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 Promenons nous autour du lac, tant que le beau drague sans claque.

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Tristan Konogan
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MessageSujet: Promenons nous autour du lac, tant que le beau drague sans claque.   Ven 18 Mai - 15:20

Un instant encore, elle était réapparue devant ses yeux. Alors qu’il n’était pas plus attentif que cela, Tristan avait vu la jeune directrice se passer les mains dans les cheveux.
En soit ce n’était pas un geste extraordinaire bien sûr. Avec tous les êtres humains, elfes, Drakkaris, Nekos et sirènes (surtout sirènes), il n’y avait rien de spécial à se recoiffer en se passant la main dans les cheveux. Lui-même le faisait de temps à autre, surtout quand il volait ponctuer un sourire appuyé, mais il les ébouriffait plus qu’autre chose au passage généralement.

Oui mais voilà. Si ce geste était particulier c’est parce qu’il évoqua des souvenirs. Non pas des nombreuses femmes qu’il avait pu voir l’esquisser mais… de sa signification à travers cette mimique.
Quand la directrice avait passé sa main dans ses cheveux, ses beaux cheveux d’or qui coulaient sur ses épaules comme une cascade elle avait eu ce léger pincement des lèvres, comme si elle se mordillait nerveusement l’intérieur des lèvres. C’était si fugace, si léger qu’il fallait un œil fort habitué pour le remarquer.

Mais pour Tristan ce fut bien suffisant.
Ils s’éloignaient, marchant tranquillement vers ce qu’elle appelait le lac. Elle l’avait évoqué comme un endroit merveilleux et il s’était contenté d’acquiescer d’un air absent, tout occupé qu’il était à se remémorer ce signe. Il n’avait aucun mal à se rappeler de sa propriétaire. Seulement, il ne l’avait pas vu depuis si longtemps qu’il en doutait.
Elle le faisait de temps à autre, souvent en fait lorsqu’elle voyait qu’usant de sa morale à toute épreuve elle disait un mot de trop qui faisait du mal.

Il fronça les sourcils.
Sa déléguée était une bien étrange jeune fille de son âge. Mais le passé appartenait au passé. Aussi se força t-il aussitôt à penser à autre chose. Ce n’était pas le moment pour ressasser tout ceci !
Le jeune homme s’était donc redressé après ses gestes étranges. Tout d’abord pour aller dans l’arbre, ensuite pour l’herbe.
Il n’avait pas manqué la lueur d’inquiétude dans le regard de la jeune femme qui lui faisait face. Après tout, il avait été bien surpris de sa répartie… Une répartie toute simple mais légèrement provocante à ses yeux. Lui disait-elle que s’y risquer était dangereux et dans ce cas pourrait-il déjouer les dangers en question ? Ou le défiait-elle de s’approcher et dans ce cas il lui prouverait qu’il n’était pas un peureux. A réfléchir mais en faisant cette simple approche sans arrière pensées, le regard qu’elle lui lança fit planer un doute dans son esprit.

Certes elle lui avait semblé bien jeune, sans doute de trois bonnes années sa cadette. Il fallait dire qu’avec ses grands yeux noisette, lui donner un âge n’était pas chose aisée.
Mais plus que cela, il avait vu, du moins le pensait-il, de l’inquiétude dans ces mêmes yeux alors qu’il l’approchait.

Tu es considéré comme un criminel idiot, normal qu’elle se méfie, ce serait le contraire qui surprendrait voyons !

Tristan secoua la tête, continuant de marcher en silence.
Il n’avait pas dit grand-chose depuis qu’il s’était relevé. Non pas qu’il ne souhaitait pas discuter, avec une si charmante personne ce pouvait être intéressant et puis il n’avait pas fini de la cerner mais… parce qu’il réfléchissait. Elle n’avait pas insisté quand il avait répondu pour son emprisonnement. Se doutait-elle qu’il ne voulait pas en parler par honte ou bien parce que le séjour n’avait pas été des plus agréables ? En tous les cas au moins elle ne demandait rien de plus. Il devait reconnaître qu’au moins, elle avait ce tact. Un point de plus pour la demoiselle songea t-il avec un sourire.

Eyh oui, malheureusement pour Cassidy, réfléchissant rapidement, le jeune homme avait vite compris que tant qu’il ne montrerait aucun signe de résistance, de méchanceté, avec l’espèce d’expression d’honneur, de bonne attitude qui semblaient habiter la jeune femme, elle ne tenterait rien contre lui. Mais cela ne durerait probablement pas bien longtemps encore.
Alors qu’ils s’approchaient du lac et qu’il essayait de maîtriser le sourire de ravissement à son visage, le jeune homme s’arrêta soudainement.

Le jeu n’avait-il pas déjà commencé après tout. Tout en s’arrêtant, il attrapa un bras de la jeune femme, la forçant à s’arrêter également mais sans serrer ni rien, juste un contact, tout simple, sur son poignet donc rien de déplacé pour l’arrêter. Bien sûr qu’elle devait être surprise de son geste mais il en profita rapidement. Alors même qu’elle avait tourné ce ravissant visage décidément trop innocent vers lui il s’empara de la fleur dans ses cheveux et sans faire preuve de brusquerie, de sadisme ou autre, il la lui remit en place mais juste au-dessus de l’autre oreille.

Bon il était vrai qu’il avait approché son visage d’elle au passage bien entendu, tout concentré qu’il était sur sa tâche. D’ailleurs en se redressant, il croisa son regard et lui fit un grand sourire, laissant entrevoir les petits crocs de sa mâchoire supérieure.
Oh non, il n’avait pas raté son geste un peu plus tôt, il l’avait même très bien vu même si pas un mot n’était sorti de sa bouche à ce moment là.

- Ca vous va mieux de ce côté.

Et sans même profiter davantage ou chercher à la mettre mal à l’aise, il se remit tranquillement à marcher. D’ailleurs en voyant le lac il s’arrêta à nouveau, son visage s’illuminant aussitôt d’émerveillement. Eh bien ! Il ne s’attendait pas du tout à cela.

Wah ! C’est… Il est immense ce lac ! Et la prairie autour !!! Il y a de quoi entraîner des dizaines et des dizaines de chevaux !!!

Effectivement le lac semblait immense, sa surface miroitant sous les rayons du soleil déjà haut. Eh bien, cela devait bien faire deux heures déjà qu’il était arrivé… Il n’avait même pas vu le temps passer. L’endroit était silencieux, tranquille. Comme un endroit secret connu encore de personne. Il entendit la jeune femme arriver près de lui, se retourna en lui faisant un sourire digne d’un petit garçon et piqua aussitôt un sprint. Eh oui, directement comme ça, sans montrer de raison, il se mit à courir. Cette sensation aussi lui avait manquée. Dans la forêt traversée plus tôt, ça aurait été plus prudent, mais cette vaste étendue tranquille, il pouvait se lâcher. Pour un peu, s’il ne s’était pas retenu, il aurait ôté sa tunique en chemin et se fichant pas mal de la température, aurait sauté dans le lac. Mais bon… chaque chose en son temps et puis, il y avait une demoiselle pas très loin tout de même.

Néanmoins, tandis qu’il courait Tristan grimaça à de multiples reprises. Non, il n’était pas remis, il lui faudrait plus de temps. Ses muscles avaient bien du mal à se remettre en marche.
Les coups n’avaient rien arrangé. Il serra les dents, ce n’était pas ça qui l’handicaperait bien longtemps. Pour qui le prenait-on enfin ?!!!
Arrivé rapidement malgré tout près du lac, il s’arrêta, se pencha au-dessus de l’eau puis se recula avant de s’allonger à nouveau dans l’herbe, fixant cette fois le ciel d’un bleu incomparable au-dessus de lui.
Non, ici l’herbe n’avait pas la même odeur et elle était plus fraîche, légèrement plus rêche aussi. Il renversa nonchalamment la tête en arrière pour regarder la jeune femme arriver et sourit.

Cet endroit était si étrange qu’il avait bien du mal à le comprendre. Avait-elle donc vraiment ce souhait, ces idéaux ? De créer une école pour tous, pour donner sa chance à chacun ? Aimait-elle tellement les autres ? Etait-elle si généreuse et investie pour cette idée nouvelle, bouleversante pour les traditions ? Il plissa les yeux. A côté d’elle, pendant un très court instant, il avait vu une fillette blonde bien connue, avec son air sérieux, son sourire, un visage un peu flou à cause des années passées, venir vers lui, au même pas que la directrice oui… Il ferma les yeux et sourit, se trouvant ridicule.

Je dois avoir faim


Il se redressa sur les coudes et cria pour qu’elle l’entende.

- Eh bien ! Si je dois m’enfuir ce sera en courant damoiselle ! Vous aurais-je tant distancé que cela ?
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Cassidy Herediane
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MessageSujet: Re: Promenons nous autour du lac, tant que le beau drague sans claque.   Ven 18 Mai - 17:05

Tout était si silencieux d'un coup alors qu'ils marchaient. Cassidy apprécia ce calme passager même si la voix de son invité ne la dérangeait pas spécialement. Son domaine, son château, qu'elle était ainsi fière de le partager avec quelqu'un. Un peu plus intimement sans le vouloir qu'elle aurait fait avec quelqu'un d'autre. Etait-ce le hasard qui avait réuni ces deux jeunes ? Pourtant Cassidy essayait de cerner son hôte, se demandant ce qu'il pouvait bien penser à ce moment précis dans sa petite tête. Etait-il toujours en train de réfléchir à une sortie éventuelle ? Ou profitait-il de ce lieu magique et magnifique.

Et pourtant, à chaque fois qu'elle l'observait, Cassidy voyait ce petit garçon de son enfance. La même allure, la même démarche, sauf peut être cette cadence de séducteur sûrement destiné à attiré les jeunes femmes dans son filet. Il avait, effectivement, ce charisme qui lui allait si bien, ce regard qui en disait long mais Cassidy avait l'impression que derrière cette facade, se cachait une autre partie qui n'avait pas encore été révélé à ce jour. Effectivement, le garçon avait quelques sourires mais ceux qui étaient sincères se faisaient bien rares apparemment.

*C'est quand même étonnant tout ça... Enfin je pense qu'il ne montre que ce qu'il a envie de montrer aussi...*

Soudain, alors qu'elle réfléchissait, la jeune femme vit Tristan qui, marchant à côté d'elle, s'arrêta. Et alors qu'elle continuait, il lui attrapa le bras d'un geste.

"Heeyyy ! Qu'est..." commença-t-elle à protester.

Pas le temps d'en placer une de plus que le jeune homme se tenait déjà proche d'elle. Très proche. Encore un flash, ce garçon de son enfance. La jeune femme ferma un instant les yeux, se demandant si elle était en train de devenir folle. Elle revoyait ce petit regard qui semblait la défier, cette impression de déjà vu. Comme si tous les deux se connaissaient depuis très longtemps mais incapable de s'en rappeler. C'était quand même un comble !

*Il veut quoi là au juste ? Espèce de...*

D'ailleurs Cassidy se crispa un instant, même si dans son geste, Tristan ne lui faisait aucun mal, ne la retenait pas fermement. A quoi jouait-il donc cet homme ? Que cherchait-il à faire en plongeant son regard dans le sien de cette façon. Cela commençait à devenir dangereux et Cassidy puisa tout au fond de ses ressources la force de ne pas montrer ce qu'elle ressentait à ce moment précis. Bien que physiquement, elle avait une certaine raideur et une expression crispée sur le visage. Et heureusement qu'il n'avait pas les oreilles sensibles car les battements de coeur de Cassidy s'étaient accéléré dangereusement, bien que la jeune femme ne savait pas à avoir ce type de réaction.

*Resaisis-toi, ne le laisses pas voir ce qu'il a envie... Sinon tu es perdue ! Il va en profiter ! Reste neutre*

Mais ce qu'elle lisait dans le fond des yeux de Tristan n'était pas quelque chose de négatif. Visiblement il n'avait pas l'intention de lui faire du mal. Jouait-il un jeu ? Etait-ce un effet de son imagination ? Mieux endormir sa méfiance pour la berner après quand elle aurait le dos tourné.

Seulement, son geste n'était pas juste pour l'arrêter, elle aurait très bien pu se dégager. La jeune femme l'observait donc avec surprise bien qu'à l'intérieur d'elle même, c'était la pagaille. Tout en espérant que ce genre de réaction n'allait pas avoir des effets sur sa magie. Car en effet, Cassidy se rappelait des paroles de son ancien maître. Attention aux sentiments, ils peuvent avoir un effet bien plus importants sur la magie. D'un côté capable d'amplifier des sorts basiques dans une situation dangereuse, et de l'autre de perdre ses moyens pour avoir une diminution des effets. En d'autres termes, un sort d'immobilisation serait beaucoup plus faible dans certaines conditions.

Cependant, alors qu'il rapprochait sa main d'elle et qu'elle se crispa encore plus, tentant d'éviter de serrer les poings, il passa une main dans ses cheveux pour prendre la fleur et la mettre de l'autre côté. Rien que ça, rien de plus, il n'avait pas profiter, se contentant juste d'un petit commentaire sympathique.

*Il... il fait exprès ou quoi ? Je suis sûre qu'il y a quelque chose là dessous. T'emballes pas Cassidy et met le warning, c'est un hors la loi. Et puis il a violé plein de filles hein. On sait comment ça commence. De la drague et encore de la drague. T'es pas là pour ça*

Heureusement qu'il ne savait pas lire dans sa tête. Tout de suite il aurait su en profiter. Et pour cela, Cassidy remercia les dieux de ne pas l'avoir doté du don de télépathie, il ne manquerait plus que ça.

Elle voulut dire quelque chose lorsqu'il avait repris sa marche, voulant lui faire comprendre qu'il ne devait pas faire ce genre de chose avec elle, cherchant à repousser ces gestes simples qui étaient tout simplement dangereux pour elle, mais les bons mots ne lui vinrent pas à l'esprit. C'est donc silencieuse que la jeune femme continua de marcher avec lui, mais légèrement troublée.

Alors qu'elle voulut commencer son petit blabla pour lui expliquer l'histoire de ce lieu, le Drakkari se retourna et lui sortit un sourire bien malicieux, qui encore lui lança ce flash dans sa tête. D'ailleurs, elle porta une main à son front. Oui mais non mais oui mais non. Qu'est ce qu'elle était encore en train de penser. Cassidy eut un regard interrogateur quand à cette expression bien étrange sur son visage, jusqu'à ce qu'elle le vit commencer à courir tel un lièvre traçant le 100m.

Le choc. Comptait-il s'enfuir de cette manière. Ou était-ce encore un moyen pour la tester ? Ah il voulait taper le sprint ? Il allait voir qu'on ne la semait pas de cette manière. La jeune femme n'aimait pas rester à la traîne derrière et lui laisser le plaisir de la distancer sans rien dire.

"Hey ! Je ne me laisserais pas faire ! Ne comptez pas vous en sortir comme ça !"

Il prenait de la vitesse et Cassidy ferma un instant les yeux, sentant son pouvoir magique s'ouvrir à elle. C'était le bon moment ! Alors, la jeune femme traça deux runes avec son doigt dans les airs tout en prononçant un mot dans sa langue de mage. Du bout de ses doigts apparurent une lueur violette alors que les runes scintillaient dans les airs juste devant elle.

"Allez !" ordonna-t-elle avec autorité.

Les runes brillèrent un instant puis se dirigèrent sous ses pieds. Enfin, la lumière disparut et telle une sportive, Cassidy commença à courir elle aussi, sous la force de la magie, une lueur violette apparaissait à chacun de ses pas, accélérant sa cadence pour rattraper le démon qui sprintait en face. Mais bien sûr, il avait trop d'avance par rapport à elle. Mais hors de question de mettre une heure pour arriver jusqu'à lui, c'est pourquoi elle accélérait encore plus, soulevant un peu de poussière au passage.

*J'ai peut être abusé là...*

Pourtant dans sa course, on voyait le souvenir de la petite fille qui avait sa façon bien à elle de courir. En effet, elle n'avait jamais été bien endurante et c'était une des raisons de la moquerie de ce petit Drakkari. Pas assez rapide, trop lente. Que pouvait-elle y faire si elle n'avait aucune endurance et aucune force. Combien de fois elle avait essayé de porter des charges lourdes elle se cassait lamentablement la figure. Mais on lui pardonnait bien à elle. Et alors, la petite fille n'avait plus jamais essayé de mettre en avant sa force. C'était une faible oui. Et la magie était la seule chose qui pouvait contenir cette faiblesse.

Cette façon de courir, ses cheveux au vent, les bras se balançant de chaque côté de son corps. Cependant aujourd'hui, seule la vitesse changeait tout comme cette traînée violette. Concentrée pour atterrir à côté du Drakkari, la jeune femme n'avait pas vu, encore une fois, le petit rocher en plein milieu de sa trajectoire. Et comme tout à l'heure, elle ne put éviter l'impact, à cause de sa vitesse en plus.

Prise dans son élan, Cassidy fit un beau vol plané en direction du Drakkari, telle une superwoman. Cependant, dans sa trajectoire, elle allait lui tomber dessus à ce rythme là. A cette simple idée, son sang ne fit qu'un tour alors qu'elle s'approchait dangereusement de lui, prête à lui tomber directement dans ses bras, au sens propre du terme. Et cela, la jeune mage s'y refusa. Déjà avec cette vitesse, elle pouvait lui faire mal et qu'en plus cela ne l'aiderait pas à garder cet air strict qu'elle essayait de se donner.

Alors que l'impact était proche, allant se superposer sur lui, la jeune mage lança un seul mot de pouvoir pour freiner net sa chute.

"Stop !"

C'était tout juste. En effet, elle était juste au-dessus de lui, lévitant à peine à quelques centimètres de son corps, le regardant avec gêne et n'essayant pas d'imaginer ce qui se serait passé si elle lui était tombée dessus. La situation prêtait à rire, la position était tout à fait irréaliste. Elle, pendue dans le vide, face à lui et lui allongé dans l'herbe tout simplement. Le visage de la jeune mage était un peu rouge, pas par une quelconque timidité mais uniquement pour la course qui lui avait donné des couleurs. Ses cheveux étaient en pagaille et elle était complètement décoiffée. Cassidy imaginait bien cette expression de surprise qui pourrait bien habiter son visage à ce moment là. Et ce simple regard suffit à lui donner encore un de ces flashs, une de ces impressions du passé. Et cela eut une drôle de conséquence pour elle. La lévitation lâcha d'un centimètre, montrant la difficulté à se maintenir ainsi. Oh oui qu'il aurait aimé qu'elle atterrisse doucement dans ses bras. A en croire ce qu'elle avait vu du Drakkari, c'est comme cela qu'elle l'aurait imaginer réagir.

*Pas maintenant ! Tu te calmes et tu te rétablis gentiment avant qu'il commence à analyser. Fichtre émotion ! Je commence à mieux comprendre ce que mon maître disait. Et moi qui pensait que j'allais y couper à cette faiblesse... Juste à cause de ça. Il vaut mieux pas que Tristan commence à s'en apercevoir, sinon c'est la fin des cacahuètes pour moi. Il va falloir que je trouve une solution pour ne pas que ce... genre de faiblesse ou de diminution magique se reproduise.*

Enfin la jeune femme contrôla le flux d'énergie qui lui permis de se décaler doucement à côté de lui et de se remettre dans une position plus confortable, c'est à dire debout. Son visage redevenant peu à peu normal, elle essaya de garder une attitude noble et fière, tout en lissant doucement sa robe pour essayer de combler le vide de la conversation puis reporta son attention sur Tristan.

"Si vous pensez pouvoir me distancer comme ça, il faudra courir un peu plus vite. Quoique je devrais aussi faire attention à ma trajectoire."

Pour un peu, elle aurait pu lui faire un plaquage comme au rugby et buuuuuuuuuuut ! Bref revenons à la situation actuelle. Tristan ne serait sûrement pas dupe.

Cassidy voulut changer de sujet, histoire de ne pas montrer son malaise.

"Hum.. alors en fait on appelle cet endroit le Lac des Reflets Mystiques. Ce sont les habitants de Glindel qui m'en ont parlé quand j'ai commencé à rénover ce château. D'après eux et les rumeurs, il semblerait que si on est à la recherche de réponses il suffit de se regarder dans le lac pour avoir une vision ou une image"

Elle avança à côté de l'eau pour y tremper sa main et ainsi essuyer son visage un court instant avant de s'asseoir à côté de lui.

"Pour l'instant, je n'ai encore rien vu à l'intérieur. Je ne sais pas comment ça marche. Peut être qu'il faut vouloir avoir des réponses très fortes. Et qui sait, peut être que vous trouverez un moyen de vous échapper d'ici"

Elle ne le faisait pas marcher. Cassidy se permit juste une petite remarque sur son intention de partir d'ici d'une manière toute simple, lui montrant qu'elle n'oubliait pas cette envie qui trottait dans la tête du jeune homme de partir d'ici.

