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 Un retour attendu...

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Tristan Konogan
Professeur Initiation et Maniement des Armes
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Messages : 600
Date d'inscription : 09/05/2012
Age : 25

Feuille de personnage
Race: Drakkari
Royaume:
Vocation: Guerrier

MessageSujet: Un retour attendu...   Ven 14 Mar - 21:42

Aie… Elle savait… Une grande discussion s’imposait donc… Tristan fut patient malgré le discours de sa chère et tendre quelque peu alarmant et la bien triste tournure de leur couple. Il écoutait en silence, comprenant qu’elle avait été encore plus éprouvée qu’il ne l’avait cru par son comportement. Pourtant il avait essayé de ne pas l’alarmer, de faire le moins de vague possible pour qu’elle ne se doute de rien, qu’elle ne s’inquiète de rien tant qu’il n’avait pas trouvé une issue quelconque. La mission de la jolie jeune femme aujourd’hui était de prendre soin d’elle, de revivre, de profiter de cette joie de vivre dont elle avait tant manqué ces si longs derniers mois. Bon bien sûr, lui aussi avait été malheureux mais c’était différent puisqu’il avait un peu « oublié », pas elle bien sûr, pas totalement, mais assez pour ne pas souffrir au final, pas trop. Finalement, peut-être que son choix de lui faire oublier leur aventure quelques années plus tôt n’était pas si stupide et peut-être, malgré tous les effets secondaires délétères, ceci avait entrainé une certaine sauvegarde à l’époque de la jeune femme encore trop fragile… Après tout, lui n’était pas dupe, il savait que ça l’avait sauvé de la folie durant leur très récente rupture. Il se souvenait sans mal aujourd’hui de son état avec son grave accident. Il allait si mal… D’accord il restait du côté du bien, il lui en avait fait la silencieuse promesse, mais il souffrait tant qu’il ne voulait que mourir et la savoir avec un autre n’avait été que pire… Même s’il n’y avait rien entre elle et Erwan à ce moment-là qu’une amitié secourable.
Alors… Il avait survécu ces derniers mois parce qu’il avait oublié… Et quand il s’était souvenu, ça avait fait si mal… Mais plus encore d’apprendre, de savoir qu’elle avait été malheureuse, de savoir qu’au final, c’était juste lui qu’elle voulait retrouver et qu’Erwan, malgré sa gentillesse et ses extraordinaires qualités humaines, n’était qu’un remplaçant.

Mais le Drakkari avait encore bien du chemin à faire pour en être réellement convaincu et peut-être qu’au final il ne le serait jamais. Certaines choses ne pouvaient pas être effacées… et quand elles l’étaient, leur retour n’était que bien plus douloureux. C’est pour cette raison qu’il avait tenté de faire une plaisanterie comme quoi elle avait une drôle de manière d’essayer de le quitter. Oh il avait bien vu comme elle se rebiffait déjà, prête à râler, à se défendre, à les défendre tout simplement. Mais ce n’était qu’une plaisanterie… une simple plaisanterie, dont le fond tremblant de vérité était peut-être encore perceptible… mais aujourd’hui, seulement pour elle.
Oui… Aujourd’hui, elle devait être heureuse, elle devait aller bien, il y veillerait. Et pour ça, il voulait qu’elle se contente de cette joie de vivre, sans se soucier du reste, mais c’était bien trop demander à cette demoiselle si altruiste et qui… était peut-être un peu trop amoureuse et sensible en ce moment. Il prit son temps pour parler, pour tout lui expliquer, dans les détails, n’en omettant aucun ou presque. C’était ce qu’elle voulait à présent, il obéissait donc docilement. Qui irait encore croire qu’il n’était pas totalement sous sa coupe ?

Il parlait encore et toujours alors qu’elle demeurait silencieuse, l’écoutant, tant d’expressions défilant sur l’adorable minois de la demoiselle. Par contre, il comprit qu’il avait vu juste lorsqu’il parla de sa partie dragon qu’elle n’acceptait pas réellement. Elle avait tant rougi et si vite, détournant les yeux, l’air coupable, troublée, qu’il était difficile de ne pas comprendre. Allons bon, c’était donc vrai… Ca, c’était blessant bien sûr mais ils avaient déjà bien assez de choses difficiles à traiter pour l’instant, inutile d’en rajouter. Il ne se formalisa donc pas de son attitude, continuant tranquillement de s’exprimer comme si de rien n’était. Mais c’est vrai que ça faisait mal… plus qu’il ne l’aurait, son silence parlant pour elle. Tiens, son coeur se serrait vraiment fort à ce constat. Etrange…

Son idée de tout dire aux Cheistams afin d’éviter des ennuis à la jeune femme, afin qu’ils puissent tout simplement être ensemble au grand jour n’était pas mauvaise et il avait dû suffisamment bien se défendre et prouver ses intentions pour que finalement on accepte de revenir sur son cas. Mais il est vrai qu’avec l’accroissement phénoménal ces derniers mois des puissances maléfiques, les Cheistams cherchaient en chacun un allié et un demi-dragon n’était certainement pas un soldat à laisser passer !
Sa gêne par rapport à l’école ne lui échappa pas. Oh bien sûr, il ne savait pas réellement ce qu’il en était, il pensait juste qu’elle avait un problème avec ce qu’il disait ou pourquoi pas tout simplement avec les risques qu’il avait pris en essayant de lui faire cette « surprise ». Mais ce n’était pas bien méchant et il savait vite se faire pardonner après tout.
Par contre, il s’exprima quant à la possibilité de ne pas se cacher. Pour sa part, même s’il pensait qu’il ne devait pas avoir honte de ses origines et même s’il avait l’impression que sa partie dragon prenait chaque jour un peu plus de place sur sa partie humaine, tout dévoiler était encore… risqué. Oh, elle avait tout à fait raison, les élèves pouvaient avoir peur, des envies de vengeance ou autre et ce n’était vraiment pas le moment pour cela. Néanmoins, s’il arrivait à suffisamment travailler sa transformation pour pouvoir se transformer en jeune dragon au lieu de celui adulte qu’il devenait ou si elle lui lançait un sort pour qu’il se transforme en jeune dragon justement à chaque fois que des indiscrets passants étaient dans le coin, tout se passerait pour le mieux… Ca restait à travailler encore et à démontrer… Mais essayer d’être moins lui-même simplement pour être avec elle à l’Académie lui était impossible. Aujourd’hui, plus que jamais, enfermer le jeune homme était délétère pour lui et même dangereux…

Enfin, ce fut au tour de la jeune femme de s’exprimer et elle lui avoua qu’elle était fâchée. La suite non plus ne lui plut pas alors qu’il ne détournait pas les yeux curieusement, la fixant avec d’autant plus d’intensité bien que brusquement les muscles de sa mâchoire en tension montraient qu’il était inquiet et crispé.
Mais ce n’était qu’une fausse alerte au final, elle voulait juste qu’il se voit… comme quelqu’un de mieux que ce qu’il semblait percevoir. Apparemment les qualificatifs qu’il avait pu donner pour se qualifier n’attiraient guère la sympathie de la jolie mage. Les lèvres du jeune homme frémirent légèrement, se relevant de manière imperceptible. Oh il appréciait qu’elle le contredise mais elle avait tort, il était bel et bien ainsi… quand il n’était pas avec elle. A croire que ses bons côtés ne pouvaient réellement ressortir qu’en sa présence. Oh bien sûr il pouvait se montrer très correct et aimable avec les autres mais c’était à sa fantaisie, selon son bon vouloir et de manière totalement imprévisible, elle était la seule constante de sa vie et ça… eh bien elle peinait vraiment à le réaliser apparemment. Alors, oui, c’est vrai, il n’était pas spécialement comme il décrivait les Drakkaris, du moins tant qu’il serait avec elle, mais il y aurait toujours cette petite crainte de devenir égoïste… Et puis égoïste, il l’était… mortellement, ce n’était pas parce qu’il le lui cachait pour ne pas la faire fuir que ce n’était pas le cas !

Mais c’est vrai qu’elle était rassurante et que mine de rien, ses paroles avaient… un certain impact sur lui. Il ne l’en trouva que plus adorable, plus lumineuse et parfaite, inquiet de tout ce que cela sous-tendait. Sa proposition d’aller voler pour se changer les idées fit naître un sincère et magnifique sourire sur le visage du Drakkari qui acquiesça vivement, ravi ! En plus, c’était bien la preuve qu’elle lui faisait confiance pour qu’il lui dise s’il ne s’en sentait pas la force, qu’elle était consciente du manque terrible qu’avait provoqué l’absence de ce jeu et également l’incidence qu’elle avait sur lui, guérisseuse, quand il allait mal, inconscient.

Il l’attendit tranquillement, patient, pendant qu’elle se changeait et la déshabilla littéralement du regard quand elle revint, ne s’en cachant pour ainsi dire pas du tout et la fixant suffisamment intensément pour que ce soit elle qui détourne les yeux, les joues rouges et mine de rien, un petit sourire satisfait aux lèvres ! Ah ! Bien cruelle demoiselle !
Pourtant, il laissa échapper ses ressentis pour une fois, beaucoup plus expressifs, lui attrapant vivement la main avec un sourire impatient, semblant trépigner sur place, trop heureux de pouvoir retourner voler avec elle. Oui… Au final, à lui aussi ça manquait, terriblement, bien plus qu’elle ne s’en doutait…
Que dire de cette séance de vol juste parfaite ? Le temps était au rendez-vous, la brise parfois incertaine provoquait quelques bourrasques mais le dragon rouge s’y accomoda très vite parfaitement, apparemment nullement gêné. Etrangement, c’était comme s’ils avaient progressé inconsciemment. Peut-être était-ce aussi le fait de mieux se comprendre, de mieux se percevoir et d’être conscients des sentiments qu’ils se portaient l’un l’autre qui les aidaient mais ils étaient particulièrement à l’aise pendant ce long temps de cascades et de vitesse.
Oh Tristan savait bien qu’elle adorait son esprit dragon et qu’elle était très liée à celui-ci mais elle ne pourrait jamais déprécier les vols avec son fiancé… Après tout, lui était autrement plus… rapide ! Il était fait pour ça… Un voltigeur. La vitesse et les acrobaties étaient… dans ses gènes, du moins c’est ce qu’on pouvait franchement croire quand il était dragon et laissait libre cours à ses instincts de vol, parfaitement à l’aise et oubliant, comme elle le lui avait appris, sa cavalière pour la laisser l’accompagner, le guider légèrement, bref… faire corps avec lui. Ils finirent par s’arrêter. Pas parce qu’ils étaient fatigués, mais parce que la reprise était tout de même intense et qu’il ne voulait pas trop la brusquer et puis… Il adorait voler avec elle bien sûr, mais trop de temps passé sans la tenir dans ses bras lui pesait bien plus rapidement qu’il n’était prêt à l’admettre. C’est d’un commun accord qu’ils s’étaient arrêtés, lui se retransformant en la réceptionnant comme toujours de cette si particulière manière, un sourire complice aux lèvres. C’était une petite clairière, à peine visible depuis le ciel et dont ils avaient aujourd’hui la primeur. C’est enthousiaste et débordant apparemment d’énergie que le jeune homme avait attrapé la main de sa compagne, la guidant sur les pierres glissantes d’un petit ruisseau pour grimper avec elle sur un rocher qui semblait plutôt confortable. Il faisait comme toujours très attention à elle, mais juste du coin de l’oeil, la laissant se débrouiller, prêt à intervenir mais totalement confiant tout de même.
Une fois assis et tenant la demoiselle dans ses bras, Tristan cessa de s’agiter et un grand sourire apaisé illumina ses traits alors qu’il enfouissait aussitôt son visage dans la masse si douce et légère des mèches dorées de sa compagne, poussant un soupir d’aise plutôt équivoque. Elle fit néanmoins l’erreur de lui dire qu’elle l’aimait… Aie… Aie… Que dire du brusque frisson qui ébranla son compagnon surpris et assez… ému pour le coup. Gromph ! Il ne fallait pas le prendre au dépourvu comme ça. Il émit un léger grognement alors qu’elle ne devait pas être dupe, tournant légèrement la tête vers lui pour le voir détourner les yeux un peu rougissant, juste un peu… mais ça restait quand même voyant surtout chez lui. Avait-il besoin réellement de lui répondre ? Ses sentiments elle devait bien les connaitre à force. Il n’avait pas encore trouvé comment lui montrer. Non le problème n’était pas qu’elle lui dise qu’elle l’aimait, c’était toute la vague de sentiment qu’elle avait éprouvé en prononçant ces quelques mots, brûlants de sincérité et qu’il avait perçu à travers leur lien… pour lequel il était tellement plus sensible qu’elle étrangement…

Il frémit en la sentant frotter sa tête contre son torse. Tsss… Elle faisait comme si elle n’avait rien vu alors ? Plutôt sympa pour son ego. Il sourit, déposant doucement ses lèvres dans sa nuque… en se démontant à moitié le cou au passage certes mais ça restait… trop agréable pour y renoncer. Il la sentit imperceptiblement se tendre quand elle voulut lui parler et il se fit aussitôt très attentif, comprenant que ça allait toucher à leur toute récente conversation et que ce ne serait pas forcément très agréable, pour l’un comme pour l’autre. Ses paroles le rassurèrent un peu c’est vrai… S’il y avait bien quelqu’un capable de lutter contre cette étrange « malédiction », c’était assurément elle. Oh il craignait qu’elle échoue bien entendu mais en même temps, la demoiselle avait plus d’un tour dans son sac et le lui avait déjà prouvé à de multiples reprises. Ils n’avaient rien dit de plus, l’un comme l’autre, lui parce qu’il avait déjà bien trop parlé, elle parce qu’elle réfléchissait probablement alors qu’il changeait imperceptiblement de position pour caresser du bout des doigts son ventre, l’air de rien.
Ils ne tardèrent pas beaucoup, décidé à profiter de séances de vol dans les jours qui suivraient en continuant les reprises en douceur. Une fois qu’ils furent rentrés, Tristan bailla en s’étirant et en faisant craquer les jointures de ses poings puis de ses poignets.

