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 Comment se retrouver pour mieux s'aimer...

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Cassidy Herediane
Directrice de l'Académie Hysandra
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Date d'inscription : 26/02/2012
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Feuille de personnage
Race: Humain Ascadian
Royaume: Territoire Neutre
Vocation: Mage

MessageSujet: Comment se retrouver pour mieux s'aimer...   Mer 8 Avr - 13:48


Ce que Tristan avait pensé ce soir là, cette culpabilité qu’il pouvait avoir, elle aurait voulu l’entendre. Certes, il parlait plus et c’était encourageant pour leur relation mais il fallait aussi prendre ce qui n’allait pas. Mais il ne pouvait pas savoir comment elle allait le prendre, la situation tournait en rond. Il s’en voulait à mort, elle était pétrifiée à l’idée que leur lien se brise… même si ils faisaient preuve de faux semblants pour adoucir la situation.

Au cours de leur soirée, elle s’attaqua à un sujet plus sensible, plus sérieux, leur lien. Parce qu’elle ne pouvait s’empêcher d’y penser, parce que, malgré le ton de sa voix, résonnant comme un murmure, elle était terrifiée et terrorisée à l’intérieur d’elle-même. Ayant luttée, encore et toujours, pour le retrouver, pour chasser cette dragonne loin d’eux. Lui, ayant cherché à lui rendre la mémoire, à briser le sort qui entravait leur lien… Ils en avaient bavés… Elle avait été séparée de lui… Et la dernière chose qu’elle ne voulait pas, c’était bien que toute leur histoire vole en éclats !

Depuis qu’elle avait appris pour leur lien, elle se sentait bien triste, se maudissant de ne pas être assez forte pour lui… se maudissant de ne pas avoir essayé de le ressentir bien avant… Elle en faisait des cauchemars la nuit… des cauchemars où elle le voyait s’éloigner d’elle, dégoûté, la repoussant. Bien sûr, la jeune femme ne lui parlait pas de tout ça. A quoi cela servirait ? A part se faire peur, pas grand-chose. Il fallait aller de l’avant, faire comme elle avait toujours fait. Les choses s’arrangeront d’elle-même. Elle ignorait qu’il ne ressentait plus leur lien non plus et cela l’aurait probablement affolée, elle aurait paniqué oui. Pourtant, elle avait envie de lui dire, oui lui dire qu’elle ne le lâcherait pas, qu’elle ne le lâcherait plus. Que malgré son année d’absence, elle ferait tout pour qu’ils retrouvent leur complicité. C’était en gros le message qu’elle lui lançait. Et il lui répondit, d’une manière égale à lui-même.

Elle l’avait senti se pencher en avant et le goût de ses lèvres lui donnait un regain d’espoir, la raison pour laquelle elle se battait pour lui. Pourquoi avoir affronté une dragonne, l’avoir repoussé, si elle ne pouvait pas profiter de cette victoire ? Car, même si c’était dangereux, même si c’était complètement fou, elle l’avait fait… Sa conviction, son amour pour Tristan, l’avait amené à se dépasser… à faire ce qu’aucun humain n’aurait jamais réussi à faire. Et elle en était un peu fière aussi. Peut être qu’au final, le peu de lien qu’il leur restait lui avait donné la force de tenir.

Il l’embrassa sur le front, prononça des paroles qui la firent frissonner de plaisir et lui donnèrent une énergie nouvelle alors qu’elle se mit à rougir. Oui, ensemble ils allaient trouver une solution !
Le repos de cette nuit fut vraiment réparateur, puisque la demoiselle était en pleine forme et avait besoin de libérer cette énergie. C’est pourquoi elle avait décidé de s’entraîner. Bien que l’envie de rester avec Tristan était forte, il lui fallait libérer son trop plein d’énergie. Un conseil que lui avait donné Ysa quand elle était encore sur l’île car la méditation ne marchait pas toujours.

Elle était tellement concentrée sur ce qu’elle faisait mais avait entendu Tristan qui s’approchait. Le regardant de ses yeux dorés comme si de rien n’était, c’est sûr qu’elle respirait l’assurance même si à l’intérieur d’elle, respirait toujours cette même peur, cette même crainte. Et comme lui, elle trouvait désormais un certain réconfort à utiliser ses capacités, ce qui lui permettait d’éviter de se poser tout un tas de questions. Mais il avait raison, elle avait trop changé… Elle avait eu besoin de lui sur cette île, à n’importe quel instant, seconde… Elle s’était juste contentée de survivre, de faire ce qu’on attendait d’elle, pour aller sauver la cité de Maud, pour retrouver Tristan… Mais tout était à réapprendre depuis le début. Si elle savait ce qu’il pensait, la petite mage serait sans doute bien triste et malheureuse, parce qu’elle justement, ne se rendait pas compte justement de ces changements ! Ou elle ne voulait pas les voir justement…

Mais inconsciemment, alors qu’elle voulait lui parler d’eux, elle attira son attention. Après tout elle lui avait dit son ressenti, elle avait promis discuter avec lui de ce qui la tracassait alors elle s’appliquait et ils en avaient bien besoin ! Elle l’embrassa et sentit qu’il se conduisait un peu originalement alors qu’elle s’écartait de lui et l’écoutant un peu abasourdie au départ. Ses premières paroles la laissèrent abasourdie.

Il y répondit d’ailleurs et sa réponse était sans détour, franche, comme on pouvait s’y attendre. Au fur et à mesure de ses paroles, la petite mage se mit à rougir, repensant justement en accéléré à toute leur histoire. Leurs retrouvailles, son côté plutôt farouche et cette activité si étrange et bizarre à ses yeux à l’époque. Il y avait quelque chose de bien qu’il soit aussi extraverti, ça l’avait aidé. Elle avait été curieuse, elle avait toujours été attirée par lui, depuis le début, même si au début c’était un crétin qui se moquait d’elle et la provoquait. Mais il y avait quelque chose qui l’attirait chez lui. Et au final, c’était peut être la meilleure chose qui lui était arrivé comme elle y pensait. Lorsqu’il l’embrassa à nouveau, elle se mit à frémir et se colla un peu plus comme lui. Cruel jeune homme qui était bien trop tentant ! Même si leur discussion était tout à fait sérieuse. Il était d’accord avec elle et parlait du voyage.

Cependant, en voulant partager ses souvenirs, elle s’était un peu gratté la tête. Que voulait-il savoir ? Elle n’avait fait que s’entraîner… enfin il n’y avait pas grand-chose d’intéressant au final. Sinon, qu’il lui pose des questions car toutes les journées avaient été si répétitives que c’était dur de retrouver des trucs plus originaux. Sa phrase finale sonnait comme une déclaration et le message semblait passer. Elle se mit cependant à toussoter et prit une petite voix timide.

« Hum… Pas devant une foule le déshabillage hein ? »

Faisait-elle exprès ou le taquinait-elle ? Difficile à dire. Lorsqu’ils rangèrent leurs affaires et qu’il la complimenta, elle le remercia avec une joie non dissimulée.

« Je voulais que… que ça te plaise aussi un peu… Enfin c’est spécial, c’est une tenue que je peux façonner mentalement et… enfin je n’ai pas le talent à Maud… »

Elle se mit à rougir en regardant le sol et lui donna une tape faussement énervée quand il disait qu’elle était mieux toute nue.

A l’appartement le choix des tenues leur prenait beaucoup de temps, surtout pour Cassidy. Et elle glissa vite une remarque sur la selle. Mais ce qu’elle avait omis de dire, c’est qu’ils s’en étaient servis pour la course finale contre la dragonne… A croire qu’elle voulait absolument oublier ce douloureux passage et repartir sur de bonnes bases. Après tout ce n’était pas plus mal.
Cependant, sa dernière phrase la laissa grincheuse et boudeuse alors qu’elle se planta face à lui en croisant les bras.

« Mages doués heiiiiiin ? Doués comment ? Plus que moi ? Fais gaffe à ta réponse sinon… »

En même temps, la phrase sonnait bizarre aussi, de ce qu’il avait dit. Apparemment ils avaient été tellement terrifiés par cette histoire de dragons, qu’ils en avaient oubliés les détails…
Mais dans un sens, le fait d’insister sur son côté dragon, prouvait bien qu’elle était prête à faire tous les efforts là-dessus pour l’accepter et elle en était catégorique. Oui, ça venait du fond du cœur et il pouvait entendre, au son de sa voix, à quel point elle était sincère dans ses paroles. Même si elle n’avait pas revu la « bête » depuis le temps, elle ne pensait pas à ce petit détail et verrait bien au moment voulu.

Il parla alors justement de son don, qu’il fallait qu’elle l’aide à s’entraîner. La jeune femme se mit à réfléchir, en repensant à ses paroles. Sur le coup elle ne dit rien, mais elle n’était pas sûre de savoir ce qui pouvait se passer. Après tout, entre son don et la magie en elle, il y avait une différence. Mais dans un autre temps, sa magie à elle n’était pas tout à fait humaine non plus… Mais au moins il parlait de l’importance, lui qui détestait la magie avant, voilà un étrange retournement de situation ! Elle le laissa l’embrasser et le regarda s’éloigner alors qu’elle semblait en pleine réflexion.

Il y avait eu ensuite les préparatifs du chariot et Cassidy avait jeté un regard désapprobateur aux filles qui regardaient d’un peu trop près son Drakkari !

Puis, le petit repas avec Maud marqua la fin de la journée. Cela se passa plutôt bien mais Cassidy ne fut pas mise au courant de la discussion entre la dame et Tristan. Elle était d’ailleurs très occupée dans le petit local de Tristan, sur sa carte. Elle parlait de stress justement. Il avait raison sur certains points mais elle ne lui cachait absolument rien. Certaines choses, il les découvrirait un peu plus tard mais pas par elle… Mais il ne disait rien, se contentait de balancer une phrase rassurante, malgré tout ce qui pendait au-dessus d’eux. Cependant, le fait qu’il soit si près, même si ces gestes n’étaient pas forcément une invitation, pas forcément pervers… la mettait dans un état dingue… de tester des choses acrobatiques sur la table. Au moins, ça l’empêchait de penser !

Elle s’était retournée et avait décidé, cette fois, de prendre les devants et faire le premier pas. Ses baisers, gestes, étaient plein de sous entendus, il ne pouvait pas se tromper ! Et finalement, tout s’emballa. Elle en voulait plus, un peu plus. Au diable l’attente ! Elle ne pouvait plus ! La pièce commençait à se réchauffer dangereusement. Cassidy ressentit l’envie, le plaisir, cette abstinence qui l’avait entravé si longtemps… son corps se tendait, non pas de stress, mais de plaisir, d’envie. Elle frissonnait, étouffa de légers gémissements alors que sa peau devenait plus chaude, qu’elle essayait de se faire discrète… Peine perdue. Et puis tout bascula avec Alanir qui choisit le mauvais moment pour intervenir…

Retour à la réalité, la jeune femme était renfrognée, déçue de ne pas être allée plus loin. Elle s’était rapidement dirigée vers sa chambre, sans dire un mot à personne et semblait perdue dans ses pensées. Si perdue qu’elle n’entendit même Tristan la prendre contre lui et mordiller son oreille. Cela lui fit l’effet d’une décharge électrique alors qu’elle étouffait un gémissement, ses sens de nouveaux réveillés. Peut être ne le savait-il pas, après tout elle ne lui avait rien dit, que depuis qu’elle avait ces oreilles, et aussi depuis son retour de l’île, elle semblait bien plus réceptive… mais autant que cela lui donnait un petit coup de plaisir, elle ne pouvait s’empêcher de penser à chaque fois… qu’elle n’était pas humaine. Et cela la dérangeait autant que cela lui plaisait. Est-ce que tout le monde ressentait la même chose ? C’était différent en fonction des personnes… Mais peut être que son corps lui, réagissait normalement, comme si il l’aidait à se l’approprier.

Il parla une nouvelle fois, expliquant qu’elle n’était pas discrète. Elle se mit à rougir et détourna les yeux alors qu’il la prenait un peu plus contre lui, continuant comme si de rien n’était, ce qui la rendit encore plus rouge ! Il parlait alors de se faire des câlins et elle ne dit pas non, même si elle était un peu déçue par le déroulement de la soirée. Après tout, il allait plutôt dans son sens… En tout cas, sa bonne humeur aida la petite mage à se détendre et oublier leur aventure. Elle s’endormit rapidement et le lendemain matin, Cassidy était en pleine forme.

Avant le départ, Maud la tira à part pour la rassurer, et Cassidy en avait certainement bien besoin. Même si elle avait toujours un peu peur de l’inconnu. Enfin ils étaient partis… Une page se tournait, une autre histoire commençait… Mais Tristan et Cassidy n’avaient pas le temps de réfléchir, puisqu’Alanir prenait beaucoup de place et faisait l’animation à lui tout seul. Cassidy ne pouvait pas lui en vouloir, après tout, il n’avait pas été habitué à ce genre de chose qui s’appelle « voyage loin du ciel ».

Ils arrivèrent enfin dans une petite ville. Enfin ils ne virent pas grand-chose puisqu’il faisait nuit. Mais lorsqu’ils arrivèrent à l’auberge, Cassidy trouva le gars pas vraiment commode. Elle garda un sourire poli, même si des questions se posaient dans sa tête. Mais alors qu’elle pénétrait dans la chambre, la demoiselle resta coincée devant, bouche bée, apparemment en mode pause. Alors que son cerveau tentait de réfléchir au pourquoi du comment la chambre était décoré ainsi, Tristan était venu l’éclairer en se collant à elle. Intriguée, il la rassura rapidement et en fut totalement surprise et charmée. Un silencieux rire sortit de sa bouche alors qu’il parlait d’arrière pensée.

« C’est tout simplement magnifique… Mais tu ne crois pas que… tu sais… notre ami dragon… »

Il la rassura aussi sur Alanir, n’omettant pas de parler de l’insonorisation (et ça c’était un gros sous entendu !) et quémanda un bisou. La demoiselle râla pour la forme et alors qu’elle cherchait à l’embrasser, il s’empara de ses lèvres, ce qui tira un frisson pas vraiment désagréable de la part de la jeune femme. Mais il la laissa rapidement au dépourvu en l’entraînant vers la salle de bain. Alors qu’il la guidait, elle ne put s’empêcher de placer une petite réflexion.

« Chambres insonorisées huuum ? Si c’est pas une invitation ça ! »

Et elle lui tira la langue pour la forme.

Tout aussi bien décorée que la chambre, même si ça valait pas leur appartement, cela avait un petit air de luxe malgré le côté rustique des lieux. Et elle fut particulièrement intéressée lorsqu’il commença à se déshabiller qu’elle resta… un peu bêtement plantée là et attendant qu’il finisse de se déshabiller pour secouer la tête afin de reprendre ses esprits. Enfin elle se déshabilla, un peu rapidement à son tour… n’étant pas aussi douée que lui pour y mettre les formes.

Rapidement elle le rejoignit dans l’eau, appréciant la température et barbotant à côté de lui, trouvant le parfum à son goût. Elle ferma les yeux et s’appuya contre lui.

« Tu as raison, ça commence vraiment bien ce nouveau départ… Merci… »

Elle avait prit ses mains alors qu’il l’enlaçait et caressait ses doigts du bout des siens. Ce voyage l’angoissait un peu. Car elle perdait tous ses repères… Enfin repères, elle les avait perdu depuis longtemps, depuis qu’elle était sur cette île en fait. Cela prendrait du temps pour les retrouver. Il allait falloir qu’elle s’habitue à ne pas attaquer tout ce qui bougeait, pas utiliser sa magie si spéciale qui pouvait attirer l’attention… laisser Tristan prendre les rênes. Elle ne pouvait pas expliquer pourquoi, mais elle sentait, ou bien elle le savait, qu’il avait besoin de gérer la situation. Qu’il se conduise en homme et elle en femme… Qu’il avait besoin de lui prouver, de se prouver, qu’il n’était pas comme ce qui s’était passé les précédents jours. Mais c’était difficile pour elle qui avait tant pris l’habitude d’être seule… Elle s’assoupit un instant.

Le bain était tout à fait agréable, il avait eu une bonne idée. Ne pas penser, ne pas réfléchir, juste profiter d’un moment intime avec son compagnon. Elle aurait pu avoir des idées dans ce bassin et pourtant, la petite demoiselle était juste fatiguée par la première journée de trajet. Elle était cependant bien robuste. Mais peut être le fait d’être avec Tristan la mettait en confiance, elle baissait sa garde et se laissait plus aller à la détente.

De ce qu’il fit, elle n’en sut rien. Juste qu’il la réveilla en déposant des petits baisers sur ses joues, murmurant son surnom. Elle cligna des paupières, poussa un petit gémissement en s’étirant et se frotta doucement les yeux avant de bailler et se tourner vers lui.

« Oh pardon… je me suis pas rendue compte… »

Il ne semblait pas lui en vouloir et parla d’aller prendre le repas en bas. Du coup, ils se rhabillèrent, il l’aida à coiffer ses longs cheveux dorés en une coiffure un peu plus pratique et elle le suivit, tenant sa main. L’aubergiste avait préparé une charmante table, avec une chandelle, une petite décoration fleurie. Il y avait juste Alanir justement qui était là pour tenir la chandelle… Mais le dragon ne semblait pas s’en soucier. Il était songeur et perdu dans ses pensées pendant tout le long du repas.

Cassidy, elle, avait insisté pour que Tristan raconte quelques aventures Cheistam. N’étant pas avec lui, elle voulait vraiment en savoir plus, si ce qu’il faisait lui plaisait. Après tout, c’était son rêve d’enfance de servir cette cause ! Elle l’écoutait parler, un sourire aux lèvres, se concentrant un peu trop sur le beau minois de son homme. Et quand il s’arrêtait de parler, elle glissait innocemment son pied contre le sien avec un air enfantin.

Le repas se termina dans la bonne humeur, même si Alanir n’avait pas décroché un mot de la soirée. Cassidy s’inquiétait un peu et elle en fit part à Tristan en rentrant dans la chambre.

« Tu ne l’as pas trouvé un peu… ailleurs Alanir ? »

Mais le beau jeune homme la rassura. C’était peut être parce qu’il était dans un environnement humain et inconnu, ou qu’il venait de quitter Eleyna… des choses comme ça.

Cassidy se déshabilla et mit une tenue un peu trop mignonne pour aller simplement se coucher. Une tenue légèrement transparente qui mettait en valeur son corps bien plus musclé et forgé par son année d’entraînement. Elle s’était dirigée vers le lit dans une démarche féline avant de sauter sur le lit et… de pousser des petits ronronnements en se frottant contre les oreillers et le duvet. Ca cassait un peu l’effet qu’elle voulait à la base. Elle reprit une position plus aguicheuse, étalée sur le lit sur le ventre, les pieds en l’air et les mains sur le visage, avec les coudes reposant sur le lit, le décolleté un peu trop mis en avant. Quand elle vit Tristan arriver avec sa chemise sur le dos, elle poussa un grognement réprobateur et le pointa du doigt.

« Hep ! Tu m’enlèves ça de suite ! C’est du gâchis de cacher ton superbe corps qui ne demande qu’à être regardé ! »

Si au départ elle ne faisait que des mimiques boudeuses, cette fois elle avait dit tout haut ce qu’elle pensait. Bah quoi ? Après tout, ils devaient plus parler, ça en faisait parti ! Il s’exécuta avec un sourire avant de la rejoindre, tout en la prenant dans ses bras et la faisant basculer au-dessus de lui, lui offrant ainsi une vue bien alléchante. Elle se mit à rire doucement puis l’observa. Il était vraiment craquant avec son petit regard, d’où s’élevait une tendresse, un amour profond. Elle en profita pour se pencher en avant et caresser son bout du nez du sien avant de poser ses mains sur son visage, le caresser avec douceur, s’attarder sur ses marques dorées encore transparentes.

Elle prenait tout son temps pour observer avec plaisir l’homme qui était sous elle, avant de déposer des petits baisers le long de sa mâchoire et dans son cou, murmurer un « Je t’aime » rempli de conviction à son oreille, caresser doucement son corps et le relief de ses muscles, appréciant chaque partie de son corps comme si elle en avait été séparée depuis trop longtemps. Il n’était pas en reste non plus et caressait doucement la ligne de ses hanches mais restant plutôt sage. La demoiselle le regarda avec un air frustré avant de descendre sa main le long de son épaule, de son bras et s’attarda sur son poignet avant de bidouiller son bracelet et le faire tomber d’un air de défi.

« Tu croyais quand même pas que je serais la seule à devoir museler mes pulsions et mes envies là non ? »

Sourire coquin alors qu’elle le regardait. La demoiselle semblait plutôt tranquille, même si des envies l’agitaient au fin fond d’elle. Voilà un moment qu’elle n’avait pas passé un instant digne de ce nom et comme la pièce était insonorisée, c’était parfait ! Elle se jeta alors sur ses lèvres et l’embrassa avec une passion dévorante. Il était complètement à sa merci et elle en profitait pour faire des petites caresses au niveau de son torse, se collant un peu plus contre lui. Il répondit avec les intérêts, la fit basculer sur le côté tout en l’embrassant avec la même passion avant de s’attarder sur sa gorge, continuant de la caresser très doucement. La demoiselle ferma les yeux et poussa de très légers gémissements de plaisir, s’agrippant à son dos et contractant sa main pour insérer de fines griffures sur la peau du jeune homme. Il ne s’arrêta pas là et ses mains se firent un peu plus baladeuses, passant sous le décolleté alors qu’il s’attarda de nouveau sur ses lèvres, lui laissant à peine le temps de respirer.

Un feu nouveau s’était réveillé dans le cœur de la demoiselle. Elle brûlait d’envie, de désir, de passion et n’avait qu’une envie, c’était de continuer toute la nuit ! Sa peau devenait plus chaude et elle frissonnait en même temps, il l’avait fait basculé sous elle pour mieux se coller et elle ne pouvait que voir justement qu’il avait aussi envie d’elle. Entre deux baisers, elle le suppliait de continuer comme ça, d’une petite voix haletante, descendant également ses mains le long de son corps. Puis elle le retourna sous elle et prit cette fois les devants, se jetant sur son cou en mordillant de ses petites dents sa peau. Il sentait bon et cela la rendait dingue. Il avait ses mains sur elle qui se baladaient à des endroits plus audacieux, elle poussa un gémissement de plaisir. La chaleur montait petit à petit mais ils prenaient leur temps également. Tristan avait l’air de vouloir la rendre dingue, de rendre ce moment imémorable ! C’est qu’il fallait la satisfaire la petite mage après son année d’abstinence ! Même si elle se serait contentée du strict minimum, ce n’était pas dans les intentions du Drakkari.

Et alors qu’il était occupé à déposer de très légers baisers sur tout son corps, la demoiselle se mit à briller d’un coup. Mais contrairement à la dernière fois où cela avait mis du temps à venir, cette fois, c’était instantané et surtout… aveuglant, éclairant toute la pièce bien plus fort que toutes les autres fois. Tristan serait sans doute heureux de voir qu’il lui produit autant d’effet mais…

Elle était occupée à caresser son torse quand sans crier gare, la demoiselle fut prise d’un excès de fatigue, d’une perte d’énergie. Ses muscles se décontractèrent et sa tête retomba sur le torse du beau jeune homme alors qu’elle s’était apparemment endormie sans aucune raison. Voilà qui était surprenant de sa part… Et Tristan devait en être totalement surpris, ne comprenant pas vraiment la situation. Tentative n°3, encore un échec !

De la suite qui se passait, elle n’en sut rien mais au moins, la petite demoiselle pouvait dormir paisiblement et sans se réveiller une seule fois malgré le bruit ou les mouvements de Tristan. La nuit était passée, le jour commençait à se lever… Tout le monde dormait… Tous ? Non…
Quelqu’un se trouvait à l’extérieur de l’auberge et observait les alentours.

Alanir se tenait debout, fixant l’horizon d’un air pensif. Il se trouvait sur un rocher, un peu à l’écart de l’auberge. Mais dans son regard, se trouvait du sérieux pour une fois. Comme si quelque chose d’important allait se produire. Lorsqu’il était entouré de monde, le dragon était pourtant plus impulsif, parfois maladroit, gros râleur. Mais l’atmosphère actuelle était plutôt grave. Le soleil peinait à se lever à travers les nuages, derrière les collines qu’ils avaient abandonnées, il y a quelques heures en arrière. Les températures étaient encore agréables, ce qui ne serait plus le cas une fois qu’ils seraient arrivés sur le territoire Frihold.

Le dragon inspira lentement l’air, fermant les yeux un instant, appréciant la vague de fraîcheur qui caressait son visage. Des bruits de pas derrière lui eurent pour effet de les lui faire ouvrir. Se doutant bien de l’intrus qui venait de le rejoindre, il ne fit cependant aucun mouvement vers lui.

- C’est bien que tu sois venu…

C’était bien Tristan qui était là. Parfois les dragons arrivaient à sentir certaines choses que les simples humains ne pouvaient pas voir. Ils étaient comme une tribu, une famille, même si la hiérarchie prenait le dessus. Et lorsqu’un des leurs était en danger, ou que deux d’entre eux voulaient discuter de choses graves ou sérieuses, alors l’atmosphère se teintait d’une odeur différente, comme un signal, un message. Une invitation à se retrouver.

Croisant alors les bras, Alanir ne se retournait toujours pas, fixant l’horizon, même si ses pensées n’avaient rien à voir avec la beauté de l’aurore.

- Je voulais te prévenir avant d’aller parler à Cassy. Je vais faire une pause.

Heu… Que racontait-il donc là ? Surprenantes paroles.

- Vous avez besoin de temps et d’intimité pour vous reconstruire tous les deux. Je pense que je vous ai bien aidé au moment où vous en aviez besoin mais… je ne suis pas bête. Je vois que vous avez un peu plus de retenue… et j’ai compris aussi que tu t’étais arrangé pour m’envoyer dans une chambre suffisamment éloignée. Je peux te comprendre.

En même temps, même si il ne semblait pas le montrer, ne pas oublier qu’Alanir pouvait facilement voir ce qui se passait à travers les yeux de Cassidy. Même si, bien sûr, il savait quand se retirer.

- Je vais donc reprendre ma place d’esprit et hiberner un peu. Histoire de reprendre des forces. Cette année était très longue, épuisante… et puis je sais que je vous gêne…

Dans ce sens là, il disait clairement qu’il allait s’endormir et ne plus intervenir avant un long moment. Etait-ce une bonne décision ou pas ? Cependant, le dragon était très bavard, certainement parce qu’il voulait s’assurer que Tristan joue correctement son rôle cette fois-ci.

- Mais avant d’y aller… il y a certaines choses que je voulais te dire, en face à face…

Il s’était retourné et semblait un peu plus menaçant, ses yeux étant devenus sévères, ses sourcils froncés alors qu’il dévisageait le beau jeune homme en face de lui.

- Cette fois… prends bien soin d’elle… et peu importe le prochain truc qui se mettra sur votre chemin, ne la laisse jamais s’abandonner au désespoir… jamais ne lui laisse croire que tu t’éloignes d’elle. Car plus que jamais maintenant, elle va avoir besoin de toi…

Sourde et étrange menace, un brin mystérieuse, Alanir ne plaisantait pas et appuyait chacun de ses mots, fixant Tristan. Si il semblait être intimidant, c’était juste pour s’assurer que le jeune homme comprenait bien son message.

- Votre lien… ne doit jamais se briser… jamais. Tu as vu comment était la Cassidy du futur ? Ce n’est rien comparé à ce qu’elle pourrait être maintenant… totalement incontrôlable.

Il décroisa les bras et s’étira comme si de rien n’était. Bien sûr, comment Tristan pouvait s’attendre à ce que ça devienne pire qu’avec leurs doubles ? Mais encore une fois, Alanir semblait avoir la réponse.

- Ce qui s’est passé sur cette île. Je t’en ai montré une partie… Mais ça aurait été bien trop long de tout retracer depuis le début, chaque jour… chaque évènement… Là bas, ils l’ont forcé à déverrouiller une partie de sa magie… même si elle n’était pas bien… même si elle n’y arrivait pas… tu t’en doutes, c’était trop pour elle. Elle était très loin d’être prête et sa magie lui joue des tours. Elle contrôle… à moitié. Il lui est déjà arrivé de provoquer des explosions qui laissaient un cratère si profond et grand sur une partie de l’île que ça pourrait détruire un village… voire une petite ville…

Encore une troublante révélation ! Pourquoi Cassidy n’en avait-elle jamais parlé ? Là encore, Alanir savait quoi dire et ses lèvres s’étirèrent en un sourire légèrement ironique.

- Quand elle craque, ce qui se passe après, elle ne s’en rappelle plus… et généralement elle s’évanouit.

Son regard s’assombrit un peu et il se fit un peu plus triste.

- Il n’y a pas que ça… Ca peut devenir difficile de l’arrêter aussi physiquement… Ysa avait essayé… sans succès.

La curieuse inconnue que Tristan avait vue dans les souvenirs de Cassidy. Mais Alanir ne lui avait rien montré à ce sujet. Cependant, le dragon semblait particulièrement sensible et après tout ces évènements, il avait bien du mal à se rappeler ce qu’il avait montré exactement.

- Ysa était une dragonne… mais pas une de ces dragonnes comme la ptite morveuse qui s’est pointée. C’était une dragonne… bizarre… qui avait la même odeur que toi… la même énergie que toi. Mais plus expérimentée. Un pouvoir qui dépasse de loin les autres de sa catégorie. Elle aurait pu être une dominante… LA dominante. Mais elle ne semblait pas s’intéresser à ce statut. J’ignore ce qui l’a poussé à entraîner Cassy à ce point… La seule chose dont je suis sûr, c’est que pendant leur dernier affrontement, il n’a fallu que quelques enchaînements à Cassidy pour la mettre à terre… comme pour l’autre…

En gros, Alanir était en train de raconter que Cassidy était une horrible tueuse qui avait des pertes de mémoire. Un véritable monstre… Est-ce que Tristan supporterait cette nouvelle révélation ? Allait-il en parler à la petite mage ? Renoncer ? Difficile à dire… Mais Alanir voulait être franc. Après tout, Cassidy avait accepté Tristan, malgré tout ce qui s’était passé. Mais voilà qui expliquait encore quelques petits détails. Cassidy avait beaucoup changé, elle était bien plus impulsive, allait au devant du danger, gardait des réflexes qui l’avaient maintenus si longtemps sur cette île… La pauvre aussi ne s’en rendait pas tellement compte, puisqu’elle n’avait pas changé du jour au lendemain. Et ce que Tristan aimait chez elle, ce côté fragile, vulnérable, tenait moins de place à présent. Cependant, le dragon tentait de faire comprendre que la petite mage n’était pas si invincible que ce qu’elle montrait devant tout le monde.

- Je l’ai protégé durant tout ce temps… Je suis un esprit, il n’est pas si aisé de me tuer… En fait la seule manière de me tuer c’est de la détruire elle. Ou un sacrifice.

Il passa lentement une main dans ses cheveux, cligna des yeux et soupira un instant, avant de fixer à nouveau Tristan. Il était en train de lui raconter tout ça alors que la nuit passé, ils étaient restés sur leur faim. Enfin surtout lui parce que elle, elle dormait encore… Une magie instable… C’était fort étonnant alors qu’elle s’était entraînée… elle ne semblait pas aller si mal que ça. Est-ce que le fait d’avoir forcé la petite mage à activer sa magie avait eu des conséquences graves ? Cela pourrait expliquer le fait que sa lumière quand elle est prise dans des moments intenses joue au yoyo… C’était une hypothèse… Pas vraiment très encourageante, mais Alanir ne pouvait pas le savoir. Finalement, ce que Tristan pensait, qu’elle n’avait pas besoin de lui, était faux et cela se voyait bien. Le moindre faux pas de la petite mage pouvait avoir des répercussions, des conséquences…

- Voilà… Maintenant je te la confie…

Ils échangèrent encore quelques paroles. Tristan ne pouvait très certainement pas rester muet face à cette révélation et Alanir était encore enclin à répondre à ses interrogations. Le dragon voulait s’assurer que tout se passe bien malgré les difficultés.

Puis, ils finirent par rentrer à l’auberge.
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Vocation: Mage

MessageSujet: Re: Comment se retrouver pour mieux s'aimer...   Mer 8 Avr - 13:50

Cassidy était encore en train de dormir. Elle n’avait même pas entendu Tristan sortir ni rentrer alors qu’il se glissait sous les couvertures. A croire qu’elle avait été trèèèès fatiguée de sa nuit. Elle se réveilla cependant en ouvrant les yeux, baillant en laissant apercevoir ses canines pointues. Apercevant Tristan, elle s’enroula autour de lui comme un petit chat en faisant des bruits adorables. Comment peut-on en vouloir à ce joli petit minois ? Comment peut-on penser une seule seconde qu’elle est capable de devenir une véritable tueuse sans la moindre pitié ? Difficile à dire…

« Salut bel homme… »

Elle ignorait totalement ce qui s’était dit entre lui et Alanir, ignorait aussi que le dragon avait prit une grosse décision. Mais Tristan ne semblait pas décidé à lui dire, laissant le dragon se charger de ça. Ils restèrent un moment dans le lit d’ailleurs, Cassidy n’ayant pas envie de bouger. Elle réclamait des massages et semblait sur son petit nuage. En train de caresser doucement la ligne des abdos de son bel homme, elle redressa soudain la tête, semblant se rappeler de la nuit. Ce moment intense… vraiment intense… elle avait brillé et… trou noir. Regardant Tristan avec hésitation, elle ne savait pas quoi dire. C’était si… heu il l’avait ? non impossible…

« Hum Tris’… hier il s’est passé quoi en fait ? On a… ou… »

Il l’éclaira rapidement et elle semblait en proie à la panique.

« Heiiiiiiin ? Comment ça se fait ?!? J’ai jamais… Enfin je… »

Elle bredouillait tout en se redressant, la tête basse. Son regard indiquait clairement qu’elle avait encore de la peine à comprendre ce qui lui arrivait. Après tout, ils n’avaient rien fait ensemble mis à part quand elle était encore sous l’effet du sort… et tout était flou dans sa tête ! Pour une mage, elle avait du mal à trouver la raison, alors que cette hypothèse était juste là, sous son nez ! Tristan qui voyait qu’elle culpabilisait vraiment, lui parla d’un air rassurant. Il y aurait encore de nombreuses opportunités, son corps n’avait peut être plus l’habitude… Elle l’écouta et décida de chasser de sa tête cette aventure. Après tout, c’était pas si mal que ça. Il fallait garder le positif !

Ils finirent par sortir et Alanir appela la petite mage pour lui parler en privé. Lorsque Cassidy revint, elle semblait un peu triste et expliqua d’une voix morne, sans se douter que Tristan était déjà au courant, qu’Alanir avait envie de faire une pause. Cependant le jeune homme la consola, lui promettant de bien s’occuper d’elle et cela l’apaisa un peu. Il lui promit même un gâteau au chocolat à la prochaine taverne et sortit quelques phrases pour la faire rire, ce qui marchait plutôt bien. Il lui rappela aussi qu’ils avaient prévus de visiter cette jolie ville et peut être prendre quelques affaires supplémentaires ici.

Cassidy se dérida assez rapidement. Elle était cependant sortie avec son foulard bleu. Si Tristan disait qu’elle était très bien sans, la petite mage répliquait qu’elle avait juste envie de passer un peu de bon temps, sans qu’on dévisage ses oreilles, et sans devoir faire d’efforts pour expliquer le pourquoi du comment. Il respecta donc cette décision.

La petite ville était légèrement en pente, comme si elle avait été construite sur des collines. Les rues étaient cependant propres et bien aérées, laissant entrer le soleil. Les routes avaient été déblayées de la neige et c’était une sorte de dallage qui donnait un charme original à cette ville. Il y avait beaucoup d’animation dans les rues, les gens semblaient heureux, beaucoup de fleurs, tenant certainement par magie, étaient accrochées aux maisons ou des allées de parterres de fleurs, qui coupaient les rues en deux parties. Tenant étroitement le bras de Tristan, ils flânaient le long des ruelles, s’arrêtant à quelques stands qui étaient sortis. Cassidy regardait en alentour quand elle s’arrêta soudain, le nez en l’air, humant la bonne odeur qui lui parvenait, une odeur de gaufres. Tristan était occupé à regarder un stand d’accessoires et vêtements quand la petite mage fila, attirée et salivant d’avance. Tellement absorbée qu’elle ne vit pas la petite butte d’un des parterres de fleurs, se cognant dedans, elle s’étala de tout son long au milieu des fleurs, sous l’œil surpris des passants. Qui avait parlé d’une maladresse envolée ? Pas sûr…

Tristan la rejoignit, s’assurant qu’elle n’avait rien et l’aida à se redresser.

Elle souriait d’un air gêné, toute emballée de parfums différents maintenant, sa robe étant un peu salie et quelques minuscules pétales rouges s’étaient envolées dans ses cheveux blonds, ce qui lui donnait vraiment un air de fille qui tombait du ciel. Cependant, elle l’attira par la main et l’invita à la suivre alors qu’elle se dirigeait vers le stand de nourriture. Un marchand était occupé à faire chauffer des gaufres et Cassidy les regardaient avec gourmandise. Tristan lui en commanda une, sous le regard ravi de sa compagne. Alors que le marchand étalait une couche de chocolat dessus, la demoiselle suivait le mouvement des yeux puis se tourna vers Tristan, un air un peu… intéressé sur le visage.

« Tiens je prendrais bien un pot de chocolat… ça me donne des idées »

Il pensait peut être tout innocemment à ce qu’elle souhaite faire des crêpes ou gaufres elle-même. Elle se mit à rire puis le força à se pencher en avant pour lui murmurer son idée.

« Nan tu sais… Le chocolat je peux l’étaler ici aussi… »

Elle fit remonter sa main le long du torse de Tristan. Oulaaaaaaa ! Ca commençait à devenir osé là ! Il n’aurait jamais imaginé qu’elle ait une telle idée… C’est peut être le parfum des fleurs qui lui a fait tourné la tête ! C’est ça oui !

Ils continuèrent leur trajet et elle mangea sa gaufre avec un appétit et un plaisir certain, se mettant du chocolat plein le contour des lèvres, ce qui lui donnait vraiment l’allure d’une gamine et non pas d’une jeune femme. En même temps, Cassidy était gourmande, on ne pouvait décemment pas lui en vouloir !

Passant devant un stand d’autres accessoires, la demoiselle s’arrêta vers les foulards. Il y en avait un qui lui plaisait particulièrement, de couleur mauve avec des petits trucs brillants dedans. Le souci, c’est qu’ils ne devaient pas dépenser des masses. Pour le moment seul Tristan utilisait sa paie de chevalier mais la petite mage n’avait plus un rond sur elle… en même temps, elle ne pouvait pas s’en servir sur l’île ! Ils continuèrent alors leur chemin.

Il y avait aussi des animations de rue, de la musique… c’était agréable. Ils allèrent manger dans un petit bar original, en extérieur, où tout le mobilier était sculpté dans la glace. Chaises, tables, décoration… Sauf la jolie rose rouge qui trônait dans un vase de leur petite table où ils étaient en train de déjeuner, n’ayant rien pris à l’auberge le matin.

Après le repas, ils continuèrent leur trajet et Cassidy prenait un malin plaisir à embêter son homme, l’entraînant parfois dans une petite ruelle sombre quand elle en voyait une et, après avoir vérifié qu’il n’y avait personne, le plaquait contre un mur pour l’embrasser comme il se devait ! Un peu de frisson, un peu d’excitation… à croire qu’elle était vraiment en manque malgré ce qui s’était passé pendant la nuit !

Cependant, ils devaient penser à reprendre leur chemin pour pouvoir avancer justement. C’est donc après avoir fait quelques achats raisonnables qu’ils reprirent leur route. Alanir n’étant plus là, les deux amoureux avaient bien plus d’occasions pour se taquiner, se parler et les occasions ne manquaient pas ! Bien qu’il fallait continuer à avancer comme le faisait remarquer Tristan, sinon ils arriveront dans un mois à destination.

Ils s’arrêtèrent dans une petite taverne pour midi. Cassidy était affamée et avait commandé une assiette bien remplie de viande, légumes, accompagnement. Elle semblait s’être plutôt bien remise du « départ » d’Alanir et voulait surtout changer de sujet, se projetant surtout sur le futur proche.

« Bon… j’espère qu’on aura pas trop de difficulté à trouver une petite maison pour nous dans ce village sinon il faudra changer d’endroit… »

Avalant une bouchée de viande tout en mâchonnant, pensive, Tristan semblait l’écouter et il la retrouvait si investie et sérieuse comme d’habitude alors qu’elle avait un coude négligemment posé sur la table, la tête dans sa main alors qu’elle faisait des petits mouvements avec la fourchette.

« A ce propos, je pense qu’on a pas assez d’argent pour assurer nos dépenses quotidiennes. Je m’étais dis qu’on devrait aider un peu, proposer nos services… avec nos compétences je pense que ça ne devrait pas être trop dur… »

Il semblait plutôt d’accord même si cela signifiait, pour lui, aller se cacher derrière des buissons pendant la pause pour aller cueillir des baies glacées. Elle se mit à rire malicieusement avant de le regarder d’un air très intéressé.

« Pas mauvaise cette idée… Faudra bien se… réchauffer de toute manière »

Soudain, le regard de la petite mage avait changé, de joie elle était passé à une expression un peu plus en colère alors que son regard se tournait vers un homme, adossé contre un mur, une chope de bière à la main, et qui la fixait d’un air rempli de sous entendus. Cassidy avait aussitôt sorti les crocs et était prête à se lever pour battre ce malotru qui avait les idées mal placées ! Mais Tristan, semblait avoir senti, ou remarquer le changement d’état de la petite mage car il avait posé une main sur la sienne qui était bien serrée sur la table, d’un air rassurant, ce qui la coupa directement dans son élan. Déjà il se levait en allant voir l’homme. Après une discussion, ce dernier sortit de la taverne, non pas sans avoir jeté un regard furieux aux alentours.

Cassidy ouvrit lentement la bouche alors que Tristan revenait, comme si de rien n’était. En effet, si elle se sentait plus en confiance à la Cité, Maud veillant au grain, ce n’était pas le cas à l’extérieur. Tristan souriait et se permit même une petite phrase pour détendre l’atmosphère, alors qu’elle avait du mal à se remettre dans le contexte. Il en profita pour lui fourrer une fraise dans la bouche, déclarant qu’elle était bien plus adorable quand elle tirait cette tête que quand elle était énervée. La petite mage se mit à rougir. Finalement, il lui faisait bien de l’effet ce Drakkari… et il arrivait à la calmer, c’était plutôt bien.

Ils continuèrent leur long voyage en direction de leur nouvel habitat temporaire.

Parfois ils faisaient des pauses et la jeune femme insistait pour qu’ils en profitent afin d’améliorer leur lien et la méditation entre eux. Se trouvant face à face, assis en tailleur, les mains tenues, ils essayaient de se remettre en contact, d’arriver à se ressentir comme ils le faisaient avant. Cassidy encourageait beaucoup Tristan et quand elle sentait qu’ils progressaient, et que la séance était terminée, la petite mage se jetait sur lui, le faisant basculer en arrière, joyeuse et l’embrassant en lui disant qu’il méritait bien une récompense…

Alors qu’ils rangeaient leurs affaires et éteignaient le feu de camp une énième fois, Cassidy était vraiment contente.

« C’est vraiment bien ! On progresse vite. Bientôt je vais pouvoir suffisamment te ressentir pour pouvoir t’aider avec ton pouvoir. »

Elle était vraiment enthousiaste à cette idée et semblait heureuse de voir que ça s’arrangeait.
A un autre de leurs arrêts, la petite mage avait fait une étonnante requête à Tristan. Ils étaient encore en train de méditer, elle se sentait bien, et prête à aller plus loin. Rouvrant doucement les yeux, elle tapota doucement sur la main à Tristan, le temps qu’il les rouvre aussi.

« Et si tu essayais de te transformer en dragon là ? J’ai bien envie d’aller faire une petite balade dans les airs… »

Malicieuse, elle souriait, ne semblait pas énervée, ni dégoûtée. Non, seulement le vol lui manquait et elle avait envie de faire un grand pas en avant. Après tout, ça ne pouvait pas mal se passer non ? Il avait obéi, mais non sans pas quelque crainte ou… peut être un mauvais pressentiment. Le jeune homme s’était placé en face d’elle, avait pris sa selle et s’était transformé.

Cependant, à la vision du dragon, les images remontèrent dans l’esprit de la petite mage, les actions d’Ikaël, tout ce qui touchait au dragon et qu’elle n’aimait vraiment pas ressurgissait. Elle était figée sur place et tentait de contrôler tant bien que mal son corps. Tristan semblait vouloir lui dire de reprendre sa forme mais elle secouait la tête en faisant un sourire un peu forcé, voulant être plus déterminée que jamais.

*Allez ma grande ! C’est Tris’… Pas Ikaël… Alors t’arrêtes de penser à tout ça, c’est passé maintenant… donc un pas en avant… un pas en avant… T’es forte hein… Tris’ te ferait jamais de mal… jamais… il est pas comme lui…*

Elle inspirait profondément, tentait de vaincre ce souvenir traumatisant pour elle. Rouvrant les yeux, elle tendit une main en avant vers Tristan, dans un geste pacifique. Mais tout à coup, sa main prit une lueur dorée qui se mit à grandir, et se projeta telle une balle droit sur Tristan. Le projectile était trop rapide et grandissait à vue d’œil, cela se passa en une fraction de seconde alors que Tristan fut percuté de plein fouet, prenant une sacré baffe en pleine face. Personne ne s’y attendait… Du moins… trop tard. Et lorsque ce fut le cas, Cassidy se rua vers Tristan en l’appelant en un hurlement déchirant. Il était allongé sur le sol, les yeux fermés et sacrément sonné, c’est du moins, ce qu’il laissait croire.

Elle se jeta à côté de lui, voulut le prendre dans ses bras, avant de se rappeler ce qu’elle avait fait, ne sachant plus où les poser, ayant peur de lui faire à nouveau du mal, les larmes aux yeux, apparemment choquée par ce qu’elle venait de faire à son fiancé. Elle s’éloigna un peu de lui, fit apparaître un peu précipitamment deux bracelets argentés qu’elle accrocha autour de ses poignets, avant de revenir près de lui et cette fois le prendre dans ses bras.

« Tris’… Triiiiiiiis’ ! Pardon… Pardon ! Je... je voulais pas ! C’est... pa...parti tout seul ! Je t’assure, je voulais pas te faire de mal… pardon… c’est pas… je sais pas… que… »

Elle caressait doucement son visage, les larmes dégoulinant le long de ses joues. Comment pouvait-on croire une seule seconde qu’elle l’ait fait exprès ? La petite mage était mal à l’aise, culpabilisant d’avoir fait ça, ayant peur de ce qu’il pouvait penser maintenant. Mais le jeune homme, contre toute attente, s’était un peu redressé, tout en appuyant une de ses mains sur la nuque à la demoiselle et l’avait pressé contre elle pour déposer un baiser renversant contre ses lèvres. Elle cligna des yeux alors qu’il s’éloignait un peu, ses larmes s’arrêtant de couler alors qu’il faisait un sourire, et se permit même une phrase pour détendre l’atmosphère.

Cela la fit sourire timidement alors qu’elle s’apaisait peu à peu. Et soudain, elle s’affala contre lui, épuisée. Heureusement, Tristan comprit, peut être un peu tristement, qu’elle avait mis autour de ses poignets des bracelets tellement puissants qu’ils lui avaient pompés une bonne partie de son énergie trop rapidement. Il se contenta de lui enlever alors que ceux-ci disparurent en une pluie d’étincelles. Restant à son chevet, il attendit qu’elle se réveille, alors qu’elle semblait tout à fait déconfite.

Il la rassura, ne semblait pas lui en vouloir et ses paroles réconfortèrent un peu la petite mage. Toujours un peu intimidée, elle se redressa cependant.

« Si tu le dis… au moins on est prévenu maintenant… mais on ne va pas s’arrêter là non plus… je vais finir par y arriver… »

Certes, ce malheureux évènement d’Ikaël avait fait beaucoup de dégâts et, le choc passé, Cassidy ne semblait pas vouloir lâcher l’affaire, même si cela l’avait pas mal atteinte mentalement.
Le reste de leur voyage, ils se contentèrent de méditer, encore et encore, pour renforcer leur lien, avant de tenter autre chose. La petite mage avait retrouvé ses couleurs et paraissait déjà plus enjouée, malgré ce qui s’était passé. Elle semblait vraiment vouloir oublier ce mauvais moment.

Sur leur chemin, elle lui montrait la beauté de cascades de glaces, des grands sapins couverts de neige, s’extasiant sur certains roches qui avaient de couleurs de diamants et brillaient de mille feux. Tristan aussi, voulait faire en sorte que ça se passe bien. Il l’avait réveillé très tôt un matin sans qu’elle fasse de bruit, alors qu’ils avaient monté une tente au milieu (les auberges se faisant plus rares) d’une clairière et lui demandant de la suivre et la conduisit un peu plus loin. Une famille de renards blancs se trouvait juste derrière un gros rocher et les petits jouaient entre eux sous l’œil de leurs parents. Cela tira un sourire sur le visage de Cassidy.

La petite mage tenait aussi à se faire pardonner, c’est pourquoi elle insistait pour masser Tristan chaque soir de la fin de leur voyage, déclarant qu’il devait encore être courbaturé et qu’il avait bien besoin d’être dorloté un peu. Cela se terminait généralement en séances de câlins.
Enfin, ils arrivèrent à destination. La petite mage consultait sa carte alors qu’il franchissait l’entrée d’un petit village coquet, mais aux maisons suffisamment imposantes pour garantir la chaleur du froid. Elle souriait.

« Ca y est ! On est arrivés ! »

La première chose qu’ils firent, c’est de se renseigner pour savoir où se trouvait le chef du village. Ce dernier, un homme d’un certain âge bourru et imposant mais qui semblait avoir conservé toute sa fougue, les accueillit dans sa maison en compagnie de sa femme, les invitant pour un repas.

- C’est bien rare qu’on croise des nouveaux par ici ! Qu’est-ce qui vous amène ? Vous n’êtes pas vraiment des Friholdiens.

En effet, Cassidy n’avait pas la carrure des femmes de ce royaume et Tristan… ses cheveux parlaient pour lui. La jeune femme finit de boire son verre d’eau. Inutile de dire que Tristan était au service des Cheistams, ça ne le ferait vraiment pas sur ce territoire qui tente de garder son indépendance. Inutile d’envenimer les discussions diplomatiques.

« Nous sommes juste deux voyageurs en quête d’un endroit tranquille pour passer quelques temps loin de l’agitation. En fait, nous avions surtout envie de faire une pause dans nos travaux… juste être dans un petit village tranquille… pour rester dans l’anonymat »

L’homme les dévisagea et marqua un long silence avant de se resservir de viande.

- Vous n’avez pas des mauvaises têtes, ça me va !

Cassidy esquissa un sourire.

« Merci beaucoup de nous accueillir ! Avez-vous une maison de libre pour nous ? »

Le regard de l’homme se fit un peu plus désolé et pensif.

- Hum… Nous n’accueillons pas souvent de visiteurs donc pas de maison de disponible… En revanche il y a un vieux chalet, plutôt grand mais à 5 voire 10 minutes d’ici. Le seul souci c’est que personne ne l’a habité depuis des années et il tombe en ruines. A vous de voir si vous avez le courage de tout retaper…

Cassidy s’était tournée vers Tristan d’un air suppliant. Ce fut lui qui répondit par l’affirmative, ce qui emplit de joie la petite mage.

Ils prirent congé pour retrouver leur « nouveau » chez eux. Le chef n’avait pas menti. L’habitat semblait plutôt grand, il y avait un étage. Seulement, le toit avait des trous par endroits, les vitres étaient brisées… on pouvait se demander qui avait habité ici la dernière fois ! Mais cela ne semblait pas faire peur à Tristan, qui voyait là une bonne raison de jouer de ses muscles et faire son travail d’homme.

Alors qu’il examinait d’un œil expert les lieux, la petite mage se pressa contre lui avant de se diriger, curieuse, vers sa nouvelle demeure, montant les quelques marches en bois avant de se faire rattraper par Tristan, un bruit de bois craqué se faisant entendre. Elle avait beau être légère mais il lui rappela que cette bâtisse n’était pas sécurisée et qu’il fallait faire attention.

« Hum… dans ce cas, je retourne en ville pour me renseigner et chercher du travail… Faut bien qu’on trouve de quoi rénover ce truc le temps que tu inspectes tout ça… »

Elle s’enroula autour de son cou et déposa un baiser sur ses lèvres avant de s’écarter de lui avec un sourire et de partir en direction de la ville.

Depuis son arrivée, Cassidy n’avait pas enlevé son bandeau de ses oreilles. Même si Tristan la trouvait très jolie, elle n’avait pas envie d’attirer l’attention, surtout dans ce royaume où les gens étaient plutôt méfiants avec les étrangers. Elle arriva à la taverne du coin, vêtue d’une cape de voyage et de son bandeau bleu dans les cheveux.

Contrairement à ce qu’elle pensait, la taverne était plutôt bien animée et des personnes d’âges différents étaient représentées. Des vieux, des jeunes, des femmes… Ils regardèrent la petite mage un instant avant de retourner à leurs discussions.

Cassidy s’approcha du comptoir pour discuter avec le tavernier, d’une voix enjouée et pleine de bonne volonté.

« Bonjour ! Je viens d’arriver en ville. Vous pouvez me renseigner s’il vous plaît ? Je cherche du travail… »

Un ricanement venant d’une table proche se fit entendre alors qu’une voix s’élevait.

- Cette petite fille ? Chercher du travail ? Mais elle se croit où ? C’est pas pour les enfants ici

La jeune femme se renfrogna et manqua de se retourner pour aller frapper ce moqueur alors que d’autres ricanements s’élevèrent à la table. Apparemment c’était un petit groupe. Elle inspira profondément.

*Calme toi Cassy… Cherche pas les ennuis maintenant, devant tout le monde, ou on pourra dire adieu à notre chalet…*

Elle se contenta de sourire bêtement en regardant le tavernier qui haussa les épaules.

- Faites pas attention à eux…

Il semblait un peu plus cordial et prit un parchemin pour lui noter une liste de personnes qui avaient besoin d’aide et lui indiqua également que certains boulots étaient affichés à la taverne ainsi que sur la place centrale du village. Elle le remercia avant de sortir de la taverne, non pas sans être un peu contrariée.

Retournant près de Tristan, elle le trouva affairé à dégager des planches en bois. Se faufilant derrière lui, alors qu’il était accroupi, elle posa ses mains fraîches sur ses yeux et murmura près de son oreille.

« Si tu devines qui je suis, tu auras droit à une récompense… »

Il s’arrêta dans son élan et sortit une fausse réponse. Elle grogna et plongea dans sa nuque pour lui mordiller la peau de ses petites canines. Il fit une autre réponse fausse et elle se vengea en le chatouillant. Il se retourna, sur le dos dans la neige et elle tomba dans ses bras, murmurant alors la vraie réponse. Elle secoua la tête en tirant la langue d’un air malicieux.

« Nan mais tu le fais exprès ! Puisque c’est comme ça pas de récompense ! »

Mais il savait comment s’y prendre car il l’attira vers lui pour l’embrasser. Elle résista un peu mais finit par se laisser faire. Se redressant, les joues rouges, elle regarda le chalet.

« Ca va ? Tu t’en sors ? »

Tristan la regardait étrangement. Car la petite mage n’avait pas oublié les vilaines paroles de l’auberge et même si elle ne disait rien, elle semblait contrariée. A force de méditer, leur lien s’était un peu renforcé et il arrivait à ressentir un peu ses impressions. Si bien qu’il lui demanda ce qui n’allait pas. Elle se tourna vers lui et là son visage changea alors qu’elle fouettait le vide d’un air pressant.

« Oh rien ! Juste un idiot qui s’est fichu de moi à la taverne quand j’ai proposé mes services… Y avait trop de monde, j’ai pas pu lui en coller une… »

Il la connaissait plus vive d’habitude. Mais Cassidy voulait apparemment bien faire et prenait sur elle.

« Ne t’en fais pas Tris’… Je sais pas comment il était et je vais sûrement pas le revoir… alors pas la peine qu’on se gâche nos vacances pour ce genre de petit détail… »

Elle se serra contre lui avant de s’écarter vivement et le regarder, enthousiaste.

« Eh au fait ! Tu as deviné tout seul non ? Tu l’as ressenti… par notre lien ? »

Il donna une réponse qui semblait la satisfaire.

« Boooooooon ! Je propose de commencer les travaux par du réconfort après ce long trajet ! Il me semble avoir vu des sources chaudes pas loin d’ici sur la carte, en pleine nature. J’ai bien envie de me détendre un coup ! »

Il se mit à sourire et répliqua.

Déjà elle l’entraînait par la main vers l’endroit.

« Le dernier à l’eau aura un gage ! »

Elle souriait, riait en courant. Il la rejoignit rapidement aux sources. C’était un joli petit endroit, entouré de sapins et d’arbres suffisamment longs et larges pour dérober des regards indiscrets. Il y avait même deux bassins, l’un contre l’autre, plutôt grands. Très rapidement, elle s’était déshabillée et s’était glissée dans l’eau.

C’est triomphante qu’elle le regarda arriver, alors qu’il mettait un peu plus de temps, hésitant à garder son boxer ou pas. Mais vu la tête qu’elle tirait quand il faisait mine de garder son boxer, il finit par l’enlever et vint la rejoindre dans l’eau alors qu’elle le regardait.

« Massaaaaaaaaaaaaage ! »

Eh bien… le cri venait du coeur. Déjà elle se mettait dos à lui en fermant les yeux pour profiter du moment. Il s’exécuta sans problème alors qu’elle ronronnait de plaisir, poussant même quelques gémissements de bien être. Alors qu’il la massait, il devait bien se rendre compte à l’évidence. Comme lui ses marques dorées revenaient sur son corps, les cicatrices de la petite mage disparaissaient depuis le début de leur voyage. Elle s’était suffisamment déshabillée devant lui pour qu’il le remarque. Ses marques autrefois rougies étaient plus blanches, transparentes et même cette grosse marque orangée sur son ventre commençait à se fondre dans sa peau. Seule la cicatrice à son œil persistait, même si elle était moins marquée qu’avant. Il pouvait le sentir quand il passait ses mains sur son ventre, ses bras et dans son dos. Sa peau avait retrouvé une certaine douceur.

Elle se sentait bien contre lui, dans ce petit endroit de la nature. Mais comme à chaque fois, les idées de la petite mage dérapait et elle avait envie d’aller plus loin… Elle rouvrit lentement les yeux et se tourna vers lui, déclarant que c’était à son tour de le masser. Sauf que lorsqu’elle posa ses mains sur lui, le massage avait quelque chose d’un peu trop sensuel. Elle avait lu ça dans un des livres de Maud, le genre de massage qui fait basculer sur d’autres activités un peu plus prenantes.

Ses mains parcouraient son corps, descendaient un peu plus que de raison. Elle le sentait frissonner contre elle. Il était assis sur une dalle plus enfoncée dans l’eau et elle sur celle de dessus. Déposant de légers baisers dans sa nuque alors qu’elle continuait ce petit massage, pas si anodin que ça…
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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: Comment se retrouver pour mieux s'aimer...   Dim 19 Avr - 9:27

Respiration… Douce, calme, fragile…
Elle dormait toujours… si paisible… Si douce oui.
Au début, il avait cru qu’elle le taquinait, petite vengeance, petite souffrance pour l’ennuyer, pour l’embêter, pour le pousser dans ses retranchements aussi peut-être.
Il avait entendu sa plainte si peu de temps auparavant, une plainte si surprenante. Cette petite demoiselle si spéciale, si… anormale. Elle craignait tant pour eux deux, probablement bien plus qu’avant. Parce que eux deux ça avait changé, beaucoup, ça n’arrêtait pas… Elle avait peur… Il la comprenait après tout lui aussi, qui n’osait plus qu’à peine la toucher, souffrant autant qu’elle du souvenir d’Ikael. Mais oui, elle avait peur et il savait pourquoi, il avait la même. Ils s’étaient toujours réconciliés par de tendres et passionnées étreintes non ? C’était leur manière de se rassurer, de savoir que ça durerait toujours car dans ces moments-là, cette alchimie, magique, dissipait tous leurs doutes. Mais même ça ils n’y avaient plus accès… Pourtant il en crevait d’envie, elle aussi. Chacun manquait du corps de l’autre, de cette passion dévorante sans limite. Les limites, elles, s’étaient installées entre eux, sinueuses et effrayantes. Oui, elle craignait tant pour eux deux.

Grâce ou à cause de l’Ombre, cette créature étrange, il avait appris, et elle aussi par la même occasion qu’ils n’étaient pas normaux tous les deux. Enfin ça ils le savaient déjà, ils savaient qu’ils échappaient au commun des mortels, à ces normes extravagantes. Ils le savaient.

Lui, à la base drakkari était déjà peu commun, le voilà qui avait du sang dragon, que celui-ci primait sur tout le reste et le poussait vers un avenir de dragon et uniquement de dragon parce que la génétique allait au delà de tout, qu’avoir été élevé par des humains, qu’être né d’une humaine ne changeait au final rien du tout. Il n’était pas certain que ceci elle l’ait bien compris. Non, probablement pas. Ou alors elle ne voulait pas le comprendre. Mais il ne voulait pas réaborder le sujet avec elle, il ne voulait pas revenir sur ce qui lui faisait si mal et si peur, pauvre petite demoiselle qui craignait déjà bien assez à tout moment de le perdre. Il avait compris les nombreux sous-entendus, il n’était pas censé demeurer si « humain », il l’avait bien compris lui et connaissait également, par coeur, la raison de ce qui le maintenait dans une conscience appréciable, suffisante, ce qui faisait qu’il n’avait pas tant que ça changé dans le fond… La raison, oui cette raison il la connaissait par coeur, ses traits, ses mimiques, les inflexions de sa voix qu’elle ne contrôlait absolument pas en fonction de ses émotions. Cassidy. Ca serait toujours elle, non ? Son monde entier ne tournait qu’autour d’elle… Ce n’était pas sans raison qu’il s’était petit-à-petit égaré, petit-à-petit effarouché, avait changé quand elle avait disparu, douze jours pour lui, douze terriblement longs mois pour elle. Il était ça… cette créature bizarre tellement amoureuse. Et elle… ils ignoraient jusqu’à ce qu’elle pouvait être justement. Quelle créature ? Ses oreilles légèrement plus effilées que celles des humains, les petits canines affûtées de sa mâchoire qui rivalisaient presque avec les siennes ne s’expliquaient pas… Et il n’y avait pas que ça. Qu’elle ait changé physiquement faisait réfléchir son compagnon qui l’avait toujours trouvé particulièrement sensible. Il se souvenait sans mal des frissons que provoquaient sur sa peau la caresse de la sienne. Certes une certaine alchimie existait entre eux, il n’en avait jamais douté mais pas que… elle lui avait déjà prouvé qu’elle ressentait des choses que d’autres ne percevaient pas. Instinct peut-être ? Difficile à dire. Ses sens lui avaient toujours paru plus accrus que ceux des humains standards, malgré sa maladresse. Peut-être l’idéalisait-il par amour mais il en doutait tout de même un peu. Elle n’était pas qu’humaine, ça c’était certain… Et que dire de sa magie ? Que dire de tout son être ? Elle était étrange, probablement bien plus que lui. Mais l’inconnu ne l’effrayait pas. Si ça avait été quelqu’un d’autre, peut-être l’aurait-il été. Mais elle était probablement sa seule certitude, la seule qu’il aurait à jamais…

Alors oui, il était anormal, elle aussi, mais il y avait quelque chose de plus anormal encore: leur amour. Cet amour inconcevable, ce drôle de lien qui n’aurait pas dû être là et que même les dieux ne comprenaient pas, que trop de gens cherchaient à briser sans leur en expliquer évidemment la raison. Après tout, le bourreau ne donnait que peu à sa victime les raisons de sa torture et de son exécution, non ?

Ca avait changé ce lien justement… Il avait changé, en mal, à cause de tout ce qui leur était arrivé.  Il était devenu si faible, si fragile… Parce que eux deux c’était fragile, comme un amour naissant, plein de risques et de doutes. Et ça se ressentait dans chacun de leurs gestes. L’amour lui était là, oui toujours là mais d’un moment à l’autre ils pouvaient se perdre, presque même, sans raison. Alors oui, il y avait de quoi être effrayés. Toutes ces histoires les avaient atteints encore plus qu’ils ne l’avaient imaginé finalement.
Il avait senti sa peur, il avait entendu ses doutes. Enfin… Senti… Il n’avait rien senti du tout justement et c’était ça le plus grave, le plus triste. Il ne sentait plus rien d’elle, plus rien n’était assez fort, plus rien ne l’atteignait. Un lien fragile donc, qu’ils pouvaient perdre, un lien aussi blessé qu’eux deux qui avaient tant besoin de se reconstruire.

Elle dormait toujours entre ses bras et il l’entendit articuler tout bas son surnom, enfouissant un peu plus sa tête contre son torse brûlant. Ils avaient préparé leurs affaires après cette nuit bien plus sage que ce que la demoiselle avait initialement prévu. Ils avaient mis un peu plus de temps que prévu à rassembler leurs affaires mais y étaient parvenus dans les temps. L’incident de la selle ne provoqua que peu de chose chez le jeune homme qui se contenta d’un sourire amusé à la pointe de la jalousie de la petite demoiselle à propos des enchantements. Il avait reposé la selle, s’était approché d’elle et emparé tendrement de ses lèvres.

- Je vous rappelle douce dame que cette selle était à l’origine une surprise pour vous, nous n’étions plus ensemble à l’époque, et qu’il aurait été bien mal venu de vous faire préparer votre propre cadeau. J’ai donc dû me contenter d’un ersatz de talent qui s’est manifesté sous la forme de plusieurs mages là où une seule et même petite princesse tellement douée aurait suffi. 



Petite crise enfantine totalement désamorcée chez la demoiselle qui piquait un magnifique fard et en même temps avait les yeux brillants de fierté. Elle aimait bien quand il lui faisait des compliments, même si elle n’en réclamait jamais et il le savait très bien.  
Et puis… il y avait aussi le léger rappel, bien plus douloureux mais réaliste de leur énième séparation… Cette séparation qui avait duré certes moins longtemps que l’année qu’elle avait perdue mais qui avait été également peuplée de douleurs. En effet, elle le croyait mort à cette époque…
Il avait doucement caressé sa nuque avant de s’éloigner pour continuer de préparer leurs affaires mais le sourire amusé qui flottait sur ses lèvres prouvait bien sa petite fierté d’avoir réussi à la faire rougir. Comment pouvait-il encore s’en amuser alors qu’il y parvenait toujours ? Difficile à dire, et probablement ne se posait-elle même pas la question mais il y avait fort à parier qu’il ne se lasserait jamais de quoi que ce soit tant que ça la concernait.

La journée s’était écoulée, puis la soirée, cette pseudo-tentative pour se rapprocher alors que l’atmosphère s’échauffait, eux aussi. Si proches l’un de l’autre ils ne pouvaient ignorer les battements endiablés du coeur de leur partenaire, ils avaient des craintes tous les deux, des envies aussi. Une fois de plus ce n’était pas ainsi qu’il souhaitait « procéder », une table ça n’a rien de confortable après tout. Tristan souhaitait tellement se rattraper qu’il voulait vraiment que ces retrouvailles-là soient magiques, mémorables mais les baisers de la demoiselle lui court-circuitaient pas mal le cerveau et il n’avait pas la force de lutter éternellement contre l’atrocement merveilleuse tentation qu’elle représentait. Quand elle lui ôta son bracelet il poussa un léger grognement se sentant immédiatement très très à l’étroit dans son boxer et son pantalon, ça n’avait d’effet que sur un pseudo-camouflage après tout, l’envie elle était bien présente, quoi qu’il arrive. Néanmoins il conservait l’autre, élégant qui lui ceignait le poignet, cisaillé de jolies arabesques, lui après tout était là pour l’empêcher de céder aux pulsions bestiales du dragon, l’aidait un peu à demeurer maitre de lui-même mais pas tant que ça vu comme il répondait avec ferveur à ses baisers et semblait penser qu’en fait une table… c’était trèèèès bien…
Finalement heureusement qu’Alanir les interrompit parce que lui-même en était incapable. Pauvre petite demoiselle frustrée. Lui aussi certes mais elle semblait presque aux abois ! Il la trouva encore plus craquante et finalement ils allèrent sagement se coucher.

Le lendemain ils étaient partis, prenant la route. Si les éternelles simagrées du grand dragon de feu qui s’ennuyait comme un rat mort les amusèrent, elles leur donnèrent aussi légèrement l’impression d’avoir un enfant à charge. Et si cette pensée était amusante elle avait aussi des effets plus néfastes. Tristan avait en effet vu Cassidy esquisser un geste de sa main vers son ventre qui avait un jour contenu le début d’une vie, son regard noisette qui se voilait alors que ses sourcils se plissaient légèrement. D’ailleurs elle ne s’en rendait probablement même pas compte mais la plupart des gens en fronçant les sourcils se retrouvaient avec une mimique peu charmante, voire plein de plis partout, elle non… juste craquante avec ses petites expressions. Il la laissa à ses pensées un instant, respectueux puis ayant ramassé de la neige sur un arbre en passant lui en envoya une, doucement, sur le bras, ne cherchant pas à lui faire mal. Mais cela la sortit de sa torpeur et cette fois-ci elle fit sa mimique de demoiselle en « colère », prête à se venger et fit magiquement tomber l’équivalent d’une centaine de boules de neige sur le garçon en faisant chuter toute la neige sur un arbre au dessus de lui. Il s’ébroua en grognant mais elle riait alors… il était parfaitement heureux.

La journée fut longue tout de même du fait de leur départ très tôt et ils n’avaient que très peu fait de haltes. Finalement ils arrivèrent en ayant parcouru bien plus de distance que prévu à cette fameuse petite ville.
Il l’avait rejointe en silence dans la chambre alors qu’elle semblait toute surprise de la décoration. Elle semblait ravie comme le prouvait son sublime sourire alors qu’elle se tournait vers lui et lui retournait ainsi l’estomac en un quart de seconde. Le coeur du jeune homme s’emballa mais elle ne le vit pas, après tout son visage ne trahissait que de la bienveillance et de l’amusement, pas l’émoi qu’elle provoquait si facilement en lui.
Elle répondit à son insinuation avec une petite phrase taquine, un clin d’oeil qui le rendit gourmand mais il se contenta d’un sourire de conspirateur.

- J’avoue que je pourrais te chatouiller sans que personne ne vienne te secourir !!!!

Le tout suivi d’un rire qui se voulait diabolique, désamorçant ainsi tout sentiment « d’obligation » chez la jeune femme. Après tout ce n’était pas parce qu’ils étaient ensemble et tranquilles qu’il devait se passer quelque chose ! En plus la journée avait été éreintante et il ne voulait surtout pas qu’elle se sente obligée de quoi que ce soit vis-à-vis de lui: bref, entre eux deux il y avait encore beaucoup de boulot.

Le bain leur fit le plus grand bien et il la sentit se détendre sous le massage qu’il lui imposa d’autorité, les muscles fins se décrispant sous ses caresses. Il l’avait enlacée, pressant ses mains aussi, tendrement pour répondre à l’étreinte des siennes et la rassurer doucement. Il comprenait qu’elle ne soit pas très bien non plus. Même si leur lien était faible, oui, il comprenait que tout n’était pas encore clair et normal pour la demoiselle qui avait vécu trop longtemps seule, sans lui alors qu’elle aurait eu tant besoin pendant ces épreuves douloureuses de sa force et de ses bras.
Oui elle se détendait, tant et si bien qu’elle s’adossa contre le torse de son compagnon et finit par s’endormir, pressant les bras du beau jeune homme autour d’elle comme si elle ne voulait pas qu’il la lâche, jamais.
Cette étreinte obligatoire ou l’endormissement de la demoiselle ne gêna absolument pas son compagnon contrairement à ce qu’elle pouvait en venir à croire. Il n’avait rien prévu de spécial en fait. Il voulait juste lui faire plaisir et tout ce qu’il souhaitait réellement pour l’instant c’est qu’elle aille bien, qu’elle se ressente en sécurité avec lui, progressivement, qu’elle soit heureuse, peu importe la manière pour y parvenir. Et puis… il appréciait qu’elle soit aussi tactile à vrai dire, pas avare en câlin, ce qu’il n’avait jamais fait avec aucune de ses conquêtes… Enfin si, il câlinait un peu bien sûr mais sans plus, elle… il avait constamment envie, besoin d’avoir un contact avec elle, juste que leur peau se frôle lui suffisait. C’était indéterminable mais une douce chaleur toujours présente dès qu’ils avaient un contact, c’était doux et quelque part, il avait l’impression de sentir quelque chose s’agiter entre eux, peut-être leur lien qui se réveillait de son sommeil comateux…

L’eau brûlante, les sels de bains entêtants mais doucereux, sucrés rendaient l’atmosphère lourde, douce, pas étonnant qu’elle s’endorme alors qu’elle se délassait ainsi, lui aussi, des crispations du voyage, de leur chevauchée.
Il parsemait sa nuque de temps à autre de légers baisers en se tordant le cou alors que douce nymphe endormie la demoiselle, même dans son sommeil réagissait par de légers frissons ou un petit sourire beaucoup trop craquant pour le pauvre coeur de son compagnon.
L’heure tournant et le moment du diner qu’il avait volontairement pris aussi tard que possible pour leur laisser un moment dans leur bain arrivant, il l’embrassa tendrement, tout doucement, caressant doucement ses épaules, ses bras, ses mains, évitant sciemment les zones de son corps qui risquaient bien trop de la réveiller… d’une autre façon.
Elle bailla, adorable et se frotta légèrement contre lui avant de reprendre ses esprits alors qu’il lui expliquait à mi-voix qu’ils allaient bientôt devoir descendre diner mais que si elle préférait il pouvait lui remonter un plateau si elle était trop fatiguée. Mais elle était devenue vive au réveil, probablement à cause de l’ile car elle avait déjà chassé les brumes du sommeil de son regard et semblait se rendre compte de la situation. Oups, elle avait l’air un peu embêtée mais il la rassura dans un vol de baisers.

- Mh ? De quoi ma princesse ? D’avoir laissé le petit ange que tu es à ma contemplation béate tout ce temps ? De m’avoir permis de te faire tout plein de câlins et de t’admirer, tellement heureux de voir que l’étreinte de mes bras ne t’effraie plus ? Hum… tu as raison, je t’en veux énormément et je déclare qu’il faudra au moins une demi-heure de caresse dans les cheveux pour que je te pardonne…

Il lui fit un clin d’oeil en sortant de la baignoire, mettant de l’eau un peu partout et prenant toooout son temps pour prendre une serviette et se couvrir un minimum ! Non, il ne lui en voulait pas le moins du monde et réclamait juste cette caresse qu’il aimait tant. Cela eut au moins l’effet de la faire sourire et elle l’observa se sécher en plissant les yeux, l’air de réfléchir, ou de se rincer l’oeil, c’était encore à voir !
Il prit son temps pour la coiffer, ça aussi elle semblait, elle, apprécier. Peu de garçons pouvaient se gausser d’avoir la patience du jeune homme et l’envie tout simplement de prendre soin de la chevelure de sa belle. Et puis ses cheveux étaient tellement longs à présent qu’elle ne pouvait pas s’en sortir totalement seule en général. Après lui avait fait une belle natte double qui réduisait considérablement la longueur de sa chevelure d’or il la laissa s’habiller, en profitant tout de même avant de sortir pour tirer sur sa serviette et se rincer l’oeil sur le corps superbe de la demoiselle avant qu’elle ne le fasse sortir en lui envoyant ladite serviette dessus… mais avec un sourire bien trop ravi et amusée pour qu’elle soit vraiment fâchée.

Le diner aux chandelles leur fit le plus grand bien, leur redonnant des forces même s’il est vrai que ce n’était pas vraiment en amoureux du fait encore une fois de la présence de leur « enfant » d’adoption plus vieux qu’eux…Alanir quant à lui semblait totalement ailleurs, pensif et ne leur parla pas de la soirée.
Rapidement ils remontèrent, se souhaitant bonne nuit et il l’observa se changer, ne s’en cachant absolument pas, de la porte de la salle de bain où il se brossait les dents. Pourtant il fronça les sourcils, à son attitude de véritable félin. Ca aussi c’était une chose qu’il avait remarquée. Depuis l’ile elle était beaucoup plus féline dans ses gestes et ses attitudes et si elle avait toujours agi comme une tigresse jalouse dès qu’une demoiselle l’approchait il lui semblait aussi que cela s’était renforcé. Oui un autre fait étrange chez elle. Elle avait à la rigueur les petits crocs d’un Neko… mais n’en avait pas l’attitude totale et puis ses oreilles étaient « presque » normales. De temps à autres il cherchait, pour l’aider, parce qu’il savait qu’elle était effrayée par elle-même et ses origines mais il s’arrêta aussitôt. Il n’avait décidément pas envie de l’analyser, juste de l’aimer… Telle qu’elle était. Par contre la demoiselle se trompait… et lourdement.

Elle semblait se rendre compte de son attitude étrange et se reprenait en jouant un peu la femme fatale trop tentante sur le lit… Ce qu’elle ignorait c’est que ces mimiques félines ne déplaisaient pas du tout à son compagnon, bien au contraire… Il la trouvait à la fois mignonne à croquer et… diablement attirante sans être sûr de savoir s’expliquer pourquoi.
Néanmoins le décolleté autant mis en valeur c’était bien aussi. Il la rejoignit peu après, un sourire aux lèvres, prenant tout son temps pour traverser la pièce et l’admirer. Par contre elle exprima une sacrée véhémence contre sa chemise, qui le fit éclater d’un rire franc bien que bref alors qu’il se campait devant elle, debout et prenait aussitôt touuuut son temps pour enlever ladite chemise gâcheuse de vue.

- Mieux ?

Petit hochement de tête de la demoiselle suspicieuse… Trop craquante encore une fois. Il maudit silencieusement les dieux autant qu’il les remercia… Tant de tentations, tant de beauté et de douceur… c’était bien mais son pauvre coeur faisait de sacrés bons de carpe !
Il la rejoignit et ils se câlinèrent sagement, s’observant avec tendresse et douceur. Les mains de la demoiselle sur ses marques étaient si douces et légères… Il s’attendait à ce qu’elles soient abimées par cette année d’entrainement, tout comme son pauvre corps bien trop mutilé, mais non, elles demeuraient merveilleusement douces, plus chaudes qu’avant tout de même, il ferma même les yeux sous sa caresse. Si ses marques peinaient à redevenir comme avant elle devait bien constater que leur éclat commençait à revenir et que leur chaleur aussi, après tout elle était très légèrement plus chaudes que le reste du corps du jeune homme. Un humain normal ne le percevrait pas, mais encore une fois il savait que elle si…
Petits baisers légers, doux murmures attendris, caresses tendres, c’était sage oui… Enfin presque. Il adorait caresser sa taille et ses hanches même sagement mais… en fait non, mensonge… il n’y avait pas une partie de son corps qu’il n’aimait pas caresser, c’était bien le problème d’ailleurs. Il ne pensait à rien, honnêtement, se contentant juste d’un moment câlin. Bon bien entendu qu’il n’aurait pas été contre plus mais il n’avait aucune exigence. Apparemment elle si.
Il frémit doucement à la caresse sur son bras mais comprit rapidement que celle-ci avait un autre but bien précis, lui ôter ce fichu bracelet, pourquoi continuait-il de le mettre au juste ? Il ne savait pas trop… Il ne voulait pas qu’elle ressente la moindre pression de sa part probablement et vu comme elle lui faisait de l’effet, sans elle ne pouvait que très rapidement ressentir la pression qui empêchait le jeune homme d’être vraiment à l’aise dans ses vêtements. D’accord en temps normal il se maitrisait quand même et même plutôt bien, plutôt très très bien, heureusement parce qu’autrement il passerait pour un gros obsédé pour tous les gens qu’ils croisaient puisque dès qu’il posait les yeux sur elle tendresse et désir s’enchevêtraient de trop près. Mais le manque, l’abstinence corsaient les choses et pas qu’un peu… plus ils attendaient, plus c’était difficile de se maitriser et encore plus de le cacher, d’où le bracelet… mais ce truc là elle ne l’aimait pas… mais alors pas du tout. Il sourit, se promettant de s’en débarrasser et de faire avec les sentiments qui se heurtaient en lui désormais.
Mais sa petite phrase lui mit le coeur en fait… ou les reins, encore à voir ça… Parce qu’elle aussi parlait de museler ses pulsions… Ah ouiiii ??? Intéressant ça…

Le baiser suivant acheva de le convaincre qu’ils étaient sur la même longueur d’onde et il y répondit avec conviction. Pas d’inquiétude demoiselle, la preuve anatomique de l’intérêt du demoiseau pour sa compagne se faisait très très vite ressentir. En même temps, à califourchon comme elle l’était sur ses hanches elle ne pouvait absolument pas le louper !
Déjà leurs lèvres s’égaraient, se cherchaient, se trouvaient dans un délicieux ballet auquel se joignaient leurs mains. Les mêmes caresses ou presque qui paraissaient l’instant d’avant câlines devinrent passionnées, les faisant frémir et trembler l’un contre l’autre. Il l’avait retournée pour se venger d’elle et parcourait sa gorge de ses lèvres alors que les mains, un peu trop expertes pressaient le tissu de cette si jolie nuisette pour la remonter décidément très haut. Objectif en vue ? La poitrine de la demoiselle apparemment… Qui y arrivaient d’abord ? Ses lèvres ou sa main ? Bonne question… L’autre caressait sa hanche la pressant avec force, exprimant le désir et l’impatience qu’ils contenaient tant bien que mal.
Les griffures dans son dos ne tiraient que davantage de frissons au jeune homme et ils étouffaient tous deux leurs légers gémissements dans des baisers d’affamés.
Quand elle le fit basculer, sans le moindre mal, pour se venger des audaces du jeune homme qui la laissait rougissante et un peu trop frémissante, il n’opposa aucune résistance alors qu’elle se vengeait bien trop vite et trop facilement.
Ils prenaient leur temps oui, dans ce jeu de caresse et de fausse domination et c’était à la fois doux et passionné, pourtant ce n’était qu’un très bref aperçu de ce que le jeune homme avait en tête. Contrairement à ce qu’elle pouvait croire il ne faisait pas ça que pour elle, pour lui aussi c’était important… Vraiment important…
Tous deux néanmoins furent très surpris quand elle se mit à briller… Parce que là elle envoyait… et pas qu’un peu. Brusquement en effet son corps avait illuminé la pièce plongée dans la quasi totale obscurité. Tristan avait même dû fermer ses yeux trop sensibles à la variation. Il les rouvrit cependant bien vite et un sourire ravi lui étira les lèvres. Ouuh il lui faisait de l’effet… Elle aussi…
Oui ça les rassurait, tous les deux…
Il laissa sa tête reposer sur l’oreiller pour la regarder, l’admirer alors que sa nuisette était devenue totalement désuète et ne cachait absolument plus rien du tout vu comme son corps brillait. Caressant une de ses hanches il voulut remonter son autre main tout le long de son corps mais n’en eut pas le temps. La demoiselle avait progressivement perdue la force de la légère crispation, griffures de ses mains sur le torse du jeune homme et alors qu’elle mordillait sa gorge, elle avait semblé moins… affamée, parce qu’auparavant il avait vraiment l’impression d’être un délicieux cookie au chocolat. L’instant suivant tous les muscles de la demoiselle la lâchait et elle se retrouvait avachie sur lui, le corps encore frissonnant de leur désir commun mais… sans retour.

Et revoilà donc le début de cette histoire…
Il avait vraiment cru à une mauvaise blague… Mais rapidement la lueur de la demoiselle s’était éclipsée et il s’était retrouvé avec une adorable demoiselle toute endormie sur lui alors que lui n’avait clairement pas envie de dormir… ni la bosse dans son boxer d’ailleurs. Abasourdi en comprenant qu’elle ne faisait absolument pas semblant Tristan commença à s’inquiéter et à l’appeler et toute envie disparut aussitôt: au moins un avantage.
Mais elle respirait calmement, elle n’avait pas l’air d’aller mal, au contraire… Elle dormait tout simplement et cette certitude le troubla même s’il ne parvint pas une seconde à lui en vouloir.
Il l’observa un moment encore dormir dans la pénombre, la câlina, tout de même inquiet mais se doutant qu’il devait y avoir une histoire avec sa magie, instinct qui ne cessait de croître. Finalement il s’endormit tout contre elle, un léger sourire aux lèvres et déjà plein de taquineries en tête pour l’embêter le lendemain. Sa respiration était calme, elle avait l’air d’aller bien alors il ne s’inquiétait pas outre mesure. Par contre… elle allait se faire charrier la pauvre…


Le lendemain cependant une odeur attira son attention. Il n’y connaissait rien mais suivit son instinct, se leva en silence en laissant son oreiller dans les bras de sa douce, s’habilla et se glissa à l’extérieur. Il ne savait pas pourquoi il agissait ainsi mais ne fut pas surpris, sans s’expliquer pourquoi, de voir qu’Alanir semblait l’attendre.
Le grand dragon commença alors à lui parler, lui révélant bien des éléments surprenants. D’abord il y avait cette envie de se « reposer », de disparaitre et rejoindre sa forme d’esprit en les laissant un peu tranquilles pour qu’ils puissent plus facilement se retrouver en quelque sorte. Tristan ouvrit la bouche pour répliquer, lui dire qu’il ne les gênait pas mais qu’évidemment ce n’était pas la même vie qu’à deux et qu’il ne devait pas mal le prendre mais le dragon ne lui en laissa pas le temps, enchainant aussitôt. Cadet obéissant le Drakkari resta donc silencieux pour une autre nouvelle bien plus surprenante. Menace à peine voilée qui n’inquiétait pas vraiment le jeune homme mais plutôt l’intriguait alors qu’il fixait Alanir en fronçant les sourcils.
Il parlait de ce qui pouvait arriver et il semblait en savoir bien plus que ce qu’il acceptait de dire, énormément plus. Un mystère supplémentaire.
Ses explications, suivant, ne prévoyaient rien de bon, bien au contraire. En fait s’il voulait donner envie au jeune homme de s’enfuir très loin de cette véritable bombe humaine il n’aurait probablement pas procédé autrement. Evidemment ce n’était pas du tout ce qu’il désirait, soucieux juste de le prévenir, des risques. Tristan fronça davantage les sourcils. Il savait qu’elle avait souffert, énormément, même s’il n’avait pas toutes les cartes en mains pour le voir de visu, il savait qu’il s’était passé des choses sur cette île, trop, qu’on lui avait fait du mal, beaucoup de mal et que sa présence avait été amèrement regrettée, oui il le savait tout ça… Il savait aussi que ça avait eu des conséquences sur elle, dramatiques… Mais il ne s’était pas imaginé que ça aille… si loin. Sa magie ? Incontrôlable à ce point ?

Pourquoi ne lui avait-elle rien dit ? Quand il avait évoqué que ça le rassurait de la savoir si forte elle ne lui avait absolument pas dit que sa magie était une vraie montagne russe et qu’elle pouvait aussi bien anéantir facilement une montagne d’adversaires, comme elle l’avait fait avec le golem, que se retrouver aussi… inoffensive qu’un chaton !!!
Non, elle ne lui avait pas dit tout ça. Il soupçonnait sans mal pourquoi mais ce que lui avança son aîné le laissa davantage encore sans voix. Elle ne se souvenait pas… Ah oui bon là forcément elle ne pouvait pas dire grand chose, c’était certain.
Et ça n’allait pas en s’améliorant… Il aborda même devant lui le sujet d’Ysa, l’étrange créature qui avait aidé, soutenu, encouragé, guidé Cassidy dans son long apprentissage, elle qui l’avait probablement aidé à gagner aussi, dans un sens les épreuves contre Kayla. Qui était-elle au juste ? Que venait-elle faire là bas ? Pourquoi l’aidait-elle ainsi ? Il n’en savait rien mais la finalité était bel et bien que cette aide-là avait perdu la vie… par la main de Cassidy. Ca il le savait déjà, pas qu’elle était à ce point… puissante. L’expression du grand jeune homme avait changé au fil des récits contés par son aîné. La surprise, l’inquiétude, l’incompréhension, la peur, la tristesse… De plus en plus dur, de plus en plus fermé son visage trahissait ce que son coeur ressentait.  Alors oui, Alanir confiait énormément de choses à son jeune cadet, énormément de secrets plus importants et destructeurs les uns que les autres, certains expliquaient les derniers évènements, les autres venaient juste s’y… ajouter. Il finit par arrêter de parler en annonçant confier la jeune femme à son compagnon. Celui-ci s’était de plus en plus fermé pour arriver à un visage glacial, presque dur… non complètement dur finalement. Alanir sembla se rendre compte que son mutisme se prolongeait un peu trop et finit par l’observer, fronçant à son tour les sourcils, peut-être un peu inquiet, au final de la charge supplémentaire qu’il avait posée sur les épaules du grand jeune homme. Celui-ci avait le regard totalement dans le vague malgré son air glacial et ce fut le dragon qui dut le ramener en l’appelant par son nom. Il ne répondit pas tout de suite puis le fixa de son regard ambré, l’air imperturbable une fois de plus.

- Et alors ?

Il secoua légèrement la tête alors que ses traits se détendaient et que la crispation dans ses muscles commençaient à disparaître…

- Je comprends ce que tu me dis, que tu aies envie de faire une pause et en particulier que tu veuilles le faire pour nous et je t’en remercie même si ta présence ne me gêne pas outre mesure…  Mais pour le reste… Je m’en fiche…

Il grogna et se passa la main dans les cheveux, les ébouriffant.

- Je l’aime… Je l’aime vraiment… Je ne veux pas que… qu’on lui fasse du mal, encore… Je sais maintenant qu’il pourrait y avoir des conséquences très graves mais ça ne change rien… Parce que le simple fait qu’elle pleure est une conséquence qui m’est intolérable alors… Enfin merci pour tout ça… Mais je n’ai pas l’intention de lâcher sa main… plus jamais… Et si on doit la réexpédier d’une façon ou d’une autre sur cette putain d’ile… Faudra m’amener avec parce que je ne la laisserai plus jamais seule… Plus jamais…

Bon d’accord, il essayait un peu par son discours de minimiser le véritable chaos apocalyptique qu’avait évoqué son aîné mais au moins il y avait une chose de sûre: il ne renoncerait pas… jamais… Pas à elle, même si elle était dangereuse et ça en soi, c’était quand même une jolie preuve d’amour.
Il n’y avait guère davantage à dire, ils étaient rentrés. Elle dormait toujours et se blottit de nouveau contre lui quand il se glissa sous les couvertures, pourtant ses yeux ne tardèrent guère à s’ouvrir. Comme si elle l’avait attendu pour se réveiller. Il l’observa s’éveiller, la trouva craquante à souhait, encore une fois… Alors oui les menaces d’Alanir semblaient être à mille lieues de là… Mais il l’avait vu agir tout de même, utiliser sa magie alors oui, il y croyait… Mais hors de question de croire qu’il avait une tueuse sous les yeux… Une guerrière oui, une tueuse non, jamais…
Et puis il repensait à la veille, quelques heures plus tôt. Leur désir commun qui ne demandait qu’à être assouvi, presque violent tant il était intense, impossible de songer qu’elle avait fait exprès d’y mettre un terme. Elle savait après tout qu’elle pouvait l’arrêter juste avec quelques mots, qu’il serait toujours doux et patient avec elle, même si aux yeux du jeune homme, il devait encore bien lui prouver… Le souvenir de sa lueur intense, preuve si voyante de ce qu’elle ressentait, trop intense même et son épuisement… C’était donc bien également de la magie cette lueur ? Peut-être une magie particulière… il se souvenait qu’elle avait brillé après tout alors qu’elle était censé être privée de magie, quand des Kaärs les avaient capturés, qu’ils faisaient des missions ensemble, alors qu’il n’était plus un couple. Il se souvenait sans mal de cette époque, de ses souvenirs encore tellement flous qu’il bataillait à récupérer, il se souvenait de ses sentiments profonds pour la jeune femme, de sa honte et de sa peur pour ces mêmes sentiments… Il se souvenait du désir, de la délivrance de cette tentation… Oui, elle avait brillé, il se souvenait bien… Elle lui avait un jour confié à mi-voix que ça n’arrivait qu’avec lui… Sans le savoir elle lui avait fait un sublime cadeau avec cet aveu… rassurant son coeur blessé et frustré.
Alors non, elle n’avait pas fait exprès… Là elle ne faisait comme si de rien était et ses soupçons semblaient y trouver une réponse, ça non plus elle ne s’en souvenait pas, c’était bien lié à sa magie… Et puis sa magie ne semblait jamais totalement muselée… Après tout quand le capitaine cheistam s’en était pris à eux au tout début de leur histoire elle avait fait de la magie, un peu alors qu’elle n’aurait pas dû en être capable… Ce n’était pas la seule fois.
Il lui sourit et embrassa tendrement son front en serrant ses bras autour d’elle. Non, il ne lui en voulait pas le moins du monde.
Néanmoins, alors qu’ils se câlinaient tendrement en prenant leur temps elle finit par lui poser la question… Qu’est ce qu’ils avaient fait au juste.  Un sourire à la fois doux et frustré étira les lèvres du jeune homme.

- Non… On n’a rien fait. C’était plutôt bien parti, tu avais l’air pour, moi aussi… beaucoup… Et puis tout à coup tu t’es écroulée endormie sur moi, limite si tu ne t’es pas mise à baver… De la vraie narcolepsie mon ange…

Déjà elle paniquait, penaude… oui très penaude…
Ne sachant pas ce qu’elle savait et ignorait ou plutôt « préférait ignorer » il se fit tendre et rassurant, la prenant tout contre lui en caressant ses cheveux.

- Eyh ! Princesse… Mine de rien tu oublies que tu as passé un an sur ta foutue île à ne vivre que par, pour et avec ta magie… Je pense que plus que jamais ton corps en est devenu dépendant et instrument en même temps… Déjà qu’avant quand tu étais dans une émotion forte tu galérais avec ta magie, maintenant que tu es devenue super puissante et qu’elle est autant attachée à ton corps c’est probablement normal que tu te court-circuites un peu… Après tout on a tous les deux énormément d’effet l’un sur l’autre… Ton corps ne doit plus avoir l’habitude de connaitre majoritairement ses pulsions… Après tout on n’a pas beaucoup… enfin… tu reprenais tout juste ton identité et après il y a eu Ikaël, là tu le faisais par obligation, pas de sentiments, pas d’émotion et… enfin… tu n’étais pas vraiment bien à cause de moi… de lui à ce moment là déjà… non ?

Il lui releva doucement le menton pour l’embrasser et lui sourire.

- Ce n’est pas grave tu sais… Moi je trouve même ça très bien de devoir autaaaannnnt réhabituer ton corps au mien, il y a de gros avantages à la clé je pense.

Petit clin d’oeil complice et totalement pervers.

- Comme de très très très longues séances de répétition de ce type… d’expérience… au cas où évidemment.

Il la taquinait pour qu’elle se sente mieux et ça marchait parce qu’il la vit rougir, sourire, vit partir l’oreiller avec lequel elle voulait le taper et ils roulèrent bien vite dans le lit l’un contre l’autre en se chahutant gentiment. Ils étaient descendus, elle avait appris pour Alanir et semblait un peu triste finalement, il s’empressa donc immédiatement de la faire rougir sous des baisers trop passionnés et la bouscula un peu pour qu’elle vienne visiter la ville avec lui, un gâteau au chocolat à la clé. Là tout de suite il avait bien plus l’attention de la demoiselle. Ils profitèrent de la petite ville pour quelques achats et un moment à flâner… L’histoire du pot au chocolat par contre laissa complètement coi le grand jeune homme qui la regardait presque comme s’il venait… de la voir toute nue… ou quelque chose du genre mais bien vite un sourire très intéressé éclaira son visage… Ah oui ? Il demandait à voir… Décidément Maud l’avait contaminée !!!!

Son côté enfantin lui plaisait, bien plus qu’il n’aurait pu le dire ou l’expliquer. Elle était un peu maladroite, un peu gamine, c’était touchant, en fait encore quelque chose d’absolument craquant. Surprenant de voir le tombeur de ses dames qui choisissaient ses privilégiées que sur des critères si strictes, des femmes si femmes aux poitrines trop avenantes et à la démarche de croqueuses d’hommes, toujours plus vieilles que lui… Bien plus vieilles que lui souvent. Elle n’avait jamais remarqué, elle n’avait jamais fait attention… Elle avait toujours cru qu’il séduisait ce type de femme parce que c’était ce qu’il recherchait. Quand ils s’étaient retrouvés à l’Académie c’est bien pour cette raison qu’elle pensait qu’il ne s’intéresserait jamais à elle non ?
Si elle avait su à quel point elle se trompait. Ils admiraient tranquillement le paysage alors qu’elle croquait sa gaufre avec appétit, il l’observait du coin de l’oeil. Elle faisait si enfantine oui, si forte et fragile. Il lâcha sa main pour se glisser derrière elle et l’enlacer alors qu’elle semblait surprise, relevant vers lui son minois plein de chocolat. Il rit, toujours aussi injustement craquant lui aussi quand il riait et se pencha sur elle, faisant disparaitre du bout de sa langue le chocolat qui persistait autour de ses lèvres et faisant bien vite devenir cramoisie sa douce victime. Après quoi, enfouissant son visage dans sa longue chevelure d’or il murmura quelques mots tout bas, quelques mots qui avaient un bien lourd sens par rapport à ses précédentes pensées, à ses précédentes conquêtes.

- Je t’aime ma princesse…

Le temps passa bien vite et ils reprirent leur chemin, se chahutant un peu de temps à autres, se racontant des histoires. Il la questionnait sur ce qu’elle imaginait du village dans lequel elle l’entrainait, ce village si au nord et elle était lancée dans de longues descriptions, tirades pour bien longtemps. Lui, ravi, l’écoutait parler, observait ses adorables mimiques et son visage illuminé par la joie et l’espoir. Le délicat dessin de ses lèvres rosées qui s’étiraient en d’innombrables sourires… si agaçante tentation…
Leur voyage continua donc, ils essayaient d’aller un peu plus vite puisqu’ils supportaient tous les deux très bien la cadence. Le voyage à deux, en amoureux leur permettait également de faire moins de pause et de se garantir aussi sans mal de dormir dans leur petit bivouac, après tout, ils se tenaient très bien chauds tous les deux non ?
Malgré les nombreuses possibilités et tentations ils ne tentèrent rien, Tristan prétextant que ce n’était pas le moment pour qu’elle leur fasse une baisse de magie et également encore une fois qu’ils avaient tout leur temps et qu’il préférait aussi que son corps prenne tout le temps nécessaire pour se réhabituer au sien. Moments tendres, câlins innocents, préliminaires naissants, jamais plus. C’était déjà bien, mais c’était frustrant et la frustration rendait la tentation toujours plus… affamante. Ce n’était peut-être pas plus mal d’ailleurs, à force de se chercher, de se tenter ils passaient leur temps à se dévorer des yeux.

Il y avait eu l’incident de la taverne aussi… A cause de cet homme qui regardait intensément la jeune femme. D’ailleurs difficile de manquer l’obscénité publique qu’il leur imposait, passant sa main sur son entre-jambe en fixant la demoiselle. En grande partie caché par la table il ne fut remarqué par Tristan qu’à la suite de la réaction de Cassidy. Il la calma mais eut bien plus de mal à se calmer lui-même. Malgré son apparence calme et bienveillante en effet, le jeune homme voyait rouge et s’il adressait un doux sourire à sa compagne, tentant de maitriser sa colère, les idées qui envahissaient son esprit étaient toutes plus violentes les unes que les autres. L’une d’elle était de se transformer, là direct et de bouffer ce mufle… Une autre était de le faire sortir et de lui couper ses noisettes apparemment trop remplies et si gênantes et de les lui faire bouffer pour avoir osé poser ses sales yeux de gros vicelard dégueulasse sur la douce demoiselle.
Même s’il restait souriant, le regard qu’il adressa au vicieux en s’approchant de celui-ci était juste celui d’un meurtrier prêt à passer à l’acte. Il se planta devant lui, les muscles de sa mâchoire se contractant et la rendant encore plus carrée, plus masculine. Comme quoi, rien que de visage, même sans barbe de « mâle » le jeune homme pouvait faire on ne peut plus viril et menaçant. Il tenta et réussit à parler calmement.

- Salut… Je te connais pas, tu ne me connais pas. Juste, la jeune femme que tu reluques là c’est ma fiancée. Elle est douce, sublime et on ne peut plus désirable je te comprends mais c’est MA fiancée. Elle pourrait t’éclater la tronche en une minute mais moi je vais le faire en une demi-seconde si tu n’arrêtes pas immédiatement de la reluquer… L’idée c’est que je t’attraperais, te péterais un poignet, celui avec lequel tu comptes te satisfaire probablement en la regardant, puis je te balancerais dehors et t’éclaterais la tronche, une fois cela fait, il est pas dit que je ne te broierais pas les noix pour éviter que tu poses une seule fois encore ce regard sur une femme… et probablement que je te les ferais bouffer avec le reste de ton service trois pièces pour que plus jamais tu n’aies la pensée perverse et écoeurante de ta domination bestiale sur une femme, quelle qu’elle soit…

Cassidy n’avait rien entendu et c’était probablement bien mieux ainsi car ses pauvres petites oreilles n’auraient probablement pas apprécié, quoique… il défendait son territoire le jeunôt et pas qu’un peu, même farouchement, un homme, un vrai qui défendait sa compagne… mais pas en mode gros lourdaud plein de testostérone persuadé que c’était un travail de « mec », juste parce qu’il refusait que la demoiselle ne soit confrontée à pareil outrage. En fait c’était vraiment du respect, énormément de respect pour elle et une fierté sans faille pour honneur qu’il s’empressait de défendre. Un amoureux comme on en faisait peu…
Il la rejoignit alors que l’homme furieux mais pas fou sortait. Ses beaux yeux noisette le suivaient alors qu’il la rejoignait et lui faisait son sourire en coin.

- Très compréhensif tu vois… Mais le pauvre, il faut le comprendre tout de même, une telle beauté on n’en voit pas tous les jours…

Il la taquina gentiment, l’embrassa par dessus la table et se moqua vaguement d’elle à cause de la tête qu’elle faisait. Pourtant quand ils reprirent leurs chevaux et qu’il l’aida à monter en selle, le cheval qui tirait le charriot les suivant docilement, il réajusta ses étriers et effleura doucement sa hanche.
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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: Comment se retrouver pour mieux s'aimer...   Dim 19 Avr - 9:27

- Princesse… C’est à moi de remettre ces imbéciles à leur place… Tu es belle et tu es forte et tu te défendrais d’eux sans mal mais… Ils ne méritent pas même un seul de tes regards. Alors je veux que tu les oublies et que tu me réserves tes sourires… Je ne laisserai personne, plus jamais, t’atteindre…

Déjà il s’éloignait pour enfourcher sa selle, un sourire aux lèvres mais les joues légèrement rougissantes à cause de sa déclaration. Que la petite demoiselle cesse de s’inquiéter, elle avait un vrai chevalier servant à son service…
Ils avançaient et progressaient et pas que dans les kilomètres… Doucement les deux amoureux retrouvaient une complicité oubliée, leurs jeux taquins, de plus en plus à l’aise prouvaient cette réconciliation entre leurs deux coeurs et deux esprits. Leurs corps ? Pas encore mais ça viendrait, probablement plus vite qu’ils ne l’imaginaient… quoique… à ce niveau là, rien n’arrivait assez vite.
Les méditations leur faisaient du bien… Tristan était un élève excessivement appliqué et il lui obéissait au doigt et à l’oeil totalement aveuglément, presque naïvement… D’ailleurs elle en profita pour lui faire faire le poirier torse nu, tous ses muscles tendus sous l’effort avant que le gloussement ravi de la demoiselle ne finisse par lui mettre la puce à l’oreille, ce qui se traduisit par une vengeance sous des tas de baisers ! Drôle de vengeance… Elle allait faire plus souvent des bêtises à ce rythme !

Et puis il y avait eu la fois où elle lui avait demandé de se transformer… Il avait grimacé, inquiet, pas vraiment pour, soucieux de tous les souvenirs, mauvais, que cela risquait de faire ressurgir. Mais elle insistait et dire non à cet adorable minois était quasi mission impossible… Dans un sens elle avait raison, ils ne pourraient pas progresser là dessus s’ils ne tentaient jamais rien, le traumatisme de la jeune femme risquant bien trop de se cristalliser à mesure que le temps passait. Elle avait raison en bref… Comme toujours.
Il finit donc par obéir mais s’éloigna volontairement d’elle de nombreux pas pour lui laisser une distance de sécurité.
Il respira profondément puis se transforma en cette puissante créature des cieux. Décidément beaucoup plus petit qu’Alanir il devait tout juste faire le tiers de la taille de ce dernier. Pourtant tout dans le corps et la posture du jeune dragon respirait le physique du Drakkari. Les muscles puissants qui roulaient sous les écailles si fines qu’elles ressemblaient de loin à la peau noire et rouge zébrées des fines marques dorées qui sur ce corps là aussi commençaient à réapparaître. Il n’y avait pas que sa taille qui le rendait différent… Il était pourvu de moins d’attributs effrayants que ses congénères, soit parce qu’il était encore très jeune, soit parce qu’il était un bâtard… ça restait à déterminer. Il avait l’air tellement moins effrayant, pas d’interminables crocs et griffes, pas de cornes partout, acérées. Il était quand même beaucoup plus mignon que ses congénères, plus apte à aspirer confiance sans doute. Mais il restait un dragon tout de même. Ses yeux orangés se posaient sur elle sans agressivité alors qu’il essayait de la regarder avec autant de douceur que possible. Se transformer lui avait apporté un curieux bien-être de liberté. Ca faisait bien longtemps qu’il n’avait pas pris cette forme et se rendit compte à cet instant à quel point ça lui avait manqué… Terriblement. Les cieux l’appelaient mais il résista sans mal à leur attrait, il y en avait un autre d’appel, d’attrait, bien plus puissant…

Il vit pourtant rapidement que ça n’allait pas et couina doucement vers elle, hésitant… Sauf qu’elle s’approcha et il demeura immobile, essayant de s’aplatir au sol pour paraître le moins imposant possible. Ni l’un ni l’autre ne comprit la suite, la lueur, la magie, puissante, il la sentit immédiatement plus qu’il ne la vit et se retrouva projeté des mètres plus loin, reprenant sous le choc son apparence humaine. Le coup violent lui avait complètement coupé le souffle et la pauvre demoiselle le rejoignait déjà, inquiète. Etourdi, les oreilles sifflantes, l’esprit en vrac et l’estomac dans les talons le jeune homme peinait à reprendre conscience et ouvrir les yeux. Il ne la vit pas mettre ses bracelets pour le protéger de sa magie. Et en plus elle hurlait son nom en le rejoignant n’améliorant pas son ouïe et son sentiment de déséquilibre qui n’améliorait pas du tout l’état de son estomac…
Il la sentit s’agiter et crut percevoir sa détresse, dans son odeur… mais pas que, c’était lointain et diffus mais son coeur se serrait à l’entente de sa voix pleine de panique, la douceur des mains qu’elle posait sur lui et le tremblement si violent qui les agitait, les larmes dans sa voix si douce d’ordinaire, rendue si aigue par la peur. Ses mots aussi, ses bégaiements sans suite…
Il voulut ouvrir les yeux, renonça en voyant que les arbres au dessus d’eux se mettaient à tanguer mais refusa de la laisser une seconde de plus en proie à sa panique et pas rétabli du tout par ce pseudo étourdissement trouva sa nuque d’une de ses mains, s’empara fièvreusement de ses lèvres l’instant d’après, redressé sur son coude libre. Il ne relâcha les lèvres de la demoiselle que lorsqu’il sentit que par manque de souffle elle cessait de sangloter. Il lui sourit tendrement, s’appuyant sur ses deux coudes, la regardant prudemment, rassuré de voir que le sol avait lui aussi cessé de tanguer.
Et puis… inévitablement il chercha à la faire rire, à la perturber, un peu, autrement…

- C’est parti tout seul ? Ca c’est plutôt une phrase de mec tu sais…

Elle avait totalement arrêté de pleurer pour le coup, minois tellement adorable… Non, clairement elle ne l’avait pas fait exprès, comment ce petit ange aurait-il pu au juste ? En fait, là elle semblait plus interloquée qu’autre chose. Il tiqua, sourit. C’est vrai qu’avec lui ce n’était pas le genre de phrase qu’elle risquait de rencontrer. Il se redressa et expliqua tout bas à son oreille ce que cela signifiait… Elle devint si rouge qu’il crut qu’elle allait tourner de l’oeil à son tour et elle lui donna une tape sur le torse pour la forme mais pas fort, comme si elle avait peur de lui faire mal… Mais elle souriait, d’un de ses si beaux sourires effarouchés… Oui, il avait encore des choses à lui apprendre, mais promis ça, ce ne serait que de la théorie…
Il voulut la prendre dans ses bras et la câliner pour lui prouver que tout allait bien mais elle s’évanouit et il eut vraiment très peur pendant un court instant. Quand il aperçut les bracelets il se maudit de ne pas les avoir vus plus tôt et les lui enleva immédiatement, la veillant, inquiet… et furieux. Le temps qu’elle mit à s’éveiller permit au moins à Tristan de se tempérer un peu… enfin presque… Oui il la rassura mais elle dut bien voir qu’il était fâché et elle avait l’air vraiment mal, ne sachant probablement pas quoi dire. Sauf qu’il la devança ou l’a compris, une fois de plus.

- Je m’en fiche que tu m’envoies dans le décor, ce n’est rien du tout ça… Mais je ne veux plus jamais voir ces saloperies autour de tes poignets ou sur n’importe quelle partie de ton corps Cassidy, c’est clair ?!

Là il avait vraiment l’air en colère oui… Il détourna la tête en serrant les dents, respira, se reprit, tourna vers elle un visage désolé et inquiet…

- Pardon… C’est pas comme ça que je voulais le dire… Je ne veux pas que tu musèles ta magie… Jamais… Et certainement pas comme ça. Cassidy. Ta magie, c’est toi, c’est ton identité… Jamais je ne souhaiterais que tu la barricades, je l’accepte comme partie intégrante de toi, avec les risques qu’elle peut supposer… Mais plus encore, ta magie te parle… Si elle m’a repoussé ce n’est pas sans raison… La museler ne servirait à rien, le malaise resterait dans ton coeur… Et je ne veux pas que récupérer le corps de ma fiancé, je veux récupérer son coeur, son âme, chaque partie d’elle… Alors s’il faut qu’on s’apprivoise tous les deux on le fera, s’il faut que j’aille doucement vers ta magie je le ferai… Mais s’il te plait… Pas ces choses là… s’il te plait… Tu as vu ce que ça te fait ? Ca te fait du mal… Et je ne veux pas… d’accord ? T… Tu comprends ?

