en intimant aux voyous de partir. Tristan… quand elle entendit sa voix et sentit son parfum, qu’elle reconnaîtrait entre mille, la demoiselle semblait être beaucoup plus ravie et se colla un peu plus contre lui, comme si la drogue la faisait se sentir encore mieux à ses côtés.

Et il lui parla alors qu’elle avait lentement fermé les yeux. Elle l’entendait dire qu’il était le seul à pouvoir l’embêter et lorsqu’elle ouvrit les yeux, elle le vit déposer ses lèvres sur les siennes, en un baiser qui lui fit l’effet d’un électrochoc, encore mieux qu’un antidote (ou salive de dragon aux propriétés étonnantes qui sait !)! Elle le regarda, puis regarda autour d’elle. Heu oui… elle faisait quoi ici en fait ? Mais il y a avait plus grave ! Il l’avait embrassé.

Cassidy fronça les sourcils et le regarda avec un air de défi.

« Et tu crois que je vais te laisser faire sans rien dire ? Ah ah… »

Elle s’était dangereusement rapprochée de lui, avait posé les bras autour de sa nuque pour le forcer à se pencher et lui avait rendu son baiser, sur le même air, très fugacement avec un sourire malicieux. Oh oui elle se rappelait bien qu’il était le premier à voler des baisers, c’est d’ailleurs pour cette raison qu’elle avait appris à y répondre aussi spontanément, comme un jeu.

Puis elle lui tira la langue.

« J’ai bien le droit de t’embêter moi aussi ! »

Ils se mirent à rire et retournèrent à la fête. Là elle lui fit une courbette, réclamant une danse. Un magnifique duo alors qu’elle s’appliquait quand même à ne pas marcher sur ses pieds, serrant un peu plus fort ses mains contre les siennes. Emportés par une musique douce et romantique, c’était comme si ils étaient seuls au monde.

Ensuite, le petit duo se dirigea vers une grande place où on avait posé des grandes couvertures pour observer les étoiles. Ils étaient allongés l’un à côté de l’autre. Elle lui disait qu’elle aimait beaucoup ses cheveux comme ça et qu’elle était contente qu’il les ait changés pour ce soir. Puis elle parlait des étoiles, qu’elles étaient toujours aussi belles mais encore plus quand on avait l’impression de se déplacer entre elles tout en sous entendant leur leçon de vol. Enfin, elle se fit plus songeuse. Une prière aux dieux, une demande… que Tristan soit protégé, et qu’elle aimerait bien aussi qu’il se rappelle d’elle.

Puis, la fête finit très tard et il était peut être temps d’aller dormir. Cassidy alla chercher ses affaires, avec Katherine qui lui fit un clin d’œil complice. Elle remercia les deux sœurs chaleureusement pour ce moment et se dirigea à l’auberge pour demander… deux chambres. Mais alors qu’elle s’exprimait, l’aubergiste secoua lentement la tête.

- Je suis désolé il ne me reste plus qu’une chambre. Tout le monde a eu la même idée que vous et beaucoup de personnes sont restées dormir ici. C’est vraiment la dernière chambre qu’il me reste.

Tristan venait d’arriver à ce moment là. Cassidy semblait embêtée mais il certifia qu’il n’y avait aucun problème et que ça ne le dérangeait pas. Du coup, ils montèrent avec leurs affaires dans une chambre qui était bien modeste. En tout et pour tout il y avait un lit assez… eh bien disons qu’on ne pouvait pas éviter les contacts là dedans. Une petite table aussi pour poser ses affaires et une salle d’eau.

Le Drakkari proposa de dormir par terre et Cassidy se tourna vers lui, choquée.

« Ah non ! Hors de question que tu dormes sur le sol ! C’est notre chambre alors on dort tous les deux dans ce lit, point. Et n’insiste pas sinon je te cloue au matelas avec ma magie. Y a suffisamment de place pour deux et le sol est très inconfortable. Me sentirais mal et je n’arriverais pas à dormir si je te vois par terre après tout ! »

Il ne protesta pas et elle sortir son « pyjama » de son sac puis tenta… d’enlever sa robe devant lui. Puis grommela longuement, cherchant à se hisser pour l’enlever, ne trouvant pas le bon sens et ne se rappelant plus de comment ça marchait ce truc. Elle tourna la tête vers Tristan et fit une grimace.

« Heu… tu peux m’aider s’il te plaît… Je sais plus comment on enlève ce truc ! »

Oulà… ce n’était pas une petite tâche qu’elle lui demandait là. Elle ne vit pas les expressions de son visage puisqu’il était derrière elle mais il y allait avec une extrême douceur, qui ressemblait beaucoup à un déshabillage en règles. Elle se retrouva ensuite en corset et toujours avec cette douceur, il enleva les ficelles pour qu’elle puisse d’enlever. Cassidy le remercia, un peu rouge à cause du contact et fila dans la salle d’eau pour mettre sa brassière et se démaquiller.

Quand elle revint, après avoir maugréé que le maquillage c’était long à enlever, toujours vêtue d’une culotte et d’une brassière sans avoir eu le temps de mettre une tenue de nuit, Cassidy observa Tristan qui était dans une position pour le moins… tentante. Sa chemise était déboutonnée laissant apparaître son torse et ses muscles. Elle le regarda… un peu trop d’ailleurs, ses joues commençant à se colorer et… elle se mit à briller comme une luciole.

Elle passa une main sur l’autre, comme pour essayer de se contenir mais lorsqu’elle remarqua que ses mains étaient dorées, la petite mage rougit encore plus que nécessaire. Avant de filer dans la salle d’eau en réclamant de l’eau glacée ! Un bronchement résonna dans la pièce alors qu’elle faisait couler l’eau froide sur son corps pour chasser cette couleur, un peu trop intrusive. Alors qu’elle éteignait l’eau, Cassidy regarda un instant ses mains. Pourquoi il lui faisait toujours autant d’effet ! Pas normal !

Elle réapparut dans la chambre, grand sourire d’excuse en marmonnant un désolé, son corps recouvert de petites gouttelettes qui rendaient ses sous vêtements bien transparent ainsi que ses cheveux qui dégoulinaient. De l’eau coulait le long de ses cheveux et elle attrapa une serviette dans son sac pour se sécher… heu devant lui. Bah elle n’avait pas pensé à ça et elle était un peu sans gêne très instinctivement avec lui alors…

Puis, regardant sa tenue de nuit, une chemise assez large et un pantalon en étoffe du même style elle l’enfila avant de se glisser dans le lit à côté de lui. Puis en rouspétant tout en lui disant qu’il pouvait très bien se déshabiller, qu’elle l’avait déjà vu en short, voire même tout nue rappelant cet épisode où il tentait de parfaire sa transformation et que ça ne la gênait pas plus que ça… enfin… quand elle ne faisait pas la luciole. Et l’eau aidait bien dans ce cas !

Elle se tourna ensuite, cherchant à bien se caller dans le lit, remontant sa couverture sur eux, dos à lui, sentant la chaleur de son corps et murmura un bonne nuit avant de sourire et de s’endormir paisiblement et même très rapidement.

Un peu plus tard dans la nuit, elle s’était retournée en dormant et en poussant un petit roucoulement bizarre alors qu’il devait être en train de fixer le plafond. Elle se rapprocha de lui et oui oui elle dormait bien ! puis mordilla son bras en bavant un peu, un grand sourire sur le visage.

« Chocolaaaaat ! »

Elle se calma cependant rapidement avant de froncer les sourcils tout en dormant, apparemment pas satisfaite de sa position puis se glissa encore un peu plus près de lui, posant une jambe sur la sienne et la tête contre son torse en donnant des petits coups de tête affectueux contre son torse ce qui était très mignon. Elle poussa un petit gémissement de plaisir, posant doucement une main un peu plus loin sur son torse avant de redevenir plus calme, plongée dans un profond sommeil et terminant sur une simple petite phrase, prononcée comme un murmure.

"Tris'... tu m'as manqué aussi..."
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ascadian.forumgratuit.org
Tristan Konogan
Professeur Initiation et Maniement des Armes
avatar

Messages : 600
Date d'inscription : 09/05/2012
Age : 25

Feuille de personnage
Race: Drakkari
Royaume:
Vocation: Guerrier

MessageSujet: Re: Un voyage pour apprendre à mieux se re-connaître ?   Mer 13 Nov - 22:05

Au final, la soirée s’annonçait très bien et probablement auraient-ils dû être reconnaissants envers la jeune adolescente qui avait su les convaincre… Ou plutôt empêcher Cassidy de protester et les séparer afin qu’ils soient tous deux soumis à la « torture » de l’habillement. La jeune mage aurait probablement ri si elle avait vu son partenaire se faire ainsi aborder par cette tante un peu excentrique qui ne lui laissait pas une seconde pour souffler. Mais lui, comment aurait-il réagi s’il l’avait vu rougir et s’il avait entendu ses paroles les concernant ?

Mine de rien, leur situation était des plus étranges. Elle se souvenait, elle, bien sûr, mais lui non et pourtant, il avait des gestes naturels très simples et une espèce d’attirance constante qui le poussait à vouloir la protéger, à vouloir être près d’elle. Elle avait bien dû le remarquer, même si elle l’interprétait peut-être mal. Mais c’était probablement difficile à vivre… Pour elle qui devait faire face aujourd’hui non seulement au physique de son ancien compagnon, rappel constant de sa présence mais à présent aussi, de plus en plus, à son caractère, à sa gestuelle, à ses paroles qui étaient probablement autant de signes de progrès et de renouveau que de coups de poignards.

Ils s’étaient retrouvés à la fête, elle une fois de plus maladroite, lui à la rattraper avec toujours autant de douceur. Il avait vu ses yeux briller quand il avait mis cette rose dans ses cheveux et n’avait pas compris pourquoi elle semblait si triste et en même temps si lointaine. Comme si elle pensait à autre chose… une chose qu’il ne pouvait ni voir, ni comprendre.
Pourtant, il n’avait pas vraiment réfléchi avant d’agir. Il s’était juste dit qu’elle était très belle mais qu’il manquait un petit quelque chose, un tout petit quelque chose qui la rendrait encore plus belle justement. Et il avait tout de suite pensé à une fleur, à une rose dont il avait ôté les épines avant de la glisser dans ses cheveux.
Ah pour être belle, elle était belle.

C’était à en perdre la tête, à ne plus savoir que penser. Il se disait qu’elle était encore plus belle que Maud même et pourtant, contrairement à ce qu’il aurait pu croire, si sa gorge s’était d’abord nouée, il n’avait pas ressenti la gêne à laquelle il s’attendait, une gêne qui l’aurait empêché de l’approcher cette petite demoiselle. Il ne passait pas non plus son temps à la scruter en bavant à moitié comme le faisaient nombre d’hommes autour d’eux. Non, c’est un regard plein d’admiration mais aussi de bienveillance et de fierté qu’il posait de temps à autre sur elle et seulement de temps à autre.

La pauvre petite demoiselle avait alors dû faire face à son enthousiasme et à sa joie communicatifs. Il est vrai qu’il riait et semblait s’amuser de tout, beaucoup plus franc et honnête de ce côté-là qu’il ne l’avait jamais été dans le passé. Et puis il n’était plus du tout grincheux et il s’expliqua très brièvement à ce propos justement à la fin de leur promenade.
Cette étrange promenade qui semblait renverser les rôles fit apparaître un fait des plus étonnants, amusants et en même temps assez triste au final. Elle redevenait la petite demoiselle plus fragile, plus confiante aussi… Parce que c’est ce qu’elle faisait : elle lui faisait confiance pour la protéger, ce qu’elle ne faisait pas justement avec les autres, pas même avec Erwan, mais ça, lui ne pouvait pas le savoir.

Néanmoins à partir de cette fausse attaque dans la forêt, ils ne se lâchèrent plus la main de tout le trajet. Ils avaient ri, gênés par la situation et leur peur fugace mais au final, sous cette gêne, il y avait une certaine joie, un amusement, du naturel… Quelque chose qui autrefois manquait si cruellement au jeune homme pour paraitre vraiment bien et qui aujourd’hui manquait tellement à la jeune femme qui s’était tant renfermée sur elle-même ces derniers mois. Ils n’avaient pas besoin de se tenir par la main, pourtant c’est avec naturel justement que ce geste leur était venu… ou plutôt LUI était venu. C’est Tristan qui avait pris doucement sa main, fixant le chemin en évitant de la regarder, comme s’il craignait qu’en la regardant justement, il risquait de la voir refuser justement ce geste.

Mais il n’avait pas à s’inquiéter… Elle acceptait et par les pressions qu’il ressentait de temps à autres, il avait l’impression de savoir quand elle avait « peur » ou plutôt était surprise par un nouvel acteur, quand elle fatiguait un peu à cause de ses chaussures et parce qu’il avait tout de même de plus grandes enjambées qu’elle, quand elle s’émerveillant comme une enfant devant les lanternes et autres luminaires. D’ailleurs son visage s’illuminait d’une joie franche et elle semblait plus craquante que jamais. Il le savait parce que son cœur s’emballait justement quand il l’observait sous l’éclairage d’une lanterne alors qu’elle s’arrêtait. Elle était si belle…

Et puis il l’avait enlacée en s’excusant et en s’expliquant, juste avec quelques mots pour son comportement. S’il l’avait sentie se figer une seconde, plus que surprise par son geste probablement, elle se détendit si vite entre ses bras qu’il ne comprit pas si c’était vraiment dû à ses paroles.
Mais au fond, n’était-il pas adorable de s’excuser et de tout simplement avoir remarqué qu’il se comportait mal ?
Et puis ces excuses ne s’appliquait apparemment pas qu’à aujourd’hui… Ce qu’il ne formulait pas, c’était probablement sa peine d’apprendre qu’elle partait qui au final… l’avait mis à mal.

Mais ce petit étalage l’avait intimidé et il se fit un peu plus distant, se rendant également compte qu’il passait son temps à la solliciter, comme s’ils étaient un couple, et qu’elle n’en avait probablement pas du tout envie. Ca par contre, bizarrement, ça le blessait mais bon… bien d’autres étaient enthousiastes de voir une si belle jeune femme et nombreux étaient les intéressés pour une danse.
Mais avant qu’il ne comprenne ce qui se passait, il ne la trouva plus et se mit en quête de la petite demoiselle droguée et entraînée à l’écart. Son intervention fut aussi brève que dénuée de violence.

En fait, c’était même curieux qu’il ne se soit pas davantage énervé. Mais elle, qu’il tenait si serrée contre son torse, devait bien sentir les tremblements qui l’agitaient. Il se maitrisait comme il pouvait et apparemment il avait du mal…
Le fait que ces types n’aient encore rien fait à la jeune femme devait l’aider à ne pas se laisser déborder mais c’était tout de même limite… Du moins vu le regard qu’il leur lança. D’ailleurs, ce regard, s’il l’avait lancé dès le départ n’aurait pas nécessité de paroles ni d’échanges entre les deux malappris. Il aurait suffi à effrayer bien des hommes tant il était empli de colère et de haine, les mêmes qui l’avaient envahi lorsque brusquement il avait totalement changé de comportement sur le terrain de l’arène et était devenu… aussi agressif, voire violent, mais tellement plus assuré également.

Mais il s’était vite calmé une fois qu’ils avaient été seuls… et il l’avait embrassée. Tout doucement. Il n’était pas aussi… choquant que quelques heures plus tôt en lui imposant un baiser plein de passion étourdissante, c’était bien plus doux, peut-être plus tendre aussi, certainement pas moins agréable.
Mais contre toute attente, alors qu’il se reculait, elle le crocheta à la nuque de ses deux bras, défi et amusement brillant dans ses yeux si plein de nuances alors qu’elle se haussait comme elle pouvait sur la pointe des pieds et l’embrassait à son tour. Il frissonna mais ne se redressa pas d’un coup contrairement à ce qu’il aurait instinctivement fait sous un tel choc, évitant ainsi de la déranger dans sa démonstration « d’embêtement ».
Il avait fermé les yeux et les rouvrit sur un regard surpris et admiratif alors qu’il l’observait. Décidément, elle en avait du cran. Et cette fois, elle ne pouvait pas le mettre sur le coup de potions. Il lui sourit avant de s’approcher beaucoup trop près de son visage comme elle lui tirait la langue, un air espiègle quoiqu’un peu provocant au visage.

- Range ta langue ou je la mords.

Euh… oui, certes… pourquoi pas ?
Il s’était redressé en secouant la tête et finalement, ils retournèrent près de la fête.
Mais ce fut elle qui l’attira près des couvertures pour qu’ils puissent observer les étoiles et vu tous les lieux où il l’avait trainée, il accepta de bonne grâce, ayant repris sa main pour « ne pas la perdre ».
Allongés l’un à côté de l’autre, elle était sur le dos alors qu’il tournait la tête vers elle pour l’écouter parler. Il sourit quand elle parla de ses cheveux, ravi que ça lui plaise. Il saisit très bien son allusion par rapport à leur vol commun, lui dragon et elle… en quelque sorte sa cavalière. Il sourit et étreignit doucement sa main. Il ne disait rien, préférant ne pas s’avancer, mais il avait beaucoup progressé… et avait hâte de le lui montrer !

Enfin, il se concentra sur les étoiles, demeurant silencieux comme toutes les personnes allongées là en train de prier. Il sourit, c’est vrai qu’elles étaient encore plus belle lorsqu’il volait. Et brusquement il se sentit triste, nostalgique. Il était content d’avoir pu lui montrer que sa vision d’humaine ne rendait que bien peu justice à la beauté de leur monde. Mais elle n’avait vu qu’un monde de ténèbres… Tant de paysages grandioses ne prenaient une autre forme que depuis les cieux en plein jour. Pourrait-elle seulement un jour les voir ?
Lui il aurait bien voulu… Mais enfin, pour la première fois depuis un bon moment, il se mit à penser au petit ami de la jeune femme. Et c’est presque sans remords qu’il se mit à souhaiter que celui-ci ne vienne pas les embêter, qu’il les laisse tous les deux, juste un peu… parce que cette complexité entre eux, ce « truc » ne serait jamais possible si Erwan était dans les parages, il l’avait bien compris…

Ils restèrent longtemps allongés là à regarder les étoiles. Peut-être parce qu’au final, ils étaient un peu fatigués par toute cette agitation, ou bien parce qu’ils étaient bien.
Au bout d’un moment, Tristan se redressa sur un coude et se tourna vers Cassidy avec un sourire. Il lui proposa d’aller chercher une autre assiette de nourriture puisque le sucré n’allait pas tarder à être servi, si ce n’était pas déjà le cas et à boire, lui promettant de faire vite.

Il se dépêcha en effet et revint avec une technique qui aurait fait pâlir de jalousie un serveur. Une serviette pleine de biscuits en équilibre sur la tête, une autre comprenant d’autres mets salés auxquels ils n’avaient pas goûtés comme des brochettes et un assortiment de morceaux de quiche et petits légumes sur une main à plat, l’autre tenant deux verres et une autre assiette enfin avec des fruits coupés et quelques spécialités sucrées de la région proposées sur le bras, dans le creux du coude. A croire qu’il essayait de l’impressionner mais à priori, il avait visé juste une fois de plus avec les biscuits. Bah quoi ?! Ils avaient faim ! Ils n’avaient fait que grignoter un peu plus tôt !
Ils riaient en mangeant, essayant de ne pas faire trop de bruit pour ne pas gêner les autres alors qu’ils s’amusaient tour à tour à mettre un aliment ou l’autre devant le nez de l’autre justement, l’éloignant légèrement pour le forcer à bouger. C’était un jeu de gamin peut-être mais ça les faisait sourire tous les deux.

Puis, la soirée avait commencé à se terminer et comme ni l’un ni l’autre n’était vraiment motivé pour danser, puisque la demoiselle avait mal aux pieds avec ses chaussures dont elle ne devait plus guère être habituée, ils décidèrent de descendre dans une auberge pour aller se reposer.
La boutique de la tante étant bien plus loin, Tristan laissa la petite mage commencer à faire la réservation tandis qu’il allait chercher ses affaires.
Quand il arriva, il apprit effectivement qu’il n’y avait plus qu’une chambre. Cassidy semblait gênée mais il s’approcha d’elle et fit un grand sourire au responsable, posant une main sur une des épaules de la jeune femme.

- C’est très bien, merci, nous nous y prenons un peu tard en effet…

Ils prirent donc la chambre alors que le pauvre homme ne semblait pas du tout comprendre ce qui se passait. Apparemment, un jeune couple radieux comptait prendre des chambres séparées mais ils ne pouvaient pas donc allaient en partager une mais semblaient peu décontenancés ou gênés… Etrange.

Effectivement, c’était une petite chambre, qui convenait très bien pour une seule personne, un peu moins pour deux. Il n’y avait pas de lits séparés, il n’y avait qu’un lit et à l’origine qui ne pouvait que peu accueillir deux personnes. Enfin si… bien sûr, mais ou alors un couple très amoureux ou alors… deux jeunes filles parce qu’avec son gabarit, le Drakkari n’était pas de ceux qui prennent « peu d’espace ».
Néanmoins, il ne sembla pas gêné une seconde, posant tranquillement ses affaires par terre et se dirigeant immédiatement vers l’armoire pour en tirer un drap qu’il était déjà en train de déplier et d’essayer de mettre par terre.
Comme Cassidy le fixait, incrédule, il déclara qu’il n’y avait pas de problème, qu’il allait dormir par terre, ce à quoi elle s’opposa avec véhémence et le retour de son petit caractère entêté… bien qu’un peu gêné peut-être, il n’en était pas très sûr.

Puis elle commença à se tortiller sur place alors qu’il la regardait, curieux. Apparemment elle essayer d’ôter sa robe ce qui n’était certainement pas possible seule mais ça, elle ne s’en était probablement pas aperçue quand on l’avait poussée à porter celle-ci. Il sourit et se redressa à son appel à l’aide, assis sur le lit juste avant, la rejoignant.
Tristan se plaça derrière elle, mi-amusé, mi-troublé par ce qu’elle lui demandait mine de rien. Avec elle, il semblait encore plus doux étonnamment, écartant doucement ses cheveux qu’elle avait détaché, il entreprit de dénouer et faire sauter toutes les différentes fermetures de cette robe qui était décidément bien compliquée mais avec une lenteur qui n’était probablement pas nécessaire… Et quand il eut terminé, écartant juste légèrement les pans de celle-ci, il s’attaqua à son corset qui avait été sacrément serré et bien attaché. N’était-ce pas au final le but de cette jeune adolescente ? Qu’il la déshabille ?
En tous les cas, à chaque œillet qu’il libérait du long fil doré qui l’enserrait, ses doigts frôlaient la peau du dos, chaque fois un peu plus libéré de la jeune femme. Bien sûr elle ne pouvait le voir mais son expression s’était faite plus fermée tandis qu’il respirait par légers à coups, l’observant avec une attention toute particulière. Même si ce n’était que de dos. Pourtant, comme il avait repoussé ses cheveux, il aperçut la cicatrice entre ses omoplates et son expression d’admiration changea alors qu’il serrait les dents, dégoûté qu’on ait pu commettre un tel crime !

Elle s’éloigna rapidement peu après, rougissant… Il ne comprit pas pourquoi et haussa les épaules, allant s’asseoir sur le lit. Il grimaça et se prit la tête dans les mains, se frottant les tempes en marmonnant pour lui-même. Lentement, il porta la main à son col et déboutonna les accroches de sa chemise/veste avant de s’allonger à moitié torse nu sur le dos puis sur le ventre, observant la petite chambre en l’attendant, notant des détails par ci, par là.
Il était en train de souffler paresseusement sur les mèches rouges de ses cheveux qui lui tombaient sur les yeux quand Cassidy revint et le trouva un peu vautré sur le lit, un peu trop à l’aise et probablement un peu trop mignon peu importe sa position dès qu’il avait une chemise ouverte. En fait, sous la surprise, il avait levé les yeux vers elle, un regard de conquérant même si ce n’était pas fait exprès et ça devait jouer beaucoup. C’était à lui d’être surpris pourtant puisqu’elle le rejoignait bien peu habillée mais contre toute attente, elle se remit à briller avant qu’il n’ait pu dire quoi que ce soit.

Surpris par cette nouvelle curiosité magique qui l’intriguait, il se redressait pour s’approcher mais elle avait remarqué son éclat et repartit aussi sec dans la salle de bains pour… se doucher… avec de l’eau froide apparemment. Il s’approcha, inquiet, venant toquer à la porte, se demandant si elle n’avait pas mal quelque part ou quelque chose du genre… mais elle rouvrit brusquement la porte, trempée et sérieusement un peu trop sexy ainsi couvertes de petites gouttes qui donnaient un éclat plus naturel et un peu trop brillant à sa peau. Et puis, franchement, à quoi bon porter des sous-vêtements là, vu comme ils étaient trempés et… peu opaques au final. Elle se retrouva presque face à lui, passant l’air de rien sous son bras tendu vers la porte dans sa position pour frapper alors qu’il déglutissait difficilement et se retournait bien vite pour continuer de la suivre des yeux, la gorge sèche et une sensation bien connue dans les reins.

Il serra les dents et s’éloigna de la porte rapidement, retournant s’allonger sur le dos en essayant… de ne pas la regarder, se forçant à fermer les yeux. Du coup, elle dut croire qu’il allait dormir comme ça et même s’il avait enlevé ses bottes et qu’effectivement, il était allongé, ce n’était pas du tout ce qu’il avait prévu non. Il sentit un mouvement près de lui et rouvrit prudemment un œil pour constater qu’elle était habillée, ce qui le rassura alors qu’elle râlait gentiment par rapport à sa propre tenue. D’ailleurs comme elle évoquait sa nudité lors d’un entrainement, il lui lança un regard noir juste pour le geste et se releva, lui tournant le dos.

Jouant des muscles, il ôta sa veste puis se dirigea avec son sac dans la salle de bains. Il ressortit quelques instants après, les cheveux encore légèrement humides d’une douche rapide et de son incapacité à en prendre une sans s’éclabousser les cheveux, torse nu toujours mais portant un pantalon plus large et beaucoup plus confortable apparemment… qui aurait peut-être gagné à monter plus haut tant il semblait sur le point de poser pour une publicité sur les abdominaux là !
Reposant son sac, le jeune homme hésita une seconde puis en sortit une chemise qu’il enfila mais ne ferma pas, essayant d’être un minimum correct avec sa partenaire sans pour autant s’obliger à se mettre mal à l’aise pour dormir.

Enfin il la rejoignit, ne faisant pas état du fait qu’elle lui tourne rapidement le dos et s’allongeant sur le dos justement pour sa part, il se mit à fixer le plafond, les bras croisés derrière la tête. Elle s’endormit vite… mais pas lui. Il l’entendait à sa respiration qui se fit très vite plus calme. Il se détendit pour sa part mais s’endormir, c’était autre chose, il pensait bien trop, réfléchissant à trop d’éléments, trop de sentiments et sensations… et puis il avait un peu peur de faire un cauchemar près d’elle et de la frapper accidentellement en se réveillant en sursaut.

Il se mit à la regarder, tournant juste la tête vers elle, beaucoup trop proche pour échapper à son odeur, la chaleur légère qui se dégageait de sa peau et sa sensibilité accrue dès qu’il avait le moindre contact avec elle.
Il soupira, décidant de se lever, maintenant qu’elle dormait, et de s’installer par terre, là où il était sûr de ne pas la déranger. Il commençait à vouloir bouger, à décroiser ses bras mais Cassidy semblait inconsciemment savoir ce qu’il avait en tête car elle se rapprocha, s’attaquant à son bras, au niveau de son coude, parlant de chocolat. Oh, elle ne lui faisait pas mal mais il se figea, surpris alors qu’un immense sourire amusé lui éclairait le visage.
L’instant d’après pourtant, il souriait beaucoup moins…

Elle lui faisait plus ou moins un câlin, se blottissant confortablement contre lui ou presque en l’empêchant complètement de bouger ou de faire quoi que ce soit. Quand elle prononça ces quelques mots, comme quoi il lui avait manqué, son état de crispation et son frisson suite au fait qu’elle avait glissé la main entre les pans (bien trop écartés) de sa chemise cessèrent alors qu’une profonde tristesse assombrissait son visage et qu’il fixait d’un regard vide le plafond. Des larmes commencèrent à faire briller ses yeux mais il les ferma en serrant les dents, crispé de nouveau.
Mais comme elle était tout contre lui, emplie de ce… truc qui le détendait dès qu’ils avaient un contact et qu’elle serrait et desserrait légèrement sa main sur son buste par intermittence, il se calma, rouvrit les yeux et les baissa sur elle.

Elle était tellement craquante.
Il sourit, vaincu et bougea doucement. Pas pour se dégager non mais pour décroiser les bras de derrière sa tête et en glisser un légèrement sous la jeune femme pour l’aider à se maintenir dans cette position et l’autre… vint aussitôt et tout à fait naturellement se reposer sur elle, la main sur sa taille, comme s’il l’enlaçait à son tour. Décidément, elle était pleine de surprise.
A peine avait-il agi ainsi qu’un profond sentiment de plénitude l’envahit, le prenant au dépourvu. Il ne chercha pas à lutter et s’endormit dans la poignée de secondes qui suivit, un sourire attendri aux lèvres.

Le lendemain, elle se réveilla la première alors qu’il n’avait pas fait, enfin, un seul cauchemar, ce qui expliquait son profond état larvaire probablement vu qu’il n’avait plus eu une nuit aussi complète après une journée épuisante depuis un moment. Elle était toujours blottie contre lui et il était toujours allongé sur le dos, la maintenant à moitié sur lui. La bouche ouverte, il respirait tranquillement bien qu’un peu bruyamment, même si heureusement, ça n’avait rien d’un ronflement. En tous les cas, il ne pouvait pas feindre le sommeil là. Alors qu’elle remuait légèrement, émergeant et doutant peut-être des frontières entre réel et imaginaire, entre accident et intentionnalité, il resserra un peu plus ses bras en marmonnant.

- Gnon…dodo. Encore…

Nouveau marmonnement inaudible alors glissait une main sous sa chemise, totalement endormi toujours et passait la main dans son dos en souriant et riant à moitié, dans son sommeil, comme s’il faisait quelque chose de très drôle dans son rêve. Probablement ne chercha t-elle pas à le réveiller parce que lorsqu’il rouvrit les yeux un peu plus tard, il avait toujours la main sous sa chemise, ils étaient toujours l’un contre l’autre et… elle le fixait avec une étrange expression. Il écarquilla les yeux et bondit hors du lit en la lâchant, tombant par terre dans un fracas et se faisant un peu mal pour le coup, l’air désolé et s’excusant en boucle inutilement alors qu’il rougissait. Puis il sembla se reprendre et se mit à marmonner sur un ton boudeur que c’était elle qui avait commencé en lui bavant dessus. S’ensuivit un débat animé sur qui bavait le plus justement et ils commencèrent sans même s’en apercevoir à se battre avec les oreillers puis… à tenter de se chatouiller… Même si elle n’avait pas la moindre chance face à lui qui la maintint bien rapidement dos au matelas, sous lui, lui maintenant les bras et le visage très près du sien… Oh et la chemise toujours ouverte comme un drapeau bien sûr !

Ils semblèrent se rendre compte de la situation qu’alors qu’ils se retrouvaient aussi proches et ils se regardèrent un instant dans le blanc des yeux, figés, ne sachant que dire ni comment réagir avant de se séparer, mal à l’aise. Enfin lui semblait mal à l’aise du moins, rougissant légèrement en s’asseyant sur le lit, les jambes dans le vide, de son côté, lui tournant le dos.

- Hum… je… je vais me préparer, j’en ai pas pour longtemps comme ça tu prends la suite autant que tu veux et ensuite… on n’a qu’à partir pour l’étape suivante… c’est… toi qui as les inscriptions après tout. Hum…

Il se leva et disparut dans la salle de bains, en sortant effectivement très vite, habillé pour se déplacer et portant les affaires de la veille au soir pliées sous son coude.
Il alla s’occuper de régler la chambre puis partit rapporter le costume prêté. La tante était déjà debout mais elle affirma que beaucoup de gens l’avaient vu sortir de sa boutique la veille et que grâce à lui, elle avait fait des ventes et des profits impressionnants… et qu’il pouvait donc garder le costume, que de toute manière, il était ajusté pour elle. Il sourit, touché et semblant deviner le fond de sa pensée, il se pencha sur la femme pour déposer un baiser sur une de ses joues. Elle rougit beaucoup en maugréant qu’il n’était qu’un sale gamin, alors même qu’elle souriait comme si sa vie en dépendait.

Mettant la tenue dans sa sacoche, il passa devant une boulangerie qui avait ouvert depuis un petit moment même s’ils s’étaient levés tôt de leur côté. Alléché, il acheta une brioche pour le voyage et surtout le petit déjeuner avec la jeune mage et l’attendit près de l’écurie dans laquelle ils avaient laissé leurs chevaux. Ceux-ci les attendaient et Minuit fut ravi une fois de plus de voir son ancien maitre. D’ailleurs en attendant sa partenaire, Tristan le câlina un peu, tandis que l’autre cheval se désintéressait totalement de lui. Puis lorsqu’elle arriva, il l’accueillit avec un sourire, ayant harnaché les deux animaux. Il l’aida même galamment à monter sur le grand étalon avant monter en selle à son tour et de prendre la route avec elle.

Elle semblait de très bonne humeur… et très bavarde par la même occasion, lui parlant de ce qu’ils devraient faire dans la prochaine ville, lui expliquant les principes des barrières magiques, leur création et la raison pour laquelle certaines s’usaient plus vite que d’autres, le niveau de magie qui pouvait faire varier la durée de vie d’un sort…Bref, elle était intarissable et lui semblait vraiment très intéressé, lui posant beaucoup de questions ce qui devait lui faire sacrément plaisir au final puisqu’auparavant, il ne s’y était jamais intéressé. Ils mangèrent tranquillement la brioche que la sacoche avait étrangement gardé au chaud, ce qui attira d’ailleurs une nouvelle question sur le pourquoi du comment du jeune homme… Qui enchaina sur le fait qu’il adorait ce cadeau et qu’elle était vraiment douée… Cherchait-il à la faire rougir ? Peut-être parce qu’il y arrivait… Sans doute parce qu’il avait vraiment approché son cheval du sien et lui souriait en effleurant l’une de ses mains.
Vilain garçon !
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Cassidy Herediane
Directrice de l'Académie Hysandra
avatar

Messages : 851
Date d'inscription : 26/02/2012
Age : 29

Feuille de personnage
Race: Humain Ascadian
Royaume: Territoire Neutre
Vocation: Mage

MessageSujet: Re: Un voyage pour apprendre à mieux se re-connaître ?   Jeu 14 Nov - 17:20

La magie des retrouvailles. Un moment unique où l’on mettait sa rancune un peu à part pour mieux retrouver l’autre. C’est vrai, au départ l’ambiance était plutôt grincheuse, que ce soit pour l’un ou pour l’autre même si Cassidy était contente de le retrouver, parce que, c’était vrai, au fond d’elle, Tristan lui avait manqué.

Alors la journée fut beaucoup plus agréable, mouvementée, entre ces étranges contacts qui les faisaient passé aux yeux des habitants pour un vrai couple, ces moments de peur, de travail. Cassidy ne disait pas grand-chose mais elle avait beaucoup observé, réfléchissant et surtout, tentait de cacher tant bien que mal son trouble et sa tristesse quand elle avait l’impression de retrouver Tristan. Oui mais il n’y avait plus cette petite lueur dans les yeux quand il était amoureux. Il était normal… quoique on dira que les baisers volés et les étreintes n’avaient rien de normal pour ceux qui se proclamaient, ne pas être un couple.

Le summum de la journée fut le soir alors qu’une fête était prévue, bien animée. Des gens heureux, joyeux. Une petite mage toute troublée, suivant Tristan en trouvant un moyen de s’amuser mais combien de poignards recevait-elle à chaque fois qu’elle se rappelait d’une attitude du beau Drakkari qui s’était emparé de son cœur depuis si longtemps ? Elle le connaissait bien, très bien même, un peu moins aujourd’hui mais certaines attitudes ne changeaient pas, perduraient et ça c’était difficile à vivre.

Mais pendant tout ce temps, elle avait appris à se forger une carapace, pour éviter de dévoiler ses émotions plus profondes, faisant à mauvaise fortune bon cœur et ne semblait plus se soucier qu’il était un dragon et sa réticence certaine envers ces créatures. Fierté ? Encore trop tôt pour le dire… Elle faisait avec plutôt et de toute façon c’est ce qu’il était, elle ne pouvait pas réinventer l’histoire pour le changer. Et puis de toute façon, à quoi se torturer l’esprit alors que lui, ne se rappelait de rien ?

Elle souffrait… plus qu’elle ne pouvait le montrer. Mais le fait de voir Tristan aussi joyeux, faisait disparaître temporairement cette souffrance. Elle n’était plus du genre à s’amuser mais pour lui il faisait un effort, se laissant emporter dans les différents stands, grignotant avec lui quelques amuse gueules et participant à cette magnifique balade qui était assurément faite pour les couples mais qu’ils faisaient ensemble comme si ils en étaient vraiment un.

S’en remettant à lui pour la protéger, elle reprenait petit à petit sa place, celle de petite mage qui comptait sur son grand guerrier pour protéger ses avants. Jamais elle n’avait fait ce genre de choses avec Erwan ni même personne, trop indépendante et fière pour accepter qu’on la défende. Peut être était-ce à cause de ce qui s’était passé… Ce jour où elle avait été piégée, enfermée… elle n’avait pu compter sur personne à part elle-même. Elle aurait très bien pu en mourir et Erwan était certes, venu la sauver mais si elle ne s’était pas manifester… d’une manière très brutale, il aurait certainement été incapable de la retrouver.

Le fait de perdre Tristan était perçue comme une baffe monumentale où elle s’était beaucoup remise en question. Agir par elle-même, ne pas laisser les autres la protéger, devenir plus forte. Voilà son but en allant tuer des Kaärs. Tuer ou être tuée. Sans perdre les personnes qui l’aimaient, qui ne voulaient pas la laisser toute seule. Mais elle aimait ça la solitude ! Parce que mine de rien, si il y avait un problème, ça lui évitait de trop s’attacher, de faire ressortir ses émotions.

Et pourtant avec Tristan, une fois elle avait laissé ressurgir ses émotions même si il ne l’avait pas vu. Quand le mauvais perdant l’avait pris en traître, elle était vraiment sur le pied de guerre, prête à utiliser sa magie pour défendre le Drakkari, prête à renoncer à toute cette carapace qu’elle avait eu ces derniers mois. Mais lui n’avait rien vu ni entendu bien heureusement.

A sa grande surprise, il avait déclaré tout en l’enlaçant qu’il était content qu’elle soit là. Le cœur de la jeune femme s’apaisa un peu, touchée. Il devait un peu penser à elle au final même si elle ne savait pas le mal qu’il avait fait autour de lui à la cité, à tout ce qui s’était passé en son absence. Il était plus que probable qu’elle l’aurait sévèrement taclé à son arrivée autrement. Pourquoi Maud n’avait rien dit ? Parce que son comportement était normal ? Et puis comment se sentirait la petite mage si après son départ on lui disait que Tristan était devenu invivable ? Fautive ? Des remords… L’histoire ne changerait pas maintenant.

Ils étaient toujours à cette fête et elle avait baissé sa garde mine de rien. Peut être que le fait d’avoir Tristan à proximité la rendait un peu plus… elle-même et surtout confiante en lui mais cela, très inconsciemment. Et heureusement qu’il veillait sur elle pour venir la sauver parce qu’elle était dans une très mauvaise situation. Oh il en profita un peu mais ce qu’il avait oublié aussi, c’était que vivant avec lui, la demoiselle avait développé un comportement assez instinctif, tellement naturel qu’elle ne contrôlait plus ses gestes. Un jeu, un simple jeu. C’est tout ce qu’elle se disait même si le goût des lèvres à Tristan n’avait rien d’un jeu. Elle se sentait si bien dans ses bras, réclamant son attention, devenant plus présente à ses yeux.

Pourtant la petite mage le reconnaissait bien là, alors qu’il sortait une expression si familière pour éviter de montrer sa gêne. Tout était à refaire au final… même si elle n’espérait absolument rien et vivait au jour le jour, profitant de l’instant présent et du bonheur de savoir qu’il était bien vivant et en pleine forme… enfin… il cachait des choses comme son bras par exemple.

Ils s’étaient allongés sous la voûte étoilée du ciel et lui revint chargé d’assortiments à manger alors qu’elle s’était redressée en le remerciant, heureuse, qu’il était impressionnant et le taquinait en déclarant qu’il voulait qu’elle devienne grosse avec tout ce qu’il avait rapporté ? Bonne humeur au rendez-vous alors qu’elle parlait mais n’osant pas aborder une nouvelle leçon de vol avec lui-même si la dernière fois avait vraiment été sensationnelle. C’est sûr, ils voyageraient plus vite mais… l’important c’était le voyage pas la destination non ? Mais rien ne pouvait les empêcher de voler ensemble… enfin si il en avait envie c’était à lui de le dire, c’était lui qui la transportait et elle ne devait certainement pas réclamer mais montrer un certain respect.

Alors qu’elle observait les étoiles, la jeune femme avait beaucoup pensé. Beaucoup de si surtout… Des questions muettes, des envies de refaire le monde…
Si seulement elle était venue le chercher avant son accident…
Si seulement il n’était pas parti aussi vite…
Si seulement elle n’était pas avec Erwan…
Si seulement elle ne détestait pas autant les dragons…
Si seulement il n’avait pas perdu la mémoire…
Si seulement… il l’aimait toujours…

Qu’aurait-elle fait ? Qu’aurait-elle dit ? Une blessure ne guérit pas en quelques jours, en quelques semaines… c’est même pire qu’une cicatrice… l’esprit est comme meurtri, blessé et aucune potion, aucun sort, aucune prière ne pouvait rien y faire. Et aujourd’hui elle avait cette sensation de vide, qu’elle comblait si facilement quand il était à ses côtés, quand ils reprenaient certaines attitudes, instinctives. Mais elle souffrait… qu’il ne se rappelle pas d’elle… de son image… de son odeur… de ces sourires qui n’étaient réservés qu’à elle, de ces caresses sur son visage qui la faisait frémir.

Elle devenait folle oui… folle. Fermant un instant les yeux et soupirant, se rapprochant un peu de lui tout en sortant de ses songes, se disant qu’elle ferait mieux de profiter plutôt que de se morfondre. Il n’était pas encore mort que diable ! Pire que la mort pour elle ? Non peut être pas… Enfin elle ne pourrait pas le dire…

Après être resté un moment, avoir dansé, la jeune femme avait déclaré qu’il était temps de prendre une chambre à l’auberge. Mais malheureusement, il ne restait plus qu’une chambre. Pauvre aubergiste qui ne devait pas comprendre grand-chose de ce petit couple qui se souriait, qui avait une certaine complicité et qui préférait dormir dans des chambres séparées.
Finalement ce n’était pas plus mal.

Mais lorsqu’elle le vit sortir une couverture, la demoiselle s’enflamma. Hors de question qu’il dorme par terre ! Rien à faire de la galanterie elle n’était pas prude à ce point ! Non mais oh ! Et puis sinon elle dormirait par terre avec lui tiens ! Ou lui laisserait le lit ! On ne contrarie pas une demoiselle en colère. Il n’insista pas et l’aida même à défaire son corset.

Si elle ne voyait pas ses expressions, du côté à Tristan c’était la même chose. Parce que tout ce qu’il aurait vu, c’était une petite demoiselle bien troublée qui se remémorait bien des souvenirs. Se rappelant quand il prenait un malin plaisir à la déshabiller tout en l’embrassant, se collant contre elle. La chaleur de son corps contre le sien alors qu’elle n’était pas en reste et le déshabillant à son tour. Les lacets d’un corset qui se défaisaient petit à petit alors qu’il la couvrait de caresses dans le dos, de baisers dans le cou, mordillant doucement sa peau. Elle était à lui… entièrement à lui… et lui était à elle… personne ne pourrait jamais les séparer. Moments très torrides où chacun faisait plaisir à l’autre, redoublant d’audace, trouvant ces petites choses qui comblent le partenaire, mémoriser un endroit particulièrement sensible, un petit geste qui rend complètement dingue. Six mois après… au final… elle n’avait jamais oublié. Il frôlait son dos, lui tirant quelques frissons agréables mais c’est assez rapidement que la demoiselle se dégagea secouant la tête, se demandant pourquoi elle pensait encore à leurs petits jeux alors qu’elle était avec Erwan ! Et même si avec Erwan eh bien… il manquait quelque chose de non identifiable, ce n’était pas non plus une raison pour fantasmer sur Tristan maintenant.

Elle partit dans la salle de bain, oubliant ses affaires de nuit, n’ayant pas vraiment l’habitude de prendre autant de manières pour ne pas qu’on la regarde. Avant oui, plus maintenant.

La cicatrice dans son dos… combien de fois l’avait-elle regardé après le départ de Tristan ? Combien de fois avait-elle hésité ? Quand il était encore là, il voulait qu’elle se fasse un tatouage… mais ce moment qui était assez redoutable pour la demoiselle fut rapidement passé sous silence, elle qui était si douillette. Et puis comment changer une marque quand celui qui a réalisé des croquis de symbole n’est autre que l’ancien petit ami ? Qu’elle croyait mort et enterré ? Aucune volonté oui… Parce qu’il n’était plus là. Et qu’elle voulait se rappeler encore et encore que malgré cette cicatrice, elle était toujours vivante… qu’ils s’étaient mutuellement sauvés et ça lui rappelait un peu lui au final… Sado la fille ? Un peu oui… Et aussi se rappeler qu’elle ne devait jamais le dos à personne… que c’était un peu une marque de la honte oui mais elle était devenue plus forte en supprimant cette faiblesse.

La jeune femme finit de se démaquiller et c’est tout naturellement en sous vêtements qu’elle se présenta… faute de mieux. Et qu’elle resta bouche bée devant le garçon qui se trouvait dans le lit, belle invitation à venir faire une partie de gymkhana ! Elle reconnaît bien cette position, ce petit air alors qu’elle s’approchait de lui pour se faire attirer dans le lit. Mais ce n’était pas du tout ça ! Malgré elle, la mage se mit à briller. Et de repartir aussitôt pour éviter les questions gênantes, ne comprenant pas pourquoi elle avait soudain aussi envie que lui. Heu non elle n’allait pas lui sauter dessus quand même ! Non non et encore non !

L’eau dégoulinait sur son corps, rafraichissante, tonifiante et l’empêcha de faire vagabonder ses pensées alors qu’elle ressortait comme si de rien n’était pour aller s’habiller alors qu’il était derrière la porte. D’ailleurs, elle trouva rapidement une réplique pour qu’il la laisse tranquille avec son côté luciole, lui faisant penser à sa nudité quand il tentait de se transformer. Cela avait suffi pour qu’il se dirige vers la salle d’eau et se change.

Cassidy l’attendait sur le lit et en attendant… écrivait dans un petit cahier… qui était certainement son journal intime. Quand il revint elle l’avait fermé et reposé dans son sac alors qu’il la rejoignait, fronçant les sourcils avec cette chemise… heu elle préférait torse nu hein ! Et ça l’avait jamais dérangé jusqu’à présent… Apparemment là oui mais peut être que ça valait mieux ou sinon elle risquait d’avoir encore de nouvelles envies. Un peu frustrée cependant, elle se tourna rapidement en lui souhaitant une bonne nuit et s’endormit, très vite. Il faut dire qu’avec les émotions de la journée, elle était complètement épuisée et incapable de rester éveillée à réfléchir.

Si elle savait l’intention qu’il avait eu pendant la nuit, elle l’aurait grondé ! Retourner se coucher par terre, ça ne lui plaisait pas des masses. Mais instinctivement elle s’était rapprochée de lui, de manière très mignonne puis sortant une petite phrase… qui voulait tout dire. Oh non pas le chocolat hein… mais qu’il lui manquait. Et si elle avait vu les larmes dans ses yeux, Cassidy aurait très certainement cherché à en savoir plus. Etrange tout ça… il mentait… cette expression de tristesse… pourquoi l’avoir alors ? Ou il ne s’en rendait pas totalement compte.
Mais elle s’était mise de manière à l’empêcher de bouger, ronronnant de plaisir avec un grand sourire sur les lèvres quand il avait passé son bras dans son dos, comme si c’était SA position habituelle et pas une autre. Etrange l’attitude qu’on peut avoir pendant son sommeil. Tristan s’endormit par la suite.

Le lendemain matin, Cassidy émergeait lentement, sentant qu’elle avait la tête couchée sur quelque chose de chaud. Heu… elle ne se rappelait pas qu’Erwan avait une température aussi chaude… non du tout… clignant des yeux, elle redressa la tête pour voir qu’en fait elle était dans les bras de Tristan et se mit à rougir très rapidement, toujours ayant l’impression de rêver encore un peu. Heu non c’était pas possible là…

Elle l’observait dormir. Il était tellement mignon, souriant et détendu. Cassidy se mit à sourire, attendrie alors qu’il marmonnait vouloir encore dormir tout en glissant une main sous sa chemise. Elle sentit sa main chaude si près de sa poitrine, de son cœur et celui-ci s’emballa pour le coup alors que des frissons agréables la déboussolèrent. Elle venait de se mordre la lèvre inférieure, s’arrêtant presque de respirer mais ne bougeait pas pour autant, comme paralysée sur place. Mais la pauvre… elle avait des pensées bien… enfin partagées ! Entre le désir et la détresse. Elle ne bougeait pas pour autant, jusqu’à ce qu’il ouvre les yeux, se rende compte de la position de sa main, elle le fixant… toute rouge à cause du manque d’air, timide comme pas possible et ne voulant certainement pas le réveiller, d’où l’immobilité complète.

Il se dégagea et tomba du lit alors que Cassidy reprenait ses esprits et le contrôle sur ses muscles, demandant si il ne s’était pas fait mal, une pointe de timidité dans la voix. Il parla de bave et elle parut surprise et effarée, tout en entrant dans son jeu et déclarant qu’il bavait et marmonnait pas mal en dormant. Non… oui… non ! Ils n’étaient pas d’accord et se chahutèrent alors qu’il prit un des oreillers et elle un deuxième, commençant à se taper dessus tout en riant. Elle voulut alors le bloquer au lit en le faisant basculer en arrière mais il était bien plus fort et c’est elle qui se retrouvait en dessous alors que la demoiselle riait encore en le regardant doucement, au début pas gênée le moins du monde. Ils le furent plus rapidement quand ils se rendirent compte de la situation et il prétexta l’idée de s’occuper de la suite pendant qu’elle finissait de se préparer.

La demoiselle se retrouva alors seule… et soupira en se passant une main sur la tête. Elle avait très bien dormi, était attendrie oui… mais ce n’était que provisoire au final. Refusant de laisser ses pensées prendre le dessus, elle s’empressa de s’habiller aussi, de sa tenue habituelle avant de passer chez l’adolescente pour rendre la robe. Mais la sœur également voulait lui faire un cadeau, la trouvant sublime dans celle là et qu’elle lui allait mieux qu’à elle. Cassidy refusa au départ mais on insista tellement qu’elle se retrouva obligée de la prendre dans son sac.

Elle rejoignit Tristan qui avait déjà préparé les chevaux et elle souriait, se laissant galamment aidé. Minuit se mit à hennir en regardant Tristan, d’un air de dire « Pourquoi tu ne viens pas plutôt avec moi ? C’est moi ta monture ! » mais Cassidy donna une petite caresse au cheval comme pour l’apaiser.

Sur le chemin de la prochaine ville, Tristan n’était pas en manque de questions et Cassidy très bavarde, de meilleure humeur qu’avant, lui expliquant tout le travail qu’elle devait faire, comment ça marchait. Cela alimentait la conversation et cela évitait de les rendre un peu trop gênés face à cette situation. Quoiqu’il en soit, elle n’était pas mécontente d’être avec lui. Il la complimenta sur la sacoche en se rapprochant d’elle avec sa monture. Minuit en profita pour insister encore plus et fit un petit pas de côté pour que les mains ne fassent pas que se frôler. En effet, la demoiselle tenait ses rênes dans une main alors que l’autre pendait à sagement, avant de rencontrer celle de Tristan.

La demoiselle se mit à rougir… un peu pour son compliment, un peu pour leur contact et s’empressa d’expliquer comment la sacoche fonctionnait, seule chose qui ne la perturbait pas. Elle était contente et le remerciait.

« Je suis sincère ça me fait vraiment plaisir que ça te plaise… Mais vraiment… »

Sourire bien de reconnaissance alors qu’ils continuaient à avancer.

La suite du voyage se passa plutôt bien alors qu’ils semblaient se rapprocher, être beaucoup plus complices, lui apprenant d’elle et elle… eh bien même si elle souffrait de voir qu’il ne se rappelait décidément pas d’elle et que les dieux n’avaient pas l’intention d’interférer là dedans, elle restait souriante. Grincheuse parfois… mais ses sourires sincères n’appartenaient qu’à lui.
Il se passa pas mal de choses en une semaine. Il faut dire que la liste des villes à inspecter était plutôt longue, qu’en fonction des conditions, de la difficulté de la tâche et de la masse de la ville cela leur prenait plus de temps que prévu. En effet, à certains endroits il fallait agir directement avec celui qui s’occupait de l’inventaire, demandant de commander de l’équipement supplémentaire aux Cheistams et Tristan montrait ainsi un savoir qu’il n’avait jamais perdu, vérifiant l’usure des armes et détectant même beaucoup plus que demandé comme ce trou dans un entrepôt qui pouvait laisser passer l’eau, une installation un peu bancale… Cassidy redoublait d’intensité pour faire son travail mais parfois… elle en faisait beaucoup trop. Mais vraiment trop !

Alors qu’elle retraçait un symbole, un des derniers de la ville, son front s’était perlé de sueur et une fine mèche blanche était apparue dans ses cheveux. Ce n’était pas vraiment une bonne chose mais elle ne s’en rendait pas compte, cherchant à éviter de penser à certaines douleurs du passé malgré elle, même si elle s’entendait très bien avec Tristan. Mais parfois c’était dur… de n’être qu’une inconnue pour lui au final et plus la petite fille qui l’avait fait craquée. Tristan s’en était rendu compte et même si il ne disait rien, il insista pour la conduire en ville et lui faire découvrir de nouvelles activités, des jeux et surtout arrivait à la convaincre de goûter aux spécialités locales avec lui. C’était marrant parce qu’il lui demandait d’ouvrir la bouche pour lui faire avaler un biscuit tendre et moelleux. Il redoubla de stratèges pour qu’elle se sente bien, qu’elle en fasse moins et n’ait pas cet air aussi fatigué, la bloquant même parfois alors qu’ils étaient allongés dans l’herbe en train de faire une pause alors qu’elle voulait se relever pour faire son travail.

Et il s’en rendit compte… parce qu’en l’empêchant d’utiliser la magie pendant un moment, une pause, sa mèche blanche disparaissait. Comme si c’était nécessaire. Car elle ne se ménageait vraiment plus et ça il l’avait bien compris ! Alors quand elle était avec lui, elle souriait, riait et retrouvait un peu une joie de vivre qu’elle avait rapidement éclipsé après son départ il y a six mois de ça.

Il y avait aussi cette fois où ils devaient loger à l’auberge, puisque généralement ils faisaient un campement sur le chemin pour ne pas perdre de temps. L’aubergiste avait été très surpris en voyant ce petit couple demander deux chambres au lieu d’une. Il est vrai que l’homme les avait vu dans la rue et ils faisaient tellement… complices… un couple quoi ! qu’il ne comprenait pas ce qu’on attendait de lui et pensait qu’il y avait une troisième personne. Jusqu’à ce que Cassidy décide… de ne demander qu’une chambre, ça éviterait qu’on les regarde bizarrement à chaque fois en leur posant cette question « Mais… vous n’êtes pas en couple ? » Assez étrange en effet. Bien évidemment, on leur donnait une chambre avec un lit deux places mais la demoiselle demandait un lit assez grand car elle expliquait qu’elle … bougeait beaucoup et que ça dérangeait Messire un peu qui lui aussi prenait de la place quand même ! Maladroit et surtout à double sens… mais on ne leur posa pas plus de questions.

Il est vrai que parfois pendant la nuit Cassidy se rapprochait de Tristan, réclamant des câlins alors qu’elle dormait et ne s’en rendait absolument pas compte. En revanche… quelque chose d’assez étonnant se produisait. Une fois elle s’était levée plus tôt que Tristan pour aller se doucher… et qu’elle ne fut pas sa surprise en constatant que sa vieille blessure sous sa poitrine était en train de disparaître ! Cette vieille brûlure était moins visible. Elle avait déjà remarqué le phénomène avec son épaule mais là, la mage était carrément perturbée, ne comprenant pas d’où venait cette régénération alors qu’elle n’avait rien fait de spécial après tout.

D’autres évènements se suivirent. Comme une fois quand ils vérifiaient un entrepôt, un filet retenu en hauteur lâcha d’un coup alors que Cassidy se trouvait dessus. Tristan avait plongé pour la récupérer, surtout parce qu’elle faisait des efforts pour ne pas utiliser sa magie n’importe quand, n’importe comment et que lui était là pour voir des choses auxquelles elle ne faisait plus attention. Il s’était retrouvé au-dessus d’elle sans trop l’écraser et avait roulé pour qu’elle se retrouve sur son torse, encore toute étonnée et surprise. Véritable accident ou… intention déguisée ? Mais elle faisait tellement innocente à ce moment qu’il était impossible de lui en attribuer la faute.

Minuit aussi n’était pas derrière et était un peu trop intelligent pour un cheval ordinaire. Alors qu’ils arrivaient à une ville, le cheval se mit à cabrer sans aucune raison, se soulevant presque à la verticale, moment impressionnant alors que la demoiselle glissa en arrière, surprise, pour se retrouver une nouvelle fois dans les bras de Tristan tout en le regardant, rougissante. Avant de gronder le cheval.

« Minuit ! Tu ne vas pas t’y mettre toi aussi ! Décidément… »

Elle était presque certaine d’avoir vu le cheval sourire… mais les chevaux ne souriaient pas !

Oh il y avait aussi cette lettre… arrivée au milieu de la semaine par une chouette qui la donna directement à Cassidy. Une lettre d’Erwan lui demandant si ça allait, si son voyage se passait bien, si elle allait bientôt revenir ? Difficile de deviner ce que pensait Cassidy à ce moment là. Elle passa beaucoup de temps à réfléchir et surtout à préparer une réponse mais ne parut pas plus distante avec Tristan. Après tout, c’était normal ce qu’ils faisaient pas vrai ? On pensait qu’ils étaient un couple mais c’était juste pour jouer non ? Pas sûr que ça plaise à Erwan mais la petite mage était persuadée qu’il n’y avait rien. Oh elle se mentait là et pas qu’un peu…
Enfin, la semaine passa. Des joies, des rires, des échos de souvenir, des maladresses… redécouvrir un peu Ascadian comme le ferait deux jeunes aventuriers en quête de missions et de reconnaissance. Cassidy ne savait pas ce que pensait Tristan mais elle s’en contentait après tout.

Le lundi suivant, alors qu’ils arrivèrent dans une nouvelle ville, l’ambiance n’était pas aussi agréable. Des personnes qui pleuraient, d’autres qui tremblaient. Cassidy avait froncé les sourcils, il n’y avait pas de blessés pourtant. Elle descendit de cheval et interrogea une dame qui était à genoux sur le sol, en pleurs.

« Heu Bonjour… excusez moi mais que se passe-t-il ici ? »

- Les Kaärs… les Kaärs ont enlevés nos enfants… ils veulent de l’or en échange… ils sont partis y a même pas une heure par là bas… dans cette forêt… qu’allons nous devenir ?

Le regard de Cassidy s’était soudain assombri. Non… elle ne pouvait pas rester indifférente. Elle se tourna vers Tristan.

« Descends de cheval, on va les traquer »

Apparemment il n’avait pas son mot à dire puisqu’elle venait de lancer un sort pour améliorer sa vitesse de course et enlever sa fatigue pour partir dans le sens qui était montré par la femme, se calant à la vitesse de Tristan.

« Si on y va à cheval on va tout de suite se faire repérer. Il vaut mieux rester discret ! »

Mais c’était un peu n’importe quoi, enfin elle estimait qu’ils étaient bien plus loin que ça. Mais les Kaärs étaient malins et s’attendaient, on ne sait trop comment, à avoir des ravisseurs sur leurs trousses. Ils avaient dissimulés des runes pour les prévenir en cas de poursuite et alors que Cassidy et Tristan passaient dans la forêt, suivant leur piste, un des chefs se tenait en haut du sentier, un enfant devant lui, couteau sous la gorge.

- Un peu de plus et vous pouvez lui dire au revoir ! Lâchez gentiment vos armes, je vous conseille pas de faire les malins

D’autres Kaärs étaient sortis des arbres alors que Cassidy pesta tout en lâchant ses gants et son bâton. Elle avait heureusement laissé son sac en ville… ne voulant pas s’en encombrer. Ils étaient dans une très mauvaise situation alors qu’on les ligota, elle avec des menottes anti-magie et lui avec des menottes dans un acier beaucoup plus résistants.

Ils avancèrent pendant un moment et se retrouvèrent alors à un petit campement primaire. Les enfants étaient tous réunis à un endroit et on enferma Cassidy et Tristan dans une autre cage. Une fois que la jeune femme se retourna à l’intérieur, elle s’agrippa aux barreaux, un regard haineux et très sombre sur le visage, les serrant comme si elle voulait les tordre.

« Attendez un peu que je sorte de là ! »

Un des chefs s’approcha d’elle, ayant attiré son attention.

- Oh c’est qu’elle est marrante la petite mage…
- Chef ! Chef ! On pourrait pas s’amuser un peu ? Elle a l’air vraiment bonne !
- Ah c’est vrai ça… c’est pas tous les jours qu’on croise une beauté pareille. Et puis on a bien besoin d’un peu de distraction


Cassidy montrait les dents mais recula, refusant qu’ils ne posent leurs sales pattes sur elle. Les Kaärs approchaient de la cage mais étrangement, Tristan venait de se placer devant elle, furieux et prêt à en découdre avec tous ceux qui approcheraient d’un peu trop près. Le chef Kaär haussa un sourcil, ne s’attendant pas à une résistance.

- Oh… tu veux te mêler de cette histoire ?
- Attends… Je la connais cette femme ! Elle n’était pas avec un archer ? En tout cas c’est pas celui là ! Je les ai vu une fois dans une taverne en train de se bécotter en douce dans un coin !


A ses paroles, Cassidy se figea et se détourna de Tristan, comme si on lui rappelait une vérité un peu trop difficile à accepter et surtout… avec qui elle était. Elle était d’autant plus furieuse qu’elle avait bu cette fois là et… n’avait pas vraiment fait attention. En fait c’était Erwan qui avait insisté pour qu’elle se détende un peu… quelle ne fut sa surprise de se retrouver pendue à ses lèvres après avoir bu ! Ils ne faisaient pas autant d’étalage en public sinon.

- Une bonne humiliation ça lui fera du bien à cette mage trop sûre d’elle ! Eyh le Drakkari, je suis sûr que tu as envie de te la faire pas vrai ? Alors… fais toi plaisir c’est l’occasion. Quoi ? Tu ne veux pas ? Oh eh bien… si tu ne couches pas avec elle on sacrifiera quelques enfants…
- Et surtout fait pas semblant hein ! On veut l’entendre gémir la petite !


Un grand bruit sourd venait de se faire entendre. Cassidy, en entendant ces paroles, avait reculé très précipitamment et s’était cognée le dos contre les barreaux de la cage en arrière, glissant ensuite sur le sol, complètement sonnée et tremblante, même si elle fermait les yeux, ce qui lui donnait un air un peu trop sévère, comme si elle cherchait à reprendre contenance, à jouer dans la provocation, à faire celle qui s’en fichait.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ascadian.forumgratuit.org
Tristan Konogan
Professeur Initiation et Maniement des Armes
avatar

Messages : 600
Date d'inscription : 09/05/2012
Age : 25

Feuille de personnage
Race: Drakkari
Royaume:
Vocation: Guerrier

MessageSujet: Re: Un voyage pour apprendre à mieux se re-connaître ?   Ven 15 Nov - 23:30

Qu’aurait-il fallu au juste ?
Qu’il se souvienne d’elle ?
Mais qu’auraient-ils fait alors ? Comment aurait-elle pu lui pardonner de ne pas être revenu ? De ne pas avoir donné de nouvelle ? De s’être fait passer pour mort ? D’être parti ?
Parce qu’avouons-le… Tout ce que la petite demoiselle avait appris, grâce à Maud, sur ce qui s’était passé pour le jeune homme l’avait beaucoup aidée à lui pardonner cette erreur supplémentaire : celle de croire qu’elle se sentait assez bien avec Erwan pour pouvoir le remplacer par l’archer, celle de croire qu’elle ne lui pardonnerait pas son manque de jugement, celle de croire qu’il n’y avait plus d’espoir pour eux deux et surtout celle de croire que ce que tant de personnes avaient pu dire était vrai : qu’ils n’allaient pas ensemble, qu’eux deux, ça ne devrait pas arriver, pas exister…

Avant il s’en fichait.
C’est vrai, c’était sans doute un des points qu’elle devait le plus apprécier chez lui, son insouciance, sa manière d’agir quand il en avait envie et comme il en avait envie. Au final, elle avait terriblement besoin d’une personne ainsi dans sa vie, même si au départ elle l’avait probablement pris pour un malappris sans manières. Il était vivant, honnête, franc, parfois même trop et il vivait à fond, communicatif dans sa manière d’être. Oui, il avait ses secrets, ses mensonges, ses souffrances, mais petit-à-petit, il s’était confié à elle, confiant et amoureux fou, voulant qu’eux deux ce soit vrai tout simplement… Elle s’était trop privée avant de le connaitre, ne pensant jamais qu’aux autres, négligeant tout simplement sa petite personne et ne semblant même pas capable de savoir ce dont elle avait envie et besoin justement : de pouvoir ? de magie ? de connaissances ?
Qu’est ce que ça lui apportait ? A part une certaine satisfaction ? A part une plus grande capacité à protéger les gens ? La personne qu’elle devrait avoir le plus envie de protéger, elle ne la connaissait pas ou plutôt plus…

Tant de choses avaient changé quand il était entré dans sa vie, tel un cataclysme, faisant à peu près autant de dégâts qu’un cataclysme justement, surtout dans le cœur de cette petite mage.
Il avait fait beaucoup de mal, mais il lui avait peut-être bien plus apporté que pris. Après tout, elle avait découvert l’amour, le vrai, qui malheureusement pour elle était aussi le premier. Or le premier porte ce nom puisqu’il n’est pas éternel et constamment suivi d’autres. Ils en faisaient les frais. Ou plutôt elle en faisait les frais. Lui avait oublié…
Avait-il seulement été honnête avec elle, totalement ? Avait-il réellement été amoureux ? L’avait-il réellement considérée comme différente des autres ? N’avait-il réellement aimé qu’elle ?

Franchement, ce n’était peut-être plus sûr vu comme il se comportait avec la petite mage, aujourd’hui, alors qu’il avait tout oublié.
Ce baiser plein de passion qui n’aurait dû être réservé qu’à elle, il l’avait donné avec une telle facilité à la fin de ce « tournoi » et seulement parce qu’on l’avait poussé à bout. L’intéressait-elle si peu pour qu’il refuse jusqu’alors ? Ou y avait-il autre chose ? Etait-il toujours grincheux à ce moment-là ou cherchait-il seulement à lui éviter quelque chose ?
Après tout, aux dernières nouvelles, elle avait un petit ami, qu’elle aimait, se faire embrasser par un autre en public, ça n’avait rien de folichon. Surtout si l’autre en question était un dragon et ce même si elle ne semblait plus avoir de problème par rapport à sa « différence ».

Trop de questions et aucune réponse.
La journée s’était écoulé très vite et la soirée comme dans un rêve. Ils étaient si complices, très proches, c’était presque comme s’ils étaient revenus au début de leur relation… quoique… même au début justement, tout était prétexte à une escapade bref derrière un buisson pour s’embrasser passionnément. Ca aussi elle avait bien dû l’apprendre sur le tas, parce qu’il ne semblait pas habitué à ce qu’on lui résiste… et avait-elle seulement envie de résister à ce moment-là ?
Finalement, ils avaient dormi ensemble, dans le même lit et Tristan en était vraiment troublé même s’il n’avait rien dit.

Alors qu’il était allongé sur le dos, il réfléchissait, la tête pleine de questions. Le bout de ses doigts le picotait encore. Quand il l’avait aidée à se déshabiller, lentement pour ne pas faire de gestes brusques et abîmer ses vêtements mais encore et surtout parce que cela lui semblait tout à fait naturel, il avait ressenti des picotements dans les doigts là où il touchait sa peau. C’était peut-être de la magie, en tous les cas ça ressemblait à de l’électricité statique mais en plus fort… et ce n’était que lorsqu’il avait un contact direct avec sa peau. Il n’avait rien dit mais se demandait quand même si c’était normal. Mais comme c’était assez agréable, il ne devait pas y avoir lieu de s’inquiéter.
En dormant elle s’était rapprochée et lui aussi et au final, ils avaient dormi dans les bras l’un de l’autre… Comme avant. Enfin en plus habillé qu’avant par contre.

Par contre, le réveil avait été assez… brutal. Parce qu’il était quand même en train de la tripoter quand il avait ouvert les yeux et elle, elle ne bougeait pas, même si elle était toute rouge !!!! Ah oui, il était tombé du lit en se dégageant. Mais il n’y avait aucune trace de dégoût sur le visage du jeune homme, juste de la gêne, beaucoup de gêne mais du dégoût, que nenni ! Surtout que ça ne devait pas la première fois qu’il faisait ceci dans la nuit puisque les lacets maintenant le col un peu plus fermé de la chemise de la jeune femme étaient largement défaits eux et qu’il avait une vue… contreplongée des plus alléchantes.
S’en était suivi un moment de bravades qui avait détendu l’atmosphère, une bagarre, une proximité, une complicité encore une fois, mais il s’était échappé vite et ils ne s’étaient retrouvés que pour reprendre la route.

Oui, décidément, Minuit était un cheval très intelligent. Il n’avait probablement pas compris pourquoi son maitre l’avait abandonné et pourquoi la petite râleuse le montait à sa place. Mais il se rappelait de leur proximité d’avant et puis… en tant qu’animal, il pouvait sentir des choses dont eux-mêmes ne semblaient pas avoir conscience. Quoique… ils se mentaient peut-être tout simplement.
Les effleurements étaient devenus monnaie courante et il était curieux de voir comme parfois, cela les mettait mal à l’aise, leur faisant détourner les yeux, et comme d’autres fois, cela ne les dérangeait pas du tout. Souvent, quand ils marchaient côte à côte, ils se prenaient la main. Tristan prétextait souvent que le chemin pouvait comporter des « pièges » pour « les petites mages maladroites » et qu’il ne voulait pas qu’elle se fasse mal, elle ronchonnait un peu mais elle ne lâchait pas sa main pour autant quand il agissait ainsi.


Une semaine.
C’était si court et si long en même temps. Ils n’arrêtaient pas…
Tristan semblait toujours de bonne humeur, du moins dès qu’il la voyait le matin il était ainsi, à croire qu’il l’était en permanence… ou qu’il ne devenait ainsi que parce qu’il était heureux de passer du temps avec elle. Il lui souriait dès qu’elle le regardait et s’intéressait avec une attention certaine à tout ce qu’elle disait et faisait, sauf quand pour l’embêter il feignait la trouver ennuyeuse, soporifique. Elle partait au quart de tour, faisant sa vexée ou ronchonnant quelques insultes. La première fois pourtant, elle s’était tu et de la peine avait brillé un court instant dans ses yeux alors qu’elle se détournait, s’intéressait à une autre tâche sur leur liste, blessée et ne l’exprimant pas.
Il avait d’abord été surpris puis l’avait rattrapée en deux enjambées et l’avait enlacée, la serrant fort contre lui avant de déposer ses lèvres sur sa nuque et de sourire, même si elle ne pouvait pas le voir.

- Pour une mage si talentueuse, tu n’es pas très perspicace pour voir quand on te taquine tu sais…

Il l’avait incitée à se tourner vers lui, la tenant par les épaules et souriant avec une joie de vivre immense qu’il n’avait probablement jamais eue avant :

- Il parait qu’on dit que « qui aime bien châtie bien »… Je vais devoir être très méchant avec toi alors !

Quelques mots comme ça alors qu’il lui faisait un clin d’œil, la lâchant et se détournant pour retourner à ses propres vérifications, ajoutant bas mais assez fort pour qu’elle l’entende, l’air un peu timide pour le coup.

- … parce que moi, je t’aime beaucoup.

Une formule presque enfantine au final, tellement mignonne… Qui pouvait faire tellement plaisir et tellement mal en même temps. N’en avait-il pas conscience ?
Peut-être qu’il devenait meilleur qu’avant. Il était plus joyeux, certainement plus heureux même s’il cachait encore des choses, il souriait, riait, s’amusait et puis il était gentil avec elle, même s’il la taquinait et l’embêtait. Quand on y regardait de plus près, leurs chamailleries ressemblaient tellement à celles qu’ils avaient lorsqu’ils étaient enfants qu’elle était bien obligée de constater qu’à cette époque il avait vraiment une attitude de petit garçon amoureux qui ne se déclarait pas. Mais aujourd’hui… qu’avait-il au juste comme attitude ?

Parfois elle en faisait trop.
Il avait appris à identifier ces moments… Ce n’était pas que lorsqu’elle faisait de la magie. Parfois elle se taisait en plein milieu d’une conversation, d’une explication ou simplement suite à une de ses phrases enjouées… Ses beaux yeux noisette se perdaient dans le vide alors qu’elle se fermait au monde, semblant ne pas vouloir montrer ce qu’elle ressentait. Oh ça marchait très bien… mais pas tellement avec lui. Quand elle était comme ça, sans qu’il ne se l’explique, ses sens le renseignaient davantage sur elle. Il remarquait le tressaillement de ses lèvres comme si elle se mordait la langue, la brillance de ses yeux comme si quelque chose pouvait la faire pleurer, la profondeur de son regard perdu dans les méandres du passé, la crispation de ses mains sur l’objet qu’elle tenait ou de tous les muscles fins de son corps s’ils étaient assis à ce moment-là. Il savait, sans savoir comment, qu’elle avait mal, sans savoir pourquoi, qu’elle se souvenait de quelque chose de douloureux, quelque chose qu’elle ne pouvait ou ne voulait pas lui confier.

Il ne disait rien… Parce que si elle ne voulait rien dire de son côté, il n’allait pas la forcer. Mais il se sentait triste et désemparé dans ces moments-là et regrettait de ne pas pouvoir faire en sorte qu’elle n’ait jamais plus cette expression. Alors il essayait de la ménager et de lui changer les idées, de l’occuper. Il se faisait encore plus joyeux, encore plus taquin, la traitant de coincée quand elle ne voulait pas essayer quelque chose de nouveau, d’obsédée du travail lorsqu’elle voulait reprendre leurs tâches alors qu’ils faisaient une pause.

