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 Un voyage pour apprendre à mieux se re-connaître ?

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Tristan Konogan
Professeur Initiation et Maniement des Armes
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Date d'inscription : 09/05/2012
Age : 25

Feuille de personnage
Race: Drakkari
Royaume:
Vocation: Guerrier

MessageSujet: Re: Un voyage pour apprendre à mieux se re-connaître ?   Mer 11 Déc - 22:53

- Cassy, il faut qu’on parle…

Tristan secoua la tête, faisant des essais pour moduler sa voix en prononçant le nom de la jeune femme : un ton plus sérieux, un air grave, une voix timide, un sourire triste. Enervé de ne pas trouver le ton il se crispa, secouant vivement la tête en s’insultant à voix basse. Finalement, il s’assit sur un rocher en soupirant, pensif et exécré de sa propre attitude.
Trop de choses s’étaient passées et trop vite…
Il ferma les yeux, se passant un doigt sur les lèvres, son cœur se serrant violemment au simple souvenir si dur à vivre, impossible à oublier, si… merveilleux.

Ils étaient juste tous les deux.
La soirée était magnifique, pour ne pas dire magique. Il se sentait tellement bien près d’elle. Il l’avait observée alors qu’elle semblait si joyeuse, parlait avec entrain, si belle, si souriante. Il avait senti qu’il avançait une main pour prendre l’une des siennes avec tendresse et s’était interrompu en chemin, trouvant son geste un peu osé, peut-être un peu déplacé, il préférait attendre. Il ne lui imposerait jamais rien, jamais, il avait bien trop peur de la perdre !
Elle lui posait des questions, se montrait heureuse d’être ici, vraiment heureuse de sa surprise et il s’était senti si fier en le sachant qu’il crut un instant que son cœur, gonflé d’orgueil allait lui écarter les côtes !
Bien sûr, il n’était pas certain de l’effet de la magie de l’arbre sur elle, même s’il savait qu’elle ressentirait justement cette magie. Elle se sentait mieux aussi et donc ce n’était qu’une suite de bonnes nouvelles, de bonnes surprises. Comme elle lui en demandait plus, il avait déclaré qu’il sentait la magie mais à la voir sceptique il lui fit un sourire timide.

- Enfin… pas toujours… Je ne la sens que sur les « non –humains » en fait. Enfin je ressens aussi en quelque sorte quand un mage est près de moi, mais ça n’a rien à voir. Toi par exemple c’est… spécial… C’est comme si chacun avait sa propre magie, peut-être que c’est la manière dont chaque mage l’utilise que je sens en fait. Je ressens sans beaucoup de mal la magie de mes compatriotes mais… toi, c’est différent… Ce n’est pas… attirant comme ce que je pense que devait ressentir ce dragon qui voulait te dévorer mais… enfin… ça te colle à la peau en quelque sorte, c’est comme toi… doux, rassurant, plein de mystères, de peines aussi, des fois, je ne sais pas si c’est ta magie que je pressens… ou juste toi. Je sais que tu ne me feras pas de mal avec, je le sens, non pas que tu n’en sois pas capable, c’est autre chose. Alors je n’ai pas peur…

Voilà qui répondait à sa question… Quoi qu’elle ait fait, quoi qu’elle soit, il ne le sentait pas, il sentait autre chose. Et il semblait apprécier ce quelque chose à son regard plein de douceur et de tendresse.
Ils avaient continué de parler de bonne humeur tous les deux. Ils avaient bu, en avaient ressenti les effets dévastateurs qui étaient si propres à révéler des envies ou plutôt dans leur cas, des besoins. Elle lui avait posé une surprenante question par rapport à ce « drame » qui s’était déroulé entre eux à cause des Kaärs. Une question qui n’avait peut être pas à être posée, pas sans provoquer une réponse qui pouvait soit beaucoup plaire, soit… beaucoup attrister l’interlocuteur.

Plus tôt dans la journée, Maud avait abordé le sujet justement, enfin pas tout à fait, elle avait juste piqué un peu la jeune mage si pleine de doutes sur les penchants de son coeur. Mais qu’en était-il de penchants de son corps ? Parce que Tristan était quand même… un amant très loin de la mentalité égoïste si commune à leur monde sur le plaisir masculin prégnant de celui de toute femme, même si heureusement, cela tendait à changer. Et puis… il y avait prétendument quelque chose entre eux… un petit truc… spécial. Qui changeait tout. Cette alchimie. Cette physique…

Cassidy s’était tellement troublée qu’il était évident que son esprit embrumé de doutes penchait actuellement vers des souvenirs passionnés. Maud avait été surprise que la petite mage lui réponde avec autant de franchise et une tristesse palpable dans la voix. Il aurait été déçu apparemment. Il avait été son premier… son premier ???? Sérieusement ?! Maud haussa un sourcil, surprise alors qu’un sourire étirait discrètement ses lèvres, elle avait l’air curieusement… « contente » et n’expliqua rien à la jeune femme, se contentant d’un murmure pour elle-même.

- Ca explique ses questions… Cachottier…


Non, elle n’en dit pas plus à la jeune femme et c’est vrai que Cassidy devait être assez triste, inquiète, malheureuse et avoir peu confiance en elle pour oser poser cette question à Tristan. Comment était-elle vraiment ? Comment avait-elle été ?
Tristan n’avait pas été maladroit. En fait, il ménageait son petit effet, étant honnête, la taquinant beaucoup en profitant de la situation. Mais il était honnête justement et sa déclaration pouvait effectivement la rassurer.
Pourtant son regard se perdit dans le vague alors qu’il y repensait et frissonnait légèrement aux souvenirs de cette capture, de cette menace, de cette libération, de cette passion…

Exceptionnelle était encore si loin de la réalité.
Elle ne l’avait pas vraiment ressentie pour sa part et il ignorait si, ils recommençaient, elle pourrait le ressentir. Ce lien, probablement dû au fait qu’il était un dragon. Cette chose étrange. Il anticipait avec une telle précision ce qu’elle voulait et quand elle le voulait pendant ces « galipettes imposées » qu’elle devait se demander si sa sensibilité ne s’était pas accrue de manière exceptionnelle. Il y avait un peu de ça, oui, mais pas seulement…
Mais ce qui s’était passé… était une mauvaise chose. Car depuis, il ne pouvait plus cesser d’y penser… Des flashs du corps nu de la demoiselle lui revenaient devant les yeux, prégnants, terriblement excitants et troublants, la sensation de sa peau contre la sienne, de son odeur, du goût sucré de ses lèvres, comme vanillées, leurs étreintes, ses sourires, ses gémissements, son souffle irrégulier, le rythme de son pouls emballé… Tant d’hallucinations sensitives qui le plongeaient dans un état second. Il voulait recommencer… Mais il n’en avait pas le droit. Vis-à-vis d’Erwan, vis-à-vis d’elle. Il s’en voulait d’être aussi attiré par elle, il souffrait de ne pouvoir ni combattre ni étouffer ses pulsions et en même temps il était heureux de les éprouver, douloureuses mais sans elles, il n’existerait pas.

Elle s’était rapprochée, l’avait embrassée. Il avait essayé de résister mais c’était bien trop difficile. Il y avait bien une chose qui l’aidait à calmer les exigences de son corps, il s’en servait chaque jour depuis qu’ils s’étaient retrouvés, le plus possible, son contact était à la fois tellement apaisant et tellement troublant en même temps… ce côté apaisant le calmait mais pas toujours autant qu’il l’aurait souhaité.
Oui, il avait essayé de résister mais c’était bien trop dur et il n’avait pas réellement envie de lutter, il le savait, il le sentait. Ses lèvres le firent bien vite céder, si douces, si pleines de tendresse, d’émotions. Son corps était si mince alors qu’il se serrait contre elle en lui rendant ses baisers avec les intérêts peu après. Il avait peur de lui faire mal mais en même temps, il la savait forte, bien plus qu’elle ne le paraissait vraiment, conscient que c’était un ressenti, une forme d’instinct qui ne s’appliquait qu’à la jeune femme comme s’il la connaissait depuis toujours… oui, il la connaissait depuis toujours.

Comme c’était doux, comme c’était agréable. Ses muscles se tendaient douloureusement tant il était saisi par ce courant électrique qui passait entre eux, qui les liait inexorablement l’un à l’autre. Il eut envie de parler, de lui dire des paroles absurdes, totalement folles, totalement… en accord avec ce qu’il ressentait. Il voulait lui dire que le simple fait de la tenir dans ses bras était un merveilleux cadeau, qu’il n’avait pas besoin de plus pour être heureux mais que son corps réagissait de manière si brutale au sien qu’il pouvait en oublier cette tendresse justement qui aurait dû être son seul comportement vis-à-vis d’elle. Il avait envie de lui qu’elle était belle à s’en damner, qu’il était terriblement attiré par elle, que chacun de leur frôlement en temps normal le faisait sourire autant qu’il l’attirait dans un mode illusoire d’une passion interminable ! Il avait envie de lui dire qu’il la suivrait n’importe où, qu’elle était tout pour lui, il avait envie de lui dire qu’il l’aimait… Il n’avait pas peur de ce qu’elle pourrait dire, il n’avait pas peur qu’elle le repousse, pas réellement, parce que ce petit truc, ce n’était pas à sens unique, il le SAVAIT !!!!

Mais il n’avait rien dit, il avait juste arrêté, s’éloignant rapidement, crispé, malheureux, désemparé, désolé, meurtri. La bague…
Une bague de fiançailles qu’il n’aurait pas dû voir… Elle la portait, se punissant elle-même de ne pas parvenir à oublier et se forçant ainsi impunément en même temps à ne pas oublier. Elle était étrange cette petite mage. Mais lui ne savait pas… Maud lui avait dit qu’elle comptait se fiancer.
Comme elle ne lui parlait que peu d’Erwan, comme celui-ci l’avait forcée à partir de la cité, comme il ne l’avait pas accompagnée en mission, comme il ne venait pas la chercher… il avait cru, étrangement, qu’ils étaient en froid, que ce n’était pas « si mal » qu’elle se rapproche un peu de lui, tout dragon qu’il soit, qu’il n’agissait pas vraiment mal. Mais cette bague remit tout en question. Pourquoi la porter si elle et son petit ami traversait une « mauvaise passe » ? Absolument aucune…

Elle avait brillé, elle était si proche de lui, si complice.
Un horrible soupçon se mit alors à peser sur le jeune homme. Oh, il ne la soupçonnait pas de faire son marché parmi les hommes, d’être de bien peu de foi et de moral en trompant son compagnon impunément… Non, il crut que c’était de sa faute, une fois de plus, que ses hormones de dragon se manifestaient, diffuses mais présentes et que soumise à celle-ci, elle était attirée par lui, même si elle ne le souhaitait pas vraiment.
Pourquoi le souhaiterait-elle de toute manière ? Pourquoi voudrait-elle seulement avoir des sentiments pour lui ? Pourquoi ?
Mais il se trompait… Cette bague venait de lui. Il aurait dû lui offrir… C’était lui qui aurait dû être le fiancé à l’origine, lui et seulement lui…

Elle se calma, semblait malheureuse de le voir ainsi, de le voir triste, elle était inquiète, cela le rassura un peu, ce n’était pas qu’une question d’hormones au moins.
Oh bien sûr, elle essayait de le rassurer et tout et c’est vrai qu’il la croyait, persuadé qu’elle ne pouvait pas lui mentir de toute manière.
Il lui faisait aveuglément confiance, si elle lui disait que la bague ne venait pas d’Erwan, il la croyait. Mais malheureusement, ce n’était pas assez pour le faire revenir vers elle, ce n’était pas assez pour lui ôter cette culpabilité assommante qui le hantait. Il agissait mal, il faisait du mal autour de lui, il ne devait pas. Malheureusement, elle le toucha et ce fut pire alors qu’un frisson différent, juste un peu, des autres le secouait. Il serra les dents, c’était pire que ce qu’il pensait au final, bien pire… il n’avait pas le droit… Quand s’était-il égaré à ce point ? Pourquoi n’était-il pas capable de résister ? pourquoi avec elle tout devenait à la fois si difficile… et si merveilleusement simple.
Elle ne voulait pas qu’il se fasse mal, elle semblait ailleurs elle aussi et finalement se rhabilla avant de s’allonger près de lui.

Il s’endormit très vite, comme s’il venait de se prendre des heures d’épuisement en pleine figure alors que l’instant d’avant, il semblait prêt à passer une longue et agréable nuit en dormant bien peu avec cette somptueuse demoiselle.
La nuit fut mauvaise et il se réveilla tôt, pas du tout reposé. Alors qu’il rangeait leurs affaires, perdu dans ses pensées, elle se leva, le salua.
Elle essayait d’être gentille, joyeuse, attentive, douce. Il le voyait parfaitement. Lui-même était terriblement sombre et fermé, distant, triste. Il avait besoin de réfléchir, beaucoup…
Alors même que le sujet ne nécessitait justement aucune réflexion spécifique.
Il ne disait rien, elle parlait seule et elle en était consciente, parfaitement consciente. Pourquoi s’acharnait-elle ? Pourquoi essayait-elle ?

Il y avait tellement de choses à dire.
Il y avait tellement de choses à faire.
Il aurait pu arrêter d’être ainsi.
Il aurait pu cesser de se torturer et de la torturer par la même occasion.
Il aurait pu lui prendre la main et tout lui dire.
Il aurait pu s’agenouiller et tout lui avouer.
Il aurait pu lever le voile sur tous ces secrets qu’elle sentait chez lui sans parvenir à mettre de mots dessus.
Il aurait pu chasser ses doutes et ses peurs.
Il aurait pu lui avouer la vérité… cette vérité si dure, si effrayante, si terrible, si incroyable, si… impossible. Le croirait-elle ? Oui, bien sûr que oui, il pouvait le prouver de toute manière.
L’accepterait-elle ?
Il ne savait pas.
Pardonnerait-elle ?
Elle ne devait pas.

Elle voulait qu’il lui parle. Il ferma un instant les yeux comme s’il encaissait des paroles difficiles alors qu’au contraire ce n’était qu’une preuve d’attention supplémentaire, une preuve… de souci, d’intérêt. Il hocha juste la tête, discrètement et se détourna d’elle, il ne devait pas parler. Pas maintenant. Elle lui avait pris la main à un moment, puis l’avait relâché. Il avait besoin de temps, elle le sentait. Mais il devait arrêter ce manège, elle le voulait. Mais lui… que voulait-il au juste ?

A un moment, elle lui enfonça même une brioche dans la bouche pour le dérider un peu, le nourrir, prétextant leur absence de petit déjeuner. Mais elle, elle ne prit rien… Et lui avait l’estomac décidément bien noué. Il mangea en silence, mais la brioche lui paraissait insipide, quoi de plus normal après CA ?
Ils rentrèrent, se séparèrent, lui partant s’entraîner, elle partant lire, du moins c’est ce qu’elle avait prévu au départ.

Il ignorait à quel étrange manège elle allait par la suite se livrer, torturée parce qui avait pu se passer, par ses sentiments qui décidément ne voulaient pas la laisser tranquille ! Pour sa part, le jeune homme se mit à son entraînement avec une rage proche de l’obsession. Même son maitre fut surpris de le voir si… en colère, si proche de l’épuisement, si prompt à se battre, à se faire mal.
Elle l’obsédait.
Elle le hantait…
Il ferma les yeux. Hanté était le mot oui. Comment lui dire ? Comment lui avouer la vérité ?
Elle l’avait accepté, elle avait pardonné ses erreurs en partie à cause de ce qui lui était arrivé, à cause d’une partie de la vérité mais… si elle apprenait « tout », comment réagirait-elle ? Comment le vivrait-elle ? Déjà qu’il peinait lui-même à l’accepter…

Si Tristan avait été témoin de l’étrange manège de la jeune femme, il aurait probablement beaucoup ri, parce qu’elle était drôle même si d’autant plus réceptive à ce qu’elle ressentait, beaucoup plus apte qu’avant à admettre que oui, oui, elle tenait encore à lui, bien trop pour que ce soit un tout petit intérêt distant. Entre eux, ça avait toujours été spécial… Le mauvais sort, le destin, n’avait pas réussi à altérer ça. Une mémoire, deux corps, mais pas ça… c’était unique, spécial, c’était à eux, entre eux, juste entre eux…

C’était le maitre de Tristan qui avait arrêté le jeune homme au bout d’un moment, furieux de le voir aussi acharné en sachant pertinemment qu’une fois de plus, c’était pour de mauvaises raisons. Comme il ne faisait pas de pause, comme il ne lésinait pas sur sa force, dépassait ses faiblesses et limites, il s’épuisait, vraiment et son corps commençait vraiment à faiblir même s’il avait récupéré totalement de sa force et de ses techniques de guerrier d’avant son accident. C’était tremblant, se rendant compte seulement à cet instant d’arrêt des douleurs dans son corps, qu’il était rentré chez lui, trempé de sueurs mais un peu soulagé, un peu. Les combats, les entraînements, qui ne nécessitaient pas de blesser quelqu’un, de tuer, lui faisait du bien, il réfléchissait mieux, c’était une autre manière de s’évader que celle de voler, ça faisait partie de lui. Voler n’était pas possible pour l’heure, il le savait, alors il avait choisi ça… Ca allait mieux. Mais sa décision était encore en suspens. S’éloigner d’elle ? encore ? Sèchement ? Méchamment ? Elle l’avait bien assez mal vécu la dernière fois, alors maintenant ? Faire comme si de rien n’était, comme s’il ne la désirait pas ? Comme si…il ne l’aimait pas ? Peut-être… peut-être… il ne voulait pas la perdre,ni voir la peine dans ses yeux. La première solution était à proscrire… Mais il y en avait une autre, plus naturelle qui pointait le bout de son nez : vivre, voir, attendre, rester près d’elle, ne pas chercher à fuir, attendre oui… avouer peut-être…

Finalement, il s’était déshabillé en grimaçant et chaque geste étant douloureux, seule une douche brûlante dénoua son corps crispé de courbatures.
Il se sentait mieux, frissonnant sous le jet brûlant qui glissait dans son dos, dans ses cheveux, sur son visage, ruisselant sur chacun des muscles de son corps, le détendant.
Ayant constaté qu’il était seul en rentrant, il n’avait pas fermé la porte de la salle de bain, la laissant entrouverte et ne semblait décidément que peu pudique.
Ce n’était donc pas du tout la faute de la jeune mage, si alors qu’elle voulait justement se doucher, elle le découvrit complètement nu, lui tournant le dos, en train de se rincer puis de s’essuyer avec une lenteur franchement trop sensuelle pour être tout à fait naturelle… ou alors c’était un truc de dragon… encore !
Mais il releva le visage en humant l’air, surpris, n’ayant apparemment rien senti tant que l’eau coulait. Il se retourna et fut surpris de voir que Cassidy se tenait dans l’encadrement de la porte. Prise en faute, elle rougit et s’éclipsa rapidement avec des excuses rapides et confuses, sortant carrément de chez lui. Pourtant, il sourit alors qu’elle s’éloignait… amusé…

Spoiler:
 

Le temps qu’il se prépare et applique une lotion sur ses muscles endoloris, elle était rentrée et avait préparé le diner, un diner franchement mignon, très romantique une fois de plus, en tête à tête, des fleurs… Elle s’excusait plus ou moins, lui disant qu’elle apprendrait à cuisiner. N’était-ce pas pour son fiancé qu’elle devrait apprendre.
Mais une fois de plus, il sourit, se déridant un peu, se contentant d’un hochement de tête, comme s’il lui faisait confiance.
Il semblait moins distant bien que très peu bavard, il la regardait de nouveau et l’écoutait avec attention alors qu’elle parlait de sa journée pour meubler un silence encore un peu trop pesant. Et il entendit cette pensée qu’elle ne communiquait pas, cette tentative pour lier son esprit au sien, autrement que par des mots, autrement que par l’oralité. Il ne sursauta même pas. Ses mots n’étaient qu’un murmure dans son esprit mais ils étaient apaisants et il se releva en souriant, lui proposant d’aller prendre une douche pendant qu’il s’occupait de tout ranger puisque c’était elle qui avait fait les préparatifs.

Quand il eut terminé, il entra dans sa chambre, se mettant à l’aise en ôtant la chemise qu’il avait enfilée pour le diner mais elle le rejoignit et vint d’autorité… se placer dans son lit. Il haussa un sourcil, surpris et pas certain que ce soit la meilleure idée du jour mais ses paroles n’étaient même pas nécessaires puisqu’il la rejoignit après avoir haussé les épaules, se glissant à ses côtés.
Le lit était grand après tout, ils avaient chacun bien assez de place comme ça. Elle devait être fatiguée car elle s’endormit très vite. Lui non. Il la regarda longuement, allongé sur le côté… Et quand elle bougea, dans un automatisme parfait pour se rapprocher de lui, il ouvrit les bras et les referma avec douceur sur elle, protecteur et bien plus tendre quand elle n’était pas consciente de ses gestes.
Mais le lendemain…

Eh bien voilà, il était là, dehors, tout seul, de bonne heure qui plus est, en train de s’entraîner pour essayer de lui parler. Ils devaient parler oui. C’était important. Mais un peu… Pas encore pour tout, juste un peu pour dire qu’il avait juste envie d’être bien et naturel avec elle et que ce côté distant, il le détestait… et qu’il ne voulait vraiment pas lui imposer cela.
Réveillé, après avoir passé une bonne partie de la nuit à réfléchir, il était allé toquer de très bonne heure à la boutique d’un des vieil homme de la cité qui lui avait ouvert en bougonnant un peu, lui demandant ce qu’il voulait aux aurores. Tristan avait marqué une hésitation puis s’était lancé…

- Bon alors voilà… Je veux des fleurs spéciales… Des fleurs qui disent « je tiens à toi », « tu comptes énormément pour moi », « je ne peux pas me passer de toi » mais sans faire envahissant, mais pas non plus un truc du genre « je le sors à toutes les filles et elles adorent ». Je veux quelque chose d’original, qui sente bon mais pas trop fort, pas trop entêtant, quelque chose d’assez diffus, d’assez sucré… Je voudrais plutôt des fleurs originales, de celles qu’on ne connait pas vraiment, avec des couleurs fortes mais pas trop non plus parce qu’elles doivent dire « tu es spéciale » pas « tu es bizarre », il faudrait des nuances de jaune, doré aussi, ça reprendrait la couleur de ses cheveux… oui, il me faudrait des fleurs qui sont comme un soleil ! pas des tournesols hein ! qui font penser à un soleil, doux, chaud, rassurant… mais pas simplement… une fleur qui puisse aussi dire « tu es vraiment sexy et j’en suis totalement conscient » et…

Le vieil homme avait progressivement écarquillé les yeux puis s’était mis à sourire avec un amusement certain, comprenant très vite où le jeune homme voulait en venir, ce qu’il voulait vraiment dire et qu’un tel débordement de paroles et de maladresses signait bien la preuve de nombreux sentiments plus ou moins avoués, plus ou moins avouables. Il adorait les fleurs et se faisait une joie de partager son art, étant responsable de tous les espaces verts non cultivés de la cité, ce qui lui valait une certaine notoriété… Mais Tristan n’était pas vraiment un excentrique, il était plutôt classique quand il apportait des fleurs à untelle ou untelle, petite attention gentille… Là, c’était du sérieux.

Il finit par lui confectionner un bouquet de nombreuses fleurs très différentes les unes des autres, lui assurant que chacune de celle-ci représentait une spécificité particulière de la jeune mage en question. Tristan avait rougi, conscient de s’être grillé mais il ne semblait pas plus gêné que ça et s’était éloigné avec le sourire, s’entraînant depuis à… s’exprimer de manière un peu brouillonne mais à s’exprimer. Après ça, tout irait mieux entre eux, il le savait, il le sentait !!!
Mais voilà… Il trainait trop ! Et alors qu’il devait remonter assez vite, lui préparer le petit déjeuner et parler avec elle, la demoiselle esseulée avait eu tout loisir de se réveillée, de se lever et de commencer à déjeuner…

Il n’avait pas pris le temps de lire le journal, le trouvant devant sa porte en le posant sur la table, l’esprit bien trop occupé par une chose plus urgente. Mais alors qu’il désespérait de trouver le bon ton et surtout les bons mots, il sentit son odeur… qui avait changé. Elle sentait… la panique, la terreur ! Tristan releva aussitôt les yeux vers le petit bout de femme qui dévalait les escaliers dans une robe vraiment ravissante qui la rendait tout à fait miam mioum, et dans des chaussures tout aussi ravissantes mais franchement peu adaptées pour une course dans les escaliers.
Il la sentit chuter avant même qu’elle-même ne le comprenne et déjà il avait envoyé valser son bouquer de fleurs pour se précipiter vers elle, sentant sa panique, sentant sa terreur, sentant le danger, montant les marches quatre à quatre… Il la laissa tomber contre lui, resserrant ses bras sur elle en rétablissant leur équilibre avant de grimacer… outch, plus dur qu’il ne l’aurait cru. Mais elle ne s’attarda pas dans son étreinte ;lui agitant le journal sous le nez, la voix hachée, tremblante. Il lut rapidement la page qu’elle lui désignait et son sang se figea dans ses veines… le nom de famille de la jeune femme apparaissait, par rapport à une attaque, par rapport au seul mot qu’elle prononçait… Sa famille…

Elle lui attrapait les poignets, suppliantes, ayant besoin d’être rassurée, ayant besoin d’être aidée. Son regard se durcit aussitôt alors qu’il dégageait rapidement ses poignets de ses mains. Elle ne semblait pas capable de réfléchir, elle semblait trop en panique, trop en… état de craquer. Quand ça la touchait, elle s’en fichait, mais qu’on s’en prenne à ceux qu’elle aimait et là… elle ne tenait pas…
Il s’était dégagée de l’étreinte de ses mains mais pas pour s’éloigner d’elle, pas pour refuser. Sans prévenir, il l’attrapa d’un coup, la soulevant du sol en la portant, une main dans son dos, l’autre sous ses genoux, comme un preux chevalier en armure venu secourir sa dulcinée. Et c’est avec la même vivacité qu’il remonta les marches pour rentrer chez lui, avec elle.

Il ouvrit la porte d’un coup de pied, se précipita à l’intérieur avec énergie mais c’est avec douceur qu’il l’assit sur son lit une fois passé dans sa… ou plutôt « leur » chambre. Il commença aussitôt à fourrer des affaires dans le sac magique qu’elle lui avait offert alors qu’elle ne semblait pas prête… à bouger. D’autorité, il vint poser les mains sur ses épaules, abaissant en douceur les bretelles de sa robe.

- Cassidy… ressaisis toi maintenant. Ca va aller, je te le promets. Change-toi, tu ne peux pas voler en robe. Tiens, mets-ça !


Il avait sortit sans y prêter plus que cela attention toute la tenue style cavalière, masculine sexy, qu’avait confectionnée Maud.
Il lui indiqua qu’il allait préparer la selle, qu’il l’attendait sur le balcon, qu’il la laissait se changer tranquillement mais avant ça, il caressa doucement son visage d’une de ses mains, du bout des doigts.

- On y sera très vite, c’est promis…

Il sortit, la laissant se changer même si lorsqu’elle le rejoignit, il parut troublé par la vue, même si elle portait un manteau, obligatoire du fait de la vitesse qu’il risquait de prendre, il rougit légèrement mais détourna la tête, ne disant rien. L’instant d’après, ils sautaient tous deux dans le vide et il la réceptionnait habilement sous sa forme de dragon, directement sur la selle, amortissant parfaitement le choc en se souvenant de tout ce qu’elle lui avait dit.

Il volait encore plus vite que d’ordinaire mais c’était certainement parce qu’il ne tentait en rien des figures de voltiges, se contentant d’un vol droit, rapide, puissant, au-dessus des nuages. Apparemment, il avait une véritable boussole interne, semblant capable de se repérer, même à cette vitesse et surtout même à cette hauteur.
Non, il n’avait pas hésité une seconde à se transformer, à voler avec elle, même si cela impliquait que le lien fragile entre eux avait besoin d’être ressoudé. Et il s’y efforçait.
Alors qu’il volait, les muscles puissants de son corps draconique se tendant sous l’effort de la vitesse, son esprit était tout occupé à rassurer la jeune femme, à l’apaiser…
C’était curieux car sa communication mentale s’apparentait cette fois-ci étrangement à son étreinte sous sa forme « humaine ». Comme si au fond il n’était jamais totalement dragon… ni jamais totalement Drakkari.

Ils couvrirent la distance qui les séparait du centre en un temps record, quelques heures à peine là où il aurait fallu plusieurs jours de chevauchées !
Il se retransforma pourtant un peu plus loin du centre, ne voulant probablement pas paniquer les habitants. Alors qu’ils atterrissaient près d’une petite ferme, il la laissa près des chevaux et alla demander au propriétaire de leur prêter un animal, lui expliquant la situation. Il accepta aussitôt et rapidement, le grand Drakkari revint avec une selle qu’il sangla rapidement sur un cheval qui semblait assez calme et docile, peu réceptif à l’état de détresse de la jolie mage qui semblait de plus en plus… inquiète et instable.

Tristan attrapa la jeune femme et la hissa sur l’animal avant de serrer une de ses mains avec douceur, le regard plein d’inquiétude, de tendresse et d’amertume.

- Je te retrouve là bas au plus vite… va auprès de ta famille Cassidy… je vais voir quels ont été les dégâts causés aux alentours et s’il n’y a plus de risque. Ne te soucie pas de moi. Sois prudente…

Il ne la laissa pas répondre, poussant aussitôt son cheval à partir au galop.Pour sa part c’est à pied qu’il fit effectivement cette ronde, posant des questions, cherchant, se fiant à ses sens, se fiant à ses instincts, affûtés, bons… qui le conduisirent malgré lui vers une mauvaise rencontre…
Cassidy avait eu bien assez de temps d’arriver sur place, de chercher et de trouver sa mère, d’obtenir des informations, d’avoir mal, peur, de se sentir coupable, esseulée…trop de choses, trop de mauvaises choses pour son petit cœur fragile déjà bien éprouvé à cause d’un certain Drakkari. Il ignorait ce qu’elle avait pu faire… En tous les cas, elle ne semblait pas bien et devenir… instable. Un guérisseur s’en rendit compte et s’occupa aussitôt d’elle, lui demandant de se calmer et lui proposant une potion pour inhiber sa colère avant qu’elle ne blesse quelqu’un, avant qu’elle ne commette un acte qu’elle pourrait regretter. Bien sûr elle ne supportait pas très bien les potions, mais il valait peut-être mieux ça que… de blesser plus de personnes. Elle était quand même censée être du côté des gentils non ?

Mais c’est alors que les effets de la potion commençaient à se faire ressentir, alors qu’elle était encouragée et soutenue par un aide venu la soutenir, que Tristan déboula en trombe dans le centre. Il était accompagné de deux gaillards qui essayaient apparemment de le retenir, de le soutenir et d’alerter les guérisseurs, beuglant qu’ils avaient un blessé, que c’était grave, qu’il fallait faire quelque chose. Mais le blessé en question semblait plutôt en forme et courut tout droit vers Cassidy qui ne devait pas comprendre grand-chose. Il ne lui en laissa pas le temps en tous les cas, attrapant une de ses mains en la tirant vers lui alors qu’elle s’était relevée de son siège, l’éloignant de l’aide qui était si gentil avec la petite mage une seconde plus tôt et qui levait une dague pleine d’une substance noire au-dessus de la demoiselle.

Tristan le bloqua au niveau du bras, lui faisant une clé de poignet pour lui faire lâcher son arme sans pour autant essayer cette fois d’arrêter le tranchant de son corps, comme s’il n’en était tout simplement pas capable. Mais l’autre était plus fort que prévu et ils finirent par se battre, chacun envoyant violemment valser l’autre à tour de rôle mais finalement, le Drakkari finit par désarmer son adversaire qui émit un sifflement menaçant, comme un gros serpent puis disparut dans un nuage noir de brouillard.

C’est haletant que le jeune homme repoussa l’arme du bout du pied alors que les spectateurs pris au dépourvu ne savaient trop comment réagir. Il finit par se retourner rapidement vers Cassidy, se rapprochant d’elle pour l’examiner, l’air fou d’inquiétude. Pourtant elle n’avait rien pour sa part, à part les effets de la potion peut-être, sa peine et tout ce qui ébranlait son petit cœur fragile… Celui qui avait besoin d’être examiné, c’était plutôt lui… Où qu’il ait été, il avait fait une mauvaise rencontre et… s’était battu et pas qu’un peu… et apparemment contre quelque chose d’assez grand, gros et fort pour lui tenir tête… un monstre Kaär probablement… donc il y avait encore des arrières dans le coin… Son torse comportait trois profondes en taille probablement empoisonnées par la substance qui recouvrait les griffes du monstre en question et son visage était barré de trois traces également, bien moins profondes… le mouvement était probablement parti du sol pour remonter, ce qui expliquait cette différence. Les blessures avaient sans doute beaucoup saigné vu l’état de sa chemise trempée de sang, mais ce n’était plus le cas.

Pourtant, il ne semblait vraiment pas inquiet de son propre cas, fou de soulagement de la voir entière, enfin…plus ou moins. D’ailleurs il caressait ses joues de ses mains, le regard brillant de soulagement et de tendresse en murmurant son surnom avant d’appuyer son visage contre le sien au niveau du front.

- Cassy…  J’ai eu tellement peur… Je ne sais pas qui c’était là bas… on me connaissait… Ils ont voulu me tuer je crois, me « redemandant » de les rejoindre, mais je ne les connaissais pas moi !!!! ils ont dit que j’allais te perdre,qu’ils allaient te faire du mal… que j’aurais mal et qu’après je les suivrais… j’obéirais. Cassy… cassy… C’était juste… Je…

Il se tut, des guérisseurs étant déjà près d’eux, examinant le jeune homme. Ils semblaient surpris de le voir debout et pas en train d’agoniser ou de réclamer de soins mais déclarèrent glacialement que ses plaies s’infectaient à vitesse grand V et qu’ils allaient devoir découper les chairs nécrosées si on ne faisait rien. Le jeune homme cilla alors qu’eux ne semblaient pas savoir quoi faire. L’un d’eux, plus rapide, plus apte à improviser attrapa une bouteille d’alcool fort censée être pour fêter le rétablissement d’un patient, l’ouvrit et la versa abondamment sur le visage et le torse du jeune homme, jusqu’à la vider totalement.

Tristan hurla alors qu’un léger chuintement se faisait entendre et qu’il tombait à genoux. Effectivement, il y avait quelque chose sur les griffes qui l’avaient blessées, l’infection était déjà bien entamée, dangereuse, comme le prouvait la mousse qui se dégageait des plaies du jeune homme haletant et en sueur sous la douleur. Son soigneur ne lui laissa pas une seconde de répit, attrapa une fiole qu’il vida sur ses mains et explora directement à mains nues les blessures du Drakkari et l’intérieur de celle-ci alors qu’il l’avait forcé à s’allonger directement sur le sol. Celles de son visage furent rapidement traitées mais celles de son torse… Tristan hurla une nouvelle fois lorsque le guérisseur arracha quelque chose de dur, comme si ça s’était greffé à son corps… un corps étranger apparemment, quelque chose de sombre, qui s’accrochait à l’intérieur de la blessure, diffusant son poison. Le sang se remit à couler, sain… Il le fit pour chaque entaille alors que le jeune homme semblait s’affaiblir de minute en minute… Quand ce fut fini, tout le monde le félicita alors qu’ils étaient plusieurs à aider le Drakkari à se redresser lentement pour s’asseoir sur un des bancs, soutenu par sa compagne. On bandait son torse… La douleur reflua alors qu’un de ses bras était prisonnier de ceux de la jeune femme… tremblante.
Il le remarqua en se tournant vers elle. Elle était déboussolée et semblait vraiment perdue, l’air de se sentir inutile. Il approcha son visage d’elle, rassurant, doux.

- Aide moi à guérir s’il te plait…

Rien de plus alors qu’il posait doucement ses lèvres sur les siennes. Bien sûr, les blessures sous les bandages n’étaient pas apparentes mais celles de son visage commencèrent aussitôt à cicatriser jusqu’à ne rapidement plus être que de minces lignes rouges qui disparaitraient vite seules. Il se recula légèrement, caressant ses cheveux et lui sourit avant de secouer la tête, se reprenant et farfouillant dans son sac pour en sortir de grandes écailles rouges et même… une dent ?!!! Ah ben oui…ça repousse vite chez les dragons ça… comme les requins !

- Tiens… j’ai galéré tout seul… mais ça devrait aider… donne leur, ils sauront quoi faire… dès que je serais plus en forme j’en fournirai pour tous les patients mais… ta famille… en priorité… ouh… je crois que je me suis surestimé… j’ai… la tête qui tourne…

Il sourit, oscillant un instant avant de s’appuyer contre elle, les yeux fermés, contre son épaule, puis entre ses bras alors qu’elle le retenait, le visage décidément bien proche de sa poitrine alors qu’il émettait un léger gazouillement bienheureux.

- Mgnh… parfait… dodo… mh... t'es trop sexy habillée comme ça toi...
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Cassidy Herediane
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MessageSujet: Re: Un voyage pour apprendre à mieux se re-connaître ?   Jeu 12 Déc - 13:56

Tant de tourments, tant de remises en question… Ils avaient décidé de prendre un peu de distance, chacun de leur côté, même si Cassidy était vraiment très gênée de le voir dans cet état. Elle avait l’impression de lui faire du mal ! Encore et toujours ! Et ne savait vraiment pas quoi décider, pas quoi faire. C’est vrai, revenir ici lui avait fait complètement oublier Erwan qui lui attendait sagement.

N’irait-il pas la tromper ? Après tout… elle le trompait elle ! Même si c’était par accident, même si l’alcool y était pour quelque chose, même si c’était juste des coïncidences, juste des coïncidences…
Mais ces coïncidences étaient troublantes, dérangeantes et agitaient le cœur de la pauvre jeune femme qui n’avait rien vu venir. Oui, alors qu’elle était seule dans sa cachette, une vérité était apparue. Elle l’aimait toujours. Pourquoi était-elle si réceptive à ses contacts ? A ses sourires ? Pourquoi ses émotions fonctionnaient juste pour lui ? Elle était perdue, extrêmement perdue et tentait de discuter dans un jeu bien théâtral, se posant des questions, ne sachant pas quoi faire, suppliant les dieux de l’aider à trouver le bon chemin.

Deux hommes… et elle. Si elle avait toujours des doutes quant aux sentiments de Tristan, ce n’était pas le cas pour ceux d’Erwan. Mais était-elle prête à prendre des risques ? A pardonner ce départ ? A sortir de sa zone de confort pour aller sur un terrain inconnu sans savoir ce qui pouvait arriver ? Mais une chose restait claire dans son esprit, elle ne pouvait s’empêcher d’avoir peur pour le beau Drakkari, de tenir à lui, de détester quand il faisait la tête, se blessait, surtout dans ces conditions !

Après avoir fait son étrange mise en scène, elle s’était tournée vers une paroi et frappait doucement de son poing sur le mur froid et dur de la petite caverne. Une seule interrogation… Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ? Elle avait également regardé pensivement sa bague, se demandant quel instinct la poussait à garder cet objet, valeur si sentimentale à ses yeux. Tout lui prenait la tête, encore plus le fait qu’elle ne savait pas à qui dire les bonnes choses. La meilleure solution serait de rompre avec Erwan, du moins de demander de recommencer à zéro, d’être plus sérieuse, plus franche, d’arrêter de jouer la comédie et ainsi, si vraiment Tristan comptait pour elle, lui avouer. Mais les sentiments d’une humaine sont bien complexes. Elle devait arrêter de se torturer, elle le savait, elle était prévenue. Mais c’était impossible…

Lorsqu’elle revint chez Tristan, elle le trouva dans une situation plutôt… de quoi la faire rougir encore plus ! Surtout qu’elle ne se gênait pas pour le détailler dans tout son ensemble, des souvenirs refaisant surface alors qu’elle serait bien venue prendre la douche avec lui, du moins c’est ce qu’elle aurait fait avant. Miam ! Un bel homme comme ça, ça serait honteux de ne pas profiter de la vue ! Mais lorsqu’il se tourna, sentant sa présence, elle se troubla et repartit bien vite, certainement pour ne pas passer pour une réelle voyeuse.

Elle était sortie pour chercher de quoi manger et broyait du noir, donnant un coup de pied dans un caillou, se grondant de penser de cette manière, d’être autant attirée par lui tel un aimant, d’avoir tellement envie d’être avec lui… et surtout de lui faire du mal également parce que mine de rien, ces petits rapprochements devaient les impacter tous les deux. Comment pouvait-elle tout simplement partir d’ici sans lui faire du mal ? Elle n’était pas indifférente après tout ! Elle l’aimait… un peu… encore un tout petit peu… et l’envie d’approfondir les choses étaient bien tentantes. Oui mais voilà elle était avec Erwan et ce n’était pas correct. Elle pourrait très bien dire à Tristan qu’elle souhaitait rentrer là bas, à l’académie, pour avoir des réponses, pour mettre les choses au clair… mais aussi peu assuré qu’il était, il était capable de faire de grosses bêtises… et de ne pas lui faire confiance. Et se faisait-elle confiance à elle au final ?

Soupirant, la demoiselle s’était adossée contre une rambarde en regardant les habitants. Une idée… une idée… Comment développer tout ça ? Quelque chose lui vint à l’esprit, quelque chose pour lui permettre d’attendre ou pas son retour, le temps qu’elle soit fixée. Quelque chose qui permettrait à Tristan de s’assurer de sa présence ou au contraire ne pas l’attendre… Enfin ne pas espérer son retour sinon… Sans trop le faire souffrir… Mais il fallait une durée, une limite à ne pas dépasser, pour ne pas le faire attendre trop longtemps non plus. Lui dire qu’elle voulait vivre avec lui ? Encore faudrait-il qu’elle ne soit plus avec Erwan. Mais elle préférait rester encore un tout petit peu avec Tristan… encore un tout petit peu… Il faudrait qu’elle prévienne Maud, qu’il ne tente pas de faire des trucs maladroits, insensés.

D’ailleurs en repensant à Maud, elle avait été bien franche avec elle. Persuadée d’avoir croisé un sourire approbateur, une phrase énigmatique qu’elle n’avait pas comprise. Cachottier ? De quoi ? Que se passait-il qu’elle ne savait pas ? Elle s’accouda à la barrière, songeuse puis un sourire apparut sur son visage. Peut être que si elle lui faisait porter le repas et qu’elle s’occupait au moins de sa préparation, cela lui permettrait d’aller un peu mieux. Elle n’aimait pas le voir triste mais pour l’instant, la situation était bien bloquée.

La jeune femme avait demandé un potage puis avait récupéré des fleurs sur le chemin, un sourire satisfait. Des magnifiques fleurs colorées, qui sentaient bon mais sans avoir un parfum entêtant. Alors qu’il terminait sa douche, elle s’était empressée de tout mettre en place. Les couverts en tête à tête avec les serviettes. D’ailleurs elle manqua de casser un verre au passage mais le rattrapa in extremis. Puis, déposant les fleurs dans un beau vase de verre soufflé, les orientant sur le côté de la table, rajoutant une petite touche de magie pour les rendre encore plus lumineuses.

Lorsque Tristan était revenu, la jeune femme était intimidée, regardant le sol, les doigts de ses mains croisés devant elle, dans une attitude adorable, un peu craintive, envie de bien faire. Elle s’exprima et déclara qu’elle devrait apprendre à cuisiner… certainement pour qu’il la remarque un peu plus. Bah oui si il voulait qu’une femme soit bonne au lit, elle devrait également être bien sur de nombreux points. Et la cuisine devait en faire parti. Et puis n’était-ce pas une façon de lui manifester de l’attention, de prendre soin de lui d’une manière ou d’une autre ? Oui elle devrait plutôt le faire pour son petit ami mais… enfin voilà elle n’arrivait pas à l’expliquer.

Elle mangeait, brodant sur la journée, parlant de ce qu’elle avait fait, même si certaines de ses pensées sonnaient comme une demande, une demande d’attendre le temps qu’elle soit d’accord avec elle-même. Et même si elle ne s’attendait pas à ce qu’il entende ce qu’elle raconte puisqu’elle s’adressait bien à elle-même. Mais elle souriait un peu, le regardait timidement alors qu’elle mangeait, aimerait bien lui dire tout… vraiment tout… et plus ils avançaient, plus elle avait envie… de se confier à lui… sur son secret… mais la détesterait-il ? Certainement ! Enfin peut être que c’était le mieux à faire en fait… Mais ce n’était pas encore le bon moment.

Tristan lui proposa de prendre une douche pendant qu’il débarrassait et elle s’y plia volontiers. Le contact de l’eau chaude sur son corps lui faisait un bien fou même si… des pensées lui venaient encore à l’esprit. Il la hantait ! A chaque moment ! A chaque souvenir… Elle avait fermé les yeux, levant la tête, l’eau dégoulinant le long de son corps, effaçant la poussière, la fatigue mais certainement pas ses pensées. Et alors qu’elle s’essuyait les cheveux avec une serviette, mettant une petite chemise de nuit, c’est tout naturellement qu’elle se dirigea vers la chambre de Tristan, et même dans son lit, prenant un comportement de chat qui faisait sa place, préparant un petit coin bien douillé. En même temps ses affaires étaient dans sa chambre, alors c’était un peu son territoire à elle aussi maintenant ! Et puis hors de question de le laisser dormir tout seul ! Si au moins elle pouvait apaiser ses cauchemars, c’était tout ce qu’elle demandait. En espérant qu’il ne la jette pas comme une malpropre quand même. Mais le beau Drakkari n’avait pas l’intention de la chasser car il vint se placer à côté d’elle sans dire un mot, sans faire de réflexion.

Elle ferma les yeux et s’endormit très rapidement. Mais dans son sommeil, la demoiselle s’était inévitablement rapprochée du Drakkari, un beau sourire sur le visage alors qu’elle se blottissait doucement contre lui, ronronnant presque de plaisir en posant ses petites mains contre son torse si chaud.

Le lendemain matin, elle se réveilla seule, un peu triste et déçue et ne s’attendant certainement pas à une surprise de taille. Mais voilà la surprise devrait attendre encore un peu puisqu’un autre évènement se profilait à l’horizon. Et cela chamboula énormément la petite mage, tremblante et apeurée, sans vraiment comprendre… Un accident… ses parents… pourquoi maintenant ? Mais on s’acharnait sur elle ! Le destin voulait vraiment la détruire ! Une autre terrible coïncidence ou de la malchance ?

Elle avait besoin d’être épaulée, soutenue et la seule personne qui en était capable malgré son air distant, c’était bien Tristan. La demoiselle était sortie en trombe, le cherchant, bousculant des personnes matinales au passage sans vraiment s’en soucier, le journal serré dans sa main alors qu’elle dévalait en trombe dans les rues, cherchant la silhouette rassurante du Drakkari, peu importe ce qu’il penserait d’elle, et si il la repoussait bah au moins elle serait fixée !

Soudain, elle le vit… tout comme le bouquet de fleurs qu’il tenait dans la main, mais pour le moment elle ne s’en souciait pas vraiment même si dans une autre situation, elle lui aurait certainement sauté dans les bras, pas de la même façon, plutôt touchée, plutôt charmée et renforçant encore les sentiments qu’elle éprouvait pour lui. Mais là rien de ça puisqu’elle trébucha et se cogna directement contre lui qui la rattrapa sans demander son reste. Elle ne chercha pas à s’excuser ni à parler, prononçant juste un mot, tendant le journal comme si elle avait besoin d’avoir un soutien à ses côtés et alors qu’il lisait, elle s’était un peu reculée, hésitante, ne sachant pas quoi dire, le regard perdu dans le vide.

Puis, dans un geste instinctif, elle avait attrapé ses poignets, suppliante, lui demandant de venir avec elle. Il s’était écarté et la jeune femme eut un petit pincement de cœur, comme si elle s’attendait à un refus. Mais lorsqu’il la porta, sans se poser plus de questions, la proximité avec lui la rassura, se rendant compte qu’elle était bien à cran et il y avait de quoi. Il la déposa chez lui, demanda qu’elle change de tenue alors qu’elle le regarde de ses grands yeux ronds, lui qui semblait si réticent à vouloir voler avec elle ces derniers temps. Il caressa doucement son visage, petite consolation, de la rassurer un peu alors qu’elle se calma, écoutant ses paroles, lui faisant confiance et partit se changer.

La jeune femme était incapable de réfléchir, incapable d’avoir la moindre pensée, se demandant comment elle avait pu être aussi idiote. Et lorsqu’elle réapparut devant Tristan, un peu déconfite et pas vraiment confiante en elle-même, Cassidy était toujours aussi perturbée. Dans d’autres circonstances, peut être aurait-elle été plus taquine, plus aguicheuse mais ce n’était ni le moment ni l’heure pour le faire. Ils sautèrent du balcon et elle se laissa glisser dans le vide jusqu’à ce qu’il se transforme et la prenne en selle, et la petite mage constata qu’il mettait particulièrement bien en application ses conseils.

Elle semblait ailleurs, en conduite automatique alors qu’il filait droit, ne faisant pas attention au paysage mais serrant un peu plus fort ses mains sur les lanières de cuir. L’esprit du jeune dragon effleura le sien, comme une étreinte, rassurante, étrange. Comme si en ce moment il la prenait dans ses bras pour qu’elle se sente mieux. Le trajet lui parut bien long pourtant alors que la jeune femme aurait bien préféré dormir, faire un mauvais rêve mais surtout pas sentir cette réalité si oppressante.

Le jeune homme la déposa un peu à l’écart, l’aida à monter en selle, lui affirmant que tout irait bien et qu’il allait juste surveiller les alentours. Elle fronça les sourcils. Non mais quoi il allait partir comme ça tout seul ? Et si c’était encore une embuscade ! On ne pouvait pas rester tout seul sur un terrain hostile, aussi fort pouvait-il être ! Elle ouvrit la bouche pour répliquer, pour lui demander de venir avec elle mais le jeune homme avait incité le cheval à partir au galop, l’évitant d’attendre.

Elle serra les dents, les yeux fermés. Lui faire confiance… lui faire confiance… ne pas le surprotéger… La chevauchée ne fut pas longue et elle arriva rapidement au centre de guérison, laissant sa monture et allant à la recherche d’informations. Elle avait hésité à prendre sa couverture, la honte se lisait dans ses yeux et les questions gênantes pouvaient vite arriver. Que pouvait-elle dire ? Quoi répondre à tout ça ? A vrai dire, elle n’en savait rien.

On lui apprit qu’il y avait eu une attaque de Kaärs sur un petit convoi, qu’il y avait eu que quelques survivants mais c’était surtout des miraculés. Qu’apparemment les Kaärs cherchaient à récupérer de l’argent, profiter, comme ils le faisaient toujours. Les poings de Cassidy se serrèrent, furieuse, elle tremblait. En colère contre ces personnes qui détruisaient leur monde, les personnes qu’on peut aimer. En colère contre ces situations, ces hasards… si les gardiens n’étaient pas morts… les choses seraient différentes. Mais ni les dieux, ni personne ne venait les sauver. Et elle se sentait extrêmement mal, se demandant alors à quoi ça servait tout ça… à quoi ça servait de vivre si tout ce qui nous tient à cœur part en fumée ? Comment se relever encore et encore quand la malédiction frappe à la porte ? Comment trouver le courage de vivre, de changer les choses ? Il serait plus simple de devenir une tornade, de sacrifier sa vie pour sauver le monde plutôt que de vivre, impuissante.

On la conduisit dans la chambre de sa mère, lui déclarant que son père était en train de se faire examiner plus loin. Et lorsque Cassidy arriva dans la chambre, elle aperçut sa mère en train de dormir dans un petit lit aux draps blancs. Elle portait quelques marques sur le visage, sa peau était pâle, un peu poussière comme si on l’avait jeté à terre. Un tuyau était relié à son bras et un liquide s’injectait dans une de ses veines. Vêtue d’une robe blanche, Cassidy ne voyait pas l’énorme bandage qui recouvrait le torse de Marilyn même si les guérisseurs lui avaient donné des informations détaillées sur l’agression. Qu’on lui avait porté un coup assez profond.

La petite mage s’avança doucement et prit la main de sa mère, ses yeux brillants de larmes. Elle ne prononçait que quelques mots, complètement chamboulée, perturbée.

« Pardonne moi… Pardonne moi… »

Oui elle s’en voulait… de ne pas avoir été là pour les protéger. A quoi ça sert d’avoir de grands pouvoirs si on ne peut pas protéger les personnes qu’on aime ? Une haine envers les Kaärs qui ne faisait que s’agrandir alors qu’elle tremblait en quittant la chambre, le regard sombre. Son corps devenait brûlant, comme à chaque fois qu’elle perdait les pédales, que quelque chose cherchait à s’emparer d’elle. Elle allait leur faire payer. Mais un guérisseur par là et s’arrêta devant cette étrange mage qui avait un regard un peu fou, de meurtrière.

- Heu damoiselle tout va bien ?

Aucune réponse de la part de la petite mage qui tremblait de tout son corps. Le guérisseur s’approcha d’elle pour l’examiner mais elle s’écarta.

« Ne vous approchez pas de moi ! »

Elle éveilla la curiosité des autres personnes autour d’elle alors que l’homme semblait embarrassé, même un petit peu inquiet de cette étrange fille qui n’était pas dans son assiette. Une vitre se brisa un peu plus loin et des cris de surprise s’élevèrent. Le guérisseur comprit rapidement que la petite demoiselle devait avoir des pouvoirs magiques et qu’elle devenait instable, très instable.

- Heu… très bien… calmez vous je vous prie… Je vais vous donner un tranquillisant, cela devrait éviter une surcharge de magie

« J’en veux pas de votre cochonnerie ! »

- Hein ? Mais voyons soyez raisonnable ! Il y a des blessés ici, vous n’allez quand même pas…

« Non c’est bon je m’en vais ! »

Echange de regards entre plusieurs guérisseurs d’un hochement de tête alors que patiemment, ils essayaient de la convaincre de boire cette potion, si elle avait de la famille ici, ça valait mieux pour tout le monde et que c’était pour son bien. Ils la confièrent à un aide qui l’encouragea à boire. C’est à peine si elle écoutait en prenant la mixture et s’affalant sur une chaise, complètement sonnée.

Elle commençait à s’affaiblir. Si cela n’impacta pas sur sa colère, au moins sa force diminuait et l’empêcher de devenir une véritable bombe de magie. Mais lorsqu’elle aperçut Tristan au loin, le regard de la jeune femme regagna quelques couleurs alors qu’elle tentait de le regardait, ouvrant la bouche pour prononcer son prénom, même si d’autres criaient qu’il y avait un blessé grave. Elle ne comprit pas tout, ni cet homme à côté d’elle qui venait de sortir un poignard, ni l’intervention du Drakkari qui encore une fois, chercha à la protéger, s’engageant dans un combat avec l’autre.

Bouche bée, la jeune femme regarda le déroulement du combat, sans pouvoir vraiment intervenir. Mais l’ennemi disparut dans un nuage noir, alors que Tristan s’approcha de Cassidy, marmonnant quelques paroles alors qu’elle le regardait, surprise, de l’horreur se lisant dans ses yeux alors qu’elle l’examinait. Il disait qu’on avait tenté de le tuer, qu’on les connaissait. Et alors, elle se sentit encore plus mal, c’était sa faute, entièrement sa faute. Les Kaärs en avaient après eux et cherchaient à faire revenir Tristan. Et lui bien sûr n’était au courant de rien. Elle murmura doucement son surnom, effrayée, très inquiète pour lui. Mais on ne leur laissa pas le temps de s’étendre qu’un des guérisseurs avait commencé à administrer des soins au Drakkari.

Il portait de grandes plaies sur le visage, sur le torse. Comment… comment ça pouvait arriver ? Il hurla. Elle s’en sentit encore plus mal alors qu’on l’opérait sur le sol, lui retirant des choses très étranges de son corps, des choses qui débordaient de magie noire. Elle se figea sur place, se sentant encore plus malheureuse, plus fautive, serrant les doigts en espérant qu’on pouvait le guérir, que c’était possible.

Ce temps dura une éternité pour elle et enfin, le plus dur avait été accompli alors qu’on l’aida à se redresser, Cassidy assise à côté de lui, attrapant son bras, comme si elle avait eu peur de le perdre encore une fois, des larmes brillant dans ses yeux. Elle se sentait vraiment inutile, incapable de pouvoir l’aider. Le Drakkari devait le sentir car il se tourna vers elle, prononça une phrase qui la laissa perplexe. L’aider à guérir… oui mais comment ? Il répondit à sa question en posant ses lèvres sur les siennes. Surprise, la demoiselle ferma les yeux par ce contact et bien malgré elle, prolongea un peu le baiser avec tendresse. Elle n’avait plus cette chaleur étouffante, au contraire, c’est comme si sa magie devenait plus douce au contact de Tristan, comme si elle se détendait, comme si ça lui faisait du bien à elle aussi.

Lorsqu’elle rouvrit les yeux, les marques de Tristan n’étaient plus qu’un mauvais souvenir et elle ouvrit lentement la bouche, surprise, sans comprendre comment cela pouvait être possible. Il lui tendit alors une sacoche contenant ses écailles et une dent. La demoiselle en semblait encore plus troublé alors qu’il disait avoir trop forcer et s’affala un peu contre elle, alors qu’elle posa la petite bourse à côté d’elle, toute occupée à poser ses deux bras autour de Tristan, le serrant doucement contre elle. Cassidy se mit à rougir quand il prononça quelques dernières paroles, à propos de sa tenue. Puis lorsqu’il s’endormit complètement, elle désigna la sacoche aux guérisseurs. L’un d’eux, la ramassa puis partit avec, comprenant ce qu’il devait faire.

Pendant ce temps, la petite demoiselle resta longuement dans cette position, le Drakkari toujours collé contre elle, contre sa poitrine. Elle le regardait avec un mélange de peine et de tendresse, caressant doucement ses cheveux rouges, ne se lassant pas de le regarder. Elle aimerait tellement lui poser des questions, lui dire des choses mais ne connaissait pas le résultat par avance. Un petit moment s’écoula alors qu’il se réveilla, souriant.

« Doucement Tris’… Bouge doucement… »

On leur proposa une petite salle d’attente en attendant qu’ils se remettent complètement de leurs émotions et Cassidy accepta, prenant la main de son compagnon, marchant lentement pour ne pas lui donner de vertiges, avant de le conduire sans lui demander son avis dans une petite pièce qui accueillait apparemment des personnes recherchant repos et un peu d’intimité.

Elle le força à s’asseoir sur le canapé contre le mur et s’assit à côté de lui, prenant doucement sa main dans la sienne, les yeux brillants, se retenant de pleurer, murmurant quelques paroles.

« Tu m’as fais peur idiot ! Tu voulais bien faire je sais mais te voir dans cet état… ça me fait mal… je n’aime pas quand tu te blesses, je n’aime pas que les autres te fassent du mal… je ne pourrais jamais leur pardonner… jamais… »

Apparemment, les émotions, la potion, le choc, lui donnaient envie de se confier alors qu’elle caressait doucement sa main mais elle craqua, le regardant en colère, inquiète, tant d’émotions qui passaient sur son visage.

« Qu’est ce que j’aurais fais si ils t’avaient… si ils t’avaient achevé ?! Pourquoi tu es parti tout seul ? Pourquoi… Je ne peux pas… je ne peux pas accepter ces blessures dangereuses ! J’ai peur pour toi ! Je ne veux pas qu’il t’arrive quelque chose, tu peux comprendre ? Si jamais… si jamais on te faisait du mal… alors je deviendrais folle… ne te laisse jamais avoir… ne te laisse jamais faire par eux… jamais toucher… »

Sa voix devint un murmure alors qu’elle posa sa tête contre son torse, sanglotant un peu.

« Deviens plus fort… plus fort pour leur résister… plus fort pour ne jamais tomber et alors… je me sentirais mieux… et accepte de fuir si la situation est désavantageuse. Je veux que tu reste en vie… je ne veux pas que tu deviennes leur marionnette… s’il te plaît Tris’… Je donnerais toute ma magie, tout ce que j’ai pour te soutenir mais si je te perdais alors… »

Un sanglot se perdit dans sa voix. Elle serra doucement ses mains sur les bras du Drakkari, inspirant profondément.

« Je t… tiens à toi ! Alors s’il te plaît écoute moi… un tout petit peu… »

Quels aveux ! Pauvre petite mage tourmentée qui ne voulait pas voir une situation se répéter. Pauvre petite mage qui ne savait plus de quel côté son cœur balançait. Mais voir Tristan dans cet état l’avait profondément impacté. Et elle voulait devenir aussi plus forte… pour pouvoir le soigner… le soutenir, sans savoir pourquoi exactement.

Il s’exprima alors un moment, alors qu’elle restait dans ses bras pour se faire bercer. Puis après un moment, ils se relevèrent et sortirent de la pièce.

Alors que les deux jeunes gens marchaient dans le couloir, sans que Cassidy ne sache quoi faire, une voix les interpella, une voix un peu hésitante et masculine.

- Cassy ? Tristan ?

La jeune femme se figea et se retourna pour apercevoir son père qui s’avançait vers eux, n’arrivant pas à croire que sa petite fille se trouvait devant lui. Il avait un bras en écharpe et courut à leur rencontre, de son bras valide serrant sa fille contre lui.

- Merci… merci… tu vas bien… Par les dieux… Cassy… tu es vivante…

Un qui ne devait rien comprendre, c’était Tristan.

- Ta mère était très inquiète de ne plus avoir de nouvelles de toi. Je sais bien que le travail et les risques sont une chose mais on croyait vraiment qu’il vous était arrivé quelque chose à tous les deux…

Il était un peu sévère, la jeune femme se recroquevilla sur elle-même, embarrassée, cherchant à se cacher derrière le grand Drakkari. Jordeth désigna son bras.

- Saletés de Kaärs… Heureusement que je suis solide et que je guéris vite. Une petite fracture mais bon j’ai vu pire dans ma jeunesse !

Un sourire passa sur son visage, ne laissant pas le temps à Cassidy de parler, puis les entraînant dans la chambre de Marilyn.

- Allons venez, tu ne vas quand même pas t’échapper tant que tu n’auras pas donné d’explications à ta mère !

Marilyn avait en effet ouvert les yeux et regardait les visiteurs, souriant en voyant sa fille passer la porte et soulagée de voir Tristan à côté d’elle.

- Ma petite fille ! Cassy !

Cassidy bredouilla quelques paroles alors que la maman prit une mine aussi sévère que son mari, ne tenant pas compte de ses blessures.

- Alors jeune fille ! Comment ça plus de nouvelles ! Nous sommes tes parents quand même ! Sécurité ou pas, on a bien le droit de te voir non ? Enfin voyons Tristan… je suis soulagée de voir que vous allez bien. Pendant un moment on s’est demandé avec Jordeth si il n’était pas arrivé quelque chose. Mais bon… tout à l’air d’aller bien entre vous deux…

Instinctivement Cassidy avait pris la main de Tristan, comme pour se réconforter mais inconsciemment elle approuvait le fait… que ça allait plutôt bien.

« Heu je… beaucoup de travail et puis… enfin… je… »

La maman se mit à soupirer, se redressant un peu dans ses coussins, pour mieux regarder sa fille alors que ses yeux s’illuminaient d’une joie nouvelle, réunissant ses mains l’une contre l’autre.

- Non j’ai compris ! Tu avais une bonne nouvelle à nous annoncer ! Fiançailles ? Depuis le temps que vous êtes ensemble maintenant, cela devrait être un sujet de discussion. Je serais raaaaavie d’avoir un aussi beau et gentil jeune homme pour gendre. Pas vrai Tristan ? C’est pour bientôt alors les fiançailles ?

La jeune mage devint très rouge, serrant un peu plus fort la main du Drakkari, ne sachant plus où se mettre. Aïe aïe aïe… les questions gênantes arrivaient ! Mais Jordeth n’était pas en reste en s’approchant avec un air de conspirateur vers les deux jeunes gens.

- En fait cela fait depuis un moment que ta mère rêve d’avoir des petits enfants aussi… Elle devient infernale avec ça et pensait aussi que tu étais enceinte et ne voulait pas nous l’annoncer. Elle s’amuse même à faire des pronostics. Pour elle ça serait bien une petite fille avec des cheveux rouges et des yeux noisettes… ou un petit garçon aussi, je reprends ses mots, séduisant que toi. Moi je préfère un petit homme, je me vois déjà lui apprendre quelques trucs, un peu de bricolage… Enfin… prenez votre temps hein ! Désolé je me suis emballé…

Cassidy ne savait vraiment mais alors vraiment plus où se mettre. Elle, enceinte ? Elle, fiancée ? C’est vrai que les fiançailles… avant elle avait espéré que Tristan lui demande un jour… et pour avoir des enfants elle n’était pas sûre d’être prête mais voir le bonheur de Maud parfois lui donnait certaines envies… une envie d’avoir un enfant même si pour le moment, les pensées allaient et venaient au gré de leurs aventures.

La maman ne semblait pas s'arrêter et questionna surtout Tristan, sachant que sa fille serait une vraie tombe à côté.

- Alors comment ça se passe là bas ? Elle ne travaille pas trop ? Vous avez le temps de vous amuser un peu ? A part les fiançailles d'autres projets ? Vous êtes là, maintenant on veut tout savoir, on a beaucoup de retard dans les nouvelles. Alors alors... ?
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Tristan Konogan
Professeur Initiation et Maniement des Armes
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MessageSujet: Re: Un voyage pour apprendre à mieux se re-connaître ?   Sam 14 Déc - 5:00

HS : message merdique au possible, complètement nul... Je m'avoue vaincue, je suis désolée pour cette rep, promis je me rattraperai. Je voulais juste que tu puisses occuper ton samedi et faire quelque chose du coup pour avancer Sad... Pardon T_T Tu peux avancer autant que tu veux (oui oui, même jusqu'au mona, pas de prob, ça me fera plus à lire :p hum ^^'... et tu peux mettre ce que tu veux et anticiper les réactions de tris si tu veux pas de prob, je redresserai la barre avec des excuses si ça ne me convient pas mais normalement, y a pas de raison Smile Bisous bambi <3


Une femme devait être bonne au lit, donc forcément une bonne ménagère ?
Quelle drôle d’idée la petite mage était-elle en train de se mettre en tête ? Décidément, elle interprétait avec un peu trop de zèle les petites révélations de Maud. Tristan avait toujours aimé les femmes d’expérience ? Ah… Oui, peut-être, disons qu’il n’était pas vraiment orienté vers les pucelles, mais était-ce mal pour autant. Après tout, étant coureur de jupons et ne s’arrêtant jamais à une demoiselle en particulier, n’aurait-il pas fait de terribles dégâts s’il avait collectionné les débutantes, les séduisant puis les abandonnant cruellement ?
Finalement, il n’était pas si mal ce grand jeune homme, même s’il s’en défendait bien.
Oui, Cassidy poussait peut-être un peu loin l’interprétation de ce fait. Il n’avait, semble t-il, critiqué sa manière d’être lorsqu’ils étaient ensemble par le passé. Mais après, vu la perte de confiance personnelle monumentale de la jeune femme, elle pouvait une fois de plus s’imaginer bien des choses… Comme qu’il n’osait rien lui dire. Qu’il ne voulait pas lui faire de peine. Pourtant avec sa petite révélation sur sa manière de « vivre » leur petite aventure à cause des Kaärs, il semblait qu’il n’y avait rien à critiquer pour le jeune homme.

Ils se torturaient tous les deux, chacun de leur côté, cela sonnait comme un air de déjà vu. N’avaient-ils pas toujours été ainsi tous les deux ? Lui secret et renfermé, protégé derrière sa carapace et elle, si douce, si compréhensive qui cherchait progressivement à la lui ôter pour mieux le comprendre, pour mieux l’aimer, pour mieux vivre avec lui. Elle avait tellement souffert déjà de son mutisme, elle avait tellement souffert de cette absence de dialogue, de le voir souffrir en silence sans vouloir s’exprimer… Normal qu’elle soit inquiète, qu’elle ait peur et mal.
Tant de choses se retrouvaient au final. Avaient-ils réellement été séparés ? Avaient-ils vraiment été brisés ? C’était presque comme s’il ne s’était rien passé… presque comme s’ils étaient de retour à leur tout début de relation, timide, pas encore en couple.
Et quelle souffrance cela devait être.

Un cauchemar ? Est-ce que tout ceci n’était pas qu’un horrible, monstrueux, vilain cauchemar ? N’avaient-ils pas tous deux rêvés de cette horrible séparation ? Où était la réalité, où commençait le rêve ? N’étaient-ils pas allongés, blottis l’un contre l’autre dans leur chambre à l’Académie, enlacés amoureusement après une folle nuit de passion ? Non..
Malheureusement non, même si c’était un rêve utopique, un rêve tellement souhaité, parfois paraissant inaccessible et à d’autres instants… si proche !

Elle était revenue et le temps qu’elle prépare la table et s’occupe ainsi de leur préparer un bon petit menu même si elle n’avait pas préparé grand-chose en réalité d’elle-même, il la rejoignait, tellement beau comme toujours. Ca non plus ça ne devrait pas être permis. Dès qu’il était près d’elle, même triste, il semblait extrêmement plus réceptif. Il la regardait souvent même si elle ne pouvait que peu s’en rendre compte, surtout en ce moment avec leurs petits évitements, leurs secrets.

Tristan avait beaucoup apprécié à vrai dire les efforts de la petite mage et en particulier trouver cette jolie table qui donnait des airs de diner romantique en amoureux à leur repas. Mais après tout ils en avaient l’air. Non ? D’un petit couple d’amoureux. C’était bien ce que tout le monde semblait leur signifier.
Ils avaient diné, elle parlant, lui silencieux, l’écoutant et la regardant. Les souvenirs de la veille étaient encore douloureux mais ça allait, ça irait, il le fallait. Il avait envie de lui prendre la main et de la serrer contre lui aussi, souvent, mais il savait que ce n’était pas une bonne idée. Il valait probablement mieux éviter. Il l’avait complimenté pourtant, timidement, assez discrètement, mais il l’avait fait, loin de trouver cela normal et appréciant franchement. Et puis… le souvenir de sa bouille intimidée, de ses mimiques ne le quitterait pas si facilement.

Pourtant, il redoutait le moment où ils iraient se coucher. Et il se donnait un peu de répit en essayant juste un peu de s’occuper l’esprit. C’est en parfait galant qu’il lui avait proposé de faire la vaisselle tandis qu’elle irait se doucher et elle avait accepté avec plaisir, semblant curieusement plus fatiguée qu’il ne l’avait perçu au départ. Etait-elle fatiguée de cette distance ?
Alors oui, il redoutait ce fameux moment, pour dire bonne nuit.
Mais c’est un sourire de soulagement qui éclaira discrètement son visage quand elle se glissa avant lui sous les couvertures de ce lit qu’ils avaient déjà partagé les jours précédents. Elle voulait encore dormir avec lui. Il se sentit aussitôt mieux et la rejoignit, c’est vrai, sans résistance. Pourtant, il n’était pas inquiet vis-à-vis de ses cauchemars, il y avait bien pire et ce pire il peinait à se l’avouer justement mais était conscient, parfaitement conscient de sa présence.

Quand elle s’endormit, très vite, elle se rapprocha de lui et il sourit, d’autant plus soulagé, ouvrant aussitôt ses bras pour qu’elle vienne s’y blottir, caressant ses cheveux avec douceur et une tendresse interdite. Elle n’était pas la seule à souffrir de cette distance non, certainement pas la seule !!!
Il dormit bien malgré ses doutes et ses peines mais il finit par se lever tôt le lendemain, la tête pleine de questions pour lui-même, pour elle, pour eux.
Mais il ne sortit pas tout de suite. S’il passa beaucoup de temps à la regarder en silence, l’esprit torturé, évitant de bouger, sa respiration calée sur la sienne, il finit par se lever et… par aller dans ce fameux débarras dont il lui avait interdit l’accès.

Il y resta un moment, fixant les trésors que ce petit endroit caché, ce boudoir, renfermait. La vérité… Et s’il lui disait juste… la vérité ? Mais était-ce une bonne chose ? Non, pas vraiment, c’était cruel, égoïste même mais… il en avait envie, tellement, savoir… Ne pas savoir le rendait dingue, son imaginaire laissait bien trop de place à des possibilités à des formes de tortures qu’il ne souhaitait à personne !
Il se préparait, il réfléchissait à ce qu’il allait lui dire alors qu’il était sorti et avait enfin les bonnes fleurs pour s’exprimer, même si cela lui avait valu un petit sourire moqueur de la part du vieil homme si spécial qui les aimait tant !

Il soupira, assis sur son rocher, fermant les yeux en se passant délicatement une main sur le torse, sentant encore la pression douce, invisible des mains de la jeune femme sur sa chemise. Si douce…
Son corps contre le sien était si petit, si vulnérable, il craignait constamment de lui faire mal et en même temps savait que ça n’arriverait pas, son corps réagissait à la présence de la jeune femme et prenait des précautions avant même que lui-même n’y pense !
Bref, c’est perché sur ce rocher qu’il vit la petite silhouette blonde débouler à toute allure et comprit que quelque chose n’allait pas. Il vint aussitôt vers elle, comme aimanté par la jeune femme et grand bien lui en prit car il lui évita probablement une belle bosse.

Il comprit très vite ce qui se passait grâce au journal, la raison de sa panique et s’il la repoussa c’était pour mieux la porter, bien plus rapide qu’elle, jusqu’à chez lui pour qu’elle se change et que lui-même prenne leurs affaires. Heureusement qu’il était réactif parce que la jeune femme semblait un brin amorphe et avait bien besoin d’être guidée à ce moment là. Plus que besoin même, mais il était là justement et ce n’était peut-être pas qu’un hasard, peut-être que quelque chose, quelqu’un voulait qu’il agisse ainsi, qu’il la protège d’elle-même, qu’il la soutienne. C’était ce qu’elle avait toujours attendu de lui, non ?

Et il ne lui laissait qu’à peine le temps de comprendre qu’ils allaient partir… en volant. En même temps heureusement sinon elle ne serait jamais suffisamment tôt auprès de sa famille. Il avait retenu leurs leçons de vol et il les appliqua, calme dans la tempête émotionnelle qui agitait la petite mage paniquée. Il essayait malgré tout, malgré le vol, malgré sa concentration, d’être présent pour elle, de la soutenir, tendant son esprit vers le sien… Mais elle avait si peur, si mal qu’elle n’était pas aussi réceptive qu’il l’aurait souhaité. Et au final, il ne savait pas si ce qu’il faisait pouvait vraiment… l’aider…

Finalement ils arrivèrent, un peu à l’écart pour ne pas attirer excessivement l’attention et il la fit partir devant alors qu’elle semblait vouloir s’y opposer. Pourtant, c’était nécessaire, ils devaient s’assurer que le danger était écarté, or, elle n’était pas en état de vérifier quoi que ce soit, elle avait besoin de voir au plus tôt sa famille, de se rassurer à leur propos et si jamais un danger persistait dans le coin, elle risquait plutôt de prendre des risques inutiles en allant en reconnaissance avec lui. Il voulait qu’elle soit en sécurité avant tout et il ne pensait pas que de toute manière, un quelconque danger rode encore dans le coin.

Malheureusement, il avait tort.
Mais ce n’était pas ceux qui avaient attaqué le convoi, non, plutôt une « fin » de groupe. Ils étaient deux Kaärs seulement et cela n’aurait dû poser aucun problème si une hideuse créature n’était pas à leur botte, leur obéissant, se jetant sur Tristan.
Ils avaient eu d’étranges paroles, ils le connaissaient, ils avaient un message à faire passer à leur chef à propos de lui. Il ne voyait pas vraiment leur intérêt mais la bestiole semblait vouloir le bouffer tout cru. Il s’était transformé et s’était battu. Mais quand ils avaient parlé de la petite mage, comment pouvaient-ils savoir d’ailleurs, il avait été surpris, en colère, il avait voulu la rejoindre, fuir ce combat inutile et dangereux. Il avait essayé. Mais en tentant de fuir, en tant que Drakkari, justement, pris d’un instinct comme quoi le temps pressait, il était passé près d’une autre petite ferme à l’écart, des enfants jouaient à l’extérieur. La bête avait tout de suite changé de cible… Il avait dû intervenir pour éviter un drame… Mais il n’avait pas pu se retransformer, se sentant brusquement beaucoup plus faible et ses écailles n’avaient que mal amorti le choc violent qui l’avait secoué de la racine des cheveux jusqu’aux orteils. C’était le père et l’oncle qui l’avait guidé jusqu’au centre, voulant le faire soigner, persuadés qu’il allait mourir vu ses blessures et le sang qu’il perdait à ce moment là. Mais Tristan n’était décidément… pas ordinaire.

De son côté, Cassidy faisait face à ses propres problèmes…
La culpabilité la rongeait même si elle se torturait pour rien puisque ce qui était arrivé n’était en rien de sa faute.Tristan aurait pu le lui dire s’il avait été près d’elle à ce moment là, mais ce n’était pas le cas, malheureusement. Elle avait besoin de lui au final, peut-être bien plus qu’il n’en avait conscience de son côté. Elle souffrait d’avoir vu sa mère ainsi, de se dire qu’elle aurait dû la protéger, les protéger alors que malheureusement, elle ne pouvait pas être partout à la fois et tant qu’elle ne l’aurait pas admis, elle risquait de se faire vraiment du mal.
On lui conseillait de se calmer, c’était le plus prudent pour tout le monde et finalement, elle avait accepté de prendre une potion mais malheureusement pour elle, quelqu’un, ici, était de trop, une personne mauvaise qui l’avait prise pour cible. Un Kaär qui semblait vouloir l’éliminer. Etait-ce parce qu’il avait percé sa couverture ? Non, ce n’était sans doute pas ça, elle était Cassidy, juste Cassidy. Eika n’était pas là. C’était Cassidy, une fille effrayée venue prendre des nouvelles de ses proches, craignant le pire et apprenant des nouvelles douloureuses parce que jamais, jamais ça n’aurait dû arriver voilà tout !

Tristan était alors apparu, brusquement, la surprenant alors qu’elle était en train de s’affaiblir à cause de la potion. Il était blessé mais elle n’avait eu que bien peu le temps de s’en apercevoir et encore moins de temps pour s’approcher de lui et s’enquérir de son état qu’il était déjà en train de se battre contre l’homme, l’immonde pourceau qui essayait de faire du mal à la petite mage. Sans doute à cause de ses blessures, Tristan n’était pas au top de sa forme et dut lutter pour réussir à le repousser… Mais il lui échappa, disparaissant dans une mauvaise magie… Une de plus.
Il était rapidement revenu vers elle, inquiet, heureux de voir qu’elle n’avait rien heureusement. Mais elle, elle était inquiète pour lui, très inquiète et elle avait de bonnes raisons pour l’être !!! Mais s’il avait su ce qu’elle pensait, s’il avait entendu les accusations qu’elle s’auto-portait, il n’aurait vraiment pas approuvé, bien au contraire !!!

Des soigneurs intervinrent rapidement pour soigner le jeune homme mais se fut bien Cassidy qui l’aida le plus alors même qu’elle se sentait inutile justement. Il l’avait embrassée, comme si c’était la seule chose dont il avait besoin et ça s’avérait vrai puisque… il se mit à guérir, ses blessures cicatrisant, du moins celles de son visage, celles de son torse disparaissant sous ses bandages. Elle avait répondu à son baiser et il avait appuyé un peu plus sa main contre une de ses joues, savourant un contact interdit, un fruit défendu. Cette comparaison l’amusa même si c’était triste mais il était trop épuisé pour y penser davantage. Il lui donna de quoi soigner ses parents et un guérisseur s’en occupa rapidement mais elle, elle resta avec lui alors qu’épuisé il s’endormait tout contre elle, ne manquant pas de faire un commentaire sur sa tenue puisqu’elle avait ôté son manteau pour le poser sur un fauteuil un peu plus loin. Il émit un petit gémissement de bien-être alors qu’elle passait ses bras autour de lui et s’endormit très vite avec un sourire. Décidément il n’avait pas à se plaindre !!!!

Il ne dormit pas très longtemps mais assez apparemment pour se remettre de la douleur causée par les soins prodigués à ses blessures. Quelqu’un avait parlé de sang coagulé pour garder l’infection dans la blessure, que c’était pour cette raison que cela formait comme un amas rocailleux un peu plus tôt… La magie noire avait été encore plus sournoise que ce qui était prévu mais Tristan était résistant, les soigneurs bons et les soins de Cassidy merveilleux. Son baiser avait été plus efficace que tout le reste, de quoi en vexer pas mal !!!!!

Quand finalement il se réveilla, il lui sourit, apaisé, reposé, au moins un peu. Elle voulait qu’il fasse doucement alors qu’il la regardait avec douceur et qu’il se redressait, vraiment très proche d’elle. Mais quelqu’un vint les voir pour leur parler gentiment d’une salle un peu plus loin qu’ils n’avaient pas eu le temps d’atteindre un peu plus tôt à cause de la fatigue de Tristan. Elle l’aida et le guida alors que reconnaissait, il suivait tranquillement sans faire de gestes brusques, encore un peu étourdi aussi par les calmants qu’on lui avait donnés.

La salle en question était parfaite pour patienter effectivement et se reposer. De plus, il n’y avait que peu de personnes présentes et ils prirent tous les deux places dans un canapé dont le confort était tel que le jeune homme fit un immense sourire ravi. Voilà qui serait meilleur pour leurs dos !!!
Mais son sourire disparut bien vite alors qu’il remarquait la peine, l’inquiétude de sa compagne, les larmes dans ses yeux. Il resta silencieux, l’écoutant d’un bout à l’autre de ces paroles pleines de révélations, pleines de ce petit je sais quoi qui lui affirmait qu’il comptait pour elle, vraiment fort ! Sn cœur s’emballa à cette pensée. Il posa doucement une main sur une de ses joues alors qu’elle parlait de ne pas pardonner ceux qui l’avaient blessé. Elle n’y était pour rien et surtout elle n’y pouvait rien. Se faire du mal en pensant à une vengeance était inutile, il ne voulait pas de ces sentiments pour elle, non vraiment pas. Il articula doucement son prénom, mais elle continuait.
Elle parla… de lui essentiellement. Elle tenait réellement à lui. Ce n’était pas bien, il en avait honte mais il se sentait euphorique alors même qu’elle était chamboulée et étouffait difficilement des sanglots contre son torse.

Doucement Tristan la repoussa mais c’était une fois de plus pour mieux la prendre contre lui, la soulevant sans mal ou plutôt la tirant sur lui puisqu’il devait faire attention à ses blessures. Elle se retrouva assise en travers de ses jambes alors qu’il l’attirait doucement contre son torse et qu’elle juchait sa tête dans son cou, blottie contre lui. Ses bras l’entourèrent avec d’énormes précautions, l’une de ses mains maintenant ses jambes contre lui, genoux redressés, l’autre glissée dans son dos et sur son flanc, caressant sa taille et la naissance de sa hanche.
Il la releva pour la poser sur sa tête, la pressant un peu plus contre lui et glissant son nez dans ses cheveux, humant son parfum avec délice. Elle sentait tellement bon !
Mais il avait plus important à faire que de s’enivrer ainsi…

- Cassy… princesse…


Elle frémit en entendant son surnom et il resserra un peu plus ses bras.

- Je suis désolé de t’avoir inquiétée… Crois-moi, je ne mets pas inutilement en danger, je sais que je n’ai pas le droit de te faire ça, que ça te ferait… du mal. Je fuyais… Mais cette… chose a voulu s’en prendre à des enfants, je devais intervenir, voilà tout. Ils n’auraient pas pu « m’achever »… tant que tu es là, tant que tu veux de moi près de toi, il est hors de question que je t’abandonne, il est hors de question que je meure… De toute manière, je ne risque rien, tu es magique princesse, ne l’oublie pas. Quoi qu’il arrive, tu parviens à me guérir, ta force, ton courage, ta tendresse, tout m’aide à aller mieux… Mais tu as raison…

Il sourit, lui relevant le menton pour qu’elle le regarde, le visage décidément trop près du sien, l’air attendri et triste en même temps, comme probablement, elle l’avait été un peu plus tôt alors qu’il se reposait.

- Je veux devenir plus fort et je le deviendrai, peu importe le temps et les sacrifices que cela exigera… Mais garde ta magie, ne parle pas de la donner, de la perdre… c’est ton identité, ce qui fait de toi cette jeune femme merveilleuse pleine de surprises… Je veux être plus fort pour protéger ceux que j’aime…et te protéger toi… surtout toi. Tu sais… Je n’ai même pas senti ces blessures. Je savais qu’ils avaient après toi, ça m’a complètement anesthésié… j’aurais pu courir des centaines de mètres en plus sans faiblir, j’aurais préféré me vider de mon sang que d’arriver trop tard…

Il se baissa vers elle, appuyant ses lèvres contre son front avec douceur, puis son front contre le sien, son nez effleurant le sien alors qu’il fermait les yeux et parlait d’une voix plus grave, plus… investie.Il parlait... il se révélait... bien plus qu'avant.

- Je suis heureux… de compter pour toi. C’est réciproque Cassy… vraiment… Je voulais t’en parler ce matin, je préparais des tas de discours possibles mais au final, je n’avais rien de concret lorsque tu es arrivée… et ce n’est pas différent aujourd’hui. La vérité c’est que je suis perdu, j’ai peur et je te le dis parce que je ne veux pas te mentir là-dessus, je ne sais pas quoi faire. ;; tout ce que je sais c’est qu’avec toi… le monde, la vie, tout ceci prend un sens. Tu ne me perdras jamais… tant que tu voudras de moi, je te le garantie !

Il se mit à rire d’un ton léger, la pressant contre lui, rassurant et chaud. Il déclara qu’ils semblaient tous les deux lancés dans une parodie de drame romantique, la taquinant à ce propos, sans sembler savoir à quel point justement, il avait raison. Il la garda un bon moment dans ses bras, caressant ses cheveux, sa hanche, chantonnant une chanson ancienne de sa voix grave pour la bercer un peu, l’apaiser. Parfois, il effleurait sa peau de ses lèvres, surprenant de douceur et d’intensité. Elle se calma entre ses bras, sa magie totalement et les effets nocifs de la potion qui la chamboulait d’ordinaire semblèrent commencer à se dissiper.

Finalement, ils s’étaient levés pour marcher main dans la main, au début hésitant, marchant seulement l’un à côté de l’autre mais timidement il avait pris sa main et elle l’avait serrée, reconnaissante peut-être.
C’est alors qu’il lui parlait de cette créature difforme, mélange de plusieurs espèces qu’ils furent abordés… par le père de la jeune femme. Tristan s’était figé quand l’homme s’était approché, ses muscles se crispant comme s’il pensait à un étranger qui voudrait du mal à la jolie jeune femme. Mais il était totalement à côté, ce n’était qu’un père inquiet et soulagé de voir sa fille « entière ».
Il parla et Tristan pâlit, se tenant en retrait alors que la jeune femme devait essuyer l’affection de son père et son soulagement justement.

Avant d’avoir pu se rendre compte de quoi que ce soit, ils étaient tous les deux poussés vers la chambre de la mère de la jeune femme qui se raccrochait au Drakkari comme saisie d’une crainte, comme si elle avait besoin qu’une fois de plus, il la rassure.

Marilyn fut ravie de voir sa fille et elle semblait plutôt en forme. A croire que les écailles du dragon rouge étaient franchement efficaces, bien plus que ce que les légendes prétendaient. Tristan fit un sourire timide alors qu’il semblait clair que la jeune femme se faisait un peu… beaucoup sermonner même si c’était normal de la part de parents inquiets justement. Le seul hic ? On le connaissait aussi. Déjà la première fois, il avait fait une drôle de tête en voyant que Jordeth connaissait son nom mais que celui-ci soit répété et qu’on l’associe à Cassy… Euh… euh… c’était quand même un peu… étrange !!! Aller bien ? Entre eux deux ? Bah euh… oui, pourquoi ça n’irait pas.
La suite l’éclaircit un peu plus sur le sous-entendu jusqu’ici obscur.

Une joie sincère dans les yeux d’une maman alors qu’elle parlait de… fiançailles. Tristan se crispa violemment, pâlissant un peu plus. Ah oui sauf que… apparemment on parlait de lui. De lui et Cassidy. Euh… QUOIII ????!!!!
F… fiançailles ?!!!! Tous les deux ?! Mais c’était quoi cette histoire ?!!!
Tristan avait ouvert la bouche, perturbé mais la suite fut pire alors qu’on parlait d’enfants… d’enfants qu’ils auraient tous les deux. Pendant un bref instant, il avait cru que la langue de la mère de la jeune femme avait fourché, qu’un mot mal prononcé avait fait qu’il croyait qu’elle parlait de lui en tant que fiancé alors qu’il s’avérait qu’il s’agissait d’Erwan. Mais la suite ne laissait aucun doute. Il était un peu le seul Drakkari dans les connaissances proches de jolie demoiselle, impossible de ne pas comprendre !!!
Prenez votre temps… Ils étaient censés… prendre leur temps.

Tristan devint encore plus pâle. Sa main qui serrait celle de Cassidy s’était mise à trembler alors qu’il semblait désemparé.
La mère de Cassidy insistait, le questionnant, voulant en savoir plus. Sur Cassidy, sur le travail, sur l’Académie, sur leurs activités, sur les fiançailles qu’elle s’obstinait à voir entre eux, sur leur relation… Il aurait pu croire qu’elle avait été sonnée par l’attaque, mais comme son mari l’était aussi, il aurait pu croire que c’était un effet secondaire de ses écailles. Mais Cassidy était juste très rouge, très gênée, pas conciliante, pas juste en train de sourire comme l’aurait fait une gentille fille face à une petite crise hallucinatoire de ses parents. Ils ne zozotaient pas. Ils y croyaient.
Malheureusement pour eux, le garçon fut honnête. Plus ou moins. Il se libéra de la main de Cassidy, tremblant légèrement, fixant le sol avec un mélange de honte et de tristesse.

- … je… je ne sais pas… je… J’ai eu un accident il y a plusieurs mois… je… j’ai perdu la mémoire, totalement… j’ai rencontré cassy il n’y a que peu de temps. Je …je ne… je ne sais pas qui vous êtes, je… d… désolé !

Il se retourna et sortit en trombe de la chambre, les plantant tous les trois là avec une révélation dure à digérer et qui allait nécessiter quelques informations minimales de la part de la jeune mage.
Mais celle-ci, si elle répondit un minimum chercha surtout à rattraper le Drakkari qui était parti décidément trop vite. Une infirmière l’informa qu’il était parti en courant dehors, qu’il semblait pressé. Elle sortit à son tour mais le jeune homme avait déjà disparu. Elle chercha un peu autour du centre mais dut bien vite se résigner malheureusement… Une fois de plus. Une fois de plus… Elle devait être triste, avoir mal, être en colère parce que des larmes dansaient dans ses yeux, pourtant c’est une voix bien connue qui l’interpella.

- Ca… Cassy ? Ca va ?

C’était Tristan, l’air surpris et inquiet de la trouver à l’extérieur ainsi, échevelée et inquiète. Elle semblait vraiment surprise de le voir et il la sentit sur le point de craquer, s’approchant rapidement d’elle pour la soutenir, la prenant dans ses bras pour la ramener à l’intérieur avant de l’inciter à s’asseoir sur une chaise.

- Eyh ! Ca va ? Tu es vraiment pâle…

Elle ne semblait guère cohérente, se contentant de serrer sa main avec bien trop de force pour qu’il ne sente pas la tension qui l’agitait. Elle avait peur, elle avait mal, elle murmura qu’elle croyait qu’il était parti… Et le jeune homme lui prouva une fois de plus qu’il avait changé, un peu, qu’il s’améliorait…pour peut-être un jour, devenir ce garçon fort et fiable sur lequel elle pourrait toujours compter.

- Bah… oui, je suis parti. Attends…

Il farfouilla dans sa sacoche et en sortit un sac toile décoré de fleurs qu’il ouvrit pour en sortir… un biscuit… et il semblait y en avoir tout une sacrée panoplie à l’intérieur. Penaud, comprenant qu’il l’avait inquiétée, il lui fit un sourire timide.

- Euh… je me suis dit que tu devais avoir faim et que… ça te remonterait un peu le moral après toutes ces émotions et que… tu aurais sans doute envie et besoin de parler un peu avec tes parents alors… partager des biscuits avec eux, ça pourrait être bien, enfin… je… je ne me suis pas enfui Cassy… je ne t’ai pas abandonnée… tu… tu le vois, tu le sais, n’est ce pas ?

Sa voix était étrangement suppliante alors qu’il lui demandait confirmation. Il effleura son visage du bout de ses doigts puis se redressa alors qu’il était accroupi devant elle, se redressant pour déposer un baiser sur le bout de son nez, un autre sur son front, ses joues, la ligne de sa mâchoire, son cou… inexorablement attiré par elle. Il dut se faire violence pour se reculer et ce ne fut franchement pas simple. Prenant ses mains, il les serra.

- Cassy… je… je ne te poserai pas de question sur ce qu’ils ont dit, sur ce qui s’est passé… sur… nous deux. Je ne t’infligerai pas ça… mais si tu veux parler avec moi, tu as le droit et surtout tu DOIS le faire. Je suis là, d’accord ? Et… je… je comprends mieux. Je ne te laisserai pas tu sais, non, je ne te laisserai pas…

Il la pressa contre lui et l’incita à retourner auprès de sa famille, à être près d’eux, à profiter de leur présence. Il lui jura que pour sa part, il ne ferait que se reposer dans la salle d’attente, ne voulant pas imposer sa présence. Mais il restait disponible. Quand elle vint enfin le rejoindre, bien plus tard, elle avait les yeux rouges, comme si elle avait pleuré. Etait-ce devant ses parents ? S’était-elle révélée un peu, confiée ? Ou avait-elle pleuré seule, en silence, dans un coin…
Dès qu’il la vit ou plutôt l’entendit et la sentit arriver, il se redressa et elle trouva toute la chaleur et la sécurité entre ses bras, nécessaire à ce qu’elle aille mieux. Ils discutèrent de beaucoup de choses, de bêtises, de sujets incohérents mais aussi… de choses sérieuses… Il ne la força pas à lui avouer quoi que ce soit, se contentant de la bercer, la gardant contre lui. Ils finirent par somnoler tous les deux, elle finissant allongée sur le beau jeune homme vautré sans état d’âme sur un canapé.

Quand elle se réveilla, elle avait pris une décision apparemment et elle décida de lui en faire part alors qu’il se crispait malgré lui. Il déclara lui faire confiance et sourit quand elle lui confia ce qui semblait être le plus précieux à ses yeux. Fiançailles… les parents avaient parlé de fiançailles, se pourrait-il que cette bague qu’elle gardait malgré tout avec elle alors qu’elle s’éloignait de lui soit… un signe qu’il n’avait pas su voir ?
Alors qu’ils allaient partir, être séparés après s’être assurés que tout irait bien pour les parents de la jeune femme, elle, restant un peu avec eux alors qu’elle lui demandait de rentrer à la cité, ceux-ci voulurent parler au grand jeune homme qui accepta…

Ils étaient inquiets pour Cassidy, comme tous parents aimant capable de voir que leur fille n’était pas si en forme que ça, qu’elle avait beaucoup souffert et ayant malgré tout, grâce au jeune homme mit une raison sur ces silences prolongés ces derniers mois. Ce n’était pas leur faute… elle avait juste mal… et avait décidé de souffrir seule dans son coin. Ils s’en inquiétaient bien sûr, ils parlèrent un peu et l’intérêt et la passion réels que le jeune homme semblait avoir pour sa compagne eurent tôt fait de les rassurer sur certaines choses que les deux jeunes gens semblaient peiner à voir par eux-mêmes. La mémoire faisait défaut peut-être, les sentiments par contre…

Tristan finit par rentrer à l’Académie mais le dernier sourire, le dernier au revoir qu’il eut pour Cassidy fut accompagné d’un élan de courage, d’un baiser, bref mais bien présent, juste simple effleurement mais certainement pas… un accident.
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Cassidy Herediane
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MessageSujet: Re: Un voyage pour apprendre à mieux se re-connaître ?   Sam 14 Déc - 22:50

Comment pouvait-on basculer aussi rapidement de la joie à la douleur ? Tout avait commencé avec la lecture de ce journal, de cet accident qui concernait ses parents. Et depuis la soirée sous les étoiles, magique, il fallait dire que la jeune femme devenait de plus en plus fragile, de plus en plus sensible. Comme si toutes ces choses, ces rapprochements puis cette distance, ces coïncidences et allusions, la tourmentaient bien plus que n’importe quoi d’autre.

Il n’en fallait pas plus pour qu’elle finisse par exploser, ou du moins, ne soit pas loin de le faire. Car pour un peu qu’on s’en prenne à ses proches et là elle devenait complètement instable. Et les éternelles questions qu’elle se posait au sujet de Tristan ne lui permettaient pas d’aborder cette nouvelle crise sereinement. Trop de questions mais pas vraiment de réponses.

Tout s’enchaîna très rapidement, la visite au centre de guérison, l’arrivée assez fracassante de Tristan, ces Kaärs qui cherchaient à leur faire du mal. Trop de choses, trop de souffrances qui rendaient la petite mage complètement folle. Elle avait eu peur, très peur. Croyant être impuissante, incapable d’utiliser sa magie pour le soigner, pour le guérir. Craignant de le voir divaguer et rendre son dernier soupir dans ses bras. Elle n’avait pas vu ce qui s’était passé mais un seul mot incitait la haine dans le cœur de la demoiselle. Kaär… Elle voulait vraiment les anéantir, elle voulait vraiment les voir disparaître et une petite jeune comme ça, lorsqu’elle se laisse guider par ses sentiments, peut commettre des actes complètement stupides.

Mais heureusement, il avait l’air d’aller bien. Elle fut la première surprise de voir ses blessures disparaître et lorsqu’il s’endormit paisiblement, la demoiselle se mit à sourire doucement, caressant ses cheveux et son visage, ne croyant qu’à peine à ce miracle. Sa magie régénératrice fonctionnait à nouveau ? Comment ? Pourquoi ? Elle n’avait jamais réussi à le soigner la première fois, lorsqu’il avait prit un coup mortel par le capitaine Cheistam, lui transférant toute l’énergie dont elle disposait, uniquement pour ne pas le voir mourir. Alors qu’est ce qui avait changé cette fois ? Comment ça se fait qu’il pouvait aussi rapidement guérir avec uniquement un baiser ? Le savait-il ? Est-ce que cela faisait parti de son secret ?

Tristan finit par se réveiller et on leur conseilla d’aller dans une salle d’attente. C’est avec des gestes très précautionneux, doux, que la demoiselle l’aida à se déplacer, avançant très lentement pour éviter les vertiges, tenant un de ses bras avec beaucoup d’attention. Mais lorsqu’ils arrivèrent dans la salle d’attente et qu’elle s’assit sur le canapé à côté de lui, la tristesse se lisait sur le visage de la petite mage. Et elle fit de surprenantes révélations, lui déclarant qu’elle avait eu très peur pour lui et qu’il ne devrait jamais recommencer ou du moins devenir plus fort pour ne jamais en mourir. Oui elle avait très peur des Kaärs. Avant, elle s’en fichait et mettait constamment sa vie en danger sans aucune considération. Mais là ils étaient deux… et Tristan avait beaucoup plus d’importance aux yeux des Kaärs qu’Erwan. Elle avait lentement secoué la tête, s’était collée contre lui.

Douces révélations, ardeur et intensité dans ses paroles. Elle désirait qu’il devienne plus fort, qu’il ne se laisse plus atteindre. Que serait-elle devenue sans lui ? C’était lui… Ce n’était pas Erwan… Il l’impactait beaucoup plus que l’archer et c’était vraiment effrayant de le savoir, de l’apprendre. Elle commençait à comprendre. Cette peur qui l’animait pour lui, ses frissons de crainte. De plus, c’est presque involontairement qu’elle failli prononcer quelques paroles qui ne devraient pas être prononcées, du moins pas tout de suite. Elle se rattrapa, manquant de rougir.

Puis, le jeune homme la porta tout contre lui, la serrant contre son torse tout en faisant attention à ses blessures. Fermant paresseusement les yeux, la petite mage se laissa bercée, par ses mots, par ses paroles. Il lui expliqua alors ce qui l’avait retenu et il n’avait pas tort. Mais cela lui avait quand même valu quelques blessures et pas des plus petites. Et elle ne voulait pas qu’il se blesse autant, elle ne voulait pas que son corps soit débordé par toute cette violence. Il prononçait son surnom… son petit surnom affectueux comme avant… oui comme avant… comment pouvait-il se rappeler de ce mot là ? Comment pouvait-il… Elle n’en savait rien.

Il disait qu’elle était magique, que tant qu’elle voudrait de lui il serait là. Un triste sourire apparut sur le visage de Cassidy. Ne pouvait-il pas comprendre qu’il finirait par la détester comme les autres dragons ? Pourquoi ne voudrait-elle pas de lui ? Peu importe ce qu’il avait fait, ça ne valait pas un éloignement ! Mais elle… elle était sûre et certaine de ne pas le mériter. De ne pas être acceptée… parce qu’il ne pouvait pas accepter cette partie d’elle, c’était contre nature, très dangereux. Bien sûr elle voulait de lui mais restait égoïste. Ne le mettait-elle pas en danger à chaque fois ? A chaque fois qu’elle réclamait sa présence, son attention ? Plusieurs fois elle avait tenté de s’éloigner de lui mais c’était bien trop dur parce qu’au final, il l’attirait…

Puis, enfin, il assura devenir plus fort, pour pouvoir la protéger. C’est ce qu’elle attendait… mais il devait aussi se protéger lui-même car elle ne supporterait pas le perdre à nouveau. La demoiselle frémit quand il déclara voler à son secours sans faire état de ses blessures et elle n’était pas sûre d’être complètement convaincue. Si il se vidait de son sang, il ne pourrait jamais la rejoindre. Et il n’avait pas besoin de tout sacrifier pour devenir plus fort… il devait rester lui… seulement lui et pas chercher à apprivoiser de mauvaises forces. Mais elle espérait qu’il réagirait bien.

Ses petites caresses, ses rapprochements, faisaient beaucoup de bien à la demoiselle. Sa chaleur lui donnait un peu envie de dormir, de se détendre. Elle était dans ses bras, inspirait son odeur, son parfum qui lui donnait cette identité. Il ne voulait pas qu’elle perde sa magie, que c’était son identité… mais il y avait aussi une mauvaise identité, qu’elle peinait à faire partir, à chasser. Et puis il y avait également autre chose, qu’elle ne pouvait pas lui dire tout de suite. Son cœur cogna dans sa poitrine quand il annonça que ces sentiments étaient réciproques alors qu’elle serra doucement son bras, tremblant un peu. Et si… et si tous les deux… elle devrait lui dire… maintenant ! Oui mais ça n’était pas correct pour Erwan et elle devait bien faire les choses.

Tristan se mit à chanter alors, la berçant. Les effets de la potion se dissipèrent, tout comme l’instabilité de sa magie. Il avait raison, elle avait besoin de lui… encore plus aujourd’hui, il était le seul à avoir une influence assez grande pour maîtriser sa magie. Elle ne savait pas si c’était un truc de dragon ou simplement lui. Elle ne savait pas comment il arrivait à changer la polarité de son énergie, à la rendre plus vivante, plus apaisée et oublier toute sa haine, toute sa colère. Tout simplement parce que c’était lui mais il était peut être trop tôt pour le dire, trop tôt pour en parler et l’affirmer.

Elle ferma les yeux, s’assoupissant un instant dans ses bras, heureuse, reposée. Cette proximité, elle la rêvait. S’emparer de ses lèvres comme si tout le reste n’était qu’un vilain cauchemar… et elle venait même à penser des choses, des rêves ou même peut être des projets si tout finissait par s’arranger.

Finalement, ils se levèrent et si au départ ils marchaient côte à côte, la jeune femme finit par sentir la main du Drakkari chercher la sienne. Elle leva la tête vers lui, se mit à sourire, et la serra un peu plus dans la sienne, comme à chaque fois qu’elle appréciait ce contact. Mais Tristan n’eut pas le temps de tout lui expliquer puisque le papa de la demoiselle venait de lui sauter dessus, la sermonnant à moitié. Cassidy se sentait extrêmement mal à l’aise. Ils n’hésiteraient pas à poser des questions gênantes et maladroites. Mais dans un sens, heureusement qu’elle n’avait pas parlé d’Erwan même si ça ne devait pas être très gentil pour le pauvre archer qui se sentait proche d’elle. Son petit ami oui.

Jordeth les conduisit au chevet de Marilyn et les deux se conduisaient toujours aussi… chaleureusement avec le Drakkari. Ils le connaissaient oui et ça Cassidy n’était pas sûre de vouloir imposer cette scène à Tristan. Complicité de la part du père, malice de la part de la mère et toujours cet air, cette impression de lui donner une place dans la famille. Pauvre Drakkari qui ne se rappelait de rien. Lorsque Marilyn prononça le mot fiançailles, Cassidy eut à peu près la même réaction que Tristan, sauf que cette dernière devint extrêmement rouge, bafouant des mots qui n’avaient pas de sens, voulant contester mais ne savait absolument pas comment s’y prendre. Un peu rapide les fiançailles alors qu’ils venaient de se retrouver ? Et surtout qu’elle était encore avec un autre ! Il ne fallait pas l’oublier.

Puis Jordeth fit tomber la goutte d’eau de trop dans le vase lorsqu’il parla d’enfants. Euh… n’étaient-ils pas un peu jeunes encore pour ça ? Et profiter de la vie ! Bien sûr parfois Cassidy avait une certaine curiosité, être aux côtés de Maud ces derniers jours devaient agir sur ses hormones, rappeler un certain instinct maternel, peut être l’envier en voyant la belle dame si rayonnante à l’idée d’avoir un enfant. Mais heu… avec Tristan ?! Déjà les Drakkaris abandonnent leur compagne à la naissance de l’enfant et ça… bah elle ne voulait pas trop en profiter et en plus… elle ne savait pas, dans ce contexte, et surtout avec cette histoire de magie, n’était-ce pas un peu dangereux ? Et puis en plus, cela l’émerveillait autant que cela l’effrayait, sans savoir réellement pourquoi.

Elle demandait leurs projets, ce qu’ils comptaient faire. Et ce n’est pas Cassidy qui sauva la mise au pauvre Drakkari ! Si d’habitude il avait toujours été très à l’aise, cherchant à éviter à la demoiselle une certaine gêne, cette fois là, il n’arriva à rien à part dire très maladroitement la vérité, avant de fuir encore une fois, certainement sous le choc des révélations. Il était très mal à l’aise, laissant une pauvre demoiselle toute seule face à des parents qui la fixait avec des yeux ronds sans comprendre. Grimace ou sourire gêné qu’elle s’efforçait de maintenir en levant les mains devant elle pour dire quelques mots.

« Heu… Excusez le il est un peu chamboulé à cause de son accident mais ça va… je vais voir si tout va bien »

Puis elle sortit à la suite de Tristan sans laisser le temps à ses parents de réagir, de la retenir. Cassidy marchait d’un pas rapide dans les couloirs, devenant de plus en plus pâle alors qu’elle cherchait du regard le beau Drakkari qui s’était encore enfui. Une douleur… elle était peinée, un peu déçue et ne savait pas vraiment comment réagir. Trop d’émotions se jouaient dans son cœur alors qu’elle continuait de le chercher sans le trouver.

Elle se retrouva à l’extérieur, surveillant les personnes qui rentraient et sortaient mais sans apercevoir Tristan. Son visage se décomposa. Il était… parti ? Encore une fois… il l’abandonnait… il la laissait seule ici maintenant que tout allait bien. La demoiselle ramena un poing vers son cœur, ses yeux devenant brillants alors qu’elle les fermait et se détournait des passants pour ne pas montrer son malaise. Seulement, une voix familière parvint à ses oreilles. Elle se retourna, ouvrit grand les yeux de surprise en apercevant Tristan qui lui demandait si ça allait. Elle ne répondit pas, baissant la tête sans dire un seul mot, tremblante, n’ayant pas la force de parler. Il la prit dans ses bras pour la ramener à l’intérieur et l’installer sur une chaise alors que la demoiselle ne réagissait pas pour autant. Il lui demandait si ça allait, elle bredouilla, serrant sa main un peu plus fort, murmurant qu’elle pensait qu’il était parti.

Il confirma mais à sa grande surprise, mit la main dans sa sacoche, sa fameuse sacoche qu’elle lui avait offert, pour en sortir un petit sac contenant des biscuits. La demoiselle ouvrit de grands yeux, bouche bée, sans vraiment comprendre alors qu’il parlait pour elle. Il lui prononça quelques mots, certifiant qu’il ne l’avait pas abandonné cette fois là. Un baiser sur le nez, telle une petite caresse. Cette fois ci ce fut lui qui lui demanda de parler, de se confier si elle en avait envie mais qu’il ne la forcerait pas. La jeune femme le regarda droit dans les yeux, hésitante mais en même temps de plus en plus convaincue de ce qu’elle devait faire. Il l’attendait… il lui laissait le temps… il ne la forçait pas… alors elle devrait se montrer à la hauteur.

La jeune femme prit les biscuits en le remerciant puis partit dans la chambre de ses parents, s’efforçant de sourire, comme à son habitude, leur tendant timidement les biscuits.

« En fait il était juste parti chercher des biscuits pour qu’on se les partage c’est tout »

La maman prit un des biscuits, le sourire aux lèvres.

- Il a peut être perdu la mémoire mais c’est toujours un adorable garçon. Comment te sens-tu ? Pas trop triste ?

« Ca va j’ai fini par me résigner. Mais au final il est toujours un peu le même malgré ça… »

- Tu ne lui as pas dit pour vous deux ?

« Hum je prends mon temps… »

- Dépêche toi ou c’est une autre qui lui sautera dessus… moi à ta place je n’aurais pas hésiter !

« C’est plus compliqué que ça maman je ne veux pas le brusquer et je ne sais pas comment il va réagir. »

- Allons Marilyn laisse là tranquille avec ça, ils sont grands quand même…

Marilyn se mit à grogner, comme quoi sa petite fille semblait manquer de confiance malgré tout ce qu’elle devait éprouver pour le Drakkari puis déclara que la jeune mage devrait venir leur rendre visite plus souvent, qu’elle avait l’air d’avoir maigri et qu’elle espérait que ce n’était pas à cause d’un certain Drakkari. Cassidy décida de prendre congé, déclarant qu’elle avait des choses à faire, après avoir partagé les derniers biscuits.

Elle s’était collée contre un mur d’un couloir peu fréquenté, regardant le plafond, les yeux humides. Tristan… oui elle devrait lui dire mais… elle avait tellement peur de le perdre à nouveau, peur que les Kaärs cherchent à lui faire du mal. Elle s’était promis de ne pas intervenir, de lui faire confiance mais apparemment tant que les Kaärs auraient une longueur d’avance sur lui, jamais il ne pourrait faire pencher la balance. Elle allait devoir agir et pas qu’un peu. Mais acceptait-elle de devoir bafouer sa fierté et sa dignité pour cet homme ? Acceptait-elle de prendre des risques énormes en craignant de se faire blesser ? La demoiselle serra lentement le poing, c’était nécessaire et elle devait réussir.
Puis, elle reprit son chemin, retournant près de Tristan qui l’accueillit dans ses bras dans lesquels elle se jeta sans se poser de questions. Elle en avait besoin, très besoin tout en se serrant contre lui puis se décollant un peu, elle lui fit un beau sourire.

« Tes biscuits étaient très bon merci ! »

Elle s’installa à côté de lui sur le canapé, puis prit sa main dans la sienne en la caressant doucement, l’air perdu dans ses pensées. Silencieuse, elle finit par prendre de nouveau la parole, d’une voix douce, un peu hésitante mais cherchant un peu d’assurance.

« Au fait… je te parlerais… de tout ce que je ne t’ai pas dis au sujet de moi… de nous… mais il me fait encore un tout petit peu de temps… Je suis peut être un peu égoïste, je ne voulais pas te dire parce que j’ai peur de ce que tu peux penser, j’ai peur que tu me repousse, et j’ai peur de te faire du mal avec ce que j’ai en moi… même si je n’en ai pas envie. Non ne dit rien ! Attends de savoir avant de prendre une décision. Voudras-tu de moi ? Parfois je me dis que ça ne saura pas le cas mais je pense qu’il serait temps que j’arrête d’ignorer tout ça… et que tu sois conscient. Y a que comme ça que toi et moi on pourra… avancer ou… autre chose… »

Il l’écouta patiemment puis elle s’allongea sur lui et s’endormit, encore hésitante sur la lourde tâche qui l’attendait au final. La demoiselle dormit un peu, un beau sourire sur le visage, limite bavant sur le torse de son compagnon avant de rouvrir doucement les yeux, de cligner des paupières et le regardant. Oui elle devait le faire… pour lui… elle ne serait pas tranquille avant ce moment. La demoiselle s’étira lentement puis se fit plus sérieuse.