Ah… Voilà un bien meilleur discours et qui avait d’autant plus d’impact car voilà que la demoiselle semblait pleinement rassurée et les yeux brillants probablement pas à cause de l’incident. Il la prit doucement dans ses bras, pas inquiet une seconde de se prendre une décharge ou autre et embrassa doucement son front.

- J’ai pas fini de te prouver que je t’aime toute entière ma princesse, je ne fais que commencer alors essaie de vite t’y habituer…

Ils méditèrent donc… Et Tristan proposa gentiment de recommencer une transformation plusieurs jours plus tard mais à sa façon… A savoir qu’ils méditeraient, à distance, mais lui sous sa forme de dragon pour qu’ils essaient de se ressentir ainsi, sans s’approcher, sans tenter de se toucher. Il n’y eut aucun incident à déplorer mais ils étaient vraiment éloignés l’un de l’autre. A un autre moment il proposa une nouvelle forme. Elle était plus proche, stoïque et inquiète mais il se transforma et s’étala de tout son long sur le dos… comme en signe de soumission totale, bien moins imposant, bien moins dangereux encore dans cette position, même s’ils ne tentaient rien de plus.
Les méditations les mains de l’un dans celles de l’autre les aidaient énormément à progresser. Progressivement il commença à rouvrir les yeux en même temps qu’elle et à avoir l’impression de ressentir davantage le frémissement de sa peau contre la sienne quand un vent frais venait agiter ses cheveux. Ca allait mieux…

Leur voyage avait du bon, prenait du temps mais aussi un temps d’escapades pour se retrouver… Le soir il insistait bien souvent pour la masser comme elle le faisait avec lui, ils se chamaillaient souvent pour savoir lequel commençait mais souvent il emportait le dernier round et ravi assistait à l’endormissement de sa compagne sous la légère pression de ses mains. Ils prenaient du temps pour se câliner, pour se retrouver et l’alchimie entre leur corps grandissait, inexorablement sans qu’ils n’en aient pleinement conscience, trop occupés encore à museler leurs pulsions.
Pourtant elle avait été surprise quand après leur départ de la ville, quand Alanir avait repris sa forme d’esprit, Tristan avait donné son bracelet à Cassidy. Elle l’avait regardé sans comprendre et i lui avait souri tendrement.

- Je l’avais pris pour ne pas te presser, ni te gêner… Mais tu ne l’aimes clairement pas et je n’aime pas essayer de faire mentir mon corps… Tu me rends fou et je veux que tu sois assurée de l’effet que tu as sur moi… Alors je propose qu’on se débarrasse de cet ersatz de bienséance, d’accord ?

Apparemment elle était parfaitement d’accord… Et elle ne pouvait plus douter de l’honnêteté de son compagnon.
Finalement ils arrivèrent. La température s’était progressivement abaissée jusqu’à devenir polaire et heureusement que l’un comme l’autre semblaient à la base pouvoir supporter des conditions difficiles, lui par sa partie dragon et drakkari, elle par ses flammes probablement, elle partageait son corps avec un esprit de feu après tout…
Le petit village qu’elle avait choisie, enfouie sous la neige était des plus adorables. Les maisons étaient magnifiques malgré leur style assez rude et froid tout comme l’hiver quasi perpétuel. L’immense sourire de la jeune femme et ses frémissements d’impatience trahissaient son excitation. Elle bondissait presque de sa selle. Ils avaient échangé leurs chevaux d’ailleurs, bien des lieues plus tôt pour en prendre des plus adaptés aux rudes températures. Ceux qu’ils chevauchaient, plus robustes aux très larges sabots avaient le crin bien plus long et une longue crinière soyeuse qui avait fait briller les yeux de la petite demoiselle. Elle avait déjà rebaptisé sa jument qui l’avait totalement adoptée et lui obéissait au doigt et à l’oeil, totalement en confiance.

Ils rencontrèrent le chef du village et Tristan parvint à contenir son sourire face à l’adorable minois émerveillé et toujours aussi impatient de sa compagne. Son rire il ne le contint qu’à peine quand on leur fit remarquer qu’ils n’étaient pas du coin… Lui, grand et musclé avait certes la carrure des rudes guerriers du nord mais certainement pas leur couleur de cheveux. Et elle, si elle avait le teint de porcelaine, malgré son passage sur l’île des gens du coin, elle devait faire une bonne quinzaine de centimètres de moins que la majorité des femmes de son âge. Les femmes du coin et leur silhouette longiligne leur donnait des airs d’elfes tandis que d’autres étaient si plantureusement plantées que la nature semblait les avoir trop généreusement gâtées… La différence de taille entre les deux jeunes gens avaient beau être flagrante elle ne semblait absolument pas… gênante… Curieux tout de même non ? Finalement ils semblaient convenir au chef qui leur trouvait une bonne tête. En même temps comment ne pas fondre devant le minois de la demoiselle et ses airs enfants adorables ????

Par contre le problème de l’habitat se posa immédiatement. Elle lui avait déjà fait part de son inquiétude à leur départ. S’ils ne trouvaient pas de maison ils devraient bouger… Or c’était sur ce village qu’elle avait craqué à la base. Il s’attendait donc parfaitement à la voir tourner ledit adorable minois vers lui à la mention du chalet à retaper. Elle lui faisait de vrais yeux de cocker là, parfaitement consciente, il en était sûre, de l’effet qu’elle avait sur lui qui hochait déjà la tête avec un sourire un brin amusé.
Ils prirent congé et partirent donc à la rencontre de leur « bien ».
La neige avait gelé et n’était recouverte que d’une mince pellicule dans laquelle ils s’enfonçaient quand même jusqu’aux chevilles. Le jeune homme se crispa un peu en voyant ledit habitat qui ne semblait guère en bon état finalement et se demandait déjà si c’était seulement récupérable car vu de l’extérieur ce n’était franchement pas ça… Pourtant quand Cassidy tourna les yeux vers lui, inquiète, il lui fit un grand sourire confiant, sûr de lui… Bah… Peu importe, il ferait tout pour la rendre heureuse !
La bonne surprise fut de découvrir une petite grange accolée au chalet dans laquelle ils pourraient mettre les chevaux. Elle était bien assez grande pour eux deux puisqu’ils avaient finalement accroché le charriot à l’un des nouveaux chevaux, vendant le troisième qui ne leur serait guère utile. Ils y stockèrent d’ailleurs provisoirement le charriot. Les chevaux quant à eux relâchés gambadaient joyeusement en hennissant autour d’eux. Tristan réfléchissait déjà…

- Je pense que je pourrais leur construire une solide porte battante pour qu’ils puissent sortir et rentrer quand ils le souhaiteront… Ils seraient plus libres et plus obéissants… Tu essaieras de l’apprendre à ta jument, elle t’écoute et semble très intelligente, le mien suivra.

Plutôt bonne idée finalement…
Il commença à tourner autour du chalet en examinant la bâtisse, réfléchissant en se mordillant la lèvre inférieure. Elle, enthousiaste, ne savait où regarder et que faire, ravie apparemment de cette nouvelle aventure à deux qu’ils commençaient !
Il entendit le craquement et la saisit immédiatement par la taille, la rejoignant d’un bond en la ramenant prudemment contre lui.

- Cassy attends, c’est dangereux… Cet endroit a dû abriter une vraie tempête, rien n’est sûr. Laisse moi tester avant de t’aventurer où que ce soit dans ce chalet s’il te plait.

Obéissante, adorable, elle lui obéit et partit au village pour chercher du travail. Il répondit tendrement à son baiser et la regarda s’éloigner, inconscient de ce qu’elle allait vivre. De son côté il se retourna vers la bâtisse et grimaça… A première vue il y avait vraiment un boulot de dingue et cette idée l’inquiétait un peu… Prudemment il commença à sonder les lieux et fit des marques de craies blanches sur le sol peu sûr, des croix. Une bonne surprise attendait le jeune homme.
En effet, le chalet était bien plus grand que ce qu’il avait cru et si le toit avait besoin d’être sacrément remis à neuf et d’autres endroits aussi le gros de la structure, très solide n’avait rien, ce qui facilitait grandement la rénovation. Les murs en effet étaient d’une solidité à toute épreuve et n’avaient que tout juste besoin d’un bon nettoyage tant le bois utilisé était épais, dense et bien traité. La cuisine était plus grande et semblait avoir été épargnée, de même pour la salle de bain même s’il y avait pas mal à refaire des deux côtés mais cette dernière il ne la trouva à l’étage que bien après. Et un énorme nettoyage en priorité, le froid conserve mais quand même !
La majorité des portes avaient été arrachées ou défoncées mais ce n’était qu’un travail très secondaire. Le plancher par endroit n’était pas sûr mais ce ne serait pas un travail titanesque de le remplacer. Le salon était le plus épargné malgré ses fenêtres béantes… Des fenêtres il y en avait partout d’ailleurs et le jeune homme commença à songer à faire une baie vitrée donnant sur l’extérieur et profiter pour faire une vaste terrasse exposée sud, idée qui n’avait apparemment pas été exploitée. Même s’il faisait froid, il y avait du soleil après tout… Un sourire attendri illumina son visage alors qu’il imaginait déjà Cassidy sur ladite vaste terrasse en train de méditer, il la rejoindrait avec un solide petit déjeuner, l’embrasserait, la câlinerait. Il fronça pourtant les sourcils en passant la tête par une fenêtre et son visage s’illumina davantage… Ah oui en effet, c’était parfait ! Ils ne le voyaient pas du tout en arrivant par le chemin puisque c’était totalement de l’autre côté mais… la vue était juste éblouissante. Ils étaient surélevés quand même et le champ de vision s’étendaient sur les montagnes alentours. Trop d’idées germaient dans l’esprit du Drakkari et un enthousiasme d’une impatience farfelue !
Ce qui ravit le plus le garçon néanmoins c’était la cheminée, colossale !!!! Sublime, une merveille d’architecture toute de pierre. Non mais franchement il pouvait presque tenir debour dedans !!!! Cassidy le pourrait !
Une drôle d’impression le prit alors qu’il en contemplait la surface grise de poussière et de cendres et il y passa sa main pour l’essuyer. Sa surprise augmenta en constatant qu’il s’agissait d’une pierre particulièrement prisée pour ce type de construction puisque conservant et dispensant la chaleur mieux que l’aurait fait trois cheminées dans cette seule pièce. C’était une bonne chose parce qu’il faisait vraiment un froid glacial. Et puis il n’y avait pas que ça, c’était une pierre particulière car elle changeait de couleur en fonction de la température, élégante, parfois même devenait-elle d’un éclat si brillant qu’elle ne semblait plus du tout être une construction humaine… Voilà un écho intéressant à la lueur de la demoiselle qui pouvait se déclencher alors qu’ils se câlineraient sur le canapé et qu’il… Ne pas laisser ses pensées s’emballer, surtout pas !!!! Il grogna en passant d’un pied à l’autre, essayant de faire passer la vague de désir qui commençait à le submerger à la simple pensée de sa  belle… L’abstinence le rendait vraiment affamé… à n’en plus pouvoir…
Bref…. Jolie cheminée !!!!Il avait tellement hâte de la tester, se fit violence pour attendre la demoiselle mais trépignant à son tour comme un enfant !!!!

Il avait sorti depuis bien longtemps un cahier de croquis et un fusain de sa sacoche et faisait les plans du chalet, grossièrement, mais déjà trop beaux, pour savoir quoi et comment rénover. Un simple calcul lui permit d’estimer qu’une chambre devait se trouver pile poil au dessus et donc profiter de la même cheminée… Une chambre parfaite en soi… Un sourire ravi au visage, déjà fou de joie de pouvoir, avec du travail et un sérieux investissement, faire de cet endroit leur cocon d’amour il voulut se rendre à l’étage et là… il admira le côté le plus délabré du chalet… Il avait presque atteint le pallier en effet, trop enthousiaste quand le sol se déroba sous ses pieds. Il chuta direct à l’étage en dessous ne parvenant même pas à se rattraper et manquant de peu de se faire vraiment mal… Mais le jeune homme avait toujours eu d’excellents réflexes qui faisaient baver d’envie la majorité des combattants, même en tombant mal il fit un parfait rétablissement.
En réponse l’escalier se mit à craquer puis s’écroula là où le jeune homme se trouvait un instant avant alors qu’il avait fait un bond en arrière. Bon… là c’était moins sympa mais un sourire de défi éclairait déjà le visage du jeune homme.

- Navré… Mais c’est là qu’on va s’installer Cassy et moi alors je vais te remettre à neuf et plus encore tu vas voir !

L’étage étant inexplorable par l’escalier il escalada la façade et fut soulagé de voir que la majorité de la structure supérieure était bien conservée elle aussi. C’était l’escalier qui avait souffert et il comprit rapidement pourquoi. Le bois utilisé était bien moins solide, pas du tout le même et faisait assez tache aux vues de la structure magnifique toute de bois ou presque de la bâtisse. Le refaire prendrait du temps mais ça ne l’effrayait décidément pas.
Il continua d’explorer, les dégâts étaient moindres que ce qu’il imaginait mais il fallait réparer le toit en priorité. Le plafond et ses poutres apparentes par contre, parfaitement conservées était magnifique et il ne doutait pas que le charme bucolique du lieu finirait de totalement séduire sa compagne. Quand il eut terminé il redescendit et remarqua une petite porte à côté de laquelle il était passé… Normal elle était sous l’escalier qui avait fait « boum badaboum » après tout. Il dégagea rapidement l’entrée et découvrit une cave… Mais pour la découvrir réellement c’est défoncer la porte qu’il dû faire… et pas qu’un peu. Cet endroit était vraiment à l’abandon. C’était une espèce de cave-débarras. Confiant envers ses yeux il descendit et explora l’endroit. Cet escalier là craquait aussi mais restait solide, il faisait froid et plus humide, vraiment froid, même pour lui. Par contre une bonne surprise l’attendait… Beaucoup de planches en bois et de rondins épais, probablement à la base pour rénover la bâtisse, quelques outils qui même s’ils n’étaient pas tout neufs semblaient solides et comble de la surprise… Une drôle d’odeur flottait dans ce lieu, il la suivit et s’accroupit sur le sol de bois également… Il chercha une interstice, trouve un loquet, releva une nouvelle porte… pour découvrir une jolie réserve de vin qui semblaient sacrément vieux quand même qui y avait été abandonné… L’une des bouteilles s’était vidée, mise à l’envers contre les autres, finissant par faire sauter le bouchon de liège, c’était ça l’odeur. Il restait à voir s’il était buvable mais c’était plutôt… sympathique.

Tout guilleret le jeune homme était remonté et avait déplacé le contenu du grand escalier vers la cheminée qui était dégagée à sa grande surprise, la trappe ayant été tirée avant le départ ou le massacre précipité des précédents propriétaires, il comptait sans servir comme combustible. Par contre il commença à sortir à l’extérieur les nombreuses poutres, planches etc. de la cave pour s’assurer de leur solidité et les outils également.
C’est le moment que choisit Cassidy pour revenir. Son visage s’illumina quand la douceur de ses mains sur ses yeux vint le faire frissonner et il aurait juré que son coeur s’était mis à chanter la sérénade en entendant sa voix. Pour l’embêter il se mit à énumérer toutes sortes de noms, inutile à vrai dire, son simple contact avait suffi… Pas de récompense ? Ah oui ?
S’emparer des lèvres de la demoiselle mit fin à toute volonté de celle-ci… et à sa respiration une fois de plus. Elle allait devenir championne d’apnée.
Mais il ne répondit pas à sa question. Même dans leur baiser il sentit que quelque chose n’allait pas, une crispation, une tristesse, une colère même. Il caressa sa nuque du bout des doigts.

- Princesse ? Qu’est ce qu’il y a ?

Elle lui répondit et il fronça les sourcils, appréciant peu mais embrassa tendrement son front pour la calmer.

- Ou alors… il découvrira bien vite de quoi tu es capable dans ton travail et il se fera tellement charrier par ses idiots de copains qu’il n’osera même plus poser les yeux sur toi… Bravo princesse pour ton sang froid quand même et je…

Elle l’interrompit, ses yeux noisette se mettant à briller. L’idée de leur lien évidemment, elle semblait vraiment ravie, bien qu’inquiète, un brin, de la réponse.
Il sourit et déposa un petit baiser sur son nez.

- Oui… J’ai ressenti un léger frémissement qui n’était pas le mien… quelque chose de négatif même si je n’arrivais pas à dire quoi au juste. Ca va mieux on dirait, tu avais raison, ça revient… Bientôt je suis sûre que je pourrai savoir quand tu as faim !

Bon là il la taquinait mais à la joie dans son regard… il ne pouvait décemment pas faire autrement. Déjà elle se relevait et l’entrainait à sa suite vers des sources d’eaux chaudes. Mais si elle s’élança loin devant lui déjà il ne la suivit pas avec le même enthousiasme. Enfin l’enthousiasme si mais une nouvelle idée venait de germer dans son esprit et à mesure qu’il avançait elle se transformait en certitudes. Il n’en avait pas l’air mais il comptait tout bas et quand il fut devant le bassin, ayant tout juste le temps de la voir finir de se déshabiller et se glisser à l’eau il avait l’air ravi. Il prit son temps pour se déshabiller, observant du coin de l’oeil la mine rêveuse de sa compagne et son froncement de sourcils désapprobateurs quand il fit mine de rester beaucoup trop habillé !!!!
L’instant d’après il était près d’elle dans l’eau brûlante qui faisait d’énormes nuages de vapeurs blanches dans l’air glacial de cet hiver.
Les bords du bassin étaient escarpés et un peu coupants, il fallait faire attention. Mais ça elle ne l’avait évidemment pas remarquée toute occupée qu’elle était se faire masser en fermant paresseusement les yeux.  Sous ses doigts c’est vrai, les marques semblaient moins prégnantes et ce constat lui plaisait… beaucoup. Il les avait détestées ces cicatrices… Tendrement il embrassait de temps à autres une de celles qui remontaient jusqu’à la nuque de la demoiselle. Son massage s’était progressivement transformé en tendres caresses qu’elle semblait tout autant apprécier. Sauf que peu après c’est elle qui se mit à le masser et elle ne pouvait pas être plus significative quant aux envies qui enflammaient ses reins. Oh c’était efficace hein ! A croire qu’elle s’était énormément entrainé… Le jeune homme frissonnait sous ses mains et il était persuadé qu’elle s’amusait un peu de sentir tout le pouvoir qu’elle pouvait avoir sur lui. Il bascula la tête en arrière pour tenter d’happer ses lèvres, s’en empara. Inconfortable ce baiser les fit pourtant tous deux rougir et l’instant d’après il s’était retourné vers elle et glissait son corps contre le sien, ressentant le même frissonnement électrique qu’elle. Baisers passionnés, mains qui se cherchaient une fois de plus, caresses appuyées, il gémit, le visage enfoui dans sa gorge alors qu’elle caressait sa nuque et ses cheveux, son autour main perdue dans le dos musculeux de compagnon… Et puis il la plaqua contre une des parois et se glissa davantage contre elle, arc-boutant le bord de chacune de ses mains pour maitriser le grondement impatient qui montait de tout son être et là…

- WAIE !!!!!!

Le jeune homme relâcha le bord et recula, les mains déjà en sang. Ah oui… le bord était vachement coupant !!!! Il l’avait complètement oublié l’espace d’un instant. Et une manière de plus d’être coupé une !!!!
Complètement stoppés dans leur élan… Cassidy le rejoignit immédiatement et s’empara de ses mains pour les ausculter, l’instant d’après elle les nettoyait dans l’eau et s’emparait tendrement de ses lèvres pour le guérir… Ca non plus ça ne marchait pas aussi bien qu’avant mais ça fonctionnait encore et là ce n’était que de toutes petites coupures. La douleur reflua quasi immédiatement ou c’était peut-être juste parce qu’il adorait ses baisers ça… difficile à dire… Il lui lança un regard penaud mais elle avait déjà changé de sujet pour ne pas l’embêter probablement, douce attention de la part de la demoiselle que de protéger ainsi l’ego de son homme. Elle lui demandait gentiment comment ça se présentait pour le chalet vu qu’il ne lui avait pas répondu. Il lui sourit aussitôt.

- Il y a pas mal de boulot… Mais on devrait pouvoir en faire un endroit vraiment génial… Et justement en venant je me disais que je pourrais faire un petit chemin, caillebotis avec des planches de chez nous jusqu’aux sources et pareil faire un bord en bois autour du bassin, ce sera moins risqué pour… ce qu’on aurait pu essayer

Petit clin d’oeil complice alors qu’il se penchait sur elle pour l’embrasser.
De nouveau ils se câlinèrent sagement en parlant de tout et de rien alors que déjà les petites coupures du jeune homme disparaissait. Il lui demanda ce qu’elle avait vu comme travail et elle se lança dans une récitation, toujours aussi surprenante, des postes à pourvoir. Pour elle et sa mémoire… L’intérêt du jeune homme ne tarda pas à s’éveiller.

- Attends mais c’est super ! Pour moi le truc de bûcheron-menuisier serait parfait ! Je travaillerai mes muscles donc pas intérêt à me ramollir, j’aurais accès à tous les outils nécessaires pour retaper le chalet. C’est parfait ! En plus il faut sans doute être costaud et j’ai bien l’intention de prouver aux gens du coin que je ne suis pas un tire-au-flanc.

Elle rit d’un ton léger, s’écartant de lui pour l’observer et se mit à commenter son idée, avouant que le voir se débattre avec du bois, très virilement, torse nu, ne serait pas pour lui déplaire. Il lui tira la langue, elle la lui mordit, et ils étaient repartis pour se chahuter un peu…
De nouveau cependant ils arrêtèrent vite et il la câlinait tendrement alors qu’elle était blottie dans ses bras, la tête contre son torse. Il reprit la parole.

- Et toi… La taverne ? Ce serait bien non ?

Elle répondit fermement que non, encore en colère, il le sentait à cause de ce qui s’était passé mais il l’embrassa et la calma vite sans mal.

- Non attends, laisse moi t’expliquer… Ce serait vraiment pas mal. Enfin rien n’empêcherait de faire un ou deux petits trucs à côté mais au moins ce serait un emploi fixe avec des horaires qui varieront selon les jours… Tu es très organisée dans ta pensée et dans ce que tu fais, je pense que tu leur serais d’une grande aide pour tenir leurs comptes, organiser les livraisons, les commandes et puis… j’imagine que j’aurai des pauses pas très loin… que je pourrai passer te voir à ce travail et une aussi craquante serveuse que toi attirera la foule sans mal que ce soit pour la taverne ou le bar et puis… J’avoue qu’une autre idée me vient là… L’histoire d’un craquant jeune homme très musclé, après une dure journée de labeur, allant boire un verre au bar avec ses compagnons, détendant des muscles encore saillants par l’effort… Et puis l’éclat d’une chevelure de lumière, une petite robe sexy, une peau de porcelaine… une jeune et tellement sublime serveuse au minois renversant qui retournerait l’estomac, d’un seul de ses sourires de tous les hommes présents qui l’adoreraient et en auraient fait leur petite mascotte. Une douce demoiselle au caractère tour à tour si chou et si indomptable, envoyant sur les roses les malotrus trop avinés de sa magie si bien maitrisée ou d’un bon coup de pied bien placé. Et puis lui… il serait bien plus, complètement subjugués par elle, à la fois intimidé et plein de courage… Il tenterait de lui parler, de la charmer, elle résisterait, charmante, attirante, trop joueuse… Mais elle serait loin d’être insensible… Il reviendrait, souvent… puis à la faveur d’une nuit alors qu’elle descendrait à la réserve il la suivrait et s’emparerait de ses lèvres, elle se défendrait un peu pour la forme, juste pour la forme et puis…

Il s’arrêta là. Oui c’était un jeu de rôle là qu’il était plus ou moins en train de lui évoquer. C’était bien volontairement qu’il s’était arrêté pour fixer le charmant minois aux yeux brillants levés vers lui. Elle le fixait avec… frustration à présent ! Raaahhh même en imaginaire il ne la laissait pas pousser plus loin ! Cruel jeune homme… Mais l’argument commençait à avoir un certain impact. C’est vrai que ça lui permettrait de voir du monde et de se faire connaitre, de se faire apprécier par les gens du coin. Après tout, cet endroit faisant bar et restaurant elle croiserait de tout. Et puis le patron semblait sympathique quoique débordé, elle l’avait bien vu. Ils se verraient régulièrement quand il ferait une pause, elle pourrait profiter d’un environnement toujours animé et de pouvoir être reconnue pour son professionnalisme. Et puis elle pourrait s’entrainer à cuisiner, elle qui lui avait dit qu’elle aimait bien cuisiner mais n’en avait jamais le temps auparavant…
Il insista encore, ressortant ces mêmes arguments et il l’observa se perdre dans ses pensées. Elle y réfléchissait… Ils discutèrent encore un moment puis sortirent finalement de l’eau et rentrèrent au chalet. Il proposa de retourner tout de suite en ville pour le travail.
Tandis qu’elle allait se renseigner auprès de la taverne, lui partit rencontrer celui qui recherchait un solide gaillard et qui le jaugea immédiatement du regard avec un air satisfait. Il lui fit quand même passer quelques petits tests, lui demandant de couper des bûches, de soulever un gros tronc mais pour ça le jeune homme était bien plus costaud que beaucoup… Il lui demanda aussi un petit croquis d’une maison pas loin, pour voir s’il pouvait également le faire travailler sur un travail beaucoup plus fin et comme c’était ce que le jeune homme visait justement pour leur chalet il s’appliqua beaucoup. Quelques minutes plus tard il était engagé et on lui fournissait un sac avec plein d’outils qui étaient désormais les siens et sur lesquels il devait veiller. D’autres plus lourds étaient disponibles en dehors des heures de travail s’il voulait à l’atelier. Tristan avait en effet expliqué un peu leur  histoire, leur récente arrivée puisque son chef voyait bien à ses cheveux qu’il ne l’avait jamais vu et celui-ci lui assura, très avenant, qu’il pouvait se servir quand il voulait tant qu’il prenait soin des outils. Il lui donna rendez-vous là le lendemain matin, très tôt et le jeune homme hocha la tête, le remerciant chaleureusement.

Il retourna sur la petite place du village là où ils s’étaient donnés rendez-vous avec Cassidy… Probablement elle aussi passait-elle quelques tests. Il attendit, réfléchissant à ce qu’il allait commencer à faire au chalet… Elle finit par le rejoindre avec un petit sourire adorable, probablement assez fière d’avoir été prise même si au début elle était récalcitrante. Il lui prit tendrement la main alors qu’ils se félicitaient mutuellement et ils allèrent faire quelques courses avant de rentrer au chalet. Grâce aux marquages au sol qu’il avait effectué il ne s’inquiétait plus pour la sécurité de la demoiselle et se fit une joie de lui faire visiter… sauf l’étage évidemment… puisque celui-ci était pour l’heure inaccessible.
Il lui proposa ensuite de la laisser nettoyer avec sa magie toute la poussière et en particulier celle de la cheminée et prépara du bois pour celle-ci, la laissant l’allumer puisqu’il savait qu’elle aimait bien utiliser cette magie et parce qu’il n’était absolument pas macho à affirmer que c’était un travail d’homme. L’instant d’après il récupérait son arc à double courbure et un carquois dans le charriot, embrassait tendrement la jeune femme et partait chasser.
Il ne partit pas très longtemps mais probablement loin vu comme ses cheveux avaient accrochés la neige qui commençait à tomber en flocon dehors. Ils avaient fermés les volets pour protéger le chalet de la béance glaciale des fenêtres. Quand il revint elle avait elle-même fait un sacré travail et il repéra au loin le nuage de fumée d’un feu de cheminée, un sourire aux lèvres tandis que le corps en liesse il entrait en disant.

- Coucou princesse, je suis rentré….

Un vrai petit couple. Elle vint immédiatement à sa rencontre pour lui voler un baiser et récupérer le gros lièvre des neiges qu’il avait tué d’une flèche dans l’oeil… Carrément ?! Au moins la bête de belle taille déjà n’avait pas souffert.
Elle semblait surprise une fois de plus par ses talents d’archer, ayant longtemps cru qu’il ne savait manier que l’épée et les poings mais modeste il haussa les épaules en grimaçant.

- Je visais l’autre oeil…

Elle avait commencé à décharger un peu leurs affaires dans le salon puisqu’il lui avait dit que c’était leur pièce à vivre pour l’instant, là où ils dormiraient et stockeraient leurs affaires. Une vraie petite hyperactive. Il l’embrassa tendrement en la félicitant, bien que la grondant gentiment et lui promettant de la masser… Elle avait même créé un matelas avec sa magie une fois de plus, fait de branches, lierres sauvages et autres mais qui semblait sacrément confortables. Ils s’installeraient petit-à-petit après tout. Il finit par sortir pour commencer à réparer le toit et elle put rapidement entendre des craquements alors qu’il arrachait le bois trop peu solide et commençait à le remplacer. Il travailla une bonne heure avant qu’ils ne déjeunent et fassent ainsi une pause. Tandis qu’elle continuait d’user de sa magie pour redonner un coup de neuf et de très propre à l’endroit puis en venant l’aider, faisant monter le matériel qu’il lui demandait par un système de cordes et de poulies, le jeune homme s’activait et pas qu’un peu, ne lésinant pas sur l’effort. Tant et si bien que ce fut elle qui dut l’appeler, le gronder et léviter jusqu’à lui pour lui faire remarquer qu’il faisait quasiment nuit !!!!
Ils retournèrent aux sources chaudes puisque la salle de bain était inatteignable pour l’instant et elle remarqua très vite que malgré son sourire fier le beau jeune homme semblait exténué…
Rapidement ils rentrèrent, dinèrent, parlèrent un peu puis lui s’endormit très vite sous la caresse dans ses cheveux…
Le lendemain matin quand elle s’éveilla il était parti, elle commençait plus tard et le jeune homme travaillerait probablement depuis déjà plusieurs heures quand elle commencerait pour sa part… Mais c’étaient des horaires décalés peu gênants finalement puisqu’il devait revenir travailler sur le chalet et continuer puis finir les travaux au plus vite ! Sur une petite planche contre la cheminée qui avait pris des tas de nuances pendant la nuit, douces et hypnotisantes, il avait gravé qu’il l’aimait… et « à très vite ma princesse ».
Oui… Décidément… Ca commençait bien…
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Cassidy Herediane
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MessageSujet: Re: Comment se retrouver pour mieux s'aimer...   Dim 26 Avr - 19:19

Leur début de voyage était plutôt intense… dans tous les sens du terme. Entre les révélations et le départ d’Alanir et les tentatives de la petite mage pour assouvir ses pulsions avec son compagnon, il y avait beaucoup de choses. Un long travail les attendait.

Elle était d’ailleurs totalement dépitée le matin même, en se rendant compte qu’alors qu’elle était en pleine action, sans savoir pourquoi, son corps avait lâché. Cela avait frustré la petite mage. Pas autant que son compagnon certes, qui lui était resté sur sa faim, mais le réveil était brutal.

Cependant, il ne semblait pas vexé, en colère et tentait surtout de la rassurer. Ses paroles étaient plutôt encourageantes et la petite mage semblait rassurée, même si sa faim devenait de plus en plus pressante. Le fait de ne pas aller au bout ne lui plaisait pas non plus. Après tout, elle croyait en Tristan, elle savait qu’il n’était pas comme Ikaël et qu’il ne lui ferait jamais de mal au contraire. Elle le savait, elle le sentait, qu’il ferait tout pour que cette nouvelle fois soit magique. Et cela la rendait bien impatiente, bien tentée, d’où son côté frustré.

Ils s’étaient baladés dans la petite ville, après avoir appris la décision d’Alanir. La jeune femme était plongée dans ses réflexions, appréciant sa gaufre, quand elle sentit Tristan venir se placer derrière elle et chuchoter deux mots qui eurent l’effet d’une bombe dans le cœur de la petite mage. Elle se mit à rougir et en retour, quand il revint à côté d’elle, elle serra doucement sa main en le regardant d’un air totalement conquis, qu’elle partageait sa pensée aussi. Oui, elle se sentait bien avec lui… peu importe ce qui avait pu se passer avant, l’important c’était le moment présent.

Puis il y avait eu la taverne, ce moment où la petite mage allait sortir de ses gonds. Et heureusement que Tristan était intervenu. Dans un sens, même si elle avait appris à se débrouiller toute seule, elle semblait plutôt heureuse qu’il prenne les devants et cela l’apaisait énormément. Peut être ne le sentait-il toujours pas, mais sa magie était instable. Elle pouvait faire plus de mal que ce qu’elle voudrait et jamais il ne devrait la laisser faire. Et puis, avant de repartir, il avait sorti une petite déclaration qui lui avait fait chaud au cœur. Même si la demoiselle donnait l’impression de tout vouloir gérer, elle appréciait la déclaration du beau jeune homme. Et si il l’avait regardé un peu plus longtemps, il aurait peut être vu de la gratitude dans les yeux noisettes.

Et puis il y avait eu cet exercice. Non elle n’était décidément pas prête. Quelque chose bloquait en elle, quelque chose de très fort. Etait-ce à cause du dragon qui l’avait mutilé ? A cause d’Ikaël ? Des esprits dragon qui lui avait lancé un sort pour qu’elle s’éloigne de son fiancé ? Et elle était incapable de le dire à Tristan, pour qu’ils continuent d’espérer, pour ne pas qu’ils abandonnent. Même si à l’heure actuelle, il n’y avait pas beaucoup de solutions. Cependant, lorsqu’elle avait couru vers lui, de la peine, de la tristesse, agitaient le cœur de la petite mage. Mais il se réveilla assez rapidement et elle en fut toute surprise, tellement surprise, qu’elle n’avait rien dit, à part s’évanouir.

Quand elle se réveilla, elle sentit tout de suite que le jeune homme était plutôt contrarié, voire furieux. Elle l’écouta parler et ouvrit doucement la bouche pour tenter de se justifier mais la jeune femme baissa la tête, honteuse. Cela devait rassurer le jeune homme qu’elle l’écoute et ne s’énerve pas, chose qu’elle aurait fait avant. Mais quoi lui dire ? Que c’était pour le protéger ? Que c’était pour ne pas lui faire de mal, ne pas lui montrer une nouvelle fois que sa magie le repoussait ? Il était gentil dans ses paroles, quoique très sérieux. Cela avait de l’impact pour la petite mage, elle sentait qu’il était vraiment prêt à tout… alors qu’elle culpabilisait et s’en voulait pour ce qu’elle lui faisait subir. Peut être y trouvait-il là une punition bien mérité mais elle… elle ne supportait pas ça. Et puis, elle le savait, ses baisers ne marchaient pas aussi efficacement qu’avant, il mettait plus de temps à guérir, c’était certain. Et elle ne voulait plus prendre de risque… plus lui faire de mal. Mais Tristan était très borné aussi. La petite mage avait acquiescé d’un mouvement de tête, émue, surprise, avant de se serrer contre lui. Plus de peur que de mal mais quand même…

Il y avait cependant de l’amélioration dans leur relation. Il proposait même de nouvelles approches pour qu’elle s’habitue à sa présence en dragon. La première fois il était bien trop loin et elle n’arrivait pas à le sentir. La deuxième fois, il était plus proche et même si il faisait preuve de soumission, la demoiselle restait assez… concentrée. Pas qu’elle ne voulait pas ! Mais juste qu’elle bridait sa magie par la force de sa volonté et sans utiliser les bracelets comme Tristan lui avait interdit. Et il du bien se rendre compte également qu’elle l’écoutait sur ce point là, même si Cassidy n’était pas très rassurée.

Avant de partir de la première ville, elle se rappelait très bien lorsqu’il lui avait tendu son bracelet pour se museler et sa petite déclaration. Elle était on ne peut plus d’accord avec lui et semblait ravie de pouvoir voir l’effet qu’elle faisait à son compagnon.

Enfin ils arrivèrent au village. Cassidy était tout à fait enchantée et même le fait de dormir dans une vieille bâtisse ne freinait pas son envie de rester ici. Formules de politesse avec le chef puis découverte de leur nouvel habitat. Cassidy avait regardé Tristan d’un air suppliant, comme si elle désirait plus que tout qu’il s’occuperait de remettre l’endroit en bon état ! Il semblait d’accord même si son air concentré prouvé qu’il était en pleine réflexion. Il parlait même d’un enclos pour les chevaux d’abord. Elle hocha doucement la tête. Et puis il l’avait rattrapé alors que la petite demoiselle était bien imprudente au final.

C’est donc pour se changer les idées qu’elle était allée chercher du travail…

Mais en revenant, tout ne s’était pas passé comme prévu. Rien de grave, rien de méchant, mais cela avait suffit pour la mettre de mauvais poil. Il avait l’air plutôt content lui mais comprit rapidement que quelque chose ne tournait pas rond. Si lui raconter l’affaire n’était qu’une simple routine, elle s’arrêta net, cherchant un signe, qu’il ressentait mieux leur lien, même si c’était qu’un sentiment de colère et de frustration. Cette simple déclaration donna à la jeune femme une excellente humeur, bien qu’elle ne savait pas si Tristan avait deviné par le lien ou bien qu’il la connaissait par cœur. Mais elle préférait espérer.

Ils décidèrent de tester les sources chaudes un peu plus loin, pour se détendre de leur voyage. Cependant Cassidy n’avait pas seulement envie de passer un moment à se prélasser et puis… cela faisait plusieurs jours qu’ils voyageaient sagement, elle en devenait impatiente ! Et lui aussi d’ailleurs. Au moins ils étaient sur la même longueur d’onde. Mais alors que leur respiration s’emballait, alors que le souffle se perdait, une chose se produisit. Elle était collée tout contre lui, appréciant chaque nouvelle caresse, chaque nouveau baiser quand soudain elle l’entendit crier. Surprise, elle recula de quelques pas. Il saignait et elle fit en sorte de l’aider à guérir, se rappelant que ses baisers étaient redoutables contre les blessures et pourtant là ça mettait du temps à partir. Cela fit prendre une nouvelle fois conscience à la demoiselle qu’ils étaient très loin de leur complicité d’avant et elle se sentit triste pendant un moment.

Mais elle changea de sujet et lui redemanda au sujet du chalet. Il se lança dans un monologue passionné et semblait tout à fait heureux, des idées plein la tête, ce qui tira un sourire amusé à la petite demoiselle. Il lui demanda ensuite ce qui était possible comme travail. La demoiselle avait levé les yeux au ciel, réfléchissant un instant.

« Oh pas mal de choses pour un petit village… chasseur, trappeur, pisteur… aussi assistant pour le forgeron… qu’est ce que j’ai encore vu… bûcheron-menuisier… cuisinier… travail à la taverne… missions diverses des habitants… y a beaucoup de choses à faire à l’extérieur aussi, comme c’est un village un peu coupé du reste, ils se débrouillent entre eux pour les ressources… »

Tristan semblait très emballé pour être bûcheron-menuisier. Elle le jaugea du regard et émit un petit rire taquin.

« C’est vrai pas mal… Tu peux être sûre que je tournerais souvent vers ton lieu de travail alors ! Y a des jolies choses à voir et je ne compte pas louper le spectacle qui peut éclairer ma journée ! »

Elle lui tira la langue. Quand il lui demanda pour elle, le jeune homme proposa le travail à la taverne. Les traits de Cassidy se durcirent alors qu’elle secouait les mains d’un air négatif. Ah non décidément elle ne voulait absolument pas retourner dans cet endroit et subir de nouvelles moqueries !

« Heu nan Tris’… pas ça c’est pas une bonne idée je sais pas si je… »

Mais il la calma d’un baiser et avait de solides arguments pour sa défense ! Elle le regardait faire mais au final, il semblait tellement insister pour qu’elle se lance qu’elle n’avait pas le choix. Et puis, à force de parler de cette histoire, cela lui retournait les idées à la petite mage et un doux frisson l’agita de haut en bas. Ooooou qu’il finisse là parce que sinon elle allait se remettre à briller et… Il semblait amusé, elle lui tapa le bras d’un mouvement un peu faiblard pour la forme.

« Ok, ok… laisse moi y réfléchir… »

Finalement elle accepta et ils se rendirent au village pour proposer leurs services. Pour la demoiselle, le tavernier était bien surpris de la revoir, surtout après cette provocation. Mais il devait reconnaître qu’elle avait du cran, sachant pertinemment que les hommes rôdaient.
Cependant, elle était bien agréable la petite mage et pouvait être d’une grande aide. Il lui posa des questions au niveau de la cuisine, des comptes. Elle expliqua avoir gagné un concours de cuisine il y a quelques années, que sa magie lui permettait de travailler vite et bien et pour la partie avec les chiffres, qu’elle avait tenu pendant un an une administration et un budget assez conséquent. Cela semblait lui convenir et il lui donna ses horaires pour qu’elle revienne le lendemain et lui montre sur le terrain ce qu’elle valait.

Lorsqu’elle rejoignit Tristan, il était aussi content, et son test s’était bien passé. Ils parlèrent longuement avant de rentrer au chalet et la petite demoiselle semblait toute excitée, même si elle lui sortit une étrange phrase… alors que lui lui parlait de nettoyage.

« Si tu pouvais préparer la chambre en premier et installer un lit… j’ai hâte de tester cet endroit… surtout que d’ici, on ne nous entendra pas du village… ah et aussi là contre la cheminée ça m’a l’air pas mal… juste s’appuyer le long des pierres et… »

Elle se mit à rougir, consciente de sa demande, absolument pas anodine. Tristan déclara alors aller chasser. La petite mage s’occupa alors d’un claquement de doigt de faire apparaître eau dans des seaux, serpillères, chiffons et orchestra le tout pour nettoyer la cheminée et ses alentours. Le résultat était impressionnant car les pierres aux lueurs magiques étaient totalement féériques et donnait une allure charmante et romantique. Elle fit glisser les bûches dans la cheminée et du bout de la main, fit apparaître une flamme qui vint se loger à l’intérieur et commença à mordiller le bois à l’intérieur. Cassidy était vraiment à l’aise avec la « magie » d’Alanir, bien plus qu’avant. Ce qui était très étrange… Elle avait bien du accepter ce dragon en elle pour pouvoir utiliser son pouvoir, alors pourquoi n’y arrivait-elle pas avec Tristan ? Peut être qu’Alanir n’avait rien fait lui…

Elle était occupée à retourner les rondins dans la cheminée quand Tristan rentra et qu’elle l’accueillit, un sourire sur les lèvres. Elle prépara le repas du soir, ils mangèrent, se complimentèrent, parlant de tout et rien. Cet endroit allait les aider, elle en était certaine ! Déjà ils se sentaient mieux, loin de la présence d’Ikaël, des dragons… de tous leurs malheurs… Tristan prenait très à cœur la réparation de leur nid douillet mais elle était venue le réprimander. Quand même, il fallait qu’il pense à dormir un peu ! Ils s’étaient couchés sur le matelas de fortune et s’étaient endormis assez rapidement, épuisés par leur première journée mais heureux, ça c’était sûr !

Le lendemain matin, Cassidy s’était levée, s’étirant adorablement, et clignant des yeux. La présence de Tristan à ses côtés avait disparue. Cependant, la demoiselle ne s’inquiétait pas, puisqu’ils en avaient discuté la veille et surtout, qu’il devrait se lever plus tôt qu’elle. S’étirant un instant, les bras en l’air en fermant les yeux, sentant ses muscles se détendre, Cassidy ouvrit une nouvelle fois les yeux. Elle se leva et se dirigea vers la cheminée pour apercevoir les mots qui avaient été gravés sur une petite pancarte. Un sourire apparut sur son visage alors qu’elle se mit à toucher les lettres du bout de ses doigts. Oui il avait raison, ça commençait bien… Ils avaient un nouveau terrain de jeu, un nouveau terrain où les dragons, les emmerdeurs, les créatures bizarres ne les trouveraient pas. Dans cette petite ville isolée, difficile d’accès, au moins ils étaient tranquilles pour un moment.

La demoiselle s’habilla, un peu angoissée et stressée par ce qui l’attendait. Même si Tristan lui avait fait comprendre que c’était une bonne idée, elle n’avait pas du tout confiance en elle. Il ne fallait pas oublier qu’elle avait passé une année entière, loin des communautés, loin des autres et dans un environnement où le danger rôdait derrière chaque arbre. Elle avait sorti un miroir qui flottait devant sa tête pendant que la petite mage prenait le temps de se refaire une tresse. Et qu’elle se maudissait de devoir recommencer plusieurs fois ! Des mèches partaient un peu dans tous les sens.

Enfin, elle sortit de leur logement temporaire et se mit à marcher vers le chemin de la ville. Le temps était frais, quelques flocons tombaient et se posaient doucement dans la neige. La petite mage était pensive. Le froid ne la dérangeait pas plus que ça maintenant, même si elle avait quand même mis son bandeau dans les cheveux pour éviter les questions gênantes.

Son regard se tourna un instant vers les immenses arbres qui encadraient le chemin. C’est vrai que Tristan avait trouvé un travail de bûcheron, un truc comme ça. Un sourire malicieux apparut sur le visage de la demoiselle. Une idée lui était venue dans sa petite tête, si motivée et convaincue pour améliorer les choses avec son amoureux. Et si elle apprenait à le retrouver grâce à leur lien et non pas avec son pendentif ? Cela lui ferait certainement plaisir de voir tous les efforts qu’elle pouvait faire et que cette fois c’était elle qui tenait à lui prouver plus par des actions que des paroles, qu’elle était tout à fait disposée à reprendre là où ils s’étaient arrêtés avant leurs malheurs.

Elle s’arrêta un instant et ferma les yeux. La magie environnante était perceptible, présente. Depuis son séjour sur l’île, elle arrivait mieux à ressentir les flux magiques, invisibles à l’œil nu, mais qu’on pouvait ressentir, pour mieux s’en servir. Les gens aussi. Les gens dégageaient une aura, plus ou moins puissante, elle arrivait aussi à le sentir. Chaque personne avait sa propre signature, une identité qu’elle arrivait à ressentir. Elle chercha mentalement, au milieu des arbres aux alentours, la signature de Tristan. Malheureusement, il devait être un peu trop loin et elle n’arrivait pas à retrouver sa trace. Et puis avec tous les courants supplémentaires, difficile de tout séparer. Leur lien devait être vraiment fragile pour que cela soit aussi dur. Pourtant, elle n’avait jamais réussi à le pister avec leur lien, du moins, pas de manière normale. Seul Tristan y arrivait. Mais c’était la bonne occasion pour continuer à s’entraîner dessus et lui faire la surprise de le rejoindre. Elle imaginait déjà sa tête quand elle le retrouverait. De la surprise, peut être de la fierté, de l’amour oui… Cela le rassurerait elle en était certaine !

Elle secoua lentement la tête pour revenir dans le monde réel et continua son chemin. La petite ville se dégageait fièrement au loin. Cassidy s’empressa de prendre la direction de la taverne. Il n’y avait pas encore de clients à cette heure ci. Le patron avait tenu à lui faire visiter les lieux, lui donner les recommandations, ce qu’elle devait faire…

C’est donc souriante que Cassidy entra dans la taverne et salua son patron. Celui-ci lui expliqua donc comment fonctionnait son établissement. Il lui montra la cuisine, le registre, le bar puis l’emmena à l’extérieur pour lui présenter une réserve qui contenait du matériel, d’autres aliments, du vin. C’était un homme plutôt bourru, carré, qui savait dans quelle direction il allait. La jeune femme suivait ses instructions en hochant la tête plusieurs fois, s’inclinant en signe de respect.

Ils étaient rentrés et le patron lui donnait les dernières recommandations quand un gros chien s’approcha d’eux. Le chien du patron, imposant, que Cassidy n’avait pas vu hier pendant son test. Dans sa position, il lui arrivait au ventre. Sur deux pattes, il serait presque à sa taille ! Il avait un museau plutôt fin, des yeux ambrés et un pelage bien fourni, d’une couleur argenté, qui lui faisait penser à un loup. Le chien s’approcha d’elle, huma l’air, puis, sans crier gare, se mit sur ses deux pattes, basculant en avant, à la grande surprise de la petite mage et poussa un aboiement joyeux en manquant de lui lécher le visage. Elle manqua de tomber en arrière, c’est qu’il était lourd ! Le tavernier était plutôt amusé.

- Ca alors ! C’est bien la première fois que je le vois aussi joyeux avec un étranger ! Bonne chose jeune fille, Argane n’est pas un chien facile à apprivoiser, il se méfie de tout le monde !

Le chien aboya une nouvelle fois alors que Cassidy était un peu surprise. Il lui faisait penser à Orion, le petit chat qu’elle n’avait pas vu depuis si longtemps à l’académie. Depuis le temps, elle se demandait si il n’était pas parti…

La journée commença enfin et les premiers clients entrèrent. Fébrile, la demoiselle était encore un peu stressée. Le patron lui avait donné une autre tenue, histoire qu’elle se démarque bien. Une tenue confectionnée par une de ses amies couturières. Adorable robe bleue, qui lui arrivait aux genoux, un tablier passé sur le dessus pour ne pas se salir.

Les clients semblaient curieux et intrigués par cette nouvelle serveuse mais une fois l’effet de surprise passée, ils retournèrent à leurs discussions.

Pendant toute la matinée, Cassidy s’appliquait le mieux possible à servir, préparer des plats en cuisine (la magie était bien utile). Quelques fois elle manqua de tomber ou de faire tomber une cruche de son plateau, sa maladresse toujours bien présente mais heureusement que sa magie rattrapait bien des choses !

Et puis, vers les alentours de midi, une étrange chose se produisit.

Elle était tournée vers le comptoir, en train de récupérer un plateau que lui tendait le tavernier quand la porte de l’établissement s’ouvrit à nouveau. Instinctivement, elle le sentit. Pas besoin de se tourner pour savoir qu’il était là ! Et que c’était bien LUI qui était entré. Son cœur battit un peu plus fort alors que l’expression de son visage changea, rougissante. Une douce chaleur l’envahit. Lui avait-il manqué à ce point ?

Elle se retourna doucement et son regard croisa celui de Tristan. Même si ce n’était qu’une matinée et qu’elle était fortement occupée, le jeune homme lui avait déjà beaucoup manqué ! Sans qu’elle ne sache pourquoi alors qu’ils étaient ensemble, passaient leur temps ensemble. Il était accompagné par ses collègues mais lui aussi s’était arrêté en la fixant, peut être un peu trop intensément. La demoiselle se mit à rougir encore plus.

Sans crier gare, sa lueur dorée s’éveilla. Elle n’apparut pas difficilement, ni comme un phare particulièrement éblouissant mais normalement, comme à son habitude avant que tous leurs malheurs leur tombent dessus. Une petite demoiselle qui brille, ça attire l’attention forcément ! Et beaucoup de personnes avaient arrêtés leurs conversations en se tournant vers elle, curieux. Les clients ne paraissaient pas en colère, ni effrayés. Sa lumière n’était pas vraiment offensive. Et pourtant, elle ne voyait pas le regard des autres, comme si le temps s’était arrêté, comme si il n’y avait que Tristan en face d’elle.

Cassidy était bien la seule qui n’avait rien remarqué. Etait-ce à cause de ce que Tristan avait dit la veille ? Etait-ce parce qu’elle était en manque et que cela devenait de plus en plus pressant ? Difficile à dire…

Elle se mit à rougir, un sourire aux lèvres, encore inconsciente par les caprices de son corps et se tourna pour récupérer le plateau alors que le tavernier la fixait étrangement aussi. Lorsqu’elle aperçut sa main qui s’était teintée de cette lueur, elle étouffa une exclamation de surprise et manqua de faire tomber son plateau. Son esprit carbura à toute vitesse.

*Quoiiiiiiiiiiii ?!? Mais comment… comment ! J’y ai pas pensé aussi fort que ça quand même ! Bon un peu mais… rhaaaaa punaise il a fini de me faire cet effet là ? Grrrrr vilain Tristan ! Maintenant j’ai des idées pas nettes… Je fais comment maintenant ? Je vais pas invoquer un nuage de pluie dans la taverne ! Aller me rouler dans la neige dehors ? On va me prendre pour une dingue ! Calme-toi Cassy… Calme-toi… Et si ça part pas ?*

Dans un sens, elle voulait que Tristan prenne tout son temps (pour pouvoir mieux en profiter) et dans un autre sens, elle avait bien conscience que les gens chercheraient à comprendre ce qui se passait. La jeune femme regardait son patron et était bien incapable de lui dire la raison du pourquoi et comment. Elle semblait cependant bien embarrassée pour trouver un prétexte !
C’était peut être le moment pour son chevalier de voler à sa rescousse non ?
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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: Comment se retrouver pour mieux s'aimer...   Mar 28 Avr - 18:33

"Si tu pouvais préparer la chambre en premier et installer un lit… j’ai hâte de tester cet endroit… surtout que d’ici, on ne nous entendra pas du village… ah et aussi là contre la cheminée ça m’a l’air pas mal… juste s’appuyer le long des pierres et… "

Elle tournait en boucle dans son esprit, cette phrase.
Quand la petite demoiselle l’avait prononcée il n’avait pas réussi à deviner si elle le taquinait ou si ses pensées lui avaient échappé… Peut-être les deux…

Elle rougissait… Elle n’arrêtait pas de rougir, à croire que c’était devenu un parfait automatisme. Enfin… Il en avait eu l’habitude tout de même. La voir rougir… Il avait rapidement dû s’y habituer puisque tout ce qu’il pouvait dire et faire finissait par attirer des couleurs à la demoiselle, plus efficace qu’une exposition longue durée au soleil !!! Et moins douloureuse. Ah oui, bien vite à l’Académie elle avait appris que résister aux bêtises de ce chenapan ce n’était décidément pas une mince affaire ! Mais il l’avait tout de même diablement pervertie.

Il y pensait en l’observant dormir, si adorable, si craquante.
La veille n’était qu’un vague gallon d’essai pour commencer leur nouvelle vie. Beaucoup d’évènements en peu de temps: arriver, découvrir le chalet, chercher du travail, en trouver, nettoyer, estimer les travaux, les commencer, se perdre presque, un court instant dans les tentations du désir dans ces sources chaudes.

Tristan poussa un léger gémissement en fermant les yeux. Y repenser lui mettait les idées à l’envers. L’attente devenait insupportable, bien plus qu’il ne l’aurait cru… Tellement plus. Oh bien sûr, avec elle ça avait toujours été différent. Il ne lui avait jamais vraiment dit. Il n’avait jamais osé… Mais elle était la seule femme à le faire fondre à ce point. Jamais, oh grand jamais il n’avait désiré de demoiselle plus ardemment qu’elle, ça l’avait longtemps troublé, chamboulé, en particulier alors qu’il avait effacé les souvenirs de sa douce et qu’il ne restait pour elle qu’une brusque aversion pour les hommes, pour lui, le goût sucré, merveilleux, doucereux, de sa peau et d’une promesse à jamais inaccessible. A jamais… Pas vraiment. Certes, il n’avait eu de cesse d’essayer de se consoler dans les bras ou plutôt entre les cuisses d’autres femmes, dans l’alcool et les batailles, dans l’adrénaline et le goût du dangers, mais ça n’avait jamais marché…

Il avait fui les blondes qui meurtrissaient son coeur amoureux par le simple éclat de leur chevelure, coeur amoureux qu’il s’était si hostilement obstiné à démentir, à cacher, à étouffer. Oh coeur amoureux à jamais à une seule.
Oui, avec elle ça avait toujours été différent. Il rouvrit les yeux sur un sourire éphémère, doux et triste en même temps. Dieux qu’il aimait cette femme si douce et si forte en même temps. Dieux qu’il l’aimait oui… Par pitié, qu’on le laisse l’aimer comme elle le méritait, enfin, qu’on le laisse la chérir… L’attente oui, était insupportable… Etre si proche d’elle, si proche et ne pas pouvoir… ne pas avoir le droit… Non, ce n’était même plus une histoire de droit là. Ils étaient bloqués. Encore. On leur en voulait décidément beaucoup parce que pour les bloquer sur ce plan là on s’appliquait un peu trop depuis le début de leur relation. On ? Divinité, destinée… Peu importe.
Et puis… Ca lui manquait de ne plus voir son petit sourire épanoui et comblé. Parce qu’il y arrivait ça non ? A la combler… C’était bien une des rares choses dans laquelle il était… à peu près confiant après tout. Enfin juste à peu près à présent parce qu’avec l’histoire d’Ikaël, il se posait des questions.
D’ailleurs quelle surprise de voir qu’elle n’avait pas brillé pour Ikaël… C’était lui après tout, c’était son corps, c’était son odeur, ses muscles, son sourire renversant… Mais ce n’était pas lui et d’une façon ou d’une autre, même le corps de la petite mage le disait… alors que l’alchimie entre eux aurait pu suffire. Non, il manquait l’amour, il manquait la tendresse et le partage. Décidément… Elle ne cesserait jamais de le surprendre.

Ca lui manquait… Il le voyait bien sur ses traits d’ange. Elle le lui avait plus ou moins avoué aussi et qu’il l’avait trouvée belle et désirable à cet instant, petit bout de femme qui s’affirmait. Tellement plus petite que lui, tellement plus forte. Oh qu’il l’aimait, qu’il l’admirait sa princesse enchantée…
Mais bref… Sa phrase de la veille tournait dans son esprit, en boucle, phrase absolument pas anodine. Une de plus pour lui rappeler que la demoiselle se sentait prête pour essayer, se sentait prête pour tenter, une fois de plus. Elle n’appréciait pas ces barrières entre eux, il le voyait bien. Elle n’appréciait pas plus que lui d’ailleurs, de ne pouvoir assouvir ses pulsions. Parce que des pulsions, ça ils en avaient et à revendre ! Non mais sérieusement, un seule regard de l’autre et c’était le brasier garanti ! Pas facile à assumer quand on ne peut se laisser consumer !
Promis… Sa prochaine étape serait de travailler sur la chambre, leur chambre… et plus important que tout, trouver le moyen de progresser avec la jolie demoiselle. Un sourire pervers éclaira le visage du jeune homme, oh qu’il avait hâte d’entendre à nouveau ses gémissements et doucereuses suppliques…

Le beau jeune homme caressait le visage de sa promise du bout des doigts, souriant au petit ange qui se blottissait entre ses bras. Il déposa de tendres baisers, légers comme le frôlement d’un papillon sur ses traits apaisés, prenant fort garde de ne pas la réveiller, surtout pas. Puis il se leva, se prépara, grava ce petit message dans une plaque de bois qui finirait au feu et le coeur pétillant de bonne humeur et de certitudes, de courage et de bien-être, avala un café brûlant et sortit rapidement sceller son cheval. Il faisait encore nuit dehors, l’air était glacial… Ici les températures descendaient vraiment bien en dessous de ce qu’ils avaient connu mais l’idée de réchauffer sa compagne d’une manière ou d’une autre lui mit du baume au coeur et il partit sur le lieu fixé par le rendez vous, un peu en dehors du village, carrément en dehors en fait. Pour ce premier jour, c’étaient essentiellement du travail de bûcheron dont il était chargé et il ne tarda pas à rejoindre ses camarades.

Tous de solides gaillards, essentiellement jeunes, il n’aperçut aucun homme de plus de quarante ans. Probablement que pour des humains, ce travail-là, épuisant devenait difficile. Ils se concentraient par la suite sur l’autre partie de leur métier, menuisier. Ca… C’était aussi bien du pratique que de l’art après tout. L’homme qui l’avait engagé, aussi grand que lui mais incontestablement moins bien taillé, tenait plus de l’ours qu’autre chose. Il sourit en le voyant si ponctuels, arrivant même avant les autres. Une main puissante s’abattit sur son épaule, toute poilue, elle aurait projeté bien des hommes en avant mais le garçon ne fit que frémir sous l’impact. Ca aussi ça plut à son patron.
Rapidement tout le monde fut là. Certains baillaient encore, étirant les muscles puissants forgés par ce travail rude. Ah ben elle avait raison la petite mage, il y avait de quoi s’occuper les yeux avec tous ces mâles, tous très grands… vraiment grands… Une particularité du coin oui probablement et sans doute nécessaire pour leur travail…

Tous se mirent torse nu sans attendre. Tristan hésita une seconde, surpris de leur extraordinaire tolérance au froid puis finit par les imiter, pas peu fier de ses muscles bien mieux dessinés que ceux de ses congénères.
Bon pour la résistance au froid il comprenait beaucoup mieux brusquement, la plupart étaient… sacrément poilus ! Bon d’accord ça faisait viril mais quand même… Il fronça légèrement les sourcils, songeant à sa compagne… Et elle ? Elle préférait quoi au juste ? Il ne lui avait jamais vraiment demandé. L’un des hommes, grand rouquin avait une telle toison écarlate sur le torse qu’elle pouvait presque rivaliser avec l’éclat de ses propres cheveux !
Pour sa part, il réprima un léger frisson qui aurait pu le laisser paraître faible et  eut droit aux regards inquisiteurs de ses camarades auxquels leur chef l’avait présenté. Certains semblaient indifférents, d’autres pas réveillés, d’autres encore, souriants. L’un d’eux vint même lui asséner une sacré claque sur les abdominaux. Il demeura impassible même s’il lui avait coupé le souffle sous l’impact. Or de questions d’avoir l’air faible, en particulier face aux rudes hommes du nord.

- Non non, c’est du vrai… Dis donc gueule d’ange, tu vas nous ameuter encore plus de filles toi… Salut moi, c’est Raph !
- Salut… Tristan.
- Ouais j’avais cru comprendre. Mais désormais ton nom ce sera Gueule d’ange le bleu ! Rite de passage chez nous, un surnom… et c’est que le début. Crois-moi l’initiation par ici c’est pas pour les faiblards.

Tristan se contenta d’un léger sourire crispé alors que le dénommé « Raph » partait d’un grand éclat de rire. Il faisait presque sa taille, à deux-trois centimètres près et devait à peu près avoir son âge, ou quelques années de moins mais pas beaucoup. Les cheveux blonds, presque blancs il conservait encore ses traits d’adolescents malgré ses joues mangées par l’ombre d’une barbe blonde de quelques jours… et il semblait presque aussi solidement bâti que lui bien que les muscles moins marqués que ceux du jeune athlète au physique si « soigneusement » travaillé pour le plus grand plaisir de ces dames, enfin surtout d’une seule guère partageuse il va sans dire…

Rapidement néanmoins ils furent mis chacun devant leurs tâches respectives et commencèrent leur travail. Adaptable, le jeune homme n’avait pas vraiment besoin qu’on lui explique ou plutôt qu’on lui montre comment faire son travail. Il s’y lança sans rechigner, en premier lieu, abattre un des arbres préalablement marqué. Il s’y attela donc rapidement, mettant du coeur à l’ouvrage, retrouvant avec plaisir la sensation de l’effort du travail physique. Sa hache n’était pas spécialement lourde pour lui, c’était un instrument long et solide. Le premier coup contre l’écorce encore gelée du matin fit trembler tous ses muscles alors que lui-même était surpris par la robustesse de l’arbre. Jetant rapidement un oeil autour de lui, il remarqua que cela ne gênait nullement ses camarades, dont Raph un peu plus loin qui avait déjà entamé une lancinante cadence de coups répétés. Ils étaient quand même rudement solides ces gars. Le jeune homme réajusta sa prise et sa position, esquissa un sourire et attaqua le long abattage.

Il apprenait au fur et à mesure, en regardant les autres et soupçonnait sans mal leur chef d’y voir le meilleur enseignement qui soit. Ce qu’il apprenait de lui-même, en observant et en réappliquant par la suite serait toujours bien plus efficace que ce qu’on se contenterait de lui expliquer, fade théorie…
La matinée s’écoula très rapidement… Chacun avait abattu un énorme arbre… Enfin énorme… Ils n’étaient ni si gros ni si haut, enfin comparé à d’autres de la forêt mais Tristan n’en avait que peu vu de cette taille. Contrairement à ce que les températures glaciales laissaient annoncer, la nature n’était pas toute rabougrie, bien au contraire. Les géants verts s’élevaient, immense au-dessus de leur tête: toutes sortes de pins mais aussi d’autres arbres, actuellement dépourvus de feuilles. Parce qu’elles poussaient ??? Il y avait vraiment une sorte de printemps dans ces zones gelées ??? Il peinait à y croire, persuadé jusqu’alors que tout était froid et morne. Bien sûr, il avait voyagé dans le nord mais jamais aussi loin… Là où il s’était rendu… non, il n’y avait pas de forêt comme celle-ci, ni de lacs miroitants gelés, ni de pentes enneigées qui lui donnait l’envie de retourner luger avec sa compagne, ni…

Grave erreur…
Penser à elle… Forcément…
Ca distrayait.
Le regard du jeune homme s’était perdu dans le vide alors qu’il suivait une nouvelle étape de travail. L’arbre abattu, il fallait en couper toutes ses branches pour ne laisser que le tronc principal ce qui prenait déjà un temps fou vu la taille des géants abattu, puis découper toutes les branches… selon leur taille soit en rondins qui serviraient à la chauffe ou en planches fines pour les constructions, soit en fonction de la qualité en matériau premier pour les ébénistes ou tous ceux qui manipulaient le bois par ici. Et vu tout ce qu’il y avait en bois… quasiment tout le monde faisait quelque chose avec.
Bref… Mauvaise idée de penser à elle. D’abord ce fut son sourire qui envahi son esprit, ses traits adorables… oh oui, ce sourire qui lui retournait l’estomac et faisait faire le yo-yo à son pauvre coeur, l’éclat de ses yeux noisette rieurs qui retrouvaient leur éclat après une trop longue année de souffrance. Elle articulait des mots qu’il n’entendait pas alors qu’il se concentrait, trop intensément sur ses lèvres bien trop désirables. Et à partir de là ses pensées partirent forrrt loin de la forêt, de ses camarades… Ses oreilles commencèrent à bourdonner légèrement, son regard se voilant de plus en plus alors que ses pupilles se dilataient de plus en plus. Oh il l’imaginait très bien… Se réveiller, s’étirer, sexy dans sa nuisette qu’elle tenait absolument à porter malgré les températures, l’agitation de son corps mince sous la couverture. Elle était allongée, lui faisait un sourire beaucoup trop provocant, tendait les bras vers lui en écartant la couverture.
Ce fut l’incendie dans ses reins mais encore et surtout la douleur dans son bas-ventre qui rappela le jeune homme à l’instant présent… Entre autre parce qu’il était tellement étourdi malgré les gestes automatiques de découpes qu’il avait glissé, un peu, juste un peu, sur le sol par endroit gelé sous la neige fraiche et qu’en se réceptionnant sans mal il s’était retrouvé appuyé contre une branche… de face… Branche qui avait heurté, sans violence certes, son entrejambe mais qu’il avait suffisamment sentie pour se rendre compte que cette chipie absente lui faisait encore plus de mal de loin que de près.

Il grogna et se remit au travail en secouant vivement la tête, s’acharnant avec effort pour chasser les volutes d’odeur de la jeune femme, pourtant simple souvenir, qui s’ancrait à son odorat… et à sa chair. Ses camarades ne remarquant rien… Enfin… la plupart. Raph lui s’était arrêté de travailler et le regardait avec un sourire amusé quoique un peu trop appuyé mais Tristan était tellement concentré qu’il n’y fit pas attention.
Il fendait avec ardeur d’énormes bûches pour la chauffes lorsque des éclats de rires l’interrompirent. Tournant la tête il remarqua que tous les hommes s’étaient arrêtés de travailler et souriaient aux femmes qui approchaient, certaines à cheval comme eux le matin même, d’autres dans un charriot, énorme qui devait servir justement à mettre le premier chargement de bois de chauffe. Troublé, le jeune homme se vit rapidement offrir un café brûlant et épais pour donner du baume au coeur probablement, l’énergie des gens du Nord… Elles avaient ramené à manger aussi. Le chef lui avait vaguement parlé de collation le matin que ces dames leur apportaient… Euh… C’était ça la collation ? Le jeune homme écarquilla les yeux immédiatement. Il y avait à manger pour un régiment et ça ne choquait absolument personne. L’une d’elle, une grande blonde, aussi blonde que Raph lui fit un sourire renversant, lui demandant avec un fort accent ce qu’il voulait sur la tartine qu’elle comptait lui préparer: pâté ? Saucisson ? haricots ? Lard ? du sucré peut-être ?
La tartine en question faisait la taille de son avant-bras !

- Euh je… Non merci je…
- Ah… Gueule d’Ange, t’es bien un  gars du sud toi ! Faut t’y faire, tu tiendras jamais avec ces températures si tu manges comme en bas… Va falloir que tu bouffes ! Fais lui une au miel frangine, ça sera bien pour commencer !

Raph… Evidemment, qui lui avait mis un bras autour des épaules et par tous les dieux ce gars avait une force d’ours, il l’avait enfoncé de plusieurs centimètres dans la neige ! Non mais sérieusement !!!! Il l’avait presque projeté sur la blonde qui souriait en fixant les deux hommes. Il n’eut rien à dire qu’il se retrouvait avec une énorme tartine de miel dans les mains et comme il restait bêtement immobile, il eut droit à un soupir à en fendre l’âme du grand blond qui le pinça brusquement ! Et vachement fort en plus ! Il allait avoir un bleu c’était sûr !

- Aie ! Mais qu’est ce que tu…

Pas un mot de plus parce que le dénommé Raph était aussi rapide que bourrin apparemment et lui avait soutiré sa tartine pour la lui enfoncer dans le gosier comme il aurait gavé un canard, un gros canard récalcitrant ! Ahhhh mais il voulait l’étouffer l’animal !!! Tristan s’empressa de mordre dedans pour réussir à respirer un peu, peinant comme pas possible pour mâcher alors que son comparse riait, lui agrippant la mâchoire pour le tourner vers les femmes présentes.

- C’est-y pas vrai qu’il a une sacré Gueule d’angle le petit nouveau ? Enfin petit… T’es grand toi quand même…
- mghnhhhh !
- Oh allez Raph, laisse le manger tranquillement le petiot, tu vas l’étouffer !

Elles riaient. En fait tout le monde riait… Mais ce n’était pas méchant, absolument pas méchant en fait… Tristan eut même le tort d’esquisser l’ombre d’un sourire amusé alors qu’il peinait toujours à mâcher, ce qui fut immédiatement capté par son camarade.

- Tu peux sourire ?! Donc tu peux encore manger.
- gnhaaa att…

Nouvelle bouchée étouffe-crétin… Oui parce que pour le coup, il avait vraiment été crétin… Bonne ambiance, vraiment bonne ambiance alors que tout le monde profitait de cette pause. Après une nouvelle tasse d’un café brûlant et trop sucré, mais encore une fois c’était un mal nécessaire pour le froid, ils se remirent au travail. D’ailleurs le jeune homme nota dans un coin de son esprit qu’il fallait qu’il prévienne sa compagne… Parce qu’elle, avec ses grignotages d’oiseau selon son humeur, elle allait fondre comme la neige… bon ici la neige ne fondait pas du tout mais le principe était là et ça il ne le voulait absolument pas !!! Ils chargèrent le bois puis les femmes repartirent rapidement et ils continuèrent à travailler, commencer à marquer des délimitations sur les troncs, enlevant lentement toute l’écorce dans un travail lent et soigneux, puis commencèrent à découper de longues planches de bois avec différents matériaux, le tout réglé au millimètre évidemment.
Et puis midi arriva sans que le jeune homme ne voit le temps passer. Près de sept heures qu’il travaillait… Il ne s’était qu’à peine étonné qu’ils commencent si tôt à travailler, à la lueur des torches puis que le soleil, qui se levait beaucoup plus tard dans le nord, vienne remplacer lesdites torches magiques qui s’éteignaient progressivement. Le chef déclarait que c’était fini.
Tristan étira ses bras au dessus de sa tête et réprima un grognement… En particulier dans la phase de préparation des planches, il était crispé, très concentré et ses muscles n’avaient pas apprécié les longues poses immobiles. Mais ils travaillaient et sentir leur douleur avait quelque chose de réjouissant, de doux et de rassurant. Ce n’était pas un travail dont il avait l’habitude, son corps avait besoin de temps pour s’y faire, mais il s’y ferait. Ils rentraient au village…

Sur le chemin du retour néanmoins le chef vint se mettre à sa hauteur et lui donna une claque dans le dos. Décidément, ces gens-là étaient très tactiles et aimaient bien les grands gestes virils. Après tout, il avait quand même aperçu les gestes doux, voire timides de certains des grands gaillards avec les dames venues les restaurer.

- Je suis content de toi.
- Merci.
- Non sincèrement. J’attendais que tu viennes demander de l’aide, que tu sois largué et complètement paumé dans ton travail, voire maladroit mais… tu es quasiment aussi rapide que les autres déjà. Ton corps n’a pas servi qu’à fanfaronner auprès de ces dames et ça me rassure. Je vérifie toujours sur le terrain plutôt que par les mots ce que mes hommes valent. Et tu as très bien travaillé ce matin.
- … Merci… A quelle heure dois-je retrouver l’équipe ?
- C’est terminé pour toi aujourd’hui.
- Hein ?
- Oui… Les autres, l’après-midi travaillent soit sur le bois de chauffe, soit sur du travail de finesse.
- Mais je…
- Tu en es parfaitement capable, j’en suis conscient mais ton corps doit s’habituer. Et je ne crois pas me tromper en affirmant que tu as mal partout là… Ne va pas te blesser dès le premier jour ce serait dommage. Pendant quelques jours tu suivras le même rythme qu’aujourd’hui, le temps de t’habituer puis tu pourras imiter les autres… Et puis j’ai cru comprendre que tu avais un autre type de travail qui t’attendait, avec le chalet…
- Ah… ça…
- Je suis curieux de voir ce que tu en feras. Concentre-toi là dessus mais repose toi aussi…
- M… Merci…
- De rien petiot, bienvenue dans mon équipe ! Mais avant quoi que ce soit tu vas venir boire une bonne pinte avec tout le monde.

Il n’eut rien à dire, rien le temps de formuler d’ailleurs qu’il était entrainé avec les autres. D’ailleurs ça tombait bien quand même puisqu’il comptait passer voir Cassidy.
Toute la matinée il avait fait d’énormes efforts pour ne plus que ses pensées s’égarent trop… physiquement vers la demoiselle. Mais cela ne l’avait pas empêché de songer à elle, souvent… tout le temps en fait. Que faisait-elle ? Avait-elle vu son message ? En quoi consisterait son travail ? Comment s’en sortait-elle ? Il l’imaginait au bar, ou du côté du restaurant, adorable serveuse beaucoup trop craquante et son estomac papillonna. La hâte de la voir, de la retrouver se faisait sentir dans chaque fibre de son corps alors que son coeur s’emballait, comme toujours et qu’il se soupçonnait d’avoir un sourire idiot… Bon ça non par contre mais il avait vraiment l’impression d’en avoir un. Pourtant, comme toujours, comme ce qu’elle s’évertuait à croire, il avait l’air parfaitement maitre de lui-même… Juste l’air en fait…

Il suivit les autres dans le village, entra dans le bar et le monde cessa d’exister. Son regard la trouva sans mal malgré les hautes silhouettes qui lui bouchaient un peu la vue. Son regard accrocha le sien et le souffle lui manqua.

Extérieurement pourtant, c’était bien injuste une fois de plus.
La pauvre petite mage qui l’avait senti arriver devait bien constater que son compagnon était toujours beau en toute circonstance. Il entrait d’un pas souple et énergique malgré une rude matinée de travail. Ses marques, même si elles n’avaient pas encore retrouvé leur couleur, se détachait sur sa peau bronzée, tellement plus que celle diaphane des autres hommes qui le précédaient. Il n’avait pas remis sa tunique qui reposait, inutile sur une de ses larges épaules. L’effort avait tendu ses muscles et ceux-ci rendus particulièrement saillants frémissaient légèrement avec la différence de température entre l’extérieur si froid malgré le soleil et l’intérieur chauffé au feu de cheminée. Et puis la fine pellicule de sueur qui les recouvrait n’arrangeait absolument pas les choses… Enfin si ça les arrangeait pour le plaisir des yeux, pour la contenance par contre on repasserait… Ses cheveux étaient tout ébouriffés par le blizzard et avaient même accrochés quelques flocons, mèches rouges et noires mêlées, air sérieux malgré le léger sourire qui flottait sur ses lèvres.
Tous ses camarades étaient également torse nu et furent accueillis par les gens déjà présents par des éclats de voix et des sifflements mi-moqueurs, mi-admiratifs. Quelques voix d’ailleurs demandèrent qui étaient le « petit » nouveau, des voix d’hommes mais aussi de femmes. Sauf que ni l’un ni l’autre ne le remarquait.

Oui, à l’extérieur, beau et imperturbable. A côté de ses camarades, hommes puissants, taillés dans le roc, plus ou moins « masculins » avec tous leurs muscles, tous leurs poils et tous plus ou moins de « musc animal », hommes qui ressemblaient un peu à des ours, de tout âge, du solide et vieil animal comme l’était le chef à la barbe aussi drue que la toison bouclée qui formait un vague Y sur son torse, à Raph, jeune ours, qui ne pouvait se vanter que de sa légère barbe blonde et du duvet de la même couleur, un brin plus foncé sur son corps, dont les autres se moquaient gentiment, oui à côté d’eux, comme il semblait différent, plus souple, plus félin aussi, un tigre parmi les ours… Un dragon en réalité… Mais eux ne le savaient pas…

Enfin bref… Parce qu’au final, les autres, elle ne les avait pas vus… A l’extérieur, tout allait bien… Mais à l’intérieur. Dieux que c’était l’effervescence. Son odeur, délicate, l’avait atteint alors qu’il était encore à l’extérieur et le sourire s’était mis à flotter sur ses lèvres, discret, tellement faible témoin par rapport à ce qu’il ressentait. L’impatience de la revoir. Elle lui avait manqué. Bien sûr que c’était idiot, ce n’était qu’une matinée… Mais elle lui avait manqué… terriblement. Il avait juste envie de courir à l’intérieur, de courir, de sauter par dessus le comptoir et de l’enlacer, la prendre dans ses bras, l’embrasser, ne pas lâcher ses lèvres avant qu’elle ne semble au bord de l’asphyxie, pas avant qu’il lui ait fait passer dans cette caresse tout l’amour et le désir si étroitement enlacés qu’il ressentait pour elle. Elle le repousserait probablement un peu pour la forme ou même beaucoup parce qu’elle travaillait là quand même… mais peu importait. Oh oui, peu importait.
Sauf qu’évidemment il ne le fit pas… parce qu’il voulait vraiment que tout se passe bien pour eux. Et que ce n’était pas un comportement très… adulte.

Alors il rentra normalement, essayant de ne pas presser le pas, devant faire des trésors d’efforts pour rendre sa marche calme, presque indifférente. Il la fixait quand elle se tourna vers lui et son coeur s’emballa en croisant son regard, son visage, son sourire… Aie… Aie… Aie… Il avait eu une crise cardiaque là. Il en était quasi certain ! Une crise cardiaque ! Cette petite mage était décidément bien dangereuse !!!! Bon, en fait il n’avait pas du tout réussi à chasser ses pensées parce qu’il était toujours tout à fait capable d’escalader le comptoir là et de… Ah mais non ! Calme voyons ! Calme et sérénité ! Ses yeux quittèrent son visage, glissèrent sur sa silhouette qu’il pouvait sans mal apercevoir en grande partie du fait de sa haute taille. Elle portait une adorable robe bleue et un tablier, son foulard dans les cheveux. Adorable robe… courte… Bon d’accord, elle n’était pas courte mais à cause des bêtes pensées qu’il avait formulées pour la convaincre d’accepter le poste, elle lui semblait terriblement courte ! Eh bien voilà que le vilain était puni ! Car ses vilaines pensées revenaient le hanter ! Sauf que s’il était torturé par sa proximité et la pointe de désir qui commençait à lui enflammer les reins, le jeune homme se contenait et ne laissait rien paraître d’autre qu’un côté toujours trop sexy, trop calme et trop maitre de lui-même. Malheureusement pour elle, la demoiselle n’avait pas la chance d’avoir sa discrétion… Loin de là…
La soudaine luminosité qui l’entoura fit tourner bien des têtes. Déjà pas mal l’avaient remarquée et saluée, gentiment, les gens étaient gentils dans le coin, la trouvant mignonne cette « petite ». Les camarades de Tristan aussi l’avaient aperçu, l’un d’eux avait même glissé:

- Woh ! C’est qui cette beauté ?

Mais bien sûr Tristan n’avait rien entendu à ce moment-là trop obnubilé par elle, comme elle l’était par lui. Mais personne, évidemment personne ne pouvait manquer la brusque luminosité de la jeune femme. Enfin pas si brusque, douce, lancinante, attirante mais luminosité quand même ! Sa fiancée tenait plus du ver luisant que de la petite serveuse là !!!!
Ca avait arrêté les conversations, fait tourner les têtes mais non personne n’avait l’air effrayé ou en colère, plutôt curieux à vrai dire… très curieux. Elle détourna finalement les yeux de lui, n’ayant pas saisi le léger éclat surpris puis amusé dans le regard de son compagnon… Ou si elle les avait vus, elle ne les avait pas… compris. Elle s’en rendit finalement compte, la dernière évidemment et devint cramoisie ! Ce qui grâce à sa lumière la faisait quand même pas mal passer pour un feu de signalisation ! En plus son patron l’observait en fronçant les sourcils, l’air à la fois inquiet et curieux.
Il ouvrit la bouche pour lui demander si elle allait bien, des explications mais un bruit de pas l’en empêcha… Tristan venait de s’approcher rapidement, contournant le bar et s’était placé derrière la petite mage, adressant un sourire divin au patron.

- Navré, ma faute… Je vous l’emprunte et vous la rends comme neuve tout de suite…

Et sans plus d’explication il la saisit, la souleva, la fit basculer sur son épaule et sortit dans une attitude on ne peut plus virile et suggestive sous le rougissement persistant de sa compagne qui n’avait rien le temps de comprendre d’ailleurs.
L’instant d’après il la déposait à terre et fermait la porte de la réserve. Elle ouvrait la bouche, un peu agacée de son attitude mais il l’embrassa immédiatement, lui coupant toute réplique, la saisit de nouveau par la taille, la posa sur une table dont il dégagea l’encombrement d’un puissant balayage du bras. Alors qu’elle n’avait que le temps d’être surprise, il enfouit le visage dans sa gorge, ses mains partant explorer ses hanches puis froisser le tissu de sa robe en la remontant. Pauvre petite demoiselle qui eut un hoquet de surprise et un frissonnement certainement pas désagréable alors que les lèvres du malandrin s’aventuraient de plus en plus dans son décolleté.
Elle articula faiblement son surnom alors que sa lumière, loin de s’estomper semblait presque… crépiter. Avait-il enfin senti l’urgence de ses besoins ? Avait-il enfin senti que décidément, c’était pire que tout cette attente ? Et que peu importait que sa magie joue des siennes, que son corps soit chamboulé, il fallait essayer encore et encore parce qu’elle allait devenir folle, vraiment folle s’il ne remplissait pas enfin ses devoirs de mâle ?! Elle gémit alors qu’il mordillait la peau de sa gorge et qu’une de ses mains détachait avec bien trop de dextérité les laçages du corset qui emprisonnait sa poitrine. Elle avait saisi sa nuque, se garantissant ainsi de garder le jeune homme au plus près d’elle, qu’il ne s’échappe pas cette fois, son autre main, habile, avait glissé sur le torse musclé qui frémissait sous sa caresse, arc-boutant sa ceinture en tentant de la déboucler, oh, très vite… Sauf qu’une main du jeune homme se détacha du corps de sa belle pour l’arrêter alors qu’il s’écartait légèrement.

- On n’a pas le temps pour ça ma princesse…

La tête qu’elle tirait était à mourir de rire, entre la supplique et la sauvagerie ! Non franchement, elle avait l’air prête à le mordre là, rageuse qu’il joue avec elle, non, là franchement ce n’était absolument pas le moment ! Elle brillait bordel ! Et ça n’allait pas passer ainsi ! Certainement pas alors qu’il la tentait davantage. Elle poussa même un feulement en le foudroyant du regard. Il rit et pressa ses lèvres contre les siennes, étouffant un gémissement bien plus docile de la part de la demoiselle qui tentait de dégager sa main de celle de son compagnon pour déboucler cette foutue ceinture !!!! Non mais elle allait les brûler ses ceintures ! Plus jamais de ceintures ! Et puis il n’était pas si résistant que ça ! Peu importe ses précautions, pseudo-inquiétudes pour sa petite personne, elle allait le faire flancher et là…
Sauf qu’il retint une fois de plus sa main et embrassa la ligne de sa mâchoire, remontant jusqu’à son oreille qu’il mordilla doucement, le sadique… Oui mais des mots ne tardèrent pas à suivre.

- Non… On n’a pas le temps princesse, mais du calme tigresse… crois-moi je n’ai pas besoin de « ça » pour te satisfaire et faire disparaître cette vilaine lumière…

Si elle rougissait avant, elle atteint le summum là, écarquillant les yeux avant de faire un sourire un brin timide, un brin curieux, trèèèèès provocant, à son cher et tendre qui y répondit de son sourire taquin plein de promesses. Déjà il mordillait son autre oreille et murmurait tout bas, faisant glisser le haut de sa robe jusqu’à sa taille pour libérer sa poitrine qu’il s’empressa d’aller explorer:

- Essaie de ne pas ameuter… tout le voisinage…

Elle plissa les yeux, l’air de vouloir répliquer mais déjà, une première caresse lui faisait étouffer un gémissement embrasé et…


Tristan secoua vivement la tête, reprenant corps dans la réalité et fixa bouche-bée le dos de la petite mage toute brillante à quelques mètres à peine de lui. Il ne s’était passé qu’une seconde, un flash dans son esprit. Un flash monstrueusement tentant, mais un flash, juste un flash…
Elle lui tournait le dos, presque tout le monde la fixait, curieux alors qu’elle cherchait vainement une explication potable à sortir. Il avait la bouche toute pâteuse, les reins en feu et son corps frémissait du désir qu’il tentait d’éteindre vainement. Et puis l’évidence, une évidence qui le heurta, le choqua, le perturba profondément avant de finir par l’amuser, le surprendre… et le séduire… oh tellement le séduire… Ce n’était absolument pas ses pensées. Il l’avait cru une seconde… mais ce fantasme-là n’était pas le sien… Elle… Elle était vraiment… surprenante…
Perdu entre la joie indicible de ressentir mieux, encore mieux la petite demoiselle, suffisamment pour capter ce brusque flash si intime, le désir violent qu’elle avait éveillé chez lui, la séduction de la savoir si… attirée par lui, la tendresse aussi mais alors vraiment bien cachée sous des taaas de couches de désir. Elle allait le rendre fou… Oh oui, il serait fou bien avant elle.
Un nouveau très bref instant alors qu’il se reprenait. Eyh ! Elle avait besoin de lui là !!!!!

Alors ses pas se firent entendre, il contournait le bar, se rapprocha d’elle alors qu’elle se retournait vers lui, toute brillante, toute rougissant et qu’il surprenait dans ses prunelles adorables un éclat de surprise, probablement parce qu’elle ne s’attendait pas à ce qu’une pensée, c’était bien une pensée non, qu’elle avait vaguement formulée commence à se matérialiser près d’elle. Sauf qu’il pressa doucement une de ses épaules puis fit un sourire désolé au propriétaire.

- Cassy ? Princesse… Tu as pris ta potion préventive ce matin ?
- euh…
- Désolée mon coeur mais je crois que tu fais une petite allergie là…  Rien de grave mais il faut que tu la prennes, tu as ma sacoche non ?

Il lui avait proposé la veille de prendre sa sacoche pour qu’elle puisse y mettre ce qu’elle voulait puisque lui n’avait que peu besoin de la prendre avec lui sur le terrain. Autre type d’échappatoire qu’il lui offrait, moins sexy mais…
Une voix s’éleva dans la salle.

- C’est une allergie ça ?
- Eyh oui… Plutôt chou non ?
- Adorable oui ! Ma femme gonfle quand y a du pollen ! Beaucoup moins sexy !
- Et la mienne éternue la pauvre, tellement fort qu’elle a des migraines de malades après !
- Et…


Les conversations reprenaient… On la trouvait mignonne, juste mignonne… Parfait. Tristan fit un nouveau sourire d’excuse au patron qui se frotta la nuque, s’excusant mollement qu’elle aurait pu lui dire si ça n’allait pas, qu’il n’allait pas la manger non plus… Il lui accorda une pause mais lui demanda de revenir aussi vite que possible puisque le monde allait affluer.
Sans lui laisser le temps de protester Tristan s’empara de sa main et l’entraina dehors à sa suite, sortant de la taverne, faisant en silence mais d’un pas pressant quelques mètres pour aller se réfugier dans la réserve qu’il ne referma pas par contre… Le jeune homme la regarda puis fut pris d’un fou-rire contagieux, tellement sincère et tellement rare chez lui, l’enlaçant doucement.

- Oh ma princesse ! La tête que tu fais ! Calme toi ! Tu es tranquille avec cette excuse, personne n’ira t’embêter avec ça. Par contre quel effet je te fais dis moi !

Elle rougissait encore plus et marmonnait, apparemment un peu perdue… et tendue. Sauf qu’il ne lui laissa aucun répit, se contentant d’un tendre baiser pour tenter de l’apaiser.

- Par contre… Ca va mieux nous deux, vraiment mieux… Je dis ça… C’est pas comme si j’avais juste eu un détaillé aperçu des pensées sur cette réserve et ce que tu aurais aimé que je t’y amène faire… Sacrément perverse ma princesse… Mh… J’adore…

Alors là, vraiment elle était rouge… Ecarquillant les yeux et essayant de parler, toute crispée et balbutiante, encore plus gênée forcément… Que son fiancé sache qu’il lui faisait de l’effet était une chose, qu’il sache dans quel fantasme elle s’égarait en était une autre et… Sauf qu’il se pencha sur elle, très près, trop près et murmura tout bas…

- Néanmoins… C’est intelligent, logique… Pour ce type de jeu-là… C’est vrai que je ne t’ai jamais montré que je pouvais très bien m’en tenir à ça pour… disons… te satisfaire… Et effectivement je n’aurais pas besoin de beaucoup de temps et… pas vraiment d’excuse cette fois pour dire non… et puis… tu serais probablement… plus calme pour travailler… Non ?

Enorme sous-entendu ? A ce niveau-là, ce n’était absolument plus du sous-entendu…
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Cassidy Herediane
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MessageSujet: Re: Comment se retrouver pour mieux s'aimer...   Ven 1 Mai - 20:47

Leur première journée se déroulait bien pour l’un comme l’autre. Cassidy était vraiment appliquée à dans son nouveau travail. Cela changeait beaucoup de son poste de directrice, à l’académie. Et plutôt, assez original pour un mage. Après tout, les mages sont plutôt réputés pour leur côté érudit, et sont plutôt du genre à travailler dans une bibliothèque qu’une taverne ! Et puis, ce n’était pas le genre de la petite mage de se montrer devant tout le monde, elle qui aimait tant rester discrète !

Alors qu’elle passait à la cuisine pour récupérer un plat, elle repensait au sourire ravi de Tristan quand il avait insisté pour qu’elle franchisse le pas. La jeune femme se mit à esquisser un léger sourire. Même si elle était loin de lui pendant un an, il lui arrivait toujours de céder à ses demandes. Même si elle faisait un peu comme elle voulait. Le fait de savoir que les dragons étaient partis, qu’ils n’étaient plus que tous les deux, l’apaisait. Et elle voulait tellement recoller les morceaux… ou plutôt reconstruire leur lien.

Et puis, elle l’avait retrouvé. Enfin il était venu. Toujours aussi séduisant, toujours aussi attirant. Son absence de tunique rendait les choses encore plus compliquées ! A croire qu’il l’avait fait exprès ! Juste pour lui confirmer qu’elle était encore sous le charme. Cassidy avait jeté son regard sur Tristan et si au départ, elle voulait juste se montrer discrète, un fin sourire sur les lèvres un peu énigmatique. Mais au final, il n’en était rien ! Sa magie capricieuse en profitait pour se manifester et la retournait totalement.

Elle était en train de tripoter son plateau au comptoir, cherchant une bonne excuse à inventer, car dire qu’elle était en manque de son homme serait un peu… bizarre mais rien ne lui venait à l’esprit. Tristan lui, devait avoir bien comprit et cela fit encore plus rougir la petite demoiselle, visiblement très mal à l’aise et incapable de retrouver ses moyens.

Et en plus de cela, son esprit s’emballait, lui montrant un scénario fort tentant, et qu’elle aimerait bien voir se réaliser ! Que faire ? Que faire ? Elle se retourna, sentant une présence dans son dos, pour se retrouver nez à nez avec Tristan, très calme lui, même si ses yeux trahissaient un autre sentiment. Elle se mit à rougir encore plus fort et commença à balbutier, cherchant à calmer sa brillance, ses pulsions… Non elle ne voulait pas que Tristan reparte ! Mais en même temps… ça la perturbait là !

Tristan prit la parole et ses paroles apprirent deux choses aux clients et passants. Déjà, la petite mage était prise ! Et par un gars bien baraqué qui, derrière son sourire, était certainement capable de mettre ko une bonne partie des personnes de la salle, même si ces derniers étaient des guerriers du nord, avec un organisme robuste. Et la deuxième chose, il avait trouvé une excuse, un peu originale. Elle ouvrit des yeux ronds, embarrassée, ouvrant légèrement la bouche. Les gens étaient curieux car ils commencèrent à discuter sur les allergies.

Elle se retourna vers le patron et fit un sourire gêné.

Tristan ne s’arrêta pas là et demanda si il pouvait emprunter la nouvelle serveuse assez rapidement. Nouvelle rougeur de la part de la petite mage. Il lui prit la main alors qu’elle lâchait son plateau sur le comptoir. Effectivement, les clients arrivaient. Elle ne disait rien, ne faisait pas attention aux passants qui la dévisageaient avec curiosité. Ce n’est juste que lorsque Tristan entra dans la réserve et se mit à rire qu’elle le regarda intrigué.

Bien qu’elle ne croyait pas qu’il se moquait méchamment d’elle, la petite mage était un peu embarrassée. Elle le regarda timidement avant de se retrouver contre lui. Il était rassurant mais sa dernière phrase ne manqua pas de la faire rougir, encore plus que d’habitude si cela était possible. On aurait pu faire cuire un œuf sur ses joues. Elle marmonna d’un air faussement gênée. Même si elle était devenue bien moins prude, cela ne l’empêchait pas de garder des réactions bien à elle, comme une petite fille prise en flagrant délit de gourmandise ou un truc comme ça.

Il continua, l’embrasser une nouvelle fois et déclara ce qu’il avait vu. Là, elle ouvrit la bouche en grand, surprise, très surprise, ne s’attendant certainement pas à ça. Bon d’accord, c’est vrai qu’elle s’était inventé tout un tas de scénarios, les plus originaux les uns que les autres quand elle était sur l’île, pour ne pas tomber dans le désespoir, et cela était devenu un exercice quotidien, exercice quelque peu effacé pendant les dernières semaines mais cela repartait plutôt bien. Elle aurait été heureuse si elle avait appris cela… d’une autre façon. Enfin elle l’était, heureuse. Savoir qu’il ressentait mieux ses émotions à travers elle était une bonne chose. Et étrangement c’était surtout sur les émotions intenses de… jeux de chambre qui ressortaient en premier. Vivement qu’ils se décoincent ! Cela aurait sûrement un grand impact.

Il insista pour dire qu’il était tout à fait d’accord pour faire ce qu’elle avait imaginé. La demoiselle s’était écartée un peu de lui, inspirant profondément, cherchant à reprendre contenance. Il est vrai qu’elle n’aurait jamais le culot, ni la tranquillité de Tristan pour balancer ou demander ce genre de choses et elle peinait difficilement à avoir de nouveau un esprit clair et calme sans toutes ces idées plus tentantes les unes que les autres dans sa petite tête !

Elle se mit à sourire, mettant ses mains dans son dos, lui donnant un air légèrement intimidé, bien différent de son assurance qu’elle avait montré dans son fantasme.

« Hum pourquoi pas… ça serait intéressant… »

Il ne fallut pas plus pour son compagnon pour la saisir et l’attirer doucement vers un coin du dépôt, déposant de délicats baisers sur ses lèvres tout en l’entourant de ses bras pour chercher une ouverture dans sa robe de serveuse. La pièce était un peu obscure même si elle brillait, pas facile de voir où ils marchaient mais ça restait un peu excitant. Elle avait un peu reculé, peut être pour s’appuyer contre un mur quand soudain, elle étouffa un gémissement qui n’avait rien à voir avec le plaisir et leva un pied. Un éclat de verre, qu’ils n’avaient pas remarqué était par terre et la petite mage avait marché dessus sans faire gaffe.

Elle sentit une douleur lancinante dans son pied, même si elle ne hurlait pas. Sa lumière tout comme son désir s’éteignirent aussitôt, face à cette nouvelle « menace ». Le fait d’avoir été blessée de nombreuses fois sur l’île l’avait endurcie à un point que les plus petites blessures ne lui procurait même plus le niveau de souffrance d’avant. Elle leva son pied et enleva sa botte, ainsi que sa chaussette, qui se perlait de sang, serrant juste les dents en silence, respirant intensément. Elle le regarda d’un air penaud.

« Dans ma tête, il n’y avait pas de bout de verre pour déranger… »

Ils s’occupèrent de son pied et finalement, retournèrent à la taverne.

La demoiselle reprit son service et finalement, la blessure n’était pas si profonde que ça puisqu’elle ne boitillait pas.

Tristan mangea et prit congé, non sans avoir lancé un regard plein de sous entendus à sa petite mage. Cette dernière, qui voulait faire oublier le petit souci de midi, s’appliquait encore plus dans sa tâche. Elle se déplaçait rapidement, de la cuisine à la grande salle. Prenant les commandes, utilisant sa magie pour porter des plats, c’était extrêmement efficace. Certains clients curieux en profitaient aussi pour discuter, quand il y avait moins de monde, lui demandant d’où elle venait, ce qu’elle faisait.

Elle était en train de servir des chopes à des solides gaillards qui semblaient avoir envie de discuter.

- Alors jolie demoiselle, vous venez d’où ? C’est rare de croiser des étrangers par ici. Qu’est-ce qui vous amène dans ce coin reculé et glacial?

« Eh bien… je viens d’arriver avec mon fiancé. En fait on voulait juste trouver un endroit tranquille loin de l’agitation des villes et des cités. Nous venons de Kalendaar. »

- Kalendaar ? Alors le froid ne vous dérangent pas ? Le climat est très rude par ici, peu importe la saison

« Oh ne vous inquiétez pas pour ça, nous sommes résistants… La magie du feu ça aide bien »

- Oh une mage hein ? C’est rare aussi ! Ici c’est plus des guerriers que vous rencontrerez…

Elle finit par s’excuser et reprendre sa tâche. A la fin de la journée, le patron lui fit un thé alors qu’il était accoudé au comptoir.

- Tu t’en es bien sortie pour une première journée, malgré ton petit handicap.

Il but une rasade de bière avant de dévisager cette étrange petite demoiselle devant lui, toujours aussi intimidée. Elle marmonna un merci en baissant la tête vers son thé.

- Il faudra encore que tu prennes l’habitude avec les différentes commandes, quand il y a du monde, tu as tendance à t’embrouiller un peu mais avec l’expérience, je pense que ça ira mieux. En tout cas, ça se voit que tu veux bien faire.

Une nouvelle fois elle le remercia simplement.

- Bon tu ferais mieux de rentrer, sois prête demain à la même heure ! Bonne soirée

Cassidy prit sa cape et prit le chemin du retour. Alors que le ciel était blanc et se fondait petit à petit dans l’obscurité, la demoiselle souriait. Cette journée était pas si mal que ça après tout. Et puis, elle sentait que ça irait de mieux en mieux avec Tristan. Ses pas s’enfonçaient dans la neige légère. Les traces de pas s’effaçaient rapidement, à cause de la neige qui tombait encore pendant la nuit. Après tout, peu de personnes allaient visiter ce petit chalet.

Elle se sentait bien, un peu fatiguée mais bien. La petite mage pensait aussi qu’il faudrait qu’elle fasse un massage à Tristan pour qu’il récupère de sa longue journée de travail. L’imaginant déjà couché près du feu, avec de l’huile pour masser son corps d’athlète et puis lui déposer de simples baisers dans la nuque, le caresser un peu plus sensuellement, le retourner, apprécier l’effet qu’elle lui faisait et puis commencer à passer les mains sur… heuuuuu stop oulaaaaa ! Elle s’emballait là ! Une nouvelle fois, sa lumière apparut et elle le remarqua aussitôt à cause des ombres qui se projetaient autour de la petite demoiselle. Posant une main sur sa tête, se maudissant intérieurement. Jamais elle n’aurait cru que cela lui arriverait.

Continuant son chemin, elle fit vagabonder son esprit sur de nouvelles choses, ce qui eut pour effet de la calmer. Une idée pour le chalet lui vint aussi à l’esprit et son regard s’illumina alors qu’elle imaginait déjà comment elle voyait son nouveau projet et décidée d’en parler à Tristan. Elle accéléra un peu le pas pour apercevoir leur petit nid douillet. Les murs en bois étaient encore un peu décrépis, ce qui donnait un aspect un peu vieillot mais Cassidy savait qu’ils trouveraient une solution avec Tristan.

Elle examina le toit et ne le vit pas dessus. C’est tout naturellement qu’elle ouvrit la porte du chalet en faisant attention aux marques que Tristan avait laissé. Un feu ronronnait dans la cheminée. Il n’était pas là. Ses yeux se posèrent sur l’escalier de fortune qui permettait d’accéder au premier étage. Elle s’élança, en tentant de faire le moins de bruit possible et traversa le couloir. Malheureusement, le bois grinçait un peu. Elle le vit accroupi dans l’entrebâillement d’une porte alors qu’il tenait dans les mains un parchemin ressemblant fort à un plan.

Elle se glissa derrière lui puis posa ses mains sur ses yeux en chuchotant quelques mots à son oreille.

« Devine qui c’est… »

Il ne lui fallut pas longtemps pour se mettre à sourire et se retourner en la taquinant.
La demoiselle regarda la pièce dans laquelle Tristan était affairé. Spacieuse, bien éclairée, malgré la poussière et le bois vieillot, de quoi accueillir un beau mobilier. Et puis si Tristan apprenait la menuiserie, il pourrait leur confectionner des meubles personnalisés, selon leurs goûts. Il faudrait peut être aussi des rideaux et aussi faire un inventaire pour voir ce dont ils avaient besoin comme décoration et tout ce qu’il fallait pour bien s’installer.

« Whaaa… quand je te disais que je voulais que tu t’occupes de la chambre je penserais pas que tu le ferais aussi vite… »

Clin d’œil complice alors qu’elle avançait dans la pièce, les mains dans le dos, avant de s’approcher de la fenêtre et d’observer l’horizon malgré la nuit qui approchait. Elle les imaginait déjà en train de faire des balades dans les environs, à pied ou à dos de dragon. Cette dernière idée tira une grimace à la demoiselle. En effet, ce n’était pas encore au point et elle savait à quel point Tristan avait besoin d’utiliser cette… forme justement pour éviter de devoir lutter pour finir par devenir ce qui lui faisait peur. Elle prenait un air un peu plus hésitant en parlant.

« Tu sais… au fait… si tu as envie de faire un tour… en volant… hésite pas hein… je sais qu’on doit… mais… enfin je fais des efforts hein ! Mais j’ai pas envie que tu te prives pour moi non plus de ce… besoin… »

Du bout de son doigt, elle toucha la vitre gelée, son souffle formant de la buée blanche sur la surface transparente. Cassidy murmura quelques paroles, plus pour elle-même que pour Tristan, même si elle savait qu’il pouvait l’entendre.

« Tant que tu penses à moi et que tu rentres à la maison, je ne craindrais rien… »

Oui, peut être avait-elle peur que sa forme de dragon le pousse à voler haut et loin, et qu’il l’oublie totalement. Comme elle l’avait cru les précédents jours. Dès qu’il devenait dragon, elle avait du mal avec ses pensées, à communier avec lui. Peut être parce qu’ils étaient différents. Pourtant elle était totalement volontaire et enthousiaste avant à la cité… curieuse de mieux le comprendre, persévérante. Mais Ikaël était passé… et avait laissé quelques traces… Et puis la façon dont se comportait Kayla, ses paroles blessantes lors de leur affrontement. Tristan était un dragon, il ne pouvait pas rester avec elle, sa nature, son instinct, c’était contre ce qu’il était.

Pensive, elle porta une main à son poignet qui avait été cassé et se le frotta machinalement. C’était douloureux d’y repenser. Tristan avait beau dire qu’il était à moitié dragon mais tous ses repères étaient différents sous cette forme, comme si son esprit se complexifiait, comme si il était moins ouvert. Mais ils méditaient pour arranger ça non ? Il y avait bien des couples de races différentes qui se formaient. Mais aimer un homme à moitié dragon, ce n’était pas évident non, et elle peinait à s’y habituer même si elle l’aimait profondément.

Elle soupira un instant et se tourna vers lui, un sourire gênée sur le visage. Consciente qu’elle l’avait peut être coupé dans son élan, ou refroidit l’ambiance, la demoiselle ne lui laissa pas le temps de parler et le prit par la main, une voix un peu enrouée, comme si elle essayait de reprendre contenance.

« Viens il faut que je te montre quelque chose ! »

Sans lui laisser le temps d’agir, elle le prit fermement par le poignet et l’entraîna à l’extérieur, le menant vers l’arrière du chalet. Elle le lâcha et marcha sur une zone qu’elle semblait délimité de ses mains.

« Que dirais-tu de faire un jardin ici ? »

Drôle d’idée quand on est en plein hiver et que rien ne pousse ! Mais la petite mage avait de la suite dans les idées.

« On pourrait faire comme à la cité, un dôme pour protéger les plantes. Là un petit chemin de pierres… et peut être un banc aussi ! Je ferais bien une petite fontaine ou un bassin d’eau clair avec des poissons et un arbre avec des feuilles roses ! Et là on pourrait planter des fleurs et… »

Elle semblait déjà beaucoup plus animée et parlait avec un engouement certain, voulant fuir les quelques paroles qu’elle avait prononcé quelques minutes plus tôt, craignant très certainement une réponse qui ne lui plairait pas.
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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: Comment se retrouver pour mieux s'aimer...   Dim 3 Mai - 8:04

Fausse bonne idée…
Mais alors vraiment… Enorme, fausse bonne idée.

Lui trouver une excuse ok. Si mignonne que tout le monde ne la trouverait que plus craquante parce que décidément personne ne pouvait la trouver autre chose qu’absolument craquante, ok… Il savait bien qu’il devait le partager son petit angelot blond, malgré son envie de la séquestrer et de la dévorer des yeux pour qu’elle soit à lui seul et… Bon bref, ça il n’avait pas trop trop le droit donc montrer à tout le monde à quel point elle était juste adorable, tellement craquante ok, parce qu’il voulait vraiment qu’elle reprenne confiance en elle et pour ça il fallait que d’autres que lui affirment qu’elle était spéciale… et en bien. Donc l’excuse ok. L’emmener avec lui dans la réserve en réfléchissant à comment l’apaiser, toujours ok. Lui déclarer de manière détourné qu’il était franchement flatté de voir l’effet qu’elle lui faisait, ok. Faire en sorte qu’elle ne remarque pas, par excès de mots, à quel point elle lui faisait de l’effet parce que sérieusement, il avait l’impression d’avoir une fusée dans son caleçon là… ok. Lui dire qu’il savait à quoi elle pensait, qu’il avait eu un aperçu de son fantasme, ok. Lui dire pour la voir rougir, la gêner un peu, la perturber beaucoup parce qu’il adorait la voir si… hum, ni prude ni provocante, ce petit mélange exquis de luxure et de timidité, ok. Lui proposer d’assouvir son fantasme, provocant, tellement sûr de lui, à la faire rougir plus encore, ok…
Non pas ok du tout ! Quelle idée stupide, horriblement stupide il avait eu !

Dans un sens, il voulait qu’elle lui dise oui… Il le souhaitait même désespérément. Parce qu’à défaut de la retrouver pleinement il voulait au moins apaiser son corps qu’il sentait de plus en plus impatient, sa magie s’agitait… Il comprenait son impatience et sa frustration, aussi à cause de toute cette abstinence. Par tous les dieux, déjà que c’était absolument horrible pour lui alors la petite demoiselle… Enfin… Elle s’était quand même énormément dévergondée à ses côtés et cette pensée lui tirait une certaine fierté, essayant de se persuader, un peu égoïstement qu’il était bien le seul pour lequel elle ressentait cette… attirance. Alors oui, il voulait qu’elle dise oui, pour essayer… Peut-être que son corps et sa magie se calmeraient, que ce serait plus facile après, peut-être qu’ils pourraient même… plus tard… essayer vraiment, tous les deux. Elle craquait, il le sentait, chaque jour un peu plus, sa lumière en attestait. Il ne voulait pas qu’elle souffre…
Ses gémissements lui manquaient. Le son étouffé de sa voix alors qu’elle se mordait la lèvre inférieure dans cette mimique atrocement sexy. La crispation de ses mains sur son torse, dans son dos, ou l’étreinte presque violente pour un si petit corps si frêle par rapport au sien de ses doigts enlaçant les siens. L’odeur si douce de sa peau, le goût de celle-ci aussi, si délectable… La laisser ainsi sur sa faim était véritablement un crime…

Mais d’un autre côté, il aurait voulu qu’elle dise non… Parce qu’il n’était pas sûr de tenir, pas sûr d’être capable de se contenter de…ça.
La combler, évidemment, avait toujours été son souci premier, cette fois-ci ne dérogerait pas… Mais s’il commençait à entendre ses soupirs et gémissements étouffés, s’il commençait à sentir les douces crispations de son corps, s’il entendait son surnom qu’elle prononçait de cette petite voix, difficile, mais monstrueusement excitante… est-ce qu’il tiendrait vraiment ? Parce que lui aussi avait « faim », terriblement faim… Il ne rêvait que de se fondre en elle et ses pensées étaient franchement beaucoup trop orientées dans cet idéal ces derniers temps, assez pour le troubler, oui, même lui. Il craignait un peu sa propre réaction, c’est vrai… Parce que pour avoir envie d’elle… Il atteignait des sommets là… C’était même pire qu’à l’Académie, quand elle ne savait pas… Parce qu’au moins à l’Académie, ils n’avaient jamais… il ne savait pas… le bonheur que ce petit bout de femme prude pouvait lui faire vivre à chaque instant. Et d’ailleurs c’était totalement injuste qu’elle soit aussi douée alors que c’était une stricte débutante à la base ! Bon d’accord elle avait un bon professeur mais…

Ah le flot de pensées qui pouvaient lui traverser l’esprit en un temps record. Tout ceci avant même qu’elle ne réponde, alors qu’il fixait ses joues toutes rouges, son regard brillant. Sa timidité…
Aie…
Enorme… Enorme, terriblement énorme et destructeur… Aie…
Mimique adorable, air timide… Oui elle n’avait pas son culot, ni sa facilité de s’exprimer sur ce sujet, même si elle avait énormément progressé avec lui et qu’elle osait dire des choses qu’elle n’aurait prononcé devant personne d’autres, oui malgré tout ça, elle était encore terriblement timide sur certains points. Elle n’aurait pas osé lui demander… ce que son subconscient lui suggérait avec bien trop d’insistance, comme un besoin irrépressible de satisfaction. Elle n’aurait jamais osé… Mais elle faisait bien pire…
Ca devrait être interdit des armes pareilles…

Comme c’était curieux tout de même… C’était probablement ce qu’elle se disait à propos du regard de son compagnon, ce regard de braise qui la déshabillait presque littéralement et qui suffisait à la mettre dans tous ses états, son sourire ou plutôt ses innombrables sourires trop charismatiques et son torse surtout… On n’avait pas idée de permettre à un être vivant d’être aussi bien foutu et de pouvoir si facilement se déshabiller et le montrer à tout le monde ! Non vraiment c’était injuste !!!!