Elle était déjà motivée et investie, se plongeant dans ses recherches effectives, observant le manuscrit, prête à en étudier le moindre paragraphe. Sa première solution était plutôt bonne au final. Après tout, le bracelet en question pouvait stopper le bébé à travers elle. Tristan lui fit d’ailleurs un léger sourire rassuré, heureux de savoir qu’il n’allait pas devoir s’éloigner, ce qu’il aurait refusé de toute manière. Par contre, elle ne devait pas sous-estimer la mémoire du jeune homme car ce bracelet, il s’en souvenait, pour l’avoir vu trop souvent en continu au poignet de la jeune femme, pas difficile donc de comprendre qu’elle l’avait bien trop utilisé dans le passé… et plus que certainement à cause de lui. Une claque de plus, un poids de plus, qui faisait inexorablement pencher la balance… Comment pouvait-on lui reprocher de n’être que têtu, imprudent et trop protecteur quand il se rendait compte des dangers qu’elle avait déjà encourus ?!

Il s’était contenté d’acquiescer et ne se troubla pas une seconde, haussant à peine légèrement un sourcil lorsqu’elle se mit à parler avec son dragon. Oh oui, c’est vrai que c’était assez… troublant, même pour quelqu’un qui pouvait connaitre son secret pourtant rien semblait pouvoir surprendre son compagnon, silencieux, attentif qui l’observait avec une attention justement… toute particulière.
L’idée d’utiliser Alanir n’était pas mauvaise non plus même s’ils ignoraient si ça marcherait ! Après tout, le bébé n’était pas censé être conscient ni quoi que ce soit. La magie était comme un réflexe pour l’heure. Du moins, cela restait très étrange et au final, Tristan n’était même pas sûr de croire en toutes ses théories. En tous les cas, la petite mage était décidément penchée sur le sujet, posant de pertinentes questions alors qu’il esquissait une légère grimace, ennuyé par sa question à laquelle il semblait aussi réfléchir. Le Drakkari ne semblait plus très locasse. Pourtant il lui répondit, du moins essaya.

- En règle général, tous les humains ont un don à défaut d’être des mages. Les Drakkaris sont attirés par la force, la puissance… j’imagine que le bébé retourne le don contre son géniteur. Enfin… je ne sais pas trop.

Ne pas pouvoir répondre semblait l’embêter un peu, voire l’inquiéter mais même si c’était le cas, le jeune homme ne le formula pas, sans doute par bien d’autres choses encore, préoccupé.
Il l’observa longuement travailler et lire les longs paragraphes, les sourcils légèrement froncés, se mordillant la lèvre inférieure ou le bout de son crayon quand elle était particulièrement songeuse. De son côté, le jeune homme restait presque aussi immobile qu’une statue. Réfléchissait-il ou se contentait-il juste de la fixer, assoupi ? Son regard ne la quittait pas, la couvant littéralement mais avec une pointe d’admiration qui n’avait rien de l’aspect tranquille extérieur qu’il arborait.
Quand elle finit par le rejoindre dans le canapé, il ouvrit sagement les bras, l’accueillant avec le même ravissement que d’ordinaire et s’empressant de la câliner gentiment. C’est peu après qu’il s’était levé pour leur faire couler un bain bien mérité qui tourna bien vite dans une mission qui était apparemment d’inonder la salle de bains. C’est ce qu’il lui fit remarquer alors qu’ils se retrouvaient allongés par terre, essoufflés et qu’il y avait décidément bien plus d’eau au sol à ce moment là que dans la baignoire !!!!!
… Mouais, pour le coup, ils apprécièrent la magie de la jeune femme qui pouvait réparer sans mal et bien vite ce type de dégât même si ça semblait la fatiguer un peu…

Cela faisait bien des jours que Tristan n’avait pas aussi bien dormi et il put faire avec sérénité une nuit complète, ravi de pouvoir prendre sa chère et tendre dans ses bras sans risquer… de se faire cramer au passage.
Reconnaissant, il la remerciait par bien des caresses sur son dos et avant de s’endormir insista pour lui faire un massage, inquiet des courbatures qui risquaient de la guetter après leur séance de vol ! C’est qu’il y faisait attention à sa petite mage… quand même !
Le lendemain arriva bien vite et même si la demoiselle avait insisté sur sa décision de faire enfin leur tatouage, elle semblait bien déchantée au réveil et bien pâle en se rappelant ce qu’elle avait prévu de faire. La preuve, elle ne mangea pas grand-chose, grimaçant, en proie à ses pensées, sans doute en train d’anticiper.
Il sourit tendrement, se faisant d’autant plus attentif alors que peu après, en milieu de matinée, ils se rendaient chez le tatoueur en question. Il devait être doué, c’était lui qui avait réalisé tous les tatouages des jeunes gens dans la cité. Il était aussi un guerrier mais tatouer était son passe-temps et il se débrouillait vraiment bien.
Il sembla surpris de leur demande, Tristan lui expliqua avec franchise l’explication, il ne se formalisa pas et après avoir tracé au crayon les contours du dessin, il entama le tatouage.

Afin de rassurer la jolie jeune femme, Tristan passa en premier, histoire de lui montrer que tout irait bien même si c’était malheureusement pour eux, une des zones les plus douloureuses du corps. Mais il ne doutait pas que la marque au fer rouge, bien que plus rapide, avait été d’autant plus douloureuse pour la demoiselle. Aujourd’hui, elle devait oublier tout ceci et pour y parvenir… ce mirage, cette marque, cette alliance entre eux était un bon compromis. Il frémissait à peine alors qu’elle le fixait inquiète, lui se contentant de sourire et de parler de tout et de rien avec elle comme s’il… ne subissait rien au final. Le tatoueur était aidé d’une jeune assistante, une adolescente qui avait considérablement rougi lorsque sans la moindre gène, Tristan s’était débarrassé de sa tunique, puis s’était nonchalamment allongé sur la table prévue à cet effet, à plat ventre, détendant les muscles puissants de son dos bien rapidement. Le tatouage doré était encore là, minuscule pour l’heure, petit pentacle dans le haut d’une de ses omoplates, mais il paraissait aujourd’hui si pâle, effacé que bien des années semblaient s’être écoulées. Au final, ce n’était qu’une année… Mais qui l’aurait cru ? Quand ce fut au tour de Cassidy, il se fit d’autant plus tendre et rassurant alors que c’était au tour du tatoueur de loucher avec un intérêt à peine dissimulé sur l’élégante silhouette de la demoiselle. Tristan ne dit rien, ils se connaissaient après tout, pourtant, une lueur furibonde brilla un quart de seconde dans ses iris flammes…
Oulala…Pauvre petite mage. Ca lui faisait mal et décidément, elle ne semblait guère apprécier les aiguilles… Elle ne cessait de se crisper, ce qui obligeait le tatoueur à attendre qu’elle se calme pour pouvoir reprendre. Tristan essayait ainsi d’autant plus de la distraire, de la faire rire et sourire, caressant tendrement ses cheveux et son visage en lui promettant qu’elle aurait plein de gâteaux quand ce serait fini, ce à quoi elle avait vaguement répondu en grognant qu’elle n’était pas une petite fille… Avant d’ajouter une poignée de secondes plus tard, d’une toute petite voix un « à quoi les gâteaux ? » qui l’avait fait éclater d’un rire si franc qu’elle avait assurément marqué bien des points… Et l’avait probablement beaucoup apaisé au cours des dernières heures en partageant son fardeau.

Il n’avait pas menti, en sortant il lui proposa d’aller manger des biscuits que Mélodie devaient justement leur préparer, elle qui les invita avec un sourire ravi et ému, les félicitant pour la énième fois au sujet de leurs fiançailles. Ils s’étaient promenés dans la cité et un peu en dehors, mais à pieds juste, elle semblait particulièrement éprouvée par l’épreuve du tatouage. Quand elle réclama des massages cependant, il sut qu’elle n’allait pas si mal et lui en promit jusqu’à ce qu’elle s’endorme. Sa question par contre le prit au dépourvu alors qu’il penchait la tête et souriait, levant les yeux vers le ciel avec la même fascination qui prouvait qu’il se référait à ses instincts de dragon.

- Je l’ignore… Nous verrons bien… Après tout, mes écailles changent de couleur parfois, peut-être que la marque se verra, ce serait bien… Ainsi nous serions toujours liés, quoi qu’il arrive.

Rien de plus… Pourtant, dans son esprit, il ne pouvait s’empêcher de songer « si jamais je venais à m’égarer » Mais s’égarer, il ne le pouvait et ne le devait surtout pas alors quoi qu’il arrive… Il devait rester près d’elle après tout.
Ils passèrent une bonne partie de l’après-midi à préparer leur départ et finirent le lendemain matin alors que les massages semblaient avoir aidé pour oublier pour la demoiselle, les douleurs de son tatouage… qui devait beaucoup plaire à son compagnon vu comment il caressait tendrement sa peau autour avec un beau sourire. D’ailleurs quand elle lui demanda, le taquinant, s’il ne préférait pas le tatouage à elle, il ne s’était pas indigné, se contentant de sourire en l’incitant cette fois à se tourner vers lui et à le regarder. Quel beau sourire sur le visage du jeune homme curieusement ému.

- Oui je l’aime bien… Parce que tu es à nouveau toi et que tu n’auras plus peur à présent de ce que pourraient dire ou penser les gens. Ils te verront telle que tu es… Et partager le même tatouage que toi… J’aime bien. C’est une manière de plus pour ne jamais oublier… pas vrai ?

Bah, après tout, ce n’était pas faux !
Petite soirée tranquille même s’ils avaient diné avec Maud et son époux. Ceux-ci leur faisaient d’ailleurs moult recommandations en insistant pour avoir régulièrement des nouvelles. De toute manière, Tristan était encore engagé dans l’armée fantôme, même si ce serait différent et son maitre se joignit à eux dans la soirée, l’air étrangement un peu… bourru du fait du départ une foi de plus de son élève. A croire que le grand guerrier rustre était un coeur tendre en fin de compte.
Trustan ne fit pas la moindre remarque quand au stress de la petite demoiselle mais il prit grand soin de lui alléger la moindre charge de travail et de se faire d’autant plus serviable pendant les préparatifs et le soir, chez Maud, de faire en sorte que ces dames restent confortablement installées tandis que ces messieurs faisaient le service…En même temps, l’une d’elle avait un tel ventre qu’on se demandait comment il pouvait être greffé à sa silhouette longiligne ! D’ailleurs Maud, bien plus maitresse de ses hormones, fit remarquer d’une voix faussement malheureuse qu’elle aurait voulu que la petite mage soit présente pour la naissance de son enfant. Mais bon, ils avaient bien des occasions de revenir et il n’y avait pas à douter qu’ils se dépêcheraient si la nouvelle de l’accouchement leur parvenait suffisamment tôt.