« Bon écoute… je vais devoir rentrer à l’académie, j’ai des choses à régler mais ne t’inquiète pas je vais revenir, je n’ai pas l’intention de partir sans revenir… fais moi confiance… tiens ! »

D’un geste elle enleva sa chaîne de son cou et prit un objet qu’elle posa dans sa main avant de refermer les doigts du Drakkari sur celui-ci et le regardant avec insistance dans les yeux.

« Cette partie de mon pendentif a beaucoup de valeur pour moi, donc je reviendrais le chercher, quoiqu’il arrive. Je te demande juste de le garder en attendant que je finisse ce que j’ai à faire. »

Elle se rapprocha un peu de lui et frôla ses lèvres des siennes, dans un geste qui sonnait comme une promesse, quelque chose d’important pour elle. Puis elle déclara passer voir ses parents une dernière fois pour leur dire qu’elle partait et s’assurer qu’ils allaient bien. Mais c’est une toute autre requête qui l’attendait alors que les parents fixaient leur fille. Ils voulaient parler à Tristan.

Sortant de la pièce, Cassidy l’annonça au beau Drakkari qui rentra à son tour. Marilyn était toujours adossée contre un oreiller sur son lit alors que Jordeth croisait les bras d’un air entendu. Ce fut lui qui prit la parole.

- Bon… Cassidy nous a un peu expliquer la situation mais elle a toujours cherché à embellir les choses pour ne pas qu’on s’inquiète pour elle. Mais dis-nous Tristan, malgré tout ce qui s’est passé, est-ce que tout va bien ? Que ressens-tu pour elle ?

Le jeune homme s’expliqua et s’étendit sur le sujet, une réponse qui satisfaisait les parents alors qu’il sortit de la pièce. Cassidy attendait Tristan dehors et alors qu’ils allaient se séparer, à sa grande surprise, ce fut lui qui vint déposer ses lèvres sur les siennes, charmant comme à son habitude alors que la demoiselle tremblait un peu. Mais elle devait être forte alors qu’elle le regardait s’éloigner de son côté, décidant pour sa part utiliser les transporteurs magiques pour se déplacer.

Mais plutôt que de se rendre tout de suite à l’académie, elle emprunta un autre chemin, beaucoup plus dangereux, le regard fermé, le pas assuré alors qu’elle marchait.

« Ne te mêle pas de ça s’il te plaît… je sais ce que j’ai dis… je sais que je devrais lui faire confiance mais là ce n’est pas juste… ils peuvent lui tendre un piège à tout moment, se servir de moi… si il se passe quelque chose alors ça n’ira pas avec Tristan et j’ai peur qu’il devienne incontrôlable. »

Elle hocha la tête d’un air grave.

« Je sais que je me jette dans la gueule du loup mais je n’ai pas d’autre choix. Si je n’ai pas cette assurance, alors j’échouerais… je fais ça pour lui… »

Marchant un petit moment, elle arriva dans une ville où elle acheta quelques affaires avant de continuer son chemin. Un petit sac qui contenait des composants de magie. Elle se dirigea vers une forêt et confectionna une sorte de barrière invisible aux regards extérieurs pour être tranquille. La demoiselle avisa un terrain terreux et plat. Elle prit un bout de bois et traça des lignes au sol, une sorte de pentacle un peu mystique. Puis, la petite mage sortit les composants de sa sacoche, des cristaux, une sorte de feuille un peu trop épaisse pour être normale, une brindille, une écaille et les lança à chaque bout de son pentacle.

Les traits s’illuminèrent d’un rouge brillant alors qu’elle joignit ses mains l’une contre l’autre, fermant les yeux, le vent dansant dans ses cheveux, prononçant quelques paroles alors que de la poussière dansait autour d’elle.

« J’invoque les esprits d’Ascadian, les vents du Nord et la volonté des anciens. Guidez moi à travers mon chemin et montrez moi cette personne que je cherche. Conduisez moi à elle, par la grâce des sept constellations du soleil »

Elle se mordit le pouce alors qu’un peu de sang s’échappa, sang qu’elle imprima sur cette feuille un peu dure devant elle. Le vent semblait chuchoter, les arbres semblaient parler, la forêt s’agitait alors qu’une épaisse fumée noire apparut autour d’elle puis une image au milieu, un vol en accéléré qu’elle visionna à travers la forêt, les rivières et les champs. Le paysage changea, devenant plus marécageux, lui montrant un campement renforcé et très bien gardé. Au milieu, penché sur une carte, se tenait un homme. Le vilain chef des Kaärs. La feuille trembla et imprima le chemin à suivre.

Cassidy annula la magie et rangea ses affaires. Elle se remit en route.

Lorsqu’elle arriva près du campement, elle décida de poser ses affaires dans le creux d’un arbre, pour les récupérer plus tard, puis enfila une robe très peu couvrante, dévoilant son dos. Elle prit la peine de relever ses cheveux pour qu’on vérifie le tatouage qui la faisait passer pour une fille de joie, une fille de nuit, qui n’était là que pour satisfaire les hommes.

Puis elle accrocha une petite médaille à sa chaîne, avant de marcher d’un pas assuré vers le campement. Bien évidemment, elle avait également utilisé une illusion, qui rendait ses cheveux noirs, des yeux d’une couleur entre le gris et le brun, mais un air toujours aussi charmant, aussi Cassidyen. Deux hommes montaient la garde et sortir leurs armes en entendant du bruit.

- Halte qui va là !

« Bonsoir Messires… On m’a informé que je devais me joindre à vous pour ce soir… ordre de mon patron… je suis venue pour satisfaire vos désirs »

Regard de séduction, attitude très féminine et sexy, démarche chaloupée et beau décolleté, elle savait s’y prendre la demoiselle pour arriver à ses fins.

- Comment ? Mais nous n’attendions personne…
- Oh c’est bon on peut bien faire une exception non ? Refuser une telle beauté ça ne se fait pas. Passez donc


Il avait un de ces regards pervers, ne se gênant pas pour la détailler de tout son soûl, se promettant certainement d’abuser de la petite demoiselle dans la soirée. Et en effet, à peine arrivée sur le campement, la jeune femme eut toute l’attention de ces Messieurs qui la regardait d’un air lubrique, comme le petit agneau égaré dans la taverne du loup. Ils étaient en plein repas, certains chantant, d’autres buvant.

Sans faire de commentaire, la demoiselle se dirigea vers le tonneau qui abritait le vin et tapota sur sa bague qu’elle avait enfilé un peu avant pour déverser les gouttes d’une mixture un peu spéciale. Puis elle remplit des cruches qu’elle posa sur un plateau avant de faire le tour et s’assurer que tout le monde aurait de quoi boire alors que les hommes, conquis, la regardait faire, certains ne se gênant pas pour faire des commentaires.

La soirée était bien avancée et Cassidy se mit alors à danser devant le feu de camp, une danse bien sensuelle, attirant le plus insensible des hommes. Le chef des Kaärs venait de sortir de sa tente et fixait la petite mage qui continuait de danser tout en se rapprochant de lui. Il fronça les sourcils, n’ayant pas passé de commande. Mais il est vrai que la petite était fort tentante et charmante. Il examina ses formes, alors qu’elle se rapprochait encore plus de lui, mystérieuse, lui tournant autour. Regard énigmatique et sensuelle, le chef des Kaärs était conquis puis leva la main pour lui demander d’arrêter de danser et la conduisit dans sa tête.

- Toi ! Viens avec moi…

Elle obéissait sagement même si elle était révoltée. Son cœur battait vite et elle aurait eu l’occasion d’en finir avec lui. Mais il y avait trop de gardes et même si l’homme était conquis, cela ne l’empêchait pas d’être attentif à ce qui se passait. Et pendant toute la durée de ses actions, Cassidy se détesta, s’écoeura. Parce que ça n’avait rien mais absolument rien à voir avec Tristan et Erwan.

Le chef s’était emparé d’elle avec une force sauvage, sans y mettre de douceur, de tendresse. Il lui avait enlevé rapidement sa robe, se collant à elle, très énergique alors qu’elle se sentait complètement prise au piège. Et elle devait jouer la comédie, serrant des dents, supportant les moindres coups de bassin alors qu’il prenait apparemment bien son pied, mimant apprécier le moment. Il lui fit faire des choses horribles, ne lui laissant aucun répit, aucun moment de pause. Et elle se força encore plus, tentant de penser à Tristan, tentant de penser que c’était pour son bien, qu’elle était obligée de faire tout ça.

Beaucoup plus tard dans la nuit, il avait terminé mais cela semblait avoir duré une éternité pour la pauvre demoiselle tremblante qui avait désormais mal partout… se demandant si un jour Tristan lui pardonnerait ce qu’elle venait de faire. Très discrètement, elle sortit une aiguille qu’elle agrandit de son médaillon, une aiguille dont elle avait pris soin d’enduire d’une mixture comme celle utilisée pour les autres, une mixture qui lui ferait totalement oublier Tristan, oublier qui il était et ne chercherait plus à le poursuivre.

Elle regarda l’homme répugnant qui dormait dans son lit et enfonça d’un geste sec et précis l’aiguille dans son bras, attendant que la mixture se répande avant de la retirer doucement et la faire disparaître de sa main. La jeune femme soupira. Maintenant elle devait partir avant qu’il ne se réveille, trop écoeurée, trop dégoutée de ce qu’elle venait de faire.

Mais alors qu’elle allait partir, elle fut arrêtée par un garde qui patrouillait devant la tête et qui parlait à voix haute.

- Où crois-tu aller comme ça ? Notre chef n’aime pas que ses femmes disparaissent.

« Il a dit que je pouvais y aller alors… »

Le garde ne semblait pas la croire et parlait toujours fort alors qu’elle tentait de s’expliquer. Mais ce qui la fit se glacer sur place, c’était l’homme qui sortait derrière de la tente, une main sur la tête et grimaçant.

- Petite garce ! Que m’as-tu fais ?! Tu vas le regretter crois moi !

Les effets secondaires de la mixture commençaient à faire effet, un gros mal de tête et une petite faiblesse passagère. Il attrapa son bras sans ménagement, manquant de lui tordre et la plaqua tête contre une table à l’extérieur.

- Alors que voulais-tu faire ma mignonne ? Pour qui travailles tu ? Les petites garces de ton genre ne sont rien… absolument rien ! Estime toi heureuse d’avoir pu profiter d’un moment de plaisir parce que tout ce que tu auras pendant le reste de ta vie, ça sera un trottoir… sans famille sans ami. Ou peut être que je devrais te défigurer un peu pour t’apprendre l’obéissance… c’est vrai j’avoue que j’ai bien profité hum…

Il manquait de l’étouffer alors qu’il réfléchissait.

- Apportez moi un fouet !

Un de ses hommes lui en tendit un alors qu’un petit attroupement commençait à se former autour d’eux. D’un geste, il déchira sa robe, la laissant nue aux yeux de tous, humiliée. Mais alors qu’il levait le fouet pour l’abattre sur le dos frêle de la demoiselle, un grondement terrifiant se fit entendre…
Le sommeil commençait à se lever à peine alors que Cassidy avançait très difficilement. Elle venait de récupérer ses affaires et par chance, n’avait pas été blessée. Physiquement non… mentalement oui… Parce que la jeune femme s’était réfugiée dans une petite caverne adossée contre le mur, se détestant encore plus de ce qu’elle venait d’accomplir. Elle avait détesté… elle était traumatisée. Pourrait-elle seulement coucher de nouveau avec un homme après ce qui s’était passé ? Ca elle l’ignorait…

Plusieurs jours étaient passés. Des jours où elle ne bougea pas vraiment, se nourrissant de poissons et de fruits des bois. Et puis elle avait réussi à se redresser, chassant de son esprit ce cauchemar, cette scène humiliante pour la fin de ses jours, et se rendit à l’académie. Au moins, Tristan était en sécurité maintenant… plus personne ne savait qu’il existait encore qu’il était en vie. Elle était forte même si ces paroles l’avaient marqué, elle était forte, capable de se cacher, de faire comme si tout allait bien. Elle DEVAIT être forte.

Elle rentra très discrètement mais ce fut un Erwan complètement inquiet qui se jeta sur elle en murmurant son surnom, la serrant dans ses bras.

- Cassyyyyyyyyyy ! Mais où étais-tu donc passée ? J’ai eu tellement peur pour toi ! Ca va ? Tu n’as rien ? J’aurais du t’accompagner ! Ne refais jamais ça tu m’entends ? J’ai vraiment eu peur qu’il t’était arrivé quelque chose ! Que… Wha… t’as eu ça où ?

Il venait de se rendre compte de sa tenue cavalière, celle confectionnée par Maud. La détaillant très précisément, enlevant son manteau, alors que Cassidy devint un peu rouge.

« Une amie me l’a offerte… »

- Vraiment ? Ca te va vraiment bien, on dirait qu’elle a été confectionnée pour toi… Bon ne reste pas là ! Va te reposer, prendre une douche, je vais préparer un truc pour ce soir et tu me raconteras tout ça d’accord ?

Il était vraiment craquant, souriait comme si de rien n’était. Il l’avait attendu lui… il n’était pas parti avec une autre alors qu’elle avait espéré qu’il l’a trompe pour que ce soit plus facile. Mais devant lui, elle perdait ses moyens. En effet la jeune femme était suffisamment impactée et ne savait pas comment l’annoncer alors qu’il était encore une fois, si gentil avec elle, si conciliant, se contentant de lui caresser doucement le visage alors qu’il lui disait s’occuper de tout.

La jeune femme prit une douche et cela lui fit le plus grand bien alors qu’elle cherchait ses mots, cherchait quoi dire. Mais malheureusement, elle lui ferait de la peine, c’était sûr et certain. Lorsqu’elle revint, habillée d’une tenue plus masculine parce qu’elle n’avait rien pris d’autre, Erwan avait pris beaucoup de soin pour décorer la table. Petit dîner aux chandelles, plats appétissants, il avait également posé quelques livres à côté de la table, pensant que ça intéresserait la demoiselle. Comment lui parler de choses sérieuses dans ces conditions ?

Elle se contenta de sourire, s’installant en face de lui, décidant de remettre ça à demain puisque ce soir, elle était vraiment épuisé. Erwan parlait pour d’eux, de ce qui s’était passé en son absence, demandant où elle était alors qu’elle restait assez évasive.

Il avait sorti une bouteille d’une nouvelle boisson. Apparemment un marchand ambulant était passé chez lui, lui proposant quelques remontants. Erwan cachait bien son inquiétude devant Cassidy mais pas devant les autres et après quelques échanges, le petit marchand apprit des choses qu’il n’aurait pas du apprendre et se dépêcha de confier une bouteille au jeune homme un peu naïf, assurant que cela leur ferait du bien.

Mais alors que Cassidy buvait quelques gorgées, elle se sentit bizarre. Ce n’était pourtant pas de l’alcool… Elle fronça les sourcils un instant, alors qu’Erwan parlait toujours avec entrain. Ses sens se brouillaient tout comme son esprit alors que ses hormones s’agitaient, chose qui n’aurait PAS du se produire, surtout pas après ce qui venait d’arriver. C’était comme si elle était en manque, vraiment en manque et le charmant garçon devant elle faisait très bien l’affaire.

Erwan était rêveur, une main posée sur son menton en regardant le plafond. Mais c’est dans un élan que Cassidy se précipita vers lui pour l’embrasser, comme si elle ne l’avait pas fait depuis des années. Au départ très surpris, Erwan se ressaisit rapidement pour passer les bras autour de la demoiselle et ne se posa pas plus de questions alors qu’elle le bloquait contre un mur, apparemment ayant très envie d’en découvre avec lui. La nuit fut très longue, excitante, mais peut être pas comme Cassidy l’avait espéré.

Le lendemain matin, elle se réveilla avec un affreux mal de tête, collée contre Erwan qui la tenait dans ses bras. Heuuu… pourquoi c’était pas Tristan à côté d’elle ? Choquée, paniquée, elle poussa un petit cri et se recula, tombant du lit. Erwan ouvrit les yeux, ne comprenant pas, alors qu’elle tremblait en cherchant ses affaires parce qu’elle était complètement nue pour le moment.

- Gné ? Cassy ça va ? Qu’est-ce qui t’arrive ?

« On a… on a… heu… fait… »

- Ah ça ? Oui… c’était vraiment… je ne pensais pas que je te manquais à ce point…

« Non non… c’est pas… je n’ai pas… »

Erwan fronça les sourcils, se redressant, un peu peiné.

- Quoi ? Tu ne voulais pas…

« Je ne sais pas ce qui m’a pris… »

Elle se tenait la tête entre les mains, complètement paniquée. Alors avec ça Tristan aurait encore moins envie de la revoir ! Et elle y était pour rien.. enfin si c’était ses hormones… Etait-elle vraiment ce que le chef avait dit ? Une fille de joie ? Une nympho ? Tout s’embrouillait dans sa tête. Erwan se dirigea vers elle pour la prendre dans ses bras mais elle recula.

« Ecoute je voulais pas te l’annoncer comme ça mais… j’ai revu Tristan et… j’ai envie d’aller plus loin avec lui ! Je ne sais pas pourquoi… Pourtant je t’aime bien Erwan mais je sais pas avec Tristan il y a toujours eu un petit truc en plus… »

Il laissa retomber les bras, soupirant, impactée par l’annonce, se frottant la tête.

- Tristan hein ? Comment peux-tu encore avoir des sentiments pour lui après ce qu’il t’a fait ? Qu’est-ce qu’il a de plus que moi ? Je ne m’occupais pas bien de toi c’est ça ?

« Non Erwan ça n’a rien à voir ! Absolument rien à voir… Je… C’est Tristan et ça sera toujours Tristan. Je suis vraiment désolée mais j’ai pris ma décision… je retourne le voir… je vais tout lui dire… absolument tout… Mais tu étais aussi quelqu’un de très bien, je suis vraiment désolée de ne pas avoir été à la hauteur. Ce n’est pas ta faute c’est moi qui suis un peu bizarre… mais je ne peux rien y faire, quoiqu’il ait fait… je l’aime toujours… »

Elle tremblait. Erwan soupira, se laissant tomber sur une chaise alors que Cassidy un peu figée mit beaucoup de temps à récupérer toutes ses affaires. La demoiselle caressa doucement la main à Erwan qui regardait dans le vide.

« Merci pour tout ce que tu as fait pour moi… mais s’il te plaît, ne fais rien d’insensé s’il te plaît, je ne le mérite pas… »

Puis elle sortit de la maison avant de partir en direction de l’Académie, se rendant dans son ancienne chambre. Cassidy ouvrit un petit coffret et en sortit un petit coffret qui contenant la fameuse chevalière qu’elle accrocha à son pendentif. Elle la porta contre son cœur, fermant les yeux un instant, tremblante, ne sachant pas trop quoi faire… complètement déboussolée. Mais elle devait le faire, elle l’avait promis.

« Voilà Tristan… Je vais tout te dire… tout te dire… »

Elle sortit discrètement de sa chambre puis prit un cheval à Glindel avant d’entreprendre son voyage, le cœur gros. Le regard d’Erwan la pesait et parfois les doutes l’assaillaient. Mais maintenant, elle était libre… libre de dire la vérité à Tristan, libre d’aller plus loin avec lui si il l’accueillait toujours… oui… et puis si il ne voulait pas d’elle, alors elle ne savait pas encore ce qu’elle pourrait faire.

Mais alors qu’elle passait aux abords d’une petite forêt, la petite mage perdue dans ses pensées ne vit pas l’embuscade. On l’attendait. Un coup sur la tête et elle sombra dans les ténèbres.

De ce qui se passa, de son réveil, elle vit trois hommes qui la fixait d’un air alléché. Elle voyait flou, trouble. L’un d’eux déclarait qu’ils pouvaient profiter un peu d’elle avant de remplir leur mission… Elle ne broncha pas… mais tout ce qui se passa… elle le sentit passer au plus profond d’elle. Ce qu’ils lui avaient injecté rendait sa magie inutile apparemment et jouait comme barrière pour ne pas prévenir Tristan.

Une nouvelle fois, elle s’évanouit. Avant de se réveiller, entendant une voix bien familière ou plutôt un grondement. Elle papillonna, souillée, bafouillée. Entendit son surnom prononcé alors qu’elle avait été déposée sans ménagement dans l’herbe à quelques pas de la caverne. En face d’elle, les trois hommes se tenaient face à un Tristan fou de rage. Ils commencèrent à se battre. Mais le beau Drakkari ne se battait pas comme il faut. Il ne vit pas la lame mortelle qui traversa son corps, atteignant son corps. Il gémit et tomba au sol alors que les autres partirent, sans s’occuper plus que ça de la petite mage.

Cassidy avait ouvert les yeux mais aucun son ne sortit de sa bouche. Elle rampa, rassemblant ses maigres forces pour rejoindre Tristan. Lentement elle le prit dans ses bras. C’était bien lui… elle sentait son corps chaud sous ses doigts. Il avait les yeux fermés, respirait lentement.

« Non Tris’… me laisse pas… pourquoi…. Pourquoi tu ne t’es pas enfui ? Pourquoi tu n’as pas fais ce que je te demandais… Tris’… me laisse pas… ne m’abandonne pas… »

Il leva une main vers elle, caressant doucement son visage, avant de rendre son dernier soupir. Elle le regarda, tremblant de plus en plus, devenant complètement hystérique. A quoi ça servait tout ça ? Elle avait été souillée ! On avait abusé d’elle ! Elle se rappelait de toutes ses peines, toutes ses douleurs… Un flash du village qui avait été attaqué. Ce monde était pourri… plus rien n’avait d’intérêt à ses yeux… plus rien n’avait de sens. Encore une fois on lui retirait la seule personne capable de la remettre sur pied… Elle ne voulait plus rien voir ! Plus rien sentir ! Plus vivre dans ce monde… Non elle partait cette fois… définitivement…

Des larmes coulaient le long de ses joues. Des larmes chaudes. Elle se mit à hurler de douleur, relevant la tête. Un hurlement comme si on venait de lui arracher le cœur, comme si on venait de lui prendre son âme. La magie se mit à crépiter autour d’elle. Elle hurla sans s’arrêter, sans répit, tremblante, sentant la mauvaise magie infiltrer ses veines, son cœur, son sang. S’emparant d’elle… et le décor changea…

Parce que non Tristan n’était pas mort… Elle était toujours au fond de cette caverne… à genoux tenant du vide dans ses mains… On l’avait drogué… joué avec ses sentiments… ses craintes… ses peurs… Maline la sorcière qui avait attendu le paroxysme pour mettre à exécution son plan, envoyant trois acolytes s’occuper de la pauvre mage, la droguant pour lui montrer une belle illusion trompeuse et enfin l’aider à s’éveiller vraiment.

Mais il était trop tard désormais… Le sol trembla, une aura noire remplissait la caverne… malsaine, inquiétante. Et finalement, elle sortit au grand jour. Mais Cassidy… n’était plus Cassidy. Elle n’avait plus ce parfum tellement identifiable pour Tristan. Elle n’était plus rien…

Mais sa magie avait fait un dernier geste sur la fin, le pendentif à Tristan s’était brusquement mis à briller, avec une intensité particulièrement forte, vibrant et tremblant, lui indiquant le chemin à suivre.
Une enveloppe… elle avait un regard froid, désintéressé. Ses cheveux si sage d’habitude semblaient plus sauvages. Ses yeux d’une couleur rouge foncée, et ses oreilles légèrement pointues, moins que celles de Tristan mais cela ne lui donnait plus l’air d’une humaine. Une aura d’un feu noir dansait autour d’elle. Alors qu’elle avançait, cherchant apparemment à se rendre à un endroit, un hennissement se fit entendre alors que Erwan descendit de cheval, retrouvant rapidement la jeune femme.

- Cassy ! Qu’est-ce que…

Il resta bouche bée alors qu’elle avançait sans même lui jeter un regard. Erwan sentit qu’elle était différente. Le cheval était rentré en catastrophe, effrayé et il lui avait demandé de revenir. Il resta un peu en retrait mais lorsqu’elle continua à avancer il secoua la tête pour chasser sa peur et voulu lui prendre le bras.

- Où vas…

« Dégage de mon chemin pauvre idiot tu me gênes ! »

Il venait de se retrouver projeter en arrière sans qu’elle n’ait pointé le moindre petit doigt sur lui, se retrouvant à flotter dans les airs, s’agrippant à sa gorge alors qu’il étouffait. Non… elle recommençait… c’était même pire ! Il était effrayé… les canines de la demoiselle avaient aussi poussé, devenant plus dangereuses, plus pointues alors qu’elle continuait son chemin comme si de rien n’était.

Mais Erwan s’attendait peut être un peu… ou était-il prévoyant. Il sortit un papier de sa poche, inspirant profondément alors qu’il devenait bleu puis d’un geste, le déchira. La magie s’échappa du bout de papier et fila directement vers la jeune femme, traçant un pentacle au sol sous ses pieds, élevant une prison de lumière. Une décharge électrique lui fut lancée alors qu’elle tomba sur le sol, évanouie, la tête la première. Son aura disparue et Erwan tomba au sol, cherchant son souffle mais ne tarda pas trop. Il se précipita sur la demoiselle puis chercha son bras, tira la manche et injecta un produit grâce à une aiguille.

- Pardonne moi Cassy…

Il examina également son bras. Elle portait toujours un bracelet métallique qui n’était plus là. A la place s’étendait une longue marque qui pouvait s’apparenter à celle de Balthar, se déroulant comme un grand serpent, de symboles et courbes qui s’étendaient de son épaule à son coude, d’une couleur verte. Il pâlit puis redressa la tête, furieux, s’adressant au vide.

- Que lui avez-vous fait ?!

Mais personne ne lui répondit. Il se trouvait au-dessus d’elle, voulant apparemment la porter mais lorsqu’il la touchait, ses mains devenaient rouges et brûlantes. Il grimaça. Impossible de la transporter dans ses conditions. C’est alors qu’un homme courut dans leur direction. Un certain Drakkari qui courait très vite. En voyant la scène, il prit une attitude de colère. Il est vrai qu’Erwan n’était pas à son avantage, au dessus de Cassidy, la maîtrisant alors qu’elle était dans les pommes. Il déglutit et tendit les mains en s’éloignant de la jeune femme pour montrer son refus de se battre.

- Attends ! Je ne lui ai rien fait ! Laisse moi t’expliquer !

Son rival… l’homme que Cassidy préférait qui se trouvait face à lui. Comment avait-il su ? Ca Erwan ne pouvait pas le savoir.

- Je… Elle voulait te rejoindre… et bon elle est partie seule… je ne pensais pas que… mais son cheval est revenu paniqué… le temps que j’arrive elle n’était plus pareil et son comportement était bizarre…

La jeune femme était couchée sur le dos, Erwan avait réussi à la retourner. La forme de ses oreilles, ses cheveux blonds rebelles, cette couleur pâle et surtout cette absence de parfum pouvaient rapidement aider le Drakkari à se rendre compte de la situation. Tout comme la marque qui s’étendait sur tout un bras.

- Je l’ai juste endormie… je ne sais pas ce qu’elle voulait faire mais ce n’était pas une bonne chose. Crois moi je ne sais rien de plus ! Mais on ne peut pas la laisser comme ça ! C’est de la magie noire…

Il baissa lentement la tête.

- Ce n’est pas la première fois que ça arrive. Je m’étais renseignée… et j’ai appris qu’il y avait un monastère perché dans les montagnes de Frihold. Apparemment les moines font des miracles là bas sans poser de question. Je pense que c’est la seule chance qu’on a pour la faire revenir dans son état normal !

Il tenta une nouvelle fois de la porter mais sans succès, ses mains brûlant à chaque fois. Il s’écarta en soupirant alors que Tristan vint tenter sa chance. Etant en parti dragon, la chaleur ne le dérangeait pas plus que ça et il ne mit pas longtemps à la porter. Erwan paraissait surpris mais il ne dit rien, guidant le Drakkari.

Les deux hommes entreprirent un petit voyage, un portail magique pour les conduire dans une petite ville pas loin des montagnes de Frihold. Cela ne dura qu’une journée à peine où Erwan n’était pas vraiment bavard, très inquiet, perdu dans ses pensées. Le sentier qui menait au monastère était assez accidenté et il leur fallut bien du courage pour arriver jusqu’au bout. Enfin, de la lumière apparut alors que la neige tombait.

Plusieurs moines sortirent, apparemment au courant de leur arrivée et les conduisirent à l’intérieur, marchant dans les couloirs. Le plus vieux examina la petite mage endormie que tenait Tristan.

- Nous allons nous occuper d’elle. Il va falloir extraire la magie noire de son corps. Par contre, je ne vous conseille pas de nous accompagner, ça risque d’être très dangereux…

Mais Erwan insista, déclarant qu’il voulait être à ses côtés. Le vieux moine tenta de le raisonner mais le garçon était têtu. Il soupira en secoua la tête avant d’ouvrir la porte d’une très grande salle profonde avec une petite table en pierre au milieu. Il demanda à Tristan de la déposa dessus avant de lui demander de sortir. D’autres moines, une bonne dizaine, vinrent se placer autour de la petite mage. Certains lançaient des incantations sur les murs, un se chargea de rendre la salle complètement muette de l’extérieur. Ils refermèrent les portes et Tristan se retrouva seul dehors.

Mais il ne resta pas longtemps seul. Les portes s’ouvrirent violemment d’un coup alors qu’un homme était éjecté en arrière avec une force impressionnante contre un pilier. Un premier crac avertit qu’il venait de se briser plusieurs os dorsaux. Erwan, car c’était bien lui, glissa le long du pilier en hurlant de douleur. Une pierre se détacha du plafond et tomba directement sur son tibia. Sous la violence du choc, le jeune homme s’évanouit alors que d’autres moines arrivèrent pour le porter dans une autre pièce. L’un deux pestait en déclarant qu’il avait pourtant était prévenu…

Le temps semblait durer une bonne éternité. Pas de bruit, pas de son ne provenait de la porte. Et c’était une bonne chose car Cassidy hurlait de l’autre côté, se débattant comme une belle diablesse alors qu’on lui enlevait une partie de cette magie noire qui empoisonnait son corps, cette entité qui s’accrochait à elle sans avoir envie de se faire déloger.

Et puis… après plusieurs heures, la porte finit par s’ouvrir, laissant sortir des moines en nage, complètement épuisé. L’un deux s’approcha du grand Drakkari, un air d’hésitation sur le visage.

- Tristan ?

Comment pouvait-il connaître son prénom ? Le moine semblait embarrassé et se frottait le front.

- Tout va bien elle est tirée d’affaire… pour le moment. Mais nous ne savons pas si cela va se reproduire ou pas… Elle a certainement reçu un choc très violent pour que cette mauvaise magie se manifeste. Je ne sais pas si vous en savez plus… apparemment elle a été violée peu avant son… instabilité… droguée également… J’ignore ce que c’était mais visiblement… quelqu’un savait pour sa magie et a cherché à l’activer… désolé…

Il était très mal à l’aise sur ces révélations, dansant d’un pied sur l’autre.

- Elle sera incapable d’utiliser la magie pendant plusieurs jours… mais elle a surtout besoin… d’une présence je pense, ça lui fera du bien. Mais nous ignorons si cela peu recommencer ou pas… Cette femme n’est vraiment pas ordinaire… je n’ai jamais vu ça… hum… ah et par sécurité, nous allons l’enfermer dans une cellule les premiers jours, le temps qu’elle… se réadapte…

Le moine se tassa devant le grand Drakkari qui était tout à fait contre l’idée que la petite mage dorme dans un cachot. Il mit les mains devant lui.

- Oulà… bien bien… alors si vous pensez pouvoir vous en occuper, elle dormira dans la même pièce que vous. Votre compagnon n’a pas l’air en état de faire quoi que ce soit… On lui a dit que c’était risqué… Toujours à vouloir se rendre intéressant…

Il soupira longuement avant de lui montrer la porte.

- Elle ne devrait pas tarder à se réveiller, vous devriez aller la voir je pense…

Puis il partit, laissant Tristan devant la porte.

Cassidy se réveilla lentement, encore groggy, voyant flou. Elle était redevenue à peu près normale, plus de yeux rouges, la marque toujours visible mais beaucoup plus petite, témoignant d’un reste, ses cheveux étaient plus lisses et ses canines avaient réduits de volume. En revanche, et ça elle risquait de devenir folle en se regardant, ses oreilles avaient gardé cette forme légèrement pointue.

Elle fixa le plafond, clignant des yeux. Ses poignets et chevilles étaient attachés à des chaînes, eux même attachées à des piliers. La demoiselle était un peu tremblante, tentant de se rappeler ce qui s’était passé. Oui… les images de son état piteux de ces derniers jours revenaient… et Tristan… Tristan était… elle se mit à trembler violemment tout en tournant la tête vers la sortie… et manquant de tomber dans les pommes, ayant l’impression d’avoir une nouvelle hallucination, devenant très pâle devant ce mort qui revenait à la vie.

La jeune femme le regarda un moment sans comprendre, sans arriver à croire… et puis, elle déglutit. On avait joué avec ses sentiments ! On lui avait fait croire… et elle était tombée dans le panneau et pas qu’un peu ! Elle redressa lentement la tête vers le plafond et ne prononça qu’une seule phrase.

« Pardon… je… je ne mérite pas que tu sois là… »
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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: Un voyage pour apprendre à mieux se re-connaître ?   Jeu 19 Déc - 10:26

- CASSIDY !!!!!!

Tristan s’était redressé d’un coup, si violemment que sa chambre se mit à danser autour de lui. En appui sur les mains, les bras tendus, il était figé dans une position semi-relevée due à son réveil brutal d’un cauchemar troublant. Il gémit en se laissant tomber sur le côté sur son matelas, se tenant la tête en grimaçant, peinant à reprendre son souffle, les yeux agrandis par l’effroi. Agité de tremblements, son corps trempé de sueur faisait bien moins imposant qu’en temps normal. Il avait peur… Vraiment. Il éjecta ses couvertures d’un coup de pied rageur, sortant de son lit, fébrile, agité. Il semblait se parler à lui-même en silence, marchant de long en large dans sa chambre alors que sa respiration devenait un peu plus posée à mesure que les secondes s’écoulaient depuis son réveil agité. Ses pas énergiques se firent plus lents et plus calmes alors qu’il sortait sur la terrasse pour prendre un grand bol d’air frais.

La nuit était bien avancée, le soleil encore loin de se lever mais tout de même. La vue des étoiles, de la cité si rassurante lui fit du bien alors qu’il portait doucement la main au bracelet qu’il portait… Il y avait fixé la pierre du pendentif de la jolie mage, promettant d’y veiller comme sur la prunelle de ses yeux jusqu’à son retour.
Son retour…

Que n’avaient-ils pas vécu comme étranges aventures depuis qu’ils se « connaissaient » !
Mais se remémorer ce qui s’était passé tout récemment n’était pas chose aisée. Sa panique quand elle était descendue jusqu’à lui, tenant un journal, tremblante et complètement dépassée par les évènements… Il ne l’avait jamais vue aussi… paniquée, sincère avec ses sentiments.
Une fois qu’ils avaient été dans ce centre, elle avait pu être rassurée, un peu, mais ce répit n’avait été que de bien courte durée alors qu’il la rejoignait, blessé, et lui évitant tout juste d’être attaquée, agressée par un traitre, un de plus.
Tout s’était passé si vite et en même temps, certains actes lui avaient semblé au ralenti. Il avait bien vu sa terreur alors qu’on « l’opérait » à même le sol pour le soigner. Il avait détesté la culpabilité dans ses prunelles noisette si pleines de surprise, de détermination et de douceur quand elle abaissait un peu ses barrières.

Pourtant Tristan avait su quoi faire pour l’aider à se sentir mieux, ou était-ce pour s’aider lui-même. Elle se sentait inutile, elle ne l’était pas. Le prouvait la vitesse à laquelle il guérissait une fois qu’il lui eut donné un tendre baiser sans lui laisser le temps de se faire à cette idée. Mais la tendresse qu’il y mettait était-elle justement nécessaire pour sa guérison ? Bien sûr que non. Ca… c’était un petit truc en plus, pour lui.. égoïstement.

Ils avaient passé du temps dans cette salle d’attente peu après, blotti l’un contre l’autre. Un échange de paroles douloureuses, impliquées, preuves de sentiments forts avait été fait. Et finalement, ils semblaient un peu, un tout petit peu progresser.
Ils allaient beaucoup mieux que quelques heures auparavant alors qu’ils étaient toujours bloqués dans cette étrange spirale de sentiments dans laquelle fidélité, renoncement, réels sentiments, envies, désirs, convenances, luttaient. Ils étaient de nouveau à l’aise l’un avec l’autre, comme si tout ce malaise dans cet arbre magique n’avait jamais eu lieu. Ou presque. Et c’était encore le mieux qui pouvait leur arriver.

Elle se calma finalement contre lui, sous ses caresses et ses paroles rassurantes et c’était tout ce qu’il demandait. Elle serra un peu son bras alors qu’il lui disait tenir réellement à elle. Seulement elle ne pouvait que peu comprendre cela, que peu comprendre à quel point c’était sincère. En réponse, il resserra un peu plus son étreinte, embrassant doucement le front, fermant les yeux en la gardant tout contre lui.
Oui, ils s’étaient reposés, puis avaient marché et il est vrai qu’il cherchait sa main. D’ailleurs, quand elle releva la tête vers lui, il détourna le regard, un léger sourire timide aux lèvres et les pommettes un peu plus colorées. Mais comme elle y répondait elle-même par une pression douce, son sourire se fit plus assuré alors qu’il tournait les yeux vers elle, reconnaissant.

Sauf qu’ils furent interrompus et la suite ne fut plus qu’un amas de paroles, d’actes, de souvenirs évoqués, de projets… auxquels le grand Drakkari ne pouvait que peu comprendre de choses.
Oui, ils étaient dans la chambre de la mère de la jeune femme, y ayant été entrainés par son père et oui, ces gens semblaient très chaleureux, très gentils et très heureux de retrouver leur fille malgré ce qui leur était arrivé. Il y avait chez eux une honnêteté et une affection certaines alors qu’ils couvaient la demoiselle gênée du regard. Apparemment, elle n’avait que peu donné de nouvelles à sa famille ces derniers temps. Il se crispa un peu. Ce n’était guère gentil de sa part mais elle n’était pas une jeune femme à délaisser ses proches, c’était même tout le contraire, qu’est ce qui avait pu la contraindre à agir ainsi ? Que craignait-elle ? Qu’est-ce qu’elle ne voulait pas que ses parents voient ?

N’importe quel spectateur l’aurait plus ou moins compris des suites des paroles impliquées et passionnés de parents attentifs au bonheur de leur enfant. Tristan et Cassidy avaient été ensemble apparemment et suffisamment heureux pour qu’il soit présenté à ses parents, suffisamment heureux pour que leur bonheur soit impossible à manquer pour leurs proches… En parlant de présentation… Que dire de la relation qu’ils avaient entretenue ?
Lui était toujours amoureux quand il l’avait revue à l’Académie même si ses sentiments étaient associés à une forte culpabilité, des regrets et énormément de peine. Il avait bien tenté de la repousser alors qu’elle tombait amoureuse de lui ou plutôt alors qu’elle laissait ses sentiments éclore pour le jeune homme si imprévisible et beaucoup trop chahuteur parfois. Il avait essayé, mais inexorablement attiré par elle, il avait eu besoin de ces contacts, légers, de plus en plus intenses et porteurs de sens. Ils avaient fait des erreurs chacun de leur côté, lui en prétendant ne rien ressentir, en la repoussant douloureusement, elle en sortant avec un autre…

Mais quand ils avaient fini par se comprendre, se trouver, tout avait pris un sens et le reste avait cessé d’importer. Il n’y avait plus qu’eux deux. Ils se suffisaient même si les autres étaient également importants. Mais ne s’était-elle pas donné avec un peu trop d’impulsivité à son tout récent compagnon ? N’avait-elle pas eu peur qu’il joue, qu’il ne soit qu’en train de revêtir le masque d’un comédien pour étancher sa curiosité sur le corps de la belle jeune femme ? Ou la sincérité dans son regard l’avait-elle convaincue qu’il était incapable de jouer à cela avec elle ?
Rapide demoiselle impatiente qui ne comprenait pas tout l’émoi de son corps gardé jusque là en silence. Petite pucelle impulsive et naïve, elle avait vécu pour la magie et uniquement pour elle et par elle. Son corps l’avait durement rappelée à la réalité en lui conférant toute l’impatience et l’instabilité des variances hormonales d’une adolescente enfiévrée devant un beau garçon.
Oh, lui en était tout à fait ravi et en avait profité à satiété… Mais il ne pouvait ignorer la peur, les inquiétudes dans le regard de la demoiselle qui découvrait son corps, toute surprise qu’une simple caresse puisse provoquer si intense frisson, qu’un seul baiser puisse lui retourner l’estomac et donner naissance à des pensées qu’elle n’aurait jamais imaginées jusque là… enfin à part peut-être dans sa mémoire erronée.

Quelles découvertes et quelle rapidité pour conclure…
Il en avait été le premier surpris bien évidemment mais au fond, peut-être avait-elle raison. Quand c’est le bon, pourquoi attendre ?
Craignait-elle à ce point de le voir aller courir la demoiselle ailleurs ? Probablement…
Mais c’est tout aussi rapidement qu’elle l’avait présenté à ses parents ou plutôt re-présenté et si le jeune homme semblait un peu gêné et intimidé il avait bien vite retrouvé son éloquence et son charme si prompt à dompter les foules.
La suite… Que ne s’étaient-ils pas aimés ! En passant par des hauts et des bas, des moments d’hésitations, de doutes, de folles passions, de confessions, de peur… Mais ce qui les poursuivait le plus, c’était bien le malheur. Les erreurs s’étaient enchainées et toutes semblaient les mener vers la tromperie de l’autre, comme si au final, c’était la seule blessure suffisamment profonde pour avoir raison d’eux. Et ça avait marché…
Très bien même… Alors… Comment se faisait-il qu’ils soient de nouveau là, si proches l’un de l’autre ? Qu’est ce qui les ramenait inexorablement l’un vers l’autre ?

Etait-ce ce qu’elle lui aurait dit ? Ce qu’elle comptait lui dire ?
Cassidy l’avait cherché alors que le Drakkari était sorti trop vite de la chambre de sa mère, après trop de questions, trop de propos qu’il ne pouvait comprendre, trop d’instants dont il ne pouvait se souvenir, trop de bonheur qu’on lui avait a priori arraché… Il avait juste sorti une phrase rapide, qui expliquait tout, même si ce n’était guère longuet. Il était pâle, le visage fermé bien qu’une peine profonde brille dans ses yeux orangés et il était parti…
Pour le coup, les parents de la jeune femme étaient abasourdis et méritaient un peu plus… d’explications même si au moins, intelligents et déductifs, ils purent enfin faire le lien sur ce qui se passait.
Malheureusement, l’absence de nouvelles de leur fille n’était pas due à une heureuse surprise se profilant à l’horizon, ni à un excès de travail mêlé de passion qui ne lui laissaient que peu de temps libre. Non… Elle avait perdu l’homme qu’elle aimait, de la plus cruelle des façons. Il l’avait oubliée.

Y avait-il plus cruelle manière de souffrir ? Y avait-il plus cruelle manière de perdre l’être aimé ? La mort était un acte déchirant certes, mais qu’en était-il de voir l’homme qui était tout, qui faisait tout dans sa vie ne pas reconnaitre celle qu’il chérissait tant et à laquelle il faisait de si belles promesses ? Qu’en était-il de voir cet homme, charmeur, séduire d’autres femmes, les rejoindre dans leur lit, les inviter dans le sien sans culpabiliser une seconde, sans comprendre un instant la peine qu’il pouvait causer ? Qu’en était-il de voir ses sentiments renaître pour cet homme disparu, parce que oui, il était bien censé être disparu normalement, alors même que tout était brisé, anéanti ? Qu’en était-il de se rendre compte que ces sentiments, cette attirance, ne seraient jamais aussi intenses qu’avec lui ? Comment réagir face à des sentiments réels, profonds, en se rendant compte de l’amour porté, peut-être non réciproque, à recommencer à zéro ?

Cassidy avait eu droit à un lot de souffrance tel que la seule vraie question à se poser était « comment avait-elle pu ne pas virer barjo ?!!!! »
Elle s’était contentée de s’excuser puis de sortir pour le retrouver. Sa manière de gérer toutes ces nouvelles, toutes ces révélations serait malheureusement également révélatrice de ce qu’il pouvait penser et vouloir. S’il trouvait cela totalement impossible, incompréhensible, voire risible, c’est qu’il n’avait que des sentiments frivoles pour elle. S’il semblait curieux, surpris mais curieusement investi, ce serait probablement bon signe. Mais s’il s’enfuyait ?
Or il semblait s’être enfui alors qu’elle le cherchait et remarquait progressivement qu’il semblait avoir… disparu. Encore une fois. Il l’abandonnait, une fois de plus, comme une demi-année plus tôt, au lieu d’assumer ses erreurs, au lieu de patienter, de redoubler d’efforts pour qu’elle lui pardonne, au lieu d’être là alors qu’elle avait si besoin de lui… Au lieu d’être l’homme qu’elle attendait qu’il soit, sûr, rassurant, présent…

Mais non… pas cette fois…
Il était déjà près d’elle, surpris de la trouver là… tremblante et troublée. D’ailleurs elle l’était tant, pâlissant quand elle le vit qu’il fut la porter à l’intérieur. Allons bon ! Que lui arrivait-il ?
Finalement, peut-être avait-il changé, muri ? Peut-être assumait-il…un peu plus… Parce qu’il n’était pas parti cette fois. Enfin seulement pour lui chercher des biscuits. Il caressa son visage, penaud, un peu timide et inquiet, lui expliquant qu’il avait aperçu une pâtisserie un peu plus tôt et… qu’elle n’avait pas avalé grand-chose le matin même… ni ce midi, qu’il s’inquiétait un peu… Bon lui non plus mais étant donné la quantité de nourriture qu’il pouvait parfois avaler, il devait bien faire des stocks invisibles sur son corps d’athlète quelque part !!!! Il s’occupait d’elle encore… Décidément, cette perte de mémoire l’avait peut-être un peu arrangé…

Elle était surprise mais à voir l’air innocent, si sincère de son compagnon, c’était tout à fait logique dans son esprit d’agir ainsi. Il confirmait ne pas avoir fui, il confirmait ne pas l’abandonner… Même si sa voix était timide et un peu tremblante, hésitante, il était extrêmement rassurant et doux comme toujours avec elle. Il ne pensait qu’à elle… Ses hésitations étaient néanmoins tout à fait normal après ce qu’il venait plus ou moins d’apprendre mais même s’il souhaitait en savoir plus, il ne fit preuve d’aucune impatience, promettant d’être là, à son écoute en quelque sorte, promettant de ne pas la harceler de question, lui demandant d’être honnête avec lui et surtout avec elle-même si elle avait besoin d’en parler.

La vérité c’est qu’accroupi en face d’elle, observant son visage marmoréen (très pâle, comme le marbre quoi… c’est beau le marbre :p) reprendre petit à petit des couleurs, Tristan sentait ses moyens, ses motivations l’abandonner progressivement. Non pas qu’il la trouve moins belle, non pas qu’après réflexion il se trouvât stupide d’agir ainsi… Seulement alors qu’il la fixait, alors que la petite moue d’inquiétude de ses lèvres se transformait en un sourire timide puis reconnaissant, ses yeux brillants s’emplissant de gratitude et d’une certaine tendresse, son cœur battait beaucoup plus vite et semblait descendre vraiment bas d’ailleurs, il en avait mal au ventre… et le désir fugace et presque violent de s’emparer maintenant de ses lèvres. Peu importe ce qu’elle souhaitait lui dire, peu importe ce que signifiait toutes ces révélations… il en avait envie, tellement envie… Juste l’embrasser…

Par le passé, Tristan avait montré que contre toute attente, malgré ce qu’il prétendait, malgré ce que le monde prétendait, il était un vrai gentleman et souvent rivalisait de galanterie avec les plus courtois chevaliers. Combien d’hommes pouvaient prétendre être en mesure de fixer une jeune femme dans les yeux quand elle portait une tenue la mettait suffisamment en valeur plutôt qu’obstinément baver sur sa poitrine ? Combien d’hommes pouvaient sans une hésitation dresser un portrait desdits yeux tant ils les avaient fixé avec adoration ? Combien d’hommes pouvaient-ils se gausser de se contenter d’un contact, de caresses, de baisers plutôt que de vouloir satisfaire brutalement leurs exigeantes pulsions lorsqu’ils et seulement lorsqu’ils en éprouvaient le besoin ? Combien pouvaient prétendre faire passer les désirs et plaisirs de leur compagne avant les leurs ?

Malgré tout ce qu’il disait… Tristan remplissait ces qualités auparavant et aux vues de son comportement, c’était encore le cas, même s’il était plus timide ou peut-être juste… assumait-il un peu mieux sa timidité devant la jolie mage. Mais ses paroles étaient si lourdes de sens malgré tout.. Il lui disait qu’il ne la laisserait pas, qu’elle le savait. Comme si c’était la vérité la plus simple, la plus concrète qui soit et même s’il avait eu envie de dire beaucoup plus, pris d’un élan de confession, de tendresse, de passion dont il craignait tant les résultats chez la jeune femme.
Que ressentait-elle pour lui ? Eprouvait-elle la même attirance ? Ou s’était-il enorgueilli de le croire alors que seuls l’alcool, le manque, la distance, la mélancolie n’avaient poussé la jeune femme dans ses bras. Qu’est ce qui motivait ses baisers ? Etait-ce seulement affectueux ? Maud agissait ainsi aussi au début, l’embrassant tendrement, parfois avec un peu plus de passion… Il avait failli croire qu’ils étaient ensemble… et il lui avait demandé d’arrêter. Non pas que ce soit difficile à gérer… mais c’était bizarre.
Or avec Cassidy, ce n’était pas bizarre… et c’était extrêmement difficile à gérer !!!!

Elle retourna auprès de ses parents alors qu’il allait prendre un bol d’air frais, lui promettant de faire attention et de retourner se reposer après en attendant qu’elle ait fini de parler avec ses parents.
Ceux-ci avaient des questions bien sûr et ils étaient inquiets, pas dupes en voyant le sourire forcé de leur fille adorée mais ils devaient faire avec… le temps qu’elle aille mieux, qu’elle décide de se confier. Au moins était-elle entière même si elle semblait pâle et fatiguée. Bien sûr, ils ne pouvaient se rendre compte à quel point elle allait mieux physiquement depuis qu’ils s’étaient retrouvés et surtout qu’elle se retrouvait petit-à-petit, laissant un peu tomber ce masque de guerrière qui ne lui allait pas si bien que ça.

Tristan aurait été surpris et très intimidé d’apprendre qu’il était au centre de leur conversation malgré tout. Et il y avait de quoi… Même s’il aurait probablement été triste d’entendre le terme « résignée » dans la bouche de la jolie blonde, risquant de mal l’interpréter, une fois de plus. Ils parlèrent, mangeant les biscuits alors que Tristan restait seul de son côté. Il avait marché dehors, nullement gêné par ses blessures qui loin de lui conférer une gêne, une douleur quelconque, ne lui avaient apporté qu’une fatigue pas tout à fait rassasiée encore. Pensif, le jeune homme avait erré, incapable d’avaler quoi que ce soit puisque pris de nausées qui lui faisaient plisser le nez dès qu’il sentait la moindre nourriture. Non, ce n’était pas un contrecoup de ses blessures. Pas celles-ci du moins, d’autres, bien plus profondes, bien plus importantes qui ne pouvaient pas ou plutôt plus se voir étaient bien pires.

Il attendait dans la petite salle d’attente, allongé sur un canapé, fixant le plafond, le regard vitreux, perdu dans ses souvenirs, impressions et sentiments. Il ferma les yeux en grimaçant… Le souvenir du frisson entre eux quand ils se frôlaient, lui-même, était difficile à gérer. Comment était-il censé… faire ?
Quand elle revint, il fit comme s’il ne voyait pas ses yeux légèrement rougis par des larmes qu’elle ne s’autorisait toujours pas à verser. S’il admirait sa force et son courage, ceci était bien un aspect qui lui déplaisait. Pleurer n’était pas un signe de faiblesse, encore moins pour une femme si exigeante et investie qui risquait tout pour les autres… Mais elle devait avoir une épaule forte, inébranlable pour verser ses larmes et c’est avec un curieux sentiment de plénitude qu’il se disait que… Erwan ne pouvait pas remplir cette fonction là. Ca compensait un peu tout le reste… Même si elle ne le faisait pas davantage avec lui. Quoique…

Une fois de plus, Tristan fut d’une surprenante proximité, douceur, tendresse alors qu’elle le rejoignait, multipliant les contacts innocents qui par le passé disaient pourtant tant de choses entre eux. Bien malheureusement encore, dans leur monde, les modes de pensées n’avaient pas tous changé et beaucoup de couples fonctionnaient encore par le plaisir unique et incontestable à contenter de l’homme au détriment de sa compagne. Les contacts n’étant que purement sexuels et souvent dépourvus de tendresse. Enfin, cela fonctionnait encore beaucoup, voire toujours, dans les mariages arrangés qui restaient encore très nombreux malheureusement. Heureusement, cela évoluait et les hommes devenaient plus tendres même si toujours très égoïstes dans la majeure partie des cas. Finalement, la petite demoiselle n’était pas si mal tombée car outre ses capacités au lit et ses exigences allant à l’encontre totale de ce mode de pensée, Tristan avait franchement tout du bisounours par le passé, multipliant les contacts, du simple effleurement à la longue étreinte tendre en passant par le simple fait de se tenir la main en marchant. Il avait besoin de donner et surtout de recevoir de l’affection, même s’il ne l’aurait probablement avoué pour rien au monde et procéder ainsi avec la femme qui était tout pour lui, ce devait être sa définition du bonheur…

Là-dessus non plus il n’avait pas changé heureusement et ses étreintes étaient toujours aussi emplies de douceur. Le frisson bien connu passa entre eux quand leur peau entra en contact au niveau des bras, un peu moins intense du fait de leurs vêtements alors qu’elle se retrouvait la poitrine contre son torse, nichant son visage légèrement au-dessus de ses pectoraux, près du creux de sa gorge. Décidément, le Drakkari était trop grand !
Il sentit sa détresse dans son étreinte, sans savoir d’où elle venait et c’est patiemment et avec d’autant plus de tendresse qu’il caressa ses cheveux et son dos, se faisant mal au cou mais s’en fichant à force d’appuyer une de ses joues contre ses cheveux si blonds, si doux.

Assis l’un à côté de l’autre, il l’écouta tandis qu’elle parlait, essayant d’enserrer ses doigts des siens par jeu alors qu’elle tripotait une de ses mains. Ses paroles semblèrent beaucoup impacter le jeune homme qui écarquillait ses yeux orangés en la fixant, un frisson le prenant et semblant hérisser un peu plus ses cheveux si rouges alors que ses pupilles se dilataient curieusement. Egoïste ? Elle ? Elle était la personne la plus altruiste qu’il connaissait !!! Qu’il la repousse ? Alors que… alors que… C’est vrai qu’il la tenait à l’écart de lui d’une certaine façon… Mais son amitié comptait terriblement pour lui. Alors la repousser ?! Lui faire du mal ? Elle ne faisait qu’éclairer sa vie ? Le mal était déjà fait depuis longtemps, en continu, mais il y survivrait, non ? De nous… pourquoi disait-elle… nous avec ce léger tremblement ? Pourquoi y avait-il tant d’émotions dans sa voix sur ce simple mot ?
Elle parlait, l’empêchant de répondre, lui demandant d’attendre et en quelque sorte de ne pas répondre impulsivement parce que c’était bien ce qu’il allait faire. Elle le connaissait…
Il respecta sa volonté, restant silencieux mais lorsqu’elle eut fini, comme une réponse, il l’attira doucement sur lui, s’allongeant et la recouvrant, lui aussi en même temps, d’une couverture prévue à cet effet. Elle s’endormit vite alors qu’il ne put en réalité pas fermer l’œil, apaisé par la respiration de la jeune femme, mais trop pensif, caressant ses cheveux, son dos, ses bras, avec toute la douceur et la précaution dont il semblait être capable.

Puis elle se réveilla, annonça partir et lui confia son pendentif, une partie du moins avant d’effleurer ses lèvres des siennes. Il écarquilla les yeux alors qu’un long frisson brûlant lui parcourait l’échine, évitant de justesse de se ficher dans ses reins. Il acquiesça doucement, promettant dans un murmure d’attendre et d’en prendre le plus grand soin, fomentant déjà le projet de le fixer à un bracelet pour ne pas en être séparé un instant. Mais alors qu’elle partait saluer ses parents et qu’il attendait poliment dehors, elle lui annonça qu’ils voulaient lui parler et il rentra, les écoutant. Il rougit à leurs paroles et baissa la tête d’un air coupable avant que ses traits ne se détendent, son regard s’emplissant de tendresse.

- Quand je l’ai vue il y a quelques semaines… elle semblait assez sèche, cassante et… de mauvaise humeur en permanence. Mais elle va mieux je pense. Elle sourit en tous les cas. J’adore son sourire et j’essaie vraiment de la faire sourire le plus possible… Elle est… très belle vous savez… enfin oui, vous savez… très gentille et vraiment très forte. Je l’admire et la respecte beaucoup… Mais euh… pour… pour être honnête… Je… je l’aime bien… enfin… beaucoup… enfin… je… je tiens à elle… plus qu’à ma vie… bien plus. Je ne supporterais pas qu’on lui fasse du mal.

Quelle voix hésitante et timide alors qu’il parlait mais son sourire attendri alors qu’il perdait son regard dans le vague était tout aussi révélateur. Même si ce n’était pas une grande déclaration enflammée, le jeune homme avait de quoi hésiter avec sa perte de mémoire révélée et on ne pouvait lui tenir rigueur de ses hésitations, sa sincérité était suffisante. Il se fit prolixe, parlant d’elle, de ses capacités magiques, s’étendant sur son courage et sa persévérance. Pourtant, il ne fit aucune révélation compromettante, que ce soit à propos de ce qui s’était passé alors qu’ils étaient capturés par les Kaärs ou sur le compagnon actuel de la jeune femme dont les parents de celle-ci ignoraient tout… Autre preuve que ses sentiments étaient gravement corrompus et qu’elle avait probablement perdu espoir en l’amour jusqu’alors, elle ne l’avait pas présenté à ses parents LUI !!!!
Il finit par rejoindre la jeune femme, souriant et alors qu’elle lui expliquait vaguement qu’elle ne savait pas encore combien de temps dureraient ses « choses à régler », il l’interrompit en disant avec un sourire qu’il attendrait, se rapprochant pour l’embrasser très chastement, peut-être un peu trop, mais de manière bien réelle, frémissant à cette sensation. Ils se séparèrent…
Et il ne sut rien de ce qu’elle faisait… ou presque.

Tristan était rentré, ce qui lui avait pris un certain temps puisqu’il n’avait pas fait le voyage aussi rapidement qu’à l’aller, profitant des sensations procurées par le vol, même s’il se sentait curieusement un peu vide et abandonné sans la petite demoiselle sur son dos.
Son premier acte quand il fut rentré fut de demander l’aide de personnes compétentes pour adapter ses grands bracelets de force qui lui mangeaient plus de la moitié des avant-bras quand il les mettait  ainsi qu’un autre bracelet beaucoup plus fin, élégant bien que masculin, afin d’y attacher à l’envi la partie du pendentif que lui avait confié la jolie jeune femme.
Le reste de la journée, il se reposa et observa la pierre avec une certaine fascination, pensif, perdu, encore peu remis de ses blessures qu’elle avait pourtant guéri… sans même s’en apercevoir. Maud était également venue le voir, ils avaient beaucoup parlé, enfin surtout elle mais il était content de la voir, même si son esprit était… ailleurs alors qu’il tripotait son collier avec un sourire. Il avait pensé à elle longuement, à ce que ses parents avaient dit, à ce qu’elle lui avait dit, à ces baisers si légers… et pourtant si intenses…

Il s’était finalement couché, épuisé, bien plus qu’il ne l’aurait cru, vidé de ses forces. L’en prouvait d’ailleurs le fait qu’il avait considérablement rajeuni, son corps ne supportant pas des excès qu’il n’aurait pas dû faire. Dans son sommeil, son corps avait petit à petit retrouvé sa taille de jeune et bel adulte mais il était agité…vraiment agité… Et s’était réveillé en sursaut !

Son rêve ? Oh, il était vraiment singulier !
Il s’était mis à rêver d’elle. Jusque là, rien de bien surprenant… A l’imaginer dans une tenue des plus… hum… alléchantes ! Là non plus, rien de bien surprenant ! En plus, c’était de sa faute ! Elle lui avait montré des tenues offertes par Maud que seul un amant pouvait observer sur le corps de sa douce et même seulement superposé devant, cela retournait l’estomac alors l’imaginer avec.
Dans son sommeil, le jeune homme avait souri, rougi, son regard suivant les courbes fines de la demoiselle, en témoignaient les frémissements de ses paupières. Un fantasme, un de plus, il s’y était fait à la longue mais celui-ci était différent. En effet, il la voyait comme… une de ces femmes de plaisir qui monnayent leur corps au plus offrant. L’histoire racontait que dans leur monde, en arriver à de tels extrêmes était rare pour une femme, sauf si elle appréciait particulièrement le sexe… et la bestialité, la soumission, le déshonneur fournis par une telle « occupation ». Mais en réalité, rien n’était aussi beau et certaines y étaient contraintes… le trafic d’esclaves, bien qu’interdits était encore monnaie courante dans certaines contrées et les abus étaient bien assez nombreux ainsi !
Bref… Il était très surpris de l’imaginer ainsi même si le jeune homme esquissait déjà un sourire. Ses rêves parlaient de ses désirs, il l’avait compris depuis un bon moment déjà et s’y était fait et voyait déjà se profiler une espèce de jeu de rôles au sein même de ses fantasmes, étrange, mais pourquoi pas.

Apparemment, il était un guerrier, sans doute un chef, il ne se voyait pas, mais tous le respectaient à voir leur regard soumis, craintif et à sentir le poids d’une épée contre son flanc. Elle dansait élégamment, des plus sensuelles, sa blondeur paraissait blanche aussi près d’un feu de bois et son regard, bien plus sombre cachait des trésors de mystères !
Il lui demanda de venir dans sa tente et elle obéit. Dans son sommeil, il souriait, c’est vrai… Parce qu’il voyait déjà se profiler l’histoire de ce qui allait se passer. Puisque c’était une espèce de jeu de rôles au sein même de son fantasme, il anticipait sur son propre esprit. Elle allait vouloir se dévêtir mais il l’arrêterait poliment, avouant avec douceur qu’il n’avait que voulu la soustraire des regards lubriques de ses confrères et de leur bestialité. Il promettrait de faire croire qu’elle avait rempli son rôle ici et lui demanderait de se reposer, de profiter un peu. Il serait calme, doux, gentil, ne la toucherait pas et la recouvrirait avec galanterie de son manteau pour qu’elle ne prenne pas froid. Elle serait surprise, inquiète, cherchant le piège au départ… Puis elle verrait toute la sincérité du monde dans son regard orangé imperturbable. Elle se livrerait alors, lui avouant avoir été forcée d’agir ainsi, être prisonnière. Elle pleurerait, se confiant, avouant détester ce qu’elle faisait, avoir peur, détester la bestialité des hommes, leur égoïsme.
Il la prendrait dans ses bras, la réconforterait, l’embrasserait… Il lui promettrait de la protéger, de la soustraire de cet enfer, caresserait son visage, sans chercher à en faire davantage. Elle serait touchée par sa sollicitude, l’embrasserait par égard… et là, cette extraordinaire alchimie entre eux se réveillerait, les prenant tous les deux au dépourvu, les affamant. Ils s’embrasseraient, de plus en plus en plus passionnément et auraient tôt fait de se déshabiller et de faire tendrement l’amour se comprenant, se complétant, se comblant. Ils seraient tout aussi surpris et béats l’un que l’autre à la fin, riraient, s’embrasseraient et se promettraient de rester ensemble.

Oui, c’était ainsi que son rêve allait se dérouler…
Mais en réalité non.
Pour une obscure raison, le jeune homme semblait voir la belle mage mettre un plan des plus terribles, des plus humiliants, à exécution. Mais avec des variantes tout aussi douloureuses. Il la « voyait » à travers son camouflage magique, admirant ses cheveux dorés et ses yeux noisette alors même qu’ils étaient censés être sombre. Il était intimidé devant ses airs de grande dame si sensuelle et aguicheuse, davantage troublé pourtant par ses petites mimiques tellement typiques d’elle. Et il avait l’impression d’agir face à elle… ne pouvant même pas soupçonner qu’il voyait à travers les yeux de l’ignoble pourceau auquel elle allait se soumettre pour mettre ledit plan à exécution. La déshabiller trop vite, la brutaliser un peu, ne même pas la caresser, l’embrasser, aucun mot doux même faux, que des gestes pervers et brutaux. Il ne lésinait pas sur les moyens, violent presque, la forçant à faire ce qu’il souhaitait, uniquement ce qu’il souhaitait. D’ailleurs, entre deux coups de bassins il lui grognait qu’elle aimait ça, une sorte de question rhétorique alors qu’il était impossible que cela lui plaise !!!!

Tristan s’était réveillé en sursaut oui, tremblant, transpirant, outré d’avoir un tel fantasme de brutalité envers la jeune femme. Etait-ce à cause de l’attirance sexuelle grandissant qu’il ressentait pour elle ? Non… c’était méchant, c’était cruel !!! Il s’en voulait énormément, ne pouvant guère imaginer qu’il s’agissait d’un étrange phénomène, inexpliqué, qui lui avait permis de voir ce qu’elle subissait… pour lui… Il s’était réveillé alors qu’il allait abattre un fouet sur son dos… La colère faisait trembler ses muscles…
Un peu calmé, il rentra et alla dans le fameux « débarras », en fixant le contenu avec inquiétude et nostalgie. Puis il en sortit, s’habilla et partit s’entraîner, incapable de se rendormir et voulant s’ôter au plus tôt de l’esprit ces horribles images…

Il ignorait ce qui se passait… Il ignorait ce qu’elle avait fait pour lui et n’était pas prêt de le découvrir et alors qu’elle essayait d’oublier pendant toutes ces longues journées, isolée du reste du monde en attendant de rentrer à l’Académie, Tristan s’entrainait avec une obstination démesuré, voulant devenir bien plus fort comme il le lui avait promis. Et très naïvement, adorable, il avait envie d’avoir progressé pour quand elle reviendrait, pour quand il la reverrait. Alors il mettait vraiment beaucoup de cœur à l’ouvrage. Quand il n’était pas sur le terrain d’entraînement à se battre à l’épée et au corps à corps, il s’entraînait au vol et à ses transformations. Autrement, il coupait du bois, aidait beaucoup et ne s’arrêtait que pour de très courtes pauses pour manger un peu par ci par là ou aller prendre une douche. Même si ce n’était que quelques jours, ses efforts payaient et il était en train de changer, ravi d’avoir fait un pas énorme dans le progrès en réussissant à « débloquer » un petit quelque chose en lui qui demanderait encore beaucoup de travail et d’efforts. Ses muscles s’étaient asséchés, ses épaules se carraient très légèrement plus. Maud le lui disait souvent, fière de lui, impressionnée. Mélodie aussi… surtout quand il était torse nu, y compris assez timidement, un matin en partant de chez lui alors qu’il lui faisait un sourire adorable, ravi et reconnaissant.

Quelques jours s’étaient écoulés… Des jours dont il ne savait rien du côté de la jolie jeune femme dont il attendait impatiemment le retour. Heureusement, oui, il ne se doutait de rien par rapport à son rêve et il ne sut pas non plus à quel point elle céda rapidement à son petit ami sous l’emprise d’une boisson assez aidante pour ces messieurs apparemment. La seule chose à savoir c’est qu’il était en train de s’entraîner lorsque tout à coup il s’était effondré à genoux, se tenant la tête en se mettant à hurler, pris de violents tremblements.
Cela correspondait plus ou moins au début de l’agression de la jeune femme, à son réveil quand ces monstres avaient commencé à la déshabiller.

Il n’avait aucune idée de ce qui se passait, de ce qu’elle pouvait vivre, subir, mais il avait la certitude que quelque chose était en train d’arriver à la petite mage. Alors que des gens s’approchaient de lui, Maud aussi, il avait juste hurlé le nom de la jeune femme avant de se transformer et de s’envoler. Un horrible mal de crâne lui vrillait la tête mais peu importait…
Tristan s’abandonna à ses instincts, sentant les pulsions primaires de son côté dragon s’agiter et manquer se réveiller mais il les musela, un peu, juste un peu. Tout fut clair. Il savait où elle était, du moins où elle avait été attaquée, qu’elle était en danger.
Le jeune homme fit au plus vite mais malheureusement, ce n’était certainement pas assez pour arriver à temps… Ni pour lui éviter un viol, ni pour lui éviter de péter les plombs. Enfin cette deuxième partie si… s’il n’avait pas été égaré par…le fait qu’elle ne soit pas là où il avait été guidé et que curieusement, son odeur semblait se diffuser un peu partout, impossible de savoir par où elle était « partie ». Il courut à en perdre haleine, mort de peur à l’idée de découvrir un drame, culpabilisant de l’avoir laissée seule… Et son pendentif se mit à briller… heureusement car il aurait été incapable de retrouver son odeur autrement puisqu’elle avait… changé. Il pila, le regardant, comprenant, le suivant, repartant sur ses pas puis virant brusquement à droite…Puis il arriva là où elle était vraiment alors qu’elle s’était transformée, avait terriblement changée et qu’Erwan venait de la neutraliser.

En le voyant au-dessus d’elle, lui tenant les poignets alors qu’elle semblait évanouie, même s’il ne trouvait pas son odeur et même s’il était encore loin, Tristan poussa un grognement menaçant, plongeant une main dans sa besace en pensant à son épée. C’est ainsi que fonctionnait l’outil magique, il l’avait compris. Aussitôt en effet, il sentit le contact chaud, rassurant, des lanières de cuir qui entourait le manche de son arme qu’il tirait du sac. Mais Erwan s’éloignait, disant qu’il n’avait rien fait. La rage aveuglait tellement le Drakkari qu’il dut faire un énorme effort pour l’écouter et d’autant plus pour le croire. Elle voulait le rejoindre et elle finissait dans cet état ? Le rejoindre… pourquoi ces mots semblaient-ils si amers dans la bouche de l’archer ?La tension dans les muscles du Drakkari se relâcha alors qu’il se jetait à genoux près de la demoiselle, inquiet, laissant son épée dans l’herbe. Elle était horriblement pâle et surtout très… différente, à peine reconnaissable. Pourtant même si elle semblait terriblement dangereuse, il n’éprouva aucune peur face à la petite demoiselle, plutôt de l’inquiétude et une légère honte de la trouver belle malgré la situation. Les explications ne les aidaient pas beaucoup, si ce n’est qu’il fallait absolument l’aider contre cette magie noire. Tristan n’avait même pas tiqué à ce terme, lui qui avait par le passé tellement peur de la magie. Il fixait la longue marque de Balthar sans colère, sans peur… Et après les échecs d’Erwan, quand il lui demanda la permission d’essayer, curieux d’ailleurs de demander la permission, il ne devait pas savoir pour leur rupture… bien sûr, il ne pouvait pas savoir, il s’approcha doucement d’elle, caressant un de ses bras. Il ne ressentit aucune douleur bien qu’une chaleur différente, une chaleur… autre que celle qu’elle avait d’ordinaire, plus violente aussi. C’est sans mal que le jeune homme la souleva puis la porta, rassuré par son contact bien que fou d’inquiétude.

Tristan demeura silencieux envers son guide pendant tout le voyage, se contentant de marcher, étrange monture qui transportait la jeune femme endormie. Il parlait tout bas de temps en temps, mais ce n’était qu’à elle, lui murmurant que ça irait bien, qu’il était là… même si elle ne pouvait sans doute pas l’entendre.
Les moines les attendaient en effet alors qu’ils arrivèrent avant le lever du jour, bien avant en fait. Le froid n’avait pas troublé le Drakkari qui ne s’était arrêté que pour recouvrir le corps de sa protégée d’un manteau tiré de son sac bric à brac, surpris par l’étrange tenue qu’elle portait.
Lui aussi voulut suivre les moines et ne pas laisser la jeune femme seule… Mais Erwan jusqu’ici soucieux, inquiet, amoureux comme seul peut l’être un garçon maladroit, qui s’était opposé à l’idée d’attendre dehors, se retourna vers lui et son aspect pacifiste disparut pour une fois… C’était un bon craquage et il en avait parfaitement le droit après ce qui s’était passé et ce qu’il venait d’apprendre. Sa petite amie, qu’il chérissait plus que tout, voulait retourner avec cette espèce de grand dadais cruel qui l’avait blessée à de nombreuses reprises, qui n’avait pas su la différencier d’une pâle copie, qui n’était apparemment qu’un coureur de jupons, qui ne s’occuperait jamais d’elle comme lui le ferait et qui décidément ne la méritait pas. Apparemment, il ne savait pas qu’elle partait le rejoindre ! Il avait un air bien trop innocent pour mentir ! Ca servait ici.

- Non ! C’est MA petite amie ! Tu n’as absolument rien à faire dans cette salle ! Tu l’as portée, très bien, merci, tu dois être immunisé contre la chaleur, tant mieux pour toi ! Mais tu ne t’approches pas plus d’elle, tu ne réussiras qu’à lui faire du mal !

- Mais… mais… Je ne…
- T’es sourd ?! C’est ma copine ! C’est moi qui m’occupe d’elle ! C’est avec moi qu’elle vit, c’est avec moi qu’elle couche ! Pas plus tard qu’hier soir d’ailleurs…

Ce n'était pas la faute d'Erwan... Après tout, c'était Tristan le méchant dans cette histoire, encore une fois, seulement Cassidy ne s'en rendait pas compte...Il n’avait pas réfléchi avant de parler et franchement, ça ne ressemblait pas au garçon timide et tellement respectueux qu’était l’archer… mais un moment d’égarement pouvait arriver à n’importe qui et tenter de maitriser une telle colère tout en restant politiquement correct n’était pas aisé, voire pas possible du tout… Si Tristan avait ouvert la bouche au sujet de leur vie commune, il se crispa et pâlit considérablement pour la suite. Devenu silencieux, il recula d’un pas et alors que les moines s’impatientaient et qu’il avait déposé la jeune femme sur une vaste table de pierre, il sortit sans un mot et demeura à l’extérieur, le cœur serré avant de secouer la tête, de soupirer, un sourire triste aux lèvres puis plus joyeux, juste un peu plus.
Mais que ce soit de penser qu’il pouvait rester auprès de la jeune femme malgré les recommandations faites ou des suites de son discours hargneux, Erwan fut gravement puni de son audace. Tristan pourtant fut le premier à ses côtés alors qu’il était blessé et ce fut lui qui le dégagea de la pierre qui lui écrasait la jambe alors que des moines s’occupaient du jeune archer, l’éloignant et partant le soigner. Allons bon ! Voilà qu’ils avaient deux éclopés maintenant !!!

S’ensuivit une attente terrible, douloureuse alors qu’il se sentait perdu, marchant de long en large à bon rythme. Tristan était pourtant épuisé par la nuit blanche qu’il venait de passer à marcher mais son anxiété était telle que pour l’heure la fatigue restait à distance.Il ne comprenait pas ce qui s’était passé. Pourquoi ? Pourquoi avait-elle craqué ainsi ? Elle allait pourtant très bien la dernière fois qu’il l’avait vue. Qu’est ce qui avait changé ? Qu’est ce qui… s’était passé ?
Enfin, les portes s’ouvrirent et les moines, épuisés se dispersèrent. Tristan jeta un œil à une fenêtre… le jour s’était levé, depuis peu ou longtemps ? Il n’en avait aucune idée, il ne l’avait même pas remarqué. Il était figé sur place, inquiet, n’osant pas poser de questions mais il n’en avait pas besoin alors qu’un moine venait lui apporter des informations, des nouvelles, troublantes. Qu’il connaisse son nom ? Il ne s’en formalisa même pas, trop soucieux pour la jeune femme.

Ca avait marché… elle irait mieux. Il se sentit extrêmement soulagé et ses épaules s’abaissèrent un peu sous le poids de la fatigue et de l’inquiétude qui y avaient trop longtemps pesé.
Cela pouvait se reproduire, ou pas, il n’en savait rien… Ca, ça l’inquiétait… mais il aurait souhaité savoir pourquoi elle avait réagi ainsi. Que lui était-il arrivé ? Le savaient-ils ?
Un choc très violent. Quelqu’un lui avait fait du mal ? Cette personne le regretterait amèrement !!!
Elle avait été violée… elle avait été… violée… Tristan buta sur ces mots et son teint devint si blême que le moine lui attrapa le bras, le jeune homme semblant bien trop près de s’évanouir. Ses pupilles s’étrécirent en deux minces fentes de chat, presque invisible dans l’orange plus vif de son regard alors qu’un rictus animait ses traits, dévoilant ses canines et qu’il roulait des muscles sous sa chemise. Violée… On avait osé… on avait osé la… Non ! Non !!!! Ce n’était pas possible ! Il devait se tromper !!! Heureusement qu’il continuait de parler, cela calma un peu le jeune homme sous le choc qui se mordit la langue pour rester calme, pour ne pas craquer. Il devait rester là… Elle avait besoin de lui ! Pas qu’il aille courir les chemins pour lui faire justice ! Pas… tout de suite du moins.

Mais c’était justement ce que lui disait le moine, qu’elle avait besoin de quelqu’un, d’une présence…En décodé, elle avait besoin d’une personne qu’elle connaissait, qu’elle aimait, qui saurait s’occuper d’elle, sans la juger ou pas trop, qui saurait l’aider à aller mieux. La rage était toujours présente dans son cœur, mais Tristan la bannit de son esprit. Il devait être là, totalement opérationnel pour elle. La vengeance attendrait… Elle serait violente… mais elle attendrait !
Elle n’était pas ordinaire. Un pâle sourire étira les lèvres du jeune homme. Ah ça non, assurément, elle ne l’était pas. L’enfermer…

Il était encore bien trop en colère… même s’il essayait de le cacher pour elle avant tout, car Tristan attrapa le moine par le col de sa longue tunique et se rapprocha de lui, le soulevant à moitié du sol, furieux et terriblement menaçant, comme prêt à mordre.

- QUOI ?!!! Il est hors de question que vous l’enfermiez ! Elle est une victime ! Elle n’est pas dangereuse ! Je vous interdis de…

Le moine l’apaisa rapidement en penchant de son côté et en le désignant comme tuteur en quelque sorte de la jeune femme puisque Erwan n’était pas très… disponible. Tristan en ressentit une joie, un plaisir indécents. Il était soulagé que l’archer soit blessé, au moins lui pouvait s’occuper de la petite mage… Etait-ce mal de penser ainsi ? Bien sûr que oui… mais il ne pouvait s’en empêcher. Quand le moine vit son impatience, son inquiétude et lui donna le feu vert pour pouvoir aller la voir, Tristan trembla un peu puis acquiesça et entra en silence dans l’étrange salle.
Cassidy était toujours sur la table de pierre qui semblait immense, puissante face au corps frêle de la jeune femme entravée d’une manière qui paraissait très exagérée mais qui aux vues de sa puissance était tout à fait…logique…

Elle était réveillée, car elle tourna la tête vers lui. Il déglutit, se figeant, l’observant, inquiet sans savoir de quoi. Qu’elle ne le reconnaisse pas ? Qu’elle ne veuille pas le voir ? Elle prononça d’étranges mots et il fronça les sourcils, se rapprochant rapidement d’elle et posant avec beaucoup de douceur une fois de plus, une main sur une de ses joues, se penchant sur elle. Elle avait été traumatisée, violée, avait cédé à une magie terrible, portait le signe de Balthar, avait changé et n’avait pas tout à fait retrouvé son apparence d’antan même s’il était soulagé de la voir ainsi malgré son air fatigué. Il devait être fort pour elle… Elle allait avoir besoin de lui, plus que jamais. Et il ne devait pas trembler, pas un seul instant. Un petit sourire taquin éclaira le visage du jeune homme qui passa doucement ses doigts sur son front puis le sommet de son crâne, tâtant la bosse qui s’y trouvait.

- Eh bien… on t’a tapé un peu trop fort la tête toi… Tu commences à radoter n’importe quoi. Je ne veux pas t’inquiéter mais c’est un symptôme courant de delirium alors on va devoir utiliser la manière forte et te gaver de chocolat pour t’aider à reprendre un peu tes esprits princesse…

Quel beau sourire remplaça le taquin bien que l’inquiétude brillât dans son regard. Il posa ses lèvres sur son front puis se redressa, cherchant du regard les clés pour la délivrer de ses chaines. Alors qu’elle se crispait, comme si elle ne voulait pas qu’il la libère, comme si elle pensait le blesser magiquement s’il le faisait, il fut plus rapide, semblant lire dans ses pensées.

- Tu ne me feras aucun mal Cassy… je le sais, alors ne t’inquiète pas…

Il la libéra et observa les marques rouges laissées sur ses poignets et ses chevilles. Même s’il n’entendait rien de l’autre côté de la porte, elle avait dû tirer sur ses chaines comme une forcenée… Elle semblait perdue, ailleurs, évitant soigneusement son regard. Les muscles de ses mâchoires se tendirent alors qu’il s’éloignait pour reposer les clés à leur place, lui tournant le dos en lui disant juste avec un certain détachement qu’elle ne devait pas se déplacer toute seule pour l’instant, qu’il allait la…
Il n’eut pas le temps de dire « porter », se retournant en la voyant redressée, poser un pied par terre, trop indépendante, trop forte pour vouloir l’écouter. Il ne manqua pas l’effrayante grimace qui déforma les traits si harmonieux de la jeune femme alors que ses jambes se dérobaient sous elle. Il la rattrapa juste à temps, la souleva en la maintenant contre lui, en position semi-allongée, l’odeur âcre du sang parvint à ses narines même si ses sens étaient bien plus développés que pour un humain, mais là… c’était prévisible. Elle serrait les dents alors que des larmes de douleur obscurcissaient ses yeux noisette et qu’il se crispait d’autant plus, malheureux de constater qu’il avait raison. Il s’était agenouillé au sol et la pressa doucement contre lui. C’était logique…
Lentement, il se releva finalement en lui disant qu’ils avaient besoin d’une douche, qu’elle grelotait, que cela… la détendrait. On lui avait indiqué où il dormirait et une vaste salle d’eau alors qu’il attendait, histoire qu’il se repose et se détende mais le jeune homme ne s’était pas éloigné de son poste, pas une seule seconde. Là pourtant ces indications allaient servir.

C’est en silence qu’il alla jusqu’à la salle, portant toujours son sac en bandoulière, partagé entre l’idée d’échanger avec elle sur ce sujet sensible et celle de se taire et d’attendre. Mais elle était assurément brisée et son air troublé lui laissait croire qu’elle n’était plus en mesure de penser et d’agir seule, sans guide pour l’heure. Alors il allait être ce guide, tant qu’elle en aurait besoin…
Une fois qu’ils furent dans la salle en question, il fit couler de l’eau dans un bassin, l’un des plus petits, dans lequel ils pouvaient entrer à deux… même si c’était étroit pour deux. Mais avait-il seulement l’intention de venir avec elle dans ce bassin ?
Il l’aida doucement à s’asseoir, plein de geste précautionneux et s’agenouilla devant elle, lui caressant le visage, effleurant ses mèches blondes que la sueur de l’opération avait collé contre son front pâle. Elle devait avoir faim, être épuisée… lui aussi d’ailleurs mais il était fort… oui, il était fort… Pour elle.

- Cassy… Ecoute… Ca va aller, je te le promets… C… C’est normal d’avoir mal, ne t’en fais pas… Un… Un viol, ce n’est jamais…

Elle avait relevé enfin les yeux vers lui… horrifiée. Il savait… Oui, il savait et la peine, la honte qu’il vit dans ses yeux le prirent totalement au dépourvu, l’émouvant si profondément qu’il eut un temps de réaction un peu lent avant de se crisper d’un coup.

- Pas qu’un hein ?... Cassy… Cassy, ce n’est pas ta faute. Regarde-moi… Je t’en prie… S’il te plait… S’il te plait princesse, je… je…

Sa voix tremblait, il n’était vraiment pas doué… Ses mains caressèrent ses épaules minces et tremblantes sous les étranges vêtements qu’elle portait toujours, puis il lui releva le menton, plus assuré.

- Les monstres sont partout et certains ont des visages humains, ce sont les pires. Je suis désolé que ça te soit arrivé… J’aurais tout donné pour que ce ne soit pas le cas et je m’en veux énormément de ne pas avoir été là pour te protéger… Aucune de mes paroles ne pourra rien y changer, rien changer à ce traumatisme, rien changer à tes sentiments…mais Cassy…Ce n’est pas de ta faute. Tu es une victime innocente… Mais une si belle femme également… Ces hommes, n’auraient jamais dû et je te promets qu’ils paieront… Quand les moines m’ont mis au courant… je… leur ai demandé de te préparer d’urgence une potion contraceptive. Tu devrais la boire bientôt, ne t’en fais pas. Ce n’est qu’une précaution supplémentaire, certains mercenaires et violeurs récidivistes prennent des potions pour booster leur fertilité… C’est juste au cas où… Tu n’as rien à craindre, je m’occupe de tout. Toi, ménage toi… je te porterai contre moi tant que tu auras mal et après, aussi longtemps que tu en auras besoin… Si je t’effraie par mon statut d’homme, dis le moi… on… trouvera une solution.


Tiens… il s’était fait beaucoup plus calme, beaucoup plus assuré, rassurant oui, un homme droit, en qui avoir pleine confiance. Tristan avait toujours été bien plus expérimenté que la jeune femme et il y avait des choses qu’il ne devait finalement pas avoir totalement oubliée. Il savait comment se comporter et malgré le tremblement qui agitait ses muscles, témoin de sa colère et de sa peine, il avait ces quelques mots importants, rassurants. Il lui montrait qu’elle pouvait se fier à lui, qu’elle ne devait avoir honte de rien, qu’il connaissait son implication dans l’histoire et ne la soupçonnerait jamais d’autre chose. Il avait confiance en elle, il croyait en elle… Elle pouvait faire de même. Il ne la voyait pas différemment, du moins, ne le montrait-il pas…

- Tu… te souviens de ce qui s’est passé… après ?

Elle lui répondit, évasive, parlant d’une hallucination, sans vraiment s’étendre dessus. Apparemment, elle ne savait pas ce qui avait provoqué sa brusque transformation. Il choisit ses mots et patiemment, lui expliqua qu’elle avait changé d’apparence, qu’elle était pleine de magie noire et qu’une marque de Balthar s’était étendue sur son bras, que c’était la raison de leur présence ici alors qu’il lui expliquait où ils se trouvaient. Elle pâlit beaucoup et sembla paniquer, fixant son bras, puis le reflet que lui renvoyait le miroir qu’elle avait jusqu’alors ignoré…

Apparemment, elle prenait très mal cette nouvelle, et il ne savait si elle était choquée, horrifiée, honteuse ou… autre chose… Ses oreilles étaient restées pointues en effet, un peu moins que les siennes qui heureusement n’avaient pas la longueur de celles des elfes. Pour le jeune homme, elles étaient légèrement plus ovales et effilées mais pas plus grandes. Celles de la jeune femme avaient conservé leur taille et leur profil d’origine mais le dessus s’était légèrement taillé en pointe. En tous les cas, cela semblait la troubler énormément vu ses tremblements et les larmes dans ses yeux, tout comme la marque sur son bras. Il la laissa une seconde se confronter à son reflet, lui laissant pudiquement soin d’échanger avec elle-même puis, n’y tenant plus, il intervint, refusant de voir plus longtemps de la douleur sur le visage de la jeune femme. C’est avec bien des gestes doux et discrets qu’il s’assit derrière elle, alors qu’elle était tournée vers le miroir, sur le rebord du bassin enfoncé sous eux, dans le carrelage orange et bordeaux de la pièce. Elle put voir un court instant le reflet du jeune homme derrière elle avant qu’il ne se penche et… happe de ses lèvres une de ses oreilles, enfin plutôt le dessus de celle-ci, la pointe qui la gênait tant. Il joua un court instant avec ainsi, petit mordillement qui n’avait absolument rien de désagréable, ni d’amical et qui était terriblement déplacé puisque trop sensuel décidément ! Il la relâcha, déposant un baiser léger sous le lobe de son oreille légèrement plus bas puis s’attaqua à la suivante avant de fixer la jeune femme par le biais du miroir, les bras étroitement passés autour d’elle, le regard plein de tendresse et… de taquineries, comme avant, quand il dédramatisait n’importe quel sujet, même les plus graves.

- Mh ? Moi je trouve ça… assez mignon… et sexy en fait… Peut-être parce que ainsi… on se ressemble un peu plus.

Murmure alors qu’il se mettait légèrement de profil pour qu’elle puisse comparer la forme de ses oreilles justement à celle des siennes bien plus discrètes. Il sourit doucement, ravageur comme toujours dans ces légères esquisses taquines.

- Si tu dis non ça veut dire que je ne suis pas sexy hein, alors attention…

Oui, il cherchait encore à l’embêter, à la faire rire… C’était le meilleur remède dans leur situation… Pourtant il ne s’arrêta pas là et passa délicatement ses doigts sur la marque de Balthar sur le bras de la jeune femme, le lui souleva et y posa également doucement ses lèvres avant de la regarder.

- Ca… Ca n’a aucune importance… Pas plus que ça…


Les derniers mots avaient été prononcés alors qu’il effleurait à travers le tissu sa marque au fer rouge entre ses omoplates, semblant en connaitre l’emplacement exacte sans hésiter une seconde. Il se leva pour revenir face à elle, s’agenouillant une fois de plus, en la regardant. Les yeux cernés, les cheveux en bataille, il semblait plus passionné et impliqué que jamais et son sourire était toujours d’une grande tendresse, peut-être plus qu’avant encore. Il prit sa main pour qu’elle la pose sur son torse, sur la cicatrice en forme de croix qui si elle était encore parfaitement visible quand il était torse nu, ne se sentait presque plus au seul sens du toucher.

- Ce ne sont que des marques… des marques de notre histoire, de notre chemin, de nos embuches… Mais de simples marques. D’accord ?

Notre histoire ? Notre chemin ? Etranges paroles... qui pouvaient prendre plusieurs sens... Il se releva lentement et éteignit le robinet, évitant au bassin de déborder. On toqua à la porte et il alla ouvrir, récupérant la potion qui devait aussi l’aider selon les moines à « guérir »,(ce qui provoqua une crispation de colère chez le Drakkari) pour la jeune femme qui y jeta un regard peu amen. Ce genre de choses avaient tendance à provoquer d’étranges effets secondaires mais il était là, il prenait soin d’elle, il ne serait jamais du genre à profiter de la situation, surtout pas dans son…état. Il l’encouragea à boire… Puis fit une curieuse demande.

- Bon… on a deux solutions… La première, je te laisse te débrouiller seule dans la salle de bain. Mais.. je ne veux pas te laisser toute seule parce que… à mon avis être seule ne te sera pas possible avant un bon moment après ce qui s’est passé… et je ne peux courir le risque que tu t’évanouisses dans ton bain… Ou… je reste avec toi… et dans ce cas… tu enlèves ces étranges vêtements, j’en ai à toi, de la part de Maud dans mon sac, ça te permettra de te changer et de porter ce que tu souhaites, mais tu restes en sous-vêtements évidemment… enfin pour l’instant, après, je sortirai pour que… tu te changes. Hum… si… Si tu es d’accord, tu m’autoriserais à enlever ma chemise ? Juste ma chemise bien sûr, je sais que.. ; enfin… tu es… C’est juste pour te transmettre un peu de ma chaleur comme ça… j’ai remarqué que ça t’aidait à aller mieux… enfin… à la cité… et pendant notre mission donc… tu… Qu’est ce que tu en dis ? Je… Je t’avoue… que je préférerais que tu prennes la deuxième… Parce que je m’inquiète pour toi ;.. et…et parce qu’en vrai… je… j’ai vraiment envie de rester près de toi et…que j’aimerais que… tu ne me détestes pas trop… de ne pas avoir été là pour te protéger… enfin… voilà…

La réponse ? On pouvait un peu s’y attendre…
Quoique…
Il se glissa en la portant dans le bassin peu profond mais suffisamment pour être un peu gênant au niveau de la taille pour la jeune femme. Du coup, il la prit sur ses genoux alors que lui-même était assis, ce qui leur garantissait à tous les deux, le confort de ne pas avoir à tendre le cou pour maintenir la tête hors de l’eau. Lui naturellement, elle grâce à son aide. Il paraissait encore une fois inquiet et soucieux de son état, l’observant avec attention, son manque d’expressions, le fait qu’elle évite encore un peu son regard même si elle semblait se détendre un peu dans l’eau chaude le rendaient soucieux alors qu'il effleurait son dos du bout de ses doigts...

- Cassy… on… On peut en parler si tu veux… Tu sais que je ne te juge pas n’est ce pas ? ... Après... on... j'irai te chercher un truc à manger et... tu te reposeras. Je ne te quitterai pas... à aucun moment...
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Cassidy Herediane
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MessageSujet: Re: Un voyage pour apprendre à mieux se re-connaître ?   Ven 20 Déc - 0:57

Quelle histoire tragique… chaotique… comment remonter la pente après une telle situation ? Après avoir eu l’impression de toucher le fond ? La folie n’était pas loin et la demoiselle qui paraissait si forte au final était extrêmement fragile. A force de tout garder pour elle, à force d’ignorer tous les avertissements, elle avait fini par faire une chute énorme… qui ne pouvait pas être rattrapée.

Mais avant de se laisser tenter par les ténèbres, les derniers jours de sa vie n’avaient été que déceptions, troubles, de quoi rendre son esprit totalement instable. Elle avait couché avec ce Kaär, se disant que c’était la meilleure des choses à faire, mais elle se répugnait, elle se dégoutait. Parce qu’elle n’avait pas du tout aimé ça. A quoi s’attendait-elle ? Une nuit magique, magnifique comme avec Tristan ? La même douceur qu’Erwan ? Un peu oui… mais les hommes n’étaient pas pareils et elle comprit ce que voulait dire les rumeurs, cette faim bestiale, ce manque de considération pour sa partenaire. Elle ne s’y attendait pas et cela l’avait beaucoup déçue, se demandant si elle aurait le courage de coucher de nouveau avec un homme. Et si Tristan ne pouvait pas contenir ces pulsions ? Et si Tristan par accident agissait un jour ainsi ? Elle craignait de le voir arriver… vraiment.

Et que dire de toutes ces folies ? Cette nuit avec Erwan qu’elle n’avait pas pu repousser, pas pu lui dire la vérité… Le mauvais hasard fait mal les choses… Alors tant de questions se bousculaient dans sa tête. Etait-ce vraiment ça, coucher avec un homme ? Ce n’était pas comme avec Tristan… alors où était le rêve où était la réalité ?

Elle ne savait plus ce qui était bien, pas bien, elle n’avait éprouvé aucun plaisir, aucune envie mis à part soulager ses pulsions qui devenaient un peu trop imposantes. Et quel plaisir… aucun. Le lendemain matin, la demoiselle s’en était sentie plus que mal, incapable de comprendre les sentiments qu’elle ressentait, incapable de savoir où était le mal, où était le bien. De biens malheureux sentiments qui la rendait si fragile, si déboussolée et l’empêchait d’avancer. Mais encore une fois, elle avait décidé d’être forte, décidant de prendre ce risque de rejoindre Tristan, d’enfin tout lui révéler. Que se passerait-il si il ne l’acceptait pas ? Si il n’avait pas les mêmes sentiments qu’elle ? Ca la jeune femme ne voulait pas l’imaginer… et elle voulait encore garder un espoir… son espoir…

Tout s’enchaîna, des évènements qu’elle ne vit pas.

Heureusement, quand on la déposa sur la table, on avait pris soin d’insonoriser la pièce. Car c’était une véritable tempête qui se livrait à l’intérieur ! Elle hurlait, se débattait, manquant de rompre les chaînes et les moines faiblissaient petit à petit, n’ayant jamais eu affaire à un esprit aussi puissant, pas de leur vie en tout cas ! Et puis, elle changea de nouveau, petit à petit avant de s’apaiser.

Peu de temps après, elle rouvrit les yeux, se rappelant de ses derniers souvenirs. Et c’est quand elle aperçut Tristan que la demoiselle pensa… être morte au final elle aussi. Elle prononça une seule petite phrase, une dernière tout en détournant le regard. Mais alors qu’elle s’attendait à le voir fuir, déguerpir, il n’en fit rien. Il caressa doucement sa joue puis se fit plus taquin, comme à son habitude. Pourquoi ? Elle avait certainement fait quelque chose d’horrible non ?! Pourquoi était-il aussi tranquille ?

Elle le regarda chercher quelque chose et lorsqu’elle remarqua qu’il s’agissait des clés, le regard de la demoiselle s’agrandit de terreur, se crispant un peu plus, refusant qu’il la libère. Il la surprit de vitesse et enleva ses chaînes, d’une voix apaisante. La jeune femme se redressa, faible, très faible mais se massa les poignets très lentement. Elle n’attendit pas la fin de ses paroles et se contenta de mettre un pied à terre, avant de défaillir et tomber en avant. Non elle n’avait pas besoin qu’on l’aide ! Elle voulait partir d’ici…

Tristan la transporta dans ses bras. Et dire qu’avant elle voulait lui dire qu’elle l’aimait ! Qu’elle voulait tout lui avouer ! Non elle ne pourrait jamais le faire… elle ne le méritait pas ! Il était bien trop gentil avec elle… pourquoi encore était-il là alors qu’elle avait du être affreuse ?

Le Drakkari la déposa dans un petit bassin, l’effleurant, doux contact comme à son habitude, qui étrangement l’apaisait un peu. Il disait que ça allait et parlait de viol alors que l’eau coulait dans le bassin. Elle le regarda, complètement en panique, secouant la tête, n’ouvrant pas la bouche, la honte et ces images restant gravées dans sa mémoire. Elle se détestait oui… elle détestait ce qu’on lui avait fait.

Et elle tremblait alors que Tristan parla d’une voix plus calme, plus assurée, lui expliquant qu’il regrettait de ne rien avoir pu faire, de ne pas avoir réagi. Il expliqua avoir demandé une potion de contraception alors qu’elle grimaça, détestant visiblement les potions. Il disait qu’il serait là, tant qu’elle en aurait besoin. La jeune femme aurait voulu lui répondre « Pour toujours ? » mais cela aurait été bien orgueilleux de sa part. Il lui demanda alors au sujet de ce qui s’était passé.

« Une hallucination c’est tout… suffisamment choquante pour me mettre hors de moi certainement… »

Quelques mots prononcés d’une voix de fantôme. Elle avait cru qu’il était mort ! Elle y avait vraiment cru ! Qui était-elle pour mériter sa confiance ? Oui après tout… elle n’avait pas cru en lui…
Tristan lui expliqua alors qu’elle examinait son bras d’un air crispé puis ses oreilles dans le miroir alors qu’elle tremblait encore plus fort…

« Que… que… c’est quoi ça ?! Pourquoi… »

Elle remarqua aussi Tristan juste derrière elle mais la demoiselle faisait une fixation sur ses oreilles. Le jeune homme qui avait compris son trouble fit un geste bien déplacé alors qu’il happait une de ces oreilles, avec bien trop de douceur, avec une certaine sensualité que la demoiselle en éprouvait quand même quelques frissons malgré le traumatisme qu’elle avait subi. Il ne semblait pas inquiet, ni en colère, ni n’avait envie de la repousser… au contraire, il se mit à côté d’elle pour lui montrer qu’ils se ressemblaient un peu plus, puis se mit à sourire, se permettant une petite taquinerie. Elle ne répondit pas en baissant la tête, murmurant une petite phrase comme quoi il était toujours très bien lui…

« Toi… tu es un dragon… mais moi je suis quoi si je suis pas humaine ? »

Aucune réponse ne pouvait venir pour le moment… Il avait juste posé ses lèvres sur sa marque, révélant le désintérêt, que ce n’était pas important pour lui, comme pour les oreilles… il se permit de prendre sa main pour la poser sur son torse et sortit une curieuse phrase… comme quoi c’était leur histoire que ça faisait parti d’eux. La demoiselle n’était pas sûre de comprendre dans quel sens elle devait interpréter ses paroles et ne fit pas plus de commentaire, alors qu’on toqua pour leur apporta la potion. Que la demoiselle bouda au départ avant de boire d’un air complètement résigné, faisant une grimace à cause du goût.

Elle était toujours assise dans l’eau alors qu’il évoquait les deux solutions. Et à sa grande surprise, il parla d’enlever sa chemise, chose qu’elle n’aurait pas cru possible. Dans ses bras, elle se sentait mieux, alors qu’il demandait à lui parler… à savoir quelque chose d’elle. La jeune femme posa doucement sa main sur son bras, donnant un contact, un tout petit.

« D’accord… pour la deuxième solution… et Tris’… je te déteste pas… j’aurais du faire plus attention… j’aurais du te demander de venir me chercher… c’est ma faute je n’aurais pas du être trop hâtive… »

La demoiselle ferma lentement les yeux, avant de murmurer une nouvelle fois, presque tremblante mais c’était quand même un début.

« Cette hallucination… on m’a touché… on savait… c’était tellement réel… je t’ai vu mourir sous mes yeux… alors que c’était faux… je pense que j’ai pété un câble après ça… c’était bien trouvé… je n’y ai vu que du feu… »

Elle tapota des mains dans l’eau.

« Mais je m’en veux… d’avoir cru cette hallucination… qu’est ce que j’ai fais pour qu’on s’acharne sur moi ? Je demandais juste à être heureuse, être honnête… je voulais juste te… te rejoindre. Alors pourquoi maintenant ? »

Il lui répondit, une petite réponse, avant de la laisser se détendre. Cela avait l’air de lui coûter ce qu’elle venait de dire.

La jeune femme était assise dans ce petit bassin, puis Tristan déclara qu’il sortait le temps qu’elle se change. Il ne lui laissa pas le temps de protester et s’éloigner un peu, fermant la porte. Cassidy soupira longuement, se redressa puis regarda les vêtements qu’on lui avait apportés. Encore une fois, elle choisit une tenue masculine, à cause de ce qu’on avait fait d’elle. Les souvenirs remontaient alors qu’elle secouait la tête douloureusement. C’était des vêtements faits par Maud donc cela lui donnait une allure un peu plus sexy mais pour l’instant, elle préférait cacher son corps.

Très loin de là… une autre scène se déroulait. Une sorte de grand manoir très lugubre, assise sur une chaise dans ce qui semblait être une salle pour recevoir se trouvait cette fameuse femme qui en avait après Cassidy. Qui avait comme nom La sorcière, puisque personne ne l’avait identifié pour l’instant. Elle était en train de se brosser très calmement ses longs cheveux noirs, portant encore une cicatrice sur la joue, fine coupure que Cassidy lui avait faite il y a bien longtemps. Agenouillés devant elle se trouvaient les trois Kaärs qui avaient mis en place son plan diabolique, lui rapportant les dernières nouvelles.

Sourire satisfait de la part de la sorcière.

- Bien… très bien… elle ne pourra plus résister… pas après tout ce qui vient de lui arriver. Cette petite idiote, elle se détruit toute seule…

Elle se releva, se redressant puis se dirigea vers une petite table où se trouvait une sphère de couleur noire. Après avoir prononcé quelques mots, une image apparut. Là elle put apercevoir ce qui s’était passé après, l’intervention d’Erwan, puis de Tristan. La sorcière tapa encore du poing sur la table.

- Non non non ça ne devait pas se passer comme ça ! Crétin d’archer… j’aurais du l’achever bien avant… quant au Drakkari… ce n’est pas possible ! Encore là ! Ils font quoi les autres ? Je pensais qu’ils devaient le capturer une bonne fois pour toute… non… tout aurait du être parfait…

La scène changea et c’est sans la moindre gêne qu’elle observa une discussion forte intéressante, Cassidy dans son petit bassin avec Tristan à côté qui lui parlait. Mais ses yeux s’agrandirent de surprise quand il parla d’un viol et pas qu’un seul. Elle se crispa, devenant aussitôt très sombre et se tourna vers les trois Kaärs, puis gifla celui du milieu.

- Sombres crétins ! Vous avez profité d’elle ? Vous vous êtes bien amusés ? Un sang comme le sien ne devrait pas être souillé avec le votre ! Bande d’idiots en chaleur ! Mais en voilà une idée !

Elle s’arrêta alors qu’une autre image arriva, celle d’une autre scène qui s’interposa avec la première. La petite mage en train de coucher avec le chef des Kaärs. La sorcière regarda attentivement la scène, puis regarda la nouvelle, la petite mage en train de boire une potion de contraception. Un sourire maléfique apparut sur ses lèvres, le genre de sourire qui ne donne rien de bon.

-Quoique… peut être ce n’est pas si mal… avoir un héritier qui serait peut être plus docile, même si il faut encore attendre des années de plus… elle a trop hérité de son cher ancêtre… et ce Drakkari n’arrange en rien les choses… hum… toi là ! Apporte moi le cristal !

Le Kaär choisi se dirigea vers une autre table et ramena à la sorcière un petit cristal ambré, très fin, qu’elle posa sur un socle. Elle incanta d’une voix lente, glaçante, agitant une main au dessus du petit cristal, un fin sourire apparaissant sur ses lèvres alors qu’elle observait la petite mage qui venait à peine de s’habiller et se diriger vers la porte d’un pas mal assuré, certainement encore faible.

- Essaie encore de la sauver si tu peux le Drakkari… mais au final, je gagnerais

Retour au monastère, la jeune femme avançait d’un pas hésitant vers la porte où se trouvait Tristan, lorsqu’une horrible crampe apparut dans son ventre. Elle grimaça, se plia en deux sans arriver à sortir le moindre son de sa bouche, prise d’une horrible nausée. Puis, sans chercher à réfléchir plus que ça, elle fit marche arrière et ouvrit une porte qui semblait déboucher sur les toilettes.

Elle se jeta par terre et se mit à vomir tout ce qu’elle avait ingurgité ces derniers temps, c'est-à-dire pas grand-chose à part une certaine potion. Toussotant et crachotant, complètement mal à l’aise sans plus comprendre que ça, la petite mage devint bien pâle, comme si elle tournait de l’œil. Puis elle sortit des toilettes, marchant d’un pas tremblant dans la salle d’eau, tombant nez à nez avec Tristan qui commençait à s’inquiéter et trouver le temps long. Elle le regarda d’un air brumeux, une expression d’incompréhension se lisait sur le visage bien pâle de la petite demoiselle alors qu’elle chuta en avant, évanouie.

Tristan ne devait pas y comprendre grand-chose alors qu’il se chargeait de la rattraper et la conduisit bien vite dans une autre pièce, une sorte d’infirmerie où se trouvaient un vieux guérisseur et quelques assistants. Il examina rapidement la petite mage, son teint pâle, ouvrant sa bouche, puis examina son ventre en prononçant quelques formules propres aux soins. Il se troubla puis regarda Tristan.

- Elle a essayé de manger quelque chose ? On dirait qu’elle a vomit… désolé pour le terme.

Un des assistants affirma qu’ils avaient préparé tout à l’heure une potion contraceptive justement que les moines avaient demandé pour la… l’invité du monastère. Le vieil homme secoua lentement la tête, puis grimaça.

- Hum… alors elle a du faire un rejet… étrange… vraiment étrange… enfin ça arrive, y a bien des gens qui sont indisposés avec les potions. Une potion contraceptive ? Est-ce si…

Il ne termina pas sa phrase, voyant le regard du Drakkari. Le vieil homme marmonna dans sa barbe, se gratta la tête.

- Il y a d’autres méthodes… moins naturelles, magiques mais dans son état, je me demande si c’est une bonne idée de tenter… y a un risque qu’elle y laisse la vie et je ne pense pas que c’est le but recherché non ?

Le vieil homme parlait plus pour lui-même tout en soupirant.

- Attendons de voir ce qui se passe, qu’elle reprenne des forces, qu’elle récupère son énergie vitale et si vraiment elle tombe enceinte, alors nous interviendrons.

Tristan récupéra la jeune femme et l’amena à la chambre qu’ils occuperaient le temps de leur séjour, une petite pièce qui comportait deux lits au confort un peu modeste, quelques meubles, pas le plus grand luxe mais suffisant pour eux d’eux. Ce n’est qu’un peu plus tard que la demoiselle se réveilla, se demandant ce qui lui était encore arrivé. Tristan était vraiment charmant avec elle, faisant comme si rien ne s’était passé, se contentant d’essayer de la faire rire, sourire un peu même si ça serait difficile les premiers temps.

Il lui proposa d’aller chercher de quoi manger, qu’elle s’alimente un peu le temps qu’elle se repose. Et lorsqu’il vadrouillait dans les couloirs d’une monastère, il surprit une bien étrange discussion à travers l’une des salles qui ressemblait à une sorte de salon.

- Nous n’allons quand même pas la garder ici !
- Cette mage est dangereuse ! Vous avez vu sa marque ? Pourquoi vous la laissez ici ? On devrait la chasser ! Et si les Kaärs attaquaient ?
- Elle n’est rien qu’un monstre… rien qu’un monstre, comment vous pouvez faire confiance aux hommes qui l’accompagnent ! Elle déborde de magie noire.
- Il suffit ! Non mais vous n’avez vraiment rien dans la tête ?


Une discussion animée entre ce qui semblaient être des jeunes recrues et un autre moine, plus âgé, un de ceux qui semblaient diriger le monastère et avait participé à la purification de la jeune femme qui n’avait pas l’air commode et s’emportait aux réactions des plus jeunes.

- Cette jeune femme a besoin d’assistance. Nous ne fermons pas nos portes à ceux qui ont besoin d’aide, peu importe leur provenance. Les dieux protègent ce lieu… et les fanatiques des Kaärs ne peuvent pas franchir les enceintes du monastère. Bien sûr… elle est peut être un des cas les plus étranges que nous avons eu à soigner depuis plusieurs centaines d’années mais elle reste humaine…

Silence dans l’assemblée.

- Mais elle n’a pas l’air très stable… Ne pensez vous pas que c’est dangereux pour nous ?
- Un Drakkari qui l’accompagnait doit s’occuper d’elle et d’après ce que j’ai compris, il a insisté pour ne pas qu’on la… sécurise. Alors si il est prêt à prendre ce risque, je pense qu’on peut aussi le prendre non ?


Grognements dans l’assemblée alors que la discussion portait sur un autre sujet, un sujet qui n’intéresserait pas le Drakkari.

Du côté de Cassidy, elle était restée couchée sur le côté de son lit, les yeux dans le vague, ressassant de sombres évènements, incapable de se pardonner, incapable de voir le bout du tunnel et même si Tristan était revenue, eh bien elle peinait à se remettre de ce choc, de l’avoir vu mourir sous ses yeux même si c’était fait. Elle était vraiment très mal à l’aise, n’arrivant pas à se pardonner.

Tristan revenait et déposa sur une petite table un plateau qui contenait un repas, se faisant tout gentil, lui demandant de manger. Elle regarda lentement la nourriture puis détourna la tête, refusant de se nourrir convenablement. Il lui demanda si elle avait encore la nausée, la jeune femme secoua la tête d’un air négatif. Le Drakkari du déployer des trésors de patience pour la faire manger, ne serait-ce qu’un peu, la taquinant comme il le faisait à son habitude, alors même que la demoiselle semblait être très fragile.

Finalement, elle mangea un peu avant de se coucher dans son lit, toujours aussi épuisée et lui devait avoir besoin d’un peu de sommeil également.

Cependant, la nuit venait à peine de commencer que des cauchemars agitèrent la petite mage, se couvrant de sueur, se retournant dans son lit sans trouver le moindre repos. Cette scène de Tristan en train de mourir qui se reproduisait sous ses yeux, encore et encore. C’était comme si elle éprouvait toujours les mêmes sensations, la même douleur, comme si cela pouvait se reproduire à nouveau. Puis elle se redressa sur son lit et cria un surnom bien connu par le Drakkari, le sien.