Mais elle en avait des armes elle aussi, tellement, même sans le savoir, probablement sans le savoir d’ailleurs. Son corps il l’avait toujours trouvé désirable… mais son année sur l’île et ses entrainements si physiques l’avaient tellement modelée en mieux qu’il aurait passé des heures à la contempler sans arrière-pensée (et ça c’était franchement dur à avouer pour le playboy pervers !). Son regard noisette trop expressif lui offrait trop souvent des sauts d’estomac ou de coeur, son sourire lui renversait l’âme et il se sentait à la fois damné et béni… Mais il y avait pire, tellement pire… Ses mimiques, ses adorables mimiques. Parce que ses poses aguicheuses même si elles étaient terriblement tentantes n’arrivaient pas à la cheville de ses mimiques craquantes dont elle n’avait absolument pas conscience. Oh non, elle ne se rendait pas compte, il le souhaitait du moins. Parce que si elle venait un jour à comprendre le pouvoir qu’elle avait sur lui d’une seule de ces adorables, si chamboulantes petites bouilles à la fois timides, sauvages, sexy et indépendantes, c’en serait fini de lui, il se retrouverait à baver obéissant à ses pieds jusqu’à la fin de ses jours !!!!! Oh douces armes qu’elle possédait… Elle qui le croyait si sûr de lui, si maitre de lui-même…

Alors oui, à sa mimique craquante, il sentit fondre toutes ses résolutions et crut qu’il allait perdre les pédales, totalement… D’ailleurs, il les perdit un peu pour être honnête. Il l’avait saisie, pressée contre lui embrassée, pressant alors qu’elle lui offrait un faible gémissement comme récompense de son audace. Mais… il ne tiendrait pas… Il ne pourrait jamais tenir… Lèvres pressées contre les siennes, ses mains partant explorer savamment son corps il se sentait oublier… Il ne lui ferait jamais de mal, oh grand jamais, mais il ne pourrait pas résister, lui aussi il voulait… tellement… Il devait se reprendre, ne penser qu’à elle, rien qu’à elle… Comme si elle n’hantait pas les 200% de ses pensées !!!!!
Sauf qu’ils furent coupés… ENCORE !!!!!!!
Non mais… ENCORE QUOI ?!!!!

Elle lui mordit la langue en étouffant son gémissement et il se recula aussitôt, soucieux, presque apeuré… bon clairement apeuré en fait d’avoir été trop pressant ou de lui avoir fait mal d’une façon ou d’une autre. Sauf qu’elle avait marché sur un bout de verre en fait… Un énorme bout de verre bien planté dans le sol et qui dépassait sacrément puisqu’il avait réussi à percer sa botte et attaquer la chair délicate.
Alors qu’elle gérait à sa façon, tellement aguerrie par l’île, tellement aguerrie par une vie difficile, alors qu’elle était tellement occupée à être forte, concentrée, elle ne vit pas le changement radical chez son compagnon.
Ce n’était rien, rien d’autre qu’une petite blessure… mais il était devenu totalement blême et tremblait légèrement, la fixant, légèrement en retrait, la bouche sèche, complètement perdu, les yeux légèrement écarquillés… Trop choqué pour une si petite blessure…

Elle n’eut pas le temps de le voir parce qu’il s’était repris, vite… Déjà il s’était agenouillé à ses pieds, la poussant à s’asseoir sur une grosse caisse et examinait son pied qu’il caressait du bout des doigts. Il sortit pour récupérer sa sacoche et de l’eau glaciale d’un petit bassin à l’extérieur. Sans un mot le jeune homme nettoya la plaie, la désinfecta avec un nécessaire dans sa sacoche puis banda étroitement la blessure, très concentré, très soucieux aussi, peut-être un peu trop. Elle était toute penaude de sa maladresse alors qu’elle n’y était pour rien et semblait surprise de son absence de répartie. Doucement il lui remit sa botte et lui demanda si ça allait.

- Si tu préfères rentrer, je peux…

Mais non, elle était têtue et surtout elle faisait toujours son travail… toujours… Il finit par acquiescer alors que leur petit jeu coupé court ils ressortaient tous les deux penauds. Mais il lui prit la main en allant vers la taverne, la pressant dans la sienne, s’arrêtant avant de la regarder droit dans les yeux, l’air soudain extrêmement sérieux.

- Je déteste ça… Devoir… Enfin, que tu… que je… Ne pas pouvoir te… te satisfaire… J… Je te promets que j’en ai envie… Plus que tout et que… je n’aime pas que… Ca me rend dingue de pas pouvoir… Raaaah laisse tomber !!!!

Il avait commencé avec une voix… bizarre. Forte et en même temps légèrement tremblante et il n’arrivait pas à finir ses phrases… Il n’y parvenait vraiment pas et encore plus, il rougissait !!!! Quand il lui dit de laisser tomber ce n’était absolument pas méchant, bien au contraire, il semblait agacé par lui-même, se passant une main sur les yeux pour essayer de chasser sa gêne. C’était mignon finalement, de voir ce grand gaillard, si fort, si impressionnant tout penaud et timide, tout gêné… et clairement épris.
Un fin sourire avait flotté sur le visage de la douce jeune femme et parce qu’elle était un idéal qu’il convoitait jalousement, parce qu’elle était… parfaite à ses yeux, elle agit de la meilleure des façons, se hissant sur la pointe des pieds en évitant de s’appuyer sur sa blessure et embrassa doucement une de ses joues, dans un bisou tout doux et tout mignon, ne relevant absolument pas ce qu’il venait de dire et le fixant de son regard si craquant alors qu’il baissait les yeux sur elle et se sentait fondre de tendresse immédiatement. Woh… il était sacrément accroc…

Ils rentrèrent dans la taverne, la demoiselle retournant rapidement travailler alors que lui souhaitait rentrer. Elle insista pour qu’il reste manger, probablement parce qu’elle voulait être sûre qu’il mange quelque chose, aussi peut-être parce qu’elle avait envie de le voir. Mais rapidement il partit, bien décidé à travailler sur ce chalet qu’il souhaitait vraiment transformer pour répondre aux attentes de la douce demoiselle, à celles-ci du moins… Et parce qu’elle était encore plus attirante en petite serveuse qu’il ne l’aurait imaginé et que son esprit carburait de nouveau du tonnerre pour lui donner à son tour des scénarios terriblement intéressants. Il partit, la saluant d’un clin d’oeil complice. Hum… Ce soir, il faudrait réessayer… oui décidément… il fallait réessayer… Peu importe le nombre d’échec !

Alors oui, c’est rapidement qu’il était parti sans savoir que la jolie jeune femme attirait les regards et la sympathie et discutait avec quelques clients. C’est vrai que son petit numéro avait montré qu’elle était prise et ça ce n’était pas plus mal… Quoique…
L’après-midi passa très vite mais le jeune homme se démena, comme un forcené. Bien plus qu’il ne l’aurait dû. Pour chasser le feu dans ses reins et le manque que provoquait l’absence de la demoiselle, pour chasser sa frustration grandissante. Il avait déjà mal partout avant de commencer mais il avait ignoré la douleur dans ses muscles. Le toit avait été sa priorité, il voulait que celui-ci soit sûr à la prochaine tempête et qu’ils n’aient pas d’infiltration de neige. Néanmoins il n’était pas en si mauvais état à la base et il mit moins d’une heure à totalement finir de de le réparer. A l’intérieur il réfléchit au plus urgent. Le plancher abimé pouvait attendre tant qu’ils faisaient attention à où il s marchaient… Mais elle avait eu cette phrase devant lui. Elle voulait qu’il s’occupe de la chambre et même si elle l’avait dit avec le sourire, il se doutait qu’elle ne plaisantait… pas tant que ça. De toute façon il devait inspecter l’étage et estimer les réparations. Il passa donc un moment à fabriquer un escalier rudimentaire, étroit et qui n’était évidemment que temporaire le temps qu’il répare le vrai escalier qui était une petite merveille à lui seul… enfin quand il était entier en tous les cas. S’il passa quand même du temps sur cet escalier de substitution c’est parce qu’il savait que Cassidy l’utiliserait pour monter à l’étage et qu’il souhait que la demoiselle prenne le moins de risque possible, étant donné sa maladresse…

Les heures s’écoulaient. Rapidement il avait fait le tour de l’étage qui était vraiment en bien meilleur état que ce qu’il aurait cru. La salle de bain était presque comme neuve, seule la poussière attestait de son ancienneté. Une grande baignoire ronde y avait été installée, plus loin une douche également, deux lavabos, comme si les précédents propriétaires étaient un couple. Le miroir n’était même pas brisé. Il visita une pièce qui pourrait devenir un bureau et/ou une chambre d’ami puis s’intéressa à la pièce principale de l’étage, leur future chambre. Cette idée lui tira un sourire heureux, pas pervers non, juste heureux. C’était une très grande pièce très éclairée. Le matin, il était prêt à jurer que les rayons du soleil venaient illuminer cette pièce. En fait, elle était tellement grande qu’elle prenait d’un côté à l’autre du chalet, garantissant des fenêtres à l’est et à l’ouest. Déjà une idée toute tendre germait dans l’esprit du jeune homme mais il la garda aussitôt bien caché, bien décidé à faire une surprise à sa belle. En fait, cette pièce était si grande qu’ils pouvaient y installer sans mal une bibliothèque… et un très très grand lit… et beaucoup de choses en fait. Mais d’abord un très très grand lit. Là par contre son sourire était carrément pervers.
Il passa l’après-midi à faire des plans, à prendre les mesures des fenêtres pour pouvoir commander et installer des vitres à la place de celles brisées. D’ailleurs il prit grand soin d’enlever tous les bords tranchants qui pouvaient rester et de les mettre sur le tas de débarras dangereux dehors. Tristan réfléchit aussi… énormément. Parce que le chalet était… très contradictoire.
Le nettoyage magique de sa compagne avait révélé que le bois, magnifique, donnant un petit côté rustique et chaleureux au lieu, était très bien traité, en excellent état. A l’extérieur cependant c’était une autre histoire et il ne trouvait pas cela normal, même avec les intempéries… Il finit par sortir et par examiner un mur qu’il commença à gratter légèrement avec un de ses couteaux. Et là, surprise… Peu importe ce que c’était, trace de fausse usure, saleté… il n’en savait rien mais le bois, légèrement vernis apparaissant en dessous… Bien sûr ça demanderait un travail monstrueux de poncer toutes les façades mais déjà c’était une bonne nouvelle pour rendre cet endroit encore plus mignon. Bon il faudrait retraiter le bois à l’intérieur et l’extérieur et ça ça prendrait beaucoup de temps mais… il en était capable. Et pour ça elle pourrait l’aider et ça il était sûr qu’elle apprécierait. Il fit quelques réparations également, pas mal en fait même s’il laissa de côté le gros du travail qui nécessitait du matériel qu’il comptait emprunter le lendemain.

La nuit commençait déjà à tomber quand il entendit un petit craquement derrière lui. Il sourit mais fit comme s’il n’avait rien entendu alors que des mains délicates se posaient sur ses yeux. Il se coula entre ses bras en se retournant, un sourire aux lèvres.

- J’imagine que c’est ma sublime fiancée. Oh tiens Cassidy… Qu’est ce que tu fais là ?

Petit sourire taquin du jeune homme qui s’empressa de faire taire ses vaines protestations sous de tendres baisers. Sa peau frissonna au contact de celle si douce de la jeune femme et il ferma les yeux en la prenant dans ses bras, humant son odeur. Elle lui avait manqué… C’était d’une telle évidence que ça en devenait… bête.
Cassidy observait la pièce, se permettant une petite phrase alors qu’il faisait une révérence exagérée comme s’il se déclarait à son service. Mais déjà elle enchainait sur un tout autre sujet qu’il n’avait absolument pas vu venir. Sa transformation en dragon… Elle lui proposait de se transformer et d’aller voler… sans elle ? Il fronça les sourcils alors qu’elle évitait soigneusement de le regarder, surtout qu’il les entendit très bien ses paroles suivantes. Le jeune homme fronça les sourcils, observant son profil qui se voulait neutre et qui ne l’était évidemment pas du tout. Il voulut dire quelque chose, répondre mais elle ne lui en laissait pas le temps une fois de plus, apparemment toute guillerette, une idée en tête et l’entrainant carrément à l’extérieur pour lui parler de… jardin. Comme à chaque fois qu’elle s’emballait elle parlait très vite et enchainait, ne se doutant pas du fascinant spectacle qu’elle offrait à son compagnon qui l’observait, elle ses mimiques gestuelles alors qu’elle parlait, sa voix qui montait toujours un peu plus dans les aigus quand quelque chose la touchait. Il sourit, comprit aussi son petit manège pour fuir une autre réalité déplaisante et la laissa s’exprimer, s’extasier sur un futur qu’ils espéraient proches. Il la laissa parler jusqu’à prendre doucement une de ses mains, la pressant dans la sienne puis venant enlacer la demoiselle qui lui avait tourné le dos, bien mauvaise idée, il était le champion des câlins surprises comme ça et il la sentait complètement… vulnérables vis-à-vis de ceux-ci.

- C’est une idée merveilleuse mon ange. Si cela te plait alors oui, on le fera. En plus j’ai aidé à fabriquer la serre à la cité donc je saurais sans mal en reproduire une de plus petite taille… Avec ta magie en plus ça devrait aller très vite. Ce sera parfait pour méditer.

Elle lui fit un sourire sublime, lui retournant totalement l’estomac d’un coup, ouie… toute contente, toute fière aussi. Il pressa doucement ses épaules et s’éloigna un peu.

- Par contre pour l’autre chose…

Il parlait évidemment de sa proposition de vol et la vit immédiatement se crisper légèrement. Le jeune homme soupira.

- Je ne peux pas prendre ce risque…

Alors là elle se crispa encore plus et il sourit en la sentant toute tendue, baissant les yeux sur elle pour lui sourire, embrasser son front et caresser une de ses joues d’une main douce. Oui bien sûr, le risque, le risque qu’elle craignait tant, celui qu’il parte, qu’il l’oublie, qu’il s’enfuie…
Pourtant il démentit, un léger rire lui échappant.

- Non, pas ça ma princesse…

Là par contre elle fronçait les sourcils et le regardait et apparemment, son sale chenapan de compagnon avait décidé de se venger de son beau sourire et de l’effet qu’elle avait sur lui, avait décidé de la faire rougir et probablement, un peu, de tomber plus amoureuse de lui, un peu plus. Nouveau petit baiser sur le bout de son nez alors qu’il reprenait.

- Je ne peux pas prendre le risque, une seule seconde, de voir le doute s’inscrire dans le coeur de la femme que j’aime. Tout mon être tend vers elle, tout me ramène à elle à chaque seconde. Mais je sais qu’elle a peur. Je sais ce qu’elle craint et je sais aussi que je n’ai qu’une idée très vague de toute la terreur, les craintes qui peuvent la submerger à ce propos. Je reviendrai… Quoi qu’il arrive, je reviendrai. Mais je ne veux pas qu’elle doute, pas une seule seconde. Je ne veux pas qu’elle ait peur. Je ne veux que des sourires, du bonheur, de la confiance et de l’amour, énormément d’amour. Je peux attendre princesse… Je peux attendre pour beaucoup de choses et pour ça aussi. Le fait de me transformer me suffit pour l’instant et le besoin de voler n’est pas insupportable. Alors j’attendrai… Parce que c’est avec toi que je veux voler, parce que de toute manière si tu n’es pas avec moi je ne serai jamais totalement apaisé. Je suis un dragon c’est vrai mais en premier lieu je suis ton fiancé… C’est toi mon univers… Il n’y a rien qui compte plus pour moi. Même quand je suis dragon, mais ça je sais bien que tu ne peux pas le ressentir. Même quand je me transforme je pense à toi et je suis surpris de te trouver si belle alors que je n’ai pas un corps… adapté à ressentir une quelconque attirance pour une humaine. Te voir, ton sourire, ton visage, ton souvenir sont ce qui me raccroche irrémédiablement à mon humanité. Et c’est tout ce dont j’ai réellement besoin…

Il lui fit un de ses magnifiques sourires, apparemment très content de lui, ajoutant tout bas avant de l’embrasser.

- Alors tu ne dois pas avoir peur de me parler, de me dire ça, de me dire que tu as peur… et en même temps… tu ne dois pas avoir peur, parce que je suis à toi, juste à toi et que je ne partirai pas…

Vilain garnement qui s’amusait à la torturer avec un trop long discours. Mais bon, Tristan avait bien révélé que derrière le mauvais garçon d’apparence se cachait un jeune homme profondément amoureux, romantique et terriblement sensible qui de temps à autre mettait son coeur à nu avec un peu trop d’enthousiasme peut-être…
Déjà il chassait l’émotion de l’instant en lui proposant d’utiliser sa magie pour nettoyer la salle de bain et qu’ils puissent la tester, lui assurant qu’ils auraient de l’eau chaude car celle-ci était chauffée directement par les pierres de la cheminée apparemment.
Tandis qu’elle partait s’en occuper il s’occupa de leur préparer à diner et ils mangèrent tranquillement peu après alors qu’il l’encourageait à prendre des forces après lui avoir raconté l’expérience du matin-même. Bon évidemment elle tiqua quand il parla de la collation apportée par ces dames mais il ne comptait rien lui cacher et rit à la tête qu’elle faisait, suspicieuse. Ils se racontèrent leur journée réceptive et il but chacune de ses paroles, la félicitant suite justement aux félicitations du patron et l’enthousiasme du jeune homme et ses compliments parvinrent à faire rougir sa sensible compagne.

Finalement il lui proposa d’aller prendre un bain après une série de doux baisers qui semblaient précurseurs de quelque chose de… beaucoup plus intense. Il alla remplir la baignoire et quand elle le rejoignit il entrait tout juste dedans, prenant bien son temps le filou pour l’embêter évidemment. Mais elle se vengea sans mal, sans même en avoir conscience en se déshabillant, lui coupant le souffle et le cerveau aussi… Elle le rejoignit et se blottit contre lui alors qu’il la câlinait tendrement. Mais déjà elle insistait pour le masser et elle fit bien, dès qu’elle posa les mains sur le dos de Tristan elle lui tira en effet une énorme grimace totalement immanquable d’ailleurs. Il prétendit que ça allait mais évidemment elle était plus maligne que ça et appuya plus fort pour le forcer à avouer. Elle l’eut d’ailleurs à l’usure même si ce massage un peu rude avait un effet bénéfique sur ses muscles endoloris. Le pauvre quand même…
Il décida de se venger en se collant contre elle et en l’embrassant tout sauf sagement. Bonne initiative qui ne tarda pas à échauffer la pièce et leurs sens. Et pof voilà qu’elle se remettait à briller. Fort de sa nouvelle résolution, le jeune homme se fit d’autant plus entreprenant, parce que oui, pour que ça fonctionne entre eux ils devaient insister, jusqu’à ce que ça marche, jusqu’à ce que… mais une fois de plus, la brillance de la demoiselle disparut alors qu’elle tombait dans les vapes… Pourtant cette fois elle lui avait laissé l’initiative, se contentant de lui rendre au centuple ses caresses et baisers. Sa lumière s’était mise à changer d’intensité, comme un yoyo et finalement s’était doucement éteinte…Mais là c’était une micro-perte de conscience car elle rouvrit les yeux peu après… Enfin peu après… Il l’avait tout de même sortie de la baignoire déjà, séchée, habillée et elle était dans leur « lit » provisoire alors que le jeune homme, assis près d’elle essayait de calmer son corps et ses pensées. Il dut sentir qu’elle s’éveillait parce qu’il sortit de sa méditation, qu’il arrivait à entreprendre seul depuis peu, ouvrant les yeux et lui souriant alors qu’elle avait l’air encore une fois toute penaude. Bon, il est vrai qu’il sentait sa patience s’effriter… Mais honnêtement n’était-ce pas normal ? Un instant il s’était senti monstrueux puis s’était rappelé à quel point la jeune demoiselle était belle et désirable. N’importe quel homme aurait déjà craqué et fait un impair: que ce soit en insistant alors que son corps n’en avait clairement plus envie… enfin qu’il s’y refusait un peu plus tôt, en allant voir ailleurs ou seulement en ayant quelques mots… durs. Alors il était un peu fier quand même de se comporter comme le petit ami qu’il avait toujours voulu être pour elle. En plus elle était tellement mignonne avec cette expression… Oui, il lui sourit, se pencha doucement sur elle en prenant son visage entre ses deux paumes brûlantes et l’embrassa tout doucement.

- On progresse princesse, ça prend du temps mais… on progresse. Non ? Regarde, tu t’es réveillée vite cette fois…

Il ne lui ajouta pas qu’elle lui manquait, elle le savait très bien tout ça et il lui manquait aussi, il le voyait bien à la peine et la frustration dans ses yeux noisette.
Sourire tendre alors qu’il s’allongeait près d’elle et se contentait de câlins. Ils auraient pu réessayer, vraiment… Et peut-être y pensait-elle justement sauf que Tristan ne pouvait pas aller contre la fatigue d’une journée aussi éreintante et il s’endormit sous la caresse dans ses cheveux qu’elle avait commencé peut-être un peu pour se faire pardonner, il s’endormit oui, comme une souche.

Le lendemain matin, comme la veille, elle se réveilla seule et une nouvelle longue journée commença, terriblement semblable à la précédente, merveilleusement rassurante, routine dont ils avaient besoin, loin des ennuis et des troubles.
De nouveau il travailla avec ardeur auprès de ses camarades et se fit pas mal chahuter par Raph et de nouveau il passa la voir le midi. Avec ses horaires elle ne pouvait pas vraiment passer le voir à son travail, enfin elle aurait pu si, mis elle n’était pas sûr d’où il se trouvait exactement et plus encore, pas sûre que la petite demoiselle soit d’accord pour bouger d’un cheveu quand elle aurait vu toutes les belles et si grandes demoiselles qui passaient les voir.
Néanmoins elle dut commencer à en avoir une vague ou au contraire trop précise idées quand justement un petit groupe de femme vint prendre un thé en riant avec le patron avant le rush du midi.

Tristan donc passa le midi.
Mais cette fois il portait une chemise heureusement et il ne resta pas longtemps, se contentant de légers baisers à l’extérieur de la taverne, entrainant la demoiselle dehors, affirmant qu’il avait beaucoup à faire, qu’elle aurait une surprise en rentrant. Elle avait l’air un peu surprise de son passage éclair, mais quand il l’avait raccompagnée à l’intérieur, déposant un doux baiser sur son front et déclarant un « à ce soir ma chérie » elle avait semblé… aussi troublée sans doute mais de bien meilleure humeur !

Oui, il la laissa à son travail, à cette routine, au contact rassurant bien qu’un peu curieux des habitués qui venaient manger ou boire par ici. Les gens s’intéressaient à elle. C’est qu’elle était franchement mignonne, les gens étaient curieux et puis… gentils par ici, ce n’était pas de la curiosité malsaine ou mesquine. Certains mêmes la taquinèrent. Parce qu’il y avait des couples qui mangeaient tranquillement, quelques femmes, de tout âge se permirent un clin d’oeil ou un sourire à la demoiselle en déclarant un « jolie prise » ou « la fin de la journée va être bien difficile à attendre avec un goûter comme celui-ci » etc.

D’ailleurs le patron la prit à part après la journée pour la féliciter des progrès énormes qu’elle avait fait depuis la veille, il semblait même sacrément surpris. Il lui proposa alors des horaires différents, d’alterner entre les journées et les longues soirées, affirmant qu’elle finirait beaucoup plus tard mais qu’elle aurait toutes ses matinées de libres ainsi. Puis elle rentra…

Tristan, comme il l’avait déclaré avait passé l’après-midi fort occupé, extrêmement occupé, à en demander encore plus à ses muscles que la veille. Se sentant de plus en plus à l’aise avec les costauds de son travail il avait parlé du chalet avec son chef qui était ravi de parler architecture et menuiserie. Il lui avait déclaré qu’il se servirait du savoir qu’il apprendrait pour les meubles et qu’il avait quand même déjà quelques notions. Il ne dit rien à son supérieur à propos de ses petits problèmes avec sa compagne et celui-ci ne pouvait décemment pas les avoir deviner mais il lui donna une brutale tape dans le dos qui le propulsa contre un tas de bois avant d’éclater de rire et de le prendre à part.

- Viens à l’atelier cet après-midi, je n’y avais pas pensé mais il va te falloir d’urgence un lit et un sacré lit pour pouvoir t’occuper de ta petite chérie.

- Ah euh… je…
- Je l’ai vue hier, un peu petite mais… quelle superbe créature tu t’es déniché là, il faut en profiter voyons…Et surtout les satisfaire ces demoiselles...

Et là ledit chef s’était lancé dans une série d’explications et de détails qui laissèrent même Tristan sans voix et un peu gêné.
L’après-midi même il était donc à l’atelier. L’autre devait justement construire un lit qu’on lui avait commandé et lui proposa de l’imiter donc, lui donnant des plans et des conseils. Tristan s’y attela avec joie. Bon, ici, vu leur taille ils avaient besoin d’un mobilier adapté mais finalement ça lui convenait bien, leur chambre étant immense, il y avait de quoi faire. Tout l’après-midi, il le passa à façonner le sommier puis le cadre pour l’instant très grossier mais qu’il comptait bien orner de gravure. Son chef l’observait, surpris et ravi de le voir aussi talentueux et appliqué, projetant déjà l’idée de le récupérer TRES VITE à l’atelier. Au préalable il l’avait emmené dans une grande réserve où ils stockaient leur matériel et les matériaux et lui avait désigné une série de matelas qu’ils importaient vu qu’ils ne les fabriquaient pas ici, déclarant que ce serait son cadeau de bienvenue mais qu’il avait intérêt à ne pas se relâcher après toutes ses galipettes. Tristan sourit, promit, le remercia, alla chercher leur chariot pour monter le tout chez eux et heureusement qu’on vint l’aider parce que c’était un lit en chêne massif donc extrêmement lourd… Son après-midi passa vite et il aurait tué pour un bain brûlant pour détendre chacun de ses muscles qui criait pitié. Pourtant il s’affaira, installant des draps et inspectant tout l’étage que la jeune femme par excès de zèle avait rendu totalement nickel dans la matinée. C’est qu’elle s’y investissait elle aussi ! Il prit finalement une douche rapide et se sentit immédiatement beaucoup mieux, prenant le temps de s’étirer soigneusement.
En parlant d’elle… Elle rentrait oui.
Sauf que devant le chalet il y avait de la lumière. Une bougie, une autre, qui lui montrait le chemin pour entrer, pour avancer, jusqu’à l’escalier, jusqu’à leur chambre et Tristan qui attendait avec un grand et beau sourire… Parce qu’il avait déjà installé un lit… oui oui, un lit, immense d’ailleurs, pour ce qui était du matelas il n’avait pas eu le choix mais le cadre en lui-même était… particulier, comme s’il avait commencé à être gravé, comme si… Un solide lit de bois, oui qui avait l’air sacrément solide, un peu rustique au premier coup d’oeil mais qui commençait à avoir quelques… décorations inachevées, gravures.

- Alors princesse ? Il te plait ? Mon chef m’a proposé de me montrer… C’est moi qui l’ai fait ! J’y ai passé tout l’après-midi mais… le plus gros est fait, il ne reste plus qu’à faire des petites gravures au fur et à mesure, tu aurais des idées ?

Ah ben quand on commandait au prince charmant il se dépêchait d’obéir… Non ? Il ouvrit les bras pour l’accueillir, lui souhaiter la bienvenue après sa journée de travail, déposant immédiatement un baiser sur ses lèvres, chaste.

- Alors ta journée ma princesse ?

Franchement… Si c’était ça leur nouvelle vie… Pas de souci, de la tendresse, s’attendre, se réjouir de voir l’autre, manquait plus que de merveilleuses parties de… hum… C’était plutôt bien… Non ?
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Cassidy Herediane
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MessageSujet: Re: Comment se retrouver pour mieux s'aimer...   Sam 23 Mai - 16:03

Vraiment dommage… encore une occasion loupée. Ils étaient revenus à la taverne et elle semblait un peu inquiète pour Tristan. Il avait fait une déclaration juste avant qu’ils n’entrent et même si il gardait son calme, sa voix trahissait bien son émotion, ses pensées difficilement dissimulées. Et plus important encore, elle avait l’impression, pendant ce moment, de le sentir. Et malgré sa maîtrise de lui, à l’intérieur, son agitation semblait bien pire. Elle ne dit cependant rien, bien que rassurée par ses inquiétudes, son envie de la satisfaire mais la petite mage ne pouvait s’empêcher de se trouver coupable, responsable de ce qui se passait.

Si Tristan avait du mal à se calmer, à cause de ses envies grandissantes, c’était la même chose du côté de Cassidy qui avait bien du mal à se concentrer dans ses tâches. Plusieurs fois sa maladresse la rattrapa quand elle se prit un pied dans une chaise, ou qu’elle manqua de s’ébouillanter en déplaçant une marmite chaude. Heureusement que la magie rattrapait bien ses bêtises. Mais une chose était sûre, ce manque devenait de plus en plus pressant. Elle accueillit la fin de journée avec beaucoup de plaisir.

Et puis elle rentra. Trouvant Tristan dans la chambre, elle commença par le taquiner puis aborda un autre sujet sérieux, sujet qu’elle avait pensé et qui était aussi une source d’inquiétude. Mais elle ne voulait pas connaître la réponse de Tristan. Par peur, parce qu’elle n’était plus du tout à l’aise avec les dragons et pourtant elle aimerait bien en faire des efforts ! Alors elle l’entraîna dehors et lui exposa une nouvelle idée pour aménager leur petit coin de bonheur.

Elle sentit alors sa main prendre la sienne alors qu’elle parlait et s’arrêta dans son élan quand il vint se coller à elle, frémissant doucement, tous les muscles de la petite mage se détendirent instantanément. Il avait un sacré effet sur elle quand même ! Elle se retourna alors qu’il répondait positivement et le regarda avec remerciement. Mais il aborda l’autre sujet, celui qu’elle avait voulu si vite évincer. Il commença par une phrase et elle se crispa. Puis continua en pensant qu’elle ne comprenait pas. Son discours était extrêmement touchant et au fur et à mesure qu’il parlait, les yeux de la demoiselle se mirent à briller. C’est que ça la touchait beaucoup ! Oui effectivement elle ne pouvait pas le ressentir quand il se transformait… ou du moins plus pour le moment. Elle se rappelait que quand ils avaient commencé à voler ensemble, quand ils avaient commencé à suivre cet entraînement pour se raccrocher à leur lien, être en parfaite harmonie, elle l’avait senti… qu’il était toujours lui… et dès qu’il s’agissait d’Ikaël, il n’y avait plus rien du tout… le vide… C’était si difficile de se battre contre des instincts, contre la nature elle-même et ces évènements tragiques les avaient touchés et forcés à revenir en arrière. C’était même pire qu’à l’académie ! Car avant les sentiments étaient endormis, là ils avaient été tout simplement détruits… Un peu malheureux quand même.

Elle glissa ses bras sous sa taille et le serra fort contre elle, posant doucement sa tête contre son torse et murmura des « merci » d’une voix émue, touchée. Il ne s’arrêta pas là et lui proposa de s’occuper de la salle de bain. Reconnaissante qu’il lui donne une occasion de chasser son trouble, elle entra dans la pièce. La salle de bain était spacieuse, avec la lumière qui rentrait par la grande vitre. Il faudrait penser à installer un rideau pour se cacher de petits curieux. Elle commença alors son nettoyage, des chiffons frottant le sol et les murs, faisant apparaître un parquet d’un bois différent du reste du chalet mais qui semblait parfaitement tenir l’humidité. La baignoire en forme de bassin était suffisamment grande pour deux et elle s’imaginait déjà récupérer des sels de bain pour les poser sur une petite étagère qu’ils installeraient à côté. Elle se rappelait d’ailleurs que Tristan ne supportait pas trop les mélanges et cela la fit doucement rire.

Il y avait aussi le coin lavabo avec un énorme miroir et suffisamment de place pour poser différents meubles qui pourraient accueillir produits, accessoires, affaires de rechange. Un très beau coin en somme.

Puis ils passèrent à table. Il lui raconta sa journée et n’oublia pas de parler des dames qui passaient les voir pendant leur travail. Elle était en train de prendre une bouchée de carottes et manqua de se mordre la langue mais ses yeux prouvaient que cela n’était pas tombé dans l’oreille d’une sourde. Oh bien sûr qu’elle lui faisait confiance ! Mais savoir que certaines se rinçaient l’œil ne lui plaisait pas vraiment…

Puis ils remontèrent à la salle de bain.

Cassidy se mit à sourire mais son cœur se tordit quand il commença le déshabillage. Le rouge aux joues la prenait… il était tellement désirable… un joli objet défendu pour le moment. Elle se mordilla fortement la lèvre alors qu’il entrait dans la baignoire et ferma les yeux pour tenter de retrouver son calme et éviter de penser à toutes les images et autres pensées qui agitaient son pauvre esprit torturé. Elle se déshabilla à son tour et constata avec plaisir que lui aussi avait un peu de mal à rester dans un état normal.

Puis ils profitèrent de la baignoire. Soucieuse, elle voulait faire un massage. Tristan ne voulait pas l’inquiéter, il était toujours comme ça. Il lui fallut insister un peu plus pour qu’il capitule et se laisse faire en reconnaissant que oui, couper du bois toute la journée et faire des acrobaties dans le chalet (acrobaties pour réparer bien sûr !) ça laissait des traces ! A son tour il insistait et juste le premier de ses baisers suffit à faire tourner la tête de la petite mage. Bons dieux ! Allons plus loin ! Elle était de plus en plus réceptive, un peu trop même et cela se voyait bien qu’elle en avait assez d’attendre depuis… trop longtemps et voulait absolument passer aux choses sérieuses. Les baisers étaient de plus en plus torrides mais encore une fois… le trou noir.
Lorsqu’elle se réveilla, elle était allongée sur un lit et ne comprit absolument pas ce qu’elle faisait là, les pensées dans le brouillard. Elle se redressa sur ses mains, regarda autour d’elle et vit Tristan assis à côté, apparemment en train de méditer. Mais quelque chose n’allait pas… il ne disait rien mais elle sentait une légère fluctuation qui ne venait pas d’elle. Cependant, il se rapprocha, rassurant, se contentant d’une phrase comme quoi c’était en progression. Elle fit un sourire qui ressemblait plus à une grimace mais se laissa faire, quoique frustrée de ne pas arriver à contrôler son corps.

Le jour d’après était quasi identique. Les mêmes têtes revenaient à la taverne et la petite mage semblait bien plus assurée, commençant même à connaître la commande de certains clients. Cela lui évitait de trop réfléchir, surtout qu’elle était occupée à faire plusieurs choses à la fois. Mais, une discussion attira fortement son attention. Elle était occupée à préparer les différents plats pour midi et donc ne voyait pas ce qui se passait dans la pièce principal. Mais des rires et gloussements résonnaient. La conversation avait l’air particulièrement animée.

- Raph est vraiment adorable… J’aimerais bien un jour qu’il accepte un peu plus que les casse croûtes que je lui apporte… Et regardez moi ces muscles en plein action… Un vrai plaisir pour les yeux !
- Peut être que si tu t’habilles un peu plus fraîchement, il proposera pour te réchauffer…
- Hey bonne idée !
- Moi c’est le ptit nouveau que je préfère ! Celui qui vient d’arriver !
- Lui ? C’est vrai que c’est un très beau garçon… timide un peu mais je suis sûr qu’il cache bien son jeu…
- Tristan c’est ça ? Prénom sexy…


Cassidy était en train de nettoyer le couvercle d’une marmite mais lorsqu’elle entendit le nom de son fiancé, cette dernière lui échappa des mains et tomba au sol alors que son regard devenait plus sombre. Non mais pour qui elles se prenaient ces pintades ?!?

– Tu aurais du le voir quand il a accepté mon repas avec un grand sourire… aaaaah…
- C’est vrai que ses cheveux rouges et noirs lui donnent de l’allure… Et ces petites marques au torse et au visage… Un beau Drakkari…
- Il paraît que les Drakkaris sont les meilleurs au lit !
- C’est vrai j’ai déjà eu l’occasion de le faire… Nuit inoubliable… dommage qu’il ne restait pas…
- Calmez-vous les filles…


Cassidy était en train de bouillir, elle avait ramassé son couvercle mais même si c’était plutôt flatteur pour elle, le peu de confiance qu’elle avait en la gente féminine ne l’aidait pas à garder son calme. Ce fut la voix du patron qui l’empêcha de sortir de la cuisine pour se manifester.

- Quoi ?
- Le petit nouveau est fiancé… Alors oubliez-le… Vous connaissez les règles, non ? On ne touche pas aux liens d’une famille, d’un couple.


Des grognements et protestations se firent entendre.

- Quel dommage…
- Je me demande bien qui est cette fille… Elle en a de la chance…
- Tu crois qu’on pourrait lui demander si ça se passe bien au lit ? Si la rumeur sur les Drakkaris est confirmée ?


Cassidy grogna. Les habitants du royaume de la neige n’y allaient pas par quatre chemins en ce qui concerne les relations intimes.

Tristan arriva enfin et même si elle faisait une tête bizarre, au moins le voir illumina sa journée. Il avait une chemise cette fois mais ne resta pas longtemps alors qu’il l’attirait une fois dehors pour en profiter pour l’embrasser. Et des baisers elle en avait bien besoin ! Surtout après ce qu’elle avait entendu et même si son patron la défendait. Elle s’était étroitement serrée contre lui mais il déclara bien rapidement avoir du travail avant de partir, non pas sans avoir balancé une petite phrase qui retourna l’estomac de la petite mage.

Les clients commençaient à s’habituer à leur nouvelle serveuse et effectivement, les remarques gentilles, étaient lancées. La seule chose qui embêtait Cassidy, c’était que leurs sous-entendus lui donnaient des folles envies de la tête et force est de constater qu’elle ne pouvait toujours rien faire à son grand regret.

Son patron vint la prendre à part pour lui annoncer une excellente nouvelle. Des changements d’horaires et aussi un jour de libre, le dimanche. Voilà qui tombait bien car cela permettrait à Cassidy de pouvoir s’entraîner la journée ou de vaquer  à d’autres occupations.

C’est donc toute guillerette qu’elle rentra le soir. En parler à Tristan ? Non elle voulait lui faire une surprise en venant le voir à l’endroit où il travaillait. La perspective l’enchantait déjà et un grand sourire apparut sur son visage. Elle arrivait alors qu’il commençait déjà à faire nuit et la petite mage fut tout de suite alertée par les bougies à l’extérieur du chalet. Intriguée, elle rentra et suivit le chemin qui menait à l’escalier pour débarquer dans la chambre.

La première chose qu’elle vit fut l’immense lit qui trônait au milieu de la chambre et Tristan qui attendait à côté. Elle ne put s’empêcher de s’exclamer, impressionnée. Ca ne ressemblait pas à tous les lits classiques. Où l’avait-il déniché ? Il expliqua alors qu’il l’avait fait lui-même. Elle sauta presque dans ses bras, un magnifique sourire sur le visage.

« C’est magnifique Tris’ ! Ca a du te prendre des heures pour faire ça ! »

Il lui demanda pour sa journée après avoir déposé un baiser sur ses lèvres, en toute innocence. Elle haussa les épaules, malicieuse.

« Boh… la routine… je commence à m’y habituer mais c’est vrai que je n’avais qu’une hâte, c’est rentrer chez nous… »

Elle avait posé ses mains sur sa chemise puis ses doigts agrippèrent le fin tissu alors qu’elle posait une question toute anodine.

« A ce propos… j’espère que tu n’es pas fatigué ? Sinon ça serait bien dommage… »

Cassidy ne savait pas si Tristan avait une idée de où elle venait en venir ou pas. Mais lorsqu’elle l’attira vers elle en reculant doucement vers le lit, après lui avoir décroché un ardent baiser, il ne put que comprendre les intentions de la petite mage… La nuit allait être longue.

Elle s’était réveillée tôt ce matin. S’agitant légèrement dans le lit, la demoiselle tira un sourire en s’étirant tout en levant la tête vers Tristan qui dormait toujours paisiblement, un bras posé autour de sa taille fine alors qu’il respirait silencieusement. Le manque de lumière à travers la fenêtre laissait penser que le soleil n’était pas encore levé.

Doucement, sans un bruit, elle se tourna vers lui, fit un grand sourire alors qu’elle cala un peu mieux sa tête contre son oreiller et posa sa main sur les cheveux du garçon pour le caresser avec tendresse. Il émit un petit gémissement avec un léger sourire, apparemment satisfait, même si il dormait encore. Elle le trouvait adorable. Tout en le caressant, la demoiselle laissait ses pensées vagabonder sans but précis.

Oui elle était heureuse d’être avec lui… Le chalet prenait forme, Tristan se démenait vraiment pour que tout soit parfait. Et puis le lit qu’il avait construit était original, magnifique… comme tout ce qu’il faisait d’ailleurs. Un lit parfait et suffisamment grand pour faire autre chose que dormir. Soudain un flash dans sa tête et son visage se décomposa alors qu’elle s’arrêta dans son action. Les sourires, cette envie qui devenait de plus en plus pressante, les caresses, doucement… beaucoup de préliminaires… sa lumière… et puis… le trou noir encore une fois. Tristan grogna dans son sommeil, pas vraiment content qu’elle interrompe ses caresses. Il leva même la tête pour retrouver le contact de sa main. Elle le regarda un instant et recommença mais un peu plus crispée cette fois-ci.

Repensant à la soirée d’hier, ils n’avaient toujours rien fait au final. Ca commençait à devenir très problématique et cela l’attrista un peu. Elle secoua lentement la tête, et n’arrivant pas à se rendormir, la demoiselle pivota et c’est très doucement qu’elle se déroba de Tristan, en espérant qu’il ne se réveille pas. Elle avait besoin d’être seule cette fois. La demoiselle se dirigea vers un de ses sacs, en sortit une de ses tenues et s’habilla. Râlant pour la forme quand elle passa la brosse dans ses cheveux trop longs, elle fit juste le strict minimum, laissant ses cheveux sans attache, juste son bandeau et elle sortit sur la pointe des pieds du chalet.

La neige été encore tombée cette nuit et la poudreuse, lumineuse, craquait sous les pieds de la demoiselle. Loin de Tristan, elle laissa cours à ses émotions et avait une mine vraiment dépité. Qu’avait-elle fait ? Même quand les esprits dragons avaient forcé Tristan à devenir un autre elle pouvait toujours… Alors pourquoi ? Etait-ce ce qu’ils voulaient ? Avaient-ils lancé une malédiction sur la petite mage ? Parfois elle se le demandait… La patience de Tristan n’était pas éternelle non plus… Elle le savait… elle le sentait. Et puis avec toutes ces filles qui trainent autour… pouvant profiter de sa faiblesse d’homme, de son envie… elles pouvaient réussir à… Stop non non non ! Tristan ne fléchirait jamais ! Pas son Tristan ! C’est impossible… Elle secoua la tête fortement en fermant les yeux, refusant de croire qu’une autre femme pourrait réussir à le faire entrer dans son lit. Et pourtant elle était inquiète. Ayant vu que par son côté dragon, il était totalement impulsif, soumis à des lois bien plus bestiales, des pulsions, ça serait bête de penser qu’il ne pouvait pas se faire rattraper par ça…

Qu’est-ce qui se produirait ? Peut être que si, par malchance, une femme d’ici arrive à ses fins, il le regrettera une fois la pulsion assouvie… Et peut être que leur lien ne tiendra pas le choc… Il pourrait même avoir des doutes, une méfiance… se demander si ce n’était pas normal et qu’au fur et à mesure qu’elle devenait plus… étrange pour une humaine, quelque chose s’était brisée entre eux. Et si elle était une humaine pas normale ? Ou une malédiction ? Elle soupira… c’était des pensées bien sombres et pourtant, autant de craintes, d’inquiétudes sur l’avenir de leur couple même si, à part les galipettes au lit, tout allait pour le mieux. Le problème ne viendrait pas de Tristan mais des autres… et d’elle… elle qui était incapable de résoudre son problème et on savait à quel point elle le désirait mais que son corps lui, bloquait tout simplement.

Elle marcha un peu et s’arrêta à un arbre solide un peu plus loin, les pensées bousculées. La demoiselle tapa du poing faiblement dans l’écorce. Pourquoi pourquoi pourquoi ? Pourquoi c’était si dur ? Pourquoi elle ne trouvait pas de solution ? Tapant de plus en plus fort, avec de plus en plus de conviction, reflet de ses craintes et ses peurs… La peur… de perdre Tristan. Elle tapa un coup plus fort qui se répercuta dans l’arbre tel une onde. La neige sur la branche du dessus lui tomba sur la tête en petits morceaux, ce qui lui faisait un chapeau étrange et elle grogna pour la forme, poussant la neige avec sa main.

Une idée, il lui fallait une idée ! Ca ne pouvait pas durer éternellement comme ça ! Il fallait avancer et pour le moment, insister ne changerait rien. Espérer est une chose mais insister dans la même erreur était totalement stupide. Alors qu’elle s’était tournée en marchant vers le chalet, un petit vent s’était levé et faisait tourner dans un tourbillon argenté la poudreuse autour d’elle. Un déclic apparut dans sa tête. Que faisait-elle quand elle ne comprenait pas quelque chose ? Elle faisait des recherches dans les livres non ? Il fallait bien commencer quelque part après tout…

Le soleil commençait doucement son ascension. Elle fit un demi-tour sur elle-même puis rentra dans le chalet. Saisissant une feuille de parchemin et une plume de son sac qu’elle avait posé sur la table du salon, elle écrivit un mot. Remontant doucement à l’étage, la demoiselle constata que Tristan était encore en train de dormir, ouf ! Elle déposa le mot sur le lit à sa place, comme ils n’avaient pas encore de mobilier. Un dernier regard, une caresse et elle se pencha vers lui pour déposer un baiser sur son front avant de partir rapidement.

Ce qu’on peut lire sur le mot : Bonjour mon cœur, j’ai décidé de partir plus tôt ce matin pour passer à la bibliothèque alors ne t’inquiète pas. Bonne journée, travaille bien et à ce soir ! Ta petite Cassy qui t’aime très fort

Marchant d’un pas rapide, la demoiselle se dirigeait vers la ville où les habitants commençaient à se réveiller. Quelques personnes marchaient dans les rues, pour se rendre à leur travail, plus ou moins tôt. Après s’être renseignée, elle trouva la bibliothèque, un bâtiment plutôt petit. La demoiselle rentra à l’intérieur, salua le vieillard qui semblait plongé dans sa lecture, installé sur un bureau et commença à flâner le long des couloirs.

Elle inspectait les étagères à la recherche de livres sur la magie. Il y avait beaucoup de choses sur les constructions artisanales, des domaines plus généralistes, un peu de tout et rien mais le rayon magie… difficile à trouver !

Elle s’arrêta enfin quand un livre attira son attention sur une étagère poussiéreuse. L’utilisation de la magie pour les tâches quotidiennes… Fronçant les sourcils, Cassidy se demandait bien comment pouvait-il y avoir aussi peu de livres de recherches ! Farfouillant encore un peu, elle tomba sur quelques ouvrages aux termes plus techniques et les prit avant de se poser à une table, à l’abri des regards.

Le temps passait et son sourire s’effaçait. Rien… elle ne trouvait rien ! Ce n’était pas assez complet. Et puis elle ne pouvait même pas courir jusqu’à la ville suivante puisqu’ils étaient vraiment loin de tout. La demoiselle soupira et grommela plus pour elle-même.

« C’est pas possible… pourquoi j’ai aussi peu de chance… »

- Tu cherches quelque chose en particulier ?

Sursautant, elle se retourna d’un coup et remarqua le vieillard qui s’était rapproché d’elle et lisait au-dessus de son épaule, sans avoir averti de sa présence. Elle manqua de tomber de sa chaise et referma le livre d’un geste sec. C’était un homme d’un certain âge, barbe grisonnante, visage pas vraiment intimidant, cheveux virant lentement au blanc et des yeux… des yeux bleus comme la couleur de l’océan… très particulier. A première vue, on dirait plus un ermite qu’un bibliothécaire.

Elle grommela.

« Pas vraiment non… »

- Tu regardes des livres sur la magie non ? Je peux peut être t’aider…

Il souriait gentiment, bienveillant quoique insistant. La demoiselle soupira, prenant un air blasé et secoua la tête. Non mais pour qui il se prenait déjà à venir s’incruster comme ça sans permission, puis vouloir l’aider c’était une bonne chose mais il n’avait pas l’air d’avoir pratiqué la magie à première apparence. Cependant, la phrase qu’elle sortit était bien étonnante venant de sa part.

« Je ne crois pas non… A moins que vous ayez une idée sur la cause de mes endormissements quand je veux coucher avec mon fiancé… »

Elle devint soudain rouge. Stupide Cassidy ! Pourquoi parler de tes problèmes de couple ? Non mais il va se moquer de toi là ! Pourtant le vieillard souriait toujours, la regardant avec insistance, mais pas vraiment moqueur.

- J’imagine que ça a à voir avec tes livres de magie. Mage pas vrai ? Tu n’es pas  au bon endroit, il n’y a pas beaucoup d’utilisateurs de magie par ici… sauf pour le quotidien…

Elle leva les yeux au ciel, merci ça elle l’avait bien remarqué !

- Mais tu as de la chance… je pense pouvoir t’aider à y voir plus clair…

Là elle le regarda avec désolation. Non mais à son âge quoi ? Ce papy était tombé sur la tête ! Il sortit de la poche de sa cape un cristal de la taille d’une main, d’un bleu azur et le tendit vers la demoiselle. Elle connaissait bien ce type de cristal, c’était ce qu’on utilisait pour ceux qui apprenait la magie, l’entraînement pour l’équilibre. Si la magie était instable, le cristal se mettait à briller. Le but était d’arriver à focaliser ses pensées sur ce qu’on voulait pour ensuite laisser juste une lumière à l’intérieur du cristal qui symboliserait l’énergie maîtrisée. Cassidy regarda le vieillard d’un air sceptique.

- Place ce cristal devant toi et pense à la raison de tes endormissements… Il va falloir t’entraîner jusqu’à ce que le résultat soit clair et ça devrait résoudre ton problème.

Elle ne semblait pas vraiment convaincue mais prit quand même le cristal tout en le remerciant gentiment. Elle fila, car on l’attendait à la taverne.

Cassidy marchait d’un pas vif dans la rue quand soudain, elle reçut une décharge dans son bras, à l’endroit où se trouvait cette marque maudite. La demoiselle s’arrêta en grimaçant, portant une main sur le tissu de sa robe, et regarda autour d’elle. Etrange ça… La douleur repartit aussitôt. Elle fronça les sourcils. Des douleurs à cet endroit elle en avait eu… beaucoup mais à force elle s’y était habituée et ne ressentait plus rien. Le pire c’était sur l’île, elle ne savait pas pourquoi mais en plus de ne pas avoir son fiancé à côté d’elle, cette marque l’avait fait extrêmement souffrir les premiers jours. Heureusement que c’était passé.

Elle secoua la tête et repris son chemin.

A la taverne, la journée se passa comme les deux précédentes. Il n’y avait rien de spécial à remarquer, les gens étaient plutôt sympas aujourd’hui encore. Sauf que ce qui s’était passé ce matin à la bibliothèque tournait dans la tête de Cassidy. Tristan ne vint pas manger à midi cette fois. Elle fut un peu déçue mais se rassura rapidement en se disant qu’il devait sûrement être très occupé. Après tout il y avait pas mal de meubles à  faire pour le chalet aussi… Pour donner un petit côté original.

Rentrant au chalet très tôt, Cassidy remarqua que Tristan n’était pas là. Ce vieillard l’avait vraiment intrigué toute cette journée. Elle sortit le cristal de sa sacoche et le plaça sur la table du salon, plissant les yeux comme si elle cherchait le piège. Pas vraiment convaincue, elle tenta quand même de l’utiliser.

Inspirant profondément, elle focalisa ses pensées sur Tristan… uniquement sur lui. Un petit scénario bien croustillant comme dans ses rêves… avec beaucoup de précision. Un sourire apparut sur son visage. Quand ils allaient reprendre sérieusement, ça allait être épique !
Heureusement que le chalet était isolé de la ville et qu’ils n’avaient pas de connaissances qui pouvaient venir les déranger. Même si ça faisait une année qu’elle n’avait pas profité de lui, et que sa patience commençait à s’effriter, elle essayait de se rappeler des moments d’avant… de leurs petits jeux, leurs tatonnements, les inspirations de Maud également dans des jeux bien plus acrobatiques et osés qui ferait rougir le plus téméraire des prétendants. Sa lumière dorée, si caractéristique, ne tarda pas à envahir tout son corps. Elle n’eut pas le temps de rouvrir les yeux alors qu’elle était concentrée, ou même dans ses fantasmes. Soudain, un bruit de détonation retentit. La table se mit à voler et retomba au sol, à l’envers, le cristal explosa en mille éclats et elle se retrouva projetée en arrière contre un mur avant de glisser au sol. Elle avait eu le réflexe d’utiliser sa magie pour protéger son dos… mais pas ses fesses qui tombèrent dans une des zones délimitées par Tristan. Un crac se fit entendre alors que son derrière se retrouva coincé dans le sol. C’est le moment que choisi Tristan pour arriver sur place, alerté par le bruit.

La situation pouvait être drôle. Une table à l’envers, des débris bleus éparpillés un peu partout et surtout une petite mage qui était retournée sur le pot. Son air embarrassé rendant la scène encore plus marrante, comme une enfant prise en flagrant délit. Cassidy fit un grand sourire gêné, ignorant les dégâts qu’elle avait fait et salua Tristan comme si de rien n’était.

« Hem… Salut Tris’… Tu as bien… travaillé aujourd’hui ? »

Penaude, elle triturait nerveusement ses mains alors que Tristan venait l’aider à sortir de là. Ses yeux trahissaient la surprise et surtout des questions. Elle se frotta le derrière, l’air coupable.

« Heu attends je vais t’expliquer ! Je suis allée à la bibliothèque ce matin pour faire des recherches sur la raison de mes pertes de conscience quand… enfin tu vois quoi ! Et là y a un vieillard qui vient me voir… Bon j’avoue… je trouvais pas grand-chose dans cet endroit et il m’a conseillé d’utiliser un cristal d’entraînement pour m’aider… J’y croyais pas vraiment à son truc ! Et pourtant… le cristal a réagi bizarrement quand j’ai commencé à briller… quand… enfin tu vois quoi… »

Elle se mit à rougir et détourna un peu les yeux. Puis se racla la gorge et reprit un air plus sérieux.

« Mais je pense que… enfin… normalement un cristal d’entraînement vibre quand on utilise trop de magie, que ce n’est pas équilibré… là il a complètement explosé. Ca expliquerait mes pertes de conscience… magie trop puissante donc… enfin je la maîtrise hein ! Mais j’ai jamais eu l’occasion de… enfin tu vois… et j’allais pas prendre le pauvre Alanir comme cobaye quand même ! »

Elle avait du mal à s’exprimer et c’était peut être incohérent pour Tristan même si lui était au courant pour son instabilité et qu’il n’apprenait pas grand-chose de nouveau. La demoiselle enleva son bandeau et tenta de replacer, sans espoir, quelques mèches blondes derrière ses oreilles alors qu’elle reprenait un air bien plus sérieux.

« Bon la cause est trouvée maintenant il faut une solution… Je sais que tu ne veux pas que j’utilise mes bracelets pour m’entraver donc je m’abstiendrais… même si ça pouvait résoudre le problème. C’est marrant, ça me fait penser à tes bracelets à toi… sauf que toi c’est pour tes pulsions et moi ma magie. »

Il était vrai que même si ils étaient différents, il y avait quelques ressemblances dans leur fonctionnement. La demoiselle se gratta doucement la tête en constatant les dégâts.

« J’aurais pu continuer de m’entraîner avec le cristal mais il est complètement détruit. C’est… »

Elle fronça les sourcils en s’arrêtant de parler alors que les morceaux éparpillés au sol se mirent à trembler d’une intensité de plus en plus forte. Surprise, pas vraiment au courant de cet effet, elle s’approcha lentement. Puis d’un coup, les différents morceaux se mirent à flotter dans les airs et se recollèrent d’eux même. A voir la tête de Cassidy, elle n’avait pas l’air de connaître ce phénomène. Puis, une fois la réparation terminée, il se dirigea droit vers la petite mage et flotta dans les airs devant elle, comme neuf. Elle tendit les mains en avant et à sa grande surprise, il se posa dessus. Silencieuse, elle examinait le cristal dans ses mains, ayant de la peine à y croire puis cligna des yeux en murmurant d’une voix basse.

« Etrange… Ca ne devrait pas être possible… Pas avec la dose que j’ai envoyé… »

Elle repensa au vieillard. Il avait l’air si sûr de lui. Finalement, peut-être qu’il savait plus de chose que laissait croire son apparence… Qui était-il ? Encore un allié ? Une personne qui la connaissait et voulait vraiment aider ? Le seul moyen de le savoir, c’était de retourner le voir et de tirer d’autres informations. Cependant, ce n’était pas le moment pour et elle se tourna vers Tristan avec un sourire en montrant le cristal.

« Bon ben du coup c’est super ! Je vais pouvoir m’entraîner dessus et fini les dodo pas voulus ! Tiens toi prêeeeeeeet ! »

Cassidy semblait de bien meilleure humeur et avec une énergie retrouvée alors qu’elle frottait doucement le cristal dans sa main. Puis elle se rapprocha de Tristan avec un air de prédateur, collant son dos contre le sien.

« Au fait… »

Elle lâcha le cristal qui se mit à flotter dans les airs et elle se tourna vers lui en passant ses mains sous la tunique du jeune homme, caressant doucement ses hanches et ses abdos, un regard insistant, ancré dans le sien avec une pointe de désir.

« Je vais avoir besoin de beaucoup d’encouragements… Je pense que je progresserais plus vite avec des séances de bisous et de câlins quotidiens pendant mes entraînements… »

Bon sur le coup, elle n’avait pas pensé à tout le travail qu’il avait avec la réparation du chalet mais après tout… elle voulait le faire participer cette fois et lui donner l’occasion d’être présent pour ce moment là alors qu’il ne l’avait pas été pendant son séjour sur l’île. Plutôt encourageant non ?[/color]
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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: Comment se retrouver pour mieux s'aimer...   Mer 24 Juin - 4:45

Il avait assuré! Là clairement il avait assuré!
Tristan carrait fièrement les épaules, entourant la petite mage de son étreinte, un sourire radieux aux lèvres et l’estomac tout papillonnant à l’entente de sa petite voix douce et timide qui le remerciait. Wahou… Juste pour ça? Juste parce que… il faisait cette petite, bon pas si petite, déclaration? Mais…Mais il en avait envie déjà! Et puis… depuis qu’il essayait davantage de lui communiquer ses sentiments, tout ce qu’il pouvait ressentir il voyait bien qu’elle était plutôt contente. Oui, décidément elle appréciait ses tentatives pour s’ouvrir et davantage communiquer, pour faire part de ses ressentis, elle appréciait même énormément. Il caressait doucement ses cheveux en la serrant contre lui, répondant à son étreinte. Il adorait décidément, lui, quand elle enserrait sa taille de ses bras pour l’enlacer. Elle faisait tellement possessive ainsi… Et à vrai dire là où beaucoup d’hommes se seraient vexés il trouvait ça plutôt… charmant en fait. Oui, vraiment charmante cette demoiselle. Son côté possessif et jaloux la rendait effrontée mais aussi vraiment mignonne… Enfin tant qu’ils faisaient des câlins il adorait en fait. Qu’elle se pende à son cou ou ceigne ainsi ses hanches en affirmant clairement sa propriété. Peu importait, elle était juste… craquante…
L’occasion qu’il lui donna pour cacher un peu le trouble qu’elle ressentait était certes bien gentille de la part du jeune homme qui, il y a peu encore, n’aurait pas manqué cette occasion pour la taquiner. En fait, il l’aurait même fait à cet instant… si entre eux deux ça n’avait pas été si tendu. Tendu… Non qu’ils ne s’aimaient pas… Ils s’aimaient, clairement. Mais entre eux c’était difficile… A cause de toute cette attirance difficilement contenue. Parce qu’elle culpabilisait énormément de ne pouvoir être pleinement sienne et parce qu’il s’en voulait terriblement de ne pas pouvoir satisfaire les pulsions qu’il sentait bien s’agiter chez la demoiselle.
Leur lien, ce n’était pas encore ça même s’il ressentait quelques petites choses de temps à autre. Mais ses sens étaient parfaitement intacts, tellement développés. Il sentait son odeur changeante sans mal. Celle du désir lui échauffait les nerfs, sucrée, alléchante, comme le plus doux des mets. Celle de tristesse qu’elle camouflait si bien était au contraire si amère que lorsqu’il la sentait une vive émotion lui nouait la gorge. Parfois ses sens de dragon… il les détestait. D’autres fois il les remerciait, heureux de pouvoir sentir ce qu’elle-même parfois se cachait. Alors oui il avait senti son trouble… son bonheur mêlé de tristesse… Il la ressentait cette tristesse aussi. Mais était bien décidé à la camoufler sous une éternelle bonne humeur… Parce qu’elle avait besoin de lui, qu’il soit là et la rassure autant qu’il l’avait blessée et torturée physiquement et émotionnellement en étant Ikael…

Elle était partie s’occuper de leur salle de bains avec une certaine curiosité et de l’enthousiasme évidemment dans la découverte progressive de leur maison tandis qu’il cuisinait. Diner tranquille avant d’aller découvrir à deux cette fameuse salle de bains. Pour sa défense, même s’il se déshabillait un peu plus lentement pour l’embêter gentiment il ne faisait guère d’effort réel. Après tout, même si c’était terriblement rageant, le jeune homme avait hérité, pleinement, des gestes fluides et constamment élégants et charmeurs des dragons, n’ayant en somme que bien peu pris du côté maladroit des humains dont les gestes n’étaient jamais totalement assurés… et encore moins chez elle à vrai dire. D’ailleurs l’avait-elle une seule fois vu maladroit quand il allait bien?… Pas vraiment… sauf quand elle le troublait… un peu trop… et un peu trop facilement évidemment… Il la vit un peu… perturbée par son manège et la trouva une fois de plus vraiment mignonne ainsi. Par bien des aspects elle était une femme mais par bien d’autres qu’il aimait tout autant, la fillette espiègle le surprenait toujours. Mais elle le troublait tout autant, si ce n’est plus et c’est avec une certaine surprise qu’il camouflait trop bien qu’il remarqua le léger sourire victorieux et la fierté dans les yeux noisette. Elle était contente de lui plaire, elle était contente de le perturber… Elle était contente… que la simple vue de son corps nu mette à mal le jeune homme. Il n’était pas le moins du monde agacé. Juste surpris… surpris de voir que derrière cette joie il y avait ce petit air rassuré surtout… comme s’il pouvait arriver à ne pas la trouver désirable. Comme si son regard pouvait cesser de se poser sur elle avec gourmandise… Gourmandise et luxure, deux péchés rassemblés sur un même sujet, elle évidemment, toujours, à jamais, elle.

Il ne dit rien évidemment. Parce qu’il ne savait pas quoi lui dire. Et parce qu’il n’y avait rien à dire. Il était conscient qu’elle appréciait ses progrès pour parler mais il était être d’acte, d’action et surtout… surtout, les mots ne suffisaient pas, ne suffisaient plus. Ils étaient certes importants, mais si éphémères comparés aux actes. Il lui ferait bien rentrer un jour dans le crâne ce qu’elle représentait pour lui, même si ça lui prenait toute leur vie… et cette idée lui plaisait beaucoup en fait. Passer sa vie à ses côtés, à lui prouver son amour… Décidément, ça sonnait plutôt bien !

Ca avait plutôt bien commencé, calmement, sans sous-entendu malgré leur nudité que cachait l’eau chaude mais comme toujours ça avait dérapé… tellement plus facilement ces derniers temps. Parce qu’ils devenaient de plus en plus impatients, l’un comme l’autre. Et qu’ils désespéraient, sans l’avouer, de ne pas parvenir à franchir ce fichu pas qui les séparait des trésors de plaisir dont chacun savait l’étendu chez l’autre. Vite, trop vite, les baisers étaient devenus passionnés, brûlants, avides, de plus, beaucoup plus. Tristan avait très vite pu constater, dès le début de leur relation que malgré le feu ardent qu’elle provoquait chez lui et encore plus aujourd’hui, malgré ses bracelets, alors qu’il avait pleinement accepté sa part de dragon, ce n’était que bien peu comparé à ce qu’il provoquait chez elle. Enfin non, c’était probablement équivalent mais il se contrôlait mieux… bien mieux. La pauvre petite demoiselle lui aurait cédé si facilement d’un de ces baisers passionnés… Au début ça l’avait amusé, de découvrir à quel point elle lui était vulnérable, à quel point derrière l’effarouchée demoiselle se cachait une demoiselle bien avide de connaissance sur ce plan-là et décidément affamée par des années à réfréner la moindre de ses pulsions. C’était pire à présent… Il le sentait quand elle se blottissait contre lui et qu’il sentait chacun de ses propres muscles se tendre à cause des myriades de minuscules courants électriques qu’elle envoyait dans son corps. Elle en avait assez… Elle en avait eu assez. Un an terriblement long à avoir peur, à attendre, à craindre le pire… Il ne lui avait jamais demandé si elle pensait qu’il l’avait remplacée par une autre pendant ce qu’elle croyait être également un an pour lui. Il avait peur de la réponse… Il avait peur d’entendre que oui, d’entendre aussi qu’elle lui aurait pardonné… parce que c’était sa faute, juste sa faute. Probablement aurait-il été en colère… Parce que certes, la cassure dans leur lien était énormément due à la rupture temporelle, à leurs changements respectifs… mais… il avait commencé à la chercher… un petit peu… quand Eleyna l’avait ramené à la raison, parmi les hommes, bien que fougueux, imprévisible et avide de sang il avait commencé à glaner des informations. Ca non plus il ne lui avait pas dit. Peut-être parce qu’il lui en voulait trop à cette époque… Peut-être parce qu’il la cherchait à ce moment-là pour de mauvaises raisons…

Le jeune homme évidemment ne put se prendre la tête à cause de tout ceci qu’une fois que la demoiselle s’évanouit à nouveau dans ses bras. Nan mais encore ?!!!!! Quel monde cruel! Il crut même qu’elle l’embêtait. Oui, encore une fois il crut qu’elle le taquinait mais il fut bien obligé de constater qu’elle était réellement dans les vapes quand elle faillit boire la tasse. Il s’occupa donc d’elle et elle se réveilla dans leur lit improvisé peu après. Ce n’est néanmoins pas sans raison que Tristan méditait quand elle s’éveilla. Car frustré, il l’était et il sentait la colère qui l’étreignait chaque jour un peu plus. Non pas envers elle évidemment  mais face à son impuissance évidemment. Il ne pouvait absolument rien faire pour l’aider. Bêtement il avait cru qu’en étant doux, tendre, prévenant il lui redonnerait confiance en lui et que ça irait… mais ce n’était pas assez, vraiment pas… Et c’était frustrant. Parce qu’il se doutait sans mal de la montagne qu’elle devait se faire avec cette histoire, oh ça… la connaissant…
Ils n’avaient pas tardé à s’endormir et pourtant il l’avait sentie crispée entre ses bras, ne le prenant évidemment pas pour lui. Il savait bien que les pensées de la demoiselle l’emportaient ailleurs, bien loin de leur couple actuel… bien près de leur histoire mais une histoire plus simple, moins complexée, moins… bloquée.

Le lendemain, il ne sut rien de l’altercation qui aurait pu avoir lieu entre la jeune femme et les demoiselles qui venaient chaque jour apporter le petit déjeuner aux puissants travailleurs des bois. Enfin altercation… Serait-elle réellement intervenu? Difficile à dire. Clairement elle n’aimait pas entendre que des demoiselles a priori fort jolies, bavaient sur son compagnon mais oui, elle aurait dû en retirer une certaine fierté car il était bien « son » homme après tout, et n’appartenait à aucune autre. Néanmoins, entendre qu’il plaisait pouvait entrainer son lot de doutes et de frustration évidemment. Heureusement que le patron était intervenu…
Quand Tristan passé vers midi, un léger sourire mutin aux lèvres, gagné par le défi énorme qu’il se fixait pour l’après-midi et le début de la soirée il ne comprit pas le léger trouble de sa compagne. Il vit bien que quelque chose n’allait pas et qu’elle fuyait un brin son regard mais il ne lui en demanda pas davantage, estimant que c’était probablement encore la frustration de la veille qui sommeillait toujours chez la jeune femme. Très vite dehors néanmoins, le trouble des deux disparut sous de tendres baisers et s’il s’éclipsa vite c’était avec la promesse de la revoir au plus tôt… avec une surprise justement.

Enfin… Honnêtement, il aurait bien aimé passer du temps à la taverne, l’observer louvoyer entre les tables, l’écouter parler avec quelques clients, tour à tour timide et assurée. Oui rien que l’observer l’aurait comblé mais il avait fort à faire pour satisfaire la jeune femme et il ne pouvait se contenter de peu… Non il voulait la voir heureuse au plus tôt, au plus vite, au mieux. A défaut de pouvoir atteindre pleinement son corps il allait s’occuper de son coeur… Son doux petit coeur qui aimait bien ce genre de surprise.

Parce qu’elle avait l’air ravie en découvrant le grand lit et plus encore, les yeux pétillant d’admiration quand il fanfaronna en lui apprenant qu’il en était l’artisan. Cette simple lueur tordit l’estomac du grand jeune homme qui en laissait si peu paraître, les joues juste légèrement rosées et son sourire en coin un brin moquer aux lèvres. Difficile de savoir que derrière cette légère façade de provocation le demoiseau s’était pris un merveilleux coup d’ego en la voyant aussi… fière de lui. Il se sentait l’âme d’un enfant qu’on félicite pour une bonne note mais peu importait, le sourire qui s’accrochait, de plus en plus longtemps aux lèvres de sa belle était un trésor qu’il voulait exposer à tous… et jalousement garder sien évidemment.
Il carra fièrement les épaules quand elle le complimenta mais elle avait raison… Il n’avait pas soufflé un instant, enfin juste celui de rentrer avec, prendre une douche, mettre des draps et les bougies dehors. Son corps lui faisait atrocement mal… En fait l’echo aux entrainements mortels de son maitre était si flagrant qu’il craignait presque le voir brusquement surgir à leurs côtés. Il ne s’était pas ménagé et avait usé de ses muscles plus que de raison. S’il possédait une grande force, parfois plus intense probablement grâce à son pouvoir, ladite force était réellement due à ses muscles et il devait bien se rendre à l’évidence que celle des Drakkari, herculéenne n’était pas sienne… C’était une force différente… En tous les cas, ses muscles tiraillaient horriblement, piquetés de milliards d’aiguilles douloureuses, il avait beau boire énormément, les charges et outils qu’il maniait sans cesse l’épuisaient. Et puis il n’était pas aussi remis qu’il voulait le faire croire peut-être… finalement… Enfin… C’était supportable mais ça faisait sacrément mal et il avait vraiment dû se presser pour l’achever aujourd’hui, bien peu de temps avant qu’elle ne rentre. Bien sûr, comme il l’avait dit il restait à graver le cadre et les grands pieds et piliers de lit qu’il comptait bien transformer en lit à baldaquin si elle le souhaitait.
Léger baiser, question pour ne pas s’étaler tout de même, il était fier certes mais savait rester un minimum modeste… Et puis, son sourire était son seul réel objectif hein !

Il sourit à ses paroles, un sourire plein de tendresse qui s’élargit au « chez nous ». Dire que ces quelques mots l’auraient fait fuir très très vite il y a encore bien peu de temps.
Sa phrase suivante lui fit légèrement incliner la tête alors qu’il l’observait sans avoir l’air de comprendre, mais réellement. C’est qu’à force d’essayer de ne pas penser à tout ça, à chasser les images bien trop torrides qui hantaient son esprit il en venait à se dire que c’était un peu… interdit et manqua la jolie provocation que lui lançait la belle demoiselle. Oui, lui, le grand pervers, le bourreau des coeurs, éternel provocateur manquait une telle occasion… De quoi tourner chèvre !!!!
Mais entre son baiser qui lui mit les sens à l’envers, la crispation de ses mains douces sur sa chemise, qui se glissaient déjà sur son torse après avoir l’air de rien esquivé le bout de tissu et ses petits pas en arrière, progressifs qui les rapprochaient du lit… Le jeune homme n’eut aucun mal à saisir le sens pas du tout caché de son message.

Amusé il se laissa guider et la vit hésiter quand l’arrière des genoux de la demoiselle vint buter contre le cadre. Ni une ni deux, il la saisit par la taille et la souleva du sol pour la presser contre lui et tout en l’embrassant la déposer avec moult douceur sur l’immense, haut et confortable matelas. Le lit était haut, vraiment haut et ce n’était certainement pas sans raison à voir le sourire mutin sur les lèvres du jeune homme mais ça… il le lui expliquerait plus tard… si elle lui demandait… peut-être… Les baisers passionnés, enflammés, l’impatience… la douleur dans les muscles du jeune homme qui disparaissait pour lui permettre d’être le plus performant possible… Il tentait un peu c’est vrai de se remémorer ses précédentes conquêtes. Non pas dans un but de comparaison qui aurait pu blesser la jolie mage, non pas du tout… Mais même s’il savait que ses instincts, hormones et pulsions de l’époque le délassaient facilement de la fatigue de récents combats et entrainements, il n’y avait décidément qu’elle pour lui faire ainsi oublier si facilement une fatigue d’autant plus grande et toutes les douleurs qui l’accompagnaient. Que ce soit sa magie ou la force de leurs sentiments, c’était tout de même assez… surprenant.

Il s’était redressé sur les genoux pour ôter langoureusement sa chemise tandis qu’elle poussait un léger bruit qui ressemblait fort à un croisement entre un ronronnement de satisfaction et un feulement d’agacement… ou d’impatience une fois de plus. Tendre, doux, expert, il l’avait bien vite déshabillée sans se gêner pour de trop nombreuses caresses horriblement frustrantes juste pour l’embêter. Elle ne tarda guère à se venger néanmoins, envoyant le pantalon du jeune homme rejoindre sa robe sur le sol. Ils n’avaient pas besoin de mots, ils n’en avaient jamais vraiment eu besoin dans ces moments-là… Quand ils se parlaient c’était de peur que l’autre ne comprenne pas… Mais ils s’étaient toujours compris, parfaitement. Il gémit doucement sous le sourire vengeur de la demoiselle lorsque celle-ci, faisant montre une fois de plus des muscles acquis sur son île le renversait sans grande difficulté pour se jucher sur ses hanches et manquer de le rendre fou sous des baisers qui devenaient beaucoup trop, oui vraiment beaucoup trop addictifs.
Et en plus elle reculait légèrement la tête la vilaine, se mettant hors de sa portée pour le frustrer un peu plus. Grognant, juste pour jouer, il se lança avec elle dans ce semblant de jeu de lutte et de caresses dont ils avaient l’habitude, chacun prêt à tout pour l’autre… et terriblement inquiet de voir le moment cesser. Rapidement elle s’était mise à briller évidemment, ça arrivait de plus en plus vite ces derniers temps et il comprenait sans mal que c’était énormément dû à sa frustration. Et il était on ne peut plus d’accord avec elle. De son côté, difficile de manquer le désir ardent qu’il lui portait c’était franchement aussi visible que son effet luciole !

Il l’avait renversée sur le dos une fois de plus, se glissant au dessus d’elle et poussant doucement son nez du sien, effleurant ses lèvres avec un sourire. Il sentait bien la pression qu’exerçaient les mains fines sur sa nuque et dans son dos. Elle était aussi impatiente que lui, sinon plus. Un brin méfiant mais le cerveau de plus en plus creux pour se perdre en conjectures il ne tarda pas à la débarrasser de ses derniers vêtements et elle dut juger que c’était parfaitement injuste ce déséquilibre car elle usa même de la magie dans un claquement de doigts pour faire disparaitre son boxer. Il écarquilla les yeux surpris, et un peu impressionné quand même par sa maitrise, alors qu’elle riait d’un ton léger à sa tête et le crochetait à la nuque pour le rapprocher immédiatement d’elle et lui décocher un baiser renversant. Elle était vraiment… wah… Encore une fois, être nu contre elle était un véritable supplice et un merveilleux plaisir en même temps. Nom d’un… il sentait bien ses pulsions de dragon lui hurler de passer à l’acte tout de suite, malgré ses bracelets. Ce n’était pas aussi simple qu’il le pensait à contrôler, avec elle évidemment… En fait la petite demoiselle sous lui semblait avoir à peu près les mêmes grands principes que ses pulsions justement. Si lui avait les pupilles extrêmement dilatées comme toujours et que ce constat semblait ravir sa compagne, elle n’était pas mal non plus et sa lumière s’intensifiait… du moins c’est l’impression qu’elle lui donnait. Elle gémissait sous ses caresses et lâchait de temps en temps des grognements impatients alors qu’il tentait un peu d’éviter les siennes, se sachant trop proche de l’abandon, préférant éviter tout débordement, même léger, qui aurait pu lui rappeler Ikael. Doux, tendre à l’extrême, il se réjouissait de voir que tout semblait aller pour le mieux. Leurs caresses, affreusement longs préliminaires duraient bien plus longtemps qu’auparavant, elle ne s’était pas évanouie… D’ailleurs elle lui fit bien comprendre qu’elle aussi l’avait remarqué et qu’elle n’attendrait pas une minute de plus quand elle attrapa fermement la tête du jeune homme, glissant ses pouces dans l’angle de sa mâchoire pour le forcer à quitter sa poitrine qui semblait un peu trop le fasciner et qu’il revienne l’embrasser. Les petites canines affûtées de la demoiselle mordirent au sang sa lèvre inférieure alors qu’elle semblait lui passer un message on ne peut plus clair !
Echauffé, séduit bien que la lèvre un peu douloureuse il fit un léger mouvement de tête pour lui dire qu’il avait compris, se redressa sur les coudes pour la surveiller après l’avoir fiévreusement embrassée, vérifia son accord, la laissa enrouler ses jambes autour de ses hanches, se rapprocha un peu plus en oubliant toute précaution et… tout devint sombre.

Son coeur se serra d’un coup alors que la lumière de la demoiselle s’était éteinte, les plongeant dans le noir, comme l’aurait fait une ampoule grillée! Les mains autour de sa nuque se dénouèrent lentement et glissèrent dans un léger bruit étouffé sur le matelas alors que tous ses muscles se détendaient, et clairement pas suite à une extraordinaire partie de gymkhana qui l’aurait laissée satisfaite et heureuse… Non vraiment pas.

Rapidement, les yeux du jeune homme reprirent leur vision nocturne et il fixa le visage adorable qui semblait si apaisé. La demoiselle, les yeux clos respirait calmement. Il la fixa, une expression indéchiffrable au visage… Tout son corps lui hurlait que c’était sans importance, que c’en était trop et que cette frustration ne pouvait durer… Tous ses gênes de dragon lui hurlaient oui qu’il pouvait très bien profiter de son sommeil pour… Un profond soupir s’échappa des lèvres du garçon qui se redressait lentement à genoux entre les cuisses de sa compagne, les refermant doucement pour éviter toute tentation alors que déjà elle se mettait sur le côté en soupirant d’aise dans son sommeil. Il remonta tout de suite une couverture sur elle alors qu’elle se blottissait bien vite dessous, puis s’assit sur le matelas, au bord du lit, à côté d’elle en lui tournant le dos, les pieds ancrés au sol, serrant fermement sa tête dans ses mains.
Parcouru de tremblements il serrait les dents pour chasser ses envies et ses frustrations. Agacé par son propre corps il baissa la tête vers sa virilité en grimaçant. Pourquoi fallait-il que les drakkaris soient si endurants? Ses gênes plus dragon que drakkari justement n’arrangeaient strictement rien et il allait devoir attendre encore un moment pour pouvoir marcher convenablement! Crispant ses mains sur le tissu du drap en évitant de faire saillir ses griffes il ferma les yeux. Mauvaise idée… Les derniers instants si proches d’un plaisir suivi d’un autre plus grand encore le heurtèrent comme un boulet de canon. Elle était… beaucoup trop alléchante cette demoiselle, beaucoup trop !!!! Soudain il serra les dents en enfonçant cette fois ses ongles dans ses propres cuisses. Ca commençait vraiment à devenir douloureux… très douloureux. Il savait qu’elle était frustrée, lui aussi… Mais il avait aussi pour lui la chance, ou plutôt la malchance, inestimable d’enchainer bien trop d’érections sans satisfaction et ça… ça faisait fichtrement mal… Tout son corps s’activait, toutes ses hormones entraient en fusion, ébullition, pour le rendre plus… meilleur, l’amant parfait dont rêverait toute demoiselle et qu’il voulait meilleur encore pour elle évidemment… Mais toute cette énergie et toute cette brutale production d’hormones, d’adrénaline… ne servaient bien vite à rien et le feu qui circulaient dans ses veines, inutilisé, était décidément douloureux, difficile à calmer et demeurait sans occupation. Un nouveau regard vers elle qu’il aurait dû trouver adorable n’apaisant en rien ses sentiments bestiaux il s’éloigna rapidement de peur de commettre un impair, vérifiant une fois de plus ses bracelets avec anxiété avant d’aller prendre une douche glacée.

La morsure du froid faillit le faire hurler mais lui fit le plus grand bien, apaisant ce que sa seule volonté ne parvenait plus à calmer. Mais il n’était pas dupe… Les douches froides il les enchainait depuis qu’elle s’évanouissait et elles devenaient de plus en plus longues… de moins en moins efficaces. Il avait craint devoir bientôt se rouler dans la neige mais heureusement la fatigue de ses longues journées l’aidait et de nouveau les douches suffisaient. Tant qu’il s’épuisait dans son travail et dans celui de restaurer le chalet tout irait bien…
Il aurait voulu lui en parler, lui dire… que même s’il n’était et ne serait jamais Ikael, JAMAIS, ses pulsions étaient bien plus grandes qu’avant… qu’elle parte sur cette île. Elle en avait conscience, il le savait mais elle ne se doutait pas à quel point. Il lui avait avoué que les autres femmes l’attiraient à présent… Et qu’il détestait ça. Heureusement, elle resterait en tête de liste, toujours mais les récentes privations ne l’aidaient pas et il rageait réellement de voir ce que ses gênes de réelle Bête pouvaient autant l’éloigner de sa compagne… ou l’inciter à lui faire du mal…
Et en même temps lui en parler la blesserait plus sûrement que s’il la frappait… Elle souffrait déjà bien assez… Il le sentait… dans son odeur… et petit-à-petit par leur lien qui commençait à guérir, lentement mais sûrement.
Difficile d’imaginer que les mêmes pensées tortueuses, de peur qu’il s’éloigne d’elle, agiteraient le lendemain matin-même l’esprit de la jeune femme… Ils étaient bien plus liés qu’ils n’en avaient conscience…

Elle n’avait rien avalé évidemment… Et cela l’embêtait presque plus qu’être privé d’elle… Les journées étaient longues et allaient en s’allongeant… Ici l’hiver était presque constant et si le soleil ne tarderait pas à se lever beaucoup plus tôt, le climat restait difficile… Elle ne mangeait guère plus que lorsqu’ils étaient chez Maud et il craignait de la voir défaillir par manque d’énergie malgré ses recommandations. Et puis, il n’était décidément pas stupide et il avait bien remarqué que lorsqu’elle utilisait sa magie elle avait bien plus d’appétit. Si ce qu’Alanir lui avait dit était bien ce qui s’appliquait aujourd’hui, des fluctuations dans sa magie devenue trop puissante, elle utilisait encore plus d’énergie… De plus… elle n’avait que peu fait attention à elle quand il était Ikael… Il se promit de rentrer avec des biscuits et de quoi lui rendre l’appétit le lendemain-même et pour l’heure, ne prit pas le temps d’aller à la cuisine pour lui-même, revenant bien vite à ses côtés, bien plus dépendant de sa présence qu’il n’osait se l’avouer.

En silence le jeune homme s’était glissé sous les draps. Il ne lui en voulait pas… Et ça le surprenait beaucoup d’ailleurs. Il aurait vraiment cru lui en vouloir pour tout ceci mais… non et ça le rassurait. Il était lui et resterait lui… Quoi qu’il arrive. A peine prenait-il place, suffisamment loin d’elle pour ne pas la réveiller dans leur lit décidément immense qu’un léger couinement lui fit baisser les yeux. Se tortillant sous la couverture de la manière la plus adorable qui soit, la petite demoiselle qui semblait bien trop sentir sa présence vint immédiatement se blottir entre ses bras, calant sa tête dans le creux de son épaule en lâchant un tel soupir qu’il crut qu’elle était réveillée. Ses douces mains se serrèrent et desserrèrent sur ses pectoraux alors qu’elle bougeait légèrement pour trouver sa position idéale puis elle s’immobilisa. Un grand sourire attendri aux lèvres, il l’observa un moment navré de ne pas l’avoir rhabillée alors que lui avait au moins passé un boxer mais elle était tellement entortillée dans la couverture que c’était presque comme si elle portait une longue chemise de nuit. Câlin il déposa de doux baisers sur son front en se tordant à moitié le cou pour cela, glissant doucement ses doigts le long d’un des bras de la demoiselle qui frissonna légèrement. Calmé, épuisé, Tristan ne tarda pas à s’endormir ayant besoin d’un bon repos pour récupérer de ses journées et de toutes les frustrations qu’ils vivaient ces derniers jours.

Le lendemain matin, quand il ouvrit les yeux pour une nouvelle et longue journée pleine de dur labeur et, il l’espérait, de baisers, Tristan sentit immédiatement qu’il manquait quelque chose. Encore embrumé de sommeil, fixant le plafond, il tâtonna doucement à la recherche du corps mince adoré. Il grogna légèrement en se tournant, ne la trouvant pas, mais c’était un des désavantages de ce si grand lit, ils pouvaient presque s’y perdre même si une fois dedans ils étaient tellement scotchés l’un à l’autre que toute cette place ne servait pas beaucoup… Son regard lui confirma ce qu’il pensait déjà à cause de l’odeur plus légère, elle n’était plus là… Se laissant retomber sur le dos, il se mit sur les coudes et heureusement qu’elle n’était pas dans le coin car la couverture qui glissait jusqu’à sa taille et sa position qui faisait ressortir ses abdominaux aurait creusé l’appétit de la plus rassasiée des demoiselles !
Il la chercha des yeux dans la vaste pièce mais elle n’était pas davantage là et il fronça les sourcils, s’asseyant. Sa main effleura alors le parchemin qu’il prit et lut d’une traite. Un sourire passablement idiot lui étira les lèvres avant de disparaitre très vite. La bibliothèque hein? Quelque chose lui disait qu’elle n’y allait pas pour chercher un bouquin innocent sur la magie, à tous les coups elle cherchait une solution… pour eux deux… Enfin c’était intelligent évidemment, tout à fait digne d’elle mais… est-ce qu’il existait vraiment un livre intitulé « Comment coucher avec son petit ami dont on a super méga envie mais avec lequel on ne peut rien faire parce qu’on a un souci de magie et qu’on vient de passer un an sur une pu**** d’île à souffrir et à s’entrainer, ah et en surmontant si possible le traumatisme d’avoir vu ledit petit ami si craquant devenir un monstre d’égoïsme et de pulsions qui pour se satisfaire allait jusqu’à un simulacre de viol » ? Il avait quelques doutes… Elle était un cas unique après tout. Sa magie était déjà bien assez capricieuse et particulière sans que tous ces soucis ne s’y rajoutent.

Malheureux de ne pas pouvoir l’aider, vraiment agacé par son impuissance qui malheureusement ne s’appliquait pas physiquement, ce qui ces derniers temps l’aurait bien arrangé tant il crevait de désir pour elle, le jeune homme se leva, fit leur lit comme un gentil petit ami et alla prendre une nouvelle douche froide, répugnant à se satisfaire seul, pour calmer les pulsions qui s’étaient réveillés à son éveil alors qu’il la cherchait et pensait à son corps mince et nu à quelques centimètres de lui, qui heureusement n’était pas là en fin de compte. Les cheveux encore humides, il s’habilla rapidement d’un pantalon et d’une tunique diablement ajustée qu’il ne garderait pas de toute manière pour travailler, enfila ses bottes et sa cape et sortit, un peu trop juste niveau temps pour avaler quelque chose.

Inconscient de tout ce qui se passait pour la petite demoiselle, que ce soit dans ses recherches ou dans sa journée de Travail, Tristan pensa pourtant une grosse partie de la journée à Cassidy, ce qui se traduisit par quelques durs rappels de la part de son corps qu’il s’efforçait de contenir. Non franchement, il commençait à être inquiet… La petite demoiselle avait beau avoir l’air affamée et avait beau faire montre d’une endurance qui le surprenait et le ravissait à chaque fois, l’impatience et la frustration qui montaient en lui promettaient de bien éprouvants ébats… et il n’était pas sûr de pouvoir lui laisser une seconde de répit quand eux deux ce serait de nouveau… possible… compatible.
Il ne sut rien non plus de son étrange rencontre avec le vieux bibliothécaire qui semblait bien apte à l’aider étrangement. Une longue journée s’écoula pour le jeune homme.
Rejoignant rapidement ses camarades, tout juste à l’heure, il aida à couper quelques troncs et à élaguer quelques arbres pour que ceux-ci continuent de bien pousser tandis que les branches coupées serviraient évidemment ou à la chauffe ou à la menuiserie.
Tout le monde avait semblé fort surpris de le voir se proposer pour grimper à un des immenses arbres et surtout la vitesse à laquelle il progressait sur le bois légèrement verglacé et donc rendu glissant. Mais il était très bon grimpeur après tout depuis qu’il était tout jeune et aimait observer en secret une petite demoiselle bien connue. Ils travaillèrent avec acharnement jusqu’à l’arrivée des demoiselles qui leur apportaient un en-cas et leur fameux café brûlant dont Tristan accueillit le goût  avec satisfaction. Il avait faim finalement et mangea avec appétit sous les regards amusés et admiratifs de certaines donzelles. Comme toujours torse nu pour travailler, comme tous les hommes présents, ses muscles étaient brillants de sueur ce qui ne gâchait absolument rien à la vue, au contraire… Il ne comprit pas du tout par contre quand il commença à se faire harceler par lesdites demoiselles qui voulaient des détails sur sa vie amoureuse, semblant au courant qu’il était fiancé. Surpris mais amusé il émit quelques courtes réponses car elles ne le laissaient que bien peu parler finalement, en vantant la beauté de sa chère et tendre et peut-être faisait-il un peu trop de compliments avec un air rêveur car une bourrade dans les reins l’interrompit. Son patron, un air goguenard comme chacun des hommes présents qui l’écoutaient autant que les demoiselles qui soupiraient, lui passa une main énergique dans les cheveux les ébouriffant à un point peu… imaginable.

- Eh bien eh bien ! Arrête-toi donc là petiot ! Vendre du rêve ainsi à ces demoiselles ne devrait pas être permis. Nous ne sommes pas aussi poètes et elles vont en vouloir au moins autant après tous les compliments que tu viens de baver !
- Euh je…
- Et puis cesse donc de penser à ta dulcinée mon grand parce que ton pantalon risque de devenir importable si tu continues ainsi et tu devras courir la retrouver à la taverne pour aller mieux… On a besoin de toi ici hein !



Tristan rougit en baissant les yeux vers sa ceinture. Ah… oui, ça commençait à se voir, mais c'était que le début... il ne pensait pas beaucoup à elle là... enfin pas comme ça... Enfin un peu... c'était juste un peu... euh... nan mais si, ça commençait un peu à se voir... comme le prouvèrent les gloussements plus impressionnés que moqueurs des demoiselles et le sifflement de Raph qui semblait vraiment adorer l’embêter. Il vint d’ailleurs lui passer un bras autour des épaules, l’embarquant un peu plus loin, laissant les autres manger et le taquinant plus que de raison.


- Eh ben mon gars… Elle doit pas être mécontente la p’tite dame… Fiu…
- Ah mais euh… nan, je … c’est pas…
- Allez fais pas le modeste ! T’es pudique toi… Bon alors dis moi stop…



En disant ces mots il relâcha ses épaules et colla ses mains l’une contre l’autre avant de les écarter lentement. Tristan fronça les sourcils avant de comprendre que son ami voulait qu’il lui donne la taille de… Nan mais il était sérieux là ?!!!!! D’ailleurs Raph continuait, écarquillant de plus en plus les yeux. 



- Woh ! Nan mais arrête moi là ! T’es sérieux ?!



Tristan encore plus rouge secoua la tête en lui marmonnant qu’il était hors de question qu’ils parlent de ça, ce à quoi Raph répondit par un grand rire en lui donnant une nouvelle tape dans le dos qui faillit le projeter à genoux dans la neige.


- Ok ok, me dis rien! Je le découvrirai bien tout seul!



Et sous cette « menace » il retourna près des demoiselle pour se faire resservir une tasse. Tristan l’observa s’éloigner sans pouvoir s’empêcher de sourire. Il lui rappelait, bien trop, un camarade qu’il avait connu chez son maitre quand il s’entrainait… Sa bonne humeur constante et ses exagérations pour tout étaient contagieuses… jamais réellement agaçantes. 

Ils continuèrent plus longtemps que prévu le travail dans la forêt car il y avait fort à faire. A un moment néanmoins, la corde qui retenait le grand Drakkari craqua puis lâcha. Déjà, deux de ses camarades, dont Raph, se jetaient sur l’attache pour retenir le cordage dans des réflexes tout à fait exceptionnels. Néanmoins, le grand jeune homme chuta de deux bons mètres violemment contre une branche et fut un brin sonné même s’il s’était habilement rattrapé, permettant aux autres de sécuriser sa descente. Plus de peur que de mal même si en voyant un bleu commencer déjà à s’étaler sur ses côtes il sentait qu’une demoiselle n’apprécierait guère. Mais avec ses gênes il guérirait vite…

Midi était largement passé quand enfin ils terminèrent et le jeune homme hésita à passer à la taverne, sachant que ce serait l’heure du rush pour la demoiselle et qu’elle ne pourrait pas s’absenter, que ce serait horriblement frustrant pour eux deux de pouvoir se voir sans se toucher… Son patron lui proposa d’enchainer sur son nouveau poste pour se former un peu et s’orienter davantage vers celui-ci plutôt en lui offrant entre autre de l’aider à préparer quelques meubles. Tristan ne se fit pas prier et grignota sur le pouce avec son patron pour enchainer immédiatement. Le manque de repos et de réelle pause ne le gêna pas plus que cela car les mouvements qu’il effectuait, bien qu’éreintant étaient très différents de ceux du matin.
Ils avaient commencé à préparer une table ensemble et une armoire superbe et le grand colosse semblait absolument ravi de l’habileté de son confrère. Surtout qu’ils allaient bientôt recevoir des commandes, il le savait, d’un berceau entre autre puisqu’un bébé ne tarderait pas à naitre. Tristan proposa immédiatement de s’en charger et l’enthousiasme dont il faisait preuve sembla satisfaire son nouveau maitre qui lui promit de le laisser gérer ceci quand ils en recevraient la commande.

Finalement, Tristan était rentré.
Passant par la boulangerie il avait acheté des biscuits tout juste sortis du four qui sentaient si bon qu’il faillit en croquer sur le retour, lui qui n’était pas spécialement pour le sucré. Il rencontra également un boucher qui semblait avoir entendu parler de lui car il l’arrêta et commença à discuter. C’était lui qui fournissait la taverne, sans doute Cassidy avait-elle évoqué quelques petites choses avec son patron et celui-ci les avait-il répété car le boulanger savait qu’il était chasseur…et un bon chasseur qui plus est.

- J’ai un élevage mais j’aime ajouter à mon étal des animaux sauvages… J’avais engagé un trappeur il y a quelque temps qui était excellent mais il était en transit et ici les jeunes chassent pour leur propre famille. Si ça t’intéresse de te faire quelques deniers de plus on pourrait en discuter… je te donnerai quelques indications sur le type d’animal que je souhaite et quand, tu en attrapes, je te prépare quelques bons morceaux pour toi et ta fiancée et je te paie pour le reste.
- Eh bien merci messire… Je viendrai vous voir demain pendant ma pause déjeuner pour en discuter avec vous et tenter de dessiner les animaux que je ne connais pas pour en avoir un portrait le plus précis possible.

Ils discutèrent encore un peu puis se quittèrent. Tristan aimait leur franc parler et la manière dont ils les tutoyaient, insistant bien vite pour qu’il fasse de même. Et puis là c’était une superbe occasion qu’on lui offrait. Il pourrait continuer d’affûter ses talents de chasseur, ce que son dragon accueillait avec un enthousiasme piaffant, se garantir un revenu supplémentaire pour gâter sa compagne et en plus de cela, ne même pas avoir à se préoccuper de préparer rôti ou autres puisque le boucher s’en chargerait pour eux… Parfait. Un sourire étira ses lèvres alors que lui aussi comptait passer ceci sous silence pour en faire la surprise à sa compagne.

Il rentrait tranquillement, libérant leurs deux chevaux pour qu’ils aillent gambader dans la vaste plaine, se promettant de bricoler leur box au plus tôt et se disait qu’il allait ouvrir une des bouteilles trouvées dans la cave pour accompagner les biscuits quand un brusque bruit retentit. Cassidy devait avoir fini et être rentrée depuis peu selon ses estimations et il ne douta pas une seconde que l’explosion qu’il entendit avait un rapport près ou lointain avec la demoiselle. En quelques secondes il avait franchi l’espace qui le séparait du chalet et entrait avec fracas en appelant la jeune femme, sa voix trahissant son inquiétude. Il se figea brusquement…
Elle était dans le salon, la table à l’envers, des éclats de… il ne savait trop quoi partout et elle… vautrée par terre, les fesses passées au travers du plancher fragile. Il écarquilla les yeux de surprise puis fut pris de tremblements avant de se mettre à rire, de son grand rire franc et sincère, ayant apparemment bien du mal à se contenir et se tenant le ventre d’une main tellement il riait… D’ailleurs ça lançait des pics douloureux dans ses côtes mais à vrai dire il s’en fichait. Par tous les dieux quelle situation ! Et la tête qu’elle tirait en prononçant sa petite phrase anodine! Quand il s’approcha, rapidement, d’elle pour l’aider, il avait les yeux encore plein de larmes et un grand sourire qu’il tentait de faire disparaitre, pas le moins du monde moqueur mais sincèrement amusé. Néanmoins il passa un instant à dépoussiérer sa robe et affirma qu’il fallait vérifier qu’elle ne s’était pas planté d’échardes… dans les fesses… et qu’il voulait bien faire l’inspecteur… au cas où…

Il n’eut pas vraiment besoin de lui demander ce qu’elle avait encore fait car elle se lança dans des explications pour le moins… surprenantes!
Alors il avait raison! Elle était bien partie à la bibliothèque à cause d’eux deux. Il grimaça légèrement, comprenant sans mal qu’elle n’ait rien trouvé… Quoique l’annonce d’une piste le réjouissait. Néanmoins, les explications de la demoiselle, ses rougissements et évocations voilées sur des activités hum… fort plaisantes mettaient à mal la patience du jeune homme qui sentit un long frisson lui parcourir l’échine rien qu’à cause de ces quelques mots. Oh comme il aimerait la… Calme Tristan… calme…

Elle était un peu plus sérieuse… Expliquant que c’était dû à sa magie. Ah… Ils progressaient. Lui qui n’osait pas trop lui en parler à cause de ce qu’avait dit Alanir, de tout ce qu’elle avait vécu etc. était plutôt content qu’elle le découvre d’elle-même finalement. Et oui… elle était franchement incohérente mais il faisait l’effort de faire les liens entre tout ce qu’elle disait et de se contenter d’acquiescer en l’observant avec attention…
Il se crispa par contre quand elle parla de leurs bracelets et secoua la tête.

- Non… Tes bracelets drainent ta magie… Les miens se contentent de barrer le chemin à mes pulsions de dragon, du moins en grande partie… et d’éviter de libérer mes phéromones… Si je les enlève, crois moi, ce sera encore pire pour toi princesse… et je pourrais devenir dangereux tellement j’ai envie de toi…

Elle devint cramoisie en détournant la tête mais il aurait juré avoir vu un petit sourire satisfait à la fin de sa phrase sur les lèvres de sa belle. Elle continua de parler, prenant cette occasion pour chasser son trouble et le rouge de ses joues. Il l’écouta sans rien tenter ou insinuer. Il faillit se mettre devant elle, protecteur quand les morceaux de cristal bondirent vers la jeune femme mais s’arrêta en sentant l’odeur de… sa magie… Et de quelque chose d’autre qu’il ne parvenait pas à déterminer mais essentiellement de sa magie. En fait les morceaux ne l’avaient pas agressée, ils s’étaient juste ressoudés et il observa le phénomène avec une tête abasourdie, encore plus en constatant à celle de la douce demoiselle qu’elle n’en savait pas plus que lui! Ah ben rassurant ça! Il fixa le cristal dans sa main comme si celui-ci pouvait exploser à tout moment, méfiant, les sourcils froncés, encore plus à ce qu’elle dit !
Essayant d’utiliser ses sens, en particulier son excellente vision et son odorat, le jeune homme se concentra sur le cristal, comme s’il pouvait y comprendre quelque chose ainsi et eut un sursaut quand la demoiselle poussa quelques brusques exclamations auxquelles il ne s’attendait pas le moins du monde.

Il tourna ses yeux d’ambre vers elle et il était difficile de savoir ce qui le marquait le plus… Ses cris, l’exagération de ses syllabes qui montrait une certaine gêne qu’elle s’efforçait de cacher ou l’enthousiasme et l’impatience qu’il entendait dans le tremollo si léger de sa voix ? Il ne comprit pas du tout ce qui se passait quand l’instant d’après il louchait sur le minois adorable levé vers lui… minois qui était plus celui d’une prédatrice qu’adorable d’ailleurs… et déglutit difficilement.
Elle le fixait d’une telle manière qu’il se sentait fondre… et s’enflammer totalement en fait. La façon dont elle se mordilla légèrement la lèvre lui scia les genoux alors qu’il semblait, heureusement pour son honneur, si imperturbable. La légère coloration de ses joues la rendait… d’autant plus belle à ses yeux et il ne tarda guère à sentir de longs frissons sur sa propre peau quand elle commença à le caresser alors que ni vues, ni connues, ses mains s’étaient glissées sous sa tunique trop ajustée… Eh bien… Habile la demoiselle. Ses quelques phrases, chuchotées, provocantes achevèrent de lui griller le cerveau alors qu’il l’empêchait d’en dire davantage, s’emparant si fiévreusement de ses lèvres qu’il la sentit sursauter puis frissonner alors qu’elle se collait davantage à lui et qu’il était bien obligé de ployer les genoux pour qu’ils ne se déboitent pas le cou ! Ne pas l’avoir vue à son réveil, ni de toute la journée avait rendu le jeune homme encore plus dépendant de sa présence et ces baisers… il en avait bien trop besoin! Et puis c’était une manière comme une autre de dire bonjour non ?

L’instant d’après il la soulevait du sol et au lieu de se laisser porter comme une princesse, la demoiselle, battante et revancharde croisa ses bras dans sa nuque, serra ses jambes sur sa taille et bien maintenue contre lui continua de l’embrasser… Ils faillirent ne jamais quitter le salon… Mais aussi surprenant que cela puisse paraître tant elle le faisait faiblir, Tristan parvint non seulement à rejoindre l’escalier temporaire mais également à le monter et à retrouver leur chambre  en un clin d’oeil… Enfin non… un peu plus parce qu’ils s’appuyèrent contre beauuuucoup de murs pour s’embrasser et se caresser langoureusement durant cette ascension. Lui parce qu’il ne supportait pas que ses mains ne servent qu’à soutenir la demoiselle, elle parce que consciente de la confiance qu’elle pouvait avoir en son compagnon avait entrepris de lui ôter sa tunique et avait parfaitement réussi d’ailleurs. D’ailleurs quand ils rejoignirent la chambre, la diablesse lui mordillait le muscle entre le cou et l’épaule avec un enthousiasme certain, le faisant faiblement gémir alors qu’il ne pouvait évidemment pas lui rendre la pareille à ce moment-là.

Le trou dans le plancher dans le salon ? Il s’en fichait totalement.
Les travaux à faire partout dans le chalet ? Il s’en fichait totalement.
Les biscuits qu’il avait posé sur la table après l’avoir remise à l’endroit ? Il s’en fichait… totalement.
Il ne remarqua même pas que flottant paresseusement dans l’air, le cristal avait suivi leur ascension ni qu’il flottait au dessus d’eux alors qu’il faisait basculer la jeune femme sur le lit et se vengeait immédiatement de ses provocations par quelques caresses qui la laissèrent frissonnante. Il ne remarqua pas ce que faisait ledit cristal alors qu’il s’adonnait à la rendre folle sous ses caresses, sans lui laisser la moindre chance d’y répondre, immobilisant ses mains à chaque fois qu’elle essayait, intensifiant ses caresses qui très vite s’étaient transformées en étourdissants préliminaires… Quand brusquement il s’arrêta et se redressa à genoux sur le lit en l’observant. Pantoise et tremblante, la demoiselle surprise redressa la tête. Il portait toujours son pantalon pour sa part alors qu’elle était totalement nue et victime de son expérience. Un sourire aussi admiratif qu’impatient étirait les lèvres du jeune homme, pourtant il demeura immobile en l’observant. Le regard frustré de la demoiselle devint un brin inquiet même si la frustration y tenait toujours autant de place. La lueur qui très vite avait éclairé sa peau diaphane sembla s’intensifier alors qu’elle lui demandait d’une petite voix ce qu’il faisait. Son sourire s’élargit.

- Je te frustre…

Alors là c’était à son tour de faire une drôle de tête alors qu’il s’approchait en faisant mine de vouloir l’embrasser et échappait aussitôt aux lèvres qu’elle lui tendait, faisant preuve d’une maitrise de lui-même totalement aberrante.

- Doucement ma tigresse… J’espère que ton cristal peut nous aider… Mais je deviens fou moi… et… je me dis que ce que ton corps réclame et que ta magie refuse peut peut-être aussi être plus accessible si ta magie sent que ton corps réclame plus fort encore.. Et pour cela… si c’est moi qui arrête… Regarde… tu continues de briller… Peut-être que…

Il n’eut pas le temps de finir d’expliquer sa théorie rocambolesque et probablement peu aidante par rapport à ce qu’elle-même avait découvert, théorie qui était probablement plus due à l’envie de la taquiner qu’à une réelle réflexion, car un feulement animal avait échappé à la superbe demoiselle qui brusquement lui avait sauté dessus. Littéralement hein ! Il se demandait comment, par quelle vitesse, prouesse elle s’était brusquement jetée sur lui pour le faire basculer sur le dos et se venger immédiatement de ses provocations mais elle lui court-circuita toute réflexion et tout vocabulaire en une seconde sous un baiser qui aurait donné un feu d’artifice dans la tête de n’importe qui tant il était… extraordinaire… Au lieu de se détendre, les muscles du jeune homme se tendirent alors que ses bras puissants entouraient le corps mince et le collait davantage contre le sien. Elle savait s’y prendre cette diablesse décidément…


HS: comme je ne sais absolument pas ce que tu avais en tête je n’ai pas du tout avancé… Mais essayé de détailler un peu histoire de pas avoir fait poireauter pour rien. Voilà… Bon courage…
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Cassidy Herediane
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MessageSujet: Re: Comment se retrouver pour mieux s'aimer...   Mar 30 Juin - 21:54

Bon ça commençait à bien faire… D’accord c’était surprenant, étonnant, ces endormissements en plein milieu de magnifiques et alléchants préliminaires mais là le vase se remplissait. Si Cassidy n’était pas la plus frustrée, puisqu’elle s’évanouissait, comblant son « envie » du moment, ce n’était pas le cas du pauvre Tristan qui lui, subissait de plein fouet les caprices du corps de la petite demoiselle. Cela devenait urgent de trouver une solution, d’insister, car là ils insistaient, laissaient libre cours à leurs envies, leurs pulsions et le manque de résultat ou de progrès était on ne peut plus flagrant. En bonne mage, Cassidy avait toujours appris que si un sort ne fonctionnait pas, et que son instinct lui soufflait qu’elle faisait une erreur, elle cherchait à voir les choses sous un autre angle, faisant preuve d’ingéniosité et d’imagination pour parvenir à ses fins.

Là, l’enjeu était différent. Elle n’apprenait pas un petit sort mais l’avenir de son couple était en jeu ! Enfin, c’est ce qu’elle sentait au plus profond d’elle. Tristan était bien, il était réceptif à ses caresses, son jeu de séduction, c’était elle le problème pour l’instant !

Elle s’était donc rendue à la bibliothèque et avait fait une rencontre étonnante. Pas vraiment convaincue par le vieillard, surtout qu’elle était en plus de mauvais poil, c’est avec peu de conviction qu’elle avait tenté d’utiliser cet étrange cristal. Et de voir la surprenante réaction qui se produisit ! La petite mage avait eu un gros réflexe de déclencher son bouclier pour éviter de s’écrabouiller le dos contre le mur. Mais cela n’était pas le cas de ses fesses. Heureusement les planches alentour étaient solides, ça aidait bien.

En effet, il y avait de quoi rire et Cassidy ne pouvait pas en vouloir à Tristan. On aurait dit la reine des naines sur son trône ! Elle se contenta d’un sourire d’excuse. Mais le rire de Tristan détendait l’atmosphère et l’apaisait. Après tout, il riait très peu aux éclats naturellement. Alors c’était une bonne chose. Oui un peu de rire ne pouvait pas faire de mal mais que du bien pour eux ! C’était excellent pour la santé.