La fois où sa mèche était devenue blanche il savait que ce n’était pas normal. Mine de rien, chaque jour, elle lui en apprenait un peu plus sur la magie et il s’y intéressait vraiment. Elle lui avait parlé de signe de surmenage en magie et même si cet exemple n’avait pas été cité, du fait de son investissement et de sa pâleur, il avait vite compris qu’elle allait trop loin. Le reste de la journée n’avait donc été qu’une suite d’occupations et de moments de détente. Il avait prétexté qu’ils avaient leur temps pour faire tout ceci, que rien ne pressait, sauf si elle voulait à ce point se débarrasser de lui. Cet argument plus que tous les autres avait semblé faire mouche et elle avait fini par accepter ses exigences, même si elle râlait un peu… Après tout, elle le faisait avec le sourire !!!

Ils s’amusaient… Et il adorait ça.
Il y avait aussi eu l’histoire de l’auberge. Tristan n’était pas plus gêné que ça pour sa part et une fois dans la chambre, il avait acquiescé suite à son stratège, parfaitement d’accord. Ils attiraient bien plus l’attention en se prétendant juste amis que couple… Cette complexité, ces échanges, après tout, normal qu’on les prenne pour des amoureux… Surtout quand on pouvait apercevoir le regard que le jeune homme lançait à sa compagne lorsqu’elle s’éloignait un peu de lui pour aller chercher à manger, demander un renseignement ou autre. Le sourire sautait un peu et à sa place, la tendresse prenait bien trop de place pour être innocente… du moins pour être toujours innocente.
Ils avaient peu dormi sur le chemin, lui prétextant qu’elle avait besoin d’un vrai lit après l’avoir vu grimacer un matin au réveil, une main sur les reins. Après tout, sans l’oreiller que constituait le drakkari, même avec un matelas d’herbe constitué par magie, le sol était bien dur !!!
Malgré tout, cette histoire avait valu un massage à la jeune femme, à travers ses vêtements certes et donc pas en contact direct avec sa peau, mais un massage, bref et toujours aussi doux. Décidément, dès qu’il posait la main sur elle, il était vraiment délicat pour un guerrier !

Mais par la suite, ils avaient tout le temps ou presque dormi ensemble et ce même si cela donnait lieu à des rapprochements, peut-être trop de rapprochements.
Au début, ils étaient un peu mal à l’aise mais bien vite, ils l’avaient transformé en une espèce de jeu, pour ne pas culpabiliser, pour ne pas être gêné… le gagnant était celui qui avait le plus envahi le territoire de l’autre pendant la nuit et même si elle avait une sacrée avance et se rapprochait de lui dès qu’elle s’endormait, il était bien plus grand et le matin avait généralement bien vite rattrapé son retard. Généralement elle était blottie contre lui le matin alors qu’il l’enlaçait, comme ce fameux premier matin… Mais une fois, elle s’était réveillée en lui tournant le dos alors qu’il était tout contre elle, le ventre contre le dos de la jeune femme et que leurs mains enlacées criaient un bien étrange message qu’ils ignoraient avec trop d’empressement peut-être.

Si elle fut surprise de constater qu’elle guérissait, dans la douche, le gardant pour elle, Tristan était beaucoup moins discret et assurément beaucoup plus… amusé et déclaratif à ce propos, du moins de son côté. Un jour, il était sorti de la douche, sans gêne, une serviette décidément juste assez longue pour marquer la frontière entre la décence et l’indécence autour de la taille, tout fier et ravi, un immense sourire aux lèvres. Excepté le fait qu’il était encore trempé et mettait de l’eau partout, exhibant un peu trop ses muscles, rebasculant vers l’indécence, il s’était approché très près mais alors vraiment très près d’elle, son nez frôlant le sien alors qu’il semblait si joyeux.

- T’es vraiment magique tu sais ?

Elle ne disait rien, la bouche entrouverte et louchant légèrement sur son visage alors qu’il lui tournait le dos, attrapant sa main pour la poser comme il pouvait dans son dos.

- Regarde ! Regarde ! Les cicatrices de mon accident disparaissent !!! Depuis que je t’ai vu, elles vont mieux ! Mais je n’ai plus mal du tout aujourd’hui et elles ne sont plus profondes, peut-être même qu’elles disparaitront totalement bientôt ! et c’est grâce à toi !!!

Il lui fit de nouveau face. Il semblait tellement enfantin, tellement persuadé de ce qu’il disait qu’elle aurait été bien cruelle d’essayer de le démentir. Il se fit un peu plus sombre l’espace d’un instant pourtant, murmurant qu’il savait qu’elle était au courant pour ce qui lui était arrivé lors de cet incident, Maud l’ayant prévenue, mais il releva un visage rayonnant vers elle très vite.

- Mais je m’en souviens pas et ça ne me fait pas mal donc y a pas de quoi être triste hein !!!!

Un vrai gamin… tellement vrai que même si elle avait voulu un jour se venger de la peine qu’il lui avait faite, aujourd’hui, plus qu’avant encore, elle devait en avoir perdu le plus petit soupçon d’envie.

Il y avait eu le filet, il y avait eu la ruade de minuit… et bien d’autres… Tant d’occasion pour qu’elle se retrouve dans ses bras, tant d’occasion pour que leurs corps se frôlent un peu trop, pour que leurs visages soient trop près l’un de l’autre, pour que leurs lèvres s’effleurent accidentellement… Il y avait eu cette fois où il était entré dans la salle de bains en pensant qu’elle se coiffait simplement puisque la porte n’était pas fermée, même entrebaillée… Elle sortait justement de la douche, ayant juste une serviette devant elle ce qui empêcha probablement son compagnon de tourner de l’œil mais comme elle avait eu un bond en arrière, réflexe, elle était tombée et il l’avait rattrapée, une fois de plus, juste avant que sa tête ne cogne contre l’un des murs. Oui, il y avait une serviette entre eux… mais pas où le jeune homme avait ses mains !!!! Il avait rougi, pâli, ses pupilles se dilatant alors qu’il l’aidait à se redresser et sortait en quatrième vitesse, s’excusant jusque dans un coin de la chambre dans lequel il s’assit, pétrifié, se balançant d’avant en arrière en se tenant la tête, y compris lorsqu’elle sortit. Etrange comportement… surtout pour un pervers de première !

Et bien sûr, il y avait eu le moment le plus gênant et probablement aussi le plus drôle de cette semaine. C’était un matin justement alors qu’une fois de plus, leurs songes leur avaient permis de s’exprimer plus qu’ils ne le faisaient réveillés. C’était devenu une habitude qu’elle s’endorme et se réveille bien avant lui et ce jour-là ne dérogea pas à la règle, si ce n’est que leur étreinte était un peu moins… habituelle…

Cette fois, elle n’avait pas la tête sur son torse mais sur l’oreiller… et il n’était pas derrière elle…
Elle était allongée sur le côté, les bras passés autour de la nuque et du haut du dos du jeune homme qui s’était endormi torse nu cette nuit-là, prétextant avoir chaud alors même qu’elle avait légèrement frissonné pour sa part. Et lui avait un bras le long du corps, l’autre enserrant doucement la taille de la jeune femme. Quant à sa tête… elle avait trouvé assurément l’environnement le plus douillet du coin… Sa poitrine. Et il n’avait pas juste le visage légèrement approché de celle-ci, effleurant celle-ci, non, non, il était vraiment appuyé contre elle, le nez dans ses seins pour être plus clair… et un sourire béat aux lèvres.
Quand elle s’éveilla, vit le nouveau degré de sans gène qu’ils venaient de franchir, elle frémit… Peut-être était-elle en colère ou peut-être était-ce plus agréable que prévu, en tous les cas Tristan réagit aussitôt. Il dormait toujours, preuve que ce n’était pas une tentative perverse, quoique… il l’était dans ses songes et l’avait déjà prouvé plusieurs fois. Mais il bougea légèrement contre elle, se frottant une joue contre sa poitrine, son sourire s’élargissant alors qu’il relevait la main posée sur sa hanches et… bah disons que quitte à être un obsédé dans son sommeil autant le faire correctement cette fois-ci et ne pas se contenter d’APPROCHER sa main de ses seins… Quelques mots gémit lui échappèrent alors qu’il faisait toujours ce sourire béat comme s’il était dans le plus merveilleux rêve qui soit.

- Tout doux… Moelleux… Mhhh… sent bon… moelleux… moelleux… manger…

Le dernier mot détruisit complètement l’ambiance de totale désespérance qui devait peser sur la jeune femme même si pour le coup, il y avait de quoi être intimidée et dans tous ses états. Manger… Apparemment il voulait la croquer, surtout qu'il ouvrait la bouche, l'animal !!! Elle sursauta assez pour le réveiller cette fois et il se frotta les yeux de sa main proche de son visage, la reposant tranquillement sur sa poitrine en ronchonnant.

- Mh quoi ? Djà l’heure de se lever ? Mh… encore dodo un peu… Beau rêve, tu rirais, tu…



Monstrueux gros blanc alors qu’il pressait sa main sur quelque chose de décidément très moelleux selon ses propres termes. Il ouvrit les yeux, se rendant compte qu’il avait le nez entre ses seins et la main encore mieux placée. Il les écarquilla cette fois, s’étouffa à moitié en voulant pousser un cri de surprise probablement et se recula une nouvelle fois très brusquement… retombant du lit malgré la taille de celui-ci, dans un fracas de tous les diables, embarquant la table de nuit et se retrouvant vautré par terre, l’air sonné, une jolie bosse se formant déjà sur son front alors qu’il marmonnait quelque chose qui ressemblait encore une fois à « moelleux ». Il se redressa juste après, droit comme un I, présentant une série d’excuses avant de disparaitre, courant presque dans la salle de bains… ou il put souffler et se remettre de ses émotions… ou pas vraiment… Adossé à la porte, les dents serrés, tremblant légèrement, il fixait un point invisible droit devant lui avant de se laisser glisser par terre et de se prendre la tête dans les mains avant qu’une vive douleur dans son bras gauche ne le pousse à serrer celui-ci bien plus que sa tête…

Peu après, il était sorti, comme si de rien n’était, il lui avait souri, avait tiré la langue d’un air gourmand en déclarant que ce n’était pas de sa faute quand même si elle avait une si jolie poitrine et qu’il se sentait « obligé » d’en prendre un peu soin… Elle avait écarquillé les yeux et lui avait lancé un oreiller sauvagement… avec peu de force. Ils s’étaient encore bagarrés… Mais ils riaient. Encore…
Peu après, elle avait reçu la lettre d’Erwan et il avait tout de suite deviné qui en était l’expéditeur. Si elle était restée normale, lui non et il avait évité de la déranger cette journée là, l’air un peu plus sombre mais quand elle lui avait demandé ce qu’il avait, il ricanait en disant qu’il repensait juste à ses seins… Quand il l’embêtait ainsi maintenant, elle n’hésitait plus à utiliser des sorts mineurs pour le punir. C’était bien mérité au final.

Tout bascula le surlendemain quand ils arrivèrent à un village qui semblait en proie à un profond émoi. Tant de larmes, tant de douleur…
Curieusement, Tristan sembla se sentir mal bien avant qu’il ne sache ce qui se passait, comme s’il était particulièrement sensible aux ressentis des habitants.
Ce qu’on leur apprit le fit se crisper et se figer sur place. Cassidy était beaucoup plus réactive que lui et prit aussitôt les devants de leur petit groupe.
Il obéit, descendit de cheval et sortant son épée de sa sacoche (décidément celle-ci ferait pâlir de jalousie Marie Poppins), il l’installa dans son dos, laissant ses autres affaires au village avec celles de la jeune femme et ils filèrent tous deux dans la direction de fuite indiquée.

Le cœur du jeune homme battait fort dans sa poitrine alors qu’une profonde colère menaçait d’éclater au grand jour. Ils s’en étaient pris à des enfants… Ils s’en étaient pris… à des enfants ! Pourquoi ? Il connut instantanément la réponse alors qu’il n’avait rien fait pour la connaitre, comme si quelque chose chez lui savait déjà ce qu’ils avaient l’intention de commettre. Certaines pratiques nécessitaient des sacrifices… d’êtres purs. Qu’y avait-il donc de plus pur qu’un enfant ? Un bébé bien sûr… Il y en avait probablement dans le lot. Il serra les poings et accéléra le rythme alors qu’impressionnante, grâce à sa magie, la petite mage parvenait à suivre sa cadence. Franchement, la magie, c’était bien pratique.

Mais les kidnappeurs avaient prévu leur coup en effet car ils surent très vite qu’on était sur leurs trousses et quelqu’un virent accueillirent le petit couple d’une manière bien cruelle, menaçant un enfant. Pour prouver qu’il ne plaisantait pas, il appuya la lame sur la gorge du petit garçon qui pleurait, quelques gouttes de sang venaient passer la barrière de sa peau sous la légère coupure.
Le Drakkari et la mage s’étaient arrêtés et donnèrent leurs armes sans rechigner… Enfin si, elle, elle râla, lui s’était fait très silencieux une fois de plus, la mine sombre alors qu’il observait les menottes qu’on leur passait. Le poids des siennes était telle que c’est par magie qu’on les avait transporté jusqu’à lui et que ses muscles se tendirent dès qu’on les lui passa. Pourtant, elles n’étaient pas plus imposantes que celles de sa compagne… Mais il savait qu’il ne pourrait pas les briser facilement, d’instincts, et que tout geste suspect se traduirait par un drame.

Le campement qu’ils rejoignirent était temporaire à priori… Une grande cage comportait de nombreux enfants de tout âge qui semblait pour la plupart assommé par une drogue tant ils étaient silencieux face au calvaire qu’ils vivaient. Ce n’était pas plus mal.
Rapidement, le couple fut poussé dans une cage… l’un après l’autre. D’abord Cassidy à qui on ôta ses menottes sans cesser de menacer l’enfant, puis Tristan que l’on débarrassa de ses menottes. Mais un autre homme se tenait juste derrière lui et lui planta une seringue dans la nuque qui le fit tressaillir alors qu’il se retournait surpris, poussé sans ménagement dans la grande cage. Apparemment ce devait être anti-magie, sinon ils n’auraient pas ôté ses menottes à Cassidy. Mais lui ? Que lui avaient-ils fait ? Il le comprit bien assez vite. La jeune mage semblait furieuse, proférant des menaces alors qu’il se sentit brusquement… très faible. Son équilibre semblait être furieusement mis à mal alors qu’il dut se tenir aux barreaux, un peu plus loin pour ne pas chuter, pris de vertiges. Il constata immédiatement deux choses : il ne sentait plus ce truc en lui, cette identité, qui le permettait de se transformer en dragon comme si elle était en panne comme ça lui arrivait quand il forçait trop et… il n’avait pas plus de force qu’un humain… en fait, il avait probablement moins de force qu’un humain de sa carrure. Mais qu’est ce qu’ils lui avaient fait ?!

Il ne se sentait vraiment pas bien pour le coup et mettait bien du temps à s’y habituer alors que le reste du monde le désintéressait totalement pour le coup. Mais il comprit tout de même ce qui se disait autour de lui, sans la moindre difficulté, aux regards que les hommes posaient sur Cassidy alors qu’il se reprenait. Ils la trouvaient à leur goût ? Quoi de plus normal ? Elle était magnifique après tout, c’était vrai… Mais ils voulaient en profiter. Après tout, elle était un butin de guerre, au même titre que les enfants, mais pouvait servir à un usage des plus divertissants. L’un d’eux apportait un bracelet probablement anti-magie puissant alors qu’ils semblaient vouloir concrétiser au plus tôt le désir ressenti vis-à-vis de la jeune femme.
Toute gène, tout trouble disparut chez le Drakkari qui se surprit par sa vitesse, venant se placer devant elle, balançant un grand coup de pied dans les barreaux face à lui, barreaux qui les séparaient de leurs bourreaux, montrant les dents d’un air agressif.

- Vous ne la toucherez pas pourritures !


Etrange ? Qu’il veuille la protéger ? Ca n’avait rien d’étrange pourtant…
Ils parlèrent d’Erwan… Tristan se crispa, serrant les dents, mais ne dit rien, plus blessé qu’il ne l’aurait cru de savoir qu’elle embrassait ainsi son petit ami en public. Pourquoi ? Elle faisait bien ce qu’elle voulait et puis… c’était son petit ami justement. Ils faisaient ce qu’ils voulaient ensemble, en public ou en privé. Crispation supplémentaire. Elle s’était certes détournée de lui mais il ne pouvait pas le constater, trop occupé à ne pas quitter des yeux ces sales types même s’ils entouraient la cage au final…

Une bien étrange sentence tomba alors. Il s’attendait à devoir se battre mais savait d’avance qu’avec ses forces actuelles, il ne pourrait pas la protéger bien longtemps, imaginant déjà ce qu’elle risquait d’endurer, se détestant de ne pas pouvoir mieux faire, surtout alors que ces bandits avaient des enfants à menacer pour les forcer à agir… Ils voulaient l’humilier. Mais ils avaient choisi une nouvelle tactique, bien étrange et franchement originale. Ils voulaient que cet homme, qui n’était pas son petit ami, couche avec elle…
Tristan fut si sincèrement surpris face à cette demande impromptue que ça aurait pu être drôle.
Pourtant, ce n’était pas poli, vraiment pas et il s’était crispé aux propos prononcés. « Envie de SE LA FAIRE » ???? Etaient-ce des manières pour parler d’une demoiselle ???!!!!
« Fais toi plaisir, c’est l’occasion »…
Trop de propos malfaisants. Le visage du jeune homme s’était troublé pendant un instant, s’assombrissant encore plus alors que ses yeux disparaissaient sous les mèches sombres de ses cheveux. Car comme chaque fois qu’ils étaient dehors, pas juste tous les deux, ses cheveux étaient noirs, intensifiant un peu trop la couleur de ses yeux qu’il fermait à cet instant… « L’occasion »…

Parce qu’il était crispé, parce qu’il grimaçait, parce qu’il sembla furieux l’instant d’après, près à hurler un flot d’injures bien senties, leurs geôliers comprirent qu’il ne comptait pas obéir et menacèrent alors de tuer des enfants. Il se crispa un peu plus. De nouvelles paroles le firent se crisper davantage alors qu’un bruit sourd retentissait derrière lui. Il se retourna, fixant la petite mage par terre qui semblait en état de choc, feignant une indifférence passagère pour mieux affronter « l’horreur » de la situation. La colère du garçon disparut un instant alors qu’une profonde admiration brillait dans ses yeux orangés. Elle était vraiment courageuse… Mais…

Il s’approcha d’elle lentement et s’accroupit à sa hauteur avant de la prendre dans ses bras, tout en douceur, contre son torse, caressant doucement ses cheveux et son dos, embrassant le haut de son crâne, réconfortant.

- Ne t’inquiète pas… je ne te toucherai pas….

Il la lâcha et se retourna vers les chefs qui les toisaient, l’air de nouveau furieux, hurlant.

- Vous entendez enflures ?!!!! Je vous crois pas ! Je ne la violerai pas, c’est clair ?!!!!
- Je vois… la petite mage semble plus concernée par le sort de ces enfants que toi… Soit…  de ton côté, tu sembles davantage inquiet pour elle…

Il ricana alors que Tristan serrait les poings, prêt à en découdre bien que sincèrement inquiet pour les enfants. Mais il avait raison… Ils avaient besoin d’un maximum d’enfants, ils rechigneraient à en tuer… Même si la mort d’un seul serait déjà un drame insurmontable pour la petite mage à tout priori.
Mais décidément, cet homme là était très imaginatif et perspicace. Il fit un signe à ses hommes. Certains s’assirent par terre, d’autres restant debout alors que le mage du groupe, apparemment assez puissant, tordu et capable de pratiquer la magie noire à un très bon niveau, faisait apparaitre des sièges pour lui et son chef.

- Voilà le topo… Ecoute bien joli cœur. Les enfants ne verront et n’entendront rien. Mon mage va s’occuper de créer une bulle isolatrice autour de nous tous et une de plus pour vous deux histoire que vous puissiez faire vos petites affaires en ayant au moins l’impression de ne pas être observés. Oui oui, tu as dit non, je te vois venir. Ecoute donc et laisse moi finir. Notre mage vois-tu est très talentueux… Il va pouvoir lancer un sort, sur vous deux, histoire de vérifier que vous ne simulez pas. Puisque tu n’as pas l’air très emballé par cette petite donzelle, d’ailleurs je ne te comprends pas, je suis certain qu’elle est encore mieux sans ses vêtements… et puis… tout moyen est bon pour satisfaire ses pulsions mon frère, tous les hommes sont des frères sur ce point là, nous allons te donner un petit coup de pouce… même si je suis sûr que très vite tu n’en auras plus besoin. Notre odorat est très faible vois-tu, en boostant le tien, nous te permettront de sentir les hormones que produit cette jeune femme et je suis sûr qu’un gamin aussi vigoureux que toi en sera tout émoustillé et oubliera vite ses préjugés. On devrait peut-être faire pareil pour elle d’ailleurs, tu aurais moins l’impression de la violer... Ne t’inquiète pas, les mages peuvent crier aussi fort que les humaines standards, je te le garantie. Arrête donc de faire cette tête, j’ai gardé le meilleur pour la fin… Tu sais compter, n’est ce pas ? Nous sommes quinze comme tu as pu le voir… Alors voilà... Si tu refuses, ce n’est pas un viol qu’elle subira, mais quinze car il est hors de question que je fasse de la discrimination parmi mes hommes. Enfin… Si tu n’arrives pas à satisfaire cette demoiselle ou si tu tentes de nous gruger… en plus de toi, elle verra à quel point elle intéresse mes hommes. Alors… tu crois qu’elle survivra mieux à quoi ?
- …
- Je vois que tu es un jeune homme intelligent… Mage ?
- Je m’en occupe tout de suite chef !


Tristan tremblait.
Il était prêt à se battre, pas à affronter un esprit aussi… aussi tortueux.
Bien sûr, il avait tenté un gros coup de bluff en faisant comme si les enfants ne craignaient pas grand-chose au final mais le chef des Kaärs avait été bien plus malin, bien plus ingénieux que lui. Il avait mis un point en avant que le jeune homme avait du mal à admettre, même si c’était lui qui avait lancé cette phrase, hargneusement. C’était un viol… pur et simple. Elle n’était en rien consentante. Le prouvait son mouvement de recul violent quand on leur avait annoncé les exigences à l’ordre du jour.
Elle l’avait dit elle-même après tout… Coucher avec un dragon…
En accepter un à ses côtés temporairement, en accepter un comme ami puisqu’il ne présentait aucun danger face à sa toute puissance, oui c’était une chose… Coucher avec lui en était toute une autre. D’accord, ils avaient eu beaucoup de moments complices ensemble ces derniers jours et il avait l’impression de la connaitre depuis toujours et… il se sentait tellement bien quand il était près d’elle, l’exprimant sans gène qu’au final, il craignait chaque jour que cette mission se termine. Mais ils n’étaient pas un couple… Et ça… ce n’était réservé qu’aux couples.

Le jeune homme était furieux envers lui-même que ses sentiments aient été si transparents. Ca se voyait tant que ça qu’il voulait la protéger ? Et qu’il en était incapable ?
Et il avait tout prévu ce salopard… les isoler même si lui et ses hommes allaient se rincer l’œil, voir la jeune femme impuissante se faire violer par quelqu’un qu’elle appréciait, en qui elle avait confiance.
Et s’il refusait… s’il refusait… Ah, pas violée réellement… une histoire d’hormones. Ca par contre, cela sembla inquiéter le Drakkari alors qu’il palissait d’un coup. Oh non… pas ça…
L’injection qu’on lui avait faite le privait peut-être de sa grande force et de sa transformation en dragon mais pas totalement, c’était une mise sous silence en quelque sorte. Ses cheveux n’étaient pas redevenus rouges pour preuve et… ses sens étaient toujours terriblement aiguisés… Il les sentait déjà bien assez ces hormones ! Si on lui en rajoutait une couche il allait perdre totalement toute humanité.

Il avait jeté un regard inquiet par-dessus son épaule à la petite mage silencieuse alors que le mage créait les deux bulles isolatrices qui les privèrent d’un contact visuel avec leurs geôliers, ainsi qu’une espèce de « lit » d’herbes, épais, comme ce qu’elle avait déjà fait dans leur campement, quelle délicatesse pour une telle infamie !!!
Il serra les dents, inquiet, bouleversé et malheureux, toute bonne humeur ayant disparu, remplacée par une profonde culpabilité et une frayeur certaine. Si seulement elle pouvait utiliser la magie. Il s’approcha de nouveau lentement d’elle, s’agenouillant cette fois, mais un peu plus loin, l’observant, la voix mal assurée, levant une main qu’il ne posa pas sur elle, hésitant trop à agir.

- C… Cassy… Je…

Une piqûre… une brûlure… un assèchement de la gorge, une inflammation des reins. Il connaissait cette sensation. Il tourna aussitôt la tête inutilement puisqu’il ne voyait rien vers l’endroit où il apercevait peu avant le chef.
Non…ils ne devaient surtout pas faire ça.

- Non attendez ! Je n’ai pas besoin de…

Il se tut, écarquillant les yeux, rabaissa son bras tendus juste avant vers leurs ravisseurs et se retourna vers Cassidy.
Il ne semblait plus en état de penser à quoi que ce soit… Ses pupilles s’étaient tellement dilatées d’un coup que ses yeux n’étaient plus du tout orange, deux petites veines battaient violemment à chacune de ses tempes, il respirait par le nez, humant l’air autour de lui avec une délectation d’un animal traquant une proie blessée.
Il ignorait s’ils avaient vraiment l’intention de faire la même chose pour la jeune femme mais pour l’instant, il était clairement le seul à être capable de percevoir les hormones de l’autre. Elle semblait surprise et même effrayée par son regard, par sa carrure qui n’avait tout à coup plus rien de rassurant. Il se jeta si vite sur elle, surprenant par sa vitesse, qu’elle ne put même pas réagir. Et il était franchement brutal, la faisant violemment basculer en arrière et heurter de la tête un des barreaux métalliques. Cela fit d’ailleurs un beau « boum » alors qu’il crispait ses mains sur le tissu de sa tunique comme s’il allait la lui déchirer, un genou appuyé sur l’immense « matelas-lit d’herbes » à côté d’elle, glissant déjà l’autre entre ses jambes pour la forcer à les écarter, un sourire pervers, écoeurant, animal aux lèvres.
Le tissu de sa tunique était en train de céder, produisant un crissement alors qu’il se penchait sur elle, toujours aussi imposant, toujours aussi inquiétant… toujours beaucoup trop fort de toute manière pour qu’elle lui oppose la moindre résistance alors qu’elle se remettait à peine de sa jolie bosse ; lorsque brusquement il s’arrêta… Aussi brusquement qu’il s’était jeté sur elle…

Dans sa position de dominateur à l’état brut qui ne céderait pas un bout de terrain, il la dominait complètement, ça c’était certain, l’écrasant à moitié en lui coupant le souffle sous son poids. Là, elle ne pouvait pas voir son visage alors qu’il déplaçait un de ses bras au-dessus de la jeune femme, le plaçant au sol un peu au-dessus de sa tête vers là où il devait justement avoir la sienne. Son autre main était toujours crispée sur le tissu de sa tunique alors qu’il se mettait à respirer avec difficulté, respiration hachée, tremblements parcourant tout son corps puis brusque crispation, nouveaux tremblements.
De l’autre côté de la première bulle, les spectateurs assistaient au spectacle, inaudibles justement pour les deux jeunes gens et c’était tant mieux. Mais ils n’avaient pas l’intention d’intervenir de toute manière, il était tellement plus amusant de savourer ce drame…
La main du jeune homme se desserra enfin alors qu’il relâchait la tunique de la petite mage. Il avait encore des crispations et des tremblements soudain mais moins violents et sa respiration se calmait.

Tristan bougea enfin légèrement, se reculant appuyé sur les coudes qu’il venait de placer de part et d’autre du visage de Cassidy et sur les genoux. Son front était couvert de sueur et du sang ruisselait sur son menton et sur le bras qu’il avait avancé un peu plus tôt, depuis l’épaule. Il s’était apparemment mordu de toutes ses forces pour se forcer à retrouver ses esprits, ça avait marché… en partie, chassant les instincts primitifs qui l’avaient envahi.
Il rouvrit enfin les yeux, orangés de nouveau, et tenta un léger sourire, maladroit, malgré la situation alors qu’il articulait silencieusement trois mots, comme pour lui-même :  « pas comme ça ».
Non… Apparemment s’il devait se plier aux exigences de ces sales types, ce ne serait pas comme un animal sauvage, comme une de ces brutes sans état d’âme se souciant bien peu d’une demoiselle.

Il semblait s’être calmé, même si c’était en se mordant, même si ça n’avait pas été facile. Il fut surpris qu’elle porte une main à son visage, caressant une de ses joues et essuyant le sang sur son menton. Il ferma doucement les yeux à sa caresse, les rouvrit quand elle effleura sa mâchoire. Est-ce qu’elle comprenait ? Est-ce qu’elle comprenait qu’ils n’avaient pas le choix ? Est-ce qu’il avait le droit de lui dire… qu’être si près d’elle, malgré les horribles circonstances, malgré lui, ça lui donnait des envies qui n’avaient rien à voir avec le sort que lui avait lancé ce mage ? Non… Il n’avait pas le droit, non…
Approchant son visage du sien, il la regarda un moment dans les yeux, sans un mot puis avec beaucoup de douceur cette fois-ci, il l’embrassa. D’abord avec une certaine crainte, puis avec davantage d’aplomb, son pouls s’emballant et les cheveux courts de la base de sa nuque se hérissant dans son cou. Et puis très vite, la passion dont il avait fait preuve ce jour là, pour ce baiser en public, en tant que vainqueur, vint au rendez-vous.
C’était comme ça qu’il l’embrassait avant… Quand il voulait l’embêter et la mettre dans tous ses états avant de prétexter quelque chose de très urgent à faire pour faire mine de l’abandonner alors qu’elle ronchonnait, furieuse. Avait-il menti au final ? Est-ce qu’il embrassait toutes les femmes ainsi ? Ou était-ce elle en particulier ? Est-ce que ce que son esprit avait oublié, son corps s’en souvenait, permanent tatouage de réactions chimiques, physiques entre eux qui dépassaient la normalité ?

Difficile à dire… Les baisers, légers effleurements sous son menton, plus appuyés dans le creux de sa gorge, morsures sur ses scalènes, muscles du cou, détour vers l’une de ses oreilles, souffle brûlant sur celle-ci, taquinerie ou réalité, effleurements du bout des lèvres sur une de ses épaules, eurent tôt fait de répondre à cette question. C’était elle. Seulement elle… C’était un enchainement qu’il avait appris par cœur en la découvrant si sensible à certaines caresses quelques mois plus tôt, devenant à moitié dingue rien que lorsqu’il la taquinait sur cette zone qui pouvait pourtant n’être que source de tendresse et d’innocence dans un autre contexte. A cette époque, il adorait brûler cette étape pour l’entendre pousser un grognement d’indignation, faisant en réalité semblant d’oublier, juste semblant… Ca faisait partie d’une étape décisive, primordiale… Tant d’hommes s’attachaient à satisfaire leurs pulsions sans se soucier de leur partenaire. Avant, il n’était pas de ceux-ci et avec elle, il l’était encore moins qu’avant, mais il aurait pu changer… surtout avec ce taux d’hormones qu’il devait sentir entre ses sens déjà amplifiés et ceux que lui avait encore plus amplifié le mage. Au contraire en fait. Il ne semblait rien avoir oublié… C’était peut-être très dur pour elle ou au contraire, comme une délivrance. Quelque part, un peu, un tout petit peu, il se souvenait d’elle…

Tendre, câlin, l’air d’être près à lui faire subir les plus longs préliminaires de son existence pour qu’elle se détende et qu’elle ne subisse surtout pas le passage de ces brutes après lui, Tristan embrassait de nouveau fièvreusement ses lèvres quand il s’arrêta, reculant légèrement son visage pour la regarder, effleurant son visage du bout des doigts, comme avant. Ses pupilles avaient de nouveau grossi, mais davantage justement à ce qu’elles avaient tendance à faire lorsqu’ils étaient ensemble et qu’elle le rendait à moitié fou de désir. Effleurant sa gorge, l’ouverture de sa tunique du bout des doigts, il remonta sa main pour lui caresser les cheveux puis vint appuyer son front contre le sien, tout doucement.

- Je ne laisserai pas ces pulsions me dominer, je te le promets… Ferme les yeux… Pense… à quelqu’un d’autre voilà tout… Dis moi… montre moi comment te faire plaisir, comment te combler, je t’en supplie, je refuse qu’ils te touchent, je ne le supporterai pas… Jure-moi de me repousser, de me prévenir si je te fais mal… Et… et pardonne-moi… je… je t’en prie…

Il serrait les dents sur sa dernière phrase si fort qu’un léger craquement se fit entendre alors qu’il baissait les yeux, l’air préoccupé par sa poitrine ou… par sa culpabilité peut-être, tout simplement… Ca ne devait pas être sa poitrine, enfin, elle, elle l’intéressait, c’était avéré à présent mais, vu que quelques larmes glissaient des cils du jeune homme jusque sur le visage de sa compagne, il n’était certainement pas en train d’essayer de voir à travers le tissu de sa tunique !
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Cassidy Herediane
Directrice de l'Académie Hysandra
avatar

Messages : 851
Date d'inscription : 26/02/2012
Age : 29

Feuille de personnage
Race: Humain Ascadian
Royaume: Territoire Neutre
Vocation: Mage

MessageSujet: Re: Un voyage pour apprendre à mieux se re-connaître ?   Sam 16 Nov - 14:30

Qui avait tort ? Qui avait raison ? Les souvenirs défilaient, telles des poignards qui entaillent, laissent une blessure, peu profonde mais toujours visible. Cassidy… n’était peut être pas totalement honnête. On se demanderait même si elle l’avait été un jour. Oh bien sûr, sa naïveté, son innocence, ces parties de sa personnalité étaient présentes à un moment. Mais combien de fois s’était-elle menti ? Pour ne pas souffrir, ou ne pas essayer justement. Elle s’inventait des histoires, trouvait des excuses, ce qui rendait sa naïveté touchante et réelle mais au final… était-ce la vérité ?

Heureuse et malheureuse de retrouver Tristan, lui en vouloir… et finalement avec des trésors de patience, semblait avoir fait outre de toute cette rancœur, cette tristesse qui avait agité son pauvre petit cœur déjà bien atteint. Elle avait trouvé un certain repos avec Erwan qui lui était simple, naturel et la petite mage n’avait pas envie de se poser des questions supplémentaires, que l’amour c’était bien trop compliqué et qu’il lui suffisait de le prendre quand elle voulait, réagir instinctivement. C’est parce que si… c’est parce que ça… Trouver des raisons, des causes, trop réfléchir et s’en donner mal à la tête.

Cette mission avec Tristan sonnait comme une occasion de tenter d’apprendre quelque chose, de voir les évènements différemment. Mais autant de moments joyeux avaient pour écho la douleur, autant de sourires répercutaient la tristesse. Et pourtant elle essayait, encore et toujours. Très expressive, il est vrai, on ne pouvait pas la louper, lire en elle comme dans un livre ouvert mais il y a toujours un mais dans l’histoire…

Aimer hein… apprécier les gens… certains la voyait comme une arme très puissante. Les Cheistams le savaient et n’étaient pas non plus étrangers à cette affaire. Il suffit de lire la lettre envoyée. « Elle nous est très précieuse… » Sûrement pas pour ses jolis sourires non ! D’autres avaient vu en dehors de ce potentiel énorme, même si on ne s’en rendait pas forcément compte. Son maître, bien sûr, l’avait guidé vers la magie, la faisant s’entraîner d’arrache pied, mais prodiguait également nombres leçons de vie à chaque étude, autant de clins d’œil, de remise en question, sur cette petite mage qui n’avait trouvé qu’un salut dans la magie et son apprentissage. Ses parents aussi, avaient toujours été là pour elle, dans les peines comme dans les joies.

Pourquoi se renfermait-elle dans le travail ? Parce que le travail ne faisait pas mal au cœur… Parce que le travail ne donnait ni de peine, ni de tristesse. On ne pense qu’à son objectif sans se soucier des autres. Ca l’avait aidé à tenir et cela l’aidait encore aujourd’hui. Mais Tristan… impactait sur sa façon d’être, de faire. Oh Erwan y était arrivé aussi… un peu ! On ne va quand même pas le mettre de côté ce pauvre garçon. Peut être que si elle ne s’était pas tournée vers lui, la pauvre demoiselle ne serait plus là aujourd’hui. Il l’avait aidé, soutenu. Très patient oui, c’était une de ses qualités après tout. Il ne l’accompagnait pas dans ses délires mais essayait d’être là autant que possible, supportant son sale caractère, tentant de lui faire tirer un sourire, faisant une bêtise qui pouvait la faire rire. Mais Cassidy était très certainement un peu lunatique dans le fond, parfois très joyeuse, sans savoir pourquoi, parfois complètement renfermée.

Tristan avait également fait beaucoup pour elle. Grâce à lui elle était devenue plus ouverte… plus féminine, respirant la joie de vivre. Elle était sur son petit nuage, trouvait que c’était lui le plus beau, avait appris à l’aimer, à s’aimer elle. A reconnaître ses erreurs, tirer des leçons de son passé pour avancer. Il lui avait montré tellement de choses… et puis un beau jour… cette personne qui vous a tant soutenu, tant aimé, d’un amour fusionnel, passionné, de cette croyance qu’elle avait pour le mot toujours, finit par se volatiliser dans la nature. Et là… c’est le monde qui passe du jour à la nuit, le paradis à l’enfer. Lorsque l’on ouvre une boîte de Pandore, il est impossible de pouvoir la renfermer. Avec ses nouveaux sentiments, elle se créa une vengeance, détruisant les Kaärs, qui étaient la cause de son malheur. Encore une cause… encore une raison… qui la poussait à agir sans réfléchir, se fichant pas mal des blessures, des coups. Bien sûr, si une personne pouvait se délecter de cette situation, c’était bien cette sorcière. Amour salvateur… amour destructeur.

Erwan savait qu’il y avait quelque chose de bizarre mais Cassidy ne lui avait jamais rien dit. Pourtant il savait que ce jour où elle avait tenté de le tuer, pour une raison plus que mauvaise, elle n’était pas comme avant. Comme si… elle voulait effacer de sa vie un homme qui ne voulait pas la laisser sortir seule. Oui oui… un caprice ! Et qui avait failli y rester même si il était protégé ? Tristan… ce jour où elle avait appris pour la mort de sa mère, une haine s’était déversée en elle, destructrice. Tristan voulait la retenir et elle avait tenté… de le détruire lui aussi. Parce qu’il était dans son passage. Avant de s’enfoncer la dague dans son propre bras, malgré son état lointain, l’absence de sentiments, d’émotions sur son visage. Mais quelque chose l’avait retenu, au plus profond d’elle.

Si il y avait bien un monstre ici… c’était elle. Elle s’était forgé une carapace, savait que Tristan la détesterait, feintait, faisait comme si ce n’était pas grave. Parce qu’au final, elle était humaine, n’est-ce pas ? Et que les sentiments faisaient parti des humains donc elle n’avait rien à se reprocher.

Petit moment de retrouvailles, nuit totalement différente… si Cassidy avait rêvé c’était certainement très beau vu le sourire qu’elle abordait sur ses lèvres jusqu’au choc du matin. Ils étaient ensuite partis… pour continuer leur mission.

Si Cassidy souriait pour Minuit, c’est qu’il y avait une chose bien étonnante. En effet, le cheval avait toujours refusé se faire examiner par Erwan. Est-ce que Tristan passait un peu de temps avec lui ? C’était le genre d’animal qui n’était pas facilement apprivoisable et qui, quand il accordait sa confiance, ne le faisait qu’à une seule personne. C’était un truc du genre qu’Erwan lui avait raconté, déclarant qu’il n’arrivait pas à l’approcher. Alors Cassidy avait testé et même si Minuit avait montré les dents au départ, il savait également que la petite mage et son ancien « maître » étaient proches et qu’elle était bien la seule à pouvoir s’approcher de lui.

Tristan prenait souvent sa main en marchant, comme un geste rassurant même si il prétextait que c’était pour éviter les maladresses. Elle souriait, ne disait rien, mais ne lâchait pas sa main pour autant, comme si c’était normal.

Oh bien sûr, elle parlait beaucoup de magie, de travail et une fois, il lui déclara qu’elle était bien soporifique. La demoiselle avait montré les crocs d’abord, affirmant que non elle n’était pas soporifique et qu’elle arrêtait de parler puisque c’était comme ça, se détournant de lui, apparemment très vexée et certainement blessée par ses paroles. Elle agissait aussi comme une enfant, ce n’était pas mieux. Mais il avait remarqué son trouble et l’avait enlacé, souriant. Au final tout s’expliquait. Elle avait grommelé pour la forme et secouer la tête. Toujours à rendre une situation confuse. Ou c’était elle qui était trop tendue.

Il avait dit… qu’il l’aimait beaucoup et elle s’était figée sur place, alors occupée à vérifier une pile de médicaments, rouge, mais les larmes au bord des yeux. Mince quoi ! Un déclic ! Un déclic ! Elle représentait quoi pour lui ? A vrai dire, la demoiselle n’en savait rien et il devait peut être cherché à ne pas lui faire de peine non plus.

C’est vrai, parfois sans raison, elle se perdait dans le vide. Un souvenir qui refaisait surface, un écho de son passé. Elle était incapable de lui en parler, incapable de lui dire, de peur de le voir devenir triste, qu’il se rende compte du mal qu’il lui avait fait. Elle se faisait du mal oui… mais était complètement folle pour rester à ses côtés. Comme on dit l’espoir fait vivre… et c’est ce qui lui permettait de se maintenir. Surtout que c’était pas si mal que ça quand il la prenait par la main pour la conduire faire des activités plus amusantes. Elle ronchonnait pour la forme et le suivait. Parce qu’au final, ça devait lui faire du bien.

Aaaah le massage… Au départ elle avait été tellement réticente, déclarant qu’elle n’avait pas besoin de ce truc là, que c’était une grand-mère toute rouillée et qu’elle s’y était bien habituée, surtout pour une ancienne aventurière qui dormait dans les bois mais il avait tellement insisté qu’elle avait fini par céder. Et c’est vrai que c’était très agréable, elle avait même bavé, les yeux fermés, complètement détendue. Il avait du sentir la crispation dans les muscles de la petite mage et malgré les quelques muscles qu’elle avait gagné, ne se ménageait pas physiquement non plus. Des nerfs déplacés sans doute aussi.

Si elle avait été très discrète sur sa marque qui commençait à disparaître petit à petit, ce n’était pas son cas. Lorsqu’il était arrivé dans la chambre, elle était sur le lit, occupée à se coiffer d’un air pensif. Il était arrivé, fanfaronnant, déclarant une petite phrase qu’elle ne comprit pas tout de suite, trop occupée les yeux à examiner son beau corps musclé dégoulinant d’eau et elle était devenue rouge. Combien de fois avait-elle rêvé de choses très indécentes dans son sommeil ? Comme faire des galipettes… D’ailleurs chaque matin elle prenait une douche glacée, poussant un grognement, c’était la seule chose qui lui permettait de se remettre les idées en place et elle se demandait si parfois elle ne brillait pas la nuit tellement ses rêves étaient… torrides. Chose pour laquelle la demoiselle se grondait et s’en voulait d’avoir de telles idées. En même temps on ne peut pas contrôler les rêves. Mais voir que ces rêves étaient récurrents la rendait assez nerveuse. Coucher avec Tristan hein ? Elle ne pouvait pas… elle ne devait pas…

Mais là pour le moment elle se contentait de le regarder alors qu’il était torse nu et qu’elle aurait bien retiré sa petite serviette grrrrr maiiiiiiis un peu d’élégance Cassy voyons ! Tristan était tout joyeux, s’approchant bien trop près pour la faire rougir et ensuite se tourner en prenant sa main pour lui montrer sa cicatrice qui disparaissait. Elle écarquilla les yeux, avant de détourner un instant la tête, incapable de dire quoi que ce soit, regrettant toujours de ne pas avoir été là ce jour là. Il guérissait et c’était bien… au moins même si elle doutait y être pour quelque chose, sa bonne humeur n’était pas à négliger. Il savait qu’elle était au courant mais déclarait que cela ne lui faisait pas mal. Cassidy ne disait rien, peut être un peu malheureuse car au final elle était bien seule à porter ce fardeau. Non il y avait Maud aussi mais Maud avait autre chose à penser avec son enfant.

La petite mage avait lentement serré la couverture puis se mit à sourire, très timidement, lui disant que c’était bien si sa cicatrice partait. Mais elle ne parla pas de la sienne, souvenir encore bien trop présent de cet enfermement qui l’avait rendu folle.

Encore d’autres évènements qui ne cessaient de les rapprocher. Quand il l’avait retenu dans la salle de bain, elle était devenue toute rouge et lui soudain très maladroit, partant dans l’autre sens. Ah ben apparemment il n’était plus aussi pervers qu’avant… ou du moins uniquement avec elle.

Mais une nouvelle étape fut franchie bien plus tard. Ils avaient pris l’habitude de dormir ensemble, elle prétextant que ça ne la dérangeait pas, qu’elle dormait mieux. Encore une raison… encore une excuse… Mais elle s’était habituée à lui et finalement, sans comprendre exactement pourquoi, la petite mage n’avait plus ce vide qui l’assaillait quand elle dormait avec Erwan. Peut être se réconfortait-elle, peut être l’enlaçait-elle comme si ce beau rêve prendrait un jour fin ou peut être encore devait elle se convaincre qu’il n’y avait rien entre eux et qu’elle dormait avec lui parce que c’était normal après tout. Une chose était cependant à remarquer. Il était un dragon… elle dormait avec lui-même en sachant ça. N’était-ce pas encore une preuve qu’elle l’acceptait ?

Elle se réveilla le matin et le vit… carrément la tête dans sa poitrine. Au départ, la demoiselle était bien trop vaseuse pour s’en préoccuper mais l’animal était vraiment insistant. En fait, c’était tellement mignon qu’elle ne fit pas des bonds pour repousser, l’examinant. Au final c’était pas si désagréable que ça même si il rompit le charme en parlant de manger. Heu…. C’était une brioche hein c’est ça ?! Une bonne et appétissante brioche. Là alors elle se mit à sursauter, voyant qu’il ouvrait la bouche, montrant des crocs un peu trop grands et impressionnants. Non ça ne le dérangeait pas alors qu’il gardait la main sur sa poitrine. Il ouvrit un œil, toujours dans son délire, elle le regarda sans rien dire, partagée entre l’envie de lui dire de retirer ses pattes de là ou bien… bah en fait elle était plutôt paralysée et c’est lui encore qui s’en rendit compte, en sursautant, tombant du lit et disparaissant dans la salle de bains.

La demoiselle s’était redressée en soupirant. Fichues pulsions ! Elle se sentait incapable de le repousser comme tout ceci était normal. Elle s’était laissé retomber dans le lit, attrapant l’oreiller entre ses mains, des larmes apparaissant dans ses yeux, qu’elle n’arrivait pas à définir. Etait-elle si perverse ? Si attachée à lui pour ne même pas réagir quand il franchissait les limites ? Elle secoua lentement la tête, tout n’était que mystère, elle n’avait pas les mots, ni les images. Elle souriait en pensant que c’était bien agréable mais se torturait en pensant que ce n’était qu’un accident… parmi tant d’autres.

Il revint et elle était assise sur le lit, lissant la couverture d’un air distrait alors qu’il revenait à la charge, taquin et qu’elle grogna en l’entendant parler et lui envoyer l’oreiller sur la tête.

Puis arriva la lettre d’Erwan. Que ressentait-elle ? Lui manquait-elle ? Heu… en fait elle était tellement occupée ces derniers temps que ça lui était sorti de la tête. Les seuls moments où elle pensait à Erwan, c’était pour le comparer avec Tristan, ce qui n’était pas très gentil au final. Elle s’en voulait énormément de penser comme ça, elle était triste mais ne savait pas ce qui la faisait réagir de cette manière. Et penser qu’elle avait encore des sentiments pour le Drakkari, pour une raison ou une autre, c’était totalement impossible. Mais qu’est-ce qui clochait chez elle ?

Elle remarqua d’ailleurs qu’il était un peu lointain, moins joyeux que d’habitude et Cassidy lui en demanda la raison, assez timidement. Il lui parla de ses seins, elle grogna, et fit apparaître au-dessus de sa tête un petit nuage d’eau glacé, estimant qu’il en avait bien besoin. Non mais ce n’était pas une marchandise non plus ! D’accord elle ne mettait plus qu’une brassière, n’était pas vraiment sexy, en valeur, mais ce n’était pas une raison d’en parler de cette manière !
Malheureusement, les drames arrivent aussi sur Ascadian. C’était dans une de ces villes où ils n’étaient que de passage, après avoir fait du chemin, une étape juste pour se reposer. Enfin apparemment la ville n’était pas dans la liste des vérifications. Mais les habitants étaient complètement sonnés, choqués et la détresse se lisait dans leurs yeux.

Il suffisait que l’on parle de Kaärs pour que Cassidy réagisse au quart de tour. Une haine sans limite se lisait dans ses yeux noisettes, une haine qui emportait toute trace de joie, de bonheur alors que sa main tremblait et qu’elle agrippa nerveusement la dague qu’elle gardait toujours accrochée à sa ceinture, comme dans un geste naturel qui lui donnait des envies de meurtre. Et c’est bien ce qu’elle était, une meurtrière. Elle demanda à Tristan de la suivre et ne chercha même pas à négocier, pas même à réfléchir. Tout ce qui concernait les Kaärs la rendait complètement folle et Tristan devait sentir le changement d’attitude chez la petite mage, qui ne plaisantait plus du tout.

A tel point qu’elle avait oublié qu’il y avait des otages. Ils se firent coincer comme des bleus, trop pressés, surtout elle. Mais les Kaärs n’étaient pas nés de la dernière pluie non plus. Si Tristan ne disait rien, ce n’était pas le cas de Cassidy, qui grinçait des dents, lançait des regards noirs et murmurait des paroles loin d’êtres rassurantes. Elle gardait une certaine dignité avec ses menottes et un sourire de démente apparut sur son visage. Oh… ils voulaient l’entraver ? Les pauvres… Ils essayaient de réveiller un monstre ou quoi ? Cependant elle resta très docile jusqu’à ce qu’on les mette en cage.

Un simple regard lui apprit que les enfants étaient un peu plus loin. Mais la jeune femme se rebella, ne voulant très certainement pas passer inaperçue, une idée derrière la tête. C’était une mauvaise chose pourtant. Les Kaärs avaient apparemment envie de s’amuser avec elle et la demoiselle se détourna d’eux, lançant un air de défi comme quoi ils pouvaient toujours venir si cela les tentait, elle n’utilisait pas que la magie pour se défendre et se battrait jusqu’à son dernier souffle. Tristan semblait aller mal mais elle le remarqua à peine, complètement obnubilée de se retrouver en face de ses ennemis jurés. Qu’ils la fassent sortir pour voir… le véritable massacre commencerait alors.

Trop sombre, trop obscur, voilà ce que devenait la petite mage à côté des Kaärs. Toute trace d’humanité disparaissait de la demoiselle, alors qu’elle avait des pensées très sombres, se retenant quand même à cause des otages mais… ce n’était certainement pas très agréable à voir son attitude.

Cependant, Tristan venait de se placer devant elle, s’agrippant à son tour aux barreaux, cherchant à la protéger comme toujours. Elle resta en arrière, se retournant par surprise en le voyant agir de cette façon. Bah quoi ? Il avait toujours proclamé vouloir la défendre, ce n’était pas nouveau ça. Un écho percuta le cœur de Cassidy. Depuis quand s’en remettait-elle à lui pour gérer les choses ? Depuis quand n’agissait-elle pas égoïstement sans tenir compte de ses camarades ou alliés ? Y avait un truc de pas normal mais toute attitude noire disparu de son visage, comme si elle redevenait un peu moins froide, un peu plus confiante.

Ils parlèrent alors d’Erwan et Tristan ne put alors pas voir la gêne de la petite mage. Ah ce moment là ! Quel hasard qu’un Kaär ne se trouve pas loin vraiment… parce que c’était bien l’une des rares fois où elle avait agi en public. Oui en effet, ils rentraient d’une mission pour le compte des Cheistams et Erwan avait insisté pour passer à une petite taverne discrète. Il avait commandé une boisson particulière pour Cassidy, un truc qu’elle devrait aimer et que les femmes raffolaient. Un mélange de liqueur de cerise et d’une eau un peu spéciale qu’il fallait distiller pour avoir un bon résultat. Un alcool pas trop fort, qui donnait juste un peu chaud, sucré. Bref, quelque chose de bien.

Elle était pourtant comme à son habitude, grincheuse ce jour là, passant son doigt sur le contour de la chope, l’autre main soutenant sa tête le coude sur la table, l’air songeur, déclarant à son petit ami qu’elle préférait rentrer et qu’elle n’avait pas vraiment soif. Il avait tellement insisté, avec beaucoup de patience, que ça lui ferait plaisir qu’elle teste, qu’elle ne risquait pas de le regretter. Il souriait tendrement, le genre de sourire tout mignon qui fait craquer et ne donne pas envie de refuser. Elle avait souri en retour, comme quoi ça marchait parfois ses petites attentions, avait bu. Et puis c’était quand même bon. Elle s’était sentie très bien pendant un moment, la chaleur envahissant son corps. Et l’envie d’embrasser son petit ami se faisait plus présente. Il avait alors déclaré aller payer l’addition puis lui promettait que ça serait bien qu’ils fassent un tour en forêt, qu’il avait autre chose à lui montrer. Oh rien de très pervers hein ! Il avait repéré une biche qui devait mettre bas et que la demoiselle serait très certainement émue devant ce spectacle. Elle n’était peut être pas complètement fermée et une petite part d’elle-même, aussi profondément enfouie, était bien présente.

Cependant, le jeune homme n’avait pas eu le temps de faire grand-chose, puisque la demoiselle, qui ne tenait toujours pas l’alcool, s’était placée derrière lui alors qu’il payait l’addition.

Malicieuse, elle avait attendu qu’il se retourne et s’était accrochée à son cou, lui donnant un de ces baisers vertigineux. Au départ, si Erwan était surpris et étonné, il répondit ensuite à ses baisers, la plaquant doucement contre un mur pour s’éloigner des regards, surtout que c’était plutôt indiscret. Jusqu’à ce que le patron leur rappelle de sortir pour aller faire leurs affaires ailleurs. Oh bien sûr après ils partirent en forêt mais au lieu d’aller voir le spectacle d’une biche qui mettait bas, la petite mage avait une autre idée derrière la tête et l’attira derrière des buissons pour faire des galipettes, prenant beaucoup de plaisir cette fois là. Mais le lendemain, il y avait eu le retour du bâton et elle s’était promis de ne plus toucher à l’alcool, trop malheureuse de se noyer là dedans, même pour une maigre consolation.

Voilà ce qui s’était passé. Elle se triturait une mèche de cheveux, pensive. Ah ben maintenant tout le monde le savait ! Bien malin en fait ! Mais pourquoi… elle ne voulait pas que Tristan l’apprenne ? Comme si c’était mal… non c’était normal ! C’était son petit ami et… peur de lui faire du mal ? A quoi bon ? Il n’avait plus aucun sentiment pour elle, ça ne changeait absolument rien à l’histoire ! Non elle ne savait plus où elle en était et aurait bien besoin d’un avis extérieur pour comprendre mais sa vision des choses était si complexe, qu’on pouvait parfois se demander si il y avait vraiment un sens à tout ça.

Mais quand on annonça qu’ils allaient coucher ensemble, la petite mage ne pensa pas à Erwan dans un premier temps. Elle avait pâli, puis avait reculé, choquée, perturbée. Un peu trop rapidement alors qu’elle se cogna et glissa contre les barreaux tremblantes. Oh bien sûr qu’elle voulait coucher avec Tristan ! Bien sûr qu’elle fantasmait sur lui ! Bien sûr qu’elle voulait comparer ! Mais… si il apprenait quelque chose ? Elle ne pourrait jamais cacher les émotions de son visage, jamais montrer qu’elle était indifférente. D’où le conflit total dans ses expressions du visage, passant du choc à l’indifférence, à la sévérité. Et si tout changeait entre eux ? Et si il ne voulait plus l’approcher après ça ? Tant de douleur, tant de crainte sur ce qui pouvait arriver.

Elle le sentit s’approcher d’aller, s’agenouiller, prendre son visage dans ses mains, caresse agréable mais terriblement lointain alors que le Drakkari lui affirma qu’il ne la toucherait pas. Oh mais il n’avait pas compris ! Ca ne la dérangeait pas ! Mais elle n’était pas sûre d’arriver à jouer avec ce genre d’actes… Perdue oui…

Il se redressa, déclarant qu’il ne ferait rien, qu’il ne la toucherait pas, hurlant comme si c’était quelque chose d’horrible. Au moins il ne voulait pas profiter de la situation. La petite mage était paralysée, envie de lui dire qu’elle pouvait le faire, que ça ne la dérangeait pas et qu’elle en rêvait souvent… mais voilà comment la verrait-il après ? Une profiteuse ? Elle avait été sa petite amie mais tout était tellement confus, sans savoir ce qui était bien, ce qui était mal.

Elle n’entendit pas toute la conversation mais apparemment les Kaärs semblaient être prêts à les forcer à agir, les menaçant. Cassidy se serait bien levée, blasée, déclarant que ça suffit et qu’elle le ferait mais bon, c’était Tristan qui devait agir pas elle. Si elle était trop… affirmative, alors on se douterait que la petite mage éprouvait peut être quelque chose pour le grand guerrier, ce qui n’était pas une bonne chose non plus.

On fit apparaître autour d’eux une barrière isolante. La demoiselle ne bougeait toujours pas, jouant avec le sable. Il la regardait, elle hésitait, vraiment fragile pour le coup. Mais on administra à Tristan la dernière dose qui le retenait et il devint vraiment instable, animal, se jetant sur elle alors que la mage s’était un peu redressée, comme pour tenter de le calmer, de le rassurer. Mais c’était sans compter les pulsions hormonales. Elle jetait un coup d’œil horrifiée, sa tête basculant en arrière alors qu’elle se cognait contre les barreaux, ce qui suffit pour l’assommer à moitié, ou réveiller quelque chose en elle.

Son regard avait changé, elle n’avait pas peur mais semblait en colère, en colère de le voir agir de cette manière, même si il n’y était pour rien. Instinctivement, elle avait ouvert la bouche, prête à le mordre, prête à l’éloigner de lui et une illusion se produisit. C’était comme si les canines de la demoiselle avaient poussé, devenant un peu plus pointues, très légèrement. Comme un moyen de défense plus convainquant. Mais la drogue devait y être pour quelque chose puisque cette illusion disparu rapidement alors qu’elle s’affaissait en arrière, le regardant toujours aussi pâle, presque un air de défi sur le visage.

Mais il se calmait. Elle observa le sang qui coula sur son menton, et cela enleva toute trace d’animosité de la part de la demoiselle. Très lentement, elle se redressa un peu plus, un regard complètement identifiable. Mais il n’y avait ni haine, ni mépris, pas même une déception. Il lui sourit un instant et très doucement, elle essuya le sang qui gouttait sur son menton, comme pour le soigner un peu. Son cœur battait cependant vite et elle répondit un peu trop tendrement à son sourire, d’un air de dire que ça allait bien se passer, qu’il n’avait pas à craindre ce qu’ils allaient faire.

D’un geste, elle posa sa main sur la sienne, la pressa, lui disant qu’elle était là. Mais quoi dire au final ? Rien… rien ne pouvait justifier ce qu’elle ressentait. Il l’embrassa alors. Timidement, puis avec plus d’insistance. Une délivrance oui… un profond plaisir… un rêve interdit qui se réalisait… Instinctivement elle avait répondu à son baiser en fermant les yeux. Pas besoin d’amplifier les hormones. Elle n’était pas violée, totalement consentante et la mine qu’elle tirait prouvait qu’elle ne perdait pas les pédales, pas encore, restant relativement discrète même si son cœur tambourinait dans sa poitrine, comme un frisson qui envahissait tout son corps.

A sa grande surprise, il semblait se rappeler… de ce qu’ils faisaient avant. Mais comment cela pouvait être possible ? Il s’était entraîné ? Il en avait vu d’autres ? Le cœur n’y était pas et elle aurait bien tout le temps d’y réfléchir… plus tard. Il l’entraîna, déposant un baiser à un endroit, une caresse à un autre. Elle frissonnait, puis se mit à gémir doucement. Il la connaissait, il savait quoi faire. Et elle avait chaud. Un peu trop chaud.

Il l’embrassa une nouvelle fois. Elle ne se débattait pas, ne refusait pas, comme si elle s’y attendait depuis toujours. Comme si c’était lui et elle. Le sentait-il ? Ce frisson qui les parcourait autrefois ? Tristan s’exprima, très doux, gentil. Il était presque allongé au-dessus d’elle, prononçant quelques paroles, des regrets oui.

Curieusement, la demoiselle se mit à sourire en l’observant. Un sourire doux, tendre, qui n’avait rien de logique. Elle avait remarqué les larmes, pourtant si discrètes. La mage écarta une mèche de ses cheveux noirs cette fois puis passa doucement sa main sur ses yeux, comme pour lui chasser ses larmes. Elle se redressa, s’agrippant à sa nuque et chuchotant quelques paroles à son oreille.

« Tristan… t’inquiète pas… mais ne me demande pas de penser à quelqu’un d’autre… parce que c’est toi… juste toi… et ne t’en veux pas pour ce que tu fais… je sais que tu ne me croiras pas mais sache juste une chose… je… je ne me force pas… et… ça va bien se passer. Faisons le juste… pour que ce soit agréable »

Elle avait déposé un baiser dans sa nuque puis décida de le guider un peu même si il n’avait pas besoin de guide. A son tour la petite demoiselle avait passé les bras autour du Drakkari, puis ramena une main sous la chemise du jeune homme, passant sous son torse, le caressant avec beaucoup de douceur au départ puis elle déboutonna sa chemise, l’embrassant toujours. Baisers de plus en plus passionnés comme si elle en mourrait d’envie, comme si c’était une consolation, un soulagement profond de reconnaître qu’il savait quoi faire.

La chaleur commençait à monter. Caresses plus osées, gestes déplacés et… mode luciole activé. Il avait rouvert les yeux, surpris par la lumière et arrêter dans ses gestes. Surprise, la jeune femme avait rouvert également les yeux puis regarda sa main, avant de sourire malicieusement.

« Tsss… apparemment ça devait bien arriver à nouveau ce truc là… ça va… ce n’est pas douloureux au contraire… »

Ils continuèrent, doux moments qui devinrent plus enflammés, plus d’ardeur, plus de passion. Cela dura un temps fou, car ils se redécouvraient petit à petit. Elle savait ce qui lui plaisait, du moins l’espérait-elle et lui l’atteignait, comme le manifestait ces petits gémissements de plus en plus pressants. Elle se retrouva alors au-dessus de lui, prenant le rôle de dominante, puis vice-versa.

Un tourbillon de sensations, de couleurs, d’émotions décuplées alors qu’apparemment oui, elle prenait beaucoup de plaisir. Heu… même un peu trop. Serait-ce à cause du sort qu’on leur avait lancé ? Elle n’en savait rien mais elle était tellement bien… ne faisant pas semblant. Ses émotions sur son visage étaient réelles, une passion. Elle n’avait pas ce vide qu’elle ressentait avec Erwan non… elle se sentait au-dessus, planant complètement. Il semblait connaître son corps par cœur, et une simple exclamation de la demoiselle lui indiquait qu’il agissait bien. Elle n’était pas en reste et pour les Kaärs, ça devait être un spectacle très intéressant pour ces pervers.

Elle rêvait… ou pas. Jusqu’à atteindre l’apogée… une délivrance. Voilà des mois qu’elle n’avait pas ressenti ce genre de choses.

La demoiselle avait les yeux fermés, le front couvert de sueur, le teint rouge, une respiration haletante alors qu’elle reprenait son souffle. Elle avait l’air de sourire encore. Puis, alors que Tristan s’allongeait à côté d’elle, la demoiselle vint se blottir tout contre lui, rassurante, prenant sa main dans la sienne, juste comme ça, l’esprit profondément apaisé alors qu’elle gardait les yeux fermés, sa couleur luciole ayant disparu au même moment que la fin de leur partie de gymkhana.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ascadian.forumgratuit.org
Tristan Konogan
Professeur Initiation et Maniement des Armes
avatar

Messages : 600
Date d'inscription : 09/05/2012
Age : 25

Feuille de personnage
Race: Drakkari
Royaume:
Vocation: Guerrier

MessageSujet: Re: Un voyage pour apprendre à mieux se re-connaître ?   Dim 17 Nov - 18:13

Un piège… Basique au final.
Menacer un otage pour freiner les sauveteurs, c’était tout à fait naturel, une stratégie des plus anciennes au final. Et ils s’étaient fait avoir, ne pouvant pas lutter avant de se retrouver enfermés puis menacés. Au début, ils voulaient profiter d’elle ces sales types et Tristan était prêt à se battre jusqu’à ce que ses dernières forces l’abandonnent ! Refusant de voir la jeune femme se faire violer, refusant de cautionner un tel acte. Mais ils étaient malins ces Kaärs et au final, ils leur demandèrent de coucher ensemble, chacun ayant sa menace pour être « convaincu » : elle devait affronter l’idée que des enfants seraient assassinés si elle refusait et lui… qu’elle serait violée, par quinze hommes, ce qui pouvait très bien la tuer !
Mais avait-elle vraiment besoin d’une telle menace ? En vérité non. Même si elle craignait ce qui se passerait par la suite, craignait de ne pouvoir faire tenir son armure d’indifférence, l’instant présent comptait trop, une occasion inouïe de répondre à ses questions, d’assouvir ses pulsions. Ce fantasme la poursuivait… peut-être que pour s’en débarrasser elle devait l’assouvir. Le constat était là : non, elle n’avait pas vraiment besoin d’une telle menace. Et lui non plus… même s’il prétendait le contraire en se faisant preux chevalier luttant contre une telle infamie.

Tristan s’était senti soulagé par cette menace. Oui… Soulagé qu’ils insistent, soulagé qu’ils les forcent.
Et il en avait eu aussitôt terriblement honte. Il n’avait pas le droit de penser ainsi ! Il était sur le point… de profiter d’une jeune femme innocente ! Mais… il en avait tellement… tellement envie !
Le jeune homme était bien forcé de l’admettre, raison pour laquelle il s’était crispé quand les Kaärs avaient abordé le sujet, elle l’attirait ! Enormément !!! Est-ce qu’il « avait envie de se la faire » ? Bien sûr que oui !!! Et c’était bien assez difficile à vivre comme ça sans que quelqu’un ne le remarque ! C’est peut-être pour cette raison qu’il s’y opposait aussi farouchement, pour qu’elle ne pense pas qu’il avait ces envies, pour qu’elle ne le regarde pas comme un être monstrueux, un homme brutal, infamant comme les autres qui n’avait qu’une idée en tête !

Non ! Non ce n’était pas vrai !!!! Il l’aimait bien… Il l’aimait beaucoup. Il adorait passer du temps avec elle, il adorait l’écouter parler de magie avec une voix aussi enjouée et passionnée ! Il adorait la voir sourire et voir tout son être sourire. Il détestait la voir triste ou lointaine, remarquant que bien souvent, cela semblait être dû à ses paroles. Il la trouvait craquante quand elle rougissait bien que le poing dans son estomac lui rappelle que ce n’était pas la seule sensation qu’il ressentait justement. Il adorait voir son regard briller de gourmandise lorsqu’elle voyait des biscuits… Il aimait tant lorsqu’elle se fâchait un peu contre lui parce qu’il se faisait pervers, provocant. Il adorait voir son visage levé vers lui quand ils étaient l’un en face de l’autre, séparés par leur différence de taille. Il n’était pas gêné de la savoir tellement plus puissante que lui. Il l’admirait pour toutes ses qualités et lui en voulait de tout ce qu’elle semblait vouloir lui cacher. Il adorait voir la lueur de frustration mais aussi de reconnaissance dans ses yeux lorsqu’il l’empêchait de continuer son travail, la forçant à se calmer un peu. Il aimait sentir sa main dans la sienne même si ça l’intimidait parfois d’apprécier autant ce contact. Et plus que tout… il aimait la tenir dans ses bras et sentir ses muscles fins se relâcher, la sentir se détendre contre lui, dans sa chaleur. Quand ils dormaient ensemble, il restait éveillé à attendre qu’elle se rapproche, considérant que dès qu’elle venait contre lui, il avait droit de l’étreindre tendrement… et il attendait toujours avec impatience, toute la journée, ce moment, doux… Alors il luttait aussi longtemps que possible contre le sommeil pour l’éterniser. C’était trop doux, trop chaud, trop confortable. Il ne voulait pas quitter cet état. Mais il se sentait si bien, qu’il s’endormait presque aussitôt.

Heureusement, elle ne se doutait de rien, heureusement qu’elle ne voyait rien ! Il craignait qu’elle le remarque et prenne mal ces attentions. Mais plus que tout, il craignait surtout qu’elle remarque quelque chose d’autre le matin au réveil !
Oui, heureusement pour lui, jusqu’alors même si elle s’était réveillée la première, elle était plongée dans ses pensées, ses rêves et fantasmes qui la perturbaient et occupée à le regarder dormir en le trouvant mignon. Elle se posait des questions par rapport à sa brillance. Brillait-elle alors qu’elle dormait en pensant à lui ? Il l’ignorait. Il dormait si merveilleusement bien avec elle que seule une attaque aurait pu le tirer de son sommeil. Et encore. Pour sa part, le jeune homme ne se posait pas du tout une telle question. Se réveiller chaque matin sur une belle érection lui avait déjà bien assez fourni de réponse…

D’accord ! Il fantasmait à mort sur elle !
Il avait pourtant essayé d’arrêter ou même simplement de comprendre pourquoi il pensait ainsi. Mais la vérité c’est qu’il n’arrivait pas à comprendre comment il pourrait tout simplement agir autrement ! Elle était… si belle. Il avait cru avoir une crise cardiaque quand il l’avait vue, rayonnante dans cette robe ce fameux premier soir. Il la trouvait déjà attirante bien sûr mais ses vêtements masculins ne la mettaient pas en valeur. La découvrir dans un élément qui lui convenait, qui mettait tellement en avant son corps sans en amplifier faussement, comme beaucoup de femmes le font, sa beauté, ça avait été u grand choc pour lui.
Il avait dû apprendre à ne pas céder à cette attirance et ça… ça avait été beaucoup plus difficile que prévu. Toute la journée avec elle… il avait mille occasions de la voir, de la toucher, de la frôler, accidentellement ou sciemment et chaque fois, un frisson courrait sur sa peau, agréable mais tellement tentateur !

Les occasions s’enchainaient… Cette fois-là dans la douche avait failli tourner à la catastrophe.
Quand il l’avait rattrapée, ses mains s’étaient glissées dans son dos au niveau de sa nuque et près de ses reins. Le contact de ses mains sur sa peau nue l’avait électrisé et pendant une seconde le monde s’était mis à tournoyer autour de lui, l’étourdissant. Emporté par son élan même si elle n’était pas bien lourde, il avait été forcé de mettre un pied dans la douche, l’autre un peu plus en arrière, tout près d’elle, juste séparé de la jeune femme par la fine serviette qui lui cachait la vue de son corps et les vêtements que lui portaient. Son cœur s’était emballé, à cause de ces sensations, à la vue de son visage une seconde apeuré et à présent reconnaissant, à l’intensité du regard qu’ils échangèrent un court instant, à l’eau sur la jeune femme qui glissait sur son dos et entre les doigts de cet étrange sauveur, un partage… frisson électrique qui se répercutait de l’un à l’autre par le biais de l’eau sans doute… Il avait fui très vite parce qu’il avait commencé à sentir sa gorge s’assécher et des envies pressantes, beaucoup trop pressantes l’envahir.
Elle avait fini de se préparer pendant que dans son coin il serrait une de ses jambes jusqu’à s’en faire un bleu pour faire passer l’excitation trop insistante qu’il avait commencé à ressentir. Bien malheureusement pour lui, dès qu’il fermait les yeux, il la revoyait en sous-vêtements comme ce fameux premier soir, trempée… Là aussi elle avait été très imprudente ! Peut-être le faisait-elle exprès… mais pourquoi ?

Il s’était tourné vers elle quand brusquement ils lui avaient donné ce petit « coup de pouce ». Comme s’il avait besoin de sentir davantage l’odeur de la jeune femme et toutes les hormones qu’elle distillait autour d’elle ! Non mais elle le faisait exprès ou quoiiiii ?!!! Comme si c’était facile de sentir ça et de rester indifférent ! En fait, il était probablement le seul à pouvoir les sentir, seul son odorat devait être assez développé pour ça. Mais mine de rien, c’était quand même difficile à vivre. Il aimait bien son odeur, hein, beaucoup même… Mais ça devait être quand elle pensait à Erwan, du moins le supposait-il, son odeur si printanière changeait, plus corsée, plus épicée, terriblement attirante, elle lui enflammait les reins et laissait son imagination faire le reste. Alors attiser ça… attiser ça… c’était vraiment dangereux. La drogue, ou peu importe ce que c’était, qu’ils lui avaient injectés quand ils l’avaient mis dans cette cage l’avait affaibli c’est vrai. Il ne pouvait plus se retransformer en dragon et ses forces semblaient bien moins grandes mais… il ressentait toujours, il avait toujours une conscience accrue de son corps et de ses sens et donc, son odorat était intact.

Amplifier ça revenait à lui donner encore plus envie d’elle et ça… Ce n’était tout simplement pas possible sans lui faire perdre les pédales. Il lui avait sauté dessus littéralement. Ses pulsions étaient telles à ce moment là qu’il devait les satisfaire, tout de suite ! Sans se préoccuper de ce qu’elle pouvait ressentir ! D’ailleurs elle n’était plus à ses yeux qu’une femelle, un beau minois planté sur une jolie paire de nichons qui devaient bien avoir besoin qu’on s’occupe d’eux, un joli petit cul qui s’était beaucoup trop agité impunément sous son nez quand elle marchait devant lui par le passé et qui méritait une bonne fessée pour cet irrespect et surtout une magnifique paire de jambes qui avaient bien besoin d’être écartées !
Alors oui il était brutal… mais même s’il ne vit pas l’étrange illusion qui se produisit chez la jeune femme, il se calma tout seul en se mordant. Parce que quelque part, malgré les pulsions, il était toujours lui-même et il refusait d’agir ainsi. Oui il en avait envie, vraiment envie, sans être pour autant bestial, mais quitte à ce qu’il puisse enfin assouvir son fantasme, autant le faire « bien » tout simplement.