Finalement, le jeune couple s’était couché et ça avait été une autre douce nuit sans encombre même si cette fois, c’était elle, qui, pensive, lui avait longuement caressé les cheveux alors qu’il s’endormait bien vite.
La chevauchée le lendemain fut bien longue et ils ne prirent guère le temps de se reposer. Bien sûr, il insista pour qu’elle lui signale le moindre besoin de se reposer mais la demoiselle était têtue et endurante. De plus, il avait bien remarqué qu’elle était plongée dans ses pensées et préféra la laisser réfléchir à tout ce qui les attendait…

Pour sa part, il se doutait bien qu’Erwan serait dans le coin et il ne savait pas encore comment ils se comporteraient l’un et l’autre. Les deux hommes allaient-ils redevenir rivaux ? Et si Erwan apprenait pour la grossesse de son ancienne compagne, en sachant tous des dates, penserait-il qu’il s’agissait de son enfant ? Comment allaient-ils gérer cette espèce de triangle amoureux ?
De toute façon, ils aviseraient bien une fois sur place. Mais de toute façon, il ne comptait pas demander à sa compagne de perdre un excellent guérisseur, c’était très égoïste. Et puis aujourd’hui, il n’avait plus à douter, si ?

Ils finirent par arriver, toutes leurs affaires ou presque dans la sacoche magique que la demoiselle avait crée et que son compagnon portait sagement. Après avoir rentré les chevaux dans les écuries, c’était d’un pas tranquille qu’ils en étaient sortis, se tenant main dans la main. Il la sentit se crisper légèrement à la vue de l’imposante bâtisse pourtant rassurant et il pressa aussitôt ses doigts des siens, pas moins nerveux mais prêt à tout pour qu’elle se sente bien.
Mais alors qu’ils marchaient l’un à côté de l’autre, le silence se fit autour d’eux. Tristan se crispa aussitôt et porta la main au manche de son énorme épée qu’il avait attachée dans son dos. Il n’eut le temps de rien faire qu’il se retrouva projeté une dizaine de mètres plus loin, lâchant aussitôt la main de la petite mage. Celle-ci était réactive aussi bien sûr, mais elle n’eut pas plus le temps que lui de réagir qu’une cinquantaine de petites lutines, folles de colère, apparemment tout le petit bataillon de l’école, ou la majorité, devenaient visibles, voletant pour certaines en croisant leurs minuscules bras sur leur poitrine, les autres battant furieusement des ailes, d’autres encore posées mais toutes apparemment très agressives… non pas envers leur bienfaitrice déserteuse mais bien envers l’horrible goujat responsable de toutes ses larmes !!!!!

Cassidy n’eut rien le temps de dire, son amie lutine la rejoignant rapidement en l’auscultant d’un coup d’oeil, apparemment inquiète de ce qu’avait pu lui faire ce vilain Drakkari. Quoique… Le pire qu’il puisse lui faire était bien d’user de ses charmes et apparemment, ça il le faisait très bien et très régulièrement surtout !!!! Bah, il l’avait encore piégée surtout ! Pauvre petite mage ! N’avait-elle pas compris la leçon ???!!!!
Tristan se redressait tandis que des sifflements agressifs provenaient de bien des petites lutines pour ne pas dire presque toutes alors qu’elles s’avançaient, agressives, prêtes à chasser ce méchant intrus ! Mais la petite mage s’interposa et il réagit aussitôt, inquiet, se plaçant à son tour aussitôt devant elle, de crainte qu’un sort, mauvais tour lui étant destiné, ne touchât la demoiselle. Cela eut au moins pour effet d’arrêter les petits êtres tandis que Cassidy, ne se démontant nullement, intervenait oralement, leur expliquant dans les grandes lignes qu’il était revenu, que tout allait bien, qu’ils étaient fiancés. Cela surprit tout le monde mais elles disparurent, obéissant en retournant à leurs tâches alors que Kymmie restait avec eux, totalement prise au dépourvue !
Ah ben oui, ça c’était du changement… Aux dernières nouvelles la petite mage était avec son ami Erwan… Bon d’accord personne n’était dupe, elle ne paraissait pas très heureuse, juste suffisamment occupée pour ne pas trop penser mais de là à retomber dans les bras de son Drakkari… Ce furent les doutes qu’elle émit d’ailleurs, directement… Le visage de Tristan se décomposa aussitôt alors que jusqu’alors il avait pourtant bien tenu le choc. Cassidy lui tournait le dos à ce moment là, et c’était peut-être pour cette raison qu’il se lâcha un peu, laissant transparaitre toute sa honte, toute sa peine et sa culpabilité… Cela dut suffire à la petite lutine, du moins avec les explications plus détaillées de son amie et sa promesse de discuter tranquillement le lendemain matin de tout ceci… Aie… Que dirait le petit être bleu quand il saurait pour la grossesse ?????!!!!!

Finalement, c’est discrètement qu’ils montèrent à l’étage et se rendirent dans la chambre de la jeune femme. Cassidy semblait encore nerveuse et stressée par cet accueil et tout simplement par le fait de retrouver son Académie… Mais ce fut bien la peine, une immense peine qu’il ressentit lorsqu’ils entrèrent dans leur ancienne chambre. Elle émanait littéralement de la jeune femme et était si vive qu’il perdit un court instant le sens de l’équilibre alors qu’il refermait la porte. Elle s’était plantée au milieu de la pièce, immobile, fixant ce lieu qui avait connu tant de choses…Il y avait bien des larmes versées… mais aussi et surtout tant de joie. Ils avaient été heureux ensemble avant que tout ne bascule. Il remarqua le regard qu’elle laissait couler sur les murs repeints dont il avait enlevé les traces de son passage après le cruel accident de la jeune femme qui l’avait laissée longtemps enfermée au centre de guérison… Quand il était parti… Quand il avait voulu faire en sorte qu’elle ne se remémore pas trop, qu’elle ne cherche pas. Bien sûr que c’était un acte stupide et désespéré mais la capacité de réflexion du jeune homme semblait cruellement atteinte dès que ça touchait à sa jolie compagne. Il posa son sac et vint la rejoindre, l’enlaçant avec autant de tendresse et plus encore qu’il ressentait sa peine, déposant de tendres baisers dans son cou. Comme si une fois de plus il devinait ses pensées, et peut-être au final les devinait-il, il la berça une seconde, toujours debout, murmurant tout bas à son oreille.

- C’est fini Cassy… Je ne partirai plus, je te l’ai juré… On repeuplera cette chambre de rire et de couleurs, je te le promets… C’était notre période d’essai avant, maintenant c’est sérieux, maintenant c’est encore mieux… Ca sera mieux, tu verras.

Et après tout, n’était-il pas rassurant ? Apaisant alors qu’il lui parlait si gentiment. Elle s’était retournée vers lui, se blottissant contre son torse et il fit comme s’il n’avait pas vu, très brièvement des larmes cristallines briller dans ses yeux noisette. Tendrement, il la souleva du sol et la porta jusqu’à leur lit. Les lutines avaient pris soin de cette chambre pendant l’absence de la demoiselle, c’était presque comme si elle n’était jamais partie… Si ce n’est que pour l’instant, c’était rangé ! Comme s’il s’occupait d’une enfant ou d’une âme éprouvé, toujours aussi doux et prévenant dans chacun de ses gestes, il l’aida à se débarrasser de ses vêtements pour lui passer une robe de chambre avant de lui-même se déshabiller, restant en boxer en la rejoignant sous les couvertures. Ils avaient vaguement grignoté en chemin et il se doutait bien qu’elle avait l’estomac trop noué pour penser à la nourriture de toute manière.
Longuement il l’embrassa, la caressa, tendre et rassurant, plus que jamais et ne laissant guère facilement une pensée lui échapper. Elle finit par s’endormir entre ses bras alors qu’il lui avait passé son bracelet avec une légère hésitation, apparemment apaisée et se blottissant bien vite dans sa chaleur.

Pourtant, le lendemain matin, il n’était pas à ses côtés lorsqu’elle s’éveilla. Sans doute le chercha t-elle à tâtons, constatant l’obscurité qui montrait que le soleil ne s’était pas encore levé… Mais les couvertures étaient bien froides à côté d’elle… A croire qu’il l’avait abandonnée depuis des nombreuses heures. C’est sans doute inquiète et stressée qu’elle se redressa brusquement en l’appelant d’une voix aigue. Avait-elle oublié que ce lit-là était à baldaquin et que les lourds rideaux pouvaient être tirés ? Il y eut un bruit de chute d’un objet qui ne devait pas être très lourd alors que déjà deux pans des rideaux s’écartaient brusquement et que la tête du jeune homme surgissait dans l’espace, auréolée de lumière.

- Quoi ? Quoi ? Qu’est ce qui se passe ?

Quelle voix inquiète et stressée alors qu’il venait déjà la soutenir, posant les yeux sur son ventre, sincèrement chamboulé à l’idée qu’elle puisse souffrir à cause du bébé. Elle dut être surprise par sa brusque arrivée et sortant de son état de semi-sommeil, se rendre compte que les rideaux étaient tirés certes… mais que c’était une lumière artificielle qui brillait en dehors du lit. Mais elle poussa un petit cri de surprise, prononçant son surnom avec une voix vibrante de panique en passant les mains sur son visage, tremblante, bégayant, les yeux pleins de larmes qu’elle l’avait blessé, passant des doigts tremblants sur le sang qui maculait ses joues et ses mains… Finalement, le bracelet n’avait aidé guère longtemps. Le jeune homme abasourdi, et totalement pris au dépourvu par sa peine dut secouer la tête pour se reprendre et dut mettre bien de la force pour éloigner assez la demoiselle pour lui parler.

- Non. Cassy… Non mais attends !

Elle s’accrochait diablement la demoiselle. Il finit par lui immobiliser les mains, un grand sourire penaud aux lèvres.

- Cassy ! Arrête, c’est de la peinture !

Ah ben ce mot là… la fit se figer sur place alors qu’elle battait des paupières, surprise, totalement… scotchée sur place. Il en profita pour déposer un léger baiser sur son nez, souriant, lâchant ses mains avant d’écarter les rideaux. Le soleil ne s’était pas encore levé, ils avaient plusieurs heures devant eux… et apparemment, il ne devait pas trouver le sommeil, trop soucieux du bien être de sa chère et tendre et de la vue que cette pièce avait provoqué chez elle. Alors en silence, il s’était levé, avait tiré son matériel de son sac et avait commencé à peindre… Oh pas beaucoup pour l’heure, cela prendrait des jours… Mais la moitié d’un des murs représentait un éblouissant paysage… que survolait une certaine petite mage juchée sur son grand dragon rouge… D’où le rouge… avec lequel il avait dû s’éclabousser en l’entendant crier. Il lui fit un sourire penaud, désolé de l’avoir inquiétée.

- Bon ben… je pouvais pas te cacher bien longtemps ce que je faisais cette fois mais bon… au moins j’ai fini cette peinture avant que tu ne te réveilles… Mais ça m’a tué… je suis claqué. Dodo… J’ai le droit à un câlin hein ?

Il l’embrassa du bout des lèvres, rapidement et s’éclipsa pour aller se débarbouiller pendant qu’elle observait, encore sous le choc probablement, le travail sur les détails qu’il avait fait. Ce ne fut que lorsqu’il revint, tout propre, qu’elle dut remarquer les cernes sombres sous ses yeux… Ah oui, il était fatigué. D’ailleurs, il ne se fit pas prier et se glissa bien vite sous les couvertures. D’ailleurs elle devait être contente et émue par son geste parce qu’elle ne disait rien, se contentant de l’observer et de caresser ses cheveux ce qui eut pour effet de le faire sombrer dans les bras de Morphée en moins de cinq minutes !
Il ne dormit pas énormément mais cela semblait lui suffire car lorsqu’il rouvrit les yeux, alors qu’elle s’était rendormie et réveillée entre temps, il commença à la taquiner, l’embrassant et la chatouillant, n’oubliant pas de lui enlever son bracelet !!!!

Ils retardèrent un peu le moment de se lever et de rejoindre la grand salle pour le petit déjeuner puis finirent par s’y rendre… retardataires. Presque tous les élèves et professeurs étaient là. Certains élèves qui avaient connu les foudres de la jeune directrice dans sa mauvaise période dépressive, ne semblaient guère enchantés de la revoir. Pourtant tous virent sa gêne et sa pointe de timidité touchante, preuve que ce n’était plus comme avant…Et comment louper le grand Drakkari qui se tenait à côté d’elle. Déjà les chuchotis commençaient, beaucoup voulant faire le lien entre le départ du grand jeune homme et la mauvaise humeur de la directrice. Les professeurs prévenus du retour semblaient contents, surpris pour certains, voire réticents pour d’autres. Cassidy rougissait et semblait scotchée sur place, sans doute à cause des quelques mots qui leur parvenaient quant aux relations entre eux. Allons bon… les paris pour découvrir ce qui existait entre les deux jeunes gens allaient-ils reprendre ? Incessants ?