Mais Cassidy n’avait pas perdu de vue son objectif, le pourquoi du comment et surtout tout expliquer à Tristan. Elle ignorait qu’Alanir avait plus ou moins averti Tristan et elle-même semblait découvrir cette magie non canalisée qui s’agitait en elle et était aussi toute la source du problème. Même si elle ne se doutait pas à quel point cette magie était sauvage, redoutable et incontrôlable. A vrai dire, elle prenait même ça à la légère, une magie normale, certes, un peu différente de celle des humains mais on ne lui avait pas vraiment expliqué non plus. Juste appliquer, apprendre…

Il était toujours aussi négatif en ce qui concernait les bracelets et elle s’en doutait bien sans compter lui désobéir. Mais la fin de sa phrase la fit extrêmement rougir. Cela faisait du bien de se sentir désirée… Mais cela était réciproque et tout un tas d’images apparaissaient dans la tête de Cassidy, des images assez torrides, témoignant l’état de la petite mage à l’heure actuelle.

Et puis il y avait eu la reconstitution du cristal qui n’avait rien de normal. Tristan écoutait, souriait mais ne disait rien de plus. Il était attentif, ça elle n’en doutait pas et elle se permit même quelques phrases provocantes. Déjà il l’attirait à lui. Ce simple baiser, elle le sentait dans chaque centimètre de son corps, décharges d’énergies électrisantes et vertigineuses. La surprise passée, elle se colla un peu plus à lui pour y répondre avec intérêt et passion. Déjà son cœur s’emballait, déjà elle avait envie d’aller plus loin. Elle était affamée et elle ne demandait qu’à se plaquer contre un mur ou sur la table et commencer les réjouissances ! C’était encore plus rapide que les autres fois… Encore une fois son envie était de plus en plus pressante. Ca en devenait même animal et pulsionnel, si bien que dans un coin de sa petite tête, Cassidy se demandait si elle n’allait pas faire l’erreur de prendre un homme, n’importe lequel, pour combler ce vide, ce besoin. Mais elle était forte et même si cela devenait insoutenable, elle arrivait à tenir, l’espoir d’une nouvelle solution étant présente.

Il la souleva de terre et un petit jeu commença entre eux. Enfin c’était surtout elle qui profitait ! Et elle se demandait comment il arrivait à trouver son chemin et même à avancer comme ça. Chaque caresse lui donnait un peu plus envie, la rendait bien plus impatiente. Elle bouillonnait littéralement et tout son corps était chaud. Trop d’attente… c’était trop… Elle ne pouvait pas supporter ça. Il fallait qu’ils passent à l’acte et vite !

Il l’entraîna dans la chambre alors qu’elle brillait déjà depuis un moment en fait et la posa sur le lit en la bloquant. Elle devenait folle. Seulement qu’il vienne, qu’il se déshabille et qu’ils puissent enfin faire l’amour comme jamais avant qu’elle parte sur cette fichue île ! C’est tout ce qu’elle désirait. Etre comblée. Elle ne comprenait pas ce qu’il faisait et commença une petite théorie. Mais cela ne plaisait pas à Cassidy qui était court circuité depuis un moment. Au diable les théories ! De l’action ! De l’action !

Elle lui sauta dessus et le plaqua contre le lit, se vengeant à son tour en lui faisant des caresses très agréables, se collant à lui, murmurant des petites phrases provocantes à son oreille. Ils étaient plutôt bien partis là et c’était comme si ils cherchaient à se rendre dingue. Le cristal tremblait et vibrait au dessus d’eux, une petite lueur dorée apparaissant en son centre mais Cassidy s’en fichait. Elle n’avait même pas fait attention ! La petite demoiselle était occupée un peu en dessous de la ceinture, peut être voulait-elle tester une approche en étant au-dessus en prenant les devants pour le premier pas. Et tout s’enchaîna.

Sa lumière s’éteignit, elle retomba mollement sur lui, évanouie, et le cristal en profita pour exploser en une poudre d’étincelles autour d’eux dans un bruit de verre brisé. Echec supplémentaire…
De la suite elle n’en sut rien, une fois de plus. Elle se réveilla plus tard dans la soirée, et constata qu’elle était toute seule dans le grand lit. Cassidy se redressa d’un coup, paniquée, les dernières images lui revenant en mémoire alors qu’elle appelait son homme d’une voix inquiète. Elle sauta au pied du lit, se fichant de sa nudité et descendit les marches de l’escalier en vitesse. Tristan était juste dans la cuisine et avait préparé le repas du soir. Il était en train de réchauffer un morceau de viande alors que la table était mise.

D’ailleurs, il se moqua gentiment d’elle puisqu’elle arrivait si peu vêtue. Apparemment il ne cherchait pas à l’agiter même si la vue devait réveiller chez lui des envies… Ils mangèrent finalement, Cassidy assez gênée et se racontèrent un peu leur journée, pour chasser cette ambiance de frustration. Après tout, c’était vexant…

Ils finirent par aller se coucher mais Cassidy ne dormait pas vraiment. Elle réfléchissait. Cela commençait à lui faire peur… Et elle se sentait vraiment fautive, coupable. Une nouvelle fois le matin, elle se leva très tôt en laissant un mot à Tristan pour ne pas qu’il s’inquiète.

Toute la nuit elle avait réfléchi. Ce vieillard semblait en savoir bien plus que ce qu’il n’avait montré… Et elle avait besoin d’aide. Et ça devenait urgent en effet. Elle arriva à la bibliothèque. Même si il n’était pas là, on devait quand même le connaître dans le coin ! Une dame était assise derrière un bureau et remplissait des parchemins. Elle leva le nez quand Cassidy s’approcha.

« Hum… Bonjour ! En fait je suis à la recherche d’un vieil homme qui était ici hier… Vous devez le connaître. Il a des yeux bleus… Et une tenue un peu vieillotte… Style ermite un truc comme ça. »

La dame rajusta ses lunettes et secoua la tête d’un air étonné.

- Navré mais je ne connais pas cette personne… Tu es sûre que tu ne t’es pas trompée ? Ici on connaît tout le monde,

Cassidy ouvrit des yeux ronds. Qu’est ce qu’elle racontait ? Y avait bien un vieil ermite hier non ? Apparemment non… Pourtant elle n’avait pas rêvé… Un peu blasée, elle sortit de la bibliothèque et se rendit à la taverne.

La petite demoiselle en profita pour déjeuner, puisqu’elle était arrivée en avance avant de prendre son service.

Pourtant, aujourd’hui ça n’allait pas. Bon elle était toujours souriante, agréable avec les clients, s’appliquait dans ses tâches et pourtant… Tristan occupait toutes ses pensées, son esprit. Mais pas des pensées toutes gentillettes. Cela la perturbait énormément et elle levait plusieurs fois les yeux en l’air, pas parce qu’elle était pensive mais plutôt pour calmer son démon intérieur.

*C’est bon Cassy caaaalme toi… ça va s’arranger, il faut juste un peu de patience, un ptit peu de patience…*

Ca allait déjà un peu mieux mais midi sonna et Tristan entra dans la taverne, accompagné de ses compagnons. Cassidy le regarda, tenant un plateau, se mit à rougir et hop se mit à briller ! Ce qui la rendit encore plus rouge quand elle s’en rendit compte et ferma les yeux d’un air adorable, immobile comme une statue, comme si ça pouvait partir. Bon… ça ne partait pas…

Alors, elle rouvrit les yeux et décida de faire comme si de rien n’était. Elle se mit à sourire et servit les trois gaillards de la table centrale puis s’approcha des nouveaux venus en parlant d’une voix entraînante, ignorant totalement sa lumière.

« Bonjour Messires ! Que désirez-vous manger ? »

Elle nota scrupuleusement les demandes des uns et des autres tout en répétant pour vérifier qu’elle avait bien compris.

« Ok ! Donc trois menus montagnard et pour Tris’ ça sera du se… heeeeeeeeem ! Gibier rôti à la braise et pommes de terre fondantes »

Tellement perturbée par ses pensées actuelles qu’elle mélangeait tout ! Tristan devait bien avoir compris le message… Elle s’empressa de partir en cuisine pour les servir et s’occupa ensuite d’autres clients. Après le rush de midi, elle rejoignit Tristan qui l’attendait à l’arrière de l’auberge alors qu’elle brillait toujours.

Elle se colla à lui en pestant un peu et en tapant de ses petits poings sur le torse du Drakkari.

« Rhaaaa… J’en peux plus j’en peux plus ! C’est pire que l’île ! J’ai jamais été autant en manque que ces derniers jours… Vivement que ça fonctionne parce que là on fera l’amour pendant une semaine non stop ! Et on teste chaque coin de mur de la maison, chaque tapis, chaque meuble et je m’arrêterais pas avant d’avoir été entièrement rassasiée ! »

Drôle de discours pour l’ancienne pudique demoiselle…

Apparemment, Tristan partageait ses pensées. Rassurant au moins. Ils se séparèrent pour l’après midi.

Tristan vaqua à quelques missions de son travail puis, un peu plus tard dans l’après midi, son patron lui demanda d’aller récupérer des outils, les haches, scies… qui avaient été amenées chez le forgeron pour les aiguiser et les vérifier. L’atelier du forgeron était composé d’une maisonnette et de l’atelier relié à celui-ci.

Tristan entra dans la maisonnette. Dans cette petite pièce se trouvait tout un ensemble d’armes nordiques exposées contre les murs, dans des râteliers pour d’autres. Un jeune homme se trouvait assis à un bureau face à la porte et lisait un livre, d’un air concentré. Lorsqu’il entendit les bruits de pas du visiteur, il referma son livre et leva les yeux sur celui-ci. Cet individu était bien différent de ce que Tristan avait vu jusqu’à présent. Il n’avait pas la carrure des fiers guerriers du nord, même si sa tunique laissait supposer que ce n’était pas un maigre haricot non plus. Des yeux bleus, comme la majorité des gens d’ici mais des cheveux noirs sombre, qui partaient un peu dans tous les sens et semblaient difficile à discipliner. Le « forgeron » ou plutôt son apprenti en raison de son âge approximatif.

Il fit un sourire à Tristan.

- Salut ! Je peux quelque chose pour toi ?

Le Drakkari expliqua la raison de sa venue et l’autre homme se leva.

- Ah oui bien sûr… J’ai ça ici…

Malgré l’absence de muscles apparents, il souleva une lourde caisse qu’il amena de l’autre côté du comptoir.

- Voilà normalement tout y est… Glaf a vérifié le tout.

Il retourna derrière le bureau mais ne s’arrêta pas là.

- Au fait t’es bien le nouveau… C’est pas tous les jours qu’on croise des… Drakkaris dans le coin…

Sourire amusé, alors qu’il prenait un ton un peu plus sur l’air de la confidence.

- A ce propos, la nouvelle ptite serveuse… Elle brille étonnamment bien dès qu’elle te voit… C’est… amusant comme allergie…

Clin d’œil complice avec fin de phrase remplie de mystères. Une voix cependant les interrompit.

- Kalec ! Tu peux t’occuper de la Vaanngarde ? Je vais finir avec notre ami…

C’est un colosse qui venait d’apparaître depuis la porte de derrière. Muscles puissants, mains rugueuses témoignant de la dureté de sa tâche, il accueillit Tristan avec un grand sourire avant de lui donner quelques derniers détails…

La journée passa. Tristan et Cassidy étaient bien occupés chacun de leur côté. Ce n’est que lorsque Tristan traversa le village qu’il aperçut Cassidy près d’une statue, un peu plus loin que l’auberge, en grande conversation avec un homme qu’il voyait de dos. Elle souriait et semblait tout à fait bien, s’étant arrêtée de briller au final.

Elle s’arrêta de parler en apercevant Tristan et le regarda, son sourire s’élargissant, s’élançant vers lui. Ni une, ni deux, elle s’agrippa à son cou pour déposer un baiser sur ses lèvres avant de le prendre par la main et le conduire vers l’inconnu.

« Tris’… Je voulais te présenter Vlad ! Vlad voici Tristan, c’est mon fiancé avec qui je suis arrivée ici »

Elle enserra Tristan par le bras. Le gars en face était plutôt séduisant. Un homme plutôt bien fichu, avec du muscle, il entretenait très bien sa forme. Il semblait avoir leur âge. Cheveux blonds qui tombaient légèrement en arrière, magnifiques yeux bleus, un homme qui devait certainement avoir plusieurs prétendantes intéressées… et avait l’air de vendre du rêve. Il se mit à sourire d’un air enjoué et tendit la main vers Tristan.

-Content de faire ta connaissance

Cassidy enchaîna.

« On vient de faire connaissance en fait… Je marchais pour rentrer et je n’ai pas vu la plaque glissante au sol. J’étais en train de tomber quand Vlad est venu pour me rattraper. Il insistait pour voir si je ne m’étais pas fait mal… Et puis on a commencé un peu à discuter… Il était en train de me proposer de partager un repas demain quand je t’ai vu. »

Vlad dévisagea Tristan de la tête aux pieds très discrètement puis se gratta la tête.

- Vous pouvez venir tous les deux, ça me dérange pas !

« Il m’a dit qu’il cuisinait très bien et je suis curieuse de voir la cuisine du nord… Et puis ça m’évitera de préparer un repas. »

Cassidy semblait très emballée à l’idée d’y aller. Mais il vaudrait mieux que Tristan l’accompagne. Avec les envies récentes de la petite mage… Si elle venait à boire sans s’en rendre compte… un accident peut très vite arriver même si pour le moment elle semblait vraiment naïve et innocente.

Ils continuèrent à discuter et Tristan et Cassidy prirent le chemin du retour. Le jeune homme semblait pensif et Cassidy également. En effet, une fois tous les deux, elle repensa à son entraînement avec ce cristal qu’elle devait faire et la petite mage semblait vraiment très concentrée dans sa tâche.

Tristan déclara qu’il allait s’occuper du chalet, pendant qu’elle serait en train de s’entraîner.

Peut être Cassidy était-elle troublée mais elle n’arrivait absolument à rien avec son cristal. Il n’arrêtait pas d’exploser et elle ne faisait que recommencer sans voir d’amélioration. La bonne humeur était partie, c’était si difficile ! Alors, elle se concentra une nouvelle fois sur sa magie et au lieu de penser à des images agréables avec Tristan, elle se focalisa sur toute l’énergie brute de sa magie. Le cristal se mit à irradier, pulser, et explosa dans une détonation qui ne pouvait pas rendre sourd le jeune homme à l’intérieur du chalet.

L’énergie était si forte, si brutale, qu’elle éjecta Cassidy bien plus loin. Mais elle ne s’en rendit même pas compte car en utilisant une dose de magie aussi importante, la petite mage s’était évanouie, à cause de toutes les nombreuses tentatives faites aussi. Elle retomba dans la neige en roulant un peu plus loin, endormie, le teint un peu pâle.
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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: Comment se retrouver pour mieux s'aimer...   Ven 3 Juil - 12:12

Décidément, son séjour sur l’île l’avait rendue sacrément rapide et agile… et sacrément forte aussi… Auparavant, seule sa magie lui aurait permis de faire tomber ainsi le grand jeune homme par surprise et davantage encore pour réussir à le dominer alors qu’il était parti dans une sombre idée d’abstinence forcée. Sa théorie n’était pas des plus idiotes mais n’était franchement pas adaptée. Le souci, comme elle l’avait évoqué, venait de sa magie… Et pour ça, malheureusement ils n’avaient pas encore de solution efficace. Pourtant tout était bien parti une fois encore, tout s’était enchainé une fois de plus. Les tentations étaient grandes et pour la tenter par tous les dieux, il l’avait tentée, surpris lui-même de rester si patient alors que plus le temps passait et plus ses pensées devenaient égoïstes. Mais comme à chacun de leur récent essai, leurs efforts ne furent salués que par un échec supplémentaire. Oui… Un de plus…

Elle caressait son torse du bout des doigts pour se venger de son idée tordue, crispant ses ongles de temps à autres sur sa peau bronzée, ce qui arrachait de légers gémissements au Drakkari, moins néanmoins que ses baisers à couper le souffle. Sa petite taille l’obligea pourtant à délaisser son torse et ses mains qu’elle tenait inutilement alors qu’il se constituait prisonnier d’excellente grâce, pour aller rétablir le déséquilibre certain de leur habillage respectif. C’est vrai qu’elle totalement nue et lui n’exhibant que fièrement son torse, non, ce n’était décidément pas juste. Mais elle prit grand soin de se redresser, à califourchon sur ses hanches et de reculer toooout doucement, lui offrant une telle vue sur son corps mince et décidément bien trop déshabillé, qu’il gémit de plus belle, l’air au supplice alors qu’elle arborait un sourire ravi et franchement fier bien qu’un brin… animal à vrai dire. Il se redressa sur les coudes pour l’observer alors qu’elle plissait légèrement les yeux pour lui faire comprendre qu’il n’avait pas intérêt à bouger davantage.

Devenue sacrément habile de ses mains, beaucoup trop selon les pensées de son compagnon, elle déboucla sa ceinture et le débarrassa de ses derniers vêtements si vite qu’étourdi comme il l’était par le désir, il n’était pas certain qu’elle n’ait pas utilisé la magie. Taquine, elle était revenue l’embrasser alors que toujours sur les coudes il se jetait sur sa gorge qu’il couvrait de baisers et mordillements impatients. Tristan tremblait légèrement, tout aussi impatient qu’elle, peut-être plus, peut-être juste autant. La tête lui tournait et il avait peur de céder à ses pulsions, les contrôlant tant bien que mal… Des pulsions qui n’étaient « qu’humaines »puisque les autres étaient muselées… Mais les humains en soi étant déjà bien à même d’être égoïstes et bestiaux il avait toujours peur pour elle. Elle l’empêcha de la retourner quand il essaya et le poussa à s’allonger alors qu’il grognait de frustration puis se taisait sous le regard félin qu’elle lui lança et qui ne fit qu’attiser le brasier qui lui enflammait les reins. Il s’entendit, très lointain, gémir son prénom, faiblement, vraiment faiblement, essoufflé par ce même désir qui lui étreignait les sens et la raison. Le sourire de la jeune femme était doux et plein d’une infinie tendresse malgré le regard fiévreux qu’elle posait sur lui. Ce même sourire fit taire ses inquiétudes et calma un peu, juste un peu son coeur, l’emplissant une fois de plus de ces sentiments qu’il avait pour elle et qui n’avaient décidément plus rien d’humains tant ils étaient puissants. Le désir était toujours là, intense, violent et terriblement insatiable mais il n’aurait bougé pour rien au monde, lui obéissant corps et âme.

Tout doucement elle lui avait murmuré d’une voix hachée, qu’il avait trouvée presque aussi excitante que le corps par trop désirable qu’elle exhibait devant lui, qu’elle voulait essayer quelque chose… Il comprit sans mal ce qu’elle avait en tête, entre autre parce que frôler cette partie de son anatomie comme elle le faisait aurait à peu près fait perdre la tête à n’importe qui… Après tout… c’était toujours quand lui la dominait, menait, même alors qu’elle se glissait au dessus de lui, qu’elle s’évanouissait. Peut-être avait-elle juste besoin d’avoir le contrôle, de rassurer son corps… Car si toute cette frustrante histoire était liée à ce qu’avait fait Ikael, qui l’avait si sauvagement traitée, que ce soit elle qui ait le contrôle était peut-être la seule manière réelle de parvenir enfin à quelque chose. Son idée était bien meilleure que l’étrange théorie du garçon et dans ses yeux brillèrent autant d’admiration que d’impatience et puis… elle était sacrément entreprenante… ce n’était décidément pas pour lui déplaire. Restant immobile, crispant ses mains puissantes sur les draps pour s’interdire de bouger il la fixait avec de nouveau cette étrange intensité qui semblait dire qu’il savait tout d’elle… Cette étrange manière qu’il avait de la regarder de temps à autre. Mais alors que leur souffle respectif s’emballait sous l’impatience et cette foutue délivrance plus proche que jamais, alors qu’elle s’était installée de nouveau à califourchon sur ses hanches et soulevait doucement les siennes, glissant sa main, de plus en plus bas, quelle horrible torture d’ailleurs surtout par sa lenteur et langueur, sur les abdominaux de son compagnon, dans l’idée claire et nette de le guider, trois évènements quasi simultanés se produisirent… Sa lueur qui s’éteignait brusquement alors que ses yeux s’étaient refermés, son corps qui s’écroulait sur le sien et pas bien en plus puisqu’elle lui griffa même le… enfin… et son cristal qui explosa.

Etaient-ils parfaitement simultanés ?
Il en doutait…
Il lui sembla s’écouler une éternité entre le moment où sa frustration trouva une fois de plus une raison d’être et celui où le cristal explosa. Immédiatement le jeune homme entoura sa compagne de ses bras et les retourna tous deux d’une vive torsion, pour la protéger des éclats.
Peine perdue…
Ce n’était que de la poussière, à peine du sable qu’il eut l’impression de se prendre sur le dos. Il s’était retourné si vite par contre que les cuisses de la demoiselle étaient encore serrées sur ses hanches et bien sûr, le relâchèrent tout aussi mollement que l’avait fait le reste de son corps dans cette position. Décidément, évanouie elle était faite de pâte à cookie crue !

Lentement le jeune homme s’était redressé pour se glisser à ses côtés, sur le dos, comme elle, et pousser un profond soupir de lassitude et de frustration, serrant de nouveau ses mains sur ses tempes en grognant. Jamais… Jamais il n’avait été aussi frustré de toute son existence !
Même lorsqu’ils s’étaient retrouvés à l’Académie et qu’il était tant attiré par elle mais se l’interdisait… Même quand il avait perdu ses souvenirs et avait pour la demoiselle tous ces sentiments et cette attirance qui se heurtaient comme des météorites. Jamais…
Jamais une femme ne l’avait frustré de la sorte.
Jamais il n’en avait aimé d’autre.
Et jamais il n’en avait désiré une si fort…
Il avait envie de la prendre tendrement dans ses bras… mais la peur de ses pulsions qui l’aveuglaient presque lui fit renoncer à la sensation de sa peau douce contre la sienne. Il la recouvrit doucement, avec mille précautions, contemplant son corps mince à défaut de pouvoir le faire sien avant de le soustraire, bien vite, à son regard mort de faim.

Il se releva en enfilant son boxer et avec la singulière impression d’y avoir invité la tour Eiffel que lui avait montré un terrien en porte-clé après lui avoir expliqué ce qu’était le monument et sa taille réelle… et puis les vertiges commencèrent.
N’ayant rien senti venir, le jeune homme chancela et faillit tomber par terre, se retenant à un mur alors que tout devenait noir autour de lui, petits points lumineux dansant devant ses yeux alors que déjà sa vue redevenait parfaite. Ils l’avaient pourtant prévenu… Il ne pouvait le nier. L’équilibre serait toujours là… Verser d’un côté ou de l’autre… était tout aussi dangereux. Trop dragon il cesserait de se préoccuper des humains et serait rattrapé par son inexpérience et son immaturité de trop jeune dragon doté d’une puissance trop grande pour le contrôle qu’il en aurait. Trop humain ses sentiments le rendraient fou… Car on ne pouvait aimer, ressentir en tant qu’être humanoïde avec l’intensité d’un dragon. Il le savait… Et pourtant…
Tout était tellement intense, tout était tellement vivant, tellement puissant… En temps normal il parvenait à faire… une espèce de contrôle, de maitrise pour que ça soit juste fort, il ne savait même pas comment il le faisait. Il était plus humain que bien des humains de leur monde et pourtant ça allait… Mais les sentiments bénéfiques étaient gérables justement… Parce qu’ils étaient beaux et le rendaient meilleur, il le sentait. Et parce qu’elle en était heureuse aussi… et tous les efforts qu’il faisait pour elle, toutes les bonnes choses qu’elle remarquait, il le savait, il le voyait, même quand elle ne disait rien, rendaient tout merveilleusement facile…
Mais ceux qui leur couraient après depuis peu… Oh… non… Ceux-là certainement pas… Sa culpabilité de lui avoir fait tant de mal pesait des tonnes, sa colère envers lui-même et aussi, c’est vrai, de plus en plus envers la magie, cette foutue magie qui lui enlevait la femme qu’il aimait…

Qu’avait-il comme manière de lui demander pardon et de lui prouver qu’il l’aimait qu’en étant l’amant le plus attentif, le plus passionné, le plus doux et le plus affirmé de toute leur maudite planète ?! Rien ! Il ne savait pas lui dire ce qu’il ressentait… Il n’y arrivait pas… Il lui disait qu’il l’aimait… mais par tous les dieux que c’était fade et inutile ! C’était faux, tellement faux. Il n’avait pas de mot pour lui dire comme il l’aimait… Pourtant, elle utilisait les mêmes… elle en utilisait même moins… Mais avec si peu… elle lui disait tellement. Quand elle lui disait qu’elle l’aimait… comment faisait-elle au juste ? Comment faisait-elle pour qu’en le fixant de ses adorables yeux noisette, sa petite voix à la fois timide et passionnée, ses mimiques craquantes et… tellement elle… pour lui dire autant. Quand elle lui disait qu’elle l’aimait… juste trois tous petits mots… elle savait le faire, elle savait le dire… il avait l’impression d’être son univers, d’être celui qu’elle avait toujours voulu à ses côtés, et celui qu’elle voudrait à jamais à ses côtés, qu’elle aimerait pour toujours, le père de ses enfants, son époux et amant. Ses trois petits mots, sa manière de les dire, sa manière de le regarder ou de ne pas le regarder, c’étaient des déclarations sur le passé, le présent et le futur, leur avenir… il le voyait dans la moindre paillette d’or de son regard tendre… Lui… il n’y arrivait pas… il n’arrivait pas à faire ça, à répondre à ça… Comment faisait-elle ? Pourquoi n’y arrivait-il pas ? Il l’aimait pourtant, il le jurerait sur sa vie, un milliard de fois, il l’aimait plus que tout au monde… Il était nul… vraiment… un minable… Qu’est ce qu’elle fichait avec lui ?! Lui qui était juste incapable de répondre à ça… Pourquoi… ? Pourquoi n’arrivait-il pas à lui renvoyer le quart du dixième de ses sentiments ?

Tristan essuya d’un revers de main les larmes de rage qui lui brouillaient la vue. Il était dehors, dans la neige, s’était déplacé très vite en dehors du chalet, sans même s’en rendre compte et fixa, un peu surpris les arbres devenus sombres dans l’obscurité. Son regard nyctalope était flouté par l’humidité qui persistait dans son regard d’ambre, celui qu’elle avait cru de chat longtemps, celui qui était en réalité une persistance de ses gênes de dragon…
Il était tellement en colère… Envers lui-même… Frustré… Déboussolé par tout ce qui se passait dans sa tête, cette impression qu’il n’arrivait même pas à lui dire qu’il l’aimait, aveugle jeune homme incapable de se rendre compte de ce dont il était capable. Si la belle demoiselle l’avait entendu penser… ouhhh il aurait passé un sale quart d’heure mais peut-être que celui-ci ce serait achevé par un sourire amoureux, attendri, chez l’un comme chez l’autre, reconnaissant chez l’un, tellement agacé par tant de bêtises chez l’autre. Mais elle ne pouvait pas le sermonner. Elle était dans les vapes une fois de plus. Et lui sentait son coeur se durcir, chaque fois un peu plus, ses sentiments si humains, tellement amplifiés par sa capacité de dragon à ressentir… les bons… comme les mauvais. Et les mauvais commençaient vraiment à bien s’installer ces derniers jours.

Mais s’il y avait bien une chose à reconnaitre chez le grand jeune homme c’était la force qu’il mettait dans ses combats. Car il se crispa d’un coup, se redressant en grondant contre lui-même et commença à s’entrainer, courant, sautant, mettant à contributions ses muscles pour les épuiser violemment à défaut que ce soit dans la plus délectable des activités… Et il se morigéna… ouh sacrément… Ses seules pensées étaient pour s’engueuler lui-même et pour s’auto-encourager. Eux deux ça allait ! Ca allait ! Nan mais sérieux, ils avaient le droit d’avoir des problèmes avec toutes les sacrés merdes qui leur étaient tombé sur le coin de la tronche ! Ils avaient le droit de galérer ! Ils s’aimaient toujours ! Malgré tout ce qui s’était passé ils s’aimaient toujours et il avait l’impression de l’aimer plus encore… Alors ça ce n’était rien, rien d’autre qu’un détail… Bon d’accord… Franchement, le sexe n’était pas un petit détail c’était faux… mais ils y arriveraient… Parce qu’ils y arrivaient toujours… Parce qu’ils se retrouveraient toujours… quoi qu’il arrive… Et un sourire s’empara de ses lèvres alors qu’il constatait, une fois de plus, que son impatience à retrouver sa maitresse adorée n’était pas tant que ça due à ses propres pulsions mais à l’envie, écrasante, de la combler, elle qui avait été privée de leurs caresses pendant toute une année…

Il s’entraina longuement puis alla prendre un bain, épuisé, les muscles brûlants et surpris que la neige n’ait pas davantage fondu autour de lui. Il avait forcé sur son corps mais pas que… son pouvoir, il le sentait de plus en plus, s’entrainait chaque jour, au moins à le percevoir et un jour, il le contrôlerait… il le savait… Il serait plus fort… il l’aiderait… il la soutiendrait, quoi qu’il arrive… quoi qu’elle soit… et quel que soit le danger. Non, ça non plus il n’oubliait pas. Ca lui trottait peut-être plus dans la tête qu’à elle-même… Mais il n’avait pas la moindre aversion envers ce qu’elle pouvait être. La demoiselle et ses doutes pouvaient bien aller se rhabiller… S’il y avait bien une chose qui ne changeait pas, c’était sa capacité à l’accepter… Peut-être parce qu’il était horriblement buté et ainsi, incapable de la voir autrement que comme sa petite princesse, juste sa princesse, peu importe qu’elle soit humaine ou autre chose, elle était sa princesse, point…
Dans le bain, il médita, jusqu’à ce que l’eau brûlante qui rougissait légèrement sa peau devienne froide, son coeur, son corps et son esprit apaisés il s’était sommairement rhabillé pour aller préparer le diner…

Et c’est dans cet état de calme que Cassidy le trouva quand elle débarqua, totalement nue dans la cuisine. La demoiselle semblait sacrément troublée, voire inquiète et il en fut honnêtement surpris. Euh… pourquoi tirait-elle cette tête ? Elle ne s’imaginait quand même pas qu’il allait l’abandonner comme ça alors qu’elle était évanouie si ? Bon d’accord il était sorti s’entrainer mais en même temps ses évanouissements duraient un bon moment en général, il n’allait pas lui tenir la main jusqu’à son réveil en tirant une tête de chien battu !!!! Elle culpabiliserait à mort sinon ! Il préférait encore lui laisser de l’espace… Lui-même s’il avait été dans sa situation ce qui se serait fort apparenté à une certaine impuissance, aurait bien voulu pouvoir ouvrir les yeux sans avoir le regard inquisiteur de l’autre posé sur lui… Enfin… il n’était pas loin et toujours là si elle en avait besoin !!! Et puis… à être trop près d’elle dans ces instants, il n’était pas totalement sûr de lui-même… le traumatisme d’avoir vu son propre corps être utilisé pour meurtrir autant la demoiselle était encore bien prégnant après tout. Il revoyait des bribes parfois quand il fermait les yeux. Alors il s’éloignait… Au cas où…

En la voyant arriver nue, si craquante, si inquiète pourtant, Tristan sentit sa longue méditation être réduite à néant. Le désir voila une seconde son regard et enflamma son corps alors qu’il détournait les yeux en souriant, plaisantant… préférant plaisanter plutôt que de lui montrer la vérité, plutôt que de rententer pour encore échouer… Car à force… il avait mal… vraiment mal de voir à quel point son corps ne voulait pas de lui. Serait-ce ainsi avec un autre ? Plus les tentatives échouaient et plus il en doutait. C’était lui le problème… C’était lui qui lui faisait peur. C’était lui dont elle ne voulait pas… C’était lui qu’elle craignait… et qu’elle ne parviendrait peut-être jamais à cesser de craindre. Sombres pensées pour le jeune homme. Aussi, si ce n’est plus que celles de sa compagne.

Et pourtant, elle n’aurait rien pu deviner. Car il souriait, il plaisantait, comme toujours, enfouissant ses sentiments très loin, inaccessibles, faisant comme si ce n’était rien. Elle avait rougi à sa plaisanterie comme quoi elle avait fort tort de le tenter ainsi dès le saut du lit et qu’elle mettait son corps en danger face à l’intérêt qu’il lui portait. C’était dit en plaisantant, mais il y avait bien des vérités dans ces mots, et bien des tristesses qui ne s’entendaient pas, bien des peurs qu’il ne montrait surtout pas. Il était monté rapidement lui chercher un peignoir douillet, cadeau de Maud, dans laquelle il l’avait rapidement enveloppée alors qu’elle semblait toute penaude, un peu fautive… Il pensa que c’était à cause de son actuelle nudité… pas parce qu’ils avaient encore échoué… L’un comme l’autre, ils évitèrent soigneusement le sujet, pour ne pas blesser l’autre, inconscient de leurs propres souffrances et de celles qui habitaient l’être qu’ils aimaient le plus au monde.

Pour sa part, épuisé par son entrainement, il s’endormit très vite même s’il la câlinait doucement alors qu’elle lui tournait le dos et qu’il l’avait enveloppée de ses bras presque plus que de la couverture.
Le lendemain il était seul à son réveil et ne s’en formalisa pas, lisant le petit mot, en laissant un à son tour au cas où elle repasse avant lui.
Il se leva peu après elle finalement et alla courir, voulant détendre ses muscles ou au contraire les stimuler, pour oublier. Une douche plus tard il allait travailler. Cette fois-ci il commençait directement à l’atelier et si le travail était tout aussi éreintant il demandait davantage de précision que de force brute même si ses muscles furent mis à rude contribution… que ce soit à cause de certains instruments très lourds ou d’autres à manipuler avec une telle précision qu’il était extraordinairement… crispé !!!!
Son patron ne tarda guère à l’assommer de travail, de directives etc. ayant bien compris que le jeune homme avait besoin d’être stimulé et à voir le grand sourire ravi sur son visage, ça marchait plutôt bien… D’ailleurs en lui montrant des plans pour des réparations dans une maison le gamin lui fit de si pertinentes remarques qu’il le regarda soupçonneux, l’accusant d’être de la maison ce que Tristan réfuta, inquiet, jurant qu’il ne mentait pas, ne saisissant pas les taquineries. Il voulait bien faire… et s’intégrer… Parce que c’était probablement ce que souhaitait le plus sa douce.
En tous les cas, son boss était ravi et il l’incita à faire des pauses après l’avoir vu travailler, se doutant que le jeune homme ne pourrait jamais tenir une telle cadence et faire des réparations chez lui. Bavard, investi il lui donna d’ailleurs des tas de conseils et lui proposa d’utiliser les chutes de l’atelier etc.

Finalement on l’envoya manger soi-disant parce que son estomac criait famine, surtout parce que les gars qui travaillaient comme lui à l’atelier voulaient le voir fondre complètement devant sa petite mage. Le voilà donc qui devait subir les commentaires de ses camarades sur leurs dernières galipettes avec leur compagne ou quelque jeune femme du coin, détournant la conversation à chaque fois qu’on le prenait à parti et l’interrogeait. Outre le fait que c’était horriblement frustrant il trouvait cela tout de même un brin irrespectueux même si les termes employés restaient on ne peut plus corrects !
Même si elle était loin de la porte quand ils entrèrent il sut qu’elle l’avait remarqué. Lui la vit immédiatement et son coeur joua au yoyo. Elle… Elle se mit à briller, direct et cela apporta quand même un sacré baume au coeur du complexé jeune homme. Il comprit sans mal qu’elle était gênée mais il ne pouvait malheureusement rien faire pour elle… Et aurait presque souhaité que ce ne soit pas elle qui s’occupe d’eux… Parce qu’elle était absolument adorable avec cette petite robe, que le côté petite serveuse la rendait horriblement sexy et que l’idée de « l’agresser » là tout de suite, devant tout le monde en se jetant avidement sur ses lèvres et en la pressant contre lui pour la soulever, l’installer sur le bar et… Et merde… et merde !!!!!!
Bon alors là clairement il ne pouvait pas se lever de sa chaise avant un bon moment, la rapprochant discrètement de la table pour éviter les regards indiscrets même si les gloussements de demoiselle à la table d’à côté lui firent maudire son imagination débordante… et les réactions de son corps évidemment…

Il la regarda s’approcher, la gorge sèche et malgré tous ses foutus efforts pour penser à autre chose rien n’y fit et… en fait avec sa lueur, avec cette robe ça accentuait quand même vachement son décolleté et… wah… hum… Pourtant d’un point de vue extérieur il avait l’air parfaitement bien, tout à fait maître de lui-même. Décidément c’était bien injuste !
Il lui parla comme si tout allait bien, comme s’il n’avait pas envie de se jeter sur elle, peu importe les témoins, se contentant d’un de ses éblouissants sourires qui ne devait rien arranger chez la jeune femme à cet instant !
Le léger lapsus qu’elle faillit faire pourtant le crispa légèrement. Personne ne semblait avoir remarqué quoi que ce soit, sauf Raph évidemment qui lui démit probablement une côte suite au coup de coude qu’il lui donna avec un rictus fanfaron. Lui… n’arriva à trouver ça que craquant… mignon… excitant… Ouais… en fait quoi qu’elle fasse il était à ses pieds et aux abois quoi… Cette idée le fit juste sourire…

Le repas délicieux englouti il l’attendit dehors, piétinant doucement dans la neige. Il portait son manteau, les mains enfoncées dans les poches, soufflant des nuages blancs en l’attendant. Quand elle le rejoignit, elle brillait encore la pauvre… Lui au moins avait réussi à se calmer… Il se demandait s’il n’était pas un peu plus doué qu’elle pour ça d’ailleurs. Il ne s’attendait néanmoins pas à ses réactions. Sa moue frustrée était adorable, alléchante en fait et ses petits coups… Raaahhh elle allait arrêter d’être aussi craquante oui ?! C’était insoutenable là. Ses paroles… Oh ses paroles furent le coup de grâce évidemment alors qu’il sentait un désir violent s’emparer de ses neurones, l’attrapant fermement en la pressant contre lui, dévorant ses lèvres dans un baiser étourdissant avant de souffler tout bas à son oreille.

- Oh non ma petite princesse… Quand ça marchera… je te dévorerai… jusqu’à ce que tu m’implores de te laisser une seconde de répit… et encore, je ne suis pas certain de t’écouter… parce que j’aurais hum… plus d’un an d’extrêmes frustrations à me faire pardonner… plus les petits extras… et que… je suis plutôt… têtu… Et puis… ton corps a déjà prouvé qu’il résistait bien à mes assauts répétés alors…

L’horrible gredin s’était malheureusement pris à son propre jeu, continuant sur sa lancée, glissant ses mains sur le corps mince, froissant le tissu de sa robe qu’il remontait doucement alors qu’il l’avait fait reculer contre le mur, déposant de brûlants baisers sur sa gorge…Et elle n’avait aucune résistance, pas la moindre. Il l’entendit vaguement lui murmurer des insultes à propos de trop de tentations, une provocation aussi alors qu’elle arguait que ce n’étaient que des mots… simplement pour qu’il mette tout ceci en application et là maintenant ce serait très bien aussi, qu’il était vraiment un horrible horrible garçon et elle avait attrapé le col de son manteau pour l’embrasser, lui  mordant une fois de plus la lèvre inférieure au sang, ce qu’il aimait bien finalement, lui faisant d’autorité comprendre qu’il avait intérêt à l’embrasser là maintenant tout de suite et…

- Tris ! T’es où ? Dépêche on va être en retard !!!

La voix de Raph, qui n’était pas bien loin et dont la tête apparut à l’angle du mur alors qu’il leur faisait un grand sourire suivi d’un clin d’oeil.

- Ouhhh cochonneries !!! Navré les zamoureux ! Vous allez devoir remettre à plus tard.
- Dégage Raphhhh !

Ca c’était Tristan tandis que la tête de son ami, goguenard, disparaissait. Le jeune homme poussa un profond soupir, pliant beaucoup les genoux pour enfouir son visage dans la poitrine de sa compagne, non pas par perversion, juste pour se faire câliner, rassurer.
Il semblait aussi frustré qu’elle… Mais il savait aussi que de toute manière ça n’aurait rien donné…

- Gromph… j’ai pas envie, j’ai envie de rester avec toi ma petite princesse… Mais il faut que tu te calmes maintenant… Sinon tu vas passer une aprem horrible encore…

Il lui fit un sourire tendre et embrassa doucement ses lèvres cette fois. Puis à regret s’éloigna très vite, sans se retourner mais clairement crispé. Il détestait s’éloigner d’elle et il détestait la sentir si frustré. Sur le chemin de l’atelier il se fit railler par ses camarades mais il s’en fichait, il n’écoutait pas vraiment… L’après midi passa vite jusqu’à ce qu’on l’envoie chez le forgeron où il fit… une singulière rencontre. Le gringalet qui l’accueillit, bien plus petit que lui, n’avait pas grand chose des gens du coin. Il n’avait pas leur solide stature, ni leur teint rayonnant de bonne santé, juste leurs yeux… et leur épaisse tignasse à défaut d’en avoir la couleur claire dominante. Intrigant jeune homme qui semblait curieusement plus fort que ce qu’il laissait transparaître et qui était paresseusement en train de lire un livre quand il l’interrompit. Au moins il le tutoyait comme tous les gens d’ici, c’était déjà plutôt bien… Enfin… Tristan chassa aussitôt sa méfiance. Il devait arrêter de se méfier autant. Sa vie avait été tellement faite de dangers et de combat qu’il oubliait qu’il pouvait faire confiance ici. Personne ne les connaissait, personne ne savait qui ils étaient et ils avaient le droit à une vie paisible… Et les gens du coin étaient juste… adorables !

Il lui apporta rapidement ce qu’il demandait avant d’essayer de faire plus ample connaissance. Tristan était tout de même sacrément sociable et souriant et commenta en ajoutant que même dans les autres royaumes les Drakkaris n’étaient guère courants. Il ne remarqua pas la pause qu’il avait marquée et qui aurait dû, peut-être, l’interpeller… Peut-être aussi parce que l’autre enchainait en parlant de Cassidy et que le jeune homme était particulièrement sensible dès que le sujet de sa belle était abordé. Ah flûte ! Sa brillance ! Oui bah forcément ce n’était vraiment pas courant comme truc ça ! En plus il avait inventé le premier bobard auquel il avait pensé. Peut-être qu’ils auraient juste dû dire la vérité… mais la vérité aurait entrainé des questionnements, c’est qu’une demoiselle autant en manque, forcément ça aurait attiré les questions et il n’avait pas du tout envie d’étaler leur pitoyable relation intime aux yeux de tous. Surtout que le gamin… enfin même s’il devait avoir quasiment son âge, était beaucoup trop intelligent pour son propre bien. Il ne fit pas remarquer que l’allergie était étrange, juste qu’elle se mettait en route dès qu’il arrivait… Et flûte !!!! Est-ce qu’il avait fait le lien ? Difficile à dire… C’était quand même juste… unique comme réaction, manifestation magique, donc il ne devait pas vraiment avoir beaucoup d’infos… même s’il lisait… et apparemment pas des livres des plus simples… Le jeune homme s’était crispé, marmonnant vaguement qu’elle était « compliquée », ne sachant pas quoi dire d’autre… Et puis ce n’était pas un mensonge… il ne connaissait personne d’aussi compliqué que sa compagne. Pourtant l’idée que quelqu’un se doute de leur petit secret le mettait mal à l’aise et presque en colère et une violente envie de défendre sa compagne, jalousement, lui faisait monter la moutarde au nez. Il la réprima tant bien que mal et heureusement l’instant d’après le vrai forgeron venait rejoindre Tristan…

Bizarrement, le physique impressionnant et un brin inquiétant du puissant homme qui vint relayer son apprenti, rassura bien davantage Tristan que le fluet jeune homme au regard bleuté décidément trop intelligent…
Finalement il régla les différentes affaires avec le forgeron puis partit en le remerciant, soulevant sans mal la lourde caisse. Il la rapporta à l’atelier, retourna au travail et avança même pour le lendemain après en avoir demandé la permission, bien décidé à se dégager un peu plus de temps pour le chalet.

Au bout d’un moment il finit par arrêter le travail. L’après midi était déjà bien avancé mais il restait de belles heures devant eux. Un sourire aux lèvres, bien décidé à rejoindre sa compagne après avoir discuté avec le boucher c’est d’un bon pas qu’il traversa le village jusqu’à ce que son regard soit attiré par l’éclat sous le soleil hivernal d’une chevelure blonde. Surpris, il s’arrêta, persuadé de la retrouver au chalet et non au village. Mais il n’eut pas le temps de se poser des questions, à peine celui de froncer les sourcils en remarquant qu’elle était en grande conversation avec un grand blond qui n’était certainement pas Raph. Elle l’avait vu et le rejoignit rapidement, lui sautant au cou et il oublia instantanément tout ce à quoi il pensait… Evidemment…
L’instant d’après elle faisait les présentations alors qu’il était encore tout étourdi par son baiser, la couvant du regard. Un certain Vlad. Il lui sourit poliment en l’observant. C’était un grand blond, mais pas autant que lui, ce lui fit fièrement carrer les épaules alors qu’il prenait la petite main de sa compagne dans la sienne. Par contre… c’était un sacrément beau spécimen. Il pouvait clairement rivaliser avec le Drakkari même s’ils étaient extrêmement différents… Il était… humain… Un sacrément bel humain mais un humain, blond, aux cheveux encore plus clairs que ceux de Cassidy tellement ils avaient pris l’éclat du soleil sur la neige. Ses yeux bleus pétillaient de gentillesse et d’intérêt et il avait une mâchoire sacrément carrée à peine couverte par l’ombre d’une barbe à peine plus foncée de deux ou trois jours savamment entretenue et qui lui donnait un petit côté négligé alors même que c’était un sacré travail à entretenir justement. C’était un très bel homme en fait… Sous son manteau Tristan, par habitude, devinait sans le moindre mal les muscles rudes et entretenus des nordiques et la main qu’il serra sans la moindre provocation, sans la moindre rivalité était une main solide… une de ces poigne puissante qu’il appréciait chez un camarade.

Il s’était assez morigéné un peu plus tôt… Ils étaient dans un bel endroit avec des gens extrêmement respectueux des relations, Raph le lui avait expliqué en long en large et en travers d’ailleurs, des gens juste profondément gentils. C’est donc sans méfiance qu’il répondit par un sourire sincère, et sans jalousie surtout… Cassidy était une grande fille et pas sa propriété, elle parlait à qui elle voulait… Et ils étaient en sécurité ici.

- Ravi également.

L’explication de sa compagne valut un regard rapide supplémentaire de Tristan vers le grand blond qui souriait simplement, l’air de rien. Le Drakkari lui fit à son tour un sourire d’excuse, haussant un peu les épaules.

- Ah oui… on la rencontre souvent comme ça d’ailleurs, hein petite maladroite ! Merci de lui avoir évité une chute en tous les cas, c’est fort aimable.

Il y avait aussi une histoire de diner et Tristan hocha simplement la tête, amusé par l’enthousiasme de sa compagne et remerciant son nouvel ami en affirmant qu’ils essaieraient de venir effectivement. Mais ce n’était pas dit du tout comme s’il cherchait à contrôler l’emploi du temps de sa compagne puisqu’il ajoutait que s’il était trop débordé il lui confierait la demoiselle et qu’il espérait qu’effectivement il cuisinait bien parce que mademoiselle était difficile à remplumer ! Et qu’il serait ravi de la voir échanger avec quelqu’un des idées cuisines… Bref, il se comportait en petit ami parfait, absolument pas jaloux ni complexé… alors même qu’un sacrément beau mec était décidément bien proche de sa fiancée frustrée !

Ils plaisantèrent, rirent puis chacun repartit de son côté, le couple marchant main dans la main, côte à côte. Ils marchaient en silence. Elle pensant à son cristal et lui à une merveilleuse opportunité… Avec les horaires qu’il avait fait il pouvait passer presque toute la journée au chalet, ne travaillant que quelques heures à l’atelier et s’il se levait tôt il reviendrait même peu après son départ au travail… si elle en faisait pas encore une de ses escapades et faisait des horaires raisonnables cette fois… Alors il pourrait se concentrer sur ce à quoi il pensait et ce sur quoi il dessinait depuis deux jours… La serre !!!! Tout était parfaitement clair dans sa tête. Il récupérerait tout ce dont il avait besoin à l’atelier et s’il travaillait vite et bien quand elle rentrerait de son après-midi et diner avec son nouvel ami Vlad, il aurait terminé !!!! Elle serait aux anges. Cette idée lui donna un sacré baume au coeur et il se sentit une énergie de Titan !!!!
Quand ils rentrèrent elle alla s’entrainer à l’extérieur, profitant des rayons du soleil tandis qu’il vérifiait ses plans puis s’activaient à réparer le plancher dans la cuisine pour le rendre sûr avant qu’elle ne passe encore à travers. Il était occupé à clouer de nouvelles planches qu’il avait découpées après avoir arrachées les anciennes et celles autour par précaution quand une explosion retentit. Le marteau qu’il maniait avec dextérité et une sacré force lui écrasa les doigts alors qu’il bondissait sur ses pieds, recrachant les clous coincés entre ses dents et se précipitait dehors en hurlant le nom de sa compagne.
Il la retrouva étalée dans la neige, inconsciente alors que son cristal se reformait une fois de plus et venait flotter au dessus d’elle. Un puissant grondement animal tonna alors que le jeune homme crachait en direction du cristal comme s’il pouvait l’entendre, faisant un grand geste de la main, son autre bras soutenant la tête de la demoiselle.

- Ne t’approche pas d’elle saloperie ! Tu entends ! Ne l’approche pas !

Ni une ni deux, il se reconcentra sur la jeune femme, blême et légèrement tremblante…Sa peau lui semblait curieusement fraiche comparée à d’ordinaire. Il la souleva sans mal, la pressant contre lui et la conduisit rapidement à l’intérieur en lui parlant, en l’appelant, en lui disant que tout allait bien, qu’elle devait arrêter, la voix tremblante, alors même qu’elle était inconsciente et ne l’entendait probablement pas. Il lui fit immédiatement couler un bain brûlant et se glissa avec elle dedans, tout habillé…Sa peau se réchauffa vite… par l’eau ou par sa magie… ou par son dragon, il ne savait pas… Il se calma, un peu, la déshabilla, sécha, peigna, habilla et glissa dans leur grand lit, sous les couvertures, s’asseyant sur le bord du lit en tenant sa main, guettant son réveil.
Quand enfin elle ouvrit les yeux, il ne savait trop combien de temps plus tard, elle eut droit à un baiser qui sonnait fort comme si elle revenait d’entre les morts alors qu’il se pressait contre elle, encore un peu tremblant. La pauvre n’avait qu’à peine le temps de se remettre les idées en place qu’il explosait, désignant le cristal qui avait cessé de flotter et qui était posé sur la petite table de nuit qu’il avait construite la veille et mise du côté de la jeune femme.

- Tu ne touches plus à cette saloperie ! Non Cassy ! Non ! Tu as vu ce que ça t’a fait ?! Quand tu t’es retrouvée propulsée dans le chalet, je n’ai rien dit ! Je sais que tu es une mage ! Que tu es forte ! Et je sais que ta magie dépasse de très loin tout ce qui a été connu et recensé jusque là mais ce n’est pas normal ça ! Je sais que c’est censé t’aider mais… mais non ! Non ça ne marche pas de toute façon et… je refuse que tu… arrête… arrête s’il te plait… Je… quand j’ai entendu l’explosion, j’ai cru que… que tu… que…

Il détourna les yeux rapidement d’elle en serrant les dents, essayant de respirer calmement puis la fixa de nouveau, le regard plein de détresse, caressant une de ses joues.

- Je sais que tu as la trouille et que tu en as marre mais… on va trouver une solution… Ce n’est pas ta faute tout ça… et je ne veux pas que tu aies mal… peu importe comment… S’il te plait… ce truc… ou ta magie… C’est vraiment puissant… Si au moins je pouvais t’emmener voler et la faire exploser discrètement loin d’ici… ça irait mais… mais je… je le sens tu sais… notre lien… qui guérit et… et parfois j’entends des choses dans ta tête… mais je… peu importe le temps que ça prendra cassy… J’attendrai… J’attendrai toute ma vie pour toi tu sais… s’il te plait… arrête d’avoir peur… et arrête d’utiliser ce truc… pour l’instant… tant qu’on n’en sait pas plus… D’accord ?

Au début, elle avait eu l’air de vouloir rétorquer mais elle ne pouvait ignorer son inquiétude et sa détresse et parce qu’il la connaissait parfaitement bien, il lui fit un de ses si craquants sourires…

- Je sais que tu n’en feras qu’à ta tête aussi… et que tu es la femme la plus forte, la plus courageuse et la plus horriblement têtue que porte cette planète mais attends juste quelques jours au moins… s’il te plait…

Et franchement le meilleur des arguments était la tête qu’il lui faisait et à laquelle il savait parfaitement qu’elle ne résistait pas. D’ailleurs elle se vengea en le tapant avec un coussin, un peu mollement quand même… Ils se bagarrèrent gentiment, s’embrassèrent, sans chercher à plus, épuisés par leur journée et peut-être aussi par la peur d’un nouvel échec. Elle semblait éreintée alors il alla leur chercher un plateau repas et ils mangèrent dans le lit, en commentant joyeusement leur journée. Il la câlina longtemps ce soir là, exigeant de la masser à cause de sa mauvaise chute, même dans la neige et il la sentit se détendre et finir par s’endormir sous ses caresses.

Le lendemain tout s’enchaina très vite. Il fut levé avant elle cette fois-ci lui laissant un tendre petit mot en lui souhaitant une bonne journée, se levant affreusement tôt pour sa part. Mais il avait fait encore mieux en lui déposant un plateau de petit déjeuner à sa place, tout amoureux qu’il était… Et comme il n’avait pas de fleur sous la main, il en avait dessiné une magnifique en bas de son petit mot. Tout se passa néanmoins comme il l’avait souhaité et s’il esquiva le déjeuner à la taverne, comme il le disait dans son mot, prétextant vouloir travailler au chalet, il travailla d’arrache pieds. Tant et si bien qu’à la fin de l’après-midi la serre était prête… Il avait pu la faire encore plus grande que prévue, ménageant un coin pour la méditation, un espace pour un véritable jardin, un potager, des fleurs… Oui, ce serait parfait… C’était énorme pour deux et un peu un petit caprice mais il trouvait son idée géniale à la base et était ravi d’avoir pu faire autant en si peu de temps. Bon pour l’instant il n’y avait que la structure de bois, de fer et de verre mais c’était magnifique et il l’avait installée de telle sorte que les rayons du soleil se reflètent dessus et éclaire davantage leur habitat. Elle apprécierait la luminosité pour ses lectures, même en fin de journée, une belle lumière naturelle ferait le plus grand bien à ses yeux !

Très content de lui, le jeune homme surveilla l’heure et déduit rapidement que sa compagne ne rentrerait pas tout de suite, elle n’avait probablement même pas encore commencé à diner avec son ami… Et il était heureux, très fier même de se rendre compte qu’il arrivait à étouffer sans mal l’instinct qui lui soufflait, dragon, de se méfier, celui tellement égoïste qui voulait la faire sienne, quoi qu’il arrive. Il n’était pas jaloux non… Il était heureux qu’elle se fasse un ami et ça le rendait vraiment fier !!!
Pour étouffer ses instincts, ses pulsions et pour donner un peu de liberté à cette part de lui-même, il décida d’aller chasser comme il l’avait proposé au boucher s’il avait le temps. S’armant de son arc, un carquois chargé, une dague et une lance il s’enfonça d’une bonne foulée dans la forêt. Ses muscles se tendaient sous l’effort d’une course qui aurait laissé sur les rotules plus d’un homme mais qui au contraire, le ravissait, l’apaisait et le remplissait d’ivresse. Il avait besoin de laisser libre cours à ses instincts de chasseur de temps à autre… Il l’avait toujours été, même bien avant de savoir qu’il était un prédateur naturel. Rapidement, son oeil averti et son odorat s’additionnèrent pour lui donner la piste d’un grand cerf, une très belle bête vu la profondeur des empreintes. Le boucher l’avait prévenu que les cerfs d’ici étaient bien plus grands que leurs congénères des plaines mais si la traque lui plut énormément il ne s’attendait pas à croiser une proie de ce gabarit. C’était un véritable mastodonte qui avait revêtu son manteau blanc hivernal. Peu de chasseurs auraient pu le voir en fait, c’est à son odorat que Tristan le repéra et put éviter les énormes bois affûtés qui plongèrent vers son ventre. Il grogna en roulant sur le côté. L’animal savait qu’il avait affaire à un prédateur dont il ne servait à rien de se cacher et avait préféré l’attaque. Il savait probablement d’ailleurs ce qu’il était à voir ses attaques insensées et sans fin. Tristan passa un moment à esquiver puis repoussa son arc, bien décidé à se battre à la loyal et pas de loin. L’excitation de la chasse, de la traque, du combat le rendaient euphorique mais il restait prudent… Jusqu’à ce que le cerf parte dans un énième trop dans cette clairière. Tristan remarqua alors l’odeur du sang. Pas le sien, ni celui du grand cerf, un sang plus dur, plus froid. Il se déplaça tel une ombre jusqu’au corps sans vie d’un blanc maculé de rouge d’une grande louve trop maigre aux flancs lacérés. Les larmes lui brouillèrent la vue sans qu’il n’ait le temps de comprendre pourquoi… La vue de ce frère prédateur mort le remplissait de tristesse et de compassion… Et puis il entendit le couinement… Un tout petit couinement, si faible, si effrayé… Et il remarqua le terrier, tellement bien caché… Les deux bébés loups blancs qui avaient été si violemment piétinés par le grand cerf que leurs petits corps broyés étaient presque totalement enfoncés dans la neige. Il vit le troisième petit museau qui pointait dans le terrier, les grands yeux tous bleus effrayés, plein de détresse… Et il perdit le contrôle…

Mais une saine perte de contrôle. Une profonde colère, une rage certaine l’envahit alors qu’il se jetait sur le cerf qui reprenait un assaut. Il ne savait plus trop ce qui s’était passé, se demandait s’il ne s’était transformé qu’en partie ou totalement. En tous les cas, son pouvoir jaillit, avec une facilité déconcertante, car quand son poing s’insinua entre les bois qui menaçaient de l’éventrer, luttant contre ses écailles invisibles sur sa peau d’homme, qu’il heurta la boite crânienne de l’animal, celle-ci éclata… littéralement et lancé dans son élan, le puissant cerf si puissant ne fut arrêté que par les muscles vigoureux qui le stoppèrent plusieurs mètres avant le terrier…
Tristan tomba à genoux dans la neige alors que l’énorme carcasse s’écrasait également au sol, vaincue. Nouveau faible couinement. Il tourna la tête, vit le petit loup auprès de sa mère qui couinait doucement, conscient de la mort à son trop jeune âge… Le Drakkari essuya les larmes qui perlaient à ses yeux, bien heureux que personne ne puisse le voir si sensible puis s’approcha doucement. L’animal qui aurait dû être terrorisé en sentant ce puissant prédateur qui ne ferait qu’une bouchée de lui se mit  grogner, semblant fièrement protéger la dépouille de sa mère. Alors il se contenta de caresser doucement la fourrure extraordinairement douce… puis avec de la neige de tenter d’effacer le sang… juste un peu. Cela dura longtemps… Le louveteau, minuscule par rapport à sa mère, probablement le plus petit de la portée, tout maladroit  l’observa un moment puis approcha son museau alors que Tristan le fixait, yeux dans les yeux, lui lécha doucement la main. Le jeune homme caressa alors la petite tête, le louveteau le mordit férocement et il évita aussitôt d’utiliser ses écailles qui lui auraient brisé ses petites dents. Il mordit fort, faisant couler du sang sur la fourrure de sa mère alors que le Drakkari ne bougeait pas, ne se crispait pas, puis il couina, desserra la main et coucha les oreilles, la queue entre les pattes, s’avançant timidement. Tristan le caressa et l’animal sauvage finit par venir se blottir tout contre lui… Malgré sa fourrure il était encore jeune… minuscule et frigorifié…

Tristan se redressa et se mit à creuser une tomber en utilisant une roche plate sous le regard du louveteau qu’il avait blotti dans sa veste. Puis il enterra la maman loup et ses bébés, essayant de les faire se retrouver, au moins dans l’au-delà… Jamais personne ne toucherait à ces fourrures…Il referma les tombes, les recouvrit de neige… et prononça de longues prières pour eux…Puis…
Le jeune homme ôta sa tunique, souleva le petit louveteau qui paniqua un peu et le colla contre son torse, faisant une espèce de harnais avec son vêtements alors qu’il prenait quelques coups de griffes. Il remit sa veste, la fermant un peu alors qu’en reconnaissant le contact le petit animal se calmait un peu puis s’endormait épuisé…
Tristan avait besoin de ses deux mains… c’était le minimum pour trainer l’énorme cerf dans la forêt jusqu’à chez eux puis le charger sur leur chariot et l’amener au boucher. Ca lui prit longtemps… du moins en eut-il l’impression… Mais c’est probablement parce qu’il s’inquiétait pour son petit protégé, si minuscule, qui avait ouvert les yeux depuis bien peu de temps, il le savait… Pourtant il savait aussi que sa chaleur corporelle le protégeait… mais il voulait s’occuper de lui.
Le pauvre boucher n’en revint pas en voyant l’animal gigantesque que ramenait le jeune homme qui avait juste récupéré les bois pour l’instant. Il lui promit de superbes morceaux pour le lendemain mais le Drakkari était déjà parti, aussi poliment que possible. Il rentra plus vite que nécessaire au chalet, oh il pensait toujours à Cassidy hein… ce n’était pas ça… il pensait à chaque instant à elle… à comment lui expliquer entre autre, à comment elle réagirait aussi… à ce qu’elle faisait, si elle s’amusait… Il n’avait même pas laissé le petit animal au chalet… il l’avait gardé contre lui, profondément endormi…

Il sentait son petit coeur battre… Et doucement le sortit de son pseudo nid, l’installant sur une moelleuse couverture. Il avait l’air si effrayé, tout petit, tellement petit, jappant faiblement, affamé. N’ayant pas de biberon sous la main il prit un torchon propre qu’il trempa dans un bol de lait sucré qu’il présenta au louveteau… Au début méfiant le petit animal finit par saisir entre ses mâchoires le tissu et le téter faiblement, tenant à peine sur ses pattes. Tristan le prit alors contre lui doucement, le maintenant sur le dos, confortablement alors qu’il tremblait un peu et réitéra l’opération. Cette fois il y mit un peu plus d’ardeur, fermant ses adorables yeux bleus, apaisé… épuisé, tétant à moitié endormi… Il était si minuscule... Ses chances de survie étaient maigres... pour ne pas dire inexistantes... Et c’est dans cette position, dans cette occupation alors que la nuit était tombée depuis un bon moment et que le ciel était peuplé d’étoiles que Cassidy put retrouver son compagnon soi-disant occupé pour le travail… qui voulait juste lui faire une surprise avec une serre… et s’était accessoirement improvisé sauveur au grand coeur…
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Cassidy Herediane
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MessageSujet: Re: Comment se retrouver pour mieux s'aimer...   Sam 4 Juil - 22:38

Encore une fois ils avaient échoués ! Encore une fois il ressassait de sombres pensées ! Et encore une fois elle n’en savait rien du tout ! C’est vrai quoi… Elle se sentait mal à l’aise à force de devoir discipliner son corps. C’est qu’elle en avait envie elle ! Plus qu’envie ! Alors pourquoi lui refuser ce fruit défendu ? Elle ne se posait pas autant de questions que Tristan tout simplement. Cette épreuve sur cette île, cette absence, avait renforcé son lien, elle le sentait beaucoup plus précisément, dès que le sort avait été désactivé. Ce manque, cette souffrance d’un an, elle avait eu tout le temps de penser à lui, tout le temps de se rappeler de chaque petit moment de leur histoire, les bons comme les mauvais moments, les pleurs, les sourires… Mais surtout, à ce moment là, elle s’était jurée que si il n’était pas allé voir ailleurs, si il l’avait attendu, alors elle lui prouverait en permanence son amour. Jamais elle ne le lâcherait. Plus jamais… Ca l’avait rendu plus forte… autant que les dragons avaient cherché à la détruire en lui imposant une image fausse de Tristan, en jouant avec ses sentiments.

Mais elle aimait profondément Tristan, et ne laissera plus jamais quelque chose se mettre en travers de leur route. Oui… c’était bien les pensées de la petite mage, remplies d’un positif étonnant malgré leurs problèmes de couple actuel.

La nuit passa et le travail le lendemain l’aida un peu à se concentrer sur autre chose… enfin un peu. Car dès que Tristan franchit le pas de la taverne, toutes les pensées de Cassidy ressurgirent au grand galop. Elle attendit sa pause pour le rejoindre dehors et bien lui faire comprendre tout ce qu’elle attendait de lui. Mais elle ne s’attendait pas à ce qu’il y réponde passionnément. Etourdie, la petite demoiselle était prête à le faire ici même, contre cette caisse gelée, sans se soucier du rester. Elle répondit déjà à son baiser et écouta sa petite tirade qui la fit rougir de plaisir et la laissa encore plus affamée. Il commença à glisser ses mains, elle sentit la chaleur de ses doigts sur des petites zones de sa peau et elle poussa un gémissement de satisfaction alors qu’il déposait des baisers dans son cou. Mais elle le mit au défi. Ici c’était très bien ! Aucune résistance non… Elle était entièrement à lui, à sa merci et tenait bien à en profiter.

Ce n’est que lorsque Raph pointa la tête qu’elle sursauta un peu et émit un grognement de frustration intense. Tristan lui laissa une petite phrase toute gentillette avant de repartir. Elle soupira… Ca devenait dur, très dur. Elle avait l’impression d’être de plus en plus sensible à ses caresses, de plus en plus demandeuse. Un point positif peut être… Ca aurait pu faire l’effet inverse où elle ne ressentait plus aucune attirance pour lui. Mais au contraire, elle était énormément réceptive et attendait le jour où ils recommenceraient, sonnant comme une bien heureuse délivrance, encore mieux que le coup d’envoi de la nouvelle année !

Elle ne sut rien de cet étrange garçon qui avait fait la connaissance de Tristan. Mais apparemment, cela ne semblait pas plaire du tout à son homme. Pourtant Kalec partit sagement sous le regard bienveillant de son maître. Oui provoquer une bagarre n’aurait pas été vu d’un bon œil puisqu’apparemment, le jeune homme semblait être apprécié de son patron, qui lui n’était pas commode du tout !

Et puis il y avait eu la rencontre avec Vlad. Cassidy semblait un peu fébrile, dévisageant les deux hommes mais sans se douter une seule seconde de cette pseudo rivalité. Elle donna un coup de coude à Tristan et le taquina gentiment.

« Rhoooo t’abuses ! Je suis pas aussi maladroite que ça voyons ! »

Ils discutèrent encore un peu avant de rentrer.

Cassidy avait vraiment envie de faire plaisir à Tristan. Pour lui et… pour elle aussi ! Non elle ne voulait pas aller voir un autre homme, c’était hors de question. Mais elle ne pensait pas être à ce point en manque. Alors elle s’entraîna. Mais la petite mage n’arrivait à rien. Au fond d’elle, elle perdait confiance et sa patience commençait à s’effriter, à cause de l’attente, à cause des frustrations. Elle relâcha une trop grande dose d’énergie qui explosa et la fit voler. Jamais ce n’était aussi intense…

Lorsqu’elle se réveilla, la pauvre n’eut pas le temps de retrouver ses esprits. En effet, elle eut droit à un étourdissant baiser, suivi d’une explosion de colère. Tristan était catégorique mais derrière sa colère, elle ressentit toute la peur qu’il avait, la peur qu’elle soit blessée à nouveau, le fait qu’il tenait à elle comme le plus beau des trésors d’Ascadian, un trésor qui n’avait pas le droit d’être abîmé ni maltraité. Elle n’eut pas le temps de s’expliquer qu’il continua sur sa lancée. Il avait l’air de savoir ce qu’elle ressentait, il parlait de leur lien et il la rassurait. Elle le regardait et sa bouille finit de l’achever. Penaude, elle détourna un peu la tête.

Il parlait de puissante magie, elle n’était pas d’accord. Son maître était certainement plus puissant qu’elle ! Elle se sous estimait largement. Mais force est de constater que la petite demoiselle avait besoin d’aide avec sa magie… le vieillard avait disparu comme par hasard et elle avait besoin de quelqu’un pour l’aiguiller sur le bon chemin. Elle voulait demander à Tristan mais elle sentait qu’au fond de lui, il supportait sa magie parce que c’était elle, mais il n’aimait pas ce que celle là faisait à Cassidy. Elle était un peu plus heureuse en apprenant que leur lien guérissait, que petit à petit, ils allaient mieux. Elle lui répondit par un beau sourire, un beau sourire comme quoi elle acceptait, qu’elle obéirait et déclara qu’elle ne voulait pas l’inquiéter non plus. Trouver une solution… oui ils allaient y arriver.

Ils finirent par se coucher, sans reparler de ça.

Le lendemain elle se leva seule mais sourit en voyant le petit mot. Les choses iraient mieux aujourd’hui, elle en était persuadée ! Elle alla donc travailler et était d’excellente humeur aujourd’hui, malgré la frustration, faire confiance à Tristan, c’était la meilleure des choses à faire pour le moment. La journée passa vite et le soir du repas approcha.

Il avait été convenu qu’ils se retrouveraient devant la taverne après le service de Cassidy. Même si la petite mage pensait toujours à son cher et tendre Drakkari, la perspective d’avoir un dîner en tête à tête avec un autre homme était un peu perturbante. Elle y avait beaucoup réfléchi pendant son travail de la journée et même si il était plutôt mignon, un physique avantageux, jamais il ne lui viendrait à l’idée de tromper Tristan. Elle était curieuse de nature et puis, quand il lui a parlé de cuisine, il est vrai que la petite mage était fortement intriguée. Les spécialités locales. Juste une petite déception que Tristan ne l’accompagne pas mais celui-ci avait déclaré qu’il avait beaucoup de choses à faire.

Pas une seule seconde elle ne s’était doutée qu’il avait vécu une aventure un peu particulière.
Elle était sortie de la taverne, portant une robe plus ordinaire, même pas aguicheuse ou tentante et attendait à côté de la porte en traçant des traits dans le sol avec son pied, du bout de sa botte. La tête penchée en direction du sol, ce petit moment lui donnait encore l’occasion de cogiter, comme elle en avait trop l’habitude en ce moment. Cependant, une voix la sortit de ses pensées. Une voix qui l’appelait par son nom.

Cassidy redressa la tête, se mettant à sourire alors que le grand blond l’avait rejoint, un air heureux sur le visage.

-Ca va ? Je ne t’ai pas fait attendre ?

« Non non c’est bon je viens de sortir. »

Il se frotta les mains, l’air enjoué, puis fit un geste de la main comme une révérence pour qu’elle le suive.

- Très bien alors ! Si cette dame veut bien me suivre…

Elle se mit à sourire gentiment en lui emboîtant le pas. Il fallait qu’elle pense à autre chose et oublie un peu ces tracas de couple avec Tristan et juste profiter de la soirée. Alors qu’ils marchaient dans les petites ruelles du village, Vlad posa une question, avec un peu d’hésitation.

- Au fait, ton fiancé ne t’accompagne pas ?

Redressant la tête dans sa direction, elle la secoua doucement d’un air négatif. C’est vrai qu’elle aurait apprécié que Tristan partage aussi avec elle mais après tout, c’était sa décision. Peut être avait-il envie d’être un moment seul, lui aussi.

« Il m’a dit qu’il avait beaucoup à faire. Comme on vient d’emménager et qu’on a récupéré un vieux chalet, il doit le retaper entièrement. Ca prend du temps. Bon, il pourrait se reposer un peu mais Messire n’en fait qu’à sa tête… Il tient à ce qu’on soit bien installés. Et le plus tôt sera le mieux »

- Wha ! Il répare cette vieille ruine ? Sacrément courageux ! De le faire tout seul en plus…

Une lueur d’admiration passa dans les yeux de Vlad. Il voyait bien que la petite mage prenait une expression beaucoup plus douce et tendre quand elle parlait de son compagnon. Dans le ton de sa voix on pouvait sentir toute l’attention et l’estime qu’elle lui portait. Après tout, elle était vraiment fidèle et accrochée fortement à lui. Rien d’étonnant après toutes les aventures qu’ils avaient traversé…

Enfin ils arrivèrent. C’était une ruelle avec des maisonnettes presque collées les unes aux autres. Il la fit entrer chez lui en s’inclinant, comme si elle était une invitée de grande marque.

La petite demoiselle regarda avec curiosité l’était des lieux. La porte donnait directement sur la pièce principale, une cheminée avec un canapé et une petite table juste derrière. Une porte donnait apparemment sur la cuisine. Elle était ouverte et on pouvait distinguer des casseroles qui reposaient sur une plaque de loin. Deux autres portes donnaient à une chambre et une salle d’eau. Petit, sobre et étonnamment propre pour un homme vivant seul.

Quelques meubles avec des décorations dessus, surtout des statuettes gravées dans la pierre ou le bois, représentant des créatures magiques, des animaux pour la plupart. Il y avait également des cadres avec des images représentant des personnes, certainement la famille.

La table était dressée d’une grande nappe blanche avec un vase au milieu qui accueillait en son centre des fleurs d’un blanc immaculé. Des couverts étaient dressés, pour trois personnes. Vlad entra d’un bon pas et commença à enlever le couvert en trop, non pas sans avoir invité Cassidy à se mettre à l’aise.

La jeune femme regarda un peu autour d’elle puis dégrafa sa cape qu’elle accrocha au porte manteau. Vlad était parti dans la cuisine d’où une délicieuse odeur se dégageait. Cassidy huma l’air avec délice et son estomac se mit à gargouiller. Ne sachant pas trop quoi faire en attendant, elle regarda sur la commode les différentes figurines et la photo au milieu qui le représentait lui en plus jeune, entouré de sa famille. Le jeune homme sortit de la cuisine, tenant un grand plat dans ses mains qu’il déposa sur la table.

- Oh tu t’intéresses à mes statuettes ? C’est moi qui les ai faites !

Il s’était rapproché d’elle pour lui donner le nom des créatures, apparemment très fier de lui. Elle se mit à sourire doucement puis pointa l’image de sa main.

« T’as bien poussé entre temps ! »

Nouveau sourire complice alors qu’il se grattait la tête.

- He ! He ! Le temps rude nous forme, et puis ici, on aime bien bosser en permanence pour éviter d’avoir froid. Enfin, je trouve qu’on a de la chance, on résiste plutôt bien aux températures. Cela nous permet d’apprécier encore plus les câlins !

A la fin de sa phrase, la demoiselle toussota légèrement, un peu mal à l’aise, puis se tourna vers la table avec le plat qu’il avait apporté.

« Eyh ! Ca a l’air bon ! C’est quoi ?!”

- Je te laisse goûter pour voir si tu connais et ensuite je te donnerais les ingrédients

Ils s’étaient installés à table et entamèrent les discussions. Cela tournait surtout autour de la nourriture puis d’autres sujets plus généraux. Apprendre à se découvrir. Cassidy ne parla pas de l’académie. Après tout elle tenait à rester discrète et donna le même discours, une aventurière voyageant à travers le monde avec son compagnon et cherchant à se poser. Elle expliquait pourquoi elle aimait le grand Nord. A aucun moment elle ne parla de la spécificité de Tristan. Vlad posa alors des questions de couple, depuis quand ils se connaissaient. Il la taquina quand elle déclara qu’ils s’étaient retrouvés adultes alors qu’ils avaient vécu dans le même village.

Puis elle lui demanda des informations sur lui, son village, son mode de vie. Il s’expliqua alors avec détails mais déclara qu’il ne se passait pas grand-chose d’excitant par ici. C’était un village un peu tranquille en dehors des conflits politiques et de la gestion du royaume. Ici le dirigeant c’était le chef du village. Ils accueillaient très rarement des visiteurs car l’accessibilité était peu pratique, en revanche, tout ce qui se passait dans le village en faisait rapidement le tour et ils se connaissaient tous.

A un moment, Vlad lui servit un verre de vin mais Cassidy déclina poliment.

« Non merci je ne tiens pas très bien l’alcool »

Il insista un peu en la taquinant.

- T’es sûre ? C’est vraiment dommage, c’est une boisson vraiment bonne par ici, faite avec un fruit spécial qui ne pousse que sous la neige…

Elle se mit à sourire mais resta sur son choix initial.

« C’est gentil mais pas aujourd’hui merci »

Il n’insista pas. Les discussions tournèrent ensuite sur leurs passions respectives, leurs envies. Et puis Vlad aborda un autre thème.

- Tiens au fait demain ça me fait penser que c’est la fête du solstice du printemps ici

Elle le regarda sans comprendre.

« Printemps ? »

- Oui printemps. Tu sais ici, on a toujours de la neige mais les températures sont un peu plus douces qu’en hiver. Alors on fête ça, ça permet de mettre de l’animation, d’en profiter pour boire un coup tous ensemble. C’est vraiment chouette ! En plus ça te permettra de rencontrer du monde, même si en travaillant à la taverne, tu as eu l’occasion de voir passer beaucoup de monde

Cassidy semblait emballée par cette idée. Elle ne voulait que ça, se faire de nouvelles connaissances, tisser des liens d’amitié avec d’autres personnes même si elle surveillerait jalousement Tristan pour qu’aucune femme ne s’approche de lui, même si son patron l’avait rassuré sur le fait qu’ici, les gens avaient le sens de l’honneur et qu’on ne s’amusait pas à piquer le fiancé d’une autre juste par pur égoïsme.

Ils continuèrent à parler un petit moment. Les bougies commençaient à s’éteindre et la demoiselle se mit à bailler en prenant bien soin de mettre la main devant sa bouche, pour ne pas qu’il voit ses canines affutées. Après tout, depuis qu’elle était dans ce village, elle ne sortait jamais sans son foulard pour cacher ses oreilles et souriait la bouche fermée afin de ne pas attirer l’attention.
Elle se leva pour prendre congé.

« Bon je vais rentrer sinon Tristan va s’inquiéter. Merci beaucoup pour la soirée, c’était vraiment succulent. On se reverra alors demain pour la fête »

Il déclara que oui c’était une très bonne soirée également. La demoiselle sortit alors de la maison et marcha dans les ruelles du village. Tout était calme, à part quelques fêtards, amis, qui profitaient pour rester dehors, à parler de tout et rien, même si la majorité des habitants étaient rentrés chez eux. Cassidy avait allumé une orbe dorée pour retrouver son chemin. Elle pouvait aussi activer une vision nocturne magique mais elle préférait quand même utiliser son orbe, bien plus rassurant à ses yeux.

Le chemin jusqu’au chalet lui paraissait long et elle avait hâte de retrouver Tristan pour profiter de sa chaleur, des câlins… hum son esprit commençait à s’évader. Elle secoua la tête. Câlins pour plus tard ! Enfin câlins osés surtout… Car à vrai dire, à chaque fois que la petite mage se retrouvait face à lui, les envies revenaient, ces pulsions, de plus en plus animales, cette envie de satisfaire un besoin, l’annonce d’un plaisir incommensurable. Mais plus ils échouaient, plus son pauvre corps lui faisait peur. Avaient-ils besoin de méditer encore et toujours pour qu’elle se débloque ? Bon bien sûr, elle faisait confiance à Tristan, il était gentil, patient. Elle devait lui faire confiance ! Sinon il serait trop déçu et cela pouvait faire chuter leur couple à nouveau.

Mais alors qu’elle pensait à ça et qu’elle arrivait en direction du chalet, quelque chose attira son attention. Même si il avait construit la serre, elle ne pouvait rien voir. Elle sentait la présence de Tristan, même en étant à l’extérieur mais une autre présence était également là. Beaucoup plus petite, plus faible… un animal sûrement. Faible comme si celui-ci allait mourir. Inquiète, elle se dépêcha de monter les marches et ouvrir la porte avant de se diriger précipitamment vers le salon. Elle n’avait encore rien vu, rien appris et pourtant, sa phrase prouvait qu’elle savait qu’il y avait quelque chose de différent.

« Tris’ ? Qu’est ce qui se passe ? Qu’est ce que tu as ramené ici ? »

Elle se tut alors qu’il levait la tête et aperçut le louveteau adorable endormi. Mais la demoiselle semblait encore plus inquiète en le regardant, comme si elle voyait autre chose. Le pauvre petit était en train de mourir ! Elle ne comprit pas tout de suite mais pensa bien que Tristan n’agissait pas sans une bonne raison. Soit il l’avait trouvé tout seul, soit la maman était morte… Elle ne savait pas trop. Mais elle n’attendait pas d’explications pour le moment, prit une couverture et la posa sur la table avant de lui demander de déposer le petit protégé sur celle-ci. La petite mage l’examina, se mordilla la lèvre inférieure, embarrassée. Elle n’avait pas besoin de parler car elle savait que Tristan avait réussi, d’une manière ou une autre, à lire dans son esprit.

Que faire ? Elle n’était pas guérisseuse, ses sorts de soins se résumaient à des guérisons de blessures physiques, pas redonner de la vie. Mais il y avait un autre moyen… mais qui ne plairait pas vraiment à Tristan. Ca aussi il avait l’air de l’avoir compris car déjà il fronçait les sourcils en comprenant son intention. La demoiselle tenta de se faire rassurante.

« Ecoute… on ne peut pas le laisser mourir, tout est fermé, je sais même pas si y a un guérisseur dans le coin et à quelle maison il se trouve. Je ne vais pas utiliser trop d’énergie, juste assez pour lui donner de quoi tenir jusqu’à demain… et puis je compte sur toi, un bon câlin et j’aurais déjà récupéré »

Il semblait réticent mais Cassidy lui prit doucement la main. Elle prononça quelques mots et ses yeux passèrent au doré. Puis, lentement, elle posa une main sur le petit corps chaud en inspirant profondément, évitant de penser au cristal qui explosait. Un tout petit peu d’énergie, c’est tout ce dont il avait besoin… et pas plus pour éviter que Tristan ne s’inquiète pour elle.

L’opération semblait bien se passer et l’aura autour du petit être, invisible à l’œil nu mais pas à celui de Cassidy redevint plus fluide, plus régulier. Il était sauvé d’affaire pour l’instant. Elle souffla de soulagement en fermant les yeux et décrispant les épaules. Il est vrai que la petite mage était bonne de nature et toujours prête à aider son prochain enfin… elle avait un peu changé désormais. Si elle se montrait plus méfiante à aider un humain, elle n’avait aucun souci à porter une assistance à un animal en détresse.

Elle s’essuya doucement le front puis porta son pouce à sa bouche pour en mordiller le bout d’un air pensif. La demoiselle regarda alors Tristan et il comprit, sans qu’elle n’ait besoin de parler, qu’elle désirait savoir ce qui s’était passé. Il expliqua alors ce qu’il faisait et la situation dans laquelle il s’était retrouvé. Et apparemment il ne voulait pas abandonner ce petit être qui venait à peine de venir au monde. Elle se mit à sourire. Oubliant sa soirée chez Vlad, elle se concentra uniquement sur l’instant présent. Le jeune homme semblait inquiet, c’est du moins ce qu’elle ressentit.

Cassidy s’approcha de lui et posa doucement une main sur son bras, l’air rassurant.

« T’inquiètes pas, il va s’en sortir… y a bien quelqu’un qui doit savoir quoi faire avec ce genre d’animal même si c’est un sauvage »

Elle s’étira longuement en fermant les yeux puis se mit à bailler.

« C’est pas tout mais faut qu’on aille dormir. Même si ça va plutôt bien, j’ai un peu usé de mon énergie à le maintenir dans un état stable… besoin de récupérer »

Ce soir au moins, ils ne se tentaient pas. Peut être que cet évènement leur avait permis d’oublier, l’espace d’un instant, leur faim insatiable, dès qu’ils se retrouvaient dans la même pièce. Cassidy ne fit pas long feu. Elle n’attendit même pas Tristan pour se changer et se glisser dans le lit en baîllant une nouvelle fois et s’endormit sans demander son reste.

Le lendemain matin, Cassidy se réveilla seule. Elle s’étira puis se redressa et aperçut le mot sur la table. Cette fois c’était lui qui était parti tôt. Apparemment il voulait absolument emmener son petit protégé pour être sûr qu’il soit entre de bonnes mains. Elle reposa le mot et ne semblait pas inquiète. Après tout, elle pouvait lui faire confiance là-dessus. Le savoir sauveur l’amusait et l’attendrissait. Malgré ses airs parfois torturés, parfois jmenfoutisme avec le monde, Tristan était vraiment quelqu’un de bien, sensible… quoique un peu fragile. Comme elle au final. Malheureusement, elle ne savait pas ce qui se passait dans sa tête et ne se doutait pas une seule seconde des pensées bien sombres qui agitaient son bel homme en ce moment.

Peut être que ce qui rendait difficile la communication à travers leur lien était qu’il était en partie dragon et qu’elle n’arrivait pas à se mettre à son niveau. Humain et dragon… Même si Alanir était d’une énorme aide, c’était différent, il s’était carrément mélangé à elle, si on pouvait dire ça et faisait partie d’elle maintenant. Mais à moins que Tristan lui en parle, elle ne serait pas mise au courant. Et puis la demoiselle voulait lui faire confiance, lui prouver qu’elle pouvait être sage, même si sa nature, son indépendance sur l’île, l’avaient rendu bien plus imprudente, impatiente et désobéissante. Où était passée la douce Cassidy si discrète et réfléchie ? Apparemment celle là peinait à refaire surface.

Alors qu’elle s’habillait, la demoiselle chantonnait, curieuse d’être à la fête de ce soir. Elle avait hâte de voir à quoi ça ressemblait. Puis elle se dirigea à la taverne. Son patron l’attendait et l’attira directement à son comptoir avant qu’elle n’ait le temps de partir en cuisine.

- Ah Cassidy ! Pas de service pour toi aujourd’hui, tu vas faire autre chose. Ce soir nous fêtons le solstice du printemps. Pour cela il y a beaucoup de travail à faire en cuisine pour préparer tous les plats. Je sais que tu n’as pas l’habitude de notre cuisine d’ici mais je préfère que tu ailles aider les autres, ta magie pourrait être bien utile. Et puis ça te permettrait d’approfondir tes connaissances. Je m’occupe de la taverne pour aujourd’hui.

La jeune femme acquiesça, obéissante. Elle sortit de l’auberge et remarqua alors que des travailleurs étaient en train d’installer des décorations, des tables et toute une préparation pour la fête de ce soir. Ca s’agitait, ça riait. Les dames accrochaient de grandes banderoles colorées ou donnaient des bouts de tissus aux hommes qui s’occupaient de les faire tenir sur des piliers. Un espace avec des pierres avait été installé pour faire un grand feu de joie.

Elle continua son chemin et entra dans une grande pièce. Beaucoup de personnes s’affairaient ici aussi, des hommes, des femmes, qui préparaient les différents plats. Cela lui rappelait la cité de Maud où elle avait également aidé. Des chasseurs ramenaient du gibier qu’ils déposaient sur des tables, d’autres cuisiniers récupéraient les cadavres pour les dépecer et les préparer. Ca s’agitait, ça criait des ordres et tout fonctionnait parfaitement dans une ambiance détendue. Les personnes parlaient entre elles, les dames se posaient la question de la tenue à porter pour ce soir, certains hommes se charriaient et se mettaient au défi.

- Eyh Cassidy ! Je me doutais bien que tu viendrais ici !

La demoiselle tourna la tête pour apercevoir Vlad qui venait de sortir de derrière une table, tablier autour de lui. C’était même marrant de voir cet homme, qui avait plus la carrure d’un guerrier que d’un cuisinier aux fourneaux. Elle se mit à sourire et porta les mains dans son dos.

« Salut Vlad, en effet mon patron m’a demandé de venir donner un coup de main et d’apprendre aussi. Je vais connaître tes moindres secrets sur la cuisine nordique ! »

Elle le taquinait légèrement. Il éclata de rire.

[b}- Oh ? Secrets ? Je comptais bien te les apprendre un jour de toute façon. Allez viens ! Il faut que tu enfiles aussi un tablier et je t’expliquerais ce que tu dois faire…[/b].

Cassidy lui emboîta le pas à travers les tables. Très vite, Vlad l’a mis à l’aise, lui présentant d’autres personnes. Tous souriaient et semblaient heureux de la connaître. La matinée passa très vite, elle ne vit pas le temps passer. Juste la petite maladresse de Cassidy alors qu’elle portait une lourde marmite et qui faillit se renverser au sol. En effet, elle n’avait pas vu le petit tabouret dans son chemin mais utilisa sa magie pour faire flotter sa marmite et éviter la catastrophe. Les autres personnes semblaient impressionnées par ses réflexes. En effet, même si chaque habitant avait un petit don, peu d’entre eux utilisaient la magie au quotidien… plutôt jamais. Cela faisait donc son petit effet.

Ils s’arrêtèrent à midi pour manger. Vlad était un très bon professeur et semblait passionné par la cuisine gastronomique. Il n’hésitait pas à donner des détails à Cassidy qui buvait ses paroles. A ce propos, la petite mage se demandait si Tristan était passé à la taverne. Elle espérait que le tavernier l’avait averti, pour ne pas qu’il s’inquiète.

Reprenant l’après midi, les plats prenaient forme sur la table. Tout fut prêt avant la soirée et les cuisiniers d’un jour se félicitèrent entre eux en voyant le travail accompli. Franche camaraderie saine, pas de conflits, l’ambiance était plutôt bon enfant. Cassidy était en train de se laver les mains quand Vlad la rejoignit, un torchon posé sur l’épaule.

« Tu peux rentrer. On va dire que c’est congé. En tout cas j’ai eu une super apprentie vraiment douée ! Merci pour ton aide ! »

Cassidy se mit à rougir, murmurant à voix basse qu’elle n’avait pas fait grand-chose et trouva l’eau particulièrement intéressante pour éviter de croiser le regard de Vlad. Il se mit à rire.

- Sois pas si modeste avec moi et apprécie les compliments.

Il lui fit un clin d’œil. Troublée, elle le remercia avant de prendre congé. Arrivée au chalet, elle constata l’absence de Tristan. Rien de plus normal, il était sûrement en train de travailler. Elle en profita pour faire un brin de ménage en l’attendant. Il finit par rentrer et elle l’accueillit en se précipitant vers lui et déposant un baiser sur ses lèvres.

« Coucou Tris’ ! Ca va ? Bonne journée ? »

Il semblait plutôt content.

« Et le petit là ? Comment ça se passe ? »

D’après ce qu’il lui expliquait, la personne qui l’avait récupéré le gardait en observation jusqu’à demain. Elle se mit à sourire.

« Ah d’accord… Ca devrait bien se passer alors… »

Même si elle se doutait qu’il devait être au courant, après tout cela devait discuter avec entrain à son travail, Cassidy parla à Tristan de l’évènement de ce soir.

« Alors tu es prêt ? J’ai hâte d’être à la fête de ce soir ! »

Ils discutèrent encore un moment et la demoiselle fila s’habiller. Inconsciemment, elle avait pris une tenue qui la mettait bien en valeur et lui donnait des airs de petite princesse des neiges. Une jolie robe bleue ciel, pas trop décolletée non plus, avec des manches fluides et pailletées. Elle avait agrémentée sa tenue d’un joli bracelet argenté et le pendentif que son maître lui avait donné, avec le rajout de la bague de Tristan, ornait son décolleté.

Elle avait mis un léger maquillage aussi sur son visage qui lui donnait toujours un air de poupée. Ayant aimé le camouflage de Maud sur la cicatrice de son œil, la petite demoiselle avait décidé de reproduire cette idée. Paillettes argentées, joli minois, elle s’admirait dans la glace de la salle de bain et tira la moue en regardant ses oreilles légèrement pointues. Ca par contre ça dérangeait… Et mettre un foulard n’irait pas du tout avec sa tenue. Elle était occupée à batailler avec ses cheveux longs pour faire un truc de convenable quand Tristan entra dans la pièce.

Elle se retourna. A voir l’expression de son visage, elle l’avait un peu court-circuité apparemment. Finalement la fête se ferait à la maison car les envies remontaient au grand galop et qu’ils avaient bien envie de faire des choses intéressantes contre le mur de la salle de bain là ! Cependant, Tristan arriva à retrouver ses esprits et s’approcha d’elle pour lui faire une jolie coiffure qui camouflerait bien ses oreilles. Mais elle ne savait pas vraiment jusqu’à quel point il se retenait…

Petite pique balancée comme quoi elle attirerait bien des regards ce soir, elle rétorqua que le seul homme qui comptait à ses yeux pour elle se trouver juste en face de sa personne. Elle se mit à rire et enfin ils prirent le chemin du village, Cassidy tenant galamment le bras de son homme. Des éclats de voix, de la musique résonnaient gaiement, venant de la place du village. Ils se rendirent compte qu’il y avait vraiment une grande foule et pas seulement la place était recouverte de monde. Des petits stands avaient été aménagés ainsi qu’une piste de danse, un énorme buffet et le fameux feu qui semblait surréaliste, craquant dans son emplacement.

A leur arrivée, beaucoup de villageois se retournèrent pour les dévisager. Il était vrai qu’ils sortaient un peu de l’ordinaire. Mais Cassidy n’y fit pas attention, tenant fermement le bras de Tristan et commençant à déambuler. Ils furent arrêtés par le chef du village, accompagné de Vlad et d’une ravissante demoiselle qui souriait à Tristan en l’examinant de haut en bas.

- Alors ça se passe bien ? Notre village vous convient-il ?

Cassidy souriait et parlait d’une voix enthousiaste.

« Oui vraiment ! Les gens sont gentils, merci pour votre hospitalité. Je ne regrette pas d’être ici ! »

Il sourit d’un air un peu rustre en retour puis leva les mains dans leur direction.

- Parfait parfait ! J’ai une proposition à vous faire ! J’ai eu… enfin Vlad est venu me voir pour une idée afin de vous aider à plus vous intégrer encore. Ici nous sommes comme une famille, on se connaît tous et j’imagine que ce n’est pas évident pour vous de faire connaissance… Surtout que votre chalet est bien isolé quand même. Alors pour ce soir, Cassidy pourrait suivre Vlad et Tristan suivrait Freya. Ils sont chargés de vous faire connaître plus de monde, nos traditions et vous mélanger avec les autres. Cela ne vous dérange pas ?

Cassidy se tourna vers Tristan, surprise. Ca ce n’était pas prévu au programme ! Elle semblait embarrassée et ouvrit légèrement la bouche, sans savoir quoi répondre. Mais Tristan avait l’air d’accord ! Elle le dévisagea. Pourtant il ne semblait pas vraiment intéressé par la demoiselle en face d’eux. Le chef donna un coup de poing amical dans l’estomac à Tristan pour manifester sa joie.

- Très bien ! Amusez vous bien !

Avant de partir, Cassidy foudroya la demoiselle qui accompagnait Tristan du regard, d’un air de dire que si jamais elle osait poser la moindre partie de son corps sur lui d’une manière intéressée, même un cheveu, elle la réduirait en pièces ! Vlad posa une main sur l’épaule de Cassidy et lui demanda de la suivre.

La petite mage était un peu déçue quand même. Une fête sans Tristan, c’était pas vraiment une fête… Pourtant Vlad faisait de son mieux pour qu’elle se sente bien. Il lui présenta beaucoup de monde, on lui posa des questions. Ils déambulaient à travers différents stands de nourriture et il lui conseillait des choses et d’autres à tester. Ils s’arrêtèrent devant une piste où des hommes étaient en train de lutter à mains nues, se donnant des coups. Cassidy ouvrit des yeux ronds.

- Ce sont des combats amicaux. Cette fête est l’occasion de défier un autre homme, un adversaire par envie de voir qui est le plus fort, ou régler un conflit.

Elle le regarda avec surprise.

« Régler un conflit ? »

- Oui, ici certains gardent leur rancœur au fond d’eux et se défoulent le moment venu. Mais il n’y a aucun danger. Les gars n’y vont pas forts et puis au moins tout le monde est quitte.

Cassidy se gratta la tête, drôle de coutume !

Ils continuèrent leur petit tour jusqu’à voir des jeunes gens en train de flirter, se draguer ouvertement, d’un endroit à l’autre. Eh ben… Ca y allait quand même… Puis ils arrivèrent à la piste de danse et Vlad s’inclina respectueusement.

- Ma dame du soir me ferait-elle l’honneur de m’accorder une danse ?

C’était bien avec Tristan qu’elle aurait voulu danser mais bon, il fallait se plier aux règles. Elle essaya juste de se convaincre que si la partenaire de Tristan en faisait de même et qu’elle les voyait, ne pas piquer un scandale devant tout le monde. Elle accepta et ils se mirent sur la piste. Une musique plutôt lente, légèrement romantique était jouée alors qu’ils évoluaient librement sur la piste, d’autres couples faisant de même.

Plus loin, adossé contre une caisse, se trouvait l’assistant du forgeron, Kalec. Il avait revêtu une tenue un peu plus saillante qui dévoilait un corps plutôt bien entretenu même si ses muscles semblaient plus secs et moins développés que ses camarades nordiques. Il était entouré de plusieurs jeunes femmes qui tentaient d’attirer son attention même si il regardait souvent ailleurs et semblait plus s’ennuyer même si parfois il souriait et répondait quand on lui posait une question.

Mais Cassidy ne l’avait même pas remarqué. Elle semblait regretter la présence de Tristan et paraissait plutôt triste. Vlad attira son attention.

-Ca ne va pas ?

Elle redressa les yeux vers lui alors qu’il faisait un pas et la faisait tournoyer sur elle-même.

« Hum à vrai dire, ça fait bizarre de ne pas être avec mon fiancé… On est vraiment soudés tous les deux alors je me sens un peu perdue sans lui… »

Il la regarda avec insistance tout en guidant ses pas puis, sans faire exprès, lui écrasa le pied. Elle grogna. Tout de suite il se rendit compte de sa maladresse et s’excusa puis détourna le sujet.

- Au fait tu es ravissante, cette tenue te va vraiment bien !

Elle se mit à rougir et baissa les yeux.

« Merci… »

Une fois la danse terminée, Cassidy demanda à se poser. Elle s’assit à une table. Des fêtards à côté buvaient et c’était à celui qui résisterait le mieux qui gagnait. Des éclats de rire, des applaudissements. Même les femmes participaient entre elles. Un troupeau s’approcha de Cassidy et Vlad. Elles semblaient vraiment joyeuses et enthousiastes, un brin provocant. Une grande, qui avait plutôt un air de défi sur le visage, s’approcha de Cassidy et lui mit une chope devant elle.

- Eyh la nouvelle ! Faut que tu gouttes un peu notre spécialité d’ici !

Sourire sur le visage, pas méchant, juste envie de jouer. Cassidy secoua la tête en souriant et déclina gentiment l’offre.

« Non merci, je n’aime pas boire…

La jeune femme sourit et se rapprocha d’elle.

- Allez la bleue, fait pas ta timide vierge effarouchée ! Si tu veux faire partie de la famille, tu dois boire !

« Heu… »

- Allez hop ! Attends… me dit pas que c’est ta première goutte d’alcool quand même ?

Cassidy ne savait pas quoi faire. Mais l’air de provocation, pas méchant mais plutôt entraînant, les autres qui la regardait en l’encourageant et scandaient des chansons lui firent tourner la tête. Elle se fit plus sérieuse et se redressa de toute sa hauteur sur sa chaise, dévisageant la femme en face d’elle, répondant à son défi.

« Bien sûr que non c’est pas la première fois ! Ca passe très bien ! »

Elle attrapa la chope et sans hésiter, la porta à ses lèvres et but cul sec avant de reposer la chope dans un bruit sec.

« Alors c’est bon ? Je suis intégrée maintenant ? »

La femme blonde la regarda, et fit une moue, moyennement satisfaite alors qu’elle s’asseyait en face d’elle et lui tendit une nouvelle chope.

-Pas encore ma chérie… Tiens en voilà une autre ! Ca va te détendre un peu

Et elle se pencha à son oreille.

- Et ce soir ton fiancé sera totalement sous le charme…

Rien que le fait de parler de Tristan donnait du courage à Cassidy et avec un air de défi, but la deuxième chope sous les cris de félicitations et les tapements sur la table des autres jeunes femmes du coin qui l’encourageait. Ce qu’on ne lui avait pas dit, c’est que l’alcool était très fort… et montait vite… mais surtout c’était addictif. Le goût sucré et fort monta à la tête de Cassidy, ses pensées se troublaient, sa raison aussi. Elle trouva ce breuvage complètement délicieux et l’envie d’en prendre une autre chope était irrésistible.

Elle tendit la chope en l’air.

« J’en veux une autre »

Grand sourire de sa copine en face qui prit sa chope pour la tendre afin qu’on la remplisse et semblait totalement enthousiasmée.

- Vous avez entendu la nouvelle ? Allez une nouvelle tournée !

Ca faisait du bien de boire… La demoiselle oubliait ses soucis, ses problèmes de sexe avec Tristan et se sentait extrêmement bien et détendu. Vlad par contre était légèrement inquiet derrière. Il n’était pas intervenu mais semblait un peu hésitant. Cassidy enfila trois chopes de plus avant que Vlad ne décide de réagir en attrapant Cassidy par le bras.

- Bon c’est sympa les filles mais j’ai encore des choses à lui montrer…
- Oh allez Vlad fait pas ton rabat joie ! Regarde là ! Elle a l’air d’aller beaucoup mieux maintenant !
- Moui bon, faut pas abuser non plus…


Il attira Cassidy à elle et se diriger vers un coin plus tranquille mais déjà la demoiselle divaguait.

« Oh allez Vladounet ! C’est pas drôle ! J’ai encore soif moi !”
- Tu as assez bu comme ça pour le moment…
« Hurmph ! »

Elle croisa les bras, l’air boudeuse puis le regarda avec insistance.

« Tu sais que t’es mignon toi… »

Il la regarda mais elle s’approcha de lui d’un pas langoureux, s’arrêtant quand même à mi distance et posa son dois sur la chemise du jeune homme, un sourire sur les lèvres.

« Mais Tris’ est vraiment l’homme le plus adorable, le plus beau, de tout Ascadian ! Personne ne lui arrive à la cheville… Alors si tu veux coucher avec moi c’est peine perdue car je suis complètement satisfaite de mon homme même si… pour le moment… c’est dur… mais aucun homme n’arrive à me combler comme lui… »

Vlad était carrément embarrassé en écoutant ces révélations surprenantes, un brin égocentrique. Elle s’y croyait vraiment.

« Oh oui je l’aime vraiment… D’ailleurs je pense que ce soir on va faire monter les décibels… Et passer notre temps à compter touuuuuuuuuuutes les rainures du plafond et des murs… Ca risque d’être très long… »

Son air devint rêveur, quoique animal en pensant à toutes les délicieuses choses qu’elle voulait tester. Manque de contrôle, elle se mit à briller soudainement. Vlad semblait fort surpris. Mais il avait appris qu’elle avait une allergie et préféra ne pas y faire attention. Il attrapa doucement le bras de Cassidy, l’air plus sérieux.

- Bon Cassidy t’es vraiment bourrée là… Viens avec moi, je te ramène chez toi…

Elle se déroba.

« Ah non ! Je sais ce que tu veux faire ! Tu veux coucher avec moi et m’attirer chez toi ! Mais je ne bougerais paaaaaaaas d’ici… Et sinon je t’éjecte si t’essaie ! »

Vlad ne savait plus quoi dire, quoi faire. Il était de plus en plus gêné et se grattait la tête. Par chance, il vit Kalec, toujours en proie aux femmes. Il fit des appels de la main en l’invitant à le rejoindre. Celui-ci l’avait remarqué et s’excusa auprès de la gente féminine avant de retrouver son camarade. Dès qu’elle le vit s’approcher, Cassidy secoua la tête.

« Désolé les gars ! Ca me touche beaucoup toute cette attention mais je suis pas très chaude pour un plan à trois… »

Vlad ouvrit des yeux énormes en écoutant la phrase de la petite mage et regarda son compagnon.
- Heu oui ?! Pas un peu prétentieuse la petite là ? Comme si j’avais envie de coucher avec…

Cassidy s’était approché et lui avait donné un coup gentil dans le torse d’un air amusé.

« C’est ce que tu crois… »

Kalec se rembrunit alors que Vlad soupira.

- Tu peux la surveiller un instant ? Je vais chercher son fiancé.

Cassidy venait de se lancer dans une longue explication sur les bienfaits du jus de coco. Kalec se mit à soupirer d’un air désolé.

- Elle est chiante… Reviens vite hein ! Me laisse pas avec cette folle !

Vlad le remercia et disparut dans la foule. Cassidy l’avait vu partir et cria.

« Heeeeeeeeeeey ! Tu vas oùùùùùùùùùùùùù Vladouuuuuuuuu ? J’avais pas finiiiiiiiiiiii ! »

Kalec se tint les oreilles en serrant les dents, apparemment agacé par le comportement de Cassidy.

- Pitié mes oreilles ! S’il te plaît, tais toi ! C’est inintéressant ce que tu racontes… »

Cassidy fit la moue, boudeuse, et tourna le dos à Kalec.

« T’es méchant ! Tris’ au moins il m’écoute ! »
- Ouais bon… Déso, moi j’ai pas la patience pour les trucs soporifiques…

Elle ne répondit rien à part un petit « hum » agacé. Quelques minutes s’écoulèrent et elle se retourna, regardant Kalec, qui cherchait des yeux Vlad, trouvant le temps bien loin. Puis elle commença à marcher dans une direction opposée à la fête.

- Tu vas où ?

« Retrouver Tris’… T’es pas marrant !

Il vint se planter devant elle, l’empêchant d’aller plus loin.

- Tu ne vas nulle part ! Vlad est parti le chercher ton Tristan

Elle se recula un peu, se mettant sur la défensive.

« Me touches pas ! Si tu me touches une seule fois, Tris’ il va te péter la figure et les couilles si bien que tu pourras plus marcher avant une semaine ! »

Kalec la regarda avec un sourire de défi cette fois, trouvant amusant ce petit bout de femme qui s’énervait d’un coup.

- Vraiment ? Oh en même temps c’est dans ses gênes…

Pourtant Cassidy ne s’avouait pas vaincue et semblait vraiment têtue pour l’occasion.

Du côté de Vlad, il avait enfin retrouvé Tristan, en compagnie de Freya. Se raclant la gorge, il se tourna vers Tristan.

- Hum… désolé de t’interrompre mais Cassidy a besoin de toi…

Il l’attira à l’écart pour lui expliquer la situation.

- Hum… écoutes juste… J’y suis pour rien moi. Ce sont les filles qui ont voulu la faire boire… Et elle est complètement soûle là… Ca serait mieux que tu la récupères…

Tristan semblait pressé de le suivre et il lui emboîta le pas. Mais lorsqu’ils retrouvèrent Kalec et Cassidy, la scène était plutôt… amusante… ou pas, tout dépend de quel point de vue on se place. Kalec portait Cassidy sur son épaule comme un sac à patates et elle battait désespérément des jambes et des bras pour tenter de descendre. Elle n’avait pas perdu sa couleur dorée et ne semblait même pas s’en inquiéter.

« Mais lâche moi espèce d’abruti ! Je peux très bien marcher toute seule ! Fais gaffe je vais utiliser la magie et je vais te réduire à l’état de brasier ardent ! Et quand Tris’ te retrouvera il t’en collera une ! »

- Mais oui mais oui…
- Kalec on est là !

Kalec se retourna dans la bonne direction et dévisagea les deux arrivants.

- Hum… j’ai attrapé une luciole en plein vol… Elle allait dans la mauvaise direction…
Il la souleva et la déposa au sol.

- Ah et occupes toi bien d’elle, je pense qu’elle a vraiment des envies qui ne demandent qu’à être satisfaites…

Tristan n’eut pas le temps de répondre, car Cassidy, en le voyant, se jeta sur lui et sauta à son cou en criant son surnom. Elle ne lui laissa pas le temps de réagir qu’elle déposa sur ses lèvres un baiser vertigineux, d’une soif insatiable, de quoi lui faire perdre l’esprit.

- Bon ben j’y retourne, Anna m’attends. A plus tard Vlad

Et le jeune homme reprit son chemin. Vlad déclara aussi qu’il filait puisque de toute façon, les amoureux rentraient. Mais quand Tristan tenta de ramener Cassidy au chalet, il trouva une énorme force pour éviter de la prendre et de lui faire l’amour à même la neige. Car la démone, tenue dans ses bras, en profitait vraiment… Insistante, impatiente, elle grognait en déposant des baisers dans son cou, légers suçons un peu poignants, passait ses mains dans sa nuque et lui murmurant qu’il devrait la prendre comme ça et lui faire l’amour comme il ne l’avait jamais fait.

Mais il avançait toujours sur son chemin. Enfin… à peine arrivés au chalet, ils se lâchèrent tous les deux. C’était surtout elle qui l’attisait. Malgré ses envies, la bougresse savait s’y prendre et c’était de savantes caresses travaillées, défaisant les boutons de sa chemise alors qu’elle déposait des baisers sur tout son torse. Il l’avait déposé au sol et tout de suite elle avait posé ses mains un peu plus bas, sur sa ceinture et en un temps record, avait enlevé la ceinture et baisser le pantalon. Tant pis si c’était dans le salon, sur la table, n’importe où ! Elle n’en pouvait plus ! Et cet homme lui faisait un effet dingue ! C’était comme si elle avait totalement perdu le contrôle, comme si Tristan avait enlevé ses bracelets et que ses phéromones puissants agitaient la petite femme. Sa lumière brillait de plus en plus intensément, elle insistait dans ses caresses. L’odeur de sa peau légèrement salée, légèrement chaude. Son souffle gémissant et suppliant alors qu’il murmurait qu’elle arrête, ce qui excitait Cassidy encore plus, consciente de son pouvoir sur lui. Elle porta ses mains sous la ceinture et commença à s’amuser un peu. Il réagit à son tour, lui rendant la pareille.

C’était intense et comme si l’air autour d’eux venait de se réchauffer dangereusement. Elle le plaqua contre un mur et chercha à s’agripper à sa nuque alors qu’il la soulevait. Elle poussa un gémissement de plaisir, lui aussi. Mais au moment où ils allaient passer à l’acte, elle s’éteignit et encore une fois tomba dans les pommes. Pauvre Drakkari… tant d’abstinence, tant de frustration…

Voilà comment se termina le Solstice du Printemps pour Cassidy.

Le lendemain matin, elle se réveilla tard, avec un énorme mal de tête. Grimaçant de douleur, elle tatônna le lit à côté d’elle et ne constata pas la présence de Tristan à ses côtés. C’était comme si sa tête avait décidé de jouer du tambour. Plus les nausées et les vertiges… La soirée d’hier, elle n’en avait aucun souvenir… tout était flou dans sa tête.