Mais alors même qu’il se retournait, il aperçut juste la jeune femme qui sautait de son lit, marchant à quatre pattes sur le sol et monta directement dans le lit à Tristan, allant directement se blottir dans ses bras, réaction qu’on pouvait attribuer à la fatigue et cet état de semi sommeil et se cramponna si fortement à lui qu’il ne pouvait pas la déloger si facilement. Pourquoi… pourquoi s’accrochait-elle encore à lui alors qu’elle semblait avoir perdu tout espoir en la gent masculine ? Pourquoi ses yeux étaient-ils aussi humides alors qu’elle se serrait contre lui, de peur de le perdre encore une fois… comme si on tentait de la séparer de lui ?

Beaucoup de questions, des actions instinctives, qui ne trouvèrent aucune réponse puisqu’une fois posée dans ses bras, la jeune mage s’endormit plus rapidement et très étrangement… apaisée. Sa respiration venait de retrouver un rythme plus normal.

Les jours suivants, la jeune femme restait dans la chambre avec Tristan. Il ne savait pas trop quoi faire pour la sortir de son traumatisme mais s’appliquait de lui apporter tout ce dont elle avait besoin. Il avait trouvé la bibliothèque du monastère et lui avait rapporté pas mal de livres pour la distraire, ce qu’elle avait bien apprécié, en témoignait son léger sourire.

Ca lui arrivait aussi de faire le pitre pour l’amuser, avec n’importe quoi. Elle ne savait pas où il trouvait la patience pour faire tout ça mais il se débrouillait plutôt bien. Le jeune homme avait également rapporté des choses pour meubler un peu plus la chambre, la trouvant bien trop sobre à son goût, tout en lui demandant ce qu’elle aimerait avoir. Cassidy avait fait la moue, ne savant pas trop quoi répondre puis elle avait fini par parler un peu avec lui. Elle voulait qu’il ramène un vase et des fleurs qu’il pouvait poser sur la commode. Un grand tapis dans les tons bleus pour couvrir le sol dallé de la pièce, des rideaux dans les mêmes tons pour donner un peu plus de décoration à la chambre. Aussi une étagère pour mettre les livres qu’elle avait envie de lire et un carnet ainsi qu’une plume et de l’encre pour écrire un peu. Parce que des choses à dire, elle en avait.

Mais quelque chose changeait au fur et à mesure des jours qui passaient. Quelques jours à peine où il s’était occupé patiemment d’elle alors qu’elle peinait toujours à parler. Mais quand il faisait ses pitreries, qu’il lui racontait des histoires, parfois il arrivait à tirer un sourire à la demoiselle. Un sourire rempli de crainte mais présent quand même. Il lui apportait même ses biscuits préférés, sortant dont ne sait où même si il était très rapide et ne la laissait jamais très longtemps toute seule. Elle avait souri ce jour là, voyant qu’il prenait beaucoup de soin à apporter les choses qu’elle aimait. Et les soirs, elle venait dormir dans son lit. Oh à part le premier soir où elle était passée instinctivement, la fois suivante avait été beaucoup plus hésitante et timide.

Il avait enlevé sa chemise comme il le faisait souvent. Elle l’avait regardé, d’un regard rempli de crainte et timidité puis avait fini par ouvrir la bouche.

« Dis… je peux encore dormir avec toi ? Je me sens plus calme quand je suis… contre toi… »

Léger rougissement de la part de la demoiselle qui avait détourné furtivement les yeux, s’attendant peut être à un refus. Mais Tristan l’avait accueilli avec un beau sourire, lui faisant de la place alors qu’elle venait se placer tout contre son torse. C’était chaud… accueillant… agréable… pas comme ce froid qui l’avait envahi quelques jours plus tard. C’était comme si ses blessures guérissaient peu à peu en sa présence, comme si elle récupérait petit à petit ses forces. Et elle en était extrêmement apaisée. La troisième nuit ils avaient rapprochés les deux lits pour avoir plus de place. Cassidy changeait parfois de position en dormant mais c’était toujours très accroché au Drakkari. Une fois la tête contre son torse, l’autre fois dos à lui.

Quelques jours plus tard, ses forces étaient presque complètement revenues et c’était peut être le moment de sortir de cette chambre. Mais de la peur se lisait dans les yeux noisette de la demoiselle alors qu’elle secouait la tête en tremblant. Elle lui disait qu’elle avait peur de faire du mal à quelqu’un, peur de ce qu’on pouvait penser d’elle, elle avait peur du monde extérieur alors qu’elle reprenait doucement à avoir confiance… confiance qu’elle récupérait plutôt bien en compagnie de Tristan. Mais alors qu’il l’encourageait à sortir, elle était terriblement tremblante, se cachant derrière lui.

A force de patience, il réussit à la faire sortir alors qu’elle jetait des regards frénétiques un peu partout autour d’elle, comme si elle craignait qu’on lui saute dessus. Et étrangement, elle avait tout de suite cherché à avoir un contact avec lui en tenant sa main, comme si ça l’aidait à se protéger des autres, comme si c’était une barrière qui l’empêchait de voir ce qui se passait à l’extérieur. Et elle fermait les yeux, un peu hésitante. Le jeune homme avait lâché sa main pour se placer devant elle, la grondant gentiment, lui demandant d’arrêter de se comporter comme ça, que rien ne lui arriverait tant qu’il serait là. Et elle voulait y croire… alors Cassidy rouvrit les yeux tout en le suivant. Mais certains moines étaient assez tendus, surtout ceux qui étaient les plus jeunes. Alors que certains marchaient dans les couloirs, ils ne pouvaient pas s’empêcher de dévisager la petite mage, qui se colla encore plus contre Tristan, se trouvant bien rassurée comme ça.

Oui parce qu’en effet, dès qu’ils croisaient du monde, l’ambiance était pesante. Ils étaient allés à plusieurs endroits. Tout d’abord, au réfectoire pour manger un bout et reprendre des forces. Tristan pouvait constater les progrès de la petite mage, qui reprenait bien du poil de la bête depuis qu’elle était à ses côtés et mangeait sagement, même si elle n’avait pas retrouvé son grand appétit, surtout pour les gâteaux. Mais elle arrivait déjà à mieux manger, retrouvait un certain goût de vivre et le grand Drakkari n’était pas inconnu à ce changement.

Puis il la conduisit à l’infirmerie, voulant avoir des informations et des examens supplémentaires au sujet d’une éventuelle grossesse bien qu’il se garda de lui dire. Enfin il voulait aussi savoir si elle avait bien récupéré. La jeune femme se fit examiner puis le vieux guérisseur conduisit Tristan à l’écart. En effet, elle n’avait plus manifesté de signes de grossesse, pas de nausée, pas de vomissements, aucune douleur dans le dos ou les hanches, rien à signaler.

- C’est très étrange… c’est comme si on ne lui avait jamais rien fait… du moins je n’ai rien vu d’anormal, aucun développement. J’ai l’impression que son corps arrive à se défendre tout seul contre ce qu’elle rejette. Mais vous pouvez vous rassurer, elle n’a rien du tout.

Alors que préparait donc la sorcière dans son antre ? Oh ça il faudrait attendre un bon moment avant de le remarquer. Le guérisseur l’informa qu’elle avait également très bien récupéré mis à part le traumatisme qu’elle avait reçu sinon, niveau magie et énergie tout était bien à déclarer de ce côté.

- Oh elle n’a pas l’air de le montrer, en tout cas, je n’ai jamais vu un cas de guérison aussi rapide. Et ce n’est pas une petite épine qui lui est tombée dessus. En tout cas elle a fait d’énormes progrès contrairement à la dernière fois, encore quelques jours et elle sera complètement remise sur pied…

Il était confiant, souriait. Voilà enfin de bonnes nouvelles pour Tristan non ? Une fois la discussion terminée, il récupéra Cassidy qui avait repris sa main et l’invita à le suivre. En effet, il était passé par leur chambre tout en prenant une lourde cape qu’il posa sur les épaules de la demoiselle avant de la conduire à l’extérieur. La jeune femme cligna un instant des yeux, éblouie par la neige blanche qui tombait et la luminosité beaucoup plus importante que dans leur chambre. A l’extérieur il y avait une sorte de cour où les moines méditaient en silence, certains assis, d’autres debout, les yeux fermés, dans une posture zen et très détendue.

Mais Tristan la conduisit bien plus loin. Quand on dépassait une petite allée, un beau petit jardin se trouvait au bout, recouvert de neige, un arbre qui étendait ses longues branches au dessus d’un petit bassin plein d’eau qui n’avait pas gelée. Il la mena à cet endroit et s’installa avec elle sur le banc, profitant de la vue qui s’étendait devant eux. Le monastère était en hauteur, on pouvait voir de grandes étendues de sapin devant, des petites étincelles représentés par de la neige. La demoiselle était adossée contre Tristan puis murmura quelques mots, teintés de regret.

« Ca me manque… de ne plus pouvoir voler avec toi… »

Elle était adossée contre lui, tripotant une lanière de sa cape, le regard un peu perdu dans le vide, songeuse, en train de réfléchir. Puis elle se mit à sourire doucement mais si tristement en regardant le ciel blanc où la neige tombait en fin flocons.

« Mais bon… je ne devrais pas avoir le droit de te demander ça… je ne pense pas avoir le droit de pouvoir voler avec toi… je ne suis peut être pas digne… »

La jeune femme le sentit se crisper alors qu’il se redressa un peu, lui parlant, tellement investi dans ses paroles. Elle le dévisagea lentement, voulait lui demander si il était comme ça uniquement parce qu’elle n’allait pas très bien ou parce qu’il le pensait ? Lui qui avait caché tellement de choses, tellement de malaises quand ils étaient encore ensemble. Elle se mit à sourire une nouvelle fois comme si de rien n’était, hochant doucement la tête à ses paroles.

La journée continua de défiler une nouvelle fois. Il lui proposa après le repas un bain bien chaud pour l’aider à se détendre, s’occupant bien d’elle une nouvelle fois alors qu’elle s’apaisait dans l’eau chaude, dissimulée sous une étendue de mousse qui cachait son corps. Ca elle n’était peut être pas encore totalement prête pour oser se montrer, comme si elle essayait d’avoir une certaine pudeur, pudeur qui lui avait été arrachée plusieurs jours en avant. Elle avait quand même insisté pour qu’il vienne avec elle et tout naturellement, un jeu d’eau commença alors qu’il l’éclaboussait, puis mettant de la mousse dans les cheveux de la jeune femme, elle riant un peu, un tout petit peu. Il devait avoir remarqué la chevalière qui pendait au cou de la jolie demoiselle, qu’elle n’avait décidément pas enlevé même si il s’abstint de toute question.

Finalement rien ne fut tenté mis à part des gestes amicaux, un peu de tendresse et ils sortirent pour se sécher. Les deux jeunes gens revinrent ensuite dans leur chambre et alors que Cassidy avait sorti un des livres de l’étagère, Tristan prenait beaucoup de soin à coiffer ses cheveux, pendant qu’elle lisait. Elle allait l’air d’aller mieux, sa peau reprenait des couleurs, son visage aussi. Une nouvelle petite lueur dansait dans ses yeux à nouveau. Une petite lueur d’espoir, de vitalité… alors qu’elle venait se coucher une nouvelle fois à côté du beau Drakkari.

Elle aurait du tout lui dire… mais là encore elle ne s’en sentait pas capable. Pas capable de le mériter, honteuse de ce qui s’était passé. Et elle avait peur de ses réactions. Mais pour l’instant, elle se blottissait tout contre lui, dormant paisiblement, sans rien demander à part un peu d’amour et d’affection.

Le lendemain, elle apprit un peu par hasard qu’Erwan était également ici. En fait, Tristan avait bien choisi ses mots pour en parler un peu, histoire qu’elle soit au courant de sa présence, qu’elle ne le laisse pas seul. Il lui apprit que c’était lui qui l’avait maîtrisé alors qu’elle n’allait pas vraiment bien, lui qui avait proposé de venir ici pour la soigner. La demoiselle regarda lentement Tristan, grimaça, et n’avait pas l’air de tout comprendre, surtout pourquoi Erwan viendra la sauver alors qu’elle avait rompu avec lui ? Ce n’était pas logique ! Mais le geste était quand même là.

Elle décida d’aller le voir, timidement, alors que Tristan déclarait aller faire un tour. Une fois avec Erwan, la jeune femme le dévisagea alors qu’un énorme plâtre entourait la jambe de l’archer.

- Cassy ! Tu vas bien ?

« Heu… c’est plutôt à toi qu’il faut demander ça… il t’es arrivé quoi ? »

- Hem… aucune importance… tu as l’air d’aller mieux toi c’est l’essentiel…

« Oui ça va… enfin… merci de… m’avoir aider… tu n’étais pas obligé… »

Il se mit à sourire doucement alors que la jeune femme baissait lentement la tête sans trop savoir quoi dire. Pas grand-chose alors qu’elle disait qu’elle sortait pour le moment, retrouvant rapidement Tristan.
Le reste de la journée se passa bien, plutôt bien. Il fallait souligner que la demoiselle faisait des efforts dans le choix de ses tenues, prenant le soin de porter une autre robe confectionnée par Maud, sous le regard admiratif de Tristan. Petites balades le long d’un sentier, lecture… discussions de tout et rien. Mais alors qu’ils regagnaient le chemin du monastère, la jeune femme s’arrêta, un flash venant de passer devant ses yeux qui la fit se crisper alors qu’elle semblait ne pas en croire ses yeux. Elle fronça les sourcils et se fit soudain beaucoup plus vivante même si elle était en colère.

« Il n’a quand même pas OSE dire CA ? … »

Elle regarda lentement Tristan et pour la première fois depuis plusieurs jours, il retrouva un peu la Cassidy dynamique, vivante, celle qui se vexe pour un rien, celle qui n’hésite pas à agir. La jeune femme lâcha sa main et mit ses deux mains en avant, un index levé au ciel, prononçant quelques mots.

« Hum… Attends moi veux tu… j’ai quelque chose à régler… »

Sans rien dire de plus, elle traversa d’un pas rapide le couloir, se précipitant vers la chambre d’Erwan, ouvrant la porte et la claquant un peu brusquement au passage, ce qui fit sursauter les moines qui passaient. Elle dévisageait l’archer qui n’avait pas l’air de comprendre alors qu’elle semblait très en colère.

« C’est vrai ?! C’est vrai ce que j’ai vu ?! Tu as… tu as… tu as dis à Tristan qu’on était encore ensemble ?! Et qu’on avait couché ensemble ?! Non Erwan tu n’as quand même pas dis ça ?!!! »

L’archer paraissait très gêné, marmonnant qu’il n’avait pas eu le choix, mais semblait se tasser sur son lit. Elle était complètement outrée, s’approcha de lui et le gifla violemment.

« Non mais tu cherchais à faire quoi là ? Tu voulais… rhaaaa décidément ! Je ne changerais pas d’avis ! Tu es vraiment… aaaaaaah ! »

Elle montra les dents en serrant les poings puis sortit de la chambre en claquant violemment la porte derrière elle, encore plus fort qu’en entrant et se massa doucement la main alors que Tristan la rejoignait. Elle était grincheuse et boudeuse. Tristan la regardait, cherchant à comprendre. Cassidy le dévisagea, se mordit la langue, puis le prit par la main pour continuer à marcher.

« Rien rien… je t’expliquerais… il faut que je t’explique… mais pas tout de suite… »

Quelques jours passèrent encore. Elle s’améliorait, parlait un peu plus avec Tristan, mais ignorait les moines qui la voyait comme une intruse prête à exploser à tout moment. Plusieurs fois elle restait pensive, allongée sur le lit, se demandant ce qu’elle devait dire ou devait faire, profitant des moments où Tristan n’était pas là pour avoir un discours à haute voix. Mais elle était incapable de lui révéler quoi que ce soit, prenant peur qu’il décide de partir si elle lui disait toute la vérité. Alors elle trainait… et se demandait bien comment il pouvait continuer à rester à côté d’elle. De la pitié peut être ?

Alors qu’ils passaient devant une salle fermée, les deux jeunes gens s’arrêtèrent d’un coup, se sentant instinctivement attirée par cette dernière. Cassidy, plus curieuse que Tristan, l’entraîna à sa suite, prenant une voix terriblement enfantine en demandant ce qui pouvait bien se cacher derrière. Mais alors qu’elle ouvrait la porte, une puissante lumière apparut et le sol se déroba sous leurs pieds. Tristan tomba le premier et Cassidy se retrouva sur le dos, encore toute surprise.

Elle se redressa rapidement, s’époussetant, demandant à Tristan si ça allait bien. La porte était gigantesque devant eux et la jeune femme regarda autour d’elle, un peu craintive puis se serra un peu plus contre Tristan. Au dessus de la porte se trouvait un être gigantesque qui avait revêtu un aspect humain. Elle l’avait déjà vu dans des livres… Klartos… le dieu des sentiments. La jeune femme ne comprit pas tout de suite, continuant de se coller contre Tristan.

Il disait des choses bizarres, comme quoi ils allaient devoir dire la vérité pour sortir. La demoiselle ouvrit grand la bouche, choquée, puis fronça les sourcils, apparemment en colère.

« Non mais c’est bon ! Finis le petit jeu ! Faites nous sortir d’ici ! »

Le dieu ne réagissait pas plus que ça puis s’en prit à Tristan, lui lançant une décharge, lui faisant du mal. La jeune femme cria en se dirigeant vers son compagnon, sans pouvoir l’atteindre.

« Tris’ ! Tris’ ça va ?! »

Alors qu’elle manquait d’expressions ces derniers jours, elle devenait beaucoup plus vivante quand ça touchait le Drakkari. Le dieu réitéra sa demande, seule la vérité offrirait le salut… pour les deux. Cassidy plissa les yeux et se tourna vers le dieu une nouvelle fois.

« Non mais ça va pas la tête ?! Vous voulez que je l’achève ?! Non je ne peux pas lui dire tout ça ! Il va me détester ! Il ne… il ne… je ne peux pas lui dire ! Je n’ai pas envie qu’il parte ! »

Elle semblait suppliante et venait de révéler une toute petite vérité, qu’elle ne voulait pas le voir partir. Une toute petite vérité alors qu’elle était si muette là-dessus durant tout ce temps. Mais le dieu ne s’arrêta pas là et commença à poser des questions à Tristan. Les réponses surprirent la jeune demoiselle, même si c’était des petites vérités prévisibles. Pourtant, à certains moments, il semblait se tordre de douleur, comme si il mentait. Elle le regardait, mordant sa langue et serrant doucement les poings tout en tremblant, les larmes aux yeux.

« Assez ! Assez ! Arrêtez ça je vous en prie ! Ne lui faites pas de mal ! Très bien je vais lui dire la vérité ! »

La jeune femme inspira profondément en fermant les yeux, puis regarda Tristan, très hésitante, tremblant encore plus, déglutissant. Elle inspira une nouvelle fois puis secoua doucement la tête.

« Ecoute… je comptais te le dire un jour ou l’autre tout ça… mais j’ai peur de comment tu peux le prendre… et comment tu peux me juger… mais si je ne te le dis pas… alors comment pourrais-je savoir si tu m’accepter ou pas ? Mais tant pis… j’accepterais ta décision… si tu… m’accepteras encore ou pas… Pardon… »

Elle inspira une nouvelle fois, puis le regarda droit dans les yeux.

« Pour commencer, quand je suis rentrée à l’académie… enfin je ne suis pas rentrée tout de suite. J’avais peur que les Kaärs te fassent du mal. Ils savent des choses que tu as oublié, des choses qui leur permettraient de te faire beaucoup de mal et j’avais peur de ne pas arriver suffisamment tôt pour pouvoir te soutenir. Alors… je les ai retrouvés… celui qui est au centre de tout ça. Je me suis déguisée, prise une autre apparence… j’ai drogué tous les Kaärs du campement pour qu’ils t’oublient… et comme leur chef ne buvait pas j’ai…. J’ai couché avec lui voilà ! Parce que c’était le seul moyen que j’avais de l’approcher ! Ca n’a pas été facile… Je pense que tu n’aurais pas été d’accord… c’est un sacrifice, mais je préfère avoir agi ainsi plutôt que de te perdre à nouveau ! »

La demoiselle ferma lentement les yeux, évitant de le regarder. Mais le dieu n’était pas satisfait et lui réclamait l’autre vérité. Elle se tourna vers lui un instant, feignant ne pas comprendre puis porta directement une main à son cœur, murmurant tout bas, comme apaisante, réconfortante ou bien autre chose.

« Ca Tristan… Je traine ce secret depuis très longtemps… j’ai toujours eu peur de te le dire car j’avais toujours eu des réticences par rapport à ta réaction. Parce que ça te concerne… un petit peu… mais bon tu as le droit de savoir… j’espère juste que tu ne m’en voudras pas trop… »

Elle ferma lentement les yeux, se replongeant dans ses souvenirs. Le décor de la pièce changea… les faisant basculer dans les souvenirs de Cassidy.

La jeune femme se trouvait au-dessus d’une falaise. Le regard vitreux, elle semblait avoir perdu cette étincelle de vie. Retenue par des béquilles, vêtue d’une tenue masculine, elle regardait la surface de l’eau sans la voir, des larmes dansaient dans ses yeux noisette. Puis sans crier gare, elle se jeta dans le vide. Les béquilles tombèrent dans l’eau mais alors qu’elle chutait, une forme immense et flamboyante apparut dans les airs, se plaçant juste sous elle pour la réceptionner. Un dragon de feu… le dragon qu’elle avait déjà utilisé plusieurs fois.

Lorsque Cassidy rouvrit les yeux, elle était perchée comme un sac à patates sur le dos de cette créature, qui dégageait de longues flammes formant son corps mais tout en restant solide. Et elle ne brûlait pas, mis à part qu’elle était très en colère.

« Lâche moi tu veux ! Laisse moi partir ! J’ai pas envie de continuer ainsi ! »

L’esprit dragon poussa un grognement de protestation tout en prenant de la hauteur de cette petite humaine qui gigotait pour sauter à l’eau. Il ne pouvait pas la contrôler et alors qu’elle chuta à nouveau, l’apparition la prit dans une de ses pattes tout en poussant un nouveau grondement peu appréciateur, prit de la vitesse pour la ramener sur terre, loin de la falaise et la déposer au sol.
Le décor changea une première fois.

Maintenant elle se trouvait dans une petite clairière. Des symboles magiques avaient été tracés, certainement pour empêcher les voyageurs trop curieux de passer par là. La jeune femme avait changé. Elle avait toujours ses béquilles mais n’avait plus l’air aussi suicidaire. Une petite flamme dansait juste devant elle alors qu’elle était assise sur un gros rocher.

« Je t’en prie… apprends moi à voler avec toi ! Je ne peux plus marcher, je ne sais pas dans combien de temps je pourrais le faire à nouveau ! Tu es le seul qui puisse m’aider… Je veux le revoir… je veux comprendre ! Je t’en prie… »

Une nouvelle fois le décor changea même si la scène était très similaire. Si ce n’était le gros dragon de feu qui se tenait paresseusement à côté d’elle alors qu’elle sautillait autour de lui, levant les yeux au ciel.

« Juste marcher ? Pas voler ? Mais je peux apprendre vite tu sais ! Quoiiii ? »

Elle avait utilisé sa magie pour léviter sans les béquilles et se tenait sur le dos du dragon de feu, ne sachant décidément pas où poser ses mains, ses jambes, étant complètement crispée et bancale, très loin de la position qu’elle adoptait à l’heure d’aujourd’hui. La demoiselle était anxieuse puis regarda devant elle.

« Accroche toi… Tu es malin ! Tu veux que je m’accroche à quoi ? Y a que des flammes ! Quoi c’est pas ton problème ?! Bien sûr que si ! Et … aaaaaaaah ! »

L’esprit de feu venait de faire quelques pas à quatre pattes, mais la demoiselle, peu entraînée, bascula sur un des côtés alors qu’il la rattrapait d’une de ses ailes, grognant sèchement. La jeune femme glissa le long de son aile droite avant de se retrouver sur le sol.

Beaucoup de souvenirs se succédèrent. Et la jeune femme progressait bien. Même si au départ elle se retrouvait dans la boue, frôlait les feuilles des arbres et ne tenait pas longtemps en place alors qu’il zigzagait en volant, de peur de la perdre.

Plus tard, elle avait utilisé sa magie pour se confectionner une selle, qui apparaissait uniquement quand elle montait sur son dos. Une selle faite d’une sorte de pierre mais qui était très malléable, s’adaptant à la forme du dragon ainsi que de longues rênes comme celles qu’elle avait utilisé chez Tristan. Il n’y avait pas d’étrier par contre. Ainsi elle se sentait un peu plus à l’aise, un peu mieux même si elle devait encore faire des progrès.

Voilà qui expliquait ces longues journées passées loin d’Erwan, où elle rentrait boueuse, des feuilles dans les cheveux, sans en expliquer la provenance.

Mais petit à petit, une lueur apparut dans les yeux de la demoiselle. Plus elle volait avec son étrange compagnon, plus elle retrouvait un certain goût à la vie. Ou bien était ce Erwan ? Mais ils ne volaient pas sur de longues distances. En effet, maintenir ce lien semblait beaucoup coûter à la demoiselle qui était en sueur après chaque leçon.

Une autre image apparut alors qu’elle était assise sur un rocher en train de pleurer, le gros dragon de feu apparaissant comme à chaque fois, venant vers elle en frottant sa tête contre le dos de la jeune femme.

« Il est mort… je n’ai pas été assez rapide… je n’ai pas eu le temps… de le rejoindre… »

Le dragon broncha et lui grogna une nouvelle fois dessus alors qu’elle séchait ses larmes. Elle se redressa, se résignant.

« Si tu y tiens… »

Encore une fois elle s’envola avec lui-même si le cœur n’y était pas.

Les souvenirs semblaient se mêler, s’entremêler et aucune suite logique n’était présente. Car ils se retrouvèrent alors projetés bien plus loin dans le passé…

Un dragon rouge et orangé se trouvait au sol. Il semblait énormément souffrir, remuant sa tête. Beaucoup plus gros que Tristan sous sa forme de dragon, le pauvre semblait avoir très mal. Il tremblait. Son corps changea… ses écailles devinrent noir comme la couleur des ténèbres, tout comme ses ailes. Mais il semblait lutter à ce changement, lutter contre son nature.

Il reprit son vol, errant, zigzagant dans le ciel jusqu’à arriver à cet endroit que Cassidy avait déjà exploré, cette terre interdite foulée par des dragons de toute sorte. Il se posa sur le plateau d’une montagne, s’inclinant presque, alors qu’un dragon vert azur et un autre bleu vinrent à sa rencontre. Une série de grognements que Tristan pouvait comprendre cette fois ci.

- Pourquoi viens-tu ici Alanir ? Ton énergie draconique a changée… elle est plus noire… plus sombre.
- Des Kaärs m’ont attaqués… je ne sais pas ce qu’ils m’ont fait mais j’ai rapidement récupéré… je veux revenir parmi vous. Je vous assure que je n’ai que peu changé à part mon apparence mais je suis toujours moi-même… Je veux continuer à vivre parmi les miens.
- Fayä nous ne pouvons l’accepter ici ! Je ne ressens rien de bon chez lui ! C’est trop risqué…
- C’est bon… Je le crois et nous n’avons pas pour habitude de chasser un frère dragon quand il implore cette terre d’asile. Viens Alanir…


Le dragon qui était devenu noir remercia d’un vif rugissement avant de s’envoler en tournoyant dans le ciel, puis se posa dans une petite caverne à l’écart, sa caverne apparemment puisqu’il s’y sentait comme chez lui.

La scène changea une nouvelle fois.

Le dragon noir qui s’appelait Alanir était couché dans le fond de sa grotte, grognant et se tapant la tête contre la paroi, prit d’un mal étrange. Puis il leva brusquement la tête et poussa un rugissement déchirant, le rugissement d’un dragon corrompu alors qu’il sortit en trombe de sa caverne, volant à une vitesse impressionnante, puis se posa au sol, devant des dragons enfants qui s’amusaient entre eux. Les petits le dévisagèrent sans comprendre alors qu’Alanir poussa un nouveau rugissement, prêt à attaquer et détruire.

Mais le grand dragon émeraude vint se placer devant lui, commençant à l’attaquer. Un furieux combat s’engagea dans les airs alors qu’aucun des deux ne s’essoufflait. Alanir crachait des torrents de feu dévastateur, risquant à tout moment d’incendier la végétation. Le dragon vert se mit à s’enfuir, s’éloignant de cet asile pour dragon, incitant le dragon corrompu à le suivre. Un rugissement déchirant se fit entendre.

- Fayä !

La bataille faisait rage dans le ciel, le dragon vert fuyant, éloignant suffisamment Alanir de la terre des dragons. Il ne faisait pas attention à son vol et un nouveau souffle de feu toucha une de ses ailes. Touché, il hurla de douleur et amorça une descente, choisissant une petite clairière plus loin avant de s’écraser au sol. Le dragon corrompu suivi, triomphant, sans se rendre compte qu’il allait tuer le seul dragon qui l’avait accepté. Coups de crocs, de griffes, il planta ses crocs dans la nuque du dragon et tira d’un coup sec. Le grand dragon émeraude poussa un soupir puis s’éteignit… avant de disparaître dans une petite fumée verte et lumineuse.

Regardant son œuvre, le dragon redressa la tête, humant l’air, ayant apparemment trouvé une autre proie intéressante. Plus loin se trouvait une ville. Nouveau grognement appréciateur alors qu’il déploya ses ailes pour foncer droit dessus. Le décor changea…

Cassidy se trouvait dans une ville justement, intimidée, cet air naïf sur le visage, aidant une grand-mère à transporter quelques affaires. On était en train de la remercier quand un hurlement de dragon se fit entendre. Les gens commencèrent à crier, hurler, tout le monde cherchait à se cacher alors que Cassidy regardait passer la créature dans le ciel, bouche bée.

Elle baissa la tête, serrant les mains sur son bâton, inspirant un coup puis courut vers la sortie de la ville. Puis elle lança un sort, une explosion violette pour attirer l’attention du dragon. Il se tourna directement vers elle, sentant la magie émaner de son corps et fonça droit dessus.

La scène que Tristan avait déjà vu dans le passé se reproduisit. Elle en train de courir vers une falaise alors qu’il lui brûla la jambe pour qu’elle arrête de se déplacer. La jeune femme hurla de douleur mais continua.

Arrivée en haut de la falaise, elle se tenait accroupie, tenant bien que mal son bâton, dévisageant le dragon.

« Hey ! Arrête s’il te plaît ! Je ne veux pas te faire de mal ! Mais tu ne devrais pas attaquer cette ville, les gens ne t’ont rien fait ! »

Autant parler à un mur. Elle grogna, incantant quelques formules magiques. Des traits violets apparurent sous le dragon, le retenant un peu alors qu’il s’était posé au sol, cherchant apparemment à s’en défaire, trouvant cette humaine fort à son goût.

« Arrête ! Je sais ce qu’on dit sur les dragons corrompus mais me faites pas croire qu’il ne vous reste pas un semblant d’âme à l’intérieur ! »

Grosse naïve qu’elle était à cette époque… Mais la jeune femme n’avait plus de force, s’arrêtant juste sur une main tendue et puis… elle tomba au sol, le décor se brouillant.

Lorsque le décor réapparut, la pluie venait de tomber sur une petite silhouette au sol qui n’avait pas bougé d’un pouce. Un rugissement de douleur résonnait pas loin d’elle alors qu’elle revenait apparemment à elle, bougeant lentement dans la boue qui s’était formée, pâle. Un instant elle redressa la tête, pour voir le grand et fier dragon couché sur le côté, respirant difficilement, comme si quelque chose l’avait percuté de plein fouet.

Encore une fois, la jeune femme naïve le regarda, les yeux remplis de terreur. Elle se redressa et rampa jusqu’à lui, l’eau dégoulinant dans ses cheveux sales, sa robe tachée et sa jambe dans un mauvais état.

« Attends ! Je t’en prie… ne meurs pas… je suis désolée je voulais pas… je voulais juste… je voulais juste t’aider… à aller mieux… »

Elle se rapprocha encore un peu alors que le dragon redressa la tête, toute envie de la dévorer ayant disparue, la regardant avec une incompréhension certaine.

- Petite humaine… pourquoi t’entêtes tu à vouloir me sauver ? Je n’ai fais que du mal autour de moi… tu es bien naïve de penser qu’on peut résonner un dragon corrompu.

La jeune femme serra les dents.

« C’est vrai… je suis peut être naïve mais j’ai lu des choses sur les dragons… et je suis certaine qu’il y a un moyen de changer les choses sur cette mauvaise magie ! »

Sorte de rire s’élevant de la gorge de la créature.

- Tu es marrante… mais c’est trop tard… comment peux-tu encore arriver à me pardonner alors que je voulais tuer les tiens et toi-même ? Les humains sont des créatures bien étranges…

Cassidy baissa lentement la tête, fixant la boue, son expression de visage se faisant lointaine. Mais au fur et à mesure qu’elle parlait, la demoiselle devenait plus déterminée, moins tremblante.

« J’ai perdu quelqu’un qui comptais beaucoup pour moi ! Enfin... ça remonte à longtemps… mais je ne me suis jamais pardonnée de ne jamais avoir tenter quoi que ce soit. C’était un Drakkari… Tristan qu’il s’appelait… je l’aimais pas beaucoup à l’époque parce qu’il se moquait de moi… mais quand il est parti… j’ai réalisé beaucoup plus tard qu’il avait laissé un grand vide. Et maintenant je fais tout pour qu’Ascadian devienne un monde meilleur ! Peut être qu’il n’est pas mort et que je le retrouverais ! Mais j’utiliserais tous les pouvoirs que j’ai pour mené à bien cette tâche… C’est une promesse que j’ai faite… c’est mon chemin de mage… et je ne veux pas m’en détourner, peu importe les sacrifices que j’aurais ! »

Nouveau rire de la part du dragon qui semblait plus amusé qu’autre chose par les paroles tenues par la petite mage si investie. Il approcha un peu sa tête d’elle, humant l’air et l’odeur qu’elle dégageait.

- Mon temps ici est révolu mais je peux encore faire quelque chose… une dernière chose. Je suis curieux de voir ce qui va se passer. Alors… je vais t’offrir quelque chose de très important. Tu ne t’en rends peut être pas compte mais tu es une humaine bien spéciale et même si je ne connais pas bien les humains, tu es capable d’accepter ce présent… prends en soin petite… c’est pas tous les jours qu’un dragon te fera un tel don…

Il se mit à gémir doucement, un tout petit gémissement chantant alors qu’une flamme puissante se matérialisa sous ses yeux, qu’elle fixa lentement sans comprendre.

- Je t’offre ma flamme… elle représente ma vie… mon âme… je pourrais voir à travers tes yeux ce monde que tu veux transformer… je pourrais voir si tu tiens bien ta promesse… et je serais à tes côtés pour te protéger. Mais attention… j’étais un dragon corrompu… mon énergie draconique est très instable alors jamais tu ne devrais te pencher vers les ténèbres… où alors ce monde que tu chéris tant ne sera plus qu’un tas de ruines… fais bien attention petite humaine…

La flamme se mit à briller plus intensément puis se dirigea vers Cassidy, prenant le chemin de son cœur. Elle l’entoura d’une belle lumière avant de lui conférer une nouvelle chaleur, laissant une petite mage assez sonnée. Puis le dragon reposa la tête sur le sol, rendant son dernier soupir.

« Non heu attends ! Je veux que tu restes en vie ! Ne meurs pas s’il te plaît… »

En y repensant, elle était folle à l’époque, folle de faire la causette avec un dragon lui témoignant du respect alors qu’il voulait uniquement la manger au départ. Elle s’était rapprochée de lui, posant ses mains sur son cou puissant, alors que le dragon disparaissait dans de petites étincelles, ne laissant qu’une demoiselle esseulée qui pleurait à chaudes larmes.

Le décor se brouilla encore… et ils revinrent à la réalité.


Cassidy se détourna de Tristan, ne voulant pas voir la réaction de son visage, alors qu’elle continuait à parler.

« J’étais un peu bizarre à l’époque, je n’ai jamais compris pourquoi je me suis attachée à ce dragon… instinct ? Je ne pourrais pas te dire… Peu de temps après, je voyais des scènes du passé d’Alanir… et parfois il arrivait à me parler… un tout petit peu, comme si il n’était jamais parti au final. Il regrettait pour ce qui s’était passé avec les autres dragons, conscient qu’il avait fait du mal… alors je lui ai promis d’aller parler aux dragons pour qu’ils lui pardonnent… lui laisse une seconde chance. J’étais assez naïve de croire que je pouvais porter son fardeau sur mes épaules et arriver à recevoir un pardon… je me suis bien trompée… »

Elle soupira doucement.

« Pour eux, ils ne voulaient plus en entendre parler… ne plus accepter aucun dragon corrompu. Et voir une humaine les mit encore plus en colère parce qu’ils ne me considèrent pas comme à la hauteur… j’étais très triste et déçue… au final je me suis rendue compte qu’Alanir m’avait donné un fardeau énorme… et si on se rendait compte de cette part de lui qui vit en moi aujourd’hui ? Serais-je acceptée ? Je ne pense pas… rejetée plutôt. Alors je l’ai chassé de mon esprit, je m’en servais juste car il m’aidait bien à amplifier mes sorts de feu… enfin ce n’était pas de la magie de feu… les mages modèlent les arcanes pour leur donner la forme qui leur convient… feu… eau… terre… air. Mais cette magie du feu… ça a toujours été l’énergie d’Alanir… mais j’ai eu du mal à avoir un lien avec lui… parce que je ne voulais plus avoir affaire aux dragons jusqu’à ce jour… et cette énergie était instable… je me brûlais… la chaleur c’est quand je suis sur le point de péter un boulon et il réagit en conséquence…»

Elle fit quelques pas, regardant sans le voir le plafond.

« Alors que je croyais mourir ce jour là dans une cellule, un cachot, Alanir est venu me parler… alors que je n’avais plus espoir ni foi en quoi que ce soit. Il m’a proposé son aide pour sortir de là même si il ne pouvait pas faire grand-chose. Et quand j’ai fini par accepté, il a fait la seule chose qui était possible pour lui, apparaître sous cette forme que tu as vu, et se solidifier pour provoquer un tremblement suffisamment important pour me dégager de là… c’était à double tranchant… parce que comme je n’étais pas très lié à lui et qu’il tentait de me protéger des chutes de pierre, je me suis prise des vilaines brûlures… ça je m’en suis rendue compte après en me réveillant, enfin c’est lui qui me l’a dit… »

La demoiselle se mit à sourire tristement.

« Il n’est qu’un esprit mais… aujourd’hui il a énormément d’importance pour moi et peu importe qu’il soit corrompu, peu importe ce qu’il a fait, je lui ai laissé cette chance qu’il attendait, lui donnant l’occasion de réparer ses erreurs en me donnant un coup de main… et agissant même parfois sans que je lui demande… »

La jeune femme fit quelque chose de très étrange puisqu’elle s’allongea sur le sol froid, comme si elle se mettait en position de morte.

« Voilà… »

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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: Un voyage pour apprendre à mieux se re-connaître ?   Dim 22 Déc - 12:34

Elle s’était réveillée, elle allait mal, elle disait n’importe quoi. Mais il était là, il allait s’occuper d’elle, prendre soin d’elle autant que nécessaire, aussi longtemps qu’elle le souhaiterait. Tristan avait serré les dents quand elle avait grimacé et s’était écroulée. Décidément, elle ne l’écoutait pas. Heureusement qu’il avait de bons réflexes !!! Mais à quoi s’attendait-elle ?! Se souvenait-elle de sa première fois ? C’était douloureux bien sûr, cela pouvait s’apparenter à cela justement, trois viols… ce n’était pas une légère mauvaise expérience qu’on pouvait rapidement oublier !
Il l’avait conduite dans une salle de bains, s’occupait d’elle, lui parlait. Il essayait vraiment d’être doux, gentil, patient, alors même que la colère qui grondait en lui avait besoin d’être assouvie ! Mais il devait rester calme, pour l’instant. La vengeance pouvait attendre, la petite mage non.

C’est vrai qu’il avait un court instant hésité avant de happer une de ses oreilles puis l’autre. Tout contact physique avec un homme devrait la répugner aux vues de sa récente et traumatisante expérience. Mais il ne faisait rien de plus et sans doute parce qu’elle ne le percevait que comme un ami, elle savait qu’elle n’avait pas de souci à se faire. Un ami qui avait tout de même couché avec elle, sous le coup de la menace certes, mais en avouant que cela ne lui avait pas déplu du tout !!!!

Elle lui avait dit pour son hallucination. Il avait été surpris mais par égard, n’avait rien dit, même s’il trouvait cela curieux. Pourquoi SA mort, la mettrait-elle dans un tel état ? Ca n’avait aucun sens…
Il lui avait répondu que la vie n’était pas juste alors qu’elle s’interrogeait sur le pourquoi de cette attaque. Il lui avait dit… que malheureusement, parfois, il n’y avait aucune raison à une attaque, seulement des injustices, terribles…
Ils avaient un peu parlé, il lui avait demandé de se détendre… Il était sorti pour la laisser un peu, chamboulé et malheureux à cause de ce qui lui était arrivé. C’est peu après qu’elle s’était sentie mal et qu’il l’avait réceptionnée une fois de plus juste à temps.
A l’infirmerie, on lui dit qu’elle faisait un rejet tandis que le jeune homme inquiet ne la quittait pas des yeux, ne sachant que faire, la gorge nouée, soucieux, prêt à aller quérir un remède même si pour cela il devait affronter des tas de monstres horribles !!!
Mais le fait qu’elle fasse un rejet était assez… embêtant. Il ne tenait pas à ce qu’elle tombe enceinte en plus de tous ses malheurs… Quoique, si le bébé était d’Erwan, elle serait probablement heureuse. Avait-il le droit d’interférer ? Non…des viols, c’était trop grave, il y avait un risque. Mais quand le guérisseur parla de sa vie risquant d’être en danger, le Drakkari se figea d’un bloc et affirma qu’ils attendraient, qu’il ne fallait pas qu’elle coure le moindre risque, qu’il serait là pour la soutenir.


Il passa son temps par la suite à s’occuper d’elle, se désintéressant des commérages des moines, ne leur accordant que peu d’importance, même si de tels propos l’énervaient. Ils ne connaissaient pas la jeune femme ! De quel droit se permettaient-ils de la juger ?!
Il fallait être patient pour la faire manger, pour essayer de lui tirer autre chose qu’un regard vide et morne. Il évitait le moindre contact qui puisse la gêner mais multipliait ceux innocents qui ne pouvaient que la réconforter, vérifiant toujours bien évidemment qu’elle était d’accord.
Il y avait eu cette première nuit durant laquelle elle s’était glissée dans ses bras, endormie pourtant. Il n’avait rien dit, pas un instant essayé de la repousser, se contentant de l’enlacer tendrement, la réchauffant alors qu’elle frissonnait légèrement.
La deuxième nuit, elle avait été timide mais elle lui avait demandé. Il lui avait souri, ouvrant aussitôt ses bras pour qu’elle vienne se blottir contre lui alors qu’il lui murmurait timidement qu’il dormait mieux aussi quand il la tenait dans ses bras, petite confession adorable… Après quoi ils s’étaient confectionné un grand lit avec les deux petits mais ils étaient si étroitement blottis l’un contre l’autre que ce n’était presque pas nécessaire, juste une précaution pour éviter de tomber…

Ses voyages dans le petit village proche le faisaient rapporter différents objets pour égayer un peu leur chambre trop sobre.
C’était dur pourtant pour Tristan, vraiment dur. Cassidy était enfermée dans son mutisme la plupart du temps au début et pendant trop longtemps en fait. Elle ne voulait rien dire sur ce qui lui était arrivé, sur ce qu’elle ressentait alors que justement, elle en aurait eu grand besoin. Il ne pouvait pas la forcer bien évidemment mais tout garder ainsi pour elle était… mauvais. Mais elle progressait et il s’attachait à chacun de ses progrès plutôt qu’à ce petit être détruit qu’elle représentait à cause de ce qu’on lui avait fait. Oh il ne la jugeait jamais et ne pouvait en rien lui reprocher ce qui lui était arrivé. Certains auraient pu dire qu’elle était trop attirante, que c’était de sa faute, mais ce n’était que balivernes, elle n’y était pour rien, il y avait des pourris partout… Mais ils paieraient… oui… ils paieraient, ce n’était qu’une question de temps…

Quand ils étaient enfin sortis de la chambre de la jeune femme, il avait été patient, rassurant, le bouclier pour la protéger des regards, des critiques, des pensées extérieures. Il voulait qu’elle ait autant confiance en elle que lui avait confiance en cette jolie demoiselle impressionnante, mais ça risquait de prendre encore… du temps. Qu’à cela ne tienne… il attendrait ! Il se fichait des autres et même au contraire, lançait des regards assassins à ceux qui chuchotaient à propos de la demoiselle des paroles peu correctes, c’est qu’il avait l’ouïe fine !!!
Les derniers examens de la demoiselle rassurèrent son compagnon inquiet qui fut vraiment soulagé de ne pas avoir à lui apprendre qu’elle était enceinte. Ca, ce serait un peu… trop.
Puis ils étaient sortis, enfin.

Lui le faisait régulièrement mais elle n’avait plus mis le nez dehors depuis bien trop longtemps et même s’il faisait froid, cela ne pouvait que lui faire du bien. Tristan n’était pas plus couvert que ça, sa veste restant ouverte sur son torse mais il prenait grand soin que la petite demoiselle soit bien couverte !
C’est alors qu’ils étaient confortablement installés tous les deux, lui occupé à humer son odeur qui lui avait terriblement manqué quand il l’avait transportée, tellement différente, jusqu’ici, qu’elle lui sortit la plus grosse absurdité évoquée jusqu’alors.
Il se crispa brusquement et se releva rapidement pour venir mettre un genou en terre devant elle, la regardant gravement, l’air en colère… un peu, parce qu’une fois face aux innocentes prunelles noisette, la colère s’évanouit de ses traits, remplacée par l’agacement.

- Ne dis plus jamais de telles bêtises ! Pas digne ? J’adore voler avec toi moi ! Et j’ai hâte que tu sois rétablie pour qu’on puisse recommencer ! Cassy ! Arrête de penser ainsi ?! Pourquoi ça aurait changé nous deux hein ? T’ais-je une seule fois donné l’impression d’être… différent ? Je suis… juste un peu moins pervers et encore ! Rien n’a changé d’accord ?! Rien du tout… Pas pour moi. Prends ton temps pour guérir et après… on ira taquiner les nuages tous les deux, d’accord ?

Alala, cette petite mage manquait décidément cruellement de confiance en elle…
Mais bon, finalement, elle n’avait pas tant que ça changé peut-être…
Ils passaient leur temps ensemble. Et si de nombreuses fois, vraiment nombreuses, Tristan aurait eu l’occasion d’en profiter, il ne tenta jamais rien, pas un seul instant. Peut-être parce qu’il savait voir quand la situation le permettait et quand c’était interdit. Néanmoins, il était plus distant en quelque sorte depuis ce qu’Erwan lui avait dit. C’était vrai dans un sens.
Promenades, repas, pitreries pour la faire rire, taquinerie, parfois des chatouilles quand il sentait qu’elle le supporterait, questions sur les lectures qu’elle faisait pendant qu’il s’entraînait, bains ensemble… ils avaient tout d’un petit couple, dont l’un des membres convalescent avait terriblement besoin du soutien de son conjoint.
Il lui avait parlé d’Erwan, essayant d’être simple, de ne pas trop en dire, sur comment il avait été blessé et tout mais à vrai dire, c’était grâce à lui qu’elle était là, sauvée, en quelque sorte donc… ils devaient tous deux lui en être reconnaissants. Elle était passée le voir, c’était bien, pourtant, même si ça avait été court, il en avait été… peiné…

Et puis alors qu’ils se promenaient…
Il n’avait pas compris pourquoi elle était partie aussi rapidement. Brusquement, elle s’était figée sur place, son regard se voilant, puis elle avait semblé en colère, outrée et avait repris considérablement du poil de la bête. Elle l’avait planté là mais il n’était pas resté immobile à attendre. Au début si, bien sûr, surpris et obéissant mais inquiet, il avait essayé de la retrouver, l’entendant crier depuis la chambre d’Erwan puis en sortir en claquant la porte. Ses pommettes rouges, ses yeux brillants d’animosité, décidément, elle semblait avoir repris des forces et là ça se voyait plutôt bien. Mais que se passait-il donc avec son petit ami ?
Elle prétendit lui expliquer plus tard et il n’insista pas, même s’il était curieux, patient et gentil, une fois de plus.
Les jours s’écoulaient, encore… Les moines leur laissaient le temps heureusement.
Tristan était heureux de constater les progrès que faisait la jeune femme et il ne la pressait à aucun moment. Il ne semblait pas impatient, ni rancunier, c’était comme s’il ne partirait pas tant qu’elle aurait besoin de lui, comme s’il tenait l’espèce de promesse informulée qu’ils s’étaient faites. Ce fameux « pour toujours » qu’elle n’avait pas prononcé… Ou attendait-il quelque chose ?

Bien sûr, il avait prévenu Maud à la cité puisqu’après son départ en catastrophe, elle s’était fait bien du souci sur ce qui avait bien pu se passer.
Il s’entrainait quand Cassidy se mettait à lire, semblant savoir qu’elle pouvait y passer des heures et qu’il valait mieux éviter de la déranger. Quand il revenait pour la retrouver, il sortait toujours de la douche ou d’un bain et ses cheveux rouges encore humides lui tombaient constamment devant les yeux avant qu’il ne les repousse d’une main, comme pour mieux pouvoir la regarder.
Cassidy progressait, c’était l’essentiel. Et oui, elle ne devait pas être pressée, il était déjà bien assez surpris et heureux qu’elle ne soit pas dans un pire état mais peut-être cherchait-elle à le ménager…

Son agression laisserait des traces, plus que profondes pour ce qui était de son moral, plus discrète mais bien réelle physiquement. Pourrait-elle accepter un jour de partager à nouveau un lit conjugal ? Difficile à dire. Sans doute oui, avec beaucoup de temps, de tendresse, de douceur et de patience. Son petit ami allait avoir du pain sur la planche et allait devoir être juste le parfait gentleman exigé dans telle situation. Mais après tout, avec sa jambe en vrac, même s’il le voulait, Erwan ne serait pas capable de faire grand-chose sans en souffrir aussitôt.
Nouvelle promenade, un jour bien ordinaire qui se répétait avec son lot de progrès. Ils étaient quand même très proches de nouveau, même si c’était un peu… « différent ». Une étrange porte, une drôle d’attirance, un piège alors que le sol se dérobait sous eux. L’atterrissage fut un peu brutal mais ils n’étaient vraiment pas au bout de leurs surprises.
Quand le dieu apparut, Tristan ouvrit la bouche et fit un pas en arrière, les yeux écarquillés, se plaçant d’autorité devant Cassidy, comme pour la protéger, même si face à un dieu, ce n’était pas très utile. Il plissait des yeux, essayant de le reconnaitre même si ça ne pouvait pas davantage l’éclairer sur la raison de ce piège.

Le dieu s’était lancé dans un étrange discours, d’une voix qui contre toute attente était assez apaisante. Il leur disait que les choses étaient restées trop longtemps cachées, que le danger menaçait, qu’il fallait cesser cela, qu’ils devaient parler et quand sans la vérité, aucun d’entre eux ne pourraient être libérés… Ah et que ce n’était pas qu’une métaphore parce qu’ils ne sortiraient pas d’ici tant que cela n’aurait pas été fait puisque la porte, l’immense machin qui montait si haut qu’ils la perdaient de vue dans l’obscurité du plafond (non mais à quelle profondeur sous terre étaient-ils ?), était sensible à la vérité et ne s’ouvrirait pas autrement.
Si Cassidy répliqua avec une certaine hargne et un cran sans égal pour une si petite et peu imposante demoiselle, Tristan était resté silencieux et avait pâli, le regard dans le vague, les mains tremblantes. Le dieu haussa un sourcil et ça aurait franchement pu être drôle si une certaine menace ne pesait pas sur eux. Quelle humaine avait assez de courage pour s’adresser ainsi à un être « supérieur » et surtout en avoir conscience ?
Il tourna les yeux vers le Drakkari immobile et blême et murmura un mot. Tristan poussa un grognement de douleur en tombant à genoux par terre, le sol semblant trembler sous ses pieds, mais phénomène étrange, uniquement sous les siens.

Cassidy réagissait alors qu’il était un peu groggy, oui, c’est vrai, réactive quand il s’agissait de lui. Il lui avait fait signe de ne pas le toucher alors qu’elle s’approchait de lui, ne voulant surtout pas qu’elle se prenne le même choc qui le laissait tout sonné et nauséeux. Elle ne voulait pas lui dire la vérité apparemment, cela l’attrista mais cela semblait être pour ne pas qu’il parte, il ne comprenait pas vraiment. Pourquoi partirait-il ?
Il tourna la tête vers elle, voulant la rassurer, constatant sa peur, son désarroi mais il n’en eut pas le temps.

- Bon… Tristan Konogan. Le jeu entre nous sera simple. Je te pose des questions, tu réponds. Si tu dis la vérité, il n’y aura rien. Si tu mens cependant tu souffriras. Plus ton mensonge sera grand, plus la douleur sera importante. Il est temps d’être un peu honnête, qu’en penses-tu ?
- Je…

Le jeune homme fut brusquement repoussé en arrière et son dos heurta violemment le mur de pierre dans un bruit sonore. S’il n’avait été un Drakkari, il aurait probablement eu les os brisés sous la force de l’impact. En tous les cas, ça l’avait sonné. D’étranges liens sortirent de la paroi et vinrent s’enrouler autour de ses chevilles et de ses poignets, les bras totalement à l’horizontal, les jambes légèrement écartées. Il grimaça alors que de fines aiguilles s’enfonçaient dans ses poignets via les liens et secoua légèrement la tête, tentant de reprendre ses esprits. La peur lui nouait le ventre alors que le dieu flottait tranquillement au-dessus d’eux et que Cassidy s’était rapprochée, inquiète probablement.

- T’appelles-tu Tristan ?
- O…Oui
- Bien. Es-tu en quelque sorte un… hybride de ce monde ?
- Euh je… oui.
- Que regardes-tu en premier chez une femme ? Son physique, sa personnalité, ses traits particuliers ?
- Euh… sa… personnalité ?
- Erreur.

Tristan grimaça tout à coup et gémit de douleur tandis qu’un violent tremblement l’agitait. Il secoua la tête pour reprendre ses esprits, groggy et surpris. Apparemment, il ne pensait pas que tout ceci était vrai. Le dieu soupira et continua de lui poser une série de questions plus ou moins embarrassantes auxquelles Tristan ne répondait pas toujours honnêtement, jetant un rapide coup d’œil inquiet vers la petite mage, comme s’il craignait que ses réponses ne lui déplaisent. Mais la suite le mit très mal à l’aise. Le dieu en effet avait fait un léger sourire, montrant la petite demoiselle.

- Je sais pour ton amnésie et toi tu dois te douter du lien qui vous unissait alors voici ma question… Es-tu… retombé amoureux d’elle ?
- … Je…
- Réponds à ma question Dragon…
- … Cassy…
- Allez !
- … N… Non…

Tristan serra les dents, les muscles de sa mâchoire se faisant plus apparents mais il ne souffrit pas, pas un seul instant. Il avait dit la vérité. Pourtant il semblait très mal à l’aise et lança un regard plein de tristesse, d’inquiétude, de regrets vers la petite mage qui avait pâli et dont les yeux devenus brillants devaient bien témoigner de la douleur qui devait l’habiter après une pareille nouvelle. Le dieu hocha la tête, complaisant mais… ne s’arrêta pas là, un étrange sourire aux lèvres.

- Je vois…
- …
- Es-tu…amoureux d’elle ?
- Je…
- Arrêtez ! C’est bon, il vient de répondre ! Ca suffit !

Il y avait de l’assurance dans la voix de la jeune femme mais décidément bien peu de puissance et elle tremblotait trop. Quoi de plus normal… Elle venait d’apprendre que malgré tous ces rapprochements, malgré toutes ces choses entre eux… ce qu’il ressentait pour elle n’était pas mesurable à ce qu’elle pouvait ressentir pour lui. Alors c’était ça ? Il restait vraiment ici avec elle par pitié ? Le dieu se tourna vers la jeune femme et sourit d’un air entendu, un brin… condescendant. Puis l’ignora et se retourna vers Tristan, réitérant sa question. Le jeune homme fixait la demoiselle blessée, déglutissant difficilement, et craignant apparemment de répondre. C’est sur un ton vraiment désolé et faiblard qu’il répondit par la négative, mais avec une certaine dose de timidité.
Rien ne se passa.
Le dieu sourit.

Puis tout bascula.
Jusqu’alors, à chaque fois qu’il mentait une espèce de substance passait dans les veines du jeune homme, parfaitement visible puisqu’elle était aussi noire que la nuit et se découpait même sur sa peau bronzée. La douleur était effectivement plus ou moins forte en fonction de son mensonge mais cette étrange couleur disparaissait vite. Pas cette fois.
Il avait brusquement pâli alors qu’il fixait la petite mage avec un air curieusement… apaisé, fier de lui. Ses muscles s’étaient contractés et tout le réseau de ses veines s’était fait apparent, noir, mauvais, dessinant d’extraordinaire arabesques sur son corps musclé. Il s’était mis à hurler à s’en déchirer la gorge, tirant sur ses liens pour s’en détacher, pour s’en éloigner… Mais ce n’était pas fini, la douleur était telle qu’il s’arrêta de hurler, les yeux clos, les dents serrés, incapable de prononcer le moindre cri, figé dans une expression de douleur intense, agité de tremblements et tombant à genoux par terre alors que les liens le relâchaient enfin.
Cassidy s’était précipité vers lui pour l’aider alors qu’il ne semblait même plus pouvoir respirer, crispé par la douleur, des larmes coulant au coin de ses yeux sans qu’il soit capable de seulement essayer de les retenir. C’est là qu’elle demanda au dieu de le laisser, qu’elle allait parler… la douleur reflua, le jeune homme se détendit mais le dieu sourit, amusé.

- Je te l’avais dit, plus gros est le mensonge, plus forte est la douleur… tu aurais dû en choisir un… moins risqué.

Tristan haletait, évitant de regarder Cassidy, récupérant petit à petit des couleurs. Etrange révélation… Il était amoureux d’elle. Mais… pourquoi vouloir mentir sur ce sujet ? Pourquoi le cacher ? Et pourquoi quand le dieu lui avait demandé s’il était retombé amoureux d’elle, une réponse négative était-elle correcte ? Etrange oui, de quoi se poser pas mal de questions, mais là, elle n’en avait pas trop le loisir. Il était allongé par terre, la tête sur ses genoux, lentement, il se redressa alors qu’elle semblait nerveuse, lui parlant d’acceptation, de jugement.
Premier aveu… horrible. Tristan battit des paupières un instant, abasourdi, la bouche entrouverte. Puis horreur et dégoût brillèrent dans son regard alors qu’il se crispait brusquement, détournant les yeux. Non… Non…
Il s’était relevé pour faire quelques pas, il tremblait et semblait un peu hagard, serrant les poings, fermant les yeux, marmonnant tout bas très vite pour lui-même.
Seulement, ce n’était pas fini… Et la suite… expliquait beaucoup de choses. La suite, révélait plus que la vérité, elle révélait la personnalité de la jeune femme, plus que jamais, son histoire, ses réactions qu’il n’avait pas toujours comprises, toutes ces petites choses qui l’avaient interloqué et qu’il n’avait jamais essayé d’éclaircir, par respect, par peur.

Un dragon… elle partageait en quelque sorte son corps avec un dragon. Enfin non, c’était plus compliqué que cela. De tout ce qu’elle lui avait appris ces dernières semaines, il en savait assez sur la magie pour raisonner plus convenablement. Elle était le réceptacle de l’âme d’un dragon, son corps et sa magie devaient être assez puissants pour qu’elle soit habitée par une autre âme sans chercher à la détruire même si l’accepter totalement était difficile bien sûr. Ce dragon, ancien corrompu, toujours un peu peut-être au fond, était capable de créer son propre corps par des flammes et était intensément lié à la jeune femme… Euh… quand elle parlait toute seule, c’était pour ça alors ?
Il pensait juste qu’elle avait d’étranges manies, voilà tout !!!!
Et oui… ça le concernait… Parce que c’était lui qu’elle cherchait à rejoindre en volant, c’était lui qu’elle avait pleuré, c’était pour lui, qu’elle s’était liée à cette étrange créature, enfin en quelque sorte.
A quel point la mage et l’âme de ce dragon étaient-elles liées ?
En tous les cas, ça expliquait son extraordinaire aisance pour voler avec lui, qui au moins n’était pas fait de flammes dangereuses !!!! Ca expliquait tout ce qu’elle savait sur les dragons, son intérêt pour eux… et le pourquoi ceux, vivants, de ce lieu qu’elle cherchait à approcher, l’avaient si violemment repoussée… Parce que ce dragon qui l’habitait avait tué l’un des siens, qu’il était corrompu, qu’il avait cherché à blesser des plus jeunes… même s’il s’était repris depuis, même si son esprit avait en quelque sorte guéri. Mais les révélations étaient aussi que la magie de la jeune femme, instable, pouvait à tout moment la pousser vers le mal… si on n’était pas là pour la soutenir, ce pour quoi, a priori, Erwan n’était pas très… doué.

Bien sûr, il y avait des révélations exceptionnelles telles qu’elle était différente des autres humaines, ou qu’elle pouvait accepter ce que d’autres n’auraient pas pu… etc. Mais ce n’était pas les points les plus importants des révélations de la jeune femme.
Mais il y avait bien une autre chose, importante, très importante… Cette histoire de cellule, d’enfermement, de perte d’espoir qui firent pâlir le Drakkari même si elle ne pouvait pas le voir toute occupée qu’elle était à déverser toute cette vérité sans le regarder.
Puis elle agit étrangement en s’allongeant au sol à la fin de son discours, assez loin de lui puisqu’elle avait marché un peu en parlant, les mains croisées sur son ventre, les yeux apparemment fixés sur la voûte si haute au-dessus d’eux ou fermés, il ne savait pas trop. Elle avait terminé.
Tristan resta silencieux pendant quelques instants interminables puis il y eut un bruit de glissement de pierres contre d’autres pierres alors que l’énorme porte s’ouvrait.
Le dieu s’adressa alors au jeune homme, même si Cassidy était concernée.

- La vérité a été énoncée Dragon… A toi de décider à présent.
- …

Toujours silencieux, Tristan hocha la tête, ne regardant plus la petite mage et s’éloigna, ses pas résonnant dans le silence de l’immense pièce vide, vers la porte.
Le même son se fit entendre, la porte se refermait.

Mais pas seule. Cassidy avait tourné la tête au final, même si elle se persuadait attendre qu’il réagisse sans chercher à l’influencer, elle avait dû regarder le jeune homme qui s’éloignait, qui la quittait. Mais pas… totalement. Tristan était devant la porte, frottant ses mains douloureuses sur son pantalon. Il venait de repousser et de refermer l’immense porte qui devait peser… vraiment très lourd à voir la sueur qui perlait à son front, mais il tournait toujours obstinément le dos à la demoiselle quand sa voix se fit entendre, grave mais assurée, légèrement tremblante mais suffisamment forte.

- … Ton nom…Ton visage et donc toutes tes expressions, surtout ton sourire… Ton odeur… Le son de ta voix… Les courbes de ton corps… L’éclat de tes cheveux quand le soleil les touche… Le son cristallin de ton rire… Tes goûts… La certitude de t’avoir aimé plus que tout au monde… Celle de t’avoir fait du mal, irréparable, impardonnable…


Le jeune homme se retourna lentement vers elle, tendant les mains devant lui, doigts écartés. Un sourire crispé, triste éclairait son visage.

- Dix choses, dix éléments indissociables…

Il respira profondément, s’adossant à l’énorme porte qui ne bougea pas d’un pouce. Les yeux baissés, Tristan sembla manquer de courage puis se reprit et releva ses yeux orangés vers la jeune femme qui s’était assise malgré sa position peu auparavant de morte, sûrement très surprise par son geste, sa volonté de rester, ces mots.

- … Je me suis réveillé de mon accident avec ça en vérité… je n’avais aucune idée d’où j’étais, de qui j’étais, de qui étaient les gens qui m’entouraient mais ces dix éléments… étaient là… profondément ancrés… Je ne savais pas qui tu étais, je ne savais pas d’où je te connaissais, où tu étais, si tu vivais toujours, si tu étais réelle ou inventée… Mais je me souvenais de ça… Pas… si amnésique donc.

Il répéta ces dix éléments, abaissant à chaque fois un doigt avant de regarder ses mains d’un air troublé puis de fixer de nouveau son regard sur la mince silhouette pâle.
Le dieu restait silencieux au-dessus d’eux, un sourire aux lèvres.

- … Je ne sais pas… si ça sert à grand-chose que je dise tout ça… Mais…j… j’en peux plus de tout garder. J’ai envie d’être honnête avec toi,vraiment… mais… je… enfin, ce n’est pas… bien… enfin… je crois… Tu… Tu m’as dit tout ça… A… Alors c’est à moi, d’être honnête, même si tu as toujours mérité que je le sois hein… enfin… tu méritais aussi… que je mente… parce que… enfin… tu… tu comprendras.

Silence gênant avant que le jeune homme ne se reprenne.

- Quand je t’ai revue dans ce champ, j’ai su aussitôt qui tu étais grâce à ton odeur malgré cette apparence. Jusqu’ici, j’avais toujours eu peur de demander autour de moi, terreur d’apprendre que tu n’étais plus de ce monde et que c’était à cause de moi… Je me demandais quel mal je t’avais fait pour m’en vouloir autant, je me demandais aussi si les sentiments que je percevais d’un point de vue en quelque sorte extérieur étaient seulement possibles tant ils me paraissaient… disproportionnés. Quand je t’ai revue, tu me détestais, je le sentais, ça m’a fait mal… mais apparemment c’était mérité. Malheureusement, tu m’intriguais et je voulais te connaitre. En ta présence, mon corps s’est considérablement rétabli alors que je peinais jusqu’alors à progresser. Mais ça, ce n’est que la partie immergée de l’iceberg, celle que tu connais en partie… Ta présence me faisait du bien, m’aidait, me guérissait et d’autant plus quand tu as changé de comportement vis-à-vis de moi sans que je comprenne…

Il soupira, le regard perdu dans le vague, se remémorant certainement ces évènements.

- Tu ne savais pas pour ces dix éléments…Au passage… Ce débarras… dans lequel je ne voulais surtout pas que tu rentres… c’est parce qu’il est plein de portraits de toi, réalisés dans mon sommeil, dans des moments d’étourdissements, preuves incontestables de mes interrogations à ton sujet, quand je ne me sentais pas bien, quand je pensais trop à cette étrange femme dont je me souvenais alors que tout le reste… m’avait été arraché, peur de ce que j’avais fait une fois de plus, pourquoi savais-je peindre ? Etais-je un guerrier ? Un artiste ? ca n’avait aucun sens.

Il risqua un regard vers elle, elle faisait une drôle de tête, il détourna rapidement les yeux.

- Malheureusement oui, à ton contact, ce… « truc » qui bloquait en moi depuis tout ce temps a sauté et ces sentiments… j’ai commencé à mieux les comprendre puisqu’ils se réveillaient à ton contact, de plus en plus vite, de plus en plus intensément, c’en était presque douloureux parfois. C’est pour ça j’imagine que notre actuel geôlier a posé ces questions. Est-ce que je retombe amoureux de toi ? Le peut-on réellement si on n’a jamais cessé d’aimer une personne ? je ne crois pas… Je ne sais pas trop. J’étais… bien… et à l’aise avec toi, j’avais l’impression que tu me comprenais, j’avais l’impression de te comprendre, j’avais envie d’être près de toi, de te protéger… ces sentiments forts n’étaient pourtant pas que de l’amitié, j’en étais certain, ça m’effrayait et pourtant… enfin…

Il se mordit la langue, soupirant, certain de ne pas être très clair alors que le message derrière tout ceci était bel et bien « je ne t’ai jamais réellement oubliée, je n’étais pas foutu de tenir correctement une fourchette mais je me souvenais de toi, cool hein ? »
Il carra un peu les épaules, la regarda et lui sourit avec douceur, renonçant à l’éviter.

- Et puis… j’ai commencé à me souvenir. D’abord, de détails insignifiants, sur mon passé, sur ce que j’aimais, sur toi aussi bien sûr, des petites mimiques, ton comportement plus réservée, qu’on se connaissait, qu’on avait vécu dans le même village et grandi ensemble, que je n’étais pas très gentil avec toi, même si… j’avais des raisons de gamin un peu bête et pas très expressif. Chaque moment passé avec toi, chaque… contact était un afflux de nouveaux souvenirs, parfois heureux, parfois tristes… me permettant de reconstruire le fil de ma vie, de comprendre… ce qu’il y avait entre nous…

Il se souvenait… eyh oui ! Ca c’était de la révélation !!!!

- Quand… On a été capturé par les Kaärs, alors que j’allais être violent, je le sais, avec toi, d’autres souvenirs me sont revenus, ça m’a calmé assez pour que je me reprenne… Je me suis souvenu de nous, de ce qu’on était l’un pour l’autre, de notre amour, de notre histoire… Alors… je me suis rendu compte que je te connaissais par cœur, que c’était facile de t’aimer, d’être aimé, comment t’embrasser, qu’est ce que tu aimais… il y avait aussi le lien entre nous, parce que je suis un dragon, qui me faisait ressentir toutes tes sensations, même si c’était très amenuisé bien sûr, extraordinaire double ressenti qui m’avait pris au dépourvu… c’était si simple, si… merveilleux, de te retrouver… tout simplement…

Surprise hein ?!
Pourtant, le jeune homme s’assombrit…

- Oh, je savais bien que tu avais… quelqu’un d’autre, mais… je pensais assez égoïstement que nous étions au-dessus de ça, que nous deux c’était… plus fort que tout et puis je n’avais plus toute ma tête. Et puis quand nos camarades de la cité nous ont secourus, tu sais, le fameux moment où je me suis évanoui… En réalité, alors que j’avais décidé de rester avec toi, de te demander d’être… ma compagne… de tout te dire, de me battre contre Erwan pour te mériter s’il le fallait… tout le mal, toutes les souffrances que tu avais connues à cause de moi me sont revenues en pleine face… D’un seul coup, tous ces souvenirs douloureux, tout ce que je n’avais pas pu t’éviter quand on était ensemble la première fois, quand on s’est remis ensemble…à l’Académie… m’ont sauté dessus. C’était trop…Mon esprit ne l’a pas supporté, j’ai eu tout loisir de les voir tranquillement pendant mon inconscience. Tant de douleur par ma faute… Alors quand je me suis réveillé, ayant compris que c’était moi qui t’avais poussé vers Erwan après avoir commis l’irréparable, j’ai décidé… que je n’étais.. vraiment que la pire chose qui pouvait t’arriver et que si vraiment j’avais des sentiments pour toi, je devais m’éloigner, être heureux de ton actuel bonheur… mais être près de toi était si dur en t’imaginant, en te sachant avec un autre, que j’ai fui tout simplement, incapable de me supporter, incapable d’accepter ta gentillesse après tout ce que j’avais fait… Mais tu sais… je suis resté près de la porte après avoir été si sec, si méchant avec toi, je t’ai écoutée pleurer, c’était ma punition…

Eh bien… pour une fois que le Drakkari se livrait, il n’y allait pas de mainmorte. Il ferma les yeux un instant, grimaçant douloureusement avant de se remettre à sourire timidement.

- Mais j’étais incapable de penser à autre chose… Tu m’obsédais tant…Je m’en voulais, je voulais me faire pardonner, je cherchais comment, je ne trouvais pas, parce qu’il n’y avait pas de solution tout simplement. Je n’ai pas été prudent ce jour-là, j’ai été capturé, tu m’as sauvé… encore… et quand je t’ai revue, je pouvais faire quoi ?... Continuer de me mentir en m’affirmant que je pouvais aller bien loin de toi, penser à autre chose qu’à toi… C’était stupide, c’était trop dur. J’ai essayé d’être fort, d’être courageux, de ne pas interférer, de ne pas vouloir être près de toi, de ne pas avoir envie constamment de te prendre dans mes bras puisque le reste m’était désormais interdit.

Il la regarda avec un sourire plus tendre, plus douloureux aussi. Tristan semblait souffrir rien qu’en prononçant ces quelques mots.

- Je suis heureux pour toi, c’est vrai. C’est dur bien sûr, je ne peux pas mentir, j’en ai assez, je t’aime toujours… et au final, je n’ai jamais cessé de t’aimer alors tu n’imagines pas… à quel point j’ai souffert de te voir si près de moi sans réellement avoir le droit… d’être avec toi, de te dire la vérité. En te sachant avec un autre aussi… Aha… Ca… Je crois que c’est ce qui m’a permis le plus de me remettre en forme ces dernières semaines, il y a de bons côtés… à frapper un mannequin en imaginant qui ça pourrait être… Je me suis dit que… en souffrant en silence, en étant juste… ton ami, je me rachèterai un peu, un tout petit peu pour tout le mal que je t’ai fait, pour ma lâcheté aussi quand… je n’ai pas vu cette supercherie. C’est vrai, j’aurais dû affronter notre rupture de face mais, j’avais peur je crois que tu me pardonnes encore, ce qui n’était pas pardonnable, mais c’était lâche, c’est vrai, et je t’ai fait du mal, je le sais… pardon. Mais tu sais… ce qu’elle m’a fait… ce qu’elle m’a dit. J’aurais préféré que toutes ces horreurs viennent réellement de toi plutôt que… je fasse encore une énorme connerie. Oui, j’aurais vraiment préféré que tu me brises le cœur plutôt que j’entame encore un peu plus le tien, si cruellement et maladroitement, comme je l’ai toujours fait…

Le jeune homme poussa un profond soupir, se passant la main dans les cheveux, ôtant ceux qui tombaient sur ses yeux, ce qui les ébouriffa un peu plus au passage. Malgré la tristesse dans sa voix, dans son regard, il paraissait terriblement… bien, heureux, apaisé. Il y avait de quoi, garder autant de secrets ces derniers temps avait dû être bien difficile. Il lui fit un beau sourire et vint s’agenouiller près de la petite mage, il ne la touchait pas, mais était très proche d’elle.

- Alors… tu vois… En plus, je n’étais même pas fichu de bien faire semblant puisque j’avais tout le temps envie de te prendre dans mes bras, de t’embrasser, de te câliner, je me suis souvent trahi, j’avais envie que tu saches et en même temps, je ne le voulais pas… mais puisque tu as été si honnête avec moi, tu méritais cette vérité… Je me suis reconstruit grâce à toi, à travers toi. J’ignore comment j’ai pu ne pas tout oublier, mais je soupçonne que ce soit encore une fois grâce à toi, parce que… te perdre c’était me perdre totalement et que si je t’avais réellement oubliée… jamais plus je n’aurais pu être « Tristan ». Merci pour tout ce que tu m’as dit Cassidy… Et pardon de te balancer tout ça d’un coup, ça doit faire beaucoup…mais tu comprends maintenant que tu t’inquiétais pour rien ou…pas ? Non parce que… je sais pas trop comment le dire mais… je t’aime moi… beaucoup, tellement que c’est pas vraiment… qualifiable… Tu viens de m’apprendre que tu partages un peu ton corps avec l’âme d’un dragon… Je suis moi-même un dragon… A part de la fierté et de l’admiration devant ta générosité, ta force, ton courage et ton caractère altruiste si dangereux pour toi-même… tu voudrais que je ressente quoi au juste ? De la peur ? De l’inquiétude ? Du dégoût ? De la colère ? J’ai peur de ton humanité si extraordinaire qu’elle te met toujours dans tes situations pas possibles. Je m’inquiète pour toi qui te mets justement dans des situations pas possibles. Je suis dégoûté de n’avoir rien compris, rien vu venir alors même que tes connaissances sur les dragons me sidéraient. Et je suis très en colère contre ceux de mon « espèce » qui sont incapables de voir quel être hors du commun que tu es et ont préféré rester sur des préjugés ridicules plutôt que de te croire… Cassy… P… Princesse… Moi je te crois… Et… Je trouve juste ce que tu as fait… magnifique, complètement fou, totalement insensé, très dangereux… mais… ça te ressemble tellement que je ne suis pas vraiment surpris. Je ne me souviens pas encore de tout mais dans la globalité, oui. Enfin… surtout en ce qui te concerne en fait… J’aurais dû… être en colère ? J’ai passé ou plutôt ait cru passer un pacte avec un démon, je suis né possédé… alors l’histoire d’un dragon corrompu ? Est-ce que je crois à la rédemption ? J’en suis la preuve vivante non ? Alors...dis moi… comment je pourrais mal réagir ? Tu es sérieuse ? Tu as vraiment cru... que je serais aussi con que ces gros lézars décérébrés ?!

Sourire, un peu plus triste, un peu plus tendre. Il n’oubliait pas qu’elle avait un petit ami, il lui disait juste la vérité, cette foutue vérité qui lui avait tellement pourri la vie ! Doucement il tendit une main vers elle, effleura une de ses joues du bout des doigts, toujours ce même frisson électrique au contact de sa peau, ne s’y ferait-il donc jamais ? Pourtant, son regard se voila. Il repensait à ce qu’elle lui avait dit à propos du chef des Kaärs, la colère pouvait obscurcir son jugement d’un instant à l’autre, mais pas devant elle, non, il ne devait pas. C’était à son petit ami de se mettre en colère contre cet acte, pas à lui… même s’il ne comprenait pas qu’elle ait encore pris un tel risque pour lui… Le dieu au-dessus d’eux s’était éclipsé sans même qu’ils s’en aperçoivent, la porte s’était entrouverte, un petit escalier en colimaçon visible juste derrière celle-ci semblait monter vertigineusement vers les pièces dont ils avaient auparavant « l’habitude.Cassidy faisait… une drôle de tête, même s’il avait parlé longtemps tout de même, toutes les révélations de Tristan ne semblait avoir duré qu’un très bref laps de temps. Face à son teint pâle et ses yeux brillants, le jeune homme, penaud, rougissant légèrement, s’inquiéta un peu… Au moins toutes ces horribles histoires tragiques enchainées le faisaient-elles paraître plus… vrai dans ses expressions, plus timides, plus enfantin aussi.

- Euh… C… Cassy ? C… Ca va ?

Le récupérer hein ? Au final, la petite mage n’en avait pas réellement besoin…
Mais Tristan était Tristan et finalement malgré sa timidité, sa vulnérabilité qu’il venait de lui offrir, sa sincérité, ses aveux, il restait assez taquin, le prouvait son petit sourire en coin, mais il était gêné... et donc pas très doué, plus pitre qu'autre chose, une fois de plus.

- Parce que tu sais… ta position allongée là… je suis pas sûr d’être très doué pour une discussion style psy moi donc… vaudrait mieux éviter…ou c’était une espèce de requête belle au bois dormant ? Je suis pas très charmant moi… Ton prince est bien plus haut alors… évite peut-être…
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Cassidy Herediane
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MessageSujet: Re: Un voyage pour apprendre à mieux se re-connaître ?   Dim 22 Déc - 19:55

Quelle douleur pour la pauvre mage qui était décidément bien traumatisée pour admettre quoi que ce soit. Il est vrai qu’elle ne comprenait pas pourquoi on s’acharnait sur elle. Enfin si… elle s’en doutait un peu. Mais ça… difficile d’y croire. Bien évidemment que la marque de Balthar lui donnait un beau rapprochement avec la sorcière. Combien de fois cette dernière n’avait-elle pas essayé de l’atteindre ? Et puis… il y avait trop de coïncidences… l’attaque de Tristan, ses parents au centre de guérison… ceux qui cherchaient à lui faire du mal, à lui faire haïr ce monde qu’elle voulait tant protéger.
Cherchant à l’enfermer dans une spirale de cruauté, à la faire péter un câble. Et elle avait vraiment été mal mais vraiment… voir Tristan mourir sous ses yeux était le dernier petit fil, petit lien qui l’empêchait de sombrer totalement. Pourquoi lui ? Elle le savait ! Elle le savait parfaitement mais avait besoin de le confirmer. Et alors même qu’elle voulait lui avouer la vérité, lui dire qu’elle l’aimait, qu’elle voulait vivre avec lui, on ne l’avait pas laissé tranquille. Elle se traita de responsable, si elle avait pris la voie des airs, jamais cela ne serait arrivé. Mais elle avait voulu faire ça bien, prendre un cheval pour se laisser plus de temps pour réfléchir à tout ce qu’elle devait dire. Bien grand mal lui en avait pris…
Mais une phrase avait quand même retenu son attention. C’était des marques de leur histoire… ça n’avait pas d’importance… alors elle devait l’écouter même si les dites marques étaient profondes, traumatisantes. Elle se devait d’aller mieux. Et puis cette fois, il était là avec elle, c’était différent, elle le savait.

D’ailleurs le soir, elle vint rapidement se coucher dans son propre lit, peureuse, cherchant une sorte de réconfort qu’il pouvait lui apporter. Avait-elle sauté aussi rapidement dans les bras d’Erwan le jour où elle avait apprit la mort de Tristan ? Non pas tout de suite… pas aussi vite. Encore un terrible constat de la place importante du Drakkari dans le cœur de la petite mage. Elle ne l’avait pas repoussé, à aucun moment et le laissait s’occuper d’elle alors qu’auparavant, elle aurait certainement chercher à mettre de la distance, prendre du recul. Etre dans ses bras… c’était tellement réconfortant. Elle avait l’impression qu’il la protégerait contre les agressions extérieures, aussi souillée et humiliée pouvait-elle être.

Elle avait remarqué son sourire le deuxième soir quand il avait tendu les bras en avant et qu’elle s’était sentie tellement rassurée de se faire accepter. Elle ne s’éloignait pas, elle avait confiance en lui, suffisamment pour ne pas qu’il la voit comme une paria, un horrible monstre sous une couverture de jeune femme comme pouvait le penser les moines. Et cela l’aidait beaucoup.

Pourtant, ce jour là, elle était un peu perdue, se trouvant indigne de lui. Pas vraiment pour une histoire de confiance non. Elle savait qu’elle pouvait tout à fait voler avec lui mais comment avoir l’impression de le respecter après ce qu’elle avait fait ? Comment pouvait-elle oser encore demander de voler avec lui alors qu’elle n’en avait pas le droit ? Comme une requête, une chose dont on a envie mais qu’on préfère écarter de ses pensées. Et ce jour là, il avait réagi, énervé, agacé de par son comportement et ses paroles. Il lui disait que rien n’avait changé. Mais que ressentait-il lui ? Elle aurait bien voulu le savoir. Pouvait-il nier si ça lui faisait du mal ? Si il se sentait coupable ? Que pensait-il au final ? Doucement elle avait hoché la tête, sourit un petit peu même si s’apparentait plus à une grimace et quand il s’était rassis à côté d’elle, elle avait juste pris sa main dans la sienne, contact rassurant, songeuse.

Heureusement, le soutien de Tristan se révéla bénéfique. Parce qu’il devait les voir ses progrès en sa présence et parfois, c’était elle qui réclamait les contacts, que ce soit dans le lit, en marchant dans un couloir. Pour quelqu’un qui est traumatisée par les hommes, elle s’en sortait pas si mal en quelque sorte. Confiance… oui car lui n’avait rien fait au final et elle voulait encore croire qu’il ne profiterait jamais d’elle, pas comme eux. Sinon cela sonnerait comme une terrible trahison. Mais heureusement cela n’arriva pas.

Puis, Tristan lui parla d’Erwan. La première chose qui apparut sur le visage de Cassidy ce fut de la gêne. Gênée que ce soit lui qui ait réagi en premier ? Elle devrait lui en être reconnaissante pourtant ! Mais également, elle ne comprenait pas ce qui l’avait poussé à agir ainsi. Elle n’avait rien de la jeune femme très heureuse d’être sauvée par son ex compagnon mais était plutôt angoissée, même si il n’y avait aucune raison. Cassidy lui rendit visite, une visite très gênée. Elle se sentait mal à l’aise, pas vraiment à sa place, se contentant d’un merci, regardant ailleurs, ne sachant pas quoi lui répondre. Ca aurait pu être n’importe qui… un passant, un aventurier mais il fallait que ce soit lui.

Plus tard, et peut être grâce au contact qu’elle avait avec lui, avait réussi à avoir un flash de la maladresse d’Erwan. Et cela l’avait abasourdi, choquée du comportement de l’archer qui la prenait vraiment pour son objet personnel. Il n’en fallait pas moins pour que Cassidy sorte de ses gonds et aille directement en toucher un mot à l’intéressé. Effectivement, beaucoup de personnes, du moins les passants, devait l’entendre parce qu’elle n’était pas du tout mais alors pas discrète pour un sou, lui collant une gifle monumentale, sortant de la pièce le laissant réfléchir sur son très mauvais comportement qui l’avait mis en rogne.

Pourtant avec Tristan, la demoiselle s’était bien radoucie en lui disant qu’elle lui expliquerait plus tard la raison de sa colère alors qu’elle se massait vigoureusement la main d’un air convaincu et entendu, grincheuse d’apprendre cette nouvelle qui lui donnait encore moins envie de pardonner à Erwan. Et lui dire qu’ils avaient couché ensemble alors ça… ça c’était pas bien ! Elle n’y était pour rien et se demandait même si il n’avait pas fait exprès. La demoiselle avait redressé une de ses mèches blondes sur le dessus de sa tête et continuait son chemin en compagnie de Tristan.

Quelques jours plus tard, Cassidy était beaucoup plus enjouée. Elle se faisait curieuse et peu importe le mal qu’elle avait subi, le fait d’être avec Tristan lui faisait oublier tout ça, du moins tant qu’ils n’abordaient pas ce sujet sensible. Et elle était bien trop curieuse pour voir ce qui se passait derrière la porte. Bam ! Grosse chute dans une énorme pièce et entrée théâtrale d’un dieu qui avait apparemment envie d’une chose, qu’ils soient sincères l’un envers l’autre. Elle remarqua bien que Tristan se plaçait devant elle, cherchant encore et toujours à la protéger, alors qu’elle le regardait faire, bien trop sonnée par ce qui leur arrivait.

Oui c’est vrai, elle avait du cran et pas qu’un peu cette petite demoiselle. Ou bien c’était tout simplement grâce à Tristan. Quand quelque chose touchait le Drakkari, elle s’emportait, s’enflammait, peu importe qui se trouvait sur sa route, elle était comme ça, vive, extrêmement vivante, se fichant des conséquences et là il y avait de quoi lui faire du mal. Mais lorsqu’elle vit le jeune homme chanceler comme pris d’un mal inconnu, elle courut vers lui, inquiète alors qu’il lui demandait de rester en arrière.
Ce fut alors toute une série de questions qui lui fut posé. Ah ben bien sûr, il devait peut être regarder le physique en premier. Elle poussa un petit cri en le regardant, voulant se déplacer pour l’aider mais respectant son désir de ne pas approcher de lui. Pourtant, une horrible question se posa alors. Tristan semblait peiné, vraiment. Alors qu’il répondit par la négative.

La jeune femme cessa de bouger, agitée par un tremblement, paralysée par cette révélation. Elle venait de comprendre que tout cela n’avait servi à rien, un choc immense pour elle alors que son regard se voila, la petite étincelle de lumière qui brillait dans ses yeux disparaissant. Pitié… oui c’était à cause de son état qu’il était là… pourquoi… pourquoi avait-il menti ? Pourquoi lui avait-il donné l’impression qu’entre eux d’eux ça aurait pu… ça aurait pu… mais non. Le dieu lui posa alors une autre question. Si il l’aimait. La jeune femme demanda d’arrêter, elle en avait trop entendu et sa voix était particulièrement douloureuse. Encore une fois il répondit par la négative. Vertige autour d’elle, elle voyait flou… tout ça servait à rien… absolument rien… elle secoua lentement la tête quand un étrange évènement se produisit.

Sa peau changeait de couleur et il hurla, blessé. Il avait vraiment mal. Cela suffit pour réveiller la petite mage qui tentait de se rappeler des dernières paroles. Pourquoi… pourquoi avait-il mal ? Il l’aimait pas ? Ou bien… il mentait ? Il y avait un truc bizarre là-dessous. Mais alors qu’il souffrait, la jeune femme se précipita pour lui, s’agenouillant à ses côtés, le soutenant contre elle, les mains autour de son corps, sans arriver à tout comprendre. Mais il en avait trop dit, trop fait… il ne tenait pas et elle avait peur qu’il y laisse la vie. Alors, elle releva les yeux et décida d’avouer ce qu’elle avait fait, lui demandant, le suppliant de ne pas être trop en colère.

Et alors elle lui dévoila deux lourds secrets. Le premier, tout récent, ne tira pas une seule émotion de colère sur le visage du Drakkari. Elle avait beau lui dire que c’était un choix, qu’elle avait peur de le perdre mais il ne réagissait pas. Et le deuxième était tellement ancien et profondément ancré en elle qu’il lui fallut des images pour raconter ce qui s’était passé. Ce dragon corrompu qui s’était lié à elle. Parce qu’avant que son corps ne se désintègre, il avait cru aux paroles de cette petite mage si naïve. Et en retour, il l’avait aidé quand elle était dans cet état de détresse. Les mauvaises choses ne sont pas aussi mauvaises qu’on croit. Si le retour du bâton existe, c’est aussi le cas des récompenses. Elle avait trouvé une échappatoire certaine avec ce dragon. Tout avait un sens, elle avait peur du jugement des autres. Et au fur et à mesure qu’elle parlait, la jeune femme tremblait, cherchant à lui en dire le plus possible, pour qu’il comprenne cet étrange lien. Puis finalement, elle s’était éloignée de lui pour s’allonger par terre, vaincue.

Finalement cela contenta le dieu et la porte s’ouvrit. Elle vit Tristan s’éloigner pour rejoindre la sortie. Elle était achevée, vaincue, le regardait sans dire un seul mot, sans faire une seule remarque, le laissant décider de son sort. Mais elle ne s’attendait certainement pas à ce qu’il referme la porte et fasse la plus étrange révélation qui était. Ouvrant légèrement la bouche à ses paroles. Il se rappelait d’elle ?! Alors qu’il avait toujours dit le contraire ? Elle se redressa, le regardant étrangement tout en se mettant en tailleur.

Il commença à lui révéler qu’il savait qui il était très vaguement mais ne cherchait pas à en savoir davantage, par peur, par crainte. Il lui révéla pour le débarras et les portraits qu’il avait réalisé. Elle le regardait en buvant ses paroles, encore sous le choc de la révélation. Il lui raconta alors tout… elle ouvrit des yeux ronds quand il parlait vouloir tenter d’être avec elle, de se remettre ensemble mais de l’avoir fait souffrir en se rappelant de tout ce qui s’était passé. La jeune femme se mordilla la lèvre à ce passage. Il prononça quelques mots qui firent frissonner la jeune femme d’un bien être pas vraiment approprié. Mais pourquoi son cœur s’emballait quand il disait ces simples mots ? Qu’il l’aimait… Etait-elle soulagée ? Emue ? Touchée… trop de choses se bousculaient dans sa tête mais il s’en voulait horriblement de ce qu’il avait fait… et cherchait plutôt à s’éloigner plutôt que de lui infliger tout ça. Elle resta silencieuse, l’écoutant encore parler.

Il lui disait également qu’elle l’avait beaucoup aidé. Nouvelle preuve qui sauta aux yeux de la jeune femme. Ils s’étaient aidés… mutuellement. Ils s’étaient reconstruits… ensemble et seule la douleur de ne pas vouloir continuer ensemble, de ne pas formuler leurs sentiments les avaient fait souffrir. Il lui disait également ne pas la détester pour ce qu’elle était… un peu fragile peut être mais il ne la repoussait pas parce qu’elle avait accueilli un dragon… soulagement… impression de voir un poids disparaître. Il ne la détestait pas… il ne la détestait pas… Il s’approcha d’elle… caressant doucement sa joue. Elle le laissa faire, fermant un instant les yeux, silencieuse, trouvant cette caresse bien agréable et tellement salvatrice.

La jeune femme, en entendant ces derniers mots, était restée allongée par terre, respirant lentement. Elle avait tout entendu, tout écouté, mais sa dernière phrase l’avait fait se renfrogner lorsqu’il pensait encore une fois qu’elle était toujours avec Erwan. Cassidy s’était relevée avec tellement de vigueur, qu’on pouvait se demander si elle était vraiment fatiguée. Et contre toute attente, elle se jeta sur Tristan, ouvrit grand les bras, et les resserra sur lui avec une poigne ferme, collant sa tête contre son torse, l’empêchant de se dérober.

« Tssss… ça aussi je devais te le dire… alors écoute bien… »

Elle dégagea un peu sa tête puis la releva pour le regarder droit dans les yeux, sans aucune honte. Au contraire, elle ressentait plutôt une certaine libération.

« J’avais l’intention de te rejoindre à la cité oui… mais pas sans avoir été honnête avec Erwan. Ma décision était prise mais difficile de l’annoncer sans chercher à lui faire du mal… le blesser. Parce que ce jour là, j’ai rompu avec lui… pour te rejoindre. Et quand j’ai appris ce qu’il t’avait dis quand j’étais évanouie, j’étais en colère… je pense n’avoir jamais mis une aussi belle gifle mais bon il la méritait celle là ! »

Une belle sincérité se lisait dans ses yeux noisette alors qu’elle ne semblait éprouver aucun remords, aucune gêne. Au contraire, elle paraissait beaucoup plus apaisée même si la colère dansait dans ses yeux à cause du comportement de l’archer.

« Bien sûr en voulant te rejoindre, je prenais le risque que tu ne m’acceptes pas, que tu trouves ça ridicule. Mais pour que je décide de te confier mes secrets, ce que je n’ai jamais dit à Erwan, j’ai compris que c’était sérieux. Et je préférais encore que tu me repousse plutôt que de continuer à vivre de cette manière, de me contenter de ce rôle, de cette vie trop monotone sans savoir vraiment ce que je désirais réellement. »

Elle soupira un instant puis se mit à rire doucement.

« Je suis peut être un peu utopiste Tris’… mais peu importe ce que tu es, peu importe ce qui peut se passer, c’est toi… ça a toujours été toi et j’étais prête à prendre ce risque que tu me repousses. J’ai peut être eu beaucoup de peine, mais depuis qu’on s’est revu, tu m’as énormément aidé… et mes sentiments pour toi sont toujours présents. J’ai appris à t’apprécier à nouveau et je suis soulagée… vraiment soulagée… »

La demoiselle se mit sur la pointe des pieds, caressa avec beaucoup de douceur les cheveux du Drakkari puis descendit sur sa joue du bout de ses doigts.

« Pendant tout ce temps, je suis devenue très égoïste, je ne pensais plus qu’à moi-même, à me battre, à encaisser les coups et en donner. J’étais grincheuse, je n’aidais plus personne et je ne vivais que cette vie que je m’inventais, me contentant de risquer ma vie au quotidien, refusant une quelconque aide, soutien. Je me suis renfermée sous cette couverture, n’hésitant pas à faire du mal aux autres. J’ai fais beaucoup de choses horribles parce que jouer un rôle était bien plus simple que de montrer que j’allais mal… »

Elle tremblait un peu, puis serra de nouveau le Drakkari contre elle, murmurant toujours, se lâchant complètement dans ces mots, ces paroles.

« Quand je t’ai revu, je t’en voulais… mais petit à petit j’ai commencé à comprendre, commencé à me poser des questions… j’avais des doutes, des doutes énormes. Et peu à peu, je changeais… grâce à toi. J’ai partagé des choses avec toi, je cherchais à aider les autres… j’étais un peu plus souriante, apaisée même si c’était douloureux de savoir que tu m’avais oublié. Mais j’avais envie de t’impressionner, j’avais envie que tu m’admires et peut être j’espérais, j’avais cet espoir fou que nous deux on pourrait… de nouveau s’aimer. Plus les jours passaient avec toi et plus ces sentiments que j’ai cherché à étouffé me sont revenu dans la figure et plus je me posais de questions… et ça devenait bien trop compliqué de ne pas t’avouer toute cette vérité ! Mais je ne pouvais pas le faire tout en étant toujours avec Erwan… »

Cassidy calla doucement sa tête contre le torse de Tristan, cherchant sa présence, un contact.

« La plus grande preuve que j’ai… c’est cette colère contre les dragons. Je ne les aimais pas par rapport à ce qui s’était passé et j’avais peur que tu me vois comme les autres. Que tu sentes la présence d’Alanir et me repousse à cause de ça. J’avais aussi peur de te faire du mal avec lui sans le vouloir, que son énergie qui est en moi te fasse souffrir sans que tu le sache. Mais je savais également que… au fond de moi je savais que tu n’étais pas comme eux et je ne voulais pas non plus te détester pour ce que tu n’as pas fait. Et oui j’ai essayé de t’impressionner un peu… te dire ce que je savais sur les dragons et puis quand on a commencé à voler, ça a débloqué beaucoup de choses chez moi. Et je me suis beaucoup investie là dedans parce qu’au final… ça nous rapproche bien plus que ce que l’on peut dire… et je ne regrette absolument rien… »

Elle se mit à sourire doucement puis prit la main de Tristan, l’examinant attentivement.

« Je suis peut être maladroite… je n’ai peut être pas confiance en moi mais quand je vole avec toi je me sens différente… je regagne cette confiance, je sais que je peux voler avec toi sans aucune crainte, te faire confiance… progresser… j’ai l’impression qu’on peut tout faire, survoler des montagnes, frôler l’eau dans l’océan enfin ça c’est quand on vole ensemble… »

Nouveau temps de pause.

« Ici aussi tu m’aides beaucoup, tu m’aides vraiment… à accepter ces marques de notre histoire… j’ai peut être mal mais chaque jour tu arrives à me faire oublier un peu ce qui s’est passé, avec tes pitreries, tes petites attentions, ta présence… et dormir avec toi c’est… enfin je me sens bien… je me sens en sécurité et je récupère assez rapidement. »

Elle sortit son pendentif et révéla la fameuse bague ainsi que la chevalière.

« J’ai une dernière chose à t’expliquer… Cette bague, c’est toi qui voulait me l’offrir. C’est toi qui m’a emmené dans une bijouterie pour savoir ce que j’aimais. Mais tu ne l’as jamais fait. Alors je l’ai récupéré et gardé sur moi tout ce temps… peut être parce que je savais depuis le début que j’en aurais besoin. Mais si ce n’est pas toi qui me l’offre alors c’est comme si je l’avais volé… je veux que tu la reprennes et si vraiment… c’est ton souhait de me l’offrir alors fais le s’il te plaît… »

La demoiselle enleva la bague de sa chaîne et la posa dans la main à Tristan tout en refermant doucement ses doigts sur la petite bague puis lui montra sa chevalière.

« Quant à ça, c’est un objet de ton passé. C’est également toi qui me l’a offert car c’est un objet qui comptait beaucoup pour toi… et même si tu es parti, même si tu m’as fait croire beaucoup de choses, je l’ai gardé dans un coin… ne me demande pas pourquoi je n’arriverais pas à trouver d’explications, peut être que je n’ai jamais réussi à faire ton deuil et qu’un peu inconsciemment j’espèrais que cette chevalière te ferait réapparaître un jour… Je sais je suis bizarre et même si je pense que je devrais t’en vouloir, je pense qu’on a tous les deux fait des erreurs… qu’on répare et je pense que pour toi comme pour moi on s’assume un peu plus tu crois pas ? »

Sourire timide et très discret alors qu’elle regarda le sol un instant.

« Je suis contente que tu m’acceptes et toi… tu me disais que tu restais tant que je voulais de toi ? Eh bien aujourd’hui oui je veux toujours être avec toi… parce que peut être qu’on a fait des mauvaises choses mais aussi des bonnes choses et c’est celles là qu’on doit garder en mémoire… parce que tu m’aides à aller mieux, à devenir plus forte, à passer au dessus de tous ces malheurs… alors s’il te plaît… reste avec moi… »

Elle se racla lentement la gorge puis sourit très maladroitement tout en le serrant contre elle, très sérieuse, refusant de le laisser partir, promesse informulée pour ne pas qu’il se dérobe même si elle peinait encore à prononcer le mot toujours.

« Bon je pense qu’on a eu notre séquence émotion pour aujourd’hui tu crois pas ? On a juste besoin d’un bon bain pour se détendre, plein de biscuits au chocolat et une bonne nuit de sommeil pour se remettre de toutes ces révélations ! »

Adorable sourire alors qu’elle le laissa s’exprimer une fois de plus, ne se détachant pas de lui au final, comme si ces révélations l’avaient aidé à se rapprocher de lui, à être moins timide, à guérir encore plus vite que ces derniers jours.

Finalement, ils remontèrent, la petite mage tenant fermement la main de Tristan. Mais quelque chose avait changé chez elle alors qu’ils traversaient les couloirs. En effet, elle avait l’air d’être un peu plus souriante devant les moines qui la regardait toujours avec réticence. Elle ne se cachait plus derrière Tristan mais marchait fièrement à côté de lui. Son accident ? Elle ne l’avait pas oublié bien sûr, mais le soulagement de ces nouvelles l’avait dissipé pour l’instant et comme il avait dit la vérité, alors elle se sentait beaucoup mieux, un poids s’envolant de ses épaules. Oui il savait qu’elle avait un lien avec un dragon corrompu mais aujourd’hui elle ne le craignait plus, car il savait tout désormais…

Le bain chaud leur fit beaucoup de bien et Cassidy avait insisté pour que Tristan vienne avec elle, comme à chaque fois. Bon, toujours en sous vêtements mais… elle était un peu plus vive, énergique. Malicieuse, elle le poussa à l’eau alors qu’il finissait d’enlever ses vêtements dans un des bassins de taille moyenne. La demoiselle le rejoignit rapidement dans l’eau puis ramena sa tête en arrière pour mouiller ses cheveux. Elle l’examina également sous toutes les coutures, pour voir si il ne restait pas des traces physiques de son entretien avec le dieu. Finalement, elle insista pour lui faire un shampoing quand même, malgré le fait qu’elle semblait bien timide. Mais il n’y avait rien de déplacé alors elle pouvait en profiter un peu non ?

Après le bain, ils allèrent manger. Quelque chose s’était vraiment débloquée chez la demoiselle. Plus de crainte de passer pour une méchante, elle mangeait avec appétit, prenant des biscuits, jouant avec Tristan mais le laissait tranquille lorsqu’il en avait besoin, craignant d’être un peu trop envahissante à cause de ce qu’elle avait appris. Alors qu’ils regagnaient leur chambre, le jeune homme lui avait demandé de passer devant, qu’il devait encore s’occuper de quelque chose. Elle ne savait pas qu’en fait il était parti voir Erwan, certainement pour régler ses comptes avec lui.

La demoiselle l’attendait, couchée sur le lit dans une position assez… détendue on pourrait dire. Un livre ouvert devant elle, allongée de tout son long ce qui donnait une certaine vision sur sa poitrine et les jambes en l’air, la tête appuyée sur sa main en appui sur un coude. Lorsqu’il rentra, elle l’accueillit avec un beau sourire tout aussi timide et craquant, refermant son livre en le regardant venir s’installer. Alors qu’elle tenait l’ouvrage du bout de ses mains tout en caressant la couverture de l’index, la demoiselle redressa la tête, légèrement intimidée.

« Au fait je pensais… j’ai récupéré pas mal ces derniers jours et ça serait peut être bien… si Messire pense que je suis suffisamment en forme pour y aller… si on allait faire un tour en volant demain, tu en penses quoi ? »

Pas sûr que les moines les laissent batifoler mais la demoiselle semblait tellement en avoir besoin et envie qu’il était dur pour Tristan de dire non. Elle avait cette petite moue enfantine, comme à chaque fois que quelque chose lui tenait à cœur mais qu’elle n’osait pas le dire ouvertement. Puis, alors qu’il s’installait sur le lit après avoir prit la peine d’enlever sa chemise, la jeune femme le regarda un instant… puis se mit à rougir d’un coup en baissant les yeux. Mais à quoi pensait-elle donc encore ? Ou maintenant qu’il savait pour elle, ne se doutait-il pas qu’elle avait quelques conversations avec un certain dragon de feu ?

Mais avant de lui laisser le temps de répondre, elle se mit en appui sur ses genoux, se rapprochant tout près du Drakkari, inspirant un coup et déposa un très léger baiser sur ses lèvres mais suffisamment proche pour y laisser un impact alors qu’elle posa ses mains sur les joues du Drakkari, des joues qui étaient bien chaudes.

Pourquoi l’embrassait-elle ? Oh eh bien peut être en avait-elle envie… et peut être que ce n’était pas si différent de sa colère contre les dragons. Il était différent des dragons… il était différent des humains… elle savait au fond d’elle qu’il ne lui ferait pas de mal, qu’il ne chercherait pas à profiter de la situation et puis n’était-ce pas aller de l’avant et panser ses blessures que d’avoir une meilleure expérience par la suite ? Surprise de sa propre audace, la demoiselle se mit à rougir une nouvelle fois, sans justifier ou expliquer son geste, caressant tendrement sa joue, appuyant son front contre le sien un instant avant de glisser dans le lit.

Que fit-il ? Au moins cela fit sourire la demoiselle avant qu’elle ne finisse par s’endormir dans ses bras, soulagée et apaisée.

Le lendemain matin, elle se réveilla bien après lui, ayant donné l’impression d’avoir récupéré encore plus rapidement, le poids de ses secrets étant parti. Il avait l’air déjà réveillé lui et lorsqu’elle se retourna pour le regarder, un beau sourire s’étira sur ses lèvres alors qu’elle lui disait bonjour très timidement. Puis elle remonta le duvet au-dessus d’eux, comme pour ne pas être agressée par la lumière du jour même si les rideaux étaient tirés, déclarant qu’il était quand même bien chaud et qu’elle aimait profiter de ça surtout quand la neige tombait dehors et qu’il faisait froid.

Finalement ils finirent par se lever tous les deux et elle choisit une des tenues cavalière que Maud lui avait confectionnée, lui demandant d’un air taquin ce qu’il en pensait alors qu’elle se tournait devant lui. Oui… lui ne la jugeait pas en mal… il ne profiterait pas de la situation et elle devait continuer à lui faire confiance.

Cependant, alors qu’elle attendait qu’il s’habille, passé le soulagement de la veille, une autre question trottait dans sa tête, une question bien singulière qui lui faisait encore un peu de peine. Il était vrai que même sachant avoir un lien avec elle, cela ne l’avait pas empêché de se balader avec d’autres filles, surtout cette Mélody qui avait l’air, très proche de lui. A cette évocation, toute la jalousie de la demoiselle ressortit, et aussi bien le fait qu’il ait profité ailleurs… enfin elle devait en avoir le cœur net quand même, surtout si ils rentraient tous les deux à la cité.

Alors qu’il revenait après s’être changé, la demoiselle se campa devant lui, croisant les bras en prenant un air mi taquin, mi boudeur.

« Au fait… j’étais en train de me demander combien de filles de la cité tu as eu dans ton lit pendant tout ce temps ?

Jalousie toujours… et il avait intérêt d’être honnête même si sa réponse… pouvait quand même faire un peu de mal. Ou comment vérifier la jalousie d’une femme…

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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: Un voyage pour apprendre à mieux se re-connaître ?   Dim 29 Déc - 11:05

Par tous les dieux ! Il l’avait dit ! Il l’avait enfin dit !!!
Pendant un court instant, qui semblait pourtant interminable, le temps s’arrêta pour le Drakkari alors qu’il songeait à ces derniers mois.
Les souvenirs s’étaient reconstitués progressivement, se complétant quand ils n’étaient pas entiers. Au début il avait été transporté de joie en commençant à se souvenir, puis il avait eu peur en découvrant l’homme qu’il était, sa lâcheté, son incapacité à croire vraiment en lui, son besoin d’affection, d’amour inexprimé, d’un amour inespéré, son amour pour cette femme… dont il ignorait tout ou presque.

Il s’était réveillé un matin, le corps douloureux même si ses blessures avaient guéri. Pourtant il conservait des cicatrices dans le dos, au niveau des omoplates, douloureuses quand il faisait des cauchemars. Aujourd’hui, elles n’étaient plus qu’un lointain souvenir puisque seules de légères taches plus claires s’étalaient dans le haut de son dos, fines, presque invisibles.
Il ignorait qui il était, il ignorait ce qu’il faisait là, ce qui lui était arrivé… mais elle…
Son visage l’avait rassuré dans les moments les plus difficiles, dans les moments de doutes. Il pensait souvent à elle, le mystère qu’elle représentait était intense, étrange. Il avait honte de penser ainsi à elle. Il se disait qu’il était peut-être avant une espèce d’admirateur secret, quelque chose du genre.

Puis ils s’étaient rencontrés, malgré le fait qu’elle soit agressive avec lui au départ, il l’avait trouvée encore plus fascinante, intéressante que tout ce qu’il avait imaginé jusqu’alors. Et il l’avait trouvée belle, tellement belle… Mais il sentait quelque chose de cassé chez elle, quelque chose de brisé. Ce n’était pas tolérable… D’où cela venait-il ? Etait-ce à cause de lui ? Etait-ce pour cela qu’elle semblait autant le détester ? Il avait eu peur de tout ce qu’il pouvait avoir fait à cette si jolie jeune femme. Il avait eu peur d’apprendre ce qu’il lui avait fait… Alors comme tout le monde le pensait, comme ce qu’il était au final, il était passé pour l’amnésique, celui à qui on ne pouvait pas vraiment reprocher son passé, ses erreurs. Oh c’était très lâche bien sûr, bien que pratiquement honnête… pratiquement… parce qu’il se souvenait d’elle. Mais comment le lui dire ? Et pire, comment l’expliquer ? Comment expliquer l’inexplicable ? Comment définir ces souvenirs, comment les justifier alors qu’il aurait dû tout, absolument tout oublier ! Par tous les dieux, il avait passé une demi-heure devant une fourchette en se demandant à quoi ça servait !!! Alors pourquoi diable se souvenait-il d’elle ???!!!! Oh bien sûr, il n’avait pas tout oublié quand même, il était autonome, il savait parler, se débrouiller seul, mais certaines choses lui étaient étrangères, enfin… floues plutôt, il avait besoin d’un petit rappel c’est tout. Mais pourquoi elle ? Pourquoi ? Et comment l’aurait-elle pris ? A ce moment-là, il ne se doutait pas que savoir qu’elle était le seul souvenir qu’il lui restait était peut-être le plus beau cadeau, ou plutôt disons le plus beau « pardon » qu’il pouvait lui offrir.

Après tout… Loin d’elle, il avait été terriblement mal, terriblement malheureux…Même s’il ne s’en était pas souvenu tout de suite.
Il était bien vite passé au-dessus de sa manière de le repousser, même si c’était blessant, il était fasciné et puis il avait commencé à se souvenir et chacun de ses contacts avait apporté son lot de remémorations, heureuses ou douloureuses… Se souvenir de son enfance n’avait pas été des plus agréables, en particulier la mort de sa mère, mais il progressait… il se rappelait…
Mais il ne savait pas comment réagir près d’elle… Parce qu’il avait commencé à avoir un certain comportement, un comportement que la jeune femme avait apprécié et accepté, ils étaient amis… Alors si c’était la seule manière par laquelle il pouvait être près d’elle, si c’était la seule façon pour la voir le plus souvent possible, si c’était la seule manière qui existait désormais pour qu’il la côtoie, il resterait cet ami.
Il devait se réjouir de son bonheur, il devait se réjouir qu’elle l’ait bel et bien remplacé avec un autre, un autre qui avait été là pour elle, qui n’était pas si maladivement effrayé par la magie contrairement à lui, un autre qui avait pu voir cet horrible piège…
Pourtant, son intérêt pour la magie sous son renouveau n’était en rien feinte, ce n’était pas de la manipulation… Il ne cherchait pas à l’attendrir, à la récupérer en devenant ce garçon qu’il aurait dû être, sensible à tous ses intérêts.