"Mais on m'a aussi dit que ce lac était un peu capricieux aussi. Vous pourrez tout aussi bien lui poser une question sur un sujet et il vous sortira une autre réponse. Par exemple si vous formulez le souhait de trouver la meilleure ville pour les biscuits au chocolat, vous pouvez très bien avoir la vision d'une magnifique sirène. Ce qui, on est d'accord, n'a absolument rien à voir..."

Cassidy passa doucement sa main dans l'herbe, cherchant à écouter les sensations de la terre. Qu'elle aimait cette impression.
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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: Promenons nous autour du lac, tant que le beau drague sans claque.   Ven 18 Mai - 20:16

Elle s’était crispée comme il aurait dû s’y attendre.
Tristan fixait Cassidy, ou plutôt la fleur dans ses cheveux. Il l’avait arrêtée sans arrière pensées, c’était la vérité. N’ayant pour l’instant pas en tête de lui faire quoi que ce soit.
Bon il est vrai qu’il profita tout de même de la situation. Il ne la toucha pas bien entendu mais en profita pour la regarder de plus près. Ses cils étaient beaucoup plus longs que ce qu’il imaginait mais leur extrémité bien plus claire, comme ses cheveux blonds empêchait de le voir au premier abord.
Ses lèvres étaient plus rosées qu’il ne l’aurait cru, bien dessinées. A nouveau il ressentit cette envie de lui voler un baiser. Un petit baiser, ce n’était rien du tout. Un sourire se dessina sur son visage. Non, il ne le ferait pas.

Non, ce ne serait pas correct. Même s’il en avait envie, en ressentait presque le besoin et qu’avec sa façon de l’ignorer elle renforçait cette envie, il ne le ferait pas. Pas tout de suite du moins. Cette pensée l’aida à rester calme.
Et à accomplir son geste sans montrer de signe d’hésitation, de souhait d’en faire plus. Honnêtement, il trouvait que cette jolie fleur violette, qui tranchait tellement avec ses mèches dorées, irait mieux sur son autre oreille étant donné sa coupe de cheveux sans doute. Il lui souriait avec douceur.

Le jeune homme n’était effectivement pas dupe. Il avait vu de la gêne dans le regard de la jolie directrice et puis surtout elle lui avait clairement montré sa surprise et son incompréhension. Son geste n’était pourtant pas tellement déplacé. Peut-être effectivement n’était-ce pas à lui de juger ni rien mais réellement c’était le type de réaction dont il était capable, sans prévenir bien sûr mais aussi avec le sourire, avec son instinct plus que sa tête en fait.
Heureusement effectivement qu’il n’était pas télépathe ou n’avait pas l’ouïe assez fine pour percevoir les battements de cœur de la jeune femme.

Et puis même si ça avait été le cas, aurait-il bien compris ? Il la pensait sur ses gardes et prête à se défendre, lui jeter un sort, pas simplement gênée par ce petit geste de rien du tout. Son cœur aussi s’était mis à battre plus vite mais il savait parfaitement pour croire, du moins il en était sûr ou presque. C’était une femme. Malgré ou peut-être grâce à son indifférence, elle était attirante. Le contact d’une femme lui avait manqué, il n’avait pas l’intention de s’en cacher, disons juste que pour l’heure il ne faisait pas l’idiot. S’opposer à l’autorité oui, stupidement éventuellement mais pas sans plan ou objectif derrière.

Ainsi donc, il s’éloigna d’elle, même si ce fut un peu plus difficile qu’il ne l’aurait cru, de détacher ses yeux d’elle. Sa robe lui allait bien d’ailleurs, une jolie robe avec du rose, qui relevait son teint pâle mais aussi ses pommettes rosées prouvant sa bonne santé. Dommage qu’elle n’ait pas choisi un décolleté plus prononcé, il aurait apprécié, mais la vue n’était pas si mal tout de même. Pourtant il se forçait à détourner les yeux pour ne pas qu’elle s’en aperçoive, du moins pas trop tout de suite, Tristan souhaitait encore en profiter un peu si possible.
Finalement alors qu’il marchait tranquillement à ses côtés le lac apparut donc et il se mit à courir.

Même s’il avait du mal à retrouver son rythme, le jeune homme se força n’étant pas du genre à se ménager pour une simple douleur dans les jambes et le dos. Ses muscles avaient besoin d’être à nouveau sollicités, sérieusement sollicités, pour se reformer correctement, retrouver leur solidité et endurance. Tout de même il courut vite même si la phrase de la jeune femme qu’il venait de quitter raisonna un instant à ses oreilles. Elle n’allait pas se laisser faire ? Comment ça ? Elle n’allait tout de même pas lui courir après avec une robe ! Et puis, elle n’était pas bien épaisse, ce n’était sans doute pas une grande coureuse.

Et pourtant…
Quelle ne fut pas sa surprise alors qu’il s’allongeait dans l’herbe et fixait l’endroit où elle se trouvait peu avant pour la découvrir bien plus près de lui, courant à une sacré allure malgré sa robe. Il écarquilla les yeux, ouvrant la bouche. Nom de… Elle courait sacrément vite ! Il fixa le sol qu’elle foulait, des traces violettes ?!Elle utilisait la magie ?!!! Pour un peu, même si c’était impressionnant, cela le rassura. Tout de même, le spectacle était assez drôle. Courir avec une robe n’avait rien d’évident et elle avait de la chance de ne pas avoir encore trébuché.

A peine formulait-il cette pensée alors qu’elle était tout proche de lui que la jeune femme trébucha et fit un superbe vol plané absolument inimaginable et auquel il n’aurait probablement pas cru s’il ne l’avait pas vu de ses propres yeux.
D’ailleurs il écarquilla d’autant plus les siens, bouche bée.
Euh… c’était un superbe vol plané mais là elle allait s’écraser. Déjà prêt à se lever d’un bond pour rattraper Cassidy qui semblait déjà très maladroite du peu de ce qu’il avait pu voir. Mais comprenant qu’elle lui arrivait directement dessus, il s’immobilisa. S’il se levait il risquait plus de la manquer ou de la blesser qu’autre chose, autant ne pas bouger et lui servir de piste d’atterrissage même si le choc ne serait sans doute pas très agréable pour l’un comme pour l’autre.

Il fit très bien de ne pas bouger parce que la jeune mage réagit, semblant se reprendre et lança un simple mot en l’air. Mot qu’il prit pour lui au départ d’ailleurs, pensant que justement elle lui disait de ne pas bouger. Mais apparemment, ce n’était pas le cas, c’était juste pour se stopper elle-même. Et en effet, à la grande surprise du garçon qui avait déjà vu des mages à l’œuvre bien sûr mais très peu de femmes et encore moins aussi puissante pour n’avoir besoin que d’un mot, Cassidy s’immobilisa dans les airs, juste au-dessus de lui.
Il la fixa avec ébahissement.

Avec ses cheveux emmêlés, ses joues rouges, sa gêne parfaitement visible et sa poitrine qui se soulevait rapidement à cause de l’effort et sans doute de la peur vécus elle prenait une dimension bien plus… vivante, humaine, accessible, comme si avant elle l’était bien moins. Tristan ne put se départir du sourire qui apparaissait à son visage.
Il ne dit rien au début, se contentant de l’observer, de se décaler alors qu’elle se redressait. Il avait tressaillit, inquiet en la voyant perdre un peu « d’altitude ».
Oui pendant un moment, il l’avait trouvé sacrément belle cette humaine bien jeune et bien… étrange par son comportement.

Mais alors qu’elle cherchait clairement à changer de sujet et se mettait à parler du lac, son sourire s’élargit. Il éclata de rire, jusqu’à en avoir mal au ventre apparemment. Enfin ceci arriva très vite. Après tout, le simple fait de rire n’avait encore rien d’agréable et prendrait certainement quelques jours encore pour pouvoir se faire sans mal. Alors qu’il avait toutes les cartes en main pour se moquer, il tourna un regard brillant vers la directrice et lui sourit.

- Merci… Joli vol plané… et belle réception. Je vous aurais rattrapé vous savez…


Il se frotta vigoureusement les yeux de ses paumes. La peau rougit légèrement autour de ceux-ci, renforçant son regard rouge orangé avant de reprendre la même teinte au bronzage un peu passé par l’enfermement.
Il n’en dit pas plus mais la regarda avec un sourire en coin. Impressionnante… Elle devait être vraiment puissante pour réussir ainsi à se reprendre et à agir, réagir et éviter la chute. Alors qu’elle était proche de lui, il s’immobilisa pour ne pas donner l’impression qu’il cherchait à s’approcher.

- Je note que tenter de fuir en courant est peine perdue et que vous serez capable de m’attraper et de ma plaquer au sol en moins de deux. Eh bien moi qui pensais n’avoir affaire qu’à une intellectuelle…voilà que ma geôlière se révèle aussi douée à la chasse… Enfin je n’ai pas l’habitude d’être le gibier mais c’est intéressant.

Il se rallongea, croisant les bras derrière sa nuque en fermant les yeux pour apprécier le soleil sur son visage, crispant légèrement la mâchoire alors qu’accidentellement il avait frôlé la main de la jeune femme.

- Etrange en effet… Sans doute est-ce un lac qui s’ennuie et veut juste s’amuser un peu… Il aura de quoi avec tous les élèves que vous attirerez ici.


Ce n’étaient que des mots, de simples mots, une simple phrase et pourtant… elle pouvait signifier beaucoup. Parce que c’était un peu sa façon de dire qu’il était sûr qu’elle y arriverait et que malgré tout, il trouvait son idée bonne ? Bien étrange criminel non ?

C'était tout de même un bien joli rattrapage damoiselle... Finalement... c'est peut-être pas si mal d'être ici...j'aurais le temps de me remettre. Et puis elle est plutôt... différente de ce qe je pensais.
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Cassidy Herediane
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MessageSujet: Re: Promenons nous autour du lac, tant que le beau drague sans claque.   Ven 18 Mai - 23:54

C'était une belle journée mouvementée aujourd'hui. Qui aurait cru que cette simple prise de prisonnier prendrait une tournure tout à fait différente de ce qui était prévu au départ ? Sûrement pas à Cassidy qui était loin de se douter de cela. Et pourtant, la jeune femme pensait être prête pour tout type de situation, le non respect des règles, les protestations, le refus de se soumettre à sa volonté. Enfin pour l'instant là, il n'y avait rien de contraignant, ce qui expliquait la détente des deux jeunes gens. En effet, Cassidy n'avait rien imposé à Tristan et surtout, ne lui avait pas encore parler du règlement intérieur, qui serait difficile à gober pour un Drakkari se postant au delà de toute loi et d'obligation sans son bon consentement.

*Attendons d'aller sur des choses plus sérieuses... mais pour l'instant c'est pas plus mal de le voir évoluer librement. Cela permet de mieux le comprendre. Enfin, tout simplement d'un point de vue humain, on s'entend bien. Je suis pas encore dans les petits papiers des Cheistams*

Pour Tristan, le simple geste de lui avoir changer la fleur de côté avait été fait de manière naturelle et sans détour. Et pourtant, il ne fallait pas oublier que Cassidy était une mage. Lorsqu'elle est partie après l'école élémentaire, à ses 13 ans, elle se retrouva coupée du reste du monde. Bien sûr elle était avec son maître mais tout son investissement n'était que pour la magie et son apprentissage, l'envie de se perfectionner chaque jour. Son travail lui permit d'obtenir de bons résultats, mais il y avait aussi cette petite facilité qu'avait reconnu son maître qui lui faisait penser à chaque fois que c'était une jeune fille particulière et bien douée pour son âge, ce qui est plutôt rare. Ce n'est pas n'importe qui qui peut maîtriser la magie en si peu de temps. Ce mystère est encore à découvrir. Tout comme il s'étonna de l'absence de son don, pourtant un passage obligatoire pour chaque humain.

Enfin bref, pendant cette période, jamais elle n'eut ce qu'on appelle, les premières amourettes, les sentiments avec les garçons. D'un parce que Cassidy était trop concentrée dans son apprentissage et de deux cela ne l'intéressait pas particulièrement. C'est pourquoi elle a toujours été une grande novice dans la matière, coincée, ne sait même pas à quoi ça ressemble un bisou car à part le chat du mage, c'est la seule créature qu'elle daignait câliner et chouchouter. En plus, malgré les yeux, Tristan n'avait rien d'un chat... ou encore d'une bonne pâtisserie au chocolat. Alors oui, il fallait s'y attendre, si un jour elle devait avoir quelques sentiments pour une personne en particulier, cela serait vraiment encore plus maladroit de sa part. A vrai dire, elle même ne connaissait pas ses réactions à l'avance. L'amour... pour les faibles oui bien sûr ! Si elle savait qu'elle avait en face d'elle le jeune homme qui faisait chavirer les coeurs des demoiselles sans soucis. Mais oui bien sûr qu'elle le savait, cela se voyait comme le nez au milieu de la figure. Profitant de ces avantages.

Et pourtant, même après avoir quitter son maître et parcourant les chemins, la jeune femme avait toujours été une solitaire, vivant pour découvrir les secrets d'Ascadian et suivre sa voie. Bien sûr, des jeunes hommes de tout type avaient tenté de l'aborder, tentant une drague plus ou moins réussie, mais cela était à peine suffisant pour lui faire de l'effet, ignorant totalement les avances, refusant tout contact physique, et décourageant même les plus tenaces qu'elle remballait sans la moindre pitié. Il y a aussi cette fois où un homme, ne pouvant supporter de ne pas la voir réagir, tenta d'utiliser la force pour avoir ce qu'il voulait. Une relation plus physique, un rapprochement. Mais le pauvre homme avait reçu une bonne gifle suivi d'un vol plané dans une mare au canard, déclenché par les pouvoirs de Cassidy. Certains s'étaient même succédé dans les endroits les plus ridicules possible. Cela avant d'avoir sa réputation. C'est après que les hommes la reconnaissant comprirent qu'il n'était pas possible de séduire une femme telle que ça, tellement rigide qu'il était impossible d'en tirer quoi que ce soit. Aussi, ils cherchaient à la séduire pour le physique avant même de la connaître.

Pour revenir à ce rapprochement soudain, heureusement que Tristan n'était pas aller plus loin dans sa besogne. Si il avait eu l'audace de s'approcher de son visage, même pour un malheureux geste, il se serait pris une grosse gifle bien méritée. On ne touche pas aux demoiselles comme cela voyons. De la crainte, cette sensation qu'elle ne connaissait pas, Cassidy voulait l'ignorer le plus longtemps possible. Et à chaque fois elle se retournait ces mots dans sa tête, qu'elle ne devait pas se faire avoir par cet homme, que ce n'était pas son style en plus, et qu'elle n'avait pas envie de s'engager dans une relation plus sérieuse, la jeune femme y mettait toute sa volonté. Oh que Tristan rirait si il voyait ce combat intérieur qu'elle était en train de mener. Lui était comme les autres, recherchant un bon coup physique pour occuper ses journées en plus du travail qui lui serait confié. C'était ça. Et malgré son allure gentille et qui semblait vraiment naturelle, Cassidy continua encore et toujours à feindre l'indifférence, bien que la surprise et l'étonnement n'avait pas échapper à Tristan.

La jeune femme était aussi pleine de surprises et lorsque l'on voyage avec une robe, il fallait apprendre à courir avec pour se sortir d'une mauvaise passe... sur une courte distance bien entendu. Bien sûr, elle aurait pu utiliser la téléportation à courte distance, mais cela lui aurait pompé toute son énergie en très peu de temps. Imaginez la tête à Tristan de la voir déjà à bout de forces à l'heure actuelle. Encore une raison pour bien analyser ses points faibles. Malgré cela, la jeune femme qui avait déjà eu à ses trousses des orcs, des trolls et autres créatures sanguinaires, s'échappait lorsque la situation l'exigeait par ce moyen très utile et n'utilisant que peu de magie. C'était donc d'un pas agile qu'elle courait, s'arrangeant pour que sa robe ne la gêne pas. Mais cela demandait quand même un peu de concentration pour évaluer les plis de la robe afin de ne pas se cogner dedans.

Et pourtant, malgré les précautions prises, la jeune femme s'envola, telle une fusée rose traçant sa trajectoire, le vent dans les cheveux, une sensation d'adrénaline et de danger assez forte et pourtant, Cassidy savait ce qu'elle ne voulait pas. Le temps de réaction était très court même si pour elle, à force d'entraînement, elle savait détecter la meilleure solution en très peu de temps. Ce qui d'ailleurs témoignait de son niveau. Prononcer un simple mot pour arrêter le cours de la chute n'était pas donné à tout le monde. On peut dire aussi qu'elle avait eu de la chance et que sa volonté d'éviter de tomber sur Tristan, de lui faire mal ou de ne pas atterrir directement dans ses bras était la raison de sa maîtrise qui tombait à pic, il fallait le reconnaître.

Pour un guerrier manipulant uniquement les armes, cela pouvait apparaître pour une magie assez impressionnante, pour Cassidy c'était simplement des petits sorts amusants ou très simples en apparence qui n'étaient rien comparé à l'arsenal qu'elle était capable de sortir habituellement. Bon il faut dire aussi que c'était la première fois depuis qu'elle était arrivée ici qu'elle s'amusait à courir le 100 mètre avec son premier invité. Enfin s'amuser. Oui cela pouvait paraître comme une sorte d'amusement, ou aussi un défi pour elle, de se sentir à la hauteur et de ne pas se laisser distancer. Car même un mage qui recherche le savoir veut aussi se surpasser jour après jour mais un peu moins visible que les guerriers.

Bien évidemment, cette situation gênante, Cassidy n'en avait pas voulu. Elle avait toujours voulu paraître au dessus du reste, ne montrant pas cette maladresse. La jeune mage venait de récolter les fruits de son envie de jouer l'intrépide. Elle aurait tout aussi bien pu trottiner bêtement pour le rejoindre, essoufflée et paraître pour une jeune femme assez simple et fragile malgré ses pouvoirs. Non, elle ne le faisait pas pour épater la galerie, ce n'était pas son style non plus. Et pourtant, elle se demandait à quoi Tristan pouvait penser. Ce qu'il pensait d'elle. Bien sûr, elle ne pouvait pas le savoir. Pourtant elle perçut la légère inquiétude sur son regard lorsque la lévitation se brisa légèrement. Serait-ce seulement pour le fait qu'elle lui tombe dessus alors qu'il était pour le moment, complètement inoffensif ou s'agissait-il d'une réelle inquiétude pour ne pas qu'elle se fasse de mal ?

En tout cas, elle lui avait été reconnaissante de ne pas avoir profiter de la situation pour qu'il la tire vers lui. Parce que si ça avait été le cas, la lévitation aurait lâché sans crier gare et la jeune femme se serait retrouvé dans une situation totalement gênante. Oui, allongée sur lui, il lui était difficile de se dépêtrer de cette situation, n'ayant même pas les mains libres pour lancer le moindre sort. Et heureusement, il ne fit rien, ce qui la rassura grandement alors qu'elle se remit correctement sur ses pieds et que lui même se déplaça sur le côté pour ne pas la gêner.

Etrange directrice... Espérons que ça ne serait pas pareil avec les élèves à côté.

Pourtant, elle ne pouvait oublier ce regard inquiet. Se demandant si il jouait la comédie toujours ou qu'il était vraiment inquiet. Ce beau regard orangé qui était quasiment indéchiffrable mais qui donnait envie de se perdre à l'intérieur, cette peau un peu pâle signe sûrement de son passage chez les Cheistams, cette chevelure rouge vif, signe distinctif des Drakkaris, et ces deux petits crocs qui lui donnait un air de canaille. Y a pas à dire, pour être vulgaire, on dirait qu'il s'agit d'une pièce de roi. Malgré son passé de gredin malheureusement. Enfin, tout ceci n'était que physique après tout. Non, Cassidy voulait voir l'homme qui se cachait derrière cette belle carrure. Le vrai, pas le séducteur. Mais cela, elle le pensait inconsciemment.

Alors qu'elle s'attendait à une certaine moquerie de sa part, ce n'était quand même pas typique de voir une directrice jouer à l'apprentie superwoman, le jeune homme la surprit encore. Eclatant d'un rire qui lui semblait franc, naturel, un rire qui fit chaud au coeur de Cassidy. Cela changeait de son arrivée avec l'impression de tenir un boulet autour de sa cheville, il n'avait rien à voir avec l'homme de tout à l'heure narguant les gardes. Mais après tout, elle était une femme. Mais ce simple rire provoqué par Tristan lui valut encore un sourire de la part de la jeune femme, sûrement contente de le voir prendre un peu d'assurance.