Elle grogna une nouvelle fois. Travail aujourd’hui ? Elle ne savait plus… Elle aperçut le mot de Tristan qui disait qu’il était parti travaillé comme elle ne se réveillait pas et qu’il était allé voir son patron à elle pour expliquer qu’elle ne se sentait pas bien et qu’elle avait pris une journée de repos. Cassidy soupira de soulagement. Il lui conseillait aussi de rester au lit et qu’il lui avait laissé un remède aux plantes pour aider à faire passer ses douleurs.

Souriant, elle le trouva très attentionné. Se recouchant, la demoiselle en profita pour dormir à nouveau.

Du côté de chez Tristan, ça se charriait avec ses collègues. Chacun racontait sa petite soirée, certains avaient bien profité avec leur femme, d’autres avec un coup d’un soir, d’autres encore avaient fait la fête entre potes en buvant, chantant et dansant… C’était assez animé et tous semblaient contents.
Les damoiselles étaient arrivées et servaient le traditionnel repas du matin. Mais aujourd’hui, la montagne semblait particulièrement agitée. Des bruits bizarres, comme quelque chose qui glissait sur la neige, se rapprochait d’eux. Slalomant à travers les arbres, Vlad et d’autres jeunes hommes surfaient sur d’étranges planches en bois avant de s’arrêter à proximité du camp de bûcherons. Ceux-ci d’ailleurs semblaient râler, même si c’était la pause, ce n’était pas un terrain de jeu. Vlad se retourna, semblant chercher quelqu’un. Puis il se mit à sourire.

- Regardez moi ce ptit morveux qui cherche encore à attirer l’attention…

Un dernier « surfeur » avait gardé de la vitesse. Il fila sur une pente assez haute et lisse avant de s’envoler dans les airs, attrapant la planche de ses mains, dans un parfait saut acrobatique. Les filles semblaient ravies et poussaient des petits gloussements euphoriques. Les bûcherons râlaient et bougonnaient. Dans une parfaite réception, Kalec atterrit sur le sol et fit pencher son corps sur le côté pour freiner. Vlad en profita pour lui donner un coup dans les omoplates.

- T’en fais pas un peu trop ?
- Hum ? Mais non c’est marrant ! Tu dis ça parce que tu n’arrives pas à faire pareil !
-Ptit con !
- Lourdeau !


Ah l’amour…

Ils s’assirent sur un rondin pour enlever les attaches, des lanières en cuir et dans une sorte de métal plutôt mou avant de se diriger vers le chariot où les filles les attendaient en gloussant d’impatience.
Puis ils s’éloignèrent un peu pour manger dans le coin. Du côté des filles, ça papotait sévère. Une en particulier fixait Kalec qui souriait à ses compagnons en mordant dans son sandwich.

- J’ai couché avec lui hier…
- Quoi c’est vrai ?!
- Racontes racontes ! C’était comment


L’heureuse élue regarda dans le vide, se remémorant apparemment une soirée très agréable.

- C’était whaaaaaa…
- Au moins ça a le mérite d’être clair…
- C’est vrai que Kalec on dirait pas comme ça mais il rivalise bien avec les autres…
- Un ange…
- Un peu discret mais…
- On s’en fiche ! Tant qu’il baise bien, ça efface le reste !
- Ah mais vous auriez du voir il était… rrrrrr j’en ai encore des frissons…
- Alors tu penses que vous allez recommencer ce soir ?
- Oh moi j’aimerais bien…
- Tiens à ce propos j’ai réussi hier une jolie couronne de fleurs…


Et elles étaient en train de discuter chiffons et art créatif d’un coup.

Du côté des surfeurs, la discussion était un peu différente.

- C’est pas juste Vlad, pourquoi vous attirez toujours des beautés tous les deux ? Y en a jamais pour nous… On ramasse les miettes…
- Drev c’est bon… La beauté ne fait pas tout hein… Il y a des filles simples très bien…
- Mouais, tant qu’elles sont bonnes au lit…
- Kalec t’abuses ! Une femme c’est pas un jouet quand même…
- Non non j’ai pas dis ça ! Mais faire l’amour c’est comme… enfin tu ne peux pas vivre sans ça ! D’ailleurs je sais pas comment tu fais Vlad pour tenir…
- C’est surtout qu’il attends celle là…
- T’as bien du courage mon vieux…


Aïe Aïe Aïe… Tant de rappels désagréables pour Tristan… qui avait écouté… ou peut être pas…
Retournons du côté de Cassidy. La petite mage passait son temps dans le lit et avait bu la tisane de Tristan, attendant que son mal de tête passe. Elle s’inquiétait pour le louveteau aussi. Elle espérait que Tristan était aller le chercher après son travail. Elle entendit la porte du chalet s’ouvrir et des bruits de pas. La demoiselle, pressée de retrouver son homme, descendit du lit et marcha en zigzagant dans le couloir puis descendit l’escalier… enfin se vautra dans l’escalier et dévala très mollement les marches les unes après les autres, telle une limace en manque de redbull.

Décidément, cette petite mage n’en loupait pas une ! Elle s’assit sur le sol, tentant de démêler ses longs cheveux dorés et fixa Tristan avec un grand sourire sur le visage.

« Coucou Chéri ! Tu as passé une bonne journée ? »
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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: Comment se retrouver pour mieux s'aimer...   Mer 8 Juil - 10:24

Elle parlait avec un mec… Elle parlait avec un MEC ?!!!!!!!
Bon d’accord, il n’était pas tout à fait tranquille quand même mais…mais il se contrôlait vachement bien non ? Ayant l’air juste super cool avec ses sourires calmes et son regard de braise qu’il posait sur elle. Bon… en fait il était encore un peu étourdi par son baiser. Parce que pour l’embrasser elle n’y était pas allé avec le dos de la cuillère là. En pleine rue, juste comme ça. Comme si c’était la chose la plus naturelle, la plus facile au monde. Ah oui… Peut-être parce que c’était la chose la plus naturelle et la plus facile au monde. Pour elle du moins. Parce que lui…Il devait faire son possible pour ne pas perdre la tête. Depuis quand avait-elle autant de pouvoir sur lui ? Il n’était plus très sûr…
Elle en avait toujours beaucoup eu certes mais ces temps-ci c’était devenu plus… difficile de lui résister.
Qu’elle lui parle, lui présente quelqu’un lui permit d’apaiser un peu son coeur qui battait bien trop la chamade à son goût. Depuis quand diable avait-il un coeur de demoiselle effarouchée ? Non ! Lui il était un homme ! Un vrai ! Un dur… et il lui suffisait de voir ce charmant minois pour oublier toute notion d’austérité, de bataille et de violence…

Enfin…
Elle lui présentait son nouvel ami. Un garçon à l’air charmant, un bel homme qui devait faire se retourner un peu trop de demoiselles sur son passage et sacrément faire parler de lui.
Qui avait l’air vraiment adorable en fait. Tout gentil, souriant, poli, bien élevé… Et des yeux à se damner ! Ils avaient tous de sacrés yeux dans le coin… des grands yeux clairs. A force c’était devenu commun dans leur village, si bien que c’étaient lui et sa belle qui devaient attirer l’attention avec leurs regards si différents… Ils discutaient. Cassidy le tapa gentiment, marmonnant mais avec un de ses beaux sourires comme toujours, comme depuis qu’ils étaient ici… Elle avait l’air tellement plus heureuse à présent. Il lui rendit son sourire du sien, en coin, qu’il savait parfaitement qu’elle adorait… probablement autant qu’elle détestait tellement il la faisait facilement céder face à ses bêtises. Un clin d’oeil complice alors qu’il haussait les épaules.

- Non… pas du tout maladroite… Dixit la demoiselle qui vient de se trouver un nouveau prince charmant pour sauver ses jolies fesses…

Ce n’était absolument pas un reproche, très loin de là, totalement au contraire. Elle attirait facilement la sympathie et encore plus avec ses cascades. Et là elle avait attiré un jeune homme, très charmant… Et puis si quelqu’un pouvait lui éviter de se blesser quand il n’était pas dans le coin… Il n’avait absolument pas dit cela dans un but de provocation, encore moins pour se moquer. Bon ok un peu pour se moquer quand même alors qu’elle lui tirait la langue en rougissant légèrement dans une attitude gamine qu’il trouvait beaucoup trop craquante à son goût !

Ils étaient finalement rentrés puis Cassidy avait ENCORE fait des bêtises. D’accord, elle ne faisait pas exprès et ce n’était pas du tout de sa faute mais quand même !!!! Elle faisait des bêtises et le pauvre coeur de son amoureux transi n’aimait vraiment mais alors vraiment pas la voir si souvent perdre connaissance. Il s’était occupé d’elle avec la même inquiétude qui le rongeait et son impuissance constante face à sa magie qui faisait des siennes. Avant au moins il pouvait l’aider un peu sentimentalement à se concentrer, à la canaliser… Mais maintenant, elle ne pouvait même pas se défouler au lit avec lui… C’était frustrant… Comme tout ce qui leur arrivait en fait.
Quand elle se réveilla il l’avait tout de même d’abord embrassée avant de se mettre en colère. C’était plutôt bon signe non ? Au moins, elle comprit son inquiétude et ça en soi, c’était vraiment une très bonne chose parce qu’ils n’avaient vraiment pas besoin d’une dispute, non vraiment pas.
Bon bien sûr elle sous-estimait sa magie, là dessus il savait que quoi qu’il fasse elle ne l’écouterait jamais. D’accord il était très amoureux et avait tendance à la trouver merveilleuse mais il avait quand même sacrément raison et elle sacrément tort et qu’elle se dénigre éternellement ne lui plaisait pas du tout !

Heureusement elle accepta de laisser de côté le cristal pour quelques jours, juste quelques jours et il fut soulagé. Le lendemain tout s’enchaina d’abord de manière très calme pour le jeune homme puis beaucoup beaucoup moins calme. Mais ça évidemment elle ne pouvait pas le savoir. Sur son mot, il avait indiqué qu’il avait beaucoup de choses à faire et que son patron voulait le voir, ce n’était qu’un demi-mensonge puisque effectivement son patron voulait lui parler, mais ce n’était que pour lui donner des instructions sur son travail du lendemain à vrai dire. Il lui souhaitait de passer une bonne soirée en espérant qu’elle passe un bon moment avec son nouvel ami. Elle devait quand même avouer que pour un dragon il faisait quand même de gros efforts. Bon d’accord il n’était pas totalement dragon mais il était très jaloux auparavant, elle avait bien pu le constater, en particulier avec Erwan. Or il faisait des efforts ici, il acceptait qu’elle dine seule avec un autre homme quand même ! Bonjour la concession juste pour lui faire plaisir…

Oui lui faire plaisir… Fabriquer la serre. Bon bien sûr ce ne serait que la structure et encore il n’était pas certain de la terminer, mais c’était un début, c’était lui montrer qu’il portait de l’intérêt à ses idées et ses envies de réaliser ce petit travail qui était probablement l’un des moins urgents du chalet… Lui faire plaisir… C’était bien la seule chose qu’il souhaitait à vrai dire. Mais finalement il avait travaillé vite et bien. Son corps de guerrier était vraiment efficace pour les travaux manuels. Il avait la force et l’endurance de beaucoup de professionnels et une motivation à toute épreuve.
Honnêtement il était un peu triste quand même de la laisser toute seule. Et puis une petite pointe de jalousie quand même qu’elle dine avec un autre mais ça c’était juste parce qu’il ne pouvait pas contempler son adorable minois… Sauf qu’à s’écouter il ne ferait rien d’autre de la journée… Oui bon… C’était bien aussi de bricoler et de se rendre utile hein !
Et puis il y avait eu la chasse… Et tout le reste…

Il ignorait que de son côté Cassidy passait tout de même un excellent moment avec un ami tout à fait charmant. Décidément Vlad était adorable et savait cuisiner. Il était gentil, bavard, bien qu’un peu moins qu’elle, passionné. Elle avait bien mérité de se vider un peu la tête et mine de rien passer une soirée sans son compagnon ne pouvait pas lui faire de mal. Car à force de ne penser qu’à lui, de ne voir que lui et leurs insistants petits problèmes, il savait qu’elle souffrait et se torturait sacrément l’esprit, comme lui d’ailleurs mais après tout c’était normal… Ils voulaient progresser, avancer… Non ?

Elle finit par rentrer alors que Tristan était en tailleur par terre, berçant doucement le bébé loup qu’il avait ramené avec lui. Elle ne savait pas ce qu’il avait fait. Il faisait nuit noire quand elle était rentrée et elle n’avait pas vu le travail sur lequel il s’était acharné une bonne partie de la journée. Elle ne savait rien et pourtant… Elle fut rapidement auprès de lui, le questionnant rapidement, sa voix montant légèrement dans les aigus comme à chaque fois qu’elle était inquiète.
Le grand jeune homme releva la tête vers elle, ses mèches rouges et noires retombaient sur ses sourcils mais elle pouvait sans mal voir à ses yeux inquiets qui se haussaient alors qu’il ne savait que dire. Entre ses bras, ou plutôt au creux de l’un d’eux, il y avait le bébé loup, cette toute petite chose endormie mais qui respirait mal. Les instincts du jeune homme lui disaient que ça n’allait pas bien, mais il ne savait pas à quel point. Elle si… Elle, elle savait et elle agit. Il obéit, muet quand elle lui demanda de déposer le petit animal sur la table et il la regarda sans parvenir à prononcer un mot mais lui demandant clairement, par son regard perçant si elle pouvait faire quelque chose, si elle savait quelque chose, si… En fait il ne savait pas trop quoi, il avait juste la trouille. Il ne savait même pas pourquoi il avait pris le petit animal. Il savait très bien que sans sa mère, ses chances de survie étaient infimes et c’était l’avorton de la portée en plus… Il n’avait pas réfléchi. Il devait juste le sauver. Peut-être parce que l’echo de ce qu’il avait été était flagrant… Peut-être parce qu’il savait qu’elle, elle pourrait faire quelque chose.

Tristan se tenait un peu à l’écart et malgré son imposante stature il semblait presque absent tant il avait l’air inquiet et tant il essayait de se faire discret pour ne pas déranger la demoiselle. Son regard passait du pauvre petit animal à celle qu’il aimait alors que tout son corps restait parfaitement immobile. Oui, seuls ses yeux bougeaient à cet instant. Alors qu’elle l’examinait il sentit leur lien se tendre doucement. Cette légère tension qui précédait toujours ou presque une image, une pensée. Il ne sentit que l’inquiétude, le danger et son coeur se serra alors qu’il s’approchait doucement… Le danger… n’était pas que pour le bébé loup. Elle s’expliqua et il sembla inquiet, réticent, partagé même. Quand elle s’expliqua… il ne sut que dire, l’observant de ses yeux d’ambre, lui faisant parfaitement confiance après tout, demandant juste…

- Tu es sûre ?

Apparemment elle l’était et le rassura. Sa main douce dans la sienne puis sur son bras apaisa la tension qui l’agitait. Oui, il lui faisait confiance. Il lui aurait bien donné de son énergie mais sans l’arbre… il ne savait pas s’il pouvait y parvenir et puis à tous les coups ça ne marcherait pas. Après tout, la fois où il avait voulu la secourir, son écaille avait brûlé la jeune femme au lieu de l’aider. Il valait mieux ne pas intervenir… de près ou de loin cette fois.
Mais ne rien pouvoir faire… Il détestait vraiment ça.

Il la laissa faire et très rapidement ce fut fini. Elle avait réussi évidemment, il le sentit tout de suite et se sentit soulagé. Mais à son regard il comprit qu’il lui devait des explications. Alors il s’expliqua oui, brièvement… Il ne parla pas de la serre, arguant juste qu’il avait travaillé sur quelques travaux avant d’aller se promener. Ce n’était pas totalement un mensonge. S’il lui disait qu’il était parti chasser elle lui demanderait ce qu’il avait ramené comme prise. S’il lui disait rien puisque le cerf géant était chez le boucher elle se douterait de quelque chose, après tout, il ne rentrait jamais bredouille et ça c’était avant que ses sens deviennent incroyablement plus affûtés ! Donc il lui expliqua, vaguement, oubliant beaucoup de choses… Peut-être parce qu’il n’était pas prêt à tout dire… sur son besoin de chasser, il savait qu’elle risquait bêtement de s’en sentir coupable. Sur son envie de tuer… Ce serait pire encore.
Mais il avoua à mi-voix tout de même que ce bébé lui avait évoqué son propre souvenir… parce que sa mère avait cherché à le protéger. Il sentit immédiatement la demoiselle changer en face de lui. Elle n’était pas méfiante, ni soupçonneuse, un peu fatiguée ça oui mais il ressentit brusquement sa tristesse et une vague d’amour avant même qu’elle ne vienne justement passer doucement ses bras fins autour de sa taille, enfouissant son visage contre son torse brûlant.

C’était quand même sacrément injuste… Quand elle l’étreignait comme ça, tellement plus petite que lui il devrait se sentir tellement fort, tellement rassurant. Pourtant il se sentait surtout rassuré. Quand il l’avait ainsi contre lui, il allait bien tout simplement. Il ne dit rien, l’enlaça doucement en refoulant les souvenirs et les émotions, reconnaissant envers la tendre demoiselle qui avait un peu trop grand coeur…
Elle lui parla un peu, le rassura. Il ouvrit la bouche, se rendant compte qu’il ne l’avait même pas questionnée sur sa soirée et voulant lui montrer l’intérêt qu’il y portait tout de même mais déjà elle l’avait coupé et souhaitait aller dormir. Néanmoins, elle n’avait pas l’air mécontente, il l’avait sentie, de loin, plutôt bien quand elle était rentrée ça avait dû bien se passer…

Il installa le petit loup près de la cheminée dans une montagne de couvertures même si elle lui avait assuré qu’il y avait peu de chance pour qu’il se réveille avant le lendemain puis monta la rejoindre. Il n’avait rien avalé et n’avait pas faim de toute manière, l’appétit complètement coupé par ce qu’il avait vécu. Il alla prendre une douche rapide pour se débarrasser des dernières traces de sang animal qu’il portait et la rejoignit en tout et pour tout vécu d’un boxer. Surpris, il sourit, attendri en la voyant déjà endormie. Elle avait dû sacrément forcer pour ne pas utiliser trop de magie et l’inquiéter ou pire, blesser le petit animal, il l’avait bien sentie un peu tendue tout de même… Elle dormait déjà… Elle s’était blottie dans les couvertures. Il se glissa à ses côtés, et elle bougea aussitôt dans son semi-sommeil pour se blottir étroitement contre lui. Il embrassa son front, câlina son dos et ses bras doucement puis la rejoignit… C’est vrai que cette absence de tentation ne pouvait pas leur faire de mal après tous les récents échecs. Ils se tentaient dès qu’ils se voyaient et les résultats étaient infructueux au possible… il était plutôt pas mal de juste;.. dormir pour l’instant…

Le lendemain matin, il s’éveilla bien avant elle une fois encore. Il n’avait pas très bien dormi à vrai dire… Pas bien du tout en fait. Parce qu’il était resté aux aguets pour le bébé et aux aguets pour elle, inquiet, quoi qu’elle dise qu’elle utilise la magie alors qu’ils ne savaient pas encore comment celle-ci se développait. Bon pour ce deuxième point c’était clairement idiot parce qu’elle était une mage et une mage sacrément douée qui plus est même si elle refusait de le voir et encore plus de l’admettre. La magie faisait partie à part entière d’elle, bien plus qu’elle n’en avait conscience elle-même… Mais bon… têtue jeune femme… Il s’inquiétait quand même, parce qu’il s’inquiéterait toujours pour ce petit ange.
Il s’était levé et lui avait préparé des tartines et un chocolat qu’il couvrit pour qu’il reste chaud le temps qu’elle s’éveille, histoire de s’assurer qu’elle mange bien avant d’aller travailler. Il prit son temps pour lui écrire un mot également, lui demandant gentiment pardon pour la veille et son manque cruel de bonnes manières qui lui avait fait omettre de discuter de sa soirée. Il s’excusait platement mais avec beaucoup d’humour, promettant de se faire pardonner et de l’écouter parler… lui raconter longuement cette soirée, pendant qu’il la couvrirait de baisers en portant évidemment la tenue qu’elle voudrait ou l’absence de tenue, ou… Là il était presque sûr qu’elle lui en voudrait un peu et penserait beaucoup à lui en se préparant, mais qui aime bien châtie bien… Il lui disait aussi évidemment, plus sérieusement, qu’il amenait le bébé loup chez un soigneur… ajoutait bien sûr qu’il penserait à elle et qu’il avait hâte de la voir, ce soir, qu’elle lui manquait déjà… et qu’elle était vraiment, vraiment belle alors qu’il la regardait dormir en écrivant ces mots.

Il s’était rapidement préparé, donnant encore un peu de lait au bébé loup qui se réveillait affamé quoique pas bien réveillé justement. Il était vite sorti, de peur que les légers glapissements ne réveillent sa belle.
Arrivé bien tôt au village il avait pu demander des renseignements à la boulangerie puis avait abordé, au saut du lit le pauvre, un vieux guérisseur qui semblait absolument fasciné bien que fort surpris par le bébé loup qu’il ramenait. Il affirma avoir déjà eu des loups à soigner mais jamais de cet âge, bien que des très jeunes chiots oui, il y avait pas mal de robustes chiens dans les environs, c’était presque une coutume. Il récupéra très vite le petit animal que le grand jeune homme avait pris soin d’envelopper dans une couverture et lui proposa de le garder la journée et la nuit pour être sûr mais lui promit que tout irait bien et qu’il pouvait partir tranquille. En fait il lui demanda aussi beaucoup d’informations et le pauvre jeune homme se fit tenir la jambe ainsi un moment puis finalement put partir travailler.

Avec la fête pour le printemps il était de nouveau affecté à la forêt car il faudrait énormément de bois pour alimenter le feu qui brûlerait toute la nuit. Il fallait le débiter en bûches, tout transporter, préparer le foyer etc. Le travail physique, épuisant, répétitif lui fit le plus grand bien alors qu’il se sentait déjà fatigué et n’avait guère envie de réfléchir.
Au moins il pouvait penser à une certaine demoiselle et son sourire témoignait de ses égarements. Elle ne devrait pas tarder à se réveiller et à voir son mot à présent. Il avait l’impression de la voir sourire à certaines lignes, froncer les sourcils à d’autres. Il n’avait pas parlé de la serre dans son mot. Il se doutait qu’elle n’aurait pas le temps de la voir et se voyait bien lui faire la surprise le soir, après la fête, en l’amenant boire peut-être un verre de vin sur l’arrière de leur petit chalet… S’il calculait bien, avec les rayons de lune, le spectacle serait… magnifique. Elle serait probablement très surprise d’ailleurs, mettrait une seconde à réaliser que ce ne seraient pas les reflets de la lune sur la neige mais bien la serre dont elle lui avait timidement proposé l’idée avant de s’emballer un peu et de se lancer dans de grandes descriptions. Elle resterait probablement immobile une seconde pour réaliser, il commenterait peut-être avec douceur en lui disant que c’était la raison pour laquelle il ne l’avait pas accompagnée au diner, car rien d’autre que son sourire et son bonheur ne pouvait l’empêcher de diner avec elle… Follement romantique tout ça. Décidément, il était bien inspiré quand il s’agissait d’elle. A tous les coups elle lui sauterait aussitôt au cou pour l’embrasser et il la presserait tendrement contre lui, la soulevant probablement du sol puisque leur différence de taille était si importante. Elle le traiterait peut-être d’idiot, de sa petite voix qui disait tout le contraire. Il sourirait et lui murmurait un simple « je t’aime » en réponse et…

Et rien du tout…
Parce qu’à force d’être totalement étourdi, un léger sourire flottant sur ses lèvres et son regard flou perdu dans ses pensées malgré une efficacité toujours constante au travail, il n’avait pas entendu les avertissements, ni les cris. Celui qui signalait qu’un arbre tombait, et le côté sur lequel il tombait, en fait quasiment sur lui. Ce fut Raph, jamais bien loin de son nouveau camarade qui lui passa un bras autour du torse et avec une force impressionnante le tira en arrière dans la neige. Ce réveil brutal rendit ses extraordinaires réflexes au Drakkari qui se redressa aussitôt et repoussa également son camarade resté en partie dangereusement en arrière, même s’ils furent recouverts de neige suite à la chute d’un tronc immense à quelques pas d’eux. Tristan remercia, un peu penaud, son camarade, vexé en son for de ne pas avoir été plus prudent et se disant que décidément c’était bien dangereux la fatigue et les égarements de pensées… Il remercia son ami qui se relevait en s’ébrouant pour se débarrasser de la neige et le fixait d’une étrange manière, entre la colère et la compréhension… sauf qu’imaginer Raph en colère c’était comme imaginer Cassidy cesser d’être têtue, de l’ordre du mythe. Ils parlèrent un moment et il remarqua que son ami le fixait d’une étrange façon toujours avant de finir par dire dans un soupir.

- Ecoute, je sais pas quel est le problème avec ta fiancée mais tu ferais mieux de le régler vite, t’es distrait et c’est dangereux ici…

Rien de plus. Tristan ouvrit la bouche sans savoir quoi répondre. Non mais ce n’était quand même pas si transparent si ? Enfin lui il était quand même super doué pour cacher ce qu’il ressentait et vivait… Peut-être que Raph avait remarqué des signes chez Cassidy puis les continuelles crispations de Tristan et avait fait le lien mais il ne s’attendait pas à ce qu’il lui sorte ça et s’éloigne aussi rapidement, sans le taquiner qui plus est. Après tout son camarade passait son temps à le chipoter d’ordinaire…

La journée passa bien lentement finalement, beaucoup plus lentement qu’il l’aurait souhaité. Tristan faisait beaucoup plus attention et ne laissait que peu ses idées s’égarer, préférant penser au chalet et aux rénovations, là au moins il restait alerte et le bras sûr dans son travail. Il valait mieux s’il ne voulait pas se couper quelques doigts ce qui déplairait plus que certainement à Cassidy… Du côté de la jeune femme elle aidait aussi énormément et était franchement appréciée, en particulier grâce à sa magie qui arrangeait quand même pas mal de situations. Et puis ça devait la démanger de s’en servir un peu, elle ne s’entrainait plus vraiment ces derniers temps d’ailleurs et ne méditait plus du tout ou presque donc elle avait probablement bien besoin de la laisser sortir un peu. En tous les cas elle était appréciée et chacun y mettait grandement du sien pour préparer la fête.

Si Tristan aida également à la préparation, en particulier du feu, installation de tables, bancs etc. il ne croisa pas sa compagne. Il alla la retrouver à la taverne qui était quasiment déserte et fronça les sourcils, inquiet lorsqu’il ne l’aperçut pas. Ce fut le patron de la jeune femme qui vint prévenir son compagnon que celle-ci donnait justement un coup de main aux autres.
Un peu déçu, Tristan acquiesça, comprenant et repartit aussitôt. Si l’envie de la trouver était grande il préféra ne pas l’embêter. Elle avait probablement beaucoup à faire…Et puis s’il allait la voir et qu’elle se mettait à briller ce ne serait vraiment pas agréable pour elle. Lassé de leur jeu du chat et de la souris qui décidément les frustrait autant l’un que l’autre il alla voir son petit protégé qui se portait à merveille et était soigneusement ausculté par le soigneur qui confirmait vouloir le garder pour la nuit. Mais à voir son regard brillant d’intérêt, le vieil homme avait plus d’intérêt pour le petit animal que d’inquiétude à vrai dire. Il faisait un peu de magie mais utilisait surtout des plantes et savait quoi faire, préparant des listes et des listes de recommandations pour le nouveau maitre du petit animal…

Mangeant sur le pouce, le jeune homme retourna travailler, rassuré.
Son patron l’appela pour qu’il travaille à l’atelier et le jeune homme ne se ménagea pas, une fois de plus, voulant chasser toutes les pensées qui menaçaient de lui envahir l’esprit. Certaines agréables, d’autres… beaucoup trop sombres pour le moment qui se voulait joyeux. Quand il rentra finalement au chalet il esquissa une grimace. Il avait mal partout… décidément… Il devait se rendre à l’évidence. Il en faisait trop ces derniers jours et même si son corps était sacrément fort et endurant il n’était pas vraiment habitué à ce type de travaux. Et il avait besoin de repos… et d’arrêter de se faire du souci… Ah et accessoirement faire l’amour à sa fiancée… Ca… ca l’aiderait énormément c’était une certitude… Il se sentit un brin égoïste d’avoir ces pensées, un brin machiste puis haussa les épaules. C’était la vérité après tout, et elle était dans le même état que lui et… et c’était chiant toute cette attente, tous ces désirs tiraillés… Vraiment chiant…

Ses bottes faisaient doucement craquer la neige sous lui. Quand il arriva au chalet, avant même d’entrer il sut qu’elle était là, à cause de son odeur et de celle de propre, moins renfermé de leur habitat. Malgré lui, malgré toutes ses pensées, un sourire tendre illumina aussitôt son visage et il rentra, toutes ses pensées, son coeur, s’apaisant dès que l’adorable demoiselle l’accueillit. Enfin l’accueillit… C’était un accueil assez royal… Elle se pendait déjà à son cou et s’emparait de ses lèvres, n’y laissant que l’amer goût du « quoi déjà fini ???? ». Il caressa une de ses joues, se penchant doucement sur elle pour lui rendre son baiser. Elle souriait, elle avait l’air heureuse…

- Coucou princesse… Ca va, mais moins que toi je dirais, tu as l’air aux anges… C’est moi qui te fais cet effet ?

Ca c’était purement de la provocation alors que ne tentant aucun vol de baiser, il s’écartait légèrement au contraire, s’étirant en faisant jouer ses muscles évidemment… Bah oui bien sûr, il ne pouvait pas décemment juste arriver et l’embrasser, il devait aussi l’embêter… en lui rappelant entre autre qu’il était monstrueusement bien fichu… et pour cause, le galopin ôtait sa tunique, comme ça, sans gêne, à peine entré ! Ce n’était pas la salle de bains là quand même ! Prétextant à mi-voix avec un sourire beaucoup trop mutin pour être innocent qu’il faisait sacrément chaud ici. Cruel jeune homme… Mais elle résistait vraiment bien même si un regard vers elle lui assura qu’elle jouait à la tomate. Elle détourna aussitôt ses pensées en parlant du louveteau et il salua son calme et sa maitrise d’un léger haussement de sourcil impressionné. Douée demoiselle…
Il sourit, se contentant de répondre, évitant de trop l’approcher, de trop la toucher… parce que ce ne serait plus seulement de la provocation, ça deviendrait cet autre chose qu’il y avait toujours entre eux, cette ardente tension qui ne demandait qu’à être assouvie et qui enflait tant et si bien entre eux ces derniers temps que ça finirait par leur exploser à la face un de ces jours !!!!!

- Il va bien… Le soigneur a identifié tout de suite ce que tu as fait, même si je n’ai pas tout compris, ce qui m’a rassuré sur ses capacités. C’est un vieux monsieur qui a l’air vraiment gentil et complètement toqué par les animaux si tu veux mon avis… Il a dit que tu lui avais sauvé la vie… Il l’a examiné, pesé, ausculté longtemps. Apparemment il va bien… Il le garde en observation cette nuit mais je pense que c’est davantage parce qu’il l’intrigue que par mesure de sécurité. Il m’a dit qu’il m’expliquerait comment en prendre soin et que je pouvais lui confier quand je voulais, qu’il serait ravi de le garder un peu… Qu’il fallait lui trouver un nom aussi…

Il sourit, rassurant et reconnaissant alors qu’elle changeait de nouveau de sujet ayant eu le malheur de le fixer et de lui sourire avant de baisser inévitablement les yeux sur son torse. Pas bonne cette idée là non… Surtout qu’elle savait parfaitement qu’après le travail, les muscles saillants il était encore plus à croquer. En tous les cas elle arrivait diablement bien à détourner ses pensées, enchainant avec un autre sujet alors qu’il la détaillait du regard sans la moindre gêne. Elle était habillée elle… mais ça ne gâchait rien au spectacle… enfin un peu, disons que ça le rendait juste un peu moins dangereux…
Elle parlait de la fête. Il lui sourit de nouveau. Prêt, non il ne l’était pas…Elle n’avait pas les pensées si claires, ça l’amusa beaucoup et lui donna follement envie de l’embrasser… mais s’ils s’emballaient et qu’elle retombait dans les vapes il ne savait pas quand elle se réveillerait et elle avait l’air d’avoir sacrément envie d’y aller, à cette fête… Il lui promit juste de se préparer rapidement après une bonne douche mais l’avertit qu’elle avait intérêt à lui raconter sa journée quand ils iraient au village.

Il fila rapidement se doucher pour lui laisser la salle de bains juste après pour se préparer consciencieusement. Pour sa part, ayant bien moins de travail qu’elle il enfila, comme par hasard, un pantalon noir et une chemise bleu marine beaucoup trop ajustée, non mais sincèrement, une chemise ne devrait pas permettre de compter les abdominaux, jamais !!!!, ajustant une autre paire de botte plus cintrée plus élégantes et pratiques pour la danse mais qui lui donnait toujours l’impression de sortir d’un de ces bals royaux… C’était étroit ces machins quoi !
Il peinait un peu à coiffer ses cheveux… Enfin une fois de plus, de manière très injuste, il n’avait jamais de noeuds bien qu’ils demeurent tout de mêmes suffisamment longs pour qu’il en ait, surtout vu comme il les ébouriffait quand il se passait la main dedans. Il essaya tout de même d’y mettre un peu d’ordre et de dégager son front et ses yeux, pari réussi, en partie du moins même si ils semblaient s’ébouriffer encore plus à l’arrière de sa nuque comme une saine vengeance… Bon… Pourquoi pas. Il alla la rejoindre pour lui demander si ça allait. Apparemment oui, elle le trouvait mignon comme ça. Sauf qu’il ne l’avait pas vraiment… entendue.

Elle était superbe… juste superbe… Bien sûr elle était belle, merveilleusement belle bien qu’elle s’évertuait à ne pas le reconnaitre et encore moins à le concevoir… Mais il la trouvait… juste époustouflante ce soir. Peut-être était-ce à cause de l’envie, qui ne cessait de croître… ce douloureux regret de ne pouvoir la faire sienne, de ne pouvoir se délecter de ses doux gémissements qui ancraient le paradis à son coeur, le bonheur à ses pensées et un indicible plaisir à chaque fibre de son être. Il souffrait bien sûr de ces attentes, de ces désirs attisés qui ne trouvaient aucune libération. Il souffrait de la voir souffrir, de la voir s’inquiéter… Elle était belle et désirable… Oh tellement désirable. Petite princesse des neiges qui avait des airs de reine… Même s’il n’aimait pas sa cicatrice à l’oeil, il s’y habituait, elle persistait celle-ci, heurtant sa fierté et sa sensibilité plus qu’il ne voulait l’admettre, non… il n’aimait pas que sa petite princesse soit blessée… Elle était si belle oui… Son odeur était légèrement différente bien qu’il l’aurait reconnue sous des litres de parfums. Une odeur légèrement vanillée flottait sur sa peau, enflammant les sens du jeune homme qui ne s’y attendait pas. Ah… un faible pour la vanille apparemment… Elle lui faisait découvrir des parties de lui-même qu’il ignorait, intéressant. Maquillage léger mais qui la rendait si belle… si belle… si… Il ne s’était même pas rendu compte qu’il s’était approché, le souffle court et brûlant et qu’il avait posé ses mains sur les épaules menues, les pressant doucement. Les pupilles du jeune homme étaient devenues énormes et il n’y avait pas que les bottes à donner ce sentiment d’étroitesse alors que son regard coulait du visage adorable au corps magnifique… de nouveau ce visage qui s’illuminait de plaisir…

Ohhh la vilaine ! Elle aimait bien avoir autant de pouvoir sur lui… Il le savait pourtant. Et elle adorait voir à quel point elle lui plaisait et pouvait le surprendre. Pourtant, dans son regard sage, une petite étincelle s’était allumée, la tentation. Il n’était pas mal non plus et malgré son envie d’aller à la fête, d’un seul baiser il était bien capable d’abattre toutes ses barrières.
Pourtant, faisant montre d’une maitrise de lui-même une fois de plus impressionnante, fixant la demoiselle dans les yeux, le jeune homme se calma, se redressant lentement, ses pupilles retrouvant une taille ordinaire alors qu’il lui faisait un beau sourire…
Beau prince charmant qui savait faire passer les désirs de sa douce avant les siens, véritable gentleman de tendresse et de douceur capable de freiner l’appel du corps que provoquait la demoiselle chez lui. Oui, bon plus sincèrement il s’était carrément broyé les orteils du pied gauche de son talon droit, d’un léger mouvement sec et précis pour reprendre pieds dans la réalité. Mais ça elle ne l’avait pas vu et il préférait évidemment conserver le côté classe et sage… plutôt que celui monstrueusement douloureux qui lui élançait le pied !!!!!

En la voyant en galère avec ses cheveux il était heureusement intervenu, y trouvant aussi une échappatoire au désir de caresses qui animait ses mains. Il coiffa doucement ses cheveux, les démêlant avec soins puis lui confectionna de longues tresses qu’il joignit à l’arrière de son crâne et qui cascadaient ensemble avec le reste de ses cheveux laissés libres dans son dos. Les deux tresses suffisamment épaisses, mêlant différentes nuances d’or couvraient la moitié de ses oreilles et étaient suffisamment attachées pour ne pas qu’elle se défassent quand elle danserait.. En fait elle aurait probablement besoin d’aide pour les défaire…

Galamment il couvrit les épaules de la demoiselle d’un manteau après avoir commenté sa beauté un instant et avoir avoué la trouver absolument délicieuse, un brin jaloux de toutes les paires d’yeux qui risquaient de se focaliser sur elle. Elle rougit de plaisir comme toujours et il sourit, ravi à son tour. Sur le chemin, elle lui raconta sa journée et il s’excusa gentiment de ne pas lui avoir demandé comment s’était passé sa soirée de la veille qu’elle lui raconta également. Elle avait l’air de bien s’entendre avec Vlad, et d’apprécier le jeune homme. Il sourit. Bien que la présence d'un autre mâle aux côtés de sa belle attise le côté possessif du dragon en lui il ne voulait pas être un de ces macho aveugle et égoïste. Il voulait vraiment qu’elle se fasse des amis, des connaissances, peu importe leur sexe, tant qu’elle s’entendait bien avec eux. Et puis la demoiselle avait plus de facilité dans les premiers temps avec les hommes… il ne savait pas pourquoi. Il ne voulait rien gâcher… bien au contraire. Après tout ce qu’elle avait vécu il voulait qu’elle soit bien, heureuse et qu’elle ne se mette aucune barrière dans sa vie. Déjà qu’une entre eux semblait une forteresse impénétrable, sans mauvais jeu de mots d’ailleurs…

Il était surtout conscient de son année de solitude… Elle avait eu Alanir bien sûr, l’étrange fillette et son encore plus étrange mentor mais elle avait été seule… horriblement seule pendant un an. S’il n’y avait pas eu Alanir, elle serait probablement devenue folle et il n’était pas tout à fait sûr que sa santé mentale soit indemne… Parce que parfois elle s’agitait encore dans son sommeil, des larmes accrochaient ses longs cils qui lui faisaient beaucoup trop des yeux de biche !!! Il l’enlaçait, la caressait, lui parlait et elle se calmait instantanément ou alors elle se calmait toute seule en se blottissant contre lui… Mais elle avait besoin de lui, il le savait, au moins autant qu’il avait besoin d’elle. Elle avait besoin de voir du monde, de ne plus être seule, jamais… Et il se disait que si elle avait des amis, il n’hésiterait jamais à aller chasser, à s’absenter pour lui faire des surprises… Parce que jusque là, la laisser seule était un déchirement. Il avait vraiment peur qu’elle souffre. Il s’inquiétait tant pour elle. Peut-être trop… Mais oui, elle était son trésor. Il l’aimait profondément et voulait soigner les blessures trop nombreuses qu’elle avait connues… Celles sur son corps n’étaient rien comparées au reste… Et puis il voulait qu’elle ait quelqu’un aussi… A qui parler quand ça n’irait pas avec lui. Parce qu’il savait qu’il n’était pas facile non plus et qu’il faisait des bourdes… Et elle était loin de Maud… Enfin bref, il faisait des efforts, d’énormes efforts… Et le tout avec une maitrise de lui-même et un air parfaitement calme, parfaitement serein… lui qui avait été si jaloux avec Erwan, quasi violent… voire violent tout court en fait…


Finalement ils arrivèrent… Attirant tous les deux beaucoup l’attention comme toujours mais ils allaient si bien ensemble, lui assortissant légèrement sa chemise alors qu’il ne savait pas encore ce qu’elle porterait… C’était quand même sacrément mignon… Après tout, il aurait pu mettre du vert, du rouge, du noir, du blanc… n’importe quoi mais du bleu… ça restait juste adorable. De loin il vit ses camarades de travail déjà fort affairés devant un stand d’alcool, une chope à la main. Un brin provocant il glissa tout bas à sa belle à cause de tous les regards qu’on leur portait.

- Tu vois, je t’avais dit que tout le monde allait encore n’avoir d’yeux que pour toi ma princesse.

Bon c’est vrai qu’il lui faisait très souvent des compliments depuis qu’ils s’étaient retrouvés après l’histoire Ikael… mais après tout il essayait aussi de lui rendre confiance en elle, ce que leurs derniers aléas avec sa magie n’arrangeaient pas !
Le chef vint alors les aborder avec un très beau couple également, Vlad et une très jolie demoiselle, vraiment… très jolie… Tiens, il ne savait pas qu’il avait une compagne, Cassidy ne le lui avait pas dit. Sauf qu’elle n’avait pas l’air de le savoir non plus même si elle ne paraissait pas surprise. C’est sûr que le beau jeune homme avait peu de chance d’être célibataire.
Perdu dans ses réflexions le Drakkari fut pris au dépourvu par la proposition du chef. Euh… Quoi ? C’était quoi cette histoire ? Déjà qu’ils passaient leurs journées l’un sans l’autre et ils ne devaient pas être ensemble le soir où il y avait une fête ???!!!! C’était quoi cette idée tordue? Brusquement il apprécia beaucoup moins le dénommé Vlad même s’il avait l’air absolument adorable, vraiment gentil et innocent. Bon c’était une idée plutôt bonne, bon d’accord, excellente ! Mais il n’avait pas envie de passer la soirée loin de sa compagne, bien au contraire. Un peu triste… bon d’accord franchement déçu, le jeune homme le camoufla pourtant derrière un sourire, acceptant. Pour s’intégrer… pour s’intégrer… Après tout, c’était bien ce qu’elle voulait non ? Qu’ils s’intègrent.. Lui il s’en fichait bien de s’intégrer tant qu’il était auprès d’elle mais elle avait raison, s’ils voulaient être pleinement acceptés ils devaient s’intégrer. Mais l’idée, franchement, il ne l’aimait pas tant que ça… Mais évidemment il se disait que c’était parce qu’il avait envie de passer du temps avec elle et qu’il était trop déçu par rapport à tout ce qu’il s’était mis en tête pour leur soirée, tout au long de la journée.

Prenant grandement sur lui, inconscient que l’idée ne plaisait pas vraiment à la demoiselle qui souriait poliment, Tristan avait accepté. Pourtant ses mâchoires s’étaient un peu crispées quand elle avait pris le bras de Vlad… Mais c’est juste parce qu’il la voulait près de lui… évidemment…
Rapidement, les deux « couples » se séparèrent.
Freya était une jeune femme de leur âge absolument adorable. Malgré sa haute taille et ses poumons… imposants, vraiment imposants, elle n’était absolument pas séductrice, juste gentille, lui présentant les stands, lui parlant de leurs traditions avec un franc enthousiasme qui changea rapidement, plus fort encore alors qu’elle lui demandait de lui raconter leurs voyages, leurs aventures etc. Bien sûr il ne disait que peu mais elle semblait émerveillée de tout ce qu’elle entendait. Eux aussi passèrent au stand de combat justement et il se fit alpaguer par Raph qui parlaient avec un groupe de demoiselles pendues à ses lèvres. Apparemment le jeune homme voulait lui demander une petite comparaison de force. Il avait déjà bu un peu et se faisait encore plus sans gêne que d’ordinaire, ne donnant absolument pas matière au jeune homme de refuser et venant même très près de lui, bien décidé à mettre dans tous ses états le petit groupe de demoiselles en montrant les abdominaux du Drakkari, qui écarquilla les yeux en se rendant compte que son camarade essayait de lui enlever sa chemise et y arrivait plutôt bien d’ailleurs. Décidément ce gars était vraiment… sans gêne. Tristan le repoussa en grognant, finissant tout seul alors qu’il faisait de même et ils se rendirent torse nu dans l’arène ce qui en soi était déjà beaucoup trop pour certaines âmes sensibles. Rapidement, le goût du combat enleva toute gêne et considération au Drakkari qui se mit à batailler à mains nues avec son camarades. Ils avaient décidé que ce serait au premier qui maintiendrait l’autre au sol dix secondes, dans la neige, pas de coups de poings parce que ce serait « dommage d’abimer nos belles gueules quand même » selon les termes de Raph, hilare.

Les règles établies entre eux, ils luttèrent un bon moment, muscles puissants tendus pour guerroyer mais c’est sans surprise que Tristan finit par maintenir son adversaire au sol. Il était un guerrier après tout et avait été formé à tuer peu importe l’arme sous sa main, y compris ses mains… ou ses dents d’ailleurs. Le jeune homme en face de lui, bien qu’extrêmement robuste, l’un des plus costauds du village sans doute, n’était pas un guerrier… il bataillait avec ses amis depuis qu’il était enfant, il était né dans un monde de froid qui poussait à être résistant, il avait un travail rude et éreintant qui forgeait un corps bien vite… mais il n’était pas entrainé à tuer un autre être humain… pas avec hargne, pas avec… plaisir.

A bout de souffle, le grand blond se releva, assenant une tape sur le dos de son camarade dont la respiration demeurait calme… Ils se félicitèrent puis allèrent boire un verre, accompagnés des demoiselles, parlant, continuant de faire le tour des stands etc.
Pendant ce temps il se passait bien des choses pour Cassidy et Tristan aurait été scandalisé, malgré son penchant pour le risque et les bêtises, qu’on la fasse boire et qu’elle accepte aussi facilement. Dieux qu’elle était influençable !
Elle but d’abord à cause de la provocation, peut-être pour le goût du risque aussi… Puis à cause de paroles le concernant puis… parce que c’était bon et un peu trop addictif.

Elle était triste tout simplement, d’être loin de lui et pendant une seconde, elle avait trouvé le moyen d’oublier cela. Car malgré tous les efforts de son charmant cavalier pas si doué en danse d’ailleurs, ses pensées s’orientaient essentiellement vers son Drakkari. Et si celui-ci ne la traquait pas du regard c’est bien parce qu’il songeait à elle et faisait de son mieux pour être joyeux malgré son désir d’aller la retrouver et de décréter que c’était avec lui qu’elle devait passer la soirée et seulement avec lui, na !
Mine de rien, l’alcool était fort… et il y avait une sacrée quantité dans la chope. Tristan tenait bien l’alcool, c’était un fait, depuis qu’il était dragon c’était pire encore, son corps semblant le métaboliser à une vitesse telle qu’il semblait impossible pour lui d’être saoul. Mais malheureusement pour elle Cassidy n’était absolument pas dans son cas. Déjà qu’elle y était sensible en temps normal, la quantité bue ne tarda guère à se faire entendre… de la plus curieuse des manières…

Parce qu’elle draguait un peu et disait surtout un monceau de bêtises… Enormément de choses, énormément de choses à propos de Tristan qui auraient fait extrêmement plaisir au jeune homme évidemment mais qu’on ne disait pas ainsi à un inconnu et quand Kalec voulut aider et fut pris à partie dans une histoire de refus de plan à trois.. c’était quand même vraiment épique comme situation. La pauvre demoiselle était complètement en train de se ridiculiser. C’était drôle… très drôle. Tristan aurait ri, l’aurait taquinée probablement beaucoup. Mais il n’était pas à ses côtés à ce moment là. Il grignotait des brochettes avec les autres dans un nouveau jeu qui était de mettre sa brochette le plus possible dans le feu en supportant la morsure de celui-ci. Bon bien sûr ils disqualifièrent le grand jeune homme quand impressionné par sa résistance, lui qui avait une main quasiment dans les flammes et leur tirait la langue amusé, ils se rappelèrent d’une légende urbaine selon laquelle les Drakkaris ne craignaient que peu le feu… Evidemment ça dépendait lequel mais là ses écailles le protégeaient… parce qu’il était un dragon… pas un Drakkari. Mais bon… ça il n’allait pas l’avouer évidemment.

Freya était en train justement de lui parler de l’alcool auquel il avait également goûté et qu’il trouvait excellent, lui expliquant comment se passait la récolte puis la macération, quelles étaient les meilleures périodes etc. Elle était la fille d’un des meilleurs fabricants du village et elle avait pris la suite, ayant des talents d’oenologue assez éblouissants. Il se promit de lui apporter une bouteille du vin découvert dans la cave du chalet pour la remercier, se doutant qu’elle serait ravie. Elle était décidément gentille, comme chacune des personnes ici d’ailleurs. Cassidy avait bien choisi cet endroit même s’il ignorait pourquoi elle avait voulu venir ici en particulier, parmi tous les petits villages du nord.
Elle lui racontait une des récoltes qu’elle avait faite avec son père quand Vlad débarqua brusquement à leurs côtés. Il n’écouta pas ce qu’il disait. Il avait froncé les sourcils mais en entendant « Cassidy » il bondit littéralement de sa chaise et faillit bien partir sans même s’excuser, s’arrêtant juste pour marmonner d’un air désolé.

- Euh… navré je… On en rediscute quand tu veux mais… Bonne soirée.

Rien d’autre… Parce qu’il n’avait pas envie de s’excuser, trop inquiet pour sa fiancée.
Il emboitait le pas à Vlad, ou plutôt ce dernier devait suivre le rythme rapide du jeune homme qui avait de sacrément longues jambes quand même malgré leur taille très proche… ou alors c’était l’inquiétude… Il essaya de s’expliquer, penaud quand même et Tristan fut d’abord surpris par la vague de colère qui faisait gronder son coeur… Pourtant ce n’était rien d’agressif qui sortit de sa bouche.

- Elle va bien ? Quelle idée ! Elle ne tient absolument pas l’alcool…

Inquiet, non, terrifié pour sa fiancée Tristan pressait le pas jusqu’à ce qu’ils rencontrent Kalec… qui portait Cassidy comme un sac à patates. Et c’est là que Tristan comprit pourquoi il ne l’aimait pas. Parce qu’il lui ressemblait. Physiquement pas du tout, le Drakkari était sacrément costaud à côté de son homologue et franchement plus beau garçon même si à voir le troupeau de filles autour du brun il plaisait et pas qu’un peu… Mais il lui rappelait son caractère, son comportement, ses mimiques aussi, quelques unes du moins… Celui qu’il était avant d’accepter ses sentiments pour Cassidy, avant d’accepter le danger d’être avec elle, avant de découvrir le bonheur, ou plutôt redécouvrir le bonheur de l’aimer et d’être aimé d’elle en retour. Et il n’aimait pas être confronté à ses erreurs, à une part de lui-même, une part qu’il n’aimait pas énormément d’ailleurs, voire pas du tout. Il dut retenir son poing qui menaçait de partir… Parce qu’il était le seul à pouvoir la porter ainsi, juste pour jouer, un jeu qui devenait tellement passionné… et qu’autrement il fallait la traiter avec le plus grand des respects.
Elle brillait… dans les bras d’un autre. Il avait beau savoir qu’il y avait forcément une excellente explication, cela blessa le Drakkari… vraiment… énormément… Qu’elle brille en étant contre un autre homme… Non… il ne l’acceptait pas. Bien sûr ce n’était que par rapport à lui, toujours par rapport à lui, mais il ne pouvait pas le savoir. Et puis parler de luciole… il était le seul à pouvoir l’appeler ainsi. Jaloux ? Oui un peu mais surtout haineux… de se croiser ainsi. De voir ce reflet étrange…
Son commentaire lui fit froncer les sourcils… Des envies à satisfaire ?! Qu’est ce qu’il en savait lui ? Et pourquoi…

En fait colère, frustration, regret d’avoir accepté ce « marché » pour la fête et questionnements disparurent… Parce qu’elle lui avait sauté au cou… et qu’il avait ouvert la bouche pour répondre, prenant sur lui pour marmonner un vague remerciement… et ouvrir la bouche avec une demoiselle en manque en face, mauvais plan… très mauvais plan… Parce que son baiser n’en fut que plus passionné et impossible à esquiver. Le ballet de sa langue contre la sienne lui explosa complètement quelques neurones, elle ne les étouffa pas, non elle les neutralisa, direct, il allait finir totalement débile si elle continuait… Il répondit aussitôt, automatiquement, à son baiser et oublia tout… tout à part elle. Il ne savait même plus où ils étaient et dut se battre contre lui-même pour reprendre pieds dans la réalité. Dieux qu’elle embrassait bien ! Et que son odeur lui était douce…
Kalec était déjà reparti et Vlad semblait lui-même assez gêné par ce violent baiser… oui parce que c’était quand même presque violent là… En tous les cas il ne resta pas, s’excusa encore à mi-voix pour l’état de la jeune femme, bien que l’état en question prévoyait tout de même de sacrés amusements dont lui auraient été reconnaissants quasiment tous les hommes au monde. Tristan parvint à détacher ses lèvres, de nouveau réquisitionnées par sa compagne, suffisamment longtemps pour placer quelques mots.

- Désolé. Elle n’est pas dans son état normal. Merci de l’avoir… mmmhhh !!!!! MgnhCa…Mnhssy… laisse moi pa…

Il n’arriva pas à finir parce que de toute façon Vlad, un léger sourire aux lèvres un brin moqueur peut-être, s’éloignait déjà et parce qu’elle lui avait encore donné le tournis. Elle lui décocha d’ailleurs une gifle !!!! Non mais sérieusement une gifle ! Et une sacrée gifle qui plus est alors que surpris il portait la main à sa joue sans comprendre. La demoiselle, qui avait arrêté de se hausser sur la pointe des pieds croisait les bras d’un air boudeur avant de lui mettre un index menaçant sous le nez qu’elle agitait comme si elle grondait un petit garçon.

- Non mais tu dois te soucier et t’occuper que de moi ! Méchant !
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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: Comment se retrouver pour mieux s'aimer...   Mer 8 Juil - 10:25

La main toujours sur la joue, écarquillant légèrement les yeux, ouvrant la bouche pour s’excuser il ne la vit même pas fondre sur lui, enfin combler le faible espace entre eux alors qu’elle crochetait sa nuque d’une main ferme et sans appel le forçant à se baisser vers elle et de l’autre avait réussi à glisser sa main sous sa chemise (qu’il avait heureusement remise depuis le petit combat) et lui caressait les abdominaux.

- grrrouu, vilain Tristan, très vilain…

Nouvelle surprise, nouveau très risqué détournement d’attention alors qu’elle l’embrassait de nouveau et qu’il sentit ses jambes faiblir.
L’instant d’après il l’enlaçait, répondant à ses baisers par d’autres tout aussi passionnés en murmurant qu’elle était… trop douée à son goût. Elle s’apaisa un peu sous ses baisers… enfin ça c’était ce qu’il cherchait à faire parce que en vrai ça ne marcha absolument pas. Parce qu’alors qu’il voulait la calmer pour la guider doucement vers le chalet il dut se rendre à l’évidence. Saoule elle l’était mais alors complètement, à un degré jamais atteint jusqu’alors… Sa magie l’aidait probablement à brûler l’excès d’alcool qui aurait dû juste la rendre malade pour ne fournir que le meilleur, c’est à dire un état d’ébriété très poussé, elle planait complètement et était beaucoup mais alors beaucoup trop entreprenante. Et elle ne marchait pas droit… mais alors pas du tout mais ça c’était probablement parce qu’elle « s’en fichait de rentrer » et « qu’ils pouvaient très bien faire ça ici, là, maintenant, et devant tout le monde c’était très bien aussi pour que ces petits puceaux apprennent de lui un peu quand même !!!! » La remarque fort flatteuse ne parvint pas à faire flancher le jeune homme… Enfin un peu… juste un peu alors qu’elle le provoquait, poussant un peu loin sur sa fierté en arguant qu’il n’osait pas, pas cap’… le genre de parole qu’elle n’aurait jamais eues évidemment en étant sobre, connaissant trop bien le caractère de son compagnon et son amour pour les défis… et son énorme manque de pudeur aussi…

Oh provocante demoiselle bien trop tentante ! Un dixième de cette attitude aurait suffi pour le faire flancher en un rien de temps… Mais elle n’était pas dans son état normal… Et il ne voulait pas que ça se passe ainsi… Des retrouvailles sous l’alcool… non.
Sauf qu’elle l’avait tenté en ayant un peu bu… Là elle avait bu pour un régiment de mini Cassidy ne tenant pas l’alcool… Elle avait bu pour des jours et des jours de tentations…
Elle avait beaucoup trop bu.
Et il crevait d’impatience… à petits feux…
La voyant si provocante, si pleine de désir et prononçant beaucoup de bêtises ayant bien peu de liens entre elles à propos de ce que les deux autres avaient fait ou pas fait, il n’avait pas bien compris d’ailleurs, de ce qu’elle voulait faire, de ce qu’elle voulait qu’il lui fasse et autres, il parvint à se ressaisir assez pour galamment la prendre dans ses bras comme une petite princesse et non comme un sac à patates et décider de rentrer ainsi au chalet. Elle était légère et il avait des muscles en acier trempé, ce n’était pas un problème et puis il trouvait ça assez romantique quand même. Rentrer sous la lune, pleine, s’éloigner de la fête, des bruits de la foule, progressivement s’enfoncer dans le silence de la nuit, le vent, le crissement de la neige, des regards tendres, de doux baisers, puis rentrer, allumer un feu de cheminée et s’installer à côté de celui-ci sur des couvertures pour boire un verre de vin, au diable la surprise de la serre, ça attendrait, de tendres caresses qui devenaient brûlantes, des exigences, des suppliques, de l’un comme de l’autre, monter à l’étage difficilement pour rejoindre leur lit et enfin… Sauf que de un elle avait déjà beaucoup trop bu et de deux… le romantisme là, elle n’en avait strictement rien à battre mais alors vraiment… Surtout vu les obscénités qu’elle soufflait à son oreille en lui mordillant le lobe puis en s’acharnant sur sa gorge, griffant son torse même à travers sa chemise.

Elle lui avait déjà tellement mordillé la lèvre inférieure qu’il était sûr de sentir du sang dans sa bouche et elle insistait la bougresse, vraiment… Voulant qu’il s’arrête, refusant d’attendre et même, summum de la tentation fit glisser, elle-même, odieuse provocatrice, les manches de sa jolie robe pour dégager un peu, un peu trop, sa poitrine juste sous le nez de son compagnon… Non mais juste sous son nez !!!!! Il glapit de surprise d’ailleurs et s’obstina à regarder la route alors qu’elle continuait de le caresser, de le tenter et qu’il lui gémissait de plus en plus faiblement d’attendre un peu… elle grognait d’ailleurs qu’elle en avait marre d’attendre et qu’elle voulait faire des galipettes avec lui jusqu’à ne plus pouvoir marcher… Ah ? Rien que ça ?

Malgré tout, il parvint, et il ne savait pas trop comment mais clairement il méritait une médaille, à atteindre le chalet et sans flancher, évitant de l’embrasser pour ne pas céder, parce qu’elle embrassait trop bien et qu’il se sentait monstrueusement faible. Il avait dit qu’il ne voulait pas de retrouvailles ainsi… pas avec l’alcool, pas alors qu’elle n’était pas maitresse d’elle-même… Mais c’étaient des mots… quand l’attente était encore supportable… depuis il n’avait eu de cesse de crever de désir pour elle et il y avait honte, oui vraiment honte, mais ne pouvait plus attendre… pas alors qu’elle le tentait de la sorte… Pas alors qu’elle avait l’air elle aussi d’en avoir besoin, vraiment…
Mais non il ne devait pas céder, surtout pas… Elle risquait de se sentir mal ! L’alcool plus sa magie ça pouvait être encore pire ! Déjà qu’elle brillait…
Et rien du tout une fois de plus…

Parce qu’il avait passé la porte et avec une agilité déconcertante elle avait lâché sa nuque pour sauter au bas de ses bras. Il comprit alors qu’elle marchait tout à fait droit et qu’elle avait tout simplement simulé pour être sûre qu’il la prenne dans ses bras. Fronçant les sourcils un brin mécontent bien qu’admiratif devant une telle technique, il voulut la sermonner, un peu, l’envoyer prendre un bon bain… Mais elle avait déjà claqué la porte et l’embrassait de nouveau, caressant son torse et pas que son torse… Si ça avait été que le torse, il aurait pu tenir…
En un temps qui défiait tout record il s’était retrouvé la chemise ouverte, le pantalon sur les chevilles, manquant de se casser la figure parce que ses bottes montaient quand même haut sur ses mollets, les muscles tendus par le désir et pas que ça de tendu d’ailleurs alors qu’elle osait glisser sa main à la limite de l’élastique de son boxer… Pauvre jeune homme qui gémissait en frissonnant. Non non surtout pas !

-… C… Prin… Princesse…A… Arrête s’il te plait.. je…Je t'en prie... je...

Elle avait haussé un sourcil, malicieuse avant de prendre une de ses mains et de la poser directement sur sa poitrine. Mauvais plan… Elle savait parfaitement quel culte il vouait à chaque parcelle de son corps, la toucher était dangereux, vraiment dangereux. Il voulut retirer sa main, elle la maintint en place, glissant les siennes sur ses poignets, ses bras, son torse, pression forte pour lui faire comprendre qu’elle aussi était forte alors qu’elle se collait contre lui et qu’il était incapable de bouger, bloqué contre le mur, ses jambes le soutenant à peine sous le désir qui irradiait son corps mais qu’il refusait d’accepter…
Trop aguicheuse, trop tentante, monstrueusement sexy avec toutes ses petites moues, ses sourires, ses adorables canines pointues qui mordillaient légèrement sa chair quand elle l’embrassait
Il ne sentit pas l’erreur de la demoiselle, cette toute petite erreur qui aurait pu leur coûter énormément… Car à force de caresses appuyées elle avait fait sauter deux des petits loquets de l’un de ses bracelets. Tout aux merveilleuses sensations qui parcouraient son corps il ne remarqua qu’à peine le désir plus intense, plus violent, pensant que c’était elle qui l’attisait encore… Il ne s’était après tout jamais approché d’elle sans ces bracelets, il ne savait pas comment c’était… Mais elle ressentit la puissance animal du jeune homme, cette dose d’hormones supplémentaires qui n’allait pas mais alors pas du tout les aider. Elle accentua ses caresses alors que les suppliques du jeune homme étaient de plus en plus faibles. Non mais sérieusement, c’était lui qui la suppliait d’arrêter, cocasse idée qu’il trouvait juste horrible… Juste horrible… Et elle lui enleva son boxer… Dernier pas dans la bêtise alors qu’il oubliait toute prudence. Il se jeta sur ses lèvres alors que surprise mais ravie elle enfonçait ses ongles dans la peau de son cou et de son dos. Il ne sut même pas comment il avait réussi à enlever ses bottes qu’il avait tant galéré à enfiler, ni son pantalon et son boxer mais ça c’étaient deux tous petits détails, juste qu’elle caressait son torse alors qu’il la soulevait, qu’elle lui arrachait littéralement sa chemise et qu’il mordait sa gorge, faisant subir un sort plus sévère au tissu de sa robe en poussant un grognement enragé. Elle le tapa de nouveau pour qu’il relève la tête, l’embrassa à pleine bouche alors qu’il y répondait avec la même ferveur violente. Elle enserrait si fort sa taille de ses cuisses qu’elle lui faisait presque mal alors qu’il grondait, d’autant plus excité, lui ôtant sa robe, ça non plus il ne savait trop comment, en un temps qui défiait même les lois de la physique et de la magie. Et puis elle s’était dégagée brusquement, enfonçant ses ongles dans ses bras pour qu’il la lâche, le frôlant, l’attisant, le testant alors qu’il se vengeait de ses tentations par des caresses beaucoup trop expertes qui faillirent faire céder la demoiselle. Mais elle était encore forte… oh tellement forte…

Elle s’éloigna alors qu’il suivait docilement. Ses yeux étaient totalement noirs, suivant chacun de ses moindres mouvements, admirant les muscles fins qui coulaient comme une rivière tranquille mais impétueuse sous sa peau de porcelaine. Il grogna doucement son surnom, d’une voix basse, bien plus grave que d’ordinaire alors qu’elle l’attisait davantage d’un sourire poignant et sauvage. Il saisit sa taille pour l’emprisonner contre lui, elle se dégagea, le repoussa contre un autre mur, crocheta de nouveau sa nuque, le caressa langoureusement et saisissant un objet de convoitise avec une telle force qu’un autre aurait hurlé, euh… oui… doucement, c’était solide ça mais quand même !!!!… Il se contenta d’un grondement sourd en se crispant. L’instant d’après, le voyant docile, caresse plus douce, elle l’embrassait, il la soulevait alors qu’il apercevait dans son regard la fin de son supplice, la permission de la demoiselle pour que les tentations, le jeu, cessent, l’autorisation pour qu’il déchaine sa passion et que dalle… Elle s’endormit… Enfin s’écroula une fois de plus contre lui. Sa lumière était devenue tellement intense qu’un phare n’aurait pas rayonné davantage. Et brusquement, comme toujours depuis trop longtemps, elle s’éteignit, bougie soufflée, abandonnant son corps et sa conscience à l’animal qu’elle avait réveillé, affamé…

Le lendemain quand elle se réveilla elle était seule en effet et il lui avait laissé un mot pour l’avertir qu’il y avait une potion d’herbes pour l’aider, qu’il s’occupait de prévenir son patron et qui lui-même ne rentrerait pas tard. Il lui recommandait, sérieusement, de se reposer. Et ne disait rien de plus. Rien sur la nuit horrible que lui avait passé en tous les cas.
Quand elle s’était évanouie, il crut un court instant qu’il allait la violer… réellement. Son corps tremblait et il n’était vraiment plus sûr de rien. Sa tête lui faisait mal, son corps lui faisait mal, il avait les reins en feu et le besoin vraiment d’assouvir ce foutu désir qui le meurtrissait plus qu’autre chose, chaque seconde un peu plus. Il avait eu envie de la repousser brutalement, loin, de la lâcher, pour ne pas lui faire de mal, un mal pire encore… Parce que s’il osait commencer, profiter de son inconscience, à condition que sa magie ne se réveille pas et qu’elle ne lui crame pas carrément le… il ne s’arrêterait jamais… Ca faisait trop longtemps… il n’arrivait plus à… attendre. Oui, il avait eu envie de la repousser pour la protéger. Mais la certitude de la blesser ainsi, même si ce n’était rien comparé à ce qu’elle risquait contre lui le retint. D’un bras il la pressa contre lui, humant son odeur qui l’apaisait autant qu’elle l’excitait bien malheureusement, de l’autre il enfonça les griffes qui avaient remplacé ses ongles dans le bois du mur derrière lui pourtant si dur qui cria sous l’attaque… Il ne se rendit pas compte qu’il glissait le long du mur, en continuant de la presser contre lui, le nez enfoui dans ses cheveux, se cisaillant la langue de ses dents qui s’apparentaient plus à des crocs d’ailleurs. Il gémissait faiblement. Le désir était là, immense, horriblement douloureux, et la délivrance si proche, tellement proche, matérialisée par ce petit corps mince contre lui… Il la serra contre lui, de ses deux bras, sanglotant, à cause de la douleur et de la peine, à cause de la souffrance physique et mentale. Il n’aurait pas pleuré devant elle, pas à cause de ça… Mais elle n’était pas vraiment là… Inconsciente, seul son corps demeurait entre ses bras, alors il pouvait pleurer. Parce qu’il avait mal… tellement mal… et parce qu’il était malheureux… Il savait qu’elle souffrait aussi. Il le savait et ça le rendait juste horriblement triste, inutile…
En la pressant contre lui, il sentit son bracelet et le léger mou qu’il avait… Il écarquilla les yeux d’horreur le reclipant ce qui l’apaisa un peu, même beaucoup en fait. Il aurait dû être fier, vraiment fier d’avoir tenu malgré cet incident… Mais il était épuisé et il en avait assez… ne gardant que les regrets et la tristesse.

Quand le désir finit par le quitter, un peu, suffisamment pour qu’il puisse se lever du moins, au bout d’un long moment qu’elle passa blottie étroitement contre lui, il se leva et la porta, doucement, délicatement jusqu’à leur chambre. Une fois la demoiselle, toujours totalement nue, sous les couvertures, sa respiration se fit un peu plus calme. La simple vue de son corps était difficile à gérer… Il était vraiment horrible avec elle… Il alla dans la salle de bains pour fixer son reflet qui semblait presque maladif tant il était blême d’horreur en comprenant ce qu’il avait failli faire, se passa un peu d’eau sur le visage, enfila un boxer et un pantalon puis la rejoignit. Plaçant un saut au bas du lit au cas où elle ait des nausées, normales, après tout ce qu’elle avait bu, il ne la rejoignit pas sous les couvertures, prit une des chaises qu’il avait récemment fabriquée et aussi inconfortable qu’elle soit l’installa près de la jeune femme et la veilla ainsi toute la nuit.
Elle avait bu beaucoup… et il était inquiet. Avec sa magie, il n’était jamais sûr de ses réactions… elle pouvait faire un choc violent… S’il dormait il pouvait bien ne même pas s’en rendre compte.
De nouveau maitre de ses pensées, de ses gestes, le jeune homme prévenant resta près d’elle, ne la quittant pas d’une semelle, toute la nuit caressant doucement ses cheveux alors qu’elle étreignait son oreiller qui portait l’odeur du jeune homme.

Levé tôt, rassuré de voir les heures fatidiques passées, rassuré aussi de voir qu’elle ne s’était pas réveillé, avait encore moins effectué un retour pour l’alcool ingéré, il avait pris rapidement une douche qui ne l’avait que peu réveillé puis s’était préparé. Il était encore au travail en forêt aujourd’hui, parce que le bois utilisé devait être remis en l’état. Ils avaient besoin d’une sacrée provision avec le froid constant… même si d’autres avaient d’efficaces moyens de se réchauffer.
Il passa rapidement prévenir à la taverne, s’expliquant et s’excusant mais le patron le rassura aussitôt.

- De toute façon elle n’aurait pas eu grand chose à faire, les lendemains de fête il n’y a personne. Je comptais faire l’inventaire, ça attendra demain. J’espère que ça ira d’ici-là.
- Oui, ne vous en faites pas, merci beaucoup.
- Et toi bien récupéré ? Tu as passé une... bonne soirée ? Ou plutôt agitée soirée ?
- Ca va.

Il était parti rapidement pour rejoindre ses camarades qui n’avaient pas totalement éliminé l’alcool de leurs veines pour certains mais qui fort heureusement avaient l’habitude de fonctionner avec. Ils travaillèrent un moment et si quelques uns voulurent l’asticoter à propos d’une rumeur sur l’état de la demoiselle la veille, personne ne le formula. Raph les surveillait d’un regard alerte, ayant bien remarqué que son camarade n’avait pas l’air très reposé… Et pour un homme heureux après une folle nuit de passion il ne tirait pas vraiment un grand sourire donc à son humble avis il valait mieux éviter le sujet… Donnant le change pourtant, Tristan ne faisait pas la tête ou quoi que ce soit. Il était déçu et en colère évidemment mais c’était ses problèmes, pas ceux des autres… Et puis déjà que le sexe était un sujet vraiment sacré pour lui, avouer qu’il ne pouvait pas coucher avec sa fiancée… plutôt mourir, découpé petit bout par petit bout et violé par un troll !

Mais entendre ses camarades se vanter entre eux et s’auto-congratuler… ça aussi ça faisait mal… Il avait envie de leur hurler de se taire, mais ce n’était vraiment pas une solution pour que tout se passe bien pour eux ici. Il se contenta de travailler, tapant suffisamment fort de sa hache pour couvrir son ouïe décidément trop fine. Même son patron vint gentiment le freiner en lui disant de se ménager, qu’il n’y avait rien de pressé aujourd’hui, que chacun se remettait, de se reposer un peu… mais il haussa les épaules en marmonnant que ça allait de son côté, qu’il n’était pas fatigué. ce n’était pas vrai… mais il préférait ce mensonge à l’assommante vérité…

Et puis des jeunes avaient débarqué sur des espèces de snowboards.
Les planches en elles-mêmes étaient une excellente invention et le jeu qu’ils en faisaient était super. En temps normal, Tristan aurait été vraiment intéressé, vraiment enthousiaste et n’aurait guère tardé à en piquer une pour essayer, comptant bien trop sur sa grande résistance pour sauver un peu ses chutes et à ses incroyables réflexes pour apprendre vite.
Mais il en avait un peu trop fait et se consolait dans un café brûlant que venait de lui servir… Freya. Elle l’avait gentiment salué en le voyant, arguant qu’elle n’avait pas fini leur conversation ou plutôt son grand blabla qu’il était assez gentleman pour écouter. Ce fut la seule chose qui lui tira un sourire sincère de toute la matinée et il salua sa tentative d’humour en s’adoucissant, promettant que ça l’intéressait vraiment. Il était torse nu comme à chaque fois qu’il travaillait et ses marques miroitaient légèrement sous la lueur du soleil. Elle lui demanda d’où elles venaient, si c’étaient des tatouages. Il affirma que non et qu’elles étaient un jour apparu d’un coup… peut-être de la magie, peut-être un signe des dieux, il ne savait pas trop. Elle semblait trouver ceci fascinant… Elle essayait de lui faire manger une grosse brioche en argumentant qu’à force de travailler autant il allait finir par perdre tous ses muscles s’il ne mangeait pas bien quand le groupe de cascadeurs des neiges avaient débarqué. Elle lui avait donné quelques vagues explications puis il avait entendu les conversations des filles, s’était excusé, éloigné alors qu’elle se joignait à la conversation. Il avait entendu celle des hommes, avait fermé les yeux à l’entente des paroles de Kalec qui lui rappelaient une fois de plus l’homme qu’il avait été. Des discussions sur Vlad et Kalec, les deux hommes qui attiraient beaucoup de femmes apparemment. Il s’en fichait… Il n’avait rien envie d’entendre à ce propos. Le coureur de jupons et celui qui se réservait pour une demoiselle particulière… pourquoi étaient-ils amis ces deux-là ?

Oui il avait écouté, contre sa propre volonté, s’insultant d’écouter… parce que ça l’énervait… oh que ça l’énervait !!!! Il avait saisi la branche pourtant très épaisse du gros tronc qu’il devait débiter quand celle-ci éclata en petit bois sous la pression de sa main. Il ferma les yeux, respira pour se calmer, s’abandonna à la méditation, cessant d’écouter, cessant d’entendre les voix d’hommes, se concentrant sur sa respiration et les éléments. Il entendait si bien le souffle du vent, se concentra sur celui-ci et s’apaisa enfin… du moins assez pour continuer de travailler. Raph s’était approché, le seul à avoir remarqué l’éclatement du bois, le seul à s’en inquiéter aussi, il s’arrêta, ne lui parlant pas, ne le touchant pas, semblant comprendre qu’il ne valait mieux pas à ce moment là.

La journée passa heureusement très vite. Tristan se rendit chez le vieil homme, libéré peu après le déjeuner qu’il décida de prendre au chalet, récupéra le louveteau qui semblait aller bien mieux, était réveillé et poussa un glapissement en le voyant. Curieusement affectueuse, la boule de poils vint se blottit contre lui en couinant et même le soigneur avait l’air surpris. Il lui donna une liste de recommandations, lui en expliqua beaucoup puis le jeune homme passa chercher quelques ingrédients à l’épicerie avant de rentrer. Le bébé loup qu’il avait posé sur sa tête pour « s’amuser » s’y accrochait bien, tenant bien en équilibre, vautré dans ses cheveux et il décida de faire le chemin ainsi… Le petit animal pouvait tout voir malgré son regard encore flou et ravi poussait de petits glapissements de temps à autres.

Finalement ils arrivèrent au chalet où, à peine entrés, Cassidy les accueillit d’une bien étrange manière. En se cassant la figure… mais alors totalement… Et elle prétendait ne pas être si maladroite ? Il ne parvint pas à sourire comme il aurait souri en temps ordinaire, ou éclaté de rire, se contentant d’un haussement de sourcil assez montre de sa mauvaise humeur. Ouie ouie ouie… Elle allait se faire tirer les oreilles là !

- Salut…

Il soupira, prit le petit animal sur sa tête, qui lui donnait un air d’ailleurs beaucoup trognon, encore plus que d’ordinaire du moins et le déposa par terre alors que déjà le bébé poussait de petits cris et flairait les environs. Son sac de course dans une main, il tendit l’autre à la demoiselle au sol pour l’aider à se redresser en lui marmonnant de rester assise sur les marches. De toute façon elle ne tenait clairement pas debout. Comme quoi, elle n’avait pas encore débarrassé son corps de tous les grammes d’alcool qu’elle y avait installés. Il disparut dans la cuisine et revint l’instant d’après avec un mélange qui glougloutait bizarrement et qui avait juste l’air infâme et une minuscule clochette stridente qu’il agita furieusement sous le nez de la jeune femme en revenant. C’était juste horrible, une horrible torture. Avec sa gueule de bois monstrueuse qu’elle se trimbalait depuis le matin, le bruit suraigu était simplement une torture et elle se plaqua aussitôt les mains sur les oreilles en gémissant pitoyablement.
Il lui mit alors le grand verre plein du liquide bizarre sous le nez qui sentait d’ailleurs vraiment encore plus bizarre.

- Bois…

Elle ouvrit la bouche pour refuser, plissant le nez avec l’air d’être proche de la nausée rien qu’en voyant la couleur verdâtre mais le regard sévère du jeune homme ne lui laissa aucun loisir de refuser. Elle avala l’horrible mixture en semblant vraiment limite de lui vomir dessus et lui tendit le verre en gardant une main dans sa bouche, peinant à avaler la dernière gorgée.
Alors seulement il s’accroupit à sa hauteur et la regarda alors qu’elle le fixait d’un regard un brin larmoyant, l’air de lui demander pourquoi il la torturait ainsi. Le regard du jeune homme s’adoucit un peu.

- Remède anti-gueule de bois… Ce n’est pas une potion donc tu ne risques rien. Ce ne sont que des aliments… Crois-moi tu ne veux pas savoir ce que tu viens de boire. C’est dégueulasse je sais mais dans une demi-heure maximum tu te sentiras mieux et tu n’auras plus mal à la tête. Je n’avais pas ce qu’il fallait pour te le préparer ce matin… Et un seul en moins et ça ne marche pas. La clochette c’est pour te punir. Juste pour te punir.

Elle le fixait, ne comprenant peut-être pas tout.
C’était un vrai remède que lui avait appris son maitre que lui avait enseigné un grand guerrier des années plus tôt. C’était juste écoeurant mais radical contre les soirs de beuverie et il en préparait d’énormes marmites pour ces hommes, toujours dispos ainsi. C’était un traitement de choc mais il fallait au moins ça. Il n’était pas certain qu’elle en ait besoin jusqu’à ce qu’il voit son regard vitreux et sa jolie gamelle quelques minutes plus tôt.
Non elle ne comprenait pas tout, parce qu’elle avait vraiment beaucoup bu et que son corps n’avait pas tout éliminé… et que donc ses pensées étaient horriblement difficiles à aligner. Il soupira de nouveau et parla lentement, toujours accroupi devant elle alors qu’elle était assise sur l’escalier.

- Tu as bu… beaucoup apparemment. Et tu étais saoule. Comme jamais quand je t’ai rejointe. Je ne sais pas ce que tu as fait et je préfère ne pas le savoir mais je pense que tu dois de sérieuses excuses à Vlad… et à Kalec.

Ah… déjà la mixture commençait à faire effet, ou alors c’était ses paroles car le regard de la demoiselle devenait beaucoup plus clair alors qu’elle écarquillait les yeux.

- Tu ne te souviens de rien j’imagine… Oui à voir ta tête c’est certain.

Le regard du jeune homme voulait probablement se faire sévère mais il eut l’air au contraire juste épuisé et triste alors qu’il se redressait en se pinçant l’arrête du nez. Aucun énervement dans sa voix, le calme avant la tempête ou plutôt simplement la douceur. Il ne s’énerverait pas contre elle. C’est envers lui-même qu’il était en colère surtout…

- Je peux savoir ce qui t’a pris Cassy ? Tu sais pourtant que tu ne tiens pas l’alcool et celui-là était très fort… tu…

Nouveau profond soupir alors qu’elle semblait toute penaude et son regard continuait de s’éclaircir avec les effets de l’immonde remède de choc. Il vint s’asseoir à côté d’elle, se laissant à moitié tomber sur la marche plus que s’asseyant réellement. Ses muscles étaient encore tendus par les efforts qu’il avait fournis malgré la fatigue. Il était crispé, les épaules courbaturées, clairement fatigué et juste un peu à bout à ce moment-là. Il était tout près d’elle, leurs bras se frôlant alors qu’il demeurait parfaitement immobile et que la pauvre ne disait rien, lui jetant de temps à autres de brefs regards alors que le petit loup explorait, maladroit sur ses petites pattes la pièce. En face des escaliers, sur le mur, les marques des griffes du jeune homme étaient bien visibles et elle sembla les remarquer. Il suivit son regard, effleura sa main de la sienne… puis finit par parler doucement.

- Je ne sais pas ce qui s’est passé avec les autres… Mais quand Vlad est venu me prévenir que tu avais besoin de moi, que je t’ai rejointe… Tu étais saoule et tu m’as sauté dessus… J’ai eu toutes les peines du monde à te ramener au chalet. Tu n’arrêtais pas de me dire des trucs… enfin… de te faire l’amour dans la neige, ou mieux, d’aller rejoindre la fête et de coucher sous les yeux de tout le monde sur une de ces grandes et solides tables histoire de leur apprendre deux trois trucs même aux plus expérimentés… Tu n’arrêtais pas de me dire que j’étais cruel de te faire attendre ainsi… et tu m’embrassais et mordais la gorge en me murmurant tout ce que tu voulais que je te fasse… ton imagination a même réussi à me surprendre… J’ai eu du mal… parce que j’en avais envie aussi… que je ne suis pas invincible… et que c’était dur de te résister tu sais… Vraiment dur… Même si je ne voulais pas que ça se passe ainsi… avec le risque que tu surestimes ton corps à ce moment-là… et le risque que tu ne t’en souviennes même pas à ton réveil.

Il tourna la tête vers elle, l’observant sérieusement même s’il avait l’air de se remémorer un dur moment. Elle semblai toujours penaude mais peut-être encore plus embêtée, l’observant sans comprendre probablement s’ils avaient enfin pu coucher ensemble ou pas et regrettant si oui, amèrement, de ne pas s’en souvenir… Doucement il dégagea sa gorge de l’écharpe qu’il portait, pour travailler aussi et qui avait surpris tout le monde. En dessous, son cou, couvert de suçons et de morsures témoignait du passage un brin agressif de la demoiselle. Il finit par lui sourire tendrement malgré tout.

- Tu as failli réussir à m’enlever un de mes bracelets, même si je pense que c’était accidentel… Et j’ai vraiment eu du mal à… quand tu t’es évanouie… Enfin… J’étais inquiet pour toi, vraiment inquiet de ton état… J’avais peur que tu fasses une crise pendant la nuit, un coma éthylique ou je ne sais pas… donc je t’ai surveillée… mais je crevais toujours de désir et ça m’a fait peur… et…

Il se releva rapidement, marchant dans la pièce avant d’aller appuyer son front contre une des nombreuses vitres qu’il avait remplacées, fermant les yeux, torturé.

- Et tous au travail ils parlaient de… leur soirée et… j’étais énervé… J’en ai marre… C’est long… c’est long et c’est dur et… tu ne sais pas à quel point c’est dur… ça l’est pour toi, je sais… je le sens bien… Mais moi je peux… te faire du mal… et je sens ta frustration, tes envies que je ne suis même pas foutu de…

Il serra lentement les poings, les bras collés le long du corps, ses muscles se contractant brusquement.

- Je… désolé… Ce n’est pas… Je ne suis pas en colère contre toi… ou en colère réellement d’ailleurs. J’étais juste inquiet et… te voir dans cet état… enfin… je n’aime pas ne pas pouvoir… Pfff, c’est bête, je sais… Le… louveteau va bien sinon…

Elle s’était levée et avait posé doucement une main dans son dos. Peut-être qu’elle se sentait trop coupable pour faire plus, peut-être qu’elle ne voulait tout simplement pas plus. Les explications du jeune homme se voulaient claires mais il n’était pas sûr qu’elles le soient totalement. Au pire… elle pouvait vérifier d’elle-même, s’accrocher à lui, plonger dans les souvenirs du jeune homme, tout voir par elle-même et comprendre ses mots, comprendre le souci sur ses traits fatigués et la tristesse dans ses yeux d’ambre qui ne voulaient la fixer qu’avec tendresse…

Il se tourna lentement vers elle, la fixa de toute sa haute taille. Heureusement elle s’était habillée dans la journée, d’une nuisette certes mais elle s’était habillée. Il n’avait pas osé la toucher davantage quand il l’avait couchée, il n’était pas sûr de ses propres limites. Elle fixa ses poignets et fronça les sourcils. Ses larges bracelets de cuir avaient disparu, remplacés par deux minces, torsadés, tout d’argent qui lui ceignaient les poignets et lui donnaient des airs de viking. Il sourit.

- Maud devait me les envoyer quand ils seraient prêts. Ils ne sont différents des autres que par leur  forme… Ils ne font pas plus, pas moins… mais j’avais peur de te griffer avec les précédents à chaque fois que je te touchais… Mon ami a étudié celui que je lui avais laissé et a réussi à reproduire le mécanisme qu’il a intégré dans les bracelets que Maud lui a donnés… Et voilà… C’est mieux non ?


En fait il ne la laissa pas vraiment répondre, se penchant sur elle pour s’emparer doucement, tendrement de ses lèvres. Elle recula aussitôt d’un pas. Non pour le punir ou que ce soit désagréable même s’ils avaient tous les deux les lèvres légèrement bleutées à cause de leurs baisers trop insistants de la veille mais parce qu’elle grimaçait, pensant au goût atroce du remède qui demeurait encore sur les délicates lèvres rosées. Il comprit sans mal, ne lui laissant pas le temps de reculer plus en passant doucement ses bras autour d’elle pour l’embrasser de nouveau.

- N’essaie même pas de m’échapper princesse…

Un couinement détourna l’attention du jeune homme alors qu’il apercevait par la fenêtre, du fait de sa taille, la serre qu’elle n’avait pas encore vue. Alors il prit sa main et sans plus d’explication la guida jusqu’à l’extérieur, mettant sa veste sur ses épaules pour la protéger un peu du froid et lui faisant un clin d’oeil avant de se décaler de devant elle pour lui montrer, enfin, son travail.

Oui bon petit retour riche en émotions, en explications et en souffrance mais en même temps, elle avait sacrément monté le niveau quelques heures à peine plus tôt ! Décidément… ils avaient plutôt intérêt à régler rapidement leur problème… Parce que l’alcool avait révélé les réelles sentiments et pensées de la demoiselle et c’était une véritable tigresse qui en avait fort marre de toute cette abstinence et toutes ces précautions décidément…


Dernière édition par Tristan Konogan le Ven 25 Sep - 17:18, édité 1 fois
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Cassidy Herediane
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MessageSujet: Re: Comment se retrouver pour mieux s'aimer...   Ven 25 Sep - 14:47

Que de rebondissements en quelques temps ! Il y avait d’abord eu Vlad. A vrai dire, Cassidy ne semblait pas spécialement réticente par rapport à Tristan. Ses crises de jalousie à l’égard d’Erwan remontaient à un temps très lointain pour elle. Elle avait un peu oublié à quel point il pouvait se révéler grincheux, jaloux, face à un autre homme. Mais, forcément elle devait avouer qu’il se tenait mieux et ne cherchait pas à s’imposer non plus. A vrai dire la petite mage était fort préoccupée par leur nouvelle vie. Elle tentait de se faire accepter dans ce monde dans un tourbillon de neige et de courants d’airs glacés. Mais, tout pouvait basculer, en bien ou en mal. Elle releva un peu tard la réflexion de Tristan et changea d’expression sur son visage, surprise et se tourna vers Tristan. Prince charmant hein ? Mais le seul prince charmant qui existait à ses yeux, c’était bien lui et pas un autre ! Déroutant quand même… Cependant elle ne fit aucun commentaire en le suivant et se concentra sur un autre sujet.

Puis ce petit louveteau que Tristan avait recueilli. D’ailleurs, Cassidy semblait bien plus en état de panique que Tristan. Parcourant la petite chose et lui-même, un air visiblement horrifié sur son doux visage comme si elle craignait le pire. Et autant qu’elle vivrait, tant qu’elle pouvait se rendre utile, tant qu’elle pouvait rapporter de la joie, de la vie, alors elle utiliserait tous ses pouvoirs pour aider. Car après tout, elle commençait à s’en douter qu’elle était un peu bizarre, particulière. Mais hors de question de garder toute cette magie pour elle égoïstement. Mais comme elle était très loin d’être une guérisseuse, la seule manière possible pour elle de soigner le louveteau était de lui transférer son énergie.

Elle avait jeté un coup d’œil à Tristan. Il était calme, mais elle ressentait à travers lui une pointe d’inquiétude mal dissimulée. La petite mage ne saurait expliquer le pourquoi du comment et la raison qui poussait son amoureux à penser de cette manière. Mais elle lui tirerait sûrement les oreilles si elle savait qu’il se sentait inutile à l’heure actuelle. Après tout, c’est bien parce qu’il était près d’elle que la jeune femme allait aussi bien. Il n’y avait rien besoin de faire, pas d’action, pas de paroles, juste une présence rassurante. Sentir son odeur si particulière qui l’attirait. Son aura qui l’entourait d’une énergie protectrice. Il ne s’en rendait pas compte mais elle si.

Elle avait fait son petit tour de magie et semblait un peu plus rassurée avant d’étreindre Tristan avec force. Lui qui avait les pensées si torturées, remplies de questions, d’interrogations et de craintes, ne savait tout simplement pas ce qu’il pouvait faire pour aider, mais simplement le fait d’être contre lui apaisait la demoiselle et l’aidait à regagner son énergie vitale lorsqu’elle en utilisait. Oui il se rendait utile, d’une certaine manière. Et c’est tout ce dont elle avait besoin. Qu’il soit présent, près d’elle. Gentil… pas de dragon ! pas de comportement étrange ! Mais cela restait égoïste de la part de Cassidy. Bien sûr, ils avaient du travail chacun de leur côté. Pourtant cela faisait un moment qu’ils n’avaient plus méditer ensemble. Pour progresser, pour qu’elle accepte cette partie dragon qui lui faisait si peur. L’excuse de leur nouvel habitat était bonne. Malheureusement, moins ils pratiquaient, plus cette crainte de le voir se transformer en dragon se renforçait. Les efforts fournis pouvaient disparaître petit à petit. Et puis pour le moment en ce qui concernait leurs magnifiques jeux de gymkhana, ce n’était pas la peine d’y penser ! Malgré tout le bonheur qu’ils pouvaient avoir ici, certains problèmes persistaient.

Et puis il y avait eu CA. Cette fête qui aurait du être merveilleuse, un moment pour mieux connaître les autres, s’amuser, profiter, se transforma en beuverie pour la rebelle Cassidy. Et si elle ne retint absolument de ce qui s’était passé pendant et après, ce n’était pas le cas de son compagnon qui avait supporté mille douleurs comme cette tentation énorme et cette frustration bien trop présente. Elle s’était réveillée le lendemain, sans trop savoir l’heure ni le moment de la journée, pas de question sur ce qu’elle fichait dans ce lit et ce qu’elle faisait hier.
Elle était lamentable vraiment et ressemblait plutôt à une serpillère qu’à une dame de haut rang. La demoiselle semblait totalement ravie d’accueillir Tristan et ne remarqua même pas son manque d’enthousiasme, son air fermé. Il s’approcha d’elle et un bruit qui lui traversa la tête la fit gémir de douleur. Non mais il faisait quoi là ? Horrible garçon !

Puis il lui tendit un gobelet qui sentait vraiment pas bon. Elle renifla et secoua la tête, dégoûtée. Il insista, elle finit par boire. Plusieurs fois elle manqua de recracher le liquide, quitte à tout lui balancer dessus. Elle se pinça le nez pour essayer de camoufler l’horrible odeur et resta un bon moment la langue pendue après avoir terminé, tentant de récupérer et se calmer. Elle le regarda un instant, ne semblant absolument rien comprendre à la situation. Il lui expliqua qu’elle avait trop bu.

Bon d’accord elle avait déjà bu mais pas à ce point là ! Il parlait de la punir avec la clochette. Cassidy le regarda renfrognée. Elle n’avait rien fait de mal après tout ! Qu’est-ce qu’il racontait ?! Il lui parlait de faire des excuses à Vlad et Kalec. Hein ? Kalec qui ? Connaissait pas ce gars là ! La demoiselle redressa la tête, ce qui rendit la situation encore plus comique car elle s’était mise droite, comme une reine, comme si elle refusait tout simplement de faire des excuses et puis après tout quels excuses ? Tristan l’avait sûrement arrêté avant qu’elle fasse des dégâts non ? Et puis elle ne l’aurait pas quitté non plus… La petite demoiselle ne comprenait absolument rien.

Puis il parla d’une voix qui se voulait douce même si l’inquiétude et la colère étaient palpables. Il parlait de boire. Elle se rappelait vaguement qu’on lui avait tendu une chope et que c’était amical… intégration… défi. La demoiselle se gratta doucement la tête et le fixa, le laissant parler. Il était en effet profondément inquiet et tenta de lui expliquer ce qui s’était passé. L’effet de la mixture commençait à se manifester car elle était déjà un peu sobre et ouvrit légèrement la bouche en ouvrant de grands yeux, rougissante en l’écoutant parler, n’ayant pas l’air de se rendre compte de ce qu’elle avait fait et encore moins qu’elle soit aussi entreprenante ! Il parlait d’un bracelet qui avait failli se détacher.

Au moins il parlait de sa souffrance, des autres qui parlaient de la soirée, qu’il allait craquer. La demoiselle se sentit extrêmement coupable. Elle ne savait pas quoi dire, penaude, le fixa alors qu’il détournait le regard. Toute cette histoire mettait leur couple à rude épreuve. Ses pensées devenaient un peu plus claires, mais cela n’enlevait pas cette profonde honte qui l’agitait. Elle le regarda sans savoir quoi faire, se releva, posa une main sur son dos, ouvrit la bouche, sans savoir quoi dire. Elle se contenta de prononcer juste son surnom d’une voix remplie de honte, de gêne. Sa tête tournait encore mais ça allait mieux.

Il changea de discussion en parlant de ses bracelets qui avaient changé. Elle regarda et sourit doucement, essayant, un peu mal à l’aise, de le complimenter quand même.

« Ca te va bien… »

Elle posa doucement ses mains sur les bracelets, sentant la magie qui s’en dégageait, alors qu’il en profita pour l’embrasser. Mais elle se recula bien vite, sentant cet horrible goût de remède dégueulasse. Il se mit à sourire mais insista. Pauvre petit couple malmené. Un mal pour un bien car elle resta bien sage et ne chercha pas à approfondir les baisers en question.

Il la conduisit à l’extérieur ensuite pour lui montrer quelque chose qui la laissa bouche bée. Sur le côté se dévoilait le jardin qu’il avait aménagé lui-même. Bouche bée, elle avança un peu dans cet espace qui prenait forme. Il manquait encore un banc, le petit bassin dont elle avait parlé avec un arbre derrière mais ça prenait forme. Pour le moment tout était recouvert de neige mais cet endroit pourrait vite devenir magique une fois aménagé correctement. Un havre de tranquilité, prônant la zenitude et repoussant les pensées négatives. Cassidy se voyait déjà, un livre dans les mains, adossée confortablement contre le banc et écoutant le bruit de l’eau. Elle avança à petits pas dans la neige puis se tourna vers lui, un sourire aux lèvres.

« C’est vraiment bien ! Bon y a encore plein de choses à faire mais… enfin j’aime beaucoup déjà »

Se collant à lui, elle l’enlaça doucement.

« Tu crois que tu pourrais rajouter un banc ici ? Je peux me débrouiller pour faire venir de l’eau pour le bassin. »

Elle lui fit part de ses envies et semblait aussi bien décidée de mettre la main à la pâte.

Ils finirent par rentrer et avant de passer à table, se concentrèrent sur le louveteau qui découvrait son nouvel environnement. La demoiselle se pencha vers lui pour le caresser et ressentit un sentiment de nostalgie en pensant à Orion qu’elle avait lâchement abandonné à l’académie. L’espèce de félin lui manquait beaucoup. Elle détourna lentement le regard, cachant sa tristesse et trouva comme excuse la préparation du repas de ce soir. Alors qu’elle se dirigeait vers la cuisine, la petite demoiselle proposa quelque chose.

« Au fait cette fois c’est à ton tour de lui trouver un nom. Sauf si tu ne veux pas le garder… »

Sourire espiègle alors qu’elle partit en cuisine. Pour se faire pardonner, la petite demoiselle avait préparé un véritable festin. Cela n’avait rien à voir avec la fête d’hier mais quand même. Des bons petits plats, les préférés de Tristan, qu’elle apporta à table. Ils mangèrent avec complicité, elle faisait mine de le faire manger par petites bouchées. Un moment de complicité où ils essayaient d’oublier la soirée d’hier.

« J’espère que mon patron n’était pas trop… embêté que je ne sois pas là »

Elle mordilla dans un morceau de viande alors que Tristan la rassura. Elle se sentit mieux. En effet, Cassidy s’excusera demain et fera tout pour se faire pardonner. Ils ne tentèrent rien ce soir. Oublier c’était la meilleure solution pour ne pas perdre les pédales pour le moment. Ils essayaient de ne pas dépasser une certaine limite.
C’est pourquoi elle prit son bain seule, pour éviter tout débordement de situation. L’eau chaude lui faisait du bien et Cassidy manqua de s’assoupir dans cet espace si reposant. Elle était cependant curieuse de voir dans quel état elle se trouvait hier. Cela aurait été facile de le savoir en regardant à travers les yeux de Tristan mais au final, il valait mieux ne pas se plonger dans un souvenir qui n’avait rien de glorieux.

Elle finit par se laver, enfiler une nuisette et rejoignit son homme qui l’attendait, pensif, regardant la lune par la fenêtre. Séance de câlins tout sages, ils finirent par s’endormir paisiblement l’un contre l’autre, sans se poser de questions.

Le lendemain, Cassidy se leva avant Tristan. Elle déjeuna en vitesse, laissa un mot affectueux et se rendit en ville pour commencer son service.

Toute la matinée Cassidy réfléchissait. Beaucoup de choses l’inquiétaient et elle était pensive. Bien sûr, ils étaient très bien ici. Les habitants étaient accueillants, il y avait une franche camaraderie et un respect certain entre les différentes générations. Bon, il existe aussi des zones d’ombres comme les demoiselles qui parfois, semblaient vouloir casser le code qui était injuste à leurs yeux sur certains points. Après tout, tant qu’il n’y avait pas d’officialisation, tout le monde pouvait tenter sa chance et c’était bien malheureux de devoir rester bien sage sans séduire certains hommes déjà pris.

Cassidy, qui avait maintenant pris un peu l’habitude de son nouveau travail, ne pouvait pas s’empêcher d’écouter certaines conversations. Elle ne savait pas pourquoi, si c’était à cause de son séjour sur l’île, mais son ouïe était devenue bien plus fine et elle arrivait à se focaliser sur des paroles en excluant tout le brouhaha des alentours. Une capacité qui serait bien utile si elle était espionne. Ca non plus elle n’en avait pas parlé à Tristan mais après tout, lui avait-il posé la question ? Non… En fait le Drakkari ne lui posait pas des masses des questions. Bon d’accord, il s’inquiétait pour elle mais jamais il ne lui avait demandé ses nouvelles capacités, ce qu’elle avait appris sur l’île, ce qu’elle savait faire. Il découvrait au fur et à mesure et même si son air, plutôt calme, lui donnait l’impression de maîtriser la situation, ce n’était pas ce qu’il ressentait vraiment. Elle arrivait, grâce à leurs méditations, à percevoir des infimes contradictions entre les expressions de son visage, ses gestes et la véritable sensation interne. Ca restait encore flou mais la demoiselle se doutait bien que quelque chose n’allait pas, même si elle ne lui posait pas de questions.

Après tout, même pour leur petit problème… de galipettes il n’avait pas cherché de solution. Il n’avait pas essayé de réfléchir avec elle sur le pourquoi du comment. A parler ensemble, se poser des questions, jusqu’à avoir un déclic. Non, bêtement ils essayaient, les pulsions devenant de plus en plus violentes, de plus en plus pressantes. Ce n’était bon ni pour lui ni pour elle. Cassidy avait essayé, à travers les livres, à travers la méthode de cet étrange vieillard mais Tristan refusait qu’elle continue avec ça. Quand quelque chose lui faisait peur, quand il craignait pour la vie de sa belle, il paniquait totalement et manifestait un blocage complet. Son instinct, la sécurité. Elle, voulait comprendre. Lui préférait repousser de sa chère et tendre tout objet un peu trop coupant qui pourrait la blesser. Sans chercher à l’aider à en comprendre la cause. Ils étaient au point mort pour le moment.
Alors peut être que prendre une journée ensemble pour se ressourcer loin de leur quotidien pourrait être une bonne idée. Après tout, ils avaient besoin de passer du temps tous les deux pour se sentir bien et là, la routine ne plaisait pas vraiment à la petite mage. Travail, manger, galipette manquée, dodo. Mouais… pas follement passionnant. Ils n’avaient même pas de quoi pimenter leurs folles soirées !

Elle passa d’une conversation à l’autre, tout en servant les clients. Ici ça parlait de chasse, là-bas de l’aménagement d’une zone qui commençait à se fragiliser un peu, sur ce groupe ça parlait de… exploits au lit (elle passa très vite à une autre discussion, commençant à rougir). Bon d’accord, c’était un peu intrusif mais au moins ça lui permettait d’être au courant de… l’actualité de la ville.

Quand midi sonna, Tristan n’était pas passé à la taverne. Du moins il n’était pas rentré. Elle pensait que le jeune homme, se doutant qu’elle avait beaucoup de mal à freiner ses folles pensées, évitait de s’exposer auprès d’elle pour ne pas qu’elle brille et que cette prétendue allergie attire les clients habitués, qui remarqueraient au fil du temps, que cela arrivait uniquement quand il était dans la même pièce que la farouche petite mage. Mais elle savait qu’il l’attendait toujours à l’arrière de la taverne, histoire de passer un moment, tendresses et câlins sages au rendez-vous. Même si elle lui avait émis de la prendre directement derrière les grosses et imposantes caisses de matériel, dès que leur petit souci serait réglé. Le jour où elle lui avait dit ça, cela l’avait amusé. Après tout, il ne s’attendait certainement pas à ce que ce soit sa petite mage qui propose ce genre d’activité…digestive.

Elle s’était éclipsée après le rush de midi et avait enlevé son tablier, le posant sur un tonneau et s’affaissa un peu contre les pierres froides à côté de la porte fermée, poussant un soupir en baissant doucement les yeux. Il ne fallut pas beaucoup de temps pour qu’une voix taquine résonne non loin d’elle. Elle redressa la tête, souriante, et sauta presque au cou de son amoureux. Après tout, Cassidy aimait bien ces petits moments entre eux, cette intimité à l’abri des caisses, loin de l’agitation quotidienne.

Elle s’agrippa un peu plus, prenant un peu d’élan et déposa sur ses lèvres un magnifique baiser rempli de passion et d’envie. Un frisson électrique parcourut le corps de la petite mage et presque instantanément, elle se mit à briller. De plus en plus rapide, de plus en plus pressant. Elle redescendit doucement puis s’écarta un peu, rougissante et regardant ailleurs. Décidément ça n’allait plus ! Elle s’emballait vraiment pour un rien et sa faim insatiable ne disparaissait pas. Au contraire c’était de pire en pire. Elle n’imaginait même pas ce que Tristan devait subir de son côté. La demoiselle essaya de rester calme et ne pas montrer son impatience même si cela devenait vraiment très dur à gérer.

Elle se racla doucement la gorge, fit un mouvement de tête, puis approcha de Tristan en prenant ses mains dans les siennes. Malgré son travail physique, le fait qu’il soit un guerrier à plus de mille heures d’entraînement, elles conservaient une certaine douceur, qui contrastait beaucoup avec sa véritable nature. Mais cela apaisa un peu la demoiselle. Le regardant dans les yeux, elle semblait très sérieuse.

« Tu sais, j’étais en train de penser, depuis qu’on est ici, on n’a jamais vraiment pris une journée de libre. On ne se croise pas souvent en journée et… enfin tu me manques et j’aimerais qu’on aille se balader un peu et méditer demain. Je pense que ça ne peut nous faire que du bien »

Elle s’était mise à rougir en disant ça et détourna les yeux avant de dire très vite.

« J’en ai parlé à mon patron, il est d’accord »

Pouvait-il comprendre que la demoiselle souhaite avoir ce moment d’intimité ? Du temps pour eux sans penser à leur quotidien ? Chalet à construire, leur travail, l'intégration avec les autres habitants...

Apparemment, cela semblait ne pas le déranger le moins du monde.

Ils passèrent un moment à s’embrasser tendrement, profitant de leur temps de pause ensemble puis le petit couple retourna à ses occupations quotidiennes.

Pour Tristan, une petite altercation dont il se serait bien passé eu lieu. Il était à l’atelier en train de travailler sur une nouvelle pièce pour le chalet et son patron s’était absenté un moment pour une raison. Une voix bien trop connue de Tristan résonna dans ses oreilles.

– Salut… Tristan ! »

C’était Kalec qui se trouvait derrière lui, portant une caisse plutôt lourde pour son gabarit qu’il posa sur une table. Le jeune homme aux cheveux noirs commença à sortir toutes sortes d’outils qui semblaient fraîchement reforgés.

- Au fait… la petite mage. Elle n’a pas l’air d’avoir passé une nuit follement satisfaisante après ce petit problème… à la fête

Aïe… il avait remarqué ? Pourtant Kalec parlait sur un ton légèrement amusé, l’air de rien. Venant de la part de cet homme qui prenait son plaisir avec des jolies demoiselles, c’était un peu provoquant même si Kalec ne semblait pas se moquer. Il soupira un instant en examinant une scie.

- C’est bien dommage la pauvre. Après tout ce qu’elle nous a dit sur toi… que tu étais vraiment parfait au lit… qu’elle était entièrement satisfaite… et autres détails sacrément précis… je pourrais même en être jaloux…

Il posa la scie sur la table avant de prendre un marteau, prenant un air naturel comme si il parlait de la pluie et du beau temps, difficile de deviner ses véritables émotions car il gardait une maîtrise parfaite de son timbre de voix et de ses gestes.

- Ma foi, elle n’a pas l’air d’être comblée…

Si Tristan avait l’intention de dire, ou faire quelque chose, il fut tout simplement arrêté avant de commettre tout acte. Son patron était de retour à l’atelier et accueillit le nouveau Kalec avec le sourire. Une voix bienveillante et chaleureuse.

- Ah Kalec ! Merci ! Toujours aussi efficace !

Il prit un des marteaux pour l’examiner un instant.

- C’est vraiment du bon boulot que vous avez fait là !

Ils parlèrent un peu avant que Kalec ne prenne congé.

Cassidy n’était pas en reste dans le genre de choses agaçantes. Dans l’après midi, une chose se produisit. Une chose qui bouleversa complètement la petite mage, bien plus que prévu.

Elle arriva dans la zone du chalet, marchant d’un pas bien trop énergique. Ses bras se balançaient de chaque côté de son corps et ses poings étaient serrés. Son visage était sévère, ou carrément furieux par ce qui venait de lui arriver ! Ses yeux lançaient des éclairs alors qu’elle n’arrivait apparemment pas à se calmer. Ses cheveux étaient en vrac, son bandeau camouflant ses oreilles froissé comme si il avait été remis à la hâte et une mèche rebelle venait la narguer devant le visage.

Cassidy entra dans le chalet et referma la porte en la claquant violement, témoignant de sa très mauvaise humeur. La plus mauvaise depuis qu’ils s’étaient installés ici. Pour le coup, elle n’avait fait attention à rien, ni à Tristan qui devait être à moitié assoupi peut être ou au louveteau dans les parages qui n’avait pas besoin d’une furie pour guérir ! Elle marchait d’un pas énergique pour apercevoir Tristan qui s’était relevé à toute vitesse, certainement inquiet par cet accès de colère.

Elle le regarda, ouvrit la bouche, tenta de se radoucir à son contact. Cela marcha un tout petit peu mais pas des masses. Il la prit dans ses bras, voulant comprendre. Elle semblait extrêmement tendue et crispée à son contact, même si ce n’était pas sa faute. Cassidy colla doucement son front contre le torse de Tristan avant de se dégager, se rappelant de cet horrible évènement.

« Y m’énerve ! Y m’énerve ! »

Cela surpris certainement Tristan, qui voulait en savoir plus sur les tourments de sa compagne. Elle prit le bandeau qui couvrait ses oreilles, l’enleva et l’envoya bouler sur la table à côté d’eux. Son air était aussi bien agacé que profondément vexé. Un mélange de défi, d’énervement. Enfin c’était clair, elle était en colère.

« Rien rien ! Enfin… Juste un abruti qui est venu me cherché ! Ctenfoiré ! Non mais il a pas intérêt à recroiser mon chemin sinon je le crame jusqu’au dernier orteil ! Non mais vraiment… Saloperie va ! »

Intrigué, Tristan ne savait pas trop comment réagir. Jamais il ne l’avait vu dans un tel état d’emportement. Quoique quand la dragonne était là, la petite mage était extrêmement énervée également. Sauf que là, le perturbateur semblait être masculin. Qui donc pouvait s’en prendre à elle ? Après tout la petite mage n’attirait que la sympathie autour d’elle. D’ailleurs elle n’y faisait pas trop attention. Mais avant même qu’il sorte la moindre phrase, elle le devança, s’écartant un peu de lui et poussant un grognement.

« Pas besoin que t’intervienne là-dessus. La prochaine fois je le tue, c’est simple ! »

En gros, elle était en train de dire « J’en fais une affaire personnelle et par fierté j’aimerais régler ça moi-même ». Mais le sérieux avec lequel elle avait balancé cette phrase ne présageait rien de bon. C’était comme avec la dragonne, cette pulsion meurtrière qui agitait parfois la petite mage. Elle ne s’en rendait pas compte mais ça la rendait mauvaise… vraiment. Le côté lumineux qui laissait la place aux ténèbres. Elle était encore maîtresse d’elle-même, sûrement parce que la source de ses tourments n’était pas présente mais c’était mauvais signe.

