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 Parce qu'abandonner n'existe pas...

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Cassidy Herediane
Directrice de l'Académie Hysandra
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Feuille de personnage
Race: Humain Ascadian
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MessageSujet: Re: Parce qu'abandonner n'existe pas...   Ven 4 Juil - 18:43

Rassurée oui, de pouvoir enfin le retrouver. Soulagée de voir qu’il n’était pas si rancunier. La joie et le bonheur se lisaient sur le visage de la petite demoiselle alors qu’il s’exprimait. Mais elle était toujours aussi honteuse de ne pas avoir réagi aussi tôt, de ne pas avoir crevé l’abcès. Des remords, de la culpabilité, elle s’en voulait terriblement même si elle restait plutôt souriante.
Ils étaient ensuite sortis et elle se renfrogna quand il parla de la privation de bisous si elle utilisait la magie. Cette menace était cependant suffisante pour éviter qu’elle ne fasse des bêtises et la peur de ne pas avoir de baisers alors qu’elle était complètement en manque était une raison suffisante pour rester bien sage et ça Tristan le savait bien.

Puis il y eut la révélation de la lettre. En effet, elle l’avait récupéré dans un tiroir, se servant des souvenirs d’Alanir. Après tout, elle partageait avec le dragon une relation bien spéciale. Etre dans son esprit et pouvoir lire en l’autre… C’était particulier. Cependant la lecture de la lettre raviva chez elle des souvenirs émouvants, cet horrible enfermement et elle se sentit bien plus malheureuse. Toute la culpabilité remonta sur ses épaules alors qu’elle retrouvait ces sensations qui l’avaient agité au cours de ces nombreux mois.

Ce fut Tristan qui la sortit de sa torpeur, l’embrassant tendrement, rassurant avec elle. Il la rassura et lui sortit les plus belles phrases qu’elle pouvait entendre. Venir le voir… qu’elle était sa famille. Ses yeux s’embuèrent de larmes mais elle souriait en même temps, tellement heureuse de l’entendre dire. Elle se jeta dans ses bras, le renversant même en arrière, et se colla tout contre lui. Cela valait plus que tous les mots. Elle se sentait bien… elle ne se sentait plus seule… Elle avait besoin de lui… elle le considérait énormément car même si elle avait une famille, il n’empêche qu’elle était terrorisée par ce qu’elle était et Tristan était un peu comme elle. Une sorte de mélange de deux gênes. Même si ses deux parents à elle étaient humains, il n’en résidait pas un énorme mystère quant à ses origines.

C’était une magnifique journée, tout rentrait dans l’ordre même si Tristan cachait encore quelque chose et la soirée se termina en beauté alors que la petite mage semblait bien désireuse de retrouver un peu d’intimité avec son compagnon. Ils avaient bien dansé, enfin surtout lui, et malgré la fatigue, la demoiselle avait encore de l’énergie à revendre. Ils s’amusèrent beaucoup toute la nuit et elle trouva beaucoup de plaisirs dans leurs retrouvailles. Désireuse de satisfaire son beau compagnon, de le rendre sensible à la moindre de ses caresses. Elle cherchait également à vérifier ce qui lui plaisait, si elle ne se trompait pas et si les choses n’avaient pas changé. Pourtant elle ne sentit qu’à demi ce moment où il l’avait entrainé sur le sol, déjà bien épuisée par cette nuit et surtout une activité aussi intensive après tant de mois d’abstinence ! Mais elle était heureuse… sincèrement. Murmurant qu’elle l’aimait, la demoiselle s’endormit rapidement mais ils n’eurent pas vraiment le temps de dormir trop longtemps.

En effet, l’annonce de la naissance de l’enfant à Maud chamboula tout. Si au départ Cassidy semblait endormie et ne pas s’en rendre compte, ce n’est qu’en observant l’enfant qu’elle sentit remonter toute une vague de tristesse, de culpabilité. Elle était dehors mais Tristan ne serait certainement pas dupe.

Elle ne voulait pas faire comme si tout allait bien, elle voulait se confier, elle en avait besoin. Sans savoir comment il l’accepterait. Pleurant dans ses bras, agitée de petits tremblements, la demoiselle se laissa bercée dans les bras de Tristan. Cela la rassura, la consola. Elle se sentit un peu mieux et au moins elle avait une épaule sur qui pleurer.

Tristan la conduisit à la serre. Le massage lui fit énormément de bien. Elle poussa un cri de protestation quand il la traita de vieille et le tapa un peu pour la forme. Puis ils allèrent manger au dessus de la cascade. Cela apaisait la demoiselle et même si la douleur d’avoir perdu son enfant était encore grande, elle ne voulait pas non plus perdre Tristan. Le fait de ne rien savoir l’inquiétait, elle ne savait pas ce qu’elle devait faire, elle s’inquiétait de le voir disparaître… Elle le questionna gentiment, avec compréhension. Il s’exprima, parla d’erreurs, d’abandon. Les yeux de la demoiselle se firent plus triste même si il continuait à dire qu’elle n’était pas responsable. Et alors qu’elle déclarait vouloir l’aider, il lui montra alors tout.

Son lien… elle inspira profondément et se concentra sur ce qui les unissait. Aussitôt, son esprit se fit brumeux et elle put revivre tout ce qu’avait vécu Tristan ces derniers jours. Elle semblait éprouvée en regardant les différentes scènes. La douleur… la colère contre les dragons… le combat final contre leurs doubles et enfin cette période de doute où plusieurs dragonnes avaient fait leur apparition. Cette dernière scène lui hérissa le poil alors qu’elle retrouvait ses esprits petit à petit. Eleyna appela Tristan pour quelque chose et la jeune femme se retrouva seule, se contentant d’un sourire apaisant pour lui dire que tout allait bien. Elle lui fit un petit geste de la main tout en le regardant s’éloigner.

Mais tout se bousculait dans la tête de la demoiselle. Des remords… et c’était quoi cette histoire de l’accepter en tant que dragon avant la nouvelle lune ? Son visage s’horrifia alors qu’elle réalisa justement que cette date était passée. Elle se passa une main sur la tête… bon bon… après tout c’était bien mérité non ? Mais le visage de la dragonne ne quitta pas son esprit. Une haine s’empara de son cœur, de la jalousie… une peur également… peur également que Tristan préfère la dragonne à elle. Ils avaient certainement couché ensemble. A cette simple évocation, tout son corps se mit à trembler furieusement alors qu’elle se recroquevillait sur elle-même. Se calmer… se calmer…

Un éclair doré partit de son corps et rentra en contact avec un gros rocher plus loin. Un énorme choc… Le rocher se désintégra en fines particules qui retombèrent au sol. Cassidy se mordilla la lèvre puis la seconde d’après, même assise sur le sol, elle devint blanche et tomba sur le côté, affaiblie. Sa respiration était faible, elle déglutit rapidement. Un bon moment se passa avant qu’elle ne réussisse à se relever au final, reprenant des forces. Cela risquait d’être dangereux… très dangereux… et pourtant elle ne devait pas faire de magie.

La demoiselle revint à l’appartement, livide. Alanir comprit tout de suite que quelque chose n’allait pas et lui demander de lui raconter, prétextant le besoin de sortir. Ils marchèrent dans les ruelles et elle lui expliqua… enfin elle n’avait pas besoin de lui expliquer grand-chose puisqu’il était également capable de voir tout comme elle. De longues interrogations, Alanir ne semblait pas y croire. Il expliqua à Cassidy qu’il n’avait jamais entendu parler de telles dragonnes, trop ermite pour se renseigner sur le monde extérieur. Ce n’est que lorsqu’ils croisèrent le groupe à Tristan que la petite mage blêmit en écoutant le discours.

Alanir soutint la petite mage pour l’aider à rentrer. Il la déposa dans le canapé avec quelques biscuits auxquels elle ne toucha pas. Tristan finit par rentrer et l’ambiance en était plus qu’électrique. Cassidy tentait de faire bonne impression et Alanir se mettait en position d’attaque, grondant, menaçant mais Tristan sortit une phrase qui brisa toutes les rumeurs et suppositions malheureuses. Etonnée, elle le regarda, penchant légèrement la tête sur le côté.

Des premières paroles très contradictoires. Tristan semblait savoir ce qui rongeait la demoiselle même si il commençait par aborder le sujet des pulsions, déclarant haut et fort qu’il pouvait avoir toutes les femmes. Son côté dragon se traduisait encore plus que ça puisqu’il parlait assurément de femelles au départ. Cassidy se mordilla la langue très discrètement, du bout de ses dents. Ca faisait mal ça… ça faisait mal de l’entendre dire ce genre de choses… Elle détourna lentement la tête, peinée, commençant à se poser des questions, commençant à regretter tout ce qui s’était passé, elle n’aurait jamais du partir… elle n’aurait jamais du le laisser devenir comme ça… Peut être était-elle trop égoïste, trop possessive. Alanir resta stoïque, les bras croisés, pas vraiment d’accord avec ce que Tristan racontait et soupira en baissant lentement les yeux vers le sol.

Elle l’écoutait avec la plus grande attention même si elle était assise dans le grand canapé. Son air désespéré, ses paroles suppliantes, lui faisaient mal au cœur mais en même temps étaient tellement libératrices. Etait-ce vrai cette fois ? Vrai de vrai ? Il voulait rester avec elle… Il voulait vraiment garder cette part d’humanité et soulagement plus qu’évident, il n’avait rien fait avec la dragonne. Le cœur de Cassidy fit un bond dans sa poitrine, un peu soulagée, un peu plus apaisée. Alanir était debout à côté d’elle, statique, dévisageant de ses yeux rouges le Drakkari en face de lui. Il ne disait rien mais semblait également soulagé par ces révélations. C’était une si belle déclaration dans le malheur.

Eleyna en profita pour faire son entrée tout en expliquant aux deux amis que Tristan était bien plus dragon à présent. Il était évident que rester au contact de ceux-ci ne pourraient que renforcer cet état. Cassidy restait silencieuse, se répétant dans sa tête les paroles du beau jeune homme, son fiancé. Tant de remords dans l’esprit de la demoiselle mais aussi un espoir fou. Puis, après un moment qui paraissait très long, la jeune femme posa doucement ses mains dans ses cheveux rouges, fixant toujours Tristan agenouillé par terre, l’air triste.

Puis elle fit parcourir ses mains fraîches sur le visage du jeune homme, tout en les posant sur son menton, le forçant à garder la tête haute, l’invitant à se redresser, se contentant de le regarder fixement. Elle ne disait rien encore et pourtant, c’était un magnifique baiser qu’elle lui décrocha, à lui donner le vertige. Le genre de baiser qui a un impact tellement important que toute la douleur, tous les malheurs finissent par s’envoler. Ses lèvres avaient un goût de sucré/salé dont la demoiselle se délectait à chaque fois. C’était lui… c’était bien lui… Par les dieux, que cela lui avait manqué !

Tout en continuant de caresser son visage du bout de ses doigts, la demoiselle se mit à parler d’une voix douce, emplie d’émotion, les yeux brillants.

« Tris’… ne t’en fais pas… je… suis heureuse d’entendre que… tu veux toujours être avec moi… que tu refuses cette loi de dragon… et ça me fait plaisir… vraiment. Je te l’ai dis non il n’y a pas longtemps ? Si d’une manière ou d’une autre je peux t’aider alors je le ferais… car je t’aime… j’ai trop de choses à me faire pardonner. Ne t’inquiète pas… je serais toujours là pour toi… pour te guider… on va trouver une solution… »

Elle posa ses mains dans sa nuque et l’attira vers elle, afin qu’il se repose un peu plus contre son ventre, sa voix tremblante alors qu’elle le serra un peu plus fort contre son cœur, murmurant un simple mot en boucle.

« Merci… merci… merci… »

Alanir se détendit un peu et jeta un regard à Eleyna. Bien sûr, il pouvait comprendre la détresse de Tristan. Il faudrait qu’ils en parlent ensemble, cela l’aiderait même si le dragon savait pertinemment que la seule qui pouvait réussir complètement à faire quelque chose, c’était bien Cassidy. La jeune femme d’ailleurs ne se décollait pas de Tristan, le gardant dans ses bras, pouvant le sentir contre elle comme elle ne l’avait jamais autant fait depuis si longtemps. C’était agréable, c’était apaisant… non décidément elle ne pouvait pas le laisser dans cet état. Si lui avait besoin d’elle, c’était aussi son cas.

Elle déposa un nouveau baiser sur son front, murmurant quelques paroles rassurantes, souriant timidement tout en faisant glisser les doigts sur son visage. Eleyna avait proposé de préparer le repas, pour cette fois et Alanir s’empressa de la rejoindre, laissant au petit couple un peu d’intimité. Cassidy ne disait plus rien mais elle se contentait de bercer Tristan, tout en fredonnant un air de chanson, continuant de caresser ses cheveux pour le calmer et de passer une main sur ses joues pour essuyer les larmes qui avaient coulées peu avant.

Finalement, le repas fut prêt et ils se mirent tous à table. Tristan semblait avoir repris du poil de la bête, comprenant que Cassidy resterait avec lui et elle semblait un peu plus apaisée, un peu plus joyeuse, même si un peu de temps serait nécessaire pour être de nouveau complètement calme. Après tout, il fallait attendre que les choses s’arrangent pour qu’ils redeviennent bien plus naturels et confiants. Le repas se passa dans le calme car personne ne savait quoi dire même si Eleyna parlait de temps en temps avec Alanir, lui qui posait toujours autant de questions. Cela fit sourire Cassidy. Elle n’avait pas remarqué à quel point son dragon s’était au final… humanisé lui.

Puis tout le monde se coucha, Alanir dans la même chambre qu’Eleyna parce que le canapé ne lui disait rien et Cassidy avec Tristan dans la chambre. Ils semblaient un peu gauche tous les deux, intimidés, alors qu’il s’installait sur le lit et qu’elle ouvrait l’armoire pour chercher une nuisette à se mettre. Tristan semblait un peu anxieux, du moins c’est comme cela qu’elle le prenait. La jeune femme se regarda un instant devant le miroir, soupira en examinant sa cicatrice à l’œil puis se mit à sourire doucement avant de se retourner vers le jeune homme assis sur le lit, torse nu, et l’observant avant de s’asseoir à côté de lui.

Elle lui prit doucement la main pour la poser sur ses genoux tout en la caressant distraitement.

« J’aimerais bien pouvoir tout régler d’un simple coup de baguette magique mais je ne semble pas avoir tous ces pouvoirs… Enfin on progressera ça je ne me fais pas de soucis… et puis même si tu me pardonnes mon absence, j’ai toujours du mal à le réaliser… j’ai toujours pensé que si je sortais de cette île, ce qui serait arrivé était bien mérité mais… je ne laisserais pas mon fiancé dans cet état… »

Un doux sourire s’étira sur ses lèvres alors qu’elle s’attarda sur le poignet du jeune homme. Délicatement, elle lui retourna la main et ses doigts se glissèrent sur la pochette de la lanière du bracelet de force. Sortant la petite bague, elle la fit lentement tourner dans ses doigts en la regardant un instant, mi amusée, mi heureuse.

« Une femme exceptionnelle pas vrai ? Il serait temps de l’affirmer à nouveau mon cher… »

Elle prit la main du jeune homme, le regardant d’un air interrogateur, attendant qu’il lui donne l’autorisation de lui passer à nouveau la bague au doigt. Elle put sentir un état de délivrance et une certaine joie grâce au lien qui l’unissait à Tristan. Souriante, Cassidy fit glisser avec douceur la bague sur l’annulaire de Tristan. Puis elle s’écarta un instant, le regardant avec admiration.

« Voilà… c’est bien mieux comme ça ! »

Elle se mit à sourire tendrement avant de se rapprocher de lui, ne lui laissant pas le temps de répliquer et s’installa sur ses genoux alors qu’elle passait les bras autour de sa nuque, l’embrassant tendrement. Baiser qui fut rapidement rendu, tous deux en ayant besoin. La demoiselle semblait être particulièrement en manque, puisqu’un baiser en entraînait un autre et aucun des deux ne semblait vouloir s’arrêter. Il fallait croire que l’abstinence avait été bien trop longue pour eux. Il bascula sur le lit, l’entraînant avec elle alors qu’elle était toujours assise dans une position cavalière sur son ventre.

Ses cheveux dorés vinrent chatouiller le visage du beau jeune homme alors qu’elle tenait au départ ses mains, le bloquant sur le matelas. Puis elle relâcha sa prise et il en profita pour entourer le corps fin de la demoiselle de ses bras protecteurs. Finalement, elle se mit à briller encore assez rapidement, se redressant un peu, rougissante. Ce n’était peut être pas le moment de faire ça… Quoique… Elle grogna amusée pour la forme.

« Ahlala… la privation m’a rendue complètement dingue de toi… »

Tristan la dévisagea un instant alors qu’elle l’embrassa de nouveau avec fougue, un air de défi sur le visage.

« J’espère que tu es prêt, car je vais te combler à tel point que tu ne regarderas plus jamais une autre femme sans penser à moi… »

Elle en profita pour lui mordiller délicatement l’oreille puis déposa de petits baiser dans le creux de son cou, lui tirant quelques frissons. Quel dommage qu’ils ne soient pas seuls… Cependant la jeune femme avait de la ressource, car elle se redressa un instant en lui disant de patienter avant de chercher dans un tiroir quelque chose, une petite pierre bleutée et lumineuse qu’elle posa devant la porte de leur chambre.

« J’ai acheté ça y a un moment déjà… quand on était ici… je me suis toujours dit que peut être qu’il pouvait m’arriver d’avoir des pannes de magie alors un outil magique pouvait être utile si on voulait être… tranquille. »

Un sourire provocateur apparut sur le visage de la demoiselle alors qu’elle s’approcha de son homme dans une démarche bien plus féline et tentatrice, s’installant de nouveau sur ses hanches alors qu’il s’était un peu redressé, profitant de la lueur dorée qui entourait la petite mage. Elle fit mine de réfléchir, posant un index sous son menton et les yeux au ciel.

« Où en étions nous… Ah oui ! »

Elle l’embrassa de nouveau avec passion, s’enroulant autour de lui et faisant parcourir ses mains sur ses pectoraux.

La nuit fut très courte… vraiment. Au final, ils firent une grasse matinée, même si Eleyna semblait se douter ce qui s’était passé puisqu’elle ne vint pas les déranger et détourna Alanir, toujours un peu inquiet pour la petite mage. C’était d’ailleurs assez marrant comme situation puisque la belle femme tentait d’expliquer à Alanir ce qui se passait, ce qui donnait alors accès à un scénario plutôt comique.

Tristan et Cassidy se réveillèrent un peu avant midi. Lui peut être un peu plus tôt puisque lorsqu’elle ouvrit les yeux, il était posé à côté d’elle, caressant doucement ses courbes tout en l’admirant. Elle fit un sourire timide en le saluant et lui demandant si il avait bien dormi. La phrase qu’il lui sortit était un brin provocante et cela fit rire la demoiselle qui se passa la main dans ses très longs cheveux blonds, emmêlés et complètement rebelles pour le coup. Se remémorant la nuit avec délice, la demoiselle savait qu’elle s’était encore plus impliquée que les autres fois, innovant. Elle songeait cependant embêter Maud avec ça et surtout qu’elle lui prête son livre sur les couples. Cela pouvait être une mine d’idées intéressantes et la jeune femme avait tellement besoin de conseils pour satisfaire Tristan au mieux, que cela en était devenu nécessaire.

Même si ce genre d’activité était très intéressante, Cassidy ne voulait pas non plus négliger le reste. Elle voulait vraiment devenir la femme parfaite pour Tristan. Qu’il la désire, qu’il l’admire, qu’il la voit au-dessus de toutes les autres. Son année passée à être enfermée l’avait tellement traumatisée qu’elle s’était jurée tout faire pour être encore bien plus pour Tristan. Et même si il lui avait pardonné, elle vivait cela comme une épreuve, dont elle ne serait pas satisfaite tant qu’il n’aurait pas été totalement conquis. C’était une lourde tâche si on prenait en compte ses gênes de dragon, et ce qu’elle devait accomplir était d’un niveau supérieur à tout autre couple humain finalement.

Ils roulèrent un instant dans le lit, se faisant des câlins tendres. Elle souriait en l’embrassant mais bien plus sagement qu’hier et finalement, après être resté un moment au lit, ils se levèrent et rejoignirent les autres. Ce fut un déjeuner vraiment très complet qu’ils prirent même si Eleyna taclait Tristan ou ne pouvait s’empêcher de lui jeter des coups d’œil malicieux ou complices. Cassidy mangeait tranquillement. Les deux autres avaient également remarqué la bague qui ornait fièrement le doigt de Tristan, cela en était plus qu’encourageant.

Puis, Tristan proposa à Cassidy de la coiffer sur le canapé, comme il le faisait d’habitude. Cela était devenu routinier après tout. La demoiselle acquiesça ravie. Il lui avait laissé quelques biscuits à disposition mais la taquina en déclarant qu’elle ne devrait pas trop manger pour éviter de prendre du poids. Elle grogna pour la forme une nouvelle. Lorsqu’il eut terminé, elle partit s’admirer dans le miroir puis revint le voir, toute joyeuse, en le remerciant.

Enfin, elle s’habilla et malgré le froid, la jeune femme avait choisi une petite tenue qui la mettait bien en valeur, demandant à Tristan son avis, tournant sur elle-même. Il prit soin cependant de la couvrir avant qu’elle ne sorte. Cassidy resta un instant dans la chambre, cherchant quelques affaires, puis fit un tour à la cuisine. Elle était longue quand elle s’y mettait ! Puis finalement, la demoiselle revint en tendant le sac en bandoulière de Tristan pour qu’il le porte.

Lorsqu’ils sortirent, elle déclara qu’ils allaient marcher en forêt. Faire une petite balade ne leur ferait pas de mal, même si la raison était toute autre. En effet, Cassidy avait quelques objectifs. Alors qu’ils marchaient, main dans la main, elle semblait silencieuse, perdue dans ses pensées. Avoir vu les souvenirs de Tristan avait été particulièrement douloureux. Elle ne savait pas si elle devait en être soulagée ou bien pleurer. Tout ce qui lui était arrivé… Son abandon… ses épreuves… ce choix si particulier qui était pour elle, uniquement pour elle… puis cette bataille dans laquelle il avait tué leurs doubles… la sienne par accident. Mais elle ne semblait pas terroriser même si les heures du beau jeune homme devaient être particulièrement sombres.

Elle se remémora également son retour chez les dragons, le rejet des dragonnes au départ et cette démonstration de force qui le poussait à devenir plus dragon au final. Cela concordait bien avec ce qu’avait dit Eleyna. En restant à leur contact, il risquait de virer complètement dans cette nature. Cela ne devait pas arriver. Pour leur bien, il ne fallait pas que cela en arrive là. D’ailleurs, à cette évocation de cette image, son estomac se tordit douloureusement et cela n’avait rien à voir avec le déjeuner. Elle montra légèrement les crocs, se fit plus crispée. Tristan avait du le sentir car il tourna la tête vers elle, inquiet et interrogateur.

Cassidy s’arrêta alors qu’ils passaient près d’une petite rivière, ses pieds s’enfonçant dans la neige alors qu’elle le dévisageait, faisant un sourire timide. Devait-elle lui cacher ? Pas vraiment non… Après tout, si elle pouvait ressentir ses émotions, c’était pareil dans l’autre sens et il ne serait pas dupe. Elle se devait être honnête avec lui.

« De la jalousie oui… Désolée mais je n’arrive pas à m’en empêcher quand je pense à ça… Pas que tu as mal fait de me le dire mais… j’ai toujours été comme ça de toute manière… jalouse des femmes qui te regardaient… possessive aussi… et peut être que ces émotions que j’ai ressentie pendant une année se sont amplifiées avec mon séjour sur l’île… c’est peut être pire que ce que tu crois mais tu en as eu un bon aperçu ces derniers jours… »

Elle baissa lentement les yeux un instant, regardant la neige blanche immaculée sous leurs pieds. Si se confier lui faisait du bien également, elle ne disait pas tout et cela aussi il devait le sentir ! Inspirant profondément et faisant apparaître de la buée devant sa bouche, elle redressa la tête et regarda Tristan avec beaucoup de sérieux.

« Elle va venir non ? Cette dragonne… »

Tristan ouvrit légèrement la bouche, indécis même si il devait bien se douter qu’elle avait déjà la réponse à sa question. La demoiselle hocha doucement la tête puis posa une main sur la mâchoire de Tristan, le caressant doucement.

« Je sais… Je sais où elle risque de taper… je sais ce qu’elle risque de me dire pour me déstabiliser… je le sais tout ça… mais si elle devait le faire, alors je me rappellerais de ce que tu m’as dis… Je me rappellerais que c’est moi que tu as choisi et non elle… Et que pour toi je dois être forte… Je ne la laisserais pas t’approcher… je ne la laisserais pas faire de toi son jouet… Elle ne se mettra pas entre nous… »

Sa voix n’était qu’un murmure mais remplie d’émotion, d’engagement. Tout en disant cela, elle prit le jeune homme dans ses bras, une étreinte parlant plus que des mots. Si au départ, la jalousie était toujours présente dans le cœur de Cassidy, elle s’apaisa, rassurée par ce lien avec Tristan, qui semblait, aujourd’hui, bien plus fort qu’il ne l’avait jamais été.

Elle s’écarta de lui pour mieux enserrer sa nuque de ses mains, le forçant à se pencher en avant et déposant un tendre baiser sur ses lèvres en souriant doucement.

« Quoiqu’il en soit… il va falloir que l’on s’entraîne tous les deux… »

Alors qu’elle se remettait à marcher, elle sentit une crispation de la part de Tristan et elle se tourna à nouveau vers lui, le regardant d’un air sérieux.

« Oui oui tu m’as bien comprise… non je n’utiliserais pas de magie et oui ça concerne ta forme de dragon… »

Chose qui le fit paniquer presque totalement… du moins à l’intérieur car à l’extérieur, le jeune homme semblait se contenir pour ne pas céder à la panique. Elle acquiesça d’un signe de tête, caressant doucement son bras pour le rassurer.

« Oh je sais que tu en as peur mais… il va falloir quand même le faire… J’en ai parlé avec Alanir, il m’a confirmé que ce que tu fais est extrêmement dangereux. Si tu n’apprends pas à contrôler cette autre partie de toi, ça risque de prendre une ampleur que même toi tu ne serais pas capable d’arrêter et tout ce que tu auras chercher à protéger n’aura pas servi à grand-chose au final… Reculer pour mieux sauter… non il vaut mieux éviter… »

Il n’était pas plus rassuré que ça et instantanément, l’image de la Cassidy du futur lui revint en mémoire. Elle continuait de caresser doucement son bras.

« Ne t’inquiète pas, je suis bien plus forte qu’avant… »

Tristan parla alors d’Alanir et la demoiselle fronça les sourcils.

« Non tu ne te transformeras pas tout de suite, on va commencer par quelque chose qu’on maîtrise un peu plus. Je dois bien pouvoir t’aider ? Alors écoute moi et fais moi confiance… »

Elle se mit à sourire doucement, puis lui reprit la main et continua d’avancer dans la forêt. L’avantage de ces bois, c’est qu’il y avait beaucoup de petites clairières un peu partout mais l’endroit était également un vrai labyrinthe pour ceux qui ne connaissaient pas le lieu. Cassidy, à force de vadrouiller, avait fini par prendre des habitudes, des repères et même si elle n’était pas une elfe pour autant, la forêt qui entourait la cité était devenu un autre de ses refuges.

La demoiselle avait décidé de le ramener à cet endroit où elle lui avait déjà fait une surprise, l’arbre surplombant les alentours se dressant toujours aussi fièrement. Encore cette fois il n’y avait pas de neige. Un brin de nostalgie s’empara de Cassidy, alors qu’elle se rappela avoir amenée Tristan ici pour le remercier d’une certaine façon. Cependant, elle ne resta pas longtemps perdue dans ses songes. Serrant doucement la main de Tristan, elle le conduisit près de l’arbre, sans pour autant franchir le petit pont, et s’installa dans l’herbe près de la rivière après avoir pris le soin d’enlever ses bottes.

« Mets toi à l’aise. »

Tristan semblait hésiter. Elle grogna, se redressa et s’approcha de lui pour lui enlever sa veste. Ensuite, elle s’agrippa fortement à sa nuque tout en insistant pour qu’il s’asseye dans l’herbe fraîche. Elle termina par enlever ses bottes à lui puis se rassit à face de lui, les jambes en tailleur, un sourire doux sur le visage.

« Voilà c’est déjà mieux comme ça… »

Cassidy prit doucement les mains de Tristan dans les siennes, les tenant au dessus de l’herbe, puis elle le regarda avec beaucoup de sérieux. Quelques mèches blondes s’éparpillèrent de la coiffure que le jeune homme avait réalisée, juste avant de sortir, flottant dans le vent, telle une dance fantomatique, courbes gracieuses et soyeuses encadrant le visage fin de la petite demoiselle.

« On va juste méditer ensemble, juste ça pour l’instant. Notre lien… doit être notre force, notre avantage. Alors je pense que le mieux à faire c’est se concentrer pour le ressentir d’abord au calme. Il faut qu’il circule bien, aisément. La magie de ce lieu aidera à nous concentrer, à mieux le percevoir. »

Elle n’avait peut être pas tort. Le lien qui les unissait était puissant. C’était ça qui guérissait Tristan à chaque fois, ça encore qui les empêchait de s’éloigner trop longtemps l’un de l’autre. Cassidy était persuadée que c’était cette chose étrange, fascinante entre eux qui les aideraient. Lui à éviter de se laisser déborder par sa partie dragon, elle pour se rassurer sur sa présence, pour avoir un meilleur équilibre de sa magie également.

La demoiselle ferma les yeux, respirant lentement. Elle sentait la chaleur des mains de Tristan contre les siennes. Le vent frais qui caressait son visage. Plus profondément, plus le temps passait, plus elle sentait ce courant qui la traversait et la menait directement au cœur du Drakkari. Elle arrivait à le ressentir. Son air détendu mais parfois un peu crispé alors qu’elle lui envoyait des ondes de détente, les battements de son cœur, la respiration paisible de Tristan et l’air froid qu’il projetait devant lui. Les minutes s’écoulaient, le temps passait. Tout était calme, pas un bruit à part quelques sifflements d’oiseaux dans les branches des arbres.

Une bonne heure s’écoula alors que Cassidy rouvrait les yeux, pressant doucement les mains de Tristan même si il n’en avait pas vraiment besoin. Connecté à elle, il devait pouvoir anticiper ses actions, ses mouvements et cela ne loupa pas. Elle porta doucement une main à son visage, le caressant doucement.

« Ca va ? »

Apparemment ça allait. Elle déclara qu’ils allaient passer à l’étape supérieure.

« Maintenant que tu ressens bien mon côté humain, il va falloir que tu continues de te concentrer dessus jusqu’à pouvoir te transformer. Je te ressens aussi, alors, si je sens que tes pulsions commencent à prendre le dessus, je te dirais d’arrêter, on fera une pause avant de recommencer… jusqu’à ce que tu te maîtrises plus ou moins »

Elle s’était redressée tout en disant cela et lui aussi mais le jeune homme ne semblait pas pour autant rassuré et insista pour qu’Alanir vienne, juste au cas où. Cassidy opina d’un signe de tête.

« Bon d’accord si ça peut te rassurer mais après tu t’entraines d’accord ? »

Cassidy prononça un mot en tenant son poignet gauche. De la lumière apparut près d’elle. Des petites particules se formèrent et se rassemblèrent alors qu’une silhouette apparaissait. Une silhouette qui prit la forme d’un grand dragon, très surpris et il y avait de quoi ! Il avait une jambe en avant comme si il était en train de marcher, une crêpe dans une main, un bouquet de fleurs dorées dans l’autre. Ce n’était pas la seule chose surprenante chez lui car il avait également un morceau de crêpe dans la bouche, apparemment occupé à la manger sur le chemin. Lorsqu’il comprit qu’il n’était plus au même endroit, et apercevant Cassidy, il avala rapidement la crêpe qui était dans sa bouche pour s’exprimer, l’air renfrogné, comme pris en flagrant délit.

« Cassy ! Je t’ai déjà dis de me prévenir mentalement avant de me convoquer. Mentalement ! Non mais oh et si j’étais en train de prendre une douche hein ?! »

Il agitait son bouquet de fleurs devant elle, encore en état de choc mais cela le rendait plus marrant qu’autre chose. Elle le regarda faire, observant le bouquet de fleurs avec curiosité qu’il tenait.

« Hem désolé j’ai pas encore l’habitude et… j’ai besoin de toi au final… Mais au fait tu fiches quoi avec ce bouquet ? »

Grognant un coup en arrêtant de secouer le bouquet, ronchon, il leva la tête au ciel tout en s’exprimant, une réponse bien surprenante à vrai dire.

« C’est pour Eleyna… »

Cassidy parut extrêmement surprise. Le dragon aurait-il un faible pour la capitaine de Tristan ? Lorsqu’il comprit la méprise, il secoua la tête, tentant de s’expliquer.

« Eyh ! C’est pas ce que tu crois ! Elle est parfois un peu perdue dans ses pensées ou pensive, moins drôle que d’habitude. Je me suis renseigné dehors et on m’a dit qu’il fallait que je lui offre des fleurs… »

Ah c’était juste ça. Cassidy se fendit d’un sourire tout en donnant un coup de coude affectueux sur le torse du dragon.

« Tu es devenu bien attentionné dis donc »

Il grogna une nouvelle fois et demanda à Cassidy ce qu’elle voulait alors.

« Ah oui c’est vrai ! Ecoute j’ai demandé à Tristan de se transformer mais il ne semble pas vraiment sûr… enfin il a peur de devenir incontrôlable et il préfère que tu sois dans le coin pour éviter tout… problème »

Le dragon soupira puis s’approcha de Tristan, très près, humant délicatement l’air tout en regardant autour de lui, ce qui contrastait beaucoup avec son bouquet de fleurs dans les mains. Un sourire sadique apparut sur le visage du dragon, même si il était facile de deviner qu’il plaisantait.

- Tu veux que je lui brûle les bras pour qu’il reste tranquille ?

Cassidy grogna de manière négative, ne se doutant pas qu’il plaisantait. Alanir soupira en regardant sa crêpe et alors que Tristan ouvrait la bouche, certainement pour approuver son aîné, il lui enfourna la crêpe dans la bouche sans somation.

- Tiens tu en as plus besoin que moi là !

Puis il se détourna et se posa de nouveau à côté de Cassidy, lui demandant de tenir son bouquet de fleurs puis il s’installa sur un gros rocher, dans une position statique, immobile et attentif.

- Tristan, tu sais ce que tu dois faire. Ca ne sera pas facile, ça va te faire mal, va falloir que tu trouves le bon équilibre mais… je sens que tu en es capable au fond…

Il s’était redressé pour s’adresser uniquement au Drakkari.

- Et puis tu ne décevrais pas une certaine demoiselle pas vrai ?

Un large sourire apparut sur son visage alors qu’il lui asséna une grande claque dans le dos.

- Allez le jeune, c’est toi qui doit agir maintenant !

Puis il se reposa sur son rocher, patiemment. Qui aurait cru que le grand dragon corrompu était capable d’un tel discours ? Beaucoup de dragons se seraient arraché les écailles ! Car Alanir, même si il n’était qu’un esprit en théorie, semblait devenir bien plus complexe que cela. Depuis quand s’occupait-il des humains ? Depuis quand était-il aussi attentionné sans penser à son propre intérêt ? Au départ juste protecteur, spectateur, il est devenu un acteur… et peut être un des seuls dragons à avoir été capable de ressentir une certaine humanité. Corrompu… dévoué à la cause d’une humaine… moralisateur… aussi sévère qu’encourageant… il était évident que n’importe quel dragon le détesterait à coup sûr pour tout ce qu’il était devenu… mais bien plus encore… quel dragon ne serait pas en colère face au tour de force qu’avait réussi Cassidy ? Un dragon dévoué à sa cause, obéissant et arrêtant d’être aussi égoïste. Oui, Alanir était beaucoup de choses aujourd’hui.

Cassidy se tenait en face de Tristan, à quelques mètres de lui, et lui donna le signal pour qu’il puisse commencer.

Un combat s’engagea aussitôt. En effet, le jeune homme était réticent, toujours avec cette hantise de blesser celle qu’il aimait. Mais Alanir veillait derrière et si il donnait l’impression d’être inattentif, le dragon était bien plus vif qu’il n’y paraissait. Cela encouragea Tristan qui sentit la présence de son aîné posée sur lui. Il essaya, difficilement. Plusieurs essais infructueux alors qu’il n’arrivait pas à se transformer. A chaque fois que ses pulsions voulaient reprendre le dessus, Cassidy tenait un contrôle mental avec Tristan en lui demandant d’arrêter.

Il était fatigué et cela se voyait. Alanir s’était complètement avachi sur son rocher, tel un gros lézard attendant avec impatience que ça commence à bouger. A chaque fois Tristan s’asseyait ou fléchissait les jambes, reprenant sa respiration. Cassidy s’approchait de lui, une gourde à la main. Elle prenait soin d’humidifier son front, de le faire boire, l’encourageant encore et encore et lui volant des baisers tendres pour affirmer sa présence. Ce qu’il avait besoin.

Les essais se multiplièrent et finalement, il réussit une transformation. La demoiselle le dévisagea lentement alors qu’il venait de réussir mais elle n’eut pas le temps de flancher, réfléchir, qu’elle sentit les pulsions dragonnes de son compagnon prendre le dessus. Elle lui demanda de se retransformer maintenant. Il obéit avec beaucoup de difficultés avant de retomber au sol. Cassidy se précipita vers lui.

« Tris’ ! Ca va ? »

Une nouvelle fois elle aspergea son front d’eau, alors qu’Alanir s’était redressé en s’étirant de tout son long et s’approcha également en observant le Drakkari, apparemment bien fatigué par tant d’efforts. Puis il s’éloigna en prenant son bouquet de fleurs.

- J’y vais… Eleyna va finir par s’inquiéter. Tristan, j’ai vu ce que je voulais voir, tu ne lui feras pas de mal même en forme de dragon. Tu progresses bien et au pire des cas, je peux flairer le danger et revenir dans la milli seconde qui suit si vraiment ça tourne mal. Mais comme tu te débrouilles bien, je n’ai pas à m’en faire…

Il disait cela tout naturellement alors que Tristan semblait vraiment peiner à reprendre son souffle. Cassidy était penchée sur lui, caressant doucement les cheveux du jeune homme, rassurante et apaisante. Alanir se mit à sourire en leur conseillant de ne pas rentrer trop tard, puis il repartit.

« On va faire une pause plus longue… c’est bien mais il ne faut pas qu’on s’arrête là. Après tout… je pense que nos entraînements étaient bien plus durs que ça. »

Elle souriait, dédramatisant la situation. La demoiselle proposa à Tristan un massage qui n’était pas de refus. Ils s’adossèrent à l’ombre d’un arbre, regardant les nuages dans le ciel, étroitement enlacés l’un contre l’autre. Puis finalement ils recommencèrent.

Tristan arrivait de mieux en mieux à se transformer même si Cassidy était intransigeante et évitait tous les risques possibles, arrêtant sans se mettre en danger. Elle l’encourageait encore et encore, des paroles rassurantes, des félicitations heureuse lorsqu’il tenait pendant quelques minutes. Quelques moments de pause où ils en profitaient pour « équilibrer » les pulsions de Tristan, le faisant garder sa conscience.

Finalement, après un moment, elle se dirigea vers le sac, posé non loin d’elle et en sortit la lourde selle de dragon. Tristan la regarda avec des yeux ronds, comme si elle était folle.

« Fais moi confiance, je sais où sont les limites. Je n’ai pas l’intention de te faire voler maintenant mais c’est la dernière étape… Il faut que j’arrive à monter sur ton dos… je suis persuadée que ça reste une connexion et c’est ça qui te rend différent des autres dragons ! Je sais que tes pulsions n’acceptent pas un humain sur ton dos mais cette selle est spéciale et tu le sais… ma magie est connectée à toi… il y a ma signature. Je pense que je pourrais arriver à te contraindre mais ce n’est pas une bonne idée. Donc on va faire ça jusqu’à ce que tu sois calme avec moi sur ton dos. »

Il la regarda puis finalement, enfila la selle sur son dos avant d’amorcer sa transformation. Tout doucement, Cassidy s’approcha de lui, intimidée, approchant sa main de son dragon, murmurant des paroles rassurantes. Puis elle toucha doucement son flanc, son encolure, dans un geste rassurant avant de prendre son élan et de se hisser sur la selle. Il semblait nerveux et au moment où il allait se cabrer légèrement, elle se jeta sur le côté en faisant une roulade au sol. Aussitôt, Tristan redevint humain, paniqué, et ne voulant pas continuer ce genre d’exercice. Cassidy secoua la tête en enlevant les brindilles qui s’étaient incrustées dans ses cheveux. Elle le regarda avec un air de défi.

« Arrête de t’inquiéter. Tu as bien vu, tu sens tout de suite quand tu t’emballes et redeviens humain, ça commence à rentrer ! Et puis si tu as peur de me faire mal quand je cherche à monter sur le dos, sache que je suis déjà passée par là. Alanir était aussi vif que toi, je ne compte même plus toutes les chutes que j’ai fais. Et en plus lui il me brûlait la peau parfois. Involontaire mais crois moi, tu pourras faire toutes les cabrioles que tu veux, tu ne me feras pas de mal »

Elle semblait si sûre d’elle que cela apaisa Tristan. Ils recommencèrent de nombreuses fois. De plus en plus fatigués mais les progrès étaient là, petit à petit. Il tentait de la désarçonner, elle anticipait tous ses coups avec une agilité hors du commun. Avoir survécu sur une île avec des bestioles plus dangereuses les unes que les autres, avoir déjà eu un entraînement avec un autre dragon, cela avait du bon et cela les motiva à aller plus loin.

Le soleil commençait à décliner alors qu’elle lui tendit une brioche, satisfaite, après lui avoir donné une gourde.

« C’est bien Tris’ tu progresses vite ! Mais on va s’arrêter pour aujourd’hui, inutile de trop forcer… »

Elle s’assit à côté de lui et déposa un baiser sur son front.

« Pour te récompenser tout ce que tu veux ce soir. Oui n’importe quoi… je te dois bien ça après tout. Et demain on recommence ! »

Un clin d’œil complice alors qu’ils regardaient le soleil qui déclinait lentement, blottit l’un contre l’autre alors que le temps se rafraichissait.

Ils rentrèrent, prirent une douche et mangèrent avec tout le monde, Cassidy restant assez évasive devant Eleyna, laissant sous entendre à Tristan qu’il pouvait en parler si il le désirait mais ce n’était pas à elle de le faire. Ils avaient prévu de faire une bonne fondue au fromage et plusieurs fois, les rires explosèrent dans la salle à manger. Alanir louchait sur sa baguette d’où s’élevait un large filet de fromage fondu et ressemblait à un enfant, s’en mettant un peu partout ou tirant la langue pour tenter de ne pas perdre le contenu. Tristan et Cassidy s’emmêlaient leurs piques dans le récipient et se taquinaient gentiment. L’ambiance était bon enfant.

Le soir, Alanir et Eleyna s’étaient posés près du feu et Eleyna montrait un livre d’illustrations au grand dragon toujours aussi curieux. Cassidy s’était posée sur une chaise, sur la terrasse tout en fixant les étoiles, alors que Tristan vint la rejoindre, une tasse de chocolat chaud. Elle le remercia et but lentement avant de se redresser et d’enserrer sa taille alors qu’il était adossé à la rambarde.

« Alors… qu’est-ce qui ferait plaisir à mon beau et séduisant chevalier dragon ce soir ? »
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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: Parce qu'abandonner n'existe pas...   Lun 14 Juil - 11:56

Il était parti rapidement, sans plus s’expliquer, l’esprit engourdi par les regrets et la douleur de réassister à ses propres épreuves. Elle savait à présent. Il se sentait parfois idiot d’avoir fait ce choix. Pour qui se prenait-il au juste pour se croire plus fort que les autres ? Pour penser que lui parviendrait à combiner les deux. Sa nature de dragon et celle humaine dans laquelle il avait été baigné toutes ces années. Pourquoi serait-il différent ? Et comment pouvait-il y prétendre ? Ses pulsions le perturbaient, ses sentiments rendus intenables le déboussolaient. Ni homme ni dragon ? Etait-ce cela sa réponse ? Etait-il incapable de choisir ? Ou avait-il eu seulement le choix. Il n’était pas idiot, il avait compris. Dragon, il perdrait sa compagne. Humain, il la perdrait également car il n’était pas assez fort pour la protéger des nouveaux dangers qui pesaient sur eux. Et puis se voiler la face, se forcer à se détourner de sa nature, ce n’était pas bon. Il était curieux, il voulait comprendre, savoir, apprendre. Mais il ne voulait pas la perdre. Les deux… Comment pouvait-il croire qu’il saurait gérer les deux ? C’était tellement prétentieux !

Il n’en pouvait plus de tous ces souvenirs, ils s’arrêtèrent donc sur un point fatidique qui avait marqué un tournant et qui l’avait réellement tourné justement vers son côté dragon, au point qu’il s’y était presque totalement perdu, ce qui aurait bien entendu marqué la fin de leur histoire. Il n’avait plus envie de penser, de réfléchir, il se sentait nauséeux, épuisé et son corps lui faisait mal alors qu’il continuait de le lui cacher. Elle avait vécu des horreurs c’est vrai. Il en était malheureux. Lui aussi avait vécu des choses difficiles bien que moindres comparé à la belle jeune femme, mais tout s’était passé si vite. Elle avait souffert un an, lui une douzaine de jours, mais justement, c’était peu et son corps était loin d’être remis de ses combats, même s’il s’obstinait à faire croire le contraire et finalement à y croire lui-même.
L’arrivée de ses camarades avait sonné comme une délivrance. Il avait besoin de penser à autre chose et de s’éloigner. Oh bien sûr, être auprès de sa chère et tendre ne lui posait pas le moindre problème. Il l’aimait et avait envie d’être à ses côtés. Mais il lui en avait montré tant en si peu de temps, elle avait besoin de temps pour digérer tout cela, même si elle le soutenait toujours, qu’elle disait que ça irait et toutes ces jolies et gentilles choses qui lui serraient l’estomac dans un pincement si agréable.

Pauvre petite demoiselle laissée seule à ces visions et à leurs sous-entendus douloureux. Heureusement que Tristan ignorait la douleur qu’il lui avait fait vivre… Et heureusement surtout, qu’il se rattrapa très vite peu après, à l’appartement.
Il est vrai que ses paroles étaient étranges bien qu’on ne peut plus directes ! Il voulait clarifier les choses avec la demoiselle après s’être rendu compte que ses révélations avaient pu semer un doute plus que certain et plus que douloureux pour la petite demoiselle. Et pour se lâcher, il se lâcha… Il avoua à quel point les dragons pouvaient être à l’opposé de l’humanité, à quel point il avait droit à toutes ces femmes mais encore et surtout à quel point ce n’était pas ce qu’il souhaitait. Bien sûr, tout homme aime plaire et ne serait pas contre avoir plusieurs conquêtes, constamment séduire, c’est un pari, une forme de reconnaissance, de dépassement… Mais cela signifiait aussi la perdre et à ses yeux, c’était bien elle le plus grand de ses défis, de ses paris… La mériter un jour, peut-être. La rendre heureuse aussi… Il la voulait juste elle… Bien sûr, peut-être pensait-il ainsi à cause de toutes ces pulsions qu’il n’arrivait plus à contrôler. Tant de femmes et tant d’interdits. Elle l’aidait… Mais il aurait pu la trahir, il en avait le droit et moralement avait bien failli céder. Mais elle était là. C’est elle qu’il voulait… Oui, juste elle.

Ses paroles n’étaient pas toutes très claires mais pleines de sincérité, de tristesse et de regrets, d’espérance et de tendresse. Il l’aimait tant. Un gros silence s’installa après la confirmation d’Eleyna et le jeune homme au sol avait baissé lentement la tête, attendant un verdict qui mettait décidément trop de temps à venir. Quand enfin les mains fines passèrent dans ses cheveux, il éprouva un tel soulagement que tout le désespoir qu’il ressentait s’envola instantanément. Oui, elle avait cet effet guérisseur chez lui. Ca n’avait rien à voir avec la magie, peu à voir avec leur lien, c’était elle, voilà tout. Elle le fit se relever, l’embrassa et il se perdit dans ce baiser et dans l’étreinte chaude de ses mains sur sa nuque. Ce baiser était bien plus efficace que n’importe quelle discours et il lui avait transmis l’idée générale des paroles qu’elle prononça par la suite et qu’il écoutait d’une oreille distraite, appuyant doucement son front contre le sien, se laissant caresser, immobile. Quand elle le remercia, il fut surpris mais ne dit rien, se contentant de l’étreindre en murmurant qu’il l’aimait, tout bas, timidement, mais il le disait… Et c’était vrai. Il l’aimait…

Ils s’étaient à peine rendu compte qu’ils s’étaient installés sur le canapé et qu’ils se câlinaient. Lui l’écoutant le rassurer suite à tout cela et passer ses mains dans ses cheveux alors qu’un sourire de pur bonheur aux lèvres, il fermait paresseusement les yeux et semblait oublier totalement l’existence du monde extérieur, ronchonnant d’ailleurs un peu pour la forme quand on lui parla de manger. Il n’avait pas faim, non, il voulait profiter d’être avec elle mais son propre estomac n’était pas totalement d’accord et le rappela rapidement à l’ordre alors qu’il lui prenait la main et l’entraînait à table avec un sourire charmeur. Il ne semblait pas vouloir aborder l’histoire de la lune et c’était probablement mieux ainsi… Après tout, elle s’en était déjà rendu compte, ils avaient un problème de ce côté là…
Tristan, après s’être tant exprimé, semblait être redevenu muet et très absorbé par la contemplation de son assiette même si une de ses mains sur la table venait régulièrement trouver celle de sa compagne. Il entendait vaguement ce que disaient les deux autres mais n’écoutait qu’à peine. Parfois, Cassidy parlait aussi, il souriait, heureux du dénouement même si c’était loin d’être aussi simple que cela le paraissait à cet instant.

Finalement, ils étaient partis se coucher et il l’observait depuis le lit alors qu’elle examinait sa cicatrice. Il les connaissait ses cicatrices… Par coeur maintenant ! Et il les sentait s’estomper progressivement. C’était une bonne chose évidemment, il n’était pas encore totalement remis de ces marques, témoins violents de ce qu’elle avait vécu, de ce qu’il n’avait pu empêcher, de l’année qui s’était écoulée pour la petite demoiselle tandis que lui restait coincé dans leur temps…
Et alors qu’il l’observait, il songeait à ses peurs et ses espérances, à cette lettre qui ne lui avait appris que davantage sur sa petite mage adorée. Ses folles espérances. Elle croyait en lui, en eux… Bien plus qui lui-même n’y croyait. Parce qu’elle espérait qu’il lui pardonne, persuadée que le temps s’écoulait de la même manière, elle espérait, elle s’en convainquait. Le simple fait qu’elle espère, qu’elle ne se résigne pas en révélait tellement sur ses progrès d’acceptation et de confiance en elle. Avant, elle n’aurait jamais espéré… Avant, elle se serait résignée et peut-être, probablement, à cause de cela, ne s’en serait-elle pas sortie… Ou peut-être que finalement, le fait de ne plus aimer l’aurait aidée… à ne plus souffrir et à progresser.
C’était lui qui avait douté cette fois, affreusement et à tort évidemment mais c’était lui… Et elle semblait bien décidée à lui rappeler qu’il n’avait aucune raison de douter justement. Non, elle n’était pas partie de son plein gré. Oui, elle était prête à l’accepter, par amour, par respect, par il ne savait trop quelle croyance indéfectible. Elle le rejoignit, un de ses si mystérieux sourires aux lèvres.

Elle lui avait dit un jour que c’était « injuste », qu’il était « beaucoup trop beau » et que ses « sourires étaient trop troublants » mais elle n’était assurément pas consciente des siens. Si lui semblait toujours un brin provocant et charmeur quand il souriait, il y avait dans le sourire de la jeune femme des mystères et des promesses. Elle n’était pas consciente de la séduction dans son regard noisette ambré quand elle était heureuse et pensait probablement pas très innocemment alors qu’elle regardait son compagnon. Elle avait sa façon bien à elle de sourire qui valait de loin ses sourires en coin faussement innocents.
Ses yeux se perdirent dans le vague un instant alors qu’il repensait à cette confiance aveugle qu’elle lui avait voué. Lui… avait cessé de croire en elle. Peut-être peu, peut-être pas longtemps, mais il s’était égaré et il savait qu’elle l’avait compris à travers la vision de ses souvenirs. En plein chamboulements physiques et mentaux, il avait eu terriblement besoin d’elle et avait bien entendu vécu son départ comme un abandon. Ca avait laissé des traces même s’il savait à présent que ce n’était en rien ce qu’il croyait et même si évidemment, à présent, il ne le lui reprochait nullement et ne lui en voulait pas. Il se crispa un peu en se rappelant avec quel soulagement elle l’avait regardé et la chaleur de son étreinte quelques heures plus tôt lorsqu’il avait annoncé de but en blanc qu’il n’avait rien traficoté avec sa dragonne même si tout dans ce qu’il avait pu lui montrer le laissait entendre. Il se disait, un peu honteux, que peut-être qu’inconsciemment, il avait voulu le lui montrer, pour se venger, pour qu’elle comprenne qu’il y avait d’autres filles, qu’elle ne devait plus l’abandonner ainsi, même sans faire exprès ! Et il se disait justement que si vraiment il était capable d’agir ainsi, même inconsciemment, alors c’est que l’apprentissage des dragons avait eu un impact bien plus profond que ce qu’il voulait croire.
Ou alors avait-il tout simplement peur de lui avouer la vérité… Elle n’était plus la seule… Et c’était aussi très difficile à vivre pour lui.

Amoureux d’elle, se l’avouant enfin et l’ayant déclaré et compris grâce à la demoiselle, Tristan s’était rendu compte que sa vie libertine ne lui manquait pas le moins du monde, bien au contraire. Aucune femme ne l’intéressait plus. Bien sûr, il en trouvait certaines jolies mais aucune ne pouvait égaler sa chère et tendre et il n’était nullement tenté de la tromper. Aujourd’hui, tout était différent et quand il s’en était rendu compte, déjà dans son coeur, quelque chose s’était rompu. Il avait cru que c’était l’amertume qu’elle ne soit pas à ses côtés qui lui faisait regarder les autres femmes, puis quand elle avait été de retour, changée, indifférente, il avait cru que c’était par souci de vengeance, pour la rendre jalouse que son corps réagissait autant à la présence de n’importe quelle demoiselle. Mais non… Il se sentait l’âme, le caractère d’un dominant, du moins de ce que lui avaient appris ses « frères ». Il désirait toutes les femmes, voulait asseoir sa suprématie, se délectait de la résistance que pouvait lui opposer une demoiselle, ressentait avec la vivacité et l’impétuosité d’un adolescent un peu trop fougueux les hormones que laissaient échapper les corps d’adorables jeunes femmes. Il sentait dans son sang, la vague brûlante de la compétition…
Elles l’attiraient… Il avait le droit d’aller voir ailleurs, il le savait. C’était son droit par définition, oui.
Mais elle était revenue et avec elle, ce que son coeur blessé appréciait tant. Il ne voulait pas la trahir, la tromper. Le pire, c’est qu’il était conscient qu’elle culpabilisait encore terriblement à cause de toute cette histoire et donc qu’elle accepterait, sans lui montrer le mal qu’il lui faisait, s’il la trompait, oui probablement… Elle était si vulnérable sur ce point là. Elle accepterait par amour…
Mais c’était injuste… terriblement injuste.
Seulement, elle n’avait pas paru plus surprise que cela de sa résolution, de sa supplication… Il voulait qu’elle l’aide à se contenir, à rester sur le droit chemin, à ne se consacrer qu’à elle, et par conséquent, s’il devait batifoler avec une demoiselle, ce ne serait qu’elle et seulement elle. Quelle demande incongrue, surtout pour un demi dragon qui selon ce qu’il lui avait montré devait subir avec d’autant plus de vivacité les caprices de ses propres hormones et celles des autres ! Elle n’avait pas paru surprise, juste reconnaissante… Ses remerciements résonnaient encore à ses oreilles et il avait encore l’impression de sentir ses doigts dans ses cheveux. Peut-être se demandait-elle pourquoi il pensait ainsi. Peut-être qu’elle ne lui demandait pas de s’expliquer parce qu’il n’y avait probablement pas de bonne explication et aussi peut-être parce qu’elle ne voulait surtout pas qu’il change d’avis… Perdu dans ses souvenirs, oui, il semblait un peu tendu et fut surpris quand elle se rapprocha de lui, son regard se posant sur elle en sortant brusquement du vague dans lequel il s’était plongé.

Il détourna presque aussitôt légèrement les yeux en bloquant sa respiration, se maudissant pour son inattention dangereuse. L’odeur de la jeune femme était bien trop délectable pour qu’il s’adonne à l’imprudence de se laisser surprendre. Reprenant ses esprits, il lui sourit en l’observant, penchant légèrement la tête en détaillant son corps mince qu’une certaine nuisette pas des plus longues ne subtilisait qu’à peine à son regard. Elle avait pris sa main, la posant sur ses genoux, il les effleura du bout des doigts mais ne bougea pas, se contentant de la regarder, assis, une jambe dans le vide mais touchant le sol évidemment, l’autre repliée devant lui comme s’il avait voulu se mettre en tailleur. Elle lui parla et il ne comprit pas tout ce qu’elle lui disait.
Peut-être parce qu’elle avait tellement réfléchi qu’elle exprimait des conclusions dont il n’avait pas suivi le cheminement, peut-être parce qu’il était fatigué par tous ces entrainements, tous ces changements, toutes ces blessures et que l’avoir avoué à demi-voix le libérait un peu de son apparente vivacité. Il se contenta d’essayer de saisir l’idée générale de son discours. Elle restait avec lui, elle l’aimait, elle l’aiderait quoi qu’il arrive, ils étaient ensemble, progresseraient ensemble. Il fut saisi de l’envie aussi vive que douloureuse de l’embrasser mais se contint en se mordant la langue, surpris qu’elle provoque un émoi aussi vif que totalement incongru. C’était sans doute parce qu’elle s’était légèrement penchée en avant et que son parfum s’était fait plus vif pour son odorat. C’était probablement aussi parce qu’elle caressait son poignet et que son sourire avait un effet encore plus vif qu’avant sur son estomac qui se tordait douloureusement. Il avait peut-être trop mangé. Non… ce n’était pas ça évidemment !

Elle sortit alors, avec des gestes si doux et délicats, l’anneau qu’elle lui avait fait faire pour joindre leurs vies dans des fiançailles qui laissaient encore des souvenirs émouvants à l’un comme à l’autre. Très proches pour l’un, beaucoup plus lointains pour l’autre, malheureusement…
Il s’était un peu crispé, observant l’anneau tandis qu’il haussait les sourcils sous ses cheveux en bataille, attendant son verdict, ne soufflant pas un mot quand elle parla de nouveau, se laissant docilement faire. Elle semblait également attendre alors qu’il se perdait de nouveau dans ses yeux, essayant de lui faire passer un message que les simples mots ne pouvaient pas expliquer. Il attendait d’elle qu’elle lui montre si elle le considérait comme son compagnon, comme son fiancé, si elle était prête à se battre pour lui, à l’empêcher de s’égarer, si elle était prête à l’aider et le soutenir dans un combat qui ne serait sans doute pas simple dans les premiers temps. Lui n’avait rien à faire d’autre. S’il n’arrivait plus à remettre cette bague, c’était simplement à cause de ce sentiment stupide d’abandon, quand il avait cru que, finalement, l’amour ne lui était pas destiné, pas celui de la jeune femme en tous les cas… Elle sembla comprendre, sans doute par leur lien tellement renforcé par cette histoire et leurs deux esprits qui s’étaient ouverts à l’autre, qu’il attendait juste… qu’elle lui montre une fois de plus qu’elle l’aimait.
Une fois que la bague retrouva son doigt, le jeune homme ressentit un immense soulagement et la réelle impression d’être accepté pour ce qu’il était et fit un sourire si timide et craquant à sa compagne qu’il était sans doute bien difficile d’y rester indifférente.

Déjà, elle se glissait sur ses jambes, l’embrassait. Il frémit, ferma les yeux, s’abandonnant à la douceur de son odeur qu’il aimait tant, à la tendresse de son baiser, sa peau s’électrisant du léger effleurement qui tendait ses pommettes sous la caresse de mains délicates dont les dures épreuves n’avaient pas abîmé le parfait dessin. Bien vite, son odeur lui picota la gorge, lui alluma l’estomac, son baiser appuyant la direction que prenaient ses sens échauffés. Ils s’embrassaient, se câlinaient de moins en moins sagement, elle avait le souffle court, lui aussi même s’il ne savait pas trop si c’était parce qu’elle le lui coupait ou parce qu’il avait l’impression de ressentir son impatience. La lumière qui émana brusquement de son corps et éclaira légèrement la pièce lui fit plisser les yeux mais il recula bien vite la tête pour contempler la jeune femme, la reposant sur un oreiller. Elle rougissait, apparemment intimidée par les réactions de son corps alors que lui, ravi et sous le charme la contemplait sans savoir que dire. Il ressentit son hésitation et son inquiétude, comprit qu’elle était peut-être gênée de procéder ainsi… De lui sauter dessus comme une réconciliation. Bien sûr, elle devait être consciente que ça ne dérangeait en rien le jeune homme, surtout à présent qu’il était plus victime de ses pulsions et qu’elle devait lui éviter d’aller voir ailleurs, mais sa gêne était réelle. Il lui sourit caressant une de ses mains et la posant sur son coeur qui battait la chamade. Pourtant, l’instant d’après il grimaçait d’un air mécontent.

- Parce que tu n’étais pas dingue de moi avant ?


Déjà elle l’embrassait, sans lui répondre et lui sortait une phrase si surprenante et intimidante qu’il rougit à son tour, saisi !
Wahou ! Où était passée la prude jeune femme qui ne comprenait déjà pas pourquoi un homme et une femme dormaient ensemble, qui n’avait qu’à peine vent de ce que pouvait être une relation sexuelle, encore moins de ce que cela pouvait procurer ? Elle était toujours là… dans ses quelques gestes maladroits, dans ses rougissements, dans ses regards intimidés… Mais elle avait grandi, mûri, appris, évolué, en mieux… Il aimait beaucoup cette demoiselle, même si pour le coup, c’était à lui d’être intimidé, surpris et c’est vrai, plutôt… excité par ses paroles. C’était décidé, hormones ou pas, pulsions ou pas… il ferait exprès de regarder une autre demoiselle de temps en temps rien que pour voir cette étincelle féline dominatrice et terriblement assurée dans les yeux de la somptueuse jeune femme.

Du reste, il ne suivit pas grand chose…
Il se souvenait vaguement qu’elle était allée chercher une pierre bleue et que celle-ci devait s’occuper d’isoler la pièce de leurs petits jeux puisque la demoiselle devait se ménager niveau magie quand même et que ce n’était pas toujours simple puisque sa magie oscillait avec ses émotions et des émotions… elle en ressentait pas mal pendant ces petits jeux justement, pas toujours facile de se concentrer, même si le sort en lui-même était déjà lancé ! Il savait qu’il l’avait suivie des yeux lorsqu’elle s’était levée, qu’il s’était redressé pour la suivre, avait collé son torse brûlant contre le dos de la jeune femme, lui laissant à peine le temps de se relever, l’entourant de ses bras, qu’elle s’était retournée, l’avait repoussé avec une force insoupçonnée chez une si mince demoiselle. Il s’y attendait si peu qu’il avait perdu l’équilibre, butant contre le lit et s’y retrouvant semi-allongé alors qu’elle le rejoignait plus provocatrice que jamais, qu’il s’étouffait en déglutissant lorsqu’elle s’était de nouveau juché sur ses hanches, qu’elle l’avait torturé, titillé, asticoté longuement, l’exhortant au calme alors qu’il tremblait et gémissait d’impatience. Mais l’attente avait des vertus et il le savait très bien lui-même, c’était lui qui le lui avait appris après tout. La demoiselle n’avait pas menti, elle voulait mener la danse et docile, le jeune homme la laissait faire même si de temps à autres, ils luttaient dans un corps à corps d’autant plus agréable qu’il les comblait tous deux.