Ce n’était tout au plus pour lui qu’une nouvelle inspiration mais il savait au fond que c’était bien plus profond que ça. Quelque part, le fait d’être un dragon, c’était être un être de magie à l’état brut, originel de la magie même, ses racines faisaient de lui l’un des plus anciens dragons, même s’il ne l’était qu’à demi, même s’il ne savait trop comment réagir, comment le prendre, comment le… comprendre. Bref, elle répondait à ses interrogations en lui expliquant tant de choses sur la magie, il était content qu’elle lui apprenne tout ça…

Mais la vérité, c’est qu’il n’était pas heureux, il ne parvenait pas à se réjouir de ce bonheur, ce n’était pas faute d’essayer… Plus il se rappelait et plus cela l’attristait, le rendait jaloux, même s’il s’efforçait de rester fort. Elle voulait d’un ami, elle l’aurait, si ça la rendait heureuse, d’accord… Mais lui, n’essaierait même pas de se prétendre heureux ainsi, heureux par son bonheur. Non, il n’était pas heureux, il était tout au contraire très malheureux.
C’était horrible, mais ces derniers jours, il avait été heureux… Parce qu’il passait tout son temps avec elle, en ayant une excellente excuse et donc aucune raison de s’en vouloir d’être près d’elle, attentionné, gentil, doux. Mais c’était horrible parce qu’elle venait de vivre une véritable abomination et loin de lui sortir de la tête cette injustice le hantait au moins autant que la demoiselle. Comment savoir qu’elle appréciait autant que lui tous leurs moments ensemble. Il avait peur, il avait mal… Etait-il monstrueux de profiter de ces moments pour être avec elle, pour la prendre dans ses bras alors qu’il aurait juste dû être d’un réconfort… simple, pas envahissant…Elle avait quelqu’un..Elle avait un petit ami. Ce n’était pas lui… Ce n’était plus lui.

Alors c’était ça… Il l’avait enfin dit…
Tout ça… Le jeune homme sembla un instant interloqué, surpris… Que c’était incohérents et mal organisés comme propos mais peu importe, il avait dit l’essentiel… Il l’aimait. Il n’avait aucune envie d’être loin d’elle. Il pensait qu’elle en aimait un autre. Il avait menti pour la protéger de lui mais encore et surtout d’elle-même, au cas où elle ait encore des sentiments pour lui et gâche son histoire avec Erwan à cause du souvenir de son ancien compagnon. Bon bien sûr, ça il ne l’avait pas dit… Mine de rien, il était un peu différent, elle l’avait bien vu… Moins prétentieux, moins fanfaron, moins provocateur, quoique si mais c’était clairement des taquineries, ce n’était plus exagéré… Etait-ce lui le vrai Tristan ? Le Tristan sans son armure d’insensibilité, de sarcasmes, de force inébranlable ? Peut-être bien…

Elle s’était inquiétée pour lui quand il avait… menti pendant ce petit jeu. Elle lui avait dit tant, elle lui avait appris tant. Ce qu’elle était vraiment, qui elle était vraiment, une femme encore plus extraordinaire que ce qu’il pensait, une douce âme encore plus torturée qu’il ne le croyait, une personne hors du commun voilà tout…
Et elle pensait qu’il la renierait, qu’il la rejetterait pour ce qu’elle était alors qu’il était tellement admiratif en réalité, tellement estomaqué par ses révélations, mais en bien !!!! Enfin pour celles à propos du dragon, de sa magie oui… La première révélation par contre…

Tristan n’en avait rien laissé paraitre, essayant de se maitriser, ne sachant que trop bien ce qui se passerait s’il ne contrôlait pas ses émotions. Mais la colère, pendant une seconde avait été vraiment prête de prendre le dessus, un dessus qu’il savait sanguinaire, aveugle et mauvais pour eux deux. Se maitriser… Se maitriser… Non ! Elle n’avait pas fait ça ! Elle ne l’avait pas fait !!!!
La suite lui permit d’occulter un peu ceci de son esprit pour un temps. Puis il avait fermé la porte, avait avoué… tout ce qu’il pouvait, l’esprit un peu perdu, ailleurs, perturbé sans doute par la douleur qu’il avait pu ressentir peu avant. Il retrouvait ses marques, il se retrouvait petit-à-petit, mais il n’était plus sûr de savoir comment agir. Pourquoi cette porte close ? Parce qu’elle n’avait pas à s’ouvrir avant que la vérité ne soit plus claire !Et elle le fut… Enfin un peu, parce qu’il s’embrouillait, parce qu’il n’était pas très doué, parce qu’il avait peur aussi, sans oser l’avouer, son cœur tambourinant dans sa poitrine.
Et soudainement, elle se releva et se jeta dans ses bras, si vite, qu’il ne vit rien venir, un peu fatigué pour sa part et chancela même une seconde alors qu’elle se serrait contre son torse avec une force insoupçonnée.

Elle dégagea son visage pour le regarder et il sentit sa gorge s’assécher et son estomac se nouer… Wah… Elle était… craquante !
Mais la suite l’émut d’autant plus… Elle voulait le rejoindre. Elle avait rompu avec Erwan. Ce n’était plus son petit ami ! c’était lui qu’elle cherchait à retrouver. Elle était en colère par rapport à ce que lui avait dit l’archer. Elle l’avait giflé ? Mais alors ce que lui avait dit cet homme ? C’était vrai ou juste un mensonge pour la garder ? Pour la récupérer ? Qu’ils étaient toujours ensemble, qu’ils avaient couché ensemble, qu’ils étaient heureux en gros… Il n’arrivait pas à savoir. Il l’entendit vaguement parler des secrets qu’elle voulait lui révéler, ce qu’elle venait de faire, du fait qu’il aurait pu la repousser, une légère grimace échappant au jeune homme alors que son cœur battait encore plus fort et qu’elle devait bien le sentir à avoir ainsi les mains sur son torse. Et elle lui dit qu’elle l’aimait… Le reste n’avait plus d’importance. Le jeune homme se crispa et ses bras jusqu’ici ballants malgré ce qu’elle avait dit juste avant se relevèrent pour se serrer étroitement autour d’elle comme s’il ne voulait plus jamais la lâcher.

Elle parla beaucoup, bien plus douée que lui, de ce qu’elle ressentait, de ce qu’il lui apportait, d’eux, d’elle, de ce dragon, de ses peurs, de ses doutes, de ses espoirs. Il écoutait, mais d’une oreille un peu distraite c’est vrai. Sans doute parce qu’en boucle tournait dans son esprit une seule et unique pensée. Elle l’aimait. Elle l’aimait !!!!!!! Elle l’aimait encore ! Elle l’aimait vraiment !!!! Doucement, il se mit à caresser ses cheveux de sa main libre quand elle tripotait l’autre, son dos, à la tenir contre lui, attentif malgré tout, très attentif même si son cœur était au bord de l’explosion. Le cœur d’un dragon pouvait-il exploser ??? Il se disait que oui…

Elle s’arrêta un instant pour sortir la chaine à son cou et les pendentifs qui brillaient. Ainsi, c’était lui qui avait cette bague, qui voulait la lui offrir à l’origine, même s’il n’avait pas pu la lui offrir. Il voulait bien la croire mais quand elle la mit dans sa paume et referma ses doigts dessus, le jeune homme se crispa, fermant les yeux en grimaçant légèrement avant d’esquisser un léger sourire…

- Je me souviens… oui… tu as raison.

Elle lui demandait de lui offrir s’il le voulait ?... Euh… c’était étrange quand même… Etait-elle plus ou moins en train de lui dire que… S’il craignait de la demander en mariage, il n’avait pas à s’en faire et plutôt à… foncer ? Notion intéressante, à retenir…
Quand elle lui montra la chevalière, il sourit et la laissa parler même si ceci, il s’en souvenait déjà. Elle voulait qu’ils restent ensemble, elle voulait qu’il soit avec elle… Etait-ce une façon de dire qu’elle voulait qu’ils se remettent en couple ? En douceur… ? Cette fois, il osa doucement caresser sa joue en la regardant avec cette tendresse qu’il avait tant peiné à maitriser.

- Ca aussi je me souviens… Elle est à toi. Je suis heureux que tu l’aies gardée, merci… Et Cassy… Je…Je veux être avec toi aussi, vraiment. Je te promets… je te promets que je ne partirais plus… Que je… enfin… je… je t’aime quoi…

Il rougissait, encore plus que d’habitude alors qu’il se redressait en détournant les yeux, qu’il se frotta l’instant d’après en prétendant qu’il y avait de la poussière dans cette caverne alors que son regard brillant et son sourire ne pouvaient tromper personne !
Il avait envie de l’embrasser, de tout lui dire, de tout lui promettre, même l’impossible, de s’efforcer de rendre possible cet impossible… même s’il ne savait pas encore comment. Il finit par se pencher timidement vers elle avec la ferme intention de l’embrasser justement, tendrement d’abord, timidement probablement mais avec toute la sincérité du monde. Mais elle l’interrompit, pensant qu’ils avaient vécu assez d’émotions, sensible sans doute à le laisser s’en sortir, se retrouver après d’autant d’émotions. Il sourit doucement, approuvant d’un hochement de tête mais prit quand même sa main en lui lançant un regard un peu désolé, marchant près d’elle, même dans les escaliers étroits et décidément trop longs. Il ne manqua pas sa transformation, la joie qui irradiait d’elle. Alors c’était vraiment ça ? Depuis le début ? Elle avait juste… besoin qu’il l’aime pour être heureuse ? Besoin d’être sûre ? Besoin de savoir tout simplement ?
Il ne s’en rendit pas compte tout de suite pour sa part mais lui-même se tenait d’autant plus droit, carrant fièrement les épaules, esquissant un large sourire, la couvant du regard à la moindre occasion. Oui, elle allait mieux que jamais par rapport à ces derniers jours.

Alors qu’il se déshabillait d’ailleurs, elle le poussa à l’eau avec une énergie certaine et c’est surpris mais ravi qu’il refit surface en lui balançant de l’eau dessus par vengeance, mais elle le rejoignit rapidement alors qu’il déglutissait difficilement, la trouvant un peu trop… hum… attirante,même avec des sous-vêtements. Alors qu’ils se baignaient tranquillement et qu’elle lui faisait un shampoing, il se rappela d’une petite chose et échappa à ses mains une seconde pour se tourner vers elle. Grand mal lui en prit car comme il était assis sur une marche et elle debout dans le bassin, il se retrouva le nez…assez bien placé et perdit un court instant le fil de ses pensées avant de s’ébrouer et de lui sourire, portant la main à son bracelet pour en ôter délicatement la partie de son pendentif qu’elle lui avait confiée.

- J’ai veillé dessus comme promis. Pardon, j’ai oublié de te la rendre avant…

Hésitant, il avança les mains mais le lui accrocha avec un peu plus d’assurance l’instant de doute passé. Avant de se mettre à grimacer parce que de la mousse lui coulait dans les yeux et que ça piquait. Ils se chamaillaient un peu, en douceur, lui veillant encore beaucoup sur elle et voulant lui éviter toute blessure ou tout ce qui pourrait ralentir son rétablissement physique et psychologique.
Ils mangèrent avec appétit peu après, heureux même s’ils l’exprimaient encore avec timidité. Enfin il la regardait surtout, fou de joie et peinant à l’exprimer de la voir ainsi retrouver goût à la vie, si vite, si bien…
Elle rejoignit leur chambre pendant qu’il s’excusait. Dès qu’il la quitta, le visage du jeune homme changea un peu alors qu’il se rembrunissait et qu’il se rapprochait de la chambre d’Erwan.Il toqua puis entra pour trouver l’archer toujours en train de se reposer, se remettant lentement. Il s’approcha alors que son « rival » semblait plutôt surpris de le voir et sans prévenir, il l’attrapa par le col de sa tunique, le tirant vivement de son lit avant de le plaquer contre un mur. Pourtant, il aurait pu être bien plus violent… Le simple fait qu’il soit capable de le tenir à bout de bras à cet instant, sans trembler le prouvait, il était fort… bien plus qu’il ne le montrait en temps normal… Les muscles de sa mâchoire se contractaient alors que ses pupilles devenaient deux fils sombres dans ses iris aux nuances de orange impressionnantes. L’archer ainsi maintenu à une quinzaine de centimètres du sol semblait vraiment surpris, un brin effrayé. Après tout les Drakkari étaient souvent connus pour être des bagarreurs invétérés qui cherchaient constamment l’affrontement. Surtout qu’il avait l’air en colère…Sa voix se fit grondante, menaçante.

- Je sais maintenant. Elle m’aime toujours. Tu m’as menti. Par égard pour tout ce que tu as fait pour elle, je ne vais pas te démolir, même si j’en meurs d’envie. Mais maintenant que je sais tout ça… je vais me battre pour elle. Si tu crois pouvoir la récupérer essaie… mais je la mériterai… je vais la mériter. Et rien ni personne ne nous séparera si elle veut de moi. Essaie de lui faire du mal. Essaie de la blesser d’une quelconque façon… et je te tue. Je suis un dragon Erwan, cette fois-ci… rien ne me retiendra.

Il le retransporta d’une poigne puissante jusque dans son lit et le balança dessus avant de le laisser là et de sortir non sans un dernier regard plein de menaces.
Finalement le jeune homme sortit et ferma les yeux en s’appuyant contre le mur, les muscles tendus. Une de ses colères gérées correctement… Il doutait qu’il puisse en être de même pour les autres mais ça c’était bien, c’était fait…
Finalement, Tristan rejoignit Cassidy dans leur chambre. Il haussa un sourcil à la voir ainsi allongée mais répondit à son sourire en s’approchant d’elle, venant s’asseoir sur le lit à côté d’elle alors qu’elle se redressait légèrement pour lui parler… d’une virée en vol. Son sourire s’élargit à ses paroles et surtout à sa voix intimidée alors qu’il se mettait doucement à caresser le dessus d’une de ses mains, adorable.

- Je voulais justement te le proposer… Liriez-vous dans mon esprit jolie demoiselle, par le plus grand des hasards ?

Petite taquinerie, gentille. Il avait le droit de lui faire des compliments à présent hein ? Non ? c’était normal s’ils étaient… ensemble. Ils étaient ensemble hein ? Ni l’un,ni l’autre n’avait été très clair à ce sujet. Il sourit à sa moue, lui pinçant doucement les deux joues d’une de ses mains en faisant la même grimace qu’elle du coup.

- Et inutile donc de me sortir cette moue adorable. On fera attention, mais promis, demain… on essaie. Après tout, tu vas beaucoup mieux… Il n’y a pas de raisons pour que ça n’aille pas.

Ils parlaient bien de vol là… N’est ce pas ?
Il la vit rougit alors qu’il ôtait sa chemise et s’étirait mais ne chercha pas à comprendre le pourquoi du comment, même s’il se doutait qu’elle discutait peut-être avec cette autre partie d’elle qui régentait un peu sa vie après tout. Sauf que décidé à la laisser tranquille de ce côté, il ne put même pas en faire étalage car… elle l’embrassa.
Oh c’était très chaste, plus tendre et mignon que passionné mais tellement agréable. Le jeune homme sonné sentit son cœur s’emballer alors qu’il louchait légèrement vers l’adorable minois qui s’écartait de son visage. Elle était au moins aussi gênée que lui, caressant sa joue, mettant leurs fronts en contact alors qu’il était pris d’un élan d’affection à peine maitrisable, désireux de l’embrasser à son tour. Mais de peur de faire une gaffe en la brusquant alors qu’elle avait besoin de temps pour se retrouver et guérir de toutes ces horreurs, il se contenta de se glisser doucement contre elle quand elle s’allongea et de refermer tendrement ses bras sur elle.Comme elle était gênée et qu’elle lui tournait le dos, il en profita pour écarter doucement ses cheveux de sa nuque et y déposer de légers baisers très doux avant de murmurer tout bas qu’il l’aimait, se mettant à caresser une de ses hanches à travers le tissu de ses vêtements comme il le faisait toujours quand ils étaient couchés l’un contre l’autre.

Il dormit très peu…
Tout à sa joie, tout à son bonheur qu’il peinait à réaliser, le Drakkari essayait de tout remettre au point, de réaliser qu’ils étaient bel et bien ensemble, qu’ils s’aimaient. Oh et il passa tant de temps à l’observer dormir sans même sembler se rendre compte des heures qui défilaient qu’il ne pouvait pas décemment dormir longtemps de toute manière. Quand elle finit par s’éveiller, il la regardait et quand elle le salua, il sourit tendrement.

- Salut…


Avait-il l’air fatigué ? Même pas… Juste heureux et de peiner à y croire aussi…
Ils s’amusèrent un moment sous les couvertures, se chahutant gentiment puis s’enlaçant simplement, encore timides et hésitants l’un envers l’autre, n’osant probablement pas faire le premier pas, même si techniquement elle en avait fait un la veille avant qu’ils ne se couchent. Il avait besoin et très envie de l’embrasser bien sûr, mais une fois de plus il craignait de la brusquer.Néanmoins, il pouvait toujours tenter et si elle n’était pas prête, elle le lui dirait, non ? Moui, plus facile à dire qu’à faire. Alors qu’il s’était considérablement rapprochés et qu’il avait doucement frotté son nez contre le sien ce qui aurait pu donner naissance à un baiser, il se recula doucement en lui disant que si elle voulait profiter un peu de la journée, il ne fallait pas trop tarder, la matinée, les rayons de soleil sur la neige étaient exceptionnels.

Il n’en fallait pas plus à la jeune femme pour qu’elle se redresse vivement, lui rejetant la couverture dessus et sautille littéralement de joie pour aller se changer alors qu’il riait, restant allongé pendant qu’elle se changeait, les bras croisés derrière sa tête, fixant pensivement le plafond. Elle se changea et il fallait dire que la tenue choisit était vraiment faite pour elle. Comme par hasard, comme un élément déclencheur dont elle avait terriblement besoin, le fait qu’ils se remettent ensemble lui faisait adopter des tenues plus féminines. Pour le plus grand plaisir du Drakkari qui resta un court instant bouche bée avant de secouer la tête, la voix un peu plus aigue pour la peine.

- Tu es… très belle. Ca te va vraiment bien… Wahou… Je sais pas quoi dire d’autres à part que je risque d’avoir du mal à me concentrer sur mon vol en pensant à ma trop jolie cavalière… mais ça c’est mon problème, ne change surtout pas de vêtements s’il te plait.

Vu son sourire ravi, il appréciait oui. Et son regard admiratif était sans doute son plus beau compliment. Il finit d’ailleurs par s’éclipser pour se changer en déclarant qu’il ferait mieux de s’éloigner avant de dire plein de bêtises indécentes… le tout prononcé avec un clin d’œil complice évidemment.
Alors qu’il revenait tranquillement en sifflotant, elle l’attendait en faisant une drôle de tête et elle lui sortit, une phrase vraiment étrange alors que de la surprise se peignait sur le visage du jeune homme. Il fronça légèrement les sourcils puis sourit, le regard perdu dans le vague, se faisant gêné.

- Oulà… tu veux vraiment un nombre ? Je me souviens pas trop… Je dirais une quinzaine, peut-être plus… Alors attends… Il y a eu… Rebecca, Alexandra, Sophie, Margot, Elaira, Myriam, euh… les trois Eli, Kaira, Madeleine, Samya, Katie, Maud bien sûr et beaucoup Mélodie évidemment… Elle est adorable vraiment, tu sais. Je ne me souviens pas de tous les noms, des fois c’était juste une nuit et je ne connais pas non plus tout le monde… Mais Mélodie, je l’aime bien, c’est vrai. Tu ne la connais pas beaucoup bien sûr mais elle…

Tristan sembla enfin se rendre compte, tournant enfin les yeux tout simplement vers la jeune femme, de l’effet de ses paroles. Cassidy était devenue pâle même si elle semblait encaisser. Après tout, c’était elle qui avait demandé. Elle était curieuse, elle voulait savoir, c’était à ses risques et périls… malheureusement… Le jeune homme écarquilla les yeux, surprenant son teint pâle justement, le léger tremblement de ses lèvres, la brillance dans ses yeux, c’est vrai qu’il manquait de tact, il l’avait un peu trop vite… remplacée sans doute. Sauf qu’il mit ses mains devant lui, faisant des gestes lents, comme s’il voulait calmer une personne armée et dangereuse, encore et surtout comme s’il voulait attirer son attention.

- Oulà… a… Attends une seconde… Maud ne t’avait pas… prévenue ?

Vu la tête qu’elle relevait vers lui, l’air d’avoir la gorge serrée et l’estomac noué, non. Tristan se rapprocha très vite de la jolie jeune femme et lui prit la main, l’attirant vers le lit pour qu’elle s’assoie même si elle semblait assez réticente, assez… perturbée probablement. Il s’agenouilla par terre devant elle, lui caressant les joues doucement puis lui prenant les mains et les pressant fort, la regardant dans les yeux ou du moins essayant.

- Cassy…. N… Non attends, je vais t’expliquer. Ecoute, s’il te plait. Je… je n’avais pas compris ta question. En même temps… je… c’est vrai, j’ai eu beaucoup de filles dans mon lit, c’est vrai, mais il ne s’est rien passé avec elles. On s’est rendu compte après mon accident, quand je me suis réveillé en ayant accepté que je suis un dragon, que j’étais capable de guérir beaucoup de personnes par ma simple présence. Pour les femmes, dormir avec moi les aide à optimiser leur pouvoir ou à guérir quand elles sont malades. Maud ne t’a vraiment pas dit ? en dormant avec moi, son pouvoir est bien plus efficace, je te l’avais précisé pourtant… C’est pareil pour d’autres personnes, peut-être mon énergie draconique, non ? Mélodie c’est différent… Elle avait une grave malformation au cœur… dormir avec moi l’a progressivement guérie… mais comme on passait beaucoup de temps ensemble, je suis devenu son ami, son confident, elle me traite comme son grand frère… c’est tout, je t’assure. Les contacts avec ces femmes n’étaient que se tenir la main ou les prendre dans mes bras, parfois ça marchait mieux, mais on dormait… c’est tout, je te le jure !

Elle avait relevé le visage vers lui, un brin soupçonneuse peut-être encore mais l’air rassurée, apaisée, quoique… Pourtant, le jeune homme se rembrunit, serrant ses mains.

- Ta… question… c’était en fait « avec combien de femmes j’ai couché depuis qu’on… n’est plus ensemble », c’est ça ? Je ne suis pas sûr que la réponse te plaise Cassy… c’est… enfin…

Un seul regard de sa part lui fit comprendre qu’il avait plutôt intérêt à être honnête et cette fois-ci il sembla vraiment gêné et intimidé, se passant nerveusement la main dans les cheveux avant de soupirer un bon coup.

- Ok… D’accord… je… Aucune. Non attends ! Je ne dis pas ça pour te faire plaisir ! C’est vrai, je t’assure… je… je pensais tout le temps à toi avant l’accident. Je m’en voulais pour tout, j’étais assez malheureux et horrifié de ce que j’avais fait. Te tromper n’était pas possible et… après… bah… enfin… je t’aimais trop pour faire ça je pense… Je… Ca casse un peu l’image du Don Juan hein ?... Désolé, c’est juste que je… moui, pardon…


Il détourna rapidement les yeux, toujours gêné… Peut-être parce qu’il ne savait pas comment elle allait le prendre. Après tout, elle était allée voir ailleurs de son côté… mais il l’y avait poussée justement et puis comment lui reprocher de s’être fait violer ?!!!
D’ailleurs, il se redressa légèrement, la regardant, triste, désolé, caressant une de ses joues, intimidé.

- Je… Ca te va comme réponse ?

Vu la manière dont elle l’étreignit, il conclut que oui. Elle murmura qu’elle avait besoin d’un moment de réflexion avant de lui répondre vraiment ce à quoi il répondit aussitôt qu’il n’avait besoin d’aucune réponse, seulement qu’elle aille bien. Toujours aussi adorable le Drakkari.
Comme elle semblait perdue dans ses pensées et pleine de questions et d’un certain désarroi, il lui changea aussitôt les idées, faisant le pitre une fois de plus avant de déposer son manteau, épais sur ses épaules en lui assurant que vu la température extérieure, elle en aurait besoin pour voler, ceci faisant briller son regard d’un enthousiasme tout neuf.

Finalement, ils sortirent et volèrent un bon moment ensemble. Ils n’eurent aucun mal à s’y remettre tous les deux, c’était comme si quelques heures seulement s’étaient écoulées depuis leur dernier vol. Ils étaient encore un peu timide l’un envers l’autre mais le vol et la connexion qui s’établissait entre eux les aidait un peu. Par exemple, elle pouvait sentir toute l’affection qu’il lui portait et son admiration, tout comme sa un peu trop grande tendance à se remémorer leurs moindres contacts ces derniers jours et surtout ce petit baiser de la veille… et bien sûr, suite à ses questions, sans qu’il ne le fasse exprès, toutes ces nuits de passion qu’ils avaient passé ensemble par le passé, cette fois chez les Kaärs aussi, même s’il en avait clairement honte, ça avait été un étrange mais savoureux instant.
De même, il ressentait ses inquiétudes, ses peurs qui même si elles s’effaçaient étaient encore un peu encore en surface, son soulagement aussi qu’il l’accepte…

Ils finirent par s’arrêter pour aller déjeuner dans un petit restaurant puisqu’ils s’étaient assez éloignés et avaient volé un moment. Il lui jura d’ailleurs en s’étirant après s’être retransformé qu’il était assez en forme pour continuer encore un bon moment l’après-midi mais qu’il avait besoin d’un petit temps d’arrêt.
Vu qu’ils étaient toujours dans une zone enneigée, un repas chaud au coin du feu leur fit le plus grand bien alors qu’ils se remémoraient en riant leur départ. Les moines n’étaient pas tellement d’accord en effet, du moins le pensaient-ils donc ils étaient sortis en douce, et la tête que faisaient les novices qui ne s’attendaient certainement pas à voir une humaine chevaucher un dragon était assez hilarante. Assis l’un en face de l’autre, ils avaient tout d’un adorable couple, ce que ne manqua pas de leur préciser la propriétaire attendrie en leur apportant un gâteau au chocolat qui sortait du four. Elle leur précisa qu’il y avait d’ailleurs des sources thermales juste à côté et qu’ils devraient aller s’y détendre. Bien sûr, elle ne savait pas comment ils étaient arrivés mais ils avaient l’air éprouvés, normal après autant d’exercice. Le jeune homme approuva et y entraina sa compagne même si pendant qu’ils se déshabillaient chacun de leur côté, il se remit à cogiter… à propos de son viol, de ce Kaär… d’Erwan aussi… Il peinait encore à se sortir l’idée et l’image de la tête de ce qu’ils avaient fait tous les deux en tant que couple.

Il avait fini le premier et l’attendait dans l’eau chaude, vraiment chaude, dont la vapeur épaisse empêchait de voir à plus d’un mètre. L’eau était profonde à plusieurs endroits, elle devrait faire attention… C’était quand même impressionnant d’être dans des sources chaudes extérieures alors qu’il y avait de la neige et du verglas juste à côté, au bord même. Quand il entendit un petit déplacement dans l’eau, il sourit, l’appelant doucement pour qu’elle vienne le rejoindre, lui souriant d’un air détendu en lui demandant si la température lui allait...
Mais le jeune homme se fit rapidement plus sombre avant de lui prendre doucement la main,l’air très sérieux.

- Cassy… Ecoute, je ne sais pas comment l’aborder autrement alors je vais le faire… comme je le sens, d’accord ? Je suis désolé pour tout ça… Tu sais, si j’ai menti, si je t’ai caché la vérité, ce n’était pas pour te faire du mal, au contraire, je voulais que tu sois bien et heureuse et… je ne savais pas… ce que tu voulais vraiment. Je me débats encore pas mal avec tous ces souvenirs et c’est vrai que c’est assez difficile de faire le point entre celui que j’étais avec toi, l’ami, amoureux qui essayait… de ne pas trop le montrer et celui que j’étais avant, ton petit copain qui cachait sa peur de te perdre à travers des plaisanteries, des taquineries et une fausse assurance de tombeur. Mais je vais probablement redevenir comme ça, tu as bien vu comme j’évolue, je change à ton contact… Seulement j’aimerais être plus… honnête alors… Je voulais te proposer ça. Peu importe le sujet, peu importe le moment, si je te donne l’impression d’être étrange, si mon comportement te gène, tu pourras me poser toutes les questions que tu veux et je te jure d’y répondre le plus honnêtement possible…

Sourire tendre de la part du jeune homme qui se faisait un peu plus assuré avant de s’assombrir un peu plus.

- Ceci étant dit… Si je t’ai donné l’impression de ne pas être marqué par ce qui t’est arrivé, ce que tu as fait… Il n’en est rien, crois-moi. Je suis… vraiment… mal et en colère et… et haineux envers ces hommes qui ont… osé poser leurs salles pattes sur toi. Je sais que tu ne veux pas aborder le sujet du moins tant que tu le peux et je n’insisterais pas mais… Cassy… tu peux tout me dire, sur ce que tu ressens, sur ce qu’ils ont fait, ça ne change rien tu l’as compris hein ? Ca ne me dégoûte pas de toi, ça ne change pas ma vision de toi… Par contre, pour ce qui s’est passé avec ce… Kaär… C’est différent. Merci de me l’avoir dit… Et j’imagine que je dois aussi te remercier de m’avoir protégé ainsi mais… la vérité c’est que je désapprouve totalement ce que tu as fait. C’était… terriblement dangereux et tu aurais pu… il aurait pu… tu… Enfin… Je… J’ai été un Kaär… je sais très bien comment certains, comment la majorité d’entre eux agissent. Tu n’aurais pas dû faire une chose pareille, même pour me protéger… Et je n’ose imaginer ce que tu as pu ressentir mais…m…merci quand même. Crois-moi… je suis aussi… très en colère pour ça, mais pas envers toi évidemment… enfin… tu dois me jurer de ne plus JAMAIS faire une chose pareille. Je suis fort aujourd’hui, vraiment et je vais le devenir encore plus tu verras… Alors… c’est moi qui nous protégerai…. Je te protégerai…enfin… si…tous les deux… ça fonctionne… et j’aimerais bien…


Il lui fit un gentil sourire, beaucoup plus doux, inquiet et malheureux qu’elle ait dut agir ainsi pour le protéger. Pourtant, il tentait une fois de plus de maitriser sa colère, c’était le mieux à faire. Maintenant, il savait ce qu’il voulait et tout allait… changer.
Mais avant qu’elle ne réponde, il s’approcha près d’elle, ne la touchant pas, mais effleurant le coin de ses lèvres des siennes, le regard fiévreux avant de se reculer rapidement, toussotant avant de se détourner.

- Hum… pardon. Désolé… je… j’en avais juste un peu… un peu beaucoup envie. A… Attention, l’eau est profonde par là.

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Cassidy Herediane
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MessageSujet: Re: Un voyage pour apprendre à mieux se re-connaître ?   Lun 30 Déc - 0:03

Elle n’en revenait pas de cette déclaration. Cette dernière sonnait dans sa bouche comme une libération, une vérité puissante et profonde. Tristan l’aimait… il lui disait… alors qu’il avait toujours eu du mal à lui dire ces quelques mots qui avaient tant de portée. Finalement il ne l’avait jamais oublié. Comment ne pas se sentir complètement euphorique après cette déclaration ? Comment ne pas se sentir rassurée, soulagée, agréablement surprise juste avec quelques mots. La demoiselle s’en rendait compte et pas qu’un peu. Son cœur tambourinait dans sa poitrine alors qu’elle l’avait tant espéré, tant supplié auprès des dieux. Sa pensée avait-elle été entendue ? Non c’était bien plus fort que ça… c’était leur lien, c’était lui qui avait réussi ce tour de force de garder son souvenir. Lui en vouloir ? Elle pourrait très bien après tous ces mensonges. Mais alors qu’elle-même avait décidé de lui avouer ses sentiments, elle serait bien méchante que de le repousser.

La demoiselle se jeta sur lui, sans lui laisser la moindre minute, le moindre temps de faire un geste, se contentant de l’étreindre avec beaucoup de tendresse, de passion, comme pour s’assurer qu’elle ne rêvait pas, que tout allait bien, que c’était vrai tout ça. Enfouissant sa tête sur le torse du Drakkari comme pour être certaine qu’il ne partirait pas, qu’il assumerait ses paroles. Elle se mit alors à lui parler, de beaucoup de choses, donnant d’habiles précisions, très soulagée de raconter tout cela enfin. Un poids disparaissait à mesure qu’elle parlait, se sentant plus légère, moins craintive et incroyablement bien.

Mais lorsqu’elle lui déclara l’aimer, d’une voix très intimidée, sensible, elle sentit les bras de Tristan se refermer sur elle alors que le rythme de son cœur venait de s’accélérer d’un coup. Il n’était pas insensible à cette déclaration et semblait comme l’accepter. La demoiselle en était extrêmement soulagée. Elle souriait, émue, tremblant un peu et se pressant contre lui. Puis vint l’explication de la bague qu’elle ne cacha pas une seule seconde, bien soulagée de lui avouer sa véritable provenance et de la lui remettre dans la paume de sa main, refermant ses doigts avec détermination dessus.

Oui elle l’avait volé cette bague ! Comme un trésor, un objet qui lui rappelait encore Tristan. Mais avait-elle réellement de la valeur en la dérobant comme ça, sans réfléchir davantage ? Non certainement pas. Les objets acquièrent de la valeur par rapport aux évènements qui se déroulent, ils rappellent un souvenir. Quel souvenir garderait-elle d’une bague non offerte ? Mise à part le fait que c’était Tristan qui l’avait soigneusement confectionnée ? La lui rendre remettait les choses à plat, car la demoiselle pensait bien que si le Drakkari avait toujours cette même pensée pour elle, si il voulait vraiment la prendre pour fiancée, alors les choses devaient être faites en règle, pour rendre ce souvenir inoubliable. Et puis ils avaient besoin d’encore un peu de temps, tant de révélations en si peu de temps. Accepterait-elle cette bague une nouvelle fois ? Seul le temps pourra le dire.

Finalement elle aborda la chevalière et à sa grande surprise, Tristan s’en rappelait. Sa caresse sur sa joue était si chaude, remplie de tendresse alors qu’elle ferma un instant les yeux pour mieux apprécier le moment. Ses paroles donnèrent une raison au cœur de la demoiselle de faire un salto dans sa poitrine, surprise de cet élan de franchise, surprise de cette promesse, de ses mots, qu’elle n’aurait jamais cru entendre dans sa bouche, du moins pas aussi rapidement. C’était totalement imprévisible. Si il se mit à rougir, c’était exactement la même chose pour la jeune femme. Ses joues se teintèrent d’une jolie couleur alors qu’elle jeta un timide regard vers lui alors qu’il détournait les yeux en déclarant une bien étrange phrase au sujet de la poussière dans cette pièce. Elle étouffa un petit rire discret tout en levant la main sur son torse pour le caresser un instant, rassurante.

Les déclarations terminées, elle se fit plus taquine, certainement pour lui éviter une nouvelle gêne de tant de révélations même si en règle générale, il était le premier à le faire. La montée fut bien longue mais à aucun moment elle ne lâcha sa main, repassant un boucle ces informations dans sa tête, qui lui faisaient penser à autre chose que les malheurs de ces derniers jours. Et effectivement, en passant dans le couloir, quelque chose avait changé chez la petite mage. On ne pourrait pas dire quoi mais c’était comme si toute cette carapace qu’elle avait gardé des mois et des mois, toute cette douleur, n’étaient plus qu’un lointain souvenir qui ne troublerait pas son euphorie actuelle.

Et elle était plus fière de marcher à ses côtés, ne jouant pas la comédie, ne se tiraillant pas l’esprit dans plusieurs directions, se demandant si elle devait lui dire la vérité ou pas. Elle lui avait dit qu’elle l’aimait, qu’elle voulait continuer avec lui… alors ils pourraient tout simplement être eux même à partir de maintenant et laisser leurs faux semblants au placard. Oui, en même pas quelques heures, Cassidy avait beaucoup progressé, elle était plus vive et si Tristan pouvait sentir l’énergie qui se dégageait de la petite mage, alors il pouvait constater que son corps et sa magie n’avaient plus rien à voir avec le premier jour. Quand à son mental, ses timides sourires, cet air de soulagement et de bonheur du moment, montraient vraiment que ce qui s’était passé là avait beaucoup impacté la jeune mage.

A table, elle mangea de très bon appétit, et les moines, plus discrets à des tables voisines, n’en revenaient pas de ce brusque changement de comportement, la dévisageant alors qu’elle n’avait pas l’air de s’en rendre compte. Non elle était totalement absorbée par la nourriture et Tristan, souriante, mangeant d’un très bon appétit. A la fin du repas, lui décida d’aller faire un tour pendant qu’elle rentrait sagement dans sa chambre.

Erwan devait se rendre compte qu’il avait mal agi en voyant le Drakkari arriver et ne s’attendait certainement pas à ces révélations. Lui qui avait toujours été honnête, droit, avait été pris d’un accès de colère en cherchant à l’éloigner de la petite mage. Mais certaines malhonnêtetés sont rapidement dévoilées même si au fond, il n’avait fait que chercher à garder la jeune femme pour lui en cherchant à dire au Drakkari qu’il ne la méritait pas au moment où elle était évanouie, encore sous le choc de la savoir dans cet état. Mais alors que Tristan s’éloignait, les yeux de l’archer se perdirent dans le vide, comme si il était tenté de dire quelque chose quand même, un avertissement. Il savait peut être quelque chose que Tristan ignorait mais lui dire ou bien le garder… si Cassidy décidait de rester avec le Drakkari, alors il devait le mettre au courant. Mais ce grand dadais était déjà parti et dans l’état actuel, Erwan était bien incapable de faire quoi que ce soit.

Lorsque Tristan ouvrit la porte de la chambre, il trouva la petite mage dans une position pour le moins étonnante venant de sa part, témoignant de son confort, beaucoup plus à l’aise dans ses mouvements et ses pensées. Elle sourit en le voyant arriver alors qu’il se posa à côté d’elle sur le lit et que Cassidy lui avoua, prenant un air de gamine, si ils pouvaient voler demain ensemble, choisissant bien ses mots, prenant les devants. Il avait l’air de penser la même chose et le sourire de la demoiselle continua de s’agrandir, apparemment enthousiaste à l’idée de profiter un peu plus de l’extérieur demain.

D’ailleurs, il lui pinça délicatement les joues, prenant un air rassurant et approuvant son idée alors qu’elle tirait une grimace, qu’il se mit à reproduire. Mais le sourire sur le visage de Cassidy faisait plaisir à voir. Lorsqu’il la laissa tranquille pour enlever la chemise, la demoiselle eut tout le plaisir de le détailler le trouvant toujours autant à son goût et prise d’une envie de l’embrasser. Pourquoi ? Pourquoi en éprouvait-elle le besoin ? L’envie ? Alors qu’elle avait vécu une expérience traumatisante. Mais Tristan n’était pas traumatisant lui ! Enfin elle n’osait pas. Peut être maintenant qu’elle savait, la jeune femme jugeait qu’elle devrait prendre un peu plus son temps avec lui, qu’ils en avaient du temps et que c’était plus sérieux que leurs taquineries. Mais c’est Alanir qui la décida à agir. En effet le dragon esprit était intimement lié à la jeune femme, il pouvait entre autres connaître certains de ses désirs, ses émotions et celle la était tout particulièrement insistante. Il la rassura, l’encourageant à agir tout en lui rappelant qu’en tant qu’humaine, elle était bien compliquée de se poser toutes ces questions alors qu’il suffisait simplement d’agir.

Alors la jeune femme attira Tristan vers lui et c’est très timidement qu’elle déposa un baiser sur ses lèvres. Mais ce baiser lui fit un bien fou, comme si celui-ci avait le pouvoir de guérir de son traumatisme, tout doucement, tout gentiment. Elle avait l’impression de se sentir bien, en sécurité mais elle ne fit rien de plus, se contentant d’une caresse, d’un sourire puis se coucha en se callant dans ses bras pour s’endormir.

Son sommeil fut apaisant, réparateur et elle se tourna vers lui tout en lui faisant son timide sourire. Oui elle ne rêvait pas, tout ceci était réel. Ils étaient dans le même lit, ensemble, ils s’aimaient… ils allaient apprendre à se reconstruire, tout irait bien, tout serait plus simple. Elle le taquina dès le matin avec les couvertures, le trouvant toujours aussi beau au réveil, appréciant la chaleur de son corps, son odeur de pin un peu musquée. Puis il la convainquit de se lever pour s’habiller et ainsi profiter de la matinée. Il n’en fallait pas moins à Cassidy pour être enthousiaste à l’idée de faire un vol avec lui, ayant tout à fait retrouvé ses moyens. Dans l’armoire temporaire de leur chambre, elle fit mine de réfléchir un long moment, regardant plusieurs tenues, comparant, décidant depuis bien longtemps de faire un effort même si elle en avait déjà fait un à la cité.

Finalement elle opta pour une tenue cavalière, la mettant particulièrement en valeur et se présenta devant Tristan, sautillant toujours sur place et tournoyant sur elle-même pour qu’il l’examine sous tous les angles. Il la trouvait belle, adorable et la jeune femme rougissait de plaisir en regardant le sol et agitant la pointe de son pied, presque intimidée par sa déclaration. Cependant, le temps que Tristan parte se changer à son tour, une curiosité surgit de la tête de la demoiselle. Jalousie… ou bien elle devait en avoir le cœur net. Combien de femmes avaient couché avec lui ? Elle devait le savoir.
Alors quand il revint, elle le questionna, prenant un air dégagé même si la pression était palpable dans l’aura de la demoiselle, qui prenait cette question plus au sérieux qu’on ne pouvait le penser. Tristan répondit donc et cette réponse prit au dépourvu la demoiselle alors qu’il était si… léger ou désinvolte, ne se rappelant même pas de tous les prénoms. Heiiiiin Maud aussi ?!? Oulala… il n’avait pas changé alors là-dessus.

Elle devint un peu plus pâle, piteuse. Finalement il était toujours aussi attiré par les femmes et à en changer régulièrement cela ne faisait aucun doute. Cassidy avait l’impression de prendre une baffe et tripota ses doigts les uns contre les autres, la gorge nouée, regardant le tapis de leur chambre, très mal à l’aise, sans savoir quoi dire exactement. Il se reprit en lui parlant de Maud. Cassidy redressa la tête en le regardant, désemparée, lui demandant du regard pourquoi Maud lui aurait parlé de ça quand même. Il lui prit la main pour l’aider à s’asseoir sur le lit et mieux lui expliquer la situation… qui n’avait rien à voir avec les pensées de la demoiselle !

Ainsi donc il était juste les femmes à aller mieux, à avoir une amélioration dans leur pouvoir… c’est vrai et elle faisait partie de ceux qui le savait pourtant, lui ayant annoncé que l’énergie draconique pouvait faire pas mal de choses… encore plus en combinaison avec un mage. Ca collait mais elle n’était pas pour autant plus éclairée, le fixant doucement, la tête sur le côté, attendant la vraie réponse. Il craignait que cela ne lui plaise pas. Heuuu… ça voulait dire qu’il avait couché avec plein de femmes ? Beaucoup ? Pourquoi s’attendait-elle à ça ? Mais sa réponse la surprit totalement. Il disait qu’il n’y en avait aucune alors que la demoiselle ouvrit légèrement la bouche tout en l’écoutant, son cœur faisant un bond dans sa poitrine. Ainsi il était toujours amoureux d’elle pour ne pas aller voir ailleurs ? Alors qu’elle avait couché et pas qu’une fois avec Erwan pendant tout ce temps ? Elle s’en sentit encore plus ridicule de ne pas avoir cru en lui ! En même qu’aurait-elle pu faire ? Il n’avait rien à se reprocher en fait…

Il lui demanda si ça lui convenait, d’un geste, Cassidy le prit dans ses bras et posa doucement la tête sur son torse, demandant un peu de réflexion pour accepter la nouvelle et surtout accepter le fait qu’elle n’avait pas attendu ELLE !

Finalement ils sortirent et le fait de voler ensemble fit disparaître toutes les pensées de la petite mage, prenant beaucoup de plaisir à retrouver ces sensations. Elle se sentait beaucoup mieux, le vent frais claquant sur ses joues glacées mais lui donnant le sentiment d’être vivante, le fait de survoler les étendues blanches, les sapins enneigés et surtout, de retrouver cette sensation avec Tristan qui lui avait tellement manqué. C’était différent d’Alanir. Il y avait autre chose avec Tristan, ce n’était pas le même lien, mais elle sentait qu’avec un peu de temps et d’amour, ce lien pourrait devenir… très puissant. Elle ne savait pas encore à quel point mais elle le ressentait. Et puis, lorsqu’ils volaient, elle avait le plaisir de sentir les émotions de Tristan qui la rassurèrent. Mais lorsqu’elle partagea les moments intenses auxquels il pensait, la demoiselle se mit à rougir, perdant le fil de sa concentration et évitant de justesse une branche alors qu’elle se penchait en avant, instinctivement.

Mais elle retrouvait beaucoup de plaisir à voler avec lui et cela devait se ressentir.

Alors qu’ils arrivaient à un petit restaurant, la jeune femme fit un étrange geste. Enfin pas si étrange que ça puisque c’était devenu une habitude chez elle. A chaque fois qu’elle sortait de leur chambre, elle prenait grand soin de s’examiner dans la glace et de cacher ses oreilles en prenant soin de mettre ses cheveux au dessus, vérifiant bien qu’on ne les voyait pas comme si elle ne les acceptait pas encore avec les autres, contrairement avec Tristan où elle les laissait aller librement, sans se soucier du fait qu’il voyait ce changement chez elle. Ce fut encore le cas devant le restaurant, alors que le vent frais l’avait décoiffé, qu’elle prit beaucoup de soin à plaquer ses cheveux sur ses oreilles, fébrile. Il ne fit aucun commentaire mais à voir le regard dans les yeux du Drakkari, qui ne devait pas remarquer cette attitude pour la première fois mais sans lui en parler, la jeune femme se promit de lui dire un peu ce qu’elle ressentait, un peu plus tard, ou ce soir plus tôt, quand la journée serait terminée.
Elle touillait sa tasse de chocolat chaud alors que la gérante leur apporta un magnifique gâteau à l’odeur appétissante alors qu’elle riait avec Tristan au sujet de leur petite aventure de ce matin, lorsqu’ils étaient sortis sous le nez des moines. Elle parlait également du plaisir qu’elle ressentait de cette sortie, lui déclarant que ça lui faisait beaucoup de bien. Mais lorsque la gérante leur annonça qu’ils étaient vraiment un charmant petit couple, la demoiselle se mit à rougir et ça n’avait rien à voir avec le froid, faisant un sourire amusé. Ils allaient si bien ensemble ? En tout cas cela lui faisait chaud au cœur.

Après manger, ils se dirigèrent vers les sources thermales et c’est sans se poser de questions qu’elle se déshabilla, gardant quand même ses sous vêtements pour cette fois là. La chaleur était quand même impressionnante et c’était très agréable par ce temps froid, elle-même s’émerveillant de ces sources naturelles alors qu’elle trempa un pied, conquise et poussant un soupir de satisfaction alors qu’elle cherchait Tristan. Ce dernier l’appela et elle le rejoignit, se rendant compte que le sol était inégal à certains endroits mais fort heureusement, elle ne trébucha pas.

Il souriait en la regardant, lui prenant la main. De son côté, Cassidy ne se gêna pas pour admirer son compagnon et malgré le fait qu’elle avait été violé, il fallait reconnaître qu’elle éprouvait toujours une grande attirance pour le Drakkari. Son corps musclé et si bien formé, ses muscles puissants encore plus imposants avec la chaleur de l’eau. Mmmm… heu ouais… si vite ? Elle se mit à rougir, prétextant la chaleur de l’eau pour cacher ses pensées, espérant qu’il ne se chercherait pas à lire dans son esprit. Mais c’est une toute autre chose que déclara le jeune homme, d’une voix très sérieuse alors qu’elle enleva son trouble. Il parlait du fait qu’il était encore un peu perturbé, sans savoir ce qu’elle voulait vraiment et qu’il allait redevenir comme avant à son contact. Mais cette fois il voulait être honnête. Cela fit plaisir à la jeune femme qui acquiesça d’un signe de tête, se sentant soulagée de pouvoir enfin avoir des discussions avec lui et tenter de résoudre ce qui n’allait pas… pour ne pas reproduire les mêmes erreurs. Son regard s’assombrit alors qu’il répondit à une de ses questions muettes.

En effet, elle s’était toujours demandé pour quelle raison il ne réagissait pas du tout au sujet de ce qu’elle avait subi. Tristan lui demanda alors de se confier, de lui dire ce qu’elle ressentait si elle le pouvait et que cela ne changerait rien. Elle déglutit quand il parla alors du Kaär, un peu craintive désormais d’avoir sa réaction, alors qu’il déclarait ne jamais pardonner ça. Ah au moins elle s’y attendait qu’il ne l’approuve pas et c’était normal. Il avait beaucoup insisté et était très sérieux en lui demandant de ne plus jamais refaire ce genre de chose, de ne plus se mettre en danger de cette façon. Il voulait les protéger, il ferait tout et elle voulait le croire, parce qu’il avait l’air vraiment sincère dans ses paroles.

Elle avait doucement serré sa main puis regarder l’eau, pensive. C’est vrai, cela aurait pu dégénérer avec les Kaärs. Mais ce qui s’était réellement passé sur la fin, c’était l’intervention d’Alanir. Ne supportant plus voir la petite mage subir autant, et agissant parfois de sa propre volonté, il était apparu devant elle pour la protéger, repoussant le chef au loin, poussant un grondement furieux. Sa queue enflammée avait battu l’air avec violence tandis qu’il éjectait quelques soldats en arrière. Il ne leur avait pas laissé le temps de s’en remettre, attrapant la pauvre petite mage dans une de ses pattes et s’était envolé très rapidement et loin de cet endroit. Heureusement qu’il était là, même si elle lui en avait voulu en lui disant plus tard que c’était risqué quand même.

Alors qu’elle sortait de ce souvenir, elle vit le Drakkari qui s’avançait vers elle pour déposer un chaste baiser sur ses lèvres avant de s’éloigner en toussotant, la prévenant que c’était profond. La demoiselle se passa une main sur les lèvres, eut un sourire rêveur, puis avança, sentant ses pieds s’enfonçant dans l’eau et son cou complètement recouvert alors qu’elle battait des bras pour tenter de nager, un peu mal d’ailleurs et qu’il la rattrapa, la mettant à sa hauteur. Instinctivement, elle s’enroula autour de lui, encore toute étonnée de son comportement. De plus, ils étaient… très peu habillés enfin elle conservait ses sous vêtements mais contact sur la peau, ça on ne pouvait pas faire mieux alors que cela lui tira un frisson électrique pas désagréable du tout !

La demoiselle le regarda dans les yeux et avant qu’il n’ait le temps d’ouvrir la bouche, elle posa son index sur les lèvres du jeune homme, accrochée avec son autre bras autour de la nuque, l’intimant à ne rien dire puis d’un geste rapide, s’approcha de ses lèvres et déposa un baiser beaucoup plus passionné que la dernière fois, y mettant beaucoup d’envie. Parce que de l’envie elle en avait et pas qu’un peu ! S’accrochant avec ses deux bras autour de sa nuque, elle finit par se décoller de ses lèvres, rougissante, le regardant dans les yeux.

« Je sais que ce n’était pas bien… enfin oui je te jure de ne plus recommencer ce genre de chose »

Sourire timide alors qu’elle caressait doucement sa joue puis détourna lentement le regard, parlant d’une voix discrète, presque un murmure parfois, mal à l’aise.

« Je me suis rendue compte que te confier des choses m’avait beaucoup apaisé hier… alors je vais te dire ce que j’ai ressenti… à ce moment là et ce qui s’est passé avec eux »

Elle prit une profonde inspiration avant de parler.

« Je pense, je ne sais pas pourquoi, qu’ils m’attendaient, que c’était un piège. Je passais près d’une forêt mais comme j’étais un peu chamboulée par les évènements, je n’ai pas fait attention à ce qui se passait. Et puis… le noir. Quand je me suis réveillée, il faisait sombre, je devais être dans une caverne, ligotée et extrêmement faible, incapable de bouger, de me débattre. C’était comme si on m’avait enlevé d’un coup toute mon énergie. Et puis je les ai entendu ricaner… ils disaient qu’ils devaient… enfin tu vois… je voyais tout… je ressentais tout… j’avais mal physiquement malgré ce qu’ils m’avaient donné comme drogue, mais aussi… mentalement. Je me dégoutais, j’avais l’impression d’être souillée… salie… je me suis demandée si c’était toujours comme ça… si tous les hommes étaient comme ça… j’avais l’impression que ce moment durait une éternité… je n’étais qu’un objet… une chose… une poupée qui ne servait à rien… qui n’éprouvait rien… mis à part cette douleur… ces mains qui se posent sans aucun douceur, sans aucun scrupule… mais je n’avais pas la force de riposter, pas la force de me battre… et puis… j’ai fini par m’évanouir à nouveau… »

Au fur et à mesure qu’elle parlait, sa voix tremblait, elle avait posé la tête contre son cou, fermant les yeux et avait enfoncé ses ongles dans le dos de Tristan, preuve de la difficulté à accepter ceci. Elle inspira profondément, murmurant d’autres paroles.

« Est-ce que j’arriverais à passer au dessus de ça ? C’est encore une épreuve… que je ne pourrais pas passer toute seule… »

Puis elle se reprit, parlant de magie, chose qui lui permettait de se détendre.

« Mon maître avait pris l’habitude de m’enseigner chaque leçon de vie en la comparant avec la magie. Alors je dirais pour celle là… nous avons tous un équilibre. Comparons ce qui vient de m’arriver à un sort de magie noire. Pour rompre ce sort, il faudrait utiliser un sort d’une magie blanche, opposée, supérieur au premier sort lancé. Cela annule le premier et parfois les résultats sont même meilleurs que ceux espérés. Pour te donner un exemple, tu te rappelles la fois où j’ai fais poussé les plantes dans les champs ? On pouvait dire que c’était un sacré tour de force. Mais j’étais déterminée à le faire, je ne pouvais pas échouer parce que je voulais que les gens ne soient plus triste, je voulais les aider… et quand vraiment on est convaincu alors la magie aide à donner forme à nos désirs… mais ça peut être un peu long aussi… et je dois encore réussir à passer au dessus de cette épreuve enfin… »

Cassidy se serra un peu plus contre le Drakkari.

« Avec toi j’ai confiance, je n’ai pas peur… tu n’es pas comme eux et je sens que je vais mieux alors je suis convaincue… que j’y arriverais… que tu m’aideras, je le sais… »

Sourire timide alors qu’elle le regardait. Il se mit à parler un peu, elle acquiesça en le serrant dans ses bras. Puis après un moment de détente, où ils se posèrent sur un côté et que le jeune homme lui fit un massage d’épaules, le petit couple reprit sa route. Cassidy le conduisit sur un sentier bien isolé, menant au cœur d’une forêt, déclarant vouloir lui montrer quelque chose. La déclaration faite, elle se sentait apaisée, plus enjouée, comme si c’était bénéfique pour elle. Et lorsqu’ils arrivèrent sur ce sentier, elle s’adossa à un arbre, rejoignant ses paumes comme si elle tenait une offrande.

« Tiens maintenant je peux te le présenter puisque tu sais ! »

A l’intérieur de ses mains apparu une petite flamme qui dansait… la flamme se modela et prit l’apparence d’un petit dragon qui poussant un petit grondement tout en décollant de ses mains, voletant faire Tristan. Cassidy souriait alors que le dragon esprit examinait le Drakkari, comme pour le sentir, l’examinait de plus près, tournoyant autour de lui.

« C’est sa forme qu’il prend quand on passe un peu de temps à discuter, ça fait bizarre de toujours parler dans la tête. Même si il peut être beaucoup plus grand comme je te l’ai déjà montré ! Mais bon, il vaut mieux qu’on reste discret, si un mage ou une autre personne capable de détecter la magie le voit, il est capable de faire un rapprochement avec un dragon corrompu. Tu dois le sentir un peu… même si on travaille beaucoup pour que cela ne se voit plus. »

Le petit dragon poussa un drôle de grondement, une sorte de roulement de gorge puis retourna en direction de Cassidy pour se poser sur son épaule. Elle se mit à sourire une nouvelle fois, comme heureuse.

« Il dit qu’il est content de te rencontrer enfin en vrai ! Façon de parler pour lui… »

Le dragon semblait communiquer avec la petite mage en la regardant puis elle se mit à rougir en le regardant, protestant en secouant la tête.

« Ah mais ! C’est pas gentil ça ! Tu veux vraiment que je lui dise ? »

Alanir couina puis s’envola pour atterrir sur la tête de Cassidy qui était quand même un peu gênée et se raclait la gorge.

« Hum… il a aussi dit que tu es… bien… bien mieux que ce gringalet de… hum Erwan. Hum…

Elle ne savait pas quoi dire de plus alors qu’elle était quand même bien d’accord avec lui, quand même même si Erwan avait d’autres qualités mais bon… parfois Alanir ne réfléchissait pas, c’était un dragon, il ne se posait pas de questions sur les émotions et agissait naturellement.

Seulement, après cela, ils en profitèrent pour faire une bataille de boules de neige, dissipant ce léger malaise. Après une nouvelle séance de vol de l’après midi, ils rentrèrent au monastère, Cassidy déclarant qu’elle avait bien volé et qu’elle était quand même fatiguée mais dormirait très bien. Alors qu’elle se coiffait, son attitude par rapport à ses oreilles lui revint en mémoire et elle regarda Tristan qui était occupé à se déshabiller.

« Ah au fait… je pense pas que je me suis encore familiarisée avec ça… enfin je sais que je dois avoir confiance mais ça… toi tu sais que tu es un Dragon mais moi… les humains n’ont pas des oreilles pointues… je pense pas être une elfe non plus… et parfois ça me fait peur d’apprendre ce que je suis… toi tu ne me juge pas mais les autres ? Alors je préfère les cacher… »

Elle tripota nerveusement ses mains, le laissant s’exprimer. Une fois que cette conversation fut terminée, alors qu’il était installé sur le lit, elle s’approcha de lui avec beaucoup de sérieux… et se colla tout contre lui, vraiment à quelques centimètres de son visage.

« J’aimerais… qu’on fasse quelque chose… »

Oula oula… elle ne voulait quand même pas… mais à sa grande surprise, la jeune femme se retourna pour poser la main du Drakkari dans son dos, entre ses omoplates, là où se trouvait son horrible cicatrice.

« A un moment, tu disais que tu connaissais un tatoueur qui pourrait faire quelque chose pour ça… je pense que c’est le moment pour le faire alors… tu voudras bien m’amener voir quelqu’un qui puisse arranger ça ? »

Elle se retourna et se mit à sourire timidement de nouveau. Oui cette fois elle acceptait d’évoluer un peu, d’avancer… avec lui… et c’était aussi une promesse détournée qu’elle n’utiliserait plus son statut de femme pour s’obliger de coucher en se forçant… pour se rappeler. Encore une fois il fut positif et le regard de la demoiselle s’éclaira alors qu’il l’incita à se coucher pour dormir et se reposer, ce qu’elle fit rapidement, déposant un dernier baiser sur ses lèvres.

Le matin, tout était normal sauf une chose… elle s’en rendit compte en s’éveillant, ne sentant pas la chaleur habituelle dans son lit. Tendant une main, elle cherchait Tristan puis fronça les sourcils, ne le sentant pas près d’elle. Elle se redressa sur son lit, ouvrant les yeux puis aperçut le jeune homme un peu plus loin dans la pièce. Il n’en fallut pas plus à la jeune femme pour se réveiller totalement, comme si elle avait comprit que ça n’allait pas.

« Tris’ !? »

Elle jeta la couverture sur le côté pour sauter au bas du lit, s’enroulant maladroitement les pieds dans le tissu en poussant un juron mais elle fit un rétablissement spectaculaire alors qu’elle se débattait avec le bout de tissu blanc et courut vers le jeune homme, lui prenant d’autorité les mains, la surprise se lisant sur son visage.

« Qu’est-ce que… qu’est-ce que… »

Cassidy l’examina, observa des traces des coups sans comprendre puis le regarda, très inquiète.

« Qu’est-ce qui s’est passé ?! Tu es sorti cette nuit ?»

Elle caressa doucement ses mains, se promettant de le soigner.

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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: Un voyage pour apprendre à mieux se re-connaître ?   Lun 30 Déc - 13:44

Sublime…
C’était le principal terme qu’elle lui inspirait alors qu’il l’observait, immobile, entre ses bras, un sourire d’ange aux lèvres. La lune caressait de ses rayons le visage de la jeune femme, donnant comme toujours à ses cheveux un éclat d’argent presque irréel, d’autant plus féérique justement vu qu’une de ses oreilles légèrement pointues était visible entre les mèches claires et légères de sa chevelure. Elle était blottie contre lui, lui tournant pourtant le dos en maintenant contre elle l’un de ses bras musclé, qu’il avait posé doucement sur elle, comme pour le garder à jamais près d’elle. Dans son sommeil, elle avait relevé un peu ses jambes et avait poussé un léger soupir de contentement quand il avait suivi son mouvement pour rester au plus proche d’elle. Il sentait les battements de son cœur, lents, réguliers directement depuis son dos si étroitement blotti contre son torse nu, mais aussi contre son bras puisqu’elle le serrait parfois un peu trop contre sa poitrine, ce qui n’était décidément pas désagréable du tout.
Il sourit en la voyant s’agiter légèrement, frottant sa tête contre l’oreiller qui reposait sur l’autre bras du garçon. Elle murmurait son prénom, son sourire se faisant plus joyeux encore alors qu’elle ne semblait pourtant rien changer à ses expressions faciales.

Tristan sourit en retour, touché, amoureux et écartant les mèches de ses cheveux du bout de son nez, déposa quelques baisers légers dans sa nuque et sur le haut de ses épaules. Il ferma les yeux, appuyant son visage contre sa gorge, humant son odeur avec délectation.
Quand il avait découvert Erwan en train de l’aider, même s’il avait cru à autre chose l’espace d’un instant, peu après sa perte de contrôle, il avait été frappé par tous ses changements. Mais celui qui l’avait le plus douloureusement marqué était celui concernant son odeur. Bien sûr, il n’avait pas été confronté à son regard dur, cruel, sa froideur, pour sa part, autrement, il en aurait été clairement bouleversé. Comme elle était évanouie à ce moment là, il n’y avait pas assisté, c’était tant mieux. Aussi la perte de l’odeur de la jeune femme, cette odeur délicate, qu’il aimait tant, lui avait manqué, il avait craint qu’elle ne l’ait définitivement perdue. Mais contre toute attente, dès qu’il l’avait rejointe après l’intervention des moines, elle l’avait retrouvée et depuis qu’ils s’étaient enfin avoué toutes ces vérités l’un à l’autre, avec tant de franchise, avec tant de sentiments, il lui semblait qu’elle s’était… renforcée… Ou alors son odorat s’était davantage développé. Difficile à dire…
Etrange, elle tirait sur le muguet cette nuit, un brin entêtante, un peu trop. Il serra les dents, s’interdisant la moindre pensée d’égarement… et se mit à penser à cette journée écoulée.

Comme sa gorge s’était nouée quand elle s’était un peu pavanée devant lui dans une tenue qui lui allait décidément comme un gant même si ce n’était pas une robe. Elle était joyeuse, sautillant sur place, heureuse…Son bonheur ne la rendait que plus belle et il avait été surpris du mal de ventre qu’il éprouvait rien qu’en la regardant, si belle, si désirable… comme toujours. Et dieux qu’il s’en voulait de penser ainsi alors qu’elle venait de vivre le pire traumatisme qui soit… Non parce que techniquement elle les collectionnait les traumatismes. Elle avait connu la mort de l’homme qu’elle aimait deux fois, l’une avait bien failli arriver, l’autre plus récente alors qu’elle recollait doucement ses sentiments pour le jeune homme, bien que totalement factice avait fait de profonds dommages. Quand donc allait-on la laisser tranquille ? Et à quel point devait-il devenir fort pour que cela n’arrive plus jamais ? Une vérité était venue s’écraser sur le jeune homme alors qu’il s’habillait et qu’elle l’attendait dans la chambre. La meilleure manière pour la protéger était de ne laisser personne lui faire de mal et pour que personne ne puisse lui faire de mal, il ne devait jamais être trop longtemps loin d’elle, alors cela impliquait inexorablement… qu’il ne devait plus jamais s’éloigner aussi bêtement… qu’il ne devait plus jamais se refermer autant sur lui-même et lui cacher ses sentiments… qu’il devait être plus fort, plus courageux, être prêt à croire en elle, en l’amour qu’elle lui portait pourtant si proche du sien et capable de pardonner bien des erreurs. Plus jamais fuir. Plus jamais la laisser seule. Plus JAMAIS surtout… lui laisser croire qu’il ne l’aimait pas, plus ou…pas assez. Elle était tout.

C’était amusé qu’il était sorti, oui amusé. Parce qu’au fond, c’était bien tout ce qu’il souhaitait : rester près d’elle. Et il ne savait trop s’il se cherchait des excuses en se prétendant la protéger en agissant ainsi, ou si ce n’était pas tout simplement sa simple envie, profonde, qui cherchait des justifications.
Mais en la rejoignant, Tristan avait trouvé une adorable petite mage un peu boudeuse, un peu taquine, a priori curieuse et un brin contrariée. Sa question l’avait surpris mais il y avait répondu de bonne grâce, vraiment décidé à être honnête. Et là, c’était le drame, parce qu’ils n’avaient pas du tout la même idée en tête par rapport à ces quelques termes qui pour l’un était innocents, pour l’autre était juste polis ou plutôt « politiquement corrects ». La pauvre petite demoiselle sembla vraiment perturbée de l’entendre dire ainsi avec autant d’aisance qu’il avait « culbuté » autant de demoiselles et qu’il ne prenait même pas la peine de minimiser les dégâts en utilisant un terme comme « quelques-unes », bien plus excusable.
Mais il lui expliqua tout, calmement, gentiment et au final, le principal à retenir était qu’il n’avait touché aucune femme, très amoureux, trop peut-être… C’était bien plus profond que cela malheureusement. Avant son accident, il était si malheureux et honteux de sa tromperie qu’il ne pouvait pas décemment vouloir se consoler auprès d’une autre femme, sachant pertinemment qu’aucune, absolument aucune, ne pourrait la remplacer. Et puis après l’accident… Bien sûr, elle l’obsédait et il se posait beaucoup de questions mais c’était aussi autre chose, une autre chose assez amusante au final. Il trouvait les autres femmes belles bien sûr, désirables mais… n’était pourtant pas plus que cela attiré par elles et plus encore, le moindre regard lubrique qu’il avait pu poser sur une demoiselle lui avait valu une étrange culpabilité qui l’avait bien vite dissuadé. Eh bien oui… Elle le hantait sa petite mage !
Cela semblait lui convenir, son étreinte le rassura, même s’il se sentait un peu idiot en avouant tout ceci, il ne pouvait pas se douter de la surprise et du plaisir que cela pouvait susciter chez sa « petite amie ».

Le vol se passa bien et c’était une vraie partie de plaisir pour eux deux même si elle amenait son lot de remémorations, de communication de souvenirs, de pensées un peu gênant et propre à les faire rougir. Devant le restaurant, il surprit effectivement son geste pour se recoiffer et cacher ses oreilles au profil plus élancé depuis sa perte de contrôle, depuis son changement physique. Lui trouvait cela plutôt mignon et devait bien avouer que cela les rapprochait un peu dans un sens. Mais il savait qu’elle peinait bien plus pour sa peine à les accepter et même si elle ne lui en expliquait pas la raison, il respectait sa manière d’agir et de penser, ne le prenant nullement pour lui, jamais comme une manifestation de son aversion sur ce changement physique. En effet, elle n’avait pas témoigné la moindre gêne par rapport aux siennes, il n’y avait pas de raison donc qu’il en soit blessé.
Il attendit patiemment qu’elle ait terminé avant de poser une main sur sa taille et de l’entraîner doucement à l’intérieur, lui prenant galamment son manteau pour l’accrocher au porte-manteau prévu à cet effet. Il l’écoutait rire et parler, confortablement assis en face d’elle, attentif au moindre mouvement de son visage, à la moindre mimique qui n’étaient à présent, il le savait, que pour lui. Fasciné de remarquer tous les nouveaux détails, d’anticiper tous ceux qu’il connaissait déjà, il se sentait si heureux simplement en étant enfin avec elle, ENFIN, qu’il n’aurait su l’exprimer par des mots. D’ailleurs la gérante fut plus expressive que lui à ce sujet justement. Ils formaient un magnifique couple. D’ailleurs en voyant la jolie mage rougir, elle en rajouta une couche, prétendant qu’ils semblaient fait l’un pour l’autre, qu’elle ignorait qu’un drakkari pouvait avoir l’air si amoureux, ce qui fit pudiquement détourner le regard de Tristan et qu’elle serait bien curieuse de voir quel charmant marmot ils pouvaient bien engendrer… ce qui n’arrangea le teint ni de l’un ni de l’autre…

Leur petite sortie aux sources thermales avait été également très agréable même si Tristan avait dégluti difficilement en la voyant le rejoindre, chassant de son esprit le moindre égarement qui pouvait lui arriver.
Malgré tout, il eut une conversation sérieuse avec la jeune femme peu après, s’exprimant clairement et avouant son besoin d’être honnête avec elle et surtout de vouloir la soutenir quoi qu’il arrive. Et puis il l’avait embrassé… un baiser de rien du tout en fait. Elle voulut probablement s’avancer pour lui dire qu’il avait le droit un peu, et peut-être le taquiner sur sa manière si touchante de paraître intimidé pour tout mais elle perdit pied et une seule séance d’apprentissage de nage n’avait que peu aidé la demoiselle qui ne s’en sortait pas très bien avec l’eau. Il la rattrapa rapidement et dans un coin de sa tête se dit que malgré tout, même s’il lui apprenait à nager, il soupçonnait que ses bras, resterait quand même le moyen le plus sûr et surtout le préféré des déplacements aquatiques de la demoiselle. Ce qui n’était pas pour lui déplaire.
Par contre, le contact de la demoiselle, si proche, si… étroit, c’était assez… risqué. Tristan déglutit, le visage à quelques centimètres à peine de celui de sa compagne, les muscles crispés sous le frisson qu’il venait de ressentir. Oui, heureusement qu’ils étaient encore un « minimum » habillé. Elle était encore bien assez marquée par ce qui lui était arrivé et il craignait bien trop de le lui rappeler en se promenant nu et peu pudique devant elle. Bon la chemise, il avait tendance à l’enlever un peu trop facilement, d’accord, mais bon, il ne pouvait pas être parfait non quand même. Quoique ladite chemise semblait être préférée par la jeune mage quand elle n’était pas… sur lui justement. Etrange.

Les jambes enroulées autour de ses hanches, les bras autour de son cou, elle semblait tout aussi surprise que lui par son propre comportement mais elle le priva de parole d’un index puis de ses lèvres sur les siennes. Il ne fut pas en reste cette fois et pressa ses mains dans le dos de la jeune femme, quémandant un peu ses lèvres quand elle faisait légèrement mine de reculer pour l’embêter. Ce fut bref, mais intense et il semblait totalement gaga quand elle recula la tête, souriant d’un air si ravi qu’il en semblait béat. Assurément, le baiser lui avait plu, même s’il y avait répondu avec tendresse puisque cherchant à maitriser sa passion à tout prix.
Puis vint l’heure des aveux, des ressentis… Elle se confiait à lui alors que patient, il écoutait, restant muet, caressant doucement son dos d’une de ses mains, l’autre la maintenant doucement contre lui. Sa caresse se fit un peu plus insistante quand il la sentit aller mal, proche de l’hystérie, de l’horreur du souvenir de ce qu’elle avait vécu. Oh c’était très dur à entendre bien sûr. Mais il voulait qu’elle en parle justement, parce que tant qu’elle ne le ferait pas, tant qu’elle ne partagerait pas cela avec lui, elle le garderait enfermée pour elle, se meurtrissant ainsi énormément, sans même s’en apercevoir. Cela pouvait être grave et dangereux pour elle. Il ne le voulait pas.

Mais certaines révélations… faisaient plus mal qu’il ne l’aurait cru. Son soupçon comme quoi il s’agissait d’un piège destiné à elle seule et non simplement à une femme lui fit serrer les dents. Le fait qu’elle évite de lui détailler son calvaire était aussi une preuve de son amour pour lui,elle cherchait à l’épargner, mais aussi de la honte, de la douleur que tout ceci représentait encore bien trop pour elle. Pourtant, il n’avait pas besoin de mots à cet instant, ne se doutant que bien trop de ce qu’elle avait subi. Il était un homme, il savait comment pensait les hommes. Il savait comment pensaient ces hommes. Et ce qu’ils lui avaient fait vivre, il ne l’imaginait que trop bien.
Ses impressions, ses questions, ses peurs par rapport aux hommes, le ressenti qu’elle avait eu d’elle-même à travers cette horrible expérience étaient autant de coups pour le Drakkari qui l’écoutait toujours, dignement muet,, caressant son dos, insensible à la morsure de ses ongles sur sa peau. Il avait glissa sa main de son dos à sa nuque, caressant doucement ses cheveux par instant, puis son cou alors qu’elle semblait éprouvée, le visage enfouie contre son torse.
Il comprit, du moins le crut-il, la majorité de ce qu’elle voulait dire par rapport à la magie, trouvant la comparaison assez originale et bien digne d’elle. Etait-ce lui en quelque sorte… sa magie blanche ?
Ses dernières paroles achevèrent le jeune homme, tant la sincérité dans sa voix que les mots qu’elle prononçait. Elle semblait avoir une foi si aveugle en lui qu’il se sentait aussi gonflé d’orgueil qu’inquiet de la décevoir. Tendrement il caressa ses cheveux de nouveau, en ôtant comme à chaque passage de fines gouttelettes qui glissaient entre ses doigts, puis il posa ses lèvres sur son front et chercha la force en lui de refouler ses larmes de remords et de tristesse et la froideur de sa colère qui pouvait, il le savait, faire énormément de mal. Il murmura un très bas « merci » presque inaudibles puis caressa une des joues de l’adorable minois levé vers lui, la trouvant si femme et enfantine en même temps qu’il se demanda s’il n’était pas un peu… bizarre justement. Il lui sourit tendrement puis parla un peu.

- Merci pour tout ce que tu m’as dit. Tu peux me parler autant que tu le souhaites, tant que ça t’aide, je suis heureux. Je me doutais de tout ça, l’entendre de ta bouche n’en est pas moins dur ma princesse. Je sais néanmoins que tu as fait en sorte de me protéger une fois de plus en minimisant tes termes quand même un peu. C’est courageux mais inutile. Du moins avec moi. Ce tour de force, de passer au-dessus de tout ça, on le fera ensemble. Je ferais tout, absolument tout ce qu’il faudra pour que tu te sentes bien, en sécurité et que tu n’aies jamais, oh grand jamais une telle peur avec moi. Tu as malheureusement appris à tes dépends comment beaucoup d’hommes agissent avec les femmes et ce qu’ils pensent d’elles. Néanmoins, tu as raison, je ne suis pas comme eux. Bien sûr, j’ai des pulsions, tu l’as bien vu quand nous étions prisonniers des Kaärs… Mais avec toi, jamais je ne pourrais volontairement être ainsi. Et je préférerais encore mourir plutôt que de l’être. Une femme est ce que ce monde a fait de plus beau. Mais toi… tu es assurément la plus belle création des dieux. Alors ne t’étonne pas trop si je te donne des impressions de vénérations par moment, c’est ta faute, pas la mienne.

Taquineries… Finir sur un ton léger, pour la faire rire, pour minimiser un peu tout ceci, pour lui faire un peu oublier toutes ses souffrances. Bien sûr, elle ne le savait pas, mais il s’était fait une promesse, ne jamais la brusquer, ne jamais la bousculer, pas tant qu’elle serait si fragile, même juste pour un baiser. Il attendrait… Et ce même si celui qu’elle lui avait offert quelques minutes auparavant lui avait fait un peu perdre la tête. Ah… il oubliait parfois à quel point elle embrassait bien. Même si c’est avec une pointe de tristesse qu’il se disait que soit ses baisers lui avaient horriblement et trop longtemps manqué, soit… elle avait franchement progressé avec un autre pendant leur séparation, et ça, c’était douloureux.
Paroles, câlins, massage, ils passaient de bons moments avant de partir et de marcher un peu main dans la main. Elle l’entraîna à l’écart alors qu’il se faisait d’autant plus attentif, ne voulant pas qu’elle s’enfonce de trop dans la neige fraichement tombée.
C’est alors qu’elle lui présenta… son dragon.
Impressionné, respectueux, Tristan s’inclina, toujours aussi impeccablement devant la flamme vivante qui prenait l’aspect d’un dragon miniature. Il resta immobile, droit, attentif et respectueux tandis que son « congénère » l’examinait, assez solennel… sans même sembler s’en apercevoir.
Tristan semblait en effet assez… lointain… Comme si voir le dragon, même sous cette forme, le connectait assez suffisamment à lui, à son souvenir pour qu’il puisse avoir accès aux souvenirs ancestraux qui habitaient ses gênes. D’ailleurs, il ne semblait pas du tout amer ou énervé face à cet ancien corrompu… non vraiment pas. Il avait confiance en Cassidy, aveuglément.
Outre le fait qu’il était impressionnant que Cassidy et le dragon corrompu communique aussi aisément, Tristan buvait les paroles de sa compagne et cligna un instant des paupières, comme sortant d’une rêverie quand elle traduisit les grognements de la flamme. La sympathie qu’il ressentit pour sa comparaison avec Erwan lui sembla un brin déplacé mais sincère, d’ailleurs, le jeune homme fit un geste étrange. Il ferma son poing droit, le dos vers ses deux interlocuteurs et vint le placer sur son torse d’un geste ample et rapide, l’appuyant contre son pectoral gauche, fixant le dragon de feu dans un salut solennel qui lui venait de décidément bien loin.

- C’est un honneur pour moi. Merci d’avoir veillé sur Cassidy tout ce temps. Et de continuer. Je te considèrerai comme un frère d’arme et un ami si tu le veux bien. Tu fais partie d’elle et tu l’aimes sans doute beaucoup. Je t’en remercie également. Les préjugés de nos confrères ne m’intéressent pas. Seuls les actes comptent. Les tiens parlent en ta faveur et son une preuve de ta rédemption. Merci frère…

Drôle de manière de s’exprimer pour le jeune homme ? Pas vraiment. Il avait accepté qu’il était un dragon, et avec ceci tous les souvenirs qui se transmettaient par les gènes, la majorité des rituels de leur espèce. Même s’il ne les comprenait pas tous, même s’il ne les approuvait pas tous, bien trop humain aussi sans doute, sans l’avouer, humanité qui faisait peut-être bien plus sa valeur que son appartenance draconique. Néanmoins, du fait des siècles que son père avait passé prisonnier d’un cristal, le jeune Drakkari était, même avec son sang mêlé puisque capable de se transformer et donc riche héritier, un descendant direct d’une des plus anciennes et puissantes des dragonnes, ce qui avait tendance à le placer contre toute attente et sans même qu’il ne semble le savoir ou y accorder la moindre importance, au sommet d’une hiérarchie de dragons. Un prince dragon en quelque sorte… Bien plus ancien par ses racines que son actuel confrère de flammes pourtant dans la pratique de très loin son aîné. Etranges conceptions donc… mais honneur plein d’honnêteté qu’il faisait en acceptant sans l’ombre d’une hésitation l’ancien dragon corrompu, voulant le percevoir comme un frère.
Néanmoins, sans doute parce qu’il était parfois un peu trop dragon et que ceux-ci se caractérisaient par leur prépondérance à l’action et leur implacable tendance à la taquinerie parfois dénuée d’humour sans qu’ils ne s’en aperçoivent, il se permit… d’autres propos.

- Par contre… Je me demandais… Techniquement, tu es tout le temps avec Cassy…même quand on… enfin… quand on était ensemble… ensemble. Occupés… comme un couple qui fait ce que font tous les couples quoi…

Ah non… Ca c’était davantage son côté humain à priori, puisque la gène face à ceci n’était bien entendu qu’une affaire d’humanité. Mais il sourit, plus amusé qu’autre chose, bien plus occupé à fixer son adorable compagne en train de rougir qu’à se préoccuper de la réaction de la flamme vivante devant lui. Comme elle semblait assez… gênée, Tristan ramassa de la neige, la modela habilement entre ses mains pourtant non gantées et l’envoya sur la demoiselle, sans y mettre grande force pourtant, un sourire espiègle au visage alors qu’il visait son ventre couvert de son manteau pour ne pas la surprendre plus que de raison. Et la demoiselle réagit au quart de tour. D’ailleurs, elle s’était considérablement améliorée, sans doute entraînée qu’elle était à lancer sa dague, elle visait bien mieux et il était réellement obligé de bouger sérieusement pour l’éviter à présent. Pour arrêter la grande batailleuse qu’elle était devenue, il fut même forcé de se jeter sur ses jambes pour la faire tomber dans la neige qui amortit sa chute, caressant doucement par la suite son visage, penché au-dessus d’elle avec un sourire magnifique, mais sans une fois de plus, ne tenter de lui voler ne serait-ce qu’un baiser.
Ils prirent leur temps pour rentrer, s’accordant une nouvelle séance de vol, conscient de leurs progrès respectifs et de ceux de l’autre. Tristan acceptait plus facilement de frôler des obstacles pour elle et s’il s’était un peu ménagé niveau vitesse la matinée pour la reprise en douceur pour la jolie mage, il accepta très vite, de faire de sacrée acrobaties et accélération quand elle le lui demanda, son esprit se manifestant au sien par une joie sincère.
Ils rentrèrent, se firent copieusement sermonner, mais un sourire flottait sur les lèvres du vieux moine qui avait tant fait pour la petite mage. Elle semblait tellement aller mieux et être si heureuse qu’il n’avait probablement pas le courage d’être réellement fâché. Mais savait-il quels progrès elle ferait ? Quand ? Comme il avait su pour le nom du Drakkari…

Alors que Tristan ôtait, bien plus tard, avec la même torturante langueur inconsciente qu’il avait toujours eue sa chemise, Cassidy, occupée à se coiffer, lui avait expliqué la raison de son geste pour ses oreilles. Il l’avait rejointe rapidement et avait caressé une de ses mains.

- Que pourraient-ils dire dis moi ? Que tu es étrange ? Bizarre ? Différente ? Tu l’es ma princesse ! Pour mon plus grand bonheur… Te jugeraient-ils ? Probablement bien trop vite, c’est le propre de l’être humain je crois. Je comprends tes peurs… Mais peu importe ce que tu es réellement, je t’aime et si les autres ne sont pas capables d’accepter cette différence, tant pis pour eux, tant mieux pour moi, j’aurai moins à te partager. Et au risque de me répéter…je trouve ça assez mignon en fait. Ca te donne un petit air féérique je trouve.

La fin de sa phrase s’était perdue dans un murmure alors qu’il s’approchait dangereusement d’elle, de nouveau taquin, un brin trop sensuel, mordillant le bout d’une de ses oreilles justement en prenant apparemment un malin plaisir à l’embêter ainsi. Mais il était gentil au final avec ces quelques mots et elle ne pouvait pas manquer son apparente nouvelle aisance pour s’exprimer, sa tendance à vouloir lui dire ce qu’il pensait, à vouloir la rassurer par des paroles… ce qui leur avait après tout beaucoup manqué dans leur précédente relation.
Elle se vengea peu après en frôlant son visage du sien en le rejoignant alors qu’il s’était installé dans leur lit. Sa phrase prit totalement le Drakkari au dépourvu. D’ailleurs celui-ci loucha sur son visage, la gorge sèche et les hormones en ébullition rien qu’à ces quelques mots. Oulà… c’était rapide là ! Elle n’était quand même pas sérieuse ! Elle ne devait pas se brusquer ! Aie ! Il ne lui avait pas précisé qu’il attendrait patiemment, flûte ! Euh… devait-il vraiment le préciser, parce que là, honnêtement…
Elle mit fin heureusement bien vite à sa torture mentale en se retournant et en lui faisant tâter sa marque. Curieusement, loin d’être déçu, il en fut profondément soulagé et sourit, venant poser tendrement ses lèvres sur la cicatrice qui peinait tant la si jolie jeune femme. Pourtant, à sa demande, il prit une voix de conspirateur alors qu’il l’observait, elle si timide et vulnérable.

- Mh… J’ai une bien meilleure idée.

Oh il était heureux et rassuré qu’elle se décide enfin, c’était aussi une preuve qu’elle était passée au-dessus, un peu du moins, de cet horrible marquage et du contexte dans lequel il avait été fait. Il était même très fier et si avant de partir, de la quitter si misérablement, il avait longtemps muri un projet, il était enfin heureux et impatient de pouvoir le révéler, même s’il ne s’en rappelait pas depuis si longtemps que cela. En fait, tout lui était revenu par rapport à cette marque assez progressivement,les premiers souvenirs quand il l’avait effleurée pour la « première fois ».C’était généralement quand il « touchait » le fruit d’un souvenir qu’il se rappelait…
Doucement, Tristan prit une des mains de la jeune femme et s’appliqua à en embrasser chaque phalange avec douceur, s’amusant de la curiosité impatiente qui brillait dans les iris noisette qui le fixaient.

- J’ai de nouvelles idées de symboles entre autre mais… ce n’est pas ça l’important. Je veux que tu saches que cette marque ne représente rien pour moi, qu’elle n’est pas vrai, qu’elle ne te représente pas et ne te représentera jamais. Or… la cacher c’est aussi admettre sa présence… Alors pour mieux l’accepter, pour mieux la transformer, j’ai eu une idée… A l’endroit même de ta cicatrice, moi aussi je vais me faire un tatouage. Le même que le tien ou un … totalement différent si ton choix se pose sur un truc un peu… pas assez viril, parce que je suis un vrai dur moi hein !

Ca c’était dit avec une voix exagérément grave et rocailleuse,alors qu’il gonflait les biceps, ce qui dans un contraste rappelait pourtant réellement quel guerrier il était et… qu’il était toujours torse nu contre elle et que faire une démonstration sur le côté impeccable de son torse d’athlète n’était peut-être pas approprié.
Il lui sourit doucement pourtant et reprit une de ses mains qu’il pressa contre son torse, contre son cœur battant.

- Enfin si ça te va… J’aimerais ainsi qu’on soit d’autant plus liés toi et moi, par un même secret impossible à percer. Ce tatouage ne représentera pas le camouflage d’une blessure mais plus le lien d’un secret, entre toi et moi, juste, toi et moi…

Sourire doux. Décidément, toute cette horrible histoire avait eu un excellent côté ! Il était bien plus à même de parler de ses sentiments, bien plus honnête, bien plus romantique aussi et terriblement sexy contre toute attente à parler avec ce petit air timide de ces choix justement qui ne le rendaient que plus craquant. A demi amoureux ? Certainement pas,il l’était pleinement et semblait vraiment vouloir le lui rappeler à tout moment. Mais n’était-ce pas le remède dont elle avait le plus pleinement besoin justement en ce moment ? Pourtant, il se fit un peu plus gêné.

- Enfin bref !Au lit mademoiselle ! Demain, je vous apprends à vous servir un peu mieux de votre dague sans laisser autant d’ouvertures à un ennemi donc vous avez tout intérêt à être en forme si vous comptez gagner au corps à corps contre moi.


Encore un peu gêné malgré tout ? Oui et il le serait probablement toujours. Pourtant, quand elle se coucha entre ses bras, elle prit la peine de l’embrasser tendrement, même si ce fut bref et moins passionné que quelques heures plus tôt, cela procura une profonde satisfaction chez son compagnon dont elle semblait décidément beaucoup s’amuser des sourires idiots.

Tristan soupira.
Elle s’était endormie très vite entre ses bras, bien plus fatiguée que ce qu’elle ne prétendait. Il l’observait depuis. La lune s’était levée puis élevée et il n’avait cessé de la regarder avec la même franche fascination tout en se remémorant cette journée. Néanmoins, pour lui, elle n’était pas terminée.
Il extirpa avec lenteur et délicatesse son bras de ceux de la ravissante jeune femme endormie et se leva sans un bruit. De crainte qu’elle ne fasse des cauchemars, il déposa aussitôt sur elle une de ses chemises imprégnée de son odeur et sensible à lui fournir un ersatz de sa présence pendant son absence justement. Le jeune homme l’observa encore une seconde puis s’échauffa toujours aussi silencieusement, étirant ses bras, ses jambes, faisant quelques flexions. Puis il déposa enfin un tendre baiser sur son front, murmurant tout bas qu’il ne serait pas long et sortit de la pièce sur la pointe des pieds.

Le froid de la nuit au paysage glacé l’accueillit et s’il regretta une seconde, même en tant que Drakkari de ne pas avoir enfilé de chemise, sa transformation le lui fit rapidement oublier alors qu’il s’élevait pour franchir très vite le mur de nuages bas qui caressaient le sommet des bâtiments des moines.
Le lendemain, la petite mage se réveilla effectivement seule et il sut qu’elle se réveillait à son vif émoi et les bruissements du drap alors qu’elle se redressait rapidement puis se levait un peu trop promptement. Il n’assista pas à son rétablissement pourtant, même s’il l’entendait très bien, encore perdu pour sa part dans ses pensées, le front appuyé contre la vitre froide de la fenêtre. Il savait qu’elle était inquiète, qu’elle le serait d’autant plus d’ici quelques secondes. Il inspira profondément, s’armant de courage pour chasser l’obscurité et les sentiments négatifs qui le hantaient encore. Enfin il se détourna de la fenêtre, sentant ses mains sur lui alors que sa voix si mélodieuse, un brin plus aigue, l’appelait avec nervosité.

Les mains qu’elle tenait étaient couvertes de bleus, l’un de ses doigts l’étant complètement et suggérant qu’il se l’était brisé… ou qu’on le lui avait brisé. Des marques de coups et d’une blessure probablement provoquée par une lame pas assez bien évitée mais pas dangereuse marbraient son torse sur lequel il avait enfilé une chemise qu’il aurait probablement dû fermer. Quant à son visage, outre les cernes sombres qui affirmaient sa nuit blanche, un de ses œil portait un sacré cocard et il avait des marques de griffures sur la gorge.
Elle était inquiète, tendue, même si elle posait quand même une question très juste, un peu trop déductive et intelligente cette petite mage. Mais il avait promis d’être honnête, il le serait.
Ce fut un tendre sourire qui étira ses lèvres et le fit grimacer à cause des contusions de son visage. Pourtant il ne dit rien, pas tout de suite, se contentant de serrer ses mains même si les siennes devaient être sacrément douloureuses…
Il l’entraina doucement vers le lit et l’incita à s’y asseoir, prenant place à côté d’elle, posant son regard sur elle après avoir regardé dans le vide une seconde. Puis il caressa sa joue et lui sourit.

- Ne t’en fais pas, ce n’est rien, je vais guérir vite, grâce à toi, tu le sais… Je vais être honnête, je te l’ai promis, reste calme. Il devait en être ainsi… Pour te répondre… Oui… je suis sorti cette nuit… Du fait de notre lien pendant le vol, l’évocation pour toi de ce qui s’est passé… avec… ces types… a apporté son lot de remémorations qu’à défaut de voir je pouvais ressentir… des informations dont toi-même tu n’avais pas conscience… Leur odeur entre autre. Je suis parti en chasse quand tu t’es endormie hier soir… et je les ai trouvés… C’étaient des Kaärs. Des sous-fifres néanmoins dont le chef doit être assez puissant pour les avoir considérablement renforcés et rendus puissants… Et dont un sort lui assurait la discrétion puisque rien ne leur a fait avouer de qui il s’agissait. Si ce n’est que grâce à la puissance offerte par leur « sorcière » ils allaient me rétamer. Prévisions surfaites si tu veux mon avis bien qu’ils se soient bien battus, je l’avoue. Bref… Je me suis occupé d’eux. Je devais le faire Cassidy. Je ne te demande pas d’essayer de comprendre ma colère, la puissance de celle-ci et la dangerosité qu’elle représente… Mais sache que… je ne pouvais pas laisser ce crime impuni et je voulais qu’ils souffrent… Comme tu as dû souffrir même si ce n’est pas comparable… Alors je les ai démolis… l’un après l’autre… Et je les ai déposés, l’un après l’autre, dans le camp d’un groupe de trolls des cavernes que j’ai repéré hier en volant avec toi. Et ça… malheureusement, je vais devoir te l’apprendre si tu l’ignores. De manière très naturelle, les trolls sont dingues des humaines, leurs hormones les rendant plus bestiaux que le plus bestial des hommes en leur présence. Et par un fait curieux… un homme recouvert d’un parfum de femme… prend à leurs yeux l’aspect d’une femme et subit donc leur « violente passion ».

Ah ben ça c’était une révélation ! Et une drôle d’activité ! Allons bon ! C’était une vengeance bien trouvée quand même ! Qu’ils ressentent un minimum ce qu’elle avait pu ressentir. C’était tordu et sacrément cruel mais tellement mérité. Le regard du jeune homme s’était progressivement obscurci alors qu’il détournait les yeux, serrant les poings, tremblant encore légèrement de la haine qu’il ressentait. Elle était vengée… Ca c’était certain… C’était ce qu’il souhaitait depuis le début, même s’il ne s’attendait pas plus que cela à ce qu’elle comprenne les raisons de son acte.
Lentement il tourna les yeux vers elle, la regardant avec plus de tendresse qu’il n’osait réellement l’avouer et ne le pourrait sans doute jamais.

- Désolé pour ces blessures, ce n’était pas prévu, mais je ne les ressens presque pas… je suis bien trop heureux de t’avoir vengée… toi tu n’aurais jamais pu faire ça mais… moi ? Oh… j’en ai tous les droits et le devoir aussi…

Ce fut lui cette fois qui se pencha lentement vers elle pour déposer un baiser sur ses lèvres, hésitant puis plus insistant, toujours doux et alors qu’il se reculait, son œil droit tuméfié retrouvait progressivement, lentement une couleur normale, son sourire s’élargissant.

- Ma petite magicienne… Si tu veux bien… on peut se rallonger, un peu… j’avoue que je n’osais pas tant que je n’avais pas mis les choses au point avec toi… mais c’est vrai que là… wah… je suis un peu fatigué.

Sourire penaud alors qu’il la prenait doucement contre lui ou plutôt se blottissait contre elle, la tête de nouveau trèèèès proche de sa poitrine. Décidément, il l’aimait bien ce petit coin !!!

- Et puis après on ira s'entrainer... moui... un peu... si tu veux...

Raaah !!! Elle sentait beaucoup trop bon !!!
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Cassidy Herediane
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MessageSujet: Re: Un voyage pour apprendre à mieux se re-connaître ?   Lun 30 Déc - 21:10

Une bonne journée en somme. De la distraction, de la timidité, des aveux. Car oui elle s’était confiée, se saisissant de l’occasion que Tristan lui tendait. Lui dire ce qu’elle avait ressenti. Ce n’était pas si simple que ça et elle paraissait encore traumatisée par ces souvenirs, ces horribles pensées qui ne voulaient pas partir. Mais elle pensait également leur faire payer, quand elle serait rétablie. Ayant vécu avec la vengeance pendant des mois, il était normal qu’elle songe à leur rendre la pareille et tout un tas d’idées lui venait à l’esprit. Mais pour le moment, elle était juste toujours un peu trop fragile, toujours un peu trop déboussolée pour tenter quoi que ce soit.

Tristan l’avait remercié, elle s’était mise à sourire timidement à ses paroles, même rougir quand il parlait de vénération. Traverser cette épreuve ensemble, voilà qui faisait chaud au cœur pour la petite mage qui avait tant souffert des mois en arrière de ne pas avoir eu SON soutien au moment où elle en avait tellement besoin. Bien sûr il y avait Erwan mais Erwan… elle le connaissait à peine et ne s’était pas aussi bien ouverte qu’elle l’aurait fait avec Tristan. Ce n’était pas la même chose. La jeune femme serra un peu plus le Drakkari contre elle, peu importe le contact qu’elle avait avec lui, elle se sentait bien et c’était peut être pas si mal que ça de se fier à son instinct alors qu’elle fermait paresseusement les yeux, appréciant la chaleur environnante.

« Rhooo dis donc… tu me flattes là ! Si tu voulais que je sois rouge toute la journée, c’est gagné ! Mais t’inquiète pas, je pense que je suis suffisamment bien, après tout j’ai toujours vécu beaucoup d’histoires et je finis par me relever à chaque fois… avec un peu de motivation et… un très bel homme dans le champ de vision, ça aide pas mal ! »

Petite taquinerie de sa part, flatterie en retour. Elle avait juste besoin de voir qu’il allait bien, d’avoir sa présence pour bien se rétablir bien que le fait de savoir désormais pour ses sentiments aidait beaucoup également et lui donnait un peu plus confiance en elle, en eux. Un bon petit massage aida bien à les détendre pour finalement sortir et marcher un peu plus loin.

Il ne neigeait pas cette fois là mais la neige était suffisamment épaisse pour recouvrir le sol, le froid étant aussi présent. Mais l’absence de chemin dégagé témoignait des rares passages à cet endroit. Bonne occasion pour Cassidy pour présentait son petit ou grand compagnon, peu importe, au Drakkari. C’est vrai si il acceptait cette idée alors elle devait lui montrer, c’était la moindre des choses. Et un pas de plus en avant pour continuer à se confier à lui, avoir confiance en son jugement. Elle semblait beaucoup tenir au petit dragon enflammé. En même temps, il avait été son plus gros soutien, infaillible, durant tous ces mois de détresse, hésitation et même si parfois ils n’étaient pas sur la même longueur d’onde comme par exemple le cas d’Erwan. Alanir avait toujours été franc avec cette humaine brisée de tout espoir, même si elle n’en faisait qu’à sa tête et écoutait bien peu ses remarques. Ils se chahutaient, parfois tiraient dans deux directions opposées. Finalement il était difficile de savoir qui était le plus têtu des deux.

Elle le présenta assez timidement même si le dragon n’était pas aussi intimidé, tournoyant autour du Drakkari, manière pour lui de faire plus ample connaissance et même si la plupart de ses sens n’étaient plus présents aujourd’hui, en raison de son immatérialité et du simple fait qu’il n’était qu’un esprit, modelé grâce à la magie certes qui lui permettait de prendre différentes formes, mais il restait un esprit. La jeune femme traduisit le discours du dragon, car elle n’était pas sûre que Tristan puisse comprendre. Et en effet, ils avaient quand même développé une communication assez impressionnante. En même temps, elle s’était beaucoup renfermée là-dessus ces derniers mois, pas étonnant qu’ils aient évolué aussi rapidement.

D’ailleurs, elle grondait le dragon de flammes lorsqu’il fit une remarque assez déplacée, pas la première fois qu’elle était utilisée mais bon, ce n’était pas du genre de Cassidy de juger pour la taille, le poids, la musculature, du moins restait-elle correctement polie. Mais elle ne pouvait pas en vouloir à Alanir qui était un dragon, qui fallait-il le rappeler, trouvait les humains bien faibles sous plusieurs angles.

Cassidy fut surprise quant à la réaction de Tristan, Alanir confortablement installé sur ses cheveux, les pattes en avant, sans même la brûler. Il semblait écouter attentivement le jeune Drakkari en train de s’exprimer, peut être appréciant ses paroles, agitant sa queue d’un air curieux. Il était remercié et peut être trouvait-elle là dedans un certain réconfort d’être accepté par un autre dragon. Mais l’aurait-il vu de la même façon auparavant ? Surtout quand il était… corrompu et prêt à manger la petite mage qui s’était évanouie avant même de l’avoir mis hors d’état de nuire ? Mais heureusement tout était flou dans sa tête, il ne se rappelait plus de ce qui l’avait détruit, de ce qui l’avait mis hors d’état de nuire. Enfin c’était nécessaire après tout…

Puis, Tristan changea complètement de discours et cela ne manqua pas de faire piquer un nouveau fard à la petite demoiselle, repensant justement à tous ces moments d’intimité alors qu’elle baissait la tête d’un air rapide, le dragon sur le sommet glissant et ouvrant les ailes pour voler à côté d’elle, alors qu’elle était incapable de dire quoi que ce soi. En fait ce n’était pas sa phrase qui la troublait tant que ça, mais bien tout ce qu’ils avaient fait, réveillant bien des souvenirs. Elle se gratta lentement la joue, traduisant les paroles du dragon.

« Hem… il dit qu’il était conscient de hum… l’importance de ces moments qui… impactent émotionnellement les… hum enfin les races humanoïdes et quand ça arrivait… il se mettait en veille par… respect »

Rougissement encore plus important pour la petite mage qui était très concentrée sur la poudreuse devant elle. Mais le jeune homme n’était pas en reste alors qu’elle sentit un projectile atterrir sur son ventre. Vive malgré son trouble, elle grogna que ça n’allait pas se passer comme ça puis commença à prendre de la neige pour lui lancer. C’est vrai, là-dessus aussi elle s’était améliorée bien que ça n’avait rien à voir avec le lancé de la première fois qu’elle l’avait revu. Mais elle était beaucoup plus vive, agile, qu’elle avait acquis en changeant pendant tous ces mois. Et il se déplaçait plutôt bien, moins ralenti que d’habitude. La seule chose qu’il trouva pour la déstabiliser, c’était de se jeter sur elle pour la faire tomber en avant alors qu’elle riait et qu’Alanir disparut dans un nuage de flammes.

Il la regardait mais ne tenta rien à part une caresse alors qu’elle se contenta de lui donner une pichenette sur le nez, déclarant qu’elle abandonnait pour cette fois mais qu’elle aurait sa revanche, ça elle en était sûre !

La journée passa rapidement et ils finirent par rentrer, Cassidy d’humeur intrépide, lui demandant d’accélérer un peu, certifiant que ça allait mieux et qu’elle pouvait tout à fait suivre la cadence…. En vol bien sûr voyons ! Et le dragon ne se gêna pas pour enchaîner les figures acrobatiques, accélérant alors qu’elle s’accrochait bien, suivant chacun de ses mouvements avec beaucoup de plaisir, plaisir qui se communiquait bien de l’un à l’autre. D’ailleurs quand il atterrit dans la neige et la portant comme à son habitude, la demoiselle le regarda droit dans les yeux, une étincelle pétillante de couleur noisette allumant son regard, un grand sourire alors qu’elle s’accrochait à sa nuque en lui disant que c’était génial et qu’elle avait hâte d’être à la prochaine leçon, qu’elle aimait beaucoup progresser avec lui.
Bien sûr, on les réprimanda mais c’était juste pour la forme, alors que la jeune femme regardait en l’air d’un air malicieux, plus amusée qu’autre chose, la tête encore dans les nuages grâce à leur petite escapade en vol de cette journée.

Alors qu’elle se coiffait, Cassidy décida de se confier une fois de plus à Tristan, au sujet de ses oreilles. Oui ce n’était pas facile du tout pour elle, d’avoir l’impression d’être jugée, d’être repoussée, de ne pas être comme les autres. Et si on la traitait de monstre ? Très mauvais pour son état mental après tout. Mais il ne lui en tenait pas rigueur, se contentant d’un discours rassurant, encore très honnête dans ses paroles, ne manquant pas de lui avouer à nouveau qu’il l’aimait. Oui elle appréciait ce qu’il disait, cela se voyait dans le sourire timide qu’elle faisait, reconnaissante, caressant doucement sa main. Le mordillement sur son oreille lui tira un frisson agréable. Etait-ce à cause de cette nouvelle forme ? Etait-ce le fait qu’il souhaitait qu’elle s’habitue à ce changement ? Après tout, on ne savait pas si ça finirait par changer ou pas… Vraiment pas… mais il avait raison, ça la rendait différente et lui l’appréciait comme elle était, sans complexer.

Puis, elle changea de discours, mystérieuse. Oui on aurait pu croire qu’elle demandait à faire des galipettes avec lui, qu’elle avait envie de connaître à nouveau ce grand frisson dans ses bras, cet acte magique qui les animait tous les deux lorsqu’ils faisaient preuve de passion, d’amour. Mais en fait rien de ça. Elle se préoccupait de sa cicatrice et avait réfléchi à cela pendant les temps de battement de la journée. D’un, cela lui rappelait trop de mauvais souvenirs, de deux elle ne voulait pas qu’on la mette dans cette catégorie, elle voulait avancer, faire un pas en avant et effacer cette horrible chose même si les tatouages c’était pas son truc et qu’elle avait aussi très peur d’avoir mal. Les aiguilles ça fait mal non ?

Enfin il semblait y avoir réfléchi aussi de son côté et voulait lui révéler quelque chose, s’amusant à déposer de très légers baisers sur ses doigts alors qu’elle le regardait avec curiosité, elle qui ne pouvait pas attendre longtemps quand il y avait du suspense après tout. Et lorsqu’il lui annonça, la demoiselle ouvrit la bouche de surprise, ne s’attendant certainement pas à ça et elle était même touchée par ses paroles. Ainsi il voulait partager ça avec elle ? Avoir une marque comme elle comme un secret, un lien qui les unissait encore plus ? C’était une magnifique preuve d’amour en tout cas. Mais n’avait-il pas suffisamment souffert justement ? En plus on lui avait déjà fait un tatouage pour l’entraver et cela l’avait fait souffrir alors recommencer ? Le lien d’un secret… il faudrait y réfléchir plus en détail également.

Mais il ne lui laissa le temps d’en dire davantage, la poussant à aller dormir et c’était vrai, la demoiselle tombait de sommeil, en témoignait les cernes sous ses yeux même si elle souriait et ne voulait pas s’en rendre compte au final. Il lui parlait de s’entraîner à la dague et elle grogna une nouvelle fois, disant qu’elle avait sa revanche à prendre et qu’elle arriverait à prendre le dessus cette fois, que son honneur de femme était en jeu et qu’elle devait le battre.

Vêtue d’une longue chemise de nuit, décidément pas encore prête à être plus sexy en soirée, elle se blottit rapidement dans ses bras, cherchant sa chaleur, du réconfort tout en fermant les yeux, un magnifique sourire sur le visage, poussant quelques petits gazouillements attendrissants tout en se collant contre son torse. La folle journée l’avait bien épuisée et elle ne tarda pas à s’endormir très rapidement, sans même se rendre compte qu’il se déplaçait pour mener à bien une certaine mission dont elle ignorait tout. Sinon elle aurait tout fait pour le retenir. Et il avait de la chance qu’elle ne se soit pas réveillée durant la nuit, il y avait toujours un risque qu’elle tente de le rejoindre, d’une manière ou d’une autre. N’oublions pas qu’elle avait un deuxième moyen de transport si besoin et qu’elle n’hésiterait pas à l’utiliser. Heureusement elle se contenta de dormir profondément, enfouissant sa tête dans la chemise, toute à sa joie de sentir le parfum du Drakkari, sans même se rendre compte qu’il n’était pas là.

C’est juste le lendemain qu’elle s’en rendit compte, alors qu’elle ne sentait pas la chaleur habituelle qui émanait du Drakkari. La jeune femme se dirigea très rapidement vers lui, inquiète. Le jour commençait à peine à se lever et un rayon de lumière mis en évident ses blessures alors qu’il se tournait vers elle. Comme à chaque fois que ça la touchait, elle tremblait, terriblement inquiète, ayant peur de le voir défaillir à n’importe quel moment, frissonnant pour lui. Elle se mordilla la lèvre inférieure, fermant les yeux pour calmer cette rage qui s’emparait d’elle à chaque fois que quelque chose arrivait à Tristan, ne voulant surtout pas prendre le risque de voir sa magie devenir instable, enfin on ne sait jamais ce qui peut arriver. Comment pouvait-elle rester calme après ce qui venait de se passer ?

Elle lui posa deux questions et heureusement ce n’était pas une avalanche alors qu’une pensée de meurtre s’agita dans sa tête qu’elle forçait de détourner. Après tout, elle ne devait plus faire des choses bizarres non ? Et se mettre en danger volontairement aussi ? D’ailleurs heureusement qu’il l’entraîna vers le lit, plus doux, plus rassurant pour tout lui expliquer, elle serait certainement devenue hystérique sinon.

La jeune femme le regarda, l’écoutant attentivement. Il la rassura d’abord en déclarant qu’elle allait l’aider à guérir. Il lui révéla avoir retrouver les hommes qui l’avait violé et alors qu’elle ouvrait déjà la bouche pour répliquer, apparemment pas d’accord qu’il ait prit des risques, ne sachant même pas sur quoi il allait tomber et réagissant sans aucune prudence, le Drakkari ne la laissa pas parler, expliquant qu’il devait le faire, lui donnant même les détails. Ah oui en effet c’était une bonne vengeance bien cruelle après tout.

Les yeux de Cassidy s’agrandirent de stupeur, de surprise alors qu’elle ne comprenait pas pourquoi il s’était mis en danger pour elle. Que connaissait-il de ceux qui lui voulaient du mal ? Et heureusement… heureusement que ça ne faisait pas parti de leur plan de le capturer, de s’attendre à le voir débarquer… heureusement qu’ils n’avaient pas l’air très intelligents. Elle s’était raidie quand il avait parlé de ce pseudonyme, la sorcière… elle en avait vraiment peur, encore plus qu’avant et craignait ce qui pouvait se passer et leur faire du mal. Et ce qu’elle devait faire. Il s’excusa alors, disant que ce n’était pas prévu les blessures alors pourquoi ? Et que lui avait tous les droits… qu’il ne pouvait pas se gêner. Pourquoi… elle ne savait pas.

Mais il l’embrassa et cela suffit pour la calmer, surtout les tremblements qui agitaient son petit corps si fragile. Cassidy répondit à son baiser en fermant les yeux, se rassurant du mieux qu’elle pouvait, l’enlaçant tendrement. C’était vrai, il guérissait vite quand ils s’embrassaient et elle avait encore du mal à en trouver la raison, ce qui l’impactait autant et quel était donc ce miracle qui le faisait aller mieux. Néanmoins, il n’en dit pas davantage, s’allongeant sur le lit avec elle, calant sa tête très proche de sa poitrine alors qu’il était tellement adorable et qu’elle ne pouvait décemment pas lui en vouloir pour ce qu’il avait fait.

Pendant toute la durée de son sommeil, elle l’observa alors qu’il reprenait des couleurs, un peu craintive, caressant doucement ses cheveux alors qu’il souriait en dormant, paraissant bien plus apaisée. Elle était songeuse. Mais la jeune femme décida de ne rien dire à ce sujet, c’était passé, il n’y avait pas besoin de s’inquiéter plus que ça. Elle se demandait cependant si vraiment il s’agissait d’acolytes de cette sorcière si elle s’en rendrait compte et si elle agirait. Bah après tout, c’était des pions, rien de plus.

Tristan finit par se réveiller tout en grognant, ouvrant les yeux alors qu’il avait dormi une bonne partie de la matinée. Le soleil était déjà haut dans le ciel, sonnant l’heure du repas de midi. Elle le regarda tendrement, amusée par sa position et surtout sa tête si proche de sa poitrine, alors qu’elle lui fit un sourire amusé.

« Bien récupéré ? C’était confortable ? »

Il se redressa bien rapidement, comme si il ne voulait pas la brusquer par rapport à sa position. En effet, ses blessures allaient beaucoup mieux.

« J’espère que tu es en forme, je ne veux pas gagner trop facilement non plus si je dois me battre contre toi »

Elle lui tira affectueusement la langue alors qu’elle partit s’habiller, revenant assez rapidement, vêtue d’une tenue toute aussi masculine que la veille, car c’est vrai, pendant l’entraînement, les robes n’étaient pas pratiques. La demoiselle se rapprocha de lui alors qu’il s’était également habillé et passa ses bras autour de sa taille, se collant contre lui, cherchant le contact. Puis dans un élan instinctif, elle s’accrocha à sa nuque puis s’empara de ses lèvres, au début très tendrement puis y mit plus de passion. Elle ne paraissait pas si gênée que ça au final, pas si choquée. Lorsqu’elle se recula un peu, un sourire apparut sur ses lèvres.

« Hey ! Je sais que tu embrasses mieux que ça quand même ! Alors arrête de mettre de la retenue, je veux des baisers, des vrais ! Au contraire j’ai l’impression que ça me fait du bien… et que ça efface un peu ce qui m’est arrivé. Et j’aimerais retrouver ces baisers exceptionnels qui me faisaient me sentir sur un petit nuage »

Nouveau tirage de langue alors qu’elle lui donna un petit coup sur le torse. Oui pour oublier le reste, les malheurs, elle devait penser à lui, c’était sa force après tout et cela lui donnait l’impression que rien n’était impossible.

Etonnement, surprise, peu importe ce que fit Tristan en retour, ils sortirent finalement de la pièce, Cassidy étant de meilleure humeur.

Alors qu’ils se dirigeaient vers la salle à manger, empruntant un escalier pour descendre, ils croisèrent un groupe de novices, ce groupe même qui semblait craindre la petite mage. Prise d’un air de folie ou de malice, alors qu’elle tenait la main à Tristan, elle se plaça devant eux, pris un air menaçant en montrant exagérément les dents même si ses canines n’étaient plus des crocs et prononça un seul mot.