Tristan devait sûrement réfléchir à toute vitesse pour chercher une solution afin que sa compagne se calme. Jamais il ne l'avait senti aussi agité, autant sur les nerfs. Elle pouvait même être effrayante avec ses cheveux en pagaille. Une vraie bombe de magie prête à exploser, un petit être si fragile mais qui habitait une puissance terrifiante à l’intérieur d’elle-même. Une puissance qu’elle ne maîtrisait absolument pas… une mage pas normale qui ne semblait pas avoir terminé son adolescence car ses émotions et sa magie étaient bien trop liées…
Avec ses sens développés, le jeune homme dut entendre le très léger craquement provenant de la table… avant la détonation de verre brisé qui explosa en mille morceaux avec une telle puissance que les morceaux se retrouvèrent projetés un peu partout autour du point initial. Il y avait de quoi s’inquiéter oui… si quelqu’un l’énervait à ce point, ça serait quoi la prochaine fois ? et où ? Et si elle devenait dangereuse à la taverne ? Fort heureusement pour eux, pas l’ombre de vilaine dragonne en vue et les demoiselles conquises par Tristan semblaient avoir suffisamment de respect pour ne pas tenter de fricoter avec lui. Mais cela devenait inquiétant.

Le Drakkari eu cependant une merveilleuse idée. Il se débrouilla pour l’amener dehors. La nuit n’était toujours pas tombée, il faisait suffisamment clair pour bien voir. Il avait installé un banc et commençait à réunir des pierres pour construire un bassin comme elle l’avait demandé.

Déjà elle se détendait petit à petit. Il la prit dans ses bras pour la soulever et l’amena jusqu’au banc où il s’installa avec elle avant de se mettre derrière et lui masser consciencieusement les épaules. Cela aida beaucoup Cassidy qui chassa de son esprit cet élément perturbant de la journée. Elle s’affaissa un peu contre Tristan et ferma paresseusement les yeux.

« Dis…est-ce que tu me trouves… instable ? »

Drôle de question ! Mais déjà elle se redressait et se mit face à lui, souriant.

« Je vais préparer le repas ! »

Le reste de la soirée se passa sans accroches. Elle s’était finalement calmée. Ils s’étaient concentrés sur le louveteau pour jouer un peu avec lui. Le petit avait repris un peu de poil de la bête et semblait être plus stable sur ses petites pattes. Rien de spécial à signaler.

Le lendemain matin, ils se réveillèrent aux aurores et Cassidy était vraiment enthousiaste à l’idée de partir en expédition aujourd’hui avec Tristan. Elle s’habilla avec une tenue plus masculine, qui lui donnait des allures cavalières. Tristan entra dans la salle de bain au moment où elle achevait une longue tresse qu’elle avait sûrement faite par magie qui reposait le long de son épaule. Elle se mit à sourire en le regardant.

« Alors tu en penses quoi ? »

Pas de bandeau cette fois, apparemment la demoiselle voulait sortir les oreilles à l’air aujourd’hui. Une fois préparés, ils sortirent de leur petit cocon. Cassidy semblait être de très bonne humeur et cela pouvait être contagieux. Elle était toute excitée à l’idée de découvrir les environs et surtout passer une journée entière avec son homme, loin de leur quotidien.

Pour rejoindre leur « retraite » dans la nature, il fallait passer par la ville et prendre une autre sortie qui conduirait à un chemin vers un autre flanc de montagne. Cassidy s’était bien renseignée auprès d’un trappeur en lui demandant le chemin vers un endroit sympa pour passer la journée.

Le petit couple marchait l’un à côté de l’autre en direction de leur destination. Soudain Cassidy se braqua. Elle restait calme en apparence mais le lien qui les unissait se tendit brusquement alors qu’ils approchaient d’une portion de chemin. Tristan qui était observateur ne loupa pas le spectacle. Une grande partie de la neige avait été repoussée autour d’un point, partant dans des directions différentes comme si tout avait été soufflé involontairement. Des brindilles traînaient également au sol, comme si un coup de vent trop violent les avaient fait tombés. C’était évident, la disposition de cette portion de route n’avait rien de naturelle et semblait avoir été forcée. Le chemin était normal un peu plus loin.

Autre détail troublant, alors qu’ils avançaient, à peine avaient-ils posé le pied dans cette zone que Cassidy avait brusquement pris la main de Tristan dans la sienne. Son attitude ne passait pas inaperçue même si elle gardait un certain contrôle au niveau des traits de son visage. Mais alors qu’elle aurait voulu prendre la main de Tristan doucement, comme si de rien n’était, c’était plus quelque chose d’impatient, instinctif et rapide, comme si elle cherchait à tout prix du réconfort. Réconfort qui ne tarda pas à l’apaiser. Le contact de la main de Tristan la détendit et ils purent continuer leur chemin en direction de la ville.

Une fois la zone passée, Cassidy devint un peu plus bavarde, racontant des anecdotes de la taverne, tout cela pour essayer de chasser de son esprit ses sombres pensées. Ils arrivèrent en ville où tout le monde vaquait à ses occupations matinales. Autre fait étrange, le comportement des habitants était le même qu’hier. On saluait chaleureusement le petit couple. Fait étrange alors qu’elle avait carrément les oreilles à découvert. Personne ne l’a regardait de travers, rien à voir avec cette autre ville où elle avait été dévisagée, vue comme un monstre presque. Non ici, son apparence semblait… normale. La jeune femme marchait fièrement, presque avec défi, le nez en l’air, presque comme une dame de haut rang et ne semblait même pas se soucier de ses oreilles légèrement pointues.

Arrivés à côté d’une fontaine, ils croisèrent Vlad qui avait un sac posé sur l’épaule. Ce dernier les interpella.

« Cassy ! Ah et bonjour Tristan. Où allez-vous de si bon matin ? »

La demoiselle se mit à sourire doucement.

« On va visiter un peu. Il paraît que la vue est magnifique sur le flanc ouest alors on va voir »
- Oh bon choix !

Il arrêta un instant son regard sur les oreilles de la demoiselle qu’il avait remarqué mais aucune expression de dégoût, pas de grimace, pas de sourire crispé. Au contraire il semblait tout à fait naturel et ouvrit la bouche pour dire quelque chose avant de la refermer, poussant une sorte de bruit taquin avant de dire une autre phrase.

- Profitez bien alors !

Elle le remercia et ils continuèrent leur chemin.

Tout le long de leur randonnées, la petite demoiselle semblait de bien meilleure humeur et voulait faire sûrement oublier à son compagnon ce malaise qu’elle avait ressenti peu de temps avant. Elle semblait fasciner quand Tristan racontait des choses au sujet des animaux, ce qu’il pouvait ressentir lui qui avait une sorte de connexion spéciale, de par sa nature de dragon. Ils s’étaient arrêtés pour manger un coup quand Cassidy fixait les arbres de la forêt.

« Dis… tu crois que le louveteau qu’on a recueilli serait capable de survivre après quelques mois à récupérer chez nous, dans cette forêt ? »

Drôle de question. La demoiselle avala une pomme de terre avant de continuer assez sérieusement sur sa lancée.

« Non pas que je l’aime pas hein… mais bon il me semble que ce genre d’animal préfère les grands espaces… On le laisse enfermer dans notre chalet alors je me demande si… enfin tu sais sa nature quoi… ne le pousse pas à être plus proche de la forêt que d’une habitation humaine ? »

C’était quand même logique même si on pouvait tout à fait penser autre chose même si la petite mage n’avait pas pensé à ça. En effet pour l’instant Tristan était condamné à ne pas utiliser sa forme de dragon, ne pouvait pas voler, tout ça parce que sa petite mage avait du mal à combattre son malaise et cette répulsion involontaire qui s’était forgée pendant son passage à l’état de dragon et qui avait fait pas mal de dégâts. De quel droit retenir un dragon dans une cabane en bois alors que le ciel est sa maison ? Cependant, Cassidy ne pensait pas du tout à ça.

Ils finirent par continuer leur chemin avant d’arriver dans une petite clairière tranquille. Des grosses pierres étaient entassées naturellement en son centre. Cassidy posa les affaires qu’ils avaient apportés et regarda Tristan d’un air complice.

« J’ai bien envie de profiter de la vue »

Il n’eut rien le temps de dire qu’elle commençait déjà à grimper. Enfin essayait ! A peine avait-elle agrippé une pierre pour se soulever qu’elle retomba au sol en couinant, les fesses dans la neige. Non décidément, Cassidy n’était pas tous les jours surhumaine. Tristan décida alors de procéder autrement. Elle devait se tenir à lui pendant qu’il escaladait. Bah oui, à ne pas pouvoir voler il fallait utiliser d’autres stratagèmes pour profiter de la vue ! Même si là il était relégué au rang de monture pour l’occasion.

Après un moment, ils arrivèrent enfin au sommet. La vue était en effet magnifique. Le vent glacial ne semblait pas déranger la petite mage qui tendit les bras en forme de croix et inspira profondément en fermant les yeux. Ses mèches rebelles encadrant son front flottaient en lui donnant des airs angéliques. C’était magnifique. Cette espèce de brume blanche qui se perdait dans les arbres en contrebas. Cette espèce de poussière scintillante qui flottait un peu partout. Les rayons du soleil qui touchaient les arbres en leur donnant une couleur beaucoup plus vive. Cassidy se sentait bien.

« On est pas bien ici à admirer la vue ? Moi ça me donne l’impression d’être libre. »

Aïe aïe aïe… petite idiote ! Aurait-elle oublié la vraie sensation de liberté en vol ? Si sa phrase était maladroite, impossible de deviner les pensées de Tristan. Peut être voulait-elle bien faire, juste lui dire qu’elle était heureuse ici avec lui. Mais allez dire ça à quelqu’un dont le vol est une seconde nature, rester planter sur un gros caillou alors qu’on peut voir le monde défiler sous ses yeux, ce n’est pas la même chose.

Ils redescendirent finalement avec précaution et s’installèrent à un endroit de la clairière pour commencer leur méditation ensemble. Un grand linge avait été étalé sous eux pour ne pas avoir les fesses directement dans la neige. Elle tenait les mains de Tristan et fermait les yeux. Mais pour une raison inconnue, la demoiselle sentait son Drakkari un peu agité. La méditation mettait toujours le doigt sur une chose. Malgré le calme extérieur, si l’esprit est agité, ne serait-ce qu’un peu, alors les interférences arrivaient et c’était très simple de le remarquer.
Cassidy le sentit et pressa un peu plus les mains de Tristan.

« Détends toi… Concentre toi sur ta respiration… La chaleur de mes mains… Ne pense à rien… Fais le vide… »

Malgré tous ses conseils, ce n’était pas aussi bien qu’avant. Cassidy fronça les sourcils. Elle rompit le contact et s’étira un coup.

« Bon enlève ta tunique et proteste pas ! »

Heu soit… Il finit par obéir, ne comprenant pas ce qu’elle cherchait à faire. Elle lui ordonna de se coucher sur le ventre, ce qu’il fit. Elle se plaça au-dessus de lui et commença à le masser avec application. La petite demoiselle sentait les muscles tendus de son partenaire, des nerfs peut être mal placés et l’impression qu’il en faisait beaucoup trop… Elle fronça les sourcils mais ne fit aucun commentaire, s’appliquant deux fois plus. Encore un peu. Plusieurs fois elle insista à certains endroits, étant sûre de dénouer les nerfs emmêlés, cette fatigue physique qu’il ne montrait pas.

Elle passa beaucoup de temps sur son dos, dans sa nuque, peut être presque une heure jusqu’à ce qu’elle soit convaincue des bénéfices de son massage. La demoiselle s’arrêta enfin et s’écarta un peu de lui, le temps qu’il s’étire. Pas de critique, question, pas de commentaire, juste un beau sourire alors qu’elle approcha la main de son visage en caressant avec douceur sa joue bien chaude.

« Ca va mieux ? »

Cela semblait être le cas. Alors elle voulut recommencer à méditer, une nouvelle fois. Ils se remirent en tailleur, l’un en face de l’autre, les mains dans les mains. Elle ferma les yeux mais se heurta sur le même problème venant de Tristan. La bonne nouvelle ? Elle arrivait à sentir leur lien. La mauvaise ? Ce n’était peut être pas un sentiment de joie qui l’agitait. Pourtant elle essaya, insista, parlant d’une voix rassurante. Elle ne savait pas ce qui bloquait, ce qui le gênait. Peut être elle ? Elle essaya de lui donner un peu d’elle pour l’apaiser. Ca ne marchait qu’à moitié.

Elle relâcha une nouvelle fois ses mains et soupira tout en rouvrant les yeux.

Se relevant, la petite demoiselle fit quelques pas, réfléchissant, laissant Tristan à ses pensées sans vouloir le heurter ni le déranger. Puis elle revint vers lui, souriante, quoique un peu inquiète.

« Bon Tris’… ça sert à rien là. Je pense que c’est un peu le moment de discuter sérieusement là, qu’est ce qui ne va pas ? »

Elle détourna les yeux, honteuse.

« Je sais bien que c’est à cause de moi parce que… enfin on ne peut… fin tu vois quoi ! Tu attends, tu es patient, je le sais mais tu restes un homme. Mais je pense que tu devrais vraiment me dire ce que tu as sur le cœur. Tant pis si ça me plaît pas ! Mais pour l’instant tu l’as bien vu, on évolue pas, il n’y a rien qui change… »

Elle s’arrêta un moment alors qu’une autre phrase lui traversa l’esprit. Phrase qu’elle ne voulait pas dire, qui pourrait faire trop de mal. « J’ai l’impression que depuis que tu as activé cette part de dragon tout ne redevient pas comme avant. ». Elle ne le disait pas mais cela renforça son sentiment d’amertume envers ces êtres qui avaient transformés SON Tristan. Bon d’accord elle aimait bien volé avec lui… mais là c’était différent. De qui venait le problème ? De lui qui ne disait rien ? Ou d’elle qui ne trouvait aucune solution pour l’accepter tout entier ?
Le silence se figea, même les bruits ambiants de la forêt, des animaux, semblait s’arrêtait. Elle regardait intensément Tristan, voulant presque lire en lui, voulant le comprendre. Elle était prête à faire n’importe quoi… enfin n’importe quoi pour que tout redevienne comme avant hein… Enfin en tout cas pour trouver une solution à leur problème.

C’était calme, beaucoup trop calme. Elle attendait fermement en face de lui, les poings serrés, nerveuse. Il ouvrit la bouche mais s’arrêta direct avant de dire autre chose. Un danger arrivait ! Elle n’avait rien vu venir mais lui oui ! Une avalanche apparemment qui se rapprochait bien trop rapidement. Le seul moyen de s’en sortir c’était de remonter sur cette espèce d’amas de cailloux, qui montait suffisamment dans le ciel car ils n’avaient aucun abri où se mettre.

Elle ne broncha pas et le laissa entreprendre son ascension, elle fermement accrochée à lui.

Il n’avait jamais été aussi rapide.

Arrivés au sommet, elle se laissa glisser le long de lui et aperçut au loin, la grande vague blanche qui fonçait droit sur eux. Cette dernière vint s’abattre de plein fouet contre leur « tour » de fortune. Mais la force était si puissante qu’un tremblement sous leurs pieds se propagea. Si Tristan avait de bons réflexes, ce n’était pas le cas de Cassidy. La puissance du choc la projeta littéralement en arrière et la demoiselle qui était trop près du bord se retrouva dans le vide en poussant un cri… ou plutôt le nom de son bien-aimé.

Trop tard pour la rattraper, il n’y avait plus 36 000 solutions pour la récupérer maintenant.




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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: Comment se retrouver pour mieux s'aimer...   Ven 2 Oct - 11:46

L’odeur entêtante de sa peau, le frisson qui la hérissait de minuscules aspérités si caractéristiques de la chair de poule alors qu’il effleurait sa gorge de ses lèvres. Une veine prise d’une pulsion plus forte à ce contact, témoin certain de l’emballement de son coeur qu’il savait provoquer. Il l’avait sentie battre sous son souffle, la chaleur de sa peau, son irrépressible douceur malgré une fine cicatrice à présent invisible à l’oeil nu mais que son simple sens du toucher, bien trop affûté, repérait sans mal. Une cicatrice de son séjour de souffrances et de doutes, ce moment ancré, diffus et… inaccessible à jamais. C’est presque violemment qu’elle l’avait empêché de poursuivre la tendre caresse qu’elle lui inspirait malgré le désir qui lui meurtrissait les sens et plus encore la raison. C’était important. Pour lui elle était tellement plus que cela. Tellement plus que toutes les autres. Il n’avait pas encore réussi à lui dire, par peur et par honte peut-être. Même à cet instant, malgré son bracelet, malgré ses hormones qui s’emballaient et laissaient se diffuser le pire en lui, malgré la douleur et le désir qu’elle attisait ça restait important. Il n’aurait pas franchi la ligne, la limite, cette frontière dont elle ignorait tout, cette frontière dont il gardait si jalousement le secret. Oui presque violemment elle l’avait repoussé, lui tirant les cheveux en arrière avec une poigne et une brusquerie qui ne lui ressemblaient pas. La violence dans son regard pailleté d’or, il l’avait vue.
Ce n’était pas contre lui, enfin pas volontairement. Il le savait. Il le sentait. Mais ses envies la rendait dingue, autant que lui, plus probablement. Elle n’avait pas son expérience. Ni sa patience. Elle ne savait pas…
Face à elle, face à sa si attendrissante naïveté et sa touchante inexpérience il se sentait vieux de plusieurs siècles parfois, pas hétéroclite, juste expérimenté. Pour elle. Tout semblait le ramener à elle. C’était tellement effrayant… Il avait gémi sous sa poigne, elle avait souri avec cette perversité qui ne lui ressemblait pas. Ses désirs, ceux qu’elle attisait chez lui, son regard si brûlant avaient eu raison de lui pendant un court instant, permettant de se diffuser le frisson merveilleux de l’extraordinaire animal de légende qui grondait enfermé, réprimé depuis trop longtemps. Le dragon détestait attendre.

Tristan sentit la main fine sur son dos, la caresse douce de ses doigts légèrement tremblants vers le milieu de son dos, il ne savait pas où exactement, car la caresse s’étalait tant elle provoquait, même à travers sa tunique. L’hésitation et la douceur, la chaleur aussi qui se dégageait de sa main, oui, même à travers le tissu. Bénie soit-elle de ne pas ressentir avec une telle intensité tout ce qui l’entourait comme lui devait le supporter, parfois il aimait cela mais plus souvent… il se sentait terriblement vulnérable face à cette « capacité ». Cette petite main, tellement plus petite que la sienne mais si forte dans toutes les circonstances, quoi qu’elle en dise, chassa en une fraction de seconde les intenses souvenirs qui avaient surgi devant ses yeux alors qu’il perdait son regard au-delà de la fenêtre. Son hésitation, son léger tremblement, la culpabilité qu’il ressentit dans son odeur, sa honte aussi, un brin exagérée à ses yeux, tout ceci lui fit fermer les yeux et se détendre, s’apaiser immédiatement. Le pouvoir qu’elle avait sur lui était incontestable et pourtant elle continuait d’y rester si aveugle que c’en était parfois un brin… insultant.
Il se tourna vers elle, surprit la culpabilité cette fois dans ses adorables yeux noisette qui se baissaient vers le sol, accrochaient ses poignets et nouveaux bracelets. Il préférait la timide demoiselle à la farouche et indomptable dominatrice de la veille. C’était égoïste, il le savait. Mais la douce jeune femme provoquait chez lui un émoi qu’aucune autre ne parvenait à inspirer. Certes la Cassidy bourrée et tellement provocante était merveilleusement inspirante et appétissante mais elle lui rappelait aussi qu’elle était terriblement différente, une différence d’une année de solitude et de changements, auxquels il n’avait pas assistés et dont il n’osait mesurer l’étendue des dégâts.

Il parla des bracelets aussitôt pour lui changer les idées et un sourire attendri naquit sur ses lèvres en la voyant tenter un maladroit compliment, sa manière de s’accrocher doucement à lui en tenant ses avant-bras musclés à la fois fermement et… comme une étrange caresse, comme si elle craignait qu’il la repousse mais lui demandait de ne pas le faire. Comment pouvait-elle encore douter ? Il n’empêche il lui en voulut une seconde. De ne pas réussir à lui en vouloir justement. Quelle contradiction ! Elle continuait de provoquer chez lui une montagne de contradictions !
Elle ne vit pas venir son baiser, y résista à cause de la mixture alors qu’il souriait. C’était dépitant… Pourquoi diable ne parvenait-il qu’à sentir le goût mentholée de la tisane qu’il lui avait préparée le matin et non celui de l’horrible mélange ? Enfin pour le coup il remerciait ses sens. Mais il aurait voulu savoir pourquoi. Oui… pourquoi ? Elle ne résista pas finalement, probablement parce qu’elle s’en voulait trop. Mais il la sentit aussi bien se détendre qu’être mal à l’aise. Il la laissa donc. Quoi qu’elle puisse penser, il était bien plus attentif à ce qu’elle faisait et ressentait qu’elle n’en aurait jamais conscience. Seulement il ne le savait pas toujours lui-même et le comprenait souvent… encore moins.

Pour que son coeur ne soit plein que de joie, pour chasser cette conversation pourtant nécessaire et les douloureux sous-entendus à propos de leur couple et de leur intimité qu’elle soulevait il lui montra la serre. Pour l’instant il ne s’agissait réellement que de la structure mais il tenait à lui montrer car il n’aménagerait rien sans son accord. C’était censé être « son » endroit rêvé.
Et tout bascula.
La surprise dans ses beaux yeux, la joie, ses magnifiques sourires, ses pommettes qui se coloraient comme chaque fois qu’elle était enthousiaste, sa voix qui montait légèrement dans les aigus et dont le débit s’accélérait, le battement de ses longs cils alors qu’elle prenait conscience de sa surprise et aussi peut-être qu’il l’écoutait toujours et qu’il n’agissait que rarement sans bonne raison, la raison justement pour laquelle il ne l’avait pas accompagnée à ce diner, non pour être seul, non parce qu’il lui préférait un avancement dans le travail, juste pour ce sourire, juste pour cet instant. Une foule de détails. Qu’il avait pourtant anticipés, imaginés. Il devait faire le bilan, il avait une bien piètre imagination. Ce moment précieux qu’elle lui offrit sans même en avoir conscience chassa en ce même battement de cils assez irrésistible, il devait l’avouer, toute la frustration, toute la colère, toute la souffrance qu’il avait pu ressentir durant la soirée et toute cette éprouvante journée, elle chassa la fatigue d’une nuit sans sommeil et surtout d’une nuit à s’inquiéter, à culpabiliser. Il ne bougeait pas, semblant amusé de la voir tourner autour de la serre, son sourire en coin aux lèvres, celui qui la faisait fondre en un quart de seconde, son regard ambré la suivant avec la même lenteur qu’un prédateur suit sa proie. Non, il ne bougeait pas, extérieurement imperturbable, intérieurement touché devant un spectacle magnifique que personne jamais, probablement, ne comprendrait.

Quand elle vint contre lui, il se contenta de passer un bras autour de son corps mince et d’embrasser son front, se penchant doucement en avant.

- Eh bien j’ai une idée encore plus intéressante si tu veux bien. C’est censé être aussi parfait que possible pour toi. Donc le mieux à faire est encore que tu me décrives au mieux ce que tu imagines et que je le dessine pour en avoir l’idée la plus proche possible. Non ?

Elle semblait emballée, peut-être un peu trop, peut-être pour chasser, elle aussi, ce moment qui n’avait pas été des plus agréables justement.
Sa proposition pour le louveteau lui fit légèrement hausser un sourcil alors qu’il fixait l’animal minuscule qui n’avait rien du grand prédateur qu’il deviendrait un jour. Elle pensait à quelque chose qui l’avait rendue triste, il ne savait pas quoi, mais le détachement dans sa voix était celui qu’elle avait quand quelque chose la touchait. Il sourit, haussant les épaules en disant qu’il réfléchirait mais fit un grand honneur à son repas. Elle s’était appliqué et mine de rien, parler de leur mésaventure avait fait du bien au jeune homme qui se révéla d’un appétit d’ogre ! Il faillit même lui gober sa fourchette… mais s’arrêta là, même si l’envie de poursuivre le diner sur un autre type d’hors d’oeuvre le tentait beaucoup ce n’était franchement pas le meilleur moment. Et puis… leurs constants échecs les mettaient tous les deux à mal tout de même.

Elle y pensait, il le savait.
Il fixait pensivement la lune qui se levait dehors, s’étant lavé rapidement avant de lui céder la place en lui disant de prendre son temps. Malgré l’odeur du savon, de celle de l’eau sur sa peau, il sentait l’odeur de la pointe de désir qui se dégageait légèrement d’elle à chaque fois qu’elle songeait à leurs ébats, ce qui arrivait beaucoup trop ces derniers temps, et celle du dépit aussi, celle-ci il avait vite appris à la reconnaitre, elle la dégageait constamment ces derniers temps. Ca il ne lui avait pas dit… A quel point ses sens étaient devenus affûtés. Ce n’était pas quelque chose de facile déjà de briller et d’exposer ainsi à sa vue les envies de sa chair, il ne voulait pas qu’elle souffre en plus d’apprendre qu’il en savait parfois… bien plus qu’elle sur ce qu’elle ressentait. Même si c’était diffus et souvent matière à se tromper. Et puis… il y faisait particulièrement attention ces derniers temps c’est vrai. Mais seulement parce qu’il cherchait, seulement parce qu’il essayait qu’elle soit au mieux et aussi, c’est vrai, de détecter le moment où elle se sentirait assez en confiance avec lui pour que son corps cesse de l’attiser pour mieux les lâcher.
Elle était déçue. Déçue et inquiète. Il le savait. Il le sentait. Il aurait voulu lui dire que tout allait bien, que tout irait bien mais il commençait à en douter.

Quand elle le rejoignit il frémit à l’odeur du savon qui collait si harmonieusement à celle de sa peau et eut l’envie irrépressible de coller son visage contre sa gorge, y résista tant bien que mal, se contentant de la douce étreinte qu’elle lui offrit. Il passa un moment à dessiner ce qu’elle lui indiquait puis elle lui parla de tout ce qu’ils pourraient faire comme type de méditation et ce qu’elle pourrait lui apprendre à contrôler par ce biais. Mais elle parlait de sa respiration, de sa force, de ses techniques de combat, pas un instant de sa transformation ou encore de ses pulsions/ instincts de dragon. Ca aussi il le remarquait.

Il se réveilla seul ce matin-là. Elle l’avait laissé dormir, bien consciente qu’il avait vraiment besoin de se reposer et ce même s’il ne l’avait pas dit et encore moins montré. Elle le connaissait, elle savait repérer chez lui beaucoup de ce qu’il cachait, même si elle ne s’en rendait pas compte elle-même. Il sourit, amusé. Ils connaissaient mieux l’autre qu’ils ne se connaissaient eux-mêmes. Ca aurait pu être drôle si leur relation n’était pas aussi menacée.  Ils étaient bien oui… mais c’était tendu et creux. Et même si évidemment le sexe y était pour plus que beaucoup, ce n’était pas la seule raison…
Il se leva en soupirant, se frottant la nuque en essayant de dénouer par quelques étirements les muscles et nerfs qui restaient coincés. L’intense travail physique n’était pas le seul responsable, il en avait l’habitude après tout, c’était plutôt le stress. Probablement oui…
Le jeune homme prit le mot griffonné à la hâte et un sourire éclaira progressivement son visage. Un témoin à cet instant aurait juré que les marques sur ses joues avaient bien plus accroché la lumière du soleil qui filtrait dans la chambre qu’un instant plus tôt, mais il était seul et ce n’était peut-être dû qu’au mouvement de ses muscles faciaux.

La demoiselle avait filé encore plus tôt que d’ordinaire. Elle souhaitait sans doute se faire pardonner son absence. Après tout, perfectionniste comme elle était et ne rechignant pas le moins du monde à la tâche elle s’en voulait plus que de raison, il s’en doutait, d’avoir raté sa journée de travail de la veille, surtout pour une raison aussi peu glorieuse qu’une gargantuesque gueule de bois. Si celle-ci lui avait au moins offert ce déblocage dont ils avaient tant besoin pour réconcilier leur petit couple devenu si « timide », nul doute qu’elle aurait bien moins culpabilisé, qu’elle serait allé travailler avec quelques rechigneries bougonnes mais le sourire aux lèvres, enfin réellement heureuse et peut-être un peu gênée dans sa marche mais ça… ça ne la gênerait probablement pas plus que ça. Un sourire pervers éclaira le visage de son esseulé compagnon cette fois-ci, amusement aussi. Il n’était plus très sûr. Il fronça les sourcils néanmoins.

Ils n’avaient rien tenté, il valait mieux éviter. Pourtant quand elle l’avait rejoint la veille au soir, dans une nuisette pourtant relativement sage mais pas assez pour l’imagination du Drakkari, il aurait bien tenté… En fait, même si c’était dur moralement de sentir que son corps le rejetait à ce point et de la manière la plus cruelle qui soit, pas violente au contraire, comme s’il cherchait à tout « couper » entre eux, il était sérieusement accroc… et il ne pouvait pas oublier…

Secouant la tête pour se reprendre en sentant que sinon sa journée allait encore être assez tendue et pas que la journée d’ailleurs il refit quelques étirements et alla se préparer.
Le grand miroir de la salle de bain lui renvoya la silhouette du grand jeune homme au pantalon lâche diablement descendu sur ses hanches laissant beaucoup trop apparent le V de ses abdominaux.. enfin le spectacle était plutôt pour l’apocalypse de ses cheveux bicolores qu’il prit le temps de soigneusement brosser puis d’ébouriffer de nouveau… Quand il se passa de l’eau sur le visage, il sentit les fines arabesques brillantes pulser légèrement sous ses doigts. Pourtant en relevant les yeux vers le miroir il n’y avait pas de différence, pas même la plus petite.
Il grignota rapidement une fois habillé et alla rejoindre l’atelier puisqu’il y était tout la journée cette fois. Et heureusement parce qu’un couple un peu trop vigoureux avait dû profiter de la petite fête pour anéantir un lit apparemment… et une balustrade… Ah la jeunesse !!!!

Pourtant le patron du jeune homme vint rapidement le voir avec un grand sourire lui expliquant qu’ils avaient reçu comme demande de la part du chef du village de construire un terrain de jeux un peu en retrait pour les enfants un peu trop chahuteurs et qu’il pouvait l’aider à y penser. Enthousiaste le jeune homme se mit rapidement à dessiner et ils y passèrent presque toute la matinée, parlant fort avec Raph qui s’était joint au travail qui semblait plus constituer en celui qui hurlerait le plus fort que celui qui proposerait les meilleures idées…
Le travail l’aida au moins un peu à se vider la tête, à ne pas trop penser à elle. Celle qui lui occupait un peu trop l’esprit, un peu trop constamment. En bien comme en mal.

Et c’était reparti… Bon ça lui faisait une pause avec tout le brouahaha, ce n’était pas si mal. Il n’avait pas besoin de fermer les yeux. Il suffisait de penser suffisamment fort à elle. Son ouïe fine se concentra sur les battements de son propre coeur et occulta grandement ce qui l’irritait, à savoir les voix tonitruantes de ses camardes. C’était quand même assez grave quand il y pensait… il était vraiment atteint. Son odeur lui parvenait presque et il lui semblait entendre l’éclat lointain de son rire. C’était comme un fantôme bien flou devant lui, ils étaient debout tous les deux et elle levait forcément le visage vers lui. Leur différence de taille n’était pas toujours pratique c’est vrai mais quand elle le regardait ainsi, d’en bas, haussant légèrement les sourcils, son petit sourire aux lèvres, qu’il se sentait léger… Il pensait que personne ne remarquerait, pourtant le sourire tendre qui éclaira son visage alors qu’il avait les yeux perdus dans le vide n’échappa pas à son patron ni à Raph d’ailleurs. Les autres ne firent pas attention, pas plus que ça… Tout le monde ne pouvait pas comprendre.

Mais penser à elle, la trouver si belle rien que dans sa pensée, amenait aussi les doutes et la peur, le constat de tous ces changements.
Ceux qu’il avait remarqués évidemment et dont il ne faisait pas étalage, bien au contraire. Dans un sens ils se trompaient encore l’un comme l’autre. Lui pensait qu’elle ne voulait pas en parler et elle… qu’il ne voulait pas savoir. Alors qu’elle aurait probablement eu besoin de tout lui raconter et que lui avait peur de l’interroger. Pourtant l’envie était là.
Combien de fois avait-il eu envie de lui demander de lui raconter, de tout lui raconter, de tout lui dire, de l’interroger en long en large et en travers, d’extérioriser ainsi tous les démons qui l’obsédaient et aussi d’amoindrir un peu l’interminable année qui les séparait et les séparerait toujours l’un de l’autre. Il voulait savoir. Il savait qu’elle avait souffert et pour cette raison, davantage encore, il voulait savoir. Il voulait savoir à quel point il devait remercier Alanir, à quel point il avait été idiot de croire, même brièvement, qu’elle l’avait abandonné, à quel point elle avait apprécié cette étrange amie même si elle avait été une sacrée entraineuse, à quel point elle avait eu peur, à quel point elle avait eu mal, à quel point elle avait pleuré, à quel point elle avait espéré et par là aussi, continué de l’aimer.
Il savait par elle et Alanir qu’elle voulait s’accrocher à lui s’il l’avait attendue cette année-là. Elle ne savait pas que seuls quelques jours s’étaient écoulés. Il n’avait rien dit, jamais rien dit par rapport à ça. Mais il avait parfaitement remarqué. Elle lui avait accordé un crédit, une confiance… qu’il ne se serait jamais donné lui-même. S’il l’avait attendu… Elle avait songé qu’il l’ait attendu. Elle avait accordé une foi en leur amour qui collait si peu à leur piètre estime d’eux-mêmes personnelles que c’était une lueur, un espoir, un cadeau qu’il conservait jalousement. Mais il avait remarqué…

Ô timide jeune homme finalement… Derrière tant de carapaces se cachait décidément un bien sensible demoiseau qui semblait bien attentif à tout ce qui la concernait, bien trop peut-être. Tellement qu’il ratait le plus évident. Cocasse idée.
Il voulait les lui poser toutes ces questions. Mais il n’osait pas… parce qu’il avait eu un aperçu de ses souffrances. Il avait vu le dragon fondre sur elle, elle le confondre tellement l’amour et l’espoir se disputaient dans son coeur et aveuglaient son regard. Il l’avait vue la frapper, griffer, mordre, presque la dépecer vivante. Il ne se souvenait qu’à peine de son propre combat contre cette créature. Elle ne se souvenait pas de lui à l’époque mais fou il avait failli le devenir tant le souvenir avait été vivace, tant la haine avait été prégnante. On s’était servi de son apparence… pour s’attaquer à elle. Il l’aimait tant.
Il avait vu un peu de son entrainement. Il avait vu beaucoup de ses blessures. Il avait vu quand elle échouait. Il avait vu quand on lui prenait son bébé… Il ne voulait pas la forcer à revivre ces évènements par égoïsme, parce que lui voulait savoir, qu’elle lui en parle assez pour qu’il se rapproche un peu d’elle malgré cette année loin, si loin.
Il était là évidemment… En fait il avait essayé de lui dire qu’il serait là à chaque instant pour elle si elle voulait en parler, de tout ce qu’elle voulait, c’était sa manière maladroite de lui dire que si elle voulait lui raconter, oui, elle le pouvait, elle le devait même, mais qu’il ne voulait pas la forcer non plus, parce qu’il comprenait que ce soit dur… Et que lui… n’était pas prêt non plus à tout lui montrer, même s’il avait fait des efforts titanesques dans ce sens pour s’ouvrir et se confier en elle, certaines choses… restaient cachées.
Et finalement lequel était le plus aveugle et le plus maladroit des deux ? Difficile à dire…

Pauvre petite Cassidy, pauvre petite mage qui travaillait, écoutait… en pensant que cette anecdote intéressante rendrait son compagnon indifférent. Que nenni, c’était tout le contraire. Pauvre petite demoiselle aussi qui songeait qu’il ne réfléchissait pas à cet autre problème qui leur pourrissait la vie. Il y réfléchissait. Tout le temps à vrai dire. Difficile de penser à autre chose alors qu’il crevait de désir pour elle. Mais là aussi la peur l’arrêtait…
Plusieurs fois il avait failli lui parler, failli aborder le sujet avec elle… Mais que lui dire ? Il voyait de là le spectacle, de là son discours.
Il lui prendrait les mains, la ferait s’asseoir…

- Cassy ma princesse… Je… Ca ne va pas entre nous, clairement. Les réactions de ton corps n’ont rien d’ordinaire même par rapport à nos normes qui, avouons le, sont extraordinaires. On essaie mais ça ne marche pas… Mais ce n’est pas comme avant. Quand… enfin… après ton… après ce que t’ont fait ceux qui… quand tu as voulu venir me retrouver, après avoir rompu avec Erwan, alors que tu ignorais que je me souvenais de toi et que tu as été agressée… il y a eu un déclic au niveau de ta magie… Tu te souviens ? Tu n’arrêtais pas de me repousser magiquement à cause de ça parce que même si tu m’aimais eh bien… le traumatisme lui était là… Je… je ne parle pas de ça pour t’embêter, pour que tu te remémores ça, je suis désolé, crois moi… je… c’est juste que… ça y ressemble et en même temps ce n’est pas pareil. Ton corps me repousse… mais différemment. C… c’est moi qui t’aies fait du mal, c’est moi le bourreau… quand j’étais… enfin quand je me suis montré sous cet angle, sous l’image de celui que j’aurais été si j’avais été élevé par les dragons, tout ce que je t’ai fait… même si tu as accepté de le subir, pour moi, pour nous ça a laissé des marques, vraiment profondes et elles ne disparaissent pas… Ton corps a trouvé comment me repousser. La magie c’est une chose, me repousser avec force n’avait provoqué que patience et insistance mais là… Cassy ça fait cesser l’alchimie entre nous, clairement. Tu t’endors ! Ce n’est pas pour rien… On ne peut pas… casser le désir qu’on éprouve l’un pour l’autre, t’endormir, c’est le seul moyen que ton corps a trouvé pour t’y soustraire… Enfin… c’est… c’est comme ça que je le ressens. Ce que je veux dire c’est que tu m’en veux, tu m’en veux énormément… que tu en sois consciente ou non, que tu veuilles me le dire ou non et… ça coince… et… c’est là dessus qu’il faut réfléchir. Ca me rend malheureux évidemment mais… On… on peut surmonter ça… mais comment je ne sais pas… J’ai… j’ai l’impression qu’inconsciemment tu veux que je m’éloigne de toi.

Utopique.
Un, elle ne le laisserait jamais finir et ce même si elle se faisait généralement très silencieuse quand il était sérieux et se lançait dans un long discours, trop consciente de la rareté de ces moments de livraison totale.
Deux, ses yeux se rempliraient forcément de larmes pendant son discours, à cause des souvenirs, ses douces mains trembleraient dans les siennes et il ne pourrait jamais poursuivre son discours et encore moins sa pensée tellement ça lui comprimerait le coeur. Il serait bien trop occupé à la câliner et à l’embrasser pour se faire pardonner.
Trois… il n’était pas capable de lui dire tout ça… Parce qu’il s’en voulait tellement pour Ikaël, il avait tellement peur de l’entendre dire que oui… elle le détestait, que oui, elle ne supporterait jamais ça, qu’elle ne le supportait plus, qu’elle voulait qu’il parte… Il la sentait, tous les jours, sa haine envers les dragons… Tous les jours.


Cette pensée le fit irrémédiablement revenir à l’atelier et sa bonne humeur s’estompa aussitôt comme une bougie soufflée. Là, sa fin de matinée était mal partie. Il se remit au travail, s’étant si brusquement fermé que personne n’avait compris et demeura austère et fermé jusqu’à midi. Pendant un bref moment il hésita même. Il n’avait pas envie de rejoindre sa fiancée en étant de mauvaise humeur au risque de la perturber davantage et de se montrer désagréable avec elle… alors qu’évidemment elle n’y était pour rien !
Mais ses hésitations fondirent dès qu’il l’imagina, l’attendant dehors, et la sensation douce de son corps mince blotti contre lui…
Elle était déjà sortie quand il la rejoignit. Son odeur était proche de la remise. Il s’y rendit aussitôt, en silence comme toujours.

- Eh bien demoiselle vous semblez bien fatiguée. Des restes d’une certaine gueule de bois mémorable ?


Taquin il s’avança alors que le visage de sa compagne s’illuminait d’une telle manière que la discussion qu’il pensait devoir avoir avec elle lui semblait juste monstrueusement insultante et égoïste…Elle lui sauta littéralement au cou et il sourit en constatant qu’il avait décidément bien fait d’anticiper cette attitude. Son baiser lui retourna la tête et l’estomac et il se félicita de n’avoir rien dedans à cet instant, il aurait été bon pour des brûlures et crampes d’estomac. Cruelle demoiselle. Vengeur il ne la laissa pas gagner ce petit jeu là et les bras étroitement serré autour d’elle puisqu’il l’avait quand même un peu cueillie en vol, il lui rendit son baiser avec moult intérêts alors que les pieds de la demoiselle ne touchaient plus le sol depuis un moment déjà.
La pauvre se mit si vite à briller qu’il en fut presque frustré. Décidément… même son désir les rappelait à l’ordre. Il n’osait plus la torturer… pas sans pouvoir l’apaiser par la suite du moins. Bon bien sûr son baiser l’avait étourdi et la voir briller, hum, provoquait toujours ce bien étrange phénomène sur son boxer… ça devait être une magie rétrécisseuse de vêtements ! Hum… mouais pas vraiment… Pourtant il demeurait calme extérieurement. Il fallait bien que l’un d’eux le soit après tout. Doucement il relâcha son étreinte alors qu’elle avait lâché son cou, celui-là même qu’elle avait cramponné avec une telle ardeur que le délicieux frisson brûlant qui lui avait parcouru la colonne en résultant se dissipait à peine. Elle n’osait même plus le regarder… Ca lui faisait de la peine… pour elle, pour eux.
Pourtant un léger sourire étira les lèvres du jeune homme. Il allait parler quand elle lui prit les mains, les pressant et jouant un peu avec, il adorait décidément quand elle faisait ça, avant de se mettre à parler.

Sa timide petite demande le surprit certes mais l’attendrit encore plus alors qu’il se maudissait d’être une telle guimauve devant elle. Il lui enleva une de ses mains pour lui caresser doucement une joue, l’effleurant à peine, l’incitant doucement à relever les yeux qu’elle avait baissés. Il fit un sourire charmeur à sa compagne avant de singer une révérence.

- Si cette demoiselle souhaite m’accorder un tel instant privilégié à ses côtés je serais bien sot de refuser alors que j’ai si envie d’être près d’elle…

Petite phrase un peu bête peut-être. Petite manière, innocente, détournée, de lui dire qu’il voulait être avec elle, près d’elle, que ça ne changeait pas le moins du monde… Elle brillait toujours.
Il lui sourit et déposa cette fois des baisers tendres sur son visage sans arrière pensées avant de se pencher sur une de ses oreilles, provocant.

- On dirait que vous êtes affamée princesse, j’ai bien fait de ramener une gourmandise alors.

Oui bon, forcément ce n’était pas vraiment la nourriture qui l’intéressait et le terme de gourmandise pouvait être fort mal interprété à cet instant vu comme elle vira au cramoisi et comme elle lorgna sa veste comme si elle essayait de voir ses abdominaux à travers, décidément elle le surprenait de plus en plus. Il s’éloigna une seconde pour récupérer sa sacoche qu’il avait posée sur un tonneau en arrivant. En un instant il en sortit deux tasses et une outre qui s’avéra contenir le fumant et onctueux meilleur chocolat chaud du coin puis un autre petit sac… plein de biscuits !!!!

Ouh ! Là, il s’était fait une copine ! Il vit un court instant la joie et la déception se disputer dans le beau regard noisette. Le pire était qu’elle n’en était probablement même pas consciente. Il s’installa tranquillement sur une caisse et l’invité à la le rejoindre. Très vite elle se blottit contre lui et il remarqua ses tentatives pour faire comme si elle n’était pas gênée par sa lueur d’adorable luciole qui ne disparaissait pas si facilement. Pour sa part il avait vite appris à ne la taquiner que peu, elle souffrait déjà bien assez ainsi. Un bras passé autour d’elle il se contenta de caresses et baisers tendres tout en veillant  à ce qu’elle engloutisse assez de biscuits pour survivre à ce froid hivernal. D’ailleurs elle le gronda gentiment en lui demandant s’il cherchait à lui faire ingurgiter son poids en biscuits, il avoua qu’il voulait tester combien elle pouvait en avaler avant d’être écoeurée et que pour l’heure elle ne cessait de le surprendre. Même si c’était une taquinerie, elle rougit et il se morigéna une fois de plus de la trouver aussi diablement craquante, s’emparant aussitôt de ses lèvres. Il n’avait pas manqué le petit sourire mignon, tellement mignon et ravie quand il l’avait embrassée après une gorgée de chocolat chaud. Elle ne lui disait rien évidemment mais elle n’aimait que peu le goût que le café noir, très fort, laissait sur ses lèvres, raison pour laquelle il mangeait toujours quelque chose avant de l’embrasser histoire d’en chasser le côté désagréable. Il semblait qu’il allait devoir s’abonner au chocolat chaud, elle préférait très largement !
Ils parlèrent un peu de ce qu’ils pourraient faire puis le patron de la jeune femme vint la chercher et elle grogna en s’extirpant des bras de son amoureux. Elle avait cessé de briller rapidement tout de même. Il l’enlaça une dernière fois en lui souhaitant bon courage, déposa un tendre baiser sur son front et s’éloigna bien vite pour ne pas lui fournir le moindre sentiment de regret et d’abandon de son compagnon.

Il s’était vite remis au travail et l’après-midi était bien avancée quand un incident faillit se produire.
Ce jeune homme était décidément bien inconscient… ou alors un peu trop à la recherche de sensations fortes.
Kalec…
Quand il était entré dans l’atelier et que Tristan l’avait vu il avait tout simplement décidé de l’ignorer pour chasser l’antipathie que lui inspirait le personnage. Mais soit celui-ci était totalement idiot, soit beaucoup trop… taquin pour survivre bien longtemps.
Comme s’il n’avait pas remarqué que le vague signe de tête du jeune homme et le fait qu’il lui tourne immédiatement le dos étaient tout sauf des invitations à taper la discussion, il l’engagea et s’il aurait pu parler du temps, d’outils, de forge, de n’importe quoi, il aborda le seul sujet qui pouvait le mettre en danger.
Cassidy ? Tristan comprit immédiatement qu’il parlait d’elle. En même temps il n’y avait pas beaucoup de mage dans les environs, encore moins « petite ». Mais la suite de sa phrase le crispa un peu alors qu’il serrait les dents. Il se doutait bien que les gens remarqueraient… Lui-même remarquait les demoiselles plus ou moins satisfaites et les exagérations chez les jeunes hommes clairement pas aussi doués que ce qu’ils prétendaient. Mais tout de même ! Ce n’était franchement pas… très délicat d’aborder le sujet ainsi ! Et d’aborder le sujet tout court en fait. Il fit comme s’il n’avait pas entendu. Pour ne pas s’énerver entre autre. Il devenait vraiment susceptible à ce sujet. En même temps, jamais oh grand jamais, il n’avait déçu ses conquêtes…  Alors que ce soit Cassidy en plus… Il se sentait un peu… horriblement nul ces derniers temps.

La suite du discours de l’impertinent parvint quand même à le calmer un peu et lui mettre le coeur en fête, brièvement. Ah bon ? Elle trouvait qu’il était parfait ???! Assez pour l’étaler ainsi devant tout le monde ? Ah oui certes elle était complètement saoule mais quand même, il se sentait tout fier pour le coup et un léger sourire vint fleurir à ses lèvres alors qu’une douce chaleur irradiait son pauvre coeur meurtri et qu’il s’apaisait. Pour quelques secondes tout du moins. Qu’il dise qu’il pourrait être jaloux fit froncer les sourcils du grand Drakkari qui se tourna vers lui interloqué ? Jaloux ? Son esprit se mit à carburer à tout à l’heure. JALOUX ?!!! Il s’intéressait à Cassidy ?! S’il s’approchait d’elle il allait le… Mais il fit pire avec ses derniers mots. Tellement pire. Un constat, un simple constat balancé sur le ton de la conversation mais qui était si sadique au final que c’était plus de la torture qu’autre chose. Elle n’était pas comblé… Le léger apaisement qu’il avait offert à son « collègue », il le lui arracha et tailla dans le vif juste avec ces quelques mots. Tristan sentit son coeur se serrer et le poids d’une trop grande culpabilité revenir lui écraser les épaules et ancrer trop solidement ses pieds dans le sol. Bien sûr qu’elle n’était pas comblée ?! Ils n’arrivaient à rien et le pauvre corps de la demoiselle ne cessait de lui rappeler ! Ils dépassaient à peine le stade de timides préliminaires ! Il s’en voulait terriblement de lui imposer ça. A ses yeux le problème ne venait décidément pas de la jeune femme mais de ce qu’il lui avait fait. Mais Kalec était fou, complètement fou de provoquer ainsi le jeune homme. Provoquer un Drakkari était complètement stupide ! Il voulait mourir ?! Surtout que ce n’était pas vraiment un Drakkari qu’il provoquait… mais un dragon !

Il la sentit. La violence qui montait en lui comme un véritable cataclysme. La rage, l’envie de massacrer ce vermisseau.
Kalec ne saurait probablement jamais à quel point il avait failli se faire sérieusement rosser ce jour là. Car si le patron de Tristan n’était pas arrivé à ce moment là…
Il parlait au grand brun, gentiment, avec chaleur. Tristan ne dit rien et sortit, se rendant dans la petite salle de bains attenante à l’atelier et s’y enfermant, s’arc boutant au lavabo en essayant de calmer sa respiration. Un coup d’oeil au miroir lui révéla ce qu’il savait déjà. Ses yeux étaient devenus luisants, toujours rouge-orangé ils brillaient dans la pénombre de la pièce, comme cette nuit-là quand il avait utilisé son pouvoir réellement pour la « première fois » après l’espèce de foudre qui lui avait traversé le corps, ou plutôt s’y était solidement accroché. Ses dents s’étaient aiguisées, ses canines s’allongeant pour former des crocs peu rassurants et il sentait les griffes au bout de ses doigts. Ses marques par contre, il ne s’attendait pas à les voir luire presque autant que ses yeux, visible même sous la tunique qu’il portait, elles viraient couleur cuivre… La douleur dans sa mâchoire signait le début de sa transformation, il le savait. Il sentait que ses os voulaient muter, bouger et laisser le dragon sortir enfin et massacrer l’impudent qui l’avait provoqué.

Elle lui avait appris à méditer. Même s’il ne lui disait pas il le faisait régulièrement, seul. Ca l’aidait. Beaucoup. Ca l’aida encore mais de justesse. Les paroles de Kalec tournaient en boucle dans sa tête et la rage voulait sortir, tellement sortir. Il en avait assez d’être gentil, serviable, patient, aussi… mauviette. Aller briser des os le tentait tellement… Ce fut probablement justement l’envie de sentir de os se briser sous ses… crocs ? qui le poussa à se calmer. Il n’était pas comme ça, il ne le serait jamais !

Quand il revint dans l’atelier Kalec était en train de partir et lui jeta un regard avec un sourire beaucoup trop provocant qui faillit avoir raison des nerfs de Tristan. Etrangement Raph qui semblait bien être le seul à l’avoir vu s’éclipser et l’avait attendu à côté de la porte lui étrangla les épaules dans de ses bras et lui donna un coup de poing bourru dans l’estomac.

- Ben alors gueule d’ange ?! Tu t’endors pour avoir besoin d’aller te passer de l’eau sur la tronche ?

Il ne releva pas. Il essayait de le distraire ou de l’embêter, il ne savait pas mais peu importe, ça fonctionnait et ça fonctionnait bien même. Son ami avait-il senti que quelque chose se tramait ? Probablement.
Tristan lui fit un sourire peu sincère mais se remit finalement au travail, se fermant comme une huitre aux autres pour tout le reste de l’après midi.

Quand il rentra cette fin d’après midi là, bien en avance par rapport à Cassidy, il était encore tourmenté. Il pensait même aller chasser au départ mais cette histoire l’avait vidé et il avait presque peur de se transformer et d’être plus qu’agressif pendant la chasse s’il y repensait.
A la base, il voulait lui en parler… Essayer tout du moins. Il savait que lui dire qu’il était limite de se transformer et de fracasser Kalec inquiéterait la jeune femme mais lui cacher ceci n’était vraiment pas dans ses intentions. Elle avait besoin d’honnêteté et de franchise et s’il ne pouvait pas tout lui dire, il pouvait au moins essayer. Sauf qu’elle rentra si énervée, si… perturbée qu’il chasse immédiatement sa mésaventure pour se recentrer sur elle. Elle rentra si furieuse qu’il fit un bond au bruit provoqué et la rejoignit rapidement, passant la tête par la porte du salon en observant la petite furie qui se dépêtrait de ses bottes en marmonnant et fulminant, limite si elle ne fumait pas d’ailleurs.

- Cassy ? Princesse qu’est ce qu’il y a ?
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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: Comment se retrouver pour mieux s'aimer...   Ven 2 Oct - 11:46

Elle n’allait clairement pas bien et malgré ses tentatives la jeune femme ne semblait pas vouloir… en parler. Au contraire même, elle s’énervait encore plus rien qu’en y pensant. Désoeuvré et inquiet, le jeune homme ne savait que faire, essayant de l’apaiser d’une étreinte, d’une caresse mais elle ne voulait pas lui confier quoi que ce soit à ce propos, c’était clair et net. Quelqu’un l’avait cherchée… Et elle devait suffisamment connaitre le jeune homme pour savoir qu’il partirait au quart de tour la venger ! Il fronçait les sourcils, songeant immédiatement que si un importun la malmenait il ne ferait pas long feu, non vraiment pas et même s’il s’efforcerait d’être pacifiste. Mais apparemment elle voulait régler cette histoire seule. Sa véhémence parvint à lui arracher un demi sourire conquis qu’elle ne semblait pas remarquer. Une vraie petite guerrière sa princesse !!!
Il eut un léger rire quand elle parla de réduire son emmerdeur à l’état de « mort » et il prit son visage entre ses mains pour la forcer à le regarder et l’apaiser, lui faisant un beau sourire. Le gredin était encore torse nu, comme toujours et il l’attira contre lui, gardant quand même une de ses mains sur son visage pour l’embrasser tendrement. Il la sentit fléchir un peu même si elle était toujours en colère et s’assit lui-même sur une chaise, l’attirant sur ses genoux alors qu’elle résistait déjà moins, déposant de doux baisers sur sa gorge en parlant tout bas.

- Le tuer ? A ce point ma princesse ? Tu ne veux pas que j’intervienne, soit, je te laisse gérer, j’ai confiance en toi. Mais si tu nous refroidis aussi définitivement quelqu’un pas sûr qu’on nous aime toujours autant ici. Et puis… je détesterais que les gens te trouvent moins belle et moins parfaite à cause d’un tout petit bête incident…

Petite manière un peu originale de la calmer. Ses baisers jouaient plus que ses paroles sans doute. Il demeurait pourtant parfaitement calme. Non pas qu’il ne s’y intéresse pas au contraire. Mais il avait une telle foi en elle qu’il ne transgresserait jamais ses demandes, pas sans excellente raison du moins. Bien sûr qu’elle était très énervée, remontée et que ce n’était pas bon. Mais au lieu de s’inquiéter, de paniquer, il préférait la cajoler un peu, la rassurer et se montrer confiant. Elle n’avait pas besoin que son compagnon se mette à la craindre. Parce qu’elle avait changé justement et que ce type de comportement était plus que probablement dû à son entrainement et son isolement d’un an.
En tous les cas il faisait clairement des efforts et il était à des années lumière du jeune homme qui semblait tellement se ficher de la torturer de ce qu’elle pensait et ressentait à l’Académie, quand il avait débarqué, il y a de cela déjà bien trop de mois.

Il pressa doucement son visage contre le sien. Elle ne le sentait pas comme lui leur lien, même si elle progressait. Lui le sentait à cet instant, tendu et branlant, terriblement fragile. Sa magie s’agitait en elle et autour d’elle même s’il n’y avait pas de manifestation plus excentrique que ça. Son odeur changeait comme chaque fois qu’une émotion particulière la taraudait mais là encore il ne chercha pas à lui dire. Elle ne se calmait pas vraiment. Il sourit doucement contre ses cheveux alors qu’il aurait probablement dû avoir peur, se leva, prenant doucement une de ses mains et attrapa sa propre veste, l’enfilant à la hâte avant de l’amener dehors.
Pendant la matinée il avait pu commencer le banc qu’elle lui avait réclamé et l’avait terminé et peaufiné avec ses camarades dans l’après midi. Pour une raison qui n’appartenait qu’à lui il avait marié plusieurs bois ensemble, ce qui donnait un rendu panaché. L’intérieur du banc était lisse comme un miroir et doux sous les doigts alors qu’il avait laissé l’écorce et l’arrondi des rondins du côté extérieur, pour donner un petit côté rustique-nature. Large et profond il l’avait fait très grand et la raison en fut rapidement révélée. Des deux côtés au lieu de mettre des accoudoirs il avait fait une espèce de dossier plus court en pente douce. Il avait pensé qu’elle souhaiterait peut-être s’y allonger justement pour lire ou réfléchir, un oreiller et une couverture seraient parfaits pour compléter le tableau d’un après midi de détente.

- Il n’est pas tout à fait fini, si tu veux que je l’adapte autrement dis le moi, je le ferai… Et j’ai commencé à ramener des pierres rondes polies du lac, j’ai sélectionné les plus belles mais il faudrait que tu me dises de quelle taille tu voudrais faire le bassin…

Tout pour la distraire alors qu’il l’enlaçait, profitant qu’elle appuie son dos contre son buste. Il sentit sa magie s’apaiser un peu et son corps se détendre contre le sien alors qu’elle visualisait cet endroit pour eux, à eux, ce petit endroit qui serait un jour si beau.
Son début de massage ne put guère durer alors qu’elle lui posait une question pour le moins… surprenante.
Elle ne le laissa même pas répondre alors qu’il la regardait s’éloigner bouche bée.

Il voulut lui répondre que non, évidemment, elle n’était pas instable à ses yeux, juste un peu perturbée peut-être, mais elle s’était calmée et il n’osait remettre le sujet sur le tapis alors qu’elle semblait clairement en souffrir.

Elle s’échappa vite du lit le lendemain matin et il la regarda, énergique et enthousiaste depuis le lit, haussant légèrement un sourcil, amusé. D’ailleurs il se demanda un instant comme elle faisait pour s’agiter de la sorte et lui parler alors qu’elle aurait craqué plus que de raison en temps normal pour la vue plus qu’ostentatoire qu’il lui offrait. Après tout, vautré, en boxer comme il l’était, extirpé des couvertures, légèrement redressé sur les coudes et lui lançant un regard brûlant, le jeune homme n’était pas vraiment du genre à laisser indifférent. Mais elle ne le regardait pas vraiment en fait, voilà qui était une sage décision !
Il la rejoignit à la salle de bain, lui répondit d’un sourire et se pencha sur elle pour juste lui effleurer les lèvres des siennes.

- Trop sexy pour être réelle princesse…

Elle semblait ravie évidemment. Il remarqua l’absence de bandeau, fronça les sourcils mais ne dit rien. Si elle décidait enfin de se livrer, de montrer sa petite différence aux gens il serait là et la soutiendrait. Il lui avait plus que de raison affirmé qu’il l’aimait ainsi et que ceux qui ne l’accepteraient pas n’étaient que des imbéciles… mais il ne savait pas si elle l’écoutait beaucoup…

Disparu son état bougon et colérique de la veille, elle allait bien. Il ne prit évidemment pas le risque de réaborder le sujet et encore moins de lui parler de sa propre altercation, se contentant de sourire, tenant sa main, gagné par sa joie et son attendrissante manière d’être.
Il remarqua sur le chemin qu’il y avait eu du grabuge à un endroit bien précis, qui plus est elle le lui signalait inconsciemment mais là encore il ne dit rien, se contentant de presser doucement sa main, rassurant et prêt à parler quand elle le désirerait. Enfin surtout à écouter…
Au village personne ne sembla perturbé par ses oreilles, tant et si bien qu’il crut un instant qu’elle les avait enchantées mais quand Vlad les aborda lui le remarqua et il semblait juste pas gêné… Qu’elle s’ouvre aux autres et surtout qu’elle soit acceptée telle qu’elle était, même si ça surprenait un peu Tristan, le rassura énormément et lui fit d’autant plus apprécier tous ces gens, un peu plus du moins. Le jeune homme demeura silencieux mais salua leur interlocuteur avec un sourire, laissant Cassidy parler.
Leur marche était parfois un peu difficile dans la neige fraiche mais ils avançaient bien et puis… ils n’étaient pas pressés.

Pendant leur pique-nique néanmoins elle enchaina gaffe sur gaffe.
Heureusement il ne le prit pas mal même si elle le blessa un peu avec ses étranges questions et ses interrogations inconscientes.

- Je pense qu’il fera ce qu’il souhaite… Néanmoins il est très jeune, les conditions de vie sont rudes ici. Il semble intelligent, il est trop jeune pour se débrouiller seul et il lui faudra un moment avant de pouvoir s’éloigner de l’homme. Mais s’il souhaite partir, il partira. Même pour son bien je ne retiendrai pas ses instincts de prédateur. Même si sans meute il n’a que peu de chance de survie. Au fait, il s’appellera Zénith…

Pour lui aussi malheureusement il pouvait y avoir une autre interprétation.
Un peu plus tard, à la clairière, il l’aida à escalader ou plutôt la porta jusqu’au sommet de l’espèce de tour de pierres tout de même sacrément haute ! Sa réflexion par contre… était assez malvenue. Se sentir libre ? Il eut un léger sourire, ne le prenant pas mal évidemment, il savait que c’était maladroit. Mais il ne pouvait pas lui rétorquer la pareille car lui… ne se sentait plus libre depuis bien longtemps déjà. Il se contenta de l’encadrer de ses bras et de déposer un baiser dans ses cheveux, profitant malgré tout de la vue… parce que voler lui manquait tout de même énormément.

Par la suite, leur méditation ne mena à rien et elle finit même pas lui faire un massage. Il décida d’ailleurs que dorénavant leur méditation ne marcherait plus du tout parce qu’un tel massage c’était royal. Il s’assoupit très vite d’ailleurs et elle lui fit le plus grand bien. Il ne se rendait pas compte lui-même à quel point il était crispé et tendu.
Malheureusement ça ne semblait pas changer leurs problèmes de liens. Enfin suffisamment pour qu’elle sente qu’eux deux ça n’allait pas, qu’elle sente aussi peut-être à quel point pour elle non plus ça n’allait pas. Quand elle se leva il la regarda, surpris puis se crispa quand elle demanda ce qui n’allait pas.

- Rien, ça va… Pourquoi ?

Enfin non ça n’allait pas, mais ce n’était pas grave, pas important et encore une fois trop difficile…
Par contre quand elle recommença à parler pour lui dire… oser prononcer ces horreurs. A cause d’elle ????!!! A cause d’elle ?! Mais elle était complètement folle ?!!! Elle pensait que ça n’allait pas parce qu’ils ne pouvaient pas… Sérieusement ?! Bon bien sûr que ça le gênait, l’énervait et le torturait mais ce n’était pas pour ça… Enfin pas pour lui. C’était juste qu’il… Extrêmement perturbé par ses paroles et même blessé qu’elle vienne à penser qu’il lui en voulait parce qu’ils ne pouvaient pas coucher ensemble il se sentit monstrueusement bête et inutile, ne pouvant même pas répondre, la bouche ouverte, les yeux ronds et le menton légèrement tremblant comme s’il voulait dire quelque chose mais ne pouvait pas. En fait là il lui aurait bien crié qu’elle était complètement idiote… Mais il était même trop choqué pour ça. Comment pouvait-elle penser… qu’il lui en voulait ?!

Elle retint une autre phrase. Et heureusement. Car celle-ci aurait probablement fait un mal trop grand pour être réparé. Peut-être même qu’à cet instant ces quelques mots auraient fait voler en éclat le reste de leur lien… Effondré de la rendre malheureuse à ce point, le jeune homme cherchait quoi dire, quoi répondre mais c’était le tel summum de l’absurde à ses yeux qu’il avait beau chercher, son esprit restait… vide.

Assis en tailleur par terre, les yeux levés vers elle il avait l’air si malheureux qu’elle ne pouvait décemment pas le manquer. Vraiment triste en fait, comme si elle lui avait fait du mal alors que ce n’était pas du tout le but recherché, bien au contraire. Jusqu’à ce qu’il se fige et se redresse d’un bon, les sens aux aguets, humant l’air autour d’eux avant de blêmir. Il lui hurla presque de monter en haut de la tour. En fait il pensait qu’elle utilisera la magie mais devant son absence de réaction se contenta de la reprendre dans son dos et d’escalader, l’adrénaline pulsant dans ses veines. Elle ne vit ni ses marques, ni ses yeux à cet instant, heureusement, elle l’aurait probablement lâché tant elle détestait tout ce qui l’associait au dragon…
Une fois en haut il la laissa redescendre, ployant les genoux en surveillant la vague de neige. Il n'aurait pas dû attendre autant pour se retourner et la protéger de son étreinte. Le choc ébranla la tour, faisant chuter plusieurs pierres et il écarquilla les yeux d’horreur en sentant le léger courant d’air dans son dos. Il n’avait pas besoin de se retourner ni d’entendre son cri pour savoir qu’elle tombait et il eut beau faire volte face et tendre la main, c’était déjà trop tard, bien trop tard.

Il n’avait pas vraiment réfléchi alors. Ses instincts l’avaient fait pour lui. L’instant d’après en effet, il sautait, l’attrapant contre lui et laissant sortir le dragon. Sa transformation ne lui prit qu’une seconde alors qu’elle se retrouvait déjà contre le dragon qu'elle détestait tant. Il n’avait pas la moindre chance de la récupérer pour voler et il le savait. Ca n'avait jamais été son but. L’entourant de ses pattes et de ses ailes comme d’un cocon de protection il ne put que peu la protéger du choc de l’impact mais au moins ne la perdit-il pas alors que déjà la neige les engloutissait.

Elle ne se réveilla que bien plus tard.
Elle était entièrement nue sous les couvertures qui semblaient étrangement chaudes. Un gros feu devait ronfler dans la cheminée en bas vu les couleurs des pierres que prenait leur cheminée dans la chambre. Ses cheveux étaient défaits, peignés et il avait tiré en partie les rideaux qu’elle avait récemment installés. Il n’était pas tard le soleil était encore haut dans le ciel mais il faisait tout de même sombre, très sombre même. Le ciel entièrement gris, il neigeait fort, même très fort et le vent soufflait au dehors, à la limite de la tempête même si ce devait être monnaie courante par ici.
Comme s’il l’avait sentie émerger Tristan apparut sur le pas de la porte, portant un plateau et son visage s’illumina quand il la vit éveillée, venant rapidement poser le plateau en s’approchant d’elle.

- Cassy ! Attention ne te lève pas !

Il s’assit à côté d’elle et posa doucement une main sur son visage alors qu’enfin elle semblait remarquer la douleur à l’arrière de sa tête. Il semblait désolé, caressant sa joue alors qu’elle tâtait elle-même le gros bandage qui lui ceignait le front.

- Je suis désolé… C’est de ma faute. Quand je me suis transformé, avec la chute tu as heurté une de mes articulations… mes écailles sont dures, tu t’es tapée vraiment fort et… enfin j’ai mis des plantes pour résorber l’oedème… je… Je suis désolé, je ne savais pas vraiment quoi faire… j’étais inquiet… tu ne bougeais plus…

Il lui fit un sourire vague, désolé et culpabilisant évidemment, caressant sa main. Elle semblait surprise et peiner à retrouver ses esprits et les évènements qui s’étaient passés. Il lui raconta donc doucement ce qui s’était passé… omettant une énorme partie qu’il ne pouvait évidemment pas lui confier.
Quand il l’avait rattrapé il n’avait eu d’autres choix que de se transformer et de tenter d’amoindrir le choc, ils étaient trop proches de la neige, il aurait été incapable de voler de là, surtout avec elle qui risquait de lui échapper à cause de leurs soucis d’acceptation. Ils avaient atterri dans la neige, elle protégée par ses pattes et ses ailes, lui par son corps solide et ils avaient été totalement recouverts de neige et transportés sur plusieurs centaines de mètres dans un rouler bouler tout sauf agréable. Heureusement qu’elle était déjà inconsciente, ça l’aurait rendue malade. Il avait pu remercier ses instincts pour les sortir de la neige car pour un humanoïde, savoir où était la surface alors qu’ils étaient sous des maitres de neige était de l’ordre de l’impossible. Son corps bien plus grand et puissant lui avait permis de s’en extirper rapidement mais malgré tout il lui avait fallu un moment et il était complètement gelé. Malgré les pouvoirs d’Alanir et son extrême résistance au froid elle était dans le même état que lui. Il s’était retransformé et avait coupé à travers la forêt en la portant pour rentrer en catastrophe au chalet. Il l’avait déshabillée, frictionnée longtemps, inquiet davantage par son inconscience craignant qu’elle soit en plus en hypothermie. Il l’avait calée dans un bain brulant puis avait fait un énorme feu, accroché les draps près de la cheminée jusqu’à ce qu’ils soient presque brûlants et l’en avait entourée après l’avoir séchée et installée dans leur lit. Et là il remontait avec un plateau contenant du chocolat chaud, des biscuits et une grosse bouillotte !
Doucement ses doigts effleurèrent une de ses joues qui avait été légèrement écorchée par l’arrête d’une de ses écailles.

- Je… je suis désolé… J’ai… Je ne savais vraiment pas comment… je… j’ai eu tellement peur Cassy…

Enfin il la prit dans ses bras. Il tremblait légèrement, ayant apparemment vraiment eu peur et se recula en marmonnant que ses cheveux lui chatouillaient les yeux, les essuyant d’un revers de main maladroit, oui… les cheveux bien sûr…
Elle ne semblait pas vraiment lui en vouloir mais il n’osait pas trop la toucher, un baiser tendre de la demoiselle l’apaisa énormément et lui permit de se détendre alors qu’il se calait un instant dans le lit avec elle.
Il avait dû avoir sacrément froid lui aussi et être sacrément trempé car il s’était changé et n’était pas torse nu, au contraire, une épaisse tunique lui ceignait le torse et ses cheveux étaient tout chauds, comme s’il avait passé beaucoup de temps près de la cheminée. Ses marques étaient plus chaudes que d’ordinaire aussi.
Probablement voulait-elle l’apaiser car elle se mit à caresser ses cheveux, lui parlant tout doucement et il se détendit complètement contre elle, entourant sa taille d’un de ses bras, fermant les yeux.

- Je t’aime princesse…

Vérité indubitable…
Ils restèrent un bon moment au lit à grignoter et se câliner après cette frayeur, jusqu’à ce que la tempête se calme et qu’il lui propose d’aller au moins faire un tour au village et de pousser un peu plus loin une randonnée plus prudente si elle le souhaitait. Elle accepta et le chassa gentiment pour pouvoir s’habiller alors qu’il avouait qu’il valait mieux qu’il évite de regarder ce corps un peu trop parfait en effet.
Le jeune homme en profita pour aller se passer un peu d’eau sur le visage dans la salle de bains, fermant soigneusement la porte pour ôter sa tunique avant de grimacer. Les marques risquaient de mettre du temps à disparaitre…
Il soupira, inquiet, s’en voulant de lui cacher ceci, mais trop conscient de l’état dans lequel ça la mettrait. Doucement il passa une main sur la marque parfaite de celle de la jeune femme, ancrée dans sa chair comme la sérieuse, vraiment sérieuse brûlure qu’elle était. Elle avait été terrorisée quand elle avait senti, vu le grand dragon tout contre elle, même si elle savait que c’était lui, c’était viscéral, elle n’y pouvait rien, surtout avec ce vent de panique. Cette fois, elle ne l’avait pas repoussé de sa magie, mais elle l’avait brûlé, même à travers ses écailles. La douleur avait presque failli lui faire lâcher sa transformation et si elle n’avait pas été assommée dans la chute, il se serait probablement lui-même évanoui sous la torture. Il avisa un gant qu’il recouvrit rapidement de savon et frotta énergiquement les brûlures pour les nettoyer en profondeur, à deux doigts de hurler de frotter ainsi la chair à vif calcinée à certains endroits. Ca n’avait été que ses mains, pas tout son corps heureusement mais… il ne pouvait pas lui montrer ça. Frissonnant sous la douleur il remit rapidement sa tunique puis enfila sa veste, sortant la rejoindre en faisant comme si de rien était, du moins autant que possible.

Elle ne sembla pas remarquer sa gêne et il en fut rassuré alors qu’ils allaient de nouveau se promener et saluer les gens qui sortaient de chez comme si de rien était et discutaient en déblayant la neige. Certains parlaient de l’énorme avalanche qui avait été entendue un peu plus tôt et qu’heureusement qu’il n’y avait personne dans le coin à ce moment là… Oups…

Un peu plus loin ils aperçurent un traineau et des cavaliers qui venaient apparemment d’essuyer la tempête et cherchait à rejoindre le village pour s’abriter et faire escale probablement. Ils se joignirent au petit groupe qui leur donnait un coup de main justement et se mirent à discuter avec quelques uns qui venaient apparemment de loin, visitant tout le Nord, curieux objectif mais pourquoi pas ? Soudain le reste des « aventuriers » qui était parti rencontrer le chef revint avec celui-ci justement et une voix féminine se fit entendre par dessus le bruit des conversations et les rires amicaux.

- Tristan ?!!!!

Le jeune homme se retourna, fronçant les sourcils en voyant une jeune femme se détacher de l’escorte du chef et courir vers lui, une grande rouquine dont le manteau cachait assez mal le décolleté pour le moins avantageux et qui fondit sur lui tel un oiseau de proie. Cassidy qui tenait sa main s’était crispé contre lui alors que le jeune homme ne semblait pas comprendre avant de se retrouver les fesses dans la neige et une jolie demoiselle sur les genoux qui enlaçait sa gorge en cherchant peut-être en fait à l’étouffer.

- Gredin ! Je t’ai attendu moi ! Tu as changé ! Mais ce n’est pas une raison ! Tu n’es jamais revenu et je...

Elle s’arrêta, le dévisageant en voyant l’air hébété du grand jeune homme qui la fixait avec une incompréhension totale, faisant glisser son regard de la rouquine énergique à sa petite amie qui semblait comme le calme avant la tempête, une soupape proche d’exploser. La demoiselle se mit à froncer les sourcils d’un air trop sérieux, elle était si proche de lui et si bien juchée sur ses jambes, beaucoup beaucoup trop proche d’ailleurs qu’elle lui mettait sa poitrine sous le nez et elle n’aurait jamais dû ouvrir autant son manteau, pauvre Tristan ! Elle lui mit un index accusateur devant le nez même si sa voix était plus amusée qu’en colère.

- Tu ne te souviens pas de moi hein ?
- Euh… je… je… Désolé je…
- Tania.
- Euh…
- Mon nom. Tania… Tu pourrais quand même t’en rappeler méchant. Je pensais t’avoir un minimum marqué vu comment tu me…

Tristan devint cramoisi et blême en un temps de record, bafouillant en se dégageant comme il pouvait, interrompant une déclaration pour le moins fort gênante, s’excusant. Enfin… il avait eu un extraordinaire nombre de conquêtes certes mais de là à en oublier une… il s’en voulait beaucoup pour le coup et surtout, surtout… d’infliger ça à sa compagne qu’il fixait penaud, grimaçant, l’air prêt à affronter sa colère. La dénommée Tania venait d’être appelée par ses collègues et n’ayant apparemment pas le moins du monde conscience ni du spectacle qu’elle venait de donner ni d’à quel point elle venait de frôler une mort rapide et violente, s’éloignait déjà.
Tristan, la gorge sèche, fixait sa fiancée.

- C… Cassy ? J… Je suis désolé, je…
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Cassidy Herediane
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MessageSujet: Re: Comment se retrouver pour mieux s'aimer...   Sam 3 Oct - 18:18

Elle visitait la serre et semblait profondément emballée même si rien n’était fait encore. La demoiselle le regarda avec un profond intérêt. Il n’y avait que besoin de ça pour qu’elle oublie sa beuverie, leurs échecs répétés. Tout était effacé par ce morceau de paradis, cet endroit sage qui ne laissait la place qu’à la méditation et à la détente calme. Cassidy se mit à sourire quand il parlait de dessiner tout ça. Elle avait toujours beaucoup admiré son don au dessin et sur tous les travaux manuels alors qu’elle-même était obligée d’utiliser la magie. En même temps, aucune activité ne lui plaisait autant que la magie. Comprendre, découvrir… Mais elle aurait bien voulu trouver une activité, un hobby, qui lui procurerait autant de plaisir. Couture ? Non pas vraiment. Elle chassa cette pensée de sa tête pour le moment.

« Oui ça serait vraiment bien ! En plus j’ai plein d’idées ! Mais tu me laisses aussi donner un coup de main hein. J’aimerais que ce coin on le construise ensemble ! Et puis… quand ça sera un peu plus avancé on pourra faire heu… hum… des trucs dans un buisson là, j’ai toujours eu envie de faire à la serre de la cité mais y a trop de monde alors ici enfin tu vois… »

Aïe ! Ca repartait ! La demoiselle se mit à rougir mais finalement pas de lumière ce qui les arrangea car elle se calma en regardant le ciel et changea de sujet, parlant du louveteau… puis rentra vite à l’intérieur pour faire plaisir à son homme.

Si Tristan sentait l’impatience grandir et les envies de plus en plus difficiles à retenir, c’était également le cas de Cassidy. Elle ne disait rien mais il l’avait parfaitement remarqué, complètement à son insu. Mais il y avait autre chose qu’il n’avait pas remarqué. Déjà inquiète pour leur petit couple et leur absence de relation charnelle, elle était allée voir un apothicaire quelques jours plus tôt et avait acheté un remède aux plantes pour lutter… contre ses pulsions ! Déjà qu’elle brillait mais en plus elle voulait à chaque fois sauter sur lui. A n’importe quel moment. Encore plus quand il était torse nu ! La petite demoiselle avait peur d’elle. Quelle femme était-elle pour être aussi impatiente ? Etait-ce les hormones de dragon qui l’émoustillaient ? Ou bien quelque chose qu’elle sentait se réveiller en elle ? C’est vrai elle n’avait jamais été portée sur le sexe, elle découvrait mais là… cette chose en elle qui se réveillait lui montrait une insatisfaction grandissante, encore plus importante que ce que Tristan sentait. Une drogue, elle était droguée, complètement accro.

La première fois qu’elle l’avait utilisé ? Juste avant d’aller chez Vlad. Même si la petite mage appréciait Vlad comme un ami, elle ne se sentait pas assez forte. Tristan avait raison dans sa réflexion, elle n’avait ni son expérience, ni sa patience. Elle se faisait peur, horriblement peur et n’imaginait même pas en parler avec l’homme qu’elle aimait. Elle se voyait déjà en face de Tristan, assise sur le canapé, très sérieuse, lui prendre la main et lui balancer tout ce discours.

« Tris’… Je voulais te dire. Je sais que tu es patient, qu’on essaie, qu’on fait des efforts et tout et tout… Mais c’est dur de résister. Je deviens folle… Les hommes commencent à m’attirer, j’ai besoin de… de vider ce surplus. Même Vlad, encore plus Vlad ! Tu n’imagines même pas ce que je penserais si je le voyais torse nu, je lui sauterais dessus je pense. Je ne me contrôle pas, je n’y arrive pas… J’ai quelque chose en moi qui veut se libérer, qui veut me pousser à… à te trahir mais je ne veux pas… »

Comme lui et sa petite réflexion, elle n’aurait jamais eu le temps de finir. Soit parce qu’elle serait en train de pleurer avant de terminer, soit qu’il serait complètement désemparé et qu’il ne la comprendrait peut être pas (un comble pour quelqu’un qui retient ses pulsions !). Elle avait peur de ne pas être assez précise. Devaient-ils vivre en ermite loin du monde pour vivre leur histoire d’amour sans avoir mal ?

Elle avait donc pris ce remède, ce qui la calmait un peu, à l’inverse de Tristan qui avait ses bracelets. Mais chaque soir, cela devenait de plus en plus dur à cacher, plus en plus dur à résister. Une torture, une véritable torture. Mais Cassidy faisait bonne figure. Elle buvait sagement sa mixture puis se préparait une tisane mentholée pour chasser le goût qui mettrait sûrement la puce à l’oreille de Tristan. Quand lui dire ? Comment lui dire ?

Elle avait peur du jour où le remède ne ferait plus d’effet et qu’elle finirait bien par se jeter sur le premier homme un peu séduisant qui passait, qu’elle le connaisse ou pas, qu’elle l’apprécie ou pas.
Finalement Tristan et elle étaient pareils. Ils allaient très bien ensemble dans le sens où ils cherchaient à tout prix à ne pas blesser l’autre. La peur de faire du mal, la crainte de briser leur lien par une parole qui pourrait être mal prise par l’un ou l’autre.

Il n’avait pas tort non plus dans sa réflexion silencieuse, sa déclaration. Le dragon avait fait beaucoup de mal mais le rendre responsable de tout ne faisait que camoufler le véritable problème. Mais ce n’était pas Cassidy qui pourrait lui apporter des réponses…

Et puis il y avait eu ce moment, cette retrouvaille à l’arrière de la taverne. Leur moment privilégié à eux d’eux. En l’entendant si taquin, elle faillit le gronder de se moquer d’une pauvre malade qui n’était pas encore rétablie mais le plaisir de le voir, le réel plaisir autre que coucher avec lui, était terriblement sincère. Il lui manquait et chaque moment passé en sa compagnie la comblait de joie.
Bon d’accord, ça c’était avant de l’embrasser et que ses sens se réveillaient ! Autant ça marchait avec le reste de la gent féminine, autant ça n’avait presque aucun effet avec Tristan. Elle brilla bien trop rapidement et se racla la gorge, cherchant autre chose. Quoi de mieux que de lui faire cette proposition ?

Elle se mit à rougir quand il déclara cette petite phrase et la demoiselle en profita pour se blottir davantage contre lui, heureuse. Il sentait bon. Une odeur envoûtante qui lui donnait envie de se laisser aller, dans un sens ou l’autre. Il n’y avait que lui qui avait cette odeur si particulière. Même Erwan n’avait pas ce petit truc. Certes elle avait couché avec lui mais ne le voyait que comme un bon ami. Il n’y avait pas ce petit déclic comme avec Tristan. Il n’avait pas d’odeur malgré son parfum. Il n’avait jamais été Tristan et rares avaient été les hommes qui l’avait approché pour qu’elle se rende compte d’une différence.

Tristan, c’était Tristan. Il n’y aurait que lui et si un jour il décidait de partir, il n’y aurait personne d’autre dans sa vie. Elle chassa cette pensée de sa tête et se reconcentra sur le moment présent. Il lui avait apporté des biscuits et elle le gronda gentiment. Mais c’était une délicate attention qu’il avait là. Quoi de mieux que d’être blotti derrière une caisse avec un bon encas, l’homme de ses rêves qui l’enlaçait ? Tout était parfait… Enfin elle aurait bien voulu tester le mur derrière ces caisses pour le « dessert » mais très rapidement elle chassa cette pensée de son esprit, sachant pertinemment qu’il y avait des risques pour qu’elle s’endorme à nouveau.

Oui avec lui elle se sentait bien mais elle grommela pour la forme quand il déclara devoir partir. Elle prétexta que c’était trop tôt et qu’il pouvait rester encore un peu. Tristan se montra raisonnable alors elle lui fit un beau sourire, ceux qu’elle aimait tant lui faire et qui le faisait fondre, avant de s’approcher de lui et déposer un délicat baiser sur les lèvres en murmurant un « je t’aime » à son oreille. Elle lui rappellerait à chaque fois qu’elle en aurait l’occasion. Pour ne pas qu’il l’oublie.
Elle retourna travailler, inconsciente de ce qui se tramait de l’autre côté.

Et puis, Cassidy rentra complètement hystérique. Mais si Tristan avait eu un magnifique contrôle de soi, ce n’était pas le cas de la petite mage qui menaçait de tout faire sauter. Tristan essaya, par moults paroles, de la convaincre de ne pas arriver jusqu’au point de tuer un enquiquineur pour une altercation. Mais il avait raison, seuls les baisers et ses gestes avaient plus d’effet que ses paroles. Cela la calma un petit peu même si elle ne se concentrait pas du tout sur leur lien, ni eux. Des paroles tournaient en boucle dans sa tête et elle semblait vraiment à cran. Alors il la conduisit dehors, et lui montra l’aménagement. La demoiselle regarda les lieux. Elle aurait besoin de cet endroit bien plus souvent que prévu. Parfait pour la méditation et en rajoutant une dose de magie elle se sentirait comme chez elle. Tristan détourna sa colère en parlant des pierres alors qu’elle se laissait presque tomber sur le banc en parlant d’une voix lointaine.

« C’est une bonne idée oui. »

Cependant, ses petits gestes, sa voix douce, eurent raison de sa colère et elle se détendit. Un pauvre sourire apparut sur ses lèvres. Elle ne lui avait pas dit car il ne l’avait jamais demandé mais quand elle était sur l’île de nombreuses fois elle s’était énervée et de trop nombreuses fois elle s’était évanouie suite à ses réactions impatientes. C’était Alanir qui lui racontait mais le dragon avait toujours été évasif. Après tout, à ce moment là elle s’en fichait de son état, son seul objectif était de sortir de là.
Mais il ne savait pas à quel point il lui procurait du bien être. Il ne le savait pas mais le jeune homme avait arrêté beaucoup de débuts de catastrophe. Tout n’était pas rose et leurs nerfs étaient mis à l’épreuve mais il s’était un peu rattrapé de cette année d’absence. Car il l’empêchait d’exploser, avec sa présence, son réconfort, elle se sentait mieux et l’afflux de magie en elle se dissipait petit à petit. Elle avait besoin de lui. Bien qu’elle ne s’en rendait pas compte et lui non plus.

Elle le surprit avec une autre phrase, mais avant d’attendre sa réponse, par peur, la petite demoiselle s’engouffra dans le chalet.

Le lendemain, Cassidy était de bonne humeur. Au final, elle avait un peu hésité avec le bandeau, le gardant dans sa main puis son regard se ferma et elle le reposa à sa place, dans une caisse. Tristan n’avait pas encore eu le temps de sculpter tous les meubles de leur maison et la salle de bain était encore vide même si il avait improvisé quelques caisses et supports en attendant de faire mieux.
Elle le regardait à moitié. Son remède aidait mais… Tristan la mettait dans tous ses états et elle sentait presque la brillance arriver. Du coup elle prenait ses précautions. Quand il la complimenta elle se mit à rougir et fit un sourire encore plus large, toute guillerette.

Le petit couple traversa la ville et Cassidy ne manifesta aucun signe de surprise lorsqu’ils croisèrent des passants. Elle devrait être sur ses gardes, inquiète, avoir peur qu’on lui fasse des réflexions. Mais il semblerait que quelque chose l’avait bien décidé à ne pas avoir toutes ces impressions. Elle qui mettait tant de temps à prendre confiance, c’était pas un peu… rapide là ? Vlad qui leur parla, semblait sur le point de révéler quelque chose ou faire une remarque à propos de ses oreilles mais pour une raison obscure, il s’arrêta net avant de leur souhaiter une bonne journée.

La journée commençait bien. Mais qui disait journée ensemble, disait aussi journée de réflexions. Et la petite mage n’était vraiment pas douée pour discuter ça se voyait. Tristan répondit du mieux qu’il pouvait. Elle tenait une tasse de thé chaude dans ses mains alors qu’il s’expliquait avant de baisser la tête.

« Hum je vois… Alors on va tout faire pour qu’il se sente bien ici non ? Zénith c’est un beau nom, j’aime beaucoup »

Endormir la conversation, ne pas penser à ce qui la taraudait, tout faire pour que la journée se passe bien. Mais les souvenirs revenaient au galop et ce n’était pas aussi évident que ça à gérer. Et puis inconsciemment, Cassidy sortait des phrases lourdes de sens même si elle ne s’en rendait absolument pas compte. Son esprit lui faisait ressortir, de manière détournée, ses pensées actuelles et nul doute que Tristan tilterait. Mais le visage innocent de la petite mage montrait à quel point elle ne faisait pas le rapprochement.

Et puis, les méditations ne menaient à rien. Cassidy qui était tellement inquiète pour eux n’arrivait pas à faire le vide. Un massage fait avec application et insistance lui montra à quel point Tristan était usé et ne semblait pas prendre le moins de repos. Oui ils passaient du temps ensemble mais elle avait oublié le plus important. Il faisait tout pour la satisfaire mais elle ne faisait rien. Pourtant il insistait en disant que ça allait. Alors pourquoi travaillait-il au point de se mettre les muscles en vrac ?

Elle tenta alors une discussion. Mais tout de suite, elle sentit le trop grand étonnement de son compagnon, la surprise qui se lisait sur son visage avec cette révélation et ce lien qui lui confirmait qu’il ne s’attendait peut être pas à ce type de discussion. Mais comment pouvait-il lui reprocher ses craintes ? Le vieillard lui avait bien parlé de contrôle de magie non ? Elle n’arrivait pas à contrôler sa magie et Tristan lui avait défendu de s’entraîner avec ce cristal. Alors elle se sentait responsable de ne pas trouver d’autre solution. Il n’y avait pas que ça et certaines choses qu’on lui avait dit avait eu un énorme impact sur elle. Elle voulait juste discuter de ce qui tournait dans sa tête depuis un moment. C'était très maladroit de sa part mais ils ne pouvaient pas continuer de faire comme si tout allait bien ! Tristan devait être malheureux aussi ! Elle n’était pas bête non plus, elle sentait ses déceptions, ses privations, ses pulsions qui ne demandaient qu’à se libérer. Elle le comprenait parce qu’elle vivait la même chose ! Mais en même temps elle l’aimait profondément. Elle aimait les moments passés avec lui dans ses bras, leur petite pause derrière la taverne, leurs échanges complices, les gentilles attentions… si on enlevait ce problème de dragon elle aimait tout chez lui ! Même si elle trouvait que rien n’était comme avant, il fallait qu’elle trouve un moyen pour l’accepter, s’habituer.

Cassidy était aussi désespérée, qu’avec l’envie de ne pas abandonner. Elle refusait de le laisser tomber et si elle lui parlait, là et maintenant, c’était plus pour crever l’abcès que se déchirer. Elle remarqua son changement d’état, il était vraiment triste. La demoiselle le sentait au fond d’elle. Regrettant ses paroles et ayant peur de l’avoir blessé, de lui avoir fait croire qu’elle n’avait pas confiance en lui, la demoiselle tendit un bras dans sa direction, avec l’intention de lui prendre les mains et mieux lui expliquer ce qui l’agitait mais elle n’en eut jamais l’occasion.

Il lui hurla de courir mais la demoiselle ne comprit pas ce qui se tramait. Sans lui laisser le temps de réfléchir, il la porta en haut de cette haute tour pour la mettre à l’abri et elle comprit en entendant le bruit et voyant l’avalanche engloutir la clairière dans laquelle ils se trouvaient. Mais même si la petite mage pouvait être forte et surhumaine, il y avait des moments où elle restait totalement fragile, surtout quand ses émotions étaient de la partie. Elle se laissa tomba et ne comprit pas ce qui se passa. Tout devenait sombre autour d’elle. Quelque chose l’agrippa et elle hurla, faisant ressortir une effroyable vague de magie incontrôlable en elle. Mais l’instant d’après, elle s’était évanouie sans être consciente qu’un dragon l’avait entouré pour la protéger du danger qui pesait sur elle.

Quand elle se réveilla, une douleur cuisante résonnait à l’arrière de sa tête. La petite demoiselle grimaça et se redressa. Mais déjà Tristan arrivait et d’une voix douce, lui expliqua la situation. Qu’il s’était transformé, qu’il l’avait sauvé. Elle ne semblait pas en colère pour sa transformation, après tout, il avait agit ainsi car c’était la seule solution. Pas de panique, pas d’inquiétude. Mais elle s’en voulait terriblement. Si elle avait été plus forte elle ne serait pas tombée. Si elle avait été plus forte il ne se serait pas inquiété pour elle. Après tout, elle lui en faisait des frayeurs ces derniers temps ! Entre l’énorme beuverie, son entraînement avec le cristal et maintenant ça… pauvre Drakkari qui ne savait plus comment agir.

Mais en même temps… il avait eu un an d’absence, un an de larmes, un an de souffrances, un an pour changer définitivement. Il n’avait pas été là au moment où elle avait plus besoin de lui alors malheureusement, ce sombre souvenir se manifestait car ce qui s’était passé sur l’île était bien trop éprouvant pour la petite mage. Pouvait-il comprendre qu’elle agissait parfois inconsciemment sans se rendre compte de sa propre évolution ? De ses instincts qui n’avaient plus rien à voir avec ceux de la douce et timide Cassidy ? De ses accès de colère, de jalousie ? De cette abstinence oh combien dérangeante ? La petite fille sur l’île l’avait bien dit, sans Tristan, les choses seraient bien plus dures. Peut être que le séjour sur l’île aurait été plus court si il était là. Peut être aurait-il aidé à maîtrisé ses pouvoirs ? Peut être… n’aurait-elle jamais perdu son enfant si il était là ?

Mais elle refusait de le tenir responsable. Car elle ne voulait pas le perdre. Car elle voulait lui laisser la chance de l’aider à réparer. Mais pouvait-il aussi comprendre qu’en passant une année loin du dragon qu’il était, cela la rendrait aussi plus craintive ? Plus écoeurée contre ceux qui avaient retenu son cher et tendre ? Elle y avait pensé au début. Si il n’était pas venu, c’est qu’il préférait rester avec eux. Qu’il les avait choisi à sa place. Elle pensait que Tristan lui faisait une confiance aveugle, si ça avait été le cas, jamais il n’aurait cru une seule seconde qu’elle l’avait abandonné parce qu’elle n’acceptait pas les dragons. Mais il ne lui avait pas fait confiance, il était devenu plus dragon que jamais, sans lui laisser le temps de s’expliquer, sans lui laisser le temps de se découvrir petit à petit. Alors parfois, la rancœur de la demoiselle était compréhensible, pouvait-il lui reprocher ? A chaque fois qu’elle pensait aux dragons, elle voyait des êtres malveillants qui avaient tenu Tristan loin d’elle ? Qu’ils l’avaient trompés, forcés Tristan à montrer le dragon qu’elle haïssait plus que tout… Comment pardonner ? Comment faire mieux dans ces conditions ? Mais il fallait un premier pas… juste un premier pas…

Il s’expliqua, le jeune homme était confus. Mais la demoiselle décida de passer outre et s’approcha de lui en déposant un magnifique baiser sur ses lèvres, un baiser qu’elle voulait rassurant.

« Désolé de t’avoir inquiété… Tu as fais pour le mieux, je devrais juste te remercier, je n’étais pas en état de faire quoi que ce soit. J’ai mes faiblesses aussi »

Elle tenta de rire doucement, il lui disait qu’il l’aimait. Cassidy se blottit doucement contre lui et ferma les yeux.

« Moi aussi je t’aime Tris’… »

Prenant doucement sa main et enlaçant ses doigts contre les siens, elle s’assoupit un petit peu. Pas une seule seconde elle se douta qu’elle avait fait du mal à l’homme qu’elle aimait et qu’encore une fois, sa magie faisait ressortir les émotions de la petite mage sans qu’elle ne l’y autorise. Ils restèrent un instant blottis l’un contre l’autre, elle à demi assoupie et lui à l’observer. Elle humait son odeur, si apaisante, si réconfortante.

« Tu sais, c’est bien aussi d’être ici tous les deux avec une tasse de chocolat chaud pendant que la neige tombe dehors… Je suis bien avec toi et je sens vraiment mes forces revenir, comme si tu m’aidais… comme… avant »

Elle s’assoupit dans ses bras, sans savoir qu’il était parti dans la salle de bains pour soigner ses blessures. Quelle galère d’avoir les pouvoirs d’un dragon de feu…

Lorsqu’il revint, il proposa d’aller se balader dehors et elle accepta avec grand plaisir de se dégourdir les jambes. Ca sera sûrement moins dangereux que leur sortie dans la nature !

Ils déambulaient dans la ville, écoutant les discussions à droite et à gauche quand une voix féminine se fit entendre. Trop à cran en ce moment, Cassidy serra plus fort la main de Tristan lorsqu’une tornade rousse l’envoya au sol. Alors déjà pour le déséquilibrer il fallait y aller et cela perturba encore plus la petite mage. La suite de la conversation ne la rendit pas vraiment euphorique.

En temps normal, et consciente que leur vie était remplie de quiproquos et malentendu, la demoiselle aurait certainement attendu et demandé des explications. Mais là, ce n’était vraiment mais alors VRAIMENT le moment. Si ils s’exilaient à l’autre bout du monde dans une ville difficile d’accès ce n’était pas pour croiser des connaissances ! Jalousie, colère, se mélangèrent dans le cœur de la petite demoiselle. Elle se rembrunit, son regard devint complètement glacial. Les pulsions meurtrières qui l’agitaient ces derniers temps refirent surface. Quelques cailloux au sol tremblotèrent dans la neige.

Sa magie devenait intenable, la décharge imminente. Mais pas pour simplement avertir mais tuer…elle leva la main d’un geste en direction de la malheureuse mais Tristan la bloqua d’un geste ferme. Il essaya de lui parler, de la raisonner mais il semblerait que Cassidy n’entendait absolument rien. Comme si elle était dans un état second. Il décida de l’amener à l’écart pour ne pas qu’elle attire l’attention. Elle n’écoutait rien et s’agita pour se dégager de lui. Son corps devenait de plus en plus chaud. Attention petit dragon, tu risques d’y perdre des écailles…

Et puis, il eut la meilleure idée à avoir à ce moment là. Le jeune homme se pencha vers elle et l’embrassa. Cassidy ferma les yeux et lorsqu’elle les rouvrit, les pulsions meurtrières avaient disparues. Tristan s’écarta un peu d’elle pour la laisser respirer. La mage le regarda, étonnée, surprise et n’avait pas l’air de se rendre compte de ce qui s’était passé.

« Tris’ ? »

Elle sentit ses mains douces qui caressaient ses épaules, il se rapprochait d’elle pour la câliner gentiment, pour ne pas qu’elle redevienne en colère. Mais un peu trop vite, elle se rappela de la raison de sa colère, sans pour autant redevenir incontrôlable. Elle pointa un doigt sur Tristan et resta un instant silencieuse, le regardant en cherchant ses mots.

« Tu… enfin elle… enfin bon sang Tris’ ! Qu’est ce qu’elle fiche ici ? Je pensais qu’on s’isolait pour ne croiser aucune connaissance, aucune ! »

Il tenta de la rassurer, l’embrasser, mais Cassidy n’était pas convaincue.

« Ce n’est pas toi qui m’inquiète mais elle… Tu devrais bien savoir de quoi sont capables les femmes pour arriver à leurs fins… Et m’oblige pas à parler des potions d’amour hein ! Ca arrive vite. Encore plus toi qui… qui essaie de te contrôler… »

Elle soupira puis se colla doucement contre lui.

« Je vais être très claire. Si je la vois t’approcher et poser une seule main sur toi, je lui balance une raclée tellement violente qu’elle va apprendre à rouler en bas de la montagne. Donc pour sa sécurité… il vaut mieux qu’elle reste loin… »

Bah quoi ? Cassidy était jalouse, possessive et après un an sans son amoureux voire plus puisque les premiers temps elle avait affaire au dragon, il était légitime qu’elle soit sur ses gardes et ne prenne aucun risque. Elle l’aimait ça c’était sûr. Encore plus depuis cette séparation forcée. Et elle ne laisserait jamais personne se mettre entre eux.

Il parla, la rassura du mieux possible puis ils continuèrent leur chemin en ville. Le petit couple s’arrêta à une boutique qui vendait des affaires pour animaux et cela changea les pensées de Cassidy. Elle s’extasia devant un beau coussin dans un tissu noir qui avait l’air bien confortable, une gamelle en argent et le plus important, un biberon ! Ils achetèrent aussi du lait pour jeune animal, bourré de bons éléments pour le renforcement et le bon développement ainsi qu’une sorte de jouet à machouiller pour qu’il se fasse les crocs dessus. Cassidy pensa un moment à Orion, soupira puis se reconcentra vite sur Tristan.

Ils décidèrent de rentrer. En effet, Cassidy refusait d’aller à la taverne pour ne pas croiser cette femme et elle jetait des regards furtifs partout, ce qui laissait penser qu’elle n’était pas tranquille et qu’elle ne profiterait pas de la balade. Trop d’émotions fortes pour aujourd’hui…

Ils rentraient tous les deux au chalet. Mais sur le chemin du retour, quelque chose attira leur attention. Une silhouette qui marchait dans leur direction. La personne n’était pas encore visible mais d’un geste instinctif, Cassidy se tint le bras droit, fit une grimace de douleur puis releva la tête, furieuse.

« Dégage de là ! »

Ok… curieuse façon de dire bonjour à un passant. Mais la petite mage semblait difficilement contenable même si elle s’efforçait de ne pas se laisser aller à un accent de rage. L’inconnu s’avança lentement puis s’arrêta. La neige recommençait à tomber autour d’eux. Une longue cape sombre le couvrait, des cheveux noirs en bataille, des yeux d’un bleu intense et cet air légèrement provocateur. C’était Kalec qui se tenait devant eux. Tristan n’eut aucun problème à faire le rapprochement sûrement avec le mystérieux enquiquineur de la veille avec aujourd’hui. Cassidy n’avait jamais été aussi… agitée. Sauf qu’un détail attirait l’attention. Ses oreilles n’avaient plus la forme de celles des humains. Au contraire elles étaient identiques à celles de Cassidy. Un peu plus affutées mais pas de grande différence.

Il secoua la tête avant de la fixer.

« Ouah ! Drôle de façon de dire bonjour Boucles-d’or. Mais je vois que tu t’es enfin débarrassée de ce bandeau. C’est pas trop tôt. »

Il fit un sourire légèrement amusé. Nouvelle ressemblance avec la petite mage, des canines légèrement pointues. C’était juste deux petits points communs mais pas n’importe lesquels. En effet, ils n’avaient jamais croisés de personne semblable à Cassidy. Ca ne pouvait être que physique, ou peut être un peu plus… difficile à dire.

Cassidy se contenta d’un grognement et détourna la tête.

« Je l’ai pas fait pour toi ! Maintenant t’es bien gentil mais sors de mon chemin. »

Kalec se frotta doucement le menton, semblant réfléchir.

- Hum ? Non…

Ok, suicidaire, vraiment. Cassidy se rembrunit et fit un pas en arrière, prête à attaquer.

-Tu as réfléchi à ma proposition ?
« Vas te faire foutre ! »
- Quel language grossier…
« Tu n’as rien à espérer de moi ! »
- Si c’est ton choix.

La demoiselle fit un pas en avant et de grands gestes avec les mains, essayant de rester le plus calme possible même si le ton de sa voix était lourd de menaces.

« Maintenant que c’est dit, pourrais-tu gentiment débarrasser le plancher s’il te plaît ? »

Il resta un instant silencieux puis son regard se porta sur Tristan, qui paraissait lui aussi sur ses gardes et même si il restait plus calme que Cassidy, le jeune homme avait sûrement des envies de meurtre également.

- Et pas vraiment commode non plus… C’est miraculeux qu’il ne m’ait pas encore sauté dessus… quand on connaît le tempérament de ceux de son espèce

Cassidy se plaça devant Tristan, comme si elle cherchait à le défendre des paroles de Kalec. Qu’il s’acharne sur elle mais pas lui !

« Laisse le tranquille ! »

- Ca ne doit pas être évident, je compatis. Un dragon qui ne peut même pas assouvir ses pulsions…

Cassidy ouvrit des yeux ronds et regarda Tristan, totalement surprise. Elle n’avait rien dit, même quand elle était bourrée elle ne l’aurait jamais appelé dragon. Mais heureusement pour eux, Kalec semblait plutôt bavard et agitait la main d’un geste nonchalant en soupirant.

- Allons bon, ça se voit à des kilomètres à la ronde que c’est un dragon ! Il n’a pas une aura de Drakkari… Sans parler de ses émotions complètement décuplées et ses envies de… c’était quoi déjà Tristan ? Me mordre ? Me croquer ? Me lacérer avec tes griffes ? Tu voulais vraiment me réduire en bouillie non ? Le dragon en toi aurait pu sortir. Juste à cause de ce que je t’ai dis ? Mais n’était-ce pas la vérité ?

La petite mage se tourna de nouveau vers Tristan très étonnée. Inquiétude et peur se lisaient dans son cœur. Qu’est ce que racontait Kalec ? Tristan voulait se transformer ? Tristan voulait agir comme un dragon ? Elle soupira et se tint la tête avec sa main en la secouant doucement. Il savait à quel point elle détestait tout ce qui le raccrochait au dragon et là ce n’était pas le meilleur qu’elle apprenait. Kalec enchaîna en tendant les bras en avant.

- Mais je suis sûr que tu n’attends que ça. Vas-y transforme toi et massacre moi ! Elle verra enfin le véritable monstre qui se cache derrière cette bouille d’ange.

Cassidy agit d’elle-même. Elle tendit la main face à Tristan sans le regarder mais comme une barrière psychologique pour l’empêcher d’agir et de foncer sur Kalec. Il est vrai que ce dernier mettait leurs nerfs à rude épreuve mais n’y avait-il pas un léger fond de réalité derrière ces paroles provocantes ? Si Tristan agissait, alors Kalec aurait raison. Et ça elle ne voulait pas le voir. La demoiselle savait qu’il faisait beaucoup d’efforts pour apprendre à se contrôler mais jusqu’à présent il avait été protégé non ? A la cité, personne ne voulait le contredire, le provoquer. Les personnes qui le respectaient comme son équipe de Cheistams, ne voulaient pas se frotter à lui. Kalec allait dans le sens opposé, il cherchait à réveiller la bête mais pour une raison qu’elle ignorait. Sa première impression serait qu’il cherche à détruire leur couple, les dresser l’un contre l’autre. Mais son instinct lui soufflait qu’il y avait autre chose derrière, quelque chose qu’elle n’arrivait pas à cerner. Kalec la rendait furieuse mais en même temps, elle sentait quelque chose qui le raccrochait à lui et cela lui faisait peur…
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Cassidy Herediane
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MessageSujet: Re: Comment se retrouver pour mieux s'aimer...   Sam 3 Oct - 18:18

Kalec observait Cassidy et une étrange expression passa dans son regard, impossible à deviner. Il baissa les bras avant de continuer sur sa lancée.

- Boucles d’or, arrête de te mentir. Tu ne supportes pas ces êtres méprisants. Ils n’ont aucun honneur, ni respect. Ils prennent ce qui leur plaît et ne laissent que souffrance et destruction derrière eux. Ce qu’ils t’ont fait… ce qu’il t’a fait.

Elle baissa lentement la tête, honteuse, restant silencieuse. Kalec avait raison. La neige s’amassa autour d’elle, l’air frais lui fouetta le visage. Elle ferma les yeux. Il avait raison après tout. Elle se cachait et Tristan ne savait pas tout. Il ne savait pas la douleur qu’elle pouvait ressentir parfois, ses cauchemars, ses souvenirs qui la hantaient. Cassidy inspira profondément et releva lentement la tête en direction de Kalec.

« C’est vrai… je n’accepte pas les dragons »

Aïe, comment faire mal au pauvre Tristan qui n’avait rien demandé. La demoiselle inspira une nouvelle fois et son visage se fit plus sévère.

« Mais ça ne veut pas dire que je vais rester comme ça. Tristan… Tout ce qui s’est passé est terminé alors je dois aller de l’avant. Et même si j’ai encore du mal, même si j’ai encore des peurs, des craintes, même si ma magie ne coopère pas, je ne laisserais pas mes souvenirs me maîtriser. »

Son regard se fit plus déterminé et sa voix ne souffrait d’aucune faiblesse. Une profonde détermination entourait la petite mage et elle était plus sincère, plus assurée.

« Pour Tristan, je vais apprendre à l’accepter, peu importe le temps que ça me prendra. Pour lui je me battrais ! »

Elle avait presque crié les derniers mots, se relevant d’une volonté nouvelle. Prête à prouver le contraire, prête à sauver son couple. Son couple était bien plus important que leur différence, voilà ce à quoi elle pensait. Mais Kalec ne semblait pas perturbé ni déboussolé. Il croisa les bras et fit un sourire mais difficile de deviner le fond de sa pensée.

- C’est bien beau ce que tu racontes. Mais ça reste un dragon et comme tous ceux de son espèce c’est dans ses gênes de s’amuser, de courir plusieurs femelles à la fois, d’être attiré par toutes les femmes. A ses yeux tu n’es pas unique. Cette rousse attirante par exemple qui se colle contre lui…

C’était la phrase de trop. Des souvenirs douloureux étaient remontés à la surface. La peur, la jalousie, la colère. Tout le corps de Cassidy s’entoura d’une puissance lueur dorée tout comme ses yeux qui avaient changé de couleur. Elle n’attendit même pas Tristan, les pulsions meurtrières étaient présentes. Comme lorsqu’elle avait voulu tuer la dragonne, la fausse rousse… comme à chaque fois que quelque chose lui faisait atteindre ses limites.

Elle courut en avant, telle une furie, poussant un cri de guerre, le poing en avant. Kalec ne bougeait pas, ne faisait pas le moindre geste. A l’impact, une lueur aveuglante les entoura, empêchant de voir ce qui se passait. La neige autour d’eux fut repoussée avec force, le vent s’agita et ce n’était pas des brindilles qui tombèrent des arbres mais des branches beaucoup plus épaisses. Le sol se mettait à trembler. Et puis, tout redevint silencieux.

La brume neigeuse laissa apercevoir deux silhouettes debout… Euh en fait, ce n’était pas vraiment la chose à laquelle on s’attendait. Kalec n’avait pas bougé à la différence qu’il avait les bras enroulés autour de la taille de Cassidy, l’enveloppant complètement, la forçant à ne pas bouger. La pulsion meurtrière avait disparu et Cassidy regardait autour d’elle, avec un air sincère sur le visage qu’elle n’avait pas l’air de comprendre ce qui lui arrivait. Elle n’avait plus cette envie de le tuer mais lorsqu’elle comprit qu’il l’avait « enlacée », la farouche demoiselle commença à s’agiter, se débattant et montrant les crocs.

« Lâche moi abruti ! Espèce de demeuré ! Faux humain ! Gnouf ! »

Elle continuait de l’insulter de tous les noms d’oiseaux mais ce dernier ne bougeait pas d’un pouce. Il soupira en levant les yeux au ciel puis d’un coup, la demoiselle ferma les yeux et s’adossa contre lui tel un chamallow sans énergie, endormie.