*Je le connais pas vraiment mais ça fait plaisir de le voir comme ça. Si c'était toujours le cas, la garde n'en serait que plus agréable*

Une pensée lui vint cependant à l'esprit. Certes, elle ne le connaissait pas, il avait des comptes à rendre aux Cheistams et ce n'était pas pour un petit séjour de luxe qu'il était ici. Et pourtant, plus le temps avançait, plus Cassidy se sentait mal à l'aise quant à lui soutirer des informations. Alors la jeune femme eut une idée. Elle allait essayer de le comprendre, de le faire se sentir à l'aise ici. Mais pour l'instant, elle ne comptait pas lui soutirer d'informations. Cette Académie était hors du temps, on pouvait bien lui laisser le temps de souffler un peu. C'était peut être une idée folle que de croire en la bonté du jeune homme, mais Cassidy partait du principe qu'il y avait toujours un moyen de guérir la noirceur d'une âme, si il n'était pas trop tard. Et pour lui c'était le cas.

*Je m'arrangerais avec les Cheistams. De toute manière, si ils n'y sont pas arrivés, je peux toujours dire que ça prend plus de temps. Mais après... enfin on verra bien ! Pour l'instant, on peut dire qu'il a gagné un logement sûr pour quelques temps. Jusqu'à quand je l'ignore.*

Pourtant, la jeune femme voulait dire à Tristan qu'il ne risquait rien, que finalement elle ne lui demanderait rien et qu'il pouvait juste penser qu'il était ici pour souffler un peu et se reposer. Mais la croirait-il ? Peut être qu'il éprouvera le désir de fuir, même si pour l'instant, elle semblait percevoir que ce n'était pas le moment. Difficile de démêler ce paquet de noeuds. Oh après tout, elle avait encore le temps pour lui en parler, inutile de s'encombrer pour l'instant avec ce genre de choses.

*Profitons du moment présent*

Au lieu de se moquer d'elle, il se contenta de quelques mots, dont une phrase qui retint son attention. La jeune femme eut un sourire malicieux sur le visage, montrant qu'elle s'attendait parfaitement à cela. Après tout, c'était un peu normal après ce qu'il avait prouvé jusqu'à présent. Il était quand même plutôt galant.

"Oh ce n'était rien, avec un peu plus d'entraînement, j'aurais pu contrôler ma trajectoire pour atterrir... différemment. Et je m'attendais bien à ce que vous tenteriez de me rattraper d'où ma forte volonté d'éviter cela. Parce que premièrement, en tombant aussi fortement j'aurais pu vous faire mal, et puis aussi, après la morale que je viens de vous faire tout à l'heure sur les contacts physiques, même accidentels, cela n'aurait pas été très sympa de ma part de vous laisser cette occasion en or"

Mais son sourire que la jeune femme avait était plutôt réconfortant. Elle s'attendait à ce que le jeune homme proteste, lui dise sûrement qu'il s'agissait d'un réflexe normal pour une petite femme fragile comme elle qui apprenait à voler et qu'il n'allait pas la laisser s'écraser comme une crêpe sur le sol... ou pas.

Mais lorsque Tristan parla de chasse et de gibier, Cassidy se mit à rire aussi doucement. Décidément il avait le mot pour rire cet homme. Il semblait reconnaître certaines choses quand il les voyait. Etre impressionné par la magie. Enfin quand même, c'était un guerrier, les trucs mystiques et un peu lumineux, ça fait toujours beaucoup de sensations. Elle se demandait même si il n'avait pas du se battre face à des mages.

"Vous faîtes un bien curieux gibier alors. Pour un peu on va croire que les rôles sont inversés, n'ai-je pas raison ? Enfin quoiqu'il en soit, ne pensez pas que ça sera toujours le cas, j'ai toujours eu tendance à fuir les hommes plutôt que de les suivre. Ce n'est pas dans mes habitudes"

Encore une fois, elle venait de lui prouver son malaise face à la gente masculine, qui appuyait bien fortement ses propos quant à la gêne ou à l'indifférence que la jeune femme pouvait éprouver à son égard. Là il en avait la confirmation qu'elle ne semblait pas si accessible que ça, même si Tristan devait s'en douter en l'observant depuis tout à l'heure. Cela faisait quand même depuis la matinée qu'ils étaient ensemble après tout.

Cassidy était assise dans l'herbe, les mains lui servant d'appui dans l'herbe bien verte et entretenue des alentours du lac, fixant la magnifique étendue où on pouvait voir l'eau qui scintillait grâce au soleil. C'était tout simplement magnifique. Et alors qu'elle était occupée à regarder le paysage en silence, elle sentit le contact d'une main qui effleura la sienne. Pendant un instant, elle cru qu'il s'agissait d'une herbe qui avait été plié jusqu'à sa main, faisant ce contact, mais tournant rapidement la tête, elle aperçut Tristan qui se mettait un peu plus à l'aise allongé dans l'herbe. Au moins comme ça elle était bien à sa hauteur maintenant.

Mais ce contact provenait de lui, cela ne faisait pas de doute. Mais pas parano à ce point et ne voulant pas troubler son repos bien que Cassidy avait ressenti une drôle d'impression quant à ce geste bref mais sûrement non intentionnelle, elle ne dit rien si ce n'est un léger tressautement de sa part. Est ce que Tristan l'avait remarqué, lui qui avait les yeux fermés ?

Et pourtant, le jeune homme marqua encore un point quand il émis l'hypothèse du lac qui voulait s'amuser. Il parlait aussi des élèves et cela la touchait vraiment. Cela l'amusait ses raisonnements et il visait juste. La jeune femme le regarda un instant, le beau visage du Drakkari semblait paisible, en train de dorer comme un lézard profitant des rayons chaleureux du soleil, il paraissait si calme vu de comme ça.

"Peut être bien Messire Tristan, mais moi je pensais à toute autre chose. Mais votre hypothèse est peut être bonne aussi"

Elle soupira un court instant, reportant son regard sur le beau lac.

"En fait, ces lieux ont aussi une valeur historique. Mais c'est assez compliqué à expliquer pourquoi cet endroit et pas un autre. Enfin, si vous regardez un peu dans ces lieux, vous découvrirez peut être des choses assez intéressantes je pense. Moi même je n'ai pas encore saisi tous les mystères de ce lieu qui était sacré autrefois"

Devait-elle lui parler de cette histoire avec la déesse, la relique ? Non, c'était encore trop tôt et c'était dur de se fier à quelqu'un, surtout avec un objet de cette valeur.

Cassidy reporta son attention sur le visage du Drakkari, paisible, calme. Une mèche rouge vint se placer devant son visage et pendant un bref instant, la jeune femme hésita dans un élan à lui replacer correctement. D'ailleurs elle ne savait même pas pourquoi elle pensait à ça. Et pourtant, alors qu'elle était occupée à regarder son visage, quelque chose de plus sombre attira son attention. Fronçant un instant les sourcils, la jeune femme s'approcha doucement de lui pour mieux observer, juste par curiosité et en se demandant ce que cela pouvait être.

Et cette chose sombre s'avérait être un hématome sur son front. Ne l'avait-il pas remarquer ?

*Mince alors ! Comment il a pu se faire ça ? Bon en même temps c'est qu'un hématome...*

Cassidy ne savait pas si elle faisait bien d'agir ainsi, après tout, peut être que le Drakkari n'allait pas bien prendre son geste, surtout que c'était apparemment un gros dur qui avait du avoir des bleus partout et ce n'était pas celui là qui allait changer les choses mais elle voulait l'aider sur celui ci. Surtout qu'il n'était pas spécialement gros et facilement guérissable.

Alors, d'un geste simple, elle prit la mèche de cheveux de Tristan qui traînait devant son visage pour la mettre sur le côté avec douceur puis approcha lentement son doigt de l’hématome (E.T Téléphone Maisoooooooooon xD sorry pas pu m'en empêcher >_<).

"Ne bougez pas... Je... enfin... vous avez un hématome sur le front. Je peux vous l'enlever..."

Le guerrier n'aimait sûrement pas tout ce qui touchait à la magie et Cassidy avait peut être tort de vouloir l'aider, mais c'était une sorte d'instinct. Elle n'y voyait pas simplement un geste pour se rapprocher de lui, mais elle voulait se rendre utile, étant complètement désintéressée par le résultat de cet acte.

Elle prononça alors quelques douces paroles dans sa langue puis traça un symbole au dessus de l'hématome. Une lueur blanche apparut, un peu de chaleur aussi alors qu'elle posa doucement le bout de ses doigts sur cette simple blessure. L'hématome disparut complètement, laissant une Cassidy satisfaite.
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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: Promenons nous autour du lac, tant que le beau drague sans claque.   Sam 19 Mai - 13:49

HS : aaaah excellent ^^ ET !!! <3
HS 2 : Il ne deviendra vraiment provocant et autre que lorsqu’il aura compris qui elle est… Et là… mouahahaha !!!!

Tristan était perdu dans ses pensées, allongé sur le dos, les yeux clos.
La chaleur du soleil sur son visage lui faisait du bien. Même s’il n’en dirait probablement jamais rien il avait vraiment cru qu’il ne la connaîtrait plus jamais et cette pensée l’avait terrifié.
Ah pour ça, les Cheistams avaient été bien plus forts et intelligents qu’il ne l’aurait pensé.
Quelqu’un avait dû les informer de ses visites de temps à autres à Maud et l’avait dénoncé. Ils n’avaient alors eu aucun mal à le prendre en traître.

Intérieurement, il aurait bien poussé un soupir là. Tout le monde se faisait une idée tellement belle, tellement noble des Cheistams, ces grands justiciers au cœur courageux, au bras fort et volontaire qui défendaient les plus faibles des gredins comme lui. Le jeune homme sourit. Le temps s’était écoulé depuis le temps où il n’était qu’un simple gredin justement, un simple petit garçon différent et refusant les règles qu’on lui opposait de force. A présent il n’était plus le petit garçon si facile à maîtriser, que ces « grands guerriers » calmaient ou plutôt assommaient d’un simple coup de poing.

A présent il était grand, au-dessus de bien des personnes d’ailleurs. Ce n’était pas très discret pour se déplacer dans la foule mais sa haute taille inspirait aussi le respect. Et pour ça il n’avait jamais eu le souhait, le regret de ne pas la posséder, d’être plus petit.
Fini le temps où il se contentait d’embêter ses camarades sous prétexte que tels des moutons ils se pliaient aux lois des adultes sans opposer la moindre résistance, sans le moindre désir de liberté ou au moins d’explication.
Avec sa mère, Tristan était d’une grande gentillesse. Il l’aimait plus que tout au monde et pourtant. Cette fameuse nuit avait été décisive pour son avenir.

Il serra les dents, revoyant comme dans un rêve sa main serrée sur le couteau. Pourquoi… Pourquoi cela s’était-il passé comme ça ?
Il se força à respirer calmement pour ne pas alerter la jeune femme près de lui. Surtout qu’il avait l’impression étrange qu’elle l’observait. Bah sans doute une illusion. A tout priori il ne lui plaisait pas vraiment même si elle se montrait courtoise et même s’il avait eu l’impression de la voir rougir alors qu’il mettait la fleur sur son autre oreille. Mais sans doute était-ce de colère qu’un voyou comme lui ose la toucher. Nouveau sourire sur son visage. Non, décidément il n’avait pas une très bonne réputation, difficile donc d’en attendre davantage. Et pourtant elle était… très gentille, sans doute trop même. Etait-ce bien raisonnable de sa part ? Cherchait-elle à l’attirer dans un piège ou était-elle assez naïve pour croire qu’en étant gentille avec un prisonnier il ne tenterait rien, changerait pour suivre le « droit chemin ».

Finalement elle avait bien de la chance d’être tombée sur lui. Un autre de ses camarades aurait sans doute fait beaucoup de grabuge et se serait montré détestable. Il n’avait pas non plus l’intention de lui faciliter la vie mais pour l’heure ne voyait pas l’intérêt de l’ennuyer. Chaque chose en son temps après tout non ?
Et elle devait certainement penser la même chose. Après tout de ce qu’elle avait pu entendre de lui, il n’était pas connu, de réputation, pour être un galant gentleman mais plutôt justement un sacré voyou. Qu’il soit aussi calme pour l’heure devait la surprendre mais en réalité c’était normal, un parce qu’il avait plutôt dans l’idée de se montrer pour l’instant charmant avec elle, deux parce qu’elle ne lui avait imposé aucune règle vraiment gênante.

Bon bien entendu, elle était apparemment contre les contacts physiques, idée qui avait provoqué un frisson dans sa nuque. Autant de pudeur, de réserve lui semblait bien suspect. La demoiselle était bien étrange. Qu’il ne s’en prenne pas aux élèves, ne commette pas de crime était bien sûr un peu exagéré et s’il n’y avait répondu que d’un sourire peu encourageant c’était parce que cette simple suggestion l’amusait mais bon… il n’allait pas le lui dire non plus.

J’ai été imprudent… Maud s’est certainement beaucoup inquiétée


Il se remémora ce qui s’était passé quelques semaines plus tôt. Le jeune se revit attendant tranquillement dans le vestibule alors que la servante, grisonnante qui un jour, la première fois, l’avait invité à entrer était allée chercher sa maîtresse. Maud était alors apparue, toujours aussi belle même si onze ans s’étaient écoulés. Elle avait sa mine boudeuse, celle qu’elle arborait lorsqu’on la dérangeait alors qu’elle lisait un livre passionnant. Elle avait sans doute l’intention de renvoyer promptement ce visiteur et pourtant elle s’était figée en le reconnaissant.
Ses longues boucles brunes s’agitaient légèrement sous un courant d’air dans la pièce et elle écarquillait ses grands yeux sombres sous la surprise.

Un sourire amusé avait éclairé le visage du jeune homme alors qu’elle se jetait dans ses bras en criant son nom, heureuse de le revoir.
Il ne prévenait jamais de sa visite, ménageant toujours la surprise, mais là il l’avait trouvée bien plus ravie de sa présence et bien plus passionnée aussi. Elle ne lui avait qu’à peine laissé le temps de murmurer galamment son « Bonjour dame Maud » qu’elle l’embrassait avec la fougue d’une jeune fille. La servante, ravie de voir sa maîtresse si morne ces derniers jours enfin heureuse avait laissé celle-ci retrouver comme il se doit son « amour de jeune Drakkari ».
L’après-midi avait été plutôt mouvementée pour le jeune homme.

Son sourire se fit plus tendre alors qu’il repensait à la façon dont elle s’était blottie contre lui. Quand il avait quatorze ans et pour la première fois avait touché au corps de cette femme superbe, il la dépassait tout juste. A présent il était si grand et en était bien fier qu’il sentait qu’elle l’admirait aussi pour cela. Elle avait bien tenté de lui cacher ses larmes et il avait fait comme s’il ne les remarquait pas, ne voulant pas soulever sa sensibilité et aussi et surtout sa fierté de l’avoir comblée. Elle était jalouse, il ne l’oubliait pas. Même si elle avait accepté qu’il ne soit pas exclusivement à elle, il savait qu’elle avait des sentiments forts pour lui et que savoir qu’il avait rendu heureuse d’autres femmes qu’elle lui faisait de la peine, aussi ne l’évoquait-il jamais, sauf pour la taquiner gentiment.

Tristan se remémora le parfum de rose qu’elle portait ce jour là et avec amusement son impatience clairement formulée alors qu’elle le trainait comme elle pouvait jusqu’à sa chambre et que lui faisait mine de lui résister, juste pour voir cette petite lueur furieuse dans ses yeux.
Il s’était endormi alors qu’elle lui caressait les cheveux et, il le savait, pendant qu’elle admirait tranquillement le corps de guerrier qu’il s’était forgé, passant parfois la main sur son torse.
Malgré les années, elle semblait toujours aussi jeune et aussi belle. Et même s’il avait gagné en expérience, en assurance, il la vouvoyait toujours et gardait le profond respect qu’il lui vouait.

Et alors qu’il dormait paisiblement, les Cheistams étaient arrivés, fracassant la porte verrouillée de la chambre de la jeune femme. Elle portait une robe courte très légère et Tristan une espèce de caleçon court. Elle avait sursauté et hurlé. Le garçon s’était réveillé et relevé d’un bond. Il avait tout de suite compris qui ils étaient et s’était défendu comme un beau diable malgré qu’il n’ait aucune arme sous la main et que ses adversaires soient non seulement armés mais aussi couverts de protections par-dessus leur tunique. Maud les avait suppliés d’arrêter alors que le jeune homme maintenu par deux solides gaillards était roué de coups et malgré tout continuait de se débattre. Ils avaient fini par arrêter parce qu’apparemment ils devaient le ramener vivant mais pour aucune autre raison.

Tristan se souvenait des larmes, des hurlements de Maud qui impuissante l’avait regardé partir, soutenue et surtout retenue par sa servante préférée. Heureusement… Qu’aurait-elle pu faire autrement ? A part se faire inutilement blesser.
Il fronça les sourcils. A elle, il ne dirait jamais rien de son incarcération. Car elle s’en voudrait bien trop et surtout trop longtemps. Il ne lui dirait rien de ce qui s’était passé, car il se doutait elle ne pourrait plus le regarder en face sans honte, chagrin et regrets.

Le jeune homme ouvrit les yeux et fixa le ciel. Pour l’instant il allait oublier. La vengeance ne serait pas pour tout de suite.
Refermant les paupières car le soleil lui blessait les yeux il s’amusa en repensant à ce qui venait d’arriver. Le magnifique vol plané de la directrice. Décidément, cette jeune femme sortait totalement de l’ordinaire. Sa gentillesse semblait telle qu’elle paraissait… décalée dans ce monde absurde et surtout encore une fois avec un voyou comme lui. Certes il était un guerrier à présent mais justement, avec tout ce qu’elle avait pu entendre à propos de lui, ne devrait-elle pas constamment se méfier ? Ne pas s’approcher ?
Pourquoi diable était-elle ainsi ?

Il est vrai qu’elle lui avait réservé quelques belles surprises. Entre sa gentillesse non intéressée, son sourire superbe et totalement inattendu, sa course poursuite et son vol plané digne d’un bébé faucon se lançant… Elle était clairement maladroite, plus il y pensait, plus il en était certain. Mais tout de même, elle devait savoir rire et plaisanter pour accepter sans mal ses paroles et être capable d’agir ainsi.
D’ailleurs quand elle avait été au-dessus de lui, ses cheveux pendant dans le vide presque assez pour lui chatouiller le visage il était resté stoïquement immobile parce que pendant un instant court certes mais bien réel, elle lui avait évoqué un ange… avec ses cheveux dorés, son teint pâle et ses grands yeux innocents. Vision stupide ? Sans doute pas.

- Comme si vous pouviez me faire mal… Un peu de sérieux damoiselle, vous êtes trop mince pour me blesser ainsi.

C’est ce qu’il avait lancé quand elle avait évoqué le fait qu’elle aurait pu lui faire mal. Il n’était pas en colère, plus amusé qu’autre chose à son ton de voix, mais il avait trouvé utile de souligner qu’elle n’était pas des plus imposantes, clairement. Non pas pour dire qu’il ne la craignait pas, seulement pour l’exprimer voilà tout. Et puis certaines femmes aimaient ce type de compliment. Même s’il n’était pas du tout parti sur l’idée que ce pouvait en être un.

Alors qu’il avait croisé les bras derrière sa tête, grimaçant légèrement en sentant les muscles un peu douloureux de ses bras se tendre. Enfin… ça irait.
Ainsi alors qu’il pensait tranquillement, essayant de se détendre, se dire que tout allait bien, qu’il se remettrait vite et que pour l’heure la jeune directrice était plutôt sympa et puis… elle était quand même agréable à regarder même si elle mettait des robes un peu trop couvrantes à son goût. Mais elle avait un beau visage et un regard sacrément rêveur tout de même. De ce regard qu’ont ceux capable de changer les choses, changer le monde.

Il se mordilla la langue. Il n’avait bien sûr pas fait exprès de la toucher. Et pourtant… Elle avait la peau fraîche. Elle dégageait d’ailleurs une odeur de violette et de lavande. Sans doute la fleur qu’elle avait dans les cheveux y était pour quelque chose mais en tous les cas c’était agréable. Il sourit, pris encore une fois de l’impression qu’elle l’observait. Oui, même si ça avait été un contact minuscule, fugace ce n’était pas désagréable bien au contraire.

Tsss je suis resté vraiment trop longtemps sans voir ou toucher une femme voilà tout

Et puis tout bascula et il ouvrit les yeux. Cette fois il n’avait pas rêvé, elle l’observait vraiment et plus que ça, elle était très proche de lui. La preuve en était, elle venait d’écarter une des mèches inégales de sa frange, ayant de ce qu’elle disait repéré un hématome. Il eut un sourire amer même si celui-ci disparut très vite. Si elle se souciait de simples bleus, elle allait avoir du travail vu tous ceux qui marbraient encore son corps.