Il s’était endormi avec un sourire béât aux lèvres alors que cette fois, c’était elle qui le câlinait, caressant ses cheveux plus ébouriffés qu’au coucher ! Il s’était réveillé le premier, comme souvent et la regardait depuis, alors qu’elle était étroitement blottie contre lui et que son coeur se serrait douloureusement de la joie sans nom qui l’habitait, simplement à pouvoir contempler sa fiancée. Aie, oui… tout était amplifié, pas toujours pour le mieux. Il finit même par se rendormir, trop apaisé par les traits détendus de la jeune femme.
Dans l’appartement, Alanir et Eleyna, levés depuis un moment vaquaient à leurs occupations, elle polissant amoureusement son armure qui ne servait guère ces derniers temps, lui posant d’innombrables questions et s’inquiétant de plus en plus de l’état de sa petite protégée qui mettait décidément bien du temps à se lever ce jour là. Il tournait de plus en plus comme un lion en cage et semblait lutter contre l’interdit que lui avait fait Eleyna d’entrer dans la pièce.

- Non mais il est tard là ! Elle ne dort pas si longtemps normalement ! Elle s’est couchée tôt.
- Laisse lui le temps de se remettre… Tu sais, elle est allée dans sa chambre tôt, ça ne veut pas dire que…
- Oui mais hier elle n’était pas bien ! Enfin Tristan l’a rassurée après mais avant elle n’était pas bien ! Vraiment pas bien ! - - - - D’ailleurs il mériterait de se faire griller pour l’inquiétude qu’il lui a faite ! Bon c’est pas sa faute, mais quand même !
- … Ne t’en fais pas, elle se repose juste voilà tout.
- Non, elle dort trop ! Peut-être que le poison…
- Alanir, elle ne dort pas depuis très longtemps, crois-moi !
- Bien sûr que si ! Elle…
- Alanir ! Eloigne-toi de cette porte, je ne suis pas sûre que ce qui se trouve à l’intérieur soit autre chose que terriblement gênant ou je ne sais quoi !
- J’comprends pas ! Elle bave pas ! Et Tristan n’est pas sorti non plus et…
- Qu’est ce que je t’ai expliqué sur les chambres Alanir ! Et sur les « couples » !
- Je vois pas ce que ça a à voir avec… ooooh…
- Lueur d’espoir…
- Ils….
- Ca se concrétise…
- Ils sont en train de…
- Peut-être pas non, mais c’est possible qu’ils se reposent là… Je ne sais pas trop comment ça se passe chez les dragons, mais dans le monde des humains, quand un couple est bien ensemble, ils ne se séparent pas immédiatement l’acte accompli tu sais… Ils restent ensemble, se câlinent, parlent… dorment aussi parce que normalement c’est fatigant hein…


Elle ne masqua la bouche d’une de ses mains pour étouffer son éclat de rire. Le pauvre dragon était si cramoisi que son visage se confondait avec la couleur de ses cheveux. Il venait de comprendre et décidément réagissait de plus en plus comme un humain. C’est vrai qu’ils avaient eu beaucoup de discussion ensemble. Elle avait déjà dû lui apprendre à ne plus utiliser le mot « copuler » à chaque fois qu’ils croisaient un couple et qu’ils discutaient avec eux, lui apprendre les règles de comportement, même minimes pour qu’il ne soit pas mal perçu. Il apprenait vite, était curieux, attentif et gentil même s’il était aussi, voire plus maladroit encore que petite protégée. Après cette compréhension, il attendit sagement même s’il parut soulagé en voyant enfin le petit couple émerger de la chambre. Surtout que ça lui faisait une compagnie. Eleyna s’était rapidement renfermée dans son silence et polissait de nouveau son armure, longuement, alors que vu son éclat, elle n’en avait pas besoin, perdue dans ses pensées.
Elle en avait appris pas mal en même temps que les autres la veille et elle n’était pas certaine de se réjouir de tout ceci. Oh bien sûr, ils avaient réussi, Cassidy allait mieux, elle avait retrouvé son fiancé et tout, elle avait tenu sa promesse vis-à-vis du dragon humanisé de lui rendre son amie entière ou comme si, mais ce n’était pas si simple et des menaces planaient encore au-dessus d’eux. La petite mage… Elle n’avait pas vraiment eu l’occasion de discuter seule à seule avec elle et elle le devait. Elles avaient des choses à se dire et elle… elle ne se rendait pas encore compte de ce qui l’attendait.

Oui, les deux jeunes gens s’étaient levés même s’ils avaient hésité pendant un bref instant à retenter l’expérience de la nuit précédente mais leurs courbatures criaient le contraire et ils s’étaient relevés en grimaçant tous les deux, se promettant une longue séance d’étirements, riant de leur petite mésaventure pas si désagréable et arguant que peu pouvaient se gausser d’avoir de telles douleurs musculaires avec ce type d’activités, du moins s’en convainquaient-ils tous deux. Ils étaient sortis main dans la main, ne cessaient de se jeter des coups d’oeil complices pendant qu’ils mangeaient et si Eleyna taquinait Tristan plus que de raison, elle avait la décence de laisser la petite mage hors de son jeu. Elle multipliait les allusions, s’intéressait de près aux suçons qui perlaient la gorge du jeune homme et même s’il était toujours très assuré à ce propos, dès que ça touchait Cassidy, bien plus émotif, le Drakkari un brin gêné était particulièrement touchant avec ses joues rosées et son sourire mi-penaud mi-ravi.
Eleyna et Alanir avaient tôt fait de remarquer l’anneau qui brillait au doigt du jeune homme, retrouvant enfin sa place légitime. Sans doute justement parce que ledit jeune homme avait retrouvé son tic joueur, le faisant doucement tourner autour de son annulaire de son pouce de la même main.

Petite matinée tranquille tandis qu’ils se préparaient, lui câlinant tendrement sa compagne en la coiffant, se perdant plus que de raison dans les baisers qu’il déposait dans sa nuque et qui avaient une raison d’être aujourd’hui tout à fait acceptable. Après avoir démêlés les longues mèches d’or et avoir surtout beaucoup ri du manque de patience de la jeune femme, ils étaient sortis. Manque de patience ? Oui, elle avait essayé de lui rendre la pareille, tentant à son tour de le coiffer. Mais elle devait bien se résoudre à laisser ses cheveux en paix car s’ils aimaient défier les lois de la gravité, l’électricité statique qui les habitait rendait toute tentative de coiffure plus périlleuse qu’autre chose. Et puis de toute façon, elle adorait les lui caresser, ce qui les décoiffait assurément, donc autant abandonner de suite.
Avant de sortir, il lui avait tendu un petit paquet, innocemment, marmonnant à mi-voix que c’était ce qu’il était allé chercher le jour où elle s’était évanouie face à ses agresseurs, la raison de son éloignement. Il était allé lui chercher un bonnet apparemment, soucieux de la température et des flocons qui s’accrochaient aux doux cheveux de la jeune femme. Tout aussi coloré que l’écharpe qu’il lui mettait constamment autour du cou quand il sortait, il donnait un éclat encore plus vif à ses yeux noisette ou alors c’était parce qu’elle était contente du geste, il ne savait pas vraiment. Il avait bien fait de le lui donner ce jour là car la température était encore légèrement descendue et qu’avec sa tresse, elle n’avait pas les oreilles très protégées du froid !

Ils avaient marché un moment, sans parler, ressentant juste l’autre par leur lien si spécial. Il la sentait perdue dans ses pensées et ne fit donc aucun commentaire, se contentant de marcher et d’essayer de comprendre les légers troubles qui habitaient sa compagne. Une sensation étrange le fit frissonner alors qu’il baissait les yeux sur elle. De la colère ? Ca y ressemblait… Pourquoi ?
Inquiet, il la questionnait du regard et elle l’avait très bien compris évidemment, elle comprenait toujours.
Apparemment elle était jalouse. Il pencha la tête, surpris et inquiet. Jalouse et possessive ? Pourquoi s’en excusait-elle ? Il était pareil et ne se mentait pas le moins du monde à ce sujet. Elle l’avait bien remarqué non ? A quel point il pouvait être agressif et idiot là dessus… Il le lui avait montré un peu trop avec Erwan, même s’il avait progressé. Ils avaient tous les deux cette peur morbide de se voir délaisser pour quelqu’un de plus… proche de l’amant perdu… Elle l’oubliant pour un humain qui était pour l’heure ce qu’ils avaient de plus proches d’elle même s’il savait parfaitement qu’elle n’était pas qu’humaine, peut-être même pas humaine du tout… D’accord, ça défiait la logique, mais lui aussi alors au fond, il était sûr de ne pas être vraiment surpris si c’était ainsi. Et elle craignait de le voir partir avec une dragonne et après ce qu’elle avait vu, c’était tout aussi normal !

Mais il ne la trouvait pas bizarre, ni mauvaise d’être aussi jalouse, la fixant de ses yeux orangés, les sourcils froncés, l’air de vouloir démentir ses paroles. Mais les mots suivants le firent se crisper. Est-ce qu’ELLE viendrait ? Oui… Sans doute. Peut-être que non, peut-être qu’elle s’était lassée. Mais la chasse faisait partie du jeu chez les dragons et il lui avait offert une magnifique partie de chasse en s’éloignant autant d’elle. Alors, oui, elle viendrait probablement. Il frémit à sa caresse, la fixant, muet. Là, elle le rassura et il ferma les yeux, appuyant sa joue contre la main qui le caressait, se détendant et ouvrant les bras lorsqu’elle l’enlaça, lui rendant son étreinte. Etourdi par son baiser, il se redressa brusquement quand elle parla de s’entraîner, fronçant les sourcils, peu rassuré. Et quand il comprit qu’elle parlait de sa transformation, il fit un pas en arrière, les muscles de son cou se crispant comme chaque fois qu’il était nerveux, les muscles de sa mâchoire se contractant comme toujours lorsqu’il essayait de contenir de trop vives émotions.
Se transformer ? C’était ça qu’elle voulait ? Qu’il se transforme ???? Non, ça c’était hors de questions ! C’était beaucoup trop dangereux ! La dernière fois, il avait tué le double de la jeune femme, certes par accident mais la finalité était la même et il ne se sentait pas prêt ! Il était resté plusieurs jours sans redevenir humain chez les dragons et ça avait bien failli achever de le transformer ! Elle ne se rendait pas compte ! Elle n’avait pas vu ça ! Elle ne savait pas à quel point la limite disparaissait quand il se transformait, à quel point elle lui apparaissait floue, lointaine alors qu’elle était beaucoup trop près et qu’il flirtait avec ! Elle ne savait pas ce qui s’était passé la dernière fois !

Elle avait beau le rassurer, ce n’était pas assez, il était vraiment très crispé, malgré ses paroles, malgré les ondes apaisantes qu’elle lui renvoyait. Elle insistait… Lentement, elle commençait à gagner du terrain sur sa volonté et il se doutait que le charme de la demoiselle y était pour beaucoup. Pourtant, il ne perdait pas non plus totalement sa prudence et finit par parler de son congénère.

- … Cassy. Je peux pas. Je refuse de te faire courir le moindre risque. Je sais que c’est dangereux et je sais que c’est stupide mais je refuse de te laisser seule face à ce que je peux devenir… Si tu veux vraiment qu’on essaie… ce sera avec Alanir… Pas juste tous les deux.

Elle sembla d’accord mais préférer d’abord une autre activité, apaisante, l’incitant à méditer avec elle. Il se laissa guider dans ce lieu protégé du froid de l’hiver et de son manteau blanc et ils se retrouvèrent assis face à face, lui un brin inquiet et sceptique, elle si confiante.
Elle parlait de leur lien, il en était assez surpris bien que rassuré et content. Après tout, aujourd’hui elle le percevait et avec une certaine intensité alors que longtemps, il en avait été le seul véritablement conscient. Sans doute parce qu’elle était encore habitée de blocages divers. Les mains fraîches de la demoiselle étaient douces dans les siennes, apaisantes et il se détendit rapidement, évitant de penser à la suite, se concentrant sur leur lien. Tout ce qui s’était passé ne semblait pas avoir altéré sa perception de celui-ci car il cala très vite sa respiration sur celle de la jeune femme, calme, concentré, les yeux fermés.
Mais à propos de leur lien, il se posait une question. Il s’était senti brusquement mal et seul, abandonné chez les dragons, ce qui correspondait à peu près au moment où elle avait disparu dans cet autre temps. Ils souffraient beaucoup plus qu’un couple normal lorsqu’ils étaient séparés, ce n’était pas nouveau, ils le savaient. Bien sûr, il avait été malheureux mais que dire de la petite demoiselle qui avait dû supporter un an de cette solitude, un an de ce lien distendu et douloureux ? Déjà lorsqu’ils avaient été séparés sept longs mois ça avait été dur et encore, comme elle le croyait mort, son esprit s’était fermé aux sentiments, mais alors là… Comment avait-elle pu tenir ? Etait-il réellement présent ? Il ne dit rien et pourtant elle sembla entendre son questionnement, lui murmurant tout bas quelques mots comme quoi être loin de lui l’avait fait souffrir. Il s’en enorgueillit un peu d’ailleurs, s’en voulait de penser ainsi. Puis se rappela qu’il avait le droit d’être égoïste… c’était dans sa nature.

Il ne savait pas si elle le ressentait comme lui le ressentait… Après tout, il avait bien admis l’idée qu’il allait souffrir longtemps d’un excès de ressentis justement. Pourtant, il se savait lui-même, parfaitement lui-même et à d’autres moments, ses sensations étaient inversées, différentes, comme s’il ressentait ce qu’elle ressentait, comme s’il touchait à la demoiselle, mais intérieurement… C’était doux, chaud, rassurant, diffus, encore très fragile, mais c’était là, un partage. Il se rappela leur nuit passionnée et se remémora avec un certain regret son refus de s’accrocher à ce lien à ce moment-là, de peur de se laisser déborder. Pourtant il savait que s’il l’acceptait, ce serait encore mieux, juste parfait… Mais comment ne pas craindre les réactions de son corps alors même qu’il peinait déjà bien assez à rester entier sous cette forme humaine ?

Finalement elle avait bougé légèrement, lui parlant. Il lui semblait qu’ils n’étaient ainsi que depuis quelques minutes mais le soleil avait décliné un peu et était bien meilleur témoin du temps qui passait que lui à cet instant. Mais en même temps… il ne voyait jamais le temps passer avec la petite mage, ça, ça n’avait pas changé. Il hocha doucement la tête à son questionnement, ses yeux orangés plongés dans les prunelles noisette ambrée. Il sentait son humanité, cette douceur, cette générosité qui qualifiaient tellement bien la jeune femme. Il les sentait dans ses veines, c’était curieux, surprenant, grisant, pas désagréable…
Mais quand elle parla de la suite, de se transformer, de s’entrainer, de continuer de se concentrer sur son humanité, il se crispa de nouveau et se redressant, s’éloigna, anxieux alors qu’elle le rejoignait, apaisante encore. Il refusait une fois de plus et elle finit par se résoudre à appeler Alanir mais il ne s’attendait assurément pas à ce qu’elle l’appelle de la sorte et le dragon non plus apparemment vu son léger sermon et son étrange apparition !
Le pauvre avait l’air sacrément surpris et hébété et Tristan était assez ennuyé de voir la demoiselle user de magie, même si c’était minime !
Ah… Et il mangeait une crêpe aussi d’ailleurs ! Il paraissait si humain que même ses traits Drakkaris le rendaient moins dragon ! Il avait beaucoup changé grâce à la jeune femme et décidément se faisait bien à ce monde d’humains. Tristan le fixait avec surprise, sans prononcer un mot. Il avait sans doute encore trop peur pour trouver cela réellement amusant. Et puis… De toute façon, dès que quelque chose l’inquiétait, sourire était son dernier souci !

Par contre, apprendre qu’il comptait offrir des fleurs à la jolie capitaine et qu’il avait remarqué son actuelle morosité prit assez le jeune homme au dépourvu.
Et Cassidy semblait être dans le même état. C’était gentil évidemment, mais franchement surprenant ! Il acceptait d’aider mais même s’il plaisantait, Tristan ne sourit pas, se contentant de soutenir son regard, beaucoup trop sérieux pour le coup. Franchement ? Oui, il préférait se faire cramer plutôt que de faire le moindre mal à sa compagne et ça, même sans le formuler, il espérait que son l’aîné l’avait bien compris, même si la petite mage râlait que c’était hors de question. Lui savait ce dont il était capable et savait à quel point elle croyait beaucoup trop aveuglément en lui quand elle s’y mettait. Il ne la mettrait pas en danger.
Il se fit étouffer par une crêpe, grogna, s’étouffant à moitié en essayant de l’avaler sans mâcher et resta silencieux face au dragon, ne détournant pas un instant les yeux.
Mal ? C’était un euphémisme et il le savait avant même d’essayer mais la douleur ne l’effrayait pas vraiment à vrai dire… Il y avait bien pire que souffrir après tout. Ne pas décevoir Cassidy était un autre souci dont il ne se préoccupait pas vraiment à cet instant même si cela eu un impact certain. Bien sûr qu’il ne voulait pas la décevoir… Néanmoins, la présence de son aîné aidant bien, il laissa de côté la sécurité, ne sachant que trop bien avec quelle virulence l’arrêterait l’autre s’il faisait le moindre geste agressif envers la jeune femme. Alors commença son entraînement pour se retransformer sans perdre les pédales…

C’était long… Et ça faisait mal.
Il ne pensait pas que ce serait à ce point pourtant, vraiment pas. Il s’était attendu à la douleur. Mais il ne pensait pas que renier à ce point son côté dragon pouvait avoir des conséquences aussi vives sur son corps. Il les avait senties… Ces faiblesses de plus en plus nombreuses, son corps qui le lâchait par moment, dans une tentative pour éviter un coup, dans des gestes ralentis, dans des gestes quotidiens aussi. Ses blessures n’étaient pas totalement guéries même si le retour à la normale de la jolie mage participait beaucoup à son rétablissement, il ne prenait conscience que maintenant de son état et craignait qu’elle l’ait un peu trop bien senti à travers leur lien. Renier ce qu’il était, il n’en avait plus le droit aujourd’hui. Il avait choisi d’osciller éternellement entre deux états, d’être les deux, de ne pas choisir entre ses deux identités. L’une et l’autre étaient si en rivalité. Il ne s’en était même pas aperçu.

Il ressentait la présence de son aîné et celle, si différente, de sa compagne, même à travers ses paupières closes. Leur odeur, leur respiration… Il les sentait aussi. De nouveau comme à travers cette bulle de verre qui l’isolait, l’étouffait, l’étreignait. Il essayait de se transformer, ne se rappelait plus comment il faisait, cherchait de la logique au naturel de son corps, se souvenait qu’il n’y avait rien de logique, pensait à voler… Voler, ce qui lui manquait le plus évidemment. Pourtant c’était dans sa nature de voler…
Son corps qui commençait à muter, la lenteur mauvaise de cette mutation qui était censée se faire en une poignée de secondes. Elle prenait trop de temps, bien trop de temps. Il était bloqué, son corps bloquait… Non, pas son corps ! Son esprit ! Il le savait bien ! Derrière ses paupières closes, il revoyait le double de celle qu’il aimait qu’il avait détruite, qu’il avait assassinée de ses propres crocs. Il lui semblait sentir encore dans sa bouche le goût de son sang qu’il avait trouvé délicieux. Il ne voulait pas…
Et chaque instant passé à douter, à osciller entre se transformer ou non était un instant de plus passé entre ces deux états, un instant de douleur durant lequel il avait l’impression d’étouffer et que ses os se brisaient les uns après les autres. Mais il essayait. Il devait persévérer… Il le savait… Son corps humain ne pouvait supporter l’excédent de son pouvoir, l’excédent de ses sentiments contrastés, de ses combats. Il avait besoin de se transformer, pour ses pulsions, pour sa survie. Il sentait l’appui de sa compagne. Mais à chaque fois, derrière la douleur, ses pulsions se réveillaient… Pulsion de chasse, pulsion égoïste, pulsion de possession. Il sentait la jeune femme près de lui, se surprenait à la désirer aussi violemment, se rappelait qu’il avait toujours été dingue qu’elle, que c’était bien pire maintenant. Il sentait d’autres femmes aussi plus loin. L’envie de s’envoler, loin, de chasser, de tuer. Mais elle était là, indéfectible.
Elle le retenait. Il sentait sa présence, son esprit, entourer le sien, rassurant, apaisant, lui ordonnant avec douceur de se calmer, de s’apaiser. D’abandonner sa transformation. A chaque fois il écoutait, reprenant ses esprits et même si son corps ne semblait pas avoir le moins du monde changeait, il paraissait comme légèrement plus net, comme s’il avait été un peu flouté à chaque nouvelle tentative. Il haletait, chancelait un peu, les mains posées sur ses genoux, la tête vers ses pieds en essayant de récupérer son souffle et de faire fi de la douleur qui irradiait dans son corps et qui touchait à peu près chaque millimètres de sa peau avec tant d’insistance qu’il avait l’impression de se décomposer sur place.

Elle était là… Elle l’aidait… Elle l’incitait à persévérer, de quelques mots, d’un effleurement, d’un baiser. Et à chaque fois il se redressait, y retrouvant une énergie qui le surprenait lui-même, s’obstinant à camoufler sa douleur alors qu’il savait pertinemment qu’elle devait au moins un peu la pressentir, même si elle n’y pouvait rien.
A force d’essayer, il finit enfin par se transformer même si cela ne dura qu’une quinzaine de secondes tant ses pulsions revenaient en flèche lui faire perdre la raison. Pourtant, ce léger laps de temps permit à la demoiselle de contempler ses changements. Il n’était plus rouge comme avant. Il avait évolué comme le laissait prévoir ses cheveux. A présent bicolore, le dragon semblait s’être affiné, renforcé et n’avait plus rien du jeune dragon gauche auquel il ressemblait jusqu’alors, ses flancs plus puissants, ses pattes plus musclées, ses ailes qui avaient tellement grandi qu’elles triplaient sa taille une fois déployées. Celles-ci étaient si fines qu’il semblait possible d’apercevoir le ciel au travers, pourtant, leur robustesse n’était pas à démontrer. Le corps d’un rouge nuancé du vif garance au élégant bordeaux, ses pattes étaient d’une noir d’encre, sa queue aussi, le bout de sa gueule affinée de même, ses yeux semblaient plus grands, plus orangés. Il n’avait plus la moindre corne ou épine sur son corps, du moins c’est ce qu’il semblait au regard et ses écailles étaient si finement rapprochées qu’il semblait être fait de peau. Les fines rayures, arabesques élégantes qui zébraient son corps et que la jeune femme avait passé bien du temps à caresser la nuit précédente recouvraient également le corps draconien. Elle lui donnait des airs de tigres, brillant légèrement par les reflets que renvoyait dessus le soleil.
Il avait tourné ses yeux orangés sur elle. Il semblait plus grand, plus fort… beaucoup plus fort. Son expérience chez les dragons l’avait fait dominant après tout et s’il avait pu battre ses congénères, ce n’était pas sans raison. L’envie de tuer l’assaillit et ses pensées s’embrouillèrent très rapidement. La douleur avait disparu mais la faim le tenaillait. Il avait envie de se battre, de déchiqueter, de…
La voix qui s’imposa à son esprit le ramena à la réalité et il reprit rapidement pied, comprenant avec horreur que ce qu’il craignait risquait d’arriver s’il ne se contrôlait pas davantage. Redevenir humain alors que son corps souhaitait tellement rester ainsi était encore plus douloureux que dans l’autre sens et il prit du temps à y arriver, tombant à genoux au sol en tremblant et en toussant beaucoup ayant perdu pendant quelques interminables minutes l’impression de pouvoir respirer. Elle était déjà là à se soucier de lui… Et il s’en voulait, il avait honte de lui imposer ça, de ne pas être plus fort, de ne pas pouvoir faire autrement. Il voulait lui dire de s’éloigner, encore habité par son égoïsme de dragon, sa fierté et son ego surdimensionné. Il voulait s’éloigner… Mais il n’avait pas le droit de lui imposer cela…

A moitié hagard, il parvint à lui murmurer vaguement que ça allait, même si ce n’était pas totalement vrai et même s’il savait qu’elle le sentait. Mais elle savait aussi pertinemment que tant qu’il était capable de lui « mentir » à ce sujet, c’est qu’il tenait toujours le coup.
Alanir voulait partir et malgré l’épuisement et l’impression que ses jambes devaient supporter le quadruple de leur poids habituel, une vive lueur de panique passa dans le regard du jeune homme. Si son aîné n’était pas là, il ne pouvait pas continuer. Sa présence le rassurait quant à la sécurité de la jeune femme, il ne se voyait pas faire sans !!!!
Il le rassurait, un peu… Mais il n’était pas plus à l’aise pour autant.
Le dragon finit par partir, laissant le petit couple. Elle prenait soin de lui, le soutenant pour qu’il s’assoit contre un arbre et c’est en se rendant compte à quel point il tremblait et semblait justement avoir besoin de son soutien physique qu’elle dut prendre conscience de l’éreintement que provoquait cet entrainement. Même s’il était évidemment nécessaire…

La pause lui fit du bien, les câlins tendres de sa compagne encore plus et il se surprit lui-même de recouvrer si vite force et vitalité, sachant pertinemment qu’elle y était pour beaucoup. Ils recommencèrent et il la discernait de mieux en mieux, parvenant à sentir la présence de la jeune femme, à se focaliser dessus, à se focaliser sur leur lien. Petit-à-petit, ses pulsions reculaient. Elles étaient toujours là évidemment, elles le seraient toujours mais se transformer ne signifiait plus y céder obligatoirement. Elle faisait refluer son horrible souvenir, cette vision terrible du meurtre qu’il avait commis, sa pire hantise. Elle l’apaisait tant.
Elle l’encourageait, inlassablement… Il tenait de plus en plus longtemps, réussissait à la reconnaitre alors qu’il se transformait. C’était bien ça le plus satisfaisant !

Après une énième pause, elle voulut lui faire enfiler sa selle et là, il crut réellement qu’elle avait oublié la grosse bêbête qu’il devenait ! Il ouvrait déjà la bouche pour refuser mais elle enchainait, avec les bons arguments et son inimitable manière de parler qui pouvait convaincre les foules, alors lui aussi forcément, bien plus que les autres. Sans doute que ses sentiments y étaient aussi pour quelque chose. Elle lui avait cloué le bec, une fois de plus et il secoua lentement la tête à peine surpris, résigné et obéissant.
La selle le gêna un peu quand il se transforma, elle aurait probablement besoin d’ajustements avec sa nouvelle taille, les sangles lui mordaient les flancs et la demoiselle le perçut très vite, les allongeant un peu après lui avoir touché une patte, rassurante. Il la laissa faire, soulagé que la gêne s’amenuise mais se crispa lorsque la demoiselle lui monta dessus. Il avait refermé les yeux et serrait les mâchoires, se rappelant que c’était elle, se concentrant sur elle. Mais toute sa bonne volonté ne pouvait pas l’aider. Il avait déjà fait refluer en grande partie ses pulsions premières grâce à elle, celle intransigeante qu’un dragon était supérieur à un humain restait… un peu trop ancrée dans ses gênes. Il ne chercha pas violemment à la désarçonner pour autant, ne faisant qu’esquisser le mouvement de le faire lorsqu’elle lui échappa. Cela lui rendit conscience de ses gestes, comme si le fait qu’elle s’éloigne l’aidait à rester conscient justement et il redevint aussitôt humain. La transformation était plus rapide, moins douloureuse et surtout moins éreintante et il ne chancela pas cette fois mais il était pâle et crispé, se débarrassant vivement de la selle en s’en éloignant, refusant tout net de recommencer

Oh bien sûr il avait confiance en elle, elle était vive et agile et il le savait mais elle poussait loin sa confiance en lui là, beaucoup trop loin, il ne le méritait pas, ça l’effrayait même !
Bien sûr, elle avait des arguments pour elle, comme toujours. Mais cette fois, elle dut être beaucoup plus patiente pour le convaincre. Il commençait à fatiguer après tout et il avait toujours peur, même si ses progrès le rassuraient. Elle parlait d’Alanir, ce qui n’était par contre pas la meilleure des idées… Après tout, elle oubliait un peu vite qu’il était égoïste lui aussi et que si elle était unique pour lui, elle vivait cette expérience avec quelqu’un d’autre, tout esprit étroitement lié à elle que soit le dragon de feu. Elle avait volé longtemps avec le dragon… Bien avant de voler réellement avec lui. Elle partageait avec son ami une complicité qu’ils n’auraient jamais. Et même si le dragon de feu avait blessé la jeune femme, ce n’était pas une raison pour qu’il accepte de la mettre en danger. L’inquiétude et l’épuisement le rendaient irritable alors qu’il se détournait d’elle et s’éloignait pour évacuer son stress, shootant rageusement dans des brins d’herbe innocents.

- Alanir n’est pas amoureux de toi lui ! Si je te blesse, je…

Il se tut, n’arrivant même pas à formuler sa pensée, appuyant son front contre le grand arbre en respirant avec bien plus de peine que ce que son entraînement lui avait imposé. L’émotion lui nouait la gorge. Il avait oublié… A quel point chaque émotion pouvait le mettre à genoux aujourd’hui. Il oubliait vite. Après tout, il n’y avait que lorsque cela la concernait que ça arrivait… Elle se fit douce, patiente, rassurante, prit son temps pour le calmer, pour l’approcher, caressant son dos. Sa persévérance paya rapidement alors qu’il se laissait câliner et finissait par l’enlacer en évitant de regarder le visage angélique sur lequel seules la tendresse et la compréhension se lisaient. Il avait oublié à quel point le sentiment d’être aimé le rendait heureux…

Finalement, il accepta de réessayer même si ce fut un apprivoisement comme au début et qu’il était beaucoup sur la défensive. Parfois il parvenait à rester immobile et la fois suivante, il s’emballait et chercher à la faire vivement tomber de son dos. C’était souvent imprévisible. Ses pensées lui échappaient et sa concentration flanchait de plus en plus avec la fatigue qui se faisait ressentir d’heure en heure comme un poids dont il ne pouvait se séparer, même avec les pauses.
Bien sûr, à aucun moment il ne parvint à la blesser. Il aurait pu à de nombreuses reprises, mais elle était encore plus vive qu’il ne le croyait et ça au moins avait le don de le rassurer suffisamment pour que, confiant, il retente l’expérience, autant de fois qu’elle le lui demandait. Il voulait revoler avec elle après tout… Et c’était le seul moyen d’y arriver. Pourtant, à un moment, alors qu’elle avait sauté au sol après avoir évité une vive ruade, elle le fixait, prête à esquiver une quelconque attaque et avait dû sentir son esprit se troubler, leur lien se distendre, plus fort qu’avant.
Il ne faisait pas attention à elle. Il semblait l’ignorer plus qu’autre chose. Il ne semblait pas céder à ses pulsions agressives qui étaient celles à avoir la primeur sur lui. Non… La gueule offerte au ciel, il semblait fixer les nuages, comme si un appel lui parvenait, qu’elle ne pouvait pas entendre. Il avait déployé ses ailes qui étaient restées rabattues depuis qu’ils s’entrainaient avec la selle et les avait légèrement agitées pour les défroisser. Pendant un court instant, il sembla réellement lointain, animal, plein d’instincts et sur le point de s’envoler. Mais il la sentit, sans bouger, chercher à l’appeler à travers leur lien. Son esprit embrouillé s’éclaira, il la reconnut, la sentit, se retransforma et elle comprit à quel point il était à bout alors qu’il papillonnait, comme surpris de se retrouver là et pendant un instant, déçu de ne pas s’envoler. Mais s’il s’envolait aujourd’hui, alors qu’il était encore si vulnérable, il oublierait une grande partie de ce qu’il était, c’était certain. Le soleil disparaissait déjà. La fatigue l’abrutissait un peu alors que la demoiselle concluait leur entrainement, apparemment satisfaite même s’il sentit une tension chez elle.

Mais ça n’avait pas été simple pour elle non plus. Elle avait dû être attentive comme jamais au lien qui les unissait, constamment concentrée. Ce n’était pas physique certes mais c’était tout autant fatigant et puis ensuite elle avait dû éviter d’être blessée, elle en avait autant fait que lui ou presque, du moins le percevait-il ainsi. Quoique… la tension qui l’habitait semblait refléter aussi autre chose. Il effleura sa main, crut percevoir de la peur, comme si elle avait eu peur finalement, qu’il s’envole loin d’elle. Il enlaça aussitôt ses doigts des siens, allant s’asseoir un instant alors qu’elle s’occupait encore de lui, le félicitait. Lui n’était pas vraiment satisfait mais il savait que ses espoirs étaient vains, il ne pouvait pas changer du tout au tout d’un seul coup et il valait mieux que ce soit ainsi d’ailleurs. Ses lèvres lui parurent plus douces que d’ordinaire quand elles effleurèrent son front. Il voulut la retenir, l’embrasser, bafouiller ses sentiments, mais quelque chose l’en empêcha. De la fierté, de l’indifférence. Ses craintes se confirmaient, ses pulsions avaient une incidence à long terme sur ses sentiments. Il se contenta d’hocher lentement la tête, se concentrant sur elle pour en chasser les dernières traces infectes. Elle voulait le récompenser, lui affirmait qu’il aurait tout ce qu’il souhaitait le soir même, cela lui tira un léger sourire mais plus reconnaissant que réellement intéressé. L’idée de recommencer si vite ne l’enchantait guère, mais c’était évidemment nécessaire. Et elle le savait… Elle essayait juste de le faire passer en douceur. Comme toujours.

Il crut que ses muscles éclataient quand il se releva, mais par fierté fit bonne figure comme si de rien n’était alors qu’ils marchaient lentement l’un à côté de l’autre pour rentrer.
La douche aurait pu être un doux avant goût pour une soirée acrobatique si le jeune homme éreinté ne s’était pas à moitié assoupi sous l’eau chaude, adossé contre le mur, haussant à peine un sourcil quand la somptueuse jeune femme l’avait rejoint. Par contre qu’elle colle son corps contre le sien l’avait immédiatement réveillé et il avait été surpris, sursautant et se cognant légèrement la tête avant de bafouiller en détournant les yeux. Après tout, ses pulsions n’étaient pas très loin. Il l’avait bien vite embrassée et l’avait laissée se doucher en s’expliquant très brièvement comme quoi il devait s’étirer. Ce n’était pas un mensonge puisqu’il était en train de le faire lorsqu’elle sortit, grimaçant à chaque geste avant de s’écrouler en grognant sur le canapé.

Le sujet ne gêna pas le jeune homme à table et il aborda rapidement devant Eleyna leurs activités de l’après-midi même s’il s’avéra bien vite que c’était pour qu’on le laisse tranquille. En effet, la capitaine s’y intéressait de près et questionnait Alanir mais aussi Cassidy, laissant le jeune homme se perdre dans ses pensées, ce dont il avait apparemment grand besoin. Alanir semblait évidemment au courant que ça s’était plutôt bien passé et la petite mage ne tarissait pas d’éloges quant aux progrès de son petit ami… Celui-ci mangeait, le regard perdu dans le vide, s’abandonnant à la contemplation du ciel qu’il apercevait au dehors. La fondue les réchauffait et leur remplissait l’estomac après les activités diverses des uns et des autres. Le jeune homme se détendait progressivement et s’était vite joint à l’engouement général, bataillant avec sa jolie compagne qui s’amusait à le taquiner pour le sortir de sa léthargie. Elle y parvint bien vite. Elle y parvenait toujours après tout.

Les garçons avaient ordonné aux filles de se détendre pendant qu’ils débarrassaient, faisaient la vaisselle et rangeaient tout. Tristan apporta des chocolat à tout le monde ensuite, rejoignant sa compagne à l’extérieur et gardant sa propre tasse dans sa main en fixant de nouveau le ciel, d’un air vague. Il la vida d’un trait d’un geste automatique, observa la cité en contrebas, étourdi par une envie soudaine de s’élancer dans le vide. Ses sentiments pulsionnels revinrent l’effleurer, l’étourdir un peu alors qu’il les refluait comme il pouvait. L’étreinte de sa petite amie le surprit, preuve de son étourderie. Il tourna les yeux vers elle, des yeux orangés dont les pupilles étaient si dilatées que son état d’esprit ne dut pas échapper à la jeune femme. Il secoua vivement la tête et répondit doucement à son étreinte, posant ses lèvres dans ses cheveux en soupirant. Sa phrase le fit sourire alors qu’il reprenait ses esprits et il caressa son dos à travers sa veste.
Il caressa son menton d’une main, le lui releva et emprisonna doucement ses lèvres des siennes.

- Me faire plaisir ?… Rien que je n’aie déjà.



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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: Parce qu'abandonner n'existe pas...   Lun 14 Juil - 11:57


Il poussa son nez du sien, glissa son visage dans son cou et le lui mordilla légèrement avant de baisser la voix pour ne se faire entendre que par elle, même si les deux autres étaient bien concentrés par autre chose.

- Mais si vraiment j’ai droit à tout ce que je veux… J’aurais bien une idée… qui implique une bonne forme physique et une grande tolérance aux tortures de plaisir que j’ai bien l’intention de t’infliger… Chacun son tour après tout…

Il lui vola un baiser, la sentit sourire contre ses lèvres, frémir contre son torse, ressentit par leur lien qu’elle n’était pas indifférente à ses paroles ce qui acheva de le délasser de sa fatigue et de raviver un intérêt certain dans ses pupilles dilatées.
Peu après, ils saluaient leurs camarades et partaient se coucher… Enfin presque.
Rapidement il avait attiré la jeune femme à sa suite et s’était occupé lui-même de placer sa pierre qui isola aussitôt la pierre. Il était quand même consciencieux et l’avait observé faire pour pouvoir agir à son tour, pas si étourdi que ça le jeune homme. Finalement, il l’avait rejointe alors qu’elle était assise et l’avait embrassée tendrement avant de se reculer, l’observant, caressant son visage du bout des doigts.
Il semblait aller bien et s’être distancé de ses pulsions. Il prit finalement une de ses mains et la pressa, regardant la jeune femme dans les yeux. Les cristaux dans la chambre jetaient une lumière tamisée permettant à la jeune femme d’observer les moindres expressions de son compagnon attentif. Il finit par parler.

- Hier, tu m’as dit que tu comptais me combler pour que je pense à toi peu importe la femme qui croiserait ma route. Je suis conscient que tu cherches à me prouver que tu me suffis amplement et je suis du même avis… Je t’aime tu sais… Ca a changé pendant un moment et j’ai très peur que ça recommence, c’est pour ça que j’étais assez réticent pour aujourd’hui. Mais je pense que tant que tu es près de moi, je ne risque rien de ce côté là.

Elle ne semblait pas comprendre et il se mordilla la langue en s’en rendant compte, lâchant un profond soupir plus malheureux qu’autre chose, ses yeux se perdant dans le vague alors qu’il se remémorait un souvenir désagréable, très désagréable.

- Eleyna n’a pas fait que m’arracher des griffes des dragons tu t’en doutes. Elle m’a permis d’échapper un peu à cette façon de penser qui m’envahissait depuis un moment. Mes pulsions de dragon m’ont changé Cassy… pas qu’un peu. J’ai commencé à me perdre, de plus en plus… je pensais comme eux, j’agissais comme eux, ton souvenir me retenait de sombrer totalement mais il s’effritait et Eleyna est arrivé au bon moment pour m’aider… Parce que sans que je m’en rende compte, étourdi par ce nouvel état, j’ai commencé à cesser de t’aimer… Réellement… Mes sentiments disparaissaient, mon coeur ne battait plus la chamade en pensant à toi, ma gorge ne s’asséchait plus en pensant à ton corps magnifique. Tu ne m’intéressais presque plus. Je me perdais… Elle est arrivée à temps et je ne sais plus trop comment elle m’a sorti de là, c’est assez flou. Je sais qu’ils n’étaient pas d’accord et que moi-même je me suis débattu, qu’elle avait une étrange chaine avec un collier…Je ne lui ai rien demandé. Elle ne m’a rien dit. Mais je me suis retrouvé au camp, humain, hanté par ton souvenir et un sentiment profond de honte, de culpabilité et de trahison. J’avais mal et peur et je ne comprenais pas ce qui m’arrivait. Je t’aimais de nouveau mais je n’étais même plus sûr de ce mot, je craignais de ne jamais te revoir, j’avais peur de ne plus t’aimer du tout en fait… de ne plus savoir ce que c’était. Mais quand je t’ai revue… même si ton état m’effrayait, même si la présence d’Alanir dont j’ignorais tout à ce moment là m’a rendu fou de jalousie, même si je t’en voulais beaucoup de manière très égoïste, j’ai compris que je t’aimais toujours, comme un fou. Ca m’a rassuré… Enormément, même si maladroitement j’ai préféré fuir ce que mes propres sentiments chamboulaient chez moi, en m’éloignant de toi. Et puis j’ai compris que toi tu avais changé… que tout ce qui nous concernait avait cessé d’exister à tes yeux. Ce n’était pas ta faute évidemment et Alanir me l’a très vite appris heureusement mais… pendant de longues heures, j’ai eu l’impression de mourir à petit feu. Ce que j’avais vécu ces derniers jours, ce n’était rien face à ton indifférence. Face à cette figure glacée. Ne redeviens jamais ainsi… S’il te plait.

Il se tut une seconde. Son visage exprimait une réelle souffrance alors qu’il pressait ses deux mains des siennes, les yeux baissés et à demi clos. Pourtant il se reprit rapidement, se raclant la gorge pour cacher son émotion.

- Enfin… Si je dis tout ça, ce n’est pas pour t’accuser de quoi que ce soit hein. Je l’ai dit déjà et je le redis, rien de tout cela n’était de ta faute. Je suis heureux de l’actuel dénouement, je voudrais qu’il dure. Mais tu m’as rappelé quelle femme merveilleuse tu es et à quel point il serait regrettable que je l’oublie, à quel point je t’aime, je te désire et à quel point tu me combles. Et même si je sais que nos précédentes nuits t’ont plu, j’aimerais pouvoir te rendre la pareille à mon tour. Je compte te prouver, qu’aucun homme, jamais ne sera plus attentif au moindre de tes désirs que moi. Qu’aucun homme ne sera jamais capable d’être plus patient, plus tentant et plus cruel que moi à ce jeu là. Que cette partie de moi qui n’est pas humaine est certes ce qui nous sépare mais aussi ce qui me permet aujourd’hui de mieux ressentir ton humanité et ton âme. Alors ce soir, je suis tout à toi… Je te demande de me laisser faire, je te demande de me guider, d’arrêter de songer à me combler ou je ne sais quoi car rien ne peut davantage me combler que savoir que tu es heureuse et d’autant plus si c’est accompagné de gémissements que tu ne pourras pas du tout étouffer ce soir, crois-moi !

Il ne lui laissa même pas l’occasion de parler, l’embrassant aussitôt. L’instant d’après, il se chargeait de rendre ses baisers plus passionnés, de plus en plus et de mettre en place son plan diabolique visant apparemment à faire succomber de plaisir la sublime demoiselle. Longues caresses de plus en plus appuyées, baisers divers et papillonnants, le bougre s’appliquait et ne semblait pas du tout impatient ce soir, s’amusant du manque de contenance de sa compagne aussi troublée que lui la veille. C’était un moment parfait qu’il fit durer le plus longtemps possible, la torturant longuement en arrêtant ses baisers ou ses caresses quand ça commençait un peu trop à lui plaire ce qui provoquait instantanément un grognement désapprobateur de la jeune femme. Préliminaires interminables pendant lesquels il crut un instant la perdre, longue série d’acrobaties qui lui valurent de si profondes marques de griffures dans le dos qu’il était certain de les garder plusieurs jours. Ses gémissements le ravissaient et il s’efforçait de les identifier toujours mieux pour répondre en conséquence.
La nuit était bien avancée quand elle s’était blottie contre lui, respirant avec la même peine que lui, étourdie. Elle tremblait tellement qu’il avait craint l’avoir blessée pendant un instant, mais elle l’avait rassuré entre deux respirations difficiles et il l’avait câlinée longtemps pour les calmer, s’était redressé pour la masser, ce qui n’était pas de refus vu leur récente activité. Elle semblait à moitié endormie, ou peut-être totalement quand il s’était penché sur elle, butinant sa nuque de myriades de baisers puis s’était allongé à ses côtés en remontant la couverture sur eux alors qu’automatiquement elle venait trouver sa place entre ses bras.
Ils n’avaient pas parler de ce qu’elle était. Du mystère qui l’entourait sur ses origines, même s’ils y pensaient tous les deux. Et apparemment ça travaillait le jeune homme. Bien assez du moins pour qu’il prononce quelques mots.

- Moi je sais ce que tu es… Je sais pourquoi ils ne t’acceptent pas…

Il parlait des dragons évidemment. Peut-être qu’elle se crispa ou qu’elle frémit juste à cause de sa caresse, il n’était sûr de rien. En tous les cas, il murmura tout bas avant de s’endormir.

- Leur fierté les oblige à rejeter la perfection qui montre l’énormité de leurs défauts…

Il sourit, pressant une de ses épaules en fermant les yeux.

- Je le sais moi… que tu es un ange…

Il s’était endormi l’instant d’après et en avait décidément grand besoin après cette journée…


Le lendemain pourtant, il s’était réveillé tôt et était allé chercher le petit déjeuner pour apporter ledit petit déjeuner au lit à sa chère et tendre. La surprise avait semblé plaire à la demoiselle et il s’était empressé de lui voler un baiser en arguant, taquin, que lui aussi avait bien l’intention de lui plaire justement. Si c’était une course pour plaire et combler l’autre, ils avaient tout compris à l’amour ces deux-là.
Levés tôt, ils retournèrent rapidement s’entraîner, bien décidés tous les deux à voir de rapides progrès dans leur histoire et dans cette transformation. Voler ensemble leur manquait beaucoup… Ils s’entraînèrent toute la matinée, bien plus intensément que la veille puisque le lien semblait déjà clairement établi pour le jeune homme et il semblait ragaillardi par la nuit de sommeil et l’activité pré-sommeil aussi d’ailleurs. Il tenait de mieux en mieux sa transformation, les douleurs de son corps humain s’amenuisaient, il retrouvait les sensations de sa transformation, de son corps de dragon et sa conscience s’affûtait alors que la présence de la demoiselle lui paraissait de plus en plus nette. Très vite ils avaient réessayé avec la selle et s’il avait encore des sursauts, ils progressaient tous deux très vite, lui à l’accepter, elle à l’apaiser. D’ailleurs, ils ne volèrent pas non plus ce jour-là mais il marcha sous sa forme draconique en long en large et en travers dans la clairière. Il n’était certainement pas le dragon le plus à l’aise au sol et ses immenses ailes le prouvaient bien, il était fait plus que tous les autres encore, pour voler mais il fallait procéder par étapes et elle ne voulait certainement pas se risquer à le voler seul pour l’instant, il était encore fragile et elle le savait.

L’entraînement les avait laissé fatigués mais plutôt contents l’un de l’autre alors qu’ils décidaient de pique-niquer dans la cité après avoir passé un moment dans les sources chaudes désertées à ces heures, ce qui avait donné lieu à de tendres câlins encourageants et réconfortants après de tels efforts. Ce jour-là, il semblait parfaitement maitre de ses sentiments même s’il était encore agité par quelques pulsions persistantes et il les étouffait avec la meilleure drogue qui soit : les baisers de la jeune femme qui ne semblait décidément pas contre du tout, ayant beaucoup à rattraper de sa longue année sans tendresse. Et ça tombait bien parce que son compagnon avait beaucoup de tendresse à revendre, semblant anticiper ses besoins sans la moindre difficulté et surtout voulant apparemment laisser croire à tous qu’ils étaient greffés l’un à l’autre tant ils passaient de temps à se câliner et à s’enlacer devant ou sans témoins !

Ils avaient mangé puis après avoir un peu discuté, un long moment même, de tout et de rien dans la serre, Tristan était allé s’entraîner avec ses camarades guerriers et Cassidy était partie rendre visite à Maud. Elle avait dit à son compagnon vouloir emprunter quelques livres et surtout prendre des nouvelles de son amie et du bébé. Il avait eu l’air inquiet à cette annonce mais elle l’avait rassuré d’un baiser même s’il avait senti une légère crispation. Elle l’avait accompagné au terrain d’entraînement et s’était éloignée. Mais sans doute leur récent entraînement y était-il pour quelque chose car il la rattrapa rapidement, l’enlaçant en l’empêchant d’avancer, embrassa sa nuque en repoussant la longue natte qui coulait dans son dos et souffla très bas à son oreille.

- Contemple le bien, parce que le futur petit bout de toi sera cent fois plus beau !

Il l’avait lâchée et s’était éloigné très vite sans lui laisser l’occasion de répliquer. Pour n’importe qui c’était peut-être anodin, étrange, voire stupide. Mais elle le connaissait et elle savait décrypter les émotions dans sa voix et dans ses mots. Et le message qu’il voulait lui adresser sonnait comme un écho à sa lettre. Il comptait bien fonder une famille avec elle. A présent qu’il voyait ses progrès oui, il l’envisageait, il l’espérait, il le souhaitait. Oh et il comptait s’entrainer loooongtemps à faire semblant avant… histoire de pratiquer la théorie de la conception mais il n’avait plus aucune raison de se laisser influencer. Il était un dragon, pas un drakkari. Il ne partirait pas… Jamais !

Le jeune homme était parti s’entraîner et tout euphorique, il débordait d’énergie malgré ses efforts du matin et donnait bien du fil à retordre à ses adversaires quand il se mit à combattre.
De son côté, Maud semblait attendre Cassidy car lorsque la jeune femme toqua puis entra, accueillie par l’époux de la dame, qui s’empressa de les laisser d’ailleurs, deux tasses fumantes de thé étaient prêtes devant un vaste canapé.
Maud s’y trouvait. La grossesse l’avait épuisée certes mais son bonheur était réel et parfaitement visible tant elle rayonnait. C’était la plus grande attente de sa vie après tout, attente à laquelle elle avait renoncé avant de retrouver espoir grâce au sang du jeune dragon. Dans ses bras babillait un adorable poupon grassouillet tout rose dont les yeux d’un bleu vif fixait l’environnement avec une curiosité certaine.
Maud accueillit son amie avec un sourire immense, s’empressant de s’enquérir de son état et s’excusant avant tout de ne pas avoir cherché à la voir plus tôt seule à seule, qu’elle se doutait du choc et du mal qu’avait pu provoquer cet accouchement chez elle… mais elle continuait sur sa lancée, arborant un immense sourire joyeux.

- Par contre, je sais que toi et Tristan vous avez parlé, énormément progressé et que c’est le bonheur entre vous.

Elle lui fit un grand sourire mystérieux alors que la petite demoiselle fronçait les sourcils.

- Et non, Eleyna ne m’a rien dit… mais vu le futur que j’ai vu tout récemment… Le seul mot qui me vient à l’esprit sera « bonheur ». Vous allez être très heureux. Vraiment.

Elle n’en dit pas plus mais vu le regard qu’elle laissa couler sur le ventre de la jeune femme dont la vie avait été arrachée, il était clair qu’elle avait été projeté suffisamment loin par ses visions pour voir que son amie offrait un cousin ou une cousine à son propre enfant. Apparemment... Il n'y avait pas l'ombre d'une rivale dragonne à l'horizon !!!
Elle parlait beaucoup, très vive et très heureuse. Elle n’hésita pas à insister pour que la jeune mage tienne son enfant, voulant l’aider à soigner le mal par le mal, à dépasser sa fatalité et à se projeter dans un avenir qui s’avérait apparemment plein de bonnes surprises.
Elles parlèrent de tout et de rien, de Tristan beaucoup évidemment, parce que l’une comme l’autre s’inquiétaient pour lui et Maud éclata de rire quand Cassidy lui demanda, rougissante, de lui prêter son fameux « livre ». Elle se leva pour aller chercher un paquet.

- Tiens, c’est ton propre exemplaire que je t’ai dédicacé avec ce que tu dois surtouuuut essayer ! Ca devrait beaucoup te plaire et si je ne me trompe pas, si ça te plait, ça lui plaira assurément ! Ca va ? C’est toujours aussi bien au lit ? Non parce que j’ai eu plusieurs visions récemment et si je me fie à mes impressions, la dernière me projetait il y a quelques minutes sur le terrain d’entraînement sur lequel de très beaux jeunes hommes bavaient littéralement devant ta silhouette et un certain playboy les remettait à sa place en jurant que tu étais la femme la plus merveilleuse du monde mais que tu étais aussi « sa femme » justement. Plutôt mignon j’avoue…

Elles rirent et plaisantèrent longuement et la gêne de la jolie blonde semblait se dissiper. Elle sembla se perdre un instant dans ses pensées, probablement consciente que si elle ne voulait pas retomber rapidement enceinte justement, ce qui risquait d’être un sacré traumatisme pour son corps si cela arrivait si tôt, elle allait devoir reprendre des potions. Penser à son propre enfant qu’elle avait perdu n’était pas simple et elle passerait encore de très longs mois avant de cesser de ressentir les effets de cette perte. Maud vit ses yeux se remplirent de larmes et ne la laissa pas s’apitoyer, changeant aussitôt de sujet.

- Au fait, pour fêter vos retrouvailles, ton réel retour et la fin de ton mode « zombie », j’ai décidé d’organiser quelque chose… Un petit quelque chose qui devrait beaucoup te plaire. Tu te souviens du fameux bal à épreuves organisés par ce vieux plouc durant lequel nous nous sommes rencontrées et jalousées ? Eh bien, je veux le relancer ici, avec des épreuves du même style, beaucoup plus drôles à faire par couples et cette fois je compte sur toi et Tristan pour être ensemble et remporter les épreuves ou vous amuser jusqu’à plus soif ! Ca durera deux jours et ça commence demain, tout est déjà prêt ! Ca va vous permettre de vous amuser, à tout le monde de se détendre, de profiter de la neige et tout… Chouette non ? Et moi je serai un jury intraitable donc… va falloir briller !!!!!

Une bonne idée oui, qui faisait un étrange mais agréable écho pour la demoiselle et qui ne tarderait pas à en faire un chez son compagnon. Après tout, ce fameux bal avait marqué le début de leur histoire et puis c’était là bas qu’elle s’était offerte finalement à lui dans cette première fois merveilleuse bien que douloureuse.
Elles en parlèrent longtemps. Le soleil se couchait d’ailleurs tandis que le message était diffusé par crystal à tous les habitants qui n’avaient pas participé aux préparatifs, les autres ayant dû garder le secret. Elle était rentrée directement à l’appartement et Tristan l’y rejoignit avec un sourire ravi après avoir appris la nouvelle. D’ailleurs il sauta d’un bond sur le canapé, se jetant sur la jeune femme et se mettant à la couvrir de baisers, comme ça, parce qu’il en avait envie dans des éclats de rire et un léger jeu de lutte qui se termina par le jeune homme saluant leurs deux amis et marchant tranquillement jusqu’à la salle de bains, sa compagne qui se débattait à peine, riant beaucoup trop sur une de ses épaules. C’est vrai qu’il avait besoin d’une bonne douche après son entraînement. Ils l’écourtèrent et rejoignirent rapidement leurs amis à table tandis que les deux garçons se lançaient dans un délicieux barbecue, devisant des épreuves qui auraient lieu le lendemain, impatients. Apparemment, le dragon et la capitaine formeraient une équipe même si à cette évocation, l’un et l’autre détournèrent les yeux en rougissant légèrement… Curieux.
Ils restèrent éveillés tard ce soir là, riant beaucoup, discutant de tout et de rien tandis que le jeune couple sur la canapé, étroitement enlacé donnait l’image d’un début de bonheur évoqué par Maud.

Le lendemain, les épreuves commencèrent dans le milieu de l’après-midi. Les couples étaient nombreux, obstinés, courageux, volontaires ! La magie était interdite, ce qui tombait plutôt bien puisque la demoiselle n’avait pas le droit de jouer avec.
Les épreuves étaient aussi bien prévues en équipe qu’en solo et chacun était impatient de faire ses preuves. D’ailleurs c’étaient les filles qui devaient commencer et Tristan s’empressa de déposer un tendre baiser sur les lèvres de sa compagne avant le début, lui faisant un clin d’oeil.

- C’est un avant goût pour ta future victoire… Tu as une sacrée forme physique maintenant mais méfie toi d’Eleyna, c’est une guerrière née. Pour ce parcours, vise sur ton agilité, c’est son point faible. Allez ma petite guerrière. Epate les !

Que la bataille commence !!!!!
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Cassidy Herediane
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MessageSujet: Re: Parce qu'abandonner n'existe pas...   Jeu 17 Juil - 22:14

Cette journée d’entraînement avait été éprouvante et fatigante. C’est ce que ressentait Cassidy en contemplant le ciel étoilé ce soir là. Ils venaient de finir le repas, riche en questionnement, même si Alanir ne semblait pas le moins du monde inquiet et surpris par les progrès du petit couple. Cassidy tapotait le bout de la rambarde en bois, trouvant un moment de pause pour laisser aller ses pensées au rythme du petit vent frais qui s’agitait ce soir.

Se remémorant de cette journée et des sensations, elle réfléchissait. Devoir « contrôler » Tristan était bien plus dur que ce qu’elle pensait. La concentration dont elle avait fait preuve pendant la journée l’avait également épuisée. Tout comme lui, elle avait ressentie ses pulsions de dragon. Même si elle avait beau se dire que cela était normal pour lui, et qu’il n’était pas si facile de maîtriser cet état, la demoiselle ne pouvait s’empêcher d’éprouver un peu de peur. Des pulsions bestiales comme l’envie de tuer, le besoin de liberté, des choses effrayantes qu’elle avait bien du mal à emmagasiner.

Les flocons reposant gentiment sur la rambarde s’agitèrent alors qu’elle se mit à soupirer doucement. Aimer un dragon… mi humain… mi dragon. Oui elle l’aimait et même si tout cela la dépassait, c’était à elle d’être forte, d’être rassurante cette fois là. Car elle risquait beaucoup. Dans tous les cas si elle n’agissait pas elle le perdrait. Et c’était bien ça qui la poussait à ne pas reculer, à croire en eux. Ils étaient une équipe, un couple. Ils s’aimaient… Alors elle ne pouvait décidément pas le laisser tomber en ce moment ou de s’enfuir à toutes jambes, ayant la crainte de se faire croquer.

Non, elle devait vraiment le soutenir et l’aider dans cette lourde épreuve. Elle serait son étoile qui le guiderait même lorsqu’il serait sur le point de perdre la tête. Plusieurs fois elle l’avait senti se perdre, renier son humanité mais elle restait fermement campée sur leur lien d’esprit. L’appelant au calme, le forçant à s’apaiser. Si Tristan semblait en avoir souffert de ce premier entraînement, pas une seule fois la demoiselle n’avait renoncé avant d’être totalement satisfaite. Elle sentait qu’il était capable de bien plus et à chaque fois elle l’avait relancé.

S’appuyant sur leur lien, à chaque tentative elle venait l’embrasser, le câliner, l’encourageant à faire mieux. Elle pouvait sentir la douleur dans ses muscles, dans chaque partie de son corps comme si elle le subissait mais de manière moins violente que lui. Une danse dans laquelle ils évoluaient petit à petit, un pas de plus, toujours un peu plus loin. Alanir au final n’avait pas fait grand-chose, persuadé que tout irait bien après avoir vu la transformation. Mais pourtant, le grand dragon ne les aidaient pas en rester à côté. Bien sûr cela pouvait le rassurer un peu mais pas totalement car si un danger se pointait, ce qu’il n’espérait pas, alors que se passerait-il si le grand dragon ne pouvait pas intervenir ? Si Tristan n’était pas capable d’y parvenir, alors leurs efforts n’auraient servi à rien.

Elle se remémorait avec beaucoup de clarté à quel point elle avait été troublée par son apparence de dragon. Car cela lui rappelait bien trop de choses, des bonnes comme des mauvaises. Il avait énormément changé en peu de temps, elle le savait. Parfois la crainte qu’il s’approche d’elle pour lui porter un coup surgissait dans son esprit. Mais elle n’avait pas le temps pour y songer et devait garder tous ses réflexes pour éviter un coup mal parti. Après tout, elle avait survécu dans un milieu hostile, entourée de créatures étranges, meurtrières, plus ou moins grandes. Cela avait été son entraînement et elle se devait de rester vigilante. Peut être devait-il le sentir qu’elle était bien plus prudente qu’avant.

Au final, elle voyait cela comme une nouvelle façon de l’apprivoiser. Le séduire sous sa forme humaine, l’apaiser et être la petite amie idéale. Mais sous sa forme de dragon, c’était différent. Il y avait l’amour oui mais aussi il fallait qu’il y ait un respect, une présence. De ses connaissances par Alanir, elle savait à quel point un dragon pouvait être égoïste, orgueilleux et ne penser qu’à son simple confort plutôt qu’aux autres. Et elle savait à quel point cela pouvait être douloureux pour elle, de ne plus avoir l’impression d’exister à ses yeux. Combien de fois avait-elle redouté ce moment ? Combien de fois avait-elle eu peur de lui ? Combien de fois avait-elle douté ? De se dire que cela ne pouvait pas être possible, une humaine et un dragon…

D’une main gelée, elle fit tomber la neige d’une partie de la rambarde, laissant apparaître un morceau poli comme si l’humidité qui s’était formée laissait voir un reflet. Ouvrant lentement la bouche, elle toucha du bout des doigts une de ses canines, soupirant un instant et baissant les yeux, détournant le regard de son miroir improvisé. Non… pas tout à fait humaine. Une humaine n’a pas des canines comme ça… ni des oreilles de cette forme. Mais pour les dragons, toutes les créatures étaient inférieures alors, qu’est ce que ça pouvait changer ? Il ne disait rien par rapport à ça. Mais c’était un autre mystère qui serait à éclaircir bien plus tard… Elle ne savait que penser par rapport à ça et n’était pas bête à ce point. Si c’était un simple maléfice, alors elle aurait trouvé une contre formule pour rendre à leurs oreilles une taille normale. Mais au fond d’elle, la demoiselle sentait que cette particularité faisait partie d’elle. Troublant…

Elle soupira une nouvelle fois avant de pencher sa tête en arrière, offrant son visage au ciel, se remémorant des derniers moments. Ses tentatives pour le chevaucher, tenir sur la selle. Elle se rappelait comme il avait paru vexé lorsqu’elle avait parlé d’Alanir. Mais après tout, que pouvait-elle y faire ? Si elle s’était rapprochée d’Alanir, c’était bien parce qu’il était parti ! C’était bien parce que plusieurs fois le grand dragon l’avait sauvé alors qu’elle voulait attenter à sa propre vie ! C’était bien parce qu’elle voulait apprendre à voler pour le retrouver car il serait plus facile pour elle de couvrir une bonne distance en volant. Mais reprochait-elle à Tristan le droit d’être vexé ? Egoïste ? Elle n’en avait pas le droit. Seulement, il devait bien comprendre que si elle n’avait pas acquis ces réflexes, cette habitude de chevaucher un dragon, alors, ils ne seraient pas allés très loin. Et n’auraient pas partagé tous ces moments de bonheur, de sensations fortes, lorsqu’ils volaient ensemble. Peut être même n’aurait-elle jamais eu la curiosité de chevaucher un dragon, prétextant un quelconque danger et il y avait de quoi.

Ses craintes pouvaient se confirmer à n’importe quel moment. Pendant un instant, elle avait eu très peur. Lorsqu’il avait ressenti cette sensation de liberté, tel un animal qui ne demandait qu’à se libérer de cette prison. Elle le sentait mi humain, mi animal. Et parfois le côté animal instinctif ressortait. La demoiselle n’avait pas paniqué lorsqu’il avait commencé à déployer ses ailes, même si la crainte qu’il parte loin d’elle était toujours présente. Restant calme, continuant de faire le lien dans son esprit, pour lui ordonner de redevenir humain. Oui il était encore bien fragile pour le moment, et pouvait céder à n’importe quel instant à ses pulsions. Comment faire pour le retenir si il ne se raccrochait pas à leur lien ? Difficile à imaginer et pas encore de solution pour l’instant.