Kalec 2 – Cassidy 0

Ok, là on voyait clairement qu’elle ne faisait pas du tout le poids contre lui. Difficile de voir ce qu’il pouvait avoir fait. Magie ? Tour de passe passe ? Non mais sérieusement, Ysa était morte par la main de Cassidy avec cette attaque de plein fouet. Ysa qui était une dragonne sérieusement entraînée selon les dires d’Alanir. Ysa qui aurait pu devenir l’une des dominantes. Et ce petit… humain ? Ou peut importe ce qu’il était, avait réussi à stopper Cassidy sans montrer le moindre signe de magie ni d’effort ? Ca restait impressionnant.

Kalec plia un peu les jambes puis passa ses bras autour des jambes et du dos de la demoiselle, ce qui devait fortement en agacer un, puis s’approcha un peu de Tristan, l’observant. Il ne tenta rien avec Cassidy pour réveiller la fureur du dragon. Kalec restait immobile, silencieux.

Sans crier gare, il lança Cassidy en l’air comme un sac de patates. Tristan n’eut d’autre choix que de la rattraper au vol. Curieux transfert… Kalec se mit à sourire.

- C’est bien au moins je vois que tu ne… la laisse pas tomber.

Interprétation dans les deux sens ? A voir la tête de Kalec on pourrait se douter que oui. Le jeune homme aux yeux bleus croisa les bras.

- C’est drôle je m’attendais à voir une timide demoiselle, naïve, innocente, douce… pas une véritable tigresse qui défend sa moitié avec une dévotion assurée et déterminée

Cela pouvait sonner comme un compliment, ou comme un constat de ce qu’était devenu Cassidy au fil du temps. Son évolution était troublante et si Kalec n’avait cité que le bien, il y avait beaucoup de zones d’ombres à l’heure actuelle. Il inspira profondément et regarda la neige tomber, pensif.

- La seule question que je me pose, c’est de savoir quand tu l’as trahiras…

Il ne lui faisait décidément pas confiance. Pourquoi ? Que cachait Kalec ? Quelles intentions avait-il ?

- Quand tu découvriras sa vraie nature qu’elle-même ignore ou… quand une femme suffisamment entreprenante te fera lâcher toute réserve ?

Le jeune homme fit alors un sourire taquin avant d’enchaîner sur une phrase plus que provocante, examinant Tristan avec la plus grande attention et sans sourciller.

- Par contre si tu as toujours du mal à la satisfaire, je peux essayer de combler cette demoiselle.

Il fit un petit saut en arrière en disant cela, conscient que cela n’allait pas plaire du tout. Bon en même temps en quoi Tristan pouvait-il s’inquiéter ? Cassidy n’aimait pas Kalec et ça se voyait vraiment bien. Cependant certaines choses avaient été dévoilées et l’avenir dira si cela tourne dans le positif ou négatif. Avec son « fardeau », Tristan ne pouvait vraiment pas agir mais il n’en eut pas l’occasion car Kalec avait déjà repris sa marche vers la ville, s’éloignant d’eux. Le défi était-il accepté ?

Cassidy ne sut rien de ce qui se passait mais lorsqu’elle se réveilla, la demoiselle était allongée dans le canapé. Elle ouvrit lentement les yeux pour apercevoir Tristan assis à côté d’elle, qui tenait sa main. Elle cligna lentement les paupières, cherchant à remettre ses idées en place. L’image de Kalec ressurgit dans sa mémoire et elle se redressa brusquement, faisant glisser la couverture que Tristan avait délicatement posé sur elle, afin qu’elle soit bien installée.

« Il est où cet enfoiré ?! J’en ai pas terminé avec lui ! »

Enervée, encore et toujours, comment pouvait-on croire une seule seconde que Cassidy coucherait avec lui ? Tristan tenta de la calmer même si lui-même devait conserver son calme, surtout après ce qu’on lui avait dit. Elle s’arrêta net et se calma toute seule avant de fixer Tristan étrangement. Un silence s’installa entre eux alors qu’elle sortit une phrase bien surprenante.

« Transforme toi en dragon »

Heu oui… ça n’allait pas un peu vite là ? D’accord elle avait dit qu’elle allait faire des efforts mais là ce n’était pas un peu précipité ? Pourtant la demoiselle prit les mains de Tristan et les serra doucement dans les siennes, un air de défi brillait dans ses yeux. Et surtout, elle avait hâte de prouver à ce petit prétentieux de Kalec qu’elle pouvait tout à fait dépasser sa colère.

« S’il te plaît Tris’… »

Mais si il avait encore des doutes, elle ne lui laisse pas l’occasion de les approfondir car la demoiselle s’était levée et sortit du chalet en ayant mis à la hâte ses bottes. Lorsqu’il la rejoignit, elle était à l’arrière du chalet, à l’abri des regards. La neige recommençait à tomber un peu plus rudement, la lumière commençait à disparaître même si il faisait encore suffisamment jour. Tristan hésitait mais Cassidy était bien ancrée sur ses pieds, et la faire rentrer semblait être impossible tellement elle était déterminée à essayer.

Et puis il finit par se transformer. La demoiselle l’observa de loin, ayant gardé une distance suffisante entre eux pour éviter tout dérapage. Fier comme un dragon, ses écailles rouges luisaient avec la lueur du soleil, il l’observait également, semblant attendre la décharge de magie, se couchant au sol, faisant le moins de bruit possible. Au début ça allait. Cassidy tenait. Elle avait fait le vide en elle et tentait de regarder le dragon comme si il était ordinaire. Bon… pour admettre qu’il s’agissait de son fiancé, faudrait encore attendre mais à le regarder normalement, comme un être inoffensif, gentil.
Et puis tout bascula. La vague de magie qui la frappa de plein fouet était insoutenable. Une vague qui voulait sortir, puissante, destructrice. Cassidy chercha à se concentrer sur sa méditation mais ça ne marchait pas. Et puis les souvenirs revenaient, ses illusions. Voir Tristan différent, comme Ikaël. Le voir rire en se moquant de ses efforts, le voir… embrasser cette rouquine sans le moindre scrupule.
Cassidy ferma les yeux, des gouttes de sueur commençant à parler sur son front. Elle respirait difficilement et luttait contre ses peurs, contre sa colère… Ses jambes tremblaient et elle tomba à genoux dans la neige. La demoiselle respirait difficilement et cherchait à chasser tout ce qui lui faisait du mal. Devoir contenir sa magie qui se nourrissait de ses peurs n’était pas si évident que ça. Mais alors qu’elle ne voyait pas Tristan, elle se mit presque à crier à son attention.

« Attends ! Pas tout de suite ! Laisse moi encore un peu de temps ! »

Cela devait lui faire du mal de voir qu’elle se torturait, qu’elle souffrait et la jeune femme le savait pertinemment. Mais il devait comprendre par quoi elle passait aussi ! Inspirant profondément, elle tapa avec son poing dans la neige et tout doucement, se redressa et rouvrit les yeux. Il put voir qu’au fond de ses prunelles marron ce n’était pas de la peur qui se dégageait mais autre chose de plus puissant. Une envie de se battre, de résister. Elle le fixait tout en serrant les poings, sentant la marque de ses ongles s'enfonçant dans sa chair.

*Bats toi… Bats-toi pour lui… Bats-toi pour nous… Ne laisse pas tomber Cassy… Tout démarre de là… Je t’aime Tris’… je réussirais… pour toi…*

La douleur devint un peu plus insupportable mais elle se tenait fièrement debout, les cheveux s’agitant dans la bise glacée, de fins flocons tombant sur sa tête et son visage avant de fondre aussitôt. Elle se mordit la langue jusqu’au sang et sentit le goût amer qui se répandait dans sa bouche. Avec ses canines affutées, la blessure arrivait vite. Elle regarda un instant le dragon puis prononça juste une phrase.

« C’est bon pour aujourd’hui… »

Et elle se laissa retomber au sol dans la neige. Il rompit le contact et s’empressa de la rejoindre alors qu’elle tentait de reprendre sa respiration. Tristan s’approcha d’elle, inquiet et sûrement en colère qu’elle n’en fasse qu’à sa tête et se blesse volontairement. Mais avant même qu’il ne dise quoi que ce soit, Cassidy le regarda en tendant la main vers lui.

« Prends moi juste dans tes bras… »

Il s’exécuta et elle se colla tout contre lui. Déjà sa tension redescendait, le rythme cardiaque de son cœur redevenait plus régulier. Cassidy se sentait bien dans ses bras, c’était rassurant, réconfortant. Elle sentait son énergie revenir, elle avait besoin de se raccrocher à ce lien pour guérir. Après avoir affronté sa peur sans faire de dégâts, la demoiselle se sentait un peu plus en paix avec elle-même même si tout restait à faire.

Tristan la ramena rapidement à l’intérieur et l’installa dans les couvertures. Il essuya le sang qui avait goûté le long du menton de la petite mage et semblait être sur le point de dire quelque chose, sûrement lui faire la morale, lui dire qu’elle ne devait pas se blesser mais une fois de plus, Cassidy le devança. Elle leva le bras et posa son index sur les lèvres à Tristan avant de le regarder très sérieusement.

« Laisse moi te montrer quelque chose, après tu pourras me dire ce que tu penses. Je sais que ça ne te plaît pas mais j’aimerais t’expliquer pourquoi je le fais… »

Elle prit doucement sa main dans la sienne, sentant sa chaleur se répandre dans son corps et son regard se fit bien plus évasif alors qu’elle se laissait aller à des souvenirs.

Cassidy était près d’une écurie. Bien plus jeune, entre 14 et 15 ans, elle commençait à avoir un peu plus de formes même si elle gardait un air enfantin. D’un air distrait, elle jouait avec une mèche de cheveux blonds contre un gros tonneau, regardant parfois par curiosité les chevaux qu’on rentrait et ceux qu’on sortait.

Elle se décolla de son tonneau quand elle vit deux hommes venir dans sa direction. Son maître qui tenait un cheval par la bride et en grande discussion avec un autre homme svelte avec une carrure un peu plus imposante qui tenait un autre cheval.

- Cassidy viens par ici

La jeune Cassidy s’approcha avec curiosité et salua l’homme en s’inclinant respectueusement.

- Aujourd’hui je vais t’apprendre à monter. Ca sera bien plus pratique pour nos prochains voyages.

Cassidy regarda le cheval et semblait un peu intimidée, quoique pas craintive. Curieuse d’apprendre, comme à son habitude.

- Ne t’inquiète pas, j’ai choisi le cheval le plus calme de mon écurie. Doux, gentil, il est très apprécié des apprentis cavaliers. Tu ne risques rien avec lui

C’était l’homme qui avait parlé d’une voix rassurante. Il tendit la bride à Cassidy et s’excusa car il avait beaucoup de travail.

Maître et élève marchèrent en direction d’une grande plaine un peu à l’extérieur de la ville. Le vieux mage donnait les consignes de base à Cassidy, comment se tenir, marcher, le calme qu’il fallait garder. Puis il lui expliqua comment monter même si il lui fit la courte échelle pour cette fois avant de monter à son tour. Cassidy tenait les rênes et attendait les instructions. Son maître lui expliqua patiemment comment diriger, avancer.

Elle donna une petite pression dans les flancs de l’animal et celui-ci commença à avancer. Le regard de Cassidy s’illumina. Ils n’allaient pas vite mais elle semblait apprécier la balade. Puis son maître lui parla d’autres sujets, de magie, pour la mettre à l’aise. Tout était calme autour d’eux.

Sauf que d’un coup, sans crier gare, le cheval se mit à hennir comme si quelque chose lui avait fait peur et sans prévenir, se cabra de toute sa hauteur. Cassidy poussa un cri et s’accrocha instinctivement à la crinière de l’animal, évitant la chute. Mais il ne se calma pas pour autant et partit au grand galop, Cassidy cramponnée et ballonnée. Son maître criait un ordre mais elle n’avait pas l’air d’entendre. Heureusement les rênes avaient été raccourcies pour éviter qu’elles ne traînent, au cas où Cassidy les lâche, ce qui aurait eu pour effet de faire trébucher le cheval.

Celui-ci s’engouffra dans une forêt et traça dans demander son reste ni même vérifier la cavalière qu’il avait sur le dos. Elle se prit des branchages en plein sur le visage qui lui griffèrent la peau. Finalement, manquant de force, elle tomba. La scène devint noire.

La lumière revint. Cassidy se trouvait dans une pièce à l’allure sommaire. En ouvrant les yeux, elle tenta de bouger mais une grimace s’étira sur son visage.

- Reste calme jeune fille, tu as fais une sacré chute..

En effet, son pied était entouré d’une grosse attelle, lui-même soutenu par un système qui le maintenait en l’air ainsi que son bras. Des marques de griffures se dessinaient sur son visage et le sang avait été nettoyé. Elle ouvrit la bouche mais le maître l’arrêta.

- Fracture du genou et de l’avant bras. Tu t’en sors pas si mal.

Elle ouvrit la bouche, apparemment choquée.

- Ca pourrait être pire hein… Bois cette potion ça luttera contre la douleur. Demain je fais venir un de mes collègues, il t’arrangera ça en moins de deux. Ah et j’ai oublié, je sais que tu aimes bien regarder ça avant de dormir alors je te l’ai apporté…

Il lui tendit une vieille feuille de parchemin avec un dessin dessus. Un dessin qui représentait une petite fille blonde et un garçon aux cheveux rouges qui se tenaient la main. Ce même dessin que Cassidy avait montré à Tristan à l’académie, il y a longtemps, quand ils n’étaient pas encore ensemble. Elle se mit à rougir, balbutia, détourna la tête mais prit le précieux dessin qu’elle serra fort dans sa main.

La scène se flouta et les mini-scènes s’accélérèrent. A chaque fois on voyait une Cassidy qui tentait d’approcher un cheval mais elle avait perdu sa confiance, elle tremblait. Le cheval le ressentait et couchait les oreilles en arrière, se faisait agressif et tapait du sabot contre la porte de son box. Cassidy criait puis s’éloignait, tremblante.

Puis une nouvelle scène. Elle était au bord de l’eau et jetait des cailloux dans la rivière. Son maître la rejoignit et vint s’asseoir à côté d’elle.

- Tu ne veux pas tenter à nouveau ?
« A quoi bon ? Echec sur échec… Ca ne marche pas et j’ai peur… j’ai peur d’avoir mal à nouveau. »
- Cassidy… As-tu déjà réellement essayé d’approcher un cheval ?
« Oui mais… AIE ! »

Elle venait de se prendre un coup de bâton sur la tête.

- Faux ! Comment veux-tu essayer avec cet état d’esprit ? Tu as peur de ce qui t’attends. Alors oui, peut être qu’un cheval voudra te mordre, oui peut être que si tu montes à nouveau, tu retomberas à nouveau mais ce n’est pas le plus important.

« Ouah… se faire mal, tomber… si les chevaux ne m’aiment pas, je ne peux rien faire… »

- Ce n’est pas eux qui ne t’aiment pas, c’est toi qui en a peur et tu es en colère car ils te font du mal. Tu laisses ta peur te contrôler… et ça t’éloignes de plus en plus d’eux.

« Alors je dois faire quoi ? »

- Bats toi ! Apprivoise ta peur. Tu es la seule qui peut lutter contre ça. Pense à ce que tu aimes, ta plus grande force et une fois que tu l’auras trouvé, ne la lâche plus. Tu sais, il vaut mieux avoir quelques petites qu’une énorme à vie. Les os se réparent, les cicatrices se referment. Il n’y a qu’une seule blessure qui ne guérit pas facilement, c’est celle là

Il posa une main sur son cœur.

La scène changea à nouveau. Un magnifique cheval blanc hennissait et se cabrait. Plusieurs hommes lui tournaient autour, criaient. Il était retenu par plusieurs cordes mais sa puissance était telle qu’il en emportait quelques uns.

« Un problème avec ce cheval ? »
- Dame, éloignez vous ! Ce cheval est complètement fou. Il a déjà piétiné plusieurs de mes hommes

C’était Cassidy qui approchait. Elle devait avoir 5 ans de plus. La demoiselle regarda l’animal se débattre et ne semblait pas effrayé.

« A mon signal, lâchez les cordes… »
- Mais damoiselle il est…
« Faites moi confiance, le cheval est aussi effrayé que vous. Je sais ce que ça fait. »

Elle s’approcha doucement de lui, parlant d’une voix apaisante et réconfortante. Le majestueux animal s’arrêta et regarda cette inconnue. Cassidy insista mais s’arrêta à quelques mètres. Elle fixait juste dans les yeux et n’avançait pas plus. Un petit geste de la main et les hommes lâchèrent les cordes. Le cheval ne bougea pas. Un moment qui semblait durer une éternité s’écoula puis, il s’approcha d’elle et colla son museau contre la main de la demoiselle. Cette dernière se mit à sourire.

« C’est bien… Tu ne risques rien mon beau… Je te protègerais… »
- Comment avez-vous ?
« J’avais très peur des chevaux quand j’étais plus jeune mais j’ai appris à dépasser ça, à les comprendre. Ce ne sont pas seulement des animaux, des bêtes sans cervelles, ils sont très intelligents quand on prend la peine de les écouter et de les respecter… »


La scène se flouta et ils revinrent au chalet. Cassidy caressa tendrement la main de Tristan.

« Si tu veux que je réponde à tes questions je le ferais… Demande moi tout ce que tu veux… Ce que tu as fais, c’est du passé c’est le présent qui nous intéresse. Et si il y a, ne serait-ce qu’un élément pour nous aider à trouver un déclic, même si c’est un souvenir douloureux, alors demande moi. Je préfère largement avoir des petites blessures si c’est pour avancer qu’une grosse qui nous bloquera complètement »

Elle pensa à quelque chose et se mit à rire doucement.

« C’est marrant quand même. Ce Kalec, il voulait peut être me dresser contre toi mais tout ce qu’il a fait, c’est me rappeler cette discussion avec mon maître. Je devrais sûrement le remercier… »

A voir le regard de Tristan, elle ne le laissa pas longtemps sur cette affirmation et se redressa vers lui pour déposer un baiser sur ses lèvres.

« Je plaisante. Moins je le croise, mieux je me porte… »

Cassidy allait beaucoup mieux. Et encore plus important elle semblait vraiment décidée à aller de l’avant. Certes, Tristan n’était pas un cheval et c’était bien plus précieux à ses yeux mais le raisonnement reste le même non ?

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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: Comment se retrouver pour mieux s'aimer...   Sam 10 Oct - 16:39

S’il avait su, peut-être aurait-il fait davantage attention. Peut-être aurait-il été plus prudent avec les hormones de la demoiselle. Il ne sentait pas tout. Bien sûr la tension qu’elle ressentait près de lui, clairement elle était là. Sa lumière n’était plus qu’un indice secondaire des exigences de son corps. Pourtant, il la provoquait. Peut-être plus que nécessaire d’ailleurs. Il aurait pu éviter tout contact avec elle, ne pas vouloir la tenter et se tenter par la même occasion en sachant à quel irrémédiable échec il devrait faire face et seul évidemment puisqu’elle serait encore dans les vapes. Il les avait réduits, ces contacts, certainement mais pas supprimés et les taquineries, les provocations continuaient, plus douces, plus subtiles, moins prégnantes mais il n’arrêtait pas. Par contre s’attendre à ce qu’elle en saisisse le précieux message qui était évidemment qu’il n’allait pas prendre le risque de laisser une si belle demoiselle croire un seul instant qu’il pouvait se désintéresser d’elle, en particulier lorsqu’ils se trouvaient dans un village peuplé de beaucoup trop de beaux garçons…


Est-ce qu’il savait qu’il était beau ? Oh oui, il le lui avait bien montré quand ils s’étaient retrouvés à l’Académie, le jeune homme était parfaitement conscient de ses trop nombreux atouts. Il le lui avait d’ailleurs montré à maintes reprises en se baladant à moitié nu devant elle, voire complètement nu parfois depuis le début de leur relation. Et à ses côtés elle avait commencé à comprendre qu’elle était belle même si elle semblait toujours aléatoirement plongée en plein déni. Un déni intolérable aux yeux de son compagnon.

S’il avait su ce qu’elle prenait, ce qu’elle pensait… Pour essayer de se contrôler un peu, nul doute qu’effectivement il en aurait été profondément chagriné et les dégâts auraient été autant de coups de couteaux dans son coeur pourtant déjà bien habitué à être malmené. Mais en même temps il aurait compris l’urgence de la situation et ce qu’il était encore totalement incapable de desceller. C’était vraiment… la catastrophe pour elle. Savoir à quel point elle allait mal et ce mal étrange justement qui s’emparait d’elle lui aurait donné bien des raisons de s’inquiéter mais aussi bien des raisons de se presser. Pour l’instant il restait dans l’optique de laisser le temps au temps. La dernière fois c’était ça qui avait fonctionné. Le temps, la confiance, la tendresse… Il n’aimait pas savoir que c’était lui qu’elle ne supportait plus et il n’avait vraiment pas envie de l’entendre de sa bouche… Mais une conversation risquait de s’imposer très vite, avec tous les risques qu’elle supposait…

A quel point souffrait-elle ?

Ses paroles à propos de la serre l’avaient fait sourire, puis tiquer quand elle avait parlé… de buisson ? Elle rougissait, détournait les yeux et pourtant son coeur se serra en constatant que si ces mots lui échappait c’était peut-être aussi parce qu’elle avait besoin de lui dire qu’il lui plaisait, qu’elle avait peur aussi, probablement, qu’elle ne comprenait pas son corps et qu’elle s’en voulait évidemment. Comme toujours. A cet instant il aurait bien aimé avoir les mots pour lui répondre, la traiter d’idiote mais il n’était même pas sûre qu’elle se rendait compte elle-même du sens caché derrière ces simples mots. Il n’avait pas de doute. Elle l’aimait, c’était incontestable et il avait pour lui de sentir les tiraillements que subissait le corps de la jeune femme. Il n’avait pas trouvé quoi dire, comme il n’avait rien trouvé à dire pendant cette fameuse sortie. Celle qui aurait pu si mal tourner.

Quel étrange couple ils formaient… A vouloir aussi obstinément protéger l’autre, quitte à se cacher derrière des semi-vérités ou des semi-secrets…Elle avec sa potion pour la calmer ne serait-ce qu’un peu et qui masquait bien plus qu’elle ne pouvait l’imaginer ses ressentis à son compagnon, à travers leur lien. Il savait que ça n’allait pas mais il était à un millième en dessous de la vérité. Il pensait qu’elle tenait. Qu’elle était embêtée certes, frustrée certainement, en colère obligatoirement, mais à s’en rendre malade à ce point ? Oh non… jamais il ne s’en était douté.
Et lui qui contre toute attente s’en sortait bien mieux que tout ce qu’il avait imaginé. Certes l’attirance pour sa compagne était un véritable poison tant elle l’obsédait de nuit comme de jour, certes être frustré à ce point était à peine imaginable et il rongeait son frein en silence, certes un dragon ne pouvant satisfaire ses pulsions était dangereux… Mais il était aussi humain que possible, probablement plus humain que bien des « humains normaux » d’ailleurs. Malgré les instincts violents, si expansifs, il se contrôlait. En secret, même si ce n’en était pas un à la base, il méditait tous les jours, souvent plusieurs fois par jour même ! Au début c’était plus pour lui qu’autre chose, puis fier des débuts de résultats il s’était décidé à ne rien lui dire, pour lui faire une surprise en quelque sorte… Bien sûr il n’allait pas débarquer en lui disant « regarde ma princesse, je me contrôle vachement bien, je n’ai eu envie de bouffer personne aujourd’hui » mais plutôt qu’elle constate progressivement par cet étrange lien entre eux, qui chaque jour guérissait un peu plus, qu’il n’avait pas tant que ça changé et que si effectivement il était différent, si effectivement le Tristan qu'elle connaissait avait disparu alors c'était pour que, malgré des aléas plus que douteux et douloureux, il puisse lui offrir sa meilleure version, une nouvelle, qui ne la décevrait plus, plus jamais !!!

Il la fixait en silence, inquiet…
Les souvenirs des derniers jours, des dernières heures lui agressaient les sens et lui donnaient l’impression étourdissante que quelque chose, quelque part, supérieur, leur en voulait décidément beaucoup !
Il n’avait plus qu’à attendre son réveil, fixant avec culpabilité le bandeau qui ceignait son front, resserrant contre ses tempes les longs fils d’or de ses magnifiques cheveux.
Un jour en la coiffant il avait noté pas moins de sept nuances de blonds dans sa chevelure. Elle ne pouvait probablement pas saisir autant de différence mais il avait une vue assez exceptionnelle par sa nature alors lui, il savait. Lui dire ? Inutile, elle rougirait, marmonnerait en disant qu’il exagérait, le penserait peut-être même aveuglé par ses sentiments, alors que c’était finalement tout le contraire.

Souvenirs…
De son corps mince blotti contre le sien derrière la taverne. Malgré l’épaisseur de leurs vestes respectives il pouvait percevoir les légers frémissements sur la peau de la jeune femme, pas dus au froid évidemment puisqu’à son grand regret elle n’aurait plus jamais froid. C’était très égoïste comme réflexion et il s’en voulait de l’avoir mais qu’elle n’ait plus besoin de lui pour se réchauffer c’était assez dépitant. Elle sirotait une tasse fumante de chocolat chaud, calée contre lui, entre ses bras et il l’écoutait lui racontait ce qu’elle avait préparé en cuisine etc. humant la peau de son cou, l’odeur de ses cheveux en essayant de n’avoir pas l’air, trop, d’un mort de faim. Il était un peu trop accroc à son odeur et sans la moindre arrière pensée en plus ! Bien que celle-ci, comme tout le reste provoque bien vite un étourdissant tourbillon de sensations tentatrices. Il profitait juste de l’odeur de sa peau, en silence, l’écoutant, pressant ses bras doucement autour de sa taille, touchant à peine aux biscuits pour sa part. Il était moins « sucré » qu’elle mais ne parvenait décidément pas à se lasser de son sourire gourmand. Aucun doute les cookies devaient mourir en extase devant cet air de petit ange…
Pourtant, même si elle n’avait pas besoin de sa chaleur elle semblait vraiment apprécier son étreinte ce qui ne cessait de le rassurer finalement. Il avait d’ailleurs fait le geste d’ouvrir sa veste et avait surpris une petite étincelle ravie dans le regard de la demoiselle, elle préférait largement quand il n’y avait pas autant d’épaisseurs entre eux et il la comprenait totalement mais moins… au moins c’était beaucoup trop tentant, déjà sentir son odeur suffisait à… Il s’était mordu la langue au sang pour chasser le début d’intérêt un peu trop charnel pour le corps mince contre lui. Diable qu’elle l’attirait !

Il avait senti sa réticence quand il était parti. Le rappel d’une conversation pour le moins tentante l’avait effleuré. Oh comme il aurait aimé envoyer valser toute prudence et retenue pour la combler sauvagement derrière ces caisses ! Oui bon pas trop sauvagement quand même dans un premier temps… il lui faudrait beaucoup de douceur pour chasser les exigences violentes d’Ikael. Il ne savait pas ce qu’elle pensait de son côté mais à son avis quand enfin ça se… débloquerait entre eux il devrait vraiment être le plus doux, patient et tendre possible pour qu’aucun doute ne soit permis. Il était Tristan. Son Tristan, son amoureux et beaucoup trop attentif fiancé au moindre de ses frémissements, pas l’espèce de brute épaisse qui avait malmené son coeur et son corps. A force, il se demandait lequel il avait le plus malmené.


Sa raisonnable décision lui valut de se faire scier les jambes par un sourire à tomber et… ce léger murmure, chuchotement bien trop suave à son oreille, de si doux petits mots mais ce ton chuchoté… elle l’utilisait quand elle voulait lui glisser de timides demandes ou exigeantes suggestions. Raaah ! Il adorait et détestait quand elle faisait ça !!!! Elle était rentrée travailler avec un petit pas sautillant (qui failli lui valoir une chute sur une petite plaque de verglas) et un sourire satisfait tandis qu’il la regardait partir mi-amusé mi-outré devant cette pseudo-candeur qui cachait une bien féroce maitresse qu’il désespérait retrouver un jour ! Aller au travail lui prit bien plus de temps que nécessaire, entre autre car il lui fallut penser à de bien nombreux légumes pour le moins peu stimulants afin que son corps renonce à cet état pour un marathon un peu particulier. Raph lui avait fait un sourire goguenard quand il était arrivé et Tristan avait grogné de mécontentement en constatant que penser à des légumes ne l’aidait guère à se défaire de l’état qu’elle provoquait un peu trop facilement chez lui ces derniers temps. Du contrôle !!!! Du contrôle !!!!

Un sourire amusé passa sur son visage alors qu’il observait son ange évanoui.
Ca défiait toutes les lois de la physique, de la chimie, du possible. L’attirance qu’elle provoquait… Et les sentiments qu’elle enflammait. A la voir ainsi, il était si tiraillé de tant d’émotions qu’il en aurait sans mal perdu la tête s’il n’avait pas appris à rester calme et à gérer un peu, toujours un peu plus, les conflits qui l’ébranlaient. Il y avait la peur, l’inquiétude, la culpabilité, l’admiration, la béatitude aussi c’est vrai, un peu, la tendresse, la tristesse… Tellement de tristesse aussi. Elle ne le quittait décidément plus celle-ci…

Quand elle était revenue complètement hors d’elle, à la limite de l’explosion il n’avait pas compris. Il était encore pas mal chamboulé par ce qui lui était arrivé avec Kalec et il ne comprenait pas vraiment le comportement de celui-ci même s’il n’y avait peut-être rien à comprendre d’autre si ce n’est qu’un emmerdeur avait décidé de lui pourrir la vie en le mettant face à son plus grand échec !
Il avait résisté certes, la méditation, chaque jour, l’aidait… Il était rentré et comme il était seul il s’était écroulé de fatigue contre le chambranle d’une porte en jouant avec le louveteau. Peu importe la position dans laquelle il était il parvenait à s’apaiser, même la tête en bas, finalement, depuis qu’elle avait réussi à « débloquer » cette capacité chez lui ça allait de mieux en mieux. La colère qui habitait la jeune femme l’avait surpris et sacrément ébranlé en fait. Elle était… énervée. En fait, c’était presque une aura de haine sombre qui dansait autour d’elle et sa magie faisait crépiter l’air. Il ne comprenait pas… La dernière fois qu’elle avait été aussi en colère… c’était contre Kayla non ? Ca l’inquiétait en fait que quelqu’un l’ennuie de la sorte mais il la respectait énormément et avait confiance en elle. Jamais il ne l’aurait harcelée de questions. Si elle voulait que ce soit son combat, il ne s’en mêlerait pas… mais il surveillerait quand même de loin au cas où. Après tout, elle n’était pas toujours très raisonnable. Par contre lui faire passer ses envies de meurtre il s’y était tout de suite attelé, jusqu’à utiliser l’arme secrète de la serre qui prenait forme. Ca au moins c’était radical.

Etrangement ils avaient tous les deux changé de manière extrême. La timide, effacée jeune femme était devenue assez colérique, vive, parfois une bombe à retardement, beaucoup moins patiente, beaucoup plus exigeante et souvent impertinente, ce qui était quand même pas mal sexy il fallait bien l’avouer. Et lui l’horrible séducteur, indéfectible garnement qui jouait sur les mots avec l’aisance d’un oiseau chanteur, qui s’amusait à torturer son harem, et était justement terriblement susceptible et bagarreur s’était transformé en dragon certes mais qui avait atteint une maitrise de lui-même inimaginable face à ce qu’il était auparavant. Certes sa manière de tout intérioriser ne plaisait que peu à sa compagne mais il se maitrisait et heureusement sinon il se serait transformé et aurait bouffé plus d’une personne ! Leurs comportements n’avaient pas été échangés mais c’est comme s’ils jouaient sur un certain équilibre. L’un partait d’un côté, l’autre équilibrait…Et le tout inconsciemment évidemment !

Sa phrase avait longtemps tourné dans sa tête alors qu’il ne comprenait pas pourquoi elle la lui avait posé. Quelqu’un lui avait-il dit qu’elle était instable ? Et alors ? Ce que pensaient les autres… n’était pas important ? Si pour elle… ça l’était toujours pour elle… Et pire elle craignait qu’il le pense ? Il n’était pas revenu dessus évidemment mais ça l’inquiétait…
La journée suivante, quelques heures avant l’incident, avait semblé bien commencer. Mais finalement comme trop souvent ces derniers temps il y avait eu un couac de plus. Enfin plein en réalité. Les drôles d’allusions de Cassidy avaient laissé Tristan surpris. Etrange comparaison semblait-il entre le loup et ce qu’il était lui-même mais soit elle essayait de lui faire passer un message, soit elle ne s’en rendait… absolument pas compte.

Leurs méditations…
Il avait bien senti que quelque chose n’allait pas mais en même temps beaucoup de choses n’allaient pas. Ils devenaient crispés et stressés à force d’être frustrés. Le massage fit un grand bien au jeune homme qui en avait plus que certainement besoin.
Tristan semblait en effet sacrément fatigué et une fois de plus les pensées de sa compagne l’auraient probablement attristé. Ce n’est pas qu’il avait spécialement envie de se mettre les muscles en vrac comme elle pensait… Mais il ne s’entrainait plus vraiment, donc compensait avec les travaux ce qui ne le dérangeait pas outre mesure et même l’intéressait beaucoup. Après tout l’architecture lui avait toujours plu, il avait un peu l’occasion de se lancer dedans et le travail du bois lui plaisait beaucoup. Il ne se ménageait pas c’est vrai, mais l’épuisement physique était ce qui l’aidait, avec la méditation à mieux contrôler son corps, ses gestes, ses pulsions.

Quand elle commença à parler, il ne s’attendait vraiment pas à ces mots et ils firent beaucoup de mal, bien plus qu’elle ne pouvait l’imaginer en réalité. Bien sûr que c’était maladroit, elle ne voulait absolument pas le blesser, il le savait parfaitement. Mais ça ne réduisit pas l’impact pour autant.
Elle voulait juste avancer, les aider, les soutenir et au final, elle était celle qui agissait, la courageuse de l’histoire, celle qui voulait affronter le problème. Alors que lui… avait tellement peur de ses pensées, de ce qu’elle pourrait lui dire s’ils avaient cette conversation. Il était un monstre à ses yeux, il le savait, il l’avait bien compris, chacun de ses mots contre les dragons, même indirectement, l’étaient contre lui. Il le savait mais il ne voulait pas l’entendre. L’entendre c’était devoir l’admettre et admettre cette monstrueuse impasse. Ils avaient raison ? Eux deux ce n’était pas possible ? Et alors cette conversation mènerait forcément à cette horrible question: « on fait quoi ? » Rien… s’ils atteignaient ce point il n’y aurait plus rien à faire…

Qu’elle pense qu’il lui en voulait, juste pour ça, pour la coucherie… qui même si elle était importante, monstrueusement importante d’accord, n’était pas le principal, lui était insupportable. D’accord il était un dragon, d’accord, la seule chose qui pouvait à la rigueur maintenir un mâle près d’une seule femelle c’était des parties de jambes en l’air assez exceptionnelles…mais il n’était pas que ça. Il n’était pas ce dragon. Il était différent… Elle ne le voyait vraiment pas ?
Ah… le courage n’était décidément pas toujours un atout. Pauvre petite mage. Elle se prit probablement très vite pour la méchante à voir la tête que tirait son compagnon abasourdi, attristé. D’ailleurs il avait fini par baisser la tête, n’osant plus la regarder, ses épaules s’affaissant d’un coup, preuve du poids qui pesait depuis bien trop longtemps dessus. C’était lui ou l’air était particulièrement sec ? Ca lui piquait les yeux et le nez. Il pensait sérieusement à se relever et s’éloigner rapidement pour essayer de se calmer tant la tristesse qui l’assaillait et la peur, cette peur panique, lui tordait l’estomac le chamboulaient. Il ne voulait pas qu’elle le voit aussi vulnérable et perdu, sans solution, sans idées, sans rien, il était censé la protéger, la soutenir… Le besoin de se défouler pour mieux gérer ses sentiments était revenu au galop et il se serait levé lui… Tandis qu’elle aurait cherché à ce moment là à lui parler et à chasser la tristesse des yeux de son compagnon. Mais l’un et l’autre n’eurent d’autre choix que de courir puis d’escalader… Très vite.

L’avalanche…
Il ferma les yeux pour chasser les images qui assaillaient ses pensées et pressa la main de la jeune femme étendue près de lui. Tout était allé si vite, monstrueusement vite… Il avait craint pour sa vie pendant une seconde, même si elle était résistante, même si elle était incroyablement puissante pendant un court instant il avait eu l’impression qu’elle était totalement vulnérable… L’adrénaline l’avait libéré de ces pensées négatives qui l’auraient trop affaibli et rendu faible face à la puissance naturelle qui fondait sur eux. Il avait été rapide. Voler aurait probablement été bien plus simple et bien plus rapide, moins dangereux mais même ça ce n’était pas possible.
Quand elle était tombé, il avait eu si peur… Si peur de la perdre… Le dragon avait peur aussi. Il l’aimait.

Rassuré de voir qu’elle respirait normalement, calmement il l’avait laissée un peu toute seule. Il avait senti dans la chute sa tête heurter ses écailles, ça ne lui avait pas fait mal contrairement à sa magie. Elle l’aurait carbonisé vivant si elle ne s’était pas assommée et ça le rassurait très moyennement ! Il était descendu, sans prendre la peine d’examiner davantage ses brûlures qu’il nettoierait plus tard, s’asseyant dans la cuisine en s’autorisant enfin à souffler un court instant. Il était rentré vite, avait agi vite… et en fait, le stress redescendait à peine. Là il aurait bien pris un verre.. de quelque chose de fort, de très fort même. Pourtant il s’était contenté de préparer le « goûter » avant de remonter. C’est à cet instant qu’elle s’était réveillé, lui expliqué et que tout avait suivi tranquillement.
Au moins elle semblait aller bien… enfin à peu près. Elle ne revint pas sur ce qu’elle lui avait dit et il en fut un peu rassuré. Trop d’émotions fortes pour la journée.

Trop ? Il était bien loin du compte à vrai dire !
Il avait eu peur pendant un instant de lui dire qu’il s’était transformé, même si ça avait été pour leur sécurité à tous les deux. Sous sa forme humanoïde il n’aurait rien pu faire malheureusement… Se transformer et laisser agir ses instincts était la seule solution envisageable. Et pourtant, le jeune homme en était lui-même particulièrement surpris. Il avait totalement lâché prise, pour ne pas louper une seconde, une minuscule seconde qui pouvait être fatidique. Il était devenu le splendide dragon noir et rouge qui était si petit par rapport à nombre de ses congénères et en particulier par rapport à Alanir. Et il n’avait pas eu envie de s’envoler, ni senti la douleur que ses désirs déçus laissait flotter constamment dans tout son corps, ni les émotions négatives qui le chamboulaient sans cesse, ni la colère envers Kalec qui avait tellement raison de dire qu’il ne parvenait pas à satisfaire sa compagne. Tout le dragon n’avait tendu que vers un but: la protéger… Quoi qu’il advienne, la protéger. Et malgré la douleur, alors que tout être vivant a ce réflexe de s’éloigner de la source douloureuse, malgré la magie de la jeune femme, pas un instant il n’avait été tenté de la lâcher. Il l’avait gardé contre son corps qui semblait si peu écailleux tant lesdites écailles étaient fines, minuscules et étroitement intriquées les unes dans les autres, entourées de ses ailes et de ses pattes. Il s’était senti fort, à sa place et plus humain que jamais. Parce que cette forme là ne changeait absolument rien et qu’il était tant qu’il en prenne réellement conscience.
Elle n’avait pas l’air en colère, ce qui le rassura un peu alors que son baiser sonnait comme une libération. Elle ne semblait pas vouloir réaborder le douloureux sujet évoqué plus tôt et il n’allait pas le lui suggérer, ça c’était certain. A ses phrases, ses doux mots il se contenta de raffermir son étreinte et de caresser ses cheveux.

- Oh moi les faiblesses je les aime bien… la preuve, tu as un terrible faible pour moi et sans ça je ne serais probablement pas en tant de profiter honteusement que tu te sois redressée et que ce très gentil drap en ait profité pour glisser jusqu’à ta taille. Vue superbe au passage…

Elle rougit, frémit, grogna et le tapa pour la forme mais il surprit une fois de plus la lueur de fierté dans son regard noisette alors qu’elle remontait le drap sur elle. Il en profita pour déposer un tendre baiser sur son front.

- Oh tu as bien raison de me les cacher, je pense que je pourrais les admirer pendant des heures… Oh pas qu’eux évidemment mais…

Elle le retapa en riant cette fois pour cacher sa gêne et il se félicita d’être parvenu à la dérider autant. Il la câlina un moment par la suite, se contentant de tendres effleurements sans la moindre tentative indécente. Finalement, il devenait le plus raisonnable des deux…
Elle semblait s’apaiser contre lui et ne pas vouloir reparler de ce qui les gênait. Oh bien sûr ils avaient besoin de parler tous les deux, clairement. Mais ça lui faisait quand même sacrément peur.
Comme avant… Elle avait dit « comme avant ». Il avait baissé les yeux sur elle, l’observant en silence. C’était gentil et en même temps il y avait tellement moyen de mal interpréter ces quelques mots. Oui ça avait changé eux deux. Il préféra n’en prendre que le meilleur, ne s’en faire que la plus belle des visions. Comme avant… c’était avant qu’elle ne soit « enlevée » pendant une année. Comme avant c’était comme lorsqu’ils ne se craignaient pas l’un l’autre, lorsqu’ils se connaissaient…

Il prit grand soin de se couvrir en revenant de la salle de bains et de ne rien laisser paraitre des élancements douloureux qui parcouraient sa peau. Elle s’en voulait bien assez comme ça sans qu’elle n’ait en plus à culpabiliser. Et puis non, même sans ça, lui savait très bien que ce n’était qu’un accident. Elle… Elle allait se prendre le chou pour rien ! Surtout qu’il cicatriserait vite !
Ils étaient sortis et cette petite promenade avait bien failli tourner au drame sous les yeux de bien trop de personnes !
Quand la dénommée Tania lui avait sauté dessus, c’est vrai elle l’avait déséquilibré. Mais quoi de plus facile ?! Ce n’était pas qu’elle soit grande, qu’elle soit forte ou qu’elle fasse de l’effet au jeune homme, non juste qu’elle avait posé ses mains sur ses brûlures et la douleur l’avait momentanément étourdi, assez pour que son extrême équilibre en soit contrarié et qu’il se retrouve les fesses dans la neige, un brin groggy et ne comprenant pas vraiment ce qui se passait. Apparemment elle le connaissait. Oups…Et puis ce n’était pas qu’une amie, non, c’était une ex évidemment… En même temps, le jeune homme avait eu de nombreuses, bien trop nombreuses conquêtes, il fallait bien que ce moment arrive un jour ou l’autre…

La demoiselle s’éloignait déjà… Mais Cassidy était tendue comme la corde d’un arc et Tristan aurait juré l’avoir entendu feuler tout bas alors que l’air commençait à s’appesantir autour d’elle, à s’emplir de magie. Mais… mais qu’est ce lui prenait. Il avait arrêté sa main, comprenant en une seconde qu’elle allait frapper, fronçant les sourcils, déstabilisé de la voir si prompte à réagir et en mal, oh si mal ! Elle ne l’écoutait qu’à peine… en fait non, elle ne l’écoutait pas du tout et il sentit la chaleur de sa peau sous sa veste, comme si son corps se réchauffait, comme si elle commençait à utiliser le pouvoir d’Alanir. Pas bon ça !!!! Pas bon du tout !
Du chuchotement inquiet de son prénom il s’était fait plus ferme, l’appelait, l’avertissait, la sermonnait tout bas. Mais rien n’y faisait. Il finit par la porter à moitié à l’écart, la trainant un peu à sa suite, essayant de presser de manière rassurante ses doigts sur ceux de la jeune femme mais elle ne quittait pas des yeux l’imprudente demoiselle qui s’était trop approchée de son compagnon et retroussait ses trop jolies lèvres sur ses dents donc l’éclat des canines ne passait pas inaperçu !

- Cassy ! Cassy ! Regarde moi ! Qu’est ce qui… ?! Cassy !

Elle n’écoutait pas. Il l’embrassa. C’était peut-être idiot mais c’était la seule chose qui lui semblait digne d’intérêt, digne de fonctionner. Et le pire c’est que ça fonctionna car elle reprit corps dans la réalité. Elle revint oui mais une fois de plus semblait un peu trop perdue à son goût. Se rendait-elle compte de ce qu’elle faisait ? Il commençait à vraiment en douter. Elle n’avait pas le moindre contrôle… Il s’inquiétait pour elle. Ses émotions prenaient vie à travers sa magie et elle pouvait si vite faire quelque chose qu’elle regretterait que c’en était vraiment flippant. Pour elle. Il n’avait pas peur d’elle non… Mais il s’inquiétait de ce qu’elle penserait, de ce qu’elle ferait si elle se rendait compte de ces pertes de contrôle. Il caressa une de ses joues puis l’enlaça avec tendresse alors que déjà elle se crispait, preuve indéniable qu’elle se souvenait de la raison de sa colère. Tania…

Une fois de plus ses premières paroles le blessèrent et il fut pris d’une profonde amertume. Bon là il en avait marre ! Mais alors vraiment marre de faire des efforts pour entendre ce type de discours. Elle croyait quoi ? Qu’il tenait une liste de ses ex ? Qu’il savait ce qu’elles faisaient, où elles vivaient et avec qui ? Ce n’était pas lui qui avait choisi ce village mais elle ! Elle qu’il avait aveuglément suivi dans le froid à se geler les fesses ! Elle qu’il suivait dans un endroit glacial parce que mademoiselle aimait la neige alors que lui ne pouvait même pas se défouler en volant !
Il la sentit immédiatement… la colère et la rancune et les stoppa tout de suite. Ce n’était pas lui. Ce n’était pas les siennes. Bien sûr qu’il était blessé mais il n’était ni sourd ni aveugle. C’étaient des mots. De simples mots plein de maladresse et encore plus plein de peur et de rancune… de jalousie… d’une profonde jalousie. Ceci l’avait instantanément apaisé. Oh il n’aimait pas qu’elle soit jalouse évidemment mais il comprenait que voir une demoiselle qu’il avait eu à d’intenses reprises dans son lit perturbe sa compagne actuelle. Néanmoins c’était blessant… mais le cadet de ses soucis. Leur lien se renforçait plus que certainement pour qu’en cet instant de faiblesse il prenne les émotions des plus négatives de sa compagne pour les siennes… Au moins un point positif. Il devait la rassurer.

- Cassy… ce n’est… Je n’en savais rien… Tu crois que je me soucie de cette fille ? Je ne sais même pas qui c’est…

Bon… ça ce n’était pas forcément le top mais ça aurait pu être pire, une demoiselle qui avait énormément compté dans sa vie, une conquête dont les souvenirs extraordinaires le rendrait nostalgique, mais là non, pas du tout, il ne souvenait pas d’elle. Et ce n’était même pas un pseudo mensonge pour la rassurer en plus ! Enfin après le nom il avait de vagues idées mais à cette époque il n’était pas toujours… en très bon état, trop occupé à essayer d’oublier la petite mage inquiète et perturbée qui lui faisait aujourd’hui face. Il faillit perdre pied devant les souvenirs qui l’assaillirent un très bref instant. Il se souvenait vaguement avoir été un sacré beau-parleur et un Don Juan émérite mais… il se souvenait surtout de la peur, de la douleur, de la tristesse qui ne le quittait jamais… C’était après l’accident. Quand il avait failli lui faire du mal. Ils étaient encore si jeunes… Il n’avait pas le droit de rester avec elle mais les premiers mois ça avait été une lutte de chaque instant dont il préférait qu’elle n’ait jamais connaissance.

Elle parla de confiance, de philtre d’amour… Elle avait baissé les yeux à ce moment là, et probablement heureusement pour eux car le jeune homme avait brusquement changé d’expression comme si un secret le taraudait et pas un agréable. Il avait aussitôt repris sa tête quasi impassible, lui caressant doucement les épaules.

- Cassy… arrête, je te promets qu’il n’y a pas le moindre risque. Je me fiche de cette fille. Je te jure… Il n’y a que toi qui compte et je t’ai dit que je ne laisserai rien se mettre entre nous non ? Alors… ne t’inquiète pas, elle peut essayer autant qu’elle veut il n’y a que toi à mes yeux, d’accord ? Que toi qui existe…

Elle releva les yeux en fronçant les sourcils, menaçante et il se rattrapa immédiatement.

- Ou mieux elle peut ne pas essayer du tout évidemment hum… c’était sous-entendu…

Il sourit à ses paroles tout sauf calmes, franchement agressives en fait et inquiétantes. Pourtant ça ne l’énerva pas. Elle le protégeait aussi. Il comprenait ses inquiétudes. Il la pressa doucement contre lui, l’embrassa tendrement avant de la fixer dans les yeux.

- Tu n’es pas très juste ma princesse, elle n’a pas la moindre chance face à toi… Et elle ne retiendra même pas la leçon tellement tu cogneras dur. Je vais aller lui parler, lui dire pour nous deux d’accord ? Elle n’a pas l’air timbrée, elle devrait comprendre les termes « salut, tu vois la sublime petite blonde là bas, c’est ma fiancée, ma magnifique et merveilleuse et très jalouse fiancée que j’aime plus que tout au monde. Ah et j’oubliais très talentueuse mage qui déteste partager ses jouets…Je suis bien navré de te faire savoir aussi brutalement que je ne suis plus homme approchable sous ce type d’attitude mais cette femme est ma princesse et je ne veux pas qu’à un seul instant elle puisse seulement imaginer qu’une autre puisse faire s’emballer mon coeur comme elle le fait à chaque fois que je la vois. Pour une obscure raison qui m’échappe, elle pense qu’une femme, à mes yeux, pourrait rivaliser avec elle, je la laisse y croire un peu c’est vrai parce que si elle savait à quel point elle est unique pour moi, je pense qu’elle en abuserai plus que de raison… »

Voilà que le jeune homme lui faisait la déclaration des mots qu’il allait utiliser et non sans raison ! Ils étaient plein de compliments et de déclarations, petite manière détournée de tenter de la rassurer. Elle avait immédiatement saisi évidemment, il n’en attendait pas moins d’elle et avait aperçu, ravi, ses pommettes se colorer alors qu’elle marmonnait que c’était probablement trop subtile pour la pimbêche ce qui le fit sourire.
Il profita de la boutique pour animaux pour aller voir Tania alors qu’elle était entourée et donc qu’ils n’étaient pas seuls, restant visibles aux yeux de sa compagne à tout moment et lui tint exactement le discours qu’il avait proposé à Cassidy, mot pour mot. La demoiselle changea immédiatement d’expression même s’il ne saisit pas ce que c’était. Elle avait l’air en colère et assez… humiliée en fait, jetant des regards à ses compagnons de route qui semblaient un brin moqueurs. La demoiselle avait probablement fait étalage de ses charmes et prétendu que le demoiseau viendrait la supplier de le reprendre bien rapidement. Echec… Alors qu’il était face à elle, il fronça les sourcils. Malgré les années son visage lui disait vaguement quelque chose… Mais elle n’était pas rousse à la base, si ? Apparemment non. Sous le coup de ses révélations, la teinture magique sur ses cheveux qui devaient être liée à un certain contrôle de soi sans doute avait lâché alors qu’elle redevenait châtain, pas très remarquable ni exceptionnel… Elle marmonna en prenant une mèche entre ses doigts alors qu’ils redevenaient aussitôt flamboyant et que lui demeurait impassible comme s’il n’avait rien vu. Pourtant contre toute attente elle reprit vite contenance, poussant un profond soupir en déclarant qu’elle devait bien s’y attendre pour un si bel homme. Après tout ce temps, normal qu’il soit pris bien qu’elle le voyait difficilement engagé.

- Et pourtant je le suis… Un jour, cette jeune femme deviendra ma femme.
- … Et tu es sûr de toi ?
- Totalement.

Oui bon le coup de la « femme » il n’en avait pas parlé à Cassidy. Il ne voulait pas l’embêter. Et puis... il n'étais pas sûr qu'elle le prenne bien. Elle avait probablement quelques doutes sur eux deux avec tout ce qui leur arrivait et maintenant qu'il n'était pas fichu de coucher avec elle ça n'arrangeait rien du tout...
Rapidement il avait salué la jeune femme et s’était éloigné pour rejoindre sa compagne et sourire à ses différents articles, commentant le fait qu’elle devenait une vraie « maman poule » et qu’il y allait encore en avoir un qui la ferait céder au moindre de ses caprices ! D’ailleurs dans la boutique il l’enlaça bien vite en profitant qu’elle lui tourne le dos, déposant de léger baisers sur sa nuque en la dégageant du col de sa veste, se retenant de justesse de lui mordiller l’oreille et ce juste parce qu’il y avait des témoins…

- Je t’ai manqué ma princesse ? Toi oui, affreusement. C’est encore pire de près… Tu pensais sérieusement qu’elle avait la moindre chance ?Hum… Il va falloir que je te démontre encore et encore que tu demeures ma préférée on dirait…

Enorme sous-entendu qu’il s’efforça d’effacer encore et surtout parce que pour lui démontrer il aurait bien aimé avoir un peu plus accès à la libido de la demoiselle, pour la satisfaire hein, parce que pour la faire exploser ça c’était facile…

- Ca s’est très bien passé, elle a compris ne t’inquiète pas. De toute façon ils ne vont pas rester longtemps ici.

Bon, elle n’était pas totalement tranquille mais ça avait l’air un peu mieux quand même. Ils rentraient tranquillement main dans la main quand décidément un évènement supplémentaire décida de leur pourrir l’existence.
Alors qu’ils marchaient tranquillement et qu’il observait son comportement agitait, préparant déjà mentalement un plan d’attaque pour l’aider à passer outre, elle s’était arrêté, criant avec véhémence. Il s’arrêta aussitôt, flairant les environs, surpris de n’avoir pas détecté de présence et ayant effectivement la vague impression d’une odeur mais si ténue qu’il n’arrivait pas à la situer. Et puis le coup du bras droit ça ne passait pas inaperçu. Il retint le grognement qui menaçait de monter dans sa gorge et assista alors au plus curieux des échanges.

Kalec était apparu, sorti du couvert des arbres ou d’on ne savait trop où, son sourire trop satisfait aux lèvres. Cassidy serra plus fort sa main sans s’en rendre compte et il comprit aussitôt. C’était lui ! C’était lui qui l’avait mise dans cet état ? Lui qui l’avait embêté de la sorte ? Peut-être, probablement même, lui qui l’avait ennuyé leur premier jour quand elle était allé demander du travail à la taverne. Ce vermisseau allait s’en prendre une belle. Comme à chaque fois que quelque chose concernait Cassidy il se sentait beaucoup plus vif et beaucoup moins contrôlable. Pour elle il partait constamment au quart de tour et même s’il travaillait beaucoup dessus sans le lui dire ce n’était franchement pas évident. Pourtant, un regard vers Kalec l’avait stoppé. Non pas que ce gars l’inquiète mais des détails frappants étaient remarquables. Ses oreilles ?! Il n’avait jamais fait attention mais… ses oreilles étaient pointues. Forcément avec Cassidy à côté pour comparaison impossible de le louper, c’étaient les mêmes. Là pour le coup sa colère s’était envolée alors qu’il se sentait pris d’une énorme surprise, limité hébété, et une sacrée dose de stress aussi. Pourquoi quelqu’un qui lui ressemblait… était ici ? Il la croyait un peu unique c’est vrai. Bon c’était bien si elle n’était pas toute seule mais… parmi tous les gens adorables du coin pourquoi ce type ?!!!!

Il ne put rien dire, rien faire, figé sur place, observant l’échange véhément et sacrément rapide entre les deux protagonistes. Cassidy était d’une agressivité certaine, très en colère apparemment tandis que Kalec se fichait ouvertement d’elle, la provoquant plus que de raison.
Immobile, il observait… Dans son coeur tambourinait une sombre menace, une petite voix résonnait dans sa tête « ils sont pareils, ils sont pareils, pas vous »… Stupide petite voix…
Les canines vinrent confirmer la donne. Tristan s’était toujours amusé, attendri de ces détails qui les rapprochaient tous deux, si ses oreilles étaient plus effilées, très légèrement que celles de sa compagnes ses crocs eux étaient beaucoup plus affûtés. Mais ces petits détails qu’il trouvait si mignon et qu’il lui avait dit aimer parce que justement ça les rendait un peu pareils venaient d’un coup de lui être arrachés. Ce n’était pas eux qui se ressemblaient… Elle ressemblait à Kalec. Pourquoi lui ?! Pourquoi ?!
Le seul type du coin qu’il ne pouvait absolument pas blairer, qui s’était fait une joie de le provoquer et qui coureur de jupons comme il l’était avait peut-être des vues sur la demoiselle ! Non mais hors de question là !

Elle s’énervait… Voulant qu’il bouge. Et lui s’amusait à la faire tourner chèvre en la provoquant, ne bougeant pas. Il parlait de proposition… QUELLE PROPOSITION ?!!!!
Comme chaque fois qu’il essayait de se contenir, restant immobile et impassible, Tristan serrait les poings et surtout les dents, sa mâchoire devenue plus carrée, les muscles se tendaient sous sa peau, creusant un peu ses traits et lui donnant l’air plus dur et de souffrir un peu aussi. Mais son regard ne quittait plus Kalec, une pointe de menace y brillant. Certes il s’était dit qu’il laisserait sa compagne gérer ses affaires comme elle l’entendait mais là un nouveau facteur venait de s’y ajouter. Elle avait lâché sa main… Elle avait lâché… sa main… Il n’avait toujours pas quitté Kalec des yeux, morigénant sa colère malgré sa mâchoire serrée.
Le jeune forgeron s’était adressé à lui alors. Parlant d’espèce. A force de réfléchir, d’y être confronté et de s’accepter Tristan pensait plus à la base à dragon qu’à Drakkari, c’était ainsi, dans ses veines après tout… Elle s’était mise devant lui et il avait baissé les yeux sur elle sans comprendre alors qu’une pointe d’amusement venait l’aider à se calmer. Décidément elle était bien surprenante. Il n’était en fait pas vraiment surpris qu’elle le protège… Elle était ainsi…
Mais il avait parlé de dragon… et tous les deux s’étaient figés. D’accord c’était la première chose à laquelle il avait pensé mais personne ne l’avait remarqué, personne ne pouvait savoir. L’avait-il vu la protéger en tombant de la tour ? Avait-il… provoqué l’avalanche. Tristan retint, chassa une fois de plus sa colère, se maitrisant comme il pouvait mais ça tambourinait dans sa tête et pas qu’un peu ! Oui le dragon voulait sortir… mais c’était un comportement quasi normal face à l’emmerdeur qui les harcelait ! Extérieurement il ne laissa transparaitre que de la surprise, un froncement de sourcil soupçonneux aussi, un brin en colère, rien d’autre, restant silencieux et immobile toujours. Kalec était bavard. Ce qu’il dit lui fit fermer les yeux. Il n’avait pas spécialement envie que Cassidy sache que ses conflits intérieurs étaient aussi tendus même si elle devait bien avouer qu’il les maitrisait au moins un peu.

Pourtant l’amusement venait fleurir au coeur du jeune homme. Il avait failli lui répondre à son dénombrement de pensées agressives pour l’attaquer. Il avait failli lui répondre qu’il pensait plus à lui coller son poing dans la face et à lui faire bouffer ses co******, mais une fois de plus resta silencieux. Il se maitrisait beaucoup mieux quand il ne parlait pas. Parler… c’était le premier pas pour s’ouvrir et laisser ses sentiments accessibles aux autres, et surtout susceptibles de lui échapper… Le regard de sa compagne lui fit mal pourtant. Ces mots la décevaient…Ces mots lui faisaient peur. Il aurait voulu la rassurer, lui dire que ce n’était pas ça, lui expliquer avec des mots ou leur lien ce qu’il ressentait mais il craignait, vu la tension qui l’agitait, que même ça laisse s’échapper sa hargne et toutes ses frustrations. Pas vers elle évidemment mais que ça se retourne vers Kalec. Ce n’était pas la solution. La violence ne résolvait pas toutes les situations. En tant que guerrier il en était probablement le plus conscient. Bon en tant que guerrier intelligent plutôt parce que les autres ça restait à voir !

Kalec lança une ultime provocation. Si elle atteignit Tristan il se serait pourtant maitrisé, rien que pour le décevoir. Et puis ce n’était pas si difficile à tenir. Il était assez fier de constater ses progrès. Avant, il aurait arraché la tête, enfin tenté d’arracher la tête plutôt à ce gars dès le départ. Son instinct lui soufflait néanmoins, et il l’écoutait avec attention, doublé d’un bon sens de la déduction, qu’un gars seul qui le provoquait de la sorte ne le ferait pas s’il n’était pas assez puissant pour le contrer. Kalec n’était pas qu’un beau parleur. Il le sentait un peu dans son odeur, ce truc qu’il n’avait pas réussi à cerner jusque là. Cet homme était dangereux…

Mais si lui se maitrisait ce n’était décidément pas le cas de Cassidy beaucoup trop à fleur de peau… Au début elle l’avait juste arrêté, craignant probablement qu’il cède à ses pulsions meurtrières et il ne pouvait pas lui en vouloir de le penser. Elle avait raison, personne ne cherchait à le pousser dans son entourage, parmi ses amis. S’il faisait un tel travail sur lui-même c’est aussi parce qu’il en était conscient et qu’il ne voulait pas que ses mauvaises humeurs, décuplées par ses gênes de dragon, ne causent du tort autour de lui. Mais c’était quand même sacrément culotté de le provoquer ainsi.
S’il était tout de même en colère celle-ci disparut grandement sous la culpabilité quand Kalec parla de ce qu’il lui avait fait. Inutile de se demander s’il savait, ce qu’il savait… Peu importe comment il était au courant de beaucoup de choses à propos d’eux, ça ne le rassurait pas du tout… Ce qu’il lui avait fait… Les images étaient revenues devant ses yeux. Etre prisonnier de son propre corps et voir ce qu’il avait fait subir à celle qu’il aimait sans rien y pouvoir, ça avait été la pire expérience de sa vie et il ne blâmait personne d’autre que lui…
Etres méprisants… Ca ne le mettait même pas en colère, il savait que c’était ce qu’elle pensait au fond.
Elle ne disait rien, ne faisait rien et lui immobile n’osait même pas la toucher. Il ne fixait plus qu’elle, enfin son dos, sa silhouette mince qu’il voulait juste prendre dans ses bras et rassurer à cet instant, sans savoir comment.
Elle parla et au début ça fit mal. Il le savait pourtant. Mais une fois de plus l’entendre faisait mal… Pourtant, il n’aurait pas dû être surpris par les paroles qu’elle prononça par la suite, ça lui ressemblait un peu trop voilà tout. Son sourire en coin vint étirer ses lèvres alors qu’il secouait légèrement la tête, amusé. Oui, ça c’était elle, sans contexte. La détermination, ça la connaissait et pour la faire changer d’avis bon courage, personne n’était aussi têtu qu’elle. Ces quelques mots chassaient les inquiétudes et la rancune et il s’approcha d’un pas alors qu’elle lui tournait toujours le dos, posant très doucement une main sur sa taille, comme pour confirmer ses dires. Lui de son côté ferait tout pour que ça se passe bien également, avec ses propres combats et ses propres démons.

Et puis Kalec parla de Tania. La pas bonne idée du tout du tout du tout.
Si elle était combattante et déterminée la demoiselle oublia complètement ses résolutions, voyant rouge et assez égoïste s’en alla disputer son bifteck de petit ami ne serait-ce qu’à cause de malheureuses paroles. Aie… Tristan ne put même pas la retenir, faisant déjà un geste alors qu’elle arrivait sur Kalec pour l’arrêter, préférant franchement éviter une bagarre…Mais l’impact fut effrayante. Sa magie pouvait détruire bien des choses mais elle ne fit rien à cet homme qui la maitrisait avec une facilité pour le moins déconcertante. Tristan se figea, totalement crispé, les muscles tendus. C’était pire que ce qu’il pensait. Il n’y connaissait rien en magie, enfin pas grand chose du moins, mais à son avis ça ce n’était vraiment pas normal !

Et il l’endormit. Pfiut ! Comme ça, comme si c’était la chose la plus aisée au monde. Tristan releva les lèvres sur ses dents dans un rictus agressif. Mais jamais il n’aurait attaqué, ne serait-ce que parce qu’il y avait Cassidy sur le chemin, surveillant Kalec comme un prédateur une proie un peu trop dangereuse. Il grogna en voyant comment il la trimballait, n’appréciant pas mais alors pas du tout ni les gestes ni la proximité… Mais ce gars était puissant et même s’il n’avait pas l’air de vouloir faire du mal à Cassidy, même le contraire puisqu’il semblait vouloir les éloigner, il n’allait pas prendre le risque de le voir lui faire du mal…

Immobile comme une statue, Tristan ne moufta absolument pas quand il s’approcha, le surveillant juste en serrant les poings. Jeter Cassidy… Et puis quoi encore ? Surpris mais ayant des réflexes plus que prouvés le jeune dragon la réceptionna sans mal, la prenant aussitôt tout contre lui, pressant son visage contre son torse comme pour la protéger, relevant les yeux vers Kalec en le surveillant toujours. Drôles de paroles…
Il parla de trahison et Tristan l’observa sans rien laisser transparaître bien qu’un léger haussement de sourcil répondit à ces paroles. La trahir ? Justement c’était un peu pas du tout à l’ordre du jour ça ! Il faisait des efforts monstres pour changer toutes ses pulsions animales, les modifier ! Il n’allait pas la trahir ! Il l’avait déjà bien trop fait… Ces étranges paroles marquèrent le jeune homme. Sa nature ? Il savait ce qu’elle était ? Il n’était plus en colère, juste inquiet et curieux, pour elle… Elle cherchait tellement à savoir et en même temps en avait si peur…

Kalec prit un gros risque avec ses dernières paroles au sujet de la satisfaction de la demoiselle. Du moins c’est ce qui semblait tout à fait logique après la réaction du jeune homme à l’atelier. Le provoquer là dessus n’était pas une bonne idée. Pourtant, s’il s’attendait à ce qu’il s’énerve, il dut être sacrément déçu car Tristan pâlit, baissant juste les yeux vers sa compagne, l’air en détresse en réalité, perdu et vraiment inquiet… Même… malheureux et pas qu’un peu. Il s’était éloigné par prudence mais de toute manière Tristan n’aurait rien tenté. Quelque chose venait de naitre, de se chuchoter tout bas dans son esprit et c’était douloureux, inquiétant. Une fois de plus sa mâchoire se serra tandis qu’il fermait les yeux pour se contenir et sans un mot toujours avança pour rentrer au chalet ignorant Kalec qui de toute manière repartait de son côté.

Il rentra, la posa sur le canapé, Zénith les accueillant en piaillant, venant flairer Cassidy évanouie. Tristan l’abandonna là quelques instants, sortit et frappa dans le premier tronc d’arbre qu’il vit, empêchant ses écailles de se manifester, dans le seul but de se faire mal pour y laisser se canaliser sa colère et ses peurs. Elles finirent irrémédiablement par remplacer la peau fragile de son corps et c’est l’arbre qui eut le plus mal finalement alors qu’il s’arrêtait rapidement en se tenant la tête, tentant de maitriser sa transformation qui était limite de lui échapper. Mais il se maitrisa, au bout de quelques secondes, comptant en silence, ça l’aidait beaucoup ça..
Il rentra, s’assit près d’elle, attendit. Encore.
Pour la deuxième fois dans la journée quand même !
Ca commençait à faire beaucoup…

Il s’était penché doucement vers elle quand elle avait ouvert les yeux, voulant la rassurer mais elle était si vive et si obsédée par l’idée d’aller mettre une dérouillée à Kalec qu’elle se redressa d’un coup et heurta son menton du haut de sa tête, ce qui le fit reculer en grognant, se massant la mâchoire.

- Cassy calme toi ! Il est rentré au village, arrête ! Tout va bien, il n’y a que moi… Cassy…
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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: Comment se retrouver pour mieux s'aimer...   Sam 10 Oct - 16:39

Elle avait cessé de se débattre immédiatement, non parce qu’il essayait de l’empêcher de se lever trop vite et apparemment elle n’était pas d’accord avec l’idée ! Il la fixa dans les yeux, inquiet. Il y avait tellement de choses dans ce regard noisette qui l’ébranlaient. Elle était inquiète, et triste et en colère aussi. Et… elle semblait avoir honte aussi. Pourquoi ? Pourquoi toutes ses émotions ? Elle n’avait rien fait de mal ! Pas à ses yeux en tous les cas.
En constatant qu’elle ne cherchait pas à se relever il relâcha doucement la pression sur ses épaules, les effleurant, légère caresse.

- Princesse je…

Je quoi ? Il allait lui dire qu’il n’avait pas servi à grand chose pendant cette confrontation ? Elle l’avait bien remarqué ! En même temps il avait dit ne pas se mêler de ses combats si elle voulait les mener seule. Il n’allait pas la couver, elle était grande… euh… enfin métaphoriquement parlant parce que sinon elle était vraiment petite et le constater était chaque jour source d’une adoration quasi fétichiste qui l’inquiétait un brin. Il était mordu de sa petite taille, c’était assez étrange quand même ! Lui dire qu’il se contrôlait ? Non il n’osait pas… Il n’avait pas assez progressé pour l’affirmer et lui en parler clairement. Il voulait vraiment qu’elle soit rassuré sur ce point là au moins et pour ça il devait vraiment parvenir à un stade plus « avancé ».
En fait il n’eut pas le temps de dire quoi que ce soit parce qu’elle le laissa bouche bée avec une phrase qu’il n’était pas certain de vouloir entendre.

- Euh… Cassy… je pense pas que…

Elle était quand même sacrément déterminée. Quelle idée de mettre son visage si proche du sien en tenant ses mains dans les siennes. Il détestait quand elle le regardait avec ses yeux là. Alanir pouvait dire ce qu’il voulait il n’avait aucune résistance dès qu’elle le fixait ainsi. C’était horriblement frustrant d’ailleurs mais elle lui aurait probablement fait faire n’importe quoi… Heureusement qu’il semblait maitre de lui-même parce que ce n’était absolument pas le cas et qu’alors qu’il la regardait si ses gênes avaient été humains, il aurait rougi, bafouillé et aurait probablement extériorisé tout haut ce qu’il pensait très très bas: « trop mignonne !!!! Les dieux sont cruels… » Alors il semblait juste réfléchir un peu, son air torturé ne le quittant jamais qui lui donnait des airs de beau ténébreux trop sérieux alors qu’il avait déjà accepté tout, peu importe ce que c’était d’ailleurs. Odieuse manipulatrice inconsciente de son pouvoir… Et il n’arrivait même pas à lui en vouloir…
De toute façon elle était déjà partie. Il soupira, se relevant et la suivit venant au moins déposer une veste sur ses épaules sans rien dire.
Il hésita mais se mit en face d’elle, ne retirant pas sa tunique, inquiet de savoir si les marques se verraient, probablement oui mais s’il était couché au sol elle ne les apercevrait que peu et puis sur son corps de dragon ce n’était quasiment rien, c’était sur l’humanoïde que c’était clairement visible. Il n’essaya même pas de la faire changer d’avis, il la connaissait bien, se contentant de déposer un baiser sur son front avant de se mettre en face d’elle puis de reculer, pas après pas, à une bonne distance d’elle, comptant aussi ses pas pour se rassurer, c’est vrai.

Il se transforma. Il en avait plus besoin qu’il ne l’aurait cru. Ca faisait parti de lui, à part entière… Le museler n’arrangeait rien et se transformer à cet instant, parce qu’il l’avait juste fait dans l’urgence sans en profiter un peu plus tôt, lui donna l’impression de s’étirer après une séance intense d’entrainement. Celles qui le laissaient tout courbaturé. Il adorait s’étirer à ces moments là. Ca faisait mal un peu mais tellement du bien en même temps.
Il secoua doucement la tête en sentant la puissance comme un feu liquide couler dans ses veines. Certes l’énergie du dragon il la sentait tout le temps mais sous cette forme elle était d’autant plus explosive. Ca aussi il le travaillait, apprendre à ce que son corps humain soit plus réceptif à la puissance du dragon. Il fixa la petite mage face à lui. Même si ça ne se percevait pas plus que ça, ses pensées avaient énormément évolué. Elle ne pouvait pas l’entendre mais ça, et c’était sa plus grande fierté, ça avait changé. Il pensait tout à fait rationnellement, comme il aurait pensé en tant que Tristan. Pourtant l’instinct de vol, même s’il s’attendait à le ressentir avec insistance se manifesta plus que ce qu’il aurait cru. Il avait envie de voler. Il avait… Besoin de voler. Ses ailes s’engourdissaient à force. Sans faire de geste brusque il les étendit tout de même de chaque côté de son corps, elles avaient poussées et semblaient plus fortes aussi mais le manque d’utilisation n’allait pas l’aider. Il ne les battit pas, ne voulant pas donner l’illusion, même un court instant, à sa compagne qu’il pouvait s’envoler loin d’elle, juste essayant d’étirer ses muscles. L’instant d’après il les repliait contre ses flancs et son dos et pliait les pattes , se couchant dans la neige, posant même la tête par terre, se donnant l’impression de l’observer telle une pacifique mais énorme chenille.

Il fut surpris immédiatement. Elle se contrôlait ! Elle se contrôlait même très bien et il en fut vraiment fier, pour elle. Sauf que ça ne dura pas longtemps. Un violent pincement lui avait étreint le coeur alors qu’il sentait leur lien se tendre et se tordre. L’odeur de la magie de la jeune femme ne tarda pas à l’entourer alors qu’elle semblait plutôt mal vivre de contenir ainsi toute cette puissance. Des images de ce qu’elle pensait le heurtèrent à travers leur lien, c’était très diffus, à peine des flashs puisque juste un infime ressenti de ce qu’elle-même vivait intérieurement. Elle souffrait. Encore…
Il gémit doucement, voulant se retransformer, elle l’arrêta, voulant maitriser. Là il n’était pas d’accord mais comprit son effort et même si ça le meurtrissait de la voir souffrir ainsi il lui obéit.
Elle s’obstinait, quitte à se blesser… C’était tout elle, mais pas la partie qu’il préférait chez elle. Il admirait sa combativité, plus qu’il ne voudrait jamais le lui dire, de peur de l’encourager mais elle l’inquiétait beaucoup. Elle se poussait toujours trop loin pour ce qui l’inspirait. Son élan de courage ne passa pas inaperçu et d’autant plus qu’il entendit ses pensées, très lointaines, très étouffées mais il les entendit. C’est vrai qu’il avait toujours plus facilement senti et entendu que l’inverse. Son esprit de dragon était beaucoup plus difficile à atteindre, à creuser et décortiquer et ce même si elle était très puissante. Se mordre comme elle fit n’arrangea pas vraiment les choses. Outre le fait qu’il n’aimait pas qu’elle se fasse mal c’était encore et surtout que le dragon aimait bien le sang… mais ça ce n’était pas difficile à chasser.

A son signal il redevint humain et courut vers elle pour la rejoindre. Oh il n’était pas en colère, pas envers elle du moins. Désarmé, désolé, malheureux oui… Décidément le malheur était bien le sentiment prédominant de sa vie à présent. Il la fixa, ne sachant s’il pouvait la toucher ou non alors qu’elle était à genoux dans la neige et que ses épaules se soulevaient beaucoup à cause de son essoufflement. Des nuages de buées se formaient autour d’elle. La prendre dans ses bras. C’est tout ce qu’elle avait demandé. Il n’hésita pas une seconde, s’agenouilla face à elle et l’enlaça étroitement jusqu’à ce que la chaleur de leurs deux corps se confonde, caressant ses cheveux, démêlant doucement sa tresse de ses doigts, en enlevant les flocons qui s’y accrochaient alors qu’elle avait le visage enfoui contre son torse. Bon elle n’était pas loin d’une brûlure à vrai dire mais il ne sentait même pas la douleur tellement il était soulagé qu’elle ne s’évanouisse pas ou qu’une décharge ne l’atteigne pas. Pourtant c’est sans la moindre hésitation qu’il l’avait enlacée, sans la moindre appréhension. Non, il n’avait pas peur d’elle. Elle ne bougeait pas contre lui, doucement il posa ses lèvres contre son front, soufflant tout bas.

- Ne bouge pas.

Il se relevait déjà en la portant avec cette même frustrante facilité, la pressant plus que nécessaire contre lui. Il l’assit vite sur le canapé, lui ôtant doucement ses bottes comme il pouvait puisqu’elle ne desserrait pas ses bras de son cou, l’entourant de couvertures moelleuses. Il résista à l’envie de l’embrasser, essuyant doucement le sang qui pouvait être tentant, lui caressa le dos. En fait il n’allait que lui demander s’il pouvait faire quelque chose, fronçant les sourcils c’est vrai en constatant la profondeur de la morsure mais elle dut croire qu’il allait la sermonner car elle parla avant qu’il ne le fasse, le plongeant déjà, sans lui expliquer quoi que ce soit, dans des souvenirs.

Drôles de souvenirs, pas des plus agréables qu’elle lui montra. Pourtant il aimait beaucoup quand elle partageait ainsi ce qu’elle avait vécu avec lui. Il se sentait d’autant plus proche d’elle et parfois était tenté de lui demander d’en faire de même pour l’île… pour cette trop longue année. Pour mieux la comprendre, pour mieux savoir ce qui pouvait avoir changé et ne pas agir contre ses principes qui avaient évolué.
Il ne fit pas le moindre geste, même quand elle tomba. Parce que c’était un souvenir et qu’il n’y pouvait rien et aussi parce que la maitrise dont il faisait preuve chaque jour le rendait de plus en plus raisonnable et réceptif à ce genre de choses. Autrefois il aurait bondi pour la rattraper, alors que c’était un souvenir, alors qu’il n’y pouvait rien. Aujourd’hui il se faisait simple spectateur impassible. Parce qu’il devait être impassible à présent… Pour eux deux.

Certes il pouvait le prendre comme une vague comparaison comme quoi il était plus ou moins un équidé, ce qui n’était pas des plus flatteurs car à fortiori il n’était pas sa monture, quoiqu’il n’aurait pas dit non à un certain type de chevauchée qui… bref, il n’était pas sa monture ! Mais il ne prenait pas du tout mal ce qu’elle lui montrait, bien au contraire. Il saisissait plutôt bien ce qu’elle voulait lui dire. Un message de persévérance. Lui dire qu’elle avait déjà eu peur, voulu abandonner mais qu’en persévérant elle avait réussi à passer par dessus ses peurs et ce même si aujourd’hui la peur était proportionnelle à son expérience, énorme. Il comprenait aussi qu’elle veuille lui dire qu’abandonner n’était décidément pas dans ses projets. Il comprenait beaucoup plus de choses désormais la concernant. Elle n’avait donc pas besoin de parler. Il savait déjà presque ce qu’elle allait lui dire, pas au mot près mais dans la globalité. Il lui sourit, la laissant parler, restant silencieux, la laissant même parler de Kalec ce qui le fit froncer les sourcils. Puis enfin il se pencha vers elle et l’embrassa mais ce qui semblait être un baiser tout simple et tout doux fut plutôt un baiser de mort de faim. Alors qu’il profitait de sa surprise pour lui rappeler qu’il embrassait bien mieux que tous les freluquets qu’elle pourrait croiser. Il sourit contre ses lèvres en la sentant rougissante, essoufflée et probablement pas loin de briller, un brin surprise et peut-être un tout petit peu énervée qu’il la torture ainsi.

- Dis donc ma princesse, j’ai bien compris que tu veux me monter dessus mais de là me comparer à un cheval… je n’ai quand même pas cette prétention… Enfin ce serait bien douloureux pour toi autrement.

Elle fronça les sourcils, comprit son allusion, écarquilla ses beaux yeux noisette et piqua un fard tel qu’il crut qu’elle allait exploser. Ohoh, elle avait visualisé. Et lui était ravi de son coup alors qu’elle le tapait en bafouillant que ce n’était absolument pas à ça qu’elle pensait et que…

- Je sais…

Il l’avait murmuré de nouveau trop près d’elle, l’embrassant cette fois très sagement. Il resta le front appuyé contre le sien, parce que c’était plus facile sans affronter son regard.

- Cassy… Je veux tout savoir. Je veux tout te dire aussi. J’ai peur de ce que je vais entendre, c’est pour ça que je ne suis pas très demandant. Mais je veux savoir surtout ce qui t’est arrivé pendant un an. Je n’étais pas là, je le regrette infiniment mais je n’y peux rien si ce n’est partager ces souvenirs avec toi. Je veux savoir tout ce qui t’est arrivé, ce qui a compté et ce qui n’a pas compté. Si je n’insistais pas c’est parce que je croyais que tu avais compris que j’étais là et que c’est ce que je voulais… Je me doute tellement que tu as souffert que je comprends que tu ne veuilles pas en parler, je sais comment moi-même je me ferme avec ce type d’expérience… Je n’exige rien de toi, je te le demande juste, en toute conscience que c’est difficile et en toute confiance. Que ce soit maintenant, demain, dans des années, que ce soit progressivement ou tout d’un bloc… je veux savoir, tout savoir… Même à quel point tu as peur de moi, à quel point tu… détestes ce que je suis. Et si tu veux savoir quelque chose, je te le dirai de mon côté. Je n’ai jamais eu l’intention de te cacher quoi que ce soit. A propos de Kalec je l’ai vu hier, peu avant que tu reviennes complètement hors de toi. Tu avais l’air tellement chamboulée que je n’ai pas voulu t’en parler. Il m’a mis en colère en… enfin il savait que nous deux… ça ne va pas très fort et que je n’arrive pas à te… satisfaire. Je m’en veux déjà beaucoup, je n’ai pas apprécié son petit air suffisant mais quoi qu’il dise, je ne l’aurais pas attaqué. J’étais en colère et j’ai bien senti que mes instincts voulaient prendre le dessus mais c’est mon poing dans sa figure que je comptais lui infliger, rien d’autre, je te le jure. Je me suis contrôlé même si c’est difficile… Mais c’est vrai que dès que ça te concerne ça devient un peu plus dur à gérer. Tu es ma force et ma faiblesse après tout… J’ai mes propres combats et je sais que je ne te dis pas tout mais c’est parce qu’il y a des choses que je suis le seul à pouvoir régler et dont j’aimerais te parler quand je les aurais réglés justement, pour ne pas que tu craignes quoi que ce soit, pour que tu saches juste que pour ça, ça va. Je sais que je ne te l’ai pas dit… mais je médite, tous les jours… comme tu me l’as appris et ça m’aide beaucoup, je progresse. Quoi qu’il dise, je ne suis pas comme… ceux de mon espèce. Je n’arrive pas encore à l’expliquer… mais ce n’est pas pareil…

Il recula légèrement en la regardant dans les yeux.

- Je t’aime. Tu es la seule et tu demeureras la seule femme de ma vie. Je me fiche pas mal de ce que Kalec prétend savoir sur nous. Ce qui compte maintenant c’est de lui clouer le bec.

Il lui fit un clin d’oeil et ils décidèrent d’un commun accord d’en rester là pour cette fois. Ca faisait quand même vraiment beaucoup en une journée mais que dès demain ils discuteraient et ils parleraient de tout ceci. La nuit était tombée pendant ce temps et décidèrent de grignoter devant le feu de cheminée, jouant avec Zénith et se câlinant. Elle lui raconta des histoires de ses voyages pendant son adolescence à cause du souvenir qui avait éveillé l’intérêt du garçon qui se demandait si c’était le cheval qu’elle avait à l’Académie qu’elle avait maitrisé ainsi.
Ils parlèrent un moment ou plutôt elle parla et il l’écouta alors qu’il la câlinait sagement conscient que la tenter plus sérieusement ne mènerait malheureusement pas à grand chose et pourtant ce n’était pas faute de le vouloir.
Ils finirent par aller se coucher, tôt puisque lui-même travaillait tôt le lendemain et voulait aller courir avant, la prévenant.
Elle s’endormit blottie contre lui, finissant par ne même pas terminer la phrase entamée et s’il avait gardé une chemise à sa grande surprise pour dormir elle n’en fit pas étalage.

Le lendemain matin effectivement il se réveilla et se leva très tôt, la laissant profiter de quelques heures de plus. Il partit aussitôt courir et passa par la boulangerie en revenant. Il lui prépara même un plateau de petit déjeuner et à défaut d’avoir une fleur à déposer dessus en profita pour déposer un morceau de bois qu’il avait justement gravé d’une rose quelques jours plus tôt. Disposant du pain frais, de la confiture et préparant un grand lait chocolaté qu’elle n’aurait plus qu’à réchauffer il se dépêcha de se doucher et de se préparer, sachant qu’il déjeunerait sur place de son côté. Aujourd’hui il était à la taille le matin donc il serait en forêt. Il lui laissa un mot lui disant qu’elle était trop craquante à regarder dormir et qu’il avait failli se jeter sur elle pour la couvrir de baisers mais qu’il était patient et donc qu’il attendrait plus tard pour cela mais qu’elle était prévenue donc qu’elle devait se méfier… un peu.

Il partit travailler et tout se passait pour le mieux. Mais ça n’allait pas être le cas pour la petite mage. Même s’ils avaient beaucoup discuté et surtout sur l’importance de la communication elle ne pouvait décemment pas se dépêtrer des sentiments négatifs qui lui pourrissaient la vie. Que ce soit sur leur absence beaucoup trop longue d’ébats ou pour le risque que pouvaient représenter les demoiselles aguicheuses, quoi qu’en dise son cher et tendre, il y avait de quoi faire pour qu’elle se torture l’esprit. Et à forte raison.
Elle avait pris son service et son patron lui avait remarqué qu’elle semblait quand même plus guillerette que la veille (le pauvre, qu’est ce qu’il dirait quand il la reverrait après qu’enfin son cher compagnon passe par le mode « amant »), elle aurait un sourire beaucoup trop flagrant !!!!! Tout se passait bien. Kalec était entré avec des amis par contre dans la taverne, probablement étaient-ils partis avec leur planche ou comptaient-ils y aller, toujours est-il qu’elle n’appréciait pas forcément sa présence. Le patron ne s’en rendit pas compte mais alla lui-même les servir trop content de discuter avec les jeunes.
Mais alors qu’elle s’occupait de la commande d’un des groupes de filles qui alternaient et qui s’occupaient généralement d’apporter le petit déjeuner aux « bûcherons » que Freya débarqua en catastrophe dans la taverne, fondant directement sur elle.

- CASSIDY !!!!!!!

Les autres surprises sursautèrent, comme presque tous les clients à ce moment-là, dont ceux de la caravane/expédition dans laquelle Tania était arrivée la veille.

- Freya ? Qu’est ce qui se passe ?
- Il y a un problème ?
- T’es pas avec les gars pour le petit déjeuner ?


Ses amies lui demandaient mais elle ne leur répondit pas, attrapant une main de Cassidy en la serrant fort. Elle était beaucoup plus grande qu’elle et fixait ses yeux très clairs dans les siens avec un air effaré.

- Cassidy ! Je n’ai pas compris ! Je ne savais pas ! Je te jure que je ne savais !

La jeune mage surprise n’avait pas l’air de comprendre et en effet il n’y avait pas grand chose à comprendre. Elle lui demanda d’ailleurs de se calmer, elle était clairement essoufflée et de s’expliquer.

- C’est une des filles, une jeune, elle ne savait pas, enfin moi-même je ne sais pas ce que c’est. Elle a donné une gourde de café à Tristan. Je lui ai demandé pourquoi celle-ci spécifiquement. Elle m’a dit que c’est ce que Tania lui avait demandé quand elle les avait aidés à préparer le petit déjeuner ce matin, que c’était comme ça qu’il le préférait. Elle n’a pas fait plus que ça attention ! Mais je n’ai aidé que pour la distribution et j’ai entendu les autres discuter entre elles ! De ce que j’ai compris Tania leur aurait dit que Tristan aurait tôt fait de t’oublier, que c’était elle dont il était fou et qu’il allait très vite le leur prouver, qu’elle irait le voir à la fin de la pause et que tout le monde pourrait le constater, lui le premier, que tu n’étais pas importante… Je ne sais pas si elle est juste aveugle ou si elle a fait quelque chose, je suis tout de suite venue te prévenir ! Je ne sais pas ce qu’il a bu… je…

Oui bon là effectivement les craintes de la demoiselle semblait clairement se confirmer. Si Tania avait aidé le matin même à préparer le petit déjeuner et avait demandé à ce qu’un café particulier soit donné à Tristan il était clair et net qu’elle avait mis quelque chose dedans… pour qu’il ne soit qu’à elle ? Ca sentait effectivement le philtre d’amour.
Les conversations s’étaient arrêtées évidemment parce que ce n’était pas courant de voir une demoiselle débarquer essoufflée, surtout que les histoires de filles en général c’était assez intéressant ! Le patron de Cassidy vint poser une main sur l’épaule de la jeune femme qui semblait tétanisée sur place.

- Qu’est ce que tu attends, va rejoindre ton fiancé toi et voir avec lui cette histoire !

Tout le monde avait dû entendre oui… Dont Kalec et ses camarades mais étrangement il n’avait pas l’air de vouloir retenir Cassidy ou se moquer d’elle à cet instant. D’ailleurs il avait dit devoir passer à la forge pour sa planche, une sangle à réajuster. Y alla t-il directement ou suivit-il la petite mage ? Ca seul lui pouvait le dire…

La petite mage s’était plus que probablement dépêchée et à forte raison. Quand elle arriva les hommes s’étaient remis à travailler et Raph lui indiqua que Tristan s’était éloigné pour débiter une partie d’un long tronc un peu plus loin. Il lui signala qu’il avait vu Tania d’ailleurs, qu’elle le cherchait aussi. Quand elle arriva, Tania était juste devant elle, à quelques mètres tout juste, tout proche de Tristan qui travaillait torse nu, levant haut la hache au dessus de lui, concentré, les muscles roulant sous sa peau. Elle l’appela alors que Cassidy hors d’haleine n’en avait pas eu le temps, ni celui de lui sauter dessus pour lui arracher la gorge à cette trainée qu’elle essaie de toucher à son compagnon ou non.

- Tristan !

Il avait relevé la tête, légèrement de profil, comme s’il avait entendu ou senti quelque chose
Il se tourna alors vers elles. Tania était plus grande que Cassidy et cachait donc la vue de celle-ci au grand jeune homme. Qui assistait au spectacle ? Bonne question. Mais en tous les cas quelque chose avait changé dans le regard du jeune homme. Il y avait de la tendresse certes mais aussi… une férocité animale alors qu’un sourire prédateur étirait ses lèvres et qu’il lâchait sa hache en se redressant de toute sa hauteur. Il avait l’air… différent, un peu groggy. Ses pupilles s’étaient dilatées d’un coup et un nuage de vapeur se formaient autour de sa bouche, il semblait un peu essoufflé alors que clairement l’effort fourni précédemment ne l’avait pas épuisé.

- Tu es venue… J’espérais tellement.

Tania sourit, ravie, un sourire victorieux. Oui, elle avait bien mis quelque chose dans le café du jeune homme. Plusieurs choses même… Pour casser son contrôle sur lui-même ou plutôt ce qui le retenait de trahir la femme envers laquelle il s’était engagé, un puissant philtre d’amour contenant le sang de l’envoûteuse, un certain type de relaxant pour casser ses inhibitions qui, elle le savait, n’influerait pas sur ses performances. Elle souffla, très bas, mais il devait l’avoir entendu, Cassidy oui en tous les cas.

- Tu es à moi…

Tout s’était passé trop vite pour que la petite mage ait le temps d’intervenir mais clairement elle se mettait en colère et clairement sa magie était en train de devenir complètement instable. Elle était quand même en train d’assister en direct à une trahison, certes artificielle mais trahison quand même, de son compagnon. Il s’avança vers Tania avec ce si beau sourire qu’il ne réservait qu’à elle normalement et… lui rentra dedans, la faisant tomber par terre sans même sembler s’en rendre compte, un de ses bras venant entourer la taille de la petite mage, son autre main agrippant avec une fermeté un brin agressive mais joueuse sa nuque alors que de son pouce il lui relevait le menton et s’emparait de ses lèvres avec tout sauf sa réserve habituelle. Bon là clairement il était mort de faim. Hier ce n’était qu’un très timide avant-goût… Clairement…
Il l’embrassait à en perdre haleine et comme s’il voulait la faire devenir folle sous un seul et unique baiser beaucoup trop long. Et diable qu’il se retenait en temps normal parce que ça c’était un baiser à rendre amoureuse n’importe quelle demoiselle, même la plus homosexuelle. Il n’avait même pas attendu son accord, forçant le barrage de ses lèvres pour approfondir ce baiser, caressant sa langue de la sienne dans un ballet beaucoup trop adroit. Il était honteusement doué et il l’avait beaucoup trop surprise et elle venait en plus de se piquer un sprint magique épuisant et de frôler la crise cardiaque et l’explosion en voyant son compagnon qui allait céder à une demoiselle autre. Et en fait plus rien n’avait de sens. Il n’était pas censé être sous le charme de Tania ? Dévoué à elle et uniquement à elle ? Il agissait vraiment étrangement. En tous les cas pauvre Cassidy, que ce soit à cause du stress, de la course ou du baiser du grand jeune homme, son excès de magie avait été soufflé et avec elle ses jambes car celles-ci se dérobaient sous elle. Ce qui semblait un peu radoucir son compagnon qui la soutint en douceur, semblant reprendre ses esprits.

- Cassy… mh, tu es… euh.. je… cassy… ah… pa… pardon, je… je sais pas ce que… tu es encore plus belle aujourd’hui… et indécemment sexy c’est pas possible là…
- Mais… mais non, ce n’est pas… Je ne comprends pas…

Tristan venait de tourner la tête et remarqua à l’instant la présence de Tania qui les fixait totalement hébétée. Il remarquait effectivement juste sa présence parce qu’il semblait sincèrement surpris et de ne pas se rappeler, absolument pas, l’avoir bousculée si fort qu’elle en était tombée par terre et qu’il lui avait limite marché dessus pour atteindre Cassidy qui était pourtant… derrière elle !

- Ah salut Tania… hum… tu ne trouves pas que Cassy est vraiment…
- Non ! C’est… Ce n’est pas normal ! Tu devrais être désinhibé oui, en train de déshabiller oui mais pas elle !

Tristan cligna des yeux, détournant le regard vers Cassidy et sembla seulement se rendre compte à ce moment précis que subrepticement ses mains qui la soutenaient si bien semblaient très occupées à vouloir aller tâter le terrain car l’une d’elle avait ouvert sa veste et se glissait sur sa taille et clairement vers sa poitrine. Il écarquilla les yeux de surprise et recula immédiatement enlevant ses mains, les remettant la seconde suivante autour de sa compagne en la voyant osciller un peu à cause de ladite mollesse de jambes due à un peu trop de facteurs.

- Cassy ! Ah désolée princesse, je ne sais pas ce que…

Il secoua vivement la tête, rouvrant les yeux. Ses pupilles avaient rapetissé mais elles grandissaient déjà, leur taille ne cessant d’osciller. Tania continuait un peu de parler toute seule et de l’accuser, agressive.

- Je n’ai rien loupé ! Tu devrais être dingue de moi et me…

Là Tristan reprit complètement contenance, se tournant légèrement vers elle, son menton tremblant.

- Tania… Tu as essayé de m’envoûter ?
- Oui ! T’as rien à faire avec cette fille, elle…

Il avait relâché Cassidy en douceur, s’assurant qu’elle tenait debout et avança d’un pas rapide vers Tania s’arrêtant juste devant elle, à quelques centimètres à peine alors que l’orangé de ses yeux commençaient à briller. Elle, elle ne le remarqua pas, mais le vent semblait se lever, juste un peu, un tout petit peu. Il l’agrippa par le col de sa veste brusquement et la souleva de terre.

- Je ne fais jamais de mal aux demoiselles mais je peux faire une exception pour les salopes. Ecoute-moi bien espèce de dégénérée ! Je ne sais pas ce que tu as essayé de me faire mais c’est Cassidy ma FIANCEE ! Alors tu fais le moindre truc pour lui faire croire que je peux me détourner d’elle, tu tentes le moindre truc envers moi ou n’importe lequel des hommes d’ici qui a une copine et je te jure que tu regretteras d’être née. Si un homme veut être avec toi il te le fera savoir. Moi clairement c’est non ! Ne t’approche plus jamais de moi c’est clair ?!

Il l’avait reposée au sol et repoussée en arrière, bon sans force sinon elle aurait valdinguer alors que là elle avait à peine trébucher mais sa voix était si menaçante et son regard si effrayant qu’elle comprit aussitôt qu’elle l’avait vraiment mis en colère et s’enfuit sans demander son reste. Elle, elle allait restée planquer bien au chaud jusqu’à ce que l’expédition reparte, parce qu’elle avait cru voir une bête féroce pendant une seconde… D’accord les Drakkaris avaient le sang chaud mais quand même. Tristan était toujours beaucoup trop complaisant avec les femmes et pourtant là il avait agi… totalement différemment… Il grogna, se tourna vers Cassidy et de nouveau son comportement changea alors que ses pupilles devenaient rondes comme des balles de ping pong et faisaient presque totalement disparaitre l’orange de son regard. Il détourna aussitôt les yeux, les fermant et serrant ses poignets et les bracelets qui les serraient.

- Merde…

Bon il était quand même un peu trop tentant le grand jeune homme, torse nu, ses blessures ayant déjà disparu, ne restant que de fins bleus, juste des égratignures, les muscles légèrement brillant de sueur, son pantalon beaucoup trop bas sur les hanches d’ailleurs. Il allait falloir qu’un jour elle lui apprenne qu’une ceinture ça devait plus se serrer s’il ne voulait pas que toutes les demoiselles tombent en pâmoison devant ses abdominaux. Il lui tourna rapidement le dos.

- D… désolé Cassy, je… je vais me reprendre.

Elle ne devait pas comprendre davantage que Tania et pour cause, clairement le mélange donné n’avait pas du tout eu l’effet escompté. Ce qui comble de la surprise n’avait pas du tout l’air de surprendre le Drakkari !
Passé le stress, la peur et la surprise, il l’avait quand même empêché de zigouiller cette vilaine fille, elle tenait sur ses jambes et s’approcha de lui, posant une main sur son dos. Un long frisson le parcourut alors qu’il se retournait rapidement et reculait d’un pas pour s’éloigner d’elle.

- Non, ne me touche pas !

Là par contre il l’avait surprise et blessée, sans le vouloir évidemment, ses grands yeux noisette se remplissant de tristesse et même de larmes. Méga catastrophe. Enfin là le catastrophé c’était lui qui écarquillait les yeux et ouvrait et fermait la bouche, désarmé, mettant les mains en évidence.

- Ah non ! Cassy ce n’est pas… non, je veux bien mais…

Il s’était immédiatement avancé malheureux de la blesser mais elle put aussitôt voir le changement. Plus proche d’elle ses pupilles s’agrandirent, son souffle devint plus court et il semblait peiner à respirer, la dévorant des yeux. D’ailleurs c’était de nouveau mal fichu puisqu’il l’embrassait… Encore… et s’il embrassait plus souvent comme ça, nul doute qu’elle serait une luciole en continue. Il se mordit la langue pour se forcer à se reculer et baisser la tête, la respiration haletante.

- Dé… Désolé… tu es trop… ah c’est horrible… J’ai juste envie de t’arracher tes vêtements et de… Pardon Cassy, je me contrôle, je te jure… c’est juste que… tu… tu sais ce qu’elle m’a… donné ? Dans quoi ? Le café ?

Il parvenait quand même encore à réfléchir apparemment et semblait essayer de se concentrer sur autre chose, se tenant bien droit,la tête basculée en arrière, respirant par la bouche comme s’il ne voulait pas sentir son odeur. Même si elle était troublée par son attitude, la demoiselle devait admettre que son compagnon était étrange et qu’il avait quand même réussi l’exploit de ne pas la trahir alors que tout le poussait à le faire. Peut-être parce qu’elle voulait davantage comprendre, peut-être juste parce qu’elle voulait l’aider elle lui répondit en citant les paroles de Freya et le jeune homme fut pris d’un court mais intense fou-rire qui lui donna un bref instant de répit.
Il lui prit la main, l’attirant à sa suite, alla s’asseoir sur un tronc mais la garda à une certaine distance de lui, il pouvait la toucher mais devait tendre les bras pour cela. Il tremblait, c’est probablement à ce moment là seulement qu’elle put pleinement le voir. Il leva les yeux vers elle. Il y avait beaucoup de choses dans ses yeux clairs, dont du désir, énormément de désir.

- Rien de surprenant donc…

Elle fronça les sourcils.

- Je vais t’expliquer, ne t’inquiète pas… Je suis désolé d’abord… Je pensais qu’elle avait compris. Jamais je n’aurais pensé qu’elle… enfin tu as un meilleur instinct que moi là dessus, je l’admets… pardon de t’avoir fait peur… Elle était là n’est ce pas ? Quand je me suis jeté sur toi pour t’embrasser… Et je ne l’ai pas vue hein ?

Froncement de sourcils encore plus important qui donnait un air beaucoup trop sévère à ce visage angélique. Il soupira, serra les dents et prit ses mains. Le simple contact de sa peau provoqua une nouvelle étrange réaction. Les marques dorées sur son corps semblaient miroiter faiblement. De nouveau ses pupilles s’agrandirent mais il semblait parvenir plus ou moins à se maitriser, la fixant avec insistance, enfin surtout son décolleté et ce fut bien difficile pour lui de relever les yeux.

- Un truc pour que j’arrête de me poser des questions… forcément j’allais être moins prudent… Un inhibiteur… radical pour laisser sortir mes pulsions, même avec les bracelets. Heureusement que l’effet n’est que transitoire… D’ici quelques heures j’imagine que ça ira mieux… Mais tu te poses des questions pour le philtre n’est ce pas ? Pourquoi ça n’a pas marché… Tu… tu promets de ne pas te mettre en colère ?

Il attendit, l’air inquiet puis baissa les yeux ce qui l’aidait quand même, concentré sur la neige à mieux parler et clarifier sa pensée.

- Après quelques… recherches, j’ai découvert que… l’usurpatrice qui avait pris ta place à l’Académie m’en avait donné. Avec son sang. C’était donc très puissant et m’attirait vers elle sans que je pense à douter. Je ne me cherche pas d’excuse hein… J’ai vraiment merdé à ce sujet mais j’ai… cherché. Ca t’avait fait tellement de mal… Je connais mal la magie et j’ai détesté avoir été manipulé de la sorte et savoir qu’on pouvait ainsi te faire tellement de mal à travers moi… Enfin… avant que je sois dragon, quand j’étais plus Drakkari ça m’avait empoisonné, mais avec la mutation de mes gênes ça prenait sa fonction première mais en sacrément fort, comme tout est amplifié chez… nous, j’imagine que c’est normal… Enfin bon… ça m’a pas mal travaillé… Je m’inquiétais pour toi… Je ne voulais pas qu’un truc comme ça nous tombe dessus à un moment ou un autre. Je sais bien que c’est un des pires coups qu’on puisse te faire, que tu me voies attiré par une autre même si c’est « créé » de toute pièce… Alors… j’ai commencé à… en prendre. Régulièrement…

Elle avait écarquillé les yeux et comme il avait relevé le regard vers elle, il grimaça et sembla se rapetisser sur place.

- Pas beaucoup !!!! Juste un petit peu !!!! J’ai utilisé du sang de Maud avec son accord, parce que je savais qu’elle me tordrait le cou plutôt que de me laisser te trahir. C’est quand on s’est remis ensemble, enfin un peu après évidemment quand ça s’est calmé… J’en prenais souvent. Au début c’était très bizarre comme sensation, j’en prenais trop peu pour que les effets soient vraiment gênants et me poussent à… mal agir mais assez pour les ressentir. Si je l’ai fait c’est pour que mon corps s’y habitue et petit-à-petit ça s’est mis en place, comme un contre-poison, mon corps réagissait comme face à une maladie si tu veux. J’ai pu augmenter les doses très vite parce que ça n’agissait plus… Tu… comprends ?

Dans la théorie oui, elle comprenait mais elle plissait toujours les yeux.
Il soupira, de nouveau mal à l’aise de devoir être très explicite pour que ce soit compréhensible.

- Pour le contrer je pensais à toi en général, beaucoup à toi et généralement pas très habillée ce qui m’aidait à me focaliser sur toi mais ne calmait pas vraiment… ma libido… C’est devenu une espèce de réflexe… j’ai arrêté d’en prendre… parce que ça fonctionnait mais du coup tout à l’heure… quand j’ai bu mon café, je n’ai pas fait plus que ça attention à ce réflexe qui se mettait en place parce que je pense très souvent à toi et pas toujours très habillée c’est vrai, j’avoue… Sauf qu’en plus elle avait rajouté des trucs et… des trucs qui ne pouvait pas vraiment m’aider à me contrôler si tu venais à arriver… J’étais en train d’essayer de me défouler sur ce pauvre tronc qui ne m’a rien fait pour calmer mes pulsions et je ne pensais qu’à toi et j’avoue que ça commençait sérieusement à me gêner tellement j’avais mal aux reins alors quand tu es arrivée… j’ai senti ton odeur et là bah… enfin tu as bien vu, je n’avais qu’une idée en tête, t’embrasser… Enfin honnêtement il n’y avait pas que t’embrasser et je n’ai toujours pas qu’envie de t’embrasser et crois moi j’ai honte d’étaler ça comme ça devant toi et c’est horrible parce que je n’arrive qu’à peine à contrôler ce déballage mais ce que tu es sexy… c’est… c’est indécent…

Il rougissait, comme toujours honteusement craquant dès que ses pommettes se coloraient mais il s’était relevé. Son menton tremblait alors qu’il semblait clairement essayer de se contrôler. C’était quand même une sacrée révélation qu’il lui faisait… Apparemment il tenait assez à elle pour avoir pris pendant des semaines une potion censée le faire craquer pour une autre dans le seul but de s’y habituer et de ne jamais lui faire subir cette trahison involontaire. Et il taisait beaucoup trop ce qu’il ressentait pour elle, cette attirance tout sauf facile à contrôler dont il faisait preuve à cet instant encore et surtout parce qu’il n’avait pas trop le choix. Ah et il la dévorait des yeux en ayant l’air de souffrir le martyre. Enfin c’était douloureux d’attendre, il n’allait pas le nier et préférait croiser les doigts pour qu’elle ne lui pose pas la question puisqu’apparemment le mélange donné lui déliait sacrément la langue, mais s’il souffrait c’est parce qu’il avait vraiment envie de la satisfaire là… encore plus à cet instant.
Bien sûr l’effet n’était que temporaire et il se calmerait probablement d’ici quelques heures mais pour l’instant il était sacrément bavard et sacrément honnête. Il eut pourtant l’air accablé alors qu’il la fixait avec insistance. Malgré ses pupilles énormes, il semblait plus maitre de lui-même et se pencha sur elle pour déposer un baiser sur ses lèvres qu’il s’empressa de garder sage.

- Tu es si belle mon amour… Que ça ne devrait pas être permis. Je sais… je vais courir dans la neige et le hurler à qui veut l’entendre. Tu sais ??? je t’aime, je t’aime, je t’aime…

Et voilà qu’il ponctuait ses mots de baisers, se pressant contre elle et non elle ne pouvait franchement pas louper l’épais qu’elle avait sur son compagnon ou plutôt sur une partie de son anatomie. Et il continuait de rougir, l’air mort de honte de ne pas pouvoir se taire en fait et de tout lui déballer de la sorte, la faisant reculer contre un arbre en l’embrassant avec de moins en moins de calme, approfondissant ses baisers, les mains de nouveau baladeuses alors qu’à son grand malheur la demoiselle avait bien trop peu de retenue à lui offrir parce qu’elle était probablement encore plus en manque que lui et que ça ne pouvait que faire diablement plaisir d’entendre que son compagnon l’aimait tellement et la trouvait si désirable qu’il zapait complètement la présence d’une autre femme et en perdait la tête. Malheur ! Elle avait glissé une main dans sa nuque, appuyant doucement pour qu’il reste contre elle. C’était le signal qu’elle lui donnait quand elle voulait qu’il continue de l’embrasser… et plus normalement !!!! Il gémit aussitôt, s’emparant de ses lèvres, glissant vite sur sa gorge, remontant vers une de ses oreilles qu’il s’empressa de mordiller, il connaissait un peu trop ses points faibles. Elle allait plus que probablement encore s’évanouir, ça allait encore les laisser sur leurs faims, surtout lui qu’il était dangereux de laisser seul avec ses pulsions à cet instant, et avec elle surtout. Mais c’était trop tentant. Et attendre était une torture. Pour eux deux. Sauf que si elle lui cédait par envie et soulagement, elle avait eu droit à des révélations justement, de ce qu’il pensait, de ce qu’il ressentait vraiment et l’une d’elle échappa au jeune homme, une révélation, qu’il ne voulait surtout pas faire et qui pouvait changer beaucoup de chose. Elle s’accrochait à son dos alors qu’il lui avait enlevé sa veste, le griffant légèrement. Elle s’appuyait contre l’arbre alors qu’il l’avait soulevée du sol et qu’instinctivement elle avait entouré ses hanches de ses jambes. Il continuait de lui murmurer ce qu’il pensait, qu’elle était la plus belle des femmes, qu’il était fou d’elle, depuis un bref instant il lui murmurait des « s’il te plait » en boucle aussi… C’était probablement pour qu’ils couchent ensemble. Il n’y avait rien d’autre n’est ce pas ? Que pourrait-il lui demander de plus ? Et elle ne disait clairement pas non, enfin pas alors qu’il avait mis ses hormones en ébullition. Ils s’embrassaient passionnément alors que la lumière de la jeune femme le forçait à fermer les yeux tant elle était scintillante à cet instant. Moment volé qui leur appartenait et qui ne durerait pas, pas alors que sa magie devenait fluctuante, pas alors que leur tentative s’approchait d’un nouvel échec, c’était impossible autrement.

- S’il te plait Cassy… S’il te plait…

Elle ne disait rien… Elle l’embrassait, murmurait son surnom si mais ne répondait pas à cette demande… Parce qu’elle sentait probablement qu’elle allait encore le décevoir, ou en avait trop peur pour lui faire une « promesse ». Il appuya ses lèvres contre sa gorge, il respirait mal, s’étouffait à moitié, mordilla une fois de plus son oreille, murmura bas, tellement bas, la seule chose qu’il voulait réellement lui dire.

- … S’il te plait… S’il te plait Cassy… épouse-moi…


Et quoi qu’il en soit rien de plus n’arriva parce que Raph débarqua avec ses grands sabots brusquement. Tristan avait reculé la tête en s’entendant prononcer ces mots et avait écarquillé les yeux de détresse. Elle semblait bouche bée, n’eut rien le temps de dire.

- Oh purée ! Mais prenez vous une chambre quoi !