Certainement pas… Pas besoin de pari. Il n’y avait aucun secret à découvrir… Pourquoi ? Parce que le grand Drakkari venait de s’approcher de la petite mage, attrapant sa main tandis qu’elle levait un regard surpris vers lui. Il l’attira aussitôt tout contre son torse, se pencha en avant et s’empara de ses lèvres dans un baiser qui méritait franchement une censure et provoqua moult rougissements chez les élèves et quelques timides professeurs. Il dura un moment avant que le dragon ne rompe le contact de leurs lèvres mais juste pour s’emparer doucement, taquin, de la main de la demoiselle pour marcher tranquillement jusqu’à la table des professeurs, dissimulant à peine son sourire ravi… Apparemment il était ravi de son coup… et n’avait pas l’intention de cacher quoi que ce soit à qui que ce soit et vu le sourire charmé de la directrice… le baiser en question ne devait pas être désagréable !!!!!!!
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Cassidy Herediane
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MessageSujet: Re: Un retour attendu...   Lun 17 Mar - 21:39

Un long trajet même si celui-ci dura une bonne journée. Cassidy était totalement plongée dans ses pensées et n’était guère bavarde. Il est vrai qu’elle avait beaucoup d’appréhension pour son retour mais pas seulement ça. Elle repensait ainsi à ce dernier jour, toutes ces révélations, toutes ces joies, ces peines, ces petits morceaux auxquels elle s’accrochait. Bien sûr, la demoiselle était consciente qu’une fois à l’académie, leur seul endroit intime serait leur chambre. Croiser du monde, devoir répondre à des questions peut être même embarrassantes… Tout se chamboulait dans la tête de la petite mage.

Elle craignait également les réactions de Tristan et cela lui faisait peur. Retourner à l’académie signifiait devoir cacher sa deuxième apparence et si il était plus dragon qu’humain, devoir tenir aussi longtemps sans pouvoir se transformer risquait de le rendre fou. Il avait beau proposer l’idée de ressembler à un oiseau où au fait qu’elle le transforme pour le confondre, c’était bien plus compliqué que ça ! Déjà il n’allait quand même pas s’élancer de leur chambre non ? Ca serait bien acrobatique ! Buissons, forêt ? A moins de sortir de l’enceinte de l’académie, les zones pour s’envoler n’étaient ni discrètes, ni pratiques. De plus, elle n’était certainement pas en état de faire de la magie de haut niveau. Les dragons sont plus résistants à la magie grâce à leurs écailles. Et en fonction des sorts utilisés, la puissance demandée était plus ou moins grande. Il était évident que demander à Cassidy de le transformer était plutôt risqué avec un bébé en route. Avant quand il avait une forme de jeune dragon c’était encore faisable mais là… si elle n’utilisait pas une pleine puissance, cela ne marcherait certainement pas. Un gros problème à gérer et dans un sens, peut être aurait-elle espéré qu’il reste à la cité pour ne pas avoir à supporter ça. Il pourrait être de mauvaise humeur, grincheux et quoi qu’il en dise, enlever certaines habitudes ne serait pas si simple pour lui. La jeune femme était déjà bien éprouvée par sa grossesse alors si elle devait gérer également ça, la patience ne risquait pas d’être son fort.

Que dire de sa répulsion des dragons ? Elle espérait simplement que Tristan n’avait pas mal interprété son silence parce que ce n’était pas du tout son intention et elle se défendrait ardemment si il pensait que c’était à propos de lui. Mais il avait certainement une autre façon de penser… quoiqu’il en soit, heureusement que les dragons étaient discrets et ne se baladaient pas devant les humains, devoir être totalement agressive envers l’un d’entre eux ne plairait certainement pas à Tristan.

D’autres moments circulèrent dans sa tête. Ce petit passage près d’un point d’eau où il était resté silencieux mais où la jeune femme avait si besoin de lui dire qu’elle ne l’abandonnerait pas. Et puis cette recherche avec son manuscrit. D’ailleurs, elle avait été très surprise d’entendre sa réponse même si il n’en savait pas plus. Mais à vrai dire, en sachant que Maud avait le don de voir des bribes du futur, si vraiment le bébé retournait le don contre son géniteur, elle voyait très mal comment cela aurait marché dans ce sens là. Sans compter que tout le monde n’a pas un don offensif… certains arrivent à se régénérer, d’autres à voir dans le noir… non elle ne comprenait pas sa réponse et si il ne savait pas plus que ça, pourtant avec toutes ses recherches, il aurait mieux fait d’être juste négatif, surtout que Maud était un très bon exemple.
Cependant elle n’insista pas, se disant qu’il avait peut être beaucoup parlé et qu’il avait envie d’être un peu tranquille.

Elle était quand même très attentive avec lui, lui demandant dès le matin si il allait bien, si il n’y avait rien eu de bizarre… c’était normal pour la jeune femme de confirmer ses actions pour l’aider. Et son sourire avait été tellement beau quand il avait répondu que tout allait bien que cela avait certainement éclairé toute la journée du beau Drakkari.

Il y avait eu aussi le tatouage et elle grimaça à cette idée. Cela n’avait pas été facile pour elle et effectivement cela faisait très mal ! Tristan lui était toujours autant à l’aise. Normal c’est dans ses gênes apparemment. Ce moment était vite passé au final et elle se fit plus songeuse, peut être un brin malheureuse en repensant à ses dernières paroles alors qu’elle mangeait quelques biscuits de Mélodie. Si la jeune femme se sentait totalement rassurée et peut être un peu protectrice à l’égard de celle qui pouvait être sa petite sœur, elle avait été un peu pensive après qu’il lui réponde. D’accord, elle serait un peu plus elle-même… mais que dire… de ses oreilles qui ne retrouvaient vraiment pas leur forme normale et que la jeune femme paniquait en cherchant une solution ? En effet, cela restait un mystère pour elle. Après tout elle n’avait pas demandé si elle avait été adoptée… ou peut être qu’il s’agissait d’un mauvais sort voilà tout… Enfin quelle drôle d’idée… à moins qu’on voulait la faire passer pour autre chose qu’une humaine et donc la rejeter ? Difficile de savoir.

Finalement elle repensa avec un peu de mélancolie leur dernière soirée avec Maud et le moment du départ. Ca aussi c’était difficile et sa gorge était si nouée qu’il lui était dur de parler.

Désormais ils chevauchaient à travers les terres du territoire neutre, pour rejoindre leur deuxième maison si on pouvait dire cela ainsi. Les pensées de la petite mage l’avait occupé toute la journée sauf quand ils s’étaient arrêtés à une taverne pour grignoter un coup et repartir. Elle avait pris soin de remettre son foulard dans ses cheveux, refusant qu’on lui pose des questions gênantes et décidément, elle avait vraiment beaucoup de mal à les accepter et ça, cela n’était certainement pas passé inaperçu pour Tristan.

Tout était calme et tranquille à l’Académie alors qu’ils amenèrent leurs chevaux à l’écurie, Cassidy toujours aussi angoissée et peut être un brin mélancolique. Cependant ils n’eurent pas l’occasion de se reposer qu’on leur sauta directement dessus. Ou plutôt sur Tristan qui se retrouva propulsé en arrière. Aîe ! Elle ne s’attendait certainement pas à un tel accueil alors que leurs doigts se démêlèrent et qu’elle le regarda un instant alors que toutes les lutines de l’école avaient fait leur apparition. Fatiguée par le voyage et sa grossesse, la jeune femme se plaça cependant devant le jeune homme en tendant les bras. Bon d’accord, ce n’était pas terrible mais au moins cela arrêterait les sorts plus ou moins agressifs. Elle se mit à parler d’une voix claire et pleine d’assurance tout en regardant Kymmie qui s’était approchée d’elle.

« Tout va bien ! Tout va bien ! On se calme ! Je suis de retour… Et ne craignez pas Tristan, j’ai une bonne explication sur tout ce qui s’est passé. Il revient ici exercer son rôle de professeur. C’est bon… y a rien à craindre, on vient de se fiancer. Je donnerais plus de nouvelles à Kymmie mais on peut éviter l’accueil qui tourne à l’interrogatoire ? Le trajet était long et j’ai besoin de repos »

Ah oui en effet c’était un choc pour les petites lutines ! Et un coup à ne rien comprendre ! Oui en effet aux dernières nouvelles, la jeune mage avait été très malheureuse et les lutines ne connaissaient qu’une partie de l’histoire après tout. Il était vrai que la confiance n’était pas vraiment là, surtout pour celui qui avait sciemment abusé de la jeune femme si naïve.
Cependant, sur un geste de Kymmie, elles se dispersèrent alors que la lutine se pinça l’arête du nez tout en soupirant d’un air là.

- Cassy… Voyons ! Tu te rends compte de tout ce qui se passe ? Abandonner ton académie comme ça ? Et pour courir après qui ? Un homme qui t’a fait beaucoup de mal ! Et maintenant tu es fiancée ?!

La demoiselle était beaucoup plus assurée et porta sa main à son cœur tout en clignant un instant des yeux, se radoucissant. Derrière, la réaction de Tristan n’avait pas échappée à la petite lutine qui haussa un sourcil. Tiens donc, il avait l’air de regretter ce qui s’était passé ? Certes c’était bien mais il lui faudrait le prouver pendant un moment avant que la lutine ne décide de lui pardonner.

« Je sais que c’est dur à assimiler mais… ce n’est pas du tout ce que tu crois. J’ai beaucoup de choses à raconter et je t’en parlerais beaucoup plus en détail demain. La journée a été vraiment très longue et j’ai juste besoin d’aller dormir… »

Effectivement, des cernes étaient dessinées sous les yeux de la demoiselle qui pourtant, semblait vraiment déterminée à s’expliquer. Kymmie fit mine de réfléchir.

- D’accord, mais demain je veux que tu m’expliques tout ça. Il y a beaucoup de choses à dire en effet…

Et elle se volatilisa, leur laissant le passage libre. Cassidy semblait extrêmement embarrassée alors qu’elle tournait toujours le dos à Tristan et soupira un instant, laissant tomber toute sa fatigue alors qu’elle semblait si énergique peu avant. Elle eut un sourire d’excuse et un peu fautif en regardant le beau Drakkari, du moins en essayant de le regarder puisque seule l’orbe dorée qu’elle avait fait apparaître leur permettait d’avoir une vision un peu plus nette.

« Bon, tu devais t’y attendre un peu non ? Désolé pour l’accueil… »

En même temps, elle n’avait pas à s’excuser et devrait peut être arrêter de le protéger de ses méfaits à chaque fois. Mais la petite mage était bien gentille alors qu’elle reprenait la main de son compagnon pour marcher d’un pas silencieux vers l’académie. Tout était calme, le couvre feu devait être passé même si ils se faisaient discrets et qu’heureusement personne ne vint se mettre dans leur passage. En même temps, comme Cassidy était un peu peinée et angoissée de revenir ici, elle aurait bien eu du mal à répondre.

Ils arrivèrent enfin dans leur chambre et il fallut bien du temps pour la petite demoiselle de retrouver ses repères. Cette chambre qu’elle avait délaissée après le départ de Tristan, incapable de s’en remettre, de faire comme si tout allait bien. Elle allait vraiment mal et regarda d’un œil triste les murs de sa chambre neutres, qui lui rappelaient tant de souvenirs. Heureusement que Tristan était là pour la soutenir alors qu’il lui glissa quelques paroles rassurantes. La jeune femme fit un faible sourire alors qu’elle se laissait faire, sans dire un mot. Peut être était-elle encore un peu éprouvée et que oui, il allait devoir le prouver ce qu’il disait.
Se laissant faire alors qu’il s’occupait d’elle, c’est sans rechigner que la demoiselle se laissa porter et installer dans le lit tout en se blottissant un peu plus contre Tristan, les dents serrées, laissant échapper quelques larmes qui glissèrent le long de ses joues. Heureusement, à force de caresses et petits baisers, et grâce à la fatigue de la journée, ses yeux se fermèrent tout doucement alors qu’elle s’endormit, apaisée.