Néanmoins, il l’observa avec intérêt. Pourquoi donc se souciait-elle de cette simple blessure de rien du tout ? En tous les cas c’était… très gentil mais… Elle avait l’air concentrée plissant légèrement les yeux en fronçant les sourcils dans une expression qui lui serra l’estomac. Ces mèches dorées qui accrochaient la lumière comme une auréole lumineuse, encore ébouriffées à cause de sa course lui donnaient vraiment un air d’ange innocent. Nouveau serrement alors même qu’il avait l’impression de revoir la mine sérieuse et moralisatrice de sa petite camarade aux couettes blondes.

je dois vraiment avoir la dalle là… mon estomac fait des siennes !


Mais bon, elle lui avait dit de ne pas bouger et il obéit parfaitement, comme si justement il n’avait aucun mal avec l’autorité. La vérité c’est qu’elle avait tout de même le doigt illuminé de magie et qu’avec ceci aussi proche de son visage il n’avait pas envie de tenter le diable et qu’elle fasse une bêtise. Surtout pas avec son beau visage !!! S’il venait à être défiguré les filles l’apprécieraient beaucoup moins !
Mais pourquoi hein ? Pourquoi se soucier d’un simple bleu. Elle était si concentrée qu’elle ne se rendait certainement pas compte qu’elle était plus proche de lui que lorsqu’il avait remis sa fleur à une place soi-disant meilleure. Tellement qu’il distinguait parfaitement dans son regard concentré que ses yeux n’étaient pas tout à fait du même marron. Voilà donc pourquoi il avait eu l’impression que son regard était si intense, si perçant.

En tous les cas elle ne se rendait certainement pas compte de ses mimiques quand elle était penchée sur une tâche. Et en l’occurrence là, la tâche c’était lui. Ou plutôt la tache qu’il avait sur le front. Elle plissait les yeux mais pas seulement, elle se mordillait à nouveau très légèrement la lèvre et s’il n’avait pas eu une mage tout de même puissante de ce qu’il avait entendu, et aussi vu à sa maîtrise de la magie sans bâton, avec un doigt pointé sur son crâne et capable sans doute de lui faire autant de mal que de bien, il n’aurait sans doute pas retenu l’élan de se redresser et de l’embrasser. Pas simplement pour l’embêter, surtout parce qu’elle était vraiment craquante comme ça et puis… s’approcher autant d’un homme était-ce bien raisonnable ?

Quand elle eut fini et se redressa avec ce petit sourire en coin satisfait il fronça les sourcils et se redressa brusquement la faisant basculer dans l’herbe à ses côtés en lui tenant un bras. Mais l’air sombre, la légère peur dans son regard qu’il avait cherché à camoufler disparurent et il lui sourit avant d’attraper de sa main libre une petite fleur jaune pas loin et de la lui mettre sous le nez avant de l’approcher de ses cheveux.

- Hum… pas tout à fait la même couleur… mauvaise estimation. Merci… mais c’était inutile.


L’instant d’après il était debout, se détournant rapidement d’elle. Ben oui, c’était un guerrier, un petit bobo comme ça de rien du tout n’était pas censé l’handicaper. Qu’elle se soucie de si peu était bizarre… mais il n’allait pas non plus le lui reprocher, c’était un geste « amical » il devait le reconnaître et la politesse voulait pour l’heure qu’il remercie, même si ça le gênait.
Il lui avait laissé la fleur en se redressant et s’approcha du lac avant de s’accroupir devant. Elle avait dit que des choses étranges s’affichaient dans le lac ou plutôt à sa surface hein ?
Lui ne serait pas contre pour y voir… il tourna la tête vers la jeune femme… ben tiens la directrice nue ce serait pas mal.

A la place de cela il fronça les sourcils en voyant effectivement la surface se troubler. Etait-ce vrai ? Y voyait-on vraiment des choses ? Il n’en avait pourtant jamais entendu parler et alors qu’il souriait, ravi à l’idée d’avoir une distraction digne de ce nom, une énorme grenouille jaillie de l’endroit qu’il fixait le faisant reculer d’un bond et glisser au sol aussitôt. Instinctivement il avait porté sa main à épaule pour sortir sa lame compensant déjà le geste par une posture associée, adaptée au poids de l’épée, mais comme il ne la portait pas, se placer aussitôt en avant de cette manière le fit carrément ainsi basculer et il finit… eh bien par glisser donc le corps sur le sol et la tête dans l’eau… tête sur laquelle se posa la grenouille apparemment ravie qui croassait tranquillement.

Tristan se redressa l’instant d’après en hoquetant et en toussant violemment, le visage et les cheveux dégoulinant et l’air profondément choqué… et perturbé du ridicule de la situation.

- Sale… kkkhh… grenouille !!!!
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Cassidy Herediane
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MessageSujet: Re: Promenons nous autour du lac, tant que le beau drague sans claque.   Sam 19 Mai - 15:21

La jeune femme était elle aussi perdue dans ses beaux songes. Contrairement au parcours de Tristan qui était plutôt sombre et sinistre, le sien avait été une réussite depuis le commencement. Un véritable conte de fée pour celle qui voulait se lancer dans la voie de la magie. Même si cela impliquait de grandes responsabilités.

Elle se souvenait encore de ce jour où le vieux mage avait décidé de la prendre sous son aile. Visiblement il était bien connu dans Ascadian et ne prenait pas n'importe qui comme apprenti. Comment pouvait-il se contenter d'une fille du peuple simple et sans prédisposition magique. Cette question, Cassidy l'avait gardé enfouie en elle, espérant un jour pouvoir percer ce mystère. Lorsqu'elle lui avait demandé, le mage lui avait dit que c'était une impression, un pressentiment. Et effectivement, de simple fille normale, elle était devenue une puissante mage douée pour son jeune âge. Mais beaucoup de questions restaient encore entourées de mystères à ce jour.

Si Cassidy avait eu affaire à un Kaär plus violent, elle se serait uniquement contentée de l'immobiliser, l'enfermer, et utiliser des moyens plus rapides pour accélérer la prise des informations. Mais avec Tristan, c'était différent, elle n'en ressentait tout simplement pas le besoin pour le moment. D'ailleurs comme un jeune homme comme lui pouvait être aussi violent, brusque, barbare ? C'était totalement impensable. Et pourtant elle ne l'avait jamais vu en action. Si elle se trouvait à l'endroit où il commettait ses méfaits, peut être que la jeune femme aurait pensé différemment. Et pourtant ce n'était pas le cas. Elle devait apprendre à le connaître sur le tas.

La réserve dont faisait preuve naturelle était tout simplement pour éviter un attachement de sa part. Elle le savait, si elle devait lui tomber dans les bras, alors le Drakkari pourrait tout aussi bien retourner cela contre elle. Jouant avec ses sentiments, lui procurant des émotions qu'elle n'avait jamais éprouvé jusqu'à présent. Et on dit toujours que l'amour peut faire souffrir. Elle le savait, si elle se laissait faire, accepter un seul contact physique lui donnerait plus de mal à résister. Car après tout, il s'agit d'une alchimie, il suffit d'un contact entre deux corps pour déclencher des étincelles et allumer un feu. De plus, le physique de Tristan étant particulièrement attirant, cela aurait été contre nature de ne pas en être éprouvée.

Cependant, le fait qu'il se conduise bien, sagement, ne donnait pas envie à Cassidy de le détester, de le haïr. Difficile de résister et pourtant, la jeune femme s'en sortait bien jusqu'à présent. Cette distance qu'elle cherchait à mettre par tous les moyens lui permettait de se contrôler elle même. C'est elle qui avance, et pas le contraire. Un comportement maîtrisé, calme, digne d'une mage fière et insensible à toute attaque extérieure.

Et pourtant, lorsqu'elle lui avait justifier la raison pour laquelle elle ne préférait pas atterrir dans ses bras, Tristan lui fit bien comprendre qu'il n'était pas en sucre quand même. La jeune femme haussa les épaules et se contenta d'un regard mystérieux qui ne disait pas grand chose à vrai dire.

*Si il savait que ces simples gestes, ces simples contacts pouvaient avoir des effets plus importants que ce qu'il ne pensait... A déstabiliser complètement le courant magique. J'ai peur de devenir incontrôlable et ce ne serait vraiment pas une bonne chose*

Tristan s'était couché dans l'herbe à nouveau et sa grimace n'avait pas échappé à la directrice qui se posait des questions. C'était l'herbe qui le grattait ? Il avait des cailloux sous le derrière ? Non à vrai dire, elle ne pouvait pas se douter que le jeune homme avait subi un lourd choc lors de son incarcération. Mais bon après tout, il ne comptait pas en dire davantage, inutile de le questionner là dessus.

Et pourtant, lorsqu'elle se tenait juste au dessus de son visage, toute notion de physique, de distance avait été effacé au profit de ce petit hématome qui traînait sur le front du guerrier. Oui après tout, ce n'était rien qu'un petit bleu, pas de quoi en faire tout un drame. Alors pourquoi ce geste un peu particulier qui n'avait pas besoin d'être ? De la symbolique, d'une envie de montrer à son invité qu'il ne risquait rien. Oui parfois Cassidy avait des raisonnements bien étranges. A croire qu'elle faisait ça comme si il s'agissait d'une blessure affreusement grave.

Et pourtant, il ne bougea pas, la regardant, la scrutant de ses yeux orangés, sans dire un mot mais sûrement avec de l'étonnement et de la surprise. Elle crut percevoir même un peu d'inquiétude au fond de ses yeux, n'ayant pas l'air très à l'aise dès qu'il s'agissait de magie. Et puis il pouvait tout aussi bien croire qu'elle allait lui faire une mauvaise farce, anéantir son beau visage même si on sait que ce n'était pas le cas.

Jamais elle n'avait approché le petit garçon de son enfance d'aussi près. Elle ne pouvait donc pas comparé les traits. Mais la directrice en était presque certaine même si encore elle refusait d'admettre la vérité. Il y avait peu de doutes et au vue de ses caractéristiques, de ses mimiques, c'était évidemment le même personnage. Et pourtant, la jeune femme préférait ne rien dire. Pourquoi en avait-elle peur ? Peur qu'il recommence ses petits tours qui l'agaçait particulièrement ? Ayant fréquenté la même école, ils se connaissaient quand même donc même le petit Drakkari connaissait les faiblesses de Cassidy malgré son changement.

Et puis, ce n'était pas plus mal, cela pouvait ainsi éviter des situations très gênantes.

*Je suis presque sûre... Mais bon je peux me tromper aussi. Enfin vaut mieux ne pas prendre de risques avec ça*

Revenant à la situation actuelle, il était vrai que Cassidy était une grosse tentation pour le Drakkari. Se tenir aussi proche d'un homme qui aimait les femmes était quand même dangereux. Il aurait très bien pu faire un geste stupide et déplacé mais l'avantage de la magie aidait bien et après l'avoir prévenu sur ce cas là, il aurait été fou de tenter quoi que ce soit.

Et pourtant, alors que la jeune femme avait terminé sa besogne et commençait à se redresser, le Drakkari se redressa à son tour, la déstabilisant un peu alors qu'elle se retrouvait à nouveau à côté de lui, retenue par le bras, assise. Le contact de sa main contre son bras. Encore quelques palpitations supplémentaires qu'elle masqua le mieux possible alors que Tristan avait un air un peu éteint. Ce n'était pas une si bonne chose au final de tenter de le soulager un minimum.

Cassidy détourna la tête, gênée, ne pensant pas faire de mal.

"C'est juste un petit tour que m'a appris un guérisseur. Mais j'aurais pu tout aussi bien vous défigurez. Enfin, comme vous semblez accorder de l'importance à votre physique, autant que ce soit bien fait"

Des excuses pour justifier son geste, mais Cassidy se sentait vraiment stupide mais stupide d'avoir réagi pour si peu.

Alors qu'elle semblait gênée, il lui tendit une petite fleur jaune qu'il mit juste à côté de son oreille, peut être pour s'amuser un peu tout en marmonnant quelques mots. Effectivement, ce n'était pas nécessaire, Cassidy avait peut être touché la fierté du guerrier qui n'aimait pas qu'on touche à ses blessures. Et pourtant si c'était une jolie infirmière sexy, elle ne pensait pas qu'il aurait réagi de la même manière. D'ailleurs, elle ne put s'empêcher d'avoir un sourire légèrement amusé en l'imaginant passer plus de temps à l'infirmerie qu'au travail, trouvant toutes les raisons de se plaindre de ses douleurs.

Enfin, c'est comme ça qu'elle imaginait les choses. Elle ne dit cependant rien à sa remarque, se promettant de ne plus faire ce genre de chose. Et même si il se vidait de son sang.. bon là on pourrait reconsidérer les choses à la limite.

*Qu'il se torde sur le sol de douleur... Enfin même comme ça je suis sûre qu'il serait capable de refuser les premiers soins. Pas bien de penser à ça...*

Tristan lui laissa la petite fleur jaune. D'ailleurs Cassidy se demandait bien pourquoi il avait fait ce geste lui aussi. C'était étonnant. Enfin, on pourrait considérer ça comme un acte gentil, comme le calumet de la paix pour sceller une amitié mais en moins toxique. Pourtant, ce n'était rien qu'une petite fleur et même si pour Tristan il n'y avait aucun raisonnement derrière le geste, la jeune femme en fut légèrement touché.

Enfin il se leva pour s'approcher du lac, peut être avec une certaine curiosité qui pointait sur son visage pour vérifier les dires de la directrice au sujet des propriétés de ce lac. La jeune femme le regarda faire.

"Et vous Messire Tristan, quelles sont vos questions ?"

Loin de là à imaginer qu'il aimerait la voir nue. Elle pensait plus à un moyen de sortir ou peut être des choses plus personnelles. Cependant, le lac avait envie d'être capricieux aujourd'hui car c'est une grosse grenouille toute heureuse qui s'amusa à perturber le jeune homme. Surpris, il fit des mouvements bizarres, cherchant une épée invisible et effectuant une jolie glissade, la tête en plein dans l'eau du lac. Et pour couronner le tout, la grenouille se posa sur sa tête d'un air ravie.

Cassidy tenta de conserver son sérieux mais en voyant le comique de la situation, la jeune femme ne put s'empêcher d'éclater à son tour mais sans être méchante. Après tout, de l'eau n'a jamais fais de mal. Elle voyait bien le fier guerrier, avec son allure et sa démarche maîtrisé qui se faisait envoyer au tapis par un simple amphibien.

"Apparemment c'est chacun son tour pour les bêtises. Je dois avouer que cette petite grenouille a une bonne stratégie pour vous surprendre."

La jeune femme enleva ses chaussures qu'elle posa à côté d'elle avant de remonter les pans de sa robe afin de ne pas se mouiller. Cassidy s'approcha doucement de Tristan dans une drôle de position, posa la fleur qu'il lui avait offerte à côté de la première et attrapa la grenouille dans sa main libre pour libérer Tristan de son étrange adversaire.

"Vous avez raison, ce lac est d'humeur farceuse aujourd'hui"

Tout en disant cela, elle s'accroupit un peu pour remettre la grenouille à l'eau qui croassa joyeusement. La jeune femme soupira tout en regardant son propre reflet dans l'eau à côté de celui de Tristan. Leurs reflets étaient identiques, encore une fois, le lac n'avait rien à dire et resta silencieux.

Pourtant, la surface de l'eau se mit à trembler alors qu'il n'y avait pas de vent. Les reflets de Tristan et de Cassidy disparurent avant de laisser place à deux enfants âgés de 10 ans. Une petite fille blonde avec des couettes, autoritaire, se tenait à la place du reflet de Cassidy. Et un petit Drakkari au regard grincheux et boudeur se tenait à la place du reflet de Tristan.

Cassidy écarquilla les yeux de surprise.

*Ca veut dire quoi ça ? Non quand même pas...*

Les deux reflets disparurent et réapparurent dans une certaine scène. On y voyait la petite blonde les bras croisés, un regard juste et droit qui fixait le Drakkari en face d'elle. Celui ci se moquait, rigolait d'elle, de ses nattes, de son apparence. Ils commencèrent à se disputer. Puis la Cassidy de l'enfance poussa le Drakkari dans une flaque d'eau. Aucune parole ne sortaient de leurs bouches, c'était juste un spectacle silencieux.

Paralysée par ce souvenir, Cassidy attrapa une pierre et la lança rapidement sur la scène qui se déroulait sous leurs yeux, ne voulant pas en voir plus. Cela appartenait au passé. Pourquoi le lac montrait-il de telles choses maintenant ?

"C'était un parfait crétin à l'époque quand même..."

Le ton de sa voix, le mot qu'elle avait employé, était tout naturellement identique à celui que la petite fille utilisait à cette époque. L'appelant souvent de cette façon dès qu'il faisait le malin, parfois hargneuse, parfois lassée. Elle avait utilisé ce terme à de nombreuses reprises.

Elle se rappelait de ce qu'elle avait enduré et ne voulait plus y avoir affaire. L'image se troubla et disparut, laissant juste les reflets de Cassidy et de Tristan visibles.

La jeune mage poussa un long soupir avant de commencer à se détourner du lac.
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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: Promenons nous autour du lac, tant que le beau drague sans claque.   Sam 19 Mai - 20:55

Avait-elle remarqué les différentes expressions qui s’étaient succédé sur son visage ? Après avoir compris qu’elle l’observait il pensait que oui. En fait, le simple geste qu’elle avait eu, d’ôter doucement une des mèches de sa frange de son visage n’était-il pas totalement étrange et surtout… tout simplement disproportionné par rapport au comportement de la jeune femme ? Après tout elle affirmait ne vouloir d’aucun contact. En gros même elle les fuyait non ?

D’ailleurs il se posait la question de ce rejet.
S’il avait compris le message qu’elle lui faisait plus ou moins passer… A savoir que même s’il était un très séduisant jeune homme, ce n’était pas suffisant avec elle, du moins pour l’heure, il y avait autre chose. Il avait eu l’impression pendant une seconde qu’elle avait peur de ses gestes, non pas en tant que criminel mais en tant qu’homme.
C’était stupide non ? Que pouvait-elle craindre ? Il ne pensait pas lui faire du mal, juste… bon c’est vrai qu’il l’aurait bien embrassé et aurait aussi fait plus avec plaisir mais…

Etait-ce de ceci qu’elle avait peur ?
Eh bien il était vrai qu’ils étaient seuls, personne n’était là pour l’arrêter s’il décidait de se servir. Il fronça les sourcils. Le pensait-elle capable de la violer ? Et dans ce cas c’était bien de ses crimes, de sa réputation qu’elle se méfiait. Il se détendit. Pendant une seconde, très courte, une idée stupide lui avait traversé l’esprit mais c’était impossible.

N’empêche… ses doigts étaient vraiment doux. C’était bien ceux d’une mage, d’un non-guerrier. Il aurait bien songé que c’étaient ceux d’un rat de bibliothèque mais elle n’avait rien justement d’un rat de bibliothèque. Il en avait croisé des mages, obsédés par la connaissance, toujours plongés dans leurs livres, les yeux abîmés à force d’avoir fixé des pages et donc forcés de porter des lunettes ou des runes permettant de renforcer leur vue. Des femmes aussi, mais généralement d’un certain âge, qui ne relevait qu’à peine le nez et pourtant celles qui le faisaient étaient toujours sensibles à son beau sourire.

Elle c’était tellement différent. Déjà parce qu’elle y semblait indifférente, à ce sourire qui faisait fondre tout le monde. Ensuite parce qu’elle ne ressemblait pas du tout à un rat de bibliothèque. Elle était jolie, très jolie même. Il avait beau se dire que son enfermement le réduisait à un état de manque qui lui aurait fait trouver attirante même un laideron il savait que se mentir était stupide et n’amenait jamais rien de bon. Du moins sur ce plan. Oui c’était une belle femme ? Ses cheveux éclatants, d’une couleur tout de même rares, du moins aux nombreuses nuances rares ne semblaient pas du tout négligés même si à cet instant ils étaient encore ébouriffés par sa course.

Elle avait la taille fine. Bon c’est vrai que ce n’était pas une plantureuse jeune femme, de celles aux hanches larges et à la poitrine hum… disons aux poumons importants qui faisaient baver tous les hommes. Mais elle avait aussi un petit quelque chose dans ses airs innocents qui aurait enflammé bien des hommes à sa place. D’ailleurs s’il se maîtrisait ce n’était pas non plus sans mal.
Non, elle était attirante, indéniablement. Ses mains étaient douces, du moins de ce qu’il avait senti sur son front, même si elle l’avait à peine touché. C’était agréable. S’il n’avait pas autant tenu à fierté, s’il n’avait pas aussi cherché à se protéger il lui aurait dit que c’était agréable.