« BOUH ! »

Les novices pas rassurés, à cran, poussèrent un cri pour la plupart et se tournèrent pour redescendre l’escalier. Cela donna droit à un beau bazar alors qu’ils se marchaient dessus et finalement trébuchèrent les uns sur les autres pour tomber en bas des marches, formant un magnifique tas alors qu’ils grimaçaient de douleur. Cela fit beaucoup rire la petite mage qui se moquait un peu de leur réaction démesurée même si au final, un doute subsistait dans son esprit. Pourquoi avait-elle agi ainsi ? Peut être faire redescendre la pression, se dégager de cette atmosphère trop pesante à chaque fois qu’elle croisait certains moines et une occasion de se venger un peu en même temps.

Ils mangèrent de bon appétit avant de sortir en douce pour aller s’entraîner, Tristan l’amenant sur un petit terrain dégagé en volant. Heureusement il avait mis la dague de la jeune femme dans son sac. En effet, elle avait laissé la grande majorité de ses affaires chez lui, étant retournée à l’académie précipitamment juste après avoir rendu visite à ses parents, sans prendre la peine de récupérer ses affaires.

Alors qu’elle tenait sa dague dans la main, c’est assez attentive qu’elle écouta les instructions de Tristan, très sérieux à chaque fois qu’il lui expliquait quelque chose. En effet, elle tenait sa dague un peu n’importe comment, n’ayant eu personne pour lui apprendre à s’en servir. Elle s’était toujours contentée d’achever certains de ses adversaires d’un coup bien placé ou la lancer en l’air pour atteindre une tête peu attentive. Il se plaçait devant elle, guidant ses mains avec patience, lui montrant les mouvements nets et fluides, rapides, sans hésitation puis l’incita à se battre, qu’il ne ferait qu’esquiver.

Elle était bien concentrée, tirant la langue pour s’appliquer alors qu’il esquivait, donnant de nouveaux conseils au passage. Seulement, il devait bien se rendre compte, et cela sans lui avoir dit, qu’il y avait deux endroits qu’elle visait particulièrement bien, l’emplacement du cœur et un autre endroit sur le torse relié à une artère vitale, qui quand on plantait une lame à cette endroit, engendrait une énorme souffrance et douleur, promettant une mort agonisante. Elle pouvait être effrayante et cela se voyait qu’elle n’était pas si étrangère aux combats que ça même si elle se servait principalement de sa magie pour faire le plus gros du travail. Cependant elle ne l’utilisait pas pour cet entraînement.

Ils continuèrent pendant un moment puis firent une pause, le front de la demoiselle se couvrant de sueur alors qu’il lui tendit une gourde afin qu’elle puisse se désaltérer. Alors qu’il était occupé à regarder l’horizon, elle se fit plus malicieuse, très discrète et sauta d’un bond dans son dos, le faisant rouler au sol, se retrouvant au dessus de lui en le regardant d’un air triomphant, un sourire sur le visage.

« Je t’ai eu ! »

Rien de méchant, elle ne faisait que le taquiner.

« Bon j’ai droit à ma récompense maintenant ! »

Elle s’approcha de lui pour déposer un magnifique baiser sur ses lèvres. Très appréciable, qui lui redonnait de l’énergie pour se battre encore bien longtemps. Elle resta un instant avec lui, profitant de sa chaleur, s’amusant autrement, discutant un peu avec lui puis ils finirent par rentrer alors qu’il la convainquit qu’elle avait besoin de prendre une bonne douche et lui aussi, ce qui leur serait très agréable après cet entraînement qui leur donnerait des courbatures.

Toujours à dos de dragon, cela ne les dérangea pas de faire quelques figures, elle s’appliquant bien, prenant ça pour un loisir également alors qu’ils rentraient.

Il lui avait demandé de prendre sa douche en premier, qu’il ne serait pas loin et attendrait à côté.
Elle apprécia bien le contact de l’eau sur sa peau, étirant un sourire, repensant aux moments de la journée, les baisers avec Tristan, ses sourires. Ses maladresses alors qu’elle tentait de manier sa dague. La nuit serait certainement très bien aussi et elle avait hâte de se retrouver dans les bras du Drakkari. Alors que l’eau coulait le long de son corps, elle songeait quand même à partir d’ici. Ca faisait un moment qu’ils étaient là et puis elle aimerait bien retrouver un peu sa liberté, s’installer avec Tristan à la cité comme ce qu’elle avait prévu pour l’instant, ne voulant pas trop le brusquer et surtout le forcer à la rejoindre à l’académie pour le moment. Oui elle faudrait qu’elle lui en parle.

Mais alors qu’elle était en train de se laver les cheveux, une voix féminine et sombre se fit entendre dans la salle de bain qui figea la demoiselle dans son geste.

« Une vengeance exécutée… une larme qui sera versée… dis lui… qu’il ne se mette jamais en travers du chemin… »

Elle fronça les sourcils sans comprendre quand une violente douleur apparut dans son bas ventre, manquant de la faire glisser alors qu’elle se tordait en deux, sans comprendre ce qui lui arrivait. Une nausée arriva très précipitamment et c’est tant bien que mal qu’elle se précipita aux toilettes, les jambes tremblantes, pour vomir le dernier repas de la journée. Mais la douleur ne s’arrêta pas pour autant alors qu’elle se sentait de plus en plus faible, incapable de crier à l’aide.

Une chose surprenante se produisit. Sa magie devint instable alors qu’un des miroirs se craquela sous l’effet d’une onde de choc émanant de son corps. Cassidy devint très pâle, la surprise se lisant sur son visage, alors qu’elle tomba inconsciente et complètement nue, sans savoir ce qui lui arrivait.
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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: Un voyage pour apprendre à mieux se re-connaître ?   Ven 3 Jan - 9:08

Il y avait eu les rires.
Il y avait eu la joie.
Il y avait eu la gêne.
Il y avait eu l’amour…
Cet amour dévorant contre lequel il ne pouvait décidément pas grand-chose à part l’admirer en se demandant à quel point il pouvait être immense. Tous ses souvenirs étaient-ils revenus ? Non pas encore sans doute mais ils étaient moins douloureux. Se les remémorer n’était plus difficile puisqu’elle était avec lui à présent, rassurante, inspirante.
Il avait ri et l’avait taquinée par rapport à son dragon. C’est vrai que Tristan agissait étrangement, très solennel, très courtois même s’il ignorait comment cela serait pris par son confrère. Il s’était permis cette fameuse phrase qui avait complètement déstabilisée la petite mage. Pendant un instant il avait craint lui rappeler de mauvais souvenirs mais elle ne paraissait pas horrifiée, juste mortifiée, intimidée et étrangement songeuse. Et puis la réponse du dragon traduite par Cassidy valait le détour tout de même. Pauvre petite mage…même si son « alter ego » était décidément fort respectueux…

Comme il avait envie de l’embrasser, de la serrer contre lui !
Pouvait-il nier son attirance pour elle ? Bien sûr que non !!! La museler ? C’était difficile mais il devait s’y efforcer, pour ne pas l’effrayer, pour ne pas qu’elle l’associe à son cauchemar, pour ne pas la brusquer… Mais c’était un vrai calvaire de résister, même s’il s’efforçait une fois de plus de ne pas le montrer. Il avait décidé, promis d’être honnête mais de là à tout lui dire ? Non.
Adorable demoiselle qui ne se rendait pas compte des risques qu’elle prenait, qui ne se rendait pas compte des tortures qu’elle lui infligeait. Un baiser ? Un seul ?... Ne pouvait-elle pas comprendre qu’il était totalement en manque, qu’elle était la drogue dont il avait été privé pendant des longs mois et que même si ça n’avait été que partiel, elle avait eu des satisfactions de son côté qui étaient interdites au jeune homme. Se contenter d’un baiser ? Pensait-elle réellement qu’il le pouvait ?
Oui, il hésitait à l’embrasser, à la toucher… Mais pas seulement parce qu’il craignait sa réaction, il craignait aussi bien trop celle que lui-même pourrait avoir… Comment ne pas trahir son besoin impérieux de l’embrasser, de la toucher, plus que de raison ? Comment le justifier sans paraitre totalement égoïste ?
Impossible.

Ils avaient passé une soirée tranquille ensemble même s’il y avait eu des aveux et même si un certain début de phrase avait plus torturé le grand jeune homme qu’autre chose. Mais elle ne pouvait pas savoir… Elle ne se rendait pas compte. Malgré tout ce qu’elle avait vécu, heureusement, la petite mage conservait une part de naïveté et d’innocence touchante qu’il espérait la voir toujours conserver, même si ceci avait été sérieusement altéré par les derniers évènements.
Ils parlèrent de tatouage et c’est vrai qu’il y avait réfléchi et que son idée était encore une sacrée preuve des sentiments qu’il lui portait. Il savait que ça l’effrayait et qu’elle craignait ce qui pourrait arriver et simplement les questions qui pourraient se poser sur ce subit intérêt pour un tatouage. Et plus encore, il craignait qu’elle voie à jamais celui-ci comme un camouflage et rien d’autre…s’ils en avaient un tous les deux ce serait différent, ce serait un secret, un lien de leur amour… Après tout, elle avait subi cette marque alors qu’elle se rebiffait, essayant de se libérer pour le protéger… Et lui-même était dans un sale état parce qu’il avait justement voulu la protéger de ceux qui pouvaient lui porter préjudice. Au final, ce secret, ils le partageaient déjà… mais plutôt que de le laisser apparaître sous cette vilaine marque si menteuse sur le caractère de la douce jeune femme, une autre, voulue, souhaitée, saurait mieux que tout le cacher puisque libre au regard d’autrui.
On ne peut que peu percevoir les secrets, même les plus énormes, juste sous notre nez, c’était malin… bien plus qu’un camouflage.

La petite mage semblait surprise et touchée de ses paroles alors qu’il caressait doucement ses doigts des siens, les enlaçant, les palpant, les effleurant. Ca il avait bien le droit, autant en profiter. C’était un contact…
Le jeune homme sembla deviner ses pensées car il se redressa et déposa un léger baiser sur le front frais de sa compagne.

- Ne t’en fais pas… A cause de mon accident, le pentacle a été endommagé et ne s’étend plus, je n’en ai plus, tu l’as bien vu que les fines marques d’un pentacle doré au milieu du dos, ça se confond avec la couleur de ma peau, c’est discret et je ne pense pas que ça marche encore très bien. Celui que nous ferons sera juste traditionnel, pas de magie sauf si tu le souhaites, je m’assurerai que tu n’aies pas mal en faisant pleins de bêtises pour te distraire… Et ne t’en fais pas, vraiment… C’est mûrement réfléchi. J’y pensais bien avant de… enfin… de fuir… encore…


Son ton était sacrément amer quand il prononça ce mot. Le jeune homme détourna un instant la tête, sombre, soupira puis fit un sourire à la petite mage en l’observant.
Elle s’endormit très vite entre ses bras et s’il l’observa longuement dormir en la trouvant belle, quelque part, il avait mal à la regarder ainsi… Juste la regarder… C’était si difficile…
Quel égoïsme ! Il s’en voulait vraiment. Il aurait dû être satisfait juste de pouvoir la tenir entre ses bras et il aimait beaucoup…Avant c’était une des choses qu’il préférait mais… elle lui avait tellement manqué. Et puis il l’imaginait avec ce foutu Kaär, pas avec ceux qui l’avait violée mais…avec Erwan souvent… Ca le rendait jaloux et amer et chasser ces pensées était plus difficile qu’il ne l’aurait cru. Pourquoi avait-il tellement envie de lui faire oublier tous ces hommes ? Même si ce n’était qu’en l’embrassant passionnément ? Pourquoi avait-il tellement envie qu’elle le regarde avec admiration et envie en lui disant qu’il était mieux que les autres ? Etait-il tombé si bas ?
Bien sûr que non, c’était plus bas encore…

Le lendemain, elle se réveilla seule dans leur grand lit improvisé. Il était normal qu’elle ait peur mais fort heureusement, son cher et tendre n’était pas loin même s’il se tenait à distance, pensif et blessé.
Il ne l’avait pas rejointe dans leur lit quand il était rentré, de peur probablement de la réveiller. Si elle était inquiète et qu’il entendit bien vite son rythme cardiaque s’affoler, il s’efforça de la rassurer avant de tout lui expliquer. Oh il ne s’attendait pas à ce qu’elle le comprenne vraiment mais il voulait qu’elle respecte ses choix, sa volonté, qu’elle comprenne au moins un peu… un tout petit peu. Il manquait certains mots, certaines paroles qui auraient pu éclairer la jeune femme un peu plus  du moins sur la raison de cet acte. Il y avait la vengeance mais pas seulement et elle risquait de l’apprendre rapidement à ses dépends.
Il est vrai qu’il avait pris de gros risques, mais elle était tout de même consciente de sa force et de celle d’autant plus grande qui l’habitait quand cela la concernait et plus encore quand elle n’était pas dans les parages, quand il n’avait pas tout simplement à s’inquiéter de sa sécurité.
Le principal était là… Elle était vengée et vu la vengeance imagée qu’avait trouvé son compagnon, Cassidy avait de quoi être un peu plus… apaisée.
Pourquoi avait-il fait tout ça ? Mais parce qu’il l’aimait… Et qu’il ne pouvait supporter l’idée que ces horribles monstres qui lui avaient fait tant de mal soient encore en liberté, ravis de leur coup, probablement prêts à recommencer, discutant certainement entre eux de tout ce qu’ils avaient fait subir à la belle jeune femme. Rien que d’y songer une seconde raidit le Drakkari qui se mit à serrer convulsivement les poings, fermant les yeux en faisant un lent décompte dans sa tête pour se calmer, décompte des enchainements de coups à porter pendant telle ou telle attaque, y penser l’avait toujours calmé, se concentrer sur autre chose tout simplement. Tant pis si elle lui en voulait… C’était fait, ils ne pouvaient plus rien y faire…

Mais elle ne semblait pas vraiment en colère, plutôt surprise une fois de plus, rassurée de voir qu’il allait bien au final. Il avait une excuse pour l’embrasser : ses blessures… Et il ne s’en gêna pas, pris d’un violent frisson dès qu’il posa ses lèvres sur les siennes, s’efforçant de ne pas approfondir un baiser dont il rêvait. Ses blessures commencèrent aussitôt à s’estomper, lentement, encore visibles mais vu les légers mouvements qu’il fit avec sa mâchoire quand il se recula, il n’avait plus mal.
Ils finirent allongés mais pas du tout pour reprendre ce baiser. Le jeune homme s’endormit très vite, blotti contre sa compagne, le nez contre sa poitrine sans même sembler s’en apercevoir alors qu’elle lui caressait tendrement les cheveux et que ceci avait totalement raison de ses dernières forces !
Quand il se réveilla et qu’il se rendit compte de leur position néanmoins, il rougit légèrement et s’écarta très vite même si cela tirait un sourire amusé à la jeune femme.
Le guerrier s’était assis au bord du lit, les pieds à plat sur le sol, étirant les muscles de ses bras et de son dos, la chemise toujours largement entrouverte, les cheveux dans une bataille apocalyptique du fait des caresses qu’ils avaient connu, mais comme toujours, injustement craquant !
Elle l’avait embrassé peu après et avait argué qu’il embrassait mieux, qu’il devait arrêter de se retenir, qu’elle en avait besoin. Outre la fierté qu’il en ressentit, le jeune homme fut prêt à lui céder pendant une seconde mais se reprit rapidement. Chaque chose en son temps. Pour l’heure, ce n’était pas encore une bonne idée. Il lui avait effleuré le front de ses lèvres et taquin comme toujours s’était penché sur elle, lui redressant le menton pour l’inciter à le regarder dans les yeux. Il lui avait murmuré qu’elle ne le connaissait pas aussi sérieusement impliqué qu’elle le croyait et que s’il l’embrassait vraiment, là, maintenant, il n’aurait pas à s’entraîner avec elle, gagnant aussitôt. Prétendait-il bien embrasser ? S’en vantant ? Oh oui. Mais après tout, c’était justifié.
… Surtout pour elle. Pourtant il lui fit un clin d’œil, effleurant une de ses tempes cette fois en lui « promettant » d’y penser

Mais son baiser lui avait fait du bien et les dernières marques sur son visage s’estompèrent doucement pour laisser sa peau bronzée vierge de toute blessure.
Il y avait aussi eu le moment où elle avait effrayé les disciples et son compagnon avait doucement ricané, ne lui reprochant en rien son geste et encore moins les conséquences. Ces jeunes insolents avaient été plus qu’incorrectes à l’encontre de la jeune femme et il avait peiné lui-même à ne pas le leur reprocher… physiquement.
Néanmoins, son comportement joyeux, taquin, prouvait vraiment que la jeune femme allait mieux et il en était heureux, serrant dans sa paume la petite main fine de la demoiselle avec peut-être plus de douceur que nécessaire.

Repas puis fuite à dos de dragon pour aller s’entrainer. Comme toujours, il la réceptionnait dans ses bras et elle avait tout loisir d’apercevoir ce vif éclat de tendresse qu’il peinait à cacher et qu’il avait si souvent quand il la fixait à la dérobée. L’entrainement fut sérieux, du moins au départ. Il l’aidait à se positionner, lui donnait des conseils pour qu’elle ne soit jamais en déséquilibre, ce qui peut être fatal durant un combat. Il avait en effet remarqué que malgré ses très bonnes postures, du fait de sa petite taille, elle avait tendance à garder les deux pieds rapprochés, d’autant moins stables du coup. Il l’encouragea donc à chercher des cibles plus basses sur ses adversaires, à ne pas chercher à viser la tête ou le coup mais plutôt l’abdomen et à être ainsi plus stable et surtout une proie moins facile.
Elle apprenait très vite et s’appliquait beaucoup même si en remarquant qu’elle serrait doucement sa langue entre ses dents, concentrée, il lui tapota la mâchoire en l’incitant à la rentrée, lui affirmant qu’elle prenait une mauvaise habitude qu’elle risquait d’adopter en combat et un coup pourrait la faire sérieusement se blesser, voire se trancher la langue ce qui serait certainement… très douloureux.

Il remarqua vite les zones qu’elle visait le plus et qu’il ne lui avait pas montrées. Outre un froncement de sourcil surpris, le jeune homme ne fut pas horrifié, ni effrayé. Il préférait largement qu’elle agisse ainsi. Il ne se souvenait que trop bien de la douce petite demoiselle qui prétendait être incapable de blesser quelqu’un quand ils étaient encore ensemble et qui n’aurait pas tenu plus d’une poignée de secondes dans un combat sans sa magie.
Le physique avait toujours été la faiblesse des mages, qu’elle le compense un peu et surtout aussi bien était un pas énorme et ferait d’elle une adversaire non seulement redoutable mais une alliée sûre. Il avait confiance en elle et s’inquiéterait d’autant moins qu’il connaitrait ses capacités.
Il lui demanda de l’attaquer sérieusement au bout d’un long moment à faire les mêmes mouvements pour qu’elle les enregistre. Si elle fut hésitante au départ, la demoiselle dut bien rapidement admettre que sans magie elle n’avait aucune chance de rivaliser contre la vitesse, la vivacité et les réflexes de son grand compagnon. A tout priori Tristan était une cible facile du fait de sa taille, de son corps puissant pas le moins du monde chétif mais même s’il était sacrément lourd, bien plus dense que n’importe quel humain de sa corpulence, ce qui était probablement dû à ses gênes de dragon, il se déplaçait très vite, au dernier moment semblant parfaitement savoir ce qu’elle allait faire et comment. La bataille était un art pour lui, celui de manier une arme et si une arme était un instrument de musique, il en connaissait tant et savait si bien les manier vu toutes les heures qu’il leur accordait qu’il était assurément un chef d’orchestre… Et un chef d’orchestre connait ses instruments. Elle ne pourrait pas le blesser. Quand elle le comprit, elle se fit plus sérieuse et l’entrainement devint vraiment éprouvant mais aussi très efficace, à un moment, c’est tout sourire qu’il fut forcé de bloquer une de ses attaques en posant sa main sur le poignet délicat et en le repoussant sans mal loin de lui, ne pouvant se contenter d’esquiver. Bah… Elle ne pouvait pas grand-chose contre sa force non plus. Il la félicita et lui affirma qu’il était impressionné, ce qui semblait ravir la jolie demoiselle.

Ils firent une pause et quand il prononça ces mots, la reconnaissance dans les prunelles noisette le fit rire. Il la laissa se reposer un peu et se redressa. Pour s’entrainer, il s’était délassé de sa chemise puisqu’ils étaient descendus dans les vallées et s’étaient éloignés du froid. Debout, il fixait l’horizon que leur offrait la jolie vue de leur lieu d’entrainement, pensif. La vue du vide faisait comme toujours courir un frisson le long de son échine, l’incitant à sauter, s’envoler. Au début, il y était très sensible et y cédait constamment, aujourd’hui, il pouvait mieux le contrôler. Brusquement il subit l’attaque d’une petite demoiselle qui eut tôt fait de le faire tomber. Sans doute était-ce la perception de son odeur soudain très proche de lui qui ne l’avait pas fait réagir brusquement. Toujours est-il qu’il ne se débattit pas et se retrouvant dans l’herbe, observa l’adorable minois souriant au-dessus de lui. Elle parla de récompense et l’embrassa. Il frémit légèrement puis ferma les yeux, passant doucement une main dans sa nuque, se perdant dans ses cheveux tandis que l’autre serrait fermement sa taille, la maintenant contre lui. Redressant légèrement la tête, il lui rendit son baiser… au centuple. Ce n’était pas encore le maximum, ce n’était pas encore ce fameux « truc » entre eux si violent et doux en même temps… Mais c’était bien assez fort pour les laisser haletants et souriants un peu niaisement alors qu’ils se regardaient. Ils rirent, se taquinèrent un instant mais ne reprirent pas ces baisers… heureusement.

Ils ne s’entraînèrent pas davantage, se contentant d’étreintes, de discussions, de caresses légères, innocentes. Le retour prit du temps puisqu’ils s’entrainaient tous les deux pour le vol. Finalement, ils arrivèrent, évitèrent les moines ainés qui n’étaient pas plus que ça ravis de leur nouvelle escapade et se rendirent à leur chambre pour poser leurs affaires.
Elle se doucha la première, seule… Et ce fut le drame.
Brusquement, Tristan qui attendait le dos appuyé contre un mur, à l’extérieur, se passant pensivement les doigts sur les lèvres, entendit le craquèlement violent du miroir, un bruit de chute aussi. Inquiet, il entra aussitôt en appelant la jeune femme. En la voyant nue, il se retourna aussitôt en rougissant… beaucoup. Très embarrassé, il se mit à balbutier.

- Hum dé… désolé. J’ai cru que… hum… Tu… tu es tombée ? euh… Cassy ?... Ce… Ce serait bien si tu pouvais répondre…euh… je… je peux me retourner ? Je regarde pas hein…C… Cassy ?

Pas de réponse… Normal, elle était évanouie. Il se retourna très lentement en se cachant les yeux de la main puis n’obtenant toujours pas de réponse finit par regarder et en la voyant inconsciente oublia bien vite sa nudité. Terrifié par ce nouveau malaise, le jeune homme eut tôt fait de la prendre dans ses bras et de se précipiter à l’infirmerie, essayant tant bien que mal, d’une voix tremblante d’expliquer ce qui s’était passé. Les aides du moine de l’infirmerie s’approchaient et le jeune homme leur lança un regard peu amen, enfilant rapidement sa chemise à sa compagne, bien trop grand pour elle, pour la couvrir un minimum. On lui demanda de sortir pour qu’ils s’occupent d’elle, fassent les analyses nécessaires. Il insista pour rester, mais les regards sévères et les affirmations comme quoi il gênait plus qu’autre chose le firent sortir.

L’attente fut interminable pour le Drakkari qui marchait en long et en large dans les couloirs, le front soucieux, les poings crispés. Pourquoi ? Pourquoi ? Qu’est ce qui se passait encore ?! Pourvu qu’elle ait juste trébuché et se soit cogné ! Elle aurait mal à la tête mais tant pis, c’était mieux qu’autre chose… de plus grave…
Finalement, on appela le jeune homme et il reçut de bien étranges explications. On lui parla vaguement dans des termes trop rapides et peu explicites d’un certain parasite indétectable pour l’instant qu’on lui aurait implanté et qui se serait réveillé, qu’elle semblait avoir de violentes crampes également vu ses gémissements pendant ses inconsciences en se tenant le ventre. Comme le jeune homme sonné n’écoutait le tout qu’en se sentant curieusement lointain, on lui affirma qu’il n’y avait rien à faire pour le moment qu’il fallait attendre… Attendre ?! Ils ne pouvaient rien faire ?!!!
Tristan sembla immédiatement se réveiller et saisit le moine qui lui parlait par le col de sa robe, le secouant violemment, devenu très agressif. Comment ça ils ne pouvaient rien faire ?! Mais ils ne savaient absolument rien fichtre ici ! Ils n’allaient quand même pas la laisser comme ça !!!!
Oui il était en colère vraiment, mais le moine le calma bien vite, ne se démontant pas face à la colère du grand jeune homme, le regardant sévèrement.

- Vous n’avez absolument rien à nous reprocher jeune homme ! D’après vous, ce parasite s’est réveillé tout seul ? Et ces blessures également ?!Certainement pas ! Quelque chose les a réveillés ! Probablement vous !
- …qu… Quoi ?M…Moi ?Mais…Mais pas du tout, comment… po… pourquoi ?!

Tristan avait relâché la pression, redescendant le petit moine mais ses mains étaient toujours crispées sur son vêtement. L’autre lui lança un regard profondément agacé comme s’il le trouvait totalement stupide.

- Cette jeune femme a été violée ! Et pas qu’une fois ! Même si mentalement elle tente de donner le change, pensez-vous sincèrement qu’elle s’en relève si bien et facilement ? Et physiquement vous imaginez réellement qu’elle n’a pas de séquelles ?
- M… M…mais…
- Dois-je vous apprendre jeune homme comment un viol se réalise ? Vous le définir ? Un acte sexuel forcé, qui plus est répété entraine inexorablement des lésions ! Lésions qui ont besoin de temps pour guérir, en précipitant les choses avec vos pirouettes et vos acrobaties aériennes (pas plus gêné que ça de savoir que c’était un dragon… mais le jeune homme ne le remarqua pas), vous avez probablement non seulement stoppé cette guérison mais plus encore rouvert certaines blessures ! Cette jeune femme pourrait très bien faire une hémorragie à l’heure actuelle sans même que vous vous en rendiez compte ! Alors ne me parlez pas de ce que je peux faire ou non. Nous veillons sur elle ! Tâchez d’en faire de même.

Tristan était devenu extraordinairement pâle, presque davantage que durant leur entretien avec un dieu. Il ne semblait même pas remarquer qu’effectivement le moine n’était pas plus que cela surpris de sa capacité à se transformer en dragon, peut-être l’associait-il juste à un pouvoir qui sortait de l’ordinaire ou plus encore en savait-il bien plus qu’eux deux… Néanmoins, ce qu’il venait d’apprendre sidérait le jeune homme, l’inquiétait et le culpabilisait énormément. Il acquiesça, honteux, se tut et comme on l’y autorisait, prit la jolie jeune femme dans ses bras pour la porter jusqu’à leur chambre.

Elle demeura encore un peu inconsciente puis finit par se réveiller, ayant retrouvé ses couleurs et ne semblant pas plus marquée que ça par les douleurs qui l’avaient tiraillées. Probablement voulaient-elles minimiser les choses pour lui. Alors qu’elle lui demandait ce qui s’était passé, il lui répondit vaguement, ne parlant pas néanmoins de sa plus que probable responsabilité dans tout cela, se contentant de lui en dire le moins possible même si lui-même en savait déjà bien peu au final.
Elles devaient se reposer, il partit donc leur chercher un plateau repas et ils mangèrent ensemble. Elle lisait un peu, sensible au brusque silence de son compagnon qui semblait particulièrement inquiet, la couvant du regard à tout instant. Pourtant, elle s’efforçait de le rassurer, honnête, douce, joyeuse mais elle devait se rendre à l’évidence, cela ne suffisait pas vraiment pour le dérider.
Il fut distant quand ils s’allongèrent et contre toute attente lui tourna rapidement le dos, comme endormi même s’il ne trouva en réalité pas le sommeil avant un bon moment.

Le lendemain, il nettoyait son épée quand elle se réveilla. Il était concentré et devait la polir depuis une bonne heure au moins vu comme ses mains étaient crispées et vu comme l’arme brillait. Ce devait être un de ces gestes, actes rassurants qu’il avait pour penser à autre chose mais vu le temps qu’il passait dessus, il en avait besoin et… plus encore.
Elle s’était lévée, le rejoignant, l’enlaçant et il avait sursauté comme s’il ne l’avait pas senti venir cette fois.
Elle semblait inquiète de son attitude et essaya plusieurs fois de le faire parler mais il affirmait que tout allait bien, ce qui était clairement faux,il semblait bien moins savoir mentir aujourd’hui.
Finalement, la jeune femme enthousiaste se lança dans l’idée qu’ils se préparent un pique-nique et partent pour une longue chevauchée, un vol épique durant lequel il allait devoir lui « montrer de quoi il était capable ».
Tristan se crispa et refusa. Surprise, la jeune femme insista, le taquinant gentiment et quand il lui dit que vu son état, c’était hors de question, elle se rembrunit, affirmant qu’elle allait bien, qu’elle n’avait aucune séquelle etc. Elle insistait beaucoup, essayant de lui prouver qu’il se trompait et qu’elle était en forme en réalité, qu’il n’y avait pas lieu de s’inquiéter. Elle le taquinait beaucoup, insistant, lui effleurant le dos un peu trop suavement pour l’embêter, voulant absolument le faire céder et lui faire cesser d’être aussi ronchon aussi. Alors qu’il refusait, elle se mit à bouder un peu, se faisant tristounette exprès en sachant pertinemment qu’il ne pourrait jamais résister à cette petite mine adorable, elle le culpabilisait en murmurant d’une voix triste qu’il ne voulait pas lui faire plaisir, ce genre de chose… En temps normal, ça aurait probablement été le jeu auquel elle pensait sans doute qu’il jouait… Ca serait devenu un jeu si ce n’en était pas un dès le départ durant lequel elle aurait eu tôt réussi à le faire céder. Mais ce n’était pas un jeu, ça ne le deviendrait pas.

Brusquement Tristan se retourna vers elle, effrayant, les yeux entièrement jaune orangés, comme lorsqu’il était un dragon, de minuscules pupilles noires en amande rendant son regard plus animal encore, la bouche entrouverte, les dents serrées dans un rictus agressif, comme prêt à mordre, les sourcils froncés, la colère vive l’entourant comme une aura, il hurla…

- ARRETE ! J’AI DIT NON !

Il venait de lui hurler dessus… Il venait vraiment de lui hurler dessus.
Le visage de la jeune femme se décomposa alors que surprise et peur brillaient dans son regard. Face à elle, le visage de son compagnon changea également très vite et passa de cette puissante colère à une espèce de surprise, puis d’horreur, de peur et de culpabilité.
Inquiet, mortifié, il l’appela d’une voix tremblante par son surnom, mais elle se détournait déjà de lui, même si peu avant il l’avait coincée contre un mur, échappant doucement à sa silhouette imposante. Ses yeux étaient pleins de larmes.
Tristan eut l’impression de se prendre un coup de poing dans l’estomac et en ressentit la douleur et le manque de souffle correspondant. Il l’appela encore à plusieurs reprises mais elle ne le regardait pas, essayant probablement de faire bonne figure alors même qu’il l’avait probablement effrayée, blessée. Il réessaya et lui attrapa le poignet pour l’empêcher de s’éloigner de lui alors qu’elle s’était rapprochée du lit, sans doute pour prendre ses affaires, s’habiller, s’éloigner. Elle tenta d’échapper à sa poigne mais il la raffermit, quitte à lui faire un peu mal. Rapidement il se rapprocha, s’excusant comme il le faisait depuis quelques minutes, la voix toujours aussi tremblante, inquiet, désolé.

- Princesse, pardon. Je ne voulais pas… je… Je suis désolé…Je ne…

Il l’attira contre son torse et elle eut deux mouvements contradictoires, le repousser de ses deux mains à plat sur son torse et enfouir son visage légèrement en dessous de la base de son cou. Il résista, elle trébucha quand ses jambes buttèrent contre le lit, il voulut la retenir, ne réussit pas et ils basculèrent tous les deux sur le matelas, lui au-dessus d’elle cette fois-ci. Il se redressa sur les coudes, la regardant. Il culpabilisait beaucoup, cela se voyait à la tristesse qui brillait dans son regard orangé redevenu normal. Elle détourna le visage du sien, il le lui fit retourner d’une main douce contre une de ses joues, murmurant toujours tremblotant qu’il était désolé une fois de plus, qu’il allait lui expliquer, qu’il ne voulait pas… En boucle.
Elle se fit plus attentive malgré les larmes encore brillantes dans ses beaux yeux noisette.
Il lui raconta alors les soupçons du moine qui l’avait ausculté… résumant l’idée principale, c’était probablement les vols qui étaient responsables de son évanouissement, de ces vives douleurs de la veille. Logique, elle n’en avait pas eu avant ça. Elle allait probablement répliquer mais il ne lui en laissa pas le temps, cessant de la regarder pour glisser son visage légèrement au-dessus de son épaule droite, contre le matelas, tournant la tête pour appuyer son front brûlant contre sa tempe droite.

- C’est ma faute… Seulement ma faute… je merde déjà tout. Je suis désolé Cassy. Je… Je savais tout ça, j’en avais conscience, je n’aurais pas dû croire que parce que tu semblais aller bien, c’était réellement le cas… je…je suis désolé, tellement désolé… je ne veux pas te faire du mal, mais… je continue, tout le temps, je veux pas pourtant, non, je ne veux vraiment pas !

Sa voix s’étranglais et alors qu’elle cherchait doucement à le repousser probablement pour le regarder, rassurante, pour s’expliquer un peu avec lui, il refusa de bouger, s’agrippant au matelas en conservant sa position. Pourquoi ? Probablement parce que s’il pouvait encore juste mettre le chevrotement de sa voix sur le coup de l’inquiétude, de la détresse et de la culpabilité, les larmes qui coulaient sur ses pommettes du fait de sa position et qui caressaient probablement la joue de la jeune femme, parlaient mieux pour lui de sa tristesse. Et il ne voulait pas sembler faible devant elle, ça elle le savait déjà…
Il parla longuement, la voix si pleine de détresse que sa douleur en était palpable. Il s’excusait encore, inlassable de ne pas avoir été là pour la protéger, affirmant qu’il aurait dû éviter tout ça, qu’il aurait dû être là mais que non, bien évidemment, il avait tout raté, il l’avait laissée toute seule face au danger… Difficile de dire s’il parlait juste de ce viol ou… de leur séparation. Il avoua qu’il pensait souvent à ce qu’ils lui avaient fait, les images s’imposant à son esprit comme si un spectateur extérieur s’amusait à les lui montrer, les voyant bien trop précisément pour ne pas en être malheureux, d’autant plus impuissant. Il s’excusait tant, affirmait qu’il aurait dû être là, seulement là… C’était ce qu’il disait en boucle… Bien plus secoué parce ce qui était arrivé à la jeune femme que ce qu’il avait initialement admis.
Elle ne le repoussa plus et le laissa gentiment parler ainsi sans chercher à le regarder jusqu’à ce qui se calme. Quand enfin il se redressa, ayant jusqu’ici malgré tout pris garde de ne pas trop l’écraser sous son poids, très injustement une fois de plus, il n’était que peu marqué par son chagrin. Un humain aurait eu le nez rouge, les yeux injectés de sang et bouffis, les lèvres gonflées à force de les mordre, les joues marquées par le sillon de ses larmes. Non, lui avait juste le contour des yeux légèrement rouges ce qui faisait d’autant plus ressortir son regard orangé et une mine penaude, à se demander s’il pleurait vraiment et si c’était le cas si ses larmes ne s’évaporaient pas aussitôt !

Elle parla longuement pour le rassurer, pour le calmer. Il l’écouta se laissant faire, blotti contre elle, épuisé par toutes ces révélations. Ainsi ils attendraient encore un peu qu’elle aille mieux. Ils parlaient vraiment de vol là ?
Ils occupèrent sagement leur journée donc et n’en parlèrent plus, le sujet étant encore bien trop sensible. Tristan semblait encore désolé d’avoir crié sur sa compagne, comme le prouvaient toutes ses petites attentions et son absence momentanée qui se traduisit par l’initiative d’aller acheter des cookies à la jeune femme dans le village en contrebas.
La demoiselle fut examinée dans l’après-midi et on affirma qu’elle pouvait partir à présent tout comme Erwan qui allait mieux. La soirée se passa rapidement et tranquillement également et ils résolurent de partir le lendemain matin même.
Par respect, ils accompagnèrent Erwan jusqu’au portail par lequel il transiterait vers d’autres jusqu’à atteindre Glindel, néanmoins, le moment fut extrêmement tendus puisqu’ils ne se parlaient ni à l’un, ni à l’autre, tous très gênés par la situation.

Tristan s’éloigna galamment, bon prince, pour laisser à sa petite amie le temps de dire au revoir à son ex et de prononcer certaines paroles qu’elle aurait probablement évité s’il avait été près d’elle. Il l’attendait pensif sur un rocher en surplomb sur d’autres et sauta agilement au bas de ceux-ci quand elle le rejoignit. Son beau sourire et son air tranquille étaient autant de facteurs rassurants alors qu’ils se mirent à marcher la main dans la main. Elle lui avait annoncé vouloir rentrer à la cité et il avait acquiescé avec un sourire, impatient lui aussi. Ils seraient bien mieux là bas, plus d’espace, plus d’intimité, des lieux qu’ils connaissaient, ce serait mieux pour se retrouver. Mais alors qu’ils s’étaient arrêtés et qu’il finissait de manger, le jeune homme posa une étrange question.

- Dis… Quand tu as compris qu’Erwan m’avait raconté… m’avait menti pendant que tu étais inconsciente, tu étais très énervée et tu m’as ensuite expliqué que vous aviez rompu. Mais… Tu n’as rien dit pour… l’autre truc. Je me demandais pourquoi…  De toute façon, il avait menti non ? Tu n’avais quand même pas couché avec lui quelques heures avant de te faire violer et surtout… avant de venir me retrouver... si ?

Aie aie aie… Moment très gênant… qui entraîna des réponses d’autant plus gênantes qui crispèrent le grand jeune homme et firent danser dans son regard beaucoup de colère. Mais pourtant, ce n’était pas la faute d’Erwan, il était naïf, il n’avait pas compris… Néanmoins, même si c’était inexplicable, le jeune homme était profondément blessé que sa compagne se soit si facilement laisser aller à ce genre de pulsions alors qu’elle prétendait vouloir le rejoindre et qu’elle venait à peine de faire un énorme sacrifice personnel pour assurer sa protection. Non mais sérieusement ?! Elle couchait avec l’homme qu’elle voulait quitter juste avant de venir le rejoindre, alors qu’elle avait fait crac crac avec un horrible enfoiré et après ça violée, elle était terriblement mal à l’aise avec lui, ne lui donnant pas l’ombre d’un espoir que cela passe un jour ? Frustrant.
Tristan s’était pourtant contenté d’acquiescer sagement mais le reste du voyage fut étrangement silencieux. Il leur prit du temps puisqu’ils ne volaient pas surtout par pour la distance entre le portail le plus proche de la cité et celle-ci… Comme elle était secrète, il était fort difficile d’y accéder.

Finalement, ils arrivèrent et furent accueillis par une grande joie générale et une fête ne tarda pas à se préparer tandis que les deux amoureux, fatigués allaient poser leurs affaires et investir leur nouveau « chez eux ». La soirée se passa très bien dans la joie et la bonne humeur, tout le monde étant ravi d’apprendre que les deux tourtereaux étaient ENFIN officiellement ensemble et les remarques déplacées plus ou moins perverses furent de mise tout aussi bien pour le jeune homme que pour la petite mage. La fête se termina tard et ils allèrent se coucher, épuisés, Tristan la portant gentiment en ayant bien compris qu’elle avait mal partout après toutes les danses qu’elle avait dû accorder.

Le lendemain, ils se levèrent tard, parlèrent, se chamaillant doucement et s’embrassèrent à plusieurs reprises, comme s’ils étaient un peu moins gênés ici ou en avaient assez de cette distance de sécurité. Néanmoins, ils se cantonnaient à cela, des baisers. Lui du moins, jamais ses mains ne s’aventuraient sous la tunique de la demoiselle ou sa robe de chambre… Mais bizarrement, après cette matinée, Tristan commença à se faire distant, semblant ruminer de sombres pensées.
Les jours qui suivirent se ressemblaient tous, très blessants pour la jolie mage. Son compagnon passait en effet énormément de temps à s’entraîner et même si elle devait beaucoup méditer et se reposer, la jeune femme aurait sans doute apprécié qu’ils passent plus de temps ensemble. Bref, il s’entrainait énormément et dur, il partait souvent avant qu’elle ne se réveille ou quand elle se réveillait, l’embrassant du bout des lèvres, rapidement avant de se changer et de partir. Il mangeait rapidement, retournait s’occuper. Ils parlaient toujours beaucoup mais il semblait beaucoup plus distant, évitant soigneusement les contacts avec elle quand ils étaient seuls, un soin qui ne pouvait pas passer inaperçu. Il l’enlaçait quand ils dormaient ensemble mais cela se résumait essentiellement à ça. Une fois, elle avait voulu le rejoindre sous la douche alors qu’il revenait, exténué d’un entrainement qui allait probablement encore une fois entrainer un coucher tôt, fourbu, sachant pertinemment qu’il serait tout nu pour sa part. Il avait sursauté en la voyant, avait rapidement détourné la tête en cachant comme il pouvait son entrejambe et était rapidement sorti, s’enroulant dans une serviette. Bref… il ne la touchait quasiment pas, l’évitait et c’était blessant évidemment.
Ce régime semblait d’ailleurs un peu trop durer et finalement la petite mage avait dû trouver judicieux d’aller en parler à Maud. Elles parlaient très souvent ensemble, chez l’une ou chez l’autre.

Maud avait été ravie de savoir qu’ils étaient à nouveau ensemble même si son petit sourire mystérieux prouvait bien qu’elle s’en doutait. Elles avaient beaucoup parlé ensemble, comme seules des amies peuvent le faire, en particulier du viol de la jeune femme parce qu’il y avait des choses qu’elle ne pouvait pas dire à Tristan, que seule une autre femme pouvait comprendre et surtout sur quoi seule une autre femme pourrait la rassurer… Maud était son aînée et elle avait bien souvent beaucoup de réponses à ses questions.
Ce jour là néanmoins, alors qu’elles s’installaient sur la terrasse, une tasse de thé fumant entre les main, la future maman, de plus en plus enceinte et ayant de plus en plus de mal à s’en sortir avec son gros ventre et qui restait toujours aussi injustement radieuse et gracieuse, cherchons l’erreur, avait froncé les sourcils devant la morosité de son amie et l’avait questionnée. Cassidy semblait éprouvée par la distance de Tristan pourtant, contre toute attente un sourire moqueur étira bien vite les lèvres de la jeune dame.

- Mh, laisse moi résumer. Il t’embrasse très peu, évite les contacts avec toi, panique dès que tu cherches à le voir ne serai-ce qu’un peu dénudé, repousse toutes tes attentions et tes tentatives de contact, y compris sous la douche ce qui est quand même un grand pas comme si cela ne l’intéressait pas, il esquive tes caresses dès que vous êtes seuls et surtout il s’entraine énormément, ne passant que peu de temps près de toi, même quand tu viens le voir se battre, au point que le soir, épuisé, il s’endort presque aussitôt qu’il est allongé… oh et il refuse donc bien sûr que tu viennes avec lui sous la douche, décline tes invitations et prends donc de longues douches tout seul… J’ai tout bon ?

La petite mage acquiesçait, l’air d’avoir les nerfs à fleur de peau et prête à éclater en sanglots… c’est que ce devait être bien difficile à vivre quand même… La mine moqueuse de Maud n’arrangeait rien, celle-ci se mit d’ailleurs à rire puis lui prit gentiment les mains, les pressant.

- Cassidy… Il est dingue de toi voilà tout.

Sous le regard perplexe de la jeune femme, elle se fit plus explicite.

- Tristan a accepté sa part dragon et à travers celle-ci une sensibilité accrue. Les pulsions qu’il gérait autrefois si bien doivent le déstabiliser aujourd’hui totalement. Nous savons toutes deux, du moins je l’espère, à quel point te concernant elles ont toujours été très fortes, imagine si elles sont d’autant plus amplifiées aujourd’hui. Un seul de tes baisers doit attiser chez lui une flamme de passion qu’il a envie et besoin d’assouvir mais dont il doit chercher à se couper pour ne pas te blesser, ni te brusquer. N’oublie pas qu’il est resté seul pendant tous ces mois et qu’un homme a des besoins… je doute que Tristan ait un jour été capable de les assouvir suffisamment tout seul, alors aujourd’hui alors que tu es constamment près de lui ? Ses entraînements sont sans doute nécessaires à ce qu’il soit moins réceptif à ces contacts et s’il les évite autant quand vous êtes seuls c’est qu’il doit craindre ses réactions, se rassurant par la présence des autres pour l’arrêter s’il fait le moindre faux pas. S’il a du mal avec un de tes baisers, imagine ce que cela doit être par des caresses sous la douche… Il n’est clairement pas insensible à toi, c’est tout le contraire et à mon avis ses longues douches solitaires sont également des satisfactions personnelles de ses pulsions… Ne fais pas cette tête, c’est normal et naturel, le pauvre…

Elle se remit à rire, amusée par la situation et les fausses idées que la jeune femme était encore partie se mettre en tête.

- Cassy… Je suis consciente de ton traumatisme et du temps nécessaire à ce que tu puisses un jour accepter un autre homme pour autre chose que simplement des baisers mais… rappelle toi à quel point Tristan est différent et qu’il préférait se blesser lui-même plutôt que de te causer le moindre mal. Il t’aime profondément et que tu puisses douter de cela est totalement stupide, tu le sais bien pourtant. A défaut de pouvoir… « consommer » vos retrouvailles, rassure-le autant que tu peux… Il ne partira jamais volontairement voir ailleurs… mais vous avez besoin de ces contacts, au moins un peu… et puis il y a bien des moyens de satisfaire un homme. Tiens, d’ailleurs, j’ai un livre pas mal là-dessus, faudra vraiment que tu essaies les derniers chapitres quand vous aurez passé le cap de vos retrouvailles lentes, langoureuses et un brin trop roucoulantes…

Elle se leva avec un sourire et lui rapporta un épais ouvrage qui avait tout l’air d’être une vraie « bible » sur la sexualité homme/femme et leurs rapports. Ah, c’est vrai que la jeune dame était une experte en la matière, à ne pas oublier. Vu son sourire immense, elle attendait que Cassidy l’ouvre et s’empourpre à la première illustration. Bah quoi ? Après l’effort, le réconfort ! Elle l’avait rassuré, maintenant elle voulait s’amuser de son innocence ! Ou de ce qu’il en restait !
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Cassidy Herediane
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MessageSujet: Re: Un voyage pour apprendre à mieux se re-connaître ?   Sam 4 Jan - 22:31

Tout semblait plus simple. Ou du moins c’est ce que Cassidy pensait. Ils s’étaient enfin déclarés, leurs secrets, leur attirance certaine alors pourquoi tout n’était pas si instinctif ? Elle faisait la fière, comme si tout allait bien et c’était justement le cas parce qu’être avec le Drakkari lui faisait oublier toutes les souffrances qu’elle avait enduré. Même quand ils s’étaient retrouvés enfermer chez les Kaärs ça n’avait pas été traumatisant ! Alors oui, elle avait une grande confiance en lui, mais avait certainement oublié un détail important au cours de ces derniers mois. En effet, le jeune homme avait toujours été réticent, de se lâcher complètement. Il avait toujours une sorte de retenue et elle le voyait, elle le sentait. Dans son regard le Drakkari montrait une grande concentration, une douceur certaine, parfois une crainte.

Ce n’était que vers la fin, peu avant qu’il ne parte, qu’ils s’étaient véritablement laisser aller si on pouvait le dire ainsi. Car la jeune femme avait remarqué cet étrange bracelet de cuir autour de son poignet, de sa crainte quand il ne l’avait pas. Et dans les dernières fois, elle avait décidé de lui retirer d’autorité, leur promettant ainsi un très bon moment, très intense, encore mieux que toutes les autres fois. Mais jamais il ne lui avait parlé de ses pulsions, jamais très sérieusement. Il disait toujours qu’il avait peur de lui faire du mal, de la blesser. Etait-ce vrai ? Est-ce que les Drakkaris sont plus vigoureux que les humains ? Elle avait eu d’autres tests et c’est sûr, ce n’était pas la même intensité qu’avec Erwan. Le chef des Kaärs lui avait extrêmement mal mais ce n’était pas pareil non plus. Elle n’arrivait pas à distinguer toutes ces différences, cette retenue que lui avait avec elle. Avait-il peur de la brusquer ? De lui faire tellement mal sans le vouloir qu’elle refuse de continuer avec lui ? Mais tout ceci, elle n’en savait pas grand-chose. C’était des suppositions, de simples hypothèses et jamais elle n’avait osé lui en parler. Pourquoi ? Parce qu’elle s’en contentait, parce qu’elle n’avait pas matière de comparer et qu’elle estimait que la légère concentration des yeux orangés de son compagnon était juste un effet de l’envie de satisfaire sa petite amie. Oui sans doute…

Si elle n’avait pas été violée, si elle n’avait pas eu ces malheureuses expériences ces derniers temps et si ils avaient décidé d’aller plus loin et qu’elle se rendait compte qu’il était bien loin de son niveau d’avant, de cette retenue qui l’agitait, alors la petite mage aurait certainement tapé du poing sur la table et exigeant une explication. Elle était tellement têtue après tout. Et la jeune femme aurait été un peu choquée d’apprendre qu’il ne voulait pas lui faire du mal. Très gentil oui, attentionné également mais était-ce vraiment ça s’unir avec un homme ? Elle ne savait pas, elle ne savait plus. Parce que les dernières actions l’avaient plus troublé qu’autre chose, se remettant elle-même en question de savoir ce qu’elle désirait vraiment. Amour torride ? Passion enflammée ? Ou juste de la timidité ?

Néanmoins ce n’était pas le sujet actuel puisqu’ils parlaient de ce tatouage et il est vrai que c’était un sujet assez sensible. Pourtant Cassidy avait décidé d’aller de l’avant, de changer les choses. N’était-ce pas un point encourageant d’ailleurs de vouloir modifier le présent après ce qui lui était arrivé ? Qu’est-ce qui lui passait par la tête pour qu’elle décide, d’un coup, de modifier sa cicatrice alors qu’elle devrait être en train de se morfondre et s’en vouloir encore plus. Peut être faire un pas en avant, un choc qui la motiverait à passer outre toutes ces mauvaises aventures, c’était peut être ça au final. Il lui disait que le tatouage était cassé, elle en semblait un peu déçue. En effet, le contrôler de temps à autre l’amusait beaucoup, surtout quand c’était pour des jeux plus… amoureux ou simplement pour avoir droit à un petit déshabillage en règle dont elle se délectait à l’époque, complètement conquise. Ah ben apparemment c’était fini ce temps là. Cassidy préféra ne rien dire, hochant distraitement la tête alors qu’il tentait de la rassurer tout en déclarant qu’il l’amuserait, que ce n’était pas une décision en l’air même si les derniers mots avaient été dit avec une gêne palpable. Mais la discussion s’arrêta là alors qu’ils se couchèrent, amoureusement endormis l’un contre l’autre.

Quel réveil le lendemain matin et quelle stupeur de constater qu’il n’était pas dans le lit. Le Drakkari lui expliqua la situation et sur le coup, la jeune femme parut soulagée de le savoir en vie même si il était certain qu’elle se poserait d’autres questions bien plus tard et pas des questions très agréables certainement. Pour l’instant, elle acceptait son désir de vengeance uniquement pour deux raisons : Elle était encore en train d’émerger et il avait l’air d’aller plutôt bien.

C’est donc tout naturellement qu’il se posa contre elle, ayant comme idée de piquer un petit somme pour récupérer. La demoiselle le regarda un instant, se mit à soupirer, soulagée et occupa le reste du temps à caresser doucement ses cheveux rouges, le regard parfois perdu dans le vide, parfois le regardant avec tendresse, se demandant ce qu’ils allaient pouvoir faire pour occuper leur journée. Il se réveilla un peu plus tard et elle le taquina, l’embrassant une nouvelle fois, comme pour vérifier que tout allait bien et qu’il n’était pas encore ronchon ou comme tout à l’heure, le visage fermé et le poing tendu, pour une raison qu’elle ignorait.

Il l’embrassait lui également mais la jeune femme se rendit compte que ce n’était pas aussi intense que d’habitude. Où était passé les paillettes ? Les étoiles ? Le vertige qui fait trembler les jambes ? C’était un peu trop sage… et puis à chaque fois c’était elle qui devait faire le premier pas ! Bon d’accord elle avait subi un viol mais quand même, cela ne signifiait pas que la petite mage était en sucre ! Elle hésitait sur ce qu’elle devait dire, pour le secouer un peu, parce que… peut être au fond d’elle, était-elle un peu déçue. Au départ, Cassidy avait bien envie de lui parler d’Erwan, ajustant une certaine jalousie, répliquant sur le fait que pour le moment il gagnait en matière de baisers mais était-ce vraiment approprié ? Elle risquait de faire beaucoup de peine au Drakkari et malgré le fait que les livres sur les relations lui apprenaient qu’il fallait parfois jouer avec ça, elle se refusait de prendre ce risque, ce qui le mettrait plus mal à l’aide et pouvait le faire réagir dans le sens opposé à ce qui était attendu. Alors, taquine, la jeune femme le mit au défi de mieux embrasser, quitte à perdre les pédales mais n’était-ce pas ce qu’elle attendait au final ? Elle était bien inconsciente.

Pendant un instant, il était sur le point de s’approcher d’elle et Cassidy ferma les yeux pour mieux apprécier le moment. Seulement ce n’était pas le grand baiser vertigineux qu’il lui donna mais un tout petit frôlement qui laissa un sentiment de frustration à la demoiselle. Le Drakkari avoua qu’elle ne le connaissait pas aussi impliqué et qu’il gagnerait forcément. Elle rouvrit les yeux, à moitié déçue, mais ses sourcils prirent une certaine orientation ainsi que sa bouche légèrement pincée, un regard plein de détermination, comme si elle cherchait à lui dire « Tu veux parier ? ». Cela ne dura qu’un bref instant alors qu’elle détournait vivement la tête après lui avoir fait une petite grimace, ne soutenant pas plus son regard que ça.

Finalement après un repas et une petite vengeance personnelle qui amusa beaucoup Cassidy, ils sortirent pour aller s’entraîner. Le temps était sec, frais malgré le fait qu’ils venaient de s’arrêter à un endroit plus bas dans la vallée même si cela n’empêchait pas le froid d’être présent. La jeune femme était vêtue d’une grande cape, grelottant quand même légèrement mais un peu d’exercice ne leur ferait pas de mal alors qu’elle commença par échauffer ses bras et ses poignets, faisant de larges mouvements pour éviter de rester coincée sur place.

Tristan avait toujours été un bon professeur et cela se voyait dans sa façon d’expliquer. Manier une arme, il aimait ça. Cela lui permettait de ne pas être totalement dragon et elle était quand même très impressionnée qu’il ait repris aussi rapidement ses réflexes. Cassidy, pour sa part, était bien rouillée. Elle se rappelait avoir participé à de nombreux combats, avoir rétamé pas mal d’hommes et avait même fait sa petite démonstration à la veillée, le soir où elle avait retrouvé Tristan. Cependant à chaque fois elle utilisait plus ou moins sa magie pour s’en sortir, sortant sa dague au dernier moment quand l’adversaire était suffisamment sonné pour pouvoir l’achever d’un coup bien plus mortel que quelques étincelles même si elle affectionnait tout particulièrement le feu, secret supplémentaire de la présence de son dragon.

Concentrée, elle appliquait chaque conseil à la lettre. Cassidy avait toujours été une bonne élève… du moins quand ça l’intéressait. Le fait qu’elle soit aussi investie dans le combat était une preuve évidente de son évolution, petite mage naïve qui n’avait plus envie de se laisser faire et voulait vraiment donner du fil à retordre à ses adversaires, magie ou pas. Après tout, elle avait failli y laisser la vie sur un champ de bataille alors qu’elle hésitait encore à tuer son ennemi. Mais si elle ne se battait pas, alors les autres prendraient le dessus. Autant tout donner plutôt que d’abandonner, leur mener la vie dure. Supplier de laisser la vie sauve ne marchait pas, si elle savait qu’elle risquait de mourir à tout moment. Biens sombres pensées qu’elle gardait dans un coin de sa tête, les laissant refoulées en évitant soigneusement dans un coin de sa tête. Mais malgré tout, c’était bien sa générosité qui avait convaincu Alanir de se joindre à elle. C’est bien parce qu’elle était différente des autres, se souciant de la valeur d’une vie qu’il lui avait confié ce qui était le plus précieux à ses yeux. Mais aujourd’hui, elle avait un peu changé, lasse de se rendre compte des pièges qu’on lui mettait sur le chemin. On voulait la rendre malheureuse non ? Alors elle ne pouvait pas se permettre d’avoir encore de l’espoir, de laisser le bénéfice du doute. Trop de choses s’étaient passé pour qu’elle ait encore l’envie d’espérer.

Elle s’entraînait plutôt bien et lorsqu’il lui indiqua que sa langue était une mauvaise idée, la jeune femme manqua de se rebiffer, expliquant que ce n’était pas la première fois qu’elle se battait et que si il lui faisait des réflexions là-dessus eh bien elle abandonnait. Pourquoi cela la mettait-elle d’aussi mauvaise humeur ? Secouant la tête en rentrant sa langue, Cassidy regarda un instant le ciel blanc, couvert de nuages puis respira un bon coup. Elle devait se ressaisir, il ne faisait rien de mal après tout, se contentant d’un sourire d’excuse, oui c’est bien tu as raison.

Le temps passait, le vent soufflait dans les branches des arbres dénudés et au milieu d’une petite clairière, un étrange duo s’entraînait. La petite mage hésita bien sûr à l’attaquer sérieusement, parce qu’elle ne voulait pas le blesser après tout. Oh que risquait-elle après tout ? Cependant, elle avait quand même une mauvaise impression. Mais dans ces coups, au fur et à mesure que la combattante débutante prenait de l’assurance, elle devenait plus précise, plus rapide. Cela ne ressemblait pas encore à une danse, fluide, artistique car ses attaques étaient plutôt brutales, une bûcheronne. Ce n’était jusque que quelques coups de dague, visant une hanche, l’abdomen, feintant un coup de pied avant de lever la main qui tenait la dague. Elle évaluait son adversaire. Combien de fois l’avait-elle vu s’entraîner pour se rendre compte qu’il n’était pas du tout sérieux lui ? Alors elle se donna deux fois plus, la sueur apparaissant sur son front, ses joues rougissantes, un nuage d’oxygène s’échappant de sa bouche alors qu’elle redoubla d’efforts, étant apparemment à son maximum. Pour le battre, pour le prendre par surprise, elle aurait du utiliser la magie. Mais était-ce vraiment la bonne idée pour qu’il soit fier d’elle ? Non pas vraiment…

Mais à un moment, alors qu’elle laissait croire une feinte sur le côté, la demoiselle enchaina un coup direct. Tristan fut bien obligé de l’arrêter d’un mouvement ferme mais il la félicita. La jeune femme se mit à sourire, relevant une mèche de ses cheveux qui tombait sur ses yeux pour s’exclama qu’elle avait bien chaud maintenant tout en enlevant le mince gilet au-dessus de sa tunique qu’elle accrocha à un arbre.

Il indiqua vouloir faire une pause, ce qui était certainement très plaisant pour la demoiselle. Oh elle aurait pu tenir encore longtemps… si elle n’avait pas eu des petits incidents les jours précédents. Mais cela sonna plus comme une belle délivrance alors qu’elle se dirigea vers l’arbre où se trouvaient leurs affaires, ouvrant la sacoche pour en sortir une gourde d’eau fraîche pour se désaltérer. Cela lui fit le plus grand bien malgré le fait que l’eau était gelée. La demoiselle s’ébroua un instant puis essuya méthodiquement la sueur qui gouttait de son visage, fixant le Drakkari qui regardait l’horizon.

Cassidy étala ses jambes dans la neige, soupirant un instant, la tête plongée dans ses pensées. Puis elle se fit plus malicieuse et c’est très discrètement qu’elle avança derrière Tristan puis lui sauta dessus avec un rugissement de guerrière, le déstabilisant et le faisant rouler dans la neige. Les joues rougies, le sourire adorable, elle se rapprocha tout près de lui pour déposer un magnifique baiser sur ses lèvres, parlant de récompense. Et enfin, il y répondit avec un peu plus de passion et c’était déjà mieux ! Surprise d’ailleurs, ses bras tremblaient un peu, mais prit du temps pour bien savourer ce baiser qui sonnait comme une belle récompense.

Apparemment l’entraînement était suffisant pour aujourd’hui. Cassidy déclara à Tristan qu’elle allait sûrement avoir plein de courbatures et qu’un bon massage ne serait pas de refus ce soir après la douche pour éviter d’avoir trop mal le lendemain. Elle souriait. Mis à part les petites douleurs par ci par là, elle n’avait pas mal du tout et ça n’avait rien à voir avec les jours précédents. Elle parlait de pas mal de choses, si il pensait que les moines les laisseraient bientôt repartir, puis lui demanda également comment il avait réussi à s’entraîner aussi rapidement malgré sa perte de mémoire. Elle lui disait également qu’elle aimerait bien apprendre à cuisiner pour lui faire de bons petits plats. Bref, des choses simples, discussions légères alors qu’ils se câlinaient sous un arbre, la demoiselle prétextant que c’était pour éviter le choc thermique entre le froid et le chaud.

Après cette journée si riche en apprentissage et détente, le moment de la douche sonnait comme une royale délivrance, alors qu’elle grimaçait un peu sous l’eau, se frottant sa peau dénudée dans un geste naturel. Mais tout bascula en un instant. Elle ne comprit absolument pas cette douleur qui la tiraillait dans le bas ventre et son intensité qui n’avait rien de naturelle. Les paroles de la sorcière qui résonnaient dans toute la pièce la laissèrent effrayée alors qu’elle se dépêcha d’aller vomir, sentant sa conscience la quitter petit à petit. Puis elle tomba au sol, évanouie.

De ce qui se passa après, elle n’en sut absolument rien et lorsqu’elle se réveilla, battant lentement des paupières, la jeune femme aperçut Tristan installé à côté d’elle sur le lit. Elle fronça les sourcils, cherchant à remettre de l’ordre dans ses souvenirs puis instinctivement, toucha son bas ventre pour vérifier que tout allait bien, tirant une drôle de tête au passage. La demoiselle regarda un instant son compagnon alors qu’elle voyait flou.

« Tris’ ? Ca va ? S’est passé quoi ? »

Elle se redressa sur le lit, le dévisageant du regard alors qu’il expliquait juste… eh bien qu’elle s’était évanouie mais rien de très concret. Etait-ce une bonne chose de lui cacher ce qui lui arrivait ? Peut être que oui ça lui éviterait de faire des folies. Peut être que non, car lorsqu’elle l’apprendrait, la petite mage risquait de très mal le prendre qu’on lui cache quelque chose qui LA concernait directement. Ne semblant pas vraiment convaincue par les explications bredouillantes du Drakkari, elle soupira en tournant la tête, cherchant par elle-même la cause de ce qui avait bien pu se produire et pourquoi.

« Nan ça va très bien ! Des petites douleurs par ci par là… peut être à cause de la chute mais bon c’est comme les courbatures, ça part vite quand on a l’habitude ! »

Prenant tout ce qui lui arrivait avec beaucoup de légèreté sans montrer le moindre signe de douleur, elle regardait Tristan avec curiosité. Elle allait bien non ? Si c’était un mensonge sa prétendue bonne santé, alors pourquoi la petite mage n’avait pas l’impression d’avoir mal ? C’était la première concernée non ? Et puis, elle s’était bien retrouvée les jambes en vrac mais cela ne l’empêchait pas de voler avec Alanir non ? Ce qui était bien avec ce dragon, c’est qu’il ne la traitait pas comme un petit bout de porcelaine fragile qui pouvait se casser à tout moment. Ou peut être était-il animé du même brin de folie qu’elle. Enfin, ce qui s’était dit entre Tristan et les moines, elle n’en savait rien.

Cependant, la seule chose qui lui revint à l’esprit, c’était les paroles de la sorcière. A cette pensée, Cassidy serra le poing très fort, quitte à s’enfoncer les ongles dans la peau, très contrariée. Elle s’en voulait d’être aussi faible, d’être tombée d’un coup et surtout, il lui était impossible de trouver une explication logique à ce qui s’était passé. Avoir une douleur aussi importante d’un coup n’était tout simplement pas normal. Que se passait-il ? Lentement, la petite mage réfléchissait pour trouver une raison. Une attaque à distance ? Comment cela pouvait-il être possible ?

« Dis… ils ont dit quelque chose de particulier les moines ? Je sais pas… une… magie étrangère ? Un truc qui n’est pas à sa place ? Un déclencheur ? »

Ses questions étaient plutôt pertinentes mais tout ce qui se passait, c’était que Tristan devait avoir l’impression qu’on lui remue le couteau dans la plaie, ce qui ne devait pas être très agréable alors qu’elle le regardait, ayant effacé toute trace de tension de son visage, desserrant son poing. Elle ne devait pas s’attendre à une réponse car il se contenta de dire qu’il ignorait. Après tout, qu’aurait-elle fait ? Faire exploser sa magie pour détruire le parasite ? Se mettre en danger ? Elle en était bien capable après tout.

La jeune femme se mit grincheuse, traita l’incompétence des moines avant de se rapprocher de Tristan pour dormir. Mais à sa grande surprise, il lui tourna le dos. SBAM ! Heu… elle rêvait là ? Il refusait de faire un câlin ? Non mais elle n’était pas morte quand même et tout allait très bien ! Son visage se ferma alors que ses yeux fixaient le dos du Drakkari sans comprendre, apparemment contrariée qu’il l’ignore autant. Cassidy poussa un soupir exaspéré, marmonna un « Bonne nuit » sèchement avant de fermer les yeux. Mais elle aussi mit beaucoup de temps à s’endormir.

Le lendemain matin, elle se réveilla doucement mais ne sentit pas la présence du Drakkari à côté d’elle. Allons bon il boudait encore ? Cassidy s’étira paresseusement, comme un chat, puis aperçut la silhouette de Tristan de profil, assis sur le lit, en train de nettoyer son épée comme si de rien n’était. Elle fronça les sourcils, un peu peinée qu’il ne vienne pas lui faire un câlin ce matin et que son arme attirait plus son attention qu’elle-même. Soupirant un instant et levant les yeux au ciel, la demoiselle décida de faire le premier pas pour tenter de le dérider. Elle se mit à quatre pattes puis vint se coller dans son dos tout en l’enlaçant, lui murmurant un « salut » avec beaucoup de tendresse à son oreille puis déposa un baiser dans son cou. Le Drakkari sursauta légèrement, comme si il ne s’y attendait pas et la demoiselle fronça légèrement les sourcils, se demandant si il boudait et ne comprenant absolument pas son attitude. Elle le relâcha et se redressa, s’asseyant à côté de lui sur le bord du lit, le dévisageant avec inquiétude, posant une main rassurante sur le poignet du jeune homme.

« Hey ça va ? Tu as l’air contrarié… C’est moi qui te dérange ? »

Il répondit que non mais sa réponse manqua de sincérité. Que se passait-il encore qu’il ne voulait pas lui dire ? Il devait être honnête non ? Cela fit un peu de mal au cœur de la demoiselle qui ne s’attendait pas à autant de distance de sa part, un peu déboussolée. Elle baissa lentement les yeux puis son regard s’illumina, une idée venant de germer dans son esprit alors qu’elle le regarda à nouveau, un magnifique sourire sur son visage.

« Bon je pense qu’on a bien besoin de s’amuser aujourd’hui pour oublier ce qui s’est passé hier ! Que dirais-tu d’un petit pique nique au bord d’un lac ? On pourrait en profiter pour s’entraîner encore un peu au vol et j’ai bien envie de tester quelque chose ! Et puis y a des figures que tu devrais tester, j’ai besoin de sensations fortes aujourd’hui ! »

A sa grande surprise, Tristan refusa. Elle écarquilla les yeux, ne s’attendant pas à une réponse négative alors qu’il avait toujours encouragé le vol. Puis son sourire revint alors qu’elle caressa du bout des doigts sa main. C’était un jeu pas vrai ?

« Hein ? Oh allez ça va être marrant ! Et puis tu adores ça voler ! Tu sais que j’aime aussi ! Et puis j’ai pas envie de rester enfermée ici alors qu’il fait beau et qu’on peut profiter du ciel pas vrai ? »

Petit clin d’œil complice alors qu’elle remonta ses doigts le long de son bras. Il lui parlait de son état, elle se rebiffa aussitôt s’arrêtant un instant, sans comprendre.

« Mon état… mon état… tsss ! on dirait que je suis une grand-mère ! J’ai pas soixante ans encore ! Je t’assure que tout va bien ! Tiens tu veux que je fasse des roulades sur le sol pour te montrer ? Je peux m’échauffer avant si tu veux ! Enfin j’ai vu pire ! Et tu peux me croire, franchement je n’ai aucune douleur bon quelques courbatures ça c’est parce que tu m’as pas massé hier et je vais devoir me venger pour ça mais c’est tout, rien que ça ! »

Elle paraissait pourtant honnête dans ses paroles, ne comprenant pas pourquoi il était aussi catégorique. Cassidy se leva même pour effectuer quelques pas de danse sur le tapis, grand sourire, l’air de dire qu’il pouvait voir et admirer de lui-même, il n’y avait rien à craindre. Encore une fois il déclina. La jeune femme s’avança vers lui, plus séduisante et aguicheuse, faisant parcourir lentement sa main dans le dos du Drakkari, marmonnant un petit « S’il te plaît » adorable à la manière d’une gamine qui demandait des bonbons devant une confiserie. Encore un non. Bon elle trouverait bien autre chose.

Tournant la tête et croisant les bras d’un air faussement ronchon, elle se détourna de lui.

« Puisque c’est comme ça je te fais la tête ! Méchant Drakkari qui veut pas me faire plaisir ! »

Puis elle se rapprocha très près de lui pour faire la moue.

« Tu ne veux pas faire plaisir à ta princesse ? Tu sais que je vais être très triste sinon… »

Cassidy continua son manège un petit moment, continuant de le taquiner, le toucher. Mais lorsqu’il se tourna vers elle pour lui répondre, tout ce que la demoiselle vit c’était de la colère, et un air très effrayant. Il hurla alors qu’elle sursauta, fermant les yeux sur le coup, complètement prise au dépourvue. Son sang se figea dans sa poitrine comme si elle venait de prendre une baffe monumentale. Elle tremblait. Puis rouvrit les yeux, plus agressive que jamais. Avait-il oublié qu’elle détestait les dragons ? Qu’elle était émotionnellement à fleur de peau ? Qu’elle avait appris à répliquer par la colère et le retour de haine ces derniers temps ? Apparemment oui…

Elle le fixait avec beaucoup d’intensité, le regard complètement sombre, furieux, et l’envie de lui coller une gifle était grande. L’air de dire « Tu veux te battre ? ». La jeune femme réagissait comme ça, les poings serrés alors qu’elle hurlait mentalement sa rage sans ouvrir la bouche.

*MAIS ALORS EXPLIQUE MOI POURQUOI TU NE VEUX PAS BORDEL ! FICHU DRAGON !*

La tension était palpable, tout autant que sa magie qui semblait beaucoup plus puissante ou instable d’un coup.

Heureusement, la jeune femme se reprit assez vite, se demandant ce qui la faisait réagir comme ça. De la colère elle passa à la peine, la tristesse, comme si il lui avait fait énormément de mal. Cassidy se redressa d’un coup du lit, sans dire un mot, prête certainement à prendre ses affaires pour partir d’ici. Il la coinça contre un mur, tentant de l’appeler. Mais c’était trop tard parce qu’à trop vouloir lui cacher le fond du problème, il en était arrivé à ne plus pouvoir se contrôler. Elle qui pensait que ça serait plus simple. Tiens pour le coup elle devrait aller voir Erwan pour réclamer un gros câlin na ! Effrayée ? Non… elle avait vu des dragons plus impressionnants et plus en colère que ça… mais blessée ça c’était certain. Parce que c’était lui et qu’elle l’estimait au dessus des autres. Parce qu’elle lui faisait confiance. Parce qu’ils étaient repartis sur de bonnes bases… finalement non et cela était encore plus douloureux.

Ne le regardant pas et passant sous son bras, c’est d’une démarche d’outre-tombe qu’elle se dirigea vers le lit pour récupérer ses affaires, ne lui accordant pas un seul regard. Ses yeux brillaient de larmes alors qu’elle cherchait encore à comprendre la cause. Il lui prit le poignet, elle le repoussa faiblement. Il insista et la fit tomber sur le lit, s’excusant, encore et toujours alors qu’elle le dévisageait. Il s’expliquait sur le fait que c’était sa faute, qu’il lui avait fait du mal et qu’il continuait encore. S’en suivi un très long discours sur le fait qu’il regrettait de ne pas avoir pu la protéger du reste, d’être parti comme ça. Cassidy écouta attentivement, comprenant un peu mieux le malaise de la situation. C’était à elle de lui expliquer.

La jeune femme leva la main vers les cheveux du Drakkari, lentement, replaça une mèche de ses cheveux rouges et murmura doucement sur surnom. Puis après un moment, il se redressa. Elle s’adossa contre les oreillers et le prit contre elle, le berçant doucement.

« Ecoute Tris’… je ne te mens pas je ne ressens rien à part des courbatures. Alors peut être que c’est plus profond que ça mais en extérieur je ne cherche absolument pas à minimiser la douleur. Je te l’ai dis, j’ai eu pire que ça avant alors je pense être capable de faire la différence. »

Léger sourire alors qu’elle lui donna une pichenette sur le bout du nez.

« Si tu veux attendre un peu plus pour voler, soit, je devrais me faire examiner plus régulièrement pour être sûre si ça t’inquiètes. En ce qui concerne le passé… tu sais on ne peut pas le modifier et t’en vouloir maintenant ne changera rien à la situation. En revanche, on peut toujours améliorer le présent et le futur. On peut toujours faire des erreurs, j’en fais beaucoup aussi, je suis une vraie tête de mule mais je pense qu’il ne faut pas s’arrêter à ça. J’ai besoin de toi… maintenant. Le fait que tu sois là, que tu ailles bien, c’est tout ce qui m’importe pour sourire, peu importe le temps que toute cette guérison peut prendre, je peux te dire que je me sens déjà beaucoup mieux. Ah et si tu crois que tu as quelque chose à voir avec mon malaise, c’est faux. Mais… tu aurais peut être du partager la douche avec moi et j’aurais eu des bras pour me soutenir quand je commençais à chuter… »

Elle lui fit un sourire taquin, continuant de le bercer, gentiment, lentement, fredonnant une petite berceuse comme pour l’apaiser.

Le reste de la journée fut sage, calme, même si parfois Cassidy regardait d’un air déçu vers la fenêtre, soupirant. Un oiseau privé de ses ailes et retenu dans une cage est malheureux. Elle n’était pas comme Tristan mais la demoiselle tenait beaucoup à sa liberté quand même. Savoir qu’elle restait enfermée ici la rendait folle même si elle ne le montrait pas. A un moment, elle déclara à Tristan aller voir les moines de l’infirmerie pour avoir plus d’informations et demander des précisions. Il en profita pour aller faire un tour dans le village du bas.

Mais alors qu’elle entrait à l’infirmerie, son regard changea, devenant bien plus sombre, faisant ressortir toute la colère qu’elle avait accumulé ces derniers temps. L’énergie semblait crépiter de son corps alors qu’elle prononça quelques paroles, clouant les moines au mur, les soulevant au-dessus du sol. Elle était furieuse.

« Qu’avez-vous dit à Tristan au sujet de mon malaise ? »

- Enfin Damoiselle calmez vous !

« Non je ne me calmerais pas ! Qu’avez-vous dit pour qu’il soit dans cet état ?! Qu’est-ce que j’ai ? Si vous ne me répondez pas je vais vraiment me fâcher ! »

Pas commode la petite mage qui semblait être en proie à un accès de rage qui lui permettait d’évacuer la frustration de ses derniers jours. L’un deux, effrayé, murmura à son collègue qu’elle était vraiment effrayante. Cela piqua au vif la petite mage qui s’approcha de celui là, le fit un peu redescendre, le regard noir, puis enfonça son poing sur l’arcade sourcilière du jeune moine, sous l’impact du choc il tomba au sol, surprit. D’autres moines, alertés on ne sait pas trop comment, arrivèrent dans la pièce. L’un d’entre eux prononça une formule mystique et des anneaux de lumière apparurent autour des bras et des jambes de Cassidy. Les moines en hauteur redescendirent doucement alors qu’elle tentait de se débattre, difficile contrôlable, utilisant sa magie comme pour donner un impact et faire exploser les anneaux de lumière. Le moine âgé s’approcha de la demoiselle, restant très calme alors qu’apparemment ses canines avaient poussé, la rendant furieuse.

- Il faudrait vraiment que tu apprennes à te contrôler… Cassidy. Ta puissance est capable de faire bien des dégâts et ça ne serait pas bon pour l’équilibre de ce monde. Ressaisis toi un peu, tu ne peux pas laisser le mal qui te ronge s’emparer encore une fois de ton corps. Nous l’avons stopper une fois mais je ne pense pas qu’on y arrivera une deuxième fois.

Elle haussa les yeux au ciel, comme agacée.

« Ouais ouais je sais j’ai compris ! Mais comment voulez vous que je me calme dans ces conditions ? »

-C’est à toi de trouver la paix intérieure jeune fille… La vie est un combat quotidien. Sers toi de cette puissance pour sauver les gens, pas les détruire. Contrôle là… Apprivoise-là… Et n’oublie jamais de penser aux personnes qui comptent sur toi… n’abandonne jamais… Tu dois prouver que les rumeurs à ton égard sont infondées.

Cassidy grogna mais se calma petit à petit. On lui en demandait beaucoup quand même mais cela l’apaisait un petit peu. La voix du moine était apaisante, calme. On aurait dit qu’il utilisait sa propre énergie comme une magie qui avait le don d’apaiser les gens. Elle soupira en baissant la tête, ses crocs reprenant une dimension normale alors qu’il fit disparaître les anneaux de lumière, lui déclarant qu’elle était encore trop nerveuse pour qu’on lui révèle quoi que ce soit et que les réponses apparaîtront quand elle se sera calmée d’elle-même.

La jeune femme retourna dans sa chambre, pensive. Heureusement que Tristan n’avait pas assisté à ça, il aurait été très surpris. Etait-il responsable de son comportement ? Ou bien c’était l’enfermement et l’isolement qui la rendaient folle ? A vrai dire elle n’en savait rien mais quand il rentra avec des biscuits, elle l’accueillit avec un énorme sourire de reconnaissance, comme si rien ne s’était passé, se contentant de s’agripper à son cou, pour l’embêter encore un peu.

Finalement on demanda à l’examiner dans l’après midi et les guérisseurs jouaient bien la comédie, feignant de montrer au Drakkari qu’il s’était passé quelque chose, même si l’un des jeunes avait apparemment un gros cocard à l’œil droit et qu’il avait l’air de très mauvaise humeur. Cassidy se contentait de lever fièrement la tête, comme si de rien n’était.

C’est plutôt soulager que les moines firent leurs adieux au trio qui prit le chemin du retour. Cassidy ne disait pas un moment, encore trop songeuse. L’ambiance était plutôt tendue, surtout entre les deux hommes qui semblaient se jauger du regard alors qu’elle était bien trop occupée à réfléchir pour leur demander de s’arrêter. Après tout elle n’y pouvait rien, c’était typiquement masculin. Ils chevauchèrent pendant un moment et enfin, le paysage changeait. La neige était fondue par endroit alors qu’ils s’approchaient d’un des téléporteurs qui menait au territoire neutre. Tristan se mit de lui-même à l’écart, laissant un peu d’intimité pour l’archer et Cassidy. Il est vrai qu’elle n’aurait pas tenu le même discours autrement.

Le jeune homme tenait les rênes de son cheval, le visage crispé. Cassidy regardait l’horizon, le ciel qui se couvrait de trainées blanches de nuages, le vent s’agitant dans ses cheveux et son foulard violet qu’elle avait fixé sur ses oreilles, pour éviter qu’on remarque son petit changement chez elle. Elle faisait tellement sérieuse, grave pourtant alors qu’Erwan entama la discussion.

- Alors c’est vraiment décidé, tu pars avec lui ?

« Oui Erwan je te l’ai déjà dis… Je suis désolée que ça n’ait pas pu marcher entre nous mais je sais que je serais une menteuse si on avait continué ainsi. Ca ne veut pas dire que je ne t’apprécie pas même si tu as dis des choses pas sympas à notre sujet ! Mais voilà… Je ne vais pas me forcer non plus. Merci à toi d’avoir été là… je t’en suis vraiment reconnaissante et je te considère toujours comme un bon ami… »

Elle avait entortillé une mèche de ses cheveux en disant ça, choisissant soigneusement ses mots même si c’était compliqué. Erwan hocha la tête lentement puis se mit à sourire.

- Tu sais où me trouver si tu as besoin d’aide…

Puis il franchit le portail. Cassidy souffla lentement. Ca allait être beaucoup plus simple maintenant. Elle ne se cacherait plus sur son attirance pour Tristan, ils allaient pouvoir se reconstruire petit à petit. En voyant le beau Drakkari, posé sur son rochet, la demoiselle eut un sourire affectueux, se sentant beaucoup plus légère et ne regrettant absolument pas sa décision de rentrer avec lui. Cela la rendait euphorique, heureuse. Mais le bonheur fut de courte durée. En effet, Tristan posa une question très gênante ce qui crispa la petite mage, ne s’attendant pas vraiment à ça. Elle soupira un instant, cherchant à rester calme puis levant la tête vers le ciel, apparemment cherchant aussi soigneusement ses mots.

« Ca… c’était vrai. Mais pas comme tu peux le penser ! Tu sais bien que je réagis un peu bizarrement à tout ce qui est… alcool ou potion ? A voir la tête d’Erwan je pense qu’il ne s’y attendait pas vraiment. Si j’ai bien compris c’est un vendeur ambulant qui lui a donné cette bouteille et j’ai… enfin mince mes pulsions ont pris le dessus ! Je sais pas si c’était l’épuisement, le trouble, j’en sais absolument rien mais je regrette de ne pas avoir eu assez de résistance »

Il avait l’air en colère alors qu’elle le regardait, hésitante, avant de se faire plus vive.

« Enfin mince ! Tu penses sincèrement que j’avais envie de… alors que j’avais pris la décision de te rejoindre ? J’ai rien compris et je ne suis pas aussi douée que toi pour me retenir, j’aurais peut être du me cogner la tête pour m’assommer et ne rien faire enfin voilà… »

Elle était extrêmement gênée et cela ne semblait pas avoir convaincu Tristan qui resta très silencieux. Cela résonna douloureusement dans le cœur de la petite mage qui pensait qu’il la croirait et alors qu’elle peinait beaucoup à se remettre de toutes ses émotions. Mais peut être fallait-il lui laisser un peu de temps encore…

Ils furent très bien accueillis à la cité, malgré le malaise qu’il y avait eu entre eux. Si Tristan avait l’air de bien le prendre, Cassidy était quand même un peu plus timide, certainement bien fatiguée par le voyage et rougissant aux moindres remarques qui lui étaient adressées, regardant Tristan un peu plus loin, attendrie. Elle avait envie de se poser pour dormir mais on insista pour faire la fête, comme c’était le cas à chaque fois qu’il y avait une bonne nouvelle. La bonne humeur était contagieuse et dérida rapidement la petite mage qui dansait avec son compagnon, alors qu’il l’aidait.

Combien de danses avait-elle accordée ? Beaucoup apparemment ! Et heureusement que son chevalier était là pour la soutenir et la ramener dans ses bras alors qu’il la tenait contre lui. Toutes leurs affaires étaient ici, tout comme les vêtements que Maud lui avait offert. Cassidy souriait mais comme elle était déjà bien fatiguée, elle fut attirée par l’appel du sommeil et se roula comme un chat dans le lit de Tristan après avoir mis une tenue de nuit.

Le lendemain matin, elle se réveilla, encore un peu fatiguée et les jambes douloureuses d’avoir trop danser. Contrairement à Tristan, ses cheveux étaient rebelles, une grosse tignasse blonde sur le dessus de sa tête, les cernes sur ses yeux alors qu’elle marmonnait des paroles incompréhensibles. Tristan était charmant avec elle, la câlinant, ils s’embrassaient un peu, très sagement. Elle lui disait être heureuse et contente d’être là avec lui, se collant contre lui, parfois un peu timide mais réellement décidée à aller bien plus loin avec lui, malgré tout ce qui s’était passé. La matinée était bien entamée et après le repas de midi, le jeune homme déclara qu’il allait s’entraîner pendant qu’elle se reposait.

Elle n’avait pas l’air d’accord à l’idée de rester encore enfermée dans une pièce mais ne voulant pas trop l’inquiéter et vite récupérer, elle accepta. Cependant, ce fut le début d’une série d’éloignements que la petite mage ne comprit pas du tout. Elle le sentait renfrognée, distant alors qu’elle passait les premières journées au lit, ou en train de méditer, ou en lisant. Mais il rentrait toujours tard, la laissant malheureuse alors qu’elle n’avait personne avec qui parler. C’était donc ça l’amour qui devait être plus simple ? C’était plutôt vexant et douloureux ! Au départ elle ne disait rien, pensant qu’il lui faudrait peut être un peu de temps, qu’il était perturbé. Elle parlait également beaucoup avec Maud, un peu de tout et de rien mais se confiant au sujet du viol, émettant de sérieux doutes à avoir de nouveau une relation épanouie même si elle détournait la tête en disant ça, d’un air détaché alors que ses yeux trahissaient un certain malaise et une grande douleur.

Parfois elle passait sur le balcon de Tristan, accoudée sur le bord, regardant le paysage, peinée et attristée de ne pas pouvoir sortir. Elle n’en pouvait plus ! Et la distance de Tristan n’arrangeait rien les choses. Pourtant elle savait que ça allait mieux, elle se sentait bien ! Alors une fois, elle décida de sortir complètement de la cité, se faisant très discrète et utilisant un sort d’invisibilité pour ne pas se faire remarquer. Elle avait quand même laissé un mot à Tristan au cas où il passerait, comme quoi elle était juste partie prendre l’air et que tout allait bien.

Marchant dans la forêt, elle attendit de se retrouver dans une petite clairière puis fit apparaître son dragon de flammes à sa taille originale. Il était quand même impressionnant et la jeune femme se mit à sourire, retrouvant son vieux compagnon qui pouvait partager sa détresse. Etait-il possible de faire un câlin à un dragon de feu ? Apparemment oui puisqu’elle agrippa doucement ce qui servait d’encolure au dragon et se colla contre lui, laissant aller quelques larmes solitaires.

Puis la jeune femme donna une petite impulsion au sol en utilisant sa magie puis sauta sur le dragon. Tristan ne voulait pas voler avec elle ? Il préférait se battre toute la journée en l’ignorant ? Alors elle volerait avec Alanir ! Lui au moins ne lui dirait jamais non ! Et retrouver ses vieux réflexes lui fit beaucoup de bien alors qu’ils prenaient la voie des airs. Cela n’avait rien à voir avec la vitesse et l’aisance de Tristan, Alanir ayant un vol un peu plus « lourd » mais c’était amplement suffisant pour que la demoiselle ressente une euphorie certaine, un soulagement. L’air qui circulait dans ses cheveux, le vent qui fouettait son visage, voir le monde du ciel… c’était des sensations qui lui donnaient une raison de vivre, d’être vivante. Cela dissipait sa peine et sa frustration qu’elle éprouvait depuis quelques temps avec Tristan et elle ne se concentrait sur rien d’autre à part le paysage, ravie.

L’après midi passa très vite alors qu’elle rentra de la même façon, invisible. Tristan n’était toujours pas passé, alors elle enleva bien vite le mot. La jeune femme était moins pâle, avait repris des couleurs et semblait aller bien mieux que cette pâleur qui l’agitait depuis quelques jours, certainement à cause du manque de lumière. Elle enleva sa tenue plus cavalière pour enfiler une magnifique robe aérienne de couleur bleue ciel, comme elle le faisait depuis ces quelques jours, pour tenter de faire plaisir à Tristan.

D’ailleurs, quand il rentra, la jeune femme prit son courage à deux mains et ouvrit discrètement la porte de la salle de bains en le voyant sous la douche. Elle se mit à rougir puis se manifesta, ayant apparemment envie de le rejoindre. En même temps, il était très bien nu… et la petite mage ne pouvait pas s’empêcher de fantasmer à son sujet… elle le matait même. Mais lorsqu’il se rendit compte de sa présence, le jeune homme ne resta pas longtemps sous la douche, se cachant et sortant rapidement.
Pauvre petite mage blessée… elle n’arrêtait pas de multiplier les actions mais il ne faisait que l’éviter ! Elle baissa la tête, encore plus déprimée qu’avant puis le rejoignit, apparemment mal à l’aise, sans dire un mot.

Le lendemain elle s’était rendue chez Maud, parce que c’était, comme souvent, leur petite visite quotidienne. Cassidy avait posé négligemment le coude sur la table, pensive, caressant de son index le bord de la tasse, la mine grincheuse. Quand Maud la questionna, la jeune femme redressa les yeux, puis se mit à soupirer, un peu blasée.

« Je sais pas ce qui se passe en ce moment avec Tristan… Si je lui ai fais quelque chose ou pas mais il est très distant avec moi… je comprends pas… »

A sa grande surprise, Maud détailla avec beaucoup de précisions le scénario, apparemment amusée par la situation alors que Cassidy ouvrait petit à petit les yeux alors que la grande dame lui demanda confirmation. La petite mage acquiesça rapidement et sortit une bien étrange conclusion alors qu’elle riait et que Cassidy était si mal à l’aise, l’air de ne pas comprendre. Heu certes… pourquoi toute cette distance alors ?

Elle regarda les mains de Maud sur les siennes puis examina la dame, un peu peinée, cherchant à comprendre. Tout s’expliquait… Et puis ça correspondait un peu avec ce qu’Alanir lui avait raconté sur les dragons, qu’ils avaient des émotions bien amplifiées par rapport aux humains. La jeune femme buvait ses paroles. Ainsi donc il ne voulait pas la blesser ? Il avait peur de lui faire du mal à cause de ce qu’elle avait vécu ? Tout s’expliquait à présent. Maud était patiente, présente, tout ce dont Cassidy avait bien besoin pour passer cette épreuve. Elle la rassura en lui conseillant d’aller parler avec Tristan de tout ça.

Pourtant la jeune femme semblait bien déterminée à ne pas se contenter que de baisers et câlins. Maud amena un livre et effectivement elle avait vu juste puisque la demoiselle rougissait à la première image, regardant la dame d’un air fautif et timide. Ah ben ça la naïveté elle la possédait bien. A la fin de leur entrevue, Cassidy remercia la dame pour ses conseils puis se rendit à la maison de Tristan.
Elle attendit l’entendre ouvrir la porte puis se précipita vers lui et sans lui laisser le temps de parler, elle le prit par la main et l’entraîna sur le canapé en le forçant à s’asseoir puis en se mettant face à lui, l’air très sérieux.

« Hum Tris’ il faut qu’on parle ! Sérieusement… »

Elle s’adoucit en baissant lentement la tête.

« Ecoute… je sais que tu veux être gentil avec moi et attentionné et que tu as peur de me faire du mal mais ce n’est pas le cas… Je suis triste que tu prennes autant de distance avec moi alors que je t’assure, tu ne fais rien de mal ! Je n’ai pas envie que tu t’éloignes et je préfère passer mes journées avec toi plutôt que de t’attendre et m’ennuyer toute la journée. Je me sens bien quand tu es là, je ne veux pas que tu te forces à te mettre à l’écart… S’il te plaît… j’ai besoin d’avoir tes contacts… reste avec moi… je veux qu’on arrive à progresser ensemble… petit à petit »

La jeune femme murmurait et ne semblait pas très à l’aise après tout. Mais Tristan l’écouta puis lui répondit gentiment avant de lui faire un gros câlin. Le malaise semblait dissipé mais il leur faudrait encore un peu de temps avant d’être réellement bien ensemble. Mais le soir, Cassidy décida de faire des efforts. Elle avait sorti la nuisette un peu transparente puis se pavana devant Tristan avec, pour lui demandait comment il la trouvait.

Enfin, elle s’approcha de lui, taquine et lui enleva sa chemise. La demoiselle entreprit alors de longues et douces caresses, comme Maud lui avait conseillé de faire. Ca restait tout gentil après tout et il ne pouvait qu’apprécier. Elle évitait de compléter avec des baisers, pour ne pas lui faire perdre complètement les pédales, se contentant de ses caresses, agréables, langoureuses, remontant en haut de son torse très gentiment.

Après cela, elle se cala dans ses bras, posant la tête contre son torse pour s’endormir, un peu plus apaisée.

Le lendemain et les jours qui suivirent, la demoiselle fit de gros efforts pour oublier toute cette distance des derniers jours. Après de longs baisers et caresses au lit, ils se levèrent. Elle portait une petite robe un peu découverte mais mettant bien en valeur ses formes, surtout sa silhouette. La journée était consacrée à la cuisine et elle s’appliquait de tenter de faire à manger, coupant des légumes. Ce n’était pas si facile que ça et elle s’entraînait beaucoup, râlant quand elle manquait de se couper un doigt, tout ça sous le regard amusé de Tristan qui prit sa main pour lui montrer les gestes.
Elle manqua quand même de faire brûler le repas du jour et sa mine dépitée devait beaucoup faire rire le Drakkari.

Le temps passait et ils en profitaient un peu plus alors que Tristan semblait décidé à ne plus la laisser seule. C’est d’ailleurs comme cela qu’ils se retrouvèrent à nourrir les canards et autres créatures d’un bassin même si une sorte de gros cygne blanc s’approcha de Cassidy, un peu trop glouton, pour choper d’autres morceaux de pain, ce qui obligea la jeune femme à courir pour s’échapper… jusqu’à tomber dans le bassin qui heureusement n’était pas profond. Le Drakkari vint encore à sa rescousse alors qu’elle râlait un peu mais il lui promit de bien la réchauffer.

Les jours d’après, elle insista pour aller voler. D’abord un peu hésitante, craignant de le voir à nouveau lui donner un refus puis un peu plus insistante, se contentant de caresses agréables, baisers, et petits regards en coin pour lui donner envie et surtout qu’elle était allée voir un guérisseur pour savoir si elle allait bien. Finalement il abdiqua.

La séance de vol fut magnifique, l’euphorie de la petite mage se lisait dans son regard alors qu’elle prenait beaucoup de plaisir à traverser les nuages, se couchant tout contre l’encolure du dragon, l’enlaçant de ses bras. Bref, c’était vraiment de très bons moments. Ils passaient beaucoup de temps à voler, même si Tristan insistait pour qu’ils se reposent, ce à quoi la demoiselle obéissait sagement.
Les deux jeunes gens se rapprochaient au fil des jours et Cassidy, en plus de retrouver la santé, même si parfois elle avait un peu la nausée mais passons, avait beaucoup plus d’assurance. Elle savait ce qui plaisait à Tristan et s’empressait de le satisfaire, aussi bien pour les caresses, les baisers, mettant toujours une limite là où elle jugeait qu’il aurait du mal à se retenir. Peut être était-ce leur lien si particulier qui se renforçait ou autre chose mais la jeune femme commençait à éprouver un instinct bien spécifique.

Une semaine était passée et depuis quelques jours, Cassidy était bien secrète, écrivant sur un parchemin, repoussant malicieusement Tristan quand il lui demandait de quoi il s’agissait. Il n’obtint la réponse que quelques jours plus tard alors qu’il se réveillait doucement et qu’elle déposa un baiser sur son front. Apparemment la jeune femme était déjà prête, portant une tenue estivale, légère, dévoilant encore ses formes, d’une couleur pourpre, décolleté dévoilé mais pas trop plongeant, montrant fièrement la chevalière qui pendait au bout de sa chaîne. Un foulard assorti se trouvait dans ses cheveux et elle avait même pris la peine de se maquiller un peu ! Cela se voyait à ses yeux entourés de noir et une légère couche de rouge à lèvre rosé, prêté par Maud sans aucun doute. Mais quelle était donc la raison qui la poussait à faire plus d’efforts que d’habitude ?

« Salut beau Drakkari ! J’ai une surprise pour toi ! Alors habille-toi, on va faire une petite sortie ! »

Il semblait agréablement surpris, curieux, même si il rechignait à se lever, feignant qu’elle devrait le convaincre de sortir. Quelques baisers et caresses sur les hanches finirent par le convaincre alors qu’elle le séduisait en déclarant que ce n’était qu’une mise en bouche alors qu’elle se faisait bien mystérieuse.

Le Drakkari charmé finit de s’habiller alors qu’elle lui tendait sa sacoche en déclarant qu’elle avait mis des trucs dedans pour après mais qu’il n’avait pas le droit de regarder. Puis, alors qu’elle mettait ses lunettes pour le vol, ils s’approchèrent du balcon. Se souriant d’un air entendu, ils sautèrent dans le vide en se tenant par la main. Le Drakkari se transforma en un beau dragon, la réceptionnant sur son dos. Elle tirait sur les lanières pour lui indiquer la direction, comme si elle savait où aller d’avance. En effet, la jeune femme avait utilisé un petit sort pour utiliser une sorte de boussole lumineuse qui flottait dans les airs devant elle alors qu’elle s’orientait.

Le temps était magnifique aujourd’hui. Il faisait chaud, le ciel était bleu et le soleil tapait fort. Une journée idéale pour une promenade en amoureux ! Ils volèrent un moment, faisant quelques acrobaties, puis la demoiselle communiqua par la pensée avec son compagnon. C’était une habitude qu’elle avait pris pour être plus en contact avec lui.

*On est bientôt arrivés, ferme les yeux et fais moi confiance, quand je te le dirais tu lâcheras ta forme de dragon, je m’occupe de la réception*

Peut être intrigué, il obéit néanmoins. Lorsqu’ils arrivèrent à destination, c’était comme si ils étaient entrés dans une bulle. Il n’avait aucun moyen d’utiliser ses sens pour se donner une idée puisqu’il n’y avait aucun bruit ni aucune odeur. Elle le guidait habilement puis amorça une descente tout en lui demandant de redevenir Drakkari. Il lâcha prise et alors qu’ils tombaient, le jeune homme sentit que sa chute était énormément ralentie alors que la petite demoiselle semblait flotter dans les airs puis s’agripper à son cou. Encore un acte de magie. Puis elle le prévint au moment où ils allaient toucher le sol, ce qui lui semblait au toucher, plutôt moelleux. Ou plutôt ses bottes s’enfonçaient dans quelques chose.

D’un geste, elle défit son foulard et lui demanda de se pencher en avant pour qu’elle puisse le mettre, afin de s’assurer qu’il ne pouvait rien voir. Enfin, la demoiselle s’affaira à faire quelques choses, par ci par là avant de revenir vers lui et le prendre par la main pour l’entraîner plus loin, le faisant pivoter face à un endroit.

« Voilà ! Tu peux ouvrir les yeux ! »

Elle claqua des doigts et aussitôt, ses sens qui semblaient inactifs revinrent, très doucement sans être agressif. L’odeur de l’air marin, de vagues qui allaient et venaient se cogner contre des roches ou se briser dans le sable… le bruit des oiseaux qui passaient au dessus de l’océan… devant eux s’étendait un magnifique spectacle.

Ils se trouvaient dans une petite crique aux allures romantiques, de la roche rendant l’accès bien difficile si on avait pas un moyen de voler. Devant eux se trouvait l’océan dans lequel se reflétait le soleil, comme des pierres précieuses qui s’agitaient au dessus de l’eau, des petites étincelles dans une eau bleu azure et certainement chaude, rendant l’endroit magique et féérique.

Un peu plus loin se trouvait une sorte de parasol, enfin une branche d’un arbre bien particulier planté dans le sol qui ressemblait à un parasol jaune. Sur une serviette bleue se trouvait tout un assortiment de petits toasts en tout genre, de différents goûts et couleurs, des aliments que Tristan appréciait. Il y avait quelques plats également bien appétissants, quelques viandes et légumes, des croissants et brioches ainsi que deux verres et une bouteille de champagne. Une autre serviette se trouvait à côté, certainement pour s’amuser à faire les lézards au soleil.

Il y avait tout pour faire une bonne journée romantique et amusante. Ou peut être que Cassidy avait décidé de profiter de la journée également… pour aller plus loin avec lui.

A côté du sac en bandoulière se trouvait également un ballon pour jouer dans l’eau également.

La jeune femme se tourna vers son compagnon, un grand sourire sur le visage.

« Alors ? »




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Tristan Konogan
Professeur Initiation et Maniement des Armes
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MessageSujet: Re: Un voyage pour apprendre à mieux se re-connaître ?   Mer 8 Jan - 20:44

- Je t’en prie ! Essaie au moins. Tu peux absolument tout faire ! Tu devrais réussir !!!
- Ce n’est pas si simple Tristan.
- Faut que je te supplie à genoux ? Non parce que je peux le faire là, franchement, ça ne me dérangerait pas du tout !
- Arrête voyons. Ce n’est pas ce que j’attends, tu ne sembles pas comprendre. C’est risqué. Je ne sais même pas comment ça peut fonctionner sur toi.
- Mais ça peut marcher ! On n’a rien à perdre !
- Moi non. Toi oui. Ca peut te blesser Tristan. Pas grièvement bien sûr mais j’ignore quels calibrages seraient nécessaires et si c’est seulement possible sans que tu n’en souffres.
- Ca je m’en fiche pas mal, même si c’est trop fort ce n’est pas grave, au contraire, ça me garantira sa sécurité.
- Oui mais…
- Jamais… jamais à aucun moment… elle ne doit être en danger à cause de moi… Tu comprends ?

- … C’est à ce point ?
- Tu n’as pas idée.

Le vieil homme fixa son jeune et séduisant interlocuteur et son regard lointain. Tant de peine, tant d’inquiétude y brillaient. Pouvait-il décemment refuser ? Non bien sûr. Tristan était un adulte et il pouvait décider pour lui-même mais son comportement un peu insouciant parfois lui faisait souvent douter de sa maturité, maturité qui transparaissait pourtant à cet instant sur ses traits crispés.
Homme extrêmement doué de ses mains et ayant appris sur le tard la magie, Aldork était bien souvent vu comme le grand-père de toute la petite communauté. Son âge semblait indéterminable et sa longue barbe blanche soigneusement entretenue qui meublait sa silhouette râblée et grassouillette lui donnait un air si jovial, si rassurant qu’il inspirait la confiance d’un seul regard. Tout le monde l’aimait et il le rendait bien. Seul amour d’une seule, il avait perdu sa femme d’une grave et inconnue maladie bien des années plus tôt et avait refusé de se remarier. Resté sans enfants puisque ses deux garçons étaient morts pendant une de ces interminables guerres contre les Cheistams, il avait tout eu pour s’écrouler… et pourtant, il avait survécu. Il avait commencé à apprendre la magie pour distraire son épouse alitée et les sourires ravis de celle-ci l’avaient accompagné et maintenu dans l’idée qu’il devait continuer sur cette voie. Et puis cette maligne lui avait fait promettre de s’en sortir, de ne jamais abandonner, de faire rêver des enfants, d’amuser des adultes, d’aider ceux qu’il pouvait. Et il respectait sa parole… Consciencieusement.
Sa magie n’était guère puissante mais son don était remarquable… Il lui permettait de prendre une source de magie et de la placer dans un objet ou de se l’approprier pendant quelque temps. Cela lui permettait de faire de nombreux feux d’artifice et tour de passe-passe devant les enfants mais encore et surtout de construire de nombreux jeux amplis de magie et de rêves.
Il aidait aussi nombres d’adultes, pour de petits cadeaux attentionnés de certains amoureux, pour des animations, pour différents objets utiles, pour des armes aussi malheureusement même si elles n’étaient guère puissantes.
La demande de Tristan néanmoins… sortait de l’ordinaire.

Le beau Drakkari avait toujours été très aimable avec lui, gentil et semblant sentir ses coups de cafards face à des souvenirs de sa femme ou de ses fils, intervenant toujours pour lui remonter le moral ou… responsable, et il le savait bien, de l’arrivée en trombe de dizaines d’enfants chez lui qui lui sautaient dessus en lui enjoignant de faire de la magie ou simplement un câlin.
Discret le jeune homme n’était jamais loin pendant ces échanges, un sourire aux lèvres. Qu’il soit passé par les noms de Tristan, Jack et de nouveau Tristan n’avait troublé personne puisque c’était un sacré savamment gardé mais honnêtement, Aldork espérait voir un jour revenir le Tristan, même s’il souhaitait le voir donc maitre de ses souvenirs mais avec la joie et l’insouciance de ce Jack qui n’était pas si ampli de souffrances !
Il l’aimait bien… Et il savait que c’était réciproque.
Le vieil homme avait déjà entendu parler de ces bracelets et avait longtemps théorisé sur leur conception sans jamais en réaliser le moindre. Ils étaient souvent utilisés sur les prisonniers pour leur éviter les émeutes et calmer leurs esprits échauffés. Ils étaient souvent recommandés pour les jeunes chevaliers Cheistams qui partaient pour de longues reconnaissances, passant par des villages trop souvent pleins de jeunes demoiselles impressionnables. Ils étaient demandés pour certains adolescents régulant mal leurs pulsions et qui avaient tout de grands reproducteurs suffisamment respectueux pour se museler de la sorte. Il avait entendu dire que les jeunes Drakkaris principalement devaient en passer par là. Ce n’était qu’une rumeur mais avec celle de leur insatiabilité sexuelle, ça ne semblait pas si exagéré…

Quelle n’avait pas été sa surprise quand Tristan était venu le voir pour lui demander de lui en fabriquer un. Ces bracelets ne se trouvaient pas si facilement, du moins des vrais qui fonctionnaient correctement pas des machins inutiles qui lâchaient rapidement. Au début il avait été très réticent, il ne comprenait pas vraiment. Oh bien sûr, les rumeurs allaient bon train dans la cité et puis voir Tristan revenir avec cette si jolie jeune mage, les voir s’enlacer, s’embrasser avait répondu à plusieurs d’entre elles de manières positive… Mais il ne s’attendait pas à ce que le jeune homme vienne le voir pour lui demander… de l’aider à contrôler ses pulsions. Il avait été gêné au départ mais le sujet semblait être très important pour lui, pour ne pas dire vital. Il devait beaucoup tenir à cette petite mage pour craindre ainsi de trop la brusquer dans les débuts de leur relation. Lui bien sûr ne savait pas qu’ils avaient été ensemble par le passé, il les trouvait juste assez… prudents et touchants même si c’était assez curieux de voir de jeunes adultes amoureux mettre autant de temps… à passer à l’acte.
Finalement, il avait accepté, lui promettant de faire au plus vite un premier prototype. Le jeune homme l’avait remercié et était parti, l’air un peu moins soucieux…


Tristan fit enfin une pause, épuisé. Ses muscles le lançaient douloureusement, lui rappelant un peu trop à quel point il abusait de ces exercices ces derniers temps. Mais il devait se fatiguer, il le devait vraiment. Le jeune homme s’allongea dans l’herbe autour du vaste terrain d’entraînement alors que ses camarades arrivés bien après lui reprenaient leurs assauts entre eux. Un brin d’herbe entre les lèvres, le Drakkari fixait le ciel, se sentant assez seul et abandonné.
C’était cocasse comme idée. Après tout, c’est lui qui abandonnait quelqu’un. Cassidy…
Son regard perdu sur le ciel bleu se voila alors qu’il fermait lentement les yeux, se remémorant ces derniers jours.

Quand ils étaient encore chez les moines, plusieurs faits marquants s’étaient produits. Il avait apprécié leur entraînement, avait été impressionné de la vivacité de la jeune femme et de ses efforts même si elle ne pouvait pas vraiment s’en rendre compte. Il avait apprécié les vols… Il avait détesté les hypothèses des moines quand elle avait été… mal. Il serra les dents en repensant au moment où il l’avait trouvée étendue au sol, immobile, inconsciente. Il avait eu si peur à cet instant et tellement aussi pendant toute l’attente du pronostic.
C’était de sa faute… Du moins s’en persuadait-il.
Il avait été distant avec elle quand elle avait repris conscience, distant quand ils s’étaient allongés. Elle n’avait pas dû comprendre mais… comment lui faire face alors qu’il se savait incapable de cacher sa culpabilité à cet instant, alors qu’il s’en voulait tellement, alors que s’il la regardait… il était sûr de craquer et de demander pardon. Elle demanderait pourquoi. Il ne pourrait pas lui cacher…
Il n’avait que si peu dormi et le lendemain avait passé trop de temps préoccupé par son épée. La polir, geste rassurant qu’il pratiquait depuis tant d’années. Mais il le faisait bien plus que nécessaire, c’était pour se rassurer oui, au point qu’il ne percevait qu’à peine la crampe douloureuse qui lui tiraillait la main. Elle l’avait réellement surpris en l’enlaçant…

Il se remémora sa colère, son craquage brutal et serra les poings, se crispant, allongé toujours, incapable de chasser de son esprit tous les sentiments qu’il avait pu ressentir. Elle le taquinait, l’aguichait un peu… beaucoup même. Il était sensible à tout ceci, à son charme, à sa douceur, à son air boudeur, à ses taquineries, à sa moue triste. En temps normal ça aurait été un jeu auquel il aurait bien vite cédé. Il l’aurait enlacée, embrassée tendrement, probablement aussi passionnément, lui murmurant qu’elle n’était pas très sage et surtout très convaincante. Ils en auraient joué, peut-être un peu plus que de raison, avec ou sans débordement, mais ça aurait été bien… et sain. Mais là, ce n’était pas possible. C’était trop grave pour que cela arrive.
Bien sûr, elle ne pouvait pas comprendre la pauvre petite mage, elle ne pouvait pas imaginer les souffrances qu’elle lui imposait. Elle ne pouvait que percevoir sa tension et l’interpréter à tort comme l’un de leurs jeux. Il ne jouait pas. Il souffrait. En boucle tournaient dans son esprit les paroles des moines, la découverte de la petite mage si pâle étendue par terre, enfin vautrée par terre serait plus juste mais à vrai dire sa nudité l’avait empêché de se préoccuper de la manière dont elle était tombée. C’était sa faute… Il aurait dû davantage la ménager… mais… Quand leurs sentiments avaient été décemment présentés, décemment dévoilés, il était si heureux, si euphorique qu’il n’avait pas pensé à la prudence. Elle l’aimait toujours… Elle l’aimait toujours et il s’était forcé jusque là à conserver une distance impossible avec elle, à se refuser ses sentiments, à refuser de voir les signes pourtant nombreux qu’elle lui envoyait. Mais comme à cette époque il rêvait de pouvoir l’enlacer et de tout lui dire ! Comme il souffrait de savoir qu’elle avait déjà quelqu’un et…qu’elle en semblait heureuse. Elle était plus forte, plus indépendante, plus puissante que lorsqu’ils étaient ensemble… Comme l’interpréter autrement que comme une preuve indiscutable de la raison de toutes ces personnes ? Ils n’étaient pas faits pour être ensemble.
Il avait tort… et n’avait jamais été aussi heureux de se tromper…

La colère avait vite laissé place à la frayeur dans les prunelles noisette. Il s’était senti horriblement mal et vraiment monstrueux d’avoir ainsi craqué. Bien trop souvent encore, il peinait à faire la différence entre son côté humain et son côté dragon. Il lui semblait qu’ils se mélangeaient de plus en plus et il ignorait ce que cela pouvait donner au final. Allait-il devenir aussi prétentieux et distants qu’eux ?
Leur chute sur le lit n’était pas préméditée, vraiment pas. Il avait trébuché, devenu maladroit sans même savoir pourquoi ni comment. Mais alors qu’il se retrouvait au-dessus de ce petit ange blessé, le visage à quelques centimètres à peine du sien, une vive pulsion lui avait intimé de l’embrasser, d’en profiter, de passer outre toutes leurs réserves, de la combler comme toute femme devrait l’être dans ce monde d’égoïsme et de secrets. Ses pensées s’étaient brièvement troublées alors qu’il se rendait plus compte que jamais de son attirance pour elle et de ce que cela pouvait bien malheureusement entrainer. Etait-ce le dragon qui parlait ? Ou l’homme, être d’égoïsme par excellence ?