Cependant, il l’avait rassuré, sentant son trouble à la fin de la séance. La jeune femme savait pertinemment qu’il était épuisé, cependant, elle savait au fond d’elle qu’elle avait fait le bon choix car malgré la douleur physique, il avait l’air d’être dans un meilleur état, une énergie difficile à qualifier pour elle mais malgré cela c’était la meilleure chose à faire au final. Il ne pouvait pas indéfiniment renier sa partie dragon. Il est vrai que la jeune femme aurait préféré une vie plus simple, moins prise de tête à cause de leurs différences et surtout tout ce que cela pouvait engendrer. Elle secoua lentement la tête, quelques mèches rebelles flottant autour de son visage. Tristan était son fiancé, elle l’aimait et ne pouvait pas imaginer sa vie sans lui. C’était suffisamment douloureux d’être séparée. Alors oui, elle savait que son amour pour lui l’aidait à l’accepter encore et toujours. Parce que c’était lui… simplement lui. Dragon ou pas il restait toujours le Tristan qui l’avait fait craquer, qui l’avait tant soutenu. Et malgré ses caractéristiques, il gardait toujours cette personnalité qui lui plaisait tant.

Alors qu’elle pensait à eux d’eux, leur avenir, voilà que le jeune homme s’approchait d’elle en apportant une tasse de chocolat chaud. Cela l’aida à sortir de ses songes en lui faisant un beau sourire reconnaissant. Cependant, alors qu’elle buvait, mousse délicate qui venait colorer ses lèvres, la demoiselle prit le jeune homme dans ses bras et le serra contre elle. C’est vrai, elle avait promis de tout faire pour lui ce soir là en récompense.

Il l’embrassa, lui déclara une phrase bien mystérieuse mais qui n’avait rien de mystérieux pour elle. La demoiselle eut un petit sourire ravi alors qu’elle répondait à son baiser, le laissant la diriger vers la chambre. Elle s’installa sur le lit et le regarda mettre en place le cristal enchanté, cet objet de secours qui lui permettait de se passer de la magie. Elle se mordilla lentement la lèvre inférieure. Cela n’était pas si simple que ça pour elle de se retenir alors qu’elle avait tellement envie de l’utiliser. Mais elle savait également que cela l’épuisait et que ce n’était certainement pas une bonne chose. Pensive, elle ne le vit pas arriver alors qu’il pressait son épaule de sa main, un simple contact. Relevant doucement la tête, elle vit son air attentif et sérieux alors qu’il commençait à parler. Et cela n’avait rien à voir avec sa phrase d’avant.

Elle l’écouta, attentive, penchant légèrement la tête sur le côté en fronçant les sourcils sans pouvoir totalement comprendre le sens de ses paroles. Changer de quoi ? Elle ne comprenait pas vraiment où il voulait en venir. Cassidy observait attentivement son fiancé. Les traits légèrement tirés, un air de culpabilité et un semblant de remords, comme si d’un coup il devait porter une charge bien trop lourde pour lui. Elle commençait à connaître ses expressions, ses mimiques, il semblait embarrassé. Mais la demoiselle ne voulait pas vraiment le forcer à révéler ce qu’il avait sur le cœur si ce n’était pas le moment. Après tout, elle l’avait beaucoup éprouvé aujourd’hui. Mais ce fut lui qui se jeta à l’eau et elle en était très reconnaissante et agréablement surprise. Qu’il se confie sur des évènements plutôt douloureux était très rares.

Il parlait… au fur et à mesure, la demoiselle prit peur, et baissa lentement la tête vers le sol, se sentant encore bien plus coupable. Mais qu’aurait-elle pu faire après tout ? Elle le laissa parler jusqu’au bout et son discours l’interpellait. Il avait l’air de lire dans ses pensées en lui disant qu’elle n’était pas responsable. Comme toujours il cherchait à diminuer les choses. Elle se figea sur place lorsqu’il lui demandait de ne plus redevenir comme ça. Troublée, triste, hochant lentement la tête. Tout était de sa faute après tout… elle le reconnaissait amplement et se blâmer était la seule chose qui venait à l’esprit de la petite mage. Elle ne pensait pas le mériter, elle pensait l’avoir trahi, ne pas avoir été assez forte et surtout très stupide pour confondre un dragon corrompu avec lui-même. Mais le jeune homme semblait en avoir fini avec ce passage douloureux. Il l’attira rapidement vers lui pour commencer à l’embrasser, de manière vertigineuse, qui lui faisait tourner la tête.

La suite fut une longue partie de plaisir et il avait totalement raison. Elle était totalement bien, encore plus qu’avant ! Ses caresses la rendaient folle, sa respiration était haletante alors qu’elle arrachait des gémissements du fond de sa gorge. Heureusement que la pièce était bien insonorisée ! Comment pouvait-on passer à côté de ce bonheur ? Pauvre jeune femme qui avait été en manque pendant une année entière. Mais le jeune homme semblait en être conscient car il faisait tout pour la combler. C’était comme si il lisait dans son esprit. Connaître également chaque endroit, être attentif à ses réactions, se servir de ses sens de dragon pour lui donner encore plus de plaisir sans qu’elle ne le formule. Oui il n’y avait rien à dire, c’était parfait… Et aucune autre femme ou dragonne n’avait l’autorisation de toucher son homme. Cet élan de possessivité, de le garder rien que pour elle, totalement légitime, la ferait certainement devenir très farouche.

Elle semblait heureuse, comblée, alors qu’elle respirait difficilement et qu’il s’approchait d’elle un peu inquiet. Cassidy leva la main avec un sourire apaisé, lui faisant comprendre que tout allait bien, elle récupérait juste de cette folle nuit. Son corps était courbaturé, un peu douloureux mais pour rien au monde elle ne regrettait ce qu’ils avaient fait. Plutôt mettre ça sur le compte qu’elle était un peu rouillée et plus vraiment habituée à toutes ces galipettes ! Mais son sourire sur le visage témoignait de son bonheur et de la délicieuse nuit passée en sa compagnie. Elle leva doucement la main pour caresser son visage, cherchant de dire un ou deux mots qui sortaient de sa bouche entre plusieurs respirations.

« C’était… merveilleux… »

Tristan lui proposa un massage, ce qui n’était pas de refus alors qu’elle se tournait sur le dos pour apprécier ses mains expertes qui s’aventuraient sur son dos, tout en lui tirant de légers gémissements alors qu’il touchait des zones un peu douloureuses. Cela la détendait tellement qu’elle flottait entre la semi-conscience et le sommeil. Cependant elle entendit très vaguement ses paroles, mais comme elle croyait être déjà en train de rêver, la demoiselle ne s’en formalisa pas. Elle respira doucement, se déplaçant légèrement sur le côté. Lorsqu’il s’endormit, elle en profita pour se rapprocher et se coller tout contre lui dans une attitude très instinctive, un grand sourire éclairant son visage.

Le lendemain, elle se réveilla sans la présence du beau jeune homme à ses côtés. Au départ un peu frustrée de ne pas avoir son plaisir des yeux du matin, elle en profita ensuite pour réfléchir. La couverture la recouvrant légèrement, les deux mains soutenant sa tête, elle regardait le plafond et semblait réfléchir. Outre la merveilleuse nuit qu’il lui avait offerte, les paroles du jeune homme lui revinrent en mémoire. Mis à part le fait qu’elle se sentait coupable, un petit peu, de ce qui s’était passé, la curiosité de la demoiselle se réveilla alors qu’elle pensait à la capitaine. Il est vrai que cette dernière était restée très évasive quant à ce qui s’était réellement passé. Cela ne concordait pas. Elle disait avoir tiré Tristan en évoquant son souvenir mais lui-même disait qu’il n’éprouvait plus grand-chose lors de son séjour là bas. Il avait parlé d’une chaîne… magie ? Cassidy ne savait pas trop quoi penser. Il y avait quelque chose de louche. Elle ne connaissait pas la Cheistam et même si Alanir s’entendait très bien avec et qu’ils étaient complices, la petite mage restait sur ses gardes. Cela la troublait et elle avait besoin d’entendre la vérité. Il faudrait qu’elle trouve un moyen pour parler avec… seule à seule.

Son esprit s’attarda alors sur les souvenirs que Tristan lui avait montrés. En plus d’être complètement déboussolé, de ne pas avoir cru en elle, se sentant abandonné, autre chose l’avait encouragé à renier son humanité… autre chose ou quelqu’un d’autre. Elle fronça les sourcils et serra les dents. Bien sûr, cette femelle était dangereuse, très dangereuse pour leur couple. C’était sa faute, c’était elle qui avait demandé à Tristan de faire sortir toutes ses pulsions ! Même si Cassidy se sentait coupable, Tristan avait bien du le dire… qu’il était fiancé à une humaine, qu’il « appartenait » à une humaine. Mais apparemment chez les dragons, ça ne fonctionnait pas comme ça. Que disait Alanir déjà ? Seuls les dominants pouvaient se vanter d’avoir leur femelle attitré ? Que les autres ne touchaient pas par respect. Et en repensant à ce que les dragonnes avaient dit… « Chasse gardée » cela se précisait. Cependant, elle était considérée comme une humaine. Une humaine bizarre oui mais une humaine. Enfin il y avait bien des elfes, des Nekos, des Drakkaris, des sirènes… tous avaient des émotions humaines. Mais les dragons se sentaient supérieurs. Pourquoi ? Parce qu’ils crachaient du feu ? Parce que du haut de leurs ailes ils pouvaient dominer le monde si ils le souhaitaient ? C’est bien ce qu’avait dit la Cassidy du futur. Les dragons qui prenaient plus d’importance dans ce futur qui n’existera jamais.
Mais le fait de repenser à cette dragonne et ce dont elle était capable avait la manie d’amplifier les émotions de Cassidy. Elle grinça des dents, sa respiration s’accélérant, son rythme cardiaque devenant plus rapide. Le coussin vide à côté d’elle eut une drôle de réaction. Il fut projeté au plafond avec une grande violence, flottant tout seul dans les airs, avant de retomber dans un bruit étouffé. Une légère faiblesse s’empara du corps de Cassidy alors qu’elle dépliait ses mains pour poser sa paume droite sur son front. Mais Tristan l’empêcha de réfléchir encore plus longtemps car c’est à ce moment qu’il décida de rentrer dans la chambre, tenant le petit déjeuner qu’il avait soigneusement préparé. La demoiselle tourna la tête sur le côté, son regard s’illuminant lorsqu’elle le reconnut et qu’elle se redressait sur le lit, s’adossant à son oreiller alors qu’il déposa le plateau sur ses genoux, un air de gentleman sur le visage. Il y avait tout ce qu’elle aimait et même sa fleur préférée reposant dans un mini vase. Elle le remercia, enthousiaste. Apparemment Tristan ne semblait pas trop fatigué de la veille, c’était une bonne chose.

Elle poussa un grand soupir de satisfaction tout en reposant son bol de chocolat tout en regardant Tristan, ragaillardie et joyeuse, prête à soulever des montagnes.

« Prêt pour une nouvelle séance d’entraînement ? J’espère que tu as bien eu le temps de récupérer cette nuit car moi oui et je suis motivée pour travailler de nouveau notre lien et ta transformation ! »

Il souriait, partageant son avis. La demoiselle sourit tendrement tout en mordillant dans un petit pain. Tout comme lui, elle désirait vraiment progresser et même si les histoires avec les dragons l’avait rendus réticente, la demoiselle restait persuadée que continuer de travailler sur eux ne pouvait que les aider à aller mieux. Car après tout c’était eux… c’était leur histoire… peu importe ce qu’il était… peu importe sa petite déprime de la veille. Elle l’aimait, et si cela signifiait l’accepter et faire tous les efforts du monde pour le voir entièrement comme il était, alors elle le ferait assurément ! La soirée lui avait donné une pêche d’enfer et elle avait hâte de consacrer les progrès. Car elle y croyait… qu’il réussirait. Elle l’aiderait.

Alors que Tristan et Cassidy saluaient les deux autres compères, Alanir ne put s’empêcher de détourner la tête, rougissant. Il se rappelait trop bien de la veille où il s’était inquiété pour la demoiselle et finalement… Eleyna le charriait toujours gentiment. Il est vrai que même si le dragon partageait le même corps que Cassidy auparavant, il s’était toujours mis en veille lorsque le petit couple commençait à s’embrasser de manière suggestive. Mais là tout était différent pour lui car il voyait les scènes d’un point de vue extérieur. Il en était tellement gêné que lorsqu’il voulut mordre dans sa crêpe au chocolat, attablé avec Eleyna, il croqua dans le vide et grogna un coup puis se troubla une nouvelle fois.

Tristan et Cassidy, après avoir dit ce qu’ils avaient l’intention de faire, étaient sortis, main dans la main, retournant à la clairière magique. La jeune femme semblait vraiment très contente de leurs progrès et ne cessait de l’encourager. Toujours aussi rapide, habile, elle anticipait les moments où il pouvait l’éjecter mais cela arrivait de moins en moins. Calme, apaisante, elle passait une main sur ses écailles, ravie. Si Tristan faisait un travail sur lui-même, elle faisait également une autre partie importante. C’était comme si elle lui envoyait des ondes, grâce à leur lien, irradiant tout son être, ondes apaisantes, cherchant à faire comprendre à sa partie dragonne, qu’elle n’était pas inférieure ni supérieure à lui mais égale. Le couple parfait, un esprit d’équipe et de partage, une complémentarité. C’était le message qu’elle cherchait à lui faire passer, afin que cela reste graver dans son esprit, encore et toujours, jusqu’à ce que celui-ci devienne tellement naturel que Tristan n’ait plus besoin d’y réfléchir.

Oh ce n’était pas évident pour elle non plus, il fallait le reconnaître. Mais leur travail était uni, synchronisé. Elle le regardait évoluer dans la clairière sans pour autant pouvoir voler. En effet, la demoiselle lui avait bien rappelé qu’il fallait y aller petit à petit et ce qu’il arrivait déjà à faire là était très bien. De la joie et de la fierté se lisaient dans ses jolis yeux noisettes alors qu’elle l’acclamait et sautait à son cou pour lui faire un câlin alors qu’il prenait forme humaine. Joie contagieuse, il la fit tournoyer en l’air avant de l’embrasser tendrement.

Tous les deux semblaient totalement satisfaits de cette journée alors qu’ils rentraient à la cité pour manger, puis prendre un bon bain dans les sources chaudes bien mérités. Tristan arrivait à mieux ressentir les émotions de Cassidy et il put constater avec un certain amusement, que lorsqu’ils croisaient des filles, elle semblait se redresser, une attitude très fière alors qu’elle resserrait sa prise sur le bras du Drakkari qu’elle tenait étroitement. Après tout c’était son homme, son fiancé et elle se devait de montrer leur bonheur à tous ceux qui croisaient leurs routes, pour qu’aucune autre ne jette son dévolu sur le beau jeune homme et n’ait des espérances. Mais une étincelle dominatrice brillait par moments dans les yeux de Cassidy, ce genre de regard qui pouvait laisser croire que si une fille osait faire de la drague à son petit ami, alors elle pouvait démarrer au quart de tour.

Moment romantique dans les sources alors qu’ils étaient étroitement collés puis petit passage dans la serre. Elle était allongée dans l’herbe, perpendiculaire à lui, sa tête reposant sur son ventre alors qu’elle fixait pensivement le ciel.

« Au fait… tu fichais quoi avec la dénommée Margaux ? Tu sais… quand je venais d’arriver »

Elle se crispa légèrement alors qu’il se redressait, certainement surpris qu’elle sache pour cette histoire. La demoiselle se redressa également et le fixa droit dans les yeux.

« Alanir et moi on a un lien… enfin même si il est physiquement présent, cela n’empêche pas qu’on a une sorte de connexion. Parfois je vois ce qu’il a vu, ou ce qu’il voit. J’imagine que c’est dans les moments où il y pense intensément… »

Peut être était-ce maladroit de rappeler cela mais en même temps, alors qu’ils se promenaient et que ce flash lui était remonté d’un coup, elle avait bien le droit de savoir ce qui s’était passé. La demoiselle semblait calme, attendant une réponse avant de s’emballer tout de suite.

« Y avait une boîte noire que t’avais oublié chez elle… pendant la nuit. »

Il s’expliqua et sa réponse la satisfit car elle n’en demanda pas davantage, se collant doucement de nouveau contre lui, observant le ciel.

« Je suis très contente de tes progrès sinon… Par contre pour le vol, il va falloir y aller tout en douceur. Même si tu adores ça, il y a toujours un risque que tu décides de t’aventurer plus loin… c’est même une difficulté puisque tu es fait pour voler. Je ne dis pas que tu n’y arriveras pas mais aller dans le ciel, tu vas vite t’éloigner de moi. Il suffit d’une odeur, d’un truc qui te rend curieux, pour que tu sois loin en très peu de temps… »

Cela inquiétait un peu la petite demoiselle qui triturait un brin d’herbe du bout de ses doigts, les yeux évasifs.

« Et ça c’est l’avantage de pouvoir voler ensemble, comme cela, nous ne sommes pas séparés et puis…ça me manque aussi… le vol avec toi… »

Elle avait dit sa dernière phrase dans un murmure. Il avait répliqué, elle s’était mise à sourire. Puis ils parlèrent encore un bon moment de leurs progrès, de ce qu’ils devaient encore faire, de leurs journées qu’ils allaient passer ensemble et l’un comme l’autre ne souhaitait pas aborder cette troublante histoire de lune.

Cassidy avait envie de rendre visite à Maud. D’abord parce qu’elle le devait pour savoir comment elle allait, en plus parce que le livre qu’elle lui avait montré la dernière fois pouvait bien lui être utile, pour une experte comme elle. Cependant, elle redoutait ce moment, et cet enfant, cela la rendait tellement nostalgique alors qu’elle portait négligemment la main à son ventre. Mais lorsque Tristan la rejoignit, souriant, se contentant d’une phrase mystérieuse qui n’était destiné qu’à elle, son cœur se remplit de joie alors qu’elle était soudain très émue, lui lançant un sourire craquant.

Sur tout le chemin, elle repensait à cette phrase et cela avait le don de la calmer. Cependant, l’épreuve fut plus dure que prévue. Cassidy redevint un peu plus intimidée en présence de Maud, alors que cette dernière voulait absolument qu’elle s’occupe de l’enfant. La petite demoiselle semblait maladroite, un peu tremblante et ne savait pas vraiment comment s’y prendre. Il est vrai que la petite bouille était tout à fait adorable et cela sonnait comme un écho à ce qui les auraient attendus avec Tristan si on ne lui avait pas pris son enfant. Enfin, cela n’était que partie remise !

Maud s’exprima, semblant contente et parlait de progrès, de bonheur. Elle semblait deviner ce qui allait les attendre. Cela eut le don de rassurer Cassidy alors qu’elle se mit à rougir en fixant le parquet, appréciant les paroles.

La demoiselle portait le bébé un moment, le berçant, consciente de la fragilité de la petite chose qu’elle tenait entre ses bras puis, en le reposant, c’est d’un air très détaché qu’elle demanda à Maud de lui prêter son fameux livre. Elle ne s’attendait pas à ce que la dame anticipe si bien ses pensées et besoins et lorsqu’elle lui tendit l’ouvrage, c’est un sourire ravi que fit Cassidy en la remerciant très chaleureusement. Elle se mit à rougir encore plus fort lorsque Maud lui raconta ce qui se passait sur le terrain d’entraînement, bredouillant et cafouillant. Elle devrait s’y habituer, mais l’entendre dire était très bon pour son égo et pour leur couple.

Alors qu’elles étaient installées dans deux fauteuils en buvant une tasse de thé, la demoiselle se mit à réfléchir sur pas mal de choses, leur avenir, les potions à reprendre… l’enfant qu’elle avait tué dans son ventre… une meurtrière oui, pas vraiment capable de se gérer. Mais Maud ne lui laissa pas le temps de ruminer davantage qu’elle lui fit une étonnante proposition.

Cassidy la regarda avec des yeux ronds, clignant un instant des yeux. Oui bien sûr qu’elle repensait à ce tournoi, les premières fois avec Tristan… la jalousie qu’elle avait éprouvé… leur petit jeu et finalement… leur réconciliation avec un heureux dévouement. Comment oublier ? Mais Maud lui faisait le plaisir de refaire ce tournoi, ce qui serait très amusant. Oui effectivement, la petite mage appréciait cette attention.

C’est un peu plus heureuse qu’elle sortit de chez Maud, une lueur d’amusement s’allumant dans ses yeux. La revanche avait sonné, cette fois elle gagnerait ! D’ailleurs, alors qu’elle rentrait, Tristan lui sauta dessus et elle éclata de rire alors qu’elle se laissait embrasser, câliner, le serrant dans les bras. Ils prirent rapidement une douche avant de revenir et manger ensemble tout en apprenant qu’Eleyna et Alanir formeraient un couple.

En l’apprenant, Cassidy manqua de s’étouffer tout en fixant Alanir avec des yeux ronds. Heu… par quel hasard étaient-ils ensemble ? Alanir savait ce que c’était un couple non ? Il avait bien l’exemple avec elle et Tristan. Curieux que le dragon n’ait pas questionné davantage Eleyna. Mais en même temps peut être que cela l’intimidait un peu.

Alanir avait la trouille et stressait. Cela faisait depuis quelques mois à peine qu’il avait appris à marcher comme un humain et il n’était pas sûr de réussir. Néanmoins sa fierté de dragon l’empêchait de le montrer ouvertement et préférait se donner à fond plutôt que de décevoir ! Mais jouer contre Cassidy et Tristan… son sang bouillonnait en vue de la compétition mais il ne voulait pas non plus gâcher le bonheur de son amie ! Mais… il avait également envie de prouver sa valeur à Eleyna, sans savoir pourquoi cela l’impactait.

Le soir même, alors que Tristan était resté encore un peu dans la salle à manger pour discuter avec les deux autres, Cassidy en avait profité pour s’habiller pour la nuit dans sa chambre. Elle regarda d’un œil bizarre la potion contraceptive, soupirant un instant, mais tout en sachant que dans une petite demi heure, son cher et tendre allait avoir de quoi faire avec elle. Lorsqu’il arriva, elle avait déjà un sourire aguicheur tout en s’approchant de lui sur le lit, susurrant à son oreille que même si demain ils avaient besoin d’être en forme, ils pouvaient tout à fait s’encourager en faisant quelques jeux… échauffements nocturnes ? Et que ça serait encore mieux si ils gagnaient !

Décidément la petite mage semblait toujours avoir faim, encore plus quand elle prenait sa potion ! Elle était d’ailleurs bien exigeante et sa lueur dorée ne disparut que bien tard dans la nuit alors qu’ils avaient fait des galipettes à chaque coin de la pièce. Il dut même la retenir car elle souhaitait AUSSI faire ça dans les autres pièces mais cela serait un peu traumatisant si Alanir venait à passer dans le coin.

Le lendemain matin, ils se levèrent un peu plus tard mais heureux. Elle décida de ne pas le lâcher et profita de la matinée pour travailler leur lien et sa transformation. Après tout, il fallait que ça soit au quotidien et la demoiselle lui avait bien fait comprendre que tant que leur lien n’était pas solide au maximum, ils continueraient, jusqu’à ce que cela devienne naturel. Apparemment elle était vraiment engagée à ne pas le laisser seul face à ses pulsions et ce n’était pas une mauvaise chose.

L’après midi arriva bien vite et ils participèrent à la première épreuve. Cassidy, même si elle avait envie de gagner, ne savait pas trop quoi faire face à Eleyna qui était sa concurrente la plus sérieuse et la plus entraînée. Cependant, Tristan eut une excellente idée en l’embrassant, ce qui lui redonna de l’énergie et du courage. Décidément il arrivait de mieux en mieux à ressentir ses émotions mais après tout, elle n’avait rien à cacher.

C’était un premier parcours d’obstacles, avec des échelles, une étendue d’eau à traverser, des poutres, une tyrolienne. Tout avait été installé dans un vaste coin de la cité. Au top départ, tout le monde s’élança. Mais Cassidy et Eleyna avaient mis la barre très haute puisqu’elles étaient déjà parties bien devant sous les acclamations des spectateurs. Ramper sous une grille, sauter au-dessus des obstacles, si Eleyna avait une vraie endurance, elle se faisait rapidement rattraper par Cassidy dès qu’il y avait des échelles ou des barreaux à traverser, la petite demoiselle plus fine, jouant sur la maîtrise de son corps souple pour passer devant. Mais aucune ne voulait lâcher du terrain, chacune dépassant l’autre à tour de rôle. Ce n’est qu’en arrivant à la fin vers la ligne d’arrivée que Cassidy donna une solide impulsion dans le sol neigeux. Elle décolla et se jeta au sol pour terminer la course avant Eleyna. La foule applaudit, les deux femmes se regardèrent, se jaugeant un peu puis se serrèrent la main dans un signe de respect mutuel.

Ce fut au tour des hommes même si la plupart, aussi déterminés étaient-ils, se sentaient un peu défaitistes face à deux dragons grognant qui voulaient apparemment en découdre. Et cela se sentit dans les premières secondes alors qu’ils piquèrent un beau sprint. Alanir était bien plus maladroit que Tristan, moins de maîtrise de son corps humain que lui, mais sa fierté l’empêchait de traîner, et aussi, un esprit de compétition l’animait plus que de raison. Sautant, dépassant les poutres, enchaînant échelles, cordes suspendues, rampant au sol, cela se jouait également de peu. Mais alors qu’ils arrivaient sur la fin, Alanir ayant fait un magnifique sprint pour se mettre au même niveau que Tristan, le pauvre dragon s’emmêla dans ses jambes et tomba d’un coup au sol, laissant la victoire à Tristan. Ah ben pour ça… il avait encore des choses à apprendre…

L’épreuve suivante, toujours placée sur le signe de la combativité, mettait les femmes à l’honneur. Une cible, un arc. Cassidy fit un sourire. Ca elle savait faire après tout. On annonça le signal pour décocher les flèches et sous les yeux du jury, chaque fille décocha une flèche. Sauf que Cassidy avait réagit avec un instinct naturel, instinct qui lui venait de ses heures d’entraînement magique, et ses yeux passèrent au doré sans qu’elle n’y pense. Elle finit par s’en rendre compte et réagit avec une rapidité surprenante, levant très haut l’arc en l’air et décochant la flèche qui, sous la puissance, partie se perdre dans la forêt. Alanir qui observait la scène se gifla le front de sa main. Cassidy fit un sourire gêné avant de rouvrir les yeux, normaux, d’inspirer profondément avant de murmurer un petit désolé. Après tout, elle n’avait plus l’habitude ! Ses prochains tirs furent beaucoup plus maladroits. Pas qu’elle ne voulait pas gagner mais parfois sans magie, elle ne pouvait pas faire des miracles. Car c’était bien grâce à sa magie spéciale qu’elle devenait plus habile, il ne faut pas se leurrer, à part la forme physique, et quelques enchaînements qu’elle avait souvent répété, il n’y avait rien de réellement impressionnant. Les autres filles visaient plus ou moins bien mais c’est Eleyna qui décochait les bonnes flèches, en plein dans le mille. La foule applaudit la guerrière qui fit une légère révérence, Alanir également avant de se prendre le regard grincheux de Cassidy qui croisa les bras, boudeuse.

Les hommes eux, eurent droit à un mini tournoi. Les adversaires se tiraient au sort par Maud et les autres jurys et les premiers combats se déroulaient en même temps. Cassidy encourageait Tristan alors qu’Eleyna motivait Alanir pour ne pas qu’il s’endorme comme pour la première épreuve ! Et les deux dragons étaient survoltés ! Leurs adversaires, même si ils leur offraient une résistance, finissaient par céder. Si Tristan avait un style élégant, offrant à ces demoiselles une véritable danse du bout de sa lame, ce n’était pas le cas d’Alanir qui était bien plus bourrin et manquait cruellement de classe. En même temps, le dragon s’appliquait déjà à ne pas montrer un regard meurtrier sur son visage humain. C’est vrai, après tout, le pauvre était un assassin avant, tuant les dragons qui ne méritaient pas de vivre et lourd était son passé. Alors prendre cette épreuve comme un jeu n’était pas si simple que ça pour lui.

Les combats étaient féroces, animés et tout le monde lançait les paris mais il est vrai que les dragons donnaient un beau spectacle. Finalement, ils se retrouvèrent encore en face à face. Alanir semblait concentré, tenant deux lames en bois dans ses mains. Il était toujours plus à l’aise avec deux armes qu’une. Alors que Tristan avait une épée plutôt grande. Au signal, ils s’élancèrent l’un contre l’autre. La foule hurlait, les encourageaient. Si Alanir avait de très nombreuses failles, l’envie de ne pas perdre cette fois là était grande et il donnait beaucoup de fil à retordre à Tristan, semblant presque apprendre sur le tas les coups au moment où ils arrivaient. Un combat qui dura bien longtemps mais tout le monde savourait ces deux atlhètes en action, surtout les demoiselles célibataires qui comparaient, même si Cassidy semblait grogner pour les intimer au silence et même parfois Eleyna semblait réagir mais ça la petite mage n’en était pas certaine. Tristan finit par gagner alors qu’il désarma son adversaire d’une habile technique où Alanir ne vit absolument rien venir. Cassidy sauta au cou de son amoureux, en chuchotant tout bas à son oreille que même si Alanir s’était défendu honorablement, c’était bien lui le meilleur. Il devenait évident qu’Eleyna songerait à entraîner son ami au combat, après tout, elle était bien plus expérimentée que Cassidy dans ce domaine là.

La dernière épreuve de la journée était une épreuve dans l’eau en duo. Les hommes tenaient leurs dames sur les épaules. Ces dernières avaient un foulard noué autour d’un bras. La fille qui retirait le plus de foulard avait gagné. Cela se passait près de la serre, ce qui expliquait l’herbe verte. Les mages avaient pris le soin de chauffer l’eau pour ne pas qu’elle soit glacée. Tout le monde se changea, enfilant des maillots de bain, ce qui ne manqua pas d’émoustiller le public des jeunes gens. Si Alanir se débrouillait sur terre, dans l’eau c’était encore autre chose ! Il avait vraiment du mal à évoluer et peinait à se déplacer. Le signal retentit et les hommes commencèrent à avancer, les filles tentant d’attraper les foulards et les hommes veillant au grain pour esquiver si besoin. Un véritable travail d’équipe. Tristan était un très bon esquivant et Cassidy se débrouillait plutôt pas si mal que ça grâce à son agilité et son instinct. Du côté d’Alanir et Eleyna, le Dragon pataugeait vraiment dans l’eau et heureusement que sa partenaire était suffisamment intimidante et vive pour le rattraper. De plus, le pauvre dragon était tout troublé d’avoir une humaine sur les épaules. Elle ne cessait de l’encourager, de le motiver. Le nombre de concurrents diminuaient petit à petit. Finalement, Eleyna aperçut Tristan et demanda à Alanir d’attaquer. Le dragon se dirigea vers le petit couple, bravant l’eau. Les deux femmes se jaugèrent un instant puis se lancèrent dans un véritable combat. Aucune des deux ne voulait céder son foulard et les deux hommes bougeaient en même temps. Combat acharné. Intense. Finalement, les deux femmes attrapèrent en même temps le foulard adverse en tirant d’un coup sec. Un coup tellement fort que tout le monde se retrouva déséquilibrées. Cassidy et Eleyna tombèrent alors à l’eau, les amenant à égalité. Tristan avait rapidement récupéré la petite mage, qui n’était décidément pas à l’aise lorsqu’elle avait la tête sous l’eau.

L’après midi déclinait petit à petit et on sonna la fin de la première partie d’épreuves. Le lendemain serait concentré autour de deux autres thèmes. La connaissance du couple et l’autre serait une surprise apparemment.

Tout le monde semblait épuisé mais ravi. Alanir un peu boudeur quand même, toujours cette histoire de fierté et puis Tristan était l’adversaire idéale. Même si le dragon ne le disait pas, il avait beaucoup à apprendre de son cadet sur la partie humaine, Tristan était bien celui qui pouvait l’aider à ce niveau là, même si Eleyna avait argué devoir lui faire subir un entraînement très très intensif avec elle également.

Le repas se déroula cependant dans la bonne humeur et ils parlaient des épreuves, se complimentant, se défiant. Alanir déclarait que tout n’était pas terminé, ce à quoi Cassidy répondit que ça concernait la connaissance du couple et si il était sûr de connaître suffisamment Eleyna. Le dragon bredouilla et toussota discrètement. Finalement les deux hommes se mirent à débarrasser et faire la vaisselle alors que Cassidy s’approcha d’Eleyna, prétextant lui demander de l’accompagner dehors pour boire une tasse de chocolat en regardant les étoiles. Cette dernière n’était très certainement pas dupe mais comme elle avait l’intention de lui parler, cela tombait bien.

Elle s’adossa comme la rambarde, tournant sa tête vers les étoiles et se réchauffant les mains avec sa tasse. Silencieuse au début, elle finit par rompre la tranquillité des lieux.

« Merci… pour ce que vous avez fait pour Tristan… »

Cassidy ne tutoyait pas Eleyna. Après tout elle ne la connaissait que très peu et ne savait pas encore quoi penser d’elle. En revanche, avoir tiré Tristan de chez les dragons était quelque chose de vraiment respectueux, même si la petite mage ne connaissait pas le véritable objectif de la capitaine Cheistam en faisant ça. Etait-ce parce qu’elle appréciait le couple ? Ou un tout autre but ? Cependant, c’était quelque chose qui avait beaucoup touché Cassidy et si Eleyna n’était pas intervenu, pour le soutenir, il y avait de grandes chances pour que le dragon ne soit pas avec eux à l’heure qu’il est.

« Il m’a raconté ce qui s’était passé… la simple évocation de moi-même n’avait pas suffit. Il me l’a dit… qu’il ne ressentait plus rien à ce moment là pour moi »

Son visage se fit peiné et elle secoua vivement la tête, comme pour chasser la culpabilité de son esprit, la douleur qu’elle ressentait à présent mais qui heureusement, ne s’était pas confirmé.

« Il m’a dit que vous possédiez une chaîne… quelque chose qui vous a aidé à le ramener. Un objet magique ? Je suppose que ce n’est pas si simple que ça de convaincre un dragon d’obéir docilement »

Elle voulait savoir, elle voulait la vérité. Cela la gênait, cela la dérangeait. Et puis, comment avait-elle pu s’échapper avec Tristan sans se faire poursuivre par une horde de dragon ? Comment avait-elle pu entrer ? Eleyna semblait en savoir pas mal également et Cassidy voulait des réponses.

La capitaine se mit alors à s’exprimer. Patiente, Cassidy l’écouta jusqu’au bout, très sérieuse. Elle ne laissa pas paraître ses émotions sur son visage mais elle remercia de nouveau la capitaine, même si ce n’était pas très joyeux ce qu’elle racontait. Après tout, elle aurait encore du temps pour y réfléchir. Finalement elles rentrèrent pour se coucher.

Face à un Tristan joyeux, Cassidy fit un beau sourire alors que ce dernier s’approchait d’elle pour l’embrasser tendrement. Elle appréciait tous ces gestes, ces baisers, elle s’accrochait à lui comme si il était son oxygène. Le jeune homme lui caressa doucement les cheveux en lui demandant ce qui lui ferait plaisir ce soir. La demoiselle fit mine de réfléchir.

« Huuuum… laisse moi te faire un massage et après je te dirais ! Mais d’avance, ça sera quelque chose de très… relaxant ou acrobatique… ou bien les deux ! Et puis j’ai de nouvelles idées à tester… »

Un sourire aguicheur et séducteur apparut sur les lèvres de Cassidy alors qu’elle prenait soin de caresser du bout de ses doigts le torse de son compagnon en déposant des petits baisers sur ses abdos.

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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: Parce qu'abandonner n'existe pas...   Ven 25 Juil - 5:03

Il avait marqué un arrêt avant de la rejoindre sur la terrasse. Il faisait frais une fois de plus mais elle ne semblait pas être plus gênée que ça par la température même si elle avait la délicatesse de porter une veste pour ne pas l’inquiéter. Ressentait-elle de nouveau le froid ? Il avait cru un moment que son manque de ressenti était dû au glaçon qu’était devenu son coeur avec sa perte de mémoire à propos d’eux deux, mais elle était résistante à la température parfois polaire du coin, ce qui le laissait sceptique. Même s’il était très tolérant aux températures rafraichies et loin d’être d’un naturel frileux, il avait froid de temps à autre, surtout fatigué et il prenait soin de ne pas tomber malade, pour ne pas l’inquiéter. Mais elle semblait… bien au-dessus de ce type de préoccupation et même s’il ne disait rien, cet état l’inquiétait.
Pourquoi ?
Bien sûr, elle semblait plus vivante aujourd’hui et donc consciente de son corps et de l’épreuve qu’elle lui faisait subir en s’exposant peu habillée au froid glacial mais elle n’avait pas l’air d’en souffrir pour autant. Il tentait de se rassurer, de se convaincre que c’était par rapport à son entrainement, sa communion certaine avec le dragon qui lui avait permis, du moins le supposait-il, de pleinement acquérir une capacité à contrôler le feu, en partie du moins. Mais il ne pouvait s’empêcher de craindre que ce soit lié à sa nature profonde et si c’était le cas, alors ça signifiait qu’elle avait franchi un cap et que des changements étaient inévitables. Bien sûr, il l’aimait comme elle était, il le lui avait déjà dit et l’inconnu ne l’effrayait guère contrairement à la petite mage névrosée, mais il était inquiet, toujours pour elle. Si elle peinait déjà à accepter ses oreilles et ses canines, craignant le regard d’autrui, qu’est ce que ce serait si elle changeait davantage ? Déjà qu’elle lui lançait un regard inquiet, peiné, torturé même quand elle le mordillait un peu fort en l’embrassant, comme si elle craignait que ça l’éloigne. Elle ne semblait pas comprendre que ça ne le gênait pas, que ça ne la rendait pas moins humaine à ses yeux… En fait, il aimait bien, ça les rapprochait un peu et vu tout ce qui les séparait, ce n’était probablement pas plus mal.

L’esprit torturé également, le jeune homme aurait probablement souri s’il avait su les pensées qui habitaient sa douce compagne. Elle craignait, malgré toute son assurance, qu’il ne cède à ses pulsions meurtrières ou libertines, qu’il cède à l’envie de s’envoler loin d’elle, à l’envie de la quitter. Elle se faisait un sang d’encre pour lui et de son côté… Il faisait de même. C’était peut-être aussi la raison pour laquelle ils s’entendaient bien et s’aimaient tant, l’un cherchait plus que tout à rendre l’autre heureux et cette réciprocité était si parfaite et équilibrée que rien ne semblait pouvoir faire basculer la balance.

Doucement, il l’avait rejointe, admirant le dessin parfait de sa silhouette se découpant sur un clair de lune. Sa gorge se noua en songeant que cette fameuse nuit sans lune était passée, l’inquiétude qui accompagnait obligatoirement cette pensée. Il la chassa, ne voulant pas se faire de mauvais sang maintenant au risque de perturber la jolie demoiselle. De toute façon, elle était également au courant aujourd’hui alors si elle voulait aborder le sujet, elle le pouvait, il ne tenterait rien de son côté, il peinait déjà bien assez à se le sortir de l’esprit et à se rassurer un minimum !
Sa main vint effleurer doucement la taille de la jeune femme, y imprima une pression alors qu’elle frissonnait à son geste, malgré l’épaisseur du tissu et se tournait vers lui, déjà, avec ce sourire renversant qui lui donnait mal au ventre tant il l’émouvait et le perturbait en même temps. Il ne put s’empêcher de sourire en retour, c’était tellement naturel avec elle, qu’il n’y avait pas la moindre question à se poser !

Sourire, aimer… C’est aussi pour cette raison qu’il ne voulait plus se transformer même si ça, il ne l’avait pas dit évidemment. Parce que sous sa forme de dragon, il avait cessé de se soucier d’elle, de croire en elle, de l’aimer. Il se souvenait trop bien de la déchirure qu’il avait ressentie lorsqu’il s’en était rendu compte, et de celle encore plus grande de voir qu’elle n’était pas revenue… Peut-être était-elle revenue justement, c’était sa hantise, peut-être l’avait-elle vu totalement dragon. Peut-être avait-elle fui cette image cauchemardesque signant la fin de leur histoire et de l’existence de l’homme dont elle était tombée si profondément amoureuse.

Ils étaient rapidement allés dans leur chambre mais contrairement à ce que le jeune homme avait prétendu, ce n’était pas pour de pleines réjouissances acrobatiques, du moins pas immédiatement. Il voulait lui parler. Il savait bien qu’il devait faire des efforts de ce côté. Combien de fois avait-il remarqué cette petite inclinaison de ses sourcils, cette moue triste mais si discrète qu’elle prenait sans même s’en rendre compte quand il éludait un sujet, évitait de se confier sur ses sentiments et pensées. Elle avait toujours beaucoup parlé et il devait bien avouer qu’il adorait cela chez elle. Même si elle ne lui disait pas totalement ce qu’elle ressentait non plus, du moins dans ce qui était négatif, elle s’efforçait de ne pas lui cacher le principal et c’était sans doute aussi une invitation pour qu’il fasse de même. Elle se confiait, lui parlait de ses peurs, de ses espoirs, parfois timidement, mais elle cherchait vraiment à communiquer. Habituer à tout garder pour lui, le jeune homme en avait été très déboussolé au début de leur relation mais alors qu’aujourd’hui il était si loin d’elle avec ses caractéristiques de dragon, il comprenait bien que plus que jamais, il devait se montrer humain et lui prouver qu’il tenait à elle, à eux et communiquer était encore la meilleure manière de le lui montrer.

Bien sûr, ce qu’il avait à lui dire n’était franchement pas drôle ni heureux mais elle méritait de savoir et il sentit par leur lien le profond soulagement qu’elle ressentait à l’entendre parler, même s’il avait l’impression de ressentir aussi de la douleur et de la tristesse mais il ne savait pas trop si ça venait de lui et de ses propres regrets ou de la jeune femme et de sa si vive culpabilité qu’elle refusait de lâcher. Oh bien sûr, ses paroles faisaient du mal mais c’était bien elle qui insistait pour qu’il parle justement, elle se doutait bien qu’il n’y avait pas que de belles choses qui pouvaient s’extirper des lèvres apparemment destinées à l’embrasser jusqu’à plus soif de son fiancé. Il ne l’accusait de rien évidemment et même s’il le précisait, cela, elle ne semblait pas vraiment l’admettre, toute à sa culpabilité et son impression d’avoir échoué.
Pour le jeune homme, elle n’avait rien raté du tout et avait tant souffert qu’il trouvait ses épreuves minimes par rapport à ce qu’elle avait pu endurer.
Mais bon, la petite demoiselle était têtue, ce n’était nouveau pour personne. Ca l’attrista un très bref instant de la sentir ou pressentir, il ne savait pas trop, si malheureuse, perdue et inquiète. Mais il s’était bien vite remis à sourire. Si la petite demoiselle devait l’aider à rester humain, à apprendre à gérer sa transformation, à repousses ses pulsions, à rester lui-même. Lui devait veiller à ce qu’elle n’oublie pas qu’elle merveilleuse personne elle était et lui rappeler chaque jour à quel point il l’aimait et à quel point elle pouvait compter pour lui. C’était un beau programme et toute trace de rancune avait disparu de son coeur, preuve que la jeune femme lui rappelait merveilleusement bien à repousser l’égoïsme qui fleurissait constamment chez lui, dragon pas que demi…

Il l’avait embrassée, avait senti la pointe de surprise mêlée de ravissement dans le léger étirement de ses lèvres qu’elle entrouvrait déjà pour lui. Il avait souri tout contre elle lui murmurant qu’elle avait tout intérêt à être en forme. Et apparemment la forme en effet était le minimum vital vu tout ce qu’il avait en tête. Sans s’en rendre compte, Tristan offrait également à la petite mage la preuve la plus flagrante de son humanité, qu’il était toujours lui-même puisque comme Alanir avait dû le lui enseigner, l’égoïsme des dragons les poussait essentiellement à penser à eux-mêmes, amants extraordinaires d’accord, mais très égoïstes et centrés sur eux-mêmes, ce qui n’était absolument pas au menu du jour chez ledit jeune dragon.

Sa respiration hachée souffrait d’un léger sifflement. Il l’observait assis sur le lit, la tête légèrement penchée et les sourcils froncés. Lui aussi était un peu fatigué mais l’inquiétude primait à ce moment là. Il fit l’erreur en s’approchant légèrement pour s’assurer de son état de fixer sa poitrine qui se soulevait dans un rythme aléatoire. Son esprit s’égara un moment alors que sa gorge s’asséchait et qu’il se rassurait en serrant sa main sur le bracelet censé l’aider à garder les idées un minimum clair autour de son poignet. La regarder habillée le perturbait, nue c’était la catastrophe alors la tête encore pleine de ce qu’ils venaient de faire et plus encore l’extase totale de la voir frémir, gémir, ses muscles fins se contracter sous ses caresses et assauts… euh, c’était l’apocalypse là. Il détourna aussitôt les yeux d’elle pour respirer au calme, se mordillant la langue. Pas besoin d’être devin pour savoir que ses pupilles s’étaient de nouveau agrandies. Il avait envie de lui dire… A quel point elle le rendait dingue mais son état le préoccupait davantage et il se pencha doucement au-dessus d’elle en prenant soin de remonter la couverture sur son corps mince. Elle souriait et le rassura ainsi aussitôt alors qu’il soupirait de soulagement en caressant doucement une de ses hanches à travers le tissu, du bout des doigts, attentif, attendant qu’elle se calme.

Pendant un bref instant, leur lien s’intensifia et s’il l’avait guidé un peu plus tôt pour rendre sa compagne plus dingue que jamais, il lui assura des douleurs musculaires de la petite demoiselle et un grand sourire éclaira aussitôt son visage. Ragaillardi par la pensée de pouvoir la soulager un peu avec un massage, il allait le lui proposer lorsqu’elle avait caressé sa joue de sa main si douce et fine. Il frémit aussitôt de la tête aux pieds et à voir le sourire mutin mais comblé de la demoiselle, elle l’avait bien remarqué alors qu’il quémandait sa caresse en appuyant un peu son visage contre sa main, fermant les yeux avec un sourire. Elle parla, juste quelques mots entre deux halètements évocateurs. Il se crispa d’un coup en rouvrant les yeux, l’observant de ses iris orangées qui brillaient dans la pénombre que ne pouvaient empêcher les cristaux de la chambre. Parfaitement immobile, le garçon semblait s’être changé en statue parfaite- au corps de rêve qu’il n’avait apparemment pas envie de couvrir- quand un sourire niais s’afficha sur son visage. Mais alors vraiment niais… Un sourire d’enfant ravi, le même qu’il prenait lorsqu’il dormait, adorable et apaisé de tous ses maux, de toutes ses souffrances, un grand sourire plein de cette joie enfantine et de cette innocence qui laissait tellement entendre que comme sa compagne, son enfance avait été trop vite interrompue. Et le plus surprenant évidemment était que c’était juste ces quelques petits mots qu’elle venait de prononcer qui le mettaient dans cet état. Le jeune homme connaissait ses capacités et son succès chez les demoiselles mais étrangement, pour elle, comme toujours, il oubliait et semblait nerveux de ce qu’elle pouvait penser de leurs échanges… acrobatiques.
Et qu’elle confirme ainsi qu’il avait plutôt bien réussi son défi personnel semblait le ravir totalement. Il rougit même légèrement même s’il ne détourna pas les yeux, déposant un tendre et très léger baiser sur ses lèvres en lui murmurant qu’il l’aimait d’une voix vibrante d’émotion, ne sachant pas quoi dire d’autre avant de lui proposer, se reprenant, le fameux massage.

Elle s’était vite retournée, lui offrant son dos qu’il caressait du bout des doigts avant d’y apposer les premières pressions apaisantes. Elle se laissait faire tranquillement, ravie, se détendant rapidement alors qu’il en profitait, assis près d’elle puisqu’avec son poids, il était hors de question qu’il se mette à califourchon sur ses cuisses, pour admirer la demoiselle et profiter de la sensation calme et apaisante de son corps sous ses mains. C’était si étrange… Les mêmes contacts lui faisaient perdre la raison et l’apaisaient en même temps. Un sourire tendre éclaira son visage tandis que s’étant rapproché d’elle, il déposait de temps à autres des baisers sur ses omoplates, dans sa nuque ou le long de sa colonne vertébrale. Un gémissement mignon échappait parfois à la jeune femme qui se détendait et s’endormait progressivement sous le regard amoureux de son amant.

Il ne sut rien de la torture mentale que s’infligea la jeune femme le lendemain matin pendant son absence. Décidément, elle réfléchissait beaucoup trop et même en le sachant il était parti, assuré qu’elle ne s’éveillerait pas de suite et surtout qu’elle avait compris ce qu’il lui avait dit. Qu’il l’aimait. Que eux deux ça irait. Mais il lui avait dit la vérité, ce n’était pas pour qu’elle se torture et s’il avait su le mal qu’elle se faisait pendant son absence, il y aurait eu de fortes chances pour qu’il refuse dorénavant de lui communiquer ses peines.
Il était revenu avec le petit déjeuner, craquant comme toujours et également toujours décidé à être le petit ami idéal apparemment et ça, ce n’était pas un mal ! Décidément, le jeune homme n’était pas stupide et si la petite demoiselle devait se battre pour le garder à ses côtés et lui rappeler qu’elle était bien plus extraordinaire que les autres femmes, il appliquait une jolie réciprocité en partant du principe qu’elle était constamment à conquérir et que chaque petite attention était normale et nécessaire.
Il souriait en l’observant, l’air apaisé et ragaillardi et quand elle lui parla, joyeuse, si pleine d’énergie, il se pencha sur elle pour s’emparer de ses lèvres vertigineusement, soufflant tout bas.

- Oh mais moi, tant qu’une certaine petite mage blonde ultra sexy, bourrée de talents et d’enthousiasme, d’une libido loin de me déplaire et d’une silhouette à se damner est dans le coin, je suis très motivé…

Petit clin d’oeil évocateur alors qu’il avait comme toujours parlé d’un ton calme parfaitement contrôlé, s’amusant des vives rougeurs qui s’emparaient des joues de sa délicieuse compagne… qui lui souriait pourtant d’un air ravi.
Ils étaient vite retournés s’entraîner et progressaient beaucoup et rapidement même si ça demandait énormément de travail et d’énergie. Tristan même s’il était obligé de se concentrer sur lui-même et donc peu attentif au reste était conscient de l’énorme travail, des efforts titanesques que devait fournir Cassidy pour le soutenir, l’apaiser, l’aider, le guider et esquiver ses coups maladroits et instinctifs.
Elle avait tant progressé. Certes une année s’était écoulée pour la jolie demoiselle mais lui peinait encore à l’accepter. En fait, il refusait l’idée. Elle ne faisait pas totalement sa place dans son esprit. Elle avait souffert loin de lui. Déjà l’imaginer une dizaine de jours était dur alors toute une année… Il se demandait réellement comment elle avait fait pour ne pas devenir folle et sa force de caractère le rendait coi d’admiration… Elle en avait tellement bavé comparé à lui. Il avait honte d’avoir douté, honte d’avoir cru souffrir. Ce n’était rien comparé à elle et il sentait qu’elle minimisait sa souffrance vécue lors de la perte de la petite vie qu’elle habitait… Elle gémissait encore parfois dans son sommeil et il sentait que c’était pour cela, ce n’étaient pas les gémissements d’une femme heureuse et apaisée, mais ceux d’une souffrance difficilement refoulée. Il était malheureux de se sentir aussi impuissant à l’aider alors progresser était la seule chose à faire pour l’heure, pour elle, pour eux.

Et elle se débrouillait vraiment très bien. Sa joie et son enthousiasme le ragaillardissait. Parfois il s’écroulait à moitié, épuisé après une transformation qu’il avait essayé de tenir malgré les pulsions qui l’assaillaient toujours. Elle le rejoignait si vite qu’il n’avait même pas le temps de ressentir la douleur d’une quelconque distance physique avec elle, ses bras l’entouraient et ses lèvres venaient généralement trouver les siennes pour le récompenser, le rassurer, lui rappeler de ne jamais se perdre et oublier ce qu’il y avait entre eux. Il se sentait immédiatement mieux. Elle ne semblait même pas se rendre compte de l’effet dingue qu’elle lui faisait !
Complémentaires…
Et puis il y avait eu cet instant. Elle était montée sur son dos, souple, agile, il sentait à peine son poids et pourtant ses pulsions de dragon se rebellait contre cette présence « inférieure ». Il avait cherché à la désarçonner et elle avait sauté rapidement, faisant une roulade impeccable pour éviter sa ruade. Sauf qu’il était venu vers elle cette fois, poussant un grondement alors qu’il s’inquiétait immédiatement d’ordinaire et leur lien s’était un peu effrité tandis que comme la veille, il ouvrait les ailes, comme pour s’envoler. Sauf que cette fois, il venait vers elle en grondant sourdement. Elle avait continué à chercher à l’apaiser, l’air un peu perdue par toutes les pulsions qui assaillaient son compagnon. La prudence lui aurait hurlé de reculer, voire de fuir mais elle ne bougeait pas, trop occupée à tendre son esprit vers le sien pour l’apaiser alors que ses grands yeux orangés se rapprochaient, toujours plus, sa gueule pleine de crocs aussi, beaucoup trop près. Et elle était si concentrée qu’elle ne sembla prendre conscience de sa proximité que beaucoup trop tard alors qu’il s’était approché sournoisement, comme un félin avançant lentement vers sa proie. Il était tout près d’elle lorsqu’elle l’avait enfin compris. Il avait tendu brusquement la tête vers elle mais plutôt que d’essayer de la mordre, il avait juste appuyé la tête contre ses jambes en poussant un grondement sourd qui ressemblait fort à un ronronnement. Elle avait eu l’air surprise et à voir le regard rieur du dragon, il y avait fort à parier qu’il était ravi de son coup. Il avait tenu sa transformation encore un bon moment, frottant doucement sa tête contre elle alors qu’elle le caressait d’une main légère, puis il avait ployé les pattes en l’invitant à remonter sur son dos et il avait marché un moment en rond, calmement, sans chercher à se cabrer. Quand il s’était retransformé, un brin haletant à cause de l’effort, elle l’avait poussé pour se venger et il l’avait entrainé dans sa chute tandis qu’ils riaient en se serrant l’un contre l’autre, s’embrassant. Ca allait mieux… Beaucoup mieux.

Ils étaient aller manger et profiter des sources chaudes, apaisement bien mérité. Il y avait quelques filles dedans justement alors qu’ils s’y rendaient et la fatigue que le jeune homme ressentait fut balayée par une imposante vague de jalousie émanant de la petite demoiselle à ses côtés qui se cramponnait si fort à son bras qu’elle y enfonçait ses ongles sans s’en rendre compte. Il avait ri, enlaçant sa taille d’un de ses bras en l’entrainant vers un bassin plus petit mais isolé, prenant tout son temps pour se dévêtir devant elle. Ils se câlinèrent un moment en profitant de l’eau chaude alors qu’il s’adossait contre une grosse pierre et qu’elle venait tout naturellement prendre sa place entre ses bras.
Ca les avait quand même pas mal fatigués puisqu’ils se reposaient dans les serres peu après, préférant celles-ci au froid polaire extérieur lorsqu’elle lui avait posé une première question déroutante, insistant par la suite. Il se redressait déjà pour l’observer, surpris. Après tout, elle n’était pas censée être au courant pour Maud, lui-même ne savait pas qu’on l’observait à ce moment là !
Elle semblait avoir besoin de se justifier mais à travers leur lien encore vif et surtout grâce à la gêne qu’il pouvait voir dans les beaux yeux noisette, il ressentait une pointe d’inquiétude difficilement dissimulée. Un sourire éclaira son visage alors qu’il l’écoutait. Il ne se vexa pas par rapport à sa remarque sur Alanir. Le dragon était son ami, une partie d’elle aussi probablement et il avait mal réagi la veille, tout à son égoïsme. Il n’avait pas envie de la partager mais il devait accepter le fait qu’il n’était ni le seul homme, ni le seul dragon dans sa vie… quoi qu’il fasse !

Il caressa tendrement une de ses mèches blondes rebelles échappées de la longue tresse qu’il lui avait faite le matin même et se pencha pour prendre son visage entre ses mains et effleurer ses lèvres des siennes, souriant de ravissement au léger grognement frustré qu’elle étouffa lorsqu’il se recula après ce si bref effleurement.

- Il ne s’est rien passé princesse. Comme je te l’ai dit, je suis attiré par toutes les femmes à présent. Ton retour m’a bien sûr ramené vers toi mais n’a pas changé mes pulsions pour autant. Je t’aime évidemment mais quand une femme m’abordait, plus encore avec toute la frustration que je pouvais ressentir par ton indifférence et un le manque terrible qu’une si brève abstinence de toi pouvait me provoquer, je ne pouvais pas m’empêcher de faire le beau. C’était assez étrange d’ailleurs, je me faisais dragueur et tout, à faire le fier, à montrer mes muscles et à compter sur toutes mes phéromones et crois-moi sans ce bracelet que je porte qui m’aide aussi à contrôler ça, ce serait l’hécatombe autour de moi, même quand je n’avais pourtant pas d’assurance auparavant pour ces demoiselles. Maud m’a attiré un bref mais intense moment mais il ne s’est rien passé. Elle avait juste besoin de moi pour faire une surprise au gars qu’elle voulait conquérir, une histoire de déménagement. Mes muscles l’intéressaient. Bon c’est vrai… J’ai fait la bêtise d’enlever mon bracelet et là ça a été limite parce qu’elle a failli me sauter dessus. Mais il n’y a rien eu. Quant à la boite oubliée… Ce n’est rien d’important. Juste un souvenir. Je te montrerai si tu veux.

Il sourit devant sa mine un brin suspicieuse et s’empara longuement de ses lèvres avant de s’allonger de nouveau.

- Je te l’ai dit princesse, il n’y a eu personne d’autre et crois-moi on a eu de la chance sur ce point là parce que j’étais loin d’être pleinement conscient avec l’apparition de mes pulsions de dragon !

Il rit légèrement alors qu’elle caressait son visage et ses cheveux et releva la tête pour l’écouter alors qu’elle lui parlait de tout autre chose, attentif à tout ce qu’elle lui disait, prenant un plaisir certain à l’écouter, ça lui avait tant manqué. Elle lui parla de ses progrès et si le jeune homme avait été sous sa forme de dragon, il aurait probablement poussé un grondement ravi et approbateur. Par contre, il fronça les sourcils quand elle parla du vol et se rassit rapidement, l’air assez mécontent même, secouant vivement la tête. Doucement ? Aller doucement ? Pour voler ? S’il remarqua sa nervosité, il ne le montra pas, la fixant avec une certaine sévérité qui le rendait beaucoup trop sérieux !
Quand il parla, il avait l’air… en colère. Et le début de sa phrase sembla blesser la petite demoiselle… Mais il était pleinement lui-même après tout et elle allait bien vite devoir se le rappeler.

- Et puis quoi encore !!!! Tu rêves là ! Si tu crois qu’il est seulement envisageable même un bref instant que je vole ne serait-ce qu’une seconde sans toi… bah c’est que t’as encore rien compris !

Il avait un sourire taquin aux lèvres alors qu’il sentait un soulagement certain envahir sa compagne qui le foudroyait du regard pour la forme mais qui semblait bien plus heureuse et rassurée qu’autre chose. Il bougea rapidement, la faisant basculer dans l’herbe en lui plaquant le dos contre la surface verte et un brin moelleuse, se glissant à quatre pattes au-dessus d’elle en caressant doucement ses lèvres des siennes, mordillant une de ses oreilles en soufflant tout bas sans s’arrêter.

- Je t’aime, je t’aime, je t’aime, je t’aime, je t’aime, je t’aime, je t’aime, je t’aime, je t’aime. Je t’aime un peu beaucoup tellement fort que des fois quand je te regarde j’ai envie de pleurer et de rire en même temps et même que tu me rends fou d’un seul regard et que tes sourires me donnent super mal au ventre tellement ils me rendent heureux !!!

Il se redressa légèrement pour la regarder, la regardant avec une tendresse plus que certaine, légèrement taquin, même pas qu’un peu en fait. Apparemment, il avait décidé de se retroussé les manches pour lui donner confiance en elle et lui faire comprendre qu’elle était la seule qu’il aimait et qu’accessoirement c’était une sentence définitive : elle allait devoir se faire à ce grand guerrier amoureux, très étrange et plein de problèmes mais tellement prêt à tout pour elle.
Et apparemment elle avait compris l’idée et appréciait vu la manière dont ils s’embrassèrent. Ils se câlinèrent un moment alors qu’il la taquinait gentiment sur sa réaction inquiète, arguant que voler avec elle lui manquait terriblement et qu’il se sentirait de nouveau pleinement lui-même que lorsqu’il pourrait revoler certes, mais avec elle justement !

Ils avaient fini par se séparer, vaquant chacun à leur occupation, persuadés que se séparer un moment ne les rendrait que plus impatient de se retrouver et c’était bel et bien le cas.
De son côté, le jeune homme renforçait un peu son corps de guerrier tandis que sa compagne se faisait à l’idée d’avoir perdu leur enfant et passait un peu de temps avec leur amie commune.
Une petite phrase encourageante du jeune homme avait montré une fois de plus son engagement et son attention pour sa compagne tandis qu’il la laissait se débrouiller seule, bien conscient de son courage et de sa force à se relever des plus dures épreuves !
Maud avait accueilli son amie avec une joie certaine, trop consciente de la distance instaurée entre elles depuis la naissance de son fils. La dame était très encourageante pour la suite de leur couple et apparemment ses visions ne lui avaient rien montré de désagréable, bien au contraire vu le sourire ravi qu’elle offrait à la petite mage. Puis rapidement vint l’idée de cette espèce de tournoi amusant qui bouclait la boucle de leur amour avec des retrouvailles similaires. C’était une bonne idée qui les enchantait toutes les deux !

Tristan n’était pas en reste à ce propos d’ailleurs alors qu’il l’accueillait avec effusions à l’appartement en gémissant qu’elle lui avait manqué. Effusions qui ne semblaient pas déplaire à sa fiancée une fois de plus alors qu’il avait apparemment décidé de la porter, elle les jambes nouées autour de sa taille, riant chaleureusement en lui réchauffant le coeur, tandis qu’il se promenait dans tout l’appartement !
Apparemment Alanir et Eleyna formerait une équipe mais si la nouvelle surprenait et perturbait un peu Cassidy, Tristan, bien trop focalisé sur sa compagne n’en était pas plus surpris ni gêné que ça. Pourtant, la gêne d’Alanir était plus que flagrante !!!! Mais le dragon avait bien l’intention de guerroyer et cette perspective ravissait son cadet !