Maud avait rapidement compris qu’il était sensible du cuir chevelu et que lui caresser les cheveux l’apaisait. Elle était aussi une bien curieuse personne. A le traiter à ses quatorze ans à la fois comme un gamin et un adulte, comme un amant et un enfant, elle étant à la fois une maîtresse et comme une tante.
C’était bien un des rares gestes capable de lui ôter pendant un instant ses pensées sombres et ses envies de meurtre.
Mais là c’était différent. Après tout, cette femme, même s’il avait fortement envie de tenter de la séduire, il devait être calme pour l’instant.

Mais son geste, même s’il l’avait un peu effrayé, essayant de ne pas le montrer, l’avait touché. Pourquoi donc se souciait-elle autant de lui. C’était mignon certes mais qu’y gagnait-elle ? Le gens n’agissaient que rarement sans intérêt. Or elle ne gagnait rien à le soigner pour ce simple bleu. D’ailleurs à peine avait-elle fini qu’il se dérobait, même s’il avait fixé longuement son visage pendant qu’elle était concentré. Alors qu’il la maintenait pas fermement mais assez pour qu’elle reste immobile et qu’il puisse comparer ses cheveux à la petite fleur jaune il serra les dents.
Finalement, le garçon s’exprima peu avant de se lever.

- C’est sans doute le coup de manche de hache que m’a donné le grand dadais tout à l’heure.

Ce n’était pas du tout pour qu’elle compatisse ou qu’elle comprenne que ses copains Cheistams n’étaient pas des tendres, pas du tout pour la corrompre même s’il aurait pu tenter. C’était juste pour essayer de se justifier parce qu’en vérité il était un peu perturbé qu’elle se montre si gentille avec lui. Et il ne voulait pas trop le montrer non plus.
Ce n’était pas qu’il lui en voulait de le soigner, seulement il en était déstabilisé.
Non il ne la comprenait pas. A nouveau des doutes se mirent à s’agiter en lui. Etait-elle vraiment honnête ? Pouvait-on être aussi honnêtement gentille ?

Alors pour le cacher il s’était éloigné. Mais il l’avait tout de même remerciée après qu’elle l’ait soigné, relativement vite d’ailleurs. D’ailleurs n’était-ce pas un gentil retour à l’envoyeur ? Après sa démonstration ? Enfin son prétendu vol et la modestie dont il avait fait preuve, voilà qu’elle le soignait, faisant comme si ce n’était pas grand-chose alors que tout de même ce n’était pas rien du tout. Il fronça les sourcils. En fait c’était peut-être ça. Son vol n’était qu’un tour de passe-passe pour lui. Et pour elle ce petit sort qui était tout de même exceptionnel pour lui n’avait rien d’incroyable pour elle.

Oui c’était sans doute cela. Elle ne semblait pas avoir cherché à l’impressionner. Mais elle était là. Elle l’avait soigné. Alors même s’il était un peu distant, gêné d’avoir pu montrer certainement à un moment donné un peu de faiblesse pour qu’elle veuille le soigner, il lui était reconnaissant même si effectivement ce n’était qu’un petit bleu de rien du tout, rien comparé à ce qu’il avait vécu chez les Cheistams… et qu’il valait mieux qu’elle ne sache pas d’ailleurs.
Mais alors qu’il s’approchait du lac pour essayer justement de paraître à peu près indifférent à son tour alors même que son visage s’imposait à son esprit, le choc avec la grenouille fut impressionnant.

Eh bien oui, il ne s’y attendait pas le moins du monde. Lui qui pour se détendre avait pensé à la jeune femme en essayant de l’imaginer moins habillée histoire d’essayer de changer l’image trop surréaliste qu’il était en train de se faire d’elle. Alors il devait se changer les idées.
Mais s’il ne s’attendait pas vraiment à ce que le lac réponde à ses attentes, il n’attendait tout de même pas une telle déception.
La grenouille qui jaillit de l’eau défiant les lois mêmes de Newton et d’Archimède le prit totalement au dépourvu et il fit son étrange ballet.

En effet c’était tout à fait, totalement ridicule. Il avait cherché son épée, ne l’avait pas trouvé, n’avait donc pas eu de contrepoids pour le retenir dans son plongeon vers l’avant et s’était lamentablement cassé la figure. Si le sol n’avait pas été glissant près de l’eau il se serait peut-être réceptionné correctement mais malheureusement pour lui ce n’était pas son moment de gloire et le choc même s’il ne fut pas douloureux n’était pas des plus flatteurs, au contraire, c’était assez humiliant.
Et ce fut encore une fois Cassidy qui vint à sa rescousse, récupérant la grenouille avant de la remettre à l’eau.

Il crachota un instant en se frappant le torse fortement de son poing droit fermé.
Finalement redressé à côté d’elle, le visage trempé il suivit son regard, trouvant son geste encore une fois vraiment simple mais très doux. Elle aurait pu ignorer la grenouille et pourtant même ce petit être elle avait cherché à l’épargner de la colère du garçon. Il la regarda une seconde puis fit comme elle et fixa la surface du lac. Celle-ci leur renvoyait leur image.
C’était une image surprenante.

Lui si grand, elle si petite, lui musclé, imposant, un air de voyou, elle qui était plus mince, à l’air douce et investie, différente et mystérieuse.
Ses cheveux rouges tranchaient avec les siens blonds, sa grimace actuelle avec le léger sourire délicat de la jeune femme. Elle avait ri de sa mésaventure et c’était sans doute pour cela qu’il s’était calmé… seulement pour cela. Elle avait un bien joli rire.

Et là, la surface de l’eau se troubla et il se crispa. Flûte alors ! Voilà que sa vision se matérialisait à nouveau devant ses yeux. Ainsi donc ce lac savait vraiment ce que pensait les gens puisqu’il avait compris, entendu ce que pensait, voyait le garçon.
A savoir ce percevoir plus petit avec sa crinière rouge plus longue qu’actuellement et ses yeux perçants orangés qui avaient souvent ce petit air provocant.
Et voir cette fillette qui avait pendant un instant réellement hanté sa vie. Celle qui s’opposait tant à lui avec tant de courage, d’assurance, de fierté, d’énergie.

Il sourit un peu contrit mais tout de même amusé de la revoir. Oui c’était une fillette bien étrange avec ses couettes et son air trop sérieux. Sauf que si justement il était un peu gêné que le lac montre à la directrice près de lui ce spectacle, son enfance. Oui c’était un peu gênant mais bon pour l’instant ça n’avait rien d’exceptionnel. Il se crispa d’autant plus lorsque le lac capricieux décida de le torturer davantage et lui montra la fois où elle l’avait fait tomber dans une flaque. C’était un acte bien imprudent de la part de la jeune fille parce que déjà il était beaucoup plus grand qu’elle, d’une tête presque et il aurait très bien pu se montrer violent avec elle.

Là il avait juste envie de balancer un très gros caillou dans l’eau pour se venger et aussi effacer aussi au plus vite cette image. Que c’était pénible de voir le petit garçon qui n’avait rien encore d’un guerrier. C’était ce genre de comportement qui l’avait poussé à devenir violent, à devenir plus fort et se venger de ce style d’acte. Sauf qu’il n’eut pas à agir… Parce que Cassidy s’en chargea à sa place en lançant une petite phrase qui n’avait rien d’extraordinaire mais qui le heurta comme s’il avait été repoussé par toute une équipe de rugbymen fous.

Tout à coup, comme il était intelligent, il comprit en un éclair. Ce n’était pas que ses pensées ou ce qu’il avait cru un instant être ses pensées que le lac avait montré… Mais aussi celles de la jeune femme à ses côtés. La jolie directrice à ses côtés. Non… cette petite directrice à côté de lui… Il écarquilla les yeux sous le choc et la pointa d’un doigt accusateur mais aussi légèrement tremblant.

- Tu… tu… tu… tu… La… miss-je-sais-tout… Non… c’est pas vrai ! PAS TOI !!!!


Bouche bée il avait toujours les yeux écarquillés et cette fois semblait bien avoir perdu la voix, incapable de dire quoi que ce soit et l’air totalement horrifié. Et il éclata de rire, un rire très nerveux, vraiment très très nerveux. Comme s’il n’y croyait pas, ne voulait pas y croire le moins du monde. Et brusquement son expression, son visage changea, la gentillesse, la galanterie n’avaient plus du tout l’air présentes.

- Alors c’est là que t’as échoué ! Ah nan c’est pas vrai… de toutes les mages surdouées il a fallu que je tombe sur l’insupportable mademoiselle perfection ! T’as pas grandi ou quoi ?! Je comprends mieux pourquoi cet agaçant air stricte me disait quelque chose. Rah j’ai vraiment pas de bol moi.

Il l’observa d’un œil critique mais un sourire pervers finit par apparaître sur son visage alors qu’il s’approchait très près d’elle.

- Remarque… t’es vachement bien roulée maintenant… c’est pour ça que je t’ai pas reconnu. Rien à voir avec la gamine d’il y a treize ans…

C’est ce qu’il venait de prononcer en lorgnant sans honte son décolleté.
Cependant il cessa rapidement, pris d’un nouveau fou rire mais cette fois-ci plus sincère, s’asseyant dans l’herbe à nouveau, la contemplant.

- Etrange, vraiment…


Il lui sourit en se frottant la tête, troublé… Qu’était-il seulement censé en penser ?
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MessageSujet: Re: Promenons nous autour du lac, tant que le beau drague sans claque.   Sam 19 Mai - 23:36

Bien étrange qu'était cette Cassidy. Mais elle ne voyait pas ce geste comme un rapprochement mais uniquement une petite action simple que l'on pouvait procurer à toute personne blessée. Un geste certes qui tranchait avec ses propos de tout à l'heure mais pour l'instant ça allait, elle ne sentait pas trop à l'aise, concentrée sur cette unique tâche qui avait demandé toute son attention.

De là où elle était, Cassidy pouvait quand même détaillé ce bel homme vraiment bien formé. Un torse qui était fort, robuste, musclé et sûrement bien entraîné de part sa vocation. Dans lequel toute femme pouvait se blottir pour se sentir en sécurité même si le Drakkari n'avait pas vraiment une attitude de protecteur. Des bras puissants, sûrement capable de soulever même les charges les plus lourdes, et même capable de détruire des choses. Après tout, il ne fallait pas l'oublier, les Drakkaris sont capable d'utiliser leur capacité de Berserk pour devenir incontrôlable et foncer dans le tas sans aucune retenue. Est ce que Tristan se servait de cette capacité ?

Du guerrier il n'en avait pas spécialement le physique, du moins sur le visage. Généralement les hommes séduisants se font une place à la cour où ils peuvent manier l'art des paroles et des mots afin de manipuler la situation à leur avantage. Elle imaginait plus les guerriers comme des hommes barbares et barbus, avec une balafre ou une cicatrice traversant le visage signe de leurs nombreux combats mais pas du tout comme celui de Tristan qui semblait apporter un soin extrêmement important à son physique. D'ailleurs plus tôt il avait même coupé sa mèche d'un geste vif pour ne pas être gêné. Bon après tout, cela lui cachait la vue, alors c'était plutôt légitime.

Cassidy avait quand même de l'incompréhension envers Tristan. Parfois il se montrait fougueux comme avec les gardes tout à l'heure, ses expressions, ses envies de dragues, parfois il se montrait plus attentionné en la retenant lorsqu'elle allait tomber, en lui replaçant sa petite fleur et encore à d'autres moments il se révélait être un très bon compagnon, riant de bon coeur et avec une pointe de sincérité. C'était difficile à cerner. Vraiment très difficile. Elle pouvait tout aussi bien penser qu'il ne montrait pas sa nature véritable afin d'attirer sa sympathie. Car Cassidy, si on ne lui fait rien de mal, si on lui montre du respect, elle n'ira pas commettre de mauvais actes. Au contraire, sa générosité a toujours été une de ses plus grandes qualités.

Elle se souvient encore lors de son voyage, lorsqu'elle croisait une personne qui avait besoin d'aide, la jeune femme ne réfléchissait même pas et faisait ce qu'elle pouvait avec ses propres moyens pour apporter son soutien, avec des gestes désintéressés. Elle gagnait son argent grâce aux missions et aux quêtes qu'elle effectuait mais si il lui arrivait de croiser un pauvre habitant dans le besoin, il n'y avait pas besoin de réfléchir davantage. C'est d'ailleurs pour cette raison qu'elle fut autant courtisée par les Cheistams, pour sa bonté, sa puissance, elle partageait la vision des Cheistams c'était une évidence mais jamais la jeune femme ne voulut rejoindre leurs rangs, ne voulant pas se mêler à cette guerre. Son chemin était tout autre. Mais on pouvait comprendre la méfiance de Tristan qui voyait en elle, une parfaite protectrice de la justice et de ces lois.

Lorsque Cassidy posa un instant son doigt sur le front du jeune homme, elle n'avait aucune intention de rapprochement ni ne savait que c'était un geste qui plaisait fortement à cet homme. Après tout, ils ont tous leurs petites faiblesses mais la jeune mage ne voulait absolument pas rentrer dans ce jeu, devenir une séductrice. Non c'était tout naturellement qu'elle faisait ça, un petit tour que lui avait appris un guérisseur et qui permettait de soigner les blessures les plus superficielles.

Pourtant Tristan justifia le coup qu'il avait reçu. Bien que la jeune femme ne comprenait pas le comportement du Cheistam, après tout un prisonnier qui n'avait pas de moyen de s'échapper ne pouvait qu'être docile. A moins que Tristan s'était débattu et que c'était un coup bien mérité. A vrai dire, elle n'en savait pas grand chose de ce qui s'était passée. Mais bien heureusement pour elle, c'était une mage, la violence physique ne faisait pas parti de son quotidien. Elle était capable de maîtriser tout en douceur quand la situation l'exigeait. Bien qu'elle était aussi une redoutable combattante face aux brigands et bandits des grands chemins. Et encore plus des hommes cherchant à l'atteindre et à abuser d'elle. Ceux là recevaient des sorts encore plus forts tellement la gêne de Cassidy était importante. Cela lui rappela le jour où elle en avait blessé un sans le vouloir. Un homme pervers et vicieux qui voulait abusé d'elle. Sans avoir chercher à comprendre, Cassidy avait lancé un sort qui laissa une longue balafre sur le visage de l'homme. Mais depuis ce jour, la jeune mage avait toujours cherché à éloigner ses adversaires le plus loin possible d'elle. Car chaque geste qu'elle considérait comme mal lui donnait énormément de remords.

Que pensait le beau jeune homme à la crinière flamboyante dans sa tête ? Qu'est ce qu'il ressentait ? Pendant un instant, Cassidy aurait bien voulu utiliser un sort pour mieux le comprendre car il fallait le dire, la curiosité est humaine après tout, mais ce n'était pas très sympa de sa part d'utiliser un sort alors qu'il était sans défense, et peut être, elle l'espérait, il se détendait un peu dans cet endroit, sentant sûrement qu'il n'était pas en danger immédiat avec elle pour le moment. Alors non, elle n'utilisa aucun sort, car après tout, elle apprendrait bien en temps et en heure tout cela. Parfois il valait mieux laisser la magie au placard et laisser la nature faire les choses.

*On utilise la magie avec sagesse, pas pour satisfaire ses petits besoins...*

Oui, avec ce type de réflexion, c'était déjà une grande mage. Se servant de son pouvoir quand il le fallait même si quelques petits sorts de confort aidaient bien de temps en temps.

Cependant, lorsqu'il était tombé dans l'eau, cet espèce d'enchaînements de figures plus drôles les unes que les autres, la jeune femme avait d'abord été inquiète. Il ne manquait plus qu'il boive la tasse dans son malheur. Enfin le Drakkari semblait plus résistant que ça, malgré sûrement la grosse colère qui n'était pas loin. Et pourtant, elle était l'incarnation de la douceur et lui de l'énergie. Oui, deux êtres bien différents dans leur façon de faire, mais c'est ça qui les rendaient uniques.

D'ailleurs la jeune femme avait les pieds dans l'eau alors qu'elle observait la surface du lac. La température était un peu froide mais cela ne la dérangeait pas vraiment. Et pourtant, cette simple vision qui apparut la glaça. Au départ, il était vrai, les deux jeunes gens étaient contrastés. On ne pouvait pas faire mieux. Elle une petite femme, érudite et pratiquant la magie, avec de la bonté dans son coeur, un brin sérieuse et amoureuse des règles et lui, le fier, le grand Drakkari qui avait misé tout dans ses muscles, son côté rebelle et l'opposition à toute forme d'autorité.

Et lors de cette scène qu'ils étaient en train de revivre, la jeune femme ne put s'empêcher de grimacer. Elle n'avait pas été très sympa à l'époque. Mais le Drakkari la mettait à bout, touchant sur ses nerfs les plus sensibles, la faisant craquer même si elle ne le montrait pas. Il ne voulait pas être comme les autres mais au lieu de cultiver cette différence dans son coin, il faisait souffrir tout le monde. Alors certes, elle avait été brusque, se retournant contre lui et jouant son propre jeu mais toujours elle avait eu ce petit pincement au coeur. Et pourtant, la jeune femme ne voulait plus voir ces images du passé.

*Qu'est ce que tu veux me dire ? Pourquoi me remontre tu cette image du passé ? Dois-je voir un quelconque signe dedans ?*

Mais c'était une souffrance pour la jeune femme, elle s'en voulait terriblement. Et encore plus de l'avoir pousser car elle ne savait plus quoi faire, impuissante, voulant le réveiller, lui faire comprendre. Alors, lorsqu'elle prononça les mots crétin qui avaient lâché malgré elle tout en balançant la pierre dans leur reflet, Cassidy eut une certaine ombre qui passa au dessus de son visage. On aurait dit qu'elle regrettait cette action.

"Je n'aurais jamais du le pousser comme ça..." murmura-t-elle sans savoir si Tristan l'avait entendu ou pas.

*C'était un crétin oui mais un crétin attachant en fin de compte*

Il l'a fatiguait, la mettait à bout mais savait-il au moins ce qu'elle avait ressenti après son départ ? C'est comme ressentir un vide, un espace tellement grand, voir cette ombre partout autour de soi. A chaque fois qu'elle voyait une chevelure rouge, elle pensait que c'était lui qui revenait. Et en fin de compte, la petite fille de l'époque s'en voulait terriblement, se sentant responsable de son départ.

Un jour, alors qu'elle croyait encore avoir vu l'ombre du Drakkari, Cassidy n'avait pu arrêté ses larmes, s'en voulant horriblement, que c'était sa faute à elle si il était parti, qu'elle lui avait fait du mal. Oui, car la petite fille a eu beaucoup de mal à se remettre de sa disparition. Elle aurait voulu au moins une explication même si elle savait très bien que le Drakkari était trop faible pour l'admettre. Ces souvenirs revinrent dans sa mémoire, elle avait oublié à quel point cela avait été douloureux pour elle. Après tout, cela remontait à longtemps à présent.

Alors, elle fut attiré par les paroles de Tristan, et peut être que pendant l'ombre d'un très bref instant, il avait aperçu ce regard un peu douloureux, un fond de tristesse alors qu'elle revoyait ses souvenirs. Et il semblerait que le Drakkari avait eu le déclic comme elle l'avait vu quelques minutes avant. La pointant du doigt, se confondant entre le vouvoiement et le tutoiement. Après tout, comment appeler une vieille connaissance ?

Cassidy reconnut le surnom qu'il lui donnait. La Miss-je-sais-tout. Car elle avait une soif d'apprendre à l'époque, c'était toujours une petite fille sérieuse, avec toujours la réponse au bout de son doigt, ce qui agaçait fortement Tristan à l'époque. Les masques étaient tombés, on pouvait bien le considérer comme le petit Drakkari désormais.

*Et moi qui pensais être tranquille avec cette révélation... Enfin il l'aurait bien appris un jour ou l'autre*

D'abord le visage de Tristan montrait une expression comme si il venait de voir un fantôme. Etait-ce l'effet qu'elle lui faisait ? Ils étaient grands désormais et Cassidy retourna directement sur la défensive, changeant son visage doux et paisible pour se donner un air un peu plus sérieux, ne pouvant anticiper les évènements à l'avance maintenant qu'il l'avait reconnu. Et d'ailleurs, Tristan changea complètement. Comme si le simple fait de l'avoir reconnu avait fermé ce visage aux bons sentiments qu'il avait pu avoir.

Envolée toute la politesse, le vouvoiement. Son air, son attitude étaient tout à fait différents. Il ne ressemblait pas au jeune homme d'il y a quelques minutes. Etait-ce son véritable visage ? L'insupportable gamin qui s'amusait d'elle. Cassidy serra les dents puis garda une attitude totalement fermée, stricte, sévère, ne voulant pas lui en dévoiler davantage.