Il avait honte… Vraiment honte. Il savait qu’elle avait un petit ami, qu’elle aimait celui-ci et les Kaärs venaient de lui rappeler qu’elle était attiré par cet homme justement et qu’elle lui appartenait corps et âme probablement, même si elle n’exprimait pas cette passion dans son regard. Mais il ne pouvait pas s’empêcher de la désirer. Etait-il un être infâme pour autant.
A sa grande surprise, elle lui pardonna tout de suite sa violence, comprenant contre quoi il luttait et cela bien plus que ses résolutions, l’aida à se calmer. Ses mains étaient si douces sur ses joues, son cœur s’emballa aussitôt alors que son ventre se tordait. Quand elle essuya le sang sur son menton, il lui jeta un regard plein de reconnaissance et de regrets. C’est enfin, hésitant et maladroit qu’il avait commencé à l’embrasser.

Et tout était devenu merveilleusement simple.
C’était doux, tellement doux, même quand il se fit plus passionné, même lorsqu’il s’attacha à la rendre dingue de ses caresses et ses baisers alors même qu’il ne touchait qu’à sa gorge. La tension qu’il ressentait à cause de ces pulsions qui le guettaient, à cause de sa culpabilité d’avoir agi brutalement l’instant d’avant et d’avoir eu le projet temporaire mais si insidieux de la violer, tout ceci disparut. Il se sentait mieux, il se sentait même bien. Et pourtant il se recula pour dire quelques mots.
Elle lui répondit et ces paroles sonnèrent comme une délivrance aux oreilles de son compagnon qui releva les yeux vers elle. Son cœur s’était emballé. Juste lui. Elle ne se forçait pas… Juste lui… Le reste n’avait aucune importance. Elle fit ainsi disparaitre par quelques mots toute sa culpabilité, toutes ses barrières et il la scruta avec d’autant plus d’admiration et de tendresse. Il devait se montrer digne de ça… même s’il ne comprenait pas vraiment le sens de ses paroles ou n’avait pas envie de les comprendre tout simplement. Il ne voulait supposer qu’une chose : elle en avait envie aussi. Pour une fois, une unique fois, ils avaient le droit d’oublier ce que la société, les règles leur dictait, elle avait le droit d’être infidèle, il avait le droit de la voler à son compagnon… Ils avaient le droit.

Elle l’embrassa dans le cou et il frissonna en fermant les yeux, se penchant sur elle pour l’embrasser de nouveau. Avait-il décidé d’être d’autant plus doux et passionné en même temps pour la mériter ? Peut-être en tous les cas il l’embrassait avec ferveur, les mains immobiles de chaque côté de son visage lorsqu’elle glissa une main sous sa chemise. Il se crispa un peu, pris d’un long frisson alors que ses abdominaux se contractaient un peu plus. Elle déboutonnait sa chemise et ses doigts semblaient être parcourus de ce même courant qui passait alors si vite sur sa peau, l’électrisant. C’était agréable ! Vraiment agréable !
La chemise ouverte, le jeune homme se redressa pour s’en débarrasser, surprenant une lueur d’admiration dans les yeux de la mage qui le fixait. Il s’en sentir gonflé d’orgueil et c’est avec décidément beaucoup trop de sensualité qu’il se repencha sur elle, repartant à la charge et bien décidé cette fois à ne pas rester sage.

Il ne semblait pas avoir oublié.
Il semblait se rappeler. De chaque baiser, chaque caresse qui comptait pour elle. Celles qui la faisait sourire ou rire, chatouillée, celles qui la faisaient se crisper, la surprenant elle-même par la réactivité de son corps, celles qui lui tiraient des frissons de plaisir légers, celles qui en tiraient des plus intenses, celles qui l’effleuraient juste, celles qui imprimaient une telle pression sur sa peau qu’il semblait vouloir la garder prisonnière de ses bras. Et comme avant, comme lorsqu’ils étaient ensemble, même si elle avait très vite comblée toute son ignorance par une envie d’apprendre insatiable (à son grand plaisir) et une application pratique des plus assidues (oui oui, il faisait un professeur très exigeant et qui notait au mérite et elle méritait de sacrés notes !), il semblait rester le maitre et elle l’élève, toujours plus à l’aise, toujours plus expérimenté et ce même s’il n’y avait plus de tabou entre eux. Mais elle avait connu un autre homme entre temps… et elle risquait donc d’avoir matière à comparer… en bien ou en mal.
Tristan s’appliquait à faire monter la température en effet mais elle n’était pas en reste, ne serait-ce que par les quelques baisers et caresses qu’ils échangeaient jusqu’à présent.
Après tout, il n’était que torse nu et elle était toujours habillée même s’il ne se gênait pas pour la caresser à travers ses vêtements… ou en passant sournoisement une main sous sa tunique.

Mais ce n’était pas que physique. Ils s’amusaient…
Comme alors qu’il disparut de son champ de vision… Oui oui, la grosse bosse sous la tunique de la jeune femme c’était bien la tête du jeune homme qui essayait par une technique ninja implacable de discrétion de s’approcher de sa poitrine ! Parce qu’elle aussi elle avait bien le droit d’être embrassée et vénérée non ? Elle le repoussa un peu et surpris, il se fit basculer en arrière, retrouvant la jeune femme à califourchon sur ses hanches. Pris au dépourvu il se remit très vite, s’asseyant pour passer ses bras dans son dos et l’embrasser, le visage légèrement au-dessous du sien pour le coup. Mais grand bien lui prenne, il en profitait largement pour attendre plus facilement sa gorge si sensible. Et puis, cela lui permit bien plus facilement d’ôter sa tunique à la jeune femme, puis sa brassière. Ca par contre, ce ne fut pas si facile parce que la vue offerte valut un gémissement qui sonnait comme un remerciement aux divinités de la part du jeune homme ravi. Et son enthousiasme s’accorda très vite aux caresses et baisers qu’il voulait lui administrer. Le contact de leur peau l’une contre l’autre était encore plus fort qu’avant, presque douloureux tellement il était intense et les fit frissonner. D’ailleurs ils offraient un bien étrange spectacle aux Kaärs impatients bien qu’émoustillés par la vue qu’ils avaient complètement oubliés. En effet, de petites étincelles semblaient crépiter autour d’eux, comme si l’air ambiant s’enflammait de l’électricité statique qui émanait de leurs corps.

Ils continuaient, sourds et aveugles au monde extérieur, se tentant par un baiser plus osé, par une caresse un peu plus bas, d’ailleurs il lui avait si vite fait un sourire d’excuse quand elle s’était retrouvée à califourchon sur lui que c’était certainement pour excuser une manifestation physiologique très insistante à propos de son attirance. Ah ben non, ça ne passait pas tellement inaperçu. Mais cela ne semblait pas lui importer. Non, au contraire. Elle avait souri, pas gênée, l’effleurant « par inadvertance » en lui tirant un gémissement.
Elle semblait vouloir lui montrer qu’elle savait se débrouiller et toujours assis, il dut se mettre en appui sur ses bras pour supporter les caresses sur son torse et les baisers passionnés qu’elle lui offrait quand elle se mit brusquement à briller. Il ouvrit un œil, puis l’autre, surpris et même si elle semblait aller bien, il changea d’expression pour sa part. Doucement il fit courir une de ses mains sur la peau de son bras, sur son visage. Il sourit à son tour, les pupilles dilatées, mais l’air calme, soufflant très bas.

- Tu es tellement belle…

L’instant d’après, il inversait les rôles et s’occupait de finir de la déshabiller en prenant un malin plaisir à ponctuer ce déshabillage de caresses et de baisers de plus en plus insistants, osés et sacrément étourdissants. Non, il n’avait pas oublié comment lui faire plaisir, mais il y avait tout de même une différence. C’était « mieux » qu’avant. Bien sûr, il réagissait à ses gémissements mais rapidement, elle put se rendre compte que ceux-ci ne le guidaient pas, qu’il semblait les anticiper, comme s’il savait qu’elle allait gémir à ce moment-là, s’adaptant donc d’autant plus un quart de seconde avant de recevoir l’information utile à cette adaptation. Le percevait-il autrement ? Il s’avérait que oui, mais elle ne pouvait pas le savoir. Malheureusement pour lui, elle n’était pas en reste et c’était même pire car il semblait curieusement beaucoup plus sensible qu’avant alors qu’ils intervertissaient les rôles parfois en donnant l’air de se bagarrer un peu, d’autres fois de bon cœur.
En tous les cas, le Drakkari n’avait pas oublié comment combler une femme et surtout comment la combler elle… Ces caresses duraient longtemps, vraiment longtemps, trop longtemps même, ils repoussaient leurs limites, se torturant jusqu’à n’en plus pouvoir.

Quelle ne fut pas leur délivrance quand mettant enfin de côté d’interminables préliminaires qui auraient laissé sur les rotules bien d’autres couples, ils « passèrent aux choses sérieuses » !!!
Si le monde avait cessé d’exister pour eux, à ce moment là, il aurait pu être à feu et à sang qu’ils n’auraient rien remarqué. Des mois plus tôt, elle lui avait offert sa virginité et ils avaient bataillé avec la magie répulsive de la jeune femme malgré leur désir commun. Ces retrouvailles pouvaient curieusement s’y apparenter… Oh pas de douleur fort heureusement, la première fois de la demoiselle avait été bien assez décourageante au début de ce côté-là…  Tout était une question d’emboitement comme l’avait supposé la petite mage. Et là.. eh bien l’emboitement en question était juste parfait. Mais ils furent tous deux pris d’un si violent frisson que cela les étourdit quelques secondes avant qu’ils se regardent surpris, amusés, penauds, ravis et ne se remettent à s’embrasser avec passion.

Très doux au départ, Tristan dut mettre très vite ses préjugés de fragilité d’une femme de côté quand la demoiselle lui attrapa fermement les hanches. Outre le fait que ce n’était franchement pas désagréable le fait qu’elle lui tire la langue avec un sourire lui donna clairement l’impression d’un message pouvant se traduire par « eyh oh, je suis pas en sucre boy scout, si tu continues ton petit manège de prépubère, je vais m’endormir moi ! je veux un homme, un vrai ! » Bon bien sûr, elle ne devait pas du tout penser cela mais c’est ainsi qu’il le traduisit, changeant complètement de pensée mais encore et surtout de comportement. Pas en sucre ? Okay maestro… Envoyez le tempo !

… En bref, elle eut tout loisir de goûter aux coups de reins du Drakkari et ça, ce n’était pas quelque chose qu’on oubliait facilement. Il osait beaucoup plus qu’avant néanmoins et sembla totalement ne plus craindre de lui faire mal, ne se formalisant pas lorsqu’il s’appuyait davantage, lourd, il fallait bien l’avouer, sur elle, ou quand ils inversaient les rôles lorsqu’il lui agrippait les hanches pour l’accompagner dans ses mouvements, même si elle se débrouillait trèèèèèès bien toute seule, ça c’était certain !!!! Et ils ne se laissaient pas une seconde de répit, taquinant l’autre d’un baiser ou d’une caresse dès que l’autre en question semblait se fatiguer. Concert de gémissements des deux côtés, il n’y avait pas d’injustice sur ce point !

Oui, avant, toujours, même un tout petit peu, il semblait sur ses gardes, prêt à tout arrêter, ne se laissant jamais totalement aller. Ce n’était plus du tout le cas ! Il se lâchait complètement et c’était peut-être ce qui rendait les choses d’autant plus plaisantes.
Derrière la bulle opaque, les Kaärs faisaient de grands yeux ronds… Pervers, ils observaient la scène, la commentait avec une fébrilité écœurante ! Ils trouvaient la petite mage terriblement excitante et semblaient encourager chaque geste du Drakkari même si à sa place ils n’auraient probablement pas fait la moitié du quart… En fait rien du tout, ils l’auraient violée, ils n’auraient certainement pas cherché à la satisfaire, tout le contraire du jeune homme !

Mais quelque chose d’étranges se produisait… Depuis un bon moment déjà…
Si elle brillait, lui aussi avait ses propres manifestations de bizarreries. De petits éclats passaient sur sa peau, comme ceux qui agitaient ses écailles d’ordinaire, signes de ses émotions, du jeu de la lumière sur les minuscules formations écailleuses de son corps. Cela donnait un éclat très léger, par petites bribes à sa peau, comme s’il répondait à la lumière intense qui émanait du corps de sa compagne. Cela encore passa totalement inaperçu (parce que pour la lumière luciole de la jeune femme, là, il y avait eu de la surprise chez les Kaärs) puisqu’ils l’associèrent au simple éclat de la sueur qui s’étalait en fine pellicule sur le corps du jeune homme décidément très actif. Mais ses cheveux… c’était différent. De temps à autre, des mèches rouges réapparaissaient dans ses cheveux noirs avant de reprendre leur couleur factice, comme si son corps, trop réactif à celui de la jeune femme ne pouvait tout simplement pas tenir quelque chose d’aussi simple que cela !

Tristan ne se posait pas de question. Il ne s’interrogeait pas à propos de la passion qui émanait de la jeune femme, de ses baisers qui provoquaient un véritable brasier en lui mais qui étaient aussi emprunts de douceur et de tendresse. Elle embrassait si bien… Et assurément, elle faisait l’amour comme personne ! Mais était-ce seulement ça ? Il y avait quelque chose entre eux. Un lien, il l’avait su dès qu’ils avaient commencé à s’embrasser, à se caresser. C’était tellement fort, tellement intense qu’il était impossible de le manquer. Il aimait cette simple idée mais il ne voulait pas davantage se poser de questions.

Eux ne se rendaient pas compte du temps qui passait malgré la lumière déclinante à l’intérieur de la bulle. Trempés de sueurs, manquant de souffle mais se mettant tout de même les poumons en feu en ne cherchant pas à s’interrompre, surtout pas s’interrompre, ils semblaient essayer d’escalader un véritable Everest de passion et de plaisir, toujours plus, toujours plus fort, toujours plus loin, une véritable devise des jeux olympiques à eux tous seuls. Le plaisir, ils le ressentaient depuis le début et ses effets bénéfiques mais tellement additifs qui en faisaient demander toujours plus, mais celui qu’ils finirent par atteindre valait le détour et fut si intense que Tristan frôla probablement la rupture d’anévrisme ! Bah quoi ?! C’était sportif comme activité !
Une délivrance ? Oui peut-être… Mais si le nirvana existait comme les livres à l’eau de rose le prétendaient, alors ils l’avaient atteint et dépassé tout simplement.

Elle haletait, peinant à retrouver son souffle… mais il n’était pas en meilleur état alors qu’il s’allongeait, tremblant, à ses côtés. La bouche grande ouverte, les yeux fermés et l’air d’être aussi ravi et béat que d’en souffrir, sa respiration était si chuintante qu’il n’en aurait pas été autrement s’il avait eu plusieurs côtes cassées. Son cœur battait trop vite, bien trop vite, il allait exploser dans sa poitrine, ce n’était pas possible !!!  Il se mit à sourire, riant silencieusement, comme un idiot. C’était si bon… qu’il n’était même pas en mesure de se l’expliquer.
C’est alors qu’il sentit une chaleur contre la sienne… La peau de la demoiselle était décidément beaucoup plus fraiche que la sienne même si d’autres ne l’auraient pas perçu ainsi. Mais il était un dragon, il était naturellement chaud de son côté. Elle se blottissait contre lui, les yeux clos, reprenant également avec peine sa respiration, un sourire aux lèvres, se positionnant entre ses bras, enfin essayant plutôt, comme elle le faisait lorsqu’ils dormaient ensemble.
Tristan venait de rouvrir les yeux, les posant sur elle alors qu’elle était si attendrissante et si vulnérable. Et il se dégagea…

Aie…
Aie, aie, aie !
Ca… Ca devait faire mal. Oui, il se dégageait d’elle, assez brusquement après avoir posé son regard ailleurs, dans le vide, la faisant sans ménagement glisser de son épaule. Elle rouvrit les yeux probablement et le regarda en se redressant sur un bras sans doute, peut-être peinée de le voir lui tourner le dos, assis, comme prêt à se relever.
Mais le jeune homme se rallongea aussitôt… en tenant sa chemise qu’il avait peiné à rattraper sans se relever mais vu comme il sentait déjà des courbatures partout dans son corps, il ne pouvait pas trop se lever là, du moins pas sans avoir des vertiges ! Il se rallongea, fut surpris de voir de la peine et une espèce de soulagement dans les yeux de la petite mage et l’attira fermement contre lui, passant un bras sous sa tête avant de la recouvrir de sa chemise.
Il s’en fichait pas mal de rester nu comme un ver mais il se souvenait de ceux qui les avaient enfermés, de ceux qui pouvaient voir la petite mage si belle, si attirante, si… appétissante ! Il ne leur permettrait pas. C’est pourquoi il venait de recouvrir son corps mince de sa chemise, la dérobant ainsi à leur vue, chemise imprégnée de son odeur. Il se mit davantage sur le côté, la pressant contre lui. Son corps battait encore très fort et ses pupilles étaient encore extrêmement dilatées du plaisir qu’il avait pu ressentir. C’est un baiser très doux, très tendre qu’il déposa sur ses lèvres avant d’appuyer son front contre le sien, se faisant mal à la nuque, même allongé mais s’en fichant complètement.

- Je ne les laisserai pas te toucher princesse, je te le promets… Ils n’ont pas le droit de toute façon… On a gagné cette bataille… Pour l’instant.

Oui, car c’est bien ce qu’ils avaient dit. La demoiselle était satisfaite là, ils ne pouvaient pas prétendre le contraire. Risquaient-ils de leur demander de recommencer… Peut-être, sans doute… Relèveraient-ils le défi ?...Euh… Euh… S’ils arrivaient à se remettre !!!! Parce que wahou ! Ca c’était une partie de jambes en l’air !!!!
Mais surtout, plus important, il venait de l’appeler « princesse » sans raison apparente, petit surnom qui lui tenait tant à cœur avant… Son surnom. C’était elle. Dans un sens il n’avait pas oublié, même s’il ne s’en souvenait pas…

Mais tout à coup, ils purent entendre les bruits extérieurs étouffés jusqu’alors et c’étaient des bruits de bataille alors que les bulles étaient en train de céder, l’une après l’autre. Tristan se redressa d’un bond, prêt à se battre, imaginant qu’il s’agissait des Kaärs ne respectant pas leur engagement. Ses faiblesses l’abandonnaient, sa détente aussi malheureusement, il allait se battre. Ils ne la toucheraient pas !!!! Bon d’accord, il était tout nu ! Mais ça ne changeait rien ! Sauf que lorsque la bulle éclata, ce furent des membres de l’armée fantôme qui apparurent à leur vue, bataillant avec les Kaärs qui, encore tout émoustillés de ce qu’ils avaient vu, ne se battaient vraiment pas convenablement et périrent tous très vite… sans révéler donc ce qui venait de se passer.

Ils furent surpris de les trouver en cage, des tas de questions fusant ici et là tandis qu’il apparaissait très clairement que le guerrier et la mage étaient nus. Mais apparemment, aucun d’entre eux ne semblait être en mesure d’imaginer le scénario tordu fomenté par les êtres malveillants à présent morts. Tristan n’avait remis que son boxer et son pantalon, laissant sa chemise sur la jeune femme puisqu’elle la couvrait bien plus et que ça lui évitait de devoir s’habiller et donc de se retrouver nue devant leurs alliés. Les cages furent rapidement ouvertes, les enfants relâchés même s’ils étaient encore groggy des drogues qu’on leur avait injectées. Tristan avait récupéré son arme, discutant avec quelques membres restés là tandis que les autres ramenaient les enfants au village, récupérant les affaires de leurs amis au passage, apprenant ainsi qu’ils avaient eu vent des agissements d’un groupe de Kaärs, les avaient pourchassés puis perdus et venaient tout juste de les retrouver, ne faisant pas de quartier… quoi de plus normal aux vues de leurs agissements. Certains semblaient curieux d’en savoir un peu plus sur la raison de leur capture et sur ce qui s’était passé mais ils n’eurent pas le temps de poser des questions. Brusquement Tristan se crispa puis se plia en deux, tombant à genoux par terre en suffoquant. L’instant d’après ses muscles se relâchaient et il tombait au sol… évanoui.

Cela surprit tout le monde et en inquiéta beaucoup. Un guérisseur venu avec le petit groupe s’occupa du jeune homme, assurant qu’il semblait juste s’être évanoui mais demanda rapidement à Cassidy si on lui avait lancé un sort puisqu’il présentait toutes les caractéristiques d’un rejet de magie, caractéristiques qu’il avait eu tout loisir d’étudier chez le jeune homme ces derniers mois dans la cité de cette armée mais qu’il n’avait que besoin de repos. Finalement, comme ils étaient proches du village, ils rejoignirent celui-ci et on leur fournit rapidement une chambre pour allonger le jeune homme qui semblait bien pâle et souffrant à présent, même s’il n’était agité que de légers tremblements.
Il resta inconscient toute une journée et lorsqu’il se réveilla le lendemain, alors que la soirée approchait, il y avait une certaine petite mage à ses côtés.

Tristan ouvrit lentement les yeux en grimaçant puis fixa le plafond, une fugace expression de souffrance passant sur son visage. Il se redressa, elle aussi alors qu’elle semblait s’être assoupie la tête entre les bras sur le lit qu’il occupait. Le jeune homme sembla surpris de la voir. Ses cheveux étaient redevenus rouges, il avait meilleure mine et semblait en pleine forme. Pourtant, son expression se fit fermée, distante alors qu’il l’observait. Outre le fait qu’elle semblait soulagée et n’avoir que bien peu pris soin d’elle les dernières heures passées, une lueur d’horreur passa dans le regard du Drakkari alors qu’il la fixait. Il se souvenait de tout ce qui s’était passé, de ce qu’il avait fait… de ce qu’ils avaient fait…
Il se redressa alors qu’elle lui demandait de faire attention, elle semblait inquiète, vraiment et ne pas savoir que penser, ni que dire, comme lui.

Pourtant, il prit rapidement la parole, lui demandant combien de villes il leur restait à voir. Elle sembla franchement surprise de sa question qui n’avait aucune raison d’être. Après tout il y avait des tas de questions à poser, des vraies questions : qu’est ce qu’on fait ? Est-ce qu’on doit en parler ? Pourquoi nous deux c’était aussi… ? Est-ce qu’on doit le dire à Erwan ? Est-ce qu’on doit le dire à… la petite amie du jeune homme, s’il en avait une, probablement, même s’il ne l’avait pas exprimé devant elle ? Qu’est ce qu’il y a entre nous ? Qui sait ? Qui doit savoir ? Est-ce que ça t’a plu autant qu’à moi ? Est-ce que c’est mal ? Est-ce que… tu m’aimes ? Mais elle lui répondit. Une.
Il leur restait une ville à voir pour achever leur mission. Il sortit aussitôt du lit et se prépara de son côté, même s’il était déjà habillé, enfin en partie seulement, attrapant ses affaires.

- Partons tout de suite nous en occuper alors… je dois rentrer à la cité…

Fuite ? Etait-ce à cause de ce qui s’était passé ? Se sentait-il coupable ? Voulait-il qu’elle rentre avec lui ?

- Et tu dois rentrer à ton Académie…

Apparemment non. Ca avait le mérite d’être clair. Ce qui s’était passé… s’était passé. Ca ne se reproduirait pas. Et il ne comptait pas passer plus de temps avec elle que celui nécessaire à leur mission. Il ne se préoccupa pas de ce qu’elle pouvait ressentir, lui tournant ostensiblement le dos, sans s’inquiéter de son état, finissant de se préparer puis sortant prévenir ses congénères et les tenir au courant de son retour imminent. Il était sombre, fermé, distant… Elle avait probablement très mal à cause de sa réaction mais s’il s’en aperçut, parce qu’elle se cramponnait à sa carapace une fois de plus, il ne le montra pas cette fois, ne cherchant pas à la réconforter, ni à l’enlacer. Il fut d’ailleurs si distant avec elle durant le trajet puis pendant les vérifications d’usage dans le village concerné qu’elle aurait pu être accompagnée d’une tombe que ça n’aurait rien changé. Radicalement différent, le jeune homme semblait avoir perdu toute joie de vivre qui le caractérisait encore peu avant et une fois leur mission terminée, c’est sans chaleur qu’il la salua avant de partir, sans même caresser Minuit, retournant « chez » lui… Ainsi, furent-ils séparés quelques jours…
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Cassidy Herediane
Directrice de l'Académie Hysandra
avatar

Messages : 851
Date d'inscription : 26/02/2012
Age : 29

Feuille de personnage
Race: Humain Ascadian
Royaume: Territoire Neutre
Vocation: Mage

MessageSujet: Re: Un voyage pour apprendre à mieux se re-connaître ?   Lun 18 Nov - 13:10

Finalement, cette punition n’avait pas l’air d’en être une. Si au départ Tristan paraissait vraiment regretter, avoir l’impression de commettre un viol, il se trompait totalement. Car la petite mage avait abaissé toutes ses barrières, son armure, uniquement pour lui dire d’une voix très douce et un peu intimidée qu’elle en avait envie aussi. Etait-ce mal de penser ainsi alors qu’elle était déjà en couple ? Sans doute ! Mais elle ne pouvait pas repousser les pulsions, fantasmes qui la rapprochaient à chaque fois du Drakkari.

Elle ne pouvait pas faire semblant, simuler alors qu’elle en rêvait depuis si longtemps et la petite demoiselle éprouvait une telle attirance pour le beau garçon qu’il lui était impossible de faire autrement. Juste coucher avec lui ? Vraiment ? Comment expliquer son cœur qui battait plus vite, plus fort, sa respiration un peu plus calme avant de prendre un rythme un peu plus irrégulier quand il l’embrassait, sa peau qui devenait chaude alors qu’il la tenait dans ses bras ? Elle l’ignorait… mais ce n’était pas vraiment le moment pour se poser des questions.

Une chose était sûre. Elle ne jouait pas. Elle n’avait plus cet air taquin, amusé ou encore grincheux quand quelque chose l’ennuyait. Elle était… elle-même. Profondément apaisée et détendue alors qu’on lui offrait une délivrance des plus agréables. Mais ce qu’elle n’imaginait pas vraiment, c’était Tristan. En effet, elle s’attendait à le voir plus maladroit, gêné comme si il n’avait pas le droit, mais il n’en était rien. Parce que le beau Drakkari savait comment s’y prendre et il le faisait très bien !

En témoignait la chaleur qui s’emparait de la petite mage, ces petits gestes parfois tendres parfois plus sauvages quand il effleurait sa peau du bout de ses lèvres ou de ses doigts. Cette sensation de bien être, qui ne faisait que grimper, tellement agréable, tellement tentante au point d’en perdre les pédales et de passer à l’acte. Car c’était bien ce qu’ils allaient faire là ? Passer à l’acte. Et finalement cela ne dérangeait pas plus que ça la petite mage qui semblait prête depuis toujours, curieusement, très investie. Elle avait quelque chose à prouver. Voir si tout ce qu’elle avait connu de Tristan était toujours d’actualité, voir si ces petites caresses, légers effleurements, baisers déposés du bout des lèvres et parfois une position dominante lui plaisaient toujours.

Il était passé sous sa tunique à un moment pour s’occuper de sa poitrine et Cassidy l’avait un peu repoussé, le faisant basculer en arrière pour avoir tout le loisir de s’occuper de lui. Comme elle le faisait avant, comme si ils ne s’étaient jamais quittés après tout. Non ce n’était pas ça… c’était terriblement mieux ! Comme si toute cette absence n’avait fait qu’amplifier son amour pour lui, cette attirance si complexe qui l’effrayait autant qu’elle la charmait. Elle ne jouait pas et se mit à briller. Oui… ça aussi c’était un message vraiment très clair. Jamais elle n’avait brillé avec Erwan.

Au départ, elle avait pensé qu’il s’agissait uniquement d’un phénomène magique qui venait et repartait comme ça. Pourtant elle était aussi très bien avec Erwan ! Apparemment pas assez pour faire apparaître cette lumière. Petite mage angoissée, elle se serait certainement posé pleins de questions, comprendre pourquoi cette lumière qui apparaissait pendant les ébats et ses moments de perdition n’était pas présente. Oh mais à vrai dire, elle avait renoncé à comprendre comment ça marchait et prenait ce qui venait. Comme si au moins cela ne la faisait plus penser à Tristan.

Mais elle était bien là sa lumière. Plus forte, plus puissante mais aussi terriblement douce. Tristan fit un seul commentaire là-dessus. Le genre de compliment très simple mais qui sonnait sincère dans sa bouche. Il reconnaissait qu’elle était belle. Admiration dans sa voix, fierté dans ses yeux, elle ne pouvait pas douter de ses paroles et la demoiselle s’offrit encore plus à lui. Elle ne luttait pas, elle participait car elle en avait sacrément envie et il la poussait dans cette pensée là.

Mais si les caresses n’étaient qu’une entrée en scène, alors la suite fut un véritable festival de passion. Elle était restée au départ un peu étourdie, surprise de cette sensation si agréable qui lui enflammait tout le corps mais lui donnait des frissons en même temps, cherchant à reprendre son souffle. C’était tellement bien… oui… elle avait oublié cette sensation depuis longtemps mais là c’était encore mieux que dans ses rêves. Elle avait fermé les yeux et poussé une exclamation de réelle satisfaction avant de les rouvrir et le regarder un peu penaude mais ne cherchant pas à s’arrêter pour autant.

Cassidy savait qu’avant Tristan avait toujours cherché à se retenir. Elle se doutait qu’avec son bracelet de force, il y avait quelque chose. Mais là il n’y était pas. Et elle n’était certainement pas en sucre, pouvant s’endormir si il restait un peu trop régulier. Alors, Cassidy prit un air de défi, taquin, le fixant d’un air de dire qu’il pouvait faire encore plus, lui donnant le feu vert pour déchaîner la passion, posant ses mains sur ses hanches avec insistance. Et le Drakkari s’y plia avec beaucoup de plaisir.

Le temps n’avait plus de valeur, seul eux deux comptait. Et le plaisir était au rendez-vous, puissant. Elle avait remarqué ses cheveux qui voulaient changer de couleur, sa peau qui devenait un peu plus brillante parfois mais trop bien lancée et surtout, à fond dans ce qu’ils faisaient, elle n’avait pas le temps de se poser des questions. Il avait raison, c’était au-dessus de tout ce qu’elle avait pu vivre avant. Elle tremblait mais se faisait plus insistante, l’encourageant, fermant les yeux pour apprécier ce moment au maximum. Sa respiration était plus saccadée mais c’était uniquement parce que c’était sportif et qu’elle n’avait quand même pas l’intention d’arrêter.

La fin se fit en beauté et cela se ressentit sur la petite mage, tous muscles tendus avant de se détendre totalement, entièrement conquise, se sentant au paradis tellement c’était bon et une exclamation de profonde satisfaction sorti de sa bouche. Jamais elle n’avait vécu ça… C’est quand qu’on recommence ? Parce que là… enfin un peu de repos et après… bon bref…
Elle avait oublié qu’ils étaient enfermés. Elle avait oublié qu’il y avait des ennemis qui la regardaient. Elle avait oublié Erwan, le reste du monde et tout ce qui allait avec. Seul Tristan comptait… seul lui était présent et elle était tellement heureuse. Elle lui appartenait… définitivement… ou bien c’était ses hormones qui la trahissaient ? Ces pensées dépourvues de logique ou de raison, seul son cœur avait pris une décision assez importante.

A la fin, la jeune femme s’était reposé tout contre lui, ne cherchant pas à s’éloigner, prolongeant le contact. Ils en auraient des choses à se dire mais ça pouvait attendre… Si il s’éloigna et qu’elle ouvrit les yeux, exprimant une peine de le voir si vite prendre de la distance, ce n’était que temporaire car il avait posé sur ses épaules sa chemise, pour la recouvrir tendrement. Elle faisait terriblement fragile à ce moment là, terriblement intimidée alors qu’il la prenait dans ses bras et déposa un baiser sur ses lèvres, à sa grande surprise. Baiser qui ne remplissait pas la condition des Kaärs et qui n’avait rien à voir.

Oui elle était surprise mais plus encore quand il lui donna ce petit surnom, ce surnom qui n’appartenait à elle. La jeune femme avait ouvert un instant les yeux, la tête collée contre son torse, tremblante. Comment se faisait-il qu’il… qu’il prononce ce mot ? Elle ferma un instant les yeux et des larmes coulèrent un peu sur ses joues alors qu’elle se serra encore plus contre lui, comme si elle craignait de le perdre, qu’il disparaisse. Tristan… que devait-elle dire ?

Plus encore, il avait tout vu, tout ressenti. Elle avait broyé son armure d’indifférence, ces airs désinvoltes, ce qui la protégeait du reste du monde. Dans cette bulle, elle avait été elle-même, véritable. Elle lui avait montré qu’il y avait quelque chose entre eux et malgré le fait qu’elle trouve des causes et des raisons à tout, là… elle n’avait aucune explication à cela. Il fallait qu’elle s’y résigne, Tristan l’attirait… il lui faisait de l’effet… et elle devait toujours l’aimer… Ce sentiment qui l’avait toujours agité quand il était encore là, qu’elle se sentait si heureuse avec lui. Elle y tenait… et refusait de s’éloigner de lui.

Sauf que ce rêve touchait à sa fin alors que les barrières tombaient les unes après les autres. Des cris, des bruits de bataille. La demoiselle rouvrit lentement les yeux alors que Tristan avait bougé pour se rhabiller. Elle serra un peu plus fort la chemise contre elle, les cheveux en pagaille et lui géraient la situation. Des membres de l’armée fantôme. Au moins leur distraction avait été une bonne chose et éviter des morts inutiles.

Alors qu’il s’expliquait, la demoiselle se tourna vers ses vêtements et les enfila, pliant soigneusement la chemise. Elle était encore perdue dans ses pensées, un peu vague, un peu lointaine, ne sachant pas quoi faire et complètement en-dehors de la réalité. Cependant, c’est quand elle aperçut Tristan tomber à terre qu’elle se précipita vers lui en criant son prénom, l’air bouleversé, incapable de lancer un sort pour ralentir sa chute. Mais elle se retrouva rapidement à ses côtés et prit doucement sa main, terriblement inquiète, ne comprenant pas. Serait-ce les hormones ? Le sort du mage noir ?

La guérisseuse lui posa une question et la mage lâcha la main du Drakkari, le fixant lui puis regardant au loin, le fixant à nouveau puis regardant au loin. Elle parlait d’un rejet de magie. Instinctivement la demoiselle porta une main à son cœur. Un rejet de magie… ou bien… non quand même pas… non ça ne pouvait pas être ça ! Non… elle refusait d’y croire que son corps le repoussait. Mais elle rejetait bien ses écailles elle ! Une goutte de sueur passa sur le front de la demoiselle, incapable de trouver une explication. Elle dit simplement que c’était le mage qui l’avait affaibli. Mais… elle avait peur… très peur.

Ils rentrèrent au village et la demoiselle insista pour rester aux côtés du Drakkari. Il y avait beaucoup de choses importantes et puis elle refusait de le laisser seul, voulant être là à son réveil et certainement… avait-elle pas mal de questions à poser. Alors elle veilla sur lui, passant doucement une main sur son visage, pleurant, murmurant qu’elle était désolée… désolée si elle avait fait quelque chose de mal. Désolé si sa magie l’impactait… mais elle disait également… qu’elle tenait à lui… qu’elle ne voulait pas qu’il soit mal…

Egalement, la petite mage eut tout le loisir de réfléchir, de repenser à ce moment qui la faisait rougir, qui avait un effet sur elle. Elle avait beau se souvenir, jamais elle n’avait vécu ça auparavant. Et avec Erwan… il n’y avait pas toute cette passion, cette tendresse. Toutes ces sensations qui étaient présentes qu’avec Tristan. Peut être devait-elle coucher avec d’autres hommes pour voir une différence. Mais force est de constater que ça serait impossible et elle le savait très bien.

Elle veilla sur lui tout le temps, se négligeant, refusant de dormir, se contentant de poser sa tête sur le matelas, près du jeune homme, simplement assoupie mais refusant de s’éloigner de lui, le protégeant. Enfin, il rouvrit les yeux et alors qu’il bougeait un peu, la demoiselle, un peu épuisée, se redressa en le regardant, un air peiné sur le visage.

« Tristan ! Ca… ca va ? »

Elle avait posé ses mains sur son pantalon et le serrait doucement entre ses mains, la tête baissée et tremblant légèrement. Voulant lui dire qu’elle était désolée, Cassidy n’en eut pas vraiment le temps ou l’occasion puisque celui-ci s’était déjà redressé. Elle mit les mains en avant, comme pour le ménager.

« Doucement… tu viens à peine de te réveiller ! Ce n’est pas bon de commencer à… »

Il lui posa une question… qui la décontenança aussitôt. La mission ? Une baffe… elle venait de se prendre une grosse baffe ! Bah elle s’attendait à quoi en fait ? Qu’ils parlent de ce qu’ils avaient fait ? De ce lien si étrange entre eux ? Si il se rappelait ? Pourquoi il l’avait embrassé ? Ce qu’il éprouvait ? Il faisait semblant ou bien… Elle était complètement perdue, choquée et sur le coup, ne fit que répondre à cette question même si ce n’était pas ça qu’elle attendait.

A sa grande surprise, abasourdie, elle le vit se lever. Il était plus froid, plus distant. Cassidy ne comprit pas, voulant lui dire un mot. Quelque chose se cassa dans son cœur, encore plus douloureux que sa première fuite, encore plus amplifié. Ses paroles résonnaient dans sa tête. Il lui demandait de rentrer… de se dépêcher. Elle resta un instant dans la chambre et tomba à genoux, les yeux dans le vide alors que des larmes tombèrent sur le plancher. Non… ce n’était pas possible ! Elle avait veillé sur lui… mais elle ne s’attendait certainement pas à ce qu’il soit aussi froid. Elle avait fait disparaître toutes ses barrières pour lui ! Uniquement pour lui… et il la repoussait comme si elle ne valait rien ? C’était ça ce qu’il pensait ? Ca avait le mérite d’être clair.

Aucune explication… rien. Une ignorance parfaite et totale comme si elle n’existait pas. Elle pleura… c’était injuste ! Pourquoi était-il comme ça avec elle ? Où était la vérité ? Pourquoi il y avait des mensonges ? Qu’est-ce qu’il cachait encore ? A vrai dire elle n’en savait rien mais était suffisamment chamboulée. Ca lui faisait de la peine… énormément de peine… plus qu’elle ne pouvait imaginer. D’un geste, elle frappa le sol avec sa main droite, les dents serrées, le regard sombre. C’était fini ! Il ne l’aurait plus ! Monsieur qui veut la rendre joyeuse et prend un malin plaisir à tout dégommer comme si il n’y avait rien ! Monsieur qui ne veut pas qu’elle travaille trop et qui l’entraîne dans des activités distrayantes, intéressantes pour passer le temps ! Bah voilà il avait tout cassé ! Un grand pas en arrière.

Elle se redressa, mit de l’ordre dans ses cheveux, essuya ses larmes. Cette fois, la mage ne s’amuserait pas à lui courir derrière en insistant. Trop meurtrie… il avait profité de sa faiblesse voilà tout !

De tout le trajet la petite mage ne dit pas un mot, était sombre, l’ignorait royalement comme si il était inexistant, tout comme il l’avait fait pour accomplir sa tâche puis ils se séparèrent. Elle le regarda partir, le regard très sombre, presque noir et galopa dans la direction opposée. Minuit ne chercha même pas à suivre le Drakkari, comprenant que quelque chose n’allait pas. Il sentait l’état de son actuelle maîtresse. Elle était en détresse et il valait mieux ne pas la contrarier.

Lorsqu’elle rentra à l’Académie, la demoiselle était très sombre. Erwan fut surpris de cette attitude, lui qui l’attendait en s’exclamant qu’elle lui avait manqué en voulant lui faire un gros câlin. La demoiselle prétexta qu’elle était fatiguée, qu’elle avait besoin de repos. Elle expliqua qu’elle était tombée sur un gros boulet, un rustre qui n’avait aucune manière et que cela avait été bien pénible. Il ne chercha pas à débattre là-dessus.

Seulement en milieu de la nuit, la demoiselle s’était levée pour aller prendre une potion… elle y pensait toujours à ce moment ! Ca la hantait ! De jour comme de nuit ! Elle ne pouvait s’empêcher de penser à lui et elle aimerait bien oublier un peu tout ça maintenant ! C’était impossible et seul l’usage des potions l’aidait. Alors qu’elle était sortie et se tenait assise dans le sable sur la plage, Cassidy avait voulu porter le flacon à ses lèvres… qui explosa aussitôt. Elle ragea, en voulant aux divinités ou à tout être invisible de l’empêcher de penser à autre chose. C’était comme si on la forçait à accepter la réalité et elle était vraiment furieuse.

Mal… Douleur… qu’elle tentait de chasser de son esprit. Elle avait renoncé à comprendre Tristan. Son attitude toute joyeuse… il n’avait pas aimé ? Il avait des regrets ? Profitait-il d’elle ? Pourtant il lui avait semblé voir une étincelle d’envie dans son regard… de tendresse. Mouais illusion tout ça !

Les jours suivants, elle était souvent en vadrouille. Passant parfois à l’académie mais avait une humeur de bouledogue. Une fois, elle était partie bien loin de l’académie, dans une zone inhabitée des montagnes près d’un point d’eau. Apparemment elle avait envie de manifester sa rage et le faire à voix haute, comme si on pouvait répondre à ses questions.

« Pourquoi ? ! Pourquoi ?! Crétin de Drakkari ! Je t’ai laissé faire ! Je pensais que tu pensais un peu à moi… Que tu avais peut être un petit truc pour moi ! C’est terminé je ne chercherais pas à comprendre ! Ca me prend trop la tête ! Dire que je voulais avoir une seconde chance… dire que j’ai été folle pour espérer que… non ! Hors de question que je traîne derrière lui ! Il l’a bien montré non ? Alors j’arrête les frais ! Je ne fais que me faire du mal pour l’instant et c’est pas bon ! »

Elle pensait aussi qu’il avait peut être deviné son secret. Mais elle ne s’attendait pas aussitôt. Au final, elle avait raison… il la détestait. Un pauvre sourire était apparu sur son visage.

Un soir, Cassidy était devenue un peu plus « gentille » avec Erwan. Ou cherchait-elle à oublier une scène en particulier ? Autrement dit, elle coucha avec lui, parce qu’après tout, c’est ce qu’on disait, qu’il était son petit ami alors elle allait s’appliquer pas vrai ? Et même si c’était très bien, qu’Erwan était un très bon amant, il lui était impossible de retrouver cette lumière ou même cette passion qui l’agitait quand elle était avec Tristan. Et en était profondément peinée et choquée même si elle ne le manifesta pas.

Le jour d’après, la demoiselle, qui étouffait dans cet endroit, décida de voyager encore une fois. Elle avait décidé de reprendre l’identité d’Eikä pour aller sur les champs de bataille, puisque c’était la seule chose qui lui permettait de ne pas penser à ces souvenirs horribles qui lui encombraient l’esprit. Elle avait prétexté à Erwan partir pour chercher un truc par rapport à l’académie et qu’elle pouvait y aller seule. En effet, un des chevaux était malade en ce moment et réclamait beaucoup de soins. Erwan ne pouvait donc pas l’accompagner.

Pas de monture, elle utilisait sa magie pour se déplacer et les portails pour voyager d’un point à l’autre d’Ascadian. La dernière bataille qu’elle livra lui valut quelques bleus mais elle s’en fichait, trop fière et refusant d’avoir un quelconque guerrier ou partenaire pour la défendre. Elle déversait sa rage, sa haine et sa colère, ne trouvant le salut que dans le combat et l’action.

Alors qu’elle traversait une forêt à pied, un drame se déroula non loin de là.

Plus au nord se trouvait une montagne assez impressionnante, où le sommet semblait toucher les nuages. Des arbres recouvraient toute l’étendue visible mais il y avait sur celle-ci, des petites clairières avec des points d’eau dans certains, invisible à l’œil nu. Il fallait avoir le courage pour arriver jusqu’au sommet.

Ce jour là, Tristan devait être de sortie mais volait suffisamment haut pour ne pas être repérable. Mais quand il passa au-dessus de cette montagne, quelque chose attira ses sens de dragon. Une énergie draconique qui se répercutait en haut de cette colline comme un message… un appel à l’aide. Un dragon en danger ? Peut être attiré et curieux de rencontrer un vrai dragon, il ne se posa pas plus de questions et descendit au niveau de cette clairière, faisant de lui une proie facile. A peine avait-il amorcé sa descente qu’il vit un projectile foncer droit sur lui Il voulut s’écarter mais c’est comme si son corps avait décidé de bouger au ralenti, comme si quelque chose bloquait sa progression. Il ne put éviter cette espèce de longue lance qui s’enfonça dans son flanc, lui arrachant un cri de douleur qui résonna au lointain avant de battre faiblement des ailes et tomber lourdement dans l’herbe.

La lance se désintégra entièrement, ne laissant qu’un profond trou d’où s’échappait un filet de sang. Une chose bougeait en lui, une chose de terriblement dangereuse, de la magie noire, qui se faufila jusqu’à son cœur, le paralysant presque. Chose étonnante, sa régénération ne marchait pas. Des arbres sortirent un petit groupe qui se félicitait de cette prise. L’un deux disait que cette arme attrape dragon était terriblement efficace. Un autre, qui semblait être le mage du groupe, tenait un cristal en forme de pyramide dans sa main. Une lumière verte émanait de l’intérieur et reproduisait des pulsations très régulières, tranquilles. Une chose était sûre… Tristan était dans une très mauvaise posture.

Plus loin, beaucoup plus loin, Cassidy continuait de marcher dans la forêt quand elle entendit le hurlement du dragon et se figea sur place, les sens aux aguets. Quelque chose chez elle lui permettait de reconnaître à qui appartenait ce cri ou bien était-ce une coïncidence en se disant qu’il n’y avait qu’un seul dragon assez débile pour descendre de sa montagne. Elle se crispa, ferma les yeux, inspira profondément puis continua sa route en levant la main d’un geste nonchalant.

« Bouarf ! C’est un dragon ! Il peut bien se débrouiller tout seul… »

Elle savait au fond d’elle que non, que les dragons ne pouvaient pas se débrouiller seuls, sinon il n’y aurait pas de dragon corrompu après tout ! Pourtant elle se figea de nouveau sur place, en proie aux souvenirs qui remontaient dans son esprit.

La mage grimaça, se tint la tête de sa main, comme si elle se battait mentalement. Non ! Qu’on ne lui rappelle pas tous ces bons moments passés ensemble ! C’était l’occasion d’avoir des réponses… Mais il ne voulait pas avoir affaire à elle pas vrai ? Elle se rappelait de ces rires, de cette mission qui avait été très plaisante… De leur affirmation de passer pour un couple… Elle revoyait son sourire alors qu’il la trainait dans les rues de la ville puis d’acheter une brioche pour lui mettre dans la bouche alors qu’elle protestait. Elle revoyait ce moment où elle se revoyait dans ses bras au réveil le matin, un sourire attendri sur le visage alors qu’elle déplaçait une de ses mèches de cheveux. Il était si paisible.

Elle se rappelait ce moment qui aurait pu être un viol et qui s’était transformé en moment tellement agréable. De ce regard rempli d’admiration. Un choc dans son corps, le vertige alors qu’elle s’approcha d’un arbre pour se maintenir debout tout en fermant les yeux. Pourquoi ça lui faisait autant mal d’y penser ? Pourquoi n’arrivait-elle pas à s’en détacher. Elle souffla… longuement.

Il n’avait pas besoin d’elle… elle n’était qu’un fardeau… et c’était un dragon en plus… si il avait vraiment découvert son secret, il ne ferait que la repousser encore plus ! Et puis elle allait le gêner également. Elle inspira profondément puis reprit contenance, le regard plus ferme que jamais.

« Non ! Non ! C’est inutile ! Je ne le rejoindrais pas ! »

Elle se remit à marcher.

Mais soudain au cœur de cette forêt si paisible, un cri de colère s’éleva et quelques oiseaux prirent leur envol à travers les arbres.

Tristan était vraiment dans une mauvaise posture. Surtout que les hommes avançaient lentement mais prenaient leur temps. L’un deux avait une hache dans les mains et ils se félicitaient de leur prise. Mais alors qu’ils étaient encore à plusieurs mètres de lui, le vent se leva, intimidant. Enfin plutôt une sorte de colonne d’air qui se dirigeait vers le sol. L’herbe se mit à frémir dans une danse intrigante et soudain au milieu de cet emplacement, une forme apparut, une jambe légèrement fléchie, en appui sur le sol, presque agenouillée. Un bâton dans le dos, une cascade de cheveux blonds qui flottait dans le vent, bien que des feuilles trainaient dans ses cheveux, et un air des plus furieux.

Oui Cassidy était finalement venue. Lorsqu’elle analysa la situation, elle comprit aussitôt… et se fit aussitôt plus rageuse, dans une attitude de défense, protégeant le dragon.

« Ne… vous approchez pas de lui ! »

Les hommes s’arrêtèrent un instant, surpris puis se mirent à ricaner.

- Oh une mage qui vient défendre un dragon ? Quelle situation inédite ! Tu sais que le reptile n’en a rien à faire de toi et qu’il repartira sans même un remerciement.

« Rien à faire ! Vous vous approchez de lui vous êtes morts ! »

Elle ne semblait pas décider à bouger. Ils ricanèrent une nouvelle fois.

- Très bien petite fille, tu l’auras cherché. J’avoue qu’une distraction supplémentaire serait intéressante. Mage ?

Les yeux de Cassidy examinaient le terrain. Une zone entière recouverte par la magie. Autrement dit, le mage avait une amplification de la magie et pouvait faire ce qu’il voulait vraiment. Elle sentit une sensation désagréable dans son corps alors que sa magie la quittait et que ses muscles refusaient de bouger. On l’avait paralysé !

- Tsss… quelle naïve… se jeter dans la gueule du loup. Eh bien et bien… Je pense que tu as déjà compris que notre mage t’as retiré toute ta magie, et bloquer tes déplacements. Bien que je suis sûr que tu nous aurais pas fait grand-chose…

Cassidy ne dit rien puisque même les muscles de sa langue étaient bloqués. Mais… elle n’avait pas l’air d’être horrifiée ou paniquée. Alors elle décida de faire quelque chose, sentant que Tristan s’agitait derrière elle. Après tout elle n’en était plus à ça près… Elle ferma les yeux puis se concentra intensément, cherchant l’esprit du dragon, son énergie. C’était plus difficile que prévu et des gouttes de sueur perlèrent sur son front.

Puis quand elle le trouva, elle libéra son propre esprit, le partageant. La voix de Cassidy résonna dans la tête de Tristan.

*Je te conseille d’éviter de bouger. Et laisse moi faire ! *

Elle ne pouvait pas dire grand-chose mais la mage lui demandait de la laisser agir, comme si elle contrôlait la situation même si ce n’était pas le cas. Cassidy rompit le contact puis sa main droite se mit à bouger, tremblante… avec difficulté. Elle la porta à sa bouche, fit un effort surhumain pour porter sa main à sa bouche et mordit sauvagement dedans. Du sang perla sur sa main, gouttant par terre. Le sort d’immobilisation lâcha. Les fines ficelles de magie qui parcouraient son corps disparurent. Les hommes ricanèrent, la traitant de folle, que c’était inutile.

Un sourire apparut sur les lèvres de Cassidy. Le genre de sourire qui fait froid dans le dos. Sa magie ne pouvait pas revenir tant que le mage était présent. Mais nonchalamment, elle porta sa main à sa bandoulière qui tenait son bâton et le jeta au sol, tout simplement, comme si elle n’en avait pas besoin. Les hommes se mirent à rire une nouvelle fois, déclarant qu’elle devenait enfin raisonnable. Elle sortit également les gants de sa poche et les jeta à côté de son bâton.

Ses yeux parcoururent la hache de celui qui avançait, le deuxième qui semblait diriger la troupe, bien armé aussi. Le mage était plus en arrière à consulter sa pyramide. Il y avait d’autres hommes aussi, arcs tendus, qui n’attendaient qu’un signal. Une rage s’empara de la demoiselle. Une rage qui ne s’arrêtait pas, une haine énorme. Elle revoyait l’accident de Tristan comme si elle y était. Tremblante, elle serra le poing, devenant sombre… beaucoup plus sombre. Elle n’avait pas pu empêcher ça… l’air semblait crépiter autour d’elle. Intimant au respect… ou à la crainte. Ils avançaient toujours… encore quelques pas. Elle ne les lâcha pas des yeux puis les ferma un instant, posant sa main droite sur sa dague… la dague que Tristan lui avait offerte et murmura juste quelques mots.

« Guide moi… »

Elle sortit la lame de son fourreau d’un geste fluide, le métal résonnant dans les airs. Mais ce ne fut pas la manifestation plus troublante et même Tristan sentit ce changement d’état. La jeune mage s’enflamma. Une flamme l’entourait, comme les fois précédentes. Mais cette fois elle semblait plus agressive, plus haineuse. Elle n’avait plus de magie… oui… non… une magie sombre que même le dragon pouvait ressentir. Une magie obscure et haineuse qui n’avait qu’une envie… tuer. Les hommes s’arrêtèrent, surpris, puis le chef se tourna vers le mage.

- Se passe quoi ? Elle n’est pas censée ne pas pouvoir utiliser sa magie ?

Le mage était devenu pâle. La lumière du cristal était devenue rouge, violente, et pulsait très rapidement. Il se brisa en quelques secondes. Incapable de dire le moindre mot. Mais ils n’étaient pas au bout de leurs surprises. L’air se réchauffa juste derrière Cassidy alors qu’une silhouette énorme se forma. Une silhouette faite de feu et de flammes. Cette silhouette prit la forme d’un gros dragon très menaçant et la surprise des hommes se lisait sur leurs visages. Ce dragon… cette magie… Cassidy l’avait déjà utilisé par le passé et Tristan l’avait déjà vu. Mais à l’époque elle ne la maîtrisait pas du tout. Ce temps semblait être révolu.

Mais le fait qu’ils soient surpris était une mauvaise chose pour eux. Car la petite mage venait de se jeter en avant, poussant un cri de rage, dague à la main. Son hurlement fut couvert par celui de son dragon improvisé qui poussa un rugissement puissant, volant au-dessus d’elle et se jeta directement sur le mage. Il avait rencontré quelque chose de solide puisque celui-ci se retrouva éjecté contre un arbre, sa tunique complètement noircie, le souffle coupé.

Cassidy s’était jetée sans hésitation sur celui qui tenait la hache et enfonça profondément sa dague dans le corps de l’homme. Elle avait touché un point sensible car il s’effondra sans demander son reste. L’autre demanda aux archers de tirer. Leurs flèches atteignirent Cassidy mais furent complètement brûlées avant de la toucher. Elle incanta une boule de feu qui traversa le chef d’un endroit à l’autre, laissant un trou impressionnant dans son torse. Il tomba au sol.

Le dragon de feu de l’autre côté avec ouvert ce qui semblait être sa gueule, et enfonça ses crocs de feu dans le torse du mage qui hurla de douleur avant de rendre son dernier souffle. Puis il s’envola à nouveau et chargea la troupe des archers qui commençaient à courir, apeurés. Il ne laissa que des cadavres fumants, prenant un malin plaisir à sortir ses griffes, ses crocs, comme si il était plus qu’un simple feu, comme si il avait d’autres fonctions.

Cassidy courait et tranchait chaque ennemi qu’elle rencontrait. Et si sa dague n’était pas suffisante, elle utilisait sa magie du feu pour finir le travail. Elle tranchait, faisait exploser certains, des petits bouts de cadavre se répandant dans l’herbe. Terreur, cris d’effrois. Elle était leur cauchemar… et comptait bien leur faire payer même si ça ne serait jamais suffisant pour tout ce qu’ils avaient fait. Jouant avec eux. Il en restait un, un trouillard. Elle s’avança tranquillement vers lui alors que le dragon de feu le bloquait de l’autre côté, l’empêchant de s’échapper.

Cassidy ne devait pas trainer non plus. Elle avait remarqué la blessure de Tristan et quelque chose lui disait qu’il ne pouvait pas guérir naturellement cette fois là. L’homme commença à reculer alors qu’elle approchait, le regard sombre, aucune pitié sur le visage. Puis il disparut dans une sombre fumée noire. Elle avança et hurla, refusant de croire qu’il y en avait un qui venait de lui filer entre les doigts ! Mais dans l’immédiat il y avait plus grave. D’abord elle fit apparaître des flammes sur chaque cadavre pour les faire disparaître.

Puis elle se tourna vers Tristan. Sa flamme disparut de son corps et le dragon s’évapora dans le ciel, petites flammèches scintillantes et dorées. Son regard fermé n’avait pas disparu alors qu’elle s’approchait avec beaucoup de prudence de lui, récupérant son bâton au passage, vérifiant qu’il n’allait pas chercher à lui donner un coup. Elle garda ses distances puis essuya le sang qui coulait de sa main.

« Bon… il va falloir te retirer ce truc de là… si tu bouges un peu ça va encore plus te faire de mal. Magie noire… elle paralyse tous tes muscles… C’est ce qu’ils utilisent pour obliger un dragon à rester calme… Si tu bouges ça sera de plus en plus douloureux. Ca empêche de te régénérer et seul le mage qui a lancé cette cochonnerie est capable de l’enlever… Ah et j’oubliais, si on enlève pas ça rapidement ton cœur va finir par s’arrêter… »

La jeune femme parlait tout comme si elle lui expliquait simplement une leçon de magie. Même si ça n’avait rien de normal ou tranquille. Elle soupira un instant, gardant ce masque d’indifférence sur le visage, comme si elle était en mission normalement, n’exprimant pas ses sentiments.

« Mais… y a un truc que je peux faire. Je te demande juste de rester tranquille. Et proteste pas ! »

Le grand dragon qui se faisait sauver par la petite mage ! Mais les dragons n’avaient besoin de personne. Moui… c’est pour ça que certains se laissaient berner et devenaient corrompus. Elle avançait, presque craintive, puis arrivée à quelques centimètres, la demoiselle posa sa main sur les écailles du reptile, priant pour que sa magie ne l’handicape pas. Depuis qu’il s’était évanoui, elle craignait encore plus pour lui.

La mage inspira profondément et ferma les yeux, faisant apparaître une petite sphère violette à côté d’elle. Puis cette petite sphère se dirigea tout droit dans la blessure du dragon, s’infiltrant à l’intérieur. Apparemment Cassidy faisait en sorte que ce ne soit pas trop douloureux. C’était une sensation chaude, presque transparente, qui se baladait à travers son corps, remontant vers son cœur. Là par contre ça devait lui faire une petite pique puisque l’énergie noire s’accrochait à son cœur justement. Elle plissa les yeux, très concentrée, insista, puis sa sphère violette aspira complètement la magie noire. Lentement, elle fit le chemin retour et sortit du corps du dragon. Une sphère violette avec une sorte de lumière noire à l’intérieur. Ce truc qui rongeait Tristan depuis tout à l’heure.

Cassidy rouvrit lentement les yeux et prononça un mot alors que la sphère se volatilisa.
Puis elle examina la blessure du dragon qui était très profonde quand même et devint un peu plus soucieuse. Elle ne retira par sa main des écailles de Tristan et posa même sa deuxième main, fermant à nouveau les yeux, murmurant plus pour elle-même que pour lui quelques mots pressants.

« Allez… allez… déclenche toi ! Maintenant ! Je t’en pris… »

Elle était pleine de surprises la petite mage puisque quand elle rouvrit les yeux, ceux-ci avaient pris une couleur dorée. Cette sensation qu’elle connaissait et qui était si difficilement maîtrisable, un mystère qu’elle n’avait pas eu le temps de déchiffrer. Mais la demoiselle savait ce qu’elle voulait et de la lumière dorée s’échappa de ses mains. C’était doux, c’était agréable.

Elle se focalisa sur la blessure de Tristan et miraculeusement, la régénération amplifiée, aidée par les gênes de dragon, se déclencha rapidement. Les tissus se reconstituaient petit à petit, les organes touchés semblaient comme neufs mais elle ne s’arrêta pas avant d’avoir complètement terminé, grinçant des dents. Les écailles apparurent, comme si elle venait de reconstituer intégralement cette partie même si il lui avait filé un coup de main avec sa capacité à lui. Puis, quand elle fut satisfaite du résultat, une chose étonnante se produisit.

Ce n’était pas la fatigue non, ni même ses yeux qui avaient repris une couleur noisette mais son regard qui s’était chargé de nostalgie alors qu’elle faisait un sourire qu’elle seule pouvait comprendre, tapotant doucement le flanc du dragon comme si elle n’avait jamais été effrayée au final.

« Voilà c’est fini… »

Elle se retourna pourtant rapidement même si sa voix était douce, apaisante, pour ne pas en montrer plus à Tristan, ramassant son bâton et commença à avancer. Avec ça il devrait ne pas avoir de mal à reprendre forme humaine. Elle ne le regarda pas, tout air attendrissant disparaissant de son visage, se renfrognant et restant indifférente.

« Pas besoin de me remercier… Tu as eu de la chance c’est tout… »

Faisant quelques pas de plus, elle leva la main dans un geste pressé.

« Ca va c’est bon j’ai fini de te déranger. Je te laisse tranquille. Bonne journée… »

Pourtant, la demoiselle était fatiguée. Mine de rien elle avait fait pas mal de choses et ça n’arrangeait pas son état. Mais hors de question de le manifester devant lui ! Hors de question qu’il la voit faible et elle n’avait absolument pas besoin de son aide ! Mais son corps d’humaine eut raison d’elle. Cassidy ferma les yeux, prise de vertiges, et bascula en avant, évanouie.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ascadian.forumgratuit.org
Tristan Konogan
Professeur Initiation et Maniement des Armes
avatar

Messages : 600
Date d'inscription : 09/05/2012
Age : 25

Feuille de personnage
Race: Drakkari
Royaume:
Vocation: Guerrier

MessageSujet: Re: Un voyage pour apprendre à mieux se re-connaître ?   Mar 19 Nov - 22:16

- Tristan…

Maud était assise sur son balcon, dans un fauteuil et s’était levée, posant ses mains sur le muret puisqu’elle ne pouvait plus vraiment s’y accouder sans être gênée par son gros ventre dont elle prenait un soin obsessionnel, observant la vie, les gens qu’elle aimait, qui s’agitaient plus bas. La joie de vivre rendait ce petit monde d’autant plus important à ses yeux. Elle ne regrettait pas d’avoir laissé sa grande propriété aux murs froids et si peu accueillants pour s’installer ici et ce même si elle devait encore faire quelquefois des allers-retours, des voyages… Elle restait ici sans mal, sans gêne, le plus longtemps possible. Elle et son mari s’étaient découverts dans ce but. Ou redécouverts.
Quand il l’avait épousée, elle était certaine que ce n’était que pour sa beauté, pour l’exposer comme tous ses trophées, comme tous ses achats horriblement coûteux, ses goûts de luxe. Il y avait beaucoup de cela, c’est vrai… Mais il appréciait aussi en vérité son tempérament, sa façon d’être.
Mais le désespoir de ne pouvoir avoir d’enfants les avait terriblement blessés et éloignés l’un de l’autre. Au final, ils s’étaient si éloignés, si détestés mutuellement sans le vouloir qu’ils avaient fait leur vie, chacun de son côté. Lui vivait pour son travail et quelques femmes éventuellement. Elle existait pour son goût de la mode indéniable et son intérêt pour les hommes plus jeunes qu’elle et leur esprit fougueux. Ce n’était pas sa faute. En sortant avec des hommes plus jeunes, elle était certaine de n’avoir aucun engagement et un peu, juste un peu, parvenait-elle à chasser de son esprit le plus gros drame de sa vie : elle n’aurait jamais d’enfant. Elle avait tellement essayé pourtant… Mais toutes ses fausses couches l’avaient rendue malade et fragile, elle avait dû renoncer. Elle savait qu’elle ne serait jamais heureuse à cause de cela.

Quand Tristan était revenu de l’Académie après cette étrange rupture qui n’en était pas une, alors qu’il était si mal, elle avait été surprise de ressentir pour lui une affection bien plus proche de celle de la grande sœur que celle qu’elle aurait dû avoir pour son ancien amant. Et contrairement à ce qu’elle avait prétendu devant Cassidy, elle n’avait pas essayé un seul instant de le séduire à nouveau. Il lui en avait été profondément reconnaissant. Il avait besoin d’une amie plus que d’une maitresse à cette époque. Pourtant, elle le savait. Si elle avait essayé, il aurait cédé immédiatement. Dans son état, il avait bien trop besoin d’être aimé pour se poser des questions ou avoir la moindre hésitation.
Quand il lui avait annoncé son projet de créer ce groupe indépendant qui irait dans le même sens que les Cheistams, elle avait été profondément soulagée, craignant chaque jour de le voir sombrer dans cette part d’obscurité, de le voir céder à ce démon qui le hantait. Elle avait alors évoqué le projet auprès de son mari, prudemment, par détours.

Quelle n’avait pas été sa surprise de le voir rayonner de bonheur et de fierté ! Quelle n’était pas sa surprise quand il lui annonça aider l’armée Cheistam depuis longtemps anonymement, voulant protéger ce monde de la cruauté de ces Kaärs toujours plus nombreux ! Sous ses aspects de riche égoïste travailleur se cachait un homme d’une grande bonté au contraire qui cachait ses actions de peur qu’on s’en prenne à sa famille, à elle pour faire court. Ils s’étaient alors tant confiés, tant découverts qu’ils étaient réellement tombés amoureux à cet instant, très amoureux. Elle s’en était sentie transportée de découvrir un tout autre homme chez son époux et même s’il n’était pas un guerrier, c’était un stratège indubitable. Elle lui avait avoué pour Tristan, après quelques semaines. Il n’avait pas été plus surpris que cela et ils étaient devenus d’autant plus proches alors qu’il lui pardonnait avec une étonnante facilité, se reprochant son besoin d’aller voir ailleurs.

Il appréciait Tristan, son courage et son investissement, tout ce qu’il faisait, renvoyant au centuple ce qu’on lui donnait. C’était un garçon droit et fier même s’il semblait souvent très distant.

Harold vint rejoindre sa femme si jeune et belle malgré sa grossesse et l’entoura affectueusement de ses bras. Comme il aimait agir ainsi aujourd’hui ! Il n’y avait plus de raison qu’il en soit autrement ! Il était tombé amoureux… et avait reçu le plus beau des cadeaux en retour. Elle était enceinte, grâce à ce jeune guerrier à moitié dragon. C’était un secret de taille qu’ils partageaient mais il en était fier et heureux. Il allait être père, son vœu le plus cher se réaliserait, sa grossesse se passait bien… Comme toujours il dut refouler ses larmes, décidément trop émotif dès qu’il effleurait ce sujet. Maud semblait lointaine, fixant un point beaucoup plus bas. Il suivit son regard et vit le jeune épéiste qui s’entrainait. Il soupira, comprenant son inquiétude.

Quelques jours plus tôt, la guérisseuse qui suivait la future maman avait examiné et forcé le jeune homme à se reposer. Il s’entraînait tant et si bien qu’il se blessait, y déversant une rage implacable, que ce soit pour des entraînements au sol ou en vol sous sa forme de dragon. Il était si plein de fines coupures et d’ecchymoses qu’elle l’avait davantage déguisé en momie qu’autre chose !
Maud était inquiète, il le ressentait à ses muscles tendus. Elle devait se ménager pour le bébé. Elle arriverait bientôt à terme, le plus tard possible espérait-il…

- Comment va-t-il ?
- Pas mieux…
- Tu as parlé avec lui ?
- Il est ainsi depuis qu’il est rentré de cette mission. Je n’aurais jamais dû accepter de le laisser y aller. Je pensais que ça l’aiderait, qu’il se trouverait plus responsable… Et puis il semblait guérir plus vite près de sa magie. Mais je n’aurais jamais dû. C’est un vrai fiasco. Il refuse de répondre à mes questions et il ne m’écoute pas.
- …
- Il réagit comme avant son accident…
- Quand il était distant et bougon tu veux dire ? Ou… plutôt l’autre chose ?
- Oui… « l’autre chose » comme tu dis.
- Tu n’avais pas réussi à le faire parler à ce moment-là justement ?
- Si… Je l’ai bien assez regretté par la suite.


Elle s’était tendue un peu plus et il sentit ses épaules s’agiter, remarquant avec une boule dans la gorge que ses yeux se remplissaient de larmes mais elle les essuya aussitôt, toujours aussi digne, impressionnante.

- Ce qu’il m’a dit ce jour-là... J’aurais préféré ne jamais l’avoir entendu Harold… Jamais… Je sais que c’est impossible aujourd’hui mais… s’il me tenait le même discours, je ne le supporterai pas.
- …
- …
- Tu penses que c’est lié ?
- Je… Je ne sais pas. Je ne sais plus…
- Tu ne m’as jamais vraiment raconté ce qui s’était passé mais… vu ce que tu m’as dit… c’était par rapport à cette jeune mage c’est ça ?
- Cassidy ? Oui…


Elle s’était assombrie, l’air de nouveau très triste avant de secouer la tête légèrement, agitant ses boucles brunes pour essayer d’oublier ces… confidences.

- Et elle est réapparue dans sa vie donc peut-être que c’est lié. Je ne l’ai pas vue pour ma part, je suis arrivé quelques heures après son départ mais tout le monde disait qu’elle était très belle et investie une fois une certaine… mauvaise humeur passée. J’ai du mal à imaginer Tristan éprouver quoi que ce soit pour quelqu’un de mal luné mais… pourquoi pas… enfin les hommes deviennent très bêtes quand ils voient une belle femme, j’en sais quelque chose.
- Tsss, idiot…
- C’est ta faute en même temps hein !
- … Je pense que tu te trompes. Tristan a toujours été sensible à la beauté, c’est vrai et il redevient assez lui-même pour avoir ce comportement mais… ça n’avait rien à voir. Nous avons fait ce qu’il faut pour… qu’il n’y ait plus rien.
- Certains liens existent entre ceux qui s’aiment vraiment. Des liens qui ne peuvent pas être détruits, peu importe ce qui se passe.
- Je ne suis pas sûre qu’elle l’ait un jour réellement aimé au point que tu entends… Un lien à sens unique se brise au contraire plus facilement que tu n’imagines. Même si elle semblait chamboulée et triste de ce qui lui était arrivé. Peut-être culpabilisait-elle seulement de s’être mal comportée, je ne sais pas… elle aime un autre homme aujourd’hui. Et j’en suis heureuse pour elle, c’est bien mieux ainsi, surtout… que nos projets devraient bientôt se concrétiser...
- … Mais ?
- … Mais je ne lui pardonnerai jamais.
- …
- Jamais…


Il ne dit rien, se contentant de la serrer dans ses bras, caressant son ventre. Il n’était que son allié, son épaule sur laquelle s’appuyer. Il ignorait le fond de ce grand problème et il savait qu’il en était mieux ainsi même s’il ne connaissait probablement pas assez le jeune homme pour en être réellement impacté. Il se souvenait de ses larmes et de sa mine anéantie : voir sa femme ainsi avait été une vraie torture. De sa seule exigence de voir une de leurs mages à qui elle confiait absolument tout. Il lui avait fallu du temps pour s’en remettre. Et il se souvenait de ses pleurs, coupables, de son état quand elle lui avait annoncé ce qu’elle soupçonnait au plus profond de son être suite au drame qui était arrivé au jeune Drakkari : il SAVAIT.

Elle était justement partie lui rendre visite tandis qu’il restait seul, sirotant un verre d’un délicieux alcool dont il avait rapporté plusieurs caisses à partager avec les habitants ravis du cadeau. Lui aussi aimait cet endroit. Leur enfant grandirait en sécurité ici. Cela le réconfortait.
Pourtant sa mine s’assombrit alors qu’il repensait à cette fameuse révélation en larmes, cette révélation qui l’avait ébranlé. Oui, il était peut-être de ceux qui connaissaient et passaient le moins de temps avec le séduisant jeune homme mais il l’appréciait pour les valeurs qu’il défendait et pour toutes ses qualités de combattant. Soupçonner une telle chose après ce qui s’était passé lui avait fait horriblement mal et il avait prié les dieux pour que son épouse se trompe.

Quand Tristan s’était réveillé, avait progressé, avait commencé à aller mieux, elle avait retrouvé le sourire et la joie de vivre sincère du garçon avait fini par dissiper le nuage de haine et de tristesse qui hantait le cœur de tous ceux qui avaient eu vent de ce qui s’était passé que ce soit en détail ou juste partiellement.
Il sourit. Pour sa part, il pensait qu’elle avait tort. Un homme devenait bien trop stupide en présence d’une jolie femme. Personnellement, il avait échangé ce point de vue avec le Drakkari et avait été surpris et enchanté par sa réponse simple, pleine de franchise et de bonne humeur, même si cela datait d’un moment déjà.

- Ahaha ! On peut bien dire ce qu’on veut. Ce sont les femmes qui dominent notre monde, il n’y a aucun doute là-dessus ! Elles sont les seules à pouvoir mobiliser des troupes avec autant de force et de détermination ! Elles sont les seules à avoir autant de force et de maitrise de leur être pour affronter la vie ! Elles peuvent nous mener par le bout du nez… enfin pour être poli on va dire le nez hein ! Elles sont bien meilleures que nous. Même si nous nous efforçons de jouer les gros bras pour les impressionner et faire croire que c’est nous qui dominons.
- Point de vue intéressant et surprenant pour un homme de ton âge Jack… Je n’étais pas aussi perspicace quand j’avais ton âge c’est certain. Toi… ça ne te gêne pas ?
- Pourquoi donc ? Elles le méritent ! Nous ne leur arrivons pas à la cheville… L’accepter, le comprendre et ne pas vouloir le changer, c’est faire un pas en avant pour les mériter.


Le beau sourire franc du jeune homme aux cheveux en bataille valait tous les diamants du monde pour certaines demoiselles de la cité. Et même Harold n’avait pu s’empêcher de le trouver magnifique et de lui en vouloir pour cette « qualité », cet « atout ». Il avait ronchonné en marmonnant qu’il était décidément beaucoup trop sage pour son âge. Bien moins fort, et récupérant encore doucement, débordant de bonne humeur pourtant, il avait éclaté de rire, son regard se perdant dans le lointain alors qu’il déclarait d’un ton léger que c’était peut-être parce qu’il était un dragon dans le fond. Harold avait été surpris, se reservant un verre en lui jetant un regard perplexe mais le Drakkari était perdu dans ses réflexions, son sourire se crispant en un autre si nostalgique et sérieux qu’il semblait terriblement plus vieux comme si plusieurs vies peuplaient ce corps si jeune. Sa phrase l’avait laissé ahuri même s’il avait fait comme si de rien n’était, y repensant un peu plus tard en ne trouvant pas le sommeil :  « Quel est le propre des dragons ? Observer le monde des hommes, se mêler à eux sans qu’ils ne le voient, être surpris par eux, les trouver étonnants, les trouver stupides, les trouver avides, égoïstes et menteurs, les trouver courageux, admirables, généreux et honnêtes, les mépriser, les haïr, les respecter, les admirer, les aimer : les comprendre et ne jamais pouvoir être des leurs… »
Pourquoi est-ce que cette phrase l’avait rendu si triste ?
Parce que le jeune homme semblait la prononcer pour lui-même ? Pourtant tout le monde l’aimait ici. Mais au final… Il restait beaucoup trop mystérieux.
Pensait-il encore ainsi aujourd’hui ? Etait-ce pour cela qu’il était si… distant ces derniers jours ?