Mais il se retint, se contentant de parler, blotti contre elle. Etrange encore une fois comme son odeur pouvait être apaisante et aussi… terriblement excitante. Oui mais bon là, ce n’était pas trop le sujet. Oui c’était sa faute, du moins c’est ce qu’il croyait. Il s’en voulait pour beaucoup de choses et mine de rien se dévoilait un peu, assez indirectement certes mais quand même sur des points que Maud avait déjà abordé… Sous cette armure de confiance et de charisme se cachait toujours le petit garçon perdu, détruit par la perte de ses proches et certain qu’il n’attirait que le malheur et ne méritait pas d’être aimé. Il y avait toujours ce très jeune homme qui ne croyait pas à sa chance que celle dont il était depuis si longtemps amoureux sans vouloir l’admettre l’aime en retour et l’ait cherché tout ce temps. Il y avait toujours ce jeune guerrier plein de culpabilité et de regrets qui craignait encore de la blesser mais ne pouvait continuer de dédaigner ses sentiments. Il y avait le petit garçon, l’adolescent, l’homme dont l’amour un brin féérique semblait être la plus belle promesse et la plus douloureuse blessure.
Il avait besoin d’elle et il l’aimait profondément même si cela ne se voyait peut-être pas encore très bien. Ils avaient besoin de temps pour se relever de cette nouvelle épreuve et accepter tout ce qu’elle avait impliqué. Aujourd’hui, tout était différent. Il était un dragon… et cela l’effrayait parfois même si c’était une part de lui-même qui lui était à présent impossible de renier.
Il évitait de la regarder tout en parlant et ce geste ne pouvait tromper personne. Ne pas se montrer trop vulnérable devant elle, ne pas montrer ses larmes… Il était censé être fort… Alors pourquoi se sentait-il si faible ?

Elle se comporta juste comme il fallait, juste comme il en avait besoin à ce moment là. Elle attendit qu’il se calme, se contenta de ses paroles parfois incohérentes puis le rassura quand il eut enfin réussi à se calmer un peu. Etrange à quel point elle était plus petite que lui et pourtant la facilité avec laquelle elle pouvait l’apaiser alors qu’il se contentait de l’enlacer doucement comme elle l’avait pris contre elle en se redressant contre les oreillers. Bon entendre qu’elle avait vécu pire ne lui plaisait pas évidemment et il était clair que le jeune homme chercherait à mettre ça au clair mais pas aujourd’hui… Ses paroles le rassuraient oui, beaucoup et progressivement les muscles du jeune homme se détendirent. Il resta un instant silencieux alors qu’elle avait fini puis murmura un timide remerciement… Pourtant il se reprit bien vite parce que c’était son caractère sans doute, chuchotant d’un air de conspirateur qu’en effet, s’il avait été avec elle, elle ne serait certainement pas tombée ainsi… ou si, mais sous ses caresses. Petite pique PRESQUE innocente pour lui rappeler l’air de rien qu’elle l’attirait quand même malgré le fait que pour l’heure ils soient très sages l’un envers l’autre mais bon, petite précision qui avait du bon…

Il ne sut rien de son altercation avec les moines, se contentant d’un retour avec des biscuits accueillis avec un enthousiasme touchant par sa jeune compagne.
Enfin ils étaient partis… Oui, l’ambiance était tendue, gênante… l’ancien amant et l’actuel qui avait aussi été un ancien, côte à côte, ce n’était franchement pas la situation la plus simple. Néanmoins, Tristan s’attendait autre chose qu’à ce silence plein de rancune et de méfiance. Pour quelqu’un de soi-disant très amoureux, Erwan ne cherchait vraiment pas à… briller aux yeux de sa belle. Pourtant, il avait bien des choses à dire pour cela, comme le fait qu’il avait été là, présent, parler de ses sentiments ouvertement, rappeler à Cassidy de bons souvenirs, lui évoquer leurs combats ensemble. Ca aurait été astucieux puisque Tristan n’aurait rien eu à y répondre, se contentant d’un silence gêné et affable, preuve de sa culpabilité et d’un certain regret d’avoir laissé celle qu’il aimait au bras d’un autre. Oui, sans évoquer leurs activités plus ou moins nocturnes, ce qui aurait probablement beaucoup blessé le Drakkari mais aussi mis hors d’elle la petite mage, Erwan avait des armes orales puissantes et astucieuses. Cette non utilisation n’était certainement pas due à la légère frousse que lui avait fichu le Drakkari, pas seulement du moins. Non… Il devait y avoir quelque chose d’autre, quelque chose que Tristan finit par commencer à comprendre. En s’interdisant d’intervenir maintenant, Erwan se montrait très respectueux envers la jeune femme, de ses choix, d’elle tout simplement. En restant digne, il marquait des points et alors… Peut-être était-il juste prêt à attendre que le Drakkari commette encore des erreurs inadmissibles, se contentant d’attendre que Cassidy s’en aperçoive et finisse par le délaisser… Ca ne pouvait être que ça… Même inconsciemment. Et c’était… d’autant plus malin…

Oui, le Drakkari s’était éloigné pour les laisser parler tranquillement, ne s’imposant pas. Puisque c’était ainsi… lui aussi devait marquer des points ! Il les regarda parler au loin, s’étant mis à suffisante distance pour que son ouïe, si développée soit-elle ne lui permette pas de percevoir leurs paroles, par respect. Il lui était reconnaissant d’avoir été là pour elle mais… malgré cette reconnaissance, il ne pouvait pas oublier, et encore moins pardonner qu’il ait été bien plus qu’un simple ami. Son amour pour elle était-il donc si égoïste ? Oui… sans doute.
Cassidy le rejoignit et il sauta agilement au bas de son rocher pourtant haut en la rejoignant. Il semblait un peu crispé et se mit assez brutalement à aborder un sujet difficile. Oh c’était plus maladroit qu’autre chose, la question tournait dans sa tête depuis un moment mais il ne savait pas comment la poser et il jugeait que maintenant qu’Erwan quittait leurs vies, c’était le moment où jamais, qu’après… il n’y aurait pas à revenir dessus.
Il n’était pourtant pas certain de vouloir connaitre la réponse mais… ne pas savoir était trop difficile. Pourquoi ? Pourquoi ça comptait autant ? Il savait bien qu’elle avait couché avec son archer et sûrement des tas de fois… Ils étaient restés plus longtemps ensemble qu’eux-mêmes ! C’était tout à fait logique, même si Erwan n’avait pas l’air aussi passionné que lui… Enfin après tout, il était un Drakkari, ça jouait dans la balance. Il avait vu la culpabilité dans ses yeux noisette lorsqu’il lui avait avoué n’avoir touché à aucune femme, trop amoureux d’elle avant son accident, trop curieux encore et fasciné par tous les secrets qu’elle représentait, unique souvenir de son esprit après. Ce n’était pas gentil d’en rajouter ainsi une couche et pourtant, c’était plus maladroit qu’autre chose, il ne voulait vraiment pas la blesser ou l’accuser de quoi que ce soit en réalité.
Sa première tirade lui confirma qu’il n’avait pas envie de savoir au final et il se crispa douloureusement. Son regard se remplit de colère alors qu’il détournait les yeux d’elle en serrant les dents et les poings. Sa mine ne dut pas lui plaire car elle se reprit avec davantage de véhémence. Se cogner la tête pour ne rien faire ? Quelle curieuse idée. Malgré tout, ses mots comme quoi elle n’était pas aussi douée que lui pour se retenir furent perçus comme un reproche, une accusation par le jeune homme qui se crispa un peu plus. Ah oui… c’est vrai… Il la tenait à distance, il essayait, triturait, faisait des efforts pour faire taire ses pulsions depuis bien longtemps déjà… Lui reprochait-elle cela ? D’être impossible à cerner au final ? Peut-être pas initialement mais dans le fond, elle devait le penser, un peu. Qu’est ce qui le blessait le plus ? Savoir que tout ceci était vrai ? Qu’elle n’avait pas pu contrer ces effets alors même qu’elle prétendait ne plus penser qu’à lui ? Ou qu’au final elle lui reprochait un peu son côté insaisissable et qu’elle devienne si… vive alors même qu’il ne disait rien ? Difficile à dire…

Ils chevauchèrent un moment, en silence, l’un et l’autre bien plus proches qu’ils ne le pensaient en interprétant si mal les sentiments et réactions de l’autre. Ce fut finalement Tristan qui rompit ce silence juste avant qu’ils n’arrivent à la cité, mais vraiment juste avant… Comme s’il ne voulait pas vraiment lui laisser l’occasion de répondre tout de suite, peut-être un peu inquiet de la réponse. Ou préférant lui éviter une gêne quelconque en comprenant qu’elle se trompait sur ses intentions et pensées. Ils arrivaient la cité, descendant avec les chevaux le long du canal qui descendait en pente douce dans les grottes. Les cris des habitants, joyeux, leur parvenaient déjà, étouffés mais bien présents. Dans le noir les yeux du jeune homme jetaient à présent qu’il était dragon des éclats étranges, captant la moindre lueur présente à la manière des chats. La taille de ses pupilles miroitante devait aussi beaucoup lui donner des airs de félin mais aujourd’hui il l’assumait davantage. Lui voyait suffisamment bien, la guidant malgré les fins cristaux lumineux très diffus très loin au-dessus de leurs têtes. Il avait pris doucement sa main et l’observa une seconde en silence alors que leurs chevaux continuaient d’avancer de deux de front. Sa voix paraissait curieusement lointaine, chuchotant pour être discret quand il se mit à parler.

- Ce n’est pas contre toi que j’étais en colère. Contre ce marchand seulement. Je connais la boisson dont tu parles. Elle est censée être interdite car dangereuse et très souvent utilisée pour permettre d’abuser de jeunes femmes sans même qu’elles aient loisir de s’en plaindre puisque techniquement…il ne s’agit pas d’un viol, elles sont parfaitement consentantes… Ca a été utilisé un temps et avec excès, les mercenaires en avaient toujours sur eux au cas où ils trouvent une demoiselle parmi un butin. Pourtant en théorie… c’est du pareil au même qu’un viol. A l’origine… Elles ne sont pas du tout d’accord… Enfin… bref… c’était… j’étais juste énervé que quelqu’un essaie ça sur toi, c’est tout. Je ne te reproche rien. Je sais que ce n’était pas de ta faute… j’ai confiance en toi tu sais… Tu aurais tort d’en douter.


Facile de voir qu’il détournait les yeux puisque dans la semi-obscurité, l’éclat vif ,renvoyé par les cristaux si hauts au-dessus d’eux sur ses pupilles, de son regard disparut du champ visuel de la jeune femme. Mais après tout, ce n’était pas parce qu’il comprenait qu’il approuvait. Au moins avait-il éclairci gentiment ce point, qui devait au moins donner à la jeune femme la satisfaction que sa déception et sa tristesse étaient injustifiées en réalité. Néanmoins le jeune homme avait très bien calculé son « coup ». Car alors qu’un léger silence s’installait entre eux, qu’il sentait sa main fine presser doucement la sienne tandis qu’elle s’apprêtait probablement à répondre, ils arrivèrent et furent aussitôt ballottés en tous sens par les habitants joyeux.

Oui, on était content de les revoir et Tristan ne se souvenait plus s’il était descendu de lui-même de son cheval ou s’il y avait été contraint par ses camarades qui le chahutaient gentiment. Néanmoins, il avait repoussé ceux-ci pour Cassidy et s’était empressé de serrer ses mains sur sa taille pour la soulever sans mal de celle-ci et la reposer au sol, un sourire un brin timide, un brin taquin aux lèvres alors qu’ils partageaient juste un regard en rapport avec ce qu’il venait de dire, de douceur et de tendresse. Non, il n’était pas en colère contre elle, vraiment, et qu’elle l’ait cru l’embêtait un peu mais au moins cela lui donnait tout loisir d’éclaircir les choses et de laisser penser à la demoiselle qu’il n’était… pas si mal que ça ce grand jeune homme.

Une fête, comme toujours, comme tant de moments le permettaient. Maud s’y était jointe d’ailleurs avec enthousiasme en s’empressant d’aller presser contre elle la petite mage fraichement retrouvée. Décidément elle l’avait assignée comme son amie et ce n’était certainement pas révocable. Un sourire amusé planait sur ses lèvres tandis qu’elle lui jetait un regard plein de complicité et un autre en douce vers Tristan, accompagné d’un léger mouvement de menton, l’air de dire qu’elle voulait ABSOLUMENT savoir comment ça s’était passé.
Tristan l’avait tenue au courant d’où il se trouvait et dans les grandes lignes de ce qui s’était passé pour qu’elle comprenne son départ précipité. Il n’avait néanmoins donné que peu de détails, ne disant rien du viol de la jeune femme, préférant qu’elle choisisse d’elle-même d’en parler ou de se taire mais qu’elle le fasse ou non, la dame savait déjà, ses visions l’en ayant informée… Bien trop tard malheureusement.

La fête fut joyeuse, agitée alors que les jeunes hommes se bousculaient un peu entre eux pour rire et surtout cherchaient énormément à réquisitionner la jolie mage pour une danse. D’aucuns prétendaient qu’une vraie fête pour leur retour serait fête prochainement en même temps que celle pour accueillir la nouvelle saison mais que pour l’heure, ils s’en contentaient très bien. Tristan avait à peine pu danser avec elle, se faisant joyeusement charrier comme quoi il aurait tout loisir de le faire plus tard. Ce fut épuisant mais amusant pour chacun d’eux et finalement, ils étaient rentrés. Elle s’était endormie très vite mais pas lui. Il l’avait regardée dormir un moment puis s’était relevé et avait ouvert la porte de ce fameux « débarras » en décidant de ne plus jamais la verrouiller. C’est avec nostalgie qu’il avait observé les dessins, les sculptures, les peintures de la jeune femme qui l’avait tant obnubilé à une époque où sa mémoire était une vraie passoire. Un sourire amusé avait éclairé son visage alors qu’il touchait un dessin du bout des doigts et murmurait quelques mots.

- Je n’arriverai sans doute jamais à retranscrire la beauté du réel… Tant mieux.

Il avait erré un moment d’une pièce à l’autre, passé un instant perché sur le balcon à profiter du silence de la nuit puis il l’avait rejointe et enlacée et s’était endormi aussitôt, apaisé.
Oui, le lendemain avait été mignon, gentil, adorable…
Pas les suivants…
Alors qu’ils passaient un peu de temps ensemble, il avait remarqué trois choses : la beauté de la jeune femme, ses hésitations et timidités preuves de son traumatisme encore récent et l’émoi qu’elle créait en lui. Ohoh… Ca il ne l’avait pas prévu…
Ici, il était chez lui, en sécurité et toute la tension et la prudence qu’il avait mine de rien conservées chez les moines s’étaient évaporées… En même temps que ses réserves. Non, il n’avait pas prévu de se réveiller en la trouvant soudainement beaucoup plus attirante, beaucoup plus… trop en fait. Etrange… Tous ses sens semblaient être restés un peu endormis là bas mais à présent… ils étaient réveillés et ils lui envoyaient beaucoup trop d’informations sur la magnifique jeune femme que ce que ses simples yeux pouvaient supporter !
Alors il s’éloigna… parce qu’il avait vraiment peur de ce qu’il pourrait lui faire s’ils se rapprochaient un peu trop, si elle le tentait un peu trop alors qu’il était si sensible.
Pauvre petite demoiselle qui ne devait pas y comprendre grand-chose. Il l’encourageait à se reposer, à méditer, à passer du temps avec Maud alors même qu’il savait que ce n’était pas assez. Oh, il avait envie de passer du temps avec elle, vraiment, très envie même… Mais pas dans cet état. Il comptait sur l’entraînement pour le fatiguer un peu mais à son grand dam dès qu’il commençait à penser à elle, les frissons qui le parcouraient, les pulsions qui l’étreignaient lui faisaient comprendre que ce n’était pas assez et le peu d’entraînement qu’il pensait faire se muait en de très longues heures pendant lesquelles il la laissait toute seule à son grand dépit !

Il avait demandé à ses camarades de ne pas le ménager, mais ce n’était pas assez… Alors il avait demandé de l’aide à Aldork… Parce que c’était la seule solution.
S’ensuivirent des tests pour ajuster ce qui devait l’aider à mieux se contrôler et ce dont il s’était si longuement servi avec elle au final, pour le moins… douloureux.
Les premiers inactifs furent salués par de violents rejets par sa partie dragon pour les autres. Ceux-ci se traduisirent par des transformations involontaires, des changements hormonaux visibles dans une agressivité extrême presque animale et bien d’autres. A chaque fois bien sûr, il ne prenait pas le risque en étant réellement avec elle, il se contentait de songer à elle et de laisser ses pensées s’égarer dans des désirs pour l’heure interdits. Ca ne manquait jamais… Le plus douloureux des retours fut incontestablement la fois où lorsqu’il songea à elle, il se retrouva au sol, pris de vives convulsions qui l’empêchaient de crier. Et quand Aldork lui enleva le bracelet le jeune homme se plia en deux, les mains sur son entrejambe, les yeux pleins de larmes. Ah… Apparemment, l’électrocution était assez localisée… Vu son boitement pendant deux jours qu’il justifia auprès de la jeune femme comme un faux mouvement ayant entrainé une légère blessure qu’elle eut la gentillesse et la douce naïveté de vouloir examiner (ce à quoi bien sûr il s’opposa un peu trop vivement), la douleur était effectivement assez conséquente. Prototype rejeté…

Tout occupé à chercher des solutions, il ne se rendait pas compte à quel point Cassidy souffrait de ses absences et de leurs manques de contact. Heureusement qu’elle avait Maud pour l’éclairer… Parce qu’autrement, ça aurait dramatique une fois de plus. Ce fameux jour, quand elle décida de lui parler suite à sa conversation avec la future maman, il venait de tester un nouveau bracelet… S’il était inquiet et peu enthousiaste, Tristan fut surpris et ravi de découvrir que cette fois-ci, il ne semblait pas y avoir d’effet négatif et que ça fonctionnait… Ses idées restaient à peu près claires alors qu’il songeait à la jeune femme et dès qu’il avait tendance à un peu trop s’égarer, une petite douleur diffusait depuis son poignet, le secouant un peu. Parfait…
Aldork n’était pas vraiment sûr du dosage et tout mais il était enfin parvenu à accorder l’objet à son énergie draconique. Tristan était rentré fatigué mais satisfait. A peine passait-il la porte que sa compagne lui prenait la main pour avoir une discussion avec lui. Tout d’abord surpris et inquiet, il l’écouta sans l’interrompre, penchant légèrement la tête de temps à autre, un léger sourire venant progressivement éclairer son visage. Elle s’interrompit finalement alors qu’il la sentait aussi tendue et inquiète que lui au départ. C’est tendrement qu’il avait pris ses mains et les avait portées à son visage pour y déposer de légers baisers avant de les relâcher et de lui caresser une joue du bout des doigts.

- Eyh… Je suis désolé. Je ne pensais pas te manquer autant. Mais tu as raison. Et tu me manques aussi. Pardon… C’est fini promis, je vais rester avec toi à partir de maintenant…


Il lui faisait un gentil sourire et était rassuré. Au moins était-il honnête. De plus le bracelet semblait relativement bien fonctionner. Dès qu’il avait eu un contact avec elle, il avait senti des pulsions agiter ses sens mais le pincement sur son poignet l’avait ramené à la réalité et il s’était aussitôt repris. Il hésita une seconde puis finit par se décider, lui montrant le bracelet en question. Il se doutait qu’elle ne serait pas spécialement pour ou qu’elle serait au moins un peu réticente puisque se doutant que ce n’était pas du tout… psychologique comme action que ce bijou avait sur lui.
Pourtant il était élégant, un bracelet d’un demi-pouce de largeur en cuir veiné d’argent qui semblait miroiter sous certains gestes du jeune homme. Il ne l’ôta pas de son poignet mais lui posa la main dessus après cette fameuse courte hésitation.

- Ca va m’aider… Avec ça je devrais mieux pouvoir comprendre et contrôler toutes les sensibilités de mes sens… Je… enfin tu le sais peut-être mais le fait que je ne sois « devenu » un dragon que très récemment, ce n’est pas facile, c’est un peu comme si je devais revivre une certaine puberté et crois-moi, les dragons sont beaucoup trop réceptifs… Enfin… j’avais prévu de faire ça depuis un moment mais là ça devenait nécessaire pour que je reste près de toi… parce que désolé hein mais… tu es vraiment très attirante.

Un sourire taquin éclairait son visage tandis que saisissant sa main il l’attira contre lui et la pressa tendrement dans ses bras, laissant échapper un soupir de soulagement et de bien-être avant qu’une petite phrase plus timide comme quoi, oui, c’était décidément bien mieux ainsi, ne soit prononcée par le jeune homme.
Ils semblaient plus heureux et plus naturels l’un comme l’autre. D’ailleurs le jeune homme avait perdu toute trace de son air renfrogné de ces derniers jours et au contraire, une joie certaine brillait dans son regard alors qu’il l’observait tandis qu’elle lui parlait de tout et rien tandis qu’ils mangeaient. Etrange, mais il n’avait toujours que très peu envie de parler lorsqu’ils étaient ensemble. Sans doute parce qu’il préférait l’écouter. Il aimait sa voix et tout ce qu’elle véhiculait. La joie qui s’y trouvait à cette heure était un très beau cadeau qu’il avait le mérite de savoir apprécier.
Comme le jeune homme était fatigué mine de rien par sa longue journée d’entraînement qu’il justifia comme seul moyen qu’il ait eu jusque là pour être sûr que ses pulsions ne s’emportent pas trop (bizarre comme il détournait les yeux gêné en disant cela), ils allèrent se coucher tôt. Enfin se coucher… pas tout de suite.

La demoiselle avait dans l’idée de se rapprocher et de faire rêver son guerrier de petit ami. Qui y fut très sensible. Assis sur leur lit, en train de s’étirer, la tête tournée vers la grande baie vitrée, il l’entendit arriver et se tourna curieux vers elle avant d’entrouvrir la bouche, les yeux écarquillés.
Wahou… Elle était… magnifique et diable cette nuisette n’était pas faite pour passer devant une lumière parce qu’en contre-jour… wahou…
Il déglutit… Comme il s’était redressé à son entrée et qu’il l’observait avec une attention certaine tandis que ravie de l’effet produit, la belle jeune femme tournait sur elle-même, se présentant sous un peu trop de coutures peut-être. Il voulut se rasseoir, un sourire ravi et charmé aux lèvres mais son habileté habituelle avait disparu, le laissant très maladroit… La preuve ? Même s’il avait la main sur le bord du lit et qu’il allait s’asseoir, il se plaça un peu trop au bord du matelas puisqu’il glissa et tomba carrément au sol. Pourtant, il ne semblait pas avoir mal puisqu’il se releva et s’assit correctement et sourit, toujours ravi. Ah… Même pas sûr qu’il ait remarqué sa propre chute en fait.

Elle le rejoignit, charmante, juste magnifique.
Elle commença à le caresser un peu, à le tenter mais gentiment.
Il la laissa faire alors qu’elle glissait doucement les doigts sur son torse et lui ouvrait puis lui ôtait sa chemise dans une caresse décidément trop légère. Avec une pointe de tristesse, il réalisa à quel point ses gestes étaient étonnamment plus sensuels qu’à leurs dernières… activités de couple, de longs mois plus tôt. Peut-être était-ce parce qu’elle voulait réellement les aider à se retrouver. Peut-être était-ce parce qu’elle avait un peu plus confiance en elle et qu’elle savait qu’il ne pourrait jamais juger en mal toutes ces attentions si tentantes. Ou peut-être, et c’était d’autant plus douloureux que c’était la probabilité la plus forte, était-ce juste son expérience des hommes qui parlait. Après tout, Erwan semblait comblé et le chef des Kaärs l’avait été tout autant, charmé très vite par ses danses et tentations. Ouie…
Pourtant, il repoussa bien vite cette pensée de son esprit. Pensée qui ne ferait que gâcher l’instant présent a fortiori. Il lui sourit et l’attira contre lui pour l’embrasser mais avec plus de tendresse que de désir réel. Après tout, ils avaient besoin de temps. Enfin elle avait besoin de temps du moins…C’est ce qu’il songeait…
Elle sourit contre ses lèvres, s’amusant à le faire basculer en arrière puis à lui échapper pour aller s’installer contre les oreillers. Il la rejoignit bien vite et l’enlaça, caressant longuement ses épaules alors qu’elle s’endormait contre lui, curieusement plus vraiment fatigué et bien trop fasciné par le petit ange entre ses bras.

Dans les jours qui suivirent, il fut très présent, ne s’absentant que très peu et l’incitant à venir le voir s’entraîner quand il devait réellement s’éloigner. D’ailleurs, il semblait beaucoup plus investi dans ses combats, d’autant plus concentré et fort qu’elle était proche de lui pour le voir. Tsss, l’ego masculin… Mais qu’y pouvait-il au juste ? sa présence le rendait plus fort…
Il remarquait tous ses efforts et tous ses progrès, en riait, s’en amusait, l’en complimentait aussi énormément.
Si un jour il lui dit qu’elle n’était pas obligée de se tracasser autant pour le repas et même de se tracasser tout court, il affirma aussitôt après qu’il le disait surtout pour la politesse parce qu’honnêtement il adorait tout ce qu’elle faisait mais au risque de passer pour un égoïste machiste, il préférait être… correcte. La vérité, c’est que quoi qu’elle fasse, il appréciait.

C’est avec une pointe d’hésitation mêlée de crainte qu’il l’avait fait entrer dans le fameux « débarras ». Puisque même si elle était restée seule ici quelques jours, elle n’avait jamais cherché à entrer dans la pièce pourtant non fermée. Elle eut tout loisir de vérifier qu’il ne lui avait pas menti à propos de ses révélations devant ce fameux dieu si joueur, elle l’avait obsédé pendant de longs mois !
Ils enchainaient des journées bien remplies alors qu’il la couvait du regard au moindre de ses actes dès qu’ils étaient un tant soit peu éloignés l’un de l’autre. Que ce soit alors qu’elle discutait avec de jeunes femmes de son âge, qu’elle monte à un groupe d’enfants comment se tenir en selle ou qu’elle nourrisse un peu maladroitement des canards, il n’était jamais loin, protecteur amoureux dont les regards étaient tellement plus tendres dès qu’elle ne pouvait pas le voir…
Un jour, elle lui demanda de voler et cette fois-ci, ce fut un jeu réel qu’il lança par son refus, un refus sec certes mais ponctué d’un sourire taquin, presque moqueur alors qu’elle était si inquiète de sa réponse qu’elle mettait un léger instant à comprendre qu’il plaisantait. Elle avait très vite gagné et ils avaient pu voler…

Ca avait énormément manqué au jeune homme qui s’en était privé en même temps qu’elle, excepté la fois où le jour même de son précédent refus il était allé lui chercher des biscuits. Contrairement à la jeune femme, il n’avait pas cherché à retrouver ces sensations, négligeant cet aspect de son entrainement, convaincu qu’il ne pourrait réellement reprendre que lorsqu’elle serait sur son dos… qu’ils seraient… ensemble.
En tous les cas, Cassidy était vraiment heureuse, peut-être même encore plus que lui. Son enthousiasme était si communicatif que le peu de réserve du Drakkari s’envola bien vite alors qu’il répondait à son rire d’une espèce de ronronnement sonore qui semblait tant s’apparenter à un grognement d’une joie intense.
Ils se rapprochaient… ils s’aimaient. Petit-à-petit les barrières s’abaissaient, par l’initiative de l’un ou de l’autre, alors que taquins, joueurs, ils s’amusaient à se voler des baisers comme pour se replonger dans ce qui avait été leur début de relation à l’Académie.
Tristan dormait beaucoup mieux aussi, ça se voyait à son teint moins pâle, ce qui se voyait très vite avec sa peau bronzée. Il ne faisait plus de cauchemars et semblait apaisé au moindre de ses contacts. Enfin… les simplement tendres du moins, pour les autres, l’apaisement n’était à priori pas son état d’esprit premier.
Leurs journées étaient rythmées au gré de leurs envies, parfois du repos, parfois des activités toute la journée… Quand il fut certain qu’elle était totalement remise, ils passèrent tant d’heures à voler que l’un comme l’autre étaient totalement épuisés le soir… même s’il ne manquait jamais suite à leurs séances de vol de lui proposer galamment un massage qu’elle acceptait souvent très vite et refusant tout aussi galamment ceux qu’elle lui proposait en retour alors même qu’elle n’en avait clairement plus la force et fermait paresseusement les yeux déjà sous ses caresses.
Oh bien sûr, il s’inquiétait de son teint pâle parfois ou de ces nausées imprévisibles mais comme elle semblait plutôt en forme à part ceci et que cela arrivait généralement quand elle faisait un effort physique ou juste avant manger, il en déduisit que ce n’était qu’un rappel à l’ordre de son corps et cessa bien vite de l’embêter avec cela, ce qui semblait rassurer la petite mage. Elle n’avait pas besoin d’une maman poule après tout !


Ce matin là, Tristan fut éveillé d’un baiser et sourit aussitôt, ouvrant lentement les yeux sur le visage de l’adorable jeune femme qui partageait son lit toutes les nuits. Il en avait de la chance quand même. Sauf qu’elle n’était pas dans le lit mais à côté, le guettant apparemment, prête et un tantinet… trépignant d’impatience. Allons bon… Que se passait-il encore ?
En tous les cas elle était magnifique et il se recula un peu en se redressant pour mieux la regarder, la jaugeant d’un regard appréciateur et peut-être un peu trop… gourmand. Mais elle parlait de surprise et s’il était bien moins impatient qu’elle, surpris et piqué au vif par la curiosité, il s’habilla en vitesse. Oh bien sûr, il avait râlé un peu au départ, juste pour la forme parce qu’il aurait fait tout ce qu’elle voulait de toute manière mais elle savait être convaincante, d’autant plus avec quelques caresses.
Préparation, départ, il obéissait.
S’ensuivit un voyage étrange alors qu’elle se guidait toute seule et lui insufflait les directions à prendre. Tristan ne s’en prenait pas davantage pour une simple monture, se prêtant au jeu avec joie, entre eux ce n’était pas comme ça, ça ne le serait jamais, il n’y avait aucune raison qu’il prenne la mouche comme l’auraient fait ceux de son espèce.
Elle le priva de ses sens quand ils arrivèrent puisqu’une dernière partie du chemin devait se faire à pied et même s’il était un brin inquiet de ceci, lui faisant parfaitement confiance, il s’y plia de bon cœur une fois de plus, même s’il semblait extrêmement perdu et désorienté sans son ouïe et sa vue. D’ailleurs elle dut le soutenir au départ puisqu’il ne semblait plus du tout avoir d’équilibre !!!!

Elle lui rendit finalement ses sens et effectivement, la surprise était de taille. N’était-ce pas lui qui devait s’efforcer d’avoir ce genre de petites attentions d’ordinaire ? Apparemment, il n’y avait aucune règle à ce propos et c’était tant mieux. Ravi, le jeune homme admirait tous ses préparatifs en comprenant mieux son petit côté cachottier de ces derniers jours. Comme elle attendait une réponse, il se retourna vers elle, la saisit par la taille et la souleva du sol en se mettant rapidement à tourner sur lui-même, la portant, un grand sourire aux lèvres avant de la reposer et de l’embrasser avec bien plus de passion qu’à leurs débuts.

- C’est super ! On a tout pour passer une journée géniale… et ça commence tout de suite ! Allez viens !!!


Déjà, ravi, il lui prenait la main et l’entraînait à sa suite avant de se débarrasser en toute hâte de ses propres vêtements, gardant son boxer, attrapant un amuse-gueule qui semblait l’inciter à le manger et attrapant le ballon, avança sans la moindre crainte dans l’eau, très vite, ne semblant pas se soucier de la température. Elle devait être bien assez chaude car il ne frémit même pas, se contentant d’appeler la jeune femme, impatient à présent, commençant à jouer avec le ballon,mais tout seul.

Elle riait de le voir ainsi apparemment mais elle le rejoignit rapidement alors qu’il profitait largement de son déshabillage pour arrêter de jouer au ballon et fixer toute son attention sur elle. Euh… sympa le maillot de bain ! Il validait !!!
Alors qu’elle venait dans l’eau, bien plus prudente que lui, il délaissa le ballon, le laissant flotter à côté d’eux pour lui tendre la main et l’attirer rapidement contre lui là où elle n’avait plus que peu pieds. Elle se crispa un peu mais il la tenait et la prit rapidement dans ses bras avant de l’embrasser avec un peu trop de convictions, très reconnaissant pour la surprise et cette journée en amoureux sans doute.
Taquin, il l’incita une fois de plus à essayer de nager et même si elle rechigna un peu au départ, elle essaya tandis qu’il la soutenait. Mais cela ne dura guère longtemps, ils voulaient profiter, pas se fatiguer vainement et le jeune homme se rapprocha un peu du bord. L’eau semblait en effet agréablement tiède ce qui était tout aussi source de détente que d’énergie puisqu’ils se mirent très vie à s’éclabousser puis à jouer au ballon… puis à lui disparaitre sous l’eau et elle… essayer de savoir par où il allait apparaitre et donc où il comptait se poster pour essayer de la… tripoter un peu. Oh ce n’était pas grand-chose… mais maintenant que ça allait mieux entre eux, il redevenait… plus lui-même.
Elle essaya même de nager toute seule dans l’eau moins profonde du coup, mais ce n’était pas très concluant sans le support du jeune homme et il vint rapidement à sa rescousse quand elle se mit à tousser après avoir avalé de l’eau de mer, la consolant bien vite en la serrant contre son torse musclé qui décidément était beaucoup mieux nu que recouvert d’une tunique ou d’une quelconque chemise !

Finalement, ils sortirent, à bout de souffle après s’être un moment poursuivi dans l’eau, lui faisant expressément plus d’efforts pour que ce soit un peu plus équitable. Le ciel était dégagé, le soleil chaud, ils ne tardèrent pas à sécher, surtout que la température leur garantissait qu’ils ne prendraient pas froid.
Tristan ne tarda pas à s’allonger nonchalamment sur une serviette, sur le dos, un genou plié relevé, les bras croisés derrière sa nuque, le visage offert au soleil et les yeux clos, un sourire de plaisir aux lèvres. Ah ben oui, il était un dragon, lézarder au soleil devait lui apporter bien plus que ce qui était apporté à un humain !
Mais il se redressa bien vite, semblant sentir le moindre des gestes de sa jolie compagne et ayant apparemment senti qu’elle prenait un des petits sandwichs… Qu’elle ait voulu le lui donner ou le manger de son côté, peu importe, il fonça gloutonnement sur sa main et engouffra deux de ses premières phalanges au passage. Il y eut un temps de silence entre eux alors qu’elle le fixait et que lui, la tête bien plus basse que la sienne puisqu’il était penché en avant la fixait depuis son point « gloutonnerie ». Puis elle se mit à rire, d’un ton léger, d’un rire aussi clair que du cristal et il sourit aussitôt, relâchant doucement sa main, pas le sandwich, qu’il mâchonna tranquillement. Elle lui tapota le torse mais cela n’intima le jeune homme qu’à carrer les épaules et faire saillir davantage ses muscles, ce qui n’était a priori pas la meilleure des idées pour ne pas loucher dessus !

Ils se taquinèrent une fois de plus beaucoup et trinquèrent ensemble alors qu’il s’inquiétait un peu de la voir boire de l’alcool, lui demandant si elle était sûre d’elle, ne connaissant que trop bien les effets de l’alcool et du soleil combiné et voulant lui éviter une abominable migraine vu qu’elle était… si sensible. Mais la jeune femme était raisonnable et responsable et si elle but un peu, ce n’était qu’après avoir eu l’estomac suffisamment plein et puis elle s’abritait quand même du soleil. Ils mangèrent de bon appétit mais raisonnablement, préférant en garder pour plus tard tandis que le jeune homme s’allongeait de nouveau au soleil avec un sourire rêveur. Il finit par se redresser sur les coudes, toujours un genou relevé, la tête renversée en arrière, oscillant lentement de celle-ci au rythme d’une mélodie qui devait lui trotter dans l’esprit lorsqu’il sentit soudainement deux mains fraiches de chaque côté de son visage. Il ouvrit un œil, n’eut pas le temps d’en faire de même pour l’autre que la belle mage, tout près de lui, profitant de sa position, déposait un tendre baiser sur ses lèvres. Surpris, il rouvrit les yeux, la regarda, s’apaisa et se laissa glisser dos contre la serviette en passant doucement ses bras autour d’elle, répondant à son baiser.

Mais c’était différent d’un peu plus tôt et différent de ces derniers jours. Là, aucun d’eux ne semblait être près à céder à l’autre. C’était comme si chacun avait décidé de ne pas rompre ces baisers et que c’était au moins courageux d’abandonner le premier… au plus fatigué. Ils n’étaient ni courageux, ni lâches, aucunement même ! Elle semblait se faire mal au cou à force d’être penchée en avant, à genoux sur le sable près de lui. Il le perçut sans doute parce qu’il ne tarda pas plus à l’attirer sur lui, nouant ses bras autour de sa taille en reprenant leurs baisers. Son poids ne le gênait pas le moins du monde vu comme elle était légère et comme de toute manière il était fort. Très proches l’un de l’autre, il ne sut dire qui commença ce jeu de tentations, de caresses. Etait-ce elle qui avait lancé l’idée en passant doucement deux doigts sur son torse ? Ou lui qui avait pressé sa taille de ses mains ?

Autant dire que même s’il l’avait beaucoup regardée dans l’eau et quand ils étaient au sec, il n’avait pas tenté grand-chose, pas outre mesure du moins. Là par contre… Ses mains couraient dans le dos de la jeune mage, se pressant sur ses muscles dorsaux, le dessin de ses bras, s’affirmant sur sa nuque, effleurant ses cheveux et… s’égarant un peu bas parfois, semblant grandement confondre le bas de son dos et ses fesses. Ah bon ? Il y avait une différence ? Vraiment ? Ce n’était pas la même chose ? Etrange…
Etait-ce lui ou il faisait étrangement plus chaud tout à coup ? Elle répondait à ses baisers avec d’autant plus d’ardeur qu’un instant plus tôt…
Il s’était allongé sur le côté, ou alors était-ce elle qui l’avait incité à le faire ? Il ne savait plus trop… En tous les cas, leurs baisers devenaient plus passionnés, leurs caresses plus marqués. Oh c’était très bien ! Il adorait pour sa part… Son bracelet lui donnait l’impression d’être de nouveau le Drakkari amoureux et passionné et fou de désir pour cette petite mage si spéciale, le privant d’impulsions bestiales qui n’auraient satisfait ni l’un ni l’autre. Il se sentait bien… quoique… Il avait… vraiment chaud pour la peine. Enfin chaud c’était bien, c’était… le soleil, la chaleur, le feu… mais c’était une chaleur étrange, vraiment puissante, pas fatigante, plutôt… entraînante qui avait besoin d’être étouffée… ou alimentée peut-être…
Elle ne le repoussait pas, elle ne mettait pas de limites, au contraire… Encouragé, Tristan se fit d’autant plus… investi, faisant preuve d’initiative en jugeant qu’elle saurait lui dire stop de toute manière. Délaissant ses lèvres, c’est avec un sourire plein de provocation qu’il s’attaqua à sa gorge si pâle, si délicate. Initiative fortement bien saluée…

S’il savait être sur ses gardes, réticent, malgré tout, et elle avait pu le constater durant ce fameux piège chez les Kaärs, il n’avait rien oublié d’elle, d’eux deux lorsqu’ils étaient encore ensemble. Et même il semblait d’autant mieux se souvenir. Il était un brin plus timide, préférant être sûr qu’il n’y avait pas de problème mais d’autant plus taquin et investi justement, poussant au maximum le vice d’un baiser aguicheur comme pour lui dire « tu n’as pas la moindre idée d’à quel point je peux te rendre folle ». Sauf qu’elle le lui rendait bien… C’était une bien douce torture à laquelle il se serait indéfiniment plié bien volontiers !
Suite de tentations, de provocations, de baisers de plus en plus osés, de caresses de plus en plus appuyées, de souffle de plus en plus asthmatique, de cœurs de plus en plus battant, de peau de plus en plus frémissante. Ah eh bien oui… le moindre contact avec sa peau le faisait toujours autant frissonner, ce n’était pas nouveau… Et que dire de leurs actuels baisers ? Ils n’avaient plus rien à voir avec les premiers qu’ils s’étaient échangés en se retrouvant, ni même ceux échangés la veille, ils étaient sans limites, pleins de passion… et d’un talent réciproque indéniable ! Wah… c’était ça embrasser la femme/ l’homme de sa fille ? Effectivement, ce n’était pas comparable… et vraiment pas lassant !!!

Alors qu’ils étaient allongés sur le côté toujours et qu’elle s’amusait depuis un moment à le taquiner remonter et redescendant lentement un de ses pieds le long d’une des jambes du Drakkari, frôlant très légèrement, de son genou, à chaque passage, l’entrejambe du torturé jeune homme, il décida de s’en venger en commençant à lui rendre ce qu’il considérait comme la pareille : caressant doucement une de ses jambes mais d’une main cette fois, s’aventurant parfois dans une caresse d’autant plus légère à caresser l’intérieur de sa cuisse, la sentant frémir et se crisper d’autant plus qu’il passait de temps à effleurer sa peau qu’il le faisait dans un frôlement presque imperceptible. Elle se vengeait d’un baiser plus appuyé, d’un frôlement de sa jambe plus conséquent… lui de même, c’était un éternel cercle vicieux.
Si le bracelet protégeait Tristan d’une perte de contrôle due à ses hormones draconiques, il le laissait au même niveau, une fois de plus qu’il était autrefois, un jeune homme vigoureux très sensible à sa sublime petite amie et dont les manifestations physiques n’étaient pas des plus… discrètes. Elle dut bien le remarquer à un moment ou un autre, plus ou moins rapidement… Toujours est-il qu’il ne savait pas si c’était en remarquant cela ou simplement parce qu’elle réagissait beaucoup à leurs caresses mais elle se mit soudainement à briller. Il rouvrit les yeux, surpris et battit une seconde des paupières, surpris alors qu’elle ne mettait pas longtemps à comprendre ce qui lui arrivait puisqu’il ne l’embrassait plus.

Il la fixa une seconde, la gorge nouée… Oh bien sûr, il en avait très envie… Mais ce n’était pas parce qu’il s’inquiétait outre mesure pour elle. Enfin bien sûr, c’était le cas mais ce n’était pas ce qui lui nouait autant la gorge… Non c’était plutôt tout l’afflux de souvenirs que cela occasionnait, les souvenirs de cette brillance si caractéristique des envies mais aussi besoin de la jeune femme face à lui… et ce qu’ils avaient immanquablement entrainé à chaque fois ou presque ! Un fol instant de passion, d’amour à l’état brut… Et autant avouer que ces souvenirs là lui mettaient les idées à l’envers et les reins en feu. Néanmoins, il ne la forcerait jamais à rien et elle le savait, d’ailleurs, malgré son regard brûlant de désir, il relâchait la pression de ses mains sur sa peau pâle déjà… Sauf qu’elle ouvrit la bouche pour murmurer quelques mots… troublants…

Il n’était pas sûr d’avoir tout très bien entendu, ni tout très bien compris. En fait, il resta interloqué, figé sur place et ce fut elle qui inquiète de son manque de réaction, le tira de cette transe d’un long mais chaste baiser. Il se reprit, secouant la tête en l’observant avec une pointe d’appréhension, ne bougeant pas d’un cheveu, semblant attendre une espèce de confirmation. Oh lui il ne dirait pas non bien sûr !!!! Si elle se sentait prête, c’était tant mieux… c’était super giga trop bien oui !!!! Non mais elle était sérieuse ?!!! Il en crevait d’envie lui ?! Si elle en doutait, elle n’avait qu’à baisser les yeux sur son boxer, elle pensait vraiment que cette bosse était un amas de sable plutôt mal placé ?!!!! Non mais vraiment…
Ce fut un peu timidement qu’il répondit à son baiser mais comme il ne refusait rien, ne voulait pas s’éloigner ni rien de cela, la demoiselle lui fit bien vite comprendre que les gentils baisers ce serait pour plus tard et que ce n’était pas ce qu’elle attendait pour l’heure. Enfin du moins la manière dont elle le crocheta à la nuque en attirant ses lèvres vers les siennes suggérait un tel message.

Ils continuèrent longuement de s’embrasser, de se tenter…
Après un bon moment d’hésitation et d’une certaine crainte sans doute de la réaction de l’autre, ce fut lui qui le premier commença à la débarrasser de son maillot de bain, opération plus fastidieuse qu’on ne pouvait l’imaginer quand la tentation était si grande. Oh ce n’était encore rien de très sérieux mais assurément ça allait le devenir. Elle l’imitait alors qu’ils ne cessaient pas de s’embrasser. Il l’incita à s’allonger sur le dos alors que lui-même était encore sur le flanc, posant de légers baisers sur chaque centimètre de son visage. Une fois de plus une lueur d’inquiétude brilla dans son regard, à peine visible sous le désir qui lui écarquillait les pupilles malgré la luminosité pourtant bien trop importante.

- Tu es sûre ?

Apparemment oui… Il sourit en l’embrassant d’autant plus passionnément avant de se glisser au-dessus d’elle. Au sens du jeune homme, ils n’avaient vécu là qu’une mise en bouche certes terriblement tentante mais une mise en bouche voilà tout, les choses plus sérieuses allaient pouvoir commencer avant de devenir… réellement sérieuses. Peut-être avait-elle un peu oublié avec tous ces hommes avec quelle obsession du plaisir il l’avait toujours traitée… Apparemment, même fou d’impatience et de désir, il ne commettrait pas l’impair de la négliger, oui… même à présent ! Sauf qu’alors qu’il se glissait justement au-dessus d’elle, en appui sur les coudes et les genoux, ayant en tête de titiller ses oreilles puis son cou de ses dents et de sa langue avant d’en faire de même avec chaque centimètre de sa peau jusqu’à ce qu’elle devienne à moitié folle, une petite mais sèche détonation se fit entendre alors qu’il était projeté en arrière loin d’elle.

Le jeune homme surpris, ne fut pas beaucoup éloigné, se retrouvant à genoux dans le sable à quelques pas d’elle à peine alors qu’elle le regardait tout aussi surprise. L’un comme l’autre ne semblait pas savoir qui était réellement à l’origine de cet incident et ils cessèrent bien vite de s’en préoccuper, recommençant à s’embrasser. Mais alors qu’il glissait ses lèvres et une de ses mains sur sa poitrine sous un frémissement assez significatif de sa compagne, Tristan entendit une nouvelle détonation, plus forte qui cette fois… l’envoya beaucoup plus loin avec d’autant plus de force. Il se réceptionna bien, debout tant la force en question était plus forte que la première mais vu que le sable était mou et peu stable par endroit, il ne manqua pas de… tomber, assis dans l’eau… et loin de sa belle.
Celle-ci s’était redressée cette fois, ne pouvant croire à un incident venant de lui… puisque cela ressemblait bien trop sans doute à ce qui s’était produit lors de sa première fois… avec le même jeune homme obstiné au passage !!!

Elle s’était assise sur la serviette, les yeux pleins de colère puis de peine alors qu’il la voyait trembler légèrement, probablement haineuse de voir son corps réagir de la sorte et ne le comprenant probablement pas… et malheureuse de lui imposer de nouveau ça. De leur imposer parce qu’avouons-le, c’était une épreuve pour tous les deux… Il sortit de l’eau en pataugeant et la rejoignit rapidement inquiet, s’agenouillant à côté d’elle en passant une main dans son dos…Mais elle ne l’écoutait pas. Elle tremblait vraiment, le visage enfoui dans ses genoux. Il grimaça, se mordillant la langue. Sans s’attendre à un tel recul, retour en arrière, il s’attendait bien à ce que son corps et sa magie, intimement liés se manifestent la première fois qu’elle chercherait à reprendre une activité sexuelle après son viol, même s’ils n’en étaient qu’aux préliminaires plutôt… sages ! C’était presque logique… Seulement il pensait que ce ne serait pas aussi flagrant et surtout qu’avec le temps, ça ce serait calmé or malgré les nombreux jours écoulés, ce repoussoir était actif, ça se voyait… Et elle le vivait mal, se refermant sur elle-même, ce qu’il ne pouvait, bien sûr, pas tolérer.
Ah non ! Elle n’allait pas s’apitoyer sur elle-même ! Elle n’allait pas pleurer ! Certainement pas !!!!

Sans la prévenir, le jeune homme l’attrapa et la souleva sans mal en la serrant contre lui. Et alors qu’elle redressait quand même la tête, ne comprenant probablement pas ce qui se passait, elle vit bien vite son compagnon… entrer dans l’eau avec elle !!!! Moui… bonne et mauvaise idée… la sensation de leur peau nue l’une contre l’autre avait toujours été une sensation difficile à intégrer sans être empli de pensées passionnelles… ça l’était d’autant plus lorsqu’ils se savaient nus justement… Mais il ne lui laissa pas le temps d’y songer non plus et prenant son visage dans l’une de ses mains, l’embrassa tendrement.

- Tout va bien, tu vois… On a le temps…

Enfin le temps, façon de parler, mais il essayait de la dérider, de lui redonner le moral.

- Fais pas cette tête ou je te noie.

Il rit à sa propre plaisanterie qui n’en était pas vraiment une et alors qu’elle lui jetait un regard outré, oubliant l’espace d’un instant sa propre peine, il l’incita à venir tout contre lui et l’embrassa, l’enlaçant étroitement, même si dans leur tenue actuelle ce n’était une fois de plus pas la meilleure des idées… Il lui murmura qu’il l’aimait, d’une voix chuchotante, caressant ses cheveux et il lui sembla qu’elle se blottissait un peu plus contre lui. Ils s’embrassèrent, timidement, pudiquement puis avec plus d’insistance comme s’ils essayaient inconsciemment de reprendre là où ils en étaient… ou peut-être plutôt parce qu’ils n’arrivaient pas à ne pas se tenter… Quand tout à coup le jeune homme se figea et la repoussa doucement, la soulevant pour l’inciter à se mettre sur un rocher qui émergeait de temps autre de l’eau, couvert d’algues. Son visage était devenu sérieux, tendu…

- Cassy… reste hors de l’eau… Il y a quelque chose au fond… quelque chose de gros…

Ohoh… ça ça voulait potentiellement dire… quelque chose de dangereux comme tout dans leur monde en suivant ces caractéri
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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: Un voyage pour apprendre à mieux se re-connaître ?   Mer 8 Jan - 21:17



- Cassy… reste hors de l’eau… Il y a quelque chose au fond… quelque chose de gros…

Ohoh… ça ça voulait potentiellement dire… quelque chose de dangereux comme tout dans leur monde en suivant ces caractéristiques… mais si près du bord ? C’était surprenant !
Alors qu’elle n’avait qu’à peine le temps de s’inquiéter, le jeune homme se déplaça très légèrement et lentement puis soudain disparut sous l’eau, plongeant. Il n’avait de l’eau que jusqu’au bas des pectoraux et il se redressa bien vite, ayant pieds donc en secouant vigoureusement la dangereuse espèce qu’il venait de saisir.

Difficile de dire qui de lui ou de l’énorme pieuvre plus grande que lui par ses tentacules, qu’il venait de déloger d’un appétissant repas de coquillages, vu celui qu’elle tenait encore dans un tentacule, était le plus surpris des deux. C’était une espèce plutôt rare, surtout vu sa taille connue pour son aspect caméléon plus rapide que tous ses congénères et ses immenses yeux très expressifs. Elle semblait les fixer sur le jeune homme dont elle prit aussitôt la teinte de peau alors qu’il cessait de la secouer, surpris, les yeux écarquillés. Un silence s’abattit avant que furieuse et vengeresse, elle ne lui jette un grand jet d’encre en pleine figure… ce qui le fit lâcher prise et trébucher alors qu’elle disparaissait déjà sous l’eau. Le jeune homme se retrouva à gigoter dans l’eau à moitié aveuglé sous le rire quasi hystérique de sa compagne qui avait décidément de quoi le charrier pour un bon moment. Elle le rejoignit pourtant rapidement, l’aidant à se rincer, sans pouvoir semble t-il calmer son fou-rire qui était quand même… une bonne source de détente avant qu’il ne redresse son visage un brin vexé mais rayonnant vers elle et ne s’empare de ses lèvres. Elle le repoussa presque aussitôt, taquine, y ayant répondu de bon cœur néanmoins du moins à ce qui lui semblait, arguant qu’il avait un goût d’encre. Il fit une mine blessée juste pour l’apitoyer un peu… un drakkari battu ? Oh… ça fait toujours son petit effet !
Il prit un air faussement vexé que démentait son sourire en coin.

- Au moins je te fais rire…

A défaut d’autre chose sans doute…
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Cassidy Herediane
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MessageSujet: Re: Un voyage pour apprendre à mieux se re-connaître ?   Ven 10 Jan - 22:56

Triste et malheureuse, voilà comment se sentait Cassidy ces derniers temps. En effet, la petite mage ne comprenait absolument pas le comportement de Tristan et cette soudaine distance qu’il ne voulait pas expliquer ou partait suffisamment tôt pour ne pas avoir à répondre aux questions. Elle aurait pu tout simplement aller le voir, insister mais la jeune femme se sentait las de ce manège et préférait se torturer en se laissant aller à des questions, des suppositions auxquelles elle ne trouvait point de réponse.

Avant d’aller voir Maud, elle était installée sur le lit, se remémorant les derniers évènements, cherchant le moment où sa langue avait fourché. Il y avait bien sûr ce moment, lorsque le jeune homme avait posé cette question gênante et qu’elle n’était tout simplement pas prête à y répondre, bien embarrassée de devoir lui avouer la vérité. Mais les secrets n’avaient pas leur place entre eux et la petite mage se devait de répondre du mieux possible sans chercher à cacher quoi que ce soit. Cependant, lorsqu’elle aperçut son visage apparemment fâché par cette révélation, Cassidy s’était montrée d’autant plus inquiète et prête à justifier la moindre de ses actions, se débrouillant très mal, faisant preuve d’une grande maladresse dans ses propos. Oui effectivement, il n’avait pas tort. Etre plus secret, ne pas en faire des masses, contrôler ses pulsions… combien de fois l’avait-il fait quand les deux jeunes gens étaient encore ensemble et que la petite mage ne savait décidément pas comment l’interpréter ? Ses doutes, la peur d’être mauvaise au lit, la peur de l’indifférence. Bien sûr, il était loin d’être indifférent mais elle avait bien compris pour son bracelet et même si cela partait d’une bonne intention, elle se sentait horriblement frustrée d’être considérée comme fragile à ses yeux. Fragilité qu’elle avait vraiment repoussée depuis son départ.

Oh en effet, il serait malheureux d’apprendre qu’elle avait redoublé encore plus d’efforts au lit avec Erwan, analysant la situation, remarquant ce qui lui plaisait pour le combler, cherchant à chaque fois de se rassurer au sujet de ses prestations et comprendre ce qu’elle faisait de mal. Erwan était cependant comblé à chacun de leurs rapports, un peu plus chaque jour, alors qu’elle semblait prendre cela comme un jeu. Ce n’était pas aussi intense que Tristan, c’était dur pour la demoiselle de ressentir la même chose alors elle était d’autant plus impliquée, investie même si au fond de son cœur résidait un morceau d’innocence qui était bien difficile à déloger.

Mais c’est vrai, inconsciemment, Cassidy lui reprochait sa trop grande retenue, qui était devenue encore plus grande depuis qu’ils s’étaient revus. Sauf ce moment chez les Kaärs, qui il fallait bien l’admettre, était vraiment très intense. Etait-il possible de faire mieux ? Les doutes subsistaient. Mais avec ce viol la demoiselle ne pouvait tout simplement pas se permettre de sauter dans ses bras aussi rapidement malgré le fait qu’elle était tout à fait consciente que le beau jeune homme ne chercherait pas à lui faire du mal. C’était plus une question de principe. Et surtout de mental. Etre violée avait été une épreuve éprouvante, traumatisante à ses yeux. Si elle cherchait à tout prix à repousser les tremblements de son esprit, ce n’était pas le cas de son corps qui lui cherchait à se braquer à la moindre occasion. Heureusement Tristan était doux, gentil, exactement ce dont la petite demoiselle déchue avait besoin pour bien se rétablir. Allongée paresseusement sur le lit, elle soupira en repensant à cette histoire, roulant sur le dos pour fixer le plafond d’un air absent.

Alors qu’ils rentraient à la cité, le jeune homme avait eu l’envie et le besoin de s’expliquer au sujet de sa colère. Encore une fois elle avait interprété bien trop rapidement ses émotions, ce qui ne pouvait pas empêcher la demoiselle de se sentir encore plus gênée et culpabilisant de ses conclusions trop hâtives. Ainsi donc, il se souciait uniquement de la drogue et non pas d’avoir succombé trop vite à la tentation ? Cependant, la jeune femme s’était remémorée leur vie passée et surtout cette jalousie extrême qui semblait éprouvée le Drakkari. La petite mage l’avait ressenti quand Erwan s’approchait d’elle, quand ils passaient du temps ensemble. Oui, elle savait que Tristan était plus distant et grincheux. Il ne pourrait jamais se rappeler à quel point la jeune femme avait fait preuve de patience, de compréhension, tentant de le rassurer du mieux qu’elle le pouvait à propos de ses sentiments. Mais lui se rappelait-il ? Maud lui avait bien dit qu’elle avait fait une erreur en le croyant suffisamment fort alors qu’il était tout simplement perdu. Croire en lui, la petite mage avait toujours agi dans ce sens, lui faisant confiance alors qu’elle aurait du tout simplement tenter de plus lui parler. Mais voilà parfois elle venait même à douter de ses capacités. Bien sûr qu’à chaque occasion qui se présentait la demoiselle cherchait à lui dire, apaisante, qu’il pouvait compter sur elle pour lui parler de ce qui n’allait pas. Mais jamais il ne l’avait fait. Alors devait-elle pour autant se blâmer, se détester de ne pas avoir vu les signes ? Visiblement oui, c’était le cas. Ne pas reproduire les mêmes erreurs, ce n’était pas si simple que ça. Cassidy avait toujours gardé pour elle ces pensées mais malheureusement, la petite mage ne se sentait pas totalement à l’aise, toujours en train de craindre de faire une erreur, de ne pas le comprendre et le laisser blesser. Une nouvelle fois elle ferma les yeux en soupirant, détachant son regard du plafond tout en serrant les dents et tournant la tête de gauche à droite. Quelle torture quand même !

Et voilà maintenant que depuis quelques jours, le jeune homme refusait tout contact. Parfois la petite mage se sentait bien échaudée et voulait se montrer agressive envers lui. Pas qu’elle en avait envie non, mais ses hormones la rendaient particulièrement sensible en ce moment, ce qui pouvait la rendre irritable. Heureusement, ce n’était qu’une demi solitude puisque Maud venait souvent la voir et vice versa. Il y avait également Alanir avec qui Cassidy s’entretenait très régulièrement. C’était même salvateur puisque sinon, elle finirait par broyer du noir et faire des bêtises. Le petit dragon la rassurait du mieux qu’il pouvait, tentant de lui expliquer le fonctionnement d’un dragon et ses pulsions accentuées. Cela permettait à la jeune mage de se rassurer un minimum.

Cependant, il fallait bien reconnaître qu’Alanir était d’une grande aide dans la relation avec Tristan, qui s’était révélé être un dragon. En effet, peut être que Cassidy aurait eu bien plus de difficultés à l’accepter en tant que tel, sans avoir un compagnon de la même race. Oh oui peut être que son accident avec les dragons n’auraient jamais eu lieu, peut être qu’elle n’aurait jamais été dégoûtée, malheureuse, déçue par ces créatures mais comment les jugeaient-elle avant ? On savait bien peu de choses sur les dragons et les seuls qui se montraient en plein jour étaient les dragons corrompus. Elle l’aurait certainement vu comme un animal, n’ayant pas les mêmes pensées qu’elle, pas les mêmes émotions. Non mais un semi dragon et une humaine ? Cherchez l’erreur ! Alors oui les dragons étaient capable de prendre une forme humaine mais cela restait quand même très rare. Et aimer un dragon, c’est aussi accepter cette partie bestiale qui réside entre eux. La jeune femme s’était levée du lit, songeuse, se dirigeant vers la grande baie vitrée puis se hissa sur la rambarde du balcon, les pieds dans le vide.

Parfois il lui arrivait de douter, d’avoir vraiment peur des agissements de Tristan. Evoquer le fait qu’il pouvait se transformer en dragon pendant des ébats était peut être un peu moqueur mais également… une certaine façon de tenter de dire qu’ils étaient bien différents et qu’elle avait peur que cette différence leur joue des tours par la suite. Bon, elle pouvait parler elle avec ses oreilles plus du tout humaines ! Cette évocation surgit dans son esprit au moment où elle se passait la main dans les cheveux, touchant par inadvertance ses oreilles au bout pointu. Quelle genre de créature pouvait-elle bien être ? Non c’était tout simplement impossible, ses deux parents étaient humains… A moins d’être… adoptée ? Cela fit frémir la jeune mage qui secoua la tête, refusant cette possibilité. Tristan l’acceptait, il n’y avait aucune raison qu’elle ne l’accepte pas.

Mais pourquoi les doutes s’emparaient de son cœur ? Bon nombre de fois Alanir avait du la convaincre qu’elle ne risquait rien, qu’être un dragon ne changeait pas grand-chose. Bon bien sûr, il parlait du sentiment d’amour qui était bien subjectif chez eux et qu’ils n’étaient pas aussi compliqués et torturés que les humains, se laissant aller à de torrides débats, ce qui avait eu pour réaction de faire s’hérisser les cheveux de la demoiselle, se demandant tout simplement comment cela pouvait être possible. Il l’avait ensuite rassuré sur le fait que Tristan restait quand même un humain avec des sentiments bien visible.

Encore une fois, il l’avait convaincu de se rapprocher de Tristan, de lui laisser une chance, alors que la jeune mage était catégoriquement opposée à l’idée de s’approcher de lui au début. Tout cela pour plusieurs raisons. Tout d’abord la rancœur d’avoir été abandonnée et de le voir s’amuser à parader en forme de dragon, lui donnant l’estime d’une grosse bestiole mi humaine mi animale qui faisait son intéressant pour épater la galerie. Pas très gentil non mais en même temps vu le choc qu’elle avait reçu, il était certain que la demoiselle ne l’aurait pas accueilli avec des fleurs. Ensuite, il y avait cette crainte de dragon, qu’elle avait toujours détesté, ne les jugeant pas très bien, animaux et se mettait à penser que Alanir était différent tout simplement parce seul son esprit résidait dans le corps de la jeune femme, ce qui l’empêchait d’être comme les autres. Il y avait également le fait qu’avoir un dragon corrompu qui cohabite avec elle n’était pas une bonne chose et ne serait certainement pas accepté. D’ailleurs lorsque Tristan avait tenté de la soigner avec ses écailles, la mage avait fait un gros rejet, certainement en raison de la différence entre l’énergie, encore corrompue d’Alanir et celle de Tristan.

Devait-elle en parler à Tristan ? De ces doutes encore bien présents au sujet de ces origines de dragon ? Non certainement pas ! Il serait trop déçu, trop malheureux si elle lui en parlait. Bien sûr, à ses côtés, ses émotions n’étaient pas craintives parce qu’elle arrivait à cacher tout ça. Et qu’elle tentait surtout de croire que ça ne changeait absolument rien à leur relation… et pourtant… un dragon… comment pouvait-elle penser différemment ? Comment pouvait-elle croire que leur relation n’était… pas vraiment normale et qu’un jour leur trop grande différence les feraient hésiter ? La jeune femme serra fortement la rambarde entre ses doigts puis secoua la tête. Elle ne devait pas penser à ça ! Mais… quand elle se retrouvait toute seule, cela la rendait malheureuse que d’y penser. Fixant un instant le ciel et regardant le vol d’oiseaux solitaires, la jeune femme soupira un instant. Avoir une vie NORMALE, était-ce trop demandé ? Déjà qu’elle se battait en permanence avec ses démons, qu’on la traitait comme une super entité avec des supers pouvoirs, qu’il lui arrivait toutes sortes d’aventures… que Tristan soit un Drakkari, soit, c’était un humanoïde mais être un dragon rendait leur histoire encore plus extravagante. Et de l’extravagance elle en avait eu l’overdose. C’était douloureux pour elle, même si la possibilité de sauver du monde était extrêmement satisfaisant. Mais être simplement elle… sans fioritures… juste elle. Cassidy, une mage aventurière qui dirigeait une école, un petit ami aimant, un fier guerrier qui assurait sa protection et la comblait et avec qui elle vivrait pour la fin de ses jours. Pas de supers pouvoirs, pas de dragons, pas de tarés désireux de la voir tomber, pas de malades pour tenter de la diriger comme une marionnette… juste une vie normale… Oh bien sûr, en parler à Tristan le rendrait vraiment triste… surtout pour cette histoire de dragons. C’était comme si elle le repoussait au final. Mais l’amour qu’elle éprouvait pour lui l’empêchait de s’éloigner de lui désormais, peu importe le mal qui la rongeait. Il pouvait tout aussi bien disparaître une nouvelle fois… mais cela ne résoudrait en rien l’affaire, tant qu’elle n’arriverait pas à sortir de sa tête ces doutes. Mais comment arrivait-elle aussi bien à cacher toutes ces émotions, ces ressentis ? Peut être parce qu’étant une mage, elle refoulait suffisamment bien ses émotions et Alanir, toujours désireux de protéger la jeune femme, rendait son esprit tellement complexe, comme une barrière, ce qui empêchait Tristan de saisir le véritable fond de ses pensées. Car il savait aussi bien qu’elle, la réaction que pouvait adopter Tristan même si il ne montrerait rien, cela ne l’empêcherait pas d’être blessé au final.

Cependant, Alanir évoqua quelque chose… d’assez troublant pour la demoiselle, bien après avoir expliqué au sujet des pulsions de dragon.

*D’accord… que tu ai du mal à l’accepter encore c’est un fait, y a quand même une différence entre dragon et humanoïde mais… comment réagirais-tu si par le plus grand des hasards il rencontrait une femelle dragon, capable tout comme lui de prendre une apparence humaine ?*

La réaction de Cassidy fut immédiate. Sa main se serra si fort sur la rambarde que le morceau manqua d’exploser alors que ses canines se mettaient à pousser et son regard emprunt d’une très vive jalousie. Oui que pouvait-elle faire contre un membre de l’espèce de Tristan ? Absolument rien ! Il n’aurait pas besoin de se retenir, de laisser ses pulsions muselées… ça serait peut être même mieux qu’avec elle… manque de confiance encore ? Peut être… mais ça ne serait jamais égal… et peut être… avait-elle très peur que cela arrive.

*Oh… Calme toi… C’était juste histoire de te faire prendre conscience que malgré le fait qu’il soit un dragon, tu n’es pas prête pour autant à le céder à qui que ce soit… et peut être qu’un jour il serait bon que tu chasses de ta tête cette histoire de différence… pour ne pas que ça vous détruise…*

Se calmer était bien difficile pour la jeune femme qui avait toujours cette profonde hantise que maintenant qu’il était un dragon, les choses seraient bien plus difficiles. Cependant, Alanir avait raison, questions sentiments de sa part humaine, il n’y avait pas à tortiller.

* Si je vois une seule dragonne s’approcher de lui… pacifique ou non… peu importe ce qu’elle veut je ne la laisserais pas approcher de lui… jamais… sinon je la massacre… *

*Tssss on dirait un mâle essayant de prouver sa valeur et défendre ses possessions… tu n’aurais pas été dragon dans une autre vie ? Mais je ne pense pas que Tristan apprécie ce comportement, ce qu’il préfère chez toi, c’est ton humanité pas l’espèce de femelle qui s’enrage à la moindre provocation.*

Cassidy ne répondit rien, baissant la tête, ses crocs reprenant une longueur normale. Non elle ne le permettrait pas, bien trop peur de voir que Tristan se rende compte qu’il ne vivrait que de parfaites pulsions avec une autre de son espèce. Elle ne l’accepterait jamais même si sa façon de penser n’était pas la meilleure.

Finalement, Cassidy se rendit chez Maud, laissant ses émotions bien enfouies en elle, mais n’enlevant pas de ses pensées la douleur de voir que le Drakkari cherchait vraiment à l’éviter ces derniers temps. Heureusement que Maud était là pour éclairer ses propos et redonner un peu d’espoir à la petite mage si désemparée. Pendant un instant Cassidy hésita à lui poser une autre question, beaucoup plus perturbante mais chaque chose en son temps et elle ne voulait pas… qu’on ait une mauvaise estime d’elle après tout.

C’est alors qu’elle rentra, un peu plus assurée, fermement décidée à mettre les choses au clair avec Tristan. Et Cassidy n’y alla pas par quatre chemins, hésitant quand même à le regarder parfois, fermant les yeux, un visage très expressif, témoignage de la douleur qu’elle endurait actuellement. Puis il se mit enfin à parler. Elle apprécia la très légère caresse sur son visage, tel un filet d’eau qui apaisait sa peau brûlante et rougie par cette confession. Enfin, alors qu’elle rouvrait les yeux, le jeune homme lui montra le bracelet. Comme par hasard le jour où elle se torturait avec toutes ces réflexions de dragon…

Cassidy l’écouta attentivement sans l’interrompre une seule fois. « Devenu un dragon… » Parce qu’il ne l’était pas avant ? Elle se crispa très légèrement alors qu’Alanir complexifia son esprit, faisant passer cette crispation pour une petite crainte au sujet des effets secondaires sur son compagnon. Elle regarda néanmoins avec beaucoup d’attention le bracelet sans souffler le moindre mot, se promettant plutôt de bien faire son rôle de petite amie pour le soutenir dans cette épreuve. N’était-ce pas pour être « normal » du moins aux yeux des humains, qu’il acceptait cet handicap ? Elle posa une main sur la sienne, la caressant doucement, déclarant qu’elle comprenait.

Puis ils passèrent à table. La meilleure des choses à faire c’était de se conduire normalement, montrant un soulagement certain au sujet du fait qu’elle ne souffrirait plus de son absence, lui parlant de tout et rien pour animer la conversation même si elle était toute seule à parler. Après tout, la demoiselle était passée maître en la matière dès qu’il s’agissait de dissimuler les plus sombres de ses pensées. Même le viol n’était rien en comparaison.

Enfin, le moment de se coucher était venu. Moment auquel la demoiselle s’appliqua de séduire son compagnon en mettant une petite tenue totalement inédite, preuve de sa confiance en elle qui était revenue, petite rire léger quand il était tombé du lit pour ensuite venir à côté d’elle, appréciant la vue. Mais tout allait mieux entre eux désormais, du moins, qu’il soit là l’empêchait de trop se torturer l’esprit et elle s’appliquait à devenir parfaite à ses yeux. Que ce soit un engagement pour la cuisine, le fait d’être plus sociale ou encore de venir le regarder s’entraîner, elle s’appliquait à donner cette image de fille bien dans sa peau, surtout pas intimidée par le fait qu’il était un dragon et encore, cela l’aidait à chasser toutes ces réticences de sa tête.

Tristan l’avait conduit à son débarras et lorsqu’elle aperçut toutes ces œuvres, la demoiselle était restée sans voix. Puis lui avait dit sur un ton taquin qu’il devrait maintenant pouvoir se remettre à la peinture et qu’elle avait hâte d’être de nouveau son modèle, le tout dit d’une façon très mignonne en lui donnant un petit coup dans le torse.

Finalement, une brillante idée avait traversé les pensées de Cassidy. Faire quelque chose de surprenant, de très romantique. Quelque chose qui plairait au Drakkari et leur permettrait de se laisser un peu plus aller entre eux d’eux. La jeune femme avait repéré une petite crique non loin de là en volant avec Alanir et avait décidé de l’utiliser pour une bonne occasion. Tout avait été savamment orchestré alors qu’elle avait tout planifié sur des parchemins ce qu’elle devait faire, comme la préparation des toasts, le type de tenue à porter, les accessoires à apporter ou encore la réflexion sur un sort qui permettrait de bloquer les sens de Tristan un court instant. Le fait qu’il soit dragon rendait vraiment les choses complexes… elle ne pouvait pas utiliser ses sorts comme avec un humain, ou Drakkari normal. Il lui fallait quelque chose de plus puissant. Un grand nombre de fois elle manqua d’abandonner. Sensibilité accrue, colère, cela lui arrivait de froisser une feuille puis de la brûler, rageuse.

Plusieurs fois il lui était arrivé de poser son front sur le bureau, se mettant de l’encre un peu partout, la respiration saccadée et se maudissant de ne pas pouvoir faire un effet de surprise plus grand. Encore une fois, c’est bien Alanir qui lui vint en aide en démystifiant le fonctionnement de la magie draconique, ce qu’elle ne pouvait pas expliquer à Tristan, voulant très certainement le surprendre. L’esprit dragon était apaisant, rassurant, l’aidant à mettre au point un sort qui bloquerait les sens de Tristan de manière très temporaire. De plus elle n’aurait le droit qu’à un seul essai alors autant que ce soit parfait. C’est quand même un peu hésitante qu’elle se coucha, n’arrivant cependant pas à s’endormir, pensant à tout ce qu’elle devait faire pour que ce soit prêt. Et si Tristan ne voyait que le bon côté de la surprise, il ne se rendrait certainement pas compte de tout le mal qu’elle s’était donnée pour qu’il ne devine rien.

Alors le lendemain matin elle était joyeuse, entraînante, maquillée et habillée pour l’occasion alors qu’il était beaucoup plus lent à la détente. Mais la jeune femme n’était pas en reste et savait bien comment s’y prendre pour le séduire, le faire craquer. Tout se passa exactement comme elle l’avait prévu et son sort fonctionna à merveille alors qu’ils atterrissaient dans le sable, la jeune mage le retenant et le guidant pour éviter qu’il ne tombe.

Tout était féérique, magique. Une ambiance des plus romantiques, propice au laisser aller et à la détente, voire même un peu plus. Cassidy attendait les impressions de Tristan, souriante devant le soleil, ses cheveux dorés jurant très bien avec le sable fin autour d’eux. Et le jeune homme était vraiment enthousiaste de découvrir cette surprise, ce qui valut un grand soulagement de la part de la demoiselle, qui n’était pas sûre d’elle. Pas qu’elle n’avait pas confiance non, mais elle redoutait qu’il devine d’une manière ou d’une autre. Et ce que Cassidy aimait, c’est voir de la joie et du plaisir dans les yeux de son compagnon alors qu’il découvrait sa surprise.

Et cela ne manqua pas de fonctionner. Elle ne s’attendait pas à ça mais Tristan la souleva de terre la faisant tournoyer avec lui, les cheveux au vent. On ne pouvait pas rêver d’une image plus paradisiaque. Un petit couple heureux, un décor magique. Cassidy se mit à sourire alors que Tristan l’embrassait avec beaucoup de passion, lui donnant un avis plus que positif alors que la demoiselle frissonnait au contact de ce baiser. Il était d’ailleurs le premier à courir dans l’eau, alors que la jeune femme ne perdait pas une miette de ce spectacle, devant le beau Drakkari en train de se déshabiller sous le soleil. Elle en perdit même le fil de ses pensées, toute occupée à le contempler mais lorsqu’il prit le ballon pour s’amuser, la jeune femme se mit à rire, le trouvant très drôle et touchant, respirant la spontanéité. Rassurée de voir que sa surprise ne tombait pas à l’eau, Cassidy commença à enlever ses vêtements, très sagement.

Cependant le maillot de bain n’avait rien de très sage ! Sûrement encore une confection de Maud ! Couleur ciel, il s’agissait d’un deux pièces plutôt simple, des petits nœuds sur le bas, et une lanière passant autour de sa nuque pour le haut, s’apprêtant d’un petit décolleté qui aurait donné le vertige à bon nombre de ces messieurs. Autrement dit, Cassidy avait vraiment envie de satisfaire son compagnon, refusant de s’enfermer dans une routine monotone, cherchant toujours la petite idée pour pimenter leur vie. C’est plus gentiment que lui que la demoiselle s’approcha de l’eau, regardant les vaguelettes qui venaient et repartaient sous ses pieds. Malgré sa phobie des profondeurs, la jeune femme n’en était néanmoins pas fascinée par l’air marrant, le sable fin et l’eau si agréable sous ses pieds qui n’était pas trop froide, ni trop chaude, lui donnant une impression de bien être.

Cassidy fit quelques pas dans l’eau, s’arrêtant à hauteur de mollet. Ce fut Tristan qui la rejoignit pour la porter alors qu’elle enroula directement ses bras autour de la nuque du Drakkari, craignant un peu qu’il l’emmène vers les fonds marins. Mais le baiser qu’il lui donna chassa toutes ses craintes et réticences alors qu’elle se retrouvait bercée dans ses bras. Il insista pour qu’elle essaie de nager un peu, ce à quoi la jeune femme fit une petite moue adorable, tentant de se rappeler de sa dernière leçon.

Concentrée alors qu’il la soutenait, sans réticence cette fois si ce n’était les agréables frissons, caresses involontaires de son compagnon sur sa peau, que Cassidy tentait de battre des pieds et des mains, sagement. Mais cela lui demandait encore d’énormes efforts ce que Tristan remarqua rapidement, décidant de la laisser tranquille avec ça.

Le reste de leur temps dans l’eau était consacré aux jeux, chamailleries, rires et éclats de joie. Autrement dit, ils passaient un très bon moment, s’éclaboussant comme deux enfants. Cassidy riait quand Tristan disparaissait, tentant de le distinguer ce qui n’était pas bien difficile à cause de la clarté de l’eau. Cela la fit encore plus rire alors qu’elle le voyait émerger, puis elle balaya ses mèches rouges de devant ses yeux avant de lui voler un baiser. Il resta ensuite un moment à nager tout seul pendant qu’elle tentait de faire d’autres efforts de son côté. Apparemment retenir sa respiration n’était pas pour aujourd’hui. Les petites vaguelettes, même sages, lui fouettaient le visage et un moment d’inattention, perturbée par l’ondulation, la demoiselle ouvrit la bouche, avalant de l’eau sablée qu’elle recracha aussitôt, debout en tapant sa poitrine, faisant une grimace. Heureusement que son chevalier servant était là, l’attirant vers lui en la serrant dans ses bras, ce qui eut pour réflexe de rapidement calmer la petite mage de ses hoquets.

Finalement ils se posèrent sur la grande serviette, Tristan apparemment dans son élément, bronzant au soleil comme un lézard alors que la petite mage était un peu plus sous la branche parasol, très proche des petits toasts et sandwichs. Souriante, des fines gouttelettes perlant le long de son corps, son estomac la rappela rapidement à l’ordre alors qu’elle attrapa un des petits sandwichs, confectionné par elle-même. Mais avant même que celui-ci atterrisse dans sa bouche, une bouche gourmande venait d’happer ses doigts alors que Cassidy louchait dessus, surprise par la rapidité du Drakkari à se lever aussi rapidement alors qu’il était si innocemment en train de paresser au soleil. Elle se mit à rire en le voyant faire tout en le réprimandant doucement alors qu’il se retirait déjà, non sans autant lui laisser le mini sandwich dans les doigts.

« Eh bien dis donc glouton ! En voilà des manières ! »

Elle lui tapota doucement le torse avant de porter deux verres et de trinquer avec lui.

« Ca va… je suis à l’ombre et y a pas beaucoup d’alcool là dedans ! »

Cassidy but une gorgée, regardant pensivement le ciel et les embruns, magnifiques, qui rendaient cette journée si inoubliable. Le décor, le repas, le soleil qui tapait doucement sur leur peau… un homme digne d’un rêve à côté d’elle… rêve qui était pourtant d’elle. Elle soupira un instant de satisfaction. Que demander de plus ? C’est pourtant timidement qu’elle pencha sa tête vers son verre, regardant les bulles de champagne qui remontaient à la surface.

« Au fait, je suis vraiment contente que cette journée te plaise… »

Rien que ça, rien de plus. Elle souriait, toujours aussi timidement alors qu’il se posait à nouveau sur la serviette, profitant du soleil. Cassidy était également étendue à ses côtés, le regardant toujours avec une certaine timidité et peut être même un brin d’assurance. La demoiselle hésita un instant, puis s’approcha de lui, prit son visage entre ses mains et déposa un magnifique baiser sur ses lèvres. Mais l’alcool n’y était pour rien cette fois, elle en avait vraiment envie !

Et puis… tout s’accéléra même si c’était déjà très bien. Elle était beaucoup plus entreprenante, il répondait avec plus de passion. Elle caressait sensuellement son torse, il passait ses mains dans le bas de son dos. Baisers enflammés, caresses passionnées, la chaleur montait d’un cran et Cassidy n’avait pas vraiment envie de s’arrêter cette fois. Elle le désirait… elle fantasmait sur lui… et il était bien cruel de voir un aussi bel homme à ces côtés sans pouvoir réellement être satisfaite complètement. La jeune femme redoubla d’ardeur dans ses baisers, devenant folle aux caresses de Tristan, sentant de doux frissons s’agiter sur son corps comme des petites décharges électriques qui couraient un peu partout sur elle, sur chaque centimètre de sa peau. Elle poussa un très léger gémissement quand il osa une caresse plus osée, elle en fit de même, se vengeant de cet affront.

La chaleur continuait de monter, ce qu’elle ressentait comme le point de non retour mais cette fois elle ne s’arrêterait pas, surtout que son corps lui envoyait des messages bien agréables que la demoiselle désirait satisfaire. Cela se manifesta par son corps qui se mit à briller, fidèle reflet au soleil, petite étoile parmi le sable doré alors qu’elle dévisagea lentement Tristan, un sourire sur le visage, ne semblant ni gênée, ni inquiète. Alors elle prononça une seule phrase, tout en passant sa main sur son torse, la faisant descendre vers son ventre.

« Et si on allait encore plus loin ? »

Pas de trouble, pas de peur dans sa voix, non… juste une timidité qui perçait dans sa voix, comme si elle avait peur qu’il refuse. D’ailleurs il resta bloqué quelques secondes, ce qui poussa Cassidy à lui donner une petite tape sur la tête, pour voir si il n’était pas paralysé ou un truc du genre. Tristan répondit alors très timidement par un simple baiser, qui laissa Cassidy sur sa faim. Comme il n’avait pas l’air d’être contre, la demoiselle redoubla d’intensité, devenant folle sous ses caresses, gémissant avec douceur alors qu’elle devenait de plus en plus osée dans ses gestes, puis lui défit son boxer alors qu’il s’occupait de son maillot de bain. La chaleur était palpable, l’ambiance était propice à la situation. Il se plaça au dessus d’elle alors qu’elle attendait, très sereine, cette explosion de sensations qui les caractérisaient si bien puis… une détonation se fit entendre alors que Tristan se retrouva éloigné d’elle.

Intriguée, Cassidy se redressa un instant, ne comprenant pas ce qui se passait, ou encore trop en état euphorique pour réfléchir à ce qui se passait. Il revint vers elle, recommença alors qu’elle éprouvait une agréable sensation alors que le jeune homme s’approchait d’elle une nouvelle fois mais ce dernier se retrouva éjecté… encore plus loin cette fois ci ! Là cette fois elle n’était plus vraiment euphorique, se redressant, de la peine se lisant sur son visage.

Que se passait-il encore ? Et puis elle se rappela et ses yeux s’agrandirent d’horreur. Oh non ce n’était quand même pas… Cassidy déglutit rapidement en regardant Tristan puis regardant son propre corps, dégoûtée par sa réaction. Une profonde colère l’envahit alors qu’elle serrait le poing droit et sa lumière disparaissant de son corps en même temps. Fermant les yeux pour tenter de se calmer, il fallait reconnaître qu’elle tremblait et que de sombres pensées l’agitaient, fermement décidée à partir loiiiiiiiin d’ici pour aller se défouler plus loin, laissant certainement un Tristan plus que perturbé au passage. La colère bouillonnait dans son cœur. Elle se dégoutait. Pourquoi ? Pourquoi n’était-elle pas capable de faire abstraction aux signes de son corps ? Pourquoi n’y arrivait-elle tout simplement pas ?! Ce n’était pas faute d’avoir essayé mais cela la frustrait, énormément.

La jeune femme se recroquevilla sur elle-même, honteuse, n’ayant rien pour se dérober au regard du beau Drakkari qui devait comprendre que quelque chose n’allait pas. D’ailleurs, avant même qu’elle ne comprenne ce qui lui arrivait, Cassidy se retrouva soulevée du sol et alors qu’elle redressait la tête, Tristan la ramenait dans l’eau. Si la sensation de leurs deux corps, encore légèrement transpirants, l’un contre l’autre leur donnait des pensées passionnées, l’eau au contraire leur donna un petit coup de fouet. Tristan s’exprima, rassurant, pas vraiment en colère contre elle et cherchant surtout à l’empêcher de s’en vouloir. Elle avait vraiment un air abattu, qui changea rapidement en une grimace quand il eut pour idée de la noyer.

Un peu déboussolée, ils reprirent néanmoins leurs baisers, comme si ils essayaient de se reprendre au moment où ils s’étaient arrêtés. Mais Tristan se crispa, ce qui obligea la demoiselle à redresser la tête alors qu’il la déposa sur un rocher et qu’elle le regardait, intriguée. Un gros truc ? Où ça ? Où ça ? Elle avait besoin de se défouler ça tombait bien ! Prenant une posture défensive, ce qui la rendait plus drôle que sérieuse, d’autant plus qu’elle était nue, Cassidy guettait la moindre chose qui émergerait.

Mais ce fut Tristan qui retira une énorme pieuvre de l’eau, situation qui était au final très marrante et digne d’une comédie. La créature, furieuse de s’être fait délogée, cracha un jet d’encre sur le pauvre Drakkari. Cette scène totalement inattendue eut pour effet de faire rire Cassidy à gorge déployée, se tenant le ventre alors qu’un grand rire sortit de sa bouche, voyant Tristan couvert d’encre. Finalement elle descendit de son rocher et alors qu’il baissait la tête, c’est avec beaucoup de délicatesse qu’elle lui enleva le surplus d’encore alors que ce coquin cherchait les lèvres de sa compagne pour la consoler. Elle répliqua qu’il n’avait pas très bon goût.

Oui il avait raison, à défaut de mieux, il la faisait rire et pas qu’un peu. Cela dissipa cette malheureuse aventure pour l’instant. Finalement, Cassidy ne tenta rien de plus, certainement voulant éviter une nouvelle expérience qui pouvait se solder par un échec. Ils se contentèrent de manger, d’admirer le soleil qui déclinait dans le ciel, de bronzer un peu mais cela resta plus sage. Au final, ils rentrèrent et à part cette affaire qui n’était pas conclue, la journée avait vraiment été magnifique.

La jeune femme prenait une douche, songeuse alors qu’elle se débarrassait des derniers grains de sable. Savoir que son corps repoussait Tristan la rendait triste et même si il déclarait qu’ils avaient leur temps, cela n’empêchait pas Cassidy de se sentir vexée, honteuse. Elle ruminait sa peine, collant sa tête contre les carreaux de la douche, inspirant profondément à un moyen de débloquer cette chose de son corps. Elle resta un très long moment sous l’eau, plus que nécessaire mais ne voulant pas encore causer du souci à Tristan, c’était la seule façon qu’elle avait trouvé pour être un peu tranquille.
Finalement la demoiselle sortit et vint se coucher dans les bras de Tristan, déposant un baiser sur ses lèvres, toute trace de peine ayant disparu de son visage alors qu’elle le regardait tendrement en lui souhaitant une bonne nuit.

Les jours d’après, la jeune femme restait pensive. Cette histoire la tracassait quand même, surtout que tenter d’oublier les caresses de Tristan, leurs ébats, était carrément impossible et surtout très frustrant pour l’un… comme pour l’autre. Ils avaient leur temps certes mais il était impensable pour Cassidy de ne pas trouver une solution au problème, ce qui la rendait parfois irritable. Un jour, elle décida de se changer les idées, ayant trouvé une nouvelle activité alors qu’elle descendit dans le débarras pour prendre les affaires de peinture de Tristan pour lui donner timidement.

« Tiens j’aimerais bien que tu recommences un peu à peindre… et tu crois pas que je suis un modèle de choix pour toi ? »

Elle tira d’un air taquin sa langue. Qu’il accepte ou refuse, la journée passa quand même rapidement pour les deux tourtereaux, qui redoublaient d’imagination pour s’occuper et oublier leur petite mésaventure.

Le jour d’après Cassidy déclara à Tristan qu’elle allait voir Maud, certainement parce que cela faisait un petit moment qu’elles n’avaient pas discuté ensemble mais surtout pour une autre raison qu’elle ne pouvait pas évoquer devant lui.

Et lorsque Cassidy arriva chez Maud, après les formules d’usage pour savoir si elle allait bien, si ce n’était pas trop douloureux avec son ventre et tout le reste, elle s’installa devant une tasse de thé et colla carrément sa tête contre la table, manège très bizarre que Maud ne devait pas saisir. Cependant, Cassidy redressa rapidement la tête, évitant de regarder la dame, témoignage de sa gêne.

« Hum au fait… tu sais cette journée dont je te parlais… avec lui… eh bien… tout se passait bien mais on était incapable d’aller plus loin… par ma faute… mon corps refuse de l’accepter. Pas que j’en ai pas envie mais je pensais que cette histoire de viol était bien enterrée ! Enfin chez les mages on réagit bizarrement, si bien que notre magie est en accord avec notre corps et inconsciemment bah… ça le repoussait… ça me fait mal de lui faire revivre ça… je sais pas quoi faire parce que j’ai vraiment envie d’aller plus loin avec lui mais je ne sais pas comment… »

Maud était toujours compréhensive, et étant son aînée, il lui était possible de lui fournir des réponses assez intéressantes pour mieux progresser. Elle lui conseillait d’abord d’être prête et d’être sûre que cette histoire était loin derrière elle. Puis qu’il fallait insister, que si elle n’avait plus rien à se reprocher, ça finirait par venir, à force de patience et de persévérance.

Cassidy revint ensuite chez Tristan, qui lui demandait alors des nouvelles de Maud.

« Ca va elle va bien ! Je ne sais pas comment elle fait d’ailleurs avec son ventre énorme pour arriver à se déplacer. Ca doit faire mal quand même… Brrrrr… si un jour je devais être enceinte, j’aimerais bien hiberner jusqu’à la naissance. Enfin breeeeeeeef ce genre de choses c’est pas pour tout de suite ! »

Petite phrase bien innocente alors que cela se voyait dans le regard de la petite mage qu’elle était loin d’être prête pour cette aventure, malgré son âge qui était plus proche de la trentaine que la vingtaine quand même. Mais pour cela, il faudrait qu’elle ait le sens des responsabilités, ce qu’elle n’avait pas encore véritablement acquis. C’était juste pour faire la discussion, parce qu’elle ne savait pas du comment aborder le sujet avec lui. Ils parlèrent, se taquinèrent puis passèrent la fin de la soirée ensemble.

Cassidy se releva pendant la nuit, regardant tendrement Tristan qui dormait, couché dans le lit. Puis elle se dirigea vers le balcon et s’assit sur le rebord, regardant pensivement les étoiles. Puis la jeune femme ferma les yeux pour méditer un instant. Revivre son viol pour mieux l’accepter… se dire que ce n’était pas dramatique… elle n’en était pas morte, elle était toujours vivante, l’homme à ses côtés était vraiment aux petits soins avec elle, il était patient, doux et elle ressentait une vive attirance pour lui qui ne faiblissait jamais. Dans sa tête elle revivait les bons moments passés avec Tristan, cette progression petit à petit de leur relation… ça allait le faire… ça allait le faire.

La méditation aidait à mieux accepter certaines choses et si les autres jours elle avait toujours cherché à repousser au plus profond d’elle cet acte de victime, ce n’était pas la bonne solution. Elle devait l’accepter, vivre avec et surmonter cette épreuve. Nul ne sait ce qui se passait pendant une méditation mais elle se sentit plus apaisée en se recouchant dans le lit, dans les bras de Tristan.

Le lendemain matin, si cela débutait par les sempiternelles taquineries, l’ambiance changea rapidement, Cassidy animée d’un nouvel espoir, et surtout des pulsions, de vouloir aller plus loin avec son compagnon. Tendres baisers et caresses devinrent plus passionnées et elle redoublait d’efforts pour rendre Tristan dingue, ce qu’il s’appliquait à lui rendre. Pourtant lui-même savait où elle venait en venir et lorsqu’elle se mit à briller une nouvelle fois, le jeune homme semblait bien inquiet et pas désireux de la brusquer encore.

Cassidy caressa doucement son visage, soufflant doucement dans son oreille alors qu’elle murmurait quelques mots.

« Ne t’inquiète pas… »

Mais alors qu’ils tentaient encore de dépasser le stade des préliminaires, le jeune homme se retrouva une nouvelle fois éjecté en arrière. La demoiselle redressa doucement la tête. Elle ne pensait pas au viol, elle avait envie d’aller plus loin, c’est son corps qui faisait barrage alors il faudrait apprendre à l’apprivoiser à nouveau. La demoiselle s’assit sur le lit et invita Tristan à s’asseoir à côté d’elle.

« Bon… y a plus de doutes, il va falloir recommencer depuis le début… si tu te sens prêt à accepter ces décharges… enfin si ça t’inquiète je ne me force pas, j’ai même très envie de toi mais c’est une étape nécessaire pour y parvenir, il n’y a qu’en insistant qu’on y arrivera… »

Elle baissa même la tête, boudeuse, prenant un air de gamine.

« C’est super frustrant en plus ! »

Il lui répondit, calme, rassurant comme toujours. Et c’est ainsi que les jours d’après, si ils étaient bien occupés par leurs leçons de vol, leurs entraînements, activités et petites choses de la vie quotidienne, les deux jeunes gens s’attiraient plein de moments coquins. C’était surtout Cassidy qui déclenchait les « hostilités » car Tristan préférait lui laisser l’avantage là-dessus. Et des essais, ils en firent même si cela n’était pas très concluant.

Il y avait pas mal de fois au lit, où Tristan se retrouvait propulsé en l’air, sur les côtés, même une fois il passa à travers la fenêtre. Ils tentèrent également d’autres lieux plus originaux comme la douche mais cette tentative se solda aussi par un échec où ils se retrouvèrent entassés, lui dans une position peu avantageuse, elle assise sur son torse. Puis également dans une petite clairière très discrète entre plusieurs buissons, alors qu’ils avaient profité de la journée pour aller voler ensemble. Cette fois là Tristan se retrouva en train de voltiger dans les branches d’un arbre.

En attendant ils progressaient vraiment au vol, devenant de plus en plus complices, attentifs aux désirs de l’autre, ce qui n’était pas une mauvaise chose. Et si toutes les tentatives pour aller plus loin dans leurs ébats se soldaient par des échecs, ils étaient néanmoins en train de perfectionner leurs préliminaires, ce qui était tout de même très frustrant pour l’un comme l’autre après cette magnifique mise en bouche.

Depuis la désastreuse aventure sur la plage, plus de dix jours s’étaient écoulés. Et ce soir là, Cassidy avait décidé de mettre le paquet pour son beau compagnon. Petite tenue aguicheuse et très sexy, coiffure savamment travaillée, un peu de maquillage également (elle faisait beaucoup d’efforts avec le maquillage ces derniers jours). La demoiselle s’approchait du beau jeune homme qui venait d’enlever sa chemise pour aller au lit alors qu’elle le poussa sur celui-ci pour se mettre au dessus de lui.

Il fallait le croire, elle avait énormément progressée durant ces derniers jours. La jeune femme savait pertinemment ce qui faisait plaisir au Drakkari et comment le faire. Ces préliminaires étaient doux, tendres, longs et montaient crescendo, emplies de passion et de chaleur. Tristan n’était pas en reste et pendant un instant, elle hésita même enlever son bracelet, ce qui n’était guère sage. La demoiselle se ravisa dans la seconde où elle posait sa main sur le bracelet en cuir. Il la retourna et se plaça au dessus, la couvrant de baisers et mordillait ses oreilles, petite chose que le Drakkari avait remarqué qui rendait dingue Cassidy, certainement en raison de leur forme bien particulière.

La demoiselle se mit à briller, après de langoureux préliminaires, poussant un gémissement appréciateur alors qu’elle lui enleva son boxer et qu’il s’occupait de sa tenue. C’était vraiment un bon et magnifique moment à deux mais ils prenaient vraiment leur temps, dosant savamment caresses et baisers, prenant une position ou une autre pour que cela soit plus agréable, variant les plaisirs. Mais alors qu’elle le guidait en ramenant ses hanches près de sa taille, en position, une nouvelle décharge résonna. Cette fois là, Cassidy avait passé ses bras autour du Drakkari, s’accrochant fermement à lui. Il ne décolla pas car elle le retenait plutôt bien. Tristan fit une nouvelle tentative mais une nouvelle décharge retentit. Encore une fois Cassidy le retint. Mais alors qu’il allait essayer pour la troisième fois, la demoiselle se sentit d’un coup terriblement détendue, apaisée…

Cela permit à Tristan de pouvoir aller plus loin cette fois là et lorsqu’il y parvint, la petite mage poussant un profond gémissement de satisfaction qui résonnait comme une délivrance alors qu’elle se tenait à lui, le visage un peu en sueur mais profondément bien. Elle caressa doucement le dos de son compagnon, lui murmurant avec beaucoup de passion qu’il pouvait y aller cette fois. Le moment fut magique, unique et toute cette frustration acquise au cours des derniers jours disparut sous les coups de hanche du Drakkari. Jamais la jeune femme n’avait autant apprécié ce moment, en témoignait ces légers gémissements non retenus alors qu’elle caressait son compagnon et les baisers qu’elle lui donnait dans le cou quand il rapprochait sa tête, murmurant qu’elle adorait ça. Ils changèrent de position et elle se retrouva au dessus, menant la danse à son tour, prenant un soin tout particulier à déposer de tendres baisers le long de sa mâchoire, cherchant à le satisfaire et à le rendre fou.

Combien de temps tout cela dura ? Un bon moment quand même. Ils atteignirent les sommets et plus d’une fois, décidant de profiter de cette nuit, surtout que la petite mage en réclamait, complètement insatiable. Finalement, épuisés, après une énième bonne montée, ils s’arrêtèrent, haletants, souriants et surtout une Cassidy heureuse et extrêmement apaisée, poussant un profond soupir de satisfaction alors qu’elle calla sa tête dans le cou du jeune homme.

« C’était vraiment… wha… »

Les seuls mots qui sortirent de sa bouche alors qu’elle s’assoupit dans les bras de son beau guerrier.
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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: Un voyage pour apprendre à mieux se re-connaître ?   Ven 17 Jan - 18:17

Il fallait que ça marche ! Il fallait que ça marche ! Absolument… Sans quoi… Tout allait devenir bien trop compliqué entre eux et il ne pourrait pas longtemps continuer de s’éloigner sans qu’elle ne pose des questions ou le prenne mal. Et si elle interprétait mal son éloignement ? Si encore une fois elle se mettait à penser quelque chose d’idiot, de complètement faux… Comme par exemple qu’il ne l’aimait pas ou… un truc du genre… Qu’il… n’avait pas envie d’être avec elle.
Elle en était tout à fait capable !
La preuve, elle avait mal pris ses questions et sa colère vis-à-vis de sa relation avec Erwan et sur ce qui s’était passé ce fameux soir juste avant qu’ils ne se retrouvent, juste avant qu’elle ne se fasse violer.

Tristan était assis sur leur lit, ruminant de sombres pensées.
Oh bien sûr, il était en colère, mais il n’avait pas menti. Ce n’était pas contre elle, il ne lui reprochait rien. Il était juste furieux qu’une telle drogue ait été utilisée sur elle. Plus efficace que la drogue du violeur terrienne, celle-ci inhibait non seulement la volonté et les pensées de celui qui l’ingurgitait mais elle stimulait ses pulsions et lui mettait une volonté de satisfaction si éprouvante mentalement et physiquement qu’il était impossible d’y résister.
Il avait déjà vu ce genre de… cochonneries à l’oeuvre et cela l’avait inquiété et horrifié même si ça c’était encore avant qu’il ne s’enrôle chez les Kaärs et devienne un peu distant… du monde entier et de ses valeurs.
Pourtant, depuis qu’ils étaient ensemble, il y avait pensé, une fois, juste une. Elle était en train de rouspéter en cherchant un parchemin dans sa bibliothèque et il était allongé sur leur lit à l’Académie, l’observant avec un sourire calme, tranquille. D’ailleurs, il attendait qu’elle se retourne et qu’elle ait cette fameuse prise de couleurs rapide dès qu’elle le voyait à demi-nu ou complètement d’ailleurs. En fait, il avait remarqué que dès qu’il était torse nu, elle avait cette tendance à l’observer un peu plus « attentivement », intéressée et légèrement rosissante. Il trouvait cela adorable bien sûr et s’en amusait beaucoup, ravi de lui plaire. Ce jour-là, alors qu’il l’observait chercher, une certitude s’était imposée à son esprit, une certitude qu’il avait tellement peur d’évoquer avec elle parce qu’il ne voulait pas se montrer si « vulnérable » : c’était elle… Juste elle. Il l’aimerait quoi qu’il arrive.
Bizarrement, il s’était mis à penser à cette drogue, sans doute parce qu’il se disait qu’elle devrait bientôt prendre sa potion contraceptive et qu’elle avait souvent un comportement très… excessif et insatiable dans ces moments-là, ce qui était loin de lui déplaire d’ailleurs. Il avait alors imaginé, juste un instant, qu’elle soit confronté à ce type de poison, ce type d’horreur et son sourire s’était élargi. Non, elle ne faisait rien comme tout le monde, elle était tellement à part, tellement différente, ce qu’il adorait d’ailleurs… A tous les coups, son comportement n’aurait rien à voir. A tous les coups, elle serait plus forte que ça.
Oui, étrangement il s’était dit que si quelqu’un essayait de s’attirer ses faveurs de cette manière, elle résisterait, tellement plus forte et admirable que lui. Il avait tort. C’était plus blessant qu’il ne l’aurait pensé.
Peut-être qu’au final elle en avait envie… inconsciemment.

Quand elle le rejoignit, souriante et ravissante dans cette petite nuisette qui ne pouvait guère l’aider à réfléchir, il chassa rapidement cette expression de peine de son visage.
Voilà des jours qu’il s’acharnait à se fatiguer, des jours qu’il s’acharnait pour ce bracelet et des jours qu’il ruminait ce « truc ». Il devait arrêter.
Arrêter de croire qu’au final elle préférait Erwan. Après tout, c’est avec lui qu’elle était aujourd’hui… Arrêter de croire… qu’il ne serait plus en mesure de lui assurer un quelconque plaisir charnel. Arrêter de croire qu’un nouveau malheur n’allait pas tarder à leur tomber sur la tête.
Tout irait mieux quand ils reprendraient leurs contacts, quand ils s’embrasseraient et s’enlaceraient de nouveau et plus encore sans doute quand ce foutu malaise physique serait débloqué, oui, ce fichu truc purement physique, pulsions terribles qui à force d’être refoulées étaient si douloureuses !
Honnêtement, il était un brin inquiet quand elle se pavana, superbe, devant lui, plus encore lorsqu’elle l’approcha et commença à le tenter un peu, juste un peu. Mais à sa grande surprise, le bracelet tenait et ses pulsions n’étaient que celles du Drakkari si épris de la jeune femme qu’il était auparavant… Le Drakkari sans son bracelet néanmoins ! Oui, c’était comme s’ils reprenaient là où ils s’en étaient arrêtés, c’était rassurant et enchanteur. Il se sentait bien… Même s’ils ne firent rien de plus ce soir-là, il était heureux et rassuré de savoir qu’elle ne risquait rien à ses côtés.

Alala… La petite mage avait bien raison de se torturer l’esprit de la sorte néanmoins, il n’y avait pas à dire, nombreuses de ses pensées l’auraient beaucoup blessé.
Apprendre ses efforts avec Erwan, ses efforts pour être la parfaite petite amie, efforts qui contrairement au couple qu’ils formaient par le passé n’étaient que purement physiques, purement sexuels, lui aurait fait mal, très mal. Pourtant, c’était à cause de lui qu’elle en avait été réduite à cela. C’était par sa faute qu’elle s’était consolée ainsi en cherchant un moyen de se rassurer, un moyen d’être heureuse même si son coeur était si endommagé qu’être heureuse ne pouvait guère signifier aimer comme elle l’avait aimé, lui, ce fichu lâche, ce fichu amoureux.
Qu’elle croie qu’il pouvait brusquement se transformer durant leurs ébats l’aurait aussi beaucoup blessé, comme qu’elle les trouve trop différents, qu’elle ait pu auparavant l’associer à une sorte d’animal… Bien sûr, lui-même avait dit qu’ils étaient très différents mais la vérité c’est qu’il ne le pensait pas, pas vraiment et qu’il le disait uniquement pour qu’elle le contredise, parce qu’il avait besoin qu’elle lui dise qu’ils ne l’étaient pas tant que ça, besoin qu’elle soit sa lumière, son soutien dans ses pires moments de doutes. Que diable ne savait-il pas directement s’exprimer au lieu de procéder ainsi par sous-entendus ?!

Heureusement oui, que le dragon de la jeune femme était là pour elle et pour eux en fait, pour la rappeler à l’ordre, la rassurer et aussi la raisonner.
Lui ? En train de parader ? Non… pas vraiment, mais il est vrai qu’elle ne pouvait pas comprendre, pas tant qu’il ne réussirait pas à se contrôler suffisamment pour lui montrer ce qui était si important à ses yeux. Enfin important… disons qu’elle le comprendrait d’autant mieux après cela.

Elle avait finalement mis les choses au clair avec le jeune homme qui s’inquiétait un peu de l’efficacité de son bracelet et comptait justement enfin lui parler de tout ceci. Oui le hasard faisait bien les choses. Ils s’expliquèrent, se confièrent un peu dans un sens et cela leur fit à tous deux le plus grand bien.
Mais c’est vrai qu’il était un peu inquiet encore. Heureusement, il s’avéra bien vite que le bracelet fonctionnait très bien et était loin d’être aussi douloureux que le précédent, son ami avait fait un travail remarquable.
Quel plaisir de pouvoir enfin la serrer dans ses bras, de pouvoir l’embrasser, caresser sa peau sans sentir tout son corps s’agiter d’une frénésie presque violente ! C’est vrai qu’ils furent très sages ce soir là mais c’est plutôt ému et vulnérable qu’il l’avait serrée contre lui plus que de raison en murmurant d’une voix étrangement faible que ça lui avait manqué. Bien sûr, il était d’autant plus tactile que ses sens étaient accrus. Il devait trouver un plaisir certain rien qu’à la serrer dans ses bras, bien plus qu’avant et cela, ne se remplaçait pas.

Dans les jours qui suivirent, il fut d’autant plus présent et attentionné qu’il avait été distant et inquiet plus tôt. Il ne manquait pas une occasion de l’embrasser ou de la câliner et venait constamment quérir ses câlins. Taquin tout en restant très sage, il ne cherchait jamais à la pousser dans ses retranchements ou à tenter plus qu’elle ne le souhaitait ou ne le lui permettait dans l’instant. Plus qu’attentionné, il devenait irréprochable et semblait constamment sur le qui-vive à vouloir répondre à la moindre de ses attentes. Il suffisait qu’il la voit le matin, au lever, lancer un regard un brin nostalgique à la grande baie vitrée pour qu’il « l’attaque » aussitôt de tendres baisers en lui proposant immédiatement une séance de vol. Il forçait même un peu trop de ce côté là et en avait régulièrement des fatigues et quelques étourdissements mais il savait qu’elle adorait… et puis mine de rien, ça l’entrainait aussi. Ils s’amélioraient beaucoup dans la voltige et on ne manquait pas de les admirer quand ils passaient au-dessus de la cité, personne ne semblant surpris qu’elle soit la seule à pouvoir le « monter ».
Comme il semblait fier quand elle venait le voir s’entrainer. Oh bien sûr, elle était toujours très regardée et souvent abordée par de jeunes guerriers mais ils le faisaient davantage pour embêter le Drakkari, pas du tout prêts en réalité à se confronter à lui et surtout tous très heureux qu’il soit enfin heureux. Parce que cette petite mage mine de rien alimentait les conversations. On s’en posait des questions sur elle, sur eux, mais le principal était là… ils allaient trop bien ensemble et formait un couple tellement époustouflant qu’il n’était pas possible de faire autrement que de leur souhaiter tout le bonheur du monde.

Et puis il y avait eu la plage… Cette sortie romantique rien qu’à eux avait tout pour être magique, inoubliable et pour les aider à « aller plus loin ». Mais ce n’était pas encore pour maintenant. Tout se passait merveilleusement bien et Tristan devait bien avouer que si ses pulsions animales étaient réprimées, il subissait toujours ses pulsions d’homme… Et il était décidément très sensible aux caresses, baisers et taquineries de sa chère et tendre. Comme il était dur de résister à un si bel ange. Des fois, il avait peur de la brusquer rien qu’en la désirant autant parce qu’elle devait bien le voir à son regard ou le sentir contre sa jambe à force mais elle ne disait rien, elle semblait encore un peu intimidée mais pas vraiment gênée. Après tout, elle avait depuis longtemps dépassé le stade d’être gênée par ceci, et plus encore probablement ces derniers mois, en se rendant compte à quel point tous les hommes pouvaient être faibles face à une jolie femme et face à elle donc.
Qu’elle propose d’aller plus loin était une vraie libération. Oh bien sûr, à plusieurs reprises, ces derniers jours, il avait vu sa peau commencer à luire légèrement sans qu’elle ne s’en aperçoive et généralement, il assagissait aussitôt leurs caresses pour ne pas justement la pousser à bout. Il savait que son corps pouvait être très controversée, et d’autant plus puisqu’elle était une mage. Une part d’elle l’aimait et le désirait, il le savait et en était vraiment heureux. Mais une autre part d’elle avait encore peur, très peur, des hommes en général, et même si elle ne le disait pas, en particulier de lui, le dragon. Et ce même si elle savait que jamais, intentionnellement du moins, il ne lui ferait de mal.
Ce fut un peu ce qui les arrêta, ce qui les priva d’un moment qui aurait pu rendre cette journée d’autant plus inoubliable. Elle le repoussait.

Oh pas consciemment bien sûr. C’était justement cette part d’elle, cette part qui devait garder les plus profonds de ses traumatismes, traces indélébiles qu’elle aurait beau refouler, resteraient à jamais graver dans sa chair, dans son coeur, loin, mais présentes.
Elle ne lui fit pas vraiment mal même si sa magie l’aurait pu et c’est ainsi qu’il fut assuré qu’au fond, elle l’acceptait lui, celui qu’elle aimait, le garçon doux et intentionné, mais que son corps, par le biais de sa magie, repoussait l’homme qui pouvait la blesser et lui faire revivre son traumatisme. Rejet inconscient, ça ne pouvait être manifesté que chez une mage évidemment, une simple humaine sans pouvoir aurait juste agi… mais il y aurait eu un malaise, probablement même n’aurait-ce pas été ce qu’elle attendait, pas un moment de plénitude, peut-être aurait-elle eu mal ou peur… Mine de rien, son corps lui disait qu’elle n’était pas encore prête, qu’elle devait finir de se remettre. Peut-être que c’était bien mieux ainsi.