Il avait fini par rejoindre Cassidy dans leur chambre. Il n’avait pas voulu aborder la question de la potion avec elle, sachant à quel point le sujet était encore douloureux pour l’instant, se contentant de prendre lui-même ce qu’il fallait pour, un peu inquiet tout de même, doublant les doses, que ses gênes de dragon outrepasse le pouvoir contraceptif de ses potions. Mais la petite demoiselle avait pris les devants une fois de plus, mature et responsable et se souvenant probablement de ce que cela provoquait chez son compagnon… Et que l’effet secondaire chez elle ravissait ledit compagnon et le fatiguait beaucoup aussi. Il comprit qu’elle avait pris cette potion dès qu’il entra dans la chambre. Il sentit quelque chose dans son odeur, vit une telle impatience dans son regard que cela lui assécha la gorge immédiatement, quant au corps superbe de la demoiselle… il semblait littéralement l’appeler et il n’osait imaginer la puissance des hormones qu’elle-même devait dégager à cet instant. A peine sur le lit, elle l’avait abordé, terriblement aguicheuse et tentatrice alors qu’il gémissait d’impuissance face aux réactions de son corps ravi de l’idée de ces « échauffements ».
Pourtant, ça ne l’avait pas empêché d’être doux… pendant les premières minutes du moins puisque la demoiselle semblait désireuse d’un tout autre sort que celui de tendresse qu’il s’efforçait de lui offrir. Ce soir c’était plus agité et bien plus… bestial presque. Etrangement, cela permettait au jeune homme de rester d’autant plus conscient de ses actes alors qu’il se perdait dans la douceur de la peau de sa fiancée et son goût de miel.
Quelle exigence ! Et quelle insatiabilité !!!!! Il évita la crise de fou-rire après l’avoir retenu d’aller faire des galipettes dans les autres pièces, mais c’est bien parce que boudeuse et voulant se venger, elle l’avait brusquement fait basculer sur une chaise, encore miraculeusement debout avant de se glisser sur ses jambes et si elle devait être prudente lorsqu’elle montait sur son dos de dragon, pour ce type de chevauchée, c’était assurément elle qui menait la danse et avec un talent fou ! Tour à tour dominante et dominée, elle ne semblait pas du tout se lasser bien au contraire et c’est ravi qu’il accédait au moindre de ses désirs, sauf la fuite dans les autres pièces, tout désireux de la satisfaire et ravi qu’elle puisse autant le combler en retour !

Ils ne dormirent pas beaucoup mais curieusement n’étaient pas plus fatigués que cela en s’éveillant, sans doute grâce à leur lien. Elle et sa magie, lui et sa puissante énergie de dragon, un bel échange, des compromis. Elle s’était réveillée peu avant lui d’ailleurs, se glissant sur son ventre en poussant un petit gémissement ravi, déposant d’adorables baisers sur son visage qui lui avaient bien vite fait ouvrir les yeux alors qu’il glissait déjà ses mains sur ses hanches nues, les caressant sous la couverture, longuement en répondant à son sourire, un air ravi au visage. Elle les dégagea de la couverture, jouant en caressant son torse alors que lui frémissait sous la caresse de sa poitrine contre ses pectoraux. Elle s’était redressée, assise à califourchon sur son ventre et la vue était sublime alors qu’il caressait la ligne mince médiane de son ventre plat en la fixant d’une telle manière qu’elle en rougissait, ravie. Elle jouait avec ses mains lorsqu’elle s’était arrêtée en fixant ses poignets pleins de griffures, fronçant les sourcils alors qu’il la taquinait déjà.

- Ca, c’est le restant de tes ongles s’enfonçant vivement dans mes bras hier soir, en particulier lorsque tu m’as clairement exigé de « te prendre immédiatement contre ce mur ».

Elle devenait cramoisi alors qu’il souriait ravi.

- Très excitant j’avoue… Et ça m’a plu… Epuisant debout mais… j’adore.

Il se redressait sur les coudes pour effleurer ses lèvres des siennes, taquin, apparemment conquis par la nuit qu’ils avaient passé ensemble, insistant doucement l’air de rien.

- Et toi ? Pas trop mal ? Tu es infatigable princesse… Mais franchement là, ton bas-ventre a dû…
- Ah non, je ne sens rien, tu ne devais pas être très en forme…

Ooooouh l’odieuse taquinerie ! Elle faisait un petit sourire discret mais très fier en détournant les yeux l’air de rien alors qu’il les écarquillait pour sa part, atteint dans sa virilité et sous le choc de la voir avec une aussi directe et clamante répartie. Mais elle le consola très vite de quelques mots apaisants… du moins pour lui.

- Faudra réessayer pour voir… Mais ça fait bien longtemps qu’avec toi « mal » ne fait plus parti de « ce vocabulaire ».

Là par contre, il semblait aux anges, tout à sa hantise constante de la blesser. Ils étaient tellement en phase en même temps que peu de choses pouvait encore le surprendre, mais tout de même. Impressionné par sa répartie et par son côté joueur, il lui caressa le dos, lentement en se redressant assis, glissant son visage dans son cou qu’il couvrait de baisers.

- Alors je ferai encore mieux la prochaine fois.

Un petit défi qui n’en était pas vraiment un alors qu’ils se mettaient à rire, s’embrassaient et peinaient à se décider à sortir du lit, tout à leur bonheur naturel et si simple.
Mais des épreuves les attendaient et flâner n’était décidément pas à l’ordre du jour. Ils entendaient tout juste Alanir et Eleyna déjeuner et s’échauffer, parlant avec animation. Décidément, ces deux-là étaient devenus sacrément complices !!!!
Tristan observait sa compagne en train de tenter de se décider pour sa tenue, petit bonheur du matin qu’il savourait avec le même plaisir, si ce n’est plus encore qu’auparavant. Elle avait totalement abandonné sa pudeur, retrouvant ses habitudes de confiance totale envers son compagnon et il vint discrètement la rejoindre alors qu’elle rouspétait légèrement devant le miroir. Doucement, il avait glissé ses lèvres sur les cicatrices dans son dos, les parsemant de baisers alors qu’elle perdait toute concentration presque immédiatement. Elle se retourna même et lui donna une tape sur la tête alors qu’il était autant penché sur elle, lui reprochant, gentiment, de l’empêcher de se concentrer et de se préparer. Il avait ri, ils s’étaient embrassés, encore alors qu’il savourait le plaisir qu’un simple baiser de sa part lui procurait. Il l’avait aidée à se décider pour une tenue masculine mais ajustée à son corps « de rêve à vénérer » (selon ses dires) histoire d’être pleinement libre de ses mouvements. Et elle faisait bien parce que Eleyna n’était pas capitaine pour rien et que la demoiselle était totalement dans son univers. Evoluer dans un monde mâles bourrés d’hormones quand on est une femme n’a rien de simple mais elle réussissait avec brio.
D’ailleurs, la compétition était probablement bien plus sur ses lèvres que sur celles de son « compagnon dragon » car elle invectivait déjà Tristan alors qu’ils sortaient tous deux, lui promettant une belle bataille !

Léger entrainement dans la matinée tandis que déjà les épreuves arrivaient !
La première épreuve était tout de même assez impressionnante et si quelques machos avaient prétendu que ce serait un spectacle ennuyeux, ils furent bien vite remis à leur place par la vérité !
Cassidy et Eleyna, les plus combatives, menaient un combat acharné, cherchant à tout prix à dépasser l’autre tandis que les hommes mués d’admiration pour la majorité suivaient le progression. Tristan, silencieux, observait sa compagne, jugeant des impressionnants progrès qu’elle avait faits cette année passée et réfléchissant à ce qu’elle devait encore travailler pour qu’il soit parfaitement assuré de sa sécurité durant son absence… et celle de sa magie aussi.
Eleyna était très forte, Tristan l’avait prévenue à ce sujet mais heureusement, cette épreuve ne demandait pas une force exceptionnelle justement, plutôt de l’endurance, de l’agilité et une grande compétitivité pour se dépasser et ça la petite blonde en avait à revendre après son passage sur cette île et puis… l’idée de briller aux yeux de son amoureux devait la motiver… même si briller, elle le faisait aussi très bien quand ils étaient seuls, dans une chambre par exemple. Elle avait fini première de deux secondes à peine alors qu’Eleyna semblait assez surprise et impressionnée par son saut même si elle savait que son « amie » n’avait pas utilisé de magie pour cela.
Les acclamations fusaient alors qu’un sourire satisfait au visage, Tristan était venu relever sa belle, époussetant la neige qui s’était glissée dans ses cheveux d’or et posant un tendre baiser sur ses lèvres en l’octroyant d’un :

- Impressionnant princesse… Comme toujours.

Les garçons durent ensuite guerroyer dans la même épreuve mais vu les regards que les plus jeunes lançaient aux deux dragons particulièrement…motivés et prêts à en découdre, ils n’avaient pas beaucoup de chance.
Tristan et Alanir étaient tous les deux impressionnants déjà par leur stature. Ils dépassaient la majorité des hommes de presque une tête et semblaient faire exactement la même taille à deux trois mèches de cheveux près puisque Tristan avait assurément la crinière la plus ébouriffée d’eux deux. Tous les deux secs et musclés ils faisaient penser à deux gladiateurs perdus dans un autre temps si ce n’étaient la couleur de leurs cheveux qui détonnait sérieusement. Ils étaient en train de s’étirer juste avant le départ, faisant rouler leurs muscles et s’étant tous les deux mis torse nu ce qui ne déplaisait à personne d’ailleurs. Un regard plein de défi l’un vers l’autre, un sourire entendu et la course commençait. Malheureusement, l’aîné avait encore beaucoup à apprendre sur son corps d’humain et même avec toute la bonne volonté du monde, Cassidy ne pouvait guère l’aider à ce niveau. Tristan n’était pas encore au top de sa forme. Il savait qu’il n’avait pas totalement récupéré encore et puis ses entraînements de transformation l’épuisait mais il ne pouvait clairement pas laisser gagner son aîné alors ça se jouait essentiellement entre eux même si un des guerriers, jeune mais expérimenté était quelques mètres derrière eux. Finalement, le jeune homme avait fini premier après avoir été très surpris de la chute brutale du dragon. Décidément, la coordination ce n’était pas encore ça. Il en parlerait bien avec lui s’il ne craignait pas de vexer l’ami de sa compagne. A voir…

L’épreuve suivante permit au moins à Tristan de prendre conscience que sans la magie, sa compagne était encore sacrément perdu et ce n’était pas plus mal. Qu’elle se débrouille totalement sans lui l’aurait blessé après tout. Mais plutôt que de voir ce qu’elle ne parvenait pas à faire, il jubilait intérieurement devant ses impressionnants progrès. Pourtant, avec sa maladresse, manier un arc était trèèèèès mal parti à la base. Il vint tout de même la féliciter en lui rappelant qu’elle était une petite mage pleine de surprise et qu’il était très fier de ses progrès, ce qui eut tôt fait de chasser sa mine un peu grincheuse.
Mais il n’y avait rien de surprenant à ce qu’elle perde dans ce type d’épreuve face à Eleyna. La capitaine s’était même reculée par rapport à la distance imposée, trouvant cela injuste vis-à-vis de celles qui ne se battaient pas d’ordinaire. L’arc semblait faire partie d’elle, pas autant que lorsqu’elle maniait un sabre mais elle était extrêmement habile, sérieuse, silencieuse et imperturbable. En même temps, en tant que demi-elfe, le tir à l’arc coulait dans ses veines. Tristan la gratifia d’un petit sifflement alors qu’elle lui donnait un léger coup de pied dans le tibia en lui rappelant qu’ils concouraient quand il voulait pour savoir qui était le meilleur à ce jeu là. Et apparemment,le Drakkari n’était pas assez fou pour se risquer sur son terrain.

Puis vint un combat entre hommes à armes en bois heureusement. Toutes avaient été minutieusement construites ces longs derniers mois et Tristan y avait participé de bon coeur. Les jeunes guerriers qui s’entraînaient devaient bien commencer par cette étape pour ne pas se blesser même si tout était relatif puisque le grand jeune homme se souvenait encore très bien de ses doigts en miettes quand il s’entraînait avec son maitre, bien plus jeune, même avec des armes en bois. Une fois de plus le combat se révéla inégal. Tristan était surentrainé comparé à la majorité de ses adversaires et quand il se retrouva face à Alanir, le seul qui pourrait lui tenir face parmi tous ceux là,il était évident que le dragon manquait clairement d’entraînement et d’expériences en tant que combattant humain.
Eleyna, particulièrement attentive, en profitait pour analyser sa manière de combattre, ses gestes et trouver ses failles avant de l’aider à progresser par la suite même si à voir le sourire sur les lèvres de la jeune femme, il allait sacrément en baver !
De son côté, Tristan ne profitait pas des failles énormes dans la défense du dragon. Sur un point, il n’avait pas tort, il lui devait le respect. Lui était plus humain qu’autre chose mais son confrère n’avait été qu’un dragon pendant longtemps avant de devenir esprit puis humain, il avait besoin de temps pour apprendre. En finir trop vite en le poussant dans ses retranchements pour qu’il fasse une erreur aurait été un manque total d’irrespect et puis le dragon comprenait son manège et apprenait vite. Très rapidement il avait copié sa garde avant de la transformer pour la faire sienne. Ses attaques n’étaient pas assez fluides mais progressaient de minute en minute et Tristan devait bien avouer qu’il lui donnait du fil à retordre et que ça l’amusait beaucoup. Après tout, Alanir avait quand même une force supérieure à la sienne, ce qui devait aussi expliquer certaines de ses maladresses et quand il frappait, les muscles du Drakkari le protégeait à peine, pourtant contractés à se rompre. Chacun avait à apprendre de l’autre mais ils étaient bien assez fiers pour ne pas le dire et bien assez fiers pour se comprendre mutuellement, au moins un peu, là dessus. Finalement, Tristan se fatiguait et avait tenté une attaque plus rapide, accélérant et changeant de tactique même si avec une épée il était quand même désavantagé comparé à son adversaire dont les armes devenaient de plus en plus le prolongement de ses mains. Il avait fait une feinte digne d’une danse bien plus que d’un combat et brusquement avait bloqué une des lames du dragon, tournant sur lui-même et venant heurter son plexus de son coude en se retrouvant dos à lui sans lui laisser assez de liberté de mouvements pour riposter. De sa main libre, il saisit le poignet encore armé de son adversaire et le lui retourna brusquement en donnant une vive torsion du bassin. Pauvre Alanir qui passa par dessus lui et qui même sans lâcher son arme se retrouva avec la pointe en bois de celle de son adversaire sur la gorge. Tristan l’aida à se redresser, lui serrant la main en le gratifiant d’un « beau combat », un sourire aux lèvres alors que déjà il se retournait pour cueillir la taille de sa bien aimée qui sautait dans ses bras.
Eleyna vint également féliciter le dragon d’une bourrade, le taquinant pour chasser son côté ronchon d’avoir perdu en lui assurant qu’il s’en était sorti avec les honneurs mais qu’elle allait l’entraîner d’arrache pieds et que la prochaine fois il ferait mordre la poussière à son insolent cadet, ce qui les fit apparemment beaucoup rire tous les deux et à moitié comploter.

La bataille dans l’eau marqua la fin de la journée alors que les demoiselles, vaillantes, s’affrontaient avec une ardeur certaine tandis que ces messieurs transformés en monture bataillaient comme ils pouvaient.
D’ailleurs, comme ils ne pouvaient pas utiliser leurs mains fermement serrées sur les mollets de leur compagne, Tristan et Alanir trouvèrent un moyen de se battre comme ils pouvaient pour aider les demoiselles… A savoir : en se heurtant vivement front contre front et en tentant de repousser l’autre comme l’auraient fait deux béliers pour s’accaparer une femelle et ça marchait bien même s’ils étaient un peu étourdis après et avaient tous les deux une grosse marque rouge sur le front. Elles avaient fini à égalité après un combat acharné et Tristan avait bien vite repêché sa compagne qui ne semblait pas plus choquée que ça et en profitait pour avoir un câlin vu son grand sourire alors qu’elle agitait le foulard devant son nez et qu’il était obligé du coup, évidemment de la récompenser d’un baiser, puis d’un deuxième, et encore un !

Ils étaient rentrés de bonne humeur tandis que Tristan discutait avec animation avec son confrère. Bien sûr, le dragon était vexé et il tentait de ménager sa fierté mais il était quand même sacrément gentil.

- Tu te débrouilles vraiment bien et tu as une sacrée force quand même ! Ton point faible c’est ton jeu de jambes, tu as dû mal à te coordonner et à assurer le passage de la force de tes jambes à tes bras mais ça s’apprend super vite ! Et puis Eleyna est une pointure là dedans, tu vas souffrir avec ses entraînements mais c’est radical, après ça, tu auras une défense digne d’un roc !

Cassidy pressait doucement sa main et il tourna la tête vers elle, surprenant un sourire qui semblait reconnaissant mais il ne savait pas trop pourquoi, se contentant de déposer un baiser sur son front en continuant de marcher.
Ils étaient allés se doucher, chacun leur tour. Ils s’amusaient, discutaient à table, s’entendant plus que comme des amis même.
Eleyna avait froncé les sourcils quand Cassidy lui avait demandé de l’accompagner à l’écart, mais elle l’avait suivi sans discuter, restant silencieuse au vouvoiement de la jolie blonde. Elle la remerciait… Mais il y avait beaucoup plus de questionnements dans sa voix que ce que ses paroles prétendaient. Eleyna secoua la tête, amusée, touillant lentement dans son chocolat chaud pour ménager son petit effet. Après tout, elle avait bien le droit pour une fois ! Elle s’exprima sans la regarder tout d’abord.

- Tu te demandes pourquoi je vous ai aidé, pourquoi risquer ma vie pour le sortir de là et encore et surtout si tu peux me faire confiance n’est ce pas ?

Eleyna sourit, secouant légèrement la tête avant de fixer la petite mage avec une certaine curiosité mêlée d’un certain contentement.

- Tu es méfiante tout de même, c’est préférable vu ce que tu as vécu… Mais ne t’en fais pas, je ne suis pas une ennemie. Et pour répondre tout simplement à ces trois questions, j’ai aidé parce que tu me l’avais demandé.

Elle marqua un temps d’arrêt, un amusement certain dans les yeux avant de grimacer.

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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: Parce qu'abandonner n'existe pas...   Ven 25 Juil - 5:04

- Enfin ce n’était pas totalement toi en réalité. Ton double plutôt. C’est elle qui m’a tout raconté. Tu te doutes bien que Tristan est beaucoup trop secret pour me parler de ce genre de choses… Elle en savait beaucoup sur ce qui risquait de se passer. Elle craignait tes doutes et tes peurs, tes inconditionnelles remises en question… Elle avait peur que tu fasses des erreurs par peur et par amour aussi. Je pense qu’elle était au courant quand tu as disparu. Elle n’avait pas l’air de savoir où tu étais mais elle savait que tu as disparu et elle craignait que tu mettes trop de temps à revenir ou que tu.. changes trop. Donc elle m’a demandé de ramener Tristan chez les humains. Elle était consciente de ses faiblesses… Tu l’aimes tant pour ta part que tu ne peux voir que ses bons côtés et que tu t’obstines à le trouver plus fort et merveilleux que tous mais Tristan est quelqu’un de fragile et vulnérable… Moi-même je l’ignorais et elle a dû me le prouver pour que je la crois un minimum… C’était une histoire de fou cette aventure avec vos futurs complètement différents mais c’était grisant. Bref, elle m’a demandé d’aller chercher Tristan parce qu’elle ne pouvait pas le faire, elle semblait déjà très mal en point à vrai dire. Elle avait cet objet, et apparemment c’était elle qui l’avait enchanté ou trouvé, je ne sais pas trop. J’ai cru qu’elle se moquait de moi… Une espèce de fin collier et une longue chaine d’or si fine qu’il était impossible qu’elle retienne quoi que ce soit. Mais je me suis rendue chez les dragons. Que Tristan et moi nous connaissions n’est pas le fruit du hasard, crois-moi, je pense que les dieux cherchent à vous offrir les alliés face aux ennemis que le destin s’obstine à mettre sur votre route. Là bas, ça n’a pas été simple mais chaque dragon semblait avoir connaissance de mes capacités. Je ne suis peut-être qu’une demi elfe mais j’ai survécu à des entrainements dignes de grands guerriers de pure race, pour les égaler et apporter ma pierre à cette lutte contre le mal. De toute façon, ma présence ne les affolait pas mais ne les gênait pas non plus. La dragonne qui avait l’intention de garder Tristan pour elle n’a pas été ravie et il a voulu m’attaquer, lui obéissant au doigt et à l’oeil mais j’ai pu le blesser légèrement, lui passer le collier et ça lui a redonné un peu conscience de ses actes. Effectivement, il avait perdu ses sentiments pour toi, du moins le croyait-il. Je ne t’ai pas menti. C’est ton souvenir qui l’a ramené, un souvenir animé par cette chaine et ce collier. Il a semblé se réveiller d’un très long sommeil. Il était faible, perdu et incapable de communiquer à ce moment là quand il est redevenu « humain » nu comme un ver et j’avoue qu’il a été plutôt gâté par la nature et… pardon je m’égare là. La dragonne n’était franchement pas contente et je n’était franchement pas sûre de réussir ma mission mais apparemment la chaine était enchantée pour car tous les dragons sur le qui-vive se sont mis à bailler et se sont endormis, Tristan compris, enfin à moitié, il était tout groggy le pauvre et il pèse son poids ! Ca n’a pas été simple de le porter à moitié jusqu’à mon cheval bien plus bas. Puis on est rentrés… voilà… Il n’y a rien de plus à dire. C’est ton double qui a cherché à le sortir de là, je n’ai été que son instrument. Elle n’a pas eu besoin de me convaincre, je savais bien que Tristan était différente et le voir devenir dragon à part entière ne m’enchantait pas. C’est vrai qu’il était particulièrement perdu et tendu par la suite et qu’il a beaucoup souffert de ton absence mais quand tu es réapparue finalement, même s’il a mis des distances, crois-moi, j’ai senti son soulagement et sa joie. Il était heureux de nouveau, seulement parce que tu étais près de lui… même sans le reconnaitre comme ton compagnon.

Elle s’interrompit en baillant, arguant qu’elle n’était pas obligée de la croire évidemment mais que c’était tout de même la vérité et qu’elle allait bien… devoir faire avec. La réponse semblait avoir convaincu la petite mage même si elle risquait d’avoir beaucoup à penser. Cette histoire avec leurs doubles n’était pas qu’un hasard. Les évènements s’enchainaient trop parfaitement. Un futur avait été empêché mais un autre avait été amélioré également dans la tentative pour changer les choses. Ils étaient destinés à un grand avenir, ce n’était un secret pour personne… Mais Cassidy aurait dû se douter qu’elle-même, son double, avait veillé sur son compagnon, après tout, elles l’aimaient toutes deux à ce moment là, non ?

Cassidy semblait assez pensive quand Tristan l’avait rejointe dans la chambre alors qu’il était particulièrement joyeux et ravi de se retrouver enfin seul avec elle. L’idée du massage plaisait au jeune homme même s’il rétorquait vouloir également lui en faire un. En tous les cas la notion « d’idées à tester » ne tomba pas dans l’oreille d’un sourd vu la concentration immédiate du jeune homme et son grand sourire curieux. Pourtant, ils étaient tous les deux assez fatigués et il s’attendait à tout instant à la voir se lasser de ces rapports réguliers et sacrément intenses. Mais la petite demoiselle avait bien du temps à rattraper et c’était tout à fait au goût de son « gourmand » compagnon. Les massages leur firent le plus grand bien et si la nuit fut moins agitée que la précédente, elle n’en fut pas moins intense. Cassidy avait en effet quelques idées à tester et son fiancé obéissait sagement, avec un ravissement certain, toujours heureux de constater les effets d’un an d’entraînement sur le corps de sa chère et tendre…C ‘est qu’elle était devenue sacrément souple quand même !!!!

Le lendemain matin arriva très vite alors qu’il ouvrait paresseusement un oeil, la fixant alors qu’elle s’était probablement réveillée quelques minutes plus tôt. Ils se fixèrent sans un mot, profitant de leur lien qui se renforçait chaque jour pour essayer de se comprendre. Il pensa à elle et rien que cela suffit à lui emplir le coeur de tendresse, ce que sembla légèrement ressentir la jeune femme vu le sourire d’ange qui éclaira aussitôt son visage et qui fit grogner son compagnon de frustration alors que déjà il se jetait avidement sur ses lèvres.
Pourtant, il se recula en fronçant les sourcils, interrompant celui qu’elle lui rendait avec les intérêts, l’air assez… troublé. Il s’assit sur le lit en disant d’une voix blanche qu’ils devaient parler ce qui sembla aussitôt alarmer un peu la jeune femme qui le fixait avec incrédulité.

- Cassy… C’est probablement dû à cette longue année mais… tes baisers… Enfin… Je trouve qu’ils ne sont plus aussi… bien. Carrément fades même.

Aussitôt peine et baisse de confiance en soi apparurent dans les yeux noisette qu’il aimait tant. Il lui effleurait doucement une épaule du bout des doigts, essayant de la regarder dans les yeux.

- C’est… pas grave hein ! Mais pour que ça revienne tu as probablement besoin de t’entrainer donc il faut qu’on s’embrasse beaucoup, très longtemps… et vraiment beaucoup… Et… je ne dis pas du tout ça parce que tes baisers me rendent complètement dingues et que je suis en manque dès que tu t’éloignes cinq minutes de moi… Hum…

Petit sourire narquois de la part du garçon alors que la demoiselle comprenait déjà. C’est qu’elle était très intelligente après tout et qu’elle commençait à saisir les idées de son compagnon qui apparemment trouvait ses baisers plus que réussis contrairement à ce qu’il laissait entendre. Elle poussa un cri de vengeance en attrapant son oreiller et en commençant une bataille avec lui. Ils riaient, elle ne semblait pas du tout rancunière et même plutôt pour l’idée vu la manière dont elle le déséquilibra avec talent alors qu’il se retrouvait en travers du lit, dos au matelas, une somptueuse jeune femme très peu habillée à califourchon sur ses hanches en train de lui faire perdre la raison d’un époustouflant baiser qui le laissa à moitié groggy.
Ils guerroyèrent ainsi quelques minutes en riant, s’embrassant, se taquinant et osant quelques caresses peu recommandées pour continuer de jouer mais le jeu de la frustration semblait être celui réellement engagé à cet instant.
Elle était blottie tout contre lui alors qu’il humait avec délice l’odeur de sa peau, déposant de tendres baisers dans son cou.
Elle se laissait faire, un sourire aux lèvres, pensive, passant doucement ses doigts sur son ventre. Il fit cesser son intérêt pour sa gorge pour glisser son visage, à force contorsions dans le lit, jusqu’à son ventre qu’il caressait du bout des doigts et embrassait à son tour alors qu’elle s’était mise à caresser ses cheveux, tout doucement. Entre deux baisers, il lui parla un peu finalement.

- Cesse de te torturer princesse… Ce n’était pas de ta faute et je ne t’en veux pas, tu le sais… Je sais qu’il te faudra du temps pour te remettre et oublier un peu mais… Je suis là et je veux que tu saches que je t’aime. Que ça ne change rien… Nous avons plusieurs années devant nous pour profiter l’un de l’autre avant de songer à réessayer et je te promets qu’à ce moment-là, je serai bien plus apte à être père. Tant que je suis avec toi, je suis heureux. Mais c’est vrai qu’un petit bout de toi… à aimer tout autant, ça me plairait…

Petite manière détournée de lui dire que son projet de fonder une famille était partagée… Et aussi, manière de chasser très loin d’eux le nuage de cette menace, d’histoire de lunes qui planaient sur le jeune homme. Apparemment il comptait s’y opposer de toutes ses tripes et ça, c’était plutôt bon signe. Il sentit son émotion et ayant peur de ne pas savoir gérer par la suite, se fit aussitôt beaucoup plus pervers pour lui redonner contenance.

- Tu sais que je suis très bien placé là et que si je commence à te tripoter tu ne tarderas pas à me supplier de continuer et…

Elle le tapota doucement, riant alors qu’il remontait mettre sa tête sur l’oreiller, la fixant amoureusement avant de déposer un chaste baiser sur ses lèvres, comprenant ce qu’elle n’avait pas dit… A savoir que les épreuves reprenaient dans la matinée et que s’ils commençaient ce jeu là, ils seraient très vite en retard !!!!
Ils s’étaient levés, préparés et avaient croisés Eleyna et Alanir apparemment épuisés d’avoir parlé toute la nuit pour mieux se connaitre et être capable de mener la vie dure niveau compétition au petit couple. Finalement, ils avaient rejoint tout le monde et les épreuves avaient commencé.

Des épreuves pour connaitre l’autre… C’était quand même assez spécial.
Il y avait eu quelques tentatives de cuisine et sur ce point là, Eleyna et Alanir étaient en phase puisqu’apparemment, la seule chose que savait cuisiner la guerrière, c’était des crêpes !!!!
Une drôle d’épreuve également qui sentait la signature de Maud qui consistait à bander les yeux des garçons et à ce que différentes femmes viennent passer leurs mains dans leurs cheveux. Il fallait trouver celles qui appartenaient à leur chère et tendre. Si beaucoup eurent des hésitations, Alanir semblait avoir une bonne mémoire même si forcément, Eleyna avait dû les lui passer dans les cheveux juste avant le début de l’épreuve puisqu’ils n’étaient pas… réellement un couple. D’ailleurs vu la teinte rouge vive du dragon, ce n’était pas désagréable mais probablement un brin gênant. Quant à Tristan c’est à peine si une femme effleurait ses cheveux qu’il secouait la tête pour demander à ce que la prochaine s’approche. Et ce n’était pas plus mal car sa petite amie jalouse n’avait pas spécialement envie qu’il se fasse tripoter par une autre. Quand elle vint effleurer ses cheveux, il se déroba pourtant lui aussi mais pour mieux renverser la tête en arrière, souriant et quémander un baiser.
Pour ces dames, dans le même style, ça avait été des caresses légères sur les bras et ce n’était pas bien difficile de reconnaitre les jeunes hommes maladroits des plus expérimentés. Là encore, le petit couple se reconnaissait sans mal, sans doute aussi parce que leur lien s’activait de plaisir quand ils étaient assez proches l’un de l’autre.
Il y eut aussi une longue épreuve durant laquelle les couples furent dissociés, chacun de ses membres étant interrogés.
C’était par exemple des questions sur les plats préférés. Tandis que l’interrogé donnait la réponse qu’il supposait, on notait la réelle réponse de l’autre. Cela donna lieu à des questions très gênantes parfois, des réactions hilares, beaucoup de bonne humeur et des clins d’oeil dès qu’il y avait de bonnes réponses.
Mais pour certaines questions, on se disait que le jury était quand même constitué de quelques pervers !!!!! Certaines étaient simples, d’autres plus complexes. Parfois Tristan et Cassidy se trompaient un peu mais c’était plus drôle qu’autre chose.

Ils firent une pause pour manger et l’épreuve de l’après-midi fut révélée, une grosse course d’orientation, un peu comme une chasse au trésor en équipe qui se clôturerait par un bal. L’idée de cette chasse au trésor était de récupérer tous les indices et objets d’étapes mais sans se presser pour autant, de profiter d’une promenade en amoureux en bref. D’ailleurs l’annonce alluma une certaine étincelles dans les yeux du petit couple qui voyait là un bien curieux défi, réussir à s’isoler suffisamment pour aller se bécoter dans un buisson ? Oui… probablement !
Ils semblaient d’ailleurs déjà monter un complot tous les deux, juste en se regardant, un sourire aux lèvres. Bien sûr comme Alanir et Eleyna les avaient rejoints pour manger, ils ne pouvaient pas vraiment en discuter mais il y avait fort à parier qu’il y aurait des escales dans cette chasse au trésor et probablement une trèèèès longue escale vu comme le jeune homme profitait de la table à laquelle ils étaient pour faire du pied, discrètement à la petite mage blonde en face de lui.
Les filles s’étaient surpassées en cuisine et si les jeunes hommes n’avaient pu que goûter à l’importante quantité de nourriture préparée peu avant, là, ils en savouraient tous les mets réunis, ce qui n’était clairement pas de refus parce que mine de rien, tout le monde avait besoin de force. Il y eut de nombreuses plaisanteries, beaucoup de rire alors que Maud s’était jointe à leur table et son mari aussi qui, revenu d’un congrès, ne lâchait pas leur bébé, totalement gaga.
Ils étaient en train de commencer le dessert et Tristan et Alanir s’affrontaient, amusés, du regard pour savoir qui le premier oserait tendre la main vers le monceau de crêpes préparé par Eleyna quand un rire cristallin se fit brusquement entendre. Un rire délicat, amusé, charmant. et envoûtant… Toutes les conversations cessèrent alors que les têtes se tournaient à droite et à gauche. Tristan qui s’était déplacé pour se glisser à côté de sa petite amie quand Maud était venue et qui câlinait doucement une de ses mains sous la table depuis un bon quart d’heure, se figea brusquement et tout le monde suivit son regard.

Juchée sur un pilier de la petite cathédrale, lieu de culte, de la place de la cité autour de laquelle ils mangeaient tous, une silhouette féline se tenait en équilibre. Un ample manteau noir miroitant coulait sur sa silhouette et suivait les mouvements du vent. Le visage dégagé, d’une beauté rayonnante, la demoiselle aux longs cheveux d’ébène et aux lèvres aussi rouges que le sang fixait ce petit monde en dessous d’elle avec une espièglerie certaine. La majorité des hommes alentours déglutirent difficilement mais déjà elle sautait au bas de son perchoir et s’approchait d’une démarche des plus sensuelles et aussi rageant que celui puisse être, apparemment tout ce qu’il y a de plus naturelle ! Elle s’était arrêtée, fixant son regard d’un vert étonnant sur tous les convives avant de prendre une mine légèrement boudeuse.

- Ah non ! N’arrêtez pas ! C’était drôle…

C’était la dragonne… La somptueuse dragonne que Tristan avait montré à Cassidy à travers ses souvenirs. Eleyna s’était également crispée, la main sur le sabre court qui ne quittait jamais sa ceinture, fixant l’étrangère qui sembla rapidement s’agacer du mutisme de l’assemblée. Pourtant, elle savait réussir ses entrées et tout le monde avait son attention alors que les hommes bavaient littéralement en la voyant !
Pourtant, elle était habillée cette fois ! Enfin un minimum du moins ! Elle portait un long manteau noir sur sa toge style romaine d’un blanc immaculé qui s’arrêtait trop haut pour la convenance sur ses longues jambes ! Elle en épousseta la neige en lâchant un petit soupir mécontent, levant les yeux au ciel, toujours boudeuse.

- Olala… Vous n’êtes pas drôles ! C’était chouette tout à l’heure ! Vous racontiez plein de chose et là vous êtes aussi ennuyeux que des pierres.

Elle haussa les épaules, souriant légèrement alors que des chuchotements commençaient à s’élever de toutes parts, tout le monde s’interrogeant sur cette étrangère. Maud avait saisi d’un regard de qui il s’agissait en voyant l’énorme crispation qui figeait la petite mage et la lueur que prenait son regard noisette qui risquait à tout instant de virer au doré. Alanir aussi avait compris, il partageait beaucoup de choses avec la petite mage et était probablement au courant de tout… Et il comprenait qu’elle se sentait mal… Plus que n’importe qui ici. La belle brune avançait vers eux. Elle ôta son manteau en soupirant, ses longs cheveux noirs aussi longs que les fils d’or de Cassidy encadrant son beau visage, contrastant avec sa tenue blanche alors qu’elle fixait ses yeux de chat sur Tristan, l’observant en silence une seconde avant de sourire, amusée.

- Salut… Tristan ! Je t’ai manqué ?

Tristan se redressa vivement, se séparant de Cassidy, le regard plein de véhémence, surplombant la jeune arrivante de toute sa taille et comble de la frustration, elle était sacrément grande quand même vu qu’elle ne devait pas beaucoup relever les yeux !

- Qu’est ce que tu fiches là Kayla ?!

Le sourire de la belle brunette se figea et disparut un peu alors qu’elle prenait une mine boudeuse franchement craquante vu les soupirs que cela provoqua chez plusieurs hommes.

- Tu n’es pas très gentil. Tu sais normalement on dit « salut Kayla. Tu es très belle aujourd’hui, comme tous les jours d’ailleurs. Tu es venue pour me voir ? » ou ce genre de choses, on bafouille, on rougit, on me bouffe du regard à la limite en silence mais autant de sécheresse… ce n’est pas très correct. La majorité des mâles tuerait pour que je leur adresse ne serait-ce qu’un regard. Pfff, tu es vraiment ingrat toi des fois.
- Humph…
- Mais bon… Je suis venue te voir puisque c’est si gentiment demandé. Et je m’ennuyais voilà tout ! Tu sais comme les autres mâles sont barbants… Quant à mes cousines, y a vraiment rien à en tirer… Pfffffff !
- Kayla… Tu n’as rien à faire ici.
- Oh c’est bon, ne t’en fais pas, je ne suis pas venue embêter tes humains, je voulais juste les voir, ils sont très amusants ! J’aime beaucoup ! Et puis sois gentil ! J’ai mis mes bracelets, si je voulais t’embêter je les enlèverai et ils seraient tous à genoux en train de me supplier et de me vendre leur âme littéralement même si ça ne sert pas à grand chose d’ailleurs et tu serais à peu près dans le même état… Quoique, toi tu me sauterais probablement dessus et…
- Kayla !

Elle s’était arrêtée, le regard avec une intensité surprenante avant de tourner la tête, fixant Alanir et semblant comprendre immédiatement ce qu’il était, ayant de bien meilleurs instincts que Tristan. Elle tourna ensuite les yeux vers Eleyna à qui elle adressa un demi-sourire de défi tandis que la demi-elfe se crispait davantage puis sur la petite mage qu’elle n’avait pas vu se rapprocher du grand guerrier et qui le fixait avec un mélange d’horreur, de fureur et d’une intenable jalousie. La dragonne eut alors une expression de sincère, vraiment sincère curiosité tandis que Tristan sursautait légèrement en sentant la main de Cassidy dans son dos, inquiet des réactions de la jeune femme qui venait se mettre à côté de lui, imprimant sérieusement son statut devant la dragonne en prenant la main de SON fiancé dans la sienne. Mais celle-ci, contrairement à tant de dragons n’en sembla pas du tout outrée ni dégoûtée, bien au contraire.

- Ooooooooooh ! C’est elle ta petite humaine ?! Waaaah, tu as vraiment de bons goûts, j’avoue ! Peut-être un peu petite mais…
- Kayla !
- Roh ça va ! C’est bon ! J’ai dit que je m’ennuyais, tu es censé t’occuper de moi dans ces cas là !

Un grondement venait de se faire entendre mais non pas du jeune homme plutôt du côté de sa petite amie un brin possessive qui refermait sa prise sur sa main et qui semblait attendre tout faut pas de la dragonne pour lui sauter littéralement à la gorge. Tristan tenta vainement de l’apaiser mais rien à faire. Par contre, la dénommée Kayla avait compris vu son sourire ravissant et très amusé.

- On dirait qu’elle défend ses prérogatives ! Plutôt une bonne idée quand on sait le nombre de femelles qui te court après !
- …
- Tu aurais quand même pu lui dire que même en s’acharnant au final ça ne marchera pas.
- De quoi tu…
- Je parle, évidemment, du fait qu’aucune humaine ne te comblera pleinement. Les dragons sont beaucoup trop exigeants en sexe ! Tu le sais, je le sais, tout le monde le sait ! Et vu la tête qu’elle fait ça, elle ne le savait pas !

Tristan sentit sa petite amie se crisper contre lui et par leur lien, pendant un bref instant, il ressentit une profonde détresse mêlée d’incompréhension. Elle disait s’attendre à ce que lui dirait la dragonne et pourtant… elle n’avait pas l’air bien. Apparemment, ce n’était pas méchant vis-à-vis de celle-ci, elle exposait les faits, voilà tout. Tristan retint Cassidy d’une petite pression rassurante et répondit du tac au tac quelques mots qui semblèrent clouer le bec à son interlocutrice.

- Ca c’est certain… Une chance qu’elle ne le soit pas totalement donc…

Petite déclaration ? Un peu oui. Alors qu’il tentait d’envoyer des ondes apaisantes vers sa compagne même si lui ne savait pas du tout quoi faire. La dragonne sembla surprise mais pas le moins du monde en colère, en fait juste très curieuse alors qu’elle se tournait vers Cassidy, l’observant avec une attention troublante. Pourtant, elle se reprit rapidement.

- Hum… A l’origine, ce n’est pas pour ça que je suis venue. Ils sont en route Tristan, tu était censé revenir ! Je suis au courant de ce « pacte ». Tu dois te tenir prêt ! Ce type d’engagement, ce n’est pas…

Le jeune homme s’était crispé, Cassidy aussi apparemment tous deux sachant de quoi elle voulait parler et la dragonne sembla encore plus surprise en comprenant que la petite mage était au courant, c’était vraiment très intéressant ! Décidément, les humains étaient fascinants. Sauf qu’à peine disait-elle enfin cela, prévenant son plus ou moins « compagnon » que celui-ci frémit, lâchant la main de sa fiancée.
Des chuchotements venaient le tourmenter et son coeur s’accéléra lorsqu’il comprit que ces chuchotements n’étaient perçus que par lui. Le vent s’était brusquement levé, par intermittence, soufflant autour d’eux et Kayla fronça les sourcils lui demandant si c’était lui qui faisait ça, mais elle n’obtint pas de réponse alors que le jeune homme secouait la tête, d’abord doucement puis de plus en plus fort pour chasser les chuchotements.
Et puis il s’était mis à hurler en tombant à genoux par terre puis en se recroquevillant, les yeux grands ouverts sur apparemment des choses qu’il ne voulait pas voir. Déjà Cassidy s’était avancée pour l’aider, paniquée probablement mais un mur de glace se dressa brusquement entre elle et son compagnon alors que Kayla venait saisir brusquement sa main en l’éloignant, soucieuse.

- Non ! Ne le touche pas ! Ca serait pire ! Ils ont été rapides…

La petite mage avait déjà réussi à s’échapper de la poigne de la dragonne qui n’y mettait pas vraiment de force alors qu’Alanir et Eleyna les rejoignaient, essayant de comprendre. Cassidy avait l’air inquiète, paniquée en fait et plus personne ne comprenait, un vent de panique passant de table en table.
Tristan avait cessé de hurler mais ce n’était pas mieux, gémissant tout bas, les yeux agrandis par l’horreur alors qu’Eleyna défiait la dragonne du regard, voulant soutenir ses deux amis et puis de toute façon elle ne l’aimait pas cette dragonne ! Pourtant celle-ci semblait plus embêtée qu’autre chose et commença à gronder en dragon vers Tristan. Ce que bien peu de personnes pouvait comprendre… Seule Cassidy et Alanir en fait.

- Fichez lui la paix ! C’est un ordre !

Des vois répondaient mais sans sembler appartenir à personne si ce n’est aux fantômes qui commencèrent à se matérialiser devant eux, ceux qui avaient formé Tristan.

- C’était les termes du contrat !
- Je me fiche de vos termes ! Des durées absurdes et des évènements inattendus ! Vous n’avez pas à jouer sur les mots ! Même venant de dragons c’est très bas !
- Oh mais nous ne pouvons pas l’emmener ! La petite mage nous en empêche et elle ne semble même pas s’en rendre compte d’ailleurs ! Mais c’était clair. Il est à nous maintenant et par conséquent à toi.
- … Prolongez le test.
- Quoi ?
- Vous l’avez testé lui. Très bien. Testez la elle !
- Mais…


Regard sévère de la dragonne alors que les fantômes semblaient converser entre eux. Ils disparurent brusquement alors que le silence revenait et que Tristan au sol avait cessé de trembloter. La dragonne soupira en se passant la main sur le front, l’air franchement ennuyée par toute cette histoire en marmonnant que ça n’allait pas être simple pour le coup après avoir fixé avec insistance le dos du jeune homme étalé au sol. Elle se tourna vers Cassidy qui déjà était au chevet de son petit ami, essayant de le réveiller, l’air folle d’inquiétude.

- Désolée, j’ai pas trop eu le choix là, mais ça va pas te plaire je pense.
- Mgnhnhnhnnnn

Tristan semblait se réveiller, se redressant assis en baillant à s’en décrocher la mâchoire avant d’ouvrir des yeux presque totalement noirs sur tous les visages inquiets posés sur lui, de froncer les sourcils et de relever les yeux vers Kayla, son visage devenant encore plus perplexe alors qu’il s’examinait avec surprise.

- Bah qu’est ce que je fais là moi ?
- Bonjour Ikael.
- Lut Kayla !

Sans accorder le moindre regard à Cassidy, le Drakkari venait de se redresser, secouant son corps humain en paraissant fort troublé par cette apparence et tentait de s’habituer à ses cheveux ébouriffés, passant la main dedans en observant les alentours, très troublé de se retrouver là apparemment.

- Je suis humain ?
- Oui, parmi des tas d’humains comme tu peux le constater. Je sais que tu es totalement dragon et que donc c’est troublant mais apparemment c’est ta punition pour ne pas avoir respecté un contrat.
- Contrat ?
- Oui à propos d’une humaine… De tes sentiments pour elle.
- Humaine… Ah oui Cassidy ! Et de quoi ? Des sentiments ? Qu’est ce que tu racontes Kayla ! Tu sais bien que les humaines tout ce qui m’intéresse chez elles c’est de…
- Oui, je suis au courant.
- Wooooooh elles sont super sexy ici !

Le jeune homme venait de se retourner, observant les jeunes femmes avec un sourire de prédateur en quête de proie ! Et apparemment la vue lui plaisait beaucoup. Sous les regards troublés de tout le monde, les instincts les plus primitifs de Tristan, et donc son côté dragon, s’étaient tous matérialisés dans son corps humain et vu la manière dont il fixait les jeunes femmes… son intérêt était tout sauf innocent. Il posa enfin ses yeux sur Cassidy qui était extrêmement pâle et son regard se mit à briller de convoitise alors que sa gorge s’asséchait.

- Ok… Chasse gardée, celle-là est à mooooooooiiii !!!! Scanda t-il ravi, apparemment très joueur en sautillant, maladroitement, jusqu’à la petite mage, se penchant déjà vers elle, un regard séducteur aux lèvres. Miam…

La jeune femme, totalement chamboulée n’avait fait qu’un très léger pas en arrière et déjà il fronçait les sourcils en grognant, portant la main à son poignet pour ôter le bracelet qui le protégeait de ses pulsions… mais qui protégeait encore et surtout les demoiselles du trop plein de phéromones qu’il dégageait en temps normal. Cela dut troubler suffisamment la jeune femme l’espace d’une seconde pour qu’il encadre fermement ses hanches de ses mains. Apparemment, vu comment il froissait la tissus de sa tunique, il comptait probablement la déshabiller et faire une sacrée partie de jambes en l’air avec elle devant tout le monde sous un soupir pas le moins du monde gêné de la dragonne qui semblait plus préoccupée par la nourriture qu’autre chose à cet instant. Pourtant, le regard du jeune homme se troubla un court instant alors qu’il secouait la tête, semblant lutter contre quelque chose et que ses yeux se faisaient surpris, inquiets…

- C… Cassy ? Qu’est ce que…

Cela s’arrêta tout aussi brusquement et il reprit son comportement de mâle dominant habitué à se servir et apparemment qui voulait VRAIMENT déshabiller la petite mage devant tout le monde mais cela rassura un bref instant Eleyna et surprit énormément la dragonne qui s’était retournée !
Heureusement que la guerrière était là en tous les cas car elle avait saisi une buche qui devait alimenter le grand barbecue et l’avait assénée violemment sur le crâne du beau jeune homme, apparemment pas du tout décidée à le laisser faire succomber toutes les femmes à ces hormones et encore moins à ce qu’il viole à moitié sa compagne devant tout le monde ! Non mais !!!!!
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Cassidy Herediane
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MessageSujet: Re: Parce qu'abandonner n'existe pas...   Sam 26 Juil - 0:06

Cassidy était aux anges après cette première journée même si elle était toujours un peu maladroite. Et pourtant elle s’amusait énormément, retrouvant un peu la nostalgie de leurs premières fois. La demoiselle souriait alors qu’ils parlaient avec animation, Tristan s’adressant à son aîné, lui donnant des conseils. Alanir fit un sourire, nullement gêné par les conseils de Tristan, taquin et de bonne humeur également.

- Ah ben ça… je risque d’avoir un briefing complet ! M’enfin ça m’arrange aussi de pouvoir m’entraîner même si c’est une dame qui va me faire mordre la poussière ! Je n’arriverais même plus à marcher je pense

Eleyna râla pour la forme et tout le monde éclata de rire. Cassidy observait le ciel. Elle se sentait bien tout allait pour le mieux. Tristan se confiait de plus en plus. Elle avait beaucoup apprécié qu’il lui dise la vérité la veille au sujet de la drague et semblait bien soulagée qu’il n’ait pas craqué. Cela la rassurait. Elle avait également hâte de pouvoir voler à nouveau avec lui, mine de rien cela lui manquait. Bonheur oui… Maud avait raison. Elle se rappelait également leur petit entraînement du matin où elle avait commencé à s’inquiéter mais finalement qu’il s’était approché d’elle. Il avait du ressentir à ce moment là la petite pointe de soulagement et même une certaine acceptation de sa forme de dragon de la part de la demoiselle. Oui… communiquer d’une autre façon, pour qu’elle n’ait plus dans la tête les images de dragons qui hurlaient, tranchaient, la blessaient. Le voir aussi calme et joueur lui permettait de mieux accepter le Tristan, que c’était bien lui… sous une autre forme. Mais c’était lui. Elle avait prit le temps de l’examiner à ce moment, ressentant une petite pointe de bonheur. Souriante, elle avait hâte du prochain moment. Après tout, leurs séances de vol finiraient par complètement synchroniser leur lien et elle, l’acceptation et l’amour qu’elle lui portait, peu importe ce qu’il était. Oui elle avait hâte…

Le soir cependant, elle décida de parler avec Eleyna qui lui fit une bien étrange révélation. Son double du futur savait. Une pointe de douleur apparut dans le cœur de Cassidy. Elle aurait pu apprendre tellement de choses. Comment pouvait-elle savoir ce qui marchait et ne marchait pas ? Elle parlait de fragilité. Ca Cassidy le savait très bien mais elle ne voulait pas le traiter comme un enfant un peu trop faible justement et puis son égo de mâle n’appréciait que trop peu. Effectivement, elle avait beaucoup à réfléchir et se sentait stupide de ne pas avoir penser à son double à ce moment là. Quels mystères restaient-ils encore à découvrir. Juste avant de rentrer, Cassidy s’exprima une dernière fois, sans se retourner vers son interlocutrice.

« Au fait, je suis peut être méfiante mais Alanir vous aime bien en tout cas… Et avec celui là… c’était pas gagné d’avance non plus. »

Elle sourit doucement avant de rentrer et de se poser sur le lit, vaquant à ses pensées. Tristan la rejoignit et elle l’accueillit avec beaucoup de chaleur. De doux baisers, il balança une phrase qui l’inquiéta lourdement. Mais alors qu’elle comprenait, la demoiselle le trouva encore plus adorable et le serra doucement contre elle. Oui… magnifique nuit, magnifique début de journée et tout le monde était bien en forme !

La première épreuve consistait à faire la cuisine. Cassidy se surpassa pour offrir le meilleur repas possible à son compagnon et ce, même si elle se coupa légèrement le doigt et qu’il déposa un baiser dessus pour lui guérir.

La suivante, il fallait passer ses mains dans les cheveux des garçons. Cassidy fixait avec un regard peu amen les autres filles, intimidante, comme si elle refusait qu’on ne touche davantage son beau compagnon. Heureusement il la rassurait en écourtant le moment, alors que certaines voulaient en profiter un peu.

Le tour suivant se passa aussi bien pour Cassidy et Tristan. Un frisson parcourut la demoiselle alors qu’elle sentit les doigts de Tristan sur son bras et elle se plaça très rapidement dans ses bras, déposant un baiser sur ses lèvres, sûre de son coup.

Et puis, ce fut le tour des questions. Si Cassidy répondait plutôt correctement, il y avait des choses qu’elle ignorait, alors elle répondait totalement au hasard, pourvu que cela soit drôle ! Et en effet, tout le monde passait un bon moment, sous les éclats de rire et les applaudissements de la foule.

Ils étaient ensuite en train de parler de la prochaine épreuve pendant le repas alors que Cassidy riait aux éclats, regardant les deux hommes se chamailler pour des crêpes lorsqu’un rire peu commun résonna au loin. La demoiselle tourna la tête et se crispa aussitôt, reconnaissant la fameuse dragonne. La jalousie monta d’un cran alors qu’elle se tendit, son sourire ayant disparu de son visage, prenant un air froid. Un échange de paroles, elle ne se prenait vraiment pas pour rien. Alanir était aussi en posture défensive, prêt à intervenir mais c’était surtout Cassidy qui s’était approchée de Tristan et assurait de montrer leur relation à la nouvelle venue et qu’elle ne lâcherait rien. Attendant la moindre occasion pour lui sauter dessus. Cependant, cette dernière la déstabilisa en parlant des exigences des dragons. Cassidy se crispa, ne comprenant pas.

Mais les paroles de Tristan la rassurèrent… c’était étrange en même temps… mais elle n’eut pas le temps de s’en faire davantage car Tristan venait de se plier au sol. Sa douleur affola Cassidy qui en ressentait une bonne partie par leur lien. La dragonne tenta de l’éloigner mais la petite mage ne se laissa pas faire, appelant son compagnon, tentant de comprendre et semblait même prête à foudroyer sur place ceux qui faisaient du mal à son bien aimé… et pourtant… quelque chose dans son lien semblait lui faire comprendre que quelque chose venait de se modifier. Elle se figea sur place, écoutant le discours.

Cassidy avait la bouche légèrement ouverte, ses yeux observant les évènements alors qu’elle réalisait à peine ce qui se passait, comme portée par un état second. Elle se crispa juste légèrement lorsqu’Eleyna asséna un violent coup sur le crâne du beau jeune homme qui s’effondra devant elle. Alanir, par respect, se déplaça et retint son cadet avant que celui-ci ne touche le sol. Même si il avait voulu déshabiller la petite mage, le grand dragon savait pertinemment que Tristan n’aurait pas réagi comme ça dans un état « normal ». Il le sentait extrêmement dragon et nul doute que ces étranges « esprits » y étaient pour quelque chose. Doucement il le réceptionna et le déposa à même le sol, embarrassé et attrapant une serviette posée sur la table pour un peu surélever sa tête. Geste plein d’attention de la part du dragon de feu. En même temps, Cassidy n’était pas en état de réagir.

En effet, la petite mage était devenue très pâle puis elle s’était détournée de Tristan, muette, ne voulant pas croire à la réalité de la situation. Puis, alors que rien ne le laissait présager, Alanir se mit à hurler un ordre aux curieux et ses yeux semblaient paniqués alors qu’il regardait un groupe d’enfants tous étonnés, face à la petite mage qui semblait faire un malaise.

- A TERRE !!!!

Malheureusement, personne ne réagit, ne comprenant pas ce qui pouvait arriver. Le grand dragon se releva précipitamment, avec une rapidité surprenante, dépassa Cassidy et plongea sur les enfants en les faisant tomber au sol, les protégeant de ses grands bras musclés, prenant l’impact du sol à leur place. Ce qu’il cherchait à dire se manifesta quelques secondes après alors qu’une lueur dorée entoura la petite mage avant de devenir un grand éclat bien visible qui passa juste au dessus d’Alanir et des enfants, grillant quelques mèches de cheveux rouges au passage. Mais l’éclat ne s’arrêta pas et percuta de plein fouet un grand arbre dans le passage au même moment où Cassidy tombait au sol, évanouie.

La puissance du choc fit vaciller l’arbre qui déclina en avant, menaçant les maisons présentes dans ce coin. Sans reprendre son souffle, le dragon se redressa mais avec attention au passage pour ne pas blesser les enfants dans sa course, courant à perdre haleine dans la direction de l’arbre, se figeant devant lui, les mains tendues en avant. L’arbre se mit à gémir et le percuta de plein fouet alors que des cris résonnaient dans l’assemblée. Cependant, la force extraordinaire du dragon lui permettait de maintenir l’arbre en hauteur, même si son visage était tendu et témoignait d’un énorme effort. Puis, sans crier gare, l’arbre s’enflamma. La flamme partait des mains d’Alanir et enroba complètement l’énorme tronc. Elle fut particulièrement efficace et l’arbre se retrouva réduit en un petit tas de cendre, le feu disparaissant, ayant fait son travail.

Le dragon revint vers les autres, apparemment très embêté par son action. Il avait hésité entre l’arbre et retenir Cassidy mais il se doutait que quelqu’un retiendrait la petite mage alors qu’un arbre, personne ne pourrait réagir à temps. Et en effet, Eleyna avait attrapé Cassidy pour lui éviter une chute douloureuse. Alanir la remercia d’un petit mouvement de tête, très désolé. Il se tourna vers Eleyna, parlant à voix basse, se passant une main derrière la tête, sa mâchoire crispée.

- Désolé pour l’arbre… J’avais pas d’autre choix mais… je replanterais une graine et Cassy la fera grandir enfin… quand… quand ça ira mieux…

Il savait pour Eleyna et sa nature de demi elfe. La végétation devait être quelque chose d’important pour elle et le dragon était un peu peiné de ne savoir que détruire mais son attitude était véritablement touchante. Voilà de quoi offrir un beau spectacle à la dragonne entre une petite humaine à la magie fulgurante et un dragon… qui s’inquiétait beaucoup pour les humains qu’il fréquentait et qui portait une attention évidente à ce qui l’entourait. Preuve encore qu’il évoluait énormément au contact d’humains.

Le grand dragon se tourna vers Tristan qu’il jaugea du regard, ne sachant que penser de cette épreuve. Ca c’était vraiment exagéré ! Et il maudissait les esprits dragons d’avoir agi ainsi. Déjà que Cassidy se remettait à peine de son séjour d’un an alors ça… il priait le ciel pour qu’elle trouve la force et le courage de surmonter cette nouvelle épreuve, au final, pas si éloignée que ça de la dernière, remontant à peine à… un peu plus d’une semaine au final. Il grogna, soupira un instant puis souleva Tristan, passant son bras autour de sa nuque. Il chercha un homme pas trop occupé par les hormones de la dragonne mais ce n’était pas si simple que ça. Soupirant, il aperçut enfin le maître d’armes de Tristan, inquiet pour son élève et lui demanda de l’aider à ramener Tristan à l’appartement. Il se tourna ensuite vers Maud, l’air désolé.

- Hum… Maud… pour les dernières épreuves et tout le reste, va falloir reporter tout ça… je crains qu’ils vont être hors jeu pendant… un moment…

Pas très réjouissant tout ça et fête totalement gâchée ! Le grand dragon ruminait alors que la dragonne voulait apparemment les suivre, désirant rester proche de Tristan lorsque celui-ci se réveillerait. Alanir lui jeta un regard noir et sombre. Il n’avait pas l’air d’être conquis par le charmant minois et ne semblait pas ressentir la moindre attirance pour elle, vouant plutôt une certaine méfiance et se doutant plus que certainement son objectif.

- Tu ne l’approcheras pas, dragonne… Tristan ne t’appartient pas et ça n’arriveras pas. Un seul geste et je te ferais regretter d’être venue jusqu’ici…

Puis il se détourna, tout en portant le jeune homme à bout de bras avec le maître de ce dernier. Il était resté relativement calme, juste menaçant mais calme. Inutile de rentrer dans une bagarre devant tout le monde et d’effrayer les humains. Mais le dragon se doutait bien que cette dernière n’avait que faire de son ordre et qu’elle reviendrait à la charge bien rapidement même si connaître sa capacité pouvait un tout petit peu l’en dissuader. Après tout, les dragons aimaient bien jouer et il était bien placé pour le savoir…

La mine sombre, suivi d’Eleyna qui portait Cassidy, ils rentrèrent à l’appartement. Alanir demanda au maître d’entraîner Tristan sur son lit alors que Cassidy fut déposée dans la chambre d’amis. D’après lui, c’était préférable car si Tristan venait à se réveiller en premier, nul doute qu’il cherchait à sauter sur la petite mage sans lui laisser le temps de se réveiller entièrement.

Puis il vint s’asseoir à table, se faisant un café, Eleyna le rejoignant. Il lui en prépara un également avant de s’asseoir sans toucher à sa tasse et de se masser doucement le front tout en fermant les yeux et poussant un profond soupir blasé.

- Fallait bien que ça arrive maintenant ça…

Il resta un instant silencieux avant de continuer de parler.

- On a vraiment un gros problème sur les bras mais je pense que tu étais aussi bien au courant que moi. T’as déjà vu comment Tristan se comportait en dragon… ça risque de faire pas mal de dégâts… surtout… si Cassy n’arrive pas à passer au-dessus de tout ça alors…

Alanir soupira, ne sachant pas trop quoi penser. C’était trop récent… beaucoup trop récent.
Eleyna tenta de l’apaiser, lui déclarant qu’ils allaient encore devoir jouer leurs rôles de soutien dans cette épreuve et que si le petit couple flanchait, c’était à eux de les aider à se redresser. Après tout c’était un travail d’équipe. Ils parlèrent encore un long moment, mais c’est surtout Alanir qui expliqua à Eleyna ce qu’elle devait savoir sur les dragons, leur façon de vivre, d’agir, tout ceci afin de pouvoir contrer ou contre attaquer. Il lui parla également d’un point faible totalement surprenant, juste au cas où.

- 5 cm sous le cœur, si tu donnes une pression nette et précise, ça peut paralyser un dragon. C’est un petit truc dans notre corps différent des humains. Mais tous les dragons n’ont pas connaissance de ce point faible, ils pensent juste que c’est un coup comme ça. C’est mon clan qui me l’a appris de génération en génération et cela reste secret pour les autres. Espérons que tu n’auras pas besoin de t’en servir…

Que ce soit pour Tristan ou un autre dragon, voilà un précieux conseil qu’il donnait à Eleyna.
La capitaine s’inquiétait aussi pour l’état de Cassidy et sa magie qui se déclenchait comme ça d’un coup, sans crier gare. Le dragon soupira et baissa lentement la tête en remuant sa tasse de café avec une petite cuillère.

- Quand ses émotions deviennent trop fortes, elle n’arrive plus à contrôler l’excédent de magie dans son corps. Ca explose et détruit n’importe quoi sur son passage. Depuis qu’on est passé sur cette île, sa magie a été débloquée de plusieurs crans au dessus, ce qui lui permet d’utiliser sa véritable magie… celle qui n’est pas humaine. Et… disons que Cassy a énormément de mal à se contenir. Tristan a vraiment un effet bénéfique sur elle. Avant c’était pire… et c’est pour ça que j’ai été matérialisé à la base… pour réparer les dégâts, éviter qu’elle ne blesse quelqu’un, et la soutenir si elle fait un malaise.

Une confession plutôt intéressante mais Alanir devait bien la vérité à Eleyna, elle qui l’avait tant soutenu. Et puis, il fallait quand même reconnaître que le dragon se sentait proche d’elle. Peut être pas autant que Cassidy mais ce n’était peut être pas le même genre de sentiments.
Ils discutèrent encore un moment ensemble.

La porte de la chambre d’amis s’ouvrit, laissant apparaître une Cassidy les cheveux en bataille, la tresse que Tristan avait soigneusement fait le matin complètement partie, le teint pâle et le regard perdu dans le vide. Elle ne semblait faire attention à personne et se dirigeait déjà vers la sortie quand Alanir se leva et se plaça devant et posant ses mains sur ses épaules, l’air inquiet.

- Whoooo ! Cassy ! Ca va ? Tu vas où comme ça ? Tu devrais te…

« Jvais aller buter les dragons ! C’est leur faute ! C’est leur faute si Tris’ est comme ça ! Pourquoi ?! Pourquoi ?! Pourquoiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii ! »

Elle s’était réveillée d’un coup, faisant apparaître ses émotions d’un coup et tambourinant de ses petits poings le torse d’Alanir. Le dragon lui attrapa fermement les poignets et la fixa droit dans les yeux.

- Arrête Cassy ! Cela ne fera pas redevenir Tristan normal et tu le sais bien… il a besoin de toi… il a besoin que tu l’aides… c’est…

« Non Alanir j’ai échoué ! J’ai échoué ! Je pensais pas que… qu’il deviendrait totalement dragon… je pensais pas que ça se passerait comme ça ! Le défendre oui mais comment défendre quelqu’un qui n’a plus de sentiments ?! Comment lui faire comprendre que… que… »

Les larmes montèrent dans ses yeux alors qu’elle tremblait et tentait de se débattre faiblement. Elle hoquetait, ses nerfs lâchaient et avoir vu Tristan totalement différent semblait l’avoir réellement atteinte.

- Chut c’est bon… Tu vas trouver un moyen… tu trouves toujours une solution et…

« JE N’AI PAS REUSSI A SAUVER NOTRE ENFANT !! ALORS COMMENT JE POURRAIS LE SAUVER LUI ?! »

Elle se déroba de sa prise bien faible et ouvrit la porte en grand avant de s’enfuir dehors, les larmes coulant le long de ses joues. Oui… c’était trop tôt… c’était trop frais… Elle venait à peine de le retrouver… pour le reperdre à nouveau. Passage d’une année entière sur l’île puis l’oubli total et les retrouvailles ne dataient que de quelques jours. Alors elle avait de quoi être chamboulée en effet.