Sa nuit fut reposante, apaisante et elle ne se réveilla pas en plein milieu, fort heureusement. Pourtant le matin, alors qu’elle commençait à émerger, la jeune femme se retrouva dans un lit vide. Elle le sut très rapidement, ayant l’habitude de poser la main sur le torse de son compagnon, le taquinant souvent le matin ou même se blottissant un peu plus pour réclamer sa chaleur. Mais là ce n’était pas le cas alors qu’elle serra un instant le drap d’un air surpris. Elle fit une petite grimace en ouvrant un œil. Mais n’apercevant pas son compagnon, elle se redressa d’un coup de ses couvertures tout en l’appelant d’une voix paniquée.

La tête du Drakkari apparut à travers les rideaux alors que la jeune femme n’entendit pas le bruit à l’extérieur, beaucoup trop inquiète à l’idée qu’il soit parti une nouvelle fois. Et sa tête n’était pas rassurante pour autant alors que ses mains étaient… rouges ?! Euh oui mais…

Ecarquillant les yeux et ouvrant en grand la bouche, stupéfaite, la demoiselle peinait à mettre des pensées dans son esprit. C’était quoi ? Elle l’avait blessé ? Vraiment ?! Ca n’avait pas marché et il… Elle s’accrocha à ses bras alors qu’il avait l’air de vouloir s’expliquer. Extrêmement sensible en ce moment, des larmes apparurent dans les yeux noisette de la demoiselle alors que sa bouche se mettait à trembloter, craintive. Il fallut beaucoup d’insistance de la part de Tristan pour qu’elle le lâche et qu’il lui explique la situation. Peinture ?!

Elle le regarda un instant, perdue, alors qu’il écartait les rideaux pour faire de la lumière dans la pièce. Sous les yeux de la demoiselle se trouvait un pan de mur qui avait été refait et qui représentait… lui et elle… lui en forme de dragon. C’était de la surprise qui anima son visage cette fois alors qu’il partit se laver les mains alors qu’il expliquait avoir fait ça pour qu’elle le voit.

Une nouvelle fois, la demoiselle cligna des yeux puis alors qu’il allait plus loin, elle se mit sur le bord du lit et se redressa en examinant de plus près la belle image qu’il avait fait. En effet, c’était comme si il avait mis tout son cœur à l’ouvrage et puis ce n’était pas une mince affaire quand même. Il revint rapidement tout en souhaitant dormir alors qu’elle semblait vraiment émue et ne trouvait pas les mots pour le remercier. Seul un geste. Une petite caresse sur ses cheveux alors qu’il se rallongea dans le lit et qu’elle le rejoignit, le regardant pensivement mais ne tardant pas non plus à se rendormir un peu, apaisée.

Cela ne dura pas longtemps car il se remit à bouger bien assez rapidement et qu’elle s’éveilla un peu plus à ses côtés alors qu’elle lui tira la langue un instant, répliquant à ses taquineries.
Il était couché sur le dos, elle la tête reposant sur son torse et caressant du bout des doigts celui-ci tout en regardant la peinture sur le côté d’un air pensif. Il était tellement adorable et attentionné. Toujours avec elle. Comme si il cherchait à faire oublier tous les malheurs qui leur étaient tombés sur la tête.

« Ca fait rêver ce que tu as peint… tu as déjà des idées pour les autres côtés ? »

Souriante alors qu’elle l’écoutait parler, la demoiselle s’étira un instant avant de prolonger le câlin. Ils allaient devoir sortir et ainsi devoir affronter les regards des autres. Cela l’angoissait pas mal et Tristan devait le savoir, c’est pour cela qu’ils prenaient leur temps.

Enfin après s’être habillés, ils descendirent.

Et il est vrai que la petite mage était sacrément mal à l’aise même si elle tentait de garder une attitude digne, faisant des sourires nerveux aux alentours. Les adolescents sont toujours les premiers à chercher les ragots et celui-ci allait être un de plus. De toute manière, elle n’avait pas été très correcte avec ses étudiants il y a quelques semaines de cela et la jeune femme cherchait à chasser cette jeune même si elle était très silencieuse, sans dire un mot.

Cependant, Tristan se mit à surprendre tout le monde alors que Cassidy tentait de voir ce qu’il y avait à manger ce matin en l’attirant à elle, alors qu’elle poussa une exclamation de surprise et qu’il s’empara de ces lèvres d’un baiser tellement… intense qu’il n’aurait pas du être montré à un public de jeunes. Sur le coup elle ne comprit pas son geste et resta totalement immobile, trop surprise alors que son cœur s’emballait. Heu au moins ça allait faire taire les rumeurs non ? Et que dire de sa bague au doigt qui devait être remarquée des plus observateurs ?

Elle se mit à rougir en marmonnant dans ses dents tout en s’installant à la table des adultes, comme si de rien n’était. En fait c’est surtout qu’elle ne savait absolument pas quoi dire ni quoi faire pour l’instant à part manger. Bon au moins les choses étaient claires maintenant, il n’y aurait plus d’espionnage si il n’y a plus de mystère.

Elle se concentra sur un bol de chocolat chaud et quelques tartines alors que les autres adultes lui parlaient, de la vie à l’académie, tentant d’en apprendre plus sur son « congé ». C’est d’une voix autoritaire que la demoiselle repoussa les curieux en répondant évasivement sur le fait qu’on avait besoin d’elle pour un certain projet et qu’elle avait du s’y plier. Mais cela restait confidentiel. Encore une fois, elle portait son foulard sur ses oreilles, ne voulant pas choquer tout le monde pour le moment, ça c’était un nouveau secret ! Et peut être avait-elle besoin d’en parler avec Tristan pour savoir quoi faire à ce sujet. Cacher ou pas cacher ?

La jeune femme fut quand même assaillie de paroles, normal en même temps pour la fondatrice de cette académie. Elle resta d’ailleurs un long moment à table alors que les élèves commencèrent à quitter leurs tables pour se rendre en cours ou vaquer à d’autres occupations. Tristan, qui devait voir que sa chère et tendre ne s’en sortait pas et qu’il lui faudrait quand même un peu de temps pour répondre aux autres, décida de s’éclipser en lui déclarant qu’il allait en profiter pour faire un tour dehors et d’observer les alentours. Ou peut être de se mettre dans un coin tranquille pour se transformer et s’envoler, c’était possible ça aussi.

Peu à peu, les adultes quittèrent la table une fois qu’ils furent bien renseignés et la demoiselle resta seule, ayant apparemment très faim et engloutissant les brioches au fur et à mesure qu’elles apparaissaient. Ce fut Kymmie qui apparut dans les airs devant elle en voletant doucement.

- Eh bien quel appétit dis donc ! Tu n’avais pas assez à manger là bas ?

« Non je suis enceinte »

BAM ! Ca c’était dit ! En même temps cela ne servait à rien de le cacher, du moins à Kymmie qui avait certainement d’autres moyens de le remarquer. Cassidy machonnait une petite brioche tout en regardant la lutine ébahie qui la fixait, d’un air de penser qu’il s’agissait d’une plaisanterie… et qui devait sérieusement se demander jusqu’où comptait aller le Drakkari et surtout que les Drakkaris ont pour réputation de partir au moment de l’accouchement.

Cependant Cassidy la coupa avant que la lutine ne commence à parler tout en lui expliquant tout depuis le début, du moins ce qu’elle avait envie d’expliquer. Que Tristan était parti car il pensait qu’il serait mieux à distance, qu’il avait eu un accident qui lui avait fait perdre la mémoire. Elle lui parla ensuite de leurs retrouvailles et qu’elle avait été assez perplexe. Que finalement par la force des choses ils avaient été amenés à collaborer sur une même mission. Suite à ça, qu’elle avait remarqué qu’elle avait toujours une attirance pour lui mais qu’il n’avait jamais tenté d’abuser d’elle. Qu’ensuite, elle voulait faire les choses proprement en décidant de rompre avec Erwan avant de tenter de recommencer avec Tristan. Et puis finalement, qu’une magie spéciale lui avait permis de voir que Tristan avait récupéré les souvenirs de leur passé. Qu’elle était enceinte depuis un mois et demi maintenant et que ça n’avait pas été voulu du tout, que la contraception n’avait pas marché et qu’ils en étaient arrivés là. Et puis, que Tristan l’avait demandé en fiancailles, afin de s’assurer qu’il ne partirait plus cette fois et qu’il était fermement engagé dans ses responsabilités.

Kymmie flottait dans les airs, l’air songeuse, paraissant un coup stupéfaite, un coup surprise.

- Eh bien quelle histoire ! Il t’en arrive des bonnes quand même… Enfin si tu dis que ça s’est arrangé je te fais confiance cependant…

Elle voleta doucement et se posa sur une cruche en regardant Cassidy très sérieusement.

- Je ne suis toujours pas prête à lui pardonner… pas après ce qu’il t’a fait et même si tu es bien gentille… enfin si tu es heureuse avec lui… mais il a intérêt à se rattraper dans les prochaines semaines parce que la prochaine fois, je ne le louperais pas !

Cassidy semblait gênée tout en se grattant la tête de sa main et en faisant un sourire embarrassé. Kymmie répliqua qu’elle avait encore du travail en cuisine et se volatilisa, en lui conseillant d’aller dans son bureau, beaucoup de lettres réclamaient la lecture de la directrice et qu’elle allait avoir du pain sur la planche.

Alors que Cassidy se redressa, en rassemblant machinalement ses services, une personne entra dans la salle, apparemment mal à l’aise. Erwan…

Cassidy se braqua un instant et se crispa en le voyant s’approcher d’elle et fit un sourire maladroit.

« Tiens salut… Ca va ? »

Le jeune homme n’était pas si loin d’elle que ça mais son visage trahissait une certaine gêne.
- Hum… oui on peut dire ça comme ça… je viens d’entendre votre conversation. Enfin… c’était pas fait exprès ! J’ai entendu dire que tu étais de retour alors je voulais voir… comment ça allait. Visiblement tu n’es pas rentrée seule mais… se passer d’un professeur comme Tristan… enfin ce sont les élèves qui regrettaient ses cours… voilà…

Un petit « ah » gêné sortit de la bouche de Cassidy alors qu’elle examinait avec beaucoup d’attention ses pieds et le bas de sa robe.

*Mince Mince Mince ! J’avais pas prévu de l’annoncer comme ça moi !*

Comme elle ne répondait pas, Erwan enchaîna.

- Alors c’est vrai ? Je veux dire… enceinte et fiançailles ?

Elle acquiesça lentement d’un signe de tête alors qu’Erwan paraissait vraiment peiné. Peut être avait-il cru qu’elle reviendrait vers lui si ça n’allait pas avec Tristan. Mais dans ces conditions… il n’allait quand même pas séduire une femme fiancée quand même, ce n’était pas dans son tempérament et le jeune homme était plutôt respectueux à ce propos là, même si secrètement, espérait-il que quelque chose se passe pour avoir une nouvelle chance avec elle. C’est très timidement qu’il lui posa une autre question.

- Par contre… vu le nombre de jours et que… tu ne crois pas que…

Cassidy grimaça et paniqua un instant tout en redressant la tête.

« Non je suis sûre que c’est l’enfant de Tristan. Ce n’est pas le tien Erwan… »

Il paraissait blessé et en colère en même temps.

- Alors tu as… avec lui alors que nous… je t’aurais cru plus respectueuse

La jeune femme toucha ses index en baissant la tête. C’est vrai, mais en même temps tellement compliqué à annoncer. Quelques gouttes perlèrent le long de son front alors qu’elle tentait de s’expliquer sans trop en dire.

« C’est pas ce que tu crois… c’était pas voulu… on était en collaboration et les Kaärs nous ont coincé… ils nous ont obligés à… justement parce qu’ils savaient qu’on était ensemble ! et ils cherchaient à m’humilier surtout… j’avais pas le choix, ils auraient exécutés des enfants qui étaient en otage sinon… »

Erwan soupira, ne sachant pas trop quoi penser, restant silencieux, se frottant doucement le menton alors que Cassidy était visiblement en très mauvaise posture. Mais justement, Erwan aimait beaucoup Cassidy, malgré tout ce qu’elle avait pu faire, malgré tout cela, malgré sa tristesse… il voulait qu’elle soit heureuse et peinait à l’accepter dans les bras d’un autre, surtout d’un vilain Drakkari qui n’avait de cesse de la faire souffrir. Et pourtant il acceptait… d’une certaine manière.

- Ca fait plaisir quand même de te revoir… avec le temps on aurait pu croire que tu aurais oublié cet endroit… pour rester avec lui.

« Hum… »

Elle voulait prendre l’air, aller voir ailleurs, même si Erwan était tout ce qu’il y avait de plus gentil, conciliant et comme quelqu’un qui acceptait les choses. De plus, elle commençait à avoir bien chaud et qu’elle aimerait mettre un peu de recul.