"Tu... Je... Vous croyez vraiment que j'ai de la chance ? Sur tous les Drakkaris il a fallu que je tombe sur l'insupportable Tristan. Toujours à me mettre des bâtons dans les roues, toujours à vouloir faire du mal aux autres."

Non, elle ne voulait tout simplement pas lui montré qu'elle s'était ramollie, ce qu'elle avait subi, enduré, la souffrance de sa disparition. C'était inutile car lui même se moquerait bien d'elle. La jeune femme sortit les pieds de l'eau puis s'éloigna un peu de lui, croisant fermement les bras, l'air tout aussi fermé.

"La surprise est immense en effet..."

Il se moquait de sa petite taille, ce qui la fit tiquer bien qu'elle resta impassible. Une bonne gifle ne lui aurait pas fait de mal.

*Retiens toi retiens toi... Ne laisse pas la colère t'envahir sinon il aura gagner*

Feignant l'indifférence en effet, elle répliqua.

"Et les muscles, c'est pour épater la galerie ? J'imagine bien que vous avez du faire tomber pas mal de pauvres femmes dans vos filets... Gonflette..."

Cassidy ne lui ferait pas ce plaisir de le tutoyer. Du moins, pas pour l'instant. Oui elle le connaissait mais il fallait qu'elle comprenne que tant que leurs ardeurs ne seraient pas un peu plus amicales, il était hors de question qu'elle le tutoie. Sauf si évidemment la colère finisse par l'emporter et qu'elle perde un total contrôle sur elle même.

Même son regard avait changé, pervers, et une phrase qui l'a fit tiqué encore plus alors qu'il s'approcha dangereusement d'elle, sortant une phrase plutôt osé.

*Oh ! Le gredin ! Non mais je t'ai pas permis ! Retiens toiiiiiii ! Ne le gifle pas !*

Mais alors que la distance de sécurité se réduisait, Cassidy leva la main, non pour le gifler, ce qu'elle fait fortement envie mais en traçant une rune par principe de précaution. Son comportement ayant totalement changé, il pouvait tout aussi bien devenir violent ou dangereux, souhaitant se venger de l'attitude que Cassidy avait eu à son égard.

Murmurant deux trois mots, elle tendit la main en avant alors qu'elle avait lancé une protection sur elle même mineure, l'empêchant de porter la main sur elle. Si il avait chercher à le faire, il se serait heurté à une barrière invisible. La jeune mage avait été très rapide en incantant ce sort, montrant qu'elle pouvait réagir très rapidement en fonction des circonstances.

Mais il ne fit rien de plus que de fixer le bas de son décolleté, faisant une remarque pas vraiment flatteuse.

"Non mais sérieusement, vous avez fini de lorgner sur moi de cette manière ? Je ne suis pas votre fille de joie. Alors arrêtez tout de suite votre petit manège, je vais vous apprendre à voler sinon"

Cela risquait de poser de gros problèmes. La jeune femme étant complètement pudique, elle prenait très mal tous ces regards malsains et encore plus venant de Tristan.

*Je sens que je vais pas aimer son nouveau trait de caractère...*

Mais Tristan ne leva pas la main, n'eut aucun comportement bizarre, et se contenta de se rassoir dans l'herbe. C'était étrange pour lui, bien que son sourire avait changé d'un coup, semblant ainsi, plus sincère. La pauvre Cassidy en perdait la tête. Oui elle devait rêver, c'était impossible qu'il soit là. D'ailleurs elle devrait aller piquer une tête pour se réveiller.

La jeune femme rompit le contact de sa protection, cette canalisation lui mangeait tout son pouvoir magique, encore plus quand elle n'avait pas son bâton à proximité. Que celui ci lui manquait à l'heure actuelle. Elle lui aurait fait mordre la poussière depuis longtemps. Et pourtant.

Cassidy l'observa, assis dans l'herbe, et pendant un instant, elle ne dit rien à part garder le silence. Malheureusement le fait d'avoir utiliser plusieurs sorts, dont un à canalisation la vidait de son énergie et son teint devint un peu plus blanc. Ses forces commençaient à partir et il valait mieux que Tristan ne s'en rende pas compte, sinon il ne lui restait plus beaucoup de solutions. Et l'imaginer poser les mains sur elle l'écoeurait au plus haut point. Non, elle ne voulait pas !

*Fichu bâton ! Pourquoi c'est aussi encombrant ce type d'objet ? Je commence à perdre mes forces. Si il revient à la charge, je n'aurais le droit qu'à un coup. Et encore, je risque de complètement me vider. Seule ici avec lui, il pourra bien en profiter. Aaaah nooooooon !*

La jeune femme demeura impassible, ne montrant pas cette énergie qui l'avait quitté. Seul son visage un peu plus pâle était visible. Cassidy était trop fière pour lui avouer qu'elle ne sentait pas bien, qu'utiliser la magie sans son bâton lui prenait ses forces. Elle se contenta de rester fière, face à lui, jusqu'à trouver une bonne idée. Qui se présenta rapidement.

"Bon la visite est terminée. J'ai des choses à faire maintenant. Vous pouvez vous balader selon vos envies. Votre chambre se situe au deuxième étage et je pense que vous êtes assez intelligent pour trouver le chemin. Si vous souhaitez vous désaltérer, le réfectoire se trouve dans le couloir de gauche au rez de chaussé"

Cassidy voulait fuir. Trouver un endroit pour reprendre ses esprits, récupérer sa magie, et se tenir loin de lui pendant un moment pour être au calme. Cela ne lui ressemblait pas du tout, elle qui tenait toujours tête et qui jamais ne se repliait. Cela pouvait paraître vraiment suspect pour Tristan qui aurait ainsi le loisir de chercher un moyen de sortir sans crainte d'être dérangé. Oui, elle aurait pu resté avec lui, mais pas dans ces conditions. Il fallait qu'elle se pose, qu'elle se calme.

Sur ce, elle remit ses chaussures pour se diriger ainsi vers le château.

"Sur ce, je vous souhaite une bonne fin de journée. Votre travail commence demain, donc profitez bien de cette journée..."

Elle lui jeta un bref regard, lui laissant voir un léger trait d'adoucissement sur son visage vraiment très passager puis lui tourna le dos, sans montrer un quelconque signe de faiblesse.

*Et surtout, fais pas de bêtises en mon absence...*
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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: Promenons nous autour du lac, tant que le beau drague sans claque.   Dim 20 Mai - 10:52

Un geste simple, si simple pour elle. Un petit tour de magie qui n’avait peut-être rien d’extraordinaire pour une mage aussi talentueuse qu’elle paraissait l’être, qui aurait certainement posé bien plus de problème à un mage basique.
Il était certain que ce simple tour de magie comme elle semblait le montrer n’était effectivement rien du tout pour elle mais loin d’être aussi facile à réaliser pour d’autres.
Et malgré tout, Tristan ne comprenait toujours pas.

Pourquoi s’attardait-elle à une telle action ? N’avait-elle pas peur de se vider de son énergie avec une action aussi impulsive bien que généreuse ? Parce que oui c’était très généreux de sa part bien entendu mais tout de même. Ce n’était qu’un petit bleu. S’il avait eu le front ouvert et saignait il aurait compris mais n’était-elle pas un peu naïve ? Croyait-elle vraiment que ce petit hématome était douloureux pour lui ? Alors même qu’il était rompu de coups, qu’il se remettait que lentement de toutes les… motivations pour parler qu’on lui avait donné. Pourquoi se soucier d’un bleu ? Pensait-elle sincèrement que c’était important ?

Oui elle était naïve ! Naïve de croire en la justice des Cheistams. Mais bon, même ça il n’en était pas vraiment certain. Oui, ce n’était pas parce qu’il avait atterri ici et ne pouvait pas s’en enfuir pour l’instant, ce n’était pas parce que les Cheistams l’avaient justement directement transféré à cette jeune femme qu’elle suivait leurs idéaux et qu’elle était des leurs…
Euh quand même, ça en avait tout de même tout l’air !
Si elle n’était pas de leur côté, pourquoi aurait-elle accepté qu’il vienne hein ? Enfin elle avait dit clairement qu’elle n’approuvait pas tous les gestes de cette faction mais était-ce parfaitement honnête ?

Pourtant il n’eut pas le temps de se poser davantage la question, concentré sur le visage penché sur lui. Pourquoi ? La vraie question était plutôt pourquoi une aussi ravissante jeune femme était-elle toute seule, dans cet endroit étrange, éloigné, à tenter de fonder une école pour tous, sans distinction ? Bien sûr c’était un idéal très noble et même s’il n’avait pas l’intention de le montrer le jeune homme était admiratif d’un tel courage et d’un tel investissement personnel. C’était tout de même rare de trouver des personnes ainsi et surtout des femmes parce que dans ce monde même si l’équité était prônée l’homme dominait souvent.

Alors il se posait vraiment la question. Pourquoi n’était-elle tout simplement pas en couple, déjà mariée. Bon elle semblait un peu plus jeune que lui puisqu’il ne se doutait pas encore qu’elle avait son âge, mais tout de même. Avec son beau visage, ses traits attirants et le sourire dont elle était capable malgré son air sévère elle trouverait un homme en moins de temps qu’il ne faut pour seulement penser à poser l’annonce. Alors pourquoi était-elle ici ? Apparemment célibataire… Pourquoi se retrouvait-elle à devoir faire la nourrice pour un homme de son âge ou plus considéré comme un criminel ?

Oui elle était puissante sans aucun doute, oui c’était une mage et certainement, elle pouvait le contrôler avec sa magie du moins en grande partie. Mais est-ce que ça n’allait pas contre l’ordre des choses ? N’aurait-il mieux pas valu qu’il ne se trouve pas ici ?
Enfin bien sûr qu’il ne l’aurait mieux pas valu parce que cela signifierait qu’il serait toujours libre et ça Tristan en aurait été bien entendu ravi.

D’un autre côté comme cet endroit n’avait rien d’une prison, malgré qu’elle lui demande apparemment de mettre ses muscles à l’œuvre pour aider à construire un mur solide, il pourrait véritablement se reposer et reprendre des forces avant de tenter l’évasion. Et puis, ça n’avait rien de désagréable d’être surveillé par une aussi charmante jeune femme.
Aussi et c’était bien vrai, il se lançait un peu le défi de parvenir à la séduire parce que qu’elle lui résiste, même si c’était une situation inhabituelle ne pouvait que la rendre plus intéressante encore.

Et puis il y avait eu l’incident du lac, cette étrange image qui était apparue. Il en était un peu gêné malgré tout. Il se rappelait de sa faiblesse à l’époque. Du fait que s’il était capable de faire des sales coups, de nombreuses bêtises, de se battre, d’embêter cette fillette, parce qu’elle était plus petite que lui, parce qu’aussi même s’il ne le disait pas, il l’aimait bien, il n’avait jamais pu lever la main sur elle. Mais bien sûr il y avait eu des moments où il l’aimait beaucoup moins. La façon dont elle s’était dressée immédiatement contre lui, relevant fièrement le menton alors même qu’il était bien plus grand qu’elle.

Bien sûr à l’époque il n’avait pas du tout la mâchoire aussi carrée, ni les muscles qu’il possédait aujourd’hui, ses traits étaient ceux d’un enfant et même s’il n’était pas des plus sympathique il n’était pas non plus une horrible canaille. D’ailleurs c’était certainement ce dont se méfiaient le plus les professeurs. Sa capacité à être totalement imprévisible, parfaitement sage et calme un jour, une tempête ambulante le lendemain. Seule elle arrivait à faire la différence réelle et à savoir quand il allait se lancer dans une de ses nombreuses bagarres.

Seulement ce n’était pas que les plus faibles qu’il tourmentait. En effet il se battait aussi avec bien plus âgé que lui et peu importait l’issue du combat il y allait avec une hargne et surtout un amusement certains.
Il se souvenait d’elle et alors qu’il fixait l’image douloureuse il se rappela de ce qu’il avait ressenti ce jour là. Il n’avait pas été très gentil bien sûr mais elle semblait très énervée ce jour là. Il fallait dire qu’il l’avait enfermée dans un placard pendant plus de deux heures aussi. Pourtant c’était bien lui qui était venu la libérer et pas un autre en lançant sur un ton de défi un petit « on est quittes pour le coup de la morale en pleine classe ».

Ah oui, lui faire la morale, le ridiculiser devant tout le monde avec des mots. Il avait serré les poings et son visage s’était fermé alors que les autres riaient. Il ne s’était pas jeté sur elle mais il l’avait enfermée peu après dans un placard. A l’origine plein de rancœur il se souvenait s’être approché d’elle avec un des balais utilisé dans la petite salle de classe. Pendant un court instant il avait eu envie de la frapper jusqu’à la briser comme une petite poupée et il ne savait même plus comment il avait pu se retenir et se contenter de l’enfermer mais il s’était vite éloigné et avait couru à s’en éclater les poumons pour se débarrasser de cette envie meurtrière qui lui faisait peur, beaucoup plus que ce qu’il aurait cru.

Quand il était revenu, en nage, ses cheveux à l’époque plus longs retenus par un bandana qui lui donnait un air de pirate, il avait envie de s’excuser. Alors même que ce n’était pas du tout dans ses habitudes. Il avait envie de lui demander pardon, non pas pour l’avoir enfermée parce qu’inconsciemment il l’avait protégée de lui-même ainsi, mais d’avoir voulu, même brièvement, lui faire du mal. Elle était tellement intelligente, tellement gentille avec tout le monde, tellement tolérante. Il était sûr qu’elle l’écouterait. Même s’il n’avait pas arrêté de l’embêter jusqu’alors comme dans un jeu.

Mais il n’avait pas eu le temps de s’expliquer. Alors même qu’il déverrouillait la porte en l’appelant mais cette fois pas de la même voix provocante dont il usait toujours, elle avait repoussé la porte d’un coup de pied et il avait été étourdi par la poignée venue lui frapper la tempe gauche. Elle devait être très en colère pour en être capable et alors qu’il reculait en essayant de s’expliquer c’était furieuse qu’elle s’était avancée vers lui. Il était sorti en reculant de ce débarras quasiment inutilisé et s’était retrouvé dans la cour petite mais suffisante pour les enfants qui s’y amusaient.
Elle l’avait poussé avec bien plus de force qu’elle ne semblait en posséder.

C’était là qu’il avait atterri dans cette flaque. Oh il s’en fichait pas mal à vrai dire ça n’avait rien de grave. Seulement tout le monde le vite et les rires partirent de partout. Tristan eut un sourire presque mélancolique en se remémorant le sourire victorieux qu’elle avait affiché qui se présentait devant ses yeux et lui sa mine déconfite.
Elle était comme les autres, non elle était pire que les autres même. Il s’était relevé et il était parti.
C’était la dernière fois qu’il l’avait vu. Enfin pas tout à fait… Elle c’était la dernière fois qu’elle l’avait vu mais lui… non.

Seulement si revoir cette scène était gênant ce n’était pas non plus très grave. Ca ne l’aurait pas été du moins si elle n’avait pas prononcé le surnom qu’elle avait moult fois utilisé pour le caractériser.
Quand il l’entendit de la bouche de la femme à ses côtés, Tristan pensa juste que son cerveau lui jouait des tours, que le tour de magie qu’elle avait utilisé pour le guérir avait un effet secondaire inattendu et qu’il réentendait les voix de ses souvenirs.

En réalisant que c’était bien elle qui avait parlé, son cerveau avait fait immédiatement le rapprochement. Il avait compris en l’espace d’une seconde et le choc avait été de taille. Non, c’était impossible ? Le destin était-il donc aussi curieux que cela, aussi étrange ? Aussi joueur ?
C’était pour ça qu’il l’avait observée bouche-bée, perturbé. De plus en voyant la tête qu’elle-même faisait il comprit tout aussi bien qu’elle s’était doutée de tout cela déjà et qu’avec cette confirmation elle n’était qu’à peine surprise, bien qu’apparemment ennuyée de la situation.

Oui il était bouche bée et oui il avait l’impression de voir un fantôme. Parce que même si la petite fille à l’époque était mignonne c’était incomparable avec la magnifique jeune femme qu’elle était devenue. Le lien ne s’était pas fait dans son esprit car malgré tout le temps était passé, qu’il avait fini par arrêter de penser à elle, que lui n’avait pas grand-chose à regretter justement et aussi que malgré ces cheveux dorés elle était… tellement différente. Il se remémora ces mimiques, cette mine sévère… Ca oui, elle les avait toujours mais elle était… elle ressemblait vraiment à une femme, une belle femme à présent !

Quand ils s’étaient quittés, ils n’étaient que des enfants. Lui avait des traits bien distinctifs encore, ses cheveux trop rouges, ses yeux rouge-orangés aux pupilles de chat malgré qu’il soit un Drakkari eh bien il avait changé tout de même. Son visage avait totalement perdu de son innocence contrairement à elle. Ses traits étaient devenus ceux d’un homme même s’il était effectivement resté trop séduisant pour un simple guerrier. Physiquement aussi, même s’il était mince et résistant à l’époque c’était incomparable avec sa musculature actuelle. Elle… bien qu’elle ait aussi des traits particuliers était devenue aussi jolie qu’une fleur qui éclot enfin et il se rappela aussitôt que dès le premier regard il l’avait trouvé attirante. Fichues hormones !
Seulement elle lui parla, lançant des phrases pas vraiment très gentilles alors que s’il était taquin ce n’était pas bien méchant. Son visage s’assombrit.

- Du mal aux autres hein ?... Bien sûr oui… bien sûr…


Elle par contre semblait décidée à le vouvoyer. Ce n’était pas qu’il hésitait vraiment. Seulement elle était la fillette qu’il avait quittée, en plus grande, enfin pas beaucoup plus, en plus belle, vraiment charmante en fait. Il se demanda même si, s’il était resté dans son village, il ne l’aurait pas, au moment de l’adolescence déjà, trouvée très jolie.
Il la tutoyait oui… et alors ? Il avait bien le droit non ?
Après tout, ils se connaissaient… Plus besoin de passer par le vouvoiement.

Le jeune homme fronça les sourcils, il était calme pour l’heure malgré la frustration et le choc de la nouvelle. Etait-elle gênée qu’il la tutoie ? Plus encore était-elle gênée de savoir qu’il se souvenait d’elle et donc des coups qu’il avait pu lui faire ? Avait-elle peur tout simplement qu’il les recommence et surtout soit en mesure de lui en faire des bien pires maintenant qu’ils étaient adultes. Après tout il était un homme, elle une femme, sa réputation parlait pour lui. Un sourire amusé apparut sur ses lèvres. Avait-elle peur de lui ?

Il fronça un peu plus les sourcils. Elle s’éloignait de lui. Etait-ce vrai ? Elle s’opposait aux contacts comme ce qu’elle lui avait précisé alors qu’ils faisaient juste connaissance ? A présent qu’ils savaient tous les deux qui était l’autre, leur relation changeait totalement, elle était… distante, sérieuse, sévère. C’était bien avec cette attitude qu’elle allait le faire redevenir taquin… C’était beaucoup trop tentant. Elle accusa ses muscles, les traita de gonflette et il éclata d’un rire sincère.

- De la gonflette ? Sérieusement ?... Pas mal… J’imagine que ce genre de réflexion fonctionne avec les faibles d’esprit. Ca ne vaut même pas la peine de s’énerver là.

Réellement amusé il soupira, se frotta tant le front là où se trouvait son bleu peu avant. Il avait tout de même ajouté sur un ton plus sérieux et sans sourire qu’effectivement les femmes lui tombaient facilement dans les bras et qu’elle n’en semblait elle-même pas plus surprise que cela. Cependant il n’ajouta rien sur le coup.
Et la situation se compliqua et devint également d’autant plus drôle juste après. Alors qu’il s’approchait il remarqua ses signes rapides. Elle appelait sa magie ? Pour se protéger de lui ? Sérieusement ?

Le jeune homme haussa les épaules comme si de rien n’était. De toute manière il n’avait réellement pas l’intention de l’approcher davantage. Par contre elle n’avait été des plus gentilles dans ses paroles. Justement alors que lui la provoquait. Il ressentit ce léger frisson de fierté comme à chaque fois qu’il arrivait à la faire tourner en bourrique. Ca n’avait pas changé.
Il s’éloigna donc tranquillement s’étirant.

- Une fille de joie et puis quoi encore… tsss… Tu es devenue bien trop jolie comme ça… Oh et je ne m’amuse pas avec les filles de joie au passage comme tu les appelles.