Alanir laissa retomber ses bras, secouant lentement la tête, retournant s’asseoir à côté d’Eleyna. Il valait mieux que Cassidy reste seule pour l’instant, la rejoindre ne la calmerait pas pour autant.
Et en effet, Cassidy était inconsolable. Elle ne voulait pas voir Tristan devenir comme ça… et pour elle, c’était vécu comme un échec, de ne pas avoir réussi à changer les choses. Elle s’était isolée sur son rocher au dessus de la cascade, tout en hauteur, assise en tailleur, pleurant à chaudes larmes. Tous les souvenirs lui revinrent en mémoire, la demande de détresse de Tristan qui voulait qu’elle l’aide. Mais elle n’avait pas réussi à empêcher sa partie dragon de prendre le dessus… elle n’avait pas pu. C’était horrible ! Tellement horrible ! Et elle était lasse de devoir se battre à chaque fois sans avoir un instant de répit. Cette journée aurait du être formidable… Etait-elle condamnée à rester malheureuse ? Elle ne voulait pas d’un autre homme ! Elle ne désirait que Tristan… uniquement lui.

Cette pensée lui tordit l’estomac alors qu’elle était agitée de spasmes. La culpabilité, les remords… Une montagne insurmontable pour elle, rien que ça.

Pendant qu’elle ruminait, Alanir et Eleyna se frottaient à un tout autre registre. Tristan s’était finalement réveillé et il avait envie de partir à l’aventure dehors, profiter de toutes les femelles, puisque la petite mage n’était pas présente. L’aîné le mit en garde assez rudement, le jeunot ne voulait apparemment pas se laisser faire et ne comprenait pas pourquoi il lui interdisait quelque chose de naturel, ce en quoi Alanir répondait qu’il comprendrait bien que son poing dans sa petite tête c’était aussi très naturel ! Cela faisait de la peine au dragon de réagir comme ça, mais ils n’avaient pas le choix, tant que Cassidy n’avait pas retrouvé ses esprits, ils devraient être vigilants à sa place.

La jeune femme était au bord du gouffre. Ses larmes continuaient de couler le long de ses joues. Inconsolable… sa vie était minable. Elle comprenait pourquoi on lui avait tout enlevé… voir la transformation de Tristan était extrêmement dure, encore plus que le séjour sur son île… car sur l’île elle croyait toujours en lui alors que là… tout était flou… tout était incertain… Il faisait froid. Elle n’avait rien sur les épaules, ne grelottait pas, ne semblait pas ressentir la température. Puis, son visage se fit encore plus pâle alors qu’elle se redressa, ne semblant plus rien ressentir ou du moins, acceptant sa situation. Tout doucement, elle avança vers le vide. L’eau s’écoulait dans la cascade glacée. Elle se rappelait qu’une fois Tristan l’avait sauvé… mais.. ça n’arriverait pas cette fois là. Ou peut être espérait-elle qu’il vienne à son secours.

La jeune femme avait enlevé ses bottes, elle tendit les bras en croix, au dessus du vide, regardant la surface de l’eau, faisant tomber quelques cailloux en bas. Inspirant profondément en fermant les yeux, les cheveux dorés flottant autour d’elle, rebelles, elle se mit à sourire doucement.

« Tris’… »

Puis elle se jeta dans le vide.

Alanir était vraiment blasé mais heureusement, Tristan avait l’air de comprendre qu’avec cet aîné peu compréhensif à côté de lui, il n’aurait pas le champ libre pour agir. Sauf que le dragon avait relevé la tête et fixait désormais la grande cascade, enfin surtout la personne qui tombait de tout là haut. Son expression vira à la colère et l’horreur.

- Mais quelle idiote !

Très rapidement, il se métamorphosa en dragon de feu, prit son envol et se dirigea vers la cascade à toute vitesse. Alanir avait réussi à dire à Eleyna par pensée qu’il allait s’occuper de Cassidy, qu’il la laissait s’occuper de Tristan pour l’instant, en espérant ne pas être trop long. C’était une nouvelle chose qu’il arrivait à faire avec son amie. Autant étonnant que cela puisse paraître, cela fonctionnait même si c’était que très court et un contact vraiment mauvais.
Il réceptionna Cassidy qui tomba sur son dos comme un sac de patates, ne s’attendant certainement pas à être récupérée par le dragon de feu.

« LAAAAAAAAAACHE MOIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII ! »

Alanir grogna et monta plus haut dans le ciel. Elle glissa et il la rattrapa par une de ses pattes, ce qui était loin d’être très flatteur, s’envolant avec elle dans le ciel au loin.

*Une petite promenade dans les airs ça te changera les idées*

Il prit de l’altitude, traversant les nuages, avec une Cassidy qui chouinait tout autant.

« Lâche moi Alanir… Je ne peux pas continuer à vivre comme ça… Je n’y arriverais pas, y a rien à faire je le sais… »

Le dragon hésita un instant puis parla avec elle, très en colère.

* Très bien ! Très bien ! Fais comme tu veux ! Après tout, il t’as aidé à redevenir normale alors que tu étais perdue. Il a tout fait pour que tu sois bien et maintenant qu’il réclame ton aide, qu’il a vraiment besoin de toi, tu préfères fuir. Alors bonne journée !*

Puis il la laissa tomber dans le vide à une très haute distance. La jeune femme chutait. Les paroles du dragon semblaient l’avoir impacté. Alors qu’elle tombait, de nouvelles images résonnaient dans sa tête. Elle se rappelait des derniers moments passés avec Tristan… combien il lui avait dit qu’il l’aimait, qu’il n’irait voir personne d’autre… elle se rappelait leurs moments de bonheur dans le lit, dans leurs jeux… dans tous les petits moments du quotidien. Il s’était accroché à tout ça, il ne voulait pas changé. Et si c’était comme elle ? Et si il suffisait de l’aider pour le faire redevenir normal ? L’aimait-elle suffisamment pour accepter ce pari ? Tristan ne voulait pas la faire souffrir… il voulait vraiment fonder une famille avec elle. Son doux sourire lui revint en mémoire alors que ses larmes devinrent sèches sous la pression du vent. Si elle le laissait rester comme ça, alors c’était pire que de ne pas avoir essayé ! Petit à petit, une douce chaleur l’enveloppa, rassurante. Qui avait dit que la vie était facile ? Tout ce qu’elle lui avait promis… était-ce une menteuse ? Ses doutes commencèrent à changer alors qu’elle semblait revenir à elle. Dans le vide… seule… elle allait s’écraser au sol. Mais elle ne voulait plus mourir !
Aussitôt sa pensée énoncée que le grand dragon de feu se jeta sous elle alors qu’elle retombait en douceur sur son dos.

* Calmée ?*

« Je pense oui… »

Il battit des ailes un instant pour reprendre de l’altitude alors que la petite mage reprenait une position plus confortable.

* Que désires-tu vraiment Cassidy Herediane ?*

« Faire retrouver ses sentiments à Tristan… et… vivre avec lui jusqu’à la fin de nos jours… l’aider à équilibrer sa partie dragonne et humaine… être là pour lui dans la peine et dans les joies… »

* Bien ! Y a du boulot… Alors autant s’y mettre tout de suite car il y a une dragonne qui a bien envie de copuler avec ton fiancé.*

Très rapidement, ils retournèrent à la cité où Eleyna avait toutes les peines du monde à empêcher Tristan et la dragonne de se rapprocher. D’autant plus que celui-ci avait enlevé son bracelet de force et attirait toutes les filles du coin. Kayla était très occupée à son petit jeu de séduction mais elle sentit quelque chose et fit un pas en arrière pour mettre de la distance avec Tristan, Eleyna ayant toutes les peines du monde à se mettre entre eux. En effet, elle fit bien car quelque chose tombait du ciel, ou plutôt quelqu’un. Arrivant au sol, il semblerait que quelque chose agissait sur ses pieds pour ralentir sa chute alors qu’elle pliait ses jambes pour encaisser le choc avant de se redresser fièrement, dévoilant une cascade de cheveux blonds extrêmement en bataille, une grande mèche venant se mettre devant son œil gauche, lui donnant des airs de sauvage. La magie avait été très forte l’instant d’avant puis s’était dissipée en même temps qu’elle se redressait.

« Ne t’approches pas de mon fiancé la dragonne… Je ne leur permettrais pas… »

Un grand bruit retentit juste un peu plus loin suivit d’un étouffement et d’un cri de colère. Alanir venait de redevenir humain et tombait apparemment d’un arbre en se frottant les fesses. Le dragon râlait comme quoi il avait encore du mal à maîtriser ses transformations et qu’il n’arrivait pas à atterrir en sautant. Cassidy toussota doucement, prenant un air désolé pour lui. Puis elle se tourna de nouveau vers Tristan, souriant timidement.

« Bon Tris’ viens avec moi et éloignons nous d’ici… trop de femelles dans le coin… »

Il se mit à râler en faisant comprendre que justement c’était une bonne chose. Premier refus. La jeune femme soupira et regarda ses poignets. Plus de bracelet… Elle se concentra, tendit les mains et fit apparaître ses bracelets de force à l’intérieur de ses paumes avec un sourire. Sauf que le garçon avait compris ce qu’elle avait l’intention de faire et ne semblait pas, mais alors pas du tout d’accord ! Cassidy lui fit alors les yeux doux, un sourire séducteur, cela le calma un peu mais ne le faisait pas coopérer pour autant. Puis, pour le surprendre, elle jeta les bracelets derrière son dos puis s’accrocha à sa nuque pour déposer sur ses lèvres un renversant et fougueux baiser qui dura un long moment. Sa défense céda alors qu’il répondait à son baiser avec une fougue presque… brutale. Elle ne broncha pas et continua un moment, avant de s’écarter et de faire glisser ses mains sur ses poignets justement… qui étaient entourés par ses bracelets ! Quelle surprise pour lui ! Elle les avaient simplement fait léviter et accrocher à ses poignets pendant le baiser, trop occupé, il n’avait pas fait attention.

De plus, une petite lueur violette était apparue sur le devant des bracelets en cuir, elles se mirent à clignoter avant de disparaître. Tristan semblait se demander ce que c’était, ce à quoi s’empressa de répondre Cassidy, caressant doucement son bras tout en lui donnant des légers frissons, ce qui le rendait particulièrement sensible.

« T’inquiètes pas, ça ne te fera rien, c’est juste une protection supplémentaire. J’ai mis un petit enchantement vite fait… si tu essaie de les enlever encore une fois, crois moi, tu aurais tellement mal à l’entrejambe qu’il te sera impossible de te déplacer pendant une bonne heure… voire de t’évanouir de douleur si tu cherches à les retirer… je ne te conseille pas de tester… »

Malgré son sourire, elle paraissait tout à fait sérieuse dans ses paroles. Il râla une nouvelle fois, prétextant que cela ne l’empêcherait pas de draguer, qu’il y avait beaucoup de filles et même avec ses bracelets, il était tout à fait capable de draguer. Un nouveau sourire apparut sur les lèvres de la demoiselle.

« Tu crois ? »

Elle se tourna vers l’assemblée. Il est vrai qu’il avait attiré une foule de filles. C’était parfait. Cassidy se tourna vers elle.

« Mesdemoiselles, comme vous devez le savoir, ce mâle m’appartient. Je ne tolèrerais aucune drague, aucun rapprochement de votre part. Je suis une mage, donc c’est très facile de vérifier… Si une seule de vous s’approche de lui ou se laisse tenter par ses charmes, je vous assure que cette fille ne pourra plus contempler son petit minois dans un miroir tellement celui-ci sera… déformé… à vie je précise. Alors merci de prévenir vos amies de la cité, car je ne ferais pas deux annonces, vous êtes prévenues… Bonne soirée ! »

On aurait dit qu’elle faisait une démonstration, ironiquement. Mais cela suffit à éparpiller l’assemblée, le surplus d’hormones de Tristan étant contrôlé par les bracelets. Le jeune homme ne semblait pas vraiment content. Mais avant qu’il n’ait le temps de réagir, elle le prit par la main et l’entraîna un peu plus, dans une petite ruelle. Eleyna crut comprendre ce qui se passait, car elle se mit face à la dragonne, l’empêchant de les rejoindre. Alanir l’avait vite rejoindre et se faisait vraiment très menaçant.

Cassidy se mit à courir avec Tristan avant de s’arrêter dans une allée déserte. Il ouvrit la bouche pour râler mais elle le prit de cours en le plaquant contre un mur, se collant contre son torse et s’emparant de ses lèvres pour un long baiser bien langoureux qui aurait fait tourner bien des têtes. Le cœur de la jeune femme battait la chamade. Elle devait lui donner cette exigence qu’il cherchait, elle devait le rendre fou de désir pour qu’il ne détourne pas les yeux d’elle. La demoiselle se fit bien plus insistante, passant sa main droite dans ses cheveux rouges tout en continuant de l’embrasser. Elle sentit ses mains descendre le long de sa taille et agripper le tissu pour lui enlever, voire le déchirer. Elle sentit à travers leur lien qu’il avait envie, là, maintenant. Cassidy choisit ce moment pour se décoller de ses lèvres puis se recula alors qu’il la regardait, étonné. Elle posa son index sur sa propre bouche en le regardant.

« Tututu… il va falloir te retenir un peu si tu veux voir la suite mais si tu peux attendre, je peux t’assurer que tu ne le regretteras pas… »

Clin d’œil complice alors qu’il semblait très déçu mais elle le prit par la main et c’est très discrètement en évitant la dragonne qu’elle remonta à l’appartement. En même temps elle n’était pas très couverte et se baladait pieds nus depuis tout à l’heure. La demoiselle ne semblait pas s’en plaindre. Tristan finit par la suivre. Ils rentrèrent et elle l’invita à venir à table avant de préparer à manger. Alanir et Eleyna choisirent ce moment pour rentrer, bien las. Surveiller et retenir la dragonne était bien compliqué !

Cassidy avait fait encore plus d’efforts pour préparer les plats préférés de Tristan, sans savoir comment il réagirait. Après tout, elle ne savait pas les différences avec lui dragon. D’ailleurs son séjour en cuisine avait été plutôt bruyant. Maladroite avec les casseroles, faisant tomber des ustensiles au sol, un peu nerveuse et fébrile. Eleyna et Alanir semblaient contents car Cassidy avait vraiment mis du cœur à l’ouvrage mais Tristan semblait bien moins démonstratif. Lorsque son aîné aperçut l’air déçu dans les yeux de Cassidy qui guettait ses réactions, il donna une énorme claque derrière la tête de Tristan, poussant un grognement désapprobateur.

- Lorsqu’une personne prend du temps pour préparer quelque chose, on apprécie et on lui montre !

Tristan ne réagit que très peu et Cassidy se détourna un instant pour respirer un coup et supporter cette dure épreuve. Il se leva finalement après avoir terminé son assiette et prétexta aller prendre une douche. Au départ, Cassidy débarrassait et n’avait rien vu. Ce fut Alanir qui entendit le bruit de la porte d’entrée qui s’ouvrit et se referma avant qu’une silhouette ne se dirige vers la salle de bains. Le dragon fronça les sourcils et ouvrit la porte, pour découvrir la dragonne, apparemment très heureuse par le spectacle. Alanir poussa un rugissement et attrapa le bras de la malpolie.

- Non mais j’hallucine ! On entre pas chez les gens comme ça ! C’est malpoli !

Il se fichait pas mal de la nudité de Tristan et attrapa l’autre très rudement avant de la pousser à la porte. Elle disait que chez les dragons il n’y avait pas de gêne. Il était sur le pas de la porte et croisa les bras, l’air menaçant.

- Merci je suis au courant mais nous sommes chez des humains ici alors la moindre des choses c’est de respecter leurs règles et coutumes. Que je te vois plus traîner dans le coin !

Alanir referma la porte à double tour et prit soin de condamner le balcon aussi. Ses congénères étaient vraiment des êtres stupides. Cassidy s’était dépêchée d’aller dans la chambre et Tristan finit par la rejoindre. Elle avait revêtue une nuisette absolument sexy et était allongée sur le lit, lui offrant un plateau de choix, de quoi le faire saliver. La demoiselle avait pris le soin d’apprendre certaines choses dans le livre de Maud afin de le combler encore plus. Après tout elle le connaissait par cœur, c’était désormais le moment de vérifier que toutes les nuits qu’ils avaient passé à se découvrir avaient servi à quelque chose.
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Cassidy Herediane
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MessageSujet: Re: Parce qu'abandonner n'existe pas...   Sam 26 Juil - 0:09

Tristan ne se retint pas vraiment et lui sauta assez rapidement dessus. Elle répondit avec une grande fougue, ayant à cœur de le combler, histoire qu’il n’aille jamais voir une autre femme. La demoiselle se rappelait des mots cruels de la dragonne. Les humains ne pouvaient pas combler les dragons, trop exigeants.  Cela faisait mal… Mais Tristan avait bien dit qu’elle n’était peut être pas totalement humaine et elle aussi s’en doutait. Alors elle devait faire jouer cette différence à son avantage. Inspirant doucement, elle chercha à se mettre à l’aise. Chercher un moyen de le combler encore plus que d’habitude, vraiment. Elle s’y prenait vraiment bien, connaissant tous ses points sensibles. Passant tantôt dans son cou en soufflant doucement puis redescendant en déposant des petits baisers sur son torse. Oui… devenir encore meilleur au lit. Tristan appréciait oui… mais il n’y avait pas cet échange, ce partage habituel. Il était toujours aussi fou de désir mais il manquait quelque chose. Et elle s’en rendit compte lorsqu’il l’attrapa, voulant passer directement à l’acte, se posant au dessus d’elle, tel un prédateur alors qu’elle voulait lui dire d’attendre, que ce n’était pas encore bon.

Mais il n’y fit pas attention et commença ses va et vient. Cela déstabilisa Cassidy mais elle respira un grand coup et décida de faire passer son plaisir après le sien, l’attrapant par la nuque et l’embrassant fougueusement. C’était bestial, très bestial. Elle avait eu à peine le temps de jeter un sort pour l’insonorisation. C’était… bien mais sans plus pour elle, même si elle paraissait fatiguée, la demoiselle recommença autant qu’il en réclamait, faisant fi de sa fatigue, jusqu’à ce qu’il soit entièrement satisfait avant qu’il se couche à côté d’elle, prêt pour une bonne nuit. Peinée, elle se redressa sur le lit et regarda ses pieds.

« C’était bien mais… c’est quand même mieux quand c’est partagé… tu me fais briller d’habitude. Je préfère quand même le Tristan qui prend le temps de bien faire les choses au lit… que tu sois dragon ne me dérange pas, je ferais n’importe quoi pour te rendre heureux et satisfait mais…enfin voilà quoi »

Elle soupira un instant avant de se coucher sur le côté, triste, finissant par s’endormir.

Le lendemain matin, la demoiselle avait reprit des forces. Elle s’était levée avant Tristan et avait pris le temps de lui faire son petit déjeuner. Lorsqu’il se réveilla, la demoiselle l’accueillit avec le sourire, déposant un baiser sur ses lèvres et lui montrant le petit déjeuner. Elle était très finement vêtue, dans le même style que la dragonne, c'est-à-dire, aussi peu couverte. Surprenant pour un hiver. Mais cela ne semblait pas la déranger.

Lorsqu’il eut finit, c’est avec un air enjoué qu’elle prit la main à Tristan en déclarant qu’il fallait à tout prix qu’elle lui montre quelque chose ! En effet, la demoiselle avait prévu de l’amener à sa petite clairière secrète. Peut être que cela lui rappellerait de tendres et doux moments passés en sa compagnie. Sortir aussi peu vêtue ne la dérangeait pas, d’autant plus que les hommes qui étaient de passage en profitaient pour se rincer l’œil en sifflant sur la petite mage. Elle se mit à sourire en les regardant chaleureusement, guettant la réaction de Tristan.

Puis elle continua son chemin. La dragonne semblait vouloir les accompagner mais Alanir et Eleyna étaient sur le qui-vive, l’empêchant de suivre le petit couple.

Cassidy semblait vraiment enthousiaste et faisait comme si de rien n’était, elle était douce, gentille, et semblait de bonne humeur aujourd’hui alors qu’elle le trainait par la main.

« Tu vas voir, ça va te faire du bien je pense ! »

Elle lâcha un moment sa main et lui demanda d’attendre alors qu’elle passait en avant pour ouvrir le passage. Mais Tristan semblait plus ennuyé qu’autre chose. Il voulait voler, il voulait des femelles et suivre Cassidy pour faire des trucs ennuyeux, cela ne semblait pas l’intéresser. Ou peut être que son instinct l’intimait à décoller. Elle le sentit changer et son sourire se décomposa alors qu’elle se tournait pour apercevoir Tristan en forme de dragon.

« Non attends ! Qu’est ce que tu fais ?! »

Cassidy tenta de se connecter à lui plusieurs fois avec son lien, cherchant à l’apaiser. Tentatives échouées. Elle paniquait ! Tristan commençait à déployer ses ailes. La demoiselle inspira lentement et ferma les yeux un instant. Elle n’avait plus le choix ! Rouvrant ses yeux dorés, elle fit apparaître une chaîne dorée dans sa main qu’elle guida vers la patte avant du dragon comme un lasso. Sa prise s’enchaîna au moment où il décollait. Elle prononça des mots bizarres puis le fixa un moment. Ses pieds prirent une lueur violette et elle resta statique. Tristan donna un grand coup d’ailes pour s’élever, la chaîne se tendit et le stoppa net dans son élan. Cassidy se tenait fixée au sol comme engluée et tenait à bout de bras la chaine de ses deux bras puissants… ou plutôt avec l’aide de la magie puisqu’elle le fixait de ses yeux dorés. Elle retenta le contact de leur lien plusieurs fois, faisant des appels mentaux dans sa tête.

* Tris’… S’il te plaît ne pars pas… Je sais que tu as envie de voler mais pas maintenant… on ira voler ensemble si tu veux mais s’il te plaît reste avec moi… ne me laisse pas toute seule !*

Cela ne semblait pas l’intéresser, il redonna un nouveau coup d’ailes puissant. Elle hurla, sentant le peu de magie qu’elle avait faiblir, les larmes commençant à couler le long de ses joues alors qu’elle appelait mentalement Alanir. Le dragon avait aussitôt réagit. Embourbé dans une discussion avec la dragonne qui voulait tout savoir sur cette étrangeté d’esprit dragon, il avait hâte qu’elle le laisse tranquille et tirait une tête d’enterrement. Il releva la tête et se fit plus sombre, en déclarant à Eleyna qu’il devait y aller, problème. Elle ne savait que trop bien ce qui se passait.

Une grande masse d’étincelles apparut dans les airs et se métamorphosa en un gros dragon flamboyant en armure qui poussa un rugissement de colère à faire fuir les oiseaux et se jeta directement sur le plus petit dragon alors que Cassidy avait cédé au même moment. La violence du choc les projeta en arrière et Alanir attrapa de ses griffes les épaules de l’autre dragon, l’entraînant dans sa chute. Ses flammes léchèrent les écailles de l’autre qui poussa un rugissement de douleur. Car en effet, Alanir infligeait de terribles brûlures internes à son adversaire, autant de douleur que les larmes qu’il avait vu couler des yeux à Cassidy.  Tristan se laissa tomber, vaincu. Il tomba dans un bruit sourd alors que son ainé se tenait toujours au-dessus de lui, poussant un rugissement effrayant et très lourd de menaces.

Entre temps, Cassidy avait séché ses larmes et s’approcha rapidement d’Alanir qui reprenait forme humaine et Tristan également, petit à petit. Pourtant, le dragon n’avait pas perdu sa protection de feu qui l’entourait et restait au dessus de Tristan, le tenant plaqué au sol.

« Alanir ! C’est bon arrête ! Tu vas lui faire mal ! Tu devais juste le retenir… »

- Mal ?! Parce qu’il ne t’as pas fait mal peut être ! Il voulait s’enfuir et tu ne veux pas qu’il soit corrigé ?!

« Mais c’est.. »

- Non Cassy ! Il serait parti et tu le sais bien ! Rappelle toi de ce que Tristan disait, il préfère souffrir plutôt que de te laisser seul ! C’est à nous de le retenir. Quand ce petit crétin de dragon comprendra la chance qu’il a, peut être qu’il changera !

« Alanir… juste le retenir… pas lui faire du mal… »

Ce fut Tristan qui s’exprima, un peu faiblement. Apparemment, il n’avait pas l’air de comprendre pourquoi son aîné accourait pour obéir à cette petite humaine. Alanir lui lança un regard sombre et lui envoya une autre décharge.

- Crétin je n’obéis pas… Juste voir ses larmes me suffit pour t’infliger une lourde correction. Tu n’as pas le droit de la faire pleurer…  Cassy ne mérite pas ça… Alors si il faut te remettre un peu de plomb dans l’aile, approche mais crois moi, ne joue pas trop avec le feu sinon tu vas finir par te brûler… et la prochaine fois que je te vois filer en douce… je te brûle les ailes histoire que tu les utilises pas avant un bon moment ! Ca serait bête pour un voltigeur de ne plus pouvoir voler…

« ALANIR ! »

Le dragon grogna un instant. Tristan ne semblait plus en état de faire quoi que ce soit, la journée était fichue. Même si rien ne se voyait de l’extérieur, il avait pris un sacré coup à l’intérieur de son corps. Alanir prit Tristan pour le soutenir et ils rentrèrent à la cité, un peu mal en point. Lorsqu’ils passèrent devant la dragonne et Eleyna, cette dernière paniqua et demanda ce qui s’était passé. Alanir la regarda et son regard s’adoucit.

- Juste une petite leçon ne t’inquiètes pas, j’ai fais en sorte de viser uniquement ses muscles et pas ses organes vitaux… mais il lui faudra bien une journée de repos… tout dragon aussi résistant qu’il soit, ça laisse des traces…

La dragonne semblait particulièrement intéressée par les joues rougies par les larmes de Cassidy qui baissait lentement la tête. Elle ne put pas les suivre à l’intérieur mais Tristan fut déposé sur le lit. De toute façon, il pouvait à peine bouger tout seul.

Eleyna en profita pour confier à Cassidy la chaine que lui avait donnée son double. La jeune femme la prit dans les mains, distraite, et remercia la demi elfe. Il y avait peut être quelque chose qui l’aiderait à mieux contrôler Tristan… peut être… Dans tous les cas, après avoir pris de quoi manger, la jeune femme rentra dans la chambre en regardant Tristan, un peu abattue, avant de poser une assiette près de lui puis de s’asseoir au bureau avec la sienne, un bouquin posé sur la table ainsi que la chaîne. De toute la journée, elle ne bougeait pas. Même si elle se tournait pour répondre aux demandes de Tristan qui réclamait de l’eau, un peu d’attention, même des baisers parfois. Elle ne pouvait pas le laisser seul, son cœur s’y refusait, même après ce qu’il avait fait. Elle continuait à espérer qu’il change.

La demoiselle passa toute sa journée à étudier la chaîne, chercher des références dans ses livres, grattant des informations sur des feuilles de parchemin. Elle ne sortit que pour le repas du soir et restait au chevet de Tristan pour manger avec lui. Eleyna et Alanir étaient sortis plusieurs fois car Eleyna voulait absolument se changer les idées et entraînait Alanir au combat. Après tout, ils avaient bien besoin de se défouler. Le dragon était vraiment intimidé, très loin de la grosse brute colérique et menaçante qui avait mis Tristan à terre. Rougissant quand elle corrigeait sa position, cela lui valut de nombreuses étourderies et même si Eleyna était un professeur exigeant, cela ne les empêchait pas de rire pour décompresser.

Cassidy continuait d’étudier, elle faisait même de la magie car de la lueur s’échappait de ses mains, alors que le soleil déclinait petit à petit dans le ciel. Elle finit finalement par s’endormir sur sa chaise, la tête posée sur ses parchemins et la main sur l’espèce de chaîne qu’on lui avait donnée.

Le lendemain matin, lorsqu’elle se réveilla, elle était sur le lit. A moitié endormie et baillant, la demoiselle n’aperçut pas son compagnon à côté d’elle. Cela l’inquiéta plus que son trajet du bureau au lit. Aussitôt elle tenta de vérifier leur lien, pour voir où il était. Ecarquillant les yeux, les pulsions qu’elle perçut n’étaient pas très bonnes.

*Lien… lien… Alerte ! Alerte ! Draaaaaaaaaaaague !*

Sans prendre le temps de s’habiller, elle traversa l’appartement où tout était silencieux. La porte de la chambre d’amis était fermée, mais que faisait Alanir et Eleyna ?!? Elle râla pour la forme et suivit l’instinct de son lien qui les réunissant pour le retrouver rapidement en train de draguer une fille ! Cette dernière ne semblait pas au courant des rumeurs car elle tâtait les muscles du beau guerrier qui paradait. Après tout, il y avait toujours des nouveaux arrivants à la cité et tout le monde ne pouvait pas être au courant.

La petite mage courut et vint se mettre entre eux, séparant, les bras en croix.

« Heeeeeep pas touche ! C’est mon homme ! »

La fille la regardait bizarrement de haut en bas comme si quelque chose n’allait pas. Tout comme les hommes aux alentours qui ne semblaient voir que Cassidy et étaient… hypnotisés. La demoiselle fronça les sourcils et regarda sa tenue avant de pousser un cri et se réfugier dans les bras de Tristan. Mais… mais… mais… elle était nue ! En pleine rue ! Les hommes la dévoraient du regard. Il y en avait même un qui disait à Tristan qu’il pouvait partager, puisqu’il s’amusait à draguer d’autres femmes. Ce à quoi le jeune homme ne semblait pas d’accord… totalement sous le charme lui aussi même si le vrai Tristan se serait très certainement inquiété de la nudité de la demoiselle et de l’absence de réaction face au froid. Pourtant, elle semblait avoir de la suite dans les idées et l’embrassa tendrement, pour lui faire disparaître l’image de cette fille qu’il était en train de draguer. Cela découragea l’autre aussitôt, même si la dragonne regardait d’un air amusé, elle ne tentait rien… pour le moment du moins.

« Bon… on va rentrer si tu veux bien… ou sinon on reste et je peux faire ma sélection parmi tous ces beaux mâles aux alentours si tu ne veux pas me porter, ça me va aussi… »

Susciter sa jalousie pour guetter sa réaction. Finalement il la ramena à la maison et lui marmonna même de prendre un bain quand même, du bout des lèvres. Elle acquiesça d’un signe de tête mais à condition qu’il l’accompagne ! Ne pouvant dire non à une jolie fille qui l’invitait dans son bain, le jeune homme la suivit.

Elle fit couler l’eau et rajouta un liquide qui rendait l’eau mousseuse. La demoiselle entra directement dans le bain, suivit de près par Tristan, qui avait tout le plaisir de détailler le corps alléchant devant lui. Cassidy s’amusait avec la mousse, en soufflant en direction de Tristan pour que ça arrive dans ses cheveux. Elle jouait doucement avec l’eau, jusqu’à lui proposer un massage. Comblé d’être chouchouter par une fille, le jeune homme lui tourna le dos. Elle massa doucement ses épaules endolories.

« Ca va mieux qu’hier ? »

Il se crispa un peu et elle continua à le détendre du bout des doigts, touchant ses nerfs sensibles.

« Tu sais je le sens… que tu as encore un peu mal… je sais que tu es trop fier pour l’admettre mais tu ne peux pas me cacher ce genre de choses… et puis c’est agréable d’avoir une personne d’attentionnée à ses côtés, qui s’occupe de remettre en état… Alanir… ne voulait pas mal faire mais il est toujours brusque et utilise la manière forte mais… c’est quelqu’un de bien… »

Elle continua de le détendre doucement puis lui fit un shampoing. Après avoir terminé, elle fit apparaître la chaine qu’elle avait travaillé et après une hésitation, la passa délicatement autour du cou à Tristan qui se fit calme.

« Ca devrait t’aider… cette chaine… quand tu te perds… elle porte mes souvenirs… elle porte ce que je suis… ne jamais oublier ce que je représente à tes yeux… elle t’aidera à te rappeler… en combinaison avec a… »

Elle posa sa main sur la pierre de dragon au bout de la chainette qu’elle lui avait offerte il y avait longtemps. Cassidy avait œuvré toute la nuit pour arriver à ce résultat. Modifiant le modèle de son double et le rendant plus puissant… telle une partie de lui que l’on ne peut pas enlever d’un geste… agissant avec la pierre de dragon, tel un équilibre entre les deux natures. Cela l’avait épuisée. Mais elle ne lui disait pas non plus que cette utilisation lui prenait sa magie en même temps… plus il aurait envie de devenir dragon, égoïste, indépendant, plus de magie lui serait retirée. Autrement dit, si il se lâchait complètement, quelque chose de grave pouvait lui arriver. Tristan n’aurait jamais voulu qu’elle se sacrifie, elle, pour lui. Et cela lui ferait encore plus de peine de l’avoir mis dans cet état. Mais pour le reste, elle comptait sur Alanir pour régler les situations les plus catastrophiques.

Elle déposa un doux baiser dans son cou puis elle se leva et se plaça devant lui.

« A ton tour maintenant ! J’aimerais un massage et un shampoing aussi ! »

Il hésita. Elle se tourna vers lui et posa doucement une main sur ses lèvres, les caressant doucement.

« Si tu me fais ça alors je t’embrasserais… »

Ils continuèrent à rester dans le bain un petit moment, puis sortirent.

L’après midi, Cassidy entraina Tristan au lac gelé pour faire du patin à glace. Il ne comprenait pas l’intérêt de faire ça, préférant voler mais à force de persévérance, elle arriva à le convaincre, lui disant que c’était amusant !

Ils se retrouvèrent sur le lac et patinaient alors, main dans la main. Il y avait du monde et certaines personnes se bousculaient au passage. Sauf qu’alors que Tristan tournait la tête vers d’autres filles, la petite mage l’entraina sur la glace à toute vitesse avant de le faire percuter la neige, elle tombant sur lui, des flocons flottant autour d’eux. Elle se mit à rire, lui caressant le visage du bout de ses mèches dorées et déposa un baiser sur ses lèvres. Ils continuèrent à patiner un moment, évoluant ensemble, elle essayant de lui faire partager sa joie. Ce n’était pas encore ça.

L’après midi fut consacrée à d’autres activités diverses qu’elle lui faisait découvrir, ou plutôt redécouvrir, l’encourageant à faire les choses de lui-même. La dragonne n’avait même pas le temps d’intervenir car Cassidy restait en permanence à côté de Tristan, semblant redoubler de force ou de persévérance à chaque fois que celui-ci voulait partir, ou se mettre dans un coin, ou voulait passer à autre chose. Elle tentait de tout doser, les moments complices, ceux plus tendres et les autres plus fougueux. Mais parfois elle semblait ailleurs, regardant le ciel, ou des souvenirs lui revenaient en mémoire et cela la rendait bien triste même si elle le cachait du mieux qu’elle pouvait.

Ils étaient à la serre, elle posée dans ses bras, humant avec délice une fleur et lui la gardant sagement contre lui. En effet, elle arrivait à lui imposer un certain ordre pour ne pas qu’il la déshabille dès qu’ils avaient un moment de libre. Le jeune homme se redressa alors et lui expliqua qu’il allait chercher quelque chose.

Elle se pencha pour le regarder un instant, le sondant pour vérifier ses intentions. Pas de drague, ni d’envie de liberté non elle ressentait juste… une envie de faire plaisir. Abasourdie par ce petit signe, aussi flou soit-il elle le laissa partir alors qu’elle se mit à sourire tout en continuant d’humer sa fleur.

Mais sur le chemin, Kayla se tenait, guettant la moindre occasion de fondre sur sa proie.

- Cela te plaît-il ?

Tristan s’arrêta alors qu’elle s’approchait dangereusement de lui.

- Cette petite humaine… ne sait rien de toi. Elle ne sait pas ce dont tu as besoin. Mais moi, je peux te combler encore plus qu’elle. N’es-tu pas malheureux de ne pas pouvoir partir d’ici ? Cela ne te met pas en colère de te faire dominer par le dragon du feu ? Es-tu vraiment sûr que la petite humaine est la femelle qui te convient ? Avec moi… tout ce qui te bride, tout ce qui t’enlève ta liberté sera abolie… et tu découvriras alors des plaisirs inconnus jusqu’à présent… tel que tu n’as jamais imaginé dans tes rêves les plus fous… Tu l’oublieras vite la petite humaine… Elle n’est pas à la hauteur de tes exigences…

Tentatrice, séductrice, elle se rapprochait toujours un peu plus de lui.

Un peu plus loin, Eleyna et Alanir avaient rejoins Cassidy, voulant vérifier que tout allait bien. La jeune femme était souriante, enjouée.

« Oui ! Je pense que Tristan est parti me chercher quelque chose… il va vite revenir je pense ! »

Mais au lieu de revenir, la petite demoiselle devint pâle, ses forces l’abandonnant alors qu’elle tremblait. Elle écarquilla les yeux. Non… ce n’était pas… des pulsions sexuelles quand même. Elle regarda Alanir, cherchant à lui faire comprendre. Aussitôt le dragon lut dans sa tête et se fit plus sévère, courant pour retrouver le jeune homme perdu alors qu’Eleyna restait à côté de Cassidy, lui parlant pour la soutenir alors que la jeune femme divaguait.

« C’est pas vrai… hein… Eleyna… il ne peut… pas… j’ai… tout… fait… je l’accepte… je fais des efforts… pourquoi… ce.. pas possible… »

Elle semblait avoir de la fièvre alors que son front ruisselait de sueur.

Heureusement, Alanir retrouva rapidement Tristan grâce à l’odeur, sur une scène qui lui hérissa les écailles qu’il n’avait plus. Le beau dragon poussa un hurlement de rage en arrivant derrière Tristan et le tira par les épaules en arrière d’un coup sec, le faisant valdinguer au sol dans la neige. Il cracha en direction de la dragonne.

- TOI !?! COMMENT OSES TU ?!

Il tendit un point vengeur vers elle mais elle l’évita en reculant, faisant une moue.

-Décidément ce n’est vraiment pas drôle ! Je commençais à peine à m’amuser !
- Fiches le camp d’ici sale garce !
- Oh mais j’en ai pas l’intention… Ikael sera à moi… la petite humaine n’y pourra rien…


Puis elle s’éloigna. Alanir s’approcha de Tristan pour l’empoigner par le col de sa chemise et lui décrocha une droite dans le visage.

- Tu as failli… tu as failli… la trahir…

Trop sévère mais cette dragonne était un réel handicap. Alanir ne pouvait pas savoir qui avait commencé mais le constat était malheureux. Elle n’aidait en rien alors que les choses semblaient avancer. Tristan se fit tout petit mais ruminait. Cassidy avait été ramenée à l’appartement et disposée dans le lit. Elle ne tarda pas à regagner ses forces alors que c’était Eleyna qui passait le reste de la journée avec Tristan, tentant certainement de le raisonner à son tour. Mais lorsqu’il revint, Cassidy l’accueillit avec un grand sourire, bien que le cœur n’y était pas. Cette épreuve était encore plus dure que l’île, elle en était persuadée maintenant ! Cependant elle se redressa dans le lit, voulant certainement l’aguicher une nouvelle fois. Elle devait continuer encore et encore, jusqu’à ce qu’il ne puisse plus se passer d’elle. La soirée passa…

Le matin, elle arriva dans la chambre, la selle de dragon dans les bras. Quand Tristan comprit à quoi ça servait, il eut un mouvement de recul, n’acceptant pas du tout l’idée d’avoir quelqu’un sur son dos pendant qu’il volait ! Elle le regarda, feignant l’innocence et haussant un sourcil.

« Et ? Comment peux tu dire ça alors que tu n’as jamais essayé ? »

Il répondit que c’était complètement contre nature et qu’il ne pourrait jamais s’y faire. Elle soupira lentement, prenant un air déçu puis retrouvant le sourire.

« Bon… tant pis… je voulais qu’on profite du temps et du vent favorable pour voler un coup… puis un petit repas près de sources chaudes dans un petit coin bien éloigné d’ici et plus d’autres choses totalement passionnantes qui te feraient frémir d’envie mais tant pis je vais demander à Alanir pour voler avec lui alors… ça ne le dérange pas lui… et j’inviterais alors un autre beau jeune homme pour m’accompagner ensuite aux sources…»

Petit jeu pour essayer de faire travailler le jeune homme, le comparant à Alanir, dragon qui lui mettait si facilement des raclées et qui en plus, semblait bien supérieur à lui pour le moment. Bien sûr, elle voulait tenter de raisonner Tristan pour qu’il accepte de l’accompagner. Le vol ensemble semblait être quelque chose que la demoiselle voulait tenter, afin peut être de pouvoir mieux communiquer avec lui. Après tout, en tant que dragon, il serait plus à l’aise sous sa véritable forme non ?[/color]
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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: Parce qu'abandonner n'existe pas...   Mar 29 Juil - 12:28

Tout allait merveilleusement bien ! Et ça ne pouvait que devenir encore mieux. Ca allait devenir encore mieux. Il y comptait bien…
C’est la réflexion que se faisait le jeune homme alors qu’il observait sa petite amie, joyeuse, dynamique, tellement enthousiaste se débattre avec le placard pour trouver une tenue à la fois suffisamment masculine pour lui permettre d’affronter d’éventuelles imprévues épreuves et terriblement sexy histoire de rappeler à son fiancé à quel point elle était désirable et à quel point il serait un sacré champion s’il détournait ne serait-ce qu’un instant les yeux d’elle.
Elle semblait si… heureuse.
Son coeur battait si fort alors qu’il la regardait, sans prononcer un mot, perdu dans ses pensées. Il l’aimait. Plus que tout au monde et chaque fois son propre amour pour elle le surprenait. C’était vraiment ça aimer ? Parfois ça faisait mal, mais c’était tellement agréable. Lentement il s’était levé alors qu’elle ne faisait pas attention à lui, bavarde, parlant toute seule à vrai dire. Il s’était approché sans un bruit et l’avait enlacée en lui murmurant qu’elle était la plus belle de toutes les femmes. Oh ce n’était pas un compliment pour se faire câliner en échange, voire plus… C’était peut-être surprenant mais il était parfaitement comblé. Il savait qu’avant de devenir réellement dragon, elle lui suffisait et le rendait très heureux et souvent totalement gaga. Il était ravi de constater que ça n’avait changé que pour devenir mieux encore. Et la demoiselle semblait tout à fait partager son avis vu le vif rougissement qui s’était emparé de ses joues alors qu’elle se retournait vers son compagnon qui décidément aurait gagné à mettre un caleçon pour éviter de détourner ainsi son attention !

Oui… Tout allait pour le mieux. Ils avaient beaucoup ri et s’étaient énormément amusés pendant ces nouvelles épreuves. Il avait ressenti un énorme soulagement, une joie sans précédent en remarquant avec quelle facilité ils se reconnaissaient l’un l’autre. D’une caresse, d’u frémissement. Ca devait être ça, l’amour, le vrai. Eux deux c’était spécial, tout le monde le savait. Il se demandait parfois si les dieux étaient responsables ou s’ils étaient tellement différents qu’au final ces différences physiques, psychiques, magiques s’heurtaient de plein fouet pour former une alchimie si particulière, si parfaite que leur symbiose était la seule finalité possible.
Ils mangeaient tranquillement et elle s’appuyait légèrement contre lui. Elle semblait encore un peu fatiguée, pas totalement remise de tout ce qui leur était arrivé et surtout pas totalement remise de leurs activités nocturnes qui si elles les laissaient à moitié béât l’un et l’autre écourtaient tout de même leur quota de sommeil. Heureusement que cet étrange lien entre eux les apaisait tant et les soignait, réconfortait… Parce qu’ils auraient été sur les rotules autrement et si Alanir semblait encore tout intimidé par l’idée, Eleyna lançait des oeillades significatives à Tristan. Le bonheur du petit couple ravissait tout le monde.

Ils avaient beaucoup ri oui… Finalement Eleyna et Alanir avaient dû énormément discuter pour se connaitre un minimum puisqu’ils répondaient plutôt bien au question même si celles réservées réellement aux « couples » les laissaient sceptiques, surtout les très gênantes qui lorsqu’elles étaient comprises semblaient sérieusement intimider le grand dragon pourtant pas si facilement intimidable. A croire qu’il l’aimait bien cette capitaine et qu’il avait une bonne imagination, tout comme Cassidy sans doute.
Tristan pressait doucement de son bras les épaules de sa compagne, doux et rassurant, voulant lui rappeler combien dans ce moment simple il était heureux avec elle quand tout avait basculé brutalement.

Kayla, l’intrigante dragonne d’une beauté à couper le souffle était là, à les observer depuis quelques minutes déjà et Tristan était tellement concentré sur sa fiancée qu’il ne l’avait absolument pas senti arriver et aurait été bien en mal de dire au juste depuis combien de temps elle les observait. Pourtant, aussi pleine de prestance et aussi immanquablement de sensualité comme si tout son être avait été crée uniquement dans le but d’être désirable, elle n’avait rien fait avant de se trahir par un rire. Joyeuse, amusée, curieuse, tout chez elle faisait provocant. Pourtant, elle était quand même beaucoup plus couverte que dans les souvenirs de Tristan, un Tristan pour le coup très mal à l’aise et inquiet. Il voulait se rattraper pour sa faiblesse et cherchait de lui-même à éloigner la dragonne, assurant la mainmise de sa compagne sur lui. Mais apparemment ce n’était pas que pour ça que Kayla était dans les parages. Récupérer l’étrange et beau mâle qui lui avait été enlevé était probablement son but mais elle venait avant tout… le prévenir. Sauf que toute égoïste qu’elle soit, lancée dans quelques paroles, amusée par la résistance impressionnante du grand jeune homme face à ses charmes qui tétanisaient pourtant la majeure partie des hommes présents, elle avait tardé, un instant de trop, à le mettre au courant. Comment savait-elle pour cette histoire de contrat ? Difficile à dire… Elle semblait au courant de beaucoup trop de choses comme en témoignait son regard insistant mais comment, ça c’était une très bonne question…

Apparemment, les fantômes qui avaient entrainé Tristan et qui pariaient sur l’incapacité des humains à aimer et surtout à être les égaux d’eux, race supérieure, qui rejetaient toute forme de sentiments chez les dragons étaient venus réclamer leur dû. A savoir l’humanité du guerrier qui l’avait si sûrement pariée, persuadé malgré tout que son grand amour l’accepterait. Mais ça bien sûr, c’était avant de savoir que la pauvre demoiselle avait perdu tout souvenir de leur histoire. Il savait déjà trop bien à quel point elle s’en voulait à ce sujet alors qu’elle était la plus tourmentée des victimes. C’est pour ça qu’il n’évoquait pas le sujet. Ils auraient probablement dû en discuter, pour savoir quoi faire, comment réagir mais lui-même ignorait ce qui se passerait.
Il aurait dû repartir directement mais étrangement, Kayla s’était interposée et finalement, la dragonne n’était pas de trop.
Déjà, elle avait empêché Cassidy d’approcher par un étrange phénomène glacé. Et même si la demoiselle risquait un peu trop de croire qu’elles se disputaient déjà le jeune homme, elle n’avait pas agi sans raison. Après tout, perdre aussi rapidement sa rivale ne lui plaisait pas. La dragonne était si surprise, interloquée et joueuse qu’elle n’allait pas laisser les choses se désagréger aussi vite.
Ensuite, elle avait demandé de « prolonger le test ». Etait-ce un plan entendu chez les dragons ? Difficile à dire… Mais apparemment les fantômes voulaient faire souffrir la petite mage… et tous ses amis en rendant son compagnon si instinctif, égoïste, pulsionnel et au final donc si… dragon… Qu’elle ne pourrait pas, peu importe ce qu’elle faisait et à quel point elle prétendait l’aimer, ne pas en être cruellement impactée.

Challenge réussi… Elle ne réagissait même pas face aux avances déjà brutales de son compagnon qui identique de corps avait totalement changé sa manière d’être et de penser. Heureusement que Alanir et Eleyna étaient là pour intervenir… Maud en était figée sur place, catastrophée ! Ca… Elle ne l’avait certainement pas vu dans ses visions et vu son regard qui se perdait dans le vague puis sa mine horrifiée, l’avenir avait encore été violemment modifié.
La petite mage avait réagi violemment avec sa magie oui… Elle était profondément impactée et ne semblait tout simplement plus elle-même alors que sa magie enflait avec ses émotions. Ca avait été dangereux pour tous. Et là plus que jamais, elle avait besoin de ses amis.
Heureusement qu’Alanir intervenait et prenait les devants pour expliquer et éloigner les deux jeunes gens de tout ce monde. Et surtout… heureusement qu’il était là pour repousser la dragonne qui l’observait avec une curiosité sincère.

Une discussion entre la capitaine et le dragon s’était ensuivie alors qu’elle observait avec inquiétude son ami soucieux et apparemment très éprouvé. C’est vrai qu’il était très proche de Cassidy et mieux que quiconque, il savait ce qu’elle avait vécu pendant une année et à quel point, ça faisait trop d’un coup. Beaucoup trop. Bien sûr, Eleyna avait vu comment Tristan se comportait mais le changement était si radical. Elle en avait oublié que derrière l’adorable petit ami soucieux, si bien élevé, gentleman et fou amoureux de sa compagne, se cachait le dragon trop pulsionnel pour le bien-être de ses proches qui ne demandait qu’à pointer le bout de son nez pour reprendre ses droits sur ce corps qui était au final le sien. Mais les séparer… L’annonce de son ami comme quoi Tristan risquait ni plus ni moins de violer la petite mage, forcément, ça faisait un sacré choc. Qu’elle espérait franchement ne pas voir se matérialiser réellement !
Elle l’écoutait sans dire un mot, patiemment, posant sa main sur la sienne pour essayer de le réconforter en réfléchissant sur ce qu’ils pouvaient faire pour leurs amis. Oui, ils avaient besoin d’eux et elle s’inquiétait quand même beaucoup. Si Alanir connaissait Cassidy, elle, elle avait suffisamment côtoyé Tristan pour comprendre sa manière de penser et s’en imprégner un minimum. S’il blessait sa compagne… le retour à la réalité serait d’autant plus dur. Parce qu’elle le savait, elle l’affirmait… Il redeviendrait lui-même. Ils s’aimaient beaucoup trop ! C’était impossible qu’il en soit autrement.

- Ne t’en fais pas Alanir… Ils vont y arriver ! Nous serons là pour les aider et il est hors de question qu’ils échouent tu entends ? Je ne sais pas comment j’en suis si sûre ni comment nous procéderons pour les aider mais nous allons être à leurs côtés, les soutenir, les aider. Toi, tu dois t’occuper de Cassidy. Elle te connait, elle t’aime énormément et te respecte. Tes paroles auront de l’impact sur elle et ton soutien d’autant plus. Et moi… pour l’instant je n’ai rien d’autre en tête que de frapper le crâne de ce crétin trop faible jusqu’à ce qu’il se réveille… mais on va trouver, je te promets.

Voilà qu’elle était passée de l’exécrable capitaine tyrannique à l’amie présente, réconfortante. Elle en frissonna de dépit. Si ses subordonnés la voyaient, ils riraient bien. Dans un monde d’hommes, une femme qui s’impose, ce n’est jamais facile, elle avait eu beaucoup de travail à fournir pour ça. Mais ce dragon là lui mettait ses nerfs pourtant aguerris en chamallow ! En même temps, ça ne devrait pas être permis de faire une telle mine de chien battu ! Non mais franchement ! Pourquoi un Drakkari ? Il n’aurait pas pu se matérialiser en cocker ? Il en avait déjà le regard ! Et puis il devait arrêter d’être aussi gentil, c’était mauvais pour leur santé !
Un demi-sourire lui échappa alors qu’elle pensait avec quelle sollicitude il avait voulu se rattraper pour l’arbre. Il savait qu’elle aimait la nature, bien sûr elle était une elfe, mais il n’y avait pas que ça. Mais franchement, dans cette situation, se morfondre pour un arbre était le dernier de ses soucis… Même si le geste avait été franchement apprécié.
Il continuait, lui parlant d’un point sensible. Elle fronça les sourcils, se remémorant la fois où elle avait donné un coup de coude dans les côtes de Tristan pour le taquiner, ce qui lui avait coupé le souffle et fait assez mal d’ailleurs. Elle en avait été surprise. C’était sans doute ça… Bon à savoir. Elle le remercia d’un léger hochement de tête et d’un sourire guère heureux, reprenant sa mine de combattante et de stratège. Après tout… ils menaient une guère.
Il continuait de lui parler, elle l’écoutait… Quand Cassidy finit par se lever.

Et apparemment elle était à moitié hystérique. Eleyna ne bougea pas, préférant ne pas aggraver la situation. Elle n’allait pas bien. Vraiment pas bien. Mais elle était surprise de la voir réagir avec une telle véhémence. Bien sûr, elle avait bien remarqué à quel point ce qui touchait Tristan sortait littéralement la petite mage de ses gonds. Mais elle se trompait de cible à cet instant. Cette haine, cette rage, elle devait les focaliser sur l’espèce d’imbécile égoïste qu’était devenu son fiancé, sur son propre amour pour le ramener à la normale au plus tôt. Tarder n’était vraiment pas bon. Elle n’en savait pas beaucoup, tenait ses propres connaissances ou d’Alanir ou de parchemins qu’elle hésitait à lui montrer mais… ce n’était pas bien parti là.
Mais c’était normal. C’était humain de réagir ainsi. D’avoir peur. D’avoir mal. D’être perdue. Et pour cela elle l’était. Eleyna n’avait réellement appris à connaitre Cassidy que depuis peu et l’avait donc essentiellement vu… indifférente auprès du beau jeune homme ou en train d’essayer de le comprendre et franchement pas très discrètement. Elle ne s’était pas rendu compte à quel point elle était dépendante de lui et la réciproque était parfaite. Ils étaient perdus l’un sans l’autre et toute leur raison, toute leur sagesse, tout leur courage disparaissait aussitôt qu’on touchait à leur cher et tendre. C’était… impressionnant, émouvant et très déstabilisant. Elle pleurait… hurla au sujet de leur enfant et la capitaine serra les poings sur la table. Elle était au courant de tout, dans les grandes lignes, et ça… elle ne l’avait pas encore accepté. Quel monstre pouvait commettre un tel acte ? A quel point la petite mage était-elle vouer à protéger ce monde pour qu’on lui fasse subir cela ? A quel point était-elle configurée pour être une arme ? A quel point la ferait-on encore souffrir ?

Elle était partie. Elle avait besoin de s’éloigner, de pleurer, de penser, seule sans doute.
Eleyna s’était redressée, lisant la détresse dans les yeux de son amie quand elle avait tourné la tête vers l’autre porte d’où émergeait le beau jeune lieutenant, encore un peu groggy par son coup sur la tête, qui semblait très surpris de se retrouver là et qui dévora littéralement sa supérieure du regard l’instant d’après, s’approchant dragueur.
Le plus surprenant, c’est qu’il semblait savoir qui elle était, se souvenir de tout… plus ou moins.
Il s’était vite rapproché, tentant de la tripoter et Alanir s’était figé sur place, rougissant étrangement mais l’air prêt à arracher la tête à son cadet. Sauf que la guerrière avait été beaucoup plus rapide. Elle gratifia Tristan d’un regard noir avant de se rapprocher de lui, le saisissant par sa tunique pour se coller à lui et remonter si vivement son genou vers son entrejambe que même lui ne vit rien venir. L’instant d’après, il gémissait de douleur, plié en deux, à genoux par terre.

- Pose encore les pattes sur moi et je te les coupe !
- Ouuuuuuhhhh toujours aussi brutale Eleyna… Aie… Je ne suis donc vraiment pas…gnnnnh… à ton goût ?

Nouveau regard glacial.

- … Pas du tout.
- Pffff ! Méchante ! M’en fous ! Y en a plein à qui je plais d’abord !

C’est vrai, il ne portait pas son bracelet mais aussi curieusement qu’Alanir avait réussi à être indifférent au minois de la charmante dragonne, Eleyna ne semblait pas le moins du tout gênée par les hormones du guerrier. Pourtant, en tant qu’empathique, elle avait grimacé au coup qu’elle lui avait porté, ressentant très vaguement la vive douleur qu’elle venait de lui infliger. Vexé mais oubliant très vite tout à ses pensées incluant plusieurs demoiselles très nues et ce qu’il allait leur faire subir, Tristan chercha à s’éclipser mais là par contre, il était hors de question de le laisser sortir !
Alanir s’était exprimé assez brutalement, lui interdisant de s’approcher d’autres femelles ! Arguant qu’il ne devait pas faire ça à Cassidy, qu’il n’en avait pas le droit, ça, ça laissait le cadet franchement perplexe, incrédule.

- J’comprends pas. T’es un dragon comme moi. J’ai le droit à toutes les femelles que je veux et vu les tensions de ce corps… humain ça devient franchement pressant là donc fiche moi la paix ! Je t’ai rien fait moi ! Et puis c’est normal quoi ! J’ai envie d’une femelle, je vais me faire une femelle, y a rien de plus naturel ! Lâche moi un peu !

Autant parler à un sourd. Il n’en avait strictement rien à faire. Quelle horreur ce devait être. De voir le beau jeune homme parler ainsi, n’en avoir rien à faire de ce que pouvait ressentir la petite mage. D’entendre sa voix qui n’avait eu de cesse de faire des compliments, de parler tendrement à ladite petite mage proférer de telles horreurs ! Et Alanir semblait être sur le point franchement d’appliquer l’idée d’Eleyna. A savoir taper sur la tête de son cadet jusqu’à ce qu’il retrouve ses esprits même s’il savait parfaitement que c’était impossible !!!!
Les menaces devinrent véhémentes et Tristan, tout dragon qu’il était, sembla se rappeler quel type de dragon était son aîné et qu’il risquait de lui faire de sacrés dégâts s’il s’énervait. Grincheux, il se résigna à tourner dans la pièce en grognant. Et puis Alanir était parti brusquement pour sauver l’inconsciente petite mage, réussissant très brièvement à parler à Eleyna, communiquant à la guerrière qui avait aussitôt réagi pour empêcher Tristan de sortir. Pourtant, elle n’aurait su dire pourquoi, sans doute à cause du brusque départ du grand dragon de feu, mais le jeune homme s’était figé l’espace d’un instant, le pied en l’air, tournant la tête vers la cascade en fronçant les sourcils. Rien de surprenant après un tel départ en fanfare. Le point étrange, c’était qu’il avait réagi un quart de seconde avant le hurlement de son congénère…
L’instant d’après, il râlait en réessayant de sortir mais Eleyna n’était guère douce avec lui et si elle avait été sacrément gentille à ménager son ami, son lieutenant se prenait de sacrés… coups avec elle !

Mais il avait réussi à sortir. Car sa légendaire retenue vis-à-vis des demoiselles sur lesquelles porter la main était totalement proscrit avait disparu en même temps que ses inhibitions. Eleyna ne s’attendait certainement pas à ce qu’il soit si costaud finalement et il avait trouvé le moyen de s’échapper. Au lieu de passer par la porte, il avait juste sauté du balcon. Sans avoir le moins du monde besoin de se transformer. Après tout, il était costaud tout d’abord et encore et surtout, son pouvoir, son don, concernait l’air alors franchement, il n’avait pas à s’en faire.
Durant son combat bien des jours plus tôt, contre le dragon qui avait si vivement blessé sa fiancée, il avait montré sa force certes mais aussi sa façon de défier la gravité. Il était encore totalement débutant mais ne pouvait aller qu’en s’améliorant et ce qu’il peinait vraiment à accomplir volontairement en tant qu’humain était tout à fait naturel, instinctif chez sa part dragon.
Elle était rapidement sorti pour le rejoindre mais il attirait beaucoup de femmes et Kayla qui avait déambulé dans la cité, de ci de là, n’était pas le moins du monde indifférente à ses attraits, même si au moins elle avait la décence de se contenir. Pourtant, ils se fixaient comme si le reste du monde avait cessé d’exister. Ils étaient deux dragons après tout, c’était chimique. Heureusement la petite mage était arrivé et défendait son bifteck !

Elle voulait l’éloigner de la belle dragonne qui avait toute son attention et lui ne voulait certainement pas. Bon, Cassidy était quand même pas mal du tout ! Même carrément superbe, c’est vrai et il devait avouer qu’elle l’attirait beaucoup et ce n’était nouveau pour personne vu la manière dont il la regardait. Néanmoins, il ne voulait pas se contenter d’une seule femelle et puis Kayla avait commencé à l’aguicher un peu, certes, d’un simple regard, mais c’était bien quand même. Cassidy lui avait remis son bracelet. Quand il avait compris ce qu’elle voulait faire, il avait essayé de s’échapper, de se dérober mais elle avait utilisé un argument de choix, un regard de biche qui avait tout de suite attiré davantage son attention alors qu’il baissait les yeux vers son décolleté, la tête pleine d’images savoureuses, une approche sensuelle, un baiser merveilleux… Vraiment, sacrément excitant !!!! C’est qu’elle savait y faire… Il se souvenait qu’elle était excellente au lit, qu’elle savait le satisfaire à merveille et pendant un court, très court instant, il ne pensa plus aux autres… D’un simple baiser, elle avait capté l’espace d’une seconde toute son attention alors qu’il emprisonnait déjà sa taille de ses mains.
Avant, quand il répondait à son baiser, ses mains étaient légères sur ses hanches, caressantes et douces, parfois un peu plus fermes pour « jouer » mais il lui laissait à tout instant la liberté de s’échapper, de rompre leur baiser histoire de le frustrer un peu, de le prolonger. Ils étaient égaux. Là, ce n’était plus le cas. Il la maintenait prisonnière contre lui. Il voulait aller plus loin, tout de suite et ça se sentait dans la fermeté de sa poigne.
Mais le fougueux et très agréable baiser de la jeune femme auquel il répondait un peu trop vivement, voire violemment avait un but précis et il poussa un grognement mécontent quand elle se recula, un brin colérique en voyant les bracelets à ses poignets. Non mais elle jouait à quoi là ?!
Il n’avait pas envie de se la jouer sainte nitouche ! Sans, il laisserait libre cours à ses pulsions ! Avec il avait quand même un peu de… recul, c’était frustrant !

Ca brillait… Apparemment, elle voulait l’empêcher de les enlever. Et l’empêcher par là même d’attirer toutes les femelles alentours ! Ca, ça l’agaça particulièrement ! Il n’avait pas besoin de ça pour attirer les femelles ! Vraiment pas !

- Si tu crois que ça va m’empêcher de les attirer ! Je n’ai pas besoin que les humaines sentent mon odeur pour qu’elles soient à mes pieds !

Mais la demoiselle avait de la répartie et surtout, pas mal de jugeote ! La menace qu’elle évoqua n’avait pas besoin d’être aussi imagée car déjà la majorité des femmes avaient reculé en pâlissant. La plupart avaient bien entendu semblé retrouver leurs esprits une fois le fameux bracelet remis en place. Mais une petite mise en garde ne faisait pas de mal. La petite mage n’allait quand même pas se laisser chiper son compagnon, tout plein d’hormones qu’il soit !
Apparemment, elle avait décidé de se battre pour lui, pour l’aider, pour le « sauver » et quand elle avait une idée derrière la tête elle ne renonçait jamais !

Kayla ne disait rien étrangement, observant la scène avec une curiosité presque gênante. Elle s’était adossée contre un muret et s’intéressait de près aux différents échanges. L’animosité de Cassidy semblait la fasciner même si un sourire moqueur avait éclairé son visage quand la petite mage avait plus ou moins affirmé que personne ne toucherait à son fiancé. Le jeu avait sérieusement commencé et elle avait bien envie de s’amuser ! Et puis si elle avait suivi le beau jeune homme, c’était qu’il lui plaisait tout de même et pas qu’un peu !