« Bon ben merci de prendre de mes nouvelles, je vais y aller, je pense que j’ai beaucoup de travail… heu… bonne journée ! »

La jeune femme commença à tourner les talons pour sortir de la salle lorsque la voix d’Erwan l’interpella.

- Attends ! Je… je peux te demander quelque chose ?

Cassidy avait à peine fait quelques pas qu’une vive douleur provenant de son ventre l’irradiait sans entendre les paroles d’Erwan qui résonnaient dans le flou. Un vertige alors que le sol devint flou sous ses yeux. Elle se tint un instant le ventre en grimaçant, mais ses forces semblaient l’abandonner sur le coup alors que ses jambes se dérobaient sous elle, sombrant dans l’inconscience. Elle entendit à peine la voix d’Erwan, très surpris et rempli d’inquiétude qui l’appelait par son surnom.

Il se rapprocha rapidement d’elle et la rattrapa dans ses bras, son dos contre son torse alors qu’il enlaçait ses bras autour de sa taille pour la soutenir dans sa chute. Ses gestes étaient doux, un brin protecteur, comme il l’avait toujours été. Cependant, il n’eut pas le temps de réagir davantage…
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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: Un retour attendu...   Dim 23 Mar - 18:38

Combien de regards à la dérobée ? Combien de furtifs coups d’oeil inquiets ?
Il n’avait cessé de l’observer pendant leur chevauchée. Ils ne prenaient que bien peu de temps de pause. Oh il n’était pas spécialement inquiet quant à son état physique. La demoiselle était bien assez grande et forte pour elle-même aujourd’hui pour savoir où étaient les limites de son corps alors qu’elle était enceinte. Il était bien décidé, après tout, à ne pas la couver, ce qui ne ferait que vexer la jeune femme après tout. Qu’il la sous-estime risquait fort d’entailler son égo et surtout sa fierté. Parce qu’elle était fière cette demoiselle et elle avait toutes les raisons de l’être aux yeux de son amoureux. De toute manière, il ne la sous-estimait pas, jamais, il s’inquiétait juste, il cherchait à minimiser les choses pour un oui ou un non mais la sous-estimer ? Que nenni ! Son admiration pour la blonde demoiselle allait totalement à l’encontre de cette manière de penser.
Non, ses incessants regards vers elle durant leur voyage pour rentrer à l’Académie n’étaient dus qu’à la tension qu’il ressentait chez elle. Elle avait pu découvrir à quel point ils étaient liés tous les deux, c’était encore très récent certes, mais puissant et lui le ressentait beaucoup mieux pour une obscure raison. Bien plus qu’avant lorsqu’il n’était « que » Drakkari, il sentait ses inquiétudes, sa fébrilité et s’en souciait beaucoup. Même alors qu’elle restait extérieurement calme, se contentant d’un morne silence pendant leur chevauchée, il savait qu’intérieurement, ses pensées s’agitaient. Oh bien sûr, il ne pouvait pas réellement être conscient de celles-ci, ni de ses impulsions, ni de ses  attentes… Tout ceci, il ne les percevait réellement qu’à deux moments, lorsqu’ils volaient ensemble et lorsqu’ils… avaient une toute autre activité non moins plaisante.
Etrange tout de même… Et preuve qu’il avait encore beaucoup à apprendre.

Le jeune homme ne disait rien pourtant, ne l’embêtant pas, ne cherchant ni à la tirer de ses songes, ni à la rassurer, ce qui pouvait laisser croire à la demoiselle qu’il « l’espionnait ». Non, elle était forte et indépendante et avait probablement juste besoin de poser ses réflexion à plat avec elle-même, sans qu’il interfère, même si elle s’inquiétait. Car si réellement elle se sentait mal vis-à-vis de ses pensées, il lui faisait assez confiance pour croire qu’elle en parlerait avec lui, au moins un peu.
Il se doutait pourtant qu’il était le sujet de ses doutes, du moins d’une partie. C’est vrai qu’il avait formulé pas mal de possibilités quant à ses transformations et il se doutait que bien peu seraient réalisables… Néanmoins, s’il se concentrait suffisamment, sans doute serait-il capable de redevenir le jeune dragon adorable et guère encombrant qu’elle avait plusieurs fois réduit pour passer inaperçu. Mais ça risquait de demander de l’entrainement et de l’énergie… Tant que ça ne portait préjudice à personne, c’était la meilleure option mais il se doutait que sa liberté réduite le rendrait ronchon et la demoiselle n’avait pas à subir cela évidemment.

Comme elle passait légèrement devant lui alors qu’un sentier emprunté, plus calme et discret, se rétrécissait, il l’observa avec une attention toute particulière. Qui aurait pu douter de l’amour qu’il lui portait à la vue du regard langoureux, admiratif et même un brin gêné posé sur la demoiselle. D’accord il ne voyait que son dos…Mais c’était déjà bien assez. D’ailleurs, une rafale fit glisser les cheveux d’or de la demoiselle sur le côté, révélant le tatouage tout récent qu’ils avaient tous deux réalisé, enfin juste le haut de celui-ci, élégant et qui avait effacé toute trace de sa cicatrice. Pointe de fierté et d’émotion qui bloquait la gorge du Drakkari alors qu’il se remémorait avec une once de colère les raisons de cette marque, tendresse alors qu’il songeait à cet autre lien qui les nouait l’un à l’autre, un de plus. Il avait passé des heures à caresser sa peau autour de sa marque alors qu’elle s’était plainte un peu plus tôt de douleur pour avoir un massage. Pourtant alors qu’il l’observait lire, tout en caressant doucement son tatouage, il ne l’avait pas trouvée souffrante, au contraire. Elle esquissait un sourire de temps à autre quand il attendrissait sa caresse et sa peau frémissant légèrement à son contact lui rappelait à quel point l’alchimie entre eux avait un côté encore plus magique que chimique. La fascination du jeune homme n’était pourtant pas feinte. Il était heureux qu’elle n’ait plus cette vilaine marque et impressionné des prouesses du tatoueur qui avait réussi par de multiples et fines arabesques au sein même du symbole choisi, à faire disparaitre jusqu’aux légères aspérités de l’ancien marquage. Impossible de savoir lesquels des légers reliefs, au toucher, étaient dus au fer rouge, et lesquels à la pointe experte de cet artiste. Et ce n’était pas pour déplaire au Drakkari qui culpabilisait encore bien trop pour cette vilaine cicatrice.

Longue chevauchée donc… Elle plongée dans ses pensées, lui à l’observer avec une attention presque maladive.
Ils finirent par arriver à l’Académie alors qu’ils faisaient déjà sombre et c’est main dans la main qu’ils se dirigeaient vers le grand bâtiment principal, lui serrant doucement les doigts légèrement tremblants de l’adorable demoiselle, cachant son propre malaise de revenir en ces lieux. Mais leurs instants de nostalgie et de crainte dissimulée furent de courte durée car déjà le jeune homme se faisait violemment repousser, lâchant aussitôt la main de la jeune mage.
Déjà il se redressait, plus agile qu’avant et… surtout énormément plus résistant, écarquillant les yeux, qui brillèrent intensément dans la nuit alors qu’il voulait se placer devant sa compagne, refusant qu’elle soit blessée en voulant le protéger. Après tout, lui ne pouvait guère en vouloir aux lutines, elles ne faisaient que défendre l’école contre l’intrus qu’il était… et aussi défendre le coeur de leur amie peut-être. Mais Cassidy n’était pas de cet avis et les calmait déjà de quelques paroles, balançant de but en blanc qu’ils étaient fiancés ce qui stoppa complètement Tristan dans son geste. Et heureusement qu’elle ne le voyait pas à cet instant. Oh il n’était pas en colère, ni horrifié qu’elle le dise mais brusquement, il s’était mis à rougir alors qu’un sourire un peu idiot étirait ses lèvres, comme un adolescent pataud amoureux auquel la jolie fille de ses convoitises dirait ses sentiments… devant toutes ses copines. Eh ben… Elle lui en faisait de l’effet dis donc !

Les paroles de la petite lutine, Kymmie, firent pourtant disparaitre ce léger moment de joie du visage du jeune homme alors qu’il pâlissait. « Un homme qui lui avait fait beaucoup de mal »… Il baissa coupablement la tête, à quelques centimètres de sa jolie fiancée, le regard éteint brusquement. Beaucoup de mal. Quel euphémisme révélateur ! C’est vrai ça… Pourquoi elle lui avait pardonné au juste ?! Un sourire amer étira finalement ses lèvres alors qu’il détournait le regard. Rattraper ce qui s’était passé ? Peut-être un jour. L’effacer… Oh, il n’était pas naïf, il n’y parviendrait jamais.
Finalement, les deux amies allaient s’expliquer mais seulement le lendemain de ce qu’il entendait alors que déjà la petite lutine disparaissait. Cassidy finit par se retourner, lui souriant tel un petit ange. Certes, elle, elle essayait de le regarder. Lui n’avait pas ce mal puisque sa vision nocturne était excellente, néanmoins, maintenant qu’il était dragon, elle avait quand même un avantage, toute lumière se reflétait sur ses yeux, comme les félins et les reptiles, aussi l’orbe faisait-elle miroiter ses pupilles, ne donnant certes que peu d’éclat à son visage mais renseignant au moins la demoiselle sur la distance qui les séparait. Elle s’excusa et put le voir donc détourner les yeux, sans doute pas hausser les épaules.

- C’est rien.

Il ne lui dit pas qu’il méritait bien pire, ni qu’elle n’avait pas à s’excuser et encore moins à le protéger. Elle le savait déjà après tout. Comme il savait qu’elle allait s’excuser avant même qu’elle n’ouvre la bouche…Et comme elle devait savoir que ces excuses étaient inutiles parce qu’elles n’avaient pas lieu d’être justement. Ils se connaissaient, irrémédiablement. Pour le meilleur et le pire.
Finalement ils avaient rejoint la chambre de la demoiselle, leur ancienne chambre lorsqu’ils formaient un couple dans cette Académie. Il avait senti son malaise immédiatement. Il y avait de quoi après tout alors que lui-même semblait redécouvrir l’endroit comme si au final, il avait un peu menti, comme si finalement… il ne se souvenait pas de tout. Il la vit fixer les murs et prit aussitôt une décision. Il devait changer ça… Il n’y avait rien d’autre à dire à ce sujet.
Oh il remarquait bien à quel point elle était chamboulée et savait parfaitement que c’était de sa faute, à cause de son départ, à cause de ses décisions… à cause de leur amour aussi, cet amour insatiable, dévorant qui les rendait si heureux et également si malheureux quand ils se trompaient, quand ils faisaient des erreurs pour mieux protéger l’autre.

Ils finirent par se coucher, s’endormir, rapidement alors qu’il la surveillait attentivement, amoureusement, caressant du bout des doigts sa peau pour l’apaiser et lui permette de s’endormir sereinement. Si elle dormit bien, ce ne fut pas le cas du jeune homme qui se releva bien vite pour commencer à se rattraper… pour commencer à tout changer. En commençant par cette décoration décidément bien trop fade. C’est avec un sourire déterminé qu’il s’était rapidement lancé dans la peinture. Il avait d’abord discrètement tiré les rideaux du lit puis avait allumé un cristal sur le bureau de la jeune femme et l’avait déplacé jusqu’au mur choisi. Ses affaires sorties de son sac, il avait avisé le mur, penché la tête plusieurs fois, s’était assis par terre, avait fermé les yeux, puis souri, son visage s’éclairant. Quand il avait rouvert les yeux, ils avaient un étrange éclat de détermination et d’ambition. Il avait peint oui, une bonne partie de la nuit, comme un muscle rouillé parce que ça signifiait beaucoup de repeindre cette pièce mais avec un intérêt et un investissement certain alors que déjà les premiers traits de son oeuvre commençaient à apparaître.
Par contre, il ne s’attendait clairement pas à une telle panique de la jeune femme quand elle s’éveilla. Déjà, il ne s’attendait pas à ce qu’elle se réveille si tôt et le temps s’était bien vite écoulé alors qu’il était lancé dans ce projet de la satisfaire un peu, de l’apaiser, de la rendre heureuse. Non, il n’avait pas vu le ciel s’éclaircir. Oui, elle avait eu peur à son réveil, encore plus lorsqu’il l’avait rejointe, taché de gouttelettes rouges. Il dut s’y prendre à plusieurs reprises pour finalement la calmer mais ça valait le détour ! Elle paraissait émerveillée qu’il s’y soit remis si tôt, si vite et si bien… C’était comme s’ils rattrapaient un peu tout ce temps de séparation, et peut-être ce petit geste était-il aussi en train d’amoindrir, de faire disparaitre, un peu, juste un peu, toutes les souffrances qu’ils avaient enduré, chacun de leur côté, durant leur si désespérément longue séparation. Il était tout chamboulé, malgré la fatigue, de ce petit sourire ému, de son regard plein de douceur alors qu’elle fixait la fresque, l’air apaisée, au moins un peu. Il se sentit fier, heureux d’avoir pris cette décision, même s'il minimisa le tout, encore une fois, en ronchonnant gentiment en la rejoignant pour dormir un peu.
Elle ne fit aucune remarque, lui non plus. Ils se comprenaient, avec leur propre timidité, leur propre réserve alors qu’elle caressait tendrement ses cheveux pour le remercier et que lui s’agrippait doucement à elle en lui murmurant qu’il l’aimait… Oui… c’était bien comme ça.