Bien sûr, elle ne pouvait pas le voir comme ça. Elle culpabilisait déjà, s’en voulait, se dégoûtait alors même qu’il n’avait pas eu le temps encore de la rejoindre. Qu’elle soit triste et blessée de le repousser était une chose, qu’elle s’en attribue la faute et le prenne aussi mal en était une autre. Peut-être s’imaginait-elle qu’il le prendrait mal mais il n’en était rien et s’il n’eut guère le temps de le formuler, tout occupé à déloger une pieuvre qui l’en punit, il s’efforça de le faire après.
Murmures de mots tendres, paroles rassurantes, affirmations comme quoi ils avaient le temps, promesses comme quoi il l’aimait et que même s’il avait vraiment très envie d’elle parce qu’elle était vraiment super super super trop belle et vraiment trop canon ce qui ne devrait pas être permis, son plus grand bonheur était d’être de nouveau avec elle, juste avec elle…
Et mine de rien, ces paroles là semblaient avoir encore plus d’impact que ce qu’il pensait parce que si elle avait ri de sa mésaventure, rapidement elle s’était rembrunie mais ces quelques mots avaient eu tôt fait de lui rendre un sourire timide, un léger rougissement de plaisir et ils avaient passé le reste de cette journée, tendrement enlacés, à s’embêter, à jouer dans l’eau, ensemble tout simplement…

Pauvre petite princesse torturée… C’est vrai que c’était à n’y rien comprendre.
Elle passa beaucoup de temps dans la douche, lui demandant d’y aller en premier et ne le rejoignant pas, attendant qu’il sorte pour s’y rendre à son tour. Que croyait-elle ? Qu’elle allait l’envoyer bouler contre un mur parce qu’ils se douchaient ensemble ? Ou qu’il se sentirait mal de voir la peine et toutes les interrogations qu’elle s’efforçait de refouler pour ne pas l’inquiéter ? En tous les cas, il savait que ça n’allait pas, justement parce que sa douche était trop longue et parce qu’il savait à quel point elle pouvait se torturer l’esprit, même avec peu de choses. Il ne dit rien, décidant de la laisser seule avec ses pensées, ayant dit pour sa part, ce qui à son sens était essentiel : il l’aimait, ils avaient le temps. Non, il n’était pas fâché. Un peu frustré oui, bien évidemment, mais certainement pas fâché, il était bien assez heureux qu’elle accepte tous ces contacts, baisers, câlins et caresses ! Pour sa part, il s’attendait à ce que ce soit bien pire, elle était vraiment forte… très forte. Et elle ne semblait même pas en avoir conscience… Irrécupérable petite mage.
Quand elle le rejoignit bien plus tard, il se contenta d’ouvrir les bras pour qu’elle se love paresseusement contre lui et caressa longuement, même bien après qu’elle dorme, ses cheveux et le haut de son dos, caresse légère, apaisante.

Par la suite, ils s’occupèrent alors qu’il passait toujours énormément de temps avec elle, ne redevenant pas distant, loin de là, mais lui laissant son autonomie, son indépendance et évitant de l’embêter quand elle était perdue dans ses pensées, le regard dans le vague.
Quand elle lui avait apporté le nécessaire pour peindre et dessiner alors qu’il était tendrement en train de nettoyer et de ranger sur les étagères attribuées, ses armes, il avait haussé un sourcil et avait même souri à sa moue timide et à sa demande. C’est avec douceur qu’il avait pris les affaires de ses bras, avait doucement déposé un baiser sur ses lèvres puis avait accepté, calme et adorable. Décidément, il n’avait pas régressé de ce côté là et c’était une réelle bénédiction. Après tout, elle devait se souvenir de ses refus torturés d’avant, il était plus mûr, plus sage, plus apte à se comprendre lui-même et d’autant plus stable donc… Et ne pas le voir pris d’une brusque colère venue d’un chagrin dont il cherchait à se cacher, mine de rien, ça devait lui faire des vacances à cette petite demoiselle.

Il avait peint et dessiné longtemps alors qu’elle posait au début puis lorsqu’elle se mit à lire ou qu’elle s’assoupir sur la terrasse. Quand il lui montra les résultats, elle parut surprise et sceptique de voir qu’il avait en quelque sorte… progressé. Il saisissait mieux les détails, les jeux d’ombre, probablement grâce à sa vue accrue. Pourtant, elle était sceptique et grimaçante, arguant qu’il l’avait embellie et que c’était de la triche.
Le Drakkari, silencieux et ne souriant pas pour une fois, l’air étonnamment contemplatif avait semblé un peu blessé l’espace d’une seconde puis lui avait répondu avec une sincérité telle que sa voix en semblait plus grave alors qu’il effleurait du bout des doigts une de ses joues, ne la touchant pas réellement, mais le déplacement d’air provoqué était comme une caresse.

- Embellie ? Je suis encore si en dessous de la réalité… Je ne t’embellie pas, crois moi… Tu es bien plus belle… Tu ne te croises que dans un miroir Cassidy… N’oublie pas que je te contemple tout le temps moi, je sais mieux que quiconque les traits de ton visage, la couleur de tes yeux, le soleil de ton sourire… Ce sourire tu ne l’as jamais vu dans une glace, il est impossible de le reproduire, il est juste unique, éphémère, magnifique… tellement que des fois, il me fait mal tant il me rend juste… heureux.

Ca avait l’air si évident pour lui que le jeune homme parlait en toute simplicité alors que la demoiselle devant lui devenait cramoisie, écarquillant très légèrement les yeux de surprise ce qui la rendait absolument adorable. Apparemment, l’évolution de Tristan était aussi dans ses déclarations. Avait-il décidé de lui dire réellement à quel point il l’aimait ? De le lui prouver ainsi par de petites phrases surprenantes de sincérité, de tendresse et d’admiration ? En tous les cas, ça ne pouvait qu’être bon pour le moral de la demoiselle et pour sa confiance en elle. Mais il restait lui-même après tout, le jeune homme si séduisant mais tellement imprévisible qui parvenait toujours à la surprendre quand elle s’y attendait le moins. Elle lui avait souri timidement en se mordillant la lèvre, il avait fermé les yeux en faisant une légère grimace et en portant la main à son coeur, la taquinant un peu… mais pas tant que ça au final.

- Ouïe mon coeur ! Doucement beauté fatale… je compte rester longtemps à tes côtés, ne m’achève pas tout de suite…

Apparemment, ça, c’était bon pour avoir pleins de bisous aussi… A noter dans un coin… Ils en oublièrent très vite les dessins, très occupés à se taquiner gentiment en s’embrassant et finissant enlacés sur la terrasse à regarder le soleil qui se couchait.
Finalement, elle était allée voir Maud alors qu’il lui disait gentiment d’y consacrer sa journée et qu’il allait en profiter pour s’entrainer un peu plus pour sa part.
Oh bien sûr, la jeune dame ne semblait pas vraiment surprise par ce que lui disait son amie, ni même par son attitude, à croire qu’elle savait un peu tout ce qui se passait dans la cité. Elle souriait simplement, amusée en attendant les explications, s’assombrissant un peu quand elle les entendit. Elle avait fini par lui prendre les mains avec une certaine vivacité.

- Non mais tu arrêtes un peu ! Regarde-toi ! Tu es en train de culpabiliser je me trompe ?! Non mais ce n’est pas vrai ! Tu recommences, rolala, ça ne s’arrêtera donc jamais ?! Cassidy ! Ce n’est pas de ta faute voyons et je m’y attendais ! Il aurait été surprenant que tu arrives à passer si vite et facilement au-dessus de ce qui s’est passé. Ce n’est pas de ta faute non… Ton corps bien plus que ton esprit peut-être garde en mémoire, très précisément ce qui s’est passé et craint de le revivre et c’est tout à fait normal. Tristan reste un homme après tout, alors certes tu l’aimes et tu as bien envie de t’amuser avec lui et je te comprends, dieux que ce mec est bien fichu, mais il est normal et même bénéfique que ta magie te fixe des limites… Ca veut dire probablement que tu n’es pas encore tout à fait prête et ça prouve que tu as encore du chemin à faire pour aller mieux. Crois-moi, après l’énorme abstinence qu’a vécu Tristan, mine de rien, ça doit lui plaire énormément ces contacts, même si vous ne « concluez pas ». Il serait bien mal avisé de se plaindre mais même sans ça, tu sais que si ça le gênait réellement il le montrerait d’une manière ou d’une autre.  Or, arrête moi si je me trompe mais quand tu as eu ces réactions… enfin quand ta magie l’a repoussé, il n’était pas inquiet, il n’était pas en colère, ni réellement triste, il semblait juste  très compréhensif,gentil, toujours aussi adorable et il a dû faire une plaisanterie un peu nulle pour essayer de faire oublier le fait qu’il était probablement à moitié dingue et que tu devais bien le sentir et le voir à son boxer… Si tant est qu’il ait eu encore son boxer à ce moment là. Non ? Ahaha, coquine !… Plus sérieusement… C’est normal Cassidy… Une fois, j’ai été agressée, c’est Tristan qui m’a secourue d’ailleurs et il m’a fallu des semaines pour accepter qu’un homme me touche tant j’avais peur… Alors toi qui t’es réellement faite violer, c’est tout à fait compréhensible qu’il faille du temps. Et de la patience. Et tu as la chance d’avoir un irréprochable petit ami qui ne te pressera pas… Prends le temps et insiste ! Ton corps résiste certes, pour l’instant, parce qu’il a besoin de se rassurer, de se réhabituer… Alors fais-le, tente ton petit ami, aguiche-le, aime-le, embrasse-le et rends-le dingue, laisse toi guider par tes instincts et tes pulsions et ma foi si ta magie doit le repousser qu’elle le fasse ! Parles-en avec lui, mais je suis sûre qu’il sera d’accord avec moi, tu dois essayer tant que ça ne fonctionne pas et une fois ce malaise enfin dépassé, ces limites petit-à-petit franchie… Alors tout ira bien. Et puis encore une fois, je pense que Tris acceptera tout venant de toi alors ne t’inquiète pas trop…

Eh bien… La jeune dame était décidément bien bavarde mais amie avertie et femme avant tout elle connaissait les questionnements de la jeune mage et mine de rien semblait mieux la connaitre qu’il n’y paraissait et s’avérait d’ordinaire de bon conseil, autant l’écouter.
Cassidy était rentrée en fin de journée alors que Tristan sortait tout juste de la douche, une serviette autour des hanches, une autre entre les mains, essuyant vigoureusement ses cheveux qui en ressortaient d’autant plus batailleurs.
Il lui sourit et l’accueillit d’un baiser, ce qui dans sa tenue n’était pas la meilleure des idées, l’interrogeant sur l’état de la future maman, ce à quoi la jeune mage répondit d’une étrange manière… mais pas autant que son compagnon qui fit une grimace tout sauf discrète, un air un instant dégoûté au visage avant de secouer vivement la tête.

- Berk, ne parle pas d’enfant… Ah nan, ça ce n’est pas pour moi.

Rien de plus… Des paroles plutôt surprenantes au final. En effet, il était pourtant très à l’aise avec les enfants, c’était une certitude, d’autant plus attendrissant quand il leur racontait des histoires et jouait avec eux. Pourtant il semblait réellement s’amuser. D’où venait ce dégoût ? De sa partie dragon ? Peut-être, c’était assez surprenant. Mais sa phrase était assez catégorique. Apparemment, il n’envisageait vraiment pas la paternité… Et il y avait peut-être des manières un peu plus orthodoxes de le préciser. Mais bon, ce n’était probablement pas le moment de se prendre la tête à ce propos. c’est sans doute pour cela qu’elle ne lui répondit rien alors qu’il se rendait dans leur chambre pour passer des vêtements.
Moui… Mais mine de rien, ça pouvait avoir… de l’impact.

Ils avaient diné en discutant de tout et de rien, surtout du programme des prochains jours et de l’intention du jeune homme de commencer de nouveaux dessins pour leur « tatouage commun ». D’ailleurs ces quelques mots tiraient un sourire à sa compagne et il en semblait assez fier. Ils allèrent se coucher rapidement et il dormit d’une traite, se retournant en grognant quand elle sortit du lit, frémissant et gémissant légèrement quand elle l’observa dormir et caressa son visage.
Ce fut le lendemain qu’elle lui parla de son intention d’insister sur leurs…caresses pour que son corps aille enfin mieux et franchisse cette étape de guérison. Oh ça avait très bien commencé, vraiment très bien… Maud avait raison, il adorait tout cela même s’il avait… envie de plus… Oh oui vraiment envie, le souvenir de ce qui s’était passé chez les Kaärs était bien assez languissant ! Mais il ne la forcerait pas. Il rit à ses paroles et l’embrassa tendrement, encore une fois, ni frustré, ni énervé, ni même vexé d’être repoussé de la sorte.

- Oh princesse, sans vouloir te vexer, vu comment tu brilles ma petite luciole adorée, je sais bien que tu en as envie et moi je suis tout à fait pour insister et insister encore et encore, même quand il n’y aura plus besoin d’insister… Et moi aussi j’en ai envie bien sûr, très envie, mais ça aussi tu l’auras remarqué je pense. Ne t’inquiète pas… On ira à ton rythme, quand et comme tu voudras. Tu n’as pas oublié ce que je t’ai dit n’est ce pas ? Un homme est « toujours prêt ». Et comme je ne veux pas te forcer… Je préfère que tu me dises quand tu veux qu’on essaie… Et puis mine de rien, j’aime bien. Ca nous ramène aux débuts de notre relation, je trouve que ça fait un joli écho à notre situation de renouveau, de recommencement… Non ?

Il fit la moue aussitôt après, arguant d’un air boudeur que c’était bien parce que c’était elle, que ça ne marcherait pas avec une autre fille, bref, qu’elle était vraiment… la seule qu’il ait jamais aimé… et qu’il devenait une vraie lopette… Qu’il devrait probablement être en train de courir la gueuse dehors comme le vigoureux jeune homme qu’il était censé être mais que l’amour le rendait un peu bête et très docile, mais promis, toujours aussi vigoureux hein ! Enfin il espérait du moins… Et puis il s’était amusé à l’embêter un peu encore, continuant ses taquineries alors qu’elle lui tapotait sèchement le torse de tant à autres en prenant une mine outrée… Pourtant, elle ne refusait jamais ses baisers quand il s’approchait de son visage avec un sourire, non, jamais…

Les jours passaient et c’est vrai qu’ils étaient très occupés.
Ca avait été rapidement plus difficile et plus long que ce que le jeune homme pensait.
Oh bien sûr, ils progressaient petit-à-petit et ils apprenaient d’autant plus à se rendre mutuellement dingues, ce qui même s’ils étaient déjà assez doués, devenait un domaine réellement maitrisé avec le temps qu’ils y consacraient… et l’investissement aussi.
Parfois, cela ressemblait plus à un jeu, ils se tentaient, se calmaient, se retentaient, voulant voir qui du premier craquerait. Pourtant, elle connaissait déjà la réponse, il ne la forcerait jamais, surtout pas après ce qui s’était passé et donc ne prendrait pas les devants tant qu’elle n’aurait pas dépassé ce stade de malaise… Néanmoins, il s’avéra bien vite que la demoiselle n’était pas perdante pour autant vu les gémissements rauques et le manque de souffle du Drakkari qui adorait cette torture tout en la trouvant décidément un brin trop… frustrante.

Ah oui, pour être frustrant, c’était frustrant et heureusement qu’ils avaient la consolation de se câliner par la suite, sinon ça aurait été intenable pour l’un comme pour l’autre. Bien sûr, un homme réfléchit bien moins dans ces conditions, d’autant plus victime de ses pulsions mais Tristan lui avait  bien assez prouvé son amour se manifestant par sa maitrise de lui-même au mieux, alors au final, ils étaient sur le même pied d’égalité et c’était probablement tant mieux.

Leurs journées étaient très bien remplies. Ils continuaient de se perfectionner en vol et un jour, Tristan qui s’était la veille entretenu seul avec Maud s’était retransformé à la lisière d’une forêt avec un sourire mystérieux. En fait, il avait juste réussi à trouver une bibliothèque monstrueuse et peu connu par le biais de cartes et de renseignements fournis par Maud et y avait emmené la demoiselle. Un peu oubliée puisque postée dans un village en partie dépeuplée, la bibliothèque pourtant très riche prêtait des ouvrages énormes et très intéressants traitant de tous les sujets. Il n’oubliait pas ses centres d’intérêt. Elle n’aurait probablement pas pu facilement s’y rendre seule étant donnée la distance à laquelle se trouvait ledit village et l’absence de portail dans les environs mais en tant que dragon, il était un transport des plus rapides après tout et elle avait tout intérêt à en profiter. Certains ouvrages pouvaient être empruntés, d’autres devaient être consultés sur place et il avait bien compris au bout de quelques secondes à peine, à son regard brillant d’intérêt posé sur l’un d’eux ancien, qu’il allait devoir occuper son après-midi seul et la laisser là.
Mais comme toujours, très gentil, il s’était contenté d’un baiser tendre en lui disant de rester là tranquillement et qu’il allait voir si les villageois n’avaient pas besoin d’aide pour quelques travaux qui l’occuperaient. Elle n’avait rien eu à dire, son sourire angélique suffisait à le remercier et à le rendre heureux… D’ailleurs même si elle avait décidément passé trop de temps enfermée à lire des ouvrages et en avait les yeux un peu fatigués, il l’avait trouvée particulièrement tentatrice le soir-même, sans doute était-ce sa façon de lui dire qu’il n’était vraiment pas mal comme petit ami.

Oui, les journées étaient bien remplis et il était clairement plus attentif que jamais et aux petits soins pour elle. Quand elle lisait sur la terrasse alors qu’il allait s’entrainer et qu’il rentrait en la trouvant plongée dans ses ouvrages, il lui apportait une assiette de biscuits et une tasse de thé ou un chocolat chaud avant d’aller se doucher. Il l’observait parfois, en silence, sans la troubler quand elle méditait. Ils s’entrainaient également pour le maniement de sa dague qu’ils avaient repris et il avait la ferme intention de lui apprendre à manier un arc ou au moins une arbalète également mais plus tard.
Peu importe qu’ils s’entrainent ou volent ensemble, par la suite, il exigeait à chaque fois qu’elle s’étire longuement toujours très sérieux dès que cela touchait à un sujet qu’il maitrisait bien. Mais bien généralement, ça se finissait par de longs baisers et des caresses pas très orthodoxes… enfin pas au sens des étirements.
Le soir, il la massait souvent, sans même qu’elle n’ait besoin de le lui demander, une petite grimace de sa part ou un simple mouvement un peu gauche le renseignant quant à son besoin d’avoir les muscles dénoués. Il anticipait tout, souhaitant qu’elle n’ait rien ou presque à lui demander, que ce soit naturel, instinctif et c’est vrai que ça l’était, il percevait mieux les choses qu’avant et il comprenait mieux aussi. Quand son regard se perdait dans le vague, il ne l’embêtait pas, ne la questionnait pas, se contentant quand elle était entre ses bras, le regard vers l’extérieur en lui tournant le dos, de déposer de doux baisers sur une de ses épaules dénudées.

Ils se chamaillaient gentiment, se taquinaient, s’embêtaient, se troublaient, se tentaient. Parfois c’était insupportable tant la tentation devenait dévorante. Plusieurs fois elle culpabilisa de le repousser mais comme il lui souriait à chaque fois ou venait la taquiner, elle en oublia bien vite ce comportement et cela payait, ils progressaient… Même s’ils avaient eu quelques expériences pour le moins drôles.
Dans la douche, les caresses étaient inévitables bien sûr, mais trop appuyées elles devenaient dangereuses parce que dans une douche… ça glisse. C’est ainsi que Tristan avait été violemment repoussé en arrière une fois, trébuchant par dessus le bord en tombant lourdement le dos contre le sol alors qu’elle, essayant de le rattraper mais ne pouvant rien contre son poids bien supérieur au sien, tombait sur lui et pas dans une position des plus normales… Même s’il avait été rapidement remis de sa chute, la regardant les joues légèrement rouges et le regard allumé de désir, apparemment, une idée cocasse en tête et profitant allègrement de la vue. Car à défaut d’aller plus loin, ils ne se gênaient pas pour se regarder mutuellement et c’est vrai qu’ils avaient de quoi être ravis et troublés l’un comme l’autre.

Plusieurs fois, ils avaient essayé de franchir cette maudite barrière dans leur lit et si les murs avaient rapidement été testés, ils avaient eu tous deux une petite frayeur quand elle l’avait envoyé valser par la baie vitrée, suffisamment fort pour… qu’il doive se raccrocher au bord du balcon. Oui oui, même lui qui était pourtant un dragon. Sans doute parce que le vide fait toujours un peu peur quand on ne s’y attend pas ! Ils en avaient finalement ri, comme à chaque fois, c’est pour cette raison que tout allait bien pour eux et qu’ils ne renonçaient pas.


Un soir, ils avaient diné avec Maud qui était toute seule pendant le déplacement de son époux, dinant juste entre amis donc. Ils étaient rentrés et Tristan avait passé un peu de temps à revoir des croquis pour des tatouages pendant que sa petite amie restait décidément bien longtemps dans la salle de bain. Se disant qu’elle devait juste se détendre dans un bon bain, il l’avait laissée tranquille et avait finalement toqué doucement en lui disant qu’il allait au lit, qu’elle n’avait pas à se presser. Pourtant, dans leur chambre, alors qu’il ôtait toujours trop sensuellement sa chemise, elle l’avait rejoint et non, décidément, elle n’était pas dans son bain. Renversante, la petite demoiselle était sublime comme toujours, il remarquait bien assez ses efforts ! Surpris, il avait lâché un sifflement d’admiration alors qu’elle souriait ravie de l’effet provoqué et venait doucement le rejoindre d’une démarche un peu trop chaloupée.

Ah pour être bien, c’était bien. Tentations nombreuses et de plus en plus difficiles à suivre, à comprendre… Ils commençaient à perdre les pédales, l’un comme l’autre, en témoignait leur souffle manquant, leurs gestes devenus instinctifs et un brin pressés bien que toujours aussi tendres. Mais c’est vrai, ils prenaient le temps, de se connaitre, de se combler, de s’embêter, de se troubler au point d’en perdre la raison.
Elle brillait et pour sa part, il était dans tous ses états, gémissant faiblement à chaque fois qu’elle s’amusait à frôler son entrejambe d’une de ses jambes. Bref, ils se retrouvèrent une fois de plus au même point fatidique et merveilleusement éprouvants qui les laissait sur leur faim.
Et une fois de plus elle l’avait repoussé même s’il n’avait pas bougé puisque qu’elle se tenait à lui. Mais elle voulait qu’il réessaie… Ce qui ne fut pas mieux accueilli par son corps même si c’était elle qui le guidait. Il comptait renoncer, ne voulant pas la forcer davantage mais un regard de sa part lui fit comprendre qu’elle n’avait pas dit son dernier mot. Et en effet…

Il ignorait ce qu’elle avait fait et par quel miracle brusquement tout à coup sa barrière s’abaissa mais il en fut sans doute le plus ravi des deux. Si elle avait gémi, lui avait perdu son souffle et s’était légèrement mis à trembler sous le choc du plaisir provoqué. Un peu sonné, il l’avait entendu vaguement lui dire que ça allait, que c’était bon maintenant ou quelque chose du genre. Il l’avait embrassée passionnément, muselant ses pulsions qui trop longtemps insatisfaites risquaient de le rendre trop impatient et égoïste.
Le reste ne fut qu’une merveilleuse et interminable danse à deux pour laquelle ils menaient, chacun leur tour avec brio leur propre plaisir et celui de l’autre toujours plus haut. Inconscients de leurs gémissements et manifestations de plaisir par toujours très discrètes, ils riaient, s’embrassaient, perdaient le fil, le retrouvaient, se calmaient un peu sous des caresses plus tendres pour aussitôt mieux reprendre les passionnées.
Curieusement, elle était effectivement… insatiable, presque comme si la demoiselle n’avait pas été satisfaite réellement durant la demi-année écoulée et qu’elle demandait en quelque sorte… réparation. Oh mais lui était tout à fait pour ! Sa trop longue abstinence ne lui faisait qu’à présent réaliser justement à quel point ça avait été trop long, même s’il ne regrettait nullement d’être resté en quelque sorte « fidèle » au souvenir de la jeune femme… Et puis, c’était bien connu, les Drakkaris étaient d’endurants et fougueux jeunes hommes qui maitrisaient très bien les règles de l’amour et des meilleurs traitements à administrer à une femme pour la rendre folle… Et rendre fou l’autre était apparemment le but escompté pour les deux jeunes gens qui ne se lassaient pas de leur propre satisfaction et de celle de l’autre.
C’était bien mieux encore que chez les Kaärs, sans doute parce que rien ne leur était imposé et si Tristan s’était montré un bref instant timide au début, inquiet de lui faire mal ou de la perturber, il avait bien vite compris que s’il tenait à ne pas se faire foudroyer du regard, il allait devoir abandonner ses préjugés. Très vite c’était passé de mémorable à inoubliable, complètement fou, inqualifiable. Allons bon, il y avait vraiment une alchimie de dingue entre eux et une fois de plus, elle put remarquer sa tendance à anticiper le moindre de ses désirs. C’était peut-être ce qui le rendait meilleur qu’avant. La demoiselle n’était pas en reste, mais c’était probablement dû à la pratique et ça, il ne valait mieux pas le rappeler à son compagnon.
Epuisés, en sueur, incapables de se lever pour aller prendre une douche, ils s’étaient finalement mis à se sourire et rire par intermittence en cherchant leur souffle après une énième explosion de plaisir qui avait laissé le jeune homme aveugle l’espace de quelques secondes. Combien de temps   s’étaient-ils ainsi enlacés ? contentés ? Une bonne partie de la nuit apparemment… et ils étaient épuisés. D’ailleurs elle ne se contenta que de quelques mots avant de s’endormir entre ses bras. Lui ne dit carrément rien du tout, se contentant d’un sourire béât avant d’embrasser tendrement son front légèrement humide. Curieusement peu fatigué à cet instant, il l’avait observé longtemps, caressant ses cheveux et son corps mince glissé contre lui. Puis quand elle s’était un peu plus serrée contre lui en grelottant, il l’avait recouverte, pour sa part ayant bien trop chaud encore pour y songer. Il finit par s’endormir après lui avoir murmuré qu’il l’aimait, d’une voix curieusement étranglée, mais un sourire heureux aux lèvres.

Le lendemain, il fut le premier réveillé alors qu’elle récupérait de leurs récentes aventures qui avaient un peu ravagé leur chambre. Apaisée, elle souriait dans son sommeil et il l’observa de nouveau, souriant à son tour. Le jeune homme, inspiré, le coeur en fête et l’air d’être le plus heureux du monde, décida d’aller leur chercher quelque chose à grignoter et de passer la matinée au lit avec elle. Sauf qu’à peine redressé et voulant se relever, il fut pris de vertiges et dut se cramponner au matelas en grimaçant, serrant les dents. Oulà… Pas prévu ça…
Un sourire amusé étira ses lèvres. Allons bon, ils en avaient un peu trop fait… vu les monstrueuses crampes qui irradiaient ses muscles. Pourtant la douleur était euphorisante, sans doute par rapport à ce qu’elle signifiait. Il se leva, attrapant des vêtements pour s’habiller hors de la chambre. Il s’avéra bien vite que les courbatures étaient plus sérieuses qu’il ne le pensait au premier abord, en témoignaient ses grimaces à chaque pas. Mais il descendit rapidement dans la cité encore en partie endormie et fit le plein de brioches avec Mélodie et de fruits frais chez un ami juste à côté. Le jeune homme sembla découragé un instant en voyant la volée de marches qu’il devait encore monter avec ses courbatures et s’il s’y attaqua courageusement, il mit un temps fou par rapport à d’ordinaire pour monter.
Un immense plateau de petit-déjeuner grignotage plus tard posé sur deux chaises dans leur chambre, il la rejoignit au lit avec un soupir de bien-être.

Sous ses caresses, elle finit par se réveiller en douceur et se retourna vers lui avant de faire elle aussi une grimace. Ah… Les courbatures étaient partagées. Il la taquina aussitôt, un air lubrique au visage.

- Bienvenue dans les lendemains difficiles de nuit absolument torride des plus belles parties de jambes-en-l’air qui existent ! Bonjour mon ange… Bien dormi ?

Elle gémit, ronchonna en se blottissant contre lui et en marmonnant qu’elle avait mal partout même si elle semblait heureuse rien qu’à le voir. Par contre, elle râla aussitôt qu’elle découvrit qu’il était habillé contrairement à elle, ce qu’il s’empressa de compenser…
Et pas de la plus généreuse des manières vu leur état actuel… En effet, le Drakkari, curieusement déjà beaucoup plus à l’aise dans ses mouvements, comme s’habituant à la douleur de ses muscles, se redressa comme un félin aux aguets et se lança dans un strip tease troublant, s’amusant apparemment à perturber sa compagne qui avait rouvert un oeil, puis l’autre avant de s’asseoir dans le lit pour le regarder faire. Tiens, elle paraissait sacrément troublée, avait-elle déjà oublié à quel point il restait horriblement tentant ?
Il revint vers elle en montant sur le lit, se glissant aussitôt contre la jeune femme pour l’embrasser plus longuement. Il cessa bien vite et la regarda très sérieusement d’un air affligé.

- Mh… j’ai bien une solution pour que tu aies moins mal… Quand on a la gueule de bois,un lendemain de grande beuverie, les plus grands buveurs te diront qu’il faut boire pour qu’elle passe. Alors dans notre cas…

Un sourire charmeur aux lèvres, il avait déjà glissé la tête dans son cou, laissant le lourd sous-entendu faire son chemin dans la tête de la belle demoiselle réveillée depuis peu et pas encore totalement d’ailleurs. Mordillant son oreille, il glissa sa main sous la couverture qui séparait leurs corps pour caresser une de ses hanches. Ce fut d’une voix très sérieuse, pleine d’une menace des plus réjouissantes qu’il murmura très bas quelques mots.

- Maintenant que je t’ai pleinement récupérée… je ne compte pas te laisser une minute de tranquillité avant que nous ne nous soyons assez… rattrapés.

Et il ne tarda pas à mettre sa menace à exécution.
Oui, maintenant les peurs de la demoiselle dépassées, il redevenait le tentant séducteur qui savait si bien la faire craquer et ne s’en privait pas d’ailleurs. Et puis… elle ne paraissait pas tellement contre de son côté.
Les deux jours suivants furent très répétitifs en somme : grignoter, dormir, faire l’amour comme s’ils ne s’en lasseraient jamais et accessoirement essayer tous les recoins possibles de leur appartement. Enfin ça elle ne le comprit que lorsque appuyée sur la rambarde du balcon après quelques étirements nécessaires, elle le sentit se glisser dans son dos et commencer à l’embrasser en glissant une main sous ses vêtements. Non, non, le lit et la douche n’étaient pas les seuls endroits à utiliser par ici… Oh bien sûr, il ne la forçait jamais ! C’était pleinement consenti… Ils s’amusaient, tour à tour tendres et passionnés et c’était juste les réelles retrouvailles qui leur manquait… D’ailleurs si leur chambre avait été un peu chahutée, ce fut rapidement le cas de tout l’appartement alors qu’ils cassaient parfois des trucs sans faire exprès, riant, totalement inconscients du reste du monde.

Deux jours plus tard donc, alors que la matinée était sacrément avancée, allongés par terre sur une couverture, enlacés, ils se souriaient amoureusement, encore haletants de leurs derniers ébats. Alors qu’elle se blottissait contre en caressant ses abdominaux, elle lui fit remarquer qu’ils ressortaient plus qu’avant et qu’en fin de compte, il s’entrainait tout aussi bien avec elle. Il rit à sa remarque, caressant son visage du bout des lèvres dans un long et papillonnant baiser avant de se redresser sur un coude et de la contempler avec un sourire rêveur. Non, elle n’était plus du tout pudique avec lui et c’était tant mieux parce qu’il ne se lassait pas de cette vue.

- Qu’est ce que je devrais dire alors ? Tes muscles se sont renforcés princesse et tu as probablement perdu un kilo à cause de moi… Ta mère va m’étrangler si elle voit ça. Je vais devoir te gaver de biscuits et encore de plein d’amour aussi… mais surtout de biscuits…

Il sourit à sa mine adorable et remarqua son regard un brin lointain alors qu’elle se mettait probablement à penser à ses parents. Il porta une de ses mains à ses lèvres l’embrassant avant de la passer dans ses cheveux comme pour l’inciter à les lui caresser alors qu’il venait immédiatement trouver sa place, la tête contre sa poitrine, bienheureux.

- On pourrait aller les voir très vite si tu veux. Maintenant que je me souviens, il n’y aura plus de problème… Et puis… Ils s’inquiétaient pour toi tu sais. Je serai heureux de leur dire que nous sommes de nouveau ensemble et puis peut-être qu’ils auraient besoin d’un peu d’aide avec l’hiver qui approche et tout… Même s’ils sont remis de leurs blessures, ils doivent se ménager, passer un peu de temps avec eux devrait te faire plaisir… Moi je te suis, tu sais bien, tant que je suis avec toi, je suis heureux… Et puis… Il faudrait que j’aille voir pour la maison de ma mère… peut-être qu’il serait temps que je m’en occupe. Non ?

Il la laissa répondre tranquillement, surprenant comme chaque fois quand il abordait le sujet de sa mère, la lueur d'inquiétude dans le regard de la jeune mage. Mais pas d’inquiétude, il n’allait pas replonger dans la colère et la vengeance. Il tenait trop à elle.
Mais alors qu’ils se contentaient de parler de tout et de rien et qu’il abordait le sujet de l’Académie puisqu’elle ne l’avait pas encore fait, on toqua à la porte et aussitôt une personne entra, s’exprimant d’une voix forte et assurée alors qu’ils étaient toujours complètement nus, l’un contre l’autre dans le salon.
Cassidy paniqua aussitôt, se redressant alors qu’il l’incitait à rester allongée et attrapait en tendant le bras, un des rideaux qu’ils avaient malencontreusement sorti de ses crochets pour le poser sur eux, préservant leur pudeur… enfin un minimum. C’était Maud, qui les rejoignit avec un sourire adorable, apparemment ravie de la situation et semblant parfaitement s’en douter.

- Eh bien les amoureux ! Contente de voir que vous vous amusez enfin de nouveau ! Je m’en doutais bien… Deux jours sans voir le bout de votre nez et à entendre de curieux gémissements par mon balcon de temps à autres… Oulala, Cassidy, tu es toute rouge, calme toi. Toujours gênée hein ?! Je suis ravie pour vous deux mais je ne suis pas sûre d’accepter que tu te l’accapares si longtemps, méchant Tristan !

Le jeune homme amusé du rougissement de sa compagne, éclata de rire aux paroles de leur amie commune et c’est absolument sans la moindre gêne qu’il se redressa, nu comme un ver, sans chercher à se couvrir dudit rideau, le laissant à sa compagne bien plus pudique. Il les salua d’un signe de main en souriant et annonçant qu’il les laissait entre filles alors et qu’il allait s’entrainer dans ce cas, disparaissant dans leur chambre pour s’habiller. Maud le suivit pourtant du regard en pouffant de rire de son manque de gêne et de son comportement, ne ratant pas néanmoins, son air de pur bonheur enfin retrouvé… Il partit rapidement, lançant à la volée qu’elles avaient intérêt à ne pas dire du mal de lui et que… Cassy devait être prête pour 19h, qu’il l’emmenait diner. Ah… pourquoi pas ?

A peine la porte était-elle refermée, que Maud, toujours surprenante de vivacité malgré son ventre qui ressemblait de plus en plus à une montgolfière s’approchait de Cassidy, un immense sourire de complicité au visage avant de lui attraper les mains et de les secouer, se souciant bien peu du peu de vêtements qu’elle portait apparemment. D’ailleurs, elle lui en avait apporté quelques nouveaux vu le sac qu’elle transportait.

- Alors alors alors ?????! Raconte !!!!! Je crevais d’impatience de savoir moi !!!!

Grand sourire complice, rire bon enfant alors qu’elle la lâchait déjà pour sortir les vêtements et les poser sur une table… qu’elle redressa d’abord et des biscuits pour un régiment, sans doute prête à passer une bonne journée de discussion entre filles autour de détails croustillants. Petite mage très sollicitée… Heureusement qu’avec « l’entrainement » les courbatures étaient moins insistantes, à peine ressenties…
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Cassidy Herediane
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MessageSujet: Re: Un voyage pour apprendre à mieux se re-connaître ?   Dim 19 Jan - 19:45

Que Tristan pense que Cassidy avait peut être un peu envie de Erwan inconsciemment l’aurait énormément blessé. Elle n’était pas en état de réfléchir à ce moment là et terriblement vulnérable. Où était la force qu’il lui trouvait ? Parfois il arrivait que faire des erreurs était inévitable. Peut être n’était-elle pas méfiante à ce moment là, peut être qu’elle en avait réellement envie, quoi qu’il en soit, son comportement la dégoûtait et elle n’arrivait pas à se pardonner de ce qu’elle avait fait malgré tous les sentiments qu’elle éprouvait pour Tristan.

Cependant, elle passa beaucoup de temps à réfléchir après cette sortie à la plage, sortie qui avait pour but de les rapprocher. Elle voulait lui plaire c’était évident, elle voulait vraiment qu’il soit fière d’elle, qu’il la désire et même si le jeune homme ne semblait pas avoir envie d’aller voir ailleurs, cela n’empêchait pas Cassidy de beaucoup chercher à s’appliquer dans sa façon d’être. Car si lui avait peur de ne pas être à la hauteur, elle en venait même à être un peu perdue, ne pas lui rendre la pareille car un couple, à son sens, c’était un partage à deux, équitable. Et parfois être à la hauteur n’était pas si simple que ça.

Un jour, pour cacher son trouble, Cassidy lui avait proposé de se remettre au dessin et à la peinture. Il pouvait bien faire ça à présent et cela les occuperait un petit moment. Elle ne se souvenait que trop bien de son refus catégorique la première fois qu’elle l’avait revu, lui arguant qu’il détestait peindre. Au moins là-dessus le jeune homme avait bien progressé. Et c’était vrai, il y avait quelque chose de différent dans ses dessins et croquis. Des détails qu’elle ne pouvait pas voir du premier coup d’œil. La jeune femme fit une grimace ainsi qu’une petite moue en le regardant puis regardant les croquis.

« C’est quoi tout ça ? Tu m’embellis là ! Je ne suis pas aussi… »

Il la coupa et répliqua à son tour, déclaration très poétique qui laissa la petite mage bien surprise alors qu’un très léger sourire timide se dessina sur les lèvres. Elle le rendait heureux… c’était bien… c’était vraiment très bien. D’ailleurs il répliqua à nouveau d’un air taquin qui fit rosir la petite demoiselle.

Finalement elle s’était rendue chez Maud qui avait tenu un très long discours devant les doutes et l’appréhension de Cassidy. Tout s’expliquait petit à petit et heureusement que la dame avait de l’expérience pour rassurer son amie qui n’était pas vraiment à l’aise. D’ailleurs elle secoua rapidement la tête pour tenter de se ressaisir et mettre en application ce que Maud disait. Elle avait hoché vivement la tête, déglutissant un moment mais se faisait beaucoup plus déterminée pour combler son petit ami. Maud avait toujours trouvé les bons mots pour lui redonner le courage et la volonté d’aller de l’avant.
Cependant, lorsqu’elle arriva chez Tristan, ne sachant pas par quoi commencer, elle parla de son état. Sans imaginer une seule seconde la réaction de Tristan. Mine de rien cela crispa la jeune femme. Ah… pas d’enfant ? Pourtant il était très heureux pour Maud, il aimait bien les enfants et il n’en voulait pas ? Bon ce n’était pas comme si c’était vital loin de là ! Enfin peut être espérait-elle un jour pouvoir fonder une famille avec lui… si on oubliait les rumeurs des Drakkaris qui abandonnent leur compagnon ou compagne. Mais mine de rien, cela la destabilisa un peu bien que la demoiselle ne dit rien. Il fallait du temps pour ces choses là et un homme n’était peut être pas totalement prêt à accueillir un nouveau venu dans la famille et elle non plus d’ailleurs… c’est pour cette raison qu’elle ne répliqua pas davantage, se concentrant plus sur leur couple qu’un hypothétique enfant du futur.

Cependant, cela l’avait suffisamment touché intérieurement pour la déboussoler et l’empêcher de parler davantage. Ce n’est que le lendemain matin, alors qu’elle s’appliquait à le combler, que la discussion devint inévitable. Comme Maud s’en doutait, il réagissait très bien, ce qui ne manqua pas de la faire rougir alors qu’elle murmurait un timide merci pour sa compréhension. Oui elle avait beaucoup de chance et se sentait d’autant plus en confiance pour insister autant de fois qu’il le faudra.

Une des belles surprises qu’il lui avait faite ? Ce passage dans un village qui contenait une imposante bibliothèque. Cassidy en était absolument ravie, telle une gamine qui sautillait partout en se baladant à travers les allées pour trouver des ouvrages qui l’intéressait. D’ailleurs le soir même elle se fit beaucoup plus provocante comme pour le remercier de cette petite visite. De nombreux livres étaient également posés sur la table, cela lui faisait de la lecture en même temps.

Puis il y eut leurs nombreux tests, dans la douche, dans le lit. Il y avait de quoi se faire des frayeurs et pas qu’un peu. Heureusement, leurs efforts payaient et furent finalement récompensés alors qu’ils essayaient pour la énième fois. C’était juste après avoir tenu compagnie à Maud ce soir là. La dame était quand même très curieuse et ne se gênait pas pour leur poser quelques questions. Rires, ambiance chaleureuse, c’était une excellente façon de se détendre entre amis. Même si Cassidy n’avait toujours pas vraiment avancé avec Tristan, elle avait l’air en bonne santé, détendue et surtout épanouie. Certainement ce qui donna le déclic ce soir là.

Elle avait insisté jusqu’à ce que sa barrière cède et le plaisir qu’elle éprouva ce soir n’était en rien comparable avec toutes les fois passées avec Erwan. Peut être était-ce à cause de l’abstinence, le fait de désirer Tristan à un point inqualifiable. Mais ce soir là ils dormirent très peu, trop heureux d’apprendre à se retrouver l’un et l’autre. Une fois que ce blocage était tombé, cela devint beaucoup plus simple, naturel et chacun y allait à sa façon pour combler l’autre, quitte à le faire toute la nuit. Et ils s’endormirent très tard.

Le lendemain matin, Cassidy se réveilla en s’étirant doucement sous les caresses de son compagnon qui l’accueillait comme à son habitude, très heureux, encore plus que d’habitude ! Elle grimaça avant de se rendre compte des courbatures qui recouvraient tout son corps. Ouvrant un œil, puis deux, elle râla pour la forme en essayant de se retourner dans son lit.

« Gnaaaa… pas juste ! t’es déjà habillé ! Pas le temps de profiter ! »

Oh il avait bien compris le message et s’amusa à lui faire un déshabillage en règle alors qu’elle tentait de se redresser, apparemment très intéressée, se mordant timidement la langue d’un air coquin, à cause de cette trop grande tentation qui l’agitait. Hum elle n’était pas contre refaire… mais quand même les courbatures… cependant il lisait dans ses pensées, bien intéressé pour recommencer. Elle l’avait regardé d’un petit air séducteur tout en caressant doucement son torse, passant ses doigts sur ses abdos.

« Hum… alors que la fête commence ! »

Tâches répétitives mais ils en profitèrent pour mettre tout leur appartement sans dessus dessous, chacun cherchant à faire craquer l’autre et pour se rattraper il y avait de quoi faire ! Mais c’était un tourbillon de bonheur dans lequel Cassidy se retrouvait, heureuse et euphorique, complètement détendue malgré les courbatures, cependant comblée par son compagnon. Elle ne se gênait pas pour lui mordiller une oreille, lui faire un suçon dans le cou, relançant ainsi les hostilités. Cela les rendaient complètement dingue et deux jours qui passèrent suffisamment vite mais aussi bien longuement. Ils avaient tout leur temps pour profiter, apprécier et c’était tant mieux alors.

Encore une magnifique journée, une nuit sublime… La petite mage en avait encore des frissons partout et c’est avec un soupir de profonde satisfaction qu’elle s’était éveillée le matin dans les bras de son beau Drakkari qui ne lui avait pas laissé une minute de répit. Mais le jeu en valait la chandelle et il était bien difficile de savoir quand exactement ils finiraient par s’arrêter. Oh pas avant un bon moment… après tout ils avaient beaucoup de temps à rattraper tous les deux. Elle n’en était nullement gênée et appréciait amplement ces journées, ayant l’impression d’avoir un déblocage aussi bien de l’esprit que physiquement.

Caressant doucement les abdos de son compagnon, nullement gênée par leur nudité, surtout qu’il la réchauffait toujours aussi bien, elle se mit à faire une petite remarque.

« Eh bien ! En deux jours tes abdos se sont bien renforcés ! Je vais finir par croire qu’on va s’entraîner plus régulièrement comme ça parce que c’est un plaisir pour les yeux ! »

Petite moue craquante en le regardant alors qu’il parlait de sa mère. Ah c’est vrai qu’elle était partie un peu précipitamment, sans demander de nouvelles au sujet de leur rétablissement. Tristan avait l’air de comprendre que qu’éprouvait la petite mage et lui proposa de rendre visite à ses parents et lui à s’occuper de la maison de sa mère. Cela la fit un peu se crisper en entendant parler de ça, craintive de le voir se relancer dans une vengeance qui n’était décidément plus d’actualité. Mais l’idée était bonne.

« Si cela ne te dérange pas… c’est vrai que je suis partie assez… vite la dernière fois. Mais je pense qu’ils seront très contents de voir qu’on est de nouveau ensemble ! Tu sais, ils t’apprécient énormément… »

Elle commença à penser aux sujets gênants qu’ils avaient abordés, comme les petits enfants que ses parents désiraient avoir et cela la tracassa d’entendre de nouveau la réponse à Tristan.

Mais voilà, une dame assez curieuse était rentrée sans gêne dans leur petit nid d’amour. Au départ, Cassidy qui ne s’attendait absolument pas à recevoir de la visite, s’était brusquement crispée dans les bras de Tristan, le regardant avec une expression de surprise, le rouge s’emparant bien rapidement de ses joues alors qu’elle cherchait vivement ses affaires. Heu voyons… elle s’était déshabiller où déjà ? A vrai dire cela n’avait eu aucune importance et leurs affaires trainaient un peu partout sans véritable ordre. Mais cela était le cadet de leurs soucis pour être honnête !

Tristan, qui était toujours plus calme et tempéré qu’elle, avec rapidement pris la situation en main, attrapant le rideau pour les recouvrir, juste le temps que Maud entre dans la pièce d’un air joyeux. La suite de son discours laissa une Cassidy complètement cramoisie qui ne savait vraiment plus où se mettre ? Ah bon ?! Cela s’entendait tant que ça ?! Diantre voilà bien longtemps que… que… hem qu’ils n’avaient pas profité l’un de l’autre ! Elle ne pensait pas être aussi bruyante après tout.

Alors que son sourire était mis figé, mi embêté, attitude d’une jeune fille prise en flagrant délit de polissonnerie, Tristan se mit à rire, amusé de cette situation puis la laissa entre les mains de Maud si on pouvait le dire ainsi et s’éclipser sans aucune pudeur de la pièce, décidant de les laisser tranquille et s’entraîner. Apparemment il laissait quartier libre à la petite mage pour aujourd’hui, en profitant pour prendre l’air et elle passer une journée entre filles. C’est ce que déduisit Cassidy puisqu’il lui donna une heure pour se préparer. Si au départ elle semblait complètement impressionnée et surprise par ce culot que de se balader nue devant Maud sans aucune gêne, son regard se fit ensuite plus curieux, se demandant donc ce qu’il avait prévu. Aller manger… où ça donc ? Elle espérait juste ne plus avoir de courbatures, surtout si il se transformait en dragon. Certains de ses muscles lui semblaient être complètement ramollis depuis une éternité !

Maud ne lui laissa même pas le temps de réfléchir, prenant rapidement les mains de Cassidy alors que celle-ci peinait à serrer un pan du rideau pour se couvrir à la vue de la dame, ce qui lui valut une autre expression bien gênée alors que ledit pan se faisait la malle, ou plutôt glisser vers le bas. Cela eut pour effet de laisser une petite mage totalement rouge alors que Maud voulait plutôt avoir des nouvelles et autres potins croustillants comme son air jovial le laissait sous entendre. Elle lui fit grâce de ce malaise et se désintéressa de la petite mage pour redresser une table, cette même table qui avait servi pour… certains jeux très passionnants et déposa dessus biscuits et vêtements.

Cassidy en profita pour ramener le rideau sur elle d’un geste maladroit, bredouillant qu’elle allait vite s’habiller et qu’elle ne serait pas longue, faire la conversation toute la journée la poitrine à l’air aurait été bien étrange après tout même si elles étaient deux femmes et qu’il n’y avait aucune gêne à avoir là-dessus. Elle s’était redressée, bien rouge, enroulée dans le rideau couleur rouge bordeaux, faisant une courte inclinaison du buste pour s’excuser du malaise occasionné et fila sans demander son reste dans la chambre pour enfiler une robe.

Alors qu’elle s’habillait une pensée lui traversa l’esprit. Maud l’avait toujours vu avec un bandeau sur la tête, dans le but de camoufler ses oreilles qui avaient pris une légère forme pointue et n’étaient toujours pas revenues à la normale. Dans l’état dans lequel elle était, les cheveux complètement en pagaille, il était tout à fait possible que la dame remarque ce petit détail… ou bien était-elle occupée à parler tout en étant bien concentrée sur les détails croustillants et la joie de voir qu’enfin les deux tourtereaux avaient pu consommer leurs retrouvailles comme il se devait. Cassidy enfila une tenue de Maud, une robe couleur automne, bien adaptée au temps.

Passant devant son foulard, la jeune femme hésita un long moment, se mordant la lèvre inférieure. Mettre ? Pas mettre ? Cassidy ferma les yeux un instant, baissant la tête vers le sol, prise d’une profonde réflexion. Finalement après une hésitation, elle se coiffa rapidement, plutôt en passant la main dans ses cheveux dorés puis retourna voir Maud. La dame était déjà assise dans un fauteuil, toujours très classe comme à son habitude alors que Cassidy souriait, d’un sourire un peu crispé il fallait le remarquer.

« Hem… attends je vais préparer du thé, les potins s’accompagnent toujours d’un bon thé bien chaud ! »

Clin d’œil complice alors qu’elle se dirigea vers le côté cuisine, toujours ayant en vision Maud et s’affairant autour d’une théière, ouvrant les placards pour prendre se dont elle avait besoin.

« Merci en tout cas pour les vêtements ! Je n’ai jamais été aussi gâtée ! »

Maud répliqua tout naturellement, ne manquant pas de faire rougir timidement Cassidy qui faisait chauffer l’eau en attendant. La petite mage était un peu perdue dans ses pensées, se demandant comment elle avait pu passer à côté de cette amitié. Maud était très loin de tout ce qu’elle avait imaginé, c’était une dame charmante, très à l’aise, mettant rapidement en confiance. La jeune femme pouvait au moins comprendre pourquoi Tristan l’appréciait autant même si les premières images qu’elle avait vu d’elles étaient loin d’être glorieuses après tout. Alors qu’elle pensait, Cassidy versa l’eau dans deux tasses tout en infusant du thé puis revint rapidement vers Maud, s’installant dans le fauteuil en face d’elle tout en posant les tasses sur la table.

Puis, tout en tenant la tasse dans ses mains, surtout que Maud la pressait de déballer toute l’affaire et comment ils en étaient arrivés là, la petite mage décida de s’exprimer avec timidité, ponctuée par les questions ou exclamations de Maud. Cassidy racontait ce qui s’était passé ces derniers jours et que, même si ils avaient du insister, cela leur avait permis de trouver de nouveaux préliminaires, d’autres moyens de plus apprécier le moment avant et que ce n’était pas plus mal. Puis la libération et elle n’hésita pas à dire qu’elle se sentait enfin entièrement apaisée puis d’un air plus bas, se demandant si elle était si en manque que ça pour avoir une réaction aussi importante. Enfin, elle parla de leurs nombreuses activités ou changements d’endroits, tout en remerciant Maud pour le livre qu’elle lui avait montré et qu’elle aimerait bien en voir un peu plus parce que Tristan avait vraiment adoré.

Au fur et à mesure qu’elles parlaient, Maud conseillant, riant, Cassidy expliquant et donnant ses impressions, la pile de biscuits descendait à une allure folle… bien trop rapidement d’ailleurs. En effet la petite mage se servait un peu trop régulièrement comme si elle n’avait pas mangé depuis des jours ces fameux biscuits. Alors qu’elle expliquait encore la magnifique vue du balcon d’un point de vue totalement nouveau, la jeune femme arrêta sa main sur une assiette… bien vide. Fronçant les sourcils, elle s’arrêta un instant puis jeta un coup d’œil sur la table.

« Tiens… j’étais persuadée qu’il y en avait plein… attends je reviens, je vais en chercher d’autres ! »

La demoiselle se redressa, secouant la tête, ignorante comme elle l’était, ne pensant pas que son appétit vorace était un signe avant coureur d’un bien étrange évènement. En revanche Maud devait avoir bien remarqué son manège mais elle ne s’étendit pas à ce sujet, laissant son amie revenir avec une nouvelle boîte remplie de biscuits qu’elle posa sur la table avant de continuer la conversation. Cassidy l’avertit alors qu’ils allaient partir pendant quelques jours pour rendre visite à ses parents, elle ne savait pas trop quand encore mais qu’elle lui promettait de lui envoyer un courrier dès qu’ils seraient arrivés là bas.

Bonne humeur, ambiance conviviale, la journée passa bien vite et d’autres sujets furent abordés comme les vêtements, le bébé de Maud qui sera bientôt là, où Cassidy ne manqua pas de demander à Maud si ce n’était pas trop douloureux… avant de se rappeler que Tristan ne voulait pas d’enfants et chassa ce sujet de sa tête mais l’étrange gourmandise de la demoiselle ne fut pas remis sur le plateau, si ce n’était qu’elle se servait toujours autant.

Finalement, Maud prit congé, laissant une petite mage complètement heureuse et bien dans sa peau. Alors que la dame s’éloignait de la maison, lui faisant un signe de main, Cassidy se mit à regarder le ciel, d’un air rêveur. Oui ce n’était pas si mal que ça après tout… Sa relation avec Tristan s’améliorait de jour en jour, sa part de dragon n’avait pas fait parler d’elle, ils étaient un couple épanoui… heureux… elle se sentait bien ici sans aucune pression et reprenait confiance petit à petit. Machinalement, elle passa sa main sur l’une de ses oreilles d’un air absent. A quoi bon se soucier de ce petit détail ? Peu importe ce qu’elle était, à vrai dire, la jeune femme n’avait plus vraiment envie de le savoir, ça n’avait aucun impact dans son présent. Mais peut être que cela expliquait le fait qu’on en ait après elle…

Secouant la tête, Cassidy se trouva ridicule de penser de cette façon. Il n’y avait aucun danger ici, pas d’histoire louche, rien à signaler. Elle trouvait un peu de repos et un épanouissement certain. Oui elle était heureuse ici… avec Tristan… avec tous ces gens joyeux… et même si elle savait que retourner à l’académie était une nécessité, alors elle se rappellerait toujours de la bonté de cette cité et n’hésiterait pas à y revenir. Maud comptait pour elle comme une très bonne amie à présent. Qui aurait cru ? Mince sourire qui s’étirait le long de ses lèvres alors qu’elle rentrait à l’intérieur de la maison pour se changer une nouvelle fois. Un rapide coup d’œil sur l’horloge lui apprit que Tristan n’allait pas tarder à revenir pour la chercher.

Vêtue d’une nouvelle confection de Maud et de son foulard dans ses cheveux dorés, c’est avec entrain qu’elle accueillit Tristan en lui sautant au cou et déposant sur ses lèvres un magnifique baiser passionné, lui demandant si sa journée s’était bien passée et qu’il s’était bien entraîné de son côté. Il lui répondit un peu tout en lui redonnant son baiser puis parti prendre une douche et se changer, ce qui fut très rapide. Enfin, il lui précisa qu’ils prendraient la voie des airs pour aller à ce restaurant, d’un air bien mystérieux comme il en avait l’habitude, si bien que la petite demoiselle tentait de lui soutirer quelques informations en lui faisant du charme.

Mais Tristan resta silencieux alors qu’il la conduisait à ce fameux restaurant, un peu à l’écart d’une ville dans un cadre vraiment agréable et magique. Certaines plantes et arbres avaient des formes féériques dans le jardin qui entourait le restaurant et l’architecture du lieu était loin d’être ordinaire également. Une petite fontaine coulait à côté du sentier de pierres qui menait à l’arche d’entrée. Comme il faisait nuit, la visibilité était moins bonne mais de nombreuses sphères dorées flottaient dans les airs, mettant en évidence les décorations du jardin, si bien qu’on avait vraiment l’impression d’être dans une ambiance mystique et romantique. C’est très galamment que Tristan tendit son bras pour accompagner la petite mage qui l’accompagnait d’un air ébahi, faisant un commentaire ou deux sur la décoration. Même si elle était une utilisatrice de magie, le décor était quand même incroyable à ses yeux.

L’intérieur valait aussi le détour. Cela n’était pas un restaurant classique mais ressemblait plus à un salon chaleureux et confortable. Tables en dentelles et en soie, chaises rembourrées de couleurs apaisantes, petites chandelles qui flottaient à quelques centimètres du dessus des tables. Au comptoir se tenait une humaine et une elfe qui allaient et venaient, prenant les commandes des uns et des autres. Et effectivement il y avait quand même du monde. Cassidy se tourna vers Tristan, lui déclarant que c’était vraiment magnifique et qu’elle adorait, ce à quoi il répondit qu’elle devrait attendre de voir la carte pour le remercier.

Ils s’installèrent à une petite table à l’écart près d’une fenêtre, ce qui leur donnait une vue sur la fontaine et le jardin alors que l’elfe s’approchait d’eux en leur souhaitant la bienvenue, très chaleureuse tout en leur tendant des cartes. Elle ne se dérangea pas pour faire un compliment comme quoi ils étaient un très beau couple tous les deux et que cela se voyait. Cassidy se mit à rougir tout en baissant la tête. Pourquoi… à chaque fois ou très régulièrement qu’ils se trouvaient en public on leur faisait ce genre de remarque. Si cela se voyait tant que ça, cela devait être vrai. Elle en était aussi fière que ridicule de penser à leur différence, ce que les autres ne voyaient pas et agissaient juste par instinct.

La carte comportait de nombreux mets de choix mais c’était surtout des desserts. Cassidy en avait l’eau à la bouche, se permettant une petite taquinerie à Tristan qu’elle risquait de le ruiner car elle pouvait commander tout ce qu’il y avait dessus. Cela le fit rire et étrangement, avec tous les biscuits qu’elle avait mangé dans la journée, il lui restait encore de la place pour les desserts ! Elle prit carrément l’assortiment de luxe, sorte de grand plateau à étage où se trouvaient de multiples gourmandises. Son bonheur faisait plaisir à voir alors qu’elle prenait une première bouchée avec beaucoup de gourmandise d’une tartelette à la fraise. Les joues rouges, elle appréciait ce repas très spécial et ne parlait pas spécialement, toute occupée à sa dégustation. Tristan pour sa part, la regardait faire et ne semblait aucunement gêné du manque de conversation, déclarant qu’au moins si elle mangeait c’est que c’était bon. Mais il la taquina quand même qu’avec tout ça elle risquait de grossir. Cassidy se mit à rire. Avec toutes les activités qu’ils faisaient, c’était impossible qu’elle prenne du poids, leurs journées étaient bien remplies alors il n’y avait aucun risque.

Finalement ils rentrèrent. Cassidy était comblée mais pas totalement puisqu’ils en profitèrent pour avoir une autre activité bien prenante même si le Drakkari attendit qu’elle digère un peu pour ne pas être mal à l’aise. Que demander de plus ? Un petit ami attentif, des séances de gymkhana merveilleuses, un endroit pour s’épanouir… Oui Cassidy se sentait vraiment bien et elle appréciait sa vie le plus possible.

Cinq jours passèrent et de curieuses choses apparurent pendant ce temps. Oh bien sûr leurs journées tournaient toujours autour des mêmes thèmes même si ils essayaient de se surprendre. Leçons de vol, de maniement de la dague, discussions avec Maud, galipettes dans le lit et ailleurs, visite d’endroits magnifiques… Mais pendant ces cinq jours, Cassidy adopta un étrange comportement. Tout d’abord elle était beaucoup plus émotive. Cela se traduisait par des galipettes de plus en plus intenses ou un plaisir tout particulièrement décuplé mais ça c’était normal. Il y avait aussi les fois où elle se jetait sur Tristan complètement ravie quand il rentrait d’un de ses entraînements. Ou encore ses emportements quand elle faisait preuve de maladresse comme cette fois où elle fit tomber un vase et qu’elle se mit à jurer bien haut et fort. Bref, tout était amplifié même si elle ne s’en rendait pas forcément compte.

Il y avait également sa gourmandise et des goûts pour le moins… surprenant pour elle. Un soir alors qu’elle n’arrivait pas à dormir, il lui était arrivé de se relever dans la nuit pour revenir avec un biscuit qu’elle grignotait comme ça. Mais fronçant les sourcils alors qu’elle allait s’installer à nouveau dans le lit la jeune femme fit demi tour pour prendre un nouveau biscuit à grignoter. Et comme si ce n’était pas suffisant elle y retourna une troisième fois, embarquant avec elle une caisse en fer contenant tous les biscuits présents ! Les autres nuits elle ne se séparait pas de cette boîte trop loin de son lit, déclarant à Tristan qu’en ce moment elle avait des petits creux pendant la nuit et que c’était peut être à cause du changement de saison.

Oh et que dire pour ses nouveaux goûts pour la viande bien saignante ? Alors qu’ils dînaient, il arrivait à la demoiselle de se resservir justement de viande et plus d’une fois, chipant même un morceau chez Tristan en tirant la langue d’un air taquin. Même une fois, ses goûts pour la viande de qualité avaient pris de l’exigence alors qu’elle demanda au Drakkari si il pouvait lui rapporter une créature traînant dans les zones rocheuses qui avait, disait-on une viande d’excellente qualité, tendre sous la dent et très rassasiante. Mais lorsque Tristan lui demandait d’où lui venait cette obsession, en la taquinant, la jeune femme hochait les épaules d’un air incrédule, en lui déclarant qu’elle avait juste envie en ce moment et que ça la rassasiait bien puis le taquinait en disant que toutes leurs activités lui donnait très faim en ce moment ! Et heureusement qu’elle ne prenait pas de ventre ! Elle le taquina en retour que comme ça, sa mère ne réprimanderait pas Tristan pour le manque de nourriture.

La jeune femme avait également des maux de dos et réclamait souvent des massages qu’elle accueillait avec beaucoup de plaisir. Pour cela elle était servie puisque Tristan n’avait pas l’air d’être dérangé ou réticent. Au contraire il faisait tout pour qu’elle se sente bien et puis généralement les massages amenaient d’autres jeux beaucoup plus coquins.

Il y avait cette fois aussi, bien perturbante pour la demoiselle. Elle était allée rendre visite à Maud, et alors que les deux avaient l’intention de manger un biscuit au même moment, la main de Cassidy toucha celle de Maud. Un étrange évènement se produisit. Si Cassidy ne voyait aucun changement physique sur elle-même, elle fut soudain envahie d’une sensation de lourdeur assez intense. Ses yeux étaient restés ouverts un court instant alors qu’ils prenaient une couleur dorée, mais sous l’intensité de ce qu’elle découvrit dans son esprit, la petite mage avait fermé les yeux. Si cela ne semblait durer qu’une fraction de seconde pour Maud, ce que « vit » Cassidy prit plus de temps. Lorsqu’elle rouvrit les yeux, elle semblait un peu surprise, choquée et se tint la tête de sa main en respirant lentement. Maud lui avait demandé ce qui s’était passé, ce à quoi Cassidy secoua la tête gênée en minimisant le moment en déclarant qu’elle avait juste eu une sorte d’étourdissement même si il était clair que c’était bien plus que ça. Cependant elles ne s’étendirent pas sur le sujet et Cassidy rentra ensuite chez Tristan. Si le jeune homme avait des envies plutôt coquines, la demoiselle lui demanda un petit temps d’arrêt. Elle était troublée par quelque chose et avait ouvert plusieurs livres sûrement pour avoir une réponse à ses questions mais promit au beau Drakkari de rapidement venir le satisfaire une fois qu’elle aurait terminé.

Pourtant les livres ne lui apportèrent aucune réponse alors qu’elle en referma un d’un claquement sec, secouant la tête un instant et préféra oublier cette étrange vision qui devait être simplement une hallucination avant de rejoindre Tristan et de bien profiter de la soirée.

Mais le véritable choc arriva au sixième jour. En effet, Cassidy devait prendre sa « potion » de contraception et avec toutes les galipettes qu’elle avait fait avec Tristan ces derniers temps, cela devenait plus que nécessaire même si justement elle n’y avait pas tout de suite pensé, se réjouissant de leurs retrouvailles au lit. D’ailleurs, elle l’avait averti qu’il devrait être en forme parce qu’il y avait de grandes chances que cette journée soit vraiment très chargée en galipettes ! Pourtant, lorsqu’elle but la potion, ce n’était pas cette sensation qui décuplait ses pulsions qui s’empara d’elle mais une énorme nausée qui lui donna instantanément l’envie de vomir, ce qui n’était pas prévu au programme !

Légèrement inquiète par ce qui lui arrivait, Cassidy décida de consulter un guérisseur, juste pour savoir si un aliment ne la rendait pas malade ou quelque chose du genre. Quand Tristan lui avait proposé de l’accompagner, la jeune femme avait doucement posé ses mains sur les siennes, le regardant avec tendresse et déclarant que ce n’était pas très loin, qu’il pouvait juste préparer quelque chose pour ce soir ou bien se préparer à lui donner des médicaments si vraiment elle était malade.

Il y avait plusieurs guérisseurs dans la cité mais tous tenaient un petit centre, pour regrouper tous les malades et les consultations. Après avoir attendu un moment, la jeune femme entra dans une des pièces où se trouvait un homme d’un certain âge, souriant et chaleureux.

- Alors que vous arrive-t-il damoiselle ?

Elle s’était assise sur la chaise face à lui et tripotait ses mains d’un air gêné, cherchant ses mots.

« Hum… eh bien en fait j’ai pris ma potion de contraception aujourd’hui mais cela m’a donné la nausée et j’ai vomi tout ce que j’avais avalé »

Il fronça les sourcils d’un air intrigué tout en consultant un parchemin.

- Vous avez déjà pris ce type de potion ? Une allergie peut être ?

« Oui oui ce n’est pas la première fois que j’en prends ! La dernière fois aussi j’ai eu la nausée mais le reste du temps ça ne me fait rien de… spécial »

- Etrange… Vous avez d’autres symptômes ? Des choses qui n’étaient pas là avant ?

« Heu… je ne crois pas non…

- Allons réfléchissez un peu… une douleur quelque part ?

La jeune femme était perplexe. En quoi cela l’aiderait à savoir ce qui ne va pas ? Oh bien sûr il y avait quelques petits trucs mais sans réelle importance. Elle croisa lentement les bras, fronçant les sourcils pour mieux réfléchir.

« Maintenant que vous le dites… j’ai souvent faim en ce moment. Enfin c’est peut être à cause de l’automne qui arrive… Ca m’arrive de consommer une boîte de biscuits entière, ou parfois me servir pendant la nuit et je ne parle même pas des repas où j’ai tendance à me resservir. Ou mon corps essaie de rattraper toutes les privations passées… »

Elle marqua une légère pause.

« Ca m’arrive d’être un peu plus tendue ou sensible, j’ai moins de patience également… ah et je vous parle pas des mal de dos ! Tristan assure avec les massages mais parfois ça persiste ! Je devrais peut être faire une pause… »

- Hum…

« Quoi ? Oui je sais c’est ridicule ! Mais bon c’est tout ce que j’ai comme infos… »

- Déshabillez vous et allongez vous sur le lit à côté je vais vous examiner

L’idée de se faire examiner ne l’enchantait pas plus que ça et se demandait pourquoi il fallait absolument passer par là mais la demoiselle obéit sans broncher, enlevant sa robe et restant en sous vêtements avant de s’allonger. Le guérisseur murmurait quelques formules tout en passant ses mains au dessus de la petite mage, puis lui demanda de se mettre sur le côté alors qu’il examina son dos avec pas mal d’insistance puis finalement l’examen fut terminé.

- C’est bon vous pouvez vous rhabiller, je vais vous expliquer

Cassidy ne se sentait pas très bien malgré le fait que le guérisseur était plutôt apaisant, calme. Elle se redressa et remit sa robe sur elle alors qu’elle se tenait debout face à lui qui remplissait un parchemin, fébrile en attendant le diagnostic.

- J’ai une bonne et une mauvaise nouvelle… Je commence par laquelle ?

La jeune femme ouvrit des yeux ronds… Ca y est elle avait une maladie grave ! Mais comment pouvait-il rester aussi calme alors ?

« Heu… commencez par la bonne, ça me permettra de tenir le choc de la mauvaise »

Le guérisseur se mit à sourire doucement, la regardant droit dans les yeux. En fait, elle n’aurait pas du lui demander de commencer par ça. Car cela perturba grandement la petite mage.

- Vous êtes enceinte…

BOUUUUUUUM !

Cassidy avait buté sur le mot enceinte, le flou apparaissant devant ses yeux. Elle n’eut pas vraiment le temps de réagir, son corps avait pris de l’avance. Ses pieds s’étaient dérobés sous elle alors que sous les yeux surpris du guérisseur elle s’était étalée par terre inconsciente, choquée par la nouvelle. Le guérisseur se leva en hâte et appela des assistants qui la déposèrent de nouveau sur le lit alors que le vieil homme prit une petite fiole pour lui mettre sous le nez. Une odeur assez forte mais pas désagréable pour revenir à soi. Il avait déjà eu des personnes qui faisaient des malaises donc c’était normal qu’il en conserve dans sa salle d’examen.

Quelques minutes après, Cassidy se réveilla en gémissant et rouvrant les yeux, encore un peu faible, pour apercevoir le guérisseur penché au dessus d’elle qui lui demandait si tout allait bien.

« Ca va ca va… vous m’avez fait peur ! Pendant un moment j’ai bien cru entendre le mot enceinte »

L’air sérieux du guérisseur ne la conforta pas dans sa pensée de ne pas accepter cette réalité et il paraissait assez mal à l’aise. D’habitude, la plupart des femmes étaient plutôt heureuses d’apprendre la venue d’un enfant sauf si il s’agissait d’un viol. Et puis les rumeurs et les histoires dans la cité allaient bon train, il était au courant que la petite mage était avec Tristan, alors pourquoi était-elle si réticente à cette idée ?

- Mais c’est bien ce que j’ai dis ! Vous êtes enceinte ! C’est pour cette raison que les potions de contraception ne marchent pas. Et enceinte d’environ cinq semaines d’après ce que j’ai vu…

Les yeux de Cassidy étaient ouverts de surprise alors que sa bouche se tordit en une grimace, refusant de croire le diagnostic, croyant à une erreur. Au départ, elle avait cru que c’était l’enfant de Tristan et donc… tout était de sa faute et elle ne se voyait surtout pas lui annoncer, surtout après ce qu’il avait dit au sujet des enfants et puis elle était encore bien jeune et ce n’était pas dans ses projets. Pourtant, une autre chose attira son attention. Et si cela remontait à cinq semaines alors ça ne pouvait être que…

« Pitiééééé ! Enlevez moi çaaaaaaaaaa ! J’en veux paaaaaaaas ! »

Réaction totalement immature et complètement paniquée de la petite mage qui ne voulait surtout pas que Tristan apprenne la vérité ! Comment pouvait-il réagir ? Non elle se refusait de retourner le voir tant qu’on ne lui aurait pas retiré cet intrus de son ventre qui prenait un peu trop ses aises ! Le guérisseur était perplexe et se grattait la tête.

- Mais ce n’est pas l’enfant de…[b]

« Non ça ne peut pas être lui ! Il y a cinq semaines je me suis faite… enfin pas besoin de vous faire un dessin ! »

Ah il comprenait mieux à présent cette expression d’horreur sur le visage pourtant si paisible de Cassidy. Pourtant il secoua la tête en soupirant.

[b]- La mauvaise nouvelle c’est ça… Il est impossible de retirer cet enfant


« Quoi ?! Mais vous délirez ! Je vais l’enlever moi-même ! »

- Calmez vous et laissez moi finir ! Pour aller au but, vous avez un parasite implanté dans la nuque

« Un quoi ?! »

- Un parasite… ceux qui utilisent la magie noire s’en servent contre leurs ennemis. Une sorte d’espion si vous préférez… Les parasites ont plusieurs fonctions. Ils peuvent transmettre des informations de visuel, agir sur tout le corps à distance… provoquer une douleur… dans votre cas il me semble que votre heu… grossesse a été un peu forcée. C’est d’ailleurs un miracle d’avoir réussi à détecter cette chose, d’habitude c’est très discret. Mais je pense que votre grossesse a permis de le faire apparaître un peu aux examens classique.

« Alors enlevez moi ça ! »

- Ce n’est pas aussi simple que ça. Ce parasite s’attache à votre corps et il est impossible de le retirer sans perdre une grande quantité d’énergie et dans votre cas de magie. Comprenez que c’est très risquée comme procédé et que vous risquez d’y laisser la vie. Le meilleur moment pour le retirer c’est à la naissance. Les barrières de votre corps sont particulièrement sensibles mais laissent une ouverture pour ce moment.

« Mais je ne veux pas de cet enfant ! Je préfère prendre le risque plutôt que de vivre ça ! »

Le guérisseur soupira en secouant la tête. Il comprenait tout à fait la réaction de Cassidy de ne pas avoir un enfant non désiré et cela devait être un choc pour elle mais la jeune femme était bien naïve de croire que c’était aussi simple que ça. Heureusement pour elle, il y avait une solution. Il se tourna un instant, réfléchissant bien avant de reprendre la parole.

- D’accord… vous êtes en couple avec Tristan c’est bien ça ? Comme vous devez le savoir, son énergie de dragon est utile pour bien des choses alors le seul moyen de vous maintenir, c’est qu’il vous transmette son énergie pendant l’opération qui comme vous vous en doutez, sera extrêmement douloureuse. Une fois le parasite retiré, nous attendrons une semaine le temps de récupération puis nous enlèverons l’embryon. Si c’est un embryon d’humain, cela ne devrait pas poser trop de problème à moins qu’il soit un mage…

« Epargnez moi les détails merci je n’ai pas envie d’y penser pour le moment… »

- D’accord d’accord ! Revenez me voir demain matin. Ca va être dur mais ne mangez rien durant la nuit, juste de l’eau. Je vais faire venir quelques confrères pour cette opération.

Cassidy hocha lentement la tête et prit finalement congé, trop de questions s’agitant dans sa tête. Tristan ne la jugerait pas non ? Mais elle avait fait une erreur… une grosse erreur… pas sûr qu’il lui pardonne… Si lui était heureux de la revoir, elle tirait une tête d’enterrement. Cela l’inquiéta un peu, se demandant ce qu’on lui avait diagnostiqué. C’est très doucement qu’elle le prit par la main pour s’asseoir dans le canapé à côté d’elle, évitant son regard.

« Bon… ça ne va pas te plaire mais apparemment… je suis enceinte… »

Elle marqua un blanc, avant de reprendre très rapidement.

« De cinq semaines ! Ce qui signifie… tu sais qui peut être le potentiel père… »

Nouveau silence alors qu’elle évitait son regard toujours, malheureuse, honteuse, demandant qu’il lui pardonne. Tristan semblait plutôt compréhensif ou du moins, il garda pour lui ses véritables réactions. La jeune femme lui expliqua tout, l’histoire du parasite et que pour enlever l’embryon il fallait déjà enlever le parasite, ce qui était dangereux. Et qu’elle avait vraiment besoin de lui pour avoir suffisamment d’énergie afin de passer cette épreuve.

Encore une fois, Tristan se fit rassurant, présent et compréhensif, du moins il devait penser qu’elle n’avait pas besoin de ça en plus. Juste du soutien ça lui irait bien. Surtout qu’elle était toute tristounette la petite mage.

Le pire arriva le lendemain matin. Non ce n’était pas l’absence de manger, les difficultés de se retenir alors qu’elle se blottissait dans les bras de Tristan parfois en tremblant un peu et ayant beaucoup de mal à dormir même si elle trouva le repos pour quelques heures. Non… c’était plutôt un changement physique qui la choqua beaucoup. Le matin alors qu’elle s’étirait lentement comme à son habitude, quelque chose de pas normal attira son attention ou plutôt un tiraillement au niveau du ventre. Remontant sa chemise de nuit, elle aperçut son ventre qui avait très légèrement pris du volume, pas grand-chose mais suffisamment présent pour choquer la petite demoiselle qui s’empressa de cacher ce qu’elle considérait comme une honte à ses yeux.

L’opération dura un bon moment de la matinée. Et cela fit bien mal en effet. La jeune femme était couchée sur le ventre, les yeux fermés et tenait dans sa main celle de Tristan. Elle tremblait parfois alors qu’on s’agitait derrière elle, utilisant la magie pour sécuriser son corps, éviter l’écoulement du sang et comme on lui retirait un truc qui était vraiment accroché à ses terminaisons nerveuses, cela était bien douloureux. Si elle n’était pas en mesure de crier à cause de la mixture qu’on lui avait fait boire afin de la calmer, ce n’était pas le cas de sa main qui s’enfonçait dans celle de Tristan, crispant de ses ongles la peau du Drakkari et serrant les dents alors qu’il avait des paroles rassurantes même si il ne pouvait pas faire grand-chose.

Après un long moment, le parasite fut retiré et placé dans un bocal hermétique. Une sorte d’oursin noir qui s’agitait furieusement et cognait contre les bords du bocal. Les guérisseurs demandèrent à Tristan de ramener la petite mage et qu’elle devrait se ménager les prochains jours avant la suite de l’opération.

Cependant, lorsque Cassidy revint avec Tristan dans ses bras, elle fit un sourire plus apaisé, se contentant juste de dire que c’était passé et qu’il allait l’aider à aller mieux.

En effet, la semaine qui suivit, même si elle était bien faible, la demoiselle récupérait rapidement. Tristan restait toujours à ses côtés pour s’occuper d’elle et ils étaient restés plutôt sages. Maud avait été mise au courant de la situation et était également venue voir Cassidy, compatissante par la situation d’un enfant dont elle ne voulait pas. C’était quand même une étrange semaine qui passa très lentement pour Cassidy mais heureusement, vit la fin alors qu’elle se rendait de nouveau au centre de guérison.

Le guérisseur demanda à l’examiner de nouveau. Il déclarait que grâce à sa magie il était en mesure de mieux déterminer l’embryon. D’après lui, certains étaient plus difficiles à enlever que d’autres, il valait mieux éviter des risques. Enième examen sur le ventre de la demoiselle qui prenait un peu de volume alors qu’elle tirait une tête d’enterrement, voulant en finir rapidement. Cependant le guérisseur resta silencieux un instant.

-Hum… je ne m’attendais pas vraiment à ça…

Cassidy le regarda dans les yeux, un peu blasée par la situation.

« Quoi encore ? »

- C’est un Drakkari

« … »

Elle se redressa, en colère, ses hormones décidant de parler pour elle en ce moment.

« Non ça ne peut pas être un Drakkari ! La dernière fois que j’ai eu un rapport avec Tristan remontait à plus de cinq semaines ! Non je n’y crois pas ! Ca ne peut pas être lui ! »

-Etes vous réellement bien renseignée sur les Drakkaris ? Saviez vous que leur semence est beaucoup plus résistante que celle d’un humain normal ? Capable de rester encore plusieurs jours… Ils ne perdent en rien leur vigueur ! Et je vous l’ai dis, le parasite a forcé la grossesse, peu importe les… semences, ils étaient tous au même niveau à ce moment là. Cela a joué comme une protection empêchant toute disparition avant la fusion.

Il se caressa lentement le menton avant de laisser le temps à Cassidy de rebondir sur ce nouveau choc. Elle avait du mal à y croire puis ferma les yeux un instant avant de les rouvrir.

« Bon… enlevez le moi quand même… »

- Là par contre ça ne sera pas possible… Figurez vous que les embryons Drakkaris acquièrent un instinct de survie avant même leur naissance. Si on essaie d’un extraire un, il est capable d’aspirer toute l’énergie de sa mère pour se défendre, entraînant sa mort. Nous n’avons trouvé encore aucune solution pour passer outre. C’est pour cette raison que les Drakkaris responsables restent très prudents avec leur compagne, du moins pour ceux qui n’ont pas des idées de viols derrière la tête. De plus, Tristan doit savoir, c’est lui le père…

Cassidy ravala ses larmes. Comment lui dire que Tristan ne voulait pas d’enfant ? Et qu’il risquait de le vivre comme une trahison ? Lui annoncer cette terrible nouvelle était bien pire que tout ! Elle secoua la tête. Il ne voulait pas d’enfants… ils étaient trop jeunes… même pas mariés… et si il partait à la naissance, la jeune femme n’y survivrait pas. Cependant le guérisseur resta ferme et la fit repartir.
Elle resta un long moment dehors à examiner son ventre, complètement perdue, peur d’être rejetée. Si elle avait fait attention… si seulement… ils n’en seraient pas là. Mais alors que le soleil déclinait dans le ciel, la demoiselle décida de rentrer chez Tristan, encore plus pâle qu’il y a une semaine. Elle s’installa sur le canapé, ne sachant pas quelle attitude adopté jusqu’à ce qu’il la rejoigne en lui demandant ce qu’elle avait encore.

« C’est ton enfant… »

Seuls mots qui sortirent de sa bouche alors qu’elle baissait la tête. Le pire qui pourrait arriver, c’est qu’il sorte pour aller ruminer… ou bien la réprimander… mais certainement pas accueillir la nouvelle grands bras ouverts.


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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: Un voyage pour apprendre à mieux se re-connaître ?   Jeu 30 Jan - 12:07

Il n’était pas dupe…
Oh bien sûr, elle devait être heureuse de le retrouver enfin sur le plan physique, enfin plutôt sur le plan sexuel parce que du point de vue physique, ils se tentaient depuis un bon moment. Mais il n’y avait pas que ça.
Lui l’était… Heureux, euphorique et il peinait encore à admettre à quel point il avait pu être en manque. Souvent, quand il y pensait, il avait un peu honte, se dire qu’il ne pouvait pas la regarder sans la désirer. Il lui avait dit qu’ils avaient tout leur temps, qu’ils n’étaient pas pressés, qu’il fallait lui laisser le temps d’oublier, de réfréner les violences résurgences de son traumatisme. C’était un discours adorable, très gentleman, le petit ami rêvé, mais ce n’était pas totalement la vérité non plus. Il voulait qu’elle aille bien, ça c’était une certitude. Mais… pour lui c’était un vrai martyr que d’attendre ENCORE !
Bien sûr, l’amour se méritait, se câlinait, conservait, dorlotait… et il semblait presque plus l’appliquer à la jeune femme que métaphoriquement parlant. Il souhaitait que tout se passe bien entre eux, qu’elle soit heureuse… mais c’était difficile de faire taire ses pulsions, même avec le bracelet. Sans… ça aurait été impossible et s’éloigner d’elle pour ne pas la brusquer aurait encore été la meilleure solution.

Cassidy était adorable, il l’aimait bien sûr, il l’adorait… Mais pour lui, que s’était-il passé ?
Entre le moment où ils s’étaient quittés et retrouvés, il n’allait que mieux physiquement et mentalement, acceptant enfin cette part de lui-même refoulée jusqu’alors qui n’avait besoin que d’être acceptée pour qu’il puisse devenir l’homme qu’il était voué à être un jour, courageux, fort, plein de valeurs et de convictions. Il avait, semblait-il, totalement renoncé à la vengeance, s’en éloignant, la tenant à distance. Il avait d’une certaine manière hérité, par ses gènes sans doute, d’une sagesse et patience draconique qui était franchement la bienvenue face à son impulsivité passée. Entre le moment où il l’avait perdue et retrouvée… Il avait énormément souffert, mais il était devenu meilleur, il avait tout perdu et était d’autant plus heureux de tout ce qu’il retrouvait, la mémoire bien sûr, mais elle encore et surtout. Et il l’avait aimée, de la même manière stupide, inconditionnelle, impulsive, inexplicable, souvent maladroite, mais si humaine.

De son côté, la petite mage était passée par des tourmentes inqualifiables dont il se reprochait la majeure partie pour ne pas dire toutes, surtout maintenant qu’il savait qu’il avait eu tort de croire… qu’au final elle lui préférerait Erwan. Il aurait pu rester, il aurait dû rester, affronter sa colère, affronter sa peine, se montrer plein de culpabilité, accepter qu’elle lui en veuille un moment, puis la retrouver et recommencer, sans qu’il n’y ait autant de larmes, autant de sang, autant de vies versés, perdus.
S’ils pouvaient se complaire l’un comme l’autre à penser de temps à autre « et si… », les schémas au final pouvaient être bien, mais certainement pas meilleurs qu’actuellement.

Sans cette séparation, sans ce déchirement, Tristan n’aurait jamais vu sa partie dragon refaire surface et ne l’aurait jamais acceptée, continuant d’en souffrir, continuant de s’éloigner petit-à-petit de celle qu’il aimait pour une vengeance qui n’avait aujourd’hui que plus que très peu de sens. Sans son accident, lui ôtant la mémoire, il aurait continué de souffrir et aurait pu céder à cette partie obscure de lui-même, si tant est que le jeune homme soit réellement capable, dans le fond, d’être autre chose qu’un être extrêmement courageux et voué aux autres.
Sans tout ceci encore une fois, sans son départ, sans son stupide manque de confiance dans les sentiments de celle qui était tout pour lui, peut-être qu’au fond, elle ne lui aurait pas pardonné. Oh pas intentionnellement bien sûr.

S’il était resté, s’il avait affronté la vérité en face, que se serait-il passé ?
On ne se rend compte de son bonheur que lorsqu’on le perd malheureusement…

Il aurait attendu à son chevet, dévoré par la tristesse et la culpabilité. Il aurait affronté les remontrances d’Erwan, lui rappelant qu’il l’avait prévenu, lui rappelant inconsciemment, à quel point il ne connaissait rien à la magie et était faible face à elle. Il aurait affronté tous les cris de la jeune femme, toutes ses larmes, toutes les choses qu’elle aurait pu lui jeter à la figure sous la colère, ayant besoin de se défouler. Mais il la connaissait. Elle n’était pas ainsi. Son impulsivité ne touchait généralement qu’à ceux qu’elle aimait et si ça la concernait directement, il y avait fort à parier qu’elle aurait intériorisé. Sa douce naïveté, tellement touchante, ne se serait plus reflétée sur son visage. Il craignait ce qu’il y aurait vu. De la déception inévitablement, de la tristesse, des regrets… tout ceci informulé. Oui, il aurait affronté toutes les exubérances d’une femme en colère mais n’aurait pas supporté les regards pleins de douleur silencieuse de celle qu’il aimait. Il n’aurait pas supporté d’être près d’elle à ce moment là.
S’il avait eu la force, il aurait affronté tout ceci, s’excusant des dizaines, des centaines de fois, même quand elle en aurait eu assez et le lui aurait reproché. Il aurait été doux et attentif, mais la culpabilité, dévorante, aurait eu raison de lui-même et l’aurait changé, à tous les coups, elle n’aurait pas aimé… Pas aimé qu’il la traite comme une petite chose fragile. Et au final, elle n’aurait sans doute pas pu lui pardonner, même en essayant de toutes ses forces. Ils se seraient quittés, perdus peut-être seulement. Peut-être, pire que tout, aurait-elle voulu faire une pause pour se retrouver, pour essayer d’oublier… Erwan en aurait profité et personne ne le lui aurait reproché… Et là, Tristan l’aurait perdue… Peut-être seulement temporairement. Mais ça aurait été fini pour lui, définitivement. Si être courageux signifiait souffrir, à quoi bon ?

Pourtant, il avait été courageux en fuyant cette fois-ci. Bon, pas en fuyant, ça, ça n’avait rien de courageux… Mais en la laissant, le sachant pertinemment, à un autre, en résistant à l’envie, au besoin terrible de la retrouver.
Bref… Au final, ils avaient vécu trop d’horreurs, trop de souffrance et s’en remettre mettait du temps. Et c’est parce qu’il était d’autant plus sensible et attentif à ses besoins parce qu’il la comprenait mieux qu’avant tout simplement, que Tristan pensait à tout ceci. Qu’il pensait autant à être doux et patient, même si c’était dur… parce qu’il avait envie de chasser le souvenir d’Erwan de sa compagne. Il voulait qu’elle oublie les baisers de l’archer, ses caresses, tous ses gestes. Il craignait maladivement qu’elle le compare à son ancien amant… et en mal dans une idée stupide d’incompétence alors même que toutes ses conquêtes lui avaient constamment fait comprendre dans le passé qu’il était bien au-dessus de la moyenne des hommes niveau performance. Mais quoi de plus normal dès qu’on s’intéresse un minimum au plaisir de sa compagne plutôt qu’au sien ? Alors oui, il voulait chasser au plus vite de son esprit cet homme qui avait, au final, été son compagnon plus longtemps que lui-même. Cette simple pensée était si douloureuse. Mais ça prenait du temps… et plus ça en prenait… plus il craignait de la voir regretter ses choix. Si un jour il se réveillait seul, qu’elle décidait de retrouver Erwan ?

Quand il pensait à ce genre de choses, il évitait constamment de se retrouver près d’elle. Il n’était pas en colère, mais tellement inquiet, tellement malheureux, qu’il se savait bien incapable de le cacher. Mais elle était avec lui… Juste avec lui…
Son choix était fait et elle le lui rappelait régulièrement par des baisers, de si nombreux et doux câlins et des mots aussi… ainsi que de bien nombreuses pensées dont il saisissait les nuances principales pleines de tendresse pendant leurs séances de vol.

Quand enfin la magie de la jeune femme avait cessé de le repousser alors qu’ils insistaient pour la énième fois et que pour la énième fois, il se préparait à la frustration habituelle qui suivait chacun de leurs essais depuis une dizaine de jours, il avait été tellement surpris qu’il avait cru fantasmer une fois de plus. Rêvait-il ? Ah ben non… parce qu’un plaisir pareil, ça ne s’imaginait pas. Aie ! pas prévu ça… Il avait oublié à quel point il était plus sensible qu’avant… Leur aventure chez les Kaärs avait beau avoir été époustouflante, il avait quand même des réserves, restait sur ses gardes pour la protéger si quelqu’un tentait quoi que ce soit. Là… ça n’avait rien à voir et forcément se lâcher c’était… bah franchement bien mieux !!!!!
Il aurait cru qu’à force d’attendre, à force de se faire des tas de films plus incohérents les uns que les autres, au final, la réalité l’aurait déçu. Il avait tort… Complètement.
Ce fut la nuit la plus magique qu’il ait passé avec elle… Enfin… la plus époustouflante, la plus magique restait celle ayant suivi leurs confidences et leurs retrouvailles amoureuses chez les moines… ça c’était magique ! Il ne l’oublierait sans doute jamais…
Et les jours suivants furent tout aussi actifs ! Ils avaient bien du temps et du plaisir ensemble à rattraper et ne s’en gênaient pas même si c’était si éprouvant qu’au final, des siestes régulières devenaient nécessaires ! Lui était clairement en manque certes… du moins au début. Mais elle ?

Oui… pourquoi elle c’était différent ? Et comment le savait-il ?
Quand il avait compris sa bêtise, et donc qu’elle l’aimait et ne le quitterait pas, quand il avait vu ses yeux brillants alors qu’ils s’embrassaient, heureux, apaisés et totalement fourbus, il avait vu oui, de l’apaisement dans les prunelles noisette. Elle oubliait… Grâce à lui, elle chassait de son corps et de son esprit, le traumatisme causés par des hommes sans douceur : ses violeurs bien sûr, mais également cet homme qu’elle avait pu atteindre pour protéger son Drakkari adoré, qu’en faisant preuve d’ingéniosité et d’un peu trop de sacrifice personnel. Et puis elle oubliait aussi Erwan… Elle n’était qu’à lui, juste… à lui. Presque autant sans doute qu’il lui appartenait, corps et âme.
Et c’était peut-être pour cette raison qu’il insistait autant, qu’il était tout aussi passionné, peut-être encore davantage concentré. Il l’aiderait à aller mieux… Elle progressait. Bientôt, il le savait, ainsi, il ne laisserait sur sa peau que le souvenir d’une étreinte tendre et passionnée, jamais imposée, du moins sauf pour jouer. S’enfuiraient la violence et l’humiliation, la traitrise et la brutalité, le mépris et la bestialité…

Elle redevenait elle-même… La jeune femme douce et tendre, transformée par ses dures expériences certes, mais de nouveau ouverte au monde et au bonheur.
Et ce sourire là, était incomparable. Il ne l’aurait échangé pour rien au monde.

Ce matin-là, il l’avait rapidement embêtée, se vengeant des dernières exigences dans la soirée précédente de sa compagne. Lui qui craignait tant d’avoir perdu en endurance après toute cette longue abstinence était rassuré de voir qu’au final il n’en était rien. Douces taquineries alors qu’ils se parlaient simplement, effleurant du bout des doigts, la peau de l’autre. Dès qu’elle avait parlé de ses abdominaux, le Drakkari les avait contractés, fier comme un paon et presque prêt à se lever et à prendre des poses exagérées pour confirmer les pensées de sa douce. Mais pas bien envie de s’éloigner d’elle…
Ils parlèrent de ses parents et la crispation de la demoiselle ne lui échappa pas, pourtant il ne dit rien sur le coup, attendant qu’elle parle avant de faire un sourire tendre et de venir aussitôt déposer des baisers sur sa gorge, simples effleurements taquins.

- Je les aime beaucoup aussi… D’ailleurs tu devrais les prévenir au plus tôt et leur dire au passage qu’on est de nouveau ensemble. Notre dernière entrevue les avait laissé assez triste je pense, qu’on ne soit plus ensemble, autant leur annoncer la bonne nouvelle… Parce que de toute façon, annoncer que tu viens accompagnée leur mettra forcément la puce à l’oreille… sauf si tu comptais la jouer surprise-surprise. Ca me va aussi…

Il se mit aussitôt à rire, l’éclat dans les prunelles de la jolie mage le renseignant sur l’envie de faire cette « plaisanterie » à ses parents. Ils se mirent à élaborer l’idée… Elle devait leur envoyer un courrier en leur annonçant sa venue, sans préciser qu’elle ne venait pas seule, il la traita de chipie, elle s’en défendit par un sourire d’ange et il en grogna de dépit, se glissant un peu plus contre elle pour faire disparaitre cet air innocent en l’embrassant apparemment.
Quand la porte s’ouvrit et que la voix de Maud se fit entendre, Cassidy sembla paniquée, pas lui… Tout simplement parce qu’il n’était pas bien pudique et qu’il devait un peu s’attendre à ce type d’intrusion sans doute. Il finit par les laisser entre femmes, se levant sans la moindre gêne et se baladant dans l’appartement avec un culot tout à fait montre de ses habitudes et de son caractère peu soucieux des conventions.

Pour sa part, le jeune homme partit ainsi très vite et alla s’entraîner, retrouvant avec plaisir le terrain d’entrainement. Pourtant, les activités musculaires et de combats éreintantes auxquelles il s’adonna pour la journée était bien moins appréciable que ce qu’il avait fait jusqu’alors avec la petite mage.
D’ailleurs, son maitre l’accueillit par quelques railleries et remontrances pour la forme. Mais son sourire démentait son discours de tyran. Il était heureux pour son disciple, heureux qu’ils se retrouvent, heureux que tout aille bien pour eux désormais… Et il devait bien avouer que le bonheur réussissait au jeune homme, le rendant encore plus fort et plus motivé… C’était une très bonne chose décidément !
Les deux jeunes femmes quant à elles discutaient de tout et de rien, même si Maud était horriblement curieuse. Et même si elle le savait déjà, Cassidy ne pouvait s’empêcher bien évidemment de rougir sous les questions insidieuses. Mais après tout, elles étaient entre femmes et pouvaient bien se confier leurs secrets, surtout à ce propos !
Et il s’avéra bien vite que la petite demoiselle au départ timide pouvait devenir intarissable une fois lancée et elle avait de quoi en raconter des belles apparemment. Pourtant, si son discours intéressait Maud, celle-ci ne se désintéressait pas pour autant de son comportement. Elle fronça légèrement les sourcils en la voyant engloutir tant de biscuits mais se raisonna rapidement. Les deux tourtereaux étaient certes adorables, et leurs retrouvailles euphoriques, mais ces deux cornichons ne devaient que bien peu penser à se nourrir et ça… eh bien ce n’était pas une bonne chose pour une jolie jeune femme déjà bien assez éprouvée ! Elle compensait voilà tout…
Vraiment ?

Quand il rentra, elle l’accueillit avec entrain et un plaisir certain. Son simple sourire souleva le coeur du jeune homme et le renforça dans l’idée que rien ne pouvait rendre cet instant plus beau. Il la repoussa pourtant doucement, arguant qu’il venait tout juste de finir un jogging et que ce n’était pas vraiment le bon moment pour des câlins, qu’ils auraient tout leur temps pour s’en rattraper après… D’ailleurs, il ne verrouillait même pas la salle de bain, se déshabillant et se glissant sous la douche, en parlant assez fort pour qu’elle l’entende, prétendant qu’elle était « sublime » comme toujours. Bah… après tout, c’était vrai non ?
Soirée en amoureux dans un cadre idyllique, voilà ce qui les attendait. Inutile de demander où et comment il avait pu entendre parler de ce restaurant, mais il le connaissait et avait prévu d’y venir avec elle et sans doute… juste avec elle.
L’endroit était féérique, l’accueil chaleureux. On les complimenta même sur leur couple, ce à quoi le Drakkari se contenta de répondre d’un sourire et d’un remerciement discret, surveillant du coin de l’oeil la prise de couleur de sa compagne, avec le même amusement qu’auparavant.

Oui, le choix du restaurant avait ses raisons d’être et elle le comprit très vite en voyant la carte. Pratiquement que des desserts, c’était un restaurant pour les gourmands et fin palais ! Le jeune homme fit un lent décompte dans sa tête et sourit en constatant qu’il était pile dans les temps quand elle releva un visage ravi vers lui, l’air aussi euphorique qu’une enfant… Quoique, même une enfant n’aurait probablement pas été aussi ravie devant tant de gourmandises. Elle le taquina, l’embêta un peu mais il se contenta de sourire et de presser sa main tendrement.

- Hum… Tout prendre n’est pas la meilleure idée, tu risquerais l’indigestion, de te dégoûter, et j’ai bien l’intention de te faire revenir ici jusqu’à ce que tu aies tout goûté de toute manière… Par contre, la serveuse m’a dit tout à l’heure qu’ils avaient un assortiment… Tu devrais prendre ça, comme ça la prochaine fois tu pourras plus facilement orienter ton choix… ou reprendre la même chose, non ?  

Il lui sourit alors qu’on venait déjà prendre leur commande. La demoiselle ne se fit pas prier tandis qu’il arrêtait son choix sur une tarte meringuée pour sa part. En tous les cas, son appétit faisait plaisir à voir et il était bien plus occupé à la regarder qu’à manger pour sa part. En fait, elle était très bavarde, même sans parler. Tous ses gestes, ses sourires, étaient autant de messages ravis dont il se nourrissait sans doute plus que d’une quelconque nourriture, heureux d’être enfin de nouveau avec elle, et peinant encore beaucoup à y croire sans doute.


Après manger, il insista pour qu’ils se promènent un peu dans les jardins et même si elle ronchonna un peu qu’elle avait trop mangé pour ça au début, la promenade lui fit le plus grand bien et puis l’endroit était une fois de plus magnifique… En profiter était nécessaire, même s’ils avaient tout leur temps pour revenir autant qu’elle le souhaiterait selon les paroles du jeune homme. Il évita toute voltige pour le retour puisque sachant qu’elle avait bien assez apprécié son repas et devait un peu comater sur son dos.
Il s’était tant et si bien amélioré grâce à elle pour leurs séances de vol à deux, qu’il parvenait à se transformer avec un peu d’élan, juste avant la falaise au-dessus de chez eux, il atterrissait alors sur le balcon et la récupérait toujours dans ses bras, tel un preux chevalier, décidément, il l’aimait bien ce petit moment. D’ailleurs, alors qu’il la laissait mettre pied à terre, le Drakkari contempla les étoiles magnifiques qui scintillaient au-dessus de la cité, un sourire apaisé aux lèvres. C’est le moment qu’elle choisit pour l’embrasser à la base de sa mâchoire, comme chaque fois qu’elle voulait le tenter, l’air de rien. Il sourit et pressa tendrement aussitôt, ses lèvres sur les siennes avant de serrer tendrement ses bras autour d’elle.

- Tu devrais faire attention, tu râlais d’avoir trop mangé pour une promenade, crois moi… me tenter serait bien plus éprouvant pour ton estomac qu’une promenade.

Elle ouvrait déjà la bouche pour répliquer mais il l’embrassa de nouveau.

- Va donc t’allonger dans le canapé, je vais faire un feu, tu frissonnes. Prends un de tes livres et bouquine… Je vais en profiter pour mettre un peu d’ordre dans notre bazar et ensuite je viens me faire câliner donc… Oui, je compte bien utiliser l’argument de « moiiii j’ai rangééé euh » pour avoir encore plus de câlins !

Il lui tira la langue, s’éloigna aussitôt, l’entendant rire derrière lui. Finalement il rangea tout correctement, assez pour que l’impression qu’un tsunami avait dévasté l’appartement s’envole. Mais les petits câlins qu’il attendait par la suite devinrent très vite bien plus… Et il ne s’en plaignit pas une seconde !!!!

Tout s’enchaina… Elle avait envoyé la lettre à ses parents pour la prévenir de son arrivée et ils l’avaient bien reçu puisqu’ils y avaient répondu, même si, par égard, ils ne posaient pas de question à propos de Tristan. Après tout, ils avaient bien dû comprendre, la dernière fois, que c’était encore un sujet sensible. Maud passait beaucoup de temps avec Cassidy, elles parlaient de tout et de rien, aussi bien des performances de leur compagnon respectif que de magie ou de vêtements. Tristan en profitait généralement pour s’entraîner même s’il le faisait aussi quand il était seul avec Cassidy, s’étant installé tout un coin pour faire du sport dans l’appartement et l’utilisant aussi pour elle en arguant qu’elle avait de la guimauve dans les bras. Ce à quoi elle avait répondu la première fois, le prenant totalement au dépourvu, que la force, elle l’avait plutôt au niveau des jambes et qu’il avait bien dû s’en apercevoir. Surpris et ravi, il était resté sans voix avant de faire une légère courbette soumise, prétendant qu’elle l’avait soufflé. Et elle n’en semblait que plus fière d’elle !
Certes, sa sensibilité accrue n’échappait pas à son compagnon, mais il la mettait sur le compte de sa prochaine visite chez ses parents qui rapprocherait aussi leur retour à l’Académie, du moins s’il décidait de la suivre.

Tristan avait été surpris du regain d’appétit de la jeune directrice. C’est que pour avoir faim, elle avait faim, sa gourmandise semblant se décupler. Mais il est vrai qu’après tous les traumatismes que son corps avait pu vivre, qu’elle soit juste un peu plus gourmande qu’avant, était un moindre mal. Il s’en amusait généralement, l’observant manger en se disant que son appétit était avant tout un signe de sa bonne santé.
Ses demandes par contre devenaient surprenantes. Quand elle lui avait demandé de chasser, d’une manière si explicite et en insistant autant avec force explications, il avait été surpris. Qu’elle ait des envies spécifiques ne le gênait aucunement, que ce soit en nourriture ou… pour autre chose. Au contraire, il était content qu’elle le lui dise, qu’elle partage ceci avec lui, c’était plutôt une bonne chose non ? Ce jour-là, il avait rapidement chassé la surprise parce qu’elle semblait un peu sur la défensive et qu’il ne voulait aucunement donner l’impression de la juger ou quoi que ce soit. Il l’avait juste embrassée en promettant de lui rapporter ce qu’elle demandait.
Il chassait régulièrement du coup, c’était une bonne chose pour la cité puisqu’ils se partageaient les produits de la chasse généralement. Par contre, le jeune homme avait été catégorique à ce sujet, elle ne devait JAMAIS être avec lui quand il chassait.

Tenir ses instincts à distance était une chose mais pendant la traque d’une proie, il ignorait comment il pouvait réagir et craignait bien trop de la désarçonner en laissant justement ses instincts remonter. Elle l’avait dit elle-même, les dragons étaient trop orgueilleux pour, naturellement, accepter qu’un humain les monte !

Les maux de dos de Cassidy inquiétaient davantage son compagnon par contre. Et s’il était tout à fait d’accord pour des câlins tendres et de longs massages pour l’aider, il ne trouvait pas cela rassurant et s’inquiétait que leurs précédentes acrobaties soient responsables de ses douleurs. Que ce soit à cause de la folle passion adolescente retrouvée ou du fait de leurs séances de vol, le dos de la jeune femme n’appréciait pas et il insistait pour qu’elle se ménage, même si elle avait l’air de trouver ses hypothèses ridicules.

Un jour, elle rentra de chez Maud apparemment troublée et s’il s’amusait à la taquiner, nullement pressant pourtant, encore dans un de leurs jeux de provocation, elle l’avait gentiment repoussé. Ceci ainsi que la mine curieusement lointaine de la jeune femme avaient énormément perturbés le Drakkari qui n’avait plus l’habitude de la voir si pensive et fermée et il avait craint un instant un problème, une autre catastrophe. La laissant à ses livres, il était retourné à ses dessins pour leur tatouage, évitant de la déranger. Ce n’est que bien plus tard alors qu’il sommeillait sur leur lit, les yeux clos, le ventre couvert de ses feuilles de dessin, pensif, qu’elle l’avait rejoint. Le souci avait déserté son visage angélique et ça avait rassuré son draconique petit ami qui se faisait un peu trop facilement du mouron pour elle.
Et pourtant… il avait bien raison de s’en faire.

Parce que c’est sur le plan médical que ça n’allait pas. Mais alors là, pas du tout.
Quand elle s’était réveillée entre ses bras ce matin là, il l’avait aussitôt embrassée, réveillé depuis un moment et tout occupé à la regarder dormir, apaisé par ce spectacle. Elle avait souri et s’était blottie un peu plus contre lui, arguant qu’il était décidément très confortable. Il avait ri, caressant tendrement son dos du bout des doigts, effleurant de temps à autres la marque que la demoiselle voulait faire disparaitre… Ses oreilles aussi, juste pour lui rappeler que ni l’une, ni les autres ne lui posaient problème. Elle lui avait alors parlé de la potion qu’elle devait prendre, l’air un peu soucieuse, c’est vrai qu’avec toutes leurs dernières compensations de frustration passée, il y avait de quoi s’inquiéter, il l’avait chatouillée en riant.

- Navré de contrecarrer votre théorie quant à nos fougueux ébats jolie demoiselle. Oui, il est de mise que vous preniez vos précautions. Mais ne t’inquiète pas, depuis que nous sommes ensemble, j’en prends une pour les hommes, au cas où. Je ne savais pas quand ça irait mieux entre nous…. donc j’ai préféré que ça soit assez… bah naturel pour toi et je sais comment tu réagis quand tu prends cette potion… Bon par contre, les effets sont moins sympa sur moi ! Entre les crampes d’estomac, les vertiges et les micro pertes de conscience, je cumule les effets secondaires je crois.

Il se passa la main dans les cheveux en souriant, essayant de minimiser les dégâts. Au moins ça expliquait pourquoi il semblait curieusement absent parfois quand elle lui parlait ou… les quelques fois où il heurtait des objets, lui qui était si loin d’être maladroit pourtant. Il lui sourit. Ce qu’il ne disait pas par contre c’est que par rapport à avant, ces effets étaient sacrément amplifiés, comme si au fond, sa partie dragon refusait cette potion. Mais bon, ça l’aurait plus inquiétée qu’autre chose. Surtout que ce n’était rien au final. Si elle reprenait sa potion, il pourrait arrêter la sienne, qu’il devait prendre bien plus régulièrement et ce serait très bien pour eux deux. Alors qu’ils s’embrassaient, elle lui sourit en lui rappelant avec un air espiègle et plutôt… séducteur les effets que SA potion produisait sur ELLE. Il frémit, se demandant un instant si elle pouvait être plus exigeante et insatiable qu’elle ne l’était déjà au final depuis qu’ils s’étaient retrouvés. Oh lui ça lui allait très bien hein ! D’ailleurs, il lui mordilla aussitôt le lobe de l’oreille, s’amusant à chuchoter rien que pour l’embêter et pour voir un frisson hérisser sa peau.

- Je suis à votre entière disposition pour satisfaire le moindre de vos désirs princesse. Exigez, j’obéirai. Et plus encore.

Pari réussi alors qu’elle rougissait comme toujours, ce qui le fit rire, ravi. C’est qu’il ne s’en lassait pas. Par contre, ils devraient être plus prudents que cette fois-ci sur le balcon, en pleine nuit, trop de regards s’étaient levés vers eux, pendant une petite fête alors que la demoiselle s’était mise à briller… Ah ben oui, forcément ça attirait l’attention. Ils s’étaient aussitôt accroupis derrière le muret en riant comme des enfants pour se remettre aussitôt à s’embrasser. Ce souvenir fit sourire Tristan alors qu’il prétendait s’échauffer, sortant du lit et faisant des étirements, flexions et autre, nu comme un ver une fois de plus, pour pouvoir tenir la cadence. Elle lui avait envoyé un coussin dessus en le traitant d’exhibitionniste mais il lui avait fait remarquer, très fier, qu’elle avait quand même attendu plusieurs minutes en l’observant avant d’envoyer ledit coussin. Elle railla que c’était à cause du traumatisme. Il y répondit par un « merci » flatté et elle devint encore plus rouge en grognant que ce n’était pas de ça dont elle parlait. Taquineries une fois de plus alors qu’elle se levait à son tour, sous le regard qui avait tout du prédateur affamé de son petit ami, pour aller prendre sa potion. Et là… ben cata !

Pas de brillance plus forte, pas de grands sourires conquis et de marathon de passion ! Ah ben non… Elle devint très pâle alors qu’il l’observait surpris et se précipita dans la salle de bains. Tristan resta figé sur place, ayant un temps de retard apparemment avant de lui emboiter le pas, inquiet. Cela lui évoqua immédiatement ce qui s’était passé chez les moines et il se fit d’autant plus soucieux, se rappelant pourtant qu’ils avaient dit qu’elle n’avait rien. Elle ne semblait pas en forme même si apparemment, elle cherchait à le minimiser devant lui. Mais au moins tenait-elle à voir un guérisseur d’elle-même, il n’aurait pas à insister. C’était une bonne chose. Mais alors qu’il lui proposait de venir, elle lui assura que ce n’était sans doute rien, qu’il pouvait s’occuper comme il voulait pour l’instant. Il sourit, déposant un baiser sur son front en lui disant de le faire appeler s’il y avait le moindre problème… Ou de l’appeler tout court, par le biais de son collier (le tatouage étant encore assez… défectueux et imprévisible).

Elle s’absenta un bon moment mais quand elle revint, Tristan l’accueillit presque excessivement. D’habitude, il était plus réservé qu’elle, elle était bien plus expressive que lui, surtout en ce moment. Pourtant à peine franchissait-elle la porte qu’il passa la tête par l’angle de la cuisine et vint rapidement la rejoindre apparemment tout content. Le jeune homme avait dû vouloir se mettre à la cuisine pour lui faire plaisir, en témoignait son état… peu habituel qui aurait eu tout loisir de faire rire la demoiselle en temps normal. Torse nu, portant un tablier, ce qui aurait été encore plus sexy sans doute s’il n’avait rien eu dessous, il avait de la nourriture, sans doute de la confiture sur les joues et les cheveux plein de farine, ce qui pouvait donner un vague aperçu de comment il serait dans de nombreuses années… Apparemment toujours aussi beau, même blanchi par le temps.
Sourire renversant aux lèvres, apparemment un peu dépassé par les évènements en cuisine lui qui était pourtant un grand guerrier et un excellent stratège, il l’embrassa aussitôt, évitant de trop se coller à elle, même si inévitablement il lui transmis de la farine.

- Coucou princesse ! Alors comment ça s’est pa…

Ce n’est qu’à cet instant que son euphorie se tu un peu et qu’il put voir la mine dévastée de sa jolie compagne. Et cette mine là, il n’y était vraiment pas habitué. Inquiet, de plus en plus d’ailleurs, il peinait à formuler ses phrases, lui demandant ce qu’elle avait, l’appelant par son surnom, la voix de plus en plus tremblante. Toute joie avait déserté le visage du jeune homme d’ailleurs. Elle lui prit la main pour qu’il la suive et s’assoit à côté d’elle et là… Bam ! Le truc auquel il s’attendait le moins. Enceinte… Tristan resta bouche bée, aucun son ne lui échappant alors qu’il écarquillait légèrement les yeux, choqué par la nouvelle. La suite fut un coup de poignard. De cinq semaines. Donc… Elle prononçait ces quelques mots, qu’il savait qui pouvait être le père. Son coeur se serra douloureusement. Elle parlait de ses violeurs ou… plutôt d’Erwan. Les uns ou l’autre, ce n’était vraiment mais alors vraiment pas une bonne nouvelle.