Maud ne tarda par à revenir, un air sombre au visage. Mais elle ne voulut pas en parler, retrouvant rapidement son sourire et ils décidèrent de diner en amoureux. Il avait bien envie de parler comme un papa gâteux à son ventre et elle était toujours ravie de cette initiative.
Mais quand il s’éveilla, dans la nuit et trouva la place vide à côté de lui, il se releva et rejoignit la cuisine. Maud était là, une tasse fumante d’infusion devant elle, assise avec cette grâce qui l’avait toujours intimidé, perdue dans ses pensées, elle parlait toute seule, bas. Il s’approcha et se rendit compte qu’elle priait, se figeant sur place.

- Quel est votre but ? Qu’est ce que tout ceci ? Pourquoi et comment voulez-vous que j’agisse ? Je n’ai pas le droit de décider à sa place. Mais il redevient l’idiot écervelé tellement téméraire qu’il était. Il risque gros. Folie, mort, vers quoi le poussez-vous ? A quoi bon ? Qu’est ce que je peux faire ? Vous me guidiez jusqu’ici, du moins je l’ai cru. Je croyais qu’il était important, que c’est pour cette raison que vous vous obstiniez à le sauver. Vous ne pourrez pas toujours agir. Il devient plus fort. Vous ne l’atteindrez bientôt plus. Est-ce donc cela votre but ? Préparer le meilleur sacrifice ? Je ne comprends pas… je ne comprends pas ce message. Expliquez-moi… s’il vous plait… S’il vous plait…

Elle se mit à sangloter et il recula dans l’ombre en serrant les dents. Qu’était-ce donc que cette histoire à présent ? Etait-elle si inquiète ? Pourquoi ne pas le lui dire ? Craignait-elle qu’il ne s’énerve en la voyant portant autant d’intérêt à son ancien amant ?
Il n’y avait pas de raison.
Il s’avança jusqu’à elle et l’enlaça une fois de plus. Elle sursauta et essaya de lui cacher ses larmes. Il soupira, se passant une main dans ses cheveux sombres méchés de gris.

- J’ignore si les dieux peuvent te répondre Maud, mais moi… je ferais tout pour t’aider… Alors parle-moi.
- D… d’accord…


Il s’attendait à plus de résistance que cela.
Elle l’invita alors à s’asseoir et commença à lui raconter…



Tristan était perché sur le mur de son balcon, une fois de plus, les jambes dans le vide et le regard perdu dans le lointain, il chantonnait très bas une chanson qui avait des airs de chants funèbres. Il secoua légèrement la tête, semblant seulement s’en rendre compte et se mit à rire d’un ton léger comme si c’était juste amusant. Bah… Voilà qu’il s’exprimait sans le vouloir tout simplement.
Soupirant profondément, il descendit de son perchoir pour chercher de quoi manger dans la petite cuisine pleine de différents mets que lui préparaient ses jolies compagnes inquiètes de le voir si peu joyeux ces derniers temps. Toutes étaient de remarquables cuisinières même si ce n’était pas vraiment sophistiqué, c’était excellent et il en profitait grandement.

Une petite voix timide l’interrompit alors qu’il mordait à pleines dents dans une brioche et il se retourna lentement, esquissant un sourire, beaucoup trop craquant même la bouche pleine injustement, à la jolie adolescente rougissante qui venait de passer la porte de sa chambre.

- Salut Mélodie. Bien dormi ?
- Euh… o…oui…hum… me…merci et toi ?
- Mh… ça va. Trop bonne ta brioche ! Comme toujours !

Il semblait plus détendu et souriait gentiment, son visage se détendant alors qu’il ne semblait plus vraiment distant.
La jeune fille rougit de plus belle, regardant ses pieds, d’autant plus intimidée, triturant sa chemise de nuit.

- Oh… euh…m…merci… hum… tu… tu as fait des cauchemars cette nuit,n ;.. non ?
- Ptêt…je sais pas trop, j’en fais toutes les nuits.
- Oh… pardon.
- T’excuse pas. Allez viens manger quelque chose !
- Ah oui, merci…

Elle le rejoignit, rougissant toujours et lui prépara un café alors qu’elle se faisait un chocolat chaud… Après tout, elle venait à peine d’avoir seize ans. Tristan, rayonnant, s’assit en la regardant, reconnaissant.

- Ah merci ! Trop bon ! je le loupe tout le temps moi.
- Tristan… Tu as des soucis en ce moment ?
- Mmmh ? Euh… non pourquoi ?
- Oh… euh… c… c’est juste… c’est juste que… tu… tu… as l’air un peu triste… et… et ailleurs… A… Alors j’ai cru que…

Il sourit, se levant et la rejoignit, se penchant trop près d’elle pour qu’elle n’en perde pas tous ses moyens. Doucement il tapota sa tête, caressant ses cheveux puis lui tira la langue.

- Nan, je réfléchis, c’est tout. Dis tout de suite que j’ai une sale tronche quand je réfléchis !
- Aaaaahhhh !!! N … n… Non, pas du tout ! ce n’est pas ce que…
- Je plaisante Mel… Calme toi.
- …ah… méchant.
- C’est pour ça que tu m’as rejoint hier soir ? Tu t’inquiétais ?
- Je… je… o… oui.
- Ne t’en fais pas pour moi, d’accord ? Jamais. Il n’y a aucune raison pour que tu t’inquiètes…

Rassurée, la jeune fille le remercia, effleurant sa joue de ses lèvres, déjeuna rapidement avec lui puis enfila son manteau et rentra chez elle. A peine était-elle partie que le jeune homme s’assombrit même si un sourire persistait sur son visage.

- On ne s’inquiète pas… pour un paria.

Nonchalant, il haussa les épaules, bailla et s’étira, faisant jouer les muscles de son torse et décida d’aller faire un petit tour. Il n’avait que peu le droit de s’entrainer aujourd’hui, fichue mage casse-bonbons, alors autant aller faire une séance de vol. Préparant comme toujours le sac que lui avait offert Cassidy, même s’il posa un étrange regard dessus lorsqu’il l’effleura, il s’habilla puis retourna sur son balcon et se jeta dans le vide avant de se transformer et de s’élever haut, au-dessus des nuages.

Le plaisir de voler n’était pas qualifiable et encore moins explicable. Il avait bien essayé de mettre des mots sur ses ressentis mais il n’y parvenait pas. C’était une suite désordonnée d’émotions, d’excitation et d’apaisement, de mort et de renaissance. Sentir les muscles puissants de ses ailes le porter était quelque chose de vraiment particulier et dont il ne parvenait décidément pas à se passer bien longtemps. Pourtant, il n’avait encore partagé ces sensations qu’avec une personne. Cassidy.
Comme chaque fois qu’il pensait à la petite mage, trop d’émotions se jetaient sur lui et le faisaient agir maladroitement même pour quelque chose d’aussi naturel pour lui aujourd’hui que voler. Il repensait à elle. Il repensait à cette semaine. Il repensait à ce qui le hantait, ce qu’il voulait lui dire mais qu’il n’osait pas prononcer, ce qu’il ne voulait partager avec personne de peur de ce qu’on lui dirait. Aujourd’hui Maud savait : elle semblait déçue… tellement déçue… Il repensait à tous ces changements qui s’étaient opérés chez la petite mage au cours de ces quelques jours alors qu’ils n’étaient que tous les deux, à tous ces contacts. Il repensait à cette capture… Il repensait à son corps nu, superbe, merveilleux, à ces sensations plus inqualifiables encore que ces vols qu’il aimait tant quand ils s’étaient touchés, embrassés, seulement ceci c’était déjà beaucoup trop. Son cœur lui faisait tellement mal quand il l’avait prise dans ses bras, haletant, la serrant contre lui, l’embrassant alors qu’elle semblait toute intimidée, fragile, surprise, qu’il avait cru qu’il allait exploser. Mais non…
Et puis il y avait eu la vérité… Il ferma ses yeux de dragons, luttant contre la douleur qui montait de sa gorge et qui risquait de l’obliger à cracher des flammes, déglutissant en sentant la morsure de cette espèce d’acide qui se transformait en flammes au contact de l’air regagner son estomac.
Il ne voulait pas se rappeler ceci… Il ne l’accepterait pas, non.

Comme chaque fois, il était tout étourdi et c’est donc l’espèce d’odeur d’un autre dragon, la présence d’un autre dragon, qui le sauva de ses propres pensées assassines. C’était étrange, un peu… bizarre, il le sentait, il le savait. Intimidé en imaginant qu’il s’agissait d’un de ses pairs, il se reprit en se disant que ce qu’il sentait de bizarre était peut-être simplement la blessure d’un de ses frères. Aussitôt revigoré, sans se poser de question, il piqua vers la clairière sur cette montagne.
La suite… fut un enchainement étourdissant qui le laissa groggy… Une histoire de magie, la douleur d’une lance qui lui transperçait le corps malgré ses écailles, des humains, des Kaärs…Il commençait à détester les humains… Les gentils ne rattraperaient pas éternellement les agissements des mauvais pour lui…

Ils l’encerclaient. Apparemment ils voulaient lui faire du mal, le découper en morceaux. Cette pensée s’imposa à son esprit avec une clarté telle qu’il sut qu’il avait raison. Pourtant, s’il essaya de lutter un instant, se rebellant, il abandonna bien vite, curieusement… rassuré. Comme s’il savait déjà ce qui allait se passer. Ca ferait mal oui, il allait beaucoup souffrir. Mais après ce serait terminé… Il se sentirait bien. Comment savait-il cela ?
L’instant d’après, une manifestation magique extérieure surprit tout le monde et alors que l’esprit du dragon était de plus en plus embrumé par la magie qui s’en prenait à son cœur ralenti, il vit apparaitre Cassidy.

Allons bon ! Qu’est ce qu’elle venait faire ici ???!!!
Apparemment le sauver et si elle devait être soi-disant bloquée magiquement, comme lui, elle prouva bien vite sa supériorité magique ou… autre à ses agresseurs. Il sentait le mal émaner d’elle, enfin quelque chose qui y ressemblait mais à vrai dire, il était trop fatigué pour y réfléchir plus que ça. Surtout… ne pas se retransformer, surtout ne pas se retransformer…
La petite mage se défoula. Il ne comprenait pas pourquoi elle intervenait. Il avait pourtant été méchant avec elle, alors pourquoi faisait-elle cela ?
Une des plus grandes démonstrations de magie se déroula devant ses yeux et même si son esprit tournait au ralenti, il fut sincèrement impressionné.

Et quand elle en eut fini avec ces hommes, elle s’occupa de le soigner. Bah, tant qu’elle y était après tout. Là non plus, il ne comprit pas tout, ni pourquoi elle n’avait pas peur, ni pourquoi elle agissait ainsi, ni cette histoire de demande d’intervention. Elle parlait à sa magie ? Néanmoins, voir ses grands yeux noisette virer au doré, c’était quelque chose. Et rapidement, il alla beaucoup mieux même s’il voyait à quel point elle en demandait à son corps, à sa magie pour l’aider, pour le soigner.
Mais très vite, aussitôt qu’il fut guéri en fait, elle se détourna, ramassa ses affaires et s’éloigna sous son regard orangé inquisiteur. Trop de questions. Des questions qu’il ne devait pas poser. Qu’il ne pouvait pas poser.

Elle ne voulait pas qu’il la remercie ? Pourquoi ? A cause de ce qu’il avait fait ? Fini de le déranger ?
Il serra les crocs, l’esprit embrumé par les souvenirs de ces quelques jours passés ensemble. Mais il les chassa vite, se sentant apaisé par une résolution prise bien avant qu’il ne se rende compte vouloir choisir. Il sentait sa fatigue. Elle avait bien trop tendu son esprit vers le sien. Il ressentait la douleur dans ses muscles, l’épuisement de son corps, les battements irréguliers de son cœur… Elle s’évanouit et chuta en avant mais surprenant de vitesse, le jeune homme était déjà.. devant elle.

Il s’était retransformé et une grande marque rouge marbrait son flanc là où il avait été grièvement blessé mais rien de plus, pas de gêne apparente. Il ferma les yeux en grimaçant, anticipant un choc apparemment, du moins c’était comme si, ou alors il la trouvait peut-être repoussante. Pourtant c’est avec beaucoup de douceur et absolument aucun choc qu’il la rattrapa alors qu’elle basculait contre lui. Mais le jeune homme se crispa à son contact et grimaça un peu plus en serrant les dents. C’était à prévoir… Encore plus. Décidément…
Maudite magie…


Bien plus tard, elle s’éveilla enfin et il l’observa du coin de l’œil alors qu’il s’était occupé de préparer un feu et positionnait quelques bûches dans celui-ci. Le temps s’était couvert, énormément et une véritable averse tombait dehors. Dehors ????
Ah ben oui, ils étaient dans une caverne et à voir le gros sanglier mort étendu sur le côté, la place était déjà prise lorsque le jeune homme était arrivé, portant une petite demoiselle évanouie et très affaiblie. La caverne semblait immense même si peu accessible pour des animaux plus larges qu’eux. En effet, un boyau semblait donner accès à des profondeurs rocheuses et les bruits d’eau qui se faisaient entendre laissait imaginer qu’une source naturelle s’écoulait plus bas, comme souvent dans le coin et dans une montagne surtout.

Il bougea quelque bûches sans donner l’impression d’avoir senti son réveil mais quand elle se redressa un peu vivement, ne comprenant pas tout probablement et envoyant à moitié valser la couverture dont il l’avait enveloppée qu’il avait sortie de son sac, il s’exprima d’un ton assez… blasé.

- Ménage-toi. Tu as fait n’importe quoi. Maintenant tu es toute cassée alors repose toi… Si tu crois que ça a été une partie de plaisir de te transporter jusqu’ici !

Ah ben non… pas très gentil le Tristan. Apparemment ça l’avait énervée et brusquée et la petite demoiselle n’avait décidément pas besoin de ça. Elle devait essayer de se relever mais une fois de plus, surprenant de vitesse, l’instant d’avant près du feu, le suivant à côté d’elle, il appuya sur ses épaules fermement pour la rallonger. Il serra les dents quand il la toucha puis garda ses mains jusqu’à ce qu’elle se calme un peu, ce qui ne tarda pas puisqu’elle semblait avoir un peu trop joué avec sa magie et être encore trop faible pour s’agiter dans tous les sens… ce qui devait être bien assez frustrant comme ça. Il la relâcha alors, toujours à genoux à côté d’elle puis baissa la tête.

- Désolé… je… C’est pas… J’étais…. Inquiet c’est tout. Tu étais toute pâle et… tu avais l’air tellement mal. Mais ça ne t’a pas empêché de me rouer de coups inconsciemment pendant que je te portais par contre. Normalement... les gens KO... ça bouge pas...

Il venait de s’exprimer sur la fin d’un ton un peu boudeur alors que le début était sincère et curieusement prononcé plus doucement. Il releva la tête vers elle et effectivement un beau bleu s’étalait sur son menton. Mais ça ne semblait pas le gêner plus que ça. Un léger sourire éclaira son visage, devenant plus large au fur et à mesure qu’il s’exprimait.

- Tu as eu une sacrée veine que je ne mette pas mes écailles à contribution, tu te serais cassé la main sinon ! Ou alors c’était ta magie peut-être… elle doit pouvoir passer à travers… Possible oui…

Pourtant l’instant d’après, il redevint un peu plus sombre, hésitant, touchant du bout des doigts le sol par terre avant de tapoter doucement une de ses mains et de la prendre avec des gestes décidément trop précautionneux.

- … Tu n’aurais jamais dû prendre de tels risques. Ni m’aider comme ça… Je m’en veux. A cause de moi tu as été en danger alors que j’avais dit… que je te protégerais…Pardon… et merci quand même… J’imagine que tu as agi instinctivement mais… si je m’étais retransformé avec cette blessure, eh bien… Enfin j’aurais eu ce que je méritais probablement.

Il tira la langue puis lui sourit de nouveau, l’air un peu gêné, évitant de la regarder, les pommettes rouges.

- Tu as besoin de récupérer des forces et j’ai pleins de trucs à manger en plus de la viande alors… c’est bien… Mais avant… On a été trempés par l’averse et euh… c’est pour ça que tu es en sous-vêtements sous cette couverture, je ne voulais pas que tu attrapes froid, et que je suis en boxer, et euh… nos affaires sèchent mais pendant que tu dor… que tu récupérais de ton impressionnant combat, j’ai réussi à aller explorer le boyau de la caverne… On dirait que la chaleur remonte de la terre et chauffe une espèce de bassin plein d’eau… Ce n’est pas trop chaud, ça va, mais ça devrait nous faire du bien… et te réchauffer un peu… Alors… tu… tu veux y aller ? et après… on mangera et… je ferais comme si je ne savais pas que je suis un méchant garçon qui a été idiot et très égoïste parce qu’il était très vexé d’être tombé évanoui devant une fille qu’il aime bien alors qu’il est censé être un fier guerrier super fort et qui a préféré rentrer chez lui bouder plutôt que de s’excuser d’être aussi nul… D… D’accord ?

Intimidé, il regardait ailleurs mais rapidement, cette situation changea puisqu’il cherchait probablement à se donner une certaine contenance alors qu’il la fixait avec un sourire…

- Ou alors tu continues de faire le poisson hors de l’eau et avec la couverture qui a glissé, je continue de mon côté à te reluquer la poitrine… C’est bien aussi. J’ai oublié de dire bonjour je crois...

Grand sourire innocent chez le jeune homme qui au final ne semblait plus du tout de mauvaise humeur et plutôt… toujours sans gêne même aussi peu habillé devant elle !
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Cassidy Herediane
Directrice de l'Académie Hysandra
avatar

Messages : 851
Date d'inscription : 26/02/2012
Age : 29

Feuille de personnage
Race: Humain Ascadian
Royaume: Territoire Neutre
Vocation: Mage

MessageSujet: Re: Un voyage pour apprendre à mieux se re-connaître ?   Mer 20 Nov - 12:04

Cassidy ignorait beaucoup de choses. Mais ça ce n’était pas nouveau. Tristan avait toujours été un mystère pour elle, que ce soit avant ou après son accident. Est-ce une bonne chose de cacher la vérité en invoquant le prétexte de la protection ? De la douleur de certaines révélations ? Ca fait mal, très mal sur le coup mais au moins peut être ne chercherait-on pas à reproduire les mêmes erreurs, encore et encore.

Si Cassidy savait ce que Maud disait, et elle devait certainement avoir les oreilles qui sifflaient à ce moment là, alors peut être aurait-elle été en colère qu’on ne lui dise rien. Elle n’était plus à une baffe près et même si elle savait pertinemment que certains secrets étaient très sombres, elle avait aussi son lot de mystères. Comment devrait-elle réagir ? Que pourrait-on dire ? Avec des si on referait le monde et Cassidy ne pouvait pas le refaire. C’était comme ça. Subissez ou mourrez. Simple, efficace.

On l’avait toujours tenu à l’écart des secrets. Bon il est vrai, Tristan lui avait révélé certaines choses même si en partie la plupart de ses secrets était une mauvaise piste. Alors qu’elle, elle avait recherché un soutien, parce qu’au final, d’entre les deux, elle était certainement celle qui en disait le moins. Pourquoi ? Peut être parce qu’elle lui avait déjà confié certaines choses de son passé à elle. Qu’elle n’avait jamais déclaré à Erwan. Elle avait un appui, elle avait une épaule sur laquelle s’appuyer. Mais aujourd’hui, la mage était bien seule, en proie aux doutes et si Tristan avait pu parler à Maud, eh bien elle… elle gardait tout pour elle. Que ce soit cette tourmente de sentiments dont elle ne voyait pas la fin, les secrets qui tournaient autour de sa magie, cette sensation si bizarre qui s’emparait d’elle, obscure, ténébreuse, mais qui était bien une des seules choses pouvant encore l’apaiser aujourd’hui quand elle perdait les pédales.

Très contradictoire… mais c’était Cassidy. Un petit bout de femme qui reniait tout, qui vivait avec ce qu’elle avait et au final, n’avançait pas plus que ça, ne progressait pas. Elle avait même rompu le contact avec ses parents ! Elle, la petite demoiselle qui pourtant semblait si proche d’eux… et pourtant si éloignée. Alors oui, la solitude lui pesait et si il ne lui restait pas une seule chose qui la faisait encore tenir debout, alors elle aurait succombée depuis longtemps. Surtout quand on sait qu’elle avait déjà cherché à en finir avec la vie. Tentatives malheureusement loupées, grosses baffes pour qu’elle se réveille, mal de tête… surtout le mal de tête. Pourquoi l’empêchait-on de partir ? Ah oui… c’était uniquement pour ça. Bah aujourd’hui, elle se sentait bien stupide d’avoir tenu un tel discours et d’être encore poursuivie par celui-ci.

Si au début, elle avait catégoriquement refusé venir en aide à Tristan, la petite mage avait très rapidement changé d’avis. Qu’est-ce qui l’avait décidé au final ? Un soupçon d’aide très certainement, mais aussi… un sentiment toujours très présent. Elle lui avait dit qu’elle serait toujours là pour l’aider et le soutenir, peu importe ce qui arrivait non ? Alors elle devait tenir parole. Peu importe ce qu’il répondait, peu importe ce qui pouvait arriver. Rester dans le flou alors qu’il y avait peut être quelque chose de grave n’était pas la meilleure des solutions. Elle avait refoulé sa rancœur, sa tristesse, voir ce visage si froid et distant d’elle, uniquement pour aller le sauver. Pourquoi ? Pourquoi s’acharnait-elle ? La réponse elle l’avait… mais refusait toujours de l’admettre.

Lorsqu’elle était arrivée et avait constaté la situation, voir la hache de ce bourreau l’avait rendu complètement folle. Elle était très calme au départ puis se déchaina complètement sur ses adversaires, un esprit de feu du même état qu’elle, rugissant de rage et de colère. Tout ce qu’elle était. Elle attendait de voir de la peur dans les yeux de ses ennemis, des tremblements, avant de porter le coup final. Ils savaient tous qu’ils allaient y passer et que cela avait été une grave erreur d’avoir attaquer un dragon. Et personne ne comprit pourquoi une mage, une humaine, s’amusait à en sauver un alors que les humains étaient si désintéressés de ces reptiles.

Et puis, même si un des leurs s’était échappé, Cassidy avait autre chose à faire plutôt que de lui courir derrière. Tristan ne guérirait pas tout seul. Il n’avait certainement pas tout compris ou entendu. Au moins, après avoir enlevé sa barrière de feu et son esprit, elle pétait la forme encore. Sauf sa main ensanglantée, rappelant la volonté qui lui avait permis de se libérer de l’enchantement. Alors elle s’expliqua, le regardant.

Il se trompait, elle était beaucoup plus craintive que ce qu’il ne voyait. A vrai dire elle hésitait. Il ne voulait pas d’elle ! Que se passerait-il si il commençait à bouger ? A vouloir la mordre dans son état ? Cassidy tremblait un peu et si elle s’était retrouvée sur son dos, cela n’avait absolument rien à voir avec maintenant. Parce que là elle avait tout le loisir de l’examiner, dragon impressionnant et si puissant, capable de porter un coup fatal en une fraction de secondes. Et si il était en colère contre elle, ou avait perdu la tête, cela pouvait très bien arriver.

Et pourtant, elle se rapprocha de lui, posant doucement sa main sur ses écailles chaudes et douces. Bon elle le préférait en Drakkari, ça c’était indéniable ! Mais elle repoussait cette peur pour les dragons, cette colère, tout ça uniquement pour le soigner ! Pour s’occuper de lui ! Elle avait l’air de savoir ce qu’elle faisait et qui dans Ascadian pouvait se vanter de soigner un dragon gravement touché ? Qui parmi les humains était capable d’un tel exploit ? Certaines mauvaises choses apportent de bonnes choses au final.

Malgré tout, au fond de ses yeux, on lisait une certaine appréhension. Elle n’avait jamais fait ça et devait s’en remettre à tout ce qui lui avait été rapporté, fermant les yeux pour mieux se concentrer, pour être plus calme. Un seul faux mouvement et c’était terminé. Il devait s’en remettre complètement à elle. Puis, lorsque la première étape fut terminée et qu’elle retira la source du mal, la petite mage entreprit de le guérir. Oh bien sûr qu’elle savait le danger de telles transformations, c’était la même chose pour ceux capable de se transformer en un animal comme les druides par exemple. Et comme elle savait qu’opérer un dragon lui prenait énormément d’énergie, autant le guérir rapidement dans le cas où il se mettrait à bouger.

Elle pria pour que sa magie se déclenche. Oui Cassidy avait déjà lu les notes de Tristan mais vraiment très mal et elle ne saisissait pas tout le fond. Parce qu’elle n’avait aucune volonté d’en apprendre plus, puisque c’était lui qui lui avait offert, pour la fête de la fin d’année et souvenir trop marquant, elle refusait de continuer à poursuivre ce secret. Alors c’était très maladroit, elle ne savait pas comment ce truc se déclenchait, si c’était ses paroles, ses gestes, une attitude instinctive mais cela fonctionna. Et elle ne lésina pas sur les moyens ! Réparant tissus, organes, comme neuf. Heureusement ses cheveux ne devinrent pas blancs, ce qui était peut être une bonne chose.

Nostalgique, elle avait été plus attendrissante, apaisée après avoir agi. Avant de s’éloigner. Veiller sur lui oui… elle n’était pas contre. Mais subir les critiques non… Elle n’en avait pas envie, elle n’avait pas envie d’afficher son grand sourire alors qu’elle était persuadée qu’il la détestait. La petite mage s’était détournée, avait marmonné un truc comme quoi elle continuait sa route.
Ah oui apparemment, elle avait oublié de refermer son esprit. Enfin quand on active ce genre de chose, difficile de la faire disparaître. Et il le sentit bien assez tôt qu’elle faiblissait, tombant en avant sans demander son reste. Les ténèbres l’envahissaient.

Un crépitement apaisant, une sensation de chaud sur le dos, Cassidy cligna lentement des yeux en gémissant avant de les rouvrir complètement, le décor dansait devant elle. Heu… elle ne se rappelait pas être passée ici… Un feu de camp ronronnait juste devant elle. Que s’est-il passé déjà ? Elle secoua la tête alors que tout lui revint en mémoire. La mage se redressa d’un coup, enlevant la couverture, jetant un regard presque craintif et paniqué à Tristan en le regardant, ne comprenant pas ce qui s’était passé entre temps, puis chercha à se lever.

Il répliqua, pas très gentil pour le cas et certainement pas reconnaissant. De la peine… encore et toujours ! Elle ne resterait pas à côté de lui alors qu’il était de cette humeur ! Non tant pis elle partait maintenant, il était en forme, elle allait mieux, c’était parfait ! Mais il vint se poser devant elle et la força à rester assise. Puis il devint beaucoup plus mal alors que les muscles de la demoiselle étaient crispés, prête à se relever, prête à partir loin d’ici.

Mais sa magie, elle n’en avait aucun contrôle et s’épuisait drôlement vite. Surtout celle là ! Elle grogna un instant tout en posant une main sur sa tête, faible puis l’écouta parler. Alors qu’il disait qu’il était inquiet. Premier grand regard d’étonnement. Et qu’elle l’avait frappé. Deuxième regard d’étonnement. Il souriait… elle ne comprenait pas ! Non mais il avait la mémoire courte ou quoi ? Il jouait à quoi ? Tristan parlait de ses écailles. Et elle se mit à marmonner tout bas en baissant très lentement les yeux.

« J’ai vu pire… »

Bah oui elle avait été brûlée par un dragon corrompu ! Et elle en gardait une trace. Mais maintenant ça allait mieux. Oui peut être que sa magie la protégeait maintenant. Il avait prit doucement une de ses mains, celle qui n’était pas bandée à cause de la morsure qu’elle s’était faite et qu’il avait très certainement bandée. Elle lui était très reconnaissante de ne pas avoir cherché à appliquer une écaille dessus, ça finirait par guérir naturellement.

A sa grande surprise, il s’excusa, proliféra des mots assez intrigants mais lorsqu’il termina sa phrase, la jeune femme l’avait regardé fixement dans les yeux. Le genre de regard qui pouvait dire qu’elle ne l’aurait jamais laissé se faire du mal tout seul et qu’apparemment, elle avait pris toutes les précautions en envisageant les différents scénarios qui pouvaient se présenter. Agir instinctivement ? Il se trompait… enfin oui on pouvait dire que c’était une sorte d’instinct au final.

Elle voyait toujours aussi flou. Ca ça lui arrivait parfois, sans savoir pourquoi, quand elle utilisait cette magie étonnante. Le pire c’était quand elle était devenue aveugle. Mais heureusement ça n’était pas arrivé depuis ce jour. La demoiselle cependant l’examinait et voyait les contours de son corps, son torse nu et ne pouvait s’imaginer de penser à certains souvenirs trop agréables qu’elle devait pourtant refouler même si la vue, même floue, de son corps lui tirait des frissons agréables et qu’elle se serait bien noyée pour arrêter de penser à ça ! Et puis elle rougissait un peu.

Tristan s’exprima d’une traite et expliqua ce qui s’était passé et même s’excusa pour la dernière fois ! Heu là elle avait du mal à comprendre et ouvrit la bouche bien ouvertement, abasourdie par ses paroles. Quoi ? Juste gêné ? Heu… réflexion… réflexion… Son cœur s’agitait dans sa poitrine, son cœur bien en miette alors qu’il jouait avec, tantôt qu’il était distant ou proche. Elle ne savait plus quoi penser… Et comme il remarqua sa gêne, il se fit plus pervers. Elle ne bougeait même pas… puis remonta ensuite la couverture sur elle, sûrement parce qu’elle avait froid. La demoiselle détourna lentement la tête puis prononça un petit mot.

« Salut… »

Tant de questions se bousculaient dans sa tête ! Et elle aurait voulu les poser mais… quelque chose lui disait que ce n’était pas le moment. A partir de ce moment, elle comprit qu’il lui cachait énormément de choses mais ça ce n’était pas nouveau. Et malgré la douleur, malgré la peur de se prendre une nouvelle baffe, elle se retourna lentement vers lui, cherchant apparemment ses mots.

« Heu… je… »

Puis elle murmura qu’elle était d’accord pour prendre un bain. Il se redressa, elle également puis il la conduisit à l’intérieur. Mais la demoiselle qui était encore un peu sonnée ne vit pas la paroi de la caverne alors qu’ils s’enfonçaient, regard encore trop flou et se cogna dedans. Enfin plutôt Tristan s’était placé devant elle, la guidant. Elle marmonna un moment et à sa grande surprise, la petite mage se dévoila un peu.

« Désolé… je vois trouble… c’est cette magie ! Si j’avais étudié plus attentivement les notes j’arriverais mieux à l’utiliser mais là… enfin rien à voir avec toi »

Elle le suivit puis sentit la chaleur monter de la pierre sous leurs pieds. En effet, c’était plus chaud, apaisant et très chaleureux. La demoiselle était toujours en sous vêtements puis s’approcha à pas prudents de l’eau, mettant une main. La température était bonne et ça faisait très longtemps qu’elle ne prenait plus de bain. Souvenirs…

« Tu as vérifié si… ce n’était pas trop profond… je… je sais pas nager… »

Elle se renfrogna un coup alors qu’il lui répondit. Ils entrèrent dans l’eau et elle s’apaisa. Le contact lui faisait extrêmement de bien malgré le fait qu’ils soient silencieux d’un côté et de l’autre, elle un peu gênée et lui… de toute façon elle ne pouvait pas observer les expressions de son visage très précisément. Une grimace pouvait être un sourire et vice versa.

Puis, après un moment, ils sortirent de l’eau et c’est toujours un peu guidé par lui que les deux jeunes gens revinrent près du feu de camp. Elle s’enroula dans la couverture alors qu’il cherchait des choses à manger. La demoiselle regarda puis se servit, le remerciant. Puis soudain, alors qu’elle tenait un biscuit dans la main, elle se mit à parler. Pourquoi était-elle venue le voir ? Le sauver ?

« Tu sais… je serais malhonnête de te dire que je ne m’inquiétais pas pour toi… Au fond… si on t’avais fais du mal alors… ça m’aurait beaucoup touché… parce que… parce que… »

Elle murmura très bas… mais alors vraiment très bas. Comme si elle avait peur de sa réaction. Oh et puis zut hein ! Dans le pire des cas il partirait. Mais pourquoi lui disait-elle ça alors que depuis la dernière fois elle lui en voulait ? Qui sait…

« Je tiens à toi… »

La demoiselle ne toucha pas au biscuit, un peu tremblante, puis continua de s’exprimer.

« Je ne te l’ai pas dis mais… je suis désolée… désolée si je t’ai fais du mal… et si je le pouvais… alors je ferais n’importe quoi… je donnerais tout ce que j’ai… si tu m’en veux… pour me faire pardonner… »

Elle n’était peut être pas bête et savait que derrière son sourire, son air mystérieux, il cachait des choses. Feignant de faire comme si tout allait bien ou au contraire s’éloigner d’elle pour ne pas la blesser non ? Il lui avait déjà fait le coup… bien avant. Et si elle se rappelait d’un peu comment il était, alors Cassidy savait qu’elle ne se trompait pas. A la suite il se mit à réagir et finalement, après un moment, elle se posa dans sa couverture pour s’endormir.

Elle était cependant très proche de Tristan, se rapprochant à côté de lui dans son sommeil.

Puis… une chose inattendue se produisit. Si elle avait ouvert son esprit d’humaine à celui d’un dragon… si il se posait des questions quant à sa répulsion pour ces créatures… si il se demandait pourquoi elle connaissait autant de choses sur eux… alors il fut servi. Car il vit… tout ce que Cassidy refoulait au plus profond d’elle. Du moins une bonne partie.

Cassidy plusieurs années en arrière. C’était peu après qu’elle se soit séparée de Tristan ou plutôt qu’il la force à l’oublier. Mais elle avait toujours cet air naïf sur le visage, plein d’espoir et de bonne volonté, une robe tellement couverte sur elle, que oui… c’était bien la Cassidy d’avant. Son bâton dans le dos, elle se trouvait à la montagne. Sûrement au nord d’Ascadian.

Elle était vêtue d’une longue cape, puisque le temps était froid et que le ciel blanc annonçait de la neige pour bientôt. Apparemment, la demoiselle savait où elle se rendait. A voir le décor en bas, elle se trouvait très haut en altitude, beaucoup de grands arbres cachaient ce défilé de montagnes, les rendant invisible à l’œil nu. La petite mage avait utilisé sa magie pour grimper à certains endroits, la sueur se voyait sur son visage.

Puis elle atteint un point qui la satisfaisait. C’était comme si c’était un autre monde… caché de celui des humains tout en bas. Elle souffla un instant pour regarder le chemin qu’elle avait parcouru, fière d’elle puis continua sa route.

Et alors qu’elle avançait, elle vit plus au loin une grande silhouette verte, majestueuse, posée sur un gros rocher qui fixait les environs. Naïve, trop confiante, la demoiselle avança, un grand sourire sur le visage.

« Hem salut ! »

Le dragon releva la tête en voyant l’intruse et resta complètement immobile, humant l’air comme si il cherchait à identifier quelque chose.

« Désolé de te déranger… En fait j’ai une requête à faire. Je sais que c’est un peu téméraire de ma part mais je suis sûre que vous pourrez comprendre que… »

Elle n’eut pas le temps d’en dire plus que le dragon poussa un rugissement de colère, s’envola et fonça sur elle comme pour l’éjecter d’ici. Cassidy fit un pas en arrière, son visage se crispant alors la majestueuse créature fonça en avant, griffes dehors. Puis la jeune femme roula sur le côté évitant le dragon, hurla et courut dans la direction opposée pour se cacher dans une forêt sans demander son reste.

Puis lorsqu’elle constata qu’il était parti, elle sortit du tronc d’arbre mort qui lui avait servi de refuge, s’époussetant mais la peur passée, son sourire réapparut sur son visage.

« Eh bien eh bien bel accueil ! Bienvenue ! Mais ne t’inquiète pas ! Je reviendraaaaaaiiiiiiiiiiis ! »

La scène devint floue puis se fut une succession d’images, de petites scènes. Seule la neige donnait une valeur de temps alors que chaque jour, elle recouvrait petit à petit les montagnes.
On voyait la jeune femme tenter de parler à chaque fois avec un dragon, cherchant à exposer une requête, qu’elle n’arrivait pas à prononcer puisqu’elle se faisait couper par un rugissement alors que le dragon en question la chargeait. Des rouges, des noirs, des jaunes, des verts… Tous les dragons la repoussaient farouchement sans lui laisser le temps de s’exprimer. Parfois elle trébuchait en courant, se faisant quelques bosses et bleus mais à chaque fois elle revenait à l’assaut, persévérante, insistante comme si ils devaient l’écouter et que c’était très important.
La scène changea alors une nouvelle fois.

Elle était dans une sorte de caverne, une sphère lumineuse à côté d’elle. En fait c’était carrément une sorte de… temple ? habitat ? Tout était éteint mais il y avait eu une activité humaine ici. Le plus impressionnant c’était cet arc creusé dans la paroi qui menait à une sortie dans la montagne, une sorte de balcon en pierre qui donnait une vue imprenable sur l’horizon d’Ascadian. A un autre endroit, il semblerait que la roche avait créé une sorte d’enceinte, travaillée, visible à la lumière du jour, un petit jardin.

Cassidy avançait dans cet endroit inhabité. C’était poussiéreux, il y avait des toiles d’araignées partout mais elle était aussi impressionnée, se demandant qui pouvait bien vivre ici. Elle avait sorti un cristal de son sac, un cristal qui servait à consigner des informations orales.

« 10ème jour… Les dragons ne semblent toujours pas prêts à m’accepter. Je ne pensais pas que ça serait aussi dur. Je viens de trouver une sorte de grande habitation, ressemblant à un temple ? un monastère. Apparemment une vingtaine de personnes vivaient ici. Comment ont-elles disparues ? Les dragons les ont repoussés ? Une attaque ? Personne pour la reproduction ? »

Elle passa devant une statue et enleva la poussière. Cela représentait justement un fier dragon, enroulé sur lui-même et regardant le ciel.

« Il semblerait qu’ils avaient conscience de la présence des dragons… une statue pour les honorer peut être ? »

La demoiselle arriva dans une pièce qui semblait abriter une mine d’or d’informations, une sorte de salle des registres. Elle se mit à sourire. Il y avait sûrement des informations ici ! Prenant un gros livre poussiéreux et en état de décomposition, elle se mit à lire tout en parlant en même temps lorsqu’elle trouvait une information intéressante.

« Visiblement il s’agissait d’un groupe qui vénérait les dragons. Ils ne s’en approchaient pas mais restaient très respectueux, chacun sur son territoire. Ils leur donnaient des… offrandes ?! Quoi comme offrande ? Pour attirer leur bienveillance et bénédiction. »

Elle soupira et tourna quelques pages, se remettant à lire.

« Tiens… une personne avait réussi à s’approcher d’eux… un mage apparemment qui se lia d’amitié. Il est dit ici qu’apparemment il y aurait un lien entre magie et énergie draconique. Le mage le sentait mais les dragons restaient très discrets à ce sujet. Ca raconte qu’ils étaient trop fiers pour partager leur énergie avec un humain, préférant se débrouiller seuls. Mais le mage disait que si un jour ils arrivaient à sympathiser avec les dragons alors il était possible qu’une puissante magie se crée mais c’est une simple supposition »

La demoiselle attrapa un gâteau dans son sac, pensive puis en croqua un bout.

« Ca peut être bien mais c’est pas pour ça que je suis venue de base ! Bon… voyons voir si il n’y a pas autre chose pour attirer leur sympathie et éviter qu’ils m’envoient bouler à chaque fois… »

La scène changea encore alors qu’elle était dans une salle qui était magnifique, de marbre. Des sculptures de dragons encore une fois, des bancs, un espace pour prier et un petit coffre fermé au milieu. La demoiselle vérifia si il n’y avait pas de sort puis l’ouvrit… pour apercevoir cette fameuse pierre qu’elle avait offerte à Tristan bien après. Elle l’a prit dans ses mains, l’examinant, puis parla dans son cristal.

« Présent des dragons ? Pierre draconique ? Quelle importance avait cette pierre pour les croyants ? »

Elle la rangea soigneusement dans un petit écrin puis dans son sac.

Encore une fois le décor changea. Cassidy était à l’extérieur, vêtue d’une drôle de robe aux allures de cérémonie, rouge et noire, d’étranges symboles dessinés dessus. Il y avait deux dragons, des adolescents apparemment, qui buvaient à un point d’eau. Sans hésiter, elle s’approcha d’eux et s’agenouilla.

« Puissants êtres du feu, je viens ici en tant qu’humble serviteur. Je suis à votre service et désire m’entretenir avec vous. Puisse la volonté des dragons répondre à mon appel »

C’était plutôt drôle puisqu’elle était tout à fait sérieuse, la robe beaucoup trop grande pour elle, même si elle était très respectueuse. Les deux dragons la regardèrent, puis se regardèrent, et se mirent à grogner… ce qui ressemblait beaucoup à un rire amusé en fait. Mais un autre dragon apparut dans le ciel en poussant un rugissement et pourchassa la pauvre mage qui s’enfuit une nouvelle fois dans la forêt, trébuchant et se cognant la tête contre une branche. Loupé…
Encore de nouvelles scènes… Cassidy qui étudiait tout ce qu’elle pouvait apprendre même si au final il n’y avait rien de très… réel.

La neige était très forte ce jour là et continuait de tomber. Elle avait encore fait un essai et était complètement dépitée, perdant espoir qu’un jour on l’accepte. Elle s’y prenait peut être très mal. Mais alors qu’elle avançait sur le chemin du retour de son campement, des petits grognements aigus se firent entendre. Un grognement de détresse.

La demoiselle redressa la tête et courut en direction du bruit. Il y avait un bébé dragon qui avait essayé de voler et s’était retrouvé coincé dans des lianes qui l’étouffaient à moitié. La jeune femme le regarda puis très doucement, posa les mains sur les lianes.

« Ne t’en fais pas ! Je vais te sortir de là… Arrête de bouger… »

C’était difficile parce qu’il ne l’écoutait pas. Mais elle était précise, attentive, et dégagea le petit sans lui faire de mal. Un sourire attendri passa sur son visage… Oh tiens… ce sourire qu’elle avait en guérissant Tristan. Et surtout…

« Voilà c’est fini… »

Le dragonnet la regardait curieusement puis ouvrit la bouche pour montrer ses petits crocs, comme si il voulait lui choper un doigt alors qu’elle le tenait comme un bébé. Elle se mit à rire, attendrie et lui donna une petite tape sur la tête.

« Tu es trop mignon toi ! »

La demoiselle sortit une couverture de son sac et l’enroula autour du dragonnet, pour le protéger de la neige qui tombait, même si ce n’était pas nécessaire. Cassidy était douce, attentive, et charmée par ce petit qui couinait, ses grands yeux, sa peau toute douce. Elle tenait le petit contre elle, se tenant chaud mutuellement. Mais elle ne pouvait pas le garder, sa maman devait être très inquiète.

Elle se dirigea vers cette zone où les dragons se montraient. Mais soudain, un rugissement très en colère se fit entendre. Une dragonne émeraude arriva, la maman du petit et fonça droit sur Cassidy alors que cette dernière tendit les mains en avant pour poser le petit à terre, complètement paniquée.

« Non ! Ce n’est pas ce que tu crois ! Je l’ai juste sauvé ! Il était perdu et coincé ! Je ne lui ai pas fais de mal ! Attends ! Non ! »

Le petit avait couru pour rejoindre sa maman mais celle-ci visait Cassidy en crachant un jet de flammes, ce qui força la demoiselle à se coucher en avant, son genou butant sur un rocher recouvert par la neige et elle fila très rapidement, le genou en sang.

Alors qu’elle rentrait à son campement et qu’elle soignait sa blessure, des larmes apparurent dans les yeux de la petite mage.

« Pourquoi ! Pourquoi ne veulent-ils pas… je suis pas si mauvaise pourtant… je n’ai rien fait… pourquoi… »

Elle pleura longuement, la tête reposant dans ses mains.

La scène changea encore. La jeune femme boitait un peu et faisait encore une tentative. Mais tout espoir avait disparu de son visage alors qu’elle fixait le grand dragon noir qui encore une fois, ne voulait pas discuter. Mais elle ne courut pas cette fois. Restant campée sur ses jambes, elle semblait en colère.

« Pourquoi vous ne voulez pas m’écouter ?!?! Abrutis de dragons ! Ca coûte quoi de faire confiance au moins une fois ? Je ne demandais qu’une chance ! Une seule chance de m’écouter ! Pourquoi vous refuser d’entendre ? Pourquoi vous ne parlez pas ! C’est bon j’ai compris ! Têtus et bornés ! Y a rien à faire ! Très bien ! »

Le dragon semblait furieux et se jeta sur elle. La demoiselle ne recula pas. Il leva sa patte et la griffe parti en direction de Cassidy, avec la ferme intention de la blesser, de la défigurer. Mais alors que des larmes de colère brillaient dans les yeux de l’humaine, le dragon ne la toucha pas. Pas qu’il ne le voulait pas mais une barrière de feu était apparue autour de Cassidy, la protégeant instinctivement, l’empêchant qu’un dragon ne lui fasse du mal. Elle avait fermé les yeux mais n’avait pas senti l’impact.

Doucement, elle les rouvrit alors que le reptile était à quelques centimètres d’elle, la fixant étrangement. La demoiselle regarda ses mains, très surprise par ce phénomène, ne comprenant pas. Puis un hurlement enragé s’éleva, comme si cette fois il ne la louperait pas.

Sans demander son reste, elle fila, la flamme disparaissant de son corps.

Encore une scène. Elle était en pleurs, complètement en rage, les yeux aveuglés par les larmes et rassemblait ses affaires de son campement.

« Plus jamais ! Plus jamais je ne m’approcherais d’un dragon ! C’est impossible ! Je ne veux plus jamais en entendre parler c’est terminé ! Ils ne veulent pas m’écouter… Ils ne veulent pas m’accepter… alors tant pis, j’ai compris le message ! Je les déteste ! Je les déteste ! Je les déteste ! »

Elle plia rageusement ses affaires et s’éloigna.


Voilà… il savait. Cassidy avait beau dire qu’il la détesterait comme les autres. Ce n’était pas en tant qu’humanoïde… mais en tant que dragon…
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ascadian.forumgratuit.org
Tristan Konogan
Professeur Initiation et Maniement des Armes
avatar

Messages : 600
Date d'inscription : 09/05/2012
Age : 25

Feuille de personnage
Race: Drakkari
Royaume:
Vocation: Guerrier

MessageSujet: Re: Un voyage pour apprendre à mieux se re-connaître ?   Dim 24 Nov - 21:56

Elle semblait aller bien.
Tristan était sincèrement rassuré de la voir enfin ouvrir les yeux et ce même si elle n’avait pas été inconsciente durant un temps suffisamment long pour qu’il soupçonne un traumatisme quelconque ou une blessure grave. Le simple fait qu’elle perde conscience était déjà bien assez stressant et inquiétant à ses yeux.
Il est vrai que la transformer n’avait pas été simple.

Quand il l’avait rattrapée un peu plus tôt, alors qu’elle chutait, reprenant son corps de Drakkari, il avait grimacé et s’attendait au choc. Celui-ci fut bien présent mais moins douloureux qu’il ne l’aurait cru, du moins celle-ci vient bien plus tard, mais ça il le savait déjà. Néanmoins, il s’y habitua très vite et à partir de ce moment, il savait qu’il pourrait l’affronter.

Mais au lieu de la tenir à bout de bras, il l’avait serrée contre lui quand elle était tombée dans les pommes, comme si au fond, c’était bien mieux d’agir ainsi. Et puis il l’avait portée, comme il le faisait toujours, comme si elle était une petite princesse. Oh il avait une excuse ! Ainsi, il pouvait surveiller son visage et voir à ses grimaces légères mais présentes, inconscient de son corps, s’il marchait trop vite, lui faisait mal.
Néanmoins pour une évanouie, elle avait une sacré vitalité, c’était le cas de le dire. Comme si elle refusait son contact, elle se débattit un peu, très faiblement mais tout de même. C’est alors qu’il marchait en lui murmurant de se calmer qu’elle lui avait donné un coup, de son poing fermé, directement sous le menton. Ouiiiieeee !!!!

Peu après, il avait trouvé la grotte, l’avaitvérifiée, avait déposé la jeune femme et avait entrepris de l’examiner un minimum. Un grognement l’avait fait se retourner et apercevoir un gros sanglier solitaire qui devait revenir de sa promenade. Tristan n’avait pas cillé, ne bougeant que lorsqu’il attaqua et sortant son épée, directement hors de son fourreau, en mettant la main dans son sac en bandoulière. L’animal ne prit qu’un coup et mourut aussitôt.
Le jeune homme soupira puis retourna à son examen.
La pluie avait commencé à tomber en trombe d’eau peu avant et ils étaient tous les deux trempés.
Avec précaution et en évitant de trop regarder la jeune femme, il entreprit de lui ôter ses vêtements trempés puis l’enroula dans une grosse couverture pour lui tenir chaud.
Il ôta également ses propres vêtements, frissonnants un peu, se sentant mieux une fois que le tissu mouillé ne lui colla plus à la peau.

Par chance, il y avait du bois mort dans la caverne. Passage d’humains ou manie de l’animal à présent mort, la chance était de leur côté et il put rapidement allumer un beau feu qui réchauffa la caverne qui n’était pas si petite. Après quoi, il alla examiner la main blessée de la jeune femme, mit dessus un onguent qui ne contenait que quelques herbes médicinales et un bandage étroit pour supporter tous ses gestes si elle venait à se réveiller et à s’agiter.
Ses affaires étaient à côté d’elle. Il la rapprocha un peu du feu, s’assura qu’elle avait suffisamment chaud et alla s’accroupir un peu plus près du feu pour sa part. Non qu’il ait froid mais sa chaleur avait quelque chose de rassurant, et il avait besoin d’être rassuré, mettant une de ses mains dans les flammes avec un air fasciné.

Puis elle se réveilla, se redressa, s’agita et tout ce qui s’ensuivait et il essaya de la calmer. Au début maladroit et ronchon, distant, il devint plus simple, gentil et prévenant et ceci plus que ses paroles sembla la surprendre et la détendre en même temps. Intéressant…
Oui, elle se calmait, elle semblait moins sur la défensive, les muscles de ses épaules se décontractant, il pouvait le voir d’un seul coup d’œil.
Elle accepta sa proposition pour le bain et elle devait en avoir sérieusement besoin de ce bain chaud vu la température qui était descendue en flèche. Il sourit, se leva et lui tendit une main pour l’aider à se redresser avant de la redresser et de se mettre à marcher devant elle pour lui indiquer le chemin.

Il évitait de la regarder, non pas que ce ne soit pas agréable, mais ce n’était pas vraiment… correct.
Mais alors qu’il marchait un peu en retrait par rapport à elle, il la vit dévier sur le côté et si elle n’avait pas mis légèrement une main devant elle et si lui n’avait pas mis un bras en travers de son ventre, elle se serait probablement pris le mur rocheux de plein fouet. Bon, c’est vrai qu’il faisait sombre pour un humain ! Mais pas à ce point. Il avait froncé les sourcils, inquiet, s’approchant déjà d’elle en voulant l’examiner, se demandant si elle n’avait pas pris un coup sur la tête ou quelque chose du genre pendant son combat mais elle s’expliqua et il se figea.
Il ne comprenait pas tout, mais il se mit à grimacer, ne disant rien pourtant, sachant pertinemment que c’était de sa faute si elle était dans cet état et ce même si quelques paroles peu amen lui venaient à l’esprit.
Le jeune homme se contenta donc de prendre sa main dans la sienne en silence et de la guider soigneusement à partir de là, lui évitant tout choc. Il comprenait mieux pourquoi elle ne le regardait pas directement, le regard comme un peu trouble mais ça le blessait. Ce n’était pas juste… tellement pas juste !

Ils avancèrent un peu plus dans les profondeurs de la montagne, même s’ils semblaient davantage longer l’un de ses flancs que s’enfoncer vers son centre. D’ailleurs un rai de lumière était visible plus loin, sortie supplémentaire.
Un bassin s’étendait devant eux. Il n’était pas bien grand mais sa taille, proche de celui qu’ils avaient tant utilisé à l’Académie le rendait bien suffisant pour eux deux.
Il la laissa toucher l’eau et surprit son frisson, choc des températures, ravi donc d’avoir eu cette idée qui semblait finalement la soulager d’avance.
Mais elle lui avoua une nouvelle chose qui le fit se crisper alors qu’il tenait toujours sa main dans la sienne. Elle ne savait pas nager… Il l’entraina vers des marches naturelles, petite pentes de pierres et pressa doucement sa main.

- Non, je n’ai pas vérifié, mais ne t’en fais pas, si c’est trop profond, je serai là…

Il ne comprit pas pourquoi elle prenait un air grincheux mais n’en dit rien de son côté.
Elle resta dans un coin peu profond puisqu’elle avait pieds alors que lui s’éloignait légèrement, barbotant, faisant des bulles dans l’eau, n’osant apparemment pas parler ou ne voulant pas lui parler tout simplement. De son côté, la jeune femme semblait l’éviter, il n’insista pas, même si c’était un peu… blessant. Elle évitait de lui parler et de le regarder apparemment, alors il se demandait un peu pourquoi elle semblait lui en vouloir comme ça. Et puis il se rappelait et il se sentait mal, essayant de chasser ces pensées de son esprit en serrant les dents. Oui, c’était logique.
Puis sortie, toujours avec l’aide du jeune homme qui les ramena à bon port, la laissant se débrouiller avec la couverture tandis que lui se séchait près du feu avec un soupir d’aise. Il semblait presque prêt à aller s’installer au milieu des bûches embrasées.

Une fois sec, alors qu’elle-même s’était approchée du feu, il sortit tant de choses de son sac qu’il semblait vraiment encore tester la contenance magique de celui-ci.
S’occupant du sanglier, très vite, une odeur de viande grillée se répandit et il servit rapidement la jeune femme, lui souriant. Lui-même semblait avoir faim et mangea avec appétit.
Son sac devait être une telle caverne d’ali baba qu’il avait même emporté… des biscuits, ce qui devait au moins faire une heureuse. Malgré tout, il ne semblait pas avoir oublié ceci puisqu’il les lui présenta rapidement avec un léger sourire, ne sachant apparemment trop comment se comporter avec elle. Retour au point de départ ? Peut-être…

Ils mangeaient en silence, le jeune homme observant le feu crépitant quand elle commença à parler. Elle ne mangeait pas son biscuit, apparemment gênée. Attentif, il sembla surpris de l’entendre dire qu’elle s’inquiétait pour lui, qu’elle… tenait à lui. Il écarquilla très légèrement les yeux mais lui fit un sourire rapidement, gentil et un brin provocant, lui tirant la langue, voulant l’aider à se détendre.

- J’espère bien oui !

Ce n’était pas méchant, il essayait juste simplement de la mettre un peu plus à l’aise. Et c’était normal puisqu’elle semblait vraiment distante et de ne pas aller très bien. Il se demandait depuis un moment si c’était à cause de lui, enfin du sauvetage qu’elle venait d’effectuer ou si c’était… un peu avant. En effet, il l’avait trouvée bien pâle quand elle était intervenue et bien peu soigneuse envers elle-même vu la manière dont elle s’était mordue et défoulée ! Que lui arrivait-il ? Et ce qu’elle n’allait pas bien ? Si oui pourquoi ? Ca ne pouvait pas encore être à cause de son comportement quand il s’était réveillé, même s’il savait qu’il lui avait fait de la peine en partant si vite, en étant si froid alors qu’elle l’avait veillé toute une journée. Et puis il se demanda si ce n’était pas tout simplement parce qu’elle avait honte de ce qui s’était passé entre eux… Si elle ne le détestait pas tout simplement à cause de cela…

Et puis elle se remit à parler, mais pas de la même manière. Son ton un peu timide, un peu coupable, comme si elle hésitait à s’exprimer avait changé pour devenir peiné, hésitant mais plutôt comme si ce qu’elle allait dire lui faisait de la peine, comme si elle craignait aussi beaucoup sa réaction. Et ses paroles le surprirent. Des excuses. Elle pensait lui avoir fait… du mal ?
Tristan changea d’expression et se rapprocha d’elle, un air fermé, presque agressif au visage. Il avait un biscuit à la main et alors qu’elle ouvrait la bouche pour parler il lui cloua le bec en l’empêchant de parler, le glissant entre ses lèvres. Oh il n’avait pas essayé de l’étouffer hein ! Il avait encore une fois beaucoup de retenue dans ses gestes, mais il fut assez vif pour qu’elle ne voie rien venir. Il se rapprocha tant et si près de son visage qu’elle rougit légèrement. Peut-être qu’elle avait compris qu’il lui cachait des choses et qu’il n’allait pas si bien mais elle devrait bien admettre que là… il était honnête. Parce que son regard et son léger sourire agacé respiraient la sincérité alors qu’il glissait une de ses mains sur son visage, le bout des doigts, comme toujours…

- Je ne peux pas te pardonner Cassidy. Parce que je ne t’en veux pas… D’ailleurs je ne vois pas trop comment je pourrais t’en vouloir pour quoi que ce soit… Comment je pourrais te reprocher quoi que ce soit… Qu’as-tu fait de mal, dis moi ? C’est plutôt à moi de m’excuser. Mais je ne le ferai pas et j’en suis désolé… J’aurais bien trop peur que tu ne veuilles pas me pardonner. Tu vois à quel point tu es plus courageuse que moi ?


A mesure qu’il parlait, de la tristesse avait commencé à briller dans ses yeux et autre chose. Comme si ses paroles étaient bien plus sérieuses, bien plus profondes que ce qu’elles ne paraissaient au premier abord. Il ôta sa main peut-être un peu trop lentement pour quelqu’un d’indifférent et se recula légèrement.

- Allez, mange ton biscuit et repose toi, tu sembles épuisée…

Il lui avait souri de nouveau, comme si de rien n’était. Oui, elle avait l’air épuisée et même bien plus que ça en fait. Même si elle était peut-être trop fière pour l’admettre. Elle finit par s’allonger et elle s’endormit très vite alors qu’il restait assis près du feu. Alors qu’elle était allongée, elle se rapprocha un peu de lui ou c’était du feu peut-être.
Elle effleura inconsciemment une de ses jambes dans son sommeil alors qu’il baissait les yeux sur elle, l’observant avec une étrange expression crispée. Peu avant, ils avaient pu se rhabiller puisque leurs affaires étaient sèches grâce au feu mais il avait laissé sa chemise ouverte pour sa part, ayant bien assez chaud en étant près du feu.
C’est alors que sa vue se troubla et que le monde changea autour de lui.

Contre toute attente, l’ancien peureux de magie resta parfaitement calme, juste un peu surpris, comprenant tout de suite que c’était justement un phénomène magique et que la jeune femme en était probablement responsable. Il avait très bien senti quand son esprit s’était ouvert le sien même si cela semblait à sens unique, l’esprit d’un dragon étant autrement plus complexe à décoder sans doute. Mais il avait continué de sentir cette présence légère, comme si elle caressait son esprit du sien… et tandis qu’elle s’endormait et se remémorait un instant de sa vie sans doute, alors qu’il se posait mille et une questions sur elle, sur cette petite mage qui détestait soi-disant les dragons et qui pourtant l’acceptait lui, elle commença à lui répondre, sans se rendre compte.

Le jeune homme assista alors à des scènes des plus surprenantes qui le prirent totalement au dépourvu et le plongèrent dans de nombreuses émotions : l’incompréhension pour commencer parce qu’il ne comprenait pas ce qu’elle cherchait auprès des dragons ; la surprise et la tendresse de la voir aussi investie et têtue mais aussi par sa joie constante de l’époque, sa bonne humeur qui l’avait désertée et qu’elle avait seulement commencé à retrouver lorsqu’ils étaient juste tous les deux pendant ces deux semaines ; la colère puis la fureur de voir comment ses « semblables » la traitaient ; la honte aussi justement par rapport à leur comportement ; la peine de la voir souffrir autant ; la tristesse de tout ce qu’elle endurait et enfin la compréhension par rapport à cette petite phrase qu’elle lui avait un jour dite. Il finirait par la détester… parce qu’il était un dragon…

Les visions cessèrent, s’estompèrent et le jeune homme put reposer son regard sur la mince silhouette endormie, apaisée et tellement belle. Il avait posé une main sur une des siennes pendant ces visions et cela l’avait apparemment apaisée puisqu’elle s’était détendue et avait cessé de grimacer en se souvenant de tout ceci. Pourtant il grimaça en la regardant, se leva et sortit en laissant ses affaires. La pluie tombait encore mais ce n’était plus que par fines gouttelettes. Il devait absolument s’éloigner d’elle… Il ne voulait pas qu’elle le voie alors qu’il était autant en colère.

Parce que c’était bien de la colère qui faisait se tendre ses muscles douloureusement alors qu’un grognement s’échappait de sa gorge. Il en voulait tant à ses pairs. Pourquoi ?! Pourquoi réagissaient-ils comme ça ? Pour quelles raisons se comportaient-ils ainsi avec elle ? Ils ressemblaient à des bêtes sauvages dénuées de bon sens, des animaux stupides et sauvages ! Les dragons n’étaient-ils pas censées être des créatures sages et directrices ? Guider les humains dans le meilleur des cas, les aider s’ils leur demandaient leur aide ? Alors pourquoi ? C’était pourtant ce qu’il sentait lui-même dans ses veines, il y avait toute une mémoire ancestrale, floue certes, mais bien présente qui lui disait comment se comportaient ses congénères… D’accord ils étaient égoïstes et parfois mauvais… Mais à ce point ? Le sang des dragons perdait-il de sa force et de sa pureté ? Devenaient-ils… de simples animaux ? Ou y avait-il autre chose ? Qu’est ce qui chez la jeune mage pourtant si jolie et investie quand elle le voulait bien, causait leur antipathie ?
Il l’ignorait… Peut-être son instinct n’était-il pas si bon. Peut-être passait-il à côté de quelque chose de flagrant… Peut-être était-ce à cause de cette mauvaise magie qu’il avait senti émaner d’elle. Ca l’avait surpris, inquiété mais certainement pas… dégoûté pour autant. Alors pourquoi ? Elle était quelqu’un de bien. Cela se voyait.

Bref, il était plutôt en colère, marcher l’aidait à réfléchir et à se calmer et il préférait qu’elle ne le voie pas aussi… vulnérable. Parce que tout à sa colère, trop d’émotions l’assaillaient et il avait peur que celles qu’il lui cachait finissent par se montrer. Du dégoût ? Oh non, certainement pas, c’était même tout le contraire à son grand dam. Il repensa à ce qu’il lui avait dit. Qu’il ne pouvait pas lui en vouloir. Si elle savait… Elle comprendrait. Mais elle ne savait pas… Elle ne saurait jamais. C’était mieux ainsi, il en était persuadé, même si parfois, il hésitait.

Et puis soudainement, il se figea. Il venait de sentir une présence. Il s’immobilisa donc et tendit ses sens, se fiant à eux en fermant les yeux. Une présence oui. Imposante, dangereuse. Son ouïe le fit l’entendre, ses autres sens le percevoir encore plus. Danger. Violente intuition qui le fit froncer les sourcils… puis l’esprit de Cassidy encore lié au sien et ce qu’elle ressentait se manifestèrent même s’il était quand même beaucoup plus loin. La peur… Elle s’était réveillée, ce n’était pas un cauchemar. Danger.

Il n’avait pas eu besoin de sentir son esprit justement pour déjà se mettre à courir pour retourner à la grotte. La force de ses émotions s’imposant à lui l’étourdit mais il ne ralentit pas pour autant alors que son cœur tambourinait dans sa poitrine, il s’essoufflait tant il allait vite, lui… s’essoufflait. Vite ? Ou était-ce parce qu’il avait peur ? Oui peur et pas à cause de ce qu’elle lui envoyait comme émotion.
Il arriva très vite mais même là ce n’était presque pas assez rapide. Il ignorait comment elle s’était réveillée. Voir les affaires du jeune homme près d’elle l’avait au moins assurée sur son absence temporaire. Mais là… le danger imminent était des plus impressionnants.
Elle ne pouvait plus utiliser sa magie pendant un moment, il l’avait compris et de toute façon, en aurait-elle seulement été capable ?

En effet, un gros dragon noir était déjà entré à moitié dans la grotte. Très différent de Tristan sous sa forme draconique qui malgré toute la puissance qu’il présentait était plus petit et fin que les autres, celui-ci était beaucoup plus gros, hérissé d’épines dorsales si aiguisées qu’elles paraissaient meurtrières, crocs et griffes démesurés, regard fou et profondément agressif, sa queue devait être encore plus longue que son corps et elle aussi présentait de multiples pointes. Des cornes donnaient à sa gueule un air encore plus méchant et il bavait littéralement devant le petit diner qu’il venait de se trouver. Probablement corrompu, ou très stupide, le dragon semblait vouloir dévorer la petite mage qui s’était retrouvée rapidement dos contre une paroi rocheuse à force de reculer sans pouvoir fuir, figée sur place par la peur probablement.

Il leva une patte énorme et l’abattit avec violence sur elle. Vu la taille de ses griffes et sa force, il ne pouvait que la couper en deux ou l’éventrer mortellement.
Tristan arrivait justement et n’hésita pas une seconde. Le dragon l’empêchant de passer, il se jeta entre ses pattes pour entrer et eut tout juste le temps de se redresser devant Cassidy, de se mettre face au grand dragon, écartant les bras de chaque côté de son corps. La patte s’abattit sur lui dans un bruit de déchirure. Il entendit Cassidy pousser un cri derrière lui et le temps sembla se figer. Son esprit était encore tendu vers le sien. Il sentit sa peur se muer en terreur et l’horreur qu’elle ressentait face à la situation malgré sa phobie, son sentiment d’injustice, elle tremblait derrière lui.
Le jeune homme poussa alors un grognement… mais ce n’était pas de la douleur, c’était de la colère, pure et dure. Un grognement agressif et franchement effrayant alors qu’elle pouvait le comprendre puisque même s’il était encore sous une forme humaine, elle comprenait ce langage, non ? Enfin ça il l’ignorait.

- Ne touche pas à mon humaine !

Cri puissant, vraiment… et aux résonances si particulières qui pouvaient avoir tant de sens. Le dragon se figea, probablement déjà très surpris que l’humain face à lui ne soit pas tombé en morceaux, encore plus qu’il lui réponde. Il huma l’air, comprit probablement ce qu’il était et commença à son tour à grogner, lui disant de s’écarter, le traitant de faible demi-dragon, que c’était sa proie, qu’il ne l’aurait pas, montrant des crocs énormes.
Tristan ne se retourna pas mais se mit à parler pour Cassidy.

- Cassy… Ramasse nos affaires et cours vers les bassins. Il y avait de la lumière de l’autre côté, passe par là pour te retrouver plus loin et en dehors de ce piège… Je te rejoins, je vais le retenir un peu… Prépare-toi… Maintenant !!!!

Elle lui obéit, se déplaçant pour récupérer leurs affaires sans rien tenter, lui obéissant, alors qu’il se déplaçait, suivant ses mouvements pour se retrouver face à elle. Lui et le dragon noir s’étaient lancés dans un concert de grognements plus empreints d’insultes les uns que les autres et ils semblaient prêts de s’étriper.
La jeune femme partit et il dut éviter quelques coups de griffes et des attaques frontales de son congénère énervé de voir son diner tenter de s’échapper. Le jeune homme évita ainsi quelques attaques puis se précipita à la suite de la jeune femme. Le dragon les suivait, en témoignaient les horribles bruits de choc violents qui retentissaient. En effet, il était en train de démolir les murs de pierres pour passer qui n’étaient pas suffisamment épais puis mangés par l’érosion. Tristan arriva enfin près de Cassidy.

Non, il n’avait pas été découpé en deux, ses écailles semblaient l’avoir protégé…
Sa chemise était en lambeaux et il l’ôta d’ailleurs en courant vers elle. Pourtant, si elles avaient amortie le choc et lui avait permis d’échapper à une mort certaine, une entaille fine, une égratignure, lui traversait une joue et le torse mais elle saignait à peine. Alors que si la petite mage s’était pris le coup… ça n’aurait pas été… aussi peu grave.
Il jeta un coup d’œil rapide vers où ils se trouvaient. Ils avaient atterri sur une petite plateforme juste au-dessus du vide sur un flanc escarpé. Juste en dessous d’eux, cela descendait de manière vertigineuse. Des bruits de plus en plus violents et proches d’eux prouvaient que le dragon se rapprochait, la pierre ne lui opposant que bien peu de résistance. La jeune femme tremblait près de lui et il vit quelque chose dans son regard l’espace d’un très bref instant qui le fit frissonner d’horreur… Comme si… Comme si elle voulait se sacrifier, aller vers ce monstre pour le protéger de sa fureur. Ni une, ni deux, le jeune homme se rua sur elle et plongea sa main dans son sac pour en sortir deux choses dont l’une plutôt volumineuse…
Une selle qui semblait… vraiment peu faite pour un cheval vu le nombre de lanières et… une paire de lunettes. Il lui jeta la seconde et enfila la première comme…un sac à dos.
Se tournant vers la jeune femme, il s’expliqua très brièvement.

- Enfile ces lunettes, prépare toi à monter sur mon dos très vite et fais moi confiance, n’aie pas peur, c’est nécessaire pour… que ce que j’essaie de faire fonctionne.

Il n’attendit pas qu’elle lui réponde, s’écarta d’un bond d’elle, ferma les yeux et se transforma. A la place du jeune homme se tint le dragon rouge qui décidément était bien plus petit que son actuel congénère qui avait tout d’un dragon un peu… fou. La selle qu’il avait enfilée comme un sac à dos beaucoup trop grand prenait tout son sens alors qu’à présent au lieu d’enserrer ses épaules deux grandes lanières très épaisses enserraient la base de ses ailes. Ce fut après de la magie, à n’en pas douter et elle se demandait peut-être où il avait trouvé un tel objet. En effet, toutes les autres lanières et systèmes complexes de boucles s’animaient et s’attachaient les uns aux autres, enserrant ses épaules de nouveau sans le gêner apparemment dans ses mouvements, passant sur son torse et au niveau de son ventre en garantissant une immobilité. Il semblait y avoir un système d’étriers également mais qui ne ressemblait pas à celui d’une selle ordinaire puisqu’ils collaient considérablement les flancs du dragon et au lieu de garantir une position assise droite, ils incitaient le cavalier à avoir les jambes repliées et vers l’arrière comme si c’était pour mieux se pencher en avant et prendre de la vitesse. Malgré sa peur, elle lui obéit alors qu’il s’efforçait, tendant son esprit vers le sien d’apaiser ses craintes. Elle monta en selle et il lui demanda, communiquant avec elle par la pensée de se détendre juste d’un mot : « calme ».

L’instant d’après un éclat passait sur ses écailles rouges et de plus petites lanières vinrent se fixer aux épines dorsales qui se redressaient dans son dos devant la selle. Sauf qu’au lieu d’être pointues, celles-ci se rabattirent tout en maintenant la sangle, évitant ainsi toute forme pointue et dangereuse à la jeune femme. Mais le plus impressionnant fut justement ses écailles et ce qui expliqua très vite pourquoi les étriers étaient si proches de ses flancs. En effet, celles-ci s’allongeaient, se recouvrant d’un ensemble pyramida de plus petites écailles alors qu’elles couvraient les pieds et les chevilles de la jeune femme, comme s’ils s’agissaient de plusieurs couches au final. Elle tenait ainsi si bien à son corps qu’elle ne risquait pas de chuter si jamais elle lâchait les deux accroches prévues pour ses mains sur la selle. Bien sûr, elle devait toujours porter son bâton et leurs sacs respectifs en bandoulière mais c’était déjà plutôt… pas mal.

Elle n’eut pas le temps de se poser plus de question que le mur derrière eux vola en éclats tandis que le dragon, fou furieux tendaient déjà le cou en refermant ses puissantes mâchoires pour tenter de mordre la queue de son congénère plus petit. Mais Tristan s’était déjà jeté dans le vide, plaquant ses ailes contre son corps. Il semblait troublé et un peu en difficulté, ayant apparemment un peu du mal à se refaire à porter un cavalier… Probablement ses instincts de dragon s’y opposaient-ils mais il se reprit vite.
Chutant à leur suite, le grand dragon noir, plus lourd, se rapprochait dangereusement. Tristan parvint alors par communiquer un peu plus clairement en termes organisés.

- Accroche-toi….


Et elle eut alors tout loisir de découvrir que ce fameux jour quand il avait accéléré… Il n’avait pas vraiment accéléré… Parce que la vitesse que prit le jeune dragon était tout à fait ahurissante bien qu’extrêmement grisante. Les lunettes proches de celles d’aviateur (voire les lunettes de Natsu bis dans fairy tail) qu’il lui avait données étaient plus que nécessaires parce qu’elle n’aurait pas pu tenir les yeux ouverts avec cette vitesse et le vent autrement.
Le fait que ses jambes soient davantage maintenues contre lui par ses écailles chaudes mais pas du tout tranchantes, plutôt douces en fait leur garantissait une cohésion encore plus importante. La selle lui offrait une assise parfaite et une position confortable qui n’avait donc rien de fatigant et puis cela lui permettait bien plus de mouvement parce que placée en avant devant ses ailes certes elle le gênait moins pour les battre mais cela le déséquilibrait beaucoup. Pas là… Là, c’était juste parfait et il le prouva très vite.

Le dragon à leur suite était violent, brutal, rapide certes mais ça n’avait rien à voir avec Tristan. Celui-ci se lança dans une série de pirouettes toutes plus acrobatiques les unes que les autres, passant en volant DANS une forêt, pas au-dessus, non… dans… Son congénère se prit des arbres, les déracinant tandis que le dragon rouge frôlait les flancs escarpés des montagnes, ses griffes crissant sur les pierres dont il s’approchait beaucoup trop près, très en maitrise de son corps alors que le dragon noir, tellement plus grand et plus lourd peinait à suivre ses manœuvres. C’était un ensemble de virements sur l’aile, de loopings, de figures aériennes tout à fait maitrisées, instinctives et qui se basaient aussi sur les intuitions et attentes de sa jeune cavalière. En effet, quand elle bougeait ses mains d’une certaine manière dans les attaches, et elle l’avait vite compris, cela le comprimait très légèrement, pour l’inciter à remonter, à piquer, à virer à droite ou à gauche. Puis ils s’envolèrent loin au-dessus des nuages alors qu’ils distançaient toujours plus l’autre dragon si lourd et les écailles de Tristan prirent un nouvel éclat avant de se transformer en un mélange ivoire et bleuté qui le camouflait presque parfaitement dans le ciel.