Quand il fut réveillé, ils se câlinèrent un peu, tendres et encore un peu ensommeillés, heureux d’être l’un avec l’autre et prêts à profiter de chacun de ces petits instants. Son torse s’agita légèrement, comme s’il riait quand elle le complimenta gentiment. Elle aimait ce qu’il avait peint ?

- Oh mais c’est très intéressé demoiselle ! Je veux juste te rappeler, l’air de rien, que j’adore voler avec toi et que je n’y renoncerai pas, ici ou ailleurs.

Bien sûr, ce n’était pas vrai. Ou peut-être un peu, mais il aimait bien lui rappeler qu’elle n’était pas la seule à apprécier autant leurs séances de vol. Il se tourna un peu vers les autres murs qu’elle fixait, déposant de légers baisers dans ses cheveux, puis sur sa tempe, sa nuque…

- Hum… Je n’y ai pas vraiment encore réfléchi… Et j’aimerais bien que tu me dises ce qui te plairait aussi. Mais on a le temps maintenant… Tout notre temps.

Petite allusion, l’air de rien pour lui dire qu’ils seraient toujours ensemble ? Peu importe ce qui se passerait ? Même avec le bébé ? Oui… Evidemment. Même si elle le savait déjà.
Ils s’étaient rapidement préparés et étaient finalement descendus. Elle était gênée… Et cette gêne n’échappa pas à son compagnon. Oh il se doutait bien que leur rupture avait influé sur le comportement de la jeune femme dans son Académie et qu’elle n’en était sans doute pas très fière, d’où le fait qu’elle ne lui en parlait pas vraiment. Mais il savait aussi que ce n’était pas de la faute de la demoiselle et qu’elle n’était que la victime de ces sentiments dévorants qu’ils partageaient. Oui, il était clair que les étudiants étaient à l’affût, pourtant, ils n’avaient que peu de différence d’âge avec le jeune couple mais on ne pouvait pas les empêcher d’être rancuniers pour commencer et curieux aussi, très curieux… colporteurs même !

Oui Cassidy était gênée, c’était clair… Tellement flagrant. Vis-à-vis des élèves mais aussi des enseignants qui paraissaient pour certains un peu surpris et curieux. Elle était en plus enceinte et stressée et certainement pas prête à affronter de multiples questions stressantes. Heureusement pour elle, son compagnon avait déjà trouvé une parade. Une parade gênante, terriblement passionnée et aussi redoutablement efficace ! Il l’embrassait, passionnément, devant tout le monde. Bien des bouches s’ouvrirent béatement tandis que des joues s’enflammaient et que des rêves étaient brisés. Eyh oui, le beau guerrier et prof de combat revenu à l’instant certainement pour enseigner ne serait certainement pas facile à séduire, pour ne pas dire impossible, si c’était l’époustouflante directrice qui attirait tous ses regards et sollicitait toute son attention !
Les regards replongèrent dans les assiettes quand le jeune homme releva son regard de dragon, orangé vers l’assistance alors que sa compagne devenait encore une fois assez rouge. Pourtant, elle n’avait pas vraiment l’air de lui en vouloir même si au petit regard furtif qu’elle lui lançait, il comprit qu’il aurait des comptes à lui rendre… mais le côté brillant de ce même regard disait aussi « à rendre en privé, très très privé ! » ce qui eut tôt fait d’enorgueillir son beau compagnon.

Pourtant, c’était au tour des adultes d’être curieux, s’adressant essentiellement à la demoiselle sérieusement sollicitée déjà et non, il n’y avait pas que les étudiants qui avaient une curiosité malsaine. Tristan de son côté était devenu impassible même si sous la table, il s’amusait de temps à autre à effleurer de sa main, une des jambes de sa compagne, plus rassurant qu’autre chose… quoique… peut-être s’amusait-il aussi un peu à la taquiner, avec lui, difficile d’être sûr…
Au moins personne ne posait de question par rapport à son foulard, c’était déjà ça.
Finalement, lui-même quitta la table en déposant un baiser sur son front, oui, malgré la présence de encore quelques professeurs et le léger rougissement de sa compagne.

- Je vais faire un tour et m’assurer des installations pour les cours… Je voudrais renforcer au plus tôt les enseignements en combat et ne plus les ménager. Que ceux qui veulent apprendre à se battre le soient en peu de temps.

Il ne fit pas d’autre démonstration affectueuse mais lui fit un tendre sourire et un clin d’oeil avant de s’éloigner rapidement.
De sa conversation avec la lutine il ne sut rien, trop occupé à faire ce qu’il avait dit mais aussi à chercher quand et où il pourrait se transformer, ressentant déjà l’oppression de son manque de liberté en ces lieux.
Lutine et mage… Elles en avaient des choses à se dire et il y avait bien de quoi être surprise en effet, tant de choses s’étaient passé depuis si peu de temps. Comparé au temps de leur séparation, à la durée de leur douleur, tout ce qui s’était enchainé pendant leurs retrouvailles était si rapide, si rocambolesque qu’il y avait de quoi se poser des questions quant à leur histoire. N’étaient-ils pas irrémédiablement liés ? Oui bien sûr, eux en prenaient tout juste conscience, mais le reste du monde alors ?

Tandis que le Drakkari faisait le tour des installations sportives et de combat, plein de nostalgie de se retrouver à cette époque de l’année à l’Académie, ce qui le ramenait presque une année en arrière alors qu’eux deux c’était encore… rien du tout, juste houleux, juste impossible, alors qu’il prenait conscience de tout ce qui leur était arrivé et du manque de calme au sein de leur vie, une toute autre confrontation avait lieu pour sa chère et tendre… Parce qu’elle venait de se retrouver, suite au départ de Kymmie, face à son ancien petit ami, ancien amant et ancien compagnon d’armes et de coeur, Erwan.
Aie ! Ca ce n’était clairement pas prévu et le Drakkari même s’il se doutait qu’Erwan était dans le coin ne devait certainement pas s’y attendre, autrement, jamais il n’aurait laissé la demoiselle seule… Toutes ces aventures étaient encore trop fraiches, sa jalousie encore ardente et puis… son esprit ne manquait pas une occasion, à la moindre évocation de l’archer, de lui rappeler les quelques bribes de souvenirs intimes qu'il avait pu saisir de l’esprit de sa compagne pendant leurs séances de vol et qui étaient décidément bien douloureux…

Il ne savait rien de l’entretien entre sa compagne et son ancien petit ami et ce n’était pas plus mal au fond même si la demoiselle se retrouvait dans une bien étrange situation à laquelle elle n’aurait pas dû faire face seule. C’est vrai, elle avait bien assez mal vécu et s’était bien assez torturée à propos de ses sentiments partagés et du fait qu’elle soit toujours attirée par Tristan quand elle était encore avec Erwan. Décidément, on jouait beaucoup avec leurs sentiments là haut, à croire que c’était le nouveau jeu à la mode oui : comment torturer les humains ?
La pauvre… Devoir le revoir, affronter son regard de chien battu parce qu’il était clairement malheureux de l’avoir perdue ! Et puis lui expliquer qu’elle était enceinte et comment c’était arrivé… Décidément ce n’était pas simple et pour le coup c’était plus à Tristan qu’il fallait en vouloir même si pour le coup, le piège des Kaärs n’avait été que le petit coup de pouce dont ils avaient besoin pour prendre conscience de l’amour qu’ils se portaient toujours… Amour et passion un peu trop violente et efficace d’ailleurs… comme le prouvait la grossesse de la demoiselle. Qu’est-ce qui diable avait pu réellement la rendre enceinte à ce moment là et pas à un autre ? Qu’est ce qui avait fait que c’était Tristan… et pas un autre de ces trop nombreux hommes qui lui étaient passés dessus en un temps record ? Le destin ? Qui sait… Un petit coup de pouce tordu certes… Mais pourquoi le Drakkari ?

Discussion… qui avait pris fin d’une bien étrange manière, par le malaise de la jeune femme.
Tristan était en train de marcher, pensif et malheureux malgré tout, conscient qu’il était de nouveau en cage… dans une jolie cage certes, mais en cage tout de même, quand son coeur se serra brusquement lui coupant le souffle alors que son collier se mettait à irradier. Il n’avait pas besoin de plus d’indices. Déjà il se mettait à courir et franchissait en un temps record la distance qui le séparait du bâtiment dont il n’était décidément guère loin. Cassidy venait à peine de perdre connaissance, rattrapée par Erwan qui s’inquiétait clairement pour elle que Tristan débarqua en trombe dans le réfectoire, avec une telle vitesse et une telle force inconditionnellement plus grandes qu’avant son accident qu’il manqua de sortir de leurs gonds les deux lourdes et énormes portes qu’on peinait déjà à entrouvrir pour laisser passer deux trois élèves à la fois (et qui étaient à présent assez ouvertes pour laisser entrer un éléphant !… ou un dragon…).
Déjà, son corps semblait luire de ce léger éclat propre à l’apparition des minuscules écailles qui le protégeaient en cas d’attaques sérieuses. Il venait de scander le surnom de sa compagne… Pourtant, sa voix était étonnamment grave, étonnamment grondante, bien plus proche d’un rugissement que d’une voix humaine. La peur… facteur si violent, si prégnant sur ses transformations qu’il pensait pourtant contrôler.
Même s’il venait de débarquer en trombe et même si Erwan eut tout de suite un mouvement de recul, comme pour éloigner Cassidy du danger, protecteur, même si le tout se passa très vite, le Drakkari ne manqua pas le sourire heureux et apaisé de l’archer alors qu’il tenait SA petite amie dans ses bras.

Tristan sembla aussitôt se calmer, peut-être parce qu’il la voyait bien là tout simplement. Il se rapprocha en quelques enjambées rapides alors que Erwan semblait surpris puis agacé de le voir, presque… mécontent. Ah non, sûrement mécontent… C’est vrai qu’il était celui qui lui avait volé sa petite amie et ça, décidément ça ne s’acceptait jamais facilement.
Pourtant, les mains du jeune homme tremblaient alors qu’il s’approchait de sa compagne. Sans doute parce qu’il était en colère de la trouver entre les bras d’un autre, même innocemment, sans doute aussi parce qu’il soupçonnait l’archer d’y être pour quelque chose. Qu’avait-il osé lui faire ?!!!! L’antipathie se voyait clairement sur le visage de Tristan qui ne s’encombrait aujourd’hui que peu de la bienséance dont il avait eu recours avant à l’Académie, par respect pour sa compagne, dans le but de s’intégrer aussi. Il savait ce qu’il était, qui il était et ses instincts, profondément enfouis, de dragon, ne s’encombraient pas d’autant de fioritures. Il se retint tout juste de cogner sur Erwan, seulement parce que ça aurait porté préjudice à Cassidy, oui, seulement pour cette raison.
Alors qu’il s’approchait, il vit l’étreinte de l’archer se resserrer dans un premier temps, une lueur de défi passant dans son regard, comme s’il avait l’intention de se battre pour la jolie mage mais ça, Tristan le savait déjà, avant même de franchir le seuil de l’Académie et il n’y avait que la douce demoiselle pour l’ignorer ! Néanmoins, l’étreinte en question fut relâchée… sans doute pour un mélange de plusieurs raisons. Parce que le « fiancé » était là, parce que la colère dans ses yeux, meurtrière rappelait à l’archer qu’en combat singulier il ne faisait pas le poids, ensuite parce que pour l’heure de toute manière, faire un scandale au détriment de la demoiselle atteinte n’était pas la meilleure des idées !!!!
La colère sur le visage du Drakkari s’était rapidement mue en inquiétude alors qu’il ignorait superbement Erwan pour ne se concentrer que sur sa jolie compagne, l’appelant doucement.