Tristan mécontent foudroyait Cassidy du regard, grognant en détournant les yeux d’elle qu’elle n’avait pas le droit de l’enfermer comme ça, qu’il faisait ce qu’il voulait lui, qu’il avait des pulsions à satisfaire, qu’elle ne pouvait pas comprendre ! Oh mais la demoiselle comprenait très bien ! Ce n’était pas lui qui avait été dans un profond état de frustration pendant toute une très longue année et elle n’avait pas fini de se rattraper après tout. Elle l’avait attiré plus loin rapidement pour le faire cesser de dire ce genre de choses qui la blessaient plus que certainement. Et elle l’embrassait de manière vraiment… étonnante. Pris au dépourvu car s’il sentait une pointe de désir, constante, émaner de la jeune femme, il ne s’attendait pas à ce qu’elle lui saute dessus, il oublia tout ce qu’il disait pour se concentrer sur ses lèvres. Elle embrassait diablement bien, un peu trop bien même et les envies qu’elle faisait passer dans son baiser eurent tôt fait de détourner l’attention de son compagnon des autres femmes alors qu’il ne se focalisait que sur elle. Pari réussi donc ! Mais qu’elle l’interrompe, ça c’était très très très frustrant alors que déjà il froissait ses vêtements pour les lui arracher.

Un grognement très grognon s’éleva de sa gorge alors qu’il la fixait avec la même attention qu’un félin aurait fixé sa proie. Pourtant, il se laissa guider calmement, ses pupilles dilatées montrant néanmoins qu’il n’avait pas pour autant changé d’état d’esprit plutôt plein de luxure !
Il remarqua qu’elle était peu couverte mais semblait s’en désintéresser totalement, loin de son habituelle attention protectrice.
Ca changeait quand même…
Beaucoup.

Cassidy cuisinait alors que le jeune homme, assis en tailleur sur une chaise, continuait de la fixer sans comprendre pourquoi elle s’obstinait à faire toutes ces choses à manger. Ca sentait très bon. Ca avait l’air très bon et finalement, cela apaisa un peu ses pulsions pressantes. C’étaient pourtant les choses qu’il aimait mais il ne réagissait pas non. Indifférent. C’était de la nourriture après tout. C’était bon certes. Mais ça n’avait pas grand intérêt à ses yeux. Et puis c’était normal qu’elle le serve non ? Les humains admirent les dragons après tout. Il n’avait même pas réagi quand elle s’était à moitié assommé avec une casserole. Se contentant d’un soupir, levant les yeux au ciel, agacé qu’elle soit si bruyante, il s’était contenté de se focaliser sur l’odeur de la nourriture puis sur son goût. Pauvre petite demoiselle… Il lui faisait décidément bien du mal. Son aîné le rappela brutalement à l’ordre et il faillit se retrouver le nez dans son assiette, redressant la tête en poussant un grognement provocateur. D’accord, il devait le respect au grand dragon mais pourquoi diable celui-ci lui disait de bien se tenir avec les humains ! Il n’y avait aucun intérêt là dedans ! Pas le moindre ! Il s’ennuyait !!!!
Il finit rapidement son assiette, sans même se resservir et se releva rapidement, sans s’occuper des autres pour aller se doucher.

Apparemment, Kayla était sacrément à l’affût ou très intuitive car elle se glissa très discrètement dans la salle de bain. Il sourit en sentant son odeur, fit semblant de ne pas l’avoir vue, ce pour quoi elle n’était guère dupe et prit tout son temps pour se déshabiller devant elle, bien décidé à l’attraper, la plaquer vivement contre le lavabo qui lui rentrerait probablement dans la taille et à lui faire gémir son nom jusqu’à plus soif !Mais apparemment, ce n’était pas au goût du dragon de feu qui intervint, frustrant les deux jeunes gens. La dragonne prise sur le fait semblait très surprise de ce qu’on lui énonçait, après tout, elle avait tous les droits, mais encore et surtout que ce soit un dragon qui défende les règles de savoir-vivre des humains. D’ailleurs, elle le bombardait déjà de questions, du genre « mais pourquoi ? » « mais ils font comment quand ils ont envie de coucher avec leurs voisins ? » « mais à quoi ça sert ? »  « Mais pourquoi il y a des portes ici ? » autant de questions qui auraient tellement troublé un humain habitué à vivre ainsi…
Elle semblait très surprise de se faire rudoyer de la sorte, qu’il ne réagisse pas à son charme et surtout par l’idée de respecter les coutumes des humains… Pourtant, elle s’éloigna pensive, bien décidée à en apprendre plus et… à aller défouler ses pulsions sur quelques mâles qui roucoulaient si facilement face à elle !

Frustré, Tristan était sorti, avait rejoint sa petite amie qui se voulait terriblement tentante et qui semblait bien décidée à le combler pour qu’il ne pense qu’à elle. Pari réussi, il oublia les autres sans mal mais le coup était à double tranchant. Incroyablement égoïste, bestial voire violent à certains moments, il se fichait totalement du plaisir de sa compagne et ne s’intéressait qu’à lui apparemment. Oh bien sûr, il se débrouillait déjà bien assez correctement naturellement mais ce qu’il faisait la spécificité de leur couple c’était leur absolue communion, leur manière de s’embrasser, de se désirer, de se caresser si longtemps que cela ne les rendait que plus affamés l’un de l’autre. Là, Tristan prenait son dû, ni plus, ni moins.
Les caresses de la jeune femme semblaient lui avoir plu, même l’avoir d’autant plus excité mais il ne les lui rendait pas… Oh non…
Il n’avait pas envie d’attendre. Elle lui appartenait à cet instant. Ses mains qui emprisonnaient brusquement ses poignets et qui y laisseraient probablement des marques, sa manière de se glisser au-dessus d’elle en laissant clairement entendre qu’il était le mâle, le dominant et que ce serait ainsi, certainement pas autrement, son regard plein de désir mais aussi de brutalité qui semblait crier qu’elle n’avait pas intérêt à se débattre ou à le repousser à cet instant ! Ses assauts brutaux, sans douceur, sans caresse, sans baisers tendres, sans jeux, sans mots doux, sans chuchotements aguicheurs à moitié étouffés par le désir et le plaisir. Déjà il relâchait ses poignets, s’appuyait sur le matelas, parfois la caressait, trop brutalement, trop possessif…
Il réclamait, insatiable. A peine arrêtait-il un instant, respirant profondément alors qu’elle se rendait compte, choquée, du changement de son compagnon, du temps qu’il allait devoir lui falloir pour se remettre de cet échange brutal qu’il voulait recommencer. Oh, elle lui plaisait la petite mage… Petite, terriblement excitante, dingue de lui apparemment aussi, elle faisait tout pour le combler, il aimait bien cette sensation de soumission qu’il lui imposait. Pauvre petite chose…

Il s’était finalement allongé sur le lit en poussant un soupir de satisfaction. Inconscient apparemment du mal qu’il lui avait fait physiquement et mentalement surtout. Pourtant, ce ne devait pas être si bien que cela pour lui… Quand ils étaient ensemble, qu’il était lui-même, qu’ils étaient en phase, ils n’arrivaient plus qu’à peine à respirer et ils étaient tout étourdis, complètement hébétés par leur plaisir ressenti, généralement en nage. Là, le jeune homme, très endurant pourtant, ne semblait pas plus fatigué que cela et respirait plutôt… calmement.
Mais si lui était tout de même satisfait, ce n’était assurément pas le cas de la jeune femme, même s’il l’ignora superbement, ne semblant pas faire attention à ce qu’elle lui disait, lui tournant le dos pour dormir.
Pauvre Cassidy.

Elle était bourrée de petites attentions, de gentillesses, mais il s’en fichait… Elle dut bien vite s’en rendre compte. Par contre, ses tenues peu couvrantes sollicitaient son attention et régulièrement, il l’avait attirée à l’écart pour des caresses ou de brusques ébats, toujours loin de la passion du jeune homme. D’ailleurs, l’actuel Tristan, qui insistait pour se faire appeler Ikael, n’avait pas grand chose à voir avec son homonyme. Il était si frustré des barrières que tout le monde lui mettait qu’il boudait tout le temps ou presque et semblait s’ennuyer constamment, rêvant bien trop de s’envoler loin d’eux tous !
Souvent les autres hommes admiraient la petite mage mais il s’en fichait aussi. En fait, il ne lui portait que peu d’intérêt. Elle comblait ses pulsions et elle était apparemment la seule à laquelle il avait le droit pour le moment. C’était pénible mais tant qu’elle remplissait son rôle à vrai dire… c’était déjà bien.

Elle l’avait amené à leur clairière, enthousiaste et douce. Mais ça l’ennuyait profondément. Il avait voulu s’envoler et s’était pris une sacrée raclée en retour. Oh il l’avait entendue l’appeler, le supplier mais il en avait marre de l’entendre parler ! Elle était tellement ennuyeuse, bavarde et inutile. Penser ainsi le mettait encore plus en colère. Pourquoi porter le moindre intérêt à une humaine déjà ? Parce qu’il savait qu’elle se débrouillait merveilleusement bien au lit mais à vrai dire, ce n’était pas tellement ça. Egoïste, ego surdimensionné il n’était pas en mesure évidemment de se rendre compte que le problème venait tout simplement de lui.

Il s’était transformé… Il cherchait à s’éloigner d’elle. Elle avait peur, elle avait mal. Encore. A cause de lui. Et elle dut essayer de l’emprisonner. Etre un dragon était une libération et le vent sur son corps puissant lui intimait de s’envoler. Il rêvait de pirouettes dans les airs et se rendait compte qu’il n’avait pas été libre depuis bien longtemps, libre d’être lui-même, libre de voler, la seule chose qui le libérait réellement oui. Mais elle l’avait enchainé. La première fois que la chaine se tendit, il s’étrangla à moitié et se mit à tousser. Une chance qu’il ne soit pas capable de cracher du feu pour sa part, il aurait fait des dégâts autrement. Vaguement, il sentait quelque chose, quelqu’un qui tentait de lui parler, dans sa tête, une petite voix qu’il n’entendait que très vaguement derrière le monceaux de pulsions rageuses qui voulaient qu’il s’en aille loin dans les nuages. Il ne reconnaissait pas sa voix. Il n’avait pas envie de l’entendre, encore moins de l’écouter. Il ne sentit pas sa détresse, il ne sentit pas sa terreur alors qu’il allait la quitter, encore une fois. Il chercha à partir.

Alanir qui se faisait sacrément embêter par la dragonne et ses intarissables questions arriva rapidement pour aider sa protégée. Pour la délivrer de ses peurs, pour la venger aussi.
Tristan, ou plutôt Ikael qui avait terriblement envie de voler un peu, au moins un peu, qu’on lui fiche la paix sentit son confrère arriver vers lui, ne put pas l’éviter. Il était encore très curieusement maladroit avec son corps de dragon et ses ailes si grandes, son corps taillé pour la vitesse alors que celui de son aîné était taillé pour le combat. Il se fit brusquement attraper par Alanir, entre ses grandes pattes puissantes. Ses griffes s’enfonçaient dans ses écailles et il le brûlait atrocement. Ca faisait tellement mal que le petit dragon n’eut même pas l’énergie de lutter et chuta avec lui au sol en gémissant pitoyablement. Déjà, il se retransformé, étourdi. Mais l’autre ne l’avait pas lâché, même lui aussi redevenu humain. Il lui faisait mal… Pourquoi ? Pourquoi le punissait-il ? Il n’avait entaché aucune de leurs règles !!!!
Il n’avait blessé aucun dragon par égoïsme !
Il n’avait pas touché à la femelle d’un ainé !
Il n’avait rien fait qui mérite qu’on le punisse de la sorte ?
Pourquoi ? Pourquoi ? Son esprit s’embrouillait… Il avait mal…
Sauf que la douleur eut un très curieux effet. Enfin… lorsque la nouvelle décharge se fit ressentir.

- Pourquoi tu obéis à une humaine ?! J’ai rien fait !

Il tentait de parler, rageur, humilié et en colère même s’il avait surtout très mal et refusait de l’admettre. Mais Alanir avait parlé de lui. C’était son autre nom ça, Tristan. Comme quoi il préférerait souffrir que de faire du mal à la petite mage. Et puis quoi encore ?!

Alors que Cassidy essayait d’arrêter son dragon, alors qu’Alanir semblait faire un énorme effort pour se retenir de dépecer vivant son imbécile de semblable, alors qu’il lui disait clairement ce qu’il pensait, qu’il ne devait pas lui faire du mal et que l’idée semblait offusquer le jeune homme, une chose étrange se produisit. Mais la jeune femme était trop peinée et trop inquiète et son ami trop en colère pour que l’un d’eux le remarque. Un éclat était passé dans ses yeux. Pendant un instant, son esprit si fermé s’était rouvert. Pendant un instant, son coeur s’était mis à battre très vite. Pas parce qu’il avait peur, pas parce qu’il ressentait tout avec une intensité surprenante mais parce que brusquement des émotions l’avaient assailli. Pendant un très court moment, Tristan fut de nouveau là, écrasé par le poids de son aîné qui le maintenant au sol. Il avait mal partout et il se sentait horriblement nauséeux, tout tournait autour de lui et il avait la sensation d’avoir fait d’horribles choses. Mais alors qu’il papillonnait des yeux faiblement, ouvrait la bouche pour parler, ses yeux se posèrent sur le visage de sa petite mage adorée, sur la souffrance immense dans son regard, sur ses lèvres qui s’entrouvraient pour hurler le nom de son ami, pour qu’il cesse de torturer celui qu’elle aimait… Il lui avait fait du mal. Il le savait… Il le voyait. Il le sentait. Un profond désespoir alors qu’il n’avait que quelques secondes avant de se retrouver prisonnier de son propre corps, de ses propres pulsions. Cette fois, il ne put même pas articuler le nom de son adorée, il s’accrocha à la douleur qui le rendait vivant et oublia rapidement qui il était. En réalité… Pour ce qu’il venait de voir, il n’avait pas envie de s’en souvenir…

Ikael était à peine conscient quand on le ramena chez eux.
Il entendit vaguement des explications sur ce qu’on lui avait fait. Il était en colère, mais trop fatigué et le corps trop douloureux pour réfléchir. Pourtant, les paroles de son aîné tournaient en boucle dans sa tête. Partir avait fait du mal à la petite mage, même le vouloir seulement. Cassidy ne voulait pas qu’il s’en aille… Kayla sembla très surprise de l’apercevoir seulement dans cet état et il ressentit sa brusque colère. Pendant un instant, elle sembla prête à se mesurer à Alanir mais elle fixa Cassidy et la détresse de la jeune femme la calma curieusement. Tellement étranges ces humains ! Eleyna était inquiète, même après les paroles de son ami et pendant un instant, elle sembla vraiment lui en vouloir d’avoir blessé Tristan. Après tout c’était son rôle et puis il était dragon, tout comme le jeune homme, il devait bien comprendre son envie de voler, non ? Apparemment pas…

Tristan devait se reposer. Il ne pouvait quasiment pas bouger, il avait mal partout et il était très en colère envers son aîné ! Il ne comprenait pas !
Bon d’accord, apparemment, il avait blessé Cassidy mais il n’avait pas l’intention de partir si loin ! Il voulait juste voler un peu ! Ca lui manquait ! Pourquoi diable l’en empêchait-on ? Il était un dragon ! C’était la chose la plus naturelle au monde. Certes, pour l’instant, il était un peu tourneboulé par tout ce qui lui arrivait mais le clouer au sol de la sorte… en quoi c’était une attitude de dragon ça ?
Boudeur, humilié, profondément vexé, le jeune homme grognait, ronchon. En plus, Cassidy s’obstinait à rester avec lui et il ne savait même pas pourquoi. Si elle avait vraiment été malheureuse même s’il ne comprenait pas trop pourquoi elle le serait, elle l’aurait laissé là, tout seul ! Non ?

Décidée à travailler près de lui, elle semblait concentrée sur la chaine que Eleyna avait déjà utilisé sur lui, il s’en souvenait. Il mit un moment avant d’arrêter de bouder mais tout égoïste et égocentrique qu’il était, il ne tarda pas à redemander de l’attention vu qu’elle était la seule à lui en témoigner un peu. Décidément, il en voulait à son aîné et ne comprenait vraiment pas les réactions de celui-ci. Après tout Cassidy, elle, elle ne semblait pas lui en vouloir, si ?
Il n’y a pire aveugle que celui qui refuse de voir… Et l’actuel Tristan était un aveugle fini !
Pourtant, elle était distante. Déjà, elle ne semblait pas plus préoccupée que ça par lui. Et puis elle n’avait pas l’air dans son assiette non plus, ça aussi il s’en rendait compte.

Elle avait fini par s’endormir sur sa chaise alors qu’il se réveillait d’une énième sieste. Elle tremblait légèrement. Il l’avait observée une seconde, l’avait appelée puis prudemment s’était redressé, relevé en grognant de douleur en posant le pied par terre. Evitant la jeune femme, il avait cherché à sortir de la pièce, à s’échapper pour aller profiter des amusements de l’extérieur vu que tout le monde semblait dormir, l’appartement étant silencieux.
Au moins là, on allait le laisser tranquille ! Il ne semblait même pas se rappeler qu’il ne portait qu’un boxer… Mais après tout, les dragons n’étaient pas très pudiques.
Sauf qu’il s’arrêta, la main sur la porte, le regard dans le vague, tourmenté. Lentement il retourna la tête vers la petite mage qui s’était donné tant de mal pour le distraire et qui avait eu l’air de souffrir de son départ, du moins de ce que la raclée de son aîné supposait… Un grognement sourd lui échappa, un profond soupir alors qu’il abandonnait la porte et retournait près de la jeune femme. Il l’observa sans bouger puis lentement déplaça sa chaise. Il n’était pas très patient, pourtant il essayait de ne pas la réveiller et devait donc procéder avec minutie et lenteur. Finalement, il l’avait soulevée et ses muscles lui avaient fait atrocement mal alors qu’elle était vraiment un poids plume. Cela lui fit froncer les sourcils et pas qu’un peu et alors qu’elle s’accrochait presque automatiquement à sa nuque, il se retrouva à moitié dans le lit, dans une bien étrange position, incapable de se dépaitre de la jeune femme !
C’est qu’elle s’accrochait et pas qu’un peu. Il finit par l’allonger sur le matelas, à quatre pattes au dessus d’elle, se contorsionnant en grognant de douleur sous les courbatures de ses muscles pour dégager sa nuque.
Haletant, le jeune homme se sentait vidé et il maudit intérieurement son semblable de l’avoir blessé ainsi. Non décidément il ne comprenait pas. Assis en tailleur sur le lit, il fixait la petite mage. C’est vrai qu’elle était légère… pourtant, elle avait un corps de femme, mince certes mais aux courbes alléchantes. Le simple fait d’y penser lui enflamma les reins et ce n’était pas faute de porter son bracelet vu qu’il ne pouvait pas l’enlever.

Il releva une main, la posa sur elle, l’enleva, pris d’un recul qu’il ne comprit pas sur le coup. Ce n’était quand même pas très bien de profiter d’une femme inconsciente. Bon après tout, il était égoïste et il s’en fichait un peu, elle ne pourrait pas faire beaucoup plus que la veille… il l’empêchait de prendre les commandes après tout. Mais c’est vrai qu’il avait bien aimé ce qu’elle lui avait fait… Deuxième pensée déplacée qui ne l’aidait guère. Pourtant, il finit par trouver un compromis. Certes il était un dragon et certes cette femelle devait le satisfaire puisqu’apparemment pour l’heure il était privé des autres mais de là à profiter du sommeil de la jeune femme… Et puis nul doute qu’elle se réveillerait durant ses assauts ! Et une mage réveillée en sursaut ce n’était probablement pas très stable ! Et puis il y avait autre chose… Quelque chose qu’il ne comprenait pas. Son regard plein de détresse et de désarroi à cause de ce qui s’était passé quelques heures plus tôt, un regard qui lui revenait en mémoire, s’emparait de son esprit. Elle avait eu l’air si triste… Quelle importance qu’elle soit triste ? Qu’est ce que ça pouvait lui faire ? Pourtant… les dragons même égoïstes sont sensibles au bien être de leur conquête non ? C’était différent. Il était perdu. Ce regard le gênait…
L’observant, il finit par la déshabiller pour qu’elle soit plus à l’aise mais renonça à lui passer un quelconque vêtement pour dormir. Déjà par qu’il s’était pris un formidable coup de coude involontaire dans les parties en la déshabillant et que cela lui coupa le souffle pendant quelques interminables secondes, dieux que ce corps humain était sensible dans cette région !… Ensuite parce que ce n’était déjà pas simple de lui enlever ses vêtements alors lui en mettre risquait d’être catastrophique et enfin… la réelle raison, il profitait de la situation pour se rincer l’oeil, assis, la fixant avec un intérêt certain en détaillant le corps superbe de la jeune femme. En tous les cas, elle avait réussi involontairement à capter toute son attention !!!

Pourtant, la regarder lui enflammait les reins non sans raison et il baissa les yeux avec curiosité sur la bosse qui s’était très rapidement formée dans son boxer et qui n’était pas du tout due au coup de coude de la demoiselle. Son anatomie humaine était très sensible, ultra-réactive… c’était étrange mais loin d’être désagréable. Simplement la regarder le mettait dans un sacré état… Il l’observait, se demandant si c’était normal d’avoir une telle attirance pour elle alors qu’elle n’était pas dragonne mais elle était merveilleusement bien faite, il devait l’avouer et même si les demoiselles croisées dehors étaient habillées, elles ne l’attiraient pas autant. Elles l’attiraient oui… mais pas autant qu’elle. Comment diable s’y prenait-elle donc ?
Il l’avait regardée longuement… Pendant des heures en fait, sans bouger. Il n’avait pas essayé de satisfaire les vives pulsions qui le mettaient à mal, se contentant de la regarder avec une fascination presque intimidante. Si elle avait été réveillée, elle aurait été cramoisie à cause de ce regard… sans aucun doute !
Plusieurs fois il avait avancé la main, frôlant ses hanches, ses épaules et bien sûr sa poitrine. Elle avait frémi, il avait reculé la main dans une curieuse attitude gênée, se surprenant lui-même. Elle cherchait sa chaleur, bougeait légèrement vers lui. Elle avait fini par se rapprocher un peu dans son sommeil. Il l’avait finalement recouverte et avait observé l’extérieur, la tête pleine de questions qui n’avaient aucun sens.

Le soleil finit par se lever et son étrange sentiment d’hébétement disparut avec la nuit. Il se releva, enfila un pantalon en se demandant vaguement pourquoi il s’en encombrait vu qu’il n’avait pas froid et torse nu, sortit se dégourdir les jambes. Il ne savait pas où était Kayla et ce qu’elle faisait mais elle semblait au courant de ses moindres faits et gestes car à peine était-il sorti qu’elle sauta au bas d’un nouveau perchoir, un toit, pour venir le voir, un sourire aux lèvres, profitant de son habillement restreint.
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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: Parce qu'abandonner n'existe pas...   Mar 29 Juil - 12:28

- Salut Ikael ! Belle journée hein ?

Il la salua d’un sourire, l’observant avec un intérêt tout sauf dissimulé. Elle se mit à rire mais s’éloigna rapidement, prétextant aller chasser. Il fut très tenté de la suivre mais elle ne lui proposait pas de l’accompagner. Ils appartenaient à deux communautés de dragons très différente l’une de l’autre. Dans celle du jeune homme et d’Alanir, les mâles dominaient et étaient ceux qui décidaient, à la manière des lions, ce qui devait être fait, dit etc. Mais dans celle de Kayla c’était l’inverse totale ! C’étaient les femelles qui régnaient et apparemment les mâles le leur rendaient très bien. Néanmoins, fait réellement surprenant lorsque l’une et l’autre communauté se rencontraient même s’il y avait une certaine et légère lutte de pouvoir, de suprématie et de domination, un respect mutuel s’installait. Ils se tentaient les uns les autres mais se respectaient. Ainsi ne lui imposait-il pas sa présence alors qu’elle ne l’invitait pas, mais de son côté, elle n’exigeait pas de lui ce qu’elle aurait exigé chez un mâle de sa communauté. C’était étrange, juste instinctif et il peinait à se l’expliquer mais c’était plutôt… bien fait.

Elle venait de partir quand son odorat se mit à lui picoter les sens. Une jolie demoiselle qu’il ne connaissait pas était en train de se déplacer dans les rues, petite promenade matinale apparemment. Elle était jeune, sortie de l’adolescence depuis peu, pas aussi mince que la belle mage et aux formes beaucoup moins harmonieuses mais a contrario beaucoup plus généreuses ! Ses traits étaient encore très enfantins et ses cheveux châtains ne lui arrivaient même pas aux épaules, coupe un peu garçonne mais qui lui allait bien. Elle se figea en le voyant et il carra les épaules, certains de son charme. Il sentait malgré les quelques mètres qui les séparaient la vive curiosité de la jeune femme et son intérêt pour lui. Il se rapprocha, la salua, un de ses magnifiques sourires aux lèvres alors qu’il la voyait frémir d’envie déjà. Elle avait envie de lui, très envie même, il le sentait… Ca lui plaisait énormément. Cette petite biche n’était certes pas une proie très amusante mais elle apaiserait momentanément sa faim. Il souriait alors qu’elle se faisait un brin minaudante, le frôlant doucement, discutant avec lui, mais si peu, toute occupée à le dévorer du regard. Dans un instant, il l’emmènerait dans une grange proche et lui ôterait ses vêtements… Elle en mourait d’envie… Oh ça, il le savait bien…

Mais alors qu’elle tâtait les muscles de ses bras puis glissaient ses mains caressantes le longs de ses biceps, jusqu’à ses épaules et qu’il oscillait légèrement la tête, conscient que ses cheveux rouges et noirs qui lui tombaient sur les yeux lui donnaient un charme diabolique, une petite mage peu partageuse vint s’interposer. Tristan grogna de frustration dans un premier temps, reconnaissant sa voix, la vue bouchée par une imposante masse de cheveux d’or. Et puis il baissa les yeux sur les épaules nues, les hanches aussi tiens… Oh elle n’était pas très habillée là et la seule chose qui la couvrait un peu, c’était ses cheveux. La gamine qui le draguait comme les passants mâles étaient surpris. La première semblait troublée, les autres ravis, et même très excités. Apparemment, il pouvait aussi le sentir chez les mâles, ils débordaient d’hormones prêtes à servir. Cassidy venait de se rendre compte de sa tenue et se glissa contre lui pour se soustraire au regard. Elle tremblait légèrement. Néanmoins sa peau nue contre la sienne lui provoqua une bien étrange sensation, un vif frémissement électrique d’excitation mais pas que… Il ne s’était pas rendu compte la veille que sa peau était… aussi douce. Elle essayait de se cacher contre lui et il cligna plusieurs fois des yeux, surpris en remarquant qu’il avait relevé les bras pour l’en envelopper, un brin protecteur. Pourquoi ?
Les hommes voulaient partager… ce devait être une manière de dire qu’ils voulaient se faire la petite demoiselle. Il les comprenait à vrai dire… La vue et le contact lui avaient coupé le souffle et il se sentait lui-même bien plus excité par la petite blonde que par la gamine avec laquelle il communiquait peu avant. D’ailleurs, elle devait bien s’en rendre compte, non ? Son souffle court… ses mains baladeuses sur ses hanches qui ne semblaient vouloir qu’une chose : s’emparer d’elle… Pauvre petite demoiselle.

Oui, si ça avait été Tristan, tout aurait été différent… Déjà elle ne serait jamais sortie pour l’empêcher de fricoter avec une autre femme, sauf si c’était un petit jeu de jalousie entre eux et ensuite… il se serait mis très en colère contre les hommes, aurait pris la petite demoiselle dans ses bras, la portant rapidement à l’intérieur, au chaud et loin de ces regards de pervers. Mais ce n’était pas Tristan, c’était Ikael et même s’il semblait avoir vaguement intégré quelques notions de contenance depuis la veille et l’avant-veille, ce n’était franchement pas un galant homme !
Cassidy l’embrassa et ce n’était franchement pas nécessaire pour qu’il cesse de se préoccuper de la brunette mais elle semblait le penser. Il se laissa faire, trouvant son baiser terriblement sensuel et les idées encore moins claires après ça ! Obéissant, apparemment suffisamment conquis, il émit un léger grognement quand elle parla des « mâles » présents et avant qu’elle n’ait le temps de réagir, il l’avait soulevée de terre. Bon, il était loin de la porter comme avant, comme si elle était une petite princesse et lui le prince charmant venu la délivrer, il était même très maladroit et semblait hésitant quand à l’endroit où placer ses mains et la force à y mettre mais il la portait et s’éloignait d’un bon pas, même si ça faisait mal à ses muscles. Un vif éclat de conscience l’atteignit alors qu’ils rentraient et qu’il sentait sa peau si fraiche contre la sienne. Il l’envoya prendre un bain mais un seul regard de la demoiselle le convainquit plus que de raison de l’accompagner même s’il profitait qu’elle marche devant lui pour se rincer l’oeil ! Encore !

Elle était douce et gentille, s’occupait de lui, s’inquiétait pour lui…
Il poussa un grognement quand elle parla du dragon qui était devenu franchement antipathique à ses yeux mais tourna légèrement la tête, curieux à cause du ton de sa voix lorsqu’elle avait parlé d’attention. Oui c’était plutôt bien quand quelqu’un était attentionné. Il aimait bien… Mais dans sa voix, il y avait de l’hésitation, du regret et peut-être de la tristesse. Elle ne disait rien certes, mais forcément, elle souhaitait qu’il redevienne l’homme doux et attentionné qu’il était jusqu’à il y a peu. Il se souvenait vaguement qu’il était différent peu avant, mais il ne savait plus trop en quoi. Enfin ce n’était pas encore très clair dans sa tête, tout était troublé, plein d’exigences égoïstes et de mépris de son propre intérêt pour les humanoïdes.

L’instant d’après, elle lui passait la chaine qu’il connaissait déjà autour du coup, disant qu’elle devait l’aider. Il s’était retourné, curieux et s’il louchait à moitié sur sa poitrine à cet instant, il semblait écouter ce qu’elle lui disait et apprécier qu’elle pose sa main sur son torse, même si c’était juste pour toucher son collier.
Elle voulait qu’il fasse comme elle à présent et il fronça les sourcils, ne voulant pas recevoir d’ordre de sa part, même si ce n’en était pas tout à fait un et qu’il trouva cela plutôt… bien en fait qu’elle exige quelque chose de lui, ne se laissant pas totalement faire. Sa contrepartie de l’embrasser vainquit néanmoins ses défenses. Il aimait beaucoup quand elle faisait ça. Toutes les humaines embrassaient-elles aussi bien ? Il en doutait beaucoup !
Il obéit donc mais était plutôt maladroit, comme s’il avait oublié comment faire, c’était loin de ses merveilleux massages et de ses constantes attentions. Il apparaissait clairement qu’en temps normal, Tristan était constamment en contrôle de lui-même, de sa force tout d’abord car il l’était, fort… Ses mains étaient douces et pourtant il appuyait trop fort, serrait trop fort à cet instant. Avant, il faisait des pressions sur sa peau par intermittence, s’amusait à à peine l’effleurer en général, pour l’embêter et parce que c’était très doux. Se contrôler ne devait pas être si simple au final…

Le patin à glace l’après-midi l’ennuya beaucoup dans un premier temps. Déjà parce qu’il avait très envie de voler et ne comprenait pas qu’elle le bride autant et d’ailleurs comment pouvait-elle exiger qu’il se ferme autant à ce qu’il y avait de plus naturel au monde pour lui ?! Ensuite parce que ça avait l’air inutile et ennuyeux mais une fois sur la glace, il commença à s’amuser même s’il bougonnait encore un peu… pour le forme surtout.
Elle lui prenait tout le temps la main. Il ne comprenait pas vraiment pourquoi, mais ce n’était pas vraiment désagréable alors il la laissait faire et puis elle avait l’air un peu moins triste quand il acceptait… Ils étaient tombés dans la neige, elle riait mais elle n’avait pas vraiment l’air d’être bien, fatiguée, éprouvée. Il s’en rendait compte. Il ne savait pas trop comment… mais il s’en rendait compte… Et ça l’ennuyait. Elle parlait beaucoup trop. Elle était tout le temps sur son dos. Mais il aimait bien quand elle s’occupait de lui quand même. Elle semblait beaucoup tenir à lui et être particulièrement… jalouse. C’était étrange mais assez glorifiant comme impression.

Elle s’obstinait… Elle faisait tout pour lui plaire, pour l’occuper, pour l’empêcher de voir et de penser aux autres filles. Mais elle avait mal, plus que certainement de devoir faire tout cela. Ce n’était pas normal. Ce n’était pas dans l’ordre des choses. Son fiancé aurait dû être près d’elle, amoureux et merveilleux. Il aurait dû l’aider à se remettre de son année de souffrance, pas lui en imposer d’autres. Les dieux étaient injustes de permettre cela. Ils n’intervenaient pas… Etait-ce donc cela le soutien de ce dieu de l’amour qui croyait tant en ce petit couple ? Ou celui-ci les avait-il finalement abandonné ? Et les dieux ? S’étaient-ils finalement aperçu de l’incompatibilité entre eux, de l’impossible dans leur amour ? Avaient-ils décidé de les abandonner en laissant faire cette horrible chose, en permettant cette nouvelle épreuve, une de plus, une de trop pour un amour déjà bien trop éprouvé ? Peut-être plaçaient-ils d’immenses espoirs dans la jeune femme… Mais alors pourquoi la torturer de la sorte ? A part détruire ses espoirs, que faisaient-ils ?

C’était à Tristan de lutter et de revenir… Mais sa part dragon était importante… Il avait probablement envie finalement d’être égoïste, de plaire, de séduire… Peut-être était-ce lui…
Elle l’occupait beaucoup et il remarquait tout ce qu’elle faisait pour qu’il ne s’ennuie pas, pour qu’il ne pense pas à voler. Elle lui avait dit qu’il devait faire attention, qu’il n’était pas prêt pour ça, évoquant une blessure dont il ne se souvenait pas. Il l’avait crue, il ne savait pas trop pourquoi mais il l’avait crue. Il lui faisait confiance. Elle le traitait bien après tout et semblait lui être si dévouée que douter d’elle ce n’était pas très « bien ». Mais qu’est ce qui était « bien » pour un dragon.

Ils avaient beaucoup bougé dans l’après-midi… Pas mal. Mais ça ne l’avait pas suffisamment épuisé pour la soirée durant laquelle il s’était montré tout aussi, voire plus fougueux, exigeant, parfois à la limite du brutal. Elle encaissait, pauvre petite demoiselle… Mais il était clair que ça n’avait rien à voir avec avant… Rien du tout même.

Elle l’occupait beaucoup mais c’est vrai, elle commençait à réussir à le calmer un peu et à l’exhorter à la patience régulièrement alors même que ce n’était clairement pas son fort. La déshabiller… oui, il le faisait souvent et en avait encore plus souvent envie. A croire qu’il était infatigable et insatiable surtout. Ce qui n’était certainement pas le cas de la petite mage qui ne devait guère apprécier sa toute nouvelle brutalité et ses exigences égoïstes. Elle ne brillait plus du tout avec lui et même si c’était bien malheureux, elle se rendait compte finalement que Tristan pouvait aussi être un imbécile avec les femmes. Certes, ce n’était pas totalement de sa faute, il était victime de ses pulsions et beaucoup trop dragon pour se soucier de quelqu’un d’autre que lui, mais elle n’appréciait certainement pas cette part de lui. Il ne se préoccupait guère du passé évidemment, comme tout jeune dragon, bien trop préoccupé par le présent mais si ça n’avait pas été le cas, il se serait peut-être inquiété de ce qu’elle disait. Il avait bien entendu ses paroles, et ça avait évoqué quelque chose à son esprit. Elle lui avait dit qu’elle ne brillait jamais avec Erwan. Pourtant, elle aimait cet homme et aujourd’hui, beaucoup trop certainement, il était sur un pied d’égalité avec l’archer. Car il ne faisait rien pour prouver à la demoiselle qu’elle avait raison de l’aimer, bien trop peu pour la rassurer et absolument rien du tout pour calmer sa jalousie. Sur beaucoup de points, aujourd’hui, il était bien inférieur à l’archer et ça… ce n’était franchement pas une bonne chose, surtout pour une petite demoiselle, épuisée et si vulnérable ces derniers temps.

Pourtant… ces étranges moments d’étourdissements arrivaient de temps à autres… Des moments d’une étrange lucidité qui lui donnait horriblement mal à la tête et qui lui faisait mal partout en fait. Physiquement, mais pas que… Généralement soit il était seul, soit elle ne le regardait pas. Ca ne durait jamais plus d’une poignée de secondes et généralement, il n’avait même pas le temps de dire quelque chose, juste de penser, de se rendre compte, de comprendre, de souffrir… Totalement embrumé par un terrible sentiment criminel, Tristan émergeait parfois de ces pensées égoïstes, le vrai Tristan, le Tristan humain, ou du moins, celui équilibré… Il était conscient de tout ce qu’il faisait et ne faisait pas, prisonnier de son propre corps et témoin impuissant d’actions que son propre « lui » semblait vouloir au plus profond de son être, des actes égoïstes, violents parfois… Son visage lui apparaissait… il voyait sa tristesse que dans son égoïsme il ne pouvait qu’à peine repérer. Cette tristesse que personne ne pouvait manquer, cet abattement, cette obstination insensée. Ses lèvres articulaient son doux surnom mais déjà il se perdait de nouveau, déjà, il s’en fichait, déjà il voulait de nouveau la posséder, l’entendre gémir mais bien trop souvent plus de douleur que de plaisir. Pauvre petite demoiselle.

Ils étaient dans la serre et il s’ennuyait un peu mais elle sentait bon et il se sentait curieusement plutôt bien à cet instant. Elle avait l’air contente qu’il soit sage et n’essaie pas de la tripoter une fois de plus, pour la déshabiller et exiger le dû qu’elle lui devait bien à l’empêcher de copuler avec d’autres femelles… Après tout, ça n’aurait été que la cinquième fois de la journée…
Alors qu’il était allongé, fixant pensivement les arbres au dessus d’eux à rêver de pouvoir s’élever dans les nuages, une drôle d’envie le prit. Pas de celles qu’il avait constamment et en particulier près de la jeune femme, non, une autre… Il avait un peu faim… ou alors était-ce elle ? Il n’était pas très sûr. Elle ne mangeait pas beaucoup ces derniers temps mais il fut pris d’une brusque attention, celle d’aller lui chercher des biscuits. Ca le surprenait. Il avait envie de lui faire plaisir. Ca, elle aimait bien. Enfin du moins lui semblait-il. C’était étrange oui… Elle le laissa s’éloigner seul et il se rendait vers la « boulangerie » de la cité lorsque dans les allées pleines de neige, il croisa Kayla. Elle restait très peu habillée et semblait plus porter son manteau par souci d’élégance que par réelle frilosité. Elle le fixait de son regard si vert, pleine de provocation, rien que dans son regard, sublime créature. C’est vrai qu’elle était quand même d’une grande beauté cette femme avec sa peau si pâle et ses cheveux si noirs, un contraste saisissant qui ne laissait personne indifférent. Contrairement à Cassidy elle était grande, très grande même, d’où ses jambes interminables. Si grande que le sommet de sa tête arrivait au menton du jeune homme ce qui était vraiment rare. Ses lèvres rouge sang s’étirait en un sourire conquérant. Si belle…
Elle lui posait une simple question. Au début, il l’avait salué d’un sourire et d’un regard admiratif suivant la courbe de ses hanches mais sa question l’avait arrêté alors qu’il comptait continuer son chemin à l’origine.

Elle lui parlait, des paroles simples, crues, tellement vraies alors qu’il la fixait avec une attention certaine s’approcher de lui. C’était vrai… Elle ne le comprenait pas. Il détestait que son aîné le commande et que tout le monde le bride ainsi. Il voulait voler, s’éloigner, chasser, s’amuser… Et puis la proposition de Kayla était si tentante. Il était curieux, terriblement curieux… Et puis s’il devait se contenter d’une seule femelle n’était-ce pas mieux de choisir la bonne ? Celle qui était comme lui ? Celle qui pouvait le satisfaire, ne serait pas épuisée par leurs ébats, lui tiendrait tête… Celle qui lui ressemblait ? C’était dans l’ordre des choses non ?
Pourtant, il avait froncé les sourcils. Il était curieux oui et rien que regarder la demoiselle le mettait à mal, ses paroles réveillaient chez lui des pulsions que peinaient à contenir son bracelet et la chainette autour de son cou. Mais il grogna pourtant en se détournant d’elle. Il ne savait pas trop pourquoi il faisait ça. Mais il s’était bel et bien détourné, une pensée s’imposant à son esprit. Une pensée de biscuits, la pensée de la petite mage qui l’attendait à la serre et pendant une seconde, il imagina ce qu’elle ressentirait s’il suivait Kayla. En fait, il ne pouvait pas du tout imaginer ce qu’elle pouvait ressentir bien sûr mais l’image de ses grands yeux noisette si brillants plein de peine et de larmes comme quand il avait voulu s’envoler lui revenait en mémoire. Que ce soit la pensée d’une violente raclée par son aînée ou celle réelle de ces larmes, en tous les cas le jeune homme s’éloignait. Il ne put faire qu’un pas avant de se figer dans son geste, les reins en feu, les sens tourmentés. Reposant son autre pied au sol, il se tourna lentement vers la dragonne qui souriait, apparemment pas du tout vexée par son geste ou peut-être un peu… mais elle savait comment y remédier. Son regard glissa de son corps parfait à l’une de ses mains… Elle tenait un de ses propres bracelets, juste un, qu’elle avait enlevé. Il ne pensait vraiment pas que ce serait si fort… Il ne pouvait juste même pas l’imaginer. Autour d’eux, dans des habitations, des hommes s’étaient carrément… évanouis, sans qu’on ne puisse comprendre ce qui leur arrivait.

De son côté, Tristan ou Ikael n’était vraiment plus en état de réfléchir et s’était complètement abandonné aux violentes pulsions qui l’étreignaient de toutes parts… C’était tout ce qu’il était, une énorme boule de pulsions, rien de plus. Kayla souriait victorieuse, du moins c’est ce qu’il lui sembla lorsqu’il la saisit vivement par la taille pour la plaquer sans le moindre ménagement contre un mur, si fort qu’un bruit sourd se fit entendre mais elle ne sembla pas en souffrir. Elle était aussi solide que lui après tout. Il s’empara de ses lèvres, ne penchant quasiment pas la tête pour alors qu’elle empoignait sa nuque et y plongeait sans ménagement ses ongles. Pressant, impatient, il n’était franchement pas plus doux qu’avec la petite mage, c’était même tout l’inverse mais ça convenait très bien à cette demoiselle qui lui mordit si férocement la langue l’instant suivant qu’il poussa un léger gémissement en reculant la tête, quelques perles de sang glissant sur son menton. Il essaya de lui enlever ses vêtements, elle le repoussa pour jouer. Il grogna mécontent mais comprit rapidement le jeu, s’y prêtant immédiatement en insistant tandis qu’elle l’entraînait dans une ruelle un peu à l’écart. La discrétion, elle s’en fichait bien, mais elle préférait être tranquille ! Il l’avait rattrapée et renversée violemment au sol mais elle s’en fichait. Non, il ne pouvait pas lui faire mal. Elle le griffa sérieusement en lui relevant sa tunique et il grogna de satisfaction, relevant sa robe courte en pressant si fort ses hanches de ses mains qu’il les lui aurait broyées si elle avait été humaine. Il ne savait plus du tout si c’était dû à elle ou à lui-même si son pantalon était sur ses chevilles avec son boxer et n’avait même pas en tête réellement l’idée de prendre le temps de s’en dépêtrer alors qu’elle l’attirait tout contre elle et qu’il grognait, d’autant plus impatient. Ah oui, il l’avait soulevée, la portait, plaquée contre un mur, ça avait l’air de lui plaire… beaucoup. Sauf qu’Alanir arriva et il n’entendit son grognement de rage et ne sentit son odeur que beaucoup trop tard. Déjà le dragon l’avait écarté violemment de la belle demoiselle qui avait bien l’intention de lui apprendre mille et un plaisirs inconnus. Elle était d’une étonnante vivacité néanmoins car alors que le jeune homme était écarté d’elle et qu’elle perdait du même coup son porteur, elle se redressa lentement après un atterrissage parfait, pas plus perturbée que ça, remettant tranquillement sa robe sur ses hanches.

Tristan par contre, n’avait pas compris ce qui lui était arrivé parce que brusquement, il s’était retrouvé à valdinguer dans la neige et si la neige pouvait être trèèès froide, elle était aussi plutôt dure par ces journées glaciales et franchement vu l’état actuel de son anatomie, il n’apprécia vraiment mais alors vraiment pas de la heurter de plein fouet poussant un gémissement étouffé, les larmes aux yeux.
Alanir apostrophait Kayla qui parlait calmement. Dans son regard, une lueur de frustration persistait mais elle était plus amusée qu’autre chose et franchement curieuse de l’énorme colère qui étouffait à moitié son aîné. Quel curieux personnage. Elle en savait beaucoup sur lui, ce qui lui était arrivé mais c’était tellement étrange. Elle aurai bien voulu en savoir plus mais il n’était pas très bavard et elle s’ennuyait beaucoup puisque personne ne voulait vraiment répondre à ses questions et qu’en plus elle ne pouvait pas s’amuser avec Ikael qui était quand même un morceau de choix !
Elle s’éloignait déjà, bien décidée à aller passer sa frustration sur un humain ou deux plutôt puisqu’il faudrait au moins ça pour la satisfaire un minimum, remettant son bracelet en place en lançant une phrase porteuse de sens. Elle comptait bien récupérer Tristan et apparemment, le résultat, pour elle, était couru d’avance.

Tristan de son côté secouait vaguement la tête alors qu’elle s’éloignait et que justement, le bracelet remis en place étouffait l’impressionnante quantité d’oestrogènes que la belle dragonne diffusait… un peu trop. Il avait terriblement mal au… et se demandait vaguement s’il pouvait attraper des engelures à cette endroit, semblant se rendre compte avec un temps de retard que son pantalon était à ses pieds. Il n’eut même pas le temps de se rhabiller un minimum que Alanir l’avait saisi par sa tunique, le remettant d’un geste sur ses pieds de son étonnante force avant de le frapper si fort au visage que sa tête partit violemment en arrière et que ses cervicales hurlaient sous la pression. Le coup avait été si fort que la douleur de l’impact sur son visage et celle encore plus vive de ses cervicales déplacées faillirent le faire s’évanouir. Tout était devenu noir autour de lui mais une voix furieuse vociférait, à moitié étouffée par la colère, celle de son aîné… celle de cet horrible emmerdeur qui n’arrêtait pas de le blesser et qu’il avait envie de plus en plus de massacrer. La trahir…
Il parlait de la trahir. Sans doute parlait-il de Cassidy, encore. Pensée stupide qui vint à l’esprit de Tristan… Il se demanda si son aîné l’aurait tué s’il avait vraiment trahi la petite mage. Probablement. Ces menaces, ces coups, ces raisons le mirent encore plus en colère, enflammant une rage franchement dangereuse pour le dragon de feu comme pour le jeune voltigeur inconscient.

Il avait envie… de le tuer. Pourtant alors que l’autre l’invectivait et le frappa même une autre fois pour essayer de lui mettre un peu de plomb dans la tête, l’idée s’imposa, de nouveau, à son esprit, une image, une pensée. Cassidy et ses yeux plein de peine. Pour une raison qu’il ne comprenait pas vraiment sa rage ne s’apaisa pas mais sa véhémence si et il s’échappa de la poigne d’Alanir pour se rhabiller, courbant l’échine, soumis alors que cette simple pensée de soumission le rebutait au plus haut point. Ils rentrèrent et s’il ne semblait pas du tout culpabiliser pour ce qu’il avait fait, il eut quand même l’espace d’un instant l’air de s’intéresser à l’état de la petite mage… Brièvement…
Eleyna en sentant la colère de son ami l’apaisa d’une main encourageant sur l’un de ses bras et attrapant l’épée de Tristan, elle la lui fourra dans les mains en exigeant qu’il la suive pour s’entraîner. Ce mot eut le mérite de lui faire redresser la tête, soudain prodigieusement intéressé pour lui qui semblait s’ennuyer de tout. S’il débordait autant de pulsions inassouvies alors elle le fatiguerait elle aussi et l’entrainement était ce qu’il y avait de mieux pour l’instant, surtout qu’elle pouvait lui taper dessus sans en avoir l’air. Alanir semblait un peu inquiet de la laisser seule avec ce jeune débordant d’hormones mais elle lui fit un sourire rassurant, désignant d’un signe de tête la petite mage fiévreuse et abattue par le chagrin.

- Occupe toi d’elle… Elle a besoin de toi Alanir. Tristan ne me touchera pas ne t’en fais pas. Qu’il essaie seulement et il y perdra des morceaux !

Au moins c’était rassurant… Un peu.
L’entraînement avait vraiment du bon… Cela calmait de manière radicale Tristan qui semblait vraiment s’amuser et petit à petit la crispation de rage qui le tendait disparut alors que son visage devenait beaucoup plus expressif pour le coup, plus calme, beaucoup plus calme, et même… soucieux. Intriguée et ayant l’impression d’avoir trouvé quelque chose, tout en continuant de jouer de l’épée avec lui, elle l’interrogea sur ce qui s’était passé et à sa grande surprise… il lui répondit, l’air un peu ailleurs. Elle apprit ce qu’il avait l’intention de faire et qui semblait le rendre encore plus perplexe qu’elle d’ailleurs et sa rencontre avec Kayla, le bracelet et à cette mention le jeune homme avait frissonné en semblant prendre réellement conscience de ce qui s’était passé. Il n’y avait pas de regret dans son regard mais elle fut certaine d’y avoir vu, un court instant, de l’inquiétude alors qu’il lui demandait enfin comment allait Cassidy.

- Elle s’est rendu compte de ce que tu allais faire, ça l’a profondément blessée. Tu lui as fait beaucoup de mal alors qu’elle essayait d’être gentille avec toi et qu’elle te faisait confiance. Ca ne s’accorde pas si facilement la confiance…

Elle était sincère et en rajoutait même un peu, ignorant ce que la petite mage avait fait avec sa chaine mais ce n’était pas sans raison. Une idée venait de germer dans son esprit. Puisque Tristan semblait complètement coincé dans un manque total d’émotion peut-être qu’en rendant les choses plus intenses, plus claires à ses yeux il comprendrait… au moins un peu mieux. Et vu son air soucieux et l’attaque qu’il ne réussit pas à parer, elle comprit bien vite que son idée n’était vraiment pas mauvaise, se promettant d’en parler avec Alanir dès qu’elle rentrerait. Là… ils tenaient peut-être le début d’une piste exploitable…

Ils étaient finalement tous deux rentrés pour trouver Alanir l’air fatigué et pensif en train de discuter avec la petite demoiselle qui était réveillée. Il sortit alors que Tristan entrait dans la pièce et si les deux mâles se jaugèrent un instant du regard, il n’y eut aucune menace proférée. Cassidy essayait déjà de l’aguicher de nouveau. Il trouva qu’elle avait un beau sourire et qu’elle ne paraissait pas lui en vouloir finalement, mais Eleyna avait bien fait de lui dire que la demoiselle cachait sa tristesse à cause de lui et pour lui avant tout. Elle n’en avait pas dit plus mais cela intriguait beaucoup le jeune homme même s’il l’oublia aussitôt que ses pulsions revinrent à l’assaut de sa raison. Elle essayait… encore malgré tout. S’il avait été conscient, le Tristan aimant, amoureux, si attentionné aurait eu peur et aurait été vraiment malheureux de voir sa compagne se donner ainsi à lui envers et contre tout alors qu’il ne le méritait assurément pas. Comment pouvait-elle encore être suffisamment attirée par lui alors qu’il lui faisait tant de mal ? D’accord elle l’aimait d’un amour inconditionnel et même si eux deux, c’était très différent aujourd’hui ils étaient physiquement très attirés l’un par l’autre… mais quand même… Quand même… Elle donnait vraiment l’impression de s’accrocher désespérément au sexe avec le jeune homme, comme si c’était un peu tout ce qu’il leur restait et même si c’était à des années lumière de ce qu’ils faisaient et ressentaient auparavant… l’un, comme l’autre. Même si justement lui semblait apparemment satisfait alors qu’elle ne l’était… assurément pas ! Combien de temps encore pourrait-elle jouer à ce petit jeu sordide ?

Alors qu’elle s’était allongée près de lui, il remarqua une légère grimace de sa part qui lui fit froncer les sourcils mais il ne s’en soucia pas plus lui tournant le dos pour dormir, toujours inconscient apparemment de la douleur qu’il lui infligeait en se montrant aussi distant une fois satisfait. Pour l’instant, il ne valait guère mieux qu’un abruti égoïste fini… La pauvre petite demoiselle devait bien trop constater à quel point ces deux Tristan étaient différents et à quel point finalement ce petit ami qu’elle aimait tant était, peut-être pas parfait, mais merveilleux avec elle. Enfin… avant.
Elle s’accrochait…

Le jeune homme se réveilla dans la nuit et se leva pour aller boire un verre d’eau. Elle se rapprochait constamment de lui quand elle dormait, supportant mal la distance entre eux sans doute. Là, elle gémit faiblement quand il s’extirpa du lit alors qu’elle s’obstinait à se coller contre son dos si chaud. Quand il revint, il l’observa une seconde et un regain de moralité le frappa une fois de plus. Un court instant de bien-être à la regarder ainsi doublé d’un horrible sentiment de dégoût envers lui-même. Cela disparut aussitôt mais quand il se rallongea, il se tourna vers elle et s’il ne l’entoura pas de ses bras, il ne s’éloigna pas quand elle glissa son visage contre son torse, remontant juste la couverture en marmonnant qu’elle allait attraper froid sans savoir pourquoi il s’en souciait au final, ça ne le concernait pas.

Le lendemain, il mangea de bon appétit alors qu’il remarquait une fois de plus le teint pâle de la demoiselle et son manque d’appétit justement. A autant bouger, elle allait se faire du mal si elle ne mangeait pas davantage. Mais le coeur n’y était pas après tout et si lui était incapable de le comprendre ce n’était pas le cas des amis de la jeune femme. Maud était passée plusieurs fois prendre des nouvelles en apportant des biscuits qu’elle aimait et Mélodie faisait des prouesses avec ses brioches qu’elle déposait tous les matins. Eleyna était nulle en cuisine mais elle demandait régulièrement à la petite mage ce qu’elle voulait manger… essayant de l’aider comme elle pouvait même si pour l’instant, elle semblait décider à les dégoûter des crêpes tellement elle en faisait. C’était l’un des rares trucs qu’elle maitrisait et puis ça calmait un peu Alanir qui était sur les nerfs et elle ça l’occupait. Et puis tout le monde aimait les crêpes ! Ca mettait de bonne humeur. Tristan aussi aimait bien, en avalant une bonne quantité sous le regard peu amen de son aîné !

Tristan était retourné dans la chambre, paressant sur le lit. Il louchait sur l’anneau à son doigt qui représentait son engagement auprès de la petite mage, ne comprenait pas son geste. Apparemment c’était ainsi qu’on procédait… Cela signifiait qu’il devait se concenter d’elle mais il n’arrivait pas à comprendre pourquoi humain ou dragon il ferait un tel geste ! Quel intérêt de se brider de la sorte… Et surtout volontairement !!!!
Cassidy vint le voir avec la selle et quand il comprit, il se rebiffa violemment, furieux envers elle, vraiment furieux. Il fut même carrément méchant, utilisant les mots « monstruosité », « dénigrant » et autres en parlant du fait de monter un dragon. Le fait qu’elle titille sa curiosité ne le calma qu’à peine alors qu’il semblait vraiment en colère mais elle avait quand même réussi justement à lui rabattre le caquet. Ses paroles étaient d’une telle logique… Mais les dragons étaient de grands enfants têtus et il en était un plus que de raison !

Pourtant, il grognait à mi-voix à présent, les bras croisés sur son torse musclé.
Elle fit une drôle de tête et pendant un court instant la déception dans son regard l’interpella et le gêna mais elle souriait déjà et lui… avait oublié pourquoi ça le gênait. Mais ce sourire cachait un petit jeu alors qu’elle essayait de le tenter, un peu avec une sortie surtout, ce dont il avait besoin. Il avait envie de voler, elle n’était pas dupe, elle l’avait bien vu ! Et elle tentait une stratégie de taille, lui parlant d’Alanir ce qui le rendit aussitôt furieux parce qu’il n’appréciait clairement pas qu’on lui préfère son ainé et parlant d’un autre jeune homme. Eyh ! S’il n’avait pas le droit de copuler avec d’autres femelles elle devait lui être totalement réservée alors ! Non mais il ne manquerait plus qu’il doive partager sa seule source de plaisir !

Il grogna, rancunier en la fixant avec une certaine colère qui était réellement dirigé vers la jeune femme avant de dire enfin quelques mots.

- Si j’essaie encore de voler et que ton « ami » essaie de me brûler, je me battrai cette fois et je m’en fiche s’il me blesse, je le repousserai et je m’en irai très loin ou plus personne ne me dira ce que je dois faire !

Oui, il était en colère. Il se rappelait un peu trop bien de son humiliation et tout égocentrique qu’il était actuellement, il ne l’acceptait vraiment mais alors vraiment pas. Sauf qu’alors qu’il parlait, furieux, des objets de la pièce s’étaient légèrement mis à trembler. Il ne fallait pas oublier que le jeune homme aussi avait un pouvoir et s’il en avait conscience, il ne l’avait pas encore utilisé… Mais ça ne saurait tarder !

- Et puis je sais même pas si ça va marcher ton truc ! Je suis pas un cheval !

Elle était douce et apaisante malgré tout, malgré la manière dont il lui parlait et toute son agressivité, ses méchancetés. Elle lui assura que tout irait bien et que tant qu’il n’essayait pas de partir loin, parce que c’était risqué pour lui actuellement à cause de sa perte de marques, Alanir n’interviendrait pas. Elle continua en lui jurant qu’ils l’avaient déjà fait et cela intrigua profondément le jeune homme qui cessa totalement de bouder et de faire sa mauvaise tête pour le coup, se perdant dans ses souvenirs, essayant de se rappeler. Il finit par la fixer, franchement incrédule et hésitant, avouant se souvenir vaguement de quelque chose comme ça, qu’il n’était pas sûr, qu’il ne comprenait pas vraiment et qu’il y avait d’étranges sensations liées à ces souvenirs. Bien sûr il ne comprenait pas que c’était lié à ses émotions aujourd’hui inexistantes mais s’il en était conscient, d’un soi différent mais dragon quand même, c’était bon signe.

Il finit par accepter mais n’avait pas l’air totalement rassuré et fixa un moment Alanir avec une agressivité certaine quand ils finirent par sortir.
Malgré les essais de la demoiselle, ce fut un véritable désastre et ils ne parvinrent à rien. Tristan se transformait de nouveau et c’était parfaitement naturel maintenant qu’il n’avait plus à lutter contre ses pulsions mais il n’aimait pas que Cassidy essaie de lui monter dessus et quand enfin il accepta sa présence il s’avéra que son corps refusait de lui obéir et qu’il ne parvenait pas à décoller du sol quand elle le touchait, était sur lui, gros coup au moral certain pour la petite demoiselle qui voyait que même le corps de son compagnon la rejetait à présent. Ah oui, pas facile… Mais elle essayait, vainement, de tenir le choc. Ils firent quand même cette sortie mais à pied alors qu’il était frustré une fois de plus de ne pas pouvoir voler.
Elle trouva le moyen de lui rendre un peu le sourire, comme chaque fois, mais frustration ou simple stupidité et incapacité à voir que la demoiselle était beaucoup plus fragile qu’une dragonne, il se montra d’autant plus brutal et vigoureux ce qui n’était franchement pas une bonne chose vu son manque d’intérêt et d’implication pour le plaisir de la jeune femme.

Il somnolait à moitié, lézardant au soleil quand ils étaient allés se baigner dans les sources. Sauf qu’alors qu’elle se redressait pour l’accompagner, cette fois, il ne put pas manquer l’énorme grimace de douleur qui ternissait les traits doux et délicats de son visage. Une odeur de sang. Une grimace de plus alors qu’elle mettait un pied devant l’autre. Il ne dit rien mais l’observa, fronçant les sourcils. Décidément, les humains n’étaient pas très solides. Elle avait marché sans grimacer pour rentrer mais il l’avait vu se crisper à plusieurs reprises.
L’après-midi, elle avait voulu passer chez la guérisseuse, pour sa potion sans doute parce qu’avec les récents appétits sexuels de son fiancé, il valait mieux être trèèès prudente si elle ne voulait pas retomber enceinte ! Il l’avait accompagnée en grognant, ennuyé, comme toujours mais cette fois, la guérisseuse l’avait foudroyé du regard.

Elle s’inquiétait pour l’état de la petite mage, sa pâleur, sa fatigue et la perte de plus en plus radicale de la petite lueur de bonheur dans son regard. Elle tenait à l’examiner, ayant bien remarqué aussi ses légères grimaces et comprenant bien vite que le jeune homme n’y était pas étranger !
Tristan était resté seul dans les pièces principales, allant et venant entre les allées soigneusement étiquetées de fioles et de différentes mixtures.
La guérisseuse s’inquiétait franchement. La petite mage avait accepté de parler un peu mais pas qu’elle l’examine, pudique tout d’abord et puis se doutant de ce qu’on allait lui dire peut-être. Qu’elle devait arrêter ce manège insensé avec ce brutal compagnon, qu’il allait finir par réellement lui faire mal, même si c’était déjà le cas… Elle s’était crispée aux recommandations que la vieille femme énonçait quand un brusque bruit de chute les firent se précipiter entre les étagères.

Tristan était allongé par terre, apparemment inconscient, sur le ventre et il avait dû se cogner la tête sacrément fort. Une de ses mains tenait encore une potion qu’il venait sans doute de boire. Si Cassidy paniquait déjà, agenouillée près de lui et craignant ce qu’il avait encore fait simplement par curiosité ou ennui, la guérisseuse s’empara de la fiole pour en lire l’étiquette avant de froncer les sourcils, ne comprenant pas. Elle pressa les épaules de Cassidy pour la rassurer.

- Calme toi ! Ce n’est qu’une potion temporaire, pour occasion spéciale, pour rajeunir… Il va juste rajeunir de quelques années, ça ne durera pas longtemps calme toi… Avec ce qu’il a bu… deux jours peut-être, pas plus.

Comme pour appuyer ses paroles, un frémissement venait de passer sur la peau du beau jeune homme qui sembla rapetisser progressivement. Il ne remontait pas le temps, il rajeunissait ! Ses cheveux restaient rouges et noirs et ses marques zébrées marbraient toujours son corps mais il perdait en masse musculaire et en taille surtout. Alors que la guérisseuse venait de le tourner sur le dos, les traits si carrés du jeune homme devinrent enfantins, à peine ceux d’un adolescent. Il devait à peine avoir dix ans quand les effets cessèrent de le faire rajeunir. Aucune d’elle ne comprenait son geste mais le demoiseau finit par rouvrir les yeux, surpris de se réveiller par terre et se redressa en se frottant la tête. Il était absolument craquant ! Nageant dans ses vêtements beaucoup trop grands, le mini Tristan était plus mignon que jamais. Ses canines trop longues le gênaient un peu pour parler alors qu’il relevait la tête, bien obligé pour une fois pour fixer sa « petite amie ». La guérisseuse ne put s’empêcher de pouffer alors que le bambin découvrait plus ou moins son corps. Il était toujours lui-même, parfaitement adulte, enfin un dragon jeune adulte dans sa tête mais physiquement, c’était un enfant !
On lui demanda pourquoi il avait fait ça et il fixa Cassidy un instant avant de marmonner qu’il s’ennuyait mais sa voix n’était plus grave et sensuelle, c’était la voix d’un enfant et apparemment, ça, ça ne lui plaisait pas plus que ça.