Ils continuèrent ainsi à bonne vitesse un moment, partant en zig zag pour brouiller les pistes mais progressivement, il ralentit l’allure, planant sans se fatiguer.
Il se sentait bien et il sentait l’euphorie de la jeune femme sur son dos. Pour quelqu’un qui était censé la détester, que faisait-il avec ces deux objets dans son sac ?
Enfin, il finit par redescendre, lui imposant un nouveau mot « maison », descente tranquille sans à coups prouvant qu’il était capable de voler si paisiblement qu’elle pouvait avoir l’impression d’être sur un nuage… aux muscles puissants roulant sous ses jambes.

Le maison devait être la cité puisqu’elle put apercevoir le bassin si bien caché observable que depuis le ciel alors qu’il finissait par arriver dans une petite clairière, un peu plus loin sans doute pour éviter d’arriver en trombe devant trop de personnes surprises.
Juste au-dessus de la petite clairière, Tristan lâcha enfin sa transformation, considérablement plus endurant que la dernière fois et comme la dernière fois, il se retrouva au sol le premier et la réceptionna dans ses bras sans fléchir ni trembler.
Il avait toujours ses vêtements bien qu’il soit torse nu et la grande selle se tenait de nouveau dans son dos, comme un sac. Il sourit à la jeune mage qu’il ne lâcha pas immédiatement et la reposa avec douceur par terre avant d’ôter sans un mot la selle et de la reposer au sol. Il ne réclama pas les lunettes et se laissa tomber dans l’herbe, sur le dos avec un soupir d’aise et un immense sourire.

- Wah ! c’était géant. Ca marche encore mieux que prévu !

Il se redressa sur les coudes pour la regarder et son sourire s’agrandit, se faisant également un peu plus… taquin.
Il lui désigna d’un mouvement du menton la selle un peu plus loin et les lunettes qu’elle tenait à présent à la main sans sembler savoir quoi en faire.

- Alors ? Ton cadeau te plait ?

Sourire innocent alors qu’il s’asseyait, en appui sur ses mains, les bras tendus. Son expression se fit plus sévère et plus mâture alors qu’il ne semblait plus penser à l’estafilade qui lui barrait le visage et le torse.

- Je ne sais pas ce que tu sais des dragons… Mais ma taille a peut-être pris un sens à tes yeux. Je suis bien moins grand, bien moins costaud et bien moins fort que les dragons standards. Ils se classent par catégorie. Je suis un voltigeur si j’ai bien compris. Mon truc, c’est la vitesse, je suis un roi du ciel et aussi le camouflage du coup… je m’adapte à mon environnement. Celui qui t’a attaqué est un roi de la terre. En combat au sol et frontal, je n’aurais eu aucune chance. Il m’aurait vaincu et dévoré très vite…

Il prit un air pensif et frissonna en grimaçant, peu envieux de tester apparemment puis lui fit un clin d’œil ne la laissant décidément pas parler, mais de toute façon, elle semblait scotchée sur place.

- Dis donc… Il avait sacrément envie de te bouffer celui-là. Ce n’est pas tellement surprenant en fait… Je ne sais pas grand-chose de tout ça mais mon sang me dit que les dragons sont attirés par la puissance des mages… Et que les corrompus cherchent à les dévorer pour acquérir leur puissance. Pas étonnant qu’il t’ait senti de loin…

Il s’assit en tailleur en tirant la langue, la serrant entre ses dents d’un air embêté. Puis un peu penaud.

- Enfin… je… je suis désolé de t’avoir laissée toute seule… J’allais revenir hein, j’étais juste parti marcher et réfléchir…


Il se leva et s’approcha d’elle, remarquant le tremblement qui l’agitait toujours et passa avec une certaine hésitation mais beaucoup de douceur ses bras autour d’elle pour la presser contre lui, même s’il l’obligeait un peu à se déboiter le cou pour le regarder.

- Quand tu m’as sauvé, tu as fait quelque chose avec ton esprit… et… ça ne s’est pas coupé. Je te ressentais près de moi constamment… Quand tu t’es endormie tout à l’heure, tu as dû faire un cauchemar, te remémorer de mauvaise chose en t’endormant car… j’ai vu…j’ai vu pourquoi tu n’aimes pas les dragons et je ne comptais pas te cacher cette découverte…

L’instant d’après, elle ne pouvait plus le voir parce qu’il avait penché la tête vers elle, le nez dans ses cheveux et la pressa un peu plus contre son torse.
Sa voix semblait étrangement tendue, tremblante.

- Je suis… vraiment désolé de ce que mes « congénères » t’ont infligé. Mais au moins maintenant, je peux répondre à ce que tu m’as dit quand on s’est vus et… qu’on a appris à se connaitre un peu… Si tu me crains. Ne le fais plus. Je ne peux volontairement te faire du mal sans en souffrir. Si tu crains que je te haïsse… cesse tout de suite. Peu importe pourquoi, comment, les raisons, les conséquences des réactions de ces dragons, je suis différent et je te jure, sur ma vie, que je suis incapable de te détester… que je ne te détesterai jamais… Que tu ne me perdras jamais…

Séquence émotion ? Apparemment oui. Mais n’était-ce pas un mensonge ? Après tout… Elle l’avait perdue… Quoique… Une simple amitié pouvait-elle être aussi passionnée et entraîner autant de jolis discours chez cet éternel taquin ? … Qui apparemment ne voulait pas se décoller d’elle parce qu’il devait être un peu gêné et qu’il ne voulait pas le montrer. Ah ben, il n’était toujours pas doué pour se confier et il le prouva quand il finit par la lâcher, regardant le sol, un peu piteux mais décidément beaucoup trop mignon, surtout avec cette mine là !!!
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Cassidy Herediane
Directrice de l'Académie Hysandra
avatar

Messages : 851
Date d'inscription : 26/02/2012
Age : 29

Feuille de personnage
Race: Humain Ascadian
Royaume: Territoire Neutre
Vocation: Mage

MessageSujet: Re: Un voyage pour apprendre à mieux se re-connaître ?   Lun 25 Nov - 17:35

L’ambiance était assez tendue. Cassidy ne savait pas comment réagir, encore toute surprise de voir que Tristan ne la repoussait pas cette fois là. En même temps il avait raison, la demoiselle faisait beaucoup trop de bêtises, partant d’une bonne intention mais elle finissait toujours par être épuisée. Mais ce n’était pas sa faute non plus. Enfin si, un peu. Si elle avait été plus attentive aux notes que lui avait confié Tristan, alors peut être ne serait-elle pas aussi fatiguée.

Cependant, quand il l’incita à se calmer, la jeune femme s’apaisa assez rapidement. Surprise de le voir aussi proche même si il feignait l’indifférence totale après ce qui s’était passé entre eux, ce lien si fort qui les unissaient mais qui ne devait pas être énoncé au grand jour. De plus, sa vue était un peu trouble encore, même si elle clignait des yeux, se forçant à récupérer sa vision rapidement. Mais malheureusement ce n’était pas comme ça que ça marchait. Après tout, ce n’était pas si injuste que ça de son point de vue.

Pour se changer les idées, elle acquiesça à l’idée de prendre un bain et même si elle voyait trouble, cela ne l’empêchait pas de se diriger. Malheureusement, la fatigue étant également présente, Cassidy n’avait pas remarqué la paroi rocheuse et fut arrêtée par Tristan. Elle s’excusa en disant que c’était à cause de sa magie et elle était plus en train de se reprocher les choses que lui en vouloir à lui. Oui… si seulement elle avait fait plus d’efforts. Mais ce n’était pas le cas et il lui faudrait beaucoup de patience pour reprendre sa quête là où elle l’avait laissé.

Ils se baignèrent et lui ne disait rien, installé un peu plus loin. L’ambiance était assez gênante, personne ne disait rien alors qu’elle se frottait doucement les bras d’un air lointain, se demandant pourquoi il restait à côté d’elle. Ah oui… il était là au cas où l’eau était trop profonde. Si elle prit un air grincheux, c’était surtout pour dire qu’il n’avait pas été là justement quand elle se sentait perdue… qu’il avait préféré prendre la fuite. Et de ce qu’il racontait c’était parce qu’il avait honte de s’être évanoui devant lui. Ce mot hantait son esprit. Rejet de magie… rejet de magie… La rejetait-il ? Alors pourquoi était-il là ? Pourquoi restait-il à côté ? Il avait l’impression d’avoir une dette ?

Elle réfléchissait… un peu trop comme à son habitude. Mais c’est justement quand les choses lui tiennent à cœur qu’elle se tourmente autant. Il aurait été plus simple de feindre l’indifférence, or, elle ne pouvait pas. Parce que le Drakkari l’atteignait beaucoup plus qu’elle ne cherchait à le montrer. La demoiselle regarda un instant dans sa direction, très simplement. Et si elle se trompait totalement ? Il y avait des choses… elle connaissait quand même le comportement de Tristan… sa désinvolture pour cacher des choses graves… son air taquin et naturel pour cacher ses réels émotions… sa tendance à vouloir la défendre à chaque fois… à aller mal dès qu’elle se blessait… son manque de confiance en lui flagrant quand il s’agissait d’amour… les doutes… la peur de souffrir… la fuite… l’abandon…

Cassidy passa une main au-dessus de l’eau, son regard prenant une lueur étrange. Et si… et si c’était la même chose ? Et si l’histoire se répétait au final ? Elle ferma un instant les yeux, se plongeant aussi bien un peu plus dans l’eau que dans ses souvenirs. Il avait toujours eu peur de révéler la vérité, ses véritables pensées. Il agissait un peu comme bon lui semblait, préférant se sacrifier, préférant souffrir à la place des autres. Et si sa fuite après leur petite aventure chez les Kaärs n’était qu’un énorme prétexte pour qu’elle ne s’attache pas à lui ? Pour qu’elle n’attende rien de lui ? Mais elle ignorait vraiment… enfin si ! Elle avait l’impression que ça lui avait plu… qu’il y avait quelque chose entre eux… mais sa réaction suivante n’était pas logique du tout ! Ou bien jouait-il très bien la comédie.

Elle inspira profondément tout en se collant un peu plus contre une pierre derrière elle, laissant la chaleur l’emporter sur son corps. Son père avait été un démon… il s’était sacrifié… mais il y avait toujours une partie présente… qu’il devrait combattre par lui-même. Elle n’y connaissait pas grand-chose mais peut être… peut être qu’il n’était pas si ignorant que son air innocent le supposait. Il y avait quelque chose ce n’était pas possible ! Il ne voulait pas lui faire du mal ? Et que dire de cette peur de la magie qui n’était plus là ? Que dire de cette fois où elle l’avait surpris avoir mal alors qu’il touchait son bâton ? Comme si sa magie le brûlait. Avant il devait savoir… d’où cette réticence à la magie. Et maintenant ?

Des émotions passèrent sur le visage de la jeune femme. Surtout une… Du sérieux… de la réflexion. L’envie d’apprendre. Elle se rappelait encore. Il détestait beaucoup de choses avant, jouait avec les femmes, les comblant. Il était un bagarreur et ne vivait que pour une seule raison… cet objectif de retrouver les meurtriers de sa mère. Il avait dit être un déchet, qu’il n’était pas récupérable. Mais elle avait beaucoup insisté, était très patiente avec lui. Et petit à petit, il s’était mis  à changer. Plus gentil avec les autres, plus serviable. Il semblait tellement amoureux et investi. Elle avait voulu lui faire découvrir son monde, un monde de paix, de calme et de tranquillité. Malheureusement les ennuis les pourchassaient et ils en sortaient meurtris. Plus forts ou… moins confiants ?

Et puis… il était parti… sans dire un mot… sans la prévenir. Agissant comme il en avait envie. Avoir l’impression de ne pas avoir pu la protéger. De ne pas avoir été présent alors qu’Erwan était là, avait tenté de l’avertir. Il avait préféré la laisser seule, dans l’espoir qu’elle se rapproche de l’archer. Encore une fois, il ne lui avait pas laissé le choix et avait prit une décision… encore à sa place ! Elle fronça les sourcils, serra les dents. Ca ne lui plaisait pas… ça ne lui plaisait vraiment pas ! Et le résultat était là ! Redémarrer de zéro ! Ne plus savoir où sont les vrais sentiments. L’aimait-elle encore ? Sa raison lui soufflait que non. Mais son cœur lui était complètement indécis et murmurait un très petit oui. Elle l’aurait bien embrassé sur place là pour se rendre compte ! Pour savoir si ce n’était que du vent ce que son cœur pensait. Et lui… il lui avait dit un jour que si elle doutait de ses sentiments, alors elle devrait écouter son cœur de Drakkari… tiens…

Se passant une main sur le front pour chasser les gouttelettes d’eau chaude, elle inspira profondément. Prendre une nouvelle baffe ? Insister ? Se dévoiler ? Par où commencer ? Et pourquoi se prenait-elle autant la tête pour lui ? La réponse était pourtant claire… elle tenait à lui… elle ressentait quelque chose pour lui. La demoiselle secoua la tête, prit une profonde inspiration et plongea juste la tête sous l’eau, histoire de se remettre les idées en place. Puis elle sortit sa tête de l’eau et s’ébroua comme un chien mouillé avant de se tordre les cheveux pour enlever le surplus d’eau. L’avait-il regardé ? Observé ? Elle était troublée… et pas qu’un peu.

Puis ils sortirent de l’eau et s’habillèrent une fois qu’ils étaient secs. Elle avait poussé une petite exclamation gourmande et de ravissement en voyant les biscuits, le remerciant d’avoir pensé à ça. Heu certes… Que faisait-il avait des biscuits dans son sac ? Il préférait pas les brioches lui ? Il ne s’attendait quand même pas à la retrouver aussi loin de l’académie non ?

Alors que le feu dansait devant ses yeux, la jeune femme regarda le morceau entre ses mains, la tête un peu penchée en avant, réfléchissant. Et oui elle décida de dévoiler un peu ses pensées mais surtout… elle ne voulait pas qu’il fasse une bêtise ! Elle ne voulait pas lui faire de mal ! Mais elle était dans le flou total. Manière détournée de lui dire que si elle pouvait faire quelque chose pour l’aider, elle serait prête à tout ? Qu’elle tenait bien à lui quand même et qu’elle refusait qu’on lui fasse du mal ? Peut être…

Il se fit taquin comme à son habitude. Curieusement elle s’y attendait. Agissant toujours de cette manière pour ne pas dévoiler un petit discours bien romantique qu’il aurait certainement fait avant. Il agissait avec désinvolture, prenant ses paroles de manière très décontractée et un étrange regard passa sur le visage de Cassidy. Tristan était vraiment le roi pour détourner les pistes et il était bien le seul à pouvoir déclarer ce qu’il avait envie de montrer… et de cacher.
Elle ouvrit la bouche pour dire autre chose mais elle se retrouva avec un biscuit dans la bouche. Aïe… première phrase ça faisait mal. Alors qu’elle se crispa il continua sur sa lancée et au fur et à mesure qu’il parlait, un fin sourire mystérieux se dessina sur le visage de Cassidy.

*La liste est bien longue crois moi… Au final… que suis-je vraiment ?*

Il caressait son visage du bout des doigts et elle ferma les yeux. C’était agréable…

Mais à la fin de son discours, quelque chose résonna dans la tête de Cassidy. Comme un air de déjà vu. Sa vue s’était un peu améliorée alors qu’elle observait les réactions de son visage. Un mouvement très violent dans son cœur… un véritable choc ! Le décor avait disparu alors qu’elle avait l’impression de se retrouver dans le brouillard. Mais… mais… pardonner ? Pour ce qu’il avait fait là récemment ou pour… ce qu’il cachait ? Il lui avait caché sa perte de mémoire, le mal qu’il lui avait fait. Là c’était différent parce qu’elle se rappelait de tout. Alors qu’avait-il fait de plus ? Elle cligna lentement des yeux. Pardonner de ne pas avoir pu la protéger ? D’avoir encore fait quelque chose d’horrible ? De trop se rapprocher d’elle ? Les hypothèses défilaient alors que la demoiselle serra lentement son poing. Pourquoi…

Elle déglutit difficilement. Pouvait-elle lui pardonner sans savoir ? Ceci expliquerait peut être pourquoi il ne lui parlait pas de son comportement. Parce qu’il avait peur… et si au final il l’aimait bien alors ça pouvait tout à fait faire comme elle. La mage craignait qu’il apprenne cette chose qui rendait furieux les dragons. Et lui avait peur… qu’elle découvre quelque chose. Elle voulut dire quelque chose mais ce n’était pas le moment. Elle se contenta de manger sagement son biscuit avant de s’envelopper dans la couverture et s’endormir, tout en se rapprochant près de lui dans son sommeil.

Tristan se posait des questions et il fut servi en réponses. Car la jeune femme faisait un cauchemar là. Elle se rappelait de son passé… de ce qu’elle avait tenté de faire chez les dragons. Ignorant qu’il voyait tout en direct. Quelle douleur pour elle… Déception… d’avoir été rejetée par des dragons.

Elle faisait une grimace dans son sommeil puis s’apaisa au contact de Tristan. La jeune femme ne sut rien de ce qu’il faisait, de sa colère. Oh il pourrait en savoir beaucoup plus… et mieux comprendre les raisons mais ce n’était pas encore le moment.

Seulement, quelque chose n’allait pas. Dans son sommeil, elle reçut une décharge qui toucha directement son cœur alors que ses yeux s’ouvraient en grand, tout de suite réveillée. Cette décharge était bien venue finalement. Elle regarda un peu partout, tentant de se rappeler ce qu’elle faisait ici quand tout lui revint à l’esprit. Tristan… où était Tristan ? Elle le chercha mais ne vit que ses affaires. Voulant regarder à l’extérieur, elle se retrouva nez à nez avec un gros dragon noir et menaçant.

Au départ, elle semblait plutôt groggy car un sourire très gêné était apparu sur son visage alors qu’elle levait la main très lentement, comme si elle saluait.

« Heu… salut ! »

Il était très menaçant et elle changea vite de comportement quand le dragon chercha à s’approcher. Le cœur de la jeune femme battait très vite, un peu effrayée, un peu en colère. Elle était épuisée et incapable d’utiliser sa magie. Très rapidement elle glissa vers le fond d’une paroi, se mettant hors d’atteinte, examinant le dragon. Où était Tristan ? Que faisait-il ?

Lentement elle aperçut la patte se lever dans sa direction. Les yeux écarquillés, paralysée, elle avait vraiment peur de finir comme une crêpe… ou pas. Parce qu’un sourire très fin, du style à faire froid dans le dos, était apparut sur son visage, comme le défiant de frapper si il l’osait, qu’elle se ferait un plaisir de riposter. Sans magie ? Hum… De toute façon là elle n’avait pas vraiment le choix puisque le Drakkari n’était pas là.

Mais alors qu’elle se préparait à encaisser le coup, il ne vint jamais. Car une silhouette se tenait à présent devant elle et avait prit le choc à sa place. Cassidy avait ouvert les yeux de terreur et hurlait. Un cri déchirant. Non pas lui… pas encore ! Elle tremblait et cherchait à se relever. Il n’allait quand même pas se transformer ici ! Mais contrairement à ce qu’elle imaginait, il allait très bien, furieux surtout. Elle écarquilla les yeux en sentant qu’il parlait dans la langue des dragons. Son humaine ? Oulà… Faudrait qu’on lui explique là.

La situation aurait pu être drôle, car le gros dragon narguait le Drakkari tout en l’insultant de pas mal de choses. La jeune femme se mit aussitôt en colère et ramassa une pierre à côté d’elle. Non mais il se prenait pour qui ce gros balourd à insulter son Drakkari ? Il voulait se battre c’est ça ! Tel David contre Goliath, elle serrait sa pierre dans la main. Il l’avait vraiment énervé et cela l’emporta sur la peur. Mais Tristan, qui prononça son surnom en plus et cela eut le don de la calmer, lui ordonna de partir vers le fond.

Alors elle décida de lui faire confiance et de lui obéir, rassemblant ses affaires et courant vers le fond, des ailes lui poussant dans le dos alors qu’elle fit attention de ne pas trébucher.

Tristan la rejoignit mais la sortie était… un piège. Le vide s’étendait sous leurs pieds. Cassidy grinça des dents, ferma un instant les yeux puis serra le poing. Ils étaient pris au piège ! Elle réfléchissait mais ce n’était pas le moment de réfléchir ! Alors elle rebroussa chemin, suivant son instinct. Pas le temps, il fallait faire quelque chose et vite ! Même si elle ignorait du succès de l’opération. La demoiselle s’était dressée devant le dragon avec l’intention de lui faire peur mais vraiment. Oh tiens les dragons la repoussaient ? Elle les dégoutait ? Là il y allait vraiment avoir une raison de la détester. Il allait vraiment regretter celui là et prendrait pour tous les autres. Elle était campée sur ses deux jambes, fière, les poings serrés, attendant que quelque chose vienne.

Mais Tristan ne lui en laissa pas le temps et sortit de son sac une selle et une paire de lunettes. La jeune femme se tourna vers lui sans comprendre ce qu’il avait l’intention de faire. Encore un ordre alors qu’il lui demandait de mettre ces lunettes. Elle les examina puis le regarda, incompréhension se lisait sur son visage. Il voulait qu’elle monte sur son dos ? Tristan ne lui laissa pas le temps de réfléchir puis qu’il s’était déjà transformé. Elle devint plus grincheuse en enfila les lunettes heu… moui ! Elle les avait mis d’une façon étrange, ses cheveux étant bloqués dans la lanière de cuir, ce qui lui donnait un style bien étrange. Elle grogna, les enleva, se mit à réfléchir puis prit le temps de faire passer ses cheveux à l’extérieur avant de les enfiler.

Que dire de sa mise en selle ? Heu… hilarante certainement ! En effet elle était petite et Tristan plus grand qu'elle. En temps normal, elle aurait sauté avec sa magie pour se retrouver sur son dos mais là c’était plus difficile que prévu. Il avait beau se plaquer au sol, il était toujours aussi haut. Mais mince ! Il n’avait pas pensé à un escabeau aussi ? Elle essaya de sauter mais elle ne fit que glisser sur son flanc et ses écailles en basculer sur le sol, le derrière dans la poussière.

« Heuuuu deux secondes ! Je sais qu’on a pas vraiment le temps mais sans magie je peux pas te sauter dessus ! Heuuuuu ! Aaaaaaaah ! Tu as compris ! Enfin je crois ! »

De telles pensées pendant un moment si pressant ? Y avait que Cassidy pour faire ce genre de choses. Elle l’examina, puis inspira profondément, cherchant une solution, tâtant son dos, tentant de se hisser, grommelant en déclarant que c’était plus facile de sauter dans le vide parce que la monte classique ça faisait depuis très longtemps qu’elle n’avait pas essayé et qu’elle préférait avoir les jambes en miette plutôt qu’une panne de magie. Heu certes… Quelle imagination !

Faire tourner cette espèce de selle lui ferait mal à lui… Elle refusait de lui demander de tendre une patte ou la queue.

*Allez Cassy ! Réfléchis ! Réfléchis !*

Le temps pressait et elle n’avait pas vraiment d’idées. Jusqu’à voir une roche un peu plus plate, surélevée, de l’autre côté de Tristan. Elle courut vers celle-ci, monta dessus puis prit de l’élan et sauta sur le dragon, atterrissant dessus comme un sac de patates, les jambes d’un côté battant dans les airs et les mains de l’autre côté. Quelle délicatesse ! Quelle maîtrise ! On reconnaît là la pro du voyage dans le ciel ! Rouge, consciente d’être dans une position gênante, elle leva une jambe pour la passer au dessus de la selle tout en s’aidant de ses mains pour se maintenir. Elle se mit à souffler bruyamment, toussant pour cacher son air vexé. Un bruit de roches résonna derrière eux.

Tiens elle l’avait presque oublié celui là ! Elle n’avait pas vraiment le temps de se poser plus de questions sur cette histoire de selle, de lunettes, qu’elle avait déjà pris une position naturelle, instinctive, pour le peu de fois qu’elle avait volé avec lui. Il tentait de communiquer avec elle et un sourire apparut sur le visage de la demoiselle.

* T’inquiète pas et vole !*

Il lui demandait de s’accrocher mais il n’y avait pas vraiment de besoin. Il devait le sentir dans son esprit. Elle était apaisée et surtout n’avait pas peur de voler… mais alors vraiment pas peur. Comme si c’était la chose la plus normale au monde. Il décolla alors et fonça. Mais elle n’avait pas le temps de se poser des questions au sujet de cette étrange selle, ni de ces harnais. En revanche ça la gênait beaucoup elle, d’avoir les bras si près du corps, préférant de loin ses rênes qui lui permettait d’être plus libre dans ses mouvements. Le fait d’avoir les jambes fixées la dérangeait également. Bien sûr ça la maintenait en place… mais ne lui faisait-il pas confiance ?

Ah c’est vrai… apprendre aussi vite à voler avec un dragon c’était tout simplement pas normal pour lui alors il cherchait à assurer sa sécurité. Mais il allait rapidement se rendre compte de ce petit handicap pour elle qui n’était pas à classer dans la même catégorie que les autres.
Il volait encore plus vite que la dernière fois. Tssss… soit il s’était amélioré… soit il n’avait pas tout montré la dernière fois. Et c’est vrai que les performances étaient énormes. Heu mais il passait dans une forêt là ! Elle voyait les arbres se rapprochaient.

Mais il ne tint pas compte de son avis, plongeant à travers les arbres, faisant des figures pour semer son adversaire, redoublant d’adresse pour que l’autre ne suive pas. Elle avait compris qu’avec les lanières elle le dirigeait mais en attendant, ses mains étaient bien entravées. Ils avançaient rapidement mais alors qu’il passait à travers les arbres, il semblait oublier qu’avoir un cavalier sur son dos c’est avoir une masse supplémentaire sur son dos. Il frôla si près une branche que la jeune femme récupéré un bon nombre de feuilles dans ses cheveux, ce qui lui faisait une jolie couronne de verdure !

Elle grogna un instant et redressa la tête en grimaçant. Il y avait un passage très étroit et impossible de le contourner. Une grosse branche était en face d’elle. Soit elle se la prenait en pleine tête et il lui était impossible de vriller, changer sa trajectoire et avec ses pieds immobilisés elle n’avait pas le champ libre pour pivoter le reste de son  corps plus près de son flanc ! Tant pis il va falloir improviser !

*Fais moi confiance…*

Elle relâcha la lanière de son bras droit et très instinctivement, leva ce même bras en l’air en fermant les yeux. Ce dernier fut enveloppé de feu alors qu’elle attendait. Un énorme craquement se fit entendre alors que la branche fut fendue en deux sous la force de l’impact et de la vitesse se divisa en deux en tombant. Une légère impulsion de sa main gauche pour lui dire de vriller un peu pour éviter de se prendre le reste de la branche sur les ailes. Elle reposa ensuite sa main sur la lanière, le feu disparaissant aussitôt de son bras.

Puis il finit par s’élever dans les airs. La vitesse était impressionnante et il put sentir qu’elle se sentait bien, libre oui c’était le mot alors qu’elle ne put s’empêcher de pousser une petite exclamation de joie alors qu’il remontait dans le ciel. Elle le vit changer de couleur et surtout si elle n’avait pas le corps du dragon sous elle, la jeune femme aurait l’impression d’être dans le vide. Heu oui il pouvait se camoufler lui mais elle ? La selle la rendait aussi invisible ? Elle se posait des questions.

Tristan parla ensuite de maison et ils purent apercevoir ce paysage qui abritait la cité, vue du ciel. Mais avec la pluie, l’obscurité, difficile de voir quoi que ce soit. Il se posa alors dans une petite clairière puis se transforma de nouveau, elle atterrissant dans ses bras. La jeune femme se mit à rougir alors qu’il la reposait et lui, à sa grande surprise, semblait très enthousiaste. Abasourdie, elle l’écoutait. Avant de prendre un air taquin, retirant les lunettes et prenant une feuille qui s’était retrouvée dans ses cheveux. Même si elle en avait plusieurs, résultat de ce passage trop près à cause des chemins étroits.

« A un petit détail près… »

Il s’était allongé dans l’herbe alors qu’elle fixait les lunettes, sans savoir quoi penser exactement ni quoi dire. Cadeau ? Il avait bien dit cadeau ? Elle ne put cacher sa surprise et l’examina, sans comprendre puis regardant les lunettes. Comment ça se fait qu’il pensait à ça ? Et pourquoi il avait ça dans son sac ? Elle ne comprenait pas ! Mais elle était tellement choquée qu’elle n’ouvrit pas la bouche.

Tristan continuait de parler, tout en expliquant les catégories de dragon. Elle écoutait attentivement, comprenant mieux certaines choses par rapport à ses recherches. Mais il ne lui laissa pas le temps d’en placer une puisqu’il avait déjà enchaîné. Mais la déclaration suivante laissa une expression chez la petite mage tout à fait différente.

Elle venait de faire un grand sourire crispé qui ressemblait plus à une grimace, les yeux fermés, se frottant doucement les cheveux… gênée. Ah les dragons corrompus étaient attirés par les mages ? Elle n’avait pas spécialement peur non mais paraissait extrêmement gênée, son regard se perdant dans le lointain. Il continua sur sa lancée puis s’approcha d’elle pour l’enlacer doucement.

Là aussi elle était en état de choc ! C’était doux… chaud et elle ne se déroba pas, restant dans ses bras, fermant paresseusement les yeux. Mais elle se crispa un instant quand il parla de ce lien d’esprit et dire qu’il avait vraiment vu toutes ces images de son passé qui faisaient si peur à la demoiselle. Alors il savait vraiment… cependant il l’étonna encore en déclarant qu’il ne lui ferait jamais de mal. Qu’elle ne le perdrait jamais… Elle était très troublée. En effet il se tenait là devant elle mais la demoiselle avait bien failli le perdre ! Et elle n’avait pu rien faire pour le sauver.

Il se recula et il était complètement mignon à fixer le sol comme ça.

Sans un mot, elle l’examina et sortit un mouchoir de sa poche, s’approchant de lui et essuyant le sang, superficiel, de ses blessures. Elle l’intimait de se pencher en avant et le regarda droit dans les yeux en essuyant sa joue, se demandant quelle attitude adopter. Puis elle remit le mouchoir dans sa poche et passa une main dans les cheveux à Tristan, léger sourire dans le visage.

« Je vois… »

Puis sans lui laisser le temps de réagir, elle lui prit la main avec douceur, comme pour l’examiner ou plutôt avoir un contact, soulagée qu’il ne lui en veuille pas. Mais surtout, elle était bien incapable de lui faire la tête bien longtemps ! Sans vraiment comprendre pourquoi.

« Alors tu as tout vu. Hum… déjà je vais te révéler quelque chose. Oui j’ai bien activé un lien pour te parler un peu plus tôt, parce que ça peut donner un gros avantage. Mais pour le désactiver… heu jamais compris comment faire. Quant à mes souvenirs… il fallait réellement que tu t’intéresse à moi pour les voir. En d’autres termes, tu es venu de toi-même. Bien que je cache très mal tout ça surtout dans ce genre de connexion »

Elle se mit à rire puis à lui tirer la langue. Oui cette connexion était vraiment un très bon indicateur au final. La demoiselle continuait à caresser doucement sa main, l’air pensive.

« N’en veut pas aux dragons pour leur comportement. Je n’ai compris que bien après cette raison de me repousser. Ils veulent juste protéger les leurs et moi j’insistais un peu trop. Certains humains ont réussi à les approcher mais il faut beaucoup de patience. Sauf que moi… pour eux j’ai fais quelque chose d’horrible qui est impardonnable à leurs yeux. Et ils ne veulent pas me faire confiance… de peur de mettre en danger les leurs. Je ne peux pas leur en vouloir au fond. C’était une erreur de croire que… »

La demoiselle se mordilla la lèvre, hésitant, détournant les yeux, réfléchissant. Puis serra ses mains avec douceur.

« Si tu veux savoir alors je te dirais… je ne sais pas quand et comment mais laisse moi un peu le temps de te l’annoncer, c’est quand même assez… choquant je pense »

Un grand pas en avant quand même si elle se décidait à lui parler de toute cette histoire dès le commencement ! Il devait se rendre compte des efforts qu’elle faisait pour lui, d’être un peu plus proche de lui et surtout d’avoir l’intention de lui confier quelque chose d’aussi pesant. Puis, elle se fit plus intéressée.

« Différentes catégories de dragons ? Ah ça expliquerait beaucoup de choses alors sur ceux que j’ai rencontrés ! Ils n’étaient pas tous pareils mais bon je n’ai pas eu le temps de bien observer. »

Elle devint alors plus songeuse, son regard se voilant.

« Et toi… tu en pense quoi des dragons corrompus ? »

Cassidy le laissa parler puis hocha la tête, sans s’étendre sur le sujet, avant de se tourner vers la selle.

« En tout cas c’était whaaaaa ! Je suis sûre qu’avec toi on peut voyager d’un bout à l’autre d’Ascadian en peu de temps ! Mais ça… comment t’as fais ça ? Y a pas un peu de magie là-dessous ? »

Il semblait maintenant se rappeler du bruit de la branche tout en s’approchant d’elle. Cassidy se mit à sourire, l’air tranquille, tout en lui tendant son bras droit, le rassurant.

« Y a rien du tout. Tu peux examiner si tu veux. Mais par contre faudrait qu’on trouve une autre solution pour les passages un peu étroits… Si je pouvais juste me rabattre très légèrement sur ton flanc en bougeant mes jambes je gagnerais en mobilité également. Et non ne t’inquiète pas pour moi, je ne pense pas que tu arriveras à me faire tomber, je sais très bien m’accrocher quand la cause en vaut la peine… »

Elle se mit à rougir, se rendant compte de ses paroles. Révélation ou simple maladresse ? Elle toussota un coup puis se rapprocha de lui, plus heu… attirante ? Sourire joyeux ? Sincère ?

« Diiiis alors si c’est mon cadeau on pourra encore voler ensemble pas vrai ? »

Etoiles dans les yeux, elle avait l’air de beaucoup aimer les leçons de vol et ne semblait pas plus dérangée que ça par le fait d’avoir rencontré une branche. Elle avait plutôt hâte d’être à la suivante. Finalement ils discutèrent encore un peu et il décida de la ramener à la cité tout en la menant chez la guérisseuse, juste pour l’examiner, au cas où.

Ils se retrouvèrent rapidement chez Maud qui était d’ailleurs avec sa guérisseuse. Cassidy n’arrivait pas à savoir où se mettre, très embarrassée, surtout que leur petite aventure pouvait susciter bien des interrogations. Elle regardait ses bottes, mal à l’aise, prise sur le fait comme si elle avait couru derrière le Drakkari pour l’embêter.

La guérisseuse l’examina et déclara qu’elle avait consommé un peu trop de magie, ce à quoi Cassidy répondit d’un air un peu gênée qu’il y avait encore des choses qu’elle ne maîtrisait pas vraiment et qu’elle dépensait certainement plus de magie que nécessaire mais qu’elle travaillait justement pour s’améliorer là dedans. Puis après qu’on l’ait examiné et déclaré que Cassidy avait besoin de repos, la guérisseuse la laissa en compagnie de Maud.

Cette dernière avait préparé une tasse de thé pour la donner à Cassidy qui était assise à une table, son expression de visage plus détendue laissant place à une autre… le genre d’expression qui donne lieu à des interrogations. Elle soupira, parlant plus pour elle-même que pour Maud mais elle ne savait pas trop au final puisque Maud vint se poser en face d’elle, attendant certainement de savoir ce qui s’était réellement passé.

Cassidy se mit à soupirer longuement.

« Y a combien de chances pour que je me trouve dans les parages au moment où il a besoin d’aide ? »

Elle n’avait aucune réponse à sa question puis serra sa main sur la tasse, lointaine.

« Tsssss… je pense que j’ai pas changé sur ce point. Toujours en train de réfléchir pour trouver des raisons… pour comprendre les choses mais Tristan… j’ai du mal à comprendre son comportement parfois. »

La demoiselle ferma les yeux puis but une gorgée doucement.

« Je me rends compte… je ressens quelque chose pour Tristan qu’il n’y a pas avec Erwan. Je ne sais pas pourquoi mais rien à faire, quand je suis loin de lui je suis triste, quand je vois qu’il va mal ça me fait de la peine, quand je vois qu’il est joyeux je me sens bien… heureuse. Et le fait qu’il soit un dragon… pour être honnête… je l’accepte comme il est… parce que c’est lui. »

Nouvelle pause. Quelle étonnante confession faisait-elle là à Maud ! Peut être avait-elle tort de lui dire tout ça mais à vrai dire, Cassidy avait vraiment été seule pendant trop longtemps, enfouissant toutes ses pensées au plus profond d’elle.

« Mais je suis triste aussi parce que je ne comprends pas… pourquoi il est… si joyeux, taquin avec moi et passe après dans une sorte de distance comme si il préférait s’éloigner de moi. La dernière fois qu’il a fait ça… c’était parce qu’il avait honte de m’avoir enlevé mes souvenirs de… nous deux. Préfère s’éloigner plutôt que de faire de la peine ou entendre des paroles qui lui font peur… mais je ne veux pas lui faire de mal… j’ai pas envie de le perdre une nouvelle fois je ne le supporterait pas cette fois… et je ne sais pas si ce que je fais est bien ou mal pour lui… fin… voilà… »

Elle avait lâché son masque, la douleur se lisant sur son visage et peut être qu’effectivement, les sentiments pour lui n’étaient pas éteints. Comme une flamme qui se rallume. Mais elle semblait tellement perdue pour le coup, ses yeux étaient brillants, retrouvant cet air si naïf, si innocent qu’elle avait avant.

Maud se mit à parler alors. Une discussion qui dura. Et finalement Cassidy prit congé.
Tristan lui avait demandé de la rejoindre chez lui et c’est un peu hésitante qu’elle frappa à la porte. Il l’accueillit chaleureusement, lui demanda si ça c’était bien passé et elle fit apparaître son sourire sur le visage.

« J’ai juste besoin d’un peu de repos. Enfin si tu as le temps pour me tenir compagnie aussi. »

Il n’y voyait pas d’inconvénient, au contraire ravi de l’accueillir. Son logement n’avait pas vraiment changé au final. La nuit tombait et ils se retrouvèrent pour manger, juste après qu’il l’ait conduit dans sa chambre d’ami pour qu’elle se repose. Elle avait tout le loisir de réfléchir.
Puis après le repas, elle attrapa une chaise et s’installa sur le balcon, observant les étoiles, murmurant des prières silencieuses pour qu’on lui donne la force de continuer à avancer. Finalement elle s’endormit dans sa chaise, beaucoup trop épuisée pour faire quoi que ce soit d’autre.

Tristan était venu pour la ramener dans sa chambre d’amis mais alors qu’il la portait, la petite mage, passa les bras autour de son cou et serra avec une telle poigne qu’il était impossible de la déloger de là, ce qui devait bien le surprendre au final. Elle murmurait quelques paroles sur un air enfantin.

« Non… me laisse pas… suis trop bien comme ça… »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ascadian.forumgratuit.org
Tristan Konogan
Professeur Initiation et Maniement des Armes
avatar

Messages : 600
Date d'inscription : 09/05/2012
Age : 25

Feuille de personnage
Race: Drakkari
Royaume:
Vocation: Guerrier

MessageSujet: Re: Un voyage pour apprendre à mieux se re-connaître ?   Jeu 28 Nov - 20:32

Quelle fin de journée mouvementée !!! Il n’y avait pas à dire !
Et tout s’était enchainé si vite qu’au final le temps ne semblait plus avoir la moindre emprise sur eux. C’est dans cette clairière proche de la cité qu’ils purent tous les deux reposer pied à terre et lui reprendre forme humaine. Tristan semblait heureux et profondément amusé, finalement toujours fidèle à lui-même appréciant l’adrénaline des risques et de l’aventure…Et voler avait été pour eux, plus que certainement, une extraordinaire aventure. Surtout que contre toute attente il était assez bien « équipé » même si ses tentatives pour l’aider et s’assurer de sa sécurité avaient plus ennuyées la jeune femme qu’autre chose. Mais il fallait le comprendre… Voler était pour lui une sensation si naturelle qu’il ne se posait pas de question et qu’il ne savait plus raisonner en tant que cavalier à ces moments là.

Alors qu’il était allongé dans l’herbe, il lui fit une drôle de déclaration. Apparemment la selle et les lunettes étaient pour elle. Il lui devait un cadeau après tout… l’aurait-elle déjà oubliée ? Sa…promesse ?
Mais c’est vraiment quand il l’enlaça et lui parla avec douceur et sincérité qu’il ressentit, étant si proche d’elle, énormément d’émotions passer dans ce petit corps mince. C’était si rapide, si fugace et éloigné de son esprit mine de rien parce qu’il « captait » mieux en tant que dragon et qu’il devait s’adapter, qu’il ne comprit pas grand-chose mais il sut que ses paroles avaient un impact.
Elle commença à enlever les fines gouttelettes sur son visage dues à sa blessure superficielle, concentrée, craquante. Ravi qu’elle lui prenne la main par la suite, même s’il tressaillit légèrement, il se fit attentif.

Quelles étranges déclarations elle lui faisait là ! Il pencha la tête, observant son visage qui reflétait tellement plus d’émotions que quelques semaines plus tôt lorsqu’ils s’étaient « rencontrés ». Mais à sa demande d’attendre un peu, il eut à son tour quelques mots, tout simples qui devaient là encore trouver un écho dans le cœur de la petite mage… Il l’avait dit pour eux deux, pour leur couple, pour la première fois de la jeune femme. Un beau sourire au visage, il lui souleva le menton de sa main libre, l’air très sérieux et très doux en même temps.

- J’attendrai le temps qu’il faudra alors… prends ton temps.

Oui bon presque les mêmes mots.
Elle rougit, il crut que c’était parce qu’il était trop proche d’elle et il relâcha doucement son menton, détournant les yeux, l’air un peu gêné lui aussi même s’ils ne se lâchaient pas la main. Elle enchaina, cachant probablement son trouble là-dedans et il répondit, gentiment à ses questions.

- Je ne sais pas trop… Je pense que celui que nous avons vu en était un… De ce que mon sang me transmet comme « renseignements » sur les dragons, je sais qu’en général, ce sont des faits extérieurs qui corrompent les dragons même si certains sont prédestinés à aller… dans le mauvais sens. Tous les dragons semblent attirer par la magie et donc les mages… mais seuls les dragons corrompus semblent vouloir les croquer… enfin volontairement. Je ne sais pas trop après tout… je n’en suis pas totalement un non plus… Je sais que les dragons ont une très haute opinion d’eux-mêmes, qu’ils sont complètement narcissiques et terriblement égoïstes. Mais pour ma part, je pense que si un dragon devait devenir dangereux et présenter une menace, que ce soit pour son espèce ou pour les humains, alors on devrait l’arrêter… ou faire en sorte qu’il ne fasse de mal à personne.

Etait-ce la réponse qu’elle attendait ? Difficile à dire, son visage ne laissait absolument rien filtrer cette fois-ci. Etrange…
Il carra fièrement les épaules quand elle parla de leur vol, très fier oui et sans doute très proches des caractéristiques, traits de caractères qu’il venait de citer chez ses pairs. Apparemment enthousiaste qu’elle porte un tel intérêt à ce qu’il avait fait et à la selle qu’elle désignait, il lâcha sa main pour la soulever, la portant à la hauteur de la jeune femme pour qu’elle puisse mieux l’examiner. C’était un sacré bel instrument tout de même. Par contre, elle semblait inachevée, des gravures avaient été faites d’un côté, fines arabesques gravées dans le cuir tandis que de l’autre il n’y avait rien. D’ailleurs, elle le remarqua tout de suite.

- Oh euh… oui, elle n’est pas fini en fait… Ca fait un moment que je travaille dessus. Oui, il y a de la magie… mais ce n’est pas moi qui m’en suis occupé hein ! En fait, j’ai demandé l’aide du forgeron, du tanneur et de deux mages de la cité… J’ai dessiné le modèle d’après ce que les uns et les autres m’ont montré, j’ai aidé en grande partie à la fabriquer mais c’est un secret, à part eux, personne n’est au courant… Les mages ont enchanté, c’est ça qu’on dit ?, la selle pour qu’elle s’attache toute seule. Elle fonctionne avec moi en fait… elle est liée à ma force draconique donc j’imagine à la forme de magie qui émane de moi… Du coup, aucun risque que ça ne s’épuise… J’ai bien retenu tout ce que tu m’as appris tu vois !

Grand sourire avant qu’il ne pose les yeux sur ses cheveux parsemés de feuilles et ne se rappelle qu’effectivement, à cause de lui, elle n’avait pas pu éviter une branche, il l’examinait, les deux mains sur sa peau cette fois mais elle le rassura alors qu’il faisait un sourire penaud.

- Comme… comme tu as pu le voir, ce n’est pas terminé et… je… je dois apprendre encore. J’ai fait le maximum pour que tu sois en sécurité mais j’ai bien senti que tu étais parfaitement à l’aise et que mes écailles te gênaient plutôt qu’autre chose par rapport aux étriers… J’ai bien remarqué que tu étais une cavalière exceptionnelle ! Et j’espère valoir assez le coup pour que tu ne tombes pas… si facilement en effet.

Clin d’œil à sa remarque. Par contre la suite le prit carrément au dépourvu alors qu’elle faisait brusquement plus jeune, plus gamine, plus vivante, plus heureuse et aussi terriblement plus vulnérable. Son cœur s’emballa alors qu’il se faisait mal au cou à pencher la tête pour observer son visage alors qu’elle était si proche de lui, un sourire clairement de tentative de manipulation (ou du moins de tentative pour le convaincre) aux lèvres… trop proches ses lèvres…
Il secoua la tête et se recula d’un pas, lui jetant un regard noir.

- Tsss ! Idiote ! Pourquoi tu crois que je t’offre ça hein ?! Bien sûr que je veux encore voler avec toi.

Petite insulte qui sonnait faux alors qu’il détournait clairement la tête, les pommettes plus colorées que jamais, passant d’un pied à l’autre en se massant la nuque, ne la regardant plus. Apparemment, elle avait fait mouche. Toujours sans la fixer, il donna un petit coup de pied dans une pierre en grimaçant…

- Par... par contre va falloir que tu l’adaptes un peu selon tes envies et besoin, la selle… Enfin je le ferai, faudra juste que tu me guides quoi… J’ai senti ton esprit perturbé par ton manque de liberté de mouvements à cause de ce que j’ai fait et j’ai compris que les écailles sur tes jambes, on oublie… Mais ça risque de prendre du temps hein, d’apprendre à… ne pas avoir peur de te faire mal… et on va probablement devoir s’entraîner pas mal… Enfin… voilà quoi…

De nouveau tout mignon et tout gêné, il fixait le sol, un brin ronchon en essayant de cacher son trouble mais au final il était si sincère et naturel justement qu’il n’en paraissait probablement que plus craquant. Finalement, il rangea la selle dans son sac en promettant qu’ils s’en occuperaient ensemble au plus tôt et ils se rendirent à la cité à pied. Sauf que si pendant les premiers mètres, il l’écoutait parler, de nouveau vivante et intarissable alors qu’elle lui exposait déjà les idées qui lui venaient à l’esprit, il prit doucement sa main au bout de grosses poignées de seconde, en silence, l’air de rien, détournant aussitôt les yeux mais pressant doucement sa main. Bah quoi ? Fallait pas qu’elle tombe non plus hein ?!!!! Il y tenait à ce contact. Mais l’avouer n’était pas si facile.

Ils se rendirent finalement chez Maud après avoir déposé leurs affaires chez Tristan et la mage l’examina rapidement et déclara qu’elle avait besoin de repos mais pas seulement, de se détendre aussi. Tristan posa les yeux sur la jeune femme en fronçant les sourcils. Etait-elle stressée ? Mal ? Bien plus qu’il ne pouvait l’imaginer mais ça… c’était une autre affaire.

Pourtant, le jeune homme sourit, la sachant entre de bonnes mains et décida de la laisser discuter avec Maud, entre femmes, sans leur imposer sa présence, déclarant qu’il avait des choses à faire… Il effleura doucement une main de la jeune mage en lui dédiant un magnifique sourire et en lui disant qu’il l’attendait chez lui, qu’elle pouvait prendre son temps puis s’éloigna rapidement, suivi des yeux par une Maud à l’expression fermée. La tasse de thé… sembla alors amener à une discussion… nécessaire.

Maud semblait profondément pensive suite au discours de Cassidy, comme si cela évoquait quelque chose chez elle, quelque chose qu’elle n’avait peut-être pas vraiment envie de se rappeler et surtout de montrer. En effet, la tristesse et la colère se disputèrent un instant sur les traits de la digne dame. Ainsi, la jeune mage pensait encore ressentir quelque chose pour son ancien amant… Alors même qu’elle avait tout fait pour le sortir de sa tête, de son cœur. Bien sûr, c’était probablement une question de survie avec ce qui s’était passé, ce qui les avait indéniablement et irrémédiablement ébranlés et détruits…
Si elle n’avait pas agi ainsi… Comment serait-elle aujourd’hui ? Pouvait-elle vraiment lui en vouloir de s’être raccrochée à quelque chose de stable, d’avoir essayé de continuer de vivre, de survivre face à cette situation ? Non bien sûr que non, mais elle lui en avait voulu, considérablement.
Elle l’avait détestée pour son discours même si elle n’y avait cru qu’en partie. Cru qu’en partie parce qu’aucune femme censée pourrait ne pas être surprise et jalouse de découvrir son ancien petit ami dans les bras d’une autre, très en forme malgré l’annonce qui avait été faite quant à sa mort. Même si ce n’était bien sûr qu’une mise en scène… Il n’était pas mort. Et il n’était pas de nouveau le compagnon de Maud.
Mais Maud l’avait aussi détestée… parce qu’il y avait trop de sincérité, trop de provocations dans le jeu de rôle de la jeune femme quand elle avait prétendu être très heureuse avec Erwan, qu’il était mieux que Tristan. Elle avait eu mal pendant un court instant, vraiment mal, pour lui, pour eux, pour s’être trompée, pour le fait que sa vision s’avérait complètement fausse au final. Mais l’avouer ? Certainement pas.

Néanmoins, Cassidy avait changé. Son comportement se faisait plus doux, plus ouvert même si elle était toujours aussi terriblement indépendante. Et elle se livrait avec sincérité…
Maud était surprise bien que ravie de ces confessions. Alors… c’était vrai ? Il y avait encore quelque chose… pour Tristan ? Qu’elle ne ressentait pas avec Erwan ? Elle ne pouvait pas s’empêcher d’intervenir ? Elle ne pouvait pas s’empêcher… de l’aimer ? Etait-ce cela le message implicite au final ?
Maud poussa un profond soupir, ayant abandonné l’envie et l’idée de boire sa tasse de thé. Elle se leva et alla chercher le petit coffret qui contenait la fameuse boule cristalline qui lui permettait d’échanger sur ses pensées, ses souvenirs et ceux qu’elle avait récupérés, reconstitués d’un Tristan amnésique. Elle posa la boite par terre et déposa la boule sur ses genoux, la caressant du bout des doigts, un air nostalgique au visage puis… d’une colère à peine maitrisée.

- Je sens bien que tu te poses des questions, que tu veux savoir des choses et que tu hésites à me demander… Parce que les réponses pourraient te faire du mal. Je vais essayer d’être claire… Sommes-nous amies Cassidy ? Tu as été ma rivale, le modèle dont j’ai été le substitut pour Tristan longtemps sans que tu en sois consciente, oui, moi je le sais, je l’ai toujours su et je m’en suis contentée, celle contre laquelle j’ai perdu, mais aussi celle qui l’a rendu heureux, même si ce n’était que temporaire… Tristan t’aimait tant… Il m’envoyait souvent des lettres, ce que tu sembles ignorer, pour me raconter, pour me parler, lui qui était si secret devenait très bavard quand il s’agissait de toi, heureux de découvrir la vie, heureux d’y avoir droit… mais ça ne m’a pas empêché de sentir ses peurs, ses hésitations, ses craintes… que tu ne pouvais pas percevoir derrière son armure de courage et d’indifférence… Il devait être fort… Mais je t’en veux… de ne pas avoir compris. Même si ce n’était pas ta faute. Je t’apprécie vraiment Cassidy… Mais en même temps, je suis trop triste de ce qui s’est passé…


Elle soupira et caressa doucement son ventre du bout des doigts. Est-ce que toutes les femmes se comportaient ainsi enceintes ? Peut-être… C’était peut-être ce qui attendait la jeune mage, quand ça lui arriverait, avec son archer si parfait…

- J’ai toujours su quelque chose… Un souvenir dur à vivre que tu as ravivé quand tu es venu ici… Mais récemment… j’ai pu faire un lien, un lien horrible, que je n’aurais jamais voulu faire et… magiquement, j’ignore comment, ce souvenir est apparu dans ce cristal…

La jeune dame posa son regard sombre sur la jeune mage qu’elle appréciait au final beaucoup, malheureusement, et elle lui fit un sourire triste.

- Cassidy… ceci répondra certainement à quelques unes de tes questions… Mais ça te fera aussi, sans doute, beaucoup de mal… Est-ce que tu es prête à prendre ce risque ?

Apparemment oui. Elles se turent, se concentrèrent et une fois de plus, le cristal leur permit de retourner dans le passé.


Elles s’approchaient de Maud, son fantôme du passé, sur ce même balcon, observant le monde animé qui se bousculait plus bas avec un sourire attendri. Puis elle regarda le terrain d’entraînement… et Tristan qui s’entraînait. Elle parut triste, son mari arrivant près d’elle.

- Tu devrais aller le voir… Ton frère m’a dit qu’il s’était fait pas mal de blessures ces derniers jours.
- J’ai vu oui… Il devient maladroit, ça ne lui ressemble pas. Mais il est si fermé en ce moment… Il refuse toute conversation, toute confrontation, il est tour à tour agressif, voire violent et complètement mutique… Mais tu as raison… Je vais aller le voir.


La scène changea. Maud entrait chez Tristan et le beau jeune homme vint l’accueillir, torse nu, sublime comme toujours alors même qu’il sortait d’un entrainement. Il aurait dû être échevelé, épuisé, mal coiffé, peu ragoûtant du fait des efforts physiques… Mais malheureusement, ces lois ne s’appliquaient vraiment pas au jeune homme. Peut-être que c’était parce qu’il était un dragon au final… C’était avant son accident, comme le témoignait la cicatrice sur sa gorge et celle plus profonde qui traversait d’un grand X son torse, aujourd’hui beaucoup plus fine et moins marquée. Musclé, athlétique, craquant au possible, il sourit à la dame et lui proposa aussitôt à boire.

Elle hocha la tête et le suivit jusqu’à la cuisine séparée de la salle à manger par un bar.
Il était occupé à lui préparer un cocktail, elle n’était pas encore enceinte, quand elle avisa les marques sur son torse, sur ses bras, les bandages sur ses mains. Décidément… Il était… maladroit. Il souriait, semblait aller bien. Elle soupira et posa une main sur l’un de ses avant-bras.

- Tris… Tu n’as pas à faire semblant… je sais que ce que tu as appris pour Cassidy te…
BAMMMM

Le genou du jeune homme venait d’heurter durement l’un des énormes pilonne du bar. Il grimaça et secoua sa jambe, faisant un sourire d’excuse à Maud en prétendant que c’était un réflexe de crampe dû à ses entraînements. Elle acquiesça, le laissant continuer de préparer les boissons sans sembler le soupçonner de mentir. Mais alors qu’elle l’observait, qu’il commençait à découper des citrons, elle ouvrit la bouche et murmura un mot, un nom, juste un : « Cassidy ».

Le résultat dépassa ses attentes. D’un geste ample, rapide, précis, Tristan se cloua la main à la table du bar du couteau qu’il tenait… déchirant la chair, passant entre les os avec une précision presque effrayante. Il ne poussa aucun cri alors qu’elle le faisait pour lui, reculant d’un pas en se plaçant la main sur la bouche. Il cligna des yeux, les baissa sur sa main et fronça les sourcils alors qu’elle s’approchait de lui pour lui ôter la lame. Il grimaça légèrement, mais parut surtout terriblement vulnérable et coupable, comme s’il venait d’être pris sur le fait. Elle était en train de tamponner la plaie d’un torchon pour stopper l’hémorragie. Alors c’était ça… Il le prenait bien plus mal qu’elle le croyait… Sa souffrance était-elle telle qu’il se blessait involontairement plutôt que de laisser toutes les émotions relatives à la jeune femme l’ébranler ? Elle osa poser la question…
Tristan bougea…
Il tomba à genoux par terre, le visage appuyé contre le ventre de la jeune femme, tremblant, gémissant.

- Je… je peux pas… je… je peux plus…

Il pleurait… Il… pleurait ???!!!!
Et pas qu’un peu. Gros sanglots, joues trempées de larmes lorsque Maud s’agenouilla devant lui, le forçant à la regarder. Il était si agité de tremblements qu’il peinait à reprendre sa respiration. Elle le prit dans ses bras, essayant de le bercer un peu alors qu’il était apparemment épuisé et profondément ébranlé.

- Pourquoi ?… Pourquoi ?… Pourquoi ?… Maud… Maud, je regrette tellement… je… je suis pas assez fort. Je peux… je peux plus continuer… je veux être avec elle… je… Je n’ai qu’à le tuer… Ce sale rat qu’elle aimait tellement finalement ! Elle sera à moi… juste à moi… à personne d’autre… personne…

Là elle l’avait lâché et le gifla violemment. Elle fit bien. Les pupilles dilatées du jeune homme reprirent une taille normale alors qu’il semblait tout surpris puis horrifié.
Elle caressa doucement ses joues de ses deux mains.

- Tristan… tu dois être fort. Ca va aller. Tu n’as pas le droit de faire ça, tu le sais… Si elle est heureuse, si elle va bien, tu dois en être heureux toi aussi. Tu n’as pas le droit de la voir comme tienne… tu as fait le choix de partir, elle n’est plus à toi…
- …
- Tristan….
- C’est vrai… Tu as raison… Je le sais tout ça… Pardon, je ne sais pas ce qui m’a pris.
- Tu le vis mal, c’est normal… Tu as le droit d’être mal. Tu te blesses pour ne pas penser à elle, ça explique tes récentes blessures… Mais ça va aller, ne t’en fais pas, on va trouver une solution.
- Maud, aide moi s’il te plait…
- Bien sûr ! On va trou…
- Tue moi.
- … QUOI ?!
- Tue-moi…
- Mais… Mais… mais tu es malade ?! Qu’est ce qui te prend de dire ça ?! Tu n’es pas sérieux ?!!!

Il ne la regardait pas, les yeux baissés, toujours à genoux par terre.

- Je t’en prie…
- Mais… Mais…
- Je t’en supplie… J’y arrive pas tout seul…
- QUUUUUUOOOOOOIIIIII ????!!!!
- J’essaie… j’arrête pas d’essayer mais ça marche pas… je suis… trop nul. Même pas foutu… de réussir ça.

Quel visage détruit, moral, espoir, mental démolis il releva vers elle. Mais le sérieux aussi était présent. C’était ce qu’il souhaitait…
Peu après, la guérisseuse convoquée en urgence fut présente et le força à s’allonger, soignant la plaie de sa main, écoutant les explications de Maud qui avait demandé une injection massive de calmant pour le garçon qui était depuis très docile, à moitié endormi.

- J’ai bien une solution… Mais ça risque d’être costaud…
- Laquelle ?
- Dévier ses sentiments. Les étouffer en gros… Des chocs sur son cœur devraient rendre sa capacité à ressentir un peu flou pendant quelque temps, le temps justement qu’on trouve quoi faire de mieux… Il faudra le faire chaque jour. Il se sentira mieux, dans un état second mais mieux…
- … Très bien…


Elle hocha la tête, appliqua ses mains sur le torse du jeune homme étendu sur son lit et une puissante onde de choc s’en dégagea, frappant directement le Drakkari qui eut un sursaut violent. Elle insista, une fois de plus, puis une autre et encore une autre… jusqu’à ce que le jeune homme s’endorme finalement, à moitié étourdi, l’air apaisé. La mage semblait surprise et fatiguée.

- Je n’ai jamais eu à insister autant.
- … J’avais compris oui.
- Qui est-ce ?
- …
- Morte ?
- Pire.
- Je vois… Il va falloir le surveiller mais il ira mieux désormais.
- Je prie que les dieux t’entendent mon amie… et qu’ils se montrent cléments…


Les scènes s’enchainaient, devenant claires puis floues. Elles pouvaient voir Tristan dans les jours qui suivirent, joyeux, heureux apparemment même s’il avait souvent l’air un peu ailleurs. Sa joie de vivre qui le caractérisait tellement quand Cassidy l’avait retrouvé, totalement par hasard des mois plus tard, était déjà au rendez-vous. Il allait bien, plaisait beaucoup. Tout le monde l’appréciait, il était engagé, s’améliorait de jour en jour dans ses entrainements, serviable et adorable il avait tout pour plaire oui… Maud se détendait au fur et à mesure… Rassurée…

La scène changea de nouveau et ce fut le décor de cet horrible piège, cet horrible traquenard qui se replanta alors… La Cassidy actuelle semblait surprise, certainement peu envieuse de revivre ça mais Maud pressa sa main pour lui dire que c’était important, ou peut-être pour la rassurer qui sait ?
Tout passa en accéléré pourtant, très très vite, mélange d’ombres et de lumières alors que seule la fin persistait.

En réalité, heureusement pour elle, Cassidy n’avait pas assisté à toute la scène, des moments terriblement choquant certes mais pas tous… Pas celle où on tentait de lui arracher le cœur par exemple et les suppositions de Maud s’avéraient fausses… preuve incontestable qu’il s’agissait bien de ce « souvenir » qui s’était rajouté au cristal. Tristan était dans un sal état, certes et il souffrait apparemment le martyr mais il n’était pas mort, son torse encore intact de l’incision qui aurait dû le tuer. Les hommes partaient sous l’ordre de leur chef, grand échalas fou et dangereux.

Contre toute attente, celui-ci fixait le jeune homme qui réussissait à se lever, malgré son état, le sang qui ruisselait dans son dos, l’important nombre de ses os en miettes et son teint blafard.
Le Kaär semblait satisfait.

- Tu es bien plus fort que je ne pensais… Je croyais que tu t’évanouirais très vite, je vois ce qu’ils attendent de toi.

Tristan sourit, malgré son état, il semblait plutôt apaisé.

- J’ai un message pour toi et tes coéquipiers ordure… Quoi que vous fassiez, quoi que vous disiez, quelque torture que vous m’infligerez… je ne vous rejoindrai pas…
- Ainsi tu sais… Hum non… tu en ignores encore beaucoup… mais tu es assez intelligent pour avoir compris que dans ton état, ton corps va lutter pour survivre et devenir ce monstre que tu crains.
- Non, ça n’arrivera pas.
- Je vois… Et si nous passions à une autre menace?

Nouveau sourire plus mystérieux et plus provocant cette fois.

- J’ai perdu la seule chose qui aurait pu me convaincre…alors vous perdez votre temps.

- Dans ce cas…

L’homme bougea extrêmement vite mais Tristan l’attendait, bras ouvert alors qu’il lui enfonçait une dague profondément dans le torse. Le jeune homme eut un hoquet douloureux, suffoquant en tombant à genoux puis allongé sur le dos, serrant sa poitrine en grimaçant.

- Profite… je n’ai fait que t’endommager, tu vas beaucoup souffrir avant de mourir. Bon voyage en enfer !

Il s’éloigna en ricanant. Tristan avait fermé les yeux en grimaçant mais il finit par les rouvrir lentement, fixant le ciel bleu au-dessus de lui, le soleil brûlant qui le réchauffait. Son visage s’apaisa, son corps se décrispa alors qu’il offrait un sourire heureux à un point invisible pour ses deux spectatrices.

- Tu vois… j’ai finalement réussi… Tout sera plus simple maintenant. Plus de regrets, plus de souffrances, plus d’erreurs… Sois heureuse ma princesse.


Des larmes commençaient à couler sur ses tempes alors qu’un filet de sang s’écoulait entre ses lèvres tandis qu’il parlait… un peu tout seul au final. Avec un effort apparent, il se tourna sur le ventre, essayant de comprimer sa blessure, comme s’il voulait rendre sa respiration encore plus laborieuse, encore plus difficile. Une joue contre l’herbe, il tripota doucement son pendentif avec un nouveau sourire d’autant plus triste puis perdit connaissance sur quelques derniers mots.

- Je t’aime…



Maud et Cassidy furent aussitôt éjectées de ces souvenirs, c’était apparemment tout ce qu’il y avait besoin de savoir en plus. Un tout petit truc monstrueusement plein de révélations. Maud reposa lentement la sphère dans sa boite, la refermant, la mine sombre. Elle ne regardait pas Cassidy, ne savait pas ce qu’elle avait compris, ressenti et ce qu’elle pouvait penser, c’est pourquoi elle se mit à parler peut-être inutilement au final mais sur un ton calme.

- Il avait senti ce piège… Et il aurait probablement pu y échapper. Tristan a toujours su qu’Aliéna n’était pas sa sœur. Ce passage tu ne pourrais le comprendre qu’en voyant cette scène suffisamment de fois ce que tu ferais mieux d’éviter, crois-moi. Au final, le traitement de ma mage n’a servi à rien… intuitivement j’y ai pensé mais il allait tellement mieux que je ne me suis pas écoutée, j’aurais dû… c’était stupide… aucun moyen standard ne pouvait le faire cesser de t’aimer et cesser de regretter, c’était pourtant clair. Et comme je ne voulais pas l’aider… il a trouvé un moyen pour que d’autres l’aident… Il t’aimait tellement que cet amour le dévorait… comment aurait-il pu vivre en te sachant avec un autre ? Heureuse avec un autre ? J’ai été assez stupide pour tenter de répondre à cette question mais… oui, c’était inutile.

Elle releva les yeux vers la jeune mage, présentant de nouveau ce mélange de tristesse et de colère, elle serra les poings, les pressant sur ses jambes.

- Je t’ai détestée… que dis-je… haï… Pas pour ça non… mais pour ce que je t’évoquais tout à l’heure… pour ce que tu n’as pas compris… Tristan, malgré ses grands airs, sa force, ses qualités, son potentiel est terrorisé par ce monde qui lui a pris tout ce qu’il aurait dû avoir naturellement : une famille, de l’affection, de l’amitié, un semblant de normalité, de la stabilité… Cette affection qui lui a tant fait défaut aurait pu le rendre excessivement violent envers les autres et mauvais… mais au contraire il a essayé d’y remédier, en comblant les femmes, en enchainant les aventures, ça ne pouvait pas vraiment le rendre heureux, mais c’était un ersatz d’amour… Et puis il t’a retrouvée toi… toi qui pour une raison que je commence à soupçonner, à comprendre, a été très tôt son premier et unique amour, il t’a perdue et ça l’a détruit… Mais contre toute attente, tu étais aussi la seule à pouvoir le reconstruire et tu y es merveilleusement arrivée. Il était si heureux qu’il peinait à croire à son propre bonheur et… il avait peur. Tellement peur… Il n’osait pas le dire, pas le montrer. Pour lui, tu étais parfaite, incontestablement parfaite, j’ai des dizaines de lettres qui l’attestent, tu peux les lire si tu le souhaites… si parfaite qu’il se sentait et se savait totalement indigne de toi. Il s’est mis à craindre tout… absolument tout ce qui pouvait t’éloigner de lui, t’arracher à lui. Malgré ses airs indifférents, il était mort de jalousie dès qu’un autre homme t’approchait, il était pris de crises de violence lorsque tu souriais ou riais pour quelqu’un d’autre et cette partie de lui l’effrayait. Il a tout fait pour changer alors, pour te mériter… Il devait être exemplaire, il devait faire en sorte que tu sois fière de lui, constamment. Il en avait besoin, que tu l’aimes, que tu l’admires et le respecte, au moins autant qu’il t’aimait, t’admirait et te respectait… Mais le malheur vous poursuivait avec insistance…Il n’a pas su t’éviter des blessures, il n’a pas su te protéger de ce monstre de Cheistam qui a profité de ta faiblesse, à quel point a-t-il dû souffrir d’assister à son propre échec, oui je sais tout de cette fameuse nuit, il ne m’a rien dit… le cristal si… Il n’a pas su intervenir suffisamment tôt pour t’éviter d’être blessée trop profondément, il n’a pas su t’éviter cette dépense magique, ta cécité, tes déceptions, tes peurs, tes inquiétudes, tes espoirs déçus, tout ceci à cause de lui… Il n’a vu que ses erreurs, aucune de ses réussite ou trop peu pour rééquilibrer la donne. Alors quand il a compris qu’il t’avait trompée… Et ceci, il me l’a dit clairement… Il aurait préféré que cette femme égoïste, méchante, allumeuse qui lui avait brisé le cœur, ce soit toi, il aurait préféré que tu rompes avec lui aussi cruellement, te surprendre très vite dans les bras d’autres, encaisser tes paroles de tromperie et tout ce qui impliquait les déceptions qu’il représentait à tes yeux, plutôt que d’apprendre qu’il avait échoué encore… Mais pour la dernière fois.

Elle soupira, éprouvée par tout ce qu’elle disait.

- Tu comprends pourquoi je t’en veux ? Parce que tu l’as cru moins aveugle, moins stupide qu’il ne l’est quand il s’agissait de vous deux. Parce que tu lui as donné une confiance et une maturité qu’il n’avait pas… Parce que tu as cru que comme vous débutiez tous les deux dans une relation amoureuse, comme il avait eu de nombreuses aventures, vous étiez à peu près à égalité… alors même qu’il était à des années lumière de ta conception de vous deux, de tes pensées, de ta manière de le voir. Je t’en veux pour ne pas lui avoir suffisamment dit que tu l’aimais, pour ne pas lui avoir clairement expliqué que ce n’était pas de sa faute ces erreurs et que lorsque ça l’était que oui, c’était grave mais que ça ne pouvait pas t’empêcher de l’aimer. Je t’en veux pour avoir essayé de minimiser ses actes, afin de le rassurer, ce qui ne lui a probablement que fait penser que tu le surprotégeais à tort de tes réels sentiments. Je t’en veux de ne pas avoir compris à quel point il avait besoin d’être fort pour toi et à quel point malgré tout il était vulnérable et avait besoin que tu le rassures. J’ai bien assez pour te haïr et vouloir ta mort Cassidy… et pourtant…


Un sourire cette fois éclaira le visage de la future maman alors qu’elle prenait doucement les mains de la jeune mage entre les siennes, avec chaleur, les larmes aux yeux.

- Tu l’as rendu heureux… Depuis que tu es là, il va merveilleusement mieux. A ton contact il s’est réellement remis de cet accident et de ce que ça a impliqué pour son corps et sa mémoire. Et je te suis extrêmement reconnaissante d’être encore capable de l’apprécier et de ressentir quelque chose pour lui, assez pour te soucier de lui à ce point… Je croyais… que vous deux ce serait… épique, magique, légendaire… peut-être que je me trompais. Mais malgré tout, Tristan est indéniablement attiré par toi. Et si tu l’as toi-même remarqué ça prouve bien à quel point c’est fort. Oui il et heureux de vivre, joyeux, animé, taquin… quand tu es là tout du moins. Tu comprends ? Peut-être… qu’il est en train de retomber amoureux de toi… et que ça l’intimide au final, il faut le comprendre. L’amour, même effacé, ça laisse des traces. Et pour lui, je pense que tu étais cette unique personne. Même si ce n’est pas réciproque. Alors même différent, même changé, même « tout neuf » peut-il totalement perdre ses sentiments pour toi ? Je ne pense pas… Alors fais attention de ne pas lui faire trop de mal… s’il te plait.


Au final Maud n’avait pas du tout l’air en colère, plutôt émue et heureuse.
Elle craignait probablement que Cassidy soit encore très rancunière par rapport à ce que Tristan lui avait fait subir et qu’elle le maltraite un peu alors qu’il était peut-être plus sensible qu’en apparence à ce qu’elle pouvait penser de lui. Mais si la jeune mage ressentait encore un peu, un tout petit peu quelque chose pour lui, alors Tristan serait en sécurité…
Finalement, Cassidy partit, la tête probablement pleine de question et l’esprit et le cœur en vrac après autant de révélations.
Tristan l’attendait chez lui et l’accueillit avec un beau sourire alors qu’elle feignait à merveille un simple état de fatigue.
Ils mangèrent un peu puis il lui prépara un chocolat chaud pour l’aider à se détendre, rangeant tranquillement dans la cuisine tandis qu’elle allait s’installer dehors. Il eut à peine le temps de la rejoindre qu’elle dormait déjà profondément… Il sourit, amusé et la porta jusqu’à la chambre qu’il avait préparé pour elle mais alors qu’il la déposait sur le lit, elle s’agrippa à lui, l’empêchant de s’échapper et le mettant dans une bien étrange position. Il sembla surpris par ses paroles mais un sourire apparut sur ses lèvres et avec plus de douceur que nécessaire, il s’allongea à côté d’elle.

Mais très vite, elle s’agita et si elle avait réussi à fermer enfin son esprit au jeune homme, le fait qu’elle se mette à sangloter fut un grand indicateur de son état alors qu’il paniquait un peu, ne comprenant pas. Finalement, ne comprenant rien à ses paroles inaudibles, il la secoua avec douceur et elle ouvrit les yeux, l’air un peu perdue.

- Eyh… ça va ? Tu devais faire un cauchemar. Tu.. tu pleurais… c… ca va ?


Elle semblait gênée et pas prêt à lui répondre. Il se redressa, le visage fermé, la regardant puis se leva carrément en attrapant une de ses mains.

- Viens…

Sans lui laisser le temps de dire quoi que ce soit, il l’entraîna à sa suite, sortant de la chambre d’ami et se dirigea puis entra avec elle… dans sa propre chambre. Lâchant sa main, il ouvrit un placard et se mit à chercher quelque chose avant de lui tendre une chemise à lui plus que probablement, plutôt longue.

- Tiens… enfile ça, tu seras plus à l’aise que toute habillée… je vais faire pareil…

Sans sortir de la pièce, il lui tourna le dos et entreprit effectivement de se changer, ôtant la ceinture, la tunique et le pantalon qu’il portait pour en revêtir un plus souple et plus large, apparemment très confortable. Tristan se tourna vers elle, torse nu mais seulement lorsqu’il fut assis sur son lit. Elle semblait un peu perdue et fit un pas vers la porte. Mais il lui attrapa la main, la regardant avec beaucoup de sérieux.

- Dis… j’ai pas envie de dormir tout seul et… si je suis venu là c’est parce que ce lit est plus grand donc… enfin… je… je me sens bien quand je suis avec toi, je ne fais pas de cauchemar et je dors vraiment bien… mais euh… si tu veux pas, je comprends hein !