Il observa son visage même s’il était plus loin. Elle avait effectivement pâli et il commençait à faire le rapprochement se doutant que même si elle était puissante elle ne pouvait pas indéfiniment utiliser la magie sans son bâton. Ainsi elle avait du mal depuis qu’elle avait jeté son sort quand il s’était approché d’elle et là cherchait à ne surtout pas le montrer. Il en était surpris mais aussi très amusé. Oui c’était tout à fait digne d’elle, il aurait dû s’y attendre.
Alors même qu’elle lui disait que la visite était terminée et cherchait à s’éloigner, il se leva tranquillement et vint tout simplement lui bloquer le chemin, écartant les bras sur les côtés de son corps, mais pas non plus dans une attitude vraiment menaçante.

- Eh bien, je ne suis pas d’accord… ce n’est pas une très bonne attitude d’hôte ça… on ne sait jamais si je me perds… A moins que tu ne te sentes trop fatiguée par une… hypoglycémie sans doute… Ajouta t-il avec son sourire moqueur
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Cassidy Herediane
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MessageSujet: Re: Promenons nous autour du lac, tant que le beau drague sans claque.   Dim 20 Mai - 12:23

Elle dévisagea le beau jeune homme qu'il était devenu. Non ce n'était pas possible. Cassidy ne voulait pas revivre tout ça. Elle n'en avait pas envie. Elle se sentait responsable, mal à l'aise, complètement perdue face à son adversaire de l'enfance. Pourrait-elle tenir aussi longtemps dans ces conditions ? A vrai dire, la jeune femme avait peur de craquer cette fois. Pour tous les remords qu'elle avait eu, toutes ces fichues leçons de morale qui avait eu raison de lui. Et surtout, les moqueries des autres.

Ce que Tristan ne savait pas, c'est que même après son départ, la petite Cassidy de l'époque avait un peu changé. Les autres enfants étaient cruels dans son dos, se moquant bien de lui, espérant sa mort ou autre situation malheureuse. Alors à ce moment là, Cassidy s'était redressée et elle avait crié, insultant tous ces jeunes qui ne comprenaient absolument rien. Que maintenant qu'il était parti, ce n'était plus la peine de lui faire encore plus de mal. Que les autres enfants ne valaient pas mieux et que c'était tous des minables. Qu'il fallait respecter sa mémoire suffisamment tâchée comme ça. Cela Tristan ne devait pas le savoir. Et puis même si il le savait, il aurait été trop fier pour reconnaître qu'il avait été défendu par la seule fille qui osait lui tenir tête. Car au final, Cassidy avait toujours ce bon coeur, cette bonté en elle, mais aussi, elle ne voulait plus qu'on salisse la mémoire du petit Drakkari.

Le jour où elle défendit Tristan alors qu'il n'était même pas là, les autres enfants se calmèrent, ne souhaitant pas la voir se retourner contre eux. Si elle était capable de tenir tête à Tristan, alors ils ne faisaient pas le poids. Voilà la raison pour laquelle la petite fille n'aurait jamais pu être une Cheistam. Elle est gentille, respecte les valeurs, mais est aussi capable de défendre le pire des voyous même si toutes les preuves sont contre lui. L'avoir dans le camp des Cheistams les conduirait à leur perte et même les plus hauts placés savaient pertinemment qu'ils ne pourraient jamais contrôler Cassidy.
Et pourtant, jamais Cassidy n'aurait agi ainsi si Tristan avait été là. Jamais elle ne lui aurait montré le moindre signe de faiblesse face à lui, se sentant plutôt fière de le remettre à sa place. Et c'est aussi pour ça qu'elle n'avait jamais été facile à cerner.

Cependant, le revoir là, en face d'elle, était bien plus dur que ce qu'il ne paraissait. S'attendait-elle un jour à le voir ressurgir telle un magicien ? La surprise était impressionnante, irréelle. Pendant un instant, Cassidy songea à le renvoyer chez les Cheistams. Oui qu'ils se débrouillent avec lui ! Elle n'en voulait pas. Et si il s'échappait, tant pis, cela lui importait peu. Elle regarda Tristan, prête à lui dire qu'au final elle le renverrait là bas. Mais était-ce vraiment une bonne idée ? Cassidy revoyait les rires moqueurs des élèves de sa classe, après tout, c'était aussi une des causes de l'exil de Tristan, ce qu'elle pensait. Il ne devait pas être bien. Alors le renvoyer chez les Cheistams n'était pas une bonne chose pour le garçon, elle imaginait bien qu'en plus de faire du grabuge, il en souffrirait même si il était sûrement trop fier pour le dire.

*Je suis coincée... Il ne le sait pas mais je ne peux pas le laisser sortir...*

Cassidy se positionnait encore en rôle de protectrice. Oui bien sûr, elle l'aurait fait sortir si elle le pouvait. Mais repenser à ses crimes lui faisait mal au coeur et plus que ce qu'elle ne croyait.

Et pourtant, plutôt que de lui balancer toute l'inquiétude qu'elle a pu avoir pour lui pendant un moment, la jeune femme balançait des choses pas vraiment gentilles à son égard. Elle était déjà sur la défensive, reprenant ses mécanismes qui lui permettait de tenir tête à Tristan. Elle se forgeait cette carapace pour ne pas qu'il la voit réellement comme elle était bien qu'au fond, Tristan avait déjà remarqué qu'elle n'était pas particulièrement méchante. Ce sont juste ces vieilles histoires du passé dont les blessures avaient du mal à cicatriser. L'attaquant sur les autres même si elle savait qu'elle avait tort.

*Tu t'enfonces... la douleur te fait dire n'importe quoi ma pauvre...*

Alors qu'il était si simple de lui dire qu'elle regrettait et que plutôt que de penser à tout ça, il valait mieux se concentrer sur la suite des évènements. Et pourtant, en dévisageant Tristan, elle ressentit ce vide comblé enfin après tant d'années. La boucle était bouclée mais le jeu ne faisait que commencer. Et puis, la jeune femme pensait que si effectivement elle l'avait connu adolescent, il y aurait eu de fortes chances pour qu'elle éprouve des sentiments pour lui. Même si elle aurait tout fait pour refuser de l'admettre. C'était comme si il y avait un lien de haine très fort. Mais ne dis-t-on pas que la haine et l'amour sont deux sentiments très proches l'un de l'autre ?

Les simples phrases qu'elle balança ne lui firent aucun effet. Comme si il riait plus de la voir gesticuler ainsi, alors que la jeune mage cherchait des choses à lui balancer. Sérieusement, l'envie la tentait de lui ouvrir la porte de son domaine et de le pousser dehors avec un gros coup de pied au derrière et les remerciements des Cheistams. Elle se contenta de hausser les épaules sans faire d'autre commentaire. Après tout ça ne servait à rien de se défouler comme ça sans raison.

Il répondit sur la négative comme quoi il utiliserait des filles de joie. Peut être trop facile pour lui. Cassidy eut une moue boudeuse, se mordillant la lèvre inférieur avec douceur puis eut envie de sourire un instant, voire même de garder un petit rire ironique. Mais elle préféra rester neutre.

"Jolie... jolie... vous les hommes vous n'avez que ce mot à la bouche. Vous ne voyez que la beauté physique ! Pfff ! Ce n'est pas ça qui changera mon caractère et ma façon d'être et vous le savez parfaitement. Je serais toujours la Miss parfaite comme vous le dites si bien et je doute que je sois à votre goût"

Elle lança un léger soupir.

"Nous sommes trop différents..."

Alors qu'elle cherchait à fuir de cette présence pour au moins remettre ses idées au clair, Tristan ne semblait pas être d'accord, se postant devant elle pour l'empêcher de passer. Mais après tout il avait tellement raison cette fois ci. Ce n'était pas très sympa de sa part de le laisser tout seul. Quel manque de courtoisie. Mais lorsqu'il lui parla d'une éventuelle hypoglicémie, la jeune femme se crispa légèrement.

*Zut ! Il a remarqué... Je suis bien moi maintenant*

Elle rejeta un instant ses cheveux en arrière tout en gardant sa dignité. Hors de question qu'il soit au courant de son état. Alors elle tapa un instant le pied sur le sol pour lui montrer que non, elle n'était pas fatiguée. Préférant mentir jusqu'au bout pour ne pas qu'il s'en rende compte. Douce illusion.

"Bien sûr que non je ne suis pas fatiguée ! Vous me prenez pour qui ? Très bien ! Je vais rester avec vous..."

Le regard de Cassidy se perdit dans celui de Tristan. Un regard sérieux, impénétrable. Difficile de prévoir ses réactions et pensées à elle aussi. Et pourtant, être une mage voulait aussi dire subir les malheureux effets négatifs. A l'époque de l'école élémentaire, Cassidy n'avait aucun pouvoir visible, elle n'était pas spécialement affectée malgré tous les sentiments que la jeune femme pouvait ressentir. Et pourtant là, cette magie pouvait aussi être un fardeau.

Elle continua de fixer Tristan droit dans les yeux sans rien dire, un regard fier, haut, qui jamais ne montrerait le moindre signe de faiblesse. Et pourtant à l'intérieur d'elle, la jeune femme voulait lui dire tout ce qu'elle avait sur le coeur depuis sa disparition. Cependant, elle se contenta de le penser.

*Pourquoi t'es parti ? Dis le que c'est ma faute ! Je m'en veux tellement... tellement. Tu ne sais pas la souffrance que j'ai enduré, la douleur qui m'a traversé... j'étais seule... je... tu me manquais... plus que je ne pouvais l'imaginer. Pardon Tristan... Je n'aurais jamais du faire tout ça... Je suis une lâche...*

Et c'est à ce moment là que la magie décida de s'en mêler. Les sentiments de la jeune femme étaient tellement forts, les pensées si puissantes, que le contrôle de la magie s'échappa. Pourtant, elle restait impassible, droite, sans ciller ni montrer un seul signe qui pouvait trahir ce qu'elle venait de penser. Ce passé l'avait éprouvé au plus haut point, jamais elle ne s'était sentie aussi mal des années en arrière. Et malheureusement pour la jeune femme, elle ne comprit même pas qu'involontairement, des mots de ses pensées se répercutaient à ce moment même dans la tête de Tristan.

Souffrance... Douleur... Seul... Lâche...

Tristan pouvait entendre la voix de Cassidy résonner dans sa tête, uniquement sur quelques mots ciblés, ceux qui avaient le plus d'impact pour elle, bien qu'elle ne s'en rendait pas compte et qu'il pouvait interpréter cela de la façon qu'il désirait. Et pourtant, ce simple contact télépathique enleva une couche de couleur sur le visage de Cassidy à chaque mot et qui se sentait encore plus faible.

*Qu'est ce que... pourquoi... je sens que mes forces m'abandonnent et pourtant je n'ai rien fait. Non c'est pas possible, pas face à lui, pas tout de suite... Il faut... il ne faut pas que je lui montre*

Fière, la jeune femme se contenta de croiser les bras. Il ne fallait pas qu'il voit qu'elle était de plus en plus fragile à ce moment là. Fichue bonté d'avoir utiliser son quota de sorts aussi rapidement sans penser aux conséquences. Il était trop tard désormais pour reculer. Mais pour elle, hors de question de lui montrer un seul signe de faiblesse, de douleur, causé par la révélation et par son pouvoir qui s'échappait.

Elle acquiesça d'un signe de tête, se détourna encore une fois de lui. Marcher, elle avait besoin de marcher et surtout de parler, pour lutter contre l'évanouissement qui la menaçait à chaque foulée. Pourtant la jeune femme résistait fièrement, ne montrant rien, bien que son visage blanc trahissait légèrement son état.

"Très bien très bien... Il y a des choses que vous voulez savoir ?"
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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: Promenons nous autour du lac, tant que le beau drague sans claque.   Dim 20 Mai - 13:47

Non il ne pouvait pas savoir.
Comment l’aurait-il pu d’ailleurs ? Tout s’était précipité pour le jeune homme. Il n’avait pas pleuré après l’incident, du moins pas devant elle, ni devant ces sales gamins geignards qui ne savaient rien faire d’autre que chouiner dès qu’on les effleurait. Pourquoi était-il devenu aussi violent ? Oh il s’en justifiait par de multiples raisons mais les principales, il le savait, étaient celles de la jalousie. Eux avaient des pères, il ne se rendait même pas compte de leur chance.

Les garçons avaient des hommes à admirer, à vouloir imiter. Les filles avaient un père à adorer, avec lequel elles se sentaient en sécurité.
Lui son père n’était pas là, il était parti très tôt, trop tôt, Tristan n’était alors même pas né. Et pourtant parfois, il avait l’impression de se remémorer sa voix, une voix grave mais si douce. Sa mère lui avait dit qu’il les aimait tous les deux de ce dont elle se souvenait, énormément.
Alors pourquoi était-il parti ? Pourquoi les avait-il abandonnés ?

Le résultat était bien là non ?
Il n’y avait pas beaucoup de Drakkaris dans le coin, en fait il était l’un des seuls. Certains de passages reconnaissaient aussitôt en lui un représentant de leur race et ils étaient gentils avec lui mais ils disparaissaient vite, très vite et l’espoir d’avoir un semblant d’homme, un ressemblant de son père à admirer à son tour disparaissait aussitôt.
Comme il lui en avait voulu…Si longtemps. Soit il l’imaginait, incroyable, idéalisé… soit il le détestait de ne pas être là tout simplement.

Et les enfants étaient cruels entre eux, extrêmement cruels.
On se moquait de lui parce qu’il n’avait pas de père.
Alors que ce n’était pas de sa faute. Il n’avait rien fait, à part exister… Etait-ce à cause de ça que son père était parti ? Etait-ce pour cette raison que sa mère était seule et malheureuse ? Comment ne pas culpabiliser ? Comment ne pas finir par se croire coupable du crime le plus innocent qui soit : vivre ?

Ils s’étaient moqués beaucoup, mais il n’y avait pas eu que ça. Il y avait eu cette espèce de racisme alors qu’il ne faisait encore rien à l’époque. Il y avait eu ce groupe d’enfants le coinçant dans une ruelle et commençant à le frapper. Et puis ils lui avaient pris son anneau, celui qu’il portait attaché à un cordon autour du cou. Et le petit garçon avait changé. La rage qui l’avait habité pendant un instant lui avait donné une énergie qu’il ne pouvait même pas imaginer. Il ne savait pas pour son espèce, pour leur résistance, pour leur force. Alors il s’était défendu, avait pu récupérer sa bague.

Et c’est là qu’il l’avait décidé. Puisque tout le monde s’obstinait à être méchant avec lui, il leur donnerait une bonne raison de le détester, comme ça, il n’aurait pas de remords, ni d’incompréhension. Le temps de se recroqueviller sur lui-même et d’attendre que son père surgisse, les arrête et le protège était fini. Il ne viendrait jamais. Alors il se défendrait seul.
Bien sûr sa mère avait déjà signalé le problème à un de ses professeurs alors qu’il était encore tout jeune.

Mais celui-ci s’en fichait apparemment et pensait que ce n’était qu’un futur petit voyou, il laissait les autres le tourmenter. Il s’en était bien mordu les doigts quand Tristan était vraiment devenu ce petit voyou. Pourtant avec sa mère il n’était qu’obéissance, calme, douceur et tendresse. Il était prêt à tout faire pour l’aider et la soulager lorsqu’elle était débordée de travail. Il ne se plaignait jamais devant elle et cachait ses blessures quand il s’était battu pour ne pas qu’elle s’inquiète. Il aidait vaillamment tous les jours dans leur petit potager.

Il l’aimait tant…
Tristan serra les dents, repenser à tout ceci n’était pas la meilleure des idées.
Il savait que colère, honte, tristesse, regrets allaient ressurgir.
Alors oui, il y avait eu ce fameux geste décisif quand elle l’avait poussé, que les autres s’étaient moqués. En même temps, il l’avait bien cherché en l’enfermant ainsi, elle avait dû avoir peur de ne pas être retrouvée bien sûr. Mais malgré tout, il lui en avait voulu un peu d’avoir réagi ainsi alors même qu’il comptait s’excuser. Mais ça bien sûr elle ne pouvait pas le savoir

En rentrant chez lui ce soir là, tout avait changé pour lui et c’est vrai, il n’était jamais plus retourné à cette école, ne finissant pas cette année. Il se souvenait de sa colère mais plus encore, son ventre se tordit douloureusement alors que les souvenirs défilaient telle une vague dévastatrice. Il les coupa aussitôt comme il en avait pris l’habitude avec les années. Il se pinçait un bras, il respirait profondément. Normalement il tripatouillait aussi sa bague mais là c’était elle qui l’avait, il ne pouvait donc pas s’en servir. Mais ça allait il avait repris pieds.

Il la fixa, oui elle était jolie. Et elle était toujours la même. Maintenant qu’il le savait, c’était très clair dans sa tête. Sa façon de se dresser fièrement devant lui, de froncer les sourcils de ce regard qui n’était pas tout à fait symétrique. Enfin symétrique il l’était, c’était juste cette très légère différence de couleur d’un œil à l’autre. Il était sans doute l’un des rares à le remarquer. Oui ses yeux n’en semblaient pourtant que plus… attrayants. Un beau regard oui. Alors qu’elle le réprimandait littéralement à propos de son attachement au physique il lui sourit amusé.

- Ahah ! Le caractère… oui effectivement ! Mais je le connais ton caractère. Un très mauvais caractère, obtus et trop attaché aux règles. Tu n’es pas si parfaite mademoiselle… c’est ça qui est bien voyons.

Il avait ajouté la dernière phrase avec un sourire charmant se rapprochant légèrement, mais juste encore une fois pour la taquiner, sans rien tenter de plus. Au moins pour ça il avait changé. Il était beaucoup plus calme et moins impulsif qu’avant. En fait, là elle lui semblait bien plus… impulsive que lui. Etait-elle fatiguée ? Agacée ? Ou ne souhaitait-elle tout simplement pas qu’il soit ainsi et donc s’énervait-elle parce qu’elle le détestait. Sans doute la dernière option. Et même si quelque part ça lui faisait de la peine, un tout petit peu, un rien du tout, il en était amusé, attiré et même avait envie de cultiver son agacement.

Par contre il fronça les sourcils alors qu’elle parlait de différence. Oui ils l’étaient, c’était bien ça qui était amusant non ? N’avait-elle plus envie de jouer ? Parce qu’elle réanimait son esprit d’enfant sans même s’en apercevoir par ses simples mais honnêtes réactions.
Elle se crispa un peu quand il la taquina pour son teint pâle. Enfin il ne l’avait pas évoqué directement bien sûr mais elle avait l’air gênée à cette idée et il fronça les sourcils.
Que se passait-il cette fois.

A-t-elle tellement peur d’être un peu faible devant son grand voyou d’ancien compagnon de jeu ?


L’idée l’amusait et la lui rappelait d’autant plus. Oui c’était tout à fait son genre. Elle était au moins aussi fière que lui. Hors de question qu’elle fasse montre de la moindre faiblesse. Alors il ne se trompait pas. Elle avait bien utilisé trop de petits sorts sans son bâton. Ce n’était pas la meilleure des idées. Etait-elle si fière pour se mettre carrément en danger. Après tout elle devait se douter que dans son état tenter de lui échapper lui serait tout simplement impossible.

Un sourire mauvais cette fois apparut sur le garçon qui fixait pensivement le sol. Ce serait tellement simple là. Non ? Il la maîtriserait sans mal. Pourquoi pas après tout ? Il releva la tête alors qu’elle affirmait aller parfaitement bien et il eut un sourire de défi montrant qu’il n’était pas vraiment dupe.
Mais ce sourire disparut alors qu’il regardait son visage un peu pâle et ses yeux oui pleins de fierté mais aussi de volonté. Non elle n’avait pas changé. Il aurait dû en être agacé et même sans doute énervé mais c’était tout le contraire, il s’en sentait presque… mélancolique.

Cette fois son regard se reperdit dans le vague mais un sourire plus doux apparut à ses lèvres, léger. Elle n’avait pas l’air de s’en rappeler. Sans doute n’avait-elle-même pas compris. Sa façon de réagir. C’était comme si elle le détestait oui mais aussi comme si, dans son regard, quelque chose lui disait qu’elle n’était pas si mécontente que ça de le revoir. Se pourrait-il qu’il lui ait manqué ? Lui n’avait pas eu de regret à partir. Il n’avait plus le choix c’est vrai mais il y avait autre chose.

Si elle avait su, elle lui aurait probablement hurlé dessus à cause de ce simple geste humain, d’adieu en quelque sorte. Alors personne n’avait pu lui répondre. Alors qu’elle était plongée dans ses propres pensées il songea, passant sur ce qui s’était passé cette fameuse nuit, à ce qui s’était passé quelques jours plus tard. Il était revenu au village après avoir passé un peu plus d’une semaine dans la forêt, terrorisé, inquiet à l’idée de se montrer tant la haine et l’envie de justice devaient hanter ses anciens voisins.