Il exigea d’aller jouer avec d’autres enfants et elle lui accorda, épuisée sans doute et puis… n’ayant probablement que peu le courage de tenir tête à cet énergumène. Il ne joua pas très longtemps mais si intensément que lorsqu’il revint vers elle, il semblait fatigué.
Alanir et Eleyna vinrent les rejoindre alors que de loin, la dragonne les observait avec un intérêt plus que certain, trouvant l’enfant Tristan tout aussi à son goût que le bel étalon qu’il était en temps normal. Tout le monde était incrédule et ils finirent par rentrer… Enfin Cassidy et Alanir rentrèrent alors qu’Eleyna voulait aller voir Maud et qu’elle embarquait Tristan avec elle pour qu’il laisse la petite mage tranquille un peu !
Elles discutèrent un peu tandis que Tristan se transformait ou plutôt essayait de se transformer en dragon mais comme c’était un mini dragon à peine capable de voler encore, ce jeu le lassa très vite. Finalement, comme il s’aventurait dans les différentes pièces, Maud finit par se relever pour aller le voir. Eleyna, prise d’un brusque instinct la suivit mais en silence se cachant dans l’angle d’un mur pour les observer et surtout les écouter.
Maud s’était assise près de Tristan sur le balcon et venait de passer une main dans ses cheveux alors qu’il ne se dérobait pas.

- Eh bien Tristan… Tu te souviens de moi n’est ce pas ?
- Bah oui… Je suis pas idiot hein.
- En effet.
- …
- Tu as dit aux autres que tu t’ennuyais. Tu as le droit de mentir bien sûr mais ce n’est pas très bien. Je pense moi, que ce n’est pas vrai. Peut-être que tu t’ennuyais mais il doit y avoir une autre raison. Parce que tu as fait de la peine à Cassidy en faisant ça… Tu t’en rends compte ? Ou peut-être que tu le sais, que tu voulais juste lui faire du mal pour qu’elle te laisse tranquille, pour qu’elle te laisse faire ce que tu veux.
- Elle est ennuyeuse.
- …
- Elle est ennuyeuse. Et elle parle beaucoup. Et… elle m’empêche de m’amuser !
- …
- … Mais… Mais je l’aime bien moi Cassidy. Elle est gentille avec moi. Et elle ne me tape pas. Alanir il me tape tout le temps !
- …
- C’est vrai qu’elle est malheureuse parce que j’ai bu la potion ?
- Oui… Ca fait beaucoup de choses pour elle tu sais…
- … Je voulais pas qu’elle soit triste…
- Alors pourquoi tu as pris la potion ? Parce qu’elle ne s’occupait pas de toi ?
- … N… Non.
- Pourquoi alors ?
- …
- …
- Tu le dis pas à Alanir hein… Il va encore me taper dessus…
- Je ne dirai rien à personne. Ce sera notre secret, je te le promets.
- … Je lui ai fait mal… à Cassidy… J… Je comprends pas bien ce qui se passe. Je suis un dragon non ? Mais j’ai pas le droit d’aller voir d’autres femelles, seulement elle. Juste elle.
- Et tu lui en veux ?
- Non ! Enfin… un peu mais… Elle est belle Cassidy. Beaucoup plus que les autres ! Mais je… J’ai… j’ai tout le temps envie moi… Et… Et je suis fort. Et… jeune… Et je sais pas encore me contrôler. Je sais que je vais apprendre, que ça va passer mais là… je sais pas faire et… et y a qu’elle et… Elle est… humaine… Je vois bien qu’elle n’aime pas trop… et puis elle m’a dit aussi que c’était pas pareil qu’avant. J’ai pas tout compris mais moi aussi je me rappelle qu’avant c’était pas comme ça, c’était mieux mais je sais pas trop comment… Je suis… comme un animal et elle… non et… et… elle essaie de me calmer mais elle peut pas et… elle veut que je reste juste avec elle alors… elle essaie de… d’accepter… mais elle…je lui fais mal… Je lui ai fait très mal aujourd’hui… je l’ai vu, je l’ai senti…ça m’a pas arrêté. Je m’en fichais pas mais… c’était moi d’abord et… Je voulais qu’elle demande de l’aide à quelqu’un mais… j’ai pas réussi à lui dire. j’ai pas le droit d’être faible. Je suis un dragon. C’est pas… normal pour un dragon de se soucier des humains et… Mais chez la guérisseuse y avait pleins de potions et celle-là, celle que j’ai prise. J’ai pensé que… si je devenais plus jeune… physiquement, j’aurais plus envie… parce que là je sais pas me contrôler mais… là… j’en ai plus… des pulsions et qu’elle pourrait se reposer un peu… Et… et ça marche… J… je veux pas lui faire mal…

Sa bouille d’ange valait franchement le détour alors que Tristan relevait un visage innocent vers Maud. Il semblait étrangement soucieux et même assez… inquiet ce qui était une grande première mais en même temps s’il était persuadé qu’il ne devait pas paraitre faible et repoussait les prémisses de ses émotions c’est clair qu’il ne pouvait pas progresser et ne pouvait donc en rien être sauvé. Pour une obscure raison il avait accepté de parler à Maud alors qu’il ne parlait à personne. Lui-même semblait tout surpris et il avait l’air réellement d’un enfant, vulnérable. Au fond c’est ce qu’il était, Tristan était un enfant dragon, il avait énormément à apprendre, il ne savait pas du tout se gérer et devait subir les pulsions qu’un dragon adolescent peinait déjà à contenir alors avec son corps d’homme c’était la catastrophe assurée ! L’obscure raison ? Il n’y en avait pas. Maud avait la fibre maternelle et elle inspirait la confiance. De plus si le bambin avait besoin de parler il ne pouvait ni s’adresser à Cassidy directement, aussi tendre et douce soit-elle avec lui puisque ça la concernait directement, ni à Eleyna trop proche de son ainé qu’il détestait assurément !
Maud se fit apaisante, lui disant qu’il pouvait lui parler, que c’était bien ce qu’il avait fait, que c’était gentil et qu’il protégeait Cassidy. L’idée sembla ravir l’enfant qui semblait un peu rassuré à moins que ce ne soit simplement dû à ses traits très expressifs. Il se rappela alors de la présence d’Eleyna et s’empressa de retourner au salon où elle les attendait déjà, l’air de rien. Elle proposa alors de laisser Tristan chez Maud pour la fin de l’après-midi et le garçon accepta soudainement très intéressé par la bibliothèque de son « amie ».

La capitaine s’empressa alors de rentrer à l’appartement, un immense sourire au visage. Alanir ne le comprit pas évidemment et crut pendant un bref instant, ne voyant pas Tristan à ses côtés qu’elle l’avait noyé ou quelque chose du genre ce qui vu l’horrible comportement du jeune homme pouvait être une solution de dernier recours plutôt… bonne. Mais non ! Elle l’entraînait déjà dans la chambre du petit couple dans laquelle Cassidy était allongée, l’air perdue, le regard dans le vague, très pâle et ayant lâché son masque de contenance, abattue, malheureuse, à bout. Elle vint s’asseoir près d’elle et lui pressa la main avant de se lancer dans le récit de ce qu’elle venait d’entendre. Alanir serait probablement furieux d’apprendre que Cassidy acceptait de satisfaire les pulsions du petit crétin même s’il devait quand même bien s’en douter et encore plus furieux que celui-ci l’ait blessée à force de faire n’importe quoi n’importe quand selon ses envies sans prendre en compte les besoins de la demoiselle mais il avait fait un geste, un premier geste vers un progrès. Il se préoccupait de la petite mage, il l’appréciait. Peut-être que ce n’étaient pas vraiment des sentiments humains mais ce n’étaient assurément pas ceux d’un dragon à part entière.

De son côté, Tristan avait trouvé le fameux livre que Maud avait tant prêté à Cassidy et si la demoiselle s’était beaucoup instruite, il était en train de découvrir, en tant que dragon, de très intéressants concepts, surprenants, franchement déstabilisants, mais intéressants et cela lui évoquait des souvenirs, du moins en avait-il l’impression… Maud lui parlait aussi un peu même si elle était très occupée par le bébé, après tout, elle ne considérait pas Tristan comme un enfant même s’il en avait l’actuelle apparence, c’était un adulte aussi et il était intelligent, il était capable de comprendre beaucoup de choses, en particulier sur les femmes et ce sujet semblait énormément l’intéresser. Finalement Eleyna revint le chercher et il… remercia même Maud, du bout des lèvres certes mais il fit avant de rentrer. On lui avait heureusement trouvé des vêtements à sa taille, enfin Maud plutôt et il était habillé comme un petit prince, franchement très mignon. Il s’était fermé dès qu’il avait été juste avec Eleyna et encore plus en retrouvant l’appartement et surtout Alanir, beaucoup trop grand et imposant justement à cause de la potion !!!! Apparemment, il s’attendait toujours à se prendre une raclée pour avoir fait de la peine à Cassidy, ce qui expliquait sa manière de surveiller le dragon et de longer un peu les murs mais quand la petite demoiselle sortit de leur chambre alors qu’il arrivait à peine, pour passer à table, il tourna la tête vers elle et l’observa avant de sourire puis de détourner aussitôt les yeux, comme s’il s’ennuyait… comme bien trop souvent ces derniers jours…
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Cassidy Herediane
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MessageSujet: Re: Parce qu'abandonner n'existe pas...   Jeu 31 Juil - 13:18

Alors que Tristan était parti à la boulangerie, sans savoir ce qui se tramait, Cassidy réfléchissait à tout ce qui s’était passé. Est-ce que le vrai Tristan aurait voulu lui faire aussi mal ? Non certainement pas… Elle était stupide de le laisser abuser de la sorte mais la peur de le perdre, la peur de le voir se tourner vers une autre, l’obligeait à se réfugier dans le sexe pour empêcher tout débordement. Et puis, elle avait pris les mots au pied de la lettre quand il lui disait qu’il ne devait pas regarder une autre femme. La seule chose qui l’intéressait c’était bien se satisfaire alors… Elle soupira un instant, lasse et fatiguée.

Elle se rappelait de tout ce qu’il avait fait, toutes leurs journées où il ne désirait que coucher avec elle, tel un objet. Ca ne lui plaisait pas. Mais comment le brider ? Comment lui faire comprendre ? Elle n’arrivait pas à lire en lui, elle n’arrivait pas à l’apaiser par leur lien et cela la rendait malheureuse. Alors devrait-elle essayer de lui dire un peu plus ? Peut être… mais si il partait vraiment ? Cruel dilemme… Cependant, un sourire apparut sur son visage alors qu’elle le pensait parti chercher quelque chose. Petite évolution ? Mais lorsque Alanir et Eleyna arrivèrent, la demoiselle eut à peine le temps de demander à Alanir de retrouver Tristan qu’elle était à moitié en train d’haleter, respirant difficilement, très fatiguée. Est-ce que Tristan aurait voulu ça ?
Non… Elle n’imaginait même pas la peine qu’il pourrait avoir à ce moment là, prisonnier de ses pulsions. Et cela anima sa rage envers les autres dragons, ceux qui avaient permis ça… même si elle refusait de s’éloigner de Tristan, peu importe ce qu’il était devenu.

Alanir était intervenu à temps et avait séparé les deux dragons avec un rugissement de rage. Il sentait que Kayla voulait parfois se mesurer à lui mais parfois elle faisait preuve d’une certaine patience, semblant penser que tout venait à point pour qui sait attendre. Il haussa un sourcil. Décidément, elle qui posait tant de questions serait très surprise si elle se battait sérieusement contre lui. Mais il se refusait d’agir, de peur de provoquer des dégâts autour de lui. Il respectait les humains et ne voulait pas devenir une catastrophe.

En revanche il fut moins tendre avec Tristan. Il ne comprenait pas lui. C’était normal… Trahison oui… tenter de le raisonner. Il sentit ses envies de massacres, son envie de le détruire mais le dragon restait parfaitement calme en le regardant, pas vraiment inquiété par son cadet. A sa grande surprise, ce dernier se soumit. Il s’attendait peut être à ce qu’il lui saute dessus mais le fait qu’il s’incline était encourageant.

De retour à l’appartement, Cassidy finit par se réveiller. Encore une fois, elle tentait d’être joyeuse avec Tristan mais le cœur n’y était pas. Elle s’efforcait pourtant mais le voir devenir comme ça était tellement choquant qu’elle ne savait plus comment s’y prendre à part continuer de satisfaire ses désirs. Sa faiblesse s’était accentuée très rapidement au fil du temps.
Puis il y eut cette envie de vol où elle voulait tenter quelque chose avec lui. Ses paroles lui firent beaucoup de peine mais elle insistait. Elle sentit les objets bouger dans la pièce, c’était dangereux… Si son pouvoir se réveillait, il pouvait faire de lourds dégâts. Pourtant, à force de persévérance, elle finit par le convaincre.

« Bon écoute Tris’… C’est pas vraiment nouveau pour toi. On a déjà volé ensemble ! Faut juste que tu retrouves tes habitudes et ça ira mieux… »

Il la menaça, si Alanir agissait de nouveau, il partirait. Elle semblait très embarrassée. Comment expliquer que le grand dragon pouvait si facilement lui brûler les ailes pour l’empêcher de les utiliser pendant une semaine au moins si il ne se tenait pas bien ? Lentement, secouant la tête, elle se mit à sourire.

« Je lui dirais de ne pas intervenir mais bon… c’est quand même ton aîné… malgré tout… avant d’être mon ami… »

Simple façon de lui faire remarquer qu’Alanir était aussi dragon que lui et même si il avait d’étranges règles, il lui devait un certain respect. Mais qu’est ce qu’un jeune dragon respecterait un vieux comme lui ?

Ils essayèrent de voler mais ça ne marchait pas et cela attrista la petite demoiselle qui décida d’arrêter pour aujourd’hui malgré toute la bonne volonté du monde. Elle tenta de garder sa bonne humeur en y allant à pieds. Mais il fallait reconnaître que Tristan s’ennuyait et le manifestait vraiment très bien. Elle secoua lentement la tête, perdue et peinée. Ce moment qui aurait pu être très agréable n’avait rien de bien. Et lorsqu’elle tenta de s’approcher de lui, son pied s’enfonça dans une pierre trop tranchante et elle grimaça de douleur en avançant bien plus doucement. Tout tombait à l’eau ce soir… Elle soupira lentement, n’ayant même plus la force pour manger ce qu’elle avait apporté, pas vraiment d’appétit.

Très rapidement ils se rendirent chez la guérisseuse et Cassidy restait de marbre, dévastée, totalement anéantie. Ca ne pouvait pas être pire que ça non ? Tristan lui manquait… c’était même pire que son séjour sur l’île ! Elle tremblait légèrement en se faisant examiner mais ne voulait pas rester trop longtemps présente. Alors qu’elle remettait ses chaussures, un énorme bruit se fit entendre.

Paniquée en sachant que Tristan était juste à côté, elle se précipita vers lui et s’agenouilla en le voyant évanoui alors que la guérisseuse la rassurait. Ce qui n’était pas rassurant du tout ! Elle palissait à vue d’œil et comment expliquer à la guérisseuse que la petite demoiselle pouvait tout à fait être nostalgique ? Il demanda à jouer, elle l’y autorisa. Des cernes se creusaient sous les yeux de Cassidy alors que la guérisseuse lui conseillait d’aller dormir. Elle ne se fit pas prier.

Cassidy était étalée sur le lit alors qu’elle ne savait plus comment encaisser cette nouvelle. Rajeunir hein ? Qu’est ce qui lui passait par la tête ? A défaut de ne pouvoir partir, il préférait l’éviter en devenant un enfant ? Elle ne savait plus… elle ne savait pas si ce qu’elle faisait était bien et l’espoir de le voir redevenir comme avant s’effritait un peu plus dans son cœur rempli de culpabilité et de remords alors qu’elle ressassait son absence, le fait de ne pas avoir été là plus tôt… Des pensées très noires qui ne la guidaient pas sur le droit chemin. Eleyna entra dans la chambre, tout sourire, suivi d’Alanir qui n’y comprenait pas grand-chose.

La demoiselle se redressa péniblement alors que la capitaine lui prit la main en lui expliquant ce qu’elle avait découvert. Cassidy ouvrit des yeux ronds, sans comprendre la situation. Ainsi il faisait ça pour qu’elle se repose ? Il savait qu’il lui faisait mal mais ne disait rien à cause de son côté dragon ? Alanir était très sévère que Cassidy se laisse autant faire et se réfugie dans des ébats pour tenter de le faire revenir à la raison. Il expliqua que ce n’était pas ça qui l’aiderait si elle acceptait tout ce qu’il demandait.

La jeune femme paraissait songeuse alors qu’elle essayait d’encaisser tout cela. Un progrès oui… un petit progrès. Mais que devait-elle faire au final ? Oui que devait-elle faire ? Elle sourit faiblement en remerciant Eleyna puis se recoucha sur le lit, les yeux perdus dans le vide. Combien de temps s’était écoulé depuis ces révélations ? Elle n’en savait rien mais se releva, pensant que c’était l’heure de manger. Elle croisa alors Tristan et même si ce qu’il avait dit était plutôt rassurant, le voir enfant lui rappelait tout un tas de souvenirs, nostalgique, tout ce qu’ils avaient vécu ensemble et cela ne l’aidait pas pour autant. Alanir regarda la « demi portion » d’un œil sévère en se penchant puis émit un grognement avant de s’en désintéressant, passant à table, dignement.

Cassidy était assise et mangeait à peine, du bout des lèvres, perdue, déboussolée, à la ramasse. A croire que la Cassidy zombie était revenue mais le pire dans tout ça, c’est que ses sentiments lui faisaient énormément de mal. D’ailleurs pour le soir, elle refusa de dormir avec Tristan, préférant qu’il utilise la chambre et elle le canapé. Lorsqu’Eleyna lui fit comprendre que Tristan pouvait tout à fait dormir sur le canapé, la jeune femme secoua la tête d’un air énervé puis partit en direction du canapé avant de s’allonger sans adresser le moindre regard à personne, même si elle était toute habillée, même si elle n’avait pas pris de couverture. Dormir… pour s’évader.
Le lendemain matin, elle se leva tôt, mangeant à peine et sortit en mettant une tenue plus confortable car elle avait bien l’intention d’aller s’entraîner. Après tout, pas besoin de surveiller Tristan en permanence et la demoiselle avait besoin de se passer les nerfs sur quelque chose.

Passer les nerfs était une bien faible chose ! En effet, la petite demoiselle était particulièrement effrayante et de très mauvaise humeur ce matin. Elle avait fait construire par magie une énorme sculpture et semblait passer son temps à lancer tous les sorts qui lui venait à l’esprit dessus. Des détonations qui résonnaient dans les habitations les plus proches de la cité. Elle ne semblait avoir ni foi, ni morale, ses yeux lançant des éclairs alors qu’elle donnait un nouveau coup. Un éclair, une flamme, de la lumière violette. Cela l’épuisait mais au moins, elle évitait de penser. C’est en sueur qu’elle fit une pause en s’installant sur un banc, récupérant la serviette qu’elle avait prise avec elle le matin. Des hommes vinrent l’accoster. Il est vrai qu’avoir été nue devant tout le monde ne jouait pas en sa faveur.

Elle grogna en déclarant que le premier qui oserait s’approcher d’elle apprendrait à voler car elle était vraiment mais alors vraiment de mauvaise humeur ! Personne ne voulait apparemment tester car les hommes s’éparpillèrent. C’est alors qu’elle remarqua sur le banc un petit paquet contenant ses biscuits préférés. Il n’y avait personne à côté. Regardant autour d’elle, elle grogna un instant puis prit le paquet, hésitante, et croqua dans un biscuit. Puis elle se releva et continua de s’entraîner.

Cassidy ne rentra que le soir, ne prenant même pas la peine de prendre une douche, juste de s’affaler sur le canapé, épuisée d’avoir utilisé autant de magie et s’endormit presque aussitôt. Au moins, le fait d’être épuisée l’empêchait de réfléchir, c’était déjà ça et elle avait vraiment besoin de ne pas réfléchir en ce moment. C’est pourquoi la petite mage accueillit le sommeil comme un grand soulagement.

Le lendemain matin, elle se réveilla avec une couverture posée sur elle. S’étirant en baillant, la petite demoiselle regarda autour d’elle. Alanir était déjà réveillé et la regardait, inquiet pour elle. Cassidy lui dit juste un petit bonjour, et s’installa à table avec son bol. Elle regarda un instant les différentes choses posées sur la table puis posa négligemment sa tête sur la table, parcourant des yeux le pain, la bouteille de lait, les fruits puis soupira un instant avant de prendre une orange et de se diriger vers la sortie… sans avoir changé sa tenue. Elle croisa Tristan qui venait de passer et le salua brièvement avant de continuer son chemin.

- Cassy ! Tu devrais manger un peu plus ! Tu tiendras jamais la journée comme ça !

C’était Alanir qui venait de se lever, apparemment bien inquiet pour elle. Mais elle venait déjà d’ouvrir la porte tout en déclarant que ce n’était pas grave, elle pouvait très bien se permettre un régime maintenant. Le dragon soupira, avant de replonger le nez dans sa tasse de thé.

- A force de maltraiter son corps, elle risque encore d’être malade… Mais la seule personne qu’elle écoute vraiment c’est…

Il baissa les yeux vers le Drakkari sous forme d’enfant qui venait d’arriver pour manger. Le dragon soupira, passant une main sur sa tête, refusant de lutter sur ce coup là avant de se rasseoir.

- Bon de toute façon, rien ne changera à ce niveau là…

Il resta un moment assis devant sa tasse, agitant nerveusement ses doigts. Puis levant la tête vers Tristan, il dit quelque chose de totalement inattendu pour un dragon.

- Désolé hein… pour les coups… et les brûlures… Je sais que ma fierté devrait m’interdire de m’excuser mais… c’est pas dans mes intentions de te faire du mal gratuitement. Alors tu dois me détester pour ce que je t’ai fais, et je continuerais aussi longtemps que tu fais quelque chose qui rends triste Cassy…

Tristan n’avait pas l’air de comprendre pourquoi, pourquoi cette humaine.

- Quoi que tu en dises, après tout ce qui lui est arrivé, c’est quand même triste et malheureux de devoir en arriver là… Elle commençait à peine à redresser la pente avec toi… parce que oui, tu la traitais bien, oui elle avait besoin de toi… Pourquoi elle ? Parce que d’une certaine façon vous êtes liés… et même si t’as pas l’air de t’en rappeler elle s’en veut énormément de tout ce qui t’es arrivé. C’est triste…

Il grogna un coup, ne voulant pas parler davantage. Au moins il s’était excusé, ne paraissait pas en colère mais juste bien peiné. Il connaissait les règles des dragons et demander à Tristan de changer, de faire des efforts, c’était dur, car pour le dragon, c’était comme si le jeune homme était retourné à l’adolescence. Après tout à cet âge là chez les dragons, ils découvrent la vie. Alors dans un sens il ne lui en voulait pas totalement, même si c’était encore Cassidy qui ramassait les morceaux brisés.

Si du côté de chez Tristan, Cassidy ne savait pas ce qui se passait, elle ne voulait pas y songer. Encore une fois elle avait fait apparaître ce grand mannequin magique dans lequel elle donnait de puissants coups qui faisaient parfois trembler le sort. Elle incantait, de plus en plus informulé. Son air concentré, son sérieux, faisait peur à voir car après tout, ça se voyait qu’elle n’allait pas bien et qu’elle ne voulait pas réfléchir. Vêtue, en tout et pour tout d’un débardeur très léger, d’une sorte de short bien court qui contrastait avec la saison, son front se couvrait de sueur. Ses mouvements étaient fluides, gracieux et faisaient la joie de tous les hommes aux alentours qui arrêtaient de s’entraîner pour l’observer sans aucune discrétion. Elle ne leur en tenait pas rigueur.

De la buée s’échappait de sa bouche, ses cheveux étaient trempés, ses muscles douloureux même si elle ne bougeait pas des masses. Elle s’approcha de son banc pour récupérer sa serviette et s’essuyer le visage et le front. Un des hommes qui l’examinait s’approchait d’elle, un brin dragueur. Il est vrai que la petite demoiselle suscitait bien des réflexions, et beaucoup désiraient briser sa barrière de glace pour s’attirer ses faveurs. Elle l’avait senti arrivé et savait pertinemment ce que cet homme désirait. Avant même qu’il n’ait le temps d’ouvrir la bouche, elle avait posé la serviette autour de sa nuque et sans le regardait, d’une voix ronchonne, elle répondit d’un ton cassant mais avec une certaine politesse.

« Non merci, ça ne m’intéresse pas. »

Elle reposa la serviette, prit un biscuit du petit sachet même si elle n’en mangeait pas des masses et se détourna pour retourner à son entraînement. L’homme était insistant et fit mine de lui prendre le bras. Une étonnante surcharge de magie entourant Cassidy et une explosion retentit alors que l’imprudent se retrouva éjecté contre un mannequin d’entraînement. Elle le regarda avec une rage certaine, s’approchant légèrement, canines dehors et air féroce.

« Fous moi la paix ! Sinon tu seras mon prochain mannequin ! »

Cassidy s’approchait déjà pour lui asséner un coup, les nerfs tendus. Mais une main arrêta son bras alors qu’elle était prête à taper. Alanir venait de l’arrêter. L’homme regarda la jeune femme, terrorisé par ce côté sauvage, cette envie de se battre, cette envie de se défouler. Il glissa à reculons dans la neige et partit sans demander son reste alors que le reste des hommes se dispersèrent.

« Alanir… pourquoi tu m’as arrêté ? Faut bien leur faire comprendre… Je me refuse de faire du mal à Tristan mais… les autres non… »

- Tu devrais aller te reposer. Et prendre une bonne douche. Regarde toi… tu es épuisée..

« Jmen fous ! J’ai besoin de penser à autre chose ! »

Le grand dragon soupira un instant avant de desserrer sa prise et relâcher son bras. Cassidy en profita pour se laisser tomber au sol, sur la neige dure, sur ce terrain d’entraînement.

« Pitié… Qu’on me réveille… »

Alanir ne savait pas vraiment quoi dire quoi faire, il était penaud. Rien ne semblait plaire à la jeune femme, rien ne lui donnait envie à part se battre jusqu’à l’épuisement. Il s’approcha doucement d’elle, levant les yeux au ciel. Le dragon était bien maladroit. Il aurait voulu la faire sourire un peu, l’amuser pour lui faire oublier ses soucis, mais il ne savait pas encore très bien comment se débrouiller à vrai dire. Alors il se contentait de rester à côté d’elle, ne sachant pas quoi dire. Elle s’endormit au final, étendue dans la neige aux yeux de tous. Alanir, qui l’avait senti, en profita pour la porter et la ramener à l’appartement. Eleyna était en train de faire une partie de cartes avec Tristan et lorsqu’elle vit le grand dragon rentrer avec sa petite protégée dans ses bras, endormie, elle fut la première à s’inquiéter et se relever.

- Elle en fait beaucoup trop en ce moment. En même temps, pas étonnant… mais jusqu’où son corps tiendra dans cet état ?

Il soupira, n’ayant aucune réponse. Tristan observait la scène. Alanir déclara qu’il amenait la petite mage dans la chambre pour qu’elle se repose. Elle ne sut rien du reste car son épuisement était bien plus sévère que ce qu’elle laissait paraître et elle ne se réveilla pas de toute la soirée, ni de la nuit. Une vraie pierre. Il y aurait pu y avoir un incendie, elle n’aurait rien vu venir.

Le lendemain matin, alors qu’elle se réveillait, ses muscles sincèrement douloureux, la demoiselle dut mettre un moment pour comprendre où elle était. Ses souvenirs la ramenaient au terrain d’entraînement mais sans plus. A côté d’elle se trouvait Tristan qui avait retrouvé sa forme adulte. Elle se crispa doucement, repensant aux paroles d’Eleyna. Ses pulsions allaient très certainement revenir. Il dut sentir qu’elle était réveillée car il se tourna vers elle. Son expression sur son visage était indéchiffrable alors qu’elle l’observait, clignant plusieurs fois des yeux, la respiration lente. Apparemment oui, les pulsions étaient revenues car déjà il se positionnait au-dessus d’elle. Sauf que cette fois, elle était bien trop fatiguée et lasse pour faire quoi que ce soit. La demoiselle se crispa un instant, reprenant un peu conscience puis elle le regarda avec un semblant de fermeté et une grande peine.

« Arrête pas comme ça ! »

Il n’avait pas l’air d’avoir entendu. Elle agrippa ses bras fermement, prononça une formule et aussitôt leurs places s’échangèrent alors qu’elle se retrouvait au-dessus de lui, les jambes de chaque côté de ses hanches. Encore cette fois elle était toute nue. Après tout, cela faisait bien deux jours qu’elle était restée avec la même tenue sale et transpirante. Elle souffla légèrement, le regardant avec peine alors qu’elle le bloquait de ses mains, l’empêchant de bouger. Il ne devait pas avoir de force… Ou peut être qu’il ne voulait pas bouger.

« Je veux dire… t’es trop brutal ! C’est pas comme ça qu’on fait l’amour ! Essaie de te rappeler Tris’… »

Un sanglot l’agita alors qu’elle secouait un peu la tête pour chasser les larmes qui emplissaient ses yeux. Puis elle le regarda à nouveau droit dans les yeux.

« Ce sont des caresses… des gestes… une pression à un endroit… un baiser dans le cou… des gestes lents mais qui font monter le plaisir petit à petit… toujours un peu plus haut.. et lorsqu’on commence alors… il n’y a pas de mot pour décrire ce qu’on ressent. Les sourires, savourer chaque pulsion, chaque mouvement… et crois moi c’est à des lumières mieux que ce qu’on fait actuellement. Si tu peux te contenter de l’acte simplement, alors tu passes à côté de quelque chose qui n’a pas de mot pour décrire le plaisir que l’on peut ressentir »

Il semblait se calmer, un peu. Ecouter un peu. Elle eut une idée alors que ses mains passaient doucement sur ses poignets.

« Je suppose que tu ne sens plus les décharges de tes bracelets non ? Alors je vais te guider… et si ça ne me convient pas alors tu le sentiras… »

Il semblait attentif, légèrement intéressé, elle ne saurait quoi dire exactement. Prenant doucement les mains du jeune homme, elle les posa sur son corps. Très attentive, apaisante et douce, elle lui montrait la marche à suivre. Lorsqu’elle le sentait perdre le contrôle, la demoiselle arrivait à lui donner une décharge, passant de son corps au sien, qui avait les mêmes effets que le bracelet mais bien plus efficace sans pour autant l’assommer. Elle l’aida à passer ses mains sur son corps, lui fit frôler ses longues cicatrices qui ornaient son dos, ses bras… la tache orangée toujours visible sur son ventre. Elle essayait de lui donner conscience de son corps. C’était bien plus lent que ce qu’il connaissait. Prenant une de ses mains, elle la porta vers sa joue, puis lui fit prendre conscience de sa cicatrice à l’œil, celle qui n’était toujours pas partie… celle qui lui rappelait ce qu’elle avait enduré pour le rejoindre, pensant à lui chaque jour de l’année qui la séparait de son bien aimé.

Patiente, elle lui montrait comment faire les mouvements puis lâcha doucement ses mains pour qu’il essaie tout seul à présent. C’était encore brusque, maladroit, parfois ses pulsions de vite passer à l’acte l’emballait, mais une seule décharge lui suffisait pour lui faire comprendre qu’elle n’appréciait pas. Elle l’embrassa, mêlant douceur et passion, caressant doucement de ses doigts la ligne de sa mâchoire. Il posa une main sur son dos et la fit basculer en dessous de lui. Mais lorsqu’il voulut avancer plus vite, elle posa ses mains sur son visage pour le forcer à la regarder, ce regard qui voulait dire qu’elle n’était toujours pas prête, que ce n’était pas le moment. Etrangement il écoutait. Toujours un peu maladroit. La respiration de la demoiselle se fit un peu plus haletante, puis finalement, elle le guida en posant ses mains sur ses hanches pour qu’il commence. Sauf qu’une fois l’acte commencé, il fut un peu plus brutal. Une décharge le rappela à l’ordre. Il continua, un peu plus doucement, elle l’encourageait, le guidait doucement. Le plaisir montait petit à petit et finalement, ils firent les choses correctement, lui attentif à apprendre, elle, attentive à ne pas le laisser se faire submergé par ses pulsions. Puis une fois terminé, il se posa sur le côté.

La jeune femme s’étala de tout son long, respirant doucement, fixant le plafond puis elle se mit à râler.

« Rhaaaaa… besoin d’un massage là… »

Il ne semblait pas comprendre, mais lui avait bien de l’énergie à revendre. La demoiselle se releva un peu pour parler à son dos.

« Diiiiiis tu me fais un massage ? »

Il grogna. Boudeuse, elle détourna la tête. Tristan se tourna vers elle, elle fit son regard de chien battu comme si on lui refusait quelque chose. Il déclarait qu’il ne savait pas bien faire. Cassidy haussa les épaules en disant qu’il fallait bien qu’il apprenne. Finalement elle s’allongea sur le dos et elle lui expliqua quoi faire. Encore en train de la guider. Comme ci… comme ça… un peu plus haut… pas trop fort… là un peu plus… C’était toujours maladroit mais de mieux en mieux. Elle l’encourageait et lorsqu’il eut terminé, elle s’étira longuement, un sourire sur les lèvres en le remerciant. Il réclama un baiser, elle s’approcha de lui en déposant un baiser sur ses lèvres, avec tendresse. Finalement, ce n’était pas si mal que ça et plutôt encourageant.

Ils s’habillèrent et passèrent à la salle à manger pour déjeuner tranquillement. Elle prit un peu plus de temps pour manger, même si toute aussi silencieuse. Puis lorsqu’ils eurent terminés, Cassidy prit Tristan par la main et le ramena dans leur chambre. De là, elle lui tendit une brosse et il ne savait pas trop quoi faire.

« Tu peux… juste me coiffer ? C’est un sac de nœuds et je n’arrive toujours pas à m’en occuper… »

Il hésita, regarda la brosse. Doucement, la jeune femme le prit par la main, l’invita à venir sur le lit et prit la brosse alors qu’elle lui montrait comment faire. Puis elle lui demanda d’essayer à son tour. Il lui tira parfois les mèches et elle poussa des petits cris de protestation, ce qui l’obligea aussitôt à se montrer un peu plus doux. Puis elle lui demanda de faire une tresse. Comme il ne savait pas elle lui fit une grossière démonstration avant qu’il n’essaie. Mais le résultat n’était pas terrible. Elle lui demanda alors de recommencer, il n’était pas patient et ne voulait pas. Cassidy détourna lentement la tête, déçue et triste. Il grommela et réessaya, ce qui la fit sourire. S’appliquant un peu plus, c’était déjà mieux.

Puis, lorsqu’elle fut satisfaite, elle se jeta dans ses bras en le serrant contre elle. Ce n’était pas grand-chose mais ça lui faisait plaisir.

Ils décidèrent de sortir aujourd’hui, enfin surtout elle qui le trainait un peu partout même si il avait l’air de s’ennuyer. Alors, pour chasser son ennui, elle lui ordonna de remplir différentes tâches pour les habitants. Il n’avait pas l’air d’accord au début, mais l’air de la demoiselle si triste qu’il ne veuille pas l’aider le fit réagir alors qu’il ronchonnait mais finit par obéir. Elle semblait toute contente après et lui apportait à boire et à manger. Soulever des caisses, aider à déblayer un passage, mettre sa force au service des habitants. Elle était heureuse et lui faisait un bisou sur la joue à chaque fois qu’il faisait quelque chose de bien.
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Cassidy Herediane
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MessageSujet: Re: Parce qu'abandonner n'existe pas...   Jeu 31 Juil - 13:23

Mais Kayla finit par apparaître, observant Tristan et le saluant. Cassidy se plaça devant lui, défendant SON fiancé. Hors de question qu’elle recommence. La demoiselle avait sorti les crocs, laissant apparaître ses canines tout en grognant, attitude légèrement animale mais surtout et encore très possessive. Elle attrapa Tristan par la main et l’entraîna avec elle. Elle les suivait, riant et trouvant la chasse très amusante.

Cassidy, agacée, ferma les yeux puis les rouvrit d’une couleur dorée. Elle prononça un mot et ils se retrouvèrent directement téléportés tout droit dans leur petite clairière alors qu’elle avait un grand sourire satisfait et victorieux. Au moins ici, elle ne pourrait pas venir les chercher !

La demoiselle tenta de présenter à Tristan son petit coin, si particulier, où la neige n’apparaissait pas. Ils restèrent un moment. Elle tentait de travailler son lien avec lui alors qu’il se transformait parfois. Mais lorsqu’il émettait l’envie de voler, elle le rappelait à l’ordre, lui rappelant sa blessure. Pour le moment, ça suffisait et ça marchait. Parfois ils faisaient des pauses car les pulsions rattrapaient le jeune homme. Cassidy ne cédait pas toujours facilement et tentait même de résister un peu pour qu’il ait un peu plus de … défi et réfléchisse à la meilleure façon de la convaincre. C’est ce qu’elle lui disait quand il venait se frotter près d’elle avec un peu trop d’insistance. Mais il fallait reconnaître que leur séance du matin avait été bénéfique et il semblait un tout petit peu conscient de ses gestes. Même parfois elle était surprise quand il tentait quelque chose, sûrement appris dans les livres de Maud, dont elle ne se doutait pas.

Ils rentrèrent finalement. Cassidy semblait un peu plus heureuse et joyeuse. Alanir et Eleyna s’occupaient ou peut être réfléchissaient à des plans pour aider Tristan à redevenir normal. La demoiselle tenait toujours la main de Tristan et l’emmena dans la cuisine. Elle voulait qu’ils cuisinent ensemble. Il râla pour la forme, elle insista avec douceur mais fermeté.

Déposant des morceaux de viande sur une planche, elle voulait apparemment faire des brochettes, pour lui montrer que préparer un repas un peu différent, c’était toujours amusant. Il bataillait à découper les morceaux en petits carrés et elle se mit à rire gentiment avant de se placer derrière lui et lui montrer doucement en posant ses mains sur les siennes, comme tenir le couteau. La demoiselle en profita pour humer son odeur. Il sentait bon… comme toujours. Ce n’était peut être pas l’effet des hormones mais il avait toujours eu ce petit plus qui le différenciait des autres. Elle l’encourageait, lui montrer comment faire et finalement la soirée se passa plutôt bien alors qu’ils firent griller les brochettes de viande, accompagnées de petits assortiments.

Prenant ensuite rapidement une douche, ils finirent par aller se coucher. Mais la demoiselle avait de la suite dans les idées. Après s’être laissée conduire, le guider, lui donner la direction, elle s’était couchée sur le lit, vêtue d’une nuisette, alors qu’il s’approchait de nouveau vers elle, apparemment de l’envie se lisait dans son regard. Elle prit un foulard qu’elle avait posé juste avant sur la petite table et se redressa.

« On va tester un nouveau truc… je vais te bander les yeux et tu devras me laisser faire sans intervenir »

Il semblait un peu réticent de ne rien voir mais au moins, cela lui permettrait de se concentrer sur autre chose et d’apprécier juste les sensations sans vouloir prendre le dessus. Elle le rassura, le mit en confiance, avant de lui nouer le bandeau autour de sa tête. La demoiselle rejeta ses cheveux en arrière et commença alors un petit jeu, voulant se rassurer s’il aimait toujours les mêmes choses, les mêmes sensations. Le beau jeune homme se laissait faire même si elle sentait des petits frissons qui l’agitaient et qu’il relevait parfois les mains pour faire aussi. Mais elle ne lui en laissa pas l’occasion, bloquant ses bras de chaque côté du lit, avant de continuer les caresses, les baisers dans le cou. Elle prenait un malin plaisir à utiliser ses canines pour mordiller un peu son oreille, parfois son cou. Puis, lorsqu’elle le sentit un peu plus vif et réactif, d’une main elle lui retira le bandeau, pour qu’il se concentre sur sa vision maintenant mais elle menait toujours la danse alors qu’elle se plaçait au-dessus de lui. Il avait l’air d’apprécier, vraiment, et petit à petit, arrêta de vouloir reprendre le dessus. Il se laissait faire et c’était plutôt encourageant. La petite demoiselle était appliquée, voulant vraiment satisfaire son compagnon et semblait heureuse qu’il la laisse faire cette fois ci.

Ce n’était pas encore les magnifiques ébats qu’ils avaient mais c’était plutôt encourageant. Une fois l’acte terminé, elle s’endormit avec le sourire, se blottissant doucement contre lui.

La matinée arriva vite et encore aujourd’hui, elle l’avait entraîné dans la petite clairière qui leur servait de camp d’entraînement. En effet, à force de persévérance, elle avait réussi à le conduire dans sa petite clairière magique, là où ils pouvaient être un peu plus tranquilles pour l’instant. La selle qu’elle trimballait autour de son bras laissant clairement entrevoir à Tristan ce qu’elle avait l’intention de faire, de recommencer une nouvelle fois cet exercice. Ils étaient arrivés et elle posa la selle doucement à côté d’elle et le jeune homme ouvrit la bouche pour lui faire comprendre que c’était inutile d’insister, qu’il ne pouvait pas… son corps refusait de transporter une « humaine ». Elle soupira un instant, regardant au loin un instant puis la demoiselle releva la tête pour le regarder, posa ses mains sur ses épaules, et mit une petite force pour l’inciter à s’asseoir sur une pierre plutôt grosse. Elle se mit en face de lui, assise sur les genoux, son regard mi-triste, mi inquiète alors qu’elle le regardait droit dans les yeux.

« On va remettre les choses au clair… tu m’appelles toujours humaine mais… je doute en être une à part entière déjà à cause de ça… »

Elle prit doucement la main du jeune homme et le guida vers une de ses oreilles pour qu’il puisse la toucher, prendre tout son temps pour examiner cette particularité qui la différenciait aux yeux des humains pur souche. Puis elle guida sa main en ouvrant légèrement la bouche, lui faisait effleurer d’un bout d’un doigt une de ses canines plus pointue que la normale avant de lâcher doucement sa main et le regardant avec patience.

« D’accord ? A ce niveau là, toi et moi on a quand même une petite ressemblance tu ne crois pas ? »

Sourire légèrement timide, alors qu’elle le laissait réfléchir à sa guise, pendant qu’il la touchait encore un peu, sans chercher à céder à ses pulsions. Elle était sérieuse, il devait bien le reconnaître.

« Autre chose… un humain qui logerait l’âme et le pouvoir d’un dragon dans son corps… serait mort depuis longtemps tellement la douleur et l’acceptation est insoutenable. Du moins, c’est ce qu’Alanir m’a dit… mais moi… il savait que je tiendrais… car j’ai un petit quelque chose différent des humains, qui me permet d’accepter quelque chose d’aussi grand »

Se rappelait-il ou pas pour Alanir et la relation qu’il entretenait avec Cassidy ? Elle ne pouvait pas le savoir… La demoiselle inspira une nouvelle fois.

« Et puis… je ne te considère pas du tout comme un cheval, c’est dégradant, déshonorant. Tu n’as jamais été ma… monture Tris’, pour toutes les fois où on a volé ensemble… tu as toujours été mon fiancé… ma moitié… mon partenaire de vol mais en aucun cas un simple moyen de transport… Si tu arrives à te souvenir… on arrivait presque à lire l’un en l’autre. Car nous sommes complémentaires… car quand je vole avec toi je ne te force pas, je ne t’oblige pas, je te laisse aller au grès du vent tout en t’accompagnant… c’est en nous… »

Très lentement, elle amena sa main au niveau du cœur de Tristan, tout en cherchant à communiquer avec lui à travers leur lien, souriant en le regardant un instant.

« Concentre toi là-dessus… c’est fou mais… tu as été le premier à me faire remarquer que d’une façon ou d’une autre nous avons un lien… il faut que tu arrives à le sentir. Peut être que ton corps de dragon l’acceptera mieux… c’est comme ça qu’on faisait avant que tu… changes et ça marchait… on progressait et… »

Elle détourna un instant les yeux, les souvenirs remontant à la surface. Le revoir si doux, si gentil et si heureux de progresser était un contraste très malheureux par rapport à maintenant. Elle devait tout recommencer… tout faire depuis le début.

Finalement, après un moment, elle lui donna la selle. Ses paroles devaient avoir un effet rassurant car il acceptait de recommencer une nouvelle fois. Il se transforma devant elle et la jeune femme marcha dans sa direction, des gestes lents, attentifs, parlant d’une voix apaisante alors qu’elle tentait de communiquer avec lui par leur lien. Cassidy prenait son temps, ne pas le brusquer, ne pas vite terminer, ils avaient le temps… tout leur temps… et jamais elle ne le forcerait à faire quoi que ce soit.

Très doucement, elle monta sur son dos, avec beaucoup de respect, tentant de se connecter à lui, tentant de se faire encore plus légère, ne le gênant pas. Cela n’était pas simple et ne fonctionnait pas mais l’un comme l’autre faisaient des efforts et cela se sentait !

Ils firent une pause et alors qu’ils déjeunaient, le jeune homme sous forme humaine regardait la selle, intriguée.

« C’est toi qui l’as réalisée pour moi… tu disais… que tu aimais quand on volait ensemble tous les deux… et que ça serait plus pratique pour toi comme pour moi… »

Finissant de manger, ils retentèrent ensemble. Plus encourageant, le jeune homme arrivait à marcher au moins avec elle, elle l’encourageait, souriait quand il arrivait à faire un pas et redoublait d’efforts pour faire passer leur lien et mine de rien, cela l’épuisait énormément, bien plus que lui qui agissait par pulsions. La jeune femme aurait pu encore insister la fin de la journée mais elle était consciente de sa fatigue et Tristan ne serait pas en état de comprendre pourquoi elle somnolait, autant éviter ce moment alors !

« On finira par y arriver, t’inquiètes pas ! Au moins on progresse c’est déjà ça… »

Lorsqu’ils rentrèrent en ville, la selle sous le bras de Cassidy, ils croisèrent la dragonne qui semblait s’ennuyer à mourir et retrouva le sourire quand elle les aperçut. Remarque cinglante encore une fois alors qu’elle feignait la surprise et la moquerie.

- Nooooon Ikael… tu acceptes une humaine sur ton dos ? Vraiment ? Toi le fier dragon en train de te faire mener par le bout du nez ? Ah non arrête… c’est totalement contre nature ! Le ciel n’est réservé qu’aux dragons ! D’ailleurs, viens voler avec moi quand tu veux, cela te ferait un peu de bien et te sortirait de la morosité de cette… cité

Sur ce, elle l’avait salué tout en se transformant, le narguant, en montrant qu’elle était libre elle, qu’elle n’était pas bridée par un humain et que cela lui plaisait bien. Cassidy baissa lentement la tête, prit la main de Tristan pour rentrer chez eux.

Cette dragonne, elle la haïssait. Plus que tout… Et Tristan ne savait plus du tout où il en était et ce qu’il avait le droit de faire et ne pas faire. Cependant, Cassidy ruminait. Après avoir passé une nouvelle folle soirée où elle avait avancé petit à petit avec lui, résistant quand il allait trop vite, le guidant et le rassurant pour l’aider, même si ça n’avait plus le même niveau qu’avant, elle gardait l’espoir secret qu’il redevienne comme avant. Cependant, les doutes l’assaillirent. Il était déjà en train de dormir alors que la demoiselle le regardait, un air triste sur le visage, le coude reposant sur son oreiller alors qu’elle était allongée sur le côté. Parfois ses yeux s’embuaient de larmes en se demandant si un jour, il redeviendrait plus humain. Mais il fallait qu’elle devienne forte, il fallait qu’elle continue à rester avec lui, à faire taire cet ennui qui se lisait au fond de ses yeux lorsqu’il était réveillé même si la petite mage avait la peur au ventre d’être délaissée. Mais partir loin de lui… ne plus y croire ? Ne serait-ce pas faire comme lui au final ? Il l’avait bien supporté lorsqu’elle était en état de zombie, alors elle devait persévérer.

Mais il est vrai que cette dragonne la rendait folle furieuse et cela était un handicap très important. Si seulement elle pouvait s’en débarrasser… Malheureusement, sa magie était devenue tellement faible qu’il lui était impossible de tenter quoi que ce soit. Alanir également voulait intervenir, mais il craignait provoquer des catastrophes dans la cité. Son pouvoir du feu était vraiment destructeur et dans l’action, un malheur pouvait vite arriver. Par respect pour les humains, il préférait se restreindre même si cela était vraiment très dur pour lui, sa dignité, sa fierté et surtout l’élimination de ce qui le dérangeait !

Cassidy cligna des yeux et bailla. La fatigue s’empara d’elle alors qu’elle semblait bien lasse d’un coup.

Elle se trouvait dans un grand champ verdoyant. Habillée d’une simple robe blanche, la demoiselle cligna longuement des paupières. L’atmosphère était aérienne, elle sentait un petit vent frais qui l’entourait, flottant dans ses cheveux dorés détachés. Des petites lumières, certainement des lucioles, dansaient autour d’elle alors que la jeune femme levait doucement la main pour les laisser s’approcher d’elle. Pourtant, elle revint rapidement à la raison. Ce n’était qu’un rêve. Mais un drôle de rêve quand même. Une impression d’apaisement de son pauvre cœur brisé alors qu’elle inspirait doucement. Un peu trop de contrôle pour un rêve quand même.

Etrange…

Un rire cristallin et enfantin se fit entendre derrière elle. Celui-ci n’était pas étranger aux oreilles de Cassidy et avant même de se tourner, la surprise se lisait sur son visage. Bon, elle était tombée sur la tête ! Lentement, elle se tourna, reconnaissant sans aucune peine la fillette qui l’avait… « aidée » sur l’île. Cette dernière ne se séparait jamais de son sourire malicieux, semblant beaucoup s’amuser de la détresse de la petite mage. Ou peut être n’était-ce qu’un préjugé que Cassidy pouvait avoir et qui faussait son jugement ? La petite n’apparaissait pas sans raison, mais cela devait être un véritable rêve et elle commençait tout simplement à perdre la tête à force de prier que le ciel lui vienne en aide. Se tournant complètement pour faire face à la fillette qui s’amusait avec une de ses mèches de cheveux, vertes aujourd’hui, Cassidy l’examinait, légèrement interloquée.

« Je dois vraiment mais vraiment être au bout pour rêver que tu apparaisses et vienne m’aider. Après tout… je n’ai plus la pierre… »

La petite fille fixait intensément la jeune femme face à elle. Des yeux brillants, mais un regard plus que sérieux, une bouche légèrement ouverte semblant lui indiquer un mystère.

- Hum… peut être que oui… peut être que non… oui si tu penses que les dieux t’ont abandonnés… non… si au contraire tu continues de croire en l’espoir…

Le visage de Cassidy se fit plus nerveux alors qu’elle avançait en direction de la fillette, tendant un bras en avant d’un geste sec en faisant un mouvement sur le côté, apparemment pas d’accord.

« Pffff l’espoir l’espoir… j’en ai marre de subir des épreuves sans avoir un seul moment de répit ! Tu sais pas comment je me sens… lasse… vous voulez que je devienne votre instrument ? Que je protège ce monde ? Bah c’est pas en faisant tout ça que j’arriverais à faire quoi que ce soit ! Tristan est tout pour moi… qu’il lui arrive quelque chose, je le vis comme une punition d’avoir mal agit, d’avoir mal fait ! Voilà où ça amène ! »

La petite soupira un instant, se pencha en avant pour ramasser une fleur colorée et l’humer délicatement avant de prendre un air soucieux et inquiet, ce qui contrastait beaucoup avec son apparence d’enfant et lui donnait tout à coup plus que son âge.

- Nous n’y sommes pour rien… Non attends ! Ne penses pas que ça à voir avec ton entraînement sur l’île mais… faut pas croire que les dieux sont toujours responsables de tout ce qui t’arrives… ils ne vous manipulent pas… vous avez votre libre arbitre et crois moi… en ce moment ils sont un peu agités… m’enfin…

« Alors faites quelque chose ! Vous pouvez pas redonner à Tristan son humanité ?! Ses émotions ? J’en peux pluuuuuuuuuus de le voir comme ça ! Et l’autre là qui lui tourne autour… elle sait parfaitement qu’elle le récupérera… elle joue avec moi pour mieux me voir tomber le jour où elle décidera VRAIMENT de me le prendre… ça l’amuse… »

La fillette lâcha sa fleur qui fut emportée par le vent et remis une mèche de cheveux derrière son oreille, toujours aussi sérieuse alors qu’elle fixait Cassidy droit dans les yeux.

- Non désolé je ne peux rien faire pour lui… Il est le seul à pouvoir réellement changer

Des larmes commençaient à couler le long des joues à Cassidy. Elle n’en pouvait plus, elle voulait que tout s’arrête… ça la rendait folle. La demoiselle serra les dents en détournant lentement la tête, tentant de garder un semblant de dignité. La voix enfantine s’éleva à nouveau.

- Mais… il y a bien quelque chose que tu peux faire… ce n’est pas sûr que ça marche mais… auras-tu assez de cran et de courage pour oser ?

Cassidy avait lentement relevé la tête. Encore un petit espoir était-il possible. Elle passa une main sur ses joues et essuya les larmes qui avaient creusé des sillons au départ de ses yeux. La fillette se remit à sourire très légèrement et tendit une main en avant, attirant les petites lumières à elle.

- La dragonne te gêne ? On peut arranger ça mais ça ne sera pas facile…

Une vague lueur d’espoir dansait à nouveau dans les yeux de Cassidy.

« Dis m’en plus… »

La fillette s’attendait certainement à ce genre de réponse car un large sourire était venu égayé son visage alors qu’elle s’assit en tailleur dans l’herbe, Cassidy se mettant en face d’elle…


Lorsque Cassidy ouvrit les yeux le matin, son visage trahissait sa surprise et le choc de son rêve. Elle inspira un instant, se demandant si son esprit ne lui jouait pas des tours pour trouver les idées les plus tordues afin de laisser libre court à ses pulsions. Elle se tourna sur le côté et vit Tristan qui dormait paisiblement, songeuse. La petite mage avait l’air indécis. Et si tout ceci était faux ? On se moquerait bien d’elle ! Et si au contraire cela était vrai ? Tellement tordu quand même et inimaginable…

Elle caressa doucement la hanche de Tristan d’un air distrait alors qu’il finit par se tourner vers elle, tellement adorable quand il était à demi en train de dormir, faisant une mimique adorable. Cassidy fit un petit sourire triste avant de passer doucement la main dans les cheveux du jeune homme. Il se mit à sourire en retour avant d’ouvrir les yeux. Elle le regarda attentivement et caressa doucement son visage, espérant attirer chez lui un petit sourire ou éveiller une étincelle de conscience. Il avait quand même fait quelques progrès mais à chaque fois que la dragonne était dans le coin, ses belles résolutions disparaissaient au profit de pulsions sauvages.

« Salut… bien dormi ? »

Il répondit un moment en baillant et s’étirant. La demoiselle posa ses yeux sur la selle, posée sur une chaise contre un mur. Elle aimerait tellement qu’ils arrivent à voler ensemble, cela lui ferait du bien mais c’était extrêmement difficile. Tant d’efforts à faire… Ils se levèrent alors qu’elle déposait un tendre baiser sur ses lèvres. Mais le jeune homme n’en avait pas fini avec ses pulsions bien qu’il s’était amélioré. Il voulait très souvent, régulièrement… Et venait de se placer derrière elle en déposant quelques baisers dans son cou, un peu maladroit, réclamant une activité dès ce matin. Elle posa doucement une main sur la sienne alors qu’il lui tenait fermement le ventre pour ne pas qu’elle s’échappe. Oh bien sûr, elle en avait autant envie que lui, même si elle était sacrément troublée par tout ce qu’elle venait de rêver mais ce n’était pas si simple que ça d’être patiente avec lui.

La demoiselle se retourna alors pour lui voler un magnifique baiser. Elle le sentit impatient, brûlant de désir et d’envie. Sauf que depuis quelques jours, elle restait plutôt ferme, refusant qu’il ne cède totalement, grâce à ce qu’elle avait appris. Devoir le guider, l’aider à s’améliorer. Et lorsqu’elle se faisait plus triste et perdue, il changeait. Un tout petit peu mais il le faisait. Elle tenait fermement ses bras qui avaient voulu tirer le tissu de sa robe de nuit tout en le regardant, apportant des ondes apaisantes à travers son lien comme elle le faisait de plus en plus. Puis tout doucement, elle se fit plus entreprenante, tout en prenant soin de l’aider à positionner ses mains, de se laisser guider. Cassidy insonorisa la pièce et ils se posèrent sur le lit. Ca allait mieux, il avait l’air de faire d’énormes efforts même si elle devait toujours le guider et que cela faisait un moment qu’elle n’avait plus brillée, trop concentrée à devoir lui montrer, lui expliquer. Ils passèrent cependant un très bon moment ensemble, lui satisfait et elle étirant un petit sourire d’encouragement, le briefant sur ce qui allait bien et ce qu’il devait encore améliorer.

Ce n’était pas simple tous les jours mais au moins ça progressait… petit à petit… Ils s’habillèrent et, petit rituel du matin, il la coiffa. Si au début c’était très maladroit, la première fois qu’elle lui avait demandé, cela allait de mieux et mieux et quand il lui montra le résultat dans le miroir, elle semblait sincèrement contente.

Le petit déjeuner se passa plutôt bien, puis tout le monde en profita pour sortir dehors, voulant certainement aider les habitants de la cité, ceux qui en avaient besoin. Cassidy tenait la main de Tristan en marchant, cherchant à lui montrer les petits bonheurs et merveilles de la cité. Des ouvriers qui construisaient une nouvelle maison, une marchande de fruits qui passait dans les rues, des enfants qui faisaient une bataille de boules de neige… Mais la jeune femme restait songeuse quant à son étrange rêve. Même Alanir ne lui avait jamais parlé de ça. C’était quand même quelque chose de très risqué et sans retour arrière. En serait-elle capable ? Elle ne savait pas trop.

Cependant, alors qu’ils marchaient tout en admirant la glace près d’un des petits points d’eau de la cité, la dragonne apparut presque devant eux, saluant Tristan, un sourire victorieux sur son visage. La demoiselle se crispa et Tristan devait bien le sentir dans sa main serrée contre la sienne.

« Personne ne t’as invité alors dégage ! »

- Oh en voilà de biens vilaines manières… ce n’est pas très correct…

Cassidy serra un peu plus fort la main de Tristan, alors qu’il observait la scène. Voyant Cassidy vraiment mal à l’aise, il restait plutôt sage, ne voulant pas lui faire de peine.

- J’ai bien le droit de me trouver ici et de… discuter un peu avec Ikael ? Après tout… il ne t’appartient pas… c’est un dragon ! Que ferait un dragon avec une humaine ? Tu as bien du le voir toi-même, ce n’est pas possible entre vous… Il est bien plus démonstratif avec moi… Pourquoi le brider ? Je paris que tu n’arriverais même pas à tenir la cadence…

Alanir paraissait vraiment très en colère et s’avança devant le petit « couple » pour les protéger des piques de la dragonne, menaçant.

- Fiches le camp d’ici dragonne ! T’es vraiment collante !

Elle releva dignement la tête, cherchant à lui tenir tête, puis jeta un regard à Tristan. Cependant, une idée lui vint en tête. Mettre en application ce qu’elle pensait afin que Cassidy se perde dans le désespoir de savoir que son cher et tendre ne résisterait jamais à une dragonne et surtout pas à elle. Alors que la dragonne se détournait gracieusement, sa main se posa sur son bracelet qu’elle commença à retirer. Cassidy sentit Tristan résister et à travers leur lien, toutes les pulsions qui l’agitaient. Mais elle faisait vraiment exprès !!! Il tentait de ne pas céder mais c’était bien dur pour lui !

Déjà il lâchait la main de la petite demoiselle en faisant quelques pas pour rejoindre la dragonne, non sans mal. Cassidy était figée sur place en le voyant s’éloigner. Elle serra les mains en tremblant, montrant un instant les crocs en détournant la tête, les yeux fermés, la rage bouillonnait en elle. Puis, n’en pouvant plus, elle rouvrit les yeux noisette d’un air très déterminé tout en faisant quelques pas en avant. C’est alors qu’elle se mit en parler en draconique et personne à part les dragons ne purent la comprendre.

« J’invoque le droit de Kaorik-naa ! »

La dragonne se figea sur place, ne se retournant pas pour autant. Elle hésita un instant avant de remettre son bracelet à son poignet, redonnant conscience à Tristan. Alanir se figea autant et la surprise se lisait sur son visage alors qu’Eleyna cherchait à comprendre ce qui se passait. Il n’en revenait pas ! Comment… comment pouvait-elle ?

Kayla se retourna gracieusement, pas vraiment effrayée par les paroles de Cassidy et haussant les épaules, un air légèrement moqueur sur le visage.

- Allons allons… Tu es bien stupide petite humaine… le Kaorik-naa est une loi dragonne, ça ne marchera…

Cassidy l’interrompit en parlant bien plus fort et bien plus assurée.

« J’invoque le droit de Kaorik-naa et demande à défendre ma position. Que Sayel soit témoin de cette déclaration et, dans son jugement, m’y autorise d’y participer ! »

Kayla commença à rire mais elle s’arrêta net lorsque la neige autour d’elles se mit à fondre, formant un cercle de feu autour des deux rivales. Un lien se forma et réunit les deux cercles alors que s’enflammait la ligne droite. Un symbole apparut dans les airs en face d’elles, avant de s’éparpiller dans une pluie d’étincelles vers le ciel. Le silence retomba, la dragonne vraiment très surprise. Cependant, un sourire sincèrement curieux apparut sur son visage.

- Intéressant… très intéressant… eh bien on peut dire que tu n’as pas froid aux yeux… ou complètement folle… bien… que tout soit fait selon la volonté de notre déesse… mais crois moi petite humaine… tu vas vite regretter de m’avoir défiée…

Sur ce, elle lança un salut à Tristan, encore plus sûre d’elle-même et pleine d’assurance avant de repartir. Encore une petite semaine et Tristan serait définitivement à elle. Le calme retomba. Tristan semblait avoir du mal à comprendre et il n’avait pas l’air de bien connaître cette loi, ou plutôt vaguement. Mais Alanir, sans se soucier d’Eleyna, et bien trop inquiet, se plaça devant Cassidy et posa ses mains sur ses épaules, fléchissant les jambes pour être à sa hauteur et la regarder droit dans les yeux, une voix mêlée d’inquiétude profonde laissant paraître sa nervosité.

- Qu’est-ce qui t’as pris d’invoquer cette loi ? Et comment peux-tu la connaître ?! Cassy ! Réponds moi !

Elle semblait de nouveau perdue dans ses songes, se remémorant ce qui s’était passé la nuit dernière. Ce n’était pas un rêve alors…

Cassidy était assise en face de la petite fille. Cette dernière jouant doucement avec l’herbe alors qu’elle fixait Cassidy.

- D’accord… donc si tu veux te débarrasser de la dragonne… il faut que tu invoque le droit de Kaorik-naa…

« Heiiiiiiin ?! Le kaorikoi ?! C’est quoi ça ? »

- Une loi régie par la déesse Sayel elle-même… Aucun dragon, aucun dragonne ne peut s’y soustraire si l’un d’entre eux y fait appel…

« Heu… attends ! Mais je suis pas une dragonne moi ! Comment veux tu que… »

- C’est justement ça le problème… Mais tu n’es pas totalement humaine non plus… Et puis faut pas oublier que Sayel aime le divertissement, c’est original pour elle, une demi humaine qui veut affronter une dragonne pour l’amour d’un dragon. Curiosité aussi… je pense qu’il y ait des chances pour qu’elle se manifeste.

« Bon bon ok et ça consiste en quoi le… Koarek heu… machin ! »

- Kaorik-naa ! Ne te trompes pas sur ce mot, c’est extrêmement important. Il s’agit d’une sorte de compétition destinant à défier un aîné. Pour te résumer, parfois il arrive qu’un jeune dragon convoite la même femelle qu’un aîné. Mais leurs lois les interdisent de les désirer. Si l’envie est trop grande, alors le jeune peut invoquer cette loi. Il défit l’aîné dans des épreuves spécialement conçues. Si il gagne la majorité des épreuves, alors il devient le supérieur devant l’aîné qui devra s’incliner. Cela lui permet de garder la femelle pour lui et l’aîné n’aura plus aucun droit dessus. Ca marche aussi de l’autre côté des sexes.