Nouveau détournement de regard ? Bien sûr… C’était toujours peu évident pour le grand jeune homme de se confier au final… même si l’honnêteté lui allait décidément très bien au teint…
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Cassidy Herediane
Directrice de l'Académie Hysandra
avatar

Messages : 851
Date d'inscription : 26/02/2012
Age : 29

Feuille de personnage
Race: Humain Ascadian
Royaume: Territoire Neutre
Vocation: Mage

MessageSujet: Re: Un voyage pour apprendre à mieux se re-connaître ?   Ven 29 Nov - 18:24

Cassidy était certainement la plus surprise. Elle ne s’attendait pas du tout à cette journée, la tournure que cela allait prendre et paraissait aussi interloquée que perturbée. Oui bon elle était venue l’aider, le protéger un peu, et cela lui avait rappelé à quel point elle serait complètement hystérique si jamais il lui arrivait quelque chose et qu’elle ne serait pas là pour le soutenir. Oui effectivement elle faisait celle qui s’en fichait, qui croyait qu’il n’avait pas besoin d’elle mais être un dragon, cela suscitait beaucoup de convoitises et il avait besoin d’une petite mage pour le soutenir dans les moments durs, où lui ne pouvait pas vraiment agir.

Du moins quand elle était venue le secourir, elle ne réfléchissait pas à ce qu’il pouvait penser, à sa susceptibilité, elle était surtout vraiment en colère et ne lésinait pas sur les moyens. Tant pis après tout, elle n’était pas prête de l’abandonner, même si ça pouvait faire bizarre, même si elle était extrêmement peinée de sa froideur il y a quelques jours. Elle n’arrivait pas à comprendre pourquoi elle réagissait aussi instinctivement, comment elle arrivait encore à éprouver autant d’émotions et de sentiments pour lui mais elle était là.

Alors oui, après c’était à son tour de la sauver, en lui faisant une magnifique démonstration de vol qui valait le détour. Ils s’étaient arrêtés dans une petite clairière et l’un comme l’autre discutait. Elle était encore sous le choc mais se reprit rapidement, apparemment Tristan avait décidé de se conduire moins froidement, plus enthousiaste et ça c’était communicatif. Pourquoi continuerait-elle à faire la tête après tout.

Oui c’était plutôt encourageant de sa part, de dire qu’elle lui expliquerait et que lui attendrait. Encore un écho du passé où elle détourna les yeux, triste, complètement perdue. Il avait l’air d’avoir envie d’en apprendre plus sur elle, d’être le bras sur lequel elle pouvait s’appuyer. Se rendait-il compte que toutes les confidences qu’elle pouvait lui faire, cette acceptation de son statut de dragon, toutes ces choses qui poussaient la demoiselle à se rapprocher de lui, n’étaient que des signes avant coureur de quelque chose de bien plus fort ? Bien sûr, elle doutait de ses propres sentiments, se trouvait des excuses mais il est vrai… comment faisait-elle pour lui pardonner son comportement ? Où trouvait-elle la force de rester près de lui ? Il y avait bien sûr une certaine détermination mais aussi un évènement de sa vie qui l’avait suffisamment marqué et dont le rappel constant sonnait comme un écho à Tristan.

Il lui avait doucement soulevé le menton et tenait toujours sa main. La jeune femme ne pouvait s’empêcher de rougir en même temps que de paraître triste, même si il détourna rapidement la tête, sans lui lâcher pour autant la main. Et étrangement, elle n’était pas prête de se détacher de lui non plus.

Elle lui posa une question singulière, pour elle qui avait battu un dragon corrompu, même si elle ne savait pas trop comment, elle avait vu le reptile enragé de près et voulait juste savoir ce que pensait Tristan à ce sujet. Si il y croyait tout ça, cette histoire d’absorption de magie, si il voulait peut être essayé de la rassurer à ce propos. Il parla et elle fit un rapprochement. Si les dragons étaient attirés par la magie alors ça expliquait pourquoi il s’intéressait autant à sa magie. Mais il y avait eu quelque chose dans son passé qui l’avait toujours retenu, chose qu’il ne se rappelait plus apparemment.

Tristan ne donna pas la réponse qu’elle attendait, restant assez évasif. Plutôt aurait-elle du lui dire si il avait peur des dragons corrompus lui ? Ou en colère ? Trop évasive, oui. Elle ne fit aucun commentaire, se contentant d’un hochement de tête. Ni ne voulait plus s’étendre sur le sujet en question. D’ailleurs elle changea très vite de sujet, s’intéressant vraiment et très sincèrement à cette étrange selle qu’il avait conçu. Le jeune homme l’avait soulevé et elle l’examinait, posant sa main dessus, observant les arabesques. Elle avait l’impression qu’il avait passé beaucoup de temps et surtout mis du cœur à l’ouvrage.

La demoiselle souriait doucement. Ainsi il avait dessiné le modèle. Tiens donc, s’était-il laissé convaincre de recommencer à pratiquer cet art ? Il expliqua, elle se mit à réfléchir un instant, passant doucement la main sur la selle, ressentant la magie qui s’en dégageait. Magie d’humain et de dragon était fortement liée. Il semblait inquiet pour son bras et elle expliqua très rapidement qu’elle n’avait rien, vraiment très embarrassée par rapport à cet étrange tour qu’elle avait fait. Oui elle était soulagée qu’il ne s’étale pas dessus, parce que ses os auraient pu être broyés par la force de la branche. Enfin elle ne s’exprima pas plus que ça et effectivement il parlait bien de sécurité, faire en sorte de la protéger. D’accord, ça aurait pu fonctionner si elle n’était pas à l’aise et elle ne pouvait pas lui en vouloir de chercher de solutions.

Puis, encore une fois, elle se fit plus gamine, cherchant à le taquiner un petit peu, un sourire vraiment malicieux sur le visage, ce qui lui valut un regard noir alors qu’il avoue vouloir recommencer à voler avec elle. Un air mystérieux apparut sur le visage de la demoiselle alors qu’une chose lui vint en tête. Finalement inconsciemment, elle avait fait certains choix qui étaient bons. Pas tous, mais quelques uns. Et ses yeux pétillaient de joie alors qu’elle le regardait. Oui en effet, apprendre à voler, ça permettait de se sentir libre, au dessus du monde et intouchable. Et peut être que finalement avec lui, ça serait vraiment bien… enfin y avait juste un truc qui l’excitait autant qui lui faisait peur. Voler avec un dragon, ne faire plus qu’un avec lui… Cela demandait du temps et surtout… une énorme complicité, un partage sans frontières. Se faire confiance à l’un et à l’autre. Ce lien si fragile qui pouvait devenir si fort. Et peut être voulait-elle y croire. Qu’ils pourraient y voir plus clair en se rapprochant l’un de l’autre.

Il disait qu’il fallait encore faire des retouches et elle acquiesça d’un signe de tête. Alors qu’ils reprenaient le chemin du retour, la demoiselle déballait des idées, enthousiaste, s’appuyant sur son avis. Car c’était bien ça qui était important, tenir compte de l’avis de l’autre, agir comme des partenaires. Mais alors qu’il prenait sa main, elle s’arrêta d’un trait de parler, bredouilla, le regarda tout en faisant un sourire tout en rougissant, surprise par ce contact puis doucement en détournant la tête, elle pressa également sa main, petit geste pour lui dire qu’elle ne le lâcherait pas non plus.

D’ailleurs les habitants de la cité ne se posaient-ils pas des questions ? Si voir Tristan arriver était normal, qu’en était-il de cette petite mage si particulière, qui lui tenait la main, comme si ils étaient un couple ? Se tenir par la main… y a que les aveugles qui diraient que c’est pour éviter de trébucher ! Elle était encore plus rouge, mais ne lâcha pas sa main pour autant, la serrant un peu plus. Etait-ce bien ou pas bien ? Quoiqu’il en soit, perdre ce contact ne l’intéressait pas vraiment.

Ils déposèrent leurs affaires puis passèrent chez Maud pour une petite inspection de la jeune mage qui attendait patiemment, ne paraissait pas vraiment en mauvais état même si sa charge de magie prouvait le contraire. Mais à côté de Tristan, elle ne voulait pas paraître faible, mal en point. Jouer la dure en quelque sorte.

Le jeune homme souriait. Elle rougissait à son contact quand il effleura sa main, le regardant partir, un air conquis sur le visage, nullement dégoûtée ni en colère contre lui. Plutôt rêveuse, perdue dans ses pensées. D’ailleurs elle se mordilla la langue tellement elle le trouvait adorable et ce n’était pas son cœur qui lui dirait le contraire vu le bruit qu’il faisait !

Elle s’installa devant la tasse de thé et pour une fois, complètement perdue, laissant tomber sa bonne humeur, elle baissa les armes devant Maud. Parce qu’elle avait besoin de se confier, parce qu’elle était vraiment en détresse pour le moment, parce qu’elle ne comprenait pas ce qui lui arrivait et pourquoi le comportement de Tristan l’influençait autant. Beaucoup plus qu’Erwan qu’elle avait laissé il y a quelques jours et pour qui elle ne s’inquiétait… pas autant. Elle ne le voyait pas bien encore mais la jeune mage avait d’énormes doutes sur ses sentiments.

Alors elle s’expliqua, une confidence assez importante même si elle ne prononça pas ce mot qui était attendu et qui ne devait pas être pris à la légère.

Elle fit bien car Maud s’exprima une nouvelle fois, décidant de lui montrer de nouveaux souvenirs. Et ce déballage était d’autant plus important. Oui Cassidy ignorait cet amour fou qui rongeait Tristan. Alors elle vit toute la scène, quand il déclara ne plus rien supporter. Et mine de rien, elle était aussi passée par là, parce que les premières semaines, la demoiselle était incapable de penser, de réfléchir. Même Erwan n’avait pas fait grand-chose au final malgré le fait qu’il avait tout fait pour la rendre heureuse. Oui bien sûr, elle sentait une certaine complicité avec lui. Mais lui retirer Tristan c’était comme lui arracher une partie du cœur.

Elle avait eu un projet complètement fou avant d’apprendre sa mort. Projet qu’elle ne laissa pas complètement tomber et elle fit bien. Mais malheureusement, la mage avait eu énormément de périodes de doutes et un sourire triste était apparu sur son visage, se rappelant qu’elle avait de nombreuses fois chercher, elle aussi, à en finir avec la vie, ne trouvant pas la force et le courage de continuer, de vivre dans ce monde de mensonges. Déçue, elle l’avait été. Oui effectivement elle ne l’avait pas compris mais lui non plus. Elle se trouvait mauvaise, détestable.

Erwan lui avait un peu ouvert les yeux et elle ne voulait pas que d’autres se sacrifient pour elle. Elle avait également une obscure promesse qu’elle devait tenir et ça c’était quand même très pesant pour elle.

Alors quand elle regarda la scène, les yeux grands ouverts, serrant d’une main tremblante la tasse de thé puis la repoussant sur le côté de peur que celle-ci explose, les larmes dans les yeux, on pouvait constater que non, Cassidy ne jouait pas la comédie. Il y avait également cette horrible scène avec les Kaärs, ils en savaient beaucoup trop sur lui et ça ce n’était pas bon mais alors pas vraiment bon. Elle aurait donné n’importe quoi pour aller trancher ce chef, lui faire payer et elle était tellement mal à l’idée de savoir tout ce que Tristan avait pu subir.

Maud lui parla alors longuement, de tout ce qu’elle pensait, de tout ce qu’elle ressentait et Cassidy se sentit d’autant plus mal, baissant la tête, complètement perdue. C’était quoi qu’elle devait faire avec Tristan ? Etre franche avec lui ? Elle ne savait plus… et elle était loin d’être parfaite, vraiment très mal. Peut être qu’elle l’aimait toujours oui… mais n’a-t-on pas peur de blesser l’autre en essayant d’agir pour le mieux ? Si elle ne lui avait pas pardonné il serait parti beaucoup plus tôt… Enfin elle n’en savait rien ! Mais elle ne pouvait pas agir ainsi !

Cassidy ferma les yeux, tout s’embrouillant dans sa tête, elle se tenait la tête entre les mains.

Maud la détestait… elle avait échoué avec Tristan… oui c’était la seule chose possible. Que devait-elle faire ? Comment ne pas reproduire la même chose ? Le thé, elle n’en voulait plus… Mais alors, Maud expliqua quand même que Cassidy avait fait des choses bien, que Tristan avait retrouvé une certaine joie de vivre, qu’elle l’aidait bien sans s’en rendre compte. Elle rouvrit un instant les yeux, quand Maud parla du fait que ce n’était pas réciproque. Ah c’est vrai… même si le cœur de Cassidy se tordit douloureusement à cette pensée là. Mais elle n’était plus sûre de rien et ce qu’ils avaient vécu, ces baisers, ce défi de coucher ensemble… ça lui rappelait constamment ce qui lui plaisait chez lui. Et sa bonne humeur, ses sourires, son air taquin… bon par contre elle n’aimait pas du tout le voir lointain, froid. Devrait-elle insister ? Ce qu’elle n’avait pas fait avant ? De peur de le brusquer ?

Cassidy se redressa lentement, apparemment très fatiguée, murmurant quelques idées.

« C’est bizarre… à un moment j’ai eu exactement la même idée que lui… »

Elle fit quelques pas, puis se détourna doucement vers Maud, la regardant gravement.

« Depuis quelques semaines j’ai changé… je ne cherche plus à lui faire du mal… je ne lui en veux plus… je veux le voir heureux… mais Maud… j’ai aussi très peur… très peur de ne pas être à la hauteur… très peur de lui faire du mal sans le vouloir. Que faut-il que je fasse ? Que je lui demande ? Que j’insiste ? »

Cassidy tritura son pendentif machinalement, le regard lointain, puis se concentra à nouveau sur Maud.

« La dernière fois, je t’ai demandé si c’était possible d’avoir une deuxième chance quand tout le monde tourne le dos. Je ne parlais pas de Tristan… mais de moi… et… tu n’es pas la seule à avoir pensé à ma mort alors je ne t’en veux pas… après tout j’ai l’habitude. »

Elle se tourna ensuite vers la fenêtre, murmurant de nouvelles paroles.

« Seul le temps pourra confirmer si les décisions que l’ont prend sont bonnes ou mauvaises… Suis désolée… enfin merci… »

Cassidy marmonna, un peu perdue, se demandant ce qu’elle devait faire, dire. Oui elle allait rejoindre Tristan et faire comme si de rien n’était. Oui elle était extrêmement touchée et encore plus embrouillée mais elle voulait encore… et espérait qu’entre eux deux ça s’arrangerait. Elle s’y engageait et même si il lui tourne encore le dos une fois, alors elle insisterait. La tâche était bien difficile mais elle espérait y arriver. Oui l’espoir c’est tout ce qui lui restait.

Lorsqu’elle arriva chez Tristan, la demoiselle fit un beau sourire, laissant de côté ce qu’elle avait appris chez Maud pour être beaucoup plus agréable, parce que mine de rien elle se sentait bien à côté de lui.

« Au fait merci de m’accueillir chez toi… »

Sourire timide alors qu’elle replongeait son nez dans son assiette. Puis quand il rangea la cuisine et qu’elle était devant sa tasse de chocolat, la demoiselle ne pouvait s’empêcher de penser, réfléchir. Elle termina rapidement et s’installa sur le balcon. Mais il est vrai que la journée avait été épuisante et le sommeil ne tarda pas à se pointer.

Cependant, elle ignorait dans son sommeil son accrochement au beau Drakkari, ses petites paroles et le fait qu’il restait avec elle pour la nuit.

Malgré cela, Cassidy ne tarda pas à faire des cauchemars, imaginant Tristan en train de se faire torturer. Elle tremblait et se mit doucement à pleurer, s’agitant, complètement malheureuse et incapable de pouvoir intervenir, incapable de pouvoir l’aider.

Elle sentit qu’on la secouait et la demoiselle ouvrit les yeux, tombant nez à nez avec Tristan, qui lui ne comprenait pas pourquoi elle était dans cet état. Cassidy resta silencieuse, encore à moitié dans son rêve, refusant de dire quoi que ce soit et surtout, sans savoir comment, son esprit s’était automatiquement fermé, comme pour l’empêcher à avoir accès à ce genre d’informations qui ne pourraient que le blesser.

La jeune femme s’essuya lentement les larmes, triste. Il avait une expression fermée et la demoiselle grimaça lentement, sans savoir quoi faire. Sans lui laisser le temps de parler, il prit doucement sa main dans la sienne, l’invitant à le suivre. Bouche bée, elle comprit rapidement qu’il l’amenait dans sa chambre et lui tendit une chemise qui lui appartenait.

Elle resta plantée sur place, l’observant alors qu’il se déshabillait et il fallait le dire, Cassidy aimait ce spectacle alors qu’elle admirait non sans gêne les muscles du Drakkari, son corps qui lui tirait des pulsions heu… vraiment pas très correctes et elle dut se mordre la langue pour éviter de briller et de passer pour une grosse perverse. Parce que oui elle se rappelait encore de ce moment chez les Kaärs et mine de rien elle avait apprécié ! Et… serait pas contre pour recommencer. Mais bon ce n’était pas pareil, il fallait être sûr de ses sentiments et hors de question de vexer le jeune homme surtout… bah surtout si il pensait pas à ça lui ! Cette pensée lui piqua le cœur mais bon il n’était plus son copain, elle ne devait pas essayer d’avoir de telles pensées sur lui ! Même si c’était un très bon indicateur de ses sentiments à elle.

Mais ne lui avait-il pas dit que c’était à elle de mener la danse ? Que les hommes ne diraient jamais non ? Aaaaaaaaaaah ! Non non non ! Heu… comment dire… elle ne tenait pas à passer pour l’allumeuse… ou profiter de lui… enfin voyons Cassidy secoue toi les puces ! Comment savoir ce qu’il peut penser ? Et puis elle ne tenait pas à ce qu’il tombe dans les pommes une nouvelle fois si sa magie était responsable. Elle déglutit difficilement puis tout en regardant la chemise, la demoiselle fit demi-tour, avec l’intention de sortir et d’aller gentiment dormir à côté.

Encore une fois il l’attrapa par la main et fit une curieuse déclaration qui ne manqua pas de faire rougir la petite mage. Il dormait mieux avec elle ? Il ne faisait pas de cauchemars ? Le cœur de Cassidy battit un peu plus vite alors qu’elle attendait fixement, clignant lentement des yeux, sourire qui passa sur le visage puis elle se tourna doucement dans sa direction, murmurant un « D’accord tout mignon ».

Puis elle lâcha sa main et entreprit de se déshabiller… heu toujours aussi peu gênée ! Elle enleva ses vêtements un peu trop… hum disons que c’était un beau déshabillage même si elle n’avait pas l’air de s’en rendre compte. Puis elle enfila rapidement la chemise, se mit à rougir une nouvelle fois puis s’installa dans le lit à côté de lui. Il s’allongea à côté d’elle, puis Cassidy se mit à sourire, regardant son beau visage, leva une main pour ramener très délicatement une mèche de ses cheveux rouges vers le côté.

Elle semblait un peu intimidée aussi tout en le regardant alors que dormir ensemble était si naturel pour eux au départ. Puis, Cassidy se pencha vers lui, déposant un baiser sur son front tout en murmurant un bonne nuit avec plus de tendresse que prévue, avant qu’elle ne plonge la tête dans son coussin et s’endormant sans trop de difficultés. Et comme à chaque fois pendant son sommeil, elle se rapprocha de Tristan pour se caler tout contre lui, laissant échapper une respiration apaisée, tranquille, un magnifique sourire sur le visage.

Le lendemain matin, le soleil se levait sur la petite cité alors que la petite mage dormait toujours… dans les bras de Tristan. Et il fallait le reconnaître, elle avait passé une très bonne nuit et avait l’air en forme. Elle se tourna un instant vers lui pour le regarder dormir mais il ne tarda pas à se réveiller également. La couverture posée sur eux, Cassidy n’avait pas l’air gênée d’être collée contre lui, et semblait de bonne humeur en le regardant.

« Salut le beau Drakkari endormi ! Bien dormi ? »

Elle se mit à sourire puis se redressa en s’étirant longuement, regardant un instant sa main bandée, fronçant les sourcils puis très doucement, enleva le bandage. La cicatrice de sa morsure avait entièrement disparue, il n’y avait plus rien. Elle n’en paraissait pas surprise puis montra sa main à Tristan tout en tirant la langue.

« Y a pas que moi qui suis magique… C’est peut être que je suis bien avec toi et que je guéris mieux en étant à côté de toi ! Heuuuu ! »

Sourire intimidé alors qu’elle enroula une mèche de cheveux autour de son doigt, regardant à l’extérieur.

« J’espère qu’il va faire beau ! J’ai bien envie d’aller en profiter pour aller voler et tester un peu mieux ton cadeau ! »

Nouveau tirage de langue alors qu’elle lui donna une pichenette sur le nez. Il répliqua puis elle grogna, s’engageant dans une bataille d’oreillers féroces sur le lit. Eclats de voix, rires, elle était complètement fougueuse, déclarant qu’elle gagnerait mais lui ne se laissait pas faire non plus. Il décida cependant de montrer sa puissance autrement en se jetant sur elle et la clouant au lit, se retrouvant au-dessus alors qu’elle le regardait toujours en riant.

« Mais heuuu c’est pas juste ! T’es bien plus fort que moi ! »

Elle souriait, en déclarant qu’elle ne se laisserait pas faire. De la magie s’échappa de son corps alors qu’elle prononça une parole magique et hop ! leurs places furent inversées alors qu’elle se tenait au dessus, fière et triomphante.

« Alors ?! »

Cassidy ne lui laissa pas le temps de faire quoi que ce soit, qu’elle s’approcha de sa joue pour déposer un baiser puis lâcha ses mains et s’asseyant à côté de lui, mystérieuse.

Ils se levèrent et profitèrent d’un bon petit déjeuner, alors qu’elle lui parlait activement de ce qu’elle aimerait faire, qu’elle était vraiment contente de voler de nouveau avec lui et qu’elle espérait bien passer un peu de temps dessus aujourd’hui.

Chacun s’habilla ensuite, elle toujours vêtue de ses tenues plus que masculines. Elle empoigna ses lunettes d’une main et la main de Tristan de l’autre et l’entraîna à sa suite en ouvrant la porte de sa maison alors qu’il prenait la selle avec lui.

Elle ne semblait pas gênée de tenir sa main doucement, saluant quelques habitants au passage, toute gentille puis se dirigea vers la forêt avec lui. Il l’emmena vers une petite clairière tranquille puis déposa la selle sur le sol alors que Cassidy l’examinait une nouvelle fois.

« Et les symboles là c’est toi qui les fait ou le tanneur ? »

La demoiselle l’écouta parler puis passa une main sur son menton, le regardant un peu hésitante.

« Hum… est ce que ça te dérange si je mets ma signature magique à cet endroit là ? Enfin… je sais pas si ça va faire quelque chose ou pas mais je n’aurais l’impression de m’attribuer cette selle qu’au moment où il y aura aussi… un peu de moi dessus. Et puis ça sera mieux aussi pour les impressions en vol, et heu… j’avais dis quoi déjà ? Que le cavalier et son partenaire soient liés en quelque sorte ? »

Il répondit puis elle se concentra en faisant apparaître une lueur violette du bout de son doigt puis tout en tirant la langue, elle traça sa signature magique d’un air satisfait.

« Voilà par contre si y a quelque chose qui ne va pas, dis le moi et je l’enlèverais ou on trouvera une autre solution. »

Gros sourire alors qu’elle le regardait avec complicité. Ils continuèrent de discuter un moment sur les conditions de vol et elle continuait de lui dire qu’il fallait aussi aller doucement, si il sentait que ça allait pas, il pouvait tout aussi bien s’arrêter et pareil pour elle si elle avait un problème.

« Ah oui il faut aussi que j’arrive à améliorer la communication mentale avec toi… C’est pas facile mais je crois avoir compris le principe ! »

Elle se gratta un instant la tête, prise d’une autre réflexion.

« Et les écailles qui s’adaptent sur les jambes, tu peux arriver à les mettre en plein vol ou tu as besoin de te concentrer avant de voler pour les modifier ? »

La matinée passa vite alors que l’un comme l’autre était passionné par cet intérêt commun. Il avait amené de son sac quelques vivres pour le repas de midi alors qu’ils avaient changé de coin, optant pour une petite rivière qui coulait un peu plus loin. Elle mordit dans le casse croûte avec beaucoup de plaisir puis, le regardant manger, elle insista pour prendre également une part de son casse croûte à lui. L’ambiance était bon enfant alors qu’ils avaient l’air de bien s’amuser.
Alors qu’il était perdu dans ses pensées, une feuille atterrit dans ses cheveux et la jeune femme, qui l’observait, leva doucement la main pour lui enlever et la reposer dans l’herbe dans un geste machinal. Puis, elle se concentra plus sur le repas, lui demandant si c’était lui qui les avait préparé.

L’après midi fut consacrée au vol mais comme Cassidy utilisait très peu sa magie pour mieux recharger, disait-elle, il y avait quelques petits soucis… Comme le moment où il avait insisté pour l’aider à s’installer en lui donnant une petite impulsion avec sa queue et qu’avec l’élan, elle avait à peine eu le temps de se poser qu’elle glissa de l’autre côté, jugeant mal la distance et tomba… dans la boue à cause de la pluie de la veille. Bah oui il n’avait pas fait exprès de se placer à cet endroit là !

Il essaya bien plus en douceur et elle tint bon, même si la demoiselle aurait bien besoin d’une douche ou d’un bain, ses cheveux étant boueux par endroits ainsi que sa tenue qui la faisait plus ressembler à un petit cochon qu’une élégante demoiselle enfourchant son noble destrier…
Ils avaient réadaptés les sangles histoire qu’elle puisse avoir plus de possibilités de mouvements et elle s’installa confortablement alors qu’il décolla, elle ayant ajusté ses lunettes. C’est sûr que la vue du ciel était magnifique, même si le temps était toujours couvert. Elle restait pour le moment assise normalement, se penchant en avant pour lui permettre d’aller plus vite, la vitesse étant grisante alors qu’elle se surprit même à lâcher les mains.

Elle essayait également de s’adapter à lui, s’adapter à son statut de dragon, pour avoir une meilleure communication mais ça prendrait certainement un petit moment avant de réussir un lien parfait. Mais au fond d’elle, la jeune femme était plutôt optimiste. Elle essayait également de lui donner des instructions en vol et l’encourageait à faire de même, histoire qu’elle soit au courant si elle le gênait à un moment ou l’autre.

A un moment, il passa près d’un arbre et elle en profita pour attraper une pomme au passage qu’elle croqua en plein vol, l’air de rien, gardant une main sur la lanière pour l’orientation.
L’après midi passa vite et lorsqu’ils redescendirent, l’un comme l’autre était épuisé. Mais Cassidy était souriante en enlevant ses lunettes.

« He ben… je sais pas comment tu te sens mais j’ai l’impression qu’on a bien travaillé ! Je meurs de faim ! Mais en tout cas c’était super ! »

Clin d’œil alors qu’elle s’étirait puis grimaça. Bonjour les courbatures ! En même temps il s’appliquait à faire des figures en l’air, ce qui demandait à la jeune femme de solliciter ses muscles qu’elle n’utilisait pas d’habitude.

« En tout cas… j’aime beaucoup voler avec toi… et j’espère que ça continuera longtemps… »

Il réagit puis ils se dirigèrent vers la cité pour rentrer, main dans la main. Le soir, un banquet avait été préparé en l’honneur de la petite mage qui était présente.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ascadian.forumgratuit.org
Tristan Konogan
Professeur Initiation et Maniement des Armes
avatar

Messages : 600
Date d'inscription : 09/05/2012
Age : 25

Feuille de personnage
Race: Drakkari
Royaume:
Vocation: Guerrier

MessageSujet: Re: Un voyage pour apprendre à mieux se re-connaître ?   Lun 2 Déc - 21:19

Cassidy avait fini par partir, laissant Maud seule et pensive.
Son mari, en déplacement ne devait rentrer que le lendemain et elle ne déplorait pas cette absence ayant ainsi tout loisir de réfléchir. Parce qu’elle en avait bien besoin.
Ainsi… finalement elle avait pu lui parler. Elle était soulagée au final, profondément soulagée et un sourire éclaira le visage de la future maman. Trop de secrets gardés jalousement, trop de mensonges… Cassidy commençait à laisser tomber ses barrières, petit-à-petit, sa carapace s’effritait de plus en plus et elle lui était apparue vraie, honnête pendant leur entretien…
C’était une femme, jeune, qui avait eu de grands sentiments, de profondes déceptions et un immense chagrin d’amour. Les cicatrices de ceux-ci, qu’elle s’efforçait de cacher pour ne plus souffrir, pour éviter les jugements et une compassion qu’elle jugeait probablement trop proche de la pitié pour l’accepter, étaient profondes et mettraient du temps à guérir… mais elle les avait montrées. Enfin c’était une image évidemment mais elle s’était montrée vulnérable, intimidée, naïve aussi peut-être.

Maud était bien plus douée qu’elle et Tristan fort heureusement pour lire entre les lignes et c’était la raison de son sourire. Elle lui en avait tellement voulu quand elle l’avait revue la première fois qu’elle n’avait pas été assez réceptive même si à ce moment-là, peut-être n’y avait-il pas autant à voir.
Il s’était passé quelque chose pendant cette semaine durant laquelle ils n’avaient été que tous les deux. Quelque chose qui avait ébranlé Tristan assez pour le changer et en même temps le faire devenir un peu plus, toujours plus, lui-même.
Ainsi donc la petite mage avait encore des sentiments pour son guerrier Drakkari ? Cela commençait à être une évidence. Et lui alors ?
Son sourire s’élargit alors qu’elle se mettait à sourire toute seule, trinquant d’une tasse de thé froide depuis longtemps vers un être invisible même si elle aurait préféré quelque chose de plus fort.

- Vous êtes sacrément tordus quand même… J’aimerais bien comprendre… Etait-ce prévu depuis le début ? Etait-ce donc ça ?... Le combat n’est donc pas terminé. Bon à savoir… La balle est dans ton camp Cassidy…

Elle sourit d’autant plus.
Elle avait fait de son côté tant de révélations qu’elle savait avoir changé beaucoup de choses pour la jeune mage que celle-ci pensaient jusqu’ici acquises. Allait-elle changer ? Ou mieux comprendre, mieux voir ? Ou simplement… redevenir elle-même ? N’était-ce pas ce qu’il fallait au final ?

- N’empêche cette gamine ne m’en a plus laissé placer une par la suite… Ainsi même dans la stupidité ils étaient liés. Tsss… Espérons que Tristan n’apprenne jamais ça.. Quoique… est-ce que ça changerait quelque chose aujourd’hui ? Elle pense vraiment que je voulais sa mort…mh… intéressant tout de même. Deuxième chance… Tssss… si tu savais petite… Comme si c’était possible…


Sourire d’autant plus large alors qu’elle fixait l’anneau à sa main avec nostalgie et ajoutait d’une voix plus douce, à peine un murmure.

- Pour avoir une deuxième chance, encore faut-il avoir perdu la première…



Tristan avait été ravi lorsque Cassidy était enfin revenue de chez Maud. Il avait bien noté le temps qu’elle prenait et pendant un court instant il crut qu’elle était repartie mais comme ses affaires étaient toujours là, il n’y avait pas de raison pour que ce soit le cas… si ?
En tous les cas, il la vit ou la sentit arriver avant qu’elle ne toque ou n’entre sans frapper. Peut-être était-elle justement en train de se poser la question sur l’attitude à adopter dans leur situation mais il résolut ce dilemme pour lui ouvrant en grand la porte en se tenant dans l’embrassure, toujours aussi grand, un beau sourire aux lèvres et les yeux pétillants de joie alors qu’il s’effaçait rapidement pour la laisser entrer et lui disait de se mettre à l’aise, lui-même ayant ôté sa ceinture et pieds nus marchant d’un pas énergique sur le sol par endroit de bois, par d’autres de pierres (provenant de la montagne même dans laquelle avait été juchée sa maison).

Il avait probablement cherché quelques victuailles pendant l’entretien de la jeune femme avec leur amie commune puisqu’il y avait des fruits et pains frais qui n’y étaient pas quand ils avaient déposé leurs affaires. Repas très simple composé de viande marinée grillée (qui ne venait certainement pas de lui) et d’une imposante salade, le dessert était bien plus varié avec un assortiment impressionnant de biscuits et de fruits.
Il remarqua très vite qu’elle était distante et que malgré son sourire quelque chose n’allait pas alors qu’elle était a priori plongée dans ses pensées. Inquiet, il ne l’embêta pas pour autant ayant très vite compris à quel point elle était forte et indépendante et que l’interroger ne ferait que la brusquer, qu’il attendrait… ou la dériderait à sa manière.

Mais elle ne lui laissa pas le temps pour cette deuxième option vu la vitesse à laquelle elle s’endormit à l’extérieur. Avec combien de douceur l’avait-il transportée jusqu’au lit qu’il avait préparé pour elle et qu’il avait fait et défait une quinzaine de fois pour qu’il soit parfait et qu’elle n’avait pas eu le temps d’admirer ! Tant pis, il n’en ressentait aucune déception, ni rancune, c’était à peine s’il s’en souvenait alors qu’il la déposait sur le matelas et qu’à sa grande surprise elle lui coupait toute retraite. Il passa donc d’une inconfortable position un genou sur le lit, l’autre en arrière, au bord de celui-ci, le pied au sol, les muscles du dos tendus et les bras fléchis sous la jeune femme à une autre terriblement plus agréable, allongé sur le côté, la tenant contre lui puisqu’elle enserrait son cou de ses bras, le nez dans ses cheveux.

La suite fut étrange… D’abord il y eut son cauchemar… puis il la réveilla et même si elle ne disait rien, même si elle semblait essayer d’être « forte » une fois de plus, il comprit qu’elle n’était pas bien du tout et l’attira à sa suite… dans sa chambre. Il surprit une crispation dans sa main qu’il tenait quand elle le comprit. Il crut d’abord à une réticence mais elle ne s’était pas arrêtée, refusant d’avancer alors il décida que ce n’était que de la surprise et apparemment oui… ou alors elle n’était pas très réveillée. Il lui passa une chemise suffisamment grande pour servir de robe de chambre à la jeune femme en attendant et qui malgré son état impeccable conservait l’odeur du jeune homme, une odeur qu’elle connaissait bien au fond.

Il se déshabilla devant elle plus qu’il ne se changea puisqu’il resta torse nu. Il sentit la présence de la jeune femme et surtout son regard et ne fut qu’à peine surpris de voir qu’elle le fixait, ses pommettes légèrement rouges. Mais alors qu’elle voulait sortir, il la retint et lui avoua préférer dormir avec elle. Il aurait tout aussi bien pu faire comme prévu au départ et lui dire qu’il ne voulait que veiller un peu sur elle, s’inquiétait et tout mais… ce n’était pas honnête. Et il avait envie un peu, un tout petit peu, d’être vrai avec elle.
Elle ne refusa pas alors que son temps de réponse lui suggérait qu’elle risquait de se montrer assez… récalcitrante. Sa voix était si timide, si touchante qu’il ne put s’empêcher de lui offrir un immense sourire plein de soulagement, de joie et d’attendrissement alors qu’il grimpait sur son lit, la lâchant, d’un bond agile.

Sauf qu’elle se déshabilla à son tour sans gêne devant lui…Sauf qu’elle ne se retourna pas et si elle n’était pas de face, il eut tout loisir d’admirer son profil alors qu’elle se changeait avec bien trop de sensualité dans ses gestes naturels que le supportable ne le permettait.
Et pourtant, lorsqu’elle se tourna vers lui, le jeune homme ne chercha pas à détourner brusquement les yeux, il ne rougissait pas comme il l’avait fait jusqu’alors. Non pas du tout, un sourire en coin éclairait son visage, un regard légèrement lubrique mais pas du tout gêné. Le naturel revenait décidément bien vite !

Il souleva la couverture le temps qu’elle s’installe près de lui puis la relâcha doucement sur eux, la fixant avec cet étrange immobilisme qui lui donnait des airs de statue, mais quelle statue !
Il frémit légèrement quand elle toucha ses cheveux, fermant les yeux par automatisme en se détendant aussitôt et les rouvrit quand elle cessa. Elle l’embrassa sur le front à sa grande surprise, rougit et se cacha aussitôt dans son oreiller pour dormir. Il ne dit rien, se contentant de sourire cette fois-ci assez tristement. Mais elle ne se rapprocha pas de lui cette fois-ci. Elle n’en eut pas le temps, il la prit bien avant dans ses bras. Eveillé ou endormi ? Difficile à dire, il avait fermé les yeux peu après le baiser de la jeune femme mais ça ne voulait pas dire pour autant qu’il dormait.

Ainsi, cette fois, il n’avait pas mis de chemise alors qu’il s’y attachait jusqu’alors. Mais était-elle vraiment nécessaire… Cette chemise ?
Quand Tristan se réveilla, Cassidy avait ouvert les yeux depuis peu, elle rayonnait de bonne humeur et de joie de vivre et son cœur manqua plusieurs battements alors qu’il restait silencieux , lui souriant avec cette tendresse qu’il avait si souvent dans les yeux lorsqu’ils étaient ensemble et qu’ils se réveillaient ainsi…
Il ne répondit même pas à sa question, se contentant de la regarder. Fut-elle gênée ? Il surprit un vague éclat de tristesse dans ses yeux noisette alors qu’elle s’étirait, s’écartant de lui par la même occasion et découvrait sa main guérie.
Elle le prétendit alors à son tour magique parce qu’elle allait vraiment mieux et cette fois, il prit doucement sa main, ne l’examinant même pas, la caressant juste du bout des doigts.

- Ou alors tu m’acceptes un peu plus… Juste un peu.

Sous-entendu ? Difficile à dire. Il ne lui laissa pas le loisir de poser de question répondant déjà à ses paroles qu’elle avait énoncées pendant qu’il caressait sa main. Et comment y répondit-il ? D’une curieuse façon, humant l’air en plissant légèrement les yeux.

- Mh… Temps chaud et humide… Couvert mais pas de pluie… peut-être légère en fin d’après-midi et la nuit prochaine…Des vents contraires près des falaises… de quoi s’amuser un peu en planage… Oui, on devrait avoir de quoi faire… enfin si j’ai envie de voler avec toi, ça c’est pas sûr…


Il faisait semblant bien évidemment et c’était tellement évident avec ses grimaces qu’elle n’eut aucun loisir de mal interpréter ses paroles, le taquinant en l’embêtant en lui donnant une pichenette sur le nez puis en le traitant de paresseux qui allait devenir un énorme lézard s’il continuait de s’empiffrer sans faire de sport… Taquineries que des taquineries évidemment, auxquelles il répondit très vite. Bataille d’oreillers, tentatives d’étouffement sous les couvertures…. Finalement il se retrouva les jambes de chaque côté de son corps pour ne pas l’écraser, lui maintenant les bras avec un sourire victorieux et plein d’un quelque chose assez narguant.
Elle utilisa sa magie, inversa leurs positions mais beaucoup plus petite, elle se retrouva littéralement à califourchon sur ses hanches le ventre très proche de son torse nu malgré le tissu de la chemise qu’elle portait qui leur évitait tout contact trop… direct, les mains maintenant ses poignets au-dessus de sa tête et donc à moitié étalée sur lui. Oh elle était quand même très fière même si elle ne paraissait guère plus forte dans cette position par rapport à la précédente. Il sourit, prêt à répliquer mais elle l’embrassa sur la joue, se redressant avant qu’il n’ait pu tenter quoi que ce soit.

Petit déjeuner sans encombre si ce n’est que l’enthousiasme et les paroles un peu trop joyeuses de la jeune femme n’attirèrent un sourire espiègle chez son compagnon qui tout en buvant son café, très serein, lui fit une toute petite remarque :

- Me passer un peu de temps dessus hein ?

Elle devint très rouge comme il semblait s’y attendre alors qu’il n’était apparemment pas gêné pour un sou de son côté. Décidément, ce n’était pas juste !
Il ne dit rien de plus, ne faisant pas plus de commentaire, se contentant d’aller se changer en souriant. Mais ne se souvenait-il donc pas de ce qui s’était passé entre eux pour en parler aussi légèrement ? Ou alors ça ne lui avait fait que peu d’effets… ou au contraire… Qui sait ? Comment torturer un peu plus l’esprit de la petite mage en quelques mots !!!

Il jucha la selle sur une de ses épaules sans sembler gêné par son poids et c’est vrai qu’ils furent suivis des yeux par les matinaux qui les virent passer main dans la main. Les jeunes guerriers qui venaient s’entraîner de bonne heure suivirent plus qu’avec insistance des yeux la petite mage, prêt à sauter sur Tristan au plus tôt pour avoir quelques « infos croustillantes ». En même temps, ils sortaient clairement de chez le jeune homme non ? Normal qu’on se pose des questions…
Et puis même s’ils passaient devant ces personnes, ces amis, comme la veille, Tristan ne chercha pas à rompre le contact, bien au contraire,il le raffermit même si c’était à peine remarquable tant la pression était légèrement plus forte.

Ils discutèrent une fois leur lieu d’entraînement trouvé. Il confirma que c’était lui qui faisait les symboles, se souvenant de ce qu’elle lui avait montré dans des livres ou simplement en les traçant au sol. Il avait une excellente mémoire puisqu’il ne s’était pas trompé à un seul endroit. Par contre quand elle parla de sa marque magique il lui donna une tape légère sur la tête.

- C’est TA selle, j’espère bien que tu y mettras ta marque. Au contraire, il faut qu’on fasse des essais magiques avec… Tu m’as dit que tu étais capable de réduire des objets, plus tard, quand je saurais bien la ressentir grâce à ta marque, il faudra essayer de la réduire et de l’attacher à un bracelet pour moi par exemple… et faire en sorte, quand je me transforme que je puisse contourner ton sort pour lui rendre taille normale et qu’en sentant mon énergie elle se positionne d’elle-même… Avec de l’entraînement, théoriquement je devrais être en mesure de le faire très vite et donc de te réceptionner en pleine chute avec la selle déjà installée… mais ça demandera beaucoup de boulot pour nous deux… tu t’en doutes…

Décidément, il y avait réfléchi et c’était un sujet qui lui tenait énormément à cœur. Au moins… c’était réciproque non ?
Ils parlaient beaucoup, enfin surtout elle, très enthousiaste suite à sa nouvelle idée et déjà en train de concevoir plusieurs stratégies, réfléchissant plus que de raison. Il la regardait, assis dans l’herbe près d’elle, un sourire complice curieusement attendri aux lèvres.

- Je ne sais pas trop pour mes écailles, il faudra essayer… Mais je pense qu’il serait peut-être mieux d’adapter la selle… pour que tu sois plus à l’aise et tout au niveau des jambes plutôt que je te prive, comme hier, de tes mouvements… Ce n’est pas parce que tu es résistante que je tolérerai un autre coup comme celui-là.

Il avait dit cela en effleurant doucement le bras avec lequel elle avait fait cette étrange démonstration magique dont il avait décidé de peu s’intéresser comme elle semblait gênée à ce propos. Mais il le lui rappelait juste. Il n’oubliait pas. Il avait l’intention de la protéger…
Ils se chahutèrent en mangeant et il remarqua avec un amusement certain à quel point elle faisait gamine… et à quel point… il appréciait cela. La voir vivante et heureuse.

A part le désastreux bain de boue de la jeune femme, tout se passa très bien lors de leur leçon de vol de l’après-midi et ils s’amusaient tous les deux énormément alors qu’ils s’efforçaient d’être plus conscient l’un de l’autre. Elle était tellement à l’aise qu’il avait l’impression fugace bien que présente même s’il ne l’exprimait pas clairement, que jusqu’alors, même en vol, il était incomplet.
Ils passèrent tout l’après-midi à s’entrainer, elle, de plus en plus à l’aise, toujours plus naturelle et de plus en plus adaptée à lui. Bien sûr, en tant qu’humaine, elle ne pouvait pas aussi bien que lui saisir les infimes nuances qui commençaient à s’opérer même si elle devait ressentir leur progression.
Pendant un très bref instant, peu avant qu’ils n’arrêtent pourtant, quelque chose s’établit entre eux. Elle ne communiquait pas avec lui. Et il ne communiquait pas avec elle.
Mais très brièvement, il put ressentir l’air sur sa peau, la chaleur du soleil pourtant caché par les nuages, le courant du vent se rafraichissant, la tension dans ses muscles humains… Il ressentit ce qu’elle ressentit…Et en retour, tout aussi brièvement, elle put ressentir les courants sous ses ailes, la puissance de sa musculature adaptée pour le vol, faite pour le vol, née pour le vol, l’extase provoquée par ses quelques acrobaties auxquelles elle participait si activement, sa vue extraordinaire qui lui permettait de discerner à des centaines de mètres en contrebas les bois d’un cerf en pleine course, son ouie et son odorat si développé qui étaient envahis de stimuli tous plus intenses les uns que les autres et le frémissement de plaisir sur ses écailles et dans ses muscles quand elle posait une main sur lui… C’était une sensation plus intense étrangement et qui cessa aussi rapidement que cela avait commencé.

Ils finirent par se poser, de la même manière qu’il semblait affectionner… lui lâchant sa transformation et atterrissant souplement au sol puis la réceptionnant sans mal entre ses bras musclés, un sourire au visage.
Ils étaient épuisés en effet, mais tous deux ravis et elle semblait vraiment heureuse alors que de nouveau ce curieux sourire attendri éclairait le visage du Drakkari qui rechargeait l’air de rien la selle sur son épaule. Elle exprima une chose étrange alors qu’ils se mettaient à marcher…Enfin lui se mettait à marcher et forcément elle fit de même pour le rattraper alors qu’il ajustait sa charge pour ne pas se blesser. Elle disait aimer, espérer que cela dure longtemps. Il ne la regarda pas mais prononça quelques mots… étranges.

- Tant que tu voudras de moi.

Rien de plus, durant tout le trajet tandis qu’il se faisait tellement silencieux et qu’il ne cherchait pas un instant à savoir ce qu’elle en pensait ou comment elle réagissait. Il lui avait juste pris la main, sans la regarder et marchait à son rythme. C’est tout.
Un banquet était en effet prévu et la nuit même si elle était encore loin risquant de les prendre de cours, ils devaient se dépêcher.
Mais comme la demoiselle avait sympathisée avec une sublime flaque de boue, il fit un détour vers les bains communs, vastes cuves naturelles d’eau chaude près desquelles se trouvaient sous des abris de pierre creusés par l’érosion de quoi déposer leurs affaires mais aussi des peignoirs attendant propriétaires. La magie aussi était bien exploitée ici et il n’y avait jamais de manque !

- Bon allez, va prendre un bain… Tu ressembles à une femme d’argile ! Ca doit te tirer sacrément toute cette boue sèche… Au moins tu sens toujours bon...

Il la poussait tranquillement vers un bassin alors qu’il avait déposé leurs affaires justement. Elle rechigna un instant, semblant juger la profondeur de l’eau avec une certaine inquiétude. Elle commença à le pousser, le taquiner, arguant qu’il était le plus sale des deux puisqu’apparemment lui ne voulait pas se laver. Il n’avait même pas le temps de se défendre qu’elle renchérissait, convaincante. Il finit par s’avancer, menaçant vers elle, même si c’était pour de faux, pour jouer alors qu’elle recula en lui tirant la langue riant… jusqu’à se retrouver les pieds au bord du vide et déséquilibrée par son élan… de basculer en arrière. Bien sûr elle se rattrapa à la chose la plus proche d’elle… la ceinture du jeune homme alors qu’il tendait déjà les bras pour la rattraper justement… Ils semblèrent maintenir un certain équilibre précaire pendant un très bref instant… puis tombèrent tous les deux à l’eau dans un grand bruit et assez d’éclaboussures pour tremper les alentours. Heureusement que l’eau absorbait leurs mouvements et corrompait leur poids autrement il l’aurait écrasée. Ils se retrouvèrent à la surface, à prendre de grandes goulées d’air, surpris, piteux… puis pliés en deux à force de rire.

Le bassin n’était pas très profond mais la jeune mage était petite tout de même et elle avait à peine pieds, obligée de sautiller d’un pied à l’autre avec élan pour se maintenir la tête hors de l’eau et ne pas couler alors qu’ils se faisaient face.
Tristan l’arrêta, prononçant son surnom avant de passer ses bras autour de sa taille et de la soulever en la pressant contre lui. Dans un réflexe tout ce qu’il y a de plus attendu, elle croisa aussitôt ses jambes autour de ses hanches pour ne pas le gêner, pour se garantir une prise… Peu importe. Cette brusque promiscuité alors que trempés, ils ne devaient qu’à leurs vêtements de leur éviter un contact trop… charnel, sembla les perturber un peu tous les deux alors qu’ils ouvraient légèrement la bouche parfaitement synchrones mais incapables de dire un mot. Il la lâcha d’une main, caressant sa joue, puis l’autre, ôtant avec des gestes précautionneux à l’extrême la boue qui persistait encore un peu sur son corps. Elle se tenait à ses épaules, à sa nuque alors qu’ils avaient le visage presque à la même hauteur, elle légèrement plus haut que lui puisqu’il lui servait de support.

Silencieux, perdus dans cet instant étrange, il approcha doucement son visage du sien en la regardant avec une certaine inquiétude. Hésitant, il passa une main dans ses cheveux, s’approchant un peu plus et encouragé par son manque de réaction déposa ses lèvres sur les siennes dans un baiser qui fut très très très brièvement chaste, perdant bien vite de son innocence alors qu’il se faisait aussitôt plus insistant, fermant les yeux en se rapprochant d’un bord, la bloquant contre celui-ci.

Enfin ça c’est ce qui aurait pu se passer…
Il avait bien approché son visage du sien et caressé ses cheveux, cherchant quelque chose, une réponse, dans ses yeux noisette et or…. Mais des cris et des éclaboussures suivis de rires joyeux les interrompirent aussitôt !
Quelques enfants venaient de les rejoindre et de sauter à l’eau interrompant ce qui aurait pu se passer ou ne pas se passer, difficile à dire.
Tristan, surpris se détacha de Cassidy, lui intimant de se tenir à son dos alors que les enfants jouaient un peu avec eux dans une bataille d’eau et leur posaient des questions… décidément assez gênantes pour qu’il soit préférable que ni l’un ni l’autre ne voie le visage de son compagnon…

Ils sortirent assez vite, les laissant continuer de s’amuser et rentrèrent en peignoir, un peu gênés chez Tristan, silencieux.
Apparemment Maud avait fait apporter une robe pour Cassidy, magnifique d’ailleurs et clairement taillée pour elle tant elle la mit merveilleusement en valeur quand la demoiselle se prépara après les suppliques de Tristan qui prétendait qu’il fallait bien que les autres voient un peu à quel point elle était belle… histoire qu’ils bavent… et que pour sa part il les empêche d’approcher.
Cherchait-il à narguer ses amis ? Etait-il au final un peu jaloux malgré tout ? Difficile à dire…
Peut-être avait-elle besoin de s’en assurer… Car s’ils furent prêts rapidement et juste à temps pour la soirée, il y eut de petits incidents et une altercation entre Tristan et un des jeunes guerriers alors que la soirée était bien avancée et que tout le monde avait bien mangé et un peu trop bu peut-être…

D’ailleurs, c’est suite à celle-ci que le jeune homme attrapa sans plus d’explications la main de la jeune mage et s’éloigna avec elle, rentrant chez lui. En même temps, elle tombait de fatigue, tout comme lui, il l’avait bien vu et si elle avait accepté un verre ou deux peu forts par politesse l’alcool n’était guère ami avec la fatigue. Pourtant elle semblait surprise et curieuse par rapport à ce qui s’était passé et inquiète… de voir qu’il n’avait que peu amorti le coup porté par son « ami » et qu’il commençait déjà à avoir un léger œil au beurre noir.
Il grogna, ronchon mais finit quand même par lui répondre, évasivement une fois qu’il eut refermé la porte de chez lui.

- Il avait des propos… pas très… adaptés pour une dame de ton acabit. Et il n’avait pas le droit… non pas le droit…

Cette fois, il rougissait légèrement, détournant les yeux en serrant les dents, semblant à retourner là bas et à reprendre le combat là où il avait été forcé de le laisser quand la jeune femme s’était placée entre les deux combattants. Elle continuait de le regarder et il finit par tourner les yeux vers elle, soudain plus triste, plus vulnérable, plus doux aussi alors qu’il effleurait une de ses joues.

- … Peut-être que je suis bizarre… de ne pas penser comme eux… Mais c’est vrai… c’est comme ça. Et je ne laisserai personne te manquer de respect princesse…

Surnom…
De nouveau… encore… pourquoi ?
Difficile à dire mais il ne lui laissa pas le temps de dire quoi que ce soit. Son air ronchon avait totalement disparu pour un de conspirateur alors que brusquement il poussa un cri de bataille avant de la soulever du sol, la faisant basculer sur une de ses épaules et tout en la portant avec énergie se dirigea vers sa chambre entra dans celle-ci puis en referma la porte avant de déposer avec plus de calme la jeune femme sur son lit.

- Déshabille-toi…

Peut-être avait-elle un peu bu, peut-être est-ce que ça avait des effets sur elle, positif ou pas… mais elle écarquilla quand même les yeux de surprise alors qu’il mit aussitôt les mains en évidence devant lui, les secouant, innocent.

- Non ! Attends ! C’est juste que… je sens que tu as mal partout… Tu es de plus en plus crispée depuis le début de la soirée dans tes mouvements. Je l’ai senti quand on dansait… et plus encore lorsque je t’ai laissée te reposer pour aller danser avec les autres filles mais… enfin… je voulais juste te faire un massage pour que tu aies moins mal demain et que tu sois encore en mesure de voler un peu, même si ce sera moins… On pourrait justement aller nager demain pour se laisser le temps de souffler… enfin je t’apprendrais… dans un coin… ou personne ne va… si tu veux…

Il se tut, posant doucement les mains sur ses épaules, lui soufflant qu’il ne voulait vraiment que la masser… Il la laissa se changer, se détournant respectueusement cette fois. Puis lorsqu’elle eut revêtue sa chemise et se fut allongée sur le lit, sous les couvertures, il vint s’asseoir près d’elle et souleva doucement le tissu sur son dos.
S’ensuivit un long, très long et doux massage même si parfois il avait des gestes plus forts, plus appuyés, peut-être à cause de l’alcool. Il continua longtemps ainsi, la sentant se détendre mais pas s’endormir. Lui-même s’était changé et torse nu, ses muscles se tendaient puis se détendaient durant ce massage. Il finit par arrêter, ses gestes se faisant de plus en plus doux, caressant. Il se glissa à côté d’elle sous la couverture, rabaissant la chemise mais continuant la caresse légère dans son dos par-dessus le tissu. Ils étaient très proches alors qu’il glissait son visage près du sien, la regardant en souriant. Elle bougea légèrement, se rapprochant, sans doute involontairement et il la vit grimacer. Il arrêta sa caresse.

- Tu veux que je mette une chemise ?


Un grognement plus que réprobateur lui répondit et il se mit à rire, ne sachant pour quoi le prendre, l’idée de la chemise ou sa caresse arrêtée. Il reprit le mouvement de sa main sur son dos et déposa un baiser sur le bout de son nez, faisant mine de vouloir le lui manger.

- Tu te sens mieux ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Cassidy Herediane
Directrice de l'Académie Hysandra
avatar

Messages : 851
Date d'inscription : 26/02/2012
Age : 29

Feuille de personnage
Race: Humain Ascadian
Royaume: Territoire Neutre
Vocation: Mage

MessageSujet: Re: Un voyage pour apprendre à mieux se re-connaître ?   Mar 3 Déc - 20:33

Cassidy bien sûr, ne pouvait pas savoir ce qui se tramait dans son dos et cette espèce de discussion entre Maud et des êtres invisibles. A croire que la grande dame n’avait pas encore dévoilé tous ses secrets. Devait-elle se réjouir ou pas ? Cassidy ne savait pas. Mais Maud avait raison, la mage était suffisamment chamboulée par ce qu’elle venait d’apprendre et ne cessait de se remettre en question. Quelle était la bonne décision à prendre ? Personne ne pourrait répondre pour elle bien évidemment.

Sur le chemin qui menait chez Tristan elle était songeuse et se demandait bien quelle attitude adopter face au grand Drakkari qui avait bien souffert. Oui peut être qu’elle lui avait fait trop confiance, confiance de croire que tout allait bien, que les choses s’arrangeraient quand il montrait sa jalousie un peu trop impulsivement. Elle croyait ses paroles, quand il déclarait qu’il ne la quitterait jamais, qu’elle pouvait se reposer sur lui alors que pourtant, il était tellement torturé et elle n’avait absolument rien vu. Une discussion plus tôt aurait été nécessaire avant cet incident. Mais encore, l’aurait-il écouté ? Aurait-il changé ? Ca, la demoiselle n’en savait absolument rien.

Qu’il ait un doute sur son départ anticipé n’était peut être pas nécessaire mais l’image que la petite mage avait montré ces derniers temps pouvait tendre à croire qu’elle était du genre à filer en douce, pour ne pas affronter certaines choses, pour le repousser. Oui elle aurait bien pu prendre la fuite, surtout que lui ne s’était pas gêné. Mais alors, elle savait que contrairement à elle, il était du genre à interpréter beaucoup de choses qui s’éclaircissaient une fois qu’on en parlait franchement en face à face. Et puis, elle lui aurait certainement fait beaucoup de mal alors qu’il venait de lui rendre la pareille en la sauvant, en lui faisant un beau cadeau, touchant, mentionnant le fait qu’il voulait encore voler avec elle.

Alors quelque chose rassurait la jeune femme. C’était comme si les esprits lui soufflait de rester avec lui, de profiter encore de cette occasion pour se rapprocher de lui. Un pas en arrière, un pas en avant. Et si elle ne le faisait pas, comment pourrait-elle être certaine de ses sentiments qui étaient bien confus pour le moment ? Comment pourrait-elle prendre le chemin du retour en sachant pertinemment qu’elle n’y verrait pas plus clair ? Elle savait… qu’elle n’était pas si indifférente que ça aux regards du Drakkari, à ses sourires. Que ça lui faisait un petit quelque chose dans le cœur.

Lorsqu’elle arriva devant la porte de chez lui et qu’il lui ouvrit, souriant, accueillant, la demoiselle savait dès ce moment là qu’elle avait fait le bon choix. Et elle lui souriait en retour, un peu trop tendrement, un peu trop attendrissante mais le voir lui faisait du bien et elle ne pouvait pas le nier. Même si elle regrettait encore de ne pas avoir compris plus tôt, de ne pas avoir réussi à le rejoindre avant la fin. C’était peut être une chance, quelque chose, elle ne savait pas quoi mais Cassidy croyait beaucoup à un destin malicieux qui les mettait sur la route à chaque fois qu’ils se séparaient. Y avait quelque chose et son cœur ne disait pas le contraire.

Le repas se passa bien, même si elle était très certainement un peu trop songeuse, réfléchissant à la situation, mâchonnant un morceau de viande par ci, un bout de salade par là. Il était vraiment prévoyant et plus encore quand elle aperçut les gâteaux et biscuits. Sa gourmandise n’était pas passée inaperçue pour le Drakkari et si au départ elle se fit timide en prenant un seul biscuit, elle se lâcha bien rapidement, se retenant de rire car elle devait certainement ressembler à un rongeur. Si après le repas, calée, elle voulait le remercier quand il la rejoindrait sur la terrasse, elle n’en eut pas le temps et c’est le ventre plein qu’elle s’endormit.

De la suite et de son réveil, elle ne comprit pas pourquoi elle se retrouvait dans un lit, pourquoi Tristan était à côté d’elle et se remettre les idées en place était bien difficile alors qu’elle sortait d’un cauchemar qui la traumatisait. Mais au final, elle l’avait cherché non ? Ca faisait mal oui ! Mais elle préférait savoir plutôt que d’être insouciante, ignorante.

A sa grande surprise, Tristan la conduisit dans sa chambre, chose à laquelle elle ne s’attendait absolument pas et paraissait bien intimidée pour le coup. Il lui avait passé une chemise qui servait de chemise de nuit, son odeur rassurante la suivait alors qu’elle la tenait dans sa main plus que de raison. Mais quand il avait prononcé ces quelques mots, qu’il faisait des cauchemars et qu’elle l’aidait à ne plus en faire en dormant avec lui était touchant. Même si elle se demandait quels types de cauchemars pouvait-il bien faire… lui qui avait perdu ses souvenirs… Mine de rien, c’était une petite révélation qu’elle garda dans un coin de sa tête, afin de lui poser la question un autre jour, gentiment, sûrement, essayer de le comprendre, ce qu’elle n’avait pas fait avant.

Elle s’allongea à côté de lui, et avait des gestes très naturels, instinctifs. En effet la petite mage se rappelait à quel point il aimait qu’on passe la main dans ses cheveux rouges. La preuve, ses yeux se fermaient paresseusement. Cassidy se mit à sourire, encore un peu trop tendrement puis eut l’audace de déposer un baiser sur son front avant de se cacher derrière l’oreiller, comme si elle ne préférait pas voir sa réaction, crainte de le voir grimacer alors qu’elle avait parfois l’impression d’aller un peu trop loin. Surtout ne pas le brusquer. Mais c’est bien lui qui la surprit une nouvelle fois alors qu’il se rapprocha d’elle et la prit dans ses bras.

Oui elle était contre son torse, pouvait sentir la chaleur que dégageait son corps, son odeur si agréable qui la rassurait tellement bien autrefois. Cette odeur de forêt, sapin, un peu musquée mais tellement attirante. Ce petit rituel qui consistait à se coller contre lui le soir avant de s’endormir, un sourire sur le visage et s’envolant au pays des rêves, se serrant contre le beau Drakkari. La respiration de la demoiselle était plus calme, plus tranquille même si son cœur s’était emballé quand il avait prit l’initiative de la prendre contre lui. Elle ferma lentement les yeux, frotta doucement la tête contre son torse puis s’endormit rapidement.

Le lendemain, elle se réveilla et se rendit compte que le rêve ou toute cette histoire plutôt, n’était pas terminée. Et plutôt que de grogner, râler parce qu’elle se trouvait dans le même lit que lui, elle était plutôt très contente, d’humeur heureuse, sans savoir réellement pourquoi. Serait-ce parce qu’ils étaient dans un bon lit chaud et douillet ? Même si en termes de chaleur, Tristan battait à pleine couture Erwan. Heuuu… bon ! Ou alors le soleil qui pointait doucement les rayons à l’extérieur ? Ou encore cette odeur si attirante et apaisante qui se dégageait de Tristan ? Heu… elle espérait que ses hormones à lui ne se réveillent pas, elle serait très gênée de lui sauter dessus par instinct primaire. Ou peut être tout simplement parce qu’elle se sentait bien à ses côtés et qu’il lui redonnait pas mal d’énergie ? Oui mais ça pour l’admettre ce n’était pas si simple.

Pour soulever un gros doute au sujet de sa régénération qui était bien endommagée ces derniers mois, ou alors qui n’avait plus rien à voir depuis que Tristan était parti, la jeune femme retira le bandage et constata avec surprise sa main complètement guérie. Plus de trace de morsure, de cicatrice. Bouche bée, elle se reprit rapidement en déclarant que Tristan était peut être magique au final. C’est pas en dormant avec Erwan que ses blessures guérissaient aussi vite ! Hum… Ou peut être parce que Tristan était dragon, ils partageaient quelque chose… comme Maud qui pouvait voir le futur en dormant près de lui. Coincidence ? Il déclara une chose étrange et elle pencha légèrement la tête sur le côté, très surprise par ses paroles. L’accepter ? Peut être… Inconsciemment elle devait se rapprocher de lui. Mais avant de lui dire quoi que ce soit d’autre, il s’improvisa Monsieur Météo en faisant les prévisions de la journée, suivi d’une petite réplique qui fit grogner la demoiselle. C’est vrai elle le traita de gros reptile qui ne pourrait plus voler à force de s’empiffrer autant. Et puis également qu’elle devait venir avec lui pour surveiller ses progrès ! Enfin plutôt vérifier qu’il faisait bien ses exercices.

Bataille d’oreillers, ambiance bon enfant, encore une fois la jeune femme agissait si naturellement qu’on pouvait avoir l’impression qu’elle avait toujours été comme ça. Quitte à se retrouver au dessus de lui, dans une position de force même si c’était plus marrant qu’autre chose. Et elle lui porta le coup final en déposant un baiser sur sa joue. Mais ce qu’il ne remarqua peut être pas, c’est qu’au départ elle avait emprunté la trajectoire de ses lèvres, trop instinctivement justement, comme avant ! Mais s’en rendant compte, elle dévia pour atterrir sur sa joue, se grondant intérieurement de repousser les limites peut être un peu trop rapidement.
Ils finirent par aller déjeuner et oui elle était bien enthousiaste dans ses paroles, alors que lui se contenta une simple petite phrase, mine de rien, qui portait énormément à confusion et rappela bien des choses à la demoiselle. Ou comment avoir un esprit pervers. En même temps pas sa faute si chevaucher un dragon pouvait aussi sous entendre… heu… D’ailleurs elle faillit s’étouffer avec son chocolat alors que son teint vira très rapidement au rouge, tout en toussant pour faire passer sa gêne et faisant de grands gestes et un sourire qui lui allait très bien avec le rouge.

« Heuuuuu ! Oui mais… heuuuu… enfin c’est…. Heu… joue pas avec les mots sinon moi je vais penser… heu… rien ! enfin si ! enfin mais ! heu…. Hum… je vais finir ma…tasse… suis ridicule… »

Sourire énorme et confus alors qu’il partait tranquillement s’habiller, laissant une petite mage bien perturbée. Cette dernière du souffler un bon nombre de fois pour éviter de penser à une nuit torride, une scène totalement… bah quoi ? Il l’attirait c’était pas nouveau ! Et pas qu’un peu ! Encore un petit peu et elle se mettait à briller. Et si il le prenait mal ? Se rappeler qu’il avait fait un rejet de magie, certainement par sa faute, la calma aussitôt. Elle secoua la tête, se sentant complètement ridicule puis enfila ses vêtements, les seuls qu’elle avait en fait de la veille en passant à la salle de bain.

Elle avait également pris le temps de vérifier sa plus grosse cicatrice, qui elle ne partait pas si facilement même si il y avait eu de l’amélioration. Elle avait grimacé en posant un doigt dessus, espérant que Tristan ne lui demande jamais d’où cela pouvait venir, au risque de lui faire encore du mal.

Puis elle avait réussi à cacher son trouble et paraissait très enthousiaste de passer du temps avec lui, lui faisant part de ses réflexions. Mais lorsqu’ils passèrent devant les matinaux, alors qu’elle aurait très certainement grogné, montrer les dents quand on la dévisageait, se faisant plus méchante, il n’en fut rien. En effet, elle souriait assez timidement et dans sa marche semblait presque se rapprocher encore plus du Drakkari, comme pour continuer d’avoir ce contact si rassurant et même si ils s’étaient déjà tenu par la main de nombreuses fois. Mais mine de rien, elle était quand même aussi curieuse de savoir ce qu’ils pensaient. Eux qui avaient côtoyé Tristan en savaient forcément plus qu’elle, par rapport à son comportement, son attitude, s’il avait déjà été comme ça avec d’autres femmes, et même si cette pensée lui tira un soupçon de jalousie bien caché.

Ils choisirent un petit coin tranquille à l’extérieur et Cassidy commença par lui poser des questions au sujet de cette selle tout en tournant autour. Elle avait glissé les lunettes autour de son cou pour tout à l’heure, parce que les tenir à la main, ça l’encombrait un peu. En même temps ça remplaçait son foulard qu’elle portait très régulièrement d’habitude à cet endroit là.
Quand elle parla de poser sa signature, la demoiselle était beaucoup plus intimidée, comme si elle ne voulait pas le brusquer ou surtout évaluer les risques. A sa grande surprise, il lui donna une petite tape sur la tête puis lui expliqua ce qu’il avait l’intention de faire, ce qui donna une expression ébahie sur le visage de Cassidy alors qu’elle ouvrait lentement la bouche. Alors… il voulait vraiment le faire ce lien avec elle ? Pour de vrai ? Non elle rêvait… Lui un dragon qui l’acceptait ? Ca alors, elle n’en revenait pas ! Elle chercha un moment ses mots puis fit des gestes avec ses mains, enfin surtout avec ses deux index qu’elle rassembla devant elle.

« Energie draconique et magie humaine ? C’est vraiment… Oui je vois ce que tu veux dire, il faut vraiment qu’on travaille dessus. C’est super ce que tu as eu comme idée, ça permettra d’être plus à l’aise ! Vraiment très bonne idée ! Mais bon comme tu le dis sur le papier ça peut aller vite mais… enfin faire un lien avec un dragon c’est vraiment pas facile, surtout avec la complexité de l’esprit qui dépasse de loin celui des humains et puis il faut arriver à trouver un équilibre hum… »

Elle se frotta lentement le menton songeuse. Puis ses yeux s’éclairèrent alors qu’elle releva la tête pour le regarder, déterminée et enthousiaste tout en lui prenant les mains et les serrant contre les siennes. Sa détermination était communicative.

« Mais je suis sûre qu’on peut y arriver ! Ensemble… »

La demoiselle toussota un instant, se rendant compte de la portée de son dernier mot puis changea de sujet en parlant de ses écailles et traçant sa signature magique dans le cuir, un air satisfait sur le visage.

Puis il répliqua et parla de sa petite démonstration qu’il ne voulait pas revoir. Cette fois elle commençait à comprendre… qu’il chercherait encore à la protéger d’elle-même et des autres. Sourire de nouveau qui ressemblait à une grimace alors qu’elle pencha la tête en avant tout en déclarant très bas qu’elle ferait attention de ne pas reproduire ce petit acte de magie et qu’elle tenterait de le prévenir bien assez tôt pour éviter d’en arriver là. Oui c’est vrai, ce genre de manifestation, elle était encore trop discrète mais elle finirait bien par lui révéler au bon moment.

Enfin, ils s’envolèrent après un repas pris sur le pouce. Si Tristan avait l’impression d’être incomplet, la petite mage elle, était vraiment très concentrée. Bien sûr qu’elle donnait l’impression d’être à l’aise, parce que cette sensation avait quelque chose de familier pour elle mais au final, c’est qu’elle était vraiment prête à vouloir tout faire pour être en harmonie avec lui. Elle essayait de s’adapter à ses mouvements, ses virages. Parfois quand il allait très vite, la jeune cavalière changeait de position au dernier moment, non pas qu’elle cherchait à se faire des frayeurs mais tout simplement parce qu’elle n’avait pas encore l’habitude justement. Elle tentait également de tenir parfois un contact mental, lui demandant parfois de vriller ou se pencher plus sur un côté. Parfois elle lui demandait de descendre en pic pour remonter d’un coup alors qu’elle s’accrochait pour évaluer la descente et la montée. Egalement, elle lui demandait si tout allait bien de son côté, si elle ne le gênait pas, si elle ne perturbait pas ses mouvements. Le contact mental n’était pas si évident que ça, encore plus en plein vol et pour une première vraie séance, cela faisait beaucoup de choses à faire en même temps. Entre parler dans l’esprit, anticiper les mouvements, trouver la position adéquate, il fallait le reconnaître, Cassidy n’avait jamais montré autant d’ardeur à la tâche. Et elle était euphorique, joyeuse, appréciant la vitesse et l’altitude. Parfois il lui arrivait de donner une petite caresse sur les écailles du dragon, comme pour l’encourager à continuer comme ça.

Puis, une chose surprenante se produisit mais ne dura pas assez longtemps pour que Cassidy en saisisse toute la portée. Elle avait l’impression d’avoir un peu fusionné avec lui, de ne faire qu’un, de ressentir les battements de son cœur, la puissance de ses ailes, sa chaleur de dragon et l’air qui filtrait dans ses écailles. C’était comme si elle faisait partie de lui. La jeune femme avait un peu ouvert les yeux. Sensation trop fugace mais elle avait une petite sensation de plénitude. Très légère, trop rapide pour être réellement appréciée.

Il descendit alors et la réceptionna comme à son habitude, dans ses bras. Elle le regarda et se mit à rougir. Finalement c’était bien cette fin de séance aussi. Et elle était certainement très impatiente de recommencer, consciente qu’elle appréciait de plus en plus. Et lui qu’en pensait-il ?
Tristan sortit une petite phrase assez déroutante et s’arrêta là. La jeune femme resta un instant pensive. Que voulait-il dire par là ? Tant qu’elle voudrait de lui ? Là elle faillit bien lui répliquer la même chose, si lui encore voulait d’elle, alors qu’elle n’était pas appréciée des dragons.

Qu’avait-il fait comme bêtise qu’elle ne pourrait pas lui pardonner ? De quoi avait-il peur et surtout comment devait-elle réagir ? Elle resta muette mais fit un seul geste, alors qu’il continuait sur son trajet, elle prit de nouveau sa main et la serra doucement dans la sienne. Une sorte de réponse muette que peut être il n’interpréterait pas, semblant lui dire qu’elle était là pour le moment et qu’elle ne comptait pas partir. Il aurait été simple de lui demander pourquoi mais il marchait vite et elle jugea qu’il était peut être mieux de reporter cette question à plus tard.

Alors qu’ils rentraient, Tristan décida de faire un petit détour vers des bassins communs. Il parlait et elle tira la langue, d’un air de dire qu’elle n’irait pas si facilement prendre un bain et que lui aussi était sale. Il la poussa un peu, elle se recula vers le bord, sans s’en rendre compte. Mais alors qu’elle était proche du vide, la demoiselle se rendit compte qu’elle était encore habillée. Grands moulinets des bras et accrochage à la ceinture alors qu’elle poussa un petit cri de surprise. La scène était plutôt marrante, tels deux équilibristes cherchant à rester sur leur support. Mais ils ne tinrent pas longtemps et plouf !

Cassidy avait prit sa respiration puis sortit la tête de l’eau en inspirant profondément, des cheveux devant les yeux, s’ébrouant comme un chien mouillé. Puis elle se mit à rire avec lui, se rendant compte de la situation. C’est vrai, elle était petite et difficile de garder la tête hors de l’eau. Pourtant, c’est encore le grand Drakkari qui vint à sa rescousse, l’entourant de ses bras comme pour l’empêcher d’avoir la tête sous l’eau. Encore une fois il l’appela par son surnom et cela suffit pour attirer l’attention de Cassidy, troublée, alors qu’elle prit une position bien plus confortable et même… assez lourde de sens pour elle.