Il y avait cette fameuse fête à l’école. Quatre petites filles étaient choisies en fonction du vote des élèves et elles devaient se cacher quelque part dans le village et ses alentours mais ne pas dépasser les limites imposées. Alors les autres, portant un masque devaient les chercher et si c’était les filles qui les trouvaient, elles repartaient avec le foulard de couleur vive qu’elles portaient. Si c’étaient les garçons, ils repartaient après avoir reçu et donné une simple bise et le lendemain elles tentaient de deviner qui elles avaient embrassé. Le tout avec beaucoup de rire et de bonne humeur.
Bien sûr celle qui gagnait était celle qui avait reçu le moins de bises et donné le moins de foulards.

Tristan savait déjà qui étaient choisies puisque le vote avait eu lieu un mois et demi plus tôt. S’il devait partir ce serait sans regrets. Il lui en voulait toujours de l’avoir ridiculisé une dernière fois mais aussi et surtout, il avait agi un peu comme dans un rêve. C’était une histoire de vengeance mais pas que… Lui dire au revoir aussi puisqu’il n’aurait pas l’occasion de prendre sa revanche devant tout le monde. Le petit garçon avait récupéré un des masques discrètement dans le débarras de l’école, le même où il l’avait enfermée, et avait rabattu la capuche de sa cape sur sa tête.

La trouver n’avait pas été bien compliqué. Oui elle avait raison, ils étaient très différents, mais sur certains points ils se ressemblaient et se comprenaient comme personne ne le pourrait à leur place. Il l’avait donc retrouvée près d’une petite cascade légèrement en dehors du village près de hautes pierres naturellement empilées. Elle était bien jolie dans sa petite robe blanche son ancienne petite rivale de commandement avec ses cheveux blonds cette fois détachés. Elle avait tous ses foulards comme il s’en doutait. Personne ne la trouverait, il en était sûr. Il était venu près d’elle et même si elle avait eu l’air déçue d’être découverte elle avait fermé les yeux comme prévu pour ne pas le reconnaître avant l’heure.

Mais au lieu de lui faire une petite bise innocente, il avait souri, s’était penché sur elle et avait embrassé ses lèvres. Ce n’était qu’un baiser innocent, sans prétention, qui n’avait rien d’extraordinaire. L’un comme l’autre n’y connaissaient encore rien. Il s’était attendu à ce qu’elle ouvre aussitôt les yeux et le frappe mais il ne lui en avait pas laissé le temps, se contentant de mettre un doigt sur sa bouche et de murmurer un « j’ai gagné… »
C’était les paroles simples données après une découverte bien sûr mais pour lui c’était surtout sa façon de dire qu’il emportait cette manche. Il avait filé peu après en courant sans faire tomber sa capuche.

Ainsi elle n’avait pas vraiment compris… Ou elle ne s’en rappelait pas. Elle avait certainement cru que ce n’était qu’un garçon plus âgé qui avait voulu s’amuser. Après tout il était censé être parti depuis une semaine et demie.
Tristan tourna la tête vers elle, prêt à lui évoquer ce souvenir histoire de la taquiner sérieusement et en rajouter une couche mais il n’en eut pas le temps.

Elle avait l’air très concentrée et tout à coup il se mit à entendre sa voix. Dans sa tête. La situation était vraiment étrange, la sensation perturbante et s’il n’avait pas eu affaire à ceci pendant son incarcération pendant qu’on essayait de chercher dans sa tête des informations, il aurait sans doute fait un bond de carpe et aurait probablement encore glissé.
Des mots étranges qui le firent se crisper.

Elle parlait de souffrance… elle le traitait de lâche ?
Bien sûr là elle gagnait parce qu’elle l’avait bien surpris mais tout de même ! elle pouvait parler honnêtement et directement au lieu de recourir à ce genre de méthode !!! Elle était affaiblie par ses sorts et elle en rajoutait néanmoins une couche ?! C’était bien prétentieux tout de même ! Elle ne le croyait donc pas capable d’en profiter ?!

Il tiqua…
Est-ce qu’elle faisait vraiment exprès ? Pensait-elle qu’il avait apporté de la souffrance ou qu’il en avait vécu ? Mais elle disait « seul » aussi… Elle savait qu’il avait été seul. Lui cherchait-elle une excuse pour son comportement ? Déstabilisé il ne savait plus vraiment quoi dire mais croisa les bras sur son torse.

- Ouais bon ça va, inutile de continuer de jouer avec ta magie avec moi !

Il avait marmonné et n’était même pas sûr qu’elle ait entendu mais soudainement remarqua que son teint devenait carrément… vaseux. Le sourire mauvais revint sur son visage alors qu’elle lui demandait ce qu’il voulait savoir. Il s’approcha rapidement d’elle, lui maintint sans mal les bras et la fit tomber dans l’herbe mais en la retenant tout de même.
Elle n’avait pas l’air bien contente à voir son regard furax mais en même temps il sentait un léger tremblement agiter ses mains. Peur, colère ou simplement faiblesse ?

Il aurait pu en profiter oui, largement et l’envie de le faire n’était pas bien loin. Néanmoins il soupira et se redressa mais en la tenant dans ses bras cette fois. Eyh oui, le pervers, le chasseur de femmes qui semblait bien décidé à la provoquer et la charmer n’en profitait même pas. Du coup elle avait sacrément décollé du sol en l’espace d’une seconde. Il se mit à marcher, souriant tout seul comme s’il évoquait dans sa tête des idées amusantes. Avant même qu’elle puisse dire quoi que ce soit il lui tira la langue dans une mimique bien connu et sourit cette fois-ci beaucoup plus gentiment.

- Tsss tsss tsss. Ne te méprends pas, j’ai la ferme intention de te mener la vie dure… Mais autant que tu sois en forme, sinon ce ne sera pas drôle. Ah… les odeurs des lacs… on ne s’en rend pas forcément tout de suite compte mais ça gêne parfois, ça amollit les jambes et ça fait tourner la tête, il vaut mieux s’éloigner dans ce cas.


Et oui… Décalé hein ? Il lui cherchait carrément une excuse ?
Il avait bien failli la railler, se moquer de sa faiblesse mais en réalité, il lui était redevable pour son comportement accueillant et… gentil quand même quand il était arrivé. Il payait juste sa dette. Et puis quel intérêt de profiter de cette adorable jeune femme qu’était devenue cette obstinée fillette si elle ne se défendait pas un minimum.

C’est pourquoi il marchait sans la regarder mais sans ce départir aussi de son sourire, vers le château.
Oui… une vraie petite gueguerre certes, mais à la loyale ou lorsque ce serait un chtouia plus loyal.
Il baissa les yeux sur elle et haussa les épaules, nullement gêné par son poids. Enfin ses muscles tiraient sérieusement mais il n’allait certainement pas le lui dire ou le lui montrer.

Ne t’inquiète donc pas… j’ai bien l’intention de te faire craquer jolie demoiselle… mais ne me prends pas pour un simple voyou, je suis bien plus que ça

Il se remémora les quelques mots qui avaient résonné dans sa tête. Il ne savait toujours pas comment les prendre. Mais étrangement ils l’avaient rassuré. Pourquoi donc ? Bah il s’y intéresserait plus tard.

- Eyh ! Au boulot l'intello, j'ai quand même besoin que tu me guides, je connais pas le coin moi !
Bougonna t-il
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Cassidy Herediane
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MessageSujet: Re: Promenons nous autour du lac, tant que le beau drague sans claque.   Dim 20 Mai - 15:47

Cassidy n'avait jamais manquer de rien quand elle était petite. Des parents qui l'aimaient et la respectait, la petite fille qui avait toujours plu aux autres par les qualités qu'elle possédait. Et lorsqu'elle riait, c'était la plus belle chose que l'on pouvait entendre, derrière cet air coincé de petite intello. Elle attirait la sympathie des professeurs, des autres enfants et contrairement à Tristan, on ne se moquait pas d'elle. Car il n'y avait aucune raison.

Et pourtant, avec Tristan, Cassidy sentait qu'elle avait échoué. De ne pas avoir cherché à plus le connaître, de regarder plus loin que le bout de son nez. Elle ne voyait que l'insupportable gamin qui brayait en cours, faisait pleurer tout le monde mais jamais elle n'avait su pourquoi. Se contentant de le remettre à sa place, prenant sa colère pour les autres qui se cachaient derrière elle. Cela la rendait encore plus admirée, plus aimée auprès des autres car elle tenait tête à Monsieur le Drakkari. On racontait même qu'il n'avait jamais connu son père et Cassidy trouvait cela bien triste.

Ses souvenirs ressurgissaient les uns après les autres, telle une grande douleur du passé. Lorsque la petite fille avait appris pour le père de Tristan, au détour de conversations d'autres enfants, elle n'avait rien laissé paraître. Et pourtant. Tristan n'avait pas besoin de toute cette compassion, Cassidy le voyait trop fier pour qu'il puisse accepter les simples paroles d'une petite fille qui ne pouvait absolument pas comprendre. Un jour, il y avait eu un cours de cuisine à l'école. C'était un peu spécial. Mais Cassidy avait fait des biscuits au chocolat. Ce n'était pas si terrible que ça et ça laissait à désirer mais c'était ses premiers gâteaux. Et puis, la petite fille se mit en tête de les partager avec Tristan. Mais impossible de lui donner ouvertement car jamais il n'aurait accepter ça de sa part. Alors, elle lui mit dans son casier, dans un joli petit tissu rose avec juste un C brodé dessus. Cela ne remplacerait jamais la perte de son père mais au moins, elle avait l'intention de partager quelque chose avec lui. Et tant pis si il n'acceptait pas, de toute manière elle n'aurait jamais su ce qu'il avait fait des gâteaux. C'était un geste bien étrange car à côté elle continuait de lui faire la morale et se conduisait comme rien n'était.

Enfin, elle chassa de sa tête ce souvenir. Après tout, il devait les avoir jeter dans un coin et ça devait pourrir au fond du bois manger par les fourmis et autres créatures. Bref, elle reporta son attention sur cet homme. Plus elle le voyait, plus il lui rappelait des souvenirs, ce petit sourire, ses expressions mi grincheuses avec toujours cette fierté qu'il avait dans son regard. Ce côté rebelle, insolent, qui n'avait pas la langue dans sa poche et n'hésitait pas à provoquer et à jouer avec elle, appréciant la faire tourner en bourrique. Ah pour ça c'était une vraie guerre entre eux d'eux, où tous les coups étaient permis pour gagner. Un jeu enfantin, innocent. D'ailleurs on se demandait toujours si ils faisaient exprès ou pas.

Il parla de son sale caractère et la jeune femme fronça les sourcils tout en l'écoutant. Pour ça Tristan marquait un point, c'est vrai qu'elle montrait vraiment son sale caractère devant lui. Même si derrière elle se cachait un manque de confiance énorme qu'elle ne montrait pas, justement en attaquant plutôt que de se défendre. Ce n'était pas une Miss parfaite pour lui. Bon heureusement d'ailleurs sinon ce ne serait pas une humaine.

Elle ne s'empêcha pas de grogner pourtant.

"Moi un sale caractère ? Mais vous avez vu le vôtre au moins ?"

C'était vrai, de ce qu'elle connaissait de lui, c'était un garçon insupportable, rebelle, colérique et provocateur. Il n'y avait pas pire que lui. Et pourtant contrairement à elle qui était tout aussi virulente que pendant son enfance, oubliant les gestes gentils de tout à l'heure, et étant braqué sur une défensive absolue. Mais lui, il était plus calme, du moins pour l'instant.

*Quel sale tour manigance-t-il encore ?*

Ah pour ça il avait changé. Les sourires charmeurs pour tenter de la déstabiliser, la tentative de rapprochement. Il y a longtemps, l'innocence était au rendez vous et même si ils se chamaillaient comme chien et chat, il n'y avait pas en plus ce jeu amoureux. La jeune femme se contenta de jouer l'indifférence face à ses regards, ses tentatives. D'ailleurs et en plus, fallait-il qu'elle se rappelle qu'il avait une maîtresse ? Une personne qu'il devait déjà aimé, qui devait compter pour lui. Alors même si elle avait voulu succomber à la tentation, cette simple idée l'aurait freiné et la freinera à chaque fois. C'était le seul moyen pour elle afin d'éviter que sa magie devienne incontrôlable. Oui, elle ne voulait pas devenir son jouet. L'amour c'est pour les minables, ça rend faible, bête.

*Ne comptes pas trop t'approcher de moi. Je ne te laisserais pas faire*

Et pourtant, sur tous les prisonniers qu'elle aurait pu avoir, Tristan était vraiment celui qui allait lui consacré le plus de temps et d'énergie. Ironie du sort sans doute. Car ils se connaissaient bien tous les deux, il y avait toujours eu une sorte d'harmonie inversée mais aux couleurs de la tempête, ils étaient capable d'anticiper leurs coups, d'être sur leurs gardes, de jouer ce petit jeu avec un vainqueur et un perdant. Et pour cela, ils se ressemblaient, s'opposant totalement mais toujours dans cette compétition.

Cassidy n'était pas idiote. Elle voyait dans les regards du Drakkari qu'il cherchait, derrière ses moqueries, à la faire tomber dans ses bras, la faire succomber et la séduire. Il y avait un nouveau jeu, les ambitions et les objectifs étaient tout à fait différents de l'époque de l'école élémentaire. Un côté un prisonnier prêt à faire de la vie de la dirigeante un enfer, de l'autre une directrice voulant imposer son autorité et faire respecter ses règles. Et plus discrètement, un qui voulait faire tomber l'autre dans ses filets en la touchant par les sentiments et l'autre qui résisterait et repousserait toutes ses avances. Alors oui, c'était une guerre encore plus sérieuse qu'avant. Celui qui cédait aurait perdu. Et le jeu commençait. C'était impossible à arrêter.

Pourtant, lorsque Cassidy insista pour dire qu'elle se sentait bien, malgré sa faiblesse apparente, un sourire de défi apparut sur le visage de Tristan. Il n'était pas bête et pas dupe. Elle qui pensait que les guerriers ne pensaient qu'à se battre sans réfléchir, elle se trompait. Cela la surprit mais hors de question de lui faire savoir. Mais après tout, c'était un peu une peine perdu car Tristan la connaissait bien et était capable de comprendre son fichu caractère et la fierté qu'elle avait.

Lorsqu'elle prononça ses pensées dans sa tête, Cassidy aurait voulu le dire tout haut. Peut être qu'il comprendrait. Mais non c'était impossible qu'il comprenne. Et cependant, elle le vit prendre une attitude fermé en parlant de sa magie. Cette fois, Cassidy écarquilla les yeux en tout innocence. Après tout elle n'avait pas utilisé la magie là. Non il fallait qu'elle trace des runes et des symboles. Qu'est ce qui lui faisait penser ça. La jeune femme garda une attitude perplexe et surprise, ne comprenant pas vraiment la situation.

"Qu'est ce que vous racontez ? Je n'ai pas utilisé la magie. Je suis obligée de tracer des runes pour m'en servir. J'ai pas encore atteint le niveau pour lancer des sorts sans rien faire"

Il ne devait pas comprendre l'utilisation de la magie mais Cassidy préféra lui expliquer sa façon de procéder. Au moins de cette manière, il était avertit de ses attaques sans aucun effet de surprise. Et puis cette fatigue comme si son énergie se vidait. Décidément c'était très étrange.

Alors elle voulait marcher. Mais avant d'avoir fait un pas, elle vit une lueur très étrange passer dans les yeux de Tristan. Sans aucune difficulté, il la fit tomber doucement dans l'herbe tout en la retenant. Non il n'allait pas en profiter maintenant. La jeune femme n'avait même pas lutter, si il ne l'avait pas poussé dans l'herbe, elle serait sûrement tombée toute seule. Mais Cassidy n'approuvait pas tant que ça cette position très gênante pour elle et chercha tant bien que mal à se débattre. Et pourtant, même si il ne lui faisait pas mal, elle n'avait plus de forces. La jeune mage avait encore beaucoup de choses à apprendre sur la magie.

Elle lui lança un regard noir, sombre, et si elle l'avait pu, une gifle aurait volé. Et si il avait osé s'approcher d'elle pour tenter quoi que ce soit, la jeune femme l'aurait mordu. Non elle ne se laisserait pas faire comme ça ! Il voulait en profiter ? Il n'en aura même pas l'occasion. Malgré sa faiblesse, c'était une femme prête à se défendre bec et ongles jusqu'à la fin. Alors elle lui lançait ce regard de défi au fond des yeux. Qu'il tente un peu si il le veut. Elle n'allait pas le provoquer ouvertement mais il devait bien comprendre qu'elle ne se ferait pas avoir.

*C'est moi ou il a une sacré force quand même ? C'est la fatigue... Mais approche un peu et je peux t'assurer que je te défigure pour la fin de tes jours...*

Et pourtant, Cassidy s'attendait à tout mais pas à ce qu'il venait de faire. Il la souleva comme si c'était une plume, lui tirant sa petite mimique qu'elle reconnaissait si bien et qui lui avait manqué, il fallait le reconnaître. C'est ce qu'elle préférait chez ce garçon. Ce petit détail mais qui le rendait si naturel et différent du guerrier grincheux et moqueur. Généralement on ne la portait pas, elle s'était toujours tiré d'affaire sans broncher et sans l'aide de personne. Et pourtant, il lui trouva même une excuse, que Cassidy savait complètement fausse et pourtant il sortit cette simple phrase. En précisant qu'elle aurait quand même la vie dure.

"Je dois dire que ça m'avait manquer le fier Drakkari qui s'opposait à moi" répondit-elle d'une voix un peu faible mais généralement taquine.

"Par contre cette fois, évitez de m'enfermer dans un placard où je serais obligée de le défoncer. Même si je n'aime pas abimer le matériel"

Un simple rappel de leur dernière confrontation. D'ailleurs elle avait gagné à la fin et même si elle essayait de prendre ce souvenir avec un ton léger, le jour même elle en avait énormément souffert. De la peur, de la crainte, personne qui l'entendait. La jeune femme soupira un instant tout en fermant les yeux. Après tout, elle ne pouvait rien faire, trop faible pour réagir. Alors elle apprécia tout simplement cette balade, avec un léger sentiment de sécurité. Faut-il rappeler que personne n'avait jamais posé la main sur elle ? Alors oui, pour Cassidy, Tristan profitait même si le geste était plus serviable qu'autre chose.

Etait-ce une trêve avant le début du combat ? Certainement ! Mais Cassidy en profita un peu aussi, histoire de récupérer ses forces. Ce n'est pas parce qu'il se conduisait de cette manière qu'elle lui autoriserait tout. Elle rouvrit doucement les yeux en regardant le fier guerrier qui marchait, lui rendant un timide sourire. Oui au moins celui là elle pouvait se le permettre. C'était d'ailleurs pas si désagréable que ça de se faire transporter.

"Pas mal la vue par ici. Ca change de ma... petite taille comme vous dîtes.." tenta-t-elle un peu maladroitement.

Elle lança un léger petit soupir tout en tendant un bras pour s'étirer.

"Mais je dois dire que je regrette le temps où vous faisiez la même taille que moi. Ca ne sera pas aisé de vous tenir tête. Je risque d'attraper un torticoli"

D'ailleurs, la jeune femme se serait certainement endormi si il ne l'avait pas rappeler à l'ordre, ses yeux se plissant légèrement. La raison, l'utilisation de ses pouvoirs, le travail énorme qu'elle avait ses derniers temps et cela n'allait sûrement pas s'améliorer. Elle ne tiqua même pas quand il l'appela intello, trouvant ce compliment plutôt flatteur.

"Humpf ! Oui bien sûr... Mais si vous pouviez... me faire redescendre, j'apprécierais retrouver l'usage de mes deux jambes. Maintenant qu'on est loin du lac, je devrais me sentir un peu mieux"

Autant ne pas trop profiter de ce geste si rare de la part de Tristan même si elle appréciait ce moment unique et sûrement le dernier.

(HS : Voilààà. Bon alors 2 propositions : soit tu postes ici pour répondre au message et je posterais dans le nouvel endroit de la visite, soit tu postes directement dans un autre lieu. Je te laisse choisir la destination mais si tu n'as pas d'idée, direction le réfectoire)
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Tristan Konogan
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MessageSujet: Re: Promenons nous autour du lac, tant que le beau drague sans claque.   Dim 20 Mai - 19:23

HS : chef oui chefff !!!
Mais bien sûr chère demoiselle ^^
Suite ici : Petite mage en hypoglycémie ?
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MessageSujet: Re: Promenons nous autour du lac, tant que le beau drague sans claque.   

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Promenons nous autour du lac, tant que le beau drague sans claque.
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