« D’accord ! En gros ça veut dire que si je défie la dragonne et que je gagne, elle n’aura plus le droit d’approcher Tristan, c’est bien ça ? »

- Oui… mais… si tu perds, et c’est ça le plus grand danger, tu n’auras plus aucun droit sur lui et il partira avec elle.

« … »

Cassidy resta un instant silencieuse. Quelle loi stupide !

« Combien… combien de jeunes ont déjà réussi à renverser leur aîné ? »

- Aucun

« Quoiiiiiiiiii ?!? Et je devrais… ah mais j’y arriverais jamais ! Laisse tomber ! C’est impossible ! C’est une dragonne d’un rang supérieur à… enfin très haut quoi ! Ma magie est défaillante, ce sont des épreuves de dragon ! Je ne pourrais jamais réussir… »

La petite fille prit une mèche de cheveux dorés dans sa main et la tira un peu en avant. Cassidy grimaça en grognant.

- Je ne t’aurais pas proposé cette solution si je ne t’en savais pas capable de réussir. Qui gagnera ? La force brutale d’une dragonne ou bien… les sentiments d’une petite mage folle amoureuse d’un dragon ? Tu as quelque chose qu’ils n’ont pas et c’est bien cela qui peut t’aider à gagner cette bataille. Ca ne sera pas simple mais… Tristan… pense à lui…

Cassidy soupira un instant avant de fermer à nouveau les yeux.


Elle faisait face à Alanir qui la secouait pour essayer de comprendre, de savoir ce qui lui avait traversé l’esprit à ce moment là. La demoiselle cligna doucement les yeux.

« Je revendique Tristan… J’en ai marre qu’elle lui tourne autour et qu’elle s’amuse avec moi jusqu’à ce qu’elle me fasse comprendre qu’elle a raison… alors… c’est la seule solution pour qu’elle s’éloigne. »

- Mais tu es complètement folle ! Elle va t’humilier ! Vous n’êtes pas du même niveau et même si tu es très forte, c’est une dragonne ! Enfin Cassy je ne te comprends pas là…

« Tu as si peu confiance que ça en moi ? »

- Heu… non c’est pas ça… mais tu réalises ce qui se passera si tu perds ?!

« Je sais… c’est pour ça que je ne perdrais pas ! Si je perds… c’est que je ne le mérite pas… »

Faible sourire qui apparut sur le visage de Cassidy alors qu’on jetait des regards à Tristan. Alanir se chargea d’expliquer à Eleyna la situation. Si cette dernière resta plus silencieuse, elle ne put s’empêcher d’admirer le courage ou bien la folie de Cassidy pour oser tenter ce genre d’épreuves.
Ils rentrèrent finalement et Cassidy demanda le droit de méditer. Elle expliqua à Tristan qu’elle devait se préparer, qu’il fallait qu’elle soit prête et qu’elle n’avait droit qu’à deux jours avant le début des épreuves. Lorsqu’elle vit son air renfrogné, la demoiselle caressa doucement sa joue.

« Ne t’inquiète pas… je reste avec toi… et puis je compte bien continuer d’essayer de voler avec toi également… on va finir par y arriver »

Elle avait fait un choix… le choix d’arrêter d’attendre que les choses évoluent dans le mauvais sens. Seules les épreuves lui diront si elle avait raison ou tort…
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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: Parce qu'abandonner n'existe pas...   Mer 6 Aoû - 11:55

Pauvre petite mage torturée… décidément les galères s’enchaînaient, de plus en plus éprouvantes, de plus en plus difficiles à surmonter. Et si elle avait énormément souffert durant cette année, le challenge était aujourd’hui totalement différent. Il se demandait, encore quelques heures auparavant, avant de devenir cette espèce de créature indifférente aux sentiments d’autrui, comment elle avait pu s’accrocher à leur histoire avec autant de ferveur pendant son année de souffrance. Il avait beau retourner l’idée dans sa tête encore et encore il savait que de son côté, jamais il n’aurait eu sa conviction. Qu’eux deux, c’était aussi… spécial.

Oh bien sûr, il avait envie d’y croire et c’était probablement cela qui l’avait empêché de céder à ses pulsions pourtant si difficiles à contrôler, l’envie de comprendre aussi, ce besoin d’explication.
C’était aussi pour cette raison qu’il s’était engagé dans ce contrat absurde, il l’aimait, il voulait croire qu’eux deux c’était définitif, magnifique, magique, que rien n’ébranlerait leur amour. Mais malheureusement, à chaque fois, de petits détails dont il était responsable étaient venus semer le doute dans son coeur.
Pauvre petite demoiselle qui n’avait décidément pas eu le beau rôle. Il l’avait aimée mais repoussée et elle était sortie avec un autre pour le rendre jaloux ce qui l’avait blessé et fait douter et lui avait aussi par la même occasion prouvé qu’il l’avait dans la peau plus que de raison ! Il avait fait croire sur un stratagème monstrueux qu’il ne l’aimait plus et l’avait regardée se détruire petit-à-petit, souffrir le martyr sans pouvoir l’apaiser avant d’assister impuissant à ses rapprochements avec cet odieux manipulateur Cheistam, dont un rapprochement dont il se serait bien épargné les détails. Il s’était laissé berner par le double de la jeune femme, l’avait trahie et ça l’avait horriblement atteint, au point qu’il avait eu d’horribles et stupides pensées l’espace d’un instant qui impliquait un objet tranchant et ses… parties intimes histoire de ne plus jamais recommencer. A la place, il s’était fait souffrir une dernière fois en s’éloignant d’elle, en renonçant à elle, et c’était encore plus dure que la fois où il lui avait fait oublier ses souvenirs et pourtant, cette fois là déjà ça l’avait rongé. Il n’avait pas prévu de lui faire du mal, il voulait juste qu’elle soit heureuse avec un type bien, quelqu’un qui avait vu que ce clone n’était pas elle, contrairement à lui… et pourtant il détestait Erwan. La laisser dans les bras d’un autre, savoir qu’elle l’avait remplacé même si à cette époque là, elle ne faisait qu’essayer de se sauvegarder un minimum en s’empêchant d’être seule, même si elle ne faisait rien avec lui, même si elle pensait constamment à son amoureux perdu. Il avait cru autre chose, il s’était monté la tête encore une fois, une fois de trop. Alors mourir au final, il s’en fichait bien à ce moment là. Il l’avait tellement fait souffrir… Mais à chaque fois, à chaque moment horrible, elle était restée forte elle, elle avait trouvé quelque chose pour progresser, pour aller mieux, elle avait compris, lui avait pardonné, ne l’en avait aimé que beaucoup plus. Il ne s’était pas rendu compte à quel point il souffrait de ses doutes, à quel point il avait besoin de preuves de son côté, de savoir… qu’elle l’aimait autant qu’il l’aimait.

Et pourtant, elle lui en avait donné des preuves d’amour, tellement grandes… Mais la plus incroyable sans doute c’était celle de sa hargne à croire en eux, à s’accrocher à leur histoire et à croire en lui avec une force si inhumaine, à croire qu’il lui pardonnerait, qu’il l’accepterait, qu’il l’aimerait toujours. Comment pouvait-elle être si forte alors qu’il se sentait si faible lui ? Quand elle était près de lui, il était… pratiquement invincible mais dès qu’il la perdait, ne serait-ce qu’un peu, son monde cessait de tourner et plus rien n’avait de sens, il faisait des erreurs, il ne croyait plus en rien. Et franchement, il n’avait plus sa place nulle part. Ni humain, ni dragon, le seul endroit où il se soit vraiment senti bien jusqu’alors c’était près de la jeune femme, même si elle avait du mal avec son côté dragon, même si elle le rendait malheureux à repousser cette part de lui. Ca n’avait pas d’importance, elle était là… Et elle était tout son monde.

Mais il la surestimait encore une fois… beaucoup trop.
Elle était si humaine, si douce et sensible. Sa force, elle la tirait d’eux deux, de leurs sentiments. Cette impressionnante capacité à se relever, à encaisser, elle la tirait de leur histoire, de leur amour, de la certitude qu’elle avait finalement acquise sur les sentiments indéfectibles de celui qui était aujourd’hui bien plus que son fiancé. C’est pourquoi aujourd’hui elle souffrait tant, c’est pourquoi c’était si dur à présent. Parce que ces sentiments là n’existaient plus. Dans les yeux de l’actuel Tristan, il n’y avait plus d’amour, il n’y avait plus de tendresse, juste du désir, de l’impatience, de l’ennui souvent mais de l’amour, que nenni.
Et ce qui était difficile c’était de voir que physiquement il était le même, que ses attitudes étaient les mêmes, sa manière de se tenir, de sourire, il était lui, il n’était pas possédé ni influencé, c’était lui… Mais c’était un Tristan différent, un Tristan incapable d’aimer. Un Tristan qu’elle n’aurait probablement jamais voulu connaitre… Il se souvenait d’elle et des gens qui l’entouraient mais n’éprouvait aucune préférence, aucune affection même s’il semblait très attiré par la petite mage. C’était plus qu’horrible, c’était terrifiant de voir son amoureux transi cesser de s’intéresser ainsi à elle, à son bien-être. Même amnésique, Tristan avait de petites attentions tendres et puis son regard charmé ne passait pas inaperçu même si à cette époque là, quand elle l’avait retrouvé après sept mois de séparation, elle était bien trop rancunière pour le remarquer et puis il n’était pas si amnésique, petit-à-petit il s’était rappelé de tout. Là, se rappeler ne lui servait à rien, se préoccuper d’elle ne lui servait à rien. Tout ce qui l’intéressait, c’était de manger, de s’amuser et de satisfaire ses désirs sexuels. Elle avait toujours été sa priorité jusqu’à maintenant… Tristan n’avait jamais aimé qu’une seule femme, elle. Mais aujourd’hui… c’était terminé. Alors n’était-ce pas normal qu’elle souffre, soit perdue et malheureuse ? Pouvait-on décemment lui reprocher sa fuite alors que de son côté le jeune homme avait passé sa vie à fuir ? Non… Mais heureusement pour elle et pour eux, elle avait un ami dragon qui la connaissait très bien et savait comment la faire redevenir plus… combattante même si c’était dur, même si chaque instant était un combat… même si… elle n’avait pas fini de souffrir.

Pauvre demoiselle… Il n’arrêtait pas de faire des choses désagréables pour elle, ses commentaires ou son absence de discussion. Enfin, certes, d’ordinaire Tristan ne parlait pas non plus énormément mais il avait cette impressionnante capacité d’écoute. C’était même plus que ça, il communiquait avec sa petite amie énormément par des silences. Il la regardait avec une fascination adoratrice alors qu’elle parlait, contemplait ses lèvres au dessin parfait, aussi roses que les pétales d’une fleur qui rougissaient parfois quand ils s’embrassaient trop longtemps, admirait son visage et se morfondait de ce regard qui pouvait le faire chavirer, de ce sourire qui l’intimidait et le rendait si heureux en même temps. Il adorait l’écouter parler, se contentait d’un commentaire ou d’un autre. Sa voix douce, parfois plus aigue sous l’excitation d’un nouveau sort, d’un paragraphe fascinant dans un livre résonnait à ses oreilles comme la plus belle des musiques.
Il pouvait rester des heures, allongé sur le flanc à l’observer et à l’écouter parler. Elle était fascinante et il était fou d’elle, de ses qualités et de ses défauts, de son corps superbe et de sa personnalité si particulière. Il pouvait en passer du temps à caresser ses cicatrices comme si ça allait les faire disparaitre !!!! Même si avec le temps et leur lien, leur magie, ça s’atténuait énormément. Mais les progrès devaient s’arrêter là. Parce que Tristan avait changé. Tristan s’en fichait désormais. Elle l’ennuyait, terriblement… Et c’était probablement le plus dur pour la jeune femme, voir qu’il se désintéressait d’elle, voir que tout l’ennuyait et peut-être aussi, se mettre à douter de ce qu’il aimait… Est-ce qu’il aimait vraiment l’entendre parler d’ordinaire ou est-ce qu’il était juste patient et poli ? Comment en être sûr ? Elle souffrait… Tellement à cause de lui.

Tristan n’avait vraiment pas aimé se faire taper dessus par son aîné et il n’y comprenait rien même si pour le coup, le choc eut un étrange effet, le premier d’une longue série. En fait, bien sûr ce n’était pas fait exprès mais pendant une très courte seconde il eut un instant de lucidité, prenant conscience de ce qui se passait autour de lui, de ce qu’il faisait, étourdi à moitié par le coup de poing, mais déjà ses instincts bestiaux et sa mentalité d’une profonde insensibilité étaient revenus.

Le Tristan qu’elle connaissait n’aurait jamais toléré qu’on lui fasse du mal… Il n’aurait jamais accepté que quiconque s’en tire avec la douleur dont elle était actuellement victime et Alanir l’avait bien compris lui. Peut-être que ça paraissait un peu cruel, voire de la violence gratuite et il est vrai que la petite demoiselle était contre l’idée qu’on blesse son compagnon, mais lui, aurait approuvé. Tout dragon qu’il était, Alanir avait appris à connaitre un peu Tristan et il savait bien à quel point les sentiments du jeune homme étaient forts vis-à-vis de la petite mage blonde. Il l’avait bien prouvé après tout ces derniers jours parce que même déjà victime de ses pulsions bien qu’à moindre échelle, il lui était resté obstinément fidèle… alors que les lois lui permettaient plus que de raison de ne pas l’être. Heureusement que leurs amis étaient là pour les aider, pour les guider, même si ce n’était pas évident et même si les résultats laissaient franchement à désirer !

Malgré leurs essais il s’avéra bien vite que voler n’était pas possible. Le jeune homme ne paraissait déjà pas vraiment pour l’idée même si les paroles de sa compagne l’intriguaient mais son corps se révoltait contre ses tentatives. Pauvre petite demoiselle. Encore et toujours plus de coups, encore et toujours plus de souffrances !

Elle n’avait vraiment pas aimé quand il avait pris cette potion pour rajeunir et l’avait apparemment vécu comme un échec de plus alors qu’en fait, à l’horizon, se profilait sa première vraie victoire. Alors même s’il était parti jouer alors qu’il semblait totalement adulte et capable de raisonner par lui-même, même si elle se reposait, épuisée par toute cette histoire et surtout épuisée par sa manière de s’accrocher, de persévérer alors que rien ne laissait entendre le moindre progrès et aussi épuisée par les exigences bien trop régulières et trop souvent brusques du garçon, elle souffrait… toujours. Et le Tristan qu’elle connaissait… n’aurait jamais toléré ça.

Espoir infime mais bien présent, il avait agi ainsi pour tenter de la protéger un peu de lui-même. Elle était humaine après tout et absolument adorable avec lui même si elle parlait beaucoup trop. Sa gentillesse l’atteignait finalement. Sa douceur aussi. Elle semblait vraiment beaucoup tenir à lui. Il sentait vaguement qu’elle était extrêmement jalouse et qu’elle se raccrochait à lui en lui cédant bien trop souvent son corps. Or, elle l’humaine, lui le dragon… il agissait comme il l’aurait probablement fait avec la dragonne, brutal et exigeant et si une dragonne était solide et pouvait y répondre sans mal, ce n’était pas le cas du corps d’une humaine, surtout avec son peu d’appétit qui ne lui donnait guère de force. Alors peut-être était-ce une façon de la protéger un peu oui… même s’il s’en cachait bien…

Il ne comprit pas trop pourquoi elle ne voulait pas dormir avec lui alors qu’il ne pouvait pas vraiment lui faire du mal avec son âge actuel mais il ne semblait pas plus s’y intéresser. Le lendemain, elle ne s’intéressa pas à lui et partit vite alors qu’il ne comprenait pas vraiment et se mit d’ailleurs aussitôt à bouder alors qu’Eleyna avait apparemment décidé de le distraire. Le jeune homme était sérieusement mécontent finalement. Et la pauvre Eleyna dut prendre sur elle pour le distraire suffisamment de sa morosité pour qu’il ne fasse pas de bêtises dans l’appartement ou aille embêter une demoiselle ou une autre, voire même sa compagne qui avait décidément besoin d’être seule pour réfléchir et surtout se défouler !!!!

Ils étaient quand même passé la voir de loin alors qu’elle s’entrainait d’arrache pieds sous les regards très intéressés de plusieurs mâles qu’elle avait plus qu’émoustillés avec sa nudité quelques jours plus tôt. Le petit Tristan ne semblait pas plus gêné que ça même s’il boudait toujours mais bizarrement, Eleyna choisit de se faire très distraite alors qu’ils se promenaient et qu’il revenait sur ses pas, ayant « oublié » quelque chose. Après tout, elle avait bien remarqué le paquet de biscuits qu’il avait récupéré en même temps que le pain du jour avec elle un instant plus tôt et quand il fut de nouveau à côté d’elle, il n’avait plus ledit paquet. Petit progrès même s’il ne voulait surtout pas que ça se voit et se montrait d’encore plus mauvaise humeur juste après. Elle finit par céder, bien plus facilement que n’importe qui, face à son air boudeur et à l’emmener faire de l’escalade un peu plus loin sur une petite falaise. L’exercice physique lui faisait du bien et il avait le pied drôlement sûr pour un enfant… même si évidemment, il n’en était pas réellement un.

Elle rentra tard et s’endormit très vite sans même s’assurer de la présence des trois autres et s’il le remarqua en se levant pour prendre un verre d’eau et était franchement vexé du manque d’intérêt qu’on lui témoignait, Tristan eut quand même la présence d’esprit de poser une couverture sur les épaules frissonnantes de la jolie mage épuisée. Alanir s’inquiétait pour son amie qui ne mangeait pas grand chose pour toute l’énergie qu’elle dépensait et surtout aussi pour tous les soucis qu’elle se faisait. Le jeune Tristan lui-même l’avait remarqué tandis qu’il fronçait les sourcils en la regardant passer, boudant par avance de la voir encore le délaisser.
Pourtant, l’enfant semblait discrètement écouter ce que disait son aîné et observa celui-ci sans dire un mot, un regard beaucoup trop sérieux pour son âge au visage, comme s’il savait comment il allait finir sa phrase, comme s’il savait ce qu’il allait dire, comme s’il se doutait que c’était de lui qu’on parlait alors même qu’il ne semblait décidément que peu conscient de ce que son comportement infligeait comme souffrance à la petite demoiselle.

Sauf qu’apparemment, Alanir avait été très attentif au rapport fait par Eleyna l’avant-veille au soir. Tellement même qu’il en venait à s’excuser en tournant plus que certainement les choses à leur
avantage. Faire comprendre à l’actuel jeune dragon qu’être humain ne signifiait pas être faible et qu’il devait accepter les humains tels qu’ils étaient, les comprendre, les protéger même peut-être était primordial probablement pour l’aider à redevenir lui-même et ce n’était franchement pas un essai de trop car le pauvre était sacrément embourbé dans ses pulsions.

Comme le dragon s’était levé et penché légèrement vers lui, le petit Tristan se crispa, prêt à se défendre un peu cette fois là ou prendre la poudre d’escampette. Bon, il ne savait pas grand chose de ses pairs et il était très tête brûlée surtout en ce moment mais il n’avait vraiment pas envie de faire face à un dragon doué du feu qui pouvait le transformer en un tas de cendres !!!!!
Mais Alanir ne cherchait pas à lui faire du mal, bien au contraire, il tentait d’être plutôt… gentil.

L’adulte dans ce corps d’enfant sembla franchement surpris des excuses qu’on lui faisait et totalement incrédule en fait. Mais plutôt que de ne pas comprendre pourquoi son confrère agissait de la sorte avec cette humaine, même si cela l’intriguait beaucoup, il avait tiqué sur quelques mots. La rendre triste ? Etait-ce cela qu’il avait l’impression de « ressentir » à travers ses grands yeux noisette plein de larmes et de faux semblants ?
Pourquoi ?
Alanir parlait et il écoutait avec une attention certaine et pas du tout dissimulée pour le coup, apparemment très curieux ce que ne manqua pas de remarquer Eleyna bien plus vive que son ami dragon qui ne semblait pas y faire plus attention que ça. Tristan semblait très attentif par rapport à ces explications… explications qui concernaient Cassidy. Parler de lien lui avait fait redresser la tête. Se souvenait-il ? Etait-ce tout simplement une histoire de souvenirs ? Non, apparemment pas. Cassidy avait totalement oublié son petit ami à cause du lien qu’on leur avait enlevé… Mais lui ce n’était pas ça. Le lien était toujours là. Il semblait juste distant de ses émotions. Mais qui disait distant ne disait pas forcément « dénué ». S’il pouvait apprendre à ressentir un peu, un tout petit peu, ça irait, il changerait, elle en était certaine… Après tout, l’amour du demi-dragon pour sa petite humaine n’était plus à démontrer !!!! Alors que Tristan était en train de s’habiller dans sa chambre avec des vêtements ajustés à sa taille, la capitaine transformée en experte des duels malheureux d’histoires d’amoureux blessés à force de côtoyer le torturé petit couple, faisait part de ses conclusions à Alanir. Celui-ci semblait encore une fois très surpris de sa manière de raisonner certes mais de comprendre aussi où elle voulait en venir. C’était difficile pour lui de parler de Cassidy à Tristan sans lui en vouloir pour ce qu’il lui faisait actuellement subir et il n’avait franchement pas digéré d’apprendre que la demoiselle accédait aux exigences bien trop brutales de son compagnon pour éviter de le perdre. Ce fut donc à Eleyna que fut déléguée cette mission même si bien sûr, elle alla se réfugier chez Maud qui connaissait bien mieux la petite mage et qui se lança dans un discours des plus élogieux sur la demoiselle. Enfin… pas forcément des plus élogieux car elle ne cachait pas ses défauts le moins du monde et en particulier sa maladresse si touchante qui plaisait tant à son amoureux.
Si Tristan avait rechigné un peu, il était à présent extrêmement attentif et son goût du café lui étant passé pour quelques jours enfantins, il tenait un gros bol de chocolat chaud à mi-chemin entre la table et sa bouche et semblait l’avoir totalement oublié. Il écoutait… beaucoup d’échos étaient faits dans son esprit aux paroles des deux femmes même si Eleyna se contentait surtout d’appuyer ledit discours. Disons que pour faire simple, son esprit se clarifiait… un peu et un léger sourire étira ses lèvres même s’il s’en démentit très vite quand on le lui fit remarquer !

Ils étaient finalement rentrés et Eleyna contemplait avec un sourire victorieux le visage pensif de l’enfant qui lui tenait la main pour ne pas glisser. Il était très gauche avec son corps d’enfant, ne s’étant apparemment pas habitué à sa violente perte musculaire et bien malhabile glissait souvent sur la neige. Elle le soutenait et trouvait sa main petite mais déjà remarquablement forte pour son jeune âge. Elle avait beau savoir que Cassidy n’allait pas bien, que c’était très dur pour elle, c’était davantage pour Tristan qu’elle s’inquiétait. Peut-être était-ce parce qu’elle savait qu’Alanir était là pour sa petite mage et qu’il l’aiderait au mieux. Peut-être était-ce parce qu’elle ne la connaissait pas assez et ressentait une grande culpabilité à lui cacher un peu, même si ça n’avait pas vraiment d’importance, ce que lui avait dit son double. Pourtant, elle n’y pouvait rien, son esprit était tourné vers l’enfant actuellement près d’elle qu’elle trouvait beaucoup trop craquant et pour l’adulte qu’elle décelait derrière ce regard qui se voulait si indifférent et impulsif. Tout était allé très vite entre eux mais elle comprenait et ressentait Tristan. Peut-être parce qu’elle était empathique et qu’il était la personne qu’elle avait le plus « ressentie » dans ce monde depuis qu’elle était née. Peut-être parce qu’elle comprenait beaucoup trop bien sa manière de penser et d’agir, se trouvant des points communs beaucoup trop nombreux avec ce grand guerrier au coeur tendre. Aujourd’hui, il ne s’en rendait peut-être pas compte, il était différent et avait énormément changé, ne ménageant pas le petit coeur déjà si malmené de celle qu’il aimait tant. Mais il redeviendrait normal, pour elle c’était une certitude. Et quand ce serait le cas… comment vivrait-il les horreurs qu’il avait commises ? Comment accepterait-il le mal qu’il avait fait à celle qui comptait plus pour lui que tout au monde ? Elle savait bien peu de choses sur lui au final mais elle savait comment elle-même réagirait. Elle fuirait évidemment… L’idée de blesser quelqu’un qu’elle aimait… était insupportable après tout. Et il n’était franchement pas plus brillant qu’elle à ce sujet. Elle lui sourit. Il ne comprit pas, l’observant et ses joues s’empourprèrent légèrement alors que le petit garçon, gêné, détournait les yeux en marmonnant qu’elle avait l’air complètement folle à le regarder comme un truc comestible. Elle rit et lui ébouriffa les cheveux, ne lui demandant pas de comprendre les notions de tendresse et de regrets, c’était encore trop tôt pour lui.

Ils étaient seuls à l’appartement et elle décida de jouer avec lui aux cartes. Il savait parfaitement qui elle était évidemment et n’avait pas oublié ce jeu auquel ils s’adonnaient de temps à autres entre les entraînements. Il était en train de perdre ce qui lui déplaisait beaucoup d’ailleurs quand Alanir revint en portant Cassidy. Si Tristan réagit en se redressant, Eleyna ne le remarqua pas, bien trop inquiète elle-même pour s’en soucier à ce moment-là.
Elle fut conduite dans leur chambre et ils mangèrent rapidement, la laissant se reposer. Personne n’empêcha le jeune garçon d’aller se coucher près d’elle un peu plus tard et il l’observa un moment sans bouger, assis sur le lit, plongé dans les souvenirs et le portrait dressé par Maud de la belle demoiselle.

Il ne se sentit pas redevenir adulte dans la nuit, ne se réveillant qu’au matin à cause du frémissement de la jeune femme et de l’odeur étrangement florale qui se dégageait de ses cheveux alors qu’elle bougeait légèrement. Il se réveilla oui… sur de violentes pulsions qui lui nouèrent l’estomac, lui dilatèrent les pupilles et lui enflammèrent les reins alors qu’il ne s’était même pas encore retourné, rien qu’en imaginant la jeune femme. Aucun doute à avoir, il était adulte. Dans son corps d’enfant, avoir ce genre de pensées… ne provoquait rien !
Déjà il s’était retourné, l’observant alors qu’elle semblait épuisée et était plutôt pâle. Il ouvrit la bouche pour dire quelque chose, bien décidé à réclamer en boudant qu’elle s’occupe un peu de lui aujourd’hui mais ses pulsions le privèrent de la parole et aussi du peu de conscience qu’il avait pu acquérir pendant sa « quarantaine ». Déjà il s’était glissé en appui sur les coudes et les genoux au dessus d’elle, lui écartant les jambes d’une de ses mains si fortes, sa poigne de fer au rendez-vous qui laisserait pendant encore quelques minutes l’empreinte de ses doigts sur sa peau pâle. Elle parla mais il ne l’entendit pas, la sentant légèrement résister alors qu’elle devait déjà à voir les muscles en compote mais ce peu de résistance lui électrifia les sens et lui plut… énormément à vrai dire alors qu’un léger grognement lui échappait.

Il se souvenait qu’Eleyna avait aidé à déshabiller la petite mage… parce qu’apparemment Alanir en était assez intimidé mais ça ne lui avait rien provoqué la veille alors que là… il succombait de désir face à ce corps découvert ! Mais apparemment, elle ne voulait pas… Nouvelle résistance de la part de la jeune femme, bien plus ferme et qu’il sembla enfin remarquer entre autre parce qu’il se retrouvait dos au matelas à fixer incrédule la poitrine somptueuse de la demoiselle au-dessus de son nez. Ah oui, certes, elle avait inversé leurs positions mais ils n’avaient pas du tout la même taille alors forcément…Mais là, la vue ne lui déplaisait pas du tout. Surtout vu la manière dont il papillonnait incrédule des yeux. Elle lui parla avec une certaine sécheresse, une dureté même qu’il n’avait jamais entendu encore dans sa voix depuis son nouvel état et ce malgré tout ce qu’il lui avait fait subir. Ceci et la prononciation légèrement tremblotante de sanglots de son surnom parvinrent à le tirer de sa léthargie alors qu’il relevait son regard orangé vers les yeux de la jeune femme, la fixant sans la comprendre. Pas bien ? Pas pulsion ? Pas comme ça ? Brutal ? Faire l’amour ? Se rappeler ?
Ca faisait beaucoup… Mais il ne bougeait pas, l’observant juste, sans décaler le regard cette fois, apparemment très… curieux. Elle lui expliquait, comme elle pouvait et même s’il avait très envie maintenant, tout de suite, de la retourner et de se satisfaire qu’elle le veuille ou non, son corps lui commandait de rester immobile. Il ne savait pas trop pourquoi ni comment, peut-être à cause de ces captivants yeux aux paillettes d’or, peut-être à cause de cette voix pleine de passion, peut-être à cause d’une très vague sensation qu’il venait de ressentir face à ce qu’elle évoquait, très vague et lointain, mais la certitude d’un plaisir encore plus grand que ce qu’elle décrivait…

L’intensité dans son regard, le dessin de ses lèvres qui articulaient doucement ces mots, les perles de larmes dans ses yeux autrefois si joyeux, la pression douce de ses mains sur ses poignets. Rappel brutal de ce tout le monde n’avait cessé de lui dire. Cassidy. Triste. Malheureuse. Mal. Douleur. Souffrance. Lui faire plaisir… Un peu… Il avait un peu envie de lui faire plaisir aussi. Qu’elle cesse de le regarder avec cet air torturé. Elle n’arrêtait pas de le brider, de le freiner, de l’enfermer, de le priver et pourtant… il avait un peu envie de lui faire plaisir. Syndrome de Stockholm ? Qui sait… peut-être… Mais il était un peu calmé même si le désir lui, était toujours là. Elle avait posé ses mains sur ses hanches. Il la regarda dans les yeux puis laissa son regard vagabonder. Pas du tout hésitant, trop maladroit et sec dans ses gestes, gestes bien trop brutaux et possessifs encore, il passait pourtant les mains sur elle avec bien plus de lenteur, se crispant aux décharges qui semblaient l’agacer et fortement lui déplaire mais pas au point de faire autre chose que grogner tout bas… et s’arrêter un instant en détournant ce regard bien trop enflammé du corps de la demoiselle.

Une drôle de sensation parcourut ses doigts alors que tout son sens tactile semblait se réveiller, mis en sommeil par sa brutalité. Sous sa peau, il sentait la sienne, d’une douceur qu’il n’aurait su qualifier et ce premier constat le surprit, en très bien alors qu’il en était profondément troublé. Ses doigts suivaient ses cicatrices, les retraçant, avec un peu trop de force trop souvent mais sans mauvaise intention finalement. Une autre étrange sensation… celle de culpabilité qu’il ressentait en touchant ces cicatrices. Culpabilité… juste une impression de mal-être, de malaise… qui passa vite mais qui l’ébranla un peu alors que son regard se perdait dans le vague. Bien heureusement, il était vite rattrapé par l’exigence de ses pulsions. Elle l’embrassa… et il aimait beaucoup quand elle faisait ça, fermant paresseusement les yeux en essayant d’y répondre, maladroitement certes, mais en essayant avec bien plus de douceur qu’auparavant. En même temps ses gestes étaient tout sauf doux d’ordinaire !!!!
Il se laissait guider, écoutait ou plutôt acceptait le chemin tactile, visuel etc. qu’elle lui montrait. Déjà sa mémoire retenait l’image de son regard plein d’un message clair bien que frustrant de « l’attente ». Il continuait ses caresses. Ce n’était pas si désagréable… pour lui du moins. Sa peau semblait beaucoup plus douce quand il la touchait doucement et puis son corps mince se crispait différemment. Bien sûr, elle n’avait pas la douleur de ses assauts violents et égoïstes là. Il en était surpris, curieux bien que c’était étrangement… familiers.
Quand enfin elle fut prête, elle le lui montra et il se sentit aussi soulagé, n’en pouvant plus d’attendre que curieux, surpris, fasciné par le rythme légèrement hâché de sa respiration alors qu’il ne faisait pas grand chose finalement…Ce n’était que de petits gestes… tout simples mais la demoiselle avait les pupilles presque autant dilatées que lui à présent et un douloureux constat s’imposa un bref instant à son esprit… Est-ce qu’avant elle n’en avait pas envie ? Pourtant si elle ne le désirait pas, elle ne l’aurait jamais laissé faire si ?
Ses questions se perdirent dans les limbes du plaisir et même si c’était bien trop éloigné de leurs ébats habituels pour être comparé à ceux-ci, c’était incontestablement mieux que la broutille brutale et peu satisfaisante de ces derniers jours et le pauvre en était probablement le plus surpris alors qu’il fixait la petite mage avec un intérêt démesuré pour le coup et qu’elle s’étirait doucement en grimaçant. C’était quand même… beaucoup mieux ! Il avait dû faire les choses un peu comme elle voulait mais… c’était bien aussi… En fait, il aimait… beaucoup !

Elle voulut un massage et il l’observa en fronçant les sourcils ne comprenant pas le message qui s’y cachait, se crispant quand elle le lui expliqua, d’abord parce qu’il était vexé de ne pas avoir compris, ensuite parce qu’il était vexé qu’elle puisse se redresser apparemment pas plus fatiguée que ça par leur activité alors que lui se sentait bien plus… épuisé. A savoir, il devait la fatiguer ! Qu’elle ne puisse pas se redresser si facilement. L’idée de ce défi lui plaisait mais il reprit contenance en grognant légèrement alors qu’elle insistait alors que déjà, finalement, il commençait, maladroitement à la masser, s’améliorant au fil des minutes.
Bon c’est vrai qu’avec le regard qu’elle lui avait lancé, il ne pouvait pas refuser, quelque chose l’en empêchait, il ne savait trop quoi mais quelque chose l’en empêchait.

Elle avait l’air contente, souriait, l’embrassait. Il se sentit curieusement apaisé et bien et ses pulsions s’étaient calmées, le laissant en paix alors qu’elles étaient si douloureuses l’instant d’avant.
Après le petit déjeuner, elle lui demanda de la coiffer. Il ne savait pas si elle faisait exprès de lui demander des choses qui le forçaient à être doux et conscients de ses gestes mais en tous les cas ce n’était pas simple et ça demandait décidément beaucoup d’énergie et de concentration et même s’il grognait pas mal, il y mettait quand même de la bonne volonté, se sentant assez… bizarre quand elle lui faisait un beau sourire soit pour lui demander quelque chose, soit… parce qu’elle était contente tout simplement. Apparemment, la tresse qu’il avait faite ne lui plaisait pas et il y avait de quoi, c’était un tas informe et presque plus emmêlé qu’avant qu’il n’y passe la brosse. L’échec l’énervait et il n’était franchement pas bon perdant. Ca le vexait carrément beaucoup alors qu’il s’énervait et allait déjà bouder dans un coin mais comme elle semblait triste et déçue, ne le regardant pas, les yeux perdus dans le vide il se remémora son sourire qu’il préférait franchement à ses grands yeux tristes et il revint se placer derrière elle en marmonnant, réessayant d’abord de lui démêler les cheveux puis de les attacher. Elle pouvait voir ses mimiques dans un des miroirs alors qu’il essayait de s’appliquer, fixant ses cheveux et les manipulant avec la même précaution que si cela avait été de dangereuses armes et finalement il arriva à quelque chose de… peu concluant certes, mais déjà beaucoup mieux avec ses mèches si longues et désordonnées. Lui-même n’avait pas vu un peigne depuis une éternité mais bon… cela ne semblait pas plus le gêner que cela. Par contre, le câlin à la fin lui plut beaucoup et s’il fut très surpris, ses bras vinrent se serrer autour de la petite demoiselle alors… qu’il ne leur avait rien demandé. C’était doux… et agréable. Sa peau était si douce…

Elle avait apparemment décidé de passer cette journée là avec lui et s’il n’en fit pas plus que cela étalage, il était assez content, le prenant comme une récompense pour avoir bien agi avec elle. Elle l’occupait et le poussait à se dépenser mais encore et surtout à prendre conscient de son corps d’homme et du bien qu’il pouvait faire autour de lui simplement avec quelques attentions. S’il se fichait pas mal, au début du moins, des autres, ceux-ci, heureux de le voir moins… inhumais venaient le saluer, l’encourager, apportait de l’eau ou autres, lui demandait un coup de main. Pourtant, c’est plus l’avis de la petite mage que le jeune homme semblait attendre et oui, il ronchonnait pas mal, voire carrément beaucoup, un air constamment renfrogné au visage mais dès qu’elle lui faisait ses yeux de biche malheureuse et plus encore un léger baiser sur la joue, il réagissait… pas beaucoup, mais il réagissait et généralement… faisait tout ce qu’elle voulait sous le regard surpris et vindicatif d’une certaine dragonne qui observait le tout de loin. Quand elle se manifesta finalement, Cassidy eut une réaction très… animale et Tristan, surpris, l’observa en penchant légèrement la tête, très intéressé par ses réactions et un brin… excité par celles-ci pour être totalement honnête, aimant bien qu’elle s’accroche à lui de la sorte, même si ce n’était que sa main et il n’opposa pas la moindre résistance alors que pourtant, il aurait dû et pu faire ce qu’il voulait, la suivant docilement. Elle utilisa même la magie et ça par contre ça lui donna carrément le tournis alors qu’il tanguait un instant, pas du tout habitué et assez troublé par la sensation. Silencieux, il l’observait, se laissant guider dans la clairière.

Elle le poussa à s’entraîner un peu et c’est ravi qu’il se transforma à plusieurs reprises même s’il semblait toujours gêné quand elle essayait de monter sur son dos. Pourtant, son corps ne se crispait plus de la même manière et il parvenait un peu à se détendre, mais de là à bouger avec elle de manière volontaire, il y avait encore pas mal de travail. Par contre, chaque transformation le poussait davantage vers les instincts qu’elle lui demandait d’étouffer et il se retrouvait tout allumé par le désir que provoquait chez lui la simple vue de la petite mage. C’était troublant quand même… Ca ne lui faisait pas la même chose avec les autres femmes. Il avait du mal à comprendre comment et pourquoi mais elle était très spéciale et il le savait, il le sentait… Or dès que c’était le cas, il se retransformait et venait se coller à elle, l’embrassant brutalement, comme avant et impatient, passait ses mains sur son corps, à des lieues des « cours » qu’elle lui avait donné le matin même. Alors elle résistait et c’était une très bonne chose même s’il grognait de frustration, rouspétait et réessayait avec un peu plus de douceur. Mais en agissant ainsi, elle parvenait encore et surtout, sans s’en rendre compte peut-être, à le calmer un peu, en ne lui cachant pas son regard triste et déçu quand il se montrait aussi… animal. En repoussant ses mains baladeuses en arguant que « non, là, elle, elle n’avait pas envie ». Et elle faisait vraiment très bien car le jeune homme, surpris qu’on lui résiste était fasciné par les étranges sensations qui l’entouraient alors. Il y avait de la colère bien sûr, une pointe d’amertume, de la rancune, un malaise face à la tristesse dans les iris noisette, et puis… beaucoup de curiosité.
Il essayait de se faire plus doux et alors qu’ils faisaient une pause depuis un moment, il tentait des caresses bien plus caressantes, bien moins brutales même si elles étaient toujours maladroites. Cela convainquit davantage la demoiselle de céder, sans doute aussi parce qu’elle était consciente qu’elle ne devait pas trop non plus lui résister.

Mais cette fois, comme toutes les suivantes, elle ne brillait pas. Il n’y avait rien à faire. Ce n’était pas son fiancé tendre et aimant collé à elle. Ce n’étaient pas ses gestes débordant d’amour, de passion et d’un certain sadisme aussi tant il s’amusait à la torturer. C’était un jeune homme maladroit qui, s’il était la copie conforme de ce prince charmant, ne l’était plus pour l’instant et puis… même si c’était amusant dans un sens que les rôles de l’élève et du maître soient inversés, la petite demoiselle aimait bien trop sans doute être surprise par son passionné compagnon pour être réellement comblée, un minimum, par cet ersatz. Et puis pour briller, elle devait le désirer réellement… et même s’il faisait des efforts, il était bien loin de son ancien niveau !
Il n’y avait plus qu’à espérer que cette expérience ne se perde pas en chemin quand il reviendrait à la normale… s’il redevenait un jour lui-même.

A l’appartement, ils avaient cuisiné ensemble même si c’était très sommaire et il avait beaucoup aimé quand elle était venue se coller à lui pour lui montrer comment faire. Bizarrement, il fut par la suite incapable de faire quoi que ce soit, marmonnant de temps à autres à mi-voix qu’il avait besoin d’aide pour toute nouvelle action même si dès qu’elle revenait se placer tout contre lui, il se débrouillait très vite beaucoup mieux… un peu trop vite même. Il préférait quand elle était joyeuse et s’occupait de lui finalement… Il préférait même… beaucoup.
Alanir et Eleyna semblaient surpris bien que contents des progrès du jeune homme même s’ils ne le formulaient pas et de la joie, sincère cette fois, dans les yeux de la belle jeune femme. En plus, elle avait un meilleur appétit et ça, c’était probablement le meilleur signe de bonne santé qu’elle pouvait donner même si à côté de son ogre de compagnon, elle ne mangeait que peu…

Douche séparée, il valait mieux encore, il ne se contrôlait pas très bien déjà, inutile de le faire souffrir… Par contre, la vue qu’elle lui offrit une fois dans leur chambre l’intéressa grandement et fit cesser toute impression de satiété chez le jeune homme alors qu’un grognement appréciateur lui échappait tandis qu’il la contemplait. Elle voulut lui bander les yeux. Il se recula en grognant, secouant la tête mais ne pouvant pas vraiment la quitter des yeux, tiraillé par l’envie de satisfaire tout de suite ses pulsions, le souvenir de ce que les bons conseils de la demoiselle leur avaient apporté et une curiosité certaine quant à ce qu’elle pouvait bien faire avec ce bout de tissu.

Bien trop curieux et… rêveur un peu, c’est vrai, il finit par accepter alors qu’il aurait très bien pu se faire de nouveau impatient, intraitable, violent…
Le jeu commença. Sa peau qui frôlait à peine la sienne était encore une fois terriblement douce, c’était très agréable même s’il avait envie, très envie de la toucher. Mais elle ne lui en laissa pas l’occasion, écrasant ses mains des siennes contre le matelas avec une fermeté qui l’électrisa une fois de plus. Quelques mèches de ses cheveux, rebelles, caressaient son torse, le chatouillant, presque gênantes, mais il aimait bien aussi. Comme ses baisers… surtout ses baisers…
Alors qu’elle l’embrassait dans le cou, un long gémissement échappa au jeune homme. Et lorsqu’elle se recula légèrement, probablement ravie de l’effet qu’elle avait sur lui, il poussa un autre gémissement, presque suppliant, cherchant à trouver son visage en relevant le sien, cherchant vaguement à atteindre ses lèvres. Elle avait décidément, toute son attention !
Quand elle le mordait, il aimait bien aussi… Elle avait ce quelque chose qui n’était pas totalement humain qui la rendait bien moins fragile, bien plus… rassurante. Quand enfin elle libéra ses yeux, il gémit pitoyablement en la dévorant du regard tout son saoul ! Les pupilles dilatées au point de rendre son regard aussi ténébreux que la nuit et brillant d’impatience mais aussi de ravissement, il s’était redressé, assis, agrippant vivement son dos. Mais au lieu de chercher à la retourner sur le matelas, il s’empara de ses lèvres, maladroit, loin de ses habituels et étourdissants baisers mais très encourageant avant de se laisser retomber contre le matelas, la questionnant du regard, particulièrement sage, obéissant et même… soumis. Un comble pour le fier dragon…

N’importe quel homme avec un minimum de jugeote aurait particulièrement apprécié de se faire chevaucher par cette sublime créature aux airs d’ange en particulier à cause de son teint pâle et ses cheveux si clairs et si longs. S’il était aujourd’hui de ceux, machos, qui refusaient les rênes aux dames, Tristan était très compréhensif et obéissant aujourd’hui… et apparemment, il aimait beaucoup ce qu’elle lui faisait « découvrir » et qu’il avait également vu dans un certain livre. Etrangement, un sourire ravi était apparu sur son visage tandis que ses mains venaient tout naturellement se glisser sur les hanches de la jeune femme, pression encore trop forte et qui laisserait des marques mais pas carcérale, plutôt… pleine de désir tandis qu’il l’accompagnait dans les mouvements qui lui faisaient clairement perdre la tête alors qu’il se retrouvait groggy sans savoir trop ce qui lui était arrivé bien plus tard. C’est qu’elle était tout de même endurante la petite demoiselle…

Mais comble de l’encouragement, il ne lui tourna pas le dos, ne s’éloigna pas d’elle, la laissant se blottir contre lui, l’entourant très maladroitement de ses bras en grognant un remerciement timide si bas que c’est à peine si cela ressemblait à autre chose qu’une respiration.
Il frotta même doucement son menton contre ses cheveux et s’endormit très vite dans un léger soupir.

Le lendemain, elle voulait réessayer de voler mais passa d’abord par la case « explications » alors qu’il grignotait une énième petite brioche mise dans son étrange sacoche magique.
Elle lui disait qu’elle n’était pas totalement humaine. Et ça il l’avait déjà remarqué mais il la laissa parler, sans l’interrompre. C’était bien ce qu’elle disait… sur eux deux. Ca avait l’air bien et beau… Il sourit. Complémentaires. Un équilibre. Des souvenirs affluaient dans sa mémoire grâce à ses mots. Il se souvenait vaguement oui. D’un profond sentiment de liberté et de bien-être bien plus grand que s’il avait volé seul… mais cela renversait toutes les croyances des dragons. Etait-ce bien ? Etait-ce normal ? Il avait peur… il ne voulait pas le dire évidemment mais il avait peur et était profondément troublé par tout ce qu’elle lui disait.

Elle caressait son torse, cherchait à l’aider mais évoquait aussi un passé, avant qu’il ne change. Elle avait l’air malheureuse, se détournant, les yeux pleins de larmes. Il l’observa un instant envahi par ce malaise une fois de plus, prenant maladroitement une de ses mains en la pressant légèrement.
Ils essayèrent de s’entraîner ensemble, déjà se transformer et faire en sorte que son corps l’accepte. Il ne semblait pas troublé par sa présence quand elle était au sol même s’il la surveillait. Il ne semblait plus sur le qui-vive, la laissant approcher. Il inclina même légèrement la tête vers elle, la laissant caresser son encolure pour qu’il s’habitue à elle. Même s’il tenait du reptile, il ressemblait plus à un gros félin avec ses yeux orange et ses pupilles fendues, ses écailles minuscules, toutes fines et douces et chaudes qui captaient si bien le soleil. Ils avaient fait plusieurs essais et au bout d’un bon moment, il finit par faire quelques pas avec elle, c’était très encourageant bien qu’épuisant alors qu’elle cherchait constamment à l’atteindre par leur lien, lien qui semblait petit-à-petit… se débloquer.
Ils avaient beaucoup progressé quand même et elle semblait si heureuse qu’il continuait, de plus en plus ravi par son sourire, de plus en plus… envieux de le voir durer. Drôle de boule de chaleur dans l’estomac qui n’avait rien à voir avec de la nourriture, c’était chaud et doux et quand elle souriait, son coeur battait un peu plus vite. Elle avait l’air bien… Il voulait qu’elle soit… bien.

Bien sûr, dans leur cas, des moments de calme étaient de très courte durée… Et Kayla ne tarda pas à mettre son grain de sel dans leur histoire. Elle ne tarda pas à se transformer, s’envoler et c’est vrai que cela faisait envie au jeune homme. Très envie même alors qu’il regrettait ce temps passé au sol à essayer de faire quelque chose d’aussi « contre-nature ». Il ne savait plus que croire. La petite humaine amoureuse de lui qui n’était pas totalement humaine et qui lui plaisait beaucoup ? La somptueuse dragonne si sexy, libre et qui connaissait les us et coutumes des dragons ?
Cassidy semblait abattue par ce qui venait de se passer, sans doute s’accusait-elle de le priver de sa liberté justement. Elle lui avait pris la main pour s’éloigner en tous les cas et il ne sut pas trop pourquoi mais il la lui pressa doucement. Cette journée avait été bien quand même et il avait essayé de la faire sourire, il n’aimait pas voir que ça n’avait servi à rien finalement. Mais s’il pensait encore beaucoup à ce qu’avait dit la dragonne et s’interrogeait sur ce qu’il devait faire ou ne pas faire, sur le bien et le mal et sur les compétences au lit de la belle dame, Cassidy se rappela très vite à son souvenir en lui offrant une autre nuit mémorable. C’était encore brouillon, difficile et il était très impatient, mais il apprenait et puis… il avait envie de lui plaire… Enfin juste un peu hein !!!

La fatigue de leur entrainement et ce dernier fou moment de passion eurent raison des résistances du beau jeune homme alors qu’il s’endormait avec un sourire mais cette fois, la tête nonchalamment blottie contre la poitrine de sa belle, gémissant dans son sommeil alors qu’elle caressait pensivement ses cheveux. Ca c’était très bien. Il venait de découvrir et il aimait vraiment vraiment beaucoup !!!!
Inconscient des tourments de la belle dame, lui-même rêvait… un rêve bien étrange.

Il était dans une pièce toute blanche et très froide, se rendait compte qu’il y avait de la glace et de la neige partout en fait. Des nuages de buées s’échappaient de sa bouche mais aussi de sa peau tant il faisait froid. Il fixait autour de lui, sans comprendre, frissonnant légèrement. A force de tourner sur lui-même il se retrouva brusquement nez à nez… avec son double.
C’était lui, sa copie conforme, comme s’il s’était regardé dans une glace. Pas du tout content de voir que quelqu’un essayait de prendre sa place, il grogna comme un animal alors que son double croisait les bras sur son torse nu, musclé à souhait, parfaitement dessiné. Il avait un air sévère au visage, semblait en colère, mais une sourde colère, le genre de colère contrôlée… Lui, en colère, il agissait direct, il était… impulsif. Etait-ce vraiment lui ?

T’es qui toi ?
Je suis toi pauvre abruti… J’ai vraiment cette tronche d’ahuri ? Pas étonnant que tout le monde me prenne pour une belle gueule et rien d’autre…
Eyh ! Tu m’cherches ?!!!

Le Tristan calme lâcha un profond soupir avant de lui donner une vive tape derrière la tête qui le projeta en avant, le regardant avec encore plus de sévérité. Ikael ne comprenait pas, abasourdi, se frottant la tête. Ca faisait mal ! Ce n'était pas un rêve alors ???

Arrête de lui faire du mal…
Euh…
Cassidy… Je vais finir par me réveiller alors toi et moi… va falloir qu’on s’entende. Tu es déjà en train de changer mais… c’est pas assez. Cassy… souffre, à cause de toi ! A cause… de moi.
J’y comprends rien.
T’inquiète pas, moi non plus…

Ils se regardaient en chien de faïence, se défiant du regard. Ikael ne comprenait pas très bien pourquoi il rêvait de lui-même en train de le défier, en train de lui dire de bien s’occuper de sa fiancée mais lorsqu’il se réveilla, il se sentait curieusement bien, apaisé et conscient de ses actes… Ne comprenait ni trop pourquoi et encore moins comment, un peu plus… ou plutôt un peu moins égoïste dans son coeur, il se souciait de la petite mage près de lui qui le regardait d’ailleurs… Mais à peine réveillé, il était assailli par ses pulsions et rejetait déjà bien loin son étrange rêve qui aurait bien eu besoin d’être discuté, surtout avec la demoiselle qui y aurait peut-être vu bien plus qu’un rêve, un espoir…
Elle-même en avait fait un, d’étrange rêve… Mais il ne discutait plus du tout avec elle, donc comment aurait-il pu s’en rendre compte ? de toute façon, il était bien incapable de se rendre compte de quoi que ce soit dans son actuel état !

Déjà, il la retenait, voulant jouer et apparemment, ses baisers dans son cou et ses nouvelles tentatives pour être doux et entreprenant au lieu de brutal et exigeant portaient leurs fruits. La demoiselle le guidait toujours et il y avait encore beaucoup à faire mais elle devait trouver un certain réconfort dans ces améliorations et puis son compagnon l’avait toujours énormément attirée, ce n’était un secret pour personne après tout ! Ravi, revigoré, le jeune homme, totalement satisfait l’observait se rhabiller en écoutant ses commentaires, curieux de mieux faire et surtout curieux des sensations qu’il ressentait et qui évoquait un passé si passionné que cela l’intimidait presque. Oula… C’était vraiment possible ça ?

Rien de spécial pour la journée, ils flânaient tranquillement alors qu’elle paraissait très pensive et lui un brin frustré de la voir si peu concentrée sur lui mais comme elle avait un léger sourire aux lèvres, il oubliait très vite cette frustration.
Et puis il y avait eu l’arrivée de la dragonne, le défi entre les deux jeunes femmes qui se fixaient et se mesuraient simplement du regard, la dragonne très curieuse mais donnant l’impression de prendre l’humaine pour une faible créature et ladite humaine qui ne se laissait pas faire !

Pourtant, alors que Kayla accusait Cassidy, qu’elle lui demandait ouvertement ce qu’un dragon ferait avec une humaine, une nouvelle vague submergea le jeune homme silencieux, un sentiment de profond mal-être, une envie de rébellion, une brusque pulsion de… prouver le contraire ? Mais… de… quoi ? Pourquoi ?
A vrai dire, personne ne se souciait de lui. Tout le monde était tourné vers les deux jeunes femmes et elles-mêmes ne semblaient vraiment pas se préoccuper de lui pour l’heure. Ce n’était sans doute pas plus mal mais il était profondément troublé pourtant et aurait eu besoin d’aide pour se guider dans un sens… ou dans l’autre. Alanir était intervenu mais Tristan ne s’en rendit compte qu’avec un temps de retard, dodelinant un peu de la tête, sonné sans savoir trop comment. Pourtant Kayla n’avait pas enlevé ses bracelets mais elle était très attirante même en les gardant après tout… Du moins elle les avait encore à ce moment-là, car alors qu’elle se détournait dignement, elle en ôta un pour montrer, prouver à tout le monde qu’Ikael était à elle et que malgré tous ses efforts, Cassidy ne lui arriverait jamais à la cheville !

Pauvre Tristan, un instant plus tôt étonné et sonné, il sentit brusquement toutes ses pulsions remonter et se réveiller, violente, lui enflammant si fort les reins qu’il en lâcha un gémissement de douleur alors que ses yeux dévoraient le dos de la dragonne. Pourtant, la satisfaction du matin même, les sourires de la jeune femme qui lui tenait la main actuellement, son léger rire, ses gémissements, ses efforts, tout ce qu’elle faisait pour lui sembla brusquement se matérialiser à ses côtés et le retenir d’avancer, le retenir de céder. Il secoua vainement la tête, torturé en fermant les yeux le plus fort possible, se prenant la tête dans les mains tandis que Cassidy l’ayant senti céder le voyait au moins un peu, un tout petit peu résister pour elle… Juste pour elle. Un effort de plus.

Mais déjà il s’était détaché d’elle et avançait vers Kayla, haletant, à bout, c’était limite s’il ne venait pas vers elle en rampant ! Au moins Tristan lui était digne et avait un minimum de résistance, son état de dragon n’en avait… aucune !
Et puis la voix de Cassidy s’éleva, forte et assurée !
Fait étrange, ce fut bien plus sa voix que le fait que la dragonne remette son bracelet qui tira Tristan de sa transe. Il fixa incrédule la belle dame avant de reculer rapidement de quelques pas, le regard troublé, cherchant Cassidy, venant docilement se placer près d’elle, inquiet, fixant son regard plein de fureur mais aussi d’assurance, plein d’inquiétude et de défi… Comment pouvait-elle exprimer tellement de choses à la fois ?

Il ne comprit pour ainsi dire pas un mot de ce que se racontèrent les deux jeunes femmes. Une histoire de leur déesse, et puis de loi et il ne savait pas trop quoi mais apparemment, ce n’était certainement pas normal qu’une humaine demande cela et il ne savait pas trop pourquoi parce qu’il n’y avait pas plus forte et moins humaine que cette petite mage limite hystérique et… il avait mal à la tête…
Pourquoi avait-il l’impression tenace que c’était pour lui qu’on faisait cela ? Et que c’était quelque chose de vraiment vraiment… mauvais ????Le phénomène magique surprit tout le monde et en particulier la dragonne moqueuse qui paraissait pour le coup non plus curieuse mais réellement… fascinée. Déjà elle s’éloignait en parlant toute seule, amusée, fascinée oui, et apparemment très, beaucoup trop même, confiante !

Alanir était déjà près de Cassidy et posait des questions que Tristan n’aurait même pas pu poser s’il avait été lui-même. Il en savait encore moins que sa petite amie sur les dragons, décidément, sur trop de points, il était pitoyable. Brusque retour de conscience, de raison qui le fit chanceler une trop courte seconde. De toute façon, une fois encore personne ne se souciait de lui alors qu’il observait la scène à quelques pas, inquiet… oui vraiment inquiet du regard perdu dans le vague de la petite mage. Il n’en crut pas ses oreilles quand elle s’expliqua même si au moins il comprit un peu mieux la lueur scandalisée dans les yeux de son aîné.

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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: Parce qu'abandonner n'existe pas...   Mer 6 Aoû - 11:58

Elle le revendiquait ? Sérieusement ? Elle faisait en sorte… qu’il soit à… elle ? Etrangement, des souvenirs affluèrent dans son esprit, des souvenirs qui ne lui appartenaient pas, il le savait et qu’il tenait de ses ancêtres, des souvenirs contenus dans son sang et lui expliquant bien plus clairement ce qu’était cette fichue loi qu’elle venait d’invoquer. Une loi qui n’était réservée qu’aux dragons tout d’abord et qui impliquait davantage les mâles que les femelles en général et qui était dangereux, terriblement dangereux et… POUR LES DRAGONS ???!!!! Quelle partie avait-elle manquée ????!!! Aussi étrange et puissante soit-elle, la petite mage n’était pas une dragonne ! Et Kayla était… terriblement puissante après tout ! Stoïque, muet, il la regardait, la bouche entrouverte, suivant un échange de mots, une conversation à laquelle il n’était clairement pas convié… Ce qui l’énerva profondément ! Eyhhhh ! Il s’agissait de lui là quand même ! Il avait son mot à dire non ????!!!!
Il y avait autre chose, quelque chose de bien plus profond, un véritable hurlement de protestation qui montait en lui. Il ne savait trop d’où… Une protestation mêlée de fureur et de peur… Tellement de peur… C’en était effrayant. Il était un dragon ! Il n’avait pas peur si ? Enfin lui non… Pas qu’il le sache du moins…

Docile, il était rentré avec les trois autres qui discutaient entre eux sans lui demander son avis, sans se préoccuper de lui, en faisant comme s’il n’était pas là. Intérieurement pourtant, Tristan était le même, caché, vivement muselé, mais il était là, il voyait, il sentait, il entendait… Et il avait peur. Toute cette histoire lui faisait peur. C’était de la folie, pure et simple et normal, il n’aurait jamais permis une telle chose. En même temps s’il avait été lui-même, bien des choses auraient été différentes.
Cassidy devait s’entraîner, méditer, se concentrer… Et en gros, elle l’éloignait d’elle. Grossière erreur malheureusement. Ce n’était que sa présence qui aidait le jeune homme à redevenir lui-même, à s’améliorer et en choisissant de l’éloigner même si au final, elle n’avait pas trop le choix, elle risquait fort de provoquer l’effet inverse et de le voir plonger avec d’autant plus d’entrain dans un abîme de pulsions et d’obscurité perverse !

Elle avait beau dire rester avec lui, vouloir s’entraîner, vouloir voler, il savait que ce n’était pas vrai et un nouveau sentiment s’empara de lui, une profonde rancoeur, une profonde colère vis-à-vis des humains et si Cassidy y était insensible à ce moment là, bien trop concentrée sur sa future bataille qui nécessiterait toutes ses forces, Alanir avait dû sentir lui la vague de mauvaises intentions et pensées du jeune homme car il vint le rejoindre sur la terrasse alors que Tristan y boudait depuis déjà quelques minutes.
Il essaya vaguement de lui parler, de le convaincre d’être calme, d’aider Cassidy, de l’encourager mais le dragon était inquiet, très inquiet pour sa « presque soeur » et son cadet le sentait, ce qui l’agitait encore plus alors qu’il s’énervait. Heureusement qu’Eleyna était là pour les séparer parce qu’à force de provoquer Alanir, Tristan venait de se faire saisir au collet et risquait fort de se prendre une sacrée droite. Elle alla l’entraîner, toute la journée, l’épuisant, trop consciente des pulsions qui l’habitaient et du fait que ces pulsions empêcheraient Cassidy d’être bien. Malheureusement, ils croisèrent Kayla sur le terrain d’entraînement et loin de la petite mage, le jeune homme avait vraiment du mal à ne pas devenir un vrai dragon. Il était sensible au charme de la dragonne même avec ses bracelets, sensible à sa liberté, à leur ressemblance. Au fond, le petit Tristan s’était tu, ses hurlements, personne ne les entendait après tout. Ni son indignation, ni ses peurs, ni son inquiétude pour celle qu’il aimait. Il en avait assez de se battre, ça faisait mal de résister, ça faisait mal de se battre. Il lui avait promis de toujours se battre pour elle, mais elle ne l’entendait pas, elle ne le voyait pas, elle se laissait faire par l’abruti qu’il était actuellement, ni plus ni moins… Désespoir…

Heureusement, Eleyna était quand même sacrément intimidante son sabre à la main et à force de piquer fortement la peau du jeune homme troublé, elle le ramena à la réalité. Ils s’entraînèrent plus que durement et lorsqu’ils rentrèrent il était couvert de blessures, de bleus surtout, de plusieurs fines petites coupures, ronchon d’avoir perdu mais apparemment content de l’exercice qui l’aidait aussi, un peu, à se retrouver. Plus qu’un dragon, il était un guerrier après tout.
Cassidy méditait. En fait, elle n’arrêtait que pour manger ou parler un peu avec eux, embrasser vaguement son petit ami avant de se replonger dans sa méditation. Tristan, fortement boudeur, accepta sans mal de dormir sur le canapé suite à la demande d’Alanir qui préférait garder un oeil sur lui et éviter à Cassidy des nuits de folie juste avant ses épreuves. Résister à ses pulsions était encore plus dur pour Tristan mais fort heureusement le dragon et la capitaine avaient établis un signal. Lui sentait quand son cadet était trop… à fleur de peau et elle l’embarquait immédiatement dans un footing ou un entrainement. Cela ne dura que deux jours certes mais deux jours pendant lesquels les deux fiancés n’eurent pas un seul moment d’intimité rien qu’à eux. De toute façon, elle devait s’entraîner elle-même là alors les entraînements de vol, c’était bien secondaire. Tristan n’avait pas vraiment fait de progrès mais au moins n’avait-il pas régressé même s’il était distant, ronchon, faisait une tête de six pieds de longs et râlait tout le temps avec son air boudeur… il n’avait pas approché d’autres filles et était plein de courbatures… En même temps, Eleyna le poussait aussi à se transformer, mais certainement pas à voler.

Le moment fatidique approchait…
La rancoeur enflait le coeur du jeune homme comme un ballon de baudruche. Il ne comprenait pas pourquoi il en voulait autant à la petite mage. Etait-ce parce qu’elle se battait pour lui ? Non, ça c’était plutôt un honneur. Les deux nuits sans dormir qu’il avait passé, bien trop longues et pendant lesquelles, rageur, il avait failli la rejoindre étaient plus parlantes. Quelque chose, quelque part, en lui, détestait la jeune femme pour le risque inconsidéré qu’elle prenait pour lui… pour eux… sans lui avoir demandé son avis, sans lui avoir laissé le temps, sans avoir cru en lui et en eux. Déclic, un de plus alors qu’il battait faiblement des paupières, fixant la petite demoiselle qui s’habillait d’une tenue plus masculine, depuis le pas de la porte.
Elle se tournait vers lui, lui souriait. Il s’entendit parler sans avoir eu l’impression d’avoir envie de parler, sans avoir commandé à ses lèvres de prononcer ces mots avant de s’éloigner d’un pas vif pour rejoindre Alanir et Eleyna.

- Ne perds pas…
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