C’était Raph qui arrivait, goguenard du couvert des arbres et se cacha les yeux, juste à moitié pour leur laisser un minimum d’intimité. Tristan sembla totalement retrouver ses esprits… Et se rendre compte que s’il avait toujours son boxer, son pantalon lui était sur ses chevilles et qu’il avait réussi à défaire les lacets de la robe de sa compagne qui exposait beaucoup trop un sublime décolleté aux yeux des deux hommes… Ah et il avait aussi remonté beaucoup trop haut le bas de sa robe pour lui caresser les cuisses et ça…

- RAPH REGARDE AILLEURS !!!!!

Le jeune homme se reprenait et pensait au principal directement. Il fit redescendre au sol immédiatement sa compagne, presque aussi rouge qu’elle, l’aidant à réajuste plus que nécessaire sa robe et mettant aussitôt sa veste sur ses épaules pour la soustraire au regard de son ami… Enfin l’ami en question était respectueux mais si d’autres avaient suivi… ils seraient peut-être un peu moins honnêtes. Ce n’est qu’une fois qu’il fut certain qu’elle était bien couverte qu’il remonta son propre pantalon, la regardant à peine et l’air mort de honte de la situation mais plus encore de son manque de contrôle et de ce qu’il venait de lui dire…
Raph rigolait dans son coin, demandant s’il pouvait se retourner et qu’il n’avait presque rien vu, ah et qu’elle avait une poitrine superbe, ce qui mit aussitôt Tristan en colère même si elle le retint…Il se retourna et leur fit un clin d’oeil.

- Ah désolé de vous avoir dérangé, vous étiez bien partis là… Mais on n’est pas loin, on vous aurait ptêt entendu quand même les zamoureux… Enfin bon… Tania est passée comme une furie à la base, elle avait l’air en pétard dis donc et vous insultait copieusement… Ah et Freya est arrivée essoufflée, cherchant à avoir des nouvelles, elle s’est pris le bec avec Tania aussi d’ailleurs et j’ai cru qu’elles allaient en venir aux mains, m’enfin bon… Bref… elle voulait savoir si tout allait bien, fin bon, j’imagine que ton patron t’attend Cassy… vous vous reverrez bientôt pour ces p’tits trucs, vous inquiétez pas…

Ils étaient tous les deux rougissants encore. Tristan moins bien sûr, surtout que les effets semblaient commencer à se dissiper car son air redevenait impassible malgré sa mâchoire serrée et ses pupilles toujours beaucoup trop grosses. Elle partit vite… Que ce soit à cause de ce qu’il avait fait et dit ou parce que justement elle devait travailler, elle partit… troublée probablement, ne l’embrassa pas, trop consciente probablement que ça perturberait encore plus son compagnon. Il l’observa partir, démuni et perdu et frappa dans le premier arbre venu dès qu’elle fut partie…

- Crétin !!!! Merdeuuuuuhhhhh !!!!

Alors là il s’en voulait… mais alors beaucoup…
Que ce soit pour cela ou… une autre raison. Il ne vint pas la voir à midi et de toute manière elle prit à peine le temps de souffler pour rattraper le temps perdu. Les heures filèrent et finalement elle rentra au chalet, la nuit était tombée, il était tard déjà, elle avait eu beaucoup de travail, lui aussi.
Le chalet était plongé dans le noir quand elle rentra mais il ne tarda pas à revenir, par la porte donnant sur l’arrière du chalet. Les effets de la potion semblaient avoir totalement disparu car s’il détourna les yeux, gêné, il ne se jeta pas avidement sur elle.

- T… Tu peux venir s’il te plait… J’avais quand même prévu de le faire ce soir… surtout à cause d’hier mais… je… je suis désolé pour aujourd’hui tu sais… Je voulais pas t’agresser de la sorte… Ce…

Il se détourna, ne finissant pas et sortit, comptant apparemment sur le fait qu’elle le suive. Et elle le suivit. S’éloignant, jusqu’à l’un des bassins de source chaude naturelle. Il avait aussi commencé ça en secret. Un caillebotis tout autour, poncé les pierres probablement pour qu’elles ne soient plus coupantes… Et il avait préparé tout un petit pique-nique à grignoter dans les sources justement. Des bougies partout autour jetait des ombres sur eux et sur les chapes d’air réchauffé autour de la source qui formait comme un brouillard. Il s’immobilisa, se tournant vers elle, l’air vraiment désolé.

- Tu veux bien… pardonner mes bêtises de tout à l’heure s’il te plait ? Je sais que j'ai mal agi… mais… Je… je suis désolé…
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Cassidy Herediane
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MessageSujet: Re: Comment se retrouver pour mieux s'aimer...   Mer 28 Oct - 21:10

Encore un secret… un de plus. Sa répulsion pour les dragons, sa magie qui devenait incontrôlable, inconsciente ou pas. Elle ignorait avoir fait du mal à Tristan. Avoir utilisé la magie d’Alanir pour le blesser, bien malgré elle. Et pourtant, si Cassidy l’avait appris ? Comment aurait-elle réagit ? Elle s’en voudrait forcément. Elle ne voudrait plus s’approcher de Tristan ou sûrement, elle tenterait d’utiliser un bracelet pour entraver sa magie. La petite mage ne supportait pas lui faire du mal, son esprit ne le voulait pas, elle en était persuadée et pourtant son corps lui donnait un signe d’alarme un peu plus inquiétant et alarmant.

Cependant, trop soulagée d’être en un seul morceau, la petite demoiselle ne revint pas sur la discussion avant l’avalanche. Car elle le savait, cela avait fait beaucoup de mal à Tristan et encore une fois ils avaient du mal à se comprendre, du mal à être sur la même longueur d’ondes et interprétaient bien mal les choses. Elle se confia un peu et il en profita pour la taquiner. Alors qu’il prononçait cette phrase, elle baissa la tête vers sa poitrine et rougit tout en grognant, prenant la couverture comme pour se cacher. Il continua sur la lancée et elle le reconnut bien là. Ces petites phrases légèrement perverses mais dites avec beaucoup de classe. Elle ria et lui tapa le torse même si ça ne pouvait pas lui faire de mal.

Et puis ils étaient sortis. Cette étrange Tania n’inspirait pas la confiance à Cassidy et elle la trouva un peu trop… collante ? Mais comment pouvait-elle savoir que Tristan était blessé ? Elle n’en savait rien ! Comme quoi un secret, aussi petit soit-il, pouvait amener des conclusions pas toujours juste. Elle s’énerva et ne sut pas trop ce qui se passa. Juste que cette nana l’horripilait d’avance et qu’elle la carboniserait bien sur place !

L’instant d’après, un seul battement de paupières, et elle était dans les bras de Tristan, qui l’embrassait vivement. Elle s’adoucit un peu avant de lui reparler de la raison de sa colère. Ignorant totalement que Tristan le prenait très mal. Non mais il pensait un peu à elle aussi ? Pendant toute son adolescence et sa vie de jeune adulte il couchait à droite à gauche, pour l’oublier certes mais il l’avait fait ! Elle l’avait cru, lui faisait confiance, quand il lui avait dévoilé la vérité. Et puis elle l’avait perdu… deux fois ? trois fois ? combien de fois déjà ? combien de fois avait-elle douté ? se questionner ? se demander si eux d’eux ça pouvait le faire ? Si elle était capable de faire en sorte qu’il se rappelle d’elle ? Il l’avait aidé, sauvé, plusieurs fois. Physiquement, mentalement. Son amour pour la petite mage était bien visible et malgré ses erreurs, malgré son errance, il avait tout fait pour qu’elle soit heureuse avant lui. Mais le séjour sur l’île était bien la chose de trop pour la petite mage qui ne faisait vraiment plus confiance à personne. Et lui l’avait bien oublié. Compliquée et tordue, c’était leur histoire.

Il semblait cependant comprendre, bien mieux qu’elle et prenait parfaitement le rôle de Cassidy. Elle, s’y tourmentée, inquiète et lui la rassurant du mieux qu’il pouvait. Il commença par dire qu’il ne la connaissait pas, qu’elle n’avait pas d’importance. C’était vrai, il aurait pu s’en rappeler et cela aurait été très douloureux également pour Cassidy. Elle s’apaisa. Il avait dit les mots justes et son petit discours était extrêmement touchant, si touchant qu’elle marmonna en baissant doucement la tête et frotta la neige avec son pied, comme si elle voulait oublier s’être énervée contre une pintade, une moins que rien aux yeux de son fiancé.

Profitant de l’animalerie, elle vit Tristan s’éclipser mais le laissa régler l’affaire lui-même. Après tout elle lui faisait confiance et il lui avait prouvé à maintes reprises à quel point elle pouvait lui faire confiance. Elle était occupée à regarder un os un peu caoutchouteux quand Tristan vint se placer derrière elle pour l’enlacer tendrement. Il lui expliqua alors qu’il avait discuté avec la fameuse Tania. Malheureusement, son sous-entendu ne passa pas inaperçue. « Ma préférée ». Ca voulait dire quoi ça ? Oh bien sûr il lui avait dit, il était attiré par toutes les femmes depuis qu’il était devenu un peu plus dragon et ça ça faisait un peu mal au cœur. L’idée de savoir que si elle le décevait il irait voir ailleurs, il trouverait mieux. Et elle ne rivalisait sûrement pas avec une dragonne ! Cassidy chassa de son esprit ces sombres pensées pour sourire.

« Tant mieux alors, tant que cette pintade reste loin de toi je me sens bien… »

Ils décidèrent alors de rentrer pour qu’un autre évènement se déclenche. Cette fois c’était au tour de Kalec de s’amuser. Des révélations, de la provocation. Cassidy était en colère mais intérieurement elle paniquait. Tristan se maîtrisait mais jusqu’à quand ? Sauf que ce n’était pas lui la principale source d’inquiétude mais bien elle qui repoussa une fois encore ses propres limites, devenant incontrôlable. Trop c’était trop aujourd’hui ! Heureusement elle ne sut rien de l’échange entre Tristan et Kalec. Il fallait voir avec quelle facilité il l’endormait. Le jeune homme semblait en savoir bien plus. Tristan avait raison, ils avaient un point commun et Kalec semblait s’amuser de l’ignorance de Cassidy. C’est du moins, ce qu’il laissait paraître à ce moment là.

Et puis elle se réveilla une nouvelle fois avec une seule idée en tête. Tristan l’avait rassuré en lui disant que Kalec était parti mais il ne s’attendait certainement pas à ce que Cassidy lui demande de se transformer en dragon. Elle avait besoin de prouver quelque chose, qu’elle pouvait tenir. Alors autant y aller comme une barbare et combattre le mal par le mal. Elle résistait tant bien que mal et refusait de laisser tomber. Sa colère contre Kalec était devenue une force, une force de prouver à ce crétin qu’elle finirait bien par accepter Tristan, qu’elle ne le laisserait pas s’éloigner non plus. Tout s’arrêta alors qu’elle tomba dans la neige.

Il fit le nécessaire pour l’aider à se redresser, la ramener. Elle se sentait mieux, apaisée. Au moins la petite mage avait fait le premier pas, elle avait demandé à Tristan de prendre cette forme qu’elle redoutait. Elle avait affronté ce qui la mettait tant en colère. Donc c’était pas si mal que ça. Mais la jeune femme avait peur que Tristan le prenne mal. Après tout il ne voulait pas qu’elle se blesse, il lui avait bien prouvé avec le cristal, les bracelets pour entraver sa magie. Et là elle souffrait réellement, tout ça pour l’accepter. Alors un souvenir pourrait peut être montrer à Tristan pourquoi elle agissait ainsi et qu’elle avait déjà eu mal avant qu’il ne soit là. Bien sûr, il n’était pas un cheval mais c’était la leçon qu’il fallait retenir.

D’ailleurs il ne manqua pas de lui faire remarquer et elle se mit à rougir. Ce n’était pas vraiment ce qu’elle attendait. Mais il se fit un peu plus rassurant en l’attirant à lui. Alors, Tristan lui fit une énorme déclaration, celle qu’attendait Cassidy depuis si longtemps. Il voulait savoir pour l’île, ce qui s’était, ce qui lui était arrivée. Elle fronça les sourcils quand il dit qu’elle détestait ce qu’il était. Ce n’était pas lui qu’elle détestait pour l’amour des dieux ! Mais les dragons en général, enfin les autres ! Pas lui, lui c’était différent et il n’y pouvait rien. Mais elle ne pouvait pas se faire à l’idée de devenir amie avec ses congénères. Il vint alors à parler de Kalec, que celui-ci était venu le voir à l’atelier tout en le provoquant. Que Tristan ne voulait pas utiliser ses capacités de dragon, qu’il ne pensait pas comme un dragon. Il lui déclara qu’il ne lui disait pas tout non plus mais pour une bonne raison. Cela fit un peu peur à Cassidy qui avait peur que ça tourne mal. Mais le jeune homme rebondit sur la méditation, qu’il progressait. Cela dérida la petite mage et elle se sentit un peu mieux de savoir qu’il l’écoutait. Tristan la prit dans ses bras et prononça encore une magnifique phrase qui ne fit que rassurer Cassidy. Il était vrai qu’elle en avait bien besoin après tout. Elle posa une main sur la hanche du garçon, partageant sa chaleur. Il ne savait pas à quel point c’était important pour elle.

Cependant, ils ne parlèrent pas de l’île tout de suite. Tristan avait des questions par rapport à son souvenir et elle se mit à sourire en s’étirant paresseussement.

« Oui c’est bien mon cheval de l’académie. Il était bien trop fougueux. Et ne se laissait pas approcher facilement. Les autres humains ne savaient pas quoi en faire donc je l’ai récupéré »

Beau sourire sur son visage alors qu’il posait d’autres questions au sujet de ses voyages, des choses comme ça. Ils finirent par aller se coucher.

Le lendemain matin, Cassidy se réveilla seule mais sourit à la vue du petit déjeuner ainsi que la mignonne rose sculptée et le mot qui la fit rougir jusqu’aux oreilles ainsi que briller de mille feux. Elle se mit à râler pour l’occasion. Décidément c’était vraiment compliqué tout ça ! Elle fila dans la salle de bain pour prendre une douche glacée et se remettre les idées en place. Puis s’habilla et fila à la taverne.

Effectivement elle était d’excellente humeur et mettait du cœur à l’ouvrage. Son patron ne disait rien mais il était cependant satisfait de l’efficacité de la petite mage, surtout que celle-ci n’attirait que les compliments et était appréciée par les clients réguliers. On lui demandait aussi ce qui la mettait de si bonne humeur mais elle répondait par un sourire mystérieux en parlant du temps, du village. Même Kalec ne parvint pas à faire disparaître son sourire en entrant même si elle le regardait avec antipathie.

Et puis tout bascula. Freya était entrée et se précipita vers Cassidy. Le cœur de la petite mage fit un bond dans sa poitrine. La nordique lui expliqua alors l’horrible complot du matin. Une tasse précise, préparée par Tania en question. Juste à ce moment, Cassidy pensa au philtre, avant même que Freya ne finisse son explication. Elle murmura pour elle-même à voix basse, manquant de faire tomber son plateau.

« Oooooh la salope… »

Mais elle sortit vite de ses songes quand son patron lui donna le feu vert pour rejoindre son fiancé. Elle ne se fit pas prier et rejoignit Freya, courant même plus vite qu’elle, cherchant à se diriger grâce à leur lien. Mais alors qu’elle arrivait sur le campement des bûcherons qu’une mauvaise surprise l’attendait. Tania était déjà sur place et appelait Tristan d’une petite voix mielleuse. La course avait essoufflée Cassidy et l’empêchait d’agir car si elle était plus en forme, la pauvre Tania aurait déjà brûlé. Tristan se retourna, prononça une seule phrase qui fit beaucoup de mal à la petite mage alors qu’il semblait regarder Tania. Elle ne pouvait assister, impuissante, à ce drame. Il avança, le sourire aux lèvres. Cassidy entendit une phrase de Tania, non décidément cette fille était mauvaise. La petite mage commençait à perdre le contrôle mais Tristan la surprit en poussant Tania comme si elle n’existait pas avant de se précipiter vers Cassidy et l’attirer à lui.

Elle ne s’y attendait vraiment pas et avant même qu’elle n’ait le temps de lui demander des explications, il posa ses lèvres sur les siennes, à lui faire exploser le cœur.

« Mmmmmmmm »

Impossible de parler, il était trop occupé à l’embrasser et elle était trop faible face à ses baisers enflammés. Tout colère, toute défense disparut de Cassidy. Qu’il arrête maintenant ! Elle allait briller. C’était comme si le corps de la petite mage était en feu et avec tout ça, le désir qui revenait au galop. Elle se laissait faire mais goûtait avec un peu trop de plaisir ce baiser, oubliant la présence de tout le monde, de Tania, du philtre. Elle tenait mais de justesse. Mais ses jambes n’étaient pas d’accord et elle manqua de s’effondrer au sol. Encore sous le choc, Tristan lui parlait, comme si il était en manque mais pas de Tania, c’était bien vers elle qu’il se tournait. Elle ne comprenait rien alors qu’il tentait de reprendre ses esprits.

Tania se mit à parler, apparemment très déçue. Effectivement elle avait bien tenté quelque chose. Mais Tristan s’approcha d’elle et le discours qu’il lui tint était loin d’une déclaration amoureuse. Cassidy en profita pour tomber au sol. En fait elle ne le regardait même pas même si elle l’écoutait. Son cœur dansait la samba, l’envie revenait, son remède n’avait presque pas d’effet et si elle ne se retenait pas, elle lui sauterait dessus, ici et maintenant. Respirant et haletant doucement, elle ferma les yeux, tentant de reprendre le contrôle de son corps. Mais ses lèvres si douces, ces baisers si… si… aaaaaah !

Elle se mordilla la lèvre mais personne ne semblait la remarquer, alors qu’ils étaient occupés à regarder l’échange entre Tristan et Tania. Seul Kalec, adossé contre un arbre plus loin, observait Cassidy. Il ne disait rien, n’intervenait pas, et pas un sourire moqueur ou un regard désolé ne vint éclairer ses pensées. Il n’était qu’un simple observateur, rien de plus. Finissant par s’asseoir par terre, ayant réussi à faire passer l’envie, par elle ne savait quel miracle, Cassidy vit Tristan s’approcher d’elle. Elle se redressa et se mit debout pour s’approcher de lui, toujours ahurie et sans comprendre, lui touchant doucement le dos alors qu’il ne la regardait pas.

Il paniqua et lui ordonna de ne pas le toucher. Elle recula. Bon elle pourrait le remercier, cela l’avait refroidit, plus de risque qu’elle vire au doré. Il se radoucit et s’approcha d’elle. L’observant, elle remarqua ses pupilles qui changeaient de forme, juste un peu avant qu’il ne fonde une nouvelle fois sur elle pour l’embrasser une nouvelle fois. C’était comme si le philtre d’amour, c’était elle qui l’avait préparé. Même si il essayait de rester conscient dans ses paroles, ses gestes, son comportement prouvaient qu’il voulait clairement se jeter sur elle. Tristan lui demanda alors des explications. Elle détourna un peu la tête avant de rapporter les paroles de Freya.

« Freya m’a dit que Tania avait apparemment préparé une tasse pour toi… j’imagine qu’elle a du mettre son philtre dedans. Et après ce qu’elle a entendu, comme quoi tu ne verrais plus qu’elle, ça ne fait pas de doute… »

Il ne semblait pas surprit. Cassidy fronça les sourcils. Elle l’avait bien mis en garde non ? Mais le fait qu’il ne l’ait pas trahi la radoucit un petit peu. Elle était juste curieuse de comprendre comment il arrivait à soutenir un philtre d’amour, puissant qui plus est. Il l’avait entraîné et s’assit sur un tronc, alors que les autres leur faisaient de la place et s’éloignaient pour les laisser tranquille. Même Kalec était reparti. Tristan semblait savoir ce qui se passait et lui demanda de confirmer les symptômes. Elle hocha la tête sans comprendre alors qu’une nouvelle fois il lui prit les mains avant de les laisser se balader sur sa chemise, elle se mit à rougir.

Lui demandant de promettre qu’elle ne se mette pas en colère, Cassidy cligna plusieurs fois des yeux, l’examina, l’air soupçonneux, se demandant ce qu’il avait encore trafiquer avant de secouer la tête, se concentrant sur ses paroles pour oublier la pointe de désir qui l’agitait totalement une minute avant.

Il avoua alors son plan. Apparemment le jeune homme avait voulu apprendre de son erreur et trouver une solution pour lutter contre les effets d’un philtre d’amour. Donc il en avait pris. Et avait demandé à Maud pour le sang. Choc. Cassidy ouvrit grand la bouche mais il continua sur sa lancée, rassurant, expliquant comme quoi il faisait en sorte que son corps s’habitue, un contre poison. C’était intelligent et habile. Sacrément culotté aussi. Elle ne pouvait pas lui en vouloir. La petite demoiselle se rendit compte qu’il était bien plus fort qu’elle et que lui au moins, agissait pour eux d’eux. Alors qu’elle… hem… Elle chassa cette pensée de sa tête alors que la suite de ses paroles devenait de plus en plus… un déballage de ses pensées actuelles.

Elle eut droit à une jolie déclaration, ce qui la rendit toute rouge. Mais le jeune homme ne semblait pas tenir plus longtemps. Ils avaient fini par se relever et elle avait doucement reculer contre un arbre, paniquée mais en même temps, tellement envie de satisfaire ses pulsions cette fois là. Il l’embrassa, sagement au début puis de plus en plus passionnément. Le cœur de Cassidy ne tenait plus en place, une douce chaleur l’envahit. Le remède ne fit plus effet. Un premier choc, une première décharge alors qu’elle se collait contre l’arbre et qu’il se collait à elle. Une deuxième. Trop c’était trop. Elle glissa sa main contre sa nuque pour qu’il continue. Tout son corps tremblait de désir et d’envie. Il commença à mordiller son oreille et elle poussa un gémissement un peu trop fort (heureusement que tout le monde s’était éclipsé). La lumière dorée jaillit de son corps et elle posa ses mains sur son corps pour le caresser, pressante, faisant descendre ses doigts le long de ses abdominaux, bien plus bas, encore bien plus bas. Elle était faible, tremblait, ne tenait plus. Tout son corps la rendait folle. Elle était prisonnière de la plus chaude des fournaises, il faisait trop chaud et elle ne comptait pas se refroidir. Puis elle l’entendit murmurer une phrase.

Il continuait mais elle n’en tenait guère rigueur, trop occupée à le caresser, descendre son boxer. Qu’il lui fasse l’amour contre cet arbre, maintenant ! Sauf qu’il prononça une phrase qu’elle n’attendait absolument. Quoi ?! Epouse moi ? Sur le coup elle arrêta de l’embrasser, même si sa lueur dorée était toujours là. Mais elle n’eut pas le temps de dire quoi que ce soit, que le compagnon sortit des arbres pour les charrier gentiment. Tristan se déshiniba totalement alors qu’il s’empressa de s’habiller et Cassidy aussi. C’est vrai qu’ils étaient vraiment à deux doigts de… elle se mit à rougir à cette simple pensée.

Le bûcheron expliqua alors ce qui s’était passé, qu’on pouvait les entendre et que Tania était parti. Cassidy marmonna et s’inclina bien bas devant Raph en murmurant un « désolé » tout gêné. Elle regarda Tristan avec un sourire crispé et lui souffla un « on se voit ce soir… » avant de retourner à la taverne.

Sauf que le reste de la journée ne se passa pas très bien pour Cassidy. Deux choses tournaient dans sa tête, le désir qu’elle ressentait pour Tristan et sa demande, qui l’avait vraiment touché. Si tout avait été normal entre eux, elle serait certainement d’excellente humeur, joyeuse, comblée de voir que son homme avait trouvé une solution pour ne pas se laisser berner par les philtres d’amour. Elle aurait été heureuse et rougissante de constater à quel point elle lui faisait de l’effet et n’aurait pas hésité un seul instant à lui sauter dessus le soir même, se vengeant de cette tentation atroce qui ne l’aurait pas laissé indifférente. Elle l’aurait câliné, fait un massage, remercier. Elle se serait sentie beaucoup mieux, plus en confiance et infiniment heureuse.

Malheureusement, leur abstinence de ces derniers temps était une catastrophe. Rien que repensait à ses lèvres, ses baisers, sa lumière réapparaissait un peu aléatoirement, devant tous les clients de la taverne. Son patron s’inquiétait et lui proposait même de rentrer chez elle pour se reposer. Surtout qu’une luciole qui clignote se rallume et s’éteint, ça ne passe pas inaperçu ! C’est même déconcentrant. Elle se mit à sourire pour sauver les apparences et posa son plateau au bar.

« Ca va aller, je vais prendre ma potion, je reviens »

Elle se dirigea vers les toilettes, ferma à double tour la porte et lança un sort de silence. Puis elle se posa les mains sur les oreilles, laissant sa lueur dorée exploser.

« MEEEERDEEEEEEEEE »

Un craquement se fit entendre, provenant du miroir juste au-dessus du lavabo. Haletante, Cassidy releva la tête pour voir la mini fissure qu’elle avait causé, puis se colla contre le mur avant de glisser au sol, poussant un autre grognement.

« S’il vous plaît… Laissez moi… au moins une fois… avec Tristan… juste avec lui… je n’ai pas envie d’aller voir un autre… s’il vous plaît… aidez moi… »

Elle resta quelques minutes ainsi, entourant ses genoux avec ses bras, la tête reposant dessus. Puis la jeune femme se redressa et fit apparaître son remède. Sans hésiter, elle but la totalité du flacon d’une traite. La lumière disparut de son corps. Elle se débarbouilla et sortit des toilettes, retournant voir son patron, souriant pour sauver les apparences.

Cassidy travailla deux fois plus dur toute la journée pour ne pas penser à ce qui l’agitait. Lorsqu’elle rentra, il faisait déjà nuit. Elle entra dans le chalet qui était plongé dans le noir. Allumant une de ses orbes de lumière, elle vit Tristan qui arrivait de la porte de derrière. Il lui demanda de la suivre et lui tint un étrange discours qui sonnait comme si il avait quand même prévu de… de quoi ? acrobaties toute la nuit ? Vilain Drakkari ! Il ne devait pas jouer comme ça avec elle, c’était vraiment méchant de sa part. Cependant, elle le suivit dans le noir. Le tenant par la main car elle n’avait pas la même vue que lui, il l’emmena dans un endroit très romantique. Des planches posées au sol, des bougies allumées un peu partout, des trucs à grignoter, il avait préparé un véritable moment magique rien que pour eux deux. Pour se faire pardonner, il disait.

Elle regarda le bassin, pensive, quand il se baissa pour ramasser quelque chose. La jeune femme en profita pour lui taper sur la tête.

« Tu n’as pas à t’excuser pour tout ça… »

Il se retourna pour la regarder et sembla vouloir dire quelque chose. Elle fit la moue puis le fixa droit dans les yeux sans ciller.

« Je n’ai rien à te pardonner ! Tu as fait ça pour nous. Pour ne pas que je sois blessée, alors je préfère largement que tu me tripotes et m’embrasses toute la journée plutôt que de te voir dans les bras d’une autre. Alors Tris’ c’était bien ce que tu as fait. C’était risqué oui, de prendre régulièrement un philtre comme ça, mais je n’ai pas à t’en vouloir. Tu fais tout pour qu’il n’y ait plus de barrières entre nous, plus de chose perturbante… Non je devrais même te remercier et je peux te dire que j’ai vraiment été comblée, en plus tu embrasses toujours divinement bien… »

Là elle se mit à rougir en détournant la tête. Peut être ses paroles n’étaient pas très claires mais au moins, elle s’était dévoilée, un petit peu. Elle fit style de s’intéresser à ses victuailles, pour changer de sujet. Il avait aussi apporté une boisson sans alcool, légèrement sucré comme elle l’aimait, une des spécialités d’ici. Ils mangèrent alors ensemble et Cassidy voulait goûter de tout. Il prenait plaisir à lui donner des petites bouchées comme à un oiseau, elle se mit à rire quand il prononça une phrase. Puis elle se déshabilla mais garda ses sous-vêtements pour entrer dans le bassin. C’était plus prudent.

L’eau était bonne et elle poussa un soupir de soulagement. Il se glissa après elle et garda également son boxer, pour ne pas la perturber. Au programme ce soir, des câlins, encore des câlins et encore quelques câlins. Il s’adossa contre le bord et elle se cala dans ses bras, poussant un soupir de bien être.

« Dis… c’est merveilleux tout ce que tu fais pour nous… Enfin ce chalet… tu mets beaucoup de cœur et j’ai vraiment l’impression que cet endroit va finir par nous ressembler… »

Un petit compliment, un de plus. Elle se mit à rougir, il l’embrassa. Les deux jeunes gens restèrent un moment dans le bassin. Tristan avait apporté quelques sels pour la détente et l’eau se teintait d’une jolie couleur bleu. Ils s’amusèrent un peu, se chamaillèrent. Il mit la tête sous l’eau pour ensuite sortir derrière elle et la soulevant du sol alors qu’elle poussait un petit cri. Puis il la taquina en déposant un baiser sur le bout de ses lèvres, elle grogna et le poursuivit dans le bassin pour se venger. Puis fit mine de bouder en croisant les bras, et lorsqu’il s’approcha d’elle curieux, elle se retourna et déposa sur ses lèvres un baiser plus appuyé. Sauf qu’il ne voulait pas s’avouer vaincu et déposa un autre baiser sur ses lèvres. Et Cassidy enchérissait à chaque fois. Il s’était d’ailleurs agenouillé dans l’eau pour que ce soit plus facile. Mais si lui restait plutôt sage, enfin il se retenait bien, ce n’était pas le cas de Cassidy qui faisait des baisers de plus en plus insistants. Elle repensa à cet après midi puis après s’être décollé de ses lèvres, la demoiselle fit la moue.

« C’est tout ? Tu m’avais habitué à mieux tout à l’heure… »

Une provocation directe. Ce n’était pas très prudent mais elle n’avait que faire de la prudence. Il essaya un autre baiser, un peu plus prononcé mais qui n’atteignait pas le record de cet après midi. Elle écarta son visage du sien et fit mine de réfléchir.

« Hum… c’est encore loin… en fait ça ressemblait plutôt à ça »

Elle ne le laissa pas réagir, pas répliquer. Posant une main contre sa nuque, elle l’attira à lui et l’embrassa avec beaucoup de vivacité, forçant le passage de ses lèvres et fit durer le baiser jusqu’à ne plus pouvoir respirer. C’était intense, c’était bon, c’était familier… Tellement bon… Elle se sentait planer d’ailleurs. Tout son corps se mit à trembler. Si Tristan était un peu réticent au départ, il céda à l’appel de ce baiser tellement envoûtant pour insister un peu. Elle grogna et commença à caresser son corps bien musclé, faisant descendre ses mains plus bas. Mais son boxer l’empêchait d’aller plus loin. Elle grommela alors qu’il déposait des petits baisers dans son cou puis fit disparaître le dit boxer qui réapparut à côté de ses affaires hors du bassin. Elle se colla à lui et posa ses mains bien plus bas, satisfaite de la sensation tout en murmurant doucement son surnom.

La chaleur commençait à monter, elle devenait dingue. Il mordilla son oreille, elle se mit à gémir avant de lui rendre les intérêts en lui faisant un suçon dans le cou. Ils continuèrent à jouer un moment, caresses osées. Elle gémissait de plus en plus fort avant de se mettre à briller intensément. Par les dieux comme elle le désirait, comme elle avait envie de lui… c’était une torture, une véritable torture. Son corps était chaud comme la braise, malgré la chaleur de l’eau et c’était comme si la fumée sortait du bassin, lumière plus forte que les bougies disposées tout autour. Cassidy se colla encore plus à lui, caressant son bas du ventre, frémissant, son cœur battant à cent à l’heure et murmura d’une voix suppliante.

« Prends moi… s’il te plaît… Tris’… prends moi… »

Il la poussa alors contre le bassin, comme pour l’aider à s’allonger au bord des pierres et se rapprocha d’elle. La demoiselle se mit à sourire, sentant la délivrance approcher. Elle le voulait, elle le voulait plus que n’importe qui d’autre ! Elle était complètement dingue de lui. Mais alors qu’il allait se fondre en elle, la lueur qui entourait Cassidy s’intensifia d’un coup. Une petite détonation retentit puis tout devint noir alors que la pauvre poupée retombait, inanimée. Un bruit de cristal explosa juste à côté d’eux. Un des verres avait explosé, pour une raison inconnue. Et encore une fois, une fois de plus, Tristan se retrouva seul.

Le lendemain matin, Cassidy se réveilla gentiment. Elle s’étira comme un chat dans le lit, gémissant doucement, ayant passé une très bonne nuit. La demoiselle tâta le drap à côté d’elle mais il n’y avait personne. Ouvrant un œil, elle ne vit pas Tristan à côté d’elle. Pensant qu’il était déjà parti travailler, elle ne s’inquiéta pas. Mais lorsque son regard se posa sur l’espèce de cadran que Tristan avait rapporté il y a quelques jours, elle comprit qu’il était bien trop tôt pour qu’il soit en ville. La demoiselle se redressa d’un bond, ne comprenant pas. Elle chercha les affaires de Tristan et ne les trouva pas. Descendant en trombe, il n’y avait pas ses bottes non plus. Elle sortit en chemise de nuit dehors, pieds nus et l’appela.

Finalement, il était dans le jardin, assis sur le banc et semblait être en train de méditer. Elle s’approcha prudemment de lui et l’appela d’une voix douce.

« Tris’… ça va ? »

Il rouvrit les yeux et fut surpris de la voir ici, à cette heure ci.

« Je me suis réveillée et comme il était trop tôt pour aller travailler… je me suis inquiétée pour toi… »

Tristan voulait la rassurer mais elle était bien consciente que quelque chose n’allait pas. Il voulait qu’elle retourne se coucher mais la demoiselle refusa. Et puis elle se rappela de la veille. Toujours la même histoire… la même déception. Ses yeux s’écarquillèrent de surprise alors qu’elle ouvrit la bouche sans savoir quoi dire. Elle pouvait tout à fait comprendre qu’il souhaite rester un moment seul pour gérer tout ça. Sauf que maintenant que la petite mage était réveillée et inquiète, difficile de se rendormir. Mais elle tourna les talons et rentra dans le chalet.

Quelques minutes plus tard, elle ressortit, portant une tenue plus habillée et confortable, un pantalon ainsi qu’une tunique. La jeune femme se rapprocha de Tristan.

« Bon écoute… je pense qu’il est temps que j’affronte mes peurs et que j’arrête d’être égoïste. »

Elle croisa les bras alors qu’il ne savait pas trop où elle voulait en venir.

« Je t’ai demandé de ne pas te transformer en dragon, de ne pas voler, mais il est grand temps que ça change. Ca te fera du bien, je sais que le vol te manque… et j’aimerais que tu te transformes et que tu ailles faire un tour… en volant et… sans moi. Tant pis, je te fais confiance, je sais que tu ne m’abandonneras pas mais si ça peut être un truc qui te fasse du bien… »

Il n’avait pas l’air de vouloir. La demoiselle s’agenouilla devant lui et redressa doucement son menton plongeant ses yeux noisettes dans les siens, une magnifique couleur ardente qui brûlait avec cet espèce de tourbillon argenté quand on y prêtait plus attention.

« Ecoute… je l’ai senti la dernière fois… à travers notre lien. J’étais trop occupée à me contrôler mais je l’ai senti… Ca t’as fait du bien de te transformer, tu ne peux pas tout le temps rester sous forme humaine… c’est ta nature Tris’… et quand tu as déplié un peu tes ailes, tu le sentais… l’envie de t’envoler. Alors s’il te plaît, fais le, je me sens suffisamment coupable pour hier… et puis il faut que je ré apprenne à te regarder sous cette forme »

Elle avait pris ses mains et les serraient contre elle. Il finit par accepter mais à deux conditions. La première, elle devait établir un lien mental. La seconde, il n’irait pas faire un tour mais resterait sur place. Ils se rendirent donc à l’arrière du chalet et prirent une bonne distance l’un de l’autre. La demoiselle incanta un sort et une lumière violette vint toucher le front de Tristan.

*Tu m’entends là ? Bien… C’est quand tu le sens*
Il finit par se transformer et elle l’observa. Comme la dernière fois, elle se tenait droite sur ses jambes, le fixant, se répétant qu’elle l’aimait dans sa tête tout en le regardant faire. Il prenait son temps, déployant les ailes et s’envola. Et puis, les douleurs revinrent. Elle ferma les yeux, se concentra à nouveau, tenta de faire le vide dans son esprit. Ca marchait car elle se maîtrisait plus ou moins. Souriant, victorieuse, elle relâcha un peu sa concentration et sentit la vague de magie arriver bien trop. Elle avait une main tendue en avant, comme si elle cherchait à attraper quelque chose mais une étincelle sortit de la paume de sa main.

Elle poussa un rugissement de rage et en même pas une seconde, pivota dans la direction opposée. De la lumière sortit et le projectile de la taille de la largeur de son corps fut propulsé en avant, provoquant même un léger courant d’air. Il fonça droit devant et un énorme vacarme se fit entendre. L’arbre en première ligne avait été troué en son centre, des copeaux volants partout, tout comme les autres derrière. Certains trop fins n’avaient pas résistés et étaient en miettes. Le premier se mit à grincer, le tronc craqua et l’arbre s’étala de toute sa longueur, écrasant d’autres arbres au passage.

Tristan était revenu près d’elle, demandant si elle n’avait rien. Ruisselant de sueur, la demoiselle se tourna vers lui, sourire gêné sur le visage.

« Hum… tu avais besoin de bois ? Il pourra bien te servir celui là, tu pourrais le ramener à l’atelier et en faire… une armoire pour la salle de bain ! »

Voulant cacher la dangerosité de la situation, la demoiselle préférait voir les choses en riant. Ils ne se rendormirent pas et restèrent ensemble à discuter, se faire à manger, avant de partir chacun de leur côté pour le travail.

La journée passa vite mais cette fois, Tristan ne vint pas à la taverne. Il avait peut être besoin de temps pour réfléchir à tout ce qui se passait et elle aussi. Si apprendre à apprécier le dragon prenait le temps, c’était également le cas sur leur relation sexuelle. Après tout, Cassidy se montrait de plus en plus impatiente, impuissante et cela influençait grandement son moral.

En sortant de la taverne, Cassidy tirait un peu la tête. Même si elle essayait de faire bonne figure devant les gens, cela ne l’empêchait pas d’être songeuse et torturée. Plus les jours passaient, plus elle s’en voulait de faire subir à Tristan cette épreuve. Bon d’accord, elle ne faisait pas exprès non plus et malgré cela, le jeune homme lui avait rappelé à maintes reprises que même si l’activité sexuelle faisait partie de la vie de couple, ce n’était pas le point essentiel. Elle devrait arrêter de se tracasser pour rien, de patienter. Oui mais voilà, peut être qu’il n’y aurait pas de prochaine fois. Et si cela devait arriver que feraient-ils ?

La demoiselle se mordilla la lèvre inférieure, une expression soucieuse passant sur son visage blanc, éblouit par la neige. Cela l’angoissait terriblement. Imaginer la tête de Tristan, la regardant d’un air triste, ne sachant pas quoi dire, c’était le pire scénario possible ! Surtout qu’elle ne saurait pas quoi dire, pas quoi faire pour le rassurer. De la buée sortit doucement de sa bouche alors qu’elle avait inconsciemment serré le poing. Que faire ? Ils étaient au point mort. Elle avait bien essayé cet étrange cristal mais son beau Drakkari avait été catégorique, trop dangereux. Râlant intérieurement, Cassidy aurait bien voulu rencontrer à nouveau cet étrange vieillard pour lui poser d’autres questions, essayer de comprendre. Ici c’était difficile et il est vrai qu’elle n’avait pas choisi la meilleure destination en termes de savoir. Les gens de Frihold qui pratiquaient la magie se rassemblaient plus dans les grandes villes, ce n’était pas comme à Kalendaar où les démonstrations magiques fleurissaient de la plus grande ville au tout petit hameau.

Cassidy fit quelques pas en avant, pour aller en direction du chalet. Tristan ne devait pas encore être rentré, c’était à peine le début de l’après midi. Comme convenu, elle irait travailler plus tôt le lendemain matin. Son objectif était de faire un peu de jardinage magique, aller chercher des graines et les faire pousser. Tristan avait tracé la veille les délimitations des parterres de fleurs. Il serait sans doute bien surpris en voyant l’avancement ! Car c’est vrai, pour le moment, il était le seul à s’occuper de leur petit chez eux. Un mince sourire s’étira sur le visage de Cassidy à l’évocation de cette pensée. Tellement occupée par ça qu’elle n’entendit pas la voix de loin qui l’appelait.
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Cassidy Herediane
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MessageSujet: Re: Comment se retrouver pour mieux s'aimer...   Mer 28 Oct - 21:11

- Cassidy ! Hey !

C’était Vlad qui vint se planter devant elle, reprenant son souffle puis la regarda d’un air taquin alors qu’elle s’était arrêtée en le regardant avec surprise.

- Et bien alors jolie demoiselle, c’est vilain de m’ignorer comme ça

Elle eut une expression un peu gênée et détourna le regard tout en s’excusant vivement.

« Désolé Vlad, j’étais en train de penser à quelque chose, je ne t’ai pas entendu »

Il lui donna une petite tape sur le bras avec un sourire complice.

- Pas à moi je suppose non ?

Elle fronça les sourcils en le dévisageant. Mais c’était uniquement une boutade, et elle s’en rendit vite compte. Le regard de Vlad inspirait la confiance et certainement pas une drague un peu limite. La petite demoiselle se mit alors à sourire timidement avant de croiser les mains dans son dos et se racler la gorge.

« Qu’est-ce que je peux faire pour toi alors ? »

- Toi ? Rien ! Mais j’aimerais te montrer quelque chose

Cassidy était intriguée par cette demande. Mais elle repensa à ce qu’elle avait prévu et secoua la tête en enroulant une mèche rebelle de cheveux blonds qui dansait à côté de sa joue.

« C’est gentil mais j’ai prévu autre chose aujourd’hui. Une autre fois peut être ? »

Il fit mine de bouder comme si elle le privait d’un plaisir et abaissa ses épaules. Un pauvre air de petit chien esseulé que l’on aurait privé de son os.

- Rhoooo allez ! Le temps est vraiment idéal pour ça aujourd’hui. Et puis tu es bien ici aussi pour profiter un peu et découvrir de nouvelles choses. Je t’assure que tu ne le regretteras pas.

Cassidy regarda Vlad qui avait vraiment un regard suppliant, un beau regard d’ailleurs alors qu’il faisait la moue.

- En plus tu es bien habillée pour ça

Elle se regarda un instant pour examiner sa tenue. La demoiselle s’était changée avant de sortir de la taverne. Elle avait mis un pantalon noir plutôt léger avec une tunique ample. Comme s’occuper du jardin était au programme de l’après midi, elle avait déjà prévu la tenue. Surtout si elle devait faire des allers/retours avec la boutique de jardinage. Dans leur monde, même en hiver c’était possible de planter des graines et certaines plantes pouvaient même pousser pendant cette période.

Cassidy se mordilla la lèvre inférieure, fit la moue, semblant hésiter. Mais Vlad l’acheva avec une autre phrase dite avec une pointe d’inquiétude dans le ton de sa voix, ce qui la persuada de l’accompagner.

- Tu as l’air super stressée en ce moment. Tu travailles beaucoup à la taverne, c’est compréhensible alors je pensais te faire plaisir.

Stressée elle ? Ca se voyait ? Tant que ça ? C’est vrai qu’elle avait beaucoup de mal à mentir et quand quelque chose n’allait pas, c’était très difficile pour la petite mage de le cacher. Pas du tout comme Tristan qui savait parfaitement rester maître de lui-même sauf quand la petite mage le poussait à bout, lui faisait des frayeurs. Mais devant un public, il était très rarement en panique totale. Elle était, et cela gonfla un peu son égo, la seule qui le voyait derrière les apparences. Du moins un peu plus que les autres.

« Bon d’accord, d’accord. Tu as gagné »

Vlad semblait sincèrement très content que Cassidy soit d’accord. Il la prit par la main pour l’entraîner à sa suite, dans une direction qui les faisait sortir de la ville par le côté est. Elle semblait un peu perplexe mais la petite mage s’était laissé faire, le regardant quand même avec surprise.

« Où est ce que tu m’amènes Vlad ? C’est quoi que tu veux me montrer ? »
-Tu verras…

Il contourna l’enceinte de bois de la ville en suivant un petit sentier puis l’amena en direction d’un petit groupe de jeunes qui semblaient avoir leur âge. Et au milieu d’eux, se trouvait Kalec. Il était royalement posé sur une grosse pierre, une grande planche en bois reposant dans le creux de son bras. Cassidy stoppa net mais Vlad l’entraînait un peu trop et ils arrivèrent en face des jeunes gens qui dévisageaient la nouvelle arrivante. Le cœur de Cassidy se mit à battre très fort alors qu’elle ne détachait pas son regard de la silhouette de Kalec. Celui-ci feignait même ne pas l’avoir vu, il semblait très intéressé par le tronc très maigre d’un arbre, de couleur aussi blanche que la neige.

Elle murmura pour elle-même, plus que pour les autres.

« Oooh mais quelle surprise ! »

Kalec s’était redressé en se dirigeant vers Vlad puis posa son regard sur Cassidy. Un sourire un brin taquin, un brin provocant alors qu’il ne baissait pas les yeux d’un millimètre et même si la farouche demoiselle le foudroyait du regard. Le jeune homme ouvrit la bouche avec une voix feignant l’innocence même, comme si il ne s’était rien passé entre eux, comme si il ne l’avait jamais provoqué. Mais le léger sourire qui accompagnait ses paroles, laissait penser à la petite mage qu’il semblait absolument ravi de la voir ici, peut être pour mieux se moquer d’elle.

- Un problème ?

Cassidy inspira profondément. Vlad la regardait avec surprise. Le regard de Cassidy ne lui avait pas échappé et il n’arrivait pas à comprendre pourquoi la petite mage avait un regard noir tout en fixant Kalec. D’accord, Vlad ne savait absolument pour leur mésentente mais quand même ! Elle fit une sorte de sourire figé, le genre d’expression donnant l’impression que tout dérange mais que tout va bien.

« Naaaaaaaaaan ! Tout va bien ! »

Elle avait pris un ton haut perché, ce qui attira l’attention des autres. Il y avait des filles et des garçons. Tous avaient une planche à la forme bizarre. Vlad fit mine de ne rien avoir entendu et lâcha sa main pour aller récupérer deux planches près d’un arbre alors que Kalec fixait toujours Cassidy, d’un air un peu hautain, un sourire vraiment amusé sur le visage, alors qu’elle bouillonnait intérieurement. Mais qu’il l’agaçait au plus haut point ! Il n’ouvrait même pas la bouche mais cela lui donnait des envies de lui donner une bonne claque méritée. Cependant il détourna la tête et prit la tête du groupe. La jeune femme se calma. La bonne humeur régnait dans le groupe, elle n’allait quand même pas tout gâcher parce qu’un enquiquineur était présent ! Serrant doucement le poing, Cassidy inspira profondément avant de se reconcentrer sur la raison de sa venue.

*Allez Cassy respire ! C’est pas un ptit con de son genre qui va te perturber ! Et puis je vais sûrement souvent le croiser alors… L’ignorance est la meilleure des choses à faire.*

Vlad ne lui laissa pas beaucoup de temps car il vint se placer à côté d’elle tout en avançant. Contrairement à Kalec qui était parti devant, seul, l’autre Friholdien semblait bien plus bavard et enthousiaste. Il semblait vraiment avoir à cœur qu’elle se sente à l’aise et intégrée dans cette petite ville. Il lui demandait si ça se passait bien à la taverne, si elle n’était pas trop débordée. Si Tristan trouvait ses marques également.

Cassidy répondait, un peu timidement, bien que l’ombre d’une activité passionnante avec Tristan venait la hanter. Elle se renfrogna un petit peu et Vlad sembla le remarquer car il changea de sujet en lui montrant ses planches.

- Tu as déjà essayé de monter là-dessus ?

Elle regarda la planche avec curiosité.

« Non pas du tout. Je ne me rappelle pas d’avoir vu ce genre d’engins pendant mes voyages à Frihold… »

Elle se rappela alors à quel point elle était tournée vers la magie, et ne s’accordait aucun loisir, aucune passion pendant cette période de sa vie. La petite mage était passée à côté de beaucoup de choses pendant ces longs mois, trop absorbée par sa « mission », son apprentissage. Jusqu’encore à l’académie, elle ne vivait que pour son travail, juste pour les autres. Que tout le monde se sente bien. Elle n’avait jamais eu de véritable objectif personnel, quelque chose qui la rendrait fière d’elle. Même Tristan avait des passions, des loisirs. Il aimait dessiner, c’était vraiment fascinant de voir que ce grand guerrier était si habile de ses mains. Cette mauvaise pensée la fit rougir alors qu’elle pensait à un autre type d’habileté, qui n’avait rien à voir avec d’innocents… loisirs ! Elle secoua la tête. Oui il dessinait très bien, était habile dans la construction, la création d’objets sculptés. Il aimait jardiner aussi.

Un sourire flotta sur ses lèvres alors qu’elle se laissa aller à des souvenirs agréables. Tristan… c’était bien lui qui l’avait secoué et sortit de son travail trop pieux. Lui qui lui avait fait découvrir de nouvelles activités, loisirs. Le patinage, l’escalade, des amusements divers, les massages… les bains ensemble… les câlins sous la couette… huuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuum… Nouveau rougissement de la part de la demoiselle qui pensait à une activité un peu trop frustrante en ce moment. Elle inspira profondément, briller maintenant n’était pas une bonne chose surtout que Kalec pouvait très bien se moquer d’elle encore une fois.

- Tu as beaucoup voyagé ? Tu es allée où ?

Vlad l’avait ramené à la réalité. Il avait bien remarqué les différents états de la demoiselle mais ne lui en tenait pas rigueur. Elle réfléchit en levant les yeux au ciel tout en marchant.

« Un peu partout… j’aime bien apprendre de nouvelles choses. Enfin je suis une mage donc c’est dans ma nature d’être curieuse sur la magie de ce monde. »

Puis elle s’élança dans une longue conversation sur ce qu’elle avait vu, appris. Vlad semblait très curieux et intéressé. Cela occupa Cassidy pendant le reste du trajet sans qu’elle n’ait le temps de penser à Kalec.

Ils arrivèrent dans une zone bien dégagée. Peu d’arbres, c’était une sorte de piste assez longue. La neige était ici bien plus tassée et de longues traces dans le sol prouvaient qu’une activité particulière se passait ici. C’est gaiement que la petite troupe commença à s’équiper, certaines femmes souhaitant qu’on les aide. Un système ingénieux permettait de fixer ses pieds sur la planche.

Cassidy observait sans rien faire, les mains sur les hanches. Elle regarda les premiers s’élancer sur la piste en poussant des exclamations de joie et glissant jusqu’à une certaine limite, avant d’utiliser une corde magique qui avait été attachée à un arbre en hauteur et qui s’enroulait sur elle-même pour les mener vers le point de départ. Vlad s’approcha de Cassidy avec une planche et l’invita à s’asseoir sur un gros tronc d’arbre pour l’aider à s’équiper. Elle se laissa faire puis il lui donna des instructions de base.

Quand Cassidy se releva, elle trouva la sensation très bizarre d’avoir les deux pieds collés sur un bout de bois. Elle tendit les bras bêtement, la planche glissa un peu et elle perdit l’équilibre, tombant en arrière dans la neige et grommelant. C’était nul ! Au moins chevaucher un dragon était bien plus amusant. Une pointe de tristesse se pointa dans son cœur alors qu’elle pensait à Tristan. Ils n’avaient même pas eu le temps de bien apprendre à se connaître depuis qu’il avait accepté ses gênes de dragon. La pauvre ignorait à quel point son corps refusait tout contact, inconsciemment, avec ledit dragon.

Elle soupira un instant alors que Vlad s’approcha d’elle, un gentil sourire sur les lèvres pour l’aider à se relever. La demoiselle bouda et détourna la tête.

« Trop bizarre ce truc… »

- Ne t’inquiètes pas je vais t’expliquer. Ca paraît difficile mais une fois qu’on a maîtrisé le truc, ça va tout seul. Bon je pense pas que tu arriveras à faire des acrobaties pour ta première fois mais tu peux faire quelque chose de bien.

Cassidy observa un moment Vlad. Yeux fermés, sourire large et main tendue, il n’y avait que de la gentillesse. Le jeune homme voulait vraiment que Cassidy s’amuse et se change les idées. C’était vraiment sympa de sa part et elle serait vraiment incorrecte si elle continuait de bouder de cette manière. Elle attrapa sa main et se hissa en hauteur. Vlad commença alors à lui expliquer le fonctionnement de la planche. Que celle-ci était enchantée et qu’il lui suffisait d’ordonner mentalement à son pied arrière de se détacher pour que la sangle se retire. Qu’ensuite qu’il fallait qu’elle trouve son centre de gravité pas trop en avant pas trop en arrière.

Il lui expliqua comment manœuvrer, tourner. Elle le regarda en souriant légèrement. Le nordique semblait vraiment passionné par cette activité. Une fois qu’il eut fait le tour, en lui montrant comment se débrouillait les autres, il proposa quelque chose à Cassidy.

- Maintenant je vais te tenir pour que tu trouves ton équilibre

Cassidy se mit à rougir bêtement et tendit les mains en avant en faisant des petits mouvements agités et un sourire gêné sur les lèvres.

« Ca va aller, j’ai bien écouté ce que tu as dis merci. Je vais essayer seule »

Elle remarqua Kalec qui observait juste derrière et le regard de Cassidy se durcit alors qu’elle détournait les yeux. Non mais il allait encore se moquer d’elle ? La provoquer ? Attendre qu’elle chute pour rire de sa piètre performance ? La demoiselle serra doucement le poing puis inspira profondément. Elle ne sut pas quand ni comment elle se poussa toute seule sur la piste mais son pied avait donné l’élan pour glisser la pente. L’équilibre était dur à trouver et plusieurs fois elle manqua de flancher d’un côté ou de l’autre. Mais le regard triomphant de Kalec dans sa tête lui donnait la force de ne pas faire une gamelle monumentale.

Tout doucement elle glissait, fière d’elle et faillit tourner la tête pour faire une grimace à son persécuteur. Mais la petite mage fit soudainement le constat d’une horrible pensée. Comment freiner ?! Son sourire se transforma en grimace. Peut être se laisser tomber. Oui mais là et là y avait des gros rochers. Et si elle se brisait la nuque ? Le dos ? Elle commença à paniquer. Quittant la piste, elle s’enfonça dans la forêt, sa planche prenant de plus en plus de vitesse, sûrement à cause du fait qu’elle était penchée en avant. L’adrénaline la rendait plus vive et elle arrivait quand même à esquiver les arbres, non pas sans une certaine frayeur. Puis les arbres se firent moins nombreux et elle pensa basculer dans la neige.

Mais en face, se dressait le flanc de la montagne, une zone abrupte avec du vide droit devant. Il y avait bien une zone plate de l’autre côté qui pouvait servir de piste d’atterrissage mais il fallait sauter d’une bonne distance et la petite mage ne savait même pas comment se réceptionner. Alors qu’elle arrivait près du bord, un cri de terreur s’empara d’elle et la demoiselle ferma les yeux, se préparant à l’impact sur ses jambes et sûrement se les casser.

Mais rien ne vint. En effet un autre surfeur qui arrivait à vive allure, la rattrapa et sauta sans hésiter, rattrapant la petite demoiselle en se plaçant juste derrière elle. Il l’attrapa dans ses bras puis atterrit de l’autre côté sans problème. Cassidy, ne sentant pas le choc venir, rouvrit les yeux et faillit s’étrangler en découvrant son mystérieux sauveur.

« Non mais ça va pas oui ?! Profiteur ! Arrête toi et lâche moi ! »

Elle agitait les bras alors que Kalec regardait droit devant lui.

- J’aurais du te laisser tomber en bas. Je me demande en combien de morceaux tu te serais dispersée.

Oui bon il venait de lui porter secours, elle devrait être un peu plus reconnaissante quand même. La demoiselle se calma légèrement mais tirait vraiment la tête.

- Tu peux juste t’accrocher ? J’ai déjà du mal à me diriger avec ce poids en plus alors…

« Jamaaaaaaaaaaais »

- Ce n’est pas une proposition c’est un ordre. Et tu m’en dois une là je pense…

Cassidy ronchonna en le traitant de sale profiteur, pervers et des noms très exotiques. Malgré ce qu’il avait fait, il avait raison et la petite mage avait quand même un certain sens de l’honneur. Kalec n’ouvrit pas plus la bouche alors qu’elle passa les bras autour de sa nuque tout en détournant le regard pour éviter de le dévisager. Alors qu’elle tournait la tête, elle put admirer le paysage. Ils glissaient le long d’une pente plutôt douce, éclairée. On pouvait apercevoir des forêts d’arbres bien plus en bas. Le soleil qui commençait à décliner lançait ses rayons sur des morceaux de neige, accrochés dans les arbres, ce qui donnait un aspect brillant et magnifique tout comme la neige étincelante. Le ciel était bien dégagé, bleu. Les mèches rebelles de Cassidy flottaient autour d’elle et la sensation de vitesse était plutôt grisante, une fois la peur passée. Elle oublia même avec qui elle se trouvait. Il y avait même une bonne odeur qui flottait et la détendait un peu, détendait ses nerfs, sa colère. Un instant magique. Elle ne pensait plus à ses soucis, à ses problèmes avec Tristan, sa magie capricieuse. Seul l’instant présent comptait.

Ils arrivèrent dans une forêt en contrebas et Kalec s’arrêta près d’un gros tronc avant de déposer Cassidy dessus sans dire un mot. Elle se hâta d’enlever la planche de ses pieds et soupira de soulagement.

- Ca ne vaut pas une balade en dragon…

Elle se renfrognit et se redressa de toute la hauteur avant de pointer le doigt sur lui, la colère revenant au galop.

« Mais qu’est ce que tu cherches à faire ?! Si tu veux me séparer de Tristan, tu as tort ! Je ne rentrerais jamais dans ton jeu ! Tu m’entends ? Jamais ! Alors tu ferais mieux de laisser tomber pour de bon et me foutre la paix ! Et ne parle plus à Tristan ! Il fait beaucoup d’efforts pour ne pas avoir le même comportement que les autres alors… ne le perturbe pas ! »

- Voyez vous ça ! C’est une pauvre petite chose fragile ton dragon ? Je le perturbe ? Il déteste le vilain Kalec ?

« CA SUFFIT ! »

Un bruissement de neige qui fut repoussé autour de Cassidy alors qu’elle était en train de s’énerver. C’était moins spectaculaire que la dernière fois mais il ne valait mieux pas la pousser à bout. Kalec n’avait pas bougé d’un pouce et continuait de l’observer.

« C’est la personne la plus courageuse et la plus forte que j’ai jamais rencontré. Il vaut 10 000 fois un humain normal et personne ne lui arrive à la hauteur ! Y a pas mieux que lui et y aura jamais mieux. Donc je vais te le dire une bonne fois pour toutes, je compte bien l’épouser et tu ne te mettras pas en travers de notre chemin ! »

Un sourire apparut sur le visage de Kalec. Pas de dégoût ? De déception ? Il n’y croyait pas ? Elle n’arrivait pas à le cerner mais vraiment pas du tout. Il ne dit rien et s’écarta d’elle.

- Je ne vais pas te contredire… Bon tu m’excuses mais je dois filer j’ai des choses à faire. A plus, Boucles d’or !

Et il prit de l’élan pour filer plus bas. Rien n’avait marché, rien ne l’avait intimidé. Cassidy serra les poings une expression de profonde antipathie sur le visage. Mais des bruits de pas dans sa direction attirèrent son attention. Elle se retourna furieuse.

« Kalec, je t’ai dis que… »

Sauf que ce n’était pas Kalec mais Tristan. Elle dévisagea ce dernier, très surprise. Depuis combien de temps il était là ? Qu’est ce qu’il avait réellement entendu ? Et ce qu’il avait vu ? Cassidy se mit à rougir et resta paralysée sur place, ne sachant pas quoi faire. C’était bien une semi-déclaration qu’elle avait fait après tout. Elle bredouilla, bafouilla, et regarda ailleurs.

« Heu Tris’ !? Qu’est ce que tu fais là ? J’étais juste en train de… enfin je disais… baah… »

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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: Comment se retrouver pour mieux s'aimer...   Lun 9 Nov - 15:16

Son odeur l’avait alerté, happé, enfermé plus sûrement que ne l’aurait fait un lasso qu’elle aurait jeté sur lui. Et en même temps elle l’avait libéré. Avec cette accoutumante facilité, simplicité.
Il savait qu’elle était là, avant même pourtant.
Avant même d’entendre son surnom soufflé si faiblement à cause de la course et de la peur. 
Avant même de croiser ces grands yeux noisette plein de peine, de douleur, puis de surprise.
Avant même de sentir la stabilité des lieux se fractionner, trembler sous la magie crépitante de la jeune femme qui ne tarderait pas à se dévoiler, à exploser pour trucider cette horrible manipulatrice.
Avant même tout.
Il savait qu’elle était là.
Et c’était tout ce qui lui importait.

Il crut un court instant à un rêve. En fait il y croyait un peu trop.
Son univers n’était que brume. Il ne se souvenait plus vraiment du matin, juste du café brûlant trop sucré qu’il avait accepté par politesse mais qu’il avait trouvé écoeurant. Elle, elle le réussissait si bien, même sans y faire attention, enfin ça c’est ce qu’elle tentait de lui faire croire, elle faisait toujours très attention à ces petits détails, elle voulait toujours lui faire plaisir, et il n’était pas dupe. Il s’était remis au travail à un moment, du moins lui semblait-il, la hache lui semblait si lourde alors que ses pensées lui échappaient. Songer à elle lui était si familier. Pourtant quelque chose d’étrange, une sorte de sourdine, tout était moins fort, comme amoindri, comme ralenti, ses propres gestes alors que son ouïe au contraire semblait s’accrocher au moindre détail sonore et l’accroire avec une force quasi douloureuse. Il entendait les tapements réguliers des haches de ses camarades, les crissements des bottes dans la neige, le grattement contre un arbre d’un pivert des neiges, le vent qui agitait les aiguilles de pin au dessus d’eux, les battements de coeur des personnes qui l’entouraient, ses propres battements de coeur. Et puis elle avait été là. Il ne se souvenait plus si elle lui avait dit venir, si lui l’avait souhaité si fort, mais elle était là.
Il avait su sa présence avant même de la voir, avant de la sentir, avant de l’entendre. La simple pensée de sa présence avait étreint son coeur de cette si violente et doucereuse manière qu’il peinait tant à qualifier. Il s’était retourné et n’aurait trouvé les mots s’il l’avait pu. Certains étaient sortis pourtant, faibles, d’une voix rauque, lui échappant, tellement sincères. Trop sincères face à son habituelle retenue. Le reste était flou, oui comme un brouillard mais elle était d’une netteté irréelle. Même à cette distance il distinguait chacun de ses traits comme s’il les avait détaillés certes mais pas que visuellement, par tous ses sens en même temps. Il n’avait pas eu le temps, c’est la même sincérité sauvage et incontrôlable qui l’avait poussé à se jeter si avidement sur ses lèvres. A l’embrasser comme si son monde risquait de s’écrouler autrement. En fait c’était probablement le cas, il avait désespérément besoin de la sentir contre lui, entre ses bras, peu importait le reste. Le reste, lui, avait cessé d’importer depuis si longtemps…
La douceur de ses lèvres malgré le goût de panique, d’amertume qui s’y accrochait et l’odeur de sa peur. Il ne les avait pas comprises. Tout était si flou. Réfléchir était… si difficile.

« Imbécile… Crétin… mais qu’est ce que t’es… »

Pauvre Tristan, il se torturait sévèrement l’esprit.
Cassidy était repartie, suite à l’interruption plus qu’opportune de Raph.
Malgré l’horrible frustration qui en découlait, oui elle était bienvenue. Car il fallait se rendre à l’évidence, leurs petits soucis de « communion » ne risquaient pas de disparaitre d’un coup de baguette magique même s’il ne cessait d’espérer. Oh bien sûr qu’il espérait que brusquement tout rentrerait dans l’ordre et qu’elle n’aurait à faire aucun sacrifice pour que cela se fasse. Que lui doive en pâtir, ça lui allait, il s’en voulait encore bien trop et y trouverait probablement un certain réconfort, mais elle, c’était hors de question ! Elle avait déjà bien assez souffert et ça valait aussi pour son bout de cristal explosif ! Bref, oui il espérait évidemment mais de toute manière ce n’était ni le lieu ni le moment ! Que ce serait-il passé si les barrières de la demoiselle avaient enfin cédé ? Si enfin sa lumière, sa magie, sa conscience avaient cessé de brusquement l’abandonner ? Ils auraient fait l’amour en pleine forêt à quelques dizaines de mètres à peine de tant de personnes ??! Aucune barrière magique n’aurait pu les camoufler au reste du monde, pas aussi près et pas après tant de frustration et vu ce qu’il avait à se faire pardonner, à rattraper, non, aucune barrière magique n’aurait suffi… Enfin elle ne semblait pas plus s’en souvenir que lui mais quand même ! Ni le lieu, ni le moment. Et si elle s’était encore évanouie. Comment aurait-il expliqué cela ?
Mais résister à la tentation de son corps était un vrai supplice qu’il n’imaginait pas qu’elle pouvait partager avec une telle force. Peut-être, oui, était-elle celle qui souffrait le plus. Il avait de son côté évidemment l’énorme frustration avec les conséquences qui en incombaient sur ses pulsions de dragon, la culpabilité terrible de se savoir responsable de ces tortures même s’il se serait jeté d’une falaise plutôt que de lui faire ce qu’Ikaël-le-monstre lui avait fait endurer. Mais elle… oui elle, elle avait tellement. Bien trop. Il la sentait frustrée et c’était d’autant plus frustrant mais il était loin d’imaginer à quel point, ni ses stratagèmes pour passer outre, comme cette potion. Pourquoi donc lui cachait-elle une si vibrante réalité ? C’était un mystère. Pourtant, étrangement, Tristan semblait de plus en plus conscient des souffrances de sa compagne. D’une manière ou d’une autre, un écho naissait de leur lien pourtant si tourmenté. Et inconsciemment, il était devenu le plus raisonnable d’eux deux. Et même s’il était encore horriblement tentant et qu’il devrait être interdit de se déshabiller avec une telle facilité et un naturel obsédé, il ne faisait pas exprès d’agir ainsi, c’était dans sa nature et au contraire, faisait des efforts pour être le moins insistant possible. Jusqu’à cette désagréable expérience.

Il se traitait de tous les noms à voix basse, ayant trouvé une énergie inconditionnelle à canaliser dans la maitrise de la hache. C’est avec dextérité mais surtout violence qu’il débitait un énorme tronc, sentant la douleur irradier dans ses mains et le manche de la hache les lui blesser mais continuait de frapper avec férocité, serrant les dents, horriblement frustré et se trouvant au plus haut point imbécile. Il avait fait tellement attention pour lui montrer que ça allait, que ce n’était pas ce qui comptait… voilà qu’il se jetait sur elle presque comme un dégénéré. Pourtant il s’était énormément contrôlé, bien inconsciemment à vrai dire. C’était étrange de constater que l’énorme désir qu’il ressentait pour elle était adouci, attendri par tout l’amour qu’il lui portait. Et pourtant… Il avait parlé sans pouvoir se taire, sans pouvoir s’arrêter, il s’était entendu prononcer toutes ces phrases qui n’étaient que la face immergée de l’iceberg des choses qu’il voulait lui dire. Oh qu’il l’aimait…

« Epouse-moi… »

Alors là il avait vraiment mais alors vraiment honte. Qu’il se jette sur elle passe encore, elle savait qu’elle avait en compagnon un sacré obsédé qui n’avait de cesse de vouloir la satisfaire malgré ces moments tourmentés difficiles. Qu’il la tripote ok. Qu’il la corrompe passe encore. Qu’il lui dise à quel point elle était belle, oui pourquoi pas, il se faisait moins timide. Mais lui dire de l’épouser. Un, ce n’était absolument pas prévu ! Deux, bien sûr qu’il y pensait, souvent, très souvent, pour lui la question ne se posait même pas, elle serait sa femme, mais.. il y avait des manières de faire et ce n’était absolument pas comme ça qu’il comptait le lui demander… Déjà laisser le temps passer, ils avaient la période de fiançailles à tenir, puis surtout laisser ces épreuves difficiles se tasser et du romantisme il en avait à revendre donc jamais ça ne se serait fait aussi… aussi pitoyablement.
Oui, il s’en voulait… pour beaucoup de choses. Même Raph n’osa pas l’embêter en le voyant aussi déterminé à réduire à l’état de tronçons à débiter l’énorme arbre sur lequel il travaillait. Ok, personne n’avait jamais découpé un tronc à cette vitesse, même avec la meilleure des motivations… Il devait être sacrément frustré le Drakkari !

Frustré il l’était. Malheureux pourtant l’emportait de loin. La tristesse lui étranglait le coeur et lui serrait si fort la gorge qu’il en suffoquait presque. Il s’en voulait pour tellement de chose… et de lui imposer cela aussi. Cette épreuve de plus. Il savait qu’elle s’en voulait et il s’en voulait qu’elle s’en veuille parce qu’il savait que c’était ce qu’il était qui la perturbait, que c’était ce qu’il avait fait, peu importait la raison…
Il était efficace au travail, mais tellement perturbé que son patron finit par l’inciter à rentrer plus tôt. Tristan hésita mais finit par rentrer rapidement bien décidé à finir ce qu’il voulait.
A la base, ce soir là, il souhaitait juste faire un petit diner en amoureux et il avait préparé une grande partie déjà de ce qu’ils mangeraient. Mais par son retour plus tôt il s’était lancé dans un autre projet, finir le caillebotis autour de la source chaude, la température était bien assez élevée pour qu’ils n’attrapent pas froid, si tant est qu’elle le puisse encore de son côté attraper froid et surtout il s’occupa des vilaines arêtes tranchantes des pierres pour éviter tout désagrément. Il y avait travaillé avec acharnement. Pourtant à la base, il voulait juste faire cette petite soirée en amoureux, sans arrière pensée, sans rien… mais il est vrai qu’il comptait à présent s’en servir un peu pour se faire pardonner son attitude.

Quand Cassidy rentra, ce fut Zénith qui l’accueillit en jappant gentiment. Le louveteau était finalement extrêmement sage et beaucoup plus indépendant que ce à quoi ils s’attendaient. Une fois nourri il menait un peu sa vie dans la grande maison ou l’enclos que lui avait aménagé Tristan en attendant qu’il soit suffisamment grand pour se défendre un peu et retrouver son chemin et donc pouvoir vagabonder livrement. Néanmoins, il appréciait leur présence et venait la réclamer de temps à autres mais sans être envahissant. Il avait passé une bonne partie de la journée avec Tristan puisqu’il l’amenait avec lui au travail et il lui semblait qu’il grandissait de jour en jour…
Le petit louveteau avait donc accueilli la jeune femme, vite suivi par le Drakkari qui, s’il restait de marbre, frémit intérieurement en voyant sa compagne.

Il ignorait quelle désagréable après-midi elle avait passée et aurait été bien été en peine de deviner le mesure de ses souffrances même s’il se doutait l’avoir perturbée. En tous les cas, la voir lui redonna l’envie de prendre la jeune femme entre ses bras pour ne jamais la lâcher.
Pourtant l’effet de la potion s’était dissipé et avec elle le besoin impérieux d’être à ses côtés et celui de ses pulsions exacerbées.
Elle avait eu l’air surprise quand il lui avait avoué la vérité quelques heures plus tôt. Son pari complètement fou qui n’en était pas vraiment un, apprendre à ne jamais se faire gruger par un philtre d’amour, c’était culotté oui, c’était aussi une preuve incontestable de son amour pour elle. Il ne lui dirait pas à quel point ça avait été désagréable, elle n’en avait pas besoin… Il avait fait ce qui lui semblait juste et était heureux de constater que finalement il ne s’était pas trompé. Heureux aussi de pouvoir lui montrer, qu’elle était celle qui l’attirait, lui plaisait, celle qu’il aimait, peu importe ses pulsions, peu importe sa nature.

Il se fit un brin timide quand il la vit néanmoins, bafouillant un peu. Enfin extérieurement il avait probablement l’air toujours aussi calme et maitre de lui-même mais intérieurement il était encore vraiment gêné et désolé pour son comportement et se disait que finalement la potion n’était pas tout à fait dissipée tant il la trouvait belle… Ah non, ça c’était constant. Il oubliait bien souvent à quel point le moindre écart de conduite pouvait le perdre.
Elle l’avait suivie mais avait semblé un peu perturbée par ses paroles. Pourtant il ne faisait aucune allusion de ce genre et aurait été bien surpris des pensées de la belle jeune femme. Non, il ne la narguait pas de la sorte… Il l’aurait probablement fait c’est vrai s’il savait que l’issue serait de pouvoir mener à bien cette provocation, mais étant donnée leur situation ça n’aurait été que de la cruauté, gratuite, pour elle comme pour lui. Non, ce qui était prévu c’était le diner… Et du coup le petit plus de la source chaude mais ça il ne pensait pas le finir si rapidement, il devait avoir sacrément besoin de se défouler…
Il lui avait pris la main pour la guider et aurait juré que cette petite main dans la sienne vibrait d’une énergie toute magique… Enfin pas littéralement, peut-être son aura, difficile à dire…

Il l’avait lâchée, ramassant une bouteille et deux verres quand elle l’avait tapé alors qu’il tournait la tête vers elle, surpris. Joli déballage que fit la jeune femme brusquement. Qu’il n’ait pas à s’excuser était une chose même s’il n’était pas tout à fait d’accord. Ce n’était pas tellement ce qu’il avait fait pour les protéger tous les deux qu’il voulait se faire pardonner, plutôt la manière dont il l’avait fait. Se jeter sur elle de la sorte n’était guère galant et pourtant il s’était promis d’être d’autant plus doux et tendre qu’il avait été brutal et exigeant avec elle il y a encore de ça si peu de temps. Et surtout… il voulait s’excuser pour l’état dans lequel il l’avait mise. Son regard perdu, déboussolé ne lui avait pas échappé. Qu’elle soit particulièrement mise à mal par les baisers de son compagnon était une chose, impatiente, normal… mais pas cette peur dans ses yeux sombres. Bien sûr il aurait été incapable de déterminer ladite peur et pensait juste qu’il s’agissait de lui, qu’elle craigne qu’il devienne trop exigeant et s’énerve d’un nouvel échec, certainement pas qu’elle craigne ce qu’elle-même pouvait faire, par manque, par besoin, avec un autre homme. Mais elle l’empêcha totalement de parler et il aurait bien été incapable de s’expliquer après pareilles déballages. Qu’elle le complimente sur sa façon d’embrasser, même si ce n’était pas volontaire, fit un bien fou au jeune homme qui se sentit enfin rassuré. Etrange de se dire qu’il doutait tellement de lui quand il était avec elle. Tout devait être si parfait…
Elle rougit, détourna les yeux et fit bien parce que son compagnon s’était fermé d’un coup… rougissant lui aussi et tout surpris de rougir d’ailleurs avant qu’un sourire amusé vienne le dérider.

Il s’assit au bord du bassin en ôtant ses bottes pour mettre ses pieds dans l’eau chaude et lui proposa de faire de même alors qu’elle venait bien vite le rejoindre. Petit apéro dinatoire entre les jeunes gens.

- Allez fais « ahhh » mon petit oiseau, je me demande combien de radis je peux te mettre dans la bouche. Concours ?



Simple plaisanterie évidemment… Elle lui dit même qu’il cherchait à la faire grossir vu tout ce qu’il essayait de lui faire ingurgiter et qu’il pouvait le lui dire s’il ne la trouvait pas assez palpable à son goût. Surpris par son langage et sa répartie qui allaient en grandissant, faisant taire enfin sa gêne et sa timidité d’antan, amusé, il approcha beaucoup trop près son visage du sien, oui beaucoup trop près, semblant désireux de la faire virer aubergine cette fois-ci et murmura tout bas avec le plus grand des sérieux.

- Ma douce princesse, tu es à mes yeux la plus belle des femmes… on pourrait dire que je suis aveuglé d’amour mais ton image m’a hanté pendant suffisamment d’années pour que je sache ce dont je parle. J’avoue avoir une admiration sans faille pour la toute neuve fermeté parfaite de ton corps qui te donne davantage des airs de guerrière et qui sous-entend une endurance qu’il me plairait fort d’éprouver… Néanmoins je te trouve sublime et ne souhaite rien changer… Je suis toutefois conscient de ce que les températures que nous connaissons chaque jour peuvent faire, tu n’es guère épaisse et je ne me trompe certainement pas en affirmant que tu n’as rien avalé ce midi, probablement à cause de moi d’ailleurs. Je te trouve magnifique mais j’aimerais que cela reste ainsi si tu veux bien donc fais moi le plaisir de manger assez pour combler ce que le froid procure, tu ne le ressens peut-être plus mais il n’empêche que la chaleur du pouvoir qui t’habite consomme de l’énergie et que celle-ci vient certes probablement de nos baisers passionnés mais aussi de la nourriture…

Il s’était promis de prendre beaucoup plus soin d’elle, de la réapprivoiser, de l’aider à reprendre confiance en lui… Ce n’était pas parce qu’elle l’acceptait à ses côtés qu’il allait cesser. Peu importe ce qu’avait dit Alanir, Tristan ne se forçait pas à agir ainsi, il voulait juste lui faire plaisir et il sentait que justement l’absence de sexe avait aussi cet impact. Chacun d’eux avait peur…de la réaction de l’autre. Et s’il craignait de la perdre, le cachant particulièrement bien, de la voir insatisfaite et frustrée telle qu’il l’abandonnait chaque jour, il se doutait, connaissant trop bien l’esprit tortueux et torturé de la demoiselle qu’elle s’inquiétait également. Alors pour l’instant, comme il n’avait pas d’autre solution il allait lui rappeler qu’elle était belle, qu’il l’aimait et que son regard n’avait que peu envie de s’égarer ailleurs que sur elle. Et de la même manière qu’elle l’avait enfermé dans le mutisme il lui coupa si bien toute répartie que la pauvre demoiselle s’enferma dans le sirotage de son verre et la contemplation du liquide rubis brillant qui s’y trouvait pendant de longues minutes. Pourtant un petit sourire fier éclairait son visage, presque autant que ses joues brûlantes probablement. Néanmoins, après tel discours, elle ne pouvait douter de son côté beau parleur. Quand il le voulait bien, messire avait du discours et pas des moindres, alors comment aurait-il pu faire autrement que chavirer le coeur de ces dames, entre son physique et ces mots-là, difficile de dire non. Pourtant aujourd’hui il ne les réservait qu’à elle, l’un comme l’autre, et ça, ça prouvait bien qu’elle était celle qu’il aimait…

Il fut surpris quand elle se releva, s’étirant comme un chat avant d’ôter sa robe avec une langueur qu’il détesta. Ouh la vilaine ! Elle apprenait décidément bien trop de lui. Il ne rata pas une miette du spectacle, ses pupilles s’arrondissant presque immédiatement alors qu’il restait tout à fait immobile. Il la rejoignit rapidement par la suite, frémit au contact de l’eau brûlante et l’observa un instant avant de venir l’entourer de ses bras. Assez content, il constata que les grosses pierres plates qu’il avait installées dans le bassin formait un parfait banc sur lequel s’asseoir, qu’il n’avait ajusté que pour sa propre taille dans le but clair mais inavoué que la pauvre demoiselle bien plus petite serait évidemment forcée de s’installer sur ses genoux, ce qui était en soi une très bonne position…
Sans rien laisser présager elle le complimenta encore, peut-être cherchait-elle à se venger de son discours, néanmoins il sourit, déposa un baiser dans sa nuque.

- Que ça nous ressemble je m’en fiche tu sais, je veux juste que ce soit chez NOUS…

Il fut surpris par les effets des sels. Non mais c’était bleu brillant là ! Et avec la chaleur de grosses bulles bleues se formaient au dessus de l’eau, s’élevaient au dessus de leur tête puis éclataient dans des petits « pop ». Tant que ça n’explosait pas…
Il ne se souvenait plus de qui avait initié leur jeu, il se sentait si bien près d’elle. C’est vrai, à ses côtés il ne faisait plus aussi attention, il était vrai, honnête, enfin. Mais leur innocent jeu qui ressemblait si bien à la dispute de deux enfants aux sentiments inavoués dérapa vite, très vite, trop vite. Il voulait l’embrasser calmement… Mais soit elle avait décidé de tester sa résistance, soit elle avait décidé d’oublier toute prudence, soit encore en avait-elle assez de faire attention. Il ne savait pas. Encore une fois il était devenu le plus raisonnable d’eux deux mais c’était si difficile de résister à la volupté de ses lèvres qui se scellaient aux siennes avec une telle perfection. Elle le provoqua et elle savait pourtant que provoquer le jeune homme de la sorte était tout sauf prudent. Elle savait bien que le pousser ainsi dans ses retranchements était certes un jeu fort amusant en temps normal mais que justement leur temps n’était plus normal du tout. Se retenant toujours il ne savait comment il approfondit leur baiser, se redressant légèrement dans l’eau pour mieux se pencher sur elle en entourant son fin visage de ses mains. Mais ce n’était pas assez pour la demoiselle. Il ne vit pas venir son geste, pourtant le regard brillant qu’elle lui lançait aurait dû l’alerter. Il avait été trop lent, trop naïf… ou alors ne voulait-il tout simplement pas s’y soustraire. La main dans sa nuque ne lui laissa aucune échappatoire tant elle était ferme et il n’aurait su résister à la passion du baiser qu’elle lui offrit. En tout juste une seconde elle le mit à ses pieds, il en oublia même de fermer les yeux, brusquement aveuglé, elle avait dû lui faire faire une rupture d’anévrisme là…
Très vite pourtant il avait refermé les yeux pour mieux savourer la douceur de ses lèvres, de sa langue, de sa peau… ah oui ses bras aussi s’étaient refermés tout naturellement sur elle alors qu’il la pressait si étroitement contre lui qu’il se déboitait à moitié le cou pour l’embrasser. Oui c’était bon… et familier… et juste merveilleux. Il gémit faiblement contre ses lèvres quand elle fit cesser le baiser pour respirer, il était à bout de souffle et trouvait encore moyen de gémir, la regardant. Cette pause contemplative ne dura pas alors qu’il lui rendait son baiser, elle aussi, montant crescendo.

Il ne se souvenait que peu de la suite.
Elle était terriblement envoûtante et il avait grandement perdu la raison. Pourtant s’il contrôlait ses gestes ce n’était pas le cas de ses pensées et le désir et l’impatience s’exprimaient clairement malgré la douceur de ses mains qu’il posait si avidement sur elle. Il ne se souvenait plus tellement du comment il s’était retrouvé nu comme un ver dans l’eau. Il lui avait semblé qu’elle usait de magie mais il n’en était pas sûr. De son côté, il n’avait pas besoin de magie par contre et prit un plaisir sadique à la débarrasser de ses sous-vêtements sous mille caresses tantôt appuyée, tantôt si légères qu’elle venait chercher ses mains des siennes pour s’assurer qu’il la touchait toujours. Du regard elle n’aurait pu s’assurer de rien tant ils étaient occupés à s’embrasser. Enfin il prenait le même plaisir sadique à embrasser sa gorge, l’ayant plaqué contre une paroi de la source. Il l’avait sentie planter ses ongles dans sa peau quand il avait mordillé son oreille, suivant la ligne de sa mâchoire pour retrouver à l’aveugle ses lèvres. Très vite leurs caresses et baisers innocents avaient viré en effusions tentatrices et trop vite en audacieux préliminaires alors qu’ils n’avaient de cesse de se tenter l’un l’autre.
Quand elle se mit à briller ce fut si intense qu’elle souffla la lumière des bougies, et fit briller si fort l’eau qu’il pouvait discerner sans mal chaque parcelle de leur deux corps… et le fond du bassin et en fait il voyait plus qu’en plein jour tellement elle était… lumineuse.
Comme il l’avait trouvée belle. Son coeur lui avait fait atrocement mal, pris dans un étau d’émotions alors qu’il se sentait totalement idiot, fou amoureux et tellement victime des pulsions qui agitaient chaque cellule de son corps. Elle rougissait légèrement, sans doute aussi à cause du désir car elle n’avait clairement plus honte de rien à cet instant, ce qui donna une lueur plus flamboyante à sa lumière.
Et puis elle avait parlé…

Jamais encore il ne l’avait entendu aussi impudemment tentatrice, aussi suppliante et aussi provocante. Jamais elle n’avait eu de telles paroles envers lui et s’il en avait été capable à cet instant il serait resté abasourdi. Il aurait voulu être capable de s’en amuser, de la torturer un brin en restant un peu placide, juste pour la forme, juste pour l’embêter. Mais elle le torturait tant elle aussi. Et surtout, la douleur dans sa voix, dans ses yeux devenus presque aussi dorés que sa peau à cause des reflets de l’eau, lui noua la gorge et lui enflamma bien trop les reins pour que la moindre pensée rationnelle ait encore le moindre impact sur lui.
En une seconde il l’avait entourée de ses bras, soulevée comme si elle ne pesait rien hors du bassin alors qu’elle entourait ses hanches de ses jambes, le faisant frissonner, et allongée sur le caillebotis échauffé par l’eau brûlante. Il savait qu’elle n’aurait pas froid et il ne comptait en rien la laisser avoir froid ne serait-ce qu’une seconde. Il n’était pas sorti, se contentant de monter sur le banc dans l’eau, bien assez grand pour ce qu’il avait en tête, avait caressé ses jambes qui enserraient toujours sa taille, s’était penché sur elle pour l’embrasser fiévreusement, se redressa en la dévorant des yeux, voulut prudemment combler, malgré son impatience, l’espace entre eux qui les séparaient toujours de cette foutue délivrance et comme depuis trop longtemps tout tomba à l’eau. Enfin pour le coup, juste lui…

La petite demoiselle s’était encore évanouie, l’abandonnant, lui abandonnant son corps après avoir bien dangereusement éveillé les pulsions de son compagnon. Mais pour cette fois elle n’eut aucun souci à se faire. Que ce soit un effet de l’eau qu’elle craignait peut-être encore un peu ou de leur insistance éhontée malgré les cuisants échecs qui semblaient vouloir leur indiquer que cette activité leur était désormais interdite, sa magie fit des siennes cette fois-ci. Sa lueur était devenue brutalement aveuglante et la détonation s’apparentait à un bref coup de tonnerre, qui propulsa le jeune homme en arrière, heureusement dans l’eau, mais en lui envoyant une violente décharge, extrêmement mal placée qui ressemblait pour lui à un si violent coup de pied dans les parties qu’il crut qu’il allait aussi tourner de l’oeil sous la douleur.
Point d’inquiétude donc, les pulsions du jeune homme furent aussitôt sacrément douchées !
Quand il parvint à se mettre à genoux sur le banc, gémissant et tremblant, encore groggy, toute son inquiétude se retourna vers sa compagne et il parvint à bondir rapidement hors de l’eau pour la rejoindre.

- Cassy !!!

Mais encore une fois, elle n’était qu’évanouie et il fut bien surpris d’en ressentir un tel soulagement. Il s’attendait constamment à pire même si pour elle, probablement, ça ne pouvait pas être pire qu’en ce moment.

Quand elle s’était réveillée il n’était plus à ses côtés. Pourtant il s’était allongé près d’elle, un bon moment après l’avoir séchée, habillée, mise sous les couvertures, rangé et avoir grogné quant au magnifique bleu décidément trop mal placé donc il avait hérité… Il l’avait longuement regardée, endormie, tellement apaisée alors que c’était si loin d’être le cas lorsqu’elle était éveillée. Il s’en voulait tellement de la laisser si frustrée. Quand elle se réveillerait et qu’elle s’en souviendrait elle allait encore culpabiliser elle aussi… Il caressa doucement son visage et même endormie elle y répondit en venant innocemment se blottir contre lui. Débarrassé de tout désir pour le moment par la douleur il ne l’en trouva que plus craquante et la câlina très doucement un moment, réfléchissant, à ce qu’il avait fait, ce qu’il faisait mal et à la raison de ces échecs qui les laissaient tous deux si démunis et malheureux. Peut-être ne voulait-elle plus vraiment de lui… Ca, ça le rendait vraiment triste comme idée. Il se tortura l’esprit plusieurs heures à chercher des solutions mais il n’y connaissait rien en magie et il ne voulait pas qu’elle réutilise son cristal. Elle avait encore fait exploser un verre en s’évanouissant.
Le grand jeune homme finit par se lever, s’habiller et sortit. Son esprit trop agité, son coeur qui s’emballait, son être embrouillé, tout cela l’empêchait d’être rationnel et ils avaient besoin que l’un d’eux le soit au moins un peu pour l’instant… Il s’installa sur le banc, n’ayant pas mis de veste puisqu’il faisait bien assez bon dans la grande serre. Il n’avait pas regardé l’heure mais il médita longtemps, vraiment longtemps. Progressivement son esprit s’apaisa, tout ralentit et devint plus clair, plus calme et comme à chaque fois qu’il agissait ainsi depuis qu’elle lui avait appris il sentit son être se connecter à l’espace qui l’entourait, ses sens de dragon l’aidaient quand même beaucoup, il lui semblait qu’il arrivait à les améliorer, c’est surtout son pouvoir qu’il ressentait de mieux en mieux chaque jour, cet étrange pouvoir dont il n’avait pas tout compris, dont il s’ignorait pourvu depuis tant d’années. Malgré les murs épais que constituaient les vitres, l’hermétique complet de la serre, un courant d’air vint agiter les mèches bicolores de ses cheveux pendant un long moment, l’apaisant aussi grandement.

Il était tellement concentré, s’apaisant, rationalisant et cherchant des solutions à ce problème qui ne torturait malheureusement pas que lui qu’il n’entendit pas Cassidy quand elle l’appela et vint le rejoindre. Il rouvrit les yeux, battant plusieurs fois des paupières. L’étrange tourbillon argenté dans son regard qui tournoyait lentement d’ordinaire semblait plus rapide et prendre plus de place dans son iris, redevenant normal dès qu’il ouvrit les yeux sur la jeune femme, un peu abasourdi de la voir-là, levant la tête en humant l’air, en général ça lui donnait une idée approximative de l’heure… Elle lui parlait doucement, comme si elle avait peur de l’énerver. Comme après chaque méditation il se rendait compte à quel point ses sens étaient extraordinaires, remarquant le soulagement dans les yeux de la demoiselle, un soulagement qui laissait entendre une inquiétude… Pourquoi ?

- Oh… je… Désolé… Je ne savais pas qu’il était si tard, le temps est passé vite. Tu as encore le temps de dormir un peu princesse, ne t’inquiète pas, tout va bien. Je ne voulais pas t’inquiéter, pardon.

Il s’était relevé, embrassant doucement son front, venant poser ses mains brûlantes sur ses épaules, grommelant de la voir si peu couverte. Il comprit ce qu’elle ne disait pas, sentant une sensibilité effrayante chez la demoiselle, même si elle était terriblement lointaine. Ce n’était pas que de l’inquiétude pour lui. Elle avait craint qu’il ne soit pas là… Qu’il soit… parti ? Il chassa rapidement cette pensée. Elle n’avait pas l’air de se rappeler de ce qui s’était passé et il ne voulait pas le lui rappeler de son côté, elle souffrait bien assez mais elle devina seule et sa surprise cachait bien mal sa peine alors qu’elle partit sans lui laisser le temps de dire quoi que ce soit. Désemparé il la regarda s’éloigner. Il s’en voulait tellement, lui aussi se sentait responsable, malheureux de lui imposer cette situation. Et il ne voulait pas être seul… loin de là.
Heureusement elle revint vite et alors qu’il s’apprêtait à dire quelque chose elle l’interrompit, le surprenant alors qu’il la fixait sans comprendre…Il s’était rassis et avait bien fait d’ailleurs, pris au dépourvu face à sa demande.

- Cassy c’est hors de question ! Ca t’a traumatisé… JE t’ai traumatisé. Je ne veux pas que… Non, ça va, je peux…

Mais apparemment elle voulait lui rappeler à quel point elle pouvait être… têtue.
Elle s’approcha, le toucha, il frémit, se souvenant bien trop bien pourquoi il préférait méditer seul.
Elle avait de sacrés arguments et comme toujours elle l’emportait. Il l’observa sans rien dire tout d’abord, la trouvant belle et si sérieuse comme toujours lorsqu’elle était déterminée, caressant à son tour son visage avec un léger sourire.

- Tu n’as à te sentir coupable de rien ma princesse, s’il te plait… C’est vrai que j’ai envie de voler… Mais j’ai encore plus envie de le faire avec toi tu sais… Ca me manque ce lien, cet échange… C’est vrai qu’être tout le temps « humain » n’est pas facile mais je…

Il pensait vraiment pouvoir la convaincre de quoi que ce soit? Dans son regard ce n’était pas de la dureté, mais bien de la fermeté, il soupira, elle gagnait toujours, mais il imposa ses règles, par précaution, lui promit de se contenter de monter en altitude et de ne pas s’éloigner, qu’elle puisse garder constamment contact avec lui était un moyen de lui assurer sa loyauté.

Il entendit sa voix dans sa tête, se rassura, se guidant dessus puis alors qu’ils étaient si éloignés l’un de l’autre il se transforma. Décidément le petit dragon avait bien changé… Même s’il était toujours bien moins imposant que la majorité de son espèce ses ailes étaient devenues démesurément grandes et les déplier semblait à la limite de le faire ronronner de plaisir, c’est qu’elles étaient engourdies ! Son corps puissant aux écailles à dominante noire était aussi zébré que son corps de Drakkari, le tourbillon était d’autant plus apparent, argenté, dans son regard incandescent, que celui-ci était grand justement. Il avait bien peu « d’armes » comparé aux autres, lui n’avait pas vraiment de cornes et si son épine dorsale pouvait se hérisser et s’orienter à sa guise il ne s’en servait que bien peu, l’aérodynamisme nécessitant qu’elle soit abaissée. Il ébroua son grand corps reptilien faisant jouer les muscles sous ses écailles qui miroitait sous la lumière d’une des lunes qui peinait à descendre à l’horizon.
Lentement il déploya ses ailes et parvint à contenir un gémissement de douleur, les maintenir si longtemps repliées, se maintenir si longtemps humanoïde avait plus de conséquences qu’il ne l’aurait cru sur son corps. Il avait un peu peur de se vautrer lamentablement et de ne plus savoir comment faire mais son instinct était le plus grand de ses atouts et pliant les muscles puissants avant de les détendre, il bondit en l’air alors que déjà deux coups des immenses ailes l’élevaient au dessus des arbres. Il retint aussi le gémissement de pur bonheur qui l’envahit en s’envolant, il avait presque oublié à quel point cette sensation était extraordinaire. Il contrôlait au mieux ses pensées surtout… Il ne voulait pas perturber sa fiancée après tout, elle avait déjà bien assez à faire de son côté. Il s’éleva presque à la verticale, voletant en cercles, faisant des acrobaties aériennes qui semblaient nettement plus impressionnantes que ce dont il était capable auparavant, des plongées si rapides que l’air schlintait autour de lui, provoquant le même crépitement et sifflement que lorsqu’il avait utilisé son pouvoir contre l’ombre.
Il sentit brusquement le trouble dans la magie de la jeune femme et redescendit très vite, assez pour la voir à l’oeuvre… Elle et son impressionnante et destructrice magie.

- Cassy est-ce que ça va ?!

Elle minimisait évidemment. Il ne dit rien, il le faisait lui aussi, bien assez… Et il ne voulait pas l’embêter là dessus. Si elle voulait lui parler, elle le ferait, ce n’était apparemment pas le cas. Il lui proposa une bonne douche pour la peine et elle sembla d’accord mais pour éviter tout désagrément ils se douchèrent séparément. Ce n’était pas évident non plus comme situation… Mais plus prudent. Comme le temps passait vite ils se contentèrent de se détendre, de déjeuner, de jouer avec Zénith puis d’aller ensemble en ville puisqu’aujourd’hui Tristan travaillait à l’atelier toute la journée.
Il l’accompagna jusqu’à la taverne et l’embrassa longuement, le plus tendrement et innocemment du monde avant de la laisser aller travailler.

Voler, même aussi brièvement, avait fait le plus grand bien au jeune homme et l’avait grandement soulagé de la frustration de la veille, lui redonnant un optimisme dont ils avaient tous deux bien besoin. S’il n’alla pas la voir c’est qu’ils furent surchargés de commandes urgentes venant d’un village des environs et aussi parce qu’il voulait lui laisser du temps pour elle aussi, bien conscient qu’il la torturait un peu par sa simple présence.
Malgré sa nuit de veille le jeune homme était dynamique et efficace et presque heureux pour la peine, il se trouvait un peu idiot et se demandait d’ailleurs dans quel état il serait quand ils recoucheraient ensemble alors…
Pour le coup il était loin de se torturer autant que sa compagne qui se faisait des films bien dramatiques, c’est sûr que si eux deux ça ne marchait plus du tout, là ils auraient un problème sérieux… Ils avaient tous deux des besoins… elle des en retard à satisfaire, lui des pulsions grandissantes et pas forcément idéales à canaliser…

Inconscient de ses inquiétudes, de ses peines, des tortures mentales qu’elle s’imposait il aurait souhaité la rassurer mais aurait-il su trouver les mots ? Rien ne leur garantissait que ce qu’ils vivaient n’était pas définitif…
La demoiselle avait fini plus tôt en effet mais ce n’était absolument pas le cas de son compagnon et nul doute qu’il aurait été sacrément heureux et touché de la voir si investie à son tour.
Que se serait-il passé ?
Il serait rentré du travail, fourbu mais content, serait passé récupérer une des dernières fournées de biscuits à la boulangerie probablement puis serait passé chez le boucher pour voir avec lui ce qu’il souhait comme gibier. Il serait rentré tranquillement, aurait senti son odeur suffisamment prégnante pour indiquer qu’elle était là depuis un moment, serait allé derrière le chalet, l’aurait vue, probablement très concentrée, en train de jardiner, un peu de terre sur la joue, plantant des graines ou bulbes en tirant légèrement la langue de côté comme toujours lorsqu’elle était concentrée, utilisant la magie ou non pour reboucher les trou et arroser les plantes, aligner parfaitement les graines… Il aurait eu le coeur au bord des lèvres car avec les derniers rayons du soleil se reflétant sur la serre, ses cheveux auraient illuminé son visage et les alentours. Alors peut-être que pris de folie il aurait couru vers elle pour la prendre brusquement dans ses bras, la faire tourner, la surprendre, la faire rire, tomber, rouler dans la neige, l’embrasser en lui disant à quel point il l’aimait… Ils auraient joué dans la neige jusqu’à être trempés, se seraient réfugiés à l’intérieur, se déshabillant presque entièrement pour se glisser sous une chaude couverture avec un bon feu, grignotant les biscuits, se racontant leur journée, se chamaillant, se câlinant…

Sauf que rien ne put se passer ainsi.

Il travaillait sur un plan, les sourcils légèrement froncés, concentré et essayant de ne pas trop penser à sa jolie mage quand une brusque décharge l’avait pratiquement jeté au sol. Se redressant d’un bond en repoussant son haut tabouret, le jeune homme blême avait fixé le vide, interrompant le travail des autres.
Il ne savait pas où elle était, ni ce qu’elle faisait mais brusquement il avait senti le danger, un danger terrible qui la menaçait, sa peur, l’anticipation de la douleur. Il avait hurlé son surnom sans même s’en rendre compte, se précipitant à l’extérieur alors que Raph s’était déjà redressé pour s’approcher de lui, faisant un signe d’ignorance à leur patron avant de poursuivre Tristan qui déjà courait à vive allure devant lui.
Le Drakkari tenta de se transformer, de voler… mais se heurta à un mur de résistance de son propre corps sans comprendre ce qui lui arrivait. Se fiant à son instinct qui avait déjà fait ses preuves et son collier qui s’était mis à briller, il courut sans réfléchir une seconde dans la direction qui semblait être la bonne, se rapprochant de la descente de la demoiselle. Heureusement elle avait été secourue.
Pourtant, elle devait être sacrément sensible, sacrément irritable, sacrément magiquement instable car pendant une seconde il vit par ses yeux le sauvetage miraculeux qui, certes le rassura, mais lui donna un gros plan sur un Kalec aux airs de super héros pour le coup.
Que ce soit lui ou un autre qui la sauve peu importait finalement car elle était sauvée justement et si elle avait dû compter sur lui ça aurait pu bien mal se passer. Elle semblait vraiment avoir du mal à utiliser volontairement sa magie ces derniers temps, ou alors en avait-elle peur ? Toujours est-il que même si elle avait été sauvé par Kalec, ce qui n’enchantait que peu Tristan tant il le trouvait antipathique, celui-ci avait secouru celle qu’il aimait. Ses émotions, positives ou négatives auraient pu se disputer dans son coeur un moment tandis qu’il la rejoignait mais il n’en eut pas vraiment le temps. Raph le suivait, d’un bon rythme, et il ne comprit pas, parce qu’il ne savait rien justement de la brève vision qui n’était pas la sienne qu’avait eu le grand Drakkari. Voir ce qui arrivait à Cassidy était une chose, ne plus voir où lui-même allait alors qu’il courait à une vitesse tout sauf négligeable dans cette montée qui aurait désespéré plus d’un en était une autre. Il ne récupéra sa vue qu’une demi seconde avant le choc et ne put pas éviter celui-ci. Un arbre évidemment. Enfin aussi surprenant que ce soit, les réflexes du jeune homme lui évitèrent la rencontre avec le tronc mais pas avec la branche basse, épaisse, qui le jeta au sol alors que sa nuque émettait un craquement sinistre.

Le souffle coupé sous la violence de l’impact, aveuglé par le choc, le jeune homme entendit vaguement son ami le rejoindre et l’appeler en lui tapotant les joues et en marmonnant des insultes, apparemment inquiet. Il battit des paupières plusieurs fois et se redressa en grimaçant la seconde d’après. Il n’écouta même pas ce que lui disait Raph en tentant de le garder au calme et d’être précautionneux, il se redressait, debout, pas très sûr sur ses jambes et faisant craquer ses articulations plus que de raison marmonna ce qui demeura inintelligible pour le grand nordique.
Il ne put pas courir longtemps tant sa tête l’élançait mais se rapprocha rapidement de la pente douce presque plane sur laquelle Kalec et Cassidy s’étaient finalement arrêtés.

Le jeune homme s’arrêta brusquement tandis que Raph qui le suivait d’un bon pas, les bras tendus comme s’il s’attendait à le voir tomber dans les pommes lui rentra presque dedans. Tristan s’était figé, ses sourcils se fronçant sur son regard qui changeait, devenait plus colérique brusquement. Il avait cru entendre… Des éclats de voix ! Cassidy criait ! Inquiet de ce que Kalec pouvait lui faire même s’il n’avait absolument pas semblé lui vouloir quoi que ce soit si ce n’est l’embêter et la provoquer, Tristan se remit à courir en priant pour que sa tête arrête de taper aussi durement. Oui… Elle hurlait, elle était en colère. S’il avait osé la toucher, il allait le…
Tristan arriva finalement près d’eux, suffisamment pour entendre, malgré le sang qui battait à ses tempes, les dernières phrases de sa compagne et surtout l’agressivité dans sa voix. Elle ne justifiait rien, elle ne supposait rien, elle affirmait simplement et pour le coup il en aurait presque oublié son mal de crâne, tellement il fut surpris.

Que ce soit à cause de sa demande honteusement ratée et inopportune ou la pensée secrète de la jeune femme, elle venait carrément de déclarer vouloir l’épouser là… Elle… Elle était sérieuse ?
Les doutes qui persistaient dans son coeur face à ses dernières incompétences dont celle majeure de ne pouvoir la satisfaire furent soufflées d’un coup. Il aurait presque pu sautiller sur place s’il n’était pas aussi sérieux et hermétique en général. Un sourire vint étirer ses lèvres, soulagement, amusement, agacement aussi, ce fichu agacement qui persistait. Pourquoi, comment diable parvenait-elle autant encore à le surprendre et l’émouvoir ?
Cassidy…

Il parvint tout de même à se concentrer sur Kalec, il n’avait rien dû lui faire, juste la provoquer encore, sinon elle l’aurait attaqué et se serait retrouvé au pays des rêves encore une fois. Il fronça les sourcils en l’observant, même d’aussi loin il le voyait sourire, comme s’il s’amusait beaucoup de voir cette si petite demoiselle défendre avec tant de hargne l’homme qu’elle aimait, c’est vrai qu’elle n’était pas très impressionnante pour la peine. Sans sa magie qui crépitait autour d’elle quand elle était investie, en général elle renvoyait plutôt l’image d’une trop adorable jeune femme qui n’avait pas l’air de pouvoir faire grand mal. A vrai dire il adorait qu’elle soit si petite et honteusement craquante mais… elle n’impressionnait pas grand monde dans ces moments-là.
Kalec partait déjà, la saluant, sans rien lui faire, sans rien tenter. Tristan sortit lentement du couvert des arbres plus loin. S’il avait tenté quoi que ce soit, il aurait déboulé sur lui comme un missile, et s’il avait été plus en forme probablement se serait-il aussitôt interposé en montrant les crocs. Mais il avait fait une promesse aussi à sa compagne, celle de ne pas devenir ce monstre, tellement agressif, c’était un combat de chaque instant, en particulier quand ça la touchait, mais jusqu’ici il s’en sortait plutôt bien quand même… Il la rejoignit alors qu’elle faisait volte face, fulminante et l’air prête utiliser ses trop petits points à défaut de magie, se figeant en reconnaissant son fiancée, rougissante, balbutiante et fuyant son regard, aussi honteuse qu’il l’avait été la veille, elle n’était même pas cohérente. Il s’approcha un peu plus alors qu’elle fuyait désespérément le regard du jeune homme. Brusquement pourtant, les yeux noisette s’étaient écarquillés, elle avait accroché l’image de son compagnon pour le reconnaitre et sa gêne disparut totalement alors qu’elle relevait la tête vers lui et l’examinait avec horreur. C’est vrai qu’il l’avait quand même heurtée sacrément fort cette branche et un gros bleu se formait sur son front, il s’était aussi ouvert l’arcade sourcilière gauche dont un mince filet de sang avait carrément gelé avec les températures fraiches, malgré la chaleur de sa peau.

- Cassy…

Elle ne le laissa absolument pas parler, venant aussitôt combler la distance qui les séparait, l’appelant de sa petite voix toujours plus aiguë lorsqu’elle était inquiète. Raph, essoufflé par le rythme du Drakkari arriva enfin et sembla rassuré de voir qu’ils étaient ensemble. Malgré les questions de la jeune femme, Tristan ne disait absolument rien, muscles tendus, visage figé, il l’observait, se laissant faire alors qu’elle passait une main inquiète sur sa joue, puis dégageait avec douceur, se mettant sur la point des pieds, les mèches bicolores de ses cheveux qui cachaient sa blessure heureusement superficielle.

- Fiu ! Cassidy ! La vache… Désolé ! Il a failli me semer. Nom de… Tu cours à quelle vitesse bordel gueule d’ange ! Je sais pas ce qui s’est passé, il est parti d’un coup de l’atelier en beuglant ton nom, et il a couru ici, puis j’ai pas compris pourquoi il s’est bouffé une branche et fort en plus ! Pour le coup j’ai cru qu’il s’était brisé la nuque vu le craquement ! Et puis il m’a resemé, j’ai cru qu’il se lèverait même pas mais… et purée tu fais quoi ?!

La dernière phrase était pour Tristan. Cassidy, inquiète de le voir si peu réceptif et aussi silencieux avait tourné la tête vers Raph qui lui expliquait ce qui s’était passé, parlant très vite, ses yeux sombre se remplissant d’inquiétude et de détresse tandis que le grand blond lui donnait des détails assez percutants. Non, là elle n’avait plus l’air franchement inquiète de ce qu’elle avait pu dire et surtout de ce que son compagnon avait pu voir, à savoir elle dans les bras d’un autre, ce qui en temps normal le mettait assez vite hors de lui. Pourtant brusquement il avait bougé, peut-être parce qu’elle regardait ailleurs, ses mains serrant très fort le tissu de la tunique du jeune homme, à cause de l’inquiétude probablement. Elle ne vit rien venir, ne l’aurait pas pu de toute façon. Il passa si brusquement la main dans sa nuque qu’elle sursauta légèrement alors qu’il rapprochait aussitôt son visage du sien et s’emparait fiévreusement de ses lèvres dans un baiser vertigineux, la gardant lèvres scellées aux siennes alors même qu’avec son sursaut elle ne devait guère avoir d’air pour tenir une telle apnée. Lentement, trop lentement, il relâcha son emprise alors que sous la tension, la pression de ce baiser tellement empli de sincérité et d’un désir palpable, même Raph rougissait, caressant sa nuque et les longues mèches d’or qui se rebellaient dans le vent, attrapant une de ses mains qu’il appuya contre son torse et les battements furieux de son coeur. Il avait eu peur pour elle, il l’aimait, il était heureux d’avoir entendu ces mots, même s’il ne dirait rien, ne reviendrait pas dessus, comme elle l’avait elle-même gentiment évité la veille…

- Je t’aime…

Il avait murmuré tout bas et alors qu’il décollait un peu son visage du sien, elle pu voir, elle-même, la coupure de son arcade se résorber en un clin d’oeil.
Raph toussota, se retourna en marmonnant que tout le monde allait s’inquiéter à l’atelier et qu’il vaudrait mieux qu’ils rentrent… Cassidy expliqua vaguement ce qui s’était passé, lui promettant de lui en dire plus le soir-même et le poussa à repartir alors qu’il était de nouveau trop sérieux et fermé, imperturbable, lui demandant de faire attention à sa tête. Il sourit, promit et s’assura qu’elle partait dans la bonne direction avant de rentrer au village pour poursuivre son travail. Raph ne fit pas grand étalage de ce qui s’était passé.
Tristan continua de travailler puis finit par rentrer peu après pour retrouver sa compagne… Sauf qu’il fit un détour, et pas des moindres auparavant.

Voyant la fumée continuer de s’échapper de la forge, le jeune homme y passa. Mâchoire serrée il était entré et Kalec l’avait accueilli d’un dédaigneux haussement de sourcil avant de retourner son attention sur la barre de fer chauffée à blanc qu’il frappait d’un énorme marteau. Le léger sourire en coin qu’il arborait laissait entendre qu’il savait que le jeune homme viendrait, probablement lui remonter les bretelles et lui dire de ne pas s’approcher de sa compagne, ni la toucher. Le grand Drakkari était si tendu qu’il semblait prêt à lui sauter à la gorge justement.

- Si tu cherches mon maitre il est sorti.
- C’est toi que je voulais voir.


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