Car en effet, la petite mage venait de s’agripper à la nuque du Drakkari, les jambes enroulées autour de sa taille, qui la maintenait à sa hauteur et le regardait à présent, en parfait miroir, la bouche grande ouverte, cherchant à coller une raison à cette… action. Son cœur battait vite alors qu’elle se remémorait encore des images de leur vie passée. En l’occurrence lorsqu’il la soulevait du sol pour la plaquer doucement contre un mur pour être à sa hauteur et hum… plein de choses très intéressantes auxquelles il faudrait qu’elle évite de penser pour éviter de briller encore une fois ! Cette tendresse… cette passion… elle déglutit difficilement en y repensant. Il avait écarté doucement ses mèches de cheveux alors que la jeune femme, sans savoir ce qui lui arrivait, rapprochait un peu son visage du sien mais sans aller plus loin, le cœur battant la chamade, les bras enroulés autour de sa nuque et parcourut de petits frissons pas désagréables, se demandant si…

Bah rien du tout ! Le charme fut rompu quand des enfants approchèrent pour profiter également des bassins alors que les deux jeunes gens semblaient gênés pour le coup. Et que Tristan invita Cassidy à s’accrocher dans son dos. De monture dragon, on passe de monture Drakkari.

Les enfants, innocents et charmants pour leur âge mais pas si distraits qu’on pouvait le croire, commencèrent à poser des questions, surtout à Tristan puisque Cassidy était dans son dos.

- C’est ton amoureuse ?

- Vous faisiez quoi ici collés l’un contre l’autre ?

- Rhoooo mais c’est évident voyons ! Les grands ils aiment bien s’embrasser ici quand ils sont seuls !

Mais Cassidy entendait également alors que les enfants, des petits garçons et petites filles, les éclaboussaient dans une bataille d’eau. Elle était encore plus rouge et se colla plus que de raison contre Tristan, fermant les yeux, se mordant la lèvre inférieure. Elle serait bien bête de déclarer qu’elle n’en avait pas envie au final. Mais voilà… elle préféra ne rien dire.

Ils rentrèrent alors, bien silencieux, et surtout très embarrassés. Cela se voyait tant que ça… enfin c’était un accident, elle n’avait pas fait exprès et lui non plus. Mais la jeune femme se plu à penser qu’elle aurait bien voulu un baiser, faisant taire sa raison mais chut… n’insistons pas.
Elle remarqua tout de suite cette robe élégante qui reposait sur une chaise, et elle serait stupide de penser que c’était la tenue de soirée de Tristan ! Apparemment c’était Maud qui lui avait apporté. Un signe ? Un message ? Redevenir un peu elle-même, cette petite mage qui portait des robes avant, des robes qui plaisaient tellement à son compagnon et le charmait ? Il insistait alors qu’elle fit glisser ses doigts sur le tissu si fin. Déclarant une fois encore qu’elle était belle et vouloir la protéger des autres, se sentir fier d’elle. Sans rien dire, elle prit la robe dans ses mains, la passa devant elle. Souvenirs qui remontaient à la surface… peut être serait-il temps de dépasser cette honte de son corps, de ce manque de confiance dans sa féminité ? Ou plutôt dans ce rejet de vouloir attirer l’attention autrement que mordre, grogner et râler ?

La demoiselle se mit à sourire en regardant Tristan, puis emporta la robe dans la salle de bains en lui demandant d’attendre. Et elle l’enfila, s’examinant dans le miroir sous toutes les coutures, souriant. Maud avait vraiment de très bons goûts en matière de vêtements et elle lui allait très bien. Elle chercha dans un tiroir une brosse qu’elle trouva rapidement, se demandant si Tristan n’avait pas demandé exclusivement cet objet, elle ne faisant que bien peu attention à sa tenue quand elle était en vadrouille.

Elle sourit à nouveau à son reflet puis sortit de la salle de bain.

Encore une fois, Tristan semblait vraiment content, conquis, lui rappelant à quel point elle était jolie et lui offrit même galamment son bras pour sortir. Elle en profita pour mettre de l’ordre dans ses cheveux rouges, réajusta sa chemise, déclarant que lui aussi était très bien également, un vrai prince charmant avec des airs de dragon. Encore une fois une petite phrase, mine de rien, pour lui dire qu’elle acceptait cette partie de lui.

Le banquet était vraiment sympa et les habitants de la cité savaient mettre de l’ambiance. Il y avait de quoi manger pour un bataillon entier, les enfants s’amusaient et dansaient, d’autres couples dansaient plus sérieusement, les filles en profitaient pour entamer la discussion avec quelques guerriers. Sourires, rires et bonne ambiance. Comme quoi même avec les malheurs de ce monde c’était encore possible de faire la fête.

Cassidy apparut au bras de Tristan, souriante et resplendissante. Oui décidément, le fait de côtoyer le Drakkari la faisait redevenir petit à petit comme avant. Elle ne se plaignait même pas de la robe, même si ça se voyait qu’elle faisait encore des petits pas, peu habituée à porter des robes depuis quelques mois. En effet, la demoiselle se retenait au bras de Tristan, faisait bien attention de ne pas tomber. On la regardait et effectivement, de beaux compliments étaient lancés par ci par là. Comme quoi elle était bien plus jolie comme ça qu’en pantalon. Des compliments qui font chaud au cœur alors qu’elle serra un peu plus le bras de Tristan.

Puis le Drakkari lui proposa de danser et elle fit une jolie révérence devant lui avant de prendre ses mains, tirant la langue pour suivre ses pas. Quand elle dansait avec lui, plus rien ne comptait. Il la fit tourner sur elle-même, elle souriait, se rappelant encore de ces moments où elle dansait avec lui, où elle se sentait si bien, le frôlant, jouant un peu auparavant quand elle faisait mine de vouloir l’embrasser.

Mais si une chose était bien réelle ce soir, c’était le sourire de la demoiselle. Heureux, joyeuse alors qu’elle ne se détachait pas de son compagnon bien que les courbatures se faisaient ressentir. Finalement, ils s’arrêtèrent de danser et Tristan lui proposa galamment de s’asseoir alors qu’il se dirigea vers d’autres filles pour danser, sans faire de jalouse. Mais c’est bien la petite mage qui le suivait du regard, retenant une jalousie quand même alors qu’elle était assise. Et elle se surprit à vérifier que les autres n’étaient pas trop… proches de lui. Secouant la tête, Cassidy aperçut alors Maud qui venait d’apparaître.

La jeune femme se redressa rapidement, par respect, malgré les courbatures, et elle était plus que reconnaissante envers la grande dame.

« Maud ! Je… »

Visiblement, parler était encore un peu compliquée pour elle, malgré tous les efforts qui s’opéraient.

« Je voulais vraiment te remercier pour m’avoir prêté cette robe. Elle est vraiment magnifique. »

Grand sourire alors qu’elle jetait de temps en temps des regards de l’endroit où se trouvait Tristan, ce que Maud remarqua sûrement. Elle lui demanda si la soirée se passait bien.

« Ah oui ça va ! Mais bon je pense que Tristan a remarqué ma fatigue, il a insisté pour que j’aille m’assoir un moment. Et puis il voulait très certainement proposer une danse aux autres filles… »

Air un peu gêné alors qu’elle tourna machinalement une mèche blonde dans sa main, petit pincement de jalousie dans le cœur qu’elle avait vraiment du mal à dissimuler, à voir les regards furtifs qu’elle lançait au Drakkari, sans savoir vraiment pourquoi. D’autres personnes les rejoignirent et Cassidy lâcha Tristan un peu du regard.

Quand elle se tourna à nouveau, il n’était plus en charmante compagnie mais semblait plus énervé, en face d’un jeune guerrier qui venait de lui coller une droite. Cassidy ouvrit lentement la bouche et sans plus attendre ni réfléchir, ni même s’excuser, elle fila droit devant les deux hommes tout en se plaçant au centre, étendant ses bras.

« Stop ! Tris’… Qu’est-ce qui… »

Non seulement elle l’avait appelé par son surnom mais en plus il la prit par la main pour partir d’ici sans lui en dire plus. La jeune femme en était surprise et insista un peu.

« Hey Tris’… dis moi… y s’est passé quoi avec ce gars ? S’il te plaît… »

Il marmonna en lui répondant alors qu’il avait tenu certains propos. Elle le regarda sans comprendre. Détails ! Elle voulait des détails ! Mais il ne semblait pas en état de communiquer et surtout, elle ne comprit pas pourquoi il avait autant encaissé ce coup sans l’arrêter. Il déclara qu’il n’était pas comme les autres mais… comment ? Quels genres de propos ? La jeune femme voulut en savoir davantage mais encore une fois il prononça un surnom qu’il avait bien l’habitude d’utiliser et… qu’il avait utilisé dernièrement après avoir fait des cabrioles avec elle. Il se rappelait ou… à quoi pensait-il donc ? Ca pour la tourmenter il y arrivait bien !

Mais encore une fois, il changea directement de sujet, en chargeant sur elle et la portant… dans sa chambre. Elle poussa un cri de surprise alors qu’il l’étala sur son lit, disant une phrase bien… heu porteuse de sens. Heiiiin ? Bien entendu ? Il voulait que… que… ! Les yeux de la demoiselle s’agrandirent de surprise, commençant à rougir, prête à balbutier quelques mots mais il se rattrapa rapidement, lui parlant de massage, juste un massage.

La tête qu’elle tira était bien chamboulée ! Bah oui elle croyait autre chose elle ! Même si le massage était certainement très intéressant mais massage entraînait souvent hum… enfin voilà quoi ! Comment arrivait-il à sentir ? Elle se redressa lentement en le regardant, secouant la tête pour chasser de son esprit des images bien peu chastes.

« Comment tu arrivais à sentir ma fatigue ? Enfin c’est surtout les courbatures demain »

Il insista sur le massage et elle se mit à sourire tout en commençant à se déshabiller alors qu’il lui tournait le dos. Elle lui annonça qu’elle était prête et il vint la rejoindre sous les couvertures. La jeune femme avait fermé les yeux, attraper l’oreiller pour coller sa tête dessus bien confortablement, et attendait.

Tristan n’avait pas oublié les massages non plus car elle se détendait bien au fur et à mesure qu’il posait ses mains sur son dos, insistant par moments pour bien dénouer les nerfs. C’était bien… c’était agréable et il s’appliquait vraiment. Elle sentait une véritable sensation de bien être qui dura longtemps. Ses doigts qui parcouraient sa peau lui tiraient quelques frissons. Elle soupira de satisfaction.

Le jeune homme termina mais ne rompit pas le contact, s’approchant un peu plus près d’elle, chaque caresse supplémentaire lui faisait un bien fou et elle ouvrit les yeux pour se retrouver nez à nez avec lui. La demoiselle loucha un instant et il sortit une phrase qui lui valut un grognement désapprobateur, pour la chemise et la caresse. Elle souriait et pas qu’un peu, complètement détendue alors qu’il déposa un baiser sur son nez, ce qui la surprit.

Difficile de répondre à sa question, le petit baiser, le massage, la caresse, le beau torse du Drakkari face à elle ! Y avait de quoi être…. Vraiment très bien ! Elle fit un grand sourire de satisfaction tout en hochant la tête.

« Merci Tris’… »

Puis, comme elle était vraiment fatiguée, et qu’il l’avait bien détendu d’ailleurs, elle ferma les yeux et s’endormit rapidement sans lui laisser le temps de répliquer. Sa nuit fut très reposante.
Le lendemain matin, elle se réveilla encore avant lui puis le regarda dormir, attendrie. Elle avait prévu de faire quelque chose pour ce matin et très doucement, elle sortit du lit même si il grogna en roulant en boule la couverture.

Lorsque la demoiselle revint, elle tenait dans ses mains un plateau sur lequel elle avait disposé son café à lui et son bol de chocolat pour elle, deux verres de jus d’orange qu’elle venait de presser, quelques tartines beurrées et à la confiture qu’elle avait fait, un grand sourire sur le visage. Elle posa le plateau sur un meuble à côté puis se glissa de nouveau dans le lit, le regardant le temps qu’il se réveille.

Le jeune homme ne tarda pas et elle le réveilla d’un beau bonjour, lui demandant si il avait bien dormi et tout et tout. Puis, alors qu’il émergeait gentiment, elle hocha la tête.

« Ton massage était vraiment bien hier ! Je n’ai pas l’impression d’avoir des courbatures. Et toi ça va ? »

Elle examina vite fait son œil pour vérifier qu’il allait bien. Puis, la mage lança un petit sort pour faire voler le plateau déjeuner sur le lit, rougissant un peu alors que lui se redressait pour mieux voir alors que Cassidy baissait la tête, le plateau sur ses jambes, tout en prenant la cuillère et remuant le café de Tristan.

« J’espère que ça te plaira, j’ai pris ce que j’ai trouvé dans la cuisine »

Elle sourit et lui tendit sa tasse de café alors qu’elle dégustait son chocolat et ses tartines qu’elle donnait également à Tristan.

« Tu penses qu’il va faire chaud encore aujourd’hui ? Si tu arrives à trouver un petit coin on pourra se baigner et puis… je suis toujours prête pour une séance de vol aujourd’hui ! Et oui tu m’as quand même aider à avoir la forme… hum… à moins que ce soit ton énergie de dragon qui me donne la pêche… yeeee enfin hum ! »

Nouveau petit rougissement mignon alors qu’il répondait encore, bonne humeur au rendez-vous.
Ils s’étaient habillés et elle avait repris sa tenue de la veille qui avait sécher entre temps, pensant encore manger en forêt à midi avant de voler l’après midi. C’est ce qui était prévu en tout cas.

Alors qu’ils marchaient sagement, main dans la main, la jeune femme décida de changer de sujet.

« Dis Tristan… c’est quoi exactement qu’il t’as dis hier pour que tu te fâches autant ? Parce que… pour qu’il te frappe t’as du lui répondre et ça lui a pas plu… et je ne veux pas non plus qu’on te fasse du mal, y a bien un moyen d’échanger son opinion sans… se faire de mal ? »

Sourire un peu crispé. Décidément elle n’était pas douée là-dessus et attendit sa réponse, auquel elle répondit par un hochement de tête, ne s’étalant pas plus que ça.

Ils arrivèrent à un petit coin d’eau et la demoiselle enleva ses vêtements, pour ne pas avoir de souci à évoluer dans l’eau, tout en gardant ses sous vêtements. Elle regardait avec beaucoup d’inquiétude la surface de l’eau, puis prit un air plus taquin, fier en le désignant.

« Hum je sais ! Je m’accroche à toi et tu nages ! Comme ça je verrais comment tu fais. »

Grand sourire de gamine alors qu’elle l’examinait, lui torse nu, s’approchant très près, trop près. Aaaaah les contacts…


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ascadian.forumgratuit.org
Tristan Konogan
Professeur Initiation et Maniement des Armes
avatar

Messages : 600
Date d'inscription : 09/05/2012
Age : 25

Feuille de personnage
Race: Drakkari
Royaume:
Vocation: Guerrier

MessageSujet: Re: Un voyage pour apprendre à mieux se re-connaître ?   Ven 6 Déc - 23:09

Où on étaient-ils ? Où… allaient-ils ? Tout ceci, était bien raisonnable ? Vers quoi tendaient-ils ?
Cassidy avait enfin eu des réponses, sans doute pas toutes, sans doute pas assez, mais déjà énormément. Tout commençait à s’éclairer et les sous-entendus de Maud ne suggéraient-ils pas, après tout, que le beau jeune avait des sentiments naissants pour la jolie mage ? Elle devait être troublée et après tout, il y avait bien de quoi après tout ceci. La soirée passa pourtant très vite et ils finirent par s’endormir, elle dans les bras de son étrange colocataire pour le coup qui semblait la traiter avec d’autant plus de douceur et de tendresse qu’auparavant.

Le lendemain arriva bien vite pour eux deux alors qu’ils passaient mutuellement probablement la meilleure de leurs nuits depuis un bon moment. Réconciliés, rassurés et… peut-être un peu plus, ils se retrouvaient un peu et ça leur faisait du bien, c’était indéniable. Une petite phrase malheureuse de Cassidy durant le petit déjeuner pourtant provoqua l’hilarité chez son compagnon qui se faisait décidément très taquin.
Il l’embêtait, ça se voyait et pourtant, même si elle le savait parfaitement, elle rougit plus que de raison, l’air pensive, perdue et balbutiant beaucoup. Il se contenta de s’approcher très près d’elle, aussi provocant qu’avant leur mise en couple, bien des mois plus tôt.

- Remettez-vous jolie demoiselle ou je risque de croire vous troubler plus que la convenance ne l’autoriserait…

Décidément, il aimait bien l’embêter… Mais ce n’était pas très juste. Il n’insista pourtant pas davantage et finit par s’éloigner, un sourire aux lèvres, pensif, pour se préparer.

Très vite, ils furent sur place pour leur entraînement qui devait d’abord débuter par une longue discussion, des idées par rapport aux positions à prendre, aux attitudes en plein vol etc. Elle demanda à mettre sa marque magique sur la selle et contrairement à ce qu’elle semblait prête à croire, il l’y encouragea justement. Par contre, elle semblait très surprise qu’il insiste sur le fait qu’il voulait « partager » son énergie avec elle. Oui vraiment surprise, émue, perdue même. Tristan grimaça, répugnant le peu d’estime de soi qu’elle semblait s’accorder et quand elle en vint à lui dire avec un enthousiasme certain qu’il avait là une excellente idée, que c’était difficile mais faisable ensemble, il se renfrogna et alors qu’elle semblait prête à tout essayer au plus tôt, il l’arrêta.

Les mains placées sur ses épaules, il l’incita à lui faire face, la mine sombre, la regardant avec un sérieux qui ne ressemblait guère à l’insouciance et la taquinerie qui flamboyaient constamment dans ses yeux orangers.

- Arrête… Ca… tout de suite…


Aie… Elle se crispa, perplexe, encore plus perdue et l’air de croire qu’il lui en voulait pour ses précédentes paroles alors même qu’elle s’était efforcée de changer de sujet pour les passer sous silence. Il serra les dents puis doucement se détendit, soupira et sa mine s’adoucit.

- Pourquoi dis-tu ça ? Tu sais très bien que ce n’est pas mon idée, mais la tienne…que JE trouve excellente et parce qu’elle vient de toi, parce que je te fais confiance et parce que ton imaginaire et tes capacités ne cessent de me surprendre, je suis prêt à tenter le pari et surtout à le réussir. Et… on est obligés de le faire… ensemble. Il n’y a pas de mal à ça…si ?

Décidément, il n’avait plus rien à voir avec le garçon froid, presque méchant qui avait blessé la jeune femme plusieurs jours plus tôt quand il s’était réveillé… Se rappelait-il seulement de ce moment ? A priori, elle ne croyait pas totalement à l’excuse qu’il avait pu lui donner mais était-il vraiment intelligent de chercher une raison à son comportement ? Etait-elle prête à comprendre ? Etait-elle prête à entendre ? Et lui à avouer ?

Finalement, il dissipa très vite la légère tension qui s’était installée entre eux du fait de leur proximité et du sérieux de ses paroles, de cette espèce de léger courant électrique qui semblait passer entre eux et troublait la magie de la jeune femme tandis que cela ébouriffait d’autant plus les cheveux de son compagnon. Ils se chamaillèrent, se bousculèrent, mangèrent, rirent et finalement s’envolèrent…

Même s’il y avait des progrès à faire, même si ce n’était justement qu’un début, ils étaient extrêmement à l’aise l’un avec l’autre. Sans doute parce qu’elle n’était pas vraiment une cavalière et lui parce qu’il n’était pas vraiment sa monture…
Beaucoup pour ne pas dire tous les dragons auraient désapprouvé l’attitude du Drakkari, la trouvant dégradante. Mais a priori, cela ne le gênait vraiment pas, du moins… quand il s’agissait d’elle.
Ils s’amusaient beaucoup et leur travail n’était en fait qu’un réel amusement, pour l’un comme pour l’autre. Pris d’une joie euphorique et communicative, ils multipliaient les tentatives, les risques mais aussi les surprises… Il ne sentait pas vraiment son poids.Enfin si, mais comme un témoin rassurant de sa présence, elle ne le gênait pas et il pensait qu’avec cette séance là, ils auraient de quoi avoir des idées pour modifier et adapter encore un peu plus la selle.

Vers la fin de leur entraînement, c’est presque une fusion qui s’opéra pourtant à leur grande surprise, une chose qui n’aurait pas dû se produire si vite assurément. Parce que même s’ils étaient proches, ils n’étaient pas vraiment… un couple, ni fusionnels donc ni passionnés… Et pourtant…
Ils étaient tous les deux surpris bien sûr mais la sensation avait laissé un amer sentiment d’inaccomplissement en même temps qu’un léger bien-être qui ne demandait qu’à être poussé plus avant vers son apogée.
Il l’avait rattrapée en se retransformant, n’essayant même pas de se poser en la portant. Ce devait être plus simple pour lui d’agir ainsi ou…plus agréable peut-être.

Ils commencèrent à rentrer à cause de l’heure mais il sortit une étrange phrase qui ne sembla pas la laisser indifférente. Tant qu’elle voudrait de lui…
Que cachait-il cette fois ? Quel mal avait-il commis ? Elle s’interrogeait, il le voyait bien à son regard perdu dans le vague alors même qu’elle essayait de le rassurer en prenant sa main. Il la pressa en douceur en souriant, petit sourire un brin nostalgique, qu’elle ne voyait pas toute à ses pensées. Elle ne pouvait pas comprendre sans doute… Mais il se souvenait bien de la dernière fois… Quand il avait commencé à s’attacher à elle… Quand elle était partie. Il avait eu mal, il lui en avait voulu… Mais c’était à elle de choisir, pas à lui après tout.

Finalement, ils marchèrent main dans la main jusqu’à la cité et une maladresse leur valut un bain tout habillé. Ceci encore n’était en rien troublant même s’il est vrai que le côté moulant de leurs vêtements pouvait entraîner de troublantes pensées. Mais lorsqu’il vint la soulever légèrement pour lui éviter de se fatiguer à sautiller sur place alors qu’elle semblait déjà assez éprouvée, elle agit étrangement. Les bras autour de sa nuque, les jambes serrées avec force autour de sa taille, elle avait un petit quelque chose d’assez excitant et de déroutant, prenant les devants d’une situation qu’il n’avait pas vu arriver. Ce n’était que naturel, instinctif au final et il n’était pas en reste vu la manière dont à la sensation de son corps il l’avait pressée contre lui, protecteur et en même temps terriblement égoïste, peu partageur, jaloux, possessif…
Tous les deux surpris, ils se regardaient, rougissant légèrement, troublés, perdus, perplexes… L’eau était chaude, agréable, l’électricité toujours présente entre leurs corps offraient des frissons qu’ils supposaient dus au choc thermique. Ils étaient si proches l’un de l’autre. Elle s’avança imperceptiblement vers lui, lui plus franchement vers elle. Il entendait son cœur si vivant battre la chamade malgré le son étouffé que rendait l’eau, il le sentait battre contre sa peau tant ils étaient proches. Elle ne sentait probablement pas le sien, ses sens n’étaient pas aussi affûtés… quoique, il battait si vite…

Mais ils furent bien rapidement interrompus par d’étranges et innocents perturbateurs.
Les enfants qui les avaient rejoints brusquement ne cherchaient en rien à les blesser, les ennuyer ou quoi que ce soit. Ils étaient honnêtes, simples, innocents, ils agissaient encore comme ils le pensaient et le voulaient, qu’ils en profitent, leur intervention venait de réveiller les deux jeunes gens enlacés qui s’écartèrent même si Tristan incita Cassy à se tenir à son dos.
Du coup, c’était lui qui faisait face aux enfants tandis que ni l’un ni l’autre ne pouvait plus voir le visage de son/ sa partenaire.

Ces enfants étaient mignons et comme toujours ils semblaient beaucoup aimer le grand Drakkari, comme avant du moins. Mais ils appréciaient aussi la belle et super forte mage qui s’accrochait timidement à sa « bouée ».
Pourtant, leur innocence et leur vivacité leur faisaient poser des questions pour le moins… troublantes.
Et c’était bien Tristan qui devait y faire face alors qu’ils enchainaient, ne lui laissant qu’à peine le temps de respirer. Ils demandaient si elle était son amoureuse, le jeune homme se crispa un peu, ce qu’ils faisaient tous les deux, que les grands aimaient s’embrasser ici quand ils étaient tous seuls. Là encore, il s’était beaucoup crispé ne sachant trop comment réagir apparemment et elle non plus même si à sentir la pression imprimée par ses ongles sur sa peau, elle était tout aussi troublée que lui.

Ils s’éloignèrent un peu tandis que les enfants semblaient s’amuser, se désintéressant d’eux très vite. Rentrer se fit dans un silence un peu penaud alors qu’il finit par murmurer un léger « désolé » qu’elle ait enduré ça, sans la regarder, portant son sac. Ils avaient passé un peignoir par-dessus leurs vêtements trempés.
Une fois chez le jeune homme il s’avéra que Maud était passée par là et qu’elle encourageait apparemment la petite mage à faire des efforts, ce n’était peut-être pas des plus subtils mais assez efficace vu l’intérêt que Tristan semblait porter à cette nouvelle tenue.

- Allez… S’il te plait… Je suis sûr que tu seras très belle avec…

Mais bon, apparemment, il n’avait pas besoin de parler, une mine un peu tristounette et un de ses sourires renversants suffisaient bien assez. Elle partit de son côté et lui aussi pour se préparer et il sembla complètement sous le charme quand elle réapparut, la bouche ouverte alors qu’il la refermait dans un claquement avant de venir très galamment s’incliner devant elle.

- Tu es… magnifique. Tout le monde n’aura d’yeux que pour toi ce soir ! Finalement, je devrais peut-être te garder ici pour moi tout seul…

Plaisanterie ? Rappel malheureux de ce qu’il avait tendance à dire et vouloir faire effectivement par le passé lorsqu’ils étaient… encore ensemble. Pourtant ce n’était pas qu’une simple plaisanterie tant son regard était empli de sincérité.
Et puis… étrangement, son regard brillait d’admiration et… d’un intérêt qu’il ne semblait pas réussir à cacher. Après tout, il restait un homme et elle était belle, désirable.
En fait la manière dont il la regardait devait mine de rien beaucoup aider la jeune femme à reprendre au moins un peu confiance en elle parce que cet intérêt là… n’était pas si innocent !

De son côté, il était craquant comme toujours mais c’était probablement un truc de dragon, il n’avait donc pas grand mérite là-dedans si ce n’est qu’il rayonnait presque de la voir ainsi et d’être près d’elle. Leur arrivée fit son petit effet et les habitants de la cité multiplièrent les compliments pour la jeune femme, tant les hommes que les femmes, du moins ceux plus âgés qu’eux, les jeunes de leur âge pour les garçons étaient très expressifs de ce côté-là, les femmes néanmoins étaient un brin plus jalouses.

Tristan s’efforçait de marcher lentement ayant remarqué les petites difficultés d’adaptation de sa compagne, mais ça ne le gênait pas. Au contraire, elle se retenait à lui quand un de ses pas n’était pas assuré, il aimait bien sentir la pression de sa main dans le creux de son coude. Avec la saison encore agréable, il avait opté pour une tunique sans manche et le contact de sa paume et de ses doigts sur sa peau nue… ne lui déplaisait décidément pas.
Beaucoup vinrent les voir pour souhaiter de vive voix un bon retour à la jeune femme, qu’elle leur avait manqué, qu’ils l’appréciaient.

Parce que contrairement à ce qu’elle semblait croire, les gens étaient rapidement passés outre sa mauvaise humeur et son état ronchon pour voir ce qu’elle refusait encore un peu de montrer et qui était apparu au fur et à mesure du temps passé auprès de Tristan : une belle jeune femme, si intéressante, pleine de mystères, de ressources, de surprises.
Tristan en était peut-être le plus observateur sur ce point.

Ils burent et mangèrent un peu mais raisonnablement pour cette première option. Par contre, rapidement, il l’entraîna sur la piste de danse malgré les maigres tentatives de la jeune femme pour résister. Mais il est vrai qu’elle était fatiguée et pleine de courbatures, son corps le lui disait.
Il fit alors une chose étrange… Comme il l’aurait fait avec une enfant et davantage encore comme il l’aurait fait avec sa petite amie, Tristan incita Cassidy à poser ses pieds sur les siens. C’est lui qui les soulevait tous les deux, qui faisait les mouvements d’une danse plus lente avec le changement de musique, plus romantique aussi alors qu’ils étaient décidément bien trop proches l’un de l’autre. C’était presque un slow alors qu’elle avait les bras croisés derrière sa nuque et lui le visage appuyé contre ses cheveux. Il se mit doucement à parler, la prenant au dépourvu probablement.

- J’aime bien… Quand tu souries comme ça. Ca te va mieux que toutes ses souffrances, toutes ces pensées que tu t’infliges… Ne pense plus, ne souffre plus, sourie juste… Je ferai tout pour que ça dure encore un peu… Et là je vais aller inviter d’autres filles à danser, un parce que tu tiens à peine debout et qu’on ne tardera pas… et deux parce qu’après ce que j’ai dit, hors de question que je te regarde dans les yeux sans faire l’idiot ou des tas d’horribles grimaces donc… à tout à l’heure….

Léger effleurement d’une de ses tempes de ses lèvres avant qu’il ne la lâche, s’incline puis s’éloigne à la fin de la musique effectivement.
Rien de plus, pas même un regard en arrière mais le jeune homme avait un sourire aux lèvres, écho de celui si doux et sincère qui éclairait le visage d’une demoiselle bien trop torturée jusque là.

Maud arriva sur ce et Cassidy essaya de la remercier, de s’expliquer un peu, essayant d’être discrète alors même que ses regards, ses mimiques, ses paroles étaient autant de preuves d’indiscrétion de son petit cœur qui ne devait finalement pas totalement s’être désintéressé de celui qui l’avait fait battre pour la première fois.
Plus âgée, plus expérimentée et a priori bien moins aveugle, la future maman choisit de ne pas montrer sa connaissance de tous ces signes, faisant un sourire apaisant en lui demandant comment elle allait.

- Tu sembles fatiguée en effet… Je t’en prie, je me doutais qu’elle te plairait. Mais je ne te la prête pas, c’est un cadeau… J’ai des vêtements à ne plus savoir qu’en faire… Je les distribue régulièrement à mes amies. Et j’espère pouvoir à nouveau te compter parmi elles… Il faudrait que tu viennes faire un tour dans ma garde-robe…Il y a des tas de choses que je ne pourrais jamais mettre mais qui t’iraient très bien… je pense notamment à une tenue un peu masculine du style de celle que tu portes depuis que tu repousses ta féminité mais qui saura tant te mettre en valeur que tu feras mourir de désir un caillou !... et qui évitera à certains d’aller inviter d’autres demoiselles à danser peut-être… et puis… il n’est pas un caillou lui, je serais curieuse de voir sa réaction…


Sourire mutin aux lèvres… Ah non, finalement, elle laissait entendre qu’elle avait bien remarqué le manège et les regards de la jeune mage. C’est qu’elle lançait souvent des regards à son compagnon quand même !
Elles se mirent à discuter d’autres sujets avec d’autres personnes alors qu’elle l’incitait à se détendre, à profiter de la soirée quand une altercation éclata.
Des insultes fusèrent et tous n’eurent que le temps de se retourner pour voir le poing d’un des jeunes guerriers s’abattre sur le Drakkari qui… le prit de plein fouet sans sembler en mesure de l’arrêter de ses écailles comme d’ordinaire. Il chancela sous le coup, moins vif que d’ordinaire et montrant les dents alors qu’ils échangeaient quelques propos agressifs noyés par les murmures surpris et horrifiés de la foule.

Mais déjà, avant que le combat ne débute vraiment, Cassidy intervint, se déplaçant avec une curieuse vivacité vu son état pour venir se placer entre les deux jeunes hommes, face à Tristan, les bras écartés pour faire barrage. La fureur qui brillait dans les yeux du grand Drakkari disparut dès qu’il posa les yeux sur elle mais emporté par son élan, son camarade sur le poing de frapper avait la demoiselle dans son champ d’attaque. Tristan se rapprocha très vite attrapant Cassidy en la collant contre lui et arrêtant le poing d’une seule main cette fois-ci, sans trembler, sans chanceler, absorbant complètement le choc, ce qui sembla d’autant plus déstabiliser son adversaire. Une menace silencieuse fut proférée, assassine alors que le guerrier reculait, l’air perdu et vraiment piteux alors que ses camarades l’éloignaient.
Tristan ne s’en préoccupa pas davantage, surpris du surnom prononcé mais sans en tenir réellement compte, prenant déjà la main de la jeune mage pour l’éloigner, pour rentrer chez lui ou plutôt actuellement, chez eux.

Elle ne comprenait pas, elle voulait en savoir plus, mais il n’était pas prêt à en parler et il lui ôta ce sujet de l’esprit en commençant d’abord à l’appeler par son surnom puis en la portant alors qu’elle se débattait juste pour rire, bien trop faible pour le faire sérieusement de toute manière.
Mais elle fut vraiment surprise quand il l’allongea sur le lit en lui demandant de se déshabiller. Outre le trouble que cela provoqua chez l’un comme chez l’autre, il s’avérait que ce n’était qu’une question de massage et il s’empressa de mettre des actes sur ses paroles au grand plaisir de la demoiselle qui en avait décidément beaucoup trop besoin !

- Je sentais ta fatigue dans tes crispations, dans ton regard, dans… l’espèce de faiblesse entre nous, ta peau plus pâle et plus fraiche, ce n’était pas bien difficile, je n’ai aucun mérite.

Pas bien difficile ? Combien de détails avait-il ainsi encore comptabilisé et répertorié ? Faisait-il un inventaire ? A quel point pouvait-il ressentir les réactions de son corps ? A quel point identifiait-il ces réactions qui plus est ?!
Malgré le massage terminé, il prolongeait ses caresses, les contacts entre eux, caressant son dos, son visage, effleurant son nez de ses lèvres, l’attirant doucement dans ses bras. Il était si différent du garçon froid qui l’avait si méchamment repoussée qu’on aurait pu croire… qu’ils étaient deux !
Et fort heureusement, elle semblait être avec le bon, pour l’instant. Elle le remercia même avant de s’endormir. Il sourit et la regarda fermer les yeux, se caler dans ses bras, rechercher un peu plus son étreinte dans son sommeil, sa chaleur, sourire, serrer et desserrer doucement ses poings contre son torse, murmurer tout bas, de manière peu audible. Elle était belle, si belle…

Il la regarda longtemps, vraiment longtemps, incapable de dire quelle heure il était et s’en fichant pas mal. Pourtant, il était fatigué, très fatigué, mais ce spectacle ne parvenait pas à le lasser. Il continua si longtemps ses caresses dans son dos qu’il finit par avoir une crampe dans le poignet, en riant très bas, amusé de son audace, amusé… de sa signification. Puis il effleura sa joue de ses lèvres.

- Merci à toi…

Le lendemain, il eut plus de mal que la veille à sortir de son sommeil. Mais l’absence momentanée de la jolie blonde l’aida à se tirer de profondes somnolences aux rêves décidément très intéressants.
Elle semblait d’excellente humeur, souriante, rayonnant, magnifique. Il se mit aussitôt à lui sourire, alors même qu’il peinait à ouvrir les yeux, ravi de cette vision matinale.
Il bailla en s’étirant, les muscles puissants de ses bras et de son torse roulant sous sa peau alors qu’il était toujours pour le meilleur et pour le pire torse nu, la couverture au niveau de sa taille.

- Mhh.. Content que tu ailles bien. Moi ça va, comme toujours. Serait-ce un défi ? Non parce que je dois prendre ma revanche par rapport à hier il me semble !

Il se redressait déjà, un sourire mutin aux lèvres mais elle le contra par l’apparition du petit déjeuner et les yeux du jeune homme pétillèrent de joie.Elle avait préparé son café et il le goûta avant de lui faire un sourire magnifique.

- Pile comme je l’aime. Vous êtes douée demoiselle !!! Vraiment…

Eh bien oui… Elle se souvenait… Elle !
Elle espérait que ça lui plaise… ça lui plaisait ! Seulement…

- Tu as pris ça dans la cuisine hein… Tu as fait la confiture, c’est ça ?


Apparemment oui… Mais elle le disait timidement, avec un drôle de regard comme si elle pensait qu’il n’était pas très content… Surtout qu’il venait d’ajouter que ça se voyait. Aie ! Apparemment il n’aimait pas ! Ou bien… autre chose.
C’était l’autre chose parce que c’est avec un sourire amusé qu’il se pencha sur elle, vraiment près, très près, BEAUCOUP trop près. A quel point ?
Eh bien… elle ferma les yeux, crispée, ne sachant sans doute pas trop à quoi s’attendre alors que la langue du jeune homme lui effleurait la mâchoire avant que ses lèvres ne s’y posent avec douceur.
Ce petit contact ne dura pas deux secondes et pourtant il semblait démesurément plus long. Le jeune homme se redressa en se léchant les lèvres, pensif alors qu’elle le fixait avec des yeux ronds et les joues si rouges qu’elle ressemblait beaucoup à la confiture de framboise qu’elle venait de préparer. Il se mit à rire…

- Ne rougis pas autant ou je vais croire que tu as d’autres restes de confiture sur le visage petite maladroite… Enfin je n’ai rien contre les enlever moi…

Taquin alors qu’il se rapprochait de nouveau mais elle devait être très gênée ou très perturbée par contact parce qu’elle mit une tartine entre eux dans laquelle il croqua goulûment, s’étouffant à moitié à force de rire. Il redevint un peu plus sérieux néanmoins, cessant de l’embêter.

- Il devrait faire beau oui… Et je sais exactement où aller pour être… tranquille.


Allusion à leur interruption de la veille, peut-être oui.
Il lui proposa d’aller se préparer tandis qu’il rangeait le petit déjeuner et préparait un casse-croûte rapide pour le midi.
Si elle souhait se changer néanmoins, il faudrait attendre de faire un détour par chez Maud. Ce qui ne semblait pas être dans l’idée actuelle. En même temps, ils étaient assez matinaux quand même.
Rapidement prêts, ils marchaient, proches, leurs mains enlacées quand elle lui posa une question par rapport à la veille. Le regard du jeune homme s’obscurcit. Un sourire crispa les lèvres du Drakkari alors qu’il s’arrêtait, la forçant à faire de même, le regard perdu dans le vague avant de le poser sur elle avec une étrange tristesse passagère.

- « échanger son opinion sans se faire de mal ? » Je ne pense pas non… pas quand il s’agit de toi.

Il se tut, se remettant à marcher, l’air de réfléchir à ses paroles et cette fois-ci évita de la regarder.

- On ne peut pas me faire si facilement du mal… ne t’en fais pas. C’est juste que… Il… Il disait que tu étais vraiment sexy. Ca, je peux le comprendre. Et ça m’a fait sourire… Mais quand il a dit que c’était les plus a priori chastes, secrètes, ronchons, prudes qui étaient les plus chaudasses et bonnes au lit et qu’il allait le prouver en te faisant grimper aux rideaux avant la fin de la soirée, là… j’ai beaucoup moins accepté. Je l’ai bousculé en l’insultant, lui ordonnant de retirer ses paroles, que ce n’était pas vrai et tout… Je sais que je me suis emballé. Il n’a pas aimé que je le descende devant les autres, il m’a frappé, pour son  honneur… J’étais curieusement plus lent et fatigué que je ne le pensais et je n’ai pas esquivé ni absorbé le coup très bien mais comme tu as pu voir, je n’ai qu’une légère marque, ce n’est rien… Ca fait même viril, non ?

Il se mit à rire tout seul, c’était plus nerveux qu’autre chose mais il l’avait sentie se raidir et s’arrêter et il fit de même, la regardant avec surprise, prêt à s’excuser d’avoir été assez honnête pour lui dire dans les détails ce qui s’était passé.
Mais elle s’était déjà remise à marcher, hochant juste la tête, comme si de rien n’était. Mais quelque chose n’allait pas justement, il le savait, il le sentait.

Elle se déshabilla quand ils furent au point d’eau alors qu’ils se tournaient mutuellement le dos puis elle proposa d’un ton rieur, un brin forcé qu’il lui serve en gros de monture aquatique ce qui n’était certainement pas une bonne technique d’apprentissage. Il s’approcha d’elle, en boxer, le regard sombre et lui prit les mains. Ca y est, il avait compris le malaise…

Il refusa sa technique et lui assura qu’ils iraient ensemble dans l’eau, qu’elle ferait la planche à plat ventre et que lui la soutiendrait, une main sous son ventre, l’autre sous ses cuisses, qu’elle ne risquait rien, qu’il la tiendrait… Mais c’était un contact de plus malheureusement. D’ailleurs à peine se frôlèrent-ils dans l’eau qu’ils eurent le même frisson étrange.
Ils procédèrent comme l’avait suggéré le jeune homme un moment alors qu’ils faisaient régulièrement des pauses pour qu’il lui explique en détail ce qu’il voulait qu’elle fasse. Ses mains glissaient régulièrement sur le corps de la jeune femme pour rectifier un mouvement, allonger l’extension de ses jambes. Mais bon passer sa main entre ses cuisses pour l’inciter et la guider à mieux gérer sa flexion de brasse n’était pas sans conséquence et il ne semblait pas y penser.

Elle commençait un peu à fatiguer mais elle s’entraînait avec efficacité, redoublant d’effort, voulant être à la hauteur et réagissant plutôt bien à ses encouragements même si elle avait eu quelques frayeurs quand il avait fait mine de relâcher l’assurance qu’il gardait pour elle. Ce ne serait pas pour tout de suite en autonomie mais ça viendrait !
C’est alors qu’elle s’efforçait de suivre ses explications qu’il se mit à parler… de ce sujet, de ces mots qui avaient blessés la jeune femme probablement, il l’avait compris et dont il voulait rectifier la signification même si c’était… risqué.

- Cassy… Tout à l’heure… enfin tu voulais savoir ce qu’on s’était dit avec ce type hier… Et je… c’est vrai que je lui ai dit que ce n’était pas vrai…mais… c… C’était par rapport au fait qu’il allait te… Enfin qu’il voulait… hum… que tu lui plaisais beaucoup… En rien sur tes euh…capacités… ?...hum… performances… au lit… Ca… par contre… Enfin… B…Bref ! Je voulais juste… corriger ce quiproquo pour ne pas que… tu le prennes mal…


Elle dut relever la tête vers lui mais il n’en était pas sûr, pourtant il rougissait légèrement, gêné, mais un léger sourire aux lèvres. Pourtant cette conversation ou monologue plutôt fit boire la tasse à la jeune femme et il dut la secourir, la soutenant contre lui alors qu’elle s’étouffait à moitié.
Ils sortirent rapidement de l’eau et se séchèrent au soleil alors que le vent qui s’était levé incita le jeune homme à se rapprocher de sa compagne pour « ne pas qu’elle attrape froid ». Ils mangèrent plus tôt que prévu, impatients de commencer leur leçon de vol.
Celle-ci fut une fois de plus incroyable mais leurs deux esprits étaient un peu perturbés par les paroles prononcées durant cet entraînement de natation, ces paroles si lourdes de sens et ils n’étaient que peu attentifs l’un comme l’autre, un peu fatigués aussi par leurs excès de la veille et sentir l’esprit de l’autre capable d’accéder aux pensées prégnantes n’était en rien rassurant !!!!

Finalement ils s’arrêtèrent assez vite alors que l’après-midi n’en était qu’à la moitié de son écoulement et ils rentrèrent à la cité. Tristan affirma qu’il avait à faire et proposa à Cassidy de passer un peu de temps avec Maud qui serait ravie de la voir et c’était bien vrai… Si ce n’est que la future maman sembla prendre la jolie mage pour sa poupée, lui faisant essayer des dizaines de tenues plus propres à la mettre en valeur les unes que les autres.
L’après-midi ou plutôt sa fin passa ainsi très vite et finalement, elle revint assez chargée chez Tristan. Le jeune homme l’attendait et sembla surpris mais ravi de la voir porter une petite robe légère et vaporeuse. Avant même qu’elle n’ait le temps de se poser la question, il lui ouvrit la porte de sa chambre et commença à lui faire de la place dans ses tiroirs… pas dans ceux… de la chambre d’amis… Pourquoi ?

C’est avec soin qu’il l’aidait à ranger, adorable, faisant de nombreux commentaires sur le fait qu’il avait hâte de voir de quoi elle avait l’air avec ceci ou avec cela. C’étaient des taquineries, des provocations encore une fois, surtout que certaines tenues étaient adaptées pour être montrées… à son petit ami, petit ami qu’il n’était pas… ce qui lui faisait décidément bien trop mal ces derniers temps.Mais il était quand même mignon avec ses manies. Pourtant, quand ils eurent rangé et avant qu’elle ne lui pose la question, il lui mit un doigt sur les lèvres, tenant une bande de tissu dans sa main libre.

- Chut… J’ai une surprise pour toi… mais tu dois me faire confiance. Je vais me transformer dehors et tu vas monter sur mon dos mais après tu devras te bander les yeux… je ne veux pas que tu saches avant… qu’on y soit, d’accord ? Je te fais confiance hein !!!!

Il ne répondit à aucune de ses questions, se contentant d’un sourire, de lui tirer la langue, d’approcher trop près son visage du sien pour la faire taire dans ses suppositions. Il sauta effectivement dans le vide depuis sa terrasse, se transformant alors qu’elle faisait de même et qu’après une pirouette, il la récupérait en silence. La nuit était tombée et personne ne sembla remarquer leur manège, les écailles du dragon s’étant coloré de sombre alors qu’ils se faisaient… silencieux.
Il vérifia bien via leur contact mental qu’elle portait son bandeau et fit taire son impatience en lui promettant que ce ne serait pas long.

Effectivement peu après, surtout qu’il n’allait pas très vite et devait voler haut pour lui éviter tout obstacle, il se retransforma et la réceptionna comme toujours dans ses bras. L’aidant à poser pied à terre, il la guida un instant, se positionnant derrière elle pour la faire marcher dans la direction qu’il souhaitait puis il s’arrêta et porta doucement les mains à ses épaules qu’il effleura puis au bandeau qu’il défit.

Ils n’étaient pas… au sol… Mais sur un arbre immense, impressionnant, sur une vaste place, passerelle de bois construite entre les branches, à plat, la végétation encadrait si bien la plateforme qu’elle devait être invisible depuis le sol mais aussi depuis les environs et le sommet des autres arbres. Néanmoins, sur le sol de bois avait été répandu mousse et jeunes pouces d’herbe tendre ce qui le rendait particulièrement moelleux et juste au-dessus d’eux dans un cercle parfait un ciel inoubliable se découpait. Ils étaient loin de la cité, assez pour qu’aucune lumière ne vienne troubler le spectacle d’une des plus belles vues étoilées de leur planète. Comme ils étaient en hauteur et plutôt bien placés, éloignés de la civilisation, le ciel dégageait était des plus généreux et c’était vraiment époustouflant comme vue ! Mais ce n’était pas tout… Tristan avait relâcha Cassidy pour se mettre face à elle et il l’incita à redescendre un peu les yeux pour le regarder.

- Fais moi confiance…

Il effleura son front de ses lèvres et soudainement elle sembla partager un peu, de manière encore très superficielle mais bien présente, sa vue si précise et avantageuse dans le noir. Ce n’était pas tant pour les étoiles que pour le… pique-nique dinatoire qui les attendait plus loin. Il dégrafa doucement la cape qu’il avait posé sur les épaules minces de la jeune femme avant son « kidnapping » de peur qu’elle attrape froid pendant le voyage. Ici, il faisait curieusement plus chaud, carrément meilleur, comme près d’un feu de camp… Un arbre magique peut-être. Il s’était agenouillé et servait deux verres de vin, lui en tendant un avec un sourire avant de demander d’un ton un peu timide :

- Elle te plait ma surprise ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Cassidy Herediane
Directrice de l'Académie Hysandra
avatar

Messages : 851
Date d'inscription : 26/02/2012
Age : 29

Feuille de personnage
Race: Humain Ascadian
Royaume: Territoire Neutre
Vocation: Mage

MessageSujet: Re: Un voyage pour apprendre à mieux se re-connaître ?   Sam 7 Déc - 20:07

Effectivement, Cassidy reprenait peu à peu ses marques, sans s’en rendre compte, sans savoir qu’elle rougissait pour des sujets très… intimes mais surtout c’était bien Tristan qui était le plus à l’aise des deux. Comme toujours. Enfin depuis qu’elle l’avait revu, la jeune femme avait bien remarqué qu’il avait changé, faire des efforts pour redevenir petit à petit celui qu’il était, malgré tout ce qui s’était passé et son ignorance.

Cependant, lorsqu’ils commencèrent à parler, le jeune homme se fit plus sévère, sérieux, ce qui perturba pas mal la petite mage qui voulait tout simplement être gentille avec lui. Bien sûr qu’elle lui avait parlé de contact, d’harmonisation, mais cette histoire de selle, ça venait de lui. Elle avait lentement ouvert la bouche en le regardant avec incompréhension puis détournait la tête, ne voulant pas le vexer.

Puis elle l’observa à nouveau alors qu’il disait lui faire confiance même si l’obligation sonnait comme quelque chose de forcé pour la demoiselle. Se sentait-il forcé de voler avec elle ? Alors pourquoi… pourquoi cela l’intéressait autant ? Il était un dragon non ? Les dragons n’aimaient pas se faire monter dessus alors pourquoi elle ? Qu’est-ce qui le motivait ? Bien sûr, elle ne pouvait pas ressentir ce que lui avait. Mais elle se promit de lui poser la question. Et si il lui répondait que c’était pour lui faire découvrir la beauté de leur monde, elle aurait bien du mal à le croire. Bon c’était un argument mais peut être pas la seule chose. Voyager, au bout d’un moment on a vite fait le tour. Et quel était le motif pour qu’il souhaite voler avec elle ? Tant de questions sans réponses.

Elle était crispée, réprimant une grimace puis fit un timide sourire en comprenant où il voulait en venir, en détournant la conversation. Ce n’était peut être pas encore le moment d’en parler. Attendons de voir ce qui se passe et ensuite on pourra passer aux révélations. C’est du moins ce qu’elle avait envie de penser.

Finalement, la suite de la journée s’enchaîna. Tellement vite que Cassidy ne l’a vit pas passer, ne vit pas le soleil qui descendait déjà. Cela la changeait beaucoup de ces derniers mois. C’était vrai, chaque journée était beaucoup plus lente, aveuglée par cette haine des Kaärs, se battant ou remplissant des missions pour le compte des Cheistams. Regarder le soleil qui déclinait, perchée en haut d’un arbre ou d’une falaise, la tête pleine de pensées, de souvenirs, de cette douleur qu’elle avait tant cachée et ne trouvait le repos que dans des potions pour penser à autre chose. Oh bien sûr, il ne fallait pas oublier Erwan.

Le jeune homme était très attentif à Cassidy, cherchant à la satisfaire, la combler. Il tentait de lui faire des petites surprises, lui proposait des sorties auxquelles elle répondait quand elle était de bonne humeur. Les petits repas qu’il lui concoctait le soir, les soirées en amoureux dans lesquelles elle se réfugiait. C’était plus facile de faire semblant, de faire croire que tout allait bien plutôt que de tirer la tête. Elle n’avait plus jamais pleuré devant lui, elle n’avait plus jamais été souffrante, se cachant derrière un masque, un visage de marbre, qu’elle recouvrait d’un sourire en le remerciant. Même si parfois son propre comportement la dégoûtait au départ. Car oui, elle jouait un peu, elle faisait en sorte d’apprécier, de lui donner un peu d’amour en retour. C’est vrai qu’elle avait eu une certaine complicité avec lui. Mais ce n’était pas la même chose que Tristan et ça ne le serait jamais.

Si au départ cela l’écoeurait de jouer avec les sentiments, elle jugea par la suite que c’était la meilleure des choses à faire. Erwan était gentil, adorable, aux petits soins avec elle, même si la petite mage était très indépendante, partant une journée entière pour ne revenir qu’en soirée. Elle n’avait pas la force de trouver un autre homme, d’avoir des aventures. Finalement, ce jeu, cette mise en scène, devint réelle puisqu’elle ne discerna plus son jeu de ses réels sentiments, préférant cette facilité qui lui évitait bien des douleurs.

Ses journées variaient mais c’était quotidien. Pas de but, pas d’objectif. A quoi ça sert d’avoir plein de pouvoirs si on ne peut pas les partager ? A quoi ça sert de maintenir une école si elle ne se donne pas l’impression d’être appuyée, soutenue dans sa tâche ? Et en ce qui concerne l’amour, tout le monde se plaît à dire qu’il y a plusieurs étapes. Quand la relation devient sérieuse, on envisage des fiançailles, puis un mariage et des enfants. Une maison, un travail stable… fini la vie d’aventurier. Il est vrai que parfois certains habitants de Glindel lui avait demandé à quand les fiançailles avec Erwan ? Certainement parce que les gens réagissaient selon les règles de la société et qu’il était normal à cet âge de commencer à s’installer. Elle avait grogné, râlé, déclaré qu’il y avait tellement de choses à faire qu’être enchaînée à un homme n’était pas pour aujourd’hui et qu’elle se plaisait très bien dans cette relation sans officialisation.

Elle passait certaines de ses journées à l’académie, réglant courriers, tâches qui demandaient son approbation même si elle se déchargeait de plus en plus et préférait courir d’un endroit à l’autre d’Ascadian pour voir du monde, rechercher des ressources. Elle passait des journées à errer sans but, s’installant en haut d’une falaise, près de la mer, à réfléchir. Et une autre partie du temps, elle devenait Eikä et traquait les Kaärs sans relâche, se pliant aux missions données par les Cheistams, suivi d’Erwan qui l’accompagnait pendant ces sorties. Et elle passait ses soirées en compagnie d’Erwan, recherchant parfois un peu d’affection, de réconfort, montrant un sourire, ou encore une soirée bien plus coquine même si pendant ces soirées, elle ne brillait pas. Mais bon, sa magie était peut être devenue instable.

Alors, comparé à sa vie d’avant, les journées avec Tristan étaient uniques, magiques. Malgré l’accrochage après leur aventure chez les Kaärs. Voler avec lui changeait beaucoup de choses, c’était une nouveauté, c’était une façon d’apprendre à le connaître autrement et elle s’amusait beaucoup avec lui, sentant un besoin de liberté énorme quand elle s’élevait dans les airs avec lui, petite caresse pour l’encourager à avancer, traverser les nuages, frôler les étendues d’eau.
Et puis, il y avait eu ce petit moment, cet accident dans les bassins, avec des enfants bien curieux mais elle n’en tenait pas rigueur, bien que très embarrassée de penser qu’elle en avait vraiment envie de ce baiser imaginaire !

Finalement, une magnifique robe avait été déposée et après les mimiques et les mots de Tristan, Cassidy avait décidé de faire cet effort. Il se trompait, ce n’était en rien une histoire de confiance. Enfin si, un peu quand même. Mais mettre une tenue masculine, la cachant totalement, était un choix, une décision qui avait marqué un tournant dans sa vie. Bien sûr qu’en continuant à porter des robes les hommes pouvaient être séduits par ce petit bout de femme. Mais le voulait-elle vraiment ? Etre séduite ? Et même encore avec ce genre de tenue, elle était devenue bagarreuse, narguant les plus pervers et lubriques, n’hésitant pas à les remettre à leur place en utilisant sa magie, devant un Erwan qui se faisait tout petit à côté, la trouvant même effrayante parfois.

Bien sûr, elle était certaine pouvoir au moins couché avec d’autres hommes. Une robe attirante, des expressions coquines qui charmaient Tristan à l’époque, quelques paroles légères et futiles. Oui elle savait qu’elle pouvait tout à fait y arriver. Car elle avait eu un homme justement qui lui avait dit ce qui était bien chez elle, ce qui plaisait à un homme. Elle l’avait beaucoup écouté, entendu, pour pouvoir s’améliorer pour lui.

Mais voilà, Cassidy avait préféré devenir plus masculine que courir derrière les garçons. Parce qu’elle ne voulait pas être prise pour une dévergondée comme cette marque dans son dos qui lui rappelait sans cesse certains évènements. Et tout simplement, parce qu’elle avait beaucoup de respect pour Erwan, suffisamment pour ne pas aller coucher à droite et à gauche, se fixant à un seul homme qui tenait à elle. Quoique le respect était en train de se perdre depuis qu’elle était avec Tristan et c’est à peine si elle songeait à l’archer tant elle s’amusait avec le Drakkari.

Alors elle était sortie, resplendissante et lui la complimentant. Cassidy se mit à lui sourire timidement, et répondit au sujet de sa tenue car le Drakkari était toujours aussi séduisant… un homme vraiment parfait si on oubliait ses petites cachotteries.

Ils arrivèrent sur place et on la complimenta. Elle avait oublié tout ça, se rappelant qu’il n’y a pas si longtemps, elle sortait les crocs et prenait une expression désintéressée. Mais ce soir ce n’était pas le cas, car son partenaire lui donnait envie de faire ces efforts, parce que c’était lui au final alors qu’elle serrait un peu plus son bras pour avancer.

Le petit « couple » se mit à danser d’une bien étrange manière et ce fait ne manqua pas de rappeler à Cassidy un souvenir bien similaire. Elle ferma lentement les yeux, se collant un peu plus contre lui, c’était tellement agréable, tellement bien. Il avait un don, elle ne savait pas trop quoi, mais lorsqu’elle se retrouvait dans ses bras, tous ses soucis disparaissaient, ses douleurs, son chagrin. Il avait juste besoin d’être là, à côté d’elle et tout irait bien. Tristan confirma ses pensées muettes en déclarant qu’il aimait bien la voir sourire, lui demandant d’arrêter d’aller mal.

Il se dégagea, peut être un peu trop rapidement, alors qu’elle le regardait, un sourire sur le visage. Cela devenait de plus en plus clair dans son esprit même si il était encore trop tôt pour s’en assurer. Il la faisait sourire, il la faisait aller bien et le voir s’amuser, ne pas se torturer et en pleine forme l’apaisait également.

Maud arriva et Cassidy bredouilla, un peu maladroitement, ne manquant pas de jeter des regards furtifs vers le beau Drakkari car elle aurait bien aimé garder pour elle. Maud lui répondit alors et la petite mage était vraiment touchée par le début de sa réponse, commençant à bredouiller un remerciement en s’inclinant. Mais lorsqu’elle parla de Tristan, alors la petite mage toussa légèrement pour cacher son rougissement apparent, qui décidément la mettait plus en valeur que son air froid et sévère. Finalement, elle commençait à apprécier la grande dame et était reconnaissante pour tout ce qu’elle avait fait.

Malgré cela, le calme de la soirée festive fut interrompu par une bagarre qui éclatait. Et c’est bien Cassidy qui se jeta devant les deux hommes. En temps normal, elle aurait été certainement plus méfiante et de profil, afin d’avoir un visuel sur les deux. Mais là elle ne regardait que Tristan, cherchant un peu à l’arrêter, à l’apaiser, peu importe ce qui avait pu se passer. Le Drakkari s’approcha très rapidement d’elle et Cassidy ouvrit les yeux, ne comprenant pas ce qu’il avait. Un seul choc qu’elle ne vit pas vraiment même si elle sentit une crispation dans les muscles de son compagnon, qu’elle avait le loisir de ressentir, étant collée contre lui. Mais il ne s’arrêta pas et la prit par la main pour la conduire chez lui.

Elle semblait admirative de cette observation mais lui trouvait cela tout à fait normal. Elle fronça les sourcils. Heu… il observait si bien les filles que ça ? Comment pouvait-il aussi bien se concentrer sur elle ? Comment pouvait-il remarquer ses petits détails ? Encore une fois il ne lui laissa pas le temps de répondre et la massa suffisamment pour qu’elle se détende et finisse par s’endormir. Et lorsqu’il prononça ses paroles tout en la caressant, elle poussa un petit gémissement appréciateur au même moment tout en se serrant plus contre son torse, d’un air satisfait et heureux.

Le lendemain matin, la jeune femme décida de faire plaisir au Drakkari, qui dormait toujours paisiblement. Quoi de mieux que de lui préparer son petit déjeuner ? Malheureusement elle ne trouva pas de brioche et comme elle ne pouvait pas encore utiliser tout son potentiel magique, impossible d’en invoquer une. Elle se contenta de tartines mais s’appliqua à lui faire son café, comme il l’aimait dans ses souvenirs, espérant que ça lui fasse plaisir.

Et lorsqu’il se réveilla, elle avait de quoi admirer la vue en le regardant s’étirer. Elle ferma un instant les yeux, pour éviter d’avoir certaines pensées très inappropriées et les rouvrit en l’écoutant parler, puis lui tendant son café, retenant sa respiration quand il le but et la complimenta. Pourquoi cherchait-elle à lui faire plaisir ? Peut être parce qu’il s’occupait bien d’elle ou bien… parce qu’elle espérait secrètement recommencer quelque chose avec lui ? Mais cette pensée devait être bien cachée dans son inconscient puisque la petite image d’Erwan était toujours présente, effacée mais présente tout de même.

Alors qu’il regardait les tartines, il lui posa une question. Surprise et un peu inquiète, elle hocha la tête. Tristan s’approcha alors d’elle. Encore plus surprise, la jeune femme ferma les yeux, par instinct, ne s’attendant à pas grand-chose mais elle se demandait encore ce qu’il avait inventé. A ce contact le long de sa mâchoire puis ce très léger baiser lui tira un frisson électrique, agréable mais cela réveilla également autre chose. Elle devint toute rouge, la pauvre qui ne voulait pas avoir d’idées déplacées… quoique un peu de confiture sur le torse et… aaaah !

*Ne pas briller ! Ne pas briller ! Ne pas briller !*

Elle avait ouvert les yeux alors qu’il prononça une nouvelle réplique, pour l’embêter. Mais alors qu’elle rougissait encore et qu’il s’approchait de nouveau, la jeune femme dégaina une tartine pour lui mettre dans la bouche alors qu’elle tentait de reprendre contenance.

* Je vais briller ! Je vais briller ! Je vais briller !*

La pauvre… Heureusement il arrêta son petit jeu et parla du temps. Ils se préparèrent, même si elle passa beaucoup de temps dans la salle de bain à s’asperger d’eau froide pour remettre ses idées en place. Pourquoi elle avait tant envie de ça ? Pourquoi elle fantasmait sur lui ? Pourquoi il l’attirait toujours et autant ? Ca elle n’arrivait pas à le comprendre…

Sur le trajet, elle décida de parler de l’accident d’hier, très maladroite, mais peut être cherchant un peu à ne plus faire l’ignorante, même si elle avait beaucoup de questions à poser, de choses à savoir mais il fallait trouver l’occasion et ça ce n’était pas si évident que ça. Pourtant la jeune femme avait vraiment envie de mieux le comprendre, même si c’était maladroit et qu’elle n’était pas vraiment à l’aise, un peu crispée, s’attendant à un refus catégorique.

Et pourtant il s’exprima… enfin expliqua ce qui s’était passé. Encore un homme qui parlait d’elle crûment. Elle comprit mieux ce qu’il voulait dire même si il avait déclaré que ce n’était pas vrai. Quoi en fait elle était nulle c’est ça ? Pourtant il lui semblait qu’il avait apprécié… enfin… heu… voilà quoi ! Pourquoi ça lui tenait tant à cœur de le savoir ?

Ils arrivèrent au point d’eau et plutôt que de monter sur son dos, il préféra la guider en la tenant. La jeune femme était au départ réticente, encore plus quand il posa les mains sur elle ! Pas qu’elle le prenait mal non… mais ce frisson un peu particulier et surtout ce contact si… sur son corps qui n’était pas tant couvert que ça, lui ne devait se rendre compte de rien mais elle manquait de boire la tasse, encore plus quand il frôla sa cuisse alors qu’elle fermait les yeux en inspirant profondément comme pour se concentrer sur ses paroles. Heureusement l’eau était un peu froide et tant mieux, cela lui évitait de perdre les pédales complètement.

Elle faisait d’énormes efforts. Nager n’était pas si évident que ça, un mouvement par ci, un mouvement par là. Elle avait surtout du mal avec les jambes, faisant une sorte de brasse tordue. L’eau ralentissait ses mouvements et rendait l’exercice difficile pour elle. Mais elle était attentive, voulant être à la hauteur. Pourtant elle se crispa quand il fit mine de la lâcher. Lui faire confiance d’accord, mais nager toute seule heu non… elle n’était pas en état de le faire.

Puis, alors qu’elle se focalisait sur ses mouvements, surtout avec ses mains, il décida de lui parler un peu plus en détail de ce qui s’était passé et comme à chaque fois il l’appelait par son surnom. Qu’est-ce qui avait provoqué cette perte de concentration ? Ca Cassidy n’en savait rien mais une fois qu’il eut fini de parler, elle avait lâché un peu les commandes, se retrouvant la tête dans l’eau. Bien évidemment elle avait ouvert la bouche pour s’exprimer, ce qui lui valut un peu d’eau avalée et il dut la retenir et lui tapota le dos pour qu’elle recrache ce qu’elle avait avalé.

Elle se mit à sourire mais il ne lui laissa pas le temps de rebondir une nouvelle fois et l’entraîna à sa suite pour qu’ils puissent se sécher au soleil, lui tout près d’elle pour qu’elle puisse profiter de sa chaleur. La jeune femme le remercia mais ne put s’empêcher de penser à ses paroles. Elle était étalée sur une serviette, observant le ciel et un vol d’oiseaux, écoutant les bruits ambiants de la nature, les yeux fermés. Que voulait-il dire ? Qu’il avait apprécié au final ? Qu’elle n’était pas nulle ? Mais qu’il n’osait pas en parler ouvertement ? Pensait-il toujours que c’était mal ? Qu’ils n’avaient pas le droit ? Pourtant elle aurait été prête à recommencer et cela la perturba. Non pas qu’il était toujours très… agréable ? Un bon partenaire ? Mais plutôt d’avoir ces pensées là alors que les règles dictaient pourtant qu’on ne couchait pas avec un autre homme que celui avec qui on se trouve. Bon elle n’aimait pas que… ce petit acte avec lui… elle aimait aussi ces séances de vol, son air taquin, malicieux. Elle aimait aussi son beau corps d’athlète, le voir s’entraîner comme un guerrier. Elle aimait aussi le fait qu’il soit plus chevaleresque que la plupart des hommes qui laissaient parler leurs pulsions avec des paroles crues. Elle aimait quand il était timide, quand il rougissait, ces petites attentions qu’il avait. Un homme en or. Bon les dragons ça par contre elle avait toujours un peu de mal mais lui était différent. Elle avait aimé son talent pour la peinture, les travaux manuels, qu’il était capable de dessiner ou peindre n’importe quoi, des scènes de sa mémoire. Oui en fait elle aimait pas mal de choses chez lui…

Pour la première fois elle émit des doutes à l’intention d’Erwan. Erwan était très bien oui, il avait des différences avec Tristan également. Il n’était pas aussi musclé que le Drakkari et même si certains le traitait de cacahuète, gringalet, malgré les muscles secs qu’il possédait, il dégageait un certain charme assez naturel bien que timide et très discret. Mais malgré cette tendresse qu’elle éprouvait pour lui, il lui manquait toujours un petit quelque chose, un petit quelque chose que Tristan semblait avoir même si elle n’était pas encore totalement sûre.

Puis, alors qu’elle était plongée dans ses pensées, Tristan la « réveilla ». Ils mangèrent puis s’envolèrent. Voler était toujours sensationnel mais l’un comme l’autre avaient certaines pensées et troubles qui ne leur permettaient pas de rester longtemps concentrés. C’est pour cette raison qu’ils s’arrêtèrent tôt et que la demoiselle déclara que ça ira mieux demain. Puis il la laissa en compagnie de Maud.

La jeune femme avait toqué timidement à la porte et se faisait entraînée par une Maud joyeuse, contente de lui faire essayer plusieurs tenues, lui faisant des petites remarques pour qu’elle se mette plus en valeur, des conseils toujours bon à prendre. En fait, Cassidy admirait Maud. Et elle se demandait même comment Tristan avait pu la choisir face à elle. La grande dame respirait la joie de vivre, avait une personnalité bien trempée, une assurance certaine même si Cassidy avait encore du mal à croire que c’était bien elle qui avait perverti Tristan. Enfin… il ne devait pas être totalement innocent dans l’affaire. Tout comme Aliéna également qui malheureusement n’était plus là, les amies de Cassidy restaient inexistantes malheureusement. Mais pouvoir parler à d’autres femmes, lui faisait également du bien. Elles étaient un peu réunies par Tristan, ayant vécu pas mal de choses avec lui et au final, partageaient un secret commun.

Cassidy était vraiment intéressée par les tenues, bien qu’intimidée, essayant plusieurs choses, complimentant Maud sur ses goûts avec timidité et lui demandant même si cette robe là pouvait attirer l’attention de Tristan même si c’était déjà le cas. Elle souriait, riait, passant un bon moment puis un petit goûter convivial autour d’une tasse de thé et de quelques biscuits. En même temps, elle racontait sa journée à Maud, passant sur les détails gênants de leur conversation, qu’ils étaient partis nager et qu’elle avait l’impression de ne pas voir passer la journée.

Lorsqu’elle revint chez Tristan, Maud avait insisté pour qu’elle porte une robe en particulier, un clin d’œil complice. Cassidy l’avait écouté sans hésitation et marchait d’un pas un peu mal assuré à cause de la pile de vêtements. Avant de partir, elle avait fait une petite courbette et déclara qu’elle ne savait pas comment remercier Maud de sa générosité et ses précieux conseils, promettant qu’elle prendrait bien soin des robes, espérant lui faire honneur.

Tristan lui ouvrit la porte de sa chambre à sa grande surprise, alors qu’elle se demandait où elle allait bien pouvoir poser tout ça. Il avait lu dans ses pensées et lui désigna ses tiroirs et placards de sa propre chambre, l’aidant à ranger. Tout sourire, la demoiselle le regardait faire, adorable, alors qu’elle pliait quelques affaires avec soin. Justement en parlant de tenues adaptées pour êtres vues par un petit ami, elle en désigna une à Tristan et la passa devant elle.

« Et ça alors tu en penses quoi ? »

Il faisait une drôle de tête, ce à quoi elle répondit par un tirage de langue tout en lui donnant une petite tape sur le bras.

« Rhooo fais pas cette tête ! Je sais qu’elle est un peu… mais je porte ce que je veux quand je veux na ! »

Tristan termina de l’aider au rangement puis il lui tendit un morceau de tissu qu’elle regarda avec curiosité et il tint un très étrange discours.

La jeune femme redressa la tête vers lui en faisant une petite moue adorable, des étoiles dans les yeux, se demandant ce qu’il avait prévu.

« C’est quoi ? C’est quoi ? Tu ne peux pas me donner un petit indice ? Oh allez s’il te plaît ! Je… heu bon d’accord j’attendrais ! »

Elle était devenue rouge alors qu’il s’était rapproché d’elle, ce qui avait le don de lui faire perdre tous ses moyens et lui clouer le bec. Il sauta par la fenêtre et elle fit de même, plongeant en toute confiance, confiance qu’il devait ressentir à travers leur lien naissant. Elle n’avait pas peur de tomber car elle savait très bien qu’il la rattraperait. Se mettant dans une position confortable pour ne pas être gênée dans sa perte de vision, elle attrapa le bandeau et le mit devant ses yeux, puis posa ses mains sur les anses de la selle, se concentrant sur son instinct pour anticiper ses mouvements à l’aveuglette.

*Oui c’est bon je ne vois rien ! T’es sûr que je peux pas avoir un petit indice ? Ca va être long ?*

Il refusa d’en dire davantage mais lui promit que ce ne serait pas long. Elle lui fit confiance, sentant les légers changements de direction, se collant un peu en avant pour ne pas être déséquilibrée par un arrêt ou un changement de direction un peu trop rapide. La jeune femme sentait le vent frais qui lui fouettait le visage mais le bruit du vent était suffisamment fort pour ne pas lui donner d’indice au sujet de leur destination.

Puis elle le sentit s’arrêter puis tomber dans le vide alors qu’elle poussa un petit cri de surprise, comme elle ne voyait rien il lui était impossible de savoir ce qu’il comptait faire. Très doucement il la fit avancer devant lui et enleva son bandeau des yeux. Alors le spectacle qui se découvrit devant elle valait le détour. Sa bouche s’était légèrement ouverte alors qu’elle poussa une petite exclamation de ravissement, observant les alentours, fascinée par le spectacle de la nuit. Les étoiles étaient encore plus belles vu d’ici et se reflétaient dans les yeux de la petite humaine, complètement ébahie.

Elle comprit rapidement qu’ils étaient sur un arbre géant et la surprise était vraiment magnifique. Tristan l’incita à le regarder puis prononça une petite phrase tout en effleurant de ses lèvres son front, ce qui lui tira un petit frisson. Et alors, un étrange spectacle s’offrit à elle. Il avait prononcé ces mots d’une voix douce, agréable et la jeune mage ne pouvait que le croire, son esprit s’ouvrant petit à petit au sien. C’était certainement ce qu’il fallait pour qu’elle partage cette vue, sa vue de dragon, qui lui permettait de voir les détails beaucoup plus précisément, tout comme le repas qui attendait un peu plus loin. Un petit « whaaa » sortit de sa bouche alors que sa vision redevint normale.

Il s’agenouilla alors près du repas qu’elle examina alors qu’il servait deux verres de vin. Un énorme sourire apparut sur le visage de Cassidy, même si cette scène résonnait en écho à ce repas pour son anniversaire, près d’un point d’eau, alors qu’ils venaient de se mettre ensemble. Mais pourquoi faisait-il tout ça pour elle ? Pourquoi tenait-il à la faire sourire, à lui montrer des jolies choses, alors qu’il ne se rappelait pas d’elle ? Etait- ce cela que Maud voulait dire ? Qu’il retombait un peu amoureux ? Elle n’était plus sûre de rien mais se rapprocha de lui tout en tournant sur place, sa robe légère flottant autour d’elle.

« C’est vraiment… magnifique Tris’ ! La vue est vraiment… y a pas de mots pour qualifier ça… Merci… vraiment… »

Elle était émue et ça se voyait. Charmée et émue, alors qu’elle tripotait un bout de sa robe, le regardant, ses joues devenant roses alors qu’elle s’installa à côté de lui pour prendre le verre dans sa main.

« Notre monde réserve encore de belles surprises… quand on prend la peine de le regarder différemment »

Nouveau sourire alors qu’elle buvait une gorgée du vin, conquise, oubliant encore à quel point elle tenait difficilement l’alcool. Puis, alors qu’elle détaillait ce qu’il avait apporté, un bon petit repas composé d’une viande tendre avec une petite sauce aux champignons, un assortiments de légumes composés et quelques patates découpées en rondelles, quelques assiettes dans lesquels étaient disposés différents biscuits dont ses préférés, et un dessert appétissant au coulis de fraise. La jeune femme mangeait avec bon appétit, tout en parlant pour éviter d’avoir un sentiment de gêne.

« Dis donc cet arbre, il est magique non ? Enfin je pense que tu dois le ressentir puisque j’ai l’impression qu’il m’aide à récupérer ma magie… sans devoir méditer »

Elle l’écouta attentivement, la fourchette dans la bouche, souriante et détendue.