Tristan s’était crispé, figé un peu plus alors que dans son esprit tournaient tous les scénarios possibles. Si c’était l’enfant d’Erwan, qu’elle voulait le garder, ça finirait par se savoir, Erwan l’apprendrait, il voudrait voir et connaitre son enfant… Si c’était l’enfant de ses violeurs… ce serait un rappel constant de ce qui lui était arrivé alors qu'il peinait depuis des jours à le lui faire oublier ! Enceinte… Et puis le pire lui revint en pleine face à ce moment-là. Si elle était réellement tombée enceinte d’Erwan ou de ces sales types, ça signifiait qu’elle n’était guère prudente avec son petit ami du moment pour sa contraception… Essayait-elle de tomber enceinte à ce moment-là et aurait-elle oublié de le lui mentionner ? Etait-ce vrai ce qu’elle avait dit à Maud au début ? Qu’elle comptait se fiancer avec lui. Autant de baffes pour son pauvre petit ami actuel qui ne savait que dire et que penser tout en sachant pertinemment qu’elle attendait qu’il réagisse justement. Il posa les yeux sur la petite mage qui semblait si peinée, si inquiète de sa réaction, chamboulée aussi… Non, ce n’était pas prévu ou si ça l’avait un jour été, là c’était clairement un accident. Elle avait besoin de lui…

Il détacha le tablier et l’envoya valser dans un coin après s’être essuyé le visage dessus, attirant sa petite amie contre lui, resserrant tendrement ses bras sur elle. Il ne parla pas au début, en fait, il n’en avait pas vraiment besoin et elle non plus. Du moins, les quelques mots qu’il articulait était des échos de « tout va bien » « c’est bon, je suis là »… Ce genre de chose dont elle avait avant tout besoin pour se rassurer.
Elle fit bien de lui préciser au plus tôt qu’elle ne voulait pas garder l’enfant, cela enleva aussitôt un grand poids des épaules du Drakkari qui se fit d’autant plus doux et gentil. D’ailleurs dès qu’il l’apprit, la suite devint plus simple, plus naturelle. Il lui demanda plus d’informations, elle lui expliqua absolument tout ce qu’elle savait, tout ce qu’on lui avait dit. Le fait qu’elle se livre autant le toucha beaucoup et il se fit d’autant plus tendre et câlin.

- Ne t’en fais pas princesse. Je serais là, tout se passera bien, on t’enlèvera ce parasite, je te promets.

Parlait-il vraiment du parasite ou de l’enfant, ça par contre, c’était un mystère. Il réussir même à la faire rire en disant qu’à cause de tous leurs câlins, elle était pleine de farine aussi maintenant. Il la laissa d’ailleurs quelques minutes pour aller leur faire couler un bain et ils y passèrent beaucoup de temps alors qu’il l’enlaçait tendrement, lui parlant de tout et de rien, la rassurant, bref, tout pour qu’elle se détende progressivement.
Il rangea la cuisine peu après et prétendit ne rien manger, comme elle, pour la soutenir. Elle refusa plusieurs fois mais il pouvait aussi être très têtu quand il le souhaitait et elle dut bien l’admettre.
En tous les cas, elle pouvait voir qu’il était d’autant plus présent qu’avant et que oui, contrairement à avant, là, il ne fuyait pas. Et il restait même très calme, pas du tout accusateur ou quoi que ce soit de blessant pour la jeune femme. Se rendait-il compte qu’elle souffrait déjà bien assez comme ça ? Oui… sans doute. Il la câlina longtemps le soir même, sentant bien qu’elle avait du mal à s’endormir, murmurant bien plus que d’ordinaire qu’il l’aimait comme s’il avait peur qu’elle oublie cette chose pourtant si importante.

Le lendemain fut difficile pour le jeune homme. Des guérisseurs s’affairaient autour de la jeune femme et deux étaient chargés de faire passer son énergie à celle de la demoiselle pour ne pas que l’opération lui vole sa magie justement. Il n’était pas plus éprouvé que ça justement par sa propre dépense énergétique et magique, non, ça ce n’était rien et il était prêt à bien plus… Non, ce qui le blessait, c’était les mimiques de sa petite amie, qu’elle cherchait à minimiser et ses ongles qui s’enfonçaient dans la peau de sa paume alors qu’elle serrait sa main. Sa tête était posée sur le côté et elle fermait exprès les yeux, il le savait, pour qu’il ne voit pas sa douleur y briller, mais elle ne pouvait pas tout minimiser… Elle souffrait… Et chacune de ses souffrances était un nouveau pic de haine qui venait agiter le coeur de son compagnon. Il s’obligea à tout regarder… Peut-être pour avoir bonne conscience, peut-être pour se faire la promesse que plus jamais cela n’arriverait…
Il y avait réfléchi une bonne partie de la nuit, se rappelant de ce qu’elle lui avait raconté sur ses violeurs qui avaient apparemment une mission mais en avaient encore et surtout profité pour un petit « extra ». A tous les coups c’était eux qui lui avait fichu cette saloperie dans le nuque ! Il ne permettrait jamais que ça se reproduise… Jamais. Quelque chose s’agitait dans son coeur. De la colère, tellement et pendant une seconde, il vit rouge, se forçant à se calmer. En fait, il n’eut rien à forcer du tout, la pression douloureuse dans sa paume le ramena à la réalité et il baissa un regard inquiet et désolé sur la petite demoiselle si éprouvée.

Enfin tout fut terminé et il la ramena avec des gestes exagérément précautionneux, ayant remarqué ses grimaces douloureuses. Elle aurait besoin d’un peu de temps pour se remettre mais elle semblait heureuse. Ca irait mieux. Les jours qui suivirent, il ne la lâchait presque pas et minimisait ses déplacements au maximum, la grondant dès qu’elle faisait mine de vouloir trop en faire. Elle n’était pas moins attirante à ses yeux qu’auparavant, pourtant il s’obligea à éviter tout contact un peu trop tentant qui risquait de leur faire perdre les pédales à tous deux. Maud venait régulièrement la voir et il en profitait pour sortir chasser ou pour aller rapporter les livres que la demoiselle avait lu, suivant sa liste pour lui en fournir des nouveaux. Mais autrement, il était tout le temps avec elle, ne perdant pas une occasion pour l’enlacer tendrement, pour caresser ses cheveux, les coiffer, la masser. Et il semblait aller mieux en même temps qu’elle, retrouvant le sourire à mesure qu’elle reprenait des couleurs.

Maud était vraiment désolée de la situation et quand elle venait, elle essayait aussi beaucoup de distraire la jeune mage. Pourtant, elle semblait soucieuse et inquiète, comme tout le monde suite à cette nouvelle qui s’était un peu trop vite répandue. Bizarrement, elle semblait toujours très soulagée quand Tristan rentrait, comme si au final… c’était la crainte qu’il ne revienne pas auprès de Cassidy.

Une fois de plus la jeune femme voulut se rendre seule chez le guérisseur même alors que Tristan insistait. Elle le rassura, ce n’était pas grand chose au final et qu’il devait occuper sa journée, qu’ils se verraient plus tard. Il acquiesça et partit s’entraîner mais demeurait tout de même inquiet. Pendant un moment, il craignit même que finalement, elle veuille de cet enfant et qu’il soit donc monstrueusement égoïste de le lui refuser. Mais elle n’avait pas semblé le désirer justement et puis c’était un constant rappel de son traumatisme pour l’heure, ce n’était pas une bonne chose non. Il se rassura en se disant qu’elle serait peut-être patraque et malheureuse après ça mais qu’il trouverait le moyen de la distraire et de lui redonner le sourire, très vite.

Finalement, il était rentré et ne la trouvant pas, en avait déduit que c’était plus long que prévu. Il était donc redescendu faire un tour dans la cité pour aller chercher un gâteau qu’avait préparé Mélodie exprès pour la petite mage. Probablement les deux amoureux se croisèrent-ils sans même s’en apercevoir mais quand il remonta un peu plus tard, il la trouva assise sur le canapé, extrêmement pâle. Pendant un instant les doutes le submergèrent. Elle doutait, elle n’avait pas voulu perdre l’enfant, elle allait repartir pour retrouver Erwan. Il se sentit mal et dut se tenir au mur une seconde le temps que la vague de violence qui montait en lui se taise. Rapidement, il la rejoignit, inquiet et peut-être un peu plus brusque dans ses paroles qu’il n’aurait dû l’être, craignant trop un nouveau problème, une complication. Mais cette inquiétude se voyait bien trop sur son visage pour qu’elle lui reproche ses mots. Il avait juste peur pour elle après tout.

Quelques mots… Qu’il ne s’attendait vraiment pas à attendre. Déjà dans son esprit, se formaient des scénarios catastrophes, mais ça..ah ben non ça, il ne l’avait vraiment pas vu venir. Le jeune homme pâlit si brusquement que s’il avait été tué par un sort foudroyant, ça n’aurait pas été différent ! Elle ne le regardait pas, gardant les yeux obstinément baissés alors qu’il était debout, devant elle, figé. Il voyait bien les tremblements qu’elle essayait de contrôler en serrant ses propres bras autour d’elle, il imaginait bien les larmes qui inondaient ses yeux alors qu’elle attendait sa sentence, les mots durs, la fuite, les accusations. Tout…
Tristan serra les poings, fort, se faisant mal, essayant de respirer calmement, de respirer tout court. Il releva légèrement la tête, ne fixant plus la jeune femme, fronçant les sourcils puis s’éloigna d’un bon pas d’elle.

La fuite finalement ?
Apparemment pas.
Il venait d’ouvrir la porte et sa voix se fit entendre… Une autre aussi. Celle de Maud qui était inquiète de ne pas avoir encore eu de nouvelles. Il semblait curieusement froid et tendu alors qu’il affirmait qu’il viendrait la chercher pour qu’elle voit Cassidy un peu plus tard, qu’ils devaient discuter d’abord. Au final, il avait juste entendu, son ouïe étant décidément impressionnante, la dame arriver près de chez eux et s’apprêter à entrer. Il referma la porte et ses pas revinrent près du canapé, près de Cassidy.

Il ne s’assit pas à côté d’elle… Mais s’agenouilla devant elle avant de prendre doucement son visage dans ses mains pour le relever. Comme il s’en doutait, ses yeux étaient brillants de larmes, elle était à priori déboussolée, inquiète et tendue, stressée par toutes ces informations d’un coup, toutes ces nouvelles, tous ces troubles. Elle était si pâle et semblait si faible face à lui à cet instant. Pourtant, Tristan en face d’elle ne semblait pas en colère, juste plus peiné qu’autre chose. Il caressa tendrement ses joues de ses pouces, les passant sur ses paupières qu’elle fermait aussitôt et détachant par ce geste les larmes lui échappant qui s’accrochaient à ses cils. Il s’approcha et effleura ses lèvres des siennes alors qu’elle s’agrippait avec une force surprenante à sa nuque, se glissant au sol à son tour en se tenant à lui comme si elle voulait l’empêcher de partir, l’empêcher de la laisser à cause de ça. Il fronça les sourcils, comprit, soupira…

C’est toujours très doux qu’il passa ses mains sous elle pour la soulever et s’asseoir sur le canapé, la glissant sur ses genoux en lui rendant tendrement son étreinte, caressant doucement son dos. Bon… elle avait vraiment besoin de lui maintenant. S’il y avait un moment où il devait assurer, c’était bien maintenant.

- J’aurais dû y penser… A ce moment-là, chez les Kaärs, certes, je ne prenais rien de mon côté, mais je n’avais aucune aventure, c’était logique. Je pensais que de ton côté… enfin… la potion que tu prenais avec Erwan suffirait et donc… Il paraissait logique que tu ne puisses pas tomber enceinte de moi. Surtout que c’était juste… une fois.

Il ne formula pas une phrase qui était pourtant simple et logique à comprendre vu sa légère crispation à cet instant. C’est clair qu’elle avait dû en faire des galipettes avec Erwan… Alors même si effectivement, le parasite avait forcé la grossesse, il était clairement un peu moins bien « placé » que son ancien rival. Il continuait de lui caresser doucement le dos. Apparemment, il connaissait suffisamment ceux de son espèce pour savoir qu’on ne pourrait pas lui retirer ce bébé et ça expliquait au moins toutes ses précautions par le passé avec ses anciennes conquêtes mais aussi avec elle. Apparemment, qu’une fois suffise le surprenait pas mal mais il l’acceptait. Ce n’était pas pour rien qu’on disait aux Drakkaris d’être prudents avec leurs compagnes.
Le jeune homme déposa un baiser dans les cheveux dorés de la petite mage. Il la sentait crispée et inquiète toujours contre lui et savait qu’il avait encore beaucoup à dire pour qu’elle se calme. Pourtant, un sourire étira ses traits alors qu’il la repoussait doucement pour qu’elle le regarde.

-Tu te sens mal à propos de ce que j’ai dit sur les enfants hein ?… Je suis désolé, c’est ma faute… Je crois que j’avais peur d’être… totalement honnête avec toi à ce sujet, c’était encore beaucoup trop tôt.

Il ferma les yeux, repensant apparemment à une expérience désagréable puis la regarda et la laissa se reblottir contre lui tout en parlant.

- Ne m’interromps pas s’il te plait, je dois aller jusqu’au bout. Ne t’en fais pas… S’il te plait. Quand j’ai eu mon accident… Enfin… Disons qu’ils m’ont massacré au-dessus mais aussi en-dessous de la ceinture. Je crois que je n’ai pas besoin de te faire un dessin là, vu comme tu te crispes, tu as compris. Je pensais en toute logique, même après avoir récupéré… Que disons… je ne serais probablement plus apte à féconder une femme. Mais à vrai dire, tant que nous étions séparés ça ne me posait pas problème. Tu étais la seule avec laquelle j’espérais un jour fonder une famille alors… ça n’avait plus aucune importance. Mais voilà… On s’est remis ensemble par je ne sais trop quel miracle, je suis heureux avec toi… Et même si on ne s’est retrouvés que depuis peu, je sais que c’est avec toi et seulement avec toi que je veux être. Mais quand tu es revenue de chez Maud ce fameux jour en me parlant d’enfant… J’ai eu peur. Je me suis dit bêtement… Que… peut-être que c’est aussi ce que tu attendais de la vie et que si je n’étais plus en mesure de te le donner, tu me quitterais… Oui, je sais, c’est idiot, mais tu sais que j’ai des raisonnements idiots. J’ai réagi excessivement… j’ai fait celui qui était dégoûté, qui ne voulait pas d’enfant. Ce n’est pas vrai bien sûr mais je n’avais pas encore le courage de t’en parler. On n’avait même pas encore… recouché ensemble et je me demandais même si chez les Kaärs ça n’avait pas été un accident et si je pourrais encore ne serait-ce qu’un peu te satisfaire… Ca explique aussi pourquoi je ne me lasse pas de nos étreintes sans doute… Hum…

Il s’interrompit une seconde, caressant toujours doucement son dos.

- T… Tout ça pour te dire que… Bordel, c’est beaucoup trop tôt, on est encore que des gamins, on n’a même pas passé un an ensemble, on n’a encore rien fait, rien vécu réellement si ce n’est catastrophe sur catastrophe… Et… Et si je trouve ça trop tôt, c’est encore et surtout parce que je n’ai pas eu le temps de chercher et de comprendre pourquoi tous mes pairs se tirent dès que leur compagne est enceinte… pour… m’y opposer quoi qu’il arrive. Mais… je vais trouver… Je te promets qu’on va trouver et que je ne partirai pas, que je ne t’abandonnerai pas, plus JAMAIS ! Et… non, c’est vraiment trop tôt… mais… ça peut marcher et… et je t’aime plus que tout au monde. Je ne suis vraiment pas prêt à te partager et j’ai peur de comment je pourrais réagir à cause de ça mais… ça va marcher… On va être parents et c’est vraiment flippant… Mais… ça serait arrivé un jour oui… Parce qu’un jour toi et moi on aurait fondé une famille tu sais, c’est comme ça, je l’ai décidé, na ! Ca arrive juste un peu… beaucoup plus tôt. Mais… voyons le bon côté des choses… Tu vas faire tourner de l’oeil ta mère avec cette bonne nouvelle. Parce que c’en est une tu sais… Au final.. que ce soit moi le père, c’est… la preuve que je t’aime plus non ?

La fin était un raisonnement totalement stupide et il le savait très bien vu la grimace exagérée qu’il faisait alors qu’elle relevait la tête vers lui, mais il voulait la détendre et il avait été sincère. Oui c’était trop tôt, monstrueusement trop tôt… Mais il l’acceptait et lui avouait qu’au final, il voulait des enfants avec elle et c’était probablement ça, la vraie bonne nouvelle. Elle semblait ronchonne qu’il lui ait caché la vérité, mais en même temps si heureuse que ce soit CETTE vérité et non pas qu’il déteste les enfants ou veuille en dévorer au petit déj’ qu’elle ne pouvait pas vraiment lui en vouloir. Et puis il était beaucoup trop mignon pour qu’elle lui en veuille pour quoi que ce soit.

Ils parlèrent longtemps… Sur le canapé en grignotant parce qu’il veillait à ce qu’elle se nourrisse correctement, dans la baignoire, dans leur lit aussi. Parfois ils ne se disaient rien, ils se regardaient juste comme s’ils se comprenaient. Tristan était allé prévenir Maud de la nouvelle pour qu’elle cesse de se faire un sang d’encre et qu’elles auraient la journée pour en parler le lendemain… Ca n’avait que peu freiné l’hystérie de la dame en question mais bon…
Cassidy s’était finalement apaisée sous ses caresses et ses baisers. Il savait qu’elle était inquiète et que pour elle aussi c’était trop tôt mais il valait mieux que ce soit ça, plutôt qu’elle soit enceinte d'un autre et doive garder l’enfant… Ca, ça aurait été dur. Il la surprit d’ailleurs à caresser doucement son ventre, encore toute surprise et chamboulée par cette nouvelle pas si mauvaise. D’ailleurs, il la gronda gentiment en lui disant qu’elle allait devoir être juste heureuse et ne plus s’inquiéter, sinon elle allait inquiéter son futur bébé…
Pourtant, comme dans toute civilisation, il était connu que l’embryon en question n’avait réellement de chance de survie que s’il dépassait les trois mois. Mais bon, il comptait la ménager de toute manière… Et puis comme l’avait justement dit le guérisseur, un embryon Drakkari en danger pouvait causer bien du tort à sa mère, donc prudence de mise !

Le lendemain, ils furent réveillés par les tambourinements de Maud qui était apparemment très matinale cette fois et se déplaçant sans mal malgré son gros ventre, avait apporté des brioches pour un régiment. Tristan alla lui ouvrir en boxer, les cheveux en bataille. Il s’habilla rapidement attrapa deux brioches et partit s’entraîner en les laissant entre filles.
Maud était ravie quoique totalement exaltée, voire un peu trop mais sa bonne humeur devait aider la petite mage à se sentir mieux. Elle lui donnait déjà des conseils pour bien vivre sa grossesse et comment gérer ses envies et ses saute d’humeur. Pourtant, elle semblait inquiète, la même inquiétude informulée qui devaient passer entre elle. Et si Tristan partait ? Il n’y avait pas d’âge pour la grossesse déterminé pour lequel les Drakkaris quittaient leur compagne. Certains partaient au début, les autres à terme, certains le jour de l’accouchement. Une seule certitude, tous partaient…
Pourtant c’était un autre sujet qui pouvait apporter une mauvaise nouvelle à la petite demoiselle…

- Mouais… En tous les cas, ça risque d’être dur à vivre que d’être privé de sexe si tôt, alors que vous venez de vous retrouver.

Cassidy semblait surprise, fronçant les sourcils alors que Maud haussait les épaules d’un air nonchalant.

- Oh ce ne sera pas de ta faute hein… enfin chacune réagit différemment pendant sa grossesse bien sûr mais il y a de fortes chances pour que tu ne supportes plus qu’il te touche à certains moments. Mais alors vraiment plus, zéro contact. Les câlins généralement ça va, mais pour ce qui est de vos parties de « jeux d’adulte » disons… Ca risque de ne pas durer… Un des gros inconvénients… Et puis après quand on ressemble à des baleines, je ne pense pas qu’on les attire beaucoup… Et ça se comprend !!! Faut juste veiller à ce qu’ils n’aillent pas voir ailleurs ces galopins ! Oh… pardon… Tu ne t’en doutais pas ?

Apparemment… non…
Une grosse discussion s’ensuivit et elles changèrent de sujet assez vite. Pourtant il était normal de rester pensive face à ça non ? Tristan avait raison au final. C’était trop tôt. Sauf que s’il semblait au courant de beaucoup de chose, ce petit détail, il avait oublié de le mentionner !!!!

Et il est vrai que s’il était très doux dans les jours qui suivirent, il ne tenta rien, apparemment pour la ménager après tout ce stress, mais tout de même !!!! Ca ne se voyait pas encore vraiment !
La semaine passa très vite et il fut bien vite temps de se rendre chez les parents de la jeune femme. Et la surprise fut de taille pour ceux-ci qui ne s’attendaient vraiment pas à voir leur fille toquer certes, mais une tête goguenarde entourée d’une tignasse rouge ébouriffée surgir du coin d’un mur près de la porte, où le jeune homme s’était caché, certainement pas !!!! D’ailleurs ils parurent si interloqués pendant une seconde que ce fut Tristan qui vint tapoter les mains de son aînée.

- Eh bien belle maman ! Je ne pensais pas vous faire si peur voyons, remettez-vous, ce n’est que moi.

Si le père était tout aussi surpris, il restait discret, la mère par contre sembla à moitié hystérique pendant une seconde et encore plus sans doute quand elle apprit qu’ils étaient de nouveau ensemble. Ca c’était une bonne nouvelle. Néanmoins, ils avaient convenu de ne rien dire pour l’instant pour le bébé. Tristan semblait avoir une idée derrière la tête mais il n’en dit pas plus à la jolie mage. Deux jours passèrent plein de joie et de remémorations de souvenirs, d’explications aussi quant à ce qui était arrivé au jeune homme, le tout avec des pincettes bien sûr.
Finalement, alors que Cassidy et sa mère cuisinait tranquillement un jour, elles avaient commencé à parler de la relation de la jeune femme avec son compagnon. Difficile de savoir comment le sujet avait dévié sur le mariage que les parents attendaient avec impatience, mais elles avaient dévié. Oh bien sûr, ce n’était qu’une discussion d’une mère envers sa fille supplémentaire mais cette fois-ci, Cassidy semblait plus marquée et pensive.

Un peu plus tard, dans le salon, alors que ses parents discutaient, à priori, dans la cuisine, elle était venue rejoindre Tristan qui lisait tranquillement sur le canapé. Au début elle ne disait rien et sans doute parce que le sujet pesait trop sur elle, elle finit par lui demander, après moult hésitations, ce qu’il avait fait de la bague qu’il comptait lui offrir avant leur séparation… Oh elle fut subtile, posant la questions l’air de rien, comme s’il s’agissait d’une question comme ça.

-Mh ? Je l’ai rapportée. Elle était inutile


Il n’avait même pas levé le nez de son livre… Et sa réponse blessa probablement très profondément sa compagne car elle ne répondit rien sur le coup avant de se lever et de lui annoncer d’une voix détachée mais curieusement tendue, qu’elle allait rendre visite à son maitre. Elle s’éloignait déjà en lui tournant le dos quand il l’appela par son surnom d’un ton sans appel. Elle se retourna et fut sans doute vraiment surprise cette fois… Parce qu’il y avait de quoi l’être.

Ses parents étaient dans le salon, souriant, sa mère avec un sourire qui devait lui faire trois fois le tour du visage. Et Tristan était devant elle puisqu’elle s’était retourné, un genou en terre, assuré, faisant une petite grimace comme toujours quand il cherchait à minimiser un sujet un peu trop sérieux. Il tenait une petite boite ouverte dans une de ses mains, dans laquelle scintillait apparemment une bague de fiançailles… totalement différente de la précédente. Ah ben voilà, c’était une conspiration en fait !!!! Il s’éclaircit la gorge.

- Cassy, princesse… Veux-tu faire l’immense honneur et l’impensable satisfaction à un très grand idiot et égoïste mais super canon jeune homme, n’est ce pas, de devenir officiellement sa fiancée afin qu’il ait droit de narguer tous les autres idiots baveux qui dévoreront des yeux la sublime demoiselle que tu es, sans jamais avoir droit de te toucher ?

Demande… peu conventionnelle… Ca c’était clair.
Eh bien voilà pourquoi il ne voulait pas qu’elle parle à ses parents. Il lui avait dit d’attendre, qu’il avait d’abord quelque chose à faire et que dès qu’il aurait réglé ce « problème » elle pourrait lui en parler, à condition qu’il ne finisse pas sourd sous les exclamations de belle-maman… C’était ça… le « problème »… Ils ne pouvaient pas se marier, ils n’étaient pas ensemble depuis suffisamment longtemps selon les lois de leur royaume, mais se fiancer… Ca ils le pouvaient. Il la regardait, amusé mais son beau sourire était quand même un peu tendu, comme s’il craignait qu’elle refuse, comme si elle risquait de refuser… alors qu’eux deux, c’était une valeur si sûre !
Il n’avait pas menti… Il avait dû rendre la bague et la nouvelle était d’autant de meilleur goût… Il se souvenait de sa marque magique, et l’avait reproduite dans le grand signe représentant la magie justement constitué d’un cercle intérieur et extérieur, comme un anneau (c’est dans l’anneau même qu'il avait reproduit sa marque à un endroit). Cet anneau, surmonté de quatre arcs de cercle sur les côtés, très fins et dont l’anneau lui même était constellé d’une infinité de forme sinusoïdale s’entrecroisant. Sauf que cette marque n’était pas seule, un dragon stylisé y était accroché, la marque de la jeune femme se retrouvant sur le dos de la créature une fois de plus. Ce n’était en fait que l’ornement de la bague de fiançailles, simple anneau d’or finement ciselé qui portait cette étrange symbiose dont les détails étaient si fins que celui qui avait réalisé l’ouvrage avait dû se détruire les yeux au passage. Le dragon avait des yeux de pierreries orange, alors que l’anneau magique brillait de multiples minuscules pierres précieuses de toutes les couleurs. C’était eux deux ce symbole… enlacés à jamais, plus sûrement que leurs signes astrologiques. Elle était la magie même, il était un dragon. Bien trouvé au final. Voilà donc ce sur quoi le cachottier s’échinait cette dernière semaine… et ce qui expliquait son air lointain… Il n’avait pas du tout moins d’attirance pour la jeune femme, il était juste… occupé…
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Cassidy Herediane
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MessageSujet: Re: Un voyage pour apprendre à mieux se re-connaître ?   Ven 31 Jan - 21:53

Dévastée c’est vrai par la nouvelle, totalement déboussolée par ce qui lui arrivait alors qu’il y avait quelques jours, ce n’était que bonheur, tentations, petites attentions et amusement. Oh bien évidemment elle avait faim et ses demandes étaient bien particulières. D’ailleurs, la fois où il refusa de la voir l’accompagner pour aller chasser, la demoiselle le prit mal, même si elle cacha ce sentiment derrière un air boudeur. Bien sûr, comment ne pas penser que c’était encore à cause de cette histoire de dragon ? La désarçonner elle ? Alors qu’elle avait justement un autre dragon qui pouvait tout aussi bien la rattraper ? Que craignait-il ? Lui faire du mal ? Elle pouvait tout aussi bien s’enfuir à toutes ailes. Ce refus de confiance à cause de sa part de dragon fit beaucoup de mal à la demoiselle et ne cessait de se poser des questions quant à cela. Il valait mieux qu’elle ne s’énerve jamais contre lui, même si sa patience était mise à rude épreuve et ses hormones plus qu’agités. Dans le cas là, certaines mauvaises vérités finiraient par sortir et faire beaucoup de mal. Alors la demoiselle rongeait son frein, préférant se concentrer sur leur bonheur plutôt que ces petites pensées qui n’avaient, normalement, pas leur place dans le couple.

Et puis il y avait eu ce fameux choc, ce chamboulement lorsqu’elle avait décidé de prendre la potion. C’est vrai que lorsqu’il avait indiqué en prendre une, la demoiselle avait fait le rapprochement avec ses états d’absence et l’avait regardé d’un air sévère. Mais ce n’était pas le moment de faire des remontrances alors qu’ils allaient certainement passer un très bon moment ensemble et même si elle avait des doutes par rapport à la dernière fois qu’elle avait pris une potion de contraception, même si elle pensait que les vomissements n’avaient rien à voir avec ça.

Cela ne devait être qu’une petite maladie, un malaise, certainement pas être enceinte ! Ca ne pouvait pas être ça ! Elle serait rentrée en disant que tout allait bien, qu’elle devait se ménager. Il lui aurait fait un gâteau et elle l’aurait grondé en voyant la farine et le bazar qu’il avait mis dans la cuisine. Peut être lui aurait-elle léché la joue de confiture avant de passer à un autre jeu plus intéressant, la confiture et le coulis de fruits rouges, c’était une bonne option ! Au lieu de ça, le jeune homme s’effaça pour écouter sa compagne alors qu’elle lui transmis tout ce qu’elle savait, même si lui était un peu au courant qu’elle, du moins pour le parasite. Mais elle lui témoignait une grande confiance, espérant ainsi que cela devrait être de même dans l’autre sens, quand il ne se sentait pas bien, refusant de le voir une nouvelle fois cachottier…

Douloureuse épreuve les jours suivants alors que la demoiselle était complètement épuisée, aussi bien par l’invité dans son ventre qu’enlever ce parasite. Si Tristan la grondait parfois, il n’en avait pas vraiment besoin, elle était surtout fébrile et désirait que cette histoire se termine rapidement et qu’ils reprennent là où ils avaient commencé. Cassidy était aussi très peu bavarde avec Maud, ne sachant pas vraiment quoi dire, se répétant en permanence qu’elle avait fait une grosse bêtise, et craignait toujours les réactions de Tristan. Elle avait tellement envie de lui demander si il était totalement sincère, si il ne pensait pas à partir… pourquoi ? Parce que les paroles de Maud la hantait, et difficile de savoir si il se forçait pour elle ou si il n’y avait pas autre chose.

Elle annonça une nouvelle chose à Tristan, encore plus troublante que la première et craignait vraiment sa réaction. Par rapport à ce qu’il avait dit plus tôt. Elle ne bougeait pas, attendant la sentence, prête à prendre le risque d’un avortement dans le cas où il n’accepterait pas peu importe le danger que cela représentait. Parce que Tristan était tout pour elle, et elle était encore bien trop jeune pour avoir un enfant ! Il se fit rassurant et son discours était vraiment soulageant pour la demoiselle même si la colère l’agita quand elle comprit ce que les Kaärs avaient fait de lui. Elle le regarda avec douceur, alors qu’il se sentait prêt à accepter le risque et elle serra si fort contre lui tout en pleurant. Hormones oui encore une fois… elle en devenait très sensible après tout. Mais finalement tout s’arrangeait n’est-ce pas ? Bon bien sûr, elle réalisait encore difficilement qu’ils allaient être parents mais… Maud pouvait être de bon conseil également.

D’ailleurs la dame vint leur rendre visite dans la matinée. Tristan les laissa seules. Cassidy était vraiment très intimidée alors que Maud au contraire était de très bon conseil pour la gestion de la grossesse… jusqu’à aborder un sujet assez sensible. La jeune femme ouvrit des yeux ronds, elle n’avait pas du tout pensé à ça ! Quoi ?! Ils ne pouvaient plus… Cassidy serra les bords en bois de la table.

- Heu… non ! pourquoi ? Y a pas un moyen d’éviter d’en arriver là ? Non mais je ne veux pas !

Elle soupira longuement, se sentant un peu incomprise même si Maud tentait de rattraper un peu les dégâts. Cependant un gros doute subsistait dans la tête de Cassidy et elle s’en voulait encore plus de ne pas pouvoir empêcher ça. Avoir un avortement devenait de plus en plus précis dans sa tête, car elle ne se permettrait pas de perdre Tristan une nouvelle fois, sans compter l’abstinence qui en résulterait. Cela l’effrayait énormément après tout.

Finalement, ils se rendirent chez les parents et si Cassidy se faisait très discrète, heureusement que Tristan était là pour parler à sa place. Tout rentrait dans l’ordre et pour le moment, personne n’avait envie de gâcher ces retrouvailles pendant les prochains jours, même si ils parlaient beaucoup de tout et de rien et que le sujet du mariage revint sur la table avec la maman. Il était vrai qu’avec un enfant en marche, officialiser leur relation devenait plus que nécessaire. C’est pour cette raison que Cassidy se fit plus songeuse et décida d’en parler avec Tristan.

Quel ne fut pas le choc lorsqu’il annonça qu’il avait rendu la bague. Alors il ne voulait pas… et pourquoi était-il si insouciant. La jeune femme serra lentement les poings, prétextant sortir alors qu’il la retint. Et pourtant, la surprise était de taille alors qu’il s’agenouillait face à elle pour lui faire une déclaration certes originale mais qui laissa Cassidy la bouche grande ouverte comme un poisson rouge, ne s’attendant certainement pas à ça. Puis après un petit moment, elle s’agenouilla à son tour et passa les bras autour de sa nuque tout en murmurant un « oui » plein d’émotions tout en le serrant contre elle.

Puis elle se redressa et il passa la magnifique bague à son doigt, encore plus jolie que la précédente alors qu’elle la contemplait.

« Elle est magnifique ! »

Maudits hormones qui lui jouaient des tours en ce moment ! Mais il est vrai que cela avait de quoi soulager la jeune femme qui se sentait un peu plus rassurée de se savoir fiancée à l’homme qu’elle aimait. Les parents sortirent également et Marilyn attrapa le bras de Tristan d’un air malicieux.

- Bon Cassy tu me le laisseras quand même un peu de temps en temps ce beau jeune homme ?

Cassidy se mit à grogner un instant. Puis elle sentit le regard de Tristan posé sur elle. Il était vrai qu'avec l'annonce de la bague, la demoiselle avait complètement oublié une autre nouvelle vraiment très importante.

"Hum au fait... on a aussi autre chose à vous annoncer..."

Elle prit doucement la main de Tristan, certainement pour se donner plus de courage. La pression du Drakkari la rassura dans ses pensées et dans ses paroles.

"Voilà... Tristan et moi... on va avoir un enfant..."

Marilyn resta figée sur place. Là ça faisait beaucoup de nouvelles pour elle ! Elle fixa le ventre de sa fille, qui apparemment ne savait plus où se mettre et n'avait pas sa langue dans sa poche.

-Tu veux dire... tu es enceinte là ?

Après une hésitation, Cassidy acquiesça d'un signe de tête. Il n'en fallait pas plus pour la maman pour se prendre sa fille dans ses bras en lui faisant un gros câlin et que Jordeth restait en retrait, partageant leur bonheur plus discrètement, l'hystérie de Marilyn était bien suffisante.

-Mais c'est merveilleux Cassy ! Avec Tristan... je suis vraiment très heureuse pour vous ! Je vais être grand mère ! Aaaaaah ! Quelle bonne nouvelle ! C'est un peu tôt peut être mais... si vous pensez que c'est bien comme ça...

Cassidy fit une grimace. Au contraire c'était totalement improvisée et même si elle était contente également, la jeune femme avait encore du mal à accepter ce statut de devenir mère. En fait, elle ne s'en préoccupait pas pour le moment, pas tant que son ventre n'avait pas atteint des proportions exagérées et elle espérait très fort que Tristan ne parte pas. Ca aussi ça lui faisait peur et elle s'en tracassait énormément ! Heureusement pour elle, Marilyn, toute heureuse d'apprendre toutes ces nouvelles, annonça le repas.

- Pour fêter ça, j’ai préparé un bon repas ! Alors tous à table !

Une fois la tension redescendue et les annonces faites, alors qu’ils se mirent à table pendant que Marilyn s’affairait à la cuisine pour le repas. Les deux hommes parlaient de choses et d’autres alors que Cassidy semblait tirer une drôle de tête, réalisant encore avec difficulté son bonheur et se demandant si ce n’était pas tout simplement un rêve. La mère Herediane revint en posant les plats puis tous mangèrent de bon appétit jusqu’à ce que cette dernière finisse par se lever, constatant que sa fille n’avait pas encore ouvert la bouche de tout le repas. Marilyn se sentit d’humeur taquine et tourna autour de Cassidy d’un air joyeux, bien décidée à faire disparaître de son visage toute trace de fatigue et de gêne.

- Allons allons Cassy ! Cesse de tirer cette tête !

Elle avait attrapé un bout de foulard qui trainait dans ses cheveux et tira dessus, sous les protestations de sa fille qui avait blêmit. Alors que le bout de soie tombait, les oreilles de la jeune femme apparurent sous les yeux de Marilyn, légèrement plus pointues et qui n’étaient pas arrondies comme avant. La mère ouvrit légèrement la bouche de surprise et d’une légère crainte alors qu’elle regarda le foulard et sa fille, apparemment de mauvaise humeur.

« Quoi ? J’ai une mèche dérangée ? Non ? »

- Heu… non tu es… comme d’habitude ma chérie… tout… tout va… bien ?

Cassidy haussa les yeux au ciel comme si cela était une évidence bien qu’elle avait senti une légère tension émanant de sa mère, qui elle-même jetait un regard de surprise vers son mari puis d’un air suspicieux vers Tristan.

« Bien sûr que tout va bien ! Pourquoi ça n’irait pas ? Bon je vais me reposer, ce petit invité dans… hum mon ventre, aime tirer mon énergie… besoin de récupérer »

Elle n’avait pas l’air craintive pour ses oreilles alors que c’était apparemment quelque chose qui faisait réagir ses parents. Ou plutôt, devait-elle avoir l’habitude de vivre avec désormais et il fallait dire qu’elle avait d’autres chats à fouetter pour l’instant. Cassidy se redressa sur sa chaise, puis contourna la table. La jeune femme passa devant sa mère et monta dans l’escalier qui menait à sa chambre en fermant la porte derrière elle une fois arrivée en haut et se laissa tomber sur le lit.

Si Jordeth avait l’air plutôt calme bien que très étonné, les bras croisés, ce n’était pas le cas de Marilyn qui n’était apparemment pas bien dans son assiette, alors qu’elle prétexta s’occuper de la vaisselle. Jordeth la suivit en déclarant que Marilyn aurait certainement besoin d’elle mais lorsque Tristan se proposa, ils refusèrent, Marilyn déclarant qu’il pouvait finir de manger tranquillement.
Cependant, Tristan avait une bonne ouïe et de plus, il s’était levé pour demander quelque chose qui ne devait pas être sur la table. Mais cela lui permit d’entendre une conversation pour le moins étrange.

- Attends… tu as bien vu comme moi ! Comment c’est possible ? Pourquoi ses oreilles ont… ça ne devait pas arriver ! Pourquoi Jordeth… est-ce que ça a un rapport avec…
- Calme toi Marilyn, tu vois bien qu’elle n’a pas l’air d’aller mal… même certaines magies peuvent être rompues et Cassidy est bien loin d’être une fille ordinaire.
- Pourquoi nous ? Elle ne méritait pas ça ! J’ai peur Jordeth !
- Arrête de t’inquiéter… Ce n’est plus une enfant…


Il venait de poser une épaule rassurante sur l’épaule de sa femme, qui redressant la tête, se crispa en apercevant la carrure du grand Drakkari pas loin de la porte.

- Ah heu… Tristan ? Tu as… hum…

Jordeth soupirant un instant mais ne semblait pas en colère contre le jeune homme. Au contraire, il semblait avoir pris une décision à ce propos, d’autant plus que cacher certaines choses à Tristan alors qu’il était désormais fiancé à Cassidy et le père de l’enfant n’était pas spécialement bien et il avait tout à fait le droit de savoir. Jordeth toussota en faisant un sourire rassurant à sa femme avant de sortir d’un placard une bouteille d’un excellent alcool avant de s’avancer vers le Drakkari.

- Je suppose que ça ne sert à rien de te cacher certaines choses au sujet de Cassidy… même si ça fait parti de son passé… tu as quelque chose à voir dans cette histoire… enfin c’est ce que nous pensons mais laisse moi t’expliquer un peu plus en détail…

Il venait de s’asseoir à table, et remplissait leurs verres de vin alors qu’il fixait intensément le Drakkari, d’un air assez grave.

- J’espère juste ne pas me tromper en te confiant ça… même Cassidy n’est pas au courant… je t’apprécie beaucoup Tristan mais tu comprends bien que si il arrive quelque chose à ma fille après ce que je t’aurais révélé, je ne le pardonnerais pas si facilement… Si je t’en parle c’est que j’ai confiance en toi, aux sentiments que tu as pour elle. Et elle tient énormément à toi, bien plus encore qu’elle ne te le témoigne…

Il but une gorgée de vin, tout en s’installant confortablement sur sa chaise, ses yeux se perdant un instant dans ses pensées alors qu’il regardait dans le vide.

- Tout commença à la naissance de Cassidy… l’accouchement se passa bien, elle était en parfaite santé tout comme Marilyn mais il y avait déjà à ce moment là deux éléments troublants… Tout d’abord, ses oreilles n’ont jamais été comme les humains… elles étaient bien plus pointues comme maintenant en fait. Oh bien sûr, cela a été une grande surprise pour moi-même et Marilyn… Pourtant il s’agit bien de notre fille… Nous n’avons jamais compris pourquoi ses oreilles étaient différentes… peut être un don des dieux… ou une malédiction, nous ne savons pas encore comment le prendre.

Soupirant un instant, il ne semblait pourtant pas effrayé par sa fille ni dégoûté, juste un peu inquiet.

- Le deuxième élément vient de cette pièce que je lui ai offerte. Elle était transmise dans ma famille mais c’était juste un objet sans magie, sans réelle valeur à part un petit rappel sur le fait que le premier était un orphelin. Quoiqu’il en soit, cette pièce là s’est mise à briller d’une lueur verte ce soir là. Je la gardais toujours dans ma poche mais cette fois, elle me brûlait la main et semblait réagir au contact de Cassidy. Et je ne sais toujours pas pourquoi même si je lui ai confié…

Cela semblait l’éprouver de faire part de ces souvenirs, ce n’était quand même pas si simple que ça.

- Bref, peu importe l’état de ses oreilles et cet étrange signe, c’était bien notre fille et nous avons toujours décidé de l’élever comme une enfant normale, sans tenir compte de cette différence bien que… nous nous sommes toujours demandé comment sa différence avec nous serait accueillie. Enfin c’est surtout Marilyn qui s’inquiétait et sa crainte était fondée… Elle pensait que les enfants ne la verraient pas comme notre fille mais comme une adoptée… ses oreilles pouvaient susciter des moqueries et on ne voulait pas qu’elle soit malheureuse… Marilyn pensait aussi que les adultes ne seraient pas dupes… à moins d’être en contact permanent avec de la magie ou croire aux légendes, les gens penseraient forcément que Cassidy n’était pas normale ou ne nous croiraient pas…

Il se mit à sourire doucement, repensant à toute cette histoire, tout leur passé, tout ce que Cassidy ne savait pas et qui ne devrait même pas lui être révélé pour son bien.

- Si il n’y avait que ça… ça n’aurait été pas si mal… enfin nous envisagions de faire appel à un mage qui serait capable de changer l’apparence de ses oreilles… du moins avant qu’elle ne rentre à l’école. Mais lorsqu’elle arriva à deux ans, outre le fait que ses canines étaient également… plus pointues qu’un humain, Cassidy se mit à réagir bizarrement. Elle grognait et une aura noire l’entoura. En fait elle avait vraiment un comportement agressif et refusait que Marilyn ne la porte. Nous avons toujours été très patients… attentionnés et malgré ce comportement, il n’est pas arrivé une fois où nous tentions de la mettre en confiance. Ce comportement disparaissait aussi rapidement qu’il apparaissait mais au fil des semaines, ça devenait plus intense, c’était comme si il lui était impossible de contrôler cette rage jusqu’à arriver à…

Il s’était levé et avait enlevé sa chemise, découvrant un corps bien moins musclé que Tristan mais une curieuse marque rouge et violacée de couleur vive s’étalait sur son abdomen, cicatrice ancienne du passé.

- Je la tenais dans mes bras pour la protéger, même si son énergie tentait de me repousser. Juste un câlin… Et là une énorme décharge d’énergie me jeta contre un mur alors qu’elle lévitait doucement et retombait au sol. A ce moment là cette cicatrice était bien plus forte que ça et plus douloureuse. Elle n’est jamais partie. Nous avons compris avec Marilyn qu’il fallait absolument trouver quelqu’un capable de lui enlever ce mal, peu importe ce que c’était et également rendre son apparence un peu plus proche des humains…

Il remit lentement sa chemise tout en continuant d’expliquer la situation.

- Nous avons beaucoup voyagé à travers les royaumes grâce aux portails pour trouver quelqu’un capable de modifier ce problème et comprendre pourquoi elle agissait ainsi. Finalement nous sommes tombés sur un guérisseur qui avait fait des cas magiques sa spécialité. Il constata que Cassidy avec une énergie très importante… beaucoup plus que les humains qu’il avait déjà soigné ce qui laissait sous entendre qu’elle n’était pas totalement humaine. Nous ne voulions pas le croire mais il déclara que la plupart des légendes sur les dieux qui conféraient des pouvoirs à de simples mortels avaient toujours une part de vérité et que c’était bien un fait de magie qui était implanté dans Cassidy, totalement indépendant de notre volonté. De plus pour lui ça tendait plus vers de la magie… noire. Bien sûr nous lui avons demandé si il était possible de faire quelque chose. Il répondit qu’il lui faudrait beaucoup d’amour et peut être même une sorte de… choc qui l’empêcherait de continuer à tendre vers cette voie…

Nouvelle pause de la part du père, qui laissait le temps à Tristan d’ingurgiter les nouvelles informations. Il se resservit et bu une nouvelle fois une gorgée.

- Pour ses oreilles et ses dents, il utilisa une incantation qui agit directement à la source. Très étrangement, il déclara que ça avait également baissé le niveau de son énergie dévastatrice. Le sort fut lancé sur son bras droit. Indolore, invisible et apparemment… seul un choc très élevé était capable de briser le sort… hum apparemment seules ses dents n’ont pas repris leur apparence d’avant…

Il se gratta lentement la tête avant de regarder à nouveau Tristan.

- Tu interviens juste un peu après… mais c’est Marilyn qui me raconta la suite.

A ce moment là, Marilyn les rejoignit, une casserole qu’elle essuyait à la main et apparemment elle la tenait depuis un moment déjà vu la brillance du métal.

- Je vais lui dire Jordeth… Donc hum oui ! Comme Cassy n’avait plus une apparence qui portait à confusion, j’ai décidé de lui faire prendre l’air. Les autres villageois n’arrêtaient pas de demander des nouvelles et je disais à chaque fois qu’elle était encore fragile… petite… pas en état de sortir. Et puis, alors que tout le monde regardait Cassy, ta maman est arrivée avec toi dans ses bras. Elle voulait aussi prendre de nos nouvelles. Aussi étrange que cela puisse paraître, Cassy, qui était occupée à jouer avec une peluche s’arrêta et te fixa très longuement. Et puis… elle s’est mise à sourire, chose qui ne lui arrivait que très rarement. Je ne sais pas si c’est grâce à ta couleur de cheveux ou autre chose mais depuis ce jour, pas une seule fois elle ne fit un écart ou ne se montra agressive. Au contraire, elle avait l’air tout à fait normale, joyeuse et progressait à vue d’œil. Bon bien sûr, cela peut être également un hasard mais c’est quand même un deuxième hasard que vous vous retrouviez ensemble…

Elle se mit à sourire, soupira puis s’installa sur une chaise en posant sa casserole à côté d’elle.

- Puis, elle rentra à l’école. C’était une petite fille tout à fait adorable, curieuse, qui avait envie de découvrir le monde qui l’entourait. Elle aimait beaucoup aller à l’école, apprendre, se faire de nouvelles connaissances mais surtout quand elle rentrait, en plus de parler de ce qu’elle apprenait, elle parlait beaucoup du petit Drakkari qui était un peu à l’écart et qui ne s’intéressait pas à l’école. Même à cette époque là, tu attirais bien l’attention !

Marilyn tapota doucement sur la table, songeuse.

- Oh je voyais bien les changements, en fait, elle donnait vraiment l’impression de vouloir mieux te connaître au fil des années et surtout comprendre pourquoi tu ne t’intéressais pas aux cours et que tu préférais regarder par la fenêtre. Alors elle a vraiment fait des efforts pour que tu l’as… remarque… parce qu’elle n’osait pas directement t’aborder. Elle était gentille, aidait tout le monde, travaillait dur pour devenir encore meilleure… par contre elle n’a jamais vraiment réussi à devenir moins maladroite. On l’appréciait beaucoup mais elle n’avait pas l’air de comprendre pourquoi toi pas. Alors elle s’est mise à jouer à ton propre jeu, mais dans l’ombre, Cassy a toujours manifesté pas mal de petites attentions parce qu’elle était incapable de t’en vouloir complètement..

Elle prit une mèche de cheveux qu’elle enroula autour de son doigt.

- J’ai retrouvé son ancien journal intime il y a quelques temps de ça… pas pu m’empêcher de jeter un coup d’œil mais c’était tellement mignon ce qu’elle écrivait à ton égards oh… en fait c’était surtout mignon parfois et par d’autres moments ça donnait l’impression qu’elle était en colère mais c’était amusant…

Jordeth repris alors la parole après avoir écouté sa femme.

- Ce que tu ne réalises pas encore, c’est qu’elle donne l’impression d’être forte, un mur mais ce n’est pas le cas. Et même avec nous, ses parents, elle refuse de se confier, ne voulant pas paraître faible. Elle doit tenir de sa mère !
- Rhoooo même pas vrai !
- Mais si chérie, tu te rappelles encore le coup de la casserole ?
- Ah mais ça c’était différent… hem…


Petite chamaillade entre les deux parents qui se concentrèrent à nouveau sur Tristan, Marilyn ayant viré au rouge en repensant au souvenir et avait récupéré sa poêle qu’elle astiquait vigoureusement. Le silence revint un instant, un peu pesant, jusqu’à ce que Marilyn prenne de nouveau la parole.

- Je sais que nous t’en demandons beaucoup, surtout après cet accident qu’il y a eu. Mais… tu veux bien veiller à éviter que Cassy en fasse trop ? Elle n’en fait qu’à sa tête mais avec toi, c’est différent… elle t’écoute.

Réponse de Tristan qui tentait d’être clair dans ses explications, devant deux parents terriblement inquiets. Cependant, il devrait quand même regagner leur confiance, surtout celle du père, qui trop souvent avait compris que sa fille n’allait pas bien à cause d’un certain galopin. Une fois la discussion terminée, Marilyn décida de retourner dans la cuisine alors que Jordeth proposa à Tristan de venir l’aider à couper un peu de bois pour la nuit.

Les deux hommes s’enfoncèrent dans le jardin, une hache à la main, ramassant des rondins de bois pour les fendre en deux. Jordeth était méthodique, sa hache fendant l’air avec beaucoup de précision, nette, sans bavure. Alors qu’il était occupé à couper le bois, sa voix se fit un peu plus intimidante même si il restait très calme.

- Tristan, je te considère comme un membre de la famille. Mais comme je te l’ai dis tout à l’heure, prends soin de Cassidy maintenant… Vous êtes fiancés, vous allez avoir un enfant… Je sais ce qu’on dit au sujet des Drakkaris mais j’espère que tu tiens suffisamment à elle pour ne pas la laisser encore une fois et surtout… la rendre malheureuse. Si cela devait arriver, crois moi… je serais beaucoup plus sévère à ce sujet

La hache trancha d’un coup précis le rondin de bois, donnant plus d’ampleur aux paroles de Jordeth.
Quoi de plus normal que la réaction d’un père qui voulait encore protéger sa fille ? C’est vrai il appréciait Tristan, c’était un gendre idéal et ses paroles au sujet de ses sentiments étaient tout à fait sincère. Mais on ne pouvait pas reprocher à Jordeth le fait de vouloir s’assurer que sa fille était bien en sécurité et surtout faire comprendre au jeune homme devant lui qu’il avait désormais des responsabilités et qu’il n’était plus question de revenir en arrière, au point de souffrir d’un côté et de l’autre.

Une fois que les deux hommes se furent entretenus, Tristan finit par rejoindre Cassidy. Elle était bien sûr dans sa chambre mais plutôt que de se reposer dans le lit, la jeune femme était assise sur le rebord de la fenêtre, fixant les étoiles dans le ciel d’un air songeur, les pieds flottant dans le vide qu’elle battait machinalement. L'index de sa main gauche était posé sur l'index de la droite, caressant doucement la bague, contact rassurant et la preuve de la réalité des choses.
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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: Un voyage pour apprendre à mieux se re-connaître ?   Mer 5 Fév - 23:20

Quelle surprenante demande… Décidément, le Drakkari faisait toujours les choses d’une drôle de façon. Mais au final n’était-ce pas rassurant ? Il était de nouveau lui-même, taquin et à l’aise pour agir de la sorte. Apparemment, les parents étaient dans la confidence, ce qui expliquait les insinuations de Marilyn et le fait tout simplement qu’elle parle de nouveau de mariage… Quoique, ça n’avait rien de surprenant en fait, la chère maman voulait voir sa petite fille chérie heureuse et épanouie et préférait s’en assurer à travers un engagement sérieux. Que Tristan franchisse enfin ce pas décisif était en soi rassurant, même si les deux parents ignoraient encore par quoi tout le jeune couple était passé pour enfin en arriver là.

Tristan avait un genou en terre, faisant tout de même un minimum les choses dans les formes. Il plaisantait, exagérait les choses et faisait de légères grimaces mais ses yeux, eux, ne jouaient pas, fixant avec une féroce intensité la jeune femme qui était toute sa vie. Peut-être était-elle trop surprise pour se rendre compte de tout l’amour qui y brillait et surtout de la légère pointe de peur qui s’y reflétait. Et si elle refusait ? Après tout, ça pouvait encore arriver… Elle mit quand même quelques longues secondes à réagir mais quand elle le fit enfin, la tension qui animait les muscles du jeune homme se relâcha alors qu’il fermait les yeux, un sourire apaisé illuminant ses traits. Oh bien sûr, elle ne pouvait pas le voir, toute occupée qu’elle était à se presser contre lui, la voix chargée d’une émotion palpable, pressant doucement la peau de son dos et de sa nuque du bout de ses doigts. Elle était très émotive en ce moment, pour un rien, il l’avait bien vu d’ailleurs. Contrairement à ce qu’il aurait fait en temps normal, preuve de l’importance du moment, il ne la taquina pas, se contentant de lui rendre tendrement son étreinte en caressant ses cheveux d’or.

Il lui passa enfin la bague au doigt. Elle était parfaitement ajustée, à croire qu’il connaissait vraiment tout son corps par coeur. C’était un grand pas qu’ils franchissaient là, même si ce n’était que des fiançailles, dommage néanmoins que ce soit un passage forcé…
Apparemment, il ne voulait pas qu’elle ait à cacher plus longtemps la nouvelle à ses parents et c’était probablement pour cette raison qu’il avait si rapidement fait cette demande. Après tout, ils n’étaient pas arrivés depuis bien longtemps. Peut-être craignait-il que sa grossesse commence à se manifester un peu trop et que la mère, se doutant de quelque chose, prenne mal leur silence ou s’en inquiète. Toujours est-il qu’il souriait tendrement alors qu’elle admirait sa bague ravie et émue. Là, oui, c’était personnalisé en effet !

Il l’avait incitée d’un regard à annoncer la grande nouvelle qui les avait tous deux si profondément chamboulés. Elle hésita une seconde, il le vit à son regard, le sentit à la tension dans sa main mais elle finit par se lancer, timidement certes mais agissant ! Question, confirmation… Tristan grimaça légèrement lorsque sa belle-maman poussa un cri suraigu. Apparemment, il avait raison, les joies pareilles, ce n’était pas bon pour ses oreilles.
La mère était heureuse, folle de joie même et harcelait à moitié sa fille, la serrant dans ses bras, la relâchant pour la regarder, la resserrant dans ses bras. Heureusement que le père temporisait un peu la situation. Tristan de son côté pourtant ne disait pas grand chose, s’étant légèrement assombri quand Marilyn avait dit que c’était un peu tôt quand même. Ca l’était. Beaucoup trop… Et malheureusement, Cassidy avait raison de se méfier, il n’était pas tout à fait honnête avec ses ressentis… Et heureusement.

Ils passèrent à table et il reprit du poil de la bête, se faisant joyeux et animant la conversation avec entrain. Il remarqua sans mal la discrétion de sa petite amie devenue sa fiancée, enfin pas encore officiellement mais sous peu, et son air lointain et se fit d’autant plus loquace alors que discrètement sous la table, il posait une main sur sa jambe, la pressant doucement comme pour s’assurer d’un contact qu’elle allait bien. Trop de choses pouvaient bien se passer dans cette adorable petite tête blonde. Elle pouvait s’imaginer être en plein rêve et risquer donc bientôt en sortir, avec toutes les désillusions et douleurs que cela signifiait. Elle pouvait croire qu’il n’agissait de la sorte qu’à cause de l’enfant… ou même se remémorer sa conversation avec Maud.
Il savait qu’elles avaient discuté et à voir la tête qu’elle faisait lorsqu’il l’avait retrouvée quelques heures plus tard, il se doutait des sujets déplaisants abordés…


Pauvre Maud quand même. Elle n’avait pas voulu blesser ou brusquer son amie en lui disant toutes ces choses. Pourtant, elle avait bien vite vu qu’une partie de son discours avait eu un impact douloureux sur la petite mage. Malheureusement, elle se disait que ça risquait d’arriver plus vite encore que prévu et même si Cassidy était décidément contre ces privations et ces éloignements, entre le fait qu’elle soit une mage et que Tristan soit un Drakkari apparemment défini comme un fuyard par ses gènes dès qu’une grossesse devait pointer le bout de son nez, leurs si joyeuses et heureuses activités à peine retrouvées risquaient de bien vite cesser. Elle avait essayé de rattraper son erreur mais Cassidy n’avait retenu que la vérité, que les premières paroles du coup et non, elle n’était pas enchantée. En plus, comme pour répondre aux annonces de mauvaises augures de Maud, Tristan ne l’avait pas touchée pendant les quelques jours qui avaient suivi, avant qu’ils ne se rendent chez ses parents. Oh, il était toujours présent, doux et très à l’écoute. Etrangement, il n’avait pas cherché à la surprotéger contrairement à tout le monde dans la cité quand la nouvelle s’était répandue, on ne savait trop comment. Il était prévenant bien sûr, mais pas étouffant, s’étant contenté de lui dire quand elle avait besoin de quelque chose. Non, il ne l’infantilisait pas, il ne la montrait pas plus faible qu’elle ne l’était. Parce qu’il la respectait énormément et savait qu’elle ne l’était pas tout simplement… Mais le principal était là, ses baisers n’étaient que tendres, pas passionnés, il ne tentait ni de l’espionner sous la douche, ni de la déshabillait du regard, ou des mains puisqu’il était clairement plus doué pour cette deuxième option, à la moindre occasion. Alors oui, elle avait de quoi s’inquiéter, même si ça survenait carrément beaucoup trop tôt mais après tout, qu’est ce qui était normal avec eux ?

Néanmoins, l’histoire de la bague pouvait rassurer… Peut-être que c’était ce qui avait retenu l’attention du grand jeune homme ces derniers jours, ça et les préparatifs pour leur départ. Ce n’était qu’une hypothèse certes, mais toujours plus agréable que celle selon laquelle il ne la trouverait plus attirante.
Elle mangeait heureusement même s’il lui jetait de temps à autres des regards pour s’en assurer. Pourquoi diable était-elle si silencieuse ? Il voulait lui parler mais avec les parents à côté… cela risquait d’attendre.

Finalement, sa mère la taquinait et avait fait apparaitre aux yeux de tous les oreilles pointues de la jolie mage. La jeune femme ne s’était pas vraiment troublée et avait fini par prendre congé, prétextant la fatigue alors qu’il lui faisait un sourire tendre, lui souhaitant un bon repos, la regardant s’éloigner en se disant que quelque chose n’allait pas… sans savoir au juste quoi.
Mais alors qu’il restait seul à table alors que les deux parents se trouvaient dans la cuisine et qu’il se levait pour débarrasser, Tristan surprit une bien étrange conversation qui le laissa silencieux mais également sur place. Il n’allait pas faire celui qui n’avait pas entendu, pour le coup ce serait… un réel manque de respect et puis à quoi bon ? Il voulait savoir ce qui pouvait autant inquiéter les parents de sa chère et tendre. Parce que s’ils se faisaient vraiment du souci et plus encore s’ils savaient quelque chose à propos de cet incident, en savoir plus aiderait Cassidy ou l’aiderait ou moins à la rassurer…

S’ensuivit une longue et bien étrange conversation, enfin essentiellement exprimée par les deux parents, Tristan restant assis, les bras croisés. Il était d’une telle immobilité qu’on aurait pu le prendre pour une statue, son torse se soulevant à peine avec sa respiration, son regard orangé, seule manifestation de son humanité passait d’un parent à l’autre. Il n’était pas agressif, pas énervé et ne jugeait en rien les informations qui lui étaient données, il écoutait voilà tout, sans se rendre compte du côté animal, propre aux dragons mais qu’il avait toujours associé jusqu’alors à son appartenance génétique de Drakkari, qui ressortait par son immobilisme. N’était-ce pas l’attitude d’un prédateur analysant ses proies après tout ?
Il n’avait pas touché au verre d’alcool servi par Jordeth et avait tout juste haussé un sourcil surpris lorsqu’il lui avait montré la marque sur son torse.

Il ne pouvait pas leur reprocher d’avoir tenu ce secret. Cassidy, si douce et humaine aurait tant culpabilisé d’être responsable de la blessure de son père qu’elle se serait probablement éloignée de ses parents pour les protéger… Encore plus qu’actuellement et même si elle était forte et courageuse, son coeur blessé ne pouvait pas endurer mille et une tortures. Et elle avait déjà bien assez souffert à cause de lui comme ça. Qui plus est, il comprenait leur obstination pour avoir voulu l’élever le plus normalement possible et faire en sorte que les enfants ne se moquent pas d’elle. Il était passé par cette étape difficile et savait que cela lui avait pesé et qu’il aurait pu davantage mal le vivre… Lui était un Drakkari, les moqueries concernaient ses cheveux étranges, éventuellement son caractère impulsif… mais personne ne pouvait prétendre qu’il n’était pas l’enfant de sa mère. Oui, ils lui avaient évité une grande souffrance, c’était difficile et d’autant plus admirable et le choix n’avait pas dû être simple tout comme la réussite dans leur mission de préservation de leur enfant.

Tristan n’était en rien effrayé par les révélations des deux parents, d’ailleurs il en était légèrement surpris tout de même. C’est comme s’il se doutait que ce n’était pas le plus important. Quelque chose venait de faire lumière dans son esprit. Cassidy avait toujours été surprise de sa magie un peu retardataire mais au final elle en avait fait très tôt, énormément tôt, même si justement elle ne s’en souvenait pas. Il avait raison au final, la magie était sa nature en quelque sorte. Enfin c’était très utopiste comme vision, mais pas faux pour autant. Mais pourquoi mauvaise ? Pourquoi ce don… ? Ou cette malédiction ? Etait-ce finalement pour cette raison qu’elle n’avait pas de don justement ? Est-ce que celui-ci était orienté… vers le mal ?

Seraient-ce vraiment les dieux qui étaient à l’origine du pouvoir de la jeune femme ? Qui l’auraient poussé vers la magie noire ? Ca expliquait pourquoi un dieu était intervenu dans leur histoire d’amour… D’ailleurs, il ne se remettait pas très bien de cette histoire, même s’il voulait croire à une force supérieure, il n’avait jamais été confronté à l’un de ces êtres supérieurs justement et même s’il avait été étrange, distant, bienveillant, cela remettait en question tant de choses sur leur monde, c’était effrayant !!!
Les commissures de ses lèvres s’élevèrent légèrement alors qu’ils parlaient de l’amour nécessaire pour que la jeune femme ne penche pas du côté de la magie noire. L’amour… il voulait bien lui en donner…Jusqu’à ce qu’elle n’en puisse plus !!!

Et puis ils parlèrent de lui et le jeune homme comprit d’autres choses… Qu’il n’était pas le seul à s’être intéressé très tôt à un autre enfant… Il l’avait aimée si vite, même s’il ne savait pas encore ce que c’était, se dire qu’au final c’était réciproque était curieusement apaisant, franchement réjouissant aussi. Oh il l’avait torturée c’est vrai… Mais dans l’ombre, il l’aimait bien, il la surveillait, la protégeait. Il n’avait jamais bien réagi certes mais… il n’était pas aussi indifférent qu’elle le pensait…
Alors que les deux parents se chamaillaient gentiment, le grand jeune homme décroisa les bras, se rendant compte par la douleur dans ses muscles qu’il était resté crispé pendant tout leur discours. Il prit le verre devant lui et le descendit d’un trait, fermant un instant les yeux. Dommage que ce ne soit pas plus fort… Parce que pour digérer tout ce qu’il venait d’apprendre… Il aurait bien pris quelque chose de … vraiment fort !
Marilyn se retourna finalement vers lui pour lui demander de prendre soin de sa fille, sur sa bonne santé, sur… tout en gros. Lui en demander beaucoup ? Un sourire éclaira le visage du jeune homme qui recroisait nonchalamment les bras, un de ses sourires séduisants aux lèvres.

- Non.

Ah ben… euh… Etrange réponse là… Ils paraissaient tous les deux surpris alors que Tristan souriait et haussait les épaules d’un air pensif.

- Je ne peux pas promettre une chose que je fais déjà... que je me suis déjà promise. Cassidy est tout pour moi… Je veux la protéger autant que faire se peut et je m’y efforcerai quoi qu’il arrive. Vous n’avez donc pas à me le demander… Ce ne sera jamais une demande. Ce sera toujours naturel.

Il poussa un profond soupir et se passa une main dans la crinière rouge de ses cheveux. C’était tellement de choses… Au final, il n’était pas sûr d’être heureux de savoir tout ceci et du message assez implicite que venaient de transmettre ses aînés en lui demandant de veiller sur sa compagne. Ce n’était pas clairement dit mais ils préféraient plus que certainement que toutes ces informations restent entre eux, qu’il n’en parle pas à la jolie jeune femme. Après tout, il devrait tout dire… Ca reviendrait à l’effrayer quant à sa nature et ses capacités. Non… Il valait mieux éviter. Pourtant il voulait d’une relation pleine de confiance et d’honnêteté aussi était-il parfaitement conscient du mauvais départ qu’il empruntait, mais c’était nécessaire… pour son bien-être et celui du bébé. Cette pensée là lui tordit l’estomac. Non… Il n’était pas prêt.
Décidé, le jeune homme posa son regard sur les deux parents et leur demanda d’être attentifs, de ne pas lui poser de questions… de simplement écouter.

Il leur raconta énormément de choses, passant sur beaucoup de détails et évitant tout ce qui risquait de trop les inquiéter. Bien sûr, il ne parla ni de la sorcière, ni des crises de sa jolie fiancée, ni de ses si nombreuses blessures, ni non plus d’Alanir mais il fut honnête sur beaucoup de points. Il leur raconta son béguin d’enfant pour leur fille et leur expliqua ce qui lui était arrivé réellement quand on l’avait accusé du meurtre de sa mère. D’ailleurs il avait surpris le masque d’horreur qu’arborait belle-maman et qui était difficile à louper quand il raconta ce qui s’était vraiment passé cette fameuse nuit mais curieusement, depuis qu’il avait récupéré la mémoire mais aussi depuis qu’il était dragon, tout cela lui paraissait terriblement lointain, plus vraiment… d’actualité. Ah ça, beaucoup s’étaient posés la questions au village, curiosité malsaine ou deuil sincère mais la réponse était sans doute plus douloureuse que les nombreuses hypothèses formulées.
Il évoqua bien des choses, parla de son maitre, de Maud aussi qui était aujourd’hui l’amie de Cassidy… Il parla aussi de toutes ces fois où ils s’étaient croisés, durant lesquelles il s’était caché, des fois où il l’avait protégée sans qu’elle le sache et puis de leurs retrouvailles. Devant eux, il avait évoqué des mois plus tôt leur relation si brève et s’ils avaient été suffisamment polis et respectueux pour ne pas poser de question, les révélations qu’il fit à ce sujet aidèrent beaucoup. Il parla du pacte qu’il pensait avoir passé avec un démon qui n’en était pas un au final, sans donner plus de détail, ce qui l’avait forcé à être parfois violent et l’avait poussé à s’éloigner de Cassidy avant de lui faire du mal et à effacer sa mémoire pour ne pas qu’elle souffre de son départ. Il parla de sa vie de mercenaire, d’aventurier… puis de son entrée chez les Kaärs suite à leur rupture qui l’avait plus atteint qu’il ne voulait bien l’avouer… Et parla de leurs vraies retrouvailles, pas de celles inventées pour le faire passer pour meilleur qu’il n’était.

Il avoua qu’au contact de la jeune femme, tous ses mauvais penchants s’étaient évanouis et s’il restait en colère et plein d’une haine destructrice, petit-à-petit, elle avait éteint l’une comme l’autre. Ils s’étaient finalement mis ensemble et bien des choses s’étaient passées. Mais il ne s’arrêta pas là… Il parla des nombreux complots qui avaient été fomentés dans leur dos, de la cruauté des hommes, de leur perversité… Aussi bien parla t-il du Cheistam qui les avait séparés, sans aborder pour autant que Cassidy avait réellement cédé à ses avances dans un moment de faiblesse torturée, qu’il évita soigneusement de parler de son récent viol… Il aborda leurs difficultés liées aux pouvoirs de la jeune femme, à ses propres démons du passé qui continuait de le hanter… Il leur parla alors de ce qui s’était passé quelques mois plus tôt, dans le gros, vraiment sans donner de vrais détails… Le complot, son aveuglement, la manière dont il parlait de son infidélité laissait parfaitement entrevoir à quel point la blessure était encore à vif et à quel point il souffrait toujours de ne pas avoir fait ce qu’il fallait même si… malheureusement pour lui tout était fait pour qu’il ne comprenne pas. Il parlait d’Erwan, cet ancien compagnon surgi du passé de la jeune femme, de son départ en pensant qu’elle serait plus heureuse avec lui, il leur avoua même qu’il était à l’origine de l’armée fantôme et en faisait partie donc. Il n’était pas retourné du côté des Kaärs mais… n’aurait-ce pas été mieux au final. Le jeune homme n’en dit que très peu sur les premiers mois de cette rupture et pourtant la douleur dans son regard, dans ses crispations était bien assez forte pour montrer l’enfer qu’il avait pu vivre loin de celle qu’il aimait… Parce que malheureusement les bons souvenirs étaient revenus mais aussi les mauvais et ils laissaient de bien douloureuses cicatrices. Il parla de son accident sans en dire grand chose, de leurs retrouvailles enfin, des difficultés que ça avait représenté, de tout ce qui s’était passé ou presque… Il ne parlait pas de ce qu’il considérait comme les erreurs de sa compagne : son choix horrible de se sacrifier auprès de ce chef Kaärs pour le protéger lui… Ses potions pour oublier…

Il savait qu’elle avait fait au mieux, ce n’était pas toujours bien certes mais elle avait fait ce qu’elle pouvait pour survivre, pour être bien, heureuse… Or, bien souvent c’était davantage pour lui qu’elle avait pris des risques… Et mine de rien, il avait peur de perdre un peu l’affection que lui portaient les deux adultes s’ils l’apprenaient même s’ils s’en doutaient sans doute déjà pas mal.
C’était vraiment bienfaisant de pouvoir enfin raconter un peu tout ça à quelqu’un même si c’était très light par rapport à ce qui s’était réellement passé. Et puis pour les parents, c’était sans doute un soulagement de voir tous les silences et les éloignements de leur fille justifiés… Elle cherchait à défendre les innocents et donc à ne pas les mettre en danger et avant ça, elle et son petit ami ayant rompu… elle n’était pas prête à supporter sans doute des regards pleins de tristesse et de compassion. Non… Elle était forte, ou voulait paraitre forte… Au final, cela revenait au même.

Il savait que c’était beaucoup et que ça faisait un énorme morceau à digérer, au moins autant que toutes les révélations qu’ils lui avaient faites même si de son côté, il n’avait rien réellement révélé par rapport à la magie de sa jolie compagne. Finalement, ils laissèrent Marilyn à sa cuisine et partirent entre hommes couper du bois. Tristan n’était pas dupe, ça sentait la conversation d’homme à homme à plein nez ! Il se sentait d’autant plus intuitif aujourd’hui, ses sens plus développés lui rendaient compte de la crispation de Jordeth, de la tension dans ses muscles, dans sa mâchoire, dans sa posture… Sa menace n’en était pas vraiment une et bien des jeunes hommes s’en seraient gaussé mais Tristan sentait quelque chose que personne d’autre ne pouvait sentir, l’odeur de la colère, de la menace… Même s’il se montrait doux, gentil, tolérant, il était probablement en colère contre lui de n’avoir pas su épargner ses douleurs à sa fille adorée, et que ce soit conscient ou non, c’était là… Et ça… c’était bien plus efficace que toute formulation de menace.

Tristan se sentit bien et heureux pour sa compagne. C’était ce qui comptait le plus pour l’heure et elle devait s’en rendre compte, le comprendre et comprendre aussi qu’elle avait le droit de se montrer vulnérable face à ses parents au lieu de toujours se cacher pour ne pas les effrayer, les inquiéter, les mettre en danger. Il ne répondit pas tout de suite, ramassant les morceaux découpés par Jordeth pour les déposer sur un tas qu’ils avaient entamé quelques minutes plus tôt. Il soupesa la hache et l’abattit en mesurant sa force sur une buche dont les éclats ricochèrent sur ses jambes sans qu’il ne semble les sentir. Il semblait pensif et sentant le regard de son aîné sur lui, comprit qu’il avait tout intérêt à formuler une réponse claire dès à présent. Pourtant c’est un regard fébrile qu’il jeta vers la maison avant de fixer la carrure qui ne pouvait guère l’inquiéter face à la sienne, de l’homme de la maison.

- Tenir à elle n’y changera rien.

Eh bien décidément, aujourd’hui il jouait un jeu dangereux à prononcer des phrases aussi fatalistes mais il se reprit aussitôt en percevant le son de la crispation de la main du paternel sur le manche de sa hache. Il n’allait quand même pas lui taper dessus. C’est un regard plein de détresse qu’il tourna vers lui, vulnérable, inquiet, surveillant toujours de temps à autres la maison comme s’il craignait que l’une ou l’autre des femmes ne s’approche et ne les entende.

- Si c’était une question d’amour, les fuites des Drakkaris ne seraient que pure spéculation. Personne ne me fera croire que je suis le premier à être doté de sentiments suffisamment forts pour vouloir rester auprès de celle que j’aime. Non… je ne sais pas encore de quoi il s’agit ni comment cela fonctionne mais la grossesse change les parents Drakkaris, elle les marque d’une manière ou d’une autre. Est-ce hormonal ? pulsionnel ? caractériel ? Peu importe… Ils s’en vont tous. Que ce soient les pères qui partent constamment avant la naissance ou pour les plus conservateurs le jour de la naissance ou les mères qui abandonnent leur rejeton le lendemain, voire le jour même… Quelque chose… nous pousse à partir. Je pensais… que j’aurais le temps, si nous restions ensemble, de découvrir de quoi il s’agissait et de changer ça. Mais on s’est séparés… Alors ça n’avait plus aucune importance. Ca ne fait que très peu de temps que nous sommes de nouveau ensemble, Cassidy a eu un autre petit ami entre temps et heureusement… Maintenant que je sais que j’ai fait le mauvais choix, je n’ose imaginer à quel point elle a été malheureuse à cause de moi… C’était sans doute la seule manière pour qu’elle tienne à peu près le coup. Cette grossesse… n’était pas prévu du tout en vérité et ça arrive beaucoup beaucoup trop tôt… Oh euh… le bébé est de moi hein… M… Mais même si ce n’était pas le cas, je ne l’aurais jamais forcée à y renoncer… Enfin… Je ne l’ai pas dit devant Marilyn… et Cassy le vit déjà assez mal comme ça… C’est très tôt… Elle connait les risques, elle sait ce que je pourrais faire… partir dans le meilleur des cas… C’est… Ca arrive vraiment vite et je ne sais pas combien de temps je peux avoir avant de ressentir à mon tour ce besoin de partir. Ca arrivera, je le sais… Ce serait trop simple si j’étais aussi exceptionnel et différent qu’elle se plait à le croire. Ce n’est pas le cas… Et… C’est de ça dont je voulais parler… Parce que j’ai bien une solution pour éviter de la blesser, pour éviter de m’enfuir mais elle n’aimera pas… oh non, pas du tout et elle aura besoin de ses parents pour la soutenir et l’aider, puisque je ne serais plus là pour le faire… C’est à mon tour d’en demander beaucoup donc…

Il leva les yeux vers Jordeth qui le fixait avec un calme olympien encore une fois alors qu’il était carrément en train de lui annoncer qu’il allait faire souffrir sa fille. Mais il était un homme pragmatique, il attendait probablement d’avoir toutes les cartes en main avant de lui taper dessus !!! Tristan tourna la tête vers la maison fixant un mur comme s’il pouvait voir au travers, l’un des murs de la chambre de sa compagne.

- Si je ne trouve pas mieux… Il me reste ce plan B… C’est ce qu’on a fait à mon père, longtemps… Une autre forme mais dans le même genre. Je sais déjà où m’en procurer… Il s’agit d’un cristal. C’est dangereux et très peu utilisé pour les humains, ils ne le supporteraient pas, mais je suis un Drakkari… moi je peux… Une fois activé, il recouvre complètement le corps de son porteur, de l’extérieur mais aussi de l’intérieur, le couvrant de milliards de cristaux pour la plupart invisibles à l’oeil nu, ça le conserve tout en l’endormant pour un temps à déterminer par magie… Le porteur continue de vivre, il entend et perçoit ce qui se passe autour de lui mais il ne peut pas se réveiller et doit donc attendre son heure. Celui que je recherche risquerait d’être particulièrement efficace, très facile à manier et donc à briser mais aussi d’autant plus douloureux j’imagine… Les pères Drakkaris partent toujours AVANT l’accouchement. Techniquement si je reste près d’elle, en sommeil jusqu’après celui-ci, au point de n’être libéré que lorsqu’elle aura accouché, alors techniquement, il n’y aurait plus rien du point de vue de la pulsion, du caractère, des hormones qui devrait me pousser à fuir, à me préserver de ceci. C’est… assez radical… Et elle n’aimerait pas. C’est pour ça que je ne veux pas lui en parler. Pour l’instant je n’ai pas mieux… Cassy risquerait d’être très vulnérable à ce moment là, enceinte, affaiblie, magie instable aussi j’imagine, elle aura besoin de vous deux… d’autant plus donc si je ne suis plus là pour la soutenir… Les risques pour que je ne me réveille que beaucoup plus tard ou que ce soit vraiment intenable sont très minces. Je suis prêt à courir ce risque pour elle, mais elle aura donc d’autant plus besoin de vous…

Il fixa Jordeth une seconde, l’air résolu, avant de relever son visage vers le ciel, une lueur de peur y brillant une seconde. Etait-il vraiment prêt à prendre ce risque ? Apparemment oui… C’était une nouvelle étrange réponse à la demande de beau-papa de prendre ses responsabilités. Mais au moins prouvait-il par ses paroles pour l’instant qu’il avait déjà réfléchi à la question et que s’il semblait à l’aise malgré tout, en réalité, il était effrayé, vulnérable justement et prêt à tout pour ne pas blesser une fois de plus sa compagne, et encore moins la perdre. Ce qu’il ne disait pas bien sûr, c’était la crainte qui le réveillait encore en pleine nuit depuis qu’il avait appris la nouvelle et qu’il avait trouvé cette solution. Si jamais il se plongeait dans ce coma…. quelles étaient les chances pour qu’elle le remplace, ne supportant pas cette nouvelle trahison qui n’en était pas une ?

Décidément… c’était une conversation d’homme à homme !
Ils rentrèrent et il monta dans la chambre de la jeune femme, essayant de ne pas faire de bruit pour ne pas la déranger. Le jour déclinait… Les jours s’écourtaient mais il était déjà tard alors que le ciel s’assombrissait et que les étoiles commençaient à lui donner cet aspect féérique si admirable et admiré. Elle ne dormait pas et il sourit alors qu’il entrait silencieusement dans la chambre, la rejoignant à pas de loup. Soit elle était trop occupée par ses pensées, soit elle savait pertinemment que ce n’était que lui car elle caressait doucement sa bague, le regard lointain, un très léger sourire aux lèvres… Ou était-ce de la mélancolie ?
Le fait qu’elle ne sursaute pas mais qu’un léger frisson coure sur sa peau alors qu’il déposait ses lèvres sur sa nuque lui laissèrent entendre qu’elle savait que c’était lui qui entrait peu avant. Tendrement, l’observant, il passa ses bras autour d’elle, posant le menton sur une de ses épaules, pliant les genoux  pour être à la bonne hauteur, lui murmurant de ne pas s’envoler, l’appelant petit ange et prenant une de ses mains dans une des siennes.
S’était-elle réellement reposée ? Il n’en était pas certain alors qu’il l’incitait doucement à s’éloigner de la fenêtre pour venir s’asseoir sur le lit, passant derrière elle pour masser délicatement ses épaules. Son silence était surprenant, elle fixait encore sa bague… Il sourit, soupira, prit la parole.

- Juste comme ça, en passant, pour ne pas que tu ailles t’imaginer que j’ai agi par obligation ou je ne sais quoi… Cette bague a nécessité plus de deux semaines pour être prête… Je l’ai récupérée deux jours avant notre départ. Donc… j’avais prévu… nous deux. Que ça dure… Avant même de savoir que tu étais enceinte… Ca n’a fait que précipiter ma demande mais… je comptais te la faire… Enfin peut-être un peu mieux quand même, j’avoue que ce n’était pas… enfin… je ne savais plus trop comment le faire aujourd’hui… Tourner les choses en dérision, c’est ma manière de gérer dans le cas où tu dirais non…

Apparemment, sa dernière phrase l’avait scandalisée vu le regard plein de surprise et de hargne qu’elle tournait vers lui, ouvrant la bouche pour parler. Sauf qu’il en profita pour l’embrasser. Jusqu’alors, il avait été tendre, c’est tout… Là, il était passionné…Et pas qu’un peu et un sourire espiègle étira ses lèvres quand il se recula enfin, ravi d’observer ses joues se colorer à la lumière du cristal qui brillait dans la chambre de la jeune femme.
Apparemment, oui, la bague avait sollicité, avec la grossesse, toute son attention jusqu’alors, ce n’était plus le cas et vu comme il louchait sur son décolleté et glissait l’air de rien, une main sous le bas de sa robe, le Tristan pervers était de retour… et voulait rattraper son absence. D’ailleurs son sourire se fit plus taquin alors qu’il se penchait sur elle pour déposer des baisers dans son cou.

- … Hum… J’ai coupé du bois avec ton père, je devrais me doucher… Mais je peux bien continuer sur ma lancée de dépense physique tant que j’y suis… non ?

Ponctuant ses paroles de nouveaux baisers dans son cou, il sourit.

- Et si tu pouvais isoler cette pièce très viiite parce que n’obtenant aucune réponse je me vois dans l’obligation de prendre ceci pour un  « oui, tout de suite » et je parie que dans moins de dix secondes je t’aurais enlevé le moindre bout de tissu pouvant m’empêcher de constater à quel point ma fiancée est merveilleusement sexy…

Il avait dit « ma fiancée »… Comment résister à ça ? Et comment résister à un si charmant garçon de toute manière ? Heureusement que la magie de la demoiselle était efficace et la mère très occupée par la préparation du diner vu qu’ils avaient mangé en début d’après-midi et que le jeune homme s’était entrainé après avoir coupé du bois.
Ils étaient finalement descendu, lui les cheveux encore humides de sa douche et avait grignoté un repas léger au coin du feu, se racontant toutes sortes d’histoires, plaisantant et riant. Cassidy semblait plus réceptive et plus investie que quelques heures plus tôt et de toute manière, comme ils étaient installés dans un canapé, son compagnon la pressait tendrement dans ses bras ce qui ne manquait pas apparemment de la ravir… Surtout qu’elle venait d’avoir la preuve qu’elle était toujours merveilleusement attirante pour lui vu comme il avait chouiné avoir du mal à l’observer sans bouillir de désir depuis le début de la journée… et comme toutes les journées en fait. Décidément, elle avait bien besoin d’être rassurée cette petite demoiselle.
Ils décidèrent ensemble de voir dans quelques jours, au temple de la ville voisine les gardiens du temple pour se déclarer « fiancés devant  les dieux ». Ce n’était pas un mariage, certes, ce n’était qu’un prémisse mais c’était réellement officialiser leur relation et Marilyn voulait déjà faire une petite fête dans le village pour le commémorer et étrangement… déjà plusieurs personnes semblaient être au courant vu les sourires des quelques habitants qu’il avait croisé en revenant de son « mini entrainement ».
Rires, bonne humeur, tout était prévu même s’il précisa qu’il valait mieux se préparer à la même réception à la cité, Maud étant au courant pour la bague, elle les attendrait probablement avec fête et fanfare !!!! Pauvre petite mage, dernière au courant, mais elle n’en avait pas vraiment l’air traumatisée.

Le lendemain, la journée fut bien remplie alors que bien des dames semblaient vouloir venir voir la petite Cassidy enfin fiancée et rencontrer pour celles qui doutaient de la durée de leur relation, son amoureux transi. Certaines étaient des amies de sa mère, d’autres d’anciennes camarades de classe en voyage pendant les passages de la demoiselle au village, toutes très surprises de revoir le petit Tristan devenu le grand… très grand Tristan. Certaines apportaient des gâteaux, d’autres des fleurs, bref, bavardages en tous genres. Heureusement qu’elles n’étaient pas ennuyeuses… Bien sûr, aucune n’avait eu l’ambition de Cassidy mais certaines s’étaient dirigées vers des voies intéressantes et  l’une d’elles était une jeune guérisseuse encore en apprentissage. Et quelques enfants étaient de la partie. Contre toute attente, Tristan, toujours aussi adorable avec les enfants organisa très vite des jeux avec eux dans le jardin, réquisitionnant d’autorité papy « Jordeth » pour occuper ces gredins ce qui donna un bien étrange regard au concerné : agacement ou amusement impatient ?

Le jour suivant, elle médita alors qu’il en profitait pour continuer de dessiner leur futur tatouage, lui proposant d’en choisir un et la dessinant bien entendu, avec  un sourire éperdu, ne manquant pas de donner le portrait à Marilyn.

- Il faudrait que je vous dessine avec Cassidy belle-maman… Et Jordeth aussi. La petite famille, ça ferait un thème superbe… dans le jardin dans l’idéal. Peut-être demain si vos amies ne vous harcèlent pas trop !

Mais le lendemain… risquait d’être difficile. Ils s’étaient rendus au marché de la petite ville proche dont l’un des côtés était protégé par d’immenses murailles naturelles qu’était une grande falaise. Ils flânaient tous les quatre tranquillement, profitant de la bonne ambiance, des vêtements colorés et des épices propres à la période estivale et à l’arrivée de différentes cargaisons de l’Est. Finalement ils s’étaient séparés un peu, Tristan s’éloignant pour aller observer un stand d’armes, confiant les dames à beau-papa.

Il le sentit ou plutôt le pressentit avant même de pouvoir le voir ou l’entendre. Au début, il crut halluciner, que c’était un coup de chaleur car s’il avait insisté pour que Cassidy mette un chapeau, il se promenait tête nue et chemise ouverte pour sa part, ce qui ne l’avait jamais gêné jusqu’alors. Au départ, c’était probablement une cible totalement arbitraire que cette ville, un choix parmi tant d’autres et puis il avait dû sentir la petite mage et l’énorme puissance magique enfermée dans ce corps mince, la gourmandise avait eu raison de lui, il avait choisi sa cible, son massacre. Un dragon. Corrompu… Qui n’avait rien d’un dragon, un monstre tout simplement, crée par la magie, difficile de faire plus noire d’ailleurs, qui voulait dévorer les mages, obéissait aveuglément à des ordres monstrueux.
Les habitants, flâneurs avaient été surpris de l’immense ombre qui s’était jetée sur le marché alors que le ciel était dégagé. Ils avaient levé la tête… Leurs cris de terreur avaient tous été étouffés par le rugissement monstrueux de la créature noire aux yeux rouges et blancs qui était apparue et qui se posa brutalement au sol, renversant des étalages et des personnes dans une cohue monstrueuse. Sa cible était déjà toute tracée.
Beaucoup étaient ceux qui figés par la terreur étaient incapable de réagir, tombant au sol, pleurant, pris de cette peur panique qui donne des ailes mais donne aussi toutes les faiblesses ! C’était une énorme créature oui, qui ressemblait vaguement à un dragon en ayant apparemment la puissance, les ailes, les crocs et les griffes acérées mais issue d’un croisement répugnant qui sentait plus que de raison un démon plutôt puissant. Rendu mortel, il n’en était pas moins impressionnant, bien armé et surtout… libre et dangereux, affamé. Il poussa un rugissement monstrueux et terriblement disharmonique qui fit hurler de douleur plus d’une personne… Pourtant, ce cri puissant fut recouvert par un autre d’autant plus fort alors que la créature se jetait en avant, ayant flairé sa proie.

C’était Tristan, il avait hurlé le nom de sa compagne, enfin son surnom plutôt, traçant à une vitesse folle la distance entre lui et la jeune femme. Elle avait déjà incanté sa magie, protégeant des habitants, d’instinct quand la créature était apparue, une barrière magique se formant, vague dôme doré protecteur qui ne pouvait pourtant pas supporter n’importe quelle charge. Ca l’avait rendue d’autant plus repérable aux sens de la créature qui s’était aussitôt tournée vers elle et sa famille, ouvrant une gueule béante. Elle allait utiliser Alanir, c’était plus que probable… Or, ses réactions instinctives, certes excellentes étaient fatigantes, elle était enceinte et pas encore remise ni de ses récentes mésaventures, ni de son opération avec le parasite. De toute façon, la question ne s’était même pas posée !
Tristan avait plongé la main dans sa sacoche qu’il ne quittait jamais, l’autant pourtant de son épaule en la jetant à Jordeth dès qu’il eut saisi d’un geste la garde de son épée et qu’il l’eut sortie de son fourreau.
Il était arrivé dans un dérapage à peine contrôlé, juste à temps devant Cassidy et avait placé son épée directement devant la face énorme pleine de crocs qui s’était mise à forcer contre la lame, grondant en cherchant à faire reculer l’épéiste. Le choc fut énorme et pourtant s’il se répercuta dans le sol, Tristan bougea à peine, ses muscles tremblant à peine sous la pression. Un éclat passait sur sa peau, ses écailles le protégeaient et avoir appris à absorber les chocs avait beaucoup de bon aujourd’hui.

Il luttait contre la créature pour l’empêcher d’avancer tandis que les mages de la cité, Cheistams ou juste habitants, se réunissaient pour former ensemble une barrière de protection suffisamment puissantes, habitants et visiteurs se dépêchant de les rejoindre.
Le tout n’avait duré que quelques secondes et Tristan luttait justement, arrivé à temps avant qu’elle ne révèle à trop de monde un secret que bien des hommes n’étaient pas en mesure d’accepter sans tirer des jugements hâtifs. Et il savait qu’elle allait le faire quand même… C’était risqué pour elle, pour sa reconnaissance en tant que mage, en tant qu’humaine mais aussi pour sa santé, il le savait, il le sentait !

- Cassy non !!!

Il ne s’était même pas tourné vers elle, son front se couvrant de sueur, les muscles contractés alors qu’il luttait toujours contre la créature qui essayait de le faire reculer, ses pieds fermement ancrés dans le sol formant déjà de profonds sillons, preuve qu’il reculait malgré tout !
Son ton pourtant ne souffrait d’aucune réplique. Il jeta un bref regard à ses beaux-parents, plein de sévérité mais aussi de confiance.

- Mettez vous à l’abri ! Amenez-la à l’abri !Cassy !!! Protège tes parents ! C’est trop tôt… Tu ne peux pas… Je gère, ne t’en fais p…

Déjà ses parents cherchaient à entrainer la jeune femme qui résistait bien sûr mais n’en avait sans doute pas la force nécessaire. Preuve aussi que ses pouvoirs n’étaient pas encore au top niveau même si forcément la magie liée à ses sentiments était plutôt au beau fixe ! Elle était atrocement pâle et ne semblait pas accepter du tout l’idée mais de toute façon, son corps ne pouvait pas suivre et il le savait bien. Il avait promis à sa famille de la protéger, il se l’était promis à lui-même… C’était le bon moment pour prouver qu’il n’était pas qu’un beau-parleur. Seulement son manque d’attention, bien que bref n’avait pas échappé à la créature. Brusquement une monstrueuse épine dorsale  lui poussa en plein milieu du front, droit vers le buste du jeune homme. Ca par contre… c’était assez innovant ! Lui même pouvait redresser ses écailles et légèrement les allonger, certainement pas en faire des piques plus grandes qu’une jambe ni en créer de toute pièce !!!! Il l’évita juste à temps mais fit un pas de côté pour, ce qui affaiblit sa prise sur son épée qu’il tenait une main sur la garde, l’autre à plat sur le côté non tranchant de la lame pour maintenir la pression. C’est ce que la créature voulait. Elle donna un brusque coup sur le côté, tentant une feinte, Tristan voulut s’ajuster, croyant qu’il attaquait ceux qu’il aimait derrière lui, faux… Mauvaise estimation. Une autre épine monstrueuse surgit, manquant éborgner le jeune homme et traçant un sillon sanguinolent sur sa tempe gauche, glissée sous l’épée, la pique imprima une brusque pression qui déséquilibra son propriétaire.

Oh pas de beaucoup, juste assez pour que les monstrueuses mâchoires se referment sur une de ses jambes. La claquement et les craquements qui se firent entendre furent couverts par le hurlement du jeune homme… Mais apparemment le dragon n’avait pas l’intention d’en faire son quatre heures, il repoussa brusquement sa tête en arrière, les muscles puissants de son corps jouant sous le mouvement et relâcha la jambe de sa victime quand celle-ci fut au-dessus de lui. Tristan fit un magnifique vol plané, si haut et si violent qu’il atterrit carrément dans les arbres de la forêt près de laquelle se trouvait ce côté du marché.

Déjà la créature se retournaient vers ses victimes, bien décidées à dévorer la jolie demoiselle si puissante et ses parents et… puis à massacrer tous ceux qu’il n’aurait plus la place de stocker. Sauf qu’un rugissement furieux surgit du… ciel…
Personne n’avait vu d’où était brusquement venu le dragon rouge qui entra directement en collision avec le dragon noir pourtant plus grand que lui, pas de beaucoup certes, mais quand même ! Il ne devait pas être très loin et pourtant… Les gens avaient crié en voyant l’autre créature apparaitre, comme si un monstre ne suffisait pas, sauf que celui-ci… venait apparemment les sauver.

Tristan s’était transformé. Ayant atterri au pied de la falaise, dans un arbre, faisant fi de sa jambe qui lui faisait horriblement mal, il s’était transformé tout en remontant en hâte le bord de la falaise, personne ne l’avait vu, personne ne regardait par là… Sauf peut-être Cassidy et encore ! A présent transformé, à présent de taille à affronter son adversaire et très en colère, il se battait avec une énergie décuplée, pas du tout prêt à ce qu’on touche à SA fiancée.
Les parents de Cassidy avaient réussi à l’attirer sous le dôme magique tandis que des mages lui demandaient son autorisation pour se servir de son énergie à défaut de lui demander de participer activement au dôme, au risque de le fragiliser si elle n’était pas assez en forme, pas assez remise. Tous les dons utiles étaient drainés pour renforcer la barrière, bref, chacun y mettait du sien… tandis que dehors le combat faisait rage. Et pas qu’un peu.

Les hurlements des deux créatures se répercutaient et résonnaient contre la falaise. Tous les animaux dans le village ou autant avaient fui, se terrant, ceux attachés recroquevillés tremblaient de peur ! Oh bien sûr, les deux parents avaient paru horrifier de voir leur gendre faire un tel vol plané et devaient beaucoup s’inquiéter pour lui puisqu’ils ne savaient pas que c’était lui qui se battait actuellement… mais cette inquiétude attendrait justement !

Le combat n’était pas très égal… Tristan se battait énormément en défense malheureusement. En effet, suite à la première charge, son adversaire avait compris qu’il était fort et en colère, à défaut d’être très intelligent et utilisait ses piques et leur prolongement pour blesser le dragon rouge à chaque charge…Heureusement, il ne pouvait pas se concentrer sur toutes les parties de son corps en même temps et cela donnait des ouvertures au Drakkari. Mais rapidement, il fut couvert d’entailles et de ces pics brisés, des bouts juste dans les ailes et les pattes. Néanmoins, il avait réussi à mettre son adversaire dans un bel état et avait réussi l’espace d’un instant à lui mordre férocement la gorge, cherchant apparemment à lui ouvrir ainsi la carotide ou ce qui s’en approchait chez un dragon. Mais la créature avait réagi et un de ses piques avait cruellement blessé le jeune dragon directement dans la mâchoire, heureusement qu’il avait reculé, le pique autrement lui aurait traversé la cavité buccale… pour finir par atteindre son cerveau et là…

Au sol, Tristan était désavantagé. Il l’avait toujours su. Il était un voltigeur, pas un marcheur. Il n’avait pas la musculature, ni les appuis de son adversaire et cela jouait franchement en sa défaveur même si en face de lui, l’ennemi était sacrément… stupide. Plusieurs fois, il s’était envolé, le narguant, cherchant à l’attirant dans le ciel, son domaine mais à défaut d’être intelligent, l’autre était instinctif… et comprenait parfaitement son manège.
Dans le dôme, les conversations allaient bon train, les murmures angoissés, les incompréhensions, pourquoi cette attaque, les discussions haineuses sur l’engouement des Kaärs, la surprise de voir un autre dragon intervenir… Après tout ce n’était pas la première attaque d’une créature monstrueuse… mais la première assurément durant laquelle un dragon, un vrai, intervenait… Depuis quand les dragons se souciaient-ils des humains ?! Plusieurs coups avaient plu sur le grand dôme, faisant trembler et pâlir même les plus costauds, éprouvés par la dépense magique… C’était la créature qui cherchait à la briser, les renversements et bousculades entre elle et Tristan, les coups de queue furieux… Les humains étaient décidément bien démunis face à cette barrière.

Une énième fois, Tristan se retrouva en position de faiblesse, basculé en arrière, à quelques pas du dôme alors que son adversaire se jetait sur lui pour le mordre à la gorge quand une idée le frappa. La falaise…
Il ramena ses pattes arrière, les détendant à la dernière seconde malgré la douleur qui irradiait dans sa jambe blessée préalablement. La créature fut repoussée tandis qu’il se redressait… De manière curieuse, il se contenta d’éviter faiblement, comme s’il n’avait plus de force les derniers coups de son adversaire, jusqu’à se retrouver accolé à la falaise. Une seule pensée cohérente lui échappa alors, directement adressée à Cassidy alors que jusqu’alors tout n’avait été que stratégie, code, combat. Il lui ordonnait plus qu’il ne demandait de faire céder la barrière rocheuse au-dessus de sa tête quand il lui dirait « maintenant », de lui faire confiance. Son propos était cohérent… il savait qu’il lui en demandait beaucoup mais il savait qu’elle pouvait y arriver aussi, il le lui dit, surprenant même de loin l’inquiétude mais aussi la pointe de fierté dans son regard noisette. Il ordonna le maintenant, elle obéit heureusement, sans se poser de question… Pourtant, il ne chercha pas à éviter les coups… La créature le chargeait, hérissée de plusieurs pics démesurés, pensant l’avoir cette fois-ci, l’ordre avait claqué avant qu’il ne le touche mais quand les rochers churent sur les deux dragons, Tristan avait été touché déjà par les pics qui s’enfonçaient profondément cette fois dans son corps draconique. Un grand silence s’abattit…

Plus personne n’osait bouger ou parler… Les rochers se mirent à bouger, la monstrueuse gueule noire surgit… Mais le dragon rouge, prenant un vif élan aussi et lui en entier. Il se jucha sur son camarade, pencha la tête, saisit sa gorge entre ses mâchoires puissantes et tira d’un coup sec et violent. Il y eut un craquement, un bruit de déchirure et c’est ainsi que le méchant pas beau perdit la tête, au sens propre… L’hideuse face roula au sol à la surprise générale. Il y eut des cris de joie, puis de nouveau le silence, tous fixaient le dragon rouge haletant blessé qui pour le coup avait été sérieusement blessé par la dernière attaque même si ses écailles le protégeaient bien. Plusieurs piques étaient profondément plantés dans son poitrail mais… par rapport à son gabarit, ce n’était pas vraiment grave. Apparemment, ils attendaient de savoir s’il était vraiment de leur côté. Le regard orangé se fixa sur Cassidy alors que le dragon semblait esquisser une sorte de sourire. Il poussa un rugissement, fléchit les pattes arrières et malgré les blessures de ses ailes décolla sans mal, s’envolant et disparaissant rapidement derrière la falaise…Une pensée parvint à Cassidy, franchement désorganisée par rapport à la dernière, preuve de sa fatigue. Il lui donnait sa position pour le rejoindre mais curieusement ne finit par sa phrase là aussi.

Oh bien sûr, elle était déjà sortie du dôme, criant son nom, l’appelant, ses parents pas assez rapides pour le coup… Rapidement elle fut suivie et escortée alors qu’on cherchait à faire le bilan des blessés. Sauf qu’à l’endroit qu’il lui avait donné… Le Tristan en question était dans un état bien moins enviable que son alter ego dragon. Dans le pan de la falaise qui rejoignait la forêt se trouvaient des piques qu’il avait probablement ôté de son corps de dragon afin de pouvoir mieux guérir, plus vite et de ne pas souffrir… Seulement, il y avait une chose qu’il savait pertinemment, peu importe ce qu’on plantait dans son corps de dragon, il devait le retirer absolument AVANT de se retransformer car ce qui n’était guère impressionnant pour un corps massif, immense de dragon était souvent mortel pour un corps d’homme… Et malheureusement pour lui, le jeune homme avait faibli, perdant sa transformation avant de pouvoir se débarrasser du dernier pique. Probablement avait-il voulu se ressaisir mais la douleur avait été telle qu’il s’était évanouie… ça expliquait son cri de douleur retentissant alors que Cassidy le cherchait et le fait qu’elle le trouve si vite aussi du coup…

La plupart des piques n’avaient laissés que des blessures superficielles puisque se transférant proportionnellement à son corps « humain »… Il avait des entailles sur les joues, les bras, le torse, sa jambe devait lui faire très mal mais ce n’était rien, absolument rien comparé à la vraie blessure qui était déjà en train de le tuer… Un des piques était resté planté dans son corps alors qu’il se retransformait et le pique lui ne s’adaptait pas à sa nouvelle forme. Ce n’était qu’un morceau… la longueur d’un bras, l’épaisseur d’un bras… mais qui du coup, à peine planté dans son corps de dragon, lui traversait l’abdomen de part en part, trempant l’herbe autour de lui de tant de sang que la terre n’avait pas le temps de l’absorber…

Il était inconscient aussi ne se rendit-il pas compte de ce qui se passait autour de lui… Ni l’hystérie de sa compagne, ni les paroles de ses beaux-parents qui cherchaient à la retenir, ni les guérisseurs qui les avaient rejoints en vitesse pour soigner le garçon sur place au mieux pour commencer. Alors que Jordeth pressait sa fille contre lui, les guérisseur examinait le garçon, l’énorme pique qui traversait son torse. Ils coupèrent celle-ci au plus proche de la blessure pour qu’elle ne soit plus menaçante, n’osant pas la retirer apparemment, ce qui était pourtant. bah important quand même !… Ils secouèrent la tête, navré.

- On ne peut rien pour lui… La blessure est énorme… Il doit avoir les organes en miettes… Même si on arrivait à extraire cette épine sans toucher sa colonne et donc sans le paralyser, si on parvenait à soigner ses organes à temps, il mourrait des suites de l’hémorragie… Nous ne sommes pas équipés… Sa respiration est déjà quasi nulle, il ne…

Là… elle avait plus que probablement hurlé, se débattant et se précipitant sur son petit ami en insultant copieusement ces idiots… ou en pleurant, ça restait à voir… Ils cherchèrent à l’arrêter alors qu’elle faisait quelque chose de… très étrange… se juchant à califourchon sur ses hanches avant de l’embrasser, les mains sur ses deux joues, évitant de toucher au pique qui blessait déjà bien assez le jeune homme. Leurs baisers… Pour une raison étrange et inconnue, il lui avait prouvé à de maintes reprises que quand il l’embrassait, elle le soignait… Elle n’avait jamais compris pourquoi, ni si ça venait d’elle ou si c’était lui qui le pouvait en tant que dragon… Après tout, elle peinait vraiment à utiliser son pouvoir dans les moments critiques, quand ses affects étaient trop chamboulés. Mais là… Ca ne marchait clairement pas… C’était vraiment le mauvais, très mauvais moment pour se rendre compte qu’il devait être conscient pour que ça fonctionne. Elle l’appelait, le secouait, réessayait, mais il ne bougeait pas… Les guérisseurs l’empoignèrent sévèrement pour l’éloigner pour éviter qu’elle ne se blesse, désolés de sa douleur mais ne voulant pas avoir une blessée de plus sur le dos… Comment étaient les parents ? Dans quel état alors même que tout allait si bien peu avant pour… leur fille, leur « beau-fils » ? Et d’où venait cette épine d’ailleurs au juste ?

Peu importait… mais quand les guérisseurs empoignèrent Cassidy en lui disant que c’était trop tard, en essayant de l’éloigner alors qu’elle pleurait et s’accrochait à son compagnon, une chose… vraiment surprenante se produisit. Ce fut juste quand ils la touchèrent et forcèrent sur son corps mince. La pierre autour du cou du jeune homme se mit à luire au moment même où il ouvrait brusquement les yeux, les pupilles aussi fines que des têtes d’aiguille ! Il se redressa si brutalement en position assise. Un de ses bras passa aussitôt dans le dos de sa compagne toujours à moitié à califourchon sur ses hanches alors qu’il l’attirait contre lui. Sa main se ferma sur celle posée sur son épaule qui essayait de la faire reculer et il la tordit sans pitié tandis que son propriétaire poussait un glapissement de douleur et de surprise… Son autre main s’était fermée en un poing vengeur qui s’abattit directement dans la mâchoire de l’autre guérisseur qui fut si violemment projeté en arrière qu’il valsa carrément dans un buisson. Un grognement mauvais, menaçant s’échappait de la gorge du jeune homme qui perdit l’instant d’après son côté agressif, semblant très surpris de voir tout ce monde, de sentir Cassidy contre lui… La surprise fut cependant immédiatement remplacée par une énorme grimace douloureuse alors que du sang coulait entre ses lèvres…
Déjà elle assurait une prise derrière sa nuque et l’aidait à se rallonger, l’air à la fois totalement ébahie et un peu en colère qu’il ait mis tant de temps à se « réveiller »… Bah quoi ? Il avait promis de ne plus la quitter, ce n’était pas maintenant que ça allait commencer !!!!!

Il grimaçait, passant la main sur son torse, essayant de la regarder en souriant alors que les deux parents devaient se sentir impuissants. Tristan se mit à tousser, serrant les dents de douleur. Les deux guérisseurs, remis, n’en croyaient pas leurs yeux mais ils affirmèrent avec peu d’entrain que ça ne changeait pas grand chose, que de toute façon, ils ne pouvaient pas l’aider… Cassidy les foudroya du regard et chercha d’elle-même à empoigner la base de l’épine pour l’extraire du corps du jeune homme afin de le soigner, s’excusant déjà. Il attrapa aussitôt sa main, un regard sévère posé sur elle, la repoussant alors qu’elle tentait une seconde de lutter en comprenant avant tout le monde ce qu’il avait en tête. Il comprit vaguement, encore dans les vapes qu’elle disait qu’il allait se faire mal, qu’elle pouvait le faire. Bien sûr que non… C’était un morceau de dragon… Ca la blesserait. Il n’était pas encore assez assommé pour le permettre. Il savait qu’il allait avoir mal, pourtant c’est sans hésitation, tenant toujours Cassidy à distance de sa blessure (bien qu’elle soit toujours sur ses hanches), qu’il attrapa la base de l’épine et tira d’un coup sec. Il détourna aussitôt la tête d’elle alors qu’il entrechoquait ses mâchoires en serrant les dents, se tournant par inadvertance vers les parents, relâchant au sol, l’espèce de grande dague naturelle qui l’avait sérieusement emplafonné. Nouvelle réaction béate des guérisseurs tandis que dédramatisant, faisant l’idiot, Tristan chantonnait que ça ne faisait pas mal alors même qu’il perdait encore plus de sang et qu’il avait pâli, les yeux rouges et les mains tremblantes à cause de la douleur.

Mais elle était là sa petite mage et elle ne le laissa pas dans la souffrance. Une nouvelle fois, elle se pencha sur lui et effleura se lèvres des siennes, malgré le goût de sang qu’il devait conserver. Aussitôt une lumière dorée commença à tracer de fines arabesques sur le corps du jeune homme, surtout sur sa blessure sérieuse, les autres pouvant attendre. D’ordinaire, il se contentait d’un baiser chaste, pourtant, cette fois, il l’approfondit, glissant ses mains dans le dos de sa compagne, imprimant une pression sur ses reins, humant son odeur avec délectation, les yeux clos.
Ah ben là… les guérisseurs tombèrent carrément par terre… parce que sous leurs yeux, la blessure mortelle du jeune homme était en train de guérir… Oh pas totalement mais elle n’avait plus rien de grave, plus rien du tout… Du moins quand il fit cesser leurs baisers longuets. Elle sembla surprise et regarda sa blessure avec inquiétude, se repenchant sur lui, voulant apparemment… continuer mais il effleura son visage du bout des doigts, toujours allongé sur le dos et ayant a priori oublié la présence de toute autre personne autour d’eux.

- C’est bon princesse… le reste je guérirai tout seul… Ce n’est rien. Tu m’as sauvé c’est bon… Fais attention à toi, tu ne le contrôles pas encore assez pour situer ta limite et je sais à quel point tu risquerais, même en la connaissant… de la franchir.

Elle ne semblait pas tout à fait d’accord, mais il allait clairement mieux, l’observant avec tendresse, l’air fatigué par son combat mais entier et même sa jambe semblait en bon état du coup. De quoi décourager bien des guérisseurs de leur monde ! Même les plus doués !!!!
Pourtant, elle était toujours inquiète, toujours chamboulée, ça se voyait, il tenta de la faire rire, de la faire sourire, comme il s’était promis de toujours le faire quand elle irait mal… en énonçant une vérité polissonne mais un brin surprenante, c’est vrai… et malheureusement assez fort aussi pour faire dédramatiser guérisseurs et parents… Quoique… n’était-ce pas ce qu’il recherchait ?

- Dis… Avec tout le sang que j’ai perdu… faut vraiment que tu sois canon et que tu embrasses comme une déesse pour que j’ai une érection maintenant hein… jdevrais pas être mort d’hémorragie ? Mais où mon corps trouve t-il tout ce… oooh, salut beau papa ! Belle-maman !.. Vous n’avez rien entendu voyons ! Je parlais de… mes réactions oui… réactions…

Le clin d’oeil complice… Ah… Il avait fait exprès, sauf qu’un sourire en coin à sa compagne, rien qu’à elle, lui disait juste que sa phrase n’était pas un mensonge et que si elle se reculait très légèrement, elle allait bien le remarquer… Elle rougit, il sourit, ravi de voir qu’elle reprenait des couleurs et ses réactions.

Bon ça avait été une journée pour le moins… catastrophique mais au final on ne dénombra que des blessés, aucun mort… Tristan s’appuya sur Jordeth pour marcher, boitant encore et après un compte rendu avec des mages pour un rapport aux Cheistams, ils rentrèrent au village alors qu’on venait déjà leur demander comment ils allaient, décidément les secrets, ça ne durait pas dans le coin… Jordeth aida son gendre à monter à l’étage, mais le jeune homme insista pour prendre une douche avant de s’allonger, encore maculé de sang et de boue, même s’il devait se ménager et se reposer au moins aujourd’hui. Bien des questions subsistaient dans cette ville entre les uns et les autres et aussi beaucoup dans cette famille suffisamment intelligente pour avoir remarqué qu’il n’avait pas de telles blessures quand il avait voltigé et plus encore que le lie