Il la prit doucement dans ses bras, relevant les yeux vers l’archer, le mettant clairement au défi du regard de tenter de l’empêcher de récupérer sa compagne ! Oui, défi entre deux hommes… pour une même demoiselle; rien de bien surprenant à cela.
Déjà le jeune homme pressait sa petite mage contre lui, inquiet alors que même inconsciente, elle bougeait imperceptiblement contre lui, comme si elle se blottissait dans sa chaleur. En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, il avait plié les genoux pour passer un bras sous ceux de la jeune femme et la pressant contre lui, la portait sans mal comme une demoiselle en détresse inconsciente, s’éloignant pour la porter à l’Académie, un peu rassuré par son pouls régulier, mais inquiet de son inconscience. Un regard lourd de menace fut tout de même jeté à l’archer.

- Si j’apprends que tu es responsable… Tu le paieras.

C’était clairement une menace et les yeux du Drakkari avait changé tandis que ses crocs se montraient plus brillants et d’autant plus longs, comme s’il était à deux doigts de se transformer. Il sembla lutter une seconde contre l’envie d’en découdre puis s’éloigna très vite pour se rendre à l’infirmerie, expliquant rapidement que la demoiselle avait perdu connaissance, qu’il n’était pas à côté lorsque cela était survenu, légèrement tremblant et apparemment très inquiet malgré toutes les paroles apaisantes qu’on prodiguait pour le calmer.
Mais à peine Cassidy avait-elle était allongée qu’elle commençait à reprendre des couleurs. Kymmie venait d’apparaitre et était sans doute déjà prête à se venger sur Tristan qui était à priori le seul responsable de cet état et qui pour l’heure marchait de longs en larges, fébrile, lorsque la demoiselle se mit à battre des paupières. Il le sentit avant de le voir, fait assez surprenant tout de même… Il est vrai que Cassidy n’avait pas dit à son amie lutine que Tristan n’était pas un humain… ni un Drakkari réellement, mais autre chose d’autrement plus dangereux et d’autrement plus incroyablement magique… Au même titre que les lutines, les fées, les licornes, les dragons étaient des êtres de magie après tout, non ?
Il fut aussitôt près d’elle, si vite, qu’il buta contre une table basse et dut se faire sacrément mal, grimaçant déjà, s’enquérant de son état, l’air affolé.

- Cassy ? Cassy ?! Est-ce que ça va ? Elle va bien là hein ? Cassy ! Qu’est ce qui s’est passé ? Tu… Tu étais…

Oulà… inquiet le chéri !
Ce fut elle qui dut le rassurer, c’était décidément le monde à l’envers. Pourtant au contact d’une main sur une de ses joues, il se calma aussitôt et se fit immédiatement sage, l’écoutant, fronçant de temps à autres les sourcils.
La guérisseuse de l’infirmerie conseilla à la jeune femme de se ménager un peu et de rester calme aujourd’hui, de la consulter régulièrement à propos de sa grossesse (qu’elle avait apparemment repérée au premier coup d’oeil) mais que tout allait bien, que ça pouvait arriver, qu’elle devait juste faire attention de ne pas être anémiée ni en hypoglycémie.

Tristan se fit très attentif et peu après, il portait Cassidy jusqu’à sa chambre malgré ses maigres protestations. Après tout, quand il la portait ainsi, même si c’était parfois un peu ridicule, n’avait-elle pas tous les airs d’une princesse dans les bras de son prince charmant ? Il voulait qu’elle se repose et qu’elle reste au lit alors qu’elle protestait déjà qu’elle avait du travail. Il confirma bien sûr et lui affirma lui apporter ses courriers et rapports qu’elle pouvait tout aussi bien traiter confortablement installée dans des coussins que sur une chaise !
De toute manière le jeune homme avait des arguments contre lesquels elle ne pouvait rien, à savoir de longs baisers langoureux… Et décidément, elle n’était guère équipée pour lutter contre, même après tout ce temps !

Pourtant, il s’assombrit bien vite, lui demandant ce qui s’était passé avec Erwan. Il la vit aussitôt s’inquiéter, stresser, probablement paniquer à l’idée d’un conflit entre les deux hommes et aussitôt sa respiration s’accéléra alors qu’elle pâlissait. Il y coupa court, l’embrassant, la prenant tendrement dans ses bras en la berçant.

- Chut, ça va, c’est bon, calme toi… je voulais juste m’assurer qu’il ne t’avait pas fait de mal, je ne te poserai pas de questions Cassy… Tu es libre de me parler si quelque chose te tracasse, tu sais que je ne te forcerai jamais à rien…

Bah après tout, il n’était pas un adorable petit ami pour rien par le passé… Et continuait quand même de l’être… dans un sens.
Il l’empêcha de travailler un moment tout de même, sans se douter qu’ils étaient un peu espionnés parce que les lutines, discrètes, invisibles, voulaient s’assurer que la petite mage ne s’était pas encore faite embobiner, juste en l’embrassant, la câlinant et la distrayant un peu, très préoccupé par son état et même quand elle lui affirma qu’il pouvait y aller, que ça irait, il resta, décidé à peindre un peu soi-disant… dans le but inavoué d’être près d’elle si elle refaisait un malaise. Mais elle n’en refit pas fort heureusement et un plateau apparut vers midi pour les sustenter… Elle semblait quand même assez fatiguée et comme lui devait déjà reprendre ses cours qu’il donnerait désormais presque tous les jours pour ceux qui voulaient devenir guerriers, il lui demanda quand même de faire attention, et ce même s’il savait que dès qu’il aurait le dos tourné elle en referait beaucoup trop pour rattraper son retard.

Il passa beaucoup de temps à s’entrainer et à préparer avec ses tout récemment retrouvés élèves les programmes adaptés à chacun, aussi et surtout pour oublier le frémissement dans sa colonne vertébrale à chaque fois que le vent soufflait un peu plus fort sur son visage, constante tentation de devenir un dragon et de s’élever dans les airs… caresser les nuages.
Quand il rentra, le ciel s’obscurcissait et il alla rapidement se doucher, revenant uniquement vêtu d’une serviette de bain autour des hanches. Comme il s’en doutait, Cassidy n’était plus dans leur chambre et il s’habilla rapidement pour aller la chercher dans son bureau et presque la trainer loin de son travail pour aller diner. Et encore, elle semblait perdue dans ses pensées, toute occupée à son organisation de travail des prochains jours alors qu’ils mangeaient.

Si elle ne retourna pas travailler peu après, alors qu’elle affirmait avoir quelque chose à finir, ce fut certainement grâce à son compagnon qui arguait avoir bien d’autres projets en tête. Et pour cause, même s’il s’était déjà douché, il s’accapara aussitôt le vaste bain pour eux deux dans lequel il entreprit de détendre sa compagne par un tendre massage tout d’abord, s’émerveillant devant son corps et baissant un regard un peu trop coupable vers son ventre. Fait étrange, si très tôt, les futurs papa, gaga se mettaient à caresser le ventre de leur compagne dans le but de ressentir un mouvement de l’embryon puis du foetus, Tristan n’avait pas du tout ce geste là, bien au contraire, il semblait éviter tout contact avec ledit ventre, comme si autrement, il prenait un risque… quelconque.
Shampoing, discussion de tout et de rien alors qu’il lui parlait de l’entraînement, qu’elle lui parlait des lettres reçues…puis ils retournèrent dans leur chambre et à la vue de ses yeux fatigués il réussit à la convaincre de se coucher tôt…

Les journées suivantes se ressemblèrent toutes… Elle travaillait beaucoup, voire même beaucoup trop malgré les quelques interventions de son compagnon qui ne manquait pas une occasion pour lui apporter des biscuits et autres friandises dont elle avait aujourd’hui un besoin presque maladif. Lui s’entrainait, peignait, remettait un peu d’ordre aussi dans l’Académie alors que les différentes actions de la jeune femme (autorisation de sortie, acceptation d’un évènement tardif sportif en semaine etc.) lui attiraient la sympathie qui lui avait manqué pendant toute la durée de sa séparation avec son compagnon… au point que bien des rumeurs circulaient sur les sentiments secrets entretenus par le jeune couple auparavant, enfin dévoilés. Néanmoins il ne s’était que peu transformés ces derniers jours et ça se voyait. Oh il n’était pas agressif, pas avec elle en tous les cas, toujours aussi tendre et doux, prévenant à la moindre occasion, mais il semblait un peu malheureux des fois quand il regardait le ciel. Il s’entraînait dans les bois à se transformer en mini dragon et ça prenait du temps. Se transformer ne lui suffisait pas… Il avait besoin de voler et malheureusement, sa première sortie en mini Tristan se passa bien mal puisqu’elle le retrouva dans leur chambre…
Ca faisait quelques jours qu’elle le trouvait morose déjà alors qu’elle-même l’était un peu, épuisée par tout son travail et stressée par ses hormones même si Tristan l’aidait beaucoup, lisant certains courriers et les lui résumant, réalisant toute tâche dont il était capable pour elle. Ils s’étaient un peu disputés, ou du moins… vexés l’un l’autre peu auparavant… parce qu’il l’avait surprise en train de discuter avec Erwan. Pourtant, elle ne se cachait pas du tout, Erwan étant responsable des animaux, il la tenait juste au courant de l’état de ceux-ci… Mais le Drakkari, tendu comme il l’était l’avait mal pris et s’était interposé, grognant déjà, agressif, les traits tirés et l’air en colère. D’accord, elle était restée calme et avait juste mis fin à la conversation mais une fois qu’ils avaient juste été seul, elle paraissait en colère à son tour qu’il réagisse ainsi, peut-être parce qu’elle avait l’impression qu’il ne lui faisait pas confiance…

Il avait besoin de sortir… Ses transformations ne duraient pas encore très bien, ni très longtemps mais elles fonctionnaient. Alors qu’ils étaient un peu en froid, chacun boudant dans son coin comme deux gamins, elle torturée par ses hormones et lui par son absence de libertés et ses insatiables instincts, il était sorti tôt pour s’aérer, s’entraîner, puis s’était transformé…
Elle s’était probablement levée tôt aussi pour travailler avant de retourner dans sa chambre pour une raison ou une autre et de se mettre à gronder le Drakkari d’un air grincheux en marmonnant qu’il avait mis de la peinture partout et qu’il avait intérêt à nettoyer… vu qu’il y en avait dans le couloir jusqu’à leur chambre. Quelle surprise donc de retrouver le jeune homme au sol, à plat ventre, inconscient, le dos lacéré de coups de griffes démesurés et de savoir que cette fois… non, ce n’était pas de la peinture !
Une fois de plus leur lien s’avéra utile même s’il fallut du temps pour qu’il reprenne conscience et même donc si elle eut longtemps lieu de s’inquiéter. Quand il finit par se réveiller et qu’elle l’eut soigné de longs baisers qui avaient tout d’une réconciliation après leur légère dispute, il lui expliqua tout.

Il s’était transformé et voletait tranquillement quand il avait été attaqué… par un rapace le prenant pour cible. Et en petit dragon il devait être bien maladroit au final pour s’en être sorti avec tellement de blessures. Mais après tout, c’était logique pour la taille de ses marques. Quand il était dragon, immense par rapport à un humain, s’il était blessé, en redevenant Drakkari, ses blessures s’adaptaient, proportionnellement à sa taille… C’était donc tout aussi vrai quand il était un petit dragon pour qui les serres d’un rapaces valaient bien les épées de chevaliers pour le grand dragon… et pour l’être humain… enfin le Drakkari, c’était quelque chose, vaguement entre les deux, mais décidément douloureux…
Pourtant, ça avait eu le bon côté de les réconcilier et ils avaient passé un bon moment à discuter et se câliner, à se reposer alors qu’ils en avaient tellement besoin, sans évoquer Erwan… Et c’était bien mieux ainsi. Elle avait bien dû remarquer après tout, à quel point il était jaloux.

A partir de ce moment là, le jeune homme s’absentait plus longuement, partant plus loin pour se transformer ou étant excessivement prudent en mini dragon… Cela faisait déjà une semaine qu’ils étaient rentrés à l’Académie quand de très bonne heure, un matin, il réveilla Cassidy et sans lui laisser le temps de comprendre ce qui lui arrivait, profitant du ciel encore obscurci par la nuit, sauta avec elle par la fenêtre pour une chevauchée…dont il avait tous les deux bien besoins. Après tout… les sensations fortes, ils en avaient tous les deux énormément besoin non ?
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