« Tu sais en faisant des choses comme ça, tu vas continuer à me faire sourire très longtemps ! »

Serait-ce l’alcool qui commençait à faire effet ? On pouvait bien se le demander…

« Je suis vraiment bien avec toi, j’aime bien tout ce qu’on fait ensemble et j’ai pas l’impression de m’ennuyer ici. Et puis j’aime aussi quand tu souris, que tu vas bien, c’est aussi très important pour moi que tu te sentes bien. Finalement je suis contente que tu saches pour les dragons… et moi ça me fait un poids en moins… »

Elle but une nouvelle gorgée de son vin, peut être avec trop d’enthousiasme, le regardant les yeux pétillants, un sourire craquant. Puis sans crier gare, avec sa fourchette, elle lui piqua un morceau de sa viande et tira la langue, avant de prendre un morceau de sa propre assiette pour la tendre à Tristan. Ils continuèrent un moment comme ça puis elle dégusta les gâteaux avec appétit.

« Tu es quand même bien observateur pour savoir les biscuits que j’aime bien. »

Il buvait lui aussi et pas qu’un peu. Alors elle devint un peu plus sérieuse puis se rapprocha très dangereusement de lui.

« Au fait j’ai failli être vexée tout à l’heure… j’ai vraiment cru que j’étais nulle au lit. Mais ton avis à toi compte tout particulièrement… Mais tu n’avais pas fini ta phrase… »

Oh oui elle était bourrée ! Parce que là quitte à passer pour une fille dénuée de sens et de raison, elle enfonçait les pieds et pas qu’un peu. Il lui répondit, information qu’elle prit avec le sourire alors qu’il mangeait le fameux dessert et elle le sien. La demoiselle était vraiment adorable, avec sa cuillère dans la bouche, à la manière d’une petite fille qui appréciait la fin du repas. Mais voilà, quelque chose attira fortement son attention et lui donna envie de se venger. Parce qu’elle venait de se rapprocher un peu plus de lui, tout en douceur, l’observant, un beau sourire à retourner l’estomac sur le visage.

A son tour, elle passa doucement sa langue sur la joue de son compagnon, léchant le coulis de fraise pas très loin de ses lèvres. Tristan était en train de repousser un peu toutes les assiettes un instant plus tôt, elle se retrouvait donc assise sur les genoux en face de lui puis elle s’écarta un peu de lui, souriant toujours.

Certaines vérités ne se révèlent qu’avec un peu d’alcool, certaines pensées, actes, qu’on tente de cacher ou d’enfouir au plus profond de soi. La nuit était romantique, le ciel étoilé et la jeune femme allait faire les frais de toutes ces pensées qui ne faisaient que ressurgirent au moment opportun. Elle ne savait pas ce qui lui prenait mais avant que sa raison lui dise qu’elle devrait réfléchir un peu avant d’agir, la petite mage s’était de nouveau avancée, posant une main sur le menton de son compagnon et déposa un très délicat baiser sur sa joue, simple, timide mais présent.

Elle ne s’arrêta pas là et continua de déposer des baisers, très légers, mais réels, sur la joue de son compagnon, se rapprochant de plus en plus de ses lèvres. Tristan avait posé doucement les mains sur les épaules, tentant un instant de l’aider à se ressaisir et elle se calma un peu avant de lui donner une pichenette sur le nez.

Sa première main descendit le long de son cou puis agrippa doucement mais fermement sa nuque alors que la deuxième se posa sur son torse, et qu’elle s’approcha de son visage pour s’emparer de ses lèvres. Lorsqu’elle posa ses lèvres sur les siennes, la demoiselle ressentit un frisson très agréable alors que son cœur commençait à s’emballer, c’était doux, chaud, rempli de ce petit quelque chose qu’elle savourait avec énormément de plaisir. Si Tristan avait l’air de se crisper un peu au départ, comme étourdi, elle se fit rassurante, prolongeant son baiser avec une certaine tendresse puis baiser qui devint de plus en plus passionné comme si elle avait ressenti un certain manque de… oh… de plusieurs mois quand même ! Et il ne fallait pas le cacher, depuis la petite aventure chez les Kaärs, ces baisers, caresses, retrouvailles, la hantaient vraiment bien.

Ce baiser semblait durer une éternité mais était aussi rapide et lui donna bien chaud alors qu’elle se décolla un peu pour reprendre son souffle, poser son front contre le sien et glisser sa main qui était dans sa nuque dans ses cheveux avec beaucoup de douceur. Son autre main posée sur son torse glissa sur son épaule, puis le long de son bras, ou plutôt de la chemise qu’il avait. La jeune femme souriait et ne semblait pas vraiment gênée, au contraire. Puis elle se redressa, marmonnant qu’elle commençait à avoir bien chaud et retira sa robe devant lui avant de la poser à côté d’elle et de se rasseoir près de lui, prenant sa main dans la sienne et parcourant du bout de ses doigts le dos de sa main.

Elle était alcoolisée et ça lui donnait une témérité qu’elle n’avait pas d’ordinaire. Pourtant, un seul baiser ne suffisait pas. Parce que justement elle avait apprécié, elle retrouvait ce petit goût sucré, cette saveur qui n’appartenait qu’au Drakkari, cette sensation qui la faisait se sentir tellement bien. Si bien qu’elle se replaça devant lui pour de nouveau déposer un nouveau baiser sur ses lèvres, avec un peu plus de passion, parce qu’elle avait besoin d’être sûre, qu’elle avait besoin de se prouver quelque chose et surtout de voir si les sentiments qu’elle avait éprouvé pour Tristan étaient toujours un peu présent, quelque part dans son cœur.

C’était agréable, tellement agréable. Sa peau frissonnait légèrement mais elle n’avait pas froid, les yeux fermés, elle appréciait toute l’étendue de ce geste, de cet échange. Il bascula un peu en arrière sur l’herbe de cette petite plateforme ou peut être était-ce lui qui l’avait attiré, elle n’en savait absolument rien alors qu’elle se retrouvait au-dessus de lui, dans une position très particulière, lui offrant une vue imprenable. Elle se détacha de ses lèvres pour déposer de fins et légers baisers sur sa joue, puis dans son cou, alors que son autre main glissa doucement sur le tissu de la chemise du jeune homme.

Pourquoi faisait-elle ça ? Pourquoi était-ce si naturel ? Mais ne lui en voudrait-il pas ? Mais ne lui ferait-il pas la tête ? Mais son cœur lui, s’en fichait complètement et réclamait ces baisers qu’elle n’avait pas eu le temps d’avoir, rattraper tout ce temps perdu et la raison elle, était très loin de là. Sans s’en rendre compte, elle avait déboutonné sa chemise pour mieux passer sa main sur son torse, déposant de très légères caresses, des caresses qui l’avaient toujours rendu dingue à l’époque où ils étaient ensemble. Ne le connaissait-elle pas par cœur ? Apparemment elle le prouvait encore ici.

« Tris’… »

Elle prononça son surnom d’une voix très douce, affectueuse, alors que sa deuxième main caressait sa joue, puis passa de nouveau dans ses cheveux.

L’arbre magique semblait coquin aussi puisque résonnant comme un écho avec la magie de Cassidy, décidant de révéler au grand jour tous ses phantasmes et ses rêves secrets, la magie s’opéra et alors qu’elle était occupée à passer ses mains dans les cheveux rouges de son compagnon, son corps s’illumina d’une couleur dorée. Elle s’en rendit compte aussitôt et fit un sourire d’excuse, enlevant un tout petit peu les effets de l’alcool mais mettant la vérité en face, puisqu’elle ne se gêna pas pour en parler.

« Rhaaa décidément… cette lumière ça n’arrive vraiment qu’avec toi… »

Elle avait l’air d’une petite fille prise en flagrant délit alors qu’un adorable sourire d’excuse encadra son visage et qu’elle s’allongea à côté de lui. Elle pourrait très bien lui sauter dessus, insister mais le brusquer ça elle ne voulait pas… et le forcer à coucher avec elle sans tenir compte de son avis non plus même si il ce signal témoignait de sa grande envie d’aller plus loin mais se refusait de se lancer d’un coup.

Enfin le forcer... il lui avait appris qu'un homme avait toujours des envies, des besoins et attendre le signal de la compagne. Mais... lui donnerait-elle un signal parce qu'elle avait besoin d'assouvir son manque maintenant ou préférait-elle attendre qu'il soit prêt et qu'elle soit sûre de leurs sentiments ? C'est plutôt vers la deuxième solution qu'elle penchait.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ascadian.forumgratuit.org
Tristan Konogan
Professeur Initiation et Maniement des Armes
avatar

Messages : 600
Date d'inscription : 09/05/2012
Age : 25

Feuille de personnage
Race: Drakkari
Royaume:
Vocation: Guerrier

MessageSujet: Re: Un voyage pour apprendre à mieux se re-connaître ?   Lun 9 Déc - 22:15

Si belle…
Cette robe lui allait vraiment bien. Et il avait aussitôt regretté ses paroles. Pourquoi diable avait-il autant insisté ?!
Quand Cassidy était sortie de la salle de bains ce soir-là alors qu’il patientait, faisant tourner un poignard, habilement entre ses doigts, assis paresseusement dans un fauteuil, il avait suspendu son geste et une chance d’ailleurs qu’il l’ait fait sinon il se serait entaillé les mains sans même s’en apercevoir. Elle était superbe… comme toujours.
La bouche entrouverte, pris d’un frisson rien qu’à la voir ainsi, intimidée, légèrement rougissante, il s’était senti mal et en même temps si bien que c’en était étourdissant. Pourtant il ne le montrait pas, enfin plutôt elle ne le voyait pas, l’état dans lequel cette apparition l’avait plongé. C’était probablement mieux ainsi, elle aurait eu tout loisir de le taquiner autrement et pas sûr que le jeune homme s’en remette si facilement cette fois !

Il s’était contenté de compliments, si piètres face à la vérité, et de l’accompagner pour cette petite fête en son honneur mais rien que sentir sa main sur son bras était… troublant.
Pour se faire remarquer, ils se firent remarquer et tous étaient sous le charme de la belle demoiselle bien plus mise en valeur et donc en quelque sorte bien plus elle-même ce soir-là. Il est vrai qu’ils ne l’avaient jamais vue ainsi pour leur part et cela valait franchement le détour. Si elle se faisait un peu timide bien que flattée, il l’espérait, Cassidy ne put voir les regards pleins de douceur et de fierté que posait sur elle le grand Drakkari, acquiesçant discrètement à tous les compliments si sincères.
Danses, diner, discussion avec Maud pour cette demoiselle, altercation pour son peu patient compagnon. Elle avait bien fait d’intervenir mais il avait eu peur pour elle l’espace d’un instant bref mais prégnant et tout ceci aurait pu dégénérer.

Ils étaient partis vite. Elle posait des questions, elle s’inquiétait, elle ne comprenait pas son comportement mais à vrai dire il ne ressentait ni l’envie ni le besoin de s’expliquer. Finalement il avait déclaré qu’il percevait sa fatigue, ses douleurs et elle semblait surprise, d’autant plus lorsqu’il lui expliqua comment il le savait. Mais il avait été honnête pourtant. Il connaissait tous ces détails, il connaissait tous ces changements, il les interprétait voilà tout. Mais elle avait raison de se poser certaines questions parce que pour elle, oui, c’était différent.

Le lendemain, il avait maugréé et s’était retourné lorsqu’elle s’était levée pour aller leur préparer un petit déjeuner bien mérité. Le jeune homme était pourtant craquant à chercher d’un air grognon bien qu’endormi un certain petit corps à prendre entre ses bras. Comme il ne trouvait pas, il se rabattit sur la couverture, maigre consolation.
Mais heureusement, quand il s’éveilla, elle était près de lui et il sourit, content de la voir tout simplement. Oui tout simplement, le regard plein d’une joie enfantine qu’elle ne put guère remarquer parce qu’il était justement en train de s’étirer et que c’était probablement un spectacle bien plus intéressant.
Petit déjeuner tranquille qui avait tout d’un déjeuner en amoureux alors qu’il se prenait un peu trop au jeu des taquineries en venant s’occuper de nettoyer la tache de confiture sur son visage d’un coup de langue audacieux et d’un baiser bien trop léger pour ne pas être terriblement cruel.

Il avait été surpris de la voir fermer les yeux, plus encore de sentir son léger tremblement alors qu’il comblait l’espace entre eux et pourtant, cela ne l’avait pas fait reculer, bien au contraire, son geste était aussi fastidieusement court qu’il était inexorablement tentant et long. S’il avait su ce qu’elle pensait à cet instant, « ne pas briller » comment aurait-il seulement réagi ? Elle l’arrêta alors qu’il revenait à l’assaut et elle fit bien sinon probablement que l’un comme l’autre se serait trahi et la gêne occasionnée les aurait plus éloignés qu’autre chose.
Il cessa aussitôt, ses pupilles se dilatant alors qu’elles étaient réduites à de minuscules amandes dans l’orangé infini de ses iris, stoppé net par l’attaque sournoise de la tartine sauvage. Il se recula comme si de rien n’était et fit un point sur la météo alors même que sous la couverture, il serrait compulsivement une de ses cuisses jusqu’à s’en faire mal, jusqu’à ce qu’une crampe toute naturelle de réaction se fasse ressentir. Mieux… Bien mieux !

Une fois prêts, ils étaient partis, main dans la main, elle lui avait posé des questions et il avait été honnête même si la colère avait flamboyé un instant dans ses yeux. Apparemment il n’avait pas tout à fait digéré le comportement de son collègue. Ils se baignèrent finalement alors qu’il essayait de la guider pour nager, la soutenant en douceur. Mais même s’il avait des gestes tout à fait innocent, même s’il ne faisait rien, ne tentait rien, le courant électrique, chimique entre eux était indéniable. Peu activé, il ne faisait à cette heure que passer de l’un à l’autre une étrange sensation d’insatisfaction, un frisson, la chaleur communicative de l’autre, la douceur accrue d’une caresse qui n’en était pas une, la pression appuyée d’un agrippement qui n’en était pas un.
Et puis il remit un peu au clair ses paroles par rapport à ce qu’il avait dit un peu plus tôt. Le truc qui n’était pas vrai ? C’était que cet homme allait la toucher. Le reste…Il se perdait en bredouillement, en confusion, en un léger rougissement, en un regard lointain… Peut-être qu’elle le vit, peut-être pas, elle but la tasse et il vint à sa rescousse. Elle avait pieds bien sûr puisqu’il ne voulait pas l’inquiéter plus que de raison mais il maintenant quand même une de ses mains sur son épaule droite tandis que son autre main tapotait en douceur le dos de la jeune femme. Plus une caresse qu’une tape, plus un geste rassurant qu’une vraie aide pour évacuer l’eau de ses poumons.

Ils étaient sortis, s’étaient séchés et alors qu’elle était perdue dans ses pensées à observer le ciel, il l’avait regardée et bien des expressions s’étaient suivies sur son visage dont celle d’une lourde tristesse, d’une grande détresse qui avait totalement disparu quand elle tourna ses iris noisette vers lui et qu’il lui sourit avec douceur.
Ils mangèrent, volèrent mais ils n’étaient pas remis et trop distants l’un de l’autre de peur d’être surpris dans des pensées qui valaient mieux garder secrètes.
Ils mirent fin à leur entrainement et rentrèrent.

Maud fut folle de joie de voir Cassidy et elle passèrent une très bon après midi ensemble même si la future maman était parfois un peu trop perspicace, assez entraînante, beaucoup trop insistante et quasi impossible à vivre quand elle avait décidé de faire essayer l’équivalent d’une garde-robe à sa victime. C’était sa passion les vêtements, pas forcément ceux qu’elle portait. Elle apprit avec une pointe de timidité adorable à Cassidy que c’était elle qui avait dessiné tous les modèles qu’elle lui faisait essayer et qu’elle dessinait aussi les tenues que portait le grand Drakkari. Elle adorait ça. Elle avoua qu’avant de rencontrer la petite mage, elle se cantonnait essentiellement aux hommes et en particulier à Tristan qui était selon elle le modèle idéal, très docile et gentil d’essayer les innombrables tenues inachevées qu’elle voulait qu’il enfile. Apparemment, une certaine petite demoiselle l’avait donc beaucoup inspirée pour des modèles féminins même si elle en créait déjà pour elle-même. De quoi être un peu flatté quand même.

Elles discutèrent de tout et de rien pendant quelques pauses ou même lorsque Cassidy essayait une robe un peu trop bien conçue pour l’empêcher de s’échapper et donc de se dérober à une question un peu trop… indiscrète.
Comme la fois où l’air de rien, après l’avoir aidé à enfiler une jolie robe au corset décidément très serré, Maud avait eu un sourire malicieux.

- Alors, lequel est le meilleur au lit ?

Pauvre petite mage qui s’était à moitié étouffée toute seule !!!!
Allons bon ?!!! Maud savait ce qui s’était passé chez les Kaärs ? Apparemment non, sa question aurait été probablement formulée autrement sinon mais elle prenait un air vraiment taquin, prête à rebondir et admirative des couleurs par lesquelles pouvait passer sa petite interlocutrice.

- Enfin… lit… Pas forcément un lit hein, il y a des tassss d’endroits pour ça. Tristan a toujours été assez… imaginatif.

Petit rappel à l’ordre. Oui, oui, elle était bien celle qui avait appris au jeune adolescent qu’il était alors les plaisirs de la chair, même si c’était parfois un peu difficile à croire. C’était vrai et en quelque sorte, elles partageaient quelque chose toutes les deux, un ancien amant commun. Ancien, ex, pour toutes les deux. Ce qui expliquait justement pourquoi elle en parlait avec autant de manque de gêne apparent. D’ailleurs, elle ne la laissait pas répondre, pas tout de suite du moins, prenant un air pensif.

- J’adore mon époux, c’est vrai, et il fait de moi une femme comblée aujourd’hui, dans tous les sens du terme. Mais j’ai collectionné les amants par le passé. Je dois avouer que Tristan était de loin le plus exceptionnel de tous. Incomparable aux autres en fait. Preuve en est, j’étais persuadée qu’il n’était pas vraiment puceau ! Première fois maladroite certes mais au-dessus de nombreuses de mes aventures passées. Vraiment… surprenant. Il était bon, il le savait… Je n’étais guère surprise par la suite de remarquer que l’inexpérience chez une femme lui déplaisait. Quitte à combler sa partenaire, autant que ce soit… réciproque j’imagine.

Son regard se perdit un peu plus dans le vide alors qu’elle semblait se remémorer une scène particulièrement…intéressante vu les légères couleurs qui colorèrent ses joues, ce qui n’arrivait JAMAIS en temps normal. Elle se reprit en posant les yeux sur la jeune mage.

- Enfin j’ignore combien d’hommes tu avais toi-même connu avant de le rencontrer… ça met la barre assez haut par la suite, n’est ce pas ? Enfin… sauf si entre vous ce n’était pas… il y a des couples chez lesquels ça ne marche pas super bien hein, satisfaisant mais pas plus, on n’y est pour rien ! Mais je ne pense pas que Tristan se serait contenté de « satisfaisant »…

Elle se mit à rire toute seule et farfouillant dans son armoire sortit la tenue dont elle lui avait parlé la veille et qui malgré ses caractéristiques masculines était si à même de mettre en valeur les formes élégantes d’une femme, qu’aucun homme, même le plus insensible et le plus homosexuel, pourrait ne pas en ressentir un frisson d’excitation. Décolleté plongeant, pantalon moulant accompagné de hautes bottes à légers talons montant jusqu’aux genoux, chemise à manches bouffantes mais au tissu léger qui en semblait transparent laissant deviner ici et là une parcelle de peau pâle, tunique doublée qui comme la chemise offrait un décolleté sacrément plongeant et peu à même d’aider à la concentration chez un homme, ensemble dans des tons de bruns et de noirs, tissu léger et pourtant suffisamment résistant et cuir aux reflets bleutés. Une épaisse ceinture dont la boucle représentait une licorne venait compléter la panoplie. Quand elle l’essaya, Cassidy eut droit à un regard et un sifflement admiratifs de la part de son habilleuse personnelle !

- Wahou… Ca te va encore mieux que ce que je pensais ! Décidément… Ne sors pas toute seule comme ça où tu arriveras chez Tristan avec une file de prétendant qui seraient bien malheureux d’apprendre devoir dormir sur la béquille après pareille vision… Quoique… Tristan ne serait probablement pas en meilleur état, même si… plus discret.

Sourire malicieux après des paroles qui pouvaient tout dire ou… ne rien dire. Que savait donc Maud à propos de Tristan, de suffisamment grand et important pour affirmer aussi facilement de tels propos. Le connaissait-elle donc si bien ou bien le jeune homme s’était-il confié ? Avait-elle mené son enquête ou le connaissait-elle mieux qu’il ne se connaissait lui-même.
Vu la surprise dans les yeux de la petite mage lorsqu’elle vit son reflet dans un miroir, elle était sincèrement surprise d’être autant mise à son avantage dans une tenue « masculine » et ce n’était pas plus mal car c’était aussi une prise de conscience légère mais effective de ses capacités à faire fondre un homme, capacités qui pouvaient TOUJOURS être utiles lorsqu’on est une femme !!!

Elles continuèrent ainsi longtemps et quand finalement Cassidy rentra chez Tristan, elle avait les bras si chargés que le fait qu’elle soit rentrée entière sans se cogner alors même qu’elle ne voyait pas où elle allait demeurait un grand mystère. Tristan lui ouvrit très vite avant même qu’elle ne se manifeste et la soulagea immédiatement de sa charge. Maud avait froncé les sourcils face aux remerciements de la jeune mage et elle l’avait aussitôt incitée à se redresser en grommelant une drôle de phrase… Quelque chose comme quoi pour la remercier, elle devait juste… ne pas se tromper. Mais comme elle avait fait comme si de rien n’était Cassidy n’avait pas eu le loisir d’insister.
Chez Tristan, ce n’était pas la chambre d’ami qui avait accueilli les vêtements de la jeune femme mais bien la chambre qu’ils partageaient… depuis deux nuits déjà…
Cela ressemblait fort à une invitation pour continuer dans cette voie mais pourtant, le jeune homme avait marqué une hésitation.  Comme s’il se rappelait que ça ne se faisait pas, que ce n’était pas normal… que ce n’était pas bien. Qu’elle avait déjà quelqu’un avec qui « dormir »…

Elle tira un vêtement du lot, le lui présentant… une petite robe qui avait tout d’une nuisette, pas du tout couvrante et qui d’une manière fort intéressante pour le peu de « zones » qu’elle couvrait était étrangement un peu trop… pas assez opaque. La preuve ? Elle la tenait devant elle et il voyait la robe qu’elle portait actuellement à travers !!!! Le jeune homme déglutit et se raidit, crispé, les bras le long du corps, le visage fermé. Elle sortit une petite phrase, le taquinant et le ramenant sur terre alors que son regard s’était légèrement obscurci. Sa petite phrase était drôle en fait, une invitation à la taquinerie à laquelle il aurait dû tout naturellement répondre qu’elle pouvait avoir envie de la porter quand elle voulait tant qu’il était dans les parages. Mais il ne dit rien, la regardant avec une étrange gravité, se détournant bien vite pour continuer à ranger sans un mot, appuyant un instant son front contre la surface froide et dure de l’armoire en bois dans laquelle ils rangeaient ses affaires.

Il n’avait rien vu venir…
Aie… Aie… Le jeune homme serra les dents, le poing puis tira le fameux bandeau de sa poche. Il était sur le point de tout annuler. Il ne le devait pas, ce serait trop flagrant, ce serait… un aveu. Elle comprendrait. Elle ne devait pas comprendre. Jamais.

Le vol par la suite, malgré les questions de la petite mage, lui fournit l’échappatoire dont il avait terriblement besoin et doucement il se détendit, trouvant un réconfort dans le simple fait de voler avec elle-même si leur esprit n’était que peu lié à cet instant.
Que préparait-il ? Que complotait-il ?
Une surprise… Un écho à ce qu’il avait déjà fait pour son anniversaire. Un diner qui avait un jour été en amoureux, sous les étoiles, des bougies, des lucioles, près de sources chaudes qui pouvaient servir, elle le savait maintenant, à bien d’autres choses que se baigner !!!!

Tristan avait passé son après-midi à tout préparer.
Et ça avait été plus long et fastidieux que prévu. Cet arbre, il le connaissait. Il l’avait déjà repéré en vol et s’était laissé tomber dessus à de multiples reprises, il l’avait souvent escaladé, sentant la magie, l’histoire qui émanaient de lui. C’était apaisant, doux, comme une caresse maternelle. Jusqu’alors, pour sa part, les larges branches étaient suffisantes mais elles ne fournissaient qu’un équilibre très précaire et c’est avec des planches qu’il s’y était rendu le plus tôt possible dans l’après-midi. Posant doucement une main sur l’écorce du millénaire, il avait « communiqué » avec lui, ses muscles faciaux s’agitant alors qu’il laissait ses pensées, sa vie, ses sentiments, couler dans l’écorce jusqu’au cœur de l’arbre. Celui-ci avait alors réagi rapidement, écartant ses branches, en recourbant d’autres. Tristan n’avait absolument rien fixé, les planches de bois avaient simplement été posées, de plus petites branches, des lianes, venant s’entortiller autour avec grâce, les bloquant, les chevauchant, les maintenant en place plus sûrement que n’importe quelle technique humaine ne l’aurait pu. C’était tout de même un travail important et éreintant et il avait passé l’après-midi à y travailler, torse nu, les muscles couverts d’une fine pellicule de sueur, mais un sourire enthousiaste aux lèvres. La mousse, c’était l’arbre qui l’avait laissée et aidée à recouvrir les planches de bois, rendant le tout si confortable que cela ne ressemblait plus du tout à une plateforme de bois justement.

Par la suite, une longue douche, des préparatifs de nourriture à aller chercher ou à préparer maladroitement lui avaient valu plusieurs voyages avant que tout ne soit prêt ! Mais c’était prêt…pour elle ! Etait-ce une manie chez lui de traiter les femmes avec autant d’égards ? Un plan diabolique pour les séduire ? Ou était-il réellement si sensible à elle, juste à elle ?
Il s’était retransformé et l’avait rattrapée, la tenant plus longtemps que nécessaire tout contre lui avant de l’aider à mettre pied à terre puis de la guider avec douceur et précaution. Ses mains étaient légères sur ses épaules et pourtant, il ne semblait pas vouloir la laisser s’éloigner de lui, pas tant qu’il aurait son mot à dire.

C’est lentement qu’il avait ôté son bandeau pour lui montrer cette étrange surprise pleine de romantisme et d’une attention adorable. Comment pourrait-il être ainsi avec d’autres ? Alors que cela ne semblait dédié qu’à elle. Mais méfiance ! Avant de la connaitre, il était un Don Juan… L’avait-elle déjà oublié ?
Mais il était… tellement différent, tellement spécial quand il était avec elle. Il lui tenait la main en public, il avait des attentions, des gestes doux et tendres qu’il n’aurait pas dû avoir. Qu’un simple ami n’aurait JAMAIS dû avoir…
Il lui permit même de bénéficier de sa vue l’espace d’un court instant. Ah ça aussi il s’était entraîné et il craignait un peu que ça n’échoue mais à voir sa mine surprise et réjouie, ça fonctionnait, peu de temps, mais ça fonctionnait.

Elle le rejoignit, un peu timide, un peu intimidée, ravie, émerveillée. Le ressentir dans son odeur, dans ses mimiques lui réchauffa le cœur et il se félicita, son précédent trouble s’évanouissant progressivement. Non, il ne regrettait pas…
Elle le rejoignit et ses remerciements étaient inutiles même s’il les prit avec plaisir, faisant exagérément des moues désinvoltes pour atténuer justement un peu, un tout petit peu, l’importance de son geste. Elle parlait de surprises que leur monde réservait. Il sourit par-dessus son verre, le faisant doucement tinter contre le sien.

- Tu n’as aucune idée à quel point.

Simple murmure de sa voix grave qui sonnait comme une promesse ou bien un défi. Il sourit juste, amusé, charmant comme toujours, l’observant avec attention.
Ses yeux étaient plus réceptifs que jamais à la moindre lueur. Elle n’avait eu que peu loisir de s’en apercevoir mais sous les étoiles, ils luisaient légèrement comme ceux des chats et éclairaient légèrement son visage, pas beaucoup mais juste assez pour qu’elle ne puisse pas rater la majorité de ses expressions. Après tout, il avait une vue de nyctalope, il fallait bien rétablir un peu la donne, même si c’était involontaire…

Elle parlait semblant un peu troublée alors qu’il dévoilait progressivement leur pique-nique et buvait tranquillement pour sa part. Il confirma d’un hochement de tête la magie de l’arbre, sans en dire davantage, mystérieux, un brin secret, ce qui avait toujours un peu agacé la jeune femme certes mais avait aussi toujours fait le côté intéressant du garçon.
Mais comme justement, elle fronçait les sourcils, il répondit doucement.

- Je suis sensible à la magie… Parfois plus que d’autres. On dirait qu’elle essaie de communiquer avec moi. Cet arbre est ancien, très ancien… et sa mémoire est grande… mais je ne suis encore qu’un débutant immature, il me faudrait du temps et beaucoup d’entrainement pour pouvoir… le comprendre. Mais je savais que t’amener ici te ferait du bien… et que ça te plairait.

La suite ne le fit ni rougir, ni se troubler, bien au contraire, il avança le visage vers elle, très près, trop près, murmurant avec douceur.

- C’est ce que je souhaite le plus…te voir sourire, heureuse… Un peu au moins.

Il faisait le fier, lui tirant la langue mais elle le surprit en se lançant dans une petite tirade pleine de douceur et de sentiments qui ne pouvaient que difficilement être mal interprétés. Il comptait pour elle, n’était-ce pas le sens de son message ? Là, elle l’avait pris au dépourvu. Il écarquilla les yeux, rougit légèrement et détourna les yeux mais ne poussa ni grognement, ni marmonnement tout bas d’une phrase pour la convaincre du contraire, un léger sourire flottant sur ses lèvres. Pourtant il serra les poings, une seule pensée venant effleurer son esprit et faisant disparaitre ce léger sourire. Non… ne pas le dire.

Elle commença alors à le chahuter, lui piquant sa nourriture, il fit de même et cela aurait pu légèrement… dégénérer en scène étrange s’ils n’avaient pas été conciliants tous deux, acceptant de nourrir l’autre de cette bien étrange manière, par échange de fourchette et d’assiette en gros.
Elle parla de biscuits alors qu’il se reservait un énième verre et il sourit en murmurant que ce n’était pas bien difficile. Sauf qu’elle s’approcha, venant très très près de lui et lui parlant de ce qui s’était passé le matin, de sa phrase, de sa révélation. De ses capacités… au lit. Il haussa un sourcil mais ne se démonta pas, certainement justement grâce à l’alcool. Alors qu’il aurait dû éviter le sujet, se faire prudent là-dessus, ne rien dire, mentir, rougir ou n’importe quoi, il lui fit un sourire en coin qui avait tout de la provocation à l’état brut et qui le caractérisait au final si bien. Il la fixait droit dans les yeux.

- Oh ça… Tu n’étais pas bonne en effet.

Il ne lui laissa pas le temps de reculer, de se vexer ou quoi que ce soit, s’approchant d’une de ses oreilles pour murmurer d’une voix pleine de sous-entendus et de légères intonations proches d’un assentiment certain :

- Exceptionnelle me parait plus approprié mais je vais chercher mieux comme… qualitatif.

Ah ben lui aussi devait avoir trop bu au final !
Il sourit en se reculant, taquin, malicieux, comme toujours, comme avant. Mais alors qu’ils finissaient de manger, elle se rapprocha de lui, renversante, superbe et à moitié à quatre pattes un minois charmant et un décolleté plongeant à la clé. Surpris, il déglutit difficilement ayant un léger mouvement de recul, se penchant un peu en arrière, comme s’il ne comprenait pas, mais l’inclination de sa tête laissait davantage entendre qu’il cherchait à mieux… regarder un peu le joli spectacle sous ses yeux.
Son sourire avait quelque chose de… vraiment troublant et il sentit son estomac se tordre douloureusement alors qu’il savourait peu avant son repas et la satisfaction qui en résultait. Zut quoi !!!!

Déjà, elle était collée contre lui, effleurant sa joue du bout de sa langue. Il se crispa, ses muscles se tendant aussitôt alors qu’il fermait les yeux, trouvant cette caresse un peu trop agréable et sensuelle. Woh… D’accord… Un point partout…un..p…p… Non… pas un point partout… Parce qu’elle s’était juchée sur ses genoux alors qu’il était toujours assis, toute proche de lui, trop proche de lui, ses lèvres effleurèrent sa joue, se décollèrent puis glissèrent dans un souffle brûlant un peu plus loin ou un peu plus près, il ne savait pas trop, son visage lui semblait glacé tant ses baisers étaient… brûlants.
Effleurements à peine perceptibles qui lui semblaient légers comme les ailes d’un papillon, ardent comme des braises, émoustillants, vraiment… un peu trop émoustillants en fait !

Avant même qu’il n’ait pu s’en apercevoir, il lâchait un gémissement tremblant, faible. Il se ressaisit quand il s’entendit et chercha à l’arrêter un peu, juste un peu. Ses mains, ses bras étaient sans force, si faibles ! C’est à peine s’il avait l’impression de serrer ses épaules alors la tirer en arrière, c’était encore moins envisageable ! Elle recula, le punit d’une pichenette, l’embrassa…

Elle l’embrassa…Et il crut perdre connaissance, une fois de plus. Ses baisers étaient de vrais électrochocs… S’il avait eu l’impression que ses muscles se tendaient peu avant ce n’était rien par rapport à la crampe violente qui saisit tout son corps alors qu’il crispait ses mains sur la mousse qu’il serrait convulsivement. Elle l’embrassait !!! Elle l’embrassait !!!
Ce fameux courant entre eux sembla s’intensifier, se révéler d’autant plus alors que faible, il ne semblait pas pouvoir réagir, encore moins la repousser. Long, doux et passionné en même temps… Elle arrêta, caressant ses cheveux, son bras alors qu’il aspirait par grandes goulées l’air dont il s’était privé sans s’en rendre compte en se mettant en apnée, incapable de lui résister. Elle s’éloigna, se déshabilla, il gémit, parfaitement audible, les yeux posés sur elle, la mine torturée et admirative en même temps.

Il se crispa, serra les mâchoires alors qu’elle revenait près de lui pour l’embrasser de nouveau mais ses effleurements le détendirent bien vite et avant qu’elle n’ait pu elle-même reprendre son souffle, il céda… Ses mains partirent se glisser dans le dos de la jeune femme, dans ses cheveux qui avaient décidément bien poussé, il se laissa glisser en arrière avec douceur, l’attirant sur lui, lentement pour ne pas rompre leur baiser. Une de ses mains descendit d’ailleurs dans son dos pour s’arrêter dans le bas de ses reins alors qu’il l’avançait un peu plus sur lui et qu’elle se retrouvait à califourchon sur ses hanches. Il gémit son surnom alors qu’elle lâchait ses lèvres pour embrasser son cou et déboutonner sa chemise. Il agrippa aussitôt une de ses mains, la posant sur la peau brûlante de son torse, à l’emplacement de son cœur, celui-ci battait la chamade, presque douloureusement.

Elle l’embrassait, le caressait et il avait ôté ses mains de son dos. Non pas qu’il était contre cet… amusement dû à l’alcool et des pulsions inassouvies… juste qu’elle le rendait dingue et qu’il était très occupé à apprécier comme le prouvait les légers gémissements qu’il peinait à maitriser alors qu’elle l’embrassait entre le cou et la mâchoire, mordillait une de ses oreilles pointues ou imprimaient une plus forte pression de ses doigts fins sur son torse musclé. Il était plus sensible qu’avant ou moins sur la défensive peut-être. Elle l’appela, il rouvrit les yeux et la regarda, un sourire conquis aux lèvres mais c’est ce moment que choisit apparemment l’arbre pour jouer un peu plus, aidant la jeune femme à s’exprimer autrement que par les mots… en brillant…

Un avantage crucial de cette manifestation de magie et de passion était la possibilité de vision que cela lui offrait. Elle le voyait bien mieux en effet tant elle l’éclairait de son propre corps et lui avait tout loisir de combler les si faibles lacunes de sa vision de nuit. Il redressa d’ailleurs la tête, la bouche entrouverte, puis un étrange sourire aux lèvres. Une lumière… qui n’arrivait qu’avec lui… révélation…

Cela mit pourtant fin à son jeu alors qu’elle reprenait un peu contenance et s’allongeait à côté de lui, il se tourna sur le côté, la regardant, le visage face au sien. Soudainement une légère gêne s’était installée, une certaine barrière, distance entre eux.
Pourtant, il leva lentement une main, la posant sur sa joue, la glissant dans ses cheveux, se soulevant sur un coude pour poser tendrement ses lèvres sur les siennes. Un nouveau frisson plus intense. Il répondait enfin réellement à ses baisers. Pourtant il le fit aussi cesser, s’asseyant pour se débarrasser de sa chemise trop largement ouverte de toute manière, revenant près d’elle, l’incitant à s’allonger sur le dos alors qu’il se mettait à l’embrasser, les pupilles dilatées à l’extrême malgré la lueur qui se dégageait de la jeune femme. Caresses légères, tendres mais pas non plus… osées ni trop tentantes. C’était comme s’il voulait l’embrasser, la caresser, la toucher, profiter mais sans le faire comme l’aurait fait n’importe quel homme dans cette situation. Il ne chercha nullement à lui ôter ses sous-vêtements, ni à se débarrasser des siens, ni à la forcer à quoi que ce soit, n’y à franchir plus de limites que cela. Pourtant, allongé sur le côté tout contre elle, il ne pouvait pas lui cacher ses propres envies, son corps se manifestant presque aussi clairement que celui de la jeune femme.

Mais ce n’était en rien un acharnement passionné, ce n’était pas comme s’il avait envie, voulait absolument combler, satisfaire ses pulsions. Elles étaient là, bien présentes, mais ce n’était pas ce qu’il souhaitait le plus à cet instant, le prouvaient ses étreintes, ses rires, les baisers, les jeux alors qu’il la taquinait, jouait à lui rendre la pareille pour le coulis de fraise, déposait des baisers passionnés proches du lâcher-prise sur sa gorge. Il voulait être avec elle, c’était une évidence, il avait envie de bien plus qu’une amitié et elle aussi, ils ne pouvaient pas se le cacher… mais était-ce juste pour une fois ? pour essayer ? pour voir ? Pour… le fun ? Ou était-ce bien plus profond ? Ils subissaient un terrible tournant à cet instant et aucun retour en arrière ne serait possible après cela.

Les baisers du jeune homme se firent plus passionnés, ceux qu’elle lui offrait en retour pareillement, il inversa leurs positions d’une simple torsion de hanches et fixa avec un ravissement certain le visage de la petite mage, écartant ses mèches blondes qui suivaient la gravité, qu’il caressait avec ravissement. Il se redressa assis, la pressant un peu plus contre son torse en faisant glisser ses lèvres un peu plus bas cette fois, perdant petit à petit le contrôle que son peu de conscience lui avait jusqu’alors laissé. Ses mains se firent si fermes dans son dos, sur ses omoplates alors qu’il la serrait un peu plus contre lui et se déboitait à moitié le cou pour embrasser le minois charmant au-dessus du sien dans telle position. Sa voix était étonnamment tremblante quand il s’exprima et hachée.

- Promets-moi… que je ne te perdrai jamais… pitié…

Des sanglots dans sa voix ? Une supplique ?
Qu’était-ce donc que cela à présent. Il ne lui laissa pas le temps de répondre, l’embrassant de plus belle en la retournant presque avec un peu trop de force sur la mousse pourtant si douce de leur abri. Il ouvrait la bouche pour dire quelque chose, le regard brûlant d’un sentiment qu’il n’aurait pas dû avoir, pas dû ressentir… mais ce que l’arbre pouvait offrir, il pouvait également… le reprendre.
Une de ses mains glissait d’une de ses épaules à sa poitrine avec toute la discrétion qu’elle pouvait lorsqu’elle rencontra son pendentif et… la sensation d’un autre pendentif…

Il connaissait suffisamment pour l’avoir vu et revu, le pendentif de la jeune femme pour pouvoir dire comment il était, la sensation inconnue d’un anneau pourtant avait toute raison de l’interrompre. Il baissa les yeux, écartant son visage du sien et observa la bague qu’elle portait à son collier.
Sa bague… La bague qu’il avait eu l’intention de lui offrir pour… officialiser leur couple, pour ne plus craindre de la perdre, parce qu’il refusait de passer le reste de sa vie sans elle, alors même qu’ils n’étaient en couple que depuis bien peu de temps et avaient multiplié les faux pas et douleurs ! Cette bague personnalisée, cette bague d’un amour vrai, d’un amour pur, qu’elle avait conservé alors même qu’elle le détestait… qu’elle l’avait détesté… d’avoir fui une fois de plus, de n’avoir pas cru en elle, en son pardon, de n’avoir pas cru en eux tout simplement…
Le jeune homme s’était figé, fixant l’anneau dévoilé par la magie de l’arbre et qu’il le prenait doucement entre ses doigts, l’observant en fronçant les sourcils. La passion, la bonne humeur, la tendresse et l’amour sur son visage se figèrent puis disparurent alors qu’il pâlissait de manière si brusque qu’il semblait défaillir.
Il avait oublié… Se souvenait-elle ?

Maud lui avait parlé de cet homme qui accompagnait Cassidy…
Il avait compris bien assez tôt qu’ils étaient un couple. Il avait vu les baisers, rares mais présents, échangés en public, il y avait associé d’autres activités naturelles pour un couple, baises, activités qui lui faisaient mal… tellement mal… Il se sentait tellement en colère, tellement désemparé, tellement malheureux quand il y pensait qu’il chassait de toutes les manières possibles ces images de sa tête. Maud lui avait dit… qu’elle allait se fiancer. Il se souvenait de ces mots, de leur impact. Il était parti… Il avait eu besoin d’être seul. Il ne comprenait pas pourquoi il se sentait si mal alors qu’il la connaissait à peine à cette époque. Il avait cru que sa bienfaitrice se trompait… Parce que Cassidy était proche de lui, parce que cet archer l’avait menacée, parce qu’au final, il n’était pas si gentil, parce qu’il y avait eu ces moments, parce qu’il y avait eu CE moment… Mais elle allait vraiment se fiancer… C’était prévu. Pourquoi autrement porterait-elle une telle bague autour du cou ?

Le regard du jeune homme se brouilla de larmes mais il ne s’éloigna pas violemment. Au contraire, son visage se ferma dans une expression de profonde tristesse et de honte alors qu’il se redressait lentement, s’asseyait, serrant les dents en fixant un point invisible bien plus loin, pâle et malheureux. Il se mordait la langue, vraiment fort…. Comment le savoir ? Le filet de sang qui se mit à couler à la commissure de ses lèvres alors qu’il se détournait, se redressant en s’éloignant, titubant, un peu, juste un peu, pour cacher les larmes qui coulaient sur ses joues.Pourtant, sa voix était presque assurée quand il s’exprima.

- Navré… Je n’aurais pas dû. Désolé… Désolé… Désolé…

Il serra les dents, se crispant un peu plus, arrêtant de serrer sa langue au risque de la sectionner en deux. Un craquement léger se fit entendre de la part de son corps ? Réaction à la détresse qu’il ressentait ? Tentative pour se couvrir de son armure d’écailles ? il n’était pas assez fort pour et même elle ne semblait pas pouvoir le protéger, plus pouvoir le protéger plutôt…

- …Je ne suis pas en état de voler. Toi non plus… tu n’as qu’à… te reposer… je ne m’approche pas, je ne te touche pas… Ne t’inquiète pas, ça n’arrivera plus. Je resterai à ma place…ma place…

Sa voix mourut sur ce dernier mot alors qu’un rire nerveux et sombre lui échappait. Oui, ça avait toujours été ça…une histoire de « place ».
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Cassidy Herediane
Directrice de l'Académie Hysandra
avatar

Messages : 851
Date d'inscription : 26/02/2012
Age : 29

Feuille de personnage
Race: Humain Ascadian
Royaume: Territoire Neutre
Vocation: Mage

MessageSujet: Re: Un voyage pour apprendre à mieux se re-connaître ?   Mar 10 Déc - 18:21

Pouvait-elle seulement imaginer ce qui pouvait se passer ? Ce qu’ils pouvaient vivre ? Non certainement pas…

Petites taquineries au pied de lit, elle pensait fortement au fait de ne pas briller. Pourquoi ? Il avait l’air d’avoir mal pris ce qui s’était passé entre eux chez les Kaärs, avoir un rappel, si bref, si soudain et le voir commencer à comprendre la raison de cette couleur luciole pourrait tout à fait le troubler, l’énerver, du moins c’est ce qu’elle pensait. Et elle ne voulait pas qu’il croit que ses pulsions prenaient le dessus à chaque fois.

L’après midi était consacrée à une séance d’essayage chez Maud. A sa révélation de créer elle-même ses propres tenues, Cassidy s’était faite admirative, intéressée, déclarant qu’elle était vraiment douée et que toutes ses tenues étaient sublimes. Elle était sincèrement flattée et touchée de voir que Maud s’intéressait à elle pour créer de nouvelles tenues, émotions qui se lisait dans le regard trop souvent énigmatique de la petite demoiselle. Mais le pire restait à venir, alors qu’elle enfilait un corset qui la serrait un peu et que Maud profita de ce moment pour poser une question si personnelle et intime que Cassidy devint rapidement rouge, on ne sait pas trop si c’était à cause du corset ou de la question.

La grande dame se reprit rapidement en parlant de l’imagination de Tristan au sujet des lieux pour faire des galipettes. Pauvre petite mage torturée qui repensait à bien des scènes, bien des moments ! Elle avait regardé le sol, une sorte de grimace, de mi sourire, sans savoir si elle devait être honnête ou bien se taire. Maud décida de se confier un peu plus et lui appris des choses vraiment surprenantes.

Cette fois Cassidy venait de se tourner vers la dame, n’arrivant pas à interpréter ses paroles. Elle avait tout de la débutante à l’époque ! Elle ne savait rien faire et n’avait vraiment aucune expérience dans le domaine ! Pourquoi s’était-il intéressé à elle ? Et pourquoi n’était-il pas aller voir une autre fille ?
Elle continua sur sa lancée, pique supplémentaire, bien dur rappel pour la jeune femme qui là, baissa ostensiblement la tête, le regard perdu dans le vide, un pincement au cœur. Alors elle ne l’avait jamais écouté si pour lui il s’attendait à mieux. Elle frotta un instant la robe que Maud lui faisait essayer puis parla d’une voix peut être un peu gênée, peut être un peu nostalgique tout en pressant ses mains l’une contre l’autre.

« Oui c’est vrai Tristan a toujours été unique… du moins c’est ce que je pense… parce que… »

La demoiselle inspira profondément avant de redresser la tête devant Maud, très sérieuse et ne plaisantant pas, ayant décidé d’arrêter de mentir sur certaines choses, peu importe ce qu’on pouvait penser d’elle.

« Il devait être déçu alors, car il était mon premier. Peut être que ça expliquerait pourquoi je n’ai jamais à l’écouter réellement, que je ne le satisfaisais pas mais qu’il préférait ne pas me le dire pour ne pas me blesser… »

Son regard se voila lentement, un peu perdue. Elle croisa les bras et ferma les yeux un instant, cherchant à démêler ses sentiments, cherchant à comprendre ce qu’il y avait de mal là dedans et surtout commencer à réaliser que si Maud avait raison, alors Tristan était resté avec elle uniquement à cause de cet amour dévorant et pas seulement pour la légère satisfaction qu’elle pouvait lui apporter. Pourquoi se confiait-elle là-dessus à ce sujet ? Pourquoi donner des faiblesses, des armes qui se retourneraient contre elle ? Peut être pour se rattraper de tous ses horribles mensonges et espérer un quelconque repentir.

Elle enfila la dernière tenue et Maud en était admirative. Effectivement, lorsque Cassidy s’était avancée vers le miroir, son image qui se reflétait lui rappelait une demoiselle douce et timide, pourtant si charmante, qui avait fait chavirer le cœur du Drakkari. Elle s’examina sous toutes les coutures et se demandait seulement comment avait-elle pu passer à côté de ça ? Il est vrai qu’au moment où elle avait choisi de renier sa féminité, elle avait choisi la première tenue qui passait, une tenue sombre, ample mais terriblement confortable, jouant sur la nonchalance et le jmen foutisme. Maud disait que Tristan serait plus discret, alors Cassidy se tourna vers la grande dame, comme si elle commençait à se demander si il y avait encore des choses qu’elle n’avait pas dit. Ca voulait dire quoi ? Qu’il était moins démonstratif ? Moins bavard ? Qu’il pensait dans son coin mais sans oser l’avouer ?

Avant de partir, elle remercia Maud, qui lui demanda de ne pas se tromper. Cassidy, qui était toujours aussi peu sûre d’elle, se mit à déglutir difficilement en entendant ses mots. Que voulait-elle dire ? Se tromper… faire du mal à Tristan… bien sûr qu’elle ne voulait pas ! Bien sûr qu’elle ne voulait pas lui faire de mal ! Mais elle n’avait que très peu d’informations et pas sûre d’y arriver… et se tromper sur quoi ? Dans ce cas pourquoi lui offrait-elle toutes ces tenues ? Certainement pas pour Erwan quand même qui n’était même pas là pour en profiter…

Elle arriva chez Tristan et ne perçut pas cette hésitation, trop embêtée avec la pile de vêtements dans ses bras qui n’attendaient qu’à être déposés quelque part. Et ce quelque part se révéla être la chambre de Tristan. Elle le taquina, lui montra une nuisette bien découverte, certainement pour le faire réagir un peu, le provoquer, petite réplique qui pouvait être interprétée de bien différentes façons, et peut être même au fond d’elle un peu inconsciente.

Une fois la pile rangée, Tristan l’emmena voir une surprise et elle se conduisit comme une gamine curieuse et enjouée, impatiente de voir ce qu’il avait fait. Pendant tout le trajet, elle le taquina et même caressait ses écailles plus que nécessaires, comme pour lui faire un gros câlin et tenter de l’amadouer. Alors que normalement, pour quelqu’un qui avait une dent contre les dragons, elle s’acclimatait très bien à celui-ci. Peut être était ce parce qu’il était différent des autres. Et qu’il ne savait pas lui !

Tristan lui dévoila une incroyable surprise, très romantique et pleine de charme. Elle n’en croyait pas ses yeux ! C’était magique ! Féérique ! Comment pouvait-il faire pour lui donner ce petit sourire à chaque fois ? L’impressionner de diverses façons ? Elle était sincèrement heureuse, agréablement surprise et ne manqua pas de le remercier. Elle lui faisait confiance oui, c’est bien ce qu’elle faisait. Et plus le temps avançait, plus elle commençait à réaliser qu’au final, le Drakkari n’avait jamais réellement quitter son cœur, malgré toute l’attente, toute la rancœur, il y avait toujours une petite place pour lui, même si pour le moment, Cassidy n’était sûre de rien et ne pouvait qu’émettre des suppositions.

Pour faire la conversation, elle parla des surprises du monde et lorsqu’il acquiesça, d’une petite phrase très simple, la jeune femme se troubla, se demandant à quoi il pouvait bien penser alors qu’il rejoignit son verre. La demoiselle regarda un instant la surface du vin, le liquide si brillant au-dessus des étoiles, la forme du verre et se perdit dans quelques divagations. Oh oui… surprise comme celle qu’elle lui réservait et qui était tellement… improbable qu’on se demanderait bien si la petite mage n’avait pas été naïve à ce moment là. Et pourtant aujourd’hui, elle ne regrettait plus ce qui s’était passé.

Elle changea de sujet en évoquant l’arbre mais comme il ne répondait pas vraiment, elle fit la moue et ouvrit grand les yeux en l’écoutant, ébahie puis se mit à sourire. Lorsqu’elle avait perdu la vue, elle aussi avait appris à être beaucoup plus sensible. Une autre chose commença à l’inquiéter. Si il était sensible, pourquoi n’avait-il pas encore détecté cette source de magie ? Il faisait semblant ? Il l’ignorait ? Ou peut être encore il était novice ? Elle se demandait bien si il en savait plus ou pas, si il préférait lui laisser son temps plutôt que de la prendre au dépourvu.

Grande révélation aidée par l’alcool, elle affirma qu’il comptait pour elle et sa détermination dans sa voix était tout sauf faible. Il voulait continuer de la faire sourire, encore un peu. Puis elle dévia largement en lui demandant carrément ses impressions sur leurs galipettes, chose très indiscrète et qui ne devrait même pas avoir lieu dans une conversation normale. De plus, elle s’était rapprochée de lui tout en discutant, taquine et mutine, un peu trop proche.

Il commença à parler et la mine vexée qu’elle aborda ne devait pas passer inaperçue au final mais le jeune homme avait toujours été comme ça, très maladroit au départ pour se rattraper. Et alors, ses paroles dissipèrent celles de Maud de l’après midi même alors qu’un sourire apparut sur les lèvres de la demoiselle, ne sachant pas quoi répondre à part se coller un peu plus contre lui. Il avait aimé… il avait vraiment aimé… ou bien il mentait encore ? Non il avait vraiment aimé cette fois là ! Son cœur battait un peu plus vite dans sa poitrine alors qu’elle se rapprocha de lui, une idée derrière la tête pour se venger de son trouble mais pas que.

Elle examina le beau Drakkari, le trouvant si irrésistible, si beau, si rempli de ce petit quelque chose qui le rendait unique et alors, la petite mage se mit à l’embrasser, rien qu’un peu, rien que pour voir si justement elle ressentait toujours ce petit quelque chose. Et à sa grande surprise, elle ne fut pas déçue. Mais vraiment pas…

Si elle avait commencé, si elle avait osé petit à petit, se rapprocher de lui, dépasser les limites d’une simple amitié ou autre chose, il ne resta pas en arrière. Elle entendit ses petits gémissements qu’il cherchait à étouffer et cela donnait encore plus envie à Cassidy de redoubler d’ardeur. Elle avait commencé à se déshabiller devant lui, puis enfin, il contre attaqua. Et c’était ce dont elle avait besoin. Besoin de sentir la tendresse dans les yeux du Drakkari, la douceur de sa peau alors qu’il la caressait, le frôlement de leurs lèvres, si tentantes, encore plus qu’une sucrerie, une petite chose dont on n’hésite pas à se resservir.

Et Cassidy s’enflammait, sentait ce petit quelque chose qui lui manquait avec Erwan. Elle avait l’impression de retrouver quelque chose, ce manque si pénible, cette magie des émotions, un tourbillon de bonheur et de bien être. Il lui avait mis la main sur le cœur et elle sentit ses mouvements rapides, très rapides, des battements puissants. Un jour il lui avait bien dit que si elle se mettait à douter alors elle devrait écouter son cœur non ? Et là pour le coup, la révélation était de taille. Il était torse nu désormais et elle le regardait avec une expression de profonde satisfaction non dissimulée, ne se gênant pas pour détailler le corps de son compagnon, appréciant ses muscles, sa carrure, cette impression de puissance qui se dégageait de lui.

Cependant, elle se mit à briller et décida de s’arrêter là. Montrer qu’elle n’était pas indifférente était une chose, continuer sur cette lancée sans attendre un seul avis en était une autre. Et pourtant, ce fut lui qui continua cette session de caresses, câlins très doux, moments intimes si similaires à leur vie passée. Et la jeune femme souriait, d’un très beau sourire, comme si elle se sentait heureuse, comblée, très loin de penser à Erwan.

*J’ai retrouvé cette sensation…*

Certainement vexant pour l’archer avec qui elle n’avait peut être pas été très honnête quand même. Mais alors qu’elle frissonnait sous les caresses du Drakkari, il prononça une étrange phrase, suppliante. Elle voulut s’arrêter, lui répondre étonnée et surprise sans comprendre, quand il tripota lentement sa chaîne, s’arrêtant sur quelque chose qu’il n’aurait pas du voir. Lorsque la jeune femme comprit qu’il était en train d’examiner la fameuse bague qu’il lui avait offerte, elle se mit à pâlir. Mais le mal était fait, il s’écarta, refusant de la regarder alors qu’elle se redressa, toute trace d’alcool ayant subitement disparue de son sang.

Il prononça quelques mots, comme quoi il était désolé, qu’il ne la toucherait plus… pourquoi ? Ah bien sûr, il ne savait pas que c’était sa bague et l’assimilait peut être à Erwan. La demoiselle serra les dents, repensant aux circonstances, à cette folie qui l’avait poussé à retrouver cette bague. Oh, au final c’était très simple… dès le moment où elle avait eu cette intention de la récupérer, un doute était apparu dans le cœur de la demoiselle. Un doute sur ses sentiments, un choix à faire… Alors elle avait décidé de la porter, de la dissimuler aux regards, parce qu’elle n’arrivait décidément pas à s’y faire et s’était faite une déclaration. Si un seul jour elle arrêtait de penser à Tristan, d’une manière ou d’une autre, alors elle la retirait. En attendant, tant que les doutes étaient présents, elle la gardait, symbole d’un amour passé, d’un premier amour.

Cela pouvait faire beaucoup de peine à Erwan mais contrairement à Tristan, elle ne craignait pas de perdre Erwan, du moins, si il décidait de rompre avec elle, la jeune femme n’était même pas sûre de ressentir la moitié de sa douleur lorsque Tristan était parti. Plutôt une libération, une affirmation, une raison de se trouver complètement inutile oh et d’aller sauter d’autres hommes à la place, au moins pour se prouver qu’au lit elle n’était pas si nulle que ça. Mais avoir de nouveaux sentiments ? Ca… ou peut être aurait-elle continué son chemin en trouvant le nouveau bon ? Compliqué tout ça…
Puis il affirma ne pas vouloir rentrer tout de suite, n’étant pas en état et elle non plus. Bah oui en même temps ils avaient un peu abuser quand même !

Elle regarda lentement le sang qui coulait le long de sa bouche. Tout était de sa faute ! Pourquoi cette bague était apparue soudainement ? Saleté d’arbre capricieux qui détruisait le peu de relation qui débutait ! Cassidy inspira profondément, ferma les yeux tout en baissant la tête. Quoi dire ? Quoi faire ? Puis elle releva un instant les yeux, cherchant son regard mais comme il l’évitait, d’un geste rapide, elle posa ses mains sur ses joues pour le forcer à la regarder. Si la lumière de son corps avait disparu, ce n’était pas le cas du sérieux qui dansait dans les yeux noisettes de la petite mage.

« Erwan ne m’a jamais offert cette bague, je peux te l’assurer ! »

Super… maintenant comment lui expliquer d’où ça venait ? Et surtout ça ne changeait rien à la situation, car le plus grand malaise pour le moment restait cette histoire de couple. Si Tristan était très sûr de lui par le passer, piquant les femmes des autres hommes, il n’avait plus l’air d’être dans cet état d’esprit. Il avait un peu changé… et en suivant sa logique, piquer la nana d’un autre, ce n’était pas correct, vraiment pas. Il était là le malaise. Et elle savait… elle savait que tant qu’il aurait cette pensée dans la tête, rien de plus ne serait possible, il y aurait toujours une limite, refusant d’aller plus loin.

La jeune femme se mordilla la lèvre puis se redressa pour enfiler sa robe, évitant ainsi de continuer de lui offrir ce type de vue qui le perturberait plus qu’autre chose. Elle se rassit de nouveau face à lui, toujours aussi sérieuse.

« Arrête de te blâmer s’il te plaît… Je suis aussi responsable que toi… J’ai commencé alors… mais… je ne sais pas comment t’expliquer… mais tu n’es pas tout seul et j’aimerais pouvoir te dire rhaaaaa ! zut mais je suis nulle pour ça ! Y a pas un mode d’emploi pour les paumées de mon genre ? »

Trop de maladresses… impossible de lui donner une réponse franche, précise, puisqu’elle-même était déboussolée. Nouvelle main qui s’élevait pour se placer sous le menton du jeune homme et d’essuyait le sang qui gouttait.

« Y a rien de mal à ce que tu me touches non ? Et ça… te mordre la langue… ça me fait du mal…»

Elle lissa sa robe puis se rapprocher de lui, prétextant que ça irait mieux demain même si elle était totalement perturbée avant de s’endormir, un peu collée contre lui, sans savoir ce qu’il ferait réellement.

Le lendemain matin, elle ignorait seulement ce qu’il avait fait et s’étira en baillant lentement, le retrouvant en train de ranger les affaires. La jeune femme s’approcha de lui, s’agenouillant un peu et posant une main sur son épaule, non elle n’arrêtait pas de le toucher sauf si il avait une bonne raison.

« Salut… hem… ça va ? »

Léger malaise alors qu’elle ne savait plus où se placer, faire la joyeuse alors que lui ça n’allait vraiment passer et puis dès qu’elle le voyait être triste et distant, ça lui faisait quelque chose au cœur, elle ne pouvait pas le nier. Elle rassembla le reste de ses affaires puis le regarda attentivement. Avant même qu’il ne parle, la jeune femme ouvrit la bouche.

« Bon je suppose que tu n’es pas en condition pour voler avec moi non ? »

Un simple regard lui apprit qu’elle avait raison, auquel elle fit une grimace douloureuse, mais là… enfin il fallait qu’elle se pose les bonnes questions là.

« Ca se voit, n’importe qui verrait la même chose que moi enfin… t’inquiète pas pour ça je vais marcher, ça ne me dérange pas. Enfin si ! Parce que j’aime toujours voler avec toi ! Mais si ça peut t’aider un peu… paraît que c’est pas recommandé de tenter les liens d’esprit quand on est un peu patraque »

Elle n’avait pas parlé du fait qu’il était chamboulé à cause d’hier mais mettait ça sur le compte de la fatigue. Avant de regarder en bas, de faire de grands étirements et échauffements, puis se jeter dans le vide comme si de rien n’était, comme si c’était une habitude chez elle, se laissant glisser le long des branches qui se courbaient avant d’atterrir sur un gros champignon qui avait poussé pile à cet endroit. Il la rattrapa rapidement et les deux jeunes gens se mirent en route.

Cassidy hésita, puis lui prit un moment la main. Elle le sentait discret et distant puis lâcha l’affaire, se caressant doucement les cheveux, mine de rien.

« Hum… c’était quand même vraiment bien cette soirée, j’espère qu’il y en aura d’autres… »

Nouvelle maladresse.

« Hum… si y a vraiment quelque chose qui va pas tu devrais m’en parler… je n’aime pas quand tu fais la tête comme ça… Ca me rend triste et j’aimerais bien comprendre… Aider à retirer une épine du pied, un truc de ce genre là… »

Elle grimaça puis s’arrêta alors qu’il continuait de marcher, l’air de rien. La jeune femme soupira, baissant la tête, très peinée de le savoir comme ça et de ne rien trouver pour lui redonner le sourire. Mais cette bague avait tout remis en question pour lui, alors il était normal qu’il était troublé. Le regard de Cassidy s’illumina soudain puis elle fit apparaître une brioche dans sa main et courut devant lui, tout sourire pour lui tendre.

« Tiens ! Je pense que ça te fera du bien ! On a rien mangé ce matin encore ! »

Il allait répliqué et elle lui enfonça la brioche dans la bouche, l’air de rien. Puis elle se remit à marcher, regardant autour d’elle, cherchant une idée, un mot, un geste, n’importe quoi ! Mais rien ne lui vint à l’esprit. Et puis elle avait très peur de lui avoir fait du mal. Finalement ils rentrèrent à la cité.

Lui prétexta aller s’entraîner et elle décida d’emprunter un livre à la bibliothèque. Si au départ elle s’était callée sur un rocher près de la cascade pour lire, il lui était impossible de se concentrer tant les évènements de la veille l’avaient troublé, et apportés des réponses qu’elle ne pensait pas possibles. Elle soupira en fermant le livre puis partit en forêt, se rendant dans son ancienne cachette, là où on ne pourrait pas venir l’embêter. Elle avait juste besoin de réfléchir…

Un air de nostalgie s’empara de la demoiselle alors qu’elle effleurait le matériel qu’elle avait apporté puis baissa les yeux.

« Je ne comprends plus rien… je devrais lui en vouloir… je ne devrais plus penser à lui mais… »

Puis d’un coup, elle ferma les yeux, en proie à un conflit, posant les mains sur ses tempes en secouant la tête. Et cela dura un très long moment. Jusqu’à ce qu’elle rouvre les yeux, agacée, secouant les mains devant elle très énergiquement.

« Ca va ! Ca va ! J’ai compris ! Oui je l’aime ! Ca va t’es content ? »

Elle s’accroupie sur le sol et ramassa une pierre tout en l’examinant.

« Enfin… un peu… mais je ne pourrais jamais en savoir plus si il refuse de s’approcher… et ça… ça me fait mal… »

Cassidy repensait à cette séance de baisers, bribes de souvenirs qui circulaient telles des pensées fantômatiques. Son odeur… son sourire… les frissons dans son dos, cette énergie si puissante qui se dégageait d’eux à chaque fois qu’ils allaient plus loin, à chaque fois qu’ils s’étreignaient. Il y avait un truc entre eux, ça elle en était sûre. Elle secoua lentement la tête, l’air pas d’accord.

« Tssss arrête de l’appeler comme ça ! C’est pas si facile que ce que tu peux croire… Mais tu as raison sur le fond, pas les deux en même temps, l’un ou l’autre finira par souffrir sur la fin et plus je perds de temps… plus ça fera mal. Mais tu vois, je me vois mal partir d’ici, sans savoir comment va Tristan, sans savoir ce qu’il peut faire… sans savoir si il est en sécurité. Je pense encore attendre quelques jours et après je déciderais ce que je dois faire… Encore une fois je me soucie beaucoup de lui mais j’ai l’impression que si je m’éloigne… j’ai peur pour lui… c’est tout… »

Elle commença à faire les cent pas et prit une mine effrayée.

« Et si il ne voulait plus de moi ? »

Nouveau temps de pause alors qu’elle prit une voix plus discrète, presque un murmure.

« Tu crois ? »

La demoiselle s’assit sur la chaise qu’elle avait apporté ici avant de prendre une expression complètement haineuse.

« Ce sale petit vermisseau ! J’aurais du le suivre jusque chez les Kaärs ! J’aurais du l’empêcher de parler… je sais bien mais est-ce une bonne idée d’agir ? Bah oui je me vois bien aller chez les Kaärs, faire mon affaire et revenir ici tout sourire devant Tristan et… »

Elle se plaça devant un stalagmite avec un sourire adorable, une expression mutine sur le visage, les deux index collés l’un contre l’autre et la pointe du pied sur le sol.

« Hum Tris’… j’ai quelque chose à te dire ! Mais tu t’énerve pas d’accord ? En fait, le gars que j’ai laissé fuir la dernière fois, je voulais pas qu’il donne des informations à ses chefs sur ta… présence. Tu sais que les dragons sont un peu traqués par les Kaärs, alors je suis allée voir le chef, j’ai couché avec lui, oh bien sûr il a pris son pied hein ! Je me suis arrangée pour qu’il ne manque de rien, tout ça pour lui faire oublier ton existence ! Bon maintenant je veux bien un gros câlin parce que je suis traumatisée des Kaärs et… »

Cassidy se détourna du stalagmite. En fait elle se jouait carrément une scène ! Et était plutôt bonne comédienne !

« Nan mais comme si il me pardonnerait ça ! Il va voir que je me suis mise en danger, que je ne lui ai pas demandé son avis et il ne réagira certainement pas comme ça… »

Elle s’avança et prit sa chaise qu’elle plaça devant le stalagmite avant que de monter dessus en s’éclaircissant la gorge, passant une main dans ses cheveux blonds, comme pour tenter d’imiter Tristan mais plutôt comiquement qu’autre chose. Puis elle plaça sa main dans le vide tout en tendant la paume, comme si il posait sa main sur un menton, prenant un regard compréhensif.

« Bien sûr que je t’en veux ! Tu ne m’as pas demandé mon avis. Mais Cassy… je sais que tu n’avais pas le choix et que tu voulais quand même me protéger un peu. Ne t’inquiète pas, je vais devenir plus fort, plus personne ne nous atteindra… et tu ne seras plus obligée de veiller sur moi car je pourrais veiller sur nous deux… Cassy… fais moi juste confiance… »

Puis elle descendit de sa chaise, reprenant sa place et regardant de nouveau le stalagmite.

« Tris’… je te fais déjà confiance mais si il t’arrive quelque chose, je ne me le pardonnerais jamais… si je te perds une nouvelle fois… si… »

Des larmes commençaient à briller dans ses yeux alors qu’elle se prêtait à son propre jeu, secouant la tête, prenant une voix plus grave, plus affirmée alors qu’elle posa une main sur l’autre main.

« Temps mort ! Temps mort ! Tu comprends ? Il faut au moins que je lui fasse confiance là-dessus. Et si il m’arrive quelque chose ? Je dois vivre… et prendre le moins de risque possible et si jamais ça devait arriver, si jamais on cherchait à faire du mal à Tristan, alors je serais là… pour le soutenir… »

Elle resta encore un moment à cet endroit avant de rentrer. N’ayant pas le cœur à lire, elle rentra directement chez Tristan, mais ne le trouvant pas, la jeune femme se mit à sa recherche… ou plutôt décida de prendre une douche avant. Alors qu’elle ouvrait la porte de la salle de bains, un bruit d’eau se fit entendre. Et elle le vit. L’eau qui ruisselait sur son corps si musclé, ses cheveux rouges trempés.

Et pendant un instant, elle resta là à l’admirer, jusqu’à ce qu’il se rende compte de sa présence. La jeune femme se mit à rougir violement tout en s’excusant de l’avoir déranger puis sortit de la chambre.
Cassidy profita pour sortir et demanda à celui qui s’occupait des repas pour la cité si il n’y avait pas quelque chose de sympa à prendre. Il lui sourit en lui tendant une marmite, une sorte de potage de légumes et une assiette de viande. Avec précaution, elle apporta le tout chez Tristan et prépara la table alors qu’il sortait de la douche, au moment où elle avait également apporté des fleurs pour égayer le tout dans un joli vase. Des fleurs originales et colorées qui reposaient tranquillement, mettant un peu de verdure pour le repas.

Elle l’examina encore une fois, un peu trop beau pour qu’elle ne s’attarde pas dessus.

« J’ai ramené ça d’en bas… Enfin je sais pas vraiment cuisiner et comme je ne voulais pas te faire attendre et que je voulais quand même m’occuper de quelque chose bah… voilà… mais promis un jour j’apprendrais la cuisine ! »

Ils mangèrent et elle lui demanda ce qu’il avait fait de sa journée, qu’elle, elle avait lu mais qu’elle préférait quand même les séances de vol avec lui. Elle déclarait également qu’elle espérait qu’il se remette vite pour recommencer. La jeune femme resta un instant silencieuse, semblant tenter communiquer avec lui par la pensée même si elle garda ses mots pour elle.

*S’il te plaît… Attends moi… attends encore un peu… je ne sais pas quoi te dire pour le moment…*

Puis les deux jeunes gens allèrent se coucher et c’est fermement que la demoiselle se rendit dans la chambre du Drakkari, sans lui demander son avis, se couchant déjà après avoir enfilé une nuisette plus sobre et se mettre en boule dans les couvertures, puis jeter un coup d’œil sur lui.

« Allez viens… »

Finalement ils s’endormirent.

La nuit de Cassidy avait été assez complexe, pas mal de questions, aucune réponse, beaucoup d’interrogations, de doutes, qu’elle avait du mal à interpréter. Elle ne fut pas mécontente de se réveiller le lendemain matin mais constata que le lit était vide. C’est avec un pincement au cœur qu’elle se redressa, malheureuse, se demandant comment ils avaient pu perdre cette complicité aussi rapidement. Elle s’étira et appela le jeune homme dans la maison mais sans trouver de traces de lui. Ouvrant l’armoire, elle choisit une petite robe violette d’un tissu aérien, un sourire sur le visage en espérant que cela plairait à Tristan.

La petite mage passa devant ce fameux débarras, s’arrêta un instant mais ne s’attarda pas, passant dans la cuisine pour se préparer une tasse de chocolat chaud. Tristan était passé dans le coin, il avait déposé le journal sur la table de la salle à manger. Pour une fois ce n’était pas de tristes nouvelles qui s’étalait en première page, mais un dossier sur une nouvelle tour qui avait été construite, une tour qui disait-on, permettait d’amplifier la magie de ceux qui pourraient l’utiliser. Elle buvait sa tasse tranquillement puis tourna les pages et se leva pour lire.

Ah tiens déjà ici c’était moins joyeux, ça parlait d’une attaque d’un convoi de voyageurs dans le sud de Kalendar, des voyageurs qui apparemment étaient en voyage touristique mais que des Kaärs les avaient attaqués. Comme toujours, on annonce les noms des personnes décédées ou blessées et dans le cas des blessés, le centre de guérison dans lequel les voyageurs étaient transférés, afin de permettre à la famille de les rejoindre. Elle était debout en lisant, sans trop savoir pourquoi ni pour quelle raison, la liste des personnes attaquées. Et dans la liste…

Son visage devint très pâle alors qu’elle lisait plusieurs fois, ayant comme l’impression de se tromper, que c’était une illusion ! Sa main lâcha la tasse qui tomba sur le sol alors qu’elle ne s’en occupait pas, tremblant de tout son corps, très blanche. Non ça ne pouvait pas être possible… pas eux… il y avait une erreur quelque part.

Elle garda le journal dans sa main puis sortit en trombe de la maison, cherchant Tristan dans la petite cité encore ensommeillée. Malheureusement, elle n’était pas encore bien habituée à marcher avec de telles chaussures et alors qu’elle aperçut Tristan, en bas d’un petit escalier qui menait vers le niveau inférieur de la cité, elle cria son prénom tout en dévalant l’escalier, se mélangeant les pieds et trébuchant, manquant de se cogner sur la tête si ce n’est que le jeune homme la rattrapa.

Cassidy était vraiment pâle, en panique, lui tendant tout en tremblant la page de journal et en murmurant qu’un seul mot, incapable de mettre de la logique dans ses propos.

« Parents… parents… »

Elle reprit doucement son souffle, pendant un bon moment, alors qu’il lisait. Impossible de rester ici si elle ne pouvait pas en avoir le cœur net ! Mais y aller seule, était-ce vraiment une bonne chose. D’un geste, elle prit les poignets de Tristan dans ses mains et le regarda d’un air suppliant, douloureux.

« Viens avec moi… s’il te plaît… »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ascadian.forumgratuit.org
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Un voyage pour apprendre à mieux se re-connaître ?   

Revenir en haut Aller en bas
 
Un voyage pour apprendre à mieux se re-connaître ?
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 3Aller à la page : 1, 2, 3  Suivant
 Sujets similaires
-
» Questions pour apprendre à mieux se connaître
» Le voyage pour Gondor
» une école pour apprendre la politesse...
» Compagnons de voyage pour lire un livre en Champagne
» Un bien grand voyage pour une si petite fille [Pv Andrew]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Ascadian, Monde de Magie et d'Aventures :: Kalendar :: Autres Lieux-
Sauter vers: